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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:58

 

http://www.autogestion.asso.fr/?p=2654

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2013/02/28/la-mue-des-assemblees-de-quartier-dathenes

 

La mue des assemblées des quartiers d’Athènes

 

Par Eleni Panagouli

 

Mardi 26 Février 2013

 

Popularisées par les indignés, les assemblées de quartier se sont multipliées dans l’agglomération d’Athènes. Du fait de leur engagement dans de nombreuses initiatives de résistance, ces assemblées sont en pleine évolution et s’inscrivent désormais dans la durée.

 

Les assemblées de quartier ne sont pas un phénomène nouveau : dès le début des années 2000, des assemblées populaires sont apparues, initiées par les mouvements sociaux de revendication des espaces publics qui ont fleuri dans toute l’agglomération d’Athènes contre les pressions urbaines et sociales engendrées par la perspective des jeux olympiques de 2004. Elles se réunissent plus ou moins régulièrement selon les problèmes posés et ses participants sont proviennent de diverses couches sociales et d’opinions politiques. Celles-ci étaient soutenues par les centres sociaux des quartiers d’Athènes, une tradition politique de la ville issue d’initiatives libertaires et autonomes, qui les inspiraient avec des principes et un savoir-faire de démocratie directe et d’autogestion.

  

C’est le « mouvement des places », nom revendiqué par les indignés en Grèce depuis le printemps 2011, qui a généralisé les assemblées populaires dans presque tous les quartiers de l’agglomération.  Ce mouvement massif, plus de cent mille personnes ont participé à l’assemblée du 5 juin à Athènes, a permis que se crée une dynamique entre les fractions politisées et le reste de la population qui s’étendra à l’ensemble du pays. A chaque clôture nocturne de l’assemblée générale de la place Syntagma, outre l’invitation à revenir le lendemain à 21 heures, était lancé un appel à créer des assemblées dans chaque quartier, dans chaque lieu de travail, dans les facultés.

 

La trentaine au moins d’assemblées populaires qui se sont constituées tenaient régulièrement séance chaque semaine, à heure fixe, souvent dans un espace public prêté ou occupé. Avec une participation de l’ordre de quelques dizaines de personnes, ces assemblées organisaient la mobilisation et menaient des actions de résistance. Organes politiques principaux de la lutte contre les mémorandums, elles se réunissaient sur la place Syntagma. Elles décidaient et organisaient des manifestations. D’un point de vue pratique, elles se sont inspirées des rebellions arabes qui ont largement utilisé les nouvelles technologies pour se coordonner et diffuser de la contre-information.

 

Côté actions de résistance, elles ont pratiqué la désobéissance et la solidarité sociale au niveau de leur quartier. Une première action de solidarité qui a consolidé ces assemblées a été la résistance contre la décision du gouvernement d’imposer la nouvelle taxe devant être payée en même temps que la facture d’électricité avec menace de coupure du courant en cas de non paiement. Les responsables de plusieurs assemblées de quartier ont contacté des juristes pour mettre en évidence le caractère anticonstitutionnel d’une coupure du courant électrique suite au non paiement d’une taxe. Le plus souvent, les habitants viennent à l’assemblée pour demander le rétablissement du courant, ce qui se fait fréquemment avec l’intervention des voisins et parfois d’employés de la compagnie d’électricité qui, ayant coupé le courant le matin, le rétablissent le soir même. Plus pratique, certains blogs n’hésitent pas à expliquer comment faire pour rétablir le courant soi-même. En effet, la solidarité exprimée par le slogan « Personne ne doit rester seul dans la crise » guide la plupart des activités organisées par les assemblées : bazar de trocs d’objets et de vêtements, cuisine collective parfois quotidienne comme à Petralona, banque de temps pour l’échange des services, cours de langue, soutien scolaire et accueil de la petite enfance dans des ateliers d’art plastiques.

 

La devise du peuple des places « prendre notre vie entre nos mains » s’est traduite par celle « prendre nos quartiers entre nos mains ». La solidarité se conjugue presque toujours avec l’auto-organisation. En effet, devant le désastre sanitaire provoqué par les politiques d’austérité qui se succèdent, des centres médicaux autogérés par des médecins et du personnel médical fonctionnent dans un assez grand nombre de quartiers. Ailleurs, des pharmacies sociales tentent de gérer le troc de médicaments.

 

Les assemblées de quartier organisent très souvent des projections de films, le plus souvent militants comme « Debtocracy », « Catastroïka » ou « La stratégie du choc », mais aussi des séances gratuites de films commerciaux. En réponse à l’activisme agressif des « sections d’assauts » du parti néo nazi Aube Dorée, des réunions thématiques sur le racisme et le fascisme sont de plus en plus souvent proposées sous forme de conférences-débats qui rencontrent un vif succès. On trouve souvent dans les affichettes d’invitation à ces réunions l’idée selon laquelle « nous sommes tous des immigrés », susceptible de rappeler que nos sociétés sont la résultante de migrations continues.

 

Actuellement, après presque deux ans des luttes polymorphes, le monde des assemblées populaires de quartier se trouve dans un tournant. Si l’affluence aux manifestations semble s’estomper, les actions de solidarité de quartier qui ont émergées durant cette période ont créé leur propre dynamique. La « sédentarisation » d’une assemblée populaire et la mise en place d’un local constituent souvent un nouveau départ. Les mêmes personnes participent maintenant à plusieurs structures plus petites et ciblées dans l’action solidaire et alternative du quartier.

 

Chaque groupe a déjà ses propres caractéristiques et son histoire et prend la forme d’une association, d’une coopérative ou tout simplement d’un collectif. Chaque quartier pratique une activité plutôt qu’une autre : des échanges locaux, des banques de temps, l’entretien d’un café autogéré, des actions culturelles alternatives mais tous ont organisé une cuisine collective. De plus, ils s’adressent aux exclus de leur quartier en pratiquant le « porte à porte » dans la mesure où ce qui reste de l’Etat providence est incapable de répondre à ce besoin.

 

Il s’agit d’une mosaïque de nombreuses collectivités qui pratiquent des actions de résistance au quotidien contre les politiques d’austérité par des réseaux de solidarité et d’économie sociale. Athènes mérite plus que jamais d’être visitée.

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 17:35

 

http://www.oclibertaire.free.fr/spip.php?article1318  

 

L’autogestion de Port Saïd et les luttes ouvrières

 

Mercredi 27 Février 2013

 

Le mouvement de protestation dans la ville de Port Saïd se poursuit sans interruption.

 

Depuis le Dimanche 17 Février, il a pris une nouvelle tournure avec le blocage des routes, des accès aux entreprises, des administrations publiques et des écoles puis une grève des travailleurs de la zone portuaire touchant une trentaine d’entreprises.

 

Derrière l’appel à la désobéissance civile, c’est un début de prise en main de la ville par ses habitants qui semble se mettre en place.

 

Une réalité sans précédent se déroule dans la ville de Port-Saïd : une autogestion complète, un rejet de tout ce qui représente l’autorité. Une réalité que les protagonistes de la lutte égyptienne en ce moment, les travailleurs, cherchent à reproduire dans d’autres villes.

 

Port-Saïd est devenu un lieu entièrement entre les mains du peuple. A l’entrée de la ville, si dans le passé, il y avait de nombreux barrages de police, on trouve maintenant un check-point formé par des habitants, surtout des travailleurs en grève, auto proclamés « police populaire ».

 

Il en va de même pour la circulation : plus de police, mais des jeunes, des étudiants et des travailleurs qui autogèrent la circulation urbaine.

 

Désobéissance civile : ce qui caractérise maintenant la ville est un rejet complet du gouvernement de Morsi sous toutes ses formes, d’où l’expulsion de la police, le refus du travail et du système scolaire gouvernemental.

 

En ce qui concerne l’aspect « sécurité », avec l’autogestion les rues sont devenues maintenant plus sûres que jamais. La semaine dernière, la police, à la suite des protestations de rue, de la colère populaire consécutive des vingt et une condamnations à mort liées au massacre de Port-Saïd et des quarante victimes des affrontements ultérieurs, a été contrainte d’accepter de laisser la ville dans les mains du peuple.

 

Le gouvernement de Morsi a accepté de rappeler la police, à la fois à cause des preuves vidéo irréfutables montrant des policiers du régime tirer et tuer les manifestants de sang-froid, mais aussi parce qu’il était convaincu qu’une ville toute seule ne pouvait pas s’autogérer et que Port Saïd aurait demandé l’intervention du gouvernement pour réprimer les probables révoltes.

 

Mais la réalité est très différente et montre qu’une ville sans « forces de l’ordre » est plus sûre et vit mieux.



Ensuite, il y a un accord tacite qui permet à l’armée (majoritairement respectée par les gens car traditionnellement moins liée au régime que la police, cette dernière étant une émanation du pouvoir et des services secrets) de surveiller les points névralgique de la ville, mais sans pouvoir intervenir.

 

Donc, la réalité est la suivante : les militaires non armés gardent des endroits tels que le tribunal et le port très important (actuellement en grève) et la « police populaire » s’occupe de la sécurité dans la ville.



Le refus de tout ce qui représente l’autorité se manifeste dans la pratique de ne pas payer les taxes gouvernementales et les factures, en refusant même toute communication avec le gouvernement qu’il soit central ou local.

 

La fermeture de l’administration centrale et l’auto-organisation des moyens et des modes de production, font de l’expérience de Port-Saïd une réalité sans précédent et l’expérimentation d’un nouveau mode de vivre, de produire, d’exister.

 

Les usines sont fermées, le trafic maritime est bloqué, il ne se produit que ce qui est utile et ne restent ouverts uniquement que les services nécessaires.

 

Le pain est fabriqué, les magasins d’alimentation, les hôpitaux et les pharmacies restent ouverts. Dans chaque usine, ce sont les travailleurs qui ont eu à décider de poursuivre ou non la production et la réponse générale est désormais non. D’abord la justice, d’abord l’achèvement de la révolution et ensuite, au besoin, la production repartira.

 

Une nouvelle forme d’auto-organisation est en train d’être expérimentée dans les écoles.

 

Celles-ci restent ouvertes, mais les familles de Port-Saïd elles-mêmes refusent d’envoyer leurs enfants dans les écoles du gouvernement. En ce moment même, des enseignants et des comités populaires essaient d’organiser des écoles populaires place centrale, rebaptisée place Tahrir de Port-Saïd, où, en plus des matières scolaires, il y a la volonté d’enseigner la justice sociale et les valeurs de la révolution égyptienne.

 

Une réalité qui peut sembler impossible. Même dans les pages de ce portail, nous avons raconté dans le passé l’expérience de Port-Saïd avec d’autres yeux. Mais après la mort des vingt et un accusés pour le massacre du stade, une nouvelle conscience populaire a surgi dans cette ville, probablement très traditionaliste dans le passé. En fait, les vingt et un à être condamnés sont des jeunes, étudiants pour la plupart, alors que la responsabilité de ce massacre doit être recherchée dans la sphère politique ; la sentence semble avoir été une satisfaction accordée à ceux qui cherchent la justice. Aucun des accusés ne sont issus des rangs de la police ou de l’Etat et de ses services secrets. Port-Saïd l’a bien compris et dès que les condamnations à mort ont été prononcées, des manifestations importantes ont éclaté et ont conduit à la mort d’une quarantaine de manifestants, certains d’entre eux, même lors de l’enterrement des victimes des émeutes. De là a commencé la grève, la désobéissance civile.



Une réalité que nous-mêmes, avant de la voir de nos propres yeux, n’aurions jamais imaginée.

 

Une colère, d’abord né d’un désir de justice pour la peine de mort et pour les quarante victimes consécutives, mais qui a grandi et est devenu politique. Le fort antagonisme ouvrier, la croissante prise de conscience de la population de Port-Saïd ont fait de cette contestation une lutte sans précédent qui fait trembler sérieusement le régime de Morsi.

 

Une lutte qui, si elle s’étendait dans d’autres villes, pourrait vraiment mettre le régime à genoux.

 

Maintenant, les gens ne demandent plus, comme c’était encore le cas il y a une semaine, de ne pas punir les citoyens de Port-Saïd pour des crimes qui ont été commis par le régime. Maintenant, ce qui est demandé, c’est la justice pour toutes les victimes de la révolution ; maintenant, ce qui est demandé à haute voix c’est la chute du régime.

 

Dans la journée du Lundi 25 Février 2013, une grande manifestation a eu lieu dans les rues de Port-Saïd : le syndicat indépendant des travailleurs, les étudiants, le mouvement révolutionnaire, ils sont nombreux à être descendus dans les rues, nombreux à être venus du Caire pour exprimer leur solidarité aux travailleurs et à la ville en lutte. Un grand cortège a envahi les rues de la ville, en appelant à une grève générale dans tout le pays.

 

Pendant ce temps, au cours des dernières semaines, d’autres villes égyptiennes ont connu de grandes grèves : à Mahalla, à Mansoura, à Suez, les travailleurs dans de nombreuses usines se sont croisés les bras pendant des semaines. De même, par centaines ils sont descendus dans les rues pour appeler à une grève générale dans tout le pays, de nombreuses écoles et universités ont annoncé une prochaine grève générale. Beaucoup de travailleurs et de secteurs sociaux qui sont en grève n’ont pas réussi, pour l’instant, à généraliser la grève et la lutte, comme cela s’est produit à Port-Saïd.



On ne sait pas comment cette expérience, appelée « la Commune de Paris égyptienne » va pouvoir se poursuivre. Il est certainement difficile de poursuivre une lutte de ce genre dans un moment où le gouvernement central pourrait couper l’eau et l’électricité ; pour le moment, s’il ne le fait pas, c’est seulement parce qu’il craint des explosions de rage majeures. En outre, la poursuite ou non de la grève des travailleurs est fortement liée à la possibilité qu’elle se généralise et se reproduise dans d’autres villes.

 

Initialement, les habitants de Port Saïd avaient annoncé leur intention de poursuivre la grève jusqu’au 9 mars prochain, date où seront confirmées les vingt et une condamnations à mort.



Maintenant, avec l’entrée en mouvement des travailleurs, l’avenir est incertain, mais certainement riche de potentialité.

 

Les difficultés du moment peuvent sembler nombreuses, mais la prise de conscience de toutes les personnes (et pas seulement les travailleurs), la pratique du refus du régime, l’auto-organisation, sont autant d’éléments qui semblent donner des perspectives positives à ces luttes.  

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 21:27

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/02/27/stephane-hessel-le-defenseur-opiniatre-des-droits-des-palestiniens_1839840_3218.html

 

Stéphane Hessel, le défenseur opiniâtre des droits des palestiniens

 

Par Benjamin Barthe

 

De tous les combats auxquels Stéphane Hessel, mort Mercredi 27 Février à l’âge de quatre vingt quinze ans, a prêté son enthousiasme et sa hauteur de vues, celui pour les droits des palestiniens occupe une place à part dans son parcours. Au mois d’octobre 2012, il avait manifesté une dernière fois sa fidélité à cette cause, en présidant la quatrième session du tribunal Russel sur la Palestine, une juridiction citoyenne, réplique de celle bâtie par le philosophe britannique Bertrand Russel et son homologue français Jean Paul Sartre, qui avait jugé en 1966 les crimes américains au Vietnam.

 

Clin d'œil du destin, cette séance, consacrée aux responsabilités des Etats-Unis dans la poursuite de l'occupation israélienne et aux défaillances des Nations Unies, s'était tenue à New York, là même où le jeune Hessel avait débuté sa carrière, comme diplomate à l'ONU.

 

En hommage à son engagement pro-palestinien, qui l'avait mené à de multiples reprises en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, l'auteur d’ « indignez-vous » (éditions indigènes en 2010) avait été fait en novembre citoyen d'honneur de ce pays sans Etat.

 

« C’est vraiment très triste », réagit le poète Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l'UNESCO. « Stéphane était quelqu'un d'extrêmement chaleureux, animé d'une énergie vitale, d'une foi inébranlable dans le droit. C'est une perte énorme, et pas que pour la Palestine ».

 

« Il est revenu bouleversé »

 

Dans un livre de dialogue, publié en 2012, « le rescapé et l’exilé », aux éditions Don Quichotte, les deux hommes, unis par un même amour de la poésie, avaient évoqué leur rapport à la question palestinienne. Hessel y racontait qu'à la sortie de la seconde guerre mondiale, marqué par l'expérience de la déportation, il était favorable à la création d’Israël.

 

« Mais il racontait aussi qu'à cette époque-là, il était, comme beaucoup, totalement ignorant de ce qu'était la Palestine », précise Elias Sanbar, co-auteur du livre. « C'est par la question du droit qui lui était si chère, et de son non respect par Israël, qu'il a rejoint notre cause ».

 

Son premier voyage dans les territoires occupés, qui remonte aux années 1990, l'incite à transformer ses convictions en actions. « Il est revenu bouleversé, quasiment habité par le sentiment qu'il avait le devoir de parler », se remémore Leïla Chahid, la représentante de la Palestine auprès de l’Union Européenne, qui était alors en poste à Paris. « Il en était d'autant plus convaincu, qu'à cette époque, l'image d'Israël, qui prévalait dans les milieux intellectuels, était celle de la seule démocratie du Moyen-Orient ».

 

Dans les années 2000, le fringant octogénaire multiplie les déplacements dans une région en pleine ébullition. On le croise dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans la bande de Gaza, où il vient épauler un projet de l'association « la voix de l'enfant », à Bilin, le village de Cisjordanie, emblème de la résistance contre la barrière de séparation israélienne, et en Israël aussi, où il rencontre des refuzniks, ces jeunes qui refusent la conscription, au nom de la lutte contre l'occupation.

 

La notoriété venant, il ne peut éviter quelques invitations officielles, par les représentants du Fatah comme du Hamas, ce qui lui vaut des critiques du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France), avant d'en revenir à son goût pour les gens et le terrain. « Ce qui est beau chez lui, c'est qu'il n'appréhendait pas le droit comme une matière froide et technique, mais comme une éthique de comportement », se souvient Leïla Chahid. « Qu'il défende le sans-papier qui dort sur une bouche de métro ou le palestinien qui n'a pas de pays, il n'était pas dans l'idéologie, mais dans le vécu, dans l'empathie ».

 

Bête noire des milieux pro israéliens français

 

En 2009, l'infatigable Hessel s'insurge contre l'opération « Plomb durci », qui coûte la vie à plus d'un millier de résidents de Gaza, qualifiant les bombardements israéliens de « crimes contre l’humanité ». Il milite pour la libération de Salah Hamouri, le jeune franco palestinien condamné par Israël à sept années de prison, pour son implication supposée dans un improbable complot visant à assassiner un rabbin. Il joint également sa voix à la campagne BDS (Boycottage Désinvestissement Sanction), qui lutte de façon non violente contre l'impunité d'Israël, en appelant notamment à un boycottage des produits fabriquées dans les colonies juives de Cisjordanie.

 

Ce ralliement achève d'en faire la bête noire des milieux pro israéliens français, qui, à l'instar de l'écrivain Pierre André Taguieff, martèlent qu'il appelle à la « haine d’Israël » et qu'il s'est rangé dans le camp des « pires anti-juifs ». En janvier 2011, le CRIF obtient même l'annulation d'une conférence à laquelle il devait participer à l'Ecole Normale Supérieure, rue d'Ulm à Paris.

 

« Toutes ses tentatives pour le salir ne l'ont pas affecté », assure Leïla Chahid. « Sa défense des droits des palestiniens ne s'est jamais faite aux dépens des droits des israéliens. Il élargissait les frontières de la Palestine à une cause humaniste, universelle ».

 

Sachant qu’il était rattrapé par l'âge, la diplomate palestinienne l'incitait ces derniers mois à ralentir le rythme de ses interventions. « Comme une vraie mamma arabe », confie-t-elle, dans un rire traversé de chagrin. Mais en vain. Hessel avait prévu de participer à l'ultime session du tribunal Russel, programmé mi-mars. Le vieil indigné refusait de raccrocher. « Il nous laisse un message », conclut Elias Sanbar, « c'est qu'il faut se battre sur le front du droit, encore et encore. C'est ça ou le bain de sang ».

 

 

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 20:54

 

http://www.npa2009.org/content/solidarit%C3%A9-avec-moisis-litsis-journaliste-et-responsable-syndical-grec-menac%C3%A9-par-les

 

Solidarité avec Moisis Litsis, journaliste et responsable syndical grec, menacé par les fascistes

 

Mercredi 27 Février 2013

 

L’offensive néo nazie en Grèce, après avoir ciblé les immigrés, s’attaque maintenant à des animateurs syndicaux ou journalistes qui ont le tort d’avoir des origines juives. Le journal fasciste grec Stohos vient de publier une « notice biographique » de Moisis Litsis, sous le titre : « le syndicat des journalistes grecs a un juif comme trésorier ». Le journaliste Moisis Litsis a été un des principaux animateurs de la grève exemplaire de huit mois des travailleurs du quotidien Elefterotypia, et un des fondateurs du comité grec contre la dette, associé au Comité pour l'Abolition de la Dette du Tiers Monde (CADTM). Dans un style raciste et antisémite affiché, Stohos écrit : « dans les assemblées générales du syndicat des journalistes, à la place de parler des problèmes des journalistes grecs, Moisis Litsis aime parler de l’holocauste juif et de la nécessité de condamner Aube dorée ».

 

Nous voulons manifester notre solidarité avec le syndicaliste et journaliste grec Moisis Litsis, et son combat contre le groupe néo nazi Aube dorée. C’est une affaire qui concerne tous les syndicalistes, les démocrates, les antiracistes et les antifascistes, où qu’ils soient.

 

Premiers Signataires :

 

Alternative Libertaire, ANTARSYA France, Association pour l’autogestion, ATTAC France, CADTM France, Euro marches, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Fondation Copernic, Féministes pour une Autre Europe, Gauche Anticapitaliste, Initiative des Etudiants et Travailleurs Grecs à Lyon et à Paris, Initiative des Grecs de Grenoble, Appel des appels, Les Alternatifs, Ligue des Droits de l’Homme, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Parti Communiste des Ouvriers de France, Union Syndicale Solidaire, SYRIZA Paris, Union Locale CGT et CGT cadres de Bobigny, USI-CGT, Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes

 

Contacts :

 

Roxanne Mitralias à roxanne.mitralias@gmail.com  et au 06 61 71 76 25

 

Panos Angelopoulos à panos.angelopoulos@gmail.com

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 18:55

 

http://www.atlantico.fr/pepites/amnistie-sociale-senat-vote-loi-174-voix-contre-171-653567.html

 

Le sénat vote la loi d’amnistie sociale par 174 voix contre 171

 

Le Sénat a voté mercredi une proposition de loi communiste d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux.

 

Alors que les plans sociaux se multiplient en France, le Sénat a voté mercredi une proposition de loi communiste d'amnistie des délits et sanctions pour des faits commis lors de mouvements sociaux. Si les groupes PS, CRC (communiste), EELV et RDSE ont voté pour, l'UMP et l'UDI-UC (centriste) se sont quant à eux prononcé contre, le texte étant ainsi adopté de justesse par 174 voix contre 171.

 

Une manifestation avait notamment été organisée par le Front De Gauche (PCF et Parti de Gauche) devant le Sénat pour appuyer ce texte. Le numéro un du PCF et sénateur Pierre Laurent a ainsi déclaré que cette loi « est un acte de justice, de réparation qui va être entendu par les salariés qui veulent faire valoir leur droit à l'expression syndicale sans avoir la peur au ventre ».

 

Quant à la ministre de la Justice Christiane Taubira, elle a expliqué qu’ « il s'agit, ici, de faire oeuvre de justice ».

 

Le MEDEF est loin d'être du même avis. La présidente de l'organisation patronale Laurence Parisot a ainsi qualifié le texte après son vote au Sénat d’ « appel au cassage », ajoutant sur BFM TV que « ceci est extrêmement grave, très choquant. Je ne comprends pas le signal que la majorité du Sénat veut donner ainsi à la fois au dialogue social, parce que c'est un signal en faveur de l'antagonisme, en faveur du conflit, c'est un appel à encourager la destruction et le cassage ».

 

Si les centristes ont voté contre le texte, ils étaient néanmoins quelque peu plus mesurés dans leurs propos. François Zocchetto (UDI-UC) a ainsi évoqué une « proposition inopportune, dangereuse », donnant un « signal de mauvais augure à tous les manifestants professionnels ».

 

Quant aux socialistes, bien qu'ils aient voté pour la loi, ils l'avaient auparavant largement amendée. Sont ainsi amnistiées les infractions, commises entre le premier janvier 2007 et le premier février 2013, passibles de cinq ans d'emprisonnement au plus quand le texte d'origine prévoyait notamment l'amnistie pour les faits commis avant le 6 mai 2012 et concernait les infractions passibles de dix ans de prison. Les faits commis à l'occasion de conflits du travail, d'activités syndicales de salariés et d'agents publics, y compris lors de manifestations sont également concernés par la loi alors que le texte d'origine prévoyait une application élargie aux professions libérales et exploitants agricoles.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 21:02

 

Grillo repousse Bersani, les écologistes disent non à la droite

 

ROME (Reuters) - Les parlementaires du Mouvement Cinq Etoiles (MCE), arrivé en troisième position aux élections en Italie, n'accorderont leur confiance à aucun gouvernement formé par les partis politiques traditionnels.

 

Beppe Grillo, chef de file du MCE, a cependant pris soin de souligner mercredi que les élus de son mouvement pourraient soutenir au cas par cas des mesures conformes à leur programme électoral.

 

Le chef de file du Parti Démocrate, Pier Luigi Bersani, dont l'alliance de centre gauche a obtenu le plus grand nombre de sièges sans parvenir à remporter la majorité dans aucune des deux chambres du Parlement, a fait des avances mesurées en direction du MCE, dont la percée spectaculaire relève surtout du vote de protestation.

 

Le mouvement de Beppe Grillo, qui dénonce la politique d'austérité d'inspiration européenne et la classe politique, est devenu le premier parti d'Italie à la faveur des scrutins de dimanche et lundi.

 

Il est toutefois arrivé de peu derrière les coalitions de centre gauche et de centre droit, qui ne disposent ni l'une ni l'autre d'une majorité au parlement.

 

Sur son blog, l'ancien humoriste, dont les troupes tiennent la clé de l'équilibre au parlement, a claqué la porte au nez de Pier Luigi Bersani et l'a abreuvé d'injures, tout comme d'autres dirigeants du centre gauche.

 

Il a notamment accusé le chef de file du PD de faire des propositions "indécentes" à son mouvement anti-système.

 

Beppe Grillo traite ainsi le dirigeant du centre gauche de "mort vivant doué de la parole" et de "harceleur politique" et lui reproche de ne pas avoir démissionné au lendemain du scrutin pour, affirme-t-il, sa piètre performance électorale.

 

L'"ARROGANCE" DE BERSANI

 

Aucune formation n'a obtenu suffisamment de sièges pour gouverner à l'issue d'une consultation qui a plongé le pays dans l'incertitude politique et fait dévisser un moment les marchés financiers inquiets de la menace d'une nouvelle crise dans la zone euro.

 

"Le MCE n'accordera aucun vote de confiance au PD (Parti Démocrate) ni à personne d'autre. Il votera en faveur des lois qui reflètent son programme", écrit Beppe Grillo.

 

Ce dernier rappelle une série de remarques hostiles au MCE faites par le dirigeant du PD pendant la campagne électorale et observe sur son blog : "Et il a l'arrogance de quémander notre soutien".

 

Lors de ses avances faites mardi, Pier Luigi Bersani avait énuméré une série de mesures conformes pour la plupart au programme de la formation de Beppe Grillo.

 

Il avait toutefois ajouté que toute formation soutenant un gouvernement de centre gauche devrait voter la confiance au parlement, une mesure nécessaire pour l'investiture de tout nouveau gouvernement en Italie.

 

Le dirigeant du PD s'est pour sa part contenté de répondre aux injures de Beppe Grillo en invitant ce dernier à se rendre dans la nouvelle assemblée pour "assumer ses responsabilités".

 

Par ailleurs, Nichi Vendola, chef de file du SEL (Gauche, Ecologie, Liberté, allié au PD), a exclu toute alliance de gouvernement avec le centre droit de Silvio Berlusconi.

 

"Non à une grande coalition", a-t-il dit à l'issue d'une rencontre avec Pier Luigi Bersani.

 

Dans un communiqué, le chef de file de la petite formation écologiste dit espérer que Beppe Grillo ne veut pas lui non plus d'un "governissimo" (gouvernement de grande coalition).

 

Nichi Vendola appelle en revanche à un gouvernement susceptible de "créer un électro choc" dans le pays.

 

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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 20:47

 

Pluie d’hommages après la mort de Stéphane Hessel

 

PARIS (Reuters) - Stéphane Hessel, l'auteur en 2010 du manifeste « indignez-vous », dont l'immense succès mondial a inspiré les jeunes « indignés » occidentaux en rupture avec le système établi, est mort dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 95 ans.

 

Son décès a provoqué une vive émotion au sein de la classe politique qui a multiplié les réactions. Cinq députés socialistes ont écrit à François Hollande pour lui demander l'organisation d'un hommage national.

 

Sept personnalités, dont Eva Joly, eurodéputée écologiste, et Julien Bayou, co fondateur de Génération Précaire, ont lancé une pétition pour appeler le chef de l'Etat à faire entrer l'ancien résistant au Panthéon.

 

« Le parcours de Stéphane Hessel fait en effet de lui un grand républicain, bien au delà des clivages partisans », expliquent-elles sur le site internet du quotidien Libération.

 

Quelque deux cent personnes se sont rassemblées mercredi soir devant les marches de l'opéra Bastille, à Paris, pour rendre hommage à l'intellectuel français à l'appel notamment du mouvement « les désobéissants ».

 

« Ce matin j'étais bouleversée, comme si j'avais perdu mon père », a dit à Reuters une militante. « Il a ouvert la voie et maintenant il nous passe le flambeau ».

 

Le court pamphlet de Stéphane Hessel, prônant, soixante-cinq ans après, les valeurs du Conseil National de la Résistance à l'occupation nazie, s'est vendu à quatre millions cinq cent mille exemplaires à travers le monde, dont deux millions en langue française.

 

Cet ancien résistant et diplomate, engagé à gauche, avait soutenu François Hollande lors de la dernière campagne présidentielle.

 

« Sa capacité d'indignation était sans limite, sauf celle de sa propre vie. Au moment où celle-ci s'achève, il nous laisse une leçon, celle de ne se résigner à aucune injustice », écrit François Hollande dans un communiqué.

 

Dans son opuscule de trente deux pages, vendu trois euros, l'auteur appelait à une « insurrection pacifique » qui, en ces temps de crise, a provoqué une déferlante mondiale et mêmes des élites du printemps arabe se sont référées à l'ouvrage.

 

Il dénonçait notamment l'écart croissant entre les très riches et les très pauvres, le traitement fait aux sans-papiers et aux immigrés, ainsi que la dictature des marchés financiers.

 

Ses prises de position pro-palestiniennes lui ont valu des critiques acerbes d'une partie de la communauté juive l'accusant d'être antisémite.

 

Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) a fait entendre mercredi une voix discordante en dénonçant la « mise au pavois de Stéphane Hessel », qui « fut avant tout un maître à ne pas penser ».

 

« Son grand âge, son sourire, son apparente ingénuité, son indignation focalisée et ses poèmes surannés évoquaient un monde angélique, mais pavaient la route, certainement sans qu'il le voulût lui-même, aux véritables criminels tapis derrière l'enfer des bonnes intentions », écrit son président Richard Prasquier.

 

"LAISSONS DU TEMPS À FRANCOIS HOLLANDE"

 

Né en 1917 à Berlin, dans une famille d'origine juive convertie au luthéranisme, Stéphane Hessel a été naturalisé français à l'âge de vingt ans. Engagé dans la résistance, il fut arrêté par la gestapo en 1941 et déporté au camp de Buchenwald.

 

Il avait entamé une carrière diplomatique à la libération comme détaché au secrétariat général de l'ONU (1946-1951) puis participé, au côté de René Cassin, à l'élaboration de la déclaration universelle des droits de l'homme.

 

Stéphane Hessel avait ensuite occupé plusieurs postes de conseiller, notamment au cabinet de Mendès-France (1954-1955) ou, plus tard, au ministère de la coopération, où il avait tenté sans succès de faire libérer Françoise Claustre, otage au Tchad.

 

Il avait créé la surprise en présentant une motion au dernier congrès du parti socialiste en octobre, obtenant 11,9% des suffrages, et récemment confié sur Europe 1 qu'il fallait se montrer "patient" avec François Hollande.

 

« Ne jugeons pas François Hollande sur les trois premiers mois. Il a dit des choses justes, il fait déjà un certain nombre de choses essentielles, utiles, qui vont dans le sens de ses engagements. Laissons-lui le temps », disait-il.

 

LA MORT ATTENDUE AVEC « GOURMANDISE »

 

Il y a un an, sur RTL, Stéphane Hessel disait attendre la mort « avec beaucoup de gourmandise ».

 

De nombreuses personnalités socialistes ou de la gauche du parti socialiste ont rendu hommage à cet éternel indigné.

 

Valérie Trierweiler, la compagne du chef de l'Etat, a salué sur son compte Twitter « la vie exceptionnelle de Stéphane Hessel » avant d'expliquer sur RTL qu'il vivait mal le succès d’ « indignez-vous ».

 

« Je veux saluer le combattant des droits de l'homme, l'un des artisans de la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 et le militant de la cause des plus démunis, l'homme infatigable dont la capacité d'indignation n'a jamais été altérée », a déclaré le premier ministre Jean-Marc Ayrault.

 

Pour Martine Aubry, ancienne dirigeante du parti socialiste, « c'était une voix qui réveille, qui bouscule, qui réchauffe. Une voix qui nous manquera terriblement ».

 

« Le succès mondial de son livre « indignez-vous » notamment parmi la jeunesse l'avait propulsé au devant de la planète entière, suscitant une irruption démocratique bienvenue », déclare Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste français.

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 20:02

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/02/24/espagne-la-famille-royale-touche-le-fond_884260

 

La famille royale touche le fond

 

Dimanche 24 Février 2013

 

Les détournements d’argent public dont a bénéficié le gendre du roi viennent fragiliser une institution jusqu’ici épargnée. Alors même que l’exécutif est englué dans une affaire de corruption.

 

Par François Musseau, correspondant de Libération à Madrid

 

« Non, le roi ne va pas abdiquer » : cette phrase, le numéro deux du gouvernement conservateur, Soraya Sáenz de Santamaría, l’a martelée à trois reprises avec tant de force que, paradoxalement, le doute a pénétré les esprits. Avant d’ajouter : « La monarchie a rendu de grands services à la nation en faveur de la stabilité et de la démocratie, et nous ne laisserons pas son image se salir ». L’exécutif espagnol, embourbé dans une récession qui ne cesse d’empirer, vit aussi une crise de légitimité tous azimuts : non seulement il est mis en cause dans une affaire de corruption éclaboussant tous les dirigeants du parti au pouvoir, dont le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, mais il doit venir au secours de la monarchie, une institution en perte de vitesse depuis un an, qui, ces jours ci, vit ses heures les plus noires, car elle est soupçonnée d’être partie prenante, ou complice, de fraudes. Longtemps facteur de cohésion nationale, la maison royale inspire désormais de la méfiance auprès d’une majorité d’espagnols, au même titre que les partis, les syndicats ou la magistrature.

 

Samedi, le gendre du roi, Iñaki Urdangarin, impliqué dans un scandale de détournement de fonds publics, a eu beau mettre hors de cause le restant de la Casa Real, la suspicion n’a jamais été aussi palpable : elle touche désormais un conseiller royal, l’infante Cristina et Juan Carlos lui-même.

 

Aura. Affaibli aussi bien physiquement (quatre passages sur le billard depuis 2012 pour des ennuis de hanche) que moralement (depuis ses parties de chasse clandestines au Botswana au printemps dernier), le chef de l’Etat a perdu l’aura d’honorabilité dont il a toujours été nimbé depuis la mort de Franco. « En pleine crise, alors que l’on dénombre plus de six millions de chômeurs, l’accumulation d’erreurs et de fautes de la monarchie, institution longtemps exemplaire, est devenue insupportable pour les gens », dit le commentateur Jesus Marana.

 

« Ses frasques africaines, l’opacité de la Maison royale, les irrégularités de son gendre qui aujourd’hui l’éclaboussent. C’en est trop». Au point que, la semaine dernière, le leader socialiste catalan, Pere Navarro, a réclamé l’abdication du roi. Du jamais vu : jusqu’alors, ce genre de requête ne dépassait pas le cercle des indépendantistes basques ou catalans.

 

Les ennuis de la monarchie sont liés à l’ancienne star de handball et gendre préféré du roi, Iñaki Urdangarin, l’époux de l’infante Cristina. L’été denier, le juge José Castro a obtenu la preuve qu’entre 2003 et 2008, celui-ci et son associé Diego Torres ont détourné au moins dix millions d’euros (fausses factures, budgets gonflés) versés par des gouvernements régionaux à Nóos, sa fondation à but soi-disant non lucratif. Au moins, jusqu’alors, les activités délictueuses du « gendre idéal », écarté de l’agenda officiel en décembre 2011, ne contaminaient pas le reste de la famille royale. Mais de nouveaux éléments sont récemment apparus : l’infante Cristina aurait été « très impliquée » dans les négoces de la fondation Nóos, tout comme Carlos Garcia Revenga, homme de confiance du roi ; en outre, la jolie femme d’affaires allemande Corinna zu Sayn Wittgenstein, grande amie de Juan Carlos, aurait proposé des faveurs financières à Urdangarin.

 

« Pacte du silence ». L’étau se resserre donc sur la figure du roi et sur l’institution monarchique dans son ensemble. Selon l’institut de sondages Metroscopia, quelque quatre vingt six pour cent des espagnols sont convaincus que l’infante Cristina avait « parfaite connaissance » des activités illicites de son mari, et quatre vingt six pour cent estiment que cette affaire a « sali l’image » de la Casa Real. Samedi soir, au cours d’une longue soirée télévisée de la chaîne Sexta sur le thème de « La monarchie au bord de l’abîme », on en est venu à envisager, le cas échéant, la mise en examen du monarque. « Notre constitution n’aborde pas cette question délicate », a témoigné le chevronné Miguel Angel Revilla, ex-président de la région Cantabrie. « De toute façon, nous ne pouvons pas nous le permettre. Les citoyens ne se sentent plus représentés par la classe politique. Il faut maintenir une certaine confiance à l’égard de notre chef d’Etat. C’est la dernière digue ».

 

Le roi a-t-il protégé son gendre alors qu’il détournait des millions d’euros d’argent public ? « On ne peut y répondre », confie le sénateur basque Inaki Anasagasti.

 

« Pendant longtemps, la monarchie a bénéficié d’un pacte du silence et d’une totale opacité. Apparemment, des gens sans scrupules en ont profité pour agir en toute impunité. C’est cette impunité qui, aujourd’hui, est en train de voler en éclats ». S’il a promis de « tout mettre en œuvre » pour protéger la monarchie, Mariano Rajoy a encore davantage de souci à se faire dans ses propres rangs. Ce matin, celui qui fut pendant vingt ans aux manettes des finances de son parti, Luis Bárcenas, est auditionné à l’audience nationale de Madrid. D’après l’accusation, Bárcenas aurait réparti sept millions cinq cent mille euros non déclarés au fisc aux dirigeants du Parti Populaire jusqu’en 2007, dont deux cent quatre vingt mille euros pour Mariano Rajoy. Dans un tel contexte, il sera de plus en plus difficile au chef du gouvernement d’exiger des sacrifices à des espagnols qui, tous les sondages le disent, ont perdu foi dans leurs institutions.

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:35

 

http://www.la-sociale.viabloga.com/news/de-coluche-a-beppe-grillo

 

De Coluche à Beppe Grillo

 

Par Jean Paul Damaggio

 

Dimanche 24 Février 2013

 

Quand on prétend analyser les phénomènes sociaux sous l’angle de la lutte des classes, à quoi bon s’intéresser à des comiques qui réduisent la politique à un spectacle ? Comme de simples révélateurs ? Non, vu que je me propose d’aller, par ce biais, au fondement de quelques réalités universelles !

 

Les pays existent toujours

 

L’Italie et la France sont deux sœurs si proches que les comparaisons ne manquent pas et le lien entre Coluche et Grillo vient spontanément par le fait qu’ils utilisent le comique pour parler au peuple. Mais le parallèle s’arrête là : malgré l’existence de l’Union européenne, le phénomène Grillo démontre que l’Italie reste l’Italie et que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de Coluche point qui me servira de conclusion. Coluche tenta d’être candidat à la présidence de la république, Grillo conduit un mouvement pour des élections législatives car là-bas le président est élu au second degré, si bien qu’en fait Grillo n’est même pas candidat ! Aucun italien ne pourra voter pour lui ! Ils vont voter sur un bulletin doté de vingt sept partis en faisant une croix sur le sigle MCE (Mouvement Cinq Etoiles) donc pour des candidats totalement inconnus à l’exception de quelques uns. Le lecteur pense qu’il s’agit là d’un point de détail or il se souvient peut-être qu’en France pour voter Mélenchon le Front De Gauche trouva presque douze pour cent alors qu’un mois après pour les législatives le score de ce parti est tombé de moitié ! Mais bon allons à l’essentiel.

 

Grillo, l’anti Berlusconi ?

 

Avec le début des années 1990, toute la classe au pouvoir a été balayée sans que l’opposition puisse briller car un phénomène est arrivé, celui du géant des médias, Berlusconi, qui a promis en 2013, ne plus revendiquer le titre de futur premier ministre, mais qui cependant est toujours là, et avec un appui populaire conséquent malgré les multiples échecs de sa politique. Cette télévision, qu’elle soit de gauche, de droite ou du centre, a décidé depuis plusieurs années d’effacer Beppe Grillo des écrans : c’est la première observation que me fait le chauffeur de taxi que j’interroge sur le phénomène Grillo. En réponse le parti MCE a décidé qu’une des conditions pour en être candidat, c’était de refuser toute présence sur les plateaux de télévision ! Lui-même refusa toute invitation ! Ainsi, à des journalistes qui se sont précipités pour interroger les rares distributeurs de tracts de ce parti, les militants ont simplement répondu : on n’a rien à vous dire ! Sur ce point Grillo est bien l’anti-Berlusconi et en choisissant de fuir la télévision il a encaissé la critique classique : « c’est qu’il a peur de répondre aux questions ». J’ai connu les succès télévisés de Georges Marchais, puis ceux d’Olivier Besancenot et enfin le cas Mélenchon et dans les trois cas j’ai considéré que de tels succès ne pouvaient que conduire à l’échec, à défaut d’une claire analyse du rôle de la télévision. La réponse de Besancenot est connue : « Il faut utiliser les failles de l’adversaire de classe quand on le peut ». Mélenchon a joué une autre partition : je veux passer à la télé mais en me montrant agressif vis-à-vis des journalistes. Grillo réplique qu’il parle au peuple dans des meetings immenses : quarante mille à Milan (chiffre de la police trente cinq mille) soit dix mille présents de plus que pour la coalition de gauche, deux jours avant ! Et Milan c’est un emblème ! Et il n’est pas allé que dans les grandes villes. Même si tout le monde sait que les présents sont souvent des curieux et que Grillo sera victime du vote utile car l’écart devenant plus serré entre le centre-gauche et la droite, pour battre la droite certains vont voter Parti démocratique.

 

Grillo le démolisseur ?

 

Grillo dit non à la télévision, non aux partis, non aux syndicats et un reproche classique pointe son nez dans le rang des maîtres du monde : « il a un rôle facile car il détruit alors qu’il faut reconstruire l’Italie ». Il ne suffirait pas de dire non, il faudrait aussi proposer des alternatives. N’oublions pas que ce mode de pensée a été concocté aux USA par des savants en communication qui, pour contrôler les opposants, veulent d’abord les tirer sur le terrain qui est le leur. Or, il suffit d’écouter Grillo et de lire son programme : dire non c’est proposer !

 

Ce fut la deuxième remarque du chauffeur de taxi qui visiblement ne votait pas Grillo mais qui m’indiqua : « Ce que dit Grillo, il le dit depuis vingt ans et depuis vingt ans tout le monde sait qu’il a raison. » Je savais que le mouvement avait commencé à naître autour de 2005, puis a été formalisé en 2009 mais je n’imaginais pas un antécédent aussi lointain et là aussi les médias jouent un rôle majeur en tuant « l’histoire » au profit de la « génération spontanée » que Pasteur, pour d’autres raisons, mis à mal. Si Grillo peut rassembler quinze pour cent des suffrages c’est que le mouvement vient de loin ! Avec Marx, c’est comme avec Pasteur, tout point de vue de classe détruit le phénomène « génération spontanée » en politique ! Grillo est l’effet de courants puissants et ce n’est pas seulement l’effet d’une farce d’un jour ! Et Grillo lui-même aime le rappeler : « il y a vingt ans, je suis allé devant les usines Fiat pour dire aux ouvriers qu’il était possible de produire une voiture qui consomme un litre aux cents et les syndicats m’ont ri au nez. » Parce que ce n’est là que le problème des patrons ? Et le plus gros non de Grillo concerne l’Europe actuelle !

 

N’oublions pas que l’Italie a été, dans toute ses composantes, fortement favorable d’où le premier traité signé à Rome ! En proposant un référendum afin de savoir si les populations veulent sortir de l’Europe et retrouver leur propre monnaie, Grillo va à contre sens même si à présent Berlusconi reprend ce discours. Fondamentalement Grillo n’est pas un démolisseur et la présence sur la tribune de Milan de Dario Fo invoquant l’histoire : « Je me retrouve en 1945, nous retrouvons l’aspiration à une révolution », nous confirme dans ce constat. Le fils de Dario Fo, Jacopo Fo indiquera de son côté que s’il a des amis sincères dans le MCE comme dans le regroupement Rivoluzione Civile, il appelle à voter SEL de Vendola (la gauche du centre-gauche).

 

Mais que pensent les révolutionnaires ?

 

Tous les partis sans exception ont d’abord ridiculisé le MCE mais devant son succès populaire les positions ont évolué à gauche. Que dit par exemple Ingroia qui avec « l’extrême-gauche » (terme impropre) conduit Rivoluzione Civile qui replace l’échec de 2007 avec Gauche arc-en-ciel ? Dans Il manifesto du 22 février il répond à cette question : « Grillo fait peur » a titré Il corriere. Il vole des votes à tout le monde. Il vous fait peur à vous aussi ? »

 

Antonio Ingroia : « Non. Je participe pour gagner et l’objectif est de changer la politique. De ce fait le phénomène Grillo me préoccupe plus qu’il ne me fait peur : d’un côté il intercepte des poussées de rénovation mais de l’autre il n’a pas une proposition pour la transformation positive de ces poussées. Il ne fait que protester, sauf quelques arguments avec lesquels nous sommes d’accord : moralisation de la politique et de l’environnement. De plus, et c’est la faute de la politique, il représente l’échec de la démocratie : avec une série de spectacles sur les places auxquels les Italiens vont comme spectateurs et non comme acteurs, il attire les soutiens de quelques-uns qui voteront pour lui car il les représente hors il ne les représentera pas car il n’est pas candidat. Ses candidats sont personne (signori nessuno), je le dis avec respect, que les électeurs ne connaissent même pas. » Par un tel propos, qui reprend le discours de la classe dominante sur Grillo, Ingroia est décevant : il n’a rien compris !

 

L’heure du marketing politique

 

La différence entre Coluche et Grillo s’appelle internet. Je ne vais pas ressortir le discours tant entendu sur les révolutions arabes produites par facebook, qui sert à masquer les enjeux sociaux réels, mais en Italie plus qu’en Tunisie l’outil internet joue un vrai rôle et particulièrement dans la façon dont il a été manœuvré par l’équipe de Grillo. Il m’est arrivé de produire une brochure sur l’histoire du marketing politique conçu aux USA pour valider le marketing en général, et j’ai pu observer que la question ne passionne pas les chercheurs en sciences sociales. Le marketing n’est pas réductible à la manipulation (son but est pratique : organiser la rencontre entre un produit et son client potentiel) mais, en son fond, il fait de la politique une marchandise. Il n’existe pas pour tromper l’électeur mais pour le changer en client ! Pour bien comprendre il faut lire le livre de Federico Mello sur « la face obscure des étoiles ». Pas traduit en français, je tenterais de donner quelques éléments dans de futurs articles. Pour le moment vous pouvez vous reporter à cet article de l’Espresso. Grillo est né à la politique par son blog car sa façon d'écrire et ce qu'il écrivait allait à la rencontre de réalités précises et largement partagées. Face au monde d'aujourd'hui le retour au politique sera un parcours très difficile.

Jean-Paul Damaggio

 

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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 19:17

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/02/26/le-basta-cosi-des-electeurs-italiens_1839025_3232.html?xtmc=basta_cosi&xtcr=1

 

Le « basta cosi » des électeurs italiens

 

Editorial du Monde

 

Beaucoup le redoutaient : c’est le pire des scénarios qui s’est produit en Italie, au terme des élections générales du 24 et du 25 février. C’est inquiétant pour la péninsule. C’est alarmant pour l’Europe.

 

Trois choix s'offraient aux électeurs italiens. La poursuite de la cure d'austérité mise en oeuvre depuis quinze mois par Mario Monti, soit sous la houlette du « professore », soit sous celle du candidat de la coalition de centre gauche emmenée par Pier Luigi Bersani. Le retour en arrière, avec Silvio Berlusconi, parti sous les huées en novembre 2011, mais increvable démagogue, prêt à toutes les promesses pour remonter en scène.

 

Enfin le saut dans l'inconnu, avec Beppe Grillo, ancien comique devenu le porte-voix d'un rejet composite de toutes les élites, politiques, médiatiques et européennes.

 

Aucun ne s'est imposé, et l'Italie se retrouve ingouvernable. Si Mario Monti a été sèchement désavoué, trois forces divergentes se neutralisent et se paralysent.

 

Majoritaire en voix d'extrême justesse, le centre gauche le sera, ipso facto, à la chambre. Mais il est nettement devancé par la droite de Berlusconi au sénat, où aucune coalition ne semble en mesure de former une majorité. Et il est sérieusement concurrencé, dans le pays, par le Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo, dont tous les élus sont d'absolus novices en politique et dont rien ne permet de préjuger ce que sera leur attitude.

 

La crise politique est donc patente. Au-delà d'improbables bricolages immédiats, elle ne peut guère déboucher, à terme, que sur un nouveau scrutin. Sur fond de scandales à répétition et de corruption lancinante, elle exprime un « basta cosi » (« cela suffit ») généralisé à l'égard des responsables publics. Elle traduit également, et menace d’amplifier, une grave crise économique et sociale : la récession est installée, la dette publique abyssale, le chômage en crue, la pauvreté et la précarité sans cesse plus déstabilisantes. Si, hier, Mario Monti a rassuré les marchés, il paie aujourd'hui cette facture sociale.

 

Enfin, l'impasse italienne est aussi un sévère avertissement adressé à l'Europe. Dans ce pays signataire du traité de Rome en 1957, et dont l'engagement européen était le ciment, il s'est trouvé plus de la moitié des électeurs pour soutenir des candidats qui ont fait toute leur campagne sur un « non » à « l'Europe allemande » (Berlusconi) ou sur un « non » à l'Europe tout court, à l'euro et à ses contraintes (Grillo).

 

C'est à Bruxelles, Berlin ou Paris que la question est désormais renvoyée : jusqu'où sera-t-il possible d’imposer des politiques de rigueur à des opinions qui les rejettent de plus en plus, en Italie, mais aussi en Espagne, en Grèce et au Portugal ? Jusqu'où sera-ce possible sans approfondir cette inquiétante fracture démocratique ? Jusqu'où cette contradiction sera-t-elle tenable sans menacer, demain, l'unité même de l'Union Européenne ? Les responsables européens ne peuvent plus éluder ces interrogations.

 

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