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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 17:08

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-branle-bas-de-combat-en-irak-113930813.html

 

Lundi 31 décembre 2012

 

Branle-bas de combat en Irak

 

Par Gilles Munier

 

En une dizaine de jours, la grogne anti-Maliki s’est transformée en colère, puis en rage. Les manifestations circonscrites à Ramadi et à l’autoroute Bagdad-Amman, ont fait tâche d’huile avec des rassemblements de dizaines de milliers d’Irakiens à Falloujah, Samarra, Mossoul. Des chefs de tribus de la région de Bassora ont apporté leur soutien aux contestataires.

 

A Ramadi, le vice-Premier ministre sunnite Salah al Moutlaq – qui traitait jadis Maliki de dictateur, mais qui s’est réconcilié avec ce dernier en mai 2012 - a été attaqué par les manifestants, alors qu’il voulait calmer la foule en réclamant la libération des femmes prisonnières politiques. Ses gardes du corps ont dû tirer en l’air pour permettre à son convoi de faire demi-tour vers Bagdad, sous les cris de « traître » et de « dégage ». Le drapeau irakien avec trois étoiles et Allahu Akbar (Dieu est le plus grand) ajouté par Saddam Hussein en 1991 était omniprésent.

 

Pour le général Abou Abdallah al-Ansari - un des héros de la bataille de Falloujah contre les Marines - il faut s’attendre au pire. Le régime d’Al-Maliki, avec l’aide de l’Iran, serait tenté de répondre par la violence aux manifestations jusqu’ici pacifiques. Il demande aux révolutionnaires irakiens de se préparer à construire des barricades, de stocker des armes et des munitions, et  de s’organiser pour soigner les blessés.

 

En cas d’une fuite en avant sanglante du régime, comme en Syrie, il assure que les révolutionnaires irakiens seront en mesure d’humilier, par leur résistance, les forces déployées par Maliki, composées majoritairement de mercenaires et de soldats engagés pour échapper à la misère. En cas d’intervention iranienne directe, le général Abou Abdallah al-Ansari a déclaré que les Irakiens forceraient les iraniens « à avaler le calice de poison une seconde fois ». 

 

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 16:58

 

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7wj0eE%2bhYSnnKANXTzgeZqfVHRBQ2ckQCzOUVU6JJMv8iuwYpmv%2bH9nKGFyDsFhTkJt3wgJD0Qrb9MZ%2fC%2bEo%2fZAGFC4QAbpRkZ1%2bZCGXXcvg%3d

 

Bilan sanglant en Syrie

Huit cent quarante trois réfugiés palestiniens ont été tués

Samedi 29 Décembre 2012

Damas (CPI). Le nombre des martyrs Palestiniens depuis le début de la guerre en Syrie a augmenté, il est de huit cent quarante trois réfugiés palestiniens, après le martyr de douze personnes hier.

Le groupe de travail pour les Palestiniens en Syrie a déclaré que "ces personnes ont été tués dans l’explosion d’une voiture piégée dans le camp de Sbeineh des réfugiés palestiniens, par un  bombardement perpétré par des avions du régime syrien et par des tireurs d'élite appartenant à son armée."

Le groupe a ajouté dans sa page officielle du site "Facebook" que le camp de réfugiés de Yarmouk a assisté à de violents affrontements entre les deux armées libre et régulière dans le début de Yarmouk  et se sont propagés jusqu’à la rue de la Palestine à la municipalité de Yarmouk et la rue Fawzi Kawaqji. Une voiture piégée dans la cour de Rija du camp a également explosé et a causé des dégâts matériaux immenses.

Il a noté que les troupes régulières stationnées au début du camp de Yarmouk empêchent l'entrée du gaz, des équipements médicaux et de la nourriture dans le camp, faisant appel aux autorités locales et internationales pour intervenir et faire face à la situation humanitaire grave à l'hôpital de Yarmouk.

Il y a eu également des confrontations armées entre l’armée libre et l’armée du régime du président Assad dans les camps de Husseiniyeh et Handarat à Alep, causant un certain nombre de martyrs et de blessés. En plus de cela ils souffrent dans le camp des rapatriés à Hamat des pannes d’électricité dans la plupart des régions, depuis plusieurs jours, ainsi que le manque des produits alimentaires de base, de pain et de chauffage.

Le groupe de travail a souligné qu’un groupe armé du régime syrien a attaqué une voiture de l'aide alimentaire qui se dirigeait vers le camp "Neirab" à Alep, et a volé tout le contenu de l'aide alimentaire.

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1 janvier 2013 2 01 /01 /janvier /2013 16:45

 

La Turquie discute désarmement avec Ocalan

 

ISTANBUL, Lundi 31 Décembre 2012 (Reuters). Des responsables des services de renseignement turcs ont discuté de la perspective d'un désarmement des séparatistes kurdes avec Abdullah Öcalan, le dirigeant kurde emprisonné depuis 1999, rapporte le quotidien Hürriyet lundi.

 

Ankara a entamé ces derniers mois des discussions avec le chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, interdit) dans le but de mettre un terme au mouvement de grève de la faim observé par des centaines de ses partisans dans les prisons turques.

 

Les directeurs de l'agence des renseignements turque (MIT) ont rencontré Öcalan le 23 décembre pendant quatre heures pour travailler à l'élaboration d'une déclaration sur la fin du conflit dans les premiers mois de l'année 2013, rapporte Hürriyet.

 

"Obtenir que le groupe dépose les armes était le point principal figurant dans l'agenda des négociations", écrit Hürriyet, sans préciser ses sources.

 

"Si l'objectif est atteint, le PKK, qui a stoppé ses opérations à cause de l'arrivée de l'hiver, déposerait les armes au printemps".

 

Öcalan aurait quant à lui déclaré qu'il devait être mis en relation directe avec le PKK et que ses conditions de détention s'étaient améliorées.

 

De telles négociations auraient été impensables il y a encore quelques années. Des contacts récents se sont révélés tendus, certains membres de l'opposition nationaliste ayant fermement condamné toute idée de négociation.

 

Abdullah Öcalan, surnommé parfois "Apo" (l'Oncle), est emprisonné à Imrali, une île de la mer de Marmara, depuis son arrestation en 1999.

 

Le PKK, considéré comme une organisation "terroriste" par Ankara, les Etats-Unis et l'Union européenne, est tenu par le gouvernement central pour responsable de la mort de plus de quarante mille personnes depuis qu'il a pris les armes il y a près de trente ans pour obtenir un statut d'autonomie pour les kurdes de Turquie.

 

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 18:29

 

La nonciature apostolique occupée à Paris par des sans papiers

 

PARIS (Reuters) - Plusieurs dizaines de membres d'un collectif de soutien aux sans-papiers ont occupé lundi matin la nonciature apostolique à Paris pour réclamer la régularisation de sans-papiers en grève de la faim depuis deux mois à Lille.

 

Selon une représentante de l'ambassade du Vatican, les manifestants, au nombre d'une quarantaine, ont pénétré dans les lieux après avoir forcé le sas de sécurité mais l'occupation se déroulait sans incident.

 

Les forces de l'ordre ont pris position devant l'immeuble, situé avenue du président Wilson dans le huitième arrondissement de Paris.

 

Un porte-parole du neuvième collectif des sans-papiers a indiqué à Reuters qu'il demandait que l'Eglise catholique soutienne les revendications des grévistes de la faim.

 

"Nous sommes venus à la nonciature apostolique de Paris pour que la papauté se prononce en faveur d'une plus grande humanité et de la nécessaire prise en compte des revendications des grévistes de la faim et leur régularisation immédiate et sans conditions", a-t-il dit.

 

Environ deux cent personnes avaient déjà manifesté vendredi à Paris pour les mêmes raisons. Les sans-papiers de Lille avaient brièvement occupé le 22 décembre une église du centre de la préfecture du Nord avant d'en être expulsés par la police, qui était intervenue à la demande de l'évêché.

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 19:01

 

http://www.ladepeche.fr/article/2012/12/28/1524677-espagne-une-maree-blanche-contre-la-privatisation-de-la-sante.html

 

Une marée blanche contre la privatisation de la santé

 

Vendredi 28 Décembre 2012

 

En Espagne, la marea blanca (en référence aux blouses du personnel de santé) est en train de se transformer en authentique tsunami de contestation. Les travailleurs de la santé, rejoints par les syndicats et les patients, refusent la détérioration du système de santé publique.

 

Hier, médecins, infirmières et personnels des hôpitaux madrilènes en grève depuis cinq semaines, ont manifesté une nouvelle fois leur colère. En cause : le plan de rigueur du gouvernement régional prévoyant la privatisation de six hôpitaux, pour économiser cinq cent trente trois millions d'euros en 2013.

 

Cette mesure, votée hier, a mis le feu aux poudres, alors que le secteur de la santé estime déjà être la victime de la politique d'austérité du gouvernement de droite de Mariano Rajoy.

 

Enrique Zamora, 49 ans, est neurologue à l'hôpital madrilène de La Princesa. Hier, il est venu exprimer son indignation. «Sous couvert de réduction du déficit public et en prétextant une meilleure gestion, les politiques sont en train de vendre notre système de santé à des entreprises privées. Il y a une contradiction évidente entre la volonté de bien soigner nos patients et la recherche de profit qui anime les sociétés privées».

 

Et Enrique de pronostiquer un avenir très sombre : «La privatisation de la santé va entraîner irrémédiablement deux choses : la baisse de la qualité des soins et la hausse des coûts pour les patients».

 

Les sans papiers exclus de la santé

 

Avant la crise, la santé publique était un des joyaux de la couronne d'Espagne. Source d'orgueil pour beaucoup, elle est aujourd'hui mise à mal dans un contexte de réduction des déficits. Les salaires des personnels de santé ont diminué, les effectifs se réduisent et le temps d'attente pour les patients s'allonge. Dernière mesure à avoir marqué les esprits : les immigrants sans-papiers se retrouvent, depuis peu, exclus de l'assistance sanitaire. Beaucoup de médecins se sont émus de cette décision et ont annoncé qu'ils continueraient à soigner ces patients illégaux».

 

Alors que le personnel de santé entame sa cinquième semaine de grève, le conflit semble dans l'impasse.

 

À ce jour, sept mille opérations chirurgicales ont été reportées, trente cinq mille consultations annulées. Deux employés de l'hôpital du Tage ont débuté une grève de la faim et demandent au roi Juan Carlos d'intervenir. Hier, en signe de défiance envers les autorités, cent trente directeurs de centre de santé ont remis officiellement leur démission.

 

«La santé ne se vend pas, elle se défend» : des milliers de médecins et infirmières en blouse blanche ont de nouveau défilé hier à Madrid pour dénoncer les coupes budgétaires et «la privatisation» des services de santé.

 

Le chaos dans les hôpitaux publics

 

Mieux vaut ne pas être malade et avoir besoin de soins dans les hôpitaux de Madrid, ces derniers jours. Une grande partie du personnel soignant est en grève illimitée pour dénoncer un plan important de réduction budgétaire.

 

Le gouvernement, face à la crise, a en effet décidé d'économiser sept milliards dans le secteur de la santé.

 

En Espagne, la santé et l'éducation sont gérés par les dix sept régions qui sont en situation de quasi autonomie. Or, ces régions croulent sous une dette très importante, évaluée à cent quarante cinq milliards d'euros, d'où les mesures décidées par la région de Madrid pour éponger une partie de son déficit abyssal.

 

Ces mesures d'austérité suscitent de plus en plus d'oppositions dans toute l'Espagne.

 

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 16:35

 

LA REVOLUTION ARABE ARRIVE EN PALESTINE

 

Comme je l’écrivais dans un autre message, les médias occidentaux ne comprennent plus rien à la révolution tunisienne, de leur point de vue, la totalité des principaux acteurs politiques et sociaux de la société tunisienne seraient tous d’affreux méchants islamistes et ils dramatisent les relations entre l’actuel gouvernement tunisien et l’UGTT.

Il en va de même en Egypte. Les médias occidentaux dramatisent la situation politique égyptienne depuis au moins six mois, depuis l’élection du premier président civil de la république égyptienne depuis l’abolition de la monarchie.

Il y avait au mois de décembre 2012 en Egypte une campagne électorale normale pour un référendum constitutionnel, comme il y avait par exemple en 2005 en France une campagne électorale normale pour un projet de constitution européenne. Les défenseurs musulmans de la nouvelle constitution égyptienne faisaient campagne pour la nouvelle constitution, les partis de l’opposition égyptienne faisaient campagne contre la constitution, plus des deux tiers des électeurs égyptiens ne votaient pas selon les chiffres officiels et la majorité des bulletins dans les urnes approuvaient la nouvelle constitution. Il y aura normalement des élections législatives dans deux mois, nous serons bien évidemment attentifs au pluralisme politique, à la liberté de présentation des candidatures et aux résultats des candidats des partis des deux principaux leaders de l’opposition, mais la carrière politique et diplomatique de l’ancien directeur de l’AIEA et de l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe du temps de Moubarak ne plaide pas pour eux.

Il en va de même en Syrie. La guerre de Syrie n’est plus depuis longtemps une guerre civile. C’est une guerre par procuration entre deux coalitions régionales sinon internationales. La Russie, la Chine et l’Iran soutiennent le régime d’Assad. Le Qatar, la Turquie et l’Egypte soutiennent l’Armée Syrienne Libre.

Il y a aussi une campagne de propagande quotidienne des médias internationaux contre la révolution syrienne. Ils voient aussi des djihadistes islamistes internationaux partout et la position officielle du conseil de sécurité de l’ONU soutient finalement la position russe pour un accord politique entre Assad et l’opposition syrienne.

Des mythomanes occidentaux dénoncent en permanence l’intervention militaire occidentale ou les menaces d’intervention militaire occidentale en Syrie.

Il n’y a pas et il n’y aura pas de soldats occidentaux ni de bombardements de l’OTAN en Syrie. Il y a une seule intervention militaire étrangère massive en Syrie, c’est l’intervention militaire russe, la Syrie d’Assad est une colonie russe. Sans les avions de guerre, les hélicoptères et les chars russes, le régime d’Assad n’existerait plus depuis longtemps. L’armée syrienne libre, comme l’armée bosniaque il y a vingt ans, ne demande pas une intervention militaire occidentale, elle demande seulement des armes.

Il y a un processus d’afghanisation de la guerre de Syrie. Mais quand nous faisons la comparaison entre la Syrie et l’Afghanistan, nous recevons des réponses selon lesquelles nous ferions la comparaison entre la Syrie de 2012 et l’Afghanistan de 2012. Quand nous faisons cette comparaison, ce n’est pas la comparaison entre la Syrie d’Assad et l’Afghanistan de Karzaï, c’est la comparaison entre la Syrie d’Assad et l’Afghanistan du temps de l’intervention soviétique en Afghanistan entre 1979 et 1989. C’est l’histoire du Parti Démocratique et Populaire d’Afghanistan pendant presque trente ans entre 1965 et 1992. Taraki, Amin, Karmal, Najibullah, ils étaient tous des agents soviétiques.

La révolution arabe arrive enfin en Palestine. En 2012 comme en 2008, tout commence aux Etats Unis. En 2012 comme en 2008, il y a une ingérence flagrante du gouvernement de l’extrême droite israélienne sioniste de Netanyahou dans la campagne présidentielle aux Etats Unis. En 2012 comme en 2008, Netanyahou soutient le candidat du parti républicain aux élections présidentielles aux Etats Unis, dans une situation dans laquelle la majorité du lobby sioniste des Etats Unis vote traditionnellement pour le candidat du parti démocrate. En 2012 comme en 2008, pendant toute la campagne présidentielle aux Etats Unis, les médias sionistes font une campagne de tonnerre de dieu pour une guerre d’Israël contre l’Iran. En 2012 comme en 2008, pendant la campagne présidentielle aux Etats Unis, il n’y aura pas de guerre d’Israël contre l’Iran.

Par contre, en 2012 comme en 2008, immédiatement après l’élection du président des Etats Unis, il y a une nouvelle guerre d’Israël contre Gaza. Mais les mêmes causes ne produisent pas du tout les mêmes effets. Il y a mille cinq cent morts palestiniens à Gaza en 2008, il y en a cent cinquante en 2012, mais ce n’est pas du tout le plus important.

La dernière guerre d’Israël contre Gaza provoque une très importante campagne de solidarité politique et diplomatique pour Gaza et pour le Hamas.

Avant la guerre, l’émir du Qatar al Thani est le premier chef d’Etat à Gaza depuis l’imposition du blocus israélien contre Gaza en 2007, aucun dictateur laïc arabe ni aucun grand timonier russe ou chinois ou leader maximo latino américain n’y allait avant lui. Pendant la guerre, c’est au tour du secrétaire général de la Ligue arabe, du ministre des affaires étrangères turc et des ministres des affaires étrangères d’une dizaine de pays arabes. Après la guerre, c’est au tour de Mechaal, le leader historique du Hamas palestinien.

La révolution arabe arrive en Palestine.

Bernard Fischer  

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 15:40

 

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s70LKZLM1T1Wf%2bemzEFZNNQq6Ba2%2fqUJ77tdb5Fk8I%2bGh0ndOQOxeeMOuMdNuqwRynidvOh0h2T%2brOLmxa6lFbJ7zOH%2bxit%2bNtWa5pw37Dti0%3d

 

Entrée des matériaux de construction via le passage de Rafah pour la première fois

 

Gaza (CPI). Des grands camions apportant des matériaux de construction ont commencé à entrer du côté égyptien de la Bande de Gaza, samedi soir 29 décembre 2012, pour la première fois via le passage de Rafah, dans le cadre de la coordination égypto-palestinienne et qatarie pour reconstruire ce qui a été démoli par l'occupation.

 

Des sources au passage de Rafah ont déclaré au correspondant du CPI que les camions ont effectivement commencé à franchir le passage, où vingt camions entreront, apportant des matériaux de construction, y compris "albiskurs", où ils hissaient les drapeaux palestiniens, égyptiens et qataris.

 

Les sources ont déclaré que le premier lot apportera cent mille tonnes des matériaux de construction, afin de commencer le travail dans la première étape du don du Qatar pour reconstruire l'infrastructure de Gaza qui comprend vingt quatre projets de routes dans les différentes villes de la Bande de Gaza avec un coût de vingt deux millions de dollars.

 

Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a déjà annoncé samedi que l'Egypte l'a informé qu'elle permettra pour la première fois d'entrer les matériaux de construction, afin de reconstruire ce qui a été ravagé par l'occupant israélien à Gaza.

 

Haniyeh a salué l'Egypte, considérant que cela est le fruit des contacts entre l'Egypte et le Qatar et insistant que cela s'inscrit dans le cadre de la révolution et que l'Egypte n'accepte pas aujourd'hui d'encercler, combattre ou humilier Gaza.

 

De son côté, le député Jamal al Khoudari, le président du comité populaire pour la lutte contre le blocus, a considéré que les efforts égyptiens, qataris et palestiniens pour acheminer les matériaux de construction pour les projets qataris visant à reconstruire la bande de Gaza via le passage de Rafah représentent une importante mesure sur le chemin de la levée du blocus inhumain et injuste.

 

Il a confirmé dans une déclaration de presse, samedi 29 décembre 2012, que cela est une réalisation pour promouvoir la fermeté du peuple palestinien, et une grande mesure sur le chemin de la levée du blocus israélien imposé sur la bande de Gaza depuis plus de six ans.

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 19:52

 

DEUXIEME ANNIVERSAIRE DE LA REVOLUTION TUNISIENNE

 

Deux ans après son début, les médias et les gouvernements occidentaux ne comprennent plus rien à la révolution arabe.

 

Je l’écrivais de nombreuses fois depuis deux ans, la révolution arabe est directement une conséquence de la chute du mur de Berlin en 1989 et de la dissolution de l’union soviétique en 1991.

 

Vous trouverez par exemple le paragraphe ci-dessous dans un message de juillet 2012, « la coexistence pacifique entre l’impérialisme occidental et la bureaucratie soviétique, le faux débat entre la fausse démocratie impérialiste et la fausse dictature socialiste dominait le vingtième siècle pendant des dizaines d’années. La disparition de l’union soviétique laissait l’impérialisme mondial sans adversaire global. Il en inventait un autre, c’était la guerre des civilisations contre l’islam politique. La base idéologique la plus fondamentale de la guerre des civilisations était la fausse incompatibilité entre l’islam et la démocratie. C’est le sens le plus fort de la révolution arabe, c’est la négation de cette fausse incompatibilité par l’invention de la démocratie musulmane ».

 

Je prendrais dans ce message le seul exemple de la Tunisie, je parlerais des situations de l’Egypte, de la Syrie et de la Palestine dans un autre message.

 

En Tunisie, depuis plusieurs mois, de mystérieux agresseurs attaquent de temps en temps le siège national de l’UGTT, des réunions des partis progressistes ou bien même l’ambassade des Etats Unis.

 

Personne ne les identifie ni ne les arrête, la police tunisienne observe attentivement et passivement leurs agressions mais dans le meilleur des cas elle intervient seulement après la fin des agressions, les agresseurs ne revendiquent pas leurs actions et ils disparaissent dans la nature tout aussi mystérieusement immédiatement après la fin de leurs agressions.

 

Ces agressions sont autant de messages à l’attention des médias occidentaux et les médias occidentaux les reçoivent parfaitement bien. Ces agressions sont la cause d’une extraordinaire campagne de propagande obscurantiste des médias occidentaux. Dans la nuit des médias occidentaux, tous les chats tunisiens sont gris. Ils mélangent tout. De leur point de vue, les salafistes seraient des islamistes, la Ligue de Protection de la Révolution serait aussi une organisation islamiste, l’actuel gouvernement tunisien serait le gouvernement du seul parti des affreux méchants islamistes d’al Nahdha, ce serait le gouvernement d’une seule composante, les médias internationaux ignorent totalement les deux autres composantes gouvernementales minoritaires, le CPR et Ettakatol, elles seraient certainement elles aussi des organisations islamistes et les médias internationaux ignorent encore plus les divergences politiques à l’intérieur d’al Nahdha.

 

Plusieurs dizaines de salafistes sont en prison et deux d’entre eux mourraient d’ailleurs récemment en prison à la suite d’une longue grève de la faim, mais ces informations n’entrent pas du tout dans le cadre de la propagande occidentale.

 

Le jour du deuxième anniversaire de l’immolation par le feu du jeune vendeur de fruits et légumes de Sidi Bouzid, le président Marzouki était lui-même victime d’une agression à Sidi Bouzid, mais cette information n’entre pas non plus dans le cadre de la grille de lecture des médias occidentaux.

 

Il y a aussi toute une propagande des médias occidentaux selon laquelle il y aurait une situation de confrontation entre le gouvernement d’al Nahdha et l’UGTT. Rien n’est plus faux, il n’y a pas de situation de confrontation entre le gouvernement d’al Nahdha et l’UGTT. La direction nationale de l’UGTT appelait à une grève générale le 13 décembre et après une réunion de huit heures de négociations entre le gouvernement et l’UGTT et la satisfaction de la majorité de ses revendications, la direction nationale de l’UGTT annulait son mot d’ordre de grève générale.

 

Il n’y a pas d’affrontement entre le gouvernement d’al Nahdha et l’UGTT et cette situation d’affrontement ne serait dans l’intérêt de personne. Les relations entre l’actuel gouvernement tunisien et l’UGTT sont des relations normales entre un gouvernement capitaliste normal et une centrale syndicale majoritaire dans un pays capitaliste normal, comme par exemple les relations entre le gouvernement Hollande et la CGT en France.

 

Bernard Fischer 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:53

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/12/29/usines-recuperees-et-autogestion-dans-la-nouvelle-realite-espagnole

 

http://www.alterautogestion.blogspot.fr/2012/12/usines-recuperees-et-autogestion-dans.html

 

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole

 

samedi 29 décembre 2012

 

Traduction en français de cet article très intéressant et éclairant sur la situation dans l’État espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d’ICEA sous le titre de « Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España ».

 

Par José Luis Carretero Miramar

 

Traduction du castillan par Richard Neuville

 

Avec la situation de crise financière et économique, l’État espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé, et continuent à se succéder, laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

 

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux sinon profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait – ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement- la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

 

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

 

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936 à 1939 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scénario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 1970, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs à joué un rôle marquant.

 

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électro domestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires de Joaquím Jordá : Númax vit et vingt ans ce n’est pas rien.

 

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du métro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a vingt cinq ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura trois.

 

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

 

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

 

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial – à l’éclatement de la bulle immobilière – ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliquée le début de grandes transformations économiques mais également socio culturelles.

 

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un État de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

 

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’État espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

 

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

 

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenue possible.

 

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et, le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

 

En ce sens, au tout début de la crise, près de quarante entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA).

 

Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zeropro de Porriño à Pontevedra  en Galice ou celle de meubles et d’agencement de cuisine Cuin Factory à Vilanova i la Geltrú dans la région de Barcelone dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de neuf cent euros. L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell dans la banlieue de Barcelone a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

 

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex employés du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant quatre vingt dix pour cent de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

 

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développée : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un État du Bien-être de plus en plus faible et contesté. Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

 

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblante à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra – Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, deux cent vingt trois nouvelles coopératives ont été créées dans l’État espagnol.

 

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:31

 

Lettre ouverte à Marc Dolez

 

Par Robert Duguet

 

Marc Dolez, bonjour,

 

Tu viens par un carton de l’Assemblée Nationale de m’envoyer tes bons vœux pour 2013. J’y répondrai par cette lettre ouverte.

 

Tu as annoncé,  par le biais du journal Libération et non par les structures de ton parti, que tu démissionnais du Parti de Gauche. Je n’interviens pas dans cette discussion en tant que membre du Parti de Gauche, pour la bonne raison que, comme tu le sais, je n’en suis plus membre. Militant sous l’étiquette Front De Gauche, j’ai fait avec enthousiasme la campagne de Jean Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle passée, aux termes de laquelle nous avons pu, sur la base des principes défendus, virer Sarkozy et sa majorité. J’interviens sur la base des positions très succinctes, elliptiques et non développées que tu avances, en tant qu’elles concernent l’avenir du Front De Gauche. Comme telles je ne les accepte pas.

 

En 2004, lors de la campagne référendaire pour le non au TCE, j’ai rejoint le courant que tu avais construit au sein du PS, Forces Militantes. J’y ai milité jusqu’en 2008. A l’époque, on ne pouvait que se féliciter que tu sois un des seuls parlementaires socialistes à te mouiller pour le non à l’Europe néo libérale, à laquelle la « social-démocratie » européenne et le PS français se ralliaient. Suivront entre 2004 et la naissance du PG une série de manœuvres et contre-manœuvres, les militants de ton propre courant étant pour l’essentiel exclus des décisions prises. Un jour l’interdit était prononcé par quelques éléments cooptés autour de Marc Dolez et nommés « délégation nationale de Forces Militantes » contre un accord avec l’association  des amis politiques de Jean Luc Mélenchon, l’association Pour la République Sociale (PRS), excommunication majeure qui a par ailleurs duré trois ans, et un beau matin d’été, un accord intervenait sans que tout cela ne soit discuté dans quelque structure de direction démocratique que ce soit. Lorsque le PG est né, les militants ont reçu une circulaire expliquant que le courant Forces Militantes était dissous sur ordre du mufti et que dorénavant plus personne ne pouvait se prévaloir de l’étiquette Forces Militantes. Amen ! On entrait au PG, point barre !

 

A l’époque nous avons été un certain nombre, dans ton propre réseau, à expliquer qu’une gauche renouant avec l’anticapitalisme, le mouvement ouvrier, ne se construirait pas en dehors de la démocratie la plus large : donner aux hommes et aux femmes qui nous rejoignaient les outils de la démocratie politique. J’observe qu’aujourd’hui cette question se pose et se résout partiellement au sein du Front De Gauche, le développement des assemblées citoyennes, des associations locales sont des réponses positives. Lors de ma participation cet été aux estivales du Front De Gauche, j’ai pu tester, combien cette aspiration à une construction démocratique, maitrisée par les militants eux-mêmes, devenait une exigence fondamentale. L’ouverture des unités du front de gauche à tous ceux qui veulent y militer devient une réalité, sans que pour autant adhérer à une organisation politique soit une obligation et tout en reconnaissant l’apport des militants d’organisations, sans lesquels le Front De Gauche n’aurait pas existé. Le Front De Gauche, de cartel électoral peut et doit devenir un véritable front politique de masse, intervenant aussi bien dans le mouvement social que dans les élections. C’est l’enjeu de la période actuelle : construire des unités politiques du front de gauche larges et démocratiques. Sur cette question qui me semble décisive tu ne dis mot. Certes on ne peut pas te reprocher de ne pas être égal à toi-même. Quant à publier ta prose dans Libération, panel d’anciens gauchistes convertis au social-libéralisme, on peut faire moins pire…

 

Venons-en maintenant aux quelques positions succinctes ébauchées. Tu déclares :

 

« L'acquis de la belle campagne présidentielle a été dilapidée dès les législatives avec la catastrophique campagne d'Hénin-Beaumont. La stratégie "Front contre Front" nous a "cornérisé" à l'extrême gauche. »

 

Excuses moi de te le dire, ton propos est intolérable. Jean Luc Mélenchon, comme toi, comme nous tous, est le produit d’une histoire, on peut lui reprocher des prises de positions passées, après Maastricht par exemple et quelques années inutiles passées au sein du PS. Mais passer à la trappe qu’il ait été le seul homme politique et leader de masse, ayant choisi de casser la tête à la dirigeante du Front National, Marine Le Pen, dans une région dévastée par le chômage et la désindustrialisation, dans laquelle le mouvement ouvrier connaît une crise sans précédent, avec une social-démocratie locale pourrie jusqu’à la moelle, c’est un acte de courage politique que je salue. Qui dit mieux ! J’ai du mal à accepter les voix qui s’élèvent ici et là, y compris dans le front de gauche, pour contester le choix qui a été fait d’affronter Marine Le Pen. Je ne suis pas militant du PG et c’est le fils de déporté-résistant qui te parle !

 

En politique on est comptable des batailles que l’on mène, et on n’est jamais sûr d’obtenir la victoire. Lorsque les militants révolutionnaires dans l’Allemagne de la fin de la république de Weimar ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour opposer à Hitler et au parti national-socialiste l’unité de front de la social-démocratie, de la gauche social-démocrate et du KPD et contrecarrer la ligne désastreuse imposée au KPD par la direction stalinienne de la troisième internationale, avaient-ils tort parce qu’ils ont perdu une bataille ? Toutes proportions gardées,  et tu n’es pas le seul à dire cette sottise, la ligne défendue à Hénin-Beaumont par les nôtres et par Jean Luc serait fausse parce ce qu’il n’y a pas eu de victoire ?

 

Ce n’est pas anodin. Cette affaire pose une nouvelle fois la question de la nature et de la place politique occupée par le FN. Il y a un vieux serpent de mer qui resurgit périodiquement à propos du FN, dans l’extrême gauche et dans la gauche, ce serait un parti comme un autre. Je viens de lire l’ouvrage de Pierre Péan sur Le Pen et je dois dire qu’au milieu d’une documentation, il est vrai formellement fort riche, il y a néanmoins une ligne idéologique sous-jacente qui présente le parti de Jean Marie Le Pen comme un parti populiste classique, et  souligne le fait que son dirigeant historique n’a jamais mis en cause les libertés républicaines. Evidemment, il n’a pas été en position de pouvoir le faire. Et Pierre Péan n’oublie pas, par trois fois, d’égratigner les positions de Jean Luc Mélenchon sur le FN. Tiens donc ! Comme par hasard !

 

Tu déclares ensuite :

 

« Beaucoup de ses propos (Jean Luc Mélenchon) brouillent notre message.  Je ne crois pas à la thèse des deux gauches irréconciliables ni au mythe du recours. Je veux que la gauche réussisse. Je ne me résoudrai jamais à considérer que le gouvernement va échouer et que nous serons là à ramasser les morceaux. Si la social-démocratie devait s'effondrer, je crains que ce ne soit au profit de la droite extrême. »

 

On peut se demander dans quel monde vit Marc Dolez et s’il sort quelquefois des frontières de sa circonscription électorale : l’Espagne, la Grèce, le Portugal, ces pays que le néo-libéralisme est en train de ramener au dix neuvième siècle, cela existe. La social-démocratie n’a pas besoin des coups de gueule de Jean Luc pour s’effondrer, elle s’effondre toute seule notamment en Grèce et en Espagne. Est-ce que Marc Dolez va voler au secours du PASOK, sous prétexte que l’effondrement du parti social-démocrate grec conduirait à la victoire d’Aube Dorée ? Pour ce qui concerne la France, la crise est encore devant nous. Le résultat des trois élections législatives partielles qui viennent de se dérouler est tout à fait clair : abstention massive à gauche. Si le Front De Gauche maintient ses positions, l’abstention néanmoins nous pénalise et ne nous permet pas encore d’être « le recours », tout à fait « le recours » à gauche. Bien sûr les nôtres s’abstiennent, non parce que les positions de notre porte-parole seraient « inaudibles », mais parce que les salariés, tous les laissés pour compte,  ne voient pas encore comment lever l’obstacle et sortir politiquement par le haut. Pourquoi aussi ne pas rendre Jean Luc responsable de l’abstention populaire pendant que tu y es ! C’est une constante dans les élections, l’abstention populaire pénalise toujours la gauche du mouvement ouvrier.

 

Dans une polémique célèbre contre Dühring qui incarnait un courant liquidateur des positions ouvrières de la deuxième internationale naissante, un dénommé Engels polémiquait en disant : si Dühring nie la dialectique, la dialectique exerce son influence jusqu’à lui. La fracture entre les deux gauches, elle est une réalité objective, un quart de siècle de capitulations incessantes et de gestion des institutions de la cinquième république, cela existe. Et les gesticulations de Gérard Filoche, les manœuvres récentes du club Gauche Avenir et de Marie Noëlle Lienemann sur la ligne de réconciliation des deux gauches, n’a aucune réalité. Rideau de fumée. La gauche ne peut se reconstruire et s’unifier que sur un programme de rupture avec le social-libéralisme. Quand nous avons constitué le Front De Gauche, ceux et celles qui nous ont rejoint par vagues successives, ne l’ont pas fait pour devenir le poil à gratter du PS. Nous voulons tourner la page de la « social-démocratie ». Elle n’est plus utile à rien, sinon à  aider le capitalisme financier à détricoter tout ce que le mouvement ouvrier avait acquis, à travers notamment le programme du Conseil National de la Résistance, à l’issue de la seconde guerre mondiale.

 

Sur la politique du gouvernement Hollande, pour que le gouvernement « n’échoue pas », encore une fois faudrait-il qu’il mène une politique de rupture conforme aux attentes de sa majorité sociologique. Jamais gouvernement « social-démocrate », je te laisse la responsabilité de le caractériser comme tel, pour moi le PS est aujourd’hui un parti social-libéral, n’est allé aussi loin dans la voie de la collaboration avec le capitalisme néo libéral. Là encore notre porte-parole n’y est pour rien !

 

Tu conclus l’interview de la manière suivante :

 

« Le PG connait une dérive un peu gauchisante. Je conçois que cela puisse séduire et je respecte les militants qui y adhèrent. Mais l'objectif est d'ouvrir une alternative. Pas de créer une organisation condamnée à la minorité (…) Je reste un militant actif du Front De Gauche, qui m'apparait plus indispensable que jamais. J'entends participer à son expression à l'Assemblée nationale. Je n'ai pas quitté le parti socialiste pour y revenir. »

 

Je ne vois pas comment, étant sur la ligne de réconciliation des deux gauches, tu peux justifier le projet du Front De Gauche, de reconstruire la gauche sur un axe de rupture majoritaire avec le social-libéralisme, ou alors je ne comprends rien à ce que nous faisons depuis maintenant plusieurs années. Le fait que de nombreux militants, et jeunes gens enthousiasmés par la fenêtre de tir ouverte par la campagne présidentielle, nous rejoigne, est pour moi un fait politique d’une très grande importance. La valse-hésitation de certains élus nous regardant, formés à la vieille école du PS d’Epinay, où l’on regarde d’abord comment assurer le renouvellement de son mandat d’élu, c’est les restes d’un passé ennuyeux et sans intérêt pour l’avenir. On voit même certains élus, comme le maire de la ville de Crosne, adhérant du PG en 2008, retourner au PS quelques mois après, et aujourd’hui défendre les positions de Manuel Valls, demander aux salariés et aux retraités de payer la crise, c’est devenu pour lui assurer « une gestion de bon père de famille ». Dans la période ouverte par la grande crise de l’automne 2008, la gauche va avoir besoin de dirigeants courageux, qui se forgent une pensée et une pratique ailleurs que sous les lambris de la république.  « Chercher la vérité, et la dire », selon la belle formule de Jaurès, ce n’est pas se condamner « à la minorité ». Pour le reste, l’unité elle se fait sur un programme, et tactiquement sur la logique de front politique de rassemblement. Ta position est sur une ligne de rétropédalage.

 

L’ébauche de ligne que tu esquisses dans ton interview ne mène nulle part, plus exactement c’est le retour à la case Filoche et la case Filoche c’est le PS.

 

Salutations militantes

 

 

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