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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 18:27

 

Moaz al Khatib prêt à discuter avec le vice président syrien

 

BEYROUTH (Reuters) - Le chef de l'opposition syrienne, Moaz al Khatib, s'est déclaré prêt lundi à dialoguer avec le vice-président Farouk al Chara, ajoutant que la balle était dans le camp du régime syrien.

 

Interrogé par la chaîne de télévision al Arabia, il a ajouté avoir discuté avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akhbar Salehi, de la nécessité d'éviter que la guerre civile en Syrie ne tourne au conflit régional entre chiites et sunnites.

 

Le président du Conseil national syrien (CNS) a précisé avoir demandé à l'Iran de transmettre son offre de négociation, soumise à la condition que le régime syrien prenne ses distances avec Bachar al Assad.

 

Moaz al Khatib a opéré un changement d'approche la semaine dernière en se disant prêt à des discussions, hors de Syrie, avec des émissaires du président Bachar al Assad.

 

Il réclame en contrepartie la libération de quelque cent soixante mille détenus.

 

Cet appel a suscité des critiques au sein même de l'opposition, où certains refusent tout compromis avec le président syrien et exigent son départ sans conditions.

 

Dans un entretien diffusé dans la journée par une autre chaîne arabe, al Djazira, il a exhorté le président syrien à répondre favorablement à son offre de dialogue qui, a-t-il précisé, doit "aider le régime à partir de façon pacifique."

 

"Le régime doit clairement se positionner. Nous disons que nous tendons la main dans l'intérêt du peuple et pour aider le régime à partir de façon pacifique", a-t-il déclaré.

 

"Les grandes puissances n'ont aucune vision (...) Seul le peuple syrien peut décider de la solution", a dit encore le chef de l'opposition. Il a ajouté, sans donner de détails, que la création d'un gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs constituait l'une des options en discussion.

 

"Nous trouverons une solution, il existe de nombreuses clés. Si le régime veut un règlement (de la crise) il peut y prendre part", a-t-il dit.

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 19:06

 

http://www.fr.wikipedia.org/wiki/Empire_songha%C3%AF

 

L'État Songhaï fut fondé à Koukia au septième siècle, suite aux métissages qui s'effectuèrent entre les Sonrhaïs, et les Berbères dirigés par le chef Za al Ayaman, qui fuyaient devant l'invasion arabe. Ce métissage entre Songhaïs et Berbères donnera la dynastie des Dia.

 

Initialement petit royaume au niveau du fleuve Niger au septième siècle, qui sera vassal des empires du Ghana et du Mali, il devient empire, durant le quinzième siècle. L'empire Songhaï s'étendait sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuels.

 

Vers 1010, les rois de Koukia s'installèrent à Gao et se convertirent à l'islam. La ville voisine de Tombouctou devient le point de regroupement des caravanes et le centre du commerce, ce qui en fait non seulement la métropole économique de l'empire mais aussi le principal centre religieux et intellectuel. Cette cité mystérieuse s'honore alors de nombreux monuments en pisé (mélange de terre et de paille), telles les mosquées Djingareyber, Sidi Yaya et Sankoré. Le Français René Caillié la découvrira bien plus tard.

 

Vers l'an 1300, le Songhaï passe sous la coupe de l'empire du Mali. Mais il retrouve son indépendance sous le règne de Sonni Ali Ber de la dynastie des Si (1464-1492) qui combat les Peuls et les Touareg, ainsi que les lettrés musulmans de la ville sainte de Tombouctou. Sonni Ali tente de préserver la culture africaine de son royaume.

 

Le successeur de Sonni Ali, Sarakollé Mohammed Touré (1493-1528), soninké originaire du Tekrour, prend le contrepied de sa politique, achève d'islamiser le royaume avec une extrême brutalité que rapporte le voyageur Léon l’Africain. Il fonde la dynastie musulmane des Askia sous laquelle l'empire songhaï largement islamisé connaît son apogée.

 

Le Songhaï s'effondre en 1591 suite à l'invasion des armées du sultan marocain Ahmed al Mansur Saadi sous le commandement de Djouder à la bataille de Tondibi. L'empire éclatera en une douzaine de principautés.

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 18:16

 

Un rapport de l’ONU demande l’abandon des colonies

 

GENEVE, Jeudi 31 janvier 2013 (Reuters) - Un rapport d'experts commandé par le Conseil des droits de l'homme de l'Onu (CDH) a appelé jeudi Israël à cesser d'installer de nouvelles implantations et à évacuer tous les colons de Cisjordanie.

Ce rapport, rédigé par trois experts présidés par la juge française Christine Chanet, estime en outre que semblables agissements de la part de l'Etat hébreu peuvent être passibles de la Cour Pénale Internationale (CPI) au titre de crimes de guerre.

Ses auteurs écrivent que les entreprises privées devraient cesser d'opérer dans ces implantations si leurs opérations bafouent les droits des palestiniens. Ils invitent les Etats membres de l'ONU à faire en sorte que ces sociétés respectent ces libertés fondamentales.

"Israël doit cesser ses activités de colonisation et remédier de manière adéquate, prompte et rapide, à la situation des victimes de violations des droits de l'homme", a déclaré la magistrate française lors d'une conférence de presse.

"Israël doit, conformément à l'article 49 de la quatrième Convention de Genève, cesser sans préalable toute activité de peuplement. Il doit immédiatement entamer un processus de retrait de tous les colons des Territoires Palestiniens Occupés (TPO)", a-t-elle ajouté.

Les implantations sont établies en violation de la Convention de 1949 interdisant le transfert de populations civiles en territoire occupé, ce qui pourrait être assimilé à des crimes de guerre tombant sous la juridiction de la CPI, indique le Conseil des droits de l'homme.

"Transférer sa propre population sur un territoire occupé est interdit parce que c'est un obstacle à l'exercice du droit à l'autodétermination", a expliqué Christine Chanet.

"PARTIALE ET BIAISÉE"

En décembre, après la reconnaissance de facto d'un Etat palestinien par les Nations unies, l'Autorité palestinienne a adressé une lettre à l'Onu dans laquelle elle accusait Israël de commettre de nouveaux "crimes de guerre" en prévoyant la construction d'autres colonies, notamment à Jérusalem-Est.

Taxant le CDH de partialité, Israël a refusé de coopérer à l'enquête menée depuis mars 2012 par cette instance dont le siège est à Genève et qui vise à examiner l'impact des colonies dans les territoires palestiniens, y compris à Jérusalem-Est.

L'Etat hébreu, par la voix du ministère des affaires étrangères, s'est empressé jeudi de qualifier le rapport d'experts de "contre-productif" et "regrettable".

"Le CDH s'est tristement rendu célèbre par une approche systématiquement partiale et biaisée envers Israël. Ce dernier rapport en date en est un nouvel exemple", a déclaré Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Pour ce dernier, "la seule manière de régler toutes les questions en suspens entre Israël et les Palestiniens, dont celle des implantations dans les territoires, est d'ouvrir des négociations directes sans conditions".

DEUX CENT CINQUANTE COLONIES

L'Organisation de libération de la Palestine s'est, en revanche, réjouie des "conclusions de principe empreintes de franchises" du rapport du CDH.

"C'est incroyable. Nous sommes extrêmement encouragés par cette analyse franche et fondée sur des principes des violations israéliennes", a confié à Reuters Hanan Achraoui, l'une des responsables de l'OLP. "(...) Ce rapport dit clairement non seulement qu'Israël bafoue la quatrième convention de Genève, mais aussi qu'il est passible (...) de la CPI".

Les trois enquêteurs du CDH ont interrogé en novembre en Jordanie une cinquantaine de personnes venues témoigner de confiscations de terres, de destructions de champs d'oliviers et d'actes de violence commis par des colons, d'après le rapport.

"La mission croit que le mobile derrière ces violences et ces actes d'intimidation visant les Palestiniens et leurs biens est de chasser les populations locales de leurs terres et de permettre une expansion des implantations", écrivent les rapporteurs.

Ces implantations, ajoutent-ils, "conduisent à une annexion rampante qui empêche l'établissement d'un Etat palestinien viable et continu au plan territorial et qui porte atteinte aux droits du peuple palestinien à l'autodétermination".

D'après des estimations des Nations unies, environ deux cent cinquante colonies de peuplement ont été installées en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, depuis la guerre de 1967, avec une population de quelque cinq cent vingt mille colons.

Priée de dire si les violations mentionnées tombaient sous le coup de la juridiction de La Haye, la magistrate française a été formelle. "Ces crimes sont du ressort de l'article 8 des statuts de la CPI. L'article 8 se trouve dans le chapitre ayant trait aux crimes de guerre. C'est la réponse", a-t-elle dit.

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:59

 

Les fonctionnaires manifestent leur « impatience »

 

PARIS (Reuters) - Pour la première fois depuis son élection, François Hollande a été confronté Jeudi 31 Janvier 2013 à un mouvement de grève des fonctionnaires, une part importante de son électorat, mais le mouvement a été peu suivi, selon le gouvernement.

 

Les quelque cinq millions deux cent mille fonctionnaires français étaient appelés à cesser le travail et à manifester par trois syndicats, CGT, FSU et Solidaires, mais le taux de participation moyen était de 6,62%, indique le ministère de la Fonction publique.

 

Les taux de participation à la grève étaient de 6,62 % dans la fonction publique de l'Etat, de 7,59 % dans la fonction publique hospitalière et de 4,27% dans la fonction publique territoriale, précise-t-il dans un communiqué.

 

Dans l' Education, 11,24 % des enseignants ont fait grève, dont 16,32 % dans le premier degré et 6,9 % dans le second degré, selon le ministère.

 

D'après le Syndicat National des Enseignements du Second degré (SNES) environ vingt cinq pour cent des personnels du second degré étaient en grève.

 

Selon les syndicats, plus de cent cinquante mille personnes sont descendues dans les rues de Paris et de nombreuses villes pour "dire leurs légitimes exigences et leur fort mécontentement". Mais la mobilisation était très inégale selon les régions.

 

"Pas de commerce de nos droits", "vingt cinq élèves par classe, c'est pas du luxe", "Le changement, c'est maintenu ?"," Depuis trois ans nos salaires baissent", pouvait-on lire sur les banderoles.

 

Les organisations syndicales demandent une revalorisation du point d'indice qui sert de référence pour le calcul des salaires dans la fonction publique et qui est gelé depuis 2010.

 

"NOUS SOMMES SUR LE MÊME BATEAU"

 

Ils réclament en outre un moratoire sur les suppressions de postes et l'abrogation du jour de carence sur les arrêts maladie.

 

Une réunion sur les carrières et les salaires est prévue le 7 février avec la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, mais cette dernière a d'ores et déjà écarté une hausse globale des salaires dans la fonction publique.

 

La masse salariale de l'Etat devrait représenter quatre vingt milliards six cent millions d'euros en 2013.

 

Le gouvernement, qui s'est assigné pour objectif une réduction des déficits publics à trois pour cent du produit intérieur brut (PIB) en 2013, fait valoir ses "contraintes budgétaires".

 

"Les fonctionnaires le savent : nous sommes sur le même bateau. Si l'action publique devait être abîmée par des déficits trop importants, si nous perdions une part de souveraineté, les fonctionnaires seraient touchés également", souligne Marylise Lebranchu jeudi dans Le Télégramme de Brest.

 

Une revalorisation de un pour cent du point d'indice "revient à sept cent millions" d'euros pour l'Etat, rappelle la ministre.

 

"Il n'y a pas de marge de manœuvre en termes de créations de postes puisque nous portons les priorités du président de la république à l'Éducation nationale, la police et la justice", explique-t-elle.

 

Pour Thierry Le Paon, appelé à succéder en mars à Bernard Thibault à la tête de la CGT, c'est loin d'être le cas.

 

"Il y a un changement de gouvernement", mais "pour l'instant pas grand chose n'a changé pour les salariés", a-t-il estimé sur RTL.

 

"C'est ce qui nécessite une mobilisation sans précédent des salariés pour que les questions ayant trait aux salaires, à l'emploi et au pouvoir d'achat puissent être sur le devant de la scène", a-t-il poursuivi.

 

"Je pense que la pression exercée sur ce gouvernement aujourd'hui, comme sur la patronat dans beaucoup d'entreprises, va permettre d'ouvrir de véritables négociations", a-t-il dit, n'abandonnant pas l'espoir d'une hausse du point d'indice.

 

"IL FAUT DES SIGNES"

 

Réponse de Bruno Le Roux, chef de file des députés socialistes, sur iTÉLÉ : "Il est normal que les fonctionnaires nous disent 'Ne nous oubliez pas', mais "il faut demander à tous les acteurs publics des efforts pour le redressement des comptes publics".

 

"Nous pensons que les choix budgétaires doivent être faits aussi pour la fonction publique et pour ses agents", a plaidé pour sa part sur la même chaîne Bernadette Groison, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU).

 

Elle affirme que les fonctionnaires ont perdu treize pour cent de pouvoir d'achat depuis les années 2000.

 

"Vingt pour cent des agents de la fonction publique sont au smic, donc il y a une vraie question des salaires. En moyenne, les salaires de la fonction publique, c'est deux mille deux cent à deux mille sept cent euros pour des qualifications qui sont parfois assez élevées", a-t-elle expliqué.

 

Elle a précisé que vingt pour cent des agents étaient des précaires.

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 17:35

 

http://www.gaucherepublicaine.org/a-lire-a-voir-a-ecouter/ce-que-le-film-lincoln-ne-dit-pas-sur-abraham-lincoln/5802


http://www.medelu.org/Ce-que-le-film-Lincoln-ne-dit-pas

 

Ce que le film « Lincoln » ne dit pas sur Abraham Lincoln

 

Emancipation des esclaves et émancipation des travailleurs

 

Mercredi 30 Janvier 2013

 

Par Vincenz Navarro, professeur de sciences politiques et de politiques publiques à l’université Pompeu Fabra de Barcelone et à l’université John Hopkins à Baltimore aux Etats Unis

 

À l’occasion de la sortie en salle de Lincoln, le film réalisé par Steven Spielberg, Mémoire des luttes publie un article inédit en France, et dont le propos sera, à n’en pas douter, absent de la plupart des commentaires et des critiques proposés par les grands médias.

 

Qui sait que le seizième président des Etats-Unis fut très proche des idées socialistes et des revendications du mouvement ouvrier ? Et qu’il liait indissociablement la question de l’abolition de l’esclavage à celle de l’émancipation de la classe ouvrière tout entière ?

 

On verra en quoi l’adaptation de Steven Spielberg déforme l’histoire, et les raisons idéologiques et culturelles de ce parti pris.

 

Cet article est publié en français et dans sa version originale en espagnol sur le site Publico. Il est accompagné de la lettre de félicitations que reçut Abraham Lincoln le 30 décembre 1864 de la première internationale pour sa toute récente réélection. Ce document d’histoire réelle fut rédigé par Karl Marx.

 

Le film Lincoln, produit et dirigé par l’un des réalisateurs les plus connus des Etats-Unis, Steven Spielberg, a provoqué un regain d’intérêt pour la figure d’Abraham Lincoln. Un président qui, comme Franklin D. Roosevelt, a marqué la culture étatsunienne et l’imaginaire collectif. Ce personnage politique fait figure de garant de l’unité du pays après la défaite des Confédérés qui aspiraient à la sécession des Etats du Sud vis-à-vis de l’Etat fédéral. Il s’est également distingué dans l’histoire des Etats-Unis en abolissant l’esclavage et en offrant la liberté et la citoyenneté aux descendants des immigrés d’origine africaine, à savoir à la population noire dite « afro-américaine ».

 

Lincoln a également été le fondateur du Parti républicain. Un parti qui, à l’origine, n’avait pas grand chose à voir avec la formation actuelle, fortement influencée par un mouvement, le Tea Party , chauvin, raciste et particulièrement réactionnaire, derrière lequel se cachent des intérêts économiques et financiers déterminés à éliminer l’influence du gouvernement fédéral sur la vie économique, sociale et politique du pays.

 

Le Parti républicain du président Lincoln était au contraire une organisation fédéraliste qui considérait le gouvernement central comme le garant des droits humains. Parmi ces derniers, c’est l’émancipation des esclaves, thème majeur de Lincoln, qui fut le principal cheval de bataille du président. L’abolition de l’esclavage permit aux individus asservis d’acquérir le statut de travailleurs propriétaires de leur propre travail.

 

Mais Lincoln, avant même de devenir président, considérait d’autres conquêtes sociales comme faisant partie des droits humains. Parmi elles, le droit du monde du travail à contrôler non seulement son travail, mais aussi le produit de son travail. Le droit à l’émancipation des esclaves transforma ces derniers en individus libres salariés, unis, selon lui, par des liens fraternels avec les autres membres de la classe laborieuse, indépendamment de la couleur de leur peau. L’ambition de rendre l’esclave libre et celle de faire du travailleur , qu’il soit blanc ou noir , le maître non seulement de son travail, mais aussi du produit de son travail, étaient aussi révolutionnaires l’une que l’autre.

 

La première faisait de l’esclave un individu libre et propriétaire de son travail, tandis que la seconde rendait la classe laborieuse maîtresse du produit de son travail. Lincoln tenait à ces deux aspects de l’émancipation. Or le second est totalement absent dans le film. Il est ignoré. J’utilise délibérément le terme « ignoré » plutôt qu’« occulté », car il est tout à fait possible que les auteurs du film ou du livre dont il s’inspire ne connaissent même pas la véritable histoire d’Abraham Lincoln.

 

La guerre froide, qui perdure dans le monde culturel - y compris universitaire - des Etats-Unis et la domination écrasante de ce que l’on nomme là-bas la corporate class (à savoir la classe des propriétaires et des fondés de pouvoir du grand capital) sur la vie non seulement économique, mais aussi civique et culturelle, explique que l’histoire officielle des Etats-Unis enseignée à l’école et dans les universités soit fortement biaisée. Elle est purifiée de toute « contamination » idéologique liée au mouvement ouvrier, qu’il s’agisse du socialisme, du communisme ou de l’anarchisme.

 

La vaste majorité des étudiants américains, y compris ceux des universités les plus prestigieuses, ignorent que la fête du 1er mai, célébrée à travers le monde en tant que Journée mondiale du travail, rend hommage aux syndicalistes américains morts en défendant la journée de huit heures (au lieu de douze). C’est cette victoire qui permit de porter avec succès cette revendication dans la plupart des pays du monde. Or aux Etats-Unis, le premier mai, outre qu’il n’est pas férié, est le jour dit de la loi et de l’ordre, Law and Order Day  (lire l’ouvrage « A People’s History of the United States » de Howard Zinn). La véritable histoire des Etats-Unis est fort différente de la version officielle promue par les structures de pouvoir étatsuniennes.

 

Des sympathies politiques ignorées et/ou occultées

 

Lincoln, lorsqu’il était membre de la Chambre des représentants de son Etat (l’Illinois), sympathisait avec les revendications socialistes du mouvement ouvrier, non seulement américain, mais aussi international. Pour lui, le droit des travailleurs à contrôler le produit de leur travail était un droit humain, ce qui constituait à l’époque – et constitue encore aujourd’hui – une position tout à fait révolutionnaire. Or ni le film ni la culture dominante aux Etats-Unis n’en font état. Cet aspect a été opportunément oublié par les appareils idéologiques de l’Establishment américain contrôlés par la corporate class.

 

En réalité, Lincoln considérait l’esclavage comme la domination suprême du capital sur le travail. Son opposition aux structures de pouvoir des Etats du Sud s’expliquait justement par le fait qu’elles représentaient pour lui les piliers d’un régime économique fondé sur l’exploitation absolue des travailleurs. Il voyait ainsi dans l’abolition de l’esclavage la libération non seulement de la population noire, mais de tous les travailleurs, y compris ceux appartenant à la classe laborieuse blanche, dont le racisme allait selon lui à l’encontre de ses propres intérêts.

 

Pour Lincoln, « le travail précède le capital. Le capital est seulement le fruit du travail et il n’aurait jamais pu exister si le monde du travail n’avait tout d’abord existé. Le travail est supérieur au capital et mérite donc une plus grande considération (…). Dans la situation actuelle, c’est le capital qui détient tout le pouvoir et il faut renverser ce déséquilibre ». Il n’aura pas échappé aux lecteurs des écrits de Karl Marx, contemporain d’Abraham Lincoln, que certaines de ces phrases sont très proches de celles utilisées par le penseur allemand dans son analyse de la relation capital/travail au sein d’un système capitaliste.

 

Nombre de lecteurs seront en revanche surpris d’apprendre que l’oeuvre de Karl Marx a influencé Abraham Lincoln, comme le montre de manière très détaillée le journaliste et écrivain John Nichols dans son excellent article intitulé « Reading Karl Marx with Abraham Lincoln Utopian socialists, German communists and other republicans », publié dans Political Affairs du 27 novembre 2012 et dont sont extraites les citations et la plupart des éléments figurant dans le présent article.

 

Les écrits de Karl Marx étaient connus des intellectuels, tel Lincoln, qui se montraient très critiques vis-à-vis de la situation politique et économique des Etats-Unis. Marx écrivait régulièrement dans The New York Tribune, le journal intellectuel le plus influent dans le pays à cette époque. Son directeur, Horace Greeley, se considérait comme socialiste. Il admirait Karl Marx à qui il proposa de rédiger des chroniques dans son journal.

 

The New York Tribune comptait d’ailleurs parmi ses collaborateurs un grand nombre de militants allemands qui avaient fui les persécutions pratiquées dans leur pays d’origine. Il s’agissait à l’époque d’une Allemagne fortement agitée, avec la naissance d’un mouvement ouvrier remettant en cause l’ordre économique existant. Certains de ces immigrés allemands (connus aux Etats-Unis, à cette époque, sous le nom de « Républicains rouges ») luttèrent ensuite au côté des troupes fédérales commandées par le président Lincoln pendant la guerre de Sécession.

 

Greely et Lincoln étaient amis. Greeley et son journal soutinrent dès le départ la carrière politique de Lincoln. Ce fut d’ailleurs Greeley qui lui conseilla de se porter candidat à la présidence du pays. De plus, de nombreux éléments indiquent que Lincoln était un fervent lecteur du New York Tribune. Lors de sa campagne électorale pour la présidence des Etats-Unis, il proposa à plusieurs « Républicains rouges » d’intégrer son équipe. Auparavant déjà, en tant que membre du Congrès représentant les citoyens de Springfield, dans l’Etat de l’Illinois, il s’était fréquemment montré solidaire des mouvements révolutionnaires d’Europe, en particulier de Hongrie, en signant des documents témoignant de son soutien.

 

Au côté des travailleurs des Etats Unis et du monde entier

 

Loin d’être fortuite, la connaissance qu’avait Lincoln des traditions révolutionnaires de l’époque résultait de sa sympathie pour le mouvement ouvrier international et ses institutions. Il encouragea ainsi les travailleurs des Etats-Unis à organiser et à mettre sur pied des syndicats, y compris au cours de son mandat de président, ce qui explique qu’il fut nommé membre honoraire de plusieurs d’entre eux. Aux syndicats de New York, il déclara : « Vous avez compris mieux que quiconque que la lutte contre l’esclavage vise à émanciper le monde du travail, c’est-à-dire tous les travailleurs. La libération des esclaves du Sud et celle des travailleurs du Nord ne sont qu’un seul et même combat ». Pendant la campagne électorale, Lincoln adopta une posture anti-esclavagiste, précisant sans équivoque que l’émancipation des esclaves permettrait aux travailleurs de réclamer des salaires leur offrant une vie décente et digne, contribuant ainsi à augmenter la rémunération de tous les travailleurs, qu’ils soient noirs ou blancs.

 

Dans leurs textes, Marx comme Engels relatèrent avec enthousiasme la campagne de Lincoln au moment où tous deux préparaient la Première Internationale ouvrière. Au cours de l’une des sessions, ils proposèrent d’ailleurs à l’Internationale d’envoyer une lettre au président Lincoln afin de le féliciter pour son attitude et sa position. Dans cette lettre, la Première Internationale félicitait le peuple des Etats-Unis et son président pour avoir, en abolissant l’esclavage, favorisé l’émancipation de l’ensemble de la classe laborieuse, non seulement étatsunienne, mais aussi mondiale.

 

Dans sa réponse, Lincoln remercia la première internationale pour sa lettre et affirma qu’il faisait grand cas du soutien des travailleurs du monde entier à ses politiques. Son ton cordial ne manqua pas de provoquer une certaine panique parmi les membres de l’Establishment économique, financier et politique des deux côtés de l’Atlantique.

 

Au niveau international, il semblait évident que, comme l’indiqua ultérieurement le dirigeant socialiste américain Eugene Victor Debs au cours de sa propre campagne électorale, « Lincoln avait été un révolutionnaire et, aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Parti républicain avait assumé par le passé une tonalité rouge ».

 

Une révolution démocratique avortée

 

Il va sans dire qu’aucun de ces éléments n’est relaté dans le film Lincoln, et qu’ils restent peu connus aux Etats-Unis. Mais, comme l’indiquent John Nichols et Robin Blackburn (autres auteurs ayant beaucoup écrit au sujet de Lincoln et de Marx), pour saisir le personnage de Lincoln, il est indispensable de comprendre l’époque et le contexte dans lesquels il a vécu.

 

Lincoln n’était pas marxiste, terme utilisé à l’excès dans l’historiographie et dénoncé par Marx lui-même. Il souhaitait non pas éradiquer le capitalisme, mais corriger l’immense déséquilibre entre capital et travail inhérent à ce système. Reste qu’il fut sans aucun doute fortement influencé par Marx et par d’autres penseurs socialistes avec lesquels il partagea des désirs immédiats, affichant une sympathie pour leurs opinions et adoptant une position très radicale dans son engagement démocratique. En ignorant ces faits, le film Lincoln déforme ainsi l’histoire.

 

Il est indéniable que Lincoln fut une personnalité complexe et ambiguë. Mais il existe dans ses discours des preuves écrites et sans équivoque des sympathies qu’il entretenait. De plus, les vifs débats qui animaient les gauches européennes avaient cours également dans les cercles progressistes des Etats-Unis. En réalité, ce sont les socialistes utopiques allemands, dont une grande partie s’était réfugiée dans l’Illinois après avoir fui la répression européenne, qui eurent le plus d’influence sur Lincoln.

 

Le communalisme qui caractérisait ces socialistes influença la conception de la démocratie de Lincoln. Il la considérait comme la conduite des institutions politiques par le peuple, un peuple dont les classes populaires constituaient la majorité.

 

Sa célèbre formule « la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple » , devenue une magnifique maxime démocratique connue dans le monde entier, pointe sans équivoque l’impossibilité de faire triompher une démocratie du peuple et pour le peuple si elle n’est pas mise en oeuvre par le peuple lui-même.

 

C’est pourquoi Lincoln voyait dans l’émancipation des esclaves et des travailleurs des éléments indispensables à cette démocratisation. Sa vision de l’égalité était nécessairement en contradiction avec la domination des institutions politiques par le capital. Pour preuve, la situation actuelle aux Etats-Unis que je détaille dans mon article « Ce qui n’a pas été dit dans les médias sur les élections aux Etats-Unis » dans Publico du 13 novembre 2012). Aujourd’hui, c’est la corporate class qui contrôle les institutions politiques du pays.

 

Dernières observations, et un souhait

 

Je répète qu’aucun de ces faits n’est relaté dans le film. Après tout, Spielberg n’est pas Pontecorvo, et le climat intellectuel aux Etats-Unis porte encore les stigmates de la guerre froide. « Socialisme » demeure un terme négativement connoté dans l’Establishment culturel du pays. Et, sur les terres de Lincoln, le projet démocratique qu’il avait rêvé n’est jamais devenu réalité du fait de l’influence considérable du pouvoir du capital sur les institutions démocratiques, une influence qui a muselé l’expression démocratique aux Etats-Unis.

 

Terrible ironie de l’histoire : le Parti républicain est devenu l’instrument politique le plus agressif au service du capital.

 

Je serais reconnaissant à celles et ceux qui trouveront cet article intéressant de bien vouloir le diffuser le plus largement possible. Y compris auprès des critiques de cinéma qui, dans le cadre de la promotion du film, ne diront pas un mot de cet autre Lincoln méconnu dans son propre pays et dans bien d’autres. L’un des fondateurs du mouvement révolutionnaire démocratique n’est même pas reconnu comme tel. L’abolition de l’esclavage a constitué une grande victoire qui mérite d’être célébrée. Mais l’action de Lincoln ne s’y réduit pas. Et de cela nul ne parle.

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:20

 

L’accord inter professionnel entre le MEDEF et la CFDT, un point d’appui pour une offensive réactionnaire contre les droits sociaux

 

Par Robert Duguet

 

"Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit" Lacordaire.

 

La réunion du 31 janvier 2013 des militants de Gauche Unitaire d’Ile de France a été consacrée à l’accord interprofessionnel frauduleusement intitulé « sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi ». L’introduction a été faite par Claude Debons. Le style du texte officiel ayant été écrit dans une langue de bois propre à tromper ses lecteurs, le rapporteur a su présenter dans un langage clair ce que recèle le texte. Nous en faisons un petit compte-rendu.  

 

C’est un accord complexe avec un tas de dérogations particulières qui vont placer les parlementaires de la majorité politique en face d’une vraie difficulté, quel que soit leur avis sur la philosophie générale du texte. Il faut naturellement replacer cet accord dans le cadre de l’offensive néo libérale contre les droits du travail. Le credo néo libéral défendu par le bourrage de crâne des grands médias tourne autour de deux points :

 

Il faut réduire les déficits publics.

 

Il faut réformer le marché du travail, c’est-à-dire remettre en cause les rigidités, autrement dit ce qui dans la loi et le droit permet aux salariés de se défendre contre le capital.

 

Côté patronat : l’accord généralise la flexibilité du travail et introduit une limitation des possibilités de recours, devant la justice prudhommale en particulier. Côté salariat : l’accord fait passer son caractère fondamentalement nocif sur la flexibilité en donnant en pâture une complémentaire santé, ce qui bien entendu n’est pas négatif.

 

Toutefois en contrepartie c’est l’employeur qui choisit la mutuelle. De plus la méthode de financement de la complémentaire aboutira à faire entrer dans les caisses du patronat quarante millions d’euros…

 

Désormais ce sont les accords d’entreprise qui s’imposeront, dès lors où cinquante pour cent du personnel l’ont ratifié. Celui qui ne sera pas d’accord avec un accord majoritaire ne bénéficiera d’aucun moyen de recours. Il sera contraint de prendre la porte de l’entreprise. Par ailleurs il n’y aura plus de règlementation pour les délais de transport ou d’éloignement géographique, aujourd’hui définis par la loi.

 

En ce qui concerne les procédures de licenciement pour les petites entreprises, elles étaient soumises à la loi. Le MEDEF les subordonne à l’accord d’entreprise, si celui-ci n’est pas adopté par un accord majoritaire associant le personnel, le patronat demandera à l’administration d’homologuer le plan. Aujourd’hui les prudhommes rendent des jugements à 80% favorable au salariat, là il s’agira de réduire considérablement le temps au cours duquel un recours peut être déposé en justice prudhommale (généralement on passera de cinq à deux ans).

 

Point de vue global sur l’accord :

 

Sa légitimité est faible. Même si trois organisations l’ont ratifié, en quantité de voix dans les élections

professionnelles ce sera une faiblesse de représentation.

 

Cet accord va vraisemblablement poser un problème à la majorité politique, puisque le législateur n’aura plus son mot à dire. Avalisé par le parlement cela représenterait une vraie rupture dans la tradition républicaine de la France.

 

Quelle alternative peut-on opposer à cet accord ? Pour l’instant la CGT n’a pas mis à profit son opposition dans la période. Pour l’instant le Front de Gauche n’a pas élaboré de stratégie de riposte. Alors que nous avons à notre disposition tous les ingrédients de ce qui pourrait être une alternative politique. Il y a matière à ouvrir des brèches dans la majorité actuelle.



Dans la discussion, nous avons souligné que les quatre pages diffusées par la CGT montrent bien que les avancées sont mineures. Par ailleurs la CGT est essentiellement tournée vers la préparation de son congrès en mars. Le rapport d’orientation soutient le bilan de Thibaut et avance que nous avons gagné la bataille des retraites. FO est prise entre la politique de l’UMP et le POI. Certes la position de la confédération est formellement claire :

 

« Nous considérons en effet que cet accord est destructeur de droits pour les salariés. Les avancées annoncées sont aléatoires ou tout de suite contournées. »



De fait, le patronat a une voie royale. Dans des accords particuliers de branche on constate que Mailly arbitre sous la pression de l’UMP. Les appareils syndicaux qui sont sensés s’opposer à l’accord sont traversés aujourd’hui par de profondes divisions internes. Sur le plan politique on peut observer le courant Gauche Avenir de Lienemann résiste. Quant à la CFDT, elle n’a plus d’opposition interne. Elle est sur une ligne de dérive idéologique : le capitalisme a changé, il faut s’adapter. Les partenaires sociaux doivent négocier de manière autonome, telle est sa philosophie. Toutefois la situation sociale fait apparaitre un potentiel de résistance dans le pays. Est-ce que cela se traduira dans la majorité politique ?



Claude Debons conclut en disant que cet accord entre de plein pied dans la question sociale alors que les problèmes sociétaux (mariage pour tous) ou même l’engagement du gouvernement dans la guerre au Mali, avaient quelque peu fait passer celle-ci au second plan. Cela réémerge dans un contexte de division syndicale. La question de la perspective politique redevient centrale.

 

Un commentaire personnel : cet accord essentiellement passé entre le patronat et la CFDT contient en arrière-plan une philosophie politique qui nous rappelle, à nous militants qui avons quelque peu réfléchi sur l’histoire sociale, de très mauvais souvenirs. Un accord interprofessionnel où le salarié se trouve associé au patronat, où il vote des réductions de salaire, la liquidation d’une fraction du personnel au nom de la compétitivité de l’entreprise et s’il n’est pas d’accord se voit signifier sa propre liquidation, en raison du fait que plus aucune institution de recours ne peut lui permettre de défendre ses droits, cela porte un nom. C’est le corporatisme. C’est la charte du travail. C’est la remise en cause de l’indépendance des organisations syndicales ouvrières. Si ce texte était adopté il représenterait une rupture fondamentale dans la tradition républicaine de la France. La majorité politique va-t-elle accepter d’aller jusque-là ? Oui, nous avons rappelé en exergue la belle phrase de Lacordaire : "Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit".

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 19:09

 

 

http://www.gauchemip.org/spip.php?article20286  

 

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/300113/faire-du-front-de-gauche-un-veritable-mouvement-politique

 

Militantes, militants du Front De Gauche, nous souhaitons que se mettent en place sans tarder à tous les niveaux, à commencer par les localités et les entreprises, des modes de fonctionnement associatifs et participatifs à la base

 

Le Front De Gauche est devenu le point de ralliement de tous celles et ceux qui entendent briser l’emprise destructrice du néolibéralisme et ouvrir une perspective sociale et écologique en rupture avec lui. Il s’est constitué au sommet, comme une alliance entre partis et organisations. S’il veut s’affirmer dans le temps comme une vraie force politique, il doit aussi maintenant s’enraciner à la base.

 

Le Front De Gauche doit associer tous ceux, membres ou non d’un parti, qui se sont retrouvés en lui au cours des deux campagnes électorales et qui sont désormais engagés à militer ensemble, à prendre ensemble l’initiative au jour le jour. Il doit inventer les formes capables d’assurer une dynamique durable, fondée sur la confiance partagée, l’égalité des droits et devoirs, sur un esprit de communauté politique, en même temps que sur le respect du rôle et de l’identité des partis et organisations qu’il regroupe, et dans une recherche constante de dialogue avec les mouvements sociaux.

 

D’ores et déjà, au niveau local, des expériences diverses ont commencé à s’ébaucher qui témoignent dans de nombreux endroits de la volonté partagée de faire du Front de gauche un véritable mouvement politique. Le Conseil national du Front De Gauche, réuni le 8 décembre 2012, a décidé d’élargir sa composition jusqu’à compter cinquante pour cent de personnes non membres d’une organisation politique. Il donne en ce sens un signal fort qui prend acte de cette nécessité.

 

La campagne contre les politiques d’austérité doit être l’occasion d’amplifier cette dynamique en permettant à la base un travail en commun de toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans le Front De Gauche.

 

Militantes, militants du Front De Gauche, nous souhaitons que se mettent en place sans tarder à tous les niveaux, à commencer par les localités et les entreprises, des modes de fonctionnement associatifs et participatifs à la base, qui permettent l’engagement commun de tous ceux et celles qui se reconnaissent dans son orientation politique.

 

Premiers signataires : Jacques Bidet, Jean-Michel Drevon, Janette Habel, Razmig Keucheyan, Pierre Khalfa, Roger Martelli, Evelyne Sire-Marin, Christophe Aguiton, Nils Anderson, Paul Bouffartigue, Jacques Cossart, Claude Debons, Bernard Defaix, Jean Ducange, Olivier Frachon, Richard Lagache, Françoise Laroche, Stéphane Lavignotte, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Jean Lojkine, Myriam Martin, Jean-René Pendariès, Aline Pénitot, Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, Jacques Rigaudiat, Michèle Riot-Sarcey, Jean-Pierre Terrail, Catherine Tricot, Marcel Trillat, Marie-Christine Vergiat, Dominique Vidal, Louis Weber, Serge Wolikow. 

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 18:54

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’une biographie de Daniel Bensaïd.

 

Le message est consultable en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer


http://www.danielbensaid.org/Daniel-ou-l-avenir-du-passe?lang=fr

 

Daniel où l’avenir du passé

 

Par Nicole Lapierre

 

L’embrasement de mai 1968

 

La vraie vie se passait en dehors de l’École, dans cette université située entre bidonvilles et terrains vagues d’où étaient régulièrement chassés les fascistes d’Occident, les manifestations contre la guerre du Vietnam, les débats de l’Unef et les nombreuses réunions de la JCR. La rentrée suivante fut marquée par la mort du Che en Bolivie. En Italie, en Allemagne et ailleurs, le mouvement étudiant prenait de l’ampleur, le fond de l’air était internationaliste et solidaire contre l’impérialisme.

 

Le 21 mars 1968, Xavier Langlade, militant de la JCR à Nanterre, fut arrêté lors d’une manifestation contre le siège d’American Express. Le lendemain, à la fac, la protestation enfla jusqu’à l’occupation de la salle du conseil du doyen, le mouvement du 22 mars était lancé. La pression monta en avril, Martin Luther King fut assassiné à Memphis, Rudi Dutschke fut victime d’un attentat à Berlin. Manifestations et meetings se sont multipliés jusqu’à l’embrasement et la grève générale des mois de mai et juin.

 

La chronologie des événements de Mai a été maintes fois racontée. Daniel, comme beaucoup d’autres, a vécu ce mois effervescent au jour le jour, courant de manif en réunion « dans une confusion comparable à celle de Fabrice à Waterloo » dit-il, non sans auto-ironie. On connaît aussi l’épilogue. Fin juin la JCR et d’autres organisations furent dissoutes et plusieurs dirigeants, dont Alain Krivine, se retrouvèrent à la prison de la Santé.

 

Daniel Bensaïd et Henri Weber, cachés chez Marguerite Duras rue Saint Benoît, écrivaient à chaud et marche forcée un livre sur les événements, promis à François Maspero. Son titre, "Mai 1968, répétition générale", dit l’état d’esprit d’alors, quand la révolution semblait se préparer et qu’un célèbre mot d’ordre appelait à « créer un, deux, trois, plusieurs Vietnam ! ».

 

Dans la foulée, Daniel qui avait proposé comme sujet de maîtrise « La notion de crise révolutionnaire chez Lénine» au très compréhensif Henri Lefevbre (il avait également accepté ma « Théorie léniniste de l’organisation »…) lui remettait son mémoire. Un salmigondis d’époque, d’inspiration lukacsienne, mâtiné de Freud, de Lacan, de Greimas, mais révélateur néanmoins : contre le règne althussérien des structures objectives, il réhabilitait le rôle subjectif de l’avant-garde consciente.

 

Soleil et cendres

 

La question du rapport entre avant-garde et parti de masse était classique et récurrente. Il me semble qu’elle n’a jamais été seulement théorique pour Daniel et qu’au fond de lui, il vivait une tension entre la nostalgie de l’univers populaire du PC qui avait entouré sa jeunesse toulousaine et la tentation de l’accélération gauchiste. Celle qu’il défendit dans un texte préparatoire au troisième congrès de la Ligue communiste (le bulletin intérieur ou BI 30) intitulé « Le problème du pouvoir est posé ? Posons-nous le ! » C’était pour le moins prématuré.

 

Les signes allaient, durement, dans le sens du reflux ici, de la répression ailleurs. En février 1972, le militant maoïste Pierre Overney était abattu par un vigile devant Renault-Billancourt, ses obsèques « furent une sorte d’apothéose mélancolique et d’adieu aux illusions lyriques ». Le 21 juin de l’année suivante, après une manifestation violente contre un meeting raciste d’Ordre nouveau à la Mutualité, la Ligue fut dissoute. Elle ne disparut certes pas pour autant et les risques pris étaient sans commune mesure avec ce qui se passait en Amérique latine.

 

En septembre 1973, le coup d’État de Pinochet fracassait bien des espoirs. Le mois suivant, Daniel débarquait à Buenos Aires, envoyé défendre la position majoritaire de la quatrième internationale en faveur de la lutte armée. La fuite en avant de ces petits groupes de militants armés jetés dans la clandestinité fut une tragédie, bien peu échappèrent à la torture et à la mort. Erreurs et douleurs de l’Argentine lui ont laissé un goût de cendres. Et aussi, dit-il, un sentiment de dette à l’égard des vaincus « qui dicte l’impératif de continuer, de ne pas renoncer au moindre bobo, de ne pas céder au premier coup de vague à l’âme. »

 

Continuer, oui, mais avec quelle stratégie ? Les résultats de la candidature d’Alain Krivine et de la campagne électorale de 1974 furent décevants et si le lancement de Rouge quotidien dans la foulée galvanisa les énergies, son arrêt faute de moyens, en janvier 1979, marqua la fin d’une époque.

 

« L’histoire nous mord la nuque » avait un jour lancé Daniel, la formule avait fait florès, elle n’était plus de circonstance. En France comme en Europe, « au seuil des années 1980, il était clair que la lutte finale n’était pas pour demain, ni même pour après-demain. » Ailleurs, toutefois, des perspectives semblaient se dessiner : au sortir de la dictature, entre luttes syndicales, grèves ouvrières, révoltes agraires et agitation étudiante, un mouvement se déployait au Brésil. De 1980 à 1990, entre ses cours à l’université de Saint-Denis, l’édition mensuelle d’Inprecor (la revue de la quatrième internationale) et les réunions de la direction de la « Quatre » à Bruxelles, Daniel y fit deux à trois séjours par an. Il y retrouvait les camarades du groupe Démocratie socialiste qui publiaient le journal Em Tempo. Autant ses souvenirs de l’Argentine étaient crépusculaires, autant ceux de Rio, de Belo Horizonte et de Porto Alegre étaient solaires.

 

Il raconte avec jubilation comment il a passé « des heures et des jours à palabrer avec des groupes minuscules, émergeant péniblement de leur hibernation dictatoriale et à suivre l’éclosion prometteuse du Parti des travailleurs. » Là, un parti de masse naissait, des possibles s’ouvraient, vastes comme ce pays continent dont il aimait les musiques et les saveurs, où il a noué de solides amitiés, mais où, longtemps, il n’a pu retourner.

 

La lente impatience

 

Le début de la décennie suivante fut assombri par l’annonce de sa maladie. L’époque, en Europe, n’était pas non plus à l’embellie. Le capitalisme prétendait régner sans partage tandis que le socialisme semblait disqualifié. Daniel vécut dès lors dans une tension paradoxale des temps dont il fit une discordance créative.

 

D’un côté, le SIDA qui menaçait d’abréger sa vie : « Se savoir mortel est une chose. Une autre est d’en faire l’expérience et d’y croire pour de bon. Les proportions et les perspectives temporelles s’en trouvent modifiées. Les spéculations sur le lointain deviennent futiles. Le présent revêt au contraire de nouveaux reliefs. Il atteint à une sorte de plénitude. On cherche à vivre dans l’instant, selon l’inspiration et l’envie. »

 

De l’autre, les vents contraires et l’évidence qu’il s’agissait désormais de sauver l’essentiel, les idées de socialisme et de révolution, menacées par la débâcle du stalinisme. Il importait, pensait-il, de tenir, de savoir attendre, de continuer à militer, quand nombreux étaient ceux qui s’éloignaient ou renonçaient.

 

D’un côté, la morsure de l’urgence et le court terme menaçant, de l’autre, la lente impatience, la conscience qu’il fallait apprendre la durée, réinventer l’espérance, parier sur l’incertitude des possibles.

 

Apprendre la durée, c’était renouer avec une certaine tradition juive attachée à la mémoire des vaincus et fidèle aux espérances des perdants. Une tradition atypique, hétérodoxe, dont les hautes figures conjuguaient révolte hérétique et rationalité messianique. Contre le prétendu sens de l’histoire qui noyait toute véritable responsabilité dans son temps mécanique et vide, il fallait affronter l’incertitude, penser l’effraction de l’événement, assumer l’inquiétude du présent et l’obligation contractée à l’égard des attentes du passé.

 

Ce fut la rencontre de Walter Benjamin et, avec lui, de toute une constellation, de Blanqui à Péguy (ce dernier retrouvé après les lointaines lectures conseillées par le professeur de français maurassien qui l’avait pris en affection), puis de Péguy à Sorel et à Bernard Lazare. Puisque l’horizon était plombé, il fallait prendre la liberté de chercher sur des voies de traverses, sur la « piste marrane » ou celle des hérésies populaires derrière l’insoumission de Jeanne.

 

Prendre, aussi, la liberté d’écrire autrement et autre chose que des textes d’intervention politique. Daniel était un littéraire avant d’être un philosophe, il avait le sens de la forme, le goût de l’écriture, l’appétence pour le texte autant que pour le concept.

 

En trois ans, dans un moment de bascule douloureux, il écrivit trois livres profondément originaux et inspirés. Deux d’entre eux étaient consacrés à des figures féminines rebelles, la révolution incarnée en verte bicentenaire au verbe intransigeant (« Moi, la révolution, remembrances d’un bicentenaire indigne », 1989) et Jeanne, la pucelle indocile (« Jeanne, de guerre lasse » en 1991) autour de laquelle rôde la mort. Textes magnifiques, un peu ventriloques sans doute, comme le troisième, à l’unisson de Walter Benjamin, de son écriture fragmentaire, de ses fulgurances et de son sens du tragique (« Walter Benjamin, sentinelle messianique » 1990).

 

Une lecture déniaisée de Marx

 

Sauver les idées, c’était d’abord et avant tout revisiter Marx, le sortir de la gangue doctrinaire qui l’avait fossilisé, l’extraire de la vulgate et des innombrables commentaires, revenir aux textes et interroger leur actualité. Pendant plusieurs années, avec un groupe d’étudiants assidus de Paris VIII, Daniel a relu et analysé le Capital, les Grundisse et les Théories sur la plus value, accumulant quantité de notes dans de gros cahiers cartonnés.

 

Cette « lecture déniaisée de Marx » a abouti, en 1995, à deux livres importants, « La discordance des temps » et « Marx l’intempestif ». Chez l’auteur du Capital, il aimait que « l’ordre du concept s’incorpore à l’ordre charnel du combat » avec ses choix raisonnés misant sur l’ouverture des possibles. Il n’a cessé d’y revenir, obstinément, de livre en livre, avec « Le pari mélancolique » en 1997, « L’éloge de la résistance à l’air du temps » en 1998 et bien d’autres encore, un chaque année, voire deux, n’hésitant pas à changer de forme, comme dans le savoureux « Résistances, essai de taupologie générale », illustré par Wiaz ou encore le pédagogique « Marx, mode d’emploi », illustré par Charb.

 

On le voyait parfois affaibli et las, mais il poursuivait entêté, attachant, forçant l’admiration sans jamais la chercher. Il allait, quoi qu’il en coûte, donner ses cours à Saint-Denis le jeudi. Il animait les « sociétés discrètes », ces cercles de débat amical et théorique qu’il avait contribué à créer : la Société Pour la Résistance à l’Air du Temps (SPRAT) et plus tard, la Société Louise Michel. Sans compter d’innombrables articles, notamment pour la revue Contretemps, qu’il avait fondée en 2001 ou ses interventions dans les universités d’été de la LCR puis du NPA, jusqu’à la dernière, à l’automne 2009, quand la maladie commençait à gagner.

 

Le pari de l’engagement se teintait de mélancolie par gros temps et n’excluait pas les doutes. Daniel s’est parfois demandé si la politique était vraiment « son genre » ou la philosophie sa vocation. Il n’avait aucun doute, en revanche, sur la nécessité de militer pour changer le monde, sur la fidélité relayant les résistances anciennes, celles des hérétiques de toutes contrées ou celles des habitués du Bar des amis. L’avant-dernier chapitre d’« Une lente impatience » s’intitule « Fin et suite », comme un clin d’œil et une invite à poursuivre. Car, selon Paul Valéry, qu’il citait volontiers : « c’est en quelque sorte l’avenir du passé qui est en question. »

 

Juin 2012

 

Nicole Lapierre, socio-anthropologue. A fait la connaissance de Daniel en 1967, en philosophie à l’université de Nanterre et à la JCR. A publié son autobiographie, Une lente impatience (2004), dans la collection « Un ordre d’idées », qu’elle dirige chez Stock

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 19:12

 

Pétrole contre nourriture : l’accusation ne tient pas, dit Pasqua

 

PARIS (Reuters) - L'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua a affirmé mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris que les faits qui lui sont reprochés dans le volet français du dossier "pétrole contre nourriture" ne tenaient pas "debout une seule minute".

 

Mis en place par l’ONU de 1996 à 2003 en Irak pour assouplir en partie l'embargo visant alors le pays, ce programme a été largement détourné par le régime de Saddam Hussein, impliquant de nombreuses sociétés et personnalités dans plusieurs pays.

 

Renvoyé en correctionnelle pour "trafic d'influence passif" et "corruption d'agents publics étrangers", l'ex-sénateur français est soupçonné d'avoir reçu du régime irakien des allocations pour onze millions de barils de pétrole entre 1999 et 2000 en remerciement d'actions favorables au pays.

 

Les opérations de récupération de ces allocations et de revente des barils auraient été menées par son conseiller diplomatique de l'époque, Bernard Guillet, également entendu mercredi.

 

Charles Pasqua, contre qui le parquet avait requis un non-lieu, a toujours nié les faits, et conteste avoir appartenu à un lobby pro-Irak. Il encourt jusqu'à dix ans d'emprisonnement et cent cinquante mille euros d'amende.

 

"Ça ne tient pas debout une seule minute", a-t-il dit mercredi soir devant la onzième chambre du tribunal correctionnel de Paris.

 

"Moi je suis un serviteur de l'Etat (...) l'argent n'a jamais été pour moi la valeur essentielle", a-t-il ajouté. "On ne peut pas me présenter comme allocataire de barils de pétrole. Je n'ai rien reçu du tout."

 

Le programme "pétrole contre nourriture" avait pour objectif de soulager les souffrances du peuple irakien en permettant à Bagdad de vendre une partie de son pétrole malgré l'embargo imposé après la première guerre du Golfe sur l'intégralité de son commerce extérieur.

 

Les revenus des deux tiers de ces ventes, placés dans un compte séquestre administré par l'ONU à New York, devaient servir à l'achat de fournitures humanitaires et de biens d'équipement. Le reste devait dédommager le Koweït après la guerre.

 

RÉCEPTION DE TAREK AZIZ EN 1993

 

Mais un rapport de l'ancien chef de la réserve fédérale américaine Paul Volcker révélait en 2005 un vaste système de détournement de ce programme par le régime de Saddam Hussein, lui permettant de détourner un milliard huit cent millions de dollars.

 

Deux mécanismes étaient mis à jour dans le rapport Volcker : l'exigence de paiements supplémentaires, ou "surcharges", et l'allocation de bons de pétrole à des personnalités jugées "amis" en contrepartie d'un lobbying pour la levée de l'embargo.

 

Les allocataires présumés, dont le rapport de l'ONU dressait une liste dans laquelle figurait le nom de Charles Pasqua, agissaient sous couvert de sociétés agréées. Ils bénéficiaient de commissions de 0,02 à 0,08 dollar par baril lors de leur revente.

 

L'ancien ministre de l'Intérieur est poursuivi en sa qualité de président du conseil général des Hauts-de-Seine de 1988 à 2004. Selon l'instruction, Charles Pasqua a noué des liens étroits avec le régime irakien dès 1993, et était considéré par ses dirigeants comme un ami.

 

Pour étayer ce propos, l' accusation s'appuie notamment sur sa réception, en octobre 1993, au Conseil général des Hauts-de-Seine, du vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz.

 

Charles Pasqua est soupçonné d'avoir perçu des allocations de barils de pétrole en remerciement de cette réception, entre autres.

 

L'ancien ministre d' Etat, qui rappelle ne jamais avoir été en Irak, a dit ne pas être étonné que le régime irakien ait pu avoir cette idée, mais nie avoir été approché à ce sujet et estime avoir été victime d'une usurpation d'identité.

 

D'après son conseiller diplomatique, le régime irakien a bien eu l'intention de lui octroyer une allocation de pétrole, demande à laquelle Bernard Guillet n'aurait toutefois pas donné suite.

 

Interrogé avant Charles Pasqua, ce dernier a dit regretter d'avoir "embarqué" le ministre dans cette affaire, sans donner plus de précisions. "J'ai été lâche", a-t-il dit mercredi.

 

Le procès, qui s'intéressera la semaine prochaine à la société Total, ainsi qu'à plusieurs de ses anciens cadres, et à son actuel PDG Christophe de Margerie, doit durer jusqu'au 20 février.

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 18:59

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article133148

 

Rassemblement à Paris en soutien de la libération de Nadir Dendoune

 

Vendredi Premier Février 2013

 

Le comité de soutien pour la libération de Nadir Dendoune appelle à un rassemblement à Paris, à la Fontaine des Innocents, Vendredi Premier Février 2013 à 17 heures 30.

 

Neuf jours, déjà, que notre confrère et ami Nadir Dendoune est détenu à Bagdad, où il a été arrêté dans l’exercice de son métier, alors qu’il réalisait un reportage sur les dix ans de l’invasion américaine en Irak. Parti avec un visa presse en bonne et due forme, muni d’une accréditation du Monde Diplomatique, il aurait du revenir mercredi. Il avait donné rendez-vous jeudi à ses proches pour une projection de son film, Palestine, à l’Institut du monde arabe, à Paris. La projection a bien eu lieu sans lui. Dans l’auditorium de l’IMA, avant de laisser place à ses images des territoires occupés, le comité de soutien pour sa libération a donné, lors d’une conférence de presse, des informations malheureusement parcellaires et plutôt préoccupantes sur le sort du journaliste emprisonné sans motif officiel.

 

Première source d’inquiétude, Nadir n’est pas détenu dans une prison civile, mais dans une caserne, où il se trouve entre les mains de la sécurité militaire, soumis à des interrogatoires quotidiens. Les raisons de son arrestation n’ont pas été signifiées aux autorités françaises, en dépit des demandes répétées de Paris. Il n’a pas été inculpé. La demande de visite des autorités consulaires françaises est restée, jusqu’ici, lettre morte.

 

Reçu jeudi au ministère irakien des Affaires étrangères, le consul de France n’en est ressorti qu’avec une promesse de l’aider à pouvoir exercer son droit de visite. « Il est détenu par des militaires, en dehors de tous les clous du droit, sans avocat. Ce n’est pas rassurant du tout, dans un régime adossé aux USA, pour lequel le profil de Nadir peut être jugé suspect », s’est alarmée la journaliste et productrice Emilie Raffoul, membre du comité de soutien.

 

Les services du Quai d’Orsay, l’ambassade de France à Bagdad multiplient les démarches auprès d’autorités irakiennes peu disertes. Il serait reproché à Nadir d’avoir photographié une usine de traitement d’eau, installation jugée « sensible », dans le quartier de Dora, au sud de Bagdad. Cette usine, Nadir la connaissait. Il avait participé, en 2003, à une chaîne humaine de militants pacifistes pour protéger cet équipement, alors que les bombes américaines allaient pleuvoir sur Bagdad. Il y est retourné, peu avant son arrestation. Il a retrouvé, sur ces lieux, des travailleurs irakiens qu’il avait cotoyé en 2003 et comptait y retourner, les revoir. Jeudi, le porte-parole du ministre irakien de l’intérieur, le général de brigade Saad Maan, interrogé par Associated Press, a de nouveau invoqué cet inconsistant motif des photographies, prises, selon une source policière citée par l’agence, « sans les autorisations officielles nécessaires ».

 

Les autorités irakiennes assurent qu’il est en bonne santé. Information impossible à vérifier : Nadir n’a pu appeler une amie que lundi dernier, cinq jours après son arrestation, pour donner l’alarme. Il affirmait alors partager sa cellule avec vingt huit codétenus. Depuis, plus rien.

 

À Paris, l’ambassade d’Irak, qui a délivré le visa presse au journaliste, semble embarassée par la tournure prise par l’affaire et par les protestations de voix officielles demandant la libération de Nadir. À Bagdad, la partie est autrement plus complexe.

 

« C’est un pouvoir instable, miné par les luttes entre factions. Les relations entre civils et militaires sont compliquées. En Irak, la police et l’armée ressemblent davantage à des milices qu’à des institutions d’Etat », expliquait Alain Gresh, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, lors de la conférence de presse.

 

La mobilisation est à la mesure de l’inquiétude, et les soutiens affluent. Reporters Sans Frontières s’est associé au comité pour la libération de Nadir. Son directeur général, Christophe Deloire, appelle à « exercer les plus fortes pressions pour le sortir de prison ».

 

L’ONG, en association avec ses correspondants irakiens du Journalistic freedom observatory, a fait porter, jeudi, une lettre de protestation au Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki. À Bagdad, le Syndicat national des journalistes irakiens s’est saisi de l’affaire. Selon Patrick Kamenka, de la Fédération internationale des journalistes, ce syndicat aurait reçu l’assurance de pouvoir rendre visite à notre confrère samedi.

 

Le SNJ-CGT, le SNJ, la CFDT journalistes ont tour à tour exigé la libération de notre confrère. Des responsables politiques se sont aussi exprimé en ce sens : le député Pouria Amirshahi (PS), les députés européens Karima Delli (Verts) et Patrick Le Hyaric (Front de gauche), le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, ainsi que de nombreux élus de Seine-Saint-Denis, le département de Nadir. À New York, le Comité pour la protection des journalistes, qui dénonce une « arrestation arbitraire », met en cause les « ambiguïtés » d’une loi irakienne qui a multiplié les obstacles au libre exercice de la profession de journaliste.

 

Nadir Dendoune est un journaliste passionné, engagé, talentueux, à la déontologie irréprochable. Il doit être libéré sans délai. Vendredi, à 17 heures 30, son comité de soutien appelle à un rassemblement à Paris, à la Fontaine des Innocents.

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