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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:49

 

La prostitution, but des soirées de Berlusconi selon le parquet

 

MILAN (Reuters) - Les soirées organisées dans la villa de Silvio Berlusconi près de Milan visaient à permettre des relations sexuelles avec des prostituées et n'avaient rien des dîners mondains dépeints par l'ancien président du Conseil, a affirmé lundi le parquet de Milan.

 

Dans son réquisitoire à l'issue du procès pour incitation à la prostitution de mineure intenté au "Cavaliere", le procureur Antonio Sangermano a déclaré que les soirées d'Arcore commençaient par un dîner, se poursuivaient par des danses érotiques baptisées "bunga bunga" et se terminaient par des relations sexuelles entre des invités et de jeunes femmes rêvant d'une carrière à la télévision.

 

Silvio Berlusconi dément avoir payé la marocaine Karima al Mahroug, 17 ans au moment des faits présumés, en échange de relations sexuelles. La jeune danseuse, surnommée "Ruby", assure également n'avoir jamais eu de relation sexuelle avec le "Cavaliere", âgé de 76 ans.

 

« Je suis quelque peu surpris et légèrement amusé par le réquisitoire du parquet », a réagi Silvio Berlusconi dans un communiqué.

 

« J'ai eu la double chance, peut-être méritée, de n'avoir jamais eu à payer pour des relations intimes avec une femme et d'avoir toujours été en mesure de fournir une réponse positive à quiconque me demande de l'aide. Le procureur n'a peut-être pas été aussi chanceux », a-t-il ajouté.

 

Silvio Berlusconi est aussi accusé dans ce procès d'abus de pouvoir quand il était chef du gouvernement pour avoir obtenu la libération de Karima al Mahroug en mai 2010 alors que celle-ci était détenue dans un commissariat de Milan pour des soupçons de vol.

 

RECOURS

 

L'ancien président du conseil encourt quinze ans de prison mais, en cas de condamnation, il aura encore deux possibilités de recours.

 

Le jugement devrait être rendu le 18 mars. Silvio Berlusconi devrait connaître dans le courant du mois l'issue de deux autres procédures judiciaires à son encontre, l'une pour fraude fiscale et l'autre pour violation du secret de l'instruction.

 

Il vient en outre d'être inculpé de corruption d'un sénateur en 2006.

 

Cette actualité judiciaire limite la marge de manoeuvre de Silvio Berlusconi dans les tractations politiques en cours en Italie après les élections législatives des 24 et 25 février qui n'ont pas dégagé de majorité évidente. Revenu dans le jeu politique à l'automne, Silvio Berlusconi a permis au centre-droit d'arriver en deuxième position, juste derrière le centre-gauche.

 

Dans son réquisitoire, Antonio Sangermano a aussi accusé Nicole Minetti, ancienne dentiste de Silvio Berlusconi et ex-conseillère régionale de Lombardie, d'avoir été une "protagoniste active" de la prostitution à Arcore et d'avoir recruté des jeunes femmes pour ces soirées.

 

Nicole Minetti est par ailleurs poursuivie pour proxénétisme, de même qu'Emilio Fede, ancien journaliste vedette de l'empire médiatique de Silvio Berlusconi, et Lele Mora, un agent artistique.

 

Avocat de Silvio Berlusconi, Niccolo Ghedini a jugé le réquisitoire du parquet « savoureusement partial ».

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:12

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message de Gérard Vaysse relatif à Bernard Friot.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27938#top

 

La puissance utopique des thèses de Bernard Friot sur le salaire

Par Gérard Vaysse

Mardi 12 Février 2013

A propos de « l’enjeu du salaire » de Bernard Friot

Les thèses de Bernard Friot, posées dans le débat public depuis plus de dix ans et particulièrement discutées lors de la « réforme » des retraites en 2003, partent du constat que le salaire socialisé est un formidable acquis du vingtième siècle : il permet à des retraités, des malades, des chômeurs, des femmes en congé maternité, des hommes en congé paternel, de toucher un salaire continué grâce au principe de la cotisation sociale. La cotisation sociale pérennise le salaire dans des situations hors travail, et de plus elle le fait sans accumulation.

Chaque cotisation perçue par une caisse (retraite, maladie, famille, chômage) est immédiatement reversée à un ayant droit : il n’y a que flux de monnaie et d’aucune façon accumulation de capital. La cotisation sociale permet la continuité du salaire sans passer par la propriété lucrative. Or elle représente en France environ trente pour cent du PIB, elle n’est pas accumulable, elle n’est pas productrice d’intérêt ou de profit, elle échappe au capital.

C’est cette situation qui explique l’acharnement actuel, dans le contexte de contre offensive généralisée du capital, à faire revenir cette manne potentielle dans le cycle de valorisation : par le crédit (« dette » sociale financée par les banques), par l’investissement porteur d’intérêt ou de profit (épargne salariale, placement en actions), par la rente (amener les salariés à préparer leur retraite en « investissant dans la pierre »).

Mais avant de détailler les mécanismes et les objectifs de la contre offensive, il convient de revenir sur l’histoire de la cotisation sociale construite au vingtième siècle car elle s’est construite par des voies inattendues.

Universalisation du salaire

L’assurance maladie trouve son origine dans une volonté du patronat, dans les années 1920 et 1930, de différencier le salaire selon les besoins des familles, au prorata du nombre d’enfants.

C’était des la part des capitalistes un contre-feu face à la revendication syndicale d’augmentation pour tous du salaire direct. Le patronat ne voulait attribuer des salaires qu’en fonction des besoins de la reproduction de la force de travail, les syndicats revendiquaient l’égalité salariale. De plus, les syndicats, qui géraient des caisses mutuelles d’assurance s’opposaient aussi à la mise en place par le patronat de ses propres caisses. Mais une fois le système mis en place, et dans un contexte de rapport de forces favorable du monde du travail, il a été subverti de l’intérieur. A la libération, les caisses d’assurance maladie qui sont devenues départementales et les caisses familiales attribuent à tous des droits totalement détachés de l’appartenance à une entreprise, totalement détachés de l’emploi. Ce retournement de situation transforme un système voulu au départ comme rémunération de la main d’œuvre comme force de travail, payée au prix de sa reproduction, en un système qui attribue « à chacun selon ses besoins » et qui détache une partie du salaire de l’emploi pour en faire un droit quasi universel.

L’émergence de la retraite procède aussi d’une surprise. A l’origine, la retraite était basée sur la capitalisation : les salariés épargnaient sous forme de placements en actions ou divers titres bancaires, aidés en cela par leur entreprise.

Or les placements financiers et boursiers se sont effondrés à plusieurs reprises : « Emprunt Russe » et « Canal de Suez » puis crise de 1929 et enfin crise des placements due à la guerre. Pendant la guerre de 1939 les vieux des villes mourraient de faim dans des taudis (ce n’est pas une métaphore) au point que le gouvernement de Vichy a du prendre des mesures d’urgence en gelant les placements d’épargne retraite et en les remplaçant par une pension délivrée aux retraités. Ce système, qui n’offrait qu’une pension misérable à la limite de la survie a été repris et renforcé à la Libération lors de la fondation de la sécurité sociale sous forme de retraite par répartition : la cotisation sur le salaire des actifs, fixée à l’époque à huit pour cent est reversée aux retraités du moment.

L’immense avantage de ce système par rapport à la capitalisation c’est que dès le premier jour des cotisations de tous les salariés, tous les retraités peuvent toucher une pension.

De 1946 à 1995 la cotisation passe de huit pour cent à vingt six pour cent du salaire, ce qui permet de faire face à l’allongement de la durée de vie, à la généralisation de la retraite à soixante ans, et à l’amélioration des pensions qui atteignent, en 1990, quatre vingt quatre pour cent en moyenne du salaire net, très proche donc d’un véritable maintien du salaire lors de la retraite. A cette époque, la CGT revendiquait une garantie de retraite à soixante quinze pour cent du salaire brut ce qui était une autre façon de dire « pension de retraite égale au salaire net ».

L’indemnité de chômage suit le même mouvement ascendant de sa mise en place en 1958 jusqu’à 1982 : elle passe de quarante pour cent à soixante pour cent du salaire et bien davantage en cas de licenciement économique. Dans les années 1970 les licenciés pour motif économique avaient un maintien intégral du salaire pendant un an.

Sur tous les plans, retraite, maladie, chômage, famille, le mouvement engagé au cours du vingtième siècle et qui s’est brutalement stoppé dans les années 1980 progressait vers une généralisation du salaire, de plus en plus déconnecté de l’emploi, avec une tendance forte des revendications et des acquis à se rapprocher d’un salaire à vie, inaliénable.

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:05

 

Les rebelles syriens disent s’être emparés de Raqqa

 

AMMAN (Reuters) - Raqqa, ville de l'est du pays et chef-lieu de la province du même nom, est tombée lundi aux mains des combattants rebelles, a annoncé le représentant de cette région au sein de la Coalition Nationale Syrienne (CNS, opposition armée au régime du président Bachar al Assad).

 

Si l'information se confirmait, la chute de ce chef-lieu de province situé sur l'Euphrate, à cent soixante kilomètres à l'est d'Alep, serait la première d'une ville d'importance depuis le début, il y a deux ans, du soulèvement contre Bachar al Assad.

 

Moustafa Nawaf al Ali, membre de la CNS, a précisé que des brigades islamistes pour l'essentiel, y compris des éléments du Front al Nousra, affilié à Al Qaïda, d'Ahrar al Cham et des « faucons » sunnites, étaient entrés dans la ville après pris le contrôle d'une position de l'armée à l'entrée Nord.

 

Les soldats gouvernementaux ainsi que les milices fidèles à Bachar al Assad ont pris la fuite à l'ouest en direction d'Alep et à l'est en direction de la province de Daïr az Zour.

 

Mais la présence de forces loyalistes retranchées à l'aéroport de la province, situé à soixante kilomètres de la ville de Raqqa, demeure une menace.

 

Un habitant de Raqqa a confirmé la chute de l'agglomération en précisant qu'un complexe appartenant aux services de renseignement était actuellement cerné par les rebelles.

 

Selon ce témoin, la population a également déboulonné une grande statue blanche de l'ex-président Hafez al Assad, père de l'actuel chef de l'Etat, qui trônait sur la grand-place voisine. Des images de cette action ont été diffusées sur une vidéo.

 

Pour le Conseil National Syrien, un mouvement armé de la résistance qui fait partie de la CNS, la chute de Raqqa constituerait « une victoire décisive dans la lutte pour faire chuter le régime criminel de Bachar al Assad et mettre fin à la plus noire période de l'histoire de la Syrie ».

 

Dans un communiqué, le CNS souligne qu'avec la prise de Raqqa, il existe désormais une continuité entre les vastes régions de l'Est, riches en pétrole, qui sont aux mains de l'opposition et les territoires de l'Ouest contrôlés par l'insurrection dans les provinces d'Alep et d'Idlib.

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:27

 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/21/il-faut-en-passer-par-l-experience-de-l-islamisme-au-pouvoir_1836577_3246.html

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/il-faut-en-passer-par-lexperience-de-lislamisme-au-pouvoir.html

 

« Il faut en passer par l’expérience de l’islamisme au pouvoir »

 

Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Christophe Ayad

 

Professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres, Gilbert Achcar est l’un des meilleurs analystes du monde arabe contemporain. Né en 1951, il a quitté le Liban en 1983. Il a successivement enseigné à l’université Paris VIII, puis au Centre Marc Bloch, à Berlin. Son engagement à gauche et pro-palestinien ne l’a jamais empêché de porter un regard sévère sur les dictatures nationalistes arabes. 

 

Christophe Ayad. Comment qualifier ce qui se passe dans le monde arabe depuis 2011 ?

 

Gilbert Achcar. J’ai choisi comme titre, pour mon livre, le mot neutre de « soulèvement ». Mais, dès l’introduction, je parle de processus révolutionnaires de long terme. Il était clair, dès le commencement, que nous étions au tout début d’une explosion. La seule chose que l’on peut prévoir avec certitude, c’est que ce sera long.

 

Christophe Ayad. Emmanuel Todd a donné une explication démographique du phénomène. Vous penchez plus pour une explication marxiste.

 

Gilbert Achcar. La phase pendant laquelle le monde arabe se distinguait par une démographie galopante est terminée depuis une vingtaine d’années. Je suis parti de l’état des lieux à la veille de l’explosion, en 2010. On constate un blocage du développement, qui contraste avec le reste du monde. Même dans l’Afrique subsaharienne. La traduction la plus spectaculaire de ce blocage est un taux de chômage record, notamment chez les jeunes. Ensuite, il y a une modalité spécifique du capitalisme dans la région: tous les Etats sont rentiers à des degrés divers. L’autre caractéristique, c’est un patrimonialisme où le clan dominant possède l’Etat et va jusqu’à le transmettre de manière héréditaire.

 

Christophe Ayad. Les révolutions arabes se sont traduites par des libéralisations politiques, mais pas des bouleversements sociaux. Pourquoi ?

 

Gilbert Achcar. En Egypte et en Tunisie, seul le sommet de l’iceberg a été cassé, c’est-à-dire les despotes et leur entourage immédiat. D’ailleurs, dans ces deux pays, l’« Etat profond », l’administration, les appareils de sécurité, n’a pas bougé. Pour l’instant, seule la révolution libyenne a abouti à un changement radical: aujourd’hui, il n’y a plus d’Etat, plus d’armée. Le chambardement social y a été le plus prononcé, parce que l’espace privé, déjà étroit, était dominé par la famille Kadhafi.

 

Christophe Ayad. On s’est étonné en occident que les islamistes remportent lesélections alors qu’ils n’avaient pas lancé ces révolutions.

 

Gilbert Achcar. Les attentes de l’Occident, ce romantisme du « printemps » et du « jasmin », tout ce vocabulaire orientaliste, se fondaient sur une méconnaissance de la situation. Il était évident que les intégristes allaient tirer les marrons du feu parce qu’ils se sont imposés, depuis la fin des années 1970, comme une force hégémonique dans la protestation populaire. Ils ont rempli le terrain laissé vacant par la faillite du nationalisme arabe. La crainte des intégristes est d’ailleurs la principale raison pour laquelle les gouvernements occidentaux soutenaient les despotismes arabes. Croire que tout cela allait être balayé revenait à prendre ses désirs pour des réalités. Avec le soutien financier du Golfe et l’appui télévisuel d’al Jazira, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose qu’à des victoires électorales des intégristes. Ce qui est étonnant, c’est que ces victoires n’aient pas été écrasantes. En Egypte, on voit à quelle vitesse le vote intégriste s’effrite, des législatives au référendum sur la Constitution, en passant par la présidentielle. En Tunisie, al Nahda fait quarante pour cent de la moitié des inscrits. Et, en Libye, les frères musulmans locaux ont été battus.

 

Christophe Ayad. Les difficultés actuelles des islamistes au pouvoir vous surprennent elles ?

 

Gilbert Achcar. D’abord, il faut dire que le retour aux despotismes n’est pas envisageable. Il faut en passer par l’expérience de l’islamisme au pouvoir. Les courants intégristes se sont construits comme forces d’opposition avec un slogan simpliste : l’islam est la solution. C’est complètement creux, mais cela fonctionnait dans un contexte de misère et d’injustice où l’on pouvait vendre cette illusion. Les islamistes sont des trafiquants d’opium du peuple. Du moment qu’ils sont au pouvoir, ce n’est plus possible. Ils sont incapables de résoudre les problèmes des gens. Ils sont arrivés aux commandes dans des conditions que personne n’envie et ils n’ont aucun programme économique.

  

Christophe Ayad. Peut-on leur faire confiance pour organiser des scrutins qui pourraient les chasser du pouvoir ?

 

Gilbert Achcar. C’est l’argument classique : une personne, une voix, mais une seule fois. Sauf qu’ils n’arrivent pas au pouvoir en position de force. Le peuple a appris à « vouloir », à descendre dans la rue. Jamais un dirigeant, dans l’histoire de l’Egypte, n’a été traité avec autant de mépris par son peuple que Morsi aujourd’hui…

 

Christophe Ayad. Le modèle turc peut il se transposer au monde arabe ?

 

Gilbert Achcar. Non, ce ne sont pas des frères musulmans qui dirigent la Turquie, c’est une scission moderniste qui s’est réconciliée avec le principe de laïcité. L’AKP turc, c’est la version islamique de la démocratie chrétienne européenne. Les frères musulmans, ce n’est pas ça. C’est une organisation intégriste qui milite pour la charia et pour qui le mot laïcité est une injure. Sur le plan économique aussi, ils n’ont rien à voir : l’AKP incarne un capitalisme de petits industriels, tandis que les frères musulmans participent d’une économie de rente, fondée sur le profit à court terme.

 

Christophe Ayad. Pouvez-vous décrire l’influence du Qatar sur ces révolutions ?

 

Gilbert Achcar. C’est une énigme. Certains dirigeants collectionnent les voitures ou les armes, l’émir du Qatar, lui, joue à la politique extérieure. Il s’est porté acquéreur des Frères musulmans comme on achèterait une équipe de football. Un homme a joué un rôle fondamental dans cette nouvelle alliance qui rappelle celle entre Mohamed ben Abdel Wahab [prédicateur, 1703-1792] et la dynastie des Saoud, au dix huitième siècle : c’est le cheikh Qaradhawi, chef spirituel des frères musulmans, installé de longue date au Qatar, où il a antenne ouverte sur Al-Jazira. Tout cela se passe dans un pays où l’émir ne tolère aucune opposition.

 

Christophe Ayad. Comment expliquer la complaisance des Etats Unis envers les frères musulmans ?

 

Gilbert Achcar. Cela a commencé sous l’administration Bush. Pour les néoconservateurs, le despotisme nationaliste a produit le terrorisme, il fallait donc renverser les despotes comme Saddam Hussein afin de diffuser la démocratie. Condoleezza Rice a voulu renouer l’alliance en vigueur dans les années 1950 et 1960 avec les Frères musulmans. Mais la victoire du Hamas aux élections palestiniennes a bloqué le processus. L’administration Obama, qui a hérité d’une situation catastrophique au Proche-Orient, a eu une attitude indécise et prudente. Quand tout a explosé, elle a choisi de faire semblant d’accompagner le mouvement. L’obsession de Washington dans la région, c’est la stabilité et le pétrole. Et la traduction de cette obsession, c’est la recherche d’alliés disposant d’une assise populaire.

 

Christophe Ayad. Pourquoi l’intervention de l’OTAN a été possible en Libye et pas en Syrie ?

 

Gilbert Achcar. En Syrie, on se trouve face à un risque de chaos à la libyenne, mais dans un environnement régional bien plus dangereux. Il y a aussi le soutien de la Russie et de l’Iran. Dès le début, l’OTAN a dit qu’elle ne voulait pas intervenir. La question n’est pas : « pourquoi l’occident n’intervient pas en Syrie », mais : « pourquoi empêche-t-il les livraisons d’armes à la rébellion? ». La raison profonde est la peur du mouvement populaire en Syrie. Et le résultat, c’est le pourrissement de la situation. Le régime syrien finira par tomber, mais à quel prix? La myopie des gouvernements occidentaux est hallucinante: sous prétexte de ne pas reproduire les erreurs commises en Irak, à savoir le démantèlement de l’Etat baasiste, ils font pire. Aujourd’hui, les Syriens sont persuadés que l’Occident laisse leur pays s’autodétruire à dessein afin de protéger Israël.

 

Christophe Ayad. La gauche anti impérialiste voit un complot américain dans ces révolutions.

 

Gilbert Achcar. Ce n’est pas parce que des insurrections populaires sont soutenues, par opportunisme, par des puissances impérialistes que cela justifie le soutien à des dictatures. La théorie du complot américain est grotesque. Il suffit de constater l’embarras de Washington. Evidemment, après quarante ans de totalitarisme, c’est le chaos. Comme Locke, je préfère le chaos au despotisme, parce que dans le chaos j’ai le choix.

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 17:57

 

http://www.humanite.fr/medias/le-journaliste-nadir-dendoune-emprisonne-en-irak-e-516642

 

Le journaliste Nadir Dendoune, emprisonné en Irak, est rentré en France

 

Lundi 4 Mars 2013

 

C'est la fin du cauchemar pour le journaliste français Nadir Dendoune, bloqué en Irak depuis sa libération le 14 février. Selon un proche, le conseiller municipal à Saint-Denis, Madjid Messaoudène, celui qui a passé vingt trois jours dans une prison irakienne, est rentré lundi en France.

 

« Deux semaines après avoir été libéré sous caution, et après vingt trois jours d'emprisonnement, je rentre chez moi, à l'Ile-Saint-Denis », écrivait Nadir Dendoune sur sa page Facebook juste avant de partir pour l'aéroport, vendredi premier mars. Son retour en France avait été compliqué par des formalités administratives. Il avait encore été retenu à l'aéroport de Bagdad vendredi juste avant son départ pour cause de « visa expiré ».

 

Le journaliste français est arrivé lundi matin à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et il a rejoint ses parents à l'Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a précisé Madjid Messaoudène, conseiller municipal à Saint-Denis et ami du journaliste.

 

Nadir Dendoune, journaliste indépendant, qui possède également les nationalités australienne et algérienne, s'était rendu en Irak, avec un visa presse, le 16 janvier dernier pour réaliser une série de reportages pour le Monde Diplomatique. Diplômé du Centre de Formation des Journalistes (CFJ), auteur de nombreux ouvrages et du documentaire « Palestine », il lui avait été reproché de prendre des photos d'une usine de traitement d'eau à Dora dans le sud de la capitale irakienne. Un juge irakien avait classé son dossier le 26 février, le laissant libre de quitter le pays.

 

« Je suis libre, encore du mal à le croire. Je suis libre, grâce à vous. Grâce à votre énergie, à votre entêtement. Grâce à votre force. Parce que je sais maintenant qu'il a fallu vous battre comme des lions pour obtenir ma libération. Vous n'avez rien lâché », écrivait le journaliste dans un message posté vendredi premier mars sur son compte Facebook.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 16:20

 

Grandes manifestations contre l’austérité au Portugal

 

Samedi 2 Mars 2013

 

LISBONNE (Reuters) - Des centaines de milliers de personnes ont défilé à Lisbonne et dans plusieurs villes du Portugal, au son de chants révolutionnaires, pour demander la démission du gouvernement de centre droit et l'arrêt de la politique d'austérité imposée par les créanciers internationaux.

 

Selon les organisateurs, cinq cent mille personnes ont manifesté à Lisbonne et dans sa région, dont deux cent mille rassemblées sur la vaste Praça do Comércio, où se trouve le ministère des finances, et les rues voisines en scandant « il est temps que le gouvernement s'en aille ».

 

La police portugaise, comme d'habitude, n'a pas fourni d'estimations.

 

Il s'agit de la plus importante expression de mécontentement depuis le mois de septembre lorsque la rue avait obtenu un assouplissement de la cure de rigueur.

 

La mobilisation de samedi fait suite à l'adoption de la plus importante hausse des prélèvements jamais enregistrée, au début de l'année.

 

Les protestataires ont défilé avec des bannières portant les slogans « l’austérité tue » ou «  à bas la troïka, le pouvoir au peuple » faisant référence aux créanciers que sont la commission européenne, la Banque Centrale Européenne (BCE) et le Fonds Monétaire International (FMI).

 

Parmi les cent mille personnes présentes dans la capitale, certaines ont entonné la « Grandola », symbole de la « révolution des œillets » d'avril 1974 qui avait mis fin au régime salazariste de Marcelo Caetano.

 

Le gouvernement portugais avait reconnu le mois dernier qu'une contraction de 1,9% de l'économie était attendue cette année, deux fois plus importante que prévu.

 

« Ce gouvernement a réduit le peuple au pain et à l'eau, bradant les biens publics pour rembourser des dettes contractées par des hommes politiques corrompus au profit des banquiers », a déclaré le réalisateur de cinéma Fabio Carvalho, présent dans le cortège.

 

Les manifestations qui ont eu lieu à Lisbonne, Porto et dans plusieurs dizaines de villes ont été organisées via internet à l'appel d'un groupe de militants baptisé « à bas la troïka ».

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 16:04

 

http://www.ujfp.org/spip.php?article2616&lang=fr#.UTHEhjuOIlE.facebook

 

Honte à toi, Richard Prasquier

Vendredi Premier Mars 2013

Par Michel Warschawski

Des gnomes qui s’agitent sur la dépouille d’un géant

Un Juste est mort, un des trente six justes qui, selon la tradition juive, vivent à chaque moment parmi nous, et dans certains sites qui osent se définir comme « juifs », on danse et on crache sur sa dépouille. A vomir, et, pour nous juifs, à rougir de honte. Des gnomes, méchants et bêtes, s’attaquent au géant Stéphane Hessel. Parmi ces gnomes, l’ineffable Richard Prasquier, soit disant « représentant » des juifs de France, mais en fait vice-ambassadeur d’Avigdor Lieberman à Paris.

Il y a trois mois, ce même Prasquier m’attaquait, dans un texte où se mélangeaient contre-vérités et propos calomnieux, à l’occasion de la remise du prix des droits de l’homme de la république française que je recevais au nom du Centre d’Information Alternative de Jérusalem, des mains de la garde des sceaux Christiane Taubira. Stéphane et Christiane Hessel me faisaient l’amitié et l’honneur d’être présents à cette cérémonie. Emis contre moi, ce texte pouvait encore être considéré comme de la mauvaise mais légitime polémique. Avec Stéphane Hessel c’est une toute autre chose : « Richard Prasquier, déchausse-toi et rince-toi la bouche avant de prononcer le nom de Stéphane Hessel, car c’est un saint ». Stéphane, il me permettait cette familiarité, et j’étais fier qu’il me tutoie, même si moi je n’ai jamais réussi à le faire, me réprimanderait certainement pour avoir utilisé ce mot, mais, contrairement à Richard Prasquier, dont la culture juive est directement proportionnelle à son intégrité intellectuelle, il aurait tout de suite reconnu là une paraphrase du chapitre trois du livre de l’exode.

Lors de la remise du prix des droits de l’homme, j’ai dit, entre autre, à Christiane Taubira que Stéphane Hessel était l’homme que j’aurais voulu être, celui que je considère depuis près d’un quart de siècle comme mon père spirituel. Lui, ainsi que Léopold Trepper de l’Orchestre Rouge et le grand révolutionnaire Marocain, Abraham Serfaty, que j’ai, tous les deux, eu le bonheur et l’honneur de connaître.

J’ai presque honte de mentionner dans un même texte ces grands hommes et le Président du CRIF. Pourtant, cela s’impose : Prasquier et autres BHL, Ehoud Barak ou Shimon Peres salissent la mémoire juive par leurs crimes ou leur apologie de ces crimes qui profanent une histoire dont nous devons être fiers. Une histoire faite de combats pour le droit et la justice, contre les discriminations et l’oppression, et fondée sur l’expérience des souffrances de notre peuple.

« Plus jamais ca ! » avons-nous juré après la défaite de la barbarie nazie, et, sorti de Buchenwald, Stéphane Hessel s’attelle à la rédaction de la déclaration universelle des droits de l’homme. Universelle doit être notre approche des droits selon le principe de Shamay, ce grand sage du Talmud : « ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’il te fasse ». Et c’est bien là que le bât les blesse, que Stéphane Hessel les gènait : conséquent avec ses engagements et son éthique exemplaire, il a refusé la morale à double standard : ce qui est vrai pour les juifs, l’est aussi pour toutes les autres victimes de discrimination raciale ou ethniques, des grands lacs africains aux roms de France, les victimes du colonialisme où qu’elles soient, les victimes d’un capitalisme porcin qui sacrifie des millions d’humains sur l’autel du profit. C’est là aussi les raisons de son engagement aux côtés des palestiniens dans leur lutte contre l’occupation coloniale israélienne.

Relisons ce petit-grand livre qu’est « indignez-vous » qui est son testament aux générations nouvelles, et l’appel qui a suivi : « révoltez-vous ». La vie de Stéphane Hessel est un appel à la révolte, inscrite dans les combats pour la liberté, de Bar Kochba et de Spinoza, et de ses contemporains, Léopold Trepper et Marek Edelman. « Pour notre liberté et pour la vôtre » disait la déclaration des combattants du ghetto de Varsovie, à l’exact opposé de l’ethnocentrisme de Richard Prasquier. C’est dans cette histoire que nous inscrivons nos engagements, nous les indignés juifs, aux côtés de millions d’autres indignés qui ont fait de la vie et de la parole de Stéphane Hessel leur boussole.

La dépouille de Stéphane Hessel n’est pas encore en terre, comme il se doit dans notre tradition, mais en as-tu la moindre notion, Richard Prasquier, profite de ces quelques jours pour te recueillir et réfléchir sur la vie du défunt et du message qu’il nous a transmis. Pour t’aider un peu, je te propose de cogiter sur cette parole que ta déclaration en tant que président du CRIF a provoqué chez une française de culture musulmane, fille d’immigrés algériens qui comme beaucoup de nos grands parents fuyaient la misère de leur pays d’origine et cherchaient en France la liberté et l’égalité si solennellement inscrits sur les fronteaux des mairies : « c’est une grande indignité que nous donnent à voir la LDJ et le CRIF. Stéphane Hessel est décédé depuis quelques heures, que les uns sablent le champagne et les autres crachent déjà sur l’homme en nous promettant de cracher sur lui plus tard »

Cette indignité, montrée par la LDJ et le CRIF ne pourra jamais effacer une belle vie de luttes et de combats, de résistance pour nous tous, l’humanité.

Cette indignité d’une poignée d’individus obsédés par leur patriotisme sioniste ne salira pas notre grande tristesse d’avoir perdu un guide, et notre chance de l’avoir vu partir à 95 ans comme il le souhaitait en nous laissant un héritage extraordinaire.

A l’heure où c’est le pays dans son entier qui est endeuillé, cette indigne poignée se détache d’une France triste d’avoir perdu un de ses plus dignes fils, immigré, juif allemand, naturalisé. Ils se détachent indignement d’un moment qui nous rapproche tous…

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:35

 

http://www.lafederation.org/index.php?option=com_content&view=article&id=5231:algerie-reunion-des-chomeurs-maghrebins-reprimee&catid=69:autres-communiques&Itemid=145&lang=fr

 

Réunion des chômeurs maghrébins réprimée

 

Mardi 26 Février 2013

 

Mercredi 20 février 2013, à 9 heures du matin, à Alger, onze chômeurs, de nationalité tunisienne, marocaine et mauritanienne, venus assister au premier forum des chômeurs et des travailleurs précaires, initié par le SNAPAP (syndicat national autonome de l'administration publique) dans le cadre de la préparation du Forum Social Mondial 2013, ont été arrêtés à leur hôtel et reconduits à la frontière après avoir passé la journée au commissariat de police de Bab-Ezzouar.

 

Le siège du SNAPAP à Alger a été également encerclé pour empêcher toute participation à la rencontre. Deux des organisateurs algériens ont été également arrêtés et ont passé la journée au commissariat avant d'être relâchés en fin d'après-midi.

 

Le jour même, dans la wilaya  de Laghouat, des jeunes chômeurs voulant se rassembler pacifiquement devant le bureau de main-d'œuvre ont également été interpellés et réprimés par les forces de l'ordre.

 

Nous, associations regroupées dans le cadre du FALDI, exprimons notre indignation face à de telles méthodes des autorités algériennes, et manifestons notre soutien à nos camarades des collectifs diplômés chômeurs tunisiens, marocains, mauritaniens et algériens face aux humiliations et préjudices qu'ils ont subis de la part des autorités algériennes.

 

Nous exprimons également notre solidarité avec le SNAPAP et les organisations de chômeurs maghrébins (ANDCM, UDC, AMDC), et notre soutien à leur lutte contre le chômage et la précarité.

 

Nous demandons l’arrêt de toute forme de harcèlement et d'intimidation envers tous les militants et défenseurs de droits humains

 

Nous demandons que soient prises toutes les mesures nécessaires au bon respect des libertés fondamentales et des libertés syndicales, conformément à la constitution algérienne et aux dispositions du Pacte International pour les Droits Civils et Politiques (PIDCP) et des conventions de l'OIT, ratifiés par l'Algérie ;

 

Nous demandons le respect du droit de réunion et de manifestations pacifiques ;

 

Nous demandons l’ouverture d'un dialogue avec les organisations de chômeurs et syndicales.

 

Enfin, nous mettons en garde les autorités algériennes contre toute tentative d'entrave à la participation prévue des délégations algériennes et de la société civile au Forum Social Mondial 2013, qui doit se dérouler en Tunisie du 26 au 31 mars.

 

Premiers signataires : AMF ; ATF ; ATMF ; FTCR ; UTIT ; CRLDHT ; FASTI ; ATTAC

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:16

 

http://fr.rsf.org/irak-nadir-dendoune-retenu-contre-son-01-03-2013,44156.html

 

Nadir Dendoune retenu contre son gré en Irak depuis quinze jours

 

Vendredi Premier Mars 2013

 

Le 14 février 2013, Nadir Dendoune avait été libéré d’une détention de vingt trois jours à Bagdad, contre le versement d’une caution de dix millions de dinars irakiens (six mille cinq cent euros). Reporters Sans Frontières avait alors exprimé sa satisfaction, mais le journaliste est depuis retenu contre son gré.

 

Pourquoi Nadir Dendoune n’est-il toujours pas rentré ?

 

Il a fallu d’abord douze jours au tribunal pour clore le dossier de Nadir Dendoune.

 

Le 28 février, deux jours après la clôture de son dossier, Nadir Dendoune s’est vu retourner son passeport australien, ainsi que ses effets personnels.

 

Le premier mars, alors qu’il avait passé tous les contrôles à l’aéroport en présence de l’ambassadeur de France en Irak et d’un diplomate australien et s’apprêtait à quitter le pays, il a été bloqué quelques minutes avant de prendre l’avion par la police de l’air et des frontières, selon les informations recueillies par Reporters Sans Frontières.

 

Raison invoquée ? Son visa a expiré.



« Que Nadir soit empêché de quitter le pays est tout simplement grotesque et kafkaïen. Après avoir passé trois semaines dans les geôles irakiennes, deux semaines à attendre la clôture de son dossier auprès du juge, il est retenu au prétexte que son visa a expiré. Le manque de volonté de la part des autorités irakiennes à laisser ce journaliste repartir libre est flagrant. Nous le condamnons avec la plus grande fermeté. Il est temps que cette mauvaise farce se termine et que Nadir recouvre enfin la liberté », a déclaré scandalisé, Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters Sans Frontières.

 

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 17:00

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/02/28/gaffe-la-democratie-revoila-les-populistes_885373

 

Gaffe, la démocratie, revoilà les « populistes »

 

Par Pierre Marcelle

 

Moi, je trouve qu’on ne les engueule pas assez, les ritals. Voilà un peuple auquel, en leur altruiste bienveillance, la Banque Centrale Européenne, le Fonds Monétaire International, les marchés financiers et la commission de Bruxelles font l’honneur de prêter un chirurgien de haut vol, ex-expert agréé chez Goldman Sachs, pour lui soigner sa crise économique, et qui, à peine plus d’une année après sa nomination à la présidence du conseil, se voit jeté comme un malpropre ! Voilà un peuple qui, plus électoralement ingrat encore que ces fainéants ensoleillés de Grecs, plutôt que de se laisser amputer bras et jambes par le régime épatant d’une rigueur qui allait lui sauver la vie, choisit de se retourner contre ses bienfaiteurs. Et ce faisant, basta cosi, d’énerver l’Union Européenne et la monnaie unique en élisant en nombre, en place de « Super Mario » Monti, de guignolesques jean-foutre, à seule fin, sans doute, de rendre leur pays « ingouvernable ». Oui, vraiment, salauds de macaronis !

 

Evidemment, de mauvais esprits diront qu’il est bien temps de s’étonner de ce brutal accès d’« europhobie » transalpine, depuis le temps que l’UE elle-même, addition d’égoïsmes nationaux infoutus de se fédérer politiquement, socialement, économiquement, s’ingouverne.

 

Ce qui m’étonne, moi, c’est qu’on s’étonne des résultats du scrutin dévoilé lundi, tout en le légitimant rétrospectivement, c’est-à-dire un peu tard, en feignant de découvrir qu’il était parfaitement prévisible. Quand je dis « on », qui pour le coup et selon l’adage bien connu, « est un vrai con », je parle de nos gouvernants faillis (de droite ou « de gauche », mais tous membres du conclave libéral) et de leurs portes paroles éditocrates. Les uns et les autres, en effet, après nous avoir, des années durant, seriné la nécessité d’une rigueur incontournable, s’avisent soudain qu’il serait peut-être nécessaire de desserrer un peu la corde qui nous étrangle, avant qu’elle casse.

 

« Gouvernants faillis », « éditocrates », voilà bien les mots d’un « populiste », et tout à fait synchrones avec la résurrection de Silvio « Bogdanoff » Berlusconi et l’émergence simultanée des partisans de l’« ex-comique-qui-ne-fait-plus-rire-personne » Beppe Grillo. Berlusconi, Grillo, tant de commentateurs, qui associent ces deux là en Janus Bifrons, seraient plus courageux de poser tout de go la question de la suppression de la démocratie élective. Si le premier nous fut rendu fameusement familier par trop de condamnations en justice, le second fait encore bafouiller les gazettes. Grillo, «protestataire anti système», assurément, lui-même le proclame et revendique, mais sur quel mode ?

 

On en dispute en termes confus, tant le profil socio culturel des élus grillini correspond mal à celui de leur mentor (on dit aussi « gourou »), devenu, avec quelque huit millions cinq cent mille voix portées sur son nom, le leader du premier parti d’Italie. On évoque sa rigide intransigeance, on lui suggère des complaisances néo-fascistes, tout en évoquant çà et là, en écho aux « tutti a casa » et « va fan culo » du MCE, le « vous ne nous représentez pas » des indignados espagnols associant dans un commun opprobre parti socialiste et parti populaire (« misma mierda »), le « nous sommes les quatre dix neuf pour cent » (de pauvres, contre les un pour cent d’affameurs des peuples) des manifestants d’Occupy Wall Street. Et bien sûr, à demi-mots, le « que se vayan todos » de la gauche latino-américaine et bolivariste que Jean-Luc Mélenchon a traduit dans son « qu’ils s’en aillent tous ». En y accrochant la candeur programmatique des Piraten allemands et l’activisme des Anonymous du Net, cela commence à faire, sinon la Multitude de Toni Negri, beaucoup de monde…

 

Trois pleines journées n’ont pourtant pas suffi pour se rendre à cette évidence que ce qui est advenu dans les urnes italiennes constitue pour toute l’Europe une révolution.

 

Le triomphe de Grillo échappe à tout le monde, et sans doute à lui-même, tant son obstiné refus de choisir, entre ce qui fait fonction de droite et de gauche partisanes, non pas des alliés, mais des principes, reste incompréhensible.

 

Comme si la crise « morale » que les commentateurs effrayés invoquent pour se rassurer, en psalmodiant qu’elle n’est que le rejeton naturel de la crise économique, n’était pas bien plus que cela. Et comme s’il suffisait de décréter que « tous pourris » est un slogan d’extrême droite, pour décrédibiliser celui-ci et éloigner le spectre de celle-là… Et si l’on remplaçait « pourris » par « corrompus », ça irait mieux ? Et si on l’appliquait à la dynastie des Papandréou (par exemple), ne comprendrait-on pas mieux comment les grecs ont voté hier et les italiens aujourd’hui ?

 

Et qui, demain, et comment ?

 

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