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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 21:09

 

http://www.liberation.fr/monde/2012/11/30/l-utopie-a-portee-de-squat_864277

 

L’utopie à portée de squat

 

Vendredi  30 Novembre 2012

 

A Séville, une centaine de personnes en mal de logement ont trouvé refuge dans un immeuble. Malgré un quotidien difficile, ces clandestins, soudés par leur esprit militant, bouillonnent de vie et de fureur.

 

Par François Musseau

 

« Ne te rends pas, s’il te plaît, ne cède pas, même si le froid brûle, même si la peur mord, même si le soleil se cache et le vent se tait. Il y a encore du feu dans ton âme, et de la vie dans tes rêves. Parce que chaque jour est un commencement, parce que c’est l’heure et que c’est le meilleur moment.»

 

Ces vers de Mario Benedetti ont été reproduits au spray bleu, vert et orange, avec des lettres amples et arrondies, sur les murs au pied de l’édifice. Une rage poétique et des tas de banderoles qui pendent des balcons pour réclamer «un logement digne» confèrent à ce bâtiment de standing quelque chose de surréaliste. Couvert de brique sur quatre étages, il fait face à un hôtel cinq étoiles presque vide, et borde la SE 30, l’artère périphérique de Séville, et son flux continuel de voitures. Un édifice fonctionnel d’appartements confortables, conçu à l’époque où le pays vivait dans l’insouciance de la bulle immobilière. Bulle dont l’explosion, en 2008, a mis l’Espagne KO.

 

Aujourd’hui, farce du destin, ce bâtiment grouille de vie et de fureur. Depuis six mois, ces quatre blocs sont occupés illégalement par une petite société humaine rebelle et soudée qui, défiant la loi et les autorités, force l’admiration dans toute la capitale andalouse : trente six familles, réparties en autant d’appartements, soit quatre vingt dix huit personnes - dont quarante enfants. Ces drôles de locataires ont baptisé leur résidence «la Corrala Utopia». La Corrala, c’est l’une de ces cours d’immeubles populaires où, jadis, les voisines s’interpellaient à qui mieux mieux, pour partager des vivres ou pour cancaner ; ces familles-ci en ont reconstitué l’esprit, se hélant à grands cris de balcon à balcon, laissant les fenêtres ouvertes pour que les gamins hardis transitent à leur gré d’appartement en appartement. L’utopie, c’est une des voisines qui en a eu l’idée, un matin de mai, et sa formule a depuis été placardée sous forme d’autocollants sur certaines portes de la Corrala : «L’utopie, parce que je n’aime pas la réalité.»

 

La réalité de ces trente six familles est d’avoir élu domicile ici, face à l’impossibilité de se loger ailleurs, parce que la violente crise économique et la destruction massive des emplois les ont laissées sans ressources. Certaines ont été dépossédées de leurs biens et expulsées de chez elles par des banques ; d’autres mises à la rue par la municipalité car incapables d’honorer «le loyer social» qui ne cessait d’augmenter ; d’autres encore, les plus jeunes, incapables même d’accéder à un premier logement.

 

En Espagne, le drame des desahucios (les expulsions) est devenu intenable, brutalisant aussi bien les milieux populaires que les classes moyennes. Depuis 2007, cent soixante douze mille propriétaires ont été délogés manu militari, avant de voir leurs biens vendus aux enchères par les banques. Pour cent soixante dix huit mille autres, un processus de saisie a été entamé. Selon un sondage, quatre vingt quinze pour cent des espagnols estiment que la législation est «profondément injuste». D’autant que la majorité des banques en cause ont elles-mêmes été sauvées de la banqueroute par des dizaines de millions d’euros d’argent de l’Etat.

 

Râblée, mine olivâtre, cheveux teints en blond lissés en arrière, veste en cuir noir, Ana Lopez, 67 ans, se tient droite et fière dans «son» trois pièces d’adoption, au premier étage du bloc trois. Son mari, Pancho, a des ennuis cardiaques, il quitte à peine le lit.

 

Derrière les vitres du salon, la vue est imprenable sur le périphérique, une rangée d’immeubles modernes et, au loin, le pont Alamillo en forme de harpe au-dessus du Guadalquivir. «Tous les soirs, ajoute Ana, je me couche en pensant qu’au bord du fleuve, il y a des gens expulsés comme moi qui dorment sous des tentes».

 

Depuis l’âge de 11 ans, Ana a nettoyé, récuré - des hôtels, des écoles, des hôpitaux, des hospices. Elle n’a pas démérité sa retraite de sept cent trente deux euros. Avec celle de Pancho, de six cent cinquante huit euros, ils ne se plaignaient guère dans leur appartement de Pino Montano, un modeste faubourg de Séville. La situation se corse quand leurs trois enfants, Toñi, Ani et Antonio, se retrouvent au chômage. Comme trente cinq pour cent des andalous. «La famille, c’est sacré comme les doigts de la main, dit-elle en serrant son poignet. Je devais impérieusement les accueillir sous mon toit. On s’est retrouvé à huit, et on a tenu. Mais, un jour, la banque a fait passer le prêt immobilier mensuel de six cent à mille cent euros. Je n’ai jamais rien compris aux chiffres ni aux lettres, je ne pouvais rien faire. Comment allais-je pouvoir donner à manger à mes fils et mes petits-fils ?» Ana et Pancho cessent donc de rembourser leur prêt.

 

Les huissiers débarquent un après-midi, trouvent un enfant seul, ce qui leur interdit de procéder à l’expulsion. «Mon honneur était en jeu : qu’on puisse me jeter hors de chez moi était inimaginable ! Le lendemain, je suis allée moi-même remettre les clés de l’appartement à la banque ».Après la vente aux enchères, en incluant intérêts, arriérés, honoraires et autres réjouissances, la banque lui réclame plus de cent mille euros.

 

«Evidemment, je ne pourrai jamais payer cette dette. Ce n’est pas humain, ça !» Par chance, Ana Lopez avait contacté les indignés sévillans et assisté à des dizaines d’assemblées de quartier, autour de la Macarena. «Je croyais que c’était des hippies un peu foutraques. Tu parles : sacrément organisés, oui !» En janvier, des listes de gens expulsables se constituent, des commissions «logement» se mettent en place. Ana rencontre d’autres familles d’infortune, certaines dorment sous les ponts : trois mois après, se forge un groupe d’une vingtaine de familles dont l’objectif est de squatter un bâtiment. «C’est parti d’une boutade, se souvient Ana. Mais c’était ça ou dépérir.»

 

« Opération commando »

 

Soit, mais où ? Ce curieux édifice à la forme trapézoïdale s’avère idéal : des appartements flambant neufs car jamais habités ni même vendus. Le constructeur, Nova Maexpa, aux abonnés absents, a fait faillite ; son patron fait l’objet de poursuites judiciaires, notamment pour corruption et évasion fiscale. «C’est un cas typique de construction spéculative : diverses sociétés écrans se revendaient le bien avec des plus-values à la clé, sans se soucier un seul instant du bien-fondé de tels appartements à cet endroit, ni de leur destinée», confie Juanjo, un jeune indigné qui soutient la Corrala Utopia, gère leur page web, leur compte facebook et les relations avec les médias étrangers intrigués par ces irréductibles.

 

L’«opération commando» initiale a eu lieu le 16 mai, à 5 heures du matin. Une aventure palpitante pour les premières quatorze personnes (douze femmes et deux hommes). «Un des jours les plus émouvants de ma vie», raconte aujourd’hui Ana. Mercedes aussi a vibré. La cinquantaine avancée, de l’énergie à revendre, cuisinière sans travail depuis 2011 puis virée de son logement social, elle n’a pas oublié la fébrilité des préparatifs, l’entrée furtive via le garage et les deux jours de confinement dans l’appartement pilote, le seul meublé. «Deux jours de clandestinité, de persiennes fermées, de peur au ventre, d’union totale.»

 

Le troisième jour, un avocat leur conseille de montrer leur présence, d’appeler les médias, de contacter les autorités : ce sera la «révolution des fenêtres», disent les membres de l’odyssée. C’est alors que vingt deux autres familles rappliquent. Les appartements sont attribués par tirage au sort. Ana et Pancho, les plus âgés, sont aux anges : ils héritent de l’appartement pilote, et leurs deux filles Ani et Toñi (avec leurs enfants) se voient offrir chacune un F3 dans le bloc voisin. Toñi, aux airs de gitane un peu masculine, se souvient des premiers temps, incertains : «C’était chaud. On a dû organiser des tours de garde et se protéger.» Profitant de la crise et des expulsions massives, des groupes mafieux de toutes origines s’introduisent dans des appartements vides, changent les serrures, puis louent discrètement à des prix accessibles. Ce phénomène croissant est dénoncé par la PAH, le collectif défendant les personnes expulsées dans tout le pays. «La police a vu qu’on était des gens respectables, et nous a foutu la paix», poursuit Toñi.

 

Depuis lors, la vie dans la Corrala n’a rien d’une sinécure : ni eau courante ni électricité. Début juin, la compagnie d’électricité Endesa a coupé le courant ; et en septembre, pour s’assurer qu’aucun «bricoleur» ne puisse se connecter, elle a démonté tous les câbles d’alimentation. Le 3 octobre, les autorités municipales ont coulé une chape de plomb sur les conduites d’eau. «Cela leur a pris cinq heures, escortés de cars de flics, comme si on était des criminels. Leur idée est de faire un ghetto de gens malodorants», persifle Mario, un informaticien de 28 ans qui vit grâce au revenu minimum et l’aide de ses parents. Le même jour, trois membres de la Corrala s’enferment dans le siège d’Emasesa, l’organisme municipal de distribution d’eau : quelques heures plus tard, une fontaine publique est installée à proximité, entre le centre de soin et l’hôtel cinq étoiles.

 

A toute heure, adultes et enfants se relaient à la fontaine pour remplir des jerricans, comme dans un village africain ; certains les hissent au balcon à l’aide une corde, la plupart font des navettes éreintantes via les escaliers. Fran, par exemple. Barbe fleurie, survêtement bleu et voix de stentor, vit au quatrième, bloc deux, avec Inma et leurs trois têtes blondes. Fran a fait mille boulots : livreur, boulanger, maçon-coffreur, puis vendeur de contrats d’assurance. Aujourd’hui sans revenu, il survit grâce à la générosité de sa mère et de ses beaux-parents.

 

«Je suis un chômeur très occupé», sourit-il. Jamais une plainte, toute l’attention nerveuse est portée sur une économie de guerre. Chaque jour, il porte à bout de bras cent quatre vingt litres d’eau de la fontaine (lessive, douche, cuisine), s’occupe des bambins, cherche un job, passe à Caritas pour des plateaux repas.

 

A la tombée du jour, il branche le générateur (pas plus de deux heures, «c’est cinq euros par jour, tout est calculé») : ses bambins se jettent alors sur la télé et l’ordinateur. Dans la Corrala, on compte huit générateurs, que plusieurs familles se partagent. Les autres, la majorité, se contentent de radios à pile, de lampes frontales. La télé et You Tube, on s’en passe ; les palabres sur le palier suffisent. Partout, des bombonnes de gaz permettent de cuisiner et de chauffer l’eau pour des douches au seau.

 

« Je m’éclaire à la bougie »

 

Comme la plupart des voisines obsédées par la propreté, Mercedes passe ses journées à briquer, cuisiner, laver, passer la serpillière : «Le plus dur, c’était cet été, il faisait souvent plus de quarante degrés centigrades, sans ventilateur ; il fallait des bassines de glaçons pour que les aliments ne pourrissent pas en un rien de temps.» De quoi faire sourire Tatiana, mariée, deux enfants (au premier étage, bloc deux). Elle est employée à Indra, une société qui gère les plaintes des usagers sur leur consommation électrique. «Et moi, le soir, j’ai pas de frigo et je m’éclaire à la bougie ! Comique, non ?»

 

Depuis leur installation, les trente six familles de la Corrala Utopia partagent un même credo : plus encore que squatteuses par nécessité, elles se définissent comme militantes. Il ne s’agit pas de profiter de logements neufs et de s’en frotter les mains, mais d’organiser un espace de lutte collective pour revendiquer le droit à un logement décent pour tous. L’arrière-cour a été reconvertie en théâtre et en aire de jeux, le garage de voitures en local pour les assemblées, celle des enfants le samedi, le dimanche pour les adultes. Suivant le modus vivendi des Indignés, chaque porte-parole offre un compte rendu hebdomadaire de sa commission, sur «la bonne coexistence avec le voisinage» (Toñi), le «nettoyage et la maintenance» (Fran) ou sur la «participation et la sécurité» (Mario).

 

Encouragée par les médias, la Corrala donne du fil à retordre aux autorités, qui craignent qu’un succès crée un précédent pour des milliers d’autres expulsables et expulsés. D’où leur intransigeance, l’absence de dialogue, les coupures d’eau et de courant. Une guerre des nerfs qui n’abat pas les vecinos (voisins) de la Corrala. Leur objectif : régulariser leur situation, payer les factures d’eau et d’électricité et honorer un loyer mensuel équivalent à la moitié de leurs revenus. Les actions coup-de-poing constituent leurs seules sorties en ville. Ce matin, des groupes se sont répartis les tâches, l’un au bureau d’urbanisme, un autre à Emasesa (l’organisme d’eau), un autre encore à la compagnie électrique, Endesa. Tout traîne. Mais comme dit Ana Lopez : «Peu importe, on ne lâche pas le morceau !»

 

Comme dans un moulin

 

En octobre, les vecinos ont appris qu’Ibercaja, une caisse d’épargne, avait racheté leur bâtiment. Enfin un interlocuteur possible ! Depuis, pour forcer la négociation, ils ont trépigné devant les quatre succursales sévillanes, se sont enchaînés dans les bureaux…

 

En vain, pour l’instant. Elena, 33 ans, une coiffeuse au chômage qui survit en faisant la baby-sitter, coordonne ces actions : «Je vois bien qu’on fait peur. On a un discours politique, on est soutenu par les Indignés. Si on réussit, les banques devront cesser les saisies, négocier avec les occupants, ici et ailleurs. Il y a beaucoup en jeu.» La puissance de l’adversaire fiche la trouille. «On est forts, je sais, dit Toñi. Mais, chaque soir, je pense qu’ils peuvent débarquer à tout moment et nous foutre dehors.» Alors, dans l’attente du meilleur ou du pire, on se serre les coudes. Vu de l’extérieur, c’est un petit fortin surveillé nuit et jour par Pepe, un chômeur sympathisant qui, quoique porté sur la boisson, est un excellent guetteur.

 

A l’intérieur, c’est une vraie corrala à l’ancienne, comme celle qu’a connue la sexagénaire Ana dans sa jeunesse, dans le légendaire quartier de Triana, devenue aujourd’hui un spot bobo. «Moi, au réveil, la première chose que je fais est d’ouvrir ma porte d’entrée», dit Mercedes, divorcée. On entre chez elle comme dans un moulin.

 

Avec trois fois rien, elle improvise des repas miraculeux : y défilent Mario l’informaticien («mon fils putatif», rit-elle), Cyril, un Erasmus français tombé sous le charme de cette communauté («un vrai village de fous !», résume-t-il) ou Francisco, rapatrié ici après avoir été délogé par la police de la Corrala Alegria (Joie), créée sur le modèle de celle-ci également à Séville, mais plus petite, moins médiatique. Et donc plus fragile.

 

Les petites rivalités ne manquent pas, mais l’entraide l’emporte. Surtout entre les femmes, qui dominent tant par le nombre que par la voix. «Normal, dit Elena, la plupart sont des femmes séparées, qui étaient battues par leurs maris. Ici, elles ont repris confiance.» La Corrala, un néo matriarcat, est aussi une expérience cathartique.

 

Chez Toñi, la « gitane » divorcée, un sifflet pend dans l’entrée pour donner l’alerte au cas où une voisine serait violentée. «C’est arrivé une fois, raconte Toñi, rigolarde. Son mec a passé un sale quart d’heure, et n’a plus jamais remis les pieds par ici.» Au sous-sol, dans le local pour les assemblées, on peut lire à côté de l’estrade : «Le machisme et le capitalisme sont les deux mamelles du même joug.» A la Corrala, ce quasi gynécée, les quelques hommes filent doux.

 

La dignité, elle, resplendit. Il n’y a qu’à voir Manoli, 65 ans, au deuxième étage du bloc trois, un deux pièces joliment décoré avec des meubles offerts ou récupérés. Elle vit là avec un de ses fils, sans emploi. De la prestance, un élégant foulard à carreaux, des yeux lumineux, une voix rauque de tant fumer et un rire qui emporte tout sur son passage : l’énergie positive de Manoli fait l’unanimité dans la Corrala. Il ne faut pas compter sur elle pour faire la liste de ses malheurs passés. D’autres nous renseignent : un mari violent, des policiers sans pitié pour la vider de chez elle, un logement social qui lui passe sous le nez par malchance, une dette bancaire de cent dix huit mille euros, quatre enfants portés à bout de bras. A la voir dans son salon, on dirait une oisive aristocrate andalouse. Et pourtant, elle «tient» en faisant des ménages ici et là. Pourtant, en ce début d’après-midi, venant d’apprendre qu’au Pays basque, une femme s’est suicidée lorsque les huissiers frappaient à sa porte, elle accuse le coup. «Parfois j’y pense. Un jour passe, un autre, et puis je me relève. Quelqu’un m’a dit qu’avec tant de poids sur les épaules, je suis sacrément droite. Dans la Corrala, j’ai perdu mes complexes, ma timidité, on me respecte, on se respecte tous.» On lui demande pourquoi ce mot «utopie». Manoli dit : «Parce que les rêves, nous ne les avons pas atteints. Pas encore.»

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 20:39

 

La lutte pour le contrôle de Damas se poursuit

 

BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne a continué à pilonner dimanche les faubourgs de Damas tenus par les rebelles pour les empêcher de se rapprocher de la capitale, rapporte l'opposition, faisant au mois dix morts et des dizaines de blessés.

 

Après une semaine d'avancée des rebelles vers le centre-ville de Damas - ils se sont notamment emparés de deux bases militaires près de la capitale -, l'armée a envoyé des renforts.

 

Les tirs de l'armée syrienne dimanche ont fait au moins dix morts dans la localité de Deir al Asafir, située à douze kilomètres à l'est de Damas. Dans une vidéo diffusée par l'opposition, on aperçoit cinq corps, dont celui d'un jeune garçon. Les autres corps sont enveloppés dans des draps blancs maculés de sang.

 

Une autre vidéo montre de la fumée qui s'élève à l'horizon et des bâtiments en proie aux flammes.

 

Les informations diffusées par l'opposition sont difficiles à vérifier en raison des restrictions à la liberté de la presse mises en place par le gouvernement syrien.

 

La télévision publique a pour sa part annoncé dimanche que l'armée était "en train d'éliminer les terroristes d'Al Qaïda" dans plusieurs banlieues autour de Damas et notamment dans la place forte des rebelles à Daraya, située dans la banlieue sud de Damas.

 

Pour l'instant, la contre-offensive contre les rebelles lancée par le gouvernement pour isoler le centre de Damas des banlieues semble freiner l'avancée de ces derniers. Mais les affrontements se poursuivent autour de la capitale, malgré le pilonnage des forces syriennes.

 

Pour la quatrième journée, les combats ont fait rage autour de l'aéroport international de Damas qui est en pratique fermé depuis jeudi.

 

"L'Armée syrienne libre est en train d'attaquer les renforts qui tentent d'entrer dans l'aéroport pour aider les forces du régime. Il y a des affrontements tout le long de la route de l'aéroport", commente Abou Nidal, un porte-parole des rebelles joint par Skype.

 

La compagnie aérienne Egypt Air a néanmoins annoncé dimanche la reprise de ses vols vers Damas et Alep à partir de lundi après trois jours de suspension.

 

L'IRAK PROTESTE

 

Les rebelles expliquent qu'ils veulent contrôler l'aéroport parce que, affirment-ils, l'armée l'utilise pour se faire livrer des armes. Selon des informations fournies par les services de renseignement occidentaux, l'Iran, principal soutien de Bachar al Assad, utilise des avions civils pour livrer de l'équipement et du personnel militaire à la Syrie via l'Irak.

 

Selon un article du New York Times, les livraisons d'armes à la Syrie se poursuivent en raison des contrôles insuffisants de l'Irak. Selon cet article, deux inspections seulement ont eu lieu depuis que l'Irak a accédé à une demande en ce sens des Etats-Unis en septembre. En outre, l'Iran pourrait avoir été averti avant les inspections.

 

Selon le premier ministre irakien Nouri al Maliki, les Etats-Unis n'ont pas présenté de demande en ce sens.

 

"Il n'est pas possible d'inspecter tous les avions à destination de la Syrie et il n'y a pas eu de demande des Etats-Unis d'inspection de tous les appareils parce qu'ils savent que ce n'est pas possible", a déclaré Nouri al Maliki dimanche lors d'une conférence de presse.

 

"Nous avons dit aux syriens, aux iraniens, aux Etats-Unis et aux Nations unies et au monde qu'en tant que gouvernement irakien, nous nous sommes engagés à empêcher l'armement (...) Nous empêchons le passage des armes parce que notre constitution prévoit que l'Irak n'est pas une voie de passage pour des actions de ce genre."

 

Dans le centre de la Syrie, à Homs, un attentat à la voiture piégée a fait au moins quinze morts et vingt quatre blessés dimanche, a annoncé l'agence officielle de presse Sana.

 

L'explosion a endommagé plusieurs immeubles d'habitations.

 

Les attentats à la voiture piégée en Syrie sont en forte augmentation. Selon l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH), quatre attentats de ce genre se sont produits samedi.

 

Ce jour-là, plus de deux cent personnes ont été tuées dont quarante trois dans la région de Damas, selon cette ONG proche de l'opposition basée à Londres.

 

Au total, le soulèvement contre le président Bachar al Assad qui a commencé en mars 2011, devenu de plus en plus violent au fil des mois, a fait plus de quarante mille morts, selon l'OSDH.

 

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 20:26

 

La cour suprême égyptienne cède à la pression islamiste

 

LE CAIRE (Reuters) - Sous la pression des partisans islamistes du président Mohamed Morsi, la Cour suprême constitutionnelle d'Egypte a annoncé dimanche la suspension sine die de ses travaux, nouvel épisode dans la crise politique que traverse l'Egypte.

 

Plusieurs centaines d'islamistes ont manifesté dimanche devant le bâtiment de la Cour, plus haute juridiction du pays, avant la séance qu'elle devait tenir pour examiner la légalité de deux institutions dominées par les islamistes, le Conseil de la choura, la chambre haute du Parlement, et l'Assemblée constituante qui a adopté la nouvelle constitution égyptienne qui doit être soumise à référendum.

 

Cette manifestation illustre la suspicion de nombreux islamistes à l'égard de la Cour suprême qu'ils considèrent comme un vestige de l'ère Moubarak. C'est cette même cour suprême qui en juin avait invalidé un tiers des quatre cent quatre vingt dix huit sièges de l'Assemblée du peuple, la chambre basse du Parlement dominée par les Frères musulmans dont est issu le président Morsi, et conduit à sa dissolution.

 

"Les juges annoncent la suspension des séances de la cour jusqu'à ce qu'ils puissent continuer à rendre leurs décisions sans pression psychologique et matérielle", indique un communiqué. "La cour manifeste son profond regret et sa douleur eu égard aux méthodes d'assassinat psychologique de ses juges".

 

Déjà samedi, une grande manifestation avait rassemblé au moins deux cent mille partisans de Mohamed Morsi au Caire. Les manifestants avaient appelé le chef de l'Etat à "purger le système judiciaire" accusé d'être contrôlé par des magistrats nommés sous le régime d'Hosni Moubarak.

 

La nouvelle crise politique en Egypte illustrée par les manifestations quotidiennes de partisans ou d'opposants à Mohamed Morsi est née d'un décret pris le 22 novembre par le chef de l'Etat élargissant temporairement ses prérogatives présidentielles.

 

LA BOURSE EN HAUSSE

 

Au total, les récentes violences ont fait trois mois et plusieurs centaines de blessés.

 

Après la grande manifestation islamiste de samedi au Caire dans le quartier de l'université, les anti-Morsi ont décidé d'organiser un nouveau sit-in place Tahrir, lieu emblématique du soulèvement qui avait mené l'an dernier au renversement de Hosni Moubarak.

 

Mohamed Morsi et les Frères musulmans espèrent mettre fin à la crise en faisant adopter la nouvelle constitution par un référendum, fixé au 15 décembre. En annonçant cette date samedi, le président Morsi a demandé à tous les Égyptiens d'aller voter.

 

"Les Frères musulmans sont déterminés à aller de l'avant avec leurs propres plans, sans tenir compte de quiconque. Il n'y a pas de compromis à l'horizon", estime Hassan Nafaa, professeur de Sciences politiques à l'université du Caire.

 

Selon son pronostic, la constitution sera approuvée par les égyptiens à une très courte majorité et il sera donc très difficile de gouverner un pays à partir d'une loi fondamentale qui ne fait pas consensus.

 

Mohamed Morsi estime pour sa part que l'approbation de la nouvelle constitution par le peuple fera taire les critiques et rendra sans objet les recours sur la légalité de la constituante - notamment la façon dont ses membres ont été choisis - ainsi que la controverse sur le vote ultra-rapide du texte entre jeudi et vendredi.

 

Cela rendra aussi sans objet le décret controversé du 22 novembre qui sera de fait annulé. Ce texte a suscité la défiance dans les chancelleries occidentales et la colère d'une partie du monde judiciaire égyptien qui y a vu une atteinte au pouvoir judiciaire.

 

Le décret prévoit en effet que les décisions prises par le président dans son cadre ne pourront être contestées.

 

Malgré la crise politique opposant les islamistes égyptiens au reste de la société, les investisseurs considèrent eux les décisions controversées du nouveau président comme un gage de stabilité.

 

L'indice de la Bourse du Caire gagnait près de deux pour cent dimanche après avoir perdu dix pour cent après le décret du 22 novembre.

 

"Les événements de ce week-end, de l'approbation de la version définitive de la constitution à la convocation d'un référendum, ont donné aux investisseurs le sentiment d'un retour à la stabilité politique", explique Mohamed Radouane, de la société de Bourse Pharos Securities.

 

Sur Twitter, l'opposant Mohamed al Baradeï, qui fut candidat à la présidentielle, estime que le projet de constitution "mine les libertés fondamentales". "La lutte continuera", promet-il.

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 17:44

 

http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2012/11/08/003-education-superieure-sommet.shtml

 

Un sommet sur l’enseignement supérieur en février prochain

 

Jeudi 8 Novembre 2012

 

La première ministre québécoise Pauline Marois a annoncé jeudi que le sommet sur l'enseignement supérieur se déroulera en février 2013.

 

Accompagnée de son ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, et du député de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, la première ministre a expliqué qu'il s'agit d'un exercice sur l'avenir de l'éducation.

 

« Le sommet n'est pas une finalité », a dit le ministre Duchesne, présentant cette rencontre comme un « nouvel engagement, cinquante ans après le rapport Parent ».

 

Différentes étapes mèneront au sommet, a-t-il précisé, dont quatre rencontres sur les thèmes de la qualité, de l'accessibilité, de la gouvernance et du financement de l'éducation.

 

Le ministre Duchesne a expliqué que le tout servirait à établir des constats pour arriver au sommet en ayant précisé des choses. La première rencontre aura lieu les 29 et 30 novembre.

 

L'Institut du Nouveau Monde tiendra notamment des assemblées citoyennes avec des jeunes en février.

 

Le député Léo Bureau-Blouin a expliqué qu'il s'occuperait de l'aspect numérique de la consultation, notamment des réseaux sociaux. Il fera le « pont entre les jeunes et le gouvernement », a-t-il dit.

 

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FÉUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont accueilli favorablement la tenue du sommet : « Tous les éléments sont réunis pour avoir un débat ouvert, constructif et fructueux », s'est exclamée la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, sur les réseaux sociaux.

 

Pour sa part, le secrétaire aux communications de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), Ludovic Moquin-Beaudry a eu ce commentaire : « On va se faire un plaisir de montrer au gouvernement, celui-ci comme le précédent, que la gratuité scolaire c'est un choix réalisable et que les raisons pour lesquelles ça n'a pas été mis en pratique ne sont pas d'ordre économique mais politique. »

 

« La clé, si on ne veut pas tourner en rond, c'est de s'entendre sur le niveau de sous-financement des universités. Je ne peux pas croire qu'on ait une première ministre et un ministre de l'Enseignement supérieur qui doutent du sous-financement des universités. Ça me jette par terre », a déclaré le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

 

De son côté, le Parti libéral doute de l'issue de ce sommet.

 

« Le ministre a budgeté un gel, Pauline Marois parle d'une indexation. Ce qui est important de savoir c'est que c'est le contribuable qui va finir par payer. Que ce soit une indexation ou un gel, ce sera insuffisant », a déclaré le porte-parole libéral en matière d'enseignement supérieur, Gerry Sklavounos.

 

Le sommet se tiendra un an après une crise sociale majeure qui a paralysé le monde de l'éducation plusieurs mois, tant au niveau collégial qu'universitaire. La crise est née d'un mouvement d'opposition à la hausse des droits de scolarité annoncée par le ministre des Finances de l'époque, Raymond Bachand.

 

Pauline Marois, alors dans l'opposition, avait promis d'intervenir notamment en tenant un sommet sur l'enseignement supérieur.

 

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 17:05

 

Satisfaction mesurée après la déception initiale à Florange

 

STRASBOURG (Reuters) - Les syndicats d'Arcelor Mittal affichaient samedi une satisfaction mesurée au lendemain du compromis intervenu sur l'emploi et les investissements à Florange, après avoir affiché dans un premier temps leur déception de ne pas voir le site mosellan nationalisé.

 

Le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a annoncé vendredi que le géant de l'acier investirait cent quatre vingt millions d'euros sur cinq ans et qu'il renonçait à un plan social. Arcelor Mittal a confirmé ces données dans un communiqué samedi.

 

Les hauts-fourneaux ne seront en revanche pas rallumés mais maintenus en l'état dans l'attente d'une décision de la Commission européenne sur le projet Ulcos qui en ferait un site pilote pour le captage et l'enfouissement du CO2.

 

"Nous avons le sentiment d'avoir été une nouvelle fois trahis", avait dit le responsable CFDT de l'intersyndicale, Edouard Martin, dès l'annonce du premier ministre.

 

Sa réaction faisait référence aux promesses de campagne de François Hollande, après celles faites par Nicolas Sarkozy en 2008 concernant le site voisin de Gandrange.

 

"Si on reprend les objectifs qu'on s'était fixés au début de ce combat, on les a tous atteints", a au contraire déclaré Walter Broccoli, secrétaire de FO, syndicat minoritaire à Florange, en prenant pour acquis le lancement d'Ulcos qui pérenniserait le site pour "quinze à vingt ans".

 

Les syndicats, à l'exception de la CFE-CGC, se disent déçus que l'hypothèse d'une reprise du site par un industriel soit abandonnée, mais tous jugent positivement l'accord passé entre le gouvernement et Arcelor Mittal, sous réserve qu'il soit assorti de garanties.

 

"Le combat des 'Florange' n'est pas vain", a déclaré samedi la Fédération générale des mines et de la métallurgie CFDT en se félicitant des annonces sur les investissements et sur l'emploi, "si elles se vérifient".

 

"Mittal recule", a dit à Reuters Philippe Verbeke, coordinateur de la CGT pour la division Atlantique et Lorraine d'Arcelor Mittal.

 

La CFE-CGC, qui avait évalué dernièrement à cent quatre vingt onze millions d'euros les investissements nécessaires pour pérenniser la filière froide, estime que "les fondamentaux ont été respectés".

 

"Même si on aurait préféré que Mittal nous annonce le redémarrage à court ou moyen terme de la filière liquide", précise François Pagano, responsable du syndicat à Florange.

 

Les syndicats demandent la mise en place d'une commission tripartite - entreprise, gouvernement, syndicats - pour préciser l'accord annoncé par Jean-Marc Ayrault et en assurer le suivi.

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 16:53

 

http://www.businessnews.com.tn/Ettakatol-hausse-le-ton-et-demande-la-d%C3%A9mission-du-gouverneur-de-Siliana,520,34841,3

 

Ettakatol hausse le ton et demande la démission du gouverneur de Siliana

 

Ettakatol s’est exprimé par rapport aux évènements de Siliana, dans un communiqué publié en date du 29 Novembre 2012, intitulé « L'utilisation des balles en plomb contre les manifestants est intolérable!», dont ci-après le détail :

«Suite aux derniers évènements survenus à Siliana, nous, membres de la Fédération France Nord d’Ettakatol, tenons tout d’abord à exprimer notre soutien à nos concitoyens à Siliana et notre solidarité avec leurs revendications sociales légitimes. Nous exprimons notre soutien et notre solidarité avec nos camarades de la fédération de Siliana qui par leurs actions et leurs interventions auprès de tous les partenaires ont essayé de contribuer à l’instauration des bases d’un dialogue social apaisé. Nous exprimons notre inquiétude face à cette escalade des violences de toutes parts et exprimons notre soutien aux blessés.

Face à cette situation grave, nous exigeons fermement :

L’ouverture d’une enquête indépendante sur la répression et l’utilisation de balles en plomb par les forces de l’ordre. Il est inadmissible de voir encore une gestion désastreuse de la question sécuritaire qui a provoqué un nombre de blessés importants suite à des revendications sociales légitimes. Nous demandons aussi que des réformes structurelles soient entreprises au niveau du ministère afin de réduire l’opacité de son fonctionnement et de mieux anticiper les mouvements de foule. Un débat national sur ces réformes est le meilleur outil pour réconcilier le citoyen avec les forces de l’ordre.

La reprise du dialogue social par les organisateurs des mouvements de revendication et la canalisation de la population afin d’éviter toutes les formes de violences. Il est de la responsabilité de tous les acteurs de fonder les bases d’un débat apaisé pour notre démocratie naissante. La déstabilisation de la région met en péril la transition démocratique et ouvre une brèche aux forces contre-révolutionnaires. L’état comme toutes les forces organisées doivent assumer leurs responsabilités en cette période instable.

La démission du gouverneur de Siliana, ce dernier n’ayant pas su adopter une démarche tempérée que requiert ce moment de transition et n’a pas été capable de gérer les demandes de la population. Nous considérons que sa mauvaise gestion des revendications légitimes de la population a contribué à l’envenimement de la situation, ce qui a conduit à des dégâts humains et matériels. En tant que gouverneur il est le premier responsable et se doit de démissionner ou d’être révoqué.

Conscients que les problèmes sociaux ne peuvent être résolus d’un coup de baguette magique, nous exigeons du gouvernement qu’il prenne la mesure des revendications et qu’il apporte une feuille de route claire à l’ensemble des régions déshéritées en ce qui concerne les projets de développement en cours et prévus».

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1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 16:42

 

http://www.npaherault.blogspot.fr/2012/11/la-gauche-europeenne-de-combat.html

 

La gauche européenne anticapitaliste en meeting à Madrid !

 

Etat espagnol : pour "continuer le combat" de la grève générale et en soutien à Aurore Martin

 

La gauche radicale européenne prend le relais après la grève générale du 14 novembre (Público)

 

Des représentants de Syriza (Grèce), du Bloc de gauche (Portugal) et de la Gauche Anticapitaliste (l'organisation soeur espagnole du NPA) se retrouvent à Madrid dans un meeting international pour appeler à "continuer le combat" (Público est le second grand quotidien espagnol)

 

Pour poursuivre l'impulsion donnée au mouvement social espagnol par la grève générale du 14 novembre, Izquierda Anticapitalista (Gauche Anticapitaliste) organisait Vendredi 23 Novembre un meeting international qui réunissait, à ses côtés, les représentants du NPA (avec la présence  d'Olivier Besancenot), des grecs de SYRIZA, des portugais du Bloc de Gauche et un des dirigeants du Syndicat Andalou des Travailleurs (qui a mené des réquisitions de nourriture dans des supermarchés). A la conférence de presse d'avant meeting, le porte-parole d'Izquierda Anticapitalista a dénoncé la Troika qui prenait en otage les peuples du sud de l'Europe et a appelé l'ensemble des peuples européens à s'unir pour dénoncer la dette illégitime et l'austérité généralisée qui prétend leur faire payer la crise.

 

Une insistance particulière a porté sur le scandale des cinq cent familles espagnoles qui chaque jour sont jetées à la rue alors que plus de quatre millions de logements restent vides.

 

Olivier Besancenot, quant à lui, a déclaré être venu  "pour apprendre des mobilisations en Espagne, en Grèce et au Portugal". Pour lui, si la mobilisation en Espagne est le débouché de mois de mobilisations pour l'Education et la Santé, ciblant le Parlement et combattant les expulsions de logement, en France le 14 novembre est le début d'une nouvelle mobilisation. "La gauche libérale française mène une politique de droite à un moment où la droite institutionnelle est en train d'exploser. Ce qui rend nécessaire la création d'une gauche unitaire d'opposition à la gauche institutionnelle du Parti Socialiste."

 

Pour ces partis à la gauche des PS, SYRIZA est, en Grèce, l'exemple même de ce qu'il est possible de faire dans toute l'Europe. La députée de ce parti, María Bolari, a rappelé les grandes mobilisations de ces derniers mois dans son pays : depuis septembre, deux grèves générales de vingt quatre heures, une de quarante huit heures et une grande manifestation en octobre lors de la venue d'Angela Merkel. Selon elle, ce n'est pas une plus grande radicalité des syndicats grecs par rapport à leurs homologues européens qui les a poussés à mobiliser mais bien l'effet combiné de la gravité de l'attaque subie par le peuple et de la pression que celui-ci exerce en réponse à cette attaque. Pour démontrer les mensonges des partisans de l'austérité, elle a indiqué que, depuis 2009, les salaires et les retraites ont été diminués de quarante pour cent, le chômage a atteint les vingt cinq pour cent et les conventions collectives ont été éliminées ! Sans l'amélioration pronostiquée par les austéritaires du côté de la dette ni des déficits !

 

 Les trois dirigeants ont saisi l'occasion pour demander la libération d'Aurore Martin, la militante de Batasuna arrêtée en France le premier novembre et extradée immédiatement en Espagne par les autorités françaises. Miguel Urbán (pour Izquierda Anticapitalista) a déclaré que "dans un processus de paix comme celui qui s'est ouvert dans l'Etat espagnol et en France pour la résolution du conflit basque, il est important d'avancer vers la normalisation politique. L'arrestation d'Aurore Martin ne va pas dans ce sens"

 

Besancenot est allé plus loin en affirmant que le Gouvernement français a brisé un accord tacite et, pour la première fois dans ce pays, on a arrêté une militante pour sa seule activité politique afin de la livrer à un autre pays". Il a imputé directement cette arrestation au Parti Socialiste français : "Cela a eu lieu sous un Gouvernement dit de gauche. Ce que la droite fasciste ne fait pas en France, celle qui se prétend la gauche le fait" 

 

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 17:00

 

Le projet de nouvelle constitution adopté en Egypte

 

LE CAIRE (Reuters) - L'assemblée constituante égyptienne dominée par les islamistes a adopté vendredi matin un projet de nouvelle constitution qui sera probablement ratifié samedi par le président Mohamed Morsi, avant d'être soumis dans les quinze jours à référendum.

 

Le chef de l'Etat espère que le mouvement de contestation auquel il fait face depuis une semaine s'éteindra de lui-même une fois promulgué le nouveau texte fondamental, préalable indispensable à de nouvelles élections l'an prochain.

 

L'opposition laïque dénonce une dérive autoritariste du président issu des Frères musulmans depuis qu'il a publié un décret lui octroyant des pouvoirs exceptionnels jusqu'à l'élection d'un nouveau parlement.

 

De nouvelles manifestations ont été organisées vendredi au Caire, à Alexandrie et dans plusieurs autres villes dans le delta du Nil et le long du canal de Suez.

 

"Le peuple veut abattre le régime", scandaient les manifestants rassemblés place Tahrir au Caire, lieu emblématique de la révolution de l'an dernier.

 

A la mosquée où Mohamed Morsi est venu assister à la prière, des opposants ont commencé à crier des slogans hostiles au chef de l'Etat, qui a été aussitôt entouré par ses partisans et acclamé.

 

Dans une allocution télévisée jeudi soir, le président a déclaré que son décret, qui protège ses décisions de tout recours en justice, ne s'appliquerait que pour une période "exceptionnelle". "Cela se terminera dès que le peuple aura voté sur une constitution (...). Il n'y a pas de place pour la dictature", a-t-il ajouté.

 

L'assemblée constituante, dont la domination islamiste est contestée par le camp laïque, a fini de voter vendredi aux premières heures sur le projet de texte fondamental qui reflète selon les islamistes les nouvelles libertés conquises depuis le renversement d'Hosni Moubarak en février 2011.

 

Le texte, qui compte deux cent trente quatre articles, maintient les "principes de la charia", la loi islamique, comme source principale de la législation, ce qui était déjà le cas sous Moubarak mais ce que refuse le camp laïque.

 

UNE CONSTITUTION "RÉVOLUTIONNAIRE"

 

"Nous avons achevé notre travail sur la constitution de l'Egypte. Nous appellerons aujourd'hui le président à une heure raisonnable pour l'informer que l'assemblée a terminé son travail et que le projet de constitution est achevé", a déclaré Hossam el Gheriani, le président de la constituante, au terme d'une séance qui aura duré dix-neuf heures.

 

Un référendum doit intervenir dans les quinze jours après la ratification du texte fondamental par le chef de l'Etat.

 

"C'est une constitution révolutionnaire", a assuré Gheriani, qui a exhorté les membres de la constituante à sillonner le pays pour "expliquer à la nation cette constitution".

 

L'hymne national a ensuite été joué pour clore cette séance retransmise à la télévision.

 

Hossam el Gheriani a précisé que l'assemblée se chargerait administrativement de préparer le référendum que Morsi devrait convoquer après avoir ratifié le document.

 

Les adversaires du chef de l'Etat critiquent cette précipitation dans l'adoption d'une constitution qu'ils jugent prise en otage par les Frères musulmans et leurs alliés.

 

Les opposants au chef de l'Etat campent à nouveau place Tahrir, lieu emblématique de la "révolution du Nil" au coeur du Caire et ont appelé à "poursuivre les défilés pacifiques et les manifestations dans toutes les rues et les places d'Egypte", alors que le camp islamiste prévoit de manifester samedi en soutien du président. Les responsables des Frères musulmans ont toutefois renoncé à appeler à manifester place Tahrir afin d'éviter tout affrontement.

 

"DE BONS ARTICLES, D'AUTRES CATASTROPHIQUES"

 

Dans son allocution, Mohamed Morsi a salué le rôle de l'opposition - "Je suis très heureux que l'Egypte ait une vraie opposition politique", a-t-il dit - tout en l'exhortant à ne pas diviser l'Egypte ou à recourir à la violence.

 

Onze journaux égyptiens comptent ne pas paraître mardi pour protester contre le décret Morsi.

 

Trois chaînes privées de télévision par satellite n'émettront pas mercredi en signe de protestation elles aussi, a déclaré le journal Al Masri al Youm.

 

La confrérie, qui a remporté tous les scrutins depuis la chute d'Hosni Moubarak, fait le pari qu'elle pourra mobiliser suffisamment d'électeurs pour remporter le référendum et que les querelles sur le texte ou sur la composition de la constituante, qui a entamé ses travaux il y a six mois, seront vite oubliées.

 

La nouvelle constitution égyptienne introduit de nouvelles références à l'islam dans le système de gouvernement. Elle stipule en outre que le chef de l'Etat ne peut effectuer plus de deux mandats de quatre ans chacun. Hosni Moubarak est resté au pouvoir près de trente ans.

 

Le texte prévoit également une supervision par les civils de l'institution militaire, mais encore trop timide pour les détracteurs du projet.

 

Pour déclarer la guerre, le chef de l'Etat devra, en plus d'obtenir l'aval du parlement, demander l'avis du Conseil national de défense. Du temps de Moubarak, lui-même ancien chef de l'armée de l'air, le président avait seulement à obtenir le feu vert du Parlement pour déclencher des hostilités.

 

Les militants d'opposition ont dénoncé certains articles limitant selon eux la liberté d'expression.

 

"Il y a de bons articles, favorables aux libertés, mais il y en a d'autres qui sont catastrophiques, comme celui concernant les injures, qui pourrait être utilisé contre les journalistes critiquant le président ou d'autres représentants de l'Etat", a dit le militant des droits de l'homme Gamal Eïd.

 

"Nous voulions que les Egyptiens aient plus de libertés et que le président ait moins de pouvoirs... A cet égard, nous ne pouvons qu'être insatisfaits", a dit Edward Ghaleb, représentant de l'Eglise copte au sein de l'assemblée constituante.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:48

 

Le chef du Hamas optimiste sur une réconciliation avec Abbas

 

DOHA (Reuters) - La reconnaissance implicite d'un Etat palestinien obtenue à l'Onu par Mahmoud Abbas et le récent conflit dans la bande de Gaza entre le Hamas et Israël s'inscrivent dans une seule et même stratégie de renforcement de la position palestinienne, juge Khaled Méchaal dans une interview à Reuters.

 

Pour le chef du Hamas, la trêve qui a mis fin au conflit dans la bande de Gaza a été conclue selon les termes fixés par le mouvement islamiste, qui a profité de cette séquence pour sortir de son isolement diplomatique.

 

Cela crée un nouveau contexte favorable à une réconciliation avec le Fatah de Mahmoud Abbas, qui contrôle pour sa part la Cisjordanie, pense Khaled Méchaal.

 

Il en veut pour preuve le contraste entre la déception perceptible en Israël et les scènes de liesse dans la bande de Gaza et en Cisjordanie à l'annonce de cette trêve.

 

"Pour la première fois, un cessez-le-feu a été conclu aux conditions posées par le Hamas et cela en présence des américains", déclare Khaled Méchaal.

 

Le chef du Hamas a vigoureusement soutenu l'initiative de Mahmoud Abbas aux Nations unies, où le président de l'Autorité palestinienne a obtenu jeudi un statut d'Etat observateur.

 

Au-delà du succès diplomatique, cette reconnaissance implicite d'un Etat palestinien favorise "l'unification des efforts nationaux palestiniens" dans le cadre du processus de réconciliation avec le Fatah, souligne Khaled Méchaal.

 

"J'ai dit à Abou Mazen (Mahmoud Abbas) que nous voulions que cette initiative s'intègre dans le cadre d'une stratégie nationale palestinienne (comprenant) la résistance (armée) qui a excellé à Gaza et fourni un exemple de la capacité du peuple palestinien à résister et à tenir tête fermement à l'occupant", dit Khaled Méchaal.

 

"La défaite de l'ennemi à Gaza" et l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans, proches du Hamas, en Egypte créent un nouvel environnement qui devrait permettre aux Palestiniens de former un gouvernement d'unité, dit-il.

 

"Je suis optimiste", admet Khaled Méchaal, interrogé dans un hôtel de Doha où il s'est installé depuis son départ de Syrie en janvier.

 

VISITES

 

"Quand nous serons réconciliés, unis, que nous aurons mis fin aux divisions et disposerons d'une seule marja'iya (direction) politique et d'un seul système politique, alors nous serons plus forts et meilleurs, nous pourrons accomplir de plus grandes choses et notre riposte à l'agression israélienne sous toutes ses formes sera meilleure", prédit le chef du Hamas.

 

Vainqueur des élections législatives en 2006, le Hamas a ensuite expulsé de force l'Autorité palestinienne, contrôlée par le Fatah, de la bande de Gaza en juin 2007, entraînant une partition institutionnelle de fait avec la Cisjordanie.

 

Khaled Méchaal, qui a survécu en 1997 à une tentative d'assassinat du Mossad alors que l'actuel Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, était déjà à la tête du gouvernement, se sent renforcé par les conséquences du "printemps arabe", qui ont favorisé l'émergence politique des islamistes dans la région.

 

Soumise à un blocus israélien en raison de sa prise de contrôle par le Hamas, la bande de Gaza est en train de sortir de son isolement. Elle a récemment reçu la visite de dirigeants du Qatar, de Turquie, d'Egypte et de la Ligue arabe.

 

"Il y a une nouvelle présence arabe, il y a une forme différente de soutien. Gaza n'a pas paru isolée dans cette guerre (de la mi-décembre)", contrairement au précédent conflit de l'hiver 2008-2009 contre Israël, dit Khaled Méchaal.

 

A 56 ans, ce dernier assure n'avoir pas l'intention de rester à la tête du Mouvement de la résistance islamique, dont la charte de 1988 prône officiellement la destruction d'Israël.

 

Le Hamas a suspendu depuis plusieurs mois le scrutin interne censé désigner son successeur.

 

L'attitude ambivalente du Hamas à l'égard de l'Autorité palestinienne, qu'il a parfois qualifiée de supplétif d'Israël, illustre son ambiguïté quant à la forme d'un éventuel Etat palestinien.

 

Sous la direction de Khaled Méchaal, il a tenté de conserver un équilibre fragile entre son refus de renoncer à la "Palestine" d'avant 1948 et son acceptation du principe d'un Etat selon les frontières de 1967, comprenant les territoires occupés par Israël à la faveur de la guerre des Six-Jours (Cisjordanie, Jérusalem-Est et bande de Gaza).

 

POSITION COMMUNE

 

"Quant à l'Etat palestinien, nous pensons qu'il (devrait être créé) sur l'ensemble de notre terre palestinienne", dit Khaled Méchaal.

 

Dans le souci de parvenir à une position commune entre Palestiniens et avec les pays arabes, le Hamas accepterait un Etat selon les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale et le maintien de la revendication d'un droit au retour des réfugiés.

 

"Nous l'avons accepté mais pas au point de devoir reconnaître Israël ou de renoncer aux droits des Palestiniens", insiste Khaled Méchaal.

 

A ses yeux, toute négociation avec Israël nécessite au préalable un renforcement de la position palestinienne sur le terrain.

 

"Tout Palestinien désireux de créer un Etat palestinien, même le long des frontières de 1967, doit savoir que la route qui y mène passe par la lutte (armée) et par l'exercice de toutes formes de pressions arabes et palestiniennes sur l'ennemi israélien", dit-il.

 

"Négocier sans disposer d'atouts sur le terrain, cela n'a aucun sens", poursuit-il. "Cela tournerait à la mendicité. Cet ennemi ne lâche rien, hormis sous la pression."

 

Khaled Méchaal réitère par ailleurs son soutien aux insurgés tentant de renverser le régime Assad en Syrie, qui lui a pourtant longtemps offert l'asile.

 

"Nous ne nous mêlons pas des affaires des autres mais nous ne pouvons pas soutenir un régime ou un dirigeant engagé dans une bataille sanglante contre son propre peuple", dit-il, en parsemant son discours de versets du Coran ou de vers de poèmes arabes.

 

Khaled Méchaal souligne sur ce point sa divergence de vues avec l'Iran, qui est pourtant l'un des principaux fournisseurs d'armes et d'argent du Hamas. "Il ne fait aucun doute que la crise syrienne a affecté notre relation avec l'Iran", dit-il.

 

Après des années d'exil, Khaled Méchaal prévoit de se rendre dans la bande de Gaza la semaine prochaine à l'occasion du vingt cinquième anniversaire de la création du Hamas. "Je vais retourner dans mon pays. C'est mon rêve."

 

Il dit ne pas craindre une tentative d'assassinat par Israël : "Dieu est mon principal protecteur."

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 16:21

 

L’ONU donne le statut d’Etat non membre aux palestiniens

 

NATIONS UNIES (Reuters) - L'Assemblée générale de l'ONU a reconnu jeudi implicitement l'existence d'un Etat palestinien souverain en lui accordant à une large majorité le statut d'Etat non membre observateur, malgré les menaces de représailles financières brandies par les Etats-Unis et Israël contre l'Autorité palestinienne.

Le projet de résolution accordant le statut d'"Etat non membre" à une Autorité palestinienne jusqu'ici mentionnée en tant qu'"entité" a été adopté par cent trente huit voix pour, neuf contre et quarante et une abstentions.

 

Son président, Mahmoud Abbas, qui s'était lui-même chargé de rallier les suffrages des cent quatre vingt treize Etats membres, avait avant le vote exhorté les délégués à donner à l'Etat palestinien "un certificat de naissance."

 

"Il y a exactement soixante cinq ans, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté la résolution 181, qui séparait la terre de la Palestine historique en deux Etats et qui est devenue le certificat de naissance d'Israël", a déclaré Mahmoud Abbas devant les délégués.

 

"L'Assemblée générale est sollicitée aujourd'hui pour accorder un certificat de naissance de la réalité de l'Etat de la Palestine", a-t-il ajouté.

 

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Ron Prosor, avait pris ensuite la parole pour réitérer l'hostilité de son pays à l'octroi de ce statut aux Palestiniens.

 

"Cela ne fait pas progresser la paix. Cela la fait reculer", a-t-il dit. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, se trouve à New York mais ne s'est pas déplacé au siège des Nations unies.

 

A Jérusalem, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié le discours de Mahmoud Abbas d'"hostile et venimeux".

 

"Ce ne sont pas les paroles d'un homme qui veut la paix", a-t-il ajouté.

 

Pour le Premier ministre israélien, ce vote "ne changera rien à la situation sur le terrain".

 

Aucun Etat palestinien ne verra le jour sans un accord garantissant la sécurité des citoyens israéliens", a-t-il dit dans un communiqué.

 

APPEL AMÉRICAIN À LA REPRISE DES POURPARLERS

 

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a jugé la résolution "fâcheuse et contreproductive" et a estimé qu'elle ajoutait d'autres obstacles sur la voie de la paix.

 

La représentante américaine aux Nations Unies, Susan Rice, a appelé les deux parties a reprendre des négociations de paix directes, "sans préalables, sur tous les sujets qui les divisent."

 

Auparavant, Washington avait dépêché William Burns et David Hale, secrétaire d'Etat adjoint et émissaire pour le Proche-Orient, à New York pour tenter une dernière fois de convaincre le président de l'Autorité palestinienne de renoncer à son projet.

 

L'initiative palestinienne, a par ailleurs rappelé Victoria Nuland, porte-parole du département d'État, pourrait entraîner une réduction de la contribution américaine au budget de l'Autorité.

 

"Ce n'est pas la meilleure façon de convaincre Obama d'adopter une approche plus positive du processus de paix. Trois semaines après son élection, c'est presque une gifle en pleine figure", résume un diplomate occidental.

 

Le gouvernement israélien agite lui aussi la menace de représailles financières, par le biais des taxes et autres droits de douane collectés au nom de l'Autorité autonome.

 

L'équipe de Benjamin Netanyahu semble toutefois soucieuse d'éviter l'isolement diplomatique. Au fil des ralliements à l'initiative de Mahmoud Abbas, notamment en Europe, les menaces se sont faites plus discrètes.

 

"La décision des Nations unies ne changera rien sur le terrain. Elle ne favorisera pas la création d'un Etat palestinien. Elle la reportera encore", a estimé le Premier ministre israélien.

 

Anane Achraoui, membre éminente de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a quant à elle dénoncé un "chantage à l'argent".

 

"Si Israël veut déstabiliser toute la région, libre à lui. Nous solliciterons l'appui du monde arabe si Israël riposte par des mesures financières, et l'Union européenne a fait savoir qu'elle ne reviendrait pas sur son soutien en notre faveur", a-t-elle déclaré.

 

TOURNANT HISTORIQUE

 

Dans son projet de résolution, l'Autorité palestinienne s'engage à relancer le processus de paix gelé depuis deux ans immédiatement après l'adoption du texte.

 

Comme elle l'avait annoncé, la France a voté en faveur de la reconnaissance du statut d'Etat non membre.

 

"Ce vote est conforme à mon engagement de soutenir la reconnaissance internationale de l'Etat palestinien. Mais il ne pourra se traduire dans les faits que dans le cadre d'un règlement de paix juste et global", a déclaré le président François Hollande dans un communiqué, ajoutant que le dialogue direct est la seule voie pour trouver une issue définitive au conflit et que Paris était prêt à y contribuer.

 

Outre la France, l'Italie et l'Espagne, Autriche, Danemark, Finlande, Grèce, Irlande, Islande, Luxembourg, Malte, Norvège, Portugal, Suède et Suisse ont apporté leur soutien au projet de Mahmoud Abbas, qui avait sollicité en vain l'an dernier le statut d'Etat membre à part entière.

 

Cette mobilisation européenne, qui reste partielle, pourrait dissuader l'Etat hébreu d'infliger de dures représailles à l'administration de Mahmoud Abbas. Il pourrait en revanche se montrer sans pitié si elle le poursuit pour crime de guerre et crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale, que seuls les Etats reconnus par l'ONU peuvent saisir.

 

"Je ne crois pas que nous allons nous précipiter dès le lendemain (du vote) pour intégrer tout ce qui est lié aux Nations unies, y compris la CPI", a déclaré mercredi Riad Mansour, observateur palestinien à l'ONU.

 

Le gouvernement israélien pourrait en outre hésiter à s'en prendre à Mahmoud Abbas après l'élan de solidarité que son offensive dans la bande de Gaza a suscité en faveur du Hamas.

 

Le mouvement islamiste, qui a chassé l'Autorité palestinienne de la bande de Gaza en juin 2007, a lui aussi apporté un soutien inattendu à la révision de son statut à l'ONU.

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