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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 20:10

 

http://www.guineepresse.info/index.php?id=11,11362,0,0,1,0

 

Il y a cent cinquante ans, Lincoln émancipait les esclaves

 

Par Claude Ribbe

 

Mardi Premier Janvier 2013

 

Le premier janvier 1863, voici cent cinquante ans, en pleine guerre civile,  le président Abraham Lincoln, en sa qualité de commandant en chef de l’armée et de la marine des États-Unis, mettait en application un décret déclarant libre tout esclave se trouvant dans les États se réclamant de la confédération sudiste.

 

Dès le 22 septembre 1862, par un premier décret, il avait  menacé les propriétaires d’esclaves  des États sécessionnistes du sud d’émanciper leurs esclaves s’ils ne se ralliaient pas à l’Union du nord dans les cent jours. L’ultimatum expirait  le premier janvier 1863.

 

Le premier janvier 1863, Lincoln tenait ainsi sa promesse et prononçait une abolition immédiate qui, même si elle ne pouvait être mise en application sur le champ, puisqu’elle visait des territoires qui  se trouvaient de fait hors du contrôle du gouvernement fédéral, touchait quatre vingt pour cent des esclaves des États-Unis, soit trois millions deux cent mille Afro-Américains.

 

L’esclavage était ainsi légalement aboli en Arkansas, au Texas, dans une partie de la Louisiane, dans le Mississippi, l'Alabama, la Floride, la Géorgie, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord, et dans une partie de la Virginie.

 

N’étaient pas concernés par ce décret les huit cent mille esclaves des cinq États esclavagistes ralliés à  l’Union - Delaware, Kentucky, Maryland, Missouri, Tennessee - ainsi qu'une partie de la Virginie et la Basse-Louisiane.

 

Il faut savoir que l’esclavage aux États-Unis, pratiqué de fait depuis 1619, codifié dès la fin du dix septième siècle, a été marqué au début du dix neuvième siècle par une particularité : l’expansion de la culture du coton vers l’ouest et l’arrêt de la traite à partir de 1808 ont provoqué une déportation massive d’esclaves vendus dans de nouveaux territoires.

 

Un million d’esclaves, surtout originaires de Virginie et du Maryland, auraient été déportés entre 1790 et 1860 vers le Kentucky, le Tennessee, la Géorgie, l’Alabama, le Texas.

 

Les esclaves vendus étaient séparés de leur famille et privés de tout repère : un traumatisme comparable à un second «passage du milieu».

 

La seconde particularité, c’est que l’abolitionnisme était le fait du parti républicain, les démocrates étant au contraire radicalement esclavagistes.

 

Et c’est l’élection du républicain Lincoln, en novembre 1860, qui déclencha la guerre civile. Les premiers affrontements eurent lieu en avril 1861.

 

Le mouvement abolitionniste américain est au moins aussi vieux que l'indépendance.

 

En 1777 l’esclavage était aboli dans le Vermont, en 1780 en Pennsylvanie, en 1783 dans le Massachussetts. L’ordonnance du Nord-Ouest de 1787 interdisait l’esclavage dans la région des grands lacs : Ohio, Indiana, Illinois, Michigan, Wisconsin et une partie du Minnesota.

 

Par ailleurs, concernant la ségrégation, John Hanson, dont l'ascendance en partie africaine est probable - ce que semble attester un portrait - fut élu en 1781, non pas exactement premier président des États-Unis, mais neuvième président du congrès continental.

 

Malgré une relative prudence dans ses déclarations, Lincoln, qui s’était dans un premier temps prononcé pour une abolition graduelle, n’a jamais fait mystère de positions qui se radicalisèrent au bout d’un an, notamment sous l’influence de l’activiste afro-américain Frederick Douglass. 

 

Les 16 avril et 19 juin 1862, Lincoln avait aboli l’esclavage à Washington et dans sa périphérie  (le district fédéral de Columbia).

 

La portée du décret d’émancipation du premier janvier 1863 fut considérable. Elle ne fut pas seulement symbolique. Dans les États sécessionnistes, les esclaves représentaient quarante trois pour cent de la population.

 

Contrairement à ce que certains historiens ont longtemps voulu faire croire, ces esclaves, loin de se rallier à la cause de leurs maîtres, avaient profité de la guerre civile pour renforcer leur résistance passive, parfois active, à l’esclavage.

 

La tactique adoptée était de ralentir le travail et de désobéir autant qu’il était possible. Si les troupes de l’Union se rapprochaient, de nombreux esclaves passaient à l’ennemi, ce qui permettait aux hommes de s’enrôler pour occuper certains postes défensifs (pour éviter un affrontement direct avec leurs anciens maîtres).

 

Une loi avait été déjà votée en mars 1862 qui empêchait de renvoyer les transfuges.

 

Déclarés officiellement libres par l’acte d’émancipation, les esclaves étaient encouragés à rallier l’Union.

 

Des unités spécifiques de combattants afro-américains furent formées.

 

On estime à quatre vingt dix mille le nombre des anciens esclaves du sud parmi les cent quatre vingt mille soldats afro-américains recensés dans l’armée du nord à la fin de la guerre de sécession.

 

Si Lincoln ne prononça pas tout de suite l’émancipation générale dans le cadre d’un décret, c’est parce que cette mesure aurait fait basculer cinq États dans le camp ennemi et aurait probablement entraîné la défaite de l’union.

 

C’est aussi parce qu’il avait choisi une démarche légaliste qui supposait le vote d’un amendement à la constitution, pour le moment difficile à obtenir.

 

Mais le chemin était désormais tracé. Au fur et à mesure que l’armée de l’union gagnait du terrain dans le Sud, le décret d’abolition était appliqué.

 

Dès le 8 avril 1864, le sénat votait pour une abolition générale de l’esclavage ; mais la majorité des deux-tiers, nécessaire à la chambre des représentants pour l’adoption définitive de cet amendement ne put être atteinte, par suite de l’hostilité des démocrates.

 

Les élections de 1864, entraînant la réélection de Lincoln et assurant les républicains d’une très large majorité à la chambre des représentants, permirent de réunir les conditions de l’abolition.

 

Le 31 janvier 1865, l’amendement constitutionnel prohibant l’esclavage était enfin voté.

 

Un peu plus de deux mois plus tard, après la bataille d’Appomatox, le Sud capitulait.

 

La guerre civile avait mobilisé trois millions d’hommes. Les tués furent au nombre de six cent mille, dont trois cent soixante mille nordistes tombés pour abolir l’esclavage.

 

Le 15 avril 1865, six jours après la victoire, un peu plus de deux mois  après l’abolition générale, Lincoln, assassiné par un sudiste, payait de sa vie son engagement abolitionniste.

 

Après sa mort, par crainte de profanations vengeresses, il fallut déplacer dix-sept fois son cercueil, qui fut finalement installé en 1901 dans une crypte fortifiée.

 

Près de cent ans furent nécessaires, au cours desquels fut officialisée une longue période de ségrégation dans les anciens États confédérés du Sud, pour que l’égalité intervienne effectivement entre les anciens esclaves ou leurs descendants et les autres citoyens.

 

Si l’on voyage aujourd’hui dans les États du Sud, on peut se rendre compte combien la situation a évolué. Le passé esclavagiste et ségrégationniste est parfaitement assumé par l’ensemble de la population, majoritairement antiraciste.

 

Toutes les chaînes de télévision américaines s’attachent à montrer dans l’ensemble de leurs programmes, y compris les écrans publicitaires, des Américains de toutes couleurs, bien au-delà du pourcentage d’Afro-Américains recensés (treize pour cent).

 

En 2003, le président républicain Bush s’est prononcé sur l’esclavage lors d’un voyage dans l’île de Gorée, déclarant que c’était «l’un des plus grands crimes de l’histoire».

 

La même année, un acte voté par le Congrès a placé sous les auspices de la Smithonian Institution un projet de musée consacré à l’histoire et à la culture des Afro-Américains.

 

Ce musée  est actuellement  en construction à Washington, bien en évidence, entre la Maison Blanche et le Capitole.

 

Il sera inauguré au premier trimestre de 2015, pour marquer le cent-cinquantième anniversaire du treizième amendement officialisant l’abolition générale de l’esclavage aux États-Unis.

 

En 2008, la Chambre des représentants a présenté des excuses pour l’esclavage et la ségrégation.

 

En 2009, ce fut au tour du Sénat.

 

Entre temps, un  Américain d’origine africaine, lui-même non descendant d’esclaves, mais marié à une descendante d’esclaves et père d’enfants descendants d’esclaves,  était élu président des États-Unis.

 

C’est sur les marches du mémorial Lincoln, le 28 août 1963, voici presque cinquante ans, que Martin Luther King, ayant réussi à rassembler à Washington deux cent cinquante mille manifestants de toutes couleurs, unis dans la non-violence et l’antiracisme pour réclamer l’égalité des droits, prononçait son mémorable discours.

 

Le 2 juillet 1964, l’égalité, sans distinction de couleur, était enfin proclamée, ce que Martin Luther King, comme Lincoln, devait payer de sa vie quatre années plus tard.

 

Ainsi, le premier janvier 2013, jour anniversaire du décret d’émancipation des esclaves signé par Abraham Lincoln, sert d'introduction symbolique à l'investiture, pour un second mandat présidentiel, de Barack Obama, dont la volonté de s'opposer au racisme a été clairement exprimée à Chicago, le jour même de sa réélection.

 

Le premier janvier 2013 ouvre aussi un cycle de deux années marquant la commémoration de l’abolition de l’esclavage et l’égalité des droits aux États-Unis, avec des mesures concrètes à la clé.

 

La France, qui va commémorer cette année le centenaire de l’arrivée sur son territoire de l’Afro-Américain Eugène Bullard, la France qui célébrera le 4 février 2014 le deux cent vingtième anniversaire de la première abolition de l’esclavage, tout aussi symbolique que l'acte d'émancipation du premier janvier 1863, la France qui prône la liberté, l’égalité et la fraternité, la France qui refuse d'officialiser l’idée de race humaine, la France enfin qui a déclaré dès 2001 l’esclavage et la traite, pratiquées contre l’Afrique par les Européens du quinzième siècle au dix neuvième siècle, crimes contre l’humanité, ne peut que se réjouir de l’ouverture de ce cycle, s’inspirer de l’exemple américain, et bien sûr associer les États-Unis à ses propres commémorations.

 

Meilleurs voeux 2013 !

 

Claude Ribbe

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 17:08

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-branle-bas-de-combat-en-irak-113930813.html

 

Lundi 31 décembre 2012

 

Branle-bas de combat en Irak

 

Par Gilles Munier

 

En une dizaine de jours, la grogne anti-Maliki s’est transformée en colère, puis en rage. Les manifestations circonscrites à Ramadi et à l’autoroute Bagdad-Amman, ont fait tâche d’huile avec des rassemblements de dizaines de milliers d’Irakiens à Falloujah, Samarra, Mossoul. Des chefs de tribus de la région de Bassora ont apporté leur soutien aux contestataires.

 

A Ramadi, le vice-Premier ministre sunnite Salah al Moutlaq – qui traitait jadis Maliki de dictateur, mais qui s’est réconcilié avec ce dernier en mai 2012 - a été attaqué par les manifestants, alors qu’il voulait calmer la foule en réclamant la libération des femmes prisonnières politiques. Ses gardes du corps ont dû tirer en l’air pour permettre à son convoi de faire demi-tour vers Bagdad, sous les cris de « traître » et de « dégage ». Le drapeau irakien avec trois étoiles et Allahu Akbar (Dieu est le plus grand) ajouté par Saddam Hussein en 1991 était omniprésent.

 

Pour le général Abou Abdallah al-Ansari - un des héros de la bataille de Falloujah contre les Marines - il faut s’attendre au pire. Le régime d’Al-Maliki, avec l’aide de l’Iran, serait tenté de répondre par la violence aux manifestations jusqu’ici pacifiques. Il demande aux révolutionnaires irakiens de se préparer à construire des barricades, de stocker des armes et des munitions, et  de s’organiser pour soigner les blessés.

 

En cas d’une fuite en avant sanglante du régime, comme en Syrie, il assure que les révolutionnaires irakiens seront en mesure d’humilier, par leur résistance, les forces déployées par Maliki, composées majoritairement de mercenaires et de soldats engagés pour échapper à la misère. En cas d’intervention iranienne directe, le général Abou Abdallah al-Ansari a déclaré que les Irakiens forceraient les iraniens « à avaler le calice de poison une seconde fois ». 

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 16:58

 

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7wj0eE%2bhYSnnKANXTzgeZqfVHRBQ2ckQCzOUVU6JJMv8iuwYpmv%2bH9nKGFyDsFhTkJt3wgJD0Qrb9MZ%2fC%2bEo%2fZAGFC4QAbpRkZ1%2bZCGXXcvg%3d

 

Bilan sanglant en Syrie

Huit cent quarante trois réfugiés palestiniens ont été tués

Samedi 29 Décembre 2012

Damas (CPI). Le nombre des martyrs Palestiniens depuis le début de la guerre en Syrie a augmenté, il est de huit cent quarante trois réfugiés palestiniens, après le martyr de douze personnes hier.

Le groupe de travail pour les Palestiniens en Syrie a déclaré que "ces personnes ont été tués dans l’explosion d’une voiture piégée dans le camp de Sbeineh des réfugiés palestiniens, par un  bombardement perpétré par des avions du régime syrien et par des tireurs d'élite appartenant à son armée."

Le groupe a ajouté dans sa page officielle du site "Facebook" que le camp de réfugiés de Yarmouk a assisté à de violents affrontements entre les deux armées libre et régulière dans le début de Yarmouk  et se sont propagés jusqu’à la rue de la Palestine à la municipalité de Yarmouk et la rue Fawzi Kawaqji. Une voiture piégée dans la cour de Rija du camp a également explosé et a causé des dégâts matériaux immenses.

Il a noté que les troupes régulières stationnées au début du camp de Yarmouk empêchent l'entrée du gaz, des équipements médicaux et de la nourriture dans le camp, faisant appel aux autorités locales et internationales pour intervenir et faire face à la situation humanitaire grave à l'hôpital de Yarmouk.

Il y a eu également des confrontations armées entre l’armée libre et l’armée du régime du président Assad dans les camps de Husseiniyeh et Handarat à Alep, causant un certain nombre de martyrs et de blessés. En plus de cela ils souffrent dans le camp des rapatriés à Hamat des pannes d’électricité dans la plupart des régions, depuis plusieurs jours, ainsi que le manque des produits alimentaires de base, de pain et de chauffage.

Le groupe de travail a souligné qu’un groupe armé du régime syrien a attaqué une voiture de l'aide alimentaire qui se dirigeait vers le camp "Neirab" à Alep, et a volé tout le contenu de l'aide alimentaire.

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 16:45

 

La Turquie discute désarmement avec Ocalan

 

ISTANBUL, Lundi 31 Décembre 2012 (Reuters). Des responsables des services de renseignement turcs ont discuté de la perspective d'un désarmement des séparatistes kurdes avec Abdullah Öcalan, le dirigeant kurde emprisonné depuis 1999, rapporte le quotidien Hürriyet lundi.

 

Ankara a entamé ces derniers mois des discussions avec le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) dans le but de mettre un terme au mouvement de grève de la faim observé par des centaines de ses partisans dans les prisons turques.

 

Les directeurs de l'agence des renseignements turque (MIT) ont rencontré Öcalan le 23 décembre pendant quatre heures pour travailler à l'élaboration d'une déclaration sur la fin du conflit dans les premiers mois de l'année 2013, rapporte Hürriyet.

 

"Obtenir que le groupe dépose les armes était le point principal figurant dans l'agenda des négociations", écrit Hürriyet, sans préciser ses sources.

 

"Si l'objectif est atteint, le PKK, qui a stoppé ses opérations à cause de l'arrivée de l'hiver, déposerait les armes au printemps".

 

Öcalan aurait quant à lui déclaré qu'il devait être mis en relation directe avec le PKK et que ses conditions de détention s'étaient améliorées.

 

De telles négociations auraient été impensables il y a encore quelques années. Des contacts récents se sont révélés tendus, certains membres de l'opposition nationaliste ayant fermement condamné toute idée de négociation.

 

Abdullah Öcalan, surnommé parfois "Apo" (l'Oncle), est emprisonné à Imrali, une île de la mer de Marmara, depuis son arrestation en 1999.

 

Le PKK, considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne, est tenu par le gouvernement central pour responsable de la mort de plus de quarante mille personnes depuis qu'il a pris les armes il y a près de trente ans pour obtenir un statut d'autonomie pour les kurdes de Turquie.

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:29

 

La nonciature apostolique occupée à Paris par des sans papiers

 

PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de membres d'un collectif de soutien aux sans-papiers ont occupé lundi matin la nonciature apostolique à Paris pour réclamer la régularisation de sans-papiers en grève de la faim depuis deux mois à Lille.

 

Selon une représentante de l'ambassade du Vatican, les manifestants, au nombre d'une quarantaine, ont pénétré dans les lieux après avoir forcé le sas de sécurité mais l'occupation se déroulait sans incident.

 

Les forces de l'ordre ont pris position devant l'immeuble, situé avenue du président Wilson dans le huitième arrondissement de Paris.

 

Un porte-parole du neuvième collectif des sans-papiers a indiqué à Reuters qu'il demandait que l'Eglise catholique soutienne les revendications des grévistes de la faim.

 

"Nous sommes venus à la nonciature apostolique de Paris pour que la papauté se prononce en faveur d'une plus grande humanité et de la nécessaire prise en compte des revendications des grévistes de la faim et leur régularisation immédiate et sans conditions", a-t-il dit.

 

Environ deux cent personnes avaient déjà manifesté vendredi à Paris pour les mêmes raisons. Les sans-papiers de Lille avaient brièvement occupé le 22 décembre une église du centre de la préfecture du Nord avant d'en être expulsés par la police, qui était intervenue à la demande de l'évêché.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:01

 

http://www.ladepeche.fr/article/2012/12/28/1524677-espagne-une-maree-blanche-contre-la-privatisation-de-la-sante.html

 

Une marée blanche contre la privatisation de la santé

 

Vendredi 28 Décembre 2012

 

En Espagne, la marea blanca (en référence aux blouses du personnel de santé) est en train de se transformer en authentique tsunami de contestation. Les travailleurs de la santé, rejoints par les syndicats et les patients, refusent la détérioration du système de santé publique.

 

Hier, médecins, infirmières et personnels des hôpitaux madrilènes en grève depuis cinq semaines, ont manifesté une nouvelle fois leur colère. En cause : le plan de rigueur du gouvernement régional prévoyant la privatisation de six hôpitaux, pour économiser cinq cent trente trois millions d'euros en 2013.

 

Cette mesure, votée hier, a mis le feu aux poudres, alors que le secteur de la santé estime déjà être la victime de la politique d'austérité du gouvernement de droite de Mariano Rajoy.

 

Enrique Zamora, 49 ans, est neurologue à l'hôpital madrilène de La Princesa. Hier, il est venu exprimer son indignation. «Sous couvert de réduction du déficit public et en prétextant une meilleure gestion, les politiques sont en train de vendre notre système de santé à des entreprises privées. Il y a une contradiction évidente entre la volonté de bien soigner nos patients et la recherche de profit qui anime les sociétés privées».

 

Et Enrique de pronostiquer un avenir très sombre : «La privatisation de la santé va entraîner irrémédiablement deux choses : la baisse de la qualité des soins et la hausse des coûts pour les patients».

 

Les sans papiers exclus de la santé

 

Avant la crise, la santé publique était un des joyaux de la couronne d'Espagne. Source d'orgueil pour beaucoup, elle est aujourd'hui mise à mal dans un contexte de réduction des déficits. Les salaires des personnels de santé ont diminué, les effectifs se réduisent et le temps d'attente pour les patients s'allonge. Dernière mesure à avoir marqué les esprits : les immigrants sans-papiers se retrouvent, depuis peu, exclus de l'assistance sanitaire. Beaucoup de médecins se sont émus de cette décision et ont annoncé qu'ils continueraient à soigner ces patients illégaux».

 

Alors que le personnel de santé entame sa cinquième semaine de grève, le conflit semble dans l'impasse.

 

À ce jour, sept mille opérations chirurgicales ont été reportées, trente cinq mille consultations annulées. Deux employés de l'hôpital du Tage ont débuté une grève de la faim et demandent au roi Juan Carlos d'intervenir. Hier, en signe de défiance envers les autorités, cent trente directeurs de centre de santé ont remis officiellement leur démission.

 

«La santé ne se vend pas, elle se défend» : des milliers de médecins et infirmières en blouse blanche ont de nouveau défilé hier à Madrid pour dénoncer les coupes budgétaires et «la privatisation» des services de santé.

 

Le chaos dans les hôpitaux publics

 

Mieux vaut ne pas être malade et avoir besoin de soins dans les hôpitaux de Madrid, ces derniers jours. Une grande partie du personnel soignant est en grève illimitée pour dénoncer un plan important de réduction budgétaire.

 

Le gouvernement, face à la crise, a en effet décidé d'économiser sept milliards dans le secteur de la santé.

 

En Espagne, la santé et l'éducation sont gérés par les dix sept régions qui sont en situation de quasi autonomie. Or, ces régions croulent sous une dette très importante, évaluée à cent quarante cinq milliards d'euros, d'où les mesures décidées par la région de Madrid pour éponger une partie de son déficit abyssal.

 

Ces mesures d'austérité suscitent de plus en plus d'oppositions dans toute l'Espagne.

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 16:35

 

LA REVOLUTION ARABE ARRIVE EN PALESTINE

 

Comme je l’écrivais dans un autre message, les médias occidentaux ne comprennent plus rien à la révolution tunisienne, de leur point de vue, la totalité des principaux acteurs politiques et sociaux de la société tunisienne seraient tous d’affreux méchants islamistes et ils dramatisent les relations entre l’actuel gouvernement tunisien et l’UGTT.

Il en va de même en Egypte. Les médias occidentaux dramatisent la situation politique égyptienne depuis au moins six mois, depuis l’élection du premier président civil de la république égyptienne depuis l’abolition de la monarchie.

Il y avait au mois de décembre 2012 en Egypte une campagne électorale normale pour un référendum constitutionnel, comme il y avait par exemple en 2005 en France une campagne électorale normale pour un projet de constitution européenne. Les défenseurs musulmans de la nouvelle constitution égyptienne faisaient campagne pour la nouvelle constitution, les partis de l’opposition égyptienne faisaient campagne contre la constitution, plus des deux tiers des électeurs égyptiens ne votaient pas selon les chiffres officiels et la majorité des bulletins dans les urnes approuvaient la nouvelle constitution. Il y aura normalement des élections législatives dans deux mois, nous serons bien évidemment attentifs au pluralisme politique, à la liberté de présentation des candidatures et aux résultats des candidats des partis des deux principaux leaders de l’opposition, mais la carrière politique et diplomatique de l’ancien directeur de l’AIEA et de l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe du temps de Moubarak ne plaide pas pour eux.

Il en va de même en Syrie. La guerre de Syrie n’est plus depuis longtemps une guerre civile. C’est une guerre par procuration entre deux coalitions régionales sinon internationales. La Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime d’Assad. Le Qatar, la Turquie et l’Egypte soutiennent l’Armée Syrienne Libre.

Il y a aussi une campagne de propagande quotidienne des médias internationaux contre la révolution syrienne. Ils voient aussi des djihadistes islamistes internationaux partout et la position officielle du conseil de sécurité de l’ONU soutient finalement la position russe pour un accord politique entre Assad et l’opposition syrienne.

Des mythomanes occidentaux dénoncent en permanence l’intervention militaire occidentale ou les menaces d’intervention militaire occidentale en Syrie.

Il n’y a pas et il n’y aura pas de soldats occidentaux ni de bombardements de l’OTAN en Syrie. Il y a une seule intervention militaire étrangère massive en Syrie, c’est l’intervention militaire russe, la Syrie d’Assad est une colonie russe. Sans les avions de guerre, les hélicoptères et les chars russes, le régime d’Assad n’existerait plus depuis longtemps. L’armée syrienne libre, comme l’armée bosniaque il y a vingt ans, ne demande pas une intervention militaire occidentale, elle demande seulement des armes.

Il y a un processus d’afghanisation de la guerre de Syrie. Mais quand nous faisons la comparaison entre la Syrie et l’Afghanistan, nous recevons des réponses selon lesquelles nous ferions la comparaison entre la Syrie de 2012 et l’Afghanistan de 2012. Quand nous faisons cette comparaison, ce n’est pas la comparaison entre la Syrie d’Assad et l’Afghanistan de Karzaï, c’est la comparaison entre la Syrie d’Assad et l’Afghanistan du temps de l’intervention soviétique en Afghanistan entre 1979 et 1989. C’est l’histoire du Parti Démocratique et Populaire d’Afghanistan pendant presque trente ans entre 1965 et 1992. Taraki, Amin, Karmal, Najibullah, ils étaient tous des agents soviétiques.

La révolution arabe arrive enfin en Palestine. En 2012 comme en 2008, tout commence aux Etats Unis. En 2012 comme en 2008, il y a une ingérence flagrante du gouvernement de l’extrême droite israélienne sioniste de Netanyahou dans la campagne présidentielle aux Etats Unis. En 2012 comme en 2008, Netanyahou soutient le candidat du parti républicain aux élections présidentielles aux Etats Unis, dans une situation dans laquelle la majorité du lobby sioniste des Etats Unis vote traditionnellement pour le candidat du parti démocrate. En 2012 comme en 2008, pendant toute la campagne présidentielle aux Etats Unis, les médias sionistes font une campagne de tonnerre de dieu pour une guerre d’Israël contre l’Iran. En 2012 comme en 2008, pendant la campagne présidentielle aux Etats Unis, il n’y aura pas de guerre d’Israël contre l’Iran.

Par contre, en 2012 comme en 2008, immédiatement après l’élection du président des Etats Unis, il y a une nouvelle guerre d’Israël contre Gaza. Mais les mêmes causes ne produisent pas du tout les mêmes effets. Il y a mille cinq cent morts palestiniens à Gaza en 2008, il y en a cent cinquante en 2012, mais ce n’est pas du tout le plus important.

La dernière guerre d’Israël contre Gaza provoque une très importante campagne de solidarité politique et diplomatique pour Gaza et pour le Hamas.

Avant la guerre, l’émir du Qatar al Thani est le premier chef d’Etat à Gaza depuis l’imposition du blocus israélien contre Gaza en 2007, aucun dictateur laïc arabe ni aucun grand timonier russe ou chinois ou leader maximo latino américain n’y allait avant lui. Pendant la guerre, c’est au tour du secrétaire général de la Ligue arabe, du ministre des affaires étrangères turc et des ministres des affaires étrangères d’une dizaine de pays arabes. Après la guerre, c’est au tour de Mechaal, le leader historique du Hamas palestinien.

La révolution arabe arrive en Palestine.

Bernard Fischer  

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 15:40

 

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s70LKZLM1T1Wf%2bemzEFZNNQq6Ba2%2fqUJ77tdb5Fk8I%2bGh0ndOQOxeeMOuMdNuqwRynidvOh0h2T%2brOLmxa6lFbJ7zOH%2bxit%2bNtWa5pw37Dti0%3d

 

Entrée des matériaux de construction via le passage de Rafah pour la première fois

 

Gaza (CPI). Des grands camions apportant des matériaux de construction ont commencé à entrer du côté égyptien de la Bande de Gaza, samedi soir 29 décembre 2012, pour la première fois via le passage de Rafah, dans le cadre de la coordination égypto-palestinienne et qatarie pour reconstruire ce qui a été démoli par l'occupation.

 

Des sources au passage de Rafah ont déclaré au correspondant du CPI que les camions ont effectivement commencé à franchir le passage, où vingt camions entreront, apportant des matériaux de construction, y compris "albiskurs", où ils hissaient les drapeaux palestiniens, égyptiens et qataris.

 

Les sources ont déclaré que le premier lot apportera cent mille tonnes des matériaux de construction, afin de commencer le travail dans la première étape du don du Qatar pour reconstruire l'infrastructure de Gaza qui comprend vingt quatre projets de routes dans les différentes villes de la Bande de Gaza avec un coût de vingt deux millions de dollars.

 

Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a déjà annoncé samedi que l'Egypte l'a informé qu'elle permettra pour la première fois d'entrer les matériaux de construction, afin de reconstruire ce qui a été ravagé par l'occupant israélien à Gaza.

 

Haniyeh a salué l'Egypte, considérant que cela est le fruit des contacts entre l'Egypte et le Qatar et insistant que cela s'inscrit dans le cadre de la révolution et que l'Egypte n'accepte pas aujourd'hui d'encercler, combattre ou humilier Gaza.

 

De son côté, le député Jamal al Khoudari, le président du comité populaire pour la lutte contre le blocus, a considéré que les efforts égyptiens, qataris et palestiniens pour acheminer les matériaux de construction pour les projets qataris visant à reconstruire la bande de Gaza via le passage de Rafah représentent une importante mesure sur le chemin de la levée du blocus inhumain et injuste.

 

Il a confirmé dans une déclaration de presse, samedi 29 décembre 2012, que cela est une réalisation pour promouvoir la fermeté du peuple palestinien, et une grande mesure sur le chemin de la levée du blocus israélien imposé sur la bande de Gaza depuis plus de six ans.

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 19:52

 

DEUXIEME ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION TUNISIENNE

 

Deux ans après son début, les médias et les gouvernements occidentaux ne comprennent plus rien à la révolution arabe.

 

Je l’écrivais de nombreuses fois depuis deux ans, la révolution arabe est directement une conséquence de la chute du mur de Berlin en 1989 et de la dissolution de l’union soviétique en 1991.

 

Vous trouverez par exemple le paragraphe ci-dessous dans un message de juillet 2012, « la coexistence pacifique entre l’impérialisme occidental et la bureaucratie soviétique, le faux débat entre la fausse démocratie impérialiste et la fausse dictature socialiste dominait le vingtième siècle pendant des dizaines d’années. La disparition de l’union soviétique laissait l’impérialisme mondial sans adversaire global. Il en inventait un autre, c’était la guerre des civilisations contre l’islam politique. La base idéologique la plus fondamentale de la guerre des civilisations était la fausse incompatibilité entre l’islam et la démocratie. C’est le sens le plus fort de la révolution arabe, c’est la négation de cette fausse incompatibilité par l’invention de la démocratie musulmane ».

 

Je prendrais dans ce message le seul exemple de la Tunisie, je parlerais des situations de l’Egypte, de la Syrie et de la Palestine dans un autre message.

 

En Tunisie, depuis plusieurs mois, de mystérieux agresseurs attaquent de temps en temps le siège national de l’UGTT, des réunions des partis progressistes ou bien même l’ambassade des Etats Unis.

 

Personne ne les identifie ni ne les arrête, la police tunisienne observe attentivement et passivement leurs agressions mais dans le meilleur des cas elle intervient seulement après la fin des agressions, les agresseurs ne revendiquent pas leurs actions et ils disparaissent dans la nature tout aussi mystérieusement immédiatement après la fin de leurs agressions.

 

Ces agressions sont autant de messages à l’attention des médias occidentaux et les médias occidentaux les reçoivent parfaitement bien. Ces agressions sont la cause d’une extraordinaire campagne de propagande obscurantiste des médias occidentaux. Dans la nuit des médias occidentaux, tous les chats tunisiens sont gris. Ils mélangent tout. De leur point de vue, les salafistes seraient des islamistes, la Ligue de Protection de la Révolution serait aussi une organisation islamiste, l’actuel gouvernement tunisien serait le gouvernement du seul parti des affreux méchants islamistes d’al Nahdha, ce serait le gouvernement d’une seule composante, les médias internationaux ignorent totalement les deux autres composantes gouvernementales minoritaires, le CPR et Ettakatol, elles seraient certainement elles aussi des organisations islamistes et les médias internationaux ignorent encore plus les divergences politiques à l’intérieur d’al Nahdha.

 

Plusieurs dizaines de salafistes sont en prison et deux d’entre eux mourraient d’ailleurs récemment en prison à la suite d’une longue grève de la faim, mais ces informations n’entrent pas du tout dans le cadre de la propagande occidentale.

 

Le jour du deuxième anniversaire de l’immolation par le feu du jeune vendeur de fruits et légumes de Sidi Bouzid, le président Marzouki était lui-même victime d’une agression à Sidi Bouzid, mais cette information n’entre pas non plus dans le cadre de la grille de lecture des médias occidentaux.

 

Il y a aussi toute une propagande des médias occidentaux selon laquelle il y aurait une situation de confrontation entre le gouvernement d’al Nahdha et l’UGTT. Rien n’est plus faux, il n’y a pas de situation de confrontation entre le gouvernement d’al Nahdha et l’UGTT. La direction nationale de l’UGTT appelait à une grève générale le 13 décembre et après une réunion de huit heures de négociations entre le gouvernement et l’UGTT et la satisfaction de la majorité de ses revendications, la direction nationale de l’UGTT annulait son mot d’ordre de grève générale.

 

Il n’y a pas d’affrontement entre le gouvernement d’al Nahdha et l’UGTT et cette situation d’affrontement ne serait dans l’intérêt de personne. Les relations entre l’actuel gouvernement tunisien et l’UGTT sont des relations normales entre un gouvernement capitaliste normal et une centrale syndicale majoritaire dans un pays capitaliste normal, comme par exemple les relations entre le gouvernement Hollande et la CGT en France.

 

Bernard Fischer 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:53

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/12/29/usines-recuperees-et-autogestion-dans-la-nouvelle-realite-espagnole

 

http://www.alterautogestion.blogspot.fr/2012/12/usines-recuperees-et-autogestion-dans.html

 

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole

 

samedi 29 décembre 2012

 

Traduction en français de cet article très intéressant et éclairant sur la situation dans l’État espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d’ICEA sous le titre de « Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España ».

 

Par José Luis Carretero Miramar

 

Traduction du castillan par Richard Neuville

 

Avec la situation de crise financière et économique, l’État espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé, et continuent à se succéder, laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

 

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux sinon profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait – ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement- la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

 

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

 

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936 à 1939 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scénario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 1970, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs à joué un rôle marquant.

 

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électro domestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires de Joaquím Jordá : Númax vit et vingt ans ce n’est pas rien.

 

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du métro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a vingt cinq ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura trois.

 

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

 

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

 

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial – à l’éclatement de la bulle immobilière – ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliquée le début de grandes transformations économiques mais également socio culturelles.

 

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un État de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

 

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’État espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

 

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

 

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenue possible.

 

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et, le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

 

En ce sens, au tout début de la crise, près de quarante entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA).

 

Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zeropro de Porriño à Pontevedra  en Galice ou celle de meubles et d’agencement de cuisine Cuin Factory à Vilanova i la Geltrú dans la région de Barcelone dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de neuf cent euros. L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell dans la banlieue de Barcelone a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

 

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex employés du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant quatre vingt dix pour cent de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

 

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développée : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un État du Bien-être de plus en plus faible et contesté. Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

 

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblante à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra – Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, deux cent vingt trois nouvelles coopératives ont été créées dans l’État espagnol.

 

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

 

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