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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:53

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/12/29/usines-recuperees-et-autogestion-dans-la-nouvelle-realite-espagnole

 

http://www.alterautogestion.blogspot.fr/2012/12/usines-recuperees-et-autogestion-dans.html

 

Usines récupérées et autogestion dans la nouvelle réalité espagnole

 

samedi 29 décembre 2012

 

Traduction en français de cet article très intéressant et éclairant sur la situation dans l’État espagnol et le renouveau des perspectives autogestionnaires dans ce pays. La version originale en castillan a été publiée le 20 décembre sur le site d’ICEA sous le titre de « Fábricas recuperadas y autogestión en la nueva realidad de España ».

 

Par José Luis Carretero Miramar

 

Traduction du castillan par Richard Neuville

 

Avec la situation de crise financière et économique, l’État espagnol a commencé à réduire très sérieusement sa voilure. Ainsi la fermeture d’entreprises et les licenciements se sont succédé, et continuent à se succéder, laissant une traînée de chômeurs. Dans la fièvre de protestations et de résistance, la transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) s’exprime avec force dans l’horizon en Espagne.

 

Il y a à peine cinq ou six ans, parler d’entreprises récupérées ou de coopérativisme en Espagne aurait été manier des concepts non seulement marginaux sinon profondément éloignés des intérêts et expériences de la grande majorité de la population. Dans le cadre de la société de la bulle financière, la consommation débridée et la « fête » de la jeunesse, personne n’envisageait – ou seulement des groupes réduits ou très localisés géographiquement- la nécessité de travailler par soi-même dans une perspective horizontale ou éloignée du modèle capitaliste.

 

Marinaleda ou Mondragón étaient des expériences autogestionnaires de dimension globale, mais ce qui est sûr, c’est que l’immense majorité de la population hispanique restait profondément éloignée des valeurs qui les sous-tendaient.

 

Cependant, il n’en fut pas toujours ainsi. Sans devoir remonter aussi loin que les collectivisations, qui surgirent au cours de la guerre civile de 1936 à 1939 (qui couvraient une grande partie de l’industrie, des services et l’agriculture de la zone républicaine), dans le scénario de la Transition espagnole du franquisme à la démocratie, dans les années 1970, l’expérience de récupération d’entreprises par ses travailleurs à joué un rôle marquant.

 

C’était des temps de crise, de fractures et de grands mouvements populaires. C’est au cours de cette période qu’émergèrent des expériences comme celle de Númax, une usine de matériel électro domestique autogérée par les ouvriers en réponse à la tentative de fermeture illégale de la part des patrons, dont l’expérience est restée incarnée dans deux films documentaires de Joaquím Jordá : Númax vit et vingt ans ce n’est pas rien.

 

Certaines des expériences de ces années ont survécu malgré tout jusqu’à aujourd’hui, comme l’entreprise barcelonaise Mol Mactric, capable de réaliser aujourd’hui les châssis d’une ligne du métro de Barcelone, le train et des centaines de machines industrielles pour des entreprises comme General Motors ou l’imprimerie Gramagraf, occupée il y a vingt cinq ans, et qui aujourd’hui appartient au groupe éditorial coopératif Cultura trois.

 

Mais la transition s’est achevée. Et, elle a produit un grand fiasco. Les principes essentiels du régime franquiste ont été maintenus dans ce qui a consisté en une simple réforme politique qui a intégré le pays dans le cadre de l’Union européenne et de l’OTAN, et qui si elle a concédé certaines libertés publiques, n’a pas remis en cause les mécanismes essentiels de répartition du pouvoir économique et social. Les grands mouvements populaires ont périclité et le « désenchantement » et le cynisme se sont substitués à l’expérimentation et à la lutte. Les propositions autogestionnaires n’ont pourtant jamais disparu mais elles ont été reléguées dans un espace purement marginal.

 

Et, il en fut ainsi pendant que la société de la bulle financière et sa consommation débridée et irresponsable est restée de vigueur. Comment ? Fondée sur le crédit et la surexploitation du travail des immigrés et des jeunes, grâce à la précarisation des conditions de travail et la conformité d’une législation relative au statut d’étranger, l’activité dissimulée et sans droits s’est (de fait) développée.

 

A l’arrivée de la crise financière et économique actuelle, les structures se modifiaient et tout évoluait : l’explosion du taux de chômage atteignant des niveaux extrêmes jamais vus précédemment dans la société espagnole et la dégradation rapide du tissu productif et entrepreneurial – à l’éclatement de la bulle immobilière – ont généré une situation radicalement nouvelle qui a impliquée le début de grandes transformations économiques mais également socio culturelles.

 

Le chômage et une nouvelle pauvreté contraignaient de larges couches de la population vers l’économie dissimulée et l’encaissement des maigres subsides d’un État de Bien-être, qui n’est jamais parvenu à se développer en Espagne à un niveau équivalent à celui des pays centraux de l’Europe.

 

Les extrêmes (plus précisément, extrémistes) ajustements, mis en œuvre par les pouvoirs publics face au déclenchement de la crise de la dette externe générée par la socialisation des dettes privées des entités financières, ont provoqué l’effet qu’il fallait attendre : l’État espagnol est devenu un gigantesque champ de ruines économiques où les fermetures d’entreprises se sont succédé et où de larges secteurs de la population ont commencé à être exclus de l’activité productive.

 

C’est dans ce contexte que les succès du 15 mai 2011 ont éclaté et que le « Mouvement des Indignés » a fait irruption avec force et que les premières tentatives massives de résistance se sont exprimées face au processus de décomposition sociale imposé par les dynamiques néolibérales de l’UE et les gouvernements espagnols.

 

Dès lors, l’architecture politique de la société est redevenue un élément débattu et discuté publiquement. La politique a récupéré une certaine centralité dans les conversations quotidiennes et dans l’esprit d’une majorité de la population. Parler maintenant de mobilisations, de résistance ou de transformation sociale (avec l’autogestion comme élément central) est redevenue possible.

 

Déjà, dans les mois précédents, en plein déploiement de la crise, les germes et les semences de cette nouvelle situation s’étaient développés. Et, le recours à la récupération d’entreprises par leurs travailleurs était redevenu crédible.

 

En ce sens, au tout début de la crise, près de quarante entreprises avaient été récupérées par les travailleurs et remises en fonctionnement sous statut coopératif, comme l’affirme la Confédération de Coopératives de Travail Associé (COCETA).

 

Parmi celles-ci, nous pouvons relater des expériences comme celle de l’entreprise de robotisation Zeropro de Porriño à Pontevedra  en Galice ou celle de meubles et d’agencement de cuisine Cuin Factory à Vilanova i la Geltrú dans la région de Barcelone dans laquelle l’ancien chef a participé activement à la transformation en coopérative et où tous les travailleurs se sont attribué un salaire égalitaire de neuf cent euros. L’entreprise métallurgique Talleres Socar à Sabadell dans la banlieue de Barcelone a également été mise en autogestion avec l’appui du propriétaire et reconvertie dans la coopérative Mec 2010.

 

Mais probablement, l’initiative la plus frappante et connue aura été la mise en marche par les ex employés du journal à tirage national Público, qui a arrêté d’être édité en version papier le 23 février 2012, laissant quatre vingt dix pour cent de ses travailleurs à la rue. Ces derniers ont constitué la coopérative Más Público, qui tente d’obtenir un soutien social et financier pour continuer à publier le journal en version mensuelle.

 

Cependant, et malgré toutes ces expériences, on ne peut pas considérer que la voie de la récupération d’entreprises soit devenue quelque chose de naturel ou développée : les travailleurs, dans les situations de fermeture, continuent massivement à se satisfaire des prestations sociales que leur propose un État du Bien-être de plus en plus faible et contesté. Les difficultés liées au statut juridique des coopératives dans le droit espagnol, tout comme la quasi-absence de prévisions par rapport à la Loi d’adjudication, associée à une certaine passivité alimentée par des décennies d’univers spéculatif et conformiste, constituent probablement des freins à la stratégie de récupération.

 

Ce qui assurément paraît de plus en plus évident, c’est le recours croissant au coopérativisme de la part de beaucoup de chômeurs qui, devant la situation d’anomie productive et d’absence d’expectatives pour retrouver un emploi, recourent à la possibilité de capitaliser une prestation de licenciement pour créer des entreprises autogérées. Les exemples sont innombrables (comme celui de la coopérative d’électricité renouvelable Som Energía, créée en décembre 2010) et, dans certains cas, ils démontrent des liens évidents avec les mouvements sociaux (comme ceux relatifs à la mise en œuvre d’expériences créées à l’image ou ressemblante à la Coopérative Intégrale Catalane, ou bien celles du milieu libertaire, comme celle de l’imprimerie graphique Tinta Negra – Encre Noire). Effectivement, entre janvier et mars 2012, deux cent vingt trois nouvelles coopératives ont été créées dans l’État espagnol.

 

Il n’y a pas de doutes. De nouveaux chemins sont en train d’être parcourus par la société espagnole. Et, parmi ceux-ci, le chemin de l’autogestion commence à être de plus en plus courant.

 

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29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 16:31

 

Lettre ouverte à Marc Dolez

 

Par Robert Duguet

 

Marc Dolez, bonjour,

 

Tu viens par un carton de l’Assemblée Nationale de m’envoyer tes bons vœux pour 2013. J’y répondrai par cette lettre ouverte.

 

Tu as annoncé,  par le biais du journal Libération et non par les structures de ton parti, que tu démissionnais du Parti de Gauche. Je n’interviens pas dans cette discussion en tant que membre du Parti de Gauche, pour la bonne raison que, comme tu le sais, je n’en suis plus membre. Militant sous l’étiquette Front De Gauche, j’ai fait avec enthousiasme la campagne de Jean Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle passée, aux termes de laquelle nous avons pu, sur la base des principes défendus, virer Sarkozy et sa majorité. J’interviens sur la base des positions très succinctes, elliptiques et non développées que tu avances, en tant qu’elles concernent l’avenir du Front De Gauche. Comme telles je ne les accepte pas.

 

En 2004, lors de la campagne référendaire pour le non au TCE, j’ai rejoint le courant que tu avais construit au sein du PS, Forces Militantes. J’y ai milité jusqu’en 2008. A l’époque, on ne pouvait que se féliciter que tu sois un des seuls parlementaires socialistes à te mouiller pour le non à l’Europe néo libérale, à laquelle la « social-démocratie » européenne et le PS français se ralliaient. Suivront entre 2004 et la naissance du PG une série de manœuvres et contre-manœuvres, les militants de ton propre courant étant pour l’essentiel exclus des décisions prises. Un jour l’interdit était prononcé par quelques éléments cooptés autour de Marc Dolez et nommés « délégation nationale de Forces Militantes » contre un accord avec l’association  des amis politiques de Jean Luc Mélenchon, l’association Pour la République Sociale (PRS), excommunication majeure qui a par ailleurs duré trois ans, et un beau matin d’été, un accord intervenait sans que tout cela ne soit discuté dans quelque structure de direction démocratique que ce soit. Lorsque le PG est né, les militants ont reçu une circulaire expliquant que le courant Forces Militantes était dissous sur ordre du mufti et que dorénavant plus personne ne pouvait se prévaloir de l’étiquette Forces Militantes. Amen ! On entrait au PG, point barre !

 

A l’époque nous avons été un certain nombre, dans ton propre réseau, à expliquer qu’une gauche renouant avec l’anticapitalisme, le mouvement ouvrier, ne se construirait pas en dehors de la démocratie la plus large : donner aux hommes et aux femmes qui nous rejoignaient les outils de la démocratie politique. J’observe qu’aujourd’hui cette question se pose et se résout partiellement au sein du Front De Gauche, le développement des assemblées citoyennes, des associations locales sont des réponses positives. Lors de ma participation cet été aux estivales du Front De Gauche, j’ai pu tester, combien cette aspiration à une construction démocratique, maitrisée par les militants eux-mêmes, devenait une exigence fondamentale. L’ouverture des unités du front de gauche à tous ceux qui veulent y militer devient une réalité, sans que pour autant adhérer à une organisation politique soit une obligation et tout en reconnaissant l’apport des militants d’organisations, sans lesquels le Front De Gauche n’aurait pas existé. Le Front De Gauche, de cartel électoral peut et doit devenir un véritable front politique de masse, intervenant aussi bien dans le mouvement social que dans les élections. C’est l’enjeu de la période actuelle : construire des unités politiques du front de gauche larges et démocratiques. Sur cette question qui me semble décisive tu ne dis mot. Certes on ne peut pas te reprocher de ne pas être égal à toi-même. Quant à publier ta prose dans Libération, panel d’anciens gauchistes convertis au social-libéralisme, on peut faire moins pire…

 

Venons-en maintenant aux quelques positions succinctes ébauchées. Tu déclares :

 

« L'acquis de la belle campagne présidentielle a été dilapidée dès les législatives avec la catastrophique campagne d'Hénin-Beaumont. La stratégie "Front contre Front" nous a "cornérisé" à l'extrême gauche. »

 

Excuses moi de te le dire, ton propos est intolérable. Jean Luc Mélenchon, comme toi, comme nous tous, est le produit d’une histoire, on peut lui reprocher des prises de positions passées, après Maastricht par exemple et quelques années inutiles passées au sein du PS. Mais passer à la trappe qu’il ait été le seul homme politique et leader de masse, ayant choisi de casser la tête à la dirigeante du Front National, Marine Le Pen, dans une région dévastée par le chômage et la désindustrialisation, dans laquelle le mouvement ouvrier connaît une crise sans précédent, avec une social-démocratie locale pourrie jusqu’à la moelle, c’est un acte de courage politique que je salue. Qui dit mieux ! J’ai du mal à accepter les voix qui s’élèvent ici et là, y compris dans le front de gauche, pour contester le choix qui a été fait d’affronter Marine Le Pen. Je ne suis pas militant du PG et c’est le fils de déporté-résistant qui te parle !

 

En politique on est comptable des batailles que l’on mène, et on n’est jamais sûr d’obtenir la victoire. Lorsque les militants révolutionnaires dans l’Allemagne de la fin de la république de Weimar ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour opposer à Hitler et au parti national-socialiste l’unité de front de la social-démocratie, de la gauche social-démocrate et du KPD et contrecarrer la ligne désastreuse imposée au KPD par la direction stalinienne de la troisième internationale, avaient-ils tort parce qu’ils ont perdu une bataille ? Toutes proportions gardées,  et tu n’es pas le seul à dire cette sottise, la ligne défendue à Hénin-Beaumont par les nôtres et par Jean Luc serait fausse parce ce qu’il n’y a pas eu de victoire ?

 

Ce n’est pas anodin. Cette affaire pose une nouvelle fois la question de la nature et de la place politique occupée par le FN. Il y a un vieux serpent de mer qui resurgit périodiquement à propos du FN, dans l’extrême gauche et dans la gauche, ce serait un parti comme un autre. Je viens de lire l’ouvrage de Pierre Péan sur Le Pen et je dois dire qu’au milieu d’une documentation, il est vrai formellement fort riche, il y a néanmoins une ligne idéologique sous-jacente qui présente le parti de Jean Marie Le Pen comme un parti populiste classique, et  souligne le fait que son dirigeant historique n’a jamais mis en cause les libertés républicaines. Evidemment, il n’a pas été en position de pouvoir le faire. Et Pierre Péan n’oublie pas, par trois fois, d’égratigner les positions de Jean Luc Mélenchon sur le FN. Tiens donc ! Comme par hasard !

 

Tu déclares ensuite :

 

« Beaucoup de ses propos (Jean Luc Mélenchon) brouillent notre message.  Je ne crois pas à la thèse des deux gauches irréconciliables ni au mythe du recours. Je veux que la gauche réussisse. Je ne me résoudrai jamais à considérer que le gouvernement va échouer et que nous serons là à ramasser les morceaux. Si la social-démocratie devait s'effondrer, je crains que ce ne soit au profit de la droite extrême. »

 

On peut se demander dans quel monde vit Marc Dolez et s’il sort quelquefois des frontières de sa circonscription électorale : l’Espagne, la Grèce, le Portugal, ces pays que le néo-libéralisme est en train de ramener au dix neuvième siècle, cela existe. La social-démocratie n’a pas besoin des coups de gueule de Jean Luc pour s’effondrer, elle s’effondre toute seule notamment en Grèce et en Espagne. Est-ce que Marc Dolez va voler au secours du PASOK, sous prétexte que l’effondrement du parti social-démocrate grec conduirait à la victoire d’Aube Dorée ? Pour ce qui concerne la France, la crise est encore devant nous. Le résultat des trois élections législatives partielles qui viennent de se dérouler est tout à fait clair : abstention massive à gauche. Si le Front De Gauche maintient ses positions, l’abstention néanmoins nous pénalise et ne nous permet pas encore d’être « le recours », tout à fait « le recours » à gauche. Bien sûr les nôtres s’abstiennent, non parce que les positions de notre porte-parole seraient « inaudibles », mais parce que les salariés, tous les laissés pour compte,  ne voient pas encore comment lever l’obstacle et sortir politiquement par le haut. Pourquoi aussi ne pas rendre Jean Luc responsable de l’abstention populaire pendant que tu y es ! C’est une constante dans les élections, l’abstention populaire pénalise toujours la gauche du mouvement ouvrier.

 

Dans une polémique célèbre contre Dühring qui incarnait un courant liquidateur des positions ouvrières de la deuxième internationale naissante, un dénommé Engels polémiquait en disant : si Dühring nie la dialectique, la dialectique exerce son influence jusqu’à lui. La fracture entre les deux gauches, elle est une réalité objective, un quart de siècle de capitulations incessantes et de gestion des institutions de la cinquième république, cela existe. Et les gesticulations de Gérard Filoche, les manœuvres récentes du club Gauche Avenir et de Marie Noëlle Lienemann sur la ligne de réconciliation des deux gauches, n’a aucune réalité. Rideau de fumée. La gauche ne peut se reconstruire et s’unifier que sur un programme de rupture avec le social-libéralisme. Quand nous avons constitué le Front De Gauche, ceux et celles qui nous ont rejoint par vagues successives, ne l’ont pas fait pour devenir le poil à gratter du PS. Nous voulons tourner la page de la « social-démocratie ». Elle n’est plus utile à rien, sinon à  aider le capitalisme financier à détricoter tout ce que le mouvement ouvrier avait acquis, à travers notamment le programme du Conseil National de la Résistance, à l’issue de la seconde guerre mondiale.

 

Sur la politique du gouvernement Hollande, pour que le gouvernement « n’échoue pas », encore une fois faudrait-il qu’il mène une politique de rupture conforme aux attentes de sa majorité sociologique. Jamais gouvernement « social-démocrate », je te laisse la responsabilité de le caractériser comme tel, pour moi le PS est aujourd’hui un parti social-libéral, n’est allé aussi loin dans la voie de la collaboration avec le capitalisme néo libéral. Là encore notre porte-parole n’y est pour rien !

 

Tu conclus l’interview de la manière suivante :

 

« Le PG connait une dérive un peu gauchisante. Je conçois que cela puisse séduire et je respecte les militants qui y adhèrent. Mais l'objectif est d'ouvrir une alternative. Pas de créer une organisation condamnée à la minorité (…) Je reste un militant actif du Front De Gauche, qui m'apparait plus indispensable que jamais. J'entends participer à son expression à l'Assemblée nationale. Je n'ai pas quitté le parti socialiste pour y revenir. »

 

Je ne vois pas comment, étant sur la ligne de réconciliation des deux gauches, tu peux justifier le projet du Front De Gauche, de reconstruire la gauche sur un axe de rupture majoritaire avec le social-libéralisme, ou alors je ne comprends rien à ce que nous faisons depuis maintenant plusieurs années. Le fait que de nombreux militants, et jeunes gens enthousiasmés par la fenêtre de tir ouverte par la campagne présidentielle, nous rejoigne, est pour moi un fait politique d’une très grande importance. La valse-hésitation de certains élus nous regardant, formés à la vieille école du PS d’Epinay, où l’on regarde d’abord comment assurer le renouvellement de son mandat d’élu, c’est les restes d’un passé ennuyeux et sans intérêt pour l’avenir. On voit même certains élus, comme le maire de la ville de Crosne, adhérant du PG en 2008, retourner au PS quelques mois après, et aujourd’hui défendre les positions de Manuel Valls, demander aux salariés et aux retraités de payer la crise, c’est devenu pour lui assurer « une gestion de bon père de famille ». Dans la période ouverte par la grande crise de l’automne 2008, la gauche va avoir besoin de dirigeants courageux, qui se forgent une pensée et une pratique ailleurs que sous les lambris de la république.  « Chercher la vérité, et la dire », selon la belle formule de Jaurès, ce n’est pas se condamner « à la minorité ». Pour le reste, l’unité elle se fait sur un programme, et tactiquement sur la logique de front politique de rassemblement. Ta position est sur une ligne de rétropédalage.

 

L’ébauche de ligne que tu esquisses dans ton interview ne mène nulle part, plus exactement c’est le retour à la case Filoche et la case Filoche c’est le PS.

 

Salutations militantes

 

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 19:00

 

Cécile Duflot va reloger trente familles menacées d’expulsion

 

BORDEAUX (Reuters) - La ministre du Logement, Cécile Duflot, a assuré jeudi qu'elle souhaitait "sortir de la solution hôtelière" et utiliser tous les dispositifs disponibles pour loger des familles menacées d'expulsion dans des hôtels parisiens.

 

"Une trentaine de famille n'ont pas de solutions. Nous nous employons à en trouver une. Cela sera réglé dans les heures et les jours qui viennent", a-t-elle déclaré lors de la visite de plusieurs structures d'hébergement d'urgence à Bordeaux.

 

Ces familles hébergées en hôtel sont menacées d'expulsion au 31 décembre pour cause de travaux.

 

Une visite de locaux de la Direction Générale de l'Aviation Civile (DGAC) reconvertis en maisons d'accueil pour des familles a permis à la ministre d'affirmer sa volonté que "les bâtiments vides ne restent pas vides".

 

Ces bâtiments, signalés par un élu de la commune de Mérignac (Gironde), ont été réquisitionnés par le préfet de la région Aquitaine le 10 décembre dernier.

 

Sur le plan national, l' association Droit Au Logement a réclamé mardi une accélération de la procédure de réquisition de logements vides pour accueillir des sans-abri promises par Cécile Duflot "avant la fin 2012", une procédure rarement appliquée à ce jour.

 

La ministre a assuré que le chantier était lancé mais que la procédure était "longue et complexe" et qu'elle ne pourrait pas aboutir avant la fin de l'hiver, en mars ou avril.

Cécile Duflot a demandé aux préfets des régions "les plus tendues" (Ile-de-France, Rhône-Alpes et PACA) un inventaire des bâtiments vacants depuis plus de dix huit mois et appartenant à des personnes morales.

 

Elle a dit dans la matinée sur Europe 1 qu'elle ne souhaitait pas communiquer cet inventaire pour éviter toute "stigmatisation".

 

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:47

 

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7uaMcan5vpRQ8sCsiwxlF2J93IZIhmEqoB%2fYkHzM7D0KX9I22yyIptxME1vssDn80QTawaJ2IGDM3NSJj86hLBKrnHs%2fK5tGGeEtluCVR8Gg%3d

 

Arrivée du convoi français à Gaza

 

Vendredi 28 Décembre 2012

 

Un convoi français est arrivé à la bande de Gaza, hier soir, à travers la frontière de Rafah dans le but de constater les dégâts de l'agression sioniste et de soutenir la population assiégée depuis six ans.

 

Des sources à la frontière ont affirmé à notre journaliste que le convoi portant le nom de "Bienvenue à Gaza" comprend quatre vingt quinze militants qui sont venus pour briser le blocus et soutenir le peuple palestinien en mettant l'accent sur l'aspect économique.

 

Les sources ont indiqué que la visite de la délégation devrait durer environ une semaine, au cours de laquelle elle va donner au gouvernement des aides médicales et « identifier la nature de l'économie agricole dans la bande de Gaza au cours des visites organisées par les ministères de la santé, de l'agriculture et des affaires étrangères dans les prochains jours ».  

 

Nabil Abou Shamala, directeur général de la planification et des politiques au ministère de l'Agriculture, a salué la délégation, soulignant qu'elle va essayer de briser le siège de Gaza par l'utilisation d'une nouvelle approche appelée « économie solidaire » ou « commerce équitable », qui est basé sur la commercialisation des produits palestiniens principaux aux marchés, forums et divers festivals européens pour tenter de définir cette économie assiégée qui tente de survivre en dépit de tous les obstacles.

 

À son tour, Olivia Zemor, présidente de l'organisation « Europe pour la Palestine » a dénoncé ce qu'elle appelle "la négligence européenne officielle" envers la souffrance du peuple palestinien.

 

Elle a dit lors de la conférence : « pas de remerciements au gouvernement belge, ni au gouvernement français », et a salué la révolution égyptienne du 25 janvier qui était une cause majeure de l'accès au secteur. Les membres de la délégation qui avaient l’air heureux d’être à Gaza ont scandé d’une seule voix : « vive la Palestine » et « boycott Israël »

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 18:20

 

Les sunnites mobilisés contre le gouvernement Maliki en Irak

 

RAMADI, Irak (Reuters) - Plusieurs dizaines de milliers de membres de la minorité sunnite irakienne ont manifesté vendredi contre la politique du Premier ministre chiite Nouri al Maliki, une démonstration de force susceptible de raviver les tensions religieuses.

 

Soixante mille personnes se sont rassemblées à Falloudja, à cinquante kilomètres à l'ouest de Bagdad, sur le principal axe routier est-ouest bloqué depuis une semaine.

 

"L'Iran dehors ! Bagdad doit rester libre !", ont scandé les manifestants, qui ont brûlé des drapeaux de la République islamique.

 

Le mouvement a débuté la semaine dernière après l'arrestation de gardes du corps du ministre des Finances, un sunnite. Beaucoup de ses coreligionnaires, qui ont dominé l'Irak jusqu'au renversement de Saddam Hussein, accusent le chef du gouvernement de s'opposer au partage du pouvoir et le jugent trop proche de l'Iran chiite et non arabe.

 

Le premier ministre avait déjà ordonné l'arrestation du vice-président sunnite Tarek Hachémi, qu'il accuse de diriger des escadrons de la mort, juste après le retrait des troupes américaines d'Irak, en décembre 2011.

 

Un an après ce retrait, les tensions religieuses qui s'ajoutent aux contentieux entre Arabes et Kurdes, notamment sur le partage des revenus pétroliers, menacent à nouveau la stabilité de l'Irak, où les violences inter communautaires ont culminé entre 2005 et 2007.

 

Les manifestants réclament l'abrogation d'une législation antiterroriste qu'ils jugent pénalisante pour les sunnites, et la remise en liberté de détenus.

 

"Je suis venu à Falloudja pour exprimer mon soutien à leurs revendications. J'espère que nous irons à Bagdad", a déclaré l'un d'eux.

 

VERS UNE INTERVENTION ARMÉE AU KURDISTAN ?

 

D'autres rassemblements ont eu lieu à Mossoul et à Samara, dans le Nord, où le slogan-phare du printemps arabe, "Le peuple veut la chute du régime !", a retenti.

 

"Il n'est pas acceptable de s'exprimer en bloquant des routes, en incitant à la sédition et au sectarisme, en tuant, en sonnant la charge et en divisant l'Irak", a déclaré le chef du gouvernement, lors d'une conférence sur la réconciliation nationale retransmise à la télévision.

 

Ces derniers jours, des manifestants sunnites ont brandi le drapeau irakien en vigueur sous le règne de Saddam Hussein et celui des rebelles syriens, qui combattent un gouvernement lui aussi proche de l'Iran.

 

Des activistes d'al Qaïda se regrouperaient dans la province occidentale d'Anbar, majoritairement sunnite, et passeraient la frontière syrienne pour aller prêter main forte aux insurgés.

 

A Ramadi, chef-lieu de la province, des manifestants ont défilé avec le portrait du premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a pris fait et cause pour l'insurrection syrienne et affiche de plus en plus ses divergences avec son homologue irakien.

 

Un modeste rassemblement contre le chef du gouvernement turc a en revanche eu lieu à Nadjaf, ville sainte chiite située à cent soixante kilomètres au sud de la capitale.

 

L'influent imam chiite Moktada Sadr, rival du chef du gouvernement, a toutefois exprimé son soutien aux manifestants sunnites et a condamné la "politique sectaire" de Nouri al Maliki.

 

Le Premier ministre chercherait à monter ses rivaux les uns contre les autres pour renforcer ses alliances avant les élections régionales de l'an prochain et les législatives de 2014.

 

Certains commentateurs évoquent la perspective d'une confrontation armée avec le Kurdistan autonome pour le contrôle des gisements pétroliers du Nord, qui permettrait à Nouri al Maliki de rallier la minorité sunnite à sa cause.

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 20:16

 

http://www.oumma.com/15228/forum-social-mondial-un-monde-possible-islamistes?utm_source=Oumma+Media&utm_campaign=aed5083499-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email

 

Forum social mondial

 

Un autre monde est il possible sans les « islamistes » ?

 

Par Abdelaziz Chaambi

 

Jeudi 27 Décembre 2012

 

Avec quelques militants des quartiers populaires, nous nous sommes investis dans la dynamique altermondialiste dès le début car nous pensions qu’un autre monde était possible, et que ce noble objectif nous permettrait de dépasser les clivages idéologiques, philosophiques ou religieux comme le prévoit la Charte de Porto Alegre.

 

C’est ainsi que nous avons organisé le Forum Social des Quartiers Populaires en France et participé aux rassemblements Anti G8, au rassemblement du Larzac et aux Forums Sociaux Européens, Maghrébins et Mondiaux,  et à la campagne pour les présidentielles de José Bové, avec toujours le même objectif de convergences des luttes pour un monde plus juste et plus fraternel, au-delà des particularismes des uns et des autres.

 

Malheureusement, ces participations et cette mixité ont quasiment disparu et les quartiers populaires du sud au nord et la mouvance musulmane dite islamiste ne sont plus présents lors de ces mobilisations alter mondialistes : certains sont fatigués, d’autres précarisés et d’autres se sont embeurgeoisés ou ont renié leurs convictions pour aller au soleil des monarchies pétrolières.

 

Nous avons eu la possibilité de participer à la préparation du Forum Social Mondial qui s’est déroulée à Monastir en Tunisie les 16 et 17 Juillet 2012, avec l’espoir que certains enseignements seraient tirés des expériences passées, et de l’évolution du monde arabo-musulman, dont les révolutions dégagent les dictateurs, et bousculent les pratiques et les idées reçues en ce qui concerne la place des islamistes dans l’évolution des choses et leur conception de la démocratie.

 

J’utilise ce terme bien que la dénomination d’islamiste ne soit pas bien définie dans ces milieux, et qu’elle est  criminalisée en Occident, et particulièrement en France, où un glissement sémantique a transformé ce terme en synonyme de criminel, les médias et les politiques nous parlent d’arrestation de présumés islamistes. Nous nous contenterons de dire que le terme islamiste désigne une personne qui est engagée ou fait de la politique au nom de sa religion ou en référence à ses principes. La sensation que les « islamistes » ne sont pas les bienvenus dans ces forums nous a été confirmée lorsqu’un militant des Droits de l’Homme tunisien  a demandé aux organisateurs des journées de préparation du FSM à Monastir « d’enterrer la hache de guerre ! ».

 

Des incidents révélateurs

 

Plusieurs incidents ont jalonné l’organisation ou la préparation de différents forums sociaux, et les leçons de ces incidents et confrontations n’ont jamais été tirées, à notre grand regret, ce qui alourdit le passif et rend plus difficile une convergence entre les différents acteurs.

 

Lors du deuxième forum social européen qui s'est tenu à Paris Saint-Denis du 12 au 15 novembre 2003, la participation d’associations et d’acteurs musulmans avait été actée difficilement (malgré la participation d’un responsable du Collectif des Musulmans de France lors du premier Forum Social à Florence), et la participation de Tariq Ramadan avait suscité de vives polémiques, aggravées par la publication de son texte sur les intellectuels communautaires.

 

Le troisième forum social européen à Londres du 14 au 17 octobre 2004, a été lui aussi source de véritables batailles entre ceux qui considéraient que les musulmans avaient leur place dans le forum : (les anglais) et ceux qui considéraient qu’en tant qu’islamistes ils n’avaient rien à y faire (les français) surtout lorsque certains musulmans ont dénoncé la politique répressive de la France concernant le foulard islamique à l’école, ou lorsque le prédicateur Youssef al Qardawi a été invité à prendre la parole par le maire de Londres.

 

Un autre incident révélateur d’une forme d’ostracisme s’est produit lors de l’Assemblée Générale de préparation du Forum Social Maghrébin qui s’est déroulée les 27, 28 et 29 janvier 2006 à Bouznika au Maroc, lorsqu‘un  membre de la Résistance Islamique Libanaise, Ali Fayyadh, a pris la parole pour proposer d’élargir le forum pour en faire le forum Machrek Maghreb afin d’inclure la question Palestinienne et la question de l’Iraq, entre autres, et c’est alors qu’il s’est fait agresser par certains laïcards tunisiens dont l’objectif évident, et affirmé publiquement, était d’évincer la présence des courants dits islamistes de toute participation.

 

Une réunion de préparation du groupe immigration s’est déroulée à Paris, avant l’assemblée générale de ce  Forum Social Maghrébin, et aucune association musulmane (ou d’obédience musulmane) n’a été invitée. Au cours de cette réunion, l’un des participants a même affirmé publiquement qu’aucune association musulmane ne serait présente pour ce Forum Social.

 

Pourtant l’histoire nous prouvera qu’Ali Fayyadh était précurseur puisqu‘aujourd’hui le Forum Machrek Maghreb est une réalité, mais Ali Fayyadh malheureusement n’y participe pas.

 

Un autre évènement m’a personnellement surpris car,  bien qu’inscrit et investi dans la dynamique et sur les listes du Forum Social Maghrébin depuis le début, mon adresse mail a disparu de la lite de diffusion dans la même période où le Forum organisait une rencontre dans « ma ville de Lyon » en Février 2012  sur le problème du Sahara et à laquelle évidemment ni moi-même en tant qu’acteur de la dynamique musulmane, ni d’autres militants et militantes de la même mouvance n’étaient conviés, bien que l’organisateur de la rencontre soit lui-même lyonnais et avait toutes nos coordonnées.

 

Quelques autres anecdotes vécues lors de différents Forums ou rencontres sont révélatrices d’un état d’esprit belliqueux, intolérant et quelque peu stalinien peu enclin au dialogue et à l’ouverture. C’est ainsi que lors d’un Forum Social Maghrébin, au Maroc, nous avons entendu une militante tunisienne ayant des responsabilités nous dire à la tribune devant cinq cent personnes « que ce n’était pas seulement la charia qu’il fallait combattre mais le coran lui-même ». En Tunisie lors d’une tournée de soutien à la révolution, en 2011, un responsable de l’UGTT nous dit au micro du bus qui nous conduit vers le sud « nous avons vaincu le dictateur maintenant on doit battre le fascisme vert » !  Une autre militante française nous a dit, à Monastir, en juillet 2012,  qu’elle est venue à la préparation du forum pour qu’on « parle et qu’on combatte le salafisme comme nous on combat le Front National chez nous », lançait-elle.   Et pour finir ces exemples qui donnent une idée du climat insécurisant dans lequel moi-même, musulman engagé, je me suis retrouvé, j’ai entendu l’un des responsables du Forum Social Mondial (un peu âgé et un peu paternaliste certes) dire à une amie militante venue de France, féministe chevronnée, mais musulmane portant le foulard : «  ton mari t’a laissée venir au forum ?»  Cette dernière anecdote est en fait très révélatrice du climat et des préjugés entretenus autour de la participation sociale et militante des musulmans et l’essentialisation entretenue par certains.

 

La diabolisation est en effet entretenue par certains pour continuer à être les seuls interlocuteurs des dominants occidentaux, qui finiront par prendre pour vérité absolue ce qui leur est proposé comme lecture des faits et des réalités de ces pays en mutation, et finiront par leur lâcher quelques subsides et une reconnaissance en retour.

 

Malgré ces péripéties, je me suis personnellement entêté à croire dans les convergences des luttes et des acteurs et j’ai proposé à d’autres militants et militantes d’intégrer la dynamique du Forum Social Maghrébin et avec nos compagnons de lutte du MIB, de Divercité, des ASTI, du CMF, de CRI, d’AC LE FEU, de Justice pour le Petit Bard ou du Takti collectif, nous avons décidé de mettre en place à quatre reprises le Forum Social des Quartiers Populaires de 2008 à 2011 en  y impliquant toutes celles et tous ceux qui étaient intéressés ou concernés par les problématiques liées aux quartiers populaires et aux effets de la mondialisation sur leurs habitants. La présence des acteurs et actrices musulmans n’a jamais posé problème dans ce cadre là, même si certaines de leurs revendications spécifiques ont été moins mises en avant. Par contre cette excroissance de la dynamique altermondialiste s’est développée en marge des grands rassemblements internationaux, à cause de cette tendance à marginaliser le courant musulman et les gens des quartiers populaires, et à cause des moyens financiers qui font défaut et à la précarité subie par les acteurs. Le Sud du Nord continue à être un laissé pour compte, à croire qu’il y aurait une politique de classe dans les milieux altermondialistes. N’assiste-t-on pas là à une forme d’hégémonie de riches globe-trotters  de l’alter mondialisme qui sont de toutes « les messes » pour orienter les choses à leur guise ?

 

Le printemps arabe et ses répercussions

 

Le déclenchement du printemps arabe qui a suscité de grands espoirs d’unité et de solidarité entre les différentes composantes de la société tunisienne, va très vite nous ramener à la triste réalité. Des combats d’arrière garde dans lesquels l’idéologie et la démagogie vont prendre le dessus au détriment des véritables problèmes, des défis à relever pour améliorer le sort du peuple tunisien, et proposer au monde un modèle de société basé sur des valeurs de solidarité, de liberté, de fraternité et de justice.  C’est ainsi que nous avons eu  droit à une campagne pour tenter d’éradiquer la notion d’islamité dans la constitution et nous imposer la notion de laïcité familière à une infime minorité du peuple tunisien.  Puis voyant que ce concept d’importation propre à l’histoire de France, et unique en son genre en Europe, ne s’imposait pas en terre arabo-musulmane, tout le monde, laicards y compris, en sont venus bizarrement à reconnaitre que l’arabe est la langue du pays et l’islam sa religion.

 

Un grand nombre de ces réseaux dits progressistes, composants une partie de la société civile, est aussi investi dans la dynamique des forums sociaux  et y a importé une des principales problématiques à leurs yeux : la lutte contre l’islamisme ou l’islam politique ou radical avec un véritable flou entretenu sur la sémantique pour mieux essentialiser les musulmans qui s’interessent à la chose publique ou à la vie de la cité.

 

Cette minorité active qui a toujours eu l’oreille attentive de l’Occident trouve un écho considérable et disproportionné dans les médias des deux rives ,  auprès des décideurs européens en particulier, mais aussi auprès des forces de l’ancien régime,  et les résultats des premières élections libres et transparentes en Tunisie ont permis de se faire une opinion sur ce qu’ils représentent réellement, et sur leur capacité à respecter le résultat des premières élections libres et transparentes dans le mode arabo-musulman.

 

A titre d’exemple, nous rappelons l’agression inacceptable par des salafis à Bizerte d’un élu franco tunisien cet été 2012 ou le viol d’une jeune fille par des policiers qui ont fait la Une de plusieurs journaux télévisés en Tunisie et en France, alors que l’assassinat du jeune franco tunisien Hakim Ajimi par des policiers à Grasse, ou le viol récent dans les Yvelines d’une jeune fille de treize ans par une vingtaine de pompiers, n’a même pas été abordé par les mêmes médias)

 

Cette minorité agissante, qui, au nom du progrès, du féminisme, de la laïcité et du modernisme tend à éradiquer le courant islamiste, s’accommode parfaitement depuis la création des forums sociaux de la présence d’autres courants religieux qui se manifestent à travers le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, de la Cimade, de Caritas et autres fondations et acteurs religieux catholiques, juifs ou protestants qui sont en grande partie décideurs et/ou  financeurs des Forums.

 

La Tunisie, le bon choix ?

 

Le choix de la Tunisie pour l’organisation du prochain Forum Social Mondial du 26 au 30 Mars 2013 est un choix politique au sens politicien du terme , à l’image des prises de position de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens qui annonce ouvertement qu’elle joue aussi un rôle politique face au gouvernement de la troïka et de la situation dans le pays. L’accueil dans ses locaux, avec une forte présence de ses cadres, de la réunion de préparation du Forum Social Mondial des 15 et 16 Décembre 2012, démontre une convergence d’intérêts pour ne pas dire une forme de connivence  pour régler des comptes et diaboliser certains.

 

Peut-on mettre sur le concours de circonstances ou sur le compte de l’oubli,  le fait qu’au Maroc et en Tunisie les associations d’obédience musulmane ne soient pas conviées aux réunions de préparation des Forums ? Lors de la réunion de préparation du Forum Social Mondial qui a eu lieu à Monastir en Tunisie les 16 et 17 Juillet 2012, certains se sont étonnés que ces dates coïncident avec le congrès du parti al Nahdha dont les militants ne pouvaient pas participer à la préparation du Forum qui va se dérouler dans leur pays.

 

Même si le parti islamiste n’est pas réputé pour ses penchants alter mondialistes, et que la situation difficile du pays ainsi que certains référentiels idéologiques les poussent à s’aligner sur l’axe libéral et  à hypothéquer le pays auprès du FMI, du Qatar et autres spéculateurs et financiers, il nous semble de notre responsabilité à tous de  leur ouvrir la porte et de les impliquer pour les convaincre de rejoindre le combat altermondialiste.

 

Car au fond, les valeurs que nous défendons et la Charte de Porto Alegre sont, de mon point de vue, parfaitement compatibles avec un islam de progrès,  d’ouverture et de résistance à l’injustice et l’oppression, et l’exemple Andalous,  la réforme du début du vingtième siècle ou les luttes de décolonisation sont là  pour nous le rappeler.  

 

N’est-il pas temps de favoriser l’émergence d’un islam engagé dans les luttes sociales, écologiques, contre le capitalisme financier, l’impérialisme, le sionisme et la domination ?  Une théologie de la libération en islam est en marche, il suffit de ne pas lui mettre « des bâtons dans les roues » en jouant sur la peur et les amalgames avec des minorités obscurantistes. La réforme du début du vingtième siècle a été en grande partie avortée du fait des guerres mondiales puis de l’impérialisme et de l’instauration des dictateurs, mais aujourd’hui que le vent de la Liberté a soufflé sur les pays arabo-musulmans, tous les espoirs sont permis.

 

A  l’image de l’un des pères de la Réforme, Jamel Eddine al Afghani, dont l’œuvre a été marquée par un caractère social et politique évidents, les musulmans doivent  s’émanciper et mettre la théologie au service de la lutte pour la justice sociale qui fait tant défaut dans leurs pays.  

 

Un peu plus de cohérence

 

Il nous semble important de préciser que les acteurs du Forum Social Mondial ont acté la notion d’inclusion comme fondamentale pour la réussite du FSM de Tunis. Nous ne pouvons que nous réjouir de cet esprit d’ouverture mais est il suivi de faits ? Lorsque j’ai demandé, lors des journées de préparation de Monastir, d’ouvrir la porte et d’intégrer le courant islamiste, une syndicaliste algérienne m’a rétorqué : « nous sommes tous musulmans » et cette réponse veut dire en langage courant : circulez, il n’y a rien à voir, et en même temps une forme de mépris comme si nous ne savions pas tous le sens des mots.

 

D’autres signes ou évènements doivent être éclaircis pour permettre une participation sereine de tous les courants qui acceptent le jeu démocratique et ses règles, islamistes ou pas.  Quelle crédibilité peut-on accorder à des militants ou organisations qui incriminent, attaquent ouvertement et en permanence le parti al Nahda, dénoncent et manifestent des deux cotés de la Méditerranée contre ses responsables, et dans le même temps s’afficher publiquement avec Hamadi Jebali ou Hocine al Jaziri, premier ministre et secrétaire d’Etat à l’immigration.

 

Comment dans le même temps on les sollicite pour une aide fondamentale,  accordée semble-t-il,  pour l’organisation du FSM à Tunis et dans le même temps exclure de fait les associations ou militants de ce même parti, en ne les sollicitant pas dans leur propre pays ?  Une délégation du FSM a été reçue cet été par le secrétaire d’état à l’immigration et en est revenue réjouie face aux facilités que le gouvernement est prêt à faire pour le bon déroulement de cet évènement. Ce même secrétaire d’Etat incitait à la participation au FSM et faisait l’éloge et remerciait publiquement devant trois cent associations de l’immigration deux militants tunisiens l’un démocrate et l’autre laïcard chevronné. Même s’il s’agit de pratique ou de calcul politique il faut saisir la main tendue et au pire : « suivre le voleur jusqu’au seuil de sa porte ».  On ne peut pas comme dit le proverbe arabe : manger le fruit et insulter ceux qui l’offrent.

 

D’un autre coté, il nous parait indispensable que le parti al Nahda clarifie ses positions au regard de l’alter mondialisme et des objectifs de la Charte de Porto Alegre, car la tendance générale depuis sa prise de pouvoir tend plus vers le libéralisme, l’endettement, et l’hypothèque du pays pour obtenir le satisfecit du FMI et de la Banque Mondiale et autres racketteurs du golfe en oubliant au passage les couches sociales et les régions les plus défavorisées du pays. Ce ne sont ni la charité ni la zakat seuls qui rétabliront la justice, le partage des richesses, l’égalité entre tous, ni qui mettront fin au suicide collectif de notre jeunesse qui continue à fuir le pays en se jetant dans le cimetière marin qu’est devenue la mer Méditerranée.

 

Cet été j’avais eu l’espoir que ce parti organisé et structuré allait saisir la balle au bond pour s’investir dans le FSM, puisque, fort des propos du secrétaire d’Etat à l’Immigration cités plus haut, j’avais moi-même entrepris la démarche auprès de responsables pour l’organisation d’une demi journée d’information sur le Forum Social en direction de tous les responsables du parti al Nahda chargés du développement sur l’ensemble du territoire tunisien, et, c’est la veille qu’on m’apprend que cette session n’aura pas lieu, sans aucune explication. L’enseignement que j’en ai retiré, c’est qu’al Nahda et les organisateurs du FSM se disent avec des non-dits : « je t’aime moi non plus ».

 

Pour conclure je voudrai répondre à une question qui ne manquera pas de m’être posée, bien que je ne sois encarté nulle part : mais alors que fais-tu en tant qu’islamiste au FSM ?  J’y répondrai en disant que j’y ai découvert de vrais démocrates, de vrais humanistes capables de transcender les divergences et les appartenances et qui sont capables de respecter les convictions des autres pour les amener à œuvrer pour l’intérêt commun. Mais aussi parce que ma conception de l’islam comme celle de bon nombre de militants islamistes d’al Nahda et d’ailleurs est une conception progressiste, fraternelle, respectueuse de la dignité, de l’égalité, de la liberté de chacun et universelle, même si certains prétendent que l’universel leur appartient de manière exclusive et qu’il est blanc, occidental et parfois judéo-chrétien.

 

Il faut sortir de cette guerre de tranchée qui ne dit pas son nom et donner une chance à la Tunisie et au Forum Social Mondial, en dépassant les déclarations pompeuses qui clament haut et fort la protection de la démocratie et la préservation des acquis pour les uns,  et les processus inclusifs et la participation de tous pour les autres. Ces notions nobles et généreuses doivent être mises à l’épreuve des faits pour que l’expérience du FSM en Tunisie soit une réussite et une occasion historique pour ses déclinaisons dans le monde arabo-musulman.

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 19:54

 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2011/04/16/decisif-sont-la-conscience-historique-dun-groupe-ses-sentiments-et-ses-volontes

 

Décisive est la conscience historique d’un groupe, ses sentiments et ses volontés

 

Samedi 16 Avril 2011

 

La lecture ou relecture des textes de Léon Trotsky nécessite de se confronter à un vocabulaire qui n’est plus, pour partie, le nôtre. De plus ses textes, souvent des interventions politiques, ne visaient pas à des « théorisations ». Ils doivent être lus, comme des réflexions extraites d’un positionnement pour l’émancipation, dans les années trente du siècle passé, fortement marquées par le vocabulaire de « lutte » de l’époque. Il était presque minuit dans le siècle, et l’éclairage des deux étoiles jumelles (le fascisme et le stalinisme) n’offrait qu’une lumière blafarde et mortifère. Tendu néanmoins vers la toujours nécessaire « révolution », leur auteur exprime, de fait, des remises en cause de positionnement antérieur, des problématiques qui restent actuelles.

 

Certains seront surpris des approches, peu en ligne avec l’orthodoxie inventée par quelques groupes se réclamant du trotskisme. Danièle Obono et Patrick Silberstein exposeront avec brio ces variations dans une longue introduction.

 

Je souligne sur ces sujets, les apports considérables des féministes dont « la spécificité de l’oppression fonde l’autonomie de la lutte, mais même une lutte autonome doit s’adresse à l’imbrication des oppressions parce que l’imbrication est synonyme de divisions. » (Christine Delphy citée par Danièle Obono et Patrick Silberstein)

 

Avant de m’attarder plus longtemps sur le bel avant propos, je voudrais juste citer trois phrases de l’auteur, pour inciter à parcourir cet ouvrage bien venu.

 

« Mais un gouvernement des travailleurs est lié par l’obligation d’assurer aux juifs, comme à toute autre nation, les meilleures conditions pour leur développement culturel, ce qui implique, entre autres, d’offrir aux juifs qui le désirent leurs propres écoles, leur propre presses, leur propre théâtre et leur propre territoire avec une administration autonome pour leur développement. »

 

A une conférence du parti communiste ukrainien, « j’ai suggéré que l’on exige des fonctionnaires la connaissance écrite et parlée de la langue de la population locale ».

 

Aux USA, « l’argument qui consiste à dire que le mot d’ordre d’auto détermination éloigne de la lutte des classes est une adaptation à l’idéologie des ouvriers blancs. »

 

Le titre de l’avant propos, « salade russe et melting-pot états-uniens en forme de composition française », au-delà de l’humour, révèle l’imbrication des regards, des situations et des temporalités. Comme le disent Danièle Obono et Patrick Silberstein le choix de réunir des textes sur la question juive et la question noire  n’est pas « un rapprochement éditorial a priori hasardeux ». L’émergence des États-nations modernes, « leurs fixations idéologiques et géo politiques exclusivistes plus fortes » créent, en quelque sorte, les autres populations comme minoritaires. Les auteurs nous rappellent, à ce propos qu’« il y a toujours des nations et des peuples dispersés de part et d’autre des frontières étatiques, des nations sans État ou sans territoire qui aspirent à s’affranchir de la tutelle des États historiques, des nations vaincues par l’histoire qui émergent sur le devant de la scène pour réclamer des droits spécifiques, des minorités ethno culturelles qui se cristallisent plus ou moins provisoirement au sein des mégalopoles des pays du nord comme de celles du sud. »

 

Évoquer le « Yiddishland » ou le « Dixieland » est donc d’une certaine actualité politique. Il en de même pour les débats autour des « Juifs non juifs ».

 

Important aussi est de rediscuter de certaines positions du Bund et en particulier, comme l’indiquent les auteurs « Il y avait donc une autre voie qui apparaît d’une extraordinaire modernité pour nos sociétés multiculturelles, entre assimilation normative, nationalisme sioniste et autodétermination impossible, une voie qui nous invite à construire ici l’émancipation nationale et culturelle de ceux et celles qui y vivent et y travaillent. »

 

Comment ne pas lier les théorisations du Black Power et l’affirmation stratégique du révolutionnaire en exil « en aucun cas la libération du peuple noir des États-Unis ne doit être subordonnée à la lutte des classes en général, en aucun cas l’autonomie de sa lutte ne doit être assujettie au mouvement ouvrier sous domination blanche. »

 

Si Trostky en Russie au début du siècle avait refusé à la classe ouvrière juive une organisation spécifique, il reconnaît la nécessité pour la minorité noire d’en disposer.

 

Plus même « il enfonce le clou encore davantage en considérant que, d’une certaine façon, dans des circonstances particulières, la question raciale peu prendre le pas sur la question de classe et donner lieu à des configurations politiques inédites. »

 

Un avant propos pour situer des textes mais surtout quelques pistes, contre l’universalité chauvine, mais sans céder sur l’émancipation des uns et des autres, de toutes et tous. Prendre en compte les communautés imaginaires, imaginées ou réinventées permet à la fois de penser l’universel et les particularismes.

 

Reste aussi à discuter non seulement des formes possibles de citoyenneté transnationale, des modalités de développement de l’égalité citoyenne et aussi des mesures institutionnelles immédiates desserrant les carcans des discriminations contre celles et ceux considérés comme non universels (les femmes, les non nationaux, les immigrés et les minorités fantasmées ou réelles) pour demain « construire une citoyenneté non mutilée, dissociée à la fois de la nationalité et de la territorialité, un auto gouvernement dans tous les domaines et à tous les niveaux ».

 

Didier Epsztajn

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 19:28

 

Un plan Brahimi discuté par la Syrie et la Russie

 

BEYROUTH (Reuters) - Le président syrien Bachar al Assad a envoyé mercredi à Moscou son vice-ministre des Affaires étrangères, afin d'évoquer la visite en Syrie de Lakhdar Brahimi, émissaire pour la paix des Nations unies et de la Ligue arabe.

 

Alors que les principales composantes de l'opposition se montrent peu enthousiastes face aux efforts de Lakhdar Brahimi, les bombardements de l'armée gouvernementale continuent et ont tué mercredi vingt personnes dans un village du nord du pays. Le chef de la police militaire a quant à lui fait défection.

 

La visite à Moscou de Fayçal Makdad, le vice-ministre des Affaires étrangères, a lieu quelques jours après une rencontre à Damas entre Bachar al Assad et Lakhdar Brahimi, qui a apparemment formulé de nouvelles propositions pour mettre fin au conflit qui dure depuis vingt et un mois en Syrie.

 

"L'atmosphère a changé et il se passe quelque chose de positif", a déclaré une source interne aux services syriens de sécurité.

 

Un responsable libanais pro-Assad a précisé que Fayçal Makdad devait demander l'avis de Moscou sur un éventuel accord.

 

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé samedi qu'aucun camp ne gagnerait la guerre civile en Syrie et que la Chine et la Russie, alliées de Damas, seraient bien incapables de convaincre Bachar al Assad de quitter le pouvoir même si elles essayaient.

 

Lakhdar Brahimi, qui n'a pour le moment fait aucun commentaire sur de nouvelles propositions, a également rencontré des opposants autorisés par Damas, qui ne sont cependant reconnus ni par les rebelles armés sur le terrain, ni par la majorité des adversaires de Bachar al Assad, réunis au sein de la Coalition nationale syrienne (CNS).

 

Depuis sa nomination comme émissaire pour la paix en Syrie, le diplomate algérien privilégie une transition politique, sans exiger le départ de Bachar al Assad, ce que rejette l'opposition.

 

"Le gouvernement et son président ne peuvent pas rester en place, qu'ils exercent ou non leurs pouvoirs", a dit lundi sur sa page Facebook Moaz al Khatib, président du CNS, laissant entendre que l'opposition soupçonne Lakhdar Brahimi d'envisager une telle solution.

 

DÉFECTION MINIMISÉE

 

Le gouvernement de Damas est de son côté confronté à la défection du général Abdelaziz Jassim al Chalal, chef de la police militaire, qui s'est rallié aux insurgés.

 

Dans une vidéo mise en ligne sur le site YouTube, Abdelaziz Jassim al Chalal explique sa décision par le fait que "l'armée a détruit des villes et des villages et commis des massacres contre une population sans arme qui manifestait pour réclamer la liberté".

 

Sa défection a été confirmée par une source proche de la sécurité syrienne, qui en a minimisé la portée, affirmant que le général était proche de la retraite et a voulu "jouer les héros".

 

Le ministre syrien de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim al Chaar est lui revenu mercredi à Damas, après avoir été soigné au Liban pour des blessures provoquées il y a quelques jours par un attentat rebelle à la voiture piégée, qui a tué au moins cinq personnes.

 

Sur le terrain, un bombardement des forces gouvernementales syriennes a fait vingt morts, dont huit enfants au moins, dans le village d'al Kahtania, dans la province de Rakka (Nord) a-t-on appris mercredi auprès d'activistes syriens.

 

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), proche de l'opposition a mis en ligne une vidéo sur laquelle on voit des corps ensanglantés allongés sur des couvertures, sans que la date exacte du bombardement soit indiquée.

 

Egalement dans le Nord, dans la province d'Idlib, les insurgés ont relancé une offensive contre la base stratégique de Wadi Deif, dont la capture leur permettrait de contrôler une quantité importante de carburant.

 

Au moins cent quatre vingt dix personnes ont été tuées pendant la seule journée de mardi, selon l'OSDH, qui fait état de près de quarante cinq mille morts depuis le début du conflit.

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 18:37

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/12/25/des-elus-du-pays-basque-saluent-le-retour-d-aurore-martin-en-france_1810151_3224.html

 

Des élus du pays basque saluent le retour d’Aurore Martin en France

 

Par Michel Garicoïx, correspondant du Monde à Bayonne

 

La militante basque Aurore Martin était de retour à Mauléon Licharre, dans les Pyrénées Atlantiques, dimanche 23 décembre, après cinquante deux jours passés à la prison de Soto del Real près de Madrid. Cette citoyenne française de trente trois ans avait été livrée à l’Espagne le 2 novembre, en vertu d’un mandat d’arrêt européen délivré par la justice ibérique et accepté le 16 décembre 2010 par les magistrats français pour sa participation à l’activité du parti indépendantiste Batasuna, interdit au sud des Pyrénées, mais légal en France.

 

Tout comme son arrestation le premier novembre par la gendarmerie, l'annonce de sa libération conditionnelle a amené initiatives et prises de position en Pays basque français. Elus de tous bords et habitants ont été nombreux à apporter leur écot lors de la collecte de la caution fixée à quinze mille euros par l'Audience nationale, le haut tribunal de Madrid : en deux heures la somme a été réunie à Bayonne et à Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques) avant le délai légal, de telle sorte qu'après le feu vert des juges espagnols, la militante a pu quitter la prison dès samedi à 17 heures.

 

Cette issue a été saluée par les parlementaires socialistes du département qui y voient le résultat d'une intervention « à haut niveau ». Le conseil régional d'Aquitaine présidé par Alain Rousset (PS) avait le 17 décembre adopté une motion de soutien à Aurore Martin : un éventail allant du MODEM aux Verts regrettait « la décision prise d'extrader l'une de ses ressortissantes poursuivie pour avoir participé en Espagne à des manifestations publiques » et s'interrogeait « sur le bien-fondé de l'application du mandat d'arrêt européen ».

 

Le secrétaire départemental de l'UMP des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson, s'est dit « heureux de ce dénouement » et, même s'il « ne partage pas ses idées, soulagé par la libération de cette jeune femme ». Même tonalité chez Jean-René Etchegaray, premier adjoint MODEM au maire de Bayonne, pour qui « il y a deux explications à cette libération : la faiblesse des charges qui pèsent sur Aurore Martin ; mais également la rue, qui l'a en grande partie libérée ». Près de quinze mille personnes ont manifesté à Bayonne le 10 novembre en faveur des prisonniers basques incarcérés en France et en Espagne.

 

Reste à établir le pourquoi de cet élargissement. Pour Alice Leciagueçahar, conseillère régionale d'Europe Ecologie Les Verts d'Aquitaine, "quel que soit le parti au pouvoir, on a l'impression que notre gouvernement est à la solde du gouvernement espagnol".

 

Selon Xabi Larralde, porte-parole de Batasuna à Bayonne, « Paris a fait pression sur les autorités espagnoles car la protestation a été unanime en Pays basque nord ». Il considère que l'incarcération d'Aurore Martin, alors que l'ETA a abandonné la lutte armée en octobre 2011, était « caricaturale », au moment où la France « fait des pieds et des mains pour une autre de ses ressortissantes arrêtée au Mexique ».

 

L'initiative n'était pas plus heureuse pour l'Espagne, qui apparaissait, selon lui, "comme une république bananière alors que son économie est à deux doigts de demander un plan de sauvetage à l'Europe. Tout le monde avait donc intérêt à une libération rapide".

 

« C'était un test, juge Peio Etcheverry Ainchart, du parti nationaliste AB. Il a montré au gouvernement que la France ne peut plus agir par la répression, alors que des mandats d'arrêt européens à l'encontre de citoyens français sont en cours. La livraison d'Aurore Martin était politique mais mal pesée : pris les doigts dans le pot de confiture, Paris a demandé un geste à Madrid, d'autant que c'était la première fois qu'une citoyenne française était livrée pour de tels faits, d'ailleurs mineurs ».

 

Astreinte à se présenter une fois par mois dans un commissariat espagnol, Aurore Martin reste passible de douze années de prison pour ses prises de position en tant que militante de Batasuna.

 

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 17:14


http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/09/20/retablir-le-riche-passe-nie-rejete-ou-denigre-du-radicalisme-etats-unien

 

 

Rétablir le riche passé, nié, rejeté ou dénigré, du radicalisme états unien

 

Une nouvelle collection chez Syllepse, Radical America

 

Des Etats Unis, on ne connaît bien souvent que l’endroit, l’histoire officielle d’une nation de pionniers devenue première puissance mondiale ou l’histoire critique d’un Etat impérialiste. La collection « Radical America » entend s’intéresser à son envers, aux luttes, noires, latinos, ouvrières, féministes, de la jeunesse, contre un système répressif omniprésent, ainsi qu’aux constructions politiques, sociales et culturelles originales qui ont travaillé ce pays de l’intérieur, déplaçant ses lignes de fracture, rongeant ses entrailles. Il s’agit de raviver leur mémoire et de faire réfléchir à ces expériences menées dans un territoire où la domination raciale et la domination de classe, mais aussi et surtout les résistances qu’elles ont produites, ont atteint des dimensions extrêmes. Cette intensité de la domination et des luttes pour l’émancipation ont fait des Etats Unis un laboratoire et en tout cas une source d’inspiration pour les combats à mener. Tel est le sens de la contre histoire, des contre discours, des contre sociétés, des contre cultures que cette collection entend contribuer à révéler.

 

Conseil de lecture : Sam Farber (New York), Emmanuel Delgado Hoch, Ambre Ivol, Patrick Le Tréhondat, Caroline Rolland Diamond, Patrick Silberstein, Susan Weissman (Los Angeles)

 

Préface de l’auteur à l’édition française de Black and Red dont j’extrais : « L’idée selon laquelle nous vivons dans une société post-raciale sous-estime considérablement la nature structurelle du racisme de la société américaine et évacue la persistance du racisme institutionnalisé ».

 

Dans son introduction, Ahmed Shawki nous rappelle que Katrina (l’ouragan), ses effets et la politique du gouvernement montrent à nouveau « que les Afro-Américains étaient les victimes d’un racisme profondément enraciné ».

 

Voir le livre de Patrick Le Tréhondat et Patrick Silberstein : « L’ouragan Katrina,  le désastre annoncé » (Editions Syllepse, Paris 2005, 164 pages, huit euros). Lire l’extrait publié sur le blog « droit au retour contre nettoyage ethnique »

 

L’auteur indique que l’objectif du livre est double,  « offrir un panorama des principaux courants politiques et idéologiques constitutifs des luttes de libération noires aux États-Unis et montrer que, tant dans le passé que dans l’avenir, les idées et les organisations socialistes font partie intégrante de cette lutte ». Il ajoute « Cet ouvrage entend réaffirmer la nécessité de la lutte contre le racisme et le système politique et économique qui le maintient en place, le capitalisme », car « quelles que soient les réformes obtenues, celles-ci ne peuvent ou ne pourront être effacées en l’absence d’une restructuration fondamentale d’un système dont la survie repose sur l’exploitation et l’oppression ». Les modifications de situation ont été obtenues par l’organisation de luttes de masse, par l’auto-organisation des Afro-Américains, par des alliances, parfois difficiles, avec d’autres dominés.

 

Le livre est divisé en douze chapitres : « L’esclavage aux États-Unis, l’abolitionnisme, la guerre civile, reconstruction et populisme, conciliation racisme et résistance, l’ascension de Marcus Garvey, socialistes communistes et trotskistes, les racines du mouvement pour les droits civiques, la politique de Malcom X, Black Power, les Black Panthers et le Drum, faire de la race un enjeu politique central ».

 

Dans ce panorama, je ne mets l’accent que sur quelques éléments.

 

A commencer par une des caractéristiques soulignée par l’auteur sur l’abolitionnisme : « l’essor fulgurant d’un courant marginal devenu mouvement de masse ; sa diversité politique, illustrée par les débats et les rivalités qui le traversaient ; ses points de convergence et de divergences avec les courants du séparatisme et du radicalisme noir, avant et après la Guerre civile ». Il souligne la position de Frederick Douglass, ancien esclave, sur l’abolitionnisme, « C’est cet engagement dans la lutte qui le conduisit à prendre en compte à la fois la nécessité de l’auto-organisation noire et celle de s’allier avec les Blancs qui voulaient lutter contre l’esclavage ».

 

L’esclavage n’a pas été aboli par un bon président, la guerre de sécession n’avait pas pour objet la libération des Noirs, les Républicains n’étaient pas contre l’esclavage. Si la Proclamation de Lincoln « Que le premier janvier de l’année mille huit cent soixante-trois de Notre Seigneur, toutes les personnes possédées comme esclaves, dans un État ou dans une partie désignée d’un État, dont la population se trouvera en rébellion contre les États-Unis, seront, à partir de ce moment, et pour toujours, libres » était conçue comme une mesure militaire, « Cette nouvelle politique transforma le cours de la guerre ». Pour les populations Noires, la Guerre civile se complétait d’une dimension de guerre d’émancipation.

 

Ahmed Shawki montre comment la violence des dominants a cassé les mobilisations et l’alliance fragile entre noirs et blancs. La répression n’a pas joué, ne joue pas un rôle marginal dans la démocratie réellement existante des États-Unis. (Pour rappel, le rôle légal de briseur de grève de l’agence nationale de détective Pinkerton ou les infiltrations du FBI dans les mouvements progressistes). L’auteur souligne « Un examen attentif de la période de la reconstruction montre qu’il y eut alors une sérieuse contestation du racisme et que le rétablissement de la suprématie blanche fut le résultat d’une campagne volontaire et continue de la classe dirigeante ».

 

Mais cela fût aussi possible, car les mesures socio-économiques permettant des conditions d’une réelle émancipation ne furent pas prises, « En dépit de ces importantes réformes, la reconstruction radicale échoua parce qu’elle fut incapable de résoudre la question de la réforme agraire dans le Sud. Alors que la saisie et la redistribution des terres des plantations étaient une revendication majeure des esclaves nouvellement libérés et de la plupart des républicains radicaux, la majorité des républicains n’approuvait pas une telle idée ».

 

A cette non-réforme agraire, ce déchirement de l’alliance entre noirs et progressistes blancs, et cette montée du suprématisme blanc, il faut ajouter les politiques de limitation du droit de vote « la classe dirigeante sudiste utilisa de nombreux mécanismes (poll tax, titres de propriété, test de lecture) pour réduire drastiquement le droit de vote » ou plus ouvertement ségrégatives « Les statuts et les lois instituant la ségrégation, les lois dites Jim Crow, qui avaient été peu nombreuses jusqu’aux années 1880, séparèrent formellement les noirs et les blancs : zones de résidence séparées, parcs et hôpitaux publics distincts, séparation dans les trains et les tramways. La ségrégation devint très vite la règle et non plus l’exception ».

 

C’est dans ce cadre, « A l’aube du vingtième siècle, le racisme régnait à nouveau en maître, au Nord comme au Sud », que vont se développer différents mouvements Noirs.

 

Les présentations de l’auteur sont détaillées, il analyse les différentes positions, les évolutions, les politiques menées ou prônées.

 

En premier lieu, « la ré-émergence de deux courants dans l’espace politique noir : la conciliation (accomodation) et l’émigrationnisme », qu’il considère comme « un recul de la lutte pour les droits des Noirs aux États-Unis ». 

 

Un événement bouleverse la situation en 1909, le lynchage collectif de Springfield. La National Association for the Advancemend of Colored People (NAACP) se crée. « La coalition qui se noue au sein de la NAACP entre réformateurs libéraux blancs et membres de la classe moyenne noire constitue l’un des rares exemples de jonction interraciale dans une période marquée par la réaction raciale et le repli ». Des coopérations interraciales existent aussi dans le Sud de Jim Crow. L’auteur indique « pour exceptionnelles qu’aient pu être ces expériences, elles n’en demeurent pas moins d’une grande importance, car elles montrent que le racisme peut être combattu au cours d’un processus de lutte ».

 

Ahmed Shawki examine particulièrement les grèves ouvrières et certaines organisations syndicales et il remarque que « L’historiographie dominante a largement ignoré ces exemples de solidarité inter raciale. Ceci n’est guère surprenant car, le plus souvent, elle passe les luttes ouvrières sous silence ». Il critique aussi les historiens contemporains du mouvement ouvrier et l’accent mis sur la responsabilité de la classe ouvrière blanche de l’époque « S’en tenir à condamner les méfaits du suprématisme blanc chez les seuls travailleurs, alors que les plus importantes institutions de la société œuvraient de concert pour consolider la suprématie blanche, constitue – à tout le moins – une lecture sélective de l’histoire ».

 

Pour l’auteur, les approches en termes de « blancheur » ne permettent pas de « penser les luttes, les dynamiques, le changement ».

 

Il montre les profondes transformations (dix pour cent de la population noire du pays quittèrent les zones rurales du Sud et devinrent des travailleurs industriels) dans les premières décennies du vingtième siècle : « Cette transformation sociale de la population noire permet d’expliquer la création et le développement de la Universal Negro Improvement Association (UNIA) de Marcus Garvey qui fut la première organisation de masse noire urbaine, et, plus tard, l’essor du syndicalisme industriel et des partis communistes et socialistes pour lesquels la lutte des Afro-Américains pour l’égalité des droits constitua une préoccupation majeure ».

 

Un chapitre est consacré à l’UNIA et à Marcus Garvey, au nationalisme, à la conscience de race, au séparatisme et au « retour en Afrique ».

 

J’ai particulièrement été intéressé par le chapitre relatif aux « socialistes, communistes et trotskistes ». Un rappel, la position de Karl Marx que les partis se réclamant de ses théories ont souvent « oubliée » : « Le travail sous peau blanche ne peut s’émanciper là où le travail sous peau noire est stigmatisé et flétri ».

 

L’auteur examine les politiques du Socialist Labor Party qui s’est prononcé en faveur « du droit de vote égal et universel sans considération de couleur, de religion ou de sexe », il souligne que l’un de ses dirigeants, Daniel De Leon, considérait « le racisme seulement comme une question de classe », ce qui ne permettait pas d’appréhender « la question de l’oppression en général ».

 

Fondé en 1901 le Socialist Party « premier parti socialiste qui parvint à attirer les masses » fut assez hétérogène, avec une « gauche plus cohérente dans le combat contre le racisme et la ségrégation » et une « aile droite raciste envers les Noirs mais également envers les immigrés ». L’auteur ajoute « Son racisme n’était pas une aberration étrangère à tout engagement socialiste, il était également lié à sa politique réformiste ».

 

Un rappel est fait sur l’organisation syndicale Industrial Workers of the World (IWW), son opposition vigoureuse au racisme et sa juste intolérance « à l’existence de sections ségréguées ».

 

L’auteur examine ensuite le Communist Party, les débats en Europe sur la question nationale et le droit à l’auto détermination (Rosa Luxembourg, Lénine), la création de l’American Negro Labor Congress (ANLC), le débat autour du mot d’ordre d’auto détermination de la Black Bell (« Son nom vient de la forme de croissant d’un ensemble de treize États où vivaient une majorité de Noirs »). Le changement d’orientation de la direction soviétique, la politique d’alliance contre le fascisme entraîna une mise en retrait de la lutte contre le racisme.

 

Enfin Ahmed Shawki traite du « trotskisme » et du nationalisme noir. Il cite Léon Trotski « L’argument qui consiste à dire que le mot d’ordre d’auto détermination éloigne de la lutte de classes est une adaptation à l’idéologie des ouvriers blancs », son analyse de la « différence fondamentale entre le racisme et le nationalisme noir », son opposition à faire de l’auto détermination « le mot d’ordre central des trotskistes » et sa réaffirmation « qu’il faudrait la soutenir si les Noirs eux-mêmes le souhaitaient ».

 

L’auteur présente les débats entre C.L.R James et Léon Trotski. Tout en replaçant ces débats dans la période concernée, il me semble néanmoins que l’auteur reste sur une approche assez « traditionnelle » de ce courant, très marquée par la question de la construction d’un parti révolutionnaire.

 

La seconde moitié du livre est consacrée aux mouvements des années 1950 à aujourd’hui.

 

« Le rôle joué par les Noirs durant la guerre s’avéra décisif. Des milliers d’entre eux furent appelés sous les drapeaux. Plus de trois millions d’hommes noirs furent mobilisés et cinq cent mille d’entre eux furent affectés outre-mer. Ayant combattu pour la  démocratie à l’étranger, les Noirs revinrent de la guerre en estimant qu’ils devaient désormais bénéficier de droits dans leur propre pays, et décidèrent de se battre pour les obtenir ».

 

Le mouvement pour les droits civiques s’accompagna de la création de multiples organisations Southern Christian Leadership Conférence (SCLC), Student Non violent Coordinanating Commitee (SNCC), Congress Of Racial Equality (CORE)…

 

L’auteur consacre un chapitre à Malcom X, ses rapports avec la Nation of Islam et son évolution politique. Si Malcom X « ne définissait pas la lutte de libération noire uniquement comme un conflit racial », il continuait à « rappeler la nécessité d’organisations noires non mixtes ». Il résume ainsi sa « contribution » : « Son hostilité au système et aux deux partis capitalistes jumeaux, son engagement à en finir avec le racisme, ses options anti-impérialistes et son appel à la lutte  »par tous les moyens nécessaires » ont représenté une immense avancée par rapport aux idées alors en vigueur ». De nombreux textes de Malcom X sont disponibles en français, ils pourront prochainement être complétés par une biographie écrite par Manning Marable, à paraître aux Editions Syllepse.

 

Les chapitres suivants concernent le Black Power, mouvement dans les villes du Nord et aux réponses de Martin Luther King, puis au Black Panthers Party for self defense (BPP) et au dodge Revolutionnary Union Mouvement (RUM).

 

Je résume quelques revendications du BPP détaillées dans le livre. « Nous voulons la liberté. Nous voulons le pouvoir de déterminer la destinée de la communauté noire. Nous voulons le plein-emploi pour notre peuple. Nous voulons que cesse le pillage de la communauté noire par les blancs. Nous voulons des logements décents aptes à abriter les êtres humains. Nous voulons que notre peuple reçoive une éducation qui lui expose la véritable nature décadente de la société américaine. Nous voulons que tous les hommes noirs soient exemptés du service militaire. Nous voulons la fin immédiate des meurtres et des brutalités de la police. Nous voulons que soient libérés tous les Noirs détenus dans les prisons et pénitenciers fédéraux, d’État, de comté et municipaux. Nous voulons que tous les Noirs, lorsqu’ils comparaissent devant un tribunal, soient jugés par des jurys composés de leurs pairs, ou de gens issus de leurs communautés, comme le stipule la Constitution des États-Unis. Nous voulons de la terre, du pain, des logements, un enseignement, de quoi nous vêtir, la justice et la paix ». Ce parti accordait la priorité à l’organisation du « sous-prolétariat » en fonction de son analyse de la dynamique de classe. L’auteur n’oublie pas de montrer comment le FBI a cherché à détruire le BPP, ni la place des assassinats.

 

Avant de conclure, Ahmed Shawki analyse les politiques soutenues par « la classe moyenne noire », le rôle de Jesse Jackson dans le parti démocrate et les politiques menées par Georges W. Bush « L’héritage historique du racisme et de l’inégalité, inscrit dans le système constitutionnel, montrait à nouveau sa face hideuse à l’aube du vingt et unième siècle ».

 

Si la ségrégation raciale légale a été démantelée (c’est en quelque sorte juste hier, les années 1960), il ne faut toujours pas négliger « la capacité de la classe dirigeante à utiliser le racisme pour maintenir son pouvoir et sa richesse », il ne faut confondre les « manifestes progrès de la classe moyenne noire », de ses politiciens, avec la situation de la majorité de la population Afro-Américaine.

 

Ainsi, se posent donc toujours, à la fois la construction d’organisations autonomes ou séparées et d’organisations, fronts, alliances des salariés contre le racisme, les oppressions et l’exploitation…

 

Certaines analyses pèchent par une tendance à l’économisme, leurs conclusions politiques, me semblent quelques fois assez « figées », des articulations auraient gagnées à être enrichies. Quoiqu’il en soit un livre très utile pour atténuer le silence sur les mouvements noirs et la gauche étasunienne, donner consistance à ces contre-histoires nécessaires et réfléchir aux conditions de lutte contre les oppressions. Utile aussi pour les débats actuels, à condition de ne pas plaquer les situations contemporaines sur d’autres réalités, d’analyser en quoi ces situations sont communes et en quoi elles sont différentes.

 

Didier Epsztajn

 

 

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