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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 15:11

 

Tuerie au Caire, les frères musulmans appellent au soulèvement

 

LE CAIRE (Reuters) - Au moins quarante deux personnes ont été tuées lundi au Caire aux abords de la caserne de la garde républicaine où est détenu Mohamed Morsi, et le nouveau pouvoir et les islamistes se sont rejeté la responsabilité de cette tuerie.

 

Les frères musulmans appelant désormais à un « soulèvement ».

 

Selon la confrérie, que les militaires ont chassée du pouvoir mercredi dernier en déposant le président Mohamed Morsi, l'armée a ouvert le feu au moment où les islamistes étaient assis en prières devant la caserne.

 

L'armée affirme de son côté qu'un « groupe terroriste » a tenté de s'introduire à l'intérieur de la caserne et que les soldats n'ont fait que riposter lorsqu'ils ont été attaqués.

 

Ces violences plongent l'Egypte, plus grand pays arabe avec quatre vingt quatre millions d'habitants, dans une situation d'autant plus périlleuse que juste après la tuerie, les frères musulmans ont appelé au « soulèvement ».

 

« Le PLJ (Parti de la Liberté et de la Justice, branche politique des frères musulmans) appelle le grand peuple égyptien a se lever contre ceux qui veulent leur voler la révolution avec des chars et des véhicules blindés, même sur les cadavres du peuple », a déclaré ce parti.

 

Les nouveaux dirigeants par intérim ont fait part de leurs « vifs regrets » et annoncé la mise sur pied d'une commission d'enquête sur ces événements. Ils demandent dans le même temps aux manifestants de rester à distance de toute installation militaire ou de quelque autre valeur stratégique.

 

Conséquence politique immédiate de la fusillade, les salafistes d'al Nour, deuxième formation islamiste d'Egypte après les frères musulmans, ont annoncé leur retrait des négociations sur la composition d'un gouvernement de transition.

 

INQUIÉTUDE DES ALLIÉS DE L'ÉGYPTE

 

La présidence a assuré que les efforts pour former un gouvernement se poursuivraient malgré les affrontements. « Ce qui s'est passé ne mettra pas fin aux initiatives pour former un gouvernement ou définir une feuille de route », a dit à Reuters Ahmed al Moslmany, porte parole de la présidence.

 

Le chef de file de la gauche, Hamdine Sabah, a estimé que le président par intérim, Adli Mansour, devait doter le pays d'un gouvernement le plus vite possible.

 

Les tractations pour constituer un nouveau cabinet se heurtaient déjà à des difficultés avant même la tuerie de lundi. Al Nour avait récusé les noms de deux personnalités libérales, refusant que le social-démocrate Ziad Bahaa al Din devienne premier ministre et que Mohamed al Baradeï, figure de proue du camp laïque, accède à la vice présidence.

 

L'armée ne peut se permettre qu'un vide politique s'installe durablement au moment où le pays s'enfonce dans les troubles et où l'économie est en plein marasme.

 

Les scènes de batailles rangées entre partisans et adversaires de Mohamed Morsi au Caire, à Alexandrie et dans d'autres villes alarment les alliés de l'Egypte, dont les Etats-Unis et l'Europe, mais aussi Israël. La Turquie a condamné les dernières violences, parlant de « massacre ».

 

L'ARMÉE FERME LES PONTS SUR LE NIL

 

Selon l'armée, un officier a été tué et quarante autres personnes ont été blessés dans les affrontements de lundi matin. Les services d'urgence parlent de leur côté de plus de trois cent vingt blessés.

 

Dans un hôpital proche de la mosquée de Rabaa Adaouia où les islamistes campent depuis le renversement de Mohamed Morsi, les salles étaient bondées de blessés.

 

« On était en train de prier quand des coups de feu ont retenti », a témoigné un blessé, Abdelaziz Abdelchakoua. « Ils ont tiré sur nous des gaz lacrymogènes et de la grenaille, des balles en caoutchouc. Puis ils ont tiré à balles réelles ».

 

La chaîne de télévision al Djazira Egypte a montré une clinique improvisée à proximité du lieu des violences, où des partisans de Morsi soignaient des blessés ensanglantés.

 

Sept corps étaient alignés sous des couvertures et sous un drapeau égyptien. Un homme a déposé un portrait de Morsi sur l'une des dépouilles.

 

Des véhicules militaires ont bouclé une vaste zone autour de la mosquée Rabaa Adaouia. L'armée a fermé les ponts sur le Nil, et le calme semblait régner dans l'après-midi, dans la majeure partie de la capitale.

 

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 14:39

 

 

http://www.etatdexception.net/?p=5241

 

Un coup d’Etat reste un coup d’Etat

 

Samedi 6 Juillet 2013

 

Les insurgés de la « dialectique » et les sophistes de la « révolution permanente » pourront éternellement construire de fumeux raisonnements pour nous expliquer que « la révolution ne fait que commencer » ou que le « processus révolutionnaire se poursuit » en Égypte et dans les pays arabes. Ils pourront toujours s’enthousiasmer sur le « grand soir » des casernes du Caire, qui fera « table rase » d’un passé impur, parce que pas assez occidentalisé. Ils pourront toujours revêtir tous les masques interchangeables qu’ils souhaitent, le « démocrate » ou le « révolutionnaire », le « libéral » ou l’« anticapitaliste ». Ils pourront, mais « les faits sont têtus ». 

 

L'armée égyptienne vient de renverser un président élu démocratiquement au nom d’une soi-disant prise en compte des « revendications du peuple ». Comment peut-on tolérer que l’armée de la dictature du général Hosni Moubarak puisse renverser un président élu ? Comment peut-on encore maintenir l’illusion que cette armée défend la démocratie et les revendications populaires ?

 

Comment peut-on faire croire que l’armée de la soumission aux États-Unis et à l’entité sioniste, va réaliser les revendications d’indépendance nationale ? Comment peut-on imaginer un seul instant que l’armée, qui s’accapare plus d’un tiers des richesses de l'Égypte, va satisfaire les revendications de justice sociale ?

 

Comment peut-on laisser entendre qu’un coup d’État soutenu par l’Arabie « Saoudite », les Émirats Arabes Unis ou l’ « Autorité » collaborationniste de Ramallah, représente un quelconque espoir de libération nationale pour la nation arabe ? « Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point ».



Évidemment, il y aurait certainement beaucoup à dire de l’action de Mohamed Morsi et des frères musulmans, dont nous ne défendrons ni le bilan, ni les projets. Ils payent indubitablement leurs atermoiements et leurs compromissions avec un pouvoir compradore, l’armée et les « décideurs » économiques, et un occident impérialiste qui n’est pas prêt à renoncer à sa domination néocoloniale sur la nation arabe. « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis ». Mais la question n’est plus de savoir si nous approuvons ou non telle ou telle action ou tel ou tel point du programme des frères musulmans. La véritable question est la suivante, acceptons-nous un coup d’État mis en œuvre par les généraux égyptiens, avec le soutien des anciens bénéficiaires du régime d’Hosni Moubarak, de l’occident impérialiste et des régimes arabes qui lui sont inféodés ?



D’ores et déjà, la répression a commencé à s’abattre sur l’Égypte. Plusieurs centaines de cadres des frères musulmans ont été arrêtés arbitrairement par la junte. Des centaines de journalistes ont également été arrêtés et plusieurs chaines de télévision fermées. Ces manœuvres mettent clairement en lumière le caractère contre-révolutionnaire de ce coup d’État, qui vise à rétablir l’autorité des forces de l’ancien régime.

 

Contre le coup d’État militaire, nous appelons tous les individus épris de justice à manifester et à agir pour dénoncer les généraux égyptiens et leurs complices. Nous les appelons également à dénoncer les arrestations arbitraires de dirigeants élus démocratiquement et des simples citoyens égyptiens en raison de leurs opinions politiques. Nous apportons notre soutien à toutes les forces sociales et politiques égyptiennes qui s’opposent à ce coup d’État militaire.

 

De même, nous appelons tous les individus épris de justice à dénoncer les impérialistes occidentaux et leurs laquais musulmans, qui sont les complices silencieux ou actifs des généraux égyptiens. Nous les appelons également à dénoncer tous les soutiens français à ce coup d’État, qu’ils se prétendent défenseurs de la « démocratie », « révolutionnaires », « anti capitalistes » ou même « anti colonialistes ».



Le coup de force des généraux égyptiens a emporté avec lui les derniers oripeaux de « démocratie » dont se drapaient les partisans de la dissimulation. Le roi est nu.

 

Premiers signataires :

 

Gamal Abina, association pour la mémoire algérienne (AMAL) ; Nadjib Achour, historien ; Belkacem Adda, militant ; Lounès Adi, architecte ; Sakina Amira, assistante pédagogique en maternelle ; Nemane Amraoui, membre du Groupe des Associations de Bagnolet ; Islam Awad Abdou, militant associatif franco égyptien ; Mathilde Soukeyna Baraka, militante ; Sabrina Benali, étudiante ; Nora Benameur, militante ; Farida Benmerabet, Collectif Pour le Droit et le Respect des Parents d’Élèves ; Rida Benotman, militant marocain ; Mohamed Tahar Bensaada, enseignant chercheur ; Florian Boucher, militant ; Mourad Boudabbouz, militant associatif ; Naïma Bouteldja, journaliste ; Chamseddine Bouzghaïa, étudiant en journalisme ; Mostafa Brahami, professeur d’économie ; Youcef Brakni, membre du Groupe des Associations de Bagnolet ; Youcef Chaita, militant ; Nouh Chebbaï, militant ; Rafik Chekkat, militant ; Hocine Chougui, journaliste ; Liliane Cordova Kaczerginski, militante internationaliste antisioniste ; Boumédiène Djellali, universitaire ; Adel al Atlassi, professeur ; Jamel alEl Hamri, enseignant ; Salem al Kotamy, militant égyptien pour l'unité arabe ; Mohamed Errammach, journaliste reporter ; Youssef Girard, historien ; Samir Hachani, enseignant à l’université d’Alger ; Amin Karker, Jeunes Tunisiens de France ; Ammar Khababa, avocat au barreau d'Alger ; Souad Khaldi, traductrice ; Amira Larabi, étudiante en histoire ; Wajdi Limam, formateur et associatif de l’immigration tunisienne ; Farhat Maghlaoui, ingénieur ; Soukeïna Mandouri, militante ; Dante Ibrahim Matta, militant ; Issah al Mawali, étudiant ; Foued Medjabri, militant associatif ; Abdennacer Nadji, enseignant retraité et collaborateur du Jeune Musulman ; Mohamed Ouzar, universitaire ; Nouredine Rachedi, militant ; Jorge Sanchez Jimenez, militant de Izquierda Anticapitalista ; Karim Sayad, militant ; Marion Shayma Renaud, étudiante ; Mohammed Sharqawi, membre du Palestinian Youth Movement ; Abdelatif Sifaoui, ancien magistrat ; Farid Taalba, militant politique ; Mahi Tabet Aoul, expert climat environnement développement durable ; Faudil Ziani, président de Bouge qui bouge.  

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 19:37

 

REVOLUTION ET CONTRE REVOLUTION EN EGYPTE

 

Il y avait donc Mercredi 3 Juillet 2013 un coup d’Etat militaire au Caire par lequel le Conseil Suprême des Forces Armées destituait le président Morsi.

 

Il en va des coups d’Etat militaires comme des organisations religieuses. Ils n’ont pas de nature sociale fondamentale en soi.

 

Il y a des coups d’Etat militaires réactionnaires et des coups d’Etat militaires progressistes, comme il y a des organisations religieuses réactionnaires et des organisations religieuses progressistes.

 

Le putsch des généraux égyptiens est un coup d’Etat militaire réactionnaire.

 

L’Egypte de 2013 n’est pas le Portugal de 1974.

 

Il n’y a pas de conseils ouvriers ni de chouras populaires ni place Tahrir au Caire ni nulle part ailleurs en Egypte, il n’y a pas de conseils de soldats dans les casernes de l’armée égyptienne, il n’y a pas de scènes de fraternisation entre les militants et les soldats ni place Tahrir ni nulle part ailleurs en Egypte. Ce n’est pas un coup d’Etat des capitaines, des colonels et des sous officiers contre l’Etat major de l’armée, c’est un coup d’Etat du chef d’Etat major et ministre de la défense contre le président, un an après l’élection du président par la majorité du peuple égyptien et la nomination du ministre de la défense par le président.

 

Le putsch des généraux égyptiens n’est pas le renversement d’une dictature de quarante deux ans.

 

A l’inverse, l’armée égyptienne a une longue tradition d’intervention dans les affaires politiques et d’exercice du gouvernement du pays. L’élection du président Morsi il y a un an était l’élection du premier président civil depuis soixante ans, depuis le renversement du roi Farouk en 1952 et l’abolition de la monarchie et la proclamation de la république en 1953 par le général Naguib et le colonel Nasser. L’armée égyptienne hésitait pendant seize mois entre février 2011 et juin 2012 avant son acceptation de l’élection d’un président civil pour la première fois depuis soixante ans. Le putsch des généraux égyptiens de juillet 2013 est une tentative de rétablissement d’un gouvernement militaire en Egypte. Cette tentative échouera.

 

Le putsch des généraux égyptiens a bien évidemment une importante signification régionale. Je l’écris depuis des mois, la révolution arabe connaît et connaîtra des problèmes de plus en plus importants. Le putsch des généraux égyptiens est la date la plus importante de la révolution arabe depuis son début, c’est la tentative la plus importante de rétablissement d’une dictature laïque depuis le renversement de Moubarak, c’est la tentative la plus importante de négation de la compatibilité entre démocratie et islam politique.

 

Le monde arabe est en révolution depuis maintenant plus de deux ans. La révolution arabe commençait par les maillons les plus faibles de la chaîne de domination impérialiste dans la région. Elle commençait par la Tunisie et par l’Egypte. L’insurrection du peuple tunisien contre la dictature de Ben Ali durait un mois et le renversement de Moubarak en Egypte faisait seulement huit cent morts.

 

La révolution libyenne contre Kadhafi était déjà plus longue, plus difficile et plus sanglante, elle durait six mois, elle passait par une campagne de bombardements de l’aviation militaire de l’OTAN. Nous en sommes maintenant à la Syrie. Après plus de cent mille morts et la déportation de plus d’un million de citoyens syriens dans tous les pays de la région, nous sommes maintenant dans une situation de transformation rapide de la guerre de Syrie, de la guerre d’Assad contre le peuple syrien en une guerre régionale, elle a et elle aura des conséquences politiques et militaires de plus en plus importantes dans tous les pays de la région, au Liban, en Turquie, en Irak, en Jordanie et en Palestine.

 

Personne ne sait comment évoluera la situation politique en Egypte ni dans quels délais.

 

Les questions les plus importantes sont les suivantes.

 

C’est premièrement la liberté totale de manifestation et d’organisation politique, pour le Front de Salut National comme pour le Parti de la Liberté et de la Justice, comme pour tous les partis.

 

C’est deuxièmement l’organisation de nouvelles élections législatives et présidentielles dans les délais les plus rapides.

 

C’est bien la question centrale de la révolution démocratique arabe. En Egypte en 2012, comme en Palestine en 2006, comme en Algérie en 1991, le vote du peuple ne plaît pas à l’armée et/où aux institutions internationales, mais elles ne changeront pas le peuple et nous croyons à la victoire finale de la révolution démocratique arabe.

 

Bernard Fischer

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:52

 

L’Egypte attend un premier ministre, violences dans le Sinaï

 

LE CAIRE (Reuters) - Des milliers de partisans de Mohamed Morsi ont de nouveau manifesté dimanche au Caire devant la caserne où serait détenu le président islamiste déposé il y a quatre jours par l'armée égyptienne.

 

Rassemblée devant la caserne de la Garde républicaine, là-même où trois manifestants avaient été tués vendredi, la foule a crié « Morsi, Morsi » et « Allah est grand » devant les forces de sécurité déployées derrière un réseau de fils de fer barbelés.

 

« Nous ne partirons pas tant que Morsi ne sera pas de retour. Nous sommes prêts à mourir en martyrs », déclarait un manifestant de cinquante cinq ans, Hanim Ahmad Ali Al Saoui, en dénonçant le « coup d'Etat contre la démocratie ».

 

Les frères musulmans avaient appelé à de nouvelles manifestations ce dimanche mais la mobilisation semble n'avoir pas été très forte, très inférieure en tout cas à celle de vendredi dernier, quand les affrontements se sont soldés par une trentaine de morts et mille quatre cent blessés.

 

Le processus de transition lancé par les militaires a connu samedi son premier accroc avec l'annonce puis le démenti de la nomination de Mohamed al Baradeï comme premier ministre, ce que refusent les salafistes du parti al Nour, partie prenante à ce processus.

 

Dans le nord du Sinaï, des hommes armés ont attaqué dimanche matin quatre points de contrôle des forces de sécurité à Cheikh Zoueïd, non loin des frontières de la bande de Gaza et d'Israël.

 

Les assaillants arrivés à bord de camions pick-up ont ouvert le feu sur les militaires, sans faire de victimes, a-t-on précisé de sources proches des services de sécurité.

 

L'un des principaux groupes armés islamistes opérant dans le Sinaï, celui des djihadistes salafistes, a diffusé un communiqué menaçant les policiers et les militaires qui mènent la « répression » contre la population de la péninsule.

 

Par ailleurs, le gazoduc qui relie l'Egypte à la Jordanie à travers le Sinaï a une nouvelle fois été endommagé par une explosion.

 

Depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011, plus d'une dizaine d'attentats ont visé ce gazoduc, dont une branche alimente Israël en gaz naturel égyptien.

 

Samedi, un prêtre copte a été tué à al Arich, toujours dans le nord du Sinaï. La veille, cinq policiers avaient été tués par balles au cours de plusieurs attaques dans cette ville.

 

LES SALAFISTES CONTRE AL BARADEÏ

 

L'un des prédicateurs sunnites les plus influents, Youssef al Karadaoui, proche des frères musulmans, a publié samedi sur son site internet une fatwa dans laquelle il appelle les égyptiens à soutenir Mohamed Morsi et à demander à l'armée de se retirer du jeu politique.

 

Le porte parole du président intérimaire Ali Mansour a tendu la main aux frères musulmans en annonçant que ceux-ci seraient autorisés à participer aux prochaines élections, y compris au scrutin présidentiel.

 

L'armée n'a pas dit précisément quand auraient lieu ces élections mais elle a assuré avoir une « feuille de route » pour assurer la transition politique.

 

Les tractations avec les différentes forces politiques impliquées dans ce processus ont cependant buté sur la nomination au poste de premier ministre de Mohamed al Baradeï, annoncée dans un premier temps comme acquise par les médias officiels et des responsables égyptiens.

 

Le parti salafiste al Nour, arrivé deuxième des dernières élections législatives, derrière les frères musulmans, s'est en effet opposé avec vigueur au choix du prix Nobel de la paix 2005, favori des libéraux et de la jeunesse révolutionnaire.

 

Le porte-parole de la présidence intérimaire a reconnu que l'opposition d'al Nour avait bloqué la nomination de l'ancien directeur de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), ajoutant que « plusieurs options » étaient étudiées, sans plus de précision.

 

Les frères musulmans se sont aussi opposés à l'arrivée à la tête du gouvernement de celui qui avait appelé haut et fort l'armée à destituer Mohamed Morsi et que Farid Ismaïl, un responsable du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), branche politique de la confrérie, a qualifié de « choix de Washington ».

 

Les Etats-Unis et l'Union Européenne ont exprimé leur inquiétude après la destitution de Mohamed Morsi mais se sont gardés de condamner un « coup d'Etat » de l'armée.

 

Le président russe Vladimir Poutine a estimé dimanche que l'Egypte risquait de sombrer dans la guerre civile. « La Syrie est déjà en proie à la guerre civile et l'Egypte prend le même chemin », a dit Poutine, cité par l'agence de presse RIA Novosti lors d'un déplacement à Astana, capitale du Kazakhstan.

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:39

 

La gauche du Parti Socialiste pour un report de la réforme des retraites

 

PARIS (Reuters) - L'aile gauche du Parti Socialiste plaide dans une lettre aux parlementaires du Parti Socialiste pour un report de la réforme des retraites et appelle à une consultation des militants dans les fédérations, a-t-on appris auprès de « Maintenant la Gauche ».

 

Elle estime que cette réforme n'est « ni urgente ni opportune et que rien ne justifie socialement, économiquement et financièrement d'en demander plus aujourd'hui », a-t-on précisé, confirmant une information du Monde, daté de dimanche.

 

Selon le quotidien, les signataires considèrent que l'allongement de la durée de cotisation, piste envisagée par le gouvernement pour combler le déficit du régime de retraite, aurait « un caractère profondément anxiogène » pour les français.

 

Le courant « Maintenant la Gauche » est animé par le vice président de la région Ile de France Emmanuel Maurel, la sénatrice Marie Noëlle Lienemann et le député Jérôme Guedj.

 

Très minoritaire, il veut que le débat soit « porté par le parti » et demande que la direction, qui a mis en place un groupe de travail sur les retraites, organise « une consultation des militants dans les fédérations ».

 

Son initiative risque d'embarrasser une peu plus François Hollande et Jean-Marc Ayrault, quelques jours après l'éviction du ministère de l'écologie de Delphine Batho et alors que les critiques montent sur la ligne économique de l'exécutif.

 

Elle s'ajoute à l'appel de quatre « sensibilités » du Parti Socialiste, dont Maintenant la Gauche, le premier juillet, à une « grande réforme fiscale ».

 

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7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 17:26

 

Jérôme Kerviel n’obtient pas son expertise devant les prud’hommes

Jeudi 4 Juillet 2013

PARIS (Reuters) - Le conseil des prud'hommes de Paris tiendra le 24 mars 2014 son audience de jugement sur la demande de l'ancien trader Jérôme Kerviel, qui a assigné la Société Générale pour contester son licenciement pour faute lourde en 2008.

Les juges ont rejeté jeudi le renvoi de l'audience réclamé par les avocats de la banque mais également l'expertise indépendante que l'ancien trader réclamait sur les pertes de quatre milliards neuf cent millions d'euros que la Société Générale lui impute.

Jérôme Kerviel, qui mène désormais son combat avec le soutien de personnalités de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, qui voit en lui un symbole des pratiques de la finance, a exprimé sa déception après le rejet de sa demande d'expertise.

« Je suis dégoûté. Une expertise, je ne demande pas grand-chose. Et je ne comprends pas pourquoi elle est systématiquement refusée », a-t-il déclaré alors que quelques dizaines de militants de gauche criaient « justice ».

Son avocat, David Koubbi, a précisé que les juges avaient jugé une expertise « prématurée », comme le soutenaient les avocats de la banque, mais que la défense de l'ancien trader représenterait sa demande lors de l'audience de jugement le 24 mars 2014.

« Qu'est-ce qui gêne la Société Générale aujourd'hui? Que des experts indépendants viennent voir ce qu'il y a dans ses comptes pour éclairer le débat », a-t-il déclaré.

Jérôme Kerviel réclame environ neuf cent mille euros d'indemnités et demandait, plus symboliquement, quatre milliards neuf cent millions d'euros, somme qu'il a été condamné à payer à la Société Générale pour les pertes de trading qui lui sont imputées par la banque, afin d'obtenir une expertise indépendante sur leur réalité et la date à laquelle elles ont été découvertes.

Jérôme Kerviel, qui a été condamné en appel, en octobre 2012, à trois ans de prison ferme et quatre milliards neuf cent millions d'euros de dommages et intérêts, s'est pourvu en cassation, ce qui suspend sa peine de prison mais pas la sanction civile.

UN « PION DE LA FINANCE »

L'ancien trader, qui conteste son licenciement pour faute lourde, supposant la volonté de nuire à son employeur, a toujours soutenu que la banque savait qu'il prenait des positions exorbitantes non couvertes.

Selon lui, une étude comptable et financière permettrait de démontrer que la banque a gonflé ses pertes lorsqu'elle a débouclé ses positions de cinquante milliards d'euros lorsque Jérôme Kerviel a été démasqué en janvier 2008.

A son arrivée au tribunal, il s'est dit revigoré par la présence devant les prud'hommes de ses nouveaux soutiens, des personnalités de gauche comme Jean-Luc Mélenchon, Clémentine Autin et Gérard Filoche, mais aussi l'ancien prisonnier Roland Agret, fondateur d'Action Justice.

« Moi, je mène une bataille acharnée contre la finance, mais c'est un pion de la finance que je suis en train de défendre avec d'autres », a expliqué le co-président du parti de gauche.

Jean-Luc Mélenchon a fait le parallèle avec Jean Jaurès qui, bien qu'antimilitariste farouche, avait défendu le capitaine Dreyfus. « La grande différence, c'est que dans l'affaire Dreyfus, il y avait de l'antisémitisme qu'il n'y a pas ici. C'est un cas exemplaire de la façon dont la finance joue avec la vie des gens », a-t-il ajouté, soulignant que la faute lourde dont l'accuse la banque condamnait Jérôme Kerviel à une mort sociale.

Sur le fond, l'ancien candidat à la présidentielle met en doute la réalité des pertes de la Société Générale.

« Pourquoi le juge a-t-il refusé systématiquement toute expertise indépendante de ces pertes? Pourquoi a-t-il choisi de croire sur parole la banque? Pourquoi la ministre Christine Lagarde a-t-elle fait verser à la banque un milliard sept cent millions d’euros de dédommagement, alors que la condamnation de Jérôme Kerviel, qui était la condition de ce versement, n'était pas définitive », a-t-il écrit sur son blog.

Pour Jean-Luc Mélenchon, du broyage de Jérôme Kerviel « dépendait la réussite d'une opération incroyable, le sauvetage d'une banque dont la défaillance aurait pu effondrer le système bancaire mondial ». 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 18:41

 

http://www.salirdeleuro.org

 

Pour la récupération de la souveraineté économique, monétaire et citoyenne.

 

La situation économique et sociale dramatique dans laquelle notre société est plongée nécessite une politique capable de créer les conditions pour sortir de la crise. C’est une nécessité urgente. Le temps est devenu un facteur fondamental pour les risques d'aggravation et de dégradation qui existent, pour l'énorme souffrance sociale provoquée par la persistance des politiques d'ajustement, d'austérité et de privatisation du public.

Le réseau dans lequel nous sommes pris au piège est constitué par un niveau de chômage catastrophique, par une dette extérieure du pays impossible à affronter et par une évolution des finances publiques qui conduisent à l'effondrement économique de l'Etat. Plus de six millions de chômeurs, plus de deux milliards trois cent millions d'euros d'engagements bruts à l'extérieur et une dette publique de près d'un milliard d'euros et de près de cent pour cent du PIB sont les données qui définissent une catastrophe ingérable, qui met en danger la coexistence et détruit les droits sociaux fondamentaux.

Une crise de cette ampleur a de nombreuses causes complexes et multiples, de la crise générale du capitalisme financier au gaspillage et à la corruption elle même, grâce à un système fiscal régressif appliqué de manière injuste, mais au risque de simplifier l'analyse pour trouver des solutions, il faut attribuer la principale raison de cette triste situation à l’intégration de notre pays dans la monnaie unique.

Comme il est maintenant reconnu, les conditions de mise en œuvre d'une monnaie unique entre des pays économiquement aussi inégaux accompagnés par une fiscalité commune n’étaient pas réunies. Sa création a impliqué, d'autre part, un cadre pour la mise en œuvre des politiques régressives et anti sociales de toutes sortes selon la doctrine néo libérale, qui a connu dans la construction de l'Europe de Maastricht sa meilleure expression. Comme il a été dit à l'époque, l'État-providence n'était pas compatible avec l'Europe de Maastricht.

Par son intégration à l'euro, notre pays a perdu un outil essentiel pour maintenir un équilibre des échanges économiques avec l'extérieur, comme le contrôle et la gestion du taux de change par rapport à d'autres devises. En outre, il y avait un transfert de souveraineté à la BCE en termes de création de liquidité et la mise en œuvre de la politique monétaire, une institution dominée dès le début par les intérêts du capitalisme allemand.

Comment pourrait-il en être autrement, le retard et la faiblesse de l'économie espagnole sur les autres pays et la rigidité absolue imposée par l'euro depuis le début des années 2000 provoquaient un déficit écrasant de la balance des paiements des comptes courants. Il y avait des déséquilibres insoutenables, comme cela s'est produit dans d'autres pays tels que la Grèce et le Portugal, pris dans le même piège. Au cours des quatorze années écoulées depuis la création de l'euro en 1999 jusqu'à la fin de 2012, le déficit commercial cumulé a été de près de sept cent milliards d'euros, qui a été financé par des emprunts à l'étranger. Les prêteurs et les sociétés espagnoles avaient besoin d’un autre billion d'euros pour leurs plans d'investissement à l'étranger, principalement en Amérique Latine.

Jusqu'en 2008, lorsque la crise financière a éclaté au niveau international pour des facilités de financement extraordinaires, le pays a connu un rêve comme drogué, alimentant la bulle immobilière et sans se soucier des problèmes qu’il avait créé. Cette année-là, tout a changé radicalement par la fermeture des marchés financiers pour les liquidités en circulation et la situation de chaque débiteur a fait l’objet d’un examen rigoureux. Avec le changement brusque de la position débitrice de notre économie à l'étranger, les engagements bruts ont augmenté de cinq cent quarante milliards d'euros à la fin de 1998 à deux mille deux cent milliards d’euros en 2008, le pays a fait faillite et il y avait une profonde récession, dont les effets sont toujours actuels.

Le secteur public a profondément ressenti ces effets, provoquant un déficit exorbitant et la chute spectaculaire des revenus, renforcée par l'éclatement de la bulle immobilière. L'État, sur lequel pèsent toutes les contraintes des administrations publiques, a exigé des centaines de millions d'euros, par l’émission de dette publique sur les marchés intérieurs et extérieurs, étant donné l'impossibilité de financement direct par l'autorité monétaire. À la fin de 2007, la dette de l'Etat était de trois cent sept mille millions d'euros, soit trente sept pour cent du PIB. A la fin de l'année 2012, elle s'élevait à six cent quatre vingt huit mille millions d'euros, soit soixante cinq pour cent du PIB, et la hausse correspond à l'évolution du déficit des comptes publics.

Depuis le début de la crise, la politique économique a eu quelques fonctionnalités de base inamovibles. La perte de compétitivité de l'économie espagnole a été le prétexte à des politiques néo libérales strictes qui ont essayé de compenser la crise par le soi-disant « ajustement interne », un processus visant à réduire les salaires et faciliter les licenciements pour réduire les prix des biens et des services espagnols, à partir du moment où la voie naturelle de la dévaluation de la monnaie historique est interdite par l'euro. Ajustements, contres réformes du travail et coupes budgétaires continuent de marquer la politique économique au cours des dernières années. En outre, l'austérité que l'on impose brutalement comme politique budgétaire, comme exigence des pouvoirs économiques, fait de la lutte contre le déficit public le talisman trompeur de la solution à la crise.

Cette politique, qui a provoqué un recul social très douloureux et une montée incontrôlable du chômage, est inutile. Le pays plonge sans frein dans une fosse profonde. Les causes de la crise sont intactes. La dette extérieure ne peut pas diminuer sans excédent de la balance des paiements, ce qui est pratiquement impossible pour une économie en ruine et de faible compétitivité, et le fardeau de la dette publique ne cesse d’augmenter le déficit, problème pour lequel le gouvernement n'a pas de solution. La méfiance est générale.

La société est à un carrefour

Comment surmonter la catastrophe ? L'alternative à la crise que défendent la troïka et le PP passe par l’approfondissement des ajustements, l’austérité et la destruction du secteur public.

L'économie espagnole, comme cela s'est produit en Grèce ou au Portugal, tombe de la falaise et fonce dans l'abîme avec des conséquences sociales dramatiques et multiplie les signes des risques politiques.

Le PSOE, partenaire actif de la conception économique et sociale actuelle, semble maintenant en désaccord avec le PP et critique sa politique suicidaire, mais est lié à l'idée que l'euro est irréversible.

Les directions des syndicats majoritaires, en contradiction avec l’erreur commise relative à la critique de Maastricht, dénoncent désormais la situation actuelle, mais ne sont pas en condition de proposer des mesures contre la crise véritablement efficaces s’ils ne remettent pas en cause systématiquement la construction européenne.

D'autres forces, organisations et auteurs de gauche critiquent l'Europe contemporaine et proposent des modifications des projets tout à fait utopiques et sans fondement, en raison du caractère irréformable de l'Europe, surtout après élargissement de la zone euro à l'Est. Il y avait les problèmes d’origine de la monnaie unique, il y a maintenant le poids de l’Allemagne comme puissance hégémonique et la réalité d'une décomposition de l’Europe, la dette impayable de certains pays. Le besoin impératif et urgent de briser les liens des traités européens ne peut pas se cacher derrière des propositions et des projets d’autre nature.

Une autre Europe est maintenant souhaitable et réalisable, sur d’autres bases que la perte de souveraineté des Etats.

L'échec du projet de construction de l'Europe est indéniable, indépendamment du fait qu'il n'est pas possible de déterminer quand et comment nous sortirons de l’actuelle situation insoutenable.

Pour les signataires de ce manifeste, il semble clair que l'Europe de Maastricht ne peut pas survivre dans sa configuration actuelle, après les désastres et les souffrances qu'elle a causé, contre la démocratie et la souveraineté populaire.

Nous affirmons aussi que notre pays ne peut surmonter la crise au sein de l'euro. Sans monnaie propre et sans autonomie monétaire, il est impossible d’affronter le drame social et économique, d'autant plus que la politique budgétaire a également été annulée avec le pacte de stabilité, traîtreusement constitutionnalisé.

Nous avons besoin de notre propre monnaie pour affronter la concurrence et d’une politique monétaire souveraine pour fournir des liquidités au système et stimuler une demande raisonnable. Les premières conditions nécessaires, mais nullement suffisantes, sont le développement d’un contrôle public des secteurs stratégiques de l'économie, y compris la nationalisation des banques, la reconstruction de l'industrie et de l'agriculture, la défense des services publics de base, avec un système fiscal progressif pour diminuer les inégalités dans la répartition des richesses, la répartition du travail pour lutter contre le chômage, l’abrogation des contres réformes du travail et des retraites, la protection de l’environnement et un processus constitutionnel qui permet de récupérer et d'approfondir la démocratie. Il faut oublier temporairement le déficit, les propositions impossibles de la BCE, de la réserve fédérale américaine et de la banque d'Angleterre quand vous pouvez avoir la banque d'Espagne comme institution équivalente.

Le montant de la dette est impayable. La majeure partie de la dette est la dette du secteur privé, elle est la cause des problèmes qui se posent, y compris le secteur financier, très compromis.

Il faut donc rejeter toute opération de « sauvetage » de notre pays pour exactement la même raison que nous considérons comme totalement illégitime la dette due par l'État aux fonds de secours des entités de crédit qui n'ont pas été nationalisées.

En ce qui concerne la dette publique, l'État doit procéder à une restructuration profonde de la dette publique (suppression, moratoire, conversion en monnaie nationale) pour soulager la pression écrasante que supportent les comptes publics. Sinon, il peut y avoir une faillite inévitable du secteur public.

Nous n’éviterons pas les problèmes et la complexité des mesures que nous proposons, entre autres la limitation de la libre circulation des capitaux. Notre analyse ne nous empêche pas de collaborer à des actions, des propositions et des manifestations avec les citoyens et les organisations qui, sous l'effet du bombardement médiatique que nous subissons ou pour d'autres raisons, ne partagent pas notre option dans la situation cruciale dans laquelle nous sommes et la nécessité de briser le nœud gordien de l'euro.

Toutefois, étant donné le désordre qui nous entoure et les causes profondes qui le favorisent et l’aggravent, nous ne pouvons pas rester muets ou évasifs. À notre connaissance, la société espagnole d'aujourd'hui, qui est déjà entré dans une longue agonie et de désespoir, n'a d'autre choix que de quitter l'euro pour éviter l'effondrement final du pays.

Pour récupérer la souveraineté économique et pour appliquer la souveraineté populaire, il faut nous débarrasser des noeuds coulants qui nous paralysent, pour faire face à la dure réalité et fournir les moyens de tracer un projet de survie qui, avec toutes ses difficultés, peut également représenter une grande opportunité pour créer une société souveraine, prospère, juste, solidaire, démocratique, respectueuse de l'environnement et libre.

Premiers signataires :

Julio Anguita, ancien coordinateur national d’Izquierda Unida ; Ginès Fernandez, directeur de Mundo Obrero ; Carlos Martinez, ancien président d’ATTAC Espagne ; Miguel Riera, éditeur de Viejo Topo 

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 16:11

 

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=10028

 

 

L'Égypte, la gauche et le coup d'État

 

Par Santiago Alba Rico

 

Traduit par  Fausto Giudice

 

L'affaire est entendue. Nous en revenons à « l'exception arabe ». Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Assad (et nos gouvernements et médias occidentaux) avaient raison, le monde arabe n'est pas démocratisable. Et notre gauche, pendant ce temps, acclame l'armée.

 

Je vais l'expliquer de la façon la plus simple. Il y a deux ans et demi s'est mis en branle dans le monde arabe un processus inattendu d'émergence des peuples (parfois appelé « printemps arabe »), qui a ouvert une possibilité modeste mais lumineuse dans la région. Je l'appellerai sans  hésitation une « révolution ».

 

Ce n'était pas une révolution socialiste et elle n'a pas été menée par la gauche. Cela n'a pas non plus été une révolution islamique et les islamistes y ont d'ailleurs joué un très limité. Mais comme c'était une révolution démocratique, elle a fait remonter à la surface  le rapport réel des forces dans la région, réprimé depuis des décennies, et des élections, là où il y en a eu, ont porté au gouvernement des partis islamistes de l'orbite des frères musulmans. Tant la gauche de la région, sénile et stalinienne, que les partis islamistes, qui entretenaient des rêves de califat, ont cédé à la pression populaire et ont adopté des programmes démocratiques sincères. Les felul de l'ancien régime, à leur tour, se sont reconvertis en démocrates et avec différentes organisations et partis, dans des conditions de liberté d'expression et de réunion sans précédent, ils ont commencé à travailler à la reconquête du pouvoir.

 

Je sais que ce que je dis importe peu, parce que mes propos seront dans tous les cas mal entendus. Je suis communiste et s'il y a quelque chose qui m'inspire peu de sympathie, c'est la combinaison de néo libéralisme économique et de conservatisme religieux. Ces deux dernières années, je n'ai cessé d'attirer l'attention, sur la complicité, en Égypte et en Tunisie,  des frères musulmans et d'al Nahdha avec les institutions financières internationales, sur leur absence de programme économique et social et leur recours aux mêmes tactiques répressives que la dictature. Mais j'ai aussi insisté pour mettre en garde contre la tentation de lutter contre les islamistes par tous les moyens, dans des alliances contre nature avec les mains noires de la dictature ou par des stratégies de harcèlement et de démolition qui, dans le rapport de forces actuel, ne peuvent qu'encourager le  retour des vieux modèles tragiques de gestion régionaux (avec la guerre civile algérienne, si proche, comme ombre et avertissement). Le processus qui a commencé en Tunisie a créé un cadre instable et fluide dans lequel démocratie, révolution et de involution se donnent rendez-vous, se cherchent, s'entrechoquent, négocient et se combattent.

 

À mon avis, la chose la plus révolutionnaire que l'on puisse faire dès maintenant en Égypte et dans tout le monde arabe, c'est tenter de construire un État de droit démocratique, tout en travaillant à moyen terme, gramsciennement, à un projet contre hégémonique basé sur le mécontentement social.

 

Eh bien, la volonté d'accélérer la révolution sans avoir normalisé la démocratie  (laquelle, dans le monde arabe, est révolutionnaire en soi), et en dépit du rapport de forces, donne tous les avantages à des projets islamophobes d'involution. En Tunisie, sous la forme d'une « transition pacifique vers la dictature », en Égypte, comme nous le voyons, sous la forme classique, terrible, d'une intervention militaire qui, dans ce cas, ne peut que déboucher sur une guerre civile.

 

Des millions d'égyptiens ont envahi les rues d'une manière que l'on peut saluer, sur les ailes d'une indignation juste et courageuse, dans le prolongement d'un mouvement populaire qui est la seule garantie, dans le monde arabe et ailleurs, d'une véritable démocratie. Mais ce mouvement populaire s'inscrit, permettez-moi de le dire de manière provocatrice et brutale, dans une stratégie de harcèlement et de destruction contre les frères musulmans, orchestrée et préparée conformément à un plan très similaire à celui qui renversa Allende au Chili ou qui a tenté de renverser Chavez au Venezuela.

 

Permettez-moi d'être encore plus provocateur, un certain secteur de la gauche, arabe et mondiale, qualifie les révolutions de complots et quand il y a des complots, elle considère que, oui, la véritable révolution est survenue. Contre l'islamisme, les coups d'État sont révolutionnaires.

 

Même s'il s'agit de l'armée égyptienne, la plus pro US dans le monde, la même qui a tiré sur le peuple et torturait les révolutionnaires il y a encore quelques mois.

 

En Égypte, la gauche fait partie du Front de Salut National, qui coalise la droite néo libérale et les felul de l'ancien régime, et son représentant suprême, Hamdin Sabahi, qui s'était classé troisième à l'élection présidentielle, a demandé à plusieurs reprises ces derniers jours l'intervention de l'armée et a salué ses communiqués « révolutionnaires ».

 

Même chose pour Tamarrud, le mouvement responsable des manifestations du 30 juin, dont les portes paroles avouent ouvertement avoir coordonné  les protestations avec le commandement militaire, et qui ont répondu à la déclaration assadienne des  forces armées (« nous donnerons nos vies pour le combat contre les terroristes, les extrémistes et les ignorants ») en exigeant l'arrestation immédiate du président élu, Mohamed Morsi.

 

Si le président élu ne s'en va pas, on connait déjà la « feuille de route » annoncée par l'armée, elle formera une junte civilo militaire pour préparer la transition, elle dissoudra le parlement, suspendra la constitution et elle appliquera une main de fer à tous les « terroristes, extrémistes et ignorants » qui s'opposeront à son projet de salut national.

 

Ça ne vous rappelle rien ? À moi si. Nous avons assez d'expérience historique pour savoir ce que cela signifie. Il ne semble pas y avoir de solutions de rechange. Le ressentiment historique accumulé au fil des décennies par les islamistes semblait s'être dissous dans leur revendication pragmatique et théâtrale, exprimée avec un enthousiasme de néophytes, de « démocratie parlementaire ». Si on leur refuse par un coup de main ce qu'ils ont gagné dans les urnes, ce ressentiment, maintenant intensifié et légitimé, ne provoquera-t-il pas le retour à une organisation d'idéologie et de tradition très peu démocratiques, habituée à la clandestinité et souvent tentée par la lutte armée ? Il se peut que ce soit l'Égypte, et non la Syrie, qui devienne  « le tombeau des révolutions arabes ».  Dans son éditorial d'hier, Abdelbari Atwan, éditorialiste d'al Quds al Arabi, évoque le « scénario algérien ». Oui, c'est de cela que nous parlons, mais dans un pays de quatre vingt millions d'habitants, à côté d'Israël, et dans un contexte de plus en plus explosif de conflits sectaires en Syrie et en Irak. Bachar al Assad peut se sentir très fier d'avoir anticipé le nouveau modèle, en fait le plus ancien, contre les menaces de « terrorisme islamique ».

 

L'affaire est entendue. Nous en revenons à « l'exception arabe ». Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Assad (et nos gouvernements et médias occidentaux) avaient raison, le monde arabe n'est pas démocratisable. Et notre gauche, pendant ce temps, acclame l'armée.     

 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 15:40

 

http://www.huffpostmaghreb.com/2013/06/24/front-populaire-nida-tounes_n_3489733.html

 

 

Fausse déclaration, vrai rapprochement

 

Dans un communiqué publié dimanche 23 juin, Hamma Hammami, affirme que « le Front Populaire n’a pas l’intention d’établir une quelconque alliance électorale ou stratégique avec les composantes de l’Union pour la Tunisie ». Durant le week end, une déclaration avançant une alliance avec Nida Tounes, attribuée au le leader du Front Populaire a suscité la polémique.

Le 4 juin dernier, le Front Populaire a présenté une inititiative de coalition nationale. Cette dernière, venue répondre à « la crise sécuritaire, économique et sociale » que traverse la Tunisie, avait été accueillie favorablement par les divers partis de l’opposition, en particulier l’Union pour la Tunisie, une coalition regroupant cinq partis, al Jomhouri, al Massar, le Parti Socialiste, le Parti du Travail Patriotique et Démocratique, ainsi que Nida Tounes, un parti souvent critiqué par le Front Populaire.

Troisième voie

Le Front Populaire a toujours fait cavalier seul. Alliance de plusieurs partis de gauche, dont le Parti Ouvrier, et le Watad, ses leaders ont souvent appelé à une troisième voie, en se posant comme une alternative politique. « Ni al Nahdha, Ni Nida Tounes » scandent ses militants dans leurs manifestations.

Mais depuis plusieurs mois, un rapprochement entre l’Union pour la Tunisie, et le Front Populaire ne cesse d’être évoqué dans la presse. L’assassinat de Chokri Belaid le 6 février dernier en serait le motif. Mais Hamma Hammami continue de nier un éventuel accord en ce sens, en affirmant qu’il s’oppose à la bipolarisation politique. Le 28 mars dernier, sur le plateau de Nesma TV, il affirme qu’il existe des « différences dans les orientations économiques et sociales ».

Fausse déclaration, et vraie polémique

« Une alliance avec Nida Tounes est impérative pour faire face aux forces occultes », aurait dit Hamma Hammami lors d’une réunion avec les partisans du Front Populaire. Reprise par plusieurs médias en ligne, cette déclaration a créé la stupéfaction sur les réseaux sociaux.

Dimanche soir, le Front Populaire réagit avec un premier communiqué dans lequel il dénonce « une campagne de propagande acharnée contre les membres du Front Populaire et ses leaders, en usant de la presse partisane et des réseaux sociaux ».

Mais la déclaration attribuée à Hamma Hammami a fait couler beaucoup d’encre. Les critiques dépassent le camp al Nahdha. Sur Facebook et Twitter, les réactions négatives ne tardent pas. Les internautes ne comprennent pas comment Hamma Hammi peut s’allier à Nida Tounes.

Pas une alliance, mais un rapprochement

Dans son démenti publié sur la page facebook du Front Populaire, Hamma Hammami explique que ses propos ont été déformés, et insiste sur le fait que l’initiative du Front Populaire « n’est pas un front pour lutter contre l'obscurantisme, mais une initiative adressée au peuple tunisien, aux forces politiques, civiles et sociales concernées par l’avenir de la Tunisie, et en désaccord avec le projet de dictature de la troïka ».

Cette initiative orientée clairement contre le gouvernement et ses trois composantes (al Nahdha, CPR et Ettakatol), appelle à la réunion des autres forces politiques présentes sur le terrain. Applaudie par l’opposition, elle sera de nature à nouer des accords stratégiques entre les divers partis, y compris donc Nida Tounes. Si ceci ne prouve en aucun cas une éventuelle alliance électorale avec le parti de Béji Caied Essebsi ou la coalition plus large de l’Union pour la Tunisie, il sous-entend nécessairement un rapprochement. 

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6 juillet 2013 6 06 /07 /juillet /2013 15:07

 

Le Venezuela accorde l’asile humanitaire à Edward Snowden

 

CARACAS (Reuters) - Le Venezuela a annoncé vendredi qu'il accordait l'asile à Edward Snowden, l'ancien consultant de la National Security Agency (NSA) à l'origine des révélations sur l'ampleur des programmes de surveillance et d'espionnage des services américains.

 

« J'ai décidé d'offrir l'asile humanitaire à ce jeune américain, Edward Snowden, de sorte qu'il puisse venir dans la patrie de Bolivar et de Chavez et y vivre à l'écart de la persécution impérialiste nord-américaine », a dit le président Nicolas Maduro lors d'un défilé marquant l'indépendance du Venezuela.

 

Un autre pays latino-américain, le Nicaragua, s'est dit lui aussi prêt à accueillir le jeune informaticien « si les circonstances le permettent ».

 

Edward Snowden est bloqué depuis le 23 juin en zone de transit de l'aéroport de Moscou-Cheremetievo, où il est arrivé en provenance de Hong Kong. Sa présence prolongée commence à indisposer les autorités russes, qui ont exclu de lui accorder l'asile et l'ont appelé jeudi à « choisir un endroit où aller. L'asile au Venezuela serait pour Snowden la meilleure solution. Ce pays entretient des relations tendues avec les Etats Unis », a dit Alexeï Pouchkov, président de la commission des affaires étrangères de la douma, la chambre basse du parlement russe.

 

Le porte-parole du président Vladimir Poutine s'est refusé à commenter pour l'instant la proposition de Nicolas Maduro.

 

« L'affaire Snowden démontre que les tentatives américaines de placer le monde sous un contrôle électronique, militaire et politique sont vouées à l'échec », a dit Pouchkov.

 

Recherché par les Etats-Unis qui veulent le juger pour espionnage et ont annulé son passeport, il a déposé des demandes d'asile auprès d'une vingtaine de pays mais peine à trouver un pays d'accueil.

 

La France, qui figurait sur sa liste, a ainsi refusé jeudi de donner une suite favorable à sa demande.

 

A Washington, la Maison blanche a refusé de faire le moindre commentaire sur l'annonce de Caracas.

 

Nicolas Maduro a expliqué sa décision par les détails que Snowden a livrés sur les programmes d'espionnage des Etats-Unis qui, a-t-il ajouté, ont révélé les « procédés infâmes de l'empire. Qui est le coupable ? Un jeune homme qui dénonce des plans guerriers ou le gouvernement des Etats-Unis qui lance des bombes et arme l'opposition syrienne contre le peuple et le président légitime Bachar al Assad ? Qui est le terroriste ? Qui est le délinquant global ? », s'est interrogé le successeur d'Hugo Chavez.

 

COUP DE FROID TRANSATLANTIQUE

 

Edward Snowden, qui travaillait dans une antenne de la NSA à Hawaï, a transmis à des journalistes du Guardian et du Washington Post des informations sur l'existence du programme Prism, un vaste réseau de cyber surveillance permettant au renseignement américain de surveiller les communications téléphoniques et électroniques.

 

Il est aussi à l'origine des révélations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, corroborées par le Guardian britannique, sur la mise sur écoute de représentations de l'Union Européenne, aux Etats-Unis, à l'ONU et jusqu'au siège des institutions communautaires à Bruxelles, ainsi que d'Etats membres de l'UE, dont l'Allemagne et la France.

 

Ces accusations ont jeté un froid sur les relations entre européens et américains au moment où les deux blocs doivent lancer, ce lundi, les négociations d'un traité de libre échange transatlantique (TTIP).

 

Le calendrier de ces discussions, que certains dont la France souhaitaient repousser, a été maintenu mais des groupes de travail euro-américains seront mis en place pour discuter des activités des services de renseignements américains et de la protection des données liées à la vie privée.

 

Par ailleurs, l'Union Européenne envisage de suspendre deux accords offrant aux Etats-Unis, depuis les attentats du 11 septembre 2001, un accès à des bases de données financières et de transport aérien si Washington n'affiche pas son intention de respecter les règles européennes sur le secret des informations.

 

Barack Obama a promis lui, en début de semaine, de fournir à ses alliés européens toutes les informations relatives aux programmes de surveillance américains.

 

Mais le président américain, qui s'exprimait lundi lors de son déplacement en Tanzanie, a ajouté que « tous les services de renseignement, y compris ceux de l'Union Européenne, essayent de comprendre ce qui se passe dans les capitales du monde entier à l'aide d'informations qui ne proviennent pas des médias ».

 

Snowden est aussi, mais très indirectement, la cause d'un incident diplomatique entre l'Amérique Latine et plusieurs Etats européens, dont la France, qui ont temporairement fermé cette semaine leur espace aérien à l'avion ramenant le président bolivien Evo Morales d'une conférence sur l'énergie à Moscou.

 

Cette décision aurait été motivée par des rumeurs selon lesquelles le « lanceur d'alerte » se trouvait à bord.

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