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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 15:11

 

http://www.madrid15m.org/francia-motines-suburbiales-y-chovinismo-fascista

 

Les émeutes de banlieue et le chauvinisme fasciste
 

Par Frank Mintz
 

Dimanche 26 Mars 2017
 

Avec l'agression et le viol par un policier d'un jeune homme de vingt et un ans, Theo Luhaka, le 2 Février 2017 dans la banlieue parisienne, il y avait une série de manifestations et de protestations contre la police et pour la solidarité avec Theo Luhaka, insulté aussi pour être noir, aussi bien dans la région parisienne que dans le sud de la France, à Montpellier et à Avignon, ou dans l’ouest de la France, à Rennes et à Nantes.

L'extrême-droite du Front National a publié une déclaration réaffirmant « le soutien des français à la police nationale et à la gendarmerie » et le leader du parti, Marine Le Pen, a dénoncé « le laxisme qui se répand dans la société française, dont les responsables sont les politiques qui ont régné pendant des années ».

L'événement semble confirmer l'interprétation des médias selon laquelle les noirs et les musulmans remettent en question l'intégration sociale avec leur violence culturelle, qui ne peut provoquer que plus de violence.

Deux données démontrent la fausseté d'une telle propagande.

Les incidents éclatent toujours géographiquement dans les mêmes zones avec des couches sociales pauvres, des bâtiments sociaux surpeuplés dont les loyers sont bas, mais peu à peu mal entretenus. La plupart des habitants sont des français d’origine blanche ou noire des Antilles, de la Guyane française et des îles de la Réunion, de Mayotte et de la Nouvelle-Calédonie, avec des minorités étrangères et récemment naturalisées du Portugal, du Maghreb et des pays slaves.

Tous les jeunes de ces zones, depuis leur naissance ou leur arrivée en France, sont dans des écoles libres et laïques. Mais ils manquent de soutien scolaire et d’enseignants capables d'écouter les jeunes des familles sans emploi. Cela affecte fortement le phénomène de la recherche d'un emploi, avec ou sans diplôme, avec une adresse postale dans ces quartiers qui provoque déjà une réponse négative presque systématique.

Pendant les années 1970 et 1980, les différents gouvernements de droite et de gauche ont établi un écart social entre les municipalités ou les zones municipales des gagnants et des perdants, les uns avec un programme de subventions sociales et individuelles et les autres avec une aide de plus en plus faible, comme le Revenu de Solidarité Active (RSA), d’environ cinq cent trente cinq euros, une aumône pour ne pas mourir de faim.

Depuis la fin des années 1990, des rapports sur les « zones à risque » révèlent toujours des situations d'explosion sociale latente et ils proposent des réformes urgentes. Cela suppose de grands investissements, qui ne sont pas effectués.

Ce sont les causes de la multiplication des vols, des violences des pauvres contre les pauvres et du grand commerce de la drogue, l'arme habituelle du pouvoir démocratique pour que la misère sociale des quartiers reste éloignée des gens « normaux et décents ».

La police formée pendant les guerres coloniales a gardé l’usage de la xénophobie contre les jeunes, avec beaucoup d’arabes et de noirs. Et chaque mort d’un jeune provoque des émeutes pendant plusieurs jours.

Une réponse forte a surgi après la mort de deux jeunes pendant les mois d’octobre et de novembre 2005. Dans la plupart des grandes villes, il y a eu des agressions contre les centres sociaux et des incendies de voitures. Ce fut l'exaspération de ceux qui ont été abandonnés par la société.

Parallèlement, il y a une limite à l’ascension sociale des personnes noires et arabes d'origine modeste qui ont pu étudier, une ministre de la justice d'origine marocaine et une ministre de l’éducation de la même origine avec le président actuel. Il est important de souligner que, malgré le chauvinisme occidental, les jeunes d'origine maghrébine et africaine, à la grande différence du machisme de leur propre culture, sont intégrés dans le monde du travail. Le même Front National a ses maghrébins, qui sont les enfants des membres des unités algériennes de la gendarmerie française, les harkis.

La solution doit venir de la population des quartiers pauvres et de la solidarité. Après la défaite de la lutte contre la loi travail entre le mois de mars et le mois de juin 2016, il est impossible de ne pas continuer le combat.

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 17:21

 

http://webdoc.france24-mcd-rfi.com/infomigrants-roya-insoumise-migrants-retraites-pretre-religion-immigration-france-episode-2/

 

La résistance des cheveux blancs

 

Depuis bientôt deux ans, la vallée de la Roya, dans le département des Alpes-Maritimes, voit quotidiennement affluer des dizaines de migrants aux portes de ses villages médiévaux encastrés à flanc de montagne.

Pour éviter les contrôles de police à la frontière italienne entre Vintimille et Menton, ces exilés ont privilégié le passage par les Alpes. Si le chemin les conduit directement en France, il les mène aussi dans la gueule du loup, la région de la Roya est cernée par la police. Attachés à la tradition d'entraide qui fait la fierté de la vallée, des habitants regroupés au sein de l'Association Roya Citoyenne (ARC), leur portent assistance au risque de tomber sous le coup de la loi.

En ce moment, le prêtre François-Xavier Asso lit Pline l’Ancien. Une lecture érudite pour mieux connaître, explique-t-il, les racines romaines de son village de Tende, perché sur les hauteurs de la vallée de la Roya. Au café des sports, le principal bistrot du centre-ville où il s’est installé, l’ecclésiastique de soixante seize ans, ancien prêtre-ouvrier, enchaîne les digressions sur les origines latines des lieux, l'influence de l'empire romain et le règne de Probus en 280. S’il parle autant de l’histoire de la vallée, c’est sans doute pour retarder le moment de parler de la sienne. L’homme d'église porte sur ses robustes épaules une histoire douloureuse, celle d’une rupture violente, depuis cet hiver, ses supérieurs hiérarchiques ont coupé tout contact avec lui. L’évêché de Nice lui a tourné le dos.

Le conflit a commencé à l’automne 2016 dans la vallée de la Roya, au plus fort de la crise migratoire. Le Samedi 29 Octobre 2016, précisément, quand le père François Xavier Asso, officiellement à la retraite mais qui assure de temps en temps des offices religieux dans la région, croise pour la première fois des migrants sur son chemin.

L’un d’eux, érythréen, vient d’apprendre la mort de sa femme dans un naufrage en Méditerranée. Bouleversé, le prêtre lance le soir même un appel aux dons. Pour lui, sa paroisse n’en fait pas assez, elle devrait s’investir davantage dans la crise que traverse sa vallée. « Quel est mon rôle si ce n’est d’aider celui qui en a besoin ? C’est cela le message de l’évangile ».

François-Xavier Asso pense alors à utiliser le presbytère de Saint Dalmas de Tende, à quatre kilomètres de son village, pour héberger quelques migrants. « Un bâtiment qui sert peu et qui est facile à chauffer », justifie-t-il. André Marceau, l’évêque de Nice, accepte sa requête du bout des lèvres. « Il m’a dit que nous pouvons les héberger mais en cas d’urgence absolue et seulement si la mairie de Tende donne son accord ». L’édile rechigne mais François-Xavier Asso s’accroche. Le 12 novembre 2016, conforté par l'accord de principe de son évêché, l’ancien prêtre se rend au presbytère avec plusieurs membres de l’ARC, les bras chargés de matelas. Il tente plusieurs fois d’ouvrir la porte en vain. Les serrures ont été changées.

Le choc est immense. « J’étais le seul à avoir les clés du presbytère. Changer les serrures, c’était me viser, moi », explique-t-il en se prenant la tête entre les mains. « Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Peut-être que le maire a appelé le nouveau curé, ou l’évêque, ou Éric Ciotti, le président des Républicains du département des Alpes-Maritimes ». Ce jour-là, le prêtre est entré en résistance contre une église qui a cédé aux pressions politiques et contre son évêque qui n’a pas eu foi en lui.

Ses phrases sont entrecoupées de silences. Devant le presbytère inaccessible, le vieux prêtre, humilié, décide de rendre à la paroisse toutes les clés qu’il possède. En plus du col romain, François-Xavier Asso vient de revêtir les habits du militant.

L’ancien prêtre-ouvrier s’engage pleinement aux côtés de l’ARC, dont les membres connaissent depuis longtemps la frustration qui le submerge. Eux aussi se sentent abandonnés. Eux aussi estiment que l’état leur a tourné le dos. Dans le département des Alpes-Maritimes, force est de reconnaître que l’aide apportée aux migrants n’est pas du goût des autorités. Éric Ciotti manque rarement une occasion de dire tout le bien qu’il pense de l’ARC, « une poignée d’activistes qui organise le passage clandestin d’étrangers à la frontière franco-italienne ». Avant de dénoncer, au mois de décembre 2016, « les pratiques intolérables de délinquants qui exploitent chaque jour la détresse humaine, en particulier celle des mineurs, en se transformant en passeurs ».

Chez les italiens, de l’autre côté de la vallée, l’ARC n’est pas traitée avec davantage de considération. Au début du mois d’août 2016, la ville de Vintimille, à moins de quarante cinq kilomètres de Breil-sur-Roya, a promulgué un arrêté municipal interdisant de donner à manger et à boire aux migrants, sous peine d’amende et de saisie du véhicule, officiellement pour des raisons sanitaires. L’association s’est sentie directement visée par le décret, même si pour l’heure, elle n’a subi aucune sanction. « Nous sommes quasiment les seuls à venir en maraude à Vintimille pour aider les migrants », explique Pierrette, une retraitée de Sospel engagée dans la cause. « Nous bravons les interdits parce que ni l’état français, ni l’état italien ne font leur travail », enrage-t-elle. Pour de nombreux migrants, coincés en Italie, l’ARC est indispensable. « Ici, les italiens ne nous aident pas », raconte Mohammed, un jeune guinéen qui attend chaque soir les maraudeurs français. « S’ils ne viennent pas, nous ne mangeons pas ».

Même à l’échelle locale, l’ARC se sent délaissée et elle regrette de ne pas pouvoir se reposer davantage sur les élus. À Tende ou à la Brigue, où affluent de nombreux migrants, « les maires ne lèveraient pas le petit doigt pour les aider », lâche Nathalie, intermittente du spectacle et membre de l’association. À Breil-sur-Roya, l'édile André Ipert, ancien membre du Parti Communiste Français (PCF), est lui aussi accusé de passivité. Juste avant Noël, il s’était pourtant montré favorable à l’ouverture d’une structure d’accueil pour les migrants avant de rétro pédaler. « Que pouvais-je faire ? La préfecture m’a envoyé un courrier et m’a menacé d’aller devant le juge administratif si la ville votait la création d’un centre de soins », s’est-il défendu. « J’ai respecté sa décision. Je suis un maire. Je ne suis pas un militant ». Et André Ipert de prévenir, « je souhaite qu’il y ait des conditions d’accueil plus dignes pour les migrants dans la vallée, mais je ne ferai pas n’importe quoi ».

André Ipert ne veut pas que des campements voient le jour dans sa commune. Il ne veut pas que sa ville « devienne une annexe de Vintimille ».

Sylvain, professeur de mathématiques à la retraite, n’est pas vraiment surpris par l’inertie des élus. Ce n’est pas la première fois que sa vallée est abandonnée par les pouvoirs publics, estime cet adhérent de l’ARC. Avec de nombreux habitants des montagnes, il a longtemps milité contre le percement d’un double-tunnel au nord de Tende, censé optimiser l’axe routier transalpin entre le Piémont et la Côte d’Azur. Son ami Pak, barbe longue et look de soixante-huitard, a fait le deuil de cette cause perdue.

« Aujourd’hui, nous sommes face à une autre aventure », ajoute-t-il, comme si une lutte devait en chasser une autre, « une aventure plus grande et plus symbolique » et surtout menée tambour battant par une armée de cheveux blancs.

En regardant les visages ridés qui l'entourent lors d’une énième soirée de maraude, Pak sourit et admet que « lutter, c’est une activité de vieux ».

Dans la vallée, l’ARC est avant tout une affaire de retraités. Il y a les plus jeunes, bien sûr, il y a Cédric Herrou, mais la vie active leur laisse moins de temps libre. Ce sont les aînés qui se voient confier les postes clés de la structure. Pak a été nommé responsable des maraudes, Sylvain, responsable des relations avec la presse.

Catherine, ancienne militante du Mouvement Français du Planning Familial (MFPF), a été désignée pour s’occuper de la trésorerie. Tous passent un temps considérable au téléphone pour organiser les descentes sur Vintimille, répartir les migrants chez les uns et les autres, aller chercher les gamins qui marchent le long des voies ferrées et donner l'alerte en cas de contrôles de police. « Ce n'est pas un combat comme les autres », reconnaît Pak, en chargeant sa vieille Fiat de sacs de nourriture. « Nous nous mettons en danger. Nous ne nous battons pas pour améliorer notre mode de vie, nous nous battons pour améliorer celui des autres, au risque de finir devant un tribunal ».

Faire partie de l’ARC n’est pas une sinécure, c’est plutôt un sacerdoce. Il faut avoir les nerfs solides et la tête froide ou alors brûlée, comme Pierrette.

La retraitée de Sospel vient de rejoindre toute la bande à Vintimille, ce soir du mois de février 2017. Les bras chargés de baguettes, elle raconte son engagement avec un brin d’insolence. « Si je me fais arrêter », répète-t-elle en riant, « mais c’est déjà fait. Je ne fais pas un pas sans être contrôlée cinquante mille fois dans Sospel. Les flics m’appellent l’amie des migrants ». C’est la même désinvolture à l’évocation de la garde à vue.

« Je connais aussi. J’ai été arrêtée avec Cédric Herrou, il y a pas si longtemps. Nous sommes allés à la caserne d’Auvare à Nice. Qu’est-ce que nous avons ri. Nous leur avons fait un café-théâtre aux flics. Ils n’en pouvaient plus ». Derrière ses airs de gai luron, Pierrette se dit « accablée par cette Europe de merde », mais elle refuse de se laisser aller à toute forme de découragement. « Mon père faisait entrer dans la Roya les espagnols qui fuyaient la dictature de Francisco Franco dans les années 1950. Je suis fière du militantisme de ma vallée ». Et surtout, fière de ce troisième âge entré en résistance. « Quand je suis allée au procès de Cédric Herrou, au début du mois de janvier 2017, j’ai eu du mal à réaliser ce que je voyais », conclut Pierrette. « J'avais sous mes yeux un horizon de cheveux blancs, des têtes grisonnantes à perte de vue. Et vous savez quoi ? J’ai trouvé cela merveilleux ».

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 16:38

 

http://www.jourdebout.net

 

Les enjeux de la démocratie en France

 

La démocratie est le régime politique dans lequel le peuple a le pouvoir.

Nous ne sommes pas en démocratie.

Cette affirmation repose sur plusieurs constats.

Les élections et le droit de manifester ne sont pas des contre pouvoirs satisfaisants.

Nous n’avons pas les moyens de nous opposer à une décision prise par nos représentants politiques.

Nous déléguons notre souveraineté à nos représentants sans avoir de moyens d’expression directe sur des sujets au cœur de nos préoccupations.

Nous avons le sentiment d'être exclus de la prise de décision et du débat qui précède les décisions concernant l'économie, l'énergie, la fiscalité, les retraites, la protection sociale, les services publics et les mécanismes institutionnels.

Pourquoi devons nous agir ?

Les représentants politiques ne vont pas d'eux mêmes mettre en place des contre pouvoirs pour limiter les leurs. Seul le peuple lui même peut exiger que son pouvoir réapparaisse dans les institutions de notre république.

Or, c'est la constitution qui régit le fonctionnement de nos institutions. Il est donc nécessaire que notre constitution soit débattue, révisée et approuvée par les citoyens. Cette nouvelle constitution serait, pour les citoyens, la garantie de garder le contrôle de leurs représentants sur tous les sujets de notre société.

Pourquoi maintenant ?

Ayant désormais compris qu'il y a un trait d'égalité entre élection et démocratie, nous ne pouvons plus nous contenter d'aller élire un candidat en 2017. Arrêtons de légitimer ce système politique et de faire semblant de participer à une démocratie. Changeons les règles du jeu.

Assemblée constituante pour une nouvelle constitution

La réécriture de notre constitution nécessite la désignation d'une assemblée constituante, assemblée qui est en charge de la réécriture de la constitution au nom de tous les citoyens. La désignation d'une telle assemblée a été régulièrement nécessaire dans l'histoire de notre pays en 1791, 1793, 1848, 1852, 1946 et 1958. Elle a permis d'adapter le fonctionnement de nos institutions à nos situations politiques. A noter que des assemblées constituantes ont eu lieu récemment dans des pays étrangers comme le Canada, l'Irlande, l'Islande, la Suisse et la Tunisie.

C'est notre tour. Cette assemblée constituante, élue ou tirée au sort, doit être d'origine citoyenne afin d'éviter les conflits d'intérêts de la classe politique.

Elle doit donner lieu à des débats publics contradictoires incluant tous les citoyens dont les représentants du pouvoir.

Impasses

Malgré tout ces constats, nous sommes confrontés à plusieurs impasses.

Le peuple ne peut pas demander directement la réécriture de la constitution.

Monter un nouveau parti politique pour défendre cette opinion est perdu d’avance étant donné le lien existant entre le régime de financement des partis, l’accès aux médias et les résultats électoraux.

Même si la proposition de réécrire la constitution est inscrite dans un programme, rien ne nous garantit la réalisation de cette promesse.

Un sursaut démocratique, Jour Debout

Face à ces impasses, il y a besoin d’un événement inédit, Jour Debout.

Nous avons besoin d’un grand rassemblement sur les places publiques autour d’une idée partagée par nombre d’entre nous, la nécessité et l’urgence de réécrire notre constitution pour mettre en place une réelle démocratie en France.

Jour Debout propose à tous les citoyens favorables à une réelle démocratie en France de se réunir Dimanche 23 Avril 2017 et d'occuper les places lors du premier tour des élections présidentielles.

Sans programme politique ni consigne de vote pour faire d'abord apparaître ce sur quoi la majorité des français sont d'accord.

En ciblant la source des problèmes qui nous divisent, nos institutions donc notre constitution.

À travers un moment collectif et enthousiasmant où les citoyens se saisissent de la politique activement.

Arrêtons de nous diviser sur des personnalités et des programmes politiques alors que ce sont nos institutions qu’il faut changer en priorité.

Prenons conscience de ce qui nous rassemble. Suscitons un tel enthousiasme que la mise en place d’une réelle démocratie ne sera plus qu’une question de temps.

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 15:46

 

Euskadi Ta Askatasuna (ETA) remet à la France une liste de caches d'armes (Reuters)

 

Les séparatistes basques d’ETA ont fait parvenir Samedi 8 Avril 2017 aux autorités françaises une liste de huit caches d'armes situées en France, une opération qu'ils présentent comme le symbole de leur volonté de renoncer à quarante ans de lutte armée.

Le porte-parole de la Commission Internationale de Vérification (CIV) mise en place pour s'assurer du respect du cessez-le-feu décrété depuis 2011 par l'organisation, le sri lankais Ram Manikkaligam, a annoncé qu'il avait reçu une liste des caches d’armes d’ETA des mains d'un représentant de la société civile basque, Jean-Noël Etcheverry.

« Cette information a été immédiatement transmise aux autorités françaises compétentes », a-t-il déclaré devant la presse réunie au théâtre municipal de Bayonne.

Elles vont maintenant « sécuriser et collecter l’arsenal d’ETA », a-t-il ajouté.

Le président d'honneur de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), Michel Tubiana, qui a joué un rôle dans ce processus au sein du groupe des Artisans de la Paix, a précisé que les caches d'armes étaient au nombre de huit.

« L'arsenal est composé de cent vingt armes à feu, plus ou moins trois tonnes d'explosifs et plusieurs milliers de munitions et détonateurs », a-t-il dit lors d'une conférence de presse organisée par les Artisans de la Paix.

Il a indiqué que cent soixante douze observateurs avaient été déployés autour des caches pour s'assurer « que ce sont bien les autorités françaises qui prennent possession de ces stocks ».

Le ministre de l’intérieur, Matthias Fekl, a confirmé à Paris que des opérations étaient menées après la remise des renseignements sur les caches.

« En ce jour incontestablement important, j'ai bien sûr une pensée particulière pour toutes les victimes, pour leurs familles, pour leurs proches et notamment pour les policiers et les membres de la garde civile espagnole », a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

ETA a voulu faire de ce Samedi 8 Avril 2017 un jour du désarmement, une initiative accueillie avec prudence en France et scepticisme, voire hostilité, en Espagne, où le gouvernement doute de la possibilité d'un désarmement complet d'une organisation dont la lutte contre Madrid a fait plus de huit cent morts en quarante ans.

Lors d'une opération présentée comme une amorce du désarmement d’ETA, cinq personnes avaient été interpellées le 16 décembre 2016 à Louhossoa, dans le département des Pyrénées-Atlantiques, où un stock d'armes représentant quinze pour cent de l'arsenal de l'organisation avait été saisi.

Les cinq, parmi lesquels figuraient certains des Artisans de la Paix, intermédiaires dans le processus, avaient été mis en examen par un juge antiterroriste du parquet de Paris pour port, transport et détention d'armes, de munitions et de produits explosifs, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire.

Jean-Noël Etcheverry, leader du mouvement écologiste Bizi, appartient à ce groupe de personnalités.

En visite dans le sud ouest à la fin du mois de mars 2017, le premier ministre français Bernard Cazeneuve avait indiqué que le gouvernement ne pouvait s'opposer à la restitution d'armes à l'origine d'actes de violences.

Mais il avait ajouté que l'opération devait se faire « dans le cadre du respect des procédures judiciaires qui ont été engagées après que les crimes ont été commis ».

En Espagne, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, a déclaré de son côté « qu’ETA a fait une énième annonce de désarmement. Cela se fera en échange de rien ».

« Les actions entreprises aujourd'hui par le groupe terroriste ne sont rien de plus que le résultat de sa défaite définitive », a estimé le ministre espagnol de l’intérieur, Juan Ignacio Zoido, devant des journalistes à Madrid.

Le porte-parole au parlement basque des élus du Parti Populaire au pouvoir à Madrid, Borja Semper, a indiqué de son côté voir dans l'opération du Samedi 8 Avril 2017 une reddition finale après six années de promesses non tenues.

« ETA que nous avons connue disparaît pour toujours », a déclaré Borja Semper, « il reste à éradiquer la haine qu’ETA a instillée dans une grande part de la société basque ».

Le dirigeant du parti indépendantiste basque espagnol Euskal Herria Bildu, Arnaldo Otegi, a assuré Vendredi 7 Avril 2017 que « nous entrons dans une situation irréversible. La violence ne sera plus utilisée pour obtenir l'autodétermination et l'indépendance. A partir d'aujourd'hui, nous mettrons sur la table tous les problèmes que nous avons encore en tant que société et en tant que nation », a-t-il ajouté.

Les plus grandes questions en suspens, a-t-il dit, sont le sort des quelque trois cent militants d’ETA toujours emprisonnés en France et en Espagne et celui des victimes du groupe armé.

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 15:19

 

http://www.parti-socialiste.fr/decisions-premier-secretaire-lors-bureau-national-6-avril-2017

 

Vous trouverez ci-dessous les décisions du premier secrétaire du Parti Socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, lors du bureau national du Jeudi 6 Avril 2017.

 

J’appelle à l’unité des socialistes derrière le candidat issu de l'élection primaire et validé par la convention nationale, Benoît Hamon.

 

Je retire le statut de membre du bureau national à tous ceux qui ont soutenu ou appellent à voter pour Emmanuel Macron. Ils seront remplacés.

 

J’interdis toute double appartenance conformément aux statuts. Aux élections législatives, une signature d’engagement d’affiliation au groupe socialiste sera requise. En cas de refus, un candidat socialiste sera désigné.

 

Je retire l’investiture à ceux qui ont adhéré au mouvement En Marche ou parrainé un autre candidat que Benoît Hamon et, s’ils se maintenaient face aux candidats soutenus par le Parti Socialiste, ils seraient exclus.

 

Je demande à la Commission Nationale des Conflits (CNC) de se saisir des cas de ceux qui appellent à voter pour un autre candidat que celui issu de l'élection primaire.

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:37

 

http://www.alencontre.org/laune/trente-ans-apres-la-revolution-russe-i.html

 

Trente ans après la révolution russe

 

Par Charles André Udry

 

Lundi 27 Mars 2017

 

Alors que se multiplient les écrits consacrés au centenaire de la révolution russe, l’utilité de publier, à nouveau, cette contribution de Victor Serge relève de l’évidence. Victor Serge disparut le 17 novembre 1947 à Mexico. Ce texte fut publié, au mois de novembre 1947, dans la Révolution Prolétarienne, « revue syndicaliste révolutionnaire » comme qualifiée depuis 1930. Elle avait été et fondée en 1925 par Pierre Monatte avec la dénomination « revue syndicaliste communiste ». La Révolution Prolétarienne a été interrompue en 1939 et relancée en 1947. Selon Jean Rière, il s’agit du dernier texte de Victor Serge publié par cette revue qui « par la suite fit pratiquement silence sur l’homme et l’œuvre ».

Jean Rière et Jil Silberstein ont réuni, en 2001, dans la collection Bouquins, aux éditions Robert Laffont, les mémoires d’un révolutionnaire et d’autres écrits politiques de Victor Serge. La version établie par Jean Rière des mémoires d’un révolutionnaire diffère de la première édition de 1951. Elle traduit au plus près les étapes et les versions depuis 1938 de l’élaboration de cet ouvrage d’importance.

Pour situer l’étape de la réflexion politique de Victor Serge en 1947, il est utile de rappeler le contexte dans lequel il publie ce bilan intitulé « trente ans après la révolution russe ». Ce texte a été, à tort, présenté comme « une postface inédite » à la première année de la révolution russe parue en français en 1930. Un ouvrage rédigé à Leningrad entre 1925 et 1928, alors que Victor Serge s’affrontait à la montée et consolidation du stalinisme.

En 1941, Victor Kibaltchitch, dit Victor Serge, avec son fils Vlady Kibaltchitch, suite à une chasse désespérée pour l’obtention d’un visa et surveillé par les services du Federal Bureau of Investigation (FBI), arrive en Martinique où il est incarcéré. De là, il se rend en République Dominicaine, puis à Haïti dont il est refoulé. A Cuba, il est aussi emprisonné. Six mois lui ont été nécessaires pour arriver à Mexico.

Durant toute cette période de gigantesques chambardements internationaux, il n’a cessé d’écrire et de suivre les développements politiques et militaires. En République Dominicaine, il rédige un ouvrage en espagnol, « Adolf Hitler contre Joseph Staline, la phase décisive de la guerre mondiale ». Il est resté inédit en français.

Durant ces années, au sein du groupe Socialismo y Libertad, il aborde « la question fondamentale pour lui des perspectives de la lutte pour un socialisme véritable », pour citer l’excellente contribution de Susan Weissman, « dissident dans la révolution, Victor Serge, une biographie politique », aux éditions Syllepse en 2006, traduit de l’anglais, aux éditions Verso en 2001. Susan Weissman ajoute « qu’au cours de cette période charnière, la pensée de Victor Serge est intimement liée à son analyse de la nature du stalinisme. Victor Serge étudie l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) à la lumière de la nouvelle configuration mondiale ». Il teste les différentes analyses critiques radicales de l’URSS stalinienne et il s’accroche à élucider la structure sociale soviétique. « Il estime que l’URSS et son régime totalitaire poursuivra son cours contre le socialisme sans concéder la moindre réforme démocratique ».

Il faut rappeler que, dans le neuvième chapitre des mémoires d’un révolutionnaire, Victor Serge, dès 1936, exprime clairement son désaccord avec Léon Trotsky, entre autres « sur d’importantes questions de l’histoire de la révolution. Léon Trotsky refusait d’admettre que, dans le terrible épisode de Cronstadt de 1921, les responsabilités du comité central bolchevik eussent été énormes, que la répression qui s’ensuivit fut inutilement barbare et que l’établissement de la Tchéka, devenue plus tard le Guépéou, avec ses méthodes d’inquisition secrète, fut de la part des dirigeants une lourde erreur incompatible avec la mentalité socialiste. Sur les problèmes de l’actualité russe, je reconnaissais à Léon Trotski une clairvoyance et des intuitions étonnantes. J’avais obtenu de lui, au moment où il écrivait la Révolution Trahie », texte traduit par Victor Serge, sur demande de Léon Trotsky, et publié en français chez Grasset en 1936, « qu’il inscrivit au programme de l’opposition la liberté des partis soviétiques, autrement dit la liberté des partis représentés dans les soviets. Je le voyais mêler aux éclairs d’une haute intelligence les schématismes systématiques du bolchevisme d’autrefois dont il croyait la résurrection inévitable dans tous les pays. Je comprenais son raidissement de dernier survivant d’une génération de géants mais, convaincu que les grandes traditions historiques ne continuent que par des renouvellements, je pensais que le socialisme doit aussi se renouveler dans le monde présent et que ce doit être par l’abandon de la tradition autoritaire et intolérante du marxisme russe du début de ce siècle ». Victor Serge a ajouté, sous forme manuscrite, en vue d’une nouvelle version, le passage transcrit par Jean Rière, « le seul problème que la Russie rouge entre 1917 et 1927 n’ait jamais su poser est celui de la liberté, la seule déclaration indispensable que le gouvernement soviétique n’ait pas faite est celle des droits de l’homme. J’exposais ces idées dans des articles publiés à Paris et à New York ».

Léon Trotsky, « déplorablement informé par des adeptes plus bornés que compréhensifs », attaqua à ce propos Victor Serge. Ce dernier concluait « qu’il y a une logique naturelle de la contagion par le combat. La révolution russe continua ainsi, malgré elle, certaines traditions néfastes du despotisme qu’elle venait d’abattre ».

Ces quelques notes introductives devraient permettre de mieux situer le bilan, daté par définition, établi par Victor Serge, il y a soixante dix ans.

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 17:08

 

http://www.webdoc.france24-mcd-rfi.com/roya-insoumise-migrants-delation-gendarmes-humanitaires-heros-episode-3

 

Roya l'insoumise, une vallée française prend fait et cause pour les migrants

 

Troisième épisode, anti héros et gens ordinaires

 

Depuis bientôt deux ans, la vallée de la Roya, dans le département des Alpes-Maritimes, voit quotidiennement affluer des dizaines de migrants aux portes de ses villages médiévaux encastrés à flanc de montagne.

Pour éviter les contrôles de police à la frontière italienne entre Vintimille et Menton, ces exilés ont privilégié le passage par les Alpes. Si le chemin les conduit directement en France, il les mène aussi dans la gueule du loup. La région de la Roya est cernée par la police. Attachés à la tradition d'entraide qui fait la fierté de la vallée, des habitants regroupés au sein de l'Association Roya Citoyenne (ARC), leur portent assistance au risque de tomber sous le coup de la loi.

Pour Nathalie, il n'y a pas de sujet tabou. Pleine de bagou et d'autodérision, la breilloise de quarante et un ans, l'une des fortes têtes de l'ARC, n'a aucun problème à aborder ouvertement la question des dénonciations de migrants dans sa commune. Elle pourrait botter en touche. Son père, Michel, est adjoint à la mairie de Breil-sur-Roya et, là-bas, on n'apprécie sûrement pas beaucoup que les médias jugent de l’intégrité des administrés. Mais Nathalie ne se dérobe pas. « Bien sûr qu'il y a eu des délations. Cela s'est calmé, mais il y en a eu. Au mois de septembre 2015, nous avons obtenu une information de la gendarmerie », développe-t-elle. « Ils nous ont dit que, à cette période, ils avaient comptabilisé pas moins de quinze appels par jour pour dire qu’il y a des migrants qui passent, venez les chercher ».

Sylvain a fait les frais de cette campagne de délation. Le 6 janvier 2017, avec sa femme Françoise et deux amis, il a tenté de faire sortir neuf migrants de la vallée. « Nous étions mal coordonnés. Nous avons longtemps stationné à trois voitures en bas de chez Cédric Herrou », explique-t-il. « Un voisin s’est approché. Il avait l’air inquiet. Il nous a demandé ce que nous faisions ». Quelques minutes plus tard, la petite troupe est interpellée à Sospel. Sylvain réussit à s’échapper mais le reste du quatuor est placé en garde à vue. Ils passeront en jugement le 16 mai 2017 pour transport illégal de personnes en situation irrégulière.

Sylvain n’a aucun doute sur l’identité du mouchard. « Nous n’avons rencontré personne ce soir-là à part ce riverain ». Et surtout, précise-t-il, « les gendarmes nous ont dit qu’ils avaient été prévenus ». Quand ils racontent leurs histoires, les membres de l’association n’accablent pas toujours les forces de l’ordre « qui ne font que leur boulot ». Nathalie et Sylvain les défendent, même. La première raconte comment une connaissance de la gendarmerie, un mec bien, remplit son coffre de vivres et d’eau quand il part en intervention. Le second dit avoir senti chez certains gendarmes une forme de gêne. « Il y en a qui se sentent mal à l’aise pendant les interpellations, c’est évident. Surtout quand ils ont reçu des coups de fil avant. Un jour, un gendarme m'a dit qu’il se croyait en 1942 ».

Contrairement à Cédric Herrou qui a fait de l’accueil des migrants un étendard politique, beaucoup d’habitants préfèrent rester discrets. Mais ils se disent fiers de perpétuer la tradition d’accueil de la vallée. « Nous avons hébergé des juifs pendant la seconde guerre mondiale, des Italiens qui fuyaient le régime de Benito Mussolini. C’est presque normal pour nous d’ouvrir la porte aux gens qui en ont besoin », confie Alex, un ancien parisien, aujourd’hui propriétaire d’un gîte d’étape dans la ville de Tende. Au total, depuis le début de la crise migratoire, Alex a accueilli une trentaine de migrants dans sa maison, Catherine en a accueilli une vingtaine et Cédric Herrou en a accueilli plus de deux cent.

Si la délation existe, elle est en partie canalisée, assure Nathalie. Jusqu’à présent, les dénonciations n’ont jamais ciblé les migrants recueillis chez l’habitant. Elles ont surtout visé les nouveaux arrivants, ceux qui viennent de franchir la frontière et qui se font repérer le long de la route ou de la voie ferrée. Devant leurs voisins, les hébergeurs restent donc sur leurs gardes, mais ils ne sont pas inquiets. Catherine, la trésorière de l’ARC, sait pertinemment que les maisons alentours sont au courant de ses activités. « Les rues sont étroites à Saorge, il y a beaucoup de vis-à-vis. Un jour, un riverain m’a dit que je laissais la lumière allumée chez moi quand je partais travailler. Il devait se douter que j’hébergeais des gens ».

L’aide ou la délation ne sont d'ailleurs pas une question de clivage politique. La classification entre gentils militants de gauche et méchants mouchards de droite est un raccourci incorrect et facile, avertissent Catherine et Nathalie. « Je connais des gens qui n’ont pas les mêmes idées que moi, qui aident et qui se mobilisent pour les migrants. Et pourtant, je n’aurais jamais parié sur eux », précise Catherine.

L’association n'a jamais cherché à identifier les auteurs de coups de fil ou de lettres anonymes et préfère se concentrer sur son combat, laissant de côté les provocations et autres messages ridicules reçus sur sa page Facebook.

Dans la vallée, l’accumulation de tensions avec le voisinage, la police et les pouvoirs publics a toutefois laissé des stigmates. Chez de nombreux militants de l’ARC, la paranoïa a fait son chemin. Les uns se demandent si leur téléphone portable n’est pas sur écoute et les autres émettent l’idée de filmer les maraudes. En cas de procès, ils pourraient ainsi fournir des preuves visuelles du caractère humanitaire de leurs missions.

Au tribunal, la justice doit en effet décider si l’aide aux migrants relève d’un geste citoyen, non condamnable, ou de l’aide au séjour qui relève d’une infraction pénale.

« Notre vie n’est plus la même », reconnaît Nathalie. « Tout le monde se trimballe avec ses papiers. Tout le monde a sur soi le numéro d’un avocat. Tout le monde sait ce qu’est une garde à vue », énumère-t-elle.

Au fil des mois, même leur langage a évolué. Nathalie, comme beaucoup de ses amis, est devenue une experte juridique, incollable sur l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), l’immunité humanitaire, les reconduites à la frontière de mineurs ou encore les Points de Passage Autorisé (PPA) liés au rétablissement des contrôles aux frontières de l’espace Schengen. « Et dire qu’avant, je ne savais même pas ce qu’était un procureur ».

Dans les rangs des militants, la fatigue commence à se faire sentir. La plupart des hébergeurs insistent sur le fait qu’ils n’ont pas choisi de faire ce qu’ils font. Certains atteignent leur limite. « Parfois, c’est trop dur », confesse Catherine. « Entre le 25 décembre 2016 et le premier janvier 2017, cinquante migrants ont débarqué à Saorge. J’avais la crève, je venais d’en héberger d’autres et je ne voulais plus ». Nathalie, à ses côtés, ne juge pas. « L’humanitaire, ce n’est pas notre métier », rappelle-t-elle.

Aucun n’était préparé à cette misère humaine, ni à entendre les récits des rescapés de la Méditerranée. Alex s’est familiarisé, malgré lui, avec les histoires de torture, de passeurs, de kidnapping et de trafic d’êtres humains. « Parfois, ils ont besoin de parler, alors nous écoutons », explique-t-il simplement. Aucun non plus n’a été formé à gérer la douleur et la dépression. Catherine reste marquée par les hurlements d’une jeune érythréenne qui a appris la mort de son petit frère par téléphone. « Une voisine pensait que nous étions en train de martyriser un gamin ».

C’est sans doute Nico, l’un des colocataires d’Alex, qui résume le mieux le désarroi qui saisit peu à peu la vallée. « Nous ne sommes pas des activistes politiques. C’est la géographie qui nous a poussés à faire partie de cette histoire. Nous faisons ce que nous faisons parce que nous devons le faire », explique-t-il. « Nous accueillons ces migrants pour pas qu’ils meurent sous nos yeux. C’est tout. À la base, nous demandions juste à vivre tranquille dans nos montagnes ».

Paradoxalement, c’est désormais en ville que Catherine va chercher la quiétude. Au printemps dernier, elle est allée à Clermont-Ferrand pour quelques jours de vacances. Dans l’effervescence de la ville, elle s’est dite soulagée d’être là. Pour la première fois depuis longtemps, elle s’est remise à respirer et, pour la première fois depuis longtemps, elle a pu se promener « sans avoir peur pour les noirs » qu’elle croisait.

 

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 16:18

 

http://www.komiteinternazionalistak.org/index.php/es/noticias/eh-internacionalista/2489-denunciamos-por-parte-de-la-tem-la-policia-antiterrorista-turca-de-nuestro-companero-eduardo-izarzugaza-

 

Nous dénonçons la détention de notre camarade Eduardo Izarzugaza au Kurdistan

 

Vendredi 24 Mars 2017

 

La délégation internationaliste d’Euskal Herria au Kurdistan dénonce l'arrestation par la police antiterroriste turque (MET) de notre camarade Eduardo Izarzugaza.

La brigade basque, accompagnée de deux camarades de la délégation catalane, un autre camarade de la délégation italienne et un camarade de la délégation colombienne, ont été retenus, pendant deux heures, en revenant de Lice à Diyarbakir. Enfin, la police turque a décidé d'envoyer notre camarade dans les locaux de la TEM où il pourrait être détenu pendant cinq jours sous le régime du secret.

La délégation était invitée au Kurdistan pour participer à Newroz, la fête nationale kurde. Cette année, cette fête importante avait lieu trois semaines avant le référendum par lequel Recep Tayyip Erdogan tente de faire approuver une réforme autoritaire de la constitution et le vote kurde est essentiel pour renverser cette proposition. Par conséquent, la tension politique à l'intérieur et à l'extérieur la Turquie augmente chaque jour.

Notre voyage à Lice était motivé par les événements qui ont historiquement eu lieu dans cette ville. Lice était l'une des villes kurdes qui ont subi au cours des années 1990 la répression brutale de l'armée turque. Récemment, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, après les déclarations autonomistes des gouvernements de nombreux districts et villes du Kurdistan dirigés par le parti démocratique des régions (DBP), a suspendu les municipalités et a procédé à l'arrestation et à l'emprisonnement de nombreuses personnes liées aux municipalités et aux mouvements kurdes. Comme si cela ne suffisait pas, au cours des quinze derniers jours, la ville de Lice a été assiégée par une opération de dix mille militaires dans le cadre de la politique généralisée de répression contre le mouvement politique kurde.

Dans ces circonstances, la délégation d’Euskal Herria au Kurdistan veut dénoncer la détention arbitraire de notre camarade et exige sa libération immédiate. De plus, nous voulons montrer notre soutien et notre solidarité à la lutte exemplaire du peuple kurde et dénoncer la politique anti démocratique et colonialiste de l’état turc comme responsable de la mort de nombreux militants solidaires de la cause kurde et des conditions de détention qui violent leurs droits les plus élémentaires.

Nous continuerons à dénoncer l’état d’urgence en Turquie tant que notre camarade ne sera pas libéré et tant qu’il ne sera pas dans un avion pour revenir à la maison.

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 15:40

 

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN1791E8-OFRTP?sp=true

 

Les Etats Unis frappent en Syrie, une agression disent Damas et Moscou (Reuters)

 

Les Etats-Unis ont bombardé une base aérienne en Syrie dans la nuit du Jeudi 6 Avril au Vendredi 7 Avril 2017, trois jours après l'attaque chimique contre un village du nord-ouest de la Syrie, première action militaire directe des Etats-Unis contre le régime syrien de Bachar al Assad en six ans de guerre civile.

Pour sa première grosse crise diplomatique depuis son arrivée à la présidence à la fin du mois de janvier 2017, le républicain Donald Trump a ordonné la mesure que son prédécesseur démocrate Barack Obama n'avait jamais prise, viser directement l'armée syrienne pour son rôle dans l'attaque chimique qui a fait soixante dix morts, dont de nombreux enfants, Mardi 4 Avril 2017 dans le village de Khan Cheikhoune.

Cette attaque avait été vivement dénoncée par Washington lors d'une réunion du conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies (ONU), l'ambassadrice des Etats-Unis Nikki Haley montrant en séance des photos des victimes.

Une nouvelle réunion du conseil de sécurité de l’ONU est prévue Vendredi 7 Avril 2017. Cette réunion sera publique, ont indiqué des diplomates.

Deux navires de guerre américains, le USS Porter et le USS Ross croisant en Méditerranée orientale, ont tiré, Vendredi 7 Avril 2017 vers 0 heure 40, cinquante neuf missiles de croisière Tomahawk contre la base de Chayrat près d’Homs au nord de Damas. Cette base a été présentée par le secrétariat d’état à la défense des Etats Unis comme ayant servi à stocker les armes chimiques utilisées dans l'attaque sur Khan Cheikhoune.

L'armée syrienne a indiqué que six personnes avaient été tuées dans l'attaque et qu'il y avait d'importants dégâts matériels. La télévision publique a diffusé des images et elle a indiqué que neuf appareils avaient été détruits. Elle a aussi fait état de neuf civils tués dans des villages près de la base.

Cette opération place Washington en confrontation directe avec la Russie, qui, en tant que principal allié du président syrien, le soutient par des frappes aériennes depuis le mois de septembre 2015 et qui lui fournit des conseillers militaires. Le Kremlin et la Syrie ont dénoncé une agression. La Syrie s'est dite encore plus décidée à lutter contre l'insurrection qui est entrée dans sa septième année.

« Pendant des années les tentatives pour changer le comportement de Bachar al Assad ont toutes échoué lamentablement », a déclaré le président Donald Trump en annonçant l'attaque de sa propriété de Mar-a-Lago en Floride où il tenait un sommet avec son homologue chinois Xi Jinping.

« Même de beaux bébés ont été cruellement assassinés dans cette attaque barbare », a ajouté le chef de la Maison Blanche à propos de l'attaque chimique, que les pays occidentaux attribuent aux forces du gouvernement syrien. « Aucun enfant de dieu ne devrait jamais subir une telle horreur ».

Les alliés des Etats-Unis dans la région devraient s'en trouver confortés.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a salué les frappes américaines et il a demandé le départ immédiat de Bachar al Assad.

Des représentants des rebelles syriens ont appelé à de nouvelles frappes. « Une base aérienne, cela n'est pas suffisant », a déclaré Mohamed Allouche, sur Twitter. Le président du Conseil National Syrien (CNS) Georges Sabra a fait valoir sur une chaîne de télévision que « militairement, si c'est limité à cette frappe, alors, cela n'a pas de sens ».

Toutefois, selon l'un des responsables ayant participé à la planification de l'attaque syrienne, les missiles de croisière qui se sont déversés sur la base de Chayrat sont une opération ponctuelle visant à dissuader les attaques de ce genre et non une extension du rôle des Etats-Unis dans la guerre en Syrie.

« Cela indique clairement que le président veut agir de façon déterminée quand cela lui est demandé, mais je n'irai en aucune façon en tirer des conclusions comme étant un changement de notre politique ou de notre position relativement à nos activités militaires aujourd'hui en Syrie. Il n'y a pas de changement à ce statut », a déclaré le secrétaire d’état des Etats Unis, Rex Tillerson.

Cette action devrait toutefois être interprétée comme un signal pour la Russie, ainsi que pour d'autres pays comme la Corée du Nord, voire la Chine et l'Iran, avec lesquels les Etats-Unis ont eu des différents au début de la présidence.

Le président Vladimir Poutine a dénoncé, par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, « une agression contre une nation souveraine », la Syrie, en se servant d'un prétexte fallacieux, celui d'une attaque présumée à l'arme chimique.

Moscou, qui affirme que le régime syrien ne dispose pas d'armes chimiques, a fait valoir que le drame du Mardi 4 Avril 2017 était le résultat d'une fuite émanant d'un dépôt d'armes chimiques appartenant à des rebelles à la suite d'une frappe aérienne.

La visite de Rex Tillerson la semaine prochaine à Moscou ne semble pas, malgré tout, remise en cause par ce regain de tension, a déclaré le président de la commission des affaires étrangères de la chambre basse du parlement russe.

Des responsables américains ont précisé avoir informé la Russie avant les tirs de missiles et avoir pris soin de ne pas viser la partie de la base de Chayrat sur laquelle se trouvaient des troupes russes.

Moscou a toutefois suspendu ses communications avec l'armée américaine destinées à empêcher les avions des deux pays d'entrer en collision au-dessus de la Syrie. C'était l'une des rares formes de coopération entre les deux pays qui mènent des missions de combat dans le même espace aérien pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale.

L'Iran, qui soutient le régime de Bachar al Assad, a également condamné l'opération. « L'Iran condamne l'emploi d'armes chimiques mais estime également qu'il est dangereux, destructeur et contraire au droit international de s'en servir comme d'une excuse pour mener des actions unilatérales », a rapporté l'agence de presse ISNA.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué lui le message fort et clair adressé par Donald Trump au gouvernement syrien selon lequel l'utilisation d'armes chimiques ne pouvait pas être tolérée.

Les réactions à Paris, à Londres et à Berlin, mais également en Turquie et en Arabie Saoudite étaient favorables à l'initiative américaine. Le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a déclaré qu'il s'agissait d'un avertissement et d'une forme de condamnation du régime criminel de Bachar al Assad.

Les Etats-Unis menaient déjà des frappes aériennes en Syrie contre l'Etat Islamique qui contrôlent des territoires dans le nord et l'est du pays, tandis qu'un petit nombre de troupes américaines aident sur le terrain les milices qui luttent contre l'Etat Islamique. Mais jusqu'alors, Washington avait évité une confrontation directe avec Bachar al Assad.

Cette décision est d'autant plus spectaculaire que, avant de décider de frapper la Syrie, Donald Trump avait dit à plusieurs reprises qu'il voulait de meilleures relations avec Moscou, notamment pour lutter avec la Russie contre l'Etat Islamique et que la lutte contre l'Etat Islamique était prioritaire par rapport à l'éviction de Bachar al Assad.

Au mois d’août 2013, les pays occidentaux avaient accusé Bachar al Assad d'avoir utilisé du gaz sarin dans une attaque dans la Ghouta occidentale. Barack Obama avait été à deux doigts de lancer une frappe aérienne en représailles, avant de renoncer et de négocier avec la Russie un accord sur le démantèlement du stock d'armes chimiques de Damas.

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 20:01

 

http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/04/05/philippe-poutou-ou-le-droit-a-l-irrespect_1560716

 

Philippe Poutou ou le droit à l'irrespect

 

Par David Carzon

 

Mercredi 5 Avril 2017

 

Les limites ont semble-t-il été franchies par Philippe Poutou lors du débat grandeur nature de mardi soir sur BFM Télévision et CNEWS. Pensez-donc. Il a osé refuser de poser pour la photographie de famille avec tous les autres candidats. « Ce ne sont pas des collègues », s’est-il justifié le lendemain.

 

Imaginez, il a interpellé ses concurrents et pas du tout amis uniquement par leur nom de famille. Jugez par vous-même, il s’est présenté aux téléspectateurs en tenue débraillée, comme l’a qualifiée Luc Ferry, philosophe du bon goût. Sans compter qu’il n’arrêtait de tourner le dos à la caméra pour parler avec son camp et de s’asseoir sur un tabouret quand les autres restaient droits derrière leur pupitre, le corps habité par la fonction dont ils pensent être dignes. Regardez encore, il n’a pas hésité à s’en prendre directement à François Fillon et à Marine Le Pen sur leurs ennuis judiciaires, obligeant même le candidat des Républicains, poussé à bout, à maugréer un « je vais lui foutre un procès ».

 

Dans la bouche de certains éditorialistes, Philippe Poutou aurait donc été irrespectueux et indigne, même un amuseur. Arrêtons le délire. Il faudra nous sortir le code de bienséance auquel aurait dû se référer le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Il s’agit de politique et d’une élection présidentielle qui engage l’avenir de tous. Il ne s'agit pas d’un goûter organisé par Nadine de Rothschild.

 

L’irrespect est un droit et un devoir quand il s’agit de défendre ses idées ou de dénoncer une injustice flagrante. Il faudrait plutôt remercier Philippe Poutou d’avoir fait le job à la place des autres politiques et même des journalistes à ce moment du débat qui abordait la morale en politique, arrêter de tourner autour du pot et balancer les questions qui s’imposent.

 

Alors même que l’on fustige l’hypocrisie de la comédie humaine que représente une élection présidentielle, on ne peut pas reprocher à un candidat d’être lui-même. On ne peut pas le critiquer pour être venu dans cette arène télévisée avec son authenticité pour seule arme.

 

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