Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:46

 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un long message de Philippe Corcuff relatif à la crise du NPA.

 

Le message est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-corcuff/040213/pourquoi-je-quitte-le-npa-pour-la-federation-anarchiste

 

http://www.fondation-besnard.org/article.php3?id_article=1784

 

Depuis le lycée, j’ai connu un itinéraire militant tâtonnant : Mouvement de la Jeunesse Socialiste (en septembre 1976, en seconde), Parti Socialiste (1977-1994), Mouvement Des Citoyens (1993-1994), Verts (1994-1997). Mais j’ai commencé ma première grève dès 1973, en cinquième, contre la réforme des sursis militaires de Michel Debré. Avec un groupe de militants Verts hostiles à la participation au gouvernement Jospin, je quitte le parti écologiste pour créer le réseau SELS (Sensibilité Ecologiste Libertaire et radicalement Social-démocrate), qui publie le 13 décembre 1997 un Manifeste : « Pourquoi nous nous liguons ? »

 

Un accord expérimental interviendra entre le groupe SELS et la LCR début 1998, qui conduira à l’adhésion de ses principaux animateurs en 1999 (dont les trois autres membres du quatuor initial, Claire Le Strat, Lilian Mathieu et Willy Pelletier).

 

En fait, j’ai connu deux grandes « familles » politiques : le CERES (d’abord courant de gauche du PS, dont la figure centrale pour moi fut un intellectuel dirigeant marxiste nommé Didier Motchane, et non pas Jean-Pierre Chevènement, transformé en courant du PS Socialisme et République, puis en parti MDC) pendant dix neuf ans et la galaxie LCR-NPA pendant quinze ans. Ces deux belles aventures militantes débouchèrent sous deux formes différentes d’impasse : impasse nationaliste-étatiste-institutionnaliste pour le CERES-MDC. Quant au NPA, on va y venir.

 

De quoi être mélancolique au bout de plus de trente six ans de militantisme partisan, associé à des engagements syndicaux, associatifs et extra-associatifs (dans des collectifs divers) !

 

Pourtant, dans un air du temps qui porte, de l’extrême droite à la gauche de gauche, aux aigreurs du ressentiment et au nostalgisme (le « c’était mieux avant ! ») sur fond d’adaptation à la logique de l’immédiateté, il apparaît important de s’efforcer de rebondir, sans perdre les bouts de lucidité générés par l’expérience mélancolique des échecs passés, dans une mélancolie joyeuse aiguisant la goût de la curiosité. Cela fait neuf mois que ma réflexion s’est engagée, que j’ai longuement discuté avec les uns et les autres au sein du NPA, que j’ai amorcé des relations amicales et expérimentales avec le Groupe Gard Vaucluse de la Fédération Anarchiste. Au lendemain du deuxième congrès du NPA, ma décision est prise : je quitte cette organisation pour la Fédération Anarchiste.

 

De la LCR au NPA : une belle aventure transformée en impasse

 

La Ligue Communiste Révolutionnaire des années 1990 avait deux atouts importants dans sa besace, ancrés dans son histoire post-soixante-huitarde. Elle avait une insertion parmi des animateurs nationaux et locaux de structures syndicales et de mouvements sociaux, atout symbolisé à l’époque par quelqu’un comme Christophe Aguiton (avec d’autres figures syndicales comme Hélène Adam, Catherine Lebrun, Pierre Khalfa, Léon Crémieux), qui a permis à des militants de la LCR de jouer un rôle significatif dans le renouveau de la contestation sociale et l’émergence de nouveaux réseaux (ATTAC, mouvements de chômeurs, syndicats SUD, collectifs de sans-papiers et de sans-logis).

 

Elle avait une activité intellectuelle soutenue, dans une époque de désintellectualisation à gauche, autour d’un marxisme ouvert en dialogue avec d’autres courants critiques et radicaux, symbolisée par Daniel Bensaïd et son travail théorique multiforme aux divers bourgeons hérétiques, mais aussi d’autres intellectuels-militants comme Michael Löwy, Samy Johsua, Enzo Traverso, Antoine Artous, Philippe Pignarre, Janette Habel, Catherine Samary, Josette Trat, Michel Husson, François Coustal, Pierre Rousset, Jacques Fortin, Alain Maillard et Charles Michaloux.

 

Et ces deux atouts étaient inscrits dans une dynamique de dépassement de la « culture léniniste trotskyste ouverte » qui était celle de la LCR vers un nouveau type d’organisation politique, pluraliste et porteuse d’une diversité de radicalités sociales et intellectuelles. Sans cette configuration, quelqu’un comme moi, plutôt formé à un critique du « léninisme » autour de la figure de Rosa Luxemburg, n’aurait pas rejoint un cadre culturel si éloigné du sien. J’ai fait le pari de la pratique en mouvement contre l’inertie identitaire. Ces deux atouts ont été ensuite renforcés par l’émergence d’Olivier Besancenot sur la scène publique et ses capacités à déplacer les langues de bois militants au profit d’un langage politique ouvert sur la vie. Dans un autre style et à partir d’une autre expérience sociale, Philippe Poutou a continué dans la voie d’une rénovation du langage politique. Et pourtant, le pari fait en décembre 1997, dont j’avais pu croire, avec la création du Nouveau Parti Anticapitaliste en février 2009, qu’il était pleinement justifié, a finalement échoué.

 

Presque dix mille membres à sa fondation, aujourd’hui entre deux mille et deux mille cinq cent membres : ces chiffres, pourtant significatifs, disent pourtant encore mal l’effondrement rapide de la promesse NPA. Le NPA n’a pas su trouver les voies d’un nouveau type d’organisation, inventant des pratiques militantes renouvelées davantage ajustées à la perspective d’auto-émancipation des opprimés. La quête d’une forme politique rénovée, avec une main dans les institutions existantes (la participation aux élections) et deux pieds et une autre main dans une mise à distance de la politique institutionnelle traditionnelle, n’a pu se concrétiser. Le NPA n’a pas su résister à la culture avant-gardiste de son axe initiateur, la LCR, dont le jeune Trotsky avait saisi lucidement les effets « substitutistes » (substitution du parti aux masses et des dirigeants aux militants) contre Lénine. La culture avant-gardiste de la LCR s’est alors divisée en deux pôles attracteurs principaux : un pôle politicien faisant de l’intervention dans la politique professionnelle le point d’application principal (la majorité des animateurs de ce pôle a rejoint le Front De Gauche) et un pôle révolutionnariste affirmant le primat traditionnel du parti révolutionnaire (qui constitue une forte minorité du NPA, presque quarante et un pour cent à l’issue de ce congrès, dans des formes dogmatiques archéo-bolchéviques que ne connaissait pas la LCR des années 1990). La majorité du NPA (cinquante et un pour cent lors de ce deuxième congrès) n’a pas réussi à inventer une autre position, permettant de penser et de pratiquer autrement le rapport entre organisation et auto-émancipation. Elle a plutôt exprimé, en fonction des moments, des hésitations et un bricolage entre les deux pôles. Olivier Besancenot est des rares à avoir en tête l’invention d’une configuration à la fois libertaire et marxiste d’un autre type, nourrie des défis posés par la pensée de Jacques Rancière, mais il est bien seul dans ce cas. La grande majorité des animateurs nationaux et locaux de l’ex-LCR et du NPA (dont ceux qui ont rallié le Front De Gauche) ont abandonné en pratique, comme nombre d’organisations politiques existantes, le chemin de l’auto-émancipation des opprimés, en passant subrepticement du verbe pronominal s’émanciper (selon l’adage de la première internationale ouvrière en 1864 écrit par Marx et soutenu par Bakounine : « l’émancipation de la classe ouvrière doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ») au verbe transitif émanciper (comme on a émancipé les esclaves).

 

La petite plateforme W (à laquelle j’ai participée), qui a courageusement défendu les chemins de la refondation auto-émancipatrice, n’a recueilli que huit pour cent des voix lors de ce deuxième congrès. Dès le départ du NPA, les militants, de la base au sommet, ont nourri un fort déficit d’expérimentation de nouvelles pratiques politiques, et se sont rapidement calés sur les routines du vieux langage politique et de la vieille prétention avant-gardiste (sous ses deux faces : politicienne et révolutionnariste). « Le mort saisit le vif », écrivait Marx dans la préface à la première édition du premier livre du Capital, en 1867, c’est-à-dire qu’ici le passé mort a tendu à écraser les possibilités créatrices du présent.

 

Mais alors qu’un « Nouveau » Parti Anticapitaliste n’arrivait pas à naître réellement, les atouts antérieurs de la LCR ont peu à peu disparu : les capacités animatrices dans l’univers syndical et dans les mouvements sociaux se sont amenuisées de manière drastique, la « période Aguiton » est maintenant loin derrière nous, et le travail théorique comme les liens noués avec les milieux intellectuels critiques se sont effilochés, après sa mort la « période Bensaïd » s’est écroulée. Bref ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas seulement les possibilités gâchées du NPA et la déception bien au-delà du NPA, c’est aussi la régression par rapport à la LCR elle-même, à laquelle ont principalement contribué les membres du NPA eux-mêmes (et peu leurs concurrents et adversaires). Quinze ans de militantisme soutenu au sein d’une « culture léniniste-trotskyste ouverte » qui n’était pas la mienne et qui n’est toujours pas la mienne pour en arriver en-deçà de mon point de départ, alors que les plus mauvais côtés de la « culture léniniste-trotskyste » semblent avoir pris le dessus sur les meilleurs. Il est bien temps de partir. Même si je garde beaucoup d’attaches et de souvenirs avec les camarades que je quitte. Je pense, par exemple, au sens aigu de l’intérêt général du mouvement ouvrier que j’ai pu observer chez un des principaux piliers méconnus de la LCR et de la quatrième internationale, François Sabado.

 

Maurice Merleau-Ponty m’a appris que la politique se nourrit au mieux de paris raisonnés dotés de repères partiels en situation d’incertitude historique. Les paris raisonnés sur l’avenir du NPA que continuent à faire mes amis Olivier Besancenot et Philippe Poutou comme mes camarades de la plateforme W ne sont plus les miens. Mais il n’est pas impossible qu’ils aient, cette fois, raison et que, une fois de plus, j’ai tort. Ainsi vont les mystères d’une histoire dont personne ne peut prétendre posséder les clés.

 

Je continuerai à donner des coups de main, quand ils me solliciteront, à Philippe Poutou et à Olivier Besancenot, mais hors du NPA. Je continuerai aussi à échanger avec les camarades du NPA qui sont inscrits sur la liste internet du réseau de réflexions et de pratiques autogestionnaires et libertaires dans le NPA, qui est ouverte aux non-membres du NPA. Et je garderai un lien avec la quatrième internationale, via mon abonnement à son excellente revue Inprecor. Mais ma cotisation, mes abonnements à la presse du NPA et mon inscription sur ses listes internet seront résiliés à partir d’aujourd’hui, ce qui prendra effet au plus tard début mars 2013. Dès 1981, le dirigeant communiste italien Enrico Berlinguer déclarait que « la force propulsive de la Révolution d’Octobre » était « épuisée ». Je reprendrai facilement la formule aujourd’hui en incluant le « lénino-trotskysme » de la LCR. Et je fais l’hypothèse que ce n’est pas autour d’un tel axe, ni même autour d’un axe « marxiste » plus large, que pourrait être reconstituée une galaxie anticapitaliste et émancipatrice demain, même si des militants issus de ces traditions pourraient utilement apporter leurs pierres à l’édifice.

 

Philippe Corcuff

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 17:09

 

http://www.demosphere.eu/node/34677

 

Samedi 9 Février 2013 à 16 heures

 

Café « Le Nouveau Cosmos » Salle du Premier Etage, 5 Rue Lassus 75 020 Paris métro Jourdain

 

Rencontre et débat avec Rodolfo Ruiz Ligero du mouvement des indignés de Barcelone

 

Rencontre et débat avec Rodolfo Ruiz Ligero, l'un des animateurs de l'Université populaire du « mouvement des indignés » de Barcelone dans le cadre du « Club Socialisme Maintenant ». En effet à l' occasion du tournage d'un film sur la mémoire historique avec de vieux militants libertaires espagnols exilés à Paris, Rodolfo Ruiz Ligero a accepté de dialoguer avec nous.

 

Rodolfo Ruiz Ligero est militant du « mouvement des indignés ».Venu du marxisme, il est syndicaliste libertaire et est lié à la Junta de la Union de Actores de Madrid. Voilà donc l'occasion de nous permettre d'avoir son point de vue sur le degré atteint par la crise politique du régime établi à la mort de Franco autour de la figure du roi, chef des armées garantes de l'unicité et intégrité de la "nation espagnole".

 

Nous aurons son point de vue sur le rôle du "mouvement des indignés" dans cette crise et ses relations avec le monde "politique traditionnel" qui a maintenu jusqu'ici le jeu des institutions de ce régime post franquiste, appliquant aujourd'hui de manières disciplinée les diktats destructeurs de la troïka, commission européenne, Banque Centrale, FMI. A quel stade en est la crise économique et sociale ?

 

Où en est le mouvement des indignés après le Mouvement "Ocupa el congreso" de septembre 2012 et la grande grève générale du 14 novembre 2012 ? Comment fonctionnent en Catalogne les assemblées populaires de quartiers et de villes du mouvement des indignés ? Quelles relations avec celles de tout l'état espagnol ? Quelles relations avec tout le mouvement social contre les expulsions des appartements des milliers de surendettés, avec celui des "Mareas" (Marées) blanches et vertes de défense de la santé, de l'école ? Quelles relations avec les mouvements anticapitalistes?

 

Comment s'intègrent à cela les recompositions syndicales? Dans un phénomène aussi neuf et fondateur que celui des indignés, y a-t-il des éléments d'une expérience historique ? Comment se pense t il comme mouvement ? Comment pense t il et  fait il "la révolution espagnole" ? Y a-t-il débat sur des formes qui permettraient la pérennisation et la centralisation des expériences ? Comment aborde-t-il la question de l'appareil d'état répressif ? Sent-il le besoin d'élaboration de réponses politiques et sociales au niveau de tout l'Etat espagnol?

 

Dans ce cadre, quel sens donner à la question catalane, à la question basque ? Quel est le sens du résultat électoral important des listes CUP ? Et maintenant ?

 

Comment se vit là bas la solidarité au niveau européen, la situation en Grèce, au Portugal, en France?

 

Voilà quelques unes des questions et bien d'autres que nous pourrons débattre ce samedi 9 février à 16 heures au café « Le Nouveau Cosmos », métro Jourdain. Cela sera aussi l'occasion de manifester notre solidarité militante avec les frais engagés par Rodolfo pour ce voyage à Paris.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:47

 

http://www.liberation.fr/monde/2013/02/03/un-parfum-de-crise-politique-enveloppe-l-espagne_879042

 

Un parfum de crise politique enveloppe l’Espagne

 

Dimanche 3 Février 2013

 

Rattrapé par un scandale, le premier ministre, Mariano Rajoy, est sur la sellette

 

Par François Musseau, correspondant de Libération à Madrid

 

Le plus grave scandale de corruption de ces deux dernières décennies pousse Mariano Rajoy dans ses derniers retranchements. Samedi, à l’issue d’une réunion extraordinaire du Parti Populaire (le PP, au pouvoir), le chef du gouvernement a eu beau nier en bloc les graves accusations qui pèsent contre lui et sa formation, la multiplication de documents accablants et l’indignation de tout un pays le mettent dans une situation critique.

 

Alors que les télévisions privées ont diffusé des émissions spéciales sur la corruption au sein du PP et des autres formations, des manifestations de colère ont éclaté spontanément à Barcelone, Saragosse et Madrid, devant le siège du Parti populaire, rue Genova. Les journaux consacrent des dizaines de pages à cette crise de confiance sans précédent, et nombre d’éditoriaux vont jusqu’à évoquer une possible chute de l’exécutif, suivie de la mise en place d’un « gouvernement technique » à la Monti.

 

Jusque-là prudent, le chef de l’opposition socialiste, Perez Rubalcaba, a estimé que le « déni total » du leader espagnol « accroît la détérioration de la morale publique » et « l’oblige à démissionner ».

 

Départ. «Tout est faux. Non, je n’ai jamais reçu ni distribué d’argent noir […]. Non, je ne suis pas entré en politique pour m’enrichir, ce serait même plutôt le contraire […]. Nous poursuivrons en justice ceux qui nous calomnient et veulent nous détruire », avait martelé dans un exercice de sincérité autoproclamée, samedi, Rajoy, qui a promis de publier cette semaine sa déclaration fiscale et l’état de son patrimoine.

 

Cela n’a pas suffi à calmer les esprits. Un sondage paru dimanche dans le quotidien El Pais (centre gauche) indique que quatre vingt pour cent des espagnols souhaitent le départ des dirigeants du PP sur la sellette ; cinquante quatre pour cent sont favorables à la tenue de nouvelles élections (Rajoy a été élu en décembre 2011).

 

C’est d’ailleurs El Pais qui est à l’origine de l’affaire. Jeudi, le journal publie des « documents secrets » attestant qu’entre 1990 et 2008, tous les dirigeants du Parti Populaire, dont l’ancien chef de l’exécutif José Maria Aznar, ont reçu des « enveloppes d’argent » non déclarées au fisc, au minimum sept millions cinq cent mille euros.

 

Souvent cité dans ces documents, Mariano Rajoy aurait ainsi perçu quelque vingt cinq mille euros annuels entre 1997 et 2008.

 

Cet « argent noir » aurait été distribué par l’ancien trésorier du PP, Luis Barcenas (en fonction pendant dix-huit ans) que le juge d’instruction Pablo Ruz vient d’épingler en localisant vingt deux millions d’euros détenus sur un compte suisse en 2007. Depuis, selon les dires de Barcenas, la moitié de cette fortune suspecte aurait été « blanchie » via l’amnistie fiscale décrétée l’an dernier par le gouvernement Rajoy.

 

Ces révélations s’inscrivent dans le cadre d’une affaire de corruption bien plus large, le « scandale Gurtel » qui, depuis 2009, a vu la condamnation de plusieurs dirigeants conservateurs.

 

Depuis vendredi, les éléments se déchaînent contre Mariano Rajoy et la formation qu’il préside, en pleine déliquescence malgré sa majorité absolue au Parlement. Outre l’inédite « union sacrée » de la presse nationale sur cette question, plusieurs experts ont certifié l’authenticité des documents publiés par El Pais. Ecœurés, des élus municipaux du PP ont démissionné ; des dirigeants ont reconnu publiquement avoir reçu ces enveloppes d’argent ; plus grave encore, la police a confirmé l’implication de la ministre de la Santé, Ana Mato, accusée d’avoir dépensé de manière frauduleuse, entre 2000 et 2004, quelque soixante mille euros en voyages, hôtels et objets de luxe, dont quatre mille six cent euros en décoration pour l’anniversaire de sa fille.

 

Samedi, le compte rendu d’un audit interne du PP, concluant à « l’absence d’irrégularités pendant dix huit ans », a provoqué la risée générale. La pression sur Mariano Rajoy ne cesse donc d’augmenter. D’autant que, malgré l’avis de certains barons, il n’ose pas attaquer en justice l’ancien trésorier Luis Barcenas, très craint au sein de sa formation. « Le problème de Rajoy est qu’il a lié son destin à un monsieur qui a une fortune en Suisse d’origine mystérieuse », analyse le socialiste Perez Rubalcaba. « Si le chef du gouvernement a la conscience tranquille, il est invraisemblable qu’il s’oppose à une commission d’enquête ». Faits aggravants : un contexte économique désastreux, une spirale récessionniste, des coupes budgétaires draconiennes et un chômage qui touche six millions de personnes.

 

Ennuis. « La corruption a toujours existé en Espagne », confie un commerçant au bord de la faillite. « Mais, avec ce qui nous tombe dessus, c’est bien plus révoltant ».

 

D’autant que les scandales s’accumulent : les malversations du gendre du roi, Iñaki Urdangarin, les mises en examen de leaders socialistes en Andalousie et les ennuis des nationalistes catalans de CIU.

 

Pour beaucoup, Rajoy doit agir avec fermeté s’il veut éviter le pire. « On sait que la corruption s’est généralisée avec le boom de l’immobilier et grâce à des lois perverses », estime la journaliste Soledad Gallego-Diaz dans El Pais. « Rajoy a pour obligation d’admettre haut et fort notre mal endémique et de le corriger sans tarder, à la hache s’il le faut ». Un avis partagé par l’analyste Luis A. Zarzalejos : « On vit dans un système de corruption banalisée, une perversion que la société a jusqu’ici acceptée avec résignation. Mais, aujourd’hui, la paix civile est en péril si l’impunité triomphe, si Rajoy ne prend pas de mesures punitives. A la colère, s’ajoutera le ressentiment.»

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 16:09

 

Al Nahda refuse tout gouvernement d’experts en Tunisie

 

TUNIS (Reuters) - Le parti islamiste al Nahda, qui dirige la coalition au pouvoir en Tunisie, a refusé jeudi la dissolution du gouvernement proposée par le premier ministre, Hamadi Jebali, pourtant issu de ses rangs.

 

Ce dernier, secrétaire général d'al Nahda, a voulu répondre par cette initiative à l'indignation suscitée par l'assassinat de l'opposant laïque Chokri Belaïd.

 

La mort de Chokri Belaïd, abattu mercredi devant son domicile, a déclenché des manifestations parfois violentes à travers le pays contre les islamistes parvenus au pouvoir par les urnes après le renversement en janvier 2011 de Zine ben Ali, élément déclencheur du "printemps arabe".

 

La police a encore eu recours jeudi à des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants, qui scandaient des slogans réclamant la démission du premier ministre, aux abords du ministère de l'intérieur à Tunis et de jeunes lanceurs de pierres à Gafsa, dans le Sud.

 

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT), principal syndicat du pays, a appelé à une grève générale vendredi et la famille de Chokri Belaïd a déclaré que ses funérailles pourraient avoir lieu ce même jour.

 

Al Nahda, qui dément fermement toute implication dans l'assassinat de son adversaire politique, gouverne avec deux formations laïques au sein d'une coalition menacée d'éclatement depuis de longues semaines.

 

Son vice-président, Abdelhamid Jelassi, a déclaré jeudi qu'il fallait poursuivre les négociations sur un remaniement gouvernemental plutôt que de former un cabinet de techniciens, comme l'a annoncé Hamadi Jebali.

 

Ce dernier a aussi déclaré mercredi soir que élections législatives seraient organisées le plus vite possible et que les membres de son futur gouvernement n'y seraient pas candidats.

 

INDULGENCE

 

"Le Premier ministre n'a pas sollicité l'avis de son parti", a répliqué jeudi Abdelhamid Jelassi.

 

"Nous croyons, nous à al Nahda, que la Tunisie a besoin aujourd'hui d'un gouvernement politique. Nous allons poursuivre les discussions avec les autres partis sur la formation d'un gouvernement de coalition", a-t-il ajouté.

 

Ces désaccords internes à al Nahda, large vainqueur des élections législatives d'octobre 2011, risquent de compliquer les efforts de sortie de crise en Tunisie, où tensions politiques et difficultés économiques s'attisent mutuellement deux ans après le renversement du régime de Zine ben Ali.

 

Depuis des mois, les élus de l'assemblée nationale constituante se sont en outre montrés incapables d'achever la rédaction d'une nouvelle constitution, nécessaire à la tenue de nouvelles élections.

 

Malgré son poids politique modeste, Chokri Belaïd se distinguait par ses critiques acerbes envers al Nahda, qui trouvaient une forte résonance dans les rangs des laïcs soupçonnant les islamistes de vouloir rogner leurs libertés.

 

Le camp laïc accuse en outre al Nahda de laxisme à l'égard des islamistes radicaux, qui se sentiraient ainsi libres de menacer et d'agresser leurs adversaires.

 

Peu avant sa mort, Chokri Belaïd a lui-même déclaré que l'indulgence de la coalition tripartite au pouvoir à l'égard des salafistes favorisait le développement de mouvements hostiles aux idéaux de démocratie et de liberté portés par la révolution de l'hiver 2010-2011.

 

L'OPPOSITION VEUT ÊTRE CONSULTÉE

 

Les principaux partis d'opposition (Nida Tounes, Massar, le Parti républicain et le Front populaire) ont eux aussi rejeté le projet de formation d'un gouvernement d'experts dirigé par Hamadi Jebali. Ils veulent être consultés avant toute décision.

 

"La situation a changé désormais (...) Des consultations avec l'ensemble des partis sont essentielles", a ainsi déclaré la secrétaire générale du parti républicain, Maya Jribi.

 

L'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, chef de file des laïques de Nida Tounes, a abondé dans ce sens : "L'ensemble du gouvernement, y compris le premier ministre, doit démissionner."

 

Le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius, a exprimé à Paris l'espoir que "les tunisiens (allaient) se ressaisir".

 

"La révolution au départ, c'était une lutte pour la dignité et la liberté et maintenant c'est la violence qui s'installe. Je veux condamner d'une façon extraordinairement ferme ce qui s'est passé en Tunisie, un assassinat politique", a-t-il dit à l'antenne de BFMTV.

 

Il a apporté son "soutien et celui de la France à ceux qui veulent faire arrêter la violence et dire qu'on ne peut pas laisser s'installer l'obscurantisme et la violence".

 

Les établissements scolaires français seront fermés vendredi et samedi en Tunisie, dit l'ambassade de France sur son site internet.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 19:38

 

Vive tension en Tunisie après le meurtre d’un opposant

 

TUNIS (Reuters) - L'assassinat d'un dirigeant de l'opposition laïque a provoqué de vives tensions mercredi en Tunisie, où des bureaux du parti islamiste al Nahda, qui dirige la coalition gouvernementale, ont été attaqués et incendiés par des manifestants.

 

A la suite de la mort de Chokri Belaïd, l'opposition a appelé à une grève générale et a suspendu sa participation à l'Assemblée constituante.

 

Belaïd, un avocat de 49 ans, était le secrétaire général du Mouvement des Patriotes Démocrates, membre du Front populaire, une coalition d'opposition qui regroupe une douzaine de formations.

 

Blessé de quatre balles devant chez lui par un homme qui a pris la fuite à moto avec un complice, il a succombé à ses blessures à l'hôpital.

 

"Chokri Belaïd a été assassiné aujourd'hui devant son domicile, de quatre balles tirées dans la tête et dans la poitrine", a précisé Ziad Lakhder, l'un des responsables du Front populaire.

 

Le chef d'al Nahda, Rached Ghannouchi, a affirmé à Reuters que son parti était totalement étranger à cet assassinat.

 

La nouvelle de la mort de Belaïd a provoqué de violentes manifestations à travers le pays. La police est intervenue pour disperser à coups de gaz lacrymogène les manifestants rassemblés devant le ministère de l'Intérieur à Tunis.

 

Des manifestations ont aussi eu lieu à Sidi Bouzid, dans le centre du pays, berceau de la "révolution de jasmin" qui a chassé du pouvoir le président Zine ben Ali en janvier 2011, coup d'envoi du "printemps arabe". La police est également intervenue.

 

"TENTATIVE DE DÉSTABILISATION"

 

Selon des témoins, les bureaux d'al Nahda ont été incendiés à Sousse, Monastir, Mahdia et Sfax.

 

"Le parti al Nahda est totalement innocent de l'assassinat de Belaïd", a martelé le chef du parti islamiste. "Les seuls à qui profite cet assassinat, ce sont les ennemis de la révolution."

 

"La Tunisie connaît aujourd'hui l'impasse politique la plus grave depuis la révolution. Nous devons garder notre calme et ne pas nous laisser entraîner dans une spirale de violence. Plus que jamais, il faut que nous restions unis", a ajouté Rached Ghannouchi.

 

Le président tunisien, Moncef Marzouki, a écourté une visite qu'il effectuait au Parlement européen à Strasbourg et annulé sa participation au sommet de l'Organisation de la Coopération Islamique (OCI) jeudi au Caire.

 

"Il y a une tentative de déstabilisation de mon pays", a dit Marzouki, lui-même fondateur du Congrès Pour la République, une formation de la gauche laïque qui participe au gouvernement.

 

"Cet odieux assassinat n'a pas d'autre objectif que d'opposer la composante laïque à la composante musulmane de la société pour susciter le chaos", a-t-il ajouté.

 

Il s'est refusé à incriminer al Nahda, laissant entendre que le crime pouvait servir ceux qu'il a appelé les salafistes djihadistes ou les partisans de l'ancien régime du président Ben Ali.

 

"UN GRAND DÉFENSEUR DES DROITS DE L'HOMME"

 

Le Premier ministre Hamadi Jebali, membre d'al Nahda, a condamné un "assassinat politique" et un coup porté à la révolution tunisienne. "Le meurtre de Belaïd est un assassinat politique et l'assassinat de la révolution tunisienne. En le tuant, ils ont voulu le faire taire", a-t-il dit.

 

A Paris, François Hollande a condamné l'assassinat "avec la plus grande fermeté".

 

"Chokri Belaïd s'est engagé tout au long de sa vie publique dans les combats pour la liberté, la tolérance et le respect des droits de l'homme avec cette conviction profondément enracinée en lui que le dialogue et la démocratie doivent être au cœur de la nouvelle Tunisie", a déclaré la présidence française.

 

"La France est préoccupée par la montée des violences politiques en Tunisie et appelle au respect des idéaux portés par le peuple tunisien lors de sa révolution", conclut le communiqué.

 

Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, s'est dite "extrêmement attristée par la nouvelle choquante du meurtre de Chokri Belaïd".

 

"Chokri Belaïd était un grand défenseur des droits de l'homme et des valeurs démocratiques, et un farouche adversaire de la violence politique (...)", a-t-elle dit, en condamnant les actes qui "menacent de porter gravement atteinte à la transition démocratique dans la Tunisie post révolutionnaire".

 

C'est la Tunisie qui avait donné durant l'hiver 2010-2011 le signal des soulèvements dans le monde arabe.

 

Al Nahda a remporté quarante deux pour cent des sièges au Parlement lors des élections d'octobre 2011 et a formé un gouvernement de coalition avec deux formations laïques, le Congrès Pour la République de Moncef Marzouki et le parti Ettakatol.

 

Les difficultés économiques ont provoqué ces derniers mois des manifestations parfois violentes et le gouvernement a accusé des militants liés à al Qaïda de stocker des armes dans le pays en vue d'y instaurer par la force un Etat islamiste.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 20:21

 

DIXIEME ANNIVERSAIRE DE L OCCUPATION DE L IRAK

 

Une vingtaine de citoyens français et de responsables d’entreprises françaises comparaissent pendant un mois du Lundi 21 Janvier au Mercredi 20 Février 2013 devant la onzième chambre du tribunal correctionnel de Paris. On les accuse du viol de la résolution 986 du conseil de sécurité de l’ONU dite « pétrole contre nourriture ».

 

Ce procès, c’est Kafka, il mélange totalement toute une série de questions politiques, judiciaires, économiques, morales et médiatiques.

 

De mon point de vue, le plus important, ce sont les questions juridiques, les questions de droit français et de droit international.

 

La question la plus importante de toute stratégie de défense, c’est le choix entre défense politique ou bien défense juridique, ce n’est d’ailleurs pas une alternative, elles ne sont pas contradictoires.

 

Tout commence par la qualification juridique des mises en examen. C’est quoi « trafic d’influence passif commis par un particulier » et « corruption d’agents publics étrangers ». C’est quoi la distinction entre « trafic d’influence passif » et « trafic d’influence actif » ? Ce serait comme le racolage par exemple, il y aurait « racolage actif » et « racolage passif » ? Il y a des informations selon lesquels ces qualifications seraient le résultat d’une modification récente du code pénal français postérieurement à l’établissement et à la réalisation des faits.  

 

Si on comprend bien également, les gentils juges français prennent dix ans plus tard la défense des gentils agents publics de l’Irak du temps de Saddam Hussein lesquels étaient victimes de tentatives de corruption dont les responsables seraient des méchants citoyens français et des méchantes sociétés françaises.

 

La base la plus fondamentale, sinon la seule, de l’accusation, c’est le rapport Volcker et le voyage de Courroye aux Etats Unis.

 

Un autre problème est le suivant. Les rares dépêches de presse font des citations des interrogatoires des personnes mises en examen, Pasqua, De Margerie et les autres. Il y a une impression étrange de procès sans avocat, comme si aucun avocat ne posait la question de la légalité en droit français de l’utilisation massive de pièces et d’actes de l’administration des Etats Unis, de banques et de sociétés suisses, dans une situation dans laquelle par exemple à ma connaissance la justice des Etats Unis n’utilisait jamais les conclusions du rapport Volcker pour des poursuites contre des citoyens ou des sociétés des Etats Unis.

 

Ce procès pose des questions simples. Les avocats d’un ancien ministre de l’intérieur français et de la plus importante compagnie pétrolière française ne les posaient pas pendant huit ans depuis leur mise en examen en 2005. S’ils ne les posaient pas pendant huit ans, on ne comprend pas très bien non plus les raisons pour lesquelles ils les poseraient pendant l’audience du procès.  

 

L’utilisation massive des conclusions du rapport Volcker ne serait elle pas par exemple une cause de nullité de l’ensemble de la procédure par exemple par une demande de QPC ?    

 

L’un des principaux témoins sinon bénéficiaires de cette histoire serait Tarek Aziz, le ministre des affaires étrangères de Saddam Hussein. Quelles sont les raisons pour lesquelles aucun avocat ne demandait jamais la comparution et l’audition de Tarek Aziz ? Serait-ce une raison, sinon la principale raison du maintien en détention de Tarek Aziz par le gouvernement irakien du premier ministre al Maliki ?

 

Enfin, le fameux compte séquestre de l’ONU à New York était un compte de la BNP française, personne n’expliquait jamais les raisons de cette situation. Quelles sont les raisons pour lesquelles aucun avocat ne demandait jamais le témoignage ou l’inculpation de la BNP ?

 

Bernard Fischer

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 19:57

 

De Margerie se demande ce qu’il fait en correctionnelle

 

PARIS (Reuters) - Le PDG de Total, Christophe de Margerie, s'est demandé mardi ce qu'il faisait au procès du volet français du dossier "Pétrole contre nourriture", le mécanisme mis en place pour assouplir l'embargo contre l'Irak de Saddam Hussein.

 

Renvoyé en correctionnelle contre l'avis du parquet pour des faits de complicité d'abus de biens sociaux au préjudice de la société Total, faits qu'il aurait commis en 1999, il encourt cinq ans d'emprisonnement et trois cent soixante quinze mille euros d'amende.

 

"Je me demande bien" ce que je fais ici, a dit Christophe de Margerie pendant son interrogatoire.

 

Mis en place par l'ONU de 1996 à 2003 en Irak pour assouplir l'embargo visant alors l'Irak, le programme "Pétrole contre nourriture" devait permettre à Bagdad de vendre une partie de son pétrole contre l'achat de fournitures humanitaires.

 

Mais il a été détourné par le régime de Saddam Hussein par le biais de mécanismes mis à jour dans un rapport de l'ancien chef de la Réserve fédérale américaine, Paul Volcker, en 2005.

 

Bagdad allouait d'une part des bons de pétrole à des personnalités et compagnies de pays jugés "amis", qui touchaient une commission en contrepartie d'un lobbying pour la levée de l'embargo, et exigeait d'autre part des paiements supplémentaires , ou "surcharges", aux acheteurs.

 

MARGERIE DIT NE PAS AVOIR CONNU LE MOT ALLOCATION

 

Mis en examen en octobre 2006, Christophe de Margerie est soupçonné d'avoir contribué à la mise en place d'un système de commercialisation, par Total, de barils de pétrole alloués par le régime irakien en violation des résolutions de l'ONU.

 

L'actuel PDG du groupe était directeur général de Total Moyen-Orient puis directeur général de l'Exploration et de la production de la société au moment des faits.

 

Selon l'accusation, il aurait facilité la vente par Total de dotations de l'avocat libanais Elias Firzli, proche des dirigeants irakiens, et le versement de commissions et de rétrocessions à des tiers par ce biais.

 

Mais l'actuel PDG de Total, âgé de 61 ans, qui reconnaît avoir mis en contact Elias Firzli avec la direction du trading de Total quand celui-ci lui a dit pouvoir avoir accès à des barils, affirme ne pas avoir eu connaissance, à l'époque, du système des allocations.

 

Elias Firzli, aujourd'hui décédé, "ne m'a jamais dit qu'il avait droit à des allocations", a-t-il dit mardi, ajoutant n'avoir pas su à l'époque ce que ce terme signifiait.

 

Le magistrat instructeur a justifié son renvoi devant un tribunal correctionnel au motif que, selon lui, il "ne pouvait pas ignorer que les interventions d'Elias Firzli (...) étaient nécessairement contraires aux résolutions de l'ONU".

 

"Je le conteste complètement, je suis prêt à le dire encore", a déclaré Christophe De Margerie.

 

LE GROUPE TOTAL EST AUSSI POURSUIVI

 

Si tout le monde savait à l'époque qu'Elias Firzli était un "allocataire" du régime irakien, alors pourquoi la société n'a-t-elle rien fait? s'est-il interrogé.

 

Plusieurs anciens cadres de Total sont poursuivis dans ce procès qui s'intéresse aux ramifications françaises du détournement du programme onusien.

 

Le groupe Total, poursuivi comme personne morale, devra quant à lui répondre, contre l'avis du parquet, des chefs de corruption d'agents publics étrangers et complicité et recel de trafic d'influence.

 

Le pétrolier français est soupçonné d'avoir procédé, par le biais d'intermédiaires, à des paiements de surcharges sur des comptes ouverts à l'étranger par des fonctionnaires irakiens.

 

Ces surcharges, appliquées par Bagdad entre 2000 et 2002, allaient de 0,10 à 0,50 dollar par baril selon les périodes, permettant au régime de Saddam Hussein de détourner deux cent vingt huit millions de dollars (environ cent soixante neuf millions d'euros).

 

L'enquête a montré que Total a acquis trente sept contrats de vente de pétrole irakien sur le marché secondaire durant cette période, parmi lesquels trente ont donné lieu au versement de surcharges. Mais le groupe, qui encourt jusqu'à un million huit cent quatre vingt mille euros d'amende, affirme n'avoir rien su de ces paiements.

 

Le représentant de la société Total doit être interrogé lundi prochain. Le procès est prévu jusqu'au 20 février.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 19:40

 

http://www.bastamag.net/article2922.html

 

Altermondialistes, soutenons la lutte du peuple syrien

 

Et si l’avenir des révolutions arabes se jouait aujourd’hui en Syrie ? Des militants associatifs et alter mondialistes rappellent l’importance de soutenir l’insurrection citoyenne et démocratique en cours contre le régime de Bachar al Assad, y compris en les aidant à se procurer des armes, comme ce fut le cas en Bosnie Herzégovine face aux milices nationalistes serbes. « L’échec du soulèvement populaire en Syrie serait un signal catastrophique pour tous les peuples de la région », dont les palestiniens, écrivent-ils.

 

Les révolutions arabes ont ouvert un siècle qui sera celui des soulèvements populaires contre les régimes dictatoriaux de par le monde.

 

Ces mouvements populaires, qui ont comme cibles l’injustice et les inégalités, l’oppression et le mépris, la corruption et le clanisme, ont des racines profondes qui expliquent leur caractère massif, intergénérationnel (partout la jeunesse y a joué un rôle prédominant), interconfessionnel, la diversité des classes et couches sociales qui y participent, leur durée, leur permanence.

 

Éviter le piège de la guerre civile inter ethnique

 

En Syrie, depuis plus d’un an et demi, malgré la répression ce sont des millions de manifestants pacifiques qui ont exigé des réformes. Sur internet on peut visionner des dizaines de milliers de vidéos des manifestations et de la répression filmées par des milliers d’activistes.

 

Pour expliquer la pérennité du régime, certains affirment qu’il conserve une base populaire et cherchent à minimiser la part de la population qui lui est opposée. Certes, le pouvoir en place a le soutien d’une partie de la communauté alaouite. Ce régime a tout fait pour mettre en danger celle-ci afin de s’assurer de son soutien. Cependant, malgré les massacres, commis par les milices du régime, il y a eu très peu de représailles de la part des révolutionnaires, ceux-ci voulant éviter le piège de la guerre civile inter ethnique et inter religieuse dans lequel le pouvoir cherche à les attirer.

 

Non, la vraie raison pour lequel ce régime criminel résiste est son fonctionnement de clan fermé et le soutien militaire et économique que lui apportent la Russie et l’Iran.

 

L’armée est sous le contrôle des services de sécurité. Toute tentative d’évasion ou toute attitude suspecte signifie une exécution sommaire.

 

Un régime fossoyeur de la lutte des palestiniens

 

Par ailleurs, il est temps d’en finir avec le mythe du régime syrien des Assad, soutien de la lutte du peuple palestinien ! Israël n’a guère eu à se plaindre de ce régime : il a détruit la force militaire des palestiniens au Liban et assuré le calme sur la frontière du Golan depuis 1973. De plus, une large partie des cinq cent mille palestiniens réfugiés dans des camps en Syrie se mobilise désormais aux côtés des révolutionnaires syriens.

 

Comme depuis quarante ans, chaque fois qu’il a été en difficulté, le régime a dénoncé un complot « impérialiste, sioniste, réactionnaire arabe » et expliqué que la guerre en cours était le fruit de l’ingérence étrangère. Mais depuis ses origines ce régime n’a jamais mis en danger les intérêts des puissances occidentales tout en nouant d’excellentes relations avec l’Union soviétique puis avec la Russie de Poutine, et en concluant une alliance avec la République Islamique d’Iran.

 

Le soulèvement du peuple syrien n’a pas été importé, ou alors par les virus tunisien et égyptien ! En réalité le mouvement populaire, pacifique, puis accompagné d’une résistance armée, a plongé les puissances mondiales et régionales, d’abord dans la surprise par la durée et la ténacité de sa lutte, puis dans l’embarras.

 

Pseudo anti impérialisme

 

Il est étonnant de constater que des partis, des mouvements, des personnes se réclamant de l’anti-impérialisme, de la lutte pour les droits sociaux et démocratiques, semblent également de plus en plus embarrassés au point de se réfugier dans le « ni Assad, ni soutien au mouvement contre le régime ». Il est consternant, de constater que des dirigeants d’Etats, des partis, des mouvements, se réclamant de l’anti-impérialisme aient « trié » dans ces luttes populaires pour n’en soutenir que certaines, voire les aient toutes rejetées !

 

Il est révoltant d’entendre certains se réclamant d’un anti impérialisme intransigeant proclamer que ces mouvements ne sont que le résultat de manœuvres pour faire tomber des régimes aussi « anti impérialistes » que ceux de Kadhafi et d’Assad, pourtant alliés des Etats Unis et des Etats européens et exploiteurs de leurs peuples !

 

Il est ahurissant d’entendre certains affirmer, que ces soulèvements populaires ne sont, pour l’essentiel, que l’instrument d’un « complot » organisé quelque part entre Washington et Ryad pour mettre au pouvoir des islamistes pro occidentaux !

 

Ingérence des Occidentaux et des pétro monarchies ?

 

Enfin certains admettent qu’un tel mouvement populaire ne peut se réduire à un complot de l’étranger mais estiment que l’irruption de la résistance armée (et en son sein de groupes armés relevant notamment de l’islamisme radical) plonge la Syrie dans un bain de sang, prend en otage la population civile, exacerbe les différends confessionnels, et rend ainsi impossible une issue pacifique. Dès lors, ils en déduisent que cette résistance armée est due à l’ingérence des occidentaux et des pétro monarchies !

 

D’évidence, les grandes puissances et les puissances régionales n’ont jamais cessé de s’intéresser à la Syrie. Mais, cette fois les « ingérences étrangères » n’ont pas précédé mais suivi le développement des affrontements et notamment le déclenchement par le régime de la guerre intérieure contre son peuple, option délibérément choisie à la fin de l’été 2011.

 

L’échec du soulèvement populaire en Syrie serait un signal catastrophique pour tous les peuples de la région, et notamment pour la lutte du peuple palestinien. Ce le serait aussi pour tous les peuples de par le monde qui sont encore sous le joug de régimes dictatoriaux. Il faut que les mouvements qui se réclament de la solidarité internationale, de l’anti impérialisme, du mouvement alter mondialiste et progressiste, développent soutien et solidarité avec la lutte du peuple syrien, c’est à dire le soutien à toutes les initiatives d’aide à tous les réfugiés, l’envoi de moyens humanitaires, l’appui au mouvement démocratique et populaire dans sa diversité, l’aide aux médias libres et indépendants, le soutien à toutes les initiatives de dialogue inter communautaire et de refus de la guerre ethnique et confessionnelle et le soutien du refus par la résistance syrienne des tutelles étrangères.

 

Vers le recours aux armes chimiques ?

 

Mais refuser toute tutelle étrangère (iranienne, russe, occidentale et du Golfe) ne signifie pas refuser le droit et les moyens de se défendre. Combattre les tutelles extérieures signifie aider les révolutionnaires syriens à pouvoir se défendre en toute indépendance.

 

Depuis quelques semaines le mouvement de résistance au régime a pris un nouvel essor. Il combine manifestations de résistance non violente de masse et avancées des fronts armés. Des bases militaires sont tombées et le mouvement de désertion s’amplifie, les combats ont désormais gagné les faubourgs de Damas, le régime multiplie les raids aériens et ses milices redoublent de violence.

 

On ne doit pas exclure, qu’acculé, le régime de Bachar al Assad utilise des armes chimiques.

 

Alors oui, le soutien à la lutte du peuple syrien c’est aussi accepter les demandes des organisations représentatives du soulèvement populaire de lui fournir des armes qui lui permettent de s’opposer aux bombardements aériens et d’entraver l’invasion des chars.

 

Premiers signataires : Monique Crinon, militante féministe, responsable d’association de solidarité internationale, Bernard Dreano, responsable d’association de solidarité internationale, Gilles Manceron, historien, Farid Frédéric Sarkis, membre fondateur de l’association Sortir du colonialisme, Claude Szatan, militant d’association de solidarité internationale, Emmanuel Terray, anthropologue.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 19:15

 

DERNIER MESSAGE AVANT LE PROCES

J’écris environ une fois par an depuis quatre ans un message d’information relatif à une affaire extrêmement secrète, l’affaire du futur procès pour diffamation de Joseph Illand contre Vincent Geisser et trois ou quatre gestionnaires de sites et de blogs électroniques, dont le rédacteur de ce message.

Le procès en première instance aura lieu normalement au mois d’avril 2013 et ce message est donc normalement le dernier message d’information avant le procès en première instance.

Le fameux message de Vincent Geisser contre Joseph Illand était un message de soutien à Sabrina Trojet suite à son licenciement par le président de l’université Paul Sabatier de Toulouse en février 2009.

Comme je l’écrivais précédemment plusieurs fois, une longue, très difficile et très secrète enquête policière et instruction judiciaire aboutira donc à un procès quatre ans plus tard.

Le dossier d’instruction est très volumineux mais, après la consultation du dossier, on en arrive rapidement  à un petit détail important, c’est l’absence totale pendant quatre ans de toute enquête policière et de toute pièce judiciaire relative à l’origine de l’affaire, le licenciement de Sabrina Trojet en février 2009.

C’est dommage. Toute enquête policière ou instruction judiciaire comprendrait forcément les détails ci dessous et le boycott médiatique presque total relatif à cette affaire serait un très faible obstacle à la révélation de la vérité, les informations ci dessous ne sont vraiment pas très difficilement disponibles.

Si on en croit l’entretien hiérarchique de juillet 2008 et la décision du tribunal administratif de Toulouse de février 2012, tout commence en mars 2008 par un incident entre Sabrina Trojet et un autre agent du CNRS au restaurant du CNRS de Toulouse. C’est un argument constant de toutes les institutions universitaires, professionnelles et judiciaires contre Sabrina Trojet, l’argument selon lequel le port du voile musulman par Sabrina Trojet porterait atteinte à la liberté de conscience de ses collègues, dans une situation dans laquelle on ne trouve pourtant pas dans le dossier de témoignage de ses collègues contre elle.


Il y a ensuite en juillet 2008 un entretien hiérarchique auquel participent au moins cinq personnes, Sabrina Trojet elle-même, le président et le secrétaire général de l’université Paul Sabatier, la déléguée régionale et la responsable régionale des ressources humaines du CNRS de la région Midi Pyrénées.

Cette participation commune des responsables de l’université et des responsables régionaux du CNRS est une illustration caractéristique de la situation universitaire et professionnelle de Sabrina Trojet. Elle est en même temps étudiante de l’université et agent public de l’Etat dans un laboratoire commun de l’université et du CNRS.

Un entretien hiérarchique est normalement un entretien préalable dans le cadre d’une procédure disciplinaire. Il n’y aura jamais ni commission consultative paritaire de l’université ni conseil de discipline interne du CNRS. On passe directement à la décision de licenciement du président de l’université en février 2009.

Sabrina Trojet porte plainte contre son licenciement devant le tribunal administratif de Toulouse. Il y aura d’abord un jugement en référé en avril 2009 et ensuite un jugement au fond en février 2012. Par deux fois, le tribunal administratif de Toulouse confirme la décision du président de l’université.

La double appartenance de Sabrina Trojet à l’université et au CNRS est toujours au centre des délibérations et de la décision. Le tribunal administratif de Toulouse l’écrit encore en février 2012, « le droit de porter un voile, en sa qualité d’étudiante, ne saurait lui être dénié ». La loi de 2004 relative au port du voile musulman ne concerne pas les étudiantes des universités françaises. Mais Sabrina Trojet est en même temps étudiante et agent de l’Etat, sa tenue vestimentaire ne respecterait pas ses obligations d’agent de l’Etat et le président de l’université décide son exclusion de l’université pour cette raison.

Je ne commenterais pas plus longtemps cette situation universitaire, professionnelle et judiciaire. Je constaterais simplement encore une fois l’extraordinaire loi du silence autour de cette affaire. Quant le tribunal administratif de Toulouse rend son jugement en référé en avril 2009, il y a en tout et pour tout une dépêche de l’AFP. Quand le tribunal administratif rend son jugement au fond en février 2012, il n’y a plus aucune dépêche de presse. Quand des sites et des blogs électroniques publient des informations relatives à cette affaire, on fait un procès contre les gestionnaires de ces sites et on les traîne devant les tribunaux. Je ne sais pas si le procès d’avril 2013 sera le dernier procès relatif à cette affaire. Il y a vraiment un problème de liberté d’expression et d’information dans ce pays.

Bernard Fischer
  

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 21:02

 

http://www.socialisme-2010.fr/gu91/fev13.php#marx040213

http://www.marxists.org/francais/ait/1864/12/km18641230.htm

 

Lettre ouverte de l’Association Internationale des Travailleurs à Abraham Lincoln, président des Etats Unis d’Amérique

 

Der Social-Demokrat, 30 décembre 1864.

 

Nous complimentons le peuple américain à l'occasion de votre réélection, à une forte majorité.

 

Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d'ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : mort à l’exclavage.

 

Depuis le début de la lutte titanesque que mène l'Amérique, les ouvriers d'Europe sentent instinctivement que le sort de leur classe dépend de la bannière étoilée. La lutte pour les territoires qui inaugura la terrible épopée, ne devait-elle pas décider si la terre vierge de zones immenses devait être fécondée par le travail de l'émigrant, ou souillée par le fouet du gardien d'esclaves ?

 

Lorsque l'oligarchie des trois cent mille esclavagistes osa, pour la première fois dans les annales du monde, inscrire le mot esclavage sur le drapeau de la rébellion armée ; lorsque à l'endroit même où, un siècle plus tôt, l'idée d'une grande république démocratique naquit en même temps que la première déclaration des droits de l'homme  qui ensemble donnèrent la première impulsion à la révolution européenne du dix huitième siècle - lorsque à cet endroit la contre-révolution se glorifia, avec une violence systématique, de renverser « les idées dominantes de l'époque de formation de la vieille constitution » et présenta « l'esclavage comme une institution bénéfique, voire comme la seule solution au grand problème des rapports, entre travail et capital », en proclamant cyniquement que le droit de propriété sur l'homme représentait la pierre angulaire de l'édifice nouveau, alors les classes ouvrières d'Europe comprirent aussitôt, et avant même que l'adhésion fanatique des classes supérieures à la cause des confédérés ne les en eût prévenues, que la rébellion des esclavagistes sonnait le tocsin pour une croisade générale de la propriété contre le travail et que, pour les hommes du travail, le combat de géant livré outre-Atlantique ne mettait pas seulement en jeu leurs espérances en l'avenir, mais encore leurs conquêtes passées. C'est pourquoi, ils supportèrent toujours avec patience les souffrances que leur imposa la crise du coton  et s'opposèrent avec vigueur à l'intervention en faveur de l'esclavagisme que préparaient les classes supérieures et « cultivées », et un peu partout en Europe contribuèrent de leur sang à la bonne cause.

 

Tant que les travailleurs, le véritable pouvoir politique du nord permirent à l'esclavage de souiller leur propre république; tant qu'ils se glorifièrent de jouir, par rapport aux noirs qui, avaient un maître et étaient vendus sans être consultés, du privilège d'être libres de se vendre eux-mêmes et de choisir leur patron, ils furent incapables de combattre pour la véritable émancipation du travail ou d'appuyer la lutte émancipatrice de leurs frères européens.

 

Les ouvriers d'Europe sont persuadés que si la guerre d'indépendance américaine a inauguré l'époque nouvelle de l'essor des classes bourgeoises, la guerre anti esclavagiste américaine a inauguré l'époque nouvelle de l'essor des classes ouvrières.

 

Elles considèrent comme l'annonce de l'ère nouvelle que le sort ait désigné Abraham Lincoln, l'énergique et courageux fils de la classe travailleuse, pour conduire son pays dans la lutte sans égale pour l'affranchissement d'une race enchaînée et pour la reconstruction d'un monde social.

Signé au nom de l'Association Internationale des Travailleurs par le conseil central.

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens