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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 20:35

 

Défilé à Paris de la marche des femmes contre Donald Trump (Reuters)

 

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées Samedi 21 Janvier 2017 à Paris pour une manifestation visant à dénoncer les propos misogynes et racistes de Donald Trump.

Ce défilé fait écho à la marche des femmes qui devrait réunir deux cent mille personnes à Washington, au lendemain de l'investiture du quarante-cinquième président des Etats-Unis.

Le défilé parisien, principalement constitué de femmes, s'est déroulé entre le parvis des droits de l'homme, sur l’Esplanade du Trocadéro, et le Mur de la Paix, situé sur le Champ-de-Mars, près de la Tour Eiffel.

« Women's rights are human rights », pouvait-on lire sur une banderole tandis qu'une autre pancarte indiquait « a woman's place is in the house, the White House ».

Au-delà des propos machistes et racistes du successeur de Barack Obama, cette initiative vise plus largement à dénoncer son programme.

Il s'agit de « beaucoup plus que les femmes, ce sont les sciences, l'environnement et les murs pour bloquer les gens en Amérique », a déclaré à BFM Télévision Connie Borde, vice-présidente de l'antenne française de l’association des démocrates expatriés (Democrats Abroad France), qui a relayé cette démarche en France.

« Nous ne remettons pas en question la légitimité de Donald Trump, mais son programme nous fait très peur », a-t-elle précisé en ajoutant que « pourvu qu'il nous entende ».

Outre Washington et Paris, plus de six cent cinquante rassemblements de ce type étaient prévus Samedi 21 Janvier 2017 à travers le monde, notamment à Londres, Berlin, Rome, Genève, Nairobi et Tokyo.

A Sydney, ils étaient trois mille femmes et hommes à marcher en direction du consulat des Etats-Unis. A Melbourne, ils étaient environ cinq mille. En Nouvelle-Zélande, la marche de Wellington a attiré environ deux mille personnes.

 

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 20:08

 

Les femmes en marche contre le sexisme de Donald Trump (Reuters)

 

D'imposants cortèges principalement féminins ont convergé Samedi 21 Janvier 2017 vers le centre de Washington pour participer à la marche des femmes contre le programme et le discours sexiste de Donald Trump.

Organisée au lendemain de l'investiture du quarante-cinquième président des Etats-Unis, cette marche des femmes sur le National Mall de la capitale fédérale entend contrer les propos machistes et parfois obscènes que Donald Trump a tenus avant ou durant sa campagne victorieuse.

Ses organisateurs espéraient deux cent mille personnes pour ce rassemblement qui sera le point d'orgue des manifestants ayant entouré l'investiture de Donald Trump. Au vu de l'afflux gigantesque auquel a été confronté le métro de Washington, le pari semble largement à portée.

Samedi 21 Janvier 2017 à 11 heures du matin, la compagnie de métro faisait état d'un trafic de deux cent soixante quinze mille passagers et passagères déjà pris en charge, contre cent quatre vingt treize mille à la même heure la veille, le jour de l'investiture de Donald Trump.

Les rames et les quais ont été saturés tôt dans la matinée du Samedi 21 Janvier 2017. Une station au moins a dû être fermée. Trop de voyageurs s'y pressaient déjà et en faire entrer d'autres aurait pu provoquer des accidents.

Outre Washington, plus de six cent cinquante rassemblements de ce type étaient prévus Samedi 21 Janvier 2017 à travers le monde, notamment à Paris, Londres, Berlin, Rome, Genève, Nairobi et Tokyo.

A Sydney, ils étaient trois mille femmes et hommes à marcher en direction du consulat des Etats-Unis. A Melbourne, ils étaient environ cinq mille. En Nouvelle-Zélande, la marche de Wellington a attiré environ deux mille personnes.

Dans la capitale fédérale américaine, un important service d'ordre a été prévu pour éviter des incidents similaires à ceux qui ont éclaté Vendredi 20 Janvier 2017 en marge de manifestations contre Donald Trump, avec des vitrines brisées, des voitures vandalisées et des affrontements avec les forces de l'ordre qui ont procédé à plus de deux cent interpellations.

Toutes ces manifestations soulignent l'ampleur de la colère dans un pays profondément divisé par la virulence de la campagne électorale qui a abouti à la victoire surprise de Donald Trump face à la démocrate Hillary Clinton, qui entendait devenir la première femme élue à la présidence des Etats-Unis.

Imaginée par une grand-mère hawaïenne, Teresa Shook, la marche des femmes se veut un exutoire pour que les femmes et les hommes qui se considèrent féministes puissent exprimer leur malaise et leur anxiété à l'entame du mandat d'un homme dont les dérapages sexistes ont émaillé son ascension vers la Maison Blanche.

Les raisons avancées par des militantes contactées par Reuters sont nombreuses, de la volonté d'inspirer d'autres femmes à suivre l'exemple ouvert par Hillary Clinton au refus des projets de la nouvelle administration de supprimer l'Obamacare, la loi de 2010 pour l'accès à la santé qui réclame, entre autres choses, des assureurs qu'ils couvrent le contrôle des naissances.

« Il est important que nos droits soient respectés », explique Lexi Milani, une restauratrice de Baltimore âgée de quarante et un ans qui a fait le trajet en bus avec une trentaine d'amis. « Des gens se sont battus pour nos droits et le président Donald Trump a clairement expliqué qu'il ne les respectait pas », poursuit-elle.

« Je veux simplement que les gens se sentent investis et soient actifs lorsqu'ils rentreront chez eux, qu’ils appelleront leur député et qu’ils se déclareront candidats à des postes. Je ne veux pas qu’ils se sentent battus », ajoute-t-elle.

Whitney Jordan, vingt huit ans, qui travaille dans un magasin de New York, est venue elle à Washington dans un car affrété par l'association Planned Parenthood, une des principales organisations de planification familiale qui soutient fortement la marche des femmes.

« Il y a beaucoup de choses, protester contre l'administration qui s'installe et contre l'irrespect flagrant à l'égard des femmes et des gens de couleur », résume-t-elle.

Carli Baklashev, mère au foyer de cinq enfants vivant dans le Missouri, explique sa participation par sa volonté de marquer sa résistance « à l'idéologie de tout ce que Donald Trump représente. Je veux aussi apprendre à mes enfants que l'amour, l'empathie, l'inclusion et la diversité sont à la base de ce que nous sommes », ajoute-t-elle.

Sollicitée par Reuters, l'équipe entourant Donald Trump n'a pas souhaité faire de commentaire sur cette manifestation.

Une initiative intitulée Pussy Hat invite les manifestantes à se tricoter des chapeaux de maille rose avec des oreilles de chat. Le terme pussy en anglais désigne un chat mais aussi de manière vulgaire le sexe féminin.

Révélés au mois de septembre 2016 par le Washington Post, les propos du futur président enregistrés en 2005 lors d'une conversation avec un présentateur de télévision, dans laquelle il se vantait « d’attraper les femmes par le sexe et d'en faire tout ce qu'on veut », ont suscité l'effroi.

Au rang des célébrités, les chanteuses Katy Perry et Janelle Monae étaient attendues Samedi 21 Janvier 2017 sur le National Mall.

Au total, des dizaines d'organisations et de collectifs féministes, LGBT ou autres, se sont investis dans cette marche des femmes de Washington.

Certains républicains leur ont reproché d'alimenter les tensions en jouant la carte de la politique identitaire, une accusation balayée par Jim Hines, élu démocrate du Connecticut. « C'est Donald Trump qui a ciblé les musulmans, qui a tenu des propos méprisants contre les femmes et qui a critiqué une juge d'ascendance mexicaine. C'est cela, la politique identitaire », a-t-il contré.

 

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 18:32

 

Heurts à Washington lors des manifestations contre Donald Trump (Reuters)

 

Des échauffourées se sont produites Vendredi 20 Janvier 2017 à Washington où des militants contre Donald Trump ont tenté de perturber la cérémonie d'investiture du quarante-cinquième président des Etats-Unis, brisant des vitrines et affrontant les forces de l'ordre qui ont fait usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes.

Au total, au moins deux cent dix sept personnes ont été interpellées parmi les manifestants et six policiers ont été blessés, a précisé le chef par intérim de la police de Washington, Peter Newsham, lors d'une conférence de presse.

Les manifestants arrêtés passeront la nuit en détention avant de comparaître Samedi 21 Janvier 2017 devant un tribunal, a-t-il ajouté, alors que la police continue de surveiller les diverses célébrations qui ont lieu cette nuit à Washington.

Le chef par intérim de la police a fait état en outre d'un groupe de quatre cent à cinq cent personnes responsables des destructions et des vitrines brisées.

Au total, environ neuf cent mille personnes étaient attendues à la cérémonie d'investiture de Donald Trump à Washington.

Mais le plus important rassemblement d'opposants doit avoir lieu Samedi 21 Janvier 2017, la marche des femmes, pour laquelle les organisateurs attendent deux cent mille participants. Le chef par intérim de la police de Washington anticipe un événement largement pacifique.

Vendredi 20 Janvier 2017, des centaines de manifestants aux appartenances diverses ont défilé dans Washington et certains groupes se sont opposés à la police. Un manifestant a jeté un projectile par la fenêtre passager d'une voiture de police.

Peu avant la prestation de serment et le discours d'investiture de Donald Trump, cinq cent militants vêtus de noir, certains le visage masqué, ont manifesté dans le centre de Washington, à moins de deux mille cinq cent mètres du Capitole où se déroulait la cérémonie.

Ils ont détruit les vitrines d'une agence de la Bank of America, d'un restaurant Mac Donald's et d'une boutique Starbucks, autant de symboles du capitalisme américain, et scandé des slogans contre Donald Trump.

Plus tard dans la journée, tandis que se déroulait la traditionnelle parade le long de Pennsylvania Avenue, menant le nouveau président du Capitole à la Maison Blanche, de nouveaux incidents se sont produits à quelques blocs de là.

Plusieurs véhicules ont été incendiés, dont un camion d'une chaîne de télévision et une limousine noire.

Dans la matinée du Vendredi 20 Janvier 2017, des membres d’un groupe d'opposants s'étaient heurtés aux forces de l'ordre à l'un des douze points de contrôle donnant accès au National Mall, le parc qui s'étend du Lincoln Memorial au Congrès, où la foule assisté à l'investiture de Donald Trump.

Ailleurs dans Washington, des incidents ont opposé des partisans et des opposants à Donald Trump. Un motard des Bikers for Donald Trump a notamment été frappé au visage lors d'une altercation.

Sur le site internet de la Maison Blanche, la nouvelle administration présidentielle a dénoncé un dangereux climat contre les policiers aux Etats Unis. « L'administration de Donald Trump va y mettre fin », ajoute-t-elle.

Au total, une trentaine d'associations ont reçu des autorisations pour des rassemblements et des marches avant, pendant et après la prestation de serment de Donald Trump.

La police de la capitale fédérale s'était préparée à la présence d'environ neuf cent mille personnes à Washington, à la fois pour assister à l'investiture mais aussi pour manifester contre un homme dont le style a coupé le pays en deux et dont les annonces politiques nourrissent des inquiétudes.

Vendredi 20 Janvier 2017 vers 11 heures du matin, le réseau de métro de la ville dénombrait moitié moins de passagers que lors de l'investiture de Barack Obama en 2013 et en 2009 et faisait état d'un chiffre comparable à celui du second mandat de George Bush en 2005.

Vingt huit mille membres des forces de l'ordre avaient été mobilisés, des kilomètres de barrières installés et des points de contrôle et des barrages filtrants dressés pour former un cordon de sécurité de huit kilomètres carrés dans le centre de Washington, transformé en forteresse urbaine.

En dehors de Washington, des manifestations contre Donald Trump ont eu lieu dans plusieurs villes, à Los Angeles, à Tokyo et à Londres.

A Moscou, où l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche a déclenché une sorte de Trumpomania, l'heure était à la fête.

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:49

 

http://www.liberation.fr/france/2017/01/20/samedi-paris-aussi-marchera-pour-le-droit-des-femmes_1542882

 

Samedi 21 Janvier 2017, Paris aussi marchera pour le droit des femmes

 

Par Sofia Fischer

 

En réponse à la prise de fonction de Donald Trump, plus d’un million de femmes dans le monde entier devraient marcher dans les rues de leur ville pour défendre leurs droits, Samedi 21 Janvier 2017.

« Action, réaction », explique simplement avec son fort accent américain Lisa Aidan, femme d’affaires installée en France depuis trente ans, mobilisée dans l’organisation de la Women’s March à Paris. « Il ne faut pas rester avec les mains dans les poches. Si Donald Trump peut être élu aux Etats-Unis, cela peut arriver partout et surtout en France. C’est impératif de défendre nos droits ».

L’édition parisienne de la Women’s March fera écho à celle de Washington qui se déroulera également Samedi 21 Janvier 2017.

L’initiative féministe, partie d’Hawaï, avait appelé les femmes américaines à se rassembler dans la capitale pour défendre leurs droits après l’investiture du président élu Donald Trump. Parmi les six cent seize « marches sœurs » prévues de Londres à Berlin en passant par Tel-Aviv, Bangkok ou Johannesburg, l’édition parisienne, qui aura lieu Samedi 21 Janvier 2017 à partir de 14 heures, de l'Esplanade du Trocadéro à l’Ecole Militaire, espère rassembler plus de dix mille personnes, selon ses organisatrices. « Alors que le nouveau président des Etats-Unis s’apprête à appliquer l’idéologie violemment sexiste, lesbophobe, homophobe, xénophobe et raciste qu’il a défendue durant toute sa campagne, nous sommes toutes mobilisées », peut-on lire sur l’événement Facebook.

Quand on demande à Lisa Aidan si, Samedi 21 Janvier 2017, son cœur ne sera pas plutôt à Washington, la réponse est définitive. Après avoir perdu la Maison Blanche, il faut défendre l’Elysée. « Je manifeste pour les deux. Nous sommes outrées et choquées du fait que Donald Trump ait été élu. Nous manifestons bien évidemment en réaction à tout ce qu’il représente, mais aussi pour les droits des femmes, les droits humains et les menaces qui pèsent sur eux en France ». Elle assure que cette marche, que les organisatrices espèrent historique, marquera le coup d’envoi d’une mobilisation durable en Europe, où le droit des femmes est sans cesse remis en cause, plus récemment, en Espagne et en Pologne. « Nous envoyons un message à cette nouvelle administration et au monde pour dire non », continue la femme d’affaires en franglais.

En France, c’est la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes (CLEF) qui a pris l’initiative d’organiser une marche pour soutenir les américaines, en collaboration avec l'organisation de soutien à Hillary Clinton de Pantsuit Nation France dont fait partie Lisa Aidan.

Selon la présidente de la CLEF, Françoise Morvan, le mouvement se veut le plus inclusif possible. « Quand nous parlons de droits des femmes, il s’agit en fait des droits humains en général ». Pour elle et pour les soixante cinq associations militantes qui font partie de la CLEF, la solidarité avec les américaines est nécessaire face à la menace que Donald Trump représente. « Aujourd’hui, le droit des femmes est restreint partout. Nous voyons bien que, même dans notre débat présidentiel, des choses essentielles comme le droit à l’avortement sont remises en question ».

Si les équipes de Donald Trump ont eu du mal à trouver des artistes pour la cérémonie d’inauguration du nouveau président, la marche pour les femmes, elle, peut compter sur la présence de plusieurs stars.

Outre la publicité faite par Beyoncé, les organisatrices peuvent compter sur la présence de Scarlett Johansson, Cher, Katy Perry ou Amy Schumer qui ont confirmé leur mobilisation, Samedi 21 Janvier 2017. Les organisatrices françaises, elles, attendent toujours la confirmation de la maire de Paris, Anne Hidalgo.

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:36

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/32627-etats-unis-trump-manifestations-trump-washington.html

 

Manifestations contre Donald Trump à Washington, environ quatre vingt quinze arrestations

 

Plus de quatre vingt dix personnes qui manifestaient à Washington, théâtre de heurts en marge de l'investiture du nouveau président américain Donald Trump, ont été arrêtées, a annoncé Vendredi 20 Janvier 2017 la police de la capitale fédérale.

 

« Nous avons interpellé environ quatre vingt quinze personnes », a déclaré un porte-parole de la police de la ville, où environ quatre cent à cinq cent manifestants lançaient des projectiles sur les policiers en combinaison anti-émeute, non loin de la Maison Blanche.

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 20:00

 

http://www.liberation.fr/france/2017/01/20/perquisition-musclee-chez-cedric-herrou-l-homme-qui-aide-les-migrants_1542821

 

Perquisition musclée chez Cédric Herrou, l'homme qui aide les migrants

 

Par Adèle Sifaut

 

Une vingtaine de gendarmes armés et casqués se sont rendus dans la ferme de cet agriculteur de la vallée de la Roya, qui apporte son aide aux migrants qui franchissent la frontière franco-italienne. La garde à vue de Cédric Herrou a été levée Vendredi 20 Janvier 2017.

Chez Cédric Herrou, on commence à avoir l’habitude des perquisitions. Alors, quand ce militant qui aide les migrants à entrer, circuler et séjourner en France, est interpellé pour la troisième fois, Mercredi 18 Janvier 2017, ses proches attendent patiemment les gendarmes dans sa maison. Jeudi 19 Janvier 2017, c’est depuis le jardin, autour d’un plat de pâtes et d’œufs durs, qu’ils ont vu déferler une vingtaine d’agents casqués, armés et les nerfs à vif. Des gendarmes venus perquisitionner l’habitation, le terrain et les véhicules de la figure emblématique de l’aide aux migrants de la vallée de la Roya, à une cinquantaine de kilomètres de Nice.

Jeudi 19 Janvier 2017 à 16 heures 30 dans cette maison de Breil sur Roya, dans le département des Alpes Maritimes, Marie s’est isolée avec Nasser derrière un rideau. Cette infirmière de Médecins Du Monde (MDM) soigne une plaie à la malléole et s’occupe du mal de gorge de ce jeune soudanais. Dehors, Morgan Herrou, le frère de Cédric Herrou, Lucile et Émile, deux militants, et deux mineurs étrangers patientent. Ils débarrassent la table.

Dans le même temps, en contrebas, deux fourgons et cinq voitures des forces de l’ordre se garent au pied de la propriété. Venus pour une perquisition, les gendarmes grimpent en colonne et en petite foulées sur le terrain de Cédric Herrou. Quinze d’entre eux sont casqués, visières baissées, gilets pare-balles et armes à portée de main. En quelques minutes, ils écartent le photographe de Libération à l’aide d’une clef de bras, puis le mettront à terre un quart d’heure plus tard, et passent entre le tracteur, les poules et les ruches. Ils se déploient rapidement sous les oliviers avant d’encercler la maison. «Tout à coup, plusieurs hommes sont entrés et se sont mis à hurler tellement fort que je ne comprenais pas ce qu’ils disaient », raconte l’infirmière. Elle tire le rideau. « Je me suis retrouvée en face de quatre gendarmes, je n’ai vu que l’arme qu’ils pointaient. Autant de monde dans une si petite pièce, c’était proche de l’absurde ». La bénévole de MDM tente de rassurer Nasser, le jeune soudanais s’étant mis à pleurer. « Ce qui m’a le plus traumatisée, c’est le sentiment éprouvé par ces enfants. Il y a là une maltraitance morale qui dépasse les limites. Nous étions tous saisis, choqués et sans parole ».

Morgan et Lucile sont menottés. Émile reste à l’extérieur. A la demande des gendarmes, il s’occupe du chien noir de Cédric Herrou. « C’était complètement démesuré. Ils ont déboulé en gueulant et en nous tutoyant », raconte-t-il. « J’ai rarement été témoin d’une telle violence. Elle n’était pas réellement physique mais elle était palpable dans l’atmosphère et dans le climat ambiant ». En moins de trente minutes, les gendarmes font le tour de la propriété. Lucile, Morgan et les trois mineurs embarquent dans les voitures des gendarmes. « Ces deux proches de Cédric Herrou ont été placées en garde à vue », confirme le procureur de la république de Nice. Quant aux moyens déployés, « c’est une affaire humainement hors norme », répond-il.

La garde à vue de Cédric Herrou est prolongée de vingt quatre heures. Non présent lors de la perquisition du domicile, son avocat Zia Oloumi juge ces mesures disproportionnées, « nous avons quasiment affaire à une brigade antiterroriste », dit-il. Cédric Herrou a été interpellé pour des faits qualifiés d’aide à l’entrée et au séjour.

Les autorités ne font pas retomber la pression sur la vallée de la Roya. Plus tard dans la soirée, à 3 heures du matin, une journaliste est arrêtée.

Lisa Giachino réalisait un reportage sur la solidarité et l’aide aux migrants pour son magazine, l’Age de Faire. « J’ai passé la nuit sous les tunnels et sur les ponts de la voie ferrée entre Saorge et Sospel », raconte-t-elle à Libération. J’étais avec six jeunes érythréens, entre quatorze et dix huit ans, qui tentaient de sortir de la vallée où ils étaient coincés ».

La petite troupe marche plusieurs heures dans l’espoir de monter dans un train à la prochaine gare. Lisa Giachino les suit, carnet de notes à la main. « Soudain, une bonne quinzaine de gendarmes est sortie du noir et nous est tombés dessus ». La journaliste est séparée des migrants.

La suite de l’interpellation se déroule calmement. « Elle n’était pas en possession d’une carte de presse », précise le procureur de la république de Nice Jean-Michel Prêtre. « Elle a été placée en garde à vue pour faire la démonstration qu’elle réalisait bien un reportage et non une aide aux migrants ». Aucune charge n’ayant été retenue contre elle, Lisa Giachino a été remise en liberté avec les consignes des policiers.

« Ils m’ont dit de faire attention s’ils me reprennent avec des migrants. Ce n’est pas normal de dire cela à un journaliste », estime-t-elle. Pour le prochain reportage, les agents de la Police Aux Frontières (PAF) de Menton lui ont recommandé de faire une demande d’autorisation à la préfecture.

La garde à vue de Cédric Herrou a été levée, Vendredi 20 Janvier 2017, de même que pour son frère Morgan Herrou et une jeune militante du Collectif Roya Citoyenne, a annoncé son avocat.

 

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 19:29

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article180

 

QUE FAIRE

 

Par Charles Jérémie

 

La désignation du châtelain chrétien a mis fin aux gesticulations sarkozystes comme aux prudences d'Alain Juppé. L’heure est à la charité pour les pauvres, au denier du culte obligatoire et à la brutalité sociale extrême.

L’objectif est simple, tout pour les propriétaires, enrichissons-nous encore plus et plus vite, clame celui qui va supprimer l’impôt symbolique sur la fortune, de l’ordre bon dieu, de l’or et de l’ordre.

C’est l’alliance de la Cotation Assistée en Continu (CAC) et du goupillon.

Chef des dévots du capital et bigot du libéralisme, François Fillon s’engage à frapper vite et fort. Il prend évidemment appui sur le sale travail de la gauche, Crédit d'Impôt pour la Compétitivité et l'Emploi (CICE), suppression des charges sociales, saccage de la sécurité sociale, réforme de l’hôpital et loi travail.

Le vendéen veut s’attaquer, frontalement, à la sécurité sociale et au code du travail et réformer le marché du travail. François Fillon va donc tenter de s’engouffrer dans la brèche ouverte par le Parti Socialiste.

Les classes populaires ne veulent plus de la prétendue gauche.

Elles ne veulent pas plus de la véritable droite.

Il n’y a pas, malgré le battage médiatique, d’envie de François Fillon.

François Fillon est un petit politicien. L’ancien premier ministre a fait traduire en français le programme libéral anglo-saxon. Il n'y a pas une idée. C'est une copie. Le candidat s’exprime peu convaincu qu’ainsi il paraîtra intelligent. Élu d’une des circonscriptions les plus riches de Paris, dans le septième arrondissement, il est terne, sans talent ni allant. Il y a de l'Edouard Balladur chez François Fillon.

Son programme inquiète, y compris dans certains secteurs de la bourgeoisie. Et si le blitzkrieg qu’il veut mettre en œuvre se transformait en débâcle ?

Et puis dans l’air, il y a un curieux sentiment. François Fillon sent le moisi clérical.

Les femmes au foyer, quant à l’avortement conquis de haute lutte, d’une manière ou d’une autre, il sera mis en cause. C’est ce que Sens Commun et la Manifestation pour Tous nomment « une politique familiale ».

Il est cocasse d’entendre l’ancien premier ministre rappeler son gaullisme alors qu’il met ses pas dans ceux de Philippe Pétain.

Tous les secteurs de la société sont dans son viseur, chômeurs, jeunes, salariés, fonctionnaires, émigrés, femmes et homosexuels.

François Fillon n’est pas encore élu. Imaginons qu’il le soit. De justesse, car cette fois le vote « contre le fascisme » ne marchera plus.

Qui va l’emporter ?

La peur, l’angoisse des exploités impuissantés craignant l’affrontement ou l’énergie nouvelle manifestée par les combattants contre la loi travail et les participants à la Nuit Debout ?

La résignation l’emportera-t-elle sur la mobilisation ?

C’est une question, la question.

À cet égard, il faut réfléchir à l’opération d’enfumage médiatico-idéologique menée par Jean Luc Mélenchon. Pour lui le champ social n’est plus le lieu de l’affrontement entre deux classes antagoniques, la bourgeoisie et la classe ouvrière, non, dorénavant, c’est la lutte du « bas » contre le « haut ». Le capital n’est plus un rapport social, mais une affaire de hiérarchie. Ce n’est plus le combat classe contre classe mais le mouvement de la France Insoumise contre les sommets, la plèbe contre les élites politiques, économiques et médiatiques.

C’est une affaire sérieuse. Si vous escamotez le salariat, tout n’est plus affaire que de bonnes réformes répondant aux revendications du peuple, le poujadisme et le populisme répété en talentueuses âneries intéressées. L’affrontement escamoté, le mouvement de la France Insoumise doit exprimer la « révolte du peuple » donc remettre entre les mains d’un homme providentiel le soin de régler les problèmes, un Hugo Chavez à la française, le bonapartisme de gauche.

La fameuse rencontre entre un « candidat et le peuple », c'est le retour à la case départ de la cinquième république. Le débat, sur le « haut et le bas » nous vient d’Amérique Latine, de philosophes intéressés. Que tout change pour que rien ne change. Ce débat s’est mené dans Podemos avec toujours le même objectif, contourner la lutte des classes. Il suffirait donc de changer les hommes, l’organisation des sommets pour que le « bas » soit satisfait. Surtout que les opprimés ne contrôlent pas leurs représentants, qu’il ne puisse pas révoquer et agir en permanence pour briser le rapport social.

Rien n’a été débattu collectivement. Le candidat s’est auto-désigné. Il s’est coopté, comme dans la franc-maçonnerie, foulant ainsi aux pieds, avec quel mépris pour les militants, le contrat démocratique, l'essentiel.

Un mot sur Emmanuel Macron, c'est la vacuité libérale et un produit du marketing des médias. Ils n’y croyaient pas eux-mêmes et ils faisaient des émissions, du papier et des débats.

Emmanuel Macron y a cru. L’incapacité de François Hollande lui a donné des ailes. La nullité absolue des candidats aux élections primaires du Parti Socialiste qui, pour cinq d’entre eux, ont un fil à la patte, leur participation au gouvernement, et les deux autres rêvant d’y arriver, donne à Emmanuel Macron des espoirs. Et puis, insistons, François Fillon n’est pas bon, mais c’est le candidat de la bourgeoisie et Emmanuel Macron est le suppléant, un Matteo Renzi de sous-préfecture.

Donc du rejet et du vide, Emmanuel Macron est arrivé et il peut durer jusqu'au mois de mai 2017.

L’opération est simple. Il y aura un écart considérable, Manuel Valls battu, entre Arnaud Montebourg ou Benoît Hamon et lui. Les élus et les cadres du Parti Socialiste et une partie de l’opinion publique exigeront et obtiendront le retrait du candidat de gauche pour Emmanuel Macron.

Les électeurs, ceux qui iront voter, utiliseront ce banquier libéral comme un projectile contre François Fillon. Ensuite, tous les démocrates et tous les républicains s’uniront contre Marine Le Pen.

Mais élu, il n’aura pas de majorité à l’assemblée. Rions. Oui rions, tant que nous pouvons.

En temps de paix, de stabilité internationale et de calme social, cette situation électorale ne mériterait même pas que nous nous y arrêtions.

Aujourd’hui c’est différent. Nous sommes entrés dans l’ère du chaos. Instabilité gouvernementale récurrente en Italie, en Espagne, en Islande et en Grande Bretagne, alors que de véritables foyers de guerre prospèrent, au Proche Orient et au Moyen Orient, mais également au cœur de l’Europe, en Ukraine.

La guerre est de retour.

Au nom de la lutte contre les fauteurs d’attentats, chaque jour les libertés sont encadrées et réduites. Guerres locales, réchauffement climatique, dictature et misère, chassent les peuples sur les routes de l’exil. Les réfugiés sont les premières victimes de la nouvelle barbarie. L’insoumis Jean Luc Mélenchon entend régler ces problèmes en discutant avec Vladimir Poutine et avec Bachar al Assad.

Quant aux réfugiés, la France ne peut accueillir toute la misère du monde. Nous connaissons le discours.

Les experts de la bourgeoisie, toujours plus nombreux, s’inquiètent du baril de poudre économique qui à chaque instant peut exploser.

L’élection de Donald Trump est à cet égard un événement considérable.

Un mot sur l’élection elle-même, Donald Trump a été élu par les grands électeurs alors qu’il a obtenu deux millions sept cent mille voix de moins qu’Hillary Clinton. Et n’oublions pas que des millions d’électeurs se sont rassemblés sur le nom de Bernie Sanders. le candidat ne valait rien mais le processus de mobilisation anti-libéral est important et aura, inévitablement, des lendemains.

Donald Trump veut que les Etats Unis reprennent la première place sur le plan économique, militaire et stratégique. Il est le produit de l'alliance des petits blancs marginalisés, des ouvriers déclassés et de Wall Street. Jamais gouvernement n’a compté autant de milliardaires. Celui qui dénonçait les banques a remis son sort à Goldman Sachs.

Donald Trump va pilonner les concurrents des américains, à commencer par l’Europe. Malgré les appels inquiets du directeur de la Central Intelligence Agency (CIA) à se « discipliner » dans l’expression, il va continuer, dans les faits.

L’objectif est d'accélérer la dislocation de l’Europe, de faire sauter l'euro et de restaurer la place du dollar.

À l’époque de l'union soviétique, traditionnellement, les Etats Unis soutenaient la construction européenne, d’autant plus que les investissements américains étaient les bienvenus.

Le mur est tombé, l'union soviétique est disloquée et les Etats Unis n'ont plus besoin d’une Europe solide qui devient dangereuse sur le plan de la concurrence. Il faut défaire l’ennemi.

Avec les méthodes du gangster chef impérialiste un peu cinglé, feu contre Bruxelles et soutien à la Grande-Bretagne, l'Allemagne devra se soumettre ou prendre le risque d’un affrontement. Quant à la France, à l’Italie et à l’Espagne, aux yeux de Donald Trump, ils n’existent pas, ce sont des nains. Et nous allons voir les alliés des Etats Unis comme la Pologne jouer le cheval de Troie dans l’Europe. La messe est dite. Avancez les brancards.

Donald Trump va s’allier avec la Russie. Les défenseurs des droits de l’homme peuvent pétitionner, il s’en moque. L’objectif, ce n’est plus l'ancienne union soviétique, c'est la Chine. Les frictions et les affrontements avec l'empire chinois vont se multiplier. Sans que nul, aujourd’hui, ne mesure les conséquences de cette tension.

La Russie en Europe. Israël et la Turquie pour contrôler les zones de guerre au Moyen-Orient, c'est dorénavant la stratégie des Etats Unis, frapper et laisser les décombres et les guerres locales sous le contrôle des alliés.

Ces événements sont considérables.

Certes, installé à la Maison Blanche, Donald Trump s’exprimera probablement avec plus de modération. Mais le dispositif stratégique ne changera pas sauf si les classes opprimées et les peuples s’opposent à Donald Trump et ses alliés. Ce qui n’est pas une mince affaire. Les événements se bousculent au portillon de l’histoire.

Combien dérisoire apparaît face à cette situation la campagne électorale française.

Le monde est en train de changer de base.

Protectionnisme, dumping fiscal et baisse d’impôts historique, tout le pouvoir aux pollueurs comme à la banque d’affaire. Le programme de Donald Trump est tellurique. Les conséquences mondiales sont considérables d’autant que le développement de l’économie robotique numérique ubérisée n’est pas qu'un simple progrès technologique.

La troisième guerre mondiale n’est pas à l’ordre du jour, mais l’explosion des dépenses militaires et la multiplication des conflits locaux sans oublier que, au bout du bout, le protectionnisme, c’est la guerre, font peser sur l’humanité des menaces considérables.

Pour ceux qui ont été exclus comme ceux qui ont quitté l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI), le temps du deuil est terminé.

C’était au siècle dernier. L’importance et la complexité des problèmes posés à l’humanité appellent travail théorique et élaboration politique.

Bien au delà des anciens trotskystes, tous ceux qui partagent ces préoccupations devraient se rassembler et donner l’exemple du débat démocratique.

Ce qui est frappant, à l’échelle mondiale, c’est la rapidité des événements. Après une longue période de stabilité, produit du partage des responsabilités mondiales entre Washington et Moscou, a succédé une instabilité croissante. Les délais entre crise révolutionnaire et contre-révolution sont encore réduits. L’Égypte en est un parfait exemple.

C’est, me semble-t-il, en réfléchissant à ces problèmes qu’une réponse politique programmatique peut être discutée. À travers la dégénérescence de l’OCI, c’est l’échec de la quatrième internationale dont nous allons discuter.

Certes, mais maintenant, que faire ?

 

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 20:56

 

http://www.alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-il-y-a-un-probleme-de-leadership-dans-podemos-et-je-fais-partie-de-ce-probleme.html

 

« Il y a un problème de leadership dans Podemos et je fais partie de ce problème »

 

Mardi 17 Janvier 2017

 

Interview de Teresa Rodríguez par Aitor Riveiro

 

La coordinatrice générale de Podemos en Andalousie, Teresa Rodríguez, née à Rota en 1981, est rarement visible à Madrid. Elle a déclaré qu’elle ne voulait rien savoir de ce qui venait « du nord du Despeñaperros », rivière dont les gorges forment un point de passage entre l’Andalousie et la Castille la Manche, autant à l’interne qu’à l’externe.

« Si j’étais présidente d’Andalousie, je ne sais pas quelle autre chose je pourrai faire », assure-t-elle en faisant référence à Susana Díaz, présidente de la communaute autonome andalouse, l’une des baronnes du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), responsable du coup interne qui a permis la formation d’un gouvernement minoritaire par le Parti Populaire, grâce à l’abstention du PSOE, et qui postule à la direction du PSOE.

La dirigeante du secteur Anticapitalistas a rencontré Aitor Riveiro dans un café de Lavapiés à Madrid, après avoir présenté, aux côtés de Miguel Urbán, les documents de Podemos en Movimiento pour la deuxième assemblée citoyenne du parti, qui se tiendra du 10 février au 12 février 2017. Teresa Rodríguez défend la décentralisation du parti, tel que le défend Podemos pour l'état. Elle défend sa démocratisation, loin de la logique plébiscitaire et d’un leadership envahissant, ainsi que sa dépatriarcalisation, plus que sa féminisation. La députée andalouse s’exprime également sur l’agression qu’elle a subie, à la fin de l’année 2016, de la part d’un représentant des entrepreneurs de la région.

Le projet politique qu’elle défend pour Podemos invite le parti à fuir la subordination face au PSOE, un parti que son camarade, Miguel Urbán, député européen de Podemos, a qualifié comme étant antagoniste.

Aitor Riveiro. Le PSOE est-il réellement l’antagoniste de Podemos ?

Teresa Rodriguez. Ce sont les politiques qui sont opposées, qui que soient ceux qui les appliquent. Autant le PSOE que le Parti Populaire ont mis en œuvre des politiques antagoniques à ce que propose Podemos. C’est le PSOE qui a réalisé les premières contre réformes du travail, les plus dures. Ce parti a changé le paradigme du travail de ce pays en 1994 lorsqu’il a introduit les contrats poubelles et qu’il a dérégularisé les conquêtes en matière de droit du travail les plus importantes. J’utilise beaucoup la métaphore du piquet de parasol à la plage. Pour planter un piquet dans le sable, tu dois le bouger de gauche à droite mais, là où il va, c’est en bas. Le PSOE et le Parti Populaire ont fait cela d’une certaine manière. Pour ce qui touche aux droits civils et aux libertés publiques, nous pouvons tomber d’accord avec eux et ils sont nécessaires. Je ne préfère pas un gouvernement du Parti Populaire contre un gouvernement du PSOE, car le Parti Populaire attaque avec une plus grande dureté sur le plan économique. Il est en outre fortement réactionnaire pour ce qui touche aux libertés publiques. Nous sommes condamnés à nous entendre avec le PSOE sur de nombreux cas.

Aitor Riveiro. Après les élections du 26 juin 2016, vous aviez défendu que Podemos devait faciliter à Pedro Sánchez, le dirigeant du PSOE d’alors, la formation d’un gouvernement. Pensez-vous que ne pas le faire a été une erreur ?

Teresa Rodriguez. Il n’y a pas eu d’opportunité. Il aurait fallu exercer une pression plus importante sur le PSOE pour qu’il s’éloigne de Ciudadanos, mais le PSOE a décidé de s’attacher les pieds à Ciudadanos et de considérer qu’il n’était pas nécessaire de mettre un terme aux expulsions de logement et de déroger au cent trente cinquième article de la constitution qui fait du remboursement des intérêts de la dette une priorité. L’occasion de permettre l’investiture du PSOE en échange de la récupération de certains droits pour les habitants ne s’est pas présentée.

Aitor Riveiro. Ne serait-il pas plus facile d’être dans l’opposition à un gouvernement minoritaire du PSOE, plutôt qu'être dans l'opposition à un gouvernement du Parti Populaire ?

Teresa Rodriguz. Sans aucun doute, j'étais favorable à ce que l’on permette l’investiture de Pedro Sánchez pour l’obliger à négocier chacune des réformes qu’il entendait proposer. L’appareil du PSOE a fait beaucoup d’efforts pour rendre cela impossible par le biais de l’alliance avec Ciudadanos.

Aitor Riveiro. Vous parlez à la fois de ne pas être subordonné au PSOE et de la nécessité de faire des accords avec lui. Comment s’articulent ces deux dimensions ?

Teresa Rodriguez. Dans le très concret, je ne suis pas favorable à une entrée dans des gouvernements du PSOE en situation de minorité. Nous avons déjà assisté à cela en Andalousie. Izquierda Unida est entrée en situation minoritaire et s’est retrouvée sur le point de disparaître. Le PSOE n’a aucun scrupule à se montrer absolument déloyal envers ses associés de gouvernement. Il a rompu avec Izquierda Unida de manière unilatérale et il a anticipé les élections régionales parce que les sondages lui indiquaient qu’il en tirerait avantage et parce qu’il craignait de perdre encore des votes en faveur de Podemos. Susana Díaz s’imagine avoir stoppé Podemos. Je suis, en revanche, favorable à permettre leur investiture et c’est ce que nous avons vu dans toutes les communautés où nous avons eu cette occasion.

Aitor Riveiro. Vous n’avez pourtant pas fait cela avec Susana Diaz au mois de mars 2015 après les élections au parlement de la communauté autonome andalouse.

Teresa Rodriguez. Non, car ils ont préféré aboutir à un accord avec Ciudadanos. Dans tous les cas, il y a six communautés autonomes où le Parti Populaire se serait retrouvé au gouvernement si nous n’avions pas accordé nos voix pour permettre l’investiture du PSOE.

Aitor Riveiro. Vous misez aussi pour accorder plus de poids à la rue qu’aux institutions. Vous, Teresa Rodriguez, vous venez de la mobilisation sociale et vous dirigez aujourd’hui le groupe parlementaire de Podemos au parlement andalou. Où est-ce que l’on parvient à gagner le plus de choses ?

Teresa Rodriguez. J’aime beaucoup l’expression « parvenir à réaliser une synthèse créative entre les institutions et la rue ». L’action institutionnelle doit être orientée vers l’obtention d’un poids suffisant au niveau social avant de présenter une initiative parlementaire. Pour citer un exemple, la loi la plus progressiste en termes sociaux dans le domaine du logement est la loi catalane, parce qu’à l’époque la Plataforma de los Afectados por la Hipoteca (PAH) en Catalogne disposait d’une telle force qu’elle n’avait pas besoin d’avoir un groupe parlementaire, cela s’est fait par le biais d’une initiative législative populaire et tous les groupes ont dû la soutenir, tous, y compris le Parti Populaire et Ciudadanos. Albert Rivera, dirigeant national de Ciudadanos, politicien catalan opposé à l’indépendance, était présent lors du vote. Nous avons présenté une telle loi adaptée à la réalité andalouse et elle n’est même pas allée au-delà du stade des démarches, car il n’y avait pas une pression de la rue. Les institutions en elles-mêmes ne sont pas d’une grande utilité et nous n’obtiendrons que peu de victoires s’il n’y a pas de vases communicants avec l’extérieur. Tu finis ensuite par t’adapter à la réalité institutionnelle. Les dynamiques institutionnelles t’absorbent et te transforment en une personne différente de celle que tu étais lorsque tu es entré.

Aitor Riveiro. Vous êtes l’une des principales partisanes de la décentralisation de Podemos. Quels sont les avantages de cette mesure ?

Teresa Rodriguez. C'est plus démocratique. Les espaces de décision se rapprochent des lieux de la vie sociale et il y a une plus grande probabilité que les gens participent à des décisions précises que lorsqu’il s’agit de réunions à l’échelle de l'état, la participation à ces dernières étant beaucoup plus difficile pour ceux qui ne disposent pas de dispenses ou de charges institutionnelles. Nous devons en outre reproduire au sein de l’organisation ce que nous défendons pour l’ensemble de l'état. Notre pays est, par essence, une réalité plurinationale. Si nous affirmons que la réalité plurinationale est une vertu, il doit en aller de même à l’interne. Il s’agit, enfin, d’une question de dépatriarcalisation. Lorsque les espaces de décision sont plus petits et plus proches, les femmes y participent plus.

Aitor Riveiro. Existe-t-il des risques de décentralisation excessive ? De commencer à faire émerger les contradictions entre territoires et directions, ainsi que cela se produit habituellement au sein d’autres partis ? Si on copie la structure du pays, ne risque-t-on pas de copier les conflits de la structure du pays ?

Teresa Rodriguez. Il s’agit d’un risque qu’il vaut la peine d’assumer. Nous disposons de formules pour le corriger, comme les élections primaires du premier au dernier d’une liste, ce qui évite de créer des petits caciques provinciaux qui bâtissent progressivement des lobbies internes. Ensuite, il s’agit d’adoucir le débat interne. Si nous parvenons à débattre normalement, nous nous rendrons finalement compte qu’il n’y a pas une fatalité à ce que nous ne soyons pas d’accord, mais que nous avons des opinions diverses sur des réalités complexes. Si nous sommes décentralisés et que nous aboutissons à des conclusions différentes, c'est parce que nous voyons la réalité à partir d’une optique différente. Ceci ne se voit pas de la même façon depuis ici, que de là. Il y aura une combinaison entre les deux visions. La réalité n’est pas ce qui se voit depuis un seul côté.

Aitor Riveiro. Ces visions différentes existent, mais elles peuvent se traduire en une synthèse supérieure ou en un affrontement dont l’enjeu est qui gagnera et emportera tout. Cela peut se produire avec la logique plébiscitaire dont il est beaucoup question en ce moment. Comment parvient-on à éviter cela ?

Teresa Rodriguez. Il y a un problème de leadership envahissant dans Podemos et je fais partie de ce problème. Dans la mesure où les décisions se prennent en fonction de qui les défend et de sa popularité, il est plus aisé de créer une bataille d’ego. Si nous passons de cette situation à un espace où les décisions sont prises par des personnes anonymes qui construisent l’organisation au quotidien, la normalité sera qu’il n’y aura pas d’affrontement permanent. Si cela devient possible, nous pourrons déboucher sur une synthèse et, lorsqu’il y aura des idées différentes, nous ne dramatiserons pas. Nous ferons le constat de quelle est la position majoritaire. Nous avons été en minorité au congrès de fondation de Podemos à Vistalegre au mois d'octobre 2014, cela n’est pas dramatique, cela ne fait rien. Ce qui manque surtout, c’est un changement de culture politique et un travail systématique d’apprentissage au débat. C’est une chose que les enseignants réalisent dans les lycées et nous devons apprendre à le faire au sein de l’organisation.

Aitor Riveiro. Il semble que cette logique plébiscitaire adoptée à Vistalegre est sur le point de disparaître. Pensez-vous avoir convaincu Pablo Iglesias et Inigo Errejón des qualités de certaines propositions que vous avez défendues au mois d'octobre 2014 ?

Teresa Rodriguez. J’aime à penser qu’eux aussi savaient que ce qu’ils proposaient ne relevait pas du sens commun. Mais qu’ils considéraient que c’était un mal nécessaire pour parvenir à un bon résultat électoral. Je crois que sur ce point aussi ils se trompaient, les élections municipales l’ont démontré. J’aimerais vraiment penser que Pablo Iglesias et Inigo Errejón ne pensent pas qu’une organisation doive être dirigée par des règles aussi verticales que celles que nous avons au sein de Podemos.

Aitor Riveiro. Que se passera-t-il si le document organisationnel qui sort du deuxième congrès de Podemos se heurte à ce qui a été adopté en Andalousie à la fin de l'année 2016 ? Souhaitez-vous vous inscrire comme parti et disposer, par exemple, de votre propre code identifiant les personnes morales (CIF) ? Annulerez-vous la décision ?

Teresa Rodriguez. Non, de même que nous reconnaissons à la Catalogne son droit à l’autodétermination, nous ne pouvons défendre l’inverse à l’interne. Nous avons déjà décidé de nous doter d’une structure autonome et fédérale. J’espère toutefois sincèrement que tout le monde parviendra à la même conclusion. Imaginez que nous avons voulu nous présenter contre des cas de corruption et que nous n’avons pas pu le faire parce que nous n’avons pas de CIF. Nous ne pouvons pas ouvrir de compte courant pour contrôler nos finances ainsi que les garanties de transparence. Nous ne pouvons pas communiquer avec nos adhérents autrement qu’en passant par Madrid. C’est complètement fou. Je crois que personne ne défendra la tendance à la concentration du pouvoir économique, politique et administratif, de la rue Princesa, le siège étatique de Podemos à Madrid qui contrôle absolument tout. Mais ils ne le comprennent pas. Or, je suis mandatée par mon assemblée, je devrais donc démissionner et donner mon congé à une organisation qui est Podemos Andalousie.

Aitor Riveiro. Vous proposez une limitation de l’accumulation des charges et de la présence des personnes dispensées dans les organes de direction. Y a-t-il un problème avec ces dernières ? Sont-elles nombreuses ? Répondent-ils à des intérêts propres ou de famille ?

Teresa Rodriguez. Non, pas particulièrement et pas encore, mais la bureaucratie est aussi un risque qui, si nous ne le prenons pas par les cornes dès le début, finit par te bouffer. Cela est arrivé dans toutes les organisations, associations de quartier, partis et syndicats. Il faut s’employer à le résoudre, avant d’être submergé.

Aitor Riveiro. Avez-vous déjà tenu des conversations avec Pablo Iglesias ou Inigo Errejon pour voir s’il était possible d’aboutir à des accords.

Teresa Rodriguez. Pour l’instant, non.

Aitor Riveiro. Pensez-vous devoir partager une liste avec la candidature de Pablo Iglesias ?

Teresa Rodriguez. Non, pas particulièrement, nous nous concentrons sur ce que sont les tâches politiques et les principes organisationnels et éthiques qui doivent régir l’organisation. Nous voulons expliquer cela en toute netteté. Cela n’a rien à voir avec la question d’une répartition de postes dans un bureau. Ce n’est pas cela. Ensuite, pour ce qui touche aux idées, nous tenterons d’aboutir à une convergence avec absolument tous les courants.

Aitor Riveiro. Pablo Iglesias ou Inigo Errejon ?

Teresa Rodriguez. Il y a des questions organisationnelles et de démocratie interne que nous devons débattre en toute clarté avec Pablo Iglesias. Il y a des questions de nature politique, stratégique, idéologique et programmatique qu’il faut débattre avec le secteur d’Íñigo Errejon avec une grande clarté.

Aitor Riveiro. Etes-vous pour la synthèse du pablisme et de l’errejonisme ?

Teresa Rodriguez. Nous sommes une entité réelle depuis le début de Podemos. Le premier manifeste qui a conduit à la naissance de Podemos, Mover Ficha, doit beaucoup à notre participation dans son écriture. Nous sommes une composante de plus.

Aitor Riveiro. Pablo Iglesias est-il le dirigeant dont a besoin Podemos en cette étape nouvelle ?

Teresa Rodriguez. Il faudra voir en quoi consiste cette étape, quelles sont les tâches et quelle est l’organisation qui peut être préparée pour cette tâche. Ensuite, nous verrons qui sont les meilleurs pour la conduire sur cette voie. La direction est un endroit vers lequel il faut se diriger. Celui qui est disposé à se diriger vers ce lieu sera le meilleur secrétaire général.

Aitor Riveiro. Si Pablo Iglesias remporte le poste de secrétaire général mais s'il est minoritaire dans la direction ou sur les documents adoptés, devra-t-il assumer des principes ou des équipes qui ne sont pas les siens ?

Teresa Rodriguez. Oui, clairement oui, s'il prétend représenter l’ensemble de l’organisation.

Aitor Riveiro. A la fin du printemps ou au début de l’été, un congrès du PSOE est prévu. Susana Díaz peut-elle assumer la direction du PSOE et présider la junte d’Andalousie ?

Teresa Rodriguez. Non, en aucune façon, cela ne vient même pas à l’esprit comment il est possible de présider une communauté autonome avec neuf millions d’habitants, avec le plus grand nombre de pauvres, de chômage et de logements insalubres d’Espagne et endosser une autre charge. Si j’étais présidente d’Andalousie, je ne me demanderais pas quelle autre chose je pourrais faire.

Aitor Riveiro. Podemos en Andalousie et Izquierda Unida dirigée par Antonio Maíllo s’entendent bien. Où se dirige cette relation, se transformera-t-elle en quelque chose d’organique, quelque chose de liquide ?

Teresa Rodriguez. D’une manière générale, je suis partisane de convergences souples. Je le suis au sein de Podemos, qui s’est transformée en une chose trop ferme et qu’il faut ramollir comme un poulpe. Je ne vais donc évidemment pas exiger des convergences avec un statut organique et solide. Je suis convaincue qu’il faut construire des dynamiques et des espaces où puissent se sentir à l’aise autant les militants de Podemos qui viennent d’arriver que les plus anciens militants d'Izquierda Unida, ou ceux et celles qui n’ont participé à aucun de ces partis, mais qui étaient présents dans le processus de convergence en vue des prochaines élections. Nous gagnons lorsque nous convergeons. Construire cette convergence avec Izquierda Unida et d’autres organisations sociales nous approchera d’une victoire aux prochaines élections autonomes. Il faut commencer à le faire dès maintenant sans quoi cela se transforme en un jeu où l’on dit que « le troisième, c’est toi ou moi ». Si, dès maintenant, nous construisons des espaces communs dans lesquels peut s’incorporer un plus grand nombre de personnes, nous nous trouverons dans des conditions meilleures. Peut-être que ce ne sera pas Podemos, mais quelque chose d’autre.

Aitor Riveiro. Etes-vous pressée dans le cas où tout se précipite au sein du PSOE et de la junte d'Andalousie ?

Teresa Rodriguez. Je crois que le PSOE d’Andalousie est le dernier intéressé à la convocation d’élections anticipées.

 

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 20:59

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article12587

 

Un accord entre le Hamas et le Fatah pour la constitution d’un gouvernement d’unité nationale

 

Le Hamas et le Fatah se sont mis d’accord pour former un gouvernement palestinien d’unité nationale, selon un communiqué commun diffusé par les deux partis Mercredi 18 Janvier 2017 à Moscou, où ils étaient en négociations depuis Dimanche 15 Janvier 2017.

Aux termes de cet accord, le Hamas, mais aussi le Djihad Islamique, doivent intégrer l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), et y former un nouveau Conseil National Palestinien (CNP).

Il reviendra à cet organisme de désigner les membres du comité exécutif de l’OLP, c’est-à-dire l’instance supérieure de la représentation politique et diplomatique de la Palestine.

Ces élections et ces désignations sont censées intervenir dans un délai de deux mois, croit savoir le quotidien Haaretz, dont un journaliste, Jack Khoury, a interviewé un dirigeant du Fatah.

« Les conditions sont désormais réunies, tant au niveau interne que sur la scène internationale, pour la formation d’un nouveau gouvernement national », commente ce dernier.

Les éléments de modification du contexte international cités par ce cadre du Fatah sont la récente résolution du conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies (ONU) condamnant la colonisation, la conférence internationale de Paris, ainsi que l’arrivée d’un nouveau locataire à la Maison Blanche.

Mahmoud Abbas devrait entamer dans les quarante huit heures le processus de consultation en vue de la formation de ce gouvernement.

De son côté, Moussa Abou Marzouk, vice-président du bureau politique du Hamas, qui participait aux discussions à Moscou, estime que la constitution d’un gouvernement d’unité nationale « est l’outil le plus efficace pour mettre fin aux contentieux qui se sont formés au fil des ans et aller vers des élections libres et démocratiques en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ».

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 20:45

 

CONTRIBUTION DE ROBERT DUGUET

 

Il y a une différence très importante entre la candidature de Jean Luc Mélenchon de 2012 et celle de 2017. En 2012, Jean Luc Mélenchon était le candidat du Front De Gauche (FDG), c’est-à-dire d’un accord électoral entre un courant scissionniste du Parti Socialiste, le réseau Pour la République Sociale (PRS), et le Parti Communiste Français (PCF). A cet attelage se sont joint des forces politiques plus modestes, mais néanmoins significatives quant à leurs références idéologiques au socialisme, trois courants venant du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), au moment où le canal historique fondateur du NPA, l'ancienne Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), montrait son incapacité à ouvrir son champ à la construction d’un parti de masse.

Malgré le caractère modeste du programme du FDG, la candidature de Jean Luc Mélenchon a traduit un mouvement profond dans la société de recherche d’une alternative. Dans les semaines qui ont suivi les élections présidentielles de 2012, Jean Luc Mélenchon a fait la preuve qu’il ne voulait pas d’un parti et il a passé à la trappe tous ceux et celles qui étaient venus là pour construire un parti et pour exiger le respect de la démocratie. La candidature de Jean Luc Mélenchon de 2017 est une candidature de rupture avec la démarche qui était celle du FDG, comme orientation réformiste ou néo-réformiste issue de la crise du Parti Socialiste. Avec le FDG, nous restions, certes sur des positions réformistes, mais sur le terrain du mouvement ouvrier. A partir du moment où il n’y a plus cette volonté de construire une alternative, le PCF renouait avec le Parti Socialiste pour sauver ses élus, et Christian Picquet de la Gauche Unitaire cherchait un siège au conseil municipal de Paris, en liquidant au passage son organisation dans le FDG.

Aujourd’hui la forme que prend la campagne de Jean Luc Mélenchon est purement médiatique et cela ne suffira pas. Pour mener une telle démarche à son terme, il faut un parti, ou un ensemble de partis rassemblés sur un pacte électoral. Jean Luc Mélenchon a coupé les branches sur lesquelles il était assis. Le point de vue que vient de donner André Chassaigne du PCF est clair. Il explique qu’il n’approuve pas le choix de Jean Luc Mélenchon, mais qu’il ne s’opposera pas à la position majoritaire de son parti, et il ajoute que « je n’irai ni tenir le micro, ni coller les affiches ». Et si je discute autour de moi avec les camarades qui se sont dépensés sans compter pour faire la campagne de 2012, je rencontre le même point de vue. Ils iront peut être voter mais ils ne feront pas la campagne, ou ils s’abstiendront.

C’est un point de vue qui sera courant dans l’espace militant disponible de l'ancien FDG. Cela, c’est la tambouille électorale, mais allons au fond. J’ai écrit un article caractérisant sa candidature dans la pure tradition de la cinquième république, comme une candidature bonapartiste. Son dernier livre explique bien sa position. Il y a le peuple et l’oligarchie. Les élections présidentielles, c’est la rencontre d’un homme avec le peuple, par-dessus la tête de la « classe politique ». Charles de Gaulle n’aurait certes pas renié ce point de vue, lorsqu’il dénonçait le « régime des partis ». De plus ses positions sur les questions internationales sont de plus en plus réactionnaires, voir la question de la Syrie et les quelques positions que je relève sur les questions d’éducation et de laïcité ne sont pas pour me motiver. Jean Luc Mélenchon, c’est la continuité du mitterrandisme, avec un zeste de lambertisme pour couvrir à gauche.

Sur l’Union Européenne, je ne vois toujours pas comment on peut avoir une position de rupture, pour une Europe des nations souveraines et être député européen. Cela indique que Jean Luc Mélenchon est un homme qui s’est coulé dans le système et qu’il est devenu un homme du système. Il ne fera plus un pas en dehors du cadre légal. C’est même Marine le Pen, qui a de très bons conseillers politiques, qui lui dame le pion. Dernièrement elle a expliqué que s’il fallait faire une réforme de l'état, il faudrait faire disparaitre les coûteuses régions et redonner au peuple français sa souveraineté à travers les communes et les pouvoirs du parlement. La république, c’est d’abord la commune et un parlement qui traduise tous les courants de la vie politique nationale. Les régions compétitives entre elles, qui organisent le dépeçage de la nation, c’est le cœur de l'Union Européenne. Ce n'est pas Jean Luc Mélenchon qui dit cela aujourd’hui. C'est hélas Marine Le Pen.

Un dernier point sur Grenoble, ce fut la première grande ville, lors des récentes élections municipales, à être gagnée par une coalition d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et du Parti de Gauche, plus quelques associations très implantées dans cette ville. La campagne qui a été faite fut très militante et le groupe du Parti de Gauche, issu du trotskysme, y a joué un rôle déterminant. La majorité municipale applique aujourd’hui un plan de destruction des services publics et de suppression de postes, du fait de la baisse de dotation de l'état aux collectivités territoriales. Il y a un conflit entre les citoyens et la mairie, des manifestations, les conseils municipaux sont pris d’assaut si bien que le maire appelle les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) à la rescousse. Le 19 décembre 2016, les manifestants ont été reçus à coup de grenades lacrymogènes. Le Parti de Gauche de Grenoble avait été en 2011 et 2012 l’organisateur des estivales du FDG, au cours desquelles près de trois mille militants ont participé.

C’est dire que le Parti de Gauche de l’Isère a été un élément important du dispositif de Jean Luc Mélenchon. Elisa Martin, membre de la direction nationale du Parti de Gauche et son groupe soutiennent le maire Eric Piolle. Aujourd’hui ce sont deux élus qui sont exclus de la majorité pour s’être abstenus sur le budget. C’est dire que la campagne de Jean Luc Mélenchon dans l’Isère se présente très mal.

J’avais écrit un article dans mon blog « Grenoble c’est la France ». A quoi cela peut-il servir de soutenir un candidat ou des candidats qui, demain au pouvoir, appliqueront ou appliquent le contraire de ce qu’ils ont dit dans les médias ou dans leurs meetings ?

Dans les conditions actuelles je ne voterai pas pour Jean Luc Mélenchon. Est-ce dramatique de ne pas participer à une élection présidentielle ? Que fera le peuple français ? Il est vraisemblable que l’abstention sera massive et que le Front National sera sans doute au second tour. L’état de la représentation politique aujourd’hui fait qu’on ne peut pas s’appuyer sur des forces locales pour présenter des candidats dans les élections législatives, par exemple faire campagne sur un programme de défense de la classe ouvrière et ouvrir le débat pour une assemblée constituante. Aujourd’hui c’est le fond du fond de la décomposition.

 

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