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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:46

 

BIOGRAPHIE D ADA COLAU
 

Vous trouverez ci-dessous la première partie d’un très long message d’Alberto Amo relatif à l’action politique d’Ada Colau, de Supervivienda à la mairie de Barcelone.
 

Le message est disponible en totalité si vous consultez le site du temps des Lilas à l’adresse ci-dessous.
 

Bernard Fischer
 

http://www.lilas.org/textes/alternatives/supervivienda-devenue-maire-de-barcelone

 

Comment Supervivienda est devenue maire de Barcelone
 

Par Alberto Amo
 

Au mois de mai 2007, l’héroïne Supervivienda s’invite par surprise dans la campagne des élections municipales à Barcelone. Habillée d’une cape portant le numéro quarante sept, l’article de la constitution espagnole qui établit l’accès au logement comme droit inaliénable, Supervivienda interrompt le discours de la candidate d’Initiative pour la Catalogne Verte (ICV), le parti de la gauche écologiste catalane. 

L’héroïne l’accuse notamment de ne pas prendre au sérieux le problème de l’accès au logement et de ne pas porter de propositions alternatives à celles déjà en place, qui soumettent entièrement le logement au marché.

Le collectif V de Vivienda, à l’origine de l’action, fait de même pour les autres candidats à la mairie. Ada Colau est à l'intérieur du costume de Supervivienda. Huit ans plus tard, en 2015, elle devient maire de Barcelone.

Comment une activiste sociale du mouvement pour le droit au logement est-elle devenue maire de Barcelone ? Quel programme son équipe a t elle porté ?

Lutter contre les expulsions de logement, la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH)

Pour répondre à ces questions, il est intéressant de suivre le parcours militant d’Ada Colau. En 2007, quand Ada Colau se transforme en Supervivienda, le chômage en Espagne affiche le taux le plus bas depuis la mort de Francisco Franco, huit pour cent de la population active.

Malgré cette situation, l’entrée sur le marché du travail des jeunes générations est particulièrement difficile, marquée par des salaires bas, la précarité, l’enchaînement de contrats à durée déterminée et un accès au logement très difficile en raison des effets de la bulle immobilière. Le collectif V de Vivienda est né à ce moment sous la forme d’un « mouvement citoyen », en marge des partis et des syndicats, et composé principalement par des jeunes demandant l’accès à un logement digne, notamment dans les grandes villes. À partir de 2008, l’éclatement de la bulle donne lieu à une forte récession et à une explosion du chômage, vingt sept pour cent au total en 2013 et cinquante sept pour cent des espagnols de moins de vingt cinq ans.

L’une des conséquences est la forte augmentation des expulsions de logement. Soudainement, beaucoup de personnes qui jusque-là avaient un emploi stable se retrouvent au chômage et ne peuvent plus payer leur crédit immobilier.

Désormais, le problème immobilier n’est plus seulement une question de jeunes précaires, pour beaucoup de familles, préserver son logement devient une odyssée. C’est ainsi qu’une part des activistes du collectif V de Vivienda crée en 2009 la PAH, dont Ada Colau devient le porte-parole.

LA PAH est un mouvement auto-organisé et autonome, présent dans plus de deux cent villes espagnoles. C'est un espace d’échange d’expériences et de conseils juridiques pour la négociation avec les banques, de soutien mutuel face aux expulsions de logements qui ont touché, depuis 2008, plus de quatre cent mille familles. La plateforme fonctionne sous forme d’assemblées locales, complètement horizontales, et rassemble des personnes d’une grande diversité sociale, un reflet de la forte hausse du chômage. Ainsi, on trouve des jeunes sans formation qui avaient abandonné leurs études pour travailler dans le bâtiment, industrie florissante pendant les années de la bulle, des personnes d’origine étrangère qui étaient venues en Espagne dans les années 2000, attirées par la forte croissance économique d’alors, des familles de classe moyenne qui se sont retrouvées au chômage après de longues années dans une même entreprise, ou des retraités, qui avaient garanti le crédit de leurs enfants avec leur maison, que désormais des banques leur réclament.

La plateforme prend un essor inédit à partir de mai 2011 et du mouvement d’occupation des places espagnoles, le mouvement du 15 mai 2011. Une réussite majeure de ce mouvement a été sa capacité à modifier profondément la perception de nombreux problèmes, le logement et d’autres, tels que la crise, le chômage ou la précarité au travail. Jusqu’alors ces problèmes étaient considérés comme individuels, le mouvement du 15 mai 2011 en fait des questions collectives et il les transforme en problèmes politiques, notamment celui des expulsions de logement, la loi hypothécaire très défavorable aux occupants des logements, la bulle immobilière et le chômage massif, auxquels il faut trouver des solutions politiques.

À partir du mouvement du 15 mai 2011, la PAH invente de nouvelles formes d’activisme et parvient à inscrire la question du logement dans l’agenda politique espagnol. Outre les actions ponctuelles comme l’occupation d’agences bancaires, en 2011, la PAH ouvre une campagne de blocage d’expulsions, qui trouve un écho médiatique extraordinaire, elle appelle à former une barrière humaine à chaque fois qu’une expulsion est annoncée. Les images de masses de citoyens bloquant l’accès de la police aux maisons dont les habitants sont menacés d’expulsion suscitent une vague de solidarité dans tout le pays. Depuis sa création, la PAH a réussi à empêcher plus de deux mille expulsions.

Parallèlement à l’action dans la rue, en 2013, la PAH présente un million cinq cent mille signatures à l’assemblée nationale pour ouvrir une initiative législative populaire, mécanisme qui, en Espagne, permet aux citoyens de faire une proposition de loi qui sera débattue au parlement.

L’initiative propose de modifier la loi hypothécaire d’alors et en particulier d’instaurer un moratoire sur les expulsions et la dation en paiement. Lors du débat relatif à cette proposition, Ada Colau est invitée à l’assemblée nationale et prend la parole juste après un représentant de l’association espagnole du secteur bancaire, « je ne lui ai pas jeté une chaussure à la figure parce que je pensais qu'il était important de rester ici pour dire ce que j'ai à dire. Cet homme est un criminel et vous devriez le traiter comme tel. Ce n'est pas un expert. Les représentants des institutions financières ont ruiné l'économie entière de ce pays et vous continuez à les qualifier d'experts ».

Pour appuyer l’initiative, la PAH lance une campagne d’escraches. Cette pratique de dénonciation pacifique, importée d’Argentine et d’Uruguay, consiste à se réunir autour du domicile des députés opposés à l’initiative pour dénoncer leur position et pour informer les voisins et les passants du contenu de l’initiative législative populaire.

Les escraches sont condamnées par les grands médias espagnols qui n’hésitent pas à les présenter comme des « actions violentes ». Les sondages montrent que cette forme d’action est néanmoins soutenue par quatre vingt à quatre vingt dix pour cent de la population. En dépit de l’appui de quatre vingt dix pour cent des citoyens à l’initiative législative, elle est finalement rejetée au mois d'avril 2013 par la majorité parlementaire du Parti Populaire.

Ce rejet conduit la PAH à initier de nouvelles formes d’action, notamment « l’œuvre sociale de la PAH », l’occupation d’immeubles vides pour loger des personnes expulsées, tout particulièrement des immeubles appartenant aux banques qui ont investi dans l’immobilier durant les années de la bulle et qui en 2012 ont dû être renflouées par l'état. L’occupation se fait avec l’accompagnement des activistes de la PAH qui a édité un protocole d’action très détaillé contenant la méthode à suivre, les législations à connaitre et un guide de négociation avec la banque propriétaire de l’immeuble occupé. Un élément important de ce type d’action est la diffusion d’une lettre qui explique aux voisins du quartier de l’immeuble occupé les raisons de l’occupation, fournissant des données sur le coût public du sauvetage des banques et les chiffres d’expulsions en Espagne. Un communiqué est systématiquement envoyé à la presse locale les minutes suivant l’occupation. Depuis le début de cette campagne, toujours active aujourd’hui, « l’œuvre sociale » a relogé plus de deux mille cinq cent personnes sur tout le territoire.

Sortir de l’impasse, Barcelona en Comú

Si les années 2012 et 2013 voient le plus grand nombre de manifestations de l’histoire récente de l’Espagne, à la fin de l'année 2013, les mouvements sociaux se trouvent dans une sorte d’impasse.

La lutte dans la rue n’a pas évité les coupes budgétaires ni fait disparaître les expulsions. Elle n’a pas empêché le gouvernement de réduire encore les droits des travailleurs, avec une réforme beaucoup plus agressive que le sera en France la loi travail. Même si la PAH est devenue un mouvement social incontournable, une référence très présente dans la société espagnole, cette impasse conduit Ada Colau et d’autres activistes, notamment des membres d’une plateforme anticapitaliste catalane pour la souveraineté populaire, Procés Constituent, à constituer une liste pour les élections municipales de 2015 à Barcelone, dans le but de transposer cette lutte sur le plan institutionnel. La personnalité ouverte et empathique d’Ada Colau, sa popularité, le respect et l’admiration qu’elle suscite au sein des collectifs sociaux de Barcelone, incitent Podemos et différents partis politiques de la gauche catalane à rejoindre cette candidature. Ainsi, Barcelona en Comú réunit les partis Izquierda Unida, en particulier ses antennes catalanes ICV, le parti contre lequel Ada Colau avait fait une action habillée en Supervivienda en 2007, et Esquerra Unida y Alternativa, le Partido X ainsi que Podemos. Les négociations aboutissent à la présentation d’une liste de quinze personnes menée par Ada Colau et formée à la fois de personnes directement associées au projet Barcelona en Comú et de membres des partis suscités. On y trouve des enseignants-chercheurs engagés au sein de Procés Consituent ou de l’Observatorio para el Hábitat Colectivo y Sostenible, ou encore des avocats, des journalistes et des habitants ayant une expérience des mouvements féministes, de défense du droit au logement ou de transports en commun respectueux de l’environnement. Les candidats s’engagent à suivre un code éthique qui établit une limite salariale de deux mille deux cent euros par mois, trois fois le Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance (SMIC) en Espagne, un maximum de deux mandats et les oblige à rendre compte publiquement de leurs actions et de leur gestion.

En parallèle, l’élaboration du programme se fait à partir de propositions et d’axes prioritaires émis par des assemblées de quartier et des commissions de travail thématiques. Il en résulte un programme de quarante points sélectionnés par un vote ouvert à l’ensemble des habitants de Barcelone. Chacune de ces mesures est accompagnée des mécanismes nécessaires à son application et d’un protocole de vérification de sa mise en place et ses résultats. Parmi les principaux points du programme, on trouve, bien sûr, la fin des expulsions de logement ou la reprise par la mairie de certains services publics dont la gestion avait été privatisée par les gouvernements municipaux précédents.

Mais le programme va bien au delà d’un simple rétablissement des droits et des services balayés par les mesures d’austérité des gouvernements précédents. Barcelona en Comú propose une réforme structurelle et un nouveau modèle de ville qui va de la question économique au partage de l’espace public et à la participation citoyenne active. Le programme propose ainsi de repenser la dépendance de la ville de Barcelone à l’égard du tourisme, dont la massification et le manque de régulation commencent à engendrer des problèmes dans plusieurs quartiers de la ville. Le nombre de touristes annuel est passé d'un million huit cent mille en 1990 à plus de huit millions en 2013, entraînant une flambée des prix qui conduit de nombreux habitants à quitter le centre-ville et la disparition de la « vie de quartier ». Le programme de Barcelona en Comu propose la création d’un label éco-solidaire pour favoriser le modèle d’entreprises coopératives de circuit court. Il propose une monnaie locale qui servirait non seulement à payer les taxes municipales mais aussi à l’octroi de micro crédits municipaux, l’inclusion de clauses sociales dans tous les contrats publics entrepris par la mairie ou la piétonisation d’un grand nombre de rues.

La construction du programme joue un rôle très important pour générer un mouvement d’adhésion. Les citoyens participent à la rédaction des mesures qui affectent de manière directe et concrète leur vie quotidienne. La participation de milliers de citoyens de la ville à la discussion et à l’élaboration du programme profite du très fort activisme et de la « vie de quartier » préexistants dans cette ville.

Le 24 mai 2015, Barcelona en Comú remporte les élections municipales avec vingt cinq pour cent des voix, jusqu’à quarante pour cent des voix dans les quartiers populaires. Bien que ce pourcentage soit loin d’atteindre la majorité absolue, Ada Colau est investie maire de Barcelone avec l’appui d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), du Parti Socialiste Catalan et de la Candidature d'Unité Populaire (CUP), le parti de la gauche indépendantiste basée sur un modèle d’organisation en assemblées. À l’issue du vote d’investiture, Ada Colau remercie les citoyens « d’avoir rendu possible l’impossible ».

Quelques instants plus tard, elle sort par l’entrée principale de l’hôtel de ville où l’attendent des milliers de personnes pour la couvrir d’une pluie de confettis.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:33

 

http://www.humanite.fr/un-militant-associatif-poursuivi-pour-aide-aux-etrangers-en-situation-irreguliere-618771

 

Un militant associatif poursuivi pour aide aux étrangers en situation irrégulière

 

Un militant d'une association qui avait ouvert Lundi 17 Octobre 2016 un lieu d'accueil pour réfugiés à Saint Dalmas de Tende, dans le département des Alpes-Maritimes, devait être remis en liberté sous contrôle judiciaire Samedi 22 Octobre 2016 dans l'après-midi après être passé devant un juge des libertés et de la détention.

« Solidarité avec les réfugiés, libérez Cédric Herrou », pouvait-on lire sur une banderole accrochée sur les grilles du palais de justice de Nice. Une cinquantaine de militants associatifs s'étaient rassemblés Vendredi 21 Octobre 2016 en début d'après-midi devant le tribunal de Nice en signe de soutien à Cédric Herrou. Cet agriculteur de Breil-sur-Roya, âgé de trente sept ans, déféré au parquet de Nice après quarante huit heures de garde à vue, est poursuivi pour « aide à l'entrée, à la circulation et au séjour d'étrangers en situation irrégulière, et  installation d'une habitation dans des locaux privés ». Son procès est fixé au Mercredi 23 Novembre 2016. Il encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et trente mille euros d'amende.

Membre de l'association Roya Citoyenne, qui prône la solidarité avec les migrants qui tentent de passer en France depuis la ville-frontière de Vintimille, Cédric Herrou avait déjà été interpellé au mois d’août 2016 avec huit érythréens à bord de son véhicule. Le parquet de Nice avait alors classé l'affaire sans suite, s'appuyant sur la législation qui permet d'accorder une immunité à titre humanitaire aux passeurs qui ne sont pas rétribués et qui agissent si la vie des personnes recueillies est jugée en péril.

L'association Roya Citoyenne, pour dénoncer l'inertie des pouvoirs publics face au problème migratoire, avait décidé Lundi 17 Octobre 2016 d'investir une colonie de vacance désaffectée de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF) à Saint-Dalmas-de-Tende et de la transformer en lieu de transit pour les migrants recueillis dans la vallée de la Roya, la première vallée alpine côté français, fréquemment empruntée par les réfugiés en provenance d'Italie. Une cinquantaine de réfugiés érythréens y étaient hébergés, mais le département des Alpes-Maritimes et la région Provence Alpes Côte d’Azur (PACA) avaient aussitôt exigé le démantèlement sans délai. George Faye, membre de Roya Citoyenne avait expliqué que « nous ne voulons pas défier les autorités, nous voudrions qu'elles comprennent. Le département a dit qu'il ne voulait pas de migrants et pas de mineurs alors que c'est son devoir ». Jeudi 20 Octobre 2016, les forces de l'ordre étaient intervenues pour évacuer le camp, plaçant quatre personnes en garde à vue, dont trois relâchées rapidement, et plaçant les mineurs étrangers isolés qui s'y trouvaient dans des centres d'hébergement du département. Des migrants adultes avaient pour leur part été confiés à la police en vue d'être reconduits en Italie.

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 17:07

 

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/18/des-villes-americaines-se-font-sanctuaires-pour-les-sans-papiers_5033486_829254.html

 

Des villes américaines se font sanctuaires pour les sans-papiers

 

Un mouvement sans précédent se met en place depuis l'élection de Donald Trump

 

Par Corine Lesnes, correspondante du Monde à San Francisco

 

Même dans les universités d’élite de la Silicon Valley, en Californie, les enfants d’immigrants sont inquiets. « J’ai peur », confie Marlene Cerritos-Rivas, vingt et un ans. « Je me sens visée, beaucoup plus qu’avant ».

L’étudiante est en troisième année à l’université jésuite de Santa Clara, au sud de San Francisco. Elle est arrivée, enfant, du Salvador et elle n’a jamais eu de documents en règle. « Qu’est-ce qui va nous arriver maintenant », s’alarme-t-elle. « Donald Trump n’a jamais caché qu’il veut nous déporter ».

Les étudiants de Santa Clara ont manifesté Jeudi 17 Novembre 2016 sur leur campus en signe de solidarité avec leurs camarades sans documents d’identité. Des enseignants ont participé au rassemblement, qui avait le soutien des responsables de l’établissement. Deux jours plus tôt, Mardi 15 Novembre 2016, c’est à Stanford que près de sept cent étudiants manifestaient pour demander à la direction de faire de leur campus un « sanctuaire » contre les expulsions d’immigrés annoncées pendant sa campagne par Donald Trump.

La même mobilisation a été enregistrée dans les universités de la côte est à Harvard, à Yale, à l’université Columbia et à la New York University, en tout, dans une centaine de campus américains. Avec la même revendication, faire des universités des refuges pour les sans-papiers, à l’image des « villes sanctuaires », les quelque trois cent localités américaines qui refusent de coopérer avec la police fédérale chargée des expulsions.

Recours aux polices locales

Depuis l’élection de Donald Trump, c’est un mouvement sans précédent qui s’est propagé dans les villes démocrates et les milieux universitaires, un élan de solidarité avec tous ceux dont le sentiment de sécurité s’est évanoui le Mardi 8 Novembre 2016. Dans sa première interview de président élu, le Dimanche 13 Novembre 2016, le magnat de l’hôtellerie de luxe a indiqué qu’il ne s’en prendrait pas immédiatement aux quelque onze millions de sans-papiers qui vivent dans le pays, mais viserait d’abord les repris de justice, membres de gangs ou revendeurs de drogue. Il a estimé leur nombre à deux ou trois millions de personnes.

Selon les experts, le plan de Donald Trump, même réduit par rapport aux promesses de campagne électorale, sera lourd et difficile à mettre en place, sauf à requérir l’assistance des polices locales. Or, celles-ci ne sont pas censées se préoccuper d’immigration, un domaine qui est du ressort du gouvernement fédéral. Aux Etats-Unis, la police de la route contrôle le permis de conduire d’un contrevenant mais n’est pas censée l’interroger sur sa nationalité ou son permis de séjour.

La tentation de recourir aux polices locales pour faciliter le contrôle de l’immigration n’est pas l’apanage du républicain. Elle avait été identique dans les premières années de l’administration de Barack Obama. Le président démocrate, qui avait essayé de donner des gages de bonne volonté aux républicains dans l’espoir de parvenir à un compromis sur son projet de réforme de l’immigration, avait ordonné une intensification des expulsions. Il y en a eu deux millions cinq cent mille entre 2009 et 2015. Une série de municipalités s’étaient alors déclarées « villes sanctuaires », les maires avaient ordonné à leur police de ne pas servir d’auxiliaires aux forces de l’ordre en charge de l’immigration, sauf dans le cas d’affaires criminelles.

Depuis le Mardi 8 Novembre 2016, les maires de ces villes ont réaffirmé leur refus de prendre part aux « déportations » d’immigrants en situation irrégulière prévues par Donald Trump, laissant présager un affrontement frontal avec la nouvelle administration. « A tous ceux qui sont remplis d’anxiété, je veux dire que vous êtes en sécurité ici », a assuré le maire de Chicago, Rahm Emanuel. « La ville restera une ville sanctuaire ».

Les maires de San Francisco, Seattle, Boston, Santa Fe, Denver, Washington et d’une dizaine d’autres villes ont exprimé la même position. « La dernière chose que nous voulons, c’est nous tourner contre nos voisins », a déclaré le maire de Seattle, Ed Murray.

Le chef de la police de Los Angeles, Charlie Beck, a réaffirmé que ses agents n’entendaient pas participer à des raids qui leur aliéneraient la communauté hispanique et les priveraient des renseignements obtenus dans les quartiers. « J’ai besoin qu’ils travaillent avec leur commissariat de quartier et qu’ils témoignent en cas de crimes violents. Jouer le rôle de police de l’immigration déchire ce tissu social ».

Le maire de New York, Bill de Blasio, a même assuré qu’il détruirait la banque de données où sont portés les noms des sans-papiers bénéficiant de cartes d’identité de la ville et qui leur permettent d’ouvrir des comptes bancaires si l’administration de Donald Trump cherchait à s’en emparer. « Nous n’allons pas sacrifier cinq cent mille personnes qui vivent parmi nous », a-t-il dit. « Nous ferons tout ce que nous pouvons pour résister ».

Menace sérieuse

Pour les républicains, les villes sanctuaires sont un symbole du laxisme démocrate, rien n’oblige la police locale à notifier les agents fédéraux quand ils remettent en liberté un détenu en situation illégale, même s’il s’agit d’un délinquant. Pendant un meeting de campagne, à Phoenix, Donald Trump a menacé les rebelles de leur couper les vivres. « Plus de financements », a-t-il lancé. « Les villes qui refusent de coopérer avec les autorités fédérales ne recevront plus de subventions du contribuable ».

La menace est sérieuse. Si elle était mise à exécution, San Francisco, qui abrite quelque quarante quatre mille sans-papiers, pourrait perdre un milliard de dollars, neuf cent millions d’euros, sur un budget de neuf milliards six cent millions de dollars. Le métro, l’aide aux sans abris et l’assurance-santé des plus pauvres pourraient être affectés. A New York, où le nombre de sans-papiers est estimé à cinq cent soixante quatorze mille personnes, l’aide fédérale s’élève à six milliards de dollars, soit neuf pour cent du budget.

En 2015, le congrès avait déjà essayé de faire adopter une loi coupant les ressources des villes sanctuaires. Les démocrates avaient pu s’y opposer au sénat. L’administration de Donald Trump sera, à partir du mois de janvier 2017, dans une conjoncture législative plus favorable.

Et le candidat a inscrit le dossier, hautement symbolique pour la droite, dans son programme des cent premiers jours.

 

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22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 16:27

 

http://www.ekurd.net/french-favor-med-nuce-2016-11-17

 

Le tribunal de commerce de Paris défend la chaîne de télévision kurde Med Nuce Télévision après son interruption par Eutelsat
 

Le tribunal de commerce de Paris s'est prononcé en faveur de la chaîne de télévision kurde Med Nuçe Télévision dont la diffusion avait été interrompue par l'opérateur français Eutelsat. L'avocat de Med Nuçe a déclaré que c'était « une grande victoire au nom de la liberté de la presse ».

Le tribunal devait prononcer le verdict sur Med Nuçe Télévision et Newroz Télévision le Lundi 14 Novembre 2016, mais les juges tardaient à signer. Le verdict sur Newroz Télévision a été annoncé Mardi 15 Novembre 2016 et le verdict sur l'affaire Med Nuçe Télévision a été signé Jeudi 17 Novembre 2016.

Le tribunal de commerce de Paris a condamné Eutelsat dans les deux affaires.

Le tribunal a exigé la diffusion des émissions de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision.

Eutelsat a arrêté la diffusion de Med Nuce Télévision, qui a des émissions et des programmes en kurde et en turc, le 3 octobre 2016 et a mis Newroz Télévision hors d'antenne le 11 octobre 2016 à la demande de l’autorité audiovisuelle turque (RTUK), qui accuse la station d'avoir des liens avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

La décision d'Eutelsat est illégale

Le verdict du tribunal de commerce de Paris sur Med Nuçe Télévision a déclaré que la décision d'arrêter la diffusion appartenait à l'autorité belge de la radio et de la télévision et n’appartenait pas à d’Eutelsat. Le juge Thierry Hubert-Dupon a déclaré qu'Eutelsat n'avait pas prouvé les prétentions du conseil supérieur de la radio et de la télévision turque (RTÜK) et a décrété qu’Eutelsat avait violé la Convention Européenne sur la Télévision Transfrontalière (CETT). Le tribunal a jugé que la décision d'arrêter la diffusion était « clairement illégale ».

Le verdict ordonne « de reprendre la diffusion des programmes de Med Nuçe Télévision et du satellite Hotbird interrompus le 3 octobre 2016 ».

Le tribunal a statué que la détermination des dommages matériels incombait à la société belge. Le tribunal a également condamné Eutelsat à verser cinq mille euros de dommages et intérêts à Med Nuçe Télévision. Avec ce décret, Eutelsat devrait reprendre les émissions de Med Nuçe Télévision sous peine de devoir payer dix mille euros de dommages et intérêts pour chaque jour du retard.

Dix mille euros de dommages et intérêts pour chaque jour du retard

Le tribunal a rendu un verdict similaire concernant Newroz Télévision le Mardi 15 Novembre 2016. Le verdict a exigé qu’Eutelsat permette la diffusion de Newroz Télévision par la société Stiftelsen Kurdish Media (SKM). Le tribunal a ordonné à Eutelsat de verser dix mille euros de dommages-intérêts pour chaque jour de retard.

Le verdict de Newroz Télévision souligne également qu'Eutelsat n'avait aucune preuve « concrète, sérieuse et significative » que la télévision kurde avait des liens avec le PKK. Le tribunal a également jugé que les autorités turques ont recouru à une solution via Eutelsat et ont donc manqué à leurs obligations.

Une grande victoire pour la liberté de la presse

L'avocat de Med Nuçe Télévision, Jean Louis Malterre, a dit à Firat News Agency que le résultat ne changera pas même si Eutelsat fait appel.

Jean Louis Malterre a déclaré que le verdict de la cour était une grande victoire pour la liberté de la presse.

« Eutelsat n'a présenté aucune preuve au tribunal que les émissions incluent et louent la violence », a déclaré Jean Louis Malterre et il a ajouté « qu’Eutelsat aurait dû se conformer aux institutions des pays dans lesquels les émissions sont diffusées et n’aurait pas dû se conformer aux institutions turques. Eutelsat n'a pas non plus respecté la convention européenne. Maintenant, Eutelsat doit se conformer au verdict du tribunal ». Jean Louis Malterre a ajouté qu'Eutelsat avait violé les accords internationaux.

La diffusion a été stoppée à la demande de la Turquie

La première audience de l'affaire déposée par Med Nuçe Télévision devant le tribunal de commerce de Paris a eu lieu le 26 octobre 2016.

L'avocat d'Eutelsat avait accepté de prendre la décision d'arrêter les émissions à la demande de la Turquie et n'avait pas fourni la preuve d'une activité criminelle à l'audience.

Au mois de septembre 2016, les autorités turques ont arrêté les émissions de dix chaînes de télévision en majorité kurdes, y compris la chaîne pour enfants Zarok Télévision.

Il y avait eu des protestations pendant plusieurs jours contre l’arrêt des émissions de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision. Plusieurs organisations de presse, partis politiques et parlementaires ont condamné la décision et protesté contre le respect par Eutelsat du régime turc. Le gouvernement français avait également déclaré que, si aucune preuve de diffusion violente n'était présentée, la fermeture d'une chaîne d’information était inacceptable.

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:32

 

http://www.sudouest.fr/2016/11/19/mont-de-marsan-noel-mamere-a-rendu-visite-a-eric-petetin-detenu-a-la-maison-d-arret-2574261-3452.php

 

Noël Mamère a rendu visite à Eric Pétetin, détenu à la maison d'arrêt de Mont de Marsan

 

Un comité de soutien d'une vingtaine de personnes s'est rassemblé devant le centre pénitentiaire de Pémégnan

 

Eric Pétetin, Pétof ou encore l'indien, a reçu Samedi 19 Novembre 2016 la visite du député-maire de Bègles, Noël Mamère, pour qui il a travaillé pendant sept ans au service des espaces verts de la ville girondine.

 

L'élu avait demandé un parloir avec l'activiste écologiste pour prendre de ses nouvelles depuis son placement en détention le 20 septembre 2016.

 

« Il doit sortir le 23 décembre 2016 mais il peut bénéficier d'une remise de peine. Il espère que le Juge d’Application des Peines (JAP) lui accordera. C'est un moment très difficile pour lui. Il a la foi pour l'aider et vit dans la perspective de sortir le plus vite possible. Mais il n'a rien à faire là, c'est une évidence », constatait Noël Mamère après ces quelques minutes d'entrevue.

 

Il livrait son point de vue devant une vingtaine de personnes venues soutenir celui que l'on présente comme le doyen des zadistes. Eric Pétetin purge trois mois de prison, la conséquence du non-respect d'une obligation de travail d’intérêt général suite à une peine de trois mois de sursis à laquelle il avait été condamné en 2013, à Rennes, après avoir tagué une vitrine en réaction à la situation de Notre-Dame-Des-Landes.

 

Depuis, il a été condamné à deux mois de prison pour avoir jeté de l'eau au visage du maire d’Agen, Jean Dionis du Séjour.

 

« Oui, ce sont des gestes malheureux. Mais il n'est pas pour autant un dangereux criminel », s'agace Noël Mamère. « Peut-on parler de la criminalité des cols blancs en revanche qui, elle, est beaucoup plus grave ? Je soutiens l'homme et la cause qu'il défend. Je trouve cela choquant qu'il soit emprisonné à l'heure où nos prisons sont engorgées » a ajouté le député maire de Bègles, qui invite à écrire à Eric Pétetin à la prison de Mont de Marsan pour « l'aider à passer ce moment difficile de l'enfermement ». 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 21:20

 

Affrontements entre forces rebelles soutenues par la Turquie et miliciens kurdes en Syrie (Reuters)

 

Des rebelles syriens alliés de la Turquie se sont heurtés Lundi 21 Novembre 2016 à des milices kurdes soutenues par les Etats-Unis, les deux camps étant lancés dans une course de vitesse pour reprendre la localité d’al Bab tenue par l'organisation Etat Islamique dans le nord de la Syrie.

Cette agglomération est la dernière d'importance que contrôle le groupe djihadiste dans la région frontalière de la Turquie.

Les combats se sont produits dans le village de Cheikh Nasser, tenu jusqu'à récemment par l'Etat Islamique. Ils ont impliqué des membres des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), coalition de combattants kurdes et arabes appuyée par le ministère de la défense des Etats Unis et dont les milices des unités de protection du peuple (YPG) forment la colonne vertébrale.

« Nous nous sommes heurtés aux kurdes des YPG et nous avons pris le village », a déclaré Abou Assad Dabiq, commandant d'unité de l'opération Bouclier de l'Euphrate lancée à la fin du mois d’août 2016 par l'armée turque.

Cette opération, qui implique des blindés, des unités d'artillerie et l'aviation turque, soutient principalement des rebelles arabes et turkmènes dans le nord de la Syrie.

Son objectif est de repousser l'Etat Islamique mais également d'empêcher les kurdes de profiter de ce reflux pour obtenir des gains territoriaux.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé la semaine passée que l'objectif premier de l’opération Bouclier de l'Euphrate était de reprendre al Bab située à trente kilomètres au sud de la frontière.

La deuxième étape concernera Manbij dont les kurdes ont chassé cet été les djihadistes et la troisième visera Rakka, fief de l'Etat Islamique en Syrie.

Jusqu'à présent, les affrontements directs entre rebelles soutenus par la Turquie et milices kurdes avaient été limités.

Les FDS ont récupéré d'importantes étendues de territoire à l'est et à l'ouest d’al Bab et se sont emparées de toute une série de villages environnants avant de consolider leurs positions par l'envoi de troupes depuis Manbij.

« Les YPG essaient d'avancer dans des zones où nous progressons », a commenté Abou Assad Dabiq, dont les troupes travaillent à renforcer leurs positions à quelques kilomètres d’al Bab afin de contenir les troupes kurdes.

« Ils sont en concurrence avec nous pour atteindre al Bab. Ils travaillent à couper toutes les routes en provenance d'Alep ou en direction d’al Bab », a-t-il ajouté.

« Les FDS ont créé une enclave de fait entre les groupes rebelles sunnites et les positions de l'armée syrienne plus au sud », a expliqué Abou Assad Dabiq.

La prise d’al Bab constituerait un succès d'importance pour la Turquie qui tente d'imposer une zone tampon entre les combats et son territoire et qui veut empêcher les kurdes de réunir les zones qu'ils contrôlent à l'est et à l'ouest de l'Euphrate.

L'armée syrienne se trouve, elle, à une douzaine de kilomètres de la ville et le gouvernement de Damas a fait savoir qu'il ne laisserait par les alliés de la Turquie s'emparer de la localité.

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 20:36

 

Ralliements à François Fillon, les partisans d'Alain Juppé résistent (Reuters)

 

François Fillon, large vainqueur du premier tour des élections primaires de la droite, a continué Lundi 21 Novembre 2016 à engranger les ralliements, mais les partisans de son rival du second tour, Alain Juppé, ne s'avouent pas vaincus.

Laurent Wauquiez, le président des Républicains, a annoncé sur la deuxième chaîne de la télévision française qu'il voterait Dimanche 27 Novembre 2016 pour le favori du second tour, conformément à l'appel lancé en ce sens par Nicolas Sarkozy après son cinglant revers.

« Je pense que c'est celui qui défendra le mieux les valeurs de la droite aux élections présidentielles de 2017 », a déclaré Laurent Wauquiez, qui soutenait l’ancien président avant le premier tour.

« Il faudra entendre le message de ceux qui ont voté pour Nicolas Sarkozy et qui ont demandé une alternance qui soit une alternance forte », a-t-il ajouté. « Et je pense que François Fillon est celui qui pourra le mieux le prendre en compte ».

L'élu de Paris a créé la surprise, Dimanche 20 Novembre 2016, en remportant haut la main le premier tour de cette élection primaire avec plus de quarante quatre pour cent des suffrages, loin devant celui qui faisait figure de favori, Alain Juppé, qui obtient vingt neuf pour cent des voix, et Nicolas Sarkozy, qui obtient vingt et un pour cent des voix.

Deux anciens ministres restés fidèles à l’ancien chef de l’état, Brice Hortefeux et Rachida Dati, ont eux aussi appelé à voter pour François Fillon.

« Nous sommes engagés aujourd'hui à ses côtés. Notre soutien sera loyal, total, entier et à la hauteur de ce que François Fillon souhaitera », a déclaré Brice Hortefeux sur Radio Télévision Luxembourg (RTL).

François Fillon avait déjà engrangé, Dimanche 20 Novembre 2016, les ralliements de Nicolas Sarkozy, dont il fut le premier ministre entre 2007 et 2012, et de Bruno Le Maire, autre perdant du premier tour.

Le porte-parole de Bruno Le Maire, le député des Républicains Franck Riester, a en revanche annoncé Lundi 21 Novembre 2016 qu'il voterait Dimanche 27 Novembre 2016 pour Alain Juppé, le plus à même selon lui de faire gagner la droite en 2017, mais qui n'avait jusqu'ici recueilli le ralliement que de Nathalie Kosciusko-Morizet, arrivée en quatrième position.

« Parce qu'il rassemble large et parce qu'il rassemble les différentes sensibilités de la droite et du centre, bien mieux à mon sens que François Fillon », a-t-il expliqué à iTélé.

« Et puis deuxièmement, sur les questions de société, François Fillon est beaucoup plus conservateur qu'Alain Juppé et moi je me retrouve beaucoup plus dans cette vision de la société d’Alain Juppé », a-t-il ajouté.

Jean-François Copé, arrivé dernier de la consultation avec 0,3% des voix selon un décompte encore provisoire, a annoncé Lundi 21 Novembre 2016 qu'il soutenait désormais Alain Juppé en invoquant le passé chiraquien commun aux deux hommes et des élements de proximité idéologique.

« Alain Juppé est le seul à assumer clairement à la fois de recourir exclusivement aux ordonnances pour réformer la France et le seul aussi à vouloir recruter massivement des policiers, des gendarmes et des magistrats », a déclaré l’ancien président de l'Union pour un Mouvement Populaire (UMP) dans une déclaration diffusée sur Facebook.

Signe de son ralliement, il est annoncé Mardi 22 Novembre 2016 à un meeting d'Alain Juppé à Toulouse, en compagnie de Nathalie Kosciusko-Morizet.

L'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, un des principaux soutiens du maire de Bordeaux, a estimé sur BFM Télévision que l’élection primaire n'était pas jouée, malgré l'écart de près de seize points entre François Fillon et Alain Juppé au premier tour.

« Je ne pensais pas que l'on puisse passer de dix pour cent à quarante pour cent des voix en si peu de temps », a-t-il dit en jugeant que cela restait fragile.

Il a estimé qu'Alain Juppé était « le meilleur candidat » face à la présidente du Front National, que tous les sondages donnent qualifiée pour le second tour des élections présidentielles.

« Le programme d'Alain Juppé est faisable de A à Z. Je crois que le programme de François Fillon est un programme qu'il ne pourra pas tenir », a ajouté Jean-Pierre Raffarin. « Le débat du Jeudi 24 Novembre 2016 entre les deux candidats va être déterminant ».

Alain Juppé a pour sa déclaré Lundi 21 Novembre 2016 dans un message à ses électeurs potentiels que sa détermination était infaillible.

« Je veux tourner la page d'une décennie désastreuse », explique-t-il.

« Je veux des réformes crédibles pour ramener l'autorité de l’état et assurer la sécurité de chacun. Je veux une France audacieuse et indépendante, ne prenant ses ordres ni à Bruxelles, ni à Washington, ni à Moscou ».

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 18:44

 

https://www.ensemble-fdg.org/content/dont-mourn-organize-ne-prenez-pas-le-deuil-organisez-vous

 

« Don't mourn, organize ».

 

« Ne prenez pas le deuil, organisez-vous ».

 

Juste avant d'être exécuté le 19 novembre 1915 pour un meurtre qu'il n'avait pas commis, Joe Hill, syndicaliste de l'International Workers of the World (IWW), écrivit à Bill Haywood, un responsable de l'IWW, « ne perdez pas de temps dans le deuil, organisez-vous ».

 

Par Mathieu Dargel

 

Jeudi 17 Novembre 2016

 

Une fois le choc de l’élection de Donald Trump passé, Mardi 8 Novembre 2016, les organisations et courants politiques de la gauche radicale américaine ont commencé à s’interroger sur les raisons et sur les conséquences de cette élection. Nous avons déjà publié quelques-unes de ces analyses sur notre site. Aujourd’hui, le débat est lancé.

Comment résister, comment mobiliser, quelle organisation et quelles structures ?

Dès le lendemain de l’élection de Donald Trump, le comité éditorial du magazine Jacobin, www.jacobinmag.com, posait en des termes très clairs le bilan de la campagne électorale, tant celle d’Hillary Clinton que celle de Bernie Sanders, et proposait à l’ensemble des forces de la gauche radicale américaine des pistes pour l’action et la réflexion.

« Nous n’avons pas d’illusions sur l’impact de la victoire de Donald Trump. C’est un désastre. Il y a deux façons de répondre à cette situation. La première est de faire porter la faute au peuple des Etats Unis. L’autre est de blâmer les élites de ce pays. Mais blâmer les américains pour la victoire de Donald Trump ne fait qu’approfondir l’élitisme qui a rassemblé tant de voix autour de Donald Trump. Il est évident que le racisme et le sexisme ont joué un rôle crucial dans la montée de Donald Trump. Et c’est effrayant de constater comment son triomphe servira à renforcer les forces les plus cruelles et réactionnaires dans la société américaine. Mais une réponse à Donald Trump qui commencerait et se terminerait dans l’effroi n’est pas une réponse politique, c’est une forme de paralysie et une politique qui se cache sous un lit. Une réponse à la réaction américaine qui commencerait et se terminerait par des dénonciations morales ne serait absolument pas politique, ce serait le contraire d’une ligne politique et une capitulation.

Hillary Clinton pouvait perdre cette élection et elle l’a perdue. De nombreuses critiques vont pleuvoir sur la candidature d’Hillary Clinton, mais elle a représenté le consensus de sa génération de leaders du parti démocrate. Sous Barack Obama, les démocrates ont perdu presque un millier d’élus au niveau des états, une douzaine de gouverneurs, soixante élus à la chambre des représentants et treize sénateurs. Cette défaite ne vient pas de nulle part. Seul parmi les politiciens démocrates, Bernie Sanders a parlé de cette sensation croissante d’aliénation et de cette colère de classe qui se répand aux Etats Unis. Bernie Sanders a porté ce message de base au peuple américain, vous méritez mieux et vous avez le droit de croire que vous méritez mieux en matière de santé, d’éducation et de salaires. C’est ce message qui l’a rendu, et de loin, le politicien le plus populaire de ce pays.

C’est une ère nouvelle qui exige une nouvelle orientation politique et qui s’adresse aux besoins urgents et aux espoirs du peuple plutôt qu’à ses peurs. Le libéralisme des élites, nous l’avons vu, ne peut vaincre le populisme de droite. Nous ne pouvons pas émigrer au Canada ou nous cacher sous notre lit. C’est le moment de prendre à bras le corps les options politiques démocratiques, ce n’est pas le moment de les rejeter ».

Cette analyse, cet appel à la mobilisation et à reconquérir la politique, relance le débat parmi tous ceux qui ont soutenu la candidature de Bernie Sanders. Entre ceux qui n’ont pas voté, ceux qui ont voté pour le « moindre mal » et ceux qui ont voté pour Jill Stein, pour les forces politiques organisées très faibles qui ont soutenu chacune de ces options, la discussion sera longue et les choix tactiques portant sur l’articulation entre la construction d’une nouvelle force de la gauche radicale et la bataille au sein du parti démocrate seront extrêmement complexes.

Le comité d’orientation de Solidarity, www.solidarity-us.org, fait une analyse comparable du résultat de l’élection et de ses causes mais insiste sur l’état de la gauche radicale et sur les nécessaires mobilisations à organiser.

« Le Green Party, l’alternative la plus visible à la gauche du parti démocrate, semble n’avoir obtenu qu’un pour cent des voix. Un résultat à la fois navrant pour ceux qui souhaitaient construire le parti comme la force de gauche et totalement insignifiant comparé au nombre de démocrates ou d’indépendants qui ont choisi de rester chez eux ou pire de voter pour Donald Trump. Il y a clairement un vide à gauche en Amérique. Nous devons battre le projet de l’extrême droite de suprématie blanche et de nationalisme que Donald Trump représente.

Nos vies en dépendent, littéralement. Mais la seule façon de battre la droite, c’est de construire la gauche.

Pour ce faire, il faut nous organiser. Nous devons construire un outil politique qui puisse donner à la gauche les moyens d’intervenir efficacement dans les élections, en commençant par le niveau local.

Nous devons soutenir et construire le mouvement Black Lives Matter, les luttes des sioux de Standing Rock contre le pipeline Dakota Access et les groupes de défense des droits des immigrants. Il est également vital de construire une organisation renouvelée de la classe ouvrière, comme le syndicalisme de base, mais qui comprenne également des formes nouvelles d’organisation qui puissent unir les travailleurs autour de la solidarité de classe et qui détruisent les discours racistes de droite sur la classe ouvrière blanche.

Enfin, nous avons besoin de construire une organisation révolutionnaire. Nous ne gagnerons pas un monde socialiste sans une organisation socialiste. Nous appelons tous ceux qui s’engagent dans le combat pour un monde juste à trouver, rejoindre et aider à construire une organisation révolutionnaire, que ce soit Solidarity ou un autre groupe. Ne prenez pas le deuil, organisez-vous ».

De son côté, Socialist Alternative, www.socialistalternative.org, qui s’était engagée dans la campagne de Jill Stein, fait une analyse assez proche.

« Socialist Alternative a soutenu Jill Stein et le Green Party qui ont obtenu plus d’un million de voix, parce qu’elle a su mettre en avant une plateforme qui s’adressait principalement aux travailleurs. La campagne de Jill Stein a eu de nombreuses limites mais, malgré celles-ci, les suffrages qu’elle a recueillis indiquent, encore faiblement, l’énorme potentiel qui existe pour le développement d’une alternative de gauche de masse. Un mouvement de masse contre Donald Trump devra s’adresser directement à la classe ouvrière blanche et expliquer comment nous pourrons bâtir un futur dans lequel tous les jeunes pourront avoir un avenir décent plutôt que de recréer un rêve américain en approfondissant les divisions raciales. Un tel avenir ne pourra être atteint que par des orientations politiques socialistes ».

Le plus important et le plus ancien des groupes politiques se référant au socialisme, Democratic Socialists of America (DSA), www.dsausa.org, que l’on classerait en Europe, pour faire vite, à gauche de la sociale démocratie, intervient en tant que courant politique aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti démocrate. Une de ses dirigeantes, Marta Svart, expliquait, après la convention démocrate, qu’il ne s’agissait pas de réformer le parti démocrate, mais de le prendre. Au lendemain de l’élection de Donald Trump, DSA cherche les moyens de regrouper ceux que l’on appelle maintenant les « sanderistas », autour d’un programme progressiste basé sur la réforme des impôts, l’accès libre à un enseignement supérieur et à un système de santé de qualité et l’investissement électoral public dans les infrastructures et les énergies alternatives. C’est sur ces bases que DSA entend soutenir et organiser les candidatures de gauche, qu’elles viennent des organisations radicales, des mouvements sociaux, de l’aile « anti corporate » du parti démocrate ou de personnalités indépendantes. C’est pourquoi DSA s’implique dans la plateforme électorale Left Elect, mise en place notamment à l’initiative de Solidarity.

Dans un communiqué « nous luttons pour le socialisme et contre la barbarie », DSA déclare que « nous devons continuer à mettre en œuvre cet ordre du jour, de plus en plus fermement, tout à la fois en élisant de plus en plus d’insurgés à tous les niveaux du gouvernement et en construisant une force socialiste de classe dans nos syndicats, dans les mouvements sociaux et dans les campagnes électorales.

Aucune de ces actions ne pourra être victorieuse sans un changement radical dans le rapport de forces. En l’absence d’une pression massive de la part des mouvements sociaux démocratiques, les mouvements qui veulent perturber et remettre en cause le travail quotidien de nos institutions antidémocratiques, et sans le développement d’une force électorale qui regroupe les militants noirs, féministes, LGBTQ et syndicalistes, les intérêts des grandes entreprises continueront à dominer l’agenda politique. Les neuf mille membres de DSA, dont près de deux mille nous ont rejoint cette semaine, croient que le meilleur moyen de résister et de battre le trumpisme est de construire un mouvement démocratique et socialiste puissant et organisé, un mouvement qui deviendra aussi divers que la classe ouvrière elle-même. La révolution de Bernie Sanders nous a fait avancer d’un pas vers une gauche plus puissante et plus affirmée, qui pourra se mobiliser pour des réformes trop longtemps attendues, que le peuple de ce pays réclame désespérément, telles que le salaire minimum à quinze dollars ou l’éducation universitaire financée par les fonds publics. Le centrisme néo libéral d’Hillary Clinton a montré qu’il était incapable de s’opposer à l’extrême droite suprématiste. Pour aller de l’avant, il nous faut un mouvement pour un socialisme démocratique.

C’est pourquoi nous appelons les militants de la campagne de Bernie Sanders et tous les autres à rejoindre une organisation qui œuvre pour placer le socialisme démocratique au centre de la vie politique américaine ».

Plus que d’une recomposition de la gauche américaine, c’est d’un véritable sentiment de l’urgence historique dont témoignent toutes ces prises de position. Quelles que soient leurs divergences actuelles, les faibles forces organisées de la gauche radicale américaine ont maintenant pris conscience de leurs responsabilités dans l’émergence des mouvements sociaux en cours et de la nécessité de leur donner un cadre unificateur qui reprendra les grandes avancées de la campagne de Bernie Sanders et qui tentera d’unifier les énergies des millions de personnes qui s’y sont engagées d’une manière ou d’une autre.

 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 18:11

 

Tous les hôpitaux d'Alep-Est seraient hors service (Reuters)

 

Tous les hôpitaux des quartiers est d'Alep aux mains des insurgés sont désormais hors service, après des jours d'intenses bombardements sur la grande ville du nord de la Syrie.

Samedi 19 Novembre 2016, au moins quarante huit personnes, dont cinq enfants, ont été tuées dans Alep-Est lors de bombardements aériens et de tirs d'artillerie, rapporte l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

« La destruction de ces infrastructures essentielles prive la population assiégée mais déterminée de centres de soins vitaux et les laisse mourir », écrit la direction sanitaire locale dans un courrier électronique adressé à Reuters par un membre de l'opposition syrienne, Vendredi 18 Novembre 2016.

Selon Elizabeth Hoff, représentante de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en Syrie, les organisations humanitaires placées sous la direction de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et présentes du côté turc de la frontière « ont confirmé que tous les hôpitaux d'Alep étaient hors service ».

L'OSDH, une Organisation Non Gouvernementale (ONG) basée à Londres qui rend compte du conflit grâce à un réseau d'informateurs sur place, assure en revanche que certains centres hospitaliers de la partie assiégée de ville continuent à prodiguer des soins. Mais, ajoute-t-il, les bombardements dissuadent les habitants de s'y rendre.

A Washington, le gouvernement américain a condamné ces « horribles attaques » contre des hôpitaux et invité la Russie à prendre des mesures pour réduire le niveau de violence à Alep-Est et faciliter la livraison d'aide humanitaire. « Il n'y aucune excuse à ces actes haineux », dit la conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, dans un communiqué.

Plusieurs centres de soins ont été endommagés ces derniers jours par les bombardements et certains ont été directement visés, selon le personnel médical et des habitants.

Médecins Sans Frontières (MSF) estime que, depuis le début du mois de juillet 2016, les hôpitaux d'Alep-Est ont été touchés par des tirs ou des bombardements une trentaine de fois. « Il reste peu de médecins et il manque des fournitures médicales, avec l'impossibilité d'en envoyer », dit MSF.

Au total, deux cent soixante dix mille civils vivraient encore dans la zone et la population n'a, selon l'ONU, quasiment plus de vivres ni donc de médicaments, en raison de l'impossibilité de la ravitailler en aide humanitaire.

L'armée syrienne a repris ses raids aériens meurtriers Mardi 15 Novembre 2016 à Alep au terme d'une « pause » d'environ un mois.

Depuis cette date, environ cent quatre vingt personnes ont été tuées, dont une centaine à Alep-Est. Des combats au sol ont aussi lieu depuis Vendredi 18 Novembre 2016 à la périphérie des quartiers d'Alep Est.

L'aviation russe, qui appuie les forces gouvernementales dans le cadre du soutien militaire apporté par Moscou au régime du président Bachar al Assad, assure ne pas participer à ces opérations mais dit intervenir sur d'autres fronts.

L'opposition les accuse de viser délibérément des cibles civiles, ce que les deux parties démentent.

 

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 17:56

 

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-du-collectif-national-densemble-des-19-et-20-novembre-2016

 

Communiqué du collectif national d’Ensemble du Samedi 19 Novembre et du Dimanche 20 Novembre 2016

 

Concernant les échéances électorales de 2017, du fait de l’absence de consensus, une consultation s'est faite autour de trois positions soumises à la discussion des membres d'Ensemble. Trente pour cent des militants votaient pour la première position, vingt six pour cent des militants votaient pour la deuxième position, quarante deux pour cent des militants votaient pour la troisième position et il y avait deux pour cent d'abstentions.

Considérant les points majoritairement exprimés dans le vote des collectifs locaux, Ensemble appelle à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Ensemble fera campagne dans un cadre commun, large et pluraliste, intégrant toutes les forces qui soutiennent cette candidature.

Ensemble fera cette proposition notamment au mouvement de la France Insoumise, au Front Commun et, s'ils décident de soutenir Jean-Luc Mélenchon, au Parti Communiste Français (PCF) et à des courants écologistes.

Ensemble se battra pour construire des candidatures unitaires aux élections législatives partout où c'est possible rassemblant le mouvement de la France Insoumise, le PCF, Europe Ecologie Les Verts (EELV), des socialistes en rupture, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), des forces sociales et des groupes citoyens qui s'opposent à la droite et à l'extrême-droite et qui veulent une politique de gauche en opposition à la politique du gouvernement de François Hollande. Nous chercherons à éviter la division mortifère de la gauche de transformation sociale et écologiste.

Ensemble poursuit une démarche de rassemblement unitaire et citoyen, notamment dans le cadre de l'appel des cent.

Ensemble développera un projet politique en insistant sur le rôle primordial du mouvement populaire pour changer la société et sur les ruptures nécessaires avec le système capitaliste.

A l’issue de cette phase de débat qui a traversé notre mouvement sur les échéances de 2017, il est essentiel de se rassembler pour développer ces objectifs, ce qui implique également de respecter la position des camarades qui ne partagent pas ce choix concernant les élections présidentielles.

Le prochain collectif national qui se réunira au début de l'année 2017 fera le point sur les avancées de ces différents objectifs.

 

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