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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 17:37

 

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/191116/nous-nacceptons-pas-de-voir-notre-passe-commun-insulte-par-jean-luc-melench

 

Dans un texte collectif, Alain Krivine et neuf autres anciens ou toujours militants de la quatrième internationale s’indignent des accusations lancées par Jean-Luc Mélenchon contre Paulo Paranagua, aujourd’hui journaliste au Monde. « S’il est un principe chèrement acquis face au stalinisme », écrivent-ils, « c’est que le débat politique ne saurait être remplacé par la criminalisation de l’adversaire ».

 

Nous n'acceptons pas de voir notre passé commun insulté par Jean-Luc Mélenchon

 

Par Alain Krivine, Hubert Krivine, Alain Cyroulnik, Samy Joshua, Mario Klashko, Michael Löwy, Charles Michaloux, Pierre Rousset, François Sabado et Charles André Udry.

 

Samedi 19 Novembre 2016

 

Nous venons de lire le blog de Jean-Luc Mélenchon qui, pour s’en prendre à la couverture de sa campagne présidentielle par le Monde, choisit de calomnier le passé militant d’un des journalistes de cette rédaction, en charge de l’Amérique Latine. Paulo Paranagua est ainsi décrit par le candidat de la France Insoumise comme un « assassin repenti » en tant qu'ancien dirigeant de la « fraction rouge de l'Ejercito Revolucionario del Pueblo (ERP) d'Argentine », qu’il qualifie de « groupe de provocateurs ». Jean-Luc Mélenchon n’hésite pas à qualifier Paulo Paranagua de « muse de la Central Intelligence Agency (CIA) », l’accusant à demi-mots d’être responsable « de la mort de toutes les personnes qui l’ont approché sur place ».

Ces accusations sont lancées sans l’ombre du début d’une preuve et sans qu’aucun fait ne viennent les étayer. C’est inacceptable.

Les soussignés s'indignent de ces accusations qu’ils jugent contraires à toute éthique militante. S’il est un principe que doit défendre le mouvement ouvrier et social, chèrement acquis face au stalinisme, c’est que le débat politique, aussi vif soit-il, ne saurait être remplacé par la calomnie et la criminalisation de l’adversaire. Le problème n’est donc pas notre désaccord politique actuel avec le journaliste Paulo Paranagua, en raison de sa défense de l’ordre néo-libéral international ou de ses attaques contre les forces progressistes d’Amérique Latine.

Jamais ces désaccords d’aujourd’hui ne nous autoriseront à insulter l’histoire militante collective à laquelle, jeune militant de la quatrième internationale, il a participé.

En traitant  la fraction rouge  de l’ERP d’Argentine de provocateurs, d’assassins et d’agents de la CIA, Jean Luc Mélenchon insulte un groupe de révolutionnaires qui, durant les années 1970, s’affrontèrent au régime militaire, entre 1966 et 1973, et à l’Alliance Anticommuniste Argentine, escadron de la mort qui fit des milliers de victimes, puis combattirent la dictature militaire argentine réinstallée en 1976. Comme d’autres groupes, guévaristes, péronistes de gauche et socialistes révolutionnaires, ces militants pratiquaient la lutte armée, pour résister au plus criminel des régimes militaires de l’époque. Nombre d’entre eux ont été assassinés, torturés et emprisonnés par la dictature. Dont Paulo Paranagua, militant brésilien engagé par internationalisme en Argentine, qui fut arrêté, torturé et emprisonné, avant d’être expulsé vers la France à l’issue d’une campagne internationale de soutien.

Nous pouvons aujourd’hui revisiter la question de la violence révolutionnaire et, évidemment, nous questionner sur les impasses de la lutte armée, thème d’ailleurs déjà débattu à l’époque. Mais, en aucun cas, Paulo Paranagua et les dirigeants de l'ERP d'Argentine ne furent des « assassins à la solde de la CIA ». Ils furent, à l’époque, nos camarades de lutte et d’espoir.

Les soussignés, alors militants de la quatrième internationale et quelles que soient aujourd’hui leurs positions, n'acceptent pas de voir leur passé commun insulté par Jean-Luc Mélenchon.

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:45

 

https://gazettedebout.fr/2016/11/18/quolivier-besancenot-pense-de-nuit-debout

 

http://www.revue-ballast.fr/olivier-besancenot

 

Ce qu’Olivier Besancenot pense du mouvement des Nuits Debout

 

Vendredi 18 Novembre 2016

 

La revue Ballast a publié un entretien fleuve avec Olivier Besancenot, porte parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), où il prend le temps de détailler sa pensée, loin des débats dictés par l’actualité médiatique.

 

C’est un échange très intéressant, où il est souvent question du mouvement des Nuits Debout, dont l’homme politique a fréquenté les assemblées générales.

 

Morceaux choisis.

 

« Prendre le pouvoir sans se faire prendre par le pouvoir, voilà l’hypothèse stratégique sur laquelle il faut plancher. Ne serait-ce qu’à Nuit Debout, à une moindre échelle, ce type de problématique s’est posé et vous le savez bien. L’assemblée générale doit-elle décider de tout, évitant ainsi les récupérations ? Mais si la démocratie meurt au sortir de l’assemblée générale et que tu t’interdis toute forme de délégation, même contrôlée, le vide politique créé est occupé par d’autres, en l’absence d’un système pensé et assumé qui permet de désigner des mandataires contrôlables et révocables, des représentants autoproclamés se chargeront de parler au nom d’un mouvement muet. Il faudrait décider à la base le maximum de choses possibles, tout ce qui peut l’être, en acceptant de déléguer à une échelle supérieure uniquement ce qui doit l’être. Et en s’assurant que cette délégation soit contrôlable et révocable par la base à tout instant. Nuit Debout n’est pas parvenu à résoudre ce genre d’équation ».

 

Olivier Besancenot se dit également ravi que les drapeaux, NPA compris, aient été écartés de la place de la république pendant le mouvement. « Les militants des partis étaient les bienvenus. Sauf à y aller drapeau déployé, ou pour faire son marché, ce qui n’est pas très élégant et en dit déjà beaucoup sur ton projet de société ».

 

Il évoque le mouvement Global Debout qui s’est développé spontanément dans les villes du monde entier et plaide pour la convergence des luttes, « il aurait fallu, durant Nuit Debout, interdire de parler d’autre chose que de la loi travail ? Et la Palestine, le droit des femmes, l’économie politique, l’écologie et la cause animale, il aurait fallu ne garder qu’une seule commission place de la république. Dès lors que nous parlons d’une maison des causes communes, chacun vient avec sa pierre à l’édifice et entend faire partager son combat. Il n’y a rien de plus logique. La question devient donc celle de la convergence, qui n’est pas l’uniformisation qui arrondit les angles ».

 

Bien entendu, Nuit Debout n’est pas l’élément central de cet entretien. Olivier Besancenot parle aussi de la définition de la république, de son refus de boycotter les élections présidentielles, de la violence et des rapports de domination sur les plateaux de télévision. Il évoque la philosophie, surtout Jacques Rancière, ainsi que les raisons pour lesquelles il faut résister à la tentation du repli minoritaire. Bref, un article long mais très complet qui permet de mieux cerner le personnage.

 

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:28

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique-nord/pourquoi-nous-marchons-a-paris-contre-donald-trump_1851965.html

 

Pourquoi nous marchons à Paris contre Donald Trump

Samedi 19 Novembre 2016, des centaines de personnes défileront dans les rues de la capitale pour protester contre l'élection du nouveau président américain Donald Trump. Amy Hong, membre du comité organisateur de la marche Paris Against Trump, nous explique leur démarche.

Samedi 19 Novembre 2016 à 13 heures, Paris s'ajoutera à la liste des villes hors des États-Unis, telles que Berlin, Montréal, Mexico et bien d'autres, qui ont connu des manifestations contre Donald Trump. Nous, un collectif hétérogène comprenant des américains, des français et des citoyens internationaux, sommes derrière l'organisation de cette marche.

Depuis le lancement de cet événement public sur Facebook, nous avons attiré énormément d'intérêt, mais aussi des interrogations.

« Qui êtes-vous et qu’en attendez-vous ». Certaines personnes nous accusent de vouloir influencer les élections françaises du printemps prochain, persuadées que nous sommes un groupe de gauchistes contre la démocratie. Après tout, disent-ils, Donald Trump a été élu de manière démocratique.

La diversité contre Donald Trump

En raison de toutes ces spéculations, il est nécessaire de préciser que notre objectif n'est pas de contester la victoire de Donald Trump, ni le processus par lequel il est arrivé à la tête des Etats-Unis. Nous sommes seulement un groupe d'individus qui croit que Donald Trump représente une grave menace pour les droits humains et les valeurs fondamentales qui nous sont les plus chères. Notre constat est simple.

Le discours d'intolérance et la campagne de Donald Trump, essentiellement basée sur la peur, prennent pour cibles des groupes vulnérables, tels que les immigrés, les musulmans, les minorités en général et les personnes issues de la communauté LGBT. Ces propos ont un impact direct sur le tissu humain de nos sociétés.

Le comité Paris Against Trump a été créé il y a moins d'une semaine pour lutter contre cela. Lorsque nous nous sommes rencontrés pour la première fois Dimanche 13 Novembre 2016, la diversité de notre groupe nous a sauté aux yeux. Parmi nous, il y a des anticapitalistes et des pro-capitalistes, des gens qui adorent Hillary Clinton et d'autres qui la détestent, il y a des artistes, des enseignants et des personnes qui travaillent dans le marketing. Nous venons de pays, de milieux et de conditions socio-économiques variés. 

Mais, malgré toutes ces différences, nous partageons deux choses, la tolérance, ainsi qu'une expérience particulière. Celle de se réveiller le Mercredi 9 Novembre 2016 dans un état d'horreur et de choc, en se demandant, « qu’arrive-t-il quand l'inimaginable, car cela semblait impossible la veille, devient réalité ».

Cette élection impacte nos vies

Nous discutons quotidiennement des raisons pour lesquelles nous désapprouvons Donald Trump et de la façon dont cela nous impacte, américains, européens et citoyens du monde, et continuera à impacter nos communautés et nos vies.

Emilie, une enseignante française, engagée dans la lutte de la protection de l'environnement, se demande quelles conséquences aura cette élection sur l'accord de Paris maintenant que Myrion Ebell, directeur d'un think-tank climatosceptique, a été choisi pour gérer la transition de l’agence de protection de l’environnement (EPA). Tobias, un graphiste allemand, tremble d'effroi devant les messages de haine diffusés pendant la campagne, ils lui rappellent une sombre partie de l'histoire de son pays. Leah, une chanteuse américaine également professeure d’anglais à Paris, n'arrive pas à croire que le prochain président des États-Unis sera un homme qui se vante d'avoir agressé sexuellement des femmes et de ne pas avoir payé d'impôts pendant plus de vingt ans.

Youssef, un jeune étudiant américain, nous a raconté qu'à Boston, la ville multiculturelle d'où il vient, ses cousins ont été harcelés après avoir parlé arabe dans la rue et que sa mère a désormais peur de porter son hijab. Il se demande également si Donald Trump créera, comme il l'a dit, un registre pour tous les américains musulmans et quel impact ce registre aura sur ses proches. Marva, une étudiante noire américaine en histoire de l'art, se demande ce que signifie la nomination de Stephen Bannon, un héros parmi les suprémacistes blancs, comme un des principaux conseillers de Donald Trump.

Le racisme ne connaît pas de frontière

Dans toutes ces discussions, la conclusion est la même, l'élection de Donald Trump, bien que démocratique, ne change en rien son attitude antidémocratique, ni le péril majeur qu'il peut représenter pour différentes communautés, à l'échelle nationale et mondiale. Après tout, nous vivons dans un monde globalisé, où beaucoup de problématiques, telles que le changement climatique, la stigmatisation, le racisme et l'immigration, ne connaissent pas de frontières.

Samedi 19 Novembre 2016, lors de notre événement Paris Against Trump, nous marcherons dans le but d'apporter notre soutien et notre solidarité envers les minorités vulnérables, de plus en plus attaquées par le camp du nouveau président durant sa vicieuse campagne électorale.

Plus globalement, nous marcherons afin de montrer au monde que nous existons et que nous ne sommes pas d'accord avec tout ce que Donald Trump représente. Notre message est le suivant, les citoyens, peu importe leur origine, ne soutiennent pas ce discours de haine, ces techniques d'intimidation et ces politiques clivantes. L'avenir de notre monde est en jeu et nous sommes prêts à le défendre.

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 16:05

 

https://gazettedebout.fr/2016/11/17/aider-les-refugies

 

https://blogs.mediapart.fr/pierre-alain-mannoni/blog/111116/pourquoi-j-ai-secouru-des-refugies

 

Pourquoi j’ai secouru des réfugiés

 

Pierre-Alain Mannoni est poursuivi en justice pour avoir secouru des réfugiés, son procès se tiendra au palais de justice de Nice a la date confirmée du Mercredi 23 Novembre 2016 à 13 heures 30

 

J’ai quarante cinq ans et deux enfants. Je suis fonctionnaire de l'éducation nationale, ingénieur d'étude dans un laboratoire de recherche du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à l'université de Nice Sophia Antipolis et enseignant à la faculté des sciences de Nice. Je n'étais pas jusqu’à présent militant politique ou associatif.

Dans ma famille, nous sommes corses. J’ai passé toutes mes vacances au village de Pero-Casevecchie dans la maison de mon grand-père, le médecin du canton qui faisait ses visites à cheval. Au village, presque cinquante ans après sa mort, les gens en parlent encore car que ce soit en pleine nuit à l’autre bout du canton, que ce soit un bandit blessé ou un paysan qui n’ait pas de quoi payer, il soignait. Dans les récits que me racontait mon père et dans les expériences que j’ai vécu là-bas, j’ai appris et j'ai compris qu’on ne laisse pas quelqu’un en danger sur le bord de la route, d’abord parce que c’est la montagne mais aussi parce que c’est une question de dignité. Ou d’honneur comme on dit.

J’ai la chance d’avoir des enfants et en tant que père avec la garde partagée, j’ai pris cette tâche pas évidente très au sérieux. Pas évidente car aujourd’hui le monde va mal que ce soit d’un point de vue social ou environnemental alors au delà d’une « bonne situation », ce que je souhaite pour mes enfants, c’est qu’ils soient l’espoir d’un monde meilleur.

Le Dimanche 16 Octobre 2016 en rentrant en voiture de la fête de la brebis à la Brigue avec ma fille de douze ans, nous avons secourus quatre jeunes du Darfour. La Brigue est un village français dans la vallée de la Roya qui est frontalière de Vintimille en Italie. C’est dans cette vallée que sont régulièrement secourus les hommes mais surtout les femmes et les enfants qui se trouvent sur ces routes de montagnes et qu’on appelle migrants. Ces quatre jeunes étaient complètement perdus et se dirigeaient à pied, certains en bermuda, vers les montagnes enneigées. Avec ma fille nous les avons ramenés à Nice, ils ont mangés et dormi avec nous dans mon appartement de quarante mètres carrés.

Le lendemain comme tous les jours d’école nous nous sommes levés à 6 heures 15. Ils sont venus avec moi déposer ma fille à l’école puis je les ai déposés dans une petite gare peu surveillée par la police et je leur ai payé un billet de train pour la première partie du trajet. Ils devaient retrouver leur famille à Marseille.

C’était ma première action de secours envers ces migrants. Pourquoi je l’ai fait ce jour là ? Jusqu’à présent avec mes enfants j’avais déposé des vêtements à la croix rouge à Vintimille, des chaussures et un sac à dos, pour aider mais aussi pour leur montrer qu’il y a des injustices dans le monde et que chacun de nous peut faire quelque chose. Là c’était la deuxième fois que je voyais un groupe sur le bord de la route.

La première fois j’avais hésité, je n’avais pas eu le courage, mais cette fois-ci il y avait ma fille et j’ai pu lui montrer l’exemple.

Le lendemain Lundi 17 Octobre 2016, après une soirée chez des amis dans cette même vallée, sur le retour vers Nice, je décide de m'arrêter dans ce camp pour migrant à Saint Dalmas de Tende, un bâtiment désaffecté pour colonies de vacances de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) qui a été ouvert en urgence quelques heures auparavant, sans autorisation, par un collectif d’associations dont la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Amnesty International et un tas d'associations nationales et locales. L’ouverture de ce lieu à fait l’objet d’un communiqué de ces associations dans les médias. Je sais bien que mon retour vers Nice est une opportunité d’en sortir quelques-uns de ce lieu sans eau ni électricité et ou la température en pleine nuit ne doit pas dépasser dix degrés. Je décide d’en ramener chez moi et de les déposer à la gare le lendemain.

Ce sont trois filles qu’on vient d’aller chercher à l’étage. Elles sont contentes de ma proposition me dit-on car elles sont attendues par une association à Marseille pour être soignées. Quand je les vois mon coeur se déchire. Elles ont peur, elles ont froid, elles sont épuisées et elles ont des pansements aux mains et aux jambes, l’une boite en faisant des grimaces de douleurs et l’autre ne peut pas porter son sac avec sa main blessée. J’apprendrais plus tard que l’une d’elles est la cousine de la jeune fille tuée sur l’autoroute vers Menton quelques semaines avant.

Elles ne parlent ni français, ni anglais. Il faut marcher une centaine de mètres pour rejoindre ma voiture et cela prend très longtemps car l’une marche très difficilement. J’en profite pour essayer de savoir de quel pays elles sont. Elles sont érythréennes. Une fois dans la voiture, je constate qu’elles n’ont jamais utilisé de ceinture de sécurité. Je suis dans l’embarras de m’approcher d’elles qui ont peur pour leur mettre la ceinture. Elles n’ont pas peur de moi mais dans leurs yeux je lis qu’elles savent que rien n’est gagné. Il ne faut pas être un génie pour comprendre qu’au long des six mille kilomètres qu’elles ont fait pour arriver jusqu’ici, elles ont fréquenté la mort et le cortège d’horreurs qu’on n’ose imaginer. Je démarre avec à mon bord ces filles dont je dois prendre soin et que je dois amener à bon port. J’éteins la radio, la situation est suffisamment incroyable.

Nous n’arriverons pas à Nice. Au péage de la Turbie, les gendarmes nous arrêtent et nous conduisent à la Police de l’Air et des Frontières (PAF). Ils m’ont séparé des érythréennes. Ce n’est pas clair ce qu’ils ont fait d’elles, mais je ne crois pas qu’elles aient été soignées. Elles auraient été renvoyées au sud de l’Italie comme cela se fait souvent.

Les policiers m’ont dit qu’au moins l’une d’elle était mineure. Je n’ai pas réussi à les protéger.

Après trente six heures de garde à vue, j’ai été libéré sous contrôle judiciaire. Ma voiture a été saisie ainsi que mon téléphone et je n’ai pas le droit de quitter Nice sauf pour emmener mes enfants à l’école mais il n’y pas de transport en commun à moins de les réveiller à 5 heures 30 du matin. Mon procès sera  renvoyé à une date ultérieure, à la même date que celui de Cédric Herrou membre d’associations humanitaires qui secourent les personnes en danger dans la vallée de la Roya et qui est également poursuivi pour avoir aidé des étrangers.

Le lendemain de ma libération, alors que, coup du sort, je me retrouvais à secourir un accidenté de la route qui se vidait de son sang en bas de chez moi, un jeune migrant est mort percuté par une voiture sur l’autoroute à Menton, il a été projeté par dessus le parapet du viaduc et a fait une chute de plusieurs dizaines de mètres. Venu du bout du monde, perdu sur l’autoroute et mort à vingt kilomètres de chez moi.

Mon geste n’est ni politique, ni militant, il est simplement humain et n’importe quel citoyen lambda aurait pu le faire et que ce soit pour l’honneur de notre patrie, pour notre dignité d’hommes libres, pour nos valeurs, nos croyances, par amour ou par compassion nous ne devons pas laisser des victimes mourir devant nos portes. L’histoire et l’actualité nous montrent suffisamment que la discrimination mène aux plus grandes horreurs et pour que l’histoire ne se répète plus, nous devons valoriser la solidarité et éduquer nos enfants par l’exemple.

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 15:39

 

https://www.change.org/p/solidarité-avec-les-solidaires

 

Solidarité avec les citoyens solidaires des réfugiés

Face à l’afflux de réfugiés dans le département des Alpes Maritimes, et plus particulièrement dans la vallée de la Roya, l'état n’a réagi qu’en  renforçant la présence de militaires et de forces de police, renvoyant notamment,  au mépris de la loi, les mineurs en Italie, au lieu de les protéger.

Un certain nombre de citoyens solidaires, comme Cédric Herrou et Pierre-Alain Manonni, qui doivent comparaître le Mercredi 23 Novembre 2016 à 13 heures devant le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nice au motif « d'avoir facilité l’entrée, la circulation et le séjour irrégulier », en application du six cent vingt deuxième article du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile (CESEDA), pouvant entraîner jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et trente mille euros d’amende, de plusieurs mineurs, femmes et hommes, venus demander l’asile en Europe, sont outrés par l’absence de prise en charge des pouvoirs publics. Ils aident ces personnes en détresse, simplement par humanité, conformément aux valeurs de la république française.

Comment punir quelqu’un qui apporte secours à des personnes en danger ?

Alors que, comme tant d’autres, ils se substituent simplement à l'état français, celui de la cinquième puissance mondiale et des droits de l’homme, qui refuse d’apporter assistance aux réfugiés en zone frontalière, se plaçant ainsi en dehors du droit international.

La solidarité n’est pas un crime, la solidarité n’est pas illégale.

Les associations et les citoyens signataires demandent la relaxe immédiate des prévenus solidaires.

 Premiers signataires :

Fédération des Alpes Maritimes de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH), fédération des Alpes Maritimes du Parti Communiste Français (PCF), union départementale des Alpes Maritimes de la Confédération Générale du Travail (CGT), fédération des Alpes Maritimes d'Ensemble, fédération des Alpes Maritimes d'Europe Ecologie Les Verts (EELV)

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 21:06

 

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/11/16/le-journaliste-olivier-bertrand-raconte-ses-jours-kafkaiens-de-prison-en-turquie_5032012_4832693.html

 

Le journaliste Olivier Bertrand raconte ses jours « kafkaïens » de prison en Turquie

Il revient sur ses trois jours en prison, une lucarne « sur ce que vivent ces temps-ci, de façon infiniment plus grave, des dizaines de milliers de turcs ».

Par Big Browser

Olivier Bertrand, journaliste du site www.lesjours.fr, a été détenu par la police turque entre le Vendredi 11 Novembre et le Dimanche 13 Novembre 2016. Il a été arrêté dans la ville de Gaziantep près de la frontière syrienne alors qu’il visitait « une école clandestine dans un quartier pauvre de banlieue » pour réfugiés syriens. Depuis ce moment jusqu’à sa libération, deux jours plus tard, il ne saura jamais vraiment pourquoi il était en état d’arrestation. « Moment désagréable, qui est aussi une petite lucarne entrouverte sur ce que vivent ces temps-ci, de façon infiniment plus grave, des dizaines de milliers de turcs », écrit-il dans le récit de sa captivité publié le Mercredi 16 Novembre 2016, à lire en intégralité sur www.lesjours.fr.

Olivier Bertrand raconte l’incompréhension, l’absence de communication, la peur et l’attitude changeante des différents policiers à son égard. En tant que journaliste étranger, il est considéré comme un espion potentiel.

Un policier lui dit clairement qu’il l’a vu prendre des photos du quartier.

En tant que journaliste étranger, il bénéficie aussi du soutien de son ambassade, « qui s’efforçait tout le week-end de ne pas perdre la trace pour demander mon départ sans vexer les autorités ». Il devinait, quand un de ses interlocuteurs méprisants se faisait « mielleux », que les pressions françaises avaient leur effet. A propos des policiers qui décident de l’arrêter, il dit « qu’ils veulent comprendre ce que je fais là. Ils veulent mes numéros de téléphone, savoir où je vais aller ensuite et sur quoi je travaille. Curieusement, ils ne me demandent pas où je loge à Gaziantep, ni où je suis allé avant. Ni même pour quel média je travaille. Je me demande s’ils savent tout cela et si notre arrestation est vraiment fortuite. D’un bout à l’autre de ces quelques jours, je n’aurai jamais de traducteur officiel et je ne saurai jamais formellement ce que l’on me reproche, ni dans quel service je me trouve ».

Il passe d’un centre de rétention « qui ressemble à une prison » dans la banlieue de Gaziantep à un autre dans la région d’Istanbul, les journées dans la cellule passées à lire un livre, « un roman de Yachar Kemal, un recueil épais de quatre tomes de la saga de Mèmed le Mince. Je n’en reviens pas qu’on m’ait laissé mon livre. C’est un trésor au moment de goûter à l’enfermement ou à chasser les mouches » avec un codétenu iranien.

Avant de remonter dans l’avion qui le ramènera à Paris, Olivier Bertrand « demande une dernière fois à l’homme qui parle anglais pourquoi tout cela, ce qu’on me reproche ».

Il répond « sorry if we make a mistake ».

Une phrase en guise d’épilogue pour « ces quelques jours kafkaïens » aux mains des policiers turcs, que le journaliste met en perspective, « j’ai conscience d’être un journaliste occidental, à ce titre infiniment moins menacé qu’un enseignant turc, par exemple. Mais le président Recep Tayyip Erdogan, isolé, monte son pays contre l’Europe et contre la France et il veut faire payer à chaque fois qu’il le peut l’humiliation de la porte européenne refermée ».

Depuis la tentative de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016, que le gouvernement turc impute à un réseau lié au prédicateur Fethullah Gülen, une purge a frappé les médias et les journalistes turcs. Selon l’association des journalistes de Turquie (TGC), cent soixante dix organes de presse ont été fermés, sept cent soixante dix sept cartes de presse ont été annulées et cent cinq journalistes ont été placés en détention. Le dernier en date est Akin Atalay, président du directoire du quotidien d’opposition Cumhuriyet, arrêté, comme Olivier Bertrand, le Vendredi 11 Novembre 2016. Il est toujours en prison, comme une dizaine de ses collègues, accusés d’activités « terroristes ».

 

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 20:43

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/14/sfr-l-operateur-precise-les-metiers-qui-seront-concernes-par-le-plan-de-depart_5031150_3234.html

 

La Société Française de Radiotéléphone (SFR) précise les métiers qui seront concernés par le plan de départ

La direction a livré les premiers détails des départements touchés par son plan de réduction des coûts, qui prévoit la suppression d’un tiers de ses effectifs.

Par Sandrine Cassini

Les documents livrant le détail de la réduction des coûts chez SFR avaient fait l’objet d’un bras de fer entre les syndicats et la direction la semaine dernière. Lundi 14 Novembre 2016, les dirigeants de l’opérateur de télécommunications ont finalement consenti à livrer les premiers détails du plan qui prévoit la suppression de cinq mille postes, soit un tiers des effectifs à compter du milieu de l'année 2017.

Pour le moment, l’opérateur n’est pas allé jusqu’à cibler les postes qui seront supprimés mais il précise, site par site, les « familles de métiers », support à la vente, management intermédiaire et relation client, qui seront touchées. Même s’ils ne répondent pas entièrement à toutes les questions, ces documents, que le Monde a pu consulter, doivent permettre aux salariés de commencer à réfléchir à leur avenir et à décider d’opter ou pas pour le plan de départ volontaire, qui s’ouvrira au printemps 2017.

En menant sa réorganisation, Michel Paulin, le directeur général de SFR, souhaite simplifier la structure et les offres et supprimer les couches managériales inutiles. Sans surprise, aucun département de l’opérateur n’échappe à la réduction des coûts.

Hémorragie au service client

Le BTOB, qui gère la clientèle entreprise et emploie trois mille cent quarante personnes, va voir ses effectifs amputés de vingt à vingt cinq pour cent. La mesure va se traduire par le départ de six cent vingt huit à sept cent quatre vingt cinq personnes. Les mots d’ordre sont la simplification de la structure commerciale et des offres et la digitalisation.

Autrement dit, il faut convertir les échanges au numérique. Même hémorragie pour le service client à destination du grand public, dont l’effectif de mille trois cent personnes va perdre entre quatre cent cinquante cinq et cinq cent vingt salariés, soit entre trente cinq et quarante pour cent des effectifs. Là aussi, l’opérateur compte sur le numérique pour remplacer les communications téléphoniques et le support afférent.

Les fonctions supports, comme la direction financière, qui compte sept cent trente salariés, vont être réduites de trente à trente cinq pour cent, même chose pour le secrétariat général et ses quatre cent dix salariés.

La partie système d’information, dont le fonctionnement a été profondément modifié, dans la mesure où les budgets consacrés aux projets réalisés à l’extérieur ont été revus drastiquement à la baisse, va fondre de vingt cinq à trente pour cent. Il en sera de même pour la direction des ressources humaines et ses deux cent dix personnes. En revanche, l’activité réseau, qui compte deux mille deux cent dix personnes, est davantage préservée. Elle va perdre seulement entre dix et quinze pour cent de ses emplois.

 

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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 20:23

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/15/le-tribunal-ordonne-a-eutelsat-de-rediffuser-deux-chaines-kurdes_5031669_3234.html

 

Le tribunal de commerce de Paris ordonne à Eutelsat de rediffuser une chaîne kurde

A la demande de l’autorité turque réglementant la radio et la télévision, l’opérateur français de satellites avait fait suspendre la diffusion de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision.

Vers une reprise de la diffusion de Newroz Télévision

Dans son ordonnance du Lundi 14 Novembre 2016, le tribunal de commerce de Paris ordonne à Eutelsat de rétablir la transmission des programmes de cette chaîne kurde interrompue le 11 octobre 2016 « sous astreinte de dix mille euros par jour de retard ».

A la demande du RTÜK, l’autorité turque réglementant la radio et la télévision, l’opérateur français de satellites avait fait suspendre la diffusion de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision. Le motif avancé était que ces chaînes seraient soutenues par le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne.

Par précaution et pour ne pas être accusé de complicité avec une organisation terroriste, Eutelsat avait demandé à Belgium Satellite Services (BSS), la société diffusant ces chaînes, de les suspendre, le temps qu’une autorité de régulation compétente se prononce sur les programmes. Dans un contexte d’offensive sans précédent d’Ankara contre les médias, cette décision était d’autant plus critiquée par les kurdes que l'état français est actionnaire de l’opérateur privé.

Le juge a rejeté les arguments français estimant que « l’interruption de la transmission opérée par Eutelsat à partir d’un satellite Hotbird Treize est constitutive d’un trouble pour Stiftelsen Kurdish Media (SKM), la société qui diffuse la chaîne, qu’elle a été effectuée en infraction manifeste des dispositions de la Convention Européenne sur la Télévision Transfrontalière (CETT) et que, donc, le trouble est manifestement illicite ».

Si pour Eric Moutet, avocat de SKM, « cette décision rappelle des principes de base un peu oubliés jusqu’alors », Eutelsat ne faisait aucun commentaire, prenant acte du jugement.

Reste à savoir comment se fera la reprise de la diffusion, car BSS est en grande difficulté. Il faudra également trouver l’autorité réglementaire compétente pour juger des programmes. La société SKM étant de droit suédois, Il appartient donc, selon le juge, au régulateur de ce pays de se prononcer. Si l’ordonnance de Newroz Télévision a été publiée, celle concernant Med Nuçe Télévision était toujours en attente.

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 20:30

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article176

 

La discussion qui se mène sur le mouvement des policiers est sérieuse.

Par Charles Jérémie

Lundi 14 Novembre 2016

La discussion qui se mène sur le mouvement des policiers est sérieuse. J’ai dit mon opinion, d’autres camarades également. Le mouvement dure. Malgré les reculs verbaux et financiers du gouvernement, les policiers continuent à manifester, en même temps, l’inspection des services convoque un « meneur ». Cela n’arrangera rien.

Les sommets de l'état sont divisés. Bernard Cazeneuve toujours prompt à monter des provocations contre les salariés ne sait où donner de la tête, ses relais, les syndicats, n’ont visiblement pas prise sur le mouvement, la hiérarchie se divise et la gendarmerie grogne.

L’opposition ne dit mot. Jamais depuis la chute de la quatrième république semblable situation n’avait eu lieu.

La discussion sur ce qu’il faut penser, le cas échéant dire, est donc d’importance.

Les camarades qui voient des luttes partout, tout le temps, et qui quand elles ont lieu rechignent à combattre pour le tous ensemble, refusent de condamner l’utilisation de cocktails Molotov dans les manifestations contre la loi travail. Ils s’offusquent aujourd’hui qu’on puisse poser le problème de la liaison entre les policiers et les salariés. Ils dénoncent l’état policier et la répression tout azimut et ils centrent sur la responsabilité des policiers.

C’est du gauchisme infantile.

Depuis que je milite, sauf durant la guerre d’Algérie, par exemple devant le métro Charonne au mois d'octobre 1963, je n’ai jamais connu de répression policière digne de ce nom, encore moins d'état policier en France.

J’ai connu des tensions graves mais, même quand les affrontements avec la police se terminaient mal pour ceux qui étaient au premier rang, j’en étais, jamais je n’ai sérieusement pensé que nous vivions la « répression policière ». Certes souvent, nous avons utilisé cette formule contre Raymond Marcellin, Charles Pasqua et aujourd’hui Bernard Cazeneuve.

C’était de l’agitation politique mais, de grâce, gardons raison. Depuis la Libération, les grandes luttes de classes ont provoqué des affrontements extrêmement durs avec des morts et des blessés. C’est inévitable. Les salariés combattent, le patronat et l'état se défendent.

Aujourd’hui c’est un « pouvoir socialiste » qui frappe. C'est scandaleux, mais ce n'est pas étonnant. Rien cependant qui me conduise à parler « d'état policier ». Si les mots ont un sens, un état policier, c’est tout autre chose. D’autant, chers camarades, qu’il est difficile d’avoir un tel état quand la police est dans la rue contre le gouvernement. Les policiers protestent car ils reçoivent des cocktails Molotov sur la tête, ils sont menacés dans les quartiers de la relégation et ils tentent de combattre l’irrésistible déliquescence de la société sans pouvoir l’enrayer. C’est humain. Ceux qui luttent contre la police sur ce terrain, avec ces méthodes, sont des barbares et des délinquants. C’est évidemment le produit de la décomposition de la société mais les tireurs fous le sont également. Nul ne les défend. Et la population est naturellement contre ces comportements. Constater cette situation n’implique pas la passivité. Au contraire, il faut se mobiliser contre les violences policières scandaleuses. Ainsi j’avais espéré que, après le jeune tué dans les manifestations des zadistes comme celui qui a été grièvement blessé dans la lutte contre la loi travail, il y aurait une mobilisation de masse à l’initiative de l’extrême gauche. Rien, il n'y a rien eu.

Alors plutôt que de se draper dans des postures verbales, il faut dire que la mobilisation policière antigouvernementale est un enjeu politique. Nous ne pouvons rester neutre. Soit les militants et les salariés iront à leur rencontre pour les dissuader de réclamer plus de mesures sécuritaires et désigner le gouvernement et le système qui cherche à les manipuler, contre les salariés et les jeunes, soit le Front National fera le contraire et les gagnera.

J’ai d’ailleurs entendu Olivier Besancenot à la télévision, impeccable, loin de la bouillie pour les chats de la direction du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

La répression et l'état policier, les égyptiens, les marocains, les turcs et les russes, connaissent. Nous, nous vivons pour l’heure dans une bienveillante démocratie bourgeoise en déliquescence. Par contre, pour l’avenir, je suis plutôt pessimiste. Les camarades qui dénoncent l’état policier découvriront probablement ce que cette formule signifie.

Donc au-delà même de la liaison politique avec les policiers en révolte et demain les soldats, la question politique qui doit être posée est bien sûre celle-ci, quelle police démocratique dans une république sociale et politique ? Le mouvement révolutionnaire contemporain n’a jamais vraiment réfléchi à ce problème. Or, qui combat l'état doit être capable de proposer une alternative. Décidément, les formules toutes faites doivent être bannies.

Souvent les postures d’indignations masquent une débilité politique.

Une dernière remarque, je conseille d’aller voir « Snowden », excellent opus d’Oliver Stone. Parfois, il est caricatural. Il ne l'est pas dans ce film. Il révèle une partie de ce qui se prépare, une société libérale dictatoriale à l’intérieur et guerrière à l’extérieur. La lutte contre les peuples va basculer dans la modernité. À l’horizon d’une génération, la police que nous connaissons disparaîtra. Les tâches de police seront essentiellement réservées à la protection des sommets du patronat et de l’état et le maintien de l’ordre capitaliste quotidien sera essentiellement pris en charge par le mixage du numérique, de la robotique et des nouvelles armes, nouvelle technologie robotisée appliquée au fichage et la répression. Ce n’est pas une blague ni de la science fiction. Un grand nombre de hauts fonctionnaires s’inquiètent de cette situation. Les drones et les armes non létales sont à l’étude, filins, automoteurs identifiant les militants et fichiers dans les drones.

Dans l’armée, la mise en œuvre de cette mutation est déjà en route, drones de bombardements, d’assassinats, chars sans conducteurs, machines à tuer capables de frapper à cent quatre vingt degrés, frégates totalement furtives armées par quelques dizaines de marins et drones sous marins. La panoplie est déjà considérable. Là aussi, les effectifs maigriront avec l’avantage de disposer de machines à tuer, ce qui règle en grande partie les dangers de voir les soldats lever les crosses en l’air. Oui, il va falloir réfléchir à cet arsenal qui peut aisément mettre en œuvre une société policière permanente. Il faut étudier ces préparatifs, les dénoncer et engager une véritable campagne de défense des libertés et de la démocratie pour une république sociale.

Nous ne vivons pas dans l’état policier. Notre faiblesse politique peut contribuer à son instauration.

Dans un tout autre domaine, nous sommes nombreux, notamment les anciens militants de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) à avoir reçu le travail de Pierre Salvaing. Il a analysé, documentant avec rigueur, son étude, l’histoire des cinquante dernières années de l’OCI, des années 1960 à l’explosion du Parti Ouvrier Indépendant (POI).

Cela fait près de quatre cent pages mais c’est passionnant. Pour le recevoir, joindre Pierre Salvaing à spole@sfr.fr .

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 20:04

 

http://www.sanders.senate.gov/newsroom/press-releases/sanders-statement-on-steve-bannon

 

Déclaration de Bernie Sanders sur Steve Bannon

Le sénateur Bernie Sanders a publié Mercredi 16 Novembre 2016 la déclaration suivante sur la nomination de Steve Bannon à titre de stratège en chef et de conseiller principal à la Maison-Blanche de Donald Trump.

Ce pays, depuis sa création, a lutté pour surmonter la discrimination sous toutes ses formes, racisme, sexisme, xénophobie et homophobie. Au fil des ans, nous avons fait des progrès pour devenir une société moins discriminatoire et plus tolérante et nous ne retournons pas en arrière. La nomination par le président élu Donald Trump d'un individu raciste comme Steve Bannon à un poste d'autorité est totalement inacceptable. Dans une société démocratique, nous pouvons être en désaccord sur toutes les questions, mais le racisme et la bigoterie ne peuvent faire partie d'aucune politique publique. La nomination de Steve Bannon par Donald Trump doit être annulée. 

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