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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 16:54

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-parler-de-la-situation-des-turkmenes-irakiens-118201494.html

 

Parler de la situation des turkmènes irakiens

Samedi Premier Juin 2013

Intervention de Gilles Munier à la cinquième conférence des médias turkmènes irakiens à Istanbul, le 18 et le 19 mai 2013

Je remercie les organisateurs de cette conférence de m’avoir invité et donné l’occasion de dire quelques mots.  

Je suis français et connaît assez bien l’Irak pour y avoir effectué environ cent cinquante voyages depuis 1974. J’y ai accompagné des journalistes, des hommes politiques, des universitaires et des hommes d’affaire. J’ai surtout été témoin des malheurs qui se sont abattu sur ce pays, guerre entre l’Iran et l’Irak, première guerre du Golfe, embargo et deuxième guerre du Golfe. Mon dernier voyage a eu lieu en mars 2003, au cours duquel je me suis rendu à Bagdad et à Mossoul avec une délégation française de spécialistes des armes de destruction massive qui ont dénoncé, preuves à l’appui, les mensonges de George W. Bush et de Tony Blair. J’ai quitté Bagdad la veille du bombardement. Depuis, comme journaliste indépendant, je suis quotidiennement l’actualité de l’occupation du pays, ou de sa double occupation, pour être plus précis, ainsi que les activités de la résistance, civile ou armée, et, pour revenir au sujet qui nous concerne tous ici, la volonté des dirigeants de la région autonome du Kurdistan de s’emparer de Kirkouk et de territoires avoisinant gorgés de pétrole, peuplés depuis des siècles par les turkmènes.  

Mon premier passage au pays des turkmènes, appelés généralement en France les turcomans, de 1976. Membre permanent d’une association franco arabe qui entretenait alors de bonnes relations avec l’Irak, j’accompagnai un cadre d’une chambre de commerce de Bretagne, région située à l’ouest de la France, qui souhaitait rencontrer les dirigeants de la région autonome du Kurdistan, nouvellement créée. En visitant Erbil, je n’ai pu que constater que la ville était peuplée, pour une large part, de turkmènes. J’y suis retourné trois fois ensuite et me suis aperçu que la proportion de kurdes allait grandissante, ce qui me semblait tout naturel puisque la ville était en quelque sorte la capitale du Kurdistan irakien. Je ne savais pas, à l’époque, que Saddam Hussein, alors vice président, avait, quelques années plus tôt, autorisé Mustapha Barzani à « kurdiser » Erbil et qu’en dépit de la reprise de la rébellion, soutenue par les Etats-Unis, l’Iran du Chah et Israël, c’est ce qui était arrivé sous la direction des partis et tribus kurdes liés au pouvoir central.  

Quiconque a traversé, comme moi, les ponts sur l’Altun Su ou l’Aq Su à Altun Kopru ou à Tuz Khurmatu, ou est allé  à Tel Afar, s’est aperçu que les noms de lieux et la langue des habitants de la région sont différents d’ailleurs en Irak, qu’une minorité méconnue, les turkmènes, est majoritaire dans toute une partie du pays. Depuis la chute de Bagdad et le déclenchement de conflits ethniques et religieux, grâce à internet, et malheureusement aux attentats et aux massacres dont sont victimes les irakiens, les médias font parfois mention des turkmènes, on en sait plus, dans le monde, sur les turkmènes irakiens. En Belgique, l’Association des Amitiés Europe Turkmènes et le Comité pour la Défense des Droits des Turkmènes Irakiens ont brisé le silence qui entoure trop souvent leur situation. Mais, en Europe, nombreux sont encore ceux qui les assimilent à des colons turcs installés par l’Empire ottoman. Très peu de gens savent que leur présence est bien antérieure à la prise de Constantinople par les ottomans.  

Dans les années 1970, des intellectuels et des hommes politiques se réunissaient en Europe occidentale pour sensibiliser l’opinion publique au problème kurde.

Je dis « problème kurde », mais en fait exclusivement kurde irakien. Aujourd’hui, les turkmènes irakiens sont plus de trois millions, c'est-à-dire à peu près le nombre des habitants du Kurdistan irakien dans les années 1970, et rien ne les empêche d’en faire autant. Les outils de communication, internet, facebook et twitter, leur faciliteront la tâche et leur permettront d’atteindre sans grands frais beaucoup de monde. Ces outils doivent être utilisés au maximum, c'est-à-dire pas seulement en anglais, en arabe ou en turc. Il ne faut pas oublier le français, l’espagnol et le portugais parlés en Afrique et en Amérique latine.  

Pour nous, observateurs de ce qui se passe en Irak, il manque une agence de presse qui rendrait compte de l’actualité à Kirkouk et dans le pays des turkmènes. Par exemple, des élections provinciales viennent de se dérouler en Irak, on n’en connaît pas le détail. C’est dommage. Toutes les occasions devraient être bonnes pour parler des turkmènes.  

La Turquie pourrait contribuer, grâce à son expérience dans le domaine des médias, à la diffusion des informations qui nous permettraient, dans nos pays respectifs, de mieux informer l’opinion publique sur la question turkmène.  

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 15:55

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/syrie/syrie-entretien-avec-un-temoin-des-massacres-de-banias.html

 

Entretien avec un témoin des massacres de Banias

 

Dimanche 12 Mai 2013

 

Ils ont laissé passer les gens normalement. On ne s’est tout d’abord pas imaginé ce qu’ils étaient en train de préparer. C’était Mercredi Premier Mai et les gens entraient et sortaient joyeusement du village. Il y avait des points de contrôle, mais ils n’arrêtaient personne, les gens allaient et venaient. C’est alors que, mercredi, ils ont coupé les routes et l’autoroute. Il n’y avait pas de pain. Les motos n’avaient pas l’autorisation d’entrer ou de sortir.

 

Alors, les gens étaient effrayés, quelque chose était sur le point de se produire. Jeudi 2 Mai, ils se sont tous dirigés en bas vers le pont, près du point de contrôle, afin de fuir.  Il y avait environ cinq cent à six cent hommes et femmes. C’est alors que les soldats au point de contrôle les ont insultés et les ont fait s’allonger sur le sol. Un soldat a dit : « espèces d’animaux, levez-vous et retournez vers vos maisons ». Il faisait nuit, c’était après le coucher du soleil.

 

Ils bombardaient cette fois al Bayda et Ras al Reefi. C’est alors que les gens ont été saisis par la peur et ont tenté de s’enfuir vers le bas ou vers le haut. D’autres voulaient dormir sur place, à la belle étoile. Les gens, Samedi 4 Mai 2013, ont voulu partir, mais les soldats les en ont empêchés. Il y avait un couvre-feu, personne n’avait le droit de bouger.

 

Les gens ne pouvaient même pas approcher le point de contrôle. Lorsque quelqu’un tenta de l’approcher, au moins trois cent balles furent tirées dans le ciel. Les soldats ont repoussé les gens loin du point de contrôle afin de les empêcher de s’enfuir. Les gens sont alors restés dans leurs maisons.

 

Entre 3 heures et 3 heures 30, ils ont commencé à bombarder Banias, en particulier Ras al Nabe, en utilisant de l’artillerie et des mortiers. Les bombardements étaient effectués depuis al Qossor, ainsi que depuis le pont de Ooze et celui de Ras al Nabe, de même que depuis les points de contrôle. Les gens vivaient en paix auparavant, il n’y avait rien dans les villages et il n’y avait pas de rebelles armés.

 

Nous avons alors vu l’armée descendre depuis le pont d’Ooze, s’approchant du village, soumis aux bombardements de l’artillerie. Les soldats ont atteint la première maison de la bourgade et ils ont alors contraint tous ses habitants à sortir, les ont plaqués face contre le mur avant des tous les abattre. Ils ont tué quatre ou cinq personnes qui habitaient dans la deuxième maison. C’est à ce moment que j’ai fait sortir ma famille, puis je suis retourné chercher tous les autres pour les emmener. Mais lorsque je suis revenu, j’ai dû me cacher dans une petite cave. J’étais coincé à l’intérieur, je dis donc que je ne suis pas meilleur que les autres. Ils ont emmené toute ma famille à l’extérieur, avec les autres familles. Ils les ont mis la face contre le mur. Il y avait trente cinq personnes qui faisaient partie de ma famille.

 

Là, c’était seulement les membres de ma famille. Il y avait aussi d’autres familles. Ils les ont contraints de se mettre face contre le mur et tout le monde l’a fait, y compris les enfants.

Le plus jeune parmi eux avait quinze jours. Il y avait parmi eux huit enfants âgés de quinze jours,  d’une année et demie, de deux ans et de trois ans. C’est alors que l’un des soldats a dit très clairement : « tuez-les tous sans pitié, tuez-les tous sans pitié ». Je me trouvais à ce moment dans le sous-sol et j’ai tout entendu.

 

Question. Des gens disent aussi que les tueurs parlaient avec un accent qui n’était pas syrien. D’après ce que vous avez vu, l’avez-vous remarqué ?

 

Réponse. Oui, ma chère sœur, il y avait des paroles que je n’arrivais pas à comprendre. Je suis un syrien de Banias, de Ras al Nabe. Il y avait des choses que je ne pouvais pas comprendre.

 

Certains d’entre eux portaient des habits de la marine, d’autres des vêtements civils et des souliers blancs. Ils étaient environ cent cinquante. Ils ont ensuite tué les enfants. Ils les ont empilés les uns sur les autres. L’un d’entre eux à dit : regarde, celui-ci est encore vivant. Ils lui ont tiré une balle dans la tête. Ils les ont pris les uns après les autres et ils les ont abattus. Si vous avez vu les photos, vous avez vu qu’il y avait deux enfants dont ils ont, après les avoir tués, brûlé les mains et les jambes.

 

Il y avait la famille Rajab dont seize d’entre eux ont été tués. Il y avait aussi la famille de Sabag, la famille d’al Aleene, la famille de Turuk, la famille de Dahbaj, la famille de Jalul. De la famille de Jalul, ils ont tué Abu al Abed, ses deux fils, ses six filles, ses parents et ses deux frères. Le père d’Abu al Abed était handicapé, il ne pouvait pas bouger, il utilisait une chaise roulante. Il y avait aussi la famille de Lahoof et de Qasem.

 

Question. Vous mentionnez les familles tuées. Combien de temps la tuerie a-t-elle duré ?

 

Réponse. Ils sont entrés à 3 heures 30 et ils ont commencé à bombarder. Ils tiraient environ vingt à trente obus par minute. Les maisons étaient détruites et ils sont alors entrés dans les maisons pour tuer tous ceux qui étaient vivants. Je ne vous parle que d’une seule rue. Si vous comptez les autres rues, le nombre de morts dépasse les mille cinq cent. Il y en a plus de mille seulement à Ras al Nabe. Ils ont pris un camion (un camion congélateur) et ils ont commencé à jeter les corps dedans. Ils ont pris plus de deux cent martyrs.

 

Question. Combien d’heures êtes vous resté dans le sous sol ?

 

Réponse. J’y suis resté une heure et demie et je retenais ma respiration parce qu’ils étaient très proches et que je ne pouvais ni bouger ni sortir. Ils sont restés une heure et demie devant la maison de ma famille. Après qu’ils les ont mis face contre mur et qu’ils les ont tous tués, ils se sont dirigés vers d’autres maisons pour continuer la tuerie. Ils ont fait une descente dans une autre famille, puis une autre puis encore une autre. Je me suis dit à ce moment qu’il n’y avait plus personne dehors. Lorsque je suis sorti, j’ai vu une petite fille bougeant de tous les côtés et levant les mains. On lui a tiré deux fois dans les mains.

 

Lorsque je l’ai vue, j’ai été saisi de vertiges et j’ai perdu conscience. Un voisin est venu lorsqu’il m’a vu dans cet état, il m’a fait reprendre mes esprits et nous avons emmené la petite fille. Il y avait aussi un homme de sa famille qui était toujours en vie. Cet homme m’a dit que lorsqu’elle a commencé à lever sa tête, il lui a dit : « dors, dors sinon ils vont revenir et ils vont nous tuer ». Il a laissé la fille se rendormir. Lorsqu’ils nous ont vus approcher, ils se sont sentis en sécurité et nous les avons portés et nous les avons emmenés. Je vous raconte ce que j’ai vu de mes propres yeux. Je suis retourné voir ce qui s’est passé dans le quartier, mais je n’ai trouvé personne d’autre. Plus de mille sont morts dans cette zone.

 

Question. Ils s’en fichent donc des enfants, des femmes et des vieillards ?

 

Réponse. Un enfant de quinze jours a été tué.

 

Question. Des gens affirment que des armes blanches ont été utilisées, avez-vous remarqué

des personnes tuées à l’arme blanche ?

 

Réponse. Certaines personnes ont été tuées à l’arme blanche et au couteau, d’autres ont eu leurs têtes fracassées à coups de pierres jusqu’à ce qu’elles explosent. Ils n’ont pas épargné les enfants ou les vieillards. Les tueurs appartiennent à plus d’une confession. Il y a des alaouites et des chiites d’Iran. Il y avait des accents que je n’avais jamais entendus. Je suis un arabe et un syrien.

 

Je n’ai jamais entendu de tels accents. Il y a aussi la famille de Dandesh, ils ont tous été brûlés dans leurs maisons. Trois maisons proches les unes des autres. Ils les ont tous brûlés dans leurs maisons.

 

Ce texte est la traduction, éditée par www.alencontre.org, d’un entretien avec Abu Mohammad, témoin oculaire qui a survécu au massacre de Banias et qui a raconté ce qui précède sur la chaîne télévisée al Arabiyah.

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 13:59

 

Ayrault demande la dissolution d’un groupe d’extrême droite

 

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a demandé samedi à son ministre de l'intérieur Manuel Valls d'engager « immédiatement » la procédure de dissolution du groupuscule d'extrême droite Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR).

 

La mort, mercredi à Paris, de Clément Méric, étudiant à Sciences Po et militant « anti fasciste », a suscité une vive émotion au sein de la classe politique.

 

Les cinq suspects déférés au parquet dans la nuit de vendredi à samedi ont indiqué aux enquêteurs être des sympathisants du groupe « troisième voie », affilié aux JNR de Serge Ayoub, qui a lui-même été entendu par les enquêteurs.

 

« Sur la base des éléments transmis par le ministre de l'intérieur, je lui ai demandé d'engager immédiatement la procédure contradictoire, préalable à la présentation au président de la république, en conseil des ministres, du décret de dissolution des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires », écrit samedi le premier ministre dans un communiqué.

 

Il indique également avoir demandé à Manuel Valls d'étudier les conditions dans lesquelles d'autres associations pourraient être dissoutes.

 

« Il n'y a pas de place dans la république pour ceux qui nient ses valeurs, et nous sommes très déterminés, et nous serons mêmes impitoyables à l'égard de ceux qui s'en prennent à ces valeurs », a réagi Manuel Valls sur i-Télé. « C'est ce que nous devons en mémoire à ce jeune garçon ».

 

Jean-Marc Ayrault avait exprimé jeudi l'intention du gouvernement de « tailler en pièces » les groupuscules d'extrême droite, accusés d'être derrière l'agression de l'étudiant de dix huit ans.

 

Mais la dissolution de ces groupes doit répondre à des critères parfois difficiles à définir et ne constitue pas une solution à long terme, estiment les analystes.

 

L'Etat peut dissoudre un groupe si ce dernier répond à l'un des sept critères prévus dans le cadre de l'article L 212 1 du code de la sécurité intérieure issu d'une loi de 1936 sur les groupes de combat et les milices privées.

 

Sont notamment concernées les associations provoquant des « manifestations armées dans la rue », ayant pour objectif « d'attenter par la force à la forme républicaine du gouvernement » ou provoquant « à la haine ou à la violence envers une personne en raison de ses origines, son ethnie, sa race ou religion ».

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:14

 

http://www.swissinfo.ch/fre/nouvelles_agence/international/Plus_dun_milliard_de_dollars_caches_par_Khadafi_en_Afrique_du_Sud.html?cid=36020970

 

Plus d’un milliard de dollars cachés par Kadhafi en Afrique du Sud (ATS)

 

Dimanche 2 Juin 2013

 

La Libye a demandé au gouvernement sud-africain de l'aider à récupérer plus d'un milliard de dollars cachés par le colonel Mouammar Kadhafi en Afrique du Sud et dans les pays voisins, a rapporté dimanche le « Sunday Times ». Le journal cite de nombreuses sources.

Des émissaires libyens ont approché le gouvernement sud-africain depuis novembre dernier.

 

« Le processus de vérification de la demande de ce groupe est en cours », a indiqué le porte-parole du ministre des finances sud africain.

La Libye demande à l'Afrique du Sud de coopérer pour retrouver et récupérer « tous les fonds et avoirs illégalement détenus, obtenus, pillés, déposés ou cachés en Afrique du Sud et dans les pays voisins par feu Mouammar Khadafi », sa famille et ses proches.

Argent liquide, or, ou diamants

Selon le journal, les enquêteurs libyens sont convaincus de pouvoir mettre la main sur plus d'un milliard de dollars (neuf cent cinquante cinq millions de francs suisses) en argent liquide, or, ou diamants. Le tout serait déposé dans quatre banques et deux sociétés de dépôt de valeurs sud-africaines.

Les enquêteurs ont été mis sur la piste par un ancien chef des services de renseignement arrêté en mars 2012 pour crimes contre l'humanité et en attente de jugement en Libye. L'un des comptes serait libellé au nom d'un ancien général libyen, oncle du colonel Kadhafi. 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 18:02

 

http://www.plateforme-palestine.org/spip.php?article3701

 

 

Sport solidaire avec la Palestine

Les droits des sportifs palestiniens à l’image de l’ensemble des palestiniens sont bafoués, en particulier le droit de circulation, avec le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, la multiplication des check-points, le mur, et le contrôle de toutes les frontières. La dernière attaque de la bande de Gaza en novembre 2012, le bombardement du « Palestine Stadium » tuant quatre jeunes adolescents et l’emprisonnement de deux footballeurs palestiniens victimes de la détention administrative témoignent de la réalité de la vie quotidienne des Palestiniens et notamment les atteintes au droit à la liberté de circulation. Israël a néanmoins obtenu de l’UEFA l’organisation en juin 2013 du championnat d’Europe des moins de vingt et un ans et en 2015 du championnat des espoirs féminins.

Nous signataires de cet appel, protestons contre l’organisation de cette compétition européenne, qui équivaut à récompenser un pays qui commet des actes contraires aux valeurs du sport et au droit international, Nous rappelons au président de l’UEFA, Michel PLATINI, le sort fait au footballeur Mahmoud Sarsak emprisonné par Israël pendant trois ans sans inculpation, ni jugement. Nous organisons l’action « Sport solidaire avec la Palestine » pour dénoncer cette violation du droit qui est un obstacle majeur à l’organisation en Israël en juin 2013 du championnat d’Europe des moins de vingt et un ans et en 2015 du championnat des espoirs féminins.

La première édition d’« un stade pour Gaza » initiée en 2010 a été un succès permettant la mise en place de projets d’éducation par le sport pour les enfants palestiniens. De nombreux collectifs locaux souhaitent poursuivre et faire grandir ce projet. Avec cette forme d’action, le sport et les rencontres sportives sont un vecteur de sensibilisation et compréhension de la situation en Palestine pour les jeunes et un large public. La préparation et la réalisation de ces manifestations sportives suscitent la responsabilisation de jeunes acteurs, des rencontres constructives avec le mouvement associatif, les organisations travaillant sur la Palestine et les collectivités locales.

Les partenaires du projet « Sport solidaire avec la Palestine » appellent à la constitution des collectifs locaux et à la mise en place d’une coordination nationale permettant une meilleure visibilité, la convergence des dynamiques de différents acteurs et l’organisation des actions suivantes :

Des manifestations sportives de solidarité, dans un environnement convivial, citoyen et culturel autour du football ou toute autre activité sportive et artistique suivant les spécificités locales ;

Des actions de sensibilisation (points information, tables rondes, films, débats) sur la Palestine, pendant et autour de ces événements sportifs et culturels ;

Des temps forts de solidarité sportive avec la bande de Gaza, les enfants et les sportifs palestiniens dans le contexte du championnat d’Europe de foot espoir qui se déroulera en Israël en juin 2013 ;

Des collectes des fonds dans le cadre de « Sport solidaire avec la Palestine », projet du sport solidaire avec tous les enfants palestiniens concernant les enfants de la bande de Gaza, mais aussi de Cisjordanie, et des camps de réfugiés, ainsi que les Palestiniens de 1948 vivant en Israël. La coordination du projet s’engage à affecter au moins cinquante pour cent des fonds dans la bande de Gaza, et en fonction des liens historiques tissés localement à prendre en compte les vœux des collectifs organisateurs pour le financement des autres projets ;

La mise en place d’une campagne de plaidoyer auprès des bailleurs pour la reconstruction des installations sportives détruites par Israël dans la bande de Gaza. 

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 17:39

 

http://www.demosphere.eu/rv/26856

 

Rassemblement unitaire Samedi 8 Juin 2013 à 16 heures à Paris à la Fontaine des Innocents Place Joachim du Bellay Métro Châtelet Les Halles

Solidarité avec Cajamarca, contre la répression, Conga no Va

Nouvelle offensive du gouvernement et de la multinationale minière à Conga

Appel unitaire

L'une des plus grandes entreprises de destruction environnementale du monde est actuellement en cours à Cajamarca, dans les Andes du nord du Pérou, où le mégaprojet minier Conga, qui va détruire d'importantes sources d'eau dans la région, vient d'être relancé ce mois-ci par le gouvernement du président Ollanta Humala et la société minière transnationale Newmont Buenaventura Yanacocha.

Cette décision est très grave parce que, outre la grande catastrophe environnementale qu'elle implique et impliquerait dans le futur, elle peut conduire dans l'immédiat, comme se fut le cas dans un passé récent, à des conséquences humaines tragiques.

Le gouvernement de Lima a donné le « feu vert » pour imposer Conga, mégaprojet qui avait été officiellement « suspendu » devant la résistance de la population. Les effets de l'annonce du gouvernement et de la compagnie minière ne se sont pas fait attendre. Le 28 mai, près de mille cinq cent « comuneros », Gardiens des Lacs et autres représentants de la population, qui ont marché dans la montagne pour aller inspecter la relance des travaux, ont été violemment réprimés par la police, qui n'a pas hésité à tirer sur eux. Cette fois, la victime était le paysan José Guillermo Cueva Huamán, blessé par un tir de chevrotines. Il y a un an, les tirs de la police et de l'armée avaient tué cinq personnes, et blessé une cinquantaine, à Celendín et Bambamarca.

Il est clair que, après deux ans de résistance pacifique du peuple de Cajamarca, le président Humala et la compagnie minière ont déjà décidé de ne plus respecter ni principes ni formes et d'imposer le projet Conga par la force.

Pour réaliser ce brutal passage en force, le gouvernement de Lima vient juste d'adopter de nouvelles dispositions qui modifient les lois en vigueur et ouvrent sans restriction les portes aux multinationales, en leur permettant de contourner les règles de protection environnementale et de protection du patrimoine archéologique ainsi que de se moquer du droit à la santé, à la vie et à l'autodétermination de la population affectée.

Nous appelons toutes les organisations sociales, syndicales et politiques en France et en Europe à se prononcer contre ce crime gravissime contre l'humanité, car même s'il se produit dans une région reculée des Andes péruviennes, ses conséquences sont néanmoins planétaires.

En effet, la destruction et la contamination des sources d'eau à Conga vont affecter le bassin de l'Amazone et les rivières qui se jettent dans l'océan Pacifique. En fin de compte, non seulement les populations du nord du Pérou paieront les conséquences de l'extractivisme sauvage actuel. La France et le monde entier sont concernés.

Pour la légitime défense de l'eau, la santé et la vie face à la mine à ciel ouvert et la lixiviation, techniques destructrices employées par Newmont pour extraire l'or à Cajamarca, Pérou.

Pour respecter la décision de la population de Cajamarca, qui s'est prononcé à soixante dix huit pour cent contre l'imposition du projet Conga, et le respect de son droit à décider de sa propre stratégie de développement et de sa propre vision de l'avenir.

En mémoire de César Medina Aguilar, Joselito Vásquez Jambo, José Antonio Sánchez Huamán, Paulino José Eleuterio García Rojas, José Faustino Silva Sánchez, les cinq personnes tuées en Juillet 2012 par les tirs de la troupe dans les villes de Celendín et Bambamarca, et pour la poursuite et le châtiment des responsables de ces meurtres.

Pour la défense d'El Perol et des autres lacs menacés dans la région.

Conga no va, ni hoy ni nunca

Comité de solidarité avec Cajamarca

Premiers signataires :

Comité de Solidarité avec Cajamarca, France Amérique Latine (FAL), France Libertés-Fondation Danièle Mitterrand, Coordination Eau Ile de France, Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP), ALDEAH, Association des Populations des Montagnes de France (APPM), Comité Amérique Latine de Basse Normandie (CAL 14), Collectif d'Appui aux Luttes du Peuple Argentin (CALPA), Colectivo de Peruanos en Francia, Association Lupuna, Association Tierra y Libertad, Evaristo Nugkuag (Prix Nobel alternatif, fondateur de AIDESEP), Université Populaire Mariategui (Unipoma), SUD Solidaires, Emancipation (Tendance Intersyndicale), EELV (Les Verts), PCF, NPA

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 17:10

 

Relaxe requise pour le policier de Villiers le Bel

 

PONTOISE, Val-d'Oise (Reuters) - Le parquet a requis vendredi la relaxe du policier poursuivi pour la mort de deux adolescents dans un accident de la route ayant entraîné plusieurs jours d'émeutes à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) en 2007.

 

Le jugement a été mis en délibéré au 13 septembre.

 

Franck Viallet, qui conduisait le véhicule entré en collision avec la moto des deux jeunes gens, est soupçonné d'avoir commis des fautes ayant joué « un rôle direct, déterminant et essentiel dans la production du dommage ».

 

Le décès des adolescents de quinze et seize ans avait provoqué deux nuits d'échauffourées à Villiers-le-Bel et d'autres villes du Val-d'Oise. Des tensions étant nées le soir même, la police n'a pu faire les constatations que près de huit heures après les faits.

 

Se gardant de prononcer le terme « relaxe », le procureur Henri Génin n'a pas suivi l'accusation et dit ne pouvoir requérir la condamnation pénale du prévenu.

 

« Dire la vérité à des familles éplorées, ce n'est pas facile », a-t-il déclaré, qualifiant la conduite du pilote de la moto « d'essentielle et déterminante » dans l'accident.

 

« L'émotion et la colère se sont exprimées, le temps de la raison, qui est aussi celui de la justice, est maintenant venu », a-t-il dit, évoquant « l'affolante insouciance » des deux jeunes.

 

Reconnaissant l'existence possible d'un « interstice, dans lequel vous pourriez trouver une très mince faute d'imprudence », Henri Génin, qui a exprimé sa « perplexité » face à certaines conclusions de l'expertise, a estimé que le doute devait profiter au prévenu.

 

Frédéric Champagne, avocat du policier, s'est réjoui de « l'analyse du ministère public ».

Des proches des victimes se sont pour leur part dits en « état de choc. On sait que c'est son rôle de procureur, on l'accepte, mais c'est dur à entendre », a réagi Omar, frère aîné de l'un des deux jeunes.

 

« JE DEVRAI VIVRE AVEC »

 

L'expertise a montré que Franck Viallet roulait à cinquante neuf kilomètres à l’heure juste avant l'accident et à soixante quatre kilomètres à l’heure au moment du choc, soit au-delà de la vitesse maximale autorisée en ville.

 

Au moment de la collision, les policiers, en patrouille, se rendaient sur les lieux d'un vol.

 

N'étant pas en mission urgente, ils n'avaient activé ni gyrophare ni avertisseur sonore.

 

La moto n'était pas homologuée pour circuler sur les routes et ses passagers ne portaient pas de casque. Ils circulaient à vive allure, avec un système de freinage hors d'état, a rappelé l'expert.

 

Les parties civiles ne contestent pas ces fautes, mais estiment que celles commises par le prévenu ont été déterminantes dans le choc.

 

« À aucun moment Monsieur Viallet n'aura levé le pied », a dit devant le tribunal Emmanuel Tordjman, avocat des familles des victimes. « Les règles du code de la route s'imposaient à lui avec encore plus de force parce qu'il est un fonctionnaire de police ».

 

Comme il l'avait fait la veille, Franck Viallet a dit n'avoir rien pu faire pour éviter l'accident.

 

« Ce qui m'est arrivé ce jour-là, je l'ai pas voulu, et je voudrais qu'on me croit », a-t-il dit.

 

« Je devrai vivre avec, et c'est comme ça ».

 

Les quatre policiers présents à bord du véhicule lors de l'accident avaient d'abord bénéficié d'un non-lieu, les juges estimant qu'aucune faute ne leur était imputable.

 

Mais à la suite d'un appel des parties civiles, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Versailles avait décidé en septembre 2011 le renvoi du conducteur de la voiture devant le tribunal correctionnel de Pontoise.

 

Franck Viallet encourt cinq ans de prison et soixante quinze mille euros d'amende pour homicides involontaires par conducteur d'un véhicule.

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 20:04

 

PAS DE SUPPORTERS DU PSG AU TROCADERO

 

Personne ne faisait le bilan du rassemblement du Samedi Premier Juin 2013 Place du Trocadéro à Paris contre la troïka et personne ne le fera jamais.

 

Vous trouverez ci dessous mon bilan personnel.

 

Ce rassemblement était un échec.

 

Il y avait cinquante personnes au milieu de plusieurs centaines de touristes et de supporters du club de rugby de Toulon.

 

Plus exactement, il y avait deux rassemblements.

 

Cinquante personnes participaient au rassemblement contre la troïka et cent cinquante turcs de Paris participaient à un autre rassemblement contre la répression en Turquie.

 

Le rassemblement contre la troïka était un rassemblement classique de l’extrême gauche parisienne.

 

Les organisateurs faisaient une ou plusieurs réunions secrètes de préparation  du rassemblement. Ils écrivaient un tract d’appel au rassemblement et ils le diffusaient par internet un ou deux jours avant le rassemblement.

 

Combien d’organisations imprimaient et organisaient combien de diffusions de tracts dans les marchés populaires, à la sortie des métros, dans les gares parisiennes et à la porte des entreprises ? Combien de conférences de presse faisaient elles dans combien de municipalités ? Nada, comme disent les espagnols.

 

Le résultat est toujours identique.

 

Il y a cinquante sigles de cinquante organisations en bas du tract d’appel et, le jour du rassemblement, il y a cinquante personnes, en moyenne une personne par organisation.

 

Bernard Fischer 

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 19:53

 

Tollé après la mort d’un militant de gauche

 

PARIS (Reuters) - La mort après une violente agression d'un jeune militant de gauche à Paris, attribuée par les autorités à une mouvance liée à l'extrême droite, a relancé jeudi le débat en cours sur l'interdiction des groupuscules ultra nationalistes français.

 

Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé lors des questions d'actualité au sénat que les auteurs présumés de l'agression avaient été arrêtés.

 

Sept personnes ont été placées en garde à vue. Trois hommes et une femme âgés de vingt à trente ans, dont l'auteur présumés des coups, ont été interpellés à Saint Ouen (Seine Saint Denis) et trois autres se sont constitués prisonniers ultérieurement.

 

Clément Méric, un jeune étudiant de dix neuf ans à Sciences Po Paris et membre du syndicat Solidaire a succombé jeudi à l'hôpital à ses blessures à la suite d'une altercation mercredi avec des « skinheads » près de la gare Saint Lazare à Paris.

 

Une autopsie devra déterminer vendredi les causes exactes de la mort de l'étudiant, a-t-on précisé de source judiciaire. Le décès a pu être provoqué par les coups de poing ou par sa chute contre un plot métallique lors de la bagarre.

 

« Ce jeune homme était un militant de gauche engagé et le groupe en question est d'une mouvance liée à l'extrême droite, cela semble évident », a déclaré le ministre de l'intérieur Manuel Valls, qui s'est rendu sur les lieux de l'agression.

 

« Un groupe d'extrême droite est au coeur de cet assassinat », a-t-il ajouté. Selon la police, les suspects gravitent autour des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR), émanation du mouvement « Troisième Voie » de Serge Ayoub.

 

« La banalisation des mots, de la haine favorisent dans le débat public et sur internet le passage à l'acte. Nous devons tout faire pour éradiquer ces messages de haine et sanctionner, il ne peut pas y avoir de banalisation », a dit Manuel Valls.

 

Dénonçant un acte odieux, François Hollande a condamné avec « la plus grande fermeté » l'agression dans un communiqué.

 

A son arrivée à Tokyo pour une visite d'Etat, le chef de l'Etat a confirmé le « mobile politique » de l'agression.

 

« Il y a ce qui relève des individus. Ensuite il convient de voir si ces individus appartenaient à groupe, si c'était un groupe politique organisé, structuré. Si tel était le cas, si les conclusions allaient dans ce sens, alors il y aurait des mesures à prendre », a-t-il dit à Tokyo à la presse qui lui demandait si des groupes d'extrême droite devaient être dissous.

 

« TAILLER EN PIÈCES » LES GROUPES FASCISTES

 

Plusieurs rassemblements pour dénoncer la violence et dire « stop à l'extrême droite » ont eu lieu à Paris et dans plusieurs villes de province.

 

« Clément, Clément », ont scandé plusieurs milliers de manifestants rassemblés en fin de journée place Saint-Michel à Paris à l'appel du Parti de Gauche, du Parti Communiste Français et de syndicats et organisations d'extrême gauche.

 

Les dirigeants socialistes n'étaient pas les bienvenus et la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo, a été contrainte de quitter le rassemblement après avoir été conspuée.

 

De multiples élus et organisations de gauche l'appelant à prononcer la dissolution des groupes d'extrême droite mis en cause ces derniers mois, Jean-Marc Ayrault a rappelé au sénat avoir demandé aux ministres de l'intérieur et de la justice d'étudier la question.

 

Il s'agit, a-t-il dit, « de tailler en pièces, en quelque sorte, de façon démocratique, sur la base du droit, ces mouvements d'inspiration fasciste et néo nazie et qui font tort à la république ».

 

Le leader des JNR, Serge Ayoub, après avoir démenti dans un premier temps l'implication de son groupe, a accusé les militants d'extrême gauche d'être à l'origine de l'altercation.

 

« Ils ont été pris à partie par cinq militants d'extrême gauche qui leur ont promis de les massacrer à la sortie », a-t-il dit à la presse.

 

Le Front National a de son côté rejeté tout amalgame entre les agresseurs et le parti, sa présidente, Marine Le Pen, dénonçant un acte « épouvantable ».

 

« Ces actes sont inadmissibles, le Front National n'a aucun rapport ni de près ni de loin avec cette agression », a-t-elle dit sur RTL.

 

Marine Le Pen n'a pas écarté la piste d'une dissolution des groupuscules d'extrême droite.

 

« S'il est démontré que ces groupements donnent des instructions de violence à leurs membres, alors oui effectivement la mesure peut être envisagée », a-t-elle dit.

 

Manuel Valls s'est pour sa part gardé d'établir un lien entre l'agression et les actions violentes menées par certains opposants au mariage homosexuel.

 

« Je me méfie des amalgames, j'en appelle au rassemblement et à la sérénité », a-t-il dit.

 

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 19:36

 

http://www.contretemps.eu/interventions/ce-nest-pas-lislamisme-que-manifestants-turcs-rejettent-cest-n%C3%A9olib%C3%A9ralisme

 

« Ce n’est pas l’islamisme que les manifestants turcs rejettent, c’est le néo libéralisme »

 

Mardi 4 Juin 2013, Nadeen Shaker interviewait Ozan Tekin pour http://english.ahram.org.eg.

 

Ozan Tekin est un auteur turc, éditeur du site www.marksist.org, « un site d’information turc ancré à gauche ». 

 

Ahram Online (AO) : Pouvez-vous nous donner une idée de la façon dont des rassemblements qui ne réunissaient qu’une poignée de personnes mobilisées contre la destruction d’un parc ont pu se transformer en une vague de manifestations anti-gouvernementales à l’échelle nationale ?

 

Ozan Tekin (OT) : Dans la nuit de mardi dernier, une dizaine de militants ont accouru dans l’enceinte du parc Gezi au moment où les bulldozers y pénétraient pour commencer l’arrachage des arbres. Quelques heures plus tard, les bulldozers ont dû se retirer et quelques milliers de personnes ont alors occupé le parc. La police a pris d’assaut le parc aux premières heures du jour afin de permettre aux bulldozers d’y pénétrer une nouvelle fois. Au troisième jour, on a pu assister à une véritable explosion de mécontentement, et des dizaines de milliers de personnes ont rejoint la lutte sur la place Taksim afin de préserver le parc et pour manifester contre la violence policière. 

 

AO : Qu’est-ce qui peut expliquer un tel mécontentement vis-à-vis de la politique menée par Erdogan ?

 

OT : Les plans gouvernementaux de restructuration de la place Taksim participent d’un programme néolibéral plus vaste. Ils veulent transformer Taksim, le centre de la ville, en lieu dédié aux classes supérieures, et ce en chassant les gens ordinaires. Ce gouvernement est conservateur et néolibéral, et les gens en ont eu plus qu’assez non seulement de la restructuration de la place Taksim, qui a été imposée sans aucune concertation citoyenne, mais également d’un contexte général marqué par une vague de réformes néolibérales, de la prolifération absolument non régulée des centres commerciaux, de la loi datant du mois dernier qui vient interdire la vente d’alcool après 22 heures et de l’intervention musclée trop fréquente de la police à l’occasion de manifestations parfaitement démocratiques. L’arrogance du premier ministre Erdogan et sa trop grande fermeté ont également attisé le mécontentement. 

 

AO : Quelle est l’ampleur de la mobilisation ? Qui y prend part ?

 

OT : Les premiers à être entrés en résistance sont essentiellement des militants de gauche, des militants  écologistes et des militants  non organisés. La violence déployée par la police à leur encontre a suscité la mobilisation de plus larges secteurs de la société. Des milliers de jeunes militants non encartés, et qui, pour beaucoup, prenaient ici part à une activité politique pour la toute première fois, sont descendus dans les rues pris de colère. Tous les partis de gauche étaient mobilisés. Quelques syndicats, mais peut-être pas à grande échelle, ont également rejoint la lutte. Le principal parti d’opposition (CHP) et quelques autres groupes de droite nationalistes pro armée ont eux aussi rejoint les cortèges. Mais leur influence a été très limitée lors des journées de vendredi et samedi. 

 

AO : En quoi consiste ce que certains appellent le « printemps turc » ? Quelles sont ses implications au niveau régional ?

 

OT : Erdogan prétend soutenir les mouvements révolutionnaires au Moyen-Orient. Mais tandis qu’il fait face à une vague de révoltes à bien plus petite échelle, son gouvernement ne se prive pas de faire usage de la violence policière d’une manière brutale pendant des heures et des heures contre les manifestants. C’est de l’hypocrisie, cela montre combien le gouvernement turc ne peut en aucun cas servir de « modèle » aux attentes des masses égyptiennes ou syriennes.

 

Mais cinquante pour cent de la société turque vote pour l’AKP (le parti pour la justice et le développement, parti au pouvoir d’Erdogan) parce que les gens pensent qu’il réalise progressivement les avancées qui ont été obtenues par des mobilisations de masse au Moyen-Orient. La Turquie a une longue tradition d’intervention de l’armée dans la politique par des coups d’État militaires sanglants. Les généraux ont également comploté afin de renverser le gouvernement de l’AKP, prétextant qu’il voulait faire de la Turquie « une sorte d’Iran » en imposant la charia.

 

De nombreuses sections de base de l’AKP veulent un changement et soutiennent Erdogan parce que ces gens sont convaincus qu’il résoudra tout cela, l’exclusion de l’armée de la sphère politique, une solution pacifique à la question kurde et une amélioration en termes de justice sociale. Cela met l’AKP dans une position contradictoire, un programme néo libéral de droite d’un côté, et des millions de votants au nom d’un « espoir » de liberté de l’autre.

 

Même au plus fort de la contestation, la place Taksim était loin de Tahrir en termes de mobilisation, et son contenu politique ressemblait plus au « Tahrir contre Morsi » qu’au « Tahrir contre Moubarak ». 

 

AO : En quoi la réponse d’Erdogan à la situation a-t-elle un impact sur le cours de la mobilisation ? D’autres grèves couvrant d’autres aspects du mécontentement sont-elles prévues ?

 

OT : Un porte-parole de l’AKP a reconnu que le mouvement avait seulement « réussi à rassembler de nombreux groupes disparates dans la rue. » L’arrogance d’Erdogan et son entêtement à ne jamais faire marche arrière aide la mobilisation à grossir. C’est là la véritable cause de sa première défaite sérieuse depuis onze ans, la police a dû se retirer de Taksim et des dizaines de milliers de personnes ont occupé le parc et l’ont transformé en scène de festival. Désormais le principal but du mouvement consiste à sauver le parc de la destruction et à s’opposer aux plans gouvernementaux de restructuration de Taksim comme un tout. 

 

AO : Qu’en est-il de l’usage de la brutalité policière et de la récente revendication qui en appelle à la démission du ministre de l’intérieur ?

 

OT : Le ministre de l’intérieur a fait savoir que mille sept cent trente personnes avaient été arrêtées pendant les manifestations. Des centaines ont été blessées par les assauts de la police qui s’est montrée vraiment brutale, et pas seulement à Istanbul mais dans tout le pays. Dès lors, la démission du ministre de l’intérieur, comme celles du préfet d’Istanbul et du chef de la police constituent des revendications importantes.

 

AO : Qu’en est-il de votre propre expérience dans les manifestations ? Avez-vous vraiment appelé la place Taksim  « Tahrir » ?

 

OT : Les manifestations de masse dans la rue ont vraiment été enivrantes pendant deux jours, vendredi et samedi. L’âme du mouvement était comme celle de Tahrir. De nombreux militants ont fait explicitement référence à la place Tahrir. Des dizaines de milliers ont résisté à la police sans crainte.

 

Quand le parc Gezi a été repris, des tas de gens ordinaires ont célébré cela, puis ils et elles ont rejoint leurs maisons et leurs boulots. Puis est advenue l’influence grandissante des nationalistes pro-armée, pour la plupart des électeurs du CHP, qui ont tenté de transformer les manifestations en quelque chose qui puisse pousser l’armée à passer à l’action contre le pouvoir. Ces gens-là sont hostiles aux kurdes et à la communauté arménienne, ils s’opposent aux négociations de paix engagées avec les kurdes (ce qui constitue un point crucial dans l’histoire pour la démocratie en Turquie) et ils désignent le premier ministre sous le terme de « traitre à la nation ».

 

En 1997, des manifestations massives emmenées par la gauche contre « l’État profond »  ont été instrumentalisées par l’armée pour forcer le gouvernement islamiste de l’époque à prendre congé. Des groupes essaient aujourd’hui de faire la même chose, leur présence constitue une menace grandissante à l’encontre du mouvement de masse. Cela nous divise et nous affaiblit. Mais ils n’ont pas encore réussi à saboter le mouvement.

 

Il s’agit là d’une très sérieuse bataille idéologique que nous devons gagner.

 

Nous ne sommes pas contre ce gouvernement parce qu’il est islamique, mais parce qu’il est conservateur et néo libéral. C’est un gouvernement élu et légitime, et nous ne voulons donc pas qu’il soit renversé par les forces armées qui, elles, ne sont pas élues. Nous voulons que ce gouvernement soit renversé par le mouvement de masse du peuple.

 

Traduit de l’anglais par Stella Magliani Belkacem

 

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