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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:09

 

http://www.reuters.fr/article/topNews/idFRPAE92702B20130308

 

Des salariés de PSA Aulnay occupent le siège de l’UIMM

PARIS (Reuters) - Près de cent cinquante salariés de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ont occupé vendredi matin le siège de l'Union des Industries et Métiers de la Métallurgie (UIMM) à Paris pour protester contre le plan de fermeture du site prévu en 2014.

Ils en ont été évacués par les forces de l'ordre vers 14 heures 30, a-t-on précisé de source policière.

L'usine, qui emploie deux mille huit cent personnes, est paralysée depuis huit semaines par une grève observée par quelque trois cent ouvriers qui réclament notamment la nomination d'un médiateur pour rouvrir les négociations sur les conditions de fermeture.

Une majorité de syndicats ont approuvé mi-février un déblocage anticipé des transferts de salariés d'Aulnay vers le site voisin de Poissy (Yvelines) face aux risques de heurts entre salariés grévistes et non grévistes.

La CGT, qui demande l'ouverture de négociations sur la base de ses revendications, un CDI pour tous et une pré retraite à cinquante cinq ans, dénonce « un accord de la honte ».

« Nous avons décidé d'occuper l'UIMM pour protester contre le fait que Peugeot refuse de négocier et contre le gouvernement qui se rend complice de la direction en refusant de nommer un médiateur », a indiqué à Reuters Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du site d'Aulnay.

Face à la dégradation de la situation à Aulnay, le ministre du Travail Michel Sapin a confié le 14 février à son directeur départemental, Marc Leray, la mission de rétablir le dialogue sur le site.

La direction a indiqué qu'elle ferait tout pour lui faciliter la tâche tout en faisant valoir qu'il ne pouvait s'agir de médiation, les négociations sur le plan social étant closes.

Dans le cadre du plan social, PSA Peugeot Citroën prévoit de transférer mille trois cent des deux mille huit cent salariés d'Aulnay vers d'autres sites, essentiellement le site de Poissy (Yvelines).

Le groupe proposera aux mille cinq cent autres de rejoindre des entreprise comme ID Logistics, mais aussi ADP ou la SNCF grâce à des dispositifs de transition professionnelle, avec à ce jour un millier de postes identifiés.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 18:19

 

http://www.socialisme-maintenant.com/pour-un-statut-politique-du-producteur

 

Pour un statut politique du producteur

 

Samedi 16 Mars à 15 heures

 

Librairie l’Emancipation 8 Impasse Crozatier 75 012 Paris (à la hauteur du 43 Rue Crozatier) Métro Faidherbe Chaligny ou Gare de Lyon

 

Réunion débat pour un statut politique du producteur

 

Les échanges sur « Pour notre débat » racontent notre histoire, là d’où nous venons.

 

Nous sommes issus pour beaucoup d’entre nous d’un lieu où une vérité était écrite quelque part et où notre tâche était de chercher dans des situations toujours nouvelles la « voie vers le socialisme » dans le respect des principes fondateurs, d’une doxa dont nous étions censés être les gardiens. C’est dur mais c’est ainsi. Du moins, je le crois.

 

Les conduites qui en découlaient étaient hauteur, dédain voire mépris, forts que nous étions de nos certitudes.

 

Le club sin nombre travaille globalement dans le sens des remises en question et c’est très bien. Les rechutes ne sont, cependant, pas rares.

 

Je voudrais pour ma part développer une piste de réflexion à laquelle je travaille depuis maintenant dix ans avec Bernard Friot et d’autres camarades, une bonne centaine en France, en Belgique et en Suisse. Piste qui nous a conduit à fonder une association « réseau salariat » il y a maintenant un an. Nombreux seront ceux qui caractériseront cette tentative de tous les noms d’oiseaux politiques. Ainsi va la vie.

 

J’aborderai la présentation de cette initiative par mon expérience ; ce qui l’inscrira dans une subjectivité revendiquée.

 

La réalité décrite du capitalisme par ceux qui le contestent, le combattent n’est pas conforme à ce que je vis, à ce que je vois. Le « récit du monde » construit par ceux qui disent le combattre emprunte les mêmes mots et les mêmes concepts que ceux qui le défendent. Le discours économique et le discours militant sont sur les mêmes paradigmes que le discours de l’idéologie dominante.

 

Je peux résumer cette construction par quelques exemples (à la hache) de la manière suivante : le capitalisme est tout puissant, il connaît des crises mais les surmonte pour aller vers d’autres, il est capable de digérer et retourner ses obstacles, il nous mène cependant vers la barbarie. Ce qui apparaît comme conquête sociale n’existe que parce que le capitalisme est prêt à l’accepter (le compromis fordien). Les trois décennies d’après guerre sont les « trente glorieuses » apothéose du capitalisme. Depuis les années soixante-dix le capitalisme veut récupérer ce qu’il avait octroyé trente ans plus tôt. Le capitalisme veut réduire la part du PIB consacré au non marchand considérée comme une « dépense sociale ».

 

Il s’ensuit la définition de revendications conformes à la vision : lutter contre l’injustice et répartir les richesses autrement, taxer le capital (comme le travail), élargir la dépense sociale, promouvoir la solidarité inter générationnelle, donner le pouvoir et du pouvoir aux travailleurs dans les entreprises, nationaliser, créer un pôle public bancaire, interdire les licenciements (boursiers ou pas)…

 

Bien-sûr, il y a des différences de « radicalité » entre les « gauches », molles ou extrêmes. Reste que les fondements théoriques nous apparaissent les mêmes. Décrire le monde c’est agir sur lui. Marx a mis des mots sur les choses et a permis que des militants s’en emparent et construisent des syndicats et des partis. Il n’y a pas aujourd’hui de récit distinct du monde. C’est la construction idéologique de la classe dominante qui s’est installée dans la pensée du « mouvement ouvrier ».

 

Le travail du Réseau salariat est d’aider à la construction de ce récit à partir d’une analyse du réel différente.

 

La pierre de touche est l’analyse qui met en lumière la construction d’institutions salariales dans un processus lent depuis le début du vingtième siècle en Europe et en France de manière particulière. Ces institutions sont subversives au capitalisme. Elles ont été conquises de manière empirique sans qu’elles aient été pensées comme subversives. Ces conquêtes, pensées dans un autre paradigme, permettent d’envisager la lutte autrement. Rompre avec le catastrophisme, donner confiance aux salariés, ouvrir des perspectives.

 

Peut-on, une minute, voir dans le siècle dernier la constitution du salariat (définition élargie à développer) comme force révolutionnaire, non débarrassée évidemment des rapports de subordination au capital mais fort d’une pratique de la valeur alternative au capitalisme ?

 

Peut-on voir, une minute, comment dans le cadre aliéné de l’emploi s’est constitué un ensemble d’institutions subversives, conventions collectives reconnaissant le salaire à la qualification (du poste) ?

 

Peut-on voir, une minute, la fonction publique comme un lieu libéré de l’emploi, du diktat du marché, un lieu où le salaire est défini par la qualification (de la personne) et non par la valeur-travail, un lieu où l’on perçoit un salaire à vie, un lieu de contradiction avec la convention capitaliste ?

 

Peut-on voir, une minute, un malade, un chômeur, un retraité autrement qu’en allocataire de solidarité ou de « solidarité inter générationnelle » qui « nous coûte cher mais c’est nécessaire », pour le voir comme le producteur de la valeur dont son salaire est la monétisation ?

 

Enfin peut-on voir la révolution autrement qu’un passé ou un futur lointains mais dans un aujourd’hui assumant un déjà-là résultat de la lutte des classe ?

 

Pierre Sauve

 

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 20:38

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2794:solidarite-contre-les-repressions-en-russie--appel-des-organisations-de-gauche-de-russie-a-leurs-camarades-du-monde-entier&option=com_content&Itemid=53

 

Solidarité contre la répression en Russie

 

Appel des organisations de gauche de Russie à leurs camarades du monde entier

 

Vendredi Premier Mars 2013

 

Il y a deux mois, nous, représentants des organisations de gauche de Russie, avons adressé un appel pressant à nos camarades et alliés du monde entier, leur demandant de mener des actions face à la campagne de répressions politiques sans précédent qui a lieu en Russie.

 

Malheureusement, à l’heure actuelle cet appel nous apparait encore plus urgent. Nous sommes face à une affaire politique dont l’ampleur permet une analogie avec les procès contre les « populistes » russes du dix neuvième siècle. Le nombre d’inculpés potentiels dans la dite affaire des « troubles massifs de l’ordre public » du 6 mai a déjà largement dépassé les vingt personnes, dont la majorité a déjà passé de longs mois en détention préventive. Vladimir Akimenkov, Oleg Arkhipenkov, Andreï Barabanov, Fedor Bakhov, Iaroslav Belousov, Alexandra Doukhanina, Stepan Zimin, Ilya Gouchschin, Nikolaï Kavkazski, Alexandre Kamenski, Léonid Kovyazin, Mikaïl Kosenko, Sergueï Krivov, Konstantin Lebedev, Maxim Louzyanin, Denis Loutskevitch, Alexeï Polikhovitch, Leonid Razvojaev, Artem Savelov sont d’ores et déjà incarcérés.

 

Il ne fait aucun doute que le but de cette affaire est de briser la volonté de s’engager dans la lutte politique percevable au sein d’une large frange de la société mécontente du régime politique actuel et donc de faire voler en éclat l’opposition, dont une part non négligeable soutient des idées de gauche. Le comité d’enquête de la fédération de Russie, une structure contrôlée exclusivement par le président Poutine, veut faire croire à un complot de grande ampleur qui impliquerait  aussi bien de simples participants aux manifestations de l’année passée que des activistes politiques reconnus. Ainsi, le 10 janvier dernier, nous avons appris que deux affaires pénales avaient été fondues en une : celle des « troubles massifs de l’ordre public » (dix neuf personnes arrêtées, deux faisant l’objet d’une interdiction de quitter le territoire de Moscou et dix autres obligées de trouver refuge hors des frontières de la fédération) et celle pour « organisation de troubles de l’ordre public» ouverte contre nos camarades Konstantin Lebedev, Leonid Razvojaev et Sergueï Oudaltsov qui se trouvent également en détention préventive.

 

La liste des accusés ne cesse de croître. Tout récemment, le 7 février, Ilya Gouchschin, un jeune homme de vingt quatre ans accusé comme les autres figurants de l’affaire d’avoir participé aux « troubles de l’ordre public » et d’avoir commis des violences à l’encontre d’un policier, a été arrêté. Plus tôt, le 17 janvier, Alexandre Dolmatov, qui s’était vu refuser l’asile politique et s’apprêtait à être déporté en Russie, a mis fin à ses jours dans un centre de rétention près de Rotterdam. Le 9 février, Sergueï Oudaltsov, qui jusque-là tombait sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire de Moscou, a été assigné à résidence par une décision du tribunal. Cela signifie qu’il lui est pratiquement interdit d’avoir tout contact avec l’extérieur et que le moindre pas de travers mènera à son emprisonnement.

 

De plus, le tribunal et l’instruction désignés par le Kremlin exercent une pression énorme sur les accusés, mettant parfois leur santé et leur vie en danger. Ainsi, la vue de Vladimir Akimenkov (1987), arrêté le 10 juin de l’année passée, est de plus en plus mauvaise.

 

L’activiste du Front de Gauche souffre de maladies congénitales de la vue qui ne cessent de s’aggraver dans les conditions de détention auxquelles il est soumis et peuvent aboutir sur une cécité totale. Les défenseurs des droits de l’homme et les avocats d’Akimenkov ont à plusieurs reprises demandé à la Cour de faire preuve d’humanité et de convertir sa peine afin qu’il puisse sortir de prison. Plus de trois mille personnes ont signé une pétition à cet effet.  Cependant, la cour et les enquêteurs sont restés inflexibles et il est prévu qu’Akimenkov reste en prison jusqu’au 6 mars au moins.

 

Mikhaïl Kosenko (1975), un autre accusé qui souffre de troubles psychiques suite à un trauma subi dans le cadre de son service militaire, n’a accès ni à ses médicaments ni à un traitement normal. Cependant, au lieu de le laisser sortir jusqu’à son procès, l’instruction prévoit d’envoyer Kosenko en « traitement forcé » dans un hôpital carcéral.

 

Leonid Razvojaev (1973), coordinateur du Front de Gauche, a été enlevé par des inconnus en Ukraine et ramené à Moscou.  Par la suite, sous la pression et la menace de torture, il a signé une déclaration dans laquelle il reconnaît les faits qui lui sont reproché, qu’il a évidemment démentie mais est néanmoins utilisée par l’instruction contre les autres accusés. Razvojaev se trouve actuellement dans une prison de la ville sibérienne d’Irkoutsk, où  les possibilités de communiquer avec son avocat et sa famille sont toujours plus limitées.

 

L’affaire doit passer devant la cour en avril. L’accusation présentera ses preuves concernant l’existence d’un complot antigouvernemental de grande ampleur où tous les accusés auront un rôle à jouer. Nous n’avons aucun doute quant au caractère partial et injuste que prendra ce procès. Il aboutira sur les destins brisés de dizaines de personnes (les articles concernés du code pénal prévoient des peines de prison pouvant aller jusqu’à huit ans), une hystérie conspirationniste dans les médias russes et une carte blanche pour de nouvelles répressions.

 

Votre solidarité nous est plus que jamais importante. A la veille de ce procès honteux, entre le 28 février et le 3 mars, nous vous appelons à mener des actions devant toutes les représentations de la fédération de Russie dans vos pays respectifs, à faire pression sur vos gouvernements et organisations de défense des droits de l’homme et à diffuser au maximum des informations sur les répressions contre l’opposition qui ont lieu en ce moment en Russie.

 

Mouvement socialiste de Russie (RSD)

 

Front de Gauche (Levyi Front)

 

Action autonome (Avtonomnoe Deïstvie)

 

Traduit du russe par Matilde Dugauquier

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 20:25

 

Des rebelles syriens s’emparent d’un convoi de l’ONU

 

BEYROUTH (Reuters) - Des rebelles syriens se sont emparés près du plateau du Golan d'un convoi transportant des observateurs de la Force des Nations unies chargée d'observer le désengagement (FNUOD), selon des vidéos diffusées mercredi sur YouTube.

 

Un jeune homme se réclamant de la brigade des « Martyrs de Yarmouk » apparaît sur ces vidéos entouré de combattants rebelles armés de fusils d'assaut, devant deux véhicules blindés peints en blanc portant le sigle « ONU » et un camion.

 

« Le commandement des Martyrs de Yarmouk a annoncé qu'il ne relâcherait pas les membres de la force des Nations unies (...) tant que les forces du régime de Bachar al Assad ne se seront pas retirées des environs du village de Djamla », à l'est de la ligne de cessez-le feu avec les troupes israéliennes, déclare l'homme, habillé en civil.

 

« Si aucun retrait n'est opéré d'ici vingt quatre heures, nous les traiterons comme des prisonniers », ajoute-t-il, les accusant de collaborer avec les forces du régime de Bachar al Assad.

 

La FNUOD a été mise en place en 1974 à la suite de la conclusion d'un accord sur le dégagement des forces israéliennes et syriennes des hauteurs du Golan après la guerre du Kippour d'octobre 1973. Elle continue aujourd'hui de surveiller la mise en oeuvre de l´accord dans la région et le respect du cessez-le-feu.

 

A New York, le conseil de sécurité de l'ONU a condamné la capture des casques bleus et exigé leur libération immédiate.

 

« Les membres du conseil de sécurité condamnent fermement la capture d'un groupe de plus de vingt soldats de la paix (...) par des éléments armés de l'opposition syrienne », a dit l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, qui préside actuellement le conseil.

 

L'ONG Human Rights Watch (HRW) a précisé de son côté qu'elle enquêtait sur cette brigade des « Martyrs de Yarmouk », soupçonnée d'avoir récemment exécuté une dizaine de soldats gouvernementaux prisonniers. Des images de cette exécution, qui aurait eu lieu près de Djamla, ont été postées mardi sur internet.

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 20:15

 

La justice égyptienne annule la date de début des élections

 

LE CAIRE (Reuters) - Le tribunal administratif a ordonné mercredi l'annulation du décret présidentiel fixant au 22 avril la date du début des élections législatives en Egypte, mesure qui hypothèque sérieusement le calendrier électoral du gouvernement des frères musulmans.

 

La présidence égyptienne a déclaré qu'elle respectait la décision du tribunal et qu'elle ne ferait probablement pas appel, contrairement à ce qu'avait dans un premier temps affirmé Mohamed Gadallah, conseiller juridique du président Mohamed Morsi.

 

Dans un communiqué, les services de Morsi disent que la présidence « respecte la décision du tribunal », ce qui « confirme la règle du droit (...) et le principe de séparation des pouvoirs ».

 

Sur son compte Twitter, la présidence a précisé plus tard qu'un appel contre la décision était "improbable".

 

Pour Moustafa al Sayyid, professeur en sciences politiques, les élections seront probablement reportées.

 

Le tribunal administratif a justifié sa décision par des raisons techniques, le conseil de la choura, la chambre haute du parlement, n'ayant pas renvoyé devant la haute cour constitutionnelle la loi électorale amendée pour qu'elle soit une dernière fois examinée avant son adoption.

 

Le scrutin en quatre phases, qui devait initialement commencer le 27 avril pour se terminer fin juin, avait été avancé de cinq jours à la demande de la minorité copte, mécontente de voir la date coïncider avec les fêtes de Pâques.

 

« UNE NOUVELLE LEÇON DONNÉE AUX FRÈRES MUSULMANS »

 

Amr Hamzaoui, l'une des figures de proue de l'opposition, a salué la décision du tribunal administratif.

 

« Une fois encore, la justice a empêché les Frères musulmans de semer le désordre dans l'Etat de droit et la législation », a-t-il déclaré à Reuters. « Renvoyer la loi (électorale) devant la haute cour constitutionnelle est une nouvelle leçon donnée aux frères musulmans », a-t-il ajouté.

 

Le Front de Salut National (FSN), qui réunit les principaux partis d'opposition libéraux et de gauche en Egypte, avait annoncé la semaine dernière qu'il boycotterait les législatives, faute d'une loi électorale qui garantisse un scrutin libre et équitable.

 

Cette décision intervient au moment où le gouvernement tente de reprendre les discussions avec le Fonds Monétaire International sur l'octroi d'un prêt de quatre milliards huit cent millions de dollars (trois milliards sept cent millions d'euros) pour redresser les finances publiques.

 

« Il est maintenant probable que les élections seront ajournées, ce qui renforcera l'incertitude politique et retardera un possible accord avec le FMI à un moment où il est nécessaire de restaurer la confiance dans l'économie pour empêcher une potentielle crise économique », a déclaré Farouk Soussa, chef économiste à Citi, à Dubaï.

 

La haute cour constitutionnelle a décidé l'an dernier d'invalider un tiers des sièges de la chambre basse du parlement dominée par les islamistes, jugeant la loi électorale contraire à la Constitution.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 20:02

 

Le Venezuela en deuil bascule dans l’après Chavez

 

CARACAS (Reuters) - Le Venezuela a basculé mercredi dans une période de transition incertaine au lendemain de la mort d'Hugo Chavez, vaincu par un cancer après 14 années d'une "révolution bolivarienne" que ses partisans vont tenter de perpétuer malgré sa disparition.

 

Bouleversés, des dizaines de milliers de chavistes ont accompagné le cortège funèbre mercredi dans les rues de Caracas, drapés dans des drapeaux bleu, rouge et jaune, couleurs du pays, en signe de deuil.

 

Nicolas Maduro, actuel vice-président et candidat du pouvoir en place lors du prochain scrutin présidentiel, était au premier rang.

 

Beaucoup de partisans du charismatique président vénézuélien ont éclaté en sanglots lorsque le corbillard, escorté de soldats à béret rouge, a commencé à circuler dans les rues du centre-ville tandis que la voix du défunt président retentissait dans des haut-parleurs, chantant des chansons.

 

La dépouille d'Hugo Chavez, décédé à cinquante huit ans après deux ans de bataille contre un cancer détecté dans la région pelvienne, doit être transférée mercredi dans une académie militaire, où elle sera exposée jusqu'aux obsèques prévues vendredi. Un deuil national de sept jours a été décrété.

 

« Les obsèques d’Hugo Chavez seront à la hauteur de celles d'Eva Peron », prédit Daniel Hellinger, un universitaire américain spécialiste du Venezuela, en référence à l'épouse du président argentin Juan Peron décédée en 1952 à l'âge de trente trois ans au sommet de sa popularité.

 

Les autorités vénézuéliennes ont annoncé qu'une élection présidentielle serait organisée dans un délai de trente jours. On ignore cependant si le scrutin aura effectivement lieu d'ici un mois ou si sa date sera fixée d'ici trente jours.

 

L'avenir de la révolution socialiste mise en oeuvre par Hugo Chavez, autant adulé par les classes populaires pour ses politiques sociales qu'honni par ses opposants l'accusant de dérive autocratique, repose désormais sur les épaules de son vice-président Nicolas Maduro, que le défunt chef de l'Etat a désigné comme son favori pour sa succession.

 

APPELS AU CALME

 

Vingt et un coups de canon ont été tirés dans toutes les casernes à 8 heures (12 heures 30 GMT) en hommage au « Comandante ».

 

On ignore encore où Hugo Chavez sera enterré, lui qui avait ordonné la construction d'un spectaculaire mausolée en plein centre de la capitale pour accueillir les restes du héros de l'indépendance qu'il considérait comme son mentor, Simon Bolivar.

 

« Au panthéon », scandaient ses admirateurs dans les rues de Caracas.

 

« Pour sa virtuosité politique et sa dévotion au pays, le commandant Chavez a gagné sa place au Panthéon aux côtés du libérateur Simon Bolivar », a estimé le député chaviste Freddy Bernal.

 

Caracas est restée calme durant la nuit mais de nombreux commerces avaient tout de même baissé leurs rideaux par crainte de pillages et des files d'attentes ont commencé à s'étirer devant les stations-service.

 

Ancien chauffeur de bus et leader syndical, Nicolas Maduro sera à cinquante ans le candidat du pouvoir en place lors du prochain scrutin présidentiel. L'opposition devrait une nouvelle fois placer ses espoirs en Henrique Capriles, qui était parvenu à recueillir quarante quatre pour cent des suffrages en octobre sans toutefois empêcher la réélection d'Hugo Chavez.

 

Un récent sondage accordait une forte avance à Maduro.

 

« Dans l'immense douleur de cette tragédie historique affectant notre mère patrie, nous invitons tous nos compatriotes à veiller à la paix, à l'amour, au respect et au calme », a dit Nicolas Maduro.

 

« Nous demandons à notre peuple d'exprimer cette douleur dans la paix ».

 

L'état-major de l'armée a rapidement prêté allégeance à Nicolas Maduro, chef d'Etat par intérim jusqu'à l'élection présidentielle.

 

Henrique Capriles a lui aussi lancé un message d'apaisement en invitant les vénézuéliens à l'unité malgré les profonds clivages provoqués au sein de la société par la personnalité et la politique d'Hugo Chavez.

 

« Le moment n'est pas à souligner ce qui nous divise », a-t-il dit dans un communiqué diffusé mardi soir.

 

« Aujourd'hui, il y a des milliers, peut-être des millions, de vénézuéliens qui se demandent ce qui va se passer, qui ressentent même de la peur (...) N'ayez pas peur. Ne soyez pas angoissés. Entre nous tous, nous allons garantir la paix que mérite ce pays bien-aimé », a-t-il ajouté.

 

Le président bolivien Evo Morales est arrivé à Caracas mercredi pour rendre un dernier hommage à son compagnon de route. La présidente argentine et le chef de l'Etat uruguayen sont également arrivés à Caracas avant l'aube, selon les médias gouvernementaux.

 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:49

 

La prostitution, but des soirées de Berlusconi selon le parquet

 

MILAN (Reuters) - Les soirées organisées dans la villa de Silvio Berlusconi près de Milan visaient à permettre des relations sexuelles avec des prostituées et n'avaient rien des dîners mondains dépeints par l'ancien président du Conseil, a affirmé lundi le parquet de Milan.

 

Dans son réquisitoire à l'issue du procès pour incitation à la prostitution de mineure intenté au "Cavaliere", le procureur Antonio Sangermano a déclaré que les soirées d'Arcore commençaient par un dîner, se poursuivaient par des danses érotiques baptisées "bunga bunga" et se terminaient par des relations sexuelles entre des invités et de jeunes femmes rêvant d'une carrière à la télévision.

 

Silvio Berlusconi dément avoir payé la marocaine Karima al Mahroug, 17 ans au moment des faits présumés, en échange de relations sexuelles. La jeune danseuse, surnommée "Ruby", assure également n'avoir jamais eu de relation sexuelle avec le "Cavaliere", âgé de 76 ans.

 

« Je suis quelque peu surpris et légèrement amusé par le réquisitoire du parquet », a réagi Silvio Berlusconi dans un communiqué.

 

« J'ai eu la double chance, peut-être méritée, de n'avoir jamais eu à payer pour des relations intimes avec une femme et d'avoir toujours été en mesure de fournir une réponse positive à quiconque me demande de l'aide. Le procureur n'a peut-être pas été aussi chanceux », a-t-il ajouté.

 

Silvio Berlusconi est aussi accusé dans ce procès d'abus de pouvoir quand il était chef du gouvernement pour avoir obtenu la libération de Karima al Mahroug en mai 2010 alors que celle-ci était détenue dans un commissariat de Milan pour des soupçons de vol.

 

RECOURS

 

L'ancien président du conseil encourt quinze ans de prison mais, en cas de condamnation, il aura encore deux possibilités de recours.

 

Le jugement devrait être rendu le 18 mars. Silvio Berlusconi devrait connaître dans le courant du mois l'issue de deux autres procédures judiciaires à son encontre, l'une pour fraude fiscale et l'autre pour violation du secret de l'instruction.

 

Il vient en outre d'être inculpé de corruption d'un sénateur en 2006.

 

Cette actualité judiciaire limite la marge de manoeuvre de Silvio Berlusconi dans les tractations politiques en cours en Italie après les élections législatives des 24 et 25 février qui n'ont pas dégagé de majorité évidente. Revenu dans le jeu politique à l'automne, Silvio Berlusconi a permis au centre-droit d'arriver en deuxième position, juste derrière le centre-gauche.

 

Dans son réquisitoire, Antonio Sangermano a aussi accusé Nicole Minetti, ancienne dentiste de Silvio Berlusconi et ex-conseillère régionale de Lombardie, d'avoir été une "protagoniste active" de la prostitution à Arcore et d'avoir recruté des jeunes femmes pour ces soirées.

 

Nicole Minetti est par ailleurs poursuivie pour proxénétisme, de même qu'Emilio Fede, ancien journaliste vedette de l'empire médiatique de Silvio Berlusconi, et Lele Mora, un agent artistique.

 

Avocat de Silvio Berlusconi, Niccolo Ghedini a jugé le réquisitoire du parquet « savoureusement partial ».

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:12

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message de Gérard Vaysse relatif à Bernard Friot.

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article27938#top

 

La puissance utopique des thèses de Bernard Friot sur le salaire

Par Gérard Vaysse

Mardi 12 Février 2013

A propos de « l’enjeu du salaire » de Bernard Friot

Les thèses de Bernard Friot, posées dans le débat public depuis plus de dix ans et particulièrement discutées lors de la « réforme » des retraites en 2003, partent du constat que le salaire socialisé est un formidable acquis du vingtième siècle : il permet à des retraités, des malades, des chômeurs, des femmes en congé maternité, des hommes en congé paternel, de toucher un salaire continué grâce au principe de la cotisation sociale. La cotisation sociale pérennise le salaire dans des situations hors travail, et de plus elle le fait sans accumulation.

Chaque cotisation perçue par une caisse (retraite, maladie, famille, chômage) est immédiatement reversée à un ayant droit : il n’y a que flux de monnaie et d’aucune façon accumulation de capital. La cotisation sociale permet la continuité du salaire sans passer par la propriété lucrative. Or elle représente en France environ trente pour cent du PIB, elle n’est pas accumulable, elle n’est pas productrice d’intérêt ou de profit, elle échappe au capital.

C’est cette situation qui explique l’acharnement actuel, dans le contexte de contre offensive généralisée du capital, à faire revenir cette manne potentielle dans le cycle de valorisation : par le crédit (« dette » sociale financée par les banques), par l’investissement porteur d’intérêt ou de profit (épargne salariale, placement en actions), par la rente (amener les salariés à préparer leur retraite en « investissant dans la pierre »).

Mais avant de détailler les mécanismes et les objectifs de la contre offensive, il convient de revenir sur l’histoire de la cotisation sociale construite au vingtième siècle car elle s’est construite par des voies inattendues.

Universalisation du salaire

L’assurance maladie trouve son origine dans une volonté du patronat, dans les années 1920 et 1930, de différencier le salaire selon les besoins des familles, au prorata du nombre d’enfants.

C’était des la part des capitalistes un contre-feu face à la revendication syndicale d’augmentation pour tous du salaire direct. Le patronat ne voulait attribuer des salaires qu’en fonction des besoins de la reproduction de la force de travail, les syndicats revendiquaient l’égalité salariale. De plus, les syndicats, qui géraient des caisses mutuelles d’assurance s’opposaient aussi à la mise en place par le patronat de ses propres caisses. Mais une fois le système mis en place, et dans un contexte de rapport de forces favorable du monde du travail, il a été subverti de l’intérieur. A la libération, les caisses d’assurance maladie qui sont devenues départementales et les caisses familiales attribuent à tous des droits totalement détachés de l’appartenance à une entreprise, totalement détachés de l’emploi. Ce retournement de situation transforme un système voulu au départ comme rémunération de la main d’œuvre comme force de travail, payée au prix de sa reproduction, en un système qui attribue « à chacun selon ses besoins » et qui détache une partie du salaire de l’emploi pour en faire un droit quasi universel.

L’émergence de la retraite procède aussi d’une surprise. A l’origine, la retraite était basée sur la capitalisation : les salariés épargnaient sous forme de placements en actions ou divers titres bancaires, aidés en cela par leur entreprise.

Or les placements financiers et boursiers se sont effondrés à plusieurs reprises : « Emprunt Russe » et « Canal de Suez » puis crise de 1929 et enfin crise des placements due à la guerre. Pendant la guerre de 1939 les vieux des villes mourraient de faim dans des taudis (ce n’est pas une métaphore) au point que le gouvernement de Vichy a du prendre des mesures d’urgence en gelant les placements d’épargne retraite et en les remplaçant par une pension délivrée aux retraités. Ce système, qui n’offrait qu’une pension misérable à la limite de la survie a été repris et renforcé à la Libération lors de la fondation de la sécurité sociale sous forme de retraite par répartition : la cotisation sur le salaire des actifs, fixée à l’époque à huit pour cent est reversée aux retraités du moment.

L’immense avantage de ce système par rapport à la capitalisation c’est que dès le premier jour des cotisations de tous les salariés, tous les retraités peuvent toucher une pension.

De 1946 à 1995 la cotisation passe de huit pour cent à vingt six pour cent du salaire, ce qui permet de faire face à l’allongement de la durée de vie, à la généralisation de la retraite à soixante ans, et à l’amélioration des pensions qui atteignent, en 1990, quatre vingt quatre pour cent en moyenne du salaire net, très proche donc d’un véritable maintien du salaire lors de la retraite. A cette époque, la CGT revendiquait une garantie de retraite à soixante quinze pour cent du salaire brut ce qui était une autre façon de dire « pension de retraite égale au salaire net ».

L’indemnité de chômage suit le même mouvement ascendant de sa mise en place en 1958 jusqu’à 1982 : elle passe de quarante pour cent à soixante pour cent du salaire et bien davantage en cas de licenciement économique. Dans les années 1970 les licenciés pour motif économique avaient un maintien intégral du salaire pendant un an.

Sur tous les plans, retraite, maladie, chômage, famille, le mouvement engagé au cours du vingtième siècle et qui s’est brutalement stoppé dans les années 1980 progressait vers une généralisation du salaire, de plus en plus déconnecté de l’emploi, avec une tendance forte des revendications et des acquis à se rapprocher d’un salaire à vie, inaliénable.

 

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 21:05

 

Les rebelles syriens disent s’être emparés de Raqqa

 

AMMAN (Reuters) - Raqqa, ville de l'est du pays et chef-lieu de la province du même nom, est tombée lundi aux mains des combattants rebelles, a annoncé le représentant de cette région au sein de la Coalition Nationale Syrienne (CNS, opposition armée au régime du président Bachar al Assad).

 

Si l'information se confirmait, la chute de ce chef-lieu de province situé sur l'Euphrate, à cent soixante kilomètres à l'est d'Alep, serait la première d'une ville d'importance depuis le début, il y a deux ans, du soulèvement contre Bachar al Assad.

 

Moustafa Nawaf al Ali, membre de la CNS, a précisé que des brigades islamistes pour l'essentiel, y compris des éléments du Front al Nousra, affilié à Al Qaïda, d'Ahrar al Cham et des « faucons » sunnites, étaient entrés dans la ville après pris le contrôle d'une position de l'armée à l'entrée Nord.

 

Les soldats gouvernementaux ainsi que les milices fidèles à Bachar al Assad ont pris la fuite à l'ouest en direction d'Alep et à l'est en direction de la province de Daïr az Zour.

 

Mais la présence de forces loyalistes retranchées à l'aéroport de la province, situé à soixante kilomètres de la ville de Raqqa, demeure une menace.

 

Un habitant de Raqqa a confirmé la chute de l'agglomération en précisant qu'un complexe appartenant aux services de renseignement était actuellement cerné par les rebelles.

 

Selon ce témoin, la population a également déboulonné une grande statue blanche de l'ex-président Hafez al Assad, père de l'actuel chef de l'Etat, qui trônait sur la grand-place voisine. Des images de cette action ont été diffusées sur une vidéo.

 

Pour le Conseil National Syrien, un mouvement armé de la résistance qui fait partie de la CNS, la chute de Raqqa constituerait « une victoire décisive dans la lutte pour faire chuter le régime criminel de Bachar al Assad et mettre fin à la plus noire période de l'histoire de la Syrie ».

 

Dans un communiqué, le CNS souligne qu'avec la prise de Raqqa, il existe désormais une continuité entre les vastes régions de l'Est, riches en pétrole, qui sont aux mains de l'opposition et les territoires de l'Ouest contrôlés par l'insurrection dans les provinces d'Alep et d'Idlib.

 

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 18:27

 

http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/21/il-faut-en-passer-par-l-experience-de-l-islamisme-au-pouvoir_1836577_3246.html

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/il-faut-en-passer-par-lexperience-de-lislamisme-au-pouvoir.html

 

« Il faut en passer par l’expérience de l’islamisme au pouvoir »

 

Entretien avec Gilbert Achcar conduit par Christophe Ayad

 

Professeur à la School of Oriental and African Studies (SOAS) de Londres, Gilbert Achcar est l’un des meilleurs analystes du monde arabe contemporain. Né en 1951, il a quitté le Liban en 1983. Il a successivement enseigné à l’université Paris VIII, puis au Centre Marc Bloch, à Berlin. Son engagement à gauche et pro-palestinien ne l’a jamais empêché de porter un regard sévère sur les dictatures nationalistes arabes. 

 

Christophe Ayad. Comment qualifier ce qui se passe dans le monde arabe depuis 2011 ?

 

Gilbert Achcar. J’ai choisi comme titre, pour mon livre, le mot neutre de « soulèvement ». Mais, dès l’introduction, je parle de processus révolutionnaires de long terme. Il était clair, dès le commencement, que nous étions au tout début d’une explosion. La seule chose que l’on peut prévoir avec certitude, c’est que ce sera long.

 

Christophe Ayad. Emmanuel Todd a donné une explication démographique du phénomène. Vous penchez plus pour une explication marxiste.

 

Gilbert Achcar. La phase pendant laquelle le monde arabe se distinguait par une démographie galopante est terminée depuis une vingtaine d’années. Je suis parti de l’état des lieux à la veille de l’explosion, en 2010. On constate un blocage du développement, qui contraste avec le reste du monde. Même dans l’Afrique subsaharienne. La traduction la plus spectaculaire de ce blocage est un taux de chômage record, notamment chez les jeunes. Ensuite, il y a une modalité spécifique du capitalisme dans la région: tous les Etats sont rentiers à des degrés divers. L’autre caractéristique, c’est un patrimonialisme où le clan dominant possède l’Etat et va jusqu’à le transmettre de manière héréditaire.

 

Christophe Ayad. Les révolutions arabes se sont traduites par des libéralisations politiques, mais pas des bouleversements sociaux. Pourquoi ?

 

Gilbert Achcar. En Egypte et en Tunisie, seul le sommet de l’iceberg a été cassé, c’est-à-dire les despotes et leur entourage immédiat. D’ailleurs, dans ces deux pays, l’« Etat profond », l’administration, les appareils de sécurité, n’a pas bougé. Pour l’instant, seule la révolution libyenne a abouti à un changement radical: aujourd’hui, il n’y a plus d’Etat, plus d’armée. Le chambardement social y a été le plus prononcé, parce que l’espace privé, déjà étroit, était dominé par la famille Kadhafi.

 

Christophe Ayad. On s’est étonné en occident que les islamistes remportent lesélections alors qu’ils n’avaient pas lancé ces révolutions.

 

Gilbert Achcar. Les attentes de l’Occident, ce romantisme du « printemps » et du « jasmin », tout ce vocabulaire orientaliste, se fondaient sur une méconnaissance de la situation. Il était évident que les intégristes allaient tirer les marrons du feu parce qu’ils se sont imposés, depuis la fin des années 1970, comme une force hégémonique dans la protestation populaire. Ils ont rempli le terrain laissé vacant par la faillite du nationalisme arabe. La crainte des intégristes est d’ailleurs la principale raison pour laquelle les gouvernements occidentaux soutenaient les despotismes arabes. Croire que tout cela allait être balayé revenait à prendre ses désirs pour des réalités. Avec le soutien financier du Golfe et l’appui télévisuel d’al Jazira, on ne pouvait pas s’attendre à autre chose qu’à des victoires électorales des intégristes. Ce qui est étonnant, c’est que ces victoires n’aient pas été écrasantes. En Egypte, on voit à quelle vitesse le vote intégriste s’effrite, des législatives au référendum sur la Constitution, en passant par la présidentielle. En Tunisie, al Nahda fait quarante pour cent de la moitié des inscrits. Et, en Libye, les frères musulmans locaux ont été battus.

 

Christophe Ayad. Les difficultés actuelles des islamistes au pouvoir vous surprennent elles ?

 

Gilbert Achcar. D’abord, il faut dire que le retour aux despotismes n’est pas envisageable. Il faut en passer par l’expérience de l’islamisme au pouvoir. Les courants intégristes se sont construits comme forces d’opposition avec un slogan simpliste : l’islam est la solution. C’est complètement creux, mais cela fonctionnait dans un contexte de misère et d’injustice où l’on pouvait vendre cette illusion. Les islamistes sont des trafiquants d’opium du peuple. Du moment qu’ils sont au pouvoir, ce n’est plus possible. Ils sont incapables de résoudre les problèmes des gens. Ils sont arrivés aux commandes dans des conditions que personne n’envie et ils n’ont aucun programme économique.

  

Christophe Ayad. Peut-on leur faire confiance pour organiser des scrutins qui pourraient les chasser du pouvoir ?

 

Gilbert Achcar. C’est l’argument classique : une personne, une voix, mais une seule fois. Sauf qu’ils n’arrivent pas au pouvoir en position de force. Le peuple a appris à « vouloir », à descendre dans la rue. Jamais un dirigeant, dans l’histoire de l’Egypte, n’a été traité avec autant de mépris par son peuple que Morsi aujourd’hui…

 

Christophe Ayad. Le modèle turc peut il se transposer au monde arabe ?

 

Gilbert Achcar. Non, ce ne sont pas des frères musulmans qui dirigent la Turquie, c’est une scission moderniste qui s’est réconciliée avec le principe de laïcité. L’AKP turc, c’est la version islamique de la démocratie chrétienne européenne. Les frères musulmans, ce n’est pas ça. C’est une organisation intégriste qui milite pour la charia et pour qui le mot laïcité est une injure. Sur le plan économique aussi, ils n’ont rien à voir : l’AKP incarne un capitalisme de petits industriels, tandis que les frères musulmans participent d’une économie de rente, fondée sur le profit à court terme.

 

Christophe Ayad. Pouvez-vous décrire l’influence du Qatar sur ces révolutions ?

 

Gilbert Achcar. C’est une énigme. Certains dirigeants collectionnent les voitures ou les armes, l’émir du Qatar, lui, joue à la politique extérieure. Il s’est porté acquéreur des Frères musulmans comme on achèterait une équipe de football. Un homme a joué un rôle fondamental dans cette nouvelle alliance qui rappelle celle entre Mohamed ben Abdel Wahab [prédicateur, 1703-1792] et la dynastie des Saoud, au dix huitième siècle : c’est le cheikh Qaradhawi, chef spirituel des frères musulmans, installé de longue date au Qatar, où il a antenne ouverte sur Al-Jazira. Tout cela se passe dans un pays où l’émir ne tolère aucune opposition.

 

Christophe Ayad. Comment expliquer la complaisance des Etats Unis envers les frères musulmans ?

 

Gilbert Achcar. Cela a commencé sous l’administration Bush. Pour les néoconservateurs, le despotisme nationaliste a produit le terrorisme, il fallait donc renverser les despotes comme Saddam Hussein afin de diffuser la démocratie. Condoleezza Rice a voulu renouer l’alliance en vigueur dans les années 1950 et 1960 avec les Frères musulmans. Mais la victoire du Hamas aux élections palestiniennes a bloqué le processus. L’administration Obama, qui a hérité d’une situation catastrophique au Proche-Orient, a eu une attitude indécise et prudente. Quand tout a explosé, elle a choisi de faire semblant d’accompagner le mouvement. L’obsession de Washington dans la région, c’est la stabilité et le pétrole. Et la traduction de cette obsession, c’est la recherche d’alliés disposant d’une assise populaire.

 

Christophe Ayad. Pourquoi l’intervention de l’OTAN a été possible en Libye et pas en Syrie ?

 

Gilbert Achcar. En Syrie, on se trouve face à un risque de chaos à la libyenne, mais dans un environnement régional bien plus dangereux. Il y a aussi le soutien de la Russie et de l’Iran. Dès le début, l’OTAN a dit qu’elle ne voulait pas intervenir. La question n’est pas : « pourquoi l’occident n’intervient pas en Syrie », mais : « pourquoi empêche-t-il les livraisons d’armes à la rébellion? ». La raison profonde est la peur du mouvement populaire en Syrie. Et le résultat, c’est le pourrissement de la situation. Le régime syrien finira par tomber, mais à quel prix? La myopie des gouvernements occidentaux est hallucinante: sous prétexte de ne pas reproduire les erreurs commises en Irak, à savoir le démantèlement de l’Etat baasiste, ils font pire. Aujourd’hui, les Syriens sont persuadés que l’Occident laisse leur pays s’autodétruire à dessein afin de protéger Israël.

 

Christophe Ayad. La gauche anti impérialiste voit un complot américain dans ces révolutions.

 

Gilbert Achcar. Ce n’est pas parce que des insurrections populaires sont soutenues, par opportunisme, par des puissances impérialistes que cela justifie le soutien à des dictatures. La théorie du complot américain est grotesque. Il suffit de constater l’embarras de Washington. Evidemment, après quarante ans de totalitarisme, c’est le chaos. Comme Locke, je préfère le chaos au despotisme, parce que dans le chaos j’ai le choix.

 

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