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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 20:08

http://www.kedistan.net/2016/10/05/accord-ue-turquie-reprend

L’accord entre l'Union Européenne et la Turquie reprend, malgré la démocrature turque

Par Daniel Fleury

Mercredi 5 Octobre 2016

Alors que la répression et les purges s’intensifient en Turquie, que les médias sont réduits au silence et que les forces armées turques se sont vues accorder un permis d’invasion du nord de la Syrie, l’accord entre la Turquie et l'Union Européenne sur les migrants suit son cours.

La Turquie est un pays sûr, respectueux des règles internationales, à qui l’on peut confier la protection et l’assistance aux migrants, c’est bien connu.

Et pourtant, le gouvernement d'Alexis Tsipras a permis le renvoi de l’île de Lesbos à Dikili en Turquie d’un groupe de cinquante cinq demandeurs d’asile, en majorité des pakistanais et des algériens, dans le cadre de l’accord. Parmi ce groupe, figurent les premiers trente sept demandeurs d’asile déboutés en deuxième instance par les autorités du service grec d’asile. Et ce ne seront pas les derniers, si on en croit le gouvernement devenu désormais très pro-européen, sur cet accord. Les seuls inquiétudes actuelles pour Alexis Tsipras semblent être le vote récent renouvelant les autorisations d’interventions extérieures de la Turquie, qui concernent également le voisin chypriote.

Le coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016 en Turquie avait incité à quelque prudence et la première vague de purge engagée par le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) avait interrogé sur la volonté de Recep Tayyip Erdogan de poursuivre le deal, tant il semblait occupé à fournir d’éventuels demandeurs d’asile supplémentaires, turcs et kurdes cette fois. Les interdictions de quitter le territoire qui ont accompagné ces purges ont du rassurer l’Union Européenne, puisque les échanges de bons procédés reprennent.

Le 8 septembre 2016, les autorités grecques avaient déjà renvoyé en Turquie cinq demandeurs d’asile déboutés en première instance, sans attente de recours éventuel.

Ce sont environ cinq cent migrants dont la plupart n’avait pas demandé l’asile en Grèce ou avaient retiré leurs demandes, qui ont été renvoyés depuis la signature de l’accord. Le gouvernement d’Alexis Tsipras s’étant engagée à un examen individuel des demandes d’asile, les renvois massifs avaient été retardés par les procédures, puisque même les migrants arrivés après le 20 mars 2016, date fatidique, avaient en partie déposé des dossiers, bien qu’ils ne veuillent pas rester en Grèce.

« Si la procédure d’examen d’asile s’accélère », les renvois vont s’intensifier, et nous ne voyons pas ce qui pourrait empêcher cette accélération, la démocrature turque semblant convenir pour y renvoyer des personnes en état de détresse absolue. Ainsi va l’humanité européenne, à l’encontre de la misère du monde. En profiter d’accord, accueillir les effets secondaires, là, cela coince. Hier avec un Mouammar Kadhafi, aujourd’hui avec Recep Tayyip Erdogan, tous les pouvoirs forts sont considérés efficaces pour débarrasser l’Europe de ses problèmes, pour peu qu’on s’entende sur les contreparties.

Cette politique migratoire européenne, faite de renoncements devant les mouvements xénophobes identitaires qui se développent, prouve tellement son efficacité qu’en effet, elle a endigué le flux migratoire en Europe via la Turquie, mais que la route s’est désormais re-déplacée entre la Libye, l’Egypte et l’Italie. Des arrivées par milliers ces derniers jours, avec le lot de noyés en mer, des hommes, des femmes et surtout des enfants, sont le fruit de cette politique de déplacement du problème.

Pour chaque syrien renvoyé, un syrien doit être relocalisé en Europe, prévoit également l’accord. Ce qui ressemble bigrement à un troc de migrants, rappelons-le, en totale détresse, au moment où Alep meurt sous les bombes et le nord de la Syrie est envahi par Recep Tayyip Erdogan. La Grèce n’a fort heureusement renvoyé jusqu’ici en Turquie aucun demandeur d’asile syrien. Mais l’accélération voulue par le gouvernement d’Alexis Tsipras peut le faire craindre.

La seule chose qui peut ralentir, c’est la rupture de l’accord par Recep Tayyip Erdogan, qui réclame toujours ses milliards d’euros et l’exemption de visas pour les turcs dans l’espace Schengen, tout comme l’établissement de sa fameuse zone tampon au nord de la Syrie, où il envisagerait de relocaliser les réfugiés.

Inutile de dire que pour toutes ces négociations, chacun oublie volontairement qu’il s’agit de vies humaines, de destins brisés et, pire, de jeunes générations sacrifiées pour qui l’Europe et les états du Moyen-Orient apparaîtront comme les assassins de leurs parents et de leurs familles à très court terme.

Nous trouverions également que ce serait faire preuve d’une réelle solidarité transnationale et d’un peu d’intelligence politique que de ne pas faire en Europe de campagnes d’aides séparées pour l’aide au peuple grec d’un côté et l’aide aux migrants en Grèce de l’autre côté.

Sur place, les activistes grecs, suivis en cela par une bonne partie des milieux populaires, ne font pas de différence. Ils se considèrent tous comme luttant ensemble contre la politique austéritaire et xénophobe de l’Union Européenne. Ainsi, dispensaires autogérés, lieux de culture et d’accueil sont partagés.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 19:44

http://www.cdkf.fr/2016/10/07/liberte-pour-ocalan

Liberté pour Abdullah Öcalan

Vendredi 7 Octobre 2016

Fin à l’isolement dans la prison d’Imrali

Le 9 Octobre 1998, suite à une entente Internationale planifiée, le leader kurde Abdullah Öcalan a été contraint de quitter la capitale de la Syrie.

Quelques mois plus tard, le 15 février 1999, il sera enlevé au Kenya et livré à la Turquie, après avoir tenté en vain de trouver asile en Europe.

Le leader du peuple kurde Abdullah Öcalan n’est pas seulement une personnalité politique et un leader de mouvement de libération, mais avant tout un penseur et un philosophe contemporain qui continue à lutter pour la libération d’un peuple et la démocratisation du Moyen Orient, dans des conditions carcérales extrêmement dures. L’isolement auquel il est soumis systématiquement depuis son incarcération est directement liée à la situation conjoncturelle de la région et aux intérêts politico-économiques des forces hégémoniques qui tentent d’actualiser la convention de Lausanne de 1923 au centième anniversaire de la convention entre Mark Sykes et François Georges Picot qui renforça l’influence du Royaume Uni et de la France au Kurdistan.

Abdullah Öcalan est le seul acteur au Moyen Orient à proposer un projet sérieux pour la démocratisation de la région qui est actuellement au cœur d’une crise présageant une troisième guerre mondiale. Pendant ces dix huit ans d’incarcération, il a rédigé plusieurs œuvres analysant la situation géo politique de la région et développé une nouvelle perspective consistant dans l’instauration d’un confédéralisme démocratique, système qui est mis en œuvre au Rojava, le Kurdistan syrien, depuis plus de quatre ans maintenant. Ce système d’autonomie démocratique porte des valeurs fortes telles que l’égalité, le consensus collectif entre tous les groupes ethniques et religieux de la région et la parité entre les hommes et les femmes dans la représentation politique. Le Rojava mène un combat historique contre l’organisation Etat Islamique.

Après la tentative de putsch du Vendredi 15 Juillet 2016 en Turquie, le gouvernement du parti de la justice et du développement (AKP) a clairement réaffirmé son opposition à la reprise des négociations avec le leader du peuple kurde Abdullah Öcalan. L'état d’urgence décrété dans la foulée du putsch raté était déjà en place depuis longtemps au Kurdistan de Turquie, notamment à Cizre, Sur, Nusaybin et Silopi, où des centaines de civils ont péri suite aux attaques génocidaires de l’armée turque. Les corps des personnes tuées dans ces attaques, notamment des femmes âgées, sont restés des jours entiers dans la rue sans que leurs proches ne puissent les récupérer. Des femmes ont été dénudées en public avant d’être exécutées. Le but de ces offensives et de ces massacres était d’empêcher la mise en place du système d’autogestion proclamé par la population.

Au dix huitième anniversaire du complot international qui mena à l’incarcération de notre leader Abdullah Öcalan, nous réclamons encore une fois sa libération.

Nous demandons à toutes les instances internationales de faire pression sur la Turquie pour que cesse immédiatement cet isolement total du leader du peuple kurde Abdullah Öcalan.

Mouvement des Femmes Kurdes en France

Conseil Démocratique Kurde en France

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 19:19

http://www.alternatifs44.com/2016/10/au-lieu-de-sautodetruire-la-gauche.html

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/10/04/presidentielle-il-reste-une-petite-chance-a-la-gauche-pour-faire-la-difference_5007748_3232.html

Il reste une petite chance à la gauche pour faire la différence

Par Christian Laval et Michèle Riot-Sarcey

Mardi 4 Octobre 2016

Au temps du massacre du peuple syrien, face aux morts par centaines de ces derniers mois en Méditerranée, pendant le scandale du mur de Calais, à l’écoute des catastrophes répétées au Bangladesh dans les ateliers de textiles dont les grands groupes prestigieux occidentaux portent en large part de responsabilité, au présent de l’affaire Alstom, du procès de ce pitoyable Jérôme Cahuzac et de l’affaire Bygmalion, cette liste infinie de drames et de scandales nous oblige à nous poser une question simple, que pouvons-nous espérer ?

En ce temps défait et éclaté, où les mots les plus usités perdent leur sens, dans un espace fragmenté et concurrentiel où chacun ne voit plus l’autre que sous la figure d’un rival menaçant, le plus extraordinaire et le plus intolérable, c’est que nos représentants, totalement coupés du monde social, deviennent encore plus autistes à l’approche d’une campagne électorale qui incite aux délires les plus inattendus.

Le temps sortirait-il de ses gonds ? Sommes-nous vraiment les contemporains de nos représentants politiques ? Sont-ils d’ailleurs eux-mêmes les contemporains de ces hommes et de ces femmes qui chaque jour doivent lutter pour leur propre survie ? Sont-ils à l’écoute de ce qui se passe autour d’eux, autour de nous ?

Catastrophe annoncée

Comment osent-ils parler de démocratie quand il faudrait avant tout tenir compte de ce qui est crié ou écrit sous toutes les formes de l’expression critique à distance du pouvoir en place ? Une masse croissante d’individus parfaitement conscients de la catastrophe qui s’annonce, catastrophe humaine et écologique, s’époumonent en vain, sans parvenir à ébranler la certitude affichée et dérisoire de représentants qui ne les représentent pas.

Que lesdits représentants de la droite s’ingénient à regarder la réalité de leurs contemporains à la lueur de leurs fantasmes et que l’extrême droite se délecte du délitement des consciences en faisant croire à son adhésion à la démocratie, rien de surprenant, mais que ces dits représentants osent parler en notre nom, cela est proprement hallucinant.

Et que devient la gauche dans tout cela ?

Que faut-il en attendre ? Rien de la gauche gouvernementale, elle s’est auto anéantie pendant cinq ans. Il subsiste bien sûr la galerie des frondeurs restés au Parti Socialiste. Quelles initiatives ceux-ci ont-ils prises ? Quelle alternative politique ont ils proposé à tous ceux qui, ces derniers mois, ont exprimé leur rejet de la loi travail et leur lassitude du macronisme ? Quelle espérance d’émancipation renouvelée offrent-ils aujourd’hui ? Et comment osent-ils se présenter à tour de rôle, seuls, au nom d’un peuple qu’ils ne connaissent guère à force d’avoir fréquenté les couloirs et les allées de l’Elysée ?

Responsabilité immense

La gauche de la gauche, comme il est convenu de l’appeler, ne semble pas plus avertie ni plus lucide que les autres représentants élus. Certes, elle promet, pour plus tard, de changer les règles du dispositif de délégation de pouvoir dont personne ne veut plus mais, en attendant, lorsqu’il s’agit de désigner ses candidats, rien ne change, les egos de personnes et les égoïsmes de parti s’imposent. C’est à qui s’auto proclamera égotiquement le seul représentant de tous parce qu’il est naturellement le meilleur.

Il faut cesser ces petits jeux suicidaires entre amis. Il est encore temps. La gauche dite radicale ou critique a perdu plus de dix ans à s’auto détruire alors que la colère était partout, que le néo libéralisme montrait ses conséquences désastreuses et que, pour d’importantes fractions des classes populaires, la gauche n’était pas encore synonyme de renoncement et de lâcheté devant les puissants.

Oui, cette gauche-là, la gauche dont nous nous revendiquons, a été incapable de se constituer en force démocratiquement organisée, prisonnière des vieux schémas des partis d’avant-garde, des arrangements électoraux à géométrie variable et des sauveurs suprêmes. Elle a logiquement laissé place au découragement et au Front National. Oui, elle porte une responsabilité immense dans le désastre politique. Et cela suffit.

Il existe un mouvement social, des syndicats qui font leur œuvre de syndicats, des initiatives collectives de toutes sortes et un foisonnement d’associations locales que nous avons rencontrées partout. Cette nébuleuse démocratique pratique la mise en commun des énergies et des idées et elle reformule l’avenir possible en renouant avec les utopies d’hier. Cette mouvance ne se sent plus représentée par les appareils, petits ou grands.

La déconnexion entre l’activité démocratique à la base et le jeu des organisations politiques s’accroît. Le mouvement des Nuits Debout en est la plus manifeste des expressions créatrices.

Oui, il faut faire de la politique autrement, pour qu’elle soit l’affaire de tous. Pourquoi ne pas repartir de la base, c’est-à-dire du commencement ? Avant de parler au nom des insoumis ou tout simplement des mécontents, avant que chaque organisation ne désigne son candidat ou ne décide de soutenir untel ou untel, pourquoi ne pas mettre en œuvre, tous ensemble, avec la mobilisation de toutes les organisations, l’élaboration d’un programme unique de la gauche critique à partir d’une réflexion construite collectivement ?

Ce fut en juin 2016 l’idée des assemblées de citoyens, qui a échoué parce qu’elle était isolée. Mais si toutes les composantes de cette gauche parvenaient in extremis à s’entendre sur un tel processus, il est certain qu’il aboutirait. Oui, nous espérons, malgré tout, que ceux qui se réfèrent sans cesse au peuple, à la démocratie et à la république, mettent enfin en pratique les fondements de la liberté collective.

Oui, nous disons qu’il y a encore une toute petite chance pour que cette gauche qui se dit différente fasse réellement la preuve de sa différence. Faute de quoi elle risque d’être engloutie dans les ténèbres des années qui nous attendent.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 16:14

http://www.regards.fr/web/article/ensemble-ou-presque

Ensemble ou presque

Par Pierre Jacquemain

Jeudi 6 Octobre 2016

Partie prenante du Front De Gauche (FDG), Ensemble prône le rassemblement pour les élections présidentielles de 2017, mais se heurte à l’éparpillement des forces au sein de la gauche radicale. Et entre ralliement à Jean Luc Mélenchon ou position d’attente, les militants sont divisés.

Dans la galaxie de la gauche de la gauche, Ensemble, composante du FDG, fait figure d’exception. Ce petit mouvement qui revendique presqu’autant de militants et d’adhérents qu’Europe Ecologie Les Verts (EELV) ou le Parti de Gauche aurait pu faire émerger, lui aussi, une candidature pour rassembler en vue de l’échéance présidentielle. Que nenni, le week-end dernier, alors que se tenait le comité national du mouvement, de nombreux débats ont eu lieu, sans fixer pour le moment une ligne claire, et pour cause.

Alors que le mouvement est unifié sur la stratégie de large rassemblement de la gauche de transformation sociale et écologiste, la situation politique d’atomisation des forces qu’Ensemble voulait rassembler rend la tâche stratégique plus complexe. Jean-Luc Mélenchon est candidat, en campagne, et s’est installé dans le paysage politique comme leader de la gauche d’alternative. Le Parti Communiste Français (PCF) ne suit pas pour autant, mais ne tranche rien pour l’instant. Quant aux frondeurs, ils sont embarqués dans la primaire du Parti Socialiste. Et EELV fait bande à part avec sa primaire. Comment alors faire l’unité sans partenaires ? Quelle stratégie adopter pour les élections présidentielles dans ce contexte ?

La quête d’une alternative majoritaire à gauche

Les militants d’Ensemble cherchent toujours et encore la voie. Il y a ceux qui souhaitent rallier tout de go et sans préalable la candidature de Jean-Luc Mélenchon, nombreux parmi eux ont d’ailleurs déjà rejoint les insoumis. Il y a ceux qui plaident pour un soutien à Jean Luc Mélenchon, mais loin de toute logique de ralliement et en plaidant en faveur d’un cadre de campagne unitaire, position notamment défendue en interne par Clémentine Autain. Il y a ceux encore qui pensent qu’il est urgent d’attendre avant de faire un choix, comprendre urgent d’attendre la ligne qui sera fixée par le PCF, tout en attendant un signe d’ouverture, espéré, sinon attendu, de Jean Luc Mélenchon.

Il y a enfin ceux qui ne veulent pas entendre parler des élections présidentielles du mois de mai 2017.

La force d’Ensemble tient précisément dans sa volonté de rassembler ceux et celles qui, à gauche, s’opposent à la politique du gouvernement. Un rassemblement, non seulement pour porter une alternative de transformation sociale et écologique, mais aussi pour être majoritaire à gauche. « Quelles que soient les options qui seront privilégiées, malgré les divergences, le comité national doit porter ce message de rassemblement. C’est notre ADN et nous devons le préserver, c’est notre force. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre en danger notre mouvement », insiste Myriam Martin, l’une des porte-parole d’Ensemble qui ajoute que « nous sommes les garants de l’unité nécessaire ».

Pour autant, elle n’apparait pas hostile à l’idée d’un soutien à Jean-Luc Mélenchon. D’ailleurs, dit-elle, « même s’il y aurait pu y avoir d’autres personnalités légitimes, je ne vois pas aujourd’hui quelle autre candidature nous pourrions soutenir. Mais il faut créer les conditions d’un large rassemblement autour de lui. Et pour cela, Jean-Luc Mélenchon doit s’ouvrir et tenir compte des sensibilités de chacun, ce qui a fait notre force en 2012 ».

Échapper au piège de la présidentielle

Même son de cloche pour ceux qui considèrent qu’il est urgent d’attendre.

L’enjeu, ce n’est pas nécessairement 2017, mais ce qui se passera au-delà de cette échéance, à gauche. Pour Roland Merieux, membre de l’Equipe d’Animation Nationale (EAN) d’Ensemble, « nous ne pouvons pas nous dédouaner de la question des élections présidentielles. Mais il faut bien reconnaitre que c’est un piège pour nous. Nous devons rassembler ceux qui se sont mobilisés contre la loi travail ou sur la déchéance de la nationalité et leur proposer un programme d’urgence sur la base de l’appel des cent ».

Et de poursuivre, « à la fin du mois de décembre 2016 ou au début du mois de janvier 2017, peut-être que nous devrons faire un choix, mais aujourd’hui, l’enjeu face à la catastrophe qui s’annonce avec la division et la multiplication des candidatures, c’est de tout faire pour que nous ayons un unique candidat face au camp gouvernemental qui se dit de gauche ». Roland Merieux n’exclut pas non plus que ce candidat puisse être Jean-Luc Mélenchon, mais un débat sérieux sur le fond et la forme de la campagne doit très vite s’engager, « l’objectif visé reste celui d’une candidature unitaire de rupture avec le social-libéralisme », ajoute-t-il.

Parce qu’au-delà de la pure stratégie, sur le fond, Jean Luc Mélenchon ne fait pas l’unanimité. Ces derniers temps, il en a même agacé plus d’un, « sur les travailleurs détachés, les migrants, le souverainisme, le populisme de gauche, l’Ukraine et Vladimir Poutine, nous ne sommes plus sur la même ligne qu’en 2012. Je ne dis pas qu’il a jeté à l’eau le programme de l’humain d’abord, mais il propose aujourd’hui un projet de refondation du mouvement progressiste qui n’est pas le nôtre », poursuit Francis Sitel, membre d’Ensemble.

En attendant Jean Luc Mélenchon

Enfin, pour Raphaël Qnouch, signataire de l’appel des militants d’Ensemble soutenant la candidature de Jean-Luc Mélenchon, pas de doute, « l’heure n’est plus à attendre et à tergiverser, mais à agir et rassembler dans la clarté. Une élection primaire de toute la gauche est une impasse pour notre camp, car nous n’avons rien de commun avec Manuel Valls, Emmanuel Macron ou François Hollande. A contrario, la candidature de Jean Luc Mélenchon est un premier pas concret pour rassembler tous ceux qui ne se résignent pas ».

Une position que de nombreux autres adhérents considèrent un peu précipitée, « nous ne sommes pas là pour adouber les uns ou les autres, nous sommes là pour construire une dynamique à vocation majoritaire », insiste Francis Sitel. Si le rôle d’Ensemble « reste modeste » selon Myriam Martin, « la décision qui sera prise par les militants appelés à voter dans les semaines qui viennent aura un impact important sur l’ensemble des sympathisants de notre gauche ».

Parallèlement, le 15 octobre 2016, les insoumis seront réunis à Lille pour leur convention nationale de la France Insoumise. Il y sera notamment question du projet politique. Jean-Luc Mélenchon y prononcera un discours très attendu par ses anciens et ses futurs alliés. Parmi eux, nombreux croisent les doigts pour qu’il donne enfin des signes d’apaisement et d’ouverture en faveur de ses partenaires historiques.

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:16

http://french.palinfo.com/site/pages/details.aspx?itemid=49558

Les militantes du navire Zaytouna arrêtées en attente d'être expulsées (Centre Palestinien d'Information)

Des sources sionistes ont déclaré que le navire de solidarité Zaytouna, qui était sur son chemin pour briser le siège contre la bande de Gaza, est arrivé Jeudi 6 Octobre 2016 à l'aube au port d'Ashdod, après avoir été embarqué par les pirates de l'occupation israélienne.

Les sources ont indiqué que les militantes seront interrogées par les autorités d'occupation, puis expulsées par l'aéroport Ben-Gourion. Leurs noms seront inscrits sur la liste noire interdisant l'entrée en Israël ou dans les territoires palestiniens, par le passage Allenby.

La marine israélienne a intercepté Mercredi 5 Octobre 2016 le navire Zaytouna avec à son bord des militantes internationales qui avaient pour objectif de briser le blocus maritime inhumain et injuste qui perdure depuis plus de dix ans, par solidarité avec la population de la bande de Gaza.

Les pirates israéliens ont acheminé le navire humanitaire vers le port militaire d'Ashdod et les militantes ont été arrêtées et seront placées en garde à vue, selon les sources sionistes, puis seront expulsées et interdites d'entrer en Israël.

La radio israélienne a rapporté que le navire a été intercepté Jeudi 6 Octobre 2016 à l'aube quand il était à une distance de trente cinq miles des côtes d'Israël.

Les pirates de l'occupation israélienne n'autorisent jamais l'accès des navires à la bande de Gaza, à l'instar du navire turc Mavi Marmara qui avait été intercepté et violemment agressé, au mois de mai 2010, en tuant onze turcs et en blessant d'autres. En 2014 , les marines sionistes ont intercepté le navire Marianne à bord duquel se trouvait l'ancien président tunisien Moncef Marzouki et l'ancien député du parti de l'alliance démocratique nationale dans les territoires palestiniens, Basil Ghattas.

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6 octobre 2016 4 06 /10 /octobre /2016 20:05

http://www.europalestine.com/spip.php?article12308

La courageuse armada israélienne a vaincu les treize femmes désarmées a bord du Zaytouna-Oliva

Jeudi 6 Octobre 2016

Leur bateau a été intercepté par Israël avant d’arriver au port de Gaza où il était attendu. Que croyaient ces femmes ? Que l’on peut entrer dans un camp de concentration ? Ou que nos gouvernements et l'Organisation des Nations Unies (ONU) auraient honte et interviendraient pour qu’elles puissent rencontrer les femmes de Gaza ?

Pour faire bonne mesure, Israël a en même temps bombardé Gaza une fois de plus, violant une fois de plus le cessez le feu, dont nous n'osons même plus prononcer le mot.

Les treize femmes exigent d ’être libérées et que leur bateau, kidnappé dans les eaux internationales, à quarante miles de Gaza, leur soit rendu.

Elles ont toutes affirmé qu’elles ne baisseraient pas les bras et continueraient à lutter pour la levée de ce blocus barbare.

Elles lancent un appel à ce que le monde entier mette la pression sur ses dirigeants.

Nous les remercions pour leur courage et leur détermination à faire en sorte que dix ans d’enfermement de deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants privés de tout, ne finissent pas par être banalisés.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 19:59

http://www.cdkf.fr/2016/10/05/arret-de-la-diffusion-de-la-chaine-de-television-kurde-med-nuce-par-le-groupe-francais-eutelsat

Arrêt de la diffusion de la chaîne de télévision kurde Med Nûçe par le groupe français Eutelsat

Les travailleurs de Med Nûçe tiendront une conférence de presse Jeudi 6 Octobre 2016, à 11 heures, devant le siège d’Eutelsat, 70 rue Balard 75015 Paris

Le groupe français Eutelsat a mis fin Lundi 3 Octobre 2016 à la diffusion de la chaîne de télévision kurde Med Nûçe créée en 2013, par une décision scandaleuse et illégale dictée par la Turquie. Eutelsat a envoyé un premier mail aux distributeurs Jeudi 29 Septembre 2016 pour demander l’arrêt de la diffusion de Med Nuçe auprès des distributeurs, alors qu’aucune enquête ni aucun procès n’était engagé contre cette chaîne.

Dimanche 2 Octobre 2016, un deuxième courriel exigeait la fin de la diffusion Lundi 3 Octobre 2016, à 10 heures, ce à quoi les distributeurs se sont pliés. Le procédé employé par Eutelsat pour mettre fin à la diffusion de la chaîne de télévision kurde est en tout similaire aux mesures répressives et arbitraires prises par les autorités turques contre les médias.

La chaîne Med Nuçe diffusée par le satellite Hot Bird est l’une des rares sources d’informations indépendantes et alternatives dans un pays comme la Turquie où la majorité des médias sont sous le contrôle de l'état. L’ordre de la suspension de la chaîne est intervenu le même jour que la fermeture de plus de vingt chaînes de télévision et stations de radio en Turquie. Parmi ces chaînes, figuraient notamment Zarok Télévision, une chaîne pour enfants, Télévision 10, qui s’adresse notamment à la communauté alévie, Jiyan Télévision dont le but est de promouvoir le kirmancki, dialecte kurde en danger, e Hayat Télévision qui se concentre sur les conditions de travail et la lutte des ouvriers. Non seulement la diffusion de ces chaînes a été suspendu, mais leurs locaux ont également été mis sous scellés par les autorités turques.

Au lendemain de l’interruption de la diffusion de Med Nûçe, la police turque a investi le siège d'IMC Télévision, une des principales chaînes de télévision kurde, située à Istanbul, avant de mettre fin à sa diffusion. La chaîne IMC Télévision est très connue pour sa position pluraliste et sa ligne éditoriale indépendante et alternative.

En suspendant la diffusion de Med Nuçe, Eutelsat soutient objectivement les atteintes sans précédent aux libertés de presse et d’expression en Turquie. Car Med Nuçe était l’une des dernières voies d’expression pour les kurdes ainsi que pour des pans importants de la société dont les féministes, les écologistes, les syndicalistes, les anticapitalistes et les Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transgenres et Intersexués (LGBTI).

Depuis la tentative de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016, la situation des droits humains en Turquie se dégrade dangereusement. Ce coup d'état n’a pas abouti, mais il n’empêche que les kurdes et l’opposition démocratique sont victimes d’un coup d'état continu. La répression contre les médias et les oppositions quelles qu’elles soient a atteint un niveau sans précédent. L'état d’urgence instauré au lendemain de la tentative de coup d'état est constamment prolongé, les journaux kurdes sont interdits, les journalistes, les intellectuels et les universitaires sont emprisonnés, les mairies kurdes sont mises sous tutelle administrative, les villes kurdes sont détruites et les députés kurdes sont privés de leur immunité parlementaire et menacés d’arrestation.

À ce jour, plus de quatre vingt dix journalistes sont détenus, ce qui fait de la Turquie, selon la plate forme de soutien aux journalistes emprisonnés, la plus grande prison au monde pour les journalistes. La Turquie est classée par Reporters Sans Frontières (RSF) au cent cinquante et unième rang sur cent quatre vingt pays au classement mondial de la liberté de la presse. Il ne se passe pas un jour sans arrestation de masse. Des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées depuis le Jeudi 14 Juillet 2016, du fait d’une guerre de pouvoir entre le président Recep Tayyip Erdogan et son ancien allié Fethullah Gulen. Mais une guerre impitoyable avait déjà été lancée en 2015 dans la région kurde, se soldant par la destruction totale par l’armée turque de plusieurs villes et la mort de centaines de civils, dont des femmes et des enfants. Med Nûçe était aussi l’un des rares médias à rapporter les crimes commis par l’armée dans la région kurde.

Les organisations des droits humains craignent depuis longtemps l’instauration d’un régime fasciste par Recep Tayyip Erdogan. Les kurdes et les médias kurdes restent toujours la première cible de ce régime. Les pays européens restent aussi les principales sources d’encouragement pour le régime de Recep Tayyip Erdogan.

L’interruption de la diffusion de Med Nuçe est avant tout une honte pour l’Europe, mais aussi un acte grave qui peut être considéré comme un signal de soutien à la politique répressive de la Turquie. Rappelons aussi que les médias kurdes et alternatifs jouent un rôle très important dans un contexte où l'Etat Islamique continue d’être un danger pour toute l’humanité. Med Nuçe a permis de démasquer la complicité entre les autorités turques et cette organisation. De ce fait, Eutelsat devient également un allié objectif de l'Etat Islamique.

Des questions légitimes se posent aujourd’hui.

Le groupe français Eutelsat se conforme-t-il aux lois européennes ?

La demande du conseil supérieur de l’audiovisuel en Turquie peut-elle justifier la suspension d’une chaîne de télévision qui diffuse depuis l’Europe ?

Rappelons que cette instance chargée de la régulation et de la surveillance du secteur audiovisuel est l’instrument de censure et de répression utilisé par le régime turc contre les médias.

En agissant contre Med Nûçe, le groupe Eutelsat veut-il marquer son soutien au régime de Recep Tayyip Erdogan ?

Cette mesure ne rend-elle pas Eutelsat complice de la répression contre les médias en Turquie ?

En tant que travailleurs de Med Nuçe, nous condamnons fermement l’arrêt illicite et inacceptable de la diffusion de notre chaîne de télévision.

Et nous envoyons un message clair à tous ceux qui veulent réduire au silence les médias kurdes et indépendants. Vous ne parviendrez jamais à nous faire taire, nous continuerons à vous déranger en dénonçant les injustices, en défendant les libertés d’expression et de la presse et en soutenant avec une détermination sans faille la pluralité dans la démocratie. Nous appelons surtout les médias français et européens à prendre une position claire et forte contre les injustices visant la liberté de la presse, car cette liberté est depuis longtemps menacée en Europe également. Cette prise de position est plus que nécessaire pour défendre le droit d’exercer librement le métier de journaliste. Demain, il sera peut-être trop tard pour tout le monde et pas seulement pour les médias.

Nous appelons aussi les institutions européennes, notamment le parlement européen, à prendre leurs responsabilités et faire pression sur la Turquie en exigeant le respect des droits fondamentaux. Les déclarations de bonne volonté et les appels au respect ne suffisent plus, nous attendons des actes de la part des dirigeants européens.

Les travailleurs de Med Nuçe Télévision

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 19:27

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/29/avec-corbyn-le-labour-voit-rouge_1514983

Avec Jeremy Corbyn, le parti travailliste britannique voit rouge

Par Sonia Delesalle-Stolper, envoyée spéciale de Libération à Liverpool

Jeudi 29 Septembre 2016

La réélection de Jeremy Corbyn à la tête du plus gros parti d’Europe, grâce notamment aux voix des jeunes, oblige les travaillistes à composer entre centristes et tenants d’une ligne plus à gauche.

C’est une messe, la célébration d’un culte. La liturgie est enflammée, les orateurs écarlates et les fidèles en extase. « Jeremy Corbyn, c’est vous, c’est nous et, pour la première fois, ensemble, nous pouvons changer le monde », s’époumone Ian Hodson, président du syndicat des boulangers, Bakers, Food and Allied Workers Union. Dans cette ancienne église de Liverpool transformée en centre artistique, la ferveur est palpable. « C’est le moment politique le plus excitant de toute ma vie », murmure Alexander Connell. Avec plusieurs centaines d’autres convaincus, il assiste religieusement aux débats organisés par Momentum, mouvement né il y a un an pour soutenir la candidature de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste britannique.

Momentum, devenu un élément incontournable de la machine à gagner du leader du parti travailliste réélu triomphalement Samedi 24 Septembre 2016, a organisé un congrès parallèle au congrès annuel officiel du parti travailliste. Il l’a baptisé « festival du monde transformé ».

Chaque jour, de longues files d’attente se forment à l’entrée du centre Black E, à un kilomètre du centre de conférence de Liverpool. Un an après l’élection surprise de Jeremy Corbyn, soixante sept ans, quelques jours après sa large réélection incontestée, avec soixante deux pour cent des voix, le parti travailliste ne sait plus où donner de la tête. Plusieurs mondes parallèles semblent circuler en son sein et ne se croiser que rarement.

Le 6 mai 2015, à la veille des élections qui allaient reconduire le conservateur David Cameron au pouvoir, le parti travailliste comptait deux cent deux mille membres. Au mois de janvier 2016, six mois après l’élection de Jeremy Corbyn, il rassemblait trois cent quatre vingt huit mille quatre cent membres. Aujourd’hui, ils sont cinq cent cinquante mille. Et l’objectif avoué est d’atteindre le million. Le parti travailliste est désormais, en nombre d’adhérents, le plus grand parti politique d’Europe. En 1997, au plus fort de la Blairmania, il comptait quatre cent cinq mille membres. Et pourtant, cent soixante douze des deux cent trente députés travaillistes n’accordent pas leur confiance au chef de leur parti. Comment réconcilier cette incohérence ? Alex Connell, trente et un ans, chercheur en philosophie, ne s’est pas rendu dans le grand centre du congrès officiel, sur les magnifiques quais rénovés du port de Liverpool. « Dégoûté par le New Labour de Tony Blair », il n’est revenu à la politique que « l’an dernier, pour la première élection de Jeremy Corbyn, il m’a redonné envie d’y croire ». Au festival de Momentum, il se sent bien. Dans la grande salle à la lumière tamisée, les murs sont décorés de tentures à la gloire de Jean Charles de Menezes, un jeune brésilien abattu par erreur par la police au lendemain des attentats à Londres en 2005. Sur une table, une série d’ouvrages à la gloire de Karl Marx et de Jeremy Corbyn sont offerts au quidam. Des tasses à thé, dont une affichant un beau rat et le slogan « les conservateurs sont pires que de la vermine », sont aussi en vente.

La foule est très diverse, avec une majorité de jeunes de moins de trente cinq ans, qui n’ont connu que le New Labour centriste de Tony Blair, et de plus âgés, au-dessus des soixante ans, qui se sont sentis oubliés par ce New Labour. La tranche d’âge intermédiaire est nettement moins bien représentée. Les critiques ont qualifié Momentum et ses partisans de « néo trotskistes ». La réalité est plus nuancée. Le mouvement attire et est dirigé par une grosse frange de tenants de l’extrême gauche. Mais les adhérents sont aussi des curieux, des déçus de la politique et des enthousiastes qui rêvent de changer le monde.

« C’est difficile aujourd’hui de trouver une alternative au néo libéralisme, la clé est là et Jeremy Corbyn pourrait être la solution », confie Chris Ward, trente trois ans, qui travaille dans l’éducation et vient seulement de rejoindre Momentum. Voici que s’avance sur scène un héros. John Mac Donnell, bras droit de Jeremy Corbyn, son chancelier de l'échiquier, ministre des finances, dans le cabinet fantôme, est ovationné. « Je suis venu vous dire merci, merci pour tout ce que vous avez fait », dit-il. Certains voient dans John Mac Donnell la véritable force derrière Jeremy Corbyn. Son style abrupt surprend parfois. A la chambre des communes, il a balancé à la figure de George Osborne, l’ancien chancelier de l'échiquier, le petit livre rouge de Mao Tsé Toung. Plus récemment, il a appelé au « lynchage » d’une députée conservatrice et refusé de s’excuser. Mais ce soir, il n’est que compromis et calme. Il reconnaît des « erreurs dans la manière de communiquer de l’équipe de Jeremy Corbyn » et il explique qu'il apprend « sur le tas ». Surtout, il appelle à la réconciliation après un été où le parti travailliste s’est déchiré comme jamais. « Les conditions sont là pour s’unir », dit-il.

Sauf que, à peine parti, les intervenants parlent des « traîtres qui vont le regretter », les députés qui ont refusé de suivre Jeremy Corbyn, et évoquent les purges et les suspensions arbitraires. Les médias sont, eux, vilipendés, accusés, pas totalement à tort, d’avoir toujours critiqué Jeremy Corbyn.

Dans les couloirs du centre de conférence, Phillippa Egerton, artiste peintre de soixante douze ans, est un peu éberluée. « Je ne reconnais personne », explique-t-elle. En fait, elle ne reconnaît plus son parti, « l’atmosphère est franchement schizophrène ». Elle est membre du parti travailliste depuis toujours ou presque, « je distribuais déjà des prospectus pour Harold Wilson », emblème du travaillisme britannique, premier ministre entre 1964 et 1970, puis entre 1974 et 1976.

Aujourd’hui, elle ne sait plus à quel saint se vouer. « L’an dernier, j’ai voté pour Yvette Cooper, une blairiste, comme leader. Cette année, j’ai voté pour Jeremy Corbyn, il faut accepter qu’il soit le leader incontesté », explique-t-elle. « Et puis il est resté proche des ouvriers, des syndicalistes et de ceux qui ont pu se sentir oubliés par les politiques de Tony Blair, de Gordon Brown et des tories évidemment ».

Le problème est que tout le monde n’est pas de son avis. Surtout les députés, eux aussi élus, mais pas uniquement par des membres du parti travailliste. Or, ces députés estiment que Jeremy Corbyn n’est pas forcément intéressé par un retour du parti travailliste au pouvoir mais, à l’instar d’un Bernie Sanders aux Etats-Unis, plus par la construction d’un gigantesque mouvement social d’activistes. Pour eux, les élections se gagnent au centre et le discours très à gauche de Jeremy Corbyn ne pourrait séduire un nombre suffisant des quarante six millions d’électeurs pour ramener le parti travailliste au pouvoir. Pour Sadiq Khan, le nouveau maire de Londres, fort d’un mandat démocratique direct au poids supérieur à celui de Jeremy Corbyn, il a été élu avec un million trois cent mille voix, Jeremy Corbyn avec deux cent cinquante et un mille voix, le changement ne peut intervenir qu’après avoir gagné des élections. Dans son discours, il aura martelé le mot « pouvoir » à trente huit reprises.

Au cours des cinq jours du congrès, les intervenants se sont succédé sans que jamais n’apparaisse une politique et une vision cohérente pour le parti travailliste. Les divergences sont nombreuses, sur le nucléaire, le bilan du New Labour, l’économie et l’immigration. Le Brexit, peut-être le sujet le plus important pour le Royaume-Uni durant les prochaines années, n’a même pas été abordé officiellement. Jeremy Corbyn en a vaguement fait mention dans son discours final. Et il a refusé d’envisager une limite à l’immigration, alors que certains députés évoquent la nécessité de « prendre en compte le sentiment des électeurs ». En revanche, la multitude de débats parallèles sur le Brexit a à chaque fois attiré les foules mais, comme au sein du gouvernement conservateur, la ligne à adopter reste de l’ordre du flou artistique.

Dans son discours de clôture, Jeremy Corbyn a appelé à la « fin de la guerre de tranchées » au sein du parti travailliste. Les députés rebelles se tâtent pour savoir s’ils doivent rentrer dans le rang. La constitution de sa nouvelle équipe, dans les deux prochaines semaines, devrait apporter un début de réponse. Jeremy Corbyn a aussi dit avoir bien l’intention de remporter les futures élections, prévues en 2020. « Je ne vois pas Jeremy Corbyn gagner », conclut pourtant Phillippa Egerton. « Mais en même temps, il y a un an, David Cameron semblait intouchable. Et regardez Donald Trump qui chatouille Hillary Clinton, nous ne savons jamais ».

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:52

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-presidentielle-de-2017-ensemble-consulte-ses-adherent-e-s

Communiqué d'Ensemble sur les élections présidentielles de 2017

Ensemble consulte ses adhérents.

Le collectif national d'Ensemble s'est réuni le Samedi Premier Octobre et le Dimanche 2 Octobre 2016. Il avait pour tâche, entre autres, de poursuivre le débat autour des élections présidentielles ainsi que des élections législatives et de décider des modalités de consultation des adhérents.

Si le débat a montré qu'Ensemble attache une grande importance à la poursuite et au développement du mouvement social, il a démontré aussi qu'il n'y avait pas de consensus, à l'étape actuelle, quant au choix concernant les élections présidentielles.

A l'issue de ses travaux, le débat continue et il a été décidé d’organiser une consultation pour soumettre aux adhérents les différentes positions qui seront actées par la réunion de l'Equipe d'Animation Nationale (EAN) du 22 octobre 2016.

Au cours du débat plusieurs propositions ont été exprimées, ainsi résumées.

Mener dès maintenant la campagne avec Jean Luc Mélenchon dans le cadre de la France Insoumise ou pas, avec une expression autonome sur ce qui nous différencie.

Poursuivre les efforts pour un rassemblement unitaire de toutes les forces opposées à la politique du gouvernement.

Soutenir la candidature de Jean Luc Mélenchon dans un cadre pluraliste et rassemblé dont les modalités sont à définir.

Mais, dans le cadre du débat qui continue, d'autres choix et d'autres positions sont encore possibles.

La consultation annoncée aura lieu entre la fin du mois d'octobre 2016 et le 18 novembre 2016.

Un nouveau collectif national se réunira le 19 novembre 2016.

Il permettra de prendre acte des positions des membres d'Ensemble pour les élections législatives et pour les élections présidentielles.

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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:09

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-de-ensemble-soutien-la-flotille-de-la-liberte-en-route-pour-gaza

Communiqué d'Ensemble

Soutien à la flottille de la liberté en route pour Gaza.

Lundi 3 Octobre 2016

Dans la continuité des flottilles qui depuis 2008 tentent de briser le blocus de Gaza, deux bateaux, le Zaytouna-Oliva et le Amal-Hope, ont à nouveau pris la mer.

Cette flottille, exclusivement féminine, composée entre autres de députées, d'une Prix Nobel de la Paix, d'artistes, de militantes israéliennes, d'une ancienne officière de l'armée américaine et d'écrivaines, est partie de Barcelone pour rallier la Corse puis l'Italie.

Leur but est de briser le blocus bien sûr mais aussi rendre visible aux yeux du monde ses effets dévastateurs et mettre l'accent particulièrement sur la lutte des femmes et leur rôle au sein de la résistance palestinienne.

Après avoir essuyé tempête et avaries, le Zaytouna-Oliva se dirige vers Gaza mais le risque est grand que le bateau soit arraisonné comme ses prédécesseurs dans les jours qui viennent.

Ensemble tient à apporter à ces femmes tout son soutien et renouvelle son exigence de la levée immédiate du blocus de Gaza.

Le rôle des gouvernements européens devrait être d'assurer la sécurité des relations maritimes entre la bande de Gaza, territoire palestinien, et le reste du monde, au lieu de maintenir l'impunité d'Israël dans sa poursuite du blocus inhumain de Gaza et contraire au droit international.

Les gouvernements européens doivent a minima assurer la sécurité de toutes les personnes à bord.

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