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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 20:07

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/02/05/tourmente-judiciaire-autour-de-la-maire-de-rome_1546343

 

Tourmente judiciaire autour de la maire de Rome

 

Par Eric Jozsef, correspondant de Libération à Rome

 

Dimanche 5 Février 2017

 

L'administration de Virginia Raggi est ébranlée par une affaire de corruption touchant deux proches collaborateurs, un scandale qui met en difficulté le Mouvement Cinq Etoiles (MCE).

« Le vent est en train de tourner », se réjouissait au mois de juin 2016 Virginia Raggi à la veille de son triomphe avec soixante sept pour cent des suffrages à la mairie de Rome. Huit mois plus tard, c’est un blizzard qui est en train de s’abattre sur le Capitole. L’élue du MCE se retrouve dans une tourmente judiciaire et politique qui ébranle le mouvement de Beppe Grillo. Jeudi 2 Février 2017, la maire a été entendue pendant plus de huit heures par les magistrats dans le cadre d’une enquête de corruption. Celle qui devait incarner la capacité du parti contre le système à se muer en force de gouvernement, est soupçonnée d’abus de biens sociaux et de faux.

« L’interrogatoire a été tranquille et j’ai répondu à toutes les questions », a assuré Virginia Raggi qui doit notamment clarifier ses rapports avec Raffaele Marra, son ancien chef du personnel. Celui-ci se trouve depuis le mois de décembre 2016 derrière les barreaux, accusé d’avoir touché de l’argent de la part d’un promoteur immobilier qui a lui aussi été appréhendé. La malversation remonte à 2013, c’est-à-dire bien avant l’accession de Virginia Raggi au fauteuil de maire de la ville.

Reste que les magistrats veulent comprendre les raisons de la promotion, après la victoire du MCE, de ce fonctionnaire lié à l’ancienne municipalité de droite de Gianni Alemanno et surtout les conditions de la nomination du frère de Raffaele Marra à la direction du tourisme de la capitale.

Au moment de l’arrestation de son proche collaborateur, Virginia Raggi a tenté de minimiser le rôle de ce personnage sulfureux, « Raffaele Marra n’est que l’un des vingt trois mille employés de la mairie ». Les magistrats sont au contraire convaincus que celui qui est désigné par la presse comme le Grigori Raspoutine du Capitole avait la mainmise sur les décisions de la mairie et que c’est sous son influence que son frère, Renato Marra, a obtenu son avancement.

Mais pour Virginia Raggi, les ennuis ne s’arrêtent pas au dossier de Raffaele Marra. Alors qu’elle était entendue par les magistrats, l’hebdomadaire l’Espresso a révélé Jeudi 2 Février 2017 que son ancien secrétaire politique Salvatore Romeo, figure presque aussi controversée que Raffaele Marra, aurait étrangement souscrit au mois de janvier 2016 une assurance vie de trente mille euros au nom de Virginia Raggi. « Je suis bouleversée et je n’étais pas au courant », s’est défendue l’intéressée qui, malgré les mises en garde, avait personnellement choisi Salvatore Romeo comme bras droit, permettant ainsi a cet employé communal de voir son salaire tripler pour atteindre quatre vingt dix sept mille euros annuels.

Au mois de décembre 2016, sous la pression de Beppe Grillo, Virginia Raggi a été contrainte de se séparer de Salvatore Romeo. Mais les révélations concernant l’assurance vie relancent les spéculations.

D’autant que dans ses messages privés avec Raffaele Marra, saisis par la justice, Salvatore Romeo parlait de ce dernier comme de son chef.

Parmi les militants du MCE, c’est la surprise et le désarroi. Jusqu’à présent, le chaos au sein de la nouvelle équipe municipale et l’inertie dans la gestion de la ville étaient mis sur le compte de l’inexpérience des jeunes élus et de la résistance des pouvoirs forts. « Ils nous font payer le renoncement à la candidature de Rome aux jeux olympiques de 2024 », ont notamment répété les leaders du MCE. « Il y a un complot pour nous faire gagner », avait même avancé avant les élections Paola Taverna, l’une des responsables les plus populaires du MCE. Sur le même registre, Virginia Raggi a justifié il y a quelques mois les carences dans le système du ramassage des ordures en laissant entendre que ses adversaires politiques s’amusaient à salir les trottoirs de la ville,« c'est bizarre, je n’ai jamais vu autant de réfrigérateurs abandonnés dans la rue ».

Dans cette atmosphère de forteresse assiégée, même les multiples démissions d’adjoints au maire, dont celle de la magistrate Carla Ranieri qui avait parlé d’un groupe de malfaiteurs réunis autour de Virginia Raggi, n’ont réellement fait vaciller la jeune maire. Mais depuis Jeudi 2 Février 2017, certains partisans de Beppe Grillo s’interrogent. Pour le journal Il Fatto Quotidiano, proche du MCE, « soit Virginia Raggi s’explique, soit elle démissionne ».

Samedi 4 Février 2017, l’intéressée a répété qu’elle n’était au courant de rien, « ce type d’assurance peut être souscrit sans en informer le bénéficiaire ». « N’ayant ni épouse, ni enfants, j’ai indiqué comme bénéficiaires et uniquement en cas de décès, les personnes que j’estime le plus », a de son coté indiqué Salvatore Romeo. Pour l’heure, Beppe Grillo a apporté son soutien à Virginia Raggi, évoquant son administration courageuse.

Reste que cette prise de position n’est pas une assurance vie politique pour la maire. Parmi les parlementaires du MCE, certains demandent en coulisses sa démission, notamment dans l’entourage de Roberto Lombardi, le grande adversaire de Virginia Raggi et qui avait défini Raffaele Marra comme « un virus qui a infecté le MCE ». Les opposants internes craignent que les affaires du Capitole ne jettent une ombre sur une formation qui a fait de l’honnêteté et de la chasse aux corrompus son fonds de commerce.

Reste qu’un départ précoce de Virginia Raggi risquerait de ruiner les efforts du MCE, crédité de près de trente pour cent des voix dans les sondages, pour se montrer prêt, après Rome, à gouverner le pays.

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 16:46

 

https://rsf.org/fr/actualites/six-mois-detat-durgence-en-turquie-le-journalisme-lagonie

 

Six mois d’état d’urgence en Turquie, le journalisme à l’agonie

 

Six mois après l’instauration de l’état d’urgence, le 20 juillet 2016, l’arbitraire n’en finit pas de s’abattre sur les journalistes et les médias turcs.

Reporters Sans Frontières (RSF) dresse le bilan de six mois de dérive continue et demande à l'assemblée nationale d’abroger les décrets-lois incompatibles avec la constitution et les obligations internationales de la Turquie.

Une centaine de journalistes emprisonnés sans procès, cent quarante neuf médias fermés, sept cent soixante quinze cartes de presse annulées, des retraits de passeport et des saisies de biens non justifiées, depuis six mois, sous couvert d’état d’urgence, les professionnels des médias sont frappés par une répression toujours plus arbitraire. Dans un courrier envoyé Vendredi 20 Janvier 2017 à la commission d’enquête sur les droits de l’homme de l’assemblée nationale, RSF demande aux parlementaires turcs d’abroger les décrets-lois adoptés dans le cadre de l’état d’urgence. Une analyse juridique détaillée jointe à ce courrier démontre que ces décrets sont inconstitutionnels et incompatibles avec les obligations internationales de la Turquie.

« Après six mois d’état d’urgence, le journalisme est à l’agonie en Turquie », dénonce Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

« Le pluralisme est en passe d’être anéanti et les médias restants vivent sous une épée de Damoclès permanente, dans un climat de peur et d’intimidation renforcé par les propos de certains dirigeants. Il est grand temps de mettre fin à ces pratiques arbitraires et de revenir aux normes constitutionnelles garantissant la liberté de la presse ».

Quatre mois après son rapport intitulé « état d’urgence, état d’arbitraire », RSF dresse un nouvel état des lieux qui documente des pratiques toujours plus arbitraires à l’encontre des journalistes critiques.

De nombreux journalistes croupissent en prison sans procès

Pas d’inculpation, pas de libération

La grande majorité des journalistes incarcérés au lendemain de la tentative de coup d'état du 15 juillet 2016 attendent toujours l’ouverture de leurs procès. Les demandes de libération formulées par leurs avocats sont généralement rejetées par des juges de paix, hommes de main du pouvoir, en l’absence de tout argumentaire juridique solide. De très rares remises en liberté conditionnelles sont accordées, qui ne mettent pas un terme aux poursuites. Le reporter Arda Akin, du quotidien Hürriyet, a été libéré le 9 septembre 2016 après vingt quatre jours de prison. Lale Kemal et Nuriye Akman, anciennes éditorialistes du quotidien Zaman, ont été libérées le 12 octobre 2016 après plus de deux mois derrière les barreaux. La romancière Aslı Erdoğan et la traductrice Necmiye Alpay, également chroniqueuses pour Özgür Gündem, ont été libérées le 29 décembre 2016 après plus de quatre mois de prison.

Plus de quatre vingt journalistes sont emprisonnés pour avoir collaboré avec des médias favorables au prédicateur Fethullah Gülen, ancien allié du président Recep Tayyip Erdoğan et devenu sa bête noire. Moins d’une trentaine d’entre eux disposent à ce jour d’un acte d’accusation. Ce n’est que le 10 mars 2017 que s’ouvrira le premier procès. Des journalistes d’Adana, au sud du pays, seront jugés pour appartenance à une organisation illégale. Parmi eux, Aytekin Gezici et Abdullah Özyurt auront déjà passé près de huit mois en détention.

Un second procès s’ouvrira prochainement contre vingt huit journalistes, dont vingt cinq sont toujours incarcérés. Parmi les prévenus, qui risquent jusqu’à dix ans de prison pour appartenance à une organisation illégale, figurent Murat Aksoy, Atilla Tas, Hanim Busra Erdal ou encore Cihan Acar.

« Je n’ai pas vu un seul procureur en six mois de détention », témoigne l’éditorialiste de Zaman, Sahin Alpay. « Nous avons directement été déférés au tribunal qui a ordonné le placement en détention provisoire après notre interrogatoire par la police. Je suis le plus âgé, j’ai fêté mes soixante treize ans en prison. Mes éditoriaux n’ont rien à voir avec la mouvance de Fethullah Gülen. Je demande à ce que notre procès démarre le plus rapidement possible ».

Plusieurs journalistes ont saisi la cour constitutionnelle pour réclamer leur libération, mais la juridiction suprême tarde à répondre. Devant son silence, les avocats de deux d’entre eux ont fini par saisir la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), à la fin du mois de décembre 2016, pour maintien en détention illégale.

Isolement renforcé pour de nombreux journalistes emprisonnés

En vertu des décrets-lois adoptés sous l’état d’urgence, les conversations entre les détenus et leurs avocats se déroulent en présence de policiers et sous vidéo surveillance. Les journalistes incarcérés du fait de liens présumés avec la confrérie de Fethullah Gülen font l’objet d’un régime d’isolement particulièrement sévère, détenus dans la neuvième section de la prison de Silivri, à soixante dix kilomètres d‘Istanbul, ils sont privés de courrier, coupés des médias et leur droit de visites est extrêmement limité.

Cela concerne les journalistes de Zaman, mais aussi onze collaborateurs de Cumhuriyet, que la justice accuse d’avoir altéré la ligne éditoriale du journal en accord avec la confrérie de Fethullah Gülen. Pour le parquet, la couverture par Cumhuriyet d’affaires sensibles telles que les livraisons d’armes turques à des groupes djihadistes syriens, les exactions commises par les forces armées en marge de leur lutte contre la rébellion kurde ou encore les allégations de tortures à l’encontre de putschistes présumés, sont autant de preuves d’une complicité avec le mouvement de Fethullah Gülen.

Une dizaine de collaborateurs du journal, dont son rédacteur en chef Murat Sabuncu, l’éditorialiste Kadri Gürsel, le caricaturiste Musa Kart ou encore l’administrateur Bülent Utku, ont été arrêtés le 31 octobre 2016. Ahmet Sik a été arrêté le 29 décembre 2016. L’accusation de soutenir Fethullah Gülen est un sommet d’absurdité pour ce journaliste d’investigation, incarcéré pendant plus d’un an entre 2011 et 2012 pour avoir critiqué l’emprise de la confrérie sur l’appareil d’état.

« Sur les cent soixante huit heures que compte une semaine, je ne peux voir des êtres humains que deux heures, une heure avec mon épouse et une autre avec mon avocat », raconte Murat Sabuncu. « Normalement, nous avons le droit de recevoir la visite de trois autres personnes, mais cette règle n’est plus appliquée ».

L'arbitraire toujours croissant des sanctions administratives

Des centaines de cartes de presse annulées

Depuis la mise en place de l’état d’urgence, pas moins de sept cent soixante quinze journalistes ont été privés de leur carte de presse par la direction générale de l’information et des médias (BYEGM), un organisme rattaché aux services du premier ministre. A la fin du mois d’octobre 2016, c’était au tour des journalistes Hasan Cemal et Doğan Akin d’être ainsi sanctionnés. Le 16 décembre 2016, la BYEGM annonçait à Nevzat Onaran que sa carte de presse, censée être permanente, ne lui serait plus renouvelée malgré ses dix sept ans de carrière. Pour toute explication, l’organisme a fait référence à une ancienne condamnation du journaliste pour avoir détourné le peuple du service militaire. Au début du mois de janvier 2017, la BYEGM a retiré sa carte à la célèbre journaliste Amberin Zaman, accusée d’incitation à la haine et à l’hostilité pour avoir déclaré sur les réseaux sociaux que « les kurdes constituent la force la plus importante dans le combat contre l’Etat Islamique ».

Les biens de cinquante quatre journalistes saisis

Le premier décembre 2016, un juge de paix d’Istanbul a ordonné la saisie des biens de cinquante quatre anciens collaborateurs de Zaman, dont Sahin Alpay, Mümtazer Türköne, Ali Bulac, Hilmi Yavuz, İhsan Duran Dagi ou encore Hamit Bilici, accusés de liens avec le mouvement de Fethullah Gülen. Une mesure adoptée alors que le procès de ces journalistes n’a pas encore commencé et qu’ils sont donc censés bénéficier de la présomption d’innocence.

L'état s’acharne contre les journalistes contraints à l’exil et leurs proches

Face à l’arbitraire de l’administration et des tribunaux turcs, des dizaines de journalistes ont été contraints à l’exil depuis six mois. Condamné à cinq ans et dix mois de prison au mois de mai 2016, l’ancien directeur de la rédaction de Cumhuriyet, Can Dündar, a ainsi décidé de ne pas rentrer au pays tant que l’état d’urgence restait en vigueur. Mais son épouse, Dilek Dündar, est bloquée en Turquie, son passeport a été annulé sans explication le 4 août 2016.

Une autre menace plane désormais sur les journalistes contraints à l’exil. Le décret-loi du 7 janvier 2017 prévoit que les individus suspectés ou poursuivis pour activité subversive, attaque contre le président de la république, crime contre le gouvernement ou appartenance à une organisation illégale, peuvent être déchus de leur nationalité turque s’ils ne répondent pas sous trois mois à leur convocation.

Le pluralisme en voie d’extinction

Cent quarante neuf médias liquidés d’un trait de plume

Depuis le 20 juillet 2016, pas moins de cent quarante neuf médias considérés comme proches de la confrérie de Fethullah Gülen ou du mouvement kurde ont été fermés manu militari, par décret ou sur décision administrative. Au premier décret liquidant cent deux médias, à la fin du mois de juillet 2016, ont succédé d’autres ordres similaires, fermeture de deux douzaines de télévisions et de radios au début du mois d’octobre 2016 et de quinze médias kurdes à la fin du mois d’octobre 2016. Le pluralisme médiatique est réduit à la portion congrue.

Vingt des titres liquidés ont finalement été autorisés à rouvrir. Un décret a par exemple autorisé la réouverture de onze médias locaux. Mais la portée de ce revirement est extrêmement limitée, au regard de l’influence de ces titres et des coupes claires opérées dans le paysage médiatique. La plupart des médias fermés par décret, dont les chaînes d’opposition Hayatin Sesi et İMC Télévision, attendent toujours des nouvelles quant aux recours qu’ils ont formulés auprès de la justice administrative. Ils comptent saisir la CEDH, étant donné que la cour constitutionnelle s’est déclarée incompétente, au mois d’octobre 2016, pour les affaires liées aux décrets-lois adoptés sous l’état d’urgence.

Carcan renforcé sur l’audiovisuel

Les décrets-lois ont renforcé les pouvoirs de sanction du haut conseil de l’audiovisuel (RTÜK). Ce dernier peut désormais suspendre toute radio ou télévision pour un jour, en cas de violation de la loi sur la presse. En cas de récidive, la suspension peut être portée à cinq jours, puis à quinze jours, et la licence du média peut finalement être révoquée.

Une nouvelle disposition introduite dans les statuts du RTÜK interdit « la couverture des actes terroristes, de leurs exécutants et de leurs victimes, lorsqu’elle contribue aux objectifs du terrorisme ». RTUK peut désormais refuser d’accorder une licence à tout média censé représenter une « menace à la sécurité nationale, à l’ordre public ou à l’intérêt général ». Il peut également le faire dès lors que la police ou les services de renseignement l’avertissent de liens du personnel du média en question avec une organisation terroriste.

Le contrôle d’internet porté à un niveau inédit

Le blocage ponctuel des plateformes Twitter, YouTube et Facebook est devenu une habitude après chaque attentat ou autre situation d’urgence en Turquie, mais les autorités ont passé un nouveau cap en rendant temporairement inaccessibles les services de messagerie WhatsApp, Skype et Telegram, au début du mois de novembre 2016. Les fournisseurs d’accès à internet ont reçu l’ordre de restreindre l’accès à une dizaine de VPN et au réseau Tor, permettant de contourner la censure et de chiffrer le trafic. Au même moment, l’accès à internet était coupé pendant plusieurs jours dans les régions du sud est, peuplées majoritairement de kurdes.

Face à cette dérive continue, RSF réitère les demandes formulées dans son rapport intitulé « état d’urgence, état d’arbitraire », à commencer par l’abrogation des décrets-lois inconstitutionnels et la libération immédiate des journalistes incarcérés du fait de leurs activités professionnelles.

RSF réclame en outre la levée de l’isolement imposé aux journalistes détenus dans la neuvième section de la prison de Silivri.

La Turquie occupait la cent-cinquante-et-unième place sur cent quatre vingt pays au classement mondial de la liberté de la presse pour l’année 2016, publié par RSF.

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 16:10

 

Pas de visite de Donald Trump en Grande-Bretagne « avant des mois » (Reuters)

 

La visite d’état prévue de Donald Trump en Grande-Bretagne n'aura pas lieu « avant des mois » et aucun programme ne fait pour l'instant l'objet de discussions concrètes avec Washington, a déclaré Mardi 31 Janvier 2017 la porte-parole de Theresa May.

L'invitation, qui émane de la reine Elizabeth, a été remise la semaine dernière par la première ministre britannique lors de son entretien à la Maison Blanche avec le nouveau président des Etats-Unis.

Mais la perspective de voir Donald Trump venir au Royaume-Uni, où son décret contre l’immigration suscite comme ailleurs une vaste contestation, est rejetée par une partie de l'opinion. Mardi 31 Janvier 2017, une pétition mise en ligne pour réclamer l'annulation de cette visite d’état avait recueilli plus d’un million six cent mille signatures.

Les députés de la chambre des communes débattront le 20 février 2017 de cette pétition. Le même jour, ils débattront aussi d'une deuxième pétition, celle-ci en faveur du maintien de la visite d’état, qui a été signée jusqu'à présent par plus de cent mille personnes. Les pétitions atteignant la barre des cent mille signatures doivent être automatiquement soumises à un débat parlementaire en Grande-Bretagne.

« La première ministre a très clairement dit Lundi 30 Janvier 2017 que l'invitation avait été remise. Elle en était très heureuse et elle est impatiente d'accueillir le président, ce sera une visite d’état dans le courant de l'année », a dit la porte-parole de Theresa May aux journalistes.

« Pour ce qui est du programme de cette visite d’état, tout devra être travaillé en temps voulu. Nous en sommes à des mois », a-t-elle ajouté.

Selon le protocole, une visite d’état en Grande-Bretagne implique nécessairement une réception royale et un banquet offert par la souveraine.

La pétition contre la venue de Donald Trump avait été lancée avant l'annonce officielle de l'invitation. Mais le mouvement a pris une vigueur nouvelle après le décret du président américain interdisant pendant quatre vingt dix jours l'accès du territoire américain aux ressortissants en provenance d'Iran, d'Irak, de Libye, de Somalie, de Syrie, du Soudan et du Yémen, pendant cent vingt jours l'accueil de tout réfugié aux Etats-Unis, et suspendant sine die l'accueil de tous les réfugiés syriens.

Sadiq Khan, le maire de Londres, devait dire Mardi 31 Janvier 2017 au chargé d'affaires américain Lewis Lukens que le décret pris par Donald Trump, loin de renforcer la sécurité des Etats-Unis, était préjudiciable à celle-ci.

Sadiq Khan, le plus illustre des hommes politiques musulmans de Grande-Bretagne, devait s'exprimer devant un parterre de diplomates étrangers et notamment devant les ambassadeurs de certains des pays les plus touchés par l'interdiction d'entrée aux Etats-Unis, a fait savoir la mairie de Londres.

« Prendre pour cible des personnes pour des raisons touchant uniquement à leur foi ou à leur pays d'origine est cruel, empreint de préjugés et improductif », doit déclarer le maire travailliste de Londres.

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 15:56

 

http://mediabask.naiz.eus/eu/info_mbsk/20170408/les-artisans-de-la-paix-regardent-vers-lavenir

 

Les Artisans de la Paix regardent vers l’avenir

 

A Bayonne, le Samedi 8 Avril 2017 a marqué la fin du désarmement d’Euskadi Ta Askatasuna (ETA) mais, surtout, une nouvelle phase dans la résolution du conflit basque.

Le ciel était clément à Bayonne, Samedi 8 Avril 2017. La température était chaude. Sur l’estrade, il y avait Michel Tubiana et Michel Berhocoirigoin, deux des Artisans de la Paix. « L’essentiel est là », lance le premier aux milliers de personnes amassées devant lui, « aujourd’hui, Samedi 8 Avril 2017, ETA est désarmé », reprend-il après une pause.

Mais cela ne suffit pas, pour apprendre à vivre ensemble, « il faudra désarmer les esprits ». L’assistance l’écoute, elle est là pour cela, pour vivre ce moment historique dans lequel les armes utilisées par ETA sont mises hors d’usage.

Les organisateurs parlent de vingt mille personnes présentes. La place Paul Bert est pleine et il fait chaud. La plupart des participants sont là depuis 14 heures et n’importe quel bout d’ombre peut devenir refuge de fortune. Pendant les prises de parole, un homme s’est senti mal. Couché sur le bitume, ses proches l’ont rafraîchi avec de l’eau sur la tête.

La voix de Louis Joinet, elle, a été envahie par l’émotion, au moment où il a remercié tous ceux qui ont rendu possible cette journée du désarmement. Chargé de lire le Manifeste de Bayonne, il a montré à quel point se sont engagés des centaines d’Artisans de la Paix. Un engagement collectif qui n’est devenu réalité que par l’engagement personnel de chacun d’entre eux.

Le texte a été lu en quatre langues. Estitxu Eizagirre, la directrice de la revue Argia, Susan George, écrivaine franco-américaine, et Fernando Armendariz, membre du Forum Social, ont pris le témoin de l’ancien expert de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Derrière eux, il y avait les signataires. Ils sont par dizaines, représentants de partis politiques, de syndicats ou d’associations, ils ont soutenu le manifeste.

Le travail mené depuis la Conférence d’Aiete en 2011 est « bel et bien une oeuvre artisanale, d’un ouvrage irrégulier, imparfait et humain, tellement humain », reconnaît le texte, c’est probablement pour cela que les personnes présentes à Bayonne se sentent partie prenante.

Bien sûr, il y a des absents de cette journée, les gouvernements français et espagnols. Les signataires attendent d’eux qu’ils s’expriment, afin que toutes ces années qu’ils ont laissées en héritage aux habitants du Pays Basque puissent être évoquées.

« La paix n’est pas seulement une absence de violence », rappellent-ils. Aux victimes, toutes et chacune d’elles, les signataires du manifeste voudraient leur dire que « non, cela ne se reproduira pas ». Sur la question des prisonniers et des exilés basques, « nous pensons que personne n’est perdant si la loi et la politique s’inscrivent dans le présent, si leur éloignement prend fin, s’ils sont rapatriés en Euskadi et alentour et si les malades et ceux arrivés en fin de peine sont libérés », ont-ils avancé.

Les détenus basques, la dernière pensée du révérend méthodiste nord-irlandais Harold Good a aussi été vers eux. Acteur du processus de paix au Pays Basque, il a demandé à Madrid et à Paris « qu’ils entendent la voix des personnes présentes et qu’ils permettent le retour des prisonniers chez eux, auprès de leurs familles ».

L’assistance a relayé l’appel avec des cris en faveur du retour des prisonniers. Des slogans qui ont résonné tout au long du rassemblement.

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 15:11

 

http://www.madrid15m.org/francia-motines-suburbiales-y-chovinismo-fascista

 

Les émeutes de banlieue et le chauvinisme fasciste
 

Par Frank Mintz
 

Dimanche 26 Mars 2017
 

Avec l'agression et le viol par un policier d'un jeune homme de vingt et un ans, Theo Luhaka, le 2 Février 2017 dans la banlieue parisienne, il y avait une série de manifestations et de protestations contre la police et pour la solidarité avec Theo Luhaka, insulté aussi pour être noir, aussi bien dans la région parisienne que dans le sud de la France, à Montpellier et à Avignon, ou dans l’ouest de la France, à Rennes et à Nantes.

L'extrême-droite du Front National a publié une déclaration réaffirmant « le soutien des français à la police nationale et à la gendarmerie » et le leader du parti, Marine Le Pen, a dénoncé « le laxisme qui se répand dans la société française, dont les responsables sont les politiques qui ont régné pendant des années ».

L'événement semble confirmer l'interprétation des médias selon laquelle les noirs et les musulmans remettent en question l'intégration sociale avec leur violence culturelle, qui ne peut provoquer que plus de violence.

Deux données démontrent la fausseté d'une telle propagande.

Les incidents éclatent toujours géographiquement dans les mêmes zones avec des couches sociales pauvres, des bâtiments sociaux surpeuplés dont les loyers sont bas, mais peu à peu mal entretenus. La plupart des habitants sont des français d’origine blanche ou noire des Antilles, de la Guyane française et des îles de la Réunion, de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie, avec des minorités étrangères et récemment naturalisées du Portugal, du Maghreb et des pays slaves.

Tous les jeunes de ces zones, depuis leur naissance ou leur arrivée en France, sont dans des écoles libres et laïques. Mais ils manquent de soutien scolaire et d’enseignants capables d'écouter les jeunes des familles sans emploi. Cela affecte fortement le phénomène de la recherche d'un emploi, avec ou sans diplôme, avec une adresse postale dans ces quartiers qui provoque déjà une réponse négative presque systématique.

Pendant les années 1970 et 1980, les différents gouvernements de droite et de gauche ont établi un écart social entre les municipalités ou les zones municipales des gagnants et des perdants, les uns avec un programme de subventions sociales et individuelles et les autres avec une aide de plus en plus faible, comme le Revenu de Solidarité Active (RSA), d’environ cinq cent trente cinq euros, une aumône pour ne pas mourir de faim.

Depuis la fin des années 1990, des rapports sur les « zones à risque » révèlent toujours des situations d'explosion sociale latente et ils proposent des réformes urgentes. Cela suppose de grands investissements, qui ne sont pas effectués.

Ce sont les causes de la multiplication des vols, des violences des pauvres contre les pauvres et du grand commerce de la drogue, l'arme habituelle du pouvoir démocratique pour que la misère sociale des quartiers reste éloignée des gens « normaux et décents ».

La police formée pendant les guerres coloniales a gardé l’usage de la xénophobie contre les jeunes, avec beaucoup d’arabes et de noirs. Et chaque mort d’un jeune provoque des émeutes pendant plusieurs jours.

Une réponse forte a surgi après la mort de deux jeunes pendant les mois d’octobre et de novembre 2005. Dans la plupart des grandes villes, il y a eu des agressions contre les centres sociaux et des incendies de voitures. Ce fut l'exaspération de ceux qui ont été abandonnés par la société.

Parallèlement, il y a une limite à l’ascension sociale des personnes noires et arabes d'origine modeste qui ont pu étudier, une ministre de la justice d'origine marocaine et une ministre de l’éducation de la même origine avec le président actuel. Il est important de souligner que, malgré le chauvinisme occidental, les jeunes d'origine maghrébine et africaine, à la grande différence du machisme de leur propre culture, sont intégrés dans le monde du travail. Le même Front National a ses maghrébins, qui sont les enfants des membres des unités algériennes de la gendarmerie française, les harkis.

La solution doit venir de la population des quartiers pauvres et de la solidarité. Après la défaite de la lutte contre la loi travail entre le mois de mars et le mois de juin 2016, il est impossible de ne pas continuer le combat.

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 17:21

 

http://webdoc.france24-mcd-rfi.com/infomigrants-roya-insoumise-migrants-retraites-pretre-religion-immigration-france-episode-2/

 

La résistance des cheveux blancs

 

Depuis bientôt deux ans, la vallée de la Roya, dans le département des Alpes-Maritimes, voit quotidiennement affluer des dizaines de migrants aux portes de ses villages médiévaux encastrés à flanc de montagne.

Pour éviter les contrôles de police à la frontière italienne entre Vintimille et Menton, ces exilés ont privilégié le passage par les Alpes. Si le chemin les conduit directement en France, il les mène aussi dans la gueule du loup, la région de la Roya est cernée par la police. Attachés à la tradition d'entraide qui fait la fierté de la vallée, des habitants regroupés au sein de l'Association Roya Citoyenne (ARC), leur portent assistance au risque de tomber sous le coup de la loi.

En ce moment, le prêtre François-Xavier Asso lit Pline l’Ancien. Une lecture érudite pour mieux connaître, explique-t-il, les racines romaines de son village de Tende, perché sur les hauteurs de la vallée de la Roya. Au café des sports, le principal bistrot du centre-ville où il s’est installé, l’ecclésiastique de soixante seize ans, ancien prêtre-ouvrier, enchaîne les digressions sur les origines latines des lieux, l'influence de l'empire romain et le règne de Probus en 280. S’il parle autant de l’histoire de la vallée, c’est sans doute pour retarder le moment de parler de la sienne. L’homme d'église porte sur ses robustes épaules une histoire douloureuse, celle d’une rupture violente, depuis cet hiver, ses supérieurs hiérarchiques ont coupé tout contact avec lui. L’évêché de Nice lui a tourné le dos.

Le conflit a commencé à l’automne 2016 dans la vallée de la Roya, au plus fort de la crise migratoire. Le Samedi 29 Octobre 2016, précisément, quand le père François Xavier Asso, officiellement à la retraite mais qui assure de temps en temps des offices religieux dans la région, croise pour la première fois des migrants sur son chemin.

L’un d’eux, érythréen, vient d’apprendre la mort de sa femme dans un naufrage en Méditerranée. Bouleversé, le prêtre lance le soir même un appel aux dons. Pour lui, sa paroisse n’en fait pas assez, elle devrait s’investir davantage dans la crise que traverse sa vallée. « Quel est mon rôle si ce n’est d’aider celui qui en a besoin ? C’est cela le message de l’évangile ».

François-Xavier Asso pense alors à utiliser le presbytère de Saint Dalmas de Tende, à quatre kilomètres de son village, pour héberger quelques migrants. « Un bâtiment qui sert peu et qui est facile à chauffer », justifie-t-il. André Marceau, l’évêque de Nice, accepte sa requête du bout des lèvres. « Il m’a dit que nous pouvons les héberger mais en cas d’urgence absolue et seulement si la mairie de Tende donne son accord ». L’édile rechigne mais François-Xavier Asso s’accroche. Le 12 novembre 2016, conforté par l'accord de principe de son évêché, l’ancien prêtre se rend au presbytère avec plusieurs membres de l’ARC, les bras chargés de matelas. Il tente plusieurs fois d’ouvrir la porte en vain. Les serrures ont été changées.

Le choc est immense. « J’étais le seul à avoir les clés du presbytère. Changer les serrures, c’était me viser, moi », explique-t-il en se prenant la tête entre les mains. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Peut-être que le maire a appelé le nouveau curé, ou l’évêque, ou Éric Ciotti, le président des Républicains du département des Alpes-Maritimes ». Ce jour-là, le prêtre est entré en résistance contre une église qui a cédé aux pressions politiques et contre son évêque qui n’a pas eu foi en lui.

Ses phrases sont entrecoupées de silences. Devant le presbytère inaccessible, le vieux prêtre, humilié, décide de rendre à la paroisse toutes les clés qu’il possède. En plus du col romain, François-Xavier Asso vient de revêtir les habits du militant.

L’ancien prêtre-ouvrier s’engage pleinement aux côtés de l’ARC, dont les membres connaissent depuis longtemps la frustration qui le submerge. Eux aussi se sentent abandonnés. Eux aussi estiment que l’état leur a tourné le dos. Dans le département des Alpes-Maritimes, force est de reconnaître que l’aide apportée aux migrants n’est pas du goût des autorités. Éric Ciotti manque rarement une occasion de dire tout le bien qu’il pense de l’ARC, « une poignée d’activistes qui organise le passage clandestin d’étrangers à la frontière franco-italienne ». Avant de dénoncer, au mois de décembre 2016, « les pratiques intolérables de délinquants qui exploitent chaque jour la détresse humaine, en particulier celle des mineurs, en se transformant en passeurs ».

Chez les italiens, de l’autre côté de la vallée, l’ARC n’est pas traitée avec davantage de considération. Au début du mois d’août 2016, la ville de Vintimille, à moins de quarante cinq kilomètres de Breil-sur-Roya, a promulgué un arrêté municipal interdisant de donner à manger et à boire aux migrants, sous peine d’amende et de saisie du véhicule, officiellement pour des raisons sanitaires. L’association s’est sentie directement visée par le décret, même si pour l’heure, elle n’a subi aucune sanction. « Nous sommes quasiment les seuls à venir en maraude à Vintimille pour aider les migrants », explique Pierrette, une retraitée de Sospel engagée dans la cause. « Nous bravons les interdits parce que ni l’état français, ni l’état italien ne font leur travail », enrage-t-elle. Pour de nombreux migrants, coincés en Italie, l’ARC est indispensable. « Ici, les italiens ne nous aident pas », raconte Mohammed, un jeune guinéen qui attend chaque soir les maraudeurs français. « S’ils ne viennent pas, nous ne mangeons pas ».

Même à l’échelle locale, l’ARC se sent délaissée et elle regrette de ne pas pouvoir se reposer davantage sur les élus. À Tende ou à la Brigue, où affluent de nombreux migrants, « les maires ne lèveraient pas le petit doigt pour les aider », lâche Nathalie, intermittente du spectacle et membre de l’association. À Breil-sur-Roya, l'édile André Ipert, ancien membre du Parti Communiste Français (PCF), est lui aussi accusé de passivité. Juste avant Noël, il s’était pourtant montré favorable à l’ouverture d’une structure d’accueil pour les migrants avant de rétro pédaler. « Que pouvais-je faire ? La préfecture m’a envoyé un courrier et m’a menacé d’aller devant le juge administratif si la ville votait la création d’un centre de soins », s’est-il défendu. « J’ai respecté sa décision. Je suis un maire. Je ne suis pas un militant ». Et André Ipert de prévenir, « je souhaite qu’il y ait des conditions d’accueil plus dignes pour les migrants dans la vallée, mais je ne ferai pas n’importe quoi ».

André Ipert ne veut pas que des campements voient le jour dans sa commune. Il ne veut pas que sa ville « devienne une annexe de Vintimille ».

Sylvain, professeur de mathématiques à la retraite, n’est pas vraiment surpris par l’inertie des élus. Ce n’est pas la première fois que sa vallée est abandonnée par les pouvoirs publics, estime cet adhérent de l’ARC. Avec de nombreux habitants des montagnes, il a longtemps milité contre le percement d’un double-tunnel au nord de Tende, censé optimiser l’axe routier transalpin entre le Piémont et la Côte d’Azur. Son ami Pak, barbe longue et look de soixante-huitard, a fait le deuil de cette cause perdue.

« Aujourd’hui, nous sommes face à une autre aventure », ajoute-t-il, comme si une lutte devait en chasser une autre, « une aventure plus grande et plus symbolique » et surtout menée tambour battant par une armée de cheveux blancs.

En regardant les visages ridés qui l'entourent lors d’une énième soirée de maraude, Pak sourit et admet que « lutter, c’est une activité de vieux ».

Dans la vallée, l’ARC est avant tout une affaire de retraités. Il y a les plus jeunes, bien sûr, il y a Cédric Herrou, mais la vie active leur laisse moins de temps libre. Ce sont les aînés qui se voient confier les postes clés de la structure. Pak a été nommé responsable des maraudes, Sylvain, responsable des relations avec la presse.

Catherine, ancienne militante du Mouvement Français du Planning Familial (MFPF), a été désignée pour s’occuper de la trésorerie. Tous passent un temps considérable au téléphone pour organiser les descentes sur Vintimille, répartir les migrants chez les uns et les autres, aller chercher les gamins qui marchent le long des voies ferrées et donner l'alerte en cas de contrôles de police. « Ce n'est pas un combat comme les autres », reconnaît Pak, en chargeant sa vieille Fiat de sacs de nourriture. « Nous nous mettons en danger. Nous ne nous battons pas pour améliorer notre mode de vie, nous nous battons pour améliorer celui des autres, au risque de finir devant un tribunal ».

Faire partie de l’ARC n’est pas une sinécure, c’est plutôt un sacerdoce. Il faut avoir les nerfs solides et la tête froide ou alors brûlée, comme Pierrette.

La retraitée de Sospel vient de rejoindre toute la bande à Vintimille, ce soir du mois de février 2017. Les bras chargés de baguettes, elle raconte son engagement avec un brin d’insolence. « Si je me fais arrêter », répète-t-elle en riant, « mais c’est déjà fait. Je ne fais pas un pas sans être contrôlée cinquante mille fois dans Sospel. Les flics m’appellent l’amie des migrants ». C’est la même désinvolture à l’évocation de la garde à vue.

« Je connais aussi. J’ai été arrêtée avec Cédric Herrou, il y a pas si longtemps. Nous sommes allés à la caserne d’Auvare à Nice. Qu’est-ce que nous avons ri. Nous leur avons fait un café-théâtre aux flics. Ils n’en pouvaient plus ». Derrière ses airs de gai luron, Pierrette se dit « accablée par cette Europe de merde », mais elle refuse de se laisser aller à toute forme de découragement. « Mon père faisait entrer dans la Roya les espagnols qui fuyaient la dictature de Francisco Franco dans les années 1950. Je suis fière du militantisme de ma vallée ». Et surtout, fière de ce troisième âge entré en résistance. « Quand je suis allée au procès de Cédric Herrou, au début du mois de janvier 2017, j’ai eu du mal à réaliser ce que je voyais », conclut Pierrette. « J'avais sous mes yeux un horizon de cheveux blancs, des têtes grisonnantes à perte de vue. Et vous savez quoi ? J’ai trouvé cela merveilleux ».

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 16:38

 

http://www.jourdebout.net

 

Les enjeux de la démocratie en France

 

La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir.

Nous ne sommes pas en démocratie.

Cette affirmation repose sur plusieurs constats.

Les élections et le droit de manifester ne sont pas des contre pouvoirs satisfaisants.

Nous n’avons pas les moyens de nous opposer à une décision prise par nos représentants politiques.

Nous déléguons notre souveraineté à nos représentants sans avoir de moyens d’expression directe sur des sujets au cœur de nos préoccupations.

Nous avons le sentiment d'être exclus de la prise de décision et du débat qui précède les décisions concernant l'économie, l'énergie, la fiscalité, les retraites, la protection sociale, les services publics et les mécanismes institutionnels.

Pourquoi devons nous agir ?

Les représentants politiques ne vont pas d'eux mêmes mettre en place des contre pouvoirs pour limiter les leurs. Seul le peuple lui même peut exiger que son pouvoir réapparaisse dans les institutions de notre république.

Or, c'est la constitution qui régit le fonctionnement de nos institutions. Il est donc nécessaire que notre constitution soit débattue, révisée et approuvée par les citoyens. Cette nouvelle constitution serait, pour les citoyens, la garantie de garder le contrôle de leurs représentants sur tous les sujets de notre société.

Pourquoi maintenant ?

Ayant désormais compris qu'il y a un trait d'égalité entre élection et démocratie, nous ne pouvons plus nous contenter d'aller élire un candidat en 2017. Arrêtons de légitimer ce système politique et de faire semblant de participer à une démocratie. Changeons les règles du jeu.

Assemblée constituante pour une nouvelle constitution

La réécriture de notre constitution nécessite la désignation d'une assemblée constituante, assemblée qui est en charge de la réécriture de la constitution au nom de tous les citoyens. La désignation d'une telle assemblée a été régulièrement nécessaire dans l'histoire de notre pays en 1791, 1793, 1848, 1852, 1946 et 1958. Elle a permis d'adapter le fonctionnement de nos institutions à nos situations politiques. A noter que des assemblées constituantes ont eu lieu récemment dans des pays étrangers comme le Canada, l'Irlande, l'Islande, la Suisse et la Tunisie.

C'est notre tour. Cette assemblée constituante, élue ou tirée au sort, doit être d'origine citoyenne afin d'éviter les conflits d'intérêts de la classe politique.

Elle doit donner lieu à des débats publics contradictoires incluant tous les citoyens dont les représentants du pouvoir.

Impasses

Malgré tout ces constats, nous sommes confrontés à plusieurs impasses.

Le peuple ne peut pas demander directement la réécriture de la constitution.

Monter un nouveau parti politique pour défendre cette opinion est perdu d’avance étant donné le lien existant entre le régime de financement des partis, l’accès aux médias et les résultats électoraux.

Même si la proposition de réécrire la constitution est inscrite dans un programme, rien ne nous garantit la réalisation de cette promesse.

Un sursaut démocratique, Jour Debout

Face à ces impasses, il y a besoin d’un événement inédit, Jour Debout.

Nous avons besoin d’un grand rassemblement sur les places publiques autour d’une idée partagée par nombre d’entre nous, la nécessité et l’urgence de réécrire notre constitution pour mettre en place une réelle démocratie en France.

Jour Debout propose à tous les citoyens favorables à une réelle démocratie en France de se réunir Dimanche 23 Avril 2017 et d'occuper les places lors du premier tour des élections présidentielles.

Sans programme politique ni consigne de vote pour faire d'abord apparaître ce sur quoi la majorité des français sont d'accord.

En ciblant la source des problèmes qui nous divisent, nos institutions donc notre constitution.

À travers un moment collectif et enthousiasmant où les citoyens se saisissent de la politique activement.

Arrêtons de nous diviser sur des personnalités et des programmes politiques alors que ce sont nos institutions qu’il faut changer en priorité.

Prenons conscience de ce qui nous rassemble. Suscitons un tel enthousiasme que la mise en place d’une réelle démocratie ne sera plus qu’une question de temps.

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 15:46

 

Euskadi Ta Askatasuna (ETA) remet à la France une liste de caches d'armes (Reuters)

 

Les séparatistes basques d’ETA ont fait parvenir Samedi 8 Avril 2017 aux autorités françaises une liste de huit caches d'armes situées en France, une opération qu'ils présentent comme le symbole de leur volonté de renoncer à quarante ans de lutte armée.

Le porte-parole de la Commission Internationale de Vérification (CIV) mise en place pour s'assurer du respect du cessez-le-feu décrété depuis 2011 par l'organisation, le sri lankais Ram Manikkaligam, a annoncé qu'il avait reçu une liste des caches d’armes d’ETA des mains d'un représentant de la société civile basque, Jean-Noël Etcheverry.

« Cette information a été immédiatement transmise aux autorités françaises compétentes », a-t-il déclaré devant la presse réunie au théâtre municipal de Bayonne.

Elles vont maintenant « sécuriser et collecter l’arsenal d’ETA », a-t-il ajouté.

Le président d'honneur de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Michel Tubiana, qui a joué un rôle dans ce processus au sein du groupe des Artisans de la Paix, a précisé que les caches d'armes étaient au nombre de huit.

« L'arsenal est composé de cent vingt armes à feu, plus ou moins trois tonnes d'explosifs et plusieurs milliers de munitions et détonateurs », a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée par les Artisans de la Paix.

Il a indiqué que cent soixante douze observateurs avaient été déployés autour des caches pour s'assurer « que ce sont bien les autorités françaises qui prennent possession de ces stocks ».

Le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, a confirmé à Paris que des opérations étaient menées après la remise des renseignements sur les caches.

« En ce jour incontestablement important, j'ai bien sûr une pensée particulière pour toutes les victimes, pour leurs familles, pour leurs proches et notamment pour les policiers et les membres de la garde civile espagnole », a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

ETA a voulu faire de ce Samedi 8 Avril 2017 un jour du désarmement, une initiative accueillie avec prudence en France et scepticisme, voire hostilité, en Espagne, où le gouvernement doute de la possibilité d'un désarmement complet d'une organisation dont la lutte contre Madrid a fait plus de huit cent morts en quarante ans.

Lors d'une opération présentée comme une amorce du désarmement d’ETA, cinq personnes avaient été interpellées le 16 décembre 2016 à Louhossoa, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, où un stock d'armes représentant quinze pour cent de l'arsenal de l'organisation avait été saisi.

Les cinq, parmi lesquels figuraient certains des Artisans de la Paix, intermédiaires dans le processus, avaient été mis en examen par un juge antiterroriste du parquet de Paris pour port, transport et détention d'armes, de munitions et de produits explosifs, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Jean-Noël Etcheverry, leader du mouvement écologiste Bizi, appartient à ce groupe de personnalités.

En visite dans le sud ouest à la fin du mois de mars 2017, le premier ministre français Bernard Cazeneuve avait indiqué que le gouvernement ne pouvait s'opposer à la restitution d'armes à l'origine d'actes de violences.

Mais il avait ajouté que l'opération devait se faire « dans le cadre du respect des procédures judiciaires qui ont été engagées après que les crimes ont été commis ».

En Espagne, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a déclaré de son côté « qu’ETA a fait une énième annonce de désarmement. Cela se fera en échange de rien ».

« Les actions entreprises aujourd'hui par le groupe terroriste ne sont rien de plus que le résultat de sa défaite définitive », a estimé le ministre espagnol de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, devant des journalistes à Madrid.

Le porte-parole au parlement basque des élus du Parti Populaire au pouvoir à Madrid, Borja Semper, a indiqué de son côté voir dans l'opération du Samedi 8 Avril 2017 une reddition finale après six années de promesses non tenues.

« ETA que nous avons connue disparaît pour toujours », a déclaré Borja Semper, « il reste à éradiquer la haine qu’ETA a instillée dans une grande part de la société basque ».

Le dirigeant du parti indépendantiste basque espagnol Euskal Herria Bildu, Arnaldo Otegi, a assuré Vendredi 7 Avril 2017 que « nous entrons dans une situation irréversible. La violence ne sera plus utilisée pour obtenir l'autodétermination et l'indépendance. A partir d'aujourd'hui, nous mettrons sur la table tous les problèmes que nous avons encore en tant que société et en tant que nation », a-t-il ajouté.

Les plus grandes questions en suspens, a-t-il dit, sont le sort des quelque trois cent militants d’ETA toujours emprisonnés en France et en Espagne et celui des victimes du groupe armé.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 15:19

 

http://www.parti-socialiste.fr/decisions-premier-secretaire-lors-bureau-national-6-avril-2017

 

Vous trouverez ci-dessous les décisions du premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, lors du bureau national du Jeudi 6 Avril 2017.

 

J’appelle à l’unité des socialistes derrière le candidat issu de l'élection primaire et validé par la convention nationale, Benoît Hamon.

 

Je retire le statut de membre du bureau national à tous ceux qui ont soutenu ou appellent à voter pour Emmanuel Macron. Ils seront remplacés.

 

J’interdis toute double appartenance conformément aux statuts. Aux élections législatives, une signature d’engagement d’affiliation au groupe socialiste sera requise. En cas de refus, un candidat socialiste sera désigné.

 

Je retire l’investiture à ceux qui ont adhéré au mouvement En Marche ou parrainé un autre candidat que Benoît Hamon et, s’ils se maintenaient face aux candidats soutenus par le Parti Socialiste, ils seraient exclus.

 

Je demande à la Commission Nationale des Conflits (CNC) de se saisir des cas de ceux qui appellent à voter pour un autre candidat que celui issu de l'élection primaire.

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:37

 

http://www.alencontre.org/laune/trente-ans-apres-la-revolution-russe-i.html

 

Trente ans après la révolution russe

 

Par Charles André Udry

 

Lundi 27 Mars 2017

 

Alors que se multiplient les écrits consacrés au centenaire de la révolution russe, l’utilité de publier, à nouveau, cette contribution de Victor Serge relève de l’évidence. Victor Serge disparut le 17 novembre 1947 à Mexico. Ce texte fut publié, au mois de novembre 1947, dans la Révolution Prolétarienne, « revue syndicaliste révolutionnaire » comme qualifiée depuis 1930. Elle avait été et fondée en 1925 par Pierre Monatte avec la dénomination « revue syndicaliste communiste ». La Révolution Prolétarienne a été interrompue en 1939 et relancée en 1947. Selon Jean Rière, il s’agit du dernier texte de Victor Serge publié par cette revue qui « par la suite fit pratiquement silence sur l’homme et l’œuvre ».

Jean Rière et Jil Silberstein ont réuni, en 2001, dans la collection Bouquins, aux éditions Robert Laffont, les mémoires d’un révolutionnaire et d’autres écrits politiques de Victor Serge. La version établie par Jean Rière des mémoires d’un révolutionnaire diffère de la première édition de 1951. Elle traduit au plus près les étapes et les versions depuis 1938 de l’élaboration de cet ouvrage d’importance.

Pour situer l’étape de la réflexion politique de Victor Serge en 1947, il est utile de rappeler le contexte dans lequel il publie ce bilan intitulé « trente ans après la révolution russe ». Ce texte a été, à tort, présenté comme « une postface inédite » à la première année de la révolution russe parue en français en 1930. Un ouvrage rédigé à Leningrad entre 1925 et 1928, alors que Victor Serge s’affrontait à la montée et consolidation du stalinisme.

En 1941, Victor Kibaltchitch, dit Victor Serge, avec son fils Vlady Kibaltchitch, suite à une chasse désespérée pour l’obtention d’un visa et surveillé par les services du Federal Bureau of Investigation (FBI), arrive en Martinique où il est incarcéré. De là, il se rend en République Dominicaine, puis à Haïti dont il est refoulé. A Cuba, il est aussi emprisonné. Six mois lui ont été nécessaires pour arriver à Mexico.

Durant toute cette période de gigantesques chambardements internationaux, il n’a cessé d’écrire et de suivre les développements politiques et militaires. En République Dominicaine, il rédige un ouvrage en espagnol, « Adolf Hitler contre Joseph Staline, la phase décisive de la guerre mondiale ». Il est resté inédit en français.

Durant ces années, au sein du groupe Socialismo y Libertad, il aborde « la question fondamentale pour lui des perspectives de la lutte pour un socialisme véritable », pour citer l’excellente contribution de Susan Weissman, « dissident dans la révolution, Victor Serge, une biographie politique », aux éditions Syllepse en 2006, traduit de l’anglais, aux éditions Verso en 2001. Susan Weissman ajoute « qu’au cours de cette période charnière, la pensée de Victor Serge est intimement liée à son analyse de la nature du stalinisme. Victor Serge étudie l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) à la lumière de la nouvelle configuration mondiale ». Il teste les différentes analyses critiques radicales de l’URSS stalinienne et il s’accroche à élucider la structure sociale soviétique. « Il estime que l’URSS et son régime totalitaire poursuivra son cours contre le socialisme sans concéder la moindre réforme démocratique ».

Il faut rappeler que, dans le neuvième chapitre des mémoires d’un révolutionnaire, Victor Serge, dès 1936, exprime clairement son désaccord avec Léon Trotsky, entre autres « sur d’importantes questions de l’histoire de la révolution. Léon Trotsky refusait d’admettre que, dans le terrible épisode de Cronstadt de 1921, les responsabilités du comité central bolchevik eussent été énormes, que la répression qui s’ensuivit fut inutilement barbare et que l’établissement de la Tchéka, devenue plus tard le Guépéou, avec ses méthodes d’inquisition secrète, fut de la part des dirigeants une lourde erreur incompatible avec la mentalité socialiste. Sur les problèmes de l’actualité russe, je reconnaissais à Léon Trotski une clairvoyance et des intuitions étonnantes. J’avais obtenu de lui, au moment où il écrivait la Révolution Trahie », texte traduit par Victor Serge, sur demande de Léon Trotsky, et publié en français chez Grasset en 1936, « qu’il inscrivit au programme de l’opposition la liberté des partis soviétiques, autrement dit la liberté des partis représentés dans les soviets. Je le voyais mêler aux éclairs d’une haute intelligence les schématismes systématiques du bolchevisme d’autrefois dont il croyait la résurrection inévitable dans tous les pays. Je comprenais son raidissement de dernier survivant d’une génération de géants mais, convaincu que les grandes traditions historiques ne continuent que par des renouvellements, je pensais que le socialisme doit aussi se renouveler dans le monde présent et que ce doit être par l’abandon de la tradition autoritaire et intolérante du marxisme russe du début de ce siècle ». Victor Serge a ajouté, sous forme manuscrite, en vue d’une nouvelle version, le passage transcrit par Jean Rière, « le seul problème que la Russie rouge entre 1917 et 1927 n’ait jamais su poser est celui de la liberté, la seule déclaration indispensable que le gouvernement soviétique n’ait pas faite est celle des droits de l’homme. J’exposais ces idées dans des articles publiés à Paris et à New York ».

Léon Trotsky, « déplorablement informé par des adeptes plus bornés que compréhensifs », attaqua à ce propos Victor Serge. Ce dernier concluait « qu’il y a une logique naturelle de la contagion par le combat. La révolution russe continua ainsi, malgré elle, certaines traditions néfastes du despotisme qu’elle venait d’abattre ».

Ces quelques notes introductives devraient permettre de mieux situer le bilan, daté par définition, établi par Victor Serge, il y a soixante dix ans.

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