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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 19:03

 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/10/31/turquie-arrestation-du-redacteur-en-chef-du-quotidien-d-opposition-cumhuriyet_5022900_3214.html

 

Arrestation du rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet

Plus de dix mille fonctionnaires sont par ailleurs mis à pied.

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

La police turque a fait une descente, Lundi 31 Octobre 2016 à l’aube, aux domiciles de plusieurs journalistes du quotidien d’opposition Cumhuriyet. A Istanbul, le rédacteur en chef, Murat Sabuncu, a été arrêté. A Ankara, le journaliste Güray Öz a été interpellé. En revanche, les policiers n’ont pas trouvé chez lui Akin Atalay, le président du directoire, qui séjourne actuellement à l’étranger.

Treize mandats d’arrêt ont été émis contre les journalistes du quotidien soupçonnés, selon le procureur d’Istanbul, de connivence avec deux organisations terroristes, le mouvement de Fethullah Gülen, accusé d’avoir fomenté la tentative de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016, et le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit en Turquie.

Cumhuriyet est un quotidien à faible tirage, cinquante deux mille exemplaires, mais très respecté en Turquie. Axé sur les valeurs républicaines transmises par Mustapha Kemal Atatürk, il a fait sienne la défense de la laïcité, notamment en publiant, en 2015, les caricatures parues dans Charlie Hebdo. Le 6 mai 2016, Can Dündar, l’ancien rédacteur en chef, ainsi qu’Erdem Gül, le correspondant du journal à Ankara, ont été condamnés, en première instance, à cinq ans de prison ferme pour avoir publié une enquête sur la livraison d’armes, par les services turcs, à la rébellion contre Bachar al Assad, en Syrie. Victime d’une tentative d’assassinat devant le tribunal ce jour-là, Can Dündar vit aujourd’hui en exil en Europe.

Recteurs nommés par Recep Tayyip Erdogan

Ces arrestations s’inscrivent dans le cadre d’un nouveau tour de vis déclenché Samedi 29 Octobre 2016, le jour où la fondation de la république est célébrée dans toute la Turquie.

Depuis le putsch manqué du Vendredi 15 Juillet 2016, l’état d’urgence est en vigueur dans le pays, ce qui permet à l’exécutif d’agir sans entraves, sans passer par le parlement, encore moins par les instances judiciaires, ravagées par les purges après l’éviction de plus de quatre mille magistrats.

Selon le nouveau décret publié Samedi 29 Octobre 2016 environ dix mille fonctionnaires ont été mis à pied, quinze médias ont été fermés, les droits des avocats ont été limités et les recteurs d’université seront dorénavant nommés par le président Recep Tayyip Erdogan. Les décrets précédents avaient permis, au nom de la lutte contre le « terrorisme », de limoger cent mille fonctionnaires et d’arrêter plus de trente mille personnes. Le dernier en date met donc à pied dix mille cent trente et une personnes, dont deux mille cinq cent trente quatre au ministère de la justice, trois mille quatre cent quatre vingt six au ministère de l’éducation, deux mille sept cent soixante quatorze au ministère de la santé et cent une personnes au ministère de la défense.

Le nouveau décret porte surtout un rude coup à l’exercice du métier d’avocat. Dorénavant, leurs conversations avec leurs clients soupçonnés de « terrorisme » seront enregistrées, la présence d’un gardien sera obligatoire et les documents écrits échangés devront être visés par les autorités. Si le juge l’estime nécessaire, les visites de l’avocat pourront être supprimées pendant six mois. Les partis d’opposition et les défenseurs des droits de l’homme reprochent au gouvernement de profiter de l’état d’urgence, prolongé jusqu’en janvier 2017, pour museler toute forme d’opposition sous couvert de lutte contre le terrorisme.

Les quinze médias fermés Samedi 29 Octobre 2016 sont des médias kurdes connus, tels l’agence de presse Dicle et le magazine mensuel Evrensel Kultur.

Dimanche 30 Octobre 2016, Gültan Kisanak et Firat Anli, les deux maires de Diyarbakir, la capitale du sud est à majorité kurde, qui avaient été interpellés quelques jours plus tôt, ont été inculpés pour « soutien logistique à une organisation terroriste ». Politiciens respectés, les maires sont accusés, entre autres, d’avoir fourni des véhicules municipaux pour les enterrements de rebelles du PKK.

 « Tout vient d’une seule personne. On nous traîne vers le régime présidentiel à poigne, comme un fait accompli. Il s’agit d’un abus du régime d’état d’urgence », a dénoncé la députée Lale Karabiyik, du parti républicain du peuple (CHP), premier parti d’opposition au parlement, à l’agence Anadolu.

Le président Recep Tayyip Erdogan, qui a réitéré Samedi 29 Octobre 2016 sa volonté de rétablir la peine de mort, veut une réforme constitutionnelle, soumise au parlement « dans les plus brefs délais », a annoncé récemment le premier ministre, Binali Yildirim. Comme le parti de la justice et du développement (AKP), fondé par Recep Tayyip Erdogan, ne possède pas la majorité nécessaire au parlement, un référendum pourrait être convoqué avant le mois d’avril 2017.

 

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 18:31

 

 

DU PARTI DE GAUCHE A LA FRANCE INSOUMISE

 

Vous trouverez ci dessous un très long message relatif à la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017.

De mon point de vue, il y a dans ce message une analyse extrêmement pertinente de cette candidature et du fonctionnement du Parti de Gauche et de la France Insoumise.

Par contre, il y a aussi dans ce message une comparaison entre la France Insoumise et l'Etat Islamique. Cette comparaison me semble totalement fausse et excessive. C'est, comme souvent en politique française, la goutte de goudron dans le tonneau de miel.

Cette comparaison n'apporte absolument rien au message. A l'inverse, elle provoque bien évidemment une multiplication des critiques et des réponses polémiques contre ce message et elle le rend donc totalement inaudible.

Ce sont les raisons pour lesquelles je diffuse le message sans la phrase relative à cette comparaison.

Bernard Fischer

http://www.descartes.over-blog.fr/2016/10/melenchon-pape.html

MELENCHON PAPE  

Par Descartes

Dimanche 23 Octobre 2016

Quand un ami m’a proposé d’assister à « l’assemblée générale des insoumis » des Bouches du Rhône Samedi 8 Octobre 2016, j’ai sauté sur l’occasion d’observer ces « insoumis » dans leur sauce. Je dois avouer en effet que depuis que j’ai quitté la région pour aller travailler ailleurs, je n’y fais que des sauts occasionnels et je ne garde que de loin un œil sur l’évolution de la situation politique locale.

Nous nous sommes donc retrouvés à deux cent cinquante dans une salle municipale de la banlieue de Marseille avec la disposition « en cercle » devenue classique dans ce genre de réunion depuis que la « gauche radicale », se laissant aller à ses penchants gauchistes, a décidé qu’il n’y aurait plus d’estrade, ni de tribune, ni rien qui puisse établir une séparation entre « dirigeants et dirigés ». Je vous rassure, la séparation est toujours là, plus forte que jamais, et c’est pourquoi il ne faut pas qu’elle soit visible. J’y reviendrai.

Après la disposition, le public, je n’ai bien entendu aucun moyen de faire une statistique, mais sur les deux cent cinquante personnes présentes, il y a une très grande majorité de têtes blanches. En fait, cela avait un petit côté « minuit à Paris », nous nous serions cru revenus aux collectifs antilibéraux de 2007. Etaient présentes le ban et l’arrière ban des vieilles gloires gauchistes locales que j’ai connues autrefois. Essentiellement des enseignants ou des professions libérales, abonnés permanents à tous les forums, collectifs et autres causes perdues qui vont de la lutte contre un contournement routier aux campagnes contre l’islamophobie. Quelques jeunes, essentiellement des étudiants et un ou deux syndicalistes, on notait la présence de beaucoup d'anciens militants du Parti Communiste Français (PCF) et l’absence de tout dirigeant local de cette formation.

La réunion était structurée en trois temps, une intervention d’introduction confiée à Alexis Corbière en tant que porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, un débat de politique générale et un deuxième débat sur l’organisation de la campagne. Pour ce qui concerne le débat de politique générale, c’était là encore un retour nostalgique vers le passé qui m’a renforcé dans la conviction que ces gens n’ont rien oublié, et rien appris. Nous avons entendu les mêmes discours devenus à force de répétition quasi-rituels. Il y eut le jeune qui intervient en tant que jeune et qui explique que les jeunes sont une catégorie sociale, comme si les intérêts du jeune ouvrier était plus proche du jeune bourgeois que de l’ouvrier adulte. Il y eut la militante contre l’islamophobie pour appeler les femmes présentes à se baigner en burkini en solidarité avec leurs sœurs musulmanes. Il y eut le traditionnel appel à ne pas relativiser la question sociale suivie d’une avalanche de questionnements sociétaux. Seule dissonance, venue d’anciens militants du PCF, la demande d’une position plus claire et plus ferme vis-à-vis de la sortie de l'euro et de l’Union Européenne.

Clairement, ceux qui militent dans les quartiers sentent combien il est difficile de contrer l’argumentaire du Front National avec des logiques du type plan A ou bien plan B.

Pour ce qui concerne le débat sur la campagne, ce fut là bien plus intéressant pour l’observateur dans la mesure où le sujet qui semble obséder les dirigeants « insoumis » est la cueillette des cinq cent parrainages. Le discours à tenir aux élus qu’on démarche semble d’ailleurs assez honnête, « nous ne vous demandons pas d’être d’accord avec nous, mais de permettre à un candidat soutenu par quelque dix pour cent de l’électorat de se présenter ». C’était drôle d’entendre cela dans la bouche de ceux qui en d’autres circonstances se sont battus pour que Jean Marie Le Pen, qui à l’époque avait lui aussi le soutien de dix pour cent de l’électorat, n’ait pas les parrainages pour se présenter mais, bon, s’il n’y avait que cela. Le principal problème est qu’on passe assez vite de cette noble position à la question des pressions qu’on peut exercer sur des élus et surtout ceux du PCF pour obtenir leur parrainage. Et très vite, chassez le nature, il revient au galop, une partie de l’audience perd de vue l’objectif stratégique pour voir dans cette affaire une opportunité de régler les comptes avec les communistes. Il faut « leur mettre la pression et les menacer de mettre des candidats contre eux ». Cela promet pour la campagne.

Et finalement, il y a le discours d'Alexis Corbière. Au départ, c'est un discours assez classique, répétant les différents arguments que nous avons entendu mille fois dans la bouche de Jean Luc Mélenchon, y compris les absurdités comme la « règle verte ». Mais le plus intéressant ne se trouvait pas là, mais dans la justification de l’organisation adoptée par, ou plutôt pour,  les « insoumis ». Car si tous les « insoumis » sont égaux, il apparaît clairement que, à l’heure de participer aux décisions, certains sont bien plus égaux que les autres. Il y a « l’insoumis de base », qui écoute assis sur sa chaise et à qui on donne de temps en temps la parole, et il y a « l’insoumis intermédiaire », qui organise les réunions, distribue les tracts et colle les affiches. Et en haut de l’échelle, il y a « l’insoumis d’élite » qui fait partie du cercle étroit de ceux qui ont accès à Jean Luc Mélenchon en personne et qui participe aux décisions. Et cette division est subtilement dissimulée par le langage. Prenons par exemple l’usage du pronom « nous ». En général, il est utilisé par Alexis Corbière pour désigner l’ensemble des « insoumis ». Mais plus tard, ayant entendu des remarques et des critiques, il promet que « nous tiendrons compte de vos remarques ».

Qui est ce « nous » particulier qui écoute ce que le « nous » général a à dire ? Georges Marchais avait pour habitude de dire « nous les communistes » ou « nous au bureau politique », pour distinguer les deux cas. Chez les « insoumis », on ne prend pas de pareilles précautions.

Mais si je vous parle de tout cela, c’est que, en écoutant Alexis Corbière, j’ai vraiment pris conscience de quelque chose qui me tarabustait depuis longtemps dans l’organisation du mouvement mélenchonien. Et j’ai pu confirmer mon analyse en regardant la « convention de la France Insoumise » de Lille la semaine suivante.

Nous sommes devant un phénomène rare à gauche, celui d’un mouvement totalement vertical, où la souveraineté réside en une seule personne. Tous ceux qui chez les « insoumis » exercent une fonction et une autorité le font au nom du chef et investis par lui.

Qui a décidé de faire d’Alexis Corbière un porte-parole, de faire de Manuel Bompard un directeur de campagne et de confier à Jacques Généreux et à Charlotte Girard la rédaction du programme ? Et cela ne concerne pas seulement les nominations. Qui décide en dernier ressort du contenu du programme ? Qui a décidé d’organiser la « convention » et fixé sa forme et son ordre du jour ? Qui choisit les candidats pour les élections législatives ou, ce qui revient au même, la commission chargée de les sélectionner ?

Ces questions ont une double réponse. La première est que nous ne savons pas. Les processus de décision à l’intérieur du « mouvement des insoumis » sont totalement opaques. Celui-ci n’a  pas de statuts, pas de dirigeants connus, pas d’instances constituées. Nous ne connaissons les processus de décision que par des confidences ou des lapsus de ses dirigeants. La deuxième, c’est que cette opacité a pour fonction, ou du moins pour effet, d’occulter la toute-puissance du petit timonier, toute-puissance qu’il ne partage qu’avec quelques fidèles choisis par lui. Au Parti de Gauche, Jean Luc Mélenchon faisait déjà la pluie et le beau temps et se réservait le droit de décider en dehors de toute procédure et de toute instance, nous l'avons vu lors de l’adhésion au Parti de Gauche de Martine Billard et de ses amis, lorsqu’il fut annoncé que Martine Billard avait « accepté de co-organiser le congrès du Parti de Gauche » sans que nous sachions très bien qui lui avait proposé ni dans quel cadre statutaire se plaçait cette « co-organisation ». Mais, même au Parti de Gauche, la dictature de Jean Luc Mélenchon avait été occultée derrière les apparences de la démocratie, avec des comités nationaux et des bureaux exécutifs élus en théorie par les militants et des statuts votés par un congrès et rendus publics, même si in fine on n’en tenait aucun compte. Chez les « insoumis », on ne s’encombre plus de telles précautions.

Certains trouveront que je pinaille. Je ne le pense pas, la démocratie repose en dernière instance sur l’existence de procédures formalisées et transparentes de décision. Ce sont elles qui garantissent que les décisions reflètent la volonté des citoyens et non celle d’un homme ou d’un groupe. Dès lors que le dirigeant peut les adapter ou les redéfinir à sa convenance sans avoir à rendre des comptes, il n’y a plus de démocratie. A cela, les partisans de Jean Luc Mélenchon répondent qu’on n’avait pas le temps de constituer des procédures car « il fallait agir vite ». Une sorte « d'état d’urgence politique ». Or si l’argument de l’urgence est traditionnellement invoqué, et pas forcément à tort, pour justifier toutes sortes de violations des règles et des procédures démocratiques,  l’expérience fait que dans ce cas particulier la  justification paraît douteuse. Après tout, Jean Luc Mélenchon a eu huit ans pour donner au Parti de Gauche un véritable fonctionnement démocratique. Il ne semble pas qu’il se soit empressé de le faire.

Nous sommes conduits à conclure donc que, loin d’être une question d’urgence, la structuration du « mouvement des insoumis » en pontificat absolu de son leader obéit à un choix politique mûrement réfléchi et non à une quelconque urgence.

Mais le plus surprenant, ce n’est pas tant que Jean Luc Mélenchon veuille devenir pontife. Après tout, sa trajectoire et ses affinités sont toujours allées dans ce sens. Ce n’est pas par hasard s’il y a toujours une place dans son autel intime pour François Mitterrand. Ce qui est plus étonnant, c’est qu’il y ait autant de gens dans la « gauche radicale » pour le laisser faire. C’est d’autant plus surprenant lorsque nous pensons au fait que cette gauche a une vieille tradition de méfiance envers les sauveurs suprêmes et autres hommes providentiels, bref, envers tout ce qui sent de près ou de loin le pouvoir personnel. Ceux qui ont fréquenté cette gauche n’ont pu qu’être frappés par l’importance donnée aux procédures démocratiques formelles et aux instances délibératives et à la méfiance presque instinctive vers toute tentative d’accaparation du pouvoir par une personne ou un groupe. Et voilà que, tout à coup, ces gens si sourcilleux de délibération collective et de démocratie participative et, croyez-moi, à Marseille ce jour-là j’ai vu des gens qui dans d’autres circonstances auraient crié à la manipulation, sont ravis et extatiques de se voir annoncer par le porte-parole du chef des décisions prises en dehors d’eux et par une structure totalement opaque. Avouez qu’il y a de quoi perdre son latin.

Comment comprendre cette abdication ? Je ne vois une explication, lorsque nous observons les choses, nous nous apercevons que le fonctionnement du « mouvement des insoumis » tient plus du mouvement religieux que du mouvement politique. La vision insoumise évacue le propre du politique, c'est-à-dire le conflit entre des conceptions et des intérêts différents, pour se placer dans une logique de communion entre des gens qui partagent un projet naturel qui n’admet aucune discussion. Le mouvement se conçoit plus comme une élite d’illuminés qui, ayant vu la vérité, vont porter la bonne parole au monde. Et bien entendu, une fois confronté à cette vérité qui relève de l’évidence, l’homme de bonne foi ne pourra que l’admettre.

Seuls la refuseront ceux qui ont partie liée avec Satan, les suppôts du un pour cent et du grand capital. Cette vérité est de l’ordre de la morale transcendante et non politique. Ecoutez Jean Luc Mélenchon parlant à Toulouse au mois de septembre 2016, vous entendrez un prêche, avec ses hypocrites lancés à la volée, pas un discours politique. C’est d’ailleurs pourquoi le projet n’est pour les insoumis qu’un exercice secondaire qui n’intéresse personne. Au point qu’on adhère aux insoumis avant de connaître le projet et même avant qu’il y ait un projet à connaître.

Ce penchant religieux concerne autant le fond que la forme. Les discours « déambulatoires » qui sont devenus la règle dans les rassemblements mélenchoniens rappellent curieusement les techniques des évangélistes américains. Le défilé des insoumis qui ressemblait drôlement à une procession présenté par une Charlotte Girard aux accents de télé-évangéliste. Ajoutez à cela la rupture totale avec la symbolique traditionnelle du mouvement ouvrier français, la couleur rouge et l’Internationale, qui permet de fabriquer un langage symbolique auto référent, la couleur bleu ciel et le « phi », et vous retrouverez des éléments qui sont d’habitude l’apanage des églises et des sectes.

Jean Luc Mélenchon tire en fait profit de la demande de religion qui affecte notre société et qui est particulièrement forte chez les « classes moyennes » qui voient des catastrophes se profiler à l’horizon et que trente ans de matérialisme forcené ont laissée sans références transcendante.

Il y a à gauche un public qui a besoin de croire et ce public est prêt à tout abdiquer au bénéfice de celui qui répondra à ce besoin. Et ce besoin de croire s’impose à toutes les contradictions, on peut tonner contre la monarchie présidentielle et diriger son propre mouvement comme un monarque et personne ne trouve rien la chose bizarre.

Le mouvement des insoumis n’est pas un parti politique, c’est une église. Une église avec un dieu, le peuple, qui comme sied à un dieu reste silencieux mais nous envoie un messie pour parler en son nom.

Un messie qui tient son autorité non de l’investiture de ses camarades, non d’un projet, non d’une théorie politique, non d’une élection, mais qui s’autorise de lui-même. Et qui par conséquent ne saurait être contredit ou voir son autorité contestée.

Le mérite de Jean Luc Mélenchon, dont nous ne saurions trop dire que c’est un tacticien hors pair, est d’avoir compris avant tous les autres ce besoin de croire et de l’avoir exploité. Cependant, si Jean Luc Mélenchon est un grand tacticien, il s’est révélé ces dernières années un piètre stratège et nous pouvons nous demander jusqu’où le « mouvement des insoumis » peut survivre aux élections présidentielles.

En effet, le contexte des élections présidentielles se prête particulièrement aux débordements messianiques. Mais une fois les élections passées, la politique ne peut plus se faire d’une manière aussi centralisée. Rien que pour les élections législatives, la désignation des candidats implique rentrer dans des logiques locales complexes qu’il est difficile de piloter depuis un centre.

Et une fois désignés, il sera difficile d’éviter que ces candidats deviennent autonomes, agissant en fonction de leurs propres idées et de leurs propres intérêts, plutôt que des directives venues du centre. Nous avons vu les difficultés que la faiblesse de ses institutions internes a posées au Parti de Gauche lorsqu’il s’est agi de négocier des positions locales. Le refus de toute institutionnalisation chez les « insoumis » risque de poser des problèmes encore plus sérieux.

Post Scriptum

Suite à la publication de ce papier et de l'avalanche de commentaires qu'il a provoqué, un de mes commentateurs m'a suggéré de signaler aux lecteurs combien ces commentaires démontrent post facto la thèse de mon papier, à savoir que la logique des insoumis est d'ordre religieux et non politique. Je vous laisse découvrir ces commentaires.

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 17:44

 

http://www.souriahouria.com/une-delegation-dalep-recue-par-les-deputes-et-le-president-francois-hollande

 

Une délégation d'Alep reçue par les députés français et par François Hollande

A l’initiative de la députée Elisabeth Guigou, présidente de la commission des affaires étrangères de l'assemblée nationale française, une délégation d’Alep composée de médecins et de casques blancs conduite par l’Union des Organisations de Soins et de Secours Médicaux (UOSSM), a été reçue Mardi 18 Octobre 2016 par le parlement français et Mercredi 19 Octobre 2016 par le président de la république française François Hollande.

Tammam Loudami, médecin, est directeur régional du nord de la Syrie au sein de l’UOSSM. Il vit au coeur d’Alep Est et coordonne pour l’UOSSM les actions médicales dans le nord du pays, centre de santé primaire, clinique mobile et convoi humanitaire. Le 11 août 2016, il a lui-même acheminé avec son équipe le premier convoi humanitaire médical après l’ouverture de la route vers Alep Est contenant des équipements médicaux de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Brita Hagi Hassan est président du conseil local de la ville d’Alep.

Abdulrahman Almawwas est vice-président des casques blancs syriens.

Raed al Saleh est président des casques blancs syriens.

A travers cette visite, l’UOSSM France souhaite soulever trois points primordiaux.

Elle souhaite dénoncer le ciblage systématique des hôpitaux qui subissent de plein fouet les bombardements aériens et  les attaques à l’encontre des travailleurs humanitaires et du personnel médical en Syrie, en violation des conventions de Genève et des résolutions de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Ce sont des crimes de guerre inacceptables.

Elle souhaite présenter les conséquences sanitaires et humanitaires catastrophiques du siège d’Alep Est sur les conditions de soins et de travail des médecins au sein des hôpitaux de fortune de la ville. Il est urgent de mettre en place une trêve humanitaire afin de pouvoir acheminer des médicaments et des équipements médicaux dans la ville.

Elle souhaite mettre en exergue la nécessité et l’urgence du soutien par les autorités nationales et les institutions internationales aux organisations humanitaires à Alep Est. En effet, les hôpitaux et les établissements médicaux à Alep Est et ailleurs en Syrie, dans la Ghouta, à Homs et à Hama, fonctionnent uniquement grâce à l’aide humanitaire venue d’Organisations Non Gouvernementales (ONG) comme la nôtre.

Ainsi, nous demandons au parlement et aux plus hautes autorités de l’état de pouvoir agir en urgence face à ce massacre qui se déroule sous nos yeux.

« J’attends mon tour pour mourir », ce sont les paroles que nous confiait, il y a encore quelques jours, un médecin à Alep. Comme les deux cent cinquante mille habitants d’Alep Est, il est pris au piège d’une ville assiégée. Les bombardements y sont incessants ciblant les civils, les hôpitaux et le personnel médical. Les images qui nous parviennent sont glaçantes. Elles montrent une escalade dans l’horreur et la barbarie, des enfants mutilés, des corps déchiquetés, des morts par centaines et des blessés par milliers.

Depuis la fin de la trêve humanitaire, le Lundi 19 Septembre 2016, les attaques se sont intensifiées visant plusieurs hôpitaux et centres de santé.Les chiffres sont édifiants. Dix hôpitaux ont ainsi été visés dont le plus grand hôpital d’Alep Est qui a été bombardé deux fois en trois jours. De même, le personnel médical et les travailleurs humanitaires ont subi des pertes importantes.

Quatorze travailleurs humanitaires du Syrian Arab Red Crescent (SARC) ont été tués lors de l’attaque d’un convoi le Lundi 19 Septembre 2016, cinq collègues de l’UOSSM ont été tués lors d’une opération de secours par un raid aérien le Mardi 20 Septembre 2016 et un ambulancier a été tué lors d’une attaque à Idleb le Vendredi 14 Octobre 2016. Aujourd’hui, il ne reste que très peu de médecins à Alep Est.

Il y a eu trois cent quatre vingt douze attaques contre des établissements médicaux depuis le début du conflit.

Sept cent cinquante sept professionnels de santé et travailleurs humanitaires ont été tués depuis le début du conflit, dont cent quinze depuis le début de l’année 2016.

Vingt professionnels de santé et humanitaires ont été tués depuis le Lundi 19 Septembre 2016.

L’UOSSM, ONG médicale française et internationale, a lancé une grande campagne de collecte de fonds pour Alep, « stop au massacre à Alep ». Tous les jours à Alep, dans les hôpitaux encore en service, des femmes et des hommes soignent les victimes des attaques et des bombardements.

L’état des lieux des hôpitaux à Alep est catastrophique. Nous estimons à cinq cent mille euros le coût total des besoins urgents pour faire fonctionner de nouveau les hôpitaux.

Notre objectif est de soutenir les médecins et le personnel médical qui sont en première ligne du conflit en acheminant dès que possible des consommables médicaux, des médicaments d’urgence et des équipements médicaux pour remplacer ceux endommagés, moniteurs, colonnes d’anesthésie et appareils chirurgicaux, pour rééquiper les salles d’urgence et pour apporter un soutien financier aux médecins et personnels médicaux.

Depuis le début du conflit, nous assistons à un effondrement total du système de santé en Syrie. La majorité des hôpitaux fonctionnent uniquement grâce à l’aide humanitaire.

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 17:08

 

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/10/29/dans-le-nord-de-paris-des-migrants-de-plus-en-plus-nombreux_5022396_1654200.html

 

Dans le nord de Paris, de plus en plus de tentes de fortune abritent des migrants

Plus de deux mille exilés survivent dans les campements de la capitale que le ministre de l’intérieur a promis de démanteler « dans les jours qui viennent ».

Par Adrien Pécout

Dehors, concert improvisé, « mon cœur est touché quand je vois toutes ces souffrances dans un pays qui s’appelle la France ». A côté du bassin de la Villette et de sa rotonde aménagée en restaurant branché, dans le dix neuvième arrondissement de Paris, deux musiciens réinterprètent du Bob Marley. Face à eux, il y a une quarantaine de migrants. D’autres tapent dans un ballon pour feinter la froidure de l’automne. Il est 21 heures passées, Vendredi 28 Octobre 2016, et le duo chante en soutien à tous les réfugiés installés dans les campements de la capitale.

Ils sont de plus en plus nombreux en situation d’urgence, depuis le début de la semaine, à avoir disposé leurs tentes de fortune et déroulé des couvertures de survie. « Selon les associations qui font des maraudes ici, même si tout décompte est très compliqué, on est passé d’environ mille cinq cent migrants à deux mille deux cent migrants en quelques jours », estime Colombe Brossel, adjointe à la mairie de Paris chargée de la sécurité, de la prévention, de la politique de la ville et de l’intégration. Sous le métro aérien de la station Stalingrad, des grillages restreignent pourtant les possibilités depuis l’intervention policière de septembre. Restent le terre-plein de l’avenue de Flandre et le quai de Jemmapes.

Alentour, il y a beaucoup d’hommes, certains aux traits d’adolescents, et aussi quelques femmes. « Au moins cinquante nouveaux migrants arrivent chaque jour à Paris », précise Colombe Brossel, laissant entrevoir la diversité de leur provenance. Tous assurent vivre ici depuis des semaines.

Soudan, Afghanistan, Erythrée, Libye ou Egypte, à chacun son exil et ses besoins d’obtenir des papiers et un logement. Bilal Abdel-Aziz, vingt sept ans, survit dans les rues depuis deux mois et demi, « nous sommes des êtres humains. Le froid qu’il fait maintenant, même les pigeons ne peuvent pas le supporter ». Fataliste, ce soudanais poursuit, toujours en français, « quand je vois que la police vient pour nous embarquer et qu’elle jette nos affaires dans des poubelles, je vous le jure, je me dis qu’il est inutile de vouloir rester en France. Maintenant, je veux aller en Allemagne ».

Plus tard dans la soirée, un de ses compatriotes prend la parole en arabe, « au Soudan, on dit qu’en France il y a la liberté et la justice, ce sont de très beaux mots, des mots qui réchauffent le cœur, mais il y a une différence entre cet affichage et la vie dans la rue », regrette Khalid, trente ans, à l’aide d’un traducteur. Malgré cette désillusion, ce dernier désire rester dans ce « beau pays et cette belle ville où j'ai rencontré des gens biens », en allusion aux bénévoles qui l’accompagnent dans ses démarches juridiques et administratives.

L’objectif étant pour lui, à terme, de « pouvoir quitter la rue et de pouvoir s’occuper de soi-même sans être dépendant » d’autrui.

Vendredi 28 Octobre 2016, une fois encore, selon plusieurs témoins cités par l’Agence France Presse (AFP), « une trentaine de migrants » ont été contraints de monter dans un bus de la police. Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) appellent cela une « opération de contrôle » censée vérifier la situation administrative des occupants et l’état sanitaire du campement. Houssam al Assimi, traducteur bénévole et parisien bien connu des réfugiés arabophones, parle plutôt de « rafles », tout comme Baptiste Pelletan. Ce dernier est membre d’une association, le Bureau d'Accueil et d'Accompagnement des Migrants (BAAM), qui donne des cours de français tous les soirs à « environ cinq cent apprenants chaque semaine ».

Les deux parisiens insistent, l’urgence pour les migrants à Paris n’est pas neuve et leur situation avait déjà connu une ampleur similaire à plusieurs reprises depuis 2014, alors même que le futur « camp humanitaire de pré-accueil pour migrants », annoncé par la mairie pour le mois d'octobre 2016 porte de la Chapelle, n’a toujours pas ouvert ses portes. Sur une carte, Baptiste Pelletan énumère les divers campements qui se sont succédé depuis 2014 et qui n’ont été suivis d’aucune réponse durable. « Pour l’instant, nous n'en sommes même pas à construire un projet d’accueil, les négociations et les crispations avec la mairie ont jusque-là plutôt concerné la pose de toilettes et l’ouverture d’un accès à l’eau pour les campements ».

Quel lien entre la situation du nord est parisien et, dans le même temps, le démantèlement du bidonville de Calais ? Colombe Brossel concède « une porosité » ayant toujours entraîné un va-et-vient. Bernard Cazeneuve, pourtant, réfute tout « mouvement de migrants » ces derniers jours entre ces deux villes distantes de moins de trois cent kilomètres. En visite dans un Centre d'Accueil et d'Orientation (CAO) à Gelos, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, le ministre de l’intérieur a annoncé Vendredi 28 Octobre 2016 vouloir démanteler « dans les jours qui viennent » les campements de la capitale.

 

 

 

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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:40

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/10/29/apres-les-polemiques-l-hebergement-sans-heurts-des-migrants-de-calais-dans-toute-la-france_5022299_3224.html

 

De Cancale à Arès, l'accueil sans heurts des migrants de Calais dans toute la France

Par Aline Leclerc, Anne Guillard et Fériel Alouti

Ils ont dû choisir en quelques minutes, souvent au hasard, sur une carte de France plastifiée, la région où ils passeraient les prochains mois de leur vie. Après de longues heures de car, parfois dans la nuit noire, ils ont enfin découvert ce que cachaient les mots Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.

Finalement, c’est bien dans toute la France que les quelque six mille migrants volontaires pour quitter Calais ont été répartis, par petites grappes, entre Lundi 24 Octobre et Vendredi 28 Octobre 2016, les mineurs devaient tous être hébergés sur place, mais plus de mille cinq cent se sont présentés, obligeant à l’ouverture de Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) dédiés. Certains ont rejoint des grandes villes, soixante six hommes sont arrivés en milieu de semaine dans deux CAO à Toulouse, trente à Marseille et quarante sept à Rennes. Plus souvent dans des villes moyennes, onze sont ainsi descendus Mardi 25 Octobre 2016 à Agen, vingt sept à Evreux et trente trois à Châtellerault.

La surprise vient peut-être du nombre de petites communes mobilisées. Nous découvrons leur nom à la lecture de la presse locale, en attendant que le ministère de l’intérieur communique la répartition exacte des migrants de Calais sur le territoire national. Certaines comptent moins d’habitants que feu le bidonville. Ainsi ces quarante sept hommes qui ont fui l’Erythrée ou l’Afghanistan et n’auraient jamais pensé vivre un jour en Charente, dans la bourgade de Ruffec, trois mille cinq cent habitants. Sept ont découvert Espéraza, deux mille habitants, dans la haute vallée de l’Aude. Et il y a fort à parier que les six soudanais qui s’y sont installés n’avaient jamais entendu parler de Fourneaux, sept cent habitants, dans la vallée de la Maurienne.

Apprendre le français

Le même geste s’est donc répété à leur arrivée dans tous les CAO, leur montrer leur nouvelle adresse sur une carte. A Cancale, en Ille-et-Vilaine, où quarante sept soudanais, deux érythréens et un afghan sont arrivés Lundi 24 Octobre 2016 dans la soirée, certains s’inquiétaient que la ville soit « la dernière avant la mer », au bout du monde. Le maire lui-même a pris le temps de la localiser, pour dissiper le flou.

« Tranquillement, nous allons établir un lien de confiance », expliquait Mardi 25 Octobre 2016 Armelle Musellec, de l’association Coallia, gestionnaire de leur séjour. Elle a expliqué aux nouveaux résidents la façon dont les prochaines semaines allaient s’organiser, « vous allez pouvoir vous reposer, être en sécurité et vous occuper de votre santé. La santé est la base de tout pour attaquer les formalités ».

Deux médecins bénévoles assureront une permanence deux fois par semaine. « Une fois reposés, vous pourrez contrôler votre situation administrative et nous vous y aiderons », ajoutait-elle. Ils pourront notamment déposer une demande d’asile ou accepter une aide financière pour retourner dans leur pays. Pour le moment, ils ne manifestent qu’une hâte, apprendre le français.

Ceux-là sont accueillis dans un hôpital gériatrique désaffecté, l'un des deux cent quatre vingt nouveaux CAO ouverts en France en vue du démantèlement de Calais. A Monthureux-sur-Saône, cinquante et un migrants habitent désormais l’ancienne gendarmerie. A Aire-sur-l’Adour comme à Nogent-le-Rotrou, d’autres sont logés dans des appartements vacants de cités d'Habitation à Loyer Modéré (HLM). Centres de vacances ou centres de l’Association pour la Formation Professionnelle des Adultes (AFPA) ont également été réquisitionnés. Mais plusieurs n’ont finalement reçu aucun pensionnaire, en particulier en Occitanie, moins plébiscitée par les candidats au départ.

Les maires rassurés

Plusieurs maires qui avaient manifesté une vive inquiétude à l’annonce de l’arrivée imminente de ces étrangers se sont dits rassurés. Au mois de septembre 2016, le conseil municipal d’Arès a voté contre l’accueil d’une cinquantaine d’hommes seuls et le centre de vacances d'Electricité Distribution de France (EDF) qui devait les héberger a connu deux départs d’incendie. Le maire s’est finalement réjoui Lundi 24 Octobre 2016 en apprenant que seules huit personnes, dont des familles, étaient arrivées. Aujourd’hui affluent plutôt les propositions d’aide.

A Saint-Bauzille-de-Putois, mille huit cent habitants, le maire a démissionné pour protester contre l’accueil de quatre vingt sept personnes, « sans concertation, c’était trop pour la commune ». Les discussions avec la préfecture ont permis la venue de quarante trois migrants, accueillis Jeudi 27 Octobre 2016 par le préfet et par le maire démissionnaire qui leur a remis une lettre, « vous avez des droits et des devoirs. Je dois veiller sur vous comme sur l’ensemble des habitants ».

La trentaine d’hommes parvenus Mardi 25 Octobre 2016 à Forges-les-Bains ont été avertis à leur arrivée que l’ouverture du CAO avait créé des tensions. Le directeur d’Emmaüs Solidarité, qui gère le centre, a pris soin d’éviter d’entrer dans les détails et d’évoquer le récent incendie criminel pour ne pas les inquiéter davantage, leur demandant « d’être vigilants dans leur comportement ».

L’ouverture d’un CAO avait également divisé le village d’Allex. Mercredi 26 Octobre 2016, une famille de cinq congolais, une famille de six érythréens, un couple de laotiens et deux afghans sont arrivés sans que cela ne provoque de remous. A l’ordre du jour du prochain conseil municipal, il y aura la création d’une commission de suivi du CAO, rassemblant en son sein pro migrants et anti migrants.

A ce jour, l’arrivée des migrants de Calais n’a provoqué que de rares manifestations, quelques dizaines de personnes hostiles se sont notamment signalées à Croisilles où les trente et un soudanais sont descendus du car sous les applaudissements des bénévoles. L’une d’entre eux confiait à la presse son espoir de voir « les mauvaises volontés s’épuiser d’elles-mêmes ». Mais d’autres mobilisations d’anti migrants et de pro migrants étaient annoncées pour ce week-end.

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 16:00

 

http://tendanceclaire.org/breve.php?id=21149

 

Arrestation des maires de Diyarbakir

Mercredi 26 Octobre 2016

Communiqué de presse de la Coordination Nationale Solidarité Kurdistan (CNSK)

Le président Recep Tayyip Erdogan et le parti de la justice et du développement (AKP) poursuivent et amplifient la politique répressive menée à l'encontre de toutes les formes d'oppositions.

Gültan Kisanak, première femme élue à la tête de la municipalité de Diyarbakir, capitale historique du Kurdistan de Turquie, et Firat Anli ont été arrêtés et placés en garde à vue.

Cette nouvelle mise en cause de la légitimité des élus du parti démocratique des peuples (HDP) vise à instaurer un climat de peur, à bafouer le suffrage universel et à humilier les kurdes et il vient après la destitution de vingt quatre maires du HDP.

C'est la démocratie, le droit d'expression et la liberté de conscience qui sont remis en cause. La Turquie se range dans le camp des pays totalitaires et dangereux pour les droits humains.

La CNSK demande la libération immédiate de Gültan Kisanak et de Firat Anli.

L'Union Européenne et particulièrement le gouvernement français doivent condamner fermement la dérive dictatoriale de Recep Tayyip Erdogan, exiger également leur libération et appliquer les sanctions prévues par le droit européen.

Premiers signataires

Alternative Libertaire, Amis du Peuple Kurde en Alsace, Amitiés Corse Kurdistan, Amitiés Kurdes de Bretagne (AKB), Amitiés Kurdes de Lyon Rhône Alpes, Association Iséroise des Amis des Kurdes (AIAK), Association Solidarité France Kurdistan (ASFK), Centre d'Information du Kurdistan (CIK), Conseil Démocratique Kurde de France (CDKF), Ensemble, Mouvement de la Jeunesse Communiste de France (MJCF), Mouvement de la Paix, Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié́ entre les Peuples (MRAP), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF), Réseau Sortir du Colonialisme, Union Démocratique Bretonne (UDB), Union Syndicale Solidaire (USS)

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 15:38

 

Fin du blocage belge, le Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) sera signé Dimanche 30 Octobre 2016 à Bruxelles (Reuters)

 

Le Canada et l'Union Européenne signeront Dimanche 30 Octobre 2016 l'accord de libre-échange CETA après une série de votes des parlements régionaux belges mettant fin à l'opposition qui menaçait de faire tomber l'accord.

Peu après le dernier vote régional belge, le président du conseil européen Donald Tusk a téléphoné au premier ministre canadien Justin Trudeau pour l'inviter à la cérémonie de signature, prévue Dimanche 30 Octobre 2016 à 12 heures, 11 heures GMT, à Bruxelles.

« Le sommet entre le Canada et l’Union Européenne se tiendra Dimanche 30 Octobre 2016. Excellente nouvelle et je me réjouis à l'idée d'y être », a dit Justin Trudeau sur Twitter.

La signature de l’accord économique et commercial global (CETA), qui pourrait selon ses défenseurs augmenter de vingt pour cent le commerce entre le Canada et l'Union Européenne, semblait menacée par l'opposition de dernière minute du parlement wallon.

La totalité des vingt huit gouvernements de l'Union Européenne soutiennent le CETA, mais la Belgique ne pouvait jusqu'alors donner formellement son accord en l'absence du soutien des diverses entités qui la composent.

Le parlement de la région belge francophone de Wallonie a approuvé Vendredi 28 Octobre 2016 le projet d'accord, complété d'un addendum. Il a été suivi par le parlement de Bruxelles et celui de la communauté francophone dans la soirée.

Le ministre-président de Wallonie, le socialiste Paul Magnette, devenu un héros en Europe, a déclaré Vendredi 28 Octobre 2016 que les négociations entre les belges avaient débouché sur un accord qu'il pouvait approuver.

« Le CETA amendé et corrigé est davantage que le seul ancien CETA. Il offre plus de garanties et c'est ce que je défendrai », a déclaré Paul Magnette pendant le débat qui a précédé le vote.

L'addendum belge répond aux craintes selon lesquelles le système mis en place par le traité pour protéger les investisseurs étrangers était susceptible de renforcer les multinationales. Il fournit aussi une clause de sauvegarde pour les agriculteurs.

« Avec cette affaire qui, je dois le dire, a fait un certain bruit, tout le monde en Europe sait que le parlement wallon existe », a déclaré Paul Magnette.

L'accord pourrait entrer en vigueur dès l'année prochaine après un vote du parlement européen. Les réductions des droits de douane qu'il contient pourront s'appliquer avant sa ratification par les parlements nationaux et régionaux.

L'opposition au CETA fait partie d'un mécontentement de plus en plus perceptible contre la mondialisation dans les pays occidentaux.

L'opposition est particulièrement forte contre le projet d'accord commercial entre l'Union Européenne et les Etats-Unis, le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) ou Trans Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA).

Vendredi 28 Octobre 2016, le dirigeant wallon Paul Magnette a estimé que « le TTIP est mort et enterré ».

Les opposants au TAFTA et au CETA craignent qu'ils ne renforcent les multinationales et ne tirent vers le bas les normes en matière d'alimentation, d'environnement ou de contrat de travail.

Le différend belge sur le CETA reflète en outre la division dans le pays entre un nord néerlandophone riche et un sud francophone mis en difficulté par le déclin de ses activités dans la sidérurgie et le charbon.

Le gouvernement fédéral de coalition ne compte qu'un parti francophone, le Mouvement Réformateur, rival historique des socialistes wallons, pour trois néerlandophones. Même en Wallonie, le compromis conclu par Paul Magnette ne fait pas l'unanimité.

« Il est clair que le texte du CETA reste le même, l'ADN du CETA est la dérégulation et il met en concurrence les pays à un niveau sans précédent », estime Frédéric Gillot, du Parti des Travailleurs de Belgique Gauche d’Ouverture (PTB GO), une coalition d'extrême-gauche.

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 15:19

 

https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/281016/contre-le-coup-de-force-non-l-impunite-policiere-et-au-permis-de-tuer

 

Contre le coup de force, non à l’impunité policière et au permis de tuer

Vendredi 28 Octobre 2016

Une quarantaine de personnes, intellectuels, universitaires, membres de collectifs et proches de victimes, signent une tribune pour dire pourquoi ils ne partagent pas la colère des policiers et dénoncent leurs manifestations.

Depuis dix jours la situation politique en France a connu un nouveau mouvement à droite. Les événements de Viry-Chatillon ont suscité un emballement médiatique présentant les policiers comme des victimes de la crise profonde, sociale, idéologique et politique, qui affecte le pays, emballement accompagné par un programme de revendications proprement réactionnaires.

Le fond des revendications policières, réprimer encore plus, avec encore plus d’impunité

Les deux mille à trois mille policiers qui ont manifesté à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse ou encore Strasbourg, depuis le Mardi 18 Octobre 2016, disent effectivement quelque chose de ce qui se passe dans notre pays. Manifester de nuit, cagoulés et armés, constitue pour des membres de la police un acte d'insubordination important. Mais on ne leur en tient pas rigueur, leur malaise est compréhensible et leur colère est légitime, entend-on partout. D'aucuns prétendent que les policiers, à l'instar d'autres salariés du public ou du privé, se mobiliseraient pour obtenir une amélioration de leurs conditions de travail, afin de pouvoir mieux accomplir leur mission. Mais de quelle mission, de quelles revendications parle-t-on ? Aller vers encore plus d'impunité, obtenir une présomption de légitime défense, en finir avec le matricule, bâtir une société encore plus carcérale, restaurer des peines planchers, en finir avec la pratique du sursis et supprimer le juge d'application des peines. Bref, il faudrait que la « racaille », comme ils disent, ait peur. Ils veulent des moyens matériels et humains supplémentaires pour réprimer, au fond, rien d’autre qu’un simple permis de tuer en toute impunité, sans risquer d'être inquiétés et encore moins traduits en justice et condamnés, ce qui par ailleurs est déjà la règle.

Hasard ou non du calendrier, les policiers ont choisi le Mercredi 26 Octobre 2016 pour exprimer leur colère. Une colère de ne pas pouvoir jouer encore plus librement un rôle qui est certes sensible mais qui, justement, l’est parce que son véritable contenu est de faire respecter l’ordre sécuritaire d’une société qui craque de partout, sous le poids de l’injustice, de la misère, de l’exploitation et, en particulier dans les quartiers populaires, d’un racisme chronique. Non, le 26 octobre 2016 était et reste pour nous jour de mémoire et d’hommage à Rémi Fraisse, jeune étudiant écologiste tué par une grenade de gendarme à Sivens il y a deux ans, tout simplement parce qu’il manifestait contre un projet de barrage qui n’est même plus, aujourd’hui, considéré comme d’intérêt public. Et le 27 octobre 2016 est un autre jour de deuil, celui de la mort à Clichy sous Bois de Zyed et Bouna, en 2005. Octobre, mois de deuil, nous nous souvenons aussi du 17 octobre 1961 quand, lors d’une manifestation pacifique, plusieurs centaines d'algériens ont été jetés à la Seine par des policiers. Or le 17 octobre 2016, nous avons appris la date du procès en appel de Damien Saboudjian, policier qui a tué Amine Bentousi d’une balle dans le dos, ce sera le 6 mars 2017. 6 mars, une date qui à son tour nous rappelle la mort d’Amadou Koume, en 2015. Comme dans l'affaire Adama Traoré, les responsables sont protégés et les victimes stigmatisées. L’histoire malheureusement se répète, mais notre mémoire est intacte.

Un coup de force contre le gouvernement qui en réalité lui demande d’intensifier sa politique

Quand on sait l’emploi du terme de « voyou », qui a été utilisé jusqu’au sommet de l'état pour qualifier les jeunes, les travailleurs et les syndicalistes, bref toutes celles et ceux qui contestent le sort qu’on leur fait subir et qui ont, pour beaucoup, manifesté au printemps contre la loi travail, on comprend aisément que le gouvernement se soit mis à dialoguer avec les policiers avec empressement.

Le pouvoir exécutif actuel est en effet un habitué de la surenchère autoritaire. Incapable de résoudre la crise profonde qui traverse le pays et sa propre perte de légitimité, il franchit aujourd’hui un nouveau pas dans le même sens. En témoigne explicitement une récente circulaire du ministère de la justice adressée aux procureurs et aux présidents des tribunaux qui demande l’anticipation d’un nombre d’interpellations encore plus conséquent que d’habitude et qui mentionne spécialement les « zadistes » et le démantèlement du grand campement des migrants de Calais. La répression de masse qui s’annonce à Notre Dame Des Landes rivalisera ainsi avec la chasse aux migrants calaisiens, dispositifs quasi-militaires à l’appui. Et dans le même temps, alors que l’encasernement brutal des quartiers populaires se poursuit, des universités voient des réunions publiques, où étudiants et chercheurs veulent questionner le rôle de la police et de la justice, la diffusion des racismes, être purement et simplement interdites, comme à Evry, au nom du « trouble à l’ordre public ». A ce compte-là, qu’est-ce qui, à brève échéance, pourra encore échapper à la mise au pas, à part le silence, la soumission et le port de l’uniforme ?

Contre l'état policier, pour une défense unitaire des droits démocratiques

Ces « manifestations » policières, sur le mode du coup de force extra-légal, préfigurent, dans un proche avenir, un saut encore plus brutal dans le tournant autoritaire que le pays subit déjà depuis les premières interdictions de manifester à l’été 2014, que l’état d’urgence permanent et sa législation d’exception ont déjà dûment balisées depuis un an.

C'est pourquoi, selon nous, les organisations syndicales, de salariés, d’étudiants et les associations des quartiers populaires devraient construire un large front contre cette politique martiale. Et pour défendre fermement, contre cet état de plus en plus policier, les droits démocratiques de s’exprimer, de manifester, de se réunir, de circuler et de s’installer librement. Droits que nous perdrons définitivement si nous acceptons de devoir les mériter ou les négocier, ou si nous acceptons qu'ils soient d’ores et déjà perdus par certaines catégories de la population.

Premiers signataires :

Romain Altmann, Emmanuel Barot, Amal Bentounsi, Alexis Cukier, Christine Delphy, Cédric Durand, Vincent Duse, Houssam al Assimi, Isabelle Garo, Manuel Georget, Nacira Guénif, Razmig Keucheyan, Stathis Kouvélakis, Reynald Kubecki, Olivier Le Cour Grandmaison, Xavier Mathieu, Ugo Palheta, Willy Pelletier, Julien Salingue, Omar Slaouti, Assa Traoré, Guillaume Vadot, Mickaël Wamen

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 14:55

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/10/29/les-rebelles-tentent-de-briser-le-siege-d-alep_5022405_1618247.html

 

Les rebelles tentent de briser le siège d’Alep

Par Madjid Zerrouky et Benjamin Barthe

La météorologie sourit aux rebelles d’Alep. Leur grande offensive destinée à briser le siège des quartiers orientaux, évoquée depuis des semaines sur les réseaux sociaux, a débuté Vendredi 28 Octobre 2016 sous un ciel grisâtre, limitant l’activité de l’aviation russe et syrienne.

Orchestré par Jaish al Fatah, une coalition djihado-salafiste, avec l’appui de groupes moins radicaux affiliés à l’Armée Syrienne Libre (ASL), cet assaut d’une grande violence, mené à l’artillerie lourde et aux voitures piégées, a permis aux assaillants venus de la campagne du sud d’Alep de s’emparer d’un secteur de l’ouest de la ville, jusqu’alors sous contrôle gouvernemental.

Cette attaque « va mettre fin à l’occupation des quartiers ouest par le régime et au siège imposé à notre peuple dans Alep », a promis Abou Youssef al Mouhajir, le chef militaire d'Ahrar al Cham, un puissant groupe armée salafiste. Du résultat de la bataille, qui a l’allure d’une opération de la dernière chance, dépend le sort des quartiers orientaux, la seule grande possession urbaine de la rébellion, assiégés et affamés depuis trois mois par les forces loyalistes. C’est dire l’importance de ces combats pour les anti Assad, qui ne cessent de perdre du terrain depuis le début de l’intervention russe en Syrie, à la fin du mois de septembre 2015.

Le coup d’envoi de l’offensive a été donné à l’aube par une série de déflagrations qui ont propulsé d’énormes champignon de fumée noire au-dessus d’Alep. Au moins quatre véhicules blindés, chargés à ras bord d’explosifs, ont foncé sur les positions de l’armée régulière et de ses alliés en lisière de la Nouvelle Alep, un ensemble de complexes résidentiels, sur le flanc sud-ouest de la métropole.

Volées de missiles Grad

Comme c’est presque toujours le cas dans les offensives rebelles de grande envergure, l’essentiel du travail de perforation des lignes ennemis a été conçu et réalisé par le Front Fatah al Cham, une émanation d'al Qaïda qui codirige Jaish al Fatah avec Ahrar al Cham.

Le parti islamique du Turkistan, une formation à dominante ouïghour, satellite de Fatah al Cham, a aussi contribué à la manœuvre. Ces deux organisations djihadistes ont fourni trois conducteurs kamikazes, présentés comme des ressortissants de nationalité égyptienne, saoudienne et turc. La quatrième explosion serait le fait d’une pelleteuse télécommandée mise au point par Ahrar al Cham.

Parallèlement à ces opérations suicide, des volées de missiles Grad, tirées depuis des batteries mobiles positionnées dans la périphérie sud d’Alep, se sont abattues sur trois secteurs, le quartier de Jamaat Az-Zahra, dans l’ouest d’Alep, siège de nombreux services de sécurité, l’aéroport militaire de Nayrab, tout à l’est, d’où décollent les chasseurs-bombardiers syriens et les hélicoptères larguant des barils explosifs, et le quartier d’habitations d'Hamdaniya, au sud-ouest, intégré à la Nouvelle Alep. Ces tirs de barrage ont causé la mort de quinze civils selon l’Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH).

Après ce déluge de feu, les troupes de choc de Fatah al Cham sont passées à l’action. Vendredi 28 Octobre 2016, en fin de matinée, elles avaient pris le contrôle de Dahyat al Assad, un triangle d’immeubles d’environ deux kilomètres carrés, en bordure de l’autoroute nord-sud menant vers Hama. Cette percée a été facilitée par un effet de surprise, les forces pro-gouvernementales s’attendaient à ce que leurs adversaires les attaquent au niveau de Ramoussah, plus au sud, le maillon faible de leur dispositif d’encerclement, que Jaish al Cham avait brièvement réussi à casser au mois d'août 2016.

L’image des rebelles entachée par les exactions

« Nous savions que le régime s’était préparé pour ce scénario, alors nous avons décidé d’utiliser une autre option », confie Labib Nahhas, porte-parole d’Ahrar al Cham. Le choix de porter l’attaque sur des quartiers de l’ouest, densément peuplés, comme ceux de la Nouvelle Alep, où résident notamment des familles déplacées par la guerre, présente aussi l’avantage de limiter les possibilités de frappes des aviations russes et syriennes.

Mais ce pari, pour l’instant payant, pourrait vite se retourner contre les assaillants. Ceux-ci prennent le risque d’être accusés de la même indifférence à l’égard des victimes civiles que leur bête noire, Bachar al Assad, et son allié russe. Ces pertes risquent de brouiller l’image des rebelles, déjà entachée par de nombreuses exactions, et de nuire à la cause des habitants d’Alep-Est, où les conditions de vie deviennent chaque jour plus insupportables.

A l’Organisation des Nations Unies (ONU), la colère éprouvée à l’encontre de Damas et de Moscou, après le massacre de vingt deux enfants et de six enseignants, dans le bombardement aérien, Mercredi 26 Octobre 2016, d’une école de la région d’Idlib, a ainsi été contrebalancée par la mort, le lendemain, de trois enfants dans l’explosion d’une roquette lancée par les insurgés sur leur établissement d’Alep-Ouest. Dans les deux cas, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki Moon, a parlé de possibles crimes de guerres.

« Prolonger la pause humanitaire »

Les planificateurs de l’attaque sur la Nouvelle Alep assument ces dangers, en laissant entendre qu’elle vise autant à lever l’encerclement des quartiers est qu’à conquérir ceux de l’ouest. « C’est une tactique très risquée », s’inquiète Sinan Hatahet, analyste au centre de recherches Omran, basé à Istanbul. « L’impact médiatique risque d’être très négatif ».

Vendredi 28 Octobre 2016, le Kremlin a annoncé que les raids russes sur Alep resteraient suspendus, comme ils le sont peu ou prou depuis dix jours. Le président russe Vladimir Poutine a estimé « nécessaire de prolonger la pause humanitaire ». Cette retenue se prolongera-t-elle si les rebelles continuent leur avancée ? « Au mois d’août 2016, c’est l’intervention de la chasse russe qui avait permis de refermer la brèche de Ramoussah », se remémore Sinan Hatahet. « Les factions avaient été incapables de se coordonner pour résister à ces frappes. Aujourd’hui, c’est quitte ou double. Si la nouvelle offensive échoue, cela accélérera la chute des quartiers d’Alep Est »

 

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 18:26

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/10/28/traite-de-libre-echange-ceta-en-quoi-consiste-l-accord-belgo-belge_5021801_3234.html

 

Traité de libre-échange Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA), en quoi consiste l’accord belgo-belge

Ce compromis, trouvé Jeudi 27 Octobre 2016, sur le projet de traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada (CETA) doit être entériné, Vendredi 28 Octobre 2016, par les parlements régionaux concernés.

Par Jean-Pierre Stroobants et Cécile Ducourtieux

L’accord belgo-belge conclu Jeudi 27 Octobre 2016 sur le projet de traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada, le CETA, doit être entériné, Vendredi 28 Octobre 2016, par les parlements régionaux concernés, afin que Charles Michel, le premier ministre belge, puisse y apposer sa signature.

Après avoir dit non au CETA, au motif qu’il représentait un danger pour l’économie et les standards sociaux de la région, et après une semaine de négociations ininterrompues avec la commission européenne et le gouvernement canadien, puis avec les autres régions et le pouvoir fédéral belge, le parlement et le ministre-président de la Wallonie, le socialiste Paul Magnette, ont estimé avoir obtenu un accord jugé « honorable ».

Quels sont les points sur lesquels les belges se sont finalement entendus ?

La Wallonie ainsi que la région de Bruxelles ont obtenu des garanties que leur système de protection sociale ne serait en aucun affecté par le traité.

Dans les concessions figure également une clause de retrait du pays du CETA si les importations de produits agricoles canadiens perturbaient trop le secteur en Wallonie.

Par ailleurs, les wallons ont obtenu que les tribunaux d’arbitrage des différends entre les multinationales et les états, la partie la plus controversée du CETA, ne seront pas mis en place durant l’application provisoire du traité. Les ministres européens du commerce des vingt huit pays de l'Union Européenne s’étaient toutefois déjà entendus sur cette disposition le 18 octobre 2016.

L’accord « intra-belge » indique également que le royaume s’engage à saisir la cour de justice de l’Union Européenne sur la conformité au regard du droit européen des tribunaux d’arbitrage du CETA.

Les wallons affirment avoir reçu l’assurance que les juges chargés de trancher les litiges ne seront pas issus des milieux d’affaires, mais choisis et rémunérés par les états.

Les concessions obtenues sont-elles marquantes ?

Paul Magnette a évoqué, Jeudi 27 Octobre 2016, « plusieurs dizaines de pages qui apportent des amendements ou des précisions. Il est écrit noir sur blanc que tout cela est juridiquement contraignant », a-t-il indiqué.

« Très content », le responsable socialiste a évoqué « la nouvelle norme pour les prochains traités commerciaux ».

Cela n’a toutefois pas convaincu la gauche radicale et les écologistes qui le soutenaient jusque-là mais sont hostiles au principe même d’un tel traité.

Ceux-ci ont exprimé leurs critiques lors d’un débat de trois heures au parlement de Namur, Jeudi 27 Octobre 2016.

Les diplomates européens, qui négocient le CETA depuis quinze jours, sont également dubitatifs. Pas une ligne du traité proprement dit n’a été modifiée, a insisté, de son côté, le premier ministre belge, Charles Michel, rival politique de Paul Magnette.

C’est la « déclaration interprétative », une annexe rédigée par la commission européenne pour l’Autriche, l’Allemagne ou la Slovénie, elles aussi réticentes vis-à-vis du CETA, qui a été amendée.

Quel peut désormais être le calendrier d’adoption du traité ?

La réunion des ambassadeurs des vingt huit pays de l'Union Européenne a avalisé, Jeudi 27 Octobre 2016, les demandes belges, ouvrant la voie à la signature du CETA par les chefs d'état européens.

Celle-ci devrait intervenir Vendredi 28 Octobre 2016.

Il faudra ensuite reprogrammer le sommet entre l'Union Européenne et le Canada, le rendez-vous, qui était prévu Jeudi 27 Octobre 2016, avait été annulé, pour permettre au premier ministre canadien Justin Trudeau de venir parapher le traité.

 

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