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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:11

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/egypte/le-mouvement-ouvrier-egyptien-face-a-une-culbute.html

 

Le mouvement ouvrier égyptien face à une culbute

 

Par Yassin Gaber

 

Des syndicalistes indépendants exigent le renvoi des responsables de la répression

 

Des données statistiques, datant de 2010, indiquent que six Egyptiens sur dix gagnent moins de 3135 francs (CHF) – ou 3333 dollars – par année. Ces données corroborent les résultats d’une enquête faite par l’Egypt’s Information and Decision Support Center(IDSC) qui démontrait que quarante trois pour cent des familles disposent d’un revenu insuffisant pour faire face à leurs besoins sociaux les plus élémentaires. Autrement dit, ils vivent – pour reprendre un indice inadéquat mais «normalisé» par la Banque mondiale – dans une situation de «pauvreté» ou «d’extrême pauvreté».  Pour ce qui est de cette dernière classification, elle renvoie à un revenu de moins de deux dollars par jour. De 1996 à 2005 – derniers chiffres disponibles – deux Egyptiens sur dix «disposaient» d’un revenu inférieur à cette limite de la survie. Pauvreté et relégation sociale fournissent un terreau mis à profit par diverses forces islamistes qui déploient un réseau de structures et d’initiatives caritatives.

 

En même temps, au sein de secteurs de salarié·e·s, des mobilisations, des grèves importantes et un nouveau type d’organisation syndicale s’étaient affirmés antérieurement au 25 janvier 2011, date symbolique marquant le début du «processus révolutionnaire» en Egypte. Ces luttes avaient pris leur essor dans des secteurs tels que: la sidérurgie, les transports, les hôpitaux, le textile, les travailleurs de la zone du Canal de Suez, l’enseignement, l’administration fiscale, etc. Elles portaient souvent sur l’exigence d’augmentation du salaire, tout en mettant en relief des revendications démocratiques.

 

La création de la Fédération égyptienne des syndicats indépendants (EFITU) a marqué une rupture fondamentale avec les structures syndicales mises en place par le régime en 1957, c’est-à-dire la centrale unique ayant pour nom Fédération syndicale égyptienne (ETUF). L’appel à la grève générale lancé par l’EFITU, le 30 janvier 2011 – une grève très suivie – a joué un rôle déterminant dans la chute de Moubarak. L’EFITU, lors de sa conférence officielle de fondation, a demandé la dissolution de l’ETUF et la saisie de ses fonds. Cette conférence se tenait dans les locaux du syndicat des journalistes (voir à propos de la répression contre ces derniers l’article publié le 15 décembre sur ce site: « Egypte : des journalistes dans le viseur des snipers »).

 

Dans le contexte socio-politique présent, le contrôle de certaines associations professionnelles – entre autres dans des secteurs comme celui des médecins ou des pharmaciens – est l’enjeu de batailles politiques dans lesquelles les Frères musulmans mettent à profit une force organisationnelle qu’ils utilisaient déjà, entre autres dans ces milieux, sous le régime de Moubarak. Lorsque s’organisent des forces opposées – comme les «Médecins sans droits» – la prise de contrôle de ces «syndicats» par les Frères musulmans est mise en échec, comme l’illustrent les élections du «syndicat» des médecins d’Alexandrie.

 

Toutefois, pour ce qui a trait aux syndicats plus liés directement à des secteurs de salarié·e·s ayant engagé des luttes d’ampleur, la contre-offensive organisationnelle peut aussi venir des cercles issus de l’ancien régime et ayant des liens avec l’institution qui centralise encore le pouvoir en Egypte: le Conseil suprême des forces armées (CSFA). C’est ce que décrit, ici, Yassin Gaber, en date du 8 décembre 2011 dans Ahramonline. Un point de vue qui mérite d’être porté à la connaissance de nos lecteurs et lectrices, afin qu’ils puissent saisir une facette peu éclairée d’un affrontement social et politique en cours, aux multiples dimensions, qui ne peut être totalement séparé des résultats électoraux. (Rédaction A l’Encontre)

 

Une vague de grèves et d’actions menées par les travailleurs a alimenté et permis le soulèvement de 18 jours en Egypte. Le mouvement ouvrier naissant, prenant peu à peu de l’assurance, a déclaré unilatéralement la création d’une Fédération syndicale indépendante (EFITU) afin de s’opposer à son homologue dirigée par l’Etat. Il a donc engagé des actions visant à démanteler le pouvoir et la structure du syndicat d’Etat (ETUF). Mais, récemment, les travailleurs d’Egypte et les syndicalistes se sont retrouvés à devoir se battre pour préserver ce qu’ils viennent de gagner.

 

En mars 2011, le ministre de la Main-d’œuvre et des Migrations d’Egypte, Ahmed Hassan El-Borai, avait annoncé le droit pour les travailleurs égyptiens d’établir leurs propres syndicats et leurs fédérations, une action saluée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Mais une nouvelle législation syndicale est sur le point d’être introduite par les dirigeants militaires d’Egypte: le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

 

Au mois d’août 2011, en vertu de l’application d’un jugement datant de 2006, la direction de la Fédération syndicale égyptienne (ETUF), dirigée par l’Etat, était dissoute. Cependant, ces avancées ont été freinées par la confiance que le gouvernement continue à accorder à des membres de la vieille garde pour ce qui concerne la mise en place de nouvelles structures. On a ainsi, selon les propos de Hisham Fouad, un membre fondateur du Parti démocratique des travailleurs, une perspective gouvernementale qui est «contre-révolutionnaire et opposée aux avancées des travailleurs». On doit ajouter à cela le refus de consulter directement les syndicalistes indépendants, ce qui constitue, pour lui, la preuve d’une intransigeance plus profonde et démontre le désir du CSFA au pouvoir d’étouffer le mouvement syndical indépendant.

 

La décision prise par l’ancien premier ministre Essam Charaf [ancien ministre des Transports en 2004-2005, puis premier ministre du 3 mars au 7 décembre 2011] de dissoudre la direction de l’ETUF et de geler les avoirs de ce syndicat étatique a constitué un moment fort important pour les syndicalistes indépendants. Mais une réalité donnant à réfléchir a suivi immédiatement. Un Comité de pilotage – composé de syndicalistes indépendants, de syndicalistes liés à l’Etat et de représentants des Frères musulmans – a été chargé d’examiner les affaires financières du syndicat ETUF. Cette direction de facto a commencé par mettre son nez dans des rapports établis par l’Organisation centrale d’audit: des rapports qui font état de centaines d’infractions et d’irrégularités financières liées autant à l’ETUF qu’à d’autres organisations chapeautées par cette centrale officielle.

 

Des syndicalistes dont on s’est aperçu qu’ils étaient impliqués dans des opérations financières illicites étaient censés être déférés devant le procureur général; mais des intérêts bien précis se sont élevés pour bloquer cette voie… Le Comité de pilotage a ainsi été paralysé à cause de sa composition incluant des factions multiples…

 

Une coalition de quatre Fédérations – le syndicat des travailleurs du pétrole, le syndicat des travailleurs des minoteries, le syndicat des travailleurs du transport maritime et celui des transports – a fait grève à la mi-novembre 2011, appelant à la dissolution du Comité de pilotage désigné par le gouvernement. Des membres de cette direction autoproclamée ont essayé, sans succès, d’écarter la tête de ce Comité, à savoir Ahmed Abdel Zahir. C’est un transfuge de la direction dissoute de l’ETUF et un associé de la personne qui était à sa tête auparavant, Hussein Mégaouir. Il y a quelques mois, ce célèbre homme d’affaires avait été accusé d’avoir joué un rôle dans la «Bataille du Chameau», du 2 février 2011 [en attaquant les personnes occupant la Place Tahrir]. [L’ex-trésorier de l’ETUF, Samir Sayad, était devenu le patron d’une des plus grandes entreprises de peinture d’Egypte, jouissant des appuis du clan Moubarak.]

 

Lorsque le ministre El-Borai s’est vu incapable de mettre fin à la grève, il a prononcé la dissolution du Comité de pilotage et l’a remplacé par un autre composé de personnalités de l’ancienne direction, des associés de Mégaouir. «Nous avons régressé. La situation est maintenant exactement la même que lorsqu’il y avait Hussein Mégaouir», affirme Wael Habib, membre de ce Comité de pilotage.

Hisham Fouad pense que pour le CSFA ce changement constitue une réponse à la vague de grèves qui a secoué l’Egypte en septembre 2011. «Le CSFA s’est senti avoir un certain contrôle et pouvoir réprimer le mouvement ouvrier grandissant», affirme Fouad.

 

Après l’imposition d’un nouveau comité de direction de l’ETUF, El-Borai a annoncé, le 28 novembre 2011, que la nouvelle Fédération égyptienne des syndicats indépendants (EFITU) était d’accord de rejoindre l’ETUF, dirigée par l’Etat. Cette déclaration a provoqué beaucoup de bruit et envoyé des signaux selon lesquels le gouvernement ne voulait plus du pluralisme syndical et des libertés syndicales. Bien que confusion et spéculation aient été bon train, il s’avère qu’un tel consensus entre les syndicats indépendants et leurs homologues affiliés à l’Etat n’a jamais existé.

 

«Nous ne nous engagerons par à leurs côtés sur quoi que ce soit. Nous rejetons la notion même d’un syndicat dirigé par l’Etat», a déclaré Fatma Ramadan, membre de la direction de l’EFITU et militante syndicale.

 

Fatma Ramadan a été contrainte de retirer sa candidature pour les élections de l’Assemblée du Peuple (la chambre basse du Parlement), après que les tribunaux administratifs des gouvernorats de Gizeh et de Menoufiya ont refusé d’accepter des candidats ayant reçu leur statut de travailleurs de la part du syndicat indépendant [à côté des listes de partis, existent des listes permettant l’élection – par quota – d’un représentant des «professionnels» et d’un représentant du «bloc ouvrier-paysan»].

 

Selon Fatma Ramadan, l’EFITU a autorisé la candidature de trois cent à quatre cent «ouvriers» pour les élections en trois phases [de décembre 2011 à janvier 2012] de l’Assemblée du Peuple d’Egypte. Parmi eux, on a retiré à environ dix syndicalistes, dont Fatma Ramadan, le droit de participer aux élections en tant que représentant du «bloc ouvrier-paysan».

 

Par un décret du 20 juillet 2011, le CSFA au pouvoir a maintenu en vigueur un système de quotas vieux de 47 ans concernant la représentation des ouvriers et des paysans aux deux chambres du Parlement égyptien. Les syndicalistes sont divisés sur le fait de savoir si ce système de quotas doit être considéré comme relevant d’un reste de l’ancien régime ou s’il doit être revu, corrigé: «Le quota de 50% pour les ouvriers et paysans est fait pour protéger les secteurs dominants: c’est bien de  donner une voix aux démunis, mais lorsque le quota est utilisé pour remplir le parlement d’hommes d’affaires et de techniciens… Qui pensez-vous que ceux-ci vont défendre: eux-mêmes ou les travailleurs?» demande Fatma Ramadan.

 

Saud Omar, un membre du Syndicat des travailleurs de l’Autorité du Canal de Suez et candidat pour les travailleurs à Suez, pense que le quota de 50% doit être maintenu. Mais pour éviter une mauvaise utilisation de ce système, une nouvelle loi devrait être établie afin d’assurer que les représentants élus provenant des rangs des ouvriers défendent ces derniers, véritablement. «Le Parlement ne parle pas vraiment pour le peuple. Les millions de gens qui descendent dans les rues sont la preuve de cela et ils nient le rôle supposé du parlement, mais nous devons encore travailler sur ces schémas politiques», dit-il.

 

Alors que les premières élections post-Moubarak mettront en place ce parlement dont certains observateurs disent qu’il sera le premier parlement légitime depuis les années 1930, sa composition déterminera à un certain degré le cours du mouvement ouvrier.

Les résultats de la première phase révèlent de forts gains électoraux pour le bras armé des Frères musulmans, le Parti de la Justice et de la Liberté (FJP), et pour le parti des salafistes: Al-Nour. Même si deux phases des élections restent à faire [l’article a été écrit avant que commence la deuxième phase, le 14 décembre 2011], beaucoup d’observateurs pensent qu’une prise de pouvoir parlementaire islamiste est maintenant inévitable.

 

Si les islamistes arrivent au pouvoir, le mouvement des travailleurs peut s’attendre à rencontrer certains obstacles. Le FJP a accepté l’opposition du CSFA aux grèves, faisant même un pas de plus lorsqu’il a essayé de forcer la grève des enseignants à prendre fin dans certains gouvernorats, en septembre passé. Le parti Al-Nour a clairement adopté une ligne antigrève, en qualifiant de telles actions d’«indésirables», pour le moment. Le seule liste partisane «libérale» à avoir obtenu des résultats substantiels au premier tour était le Bloc Egyptien [coalition qui inclut le Parti des Egyptien libres, le Parti social-démocrate égyptien et le Parti Al-Tagammou, issu en partie du Parti communiste]. Les Egyptiens Libres – la force dirigeante du Bloc – ont également une position défavorable aux travailleurs. Ils l’ont démontré clairement lorsqu’ils ont, de suite, déclaré leur soutien à la loi antigrève adoptée en juillet 2011 par le CSFA.

 

Quoi qu’il en soit, certains militants syndicaux sont résolus: «Nous ne sommes pas découragés par les élections parlementaires; la bataille pour le parlement est seulement une partie de la bataille. C’est dans la rue que se trouve notre principale bataille. Nous exigeons: le droit de nous syndiquer librement; la suppression de la loi qui criminalise les grèves; l’établissement d’un salaire minimum et maximum; le redémarrage des usines mises à l’arrêt et la réembauche des ouvriers; une augmentation des retraites et une couverture médicale adéquate», déclare Fatma Ramadan.

 

Selon l’avocat du travail et membre des Socialistes Révolutionnaires, Haitham Mohamedein: «Le véritable enjeu se trouve dans la loi.» Spécifiquement, la Loi numéro trente cinq (1976) qui constitue la base des règles ayant trait à la structure et au système des élections de l’ETUF, dirigé par l’Etat, parmi d’autres organisations centrales. La décision de la junte militaire au pouvoir de suspendre le projet de loi –  approuvé par le ministre de la Main-d’œuvre et des Migrations (Al-Borai) et ensuite par le gouvernement de Charaf – est le cœur de l’affaire, pense Mohamedein. Cette législation permettrait, pour la première fois depuis les années 1950, le pluralisme syndical et donnerait la liberté aux ouvriers et aux professionnels de former chacun leurs propres associations et syndicats. Des associations et des syndicats forts constitueraient un défi pour un système qui cultive la corruption, l’oligarchie et l’inégalité sociale.

 

Les Frères musulmans se sont toujours battus pour le contrôle des syndicats et des associations professionnelles, déclare l’avocat du travail. Et ils approcheront la question de l’ETUF de la même manière. «Le FJP veut que la centrale syndicale soit sous leur commandement et ils contrôleront les fédérations par le biais des élections: des élections encadrées par la Loi numéro cinquante trois. Ce n’est pas dans leur intérêt de changer radicalement cette loi. Le mouvement des travailleurs est une source d’anxiété pour les hommes d’affaires comme pour les Frères musulmans. Ils pourraient peut-être chercher à amender la loi, mais ne permettraient pas les mêmes libertés que la loi qui a été suspendue.»

 

(Traduction A l’Encontre)

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 20:57

 

 http://www.atlasinfo.fr/Turquie-Erdogan-recoit-le-leader-du-mouvement-palestinien-Hamas_a24336.html

Turquie: Erdogan reçoit le leader du mouvement palestinien "Hamas"

 

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a reçu, mardi à Ankara, le dirigeant du mouvement palestinien "Hamas", Ismail Haniyeh, en visite en Turquie depuis dimanche dernier.

Selon l'Agence de presse turque "Anatolie", Haniyeh a pris part à une réunion des députés du Parti de la Justice et de Développement (AKP, au pouvoir), avant d'avoir un tête-à-tête avec Erdogan, président de l'AKP.

C'est la deuxième rencontre entre Erdogan et Haniyeh depuis l'arrivée de ce dernier en Turquie dans le cadre d'une première tournée dans la région depuis 2007 (Egypte, Soudan, Qatar, Tunisie et Bahreïn), visant à trouver un "soutien financier" pour la reconstruction de la bande de Gaza.

Le leader du mouvement Hamas s'est entretenu auparavant avec le président de la principale formation d'opposition en Turquie, le Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kaliçdaroglu.

Haniyeh s'est rendu lundi dans le bateau "Mavi Marmara", qui faisait partie de la flottille humanitaire destinée à Gaza et qui avait été attaquée en mai 2010 par l'armée israélienne.

Neuf ressortissants turcs ont perdu la vie sur le "Mavi Marmara" lors du raid israélien, qui a provoqué une dégradation des relations entre la Turquie et Israël, autrefois des alliés forts dans la région.

Le leader de Hamas a rendu hommage aux victimes de cette attaque meurtrière de l'armée israélienne et remercié la Turquie pour la constance de son engagement en faveur de la cause palestinienne.


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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 21:32

 

http://www.lariposte.com/la-revolution-trahie-leon-trotsky,1661.html

La révolution trahie

Léon Trotsky

La dégénérescence bureaucratique de la révolution russe est l’un des arguments les plus puissants dont se sert la classe dirigeante contre les idées du communisme. Les capitalistes et leurs intellectuels s’appuient sur cette expérience pour affirmer que le renversement du système capitaliste déboucherait inévitablement sur une dictature bureaucratique. La révolution trahie est l’une des meilleures réfutations de cette idée. Trotsky y explique d’un point de vue marxiste quels étaient les facteurs économiques, sociaux et culturels qui ont déterminé la réaction stalinienne. Il montre qu’elle n’était pas inscrite dans les idées du marxisme, mais découlait d’un ensemble de conditions objectives – à commencer par l’isolement de la révolution russe après la défaite des révolutions allemande et chinoise. Notre édition comprend une préface de Greg Oxley rappelant le contexte historique de l’époque.

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 20:59

 

http://www.ernestmandel.org/fr/biografie/index.htm

 

Ernest Mandel : Repères biographiques

 

Ernest Mandel est né en 1923 à Francfort dans une famille révolutionnaire communiste. Son père était membre du Spartakus Bund qui lutte aux côtés de Rosa Luxemburg et qui, dans les années 1930, s'est activement opposé au stalinisme et à la montée du fascisme. C'est dans cette atmosphère, alors qu'il était "Minuit dans le siècle" que le jeune Mandel a grandi. A dix sept ans, il rejoint les rangs de la Quatrième Internationale en Belgique, où sa famille s'était exilée.

 

Il participe à la Résistance contre la guerre et l'occupation nazie, en défendant un point de vue internationaliste courageux (à l'encontre des courants bourgeois et staliniens) allant jusqu'à diffuser des tracts révolutionnaires parmi les soldats allemands. Avec Abraham Léon, il gagne les sionistes de gauche de la Shomer Hazaïr (Jeune Garde) - dont l'organisation avait rompu avec le PC après le Pacte Hitler-Staline - à la cause du marxisme-révolutionnaire. Comme militant du PSR (Parti socialiste révolutionnaire, précurseur du POS), Ernest Mandel construit des noyaux révolutionnaires parmi les mineurs et les ouvriers métallurgistes de Charleroi et de Liège. A plusieurs reprises, il est arrêté par l'occupant, mais il s'échappe à chaque fois. A la fin de la guerre, il est déporté vers les camps de travail en Allemagne. Lorsque la défaite du nazisme approche, il s'échappe à nouveau (en avril 1945) et rejoint ses camarades en Belgique.

Après la guerre, il s'engage dans le mouvement syndical. Il devient l'un des principaux conseillers d'André Renard (le secrétaire général adjoint de la FGTB, qui dirigeait la gauche syndicale). Tous deux s'étaient rencontrés à la JGS liégeoise et dans la Résistance antifasciste, où Renard avait joué un rôle dirigeant.

A la FGTB, Ernest Mandel est l'un des instigateurs du programme «Holdings et Démocratie économique» et du plan de réformes structurelles anticapitalistes. Parallèlement, il participe à la création du journal La Gauche qui rassemble toute la gauche du PSB, et dont il est le rédacteur en chef.

Cette activité du mouvement syndical prépare la grève générale de décembre 1960-janvier 1961 contre la Loi Unique du Premier ministre Gaston Eyskens.

En 1964, il est exclu -comme toute la gauche anticapitaliste - du PSB qui participait au gouvernement avec le CVP et vait fait passer progressivement toutes les mesures contenues dans la Loi Unique, assorties de lois anti grèves. 
 



Ernest Mandel est alors très actif dans la solidarité avec les Révolutions anti-coloniales : Algérie, Cuba,... Che Guevara l'appelle à Cuba pour qu'il participe au débat sur l'organisation économique de la Révolution cubaine (1963-64) 

  

L'engagement internationaliste était pour Ernest Mandel une seconde nature. Dans les camps nazis, il prônait ouvertement la solidarité entre les travailleurs allemands, français, belges et anglais contre le grand capital. En 1949, il avait rejoint les brigades de soutien au peuple yougoslave et à sa révolution, que Staline menaçait d'écraser.

Il saisit toute l'importante de l'année 1968, tournant dans la situation mondiale (Mai 68 en France, Printemps de Prague, offensive du Têt au Vietnam). Le gouvernement français lui interdit d'entrer sur son territoire. On lui refuse les visas pour les Etats-Unis, les deux Allemagne, l'Australie, la Nouvelle-Zélande,...

En Belgique, Ernest Mandel est l'un des fondateurs en 1971 de la LRT (Ligue révolutionnaire des travailleurs, qui deviendra le POS), résultat de la fusion de la gauche anticapitaliste du mouvement ouvrier socialiste et de nouveaux groupes radicalisés dans la jeunesse. Jusqu'à sa mort , il a activement participé à la direction du POS.

Ernest Mandel a consacré toute son existence à l'élaboration d'un marxisme radical et ouvert. Son Traité d'économie marxiste a été l'objet d'une très large diffusion dès 1962. Il a été traduit dans plusieurs langues et eut une grande influence dans la formation d'une nouvelle génération d'économistes critiques.

 

Parmi les oeuvres les plus importantes, citons «La formation de la pensée économique de Karl Marx», le commentaire de l'édition Pélican du Capital, l'ouvrage sur les «ondes longues du développement capitaliste » et surtout «Le troisième âge du capitalisme ». Cette étude constitue, selon Perry Anderson, «la première analyse théorique du développement global du mode de production capitaliste depuis la Seconde guerre mondiale, à partir des catégories marxistes classiques ». Citons également «The meaning of World War Two, Sur le Fascisme, Contrôle ouvrier, conseils ouvriers et autogestion, Critique de l'Eurocommunisme, De la Commune à Mai 68, » etc.

Plus récemment, il a écrit «Où va l'URSS de Gorbatchev » et surtout «Power and Money ». Il a également écrit une masse impressionnante d'articles pour la presse des sections de la Quatrième Internationale (Mandel parlait et écrivait couramment plusieurs langues), d'analyses de lettres et autres des documents politiques.

En 1989-1990, il caressa de grands espoirs pour les développements politiques en Allemagne. Il prend par aux événements en Europe de l'Est en poursuivant la lutte de l'Opposition de gauche au stalinisme et au capitalisme. Il participe au débat de la direction du PCUS sur la signification politique du combat de Trotsky.

Malgré les défaites en Europe de l'Est et la situation difficile du mouvement ouvrier mondial, Ernest Mandel parcourt les cinq continents pour y défendre ses idées sans sectarisme, avec optimisme et conviction. A plusieurs endroits, il contribue à jeter des ponts entre les différents courants de gauche et à consolider de nouvelles alliances. Il en gagna la conviction que malgré les difficultés de la situation mondiale, la gauche est porteuse de nouveaux espoirs pour une marxisme critique, non dogmatique, conséquent et radical. Les développements politiques au Brésil, aux Philippines, au Moyen-Orient, en Europe Occidentale... ont renforcé cette conviction.

Mais son activité sans relâche a pesé sur sa santé. Il a très rarement accepté de prendre du repos. Ce n'est que les derniers mois de sa vie que que l'aggravation de son état de santé l'a contraint à restreindre ses activités.
 

 

Le 20 juillet 1995, une brutale crise cardiaque a mis fin à la vie de ce révolutionnaire pleinement impliqué dans les combats de l'humanité. En juin 1995, il exprimait encore son enthousiasme, lors du quatorzième congrès de la Quatrième Internationale, pour les potentialités qui s'ouvrent devant notre Internationale plus que jamais active dans la recherche de nouvelles formes d'organisation pour la gauche anticapitaliste sur le plan politique et internationale.

 

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2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 18:45

 

http://www.fr.news.yahoo.com/larmée-syrienne-quitté-les-villes-dit-la-ligue-133805202.html

 

L’armée syrienne aurait évacué les villes

 

 

BEYROUTH (Reuters) - L'armée syrienne s'est retirée des villes du pays pour se redéployer dans les faubourgs, a déclaré lundi le secrétaire général de la Ligue arabe, qui a souligné la persistance de fusillades et le danger présenté par les tireurs embusqués.

 

Nabil al Arabi s'exprimait au Caire alors que des observateurs envoyés par l'organisation panarabe se trouvent en Syrie depuis une semaine pour se rendre compte par eux-mêmes de la situation et déterminer si la répression continue.

 

La Ligue arabe, a-t-il ajouté, va étudier s'il y a lieu d'envoyer davantage d'observateurs en Syrie. Pour le moment, ils sont au nombre de soixante dix, déployés dans six villes. Trente autres sont attendus prochainement.

 

"Donnez l'occasion à la mission d'observation de faire la preuve de sa présence sur le terrain", a plaidé le secrétaire général, affirmant que les observateurs ont réussi à approvisionner en vivres la ville de Homs.

 

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSH, dont le siège est à Londres), deux personnes ont été tuées par balles lundi dans cette ville du Centre, bastion de la contestation. Les corps de deux autres victimes ont été rendus à leurs familles.

 

Selon cette même source, un agriculteur du faubourg damascène de Douma a été tué par les forces de l'ordre qui opéraient une perquisition.

 

Enfin, l'agence de presse officielle Sana rapporte qu'un journaliste de la radio d'Etat avait succombé lundi à ses blessures par balles après avoir été touché par des tireurs il y a plusieurs jours à Daraya, dans la province de Damas.

 

ENGAGEMENTS

 

"D'après nos derniers contacts téléphoniques, a dit le patron de la Ligue arabe, il y a des échanges de coups de feu en plusieurs endroits (du pays), ce qui rend difficile de dire qui tire sur qui. Les fusillades doivent cesser et il y a des tireurs embusqués".

 

"Nous invitons le gouvernement syrien à honorer pleinement tous ses engagements", a-t-il ajouté.

 

Les observateurs de la Ligue arabe ont obtenu la remise en liberté de trois mille quatre cent quatre vingt quatre détenus, a précisé Nabil al Arabi. La Ligue a demandé aux mouvements d'opposition les noms de personnes qui ont été, à un moment ou un autre, emprisonnées de manière à vérifier que leur libération est bien effective.

 

On ne sait pas avec certitude si le chiffre de trois mille quatre cent quatre vingt quatre comprend les détenus élargis en décembre selon Damas. Le 28 décembre, les autorités syriennes avaient annoncé sept cent cinquante cinq libérations.

 

L'OSDH a déclaré pour sa part que des insurgés syriens avaient fait prisonniers plusieurs dizaines de membres des forces de sécurité en s'emparant lundi de deux postes de contrôle militaires de la province septentrionale d'Idlib.

 

Des combats ont opposé en outre des déserteurs de l'armée aux forces de sécurité à un troisième poste de contrôle, où un nombre indéterminé de soldats fidèles au régime du président Bachar al Assad ont été tués ou blessés, ajoute l'observatoire.

 

Selon son directeur, Rami Abdelrahman, les opérations ont eu lieu lundi dans la région de Djabal al Zaouiyah.

 

Vendredi, l'Armée syrienne libre (ASL, composée de déserteurs de l'armée) avait annoncé avoir ordonné à ses hommes d'interrompre leurs attaques, en l'attente d'une rencontre avec des observateurs de la Ligue arabe.

 

LA DÉFENSE DU GENERAL DABI

 

Le patron de la Ligue a également pris la défense du chef de la mission panarabe d'observation en Syrie, le général soudanais Mohamed al Dabi, qui, la semaine dernière, avait assuré que "rien d'inquiétant" ne se produisait à Homs, bastion de la contestation du régime.

 

"C'est, à n'en pas douter, un chef militaire respectable et l'enregistrement (de ses propos) que j'ai pu consulter ne comprend rien qui puisse l'incriminer", a-t-il dit.

 

Le général soudanais, accusé par certains d'être impliqué dans la guerre civile au Darfour, devrait selon al Arabi rentrer au Caire cette semaine et soumettre un rapport préliminaire.

 

Il appartiendra alors au Conseil ministériel de la Ligue de décider du bien-fondé d'augmenter les effectifs de la mission.

 

Les Nations unies estiment à plus de cinq mille le nombre de personnes qui ont été tuées dans les violences politiques en Syrie depuis le début du mouvement de contestation à la mi-mars.

 

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 21:02

 

http://www.fr.news.yahoo.com/la-fin-des-%C3%A9lections-avanc%C3%A9e-en-egypte-183316841.html

 

La fin des élections parlementaires avancée en Egypte

 

LE CAIRE (Reuters) - Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir en Egypte a publié dimanche un décret pour avancer la date à laquelle doivent s'achever les élections parlementaires.

 

La phase finale de l'élection de la chambre haute, la Choura, n'aura pas lieu le 12 mars comme prévu initialement, mais le 22 février et sa séance inaugurale est programmée le 28, peut-on y lire.

 

Le CSFA fait l'objet d'intenses pressions pour hâter le transfert du pouvoir à un régime civil. Cinquante-neuf personnes ont trouvé la mort dans les manifestations pour le départ des militaires qui ont eu lieu fin novembre et en décembre.

 

Beaucoup jugent que l'armée n'est plus en mesure d'assurer la sécurité et procéder aux difficiles réformes nécessaires pour sortir de la crise politique et économique. D'autres assurent qu'il s'agit de la seule institution à même de préserver la cohésion nationale menacée par la rivalité des mouvements politiques qui ont émergé après le renversement du président Hosni Moubarak, le 11 février.

 

Les manifestations de novembre avaient déjà amené le CSFA à fixer à la mi-2012 la date-butoir pour le transfert des pouvoirs à un régime civil.

 

La fin anticipée des élections parlementaires organisées en plusieurs phases pourrait apaiser les manifestants, qui recrutent essentiellement parmi les militants démocrates et les défenseurs des droits de l'homme, et qui soupçonnent les militaires de chercher à se maintenir au pouvoir.

 

"HARCÈLEMENT"

 

La troisième et dernière phase des législatives aura lieu la deuxième semaine de janvier. Le parti formé par les Frères musulmans a remporté les deux premières et les salafistes ont pris la deuxième place.

 

La première phase de l'élection de la chambre haute aura lieu les 29 et 30 janvier et un second tour est prévu le 7 février, précise le CSFA dans son décret. La deuxième phase se déroulera les 14 et 15 février et le second tour de cette seconde phase est donc fixé au 22 février.

 

Les autorités ont par ailleurs nié dimanche les accusations de mouvements de défense des droits de l'homme que soupçonnent les militaires d'avoir voulu faire taire leurs opposants les plus virulents en perquisitionnant cette semaine dans les locaux de dix sept organisations non gouvernementales.

 

L'initiative a amené les Etats-Unis à dénoncer le "harcèlement" du personnel de ces organisations.

 

Lors d'une conférence de presse, les membres du gouvernement ont assuré que les forces de l'ordre avaient agi en toute légalité dans le cadre d'une enquête sur le financement illégal d'activités politiques.

 

"Ces infractions sont criminelles et leurs auteurs passibles d'emprisonnement", a déclaré le ministre de la Justice Abdel Abdelhamid Abdallah.

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:32

 

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2342:la-gauche-et-le-mouvement-de-contestation-en-russie&option=com_content&Itemid=53

   

La gauche et le mouvement de contestation en Russie

 

Déclaration de nos camarades du RSD

 

Lors des élections à la Douma d’Etat de ce 4 décembre, la société russe a, grâce à Internet et aux informations fournies par des milliers d’observateurs volontaires, pu prendre la mesure des falsifications massives profitant au parti dirigé par Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev : Russie unie. Le meeting de protestation organisé le 5 décembre a constitué le point de départ d’un mouvement de contestation du système politique en place qui ne cesse de prendre de la vitesse. Le 10 décembre, des mobilisations massives « Pour des élections honnêtes » organisés par des groupes d’opposition issus de différentes tendances politiques ont eu lieu à Moscou et dans presque toutes les grandes villes de Russie.  

 

Selon différentes estimations, ce sont entre quarante mille et soixante mille personnes qui sont descendues sur la place Balotnaya  à Moscou. À Saint-Pétersbourg on en comptait près de dix mille, et dans certaines régions (Ekaterinbourg, Novossibirsk, Rostov et d’autres), entre trois mille et cinq mille. Le caractère spontané des mobilisations constitue l’un des éléments qui différencie le plus ces événements de, par exemple, la « Révolution orange » de 2004 en Ukraine.

 

L’opposition n’était absolument pas prête à une politisation soudaine de la société et ne s’attendait pas non plus à ce qu’elle prenne la rue. Le mouvement n’avait pas de direction clairement définie et la plupart des participants au meeting du 10 décembre n’a pas affirmé son soutien à l’une ou l’autre des personnalités politiques connues qui occupait la scène. Deux semaines plus tard, le 24 décembre, un nouveau meeting a rassemblé plus de cent mille personnes à Moscou. Cela en fait la mobilisation la plus massive de toute l’histoire de la Russie post soviétique.  

 

Les forces politiques

 

Les partis représentés au Parlement, qui font partie intégrante du système de la « démocratie dirigée » et qui ont obtenu une place dans la nouvelle Douma, - le Parti communiste russe (PCR), le parti Russie Juste de centre-gauche et le LDPR (Parti libéral-démocrate de Russie, populiste surfant sur le nationalisme) de Jirinovski – ont exprimé leur désaccord vis-à-vis le résultat des élections mais l’ont accepté dans les faits. Ils n’ont pas soutenu les revendications concernant l’annulation des élections du 4 décembre et l’organisation d’un nouveau scrutin, tout comme ils ont refusé de soutenir le mouvement naissant. Bien que des représentants du PCR et de Russie Juste aient pris la parole lors des meetings du 10 décembre, l’immense majorité ne considère pas ces partis comme des forces capables de mener le mouvement. Ainsi, à peu près mille personnes se sont rendues le 18 décembre au meeting organisé par le PCR.

 

Ce sont en fait les forces politiques exclues depuis de nombreuses années du système Poutine et qui peuvent compter sur leur expérience du travail public et de l’organisation de mobilisations dans la rue qui jouent un rôle politique majeur dans le mouvement : les libéraux (surtout le mouvement « Solidarnost » de Boris Nemtsov), l’extrême droite (les mouvements « Russes », « contre l’immigration illégale », etc.) et l’extrême gauche (Front de gauche, Mouvement socialiste de Russie (RSD), les anarchistes). En outre, les organisations citoyennes telles que le mouvement des observateurs indépendants, les défenseurs des droits de l’homme, le mouvement « ruban blanc » et sont également très actifs.  

 

Bien que pour le moment les libéraux occupent le devant de la scène, aussi bien l’extrême droite que l’extrême gauche tente d’affirmer sa présence, participe au comité organisationnel et propose des orateurs. La « bataille pour la scène » s’accompagne de conflits. Ainsi la droite siffle et crie durant les interventions des libéraux et de la gauche, et la gauche en fait de même durant les interventions de la droite.

 

Les leaders

 

Parmi les leaders ayant fait connaître leur nom et obtenu leur popularité dans le cadre des mobilisations on trouve Alexeï Navalnyi, un jeune activiste issu de la société civile et de la lutte contre la corruption qui n’est membre d’aucun parti. Il prône une synthèse entre les libéraux et les nationalistes « modérés », entretien ouvertement de nombreux contacts avec l’extrême droite qu’il considère comme « une part important du mouvement représentative de la population ». On trouve également les leaders libéraux Boris Nemtsov et Vladimir Ryjkov qui ont commencé leur carrière dans les années 1990 dans le « camp Eltsine ». Ils disposent du soutien des médias libéraux mais leur passé les discrédite largement aux yeux de la majorité des participants. Il faut également nommer Sergueï Oudaltsov, leader du Front de gauche, un jeune activiste social et politique au passé post-stalinien. Il semble que les autorités considèrent Oudaltsov comme le plus dangereux des leaders du mouvement. Il est écroué et retenu par la police depuis près d’un mois par le biais d’accusations montées de toutes pièces et l’implicant dans de petits délits.



Sa libération était une des revendications des meetings du 10 et 24 décembre. Son intervention vidéo du 24 décembre a rencontré un soutien massif. Ilya Ponomaev, député au Parlement pour Russie Juste et proche du Front de gauche joue également un rôle très actif. Par ailleurs, parmi les participants aux meetings se sont les figures dites « apolitiques » - les journalistes, les écrivains et les acteurs entretenant principalement des vues libérales – qui jouissent de la plus grande popularité.  

 

Les masses

 

On peut affirmer sans crainte que la majorité absolue des participants aux mobilisations ne soutient aucune force politique. Les 10 et 24 décembre, nombre de personnes présentes n’écoutait pas les orateurs sur la scène mais faisait preuve d’un grand intérêt pour les échanges et discussions politiques à l’intérieur du meeting. Selon les données sociologiques intéressantes récoltées par le centre Levada, au meeting du 24 décembre à Moscou 60% des participants étaient des hommes, 62% avaient une formation de l’enseignement supérieur, 31% avaient entre 25 et 39 ans, près de 25% avaient moins de 25 ans et 23% avaient entre 40 et 55 ans. La majorité se range dans la catégorie « spécialiste » (46%) ou bien « étudiant » (12%). En réponse à la question concernant les convictions politiques, la majorité s’est affirmée « démocrate » (31%), « socio-démocrate » (10%) ou communiste/de gauche (13%). On peut également affirmer que de nombreux représentants de la « classe moyenne », du secteur public et des pensionnaires étaient présents aux meetings.

 

La tactique de la gauche

 

Depuis le départ, la gauche – Front de gauche, RSD, les anarchistes et d’autres – joue un rôle important dans le cours des événements. À Saint-Pétersbourg des membres du RSD ont pris la parole lors des meetings et ont intégré le comité organisationnel. À Moscou un représentant du RSD aurait du avoir la parole le 24 décembre, mais il ne l’a finalement pas obtenue en raison de manœuvres de la part des libéraux. Dans plusieurs régions (Irkoutsk, Perm, Novossibirsk, Kalouga, Iaroslav) le RSD faisait partie des organisateurs et nos représentants ont pris la parole lors des meetings.

 

Dès le départ, nous, RSD, nous sommes exprimés en faveur de la plus étroite collaboration possible entre tous les représentants de la gauche radicale lors des mobilisations, pour une tactique commune, pour la formation de ce que nous qualifions de « pôle de gauche » lors des meetings massifs.  

 

Depuis le 5 décembre nous participons activement aux réunions permanentes des groupes de gauche où l’on discute de la situation et de la coordination des actions. Le Front de gauche, les anarchistes, les « Communistes de Russie » (fraction du PCR), le Parti communiste des travailleurs et d’autres y participent également.

 

L’orientation commune principale consiste à créer des espaces alternatifs à l’intérieur des meetings et à provoquer la discussion avec les passants. Le 24, à Moscou, le RSD disposait d’un stand où il exposait sa littérature et avait organisé un atelier de confection de pancartes auquel pouvaient participer tous ceux qui le souhaitaient. Un « microphone vivant » avait été mis à la disposition de tous. Il y avait également un stand thématique contre la privatisation de la sphère de l’enseignement auquel participaient le syndicat des enseignants et des groupes d’étudiants. Les anarchistes avaient leur propre « micro ouvert ».

 

L’avenir

 

Il est évident qu’après le 24 il faut s’attendre à une chute de l’activité momentanée, liée à l’hiver et aux fêtes de fin d’années. Cependant, tous comprennent que les élections présidentielles du 4 mars seront décisives et qu’elles sont proches. Poutine essaiera de rester au pouvoir en remportant la victoire dès le premier tour, ce pour quoi il doit récolter 50% des voix. Avec sa popularité en chute libre, il semble évident que cela n’est possible que via des falsifications massives. Le prochain grand rassemblement est prévu pour le premier février, date correspondant au lancement de la campagne présidentielle.

 

Nous avons l’intention de continuer le travail de renforcement du RSD (qui peut compter sur un flux de nouveaux militants) ainsi que les négociations pour la formation d’un front uni des organisations de gauche, en particulier avec le Front de gauche et d’autres.

 

Nos angles d’attaques pour les élections présidentielles : pas une seule voix à Poutine, pour un contrôle populaire sur les élections, pour un programme social (contre les privatisations et les mesures d’austérité, contrôle des corporations et des ressources naturelles), pour le développement de mobilisations massives comme condition principale d’un changement de système.

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 17:54

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/egypte/egypte-derriere-les-elections-la-repression.html#more-5629

 

Derrière les élections, la répression

 

Par Rédaction A l’Encontre

 

Depuis le vendredi 16 décembre 2011, les forces policières militarisées, la police antiémeute et des gangs à leur service ont lancé une vaste opération répressive. Elle visait les manifestants qui organisaient un campement – reprenant la formule «Occupy le siège du gouvernement» – pour protester contre la nomination par le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) du premier ministre de transition Kamal al-Ganzouri. Ce dernier avait déjà occupé ce poste sous Hosni Moubarak. Les manifestants réclamaient de même la démission du CSFA, en ciblant le chef de l’armée et, de fait, le chef de l’Etat: le maréchal Hussein Tantaoui.  En date du mardi 20 décembre 2011, le quotidien Ahram Online indiquait que le nombre de personnes tuées s’élevait à quatorze, dont au moins neuf par balles, et celui des blessés graves à plus de huit cent. Dans un article publié sur le site Jadaliyya, en date du 17 décembre 2011, intitulé «Urbanizing the Counter-Revolution», Mohamed al Shahed passe en revue les initiatives contre-révolutionnaires du pouvoir militaire dans la conurbation du Caire. Il indique ainsi que le mercredi 14 décembre, des dizaines de manifestants du campement face aux bâtiments gouvernementaux et du parlement avaient été empoisonnés à l’occasion d’une distribution de sandwiches par un «généreux donateur». Mettre fin à cette occupation, qui avait commencé le 25 novembre, participait des plans du CSFA.

Ce que les médias, par une sorte de réflexe pavlovien, qualifient de «cycle de violence» éclate au milieu d’un processus électoral présenté comme le véritable «test de la transition démocratique» après la chute de Moubarak.

 

Or, quelques jours avant le début de la première phase des élections législatives, les dites forces de l’ordre avaient, le 18 novembre 2011, attaqué les manifestants sur la place Tahrir, mais aussi ceux et celles qui dénonçaient le pouvoir militaire et exigeaient son départ  à Alexandrie et à Suez. Bilan: quarante deux morts et quelque deux mille blessés. Le maréchal Tantaoui, ayant absorbé les leçons de la communication en période de «transition démocratique», n’avait pas manqué, alors, de s’excuser, sur les canaux de la télévision d’Etat. 

 

« Les fils de Moubarak »

 

Face au déclenchement de cette nouvelle vague répressive, dans une déclaration datée du 17 décembre 2011, l’organisation des Socialistes révolutionnaires d’Egypte expliquait: «Les dirigeants du CSFA sont les fils de Moubarak et ils sont loyaux à leurs propres intérêts économiques. Les généraux du CSFA contrôlent environ 20% de l’économie [ce chiffre peut être supérieur suivant le périmètre choisi] et sont absolument opposés aux intérêts de millions de travailleurs et travailleuses qui arrivent à grand-peine à rassembler de quoi vivre. La majorité d’entre eux ne peut trouver un emploi qui assure la possibilité de mener une vie décente ou même d’avoir l’espoir d’une amélioration de leur vie.»

 

La déclaration souligne que la campagne de presse du pouvoir, afin de déclencher son offensive contre le campement, insistait sur le mécontentement des habitants du quartier, et les prétendus embarras provoqués par les «contestataires». Or, ce campement était installé dans une zone où se trouvent essentiellement des bâtiments gouvernementaux, des ministères et des ambassades. Ce n’est donc pas un quartier d’habitation.

 

Puis la déclaration des Socialistes révolutionnaires souligne que «ces développements font suite à une montée des protestations ouvrières et à l’annonce faite par de nombreuses organisations de travailleurs de poursuivre des manifestations et des occupations afin de mettre en œuvre les tâches révolutionnaires de redistribution de la richesse dans la société et de nettoyage des vestiges du régime de Moubarak présents dans les institutions publiques. C’est la raison pour laquelle il était nécessaire pour les forces armées de détruire le campement, cela afin de faire obstacle à la possibilité d’une unité, d’une jonction entre les masses laborieuses qui ont renversé le régime de Moubarak grâce à leurs grèves au cours des derniers jours de son pouvoir et les révolutionnaires organisant le campement près des bâtiments gouvernementaux. Ces événements surviennent aussi lorsque les élections législatives approchent de leur fin [c’est-à-dire la troisième phase début janvier 2012] et que, dans la foulée, vont s’affirmer les revendications suivantes: que l’armée doit retourner dans ses casernes et que soit mis en place un gouvernement élu. Tout cela accentue la tendance au sein de l’armée à créer un chaos et une panique afin que les généraux puissent saisir les rênes du pouvoir sur la base d’une exigence populaire; ou, au moins, qu’ils musellent les révolutionnaires jusqu’à ce que les positions politiques et de pouvoir puissent être réparties entre les forces politiques opportunistes qui acceptent de s’engager dans la bataille du rôle et de la fonction du parlement, mais cela selon les règles définies par les militaires. Il n’existe donc pas d’autre solution que de poursuivre le processus révolutionnaire sur les places publiques, dans les universités et sur les lieux de travail. Il n’y a pas de substitut à la perspective de chercher à gagner les masses populaires au camp de la révolution et, en leur sein, en priorité la classe ouvrière. Si nous ne le faisons pas, les Forces d’Occupation [c’est-à-dire l’armée et le CSFA], sous la direction de Tantaoui, continueront à tuer des révolutionnaires et à faire échouer la révolution.»

 

La propagande officielle battue en brêche

 

Le lundi 19 décembre, le CSFA a organisé une conférence de presse. Le ministre de la Défense et membre du CSFA, Adel Emara, a qualifié les soldats qui avaient attaqué le campement de «héros» (Ahram Online, 19 décembre 2011). Il a dénié toute utilisation «excessive de la force» par les forces de police militarisées. Dans la tradition du régime Moubarak, il a suggéré qu’une «troisième force» suscitait le chaos. Cette dernière renvoie parfois à des «forces étrangères» ou à des «éléments qui auraient des liens avec l’ancien régime». Adel Emara ne manque pas de cynisme.

 

La campagne de contre-information des militaires se heurte aux démentis infligés par de nombreuses vidéos et preuves photographiques de la brutalité répressive. Le 20 décembre, une conférence de presse était tenue par de nombreuses forces politiques (Ahram Online, 20 décembre 2011). Elle démontait pièce par pièce la version officielle en détaillant l’éventail des tortures, arrestations, passages à tabac et assassinats – vidéos, photographies et témoignages à l’appui. Un grand nombre de journalistes et de chaînes télévisées assistaient à cette conférence de presse, ce qui est un indice de l’instabilité de la situation.

 

A cette occasion, parmi de nombreux intervenants, le juriste Malek Adly démontrait que de nombreuses personnes arrêtées «étaient si gravement battues qu’elles étaient incapables de bouger»; que Mohamed Mohey était mort dans une cellule de prison des blessures subies. Malek Adly ajouta «que lorsque les policiers enquêteurs acceptèrent finalement que vingt neuf détenus se trouvant dans un état grave soient transférés dans un hôpital, les officiers responsables du poste de police ont empêché trois ambulances de les transporter. Les officiers les ont fait transférer dans un hôpital en utilisant un véhicule des Forces centrales de sécurité.» Un médecin du nom de Amr Salah, qui soignait des blessés sur la place Tahrir, a expliqué que des militaires avaient essayé de détruire un centre de soins de secours, le samedi 17 décembre. Ils empêchaient des personnes d’avoir accès à ce centre établi dans la mosquée Omar Makram. Lui-même fut violemment battu. Il connaissait fort bien l’étudiant en médecine Alaa Abdel-Hady qui avait été tué par balles le vendredi 16 décembre, lorsque le campement a été attaqué.

 

Un journaliste du quotidien indépendant al Badil fit un récit détaillé de la façon dont les militaires l’empêchèrent de partir avec la jeune femme qui se trouvait à terre, et qui fut déshabillée, frappée et traînée par la police militarisée. Un acte répressif qui, photographié, est devenu un des symboles de la pratique du pouvoir militaire. Dans un article de Salma Shukrallah (Ahram Online, 20 décembre 2011), il est rapporté que l’image de cette femme battue et traînée par trois militaires devint un élément symbolique a suscita une protestation massive contre les multiples humiliations («tests de virginité», violences sexuelles, coups) infligées aux femmes. Ainsi, le mardi 20 décembre, quelque dix mille femmes ont marché de la place Tahrir vers le Centre de presse. Salma Shukrallah écrit: «Des manifestantes portaient le foulard, d’autres pas, certaines portaient le niqab. Des femmes chrétiennes coptes participaient à la manifestation, portant le portrait de Mina Danial, cette militante copte qui avait été tuée par balles lors de l’attaque par les militaires d’une manifestation de Coptes en octobre [le 9 octobre, vingt six manifestants y ont aussi trouvé la mort]. D’autres manifestantes portaient des drapeaux égyptiens sur lesquels s’entrelaçaient les symboles du croissant et de la croix… De nombreuses mères participaient à la manifestation avec leurs filles. Etaient lancés des slogans tels que ‘Ne soyez pas effrayées’, ‘Le CSFA doit partir’, ‘Nous voulons un Etat civil’, ‘A bas le régime militaire’.» Cette ample manifestation, organisée très rapidement, représente la plus importante mobilisation propre de femmes en Egypte, depuis fort longtemps.

 

Les médias occidentaux, en particulier français, ont mis l’accent sur l’incendie de l’Institut d’Egypte, fondé par Napoléon Bonaparte. Tout laissait entendre, comme le voulait le pouvoir égyptien, que l’Institut avait été incendié par les protestataires du campement. L’hebdomadaire al-Ahram Hebdo (21-27 décembre 2011) écrit: «Selon une journaliste d’al-Ahram Hebdo, qui était sur place lors des événements, les manifestations étaient concentrées autour de l’enceinte du Conseil des ministres au moment où l’incendie démarrait à l’Institut d’Egypte. Elle relate que des jeunes manifestants ont essayé de sauver des volumes qu’ils remettaient ensuite aux autorités.» D’autres témoignages soulignent la présence d’une station de pompiers proche de l’institut, qui n’est pas intervenue. L’article d’al-Ahram Hebdo continue: «Beaucoup ont dénoncé ‘l’hypocrisie’ des officiels qui se lamentent sur les ruines du bâtiment détruit tout en oubliant le sang des Egyptiens tués dans les violences.»

 

L’auteur de l’article, May Atta, cite le professeur de Lettres à l’Université du Caire Madiha Doss qui affirme: «Sait-il [Ganzouri] quelles avaient été les conditions de maintenance de cet institut aujourd’hui érigé au statut de patrimoine national? Qui s’est intéressé à cet édifice dans les dernières décennies? Ganzouri était-il au courant de la négligence et du pillage systématique dont souffrait l’Institut?»

 

Le test de la marche du 23 décembre

 

La vague répressive engagée sous les auspices du CSFA suscite un malaise, y compris au sein de forces prêtes à accepter un compromis avec les intérêts des militaires en place et des militaires à la retraite actifs directement dans le «monde des affaires».

 

L’utilisation propagandiste du thème éculé de l’intervention d’une «force étrangère» voulant déstabiliser la transition s’est ensablée. Cet épisode répressif s’inscrit dans la volonté, et les actes, des dignitaires de l’armée et leurs proches alliés, dès le début mars, de contrôler tout processus pouvant échapper à leur emprise.

 

Plus de vingt organisations politiques et culturelles ont lancé un appel le lundi 19 décembre pour «une marche du million» fixée au vendredi 23 décembre. L’appel se fait sur un thème revendicatif unifiant: «A bas le régime militaire». La déclaration souligne que la manifestation de vendredi a pour but de «reconquérir l’honneur de la nation qui a été ternie par le CSFA» suite au départ contraint du président Hosni Moubarak.

 

La préparation de cette mobilisation semble prendre de l’ampleur dans certaines universités. La marche des femmes le 20 décembre est un autre indicateur d’une volonté de réaction parmi un secteur de la population, et du refus des diktats militaires ainsi que des pratiques des forces répressives. De même, la mise en question de l’inaction de la Haute Cour de justice s’accroît: cette dernière couvre les quelques militaires désignés nommément comme responsables de crimes.

 

L’assassinat du cheikh Emad Effat (al-Masry al-Youm, 19 décembre 2011), une figure de l’Université d’al-Azhar, qui appuyait les manifestants de la place Tahrir, a éclairé, sous un autre angle, la politique du pouvoir. Il était une des rares figures d’al-Azhar à soutenir le mouvement de contestation de la de facto junte militaire. Ses funérailles le dimanche 18 décembre ont été largement suivies. Cela peut constituer un autre facteur amplifiant la manifestation prévue pour le vendredi 23 décembre. Cette dernière apparaît donc comme un nouveau test dans la conjoncture politique et sociale en Egypte.

 

(21 décembre 2011)

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 10:47

 

http://www.fr.news.yahoo.com/lopposition-syrienne-saccorde-sur-lapr%C3%A8s-assad-211226286.html

 

L’opposition syrienne s’accorde sur l’après Assad

 

BEYROUTH (Reuters) - Deux importantes formations de l'opposition syrienne se sont entendues sur une feuille de route vers la démocratie pour le cas où le mouvement de contestation réussirait à faire tomber le régime du président syrien Bachar al Assad.  

Le Conseil national syrien (CNS, opposition en exil) a signé l'accord avec le Comité national de coordination, organisation dont la majeure partie des membres se trouvent en Syrie et qui a désapprouvé par le passé les appels du CNS en faveur d'une intervention étrangère.  

C'est là l'un des points qui ont provoqué une fracture au sein des mouvements d'opposition et qui les ont empêché jusqu'à présent de conclure un accord sur l'après-Assad.  

En vertu du pacte qui vient d'être conclu, les deux formations "rejettent toute intervention militaire qui porterait atteinte à la souveraineté et à la stabilité du pays - sans considérer une intervention arabe comme étrangère".  

L'accord prévoit une période de transition d'un an, qui pourrait être renouvelée une fois si nécessaire. Durant cette période, le pays adopterait une nouvelle constitution, "qui garantisse un système parlementaire au service d'un Etat démocratique, pluraliste et civil, et garantisse aussi des passations de pouvoir par des élections législatives et présidentielles".  

L'accord, selon une copie du document consultée par Reuters, sera soumis aux autres mouvements de l'opposition en janvier, dans le cadre d'une conférence. Moulhem Droubi, haut responsable du CNS, a confirmé à Reuters que le document avait bien été signé vendredi.  

L'accord affirme en outre que la liberté de culte sera garantie par la nouvelle Constitution et il condamne toute manifestation de sectarisme ou de "militarisation communautariste".  

"Toute violence et toute discrimination ethnique, religieuse ou sexuelle sera bannie", lit-on encore dans cet accord.  

Samedi, des milliers d'habitants de la ville d'Idlib, l'un des points chauds du mouvement de contestation, ont défilé dans les rues en portant les cercueils de trois "martyrs" tués par les forces de sécurité. "Les martyrs sont aimés de Dieu, dont Assad est l'ennemi", scandait la foule selon le récit de témoins.  

Vendredi, le porte-parole des Nations unies, Martin Nesirky, a invité la Ligue arabe à "prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que sa mission d'observation soit en mesure de remplir son mandat". Il a notamment indiqué que les Nations unies se proposaient de former les observateurs à la tâche de supervision des droits de l'homme.

 

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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:00

  

 

 

Pierre Frank est mort, une génération de combattants révolutionnaires s’éteint

 

Inprécor, 19 avril 1984

 

Ernest Mandel

 

Le camarade Pierre Frank est mort le mercredi 18 avril 1984 au matin. Il était âgé de 78 ans et avait consacré une soixantaine d’années à militer dans les rangs du mouvement ouvrier. Un dernier hommage lui sera rendu lors de son incinération au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, le vendredi 27 avril 1984.

 

Avec Pierre Frank, la Quatrième Internationale perd l’un des tous derniers survivants de la génération de communistes révolutionnaires qui rejoignirent le combat de l’Opposition de gauche soviétique et du camarade Lev Davidovitch Trotsky, dès l’exil de ce dernier, en 1929, par la bureaucratie soviétique en Turquie. Trotsky avait eu une influence particulière au sein de la gauche communiste française, notamment du fait des liens qu’il avait tissés avec des personnes comme les syndicalistes Pierre Monatte et Alfred Rosmer et le communiste Boris Souvarine, au cours et aux lendemains immédiats de la Première Guerre mondiale. Aussi, les différents organes de la gauche communiste française, à partir de 1923, ont-ils donné une large publicité et un appui, fut-il souvent critique, à la lutte menée par l’Opposition de gauche et Léon Trotsky au sein du Parti communiste de l’Union soviétique et de l’Internationale communiste.

 

Aux côtés de Trotsky

 

Mais c’est un petit noyau regroupé autour du surréaliste Pierre Naville, du syndicaliste Alfred Rosmer, et du jeune ingénieur-chimiste Pierre Frank, qui s’identifia pleinement au combat de Trotsky. Dès l’arrivée de Trotsky dans l’île de Prinkipo, près d’Istamboul, Pierre Frank s’y rendit et fit partie du premier secrétariat constitué auprès du vieux révolutionnaire russe. C’est cette équipe de jeunes secrétaires qui aida Trotsky à préparer, en 1930, la première conférence de l’Opposition de gauche internationale, la Ligue communiste internationaliste (LCI) et à rédiger le document de naissance de notre mouvement mondial.

 

La période 1929-1934 fut celle d’un premier essor du mouvement trotskyste en France. Pierre Frank y participa activement, avec son ami Raymond Molinier, à des fonctions de direction : lancement de la revue « Lutte de classe » et du journal « La Vérité », campagne de propagande intense face à la montée du danger fasciste hitlérien en Allemagne, campagne d’agitation encore plus intense en faveur du front unique ouvrier pour barrer la route au fascisme, d’abord en Allemagne, puis en France. Cette campagne échoua, avec les résultats tragiques qu’on connaît en Allemagne ; elle triompha en France, après le 6 février 1934, permettant ainsi une nouvelle montée du mouvement ouvrier dans toute l’Europe occidentale, à partir de cette époque. Mais les succès mêmes obtenus sur le terrain par l’agitation trotskyste créèrent des difficultés considérables pour la construction d’une organisation. La petite organisation trotskyste de l’époque, la Ligue communiste ne pesa pas lourd face aux deux appareils politiques réformistes, celui de la SFIO social-démocrate et celui du Parti communiste français (PCF) stalinien, et à leur étroite collaboration pour étouffer les potentialités révolutionnaires anticapitalistes de l’essor des luttes et des organisations de masse de la classe ouvrière.

 

Pour déterminer une orientation tactique correcte dans cette situation compliquée, les trotskystes français connurent une série de débats, de différenciations et de scissions graves, dans lesquelles Pierre Frank et Raymond Molinier ne s’engagèrent pas toujours dans le même camp que Léon Trotsky. Certes, il y eut pour le courant trotskyste, pendant cette période 1935-1939, certains développements positifs obtenus au sein de la gauche socialiste, puis dans la gauche du Parti socialiste ouvrier paysan (PSOP) centriste, par le recrutement de personnes comme Jean Rous, David Rousset ou Daniel Guérin, qui rejoignirent temporairement le mouvement trotskyste, ou qui, comme Pierre Lambert et Marcel Hic, le rejoignirent définitivement. Mais la trajectoire fondamentale n’était pas celle de l’essor, mais celle de la stagnation et du recul. A cela s’ajoutèrent, à partir de 1937, le poids de la défaite du Front populaire en France et des défaites de la guerre civile en Espagne, qui ouvrirent la voie à la Deuxième Guerre mondiale.

 

Les années de l’occupation

 

Pierre Frank et Raymond Molinier, avec tout leur petit groupe, séparés du gros des forces qui préparèrent la fondation de la Quatrième Internationale en septembre 1938, se distinguèrent surtout par la préparation d’un travail anti-militariste et anti-impérialiste en profondeur, qui leur valut la répression et la persécution de la part du gouvernement impérialiste français. Cela amena Pierre à émigrer en Grande-Bretagne, où il fut d’ailleurs également persécuté par le gouvernement britannique, et notamment interné dans un camp de concentration. Il eut la joie d’un début de réconciliation avec le camarade Trotsky à la veille de l’assassinat de celui-ci, en août 1940.

 

En France occupée, les différentes organisations trotskystes continuèrent à être divisées par des problèmes de tactique, mais elles furent unanimes à poursuivre le combat sous l’occupation, et à aucun moment elles ne firent de concessions, ni à l’impérialisme allemand et à la surexploitation à laquelle il soumettait la classe ouvrière française, ni à l’impérialisme français. La place de choix qu’occupèrent ces militants dans la lancée de la résistance de masse populaire et ouvrière en France valut à leurs organisations une nouvelle phase d’essor, qui s’étendit de 1940 à 1948. C’est à ce moment que le groupe lié à Pierre Frank en France occupée, dirigé par Jacques Grimblat et Rodolphe Prager, s’orienta, après quelques avatars, vers la réunification du mouvement trotskyste, qui se réalisa en 1944, après la conférence européenne des organisations trotskystes, qui eut lieu en février de cette année-là, en pleine occupation. Pierre Frank, qui avait tiré toutes les conclusions, hostiles au fractionnisme aveugle, de ses propres mésaventures des années 1930, applaudit des deux mains à ce cours unitaire.

 

Dès la fin de la Deuxième Guerre mondiale et son retour possible en France, il rejoignit le Parti communiste internationaliste (PCI) réunifié, s’intégra à sa direction et fut délégué par celle-ci à la direction de la Quatrième Internationale reconstituée autour de Michel Raptis (Pablo). En cette qualité, il prépara activement le deuxième congrès mondial de la Quatrième Internationale, en 1948, ainsi que tous les congrès successifs de notre organisation, jusque et y compris le neuvième congrès mondial, en 1979. Il fut souvent rapporteur à des réunions du Comité exécutif international (CEI) et à des congrès mondiaux sur des questions politiques et théoriques importantes. Il fut, pendant plusieurs décennies, responsable de la publication de la revue « Quatrième Internationale » qui, sans son engagement obstiné, n’aurait pas connu la continuité qui est aujourd’hui la sienne.

 

Soutien à la révolution coloniale et rencontre avec une nouvelle génération

 

Avec la fin de la montée révolutionnaire clôturant la Deuxième Guerre mondiale en Europe occidentale, c’est-à-dire à partir de 1948-1949, le mouvement trotskyste français, comme d’ailleurs le mouvement trotskyste dans toute l’Europe occidentale et en Amérique du Nord, connut une nouvelle période de stagnation et de reculs, qui se traduisit par des difficultés internes croissantes et par une série de scissions. Pierre Frank participa à tous ces combats internes, dont il comprit la fonction au-delà de leur aspect négatif. Il s’agissait en effet d’assurer la continuité programmatique et théorique de notre mouvement à travers des ajustements inévitables, fonction de phénomènes nouveaux auxquels les marxistes révolutionnaires étaient confrontés, tels que la victoire des révolutions yougoslave, chinoise et indochinoise, dirigées par des forces qui avaient leur origine dans le mouvement stalinien international, tout en étant amenées à rompre avec lui sur des questions essentielles de stratégie révolutionnaire pour pouvoir diriger vers la victoire la révolution dans leurs pays respectifs.

 

Le petit PCI qui survécut dans cette période, et que Pierre Frank dirigea, eut le principal mérite de comprendre l’importance de la révolution coloniale, qui continua à se dérouler dans le monde tout au long des années 1950 et 1960. C’est en raison de cette solidarité que Pierre Frank fut arrêté en 1956. Il eût ainsi l’honneur d’être le seul dirigeant du mouvement ouvrier français à avoir été arrêté pour sa solidarité avec la révolution algérienne. Sous l’impulsion principale de Michel Raptis et de Pierre Frank, le PCI s’était en effet engagé dans la défense active, dans l’appui politique et matériel à la révolution algérienne, à la révolution cubaine, et à la révolution vietnamienne. Il sut ainsi influencer et capter la sympathie d’un large courant de jeunes communistes, au sein de l’Union des étudiants communistes (UEC), qui, spontanément, avait pris la même orientation.

 

Cela aboutit à la création de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) et, après le coup de tonnerre de Mai 1968, à la fusion entre la JCR et le PCI, pour donner naissance à la Ligue communiste, section française de la Quatrième Internationale, première transcroissance en Europe des petites organisations trotskystes initiales vers une organisation numériquement plus forte et mieux enracinée dans la classe ouvrière.

 

La relance de la révolution mondiale dans ses trois secteurs, par l’essor de la révolution coloniale, par la reprise des luttes ouvrières d’ampleur pré-révolutionnaire dans une série de pays d’Europe occidentale, par le Printemps de Prague, permit à la Quatrième Internationale de résoudre, du moins partiellement, le problème de ses divisions internes et conduisit à la réunification de notre mouvement, en 1962-1963. Pendant cinq ans, la Quatrième Internationale réunifiée dut travailler dans des conditions de grande faiblesse organisationnelle et administrative, avec une direction quotidienne réduite en fait à trois personnes, le camarade Pierre Frank, qui en était la cheville ouvrière organisationnelle, le camarade Joseph Hansen, dans les limites permises par la loi réactionnaire Voorhis, qui interdit toute affiliation internationale aux organisations des Etats-Unis, et moi-même. Après la percée du développement de nos organisations, en 1968-1969, notre mouvement sut se donner des structures de direction plus larges, au sein desquelles Pierre Frank continua à occuper une position importante.

 

De son oeuvre littéraire, qui recouvre de multiples articles et brochures, deux livres doivent être mis en évidence, « L’Histoire de la Quatrième Internationale », et surtout la monumentale « Histoire de l’Internationale communiste » (1919-1943), publiée en deux tomes aux éditions La Brèche, en 1979. Ce livre, qui est le seul ouvrage scientifique, marxiste, consacré à ce sujet capital, illustre toute l’expérience et toute la lucidité de Pierre, acquise en près de soixante ans de militantisme. Il reflète, de même, son souci fondamental de continuité de la théorie et de la pratique communistes, c’est-à-dire marxiste révolutionnaire, au vingtième siècle.

 

Pierre Frank avait un sens très profond de l’amitié, de la générosité, des liens affectifs indispensables entre militants engagés dans l’œuvre gigantesque de reconstitution du monde sur une base socialiste. Vu le désir obstiné de maintenir la continuité du mouvement communiste que notre mouvement incarne, Pierre Frank attacha une importance particulière à toutes les manifestations de renaissance du léninisme et du marxisme en Union soviétique et dans les autres Etats ouvriers bureaucratisés. L’explosion des luttes ouvrières en Pologne autour de Solidarité, l’apparition du livre du camarade Alexandre Zimine, « Le stalinisme et son socialisme réel », sorti d’Union soviétique et publié aux éditions La Brèche en 1983, furent pour lui une source de joie et de satisfaction, qui dominèrent les dernières années de sa vie. Durant toutes les dernières conversations que j’ai eues avec lui, ce sont ces événements-là, ainsi que la nécessité d’attacher la plus grande importance aux différenciations en cours au sein du PCF, qui polarisèrent ses préoccupations.

 

Adieu, cher camarade, cher ami, frère aîné, ton souvenir vivra dans la Quatrième Internationale, avec l’existence et la construction de laquelle s’est identifiée toute ta vie. L’essor et la transcroissance de notre mouvement vers l’Internationale communiste de masse de demain, nous permettra de le faire revivre dans toute la classe ouvrière internationale.

 

Ernest Mandel 

  

 

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