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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:52

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/09/13/preface-a-ledition-francaise-de-black-and-red

 

Préface à l’édition française de Black and Red

 

Pour ma génération, les luttes contre le racisme aux États-Unis et contre l’apartheid en Afrique du Sud ont constitué des références fondamentales. De nos jours, on assiste au développement, en Europe plus particulièrement, d’une forme renouvelée de racisme visant spécifiquement les Arabes et les musulmans et, plus largement, les immigrés. Ce processus gagne en puissance dans ce continent-forteresse. J’espère que ce livre contribuera à la réflexion sur les modalités du combat à mener contre cette nouvelle mue du racisme. Je souhaite aussi qu’il puisse être une introduction utile à la connaissance des orientations et de l’histoire du mouvement socialiste aux États-Unis et de ses relations avec les luttes de libération des Afro-Américains.

Ce livre est né d’un article, long et quelque peu polémique, publié en 1990 dans la revue International Socialism à Londres. Quelques années plus tard, j’ai développé et actualisé cet essai pour en faire un livre, Black Liberation and Socialism, publié en 2003 par Haymarket Books à Chicago. Au passage, je voudrais remercier les éditions Syllepse pour leur traduction et leur publication en français. Si l’essentiel de ce qui est traité dans ce livre appartient à l’histoire, il est tout à fait évident que la persistance du racisme est pour sa part une question des plus actuelles. Je n’ai pas apporté de modifications à l’édition française, à l’exception de la correction de deux erreurs factuelles que les traducteurs m’ont aimablement signalées. Je crois qu’en l’état, l’ouvrage a résisté à l’épreuve du temps. Cependant, il a semblé utile dans la préface à cette édition de situer le contexte dans lequel il a été écrit, ainsi que de donner même schématiquement un aperçu des événements politiques majeurs qui ont affecté la situation aux États-Unis depuis que ce livre y a été publié.

Le principal objectif de Black Liberation and Socialism était de rétablir les relations, tant historiques que politiques, qui ont pu exister entre les luttes afro-américaines et les traditions socialiste et communiste aux États-Unis. Je dis bien «rétablir», car le riche passé du radicalisme américain demeure nié, rejeté et dénigré. L’influence considérable qu’exercèrent des idées, des publications et des organisations socialistes du début du vingtième siècle a été balayée par la déferlante «nativiste» et réactionnaire organisée par le gouvernement des États-Unis dans les années 1920. Quant au radicalisme et au mouvement communiste des années 1930, ils ont été pratiquement effacés de la mémoire par la chasse aux sorcières maccarthyste des années 1950. Enfin, l’histoire du mouvement des années 1960, qui a été une source d’inspiration pour tant d’entre nous, a été expurgée et réécrite, occultant le fait que le socialisme était au cœur de ce mouvement et qu’il faisait partie intégrante des luttes de libération noires.

Ces luttes de libération afro-américaines des années 1960, qui contribuèrent à la transformation de la société américaine, eurent un impact mondial. Vivant à plusieurs milliers de kilomètres des États-Unis, au Caire, en Égypte, j’ai ressenti directement cette onde de choc. Ma première action politique fut d’accompagner mon père à une manifestation qui réunit des dizaines de milliers d’Égyptiens pour protester contre la décision du gouvernement américain de priver Muhammad Ali de sa ceinture de champion du monde poids lourds après qu’il ait refusé d’être incorporé dans l’armée des États-Unis et de participer à la guerre contre le Vietnam. Mon père était lui-même boxeur, mais il ne s’agissait pas pour lui d’une affaire privée, comme le démontrait le nombre considérable de manifestants.

Au début des années 1970, mon identification à la lutte pour les droits civiques et au mouvement du Black Power ne cessa de croître. Pourtant, quand je suis arrivé aux États-Unis, en 1976, il restait bien peu de chose du mouvement de masse qui avait métamorphosé le paysage politique national. Je me souviens parfaitement du choc que j’ai ressenti en découvrant que nombre de mes étudiants de l’université du Midwestern, pour la plupart Afro-Américains et pour beaucoup âgés de trente ou quarante ans, ne savaient rien de l’histoire et de la dynamique de la lutte des Noirs et encore moins de celles du mouvement socialiste. J’ai alors vite découvert ce qui est aujourd’hui un lieu commun: aux États-Unis, la réécriture de l’histoire est un art consommé, réalisé avec une extraordinaire rapidité. Il faudrait cependant se garder d’y voir le simple produit d’une falsification organisée par la droite. L’histoire du mouvement noir a également été réécrite par ceux qui ont été récompensés pour l’avoir extirpé de la rue et confiné à un électoralisme sans danger entre les mains du Parti démocrate. Mais par-dessus tout, il faut y voir le résultat du déclin du mouvement de masse et de la répression de la gauche radicale à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Rétrospectivement, il est surprenant d’observer que le reflux du radicalisme des années antérieures est intervenu en une dizaine d’années.

J’ai écrit ce livre, entre autres, pour raviver la mémoire et l’histoire de ce mouvement. Aujourd’hui, il me semble que c’est une tâche plus nécessaire que jamais. Au cours des années 1980 et 1990, les politiciens, aussi bien ceux appartenant à ce qu’on a appelé le «centre» que ceux de droite, ont propagé l’idée selon laquelle «le problème racial» avait été résolu. L’élection de Barak Obama à la présidence des États-Unis en 2008 a été largement considérée comme la victoire du mouvement des droits civiques et comme la preuve du déclin de la question raciale dans la vie politique américaine. Cette appréciation est, à mes yeux, totalement erronée. L’idée selon laquelle nous vivons dans une société «post-raciale» sous-estime considérablement la nature structurelle du racisme de la société américaine et évacue la persistance du racisme institutionnalisé.

Ainsi que je tente de le montrer dans ce livre, la réduction en esclavage et l’oppression des Afro-Américains ont été une condition indispensable du développement du capitalisme américain, tout comme l’esclavage dans le «Nouveau monde» a permis l’accumulation primitive du capital qui à son tour a rendu possible la révolution industrielle en Europe.

Voila pourquoi, fondamentalement, tous les mouvements de masse de libération noire ont eu un impact majeur sur les États-Unis tout au long de leur histoire, comme le montre la séquence menant de la révolution de 1776 à la Guerre civile en 1861, ainsi que celles conduisant de la Reconstruction à l’instauration d’un apartheid au travers des lois Jim Crow.

La lutte pour l’émancipation des Afro-Américains soulève nécessairement la question des relations entre les classes et a toujours produit une dynamique radicale, conduisant ses acteurs clés à traiter de la question raciale et de la question de classe, questions qui, lorsqu’elles sont réellement prises en considération, conduisent à une orientation que l’on pourrait dire socialiste. C’est la seule façon de comprendre pourquoi deux figures aussi différentes que Malcolm X et Martin Luther King sont parvenues à des conclusions similaires, posant la nécessité fondamentale de restructurer l’ensemble de la société comme seul moyen d’en finir avec la discrimination raciale.

Avec le déclin des mouvements de masse des années 1970 – ou, pour le dire plus précisément, avec leurs succès sur des questions spécifiques (déségrégation juridique, droit de vote, fin de la guerre au Vietnam) – la classe dirigeante américaine a resserré les rangs et mené une attaque coordonnée contre ceux qui menaçaient leur pouvoir. Cette contre-attaque visait particulièrement les éléments radicaux du mouvement et se déploya de façon concertée afin d’absorber et d’intégrer certaines des revendications du mouvement et ainsi faire cesser certaines critiques. Pour ce qui est de la lutte de libération noire, cette offensive prit la forme de la suppression violente des Black Panthers, articulée à des efforts destinés à donner des gages aux segments du mouvement qui réclamaient une représentation dans le système politique établi. La représentation politique des Noirs est ainsi passée de l’absence quasi totale à une participation visible à différentes instances de gestion, notamment au niveau local. Tout en demeurant importantes, les différences de revenu entre Noirs et Blancs diminuèrent au cours des années 1960, tandis qu’au cours des années 1970 les différences à l’intérieur même des communautés noires ne cessèrent de se creuser.

Malgré les progrès arrachés par la lutte de libération noire, tant le racisme que les inégalités demeurent une ligne de fracture majeure. Les États-Unis d’aujourd’hui ne sont plus ceux des années Jim Crow. Dans les États du Sud, la ségrégation officielle appartient au passé. L’essentiel des conditions qui donnèrent naissance à la lutte pour la libération noire n’existent plus. Pour autant, cela ne signifie nullement qu’on en ait fini avec le racisme et l’inégalité.

Une enquête publiée récemment et intitulée «State of the Dream 2010» («État du rêve 2010», d’après le titre du discours de Martin Luther King, I Have a Dream, prononcé en mars 1963 lors de la marche sur Washington) résume l’état actuel de l’Amérique noire :

«En décembre 2009, 16,2 % des Afro-Américains et 12,9 % des Latinos étaient au chômage, contre 9 % des Blancs. De décembre 2008 à décembre 2009, le taux de chômage a augmenté de 4,3% chez les Noirs, de 3,7% chez les Latinos et de 2,4% chez les Blancs. Dans au moins deux États, le Michigan et l’Ohio, le taux de chômage des noirs devrait dépasser les vingt pour cent en 2010.

Lorsqu’un Noir gagne soixante deux cents, un Blanc gagne un dollar et un Latino soixante huit cents. Entre 2008 et 2012, la perte de revenus et de salaires des Afro-Américains a été de cent quarante deux milliards de dollars et de cent trente huit milliards pour les Latinos, sur un total de mille milliards de dollars pour la nation tout entière.

Les Noirs et les Latinos sont respectivement 2,9 et 2,7 fois plus nombreux à vivre sous le seuil de pauvreté que les Blancs. Les enfants noirs et latinos sont respectivement 3,3 et 2,9 fois plus nombreux à vivre dans la pauvreté que les enfants blancs.

Dans cinq États (Nebraska, Minnesota, Iowa, Wisconsin, Oklahoma), le taux de chômage des Noirs est au minimum trois fois plus élevé que celui des Blancs. Dans huit autres États (Indiana, Louisiane, Ohio, Kentucky, Kansas, Colorado, Mississippi, New Jersey), le taux de chômage des Noirs est au minimum deux fois et demie plus élevé que celui des Blancs.

Par comparaison, lorsqu’un Blanc possède un dollar, les Noirs ne possèdent que dix cents et les Latinos douze cents.

L’inégalité persistante qui frappe les Noirs est liée au pouvoir sans borne et incontesté du capital. La crise du capitalisme et la désindustrialisation ont eu des conséquences dévastatrices sur la population noire. Les deux grandes vagues de migration de la population noire du Sud vers le Nord sont historiquement liées aux deux guerres mondiales: la première survint de 1914 aux années 1920 et la seconde débuta avec la Deuxième Guerre mondiale. Dans les années 1960, lorsque le mouvement des droits civiques et le Black Power firent irruption, une forte majorité de noirs américains vivaient dans le Nord. La désindustrialisation du Midwest et les récessions de la dernière décennie ont inversé cette tendance. Aujourd’hui, on assiste à une migration des Afro-Américains vers le Sud, provoquée par un chômage croissant et une marginalisation qui frappent durement de larges fractions de la population noire.

Cependant, cette migration est également le produit d’une politique délibérée des employeurs. Ainsi, par exemple, ceux du secteur automobile préfèrent les usines non syndiquées du Sud aux travailleurs syndiqués (et en grande majorité noirs) des grands centres industriels du Nord, comme Detroit. Une étude indique ainsi que les travailleurs afro-américains ont été historiquement, et continuent d’être, les plus favorables au mouvement syndical et qu’ils constituent le groupe démographique qui comporte proportionnellement le plus grand nombre de syndiqués, bien que depuis les années 1980 le déclin du syndicalisme ait été plus important parmi les travailleurs noirs. Alors qu’en 1983, 27,1% des travailleurs afro-américains étaient syndiqués, leur taux de syndicalisation était tombé à 14,5% en 2006. Néanmoins, malgré ce déclin, le taux de syndicalisation des noirs ne peut manquer d’attirer l’attention lorsqu’on le compare avec celui des travailleurs blancs et des travailleurs hispaniques qui ne sont que 7% à être syndiqués» (Bronfenbrenner and Warren 2007, page 142).

Bien que l’apartheid racial ait cessé d’avoir une existence légale, l’apartheid existe encore de facto dans beaucoup d’écoles et de villes. Quant à l’affirmation faisant de la question raciale une question «obsolète», il n’est que d’observer l’attitude des partisans du Tea Party opposés à Barak Obama au cours des premières années de son mandat pour se convaincre du contraire. On ne peut que rester interloqué en constatant qu’en 2011, vingt trois pour cent des républicains continuent de douter que le président Obama soit né américain.

Cependant, après plus de quarante années d’hégémonie de la droite politique et de règne du néolibéralisme et du libre marché, l’irruption du mouvement Occupy annonce peut-être la renaissance d’une opposition à l’ordre social établi. Les slogans du mouvement – «Nous sommes les quatre vingt dix neuf pour cent» – nous ramènent aux bouleversements sociaux des années 1960 et soulèvent à nouveau nombre des questions qui préoccupaient les militants de cette époque. Il y a, bien entendu, une immense différence qui ne peut être occultée: les protestations d’aujourd’hui contre le pouvoir économique et politique du capital, le un pour cent, doivent prendre en considération le fait que les États-Unis ont un président noir en exercice. En effet, pour partie, l’élan et le dynamisme du mouvement Occupy se sont développés à partir de la désillusion provoquée par Barak Obama qui est passé du slogan prometteur «un changement auquel nous pouvons croire» («Change we can believe in») à la préservation, et par certains aspects à l’extension, de l’héritage des années Bush dont les électeurs pensaient qu’il allait les en débarrasser.

Durant ses trois années de mandat, tout soucieux qu’il était de ménager ceux de Wall Street qui l’avaient soutenu, Barak Obama a tourné le dos à la jeunesse afro-américaine, aux Latinos et aux femmes qui, dans un pays en plein bouleversement démographique, ont pour certains milité pour rendre son élection possible. Prenons comme exemple la déclaration favorable à un système de sécurité sociale qu’il avait prononcée en 2003 devant les syndicalistes de l’AFL-CIO et rapportons-la au rejet catégorique de cette idée qu’il a manifesté une fois élu:

«J’ai été le défenseur d’un système de Sécurité sociale (Applaudissements). Je ne vois pas pour quelle raison les États-Unis d’Amérique, le plus riche des pays de l’histoire mondiale, un pays qui dépense quatorze pour cent de son PNB pour le système de santé, ne pourrait fournir à chacun une couverture sociale. Et c’est de cela [dont on] parle [quand on dit] que tout le monde doit en bénéficier et que personne ne doit en être exclu. Un plan pour une Sécurité sociale, pour un système universel de soins. C’est cela que j’aimerais voir. Mais vous le savez tous, nous ne pouvons obtenir cela tout de suite. Parce que d’abord, nous devons reprendre la Maison Blanche, nous devons reprendre le Sénat et nous devons reprendre la chambre des représentants» (Obama 2003).

On pourrait noircir des pages entières en faisant la liste de ces retournements (Selfa 2012). Mais ceci n’est pas uniquement l’illustration du fait que Barak Obama est un politicien qui dirait n’importe quoi pour être élu. Ni même du fait qu’il aurait dû s’«adapter» aux réalités du pouvoir, comme le prétendent nombre de ses apologistes. En réalité, sa présidence éclaire deux questions fondamentales: en premier lieu, les élections ne remettent pas en cause les véritables leviers du pouvoir sous le capitalisme, et ensuite, l’oppression raciale et le racisme sont des phénomènes structurels. Le système peut parfaitement s’accommoder de l’accession de quelques-uns issus des classes dominées à l’establishment, mais il ne saurait accepter la moindre remise en cause de la structure de classe hiérarchique.

Il y a trois ans, de telles idées étaient inaudibles, y compris au sein de la gauche. Aujourd’hui, je crois qu’ils sont bien peu à pouvoir contredire cette réalité. Démonstration en a été faite le 5 juin 2009 par le Wall Street Journal lui-même dans un article titré: « Barak Hussein Bush » :

«Un des points positifs de la présidence Obama est que celui-ci a largement validé l’essentiel du programme de sécurité et de politique étrangère de George W. Bush par la force de ses références autobiographiques. Ce fut assez clair hier au Caire, quand le président Obama a plaidé pour “un nouveau départ entre les États-Unis et les musulmans dans le monde”. Mais l’essentiel de ce qu’il a proposé sont les axes du programme pour la liberté du président Bush, admirablement présentés dans un nouvel emballage. Cela doit être lu comme un compliment, malgré l’existence de quelques réserves non négligeables.»

J’espère que l’édition française de mon livre fera revivre quelques-unes des idées fondamentales qui sont communes à ceux et celles qui luttent pour la libération noire et pour le socialisme. Je songe en particulier à deux idées qu’il nous faut garder à l’esprit. D’abord, la maxime de Frederick Douglass, qui déclarait : « il ne saurait y avoir de progrès sans lutte »

Ensuite, souvenons-nous avec Martin Luther King et Malcolm X, qu’il ne peut y avoir de justice raciale sans une transformation radicale du système économique.

Ahmed Shawki

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:34

 

http://www.demosphere.eu/node/32549

http://www.droitaulogement.org/marche-des-requisitions-samedi-27-octobre-2012/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=marche-des-requisitions-samedi-27-octobre-2012

http://www.solidaires.org/article42462.html

 

Marche des réquisitions

Samedi 27 Octobre 2012 à 15 heures Place du Palais Royal à Paris

Sans logis et DALO, cent mille logements tout de suite

Pour demander le lancement en urgence d’un plan de mobilisation et de réquisition de cent mille logements vacants, les sans logis, les prioritaires DALO et les mal logés, après une marche des réquisitions, se rendront au ministère du logement.

Ils déposeront des demandes de réquisitions, et rappelleront à Cécile Duflot la nécessité de mobiliser ou réquisitionner en urgence, cent mille logements vacants, appartenant à l’état, aux HLM, aux sociétés et aux riches particuliers, afin de loger trois cent mille personnes.

Les sans logis sont prêts à passer la nuit et plus si nécessaire, pour avoir enfin une réponse sur la mobilisation urgente des logements vacants, car ils n’ont jamais été aussi nombreux dans notre pays, et le respect des lois en faveur des sans logis et des mal logés de notre pays, sans cesse bafouées (loi DALO, droit à l’hébergement jusqu’au relogement, loi de réquisition). Il y aura des initiatives dans d’autres villes.

Le Professeur Albert JACQUARD, ainsi que Josiane BALASKO participeront à cette initiative, ainsi que des artistes et des musiciens.

La plate forme logement des mouvements sociaux qui réuni vingt cinq associations et syndicats soutiendra cette initiative.

 

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:12

 

http://www.mediarabe.info/spip.php?article2251

 

 

Samedi 20 Octobre 2012

 

En dépit des intempéries, les opposants à Bachar al Assad ont mobilisé à Paris

 

La FIDH, Amnesty International et Reporters sans Frontières y ont participé

 

Le cortège parti de la Place de la Nation vers la Place de la Bastille, symbole de la liberté retrouvée après la révolution française, a rassemblé entre mille cinq cent et deux mille manifestants, qui ont battu le pavé en dépit d’une pluie fine ininterrompue. Plusieurs associations et partis politiques syriens, libanais, français et européens y ont pris part.

 

Parmi les participants figuraient des représentants d’Amnesty International, de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), de Reporters sans Frontières, le Collectif Urgence Darfour, le Réseau européen des droits de l’homme, le Comité chrétien contre la torture, le Parti Communiste Français, des militants Kurdes, les Forces Libanaises, le Courant du Futur. Au total, le cortège a rassemblé près de deux mille personnes, un chiffre inespéré en raison des intempéries. La pluie continue a découragé certains, mais la détermination des organisateurs à sensibiliser l’opinion publique, qui vaut celle du peuple syrien à renverser le dictateur Assad, a eu raison du mauvais temps.

 

Si de très nombreux Parisiens ont observé le cortège, lançant des encouragements, d’autres avaient les larmes aux yeux en voyant des photos géantes des victimes de Bachar Al-Assad, placardées sur le camion sonorisé en tête de cortège et sur des banderoles. Parmi ces photos on a pu distinguer les portraits de Rafic Hariri et Wissam al Hassan, assassinés au Liban selon le même mode opératoire, à sept années d’intervalle, par le même commanditaire. Ces deux martyrs de la liberté, comme la vingtaine d’autres tués par le même régime criminel entre le 14 février 2005 et le 19 octobre 2012, ont tous payé leur attachement à la souveraineté du Liban face au dictateur syrien, ou au tueur en Syrie.

 

Plusieurs intervenants ont pris la parole sur la Place de la Bastille, alors que les jeunes syriens déployaient un drapeau géant de la révolution. Ils ont fait vibrer la foule au rythme des chansons révolutionnaires, reprenant particulièrement celle du martyr Ibrahim Kachouche qui lui avait coûté sa vie en juillet 2011. Si les intervenants ont distribué les condamnations à l’ONU inactif, aux régimes criminels (Russie, Iran, Chine, Cuba, Venezuela, Corée du Nord) complices, et à la communauté internationale impuissante face à la criminalité du dictateur syrien, tous ont promis que les crimes de Bachar al Assad ne resteront pas impunis.

 

Une communication téléphonique avec le lieutenant-colonel Qassem Saadeddine, chef du conseil militaire de Homs, a été retransmise en direct, sous les applaudissements et les encouragements des manifestants.

 

Depuis Homs assiégée, bombardée et martyrisée, Saadeddine a salué la Journée internationale de solidarité avec le peuple syrien, célébrée de samedi dans dix neuf pays. Il a promis que le combat se poursuivra jusqu’à l’édification d’une nouvelle Syrie libre et digne, une Syrie où il n’y aura pas de place au terrorisme et aux groupes djihadistes. Il a appelé à une protection internationale du peuple syrien meurtri, tout en réitérant son pessimisme quant aux chances de réussite de la mission de Lakhdar Brahimi. Saadeddine a accusé le régime syrien de persister à détruire toute la région, comme en atteste l’assassinat du général Wissam al Hassan à Beyrouth.

 

Notons que des pro-Bachar al Assad avaient lancé un appel pour manifester sur le Parvis des droits de l’homme au Trocadero, afin de dénoncer le massacre qui vise les civils pro-régime en Syrie.

 

Plusieurs participants à la manifestation de l’opposition ont réagi à cet agissement « relevant de la pure hypocrisie », en estimant, non sans ironie, que « le manque d’équipement de l’Armée Syrienne Libre efface justement toutes ces accusations », remerciant presque la communauté internationale d’avoir refusé d’armer les rebelles ! Ils ont rappelé que « ces derniers ne disposent pas d’armes lourdes, ni d’aviation, ni d’artillerie. Les crimes collectifs sont commis par les forces du régime, appuyées par le Hezbollah et les Gardiens de la Révolution iranienne ». Nos interlocuteurs se sont enfin interrogés : « comment les autorités françaises ont-elles autorisé une manifestation des pro-Bachar ? ».

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:44

 

LA QUESTION NATIONALE EN ESPAGNE

 

La naissance des nations modernes. Au niveau historique, la naissance de la « nation » (dans le sens moderne) est un mythe qui d’une certaine façon surgit en opposition avec le cosmopolitisme des Lumières.  Il trouve sa réalisation quand la classe dominante (la bourgeoisie) trouve un marché intérieur cohérent.  L’historien nord-américain  Patrick J. Geary  (« Quand les nations refont l’histoire ») démontre assez bien qu’il faut un groupe « d’intellectuels » qui inventent des origines « mythico-historiques » pour justifier l’ancienneté de leur « nation »  Parfois cela « marche » (Basques) parfois cela échoue (Provence-Occitanie) Parfois c’est une inventions absolue (sionisme) En ce sens si l’Alsace s’intègre à la France (qui était déjà une « proto nation », dans le sens ou l’entend Hobsbawm), c’est parce que l’espace français sous Louis XIV offrait des débouchées à la bourgeoisie, aux commerçants et à la noblesse que n’offraient pas les états allemands non unifiés. On peut dire que c’est la Grande Révolution de 1789 qui réalise déjà la nation moderne en France. A contrario, la perte de l’Empire colonial et de l’Algérie prive les Corses de subsides d’une économie parasitaire. Cela va créer les mouvements indépendantistes. Aux Antilles françaises, les planteurs blancs préfèrent se rallier à l’Angleterre plutôt que de perdre leurs esclaves quand éclate la Révolution en Haïti et que la Révolution abolit l’esclavage. Ils redeviennent de bons Français dès que Napoléon rétablit l’esclavage. On classe les justifications de la «nation » en général en trois interprétations. En France on est « français » par la naissance, dans le droit allemand c’était l’origine « le sang » qui primait, dans l’interprétation anglaise c’est la propriété du sol. Il est à remarquer que les « théoriciens »  « abertzale » (nationalistes basques) ou sionistes se réfèrent directement à la justification germanique (le sang et la race), les catalans et les italiens, à la naissance, à la langue et à la culture.  La question de la langue et de la race sont des justifications assez tardives. Ernest Renan (« Qu’est-ce qu’une nation ? ») affirme qu’être français n’est ni l’appartenance à une race, ni  le fait de parler une langue, c’est « un plébiscite de tous les jours » dans l’idée d’une sorte de « contrat social » de type « rousseauiste »

 

Comme le souligne Hobsbawm, entre 1870 et 1918 se produit une  transformation du nationalisme.  L’élément lingüistique (et bientôt raciste ou racialiste) va être le plus important. Les bourgeoisies « nationalistes » ou « régionalistes » vont demander la constitution d’un Etat. Parenthèse : quand on accuse la Laïcité d’avoir écrasé les langues régionales en France c’est inexact. Dans les écoles religieuses, c’est le français qui primait, déjà avant 1905. En 1914, les « poilus » (bretons, basques, catalans) ne savent pas parler français. On peut dire que c’est la radio et la télévision qui imposent massivement le français plus que l’Etat. Tout comme c’est l’imprimerie qui impose l’allemand avec la diffusion des thèses de Luther à partir de Wittenberg (cf. Marshall Mc Luhan, les Médias. cf également Guy Hermet, les Nationalismes).

 

L’Etat espagnol. Une bourgeoisie incapable de réaliser la « nation ». Marx et Engels avaient déjà développé cette question du droit à l’Indépendance pour la Pologne et l’Irlande (par contre Marx considérait que la guerre de rapine des USA contre le Mexique était « progressiste » -sic-) Cf les sociaux-démocrates austro-hongrois avaient développaient à leur tour  cette question dans la deuxième internationale. Cf. également les textes de Lénine, de Trotsky (… et même de Staline) concernant la question nationale. La vision « classique » marxiste, schématiquement,  étant que la bourgeoisie étant incapable de réaliser jusqu’au bout « la nation »,  c’est au prolétariat de prendre la tête des autres couches de la société (« du peuple ») et avancer les mots d’ordre démocratiques de droit à la séparation des nations opprimées et droit à l’indépendance nationale (ce qui ne signifie pas que la séparation soit un idéal pour les internationalistes et les communistes, libertaires ou pas). En ce sens, l’Etat espagnol, arriéré a été incapable de développer un Etat moderne industriel. Plusieurs causes : certes, le retard dans le développement avait commencé à être rattrapé sous Charles III, mais la guerre d’indépendance contre Napoléon, qui est aussi une guerre civile (1808-1814) détruit  les débuts d’industrialisation et l’économie. Et ce,  au moment même où déjà la Révolution industrielle s’est amorcée en Angleterre, France, Allemagne, Bohême, Italie du Nord, Hollande. Enfin, la reféodalisation (Desamortizaciones, privatisation des biens communaux et de l’Eglise) qui se fait aux dépens des plus pauvres  au milieu du dix neuvième siècle. (cf. Gerald Brenan, « Le labyrinthe espagnol ») fait régresser la question agraire. D’où les rancœurs des bourgeoisies catalanes et basques (et dans une moindre mesure galicienne)  D’autre part la révolution industrielle draine des immigrés des régions pauvres (Andalous, Aragonais, Murciens) qui provoquent une réaction des populations locales qui voient en eux un danger pour leurs modes de vie traditionnelle agraire (et leur langue). Ce sentiment xénophobe est attisé dès le début par le bas clergé au Pays basque  mais aussi par la haute bourgeoisie et le haut clergé en Catalogne (« maketos » et « xarnegos) ».

 

Ortega y Gasset parlait déjà de l’Espagne comme d’un pays « invertébré ». Cette dislocation de la « nation » espagnole était déjà dénoncée  par Joaquin Costa. Ce « marchandage » entre bourgeoisie centrale arriérée (Madrid) et bourgeoisies  modernes périphériques (banque, textile, métallurgie, sidérurgie, chantiers navals de Barcelone et de Bilbao) va voir la naissance de partis politiques conservateurs et cléricaux à la fin du dix neuvième siècle et au début du vingtième siècle. Au Pays basque, c’est le PNV EAJ (Parti Nationaliste Basque ou Euskal Alderdi Jeltzarla, « Parti des basques qui sont avec Dieu et les Vieilles Lois » (Sabino Arana).

 

En Catalogne, c’est  la Lliga Regionalista de Catalunya – Ligue Régionaliste de Catalogne du grand industriel et érudit Francesc Cambó. Dans les années 1910- 1920 c’est cette même Lliga qui arme les escadrons de tueurs contre les militants ouvriers. Finalement le vieux Cambó se ralliera au soulèvement franquiste. Puis dans les années 1930, une organisation plus «progressiste » surgira : Esquerra Republicana de Catalunya – Gauche Républicaine de Catalogne, fondée par Francesc Macià et ensuite reprise par Lluis Companys. ERC avait été influencée par les « Fédéralistes » du politicien et philosophe républicain, Francisco Pii Margall (dont un autre courant imprègnera l’orientation  anarcho-syndicaliste).

 

La question nationale en Espagne. Les « nationalistes historiques ». La République, si elle s’était poursuivie aurait certainement pu créer une sorte de République fédérale où les diverses nationalités de l’Etat espagnol se seraient développées démocratiquement. Hélas, même en Andalousie, le fonndateur du Régionalisme andalou  Blas Infante est assassiné par les franquistes dès 1936 (tout comme Lluis Companys en 1940) Les fascistes « ne feront pas dans le détail » en assassinant les responsables des organisations ouvrières livrées par Pétain (Zugazagoitia, Peiró, Cruz  Salgaso). Le PNV choisit le camp républicain avec José Antonio de Aguirre.  La Navarre, par contre était séparée en deux camps. Pamplona était dominée par les carlistes ultra-conservateurs, partisans de Franco, la Ribera (la vallée de l’Ebre) était plutôt socialiste. La guerre civile et la répression  sauvage franquiste, au lieu d’en finir avec les « séparatismes »  vont, au contraire, les exacerber (notamment avec la création de l’ETA). Il y aura même une tentative de mouvement armé en Catalogne (Terra Lliure) qui s’intègre, par la suite,  à la nouvelle ERC.

 

Après la mort de Franco, l’agitation au Pays basque et une gigantesque manifestation à Barcelone (« la Diada » du 11 septembre 1977) arrachent au  gouvernement  Suárez la  concession d’un statut d’autonomie très limité avant l’adoption de la Constitution de 1978. Mais pour ne pas donner un statut particulier aux basques, aux catalans et aux galiciens, on les dilue dans dix sept autonomies (d’où la plaisanterie « café para todos ») et maintenir  ainsi « l’unité » de l’Espagne, si chère à la monarchie et au franquisme. Un puissant mouvement  catalaniste conservateur et clérical se crée avec Emilio Pujol, c’est CIU (Convergencia I Unió – Convergence et Union) qui monopolise pendant très longtemps avec sa clientèle, sa corruption (Palau de la Mùsica, scandale Millet, le Barça, la Caixa, Banca Catalana) ,  son « nationalisme » et son verbiage démagogique, les rouages de  la nouvelle  « Generalitat » (gouvernement catalan autonome)  Ce qui ne l’empêche nullement de négocier et de marchander ses intérêts avec Madrid ! C’est Artur Màs qui hérite de ce Parti actuellement. C’est sa police qui a matraqué bestialement les « indignados » qui prétendaient occuper la Plaça de Catalunya et c’est lui qui applique ses souhaits au-delà des exigences de la Troïka (coupes budgétaires dans la Santé les Hôpitaux,  l’Education , baisses de  salaires). Des secteurs « progressistes » sont apparus avec la nouvelle ERC, mais souvent alliés avec le PSC (Parti Socialiste de Catalogne, filiale du PSOE), ils se sont déconsidérés.  Pour les prochaines élections en Catalogne, Màs va faire une surenchère dans le populisme et le nationalisme (« nous sommes brîmés, opprimés  par Madrid, nous payons pour les pauvres et les fainéants d’Andalousie »)

 

Au Pays basque (« Euskadi » est un nom inventé par Sabino Arana), le PNV, parti conservateur clérical, confronté à la légalisation de EH Bildu (coalition sympathisante de ETA, avant sous le nom de Herri Bartasuna, Union du Peuple), va surenchérir de la même façon pour gagner la majorité aux élections autonomistes. Très « indépendantiste », le PNV va évidemment se coucher devant les diktats de l’Union européenne, de la BCE et du FMI. Il est dirigé actuellement par Iñigo Urkullu.

 

La jeune génération des nationalistes basques et catalans, est devenue tellement dogmatique que le célèbre metteur en scène de théâtre catalan anti-franquiste et laïque, Albert Boadella a préféré quitter la Catalogne et « s’exiler » dans le sud de la France, excédé de cette démagogie « tribale »  Il a fondé un nouveau parti anti-nationaliste catalan « Ciutatans de Catalunya, Citoyens de Catalalogne ») Le philosophe Fernando Savater (originaire du Pays basque) n’est pas très loin de ses positions. Il  a fondé avec une ancienne députée socialiste (qui a failli être assassinée par ETA), Rosa Díez, une sorte de  parti social-démocrate anti nationaliste : UPYD (Union Progrès et Démocratie).

                                                                                           

Quelques ébauches de conclusion. L’Union européenne (dans sa logique criminelle et aveugle)  en mettant sous tutelle « las autonomías » en Espagne, en accélérant la crise économique sur « la dette », est en train de faire exploser le pacte infâme qui a mis Juan Carlos sur le trône en 1975 1978. (La tentative de coup d’Etat de Tejero  du 23 février 1981 avait «providentiellement » présenté le roi comme le « sauveur de la démocratie »). Elle raye de la carte la Catalogne et le Pays basque en les transformant en territoires coloniaux de la Troïka (à l’image de la Grèce). On mesure la schizophrénie (ou l’idiotie) des nationalistes catalans qui demandent « l’indépendance » pour devenir un Etat de l’Union européenne. La revendication (légitime) du droit à l’indépendance de la nation, des peuples d’Espagne (en particulier Euskadi, Catalogne et Galice)  ne doit pas en cacher les dangers. C’est au nom de la séparation que l’on attise la xénophobie et le racisme (Cf Italie du Nord contre Sicile. Cf Belgique, Flamands contre Wallons) Une génération désespérée basque ou catalane  à qui l’on n’a cessé de répéter qu’elle était « opprimée », peut très bien basculer dans le fascisme et le racisme. D’autant que, par milliers, les jeunes partent chercher du travail à l’étranger émigrés comme à l’époque la plus noire du franquisme dans les années 1950 1960. En Catalogne est apparue un parti de type fasciste  « Plataforma per Catalunya ». Son programme ? « Chassons les arabes, les roumains et les étrangers et retrouvons-nous entre catalans ! Nous sommes « opprimés » par le gouvernement de Madrid et  par les latino-américains et les magrébins qui nous prennent notre travail »

 

Francis Pallares

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 18:11

 

http://www.liberation.fr/monde/2012/10/22/en-cisjordanie-le-fatah-sanctionne-dans-les-urnes_855131

 

En Cisjordanie, le Fatah sanctionné dans les urnes

Lundi 22 Octobre 2012

Miné par l’impasse des discussions avec Israël et la crise économique, le parti du président Abbas sort affaibli des municipales

Par Aude Marcovitch, envoyée spéciale de Libération à Ramallah

Dans ce café du centre de Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, ce n’est pas la fièvre électorale qui agite les conversations menées entre deux bouffées de chicha. Certes, les clients présents se sont bien fait une idée sur les candidats qui s’affichent en groupe, sur les pancartes électorales couvrant les murs de leur ville. Ces hommes souriant en bras de chemise, ces femmes qui posent pantalon et cheveux au vent… Mais leurs préoccupations sont surtout dirigées vers la manière dont ils réussiront à boucler leurs fins de mois.

Dissidents. Pour les premières élections organisées en territoire palestinien depuis 2006, seuls 54,8% des votants se sont rendus aux urnes samedi. En outre, dans plusieurs municipalités, les listes officielles du Fatah, la formation du président Mahmoud Abbas, se sont fait évincer par celles de candidats dissidents, issus des rangs même du parti. Ainsi à Naplouse, la grosse ville du nord de la Cisjordanie, sa voisine Jénine, et insulte suprême, à Ramallah, la capitale administrative, le Fatah a perdu la place d’honneur.

Alors même que le Hamas avait décidé de boycotter le scrutin, le président palestinien pouvait espérer avoir le champ libre pour obtenir un plébiscite de la population palestinienne. C’était sans compter la grogne ambiante tant sur l’impasse des discussions avec Israël que sur la crise économique qui commence à peser sur la Cisjordanie.

«La plupart des gens ont pris des crédits bancaires qui plombent leurs finances. Moi-même, j’en ai trois. En plus, l’Autorité palestinienne n’a pas payé de salaires pendant un mois et demi et les fonctionnaires qui viennent de recevoir leur paie n’en ont reçu que la moitié. Si vous ajoutez à cela les restrictions de déplacement imposées par Israël, vous comprenez que la situation est difficile», résume Bassam Zakarneh, qui dirige le principal syndicat de fonctionnaires en Cisjordanie et à Gaza, l’Union des employés du secteur public. Depuis ce café qui lui sert de quartier général, Bassam a coordonné les opérations de grève qui secouent depuis deux mois la Cisjordanie. Très critique envers l’action du Premier ministre, Salam Fayyad, le syndicaliste l’accuse de mal gérer les finances de l’Autorité, de ne pas travailler pour le bien des Palestiniens mais pour celui de la Banque mondiale ou des donneurs de fonds.

Mais de fait, l’institution internationale a critiqué, dans un récent rapport, la baisse des aides octroyées à l’Autorité palestinienne par les pays donateurs, passées de un milliard huit cent millions de dollars (près de un milliard quatre cent millions d’euros) en 2008 à six cent millions de dollars cette année, grevant lourdement le budget du gouvernement palestinien. «Pour les Etats-Unis, il s’agit d’un moyen de pression pour empêcher Mahmoud Abbas de présenter la candidature de la Palestine devant les Nations unies» , analyse Bassam.

Caciques. «Le Fatah est en train de perdre sa légitimité», juge Mustafa Barghouti, médecin et chef du parti al Moubadara («l’initiative»), partisan d’actions non violentes contre l’occupation israélienne. «Nous sommes très critiques du système de clientélisme et de népotisme qui imbibe la politique en Cisjordanie et à Gaza», ajoute-t-il. Pour lui, la politique du premier ministre, Salam Fayyad, privilégiant la création d’institutions politiques, de corps d’Etat pour obtenir l’indépendance en fin de parcours, a échoué. Il voit dans l’incapacité du Fatah à présenter une liste commune dans certaines municipalités et la multiplication de candidats dissidents qui cherchent à pousser les caciques du parti vers la sortie autant de preuves des faiblesses de la formation créée en son temps par Yasser Arafat.

Pour faire part de son mécontentement, Manaal Kamleh, institutrice dans l’enseignement public, n’est pas allée voter. Jusqu’ici, c’est elle qui faisait vivre son foyer de quatre enfants. Mais seule la moitié de son salaire mensuel de trois mille shekels (six cent euros) vient de lui être versée. Elle s’inquiète : «Pour l’Aïd [qui débute vendredi, ndlr], je dois acheter beaucoup de provisions. Comment je vais faire ?» 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 17:52

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article7726


Les passagers de l’Estelle attaqués au taser, un parlementaire grec battu, d’autres toujours détenus

 

Mardi 23 Octobre 2012

 

On apprend progressivement, et non par les médias, qui ont relayé pour la plupart la version mensongère israélienne, que l’armée israélienne qui a attaqué l’Estelle, puis les services secrets qui ont interrogé ses passagers, ont utilisé la violence à leur encontre. D’ailleurs, nous sommes toujours sans nouvelles de plusieurs des personnes qui était à bord du bateau suédois battant pavillon finlandais.

 

Le parlementaire canadien Jim Manly était toujours détenu par Israël cette nuit, ainsi que plusieurs autres passagers du bateau.

 

Elik Elhanan, l’un des Israéliens relâché et inculpé, a déclaré qu’ils avaient été traités au taser au moment où le bateau avait été attaqué et qu’ensuite au moins l’un d’entre eux, le parlementaire grec avait été frappé par les services secrets israéliens lors de son interrogatoire.

 

"Je suis très inquiet concernant le traitement de ceux de mes camarades toujours entre les mains de la Shabak" a t il fait savoir.

 

Deux autres Israéliens détenus, Yonatan Shapira et Reut Mor ont été libérés aujourd’hui et inculpés de "tentative d’infiltration sur une partie de la Terre d’Israël qui ne fait pas partie de l’Etat d’Israël" (sic !), une accusation dont leur avocate Gaby Lasky a réussi à montrer l’inanité.

 

Applaudis par d’autres opposants israéliens au sein du tribunal, dont les parents d’Elik Elhanan, Rami Elhanan et Nurit Peled-Elhanan qui, comme on le sait, ont perdu leur fille Smadar dans un attentat suicide et se sont ensuite encore plus impliqués dans la dénonciation de la politique criminelle de l’Etat d’israël, responsable de tes attentats et de tant de douleur pour les familles palestiniennes et israéliennes endeuillées.

 

"En mer, raconte Elik, ils ont commencé par nous  encercler avec quinze navires de guerre israéliens, dont un portant un hélicoptère. Il faut croire que les jouets que nous transportions pour les enfants de Gaza ont dû gravement perturber la marine et ceux qui lui donne des ordres. Puis ils nous ont envoyé des chocs électriques avec des tasers, y compris une fois que le bateau était arraisonné.

 

Et puis Evangelis, le parlementaire qui était en cellule avec Dror Feiler, a été battu, par les services secrets qui affirmaient parallèlement aux consuls et représentants des différents pays que tous les passagers étaient bien traités.

 

Mais je ne regrette absolument pas d’avoir pris place à bord de l’Estelle, pas plus que les autres camarades avec lesquels j’ai voyagé. Et nous ne sommes pas prêts à renoncer à nous opposer au blocus de Gaza, qui est un crime. Nous continuerons à nous battre !"  

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:34

 

http://mal-logesencolere.20minutes-blogs.fr/archive/2012/03/15/occupation-de-la-caf-trois-mal-loges-interpelles-en-plus-d-e.html

 

Jeudi 15 Mars 2012

 

Occupation de la CAF

 

Trois mal logés interpellés en plus d’être privés d’allocations

 

Ce 15 mars, une centaine de mal-logés occupait une antenne de la CAF de Paris, rue du Pot de Fer, dans le cinquième arrondissement de Paris.

 

A la suite de l’occupation, et après évacuation, trois mal logés, dont deux femmes ont été interpellées par la police sur plainte de la CAF et sont actuellement au commissariat du sixième arrondissement de Paris.

 

En ce jour de reprise des expulsions, il s'agissait pour nous de dénoncer une mesure qui risque justement d'entraîner des milliers de procédures d'expulsions dans les mois qui viennent.

 

La CAF de Paris a en effet décidé de supprimer les allocations logement à toutes les familles et personnes vivant en sur occupation dans leur logement, faute d'accéder à une autre solution. Dès le mois de mai, les premières suppressions seront effectives, condamnant les concernés à ne plus pouvoir payer des loyers souvent très élevés.

 

Le comble, c'est que la CAF repère manifestement les personnes concernées lorsque celles-ci sont reconnues prioritaires au titre du DALO sur le critère de sur occupation !

 

Non seulement l'Etat ne respecte pas son devoir de relogement mais il se sert des fichiers DALO pour pénaliser doublement les mal logés ! Interrogée par les médias, la direction de la CAF de Paris n'a pas démenti les faits.

 

Deux des mal logés interpellés sont en tout cas directement concernés par cette suppression des allocations logement, et vivent par ailleurs dans l’insalubrité.

 

Non contente de les priver de leurs droits, la CAF tente donc l’intimidation et la répression : accusées de dégradations et de violences inexistantes, ces personnes, désignées par le responsable de la CAF, sont celles qui tenaient le mégaphone et la banderole pendant l’occupation de la CAF.

 

Nous exigeons évidemment leur libération immédiate et continuerons nos actions jusqu’à ce que la CAF de Paris renonce à supprimer leurs allocations aux mal logés.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:19

 

L’émir du Qatar en visite dans la bande de Gaza

 

GAZA (Reuters) - L'émir du Qatar a rompu l'isolement du Hamas en devenant mardi le premier chef d'Etat à se rendre dans la bande de Gaza depuis que le mouvement islamiste s'en est emparé en juin 2007.

 

"L'émir a mis le processus de paix aux oubliettes", s'est indigné Yigal Palmor, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, qui s'est dit "atterré" que le Qatar ait pris le parti d'une formation considérée par les Etats-Unis et l'Union européenne comme une organisation terroriste.

 

La bande de Gaza, où vivent un million sept cent mille palestiniens, est pratiquement coupée du monde depuis l'entrée en vigueur du blocus israélo-égyptien mis en place après juin 2007 pour faire cesser le trafic d'armes à destination des combattants islamistes.

 

A Ramallah, Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, a souhaité que la visite de l'émir n'affecte pas le processus de réconciliation entamé avec ses rivaux du Hamas et ne soit pas prise pour la reconnaissance d'un territoire palestinien distinct de la Cisjordanie.

 

A la tête d'une vaste délégation, le cheikh Hamad ben Khalifa al Thani et son épouse sont arrivés dans la bande de Gaza par la route, en provenance d'Egypte.

 

Acclamé par des milliers de Palestiniens, alors que sa limousine cahotait sur la chaussée défoncée qu'il a promis de reconstruire, l'émir a ensuite été accueilli avec les honneurs par Ismaïl Haniyeh, Premier ministre de l'administration mise sur pied par le mouvement islamiste.

 

COUPER LE HAMAS DE L'IRAN?

 

"Avec cette visite, vous proclamez la rupture du blocus injuste", s'est félicité ce dernier, dans un discours prononcé sur le site où l'émirat doit financer la construction d'une ville nouvelle.

 

"Merci à l'émir, merci au Qatar pour cette noble attitude arabe (...) Rendons grâce aux martyrs qui nous ont amené à cet instant", a-t-il poursuivi, parlant de visite historique.

 

Le cheikh Hamad est venu officiellement pour le lancement de plusieurs projets de reconstruction dévoilés la semaine dernière. A l'origine, leur valeur était estimée à deux cent cinquante millions de dollars, mais Ismaïl Haniyeh a parlé mardi de quatre cent millions de dollars.

 

L'émirat du Golfe, dont la population est équivalente à celle de la bande de Gaza, table sur ses vastes ressources pétrolières pour peser sur la scène diplomatique.

 

Favorable aux soulèvements du "printemps arabe", la petite monarchie est en outre à l'origine des initiatives de la ligue arabe en faveur des insurgés de Libye et de Syrie.

 

Mais l'engagement en faveur de mouvements islamistes tels que le Hamas combiné à son alliance avec les Etats-Unis suscite la perplexité dans la région et au-delà.

 

Pour certains observateurs, la visite de l'émir à Gaza entre dans le cadre d'une opération de réhabilitation du mouvement palestinien aux yeux des puissances occidentales.

 

Le cheikh Hamad chercherait en outre à couper le Hamas de son appui iranien en exploitant leurs divergences au sujet du conflit syrien.

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 18:09

 

La gauche grecque refuse de soutenir les exigences de la troïka

 

ATHENES (Reuters) - Deux des partis membres de la coalition au pouvoir en Grèce ont campé mardi sur une position intransigeante à l'égard des réformes du droit du travail exigées par les créanciers du pays, bloquant un accord politique sur un ensemble crucial de mesures d'austérité.

 

Les socialistes du Pasok et du petit parti de la Gauche démocratique qui forment, avec Nouvelle Démocratie, la fragile coalition gouvernementale dirigée par Antonis Samaras, ont insisté à plusieurs reprises sur leur refus de soutenir des projets controversés pour réduire les salaires, les indemnités de licenciement et abandonner les revalorisations automatiques des salaires.

 

Les alliés ont indiqué par le passé qu'ils donneraient en dernier recours leur accord aux mesures d'austérité, vitales pour qu'Athènes puisse obtenir une tranche d'aide supplémentaire de trente et un milliards cinq cent millions d'euros, mais qu'ils voulaient d'abord que les bailleurs du pays fassent des concessions dans le domaine contesté du droit du travail.

 

Les dirigeants des deux partis n'ont pas changé de position à l'issue de la dernière étape des discussions avec Antonis Samaras mardi, anéantissant les espoirs qui avaient grandi ces derniers jours au sujet de l'imminence d'un accord entre les trois partis concernant le plan d'austérité.

 

"Je n'accepterai ni ne voterai pour les réformes du marché du travail que réclame la 'troïka', et les députés de la Gauche démocratique feront de même", a déclaré le chef de cette formation, Fotis Kouvelis, à l'issue de la rencontre des dirigeants de partis.

 

"Telle sera ma position, constante et inchangée, jusqu'à la fin (...). Les droits des travailleurs ont déjà été amputés et ces demandes de la 'troïka' ne sont qu'un projet pour éliminer ceux qu'il leur reste."

 

Evangelos Venizelos, chef de file du PASOK, a également réitéré son opposition aux réformes et pressé le Premier ministre de dire aux partenaires européens que la société grecque ne pouvait supporter un nouveau train d'économies douloureuses.

 

"Nous ne devons pas ouvrir de nouveaux fronts tels que les réformes du droit du travail qui ne contribuent en rien à nos objectifs fiscaux", a indiqué Evangelos Venizelos, ajoutant que le pays avait déjà appliqué une série de réduction des coûts salariaux plus tôt cette année.

 

"C'est injustifié et provocateur d'ouvrir à nouveau ces discussions maintenant", a-t-il ajouté.

 

Antonis Samaras a cependant insisté sur le fait que le gouvernement n'avait d'autre choix que de promouvoir les mesures d'austérité pour obtenir de nouveaux financements et éviter la faillite.

 

Le gouvernement Samaras s'entretient parallèlement depuis des mois avec les dirigeants des partis membres de la coalition gouvernementale et la "troïka" (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) au sujet d'un nouveau train de mesures d'austérité devant permettre à la Grèce d'économiser onze milliards cinq cent millions d'euros.

 

Les espoirs de voir un accord entre les différentes parties émerger ont grandi après que les inspecteurs de la "troïka" ont indiqué la semaine dernière qu'ils étaient tombés d'accord avec la Grèce sur la majorité des réformes et des mesures d'austérité nécessaires pour débloquer la dernière tranche d'aide prévue par le plan de sauvetage international.

 

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 17:42

 

LES TROIS LIVRES DE SHLOMO SAND

 

Le dernier livre de Shlomo Sand dont le titre en français est « Comment la terre d’Israël fut inventée » est le troisième livre d’une trilogie.

La traduction française de son premier livre dont le titre en français est « Les mots et la terre » paraissait aux éditions Fayard en 2006.

La traduction française de son deuxième livre dont le titre en français est « Comment le peuple juif fut inventé » paraissait aux éditions Fayard en 2008.

Je ne recevais et je ne lisais aucun message relatif à son premier livre et je ne connaissais pas Shlomo Sand en 2006.

Si vous consultez mon blog personnel, vous trouverez deux messages relatifs à son deuxième livre, dont une tribune libre de Shlomo Sand lui-même dans le quotidien Le Monde en défense de son deuxième livre contre ses détracteurs.

Sand a-t-il raison, a-t-il tort ? Comme tout intellectuel, il n’a certainement pas ni totalement tort ni totalement raison, et moi-même je n’en sais rien.

J’ai seulement une seule certitude.

Je suis pour la diffusion du maximum de messages de publicité et d’incitation à la lecture de ses livres.

Le lobby anti sioniste et pro palestinien dans les médias en France et dans le monde entier est dramatiquement faible et sa construction passe par exemple par la diffusion de ces messages d’incitation à la lecture et par la lecture des livres de Sand.

Bernard Fischer

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