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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:39

 

La gauche du Parti Socialiste pour un report de la réforme des retraites

 

PARIS (Reuters) - L'aile gauche du Parti Socialiste plaide dans une lettre aux parlementaires du Parti Socialiste pour un report de la réforme des retraites et appelle à une consultation des militants dans les fédérations, a-t-on appris auprès de « Maintenant la Gauche ».

 

Elle estime que cette réforme n'est « ni urgente ni opportune et que rien ne justifie socialement, économiquement et financièrement d'en demander plus aujourd'hui », a-t-on précisé, confirmant une information du Monde, daté de dimanche.

 

Selon le quotidien, les signataires considèrent que l'allongement de la durée de cotisation, piste envisagée par le gouvernement pour combler le déficit du régime de retraite, aurait « un caractère profondément anxiogène » pour les français.

 

Le courant « Maintenant la Gauche » est animé par le vice président de la région Ile de France Emmanuel Maurel, la sénatrice Marie Noëlle Lienemann et le député Jérôme Guedj.

 

Très minoritaire, il veut que le débat soit « porté par le parti » et demande que la direction, qui a mis en place un groupe de travail sur les retraites, organise « une consultation des militants dans les fédérations ».

 

Son initiative risque d'embarrasser une peu plus François Hollande et Jean-Marc Ayrault, quelques jours après l'éviction du ministère de l'écologie de Delphine Batho et alors que les critiques montent sur la ligne économique de l'exécutif.

 

Elle s'ajoute à l'appel de quatre « sensibilités » du Parti Socialiste, dont Maintenant la Gauche, le premier juillet, à une « grande réforme fiscale ».

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:26

 

Jérôme Kerviel n’obtient pas son expertise devant les prud’hommes

Jeudi 4 Juillet 2013

PARIS (Reuters) - Le conseil des prud'hommes de Paris tiendra le 24 mars 2014 son audience de jugement sur la demande de l'ancien trader Jérôme Kerviel, qui a assigné la Société Générale pour contester son licenciement pour faute lourde en 2008.

Les juges ont rejeté jeudi le renvoi de l'audience réclamé par les avocats de la banque mais également l'expertise indépendante que l'ancien trader réclamait sur les pertes de quatre milliards neuf cent millions d'euros que la Société Générale lui impute.

Jérôme Kerviel, qui mène désormais son combat avec le soutien de personnalités de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, qui voit en lui un symbole des pratiques de la finance, a exprimé sa déception après le rejet de sa demande d'expertise.

« Je suis dégoûté. Une expertise, je ne demande pas grand-chose. Et je ne comprends pas pourquoi elle est systématiquement refusée », a-t-il déclaré alors que quelques dizaines de militants de gauche criaient « justice ».

Son avocat, David Koubbi, a précisé que les juges avaient jugé une expertise « prématurée », comme le soutenaient les avocats de la banque, mais que la défense de l'ancien trader représenterait sa demande lors de l'audience de jugement le 24 mars 2014.

« Qu'est-ce qui gêne la Société Générale aujourd'hui? Que des experts indépendants viennent voir ce qu'il y a dans ses comptes pour éclairer le débat », a-t-il déclaré.

Jérôme Kerviel réclame environ neuf cent mille euros d'indemnités et demandait, plus symboliquement, quatre milliards neuf cent millions d'euros, somme qu'il a été condamné à payer à la Société Générale pour les pertes de trading qui lui sont imputées par la banque, afin d'obtenir une expertise indépendante sur leur réalité et la date à laquelle elles ont été découvertes.

Jérôme Kerviel, qui a été condamné en appel, en octobre 2012, à trois ans de prison ferme et quatre milliards neuf cent millions d'euros de dommages et intérêts, s'est pourvu en cassation, ce qui suspend sa peine de prison mais pas la sanction civile.

UN « PION DE LA FINANCE »

L'ancien trader, qui conteste son licenciement pour faute lourde, supposant la volonté de nuire à son employeur, a toujours soutenu que la banque savait qu'il prenait des positions exorbitantes non couvertes.

Selon lui, une étude comptable et financière permettrait de démontrer que la banque a gonflé ses pertes lorsqu'elle a débouclé ses positions de cinquante milliards d'euros lorsque Jérôme Kerviel a été démasqué en janvier 2008.

A son arrivée au tribunal, il s'est dit revigoré par la présence devant les prud'hommes de ses nouveaux soutiens, des personnalités de gauche comme Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autin et Gérard Filoche, mais aussi l'ancien prisonnier Roland Agret, fondateur d'Action Justice.

« Moi, je mène une bataille acharnée contre la finance, mais c'est un pion de la finance que je suis en train de défendre avec d'autres », a expliqué le co-président du parti de gauche.

Jean-Luc Mélenchon a fait le parallèle avec Jean Jaurès qui, bien qu'antimilitariste farouche, avait défendu le capitaine Dreyfus. « La grande différence, c'est que dans l'affaire Dreyfus, il y avait de l'antisémitisme qu'il n'y a pas ici. C'est un cas exemplaire de la façon dont la finance joue avec la vie des gens », a-t-il ajouté, soulignant que la faute lourde dont l'accuse la banque condamnait Jérôme Kerviel à une mort sociale.

Sur le fond, l'ancien candidat à la présidentielle met en doute la réalité des pertes de la Société Générale.

« Pourquoi le juge a-t-il refusé systématiquement toute expertise indépendante de ces pertes? Pourquoi a-t-il choisi de croire sur parole la banque? Pourquoi la ministre Christine Lagarde a-t-elle fait verser à la banque un milliard sept cent millions d’euros de dédommagement, alors que la condamnation de Jérôme Kerviel, qui était la condition de ce versement, n'était pas définitive », a-t-il écrit sur son blog.

Pour Jean-Luc Mélenchon, du broyage de Jérôme Kerviel « dépendait la réussite d'une opération incroyable, le sauvetage d'une banque dont la défaillance aurait pu effondrer le système bancaire mondial ». 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 18:41

 

http://www.salirdeleuro.org

 

Pour la récupération de la souveraineté économique, monétaire et citoyenne.

 

La situation économique et sociale dramatique dans laquelle notre société est plongée nécessite une politique capable de créer les conditions pour sortir de la crise. C’est une nécessité urgente. Le temps est devenu un facteur fondamental pour les risques d'aggravation et de dégradation qui existent, pour l'énorme souffrance sociale provoquée par la persistance des politiques d'ajustement, d'austérité et de privatisation du public.

Le réseau dans lequel nous sommes pris au piège est constitué par un niveau de chômage catastrophique, par une dette extérieure du pays impossible à affronter et par une évolution des finances publiques qui conduisent à l'effondrement économique de l'Etat. Plus de six millions de chômeurs, plus de deux milliards trois cent millions d'euros d'engagements bruts à l'extérieur et une dette publique de près d'un milliard d'euros et de près de cent pour cent du PIB sont les données qui définissent une catastrophe ingérable, qui met en danger la coexistence et détruit les droits sociaux fondamentaux.

Une crise de cette ampleur a de nombreuses causes complexes et multiples, de la crise générale du capitalisme financier au gaspillage et à la corruption elle même, grâce à un système fiscal régressif appliqué de manière injuste, mais au risque de simplifier l'analyse pour trouver des solutions, il faut attribuer la principale raison de cette triste situation à l’intégration de notre pays dans la monnaie unique.

Comme il est maintenant reconnu, les conditions de mise en œuvre d'une monnaie unique entre des pays économiquement aussi inégaux accompagnés par une fiscalité commune n’étaient pas réunies. Sa création a impliqué, d'autre part, un cadre pour la mise en œuvre des politiques régressives et anti sociales de toutes sortes selon la doctrine néo libérale, qui a connu dans la construction de l'Europe de Maastricht sa meilleure expression. Comme il a été dit à l'époque, l'État-providence n'était pas compatible avec l'Europe de Maastricht.

Par son intégration à l'euro, notre pays a perdu un outil essentiel pour maintenir un équilibre des échanges économiques avec l'extérieur, comme le contrôle et la gestion du taux de change par rapport à d'autres devises. En outre, il y avait un transfert de souveraineté à la BCE en termes de création de liquidité et la mise en œuvre de la politique monétaire, une institution dominée dès le début par les intérêts du capitalisme allemand.

Comment pourrait-il en être autrement, le retard et la faiblesse de l'économie espagnole sur les autres pays et la rigidité absolue imposée par l'euro depuis le début des années 2000 provoquaient un déficit écrasant de la balance des paiements des comptes courants. Il y avait des déséquilibres insoutenables, comme cela s'est produit dans d'autres pays tels que la Grèce et le Portugal, pris dans le même piège. Au cours des quatorze années écoulées depuis la création de l'euro en 1999 jusqu'à la fin de 2012, le déficit commercial cumulé a été de près de sept cent milliards d'euros, qui a été financé par des emprunts à l'étranger. Les prêteurs et les sociétés espagnoles avaient besoin d’un autre billion d'euros pour leurs plans d'investissement à l'étranger, principalement en Amérique Latine.

Jusqu'en 2008, lorsque la crise financière a éclaté au niveau international pour des facilités de financement extraordinaires, le pays a connu un rêve comme drogué, alimentant la bulle immobilière et sans se soucier des problèmes qu’il avait créé. Cette année-là, tout a changé radicalement par la fermeture des marchés financiers pour les liquidités en circulation et la situation de chaque débiteur a fait l’objet d’un examen rigoureux. Avec le changement brusque de la position débitrice de notre économie à l'étranger, les engagements bruts ont augmenté de cinq cent quarante milliards d'euros à la fin de 1998 à deux mille deux cent milliards d’euros en 2008, le pays a fait faillite et il y avait une profonde récession, dont les effets sont toujours actuels.

Le secteur public a profondément ressenti ces effets, provoquant un déficit exorbitant et la chute spectaculaire des revenus, renforcée par l'éclatement de la bulle immobilière. L'État, sur lequel pèsent toutes les contraintes des administrations publiques, a exigé des centaines de millions d'euros, par l’émission de dette publique sur les marchés intérieurs et extérieurs, étant donné l'impossibilité de financement direct par l'autorité monétaire. À la fin de 2007, la dette de l'Etat était de trois cent sept mille millions d'euros, soit trente sept pour cent du PIB. A la fin de l'année 2012, elle s'élevait à six cent quatre vingt huit mille millions d'euros, soit soixante cinq pour cent du PIB, et la hausse correspond à l'évolution du déficit des comptes publics.

Depuis le début de la crise, la politique économique a eu quelques fonctionnalités de base inamovibles. La perte de compétitivité de l'économie espagnole a été le prétexte à des politiques néo libérales strictes qui ont essayé de compenser la crise par le soi-disant « ajustement interne », un processus visant à réduire les salaires et faciliter les licenciements pour réduire les prix des biens et des services espagnols, à partir du moment où la voie naturelle de la dévaluation de la monnaie historique est interdite par l'euro. Ajustements, contres réformes du travail et coupes budgétaires continuent de marquer la politique économique au cours des dernières années. En outre, l'austérité que l'on impose brutalement comme politique budgétaire, comme exigence des pouvoirs économiques, fait de la lutte contre le déficit public le talisman trompeur de la solution à la crise.

Cette politique, qui a provoqué un recul social très douloureux et une montée incontrôlable du chômage, est inutile. Le pays plonge sans frein dans une fosse profonde. Les causes de la crise sont intactes. La dette extérieure ne peut pas diminuer sans excédent de la balance des paiements, ce qui est pratiquement impossible pour une économie en ruine et de faible compétitivité, et le fardeau de la dette publique ne cesse d’augmenter le déficit, problème pour lequel le gouvernement n'a pas de solution. La méfiance est générale.

La société est à un carrefour

Comment surmonter la catastrophe ? L'alternative à la crise que défendent la troïka et le PP passe par l’approfondissement des ajustements, l’austérité et la destruction du secteur public.

L'économie espagnole, comme cela s'est produit en Grèce ou au Portugal, tombe de la falaise et fonce dans l'abîme avec des conséquences sociales dramatiques et multiplie les signes des risques politiques.

Le PSOE, partenaire actif de la conception économique et sociale actuelle, semble maintenant en désaccord avec le PP et critique sa politique suicidaire, mais est lié à l'idée que l'euro est irréversible.

Les directions des syndicats majoritaires, en contradiction avec l’erreur commise relative à la critique de Maastricht, dénoncent désormais la situation actuelle, mais ne sont pas en condition de proposer des mesures contre la crise véritablement efficaces s’ils ne remettent pas en cause systématiquement la construction européenne.

D'autres forces, organisations et auteurs de gauche critiquent l'Europe contemporaine et proposent des modifications des projets tout à fait utopiques et sans fondement, en raison du caractère irréformable de l'Europe, surtout après élargissement de la zone euro à l'Est. Il y avait les problèmes d’origine de la monnaie unique, il y a maintenant le poids de l’Allemagne comme puissance hégémonique et la réalité d'une décomposition de l’Europe, la dette impayable de certains pays. Le besoin impératif et urgent de briser les liens des traités européens ne peut pas se cacher derrière des propositions et des projets d’autre nature.

Une autre Europe est maintenant souhaitable et réalisable, sur d’autres bases que la perte de souveraineté des Etats.

L'échec du projet de construction de l'Europe est indéniable, indépendamment du fait qu'il n'est pas possible de déterminer quand et comment nous sortirons de l’actuelle situation insoutenable.

Pour les signataires de ce manifeste, il semble clair que l'Europe de Maastricht ne peut pas survivre dans sa configuration actuelle, après les désastres et les souffrances qu'elle a causé, contre la démocratie et la souveraineté populaire.

Nous affirmons aussi que notre pays ne peut surmonter la crise au sein de l'euro. Sans monnaie propre et sans autonomie monétaire, il est impossible d’affronter le drame social et économique, d'autant plus que la politique budgétaire a également été annulée avec le pacte de stabilité, traîtreusement constitutionnalisé.

Nous avons besoin de notre propre monnaie pour affronter la concurrence et d’une politique monétaire souveraine pour fournir des liquidités au système et stimuler une demande raisonnable. Les premières conditions nécessaires, mais nullement suffisantes, sont le développement d’un contrôle public des secteurs stratégiques de l'économie, y compris la nationalisation des banques, la reconstruction de l'industrie et de l'agriculture, la défense des services publics de base, avec un système fiscal progressif pour diminuer les inégalités dans la répartition des richesses, la répartition du travail pour lutter contre le chômage, l’abrogation des contres réformes du travail et des retraites, la protection de l’environnement et un processus constitutionnel qui permet de récupérer et d'approfondir la démocratie. Il faut oublier temporairement le déficit, les propositions impossibles de la BCE, de la réserve fédérale américaine et de la banque d'Angleterre quand vous pouvez avoir la banque d'Espagne comme institution équivalente.

Le montant de la dette est impayable. La majeure partie de la dette est la dette du secteur privé, elle est la cause des problèmes qui se posent, y compris le secteur financier, très compromis.

Il faut donc rejeter toute opération de « sauvetage » de notre pays pour exactement la même raison que nous considérons comme totalement illégitime la dette due par l'État aux fonds de secours des entités de crédit qui n'ont pas été nationalisées.

En ce qui concerne la dette publique, l'État doit procéder à une restructuration profonde de la dette publique (suppression, moratoire, conversion en monnaie nationale) pour soulager la pression écrasante que supportent les comptes publics. Sinon, il peut y avoir une faillite inévitable du secteur public.

Nous n’éviterons pas les problèmes et la complexité des mesures que nous proposons, entre autres la limitation de la libre circulation des capitaux. Notre analyse ne nous empêche pas de collaborer à des actions, des propositions et des manifestations avec les citoyens et les organisations qui, sous l'effet du bombardement médiatique que nous subissons ou pour d'autres raisons, ne partagent pas notre option dans la situation cruciale dans laquelle nous sommes et la nécessité de briser le nœud gordien de l'euro.

Toutefois, étant donné le désordre qui nous entoure et les causes profondes qui le favorisent et l’aggravent, nous ne pouvons pas rester muets ou évasifs. À notre connaissance, la société espagnole d'aujourd'hui, qui est déjà entré dans une longue agonie et de désespoir, n'a d'autre choix que de quitter l'euro pour éviter l'effondrement final du pays.

Pour récupérer la souveraineté économique et pour appliquer la souveraineté populaire, il faut nous débarrasser des noeuds coulants qui nous paralysent, pour faire face à la dure réalité et fournir les moyens de tracer un projet de survie qui, avec toutes ses difficultés, peut également représenter une grande opportunité pour créer une société souveraine, prospère, juste, solidaire, démocratique, respectueuse de l'environnement et libre.

Premiers signataires :

Julio Anguita, ancien coordinateur national d’Izquierda Unida ; Ginès Fernandez, directeur de Mundo Obrero ; Carlos Martinez, ancien président d’ATTAC Espagne ; Miguel Riera, éditeur de Viejo Topo 

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:11

 

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=10028

 

 

L'Égypte, la gauche et le coup d'État

 

Par Santiago Alba Rico

 

Traduit par  Fausto Giudice

 

L'affaire est entendue. Nous en revenons à « l'exception arabe ». Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Assad (et nos gouvernements et médias occidentaux) avaient raison, le monde arabe n'est pas démocratisable. Et notre gauche, pendant ce temps, acclame l'armée.

 

Je vais l'expliquer de la façon la plus simple. Il y a deux ans et demi s'est mis en branle dans le monde arabe un processus inattendu d'émergence des peuples (parfois appelé « printemps arabe »), qui a ouvert une possibilité modeste mais lumineuse dans la région. Je l'appellerai sans  hésitation une « révolution ».

 

Ce n'était pas une révolution socialiste et elle n'a pas été menée par la gauche. Cela n'a pas non plus été une révolution islamique et les islamistes y ont d'ailleurs joué un très limité. Mais comme c'était une révolution démocratique, elle a fait remonter à la surface  le rapport réel des forces dans la région, réprimé depuis des décennies, et des élections, là où il y en a eu, ont porté au gouvernement des partis islamistes de l'orbite des frères musulmans. Tant la gauche de la région, sénile et stalinienne, que les partis islamistes, qui entretenaient des rêves de califat, ont cédé à la pression populaire et ont adopté des programmes démocratiques sincères. Les felul de l'ancien régime, à leur tour, se sont reconvertis en démocrates et avec différentes organisations et partis, dans des conditions de liberté d'expression et de réunion sans précédent, ils ont commencé à travailler à la reconquête du pouvoir.

 

Je sais que ce que je dis importe peu, parce que mes propos seront dans tous les cas mal entendus. Je suis communiste et s'il y a quelque chose qui m'inspire peu de sympathie, c'est la combinaison de néo libéralisme économique et de conservatisme religieux. Ces deux dernières années, je n'ai cessé d'attirer l'attention, sur la complicité, en Égypte et en Tunisie,  des frères musulmans et d'al Nahdha avec les institutions financières internationales, sur leur absence de programme économique et social et leur recours aux mêmes tactiques répressives que la dictature. Mais j'ai aussi insisté pour mettre en garde contre la tentation de lutter contre les islamistes par tous les moyens, dans des alliances contre nature avec les mains noires de la dictature ou par des stratégies de harcèlement et de démolition qui, dans le rapport de forces actuel, ne peuvent qu'encourager le  retour des vieux modèles tragiques de gestion régionaux (avec la guerre civile algérienne, si proche, comme ombre et avertissement). Le processus qui a commencé en Tunisie a créé un cadre instable et fluide dans lequel démocratie, révolution et de involution se donnent rendez-vous, se cherchent, s'entrechoquent, négocient et se combattent.

 

À mon avis, la chose la plus révolutionnaire que l'on puisse faire dès maintenant en Égypte et dans tout le monde arabe, c'est tenter de construire un État de droit démocratique, tout en travaillant à moyen terme, gramsciennement, à un projet contre hégémonique basé sur le mécontentement social.

 

Eh bien, la volonté d'accélérer la révolution sans avoir normalisé la démocratie  (laquelle, dans le monde arabe, est révolutionnaire en soi), et en dépit du rapport de forces, donne tous les avantages à des projets islamophobes d'involution. En Tunisie, sous la forme d'une « transition pacifique vers la dictature », en Égypte, comme nous le voyons, sous la forme classique, terrible, d'une intervention militaire qui, dans ce cas, ne peut que déboucher sur une guerre civile.

 

Des millions d'égyptiens ont envahi les rues d'une manière que l'on peut saluer, sur les ailes d'une indignation juste et courageuse, dans le prolongement d'un mouvement populaire qui est la seule garantie, dans le monde arabe et ailleurs, d'une véritable démocratie. Mais ce mouvement populaire s'inscrit, permettez-moi de le dire de manière provocatrice et brutale, dans une stratégie de harcèlement et de destruction contre les frères musulmans, orchestrée et préparée conformément à un plan très similaire à celui qui renversa Allende au Chili ou qui a tenté de renverser Chavez au Venezuela.

 

Permettez-moi d'être encore plus provocateur, un certain secteur de la gauche, arabe et mondiale, qualifie les révolutions de complots et quand il y a des complots, elle considère que, oui, la véritable révolution est survenue. Contre l'islamisme, les coups d'État sont révolutionnaires.

 

Même s'il s'agit de l'armée égyptienne, la plus pro US dans le monde, la même qui a tiré sur le peuple et torturait les révolutionnaires il y a encore quelques mois.

 

En Égypte, la gauche fait partie du Front de Salut National, qui coalise la droite néo libérale et les felul de l'ancien régime, et son représentant suprême, Hamdin Sabahi, qui s'était classé troisième à l'élection présidentielle, a demandé à plusieurs reprises ces derniers jours l'intervention de l'armée et a salué ses communiqués « révolutionnaires ».

 

Même chose pour Tamarrud, le mouvement responsable des manifestations du 30 juin, dont les portes paroles avouent ouvertement avoir coordonné  les protestations avec le commandement militaire, et qui ont répondu à la déclaration assadienne des  forces armées (« nous donnerons nos vies pour le combat contre les terroristes, les extrémistes et les ignorants ») en exigeant l'arrestation immédiate du président élu, Mohamed Morsi.

 

Si le président élu ne s'en va pas, on connait déjà la « feuille de route » annoncée par l'armée, elle formera une junte civilo militaire pour préparer la transition, elle dissoudra le parlement, suspendra la constitution et elle appliquera une main de fer à tous les « terroristes, extrémistes et ignorants » qui s'opposeront à son projet de salut national.

 

Ça ne vous rappelle rien ? À moi si. Nous avons assez d'expérience historique pour savoir ce que cela signifie. Il ne semble pas y avoir de solutions de rechange. Le ressentiment historique accumulé au fil des décennies par les islamistes semblait s'être dissous dans leur revendication pragmatique et théâtrale, exprimée avec un enthousiasme de néophytes, de « démocratie parlementaire ». Si on leur refuse par un coup de main ce qu'ils ont gagné dans les urnes, ce ressentiment, maintenant intensifié et légitimé, ne provoquera-t-il pas le retour à une organisation d'idéologie et de tradition très peu démocratiques, habituée à la clandestinité et souvent tentée par la lutte armée ? Il se peut que ce soit l'Égypte, et non la Syrie, qui devienne  « le tombeau des révolutions arabes ».  Dans son éditorial d'hier, Abdelbari Atwan, éditorialiste d'al Quds al Arabi, évoque le « scénario algérien ». Oui, c'est de cela que nous parlons, mais dans un pays de quatre vingt millions d'habitants, à côté d'Israël, et dans un contexte de plus en plus explosif de conflits sectaires en Syrie et en Irak. Bachar al Assad peut se sentir très fier d'avoir anticipé le nouveau modèle, en fait le plus ancien, contre les menaces de « terrorisme islamique ».

 

L'affaire est entendue. Nous en revenons à « l'exception arabe ». Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Assad (et nos gouvernements et médias occidentaux) avaient raison, le monde arabe n'est pas démocratisable. Et notre gauche, pendant ce temps, acclame l'armée.     

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 15:40

 

http://www.huffpostmaghreb.com/2013/06/24/front-populaire-nida-tounes_n_3489733.html

 

 

Fausse déclaration, vrai rapprochement

 

Dans un communiqué publié dimanche 23 juin, Hamma Hammami, affirme que « le Front Populaire n’a pas l’intention d’établir une quelconque alliance électorale ou stratégique avec les composantes de l’Union pour la Tunisie ». Durant le week end, une déclaration avançant une alliance avec Nida Tounes, attribuée au le leader du Front Populaire a suscité la polémique.

Le 4 juin dernier, le Front Populaire a présenté une inititiative de coalition nationale. Cette dernière, venue répondre à « la crise sécuritaire, économique et sociale » que traverse la Tunisie, avait été accueillie favorablement par les divers partis de l’opposition, en particulier l’Union pour la Tunisie, une coalition regroupant cinq partis, al Jomhouri, al Massar, le Parti Socialiste, le Parti du Travail Patriotique et Démocratique, ainsi que Nida Tounes, un parti souvent critiqué par le Front Populaire.

Troisième voie

Le Front Populaire a toujours fait cavalier seul. Alliance de plusieurs partis de gauche, dont le Parti Ouvrier, et le Watad, ses leaders ont souvent appelé à une troisième voie, en se posant comme une alternative politique. « Ni al Nahdha, Ni Nida Tounes » scandent ses militants dans leurs manifestations.

Mais depuis plusieurs mois, un rapprochement entre l’Union pour la Tunisie, et le Front Populaire ne cesse d’être évoqué dans la presse. L’assassinat de Chokri Belaid le 6 février dernier en serait le motif. Mais Hamma Hammami continue de nier un éventuel accord en ce sens, en affirmant qu’il s’oppose à la bipolarisation politique. Le 28 mars dernier, sur le plateau de Nesma TV, il affirme qu’il existe des « différences dans les orientations économiques et sociales ».

Fausse déclaration, et vraie polémique

« Une alliance avec Nida Tounes est impérative pour faire face aux forces occultes », aurait dit Hamma Hammami lors d’une réunion avec les partisans du Front Populaire. Reprise par plusieurs médias en ligne, cette déclaration a créé la stupéfaction sur les réseaux sociaux.

Dimanche soir, le Front Populaire réagit avec un premier communiqué dans lequel il dénonce « une campagne de propagande acharnée contre les membres du Front Populaire et ses leaders, en usant de la presse partisane et des réseaux sociaux ».

Mais la déclaration attribuée à Hamma Hammami a fait couler beaucoup d’encre. Les critiques dépassent le camp al Nahdha. Sur Facebook et Twitter, les réactions négatives ne tardent pas. Les internautes ne comprennent pas comment Hamma Hammi peut s’allier à Nida Tounes.

Pas une alliance, mais un rapprochement

Dans son démenti publié sur la page facebook du Front Populaire, Hamma Hammami explique que ses propos ont été déformés, et insiste sur le fait que l’initiative du Front Populaire « n’est pas un front pour lutter contre l'obscurantisme, mais une initiative adressée au peuple tunisien, aux forces politiques, civiles et sociales concernées par l’avenir de la Tunisie, et en désaccord avec le projet de dictature de la troïka ».

Cette initiative orientée clairement contre le gouvernement et ses trois composantes (al Nahdha, CPR et Ettakatol), appelle à la réunion des autres forces politiques présentes sur le terrain. Applaudie par l’opposition, elle sera de nature à nouer des accords stratégiques entre les divers partis, y compris donc Nida Tounes. Si ceci ne prouve en aucun cas une éventuelle alliance électorale avec le parti de Béji Caied Essebsi ou la coalition plus large de l’Union pour la Tunisie, il sous-entend nécessairement un rapprochement. 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 15:07

 

Le Venezuela accorde l’asile humanitaire à Edward Snowden

 

CARACAS (Reuters) - Le Venezuela a annoncé vendredi qu'il accordait l'asile à Edward Snowden, l'ancien consultant de la National Security Agency (NSA) à l'origine des révélations sur l'ampleur des programmes de surveillance et d'espionnage des services américains.

 

« J'ai décidé d'offrir l'asile humanitaire à ce jeune américain, Edward Snowden, de sorte qu'il puisse venir dans la patrie de Bolivar et de Chavez et y vivre à l'écart de la persécution impérialiste nord-américaine », a dit le président Nicolas Maduro lors d'un défilé marquant l'indépendance du Venezuela.

 

Un autre pays latino-américain, le Nicaragua, s'est dit lui aussi prêt à accueillir le jeune informaticien « si les circonstances le permettent ».

 

Edward Snowden est bloqué depuis le 23 juin en zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, où il est arrivé en provenance de Hong Kong. Sa présence prolongée commence à indisposer les autorités russes, qui ont exclu de lui accorder l'asile et l'ont appelé jeudi à « choisir un endroit où aller. L'asile au Venezuela serait pour Snowden la meilleure solution. Ce pays entretient des relations tendues avec les Etats Unis », a dit Alexeï Pouchkov, président de la commission des affaires étrangères de la douma, la chambre basse du parlement russe.

 

Le porte-parole du président Vladimir Poutine s'est refusé à commenter pour l'instant la proposition de Nicolas Maduro.

 

« L'affaire Snowden démontre que les tentatives américaines de placer le monde sous un contrôle électronique, militaire et politique sont vouées à l'échec », a dit Pouchkov.

 

Recherché par les Etats-Unis qui veulent le juger pour espionnage et ont annulé son passeport, il a déposé des demandes d'asile auprès d'une vingtaine de pays mais peine à trouver un pays d'accueil.

 

La France, qui figurait sur sa liste, a ainsi refusé jeudi de donner une suite favorable à sa demande.

 

A Washington, la Maison blanche a refusé de faire le moindre commentaire sur l'annonce de Caracas.

 

Nicolas Maduro a expliqué sa décision par les détails que Snowden a livrés sur les programmes d'espionnage des Etats-Unis qui, a-t-il ajouté, ont révélé les « procédés infâmes de l'empire. Qui est le coupable ? Un jeune homme qui dénonce des plans guerriers ou le gouvernement des Etats-Unis qui lance des bombes et arme l'opposition syrienne contre le peuple et le président légitime Bachar al Assad ? Qui est le terroriste ? Qui est le délinquant global ? », s'est interrogé le successeur d'Hugo Chavez.

 

COUP DE FROID TRANSATLANTIQUE

 

Edward Snowden, qui travaillait dans une antenne de la NSA à Hawaï, a transmis à des journalistes du Guardian et du Washington Post des informations sur l'existence du programme Prism, un vaste réseau de cyber surveillance permettant au renseignement américain de surveiller les communications téléphoniques et électroniques.

 

Il est aussi à l'origine des révélations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, corroborées par le Guardian britannique, sur la mise sur écoute de représentations de l'Union Européenne, aux Etats-Unis, à l'ONU et jusqu'au siège des institutions communautaires à Bruxelles, ainsi que d'Etats membres de l'UE, dont l'Allemagne et la France.

 

Ces accusations ont jeté un froid sur les relations entre européens et américains au moment où les deux blocs doivent lancer, ce lundi, les négociations d'un traité de libre échange transatlantique (TTIP).

 

Le calendrier de ces discussions, que certains dont la France souhaitaient repousser, a été maintenu mais des groupes de travail euro-américains seront mis en place pour discuter des activités des services de renseignements américains et de la protection des données liées à la vie privée.

 

Par ailleurs, l'Union Européenne envisage de suspendre deux accords offrant aux Etats-Unis, depuis les attentats du 11 septembre 2001, un accès à des bases de données financières et de transport aérien si Washington n'affiche pas son intention de respecter les règles européennes sur le secret des informations.

 

Barack Obama a promis lui, en début de semaine, de fournir à ses alliés européens toutes les informations relatives aux programmes de surveillance américains.

 

Mais le président américain, qui s'exprimait lundi lors de son déplacement en Tanzanie, a ajouté que « tous les services de renseignement, y compris ceux de l'Union Européenne, essayent de comprendre ce qui se passe dans les capitales du monde entier à l'aide d'informations qui ne proviennent pas des médias ».

 

Snowden est aussi, mais très indirectement, la cause d'un incident diplomatique entre l'Amérique Latine et plusieurs Etats européens, dont la France, qui ont temporairement fermé cette semaine leur espace aérien à l'avion ramenant le président bolivien Evo Morales d'une conférence sur l'énergie à Moscou.

 

Cette décision aurait été motivée par des rumeurs selon lesquelles le « lanceur d'alerte » se trouvait à bord.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 17:28

 

Trois morts dans des manifestations pro Morsi en Egypte

 

LE CAIRE (Reuters) - Trois partisans de Mohamed Morsi, le président égyptien destitué par l'armée, ont été tués par balles Vendredi 5 Juillet 2013 au Caire lors d'une manifestation contre le « coup d'Etat militaire » et pour la défense de la « légitimité démocratique ».

 

La coalition islamiste, à laquelle appartiennent les frères musulmans, a appelé à un « vendredi de rejet » deux jours après la destitution du chef de l'Etat par les militaires à la suite de manifestations monstres de l'opposition.

 

Les libéraux du Front de Salut National (FSN) ont également appelé leurs militants à descendre dans la rue pour contrer les rassemblements des pro-islamistes et « protéger la révolution du 30 juin ».

 

Le chef d'état-major des forces armées, le général Abdel Fattah al Sissi, a assuré par téléphone au roi Abdallah d'Arabie Saoudite que la situation en Egypte était « stable », rapporte l'agence de presse saoudienne.

 

Selon des sources proches des forces de sécurité, trois manifestants islamistes ont été tués dans l'après-midi devant la caserne de la garde républicaine où est détenu le président destitué. L'armée a pour sa part affirmé n'avoir tiré que des balles à blanc.

 

Un journaliste de Reuters sur place a vu au moins huit manifestants touchés par des tirs. Après des tirs de gaz lacrymogènes, la foule s'est dispersée. Une heure plus tard, des centaines de personnes étaient toujours à proximité, certaines en prière, d'autres brandissant des portraits de Morsi, tandis que le quartier était survolé par des hélicoptères de l'armée.

 

Les frères musulmans ont demandé sur leur site internet à leurs militants de se rendre en masse sur place.

 

Des manifestations ont également rassemblé des milliers de personnes à Alexandrie, Assiout, Suez, Al Arich et Ismaïlia. Dans ces trois dernières villes, l'armée a tiré en l'air et fait usage de gaz lacrymogènes pour empêcher les pro Morsi d'envahir des bâtiments publics.

 

« LA VOLONTÉ DU PEUPLE »

 

A Damanhour, capitale de la province de Beheira, dans le delta du Nil, des heurts entre partisans et adversaires du président déchu ont fait vingt et un blessés, dont trois par balles.

 

Jeudi, des affrontements ont fait quatre vingt blessés à Zagazig, dans le delta du Nil, ville d'origine de la famille Morsi.

 

Des attaques ont d'ailleurs été menées vendredi matin dans le nord du Sinaï contre des postes des forces de sécurité. On ignore si ces attaques, fréquentes dans le Sinaï, sont liées au renversement du président Morsi.

 

A Rafah, un poste de police a été la cible d'une attaque à la roquette. Un soldat a été tué et deux autres ont été blessés. A Al Arich, non loin de la frontière avec la bande de Gaza et Israël, des coups de feu ont visé l'aéroport tandis que des grenades étaient lancées en direction des militaires protégeant le site.

 

A la suite de ces attaques, les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte dans la région.

 

En destituant Mercredi 3 Juillet 2013 le chef de l'Etat, un peu plus d'un an après sa prise de fonction, l'armée a annoncé la prochaine mise en place d'un gouvernement provisoire soutenu par les groupes libéraux. La Chambre haute du parlement, le Conseil de la Choura, a été dissoute vendredi et un nouveau chef des services de renseignement a été nommé.

 

Pour justifier leur intervention, les militaires ont invoqué la « volonté du peuple » exprimée dimanche dernier lors de manifestations monstres qui ont rassemblé des millions de personnes dans les rues des grandes villes du pays.

 

Mohamed Morsi et ses fidèles ont pour leur part dénoncé un coup d'Etat militaire contre le premier président du pays démocratiquement élu.

 

RÉPRESSION CONTRE LES ISLAMISTES

 

L'Union Africaine (UA) a suspendu vendredi l'Egypte de toutes les activités de l'organisation, « jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel », a annoncé Admore Kambudzi au nom du conseil de sécurité et de paix de l'UA.

 

Dans les heures qui ont suivi la destitution de Morsi, une vague de répression s'est abattue sur le camp islamiste.

 

Le président déchu a été placé en résidence surveillée. Plusieurs cadres de la confrérie islamiste et de son émanation politique, le Parti Liberté et Justice (PLJ), ont été arrêtés, y compris Mohamed Badie, guide suprême des frères musulmans.

 

Les chaînes de télévision proches du président déchu, dont Egypt 25, la chaîne des frères musulmans, ont été brutalement coupées dès mercredi soir tandis que l'imprimerie nationale a interdit de rotatives le quotidien de la confrérie jeudi et vendredi.

 

Adli Mansour, président de la haute cour constitutionnelle qui a prêté serment jeudi en tant que chef d'Etat par intérim, n'en a pas moins tendu la main aux frères musulmans.

 

« Les frères musulmans font partie du peuple et ils sont invités à participer à la construction de la nation dont personne n'est exclu et, s'ils répondent à cette invitation, ils seront les bienvenus », a-t-il dit.

 

Navi Pillay, haut commissaire des nations unies aux droits de l'homme, s'est inquiétée des arrestations de dirigeants des frères musulmans, tout en ne parlant pas explicitement de coup d'Etat.

 

De la capacité de l'armée à faire face à de possibles troubles va déprendre en partie le soutien des Etats-Unis et d'autres puissances internationales.

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 20:20

 

http://www.cubasifranceprovence.over-blog.com/les-ambassadeurs-de-l-alba-a-paris-condamnent-l-agression-contre-evo-morales

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article136289

 

Les ambassadeurs de l’ALBA à Paris condamnent l’agression contre Evo Morales

 

Organisée par l'ambassade de Bolivie avec le soutien des ambassadeurs de l'ALBA, une conférence de presse a eu lieu Mercredi 3 Juillet 2013 à 12 heures, conférence de presse au cours de laquelle les représentants diplomatiques de la Bolivie, de Cuba, de l'Equateur, du Nicaragua et du Venezuela ont condamné fermement la décision arbitraire de la France, du Portugal, de l'Espagne et de l'Italie d'interdire le survol de leur territoire à l'avion dans lequel voyageait le président Evo Morales.

 

Au siège de l'ambassade de Bolivie à Paris, l'ambassadeur de l'Etat pluri national, Jean-Paul Guevara, a montré à la presse nationale et étrangère présente l'autorisation de survol donnée par les autorités de l'aéronautique française le 27 juin, qui fut annulée en plein vol, la nuit précédente, quelques minutes avant que l'avion n'atteigne l'espace aérien français, provoquant un atterrissage forcé en Autriche.

 

L'ambassadeur de Cuba en France, Orlando Requeijo Gual, a transmis aux « assistants la solidarité avec le président Morales face à cet acte totalement inacceptable et digne de rejet qui viole les normes du droit international. L'ALBA exige une explication de la part des autorités de ces nations européennes sur la décision arbitraire de retirer les autorisations de survol ou d'atterrissage à l'avion présidentiel, demandées et délivrées depuis plusieurs jours ».

 

Au cours de la conférence de presse, furent lus le communiqué de l'ALBA, dans lequel ses pays membres rejettent la discrimination flagrante et une menace contre l'immunité diplomatique d'un chef d'Etat commises par les quatre pays européens, ainsi que la déclaration du ministère des relations extérieures de Cuba, dans laquelle la nation caribéenne appelle la communauté internationale à se mobiliser contre ces violations du droit international et des droits de l'homme.

 

L'ambassadrice du Nicaragua, Ruth Tapia, a condamné cet acte d'arrogance et de suffisance impériale qu'elle a qualifié d'inadmissible et qui a mis en danger la vie du président bolivien.

 

Pour sa part, l'ambassadeur de l'Equateur a exprimé le soutien et la solidarité de son gouvernement au président Evo Morales, qui a convoqué une réunion extraordinaire de l'union des nations sud américaines pour traiter de ce fait grave.

 

Le président Evo Morales rentrait dans son pays après avoir participé en Russie au forum des pays exportateurs de gaz quand l'autorisation de survol des quatre pays européens lui fut refusée.

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 17:54

 

Les comptes de campagne rejetés, Sarkozy reprend sa liberté

 

PARIS (Reuters) – Nicolas Sarkozy a démissionné jeudi du conseil constitutionnel après le rejet par cette institution de ses comptes de campagne pour l'élection présidentielle de 2012, une décision qui plonge l'UMP dans une crise financière aigüe.

 

Dans un communiqué, l'ancien président, dont les proches affirment qu'il montre de plus en plus sa volonté de revenir en politique, précise qu'il entend retrouver sa liberté de parole.

 

« Devant la gravité de la situation et les conséquences qui en résultent pour l'opposition et pour la démocratie, Nicolas Sarkozy démissionne immédiatement du conseil constitutionnel afin de retrouver sa liberté de parole », explique-t-il.

 

La décision du conseil constitutionnel complique la donne pour le parti de l'ancien président qui sera privé d'une subvention de onze millions d'euros alors que ses comptes sont déjà minés par la défaite aux élections législatives de 2012.

 

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a annoncé dans qu'il lançait une souscription pour combler le manque à gagner et qu'il réunirait la semaine prochaine le bureau politique afin d'examiner « toutes les conséquences » de cette décision.

 

« J'entends certains commencer à évoquer l'idée que l'UMP, étranglée financièrement, ne pourrait plus continuer à faire entendre sa voix au service des français, qu'elle ne pourrait plus dénoncer la politique de la gauche, qui détient tous les pouvoirs, qu'elle ne pourrait plus proposer un chemin d'espérance pour la France », a-t-il dit devant la presse.

 

« Je veux dire ce soir que la voix de l'UMP ne s'éteindra pas ».

 

La Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques (CNCCFP) avait invalidé en décembre dernier les comptes de campagne de l'ancien chef de l'état pour l'élection présidentielle de 2012, estimant qu'il avait dépassé le plafond autorisé de plus de trois cent mille euros.

 

DÉPASSEMENT DU PLAFOND

 

Elle jugeait que les dépenses liées à certains déplacements présidentiels devaient être imputées au candidat.

 

Nicolas Sarkozy avait déclaré 21 339 664 euros de dépenses, la commission comptabilisait 22 872 615 euros.

 

Le conseil constitutionnel, qui a réexaminé les comptes, a jugé que le montant des dépenses électorales de Nicolas Sarkozy « excède de 466 118 euros, soit 2,1%, le plafond autorisé ».

 

Dans un communiqué, il déclare que « c'est à bon droit que la Commission Nationale des Comptes de Campagne et des Financements Politiques a rejeté le compte de campagne de Nicolas Sarkozy ».

 

Pour les « sages », sept déplacements présidentiels peuvent être regardées comme liés à l'exercice du mandat présidentiel, notamment des cérémonies de voeux et des inaugurations.

 

En revanche, il a jugé qu'il n'en allait « manifestement pas de même » de la réunion publique organisée à Toulon le premier décembre 2011, « compte tenu de l'implication de l'UMP dans cette manifestation ».

 

Saisi le 10 janvier par Nicolas Sarkozy, qui contestait le chiffrage de la CNCCFP, le conseil constitutionnel, juge suprême de l'élection présidentielle, crée un précédent sous la cinquième république en rejetant les comptes de l'ancien président.

 

Membre de droit jusqu'alors du conseil constitutionnel, Nicolas Sarkozy n'a pas participé au délibéré sur ce dossier.

 

APPELS À DES RÈGLES CLAIRES

 

La commission des comptes de campagne avait réintégré des dépenses antérieures au 15 février 2012, jour de la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, ce qui entraînait un dépassement du plafond autorisé pour les candidats du second tour, 22 509 000 euros (décret de novembre 2011) et donc un rejet de ses comptes.

 

Le rejet prive l'UMP, qui avait avancé les fonds, de la subvention de quelque onze millions d'euros de l'Etat au titre du remboursement des frais de campagne à hauteur de 47,5% des frais engagés, soit 10 691 775 euros en vertu de la loi organique de février 2012.

 

Pour Bruno Le Roux, président du groupe socialiste de l’assemblée nationale, les rejets « qu'il y a eu, et qui ont été successifs, ont été des rejets en fonction du droit et en fonction de la législation en vigueur ».

 

« Il y avait des comptes truqués, il y a des comptes rejetés et donc ceux qui disent le droit en matière de comptes de campagne, ceux qui vérifient, sont tous arrivés à la même conclusion, les comptes n'étaient pas valides », a-t-il dit à la presse.

 

Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe UDI de l'assemblée nationale, a estimé que cette décision posait un problème institutionnel.

 

« Il faut que la règle soit clairement établie. Un président de la république exerce ses fonctions jusqu'au dernier jour et même après qu'il a été battu, et donc il faut qu'il nous dise ce qui est de l'ordre de la campagne et de l'ordre de l'exercice de son mandat », a-t-il dit à des journalistes.

 

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 17:34

 

La répression s’abat sur les frères musulmans en Egypte

 

LE CAIRE (Reuters) - Une répression tous azimuts s'est abattue jeudi sur les frères musulmans en Egypte au lendemain de l'éviction de Mohamed Morsi par l'armée, dont l'intervention a été accueillie avec un mélange de joie et d'amertume à travers le pays.

 

Des millions d'égyptiens réunis dans les rues du Caire et d'autres villes ont salué dans la liesse la nuit dernière la mise à l'écart du président issu de la confrérie islamiste.

 

D'autres redoutent en revanche les conséquences de l'initiative des militaires contre le premier chef d'Etat démocratiquement élu dans leur pays, fortement polarisé entre les islamistes et leurs adversaires libéraux et de gauche depuis la révolution ayant emporté Hosni Moubarak en février 2011.

 

Le président de la haute cour constitutionnelle, Adli Mansour, a prêté serment dans la matinée en tant que chef d'Etat par intérim. Il a immédiatement tendu la main aux frères musulmans.

 

« Les frères musulmans font partie du peuple et ils sont invités à participer à la construction de la nation dont personne n'est exclu et, s'ils répondent à cette invitation, ils seront les bienvenus », a-t-il déclaré à la presse.

 

Ces paroles d'apaisement contrastent avec les actes de l'appareil judiciaire et des forces de l'ordre.

 

Mohamed Badie, guide suprême des frères musulmans, a été arrêté dans le nord de l'Egypte, a-t-on appris de sources proches des services de sécurité.

 

Cette arrestation, que la confrérie n'a pas été en mesure de confirmer, fait suite au mandat d'arrêt émis quelques heures plus tôt par le parquet contre Mohamed Badie et son adjoint Khaïrat al Chater pour incitation à la violence contre des manifestants.

 

LES FRÈRES N'ENTENDENT PAS PRENDRE LES ARMES

 

Mohamed Morsi, placé aux arrêts selon des sources judiciaires et des frères musulmans, ainsi que quinze autres responsables islamistes font l'objet d'une enquête pour « outrage à la justice », a annoncé un magistrat.

 

D'autres responsables politiques du mouvement, dont Saad al Katatni, le chef du Parti Liberté et Justice (PLJ), l'aile politique des frères musulmans, ont été arrêtés, a-t-on appris auprès de cette formation et de sources proches des services de sécurité.

 

Les autorités militaires ont également fait fermer trois chaînes de télévision favorables à Mohamed Morsi, dont Egypt 25, la chaîne des frères musulmans. Selon l'agence Mena, les directeurs d'Egypt 25 ont été arrêtés peu après l'annonce de la destitution du président.

 

Un responsable du PLJ a affirmé en outre que l'imprimerie nationale avait refusé d'imprimer le journal du parti.

 

Mohamed al Beltagui, l'un des principaux dirigeants du PLJ, a dénoncé un « coup d'Etat militaire » tout en assurant que les frères musulmans n'allaient pas prendre les armes.

 

Essam al Erian, autre dirigeant des frères musulmans, a écrit sur Facebook que des « vagues de sympathie » allaient progressivement se soulever à travers l'Egypte en faveur de la confrérie. « Le coup d'Etat prendra fin plus vite que vous ne l'imaginez », ajoute-t-il.

 

Devant la cour constitutionnelle où Adli Mansour a prêté serment, Maïssar al Taoutansi, un ingénieur de vingt cinq ans, résume l'état d'esprit des électeurs de Mohamed Morsi opposés à l'intervention de l'armée.

 

« Nous avons fait la queue pendant des heures le jour de l'élection et maintenant, nos votes ne comptent plus. Il ne s'agit pas des frères musulmans, il s'agit de l'Egypte. Nous sommes revenus trente ans, soixante ans en arrière. L'armée est de nouveau au pouvoir. Mais la liberté vaincra ».

 

DE NOUVELLES ÉLECTIONS ANNONCÉES, PAS DE DATE

 

Lancé par une coalition hétéroclite rassemblant libéraux, laïcs et jeunes révolutionnaires de 2011, le mouvement de contestation contre Mohamed Morsi a pris de l'ampleur en raison des difficultés économiques persistantes auxquelles sont confrontés les égyptiens. Des millions d'égyptiens ont manifesté dimanche contre le président, auquel l'armée a alors lancé un ultimatum.

 

Le sort de Mohamed Morsi a été scellé mercredi après-midi lors d'une réunion autour du chef d'état-major de l'armée, le général Abdel Fatah al Sisi, avec des responsables politiques de tous bords, hormis les frères, des dignitaires religieux et des représentants des jeunes du mouvement Tamarud.

 

De cette réunion est sorti un plan de transition concocté par l'armée: un gouvernement provisoire de techniciens va être formé et une nouvelle constitution va être rédigée.

 

Adli Mansour a annoncé la tenue d'élections présidentielle et législatives anticipées, sans en préciser la date.

 

Représentant mandaté par l'opposition, Mohamed al Baradeï a assuré que ce plan allait permettre de « poursuivre la révolution » de 2011.

 

Les Etats-Unis et de nombreux autres pays n'ont pas explicitement qualifié le renversement de Mohamed Morsi de « coup d'Etat militaire » mais ont exprimé leur inquiétude et appelé l'armée égyptienne à restituer aussi vite que possible le pouvoir à un gouvernement civil.

 

En déplacement en Tunisie, dont la révolution a inspiré le soulèvement contre Hosni Moubarak en Egypte, François Hollande a jugé que le processus démocratique était « arrêté » en Egypte.

 

Son homologue tunisien Moncef Marzouki a dénoncé une intervention militaire « totalement inacceptable ».

 

Le ton était complètement différent dans la plupart des autres pays arabes, qui ont félicité Adli Mansour pour son arrivée à la tête de l'Etat.

 

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