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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 18:25

 

http://www.sudouest.fr/2012/11/03/aurore-martin-un-front-de-l-indignation-au-pays-basque-869495-4749.php

 

Aurore Martin : front de l’indignation au pays basque

 

Le mouvement de protestation pourrait grandir, au-delà des clivages politiques. Le collectif Bake Bidea appelle à un rassemblement lundi

 

A 10 heures, ce samedi matin, le collectif Bake Bidea (le chemin de la paix) organisait une conférence de presse pour dénoncer l’arrestation de la militante française Aurore Martin, dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen (MAE). Rappelons qu'elle a été placée vendredi en détention provisoire en Espagne. Lui sont notamment reprochés ses participations, sur le sol espagnol, à des réunions publiques et une conférence de presse aux côtés du parti de la gauche indépendantiste basque Batasuna. La formation, interdite en Espagne, est légale en France.

 

Bake Bidea, dont fait partie Aurore Martin, a largement réuni autour du cas de celle-ci.

 

Un front d'indignation se forme, attestant d'un très large consensus pour dénoncer le sort de la jeune femme de 33 ans. La quasi totalité des formations politiques au Pays basque sont représentées dans un mouvement de protestation qui pourrait grandir dans les prochains jours : UMP, PS, MODEM, PCF, NPA, Conseil des élus du pays basque, PNB, formations basques comme Abertzaleen Batasuna, Batasuna, Eusko Alkartasuna, le syndicat ELA.

 

Unanimement, par delà les clivages traditionnels, ils interpellent le gouvernement français dont ils dénoncent la coopération avec Madrid dans le cas Aurore Martin. Ils appellent à manifester Lundi 5 Novembre 2012, à 13 heures 30, devant la sous-préfecture de Bayonne.

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 18:05

 

La presse grecque est muselée, dit le journaliste acquitté

 

ATHENES (Reuters) - Le journaliste grec jugé pour avoir publié une liste de plus de deux mille de ses compatriotes détenteurs de comptes bancaires en Suisse et acquitté jeudi, accuse les élites grecques de la politique et des affaires de tenter de museler la presse pour couvrir la corruption qui ronge le pays.

 

"Le principal problème de la Grèce est constitué par les gens qui la gouvernent. Il s'agit d'un petit groupe fermé, d'une élite composée de politiques et de personnes liées au monde des affaires", a déclaré Costas Vaxevanis à Reuters.

 

Les politiques ont d'abord tenté de cacher la liste, dite liste Lagarde, du nom de l'ancienne ministre française de l'Economie qui l'avait remise aux autorités grecques. Et les médias grecs ont tu l'affaire alors que la presse internationale s'en emparait, a-t-il expliqué.

 

"La liste a été publiée, ils m'ont arrêté, m'ont jugé et rien n'a été dit à la télévision grecque (...) Il s'agit d'une question grave pour la liberté de la presse. Les chaînes grecques n'ont rien montré", a-t-il dit.

 

Costas Vaxevanis a été arrêté le week-end dernier, au lendemain de la publication de la liste comprenant deux mille cinquante neuf noms, pour avoir enfreint la loi sur la publication de données confidentielles privées. Jugé jeudi lors d'un procès-éclair, il a été acquitté.

 

Le cas de ce journaliste de 46 ans, père de deux enfants, a fait le tour du monde après son arrestation. Et alors que sa photographie le montrant mal rasé sortant du tribunal s'étalait en une du Financial Times et de l'International Herald Tribune, la couverture de son procès a été reléguée aux dernières pages des journaux grecs, quand ceux-ci l'ont mentionnée.

 

"Durant la junte, les gens écoutaient la Deutsche Welle et la BBC en secret (...). Désormais ils regardent les médias étrangers (...) nous en sommes au même point", explique-t-il faisant référence à la dictature des colonels qui a dirigé le pays entre 1967 et 1974.

 

DOSSIER TRANSMIS AU PARLEMENT

 

Mais malgré une faible couverture médiatique, le sujet a fait vivement réagir sur la Toile et parmi la population de plus en plus en colère contre des dirigeants se montrant incapables de lutter contre la fraude fiscale et d'inciter une élite bien portante à partager le fardeau de quatre années de crise.

 

"Nos politiques partent à l'étranger, se moquent de nos bailleurs de fonds et c'est le peuple qui doit payer la facture une fois de plus", a-t-il confié à Reuters, du siège de "Hot Doc", l'hebdomadaire qu'il a fondé il y a six mois avec un budget de cinq mille euros.

 

Il espère que la décision du tribunal donnera du courage à ses confrères. Il évoque le cas de journalistes l'ayant appelé secrètement pour lui manifester leur soutien plutôt que d'en parler publiquement.

 

L'ancien présentateur de "La boîte de Pandore", une émission de journalisme d'investigation diffusée sur une chaîne publique, dit ne pas avoir été découragé par cet épisode judiciaire et a déjà en tête son prochain objectif qui consiste à analyser les liens entre les différents noms se trouvant sur cette liste.

 

Le journaliste, qui encourait deux ans de prison, avait déclaré avoir reçu la liste via une source anonyme. Il affirme avoir agi au nom de l'intérêt général.

 

Pour Anton Anastasakis, directeur des études européennes à l'université d'Oxford, le silence des médias grecs révèle des conflits d'intérêt.

 

"Il est très probable, étant donné que cette affaire ne fait pas la une des journaux alors qu'elle très importante (...) (que) la presse fasse l'objet d'intérêts entremêlés avec des intérêts politiques et financiers."

 

Vendredi, la justice a fait avoir un dossier allait être transmis au Parlement pour que celui-ci puisse ouvrir une enquête contre les anciens ministres des Finances Georges Papaconstantinou et Evangélos Vénizélos, qui ont chacun dit avoir possédé une copie de cette fameuse liste.

 

Le gouvernement grec n'a pas fait de commentaires.

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 17:52

 

Les insurgés syriens attaquent une base aérienne dans le Nord

 

BEYROUTH (Reuters) - La rébellion syrienne a attaqué samedi un aérodrome militaire du nord du pays pour tenter d'isoler Alep, la grande métropole économique, de Damas, et de s'emparer d'un axe stratégique Nord-Sud.

 

Des combattants du Front islamique pour la libération de la Syrie ont annoncé être passés aux premières heures de la matinée à l'offensive contre la base militaire aérienne de Taftanaz, dans la province septentrionale d'Idlib. Les insurgés sont armés de lance-grenades RPG et d'au moins trois chars.

 

Les forces loyales au président Bachar al Assad utilisent cette base pour ravitailler leurs hélicoptères de combat et leurs avions qui bombardent les localités des alentours.

 

"Tous les aéronefs qui bombardent décollent de cet aérodrome. Si nous réussissons à le libérer, l'axe routier reliant Alep à Idlib sera rouvert et sûr", a déclaré un insurgé de la brigade Soukour al Cham.

 

"Nous sommes parvenus à détruire un hélicoptère et plusieurs batteries de DCA. Nous utilisons des chars pour pilonner la base", a-t-il dit à Reuters par téléphone.

 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH, ONG proche de la rébellion), l'aviation gouvernementale a attaqué en représailles la localité voisine de Bennich.

 

On signale d'autres affrontements dans la province orientale de Daïr az Zour ainsi qu'à la périphérie de Damas.

 

Vendredi, les forces loyalistes avaient évacué leur dernière base des environs de Sarakeb, laissant la ville d'Idlib et ses environs "entièrement hors du contrôle des forces du régime", avait souligné l'OSDH, qui est basé à Londres mais dispose d'un vaste réseau d'informateurs en Syrie.

 

Ce repli faisait suite à des attaques coordonnées lancées jeudi par la rébellion contre trois positions militaires autour de Sarakeb, une ville située à cinquante kilomètres d'Alep. On avait dénombré" vingt huit morts dans les rangs de l'armée régulière.

 

RÉUNION DIMANCHE DE L'OPPOSITION AU QATAR

 

Sarakeb est située à l'embranchement du grand axe routier nord-sud du pays reliant la capitale politique à la capitale économique. De Sarakeb part également une troisième route menant à la cité portuaire de Lattaquié, sur la Méditerranée. Lattaquié est un fief traditionnel de la minorité alaouite soutenant le clan Assad.

 

Samedi, une vidéo mise en ligne sur YouTube par des adversaires de Bachar al Assad semble montrer des soldats gouvernementaux en train de mutiler des corps de rebelles dans un secteur d'Idlib. On voit notamment des soldats découpant les oreilles d'insurgés décédés en évoquant en riant des "oreilles de chien".

 

A l'étranger, l'opposition fragmentée au régime de Damas se réunit à compter de dimanche à Doha, au Qatar, pour tenter de former un front uni pour quémander des armes en vue de chasser Bachar al Assad.

 

"Il faut absolument une alternative à ce régime", martèle Riad Seif, une des figures majeures de la dissidence, qui a quitté la Syrie en juillet après y avoir été emprisonné.

 

Il explique vouloir mettre en place "une période provisoire qui commence par la formation d'une direction politique jusqu'à ce qu'une assemblée nationale représentant l'ensemble des Syriens se réunisse à Damas, après la chute d'Assad".

 

Agé de 66 ans, ancien député, Riad Seif est une voix écoutée et espère réunir des soutiens autour d'une initiative qui porte son nom et vise à créer une assemblée plus large que le Conseil national syrien (CNS), la plus grande instance de l'opposition en exil, critiquée pour son manque de représentativité.

 

Rencontré récemment par Reuters à Amman, il a multiplié les contacts ces derniers jours dans la capitale jordanienne en prévision de la conférence au Qatar.

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 17:39

 

Manuel Valls critiqué après la remise d’Aurore Martin à Madrid

 

BORDEAUX (Reuters) - L'arrestation par la France et la remise aux autorités espagnoles de la militante basque française Aurore Martin, membre du parti indépendantiste Batasuna, ont fait monter la tension au Pays Basque vendredi.

 

Des élus communistes, Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et même socialistes, ont critiqué la décision du ministre de l'Intérieur Manuel Valls, accusé d'aller encore plus loin que son prédécesseur UMP.

 

"Ce que (Claude) Guéant n'avait pas osé faire, le ministre Valls vient de le commettre", a déclaré dans un communiqué le porte-parole du PCF Olivier Dartigolles.

 

"Nous reprochons à Manuel Valls de ne pas respecter le droit français", a déclaré sur iTELE le député EELV Noël Mamère, accusant le ministre de vouloir se construire une image de fermeté sur le dos d'Aurore Martin.

 

Le Front national a estimé dans un communiqué "qu'en aucun cas un gouvernement français ne doit extrader ses nationaux".

 

Aurore Martin, 33 ans, a été interpellée jeudi par la gendarmerie lors d'un contrôle routier fortuit à Mauléon-Licharre (Pyrénées-Atlantiques), en exécution d'un mandat d'arrêt européen émis par l'Espagne le 13 octobre 2010 et validé le 16 décembre suivant par la justice française.

 

La justice espagnole reproche à Aurore Martin ses liens avec le parti indépendantiste Batasuna, illégal dans ce pays car considéré comme lié à l'organisation politico-militaire ETA, mais légal en France. Elle a notamment participé à deux réunions publiques de cette organisation.

 

Entrée durant six mois dans la clandestinité avant de réapparaître et de recevoir le soutien de nombreux politiques, Aurore Martin avait épuisé tous les recours possibles.

 

Les soutiens de la jeune femme, parmi lesquels la Ligue des droits de l'Homme, reprochent aux autorités françaises d'accepter de livrer un de ses ressortissants à un autre pays pour des faits qui ne sont pas condamnables en France.

 

"CONSTERNÉS"

 

Une tentative d'arrestation avait échoué en juin 2011. Des militants s'étaient opposés aux policiers venus chercher Aurore Martin dans l'appartement de sa soeur à Bayonne.

 

Elle vivait depuis à visage découvert mais savait qu'elle pouvait à tout moment être arrêtée. Elle risque jusqu'à douze ans de réclusion.

 

Aurore Martin a été placée vendredi en détention provisoire par la justice espagnole en attendant son jugement, déclenchant de vives protestations localement et nationalement, de l'extrême droite à l'extrême gauche.

 

Seize élus "socialistes et républicains" du Pays basque se sont dit "consternés" dans un communiqué commun.

 

"Nous rappelons que les faits visés par l'Espagne ne sont pas répréhensibles en France", affirment les élus. "Nous demandons le retour immédiat de notre compatriote sur le territoire français."

 

Le conseiller général UMP Max Brisson a dit voir dans cet événement "un nouveau signal préoccupant pour tous ceux qui œuvrent pour un Pays basque apaisé et le vivre-ensemble".

 

Quatre cents à cinq cent personnes se sont rassemblées vendredi en fin de journée devant la mairie de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour protester contre la remise aux autorités espagnoles de la militante basque française, a-t-on appris auprès des organisateurs.

 

La remise à l'Espagne d'Aurore Martin est intervenue quatre jours après une interview accordée par Manuel Valls au quotidien espagnol El Pais, où il annonçait qu'il n'y aurait pas de Pays basque français dans la prochaine loi de décentralisation.

 

Il a ainsi mis fin aux espoirs de nombreuses organisations basques dont une délégation avait présenté le 11 octobre dernier à la ministre de la Réforme de l'Etat Marylise Lebranchu un projet de Collectivité territoriale à statut particulier (CTSP).

 

Manuel Valls avait ajouté qu'il refusait d'ouvrir ce débat tant qu'ETA n'aurait pas "restitué ses armes".

 

Une manifestation à Bayonne pour le respect des droits des prisonniers et des réfugiés politiques basques est prévue le 10 novembre, un an après l'annonce par ETA de la fin définitive de la lutte armée.

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 20:20

 

http://www.liberation.fr/monde/2012/10/24/zarahuit-ans-dans-les-camps-de-poutine_855668

 

Zara, huit ans dans les camps de Poutine

 

Mercredi 24 Octobre 2012

 

La tchétchène, 29 ans aujourd’hui, a été condamnée pour « terrorisme » en 2005.

Soutenue par la journaliste Zoïa Svetova, elle raconte sa détention en colonie pénitentiaire.

 

Par Veronika Dorman, correspondante de Libération à Moscou

 

Sa mise coquette et un maquillage adroit ne dissimulent pas la fatigue qui imprègne son visage. La Tchétchène fait plus que ses 29 ans. Mais rien dans sa prestance, un regard vert-de-gris incisif et franc, des épaules fières, ne trahit ses années de prison. Le 3 septembre, Zara Mourtazalieva est sortie de la colonie pénitentiaire numéro 13, à Potma, en Mordovie, à quatre cent cinquante kilomètres de Moscou. «J’ai vécu en enfer pendant huit ans et demi. Ce n’est pas un mauvais rêve qu’on peut oublier. C’est une terrible école de la vie.» Elle était attendue avec impatience par les défenseurs des droits de l’homme et les journalistes qui ont suivi son histoire depuis le début et l’ont soutenue.

 

Originaire d’un village proche de Grozny en Tchétchénie, Zara décide, en 2003, de venir s’installer à Moscou pour aider sa mère, veuve, à subvenir aux besoins de la famille. Elle a 18 ans. Etudiante en langues étrangères, elle trouve un boulot dans une compagnie d’assurances. A la Grande Mosquée, elle rencontre deux jeunes Russes converties à l’islam, Dacha et Anya. «J’y allais surtout pour l’épicerie, dans laquelle on trouve du saucisson comme à la maison», avoue en riant la jeune femme, issue d’une famille pieuse, comme on l’est dans les montagnes caucasiennes, mais plutôt libérale pour la région. Chez les Mourtazalieva, obsédés par l’éducation, y compris celle des filles, les femmes ne se couvraient pas les cheveux et les jeunes ne fréquentaient pas assidûment la mosquée.

 

Ses nouvelles copines lui présentent un jeune du pays, le Tchétchène Saïd Akhmaev, qui devient comme un grand frère protecteur dans la capitale hostile. Zara ignore qu’il est agent des brigades de lutte contre le crime organisé dépendant du ministère de l’Intérieur russe, il est chargé de faire du chiffre dans la lutte antiterroriste. C’est pourquoi, le soir du 4 mars 2004, elle ne se méfie pas quand une voiture aux vitres teintées l’emmène au poste de police pour un «contrôle de papiers de routine». Saïd le lui a confirmé au téléphone : tous les Caucasiens se font contrôler en cette veille de présidentielle. L’époque est instable, la deuxième guerre de Tchétchénie n’est terminée qu’officiellement, et Moscou vit dans la psychose des attentats terroristes perpétrés par les «veuves noires», des femmes kamikazes qui se font sauter dans les lieux animés pour venger un mari ou un frère morts à la guerre.

 

Au poste de police, la souricière se referme : une «savonnette» de TNT est découverte dans le sac à main de l’étudiante. «J’étais abasourdie. Je savais que les Tchétchènes se faisaient piéger, mais je n’avais aucun mobile, personne n’est mort à cause du conflit parmi mes proches», assure Zara. Selon son avocat, elle est une des victimes de la «politique du chiffre» des services de sécurité.

 

A l’issue d’un procès éclair, en janvier 2005, Zara est déclarée coupable de la préparation d’un attentat et du recrutement de kamikazes, et condamnée à neuf ans de camp. Malgré le retrait de la déposition d’une de ses deux amies, Anya Koulikova, qui a avoué avoir été forcée à témoigner contre elle. Et malgré la grossièreté des ficelles du dossier. La principale pièce à conviction n’a pas été produite au tribunal : l’intégralité du TNT aurait été détruite lors de l’expertise. En revanche, l’accusation a brandi des photos un peu floues d’un centre commercial, près de la place Rouge, le site présumé du futur attentat. «J’arrivais d’un pays en ruines, ravagé par la guerre, et tout m’épatait à Moscou, les vitrines, les gratte-ciel, les voitures. Je prenais en photo tout ce qui brillait», explique Zara dans le silence du vieil appartement moscovite où nous nous rencontrons.

 

Elle est hébergée par son amie Zoïa Svetova, 53 ans, journaliste et défenseure des droits de l’homme, fille de dissidents réprimés par le régime soviétique et petite-fille de victimes des purges staliniennes.

 

Alertée par les ONG qui s’emparent de l’affaire après le repentir d’Anya, Svetova a couvert le procès de Zara pour son journal, Rousski Kourrier. «C’était un cirque, l’acte d’accusation tombait en morceaux sous nos yeux, la juge était très pressée de boucler le dossier», se souvient la journaliste. Alors que Zara attend dans sa prison moscovite d’être transférée dans un camp de Mordovie, les deux femmes entament une correspondance. Au fil des lettres, Zoïa, convaincue de l’innocence de la Tchétchène, se prend d’amitié pour elle.

 

Pendant huit longues années, la journaliste prendra le train de nuit deux ou trois fois par an pour aller passer trois heures au parloir avec son «étudiante tchétchène transformée en terroriste kamikaze». Elle raconte à la détenue la vie culturelle de la capitale, de peur que la jeune femme, intelligente et sensible, ne devienne une «taularde». Zoïa trouve de l’argent pour permettre à la mère de Zara de faire le voyage le plus souvent possible.

 

Elle frappe inlassablement aux portes de toutes les instances, elle sollicite personnellement, en vain, le président de la république tchétchène, Ramzan Kadyrov.

 

La vie à Potma : passages à tabac et loi du silence

 

Une dévotion qui paraît d’autant plus exceptionnelle à Zara qu’au milieu des années 2000, les Tchétchènes sont les pestiférés de la Russie, tous des terroristes en puissance. «Les gens comme vous, il aurait fallu les tuer dans le ventre de leurs mères, il faut tous vous exterminer», lui disaient les geôliers à son arrivée à Potma.

 

Mais Zara ne s’est pas laissé faire : «Ta vie au camp dépend de la manière dont tu te positionnes d’entrée de jeu. Il faut résister, sinon, tu te fais piétiner par l’administration et par tes codétenues.» La jeune femme refuse de se plaindre.

 

Pourtant, comme beaucoup de prisonnières, elle a reçu des coups. Pour une infraction au règlement, pour un retard dans le travail. «Le harcèlement sexuel est monnaie courante. Le personnel méprise les détenues en toute impunité.» Zara a vu l’une des filles emprisonnées perdre la raison après un violent passage à tabac.

 

Vers la fin de sa peine, une nouvelle directrice adjointe est arrivée au camp. Zara frissonne : «Elle nous traitait de salopes, de putains, et changeait le règlement tous les jours, en fonction de ses humeurs.» Elle a déchiré le journal de Zara le jour de sa libération. Tout ce qui se passe au camp reste dans le camp. Pour plus de sûreté, quand des commissions d’inspection débarquent, les potentielles cafteuses sont jetées au mitard. Les médecins, eux, se gardent bien d’établir la liste des blessures infligées par le personnel. D’ailleurs, les femmes évitent en général de se plaindre.

 

De toute façon, dénoncer un employé abusif est un combat perdu d’avance, l’administration pénitentiaire locale est une grande famille. Là-bas, on est maton de père en fils. Depuis les années 1930, la Mordovie est une terre carcérale. Aux confins ouest de la région, sur une petite centaine de kilomètres, s’étire un chapelet de villages, chacun adossé à deux ou trois colonies de rééducation autour desquelles tourne toute la vie économique. Dans le coin, le système pénitencier est le seul pourvoyeur d’emplois. Gardiens, cuisiniers, médecins, jusqu’aux chauffeurs de taxi qui font la navette entre la gare et les parloirs.

 

«La véritable punition, c’est d’être vingt quatre heures sur vingt quatre entourée de gens, sans une seconde d’intimité», poursuit Zara. Les prisonnières sont réparties en détachements de cent soixante personnes, et vivent par chambrées de quarante. Les journées sont remplies du lever au coucher : huit heures courbées sur une machine à coudre, puis les tâches ménagères et les diverses corvées. Des caméras installées dans tous les dortoirs rendent impossible d’arracher quelques minutes de sieste. Une fois par semaine, les détenues ont droit à une toilette intégrale : vingt minutes au bania, pour se laver, s’épiler, faire tremper le linge. Le reste du temps, elles se contorsionnent pour se laver par bouts dans le lavabo. Zara, elle, trouvait le moyen de se friser les cheveux.

 

En huit ans, elle n’est pas sortie une seule fois sans maquillage. «C’est le dernier rempart de ta dignité humaine et féminine», lance-t-elle. «Le jour de sa libération, elle a franchi la porte du camp et s’est avancée vers nous comme une star sur le tapis rouge de la Croisette, en talons aiguilles, tirée à quatre épingles», raconte Zoïa, émue aux larmes.

 

Des forces puisées chez Soljenitsyne

 

Pendant huit ans, Zara a cousu des uniformes militaires pour l’équivalent de dix huit euros par mois, et appris les lois de la jungle carcérale. Tu ne cancaneras pas, tu ne cafteras pas, tu ne voleras pas, tu ne collaboreras pas avec la direction, tu ne feras confiance à personne. Zara a utilisé à son avantage son statut de «criminelle dangereuse» : «Je n’avais aucune remise de peine à espérer, jamais on ne m’aurait accordé une conditionnelle, ce qui me rendait libre d’enfreindre le règlement, de défendre mes droits. J’étais l’emmerdeuse de service.» D’où des séjours multiples au mitard. Mais là encore, Zara a trouvé le revers positif : cette lectrice compulsive trouvait dans l’isolement du cachot un répit au collectivisme outrancier de la vie derrière les barbelés. Pour satisfaire son appétit, Zoïa lui expédiait des livres par brassées. Poésie, théâtre, littérature classique. En arrivant à Potma, Zara a dévoré l’Archipel du goulag : «J’ai puisé des forces chez Soljenitsyne. S’ils ont tenu, il aurait été honteux que nous ne tenions pas.» La nouvelle mission de Zoïa, après avoir aidé la jeune femme à survivre mentalement et psychologiquement en prison, est de lui réapprendre à vivre en liberté. Elle l’introduit dans les cercles de l’intelligentsia moscovite, l’emmène au théâtre et au musée. Elle l’aide dans ses premiers pas professionnels. Les talons de Zara résonnent désormais dans la rédaction du magazine indépendant The New Times.

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 20:00

 

http://www.france.attac.org/articles/halte-la-repression-stop-laeroport-communique-unitaire

 

Expulsion des opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes

 

Halte à la répression, stop à l’aéroport

 

Communiqué unitaire

 

Dimanche 28 Octobre 2012

 

Depuis le 16 octobre, l'agression subie par les habitants de la zone concernée par le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes en Loire Atlantique, a franchi un nouveau cran.

Parce qu'ils défendaient la préservation des terres agricoles, des écosystèmes, et ont mis en place des modes de vie alternatifs, les habitants de la ZAD (Zone d'Aménagement Différé renommée Zone A Défendre) et leurs familles ont été chassés de leurs maisons, quinze jours avant le début de la trêve hivernale, et ces maisons détruites, parfois illégalement, par les forces de l'ordre.

Nous condamnons la violence déployée depuis la semaine dernière lors des expulsions par les gendarmes mobiles et CRS envoyés par le gouvernement, qui illustre ainsi une nouvelle fois son soutien à la multinationale Vinci, maîtresse d’œuvre du projet d'aéroport.

Depuis plusieurs années, les habitants, et les paysans de Notre-Dame-des-Landes se battent contre un projet inutile, coûteux, destructeur de la nature et des terres agricoles (mille six cent hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l'aéroport, et des milliers d'autres pour les  zones commerciales et industrielles sur les vingt kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes). Ces terres sont indispensables pour développer une agriculture saine et de proximité, leur destruction est un signe supplémentaire que le capitalisme est un modèle de développement économique irrationnel. Quand toutes les terres agricoles seront construites comment ferons-nous pour nous nourrir, et où ira se nicher la vie végétale et animale ?

Alors que le gouvernement n'a que la réduction des déficits à la bouche, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d'euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n'arrive même pas à démontrer l'utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci ?

Depuis l'expulsion, les manifestations de soutiens et les actions entreprises un peu partout en France sont de plus en plus nombreuses et témoignent d'une résistance qui en marche

Nous dénonçons  les expulsions et destructions, l'occupation de la zone par les forces de l'ordre, la répression, ainsi que l’acharnement du premier ministre Jean Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, à poursuivre le projet d'aéroport. Nous soutenons les initiatives de soutien à la lutte de Notre-Dame-des-Landes et appelons à rejoindre les comités de solidarité et de résistance pour stopper ce projet.

L'heure est à la convergence de toutes les initiatives pour faire reculer le gouvernement.

 

Premiers signataires : Alter Ekolo, Alternative Libertaire, ATTAC, Fédération Anarchiste, Fédération pour une Alternative Sociale et Écologiste, Gauche Anticapitaliste, Ile de France Décroissance, Initiative Pour un Autre Monde, Les Alternatifs, Les Amis de la Confédération Paysanne, Mouvement des objecteurs de Croissance, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Pour La Décroissance, Relocalisons, Union Syndicale Solidaires

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 19:16

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-palestine-complicite-et-collusion-des-etats-unis-avec-israel-111956586.html

 

Mercredi 31 octobre 2012

 

Palestine : complicité et collusion des Etats-Unis avec Israël

 

Par Suraya Dadoo (revue de presse : The Star – Afrique du sud -  18 octobre 2012)

 

La quatrième et dernière session du Tribunal Russel Pour la Palestine (TRP) a achevé ses travaux à New York, le 7 octobre dernier.

 

A vol d’oiseau du bâtiment des Nations unies, il a siégé dans la capitale des multinationales américaines où Angela Davis, Alice Walker, Ronnie Kasril, John Dugard ainsi que d’autres personnalités connues du monde de la justice sociale, ont entendu les témoignages sur la complicité des Etats-Unis et des Nations unies avec les crimes de guerre d’Israël commis contre le peuple palestinien.

 

Pendant deux jours, plus de mille personnes dont des militants sud-africains - comme Terry Crawford-Browne, Z. Vavi, secrétaire-général de COSATU (fédération syndicale sud-africaine), Harry Belafonte, Wallace Shawn - ont écouté des experts (Noam Chomsky, Ilan Pappé, historien israélien) évoquer les innombrables résolutions des Nations unies, non appliquées ou couvertes par un veto américain, et les mille exemples par lesquels l’organisation internationale a failli à sa mission, non seulement face au peuple palestinien mais aussi face au monde entier.

 

Pas de visa pour les délégués palestiniens

 

De nombreux participants ont questionné l’absence des Palestiniens sur le podium : l’avocat des droits de l’homme de la Bande de Gaza, Raji Sourani, et l’envoyé de l’Autorité Palestinienne auprès de la Commission européenne à Bruxelles, Leila Shahid n’ont pas obtenu de visa du Département d’Etat pour parler, au cours d’un évènement majeur organisé aux Etats-Unis même, sur la complicité de ce pays et des Nations unies avec les violations du droit international par Israël

 

Cette complicité avec les crimes de guerre d’Israël ne se borne pas au seul soutien  militaire, diplomatique et économique illimité des Américains, mais s’étend à la volonté de réduire au silence le mouvement anti-apartheid palestinien.

 

La « relation spéciale » israélo-américaine a été longuement documentée au cours des séances du Tribunal à New York car, depuis la guerre d’Octobre 1973, le niveau de soutien de Washington à son protégé a dépassé tout ce qui a pu être offert à d’autres pays.

 

Israël reçoit, tous les ans, trois milliards d’aide directe, à peu près un cinquième du budget de l’aide étrangère US et n’a pas à rendre compte de la manière dont cette aide est dépensée. Au cours des trente dernières années, les Etats-Unis ont utilisé leur droit de veto pour protéger les Etats d’apartheid, Israël et l’Afrique du sud. Trente deux résolutions du Conseil de sécurité dénonçant Israël ont ainsi été rendu inapplicables grâce au veto des Américains, soit plus que le total de tous les vetos des autres membres du Conseil.

 

Israël : Etat d’apartheid

 

En tant que Sud-Africaine, je n’apprécie pas particulièrement le soutien accordé à un Etat d’apartheid.

 

L’administration Reagan avait virtuellement ignoré les appels de toutes parts pour isoler l’Afrique du sud et n’avait imposé des sanctions  que du bout des lèvres sur ledit régime à Pretoria à la fin de 1980, alors que celui-ci s’effondrait.

 

L’Afrique du sud d’apartheid était devenue un paria international, soumis à un quasi isolement politique, économique, social, culturel et militaire. Le gouvernement d’Israël n’a pas à faire face à de telles mesures car les Nations unies n’ont pas réagi avec la même urgence comme elles le firent pour le premier.

 

Au vu des analyses des spécialistes, les jurés ont conclu que l’expansion coloniale d’Israël au travers des colonies, sa politique séparatiste raciste et son militarisme agressif seraient impossibles sans le soutien en tous genres des Etats-Unis. Ils ont de plus considéré que les Nations unies ont violé le droit international pour ne pas avoir répondu aux crimes de guerre d’Israël, ses crimes contre l’humanité, son crime d’apartheid et le génocide perpétré contre le  peuple palestinien.

 

Le Tribunal a appelé à la mobilisation de l’opinion internationale, notamment aux Etats-Unis et en Israël, par le biais des mouvements en faveur du boycott, du désinvestissement et des sanctions et des syndicats, réseaux sociaux et médias. Il a aussi demandé le retrait du droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, une démocratisation plus avancée de l’appartenance à ce Conseil où le Sud se trouve sous-représenté ainsi que la revitalisation des pouvoirs de l’Assemblée générale.

 

Les conclusions du Tribunal ont été présentées  au cours d’une conférence de presse très courue à la UN Plaza qui a vu la participation des principaux organes médiatiques habituellement peu enclins à évoquer la complicité américaine dans l’occupation israélienne.

 

Le Time Magazine, le Wall Street Journal, al Jazeera en anglais et arabe, la BBC et la presse étrangère de Suisse, Grande-Bretagne, l’Afrique du sud y étaient présents, ainsi que la presse on line.

 

A la fin de la conférence de presse, les jurés et les orateurs ont présenté leurs conclusions à la Commission sur l’Exercice du Droit Inaliénable du Peuple Palestinien, un organe de l’Assemblée générale. Alors que l’an dernier, les séances du Tribunal avaient engendré une puissante réaction du lobby sioniste en Afrique du sud, par une campagne de dénigrement contre le jury et les orateurs dans la presse américaine et sud-africaine, il n’en a rien été du côté du puissant lobby juif américain. Selon Sherry Wolf, attaché de presse du Tribunal, les attaques récentes lors de conférences sur la Palestine dans les universités de Columbia, Harvard et de Pennsylvanie et au Cap ont eu des effets négatifs sur les sionistes car les audiences y  étaient plus importantes.

 

Le Tribunal Russel fait partie du mouvement du Printemps arabe et d’Occupy Wall Street… C’est ainsi qu’il devient une arme puissante entre les mains des citoyens pour demander que leurs gouvernements, leurs institutions et les multinationales mettent fin à leur collusion dans les violations du droit international et des droits de l’homme commises par Israël à l’encontre des Palestiniens. Fortifiés par les résultats du Tribunal Russel, il faut exiger la même chose des Nations unies et des gouvernements concernant leur relation avec Israël et leur soutien aux crimes de guerre de ce pays et de son apartheid.

 

Traduction : Xavière Jardez – Intertitres : AFI-Flash.

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:51

 

 

http://www.paris.reelledemocratie.net/node/1652

 

 

http://www.paris.reelledemocratie.net/node/1651

 

 

« Ils ont peur de la liberté »

 

 

Après avoir rassemblé témoignages, photos et vidéos, la commission juridique du Mouvement Démocratie Réelle Maintenant Paris publie ce jour un dossier sur la répression de la manifestation du Samedi 13 Octobre 2012 à Paris pour l’annulation de la dette illégitime.

 

Cette manifestation était appelée par le Mouvement Démocratie Réelle Maintenant Paris (dit les "indignés"), la Coordination des sans-papiers de Paris, ATTAC France, ATTAC Wallonie Bruxelles, CADTM, Sud BPCE, dans le cadre de l’action mondiale du mouvement des indignés. Ce jour-là, le bruit des casseroles a résonné dans le monde entier et de nombreuses actions ont été organisées, de New York à Tokyo en passant par Istambul, Barcelone et Melbourne.

 

Notre mouvement est international, pacifique, démocratique, indépendant de toute organisation, constitué de personnes ordinaires et non violentes. Nous dénonçons les injustices de tout type et nous voulons construire une voie pour sortir de la crise économique internationale sans violence. Nous valorisons le respect de chacun, la coopération, l'horizontalité, les relations justes et humaines, la créativité et l’intelligence collective en tant que piliers pour instaurer une véritable démocratie.

 

Face à cela, le pouvoir a peur, réprime et intimide. Le changement c’est maintenant ? Le 13 octobre, un seuil a été franchi en matière de contrôle policier, d’interdiction, de répression, d’intimidation et d’atteinte aux libertés fondamentales.

 

Pour la première fois depuis le début du mouvement, le préfet de police a pris un arrêté préfectoral d’interdiction pour obliger le mouvement à signer un nouveau parcours conforme aux exigences de la préfecture et symboliquement moins puissant. On notera que M. Paquette, chef d’état major à la préfecture de police, a admis que l'interdiction de se rassembler place du Palais Bourbon (en face de l'Assemblée nationale) n'était « pas vraiment rationnelle », mais liée au caractère « sanctuarisé » du lieu.

 

Le jour de la manifestation, un dispositif policier exceptionnel et disproportionné a encerclé, intimidé, séquestré, ostracisé les manifestants. Aussi nombreux, sinon plus, que les manifestants, les forces de l’ordre en « armures », lourdement équipées (flash-ball en main et prêts à l'emploi, boucliers, matraques, bombes lacrymogènes, casques intégraux, masques à gaz...) ont interdit aux manifestants de quitter la manifestation et aux personnes à l’extérieur de la rejoindre, en faisant usage de la force le cas échéant. Il était interdit de donner des tracts aux passants, de prendre des photos de l’extérieur de la manifestation, d’aller aux toilettes…

 

Des manifestants qui avaient réussi à s’échapper ont été ramenés de force dans le cortège. A l'assemblée populaire qui a suivi la manifestation, de nombreuses personnes souhaitant nous rejoindre se sont vues interdire l'accès au rassemblement par les agents de police, et celles et ceux désirant sortir ne pouvaient le faire qu’au compte-goutte en étant escortées par plusieurs gendarmes jusqu'au métro.

 

Cet encerclement et cette séquestration ont généré stress, tensions, peur, mise en danger de certains participants (notamment personnes âgées, fragiles ou malades), intimidations (en particulier des nouveaux arrivants), séparation du reste de la population, et a abouti au sabotage et à la défiguration de notre manifestation qui se voulait festive. Malgré tout cela, les manifestants sont restés profondément pacifiques, calmes et créatifs.

 

Nous vous invitons à consulter le dossier de la commission juridique qui décrit précisément les faits avec témoignages, photos et vidéos.

 

Nous sommes en train d'étudier les moyens juridiques à mettre en œuvre face à ces atteintes aux libertés fondamentales que sont le droit de manifester, la liberté d'expression et la liberté de circulation. Une telle répression lors d’une manifestation pacifique, parfaitement légale, témoigne encore plus, s’il en était besoin, de l’état de délabrement dans lequel se trouve notre « démocratie ». Ainsi scandaient les manifestants : « ils ont peur de la liberté ».

 

Nous vous informons par ailleurs que deux manifestants pacifiques ont été arrêtés de façon complètement abusive lors de la dispersion brutale de l’assemblée populaire qui se tenait dans le calme le 30 septembre, suite à la manifestation unitaire contre le traité d’austérité européen. Ces deux manifestants vont devoir comparaître au Tribunal de Grande Instance de Paris, une audience étant prévue le 19 Novembre.

 

Cette répression du mouvement fait écho à celle subie à Notre-Dame-des-Landes, ou encore dans les quartiers populaires, dans un contexte où la brutalisation des mouvements citoyens s'aggrave en Europe. Récemment les images des violences policières le 25 septembre en Espagne ont fait le tour du monde. Un glissement insidieux est en train de s’opérer dans les « démocraties » européennes. Jusqu’où cela ira-t-il ?

 

Notre mouvement pour une démocratie réelle maintenant continue dans un contexte de mobilisations européennes et internationales. La Conférence européenne de Madrid du premier au 4 novembre nous permettra de mieux nous coordonner avec le réseau international des Indignés.

 

Une grève générale européenne est appelée le 14 novembre. Le premier décembre aura lieu une manifestation unitaire contre le chômage et la précarité à laquelle nous appelons toutes et tous à participer avec les organisations de chômeurs et précaires.

 

Mouvement pour une Démocratie Réelle Maintenant Paris  

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:21

 

François Hollande promet toute la vérité sur l’affaire Merah

 

PARIS/TOULOUSE (Reuters) - François Hollande a une nouvelle fois promis jeudi que toute la lumière serait faite sur l'affaire Merah, au moment où des témoignages cités dans la presse relancent les interrogations sur l'attitude des services de renseignements intérieurs (DCRI).

 

S'exprimant lors d'une cérémonie à la mémoire des quatre victimes juives de Mohamed Merah, qui a également abattu trois soldats en mars dernier à Toulouse et Montauban, le chef de l'Etat a reconnu que le drame avait "révélé certaines failles dans l'organisation de notre renseignement."

 

"Toute la lumière sur ce qui s'est passé sera faite. Je m'engage une nouvelle fois devant vous, c'est-à-dire devant les familles, devant les Français, pour que toute la vérité soit faite", a-t-il dit. "Nous devons tirer toutes les leçons de cette tragédie et briser le plus tôt possible les engrenages qui conduisent au terrorisme".

 

Libération et Le Parisien-Aujourd'hui en France font état de dépositions devant le juge d'instruction chargé de l'affaire montrant que la dangerosité de Mohamed Merah, qui s'était rendu ces dernières années en Afghanistan et au Pakistan, ne semble pas avoir été perçue par la hiérarchie de la DCRI.

 

Ces informations ont amené des avocats des familles des victimes à réclamer une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire.

 

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls leur a répondu que "la mise à jour complète de l'enchaînement des faits et de la responsabilité de leurs auteurs relève de la justice, qui bénéficie seule des pouvoirs d'investigations nécessaires".

 

"Elle est assurée de l'entier concours du ministère de l'Intérieur", a-t-il ajouté dans un communiqué, en rappelant que ses services ont déjà publié un rapport sur cette affaire.

 

Selon Libération et Le Parisien, les agents toulousains chargés du suivi de Mohamed Merah, le patron local de la DCRI et un brigadier du nom d'Hassan, avaient demandé sans succès en juin 2011 à leurs supérieurs parisiens l'ouverture d'une enquête judiciaire à son encontre.

 

Les deux quotidiens, qui s'appuient sur des procès-verbaux d'audition de ces agents toulousains devant le juge antiterroriste Christophe Teissier, indiquent que ceux-ci n'ont reçu aucune réponse.

 

DEUX VERSIONS CONTRADICTOIRES

 

Selon ces procès-verbaux, Mohamed Merah, qui tué trois militaires puis trois enfants et un adulte dans une école juive, à Montauban et Toulouse en mars dernier, était surveillé depuis début 2011 après un séjour en Afghanistan.

 

Cité par Le Parisien, "Hassan" a déclaré au juge qu'il avait signalé "une personne paranoïaque, dangereuse en raison de ses séjours et de son engagement religieux radical" à l'appui de sa demande d'enquête.

 

Cinq mois plus tard, de retour d'un séjour au Pakistan, Mohamed Merah sera entendu par des policiers de la DCRI venus de Paris, qui déclarent n'avoir pu établir aucun lien avec un réseau djihadiste, avec pour conséquence un arrêt de sa surveillance.

 

Ces policiers vont jusqu'à demander à la DCRI de Toulouse une évaluation de Mohamed Merah en vue d'un éventuel recrutement comme indicateur.

 

Dernier élément du dossier, la hiérarchie de la DCRI demandera au responsable de l'antenne régionale de se concentrer sur la piste d'extrême droite après les sept meurtres de Toulouse et Montauban alors qu'il avait fait part de ses soupçons sur le profil "islamiste" du tueur recherché.

 

"Dans cette affaire, on a le sentiment que, plus on avance, plus on a de questions", a déclaré à Libération Patrick Klugman, un avocat des familles des victimes de l'école juive.

 

"L'Inspection générale de la police nationale fait un rapport, mais sans avoir eu accès au dossier judiciaire. Les juges enquêtent, mais ils doivent fonctionner sans avoir accès à la totalité des éléments de la DCRI. La DCRI, de son côté, présente deux versions contradictoires, une toulousaine, une autre nationale (...) on ne peut plus fonctionner comme cela!"

 

Interrogé sur RTL, l'ancien ministre de l'intérieur Claude Guéant est venu au secours de la DCRI.

 

"Il est vrai que Merah a fait l'objet de beaucoup d'observations, ça veut dire que les services étaient sur ses traces, mais que jamais son comportement n'a révélé de dangerosité", a-t-il assuré.

 

"Il peut y avoir des hésitations, il peut y avoir après coup une réécriture de l'histoire. C'est vrai qu'un signal qui n'a pas de signification il y a un an, il y a deux ans, peut en trouver plus tard quand un drame comme celui-là s'est passé", a ajouté Claude Guéant.

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 20:10

 

Les rebelles syriens vont combattre les palestiniens pro-Assad

 

BEYROUTH (Reuters) - Les rebelles syriens ont annoncé mercredi la formation d'une brigade de Palestiniens dans le camp de réfugiés de Yarmouk à Damas dont l'objectif est de lutter contre les Palestiniens qui combattent aux côtés du président syrien Bachar al Assad.

 

Environ cent cinquante mille réfugiés palestiniens vivent dans le camp de Yarmouk.

 

Dans ce quartier d'immeubles de béton en forte expansion, certains habitants soutiennent le soulèvement contre le président Assad et d'autres ont décidé de se battre aux côtés de l'armée syrienne.

 

"Nous armons les Palestiniens désireux de combattre (...). Nous avons créé Lioua al Assifah (Brigade Tempête), constituée uniquement de combattants palestiniens", a déclaré à Reuters un commandant rebelle de la brigade Soukour al Golan (Les Faucons du Golan). "Sa tâche est de s'occuper du camp de Yarmouk".

 

Les rebelles expliquent, qu'avec la nouvelle brigade, ils vont attaquer ceux de Yarmouk qui sont fidèles à Ahmed Djibril, chef du Front Populaire de Libération de la Palestine-Commandement Général (FPLP-CG), financé par le pouvoir syrien.

 

Selon les rebelles, les hommes d'Ahmed Djibril harcèlent les habitants de Yarmouk et s'en prennent aussi aux combattants de l'Armée syrienne libre (ASL).

 

"Maintenant, ils sont des cibles pour nous, des cibles pour l'ASL. Tous, sans exception", a confirmé un autre commandant rebelle syrien qui a requis l'anonymat.

 

Il a précisé que certains combattants du FPLP-CG avaient remis leurs armes aux rebelles. Il appelle les autres à faire de même, menaçant d'assassiner les partisans du président Assad.

 

Environ cinq cent mille palestiniens vivent en Syrie, pour la plupart descendants de ceux qui s'y sont réfugiés après la création de l'Etat d'Israël en 1948. La Syrie baassiste des Assad s'est toujours voulue championne de la cause palestinienne dont elle finance plusieurs factions.

 

Mais le soulèvement contre le président Assad a fait apparaître des divisions entre Palestinienne en Syrie. Beaucoup de Palestiniens ont rejoint le camp des anti-Assad.

 

Ainsi, les islamistes palestiniens du Hamas ont fermé leur bureau à Damas cette année.

 

Mercredi, une bombe a explosé à Yarmouk sous la voiture d'un colonel de l'armée syrienne. Celui-ci n'était pas dans son véhicule au moment de l'explosion. Il n'y a pas eu de blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG proche de l'opposition basée à Londres.

 

Il n'est pas sûr que cet incident soit lié à la tension entre rebelles syriens et factions palestiniennes à Yarmouk.

 

Plus de cent quatre vingt personnes ont été tuées en Syrie mardi, notamment dans des frappes aériennes de l'armée syrienne, a précisé l'OSDH.

 

Selon ses calculs, trente deux mille personnes ont été tuées depuis mars 2011, début des premières manifestations pacifiques contre Bachar al Assad. Ils furent violemment réprimés, ce qui a débouché sur une guerre civile dans le pays.

 

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