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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 19:50

 

http://www.mrap.fr/tout-savoir-sur-le-mrap/hommage-rendu-par-la-direction-du-mrapa-mouloud-aounit-lors-de-ses-obseques

 

Hommage rendu par la direction du MRAP à Mouloud Aounit lors de ses obsèques

 

C'est avec beaucoup d'émotion et une immense tristesse que je t'adresse Mouloud, au nom du collège de la présidence du MRAP ces quelques mots d'au revoir. Au revoir et non adieu car ce que tu as apporté est ineffaçable.

 

D'abord je voudrais redire à Annie, à Manon, à Aurélien et à toute ta famille combien nous partageons sa douleur. Manon, Aurélien, votre peine est immense mais vous pouvez être fier de votre père.

Les dizaines et dizaines de messages individuels, de militants ou personnalités, d'associations, de partis qui parviennent chaque jour au MRAP prouvent, si besoin était, l'ampleur de l'amitié qui t'est portée et la perte immense laissée par ton départ.

Depuis ton adhésion au MRAP à l'âge de 24 ans, jusqu'à tes derniers instants, tu n'as cessé de te battre avec détermination contre toutes les formes de racisme, contre toutes les injustices, pour l'égalité. Durant ces trente cinq années, ta vie est intimement liée à celle du MRAP et de ces combats. Président de la Fédération de Seine Saint Denis, tu deviens en 1989 secrétaire général du Mouvement puis président en 2004. Le Congrès national de 2011 te nomme à l'unanimité, par ovation, président d'honneur, en reconnaissance de ton engagement sans faille.

 

Tu as consacré ta vie à l'humain, à ses droits, à sa dignité, à son respect. Pour toi, il n'y avait ni dimanche, ni jours fériés, ni congés. Disponible à tout instant, tu apportais la même passion, la même détermination à vaincre la bêtise, la haine, l'intolérance qu'il s'agisse d'une seule personne victime du poison raciste ou d'une injustice à l'échelle nationale ou internationale. Le droit des peuples, de tous les peuples sans aucune exception, à disposer d'eux mêmes était pour un principe universel incontournable.

Tu savais associer ce mélange entre la réflexion, l'analyse et la solidarité quotidienne envers toutes les victimes.

Je ne peux rappeler ici toutes les luttes que tu as menées. De ton combat inlassable pour que justice soit rendue aux victimes du 17 octobre 1961, à ta présence aux cotés des sans papiers, des Roms, de la Palestine à Mumia Abu Jamal à qui tu avais rendu visite dans le couloir de la mort, nous ramenant un témoignage à ton image, profond et émouvant.

Je me souviens des visites que nous avons faites ensemble aux parents qui venaient de perdre un fils fauché par la haine raciste, c'était la sincérité de ton émotion que tu leur portais en même temps que ta colère et ton besoin de justice.

Depuis la marche des beurs de 1983, tu n'as jamais cessé d'être au coté de cette jeunesse issue de l'immigration trop souvent bafouée, stigmatisée, rejetée, tu te battais sans relâche pour que l'égalité ne soit pas un mot vide sur les frontons de nos mairies mais deviennent réalité dans tous les domaines de notre société, politique, sociale, culturelle. Avec ton ami Michel Tubiana, Président de la Ligue des Droits de l'Homme, tu as été l'un des initiateurs du combat pour que le droit de vote soit enfin accordé à tous les étrangers vivant sur le sol français.

Tu as été parmi les premiers à dénoncer avec courage l'islamophobie montante, forme nouvelle du racisme née de la honteuse théorie du « choc des civilisations » et exacerbée par les droites extrêmes.
 
Tu voulais que le MRAP soit la voix des sans voix, de tous ceux qui n'avaient aucun droit, sans papiers, sans logis mais aussi de ceux que nos gouvernants voulaient faire taire, Kurdes, ou résistance iranienne. Tu ne cédais ni aux pressions ni aux menaces que tu recevais y compris lorsqu'il s'agissait de menaces de mort.

Je me souviens du jour où tu t'es enchaîné aux grilles de l'ambassade d'Iran pour protester contre l'exécution programmée d'intellectuels juifs ; je me souviens de ton engagement aux cotés de tes frères algériens victimes de la barbarie intégriste ; je me souviens de la lettre à tes soeurs afghanes, « les linceuls ne sont pas faits pour les vivants », lettre que j'ai toujours gardée tant elle était émouvante et sincère, ; je me souviens de ton combat pour arracher à la mort Safya ou Amina au Nigeria.

Tu ne baissais jamais les bras, je me souviens de ce rassemblement devant l'ambassade d'Afghanistan où nous n'étions qu'une dizaine (c'était avant le 11 septembre, peu de monde se souciait alors du sort du peuple afghan). Devant mon découragement tu m'as dit « nous n'étions qu'une dizaine dans les premiers rassemblements devant l'ambassade d'Afrique du Sud pour exiger la libération de Mandela, aujourd'hui Mandela est libre, il ne faut jamais renoncer  même si nous sommes qu'une poignée à dénoncer l'intolérable». Jamais renoncer, même la terrible maladie qui t'a frappé n'a pu te faire renoncer à tes combats, à tes engagements. Avec un courage exemplaire tu as continué inlassablement, jusqu'au bout, ton combat pour la dignité humaine en même temps que celui contre le mal qui te minait mais n’abattait pas ta volonté de témoignage et de lutte.

Tu laisses hélas un combat inachevé. Je ne sais plus qui a dit « la mort n'existe pas tant que dure l'idée ». A nous de faire vivre tes idées et de poursuivre tes engagements.

Tu seras présent, Mouloud dans chacun de nos combats futurs. Tu seras présent aux cotés des sans papiers lors de la manifestation du 1er septembre que la coordination nationale des sans papiers en lutte propose de te dédier. Tu seras présent le 17 octobre sur le Pont Saint Michel pour dire le refus de l'oubli, le devoir de vérité et de justice, tu seras présent le premier mai pour rendre hommage à Brahim Bouarram et à toutes les victimes du racisme. Lorsque l'Etat palestinien existera enfin à coté de l'Etat israélien, tu seras présent. Lorsque la liberté fleurira à Téhéran, tu seras présent. A chaque fois que la liberté, la justice, le droit, la paix triompheront tu seras présent, à chaque recul du racisme, tu seras présent et si Mumia sort enfin de sa prison, tu seras présent.

Merci Mouloud d'avoir éveillé les consciences et semé l'espoir, merci pour ton dévouement et ton courage.

Tu nous as quitté, mais tu restes dans nos mémoires et dans nos coeurs,

Aubervilliers le 16 août 2012

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 19:26

 

http://www.syrie.blog.lemonde.fr/2012/08/16/apres-les-militaires-les-diplomates-syriens-tentes-par-la-defection

 

Après les militaires, les diplomates syriens tentés par la défection

 

Jeudi 16 Août 2012

 

Par Ignace Leverrier

 

Avant de quitter sa fonction à la tête de la Sécurité d’Etat (Renseignements généraux), pour occuper le poste laissé vacant à la direction du Bureau de la Sécurité Nationale par le décès du général Hasan Tourkmani, le 18 juillet 2012, le général Ali Mamlouk avait signé une décision. Elle enjoignait à cinq diplomates syriens en poste à l’étranger de regagner immédiatement leur pays. Il s’agissait de Mamoun Al Hariri (Erevan), Housam Hafez (Erevan), Dani Ba’aj (ONU/Genève), Ghiyath Ibrahim (Kiev) et Anas al Miqdad. Elle s'inscrivait dans la ligne de l'ordre de retour en Syrie adressé quelques mois plus tôt par Bachar al Assad à plusieurs de ses hauts représentants dans d'importants pays occidentaux. Mais, alors que l'ordre présidentiel visait à prévenir l'humiliation qu'aurait constitué pour la Syrie l'expulsion des diplomates concernés, la décision d'Ali Mamlouk était destinée à empêcher ses destinataires de faire défection et de rejoindre les rangs de l'opposition et de la révolution.

 

Les diplomates syriens, quel que soit leur rang, n’échappent pas davantage aux oukases des moukhabarat que les autres agents de l’Etat. Qu’ils exercent leur métier à l’administration centrale ou dans les missions à l’étranger ne change rien à l’affaire. Le ministre des Affaires étrangères Walid Al Moallem, lui-même, n’a pas plus d’autorité dans sa propre maison que ses collègues des Finances, de l’Economie, des Communications, de l’Agriculture ou de la Santé… Comme eux, il n’a la possibilité ni de choisir son vice-ministre, ni de désigner ses ministres adjoints. Avant d’installer dans leurs fonctions le directeur et les membres de son cabinet, il doit avoir obtenu l’aval des différents services de renseignements dont la mission consiste à exercer un contrôle croisé des activités de son administration. D’ailleurs, pour prévenir toute velléité de la part du ministre d’en faire à sa tête, les services de renseignements disposent au sein du ministère d’un agent d’influence en la personne d’un analphabète honni de tous qui se comporte en véritable ministre : Hicham al Qadi.

 

Les diplomates syriens n’ont pas de mots assez crus pour dénoncer les privilèges, les interventions, les passe-droits, les tripatouillages et les détournements de biens publics reprochés à cet analphabète originaire de Sarghaya. Il a commencé sa carrière au sein de la diplomatie syrienne, en 1991, en accompagnant Walid al Moallem à Washington pour lui servir de chauffeur personnel. Il est rapidement devenu son prête-nom pour la création de sociétés où son statut interdisait à l’ambassadeur d’apparaître. Il s'est finalement emparé avec son tacite assentiment des clés du ministère, au sens propre et au sens figuré. Les mêmes diplomates affirment que, en son temps, avant d’être promu vice-président de la République sans affection ni prérogative, Farouq al Chareh en avait interdit l’accès à ce douteux personnage.

 

Faut-il le rappeler ? Selon le site All4Syria, au milieu du mois de décembre 2011, Hicham al Qadi a directement trempé, à la demande de ses amis des services, dans l’achat auprès de Syriatel, la compagnie de téléphonie mobile de Rami Makhlouf, d’une quinzaine de cartes à puce. Acquises au nom du Service du protocole du ministère, ces cartes se sont étrangement retrouvées deux jours plus tard entre les mains des « terroristes », auteurs des attentats de Kafr Sousseh contre un centre de la Sécurité militaire et le siège des Renseignements généraux. Ces deux opérations, qui avaient provoqué des dégâts matériels importants mais n’avaient fait de victimes que parmi le petit personnel des deux agences, sentaient leur moukhabarat à plein nez.

 

Dès la réception de la décision d’Ali Mamlouk, Walid al Moallem s’est empressé de la transmettre à leurs destinataires. Figuraient parmi eux des proches de personnalités importantes au sein de son administration et du gouvernement : le père de Ghiyath Ibrahim, Hajem Ibrahim, est directeur des Affaires administratives au ministère, et l’oncle d’Anas Miqdad, Faysal Miqdad, n’est autre que le vice-ministre des Affaires étrangères… Visiblement les intéressés, mais peut-être aussi leurs parents, ne présentaient pas toutes les garanties d’allégeance attendues aujourd’hui plus que jamais des employés du régime.

 

Cet ordre a eu l’effet inverse de ce qui en était attendu. Housam Hafez, consul de Syrie en Arménie, et Dani Ba’aj, en charge du dossier des Droits de l’Homme à la mission permanente syrienne auprès de l’ONU à Genève, ont annoncé qu’ils faisaient défection. Le chef de mission à Erevan, Mamoun al Hariri, s’apprête à suivre leur exemple. On peut penser que les intéressés n'ont pris leur décision qu'après avoir fait sortir leur famille de Syrie et l’avoir mise en lieu sûr, pour éviter de voir leurs proches pris en otages à leur place pour les contraindre à rentrer chez eux… Largement utilisée par les moukhabarat à l’encontre des opposants en général, et des Frères musulmans en particulier sous Hafez al Assad, la prise d’otage n’a nullement été abandonnée sous le règne du président en exercice. Elle a parfois même concerné, au cours des années récentes, des enfants mineurs, eux-mêmes accusés, pour justifier leur arrestation et leur procès, de crimes et délits les plus saugrenus.

 

La concurrence et la surenchère entre appareils de sécurité étant la règle en Syrie, où les chefs des moukhabarat ont à cœur de démontrer au chef de l’Etat, pour gagner ses faveurs, qu’ils font plus et mieux que leurs prédécesseurs et leurs collègues des autres services, le successeur d’Ali Mamlouk, le général Dib Zitoun, a pris, à peine installé dans ses nouvelles fonctions, une décision identique. Sa liste est deux fois plus longue et comporte une dizaine de noms. Mais, plus rusé qu’Ali Mamlouk et instruit par l’expérience, il a apporté un soin particulier à la forme. Il a "recommandé" au ministère des Affaires étrangères de préciser aux diplomates dont il lui avait fourni les noms, que leur retour dans le pays était nécessité par les "besoins du service". Il devait leur faire valoir qu'il avait l’intention de confier à certains d’entre eux, à l’administration centrale, la gestion de quelques dossiers. D’autres seraient requis pour des formalités administratives les concernant ou pour boucler des affaires en suspens. Il ne fallait surtout pas qu’ils comprennent que, dès leur arrivée, ils connaitraient le sort de leur collègue Oqba Ali, naguère encore premier secrétaire à l’ambassade de Syrie à Téhéran. Rentré dans son pays le 15 juin 2012, il a "disparu" dans l’une des multiples geôles des moukhabarat. Si tel a été son sort, il y avait tout lieu pour les autres de se montrer extrêmement prudents. De notoriété publique, ce jeune et brillant diplomate membre de la communauté alaouite avait des relations au plus haut niveau, au palais présidentiel, dans le parti Baath… et jusque dans les services, au sein desquels des parents à lui occupent d’importantes fonctions.

 

Il y a quelques mois, déjà préoccupés par la perspective de défections, les services de renseignements avaient imposé au ministère de suspendre le versement des rémunérations de ses diplomates, de manière à disposer sur eux de moyens de pression. Près de quatre vingt dix pour cent des missions diplomatiques n’ont ainsi rien reçu depuis deux mois. Des "garanties" ont évidemment été données aux agents concernés : ils percevraient l’intégralité de ce qui leur est dû dès le premier pied posé sur le territoire national ! En dépit de cette incitation, il n’est pas sûr que les intéressés, objet de la sollicitude du nouveau chef des Renseignements généraux, s’empresseront de regagner leurs pénates. Certains paraissent tentés de rejoindre plutôt la dizaine de collègues qui se sont déjà ralliés à la révolution : Bassam al Imadi (ancien ambassadeur en Suède), Nawwaf al Cheykh Fares (ambassadeur en Irak), Lamia al Hariri (chargée d’affaires à Chypre), Abdel-Latif al Dabbagh (ambassadeur aux Emirats Arabes Unis), Mohammed Tahsin al Faqir (attaché de sécurité près l’ambassade à Oman), Farouq Taha (ambassadeur en Biélorussie), Mohammed Housam Hafez (conseiller et consul en Arménie), Khaled al Ayyoubi (chargé d’affaires au Royaume Uni), Khaled al Saleh (chargé d’affaires au Nigéria), Dani Ba’aj (deuxième secrétaire à la représentation permanente auprès de l’ONU à Genève)… pour ne mentionner ici que ceux qui ont pris le risque de donner de la publicité à leur défection.

 

On remarquera en effet que la désaffection à l’égard du régime et la conviction que celui-ci est sur la voie de l’effondrement, un point de vue récemment exprimé par le Premier ministre Riyad Hijab depuis la Jordanie où il a trouvé refuge après avoir pris ses distances, sont toutes deux en voie d’accélération au sein du ministère. Neuf des dix diplomates dont les noms sont plus haut mentionnés ont abandonné leur poste entre le 10 juillet et le 10 août dernier…

 

Certes, leur nombre reste modeste. Mais l’annonce de la création, le 17 juillet 2012, d’un rassemblement des "Diplomates syriens pour un Etat civil démocratique", signifie que s’ils restent minoritaires, ils sont loin d’être isolés. Ce rassemblement est en effet composé de retraités de la diplomatie, de diplomates en poste à l’extérieur ayant déjà rejoint l'opposition et de fonctionnaires en activité à l’administration centrale en Syrie. Les premiers et les derniers ont préféré, en raison de la surveillance à laquelle ils sont soumis, dissimuler leur identité.

 

On se souviendra, pour apprécier ce dernier développement à sa juste valeur, que, si le ministère syrien des Affaires étrangères est ouvert à des candidats de toutes les communautés et que l’intégration se fait, depuis quelques années, au terme d’une formation et d’un concours tous les deux mis en place en étroite collaboration avec notre Ecole Nationale d’Administration, les déroulements de carrière y sont tributaires, comme dans de nombreux secteurs de la vie publique en Syrie, de l’appartenance communautaire des individus. Or des membres des communautés minoritaires, volontiers présentées comme acquises au pouvoir en place, font partie des fondateurs de ce rassemblement. Comme leurs collègues de la communauté majoritaire, ils sont excédés de se voir préférer, pour occuper les postes d’ambassadeurs, des anciens ministres, des hauts responsables du parti Baath, des militaires à la retraite et des chefs de services de renseignements remerciés... - et parfois, comme c'est actuellement le cas à Paris, une architecte urbaniste ayant à peine vécu dans son pays - qui ne connaissent généralement rien à la diplomatie et qui ne maitrisent aucune autre langue que l’arabe. Comme eux, ils sont fatigués de se voir marginalisés dans leurs propres ambassades par les représentants des services qui, comme en Syrie, détiennent la réalité de la décision. Comme eux, ils ne veulent plus, dans l’exercice de leur métier, être constamment sous le contrôle de ces même moukhabarat et être eux-mêmes assimilés, par leurs compatriotes de leurs pays de résidence, étudiants ou hommes d’affaires, à de simple garde-chiourmes. Comme eux, enfin, ils se refusent à cautionner plus longtemps un régime dont le comportement sanguinaire constitue une menace pour l'ensemble des Syriens, pour leur pays, pour la région... et pour sa propre survie.

 

Alors que ce mouvement paraît voué à prendre de l'ampleur et, espérons-le, à connaître une accélération, on notera que bien d'autres secteurs d'activité connaissent en ce moment des défections en Syrie. Elles sont moins médiatisées pour la simple et unique raison que, habitant à l'intérieur du pays et non à l'étranger, ceux qui choisissent de répudier le régime sont contraints, pour leur sécurité et celle de leurs proches, d'entourer leur démarche de mille précautions. Des dizaines d'hommes d'affaires ont d'ores et déjà pris le large, justifiant leur départ et leur installation à l'extérieur par des obligations professionnelles et par la nécessité de faire fructifier ailleurs les capitaux bien ou mal acquis qui ne leur rapportent plus rien en Syrie. Quand ils n'ont pas pris eux-même la poudre d'escampette, comme Mohammed Makhlouf, oncle du chef de l'Etat, ils ont expédié dans les Emirats ou en Russie, nouvelle terre d'accueil des capitaux syriens en quête de sécurité, leurs femmes et leurs enfants. Comme Mohammed Hamcho.

 

L'Université n'est pas épargnée. Dimanche 12 août, alors que la reprise des cours était censée occuper son esprit et son temps, le président de l’université d’Alep a vendu la mèche. Soucieux de mettre un terme aux rumeurs qui gonflaient à son sujet, Abed Yakan a fait savoir qu’il n’avait pas quitté la Syrie pour le Canada. Il se trouvait toujours dans son pays. Certes, il avait sollicité un congé qui s’étendrait au-delà de la fête de rupture du jeûne (le 18 août). Mais celui-ci était justifié par des "raisons familiales sans rapport avec les évènements en cours".

 

Elles pourraient reporter à une date ultérieure la reprise de ses activités. Honnis soit donc qui mal y pense. Toutefois, inconsciemment ou non, il a livré une information sensible. Il a en effet indiqué qu’une centaine de professeurs de son établissement se trouvaient en ce moment hors du pays. Selon lui, leur absence était régulière, puisque, avant de voyager, tout fonctionnaire doit requérir et obtenir l’autorisation de son autorité de tutelle. Mais ses propos ont été rectifiés dans son dos par l’un de ses collègues, qui a affirmé que le nombre d’enseignants de la seule Université d’Alep actuellement hors de Syrie dépassait la centaine. Surtout, faute d’avoir obtenu l’autorisation qu’ils avaient sollicitée, désormais refusée par le ministre de l’Enseignements supérieur… pour les raisons qu’on imagine, plus de la moitié d’entre eux s'étaient placés en situation irrégulière. On a de la peine à croire que les contrevenants auraient pris un tel risque, avec les conséquences qui s’attachent aujourd’hui plus qu’hier à ce genre de transgression, s’ils avaient l’intention de revenir dans leur pays.

 

Quoi qu'il en soit, le chef de l'Etat syrien paraît jour après jour dans un isolement croissant. Il n'hésite même plus à afficher le peu de confiance qu'il place désormais dans son proche entourage. Le 6 août, soit le jour même de la défection de Riyad Hijab, il avait convoqué à une réunion immédiate l'ensemble des membres du conseil des ministres, afin de s'assurer de visu qu'aucun autre ne manquait à l'appel. L’incapacité du ministre des Awqafs d’arriver dans le délai imparti avait provoqué un début de panique et alimenté la rumeur selon laquelle Mohammed Abdel-Satar al Sayyed, pourtant l'une des créatures les plus soumises au régime, avait accompagné le Premier ministre dans sa fuite.

 

Le lendemain, Bachar al Assad recevait seul une délégation du conseil de sécurité nationale iranien, conduite par Saïd Jalili Amin. De manière tout à fait exceptionnelle qui en dit long sur les doutes qu'il éprouve envers ses collaborateurs, le chef de l'Etat n'avait auprès de lui pour cet entretien aucun de ceux qui auraient normalement dû y assister : ni Mohammed Nasif Khayr Bek, en quelque sorte l'équivalent de son visiteur iranien, ni Ali Mamlouk, nouveau chef du Conseil de Sécurité nationale syrien, ni le ministre des Affaires de la Présidence, Mansour Azzam, ni l'un ou l'autre des membres de son cabinet.

 

Personnage de confiance s'il en est, sa conseillère politique et médiatique Bouthayna Chaaban brillait aussi par son absence. Peut-être le chef de l'Etat avait-il déjà appris qu'elle pressait sa fille Nazek de regagner au plus vite les Etats Unis, en compagnie de son mari, Mouthanna al Saleh, un Syrien devenu américain par union antérieure avec une citoyenne de ce pays. Elle espérait que, sa fille ayant régularisé sa situation et ayant acquis à son tour la nationalité américaine, elle serait en mesure, le moment venu, d'obtenir pour sa mère le visa et l'asile dont elle pourrait avoir besoin...

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:50

 

Monsieur le premier ministre

 

Le Collectif National Droit de l’Homme Romeurope tient à vous exprimer sa grande déception et sa totale incompréhension de la politique de démantèlement de campements menée actuellement par le Ministre de l’Intérieur, qui ne semble pas marquer de rupture avec celles conduites depuis plus de dix ans par les gouvernements précédents, ce qui amène la Commission européenne à alerter à nouveau les autorités françaises.

 

Début août, à Lyon, à Paris, à Lille, à Marseille, des évacuations de lieux de vie se sont encore déroulées sans proposition d'accompagnement des personnes expulsées, en termes d'hébergement ou de relogement, et de prise en charge des familles avec enfants, les abandonnant à la rue dans une précarité encore plus grande. Des renvois par charters vers la Roumanie ont été organisés sous couvert de "retours humanitaires" alors qu'ils sont de fait encore effectués sous la contrainte, en l’absence de possibilité immédiate de relogement. En affirmant par voie de presse la nécessité de fermeté dans l’application de décisions de justice, le Ministre de l’Intérieur stigmatise à nouveau les populations roms. Et malgré l’annonce d’une concertation avec les associations pour trouver des solutions, il n’en a rien été sur le terrain lors de ces dernières opérations.

 

Comme il l’a déjà fait par son courrier du 28 juin dernier, le CNDH Romeurope vous demande l’arrêt immédiat de ces pratiques dont l’inefficacité est reconnue et qui contribuent à rendre plus difficile la recherche de solutions durables.

 

Ces initiatives ne sont pas conformes aux engagements du Président de la République qui s'est exprimé sur le sujet en faveur d’une politique plus respectueuse des droits de l’Homme et de la dignité. Devant ces situations complexes qui combinent des questions d'habitat insalubre, de précarité, de scolarité, d’accès aux soins, d’emploi,… nous renouvelons notre proposition que se tiennent au plus vite, à l'initiative des préfets, des réunions de travail avec tous les acteurs concernés, Communes, Conseils généraux, Conseils régionaux et associations impliquées auprès de ces familles afin d’examiner chaque situation individuelle et de trouver des solutions pérennes, s’inscrivant dans le droit commun.

 

Des solutions sont possibles, elles n’attendent que le soutien de l'Etat. C'est particulièrement le cas avec la levée des mesures transitoires qui limitent l’accès au marché du travail français des ressortissants roumains et bulgares et qui sont un véritable frein à l'insertion de ces citoyens européens.

 

La problématique de ces familles roms dépasse le cadre du seul ministère de l’Intérieur, elle relève d'abord de la question du logement des personnes précaires et sans ressources, mais aussi de celles des affaires sociales, de l'Education nationale et de l'emploi, c'est pourquoi le CNDH Romeurope réaffirme le besoin d’une concertation interministérielle, sous votre autorité, permettant un pilotage et une plus grande cohérence des politiques publiques respectueuses à l’égard de ces ressortissants européens.

 

Afin de vous présenter plus en détail nos propositions, nous sollicitons un entretien dans les meilleurs délais.

 

Face à cette actualité préoccupante, vous comprendrez que nous rendions publique notre démarche auprès de vous.

 

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de notre très haute considération.

 

Pour le CNDH Romeurope,

 

Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme.

 

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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 13:29

Communiqué de Presse du Collectif de Soutien à Julian Assange

 

Rassemblement de Soutien à Julian Assange

Dimanche 19 Août 2012 de 14 heures à 20 heures

Devant l’ambassade de Grande Bretagne à Paris

35 Rue du Faubourg Saint Honoré 75 008 PARIS

Métro Madeleine ou Concorde 

 

Nous avons manifesté Vendredi 17 Août 2012 Place Saint Michel à Paris notre soutien à Julian Assange, créateur et fondateur du site Internet WikiLeaks qui se veut d'informer la population entière.

 

Rappelons pourquoi nous soutenons Julian Assange, 41 ans, fondateur de WikiLeaks, réfugié politique depuis au moins Jeudi 16 Août à 14 heures.

 

En effet, Raphaël Corréa, président de l'Equateur, mais aussi l'ambassade de l'Equateur à Londres et le ministre des affaires étrangères de l'Equateur ont décidé de soutenir et d'accorder la demande d'asile de Julian Assange Jeudi 16 Août 2012 à 14 heures.

 

Julian Assange est en effet depuis plus de deux mois sous les drapeaux du Royaume Uni et en particulier a demandé l’asile politique à l'Equateur. 

 

En sachant que depuis quelques jours le Royaume Uni a décidé d'enfreindre la loi de l'ambassade qui est il faut le rappeler qu’une personne qui rentre dans une ambassade et qui demande l'asile politique ou la protection du pays dans lequel la personne s'est réfugiée, si le gouvernement et l'ambassade ont décidé d'accepté de défendre cette personne, celle- ci appartient au pays de l’ambassade. Depuis que Julian Assange a été accepté par l'ambassade, le ministre des affaires étrangères ainsi que le président de l'Equateur, plus rien ne va.  A savoir que si Julian Assange est extradé en Suède par rapport aux soit disant "viols" que celui-ci aurait commis sur deux femmes, il sera ensuite extradé aux Etats-Unis et jugé par un tribunal spécial pour avoir diffusé plus de deux cent cinquante mille télégrammes concernant les civils et militaires tués par le gouvernement américain avec la guerre en Irak et en Afghanistan.

 

Depuis Londres répète sa détermination à extrader Julian Assange et se permet de préciser que celle-ci pourrait recourir à une loi datant de 1987 "sur les lieux consulaires et diplomatiques" qui l'autorise à lever  le statut diplomatique d'une ambassade dans certains cas, c'est d ailleurs pour cela que nous, peuple de France devons soutenir Julian Assange et appelons à un rassemblement qui aura lieu devant l'ambassade de Grande Bretagne à Paris.

 

En effet, il s'agit en premier de remercier l'Equateur avec le ministère des affaires étrangères ainsi que l'ambassade de l'Equateur à Londres d'avoir accepté la demande d'asile de Julian Assange, mais aussi en même temps nous devons préciser que nous disons non à l'extradition de celui-ci en Suède pour les soit disant "viols" qu'il aurait commis là bas, et surtout non à l'extradition aux Etats-Unis d'Amérique pour "espionnage" en raison de la diffusion de plus de deux cent cinquante mille liens concernant les guerres en Irak et en Afghanistan.

 

Nous donnons donc rendez vous dimanche 19 août 2012 à 14 heures devant l'Ambassade du Royaume-Uni à Paris  afin de dénoncer cette extradition mais aussi de dénoncer que le Royaume-Uni est prêt à tout pour extrader celui ci.

 

Comité de Soutien à Julian Assange

 

 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 19:03

 

http://www.liberation.fr/monde/2012/08/15/syrie-ce-pas-une-guerre-civile-mais-est-une-repression-barbare-contre-les-civils_839873


 

Syrie : ce n’est pas une guerre civile, mais une répression barbare contre les civils

 

Mercredi 15 Août 2012

 

Par un groupe de personnalités, artistes et intellectuels syriens, français et franco syriens

 

Des «violences», des «civils pris entre deux feux», des «loyalistes», une «rébellion». Pour certaines mouvances actives auprès des médias, il s’agirait encore de se borner à compter les points et à mettre à jour le macabre compteur des milliers de victimes, en affichant une bien commode symétrie entre les parties, et en incriminant leur manque d’aptitude à «se mettre autour d’une table». Une telle vision ne sert que le régime criminel en fin de course.

 

C’est surtout une insulte aux innombrables civils qui depuis mars 2011 sont descendus inlassablement dans la rue pour réclamer pacifiquement, sous les yeux de toute la planète, un État de droit, et qui ont été férocement réprimés, enfants inclus. C’est aussi une insulte aux nombreux militaires qui, face à l’impasse d’une armée enjointe à pilonner sans relâche la population, ont pris la courageuse et honorable décision de déserter au péril de leur vie.

 

Tout média, toute personnalité qui établit une symétrie entre les forces du régime al Assad et celles qui le combattent, offre de fait un regain de soutien à ce régime de type fasciste, dont les horreurs rivalisent avec celles commises contre les résistants par le régime nazi.

 

Aucun compromis avec le clan al Assad ne peut mettre un terme à ce conflit. Il n’y a jamais eu, il ne pourra jamais y avoir de compromis entre ce régime tortionnaire et assassin de son peuple, et les syriens qui luttent ardemment pour leur liberté. Face aux menaces et aux manœuvres du régime et de ses alliés, nous sommes aux côtés des tenants de la dignité, de la tolérance et de la démocratie.

 

D’autres scénarios étaient encore possibles il y a quelques mois, si toutefois la communauté internationale s'était engagée nettement plus avant en faveur des résistants à la dictature, c’est-à-dire si elle s'était donné les moyens de faire respecter le droit humanitaire international:

 

Le refus de l’impunité pour le régime et ses agents en engageant la saisine du TPI de La Haye par le Procureur de la Cour Pénale Internationale.

 

Des sanctions économiques et financières visant à paralyser la guerre menée contre la population

 

Une protection des civils (exclusion aérienne, couloirs humanitaires sécurisés, sanctuarisation des hôpitaux, libre accès aux ONG, envoi de moyens sanitaires, de communication, …)

L’embargo total sur les armes destinées à la répression par le régime (vecteurs, munitions, pièces détachées et conseillers)

 

Une intense campagne internationale d’information et de dénonciation de la terreur d'État.

 

Force est de constater qu’un tel soutien n’a pas été mis en œuvre à la hauteur et au moment voulus. Côté ONU, cela est particulièrement imputable au soutien inconditionnel au régime de Bachar al Assad par la Chine et la Russie. Au-delà du veto opposé à toute résolution un tant soit peu contraignante, l’armement et les moyens logistiques russes ont déferlé sans trêve à la rescousse du régime al Assad, à un tel point que ce soutien doit être considéré comme une véritable intervention militaire, dont on parle peu. De son côté, le régime iranien s’est investi totalement au service de ce régime en lui apportant sa funeste expérience en matière de répression des révoltes de la population (conseillers, matériel, propagande).

 

Mais les vétos russe et chinois n’ont-ils pas été trop aisément invoqués par certains gouvernements pour ne rien tenter et s’en tenir à des déclarations affligées ? Certains esprits ne se sont-ils pas accommodé des slogans du régime qui qualifie les opposants de «terroristes aux ordres d’al Qaida» ? N’est-il pas navrant et tragique d’avoir vu ce fallacieux prétexte de lutte contre l’islamisme radical fonctionner à nouveau, alors que ce sont au contraire les dictatures arabes, singulièrement celle du régime al Assad, qui l’ont intensément alimenté par le népotisme, la corruption et la répression ?

 

Le cynisme atteint son comble lorsque Vladimir Poutine, l’ancien colonel du KGB à la tête de la Russie, se pose en sauveur de la démocratie, lui qui a présidé aux atrocités commises en Tchétchénie, qui soutient les pires dictatures dans les pays du Caucase, et qui arme son propre régime pour faire barrage à toute alternance.

 

Faute d’une réaction internationale à la mesure de l’horreur qui en Syrie, depuis dix sept mois, a frappé les manifestants et la population, pouvait-on imaginer que la machine à tuer décime, torture et tue des familles entières, sans que les résistants, voyant leur démarche pacifique sans soutien suffisant, ne cherchent à se doter de moyens pour s’opposer à la destruction du pays ? Décidément, le malheur et la tragédie sont pour certains assez supportables, dès lors que cela se passe loin de chez eux.

 

En ces jours où le régime se trouve affaibli par la longue série de défections de ses militaires, diplomates et responsables de haut rang, par le discrédit qui finit par l’atteindre, et par ses défaites sur le terrain, il importe d’amplifier le soutien concret aux résistants. Des initiatives sont en préparation pour la rentrée de septembre. À chacun de s’y engager pour briser les murs d’une indifférence que l’Histoire pourrait bien assimiler plus vite qu’on ne le croit à de la complicité.

 

C’est l’honneur du mouvement de soutien à la Révolution syrienne que d’informer, de dénoncer, de mobiliser inlassablement pour que les citoyens français sachent ce qui se passe en Syrie, expriment leur horreur face à la terreur d'État, interpellent les instances internationales et s’impliquent dans des actions concrètes de solidarité.

 

La chaîne de solidarité envers les Syriens en France est riche de diversité, de talents et d'énergies : Associations de Syriens ; artistes et intellectuels –syriens, français, franco-syriens – associés à la «Vague blanche pour la Syrie», à «l’Appel du Festival d’Avignon» et à d’autres initiatives, membres du Collectif Urgence Solidarité Syrie, personnalités et organisations signataires de l’Appel Solidarité Syrie, représentants d’institutions françaises, telle la Conférence des Présidents d’Université qui a appelé à la minute de silence du 23 Mai 2012 suite au massacre à l’Université d’Alep, ONG, médias français couvrant largement la situation syrienne sans concession envers le régime en place.

 

En ces jours où l’on peine à imaginer en France le degré de la brutalité à laquelle font face les résistants syriens à Alep, Damas et dans d’autres villes, il appartient à chacun de faire acte de solidarité, d’informer les autres, de faire partager et s’exprimer, y compris sur les lieux de vacances, son indignation, ses initiatives et sa volonté ardente de voir enfin advenir une Syrie libre !

 

Premiers signataires : Iyad Abbara, Sakher Achawi (Comité de la Déclaration de Damas en France), Rabee Al Hayek (www.souriahouria.com) , Bernard Fischer (www.fischer02003.over-blog.com), Jacques Gaillot (Évêque Emérite de Partenia), Michel Kilo (Forum Démocratique Syrien), Michel Morzière (Porte Parole du Collectif Urgence Solidarité Syrie), Georges Sabra (Conseil National Syrien), Farid-Frédéric Sarkis (Maître de Conférences Université Lille 1), Emmanuel Wallon (Professeur Université Paris-Ouest Nanterre) 

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 18:30

 

http://www.fr.news.yahoo.com/les-pussy-riot-condamn%C3%A9es-%C3%A0-deux-ans-prison-152628848.html

 

Les « Pussy Riot » condamnées à deux ans de prison

 

MOSCOU (Reuters) - Les trois jeunes femmes du groupe punk russe "Pussy Riot" poursuivies pour avoir chanté un simulacre de prière hostile à Vladimir Poutine en février dans une cathédrale de Moscou ont été condamnées vendredi à deux ans de prison chacune.

 

Les six mois qu'elles ont passés en détention provisoire seront déduits de leur peine. Le parquet avait requis le 7 août trois ans de prison à leur encontre. Leurs avocats ont annoncé qu'ils allaient faire appel du verdict.

 

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Aliokhina, 24 ans, avaient été jugées coupables vendredi de vandalisme motivé par la haine religieuse.

 

"Les actes de ces jeunes filles étaient sacrilèges, blasphématoires et ont violé les règles de l'Eglise", a estimé la juge Marina Syrova.

 

"Tolokonnikova, Samoutsevitch et Aliokhina ont commis un acte de vandalisme, une grave violation de l'ordre public en faisant preuve d'irrespect évident envers la société", avait-elle déclaré un peu plus tôt, en soulignant que les jeunes femmes avaient été motivées "par la haine religieuse."

 

Les trois prévenues ont écouté en souriant l'énoncé du verdict et la lecture du jugement, qui a duré près de trois heures, dans une cage vitrée.

 

Un homme présent dans la salle d'audience a crié "honteux!" et des centaines de manifestants massés devant le tribunal ont repris l'adjectif après l'énoncé du verdict.

 

"DISPROPORTIONNÉE"

 

"Elles sont en prison parce qu'il s'agit d'une revanche personnelle de Poutine", a estimé le dirigeant de l'opposition Alexei Navalni. "Ce verdict a été écrit par Vladimir Poutine".

 

L'ambassade des Etats-Unis en Russie, s'exprimant sur son compte Twitter, dénonce une condamnation "disproportionnée".

 

Selon des témoins, au moins vingt quatre personnes ont été arrêtées par la police après des échauffourées qui ont éclaté devant le tribunal. Parmi les personnes interpellées, figurent le leader du Front de Gauche Sergueï Oudaltsov et l'ancien champion du monde d'échecs et opposant Garry Kasparov.

 

Les jeunes femmes avaient pénétré le 21 février dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou pour y interpréter, vêtues de cagoules colorées et de jupes courtes, une "prière punk", chantant "Vierge Marie, chasse Poutine, chasse Poutine, chasse Poutine!" et dansant sur l'autel de la cathédrale. Depuis, ce dernier a remporté l'élection présidentielle.

 

Leur procès a fait les gros titres de la presse internationale et provoqué un tollé chez les opposants à Vladimir Poutine. Plusieurs gouvernements étrangers, des associations de défense des droits de l'homme ainsi que des artistes, à l'image de Sting, Madonna, Paul Mac Cartney ou des Red Hot Chili Peppers, ont plaidé en leur faveur.

 

Signe des tensions soulevées par le procès, des gardes du corps ont été octroyés jeudi à la juge Marina Syrova, à la suite, selon les autorités, de menaces proférées contre elle.

 

"INÉQUITABLE"

 

"Je n'ai pas peur de l'imposture d'un verdict dans ce prétendu tribunal au prétexte qu'il peut me priver de ma liberté", avait déclaré au cours du procès Maria Aliokhina.

 

"Personne ne pourra me prendre ma liberté intérieure".

 

Les trois militantes, qui nient avoir été motivées par la haine religieuse, disent avoir voulu protester contre les liens étroits entre l'Eglise orthodoxe et l'Etat.

 

Elles s'étaient dites outrées du soutien apporté à Vladimir Poutine lors de la campagne pour la présidentielle par le chef de l'Eglise orthodoxe russe, le patriarche Cyrille.

 

Leurs avocats ont estimé qu'elles n'avaient pas eu droit à un procès équitable et que le verdict serait "dicté par le Kremlin". Les partisans de Vladimir Poutine démentent toute manipulation de la justice, assurent que les jeunes femmes ont tenu des propos blasphématoires et méritent donc d'être punies pour cet "attentat prémédité contre l'Eglise".

 

La communauté orthodoxe se montre quant à elle divisée sur cette affaire, même si elle considère dans sa majorité la "performance anti-Poutine" comme un acte blasphématoire.

 

Vladimir Poutine lui-même, conscient du fait qu'une lourde peine risquerait de confirmer l'image d'intolérance peinte par les "Pussy Riot", avait suggéré qu'il ne souhaitait pas que les militantes soient condamnées à de trop lourdes peines.

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 18:49

 

http://www.liberation.fr/economie/2012/08/13/a-ciudad-real-la-fin-des-megalos-mannes_839598

 

 

A Ciudad Real, la fin des mégalos mannes

 

Lundi 13 Août 2012

 

Avec son aéroport fantôme flambant neuf, cette ville de Castille La Manche symbolise les errements financiers des régions espagnoles

 

Par François Musseau, envoyé spécial en Castille La Manche

 

A le voir à l’abandon au beau milieu de l’aride plateau castillan, fermé à double tour, sans voyageur ni avion, on s’interroge d’emblée : fallait-il vraiment construire un aéroport ultra moderne, doté d’une des pistes les plus longues d’Europe (4,2 kilomètres) ? Qui plus est pour desservir une ville de soixante dix mille habitants sans attrait touristique, et à seulement une heure de train de Madrid ?

 

A Ciudad Real, beaucoup font mine de ne pas comprendre la question. En réalité, dans cette région qui fut celle de Don Quichotte et de ses moulins à vent, chacun sait le pourquoi de cette aberration : la folie des grandeurs et, surtout, la cupidité qui s’est traduite par le pillage des fonds publics par un groupe de politiciens et d’hommes d’affaire sans scrupule.

 

Aujourd’hui, c’est un terminal fantomatique, ceint d’un parking grand comme trois terrains de foot, surveillé par deux gardes civils et des agents de nettoyage.

 

Pourtant, en 2008, l’aéroport Central démarre sous de mirifiques augures. On débourse cinq cent millions d’euros pour sa construction, on parle d’héberger des Airbus A380 et d’accueillir deux millions cinq cent mille voyageurs par an. Le prévisible fiasco ne se fait pas attendre longtemps : pas plus de trois vols chaque semaine, à peine cent mille passagers annuels voyageant sur des low cost. Fin 2011, les pertes financières s’élèvent à trois cent dix neuf millions d’euros : le donquichottesque aéroport est en suspension de paiement.

 

Bastion. Officiellement, seuls ont été engagés des fonds privés, ceux de trois puissants entrepreneurs locaux, des constructeurs qui sont cul et chemise avec les gouvernants socialistes régionaux. «Des fonds privés, quelle blague», dénonce le blogueur Carlos Otto, qui a enquêté sur l’affaire. «En fait, l’essentiel a été financé par la Caisse d’épargne de Castille La Manche qui a risqué quarante pour cent de ses actifs dans cet investissement insensé. Une décision des dirigeants politiques qui contrôlaient la caisse.»

 

Ce n’est pas tout : lorsque l’aéroport a commencé à battre de l’aile, un consortium public a été mis en place, incluant la chambre de commerce, la région et les mairies alentours ; quarante millions d’euros ont été versés à fonds perdus, auxquels il faut ajouter cent cinquante millions d’euros de subventions publiques «offerts» à Air Nostrum, Air Berlin ou Ryanair pour les décider à voler dans une région aussi paumée. Avec l’aéroport de Castellon (sur la côte valencienne, à l’est) - qui n’a jamais vu un seul avion -, celui de Ciudad Real est l’un des legs les plus édifiants d’une Espagne qui, il n’y a pas si longtemps, se payait des luxes de mégalomanes.

 

Dans cette province, les bourgades de trente mille à quarante mille habitants possèdent des hôpitaux publics dernier cri et sont reliées par autoroute. «Les gens ne voulaient pas le voir, mais tout cela, et d’autres opérations immobilières aberrantes, se faisait avec l’argent du contribuable», enrage le militant écologiste Rafael Gozalves. Au total, la CCM a prêté six cent millions d’euros aux trois entrepreneurs «amis» en question, dont les sociétés allaient ensuite piquer du nez, voire péricliter. Résultat : en mars 2009, la CCM, ruinée, est la première des caisses d’épargne à être nationalisée et renflouée par le pouvoir central. Le prélude à une dizaine d’«interventions» (dont le géant Bankia), mettant en évidence la «toxicité» du système bancaire espagnol et expliquant l’actuelle défiance des marchés financiers.

 

A Ciudad Real, comme dans toute la Castille-La Manche, le panorama a changé du tout au tout. En arrachant en 2011 ce bastion socialiste depuis trente ans, la conservatrice Maria Dolores de Cospedal en a fait un laboratoire de l’austérité. Cette région sans industrie qui vivait surtout du BTP roi s’est effondrée : le chômage frôle les trente pour cent et la dette publique est, derrière Valence, la plus forte d’Espagne rapportée au PIB. Alors, poussée par Madrid et Bruxelles, la droite a dégraissé sans faire de sentiments.

 

Manifestants. Depuis l’an dernier, il n’y a plus un seul euro pour une quelconque infrastructure. Le budget régional est amputé de deux milliards deux cent millions d’euros : les salaires des fonctionnaires ont chuté de vingt pour cent, environ dix mille employés publics ont été licenciés, et on ferme des centres de santé à tour de bras. «Je n’ai jamais vu un tel sentiment de révolte, témoigne Antonio Cervantes, du syndicat Commissions ouvrières (CCOO), à Ciudad Real. Plus de cent dix mille chômeurs ne touchent ni allocations ni RMI ; s’il n’y avait pas les grands-parents pour aider, la marmite sociale exploserait !»

 

Partout domine le sentiment que l’actuel tour de vis est la facture salée qu’il faut payer après les excès de la fiesta. «Moi, je crois que, pendant les années glorieuses, on a tous perdu le sens des réalités, confie Andrés Cerellos, commerçant du centre-ville. Les constructeurs, nos hommes politiques, sont tombés dans l’argent facile, la corruption. Le moindre maire de bourgade voulait sa gare d’AVE [le TGV espagnol, ndlr], son hôpital, un architecte de renom pour bâtir un centre d’art. Et, aujourd’hui, voilà où on en est.»

 

Et de montrer un groupe de manifestants qui, chaque jour, bat le pavé. Aujourd’hui, ce sont des infirmières, hier des professeurs, avant-hier des pharmaciens…

 

Quid de l’aéroport fantôme ? Jusqu’en avril, des jets privés de chasseurs fortunés y atterrissaient encore ; puis, vu la cherté du maintien du terminal, il a fallu boucler définitivement les édifices. Des rumeurs disent qu’il a été proposé à un mafieux madrilène, puis à un cheikh arabe, pour trois milliards d’euros. En vain. «Ce qui est sûr, affirme Carlos Otto,c’est que le but de la manœuvre n’était pas d’offrir un aéroport pour dynamiser la région, mais pour s’enrichir en le construisant.»

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 17:43

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-conflit-syrien-et-la-menace-contagion-r%C3%A9gionale-154757038.html

 

Le conflit syrien et la menace de contagion régionale

 

BEYROUTH/ALEP, Syrie (Reuters) - Des pays du Golfe ont commencé à évacuer leurs ressortissants du Liban jeudi à la suite d'enlèvements liés à la guerre civile syrienne, qui ravivent les craintes de voir la violence se répandre dans une région déjà en proie à des conflits religieux.

 

Un puissant clan chiite libanais a enlevé mercredi une vingtaine de personnes à Beyrouth et annoncé que leur otage turc serait le premier à mourir si leur proche retenu par les rebelles syriens était tué.

 

Le clan Meqdad cherche à faire pression sur les rebelles qui se battent pour renverser Bachar al Assad afin que soit relâché Hassan al Meqdad, retenu prisonnier par l'Armée syrienne libre (ASL) à Damas depuis deux jours.

 

Cette puissante famille a ciblé à la fois les syriens qu'elle soupçonne d'appartenir à l'ASL et les ressortissants de la Turquie, l'un des principaux soutiens régionaux des insurgés syriens à majorité sunnite.

 

Les ravisseurs avaient menacé mercredi de s'en prendre également aux ressortissants saoudiens, qataris et turcs pour assurer la libération de leur parent, ce qui a amené la plupart des pays du Golfe à inviter leurs citoyens à quitter le Liban.

 

Mais le clan Meqdad a annoncé jeudi qu'il avait suffisamment d'otages et avait "cessé les opérations militaires", signalant qu'il ne procèderait pas à de nouveaux enlèvements. L'otage turc a dit à une télévision libanaise qu'il était bien traité.

 

CONTAGION

 

Le Premier ministre libanais, Nadjib Mikati, a condamné les enlèvements, mais son gouvernement semble impuissant. "Cela nous ramène aux heures d'une guerre douloureuse, une page que les citoyens libanais ont essayé de tourner", a-t-il déclaré.

 

Les violences liées aux combats en Syrie se sont déjà, par le passé, propagées au-delà des frontières du pays, les rebelles syriens faisant passer armes et vivres via le Liban.

 

Mais ces prises d'otages de part et d'autre de la frontière ajoutent une nouvelle donnée à la guerre stratégique que se livrent les deux voisins pour défendre leurs intérêts régionaux.

 

L 'Organisation de coopération islamique (OCI), réunie en sommet à La Mecque, en Arabie saoudite, a suspendu la Syrie en raison de la répression militaire menée dans le pays.

 

Cette mesure prise par l'OCI, qui regroupe cinquante six Etats plus l'Autorité palestinienne, reste toutefois symbolique, l'option d'une implication militaire directe ayant reçu peu de soutien. Elle témoigne cependant de l'isolement de Bachar al Assad dans la plus grande partie du monde arabe, à majorité sunnite.

 

À Pékin, la Chine a profité d'une visite d'un émissaire spécial du président syrien pour exhorter de nouveau le gouvernement de Damas à entamer le dialogue avec l'opposition et adopter des mesures concrètes pour répondre aux revendications du peuple.

 

Mais des discussions entre les deux camps semblent fort improbables dans l'immédiat, les rebelles exigeant le départ du pouvoir de Bachar al Assad avant toute négociation, alors que sur le terrain, les violences se poursuivent.

 

CRISE HUMANITAIRE

 

Maher al Assad, le frère de Bachar al Assad, aurait été amputé d'une jambe lors de l'attentat qui a coûté la vie à plusieurs responsables des services de sécurité le 18 juillet à Damas, selon un diplomate occidental et une source arabe basée dans le Golfe. Le frère du président syrien n'a pas été vu en public depuis l'attentat.

 

A Azaz, ville située au nord d'Alep, à proximité de la frontière turque, un raid de l'aviation syrienne mercredi a fait une trentaine de morts et de nombreux blessés, selon un médecin de l'hôpital local.

 

Les forces fidèles au président Assad ont de plus en plus recours à l'aviation contre les insurgés, tactique qui leur a été reprochée dans les accusations de crimes de guerre formulées mercredi par des enquêteurs des droits de l'homme de l'ONU.

 

Selon leur rapport, les rebelles ont également commis des crimes de guerre mais ces violations "n'ont pas atteint la gravité, la fréquence et l'amplitude" de celles perpétrées par les forces gouvernementales et les milices "chahiba" pro-Assad.

 

Le lourd tribut payé par le peuple syrien a été souligné par la responsable des affaires humanitaires de l'ONU, Valérie Amos, qui a estimé jeudi que quelque deux millions cinq cent mille personnes, soit environ dix pour cent de la population, avaient besoin d'aide en Syrie.

 

Les affrontements entre l'armée et les opposants au président Assad, qui durent depuis dix-huit mois, ont fait dix huit mille morts selon les Nations unies.

 

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16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 17:07

 

http://www.fr.news.yahoo.com/lequateur-accorde-lasile-politique-%C3%A0-julian-assange-125254001.html

 

L’Equateur accorde l’asile politique à Julian Assange

 

QUITO/LONDRES (Reuters) - L'Equateur a accordé jeudi l'asile politique à Julian Assange au lendemain de la menace du gouvernement britannique de procéder à l'arrestation du fondateur du site WikiLeaks dans l'ambassade d'Equateur à Londres où il est retranché depuis deux mois.

 

L'annonce a été faite par le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino. 

 

 

Selon lui, l'extradition de Julian Assange vers un pays tiers sans les garanties requises est probable et tout indique qu'il ne bénéficierait pas d'un procès équitable s'il était transféré aux Etats-Unis.

 

"C'est une décision souveraine conforme au droit international. Cela n'a aucun sens de présumer qu'elle entraînera une rupture des relations (avec le Royaume-Uni)", a ajouté Ricardo Patino lors d'une conférence de presse à Quito. Le ministère britannique des Affaires étrangères s'est dit "déçu" de cette décision, mais a promis d'extrader Julian Assange. "En vertu de la loi, Julian Assange ayant épuisé tous les recours, les autorités britanniques sont dans l'obligation de l'extrader vers la Suède. Nous allons nous conformer à cette obligation", a déclaré un porte-parole du Foreign Office.

 

La Grande-Bretagne ne permettra pas au fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, de quitter le pays et reste déterminée à l'extrader vers la Suède, a déclaré de son côté le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

 

"Nous ne permettrons pas à Julian Assange de quitter le Royaume-Uni et il n'y a aucune base juridique selon nous pour agir ainsi", a indiqué William Hague lors d'une conférence de presse à Londres. "Le Royaume-Uni ne reconnaît pas le principe d'un asile diplomatique", a-t-il ajouté.

 

Il a précisé que la situation pourrait encore durer très longtemps et qu'il n'y avait aucun risque que l'ambassade équatorienne à Londres, où Julian Assange est retranché, soit prise d'assaut par le Royaume-Uni.

 

À Stockholm, le ministère suédois des Affaires étrangères a dit avoir convoqué l'ambassadeur d'Equateur. "L'Equateur a interrompu de manière inacceptable la procédure judiciaire suédoise et a entravé la coopération judiciaire européenne", a déclaré Anders Jorle, porte parole du ministère.

 

Recherché par la justice suédoise pour être entendu au sujet d'accusations de viol et d'agression sexuelle portées contre lui par deux anciennes bénévoles de WikiLeaks, l'Australien de 41 ans s'est réfugié le 19 juin à l'ambassade d'Equateur après le rejet de son appel contre la demande d'extradition de Stockholm.

 

Il redoute, en cas d'extradition, d'être transféré aux Etats-Unis où il pourrait répondre de faits de trahison pour avoir publié sur son site internet des dizaines de milliers de documents confidentiels émanant notamment du département d'Etat américain et être emprisonné à vie.

 

STRESS

 

Londres avait menacé mercredi de pénétrer de force dans la mission équatorienne, ou des heurts ont éclaté entre forces de l'ordre et partisans d'Assange.

 

"Il est trop tôt pour dire quand et si la Grande-Bretagne annulera le statut diplomatique de l'ambassade d'Equateur", a toutefois dit jeudi un porte-parole du Foreign Office, avant l'annonce en provenance de Quito. "Accorder l'asile ne changera fondamentalement rien", a-t-il ajouté.

 

Sur son site internet, l'ambassade d'Equateur à Londres affirme que la menace brandie par la Grande-Bretagne "constitue une violation évidente du droit international et des protocoles prévus par la Convention de Vienne".

 

"J'ai vécu, travaillé et voyagé dans des endroits où régnaient de vraies dictatures et je n'ai vu nulle part des violations de la Convention de Vienne de cette ampleur", a estimé Farhan Rasheed, 42 ans, un historien arborant un badge "I love Occupy" devant l'ambassade.

 

La menace britannique de retirer à l'ambassade d'Equateur son statut diplomatique a également suscité les critiques d'un de ses anciens diplomates. "Je crois que le Foreign Office va un peu au-delà de ses prérogatives", a déclaré à la BBC l'ancien ambassadeur de Grande-Bretagne à Moscou Tony Brenton.

 

"Si l'on permet à des gouvernements d'annuler arbitrairement l'immunité et de pénétrer dans les ambassades, alors la vie de nos diplomates et leur habilité à exercer normalement leurs activités dans des endroits comme Moscou, où j'étais en poste, ou la Corée du Nord, deviennent presque impossibles", a-t-il ajouté.

 

L'Equateur, qui se range dans le bloc de gauche latino-américain, a demandé une réunion des ministres des Affaires étrangères de la région ainsi que de l'Organisation des Etats Américains (OEA) pour soutenir sa position.

 

Informés de la décision de Quito, des partisans de Julian Assange rassemblés devant l'ambassade ont laissé éclater leur joie. "Le peuple uni ne sera jamais vaincu !", ont-ils scandé.

 

Selon la BBC, Julian Assange, après avoir appris que sa demande d'asile était accordée, a remercié le personnel de l'ambassade pour son soutien et ajouté : "Les choses vont devenir plus stressantes à présent."

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 21:52

 

http://www.oclibertaire.free.fr/spip.php?article1221

 

Occupations, expropriations, répression

 

Vendredi 10 Août 2012

 

Suite aux actions de mardi dans deux supermarchés, la répression n’a pas tardé.

 

Ordre du ministre de l’intérieur d’arrestation des participants aux visites de supermarchés, descentes de police en soirée ou au petit matin aux domiciles de militants connus, mise en examen de sept personnes à ce jour (Vendredi 10 Août 2012), expulsion du domaine de Las Turquillas occupé depuis dix huit jours.

 

Tentative de synthèse des derniers évènements

 

Des denrées « expropriées » ont été distribuées chez les familles d’un immeuble occupé

 

Mercredi, trois des charriots de nourriture récupéré dans le supermarché d’Écija ont été distribués par le SAT parmi les 36 familles d’un immeuble occupé de Séville.

 

« Aujourd’hui, j’ai fait des boulettes de viande », raconte une mère de famille et serveuse au chômage à un journaliste. Les sacs contenaient des pois chiches, des lentilles, du sucre, de l’huile, du lait, du riz...

 

Les trente six familles sans-domicile (cent dix huit personnes au total, dont trente six enfants) qui occupent depuis plusieurs mois un immeuble d’appartements, propriété d’un promoteur immobilier en faillite à Séville se sont réparties le contenu de trois charriots remplis de produits de première nécessité que leur ont apporté les militants du SAT, suite à l’action d’« expropriation » de la veille dans un supermarché Mercadona.

 

Cette okupa appelée « Corrala de Vecinas la Utopia » est constituée de familles ouvrières au chômage du quartier de la Macarena, qui pour la plupart ont perdu leurs logements et ont été expulsés pour avoir cessé de payer le loyer ou le prêt hypothécaire. Une grande partie d’entre elles ne perçoivent aucune allocation, d’autres, des aides ponctuelles ne dépassant pas trois cent euros…

 

Réponse répressive de l’Etat espagnol

 

Dès qu’a été connue la nouvelle de ces actions menées dans deux supermarchés d’Andalousie, le ministre de l’Intérieur du gouvernement de l’État espagnol, Jorge Fernández Díaz, a réagi en déclarant qu’il avait donné l’ordre d’arrêter toutes les personnes ayant participé à ce « vol ». Qualifiant cette action d’« intolérable », il a déclaré : « nous sommes tous conscients que ça va mal pour les gens, mais la fin ne justifie pas les moyens », en ajoutant qu’il ne permettrait « en aucun cas » que la loi soit violée, car sinon « ce serait la loi de la jungle. »

 

Ce à quoi ont répondu rapidement dans un communiqué publié sur leur site Internet, les familles de l’okupa Corrala de Vecinas la Utopia” déclarant que « nous voulons préciser à monsieur Fernández Díaz que la Loi de la Jungle est déjà en vigueur dans notre société, car on ne peut expliquer autrement que des centaines de familles soient pratiquement expulsées chaque jour de leur logement par des établissements bancaires qui ont, en plus, reçu de grandes quantité d’aides publiques ».

 

Le même jour, le ministre en question a rappelé que le gouvernement allait durcir la loi en ce qui concerne l’ordre public, notamment en introduisant le délit de « résistance passive » à l’autorité, ce qui permet de poursuivre pénalement toute personne qui manifeste y compris les plus « pacifiques » puisque ce sont elles qui sont visées.

 

L’information, n’est pas nouvelle, elle remonte au printemps dernier, mais qu’elle ressorte maintenant participe du climat répressif que les dirigeants politiques entendent instaurer.

 

Alors que jusque-là les actions du SAT étaient passées sous silence par les médias, c’est maintenant l’exact opposé ; la droite, la gauche, les éditorialistes de la presse (comme El País, centre-gauche) se déchaînent contre les actions illégales-injustifiables-dans-un-État-de-droit, préjudiciables à « l’image de l’Andalousie et de l’Espagne à l’étranger » et visant rien de moins qu’à « attaquer l’État de droit » selon une députée andalouse du PP. Un journaliste (ABC, droite) s’est même lâché : « J’espère que c’est la dernière fois que j’interroge un élu qui vole dans les supermarchés (…) C’est un acte répréhensible à cent pour cent ! »

 

Les premières arrestations

 

Mercredi soir, deux militants du Syndicat Andalou des Travailleurs (SAT) ont été arrêtés sur ordre du ministre espagnol de l’Intérieur. Les deux détenus, l’un de Hornachuelos (province de Córdoba) et l’autre de Cuevas de San Marcos (Málaga), ont refusé de répondre aux interrogatoires lorsqu’ils ont été transférés au commissariat.

 

Le lendemain matin, jeudi, ces deux militants ont été présentés devant la justice, et ont de nouveau refusé de répondre des faits qui leur sont reprochés. Ils ont été mis en examen pour "vol avec violence" et "désordre public" puis remis en liberté dans la journée de jeudi avec interdiction de s’approcher à moins de trois cent mètres de supermarché.

 

Gauche et droite unis contre les actions d’expropriation

 

Si la droite se déchaîne contre le syndicat andalou, la gauche n’est pas en reste.

Le PSOE a déclaré que les actions menées par le SAT étaient des actes de « sauvagerie ». Le vice-secrétaire général du PSOE d’Andalousie, Mario Jiménez a déclaré qu’elles révélaient de la « théâtralité populiste ». Il a ajouté que les détentions étaient tout à fait normales dès lors que les lois n’étaient plus respectées car « celui qui commet une illégalité doit rendre compte de cette illégalité devant la justice ». Il s’est félicité de la position « raisonnable » du mouvement Izquierda Unida (Gauche Unie, sorte de Front de gauche, autour du PC) avec lequel il gouvernela Junta d’Andalousie, qui s’est publiquement désolidarisé de ces actions.

 

Le fait que José Manuel Sánchez Gordillo, militant historique du SOC-SAT, maire de Marinaleda soit aussi député de Izquierda Unida au Parlement andalou ajoute à la polémique et à la confusion. Accusé d’être un meneur de ces « attaques » contre des supermarchés, alors qu’il a pris soin de ne pas participer directement à l’opération tout en étant présent et solidaire, la droite en profite pour demander à Izquierda Unida de prendre des mesures contre lui. Le secrétaire à l’organisation du PSOE, Óscar López, est tout à fait d’accord avec cela et a assuré ce vendredi que « la loi est la même pour tous, y compris pour les représentants politiques » et que ces derniers, quels qu’ils soient, méritaient d’être poursuivis. IU a déclaré, sous couvert d’anonymat comme on dit, que Gordillo était maintenant « hors de contrôle ».

 

Sánchez Gordillo et son mouvement politique, le Colectivo de Unidad de los Trabajadores (CUT), fait partie d’Izquierda Unida Andalousie, mais en opposition avec la ligne majoritaire de participation au gouvernement autonome avec le PSOE.

 

Cinq autres détenus

 

Ce vendredi, on apprenait l’arrestation de cinq nouvelles personnes, effectuées soit la veille, soit dans la matinée, identifiées par la police comme ayant pris part aux actions dans les supermarchés de Carrefour (près de Cadix) et Mercadona (Écija, province de Séville). Parmi eux se trouve le secrétaire à l’organisation du SAT, José Caballero, ainsi qu’un militant de Grenade et trois de Jaén. Quant à Sánchez Gordillo, qui ne peut pas être arrêté en sa qualité d’élu, il a reçu ce vendredi, dans sa mairie de Marinaleda, une citation à comparaître « dans les plus brefs délais » devant un juge d’instruction du tribunal d’Écija.

 

Pour l’instant, le bilan de la répression est de sept personnes poursuivies pénalement.

 

Premières actions de solidarité

 

A Grenade, une trentaine de personnes (parmi lesquelles Juan Pinilla, auteur-compositeur interprète de flamenco très connu au-delà de la région) ont remis aux autorités un document qu’ils ont signé et dans lequel ils s’auto-accusent d’être complices et instigateurs intellectuels des attaques contre les supermarchés. Le secrétaire local du SAT, Francisco Cabrerizo, a réaffirmé qu’il s’agissait qu’une « expropriation symbolique » de produits de première nécessité et a critiqué la manière dont se font les arrestations, pendant la nuit, rappelant d’autres époques, pendant que les vrais voleurs, qui détournent des milliards, ne sont pas inquiétés.

 

De son côté, Sánchez Gordillo a déclaré que ce n’était pas un vol mais une « soustraction » d’un montant représentant « moins d’un dix millionième des profits » que réalise Mercadona.

 

Cette chaîne de supermarché est en effet connue pour les multiples conflits sociaux relatifs aux conditions d’exploitation, au harcèlement, agressions et de répression contre les travailleurs qui se battent et les syndicalistes combatifs (notamment de la CNT dans nombre de magasins au cours des dernières années) et dont le propriétaire, Juan Roig, est devenu l’une des principales fortunes du pays.

 

En 2006, le plus important conflit du secteur de la grande distribution s’est déroulé dans le Centre logistique de Mercadona pour tout le nord-est de la péninsule, à Sant Sadurní d’Anoia (Catalogne), conflit où la CNT en a été à l’origine (licenciement de 3 délégués) et où ce syndicat anarcho-syndicaliste a joué un rôle primordial dans le déclenchement de la grève, son animation et la solidarité avec le mouvement.

 

C’est le même Roig qui avait déclaré il y a peu que la seule façon d’« en finir avec la crise » était de « travailler comme les Chinois » (sic !).

 

Le chanteur Juan Pinilla, en remettant la lettre collective d’auto-accusation à la sous-délégation du gouvernement de Grenade a improvisé devant les soutiens et les médias présents une copla d’un fandango fort à propos dont voici les paroles : « Me lo roban y me lo prenden / al que roba pa comer / me lo roban y me lo prenden / y quien roba mucho miles /no lo encuentran ni los duendes / ni tampoco los civiles » (ce qui donne à peu près ceci : « Ils me le volent et me le prennent / celui qui vole pour manger / ils me le volent et me le prennent / et celui qui vole des milliers de fois plus / ne le trouvent ni les duendes [lutins] / ni les (gardes) civils »)

 

Expulsion de la finca de Las Turquillas

 

L’offensive répressive s’étend à la dernière occupation menée par le SAT, celle de Las Turquillas, propriété de l’armée. A 6 heures du matin, les forces de police en nombre (une centaine d’agents, dix sept véhicules) sont intervenues avec un « ordre strict d’expulsion ». Les membres du SAT, parmi lesquels se trouvent Sánchez Gordillo ont demandé que l’évacuation « soit pacifique et sans incidents » et que la police laisse les occupants démonter le camp et récupérer leurs affaires. A 8 heures, la police poursuivait les contrôles d’identité.

 

« Nous avons démonté le campement et nous sortons de la propriété, parce que l’affrontement avec la Garde Civile n’était pas l’objectif. Ce qui est clair par contre, c’est que nous allons de nouveau occuper la propriété », a déclaré Sánchez Gordillo à la Radio Nationale Espagnole. De son côté, Diego Cañamero, le leader du SAT, a déclaré exactement la même chose à d’autres organes de presse.

 

Dans la matinée, plus de trois cent personnes, la plupart en provenance de Marinaleda, se sont déplacées avec leur” maire à Las Turquillas pour dénoncer l’expulsion et soutenir l’occupation.

 

Une des personnes arrêtées dans le cadre des poursuites pour l’action des supermarchés a été arrêtée lors du contrôle d’identité.

 

La suite

 

La vague répressive n’est sans doute pas terminée. Et de ce côté-là, c’est l’inconnu. D’autant que le PP étudie la possibilité de porter plainte contre le SAT pour avoir, sur son site Internet, soi-disant détourné le logo du parti de droite en l’accolant avec une croix gammée. Le dessin a été enlevé du site (« pour ne pas favoriser la stratégie répressive et de criminalisation du parti du gouvernement ») et remplacé par une photo où l’on voit ensemble le dictateur Franco et Fraga Iribarne, fondateur du PP.

 

Le maire de Marinaleda a appelé le gouvernement à prendre des mesures visant à « obliger les chaînes de supermarchés à donner à la Croix-Rouge ou à Cáritas les produits alimentaires avant qu’ils aient atteint leur date de péremption, afin qu’ils soient livrés aux familles qui n’ont aucun moyens de subsistance ». Faute de quoi, de nouvelles opérations dans les supermarchés auront lieu.

 

Le SAT a confirmé et précisé son projet de marche. Elle partira le 16 août de Jodar, la localité andalouse qui détient le record absolu du taux de chômage, et se dirigera vers Jaén, la capitale provinciale de ce village.

 

Suite à la première réaction à Grenade, les sections locales du SAT sont appelées à convoquer des assemblées et à prendre des initiatives.

 

Les actions directes de désobéissance, de réappropriation, d’auto-réduction, ont tendance à se multiplier dans tout le pays, même si la presse n’en parle pas, même si cela reste encore des actions isolées les unes des autres, ponctuelles et généralement de l’ordre du symbolique.

 

Il y a quelques semaines, le 6 juin dernier, une « assemblée des chômeurs et chômeuses » de Ferrol, organisés autour du syndicat indépendantiste galicien CIG avaient mené une action dans un supermarché de la ville. Quelques caddies pleins avaient été présentés aux caisses et les chômeurs avaient fait mine de vouloir payer en présentant leur carte de demandeurs d’emploi. La police avait été appelée rapidement et s’est contentée de vérifier les identités. Là aussi, action symbolique. Ils avaient déclaré vouloir les remettre à une association délivrant des repas aux personnes sans ressources de la ville.

 

Plus important est le mouvement de refus de payer les péages autoroutiers. A l’instar du mouvement « Je ne paie pas » de Grèce, il existe un mouvement de ce type en Catalogne en train de se développer, tandis que certaines professions visées par les coupes budgétaires (fonctionnaires, pompiers…) se mettent aussi à lever les barrières…

 

Entre l’occultation totale et la soudaine diabolisation et criminalisation de ces actions, il est clair que les politiques de droite et de gauche qui se partagent les pouvoirs institutionnels, les grands” syndicats UGT-CCOO (que l’on n’entend même pas protester hypocritement contre la répression) et la presse du régime, craignent surtout le développement de ces pratiques de désobéissance collective, d’expropriation et de réappropriation, leur banalisation et légitimation grandissante, et que du symbolique” de plus en plus de gens décident de passer à un mode d’action plus “réel” quant aux objectifs... 

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