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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 19:15

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/27/detournements-de-fonds-en-espagne-le-proces-d-une-epoque_1512614

Détournements de fonds en Espagne, le procès d’une époque

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Embonpoint tirant la chemise hors du pantalon, le pas mal assuré d’un retraité à la santé difficile et le visage triste et sérieux de celui qui se sait sur un chemin de croix, « l’architecte du miracle économique espagnol », comme les médias l’appelaient dans les années 2000, faisait peine à voir Mardi 27 Septembre 2016 sous les moulures de l’Audience Nationale, à Madrid, la principale instance judiciaire pour les actes de terrorisme ou de corruption.

En compagnie de soixante quatre autres accusés pour détournement de fonds, Rodrigo Rato, soixante sept ans, devra prendre son mal en patience.

Lui et ses compagnons judiciaires ont l’obligation d’assister intégralement à leur procès. Le parquet accuse ces suspects d’avoir détourné douze millions d’euros de la caisse d'épargne Bankia, via un système de cartes de crédit. Au total, quatre vingt mille opérations ont été dénombrées. Ces cartes ont reçu le nom de « tarjetas blacks », car les dépenses luxueuses des accusés n’étaient jamais justifiées. Ancien directeur du Fonds Monétaire International (FMI), entre 2004 et 2007, « gourou économique » des gouvernements conservateurs de José María Aznar, entre 1996 et 2004, Rodrigo Rato n’est certes pas seul dans cette tourmente judiciaire.

Sur le banc, aussi, des hommes d’affaires, des syndicalistes et des politiques, autant de dirigeants de Bankia, la plus grande caisse d’épargne espagnole sauvée de la banqueroute en 2012 par l’injection de vingt deux milliards quatre cent millions d’euros d’argent public que les espagnols n’ont toujours pas fini de rembourser.

A travers eux, c’est toute une époque qui est jugée, celle des agissements sans contrôle des caisses d’épargne dont la chute obligea Bruxelles à se porter garant, à hauteur de cent milliards d’euros, du sauvetage financier du système bancaire espagnol. « En soi », souligne Isaac Rosa du site www.eldiario.es, « ces cartes de crédit peuvent paraître peu de chose. Mais elles furent l’huile qui permit de graisser le système ».

« Avec ces cartes », a estimé Jesus Maraña, ancien directeur du quotidien de gauche Publico, « un groupe de dirigeants sans scrupule a pu se blinder et se protéger lui-même ». Cette opacité se brisa il y a deux ans grâce à la fuite d’un mail datant du mois de septembre 2009, dans lequel apparaissait une liste de hauts dirigeants et de leurs dépenses faites avec des « cartes de crédit professionnelles », non-déclarées au fisc et clandestines.

Restaurants et hôtels de luxe, massages coquins, boutiques de luxe, safaris et clubs privés avec prostituées, tels étaient les « frais et dépenses » non justifiés des cadres de Bankia. Et ce, au moment où la crise économique jetait des centaines de milliers d’espagnols au chômage.

Le cas de Rodrigo Rato est forcément à part. Dans les années 1990, ce fils de riche famille madrilène qui prisait les « clubs privés d’affaires » incarnait le pragmatisme libéral. Après avoir privatisé à tout va et jeté les bases législatives d’une spéculation immobilière sans frein, il apparaissait comme le champion d’une droite décomplexée, mais « bonne gestionnaire ». Ce qui lui avait valu la présidence du FMI. En 2012, patatras, il avait dû démissionner de Bankia. Il avait annoncé trois cent cinq millions d’euros de bénéfices alors que le trou dépassait en réalité les trois milliards d’euros.

Parmi les détails croustillants dont disposent les juges, nous apprenons que, le 27 mars 2011, il a dépensé trois mille cinq cent quarante sept euros en frais professionnels justifiés comme « chaussures et boissons alcoolisées ».

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:41

La bataille d'Alep se poursuit, dans les airs et au sol (Reuters)

Les avions de guerre russes ont bombardé Samedi Premier Octobre 2016 les quartiers au nord d'Alep tandis que l'armée syrienne tirait des obus sur le secteur de la vieille ville, ont rapporté des rebelles et l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH).

Les frappes aériennes se sont concentrées sur les voies d'approvisionnement qui mènent aux secteurs tenus par les rebelles, à savoir la route Castello et le quartier de Malah, au nord de la ville.

Les combats au sol font également rage dans le quartier de Souleiman al Halabi, la ligne de front au nord de la vieille ville d'Alep.

Dix jours après le début de l'offensive lancée par les armées russes et syriennes pour reprendre aux insurgés la partie est d'Alep, il est difficile de connaître l'évolution précise des forces sur le terrain.

Au nord-ouest d'Alep, les insurgés d'Ahrar al Cham ont dit Samedi Premier Octobre 2016 avoir repris plusieurs secteurs du quartier stratégique de Boustan al Pacha dont les forces gouvernementales s'étaient emparées la veille.

Selon les médias officiels syriens, l'armée dit de son côté avoir progressé dans le centre d'Alep, ce qu'ont démenti les rebelles, assurant avoir repoussé ce nouvel assaut.

« Ils bombardent la vieille ville après une nouvelle tentative de gagner du terrain qui a échoué. Ils ont perdu plusieurs combattants et nous sommes résolus », a déclaré Abou Hamam, un rebelle du groupe Failak al Cham.

L'OSDH fait état de bombardements intenses de la part des forces gouvernementales et de combats « dans les deux sens » dans le quartier de Souleiman al Halabi.

Des bombes ont aussi été larguées sur un hôpital dans le quartier d’al Sakhour, régulièrement pilonné, a indiqué l'OSDH. C'est la seconde frappe de ce genre contre cet établissement, un des plus grands de la ville. Au total, ce sont quatre hôpitaux qui ont été visés par les raids aériens ces derniers jours.

Paris condamne le bombardement d’un hôpital

La France a vivement condamné la frappe du Samedi Premier Octobre 2016, qui a fait au moins un mort et plusieurs blessés, selon l'OSDH, mais qui prive surtout un peu plus les habitants d'Alep d'accès aux soins.

« Dans le déluge de violence qui submerge Alep depuis plusieurs jours, le ciblage systématique des structures et des personnels de santé est particulièrement inqualifiable. Comme l'a rappelé le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), ces attaques sont constitutives de crimes de guerre », écrit le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué.

Selon les habitants d'Alep, les frappes aériennes sont sans précédent par leur férocité. Les bombes larguées sont plus puissantes. Elles écrasent les bâtiments dans lesquels sont réfugiés les habitants.

Cela fait exactement un an que la Russie a décidé d'intervenir en Syrie pour soutenir son président, ce qui a fait pencher l'équilibre du pouvoir en faveur de Bachar al Assad. Le président syrien est également soutenu par des forces au sol de l'Iran chiite et des milices chiites venues du Liban et d'Irak.

A Moscou, une porte-parole du ministère des affaires étrangères cité par l'agence de presse Russian Information Agency (RIA) a déclaré qu'une agression directe des Etats-Unis contre l'armée et le gouvernement syrien provoquerait des « bouleversements tectoniques effrayants » au Proche-Orient.

Le secrétaire d’état américain, John Kerry, s'est plaint la semaine dernière en marge d'une réunion de l'assemblée générale de l’ONU du fait que ses efforts diplomatiques pour mettre fin au conflit syrien n'aient pas été accompagnés d'une menace sérieuse d'usage de la force militaire.

L'armée syrienne a pour sa part indiqué son intention de profiter de son avantage après avoir repris Jeudi 29 Septembre 2016 le camp de réfugiés d'Handarat, à quelques kilomètres au nord d'Alep. Le régime syrien l'avait déjà conquis Samedi 24 Septembre 2016 pour le perdre quelques heures plus tard lors d'une contre-offensive des insurgés.

Selon l'OSDH, les bombardements russes et syriens ont fait au moins trente quatre morts depuis Vendredi 30 Septembre 2016.

D'après les médias de Damas, les attaques au mortier des insurgés sur Midan et d'autres quartiers d'Alep tenus par le pouvoir ont de leur côté fait vingt morts.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 18:19

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/catalogne-un-referendum-sur-l-independance-quoi-qu-il-arrive-603181.html

Un référendum sur l'indépendance de la Catalogne, quoi qu'il arrive

Par Romaric Godin

Mercredi 28 Septembre 2016

Le président catalan Carles Puigdemont a annoncé qu'il maintenait sa priorité, l'indépendance de la Catalogne. Il préfère un référendum négocié avec l'Espagne. Mais désormais, si ce dernier n'est pas possible, il s'engage à tenir une consultation unilatérale au mois de septembre 2017.

Le président de la Generalitat, le gouvernement catalan, Carles Puigdemont, avance de plus en plus clairement vers son objectif, l'indépendance de la Catalogne. Lors de son discours devant le parlement catalan à qui il a posé la question de confiance, il a posé les jalons du processus qui doit amener la communauté autonome espagnole à une séparation d'avec le royaume ibérique. Car Carles Puigdemont n'entend pas revenir sur le cœur du programme de la majorité parlementaire. « Il est évident que nous voulons nous transformer en un état et c'est ce mandat que nous devons accomplir », a-t-il indiqué devant les députés.

Pour cela, le président de la Generalitat doit pouvoir compter sur une majorité parlementaire unie. Aussi a-t-il lancé un appel à la Candidature d'Unité Populaire (CUP), le parti de l'extrême-gauche indépendantiste qui, au début du mois de juin 2016, avait rejeté le budget de son gouvernement.

« Je ne pourrai accomplir ma tâche si je n'ai pas une majorité sans aucune fissure », a-t-il indiqué. Avant de menacer que si le prochain budget est rejeté, le parlement sera dissout et il faudra retourner aux urnes. La CUP n'a donc plus le choix. Elle doit accepter de soutenir le gouvernement ou se résoudre à préférer de nouvelles élections. C'est clairement de la part de l'ancien maire de Gérone une déclaration d'autorité. Déclaration qui, néanmoins, s'accompagne d'un engagement fort à mener la Catalogne vers la sécession. Carles Puigdemont propose donc à la CUP d'oublier provisoirement ses engagements sur le plan économique pour parvenir à l'indépendance.

Mais ce qui était le plus attendu était l'ajustement de la feuille de route vers l'indépendance. Carles Puigdemont a clarifié cette dernière en traçant un véritable calendrier et un chemin de priorités. Comme précédemment, le point de départ de la sécession sera le mois de juin 2017, date à laquelle, affirme le président catalan, « nous disposerons des structures de l'état ». La Generalitat va donc faire adopter les trois « lois de déconnexion » permettant la création d'une légalité catalane, d'une administration fiscale indépendante et d'une structure d'état providence propre. Ces trois lois veulent permettre une séparation avec l'Espagne « dans la sécurité juridique ». Mais l'essentiel est ailleurs, une fois ces lois votées, il faudra déclarer l'indépendance ou prendre acte du rejet de cette indépendance par les catalans. Et c'est là le nœud du problème.

Une solution idéale et une solution de rechange

Carles Puigdemont, de ce point de vue, clarifie aussi la procédure. La priorité de la Generalitat reste le « référendum pacté », autrement dit accepté par Madrid. C'est, selon Carles Puigdemont, la « formule idéale » pour laquelle il existe un « immense consensus ». Mais c'est aussi une formule que refuse le gouvernement espagnol et qu'il a refusé plusieurs fois. Carles Puigdemont entend encore la proposer et s'engage, si elle est acceptée, « à négocier sur la formule » de ce référendum avec les autorités espagnoles.

Mais si le dialogue n'est pas possible avec Madrid, si une nouvelle fois l'Espagne refuse de négocier, alors Carles Puigdemont s'engage à organiser un référendum unilatéral. « Nous tenterons de construire un accord jusqu'au dernier jour pour faire un référendum accepté par l'Espagne, mais s'il n'y a pas d'accord au dernier moment, il y aura un référendum », a-t-il indiqué. « Ou il y aura un référendum, ou il y aura un référendum », a ainsi résumé le président catalan qui a promis que cette consultation aura lieu « dans la seconde quinzaine du mois de septembre 2017 ».

Une feuille de route complétée

Avec cette nouvelle feuille de route, Carles Puigdemont, qui devrait obtenir la confiance du parlement Jeudi 29 Septembre 2016, tente d'apaiser sa majorité et d'exercer une pression sur Madrid. Il officialise ainsi la possibilité du recours au référendum unilatéral, solution périlleuse sur le plan juridique qui n'est pas acceptée par tous au sein de sa majorité, mais qui était une exigence de la CUP.

La priorité reste, comme auparavant, le référendum pacté mais, désormais, il existe une porte de sortie au blocage qui persiste depuis 2012 et cette porte de sortie est le référendum unilatéral. Carles Puigdemont complète donc la feuille de route de la majorité établie après les élections du 27 septembre 2015 en intégrant le caractère unilatéral proposé par la commission sur le processus constituant du parlement. Il s'agit toujours de construire des structures d'état en dix-huit mois et donner, quoi qu'il arrive, la parole aux catalans sur l'indépendance dans la foulée. Mais désormais les outils sont sur la table.

Pression sur Madrid

Avec cette stratégie, le président catalan place aussi la pression sur le gouvernement madrilène. Pour éviter un référendum unilatéral et l'entrée dans une région juridique et politique inconnue et dangereuse, le gouvernement espagnol dispose d'une année. C'est une forme de chantage qui vise à briser l'indifférence de Madrid et sa réponse purement juridique à un problème catalan que les Indépendantistes et une partie des unionistes estiment d'ordre politique.

Rien ne laisse présager une solution négociée

La situation est cependant complexe. Il n'y a toujours pas de gouvernement investi en Espagne. Mariano Rajoy ne parvient pas à construire une majorité et la gauche se déchire, notamment sur le problème catalan. Les troisièmes élections générales pourraient se tenir au mois de décembre 2016 et la question de la réponse à Carles Puigdemont sera sans doute centrale. La question risque d'aggraver les déchirements du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE). Au final, il n'est pas sûr qu'une majorité favorable à la négociation sorte de ce troisième scrutin. Du reste, le gouvernement espagnol pourrait prendre le président catalan au mot et le défier d'organiser un référendum unilatéral qui risquerait de ne rassembler que les indépendantistes et qui ne serait pas reconnu par l'Union Européenne. Dans ce cas, la situation pourrait encore se dégrader.

Rien ne semble donc devoir favoriser la voie idéale de Carles Puigdemont. L'Union Européenne peut d'ores et déjà placer cette date du mois de septembre 2017 comme un des nombreux dangers qui l'attendent l'an prochain.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 13:57

Pour une nouvelle initiative du Club Politique Bastille (CPB)

Par Charles Jérémie

Vendredi 30 Septembre 2016

« Les vers de terre » de Jacky Assoun, bienvenus, disent le chaos qui s’installe, crise gouvernementale en Espagne, crise profonde provoquée par le Brexit à Londres mais aussi dans la commission européenne, référendum menaçant en Italie et défaites électorales à répétition de la grande coalition, au premier chef du parti d’Angela Merkel au profit d’un parti préfasciste, l’Alternative Für Deutschland (AFD). Les élections générales s’annoncent compliquées. Nous pourrions ajouter la Grèce et le Portugal. Et partout montée de partis d’extrême droite constituant le terreau qui donnera demain naissance à des regroupements plus ou moins fascistes. C’est volontairement que je m’en tiens à l’Europe. Sans évoquer la Russie, le Proche Orient, le Moyen Orient et bien sûr les États-Unis.

Chaos partout et cependant, cela tient.

Certes les partis de la bourgeoisie, de droite et de gauche, ont appris à gouverner sur un volcan, depuis longtemps ils ont intégré l’instabilité gouvernementale comme forme d’exercice du pouvoir. La seule question à laquelle nous ne pouvons pas répondre, sauf à annoncer « des tournants » qui ne viennent jamais, c’est bien sûr de savoir si cette situation d’instabilité chronique peut durer.

Je n’ai évidemment pas de réponse à cette question. Il serait intéressant que les camarades s’expriment. Depuis des décennies les mouvements trotskystes et surtout l’un d’entre eux a pronostiqué la « crise mortelle de la cinquième république ». Le mort se porte relativement bien.

Il a résisté depuis 1968 à des affrontements sérieux de la lutte des classes, à des batailles dans les partis majoritaires, à des scissions et à des excommunications. La cinquième république est toujours là.

Voilà pourquoi j’aborde le chaos français avec un regard relativement distancié et, surtout, un peu d’humour.

Le refus de vote en 2017 peut réserver des surprises. Il y a un véritable dégoût à l’égard de François Hollande mais aussi de la droite. Aux élections primaires comme aux élections présidentielles, l’abstention sera énorme.

Si les élections primaires ont lieu à gauche, nous pourrions voir le matin le président de la république diriger à l’Élysée un conseil de défense de la France pour le soir, lors d’un débat télévisé, affronter Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Marie Noëlle Lienemann contestant sa politique.

Cela va être difficile, très difficile et drôle, beaucoup plus que les élections primaires à droite car, dans tous les cas de figure, Nicolas Sarkozy ou Alain Juppé, il sortira un candidat, vainqueur sans problème face à Marine Le Pen, la gauche appelant une fois de plus à voter pour la droite.

Hélas pendant ce temps, un militant syndical a perdu un œil et nul n’a proposé une riposte unie.

Ce n’est pas drôle, pas drôle du tout.

Ce qui s’annonce l’est un peu plus.

La déclaration de Jean Luc Mélenchon saluant l’intervention utile de Nicolas Sarkozy sur les gaulois est un élément supplémentaire de la comédie politique.

En échange de signatures, l’aventurier de la France Insoumise s’apprête à débattre de l’identité.

La France vaut bien cet acte de soumission. La comédie se fait pathétique.

Une crise sans précédent ronge les partis et syndicats ouvriers de la cinquième république. Le fait que, à partir de 2017, il n’y ait plus d’opposition parlementaire de gauche annonce un chaos encore supérieur sans compter que les rescapés du Parti Socialiste éclateront en sous-groupes.

Le mouvement des Nuits Debout a épelé les premières lettres de l’alphabet, premier geste probable d’une auto-organisation politique. Il y aura peut-être une suite car 2017 ne marquera pas seulement la quasi disparition du Parti Socialiste, du Parti Communiste Français (PCF) et d’Europe Ecologie Les Verts (EELV), les organisations trotskystes d’extrême gauche vont naturellement payer la note de leur impuissance à proposer des solutions dans l’action et l’organisation du débat sur l’avenir de la société. Jacky Assoun a raison d’évoquer les exemples du chaos mondial. Le débat sur une société civilisée ne peut-être que mondial avec, au centre la lutte contre la guerre. Celles qui se mènent et celles qui se préparent…

Donc Jean-Luc Mélenchon parle de la France. De fait c’est un candidat français qui ne prend pas à la légère le débat sur l’identité et les mesures à prendre contre les réfugiés.

Terrible trajectoire d’un ancien lambertiste, alors que les deux Partis Ouvriers Indépendants (POI) font assauts de citations de Pierre Lambert alors que Jean Jacques Marie et ses camarades sont exclus « démocratiquement » du Centre d’Etudes et de Recherches sur les Mouvements Trotskystes et Révolutionnaires Internationaux (CERMTRI).

L’un des héritiers de Pierre Lambert, Michel Serac est à la manœuvre de ce « nettoyage démocratique ». Nous pouvons en rire mais la dégénérescence et l’explosion de l’organisation trotskyste la plus puissante annonce d’inévitables recompositions. Les grandes périodes historiques intègrent la multiplicité des péripéties, des petits évènements, des anecdotes et des aventures personnelles. Tout cela permet de caractériser un moment de l’activité humaine.

2017 marquera la défaite de toutes les organisations politiques de gauche et d’extrême gauche.

Débats et initiatives ne manqueront pas, nous commencerons à disposer du recul pour peut-être envisager des recompositions.

Le pays a reçu un nouveau coup de massue, cinquante mille chômeurs de plus au mois d’août 2016. Le fameux « cela va mieux » a encore frappé. Le président et le gouvernement sont à l’agonie. Rien de bon ne peut pour les salariés sortir des élections présidentielles et législatives. Il faut enjamber ces péripéties.

Cinquante mille chômeurs de plus, les « luttes » chères à de nombreux camarades n’éclateront pas aisément. Les salariés sont confrontés à une des crises les plus profondes du capitalisme.

Et un nouveau coup de torchon financier menace la planète. Autant que faire ce peut, il faut parler politique. Cela ne fera pas rire. « Ni rire, ni pleurer, mais comprendre » disait Baruch Spinoza.

Il me semble que les prochaines réunions du CPB devraient, notamment, être consacrées à discuter et à rédiger un texte manifeste.

Michel Lanson devait préparer un projet. Peut-être, après discussion, pourrait-il reprendre sa plume.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 16:16

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/29/espagne-combat-de-chefs-a-podemos_5005375_3214.html

Combat de chefs à Podemos

Le chef de file de Podemos, Pablo Iglesias, et son numéro deux, Iñigo Errejon, se livrent une bataille en public sur l’orientation que doit prendre la formation de la gauche anti-austérité.

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

Jeudi 29 Septembre 2016

La crise des socialistes espagnols pourrait être une aubaine pour Podemos. Le jeune parti de la gauche anti-austérité n’a jamais caché son souhait de se substituer au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) et devenir le parti hégémonique de la gauche en Espagne. Mais pourra-t-il récupérer les voix des électeurs épouvantés par la guerre interne à laquelle se livrent les dirigeants socialistes ? Rien ne le laisse présager. Non seulement les résultats des dernières élections, législatives et régionales, auxquelles il s’est présenté, ont été décevants, mais Podemos est lui aussi en proie à des luttes internes. Celle qui oppose Pablo Iglesias, le chef de file charismatique qui a propulsé le parti sur le devant de la scène médiatique en 2014, et son numéro deux, Iñigo Errejon, le stratège modéré qui est parvenu à séduire d’anciens électeurs socialistes, menace depuis plusieurs semaines de déchirer le parti.

Les divergences entre les deux hommes ne sont pas nouvelles, mais elles ont atteint une dimension publique, avec la décision, prise au début du mois de septembre 2016 par des proches d’Iñigo Errejon, de présenter une liste alternative à celle des candidats officiels de Pablo Iglesias pour les élections primaires du parti dans les régions de Madrid et d'Andalousie.

Derrière ce combat de chefs, c’est la stratégie de Podemos, et son orientation, qui est en jeu.

Ces derniers mois, Pablo Iglesias s’est rapproché du Parti Communiste Espagnol (PCE) et des anticapitalistes. Il a abandonné le ton modéré qu’il avait adopté lors de la campagne pour les élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016, quand il appelait à voter pour la vraie sociale démocratie qu’il disait représenter. Dans un meeting en Galice, le 20 septembre 2016, Pablo Iglesias a justifié cette nouvelle stratégie en affirmant que « le jour où nous arrêterons de faire peur à ceux qui s’enrichissent sur le dos des gens, nous n’aurons plus aucun sens comme force politique ».

Iñigo Errejon, qui avait été le stratège de la dernière campagne, se sent alors visé. « Aux puissants, nous leur faisons déjà peur, ce n’est pas cela le défi. Le défi, c’est de séduire la partie de notre peuple qui souffre mais n’a pas encore confiance en nous », lui répond-il.

Dans ce climat tendu, les langues se délient. Et après avoir nié pendant des mois des divergences de fond, des membres de Podemos reconnaissent que les proches d’Iñigo Errejon seraient prêts à soutenir un gouvernement minoritaire de Pedro Sanchez, s’il conserve sa place à la tête du PSOE, pourvu que Mariano Rajoy quitte le pouvoir, alors que Pablo Iglesias exige un gouvernement de coalition avec la moitié des portefeuilles ministériels pour Podemos.

Dans les prochains mois, les deux courants mesureront leurs forces en Andalousie et à Madrid. Sauront-ils éviter une crise interne dans la ligne de celle que vit aujourd’hui le PSOE ?

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 15:58

L'énergie, l'eau et quatre entreprises publiques passent dans le super fonds des privatisations

Déclaration de Panayotis Lafazanis, secrétaire du conseil politique d'Unité Populaire

Samedi 24 Septembre 2016

Le gouvernement d'Alexis Tsipras sur la voie de la plus importante liquidation de la richesse nationale dans l’histoire du pays.

Le projet de loi multiple a été déposé par le gouvernement pour être voté selon des procédures expresses antidémocratiques, qui humilient une nouvelle fois le parlement en en faisant un simple décor dressé à la va-vite pour légaliser des dispositions mémorandaires. Il constitue une monstruosité profondément réactionnaire qui affecte lourdement le cœur du pays, de l’économie et du peuple.

Ce projet de loi impose une nouvelle offensive mémorandaire contre l’assurance sociale, au détriment des professions et des activités économiques à petit et très petit revenu. Elle conduira à une nouvelle vague d’épuisement et d’élimination de milliers de personnes dans les professions scientifiques, techniques et libérales, en particulier parmi les jeunes et les plus pauvres, mais aussi la disparition de milliers de petites entreprises, avec pour conséquence une nouvelle escalade du chômage et du désespoir dans notre société.

Mais le pire, c’est qu’avec ce projet de loi multiple on transfère dans le super fonds des privatisations six entreprises et services publics parmi les plus grands, les plus importants et les plus essentiels du pays, l’électricité (DEI), l’eau à Athènes (EVDAP) et à Thessalonique (EVATH), la fabrication de véhicules militaires (ELVO), le réseau ferroviaire en Attique et à Salonique (ATTIKIMETRO) et les constructions publiques (Ktiriakes Upodomes), avec pour objectif de les brader à la va-vite au profit des créanciers.

Les déclarations du TAIPED selon lesquelles le transfert des entreprises et des services publics dans le super fonds ne se confond pas automatiquement avec leur privatisation constituent, comme disent les gens du peuple « une consolation pour le malade » et de la « poudre aux yeux » pour aveugler le peuple grec.

Le transfert dans le super fonds de ces six entreprises et services publics d’une valeur inestimable qui englobent l’énergie électrique et l’eau, pour être vendues, constitue littéralement un acte de liquidation, de renoncement et de transformation de la Grèce en quasi protectorat au service d’intérêts économiques étrangers, réactualisant des époques de tutelle du genre de celle de Power et Ulen, de triste mémoire, deux sociétés américaines qui se sont emparés de la distribution de l’eau et de l’électricité dans les années 1920 à Athènes.

Seul un gouvernement qui usurpe sans honte le qualificatif de gauche comme le gouvernement d’Alexis Tsipras pourrait être tenté de commettre au détriment du pays et du peuple un crime d’une ampleur telle que la braderie de l’énergie électrique et de l’eau.

Dans ces circonstances, le peuple grec et la jeunesse sont appelés à la résistance et au soulèvement général pour annuler la liquidation des six entreprises et services publics, pour abolir le super fonds colonialiste et esclavagiste des créanciers et pour mettre fin aux mémorandums et à l’austérité, afin que la Grèce sorte de la crise avec une monnaie nationale et un programme radical de reconstruction, sur un nouveau modèle de développement et avec une juste répartition des richesses.

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 15:36

http://www.lavoixdunord.fr/51626/article/2016-09-29/la-prefete-interdit-toute-manifestation-en-lien-avec-la-question-des-migrants-ce

Le préfet interdit toute manifestation en lien avec la question des migrants, Samedi Premier Octobre 2016

Le préfet du Pas-de-Calais a pris un arrêté pour interdire « toute manifestation revendicative en lien avec la question des migrants Samedi Premier Octobre 2016 ». L’arrêté concerne Calais où une manifestation de soutien aux migrants devait se tenir au départ de la jungle, mais aussi Sangatte, Coquelles, Fréthun et Marck. Le collectif a toutefois annoncé maintenir son rassemblement et avoir déposé un recours devant le tribunal administratif de Lille.

L’arrêté préfectoral a été pris ce jeudi par Fabienne Buccio, en réponse à la déclaration de manifestation faite par la Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants (CISPM), qui envisageait d’organiser un rassemblement devant la jungle avant un défilé en direction du centre-ville.

Le préfet du Pas-de-Calais motive sa décision en rappelant les incidents, à Calais, qui avaient émaillé le précédent rassemblement à l’appel de la CISPM. C’était le 23 janvier 2016 et ce jour-là, des troubles à l’ordre public avaient été enregistrés. La soirée avait été chaotique avec des centaines de migrants et des activistes qui étaient parvenus à déjouer le dispositif des forces de l’ordre. Plusieurs dizaines d’entre eux étaient parvenues à pénétrer dans le terminal car-ferry et à occuper, pendant quelques heures, un navire.

Le préfet met également en avant « le risque d’affrontement entre extrémistes d’ultra-gauche et d’ultra-droite présents dans le Calaisis en marge de cette manifestation qui ne peut qu’exacerber les tensions sur la crise migratoire ».

Dans un dernier point, la préfecture du Pas-de-Calais rappelle « la très forte mobilisation des forces de l’ordre pour lutter contre l’immigration clandestine et prévenir la menace terroriste qui ne permet pas de dégager des moyens supplémentaires pour assurer la sécurité du cortège ».

Le collectif maintient son rassemblement

Parmi les signataires de l’appel à manifester Samedi Premier Octobre 2016 à Calais, on relève, entre autres, l’Union Syndicale Solidaire (USS).

Les organisateurs réclament que la Grande-Bretagne « assume ses responsabilités par rapport aux migrants », la rupture des accords du Touquet, la fermeture de tous les lieux de rétention et l’annulation du démantèlement de la jungle.

Sur la page Facebook appelant au rassemblement, la CISPM a indiqué avoir déposé « un recours contentieux en référé au tribunal administratif de Lille ». Le collectif assure que « la manifestation est maintenue en attendant le jugement ».

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 15:15

http://www.aveclarevolutionsyrienne.blogspot.fr/2016/09/syrie-rassemblement-le-samedi-1er.html

Depuis le déclenchement de la révolution syrienne, en 2011, le régime de Bachar al-Assad massacre le peuple syrien.

Il y a un an, le 30 septembre 2015, le régime russe commençait une offensive militaire en soutien au régime de Bachar al Assad et il n'a eu cesse, depuis, de cibler en premier lieu les civils, avec plus de cinquante neuf centres médicaux bombardés par l'aviation russe.

Quant au gouvernement français, qui intervient avec les avions américains, en Syrie, dans le cadre de la coalition internationale contre l'Etat Islamique, il a décidé d'inviter Vladimir Poutine en France, au mois d'octobre 2016, pour des raisons politiques et cultuelles, l'inauguration d'une cathédrale.

Le collectif de soutien à la révolution syrienne appelle à rejoindre le rassemblement appelé par des syriens et qui aura lieu le Samedi Premier Octobre 2016 à 17 heures devant l'ambassade de Russie à Paris

40 Boulevard Lannes 75 016 Paris

Métro porte Dauphine ou Rue de la Pompe

RER avenue Henri Martin

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Halte à la répression des mouvements populaires

Mobilisation internationale pour l'aide humanitaire et l'accueil des réfugiés

Affirmons notre solidarité avec le peuple syrien pour une alternative démocratique aux logiques totalitaires du régime de Bachar al Assad et de l'Etat Islamique.

C'est au peuple syrien et à lui seul de décider de son avenir.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 20:02

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/29/guerre-ouverte-chez-les-socialistes-espagnols_5005184_3214.html

Guerre civile chez les socialistes espagnols

Le secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, est confronté à une fronde d’une partie de sa direction

Par Sandrine Morel, correspondante permanente du Monde à Madrid

Le PSOE est malade. Depuis des mois, il est à la dérive et se décompose. Les défaites électorales historiques se multiplient, six en un peu plus d’un an, des élections municipales du mois de mai 2015 aux élections basques et galiciennes du Dimanche 25 Septembre 2016, en passant par les deux élections législatives où il a obtenu, coup sur coup, les pires résultats de son histoire.

Mercredi 28 Septembre 2016, dix-sept des trente-cinq membres de la commission exécutive, l’organe de direction du PSOE, ont présenté leur démission. Ils comptent ainsi forcer le départ du secrétaire général, Pedro Sanchez, et imposer un interim, le temps d’organiser un congrès extraordinaire pour assurer sa relève. Le détonateur a été la tentative de Pedro Sanchez de faire taire les critiques internes, de plus en plus vives ces dernières semaines, en forçant la tenue d’élections primaires internes ouvertes aux militants le 23 octobre 2016 pour renforcer son contrôle sur la formation socialiste.

Les socialistes s’interrogent sur leur stratégie. Faut-il laisser gouverner Mariano Rajoy, le chef de file du Parti Populaire arrivé largement en tête des dernières élections législatives, mais sans majorité, ou l’en empêcher pour ne pas laisser à Podemos, le parti de la gauche anti-austérité, le monopole de l’opposition ?

Autres dilemmes, peut-il former un gouvernement alternatif avec le soutien de Podemos et des indépendantistes catalans, alors que le parti est hostile aux négociations avec les séparatistes ? Ou essayer, une nouvelle fois, de rapprocher Podemos et le parti centriste Ciudadanos, malgré leurs oppositions mutuelles ?

Ces questions sont d’autant plus controversées que le blocage politique persiste, les parlements élus le Dimanche 20 Décembre 2015 et le Dimanche 26 Juin 2016 n’ayant pas réussi à dégager de majorité.

Machine à perdre

Plutôt que de chercher un remède à cette crise, le PSOE a étalé ses divisions sur la place publique. Selon les dix-sept membres de la commission exécutive qui ont présenté leur démission, Pedro Sanchez n’est plus secrétaire général, leur départ entraîne automatiquement la mise en place d’une gérance, le temps de convoquer un congrès extraordinaire. Une manœuvre radicale qualifiée de putsch par l’entourage de Pedro Sanchez, lequel est bien décidé à s’accrocher à son siège.

Les frondeurs considèrent qu’ils ont la majorité requise par les statuts, car ils additionnent à leur démission les places vacantes de trois autres membres, l’un est mort, l’autre a été écarté pour corruption présumée et le troisième a démissionné.

Le secrétaire à l’organisation, César Luena, rejette ce calcul. Et de critiquer « ceux qui ont peur des militants ou ne veulent pas qu’ils s’expriment », lors d’une conférence de presse tendue. Pedro Sanchez a été le premier secrétaire général du PSOE directement élu par les militants, en 2014.

« L’exécutif du PSOE n’est plus légitime », tranche pour sa part Antonio Pradas, le député andalou qui a rassemblé les signatures des démissionnaires. Proche de la grande rivale de Pedro Sanchez, la présidente régionale de l’Andalousie, Susana Diaz, il s’est exprimé devant les portes du siège socialiste, qu’on lui a fermées. Une partie des journalistes est d’ailleurs restée coincée à l’intérieur.

Comment le PSOE a­t­il pu en arriver là ? Transformé en machine à perdre depuis la fin du mandat de l’ancien ­président du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero, de 2004 à 2011, il est frappé par la crise de la sociale ­démocratie qui sévit en Europe. Mais en Espagne, celle­ci s’est aggravée avec l’irruption sur l’échiquier politique de Podemos, qui rogne directement son électorat. S’y ajoutent des luttes de pouvoir, des calculs électoralistes et des revanches personnelles.

Depuis des mois, l’autorité de Pedro Sanchez est contestée par les principaux barons régionaux, avec qui le dialogue est rompu. Chacun a ses griefs, souvent contradictoires. Le président valencien, Ximo Puig, lui reproche de l’avoir empêché de conclure un pacte avec Podemos pour présenter des candidatures communes aux élections au sénat. Le président de l’Estrémadure, Guillermo Fernandez Vara, a accusé la direction socialiste d’essayer de le faire taire parce qu’il défend, au contraire, l’idée que le PSOE devrait laisser gouverner le Parti Populaire. L’ancien ­premier ministre Felipe Gonzalez ne perd pas une occasion de suggérer cette option. D’autres jouent sur l’ambiguïté, comme le président de Castille ­la Manche, Emiliano Garcia Page, soutenu par Susana Diaz, pour qui le PSOE « ne peut pas gouverner à n’importe quel prix ».

Après le désastre des élections de Galice et du Pays Basque, plusieurs frondeurs en ont profité pour demander que Pedro Sanchez « assume ses responsabilités ».

Sa réponse ne s’est pas fait attendre. Il a annoncé Lundi 26 Septembre 2016 des élections primaires auxquelles il compte bien se présenter.

Officiellement « pour que le PSOE parle d’une seule et unique voix ». En réalité, pour prendre à contre­pied ceux qui exigent sa tête et obtenir l’aval des militants pour conserver son siège. La bataille s’annonce âpre et le seul vainqueur pourrait bien être Mariano Rajoy, heureux de voir que les affres du PSOE font un peu oublier les scandales de corruption de son parti.

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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 19:01

CONTRIBUTION A L HISTOIRE DU POUM

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Edgar Morin relatif à l'histoire du Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (POUM).

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site internet de la revue Ballast.

Bernard Fischer

Souvenirs sur Wilebaldo Solano

Par Edgar Morin

Qui fut Wilebaldo Solano ? Un militant du POUM, que rallia George Orwell, lors de la guerre civile espagnole et dont nous nous souvenons pour son opposition au coup d'état franquiste comme au stalinisme. Exilé, arrêté sous Vichy, Wilebaldo Solano devint maquisard contre l’occupation allemande puis journaliste. Le philosophe et sociologue Edgar Morin retrace ici le parcours de ce grand méconnu qu’il côtoya, une vie histoire, une fresque du vingtième siècle insurgé.

J’ai raconté dans Autocritique comment j’avais occulté ma culture politique d’adolescence, apparemment effacée, formée entre 1936 et 1939, en me convertissant au communisme en 1942, quand la guerre devint mondiale. Conversion qui me fit faire appel à la ruse de la raison de Friedrich Hegel, à la croyance que les vices de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) stalinienne, que je connaissais tellement bien du fait justement de ma culture adolescente, étaient les produits de l’arriération tsariste et de l’encerclement capitaliste, mais que la victoire du socialisme à l’échelle mondiale ferait épanouir un socialisme de liberté et de fraternité. Le désenchantement qui suivit la victoire, la crétinisation culturelle imposée par le jdanovisme et le retour aux immondes procès de sorcières effectués dans les démocraties populaires, tout cela provoqua en moi un écœurement tel que je ne repris pas ma carte du Parti Communiste Français (PCF) en 1948 et en 1949, mais je n’osai le dire, il fallut attendre mon exclusion en 1951 pour que le divorce s’opère ouvertement.

C’est alors que me revinrent les idées de mon adolescence, mûries et complexifiées, et en même temps le remords de m’être tu alors que le PCF calomniait les trotskystes, les libertaires, Albert Camus et les surréalistes. Même au PCF, je n’avais pas cessé de rencontrer amicalement Jean-René Chauvin, admirable militant trotskiste dont je parlerai, May Picqueray, la sublime libertaire, ou Pierre Naville, méta-trotskiste. Mais, désormais, j’allais avec bonheur à la rencontre des maudits du stalinisme, les continuateurs de la gauche prolétarienne, d’avant la revue maoïste du même nom, les anciens communistes devenus anticommunistes, Manès Sperber, Pierre Lochak et François Bondy, les toujours libertaires, comme Luis Mercier-Vega, les grands, André Breton et Benjamin Péret, les nouveaux amis de Socialisme ou Barbarie, en premier lieu Claude Lefort, puis en 1956 Cornelius Castoriadis. Ainsi je me reconstruisais ma famille spirituelle brisée par la guerre, tout en y incluant fraternellement les anciens communistes détrompés, depuis ceux des années 1930 jusqu’aux plus récents des années 1940. À quoi se joignirent, à partir de 1956, mes nouveaux amis de l'octobre polonais, Leszek Kołakowski, Janek Strelecki et Roman Zimand, ceux émigrés de la révolution hongroise, en premier lieu András Bíró, et bien sûr le grand méconnu espagnol Wilebaldo Solano.

J’ai connu Wilebaldo Solano, je crois, en 1956. Dans les années fiévreuses du rapport de Nikita Khrouchtchev, de l'octobre polonais et de la révolution hongroise. Il avait alors rédigé un appel, que j’avais cosigné, à Nikita Khrouchtchev pour qu’il réhabilite Léon Trotsky ainsi que les condamnés des procès de Moscou qui, dans les années 1930, avaient été exécutés comme « traîtres » et « hitléro-trotskystes », dont les dirigeants bolcheviks, compagnons de Vladimir Lénine durant la révolution d'octobre 1917. Mais il était surtout obsédé par la nécessité de réhabiliter Andreu Nin, dirigeant du POUM, assassiné par les agents de Joseph Staline durant la guerre d’Espagne et dont la mémoire demeurait souillée par d’abjectes calomnies. Wilebaldo Solano était né en 1916. Il avait commencé des études de médecine qu’il interrompit pour se vouer à sa passion révolutionnaire. La guerre d’Espagne a débuté le 17 juillet 1936 par un putsch militaire contre la république espagnole. Wilebaldo Solano a alors vingt ans et milite à la Juventud Iberica Communista (JIC), affiliée au POUM. Le parti avait été créé en 1935 à Barcelone, à partir de la fusion entre Izquierda Communista, dirigé par Andreu Nin, et le Bloque Obrero y Campesino (BOC), dirigé par Joaquín Maurín, issus l’un et l’autre d’une rupture avec le Parti Communiste Espagnol (PCE) stalinien. Toutefois, le POUM resta indépendant de la quatrième internationale trotskyste, bien que partageant les critiques de Léon Trotsky contre le stalinisme et dénonçant les procès de Moscou. Mais il refusait de suivre l’ordre de Léon Trotsky de déserter les syndicats pour créer des soviets.

Après la mort, le 19 juillet 1936, de Germinal Vidal au début de la guerre civile, Wilebaldo Solano devint secrétaire général de la JIC et directeur de l’hebdomadaire Juventud Communista en 1936 et en 1937. Andreu Nin, secrétaire général du POUM, est ministre de la justice dans le premier gouvernement de la Généralité de Catalogne, mais perd ce poste au mois de décembre 1936. Dès le début de la guerre civile, il y a conflit entre les anarchistes et les poumistes, d’une part, et le gouvernement bourgeois et les staliniens, d’autre part. Les anarchistes catalans et aragonais, dans les campagnes, pensent que l’ère libertaire est advenue.

Andreu Nin fut écarté du gouvernement de Catalogne sur pression communiste. Le POUM avait accru ses effectifs depuis le début de la guerre civile, passant de six mille à trente mille militants, principalement en Catalogne et dans le pays valencien, mais il restait minoritaire par rapport aux communistes, dont les effectifs s’accrurent de plus en plus, et aux anarchistes. Alors que le PCE abandonnait toute perspective révolutionnaire immédiate mais noyautait les organismes de l’Espagne républicaine, le POUM, comme les anarchistes, soutenait le mouvement collectiviste spontané et promouvait l’idée de transformer la république bourgeoise en république révolutionnaire. Le POUM sera bientôt dénoncé par le PCE comme collaborateur des franquistes. Au mois de février 1937, Wilebaldo Solano participe directement à la création du Front de la Jeunesse révolutionnaire, formé à la base par les Jeunesses libertaires et celles du POUM. Le 3 mai 1937, à Barcelone, le chef de la police barcelonaise, le communiste Eusebio Rodríguez Salas, accompagné de deux cents hommes, tente de prendre de force le central téléphonique, qui est, depuis le début de la guerre, sous le contrôle de la Confédération Nationale du Travail (CNT). La CNT résiste et, craignant des attaques contre d’autres bâtiments, distribue des armes pour les défendre. Des barricades sont rapidement élevées dans toute la ville, opposant la CNT et le POUM d’un côté, la police et les staliniens de l’autre. Les dirigeants de la CNT, en particulier les ministres du gouvernement central, appellent leurs militants à déposer les armes, bientôt suivis par les dirigeants du POUM. Alors qu’ils sont militairement maîtres de la ville, les ouvriers quittent les barricades.

Le 6 mai 1937, les hostilités cessent, les barricades sont démontées, mais le PCE et, à sa suite, le gouvernement crypto-communiste de Juan Negrin qui remplaça Francisco Largo Caballero, réprimera les anarchistes et le POUM, déclaré illégal. Les staliniens, à la suite d’une grande opération de propagande menée par Otto Katz et Willi Münzenberg, qui seront plus tard assassinés par Joseph Staline, selon laquelle le POUM serait « hitléro-trotskyste » et complice des franquistes, pour qui il aurait déclenché les émeutes du mois de mai 1937 à Barcelone, exigent et obtiennent son interdiction.

J’avais 16 ans en 1937, et je m’étais éveillé à la conscience politique après la victoire du Front Populaire en France. Je lisais Essais et Combats des étudiants socialistes gauchistes et Solidarité Internationale Antifasciste (SIA), de tendance anarchiste, la Flèche « frontiste », qui prônait la lutte sur deux fronts, contre le fascisme et contre le stalinisme, et le Canard Enchaîné.

Toutes mes lectures réprouvaient le communisme stalinien, dénonçaient l’imposture des procès de Moscou, révélaient la répression que subissaient dans le camp républicain anarchistes et poumistes, et faisaient état de la disparition d'Andreu Nin. Aussi, comme si un fil invisible me liait à cette minorité réprimée et opprimée, je fis mon premier acte politique en allant au siège de la SIA, qui demandait des bénévoles pour faire des colis aux combattants anarchistes et poumistes.

Il a fallu, quatre ou cinq ans plus tard, la résistance soviétique devant Moscou et l’espérance que la victoire ferait dépasser l’âge de fer du communisme pour que s’estompe dans mon esprit ce qui était si vif à ma conscience durant mon adolescence.

Andreu Nin disparaît peu après, en sortant du siège du POUM. Les staliniens déclarent qu’il a fui chez Francisco Franco et dénoncent donc le POUM comme « hitléro-trotskyste ». Ils publient une fausse lettre d'Andreu Nin à Francisco Franco, lui indiquant les fortifications de Madrid, encore tenue par les républicains. La police républicaine, sur la base de faux documents démontrant la collusion du POUM avec l’ennemi franquiste, investit le 16 juin 1937 le siège du POUM et y arrête ses dirigeants. Des militants du POUM, dont la presse est interdite, avaient posé sur les murs de Barcelone la question « où est Andreu Nin ». La presse stalinienne répond qu'Andreu Nin a été libéré par ses « amis » de la Gestapo et se trouve « soit à Salamanque, soit à Berlin ».

Le POUM est interdit, ses unités combattantes dissoutes. Wilebaldo Solano continuera son activité en publiant clandestinement la Batalla et deviendra membre du comité exécutif clandestin du POUM à partir du mois de juillet 1937. Il est arrêté au mois d'avril 1938 et il est emprisonné à la prison Model de Barcelone. Alors que Barcelone va tomber entre les mains franquistes, à la fin du mois de janvier 1939, Wilebaldo Solano et les autres détenus du POUM, Julián Gorkin, Juan Andrade et Pere Bonet, sont transférés à la prison de Cadaquès, dont ils réussissent à s’évader. Militants et dirigeants se réfugient en France, comme des centaines de milliers d’autres républicains, où ils subissent le régime des camps d’internement. La guerre d’Espagne se termine le premier avril 1939. Wilebaldo Solano est libéré. Il s’établit à Paris, où il essaie de réorganiser le POUM et publie de nouveau la Batalla.

L’Allemagne attaque la Pologne le premier septembre 1939, la France et l’Angleterre lui déclarent la guerre le 3 septembre 1939. Le POUM adopte une position de « défaitisme révolutionnaire », adhérant au Front Ouvrier International contre la Guerre, créé au mois de septembre 1938. Alors que les troupes allemandes envahissent la France, Wilebaldo Solano se réfugie à Montauban, qui fait partie de la zone sud vichyssoise non occupée.

Le régime de Vichy réprime les organisations espagnoles en exil. Wilebaldo Solano est arrêté en 1941, avec d’autres dirigeants du POUM, et condamné par le tribunal militaire de Montauban à vingt ans de travaux forcés. Il est détenu à la centrale d’Eysses à Villeneuve-sur-Lot. Voici ce que Wilebaldo Solano m’a raconté, à la prison, il y avait des communistes détenus par le gouvernement d'Edouard Daladier après l’approbation du pacte germano-soviétique par leur parti, ainsi que des anarchistes, un trotskyste et le mathématicien Gérard Bloch, pour avoir promu le défaitisme révolutionnaire, un catholique, aussi, qui avait sans doute manifesté son opposition à Vichy. Gérard Bloch ne tarissait pas de sarcasmes contre Joseph Staline auprès des détenus communistes. Ceux-ci, organisés en cellule, décidèrent de le liquider physiquement.

Le catholique avait eu vent de cette décision et, indigné, s’en était ouvert à Wilebaldo Solano. Celui-ci se trouva dans un dilemme cornélien, avertir la direction de la prison et ainsi collaborer avec l’ennemi de classe, ou se taire et laisser exécuter Gérard Bloch. Il se résolut à avertir la direction, qui mit Gérard Bloch à l’isoloir. Gérard Bloch, peu affecté par la solitude, faisait des équations sur les murs de sa prison et gardait ses espérances révolutionnaires. Il survécut à la déportation et, après la Libération, se présenta aux élections législatives dans le dix neuvième arrondissement de Paris. Le PCF apposa une affiche sur les panneaux et les murs, « à bas Gérard Bloch l’hitlérien ».

Du coup, Wilebaldo Solano fut mis en quarantaine par ses codétenus communistes, d’autant plus qu’il dénonçait les mensonges du PCE contre le POUM. Il arriva que le responsable de la cellule communiste tomba malade et que ses camarades demandèrent à la direction de le transférer à un hôpital et cela d’autant plus que l’infirmerie de la prison était assurée par Wilebaldo Solano qui, comme je l’ai indiqué, avait commencé des études de médecine. La direction refusa l’hôpital et, après débat, lui-même cornélien, la cellule décida de confier le malade à « l’hitléro-trotskyste ». Par chance, Wilebaldo Solano guérit le malade et le PCF cessa sa quarantaine. La guerre devenue mondiale, tous furent d’accord pour souhaiter la défaite du nazisme. La zone sud fut occupée par l’Allemagne au mois de novembre 1942 et, au cours de l’année 1943, un officier nazi vint visiter la prison pour choisir les détenus à transférer dans les camps nazis d’Allemagne ou de Pologne. Communistes, trotskystes et poumistes furent parmi les déportables. Or l’officier nazi, qui fut dans sa jeunesse un militant trotskyste, reconnut Wilebaldo Solano, qu’il avait fréquenté lors d’une rencontre de jeunes révolutionnaires européens. Aussi ne l’inscrivit-il pas sur sa liste.

Après le débarquement des alliés, la Libération approche et des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) libèrent les prisonniers de la centrale d’Eysses le 17 juillet 1944. Les communistes proposent à Wilebaldo Solano de les suivre chez les Francs Tireurs et Partisans (FTP). Il refuse et, avec des codétenus anarchistes, il organise le bataillon Libertad, indépendant des maquis et sous contrôle communiste. Il va délivrer son camarade Juan Andrade de la prison de Bergerac, dans laquelle il avait été maintenu après la libération de la ville. La France une fois libérée, la Batalla reparaît officiellement à partir du mois de juillet 1945. L’objectif du POUM est de renverser le franquisme en Espagne, mais Wilebaldo Solano et Juan Andrade n’ont guère d’espoir, étant certains que les États-Unis et le Royaume-Uni ont intérêt au maintien de Francisco Franco au pouvoir. En 1948, Wilebaldo Solano est secrétaire général du POUM en exil. Les militants en France sont évalués à trois cent personnes par les services de renseignement français. Puis le POUM dépérit. Wilebaldo Solano travaille pour l’Agence France Presse (AFP) de 1953 à 1981. Mais il ne cesse d’être obsédé par la nécessité de réhabiliter Andreu Nin, à qui il consacre une biographie.

L’occasion quasi miraculeuse se présente après l’effondrement de l’URSS. Wilebaldo Solano apprend que les archives du KGB, successeur du NKVD, peuvent être consultées. Il organise au début de l'année 1990 une expédition à Moscou de journalistes et d’opérateurs de la télévision catalane pour découvrir la vérité sur la mort d'Andreu Nin. Effectivement, des officiers du KGB acceptent de vendre les documents concernant Andreu Nin. Il s’agit de deux lettres à Joseph Staline à Alexandre Orlov, chef des services secrets soviétiques en Espagne durant la guerre civile.

Ces archives ont été utilisées par José María Zavala dans son livre « À la recherche d’Andreu Nin » et filmées dans un documentaire de la télévision catalane consacré à Andreu Nin.

Dans la première lettre, Alexandre Orlov propose un plan à l’approbation de Joseph Staline. Il fera enlever Andreu Nin par des policiers espagnols de confiance, le fera transférer dans le sous-sol d’une villa qui appartient au commandant des forces aériennes républicaines et lui fera avouer sa complicité avec Francisco Franco. Il pourra même organiser un procès public à l’image des procès de Moscou, où sera présentée une fausse lettre d’Andreu Nin à Francisco Franco lui livrant les plans des fortifications de Madrid. Andreu Nin fut enlevé, enfermé et torturé.

Il n’avoua rien et mourut assassiné le 20 juin 1937. Son cadavre fut enterré dans un champ et il fut annoncé qu’Andreu Nin avait fui en territoire franquiste. La seconde lettre d’Alexandre Orlov relate ces événements. Elle est contresignée par cinq responsables de l’internationale communiste, dont deux espagnols dont les soviétiques ont effacé les noms.

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