Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 17:17

 

http://www.marchepourlessciences.fr/a-propos/pourquoi-marcher

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/02/15/marchons-le-22-avril-pour-signifier-l-immense-danger-que-represente-la-mise-au-pas-des-sciences_5080007_3232.html

 

Samedi 22 Avril 2017, marchons pour les sciences

 

Comité d'organisation de la marche pour les sciences

 

Mercredi 15 Février 2017

 

Depuis le 20 janvier 2017 et l’investiture de Donald Trump, chaque jour amène son lot d’annonces fracassantes et de décrets liberticides. Les sciences, et plus généralement le monde académique, font partie des premières cibles de la nouvelle administration. Une hostilité idéologique à l’égard des sciences s’exprime désormais dans la doctrine officielle de la Maison Blanche. Le président Donald Trump a ainsi dès les premiers jours cherché à contrôler les programmes de recherche susceptibles de recevoir des crédits fédéraux et il a restreint la diffusion des résultats de grandes agences fédérales comme l'agence pour la protection de l'environnement (EPA), à la tête de laquelle a été placé un climatosceptique proche des lobbies de l’énergie.

Pourquoi Donald Trump cible-t-il ainsi le monde universitaire et la recherche ? Pour la même raison qu’il cible le journalisme d’investigation.

Les scientifiques comme les journalistes utilisent une méthode basée sur la collecte, la vérification et l’analyse des faits. Impossible pour eux de souscrire à la fabrication pure et simple et à l’utilisation d'alternative facts et de post vérités pour donner crédit à des positions idéologiques favorisant les grands lobbies industriels ou religieux sur des sujets aussi divers que le changement climatique, la vaccination, l’économie, le port d’armes, l’interruption de grossesse, les mouvements migratoires ou les relations internationales. À la pointe de cet obscurantisme, négateurs et idéologues de l'Alt Right s’allient à la Maison Blanche et à de puissants lobbies industriels pour semer le doute sur les faits pourtant rigoureusement documentés et consensuels au sein de la communauté des sciences du climat et de l’environnement. Niant le consensus scientifique autour de l’impact des activités humaines sur le réchauffement de la planète et la nécessité d’y remédier par des stratégies d’adaptation globales et aiguillées par des résultats scientifiques sûrs, les nouveaux pouvoirs en place cherchent à asservir le travail des agences scientifiques aux intérêts à court terme des grandes firmes industrielles.

Les communautés scientifiques des Etats Unis, pourtant peu politisées, n’ont pas tardé à mettre en place des stratégies de résistance comme la sauvegarde de données sensibles susceptibles d’être effacées sur ordonnance et des manifestations contre le décret contre l'immigration affectant les ressortissants de sept pays à majorité musulmane, qui aurait des effets désastreux sur la collaboration scientifique, mais aussi la création de comptes de réseaux sociaux renégats ou alternatifs pour la National Aeronautics and Space Administration (NASA), l’EPA ou les instituts nationaux de santé, qui tous échappent au contrôle de l'état.

Inspirée de la Women’s March, l’organisation d’une March for Science à Washington et dans d’autres villes des Etats Unis fait partie de ces initiatives. Elle aura lieu le Samedi 22 Avril 2017, le jour de la terre, pour signifier l’immense danger que représente la mise au pas des sciences.

Ces mouvements décentralisés et spontanés se sont étendus à l’étranger.

« La science n’a pas de patrie », disait Louis Pasteur, son universalisme fait sa force et sa grandeur.

Si la négation des résultats scientifiques, issus des sciences de la nature comme des sciences humaines et sociales, est pour l’heure moins développée en France qu’aux États-Unis, les motifs d’inquiétude n’en restent pas moins nombreux. Cela concerne des prises de position répétées de nos responsables politiques, du haro contre la soi-disant culture de l’excuse des sciences humaines et sociales au retour du roman national dans les programmes d’histoire, jusqu’aux sorties de route climato sceptiques d’un ancien président de la république, sans oublier l’intronisation du moteur diesel au cœur de la mobilité environnementale.

Les orientations stratégiques de l'état sur la recherche et l’enseignement supérieur ces dernières années sont une autre source de préoccupation.

Dans la maigre part consacrée aux sciences des programmes politiques des principaux candidats à la prochaine élection présidentielle de 2017, et ce quel que soit leur bord, celles-ci ne comptent qu’à travers leur mise au service de l’innovation et de l'économie de la connaissance. Cette vision étriquée et à court-terme contribue à l’affaiblissement des recherches fondamentales, menées sur le long terme, qui seules permettent de suffisamment comprendre notre monde et nos sociétés pour détecter et aider à anticiper ses évolutions futures.

Aux États-Unis, en France et partout ailleurs, les sciences doivent être remises au cœur du débat public. Marcher en nombre, comme ont décidé de le faire les scientifiques des Etats Unis, et ceux d’au moins huit pays européens, est un moyen d’y parvenir. La marche citoyenne pour les sciences en France initiée le 27 janvier 2017 participe de ce mouvement international. Synchronisée dans plusieurs villes de France où des comités locaux sont en cours d’organisation, elle rassemblera Samedi 22 Avril 2017 toutes les citoyennes et tous les citoyens qui estiment que, dans notre démocratie, la reconnaissance de la démarche scientifique fondée sur la collecte, la vérification et l’analyse rationnelle de faits, et la garantie de son indépendance vis-à-vis des pouvoirs en place, sont des enjeux essentiels.

Hasard du calendrier, cette grande manifestation aura lieu la veille du premier tour des élections présidentielles. C’est une formidable opportunité de montrer que science et démocratie forment un couple inséparable.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 17:04

 

https://reporterre.net/Le-premier-tour-mobilise-aussi-dans-la-rue

 

Le premier tour mobilise aussi dans la rue

 

Premier tour social, jour debout et nuit des barricades, différentes initiatives sont prévues le week-end du premier tour des élections présidentielles. Le point commun de ces mouvements sociaux est que le vote ne suffit pas.

« Soyons toutes et tous au rendez-vous avec notre avenir, celui de nos enfants et de nos petits-enfants, reprenons ce qui nous appartient et ne laissons pas notre devenir entre les mains d’une poignée qui décide depuis trop longtemps sans et contre nous ». Ainsi débute l'appel du Samedi 22 Avril 2017, lancé par des organisations syndicales de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de l'Union Syndicale Solidaire (USS), mais également des collectifs comme Urgence Notre Police Assassine (UNPA) et des associations comme la compagnie Jolie Môme ou le Droit Au Logement (DAL). Le mot d’ordre de ce premier tour social est simple, « prenons la rue pour imposer notre programme ».

Rendez-vous est donné Samedi 22 Avril 2017 place de la République, à Paris, afin de « porter le programme du mouvement social », explique Gaël Quirante, employé de la poste et militant du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) de la poste. Abrogation de la loi travail, fin des répressions dans les entreprises et dans les quartiers populaires, défense des services publics et renforcement des acquis sociaux, « quelle que soit l’issue des élections, il y a une nécessité de multiplier les luttes pour se faire entendre et ne pas croire aux belles promesses d’un homme providentiel », poursuit Romain Altmann, du syndicat de l'information et de la communication de la CGT, citant les grèves et les occupations de 1936, « les congés payés et les augmentations de salaires n’étaient pas dans le programme du Front Populaire, c’est la rue qui a obtenu ces droits sociaux ».

« Ce n’est ni à travers les élections ni à travers les institutions que l’on arrive à changer la vie », résume Gaël Quirante, « c’est en établissant un rapport de force ». Pour autant, tous se défendent d’un événement anti-électoraliste. « Il y a parmi nous des abstentionnistes et des votants », précise Loïc Canitrot, de la Compagnie Jolie Môme. « La question n’est donc pas de savoir s’il faut voter ou manifester mais de rappeler que, quel que soit le prochain locataire de l’Élysée, c’est toujours dans la rue que cela se passe ». En cas de victoire de Jean Luc Mélenchon, il faudra donc « pousser le changement par la pression populaire ». Sinon, il s’agira de « constituer un front social pour résister au détricotage programmé des acquis de la jeunesse et du monde social ». Pour le comédien, ce premier tour social s’inscrit en miroir de l’isoloir, « pour changer le système, nous voulons nous retrouver tous ensemble et pas chacun dans son coin avec son bulletin de vote ».

Cette manifestation s’inscrit dans la droite, plutôt la gauche, en l’occurrence, ligne des mobilisations contre la loi travail et de Nuit Debout.

« Nous avons été nombreux au printemps 2016 à réfuter l’idée que cela se réglerait électoralement. Il y a eu une réappropriation du débat politique et de l’espace public par les citoyens, hors du cadre institutionnel », rappelle Loïc Canitrot. Mais la fin abrupte du mouvement, le 15 septembre 2016, sur décision des centrales syndicales, en a dégoûté plus d’un. « Les directions nationales ont enterré un peu vite une mobilisation inégalée et inédite depuis plusieurs années », raconte Gaël Quirante. « Cela nous a renforcés dans l’idée que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et nous avons décidé de poursuivre ce travail de convergence des luttes et de constitution d’un front social ».

« Les appareils syndicaux sont frileux par rapport à cette idée de rassemblement unitaire », renchérit Romain Altmann. « Nous avons donc décidé de faire ce travail à partir de la base ». Meetings et réunions publiques s’enchaînent ainsi depuis l’automne 2016, réunissant des militants d’horizons variés. Guyanais en grève, livreurs auto entrepreneurs en lutte contre l’ubérisation ou sans-papiers se retrouvent donc ensemble.

Pour Gaël Quirante, la bataille contre la loi travail a ainsi permis de créer des liens entre des organisations différentes et des fronts de lutte a priori sans relation, « en semant les graines de la convergence des luttes, ce mouvement a remporté une belle victoire ».

Romain Altmann voit dans le premier tour social un point de départ, mais également un aboutissement des luttes menées depuis la loi travail.

« Nous voulons donner un écho à toutes les mobilisations partout en France, pour montrer qu’il n’y a pas de trêve électorale ». Face à une situation sociale dégradée, le syndicaliste observe une forte combativité de la part des citoyens, qui n’attendent plus rien ou presque des politiques. La page Facebook des luttes invisibles recense ainsi chaque jour plus de cent cinquante mobilisations en métropole et en outre-mer.

« Ne pas se satisfaire de l’élection comme seul moyen de participation », c’est également le but d’une autre mobilisation prévue ce week-end, Jour Debout. « De nombreuses personnes ne se satisfont plus du système politique actuel qui consiste à glisser un bulletin dans l’urne et à ne plus rien faire pendant cinq ans », expose Thomas, membre de Jour Debout Paris. « Nous voulons un changement des règles du jeu, donc de la constitution, pour que les citoyens soient vraiment impliqués dans les décisions ».

De même que pour le premier tour social, Jour Debout ne se revendique d’aucun candidat, même si Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon se sont engagés à passer à la sixième république. « Dans l’éventualité où ils seraient élus, il faudrait de toute façon un fort engagement citoyen pour faire pression sur le conseil constitutionnel et les autres institutions qui pourraient bloquer le processus constituant », explique Thomas. D’où l’idée de créer une « forme d’expression nouvelle, citoyenne, non violente et collective », pour réclamer au-delà des élections un chamboulement institutionnel. Casserolades, assemblées à la Nuit Debout et ateliers sont ainsi prévus sur des places publiques partout en France.

L’appel national se décline ainsi dans plusieurs villes sous forme d’actions variées. À Montpellier, Frank Bernard entend avec d’autres présenter toutes les alternatives initiées dans l’agglomération pour faire émerger ce nouveau monde. « Les gens ont besoin de réponses concrètes et d’outils pour savoir comment changer la société au jour le jour », explique-t-il.

Dimanche 23 Avril 2017 à partir de 14 heures, des ateliers de désobéissance civile, des échanges sur les relations entre policiers et citoyens ou des rencontres autour des monnaies libres et locales se tiendront place de la Comédie à Montpellier.

D’autres événements sont prévus partout en France ce week-end, comme la nuit des barricades, lancée par Génération Ingouvernable, Dimanche 23 Avril 2017 à 18 heures place de la Bastille à Paris.

Malgré leur diversité de forme, toutes ces actions s’inscrivent dans une même logique, résumée par Loïc Canitrot, « cette période électorale ne doit pas être un long couloir sans issue. Les gens ne veulent plus être de simples consommateurs de politique par l’intermédiaire du vote ».

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 16:29

 

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/210417/le-jour-d-apres

 

Le jour d’après le premier tour des élections présidentielles

 

Vendredi 21 Avril 2017

 

Insatisfaits de l'offre politique à gauche, treize militants de partis, de syndicats et du monde associatif, expliquent pourquoi ils se projettent déjà dans l'après-élection.

 

La refondation d'un projet politico-social et idéologique alternatif à ce capitalisme destructeur de droits sociaux et de l'environnement ne sera crédible et attractive que si elle émerge de pratiques pluralistes et démocratiques, ancrées dans les réseaux militants

Nous sommes de ceux et celles qui se sont mobilisés avec Nuit Debout contre la loi travail. Derrière elle, nous rejetions une république française de plus en plus liberticide et discriminatoire, rouage d'un capitalisme du vingt et unième siècle qui nous ramène au dix neuvième siècle, et d'une Union Européenne qui nous y enfonce. Nous cherchions aussi ce que pourrait être l'alternative à la profonde crise de la démocratie représentative, incluant celle des partis, sans réponse claire à ce jour, mais certainement pas convaincus par la stratégie dite de populisme de gauche opposée au populisme de droite.

Nous faisons nôtres les objectifs des réseaux associatifs contre l'état d'urgence et de guerre, ou encore défendant nos droits contre leurs privilèges comme ceux de la manifestation du Dimanche 19 Mars 2017 pour la justice et la dignité, reprenant les slogans des soulèvements du monde arabe. Nous combattons les politiques prétendument universalistes de mise en concurrence généralisée des populations, de même que les pseudo alternatives nationales et libérales qui dressent des murs contre les étrangers, roms, musulmans, non blancs ou non français, qui nous voleraient notre sécurité sociale, nos emplois et notre identité. Ce sont les mêmes faux dilemmes qui sont à l'oeuvre aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Hongrie comme en France. Hilary Clinton n'était pas davantage une réponse à Donald Trump qu'Emmanuel Macron ne le serait à Marine Le Pen ou à François Fillon.

L'espoir d'une recomposition progressiste, à gauche d'un Parti Socialiste discrédité qui tarde à mourir, ne trouvera pas de réponse dans ces élections, ni du côté de Benoît Hamon, valorisant la politique de François Hollande au Mali et confronté à l'impasse de tout colmatage du Parti Socialiste, ni de celui de Jean-Luc Mélenchon, qui combat la monarchie présidentielle en reprenant ses méthodes et dont la stratégie politique est ancrée dans un discours tricolore aux dérives internes et internationales inquiétantes. Pourtant, des axes communs de ces deux candidats s’opposant à la loi travail et aux politiques d'austérités françaises et européennes, soulignant les urgences écologiques et refusant les politiques racistes et sécuritaires, ont fait légitimement naître l'espoir d'une candidature unique sur de telles bases. Et, à défaut, le vote pour Jean Luc Mélenchon est apparu de plus en plus comme susceptible de l'emporter à la fois contre Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron, et d’ouvrir une crise politique autour de l’exigence d’une sixième république.

Pourtant, la conception populiste de Jean Luc Mélenchon ne permet pas de concevoir le Mouvement de la France Insoumise (MFI) comme émanant d'une dynamique d'en bas, réellement plurielle et démocratique.

La candidature de Philippe Poutou a dans ce contexte plusieurs mérites, exprimer une rupture avec le présidentialisme, ne pas laisser l'expression politique aux politiciens et mettre l'accent sur la nécessité des mobilisations sociales et auto-organisées pour bâtir d'autres possibles, tout en affichant un programme internationaliste. Mais pas plus que Nathalie Arthaud, Philippe Poutou ne s’inscrit dans une démarche politique et sociale pluraliste crédible, permettant de construire un bloc alternatif qui réponde aux enjeux majeurs de société, respectant l'autonomie et la diversité des cheminements pour assurer la convergence des mobilisations.

Il y aura donc aussi beaucoup d'abstentions et d'hésitations et les signataires de ce texte n'opteront pas nécessairement pour le même bulletin. Mais face aux menaces, quels que soient les choix tactiques de votes et les résultats des élections présidentielles et des élections législatives, à ce jour totalement imprévisibles, l'indispensable troisième tour doit être, mais ne peut être seulement, social et dans la rue. La refondation d'un projet politico-social et idéologique alternatif à ce capitalisme destructeur de droits sociaux et de l'environnement ne sera crédible et attractive que si elle émerge de pratiques pluralistes et démocratiques, ancrées dans les réseaux militants, rejetant la subordination des mouvements sociaux aux partis politiques et donc en inventant une redéfinition radicale du politique. Celle-ci doit imprégner les luttes comme les futures campagnes législatives et européennes.

Le jour d'après le premier tour, quels qu'en soient les résultats, nous appelons celles et ceux se réclamant d'une alternative au capitalisme à multiplier les rencontres en ce sens.

 

Les signataires sont des militants des réseaux associatifs, altermondialistes, syndicalistes, antiracistes, féministes, LGBT et autogestionnaires, pour certains membres de diverses organisations de la gauche radicale.

 

Premiers signataires

 

Bernard Chapnik, Florence Ciaravola, Thomas Coutrot, Bruno Della Sudda, Jacques Fortin, Laurent Lévy, Philippe Marlière, Richard Neuville, Catherine Samary, Nadine Slyper, Patrick Silberstein, Josette Trat et Sophie Zafari.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 16:08

 

Le tueur des Champs-Elysées avait déjà menacé des policiers (Reuters)

 

L'assaillant qui a tué Jeudi 20 Avril 2017 un policier et en a blessé deux autres sur les Champs-Elysées à Paris avait déjà menacé de s'en prendre aux forces de l'ordre, la dernière fois au mois de février 2017, selon des sources proches de l'enquête.

L'enquête en flagrance ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris a rapidement permis d'identifier cet homme de trente neuf ans, Karim Cheurfi, né à Livry-Gargan, dans le département de la Seine-Saint-Denis, connu pour de multiples actes de délinquance et radicalisé, sans doute en prison.

Un parcours désormais classique qui s'est achevé sur l'avenue la plus symbolique de la capitale, où il a ouvert le feu avec une arme automatique sur des policiers en faction, avant d'être lui-même abattu.

« Il a ouvert le feu sur des policiers sachant qu'il allait se faire tuer par eux », estime une source proche de l'enquête.

Un mot manuscrit défendant l’Etat Islamique a été retrouvé près du corps de l'assaillant, a-t-on appris Vendredi 21 Avril 2017 de source proche du dossier.

Selon une source judiciaire, un fusil à pompe et des armes blanches ont été également trouvés dans sa voiture abandonnée à proximité des lieux de l'attaque, ainsi que les adresses de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), de trois armureries et du commissariat de police de Lagny-sur-Marne, dans le département de la Seine-et-Marne, département où il vivait.

Trois membres de son entourage familial ont été interpellés et placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête.

Karim Cheurfi, célibataire et sans enfant, hébergé chez sa mère à Chelles, dans le département de la Seine-et-Marne, était depuis le 14 octobre 2015 en mise à l'épreuve après une condamnation à deux ans de prison avec sursis pour une série de petits délits.

Il était en recherche d'emploi, selon un rapport d'évaluation de sa mise à l'épreuve daté du 17 janvier 2017.

Quelques jours plus tard, au mois de février 2017, alors qu'il est entendu par la police judiciaire de Meaux dans une affaire de droit commun, il menace de mort les policiers.

Il est alors placé en garde à vue par la brigade criminelle de Versailles « pour avoir ouvertement annoncé qu'il souhaitait abattre des policiers », mais il est libéré « faute de preuves », a-t-on précisé à Reuters de source proche de l'enquête.

La Sous Direction Anti Terroriste (SDAT) de la police judiciaire transmet l’information à la DGSI, qui l'a enregistré dans son fichier des personnes radicalisées, distinct du fichier S, ajoute-t-on de même source.

Quatorze ans plus tôt, en 2001, il avait déjà tiré sur des policiers après avoir percuté accidentellement, au volant d'une voiture volée, le véhicule de deux agents en civil et tenté de s'enfuir en ouvrant le feu quand ils s'étaient identifiés.

Arrêté, il avait alors dérobé l'arme d'un policier pendant sa garde à vue et tiré sur lui à cinq reprises, le touchant trois fois. Des faits qui lui ont valu d'être condamné à vingt ans de prison, ramenés à quinze ans de prison. Il sera libéré au bout de dix ans.

La question de savoir comment cet homme, signalé pour sa dangerosité, est passé à l'acte aussi facilement se pose inévitablement, comme à chaque fois dans ce type d'affaire.

« Il n'aurait jamais dû être dehors. Il y a un problème de justice pénale sur lequel il faudra se pencher », a ainsi déclaré à Reuters le secrétaire général du Syndicat Alternative Police de la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT), Denis Jacob, pour qui il y a aussi un problème de transmission des informations entre services de renseignement.

Ce n'est pas la seule question sans réponse.

La revendication de l'attentat par l'organisation de l'Etat Islamique au nom d'Abou Youssouf al Belgiki ne correspond absolument pas à l'identité de Karim Cheurfi.

« Nous ne comprenons pas pourquoi l'Etat Islamique a cité une personne qui n'est pas la bonne », a déclaré à Reuters une source proche de l'enquête. « Ce qui semble logique, c'est que l'Etat Islamique avait l'intention de faire quelque chose pendant la campagne pour les élections présidentielles ».

Les autorités belges avaient adressé aux services de police français des renseignements annonçant l'arrivée imminente en France d'un « individu très dangereux », prénommé Youssouf.

Dans la soirée, les services français diffusaient une fiche de recherche intitulée « attentat sur les Champs Elysées, urgent », avec le nom et la photographie de cet homme, signalant qu'il était « arrivé depuis la Belgique avec le Thalys ».

Ce Youssouf avait-il des liens avec Karim Cheurfi ou ces deux affaires sont-elles distinctes ?

Le porte-parole du ministère de l’intérieur français, Pierre-Henry Brandet, a en tout cas confirmé que les autorités françaises enquêtaient sur un homme signalé par la Belgique.

Mais selon l'agence Belga, un individu répondant à cette identité s'est rendu spontanément à la police d'Anvers.

Karim Cheurfi a-t-il agi seul ou avait-il des complices ? Les premiers éléments communiqués Jeudi 20 Avril 2017 de source policière laissaient entendre qu'au moins un autre homme était impliqué et en fuite. Mais l'on n'écartait plus Vendredi 21 Avril 2017 de sources proches de l'enquête l'hypothèse d'un acte solitaire.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 avril 2017 5 21 /04 /avril /2017 15:41

 

http://filiu.blog.lemonde.fr/2017/04/16/le-pen-melenchon-meme-combat-en-faveur-de-bachar-al-assad

 

Marine Le Pen et Jean Luc Mélenchon, même combat en faveur de Bachar al-Assad

 

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont tous deux sacrifié le peuple syrien à une vision littéralement inhumaine des relations internationales.

 

La vision caricaturale d'un monde sans peuple

 

Par Jean Pierre Filiu

 

Dimanche 16 Avril 2017

 

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont généralement décrits comme des populistes, avec ou sans les précautions d’usage. Ces deux candidats au premier tour des élections présidentielles s’accordent pourtant pour nier au peuple syrien, non seulement son droit à l’autodétermination, mais sa réalité d’acteur de son propre destin.

Marine Le Pen ne s’embarrasse pas de nuances. la Syrie est confrontée selon elle à un « choix binaire entre Bachar al-Assad d’un côté et l’Etat Islamique de l’autre ». Elle a exprimé cette prise de position lors de son déplacement à Beyrouth des 20 février et 21 février 2017, affirmant que telle était son analyse « depuis le début de la crise syrienne ». Personne n’a relevé que les manifestations pacifiques contre le régime de Bachar al Assad ont éclaté au mois de mars 2011 et que l’Etat Islamique en Irak et au Levant n’a été proclamé qu’au mois d’avril 2013 dans la ville syrienne de Raqqa, soit plus de deux ans après « le début de la crise syrienne ».

Peu importe à la présidente du Front National, auréolée à Beyrouth de sa première rencontre de présidentiable avec un chef d’état, le libanais Michel Aoun. Elle a réitéré au cours de son séjour sa conviction que le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir représentait « évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France ».

L’inconscience le dispute à l’indécence dans la coïncidence entre de telles déclarations et l’hommage rendu par Marine Le Pen aux « soldats tombés pour la France au Liban depuis 1975 », dont les cinquante huit parachutistes du poste Drakkar, tués le 23 octobre 1983, dans un attentat largement attribué aux réseaux de Hafez al-Assad, le père de Bachar al Assad.

Marine Le Pen a été reçue avec éclat, le 24 mars 2017, par Vladimir Poutine au Kremlin. Elle renouvelé à cette occasion son soutien inconditionnel à l’intervention russe en Syrie « qui a porté un coup sérieux au fondamentalisme ». Elle n’a pas là plus qu’ailleurs commenté le fait que cette intervention ne vise l’Etat Islamique qu’à la marge et qu’elle a été concentrée, notamment dans la terrible bataille d’Alep, contre les forces opposées à la fois à Bachar al Assad et à l’Etat Islamique. Après le bombardement chimique sur Khan Cheikhoun, le Mardi 4 Avril 2017, Marine Le Pen a affirmé « ne croire personne ». Et les exigences qu’elle a posées pour une « enquête internationale indépendante » ne sont pas très éloignées de celles de Bachar al-Assad.

Jean-Luc Mélenchon a toujours eu beaucoup de mal à accepter l’existence d’un peuple syrien doué de raison et voué à être souverain sur sa terre de Syrie. Cette terre n’est pas pour lui l’un des foyers majeurs de la civilisation universelle, c’est un espace vide où se déploient à loisir les stratégies de domination internationale, à l’image de ce jeu de Risk dont le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) a peut-être abusé dans sa jeunesse. En Syrie, il n’y a donc pas un dictateur qui opprime et des opprimés qui lui résistent. Non, il y a un chef d’état, Bachar al-Assad donc, qui résiste à des projets « de gazoducs et de pipelines » imposés depuis l’étranger.

Qu’aucun de ces projets « de gazoducs et de pipelines » n’ait connu le moindre début de conception, a fortiori de construction, importe peu à Jean Luc Mélenchon, car il tient là la réponse définitive à toutes les interrogations sur la Syrie. Nous espérions d’un présidentiable une analyse à la mesure de l’enjeu, après le bombardement sur Khan Cheikhoun, puis le raid américain sur Shayrat, deux jours plus tard. Non, Dimanche 9 Avril 2017, face aux dizaines de milliers de personnes venues l’écouter sur le Vieux-Port de Marseille, il a encore martelé « gazoducs et pipelines, même si ces guerres ont eu parfois la religion pour prétexte ».

Religion comme prétexte et hydrocarbures comme réalité, voilà à quoi est réduite la lutte du peuple syrien pour sa liberté. En revanche, Jean Luc Mélenchon a pris la peine d’affirmer, au cours du Grand Débat du Mardi 4 Avril 2017, qu’il « faut s’occuper du malheureux lycée Charles de Gaulle à Damas que des compatriotes français s’efforcent de faire vivre admirablement ». Pour mémoire, la France a fermé son ambassade à Damas au mois de mars 2012 et a logiquement appelé ses ressortissants à quitter le pays. Le consulat de Beyrouth continue d’assister le millier de français demeurés malgré tout en Syrie. Le lycée Charles de Gaulle, tout proche du palais présidentiel, est géré par un comité de parents d’élèves, sous l’étroite tutelle du régime de Bachar al Assad et de ses services de sécurité. Si Jean Luc Mélenchon est favorable au rétablissement des relations avec la dictature syrienne, libre à lui de se prononcer franchement en ce sens plutôt que de mettre en avant un « malheureux lycée ».

L’engagement de Marine Le Pen en faveur de Bachar al-Assad a l’avantage d’être clair et affiché. Celui de Jean-Luc Mélenchon se camoufle sous des élucubrations géopolitiques qui suscitent un authentique malaise. Mais l’une et l’autre ont bel et bien rejeté le peuple syrien dans les poubelles de l’histoire. C’est le fruit pour eux d’une politique constante et réfléchie, à l’heure même où tous deux briguent l’Elysée.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 20:01

 

https://medium.com/@salam.abbara/franco-syriennes-voilà-pourquoi-nous-ne-voterons-pas-mélenchon-4ac32124f34b

 

Franco-syriennes, voilà pourquoi nous ne voterons pas pour Jean Luc Mélenchon

 

Devant une tragédie humaine qui montre aujourd’hui le rapport de chaque homme politique au pouvoir, à la justice, à la liberté et à l'humanité, les prises de position de chacun sur la question sont révélatrices.

 

Par Salam et Alia Abbara

 

Françaises d’origine syrienne, plus proches de la gauche que de la droite et n’ayant de toute façon aucune affinité pour le programme de François Fillon ou de Marine Le Pen, nous nous sommes intéressées de près à la position de Jean Luc Mélenchon, au-delà des courtes citations dans les articles et des raccourcis dans les vidéos, pour découvrir à quel point sa position sur la Syrie dénote, à notre sens, d’une profonde immoralité. Vous trouverez dans les références de quoi étayer nos propos et nourrir votre réflexion.

 

Pas de soutien à Vladimir Poutine, sauf en Syrie

 

Jean Luc Mélenchon affirme lors de son meeting au Havre qu’il ne soutient pas Vladimir Poutine, soit. Néanmoins, sur la question syrienne, le discours n’est pas le même. Partant d’un exemple très particulier et discuté, le fait que les russes auraient coupé une sortie du pétrole de l'Etat Islamique par la Turquie, et d’une citation, « la première victime d’une guerre, c’est la vérité », Jean Luc Mélenchon généralise, paradoxalement très sûr de lui, en disant qu’il ne pense pas que les russes ciblent en majorité des civils et des révolutionnaires et qu’ils font, en gros, du bon travail en Syrie. S’il a besoin de preuves, qu’il discute avec les médecins dans les hôpitaux de campagne de Médecins Sans Frontières (MSF), de l’Union des Organisations de Secours et de Soins Médicaux (UOSSM) ou de Syria Charity, bombardés par l’aviation syrienne et par l'aviation russe. Qu’il lise les rapports de Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et nous en passons, citant les crimes de guerre commis par la Russie en Syrie.

 

L’absence de condamnation des agissements de Bachar el Assad

 

Ce qui sidère sans doute le plus, c’est que, depuis 2011, Jean Luc Mélenchon n’a à aucun moment clairement condamné les agissements de Bachar al Assad. Dans le dernier rapport du Syrian Network for Human Rights (SNHR), sur les deux cent sept mille civils décédés recensés depuis 2011, plus de quatre vingt quatorze pour cent auraient été tués par l’alliance syro-irano-russe. Face à un désastre humanitaire incroyable, près d'onze millions de déplacés ou réfugiés, plus de quatre cent cinquante mille morts, une nouvelle génération perdue, l’extermination en masse de dizaines de milliers de personnes, y compris des enfants, dans les prisons du régime, l’utilisation avérée de l’arme chimique et de bombes incendiaires par le régime syrien, Jean Luc Mélenchon continue à faire l’autruche. Sans oublier les bombes-barils explosives larguées depuis des hélicoptères et qui tuent sans distinction parmi la population civile. Il n’est plus un secret pour personne aujourd’hui que Bachar al Assad est la cause première du désastre syrien. Non, il ne s’agit pas, en toute simplicité, comme Jean Luc Mélenchon pense le résumer, d’une guerre de gazoducs et d’oléoducs.

Il s’agit de la volonté initiale d’un peuple de se libérer d’une dictature. Il s’agit d’une frustration et d’une révolte qui a débuté avec la torture d’enfants à Deraa en 2011. Après des manifestations pacifiques du peuple, c’est la répression sanguinaire du clan de Bachar al Assad, la torture, les cadavres, le goût du sang et les défections dans l’armée qui ont poussé les révolutionnaires aux armes. Puis c’est secondairement dans les ruines d’une Syrie bombardée par son dictateur et ses alliés russes et iraniens que les groupes extrémistes comme l'Etat Islamique ont pu proliférer. Lors de la dernière attaque au gaz chimique, Jean Luc Mélenchon a encore une fois condamné quiconque aurait fait cette attaque, sans nommer le coupable. Le coupable a un nom, il a une adresse et il a des alliés. Le coupable, c’est Bachar al Assad. Ne pas condamner ses agissements aujourd’hui, c’est les approuver.

Concernant l’arme chimique, les bombes incendiaires, la torture et les bombardements, nous renverrons n’importe quelle personne doutant encore aux rapport d'HRW sur la Syrie, mais également aux paroles et vidéos des Organisations Non Gouvernementales (ONG) médicales qui oeuvrent dans les zones de conflit en Syrie, aux photos de milliers de torturés prises par César dans les prisons militaires et aux témoignages des soignants qui soignent au quotidien les victimes.

 

L'Etat Islamique, ceux qu’il faut écraser, et les kurdes, ceux qui doivent gagner

 

Vu le franc-parler de Jean Luc Mélenchon, nous peinons à croire que le fait qu’il ne condamne pas Bachar al Assad relève d’une hésitation sur le sujet. D’ailleurs il le dit, pour lui, c’est la victoire d’une minorité, les kurdes, qu’il souhaite. Très clairement, cela équivaut à cracher sur tous les syriens, de toutes croyances, qui sont morts ou ont vu leurs proches mourir pour un idéal de liberté en se positionnant uniquement pour une minorité. Car respecter leur mort et leur lutte impose de condamner fermement leur bourreau, Bachar al Assad.

L’humilité lui étant visiblement inconnue, Jean Luc Mélenchon a des positions très tranchées sur un sujet dont il n’a qu’une méconnaissance flagrante. Il va même jusqu’à avoir le culot de se soucier pendant le débat présidentiel du Mardi 4 Avril 2017 du sort du lycée français de Damas. Nous aimerions qu’il se soucie d’abord des milliers de torturés à morts dans la prison militaire mitoyenne à ce lycée, dont les corps ont été photographiés par César.

Quant à l'Etat Islamique, Jean Luc Mélenchon fait mine d’oublier que si l'Etat Islamique a pu proliférer, c’est dans les ruines d’un pays mortifié par Bachar al Assad. Il oublie également le jeu de tolérance mutuel entre Bachar al Assad, l'Etat Islamique et d'autres groupes extrémistes. Les exemples sont nombreux, citons ponctuellement 2011, quand Bachar al Assad libère à deux reprises de ses prisons des centaines d’islamistes dont certains boosteront la création du Front al Nosra. Mais également, aujourd’hui l'Etat Islamique massacre dans les rangs des révolutionnaires. Bachar al Assad a voulu se faire passer pour l’unique rempart face aux groupes extrémistes islamistes et il a contribué à réaliser sa propre prophétie. Frappons l'Etat Islamique uniquement et, dans les ruines de la Syrie, renaîtront de nouveaux extrémistes. Tant qu’il n’y aura pas de réelle action pour une transition politique dans laquelle Bachar al Assad n’a aucune place, dire que l’on lutte contre le terrorisme en Syrie est hypocrite.

 

Un retour à la paix rapide, l’hypocrisie de Jean Luc Mélenchon

 

Organiser des élections et aller vers un retour à la paix rapide. Si Jean Luc Mélenchon souhaitait réellement un retour à la paix rapide et l’organisation d’élections populaires, il aurait pu se positionner en faveur d’un blocus aérien demandé par la population en Syrie dès le début du conflit, avant que la révolution ne soit armée. Il aurait pu soutenir les tentatives du Conseil National Syrien (CNS) il y a quelques années pour organiser une transition en Syrie. Il aurait pu oeuvrer en ce sens à un moment où il n’était pas question de l'Etat Islamique en Syrie et où les choses n’étaient pas si complexes. Peut être que nous aurions pu endiguer le conflit, voir naître une démocratie et tarir les tentatives d’extrémistes d’infiltrer la Syrie. Mais non, Jean Luc Mélenchon parle d’élections et de retour à la paix, sans avoir durant ces six ans condamné Bachar al Assad et en soutenant l’action des russes en Syrie. Soyons clairs, nos ennemis en Syrie sont tout autant l'Etat Islamique que Bachar al Assad.

Quelle paix veut-il ? Jean Luc Mélenchon n’a-t-il pas vu comment une courte trêve au mois de mars 2016 s’est suivie par le retour de manifestations populaires ? Seule la poudre et les obus font taire les syriens et, tant que Bachar al Assad est au pouvoir, toute paix est impossible, à moins d’une fausse paix totalitaire, dictatoriale, armée et violente. Car si la violence s’arrête, les foyers de contestation se rallumeront.

 

La nécessité d’une position indépendante française

 

Obsédé par les Etats Unis, la Turquie et la volonté d’avoir une position qui s’alignerait à nos intérêts en France, Jean Luc Mélenchon en oublie toute morale et enterre la dignité humaine et la lutte du peuple syrien.

Avoir une position indépendante ne signifie pas rejeter en bloc des milliers de preuves sous prétexte qu’elles sont soutenue entre autres par les Etats Unis et qu’elles mettent en cause en partie la Russie.

Vouloir lutter efficacement contre l'Etat Islamique ne se fera pas en laissant l’aviation russe bombarder les forces de l’opposition armée modérée qui se battent au quotidien contre l'Etat Islamique et en laissant Bachar al Assad, cause première du mal, au pouvoir. Avoir une position indépendante et morale sur la Syrie et vouloir la paix, commence par faire un diagnostic correct et condamner les bourreaux dans le conflit en les citant, Bachar al Assad, les russes, l’Iran, l'Etat Islamique et les groupes armés extrémistes. Puis, oeuvrer pour une transition politique démocratique citoyenne sans Bachar al Assad et juger les criminels devant un tribunal international. Toute paix basée sur la perpétuation d’une injustice n’est qu’hypocrisie et faux semblants. Alors qu’on le dise clairement, Jean Luc Mélenchon n’est pas pour une paix juste.

Voilà pourquoi nous ne mettrons pas dans l’urne ni le nom de Jean Luc Mélenchon, ni celui de François Fillon ou de Marine Le Pen.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 avril 2017 4 20 /04 /avril /2017 19:29

 

https://www.politis.fr/articles/2017/04/melenchon-et-lorient-complique-36673

 

Jean Luc Mélenchon et l'orient compliqué

 

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis et abonnez-vous.

 

Par Denis Sieffert

 

Editorial de Politis

 

Mercredi 12 Avril 2017

 

Le rapport que chacun entretient avec les sondages me rappelle l’histoire du juif athée qui dit à son fils que « dans notre religion, il n’y a qu’un seul dieu et nous n’y croyons pas ».

Nombreux sont ceux qui font profession de ne pas croire aux sondages mais ils les attendent impatiemment, ils les scrutent et ils s’en inspirent dans leurs analyses politiques. Et, depuis deux semaines, toutes les enquêtes d’opinion nous livrent le même message. Jean Luc Mélenchon est en hausse. Et ce n’est pas du gagne-petit. Le candidat du Mouvement de la France Insoumise (MFI) serait maintenant à la hauteur de François Fillon, voire un peu devant.

Et, comme le tandem de tête entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron fait du surplace, nous pouvons dire aujourd’hui que tout est possible, même l’accession au second tour et même la victoire, à laquelle on ne croyait guère il y a une semaine encore.

Cette remontée spectaculaire est le résultat d’une campagne menée de main de maître. Le candidat a su jouer de tous les registres de la communication pour élargir progressivement la mobilisation par cercles concentriques, jusqu’à toucher des électeurs venus d’horizons improbables. C’est aussi le fruit d’une stratégie gagnante. Jean Luc Mélenchon a policé son personnage. Le colérique atrabilaire est devenu un sage. Il sait désormais habiter les fonctions régaliennes, comme il l’a fait dimanche à Marseille. Sur un ton grave et parfois anxiogène, il a parlé de la guerre, évoquant longuement la situation en Syrie. Mais c’est peu dire que son analyse sur le sujet nous trouble profondément.

Je le dis d’autant plus tranquillement que nous approuvons sa démarche dans beaucoup d’autres domaines. Mais la Syrie, ce n’est pas rien. C’est en soi une tragédie sans nom. Et c’est aussi un miroir où chacun dit son rapport au monde, à la démocratie et au pouvoir. Le double événement de la semaine, c’est évidemment la nouvelle attaque au gaz contre une localité tenue par les rebelles et l’opération américaine contre une base aérienne syrienne. Une opération que le candidat du MFI a immédiatement dénoncée comme un acte criminel et irresponsable. Et c’est là que le bât blesse. Nous l'aurions évidemment approuvé sans réserve si nous l'avions entendu prononcer les mêmes mots quand l’aviation de Vladimir Poutine anéantissait Alep-Est sous les bombes. Mais, à l’époque, il n'y a rien eu, sinon une sorte d’approbation, « je pense que Vladimir Poutine va régler le problème », des confusions, les rebelles et l’Etat Islamique, c’est du pareil au même, et des généralités, « que voulez-vous, c’est la guerre ». Voilà qu’aujourd’hui Jean Luc Mélenchon invoque le droit international et qu’il en appelle à l’Organisation des Nations Unies (ONU), comme si la Russie n’avait pas, pendant cinq mois, violé l’un et méprisé l’autre.

Voilà qu’il fait mine de douter de la responsabilité du régime dans l’attaque au gaz contre la localité de Khan Cheikhoun, suggérant même que ce pourrait être l’œuvre du Front al Nosra, qui, simple détail, n’a pas d’avions, ou du Qatar, que l’on imagine mal se hasarder dans ce genre d’aventure. Les rebelles se gazant eux-mêmes pour faire du tort à Bachar al Assad, le soupçon a évidemment fait le miel des complotistes, toujours avides de nouvelles théories. C’est surtout ignorer la nature de ce régime depuis 1970 et la longue série de massacres auxquels il s’est livré contre sa population, souvent d’ailleurs en usant de l’arme chimique.

Quant au slogan « c’est aux syriens de décider eux-mêmes de leur avenir », il pourrait demain s’appliquer aux coréens du nord avec la même déconcertante naïveté. Depuis le début de la dictature baassiste en 1963, seule la coalition formée autour du parti Baas est admise aux élections. Et l’unique scrutin présidentiel, en 2014, a confirmé Bachar al Assad avec plus de quatre vingt huit pour cent des voix. Comment imaginer des élections libres avec un dictateur à la fois président et candidat ? Bien entendu, je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon ait de la sympathie pour Vladimir Poutine, mais il emprunte son discours et c’est bien trop. Cela dit, je partage son inquiétude après la réaction de Donald Trump, non pas tant d’ailleurs en raison de l’acte lui-même, la Syrie, hélas, en a vu d’autres depuis six ans, que du caractère impulsif qu’il révèle. Nous attendrons cependant pour en juger. Si l’opération n’est suivie d’aucun effort diplomatique visant à favoriser une transition politique, nous pourrons crier à l’esbroufe.

Il est probable que la tragédie syrienne ne déterminera pas le vote des électeurs français. Et puis, dans cet orient décidément compliqué dont parlait Charles de Gaulle, un autre dossier historique nous réconcilie avec Jean Luc Mélenchon. C’est le conflit israélo-palestinien. En regard des frilosités de Benoît Hamon, qui s’est récemment déclaré hostile au mouvement pour le Boycott, pour le Désinvestissement et pour les Sanctions (BDS), le candidat du MFI ne mégote pas son engagement.

Nous sommes d’ailleurs frappés par la symétrie des situations, veto russe d’un côté, pour permettre à Bachar al Assad de massacrer à loisir, et veto américain de l’autre, encourageant Israël à coloniser jusqu’à obsolescence les territoires palestiniens. Cette symétrie mortifère devrait nous prémunir contre toutes les formes d’inconditionnalité. « Guérissez de cette manie d’attendre d’un homme une perfection qu’il ne peut pas avoir », a lancé joliment Jean Luc Mélenchon à la foule qui scandait son nom à Marseille. Pour notre part, nous sommes guéris.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 19:03

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/04/19/le-bus-anticorruption-de-podemos-indigne-les-socialistes-espagnols_5113504_3214.html

 

Le bus contre la corruption de Podemos indigne le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE)

 

La formation de gauche circule dans les rues de Madrid avec un véhicule affichant les principales figures politiques citées dans des affaires de corruption ces dernières années.

 

Par Isabelle Piquer, correspondante du Monde à Madrid

 

Mercredi 19 Avril 2017

 

Cela roule pour Pablo Iglesias. Au mois de février 2017, après avoir été reconduit à la tête de Podemos, le leader de la formation de gauche avait promis de faire peur aux élites en réveillant les mouvements sociaux. Et c’est par le biais d’un bus contre la corruption, qui circule cette semaine dans les rues de Madrid pour « démasquer la mafia politico-financière qui tire les ficelles du pouvoir », qu’il a choisi de faire passer son message.

 

Placardées sur les deux étages du véhicule, les principales figures des scandales qui ont éclaboussé la vie politique espagnole semblent se moquer des piétons, Luis Barcenas, l’ancien trésorier du Parti Populaire, accusé de cacher une comptabilité occulte au sein du mouvement, Rodrigo Rato, l’ancien patron du Fonds Monétaire International (FMI), condamné pour détournement de fonds, ou encore l’ancien président catalan, Jordi Pujol, mis en examen pour fraude fiscale.

 

Sont également représentés, et c’est ce qui a alimenté la controverse, l’ancien premier ministre socialiste Felipe Gonzalez, son successeur, le conservateur José María Aznar, le journaliste Eduardo Inda, qui dirige le quotidien numérique OK Diario, et Juan Luis Cebrian, président du groupe de presse espagnol Prisa, qui est actionnaire du Monde. On voit aussi, de dos, le premier ministre actuel, Mariano Rajoy, lançant un texto de soutien à Luis Barcenas, comme l’avait révélé la presse ibérique en 2013. Les réactions n’ont pas tardé. Le PSOE a qualifié l’initiative de répugnante et il a accusé Podemos de chercher l’affrontement. La vice-première ministre, Soraya Saenz de Santamaria, elle, a estimé que la campagne était « puérile et antidémocratique ».

 

C’est Pablo Iglesias lui-même qui, micro en main, Lundi 17 Avril 2017, a inauguré le premier parcours du bus, un tour des « centres de pouvoir qui parasitent les institutions », le conglomérat bancaire Bankia, le groupe de construction ACS, le fournisseur d’électricité Endesa, la Bourse de Madrid et même le parlement, où Podemos a soixante sept députés sur trois cent cinquante. Pablo Iglesias a annoncé que, après Madrid, le bus de Podemos parcourra d’autres villes, comme Valence, Murcie et Barcelone, et, surtout, qu’il « affichera d’autres visages » pour dénoncer les affaires locales.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 18:45

 

MUNICIPALISME ET FEMINISME

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième partie du message d’Héloïse Nez relatif à Podemos.

 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.laviedesidees.fr à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.laviedesidees.fr/Que-podemos.html

 

L’épreuve du pouvoir municipal

 

Les élections municipales n’ont pas été définies comme une priorité lors du congrès fondateur de Podemos. Contre l’avis d’une partie des militants et de candidats concurrents, les universitaires de la Complutense craignaient alors que ces comices locaux, fixés au mois de mai 2015, ne viennent perturber la dynamique nationale prévue pour la fin de l’année 2015.

Podemos ne s’est donc pas présenté en son nom, mais a intégré des coalitions d’unité populaire rassemblant des mouvements sociaux, des partis politiques et des citoyens non organisés. La victoire de ces listes citoyennes dans les deux plus grandes villes du pays, à Madrid et à Barcelone, mais aussi dans plusieurs capitales régionales et provinciales, à Saragosse, à Saint-Jacques de Compostelle, à Valence, à La Corogne et à Cadix, et dans de plus petites villes, a été l’une des surprises du cycle électoral de 2015. Podemos a exploité cette dynamique municipale pour redonner du souffle à sa campagne pour les élections législatives, en organisant des meetings avec Ada Colau, la nouvelle maire de Barcelone issue du mouvement contre les expulsions de logement.

Ces coalitions d’unité populaire présentent une grande diversité de configurations. Podemos y joue parfois un rôle moteur, comme à Cadix où le maire est un ancien militant anticapitaliste.

Dans d’autres cas, le parti occupe une position moins centrale au sein d’un regroupement dirigé par une figure qui lui est extérieure, comme à Madrid, à Barcelone ou à Valence.

Ces conquêtes municipales montrent qu’il est possible d’avoir une prise sur les institutions, en expérimentant de nouvelles pratiques démocratiques et en opposant à l’austérité des politiques sociales ambitieuses. À Barcelone et à Madrid, les équipes municipales ont lancé un important programme d’investissements et de dépenses sociales dans les quartiers populaires, qui s’étaient fortement mobilisés pour les élire. En écho au slogan de campagne de Manuela Carmena, « gouverner en écoutant », la capitale a organisé la participation des citoyens à l’élaboration du budget et de certains projets de transformation urbaine. Ces politiques participatives marquent une rupture nette avec les vingt quatre ans de gestion du Parti Populaire, mais aussi avec les pratiques de participation ailleurs en Espagne. L’un des dispositifs les plus novateurs, inspiré des référendums d’initiative populaire, a été conçu par Pablo Soto, un informaticien qui s’est investi dans le mouvement du 15 mai 2011 avant d’être élu maire adjoint à la participation. Il s’agit du site Decide Madrid qui permet aux citoyens de faire des propositions sur les politiques locales et de voter pour qu’elles fassent l’objet d’un débat et d’un référendum décisionnel, à partir du moment où elles reçoivent le soutien de un pour cent des madrilènes de plus de seize ans. Même dans les villes où ces coalitions ne sont pas arrivées au pouvoir, comme à Parla, dans la banlieue de Madrid, les conseillers municipaux issus des listes citoyennes font pression sur les équipes en place pour promouvoir la transparence et la participation dans les politiques publiques.

Ces expériences municipales connaissent toutefois un certain nombre de difficultés. Le passage de dirigeants associatifs au gouvernement local risque tout d’abord d’affaiblir l’action collective, comme cela a été le cas lors des premières élections municipales au retour de la démocratie en 1979. Plusieurs porte-parole de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH), le collectif de lutte contre les expulsions de logement, ont ainsi rejoint les exécutifs locaux.

Conscients de leurs compétences limitées, ces nouveaux élus encouragent les mouvements sociaux à maintenir la pression. Ada Colau a certes sanctionné financièrement les banques qui continuent à expulser des ménages, mais la résolution du problème du logement dépend d’une loi nationale. Certaines promesses de campagne, comme la remunicipalisation des services publics ou l’arrêt de projets urbanistiques d’ampleur, sont difficiles à tenir du fait des engagements pris auprès des entreprises par les équipes antérieures.

La capacité d’action de ces coalitions citoyennes est limitée par leur position minoritaire au sein des conseils municipaux, qui les contraint à obtenir le soutien du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) ou à gouverner par décret. Elle l’est aussi par la loi de Cristobal Montoro, votée par le gouvernement de Mariano Rajoy en 2013, qui les oblige à consacrer tout excédent budgétaire au remboursement de la dette. Les nouvelles équipes municipales peuvent pourtant se vanter d’une gestion efficace, les dettes publiques ayant diminué en un an de vingt pour cent à Madrid et de dix pour cent à Cadix. Dans son « plan 2020 pour gagner face au Parti Populaire et pour gouverner l’Espagne », Pablo Iglesias compte s’appuyer sur l’effet de démonstration de cette gestion locale, « dans chaque mairie du changement, nous démontrons, au jour le jour, que nous sommes prêts à affronter le défi de gouverner de manière cohérente et fiable ».

 

Féminiser la politique et le parti

 

Outre le fait de ne pas se limiter à un seul parti et d’avoir été élaborées de manière plus horizontale et participative, ces coalitions citoyennes à la tête des grandes villes du pays présentent une autre différence par rapport à Podemos, des leaderships féminins avec les figures emblématiques d’Ada Colau à Barcelone, de Manuela Carmena à Madrid et de Mònica Oltra à Valence. Ces trois femmes tiennent à incarner une autre manière de gouverner, comme l’explique Manuela Carmena, « n’est-il pas temps de remplacer toutes ces valeurs verticales et rigides d’autorité, de force et de fermeté, par celles, nettement plus horizontales et souples, de persuasion, de conviction et d’habileté dans la résolution des conflits, des valeurs qui font partie de la culture féminine ».

En comparaison, les dirigeants de Podemos représentent une conception masculine voire machiste du pouvoir, fondée sur la verticalité et la confrontation. Ada Colau a d’ailleurs cherché à se distancier d’un « certain style de Pablo Iglesias et du noyau fondateur de Podemos dans lequel nous ne nous retrouvons pas, dans l’arrogance et dans la manière de s’exprimer ». Miguel Urbán avait lui-même déclaré, en plein conflit entre les deux leaders nationaux, qu’il fallait arrêter avec « ce feuilleton télévisé du mâle dominant auquel il participe ».

La place des femmes a été une question centrale lors du deuxième congrès de Podemos, alors qu’elle n’avait été que très peu abordée lors du premier congrès. En plus des trois textes fondateurs du parti, politiques, organisationnels et éthiques, déjà discutés et votés en 2014, un quatrième document d’égalité a été élaboré cette fois-ci par chaque équipe. Il a été présenté exclusivement par des femmes à la tribune, qui ont ainsi consacré plus de trente minutes à la défense d’une organisation féministe et d’une féminisation de la politique.

Toutes équipes confondues, elles ont rendu hommage aux militantes « qui ont passé ces trois années à réaliser des tâches essentielles mais tout à fait invisibles et qui ont vu leurs camarades occuper les fonctions de portes paroles et les places à la tribune et aux militantes qui sont parties parce qu’elles en avaient ras-le-bol des meetings au lieu des assemblées et des interventions interminables et que les décisions soient remises en cause dans les discussions au bar après les réunions ». Clara Serra, membre de la direction nationale, a énuméré quelques mesures pour construire un parti où le militantisme soit compatible avec la vie, « nous voulons des ludothèques dans nos manifestations et nos assemblées. Nous voulons des horaires pour les réunions, des horaires de début et des horaires de fin. Nous ne voulons pas d’une culture militante où tout se décide quand les femmes sont déjà rentrées chez elles ».

Ces thématiques ont été portées par de nombreux intervenants tout au long du congrès, des femmes et des hommes qui ont dénoncé la présence d’une culture machiste au sein de la société et de leur organisation. Certains ont fait référence aux violences dont sont victimes les femmes, d’autres ont remis en cause l’utilisation de métaphores guerrières dans le discours de Podemos, « la machine de guerre électorale, les partisans et la guerre de mouvement ». Pablo Iglesias, très friand de ce vocabulaire et amateur de la série télévisée Game of Thrones, a veillé comme les autres à utiliser systématiquement le genre féminin, une pratique courante dans les assemblées du mouvement du 15 mai 2011, qui vise à remettre en cause la domination masculine dans le discours. Il a ainsi introduit les débats, « aujourd’hui nous parlons aux ouvrières, aux précaires, aux chômeuses, aux indépendantes, aux étudiantes, aux petites entrepreneuses, aux grands-mères qui n’arrivent pas à la fin du mois avec leur retraite, aux exilées et aux mères qui ont des journées de vingt heures ».

Malgré ces avancées dans les discours, les inégalités demeurent dans les pratiques. La répartition des temps de parole était particulièrement déséquilibrée lors du congrès fondateur de Podemos, où les femmes étaient très minoritaires à la tribune. Au deuxième congrès de Vistalegre, bien que certains candidats aient fait attention à ce que leurs documents soient présentés de manière paritaire, les hommes se sont à nouveau davantage exprimés. Surtout, ils ont exposé les documents les plus importants et polémiques, en prenant le double du temps de parole sur les enjeux politiques et organisationnels, alors que les femmes ont dominé la scène sur les questions d’égalité. Les trois principaux projets en concurrence étaient d’ailleurs portés par des hommes, Pablo Iglesias, Íñigo Errejón et Miguel Urbán. Certes, les candidates des cercles de Podemos pour le conseil citoyen national étaient plus nombreuses, il y avait douze candidates, à la tribune que les hommes, il y avait neuf candidats. Cependant, il n’y avait que deux candidats à la fonction de secrétaire général, Pablo Iglesias et Juan Moreno Yagüe.

Les inégalités entre les hommes et les femmes au sein de Podemos concernent donc aussi la répartition des postes de pouvoir. Jusqu’à la rénovation du conseil citoyen national le 18 février 2017, les principales fonctions au sein de la direction du parti étaient occupées par des hommes, Pablo Iglesias au secrétariat général, Íñigo Errejón comme secrétaire politique, Juan Carlos Monedero qui a été secrétaire du processus constituant et du programme jusqu’au mois d’avril 2015, Sergio Pascual puis Pablo Echenique au secrétariat d’organisation.

Cette plus forte visibilité des leaders masculins explique les résultats du vote pour composer le nouveau conseil citoyen national. Alors que les listes alternaient systématiquement un homme et une femme, seules deux femmes sont arrivées dans les dix premières positions. On repère toutefois des avancées dans les décisions prises à l’issue du congrès.

Les deux premiers postes restent occupés par Pablo Iglesias et Pablo Echenique, mais le conseil de coordination compte à présent plus de femmes, il y a huit femmes, que d’hommes, il y a sept hommes. Un secrétariat « d’égalité, féminisme et LGTB » a été créé. La fonction de porte-parole au congrès des députés, jusque-là assurée par Íñigo Errejón, est désormais tenue par Irene Montero. La place des femmes est donc de plus en plus prise en compte dans le parti, qui reste néanmoins très masculin dans les formes et les leaderships.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 18:12

 

http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/03/29/ahmed-kathrada-une-existence-de-combat-en-afrique-du-sud_5102726_3212.html

 

Ahmed Kathrada, une existence de combat en Afrique du Sud

 

D’origine indienne, Ahmed Kathrada, militant anti-apartheid et compagnon de détention et de lutte de Nelson Mandela, est mort Mardi 28 Mars 2017 à l’âge de quatre vingt sept ans.

 

Par Jean-Philippe Rémy, correspondant du Monde à Johannesburg

 

C’était l’un des derniers géants sud-africains, ceux dont l’existence a embrassé et surmonté toute la gamme des beautés et des horreurs de leur pays, depuis la discrimination jusqu’à la démocratie multi raciale, travail inachevé, par nature. Ahmed Kathrada n’avait jamais abandonné ce combat. Il n’avait jamais abandonné les notions fondamentales de justice qui l’avaient poussé, jeune adolescent, à entrer dans l’action politique pour lutter contre les lois iniques sud-africaines. Il s’en est allé sur la pointe des pieds, Mardi 28 Mars 2017, emporté par les suites d’une embolie cérébrale. Il avait quatre vingt sept ans.

Fils de commerçants indiens originaires de la région du Gujarat, il naît en 1929 et il grandit dans une petite ville de ce qui était alors le Transvaal-Ouest. La population y est, en substance, composée d'afrikaners dans la ville et de noirs dans le township. Coincé au milieu, le jeune garçon apprendra à comprendre, plutôt qu’à haïr, ces deux communautés qui vivent, déjà, séparées et le seront encore plus lorsque les lois de l’apartheid formaliseront la ségrégation, après 1948.

A douze ans, jugeant insupportable le système d’oppression raciale, il entre dans l’action politique, distribue des tracts. A dix sept ans, il s’y plonge à plein-temps, au sein du congrès indien du Transvaal. Ahmed Kathrada est actif dans la campagne de défiance contre les mesures discriminatoires qui vont augmenter en flèche dans les années 1950.

Le jeune homme fougueux a la vie des militants de l’époque, allers et retours entre les tribunaux et les cellules et une liberté de plus en plus soumise à des contraintes. C’est alors un jeune talent, au tempérament fougueux, dont les premières rencontres avec Nelson Mandela, la star du congrès national africain (ANC) sont tendues. Ils s’affrontent même dans un débat public. En 1951, il part en Hongrie participer à la conférence de la jeunesse mondiale. Ce voyage dure près d’un an. Il saisit l’occasion pour visiter le camp d’extermination d’Auschwitz, en Pologne, et en revient marqué à jamais. En 1955, il est l’un des organisateurs de la grande réunion où sera adoptée la Freedom Charter, qui fonde une grande partie de la philosophie politique non raciale de l’ANC.

En 1963, il est présent à Liliesleaf Farm, une ferme du quartier de Rivonia, au nord de Johannesburg où la branche armée de l’ANC, Umkhonto we Sizwe, fondée deux ans plus tôt, a établi son quartier général clandestin. Ahmed Kathrara, qui a rejoint le parti communiste sud-africain (SACP), en fait partie. Nelson Mandela, dont il a organisé à un moment la clandestinité, a déjà été arrêté. Umkhonto we Sizwe s’apprête à passer à l’action. Le coup de filet de la police est un désastre pour l’organisation.

Le procès de Rivonia où sont jugés les huit responsables présents à Liliesleaf aurait pu se conclure par des condamnations à mort. Ce sera, pour Nelson Mandela et Ahmed Kathrada, la prison à vie. A Robben Island, une ancienne léproserie et site de relégation au large du Cap où on les transfère, les conditions sont d’une dureté terrible. Plus tard, il dira comment la peur que lui inspirait un régime carcéral destiné, à peu de chose près, à tuer les détenus à petit feu, l’a brûlé pendant longtemps. Il a fallu toute la force de ses détenus, à commencer par son amitié avec Nelson Mandela, le frère, pour la vaincre.

De cet enfer, les détenus vont faire une université. Ahmed Kathrada sera le premier à y passer des diplômes, lui qui avait abandonné l’école très tôt. Ils en font aussi un laboratoire politique et une école de la vie pour l’après-apartheid qui, alors, semble indéboulonnable.

Lorsque le système finit par craquer, à la fin des années 1980, Ahmed Kathrada sera l’un des premiers à être libéré de la prison de Pollsmoor où il a été transféré.

Après 1994, lorsque Nelson Mandela devient président, il en sera le conseiller. Il est aussi député. Mais la vie publique ne lui convient pas.

Bientôt, il quitte le pouvoir et il s’éloigne. Il se consacre à sa fondation, refait sa vie avec Barbara Hogan, une militante blanche de l’ANC. Il écrit ses mémoires, il revient sur une existence de combat et il se fait une réputation de sagesse à la Nelson Mandela.

Il a cassé des cailloux dans une carrière et il a souffert de la faim, du froid et de l’éloignement, en compagnie d’autres détenus, dont l’actuel président de la république, Jacob Zuma. A ce dernier, il s’est donc permis d’écrire une lettre. Une lettre ouverte, publiée au mois de mars 2016, par laquelle Ahmed Kathrada conseille au chef de l'état, empêtré dans une interminable série de scandales, de démissionner. La lettre provoque un choc dans le pays. C’était son legs et son testament politique. Elle n’a jamais reçu aucune réponse.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens