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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 20:43

 

Donald Trump prévoit de dissoudre sa fondation caritative (Reuters)

 

Le président élu des Etats Unis, Donald Trump, a annoncé Samedi 24 Décembre 2016 son intention de dissoudre sa fondation caritative, qui fait l'objet d'une enquête du procureur général de New York.

Donald Trump n'a pas précisé le calendrier prévu pour le démantèlement de ses oeuvres de bienfaisance mais a annoncé vouloir « éviter ne serait-ce que l'apparence d'un conflit avec mon rôle de président ». L'homme d'affaires doit entrer en fonction le 20 janvier 2017.

Le procureur général de New York, Eric Schneiderman, a ordonné au mois d’octobre 2016 à la Donald Trump Foundation de cesser de recevoir des donations, l'accusant de déroger aux lois de l’état requérant un enregistrement auprès des autorités locales.

Le Washington Post avait révélé plus tôt une série d'irrégularités dans la gestion de la fondation, notamment l'usage de fonds de bienfaisance pour régler des litiges juridiques visant les affaires de Donald Trump.

Samedi 24 Décembre 2016, une porte-parole du procureur général a annoncé que Donald Trump ne pourrait dissoudre sa fondation pendant la durée de l'enquête.

« La fondation Donald Trump fait toujours l'objet d'une enquête par ce bureau et ne peut légalement être dissoute avant que cette enquête ne soit achevée », a dit Amy Spitalnick, sans préciser de date.

Donald Trump s'est dit très fier de l'argent levé par sa fondation et a dit que la structure avait fonctionné « essentiellement à coût zéro pendant des décennies. Mais parce que je vais consacrer tant de temps et d'énergie à la présidence et à la résolution des nombreux problèmes auxquels est confronté notre pays et le monde, je ne veux pas que ce bon travail puisse être associé avec un possible conflit d'intérêt ».

Créée en 1988, la fondation Donald Trump n'organise aucun programme de charité en propre, mais donne de l'argent à d'autres groupes de bienfaisance.

Cette semaine, Donald Trump a annoncé que son fils Eric Trump cesserait de lever de l'argent pour sa propre fondation en faveur des enfants malades afin d'éviter tout soupçon de conflit d'intérêt. Il a toutefois estimé que c'était une « honte » que de devoir mettre fin à l'oeuvre.

 

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 20:19

 

http://www.pcfob.centerblog.net/2434-le-pouvoir-turc-renforce-son-black-out

 

https://www.mediapart.fr/journal/international/211216/turquie-le-pouvoir-renforce-son-black-out-sur-les-medias-kurdes

 

Le pouvoir turc renforce son black-out contre les médias kurdes

 

Par Nicolas Cheviron, envoyé spécial de Mediapart à Diyarbakir

 

Mercredi 21 Décembre 2016

 

En fermant une quarantaine de médias kurdes, Ankara a instauré un sévère blocus sur l’information en provenance du Kurdistan turc où la guerre a repris depuis plus d'un an. Pour les journalistes encore en activité dans la région, couvrir un événement est devenu un parcours du combattant. À Diyarbakir, trois d’entre eux relatent leur quotidien.

Alors que l’est et le sud-est de la Turquie sont le théâtre, depuis le mois de juillet 2015, d’un violent conflit opposant les rebelles kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) aux forces de sécurité, le pouvoir turc a instauré un blocus de l’information sur ces régions kurdes. Au cours des derniers mois, il a ordonné la fermeture de la plupart des médias proposant une couverture spécifique de l’actualité kurde.

À la faveur du coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016 et des pouvoirs exceptionnels qui lui ont été conférés par le vote de l’état d’urgence, cinq jours plus tard, le gouvernement a signé, par décrets successifs, la mort d’une quarantaine de médias rapportant l’actualité du Kurdistan turc. Si le gros des effectifs est composé de chaînes de télévision, de radios et de journaux locaux, certaines des institutions mises au ban, comme le quotidien Özgür Gündem, l’agence de presse Dicle ou la chaîne IMC Télévision, jouaient un rôle essentiel dans la transmission de l’information vers les populations non kurdes de l’ouest du pays.

À Diyarbakir, la principale ville kurde de Turquie et le siège de la majorité de ces médias, ces fermetures ont laissé un grand vide. « Avant, quand il y avait une conférence de presse importante, il n'y avait pas assez de place pour tout le monde, il fallait venir en avance. Désormais, il ne reste presque personne, juste quelques médias kurdes irakiens », constate Mahmut Bozarslan, un vétéran du journalisme dans le sud-est, travaillant en indépendant pour plusieurs médias internationaux, qui assume par ailleurs la fonction de secrétaire général de l’association des journalistes du sud-est. Il estime à plus de quatre cent le nombre de ses confrères restés sur le carreau dans l’ensemble de la région. « Nous en sommes arrivé au point où des gens comme moi, qui travaillent en free-lance, ont honte d’avoir encore un emploi », affirme-t-il.

Le sort des journalistes encore sur le terrain n’est pourtant pas des plus enviables. Au mois de juin 2016, Mahmut Bozarslan et Hatice Kamer, de la British Broadcasting Corporation (BBC) et de Voice of America, et Sertaç Kayar, journaliste free-lance, couvraient un attentat contre un commissariat à Midyat, dans le département de Mardin. Ils ont été agressés par un groupe d’habitants en colère, qui leur ont jeté des pierres, blessant Hatice Kamer à la tête. « Nous avons échappé de peu à la mort. Il s’agissait d’un groupe d’individus proches du parti de la justice et du développement (AKP), la formation islamo-conservatrice du président Recep Tayyip Erdogan. La police, au lieu de les calmer, les a encouragés à nous attaquer », accuse Mahmut Bozarslan, signalant qu’aucun des agresseurs n’avait pas été identifié par la police alors que la scène s’est déroulée devant des caméras de sécurité.

Le trio a par la suite fait l’objet de menaces. « L’organisation État Islamique a posté des photographies de nous sur sa page internet en turc avec un article nous désignant comme des cibles, expliquant que l’agression que nous avions subie était totalement légitime », indique Hatice Kamer.

Depuis la fin des affrontements en zone urbaine, qui ont ensanglanté les villes du Kurdistan turc entre le mois deseptembre 2015 et le mois de juin 2016, les risques d’agression physique ont un peu diminué, admettent Mahmut Bozarslan et Hatice Kamer. Mais les pressions n’ont pas diminué. Elles prennent désormais la forme d’un harcèlement incessant par les autorités. « Je passe mon temps à essayer de convaincre les policiers que ma carte de presse n’est pas une contrefaçon. Je dois leur présenter ma carte d’identité, mon livret de famille, ma carte de membre de l’association des journalistes, la carte du média qui m’emploie et cela ne suffit pas, le gars en face de moi continue de rétorquer que cela peut être un faux », relate Mahmut Bozarslan, qui avoue travailler désormais « dans l’angoisse ».

Ce petit jeu peut aller jusqu’à l’arrestation arbitraire du journaliste avec le risque, en période d’état d’urgence, de passertrente jours au commissariat, dont les cinq premiers sans pouvoir contacter un avocat.

Arrêtée à la fin du mois de novembre 2016 à Silvan, dans le département de Diyarbakir, alors qu’elle couvrait un accident minier dans lequel ont péri une quinzaine de travailleurs, Hatice Kamer n’a passé que vingt huit heures en garde à vue, officiellement en raison d’une obscure accusation d’insulte à l'encontre la république turque sur les médias sociaux. Elle a été relâchée sous la pression de l’opinion publique. « C’est dur de trouver la motivation pour continuer », confie la jeune femme. « Il faut désormais penser d’abord à sa propre sécurité et à ne pas se faire arrêter avant de se concentrer sur l’événement que nous devons couvrir ».

La situation est particulièrement difficile pour les journalistes qui, malgré la fermeture de leur média, luttent pour la survie dans la région d’une presse indépendante du pouvoir. Plusieurs initiatives ont en effet vu le jour, avec des moyens limités, création du journal Özgürlükcü Demokrasi, sur les cendres d’Özgür Gündem, ouverture du site internet Haber Var, fondé par d’anciens salariés de quatre chaînes de télévision et sept radios proscrites.

Employé de l’agence Dicle pendant quatorze ans, Sedat Yilmaz a commencé à écrire pour un de ces nouveaux médias, dans une tentative de résistance qu’il décrit comme un ultime « jeu du chat et de la souris » entre la presse indépendante et l’état. « Je ne peux plus marcher dans les rues avec un appareil photographique, une caméra ou du matériel de prise de son. Je ne peux plus engager de discussion avec des groupes dans la rue, faute de quoi je risque l’arrestation et l’emprisonnement », résume-t-il. « De toute façon, les gens ont peur de parler. Toutes nos sources d’information sont taries ».

Travailler pour un média étranger ou pouvoir exhiber un passeport européen sous le nez des policiers ne constitue pas plus une protection.

Le journaliste français Olivier Bertrand, du site internet des Jours, a ainsi été arrêté au mois de novembre 2016 à Gaziantep, expulsé et interdit de territoire turc. Deux journalistes suédois basés à Istanbul ont pour leur part été reconduits le même mois vers la métropole turque après avoir été arrêtés pendant un tournage à Diyarbakir. « Autant que possible, j’essaie de ne pas mentionner mes employeurs quand je travaille pour des médias étrangers. Sinon, c’est automatique, cela se passe mal », explique Mahmut Bozarslan. « Le réflexe du policier est de dire que je suis un agent ».

Interrogés sur l’avenir de la région et des médias kurdes en Turquie, les trois confrères ne cachent pas leur désarroi. Sedat Yilmaz se tourne vers le passé pour rappeler que le premier journal publié dans sa langue a été fondé en exil, au Caire, en 1898, que l’histoire des médias kurdes est une succession de violences qui ont coûté la vie à près de quatre vingt de ses confrères et jeté en prison ou contraint à la fuite des centaines d’autres journalistes.

« En fait, il n’y a jamais eu de liberté de la presse en Turquie », conclut-il, amer. Si Mahmut Bozarslan se déclare franchement « pessimiste pour l’avenir », Hatice Kamer ne veut pas employer ce terme, « je vois plutôt notre situation comme celle d’une personne qui entre dans une pièce obscure et ne sait pas ce qu’elle va rencontrer sur son chemin. Nous sommes vraiment entrés dans les ténèbres ».

 

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 19:38

 

http://fr.hdpeurope.com/?p=3845

 

Décision de faire comparaître de force huit députés du parti démocratique des peuples (HDP) devant les tribunaux

 

Bureau de presse du HDP

 

Mardi 13 Décembre 2016

 

Comme on le sait, depuis le 14 avril 2009, des milliers de politiciens kurdes ont été arrêtés suite aux opérations politiques connues sous le nom de KCK et de nombreux dossiers ont été ouverts contre eux.

L'un de ces cas, également connu sous le nom de cas principal du KCK implique le vice-président du groupe parlementaire et député du HDP pour la ville de Diyarbakir, Caglar Demirel, la députée pour la ville d'Agri, Dirayet Dilan Tasdemir, le député pour la ville de Dersim, Alican Önlü, la députée pour la ville d'Hakkari, Selma Irmak, le député pour la ville de Mus, Ahmet Yildirim, la députée pour la ville de Siirt, Besime Konca, le député pour la ville d'Urfa, Osman Baydemir, et le député pour la ville de Van, Nadir Yildirim. Parmi eux, notre députée d'Hakkari Selma Irmak, est toujours détenue dans la prison de Silivri dans le cadre d’une autre enquête.

Nous tenons à préciser par ailleurs que le procureur et les membres de la cour desservant cette affaire ont également été arrêtés pour appartenance au groupe guléniste impliqué dans le complot du mois de juillet 2016.

Le 20 mai 2016, l’immunité de nos parlementaires avait été rétroactivement levée pour une certaine période alors que les dossiers concernant nos députés jugés dans le cadre de cette affaire étaient empreints de discrimination.

Lors de l’audience qui a eu lieu le 10 novembre 2016 à Diyarbakir, l’assignation à comparaître par la force devant la cour avait été annulée et l’audience avait été reportée au 11 avril 2017.

Lundi 12 décembre 2016, une autre décision du tribunal de saisir nos députés par la force a été réadoptée et l’exécution immédiate de cette nouvelle décision a été ordonnée.

Cette nouvelle décision sans précédant signifie qu’il est possible que nos députés mentionnés ci-dessus soient détenus et arrêtés à tout moment.

Nous en avons été témoins lors de l'arrestation devant le bureau du procureur, Lundi 12 Décembre 2016, de la députée-adjointe de notre groupe parlementaire et députée pour la ville de Diyarbakir, Caglar Demirel, et de notre porte-parole de l'assemblée des femmes du HDP, la députée pour la ville de Siirt, Besime Konca. A travers cette démarche, notre parti, engagé pour la démocratie, subira un nouveau coup dur dans ses activités politiques. La capacité de notre parti à participer au processus parlementaire sera de nouveau minée.

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27 décembre 2016 2 27 /12 /décembre /2016 19:15

 

https://blogs.mediapart.fr/nestor-romero/blog/261216/podemos-le-dechirement

 

Podemos, le déchirement ?

 

Par Nestor Romero

 

Lundi 26 Décembre 2016

 

Au mois de février 2017 se tiendra à Madrid l'assemblée refondatrice de Podemos. Une crise sans précédent oppose au sein du mouvement deux stratégies politiques, mais surtout les deux principales personnalités du parti, Pablo Iglesias et Inigo Errejon.

Quatre vingt dix neuf mille cent soixante deux personnes viennent de voter pour définir les règles selon lesquelles se déroulera la prochaine assemblée de refondation de Podemos, dite deuxième assemblée de Vistalegre, deux ans après la première assemblée fondatrice de Vistalegre. Il s’agissait de trancher entre les deux principales propositions, celle de Pablo Iglesias et celle d'Inigo Errejón. Le premier proposait que les motions présentées à l'assemblée et la désignation de leurs auteurs à la direction, le conseil citoyen, ne soient l’objet que d’un seul scrutin. Inigo Errejón quant à lui proposait deux scrutins séparés, le premier concernant les documents et le deuxième concernant les personnes aspirant à la direction.

Quant aux Anticapitalistas animés par le député européen Miguel Urbán, la députée au parlement d’Andalousie Teresa Rodriguez et le maire de Cadix José María Gonzalez, après avoir tenté une conciliation, ils ont semble-t-il gardé profil bas en attendant l'assemblée où ils proposent, comme ils l’avaient fait lors de la première assemblée de Vistalegre, un document politique horizontaliste en opposition avec le verticalisme des deux autres.

Deux stratégies politiques

Mais évidemment ces subtilités procédurales ne trompent personne, car ce dont il s’agissait véritablement était de trancher entre deux stratégies politiques et, pour les deux leaders, d’évaluer la puissance de leurs troupes. Les résultats sont les suivants, quarante deux pour cent pour Pablo Iglesias, trente huit pour cent pour Inigo Errejón et dix pour cent pour Anticapitalistas. Pablo Iglesias ne l’a donc emporté que de deux mille quatre cent voix sur pratiquement cent mille votants. Il convient également de noter que le score des Anticapitalistes met en évidence que leur influence est loin d’être négligeable.

Voyons donc maintenant ce qui du point de vue politique et stratégique différencie et peut-être oppose ces trois courants. Pablo Iglesias professe un certain radicalisme qui consiste, pour l’instant, à dire les choses sans ménagement et sans craindre d’effaroucher qui que ce soit dans le cadre d'Unidos Podemos avec ce qu’il reste du Parti Communiste Espagnol (PCE) et en participant, dans la rue, aux mouvements sociaux.

Inigo Errejón reproche à cette stratégie de laisser de côté toutes celles et ceux qui, souffrant de la situation catastrophique du pays, sont effrayés par des propos inconsidérés, celles et ceux aussi qui se sont réfugiés dans l’abstention, les déçus du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) enfin et même, pourquoi pas, certains déçus de la droite au pouvoir, victimes eux aussi de la politique d’austérité menée d’une main de fer par le Parti Populaire. Il prône ce qu’il appelle la transversalité dans le cadre d’un populisme de gauche inspiré par Chantal Mouffe et Ernesto Laclau. Il convient ainsi de s’adresser à tous sans se préoccuper d’où ils viennent ni où ils sont. Car, rappelle Inigo Errejón, l’objectif initial de Podemos affirmé voici deux ans lors de l'assemblée fondatrice de Vistalegre n’est pas de résister mais de parvenir au pouvoir, raison pour laquelle il faut s’adresser à tous et pas seulement au peuple de gauche.

L’éternelle dichotomie

Comment, ceci dit, ne pas voir que Podemos est sans doute en train de sacrifier à cette antique et peut-être éternelle dichotomie entre révolutionnaires et réformistes, comme l’on disait encore il n’y a pas si longtemps et comme l’on dit encore sans doute dans certaines chapelles. Dichotomie qui, d’une manière ou d’une autre et quels que soient les termes par lesquels elle s’exprime, n’aura épargné aucune génération de militants politiques.

Dans cette situation le courant des Anticapitalistas me semble préconiser depuis la fondation de Podemos une issue et une sortie par le bas en proposant un Podemos démocratique où le pouvoir émane de la base et non des secrétaires généraux, un Podemos dans lequel les mandats sont limités, position reprise par Pablo Iglesias, et un parti mouvement féministe et territorialisé, c’est-à-dire décentralisé selon, me semble-t-il, la tradition du fédéralisme libertaire si présente dans la péninsule ibérique. Nous verrons à Vistalegre le sort que les militants réserveront aux différentes motions.

Cependant, il n’est pas possible d’en rester là et de ne pas s’interroger sur l’aspect humain de l’opposition entre Pablo Iglesias et Inigo Errejón.

Comme le raconte Pablo Iglesias, ils se connaissent depuis longtemps, ils ont travaillé et milité longtemps ensemble, ils ont parcouru l’Amérique Latine et ils ont été sans doute plus ou moins imprégnés par les discours s’élevant dans ces contrées. Ils disposent tous les deux d’une vaste culture universitaire et ils font preuve, tous les deux, d’un talent oratoire qui galvanise les foules et d’une agilité dialectique qui laisse souvent pantois quelque contradicteur que ce soit.

Pris par le pouvoir

Alors, que s’est-il passé entre eux ? Comment ne sont-ils pas parvenus à élaborer une attitude commune ? La première réponse qui vient à l’esprit est celle-ci, ils ont cru prendre le pouvoir et c’est le pouvoir qui les a pris, je pique cette idée et sa formulation à Tomás Ibáñez.

Ils ont tous deux goûté à l’ivresse des acclamations d’une foule subjuguée par leur verbe, aux délices des félicitations incessantes, à la satisfaction des approbations urbi et orbi et à celle d’être obéis, je ne crois pas que le mot soit trop fort. Ils ont goûté tous les deux à ces facilités de la vie propre aux hommes et aux femmes de pouvoir dont une forme de ce pouvoir se concrétise dans le privilège de n’avoir pas à se soucier de ce qu’Edgard Morin nomme les choses prosaïques, de ces tâches domestiques auxquelles d’autres, peut-être même des camarades, pourvoiront.

Ils ont été pris tous les deux dans les rets inextricables de cette « sphère de la parole et de la politique », l’autre ne va pas sans l’une, celle de l’homme libre, par opposition à la sphère économico-sociale qui est celle de la servitude et de la soumission à la nécessité, selon Hannah Arendt.

Ne peut-on pas craindre que, soumis à leur propre pouvoir et à sa fascination narcissique, ils ne soient plus capables de s’en libérer. Il serait alors temps pour les gens et pour les citoyens d’en bas comme on dit en Espagne, les militants de base comme on dit ici, de mettre en application le principe de révocabilité inscrit dans les statuts du mouvement. Mais je me trompe sans doute.

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 22:23

 

http://www.estherbenbassa.eelv.fr/turquie-le-regime-se-transforme-methodiquement-en-dictature-mediapart-12-decembre-2016

 

https://www.mediapart.fr/journal/international/121216/turquie-le-regime-se-transforme-methodiquement-en-dictature

 

Le régime turc se transforme méthodiquement en dictature

 

Par Mathieu Magnaudeix, envoyé spécial de Mediapart en Turquie

 

Jeudi 8 Décembre et Vendredi 9 Décembre 2016, trois parlementaires écologistes, les députés Cécile Duflot et Sergio Coronado et la sénatrice Esther Benbassa sont partis en Turquie à la rencontre de la société civile. Le Quai d’Orsay a d’abord rechigné, mieux vaut ne pas froisser Recep Tayyip Erdogan, avant de donner son feu vert à l’initiative. J’ai pu assister à toutes les rencontres. Quelques interlocuteurs ont requis l’anonymat par peur des représailles du pouvoir. L’intégralité des coûts de mon voyage a été prise en charge par Mediapart.

Depuis la tentative ratée de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016, la Turquie vit au rythme des purges, des arrestations et de l’arbitraire. La lutte contre le terrorisme justifie tous les abus. Le pays de Recep Tayyip Erdogan est en train de se transformer en dictature, récit de la répression quotidienne.

Les policiers ont débarqué le 31 octobre 2016 à 6 heures 30 du matin et ils ont tout fouillé. L'ordinateur portable bien sûr passé au crible. Les sous-vêtements retournés. Aydin Engin, soixante quinze ans, ancien rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, s'est retrouvé à l'isolement.

Aujourd'hui, il arrive à en sourire. « C’était assez relaxant. il n’y avait pas le téléphone pour m’embêter ». Au cinquième jour, un procureur lui a rendu visite. « Il m’a posé quarante sept questions, toutes plus ridicules et absurdes les unes que les autres ».

Aydin Engin peut aujourd'hui savourer son thé dans l'impressionnant bureau des patrons du journal où trônent les photographies sépias des anciens directeurs et des portraits du fondateur de la république, Mustapha Kemal Atatürk. Il a été relâché en raison de son âge. Mais dix journalistes et deux avocats du journal sont toujours en prison. Accusés d'appartenance à une entreprise « terroriste », ils ne se sont toujours pas vu notifier les faits qui leur sont reprochés. « Ils veulent nous faire taire », dit Aydin Engin. Le patron du journal, Akin Atalay, a été arrêté le 11 novembre 2016, à son retour d'Europe. Son ancien rédacteur en chef, Can Dündar, est en exil en Allemagne. Il a été menacé en direct à la télévision par le président Recep Tayyip Erdogan pour avoir révélé des livraisons d'armes des renseignements turcs aux rebelles syriens. Il risque la prison à vie.

Cumhuriyet n'est pas quelque obscur organe de propagande. Fondé en 1924 par un proche de Mustapha Kemal Atatürk, Cumhuriyet est même le plus vieux journal du pays, le quotidien de référence. Il défend la liberté d'expression, une société laïque et a publié ces dernières années des scoops gênants pour le pouvoir. Au cours de son histoire, plusieurs de ses collaborateurs ont été assassinés, comme Ugur Mumcu, tué en 1993 par des fondamentalistes. Mais en près de cent ans d'existence, le quotidien n'avait pas connu une telle répression.

Les journalistes se lèvent le matin en sachant qu'ils sont en liberté surveillée. « Désormais, tout est possible », dit Özgür Mumcu, le fils d'Ugur Mumcu. Il se sait écouté et espionné.

Entre cent quarante et cent soixante journalistes sont aujourd'hui emprisonnés en Turquie. Au moins cent cinquante médias ont été fermés, une bonne partie en langue kurde. Depuis la tentative de coup d'état ratée du Vendredi 15 Juillet 2016, la Turquie a basculé. Les attentats meurtriers se succèdent, attribués au parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ou à l'autoproclamé État Islamique, le dernier en date, Samedi 10 Décembre 2016 à Istanbul, revendiqué par une organisation proche du PKK, a fait trente huit morts, dont de nombreux policiers, et une centaine de blessés.

En même temps qu'il combat le PKK dans le sud-est du pays, mais aussi la confrérie du prédicateur Fethullah Gülen accusée d'avoir fomenté le putsch, le président Recep Tayyip Erdogan a lancé une répression aveugle contre tous ceux qui le contestent. Désormais allié à l'extrême droite, il gouverne à coup de décrets-lois et s'apprête à faire voter une constitution qui élargit considérablement les pouvoirs du président. La Turquie est toujours membre du conseil de l'Europe et de la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH).

Officiellement, elle reste candidate à l'entrée dans l'Union Européenne. Mais en pratique, elle est en train de devenir une dictature où, sous le prétexte de l’état d’urgence, le droit est aboli et l'arbitraire règne.

En Europe, de nombreux dirigeants détournent les yeux. Ou se contentent de timides critiques, pour ne pas froisser un pays à qui l'Union Européenne a sous-traité au printemps 2016 la gestion des flux de migrants. La semaine dernière, trois parlementaires écologistes, les députés Cécile Duflot et Sergio Coronado et la sénatrice Esther Benbassa, sont venus rencontrer à Istanbul et à Ankara une trentaine de militants, d'élus et de défenseurs des droits de l'homme turcs. J'ai pu assister à l'intégralité de ces échanges, qui témoignent d'une répression impressionnante. « Nous ne respirons plus. Les droits de l'homme sont foulés aux pieds », résume l'avocat et député Mahmut Tanal, sous le coup de huit poursuites judiciaires pour des motifs absolument farfelus.

Lui et ses collègues du parti républicain du peuple (CHP), le vieux parti laïc de Mustapha Kemal Atatürk aujourd'hui dans l'opposition, tiennent les comptes. Selon les données publiques qu'ils ont compilées, quatre vingt dix huit mille fonctionnaires ont été renvoyés depuis cet été dans l'armée, la justice, l'éducation nationale, la santé et même la loterie nationale.

« Ils se sont fait saisir leurs biens. Ils ont été transformés en morts civils », explique la députée Senal Sarihan, vice-présidente de la commission d'enquête sur les droits de l'homme.

D'autres ont été mis à pied et ne touchent qu'une partie de leurs salaires. Près de sept cent entreprises privées ont été saisies.

« Un vrai climat de peur s’est instauré », poursuit Senal Sarihan. La peur, Öztürk Türkdogan, le président de l'association turque des droits de l'homme (IHD), la vit très concrètement. La première chose qu'il fait en se levant le matin est d'allumer son ordinateur pour vérifier que son organisation, forte de huit mille bénévoles répartis dans tout le pays, n'a pas été dissoute.

Le 22 novembre 2016, le gouvernement a ordonné la fermeture de trois cent soixante quinze Organisations Non Gouvernementales (ONG), parmi elles, des associations d'aide aux réfugiés, aux enfants et aux femmes victimes de violences. « Il n’y a pas de raison que nous ne soyons pas touchés nous aussi », dit Ozturk Türkdogan. L'IHD est d'autant plus dans le viseur qu'elle enquête sur les combats dans le sud-est kurde, où Recep Tayyip Erdogan a relancé la guerre à l'été 2015. L'armée et les forces spéciales ne se contentent pas d'y combattre le PKK. Plusieurs grandes villes ont été rasées. « Nous ne pouvons plus parler de lutte contre une organisation terroriste. C’est une guerre des autorités contre leur propre peuple », assure Ozturk Türkdogan.

Toute critique contre l'état ou le président de la république peut donner lieu à l'ouverture d'une enquête. Flanqué de son vice-président, un papy souriant amoureux de la culture française, le défenseur des droits humains raconte l'ambiance de soupçon qui s'est emparée du pays.

Il raconte les pétitions en faveur des droits humains que plus personne ne veut signer. Les dénonciations qui prolifèrent. Les réseaux sociaux sont scrutés par les renseignements qui embauchent désormais sur simple entretien oral car ils ont besoin de main-d'œuvre. La presse a publié l'histoire d'un jeune homme qui a dénoncé sa petite amie pour gülenisme, juste parce qu'elle avait refusé sa demande en mariage.

Depuis le coup d'état avorté, trente six mille proches supposés de la confrérie de Fethullah Gülen ont été placés en détention. Des milliers de militants kurdes ou progressistes ont été arrêtés et sont aujourd'hui en prison. La torture diminuait ces dernières années, la voilà qui fait son grand retour. « Les prisonniers sont passés à tabac et fouillés à nu, parfois à plusieurs reprises, pour les humilier », raconte Ozturk Türkdogan. Les avocats ne peuvent plus voir leurs clients seuls. Ils doivent laisser notes et stylos à l'entrée. Quand ils ne sont pas eux-mêmes accusés de terrorisme. Les turcs sont de plus en plus nombreux à vouloir quitter le pays. Mais beaucoup n'en ont pas la possibilité, quatre vingt mille passeports ont été saisis. De leur côté, les associations Lesbiennes, Gays, Bies et Trans (LGBT), s'inquiètent d'une libération de l'homophobie. En août, une figure de la communauté LGBT, la jeune femme trans Hande Kader, a été brûlée vive. « La violence à notre endroit est légitimée par le gouvernement et les personnalités politiques, assure un militant gay. On tente de nous associer à des groupes terroristes ».

La peur s'est aussi emparée des universitaires. Quinze facultés ont été fermées, trois mille huit cent cinquante professeurs ont été licenciés. Les recteurs sont désormais nommés directement par le pouvoir et jouent aux petits commissaires politiques, racontent deux universitaires qui ont témoigné devant les parlementaires écologistes français à condition que leur anonymat soit respecté. « On nous décrit comme des traîtres à la nation », raconte cette professeure d'université stambouliote. Son tort est d’avoir, comme plus de deux mille autres universitaires, signé au mois de janvier 2016 un appel des universitaires pour la paix. Il s'agissait alors de protester contre la guerre aveugle dans le sud-est du pays. Recep Tayyip Erdogan les a traités de « loques » soutenant le terrorisme. Selon les signataires de l'appel, deux cent cinquante universitaires turcs sont aujourd'hui derrière les barreaux. D'autres font l'objet de poursuites, à chaque fois accusés « d’humilier la Turquie ou de soutenir le terrorisme ».

Le Vendredi 15 Juillet 2016, le parlement a été bombardé par les putschistes. Une aile a été éventrée. Dans une assemblée bunkerisée de crainte des attentats, les ouvriers s'affairent encore pour réparer les dégâts. Ici, les députés du parti démocratique des peuples (HDP), le parti pro-kurde de gauche radicale entré en 2015 au parlement, font figure de parias aux yeux du pouvoir. Recep Tayyip Erdogan ne leur a jamais pardonné de lui avoir ravi sa majorité absolue. Depuis le coup d’état raté, ils sont la cible numéro un, les coprésidents du parti, Figen Yüksekdag et Selahattin Demirtas, ont été emprisonnés, comme huit autres députés, tous placés à l'isolement et accusés, eux aussi, d'être des complices des terroristes.

Dans leur salle de réunion au parlement, trône la photo des dix reclus. « Selahattin Demirtas est dans une situation d’isolement et de torture », assure Hisyar Özsoy, le vice-président du parti. La guerre de Recep Tayyip Erdogan contre le HDP, très populaire parmi les jeunes urbains, ne s'arrête pas là. Quarante maires du HDP dans le sud-est du pays ont été remplacés par des administrateurs civils aux ordres d'Ankara.

Des milliers de militants et de sympathisants du parti sont actuellement gardés à vue ou incarcérés, parfois pour des motifs absurdes. « Une élue de Bursa a été mise en prison parce qu’elle avait porté un costume traditionnel kurde lors d’un mariage », raconte l'avocat Levent Piskin, figure du mouvement LGBT turc, qui défend certains des élus emprisonnés.

Selahattin Demirtas est notamment poursuivi pour avoir traité Recep Tayyip Erdogan de « voleur », alors qu'il ne faisait que reprendre les mots d'un homme politique d'extrême droite aujourd'hui rallié à Recep Tayyip Erdogan. Un autre député se voit reprocher un discours qu'il n'a pas prononcé. La liste des motifs absurdes est longue comme le bras. Les élus se surprennent parfois à en rire tellement ils sont grotesques.

Mais n'allez pas dire ça à Serap Yasar. Députée du parti au pouvoir, l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, elle est aussi porte-parole de la commission de la justice. Face aux députés français venus lui dire leurs « inquiétudes de voir la Turquie tourner le dos à l’état de droit », elle affiche une mine impassible. Immobile, elle encaisse les critiques sans broncher. Et elle débite les éléments de langage inscrits sur une feuille posée devant elle, langue de béton brut. « Tous ces avocats, écrivains et journalistes, n’ont pas été placés en garde à vue en raison de l’exercice de leur fonction mais parce qu’ils ont soutenu le terrorisme », dit-elle.

La juriste tance les avocats partisans des droits humains qui « prennent parti ». Elle justifie les pleins pouvoirs de l’exécutif octroyés par l’état d’urgence. « Dans des circonstances exceptionnelles, il faut des mesures exceptionnelles ». Elle admet que « quelques erreurs de procédure » seront sans doute commises, mais elle plaide aussi l’indulgence, « nous essayons de poursuivre notre lutte dans le cadre de la loi, mais ce n’est pas très facile ». À court d’arguments, elle invoque le parlement bombardé ou en appelle au « peuple qu’il faut écouter ». Elle assure que « les recours judiciaires sont toujours possibles », mais elle omet de dire qu’ils ne servent à rien et n’aboutissent jamais. Elle en profite pour déplorer la « décision malencontreuse » de gel du processus d’adhésion de la Turquie, préconisée par le parlement européen. Elle rappelle que les européens sont bien contents de voir la crise des réfugiés jugulée par les camps installés en Turquie.

« C’est voyage en absurdie », dit Cécile Duflot en quittant le parlement turc. « Ici, il est possible d’être mis en prison pour rien, ruiné du jour au lendemain. Tout cela crée la tétanie de la société. Mais le silence européen et la volonté de ne pas voir participent aussi de cette situation ». Pendant deux jours, presque tous leurs interlocuteurs l’ont martelé, si l’Europe se contente de protester mollement, Recep Tayyip Erdogan se sentira pousser des ailes.

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 20:41

 

http://www.lexpress.fr/region/rhone-alpes/a-grenoble-eric-piolle-dans-la-tourmente_1842740.html

 

À Grenoble, Eric Piolle dans la tourmente

 

Par Amandine Hirou

 

Vendredi 21 Octobre 2016

 

Trou d'air pour l'équipe municipale d'Eric Piolle, deux ans et demi après son arrivée à l'hôtel de ville, la majorité grenobloise se retrouve confrontée à une vague de critiques sans précédent.

La cité iséroise, sujette aux fortes variations de température, a connu un été très chaud, aussi bien sur le plan climatique que politique. Le 11 juillet 2016, deux cent manifestants, intersyndicale des agents territoriaux, comités d'usagers, unions de quartiers et Nuit Debout, pancartes et porte-voix en bandoulière, investissent les marches de l'hôtel de ville où doit se tenir le conseil municipal.

Le ton monte encore d'un cran lorsque les protestataires envahissent la salle du conseil municipal. La séance est annulée. Elle se tiendra la semaine suivante sous haute surveillance policière. « Jamais, à Grenoble, nous n'avons connu un tel climat de mécontentement et de grogne », s'exclame Marie-José Salat, militante du Parti Socialiste, conseillère municipale d'opposition.

Si le thermomètre a baissé depuis, les esprits restent échauffés. Economie, immobilier, urbanisme, transports et culture, nombreux sont les sujets de discorde. Le maire, Eric Piolle, avait pourtant suscité de grands espoirs lors de sa victoire aux dernières municipales. Au mois de mars 2014, son équipe, une alliance inédite regroupant Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Parti de Gauche et des mouvements citoyens, crée la surprise en l'emportant face aux socialistes avec quarante pour cent des voix.

Grenoble, première ville de plus de cent cinquante mille habitants dirigée par un écologiste, est perçue comme un laboratoire. L'enjeu est de proposer une nouvelle voie à gauche. Deux ans et demi plus tard, ces élus qui rêvaient d'une troisième révolution urbaine se retrouvent brutalement confrontés à l'épreuve du pouvoir.

Ce qui a définitivement mis le feu aux poudres dans la capitale alpine est l’annonce, au printemps 2016, d'un plan de sauvegarde des services publics locaux. « Un plan de destruction, plutôt », ironise Matthieu Chamussy, militant des Républicains, conseiller municipal d'opposition.

« De la part de ceux qui se targuent de défendre l'équité sociale, certains choix sont plus qu'étonnants », poursuit-il.

Parmi les sujets qui fâchent, la fin de la gestion municipale de deux centres sociaux, une baisse des moyens alloués au service de santé scolaire, le non-remplacement d'une centaine de d'agents municipaux après des départs en retraite ou encore la fermeture de trois bibliothèques, dont deux situées dans des quartiers populaires. « Une décision brutale et incompréhensible de la part de ceux qui s'étaient engagés, sur le papier, à maintenir la totalité du réseau », soupire Cécile Cenatiempo, présidente de l'union de quartier du village olympique Vigny Musset, qui se bat contre la disparition de la bibliothèque Prémol.

Pour le maire à vélo, il n’est pas question de rétro pédaler. « Aujourd'hui, si nous voulons éviter une mise sous tutelle préfectorale, nous n'avons plus le choix », explique Eric Piolle, évoquant la baisse des dotations de l’état, qui représenterait un manque à gagner de dix sept millions d'euros pour la ville entre 2013 et 2017. Un coup d'autant plus dur que Grenoble se hisse dans le top cinq des villes les plus endettées de France, malgré une fiscalité locale élevée.

Dès son arrivée, l'équipe pastèque, verte et rouge, avait communiqué sur ses propres efforts, baisse des indemnités des élus de vingt cinq pour cent, diminution drastique du parc automobile de la ville et budget de la communication divisé par deux, des mesures symboliques, aujourd'hui insuffisantes. Pour Raymond Avrillier, figure historique de l'écologie grenobloise et parrain attentif de la majorité, celle-ci aurait trop tardé à réagir. « Peu habitués à piloter ce lourd paquebot que représente la municipalité, les élus ont sous-estimé l'iceberg budgétaire auquel ils se heurtent », reconnaît-il.

Les voilà donc sommés de prendre des décisions en urgence, quitte à se voir reprocher un manque criant de concertation, un comble pour ces grands défenseurs de la démocratie participative. « Donner le pouvoir d'agir à chaque habitant », tel est leur leitmotiv depuis leur arrivée. « Il ne faut pas s'étonner que les grenoblois le prennent au pied de la lettre. L'espoir qu'ils ont suscité se retourne désormais contre eux », tacle encore Matthieu Chamussy, oubliant un peu vite la mise en place et l'application des fameux outils collaboratifs promis durant la campagne.

« Outre ces mesures d'austérité qui frappent les esprits, la nouvelle équipe suit la ligne qu'elle s'était fixée », souligne Jean Vaylet, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Grenoble, rappelant les inquiétudes initiales du monde économique face au plan de circulation et de déplacement annoncé. « Nos craintes se sont, hélas, déclarées fondées », soupire-t-il.

Doublement du parc Métro Vélo, augmentation de la capacité des parkings-relais, développement des voies piétonnes et cyclistes et baisse des tarifs jeunes dans les transports en commun, nous avançons, martèle Yann Mongaburu, vice-président de la métropole délégué aux déplacements, sur son compte Twitter.

« Oui, mais à marche forcée, certaines décisions sont beaucoup trop radicales », s'insurge Christian Hoffmann, président de la fédération des unions commerciales de Grenoble, qui constate une baisse de fréquentation du centre-ville. Il y a un an, son collectif lançait une vaste campagne d'affichage pour dénoncer la saleté des rues et les problèmes d'insécurité mais aussi, et surtout, la hausse des tarifs de stationnement et l'installation d'une autoroute à vélos sur un grand boulevard traversant.

Pour Eric Piolle, toutes les périodes de transition sont forcément houleuses. « Par le passé, les premières mesures de piétonisation ou l'arrivée du tramway avaient aussi suscité des levées de boucliers. Aujourd'hui, tout le monde s'est habitué », explique le premier magistrat sans se départir de son flegme.

Cet hiver encore, l'ancien cadre de Hewlett Packard était la cible des chefs d'entreprises iséroises. A travers un manifeste, cinquante d'entre eux insistaient sur l'urgence de « redonner une dynamique au territoire », en cause, notamment, la question de l'engorgement routier autour de Grenoble. Eric Piolle, qui n'a jamais caché son opposition à l'élargissement de l’autoroute urbaine de Grenoble, campait sur ses positions.

« A cause de nos problèmes d'embouteillages, véritable serpent de mer isérois, notre territoire perd cruellement de son attractivité », s'inquiétait Pierre Streiff, président du mouvement des entreprises de France (MEDEF) du département de l’Isère. Depuis, un arrangement semble enfin avoir été trouvé entre les différents acteurs du dossier. Mais le combat aura été rude. Si le dialogue entre la ville et la métropole, dirigée par le socialiste écolo-compatible Christophe Ferrari, paraît fluide, il n'en est pas de même avec la région et le département, ancrés à droite.

Pour Jean-Pierre Barbier, militant des Républicains, président du conseil départemental de l'Isère, Eric Piolle est en train de transformer Grenoble en une ville peau de chagrin. « Sa politique est fondée sur la décroissance. Or notre responsabilité d'élus n'est pas seulement de dépenser moins, mais de nous battre pour aller chercher des recettes et relancer l'économie », attaque-t-il en prenant pour exemple la suppression des trois cent vingt six panneaux de Jean Claude Decaux et le manque à gagner financier, six cent mille euros de recettes annuelles, pour la ville.

« Quelle est la ligne directrice et quelles sont les ambitions de cette mandature », interroge pour sa part l'ancien maire Michel Destot, militant du Parti Socialiste, connu, et controversé aussi en son temps, pour ses grands projets, rocades, Esplanade, stade des Alpes et candidature aux Jeux Olympiques de 2018.

« Stop au tout béton », répond la nouvelle équipe. Depuis deux ans, le ballet des grues et des pelleteuses a ralenti le rythme. Certains chantiers, comme celui de la Zone d’Aménagement Concertée (ZAC) de l'Esplanade, ont été gelés et totalement remis à plat. « L'urbanisme de tours est devenu totalement anachronique. Aujourd'hui, nous privilégions la qualité des espaces publics et du paysage urbain, tout en rééquilibrant la place réservée aux piétons par rapport à celle vouée au stationnement », justifie Vincent Fristot, maire adjoint à l'urbanisme.

Des chantiers d'un nouveau genre, basés sur la co-construction avec les habitants, ont vu le jour. « Résultat, nous avons perdu deux ans et demi », tonne Olivier Gallais, président de la Fédération des Promoteurs Immobiliers (FPI) des Alpes. La part belle faite aux logements sociaux, les contraintes liées aux nouvelles règles de qualité et de performance énergétique ou encore la politique d'encadrement des loyers défendue par Eric Piolle inquiètent les professionnels du secteur. « Certains gros acteurs, comme Icade ou Kaufman and Broad, ont préféré délocaliser leur agence », alerte Olivier Gallais.

A Grenoble, l'action coup de poing visant à manifester son mécontentement est un sport local qui perdure. Lors du conseil municipal du 26 septembre 2016, une fois de plus encadré par les forces de l'ordre, les opposants à la fermeture des bibliothèques ont érigé un mur symbolique de livres devant les vitres de l'hôtel de ville.

Certains en ont profité pour mettre en cause, à nouveau, la politique culturelle dans son ensemble. Là encore, Eric Piolle se retranche derrière les contraintes budgétaires et la redéfinition des priorités.

La municipalité ne manque pas une occasion de vanter la mise en place de son vaste plan pour les écoles, une promesse de campagne cette fois revue à la hausse. « Lorsque nous sommes arrivés, nous nous sommes rendu compte que le manque criant de places était bien plus grave que prévu », explique Fabien Malbet, maire adjoint à l'éducation, qui promet l'ouverture de cinquante à soixante classes d'ici à 2020.

Un investissement total de soixante six millions d'euros, soit un tiers du budget global de la ville, c’est un virage à cent quatre vingt degrés et ce sont des choix tranchés dont l'équipe d’Eric Piolle, qui arrivera à la moitié de son mandat au mois de mars 2017, devra répondre. A elle de prouver que, à Grenoble, l'herbe peut être plus verte qu'ailleurs.

 

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26 décembre 2016 1 26 /12 /décembre /2016 19:21

 

http://fr.hdpeurope.com/?p=3856

 

Communiqué du parti démocratique des peuples (HDP) sur les attaques incessantes envers les locaux du HDP
 

Par Hisyar Ozsoy, co-président adjoint du HDP chargé des affaires étrangères et député de Bingol

 

Le Samedi 17 décembre 2016, un attentat à la bombe tuait quatorze personnes et blessait plus de cinquante soldats turcs non armés à Kayseri. Comme lors des attaques précédentes, le HDP a condamné cette attaque dans les termes les plus forts.

Cependant, nous pensons qu’il est urgent d’aller au-delà des déclarations de condamnation et de prendre une initiative politique pour mettre fin aux stratégies militaristes qui représentent le contexte dans lequel beaucoup de nos citoyens sont tués quasi quotidiennement.

Malheureusement, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan n’est pas disposé à assumer une quelconque responsabilité politique à cet égard. Au contraire, ce dernier poursuit sa manœuvre de militarisation, de nationalisme raciste et de polarisation socio politique à outrance et il canalise la colère accumulée dans la société contre le HDP. Cela constitue une politique de bouc-émissaire qui sert à couvrir sa propre responsabilité concernant l’état d’insécurité actuel dans lequel se trouve le pays.

Par conséquent, le Samedi 17 Décembre et le Dimanche 18 Décembre 2016, des dizaines de bureaux du HDP ont été attaqués par des groupes gouvernementaux et ultra nationalistes à travers le pays.

Peu de temps après l’attaque de Kayseri, des groupes gouvernementaux et ultra nationalistes ont attaqué notre bureau de Kayseri. Tandis que la police et les pompiers démantelaient le siège de notre parti, ces groupes chantaient « sang pour sang, vengeance ». Avant de brûler partiellement le bâtiment, ils suspendaient un drapeau à trois croissants, emblème des ultranationalistes turcs. En même temps que le HDP, les bâtiments du parti du travail de Turquie (EMEP) et de la confédération des syndicats progressistes de Turquie (DISK) ont également été attaqués et endommagés, tandis que les membres du parti républicain du peuple (CHP) ont pratiquement évité de justesse d’être lynchés par des groupes similaires.

A Istanbul, nos bureaux de district se situant à Beykoz, Bayrampasa et Eyüp, ont été attaqués avec des pierres. À Bagcilar, des assaillants ont tenté de pénétrer dans le bureau. Selon les rapports initiaux de nos responsables provinciaux, des assaillants ont saboté notre bureau de district à Beylikdüzü et, à la suite d’un incendie, une bouteille de gaz a explosé et y a causé de grands dommages.

A Erzincan, le bureau de notre parti a été attaqué et la pancarte à l’effigie de notre parti a été détruite. Des groupes nationalistes se sont emparés des meubles de bureau dans le district de Yenimahalle, à Ankara, et les ont brûlés. Pendant ce temps à Canakkale, un groupe d’assaillants a attaqué notre bâtiment à coups de pierres. Lorsque les membres de notre parti ont réagi à ces actions, la police arrivée sur les lieux a répondu aux agressions par la détention de deux de nos collègues, sans tenir compte des véritables auteurs des agressions. À Darica, un quartier de Kocaeli, le bâtiment de notre parti a été la cible de tirs quatre ou cinq fois en provenance d'un véhicule sans plaque d'immatriculation.

Notre bureau à Cukurova, un quartier d’Adana, a été gravement endommagé. Notre bureau à Yildirim, un district de Bursa, a également été endommagé et brûlé. Notre bureau à Buca, un quartier d’Izmir, a été pillé et le sigle de notre parti a été démantelé. À Eskisehir, les représentants de notre parti, Zelal Yardimci et Emine Kaya, ont d’abord été attaqués par un groupe avant d’être détenus par la police. En plus des dommages causés par les groupes ultranationalistes, la police a arrêté vingt deux représentants de notre parti à Kirsehir. Un petit groupe a marché vers notre siège d’Ankara vers minuit et a chanté des slogans racistes. Plus tard, Dimanche 18 Décembre 2016 vers 13heures 15, un autre petit groupe est revenu et a essayé de brûler notre siège général ainsi que les voitures garées dans le garage, malgré des douzaines de policiers en garde sur les deux côtés de la rue. En plus des bureaux du HDP, des étudiants kurdes ont également été attaqués dans les dortoirs de leur université. Les étudiants kurdes ont du quitter leurs dortoirs pour des raisons de sécurité alors que les foules se réunissaient autour des dortoirs et erraient dans les rues avec des voitures pour attaquer les kurdes, visiblement en représailles de l’attentat à la bombe à Kayseri.

Des attaques semblables se sont poursuivies dans cinq villes et sept districts le lendemain des faits, par des auteurs similaires. Les renseignements personnels concernant nos représentants provinciaux et de districts ont été publiés sur les réseaux sociaux accompagnés par des récits racistes et provocateurs. La maison d'Hasan Ekici, un ancien représentant de notre parti, a été la cible d’attaques à plusieurs reprises.

Plus tard, ce dernier a été détenu avec deux autres représentants du HDP. Par ailleurs, un officier de police est tombé d’un toit et est mort alors qu’il était occupé avec des individus qui accrochaient un drapeau turc sur notre bureau de district à Istanbul.

Ce n’est pas la première fois que nos bureaux sont attaqués de la sorte. Entre le mois d'avril et le mois de novembre 2015, des centaines de nos bureaux, y compris notre siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes et beaucoup ont été incendiés. Ces attaques se sont produites devant les yeux de la police et du ministère de l'intérieur, qui n’ont pris aucune mesure pour empêcher les attaques ou poursuivre les auteurs.

Tout au long de ces attaques, toutes nos tentatives de communiquer avec les fonctionnaires de l'état et du gouvernement sont restées sans réponse.

De telles attaques contre nos sièges, les membres et les partisans du HDP, sont devenues monnaie courante en Turquie.

Aussi déconcertant que cela puisse paraître, le gouvernement n’a a aucun moment condamné ces flambées de violence visant notre parti à travers tout le pays. Un seul député de l’AKP et un ministre ont écrit via leur compte twitter que les attaques contre le HDP devaient être arrêtées. Le HDP est devenu le bouc-émissaire du régime de l'AKP de Recep Tayyip Erdogan pour ne pas assurer la sécurité des citoyens et détourner l’attention sur son abandon du processus de paix.

Nous invitons la communauté démocratique internationale à rappeler aux autorités turques leurs obligations, leur demander d’agir dans le respect de la loi et d’arrêter les attaques contre le HDP.

 

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 17:35

 

https://www.bataillesocialiste.wordpress.com/2016/10/08/80eme-anniversaire-de-la-revolution-espagnole

 

Quatre vingtième anniversaire de la révolution espagnole

 

Par Stéphane Julien

 

Cet été, c’était le quatre vingtième anniversaire de la révolution espagnole, une révolution dans un pays voisin, suivie de près par nos anciens de la Révolution Prolétarienne, tout particulièrement Nicolas Lazarévitch et Robert Louzon. Cette révolution ne fut pas seulement une guerre laboratoire avant la seconde guerre mondiale, mais elle joua un rôle important dans la gauche politique et syndicale internationale, révélant notamment le rôle contre-révolutionnaire du stalinisme et les faiblesses de l’anarchisme, courant majoritaire dans la classe ouvrière catalane.

La révolution ouvrière de juillet 1936

L’Espagne comptait en 1936 autour de vingt cinq millions d’habitants. C’était un pays avec un retard d’industrialisation, surtout en dehors de la Catalogne et du pays basque, et une tradition de violence d'état contre les luttes ouvrières. Depuis 1931, c’était une république. Une république qui n’avait pas mis en œuvre l’indispensable réforme agraire. Un Front Populaire avait remporté les élections du mois de février 1936. Ce front électoral avait été largement construit et soutenu sur un mot d’ordre d’amnistie des prisonniers politiques, notamment les survivants de l’insurrection des Asturies de 1934. Les forces les plus réactionnaires du pays organisèrent alors un coup d'état militaire dirigé par Francisco Franco au mois de juillet 1936.

Le gouvernement fut incapable d’y faire face mais les travailleurs contre-attaquèrent efficacement. A Barcelone, les ouvriers, principalement les militants de la Confédération Nationale des Travailleurs (CNT), mirent l’armée en déroute en quelques heures.

« Les ouvriers anarchistes, socialistes, poumistes et eux seuls presque sans armes, ont sauvé Madrid et Barcelone et, avec les deux capitales, c’est le pays tout entier qui serait sauvé si le gouvernement n’était effrayé par le caractère socialiste que prend aussitôt la défense de la république. Les ouvriers ne se sont pas jetés sur les mitrailleuses par amour des chefs républicains, qu’ils ont déjà vus à l’œuvre de 1931 à 1933, mais parce que la foi révolutionnaire les anime. Il est tout de suite évident que la lutte n’est plus cette fois entre les démocrates impuissants de Manuel Azaña et les généraux rebelles mais entre le socialisme et le fascisme. Les grands exploiteurs, industriels et féodaux agrariens qui ne se font pas d’illusions sont tous passé chez Francisco Franco. Et Benito Mussolini aussi le comprend. Il envoie immédiatement du renfort et il contribue à assurer le libre passage entre le Maroc et l’Espagne franquiste, ce qui permet à Francisco Franco de constituer cette troupe de choc, légionnaires et tirailleurs marocains, sans laquelle il aurait été contraint de capituler rapidement », écrit Alfred Rosmer dans la préface de « stalinisme en Espagne », en 1938.

L’appareil d’état s’effondra à l’été 1936 entre l’insurrection militaire et l’insurrection populaire. Les travailleurs prirent les armes, exproprièrent et s’organisèrent en comités et milices syndicales. Mais l’appareil d’état se reconstitua rapidement, en intégrant les dirigeants ouvriers tout en organisant les transferts d’autorité. En Catalogne, la CNT maîtresse de la rue laisse le pouvoir au gouvernement régional. Le comité central des milices et le gouvernement régional étaient composés des mêmes forces politiques dans les mêmes proportions, celles d’un Front Populaire élargi à la CNT et au Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM). Des leaders de la CNT entrèrent dans le gouvernement de Francisco Largo Caballero au mois de novembre 1936.

Nombre d’exploitations, usines et services, tout particulièrement en Catalogne, furent collectivisés, souvent sous l’autorité du syndicat. Un air de liberté et de fraternité flotta indiscutablement. Un recueil de documents sur les collectivisations, préfacé par Augustin Souchy, fut publié dès 1937, « l’oeuvre constructive de la révolution espagnole ».

Mais il ne fut pas mis en place les prémices d’une économie non marchande, sauf peut-être en Aragon, et divers décrets allaient s’efforcer de reprendre en main ces initiatives.

Une guerre internationale

Alors que les franquistes bénéficièrent aussitôt du soutien des fascistes, Léon Blum, chef du gouvernement de Front Populaire en France annonça une politique de non intervention. Les tendances de gauche de la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO) organisèrent cependant dès 1936 un Comité d’Action Socialiste Pour l’Espagne (CASPE). En lien avec la CNT, Solidarité Internationale Antifasciste (SIA) organisa de nombreux meetings réunissant anarchistes, trotskystes et socialistes de gauche. Des colis et convois furent envoyés. Plusieurs militants français rejoignirent l’Espagne et s’engagèrent, notamment dans la milice du POUM. Hippolyte Etchebéhère, du groupe Que Faire, ami d’Alfred et de Marguerite Rosmer, mourut au combat sur le front au mois d’août 1936. Au moins trente quatre libertaires français sont morts en Espagne en 1936.

Deux options étaient défendues dans le camp antifasciste, « la guerre d’abord, la révolution ensuite » ou bien « la guerre pour défendre la révolution ». De fait, c’est la guerre qui dévora la révolution, à commencer par le chantage aux armes. Alors que l’Espagne républicaine était isolée, l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) accepta de lui vendre des armes, en contrepartie d’un transfert de la plus grande partie des réserves en devises de la banque d’Espagne vers Moscou au mois de septembre 1936 et d’une pression constante pour éradiquer l’extrême-gauche au profit d’une ligne d’union nationale, le POUM fut exclu du gouvernement régional de Catalogne, le comité central des milices antifascistes fut dissous, les milices furent militarisées et les collectivisations furent remises en cause. Joan Comorera, ministre stalinien du ravitaillement, lança une « guerre du pain » avec la formule « plus de pain et moins de comités ».

Les hommes du Guépéou furent placés, ses prisons secrètes prêtes à la répression.

Les journées de mai 1937

Une provocation fut orchestrée à Barcelone avec la tentative de prise de contrôle du central téléphonique, des barricades furent levées contre la police stalinienne mais les dirigeants de la CNT intervinrent pour qu’on cesse le combat et reprenne le travail. Les minorités révolutionnaires, les Amis de Buenaventura Durruti et le POUM, durent renoncer. Ce fut la fin de toute perspective révolutionnaire.

« D’une part, donc, la supériorité militaire de la CNT s’avéra, en ces journées, éclatante mais, d’autre part, la CNT refusa, à tout moment, d’employer cette supériorité pour s’assurer la victoire. En effet, avant tout, la CNT ne voulait pas remporter la victoire. La CNT était prête à tout, à tous les abandons, à tous les renoncements et à toutes les défaites, à condition de ne pas avoir la victoire. Parce que, après avoir remporté une victoire militaire contre le bloc bourgeois stalinien, après avoir vaincu au cours d’une bataille de rues ses alliés ou soi-disant alliés de la veille, elle n’avait plus alors d’autre alternative que de prendre le pouvoir, le prendre seule et officiellement. Or, fidèle à la politique qu’elle a obstinément suivie depuis le 19 juillet 1936, la CNT ne veut pas être, ouvertement, au pouvoir », écrit la Révolution Prolétarienne, le 10 juin 1937.

La police espagnole et les agents du Guépéou organisèrent la terreur contre les révolutionnaires. Andreu Nin, Kurt Landau, Camillo Berneri et bien d’autres furent assassinés. Le POUM fut interdit et ses dirigeants emprisonnés. Beaucoup de militants se réfugièrent dans l’anonymat du combat au front. Une grande partie de la gauche internationale, y compris des anarchistes français, ferma les yeux sur cette répression et les renoncements qui l’avaient permise.

N’ayant plus de révolution à défendre et face à des fascistes toujours mieux armés par l’Allemagne et l’Italie, l’Espagne avança vers la défaite totale.

Barcelone tomba au mois de janvier 1939 et Madrid tomba au mois de mars 1939. Un exode de masse, la Retirada, emmena cinq cent mille réfugiés vers la frontière française. Les rouges qui ne purent pas pu fuir furent exterminés en masse. Francisco Franco resta dictateur du pays jusqu’à sa mort en 1975.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:48

 

Israël rappelle dix ambassadeurs après la résolution du conseil de sécurité de l’ONU (Reuters)

 

En colère après l'adoption d'une résolution du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) demandant l'arrêt immédiat des activités de colonisation en Cisjordanie, le gouvernement israélien a rappelé dix de ses ambassadeurs et formulé de nouvelles critiques contre l'administration de Barack Obama.

Lors du conseil des ministres israélien, Dimanche 25 Décembre 2016, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé que les Etats-Unis avaient agi en concertation avec les palestiniens pour faire adopter cette résolution par le conseil de sécurité de l’ONU.

Le texte a été adopté Vendredi 23 Décembre 2016 par quatorze des quinze pays siégeant au conseil de sécurité de l’ONU tandis que les Etats-Unis se sont abstenus et n'ont pas opposé leur veto comme ils le font régulièrement sur ce sujet.

« Selon nos informations, nous n'avons aucun doute sur le fait que l'administration de Barack Obama est à l'initiative de cette résolution, qu'elle est derrière elle, qu'elle a coordonné sa rédaction et qu’elle a demandé qu'elle soit adoptée », a déclaré Benjamin Netanyahu lors de la réunion du gouvernement.

Les autorités israéliennes ont rappelé pour consultation leurs ambassadeurs dans dix des quatorze pays qui se sont prononcés en faveur de la résolution et avec lesquels elles entretiennent des relations diplomatiques. Il s'agit de la Grande-Bretagne, la France, la Chine, la Russie, l'Egypte, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Uruguay, l'Espagne et l'Ukraine.

Ce rappel, qui intervient le jour de Noël, est particulièrement inhabituel.

Dans un premier temps, la résolution avait été portée par l'Egypte mais sous la pression d'Israël et du président élu Donald Trump, les autorités égyptiennes avaient renoncé à leur initiative.

Celle-ci avait ensuite été reprise par la Nouvelle-Zélande, le Sénégal, le Venezuela et la Malaisie.

« Depuis des décennies, les administrations américaines et les gouvernements israéliens sont en désaccord à propos des colonies mais nous étions d'accord sur le fait que le conseil de sécurité de l’ONU n'était pas le lieu pour régler cette question », a commenté Benjamin Netanyahu.

« Nous savons que ce qu'il s'est passé là-bas va rendre les négociations plus difficiles et éloigner encore plus la paix. Comme je l'ai dit à John Kerry, des amis ne traduisent pas d'autres amis devant le conseil de sécurité de l’ONU », a poursuivi le premier ministre israélien.

De nombreux pays estiment que les activités de peuplement en Cisjordanie occupée sont illégales. Israël affirme que ces colonies se justifient par des raisons bibliques et des questions de sécurité.

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25 décembre 2016 7 25 /12 /décembre /2016 16:24

 

http://orientxxi.info/l-orient-dans-la-guerre-1914-1918/les-accords-sykes-picot-deuxieme-phase-du-plan-de-partition-du-proche-orient,1602

 

http://plateforme-palestine.org/Les-accords-Sykes-Picot-deuxieme-phase-du-plan-de-partition-du-Proche-Orient

 

Les accords Sykes Picot, deuxième phase du plan de partition du Proche-Orient

 

Par Kawthar Guediri

 

Jeudi Premier Décembre 2016

 

Aucun nom ne soulève autant de passion au Proche-Orient que celui des accords Sykes Picot, symbole, aux yeux des nationalistes arabes mais aussi turcs, de la volonté de Paris et de Londres de se partager la région. Ces accords entre la France et le Royaume-Uni ignoraient, bien sûr, les aspirations des peuples de la région.

Il y a exactement cent ans, en 1916, extrapolant la chute imminente de l’empire ottoman et dans le but d’étendre leur sphère d’influence au Proche-Orient, le Royaume-Uni et la France concluaient un ensemble d’accords secrets avec le consentement de la Russie tsariste, connu sous le nom d'accords Sykes-Picot, d’après les patronymes de ses deux négociateurs.

François Georges-Picot, consul français à Beyrouth avant la première guerre mondiale, puis au Caire, et membre du parti colonial français, défendait une Syrie intégrale ou Grande Syrie sous le joug colonial français. Mark Sykes, conseiller diplomatique et membre du parti conservateur britannique, avait pour objectif d’élargir l’influence coloniale au Proche-Orient. Le fruit de leurs négociations dans l’ombre définit la partition et le démembrement des provinces arabes de l’empire ottoman ainsi que la répartition de ses provinces entre les deux puissances, même si le tracé final devait varier considérablement par rapport à celui prévu par les accords Sykes-Picot. Les arabes eux-mêmes n’en ont été informés qu’en 1917, lorsque les bolcheviks ont publié le texte après la chute du tsar.

Depuis lors, les accords Sykes-Picot sont devenus au Proche-Orient le symbole de l’impérialisme et de la partition arbitraire. Pourtant, même si ces accords constituent un événement majeur, la croyance qu’ils constituent le point tournant de l’histoire du Proche-Orient moderne doit être déconstruite. C'est une étape nécessaire à la compréhension des processus de séparation et de partition. En effet, ces processus ne cessent de se reproduire depuis un siècle. Comme nous l’avons vu dans « la correspondance entre Henry Mac Mahon et Sayyed Hussein Ben Ali, première phase du plan de partition du Proche-Orient », les échanges entre Henry Mac Mahon et Sayyed Hussein Ben Ali, le chérif de La Mecque, ont permis au Royaume-Uni de négocier des territoires arabes au-delà de sa zone d’influence, suivant une logique de séparation ethnico-religieuse. Ainsi, et en accord avec les intérêts français, Londres entendait exclure les provinces où se trouvaient des arabes non musulmans des territoires prêts à être reconnus comme arabes et indépendants. Les deux documents ne peuvent pas être considérés hors de leur contexte. Ils résultent de dynamiques régionales antérieures à la première guerre mondiale.

Extension des empires européens

Au début du dix neuvième siècle, la présence occidentale s’accroît dans l’empire ottoman. Un réseau d’influence se manifeste par le développement d’écoles missionnaires et de sociétés culturelles et par l’utilisation de langues étrangères, en particulier le français pour les questions administratives, et aussi comme vecteur de colonisation. La France domine l’Algérie où sévit une politique du « diviser pour régner » et le Royaume-Uni s’empare d’Aden. De plus, la France et la Russie se considèrent protectrices des populations catholiques et orthodoxes de l’empire. Leur présence augmente au lendemain de la guerre de Crimée, entre 1853 et 1856. Endetté, l’empire ottoman est forcé de s’en remettre à des accords financiers avec les puissances étrangères, ce qui permet aux banquiers et aux financiers étrangers d’accéder à de nouveaux marchés. Pendant ce temps, la France et le Royaume-Uni redoublent d’efforts pour exercer un contrôle exclusif sur certaines zones des provinces arabes de l’empire ottoman. À la fin du siècle, les deux puissances ont étendu leurs empires encore au-delà. Londres prend le contrôle de l’Égypte et de Chypre et Paris établit un protectorat en Tunisie. Le Maroc suivra en 1912.

L’alliance entre l’Allemagne et l’empire ottoman se matérialise par le projet ferroviaire ottoman. Cependant, les projets d’extension ferroviaire au début du vingtième siècle font de l’ombre au Royaume-Uni et à la France qui se battent pour défendre leurs intérêts et le rail devient l’objet d’une compétition féroce entre ceux qui veulent obtenir le contrôle sur des portions du réseau. Chaque puissance négocie l’exclusivité du passage dans sa zone d’influence, la France en Syrie et au Liban et le Royaume-Uni en Mésopotamie et en Palestine.

Finalement, les deux pays comprennent la nécessité de négocier ensemble pour organiser un front commun. Le Royaume-Uni va jusqu’à empêcher que l’empire ottoman établisse une connexion entre Hedjaz et Aqaba, demandant que le Sinaï fasse partie de l’Égypte, et pas de la Palestine, pour ne pas mettre en péril le canal de Suez. En 1911, l’Italie décide qu’il lui faut sa propre part et attaque l’empire pour s’emparer de la Libye. La défaite de l’empire ottoman en Libye et dans les Balkans est considérée par la France et le Royaume-Uni comme des preuves de faiblesse et, à partir de 1912, ils commencent à négocier l’avenir de la Syrie.

À la veille de la première guerre mondiale et de la correspondance entre Henry Mac Mahon et Sayyed Hussein Ben Ali, l’empire ottoman est de facto l’enjeu d’une partition économique, culturelle et religieuse.

La guerre et l’alliance ottomane avec l’Allemagne fourniront finalement à la France et au Royaume-Uni l’occasion de disqualifier les autres prétendants et de formaliser politiquement une situation de négociation qui avait déjà commencé depuis longtemps.

Indépendance arabe ou partition coloniale ?

Le texte de l’accord signé le 16 mai 1916 mêle indépendance et protection. Il attribue le sud-est de la Turquie, le nord de l’Irak, la Syrie et le Liban à la France. La bande côtière entre la mer et le fleuve Jourdain, la Palestine d’alors, aujourd’hui la Jordanie, le sud de l’Irak, l’Égypte et de petites zones incluant les ports de Haïfa et d’Acre vont au Royaume-Uni, avec comme volonté de faire de Jérusalem une zone internationale. L’accord stipule que, dans chacune de leur zone, la France et la Grande-Bretagne auront un droit de priorité sur les entreprises et les emprunts locaux et qu'elles seront les seules, dans chacune de leur zone, à fournir des conseillers ou des fonctionnaires étrangers à la demande de l'état arabe ou de la confédération des états arabes.

Bien que le chérif de la Mecque et le gouvernement britannique se soient quittés sans formaliser un accord stricto sensu, le partenaire du chérif et des arabes devait être le Royaume-Uni et ne devait pas être la France. Ainsi, les accords Sykes-Picot introduisaient une tierce partie sur la scène diplomatique, bien que le chérif ait stipulé dans ses derniers échanges avec Henry Mac Mahon qu’il était résolument opposé à laisser une partie du territoire à la France ou à une autre puissance. Et s’ils considéraient clairement les territoires arabes comme un ensemble, les accords Sykes-Picot envisageait la division et la partition de ce territoire, même si cela devait finalement conduire, comme le texte le stipulait, à l’indépendance des arabes.

La France et la Grande-Bretagne sont disposées à reconnaître et à soutenir un état arabe indépendant ou une confédération d'états arabes dans chacune de leurs zones, sous la suzeraineté d’un chef arabe.

Promesses contradictoires

Ces accords masquent difficilement la méfiance du gouvernement britannique envers les arabes et surtout leurs objectifs coloniaux au Proche-Orient. L’incompatibilité entre les accords Hussein Mac Mahon et les accords Sykes-Picot a déjà été soulevée par de nombreux spécialistes et le débat est loin d’être terminé. Du point de vue arabe, ces accords secrets n’étaient pas au diapason de la correspondance entre Sayyed Hussein Ben Ali et Henry Mac Mahon. Ainsi, les arabes n’étaient pas du tout au courant que le Royaume-Uni négociait avec la France les territoires de l’empire ottoman depuis le début du siècle, bien que les officiels britanniques aient assuré, au moins publiquement, que les deux accords n’étaient pas contradictoires.

Cette incohérence fut soulevée et utilisée au sein du gouvernement britannique peu après la signature des accords Sykes-Picot, ainsi qu’en atteste une note écrite dans l’Eastern Report par William Ormsby Gore le 31 mai 1917, « les intentions françaises en Syrie sont incompatibles avec les objectifs de guerre des alliés définis par le gouvernement russe. Si l’autodétermination des nationalités doit être un principe, l’interférence de la France dans la sélection des conseillers du gouvernement arabe et la suggestion par la France des émirs choisis par les arabes à Mossoul, Alep et Damas, est totalement incompatible avec nos conceptions de la libération de la nation arabe et avec l’établissement d’un état arabe libre et indépendant. Le gouvernement britannique, en autorisant que ces lettres soient communiquées au roi Hussein à la veille du déclenchement de la révolte par Henry Mac Mahon, met en doute la cohérence entre les promesses faites au roi Hussein en tant que chef de la nation arabe et les intentions françaises de faire de la Syrie et de la Haute Mésopotamie un nouveau Tunis. Si notre soutien au roi Hussein et aux autres leaders arabes de souches moins nobles et moins prestigieuses veut dire quelque chose, cela veut dire que nous sommes prêts à reconnaître l’entière souveraineté des arabes d’Arabie et de Syrie. Le moment est venu d’informer le gouvernement français de notre loyauté au roi Hussein et que ce dernier en soit informé clairement, que ce soit lui ou un autre qui gouvernera Damas. Celle-ci est la seule capitale possible pour un futur état arabe qui soumettra les autres émirats arabes ».

Des traits sur des cartes

Que le gouvernement britannique ait estimé que les engagements étaient incompatibles et contraires au principe d’autodétermination, ou bien que le commentaire de William Ormsby Gore soit principalement destiné à être utilisé pour dénigrer l’accord avec les français, et de ce fait leur refuser leur butin de guerre, n’est pas essentiel à la compréhension de la situation. Cela révèle pourtant un certain nombre de doutes depuis le début qui ne sont pas passés inaperçus chez les nationalistes arabes.

Craignant une trahison britannique, ils ont demandé des clarifications dès qu’ils ont su la nouvelle.

Tandis que les groupes hachémites et nationalistes arabes basés en Syrie se battaient pour leur future indépendance et leur souveraineté, se préparant à la fin de l’empire, le Royaume-Uni et la France traçaient des traits sur des cartes afin de diviser les régions arabes de l’empire ottoman.

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