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4 octobre 2016 2 04 /10 /octobre /2016 18:01

https://www.ensemble-fdg.org/content/communique-unitaire-alep-subit-un-deluge-de-feu

Communiqué unitaire

Alep subit un déluge de feu.

Mardi 4 Octobre 2016

Les avions russes et ceux du régime larguent des bombes anti-bunker dont la puissance permet d'effondrer des immeubles entiers sur leurs habitants et la destruction des abris souterrains. Les bombardements visent des hôpitaux et des écoles et constituent des crimes de guerre.

La population, prise entre les djihadistes et les armées du régime, est privée d'eau et d’alimentation.

Face aux crimes de guerre et au martyr infligé à la population d'Alep, il faut redire que, compte tenu que c'est la population civile qui est la principale victime, cette guerre doit cesser sur le champ pour laisser la place aux négociations et transitions politiques.

L'urgence est de sauver les habitants d'Alep.

Partis de gauche et écologistes, au-delà des analyses différentes qui sont les nôtres quant aux causes d'une telle situation et des réponses à y apporter, nous disons ensemble

Halte au massacre et à la barbarie

Arrêt immédiat des bombardements

Trêve des combats pour permettre l'acheminement des aides nécessaires à la survie des habitants d'Alep

Premiers signataires

Europe Ecologie Les Verts (EELV), Ensemble, Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti Communiste Français (PCF)

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 21:42

http://socialisme-2010.fr/blog2016/septembre2016.php#septembre21

La candidature de Jean Luc Mélenchon, une candidature bonapartiste de rupture avec le mouvement ouvrier

Par Robert Duguet

Les embusqués du carriérisme politique, droite et gauche réunie, tentent une nouvelle fois de nous enfermer dans le débat préparant les élections présidentielles de 2017, le rouleau compresseur médiatique tourne à plein régime. La lutte du mouvement social contre la loi travail a mis dans une lumière crue le fait suivant, le gouvernement de Manuel Valls et de François Hollande, comme tout bon gouvernement de chiens couchants au service du capital précède la volonté de ses maîtres. L’utilisation de la violence policière contre les manifestants relève de manœuvres de guerre civile.

Aujourd’hui ils veulent tous nous enfermer dans la logique de la cinquième république et du respect de ses institutions. Le message des néo-socialistes est clair, si vous sortez du cadre, nous vous taperons dessus et pas seulement avec des grenades lacrymogènes. Nous avons vu et nous voyons encore. Récemment un syndicaliste du Syndicat Unitaire et Démocratique (SUD) a été gravement blessé.

Les élections présidentielles ne sont pas la solution. C'est le problème.

En 2012 la candidature de Jean Luc Mélenchon était portée par le Front De Gauche (FDG), c’est-à-dire par une coalition de partis et d’organisations allant d’une scission au sein du Parti Socialiste, le Parti Communiste Français (PCF) et plusieurs composantes issues du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). Toutefois, il faut ajouter que la naissance du FDG n’a été possible que parce qu’une composante s’est détachée du Parti Socialiste. Une scission réformiste de gauche contre un parti qui n’a plus rien de social démocrate. La dynamique née de la scission emportait les autres composantes. Le programme « l’humain d’abord » se situait sur le terrain d’une résistance aux effets du néo-libéralisme, certes programme modeste en termes de propositions progressistes, mais il mettait en mouvement une résistance dans le salariat et la jeunesse qui ne demandait qu’à s’organiser. Avec le FDG, malgré toutes les critiques qui ont été alors portées par les militants contre son caractère de cartel strictement électoral, nous restions sur le terrain traditionnel du mouvement ouvrier. La candidature de Jean Luc Mélenchon, menée tambour battant sur la ligne de la république sociale, ouvrant la perspective de l'assemblée constituante souveraine, voir le discours du 18 mars 2012 sur la place de la Bastille à Paris, restait une candidature du mouvement ouvrier. Nous avons mouillé la chemise pour la défendre et la promouvoir.

Sommes-nous dans la même situation qu’en 2012 ?

Le FDG était porteur d’une crise qui allait le conduire à l’implosion. A partir du moment où il a été interdit au FDG de s’organiser comme une force militante démocratiquement contrôlée par les citoyens et les citoyennes qui le composaient et à partir du moment où l’organisation politique qui pouvait construire ce rassemblement, le Parti de Gauche de 2008, en abandonnait la perspective et entrait dans une cascade de scissions, mises sous tutelle et exclusions, les choses prenaient un autre tour. En l’absence d’une force motrice, le maillon le plus faible du FDG, à savoir le PCF, ancien parti stalinien en état de décomposition, cédait à sa pente naturelle, à savoir sauver ses positions électives à tout prix, condition de sa survie politique.

Dans les élections locales, les accords avec le Parti Socialiste fleurissaient du côté du PCF. La petite camarilla regroupée autour de Jean Luc Mélenchon avait beau jeu de dénoncer les traitres staliniens du PCF, manière peu élégante de se dédouaner de leurs propres responsabilités. La réalité, c’est que Jean Luc Mélenchon n’a jamais voulu construire un parti, il lui fallait un appareil à sa botte dans la stricte perspective des élections présidentielles de 2012.

Le Parti de Gauche, c’était comme le Canada Dry, cela avait le goût du parti, l’aspect du parti mais ce n’était pas un parti.

Grenoble, c’est la France

Après des vagues d’exclusions et de mises sous tutelle, la direction nationale du Parti de Gauche s’attaque à celles et à ceux qui ont été les artisans les plus fidèles de la candidature de Jean Luc Mélenchon en 2012.

Nous accordons une importance particulière aux événements récents survenus dans la ville de Grenoble, lors des récentes élections municipales, une majorité politique s’était formée pour diriger la ville à partir d’un accord entre le courant écologiste et le Parti de Gauche. Nous avons rendu compte dans les pages de ce blog de la politique menée par son maire, Eric Piolle, et les élus du Parti de Gauche qui ont décidé d’appliquer un plan de liquidation d’un certain nombre de services publics et de suppression de postes dans les personnels municipaux, qui rencontre l’opposition d’une majorité de la population. Quelques mois après une belle victoire politique remportée contre le Parti Socialiste, naturellement, mais aussi contre la fédération du PCF de l’Isère qui était favorable à un accord avec le Parti Socialiste, voilà où nous sommes rendus. La direction nationale du Parti de Gauche, parce qu’une majorité de militants de ce parti s’opposent à la politique d'Eric Piolle, a mis la fédération de l’Isère sous tutelle. Nous rappelons que la ville de Grenoble était la seule grande ville lors des élections municipales prise par une majorité d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) et du Parti de Gauche. De plus, le Parti de Gauche de l’Isère a une place particulière dans l’organisation de Jean Luc Mélenchon, ce sont les militants de l’Isère qui ont organisé pendant deux ans les estivales du Front de Gauche. C’est dire que Jean Luc Mélenchon leur accordait une grande confiance et qu’ils étaient depuis la création de ce parti en 2008 dans une disposition particulière centrale dans le dispositif du Parti de Gauche.

Se demander pourquoi des élus tournent le dos aux engagements de campagne et se moquent du mouvement social qui s’est développé dans la ville et qui réclame que les engagements de campagne soient respectés, les militants de ma génération connaissent cette constante de la politique française depuis 1981. Cela va comme à l’accoutumée dans le mauvais sens. Mais nous n'avions tout de même pas construit le FDG pour en arriver là.

Jean Pierre Juy, militant du Parti de Gauche de l’Isère, explique le Dimanche 2 Octobre 2016 dans une interview donnée au Dauphiné Libéré que « nous faisons comment, nous, pour faire la campagne contre l'austérité de Jean Luc Mélenchon, si nous devons accompagner sans rien dire le plan d’Eric Piolle », et il ajoute « qu'à Grenoble, plus qu’ailleurs, les grands discours enflammés ne suffisent pas. Il y a une conscience politique et une culture du débat qui est plus forte ici. A Grenoble, nous ne pouvons pas seulement dire que nous allons renverser la table pour que les gens nous suivent. Nous ne pouvons pas non plus faire le coup de la modernisation des services publics. Les gens ont de la mémoire, ils se souviennent de la casse à la poste ».

Ce qui me choque le plus dans cette affaire, alors que les militants du Parti de Gauche sont désavoués et mis en tutelle par la direction nationale du Parti de Gauche, c’est le silence assourdissant de Jean Luc Mélenchon. Jean Pierre Juy a sans doute raison, en qualité de militant du Parti de Gauche, de poser les problèmes comme il les pose, mais Jean Luc Mélenchon, il en pense quoi ? Il soutient Elisa Martin, maire adjointe de l’équipe d'Eric Piolle ou ses militants ? Je ne crois pas qu’il y a d’un côté les problèmes locaux, où les élus prennent en charge l’austérité contre la population et d’un autre le mouvement de la France Insoumise qui défendra la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017 sur une ligne d’opposition aux restrictions budgétaires. Si Jean Luc Mélenchon se tait dans cette affaire, c’est qu’il est d’accord avec la politique défendue par Eric Piolle et Elisa Martin contre ses propres militants. Grenoble, c’est la France, ceux qui disent à la direction d’une grande ville que la seule politique possible, ce sont les restrictions budgétaires, nous préparent une politique nationale qui sera sur la même logique. Cela donne à penser sur le sens et le contenu de la candidature de Jean Luc Mélenchon. Il y a les discours et les effets de tribune et il y a la réalité des rapports de force.

Un vent de fronde se lève contre la candidature de Jean Luc Mélenchon par ceux-là même qui l’ont soutenu en 2012.

Nous publions dans ce blog l’appel de plusieurs responsables nationaux du mouvement Ensemble, composante du défunt FDG, relevant des propos inacceptables de Jean Luc Mélenchon sur les problèmes des migrants, entre autres. Mais aussi sur la politique internationale et des ambiguïtés qui ne sont plus hélas des ambigüités quant à ses positions sur la Russie de Vladimir Poutine et le régime syrien. Ces dirigeants d’Ensemble estiment que la candidature de Jean Luc Mélenchon est pour eux indéfendable. Encore faut-il ne pas se contenter de petites phrases mais aller au bout de la caractérisation. Sa rupture avec le FDG, Jean Luc Mélenchon l’a présentée dans un livre écrit durant l’été 2014 sous le titre « l’ère du peuple ». Il n’y a plus désormais les classes sociales et leurs représentations, le salariat qui par sa place dans le procès de production capitaliste incarne l’intérêt général et l’avenir de la civilisation humaine, il y a l’oligarchie et le peuple. La rupture de Jean Luc Mélenchon avec le FDG se fait sur la droite, au passage il bazarde tout l’acquis du marxisme et de l’apport spécifique de la révolution française au marxisme. Il y a le rapport direct d’un homme et de son destin avec le peuple, traduit par les élections présidentielles au suffrage universel. J’ai donné à cet article le titre volontairement provocateur de « Jean Luc Mélenchon, une candidature bonapartiste de rupture avec le mouvement ouvrier ». Je pense avoir démontré ce que nous entendons par là, le bonapartisme, ce n’est plus le mouvement ouvrier.

Je ne soutiendrai pas la candidature de Jean Luc Mélenchon, dans une élection où les dés sont par ailleurs entièrement pipés. Un second tour avec une confrontation entre Alain Juppé et Marine Le Pen et une partie de la gauche qui va nous appeler à nous mobiliser contre l’extrême droite, un bis-repetita de 2002 en plus grave.

Entrer dans une autre logique

Il va falloir entrer dans un autre logique à laquelle les militants de gauche et d’extrême gauche ne sont pas habitués, depuis qu'ils ont été contraints de passer sous les fourches caudines de la cinquième république, peut-on continuer à défendre le projet d’émancipation socialiste, ou communiste, c’est la même chose, en ne présentant pas de candidat aux élections présidentielles de 2017 ? La réponse est oui, puisque vraisemblablement une bonne moitié du peuple français va s’abstenir dans ce joyeux bordel. Et nous n’en serons pas la caution gauche avec Jean Luc Mélenchon au premier tour. Revenons aux principes, un mouvement d’émancipation ne peut pas se construire sur le sable mouvant, le projet de la vieille gauche de François Mitterand, icône sacrée de Jean Luc Mélenchon, a fait totalement échec. Nous avons besoin de travailler à un projet d’émancipation sociale et ce dernier se construira contre les institutions du coup d'état permanent.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 20:06

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/10/03/bresil-le-parti-des-travailleurs-defait-au-premier-tour-des-elections-municipales_5007023_3222.html

Débâcle du Parti des Travailleurs du Brésil au premier tour des élections municipales

Le parti de l’ancien président Luiz Ignacio Lula da Silva a perdu Sao Paulo et près de quatre cent mairies.

Par Claire Gatinois et Paulo Paranagua

Sa victoire lui aurait offert une stature de présidentiable. Sa défaite devrait le plonger dans l’abîme de la politique brésilienne, confirmant la débâcle de son parti. Fernando Haddad, maire sortant de Sao Paulo, membre du Parti des Travailleurs du Brésil, considéré comme un héritier prometteur de l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, de 2003 à 2010, a été éliminé dès le premier tour des élections municipales, Dimanche 2 Octobre 2016, offrant une victoire écrasante à son adversaire, Joao Doria, du Parti de la Sociale Démocratie du Brésil (PSDB), du jamais-vu dans la capitale économique du Brésil.

Raflant plus de cinquante trois pour cent des voix, contre seize pour cent pour Fernando Haddad, Joao Doria s’est présenté comme le Michael Bloomberg du Brésil. Prétendant suivre les traces de l’ancien maire de New York, le publicitaire et présentateur de télévision millionnaire, fils d’un ancien député exilé sous la dictature militaire, de 1964 à 1985, avait fait campagne en assumant un programme libéral à même de séduire les classes moyennes, se présentant comme un entrepreneur à succès et non comme un politicien, pour appâter les écœurés de la politique.

Deux cent cinquante six mairies contre six cent trente en 2012

Fernando Haddad a perdu aussi bien dans les beaux quartiers que dans les faubourgs populaires. Deux anciennes maires de Sao Paulo du Parti des Travailleurs du Brésil qui avaient changé d’étiquette, Marta Suplicy et Luiza Erundina, se sont effondrées dans les urnes. Dans les municipalités de l’ancienne banlieue rouge, berceau du Parti des Travailleurs, le parti de Luiz Ignacio Lula da Silva recule également. A Sao Bernardo do Campo, son lieu de résidence, l’ancien dirigeant métallurgiste a été conspué au bureau de vote, et le Parti des Travailleurs a été écarté du second tour.

Sao Paulo ne fait que refléter le naufrage du Parti des Travailleurs au niveau national. Ses candidats ne l’emportent que dans deux cent cinquante six municipalités, dont une seule capitale d'état, Rio Branco, dans l’Acre, contre six cent trente mairies en 2012. Le décompte des conseillers municipaux élus confirme un effondrement de l’audience du Parti des Travailleurs de l’ordre de cinquante pour cent. La bérézina s’étend à des fiefs traditionnels du Nordeste, comme Bahia, où l’héritier d’une dynastie traditionnelle, Antonio Carlos Magalhaes Neto, emporte la mairie de Salvador dès le premier tour, avec soixante quatorze pour cent des voix.

Toutefois, ce n’est pas la droite, divisée en multiples petits partis, qui profite de l’effondrement du Parti des Travailleurs, à la tête d’une coalition de centre gauche pendant treize ans. Ce sont les grandes formations centristes qui sortent confortées par le scrutin et mieux positionnées pour emporter le second tour, réservé aux grandes villes.

Le Parti du Mouvement Démocratique du Brésil (PMDB) reste le plus important de par le nombre d’élus, même si le PSDB progresse davantage. Le triomphe à Sao Paulo est une avancée pour le gouverneur du PSDB de l'état, Geraldo Alckmin, désormais bien placé dans la course à la présidence en 2018.

Plutôt qu’un virage à droite, nous assistons à un recentrage, sur fond de méfiance accrue à l’égard de tous les partis politiques. Le discrédit du Parti des Travailleurs s’étend à d’autres formations de gauche, comme le Parti Socialiste du Brésil (PSB) et le Parti Populaire Socialiste (PPS), qui reculent aussi. La REDE, le réseau formé il y a un an à peine par l’ancienne candidate écologiste Marina Silva, n’est pas parvenu à décoller à l’occasion de ces élections municipales. Seul le parti socialisme et liberté (PSOL), la gauche de la gauche, une scission du Parti des Travailleurs remontant à 2004, tire son épingle du jeu à Rio de Janeiro, où Marcelo Freixo, soutenu par la jeunesse et l’intelligentsia, disputera le second tour contre l’évêque évangélique Marcelo Crivella, le favori des sondages.

« Le Parti des Travailleurs n’a plus l’autorité politique pour être hégémonique à gauche, mais il n’y a pas encore une alternative », assure Guilherme Boulos, dirigeant national du Mouvement des Travailleurs Sans Toit (MTST). « En étant au pouvoir, le Parti des Travailleurs s’est renforcé politiquement, mais a perdu contact avec la société », a reconnu Fernando Haddad, lors d’un entretien avec la presse étrangère, le 26 septembre 2016. « La chute du Parti des Travailleurs se poursuivra jusqu’en 2018, année des élections présidentielles, voire plus », prédit Lincoln Secco, professeur d’histoire à l’université de Sao Paulo et auteur de « l’histoire du Parti des Travailleurs au Brésil », aux éditions du Sextant, en 2011. Pis, la déroute du Parti des Travailleurs plongera toute la gauche dans le désarroi, pense-t-il, « le PSOL tente de se présenter comme le Parti des Travailleurs des débuts, mais l’histoire ne se réécrit pas. Le discours du PSOL séduit une classe intellectuelle aisée, sans s’enraciner dans les milieux ouvriers, comme l’avait fait le Parti des Travailleurs ».

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 19:43

L’armée syrienne avance au nord d'Alep, les hôpitaux près du chaos (Reuters)

L'armée syrienne et ses alliés ont poursuivi Dimanche 2 Octobre 2016 leur progression au nord d'Alep, profitant de bombardements intensifs toute la nuit sur les quartiers est de la ville, rapportent les médias gouvernementaux et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH).

L’OSDH et la télévision syrienne ont indiqué que les soldats soutenus par des milices iraniennes et libanaises ont progressé en direction du sud à partir du camp d'Handarat, situé au nord d'Alep, dont ils ont repris le contrôle en début de semaine.

Les forces gouvernementales ont commencé à pénétrer dans la zone industrielle de Choukaïf où des affrontements se sont produits Dimanche 2 Octobre 2016 dans l'après-midi, a précisé Zakaria Malahifdji, membre du groupe rebelle Fastakim, retranché dans la ville.

L'OSDH fait état, pour sa part, de violents combats le long de la ligne de front qui sépare l'agglomération en deux.

La partie orientale d'Alep, assiégée depuis le mois de juillet 2016 après la fermeture de la route du Castello par laquelle transitaient les ravitaillements, est l'objet d'une campagne de bombardements aériens sans précédent de la part de l'aviation russe et de l'armée de l'air syrienne.

Des dizaines de raids ont été menés au cours de la nuit et ils se poursuivaient dans la journée du Dimanche 2 Octobre 2016.

Accentuant sa pression et comme il l'a fait dans d'autres centres urbains, le régime syrien a appelé les rebelles à quitter la partie orientale de la ville, leur promettant d'assurer leur passage et de leur fournir l'assistance nécessaire.

« Le haut commandement de l'armée appelle tous les combattants armés dans la partie orientale d'Alep à quitter ces quartiers et à laisser les civils vivre normalement leur vie », indique un communiqué diffusé par l'agence de presse syrienne SANA.

« Les russes et la direction militaire syrienne garantiront un passage sûr des combattants et leur fourniront l'aide nécessaire », poursuit le texte.

Stephen O'Brien, secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations Unies (ONU) en chargé des affaires humanitaires, s'est dit « profondément inquiet face à la férocité des bombardements contre l'est d'Alep » et a renouvelé l'appel en faveur d'une pause dans les combats.

« Les infrastructures sanitaires sont au bord de l'effondrement avec des patients qui ne peuvent être soignés et une absence de médicaments pour traiter les maladies les plus bénignes », a-t-il dit.

« Les faibles réserves en eau potable et alimentaires font que le nombre de personnes nécessitant une évacuation médicale d'urgence risque de s'accroître de manière spectaculaire dans les prochains jours », a-t-il poursuivi.

Le principal centre de soins d'Alep-Est a été gravement endommagé samedi par des frappes aériennes et a été contraint de fermer. Deux patients ont été tués.

Touché à plusieurs reprises par des bombardements depuis le mois de juillet 2016, l'hôpital a été frappé par trois fois cette semaine, rapporte la société médicale syro américaine (SAMS).

« La situation à Alep est au-delà de la désolation. Des gens sont prisonniers sous les décombres et nous ne pouvons pas les secourir en raison de l'intensité des bombardements. Nous implorons de l'aide pour que cesse le pilonnage », a déclaré Mohamed Abou Radjab, infirmier de la SAMS.

Sur le terrain diplomatique, le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue américain John Kerry se sont de nouveau entretenus au téléphone d'une éventuelle normalisation de la situation à Alep.

Les Etats-Unis ont menacé ces derniers jours de suspendre les discussions visant à ranimer l'accord de cessez-le-feu conclu au mois de septembre 2016 entre Washington et Moscou tant que les bombardements se poursuivent.

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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 19:27

http://france3-regions.francetvinfo.fr/nord-pas-de-calais/pas-de-calais/calais/calais-la-manifestation-de-soutien-aux-migrants-maintenue-malgre-l-interdiction-1098981.html

Soutien aux migrants de Calais, les manifestants bloqués par la police

La Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants (CISPM) a décidé de maintenir la manifestation prévue Samedi Premier Octobre 2016 malgré l'interdiction de la préfecture et du tribunal administratif. Les forces de l'ordre bloquent les manifestants présents à Calais et ceux venant de Paris.

Partis depuis la porte de la Chapelle à Paris Samedi Premier Octobre 2016 à 7 heures 30 pour participer à une mobilisation concernant les migrants à Calais, les bus des manifestants de la CISPM ont été bloqués par la police à la gare de péage de Setques, dans le département du Pas-de-Calais.

Une porte-parole du CISPM a indiqué que les quatre autocars avaient été immobilisés environ deux heures et avaient été contraints de faire demi-tour et de retourner vers Paris. « Nous condamnons cette entrave à la liberté de circulation », a déclaré cette représentante du CISPM.

Les manifestants se trouvant à Calais ont quant à eux été retenus à la sortie de la jungle de Calais par les forces de l'ordre. Des échauffourées ont éclaté avec des jets de cailloux et de pierres de la part des migrants, tandis que les forces de l'ordre ont répliqué avec des jets de gaz lacrymogènes et en utilisant un canon à eau.

Mercredi 28 Septembre 2016, la préfecture avait décidé d'interdire cette manifestation en lien avec la question des migrants, qui devait partir de la jungle pour atteindre le centre de la cité portuaire.

Selon le préfet, une telle mobilisation présente un risque important d’affrontement entre les militants d’extrême gauche, les militants d’extrême droite présents dans le Calaisis et des forces de polices insuffisantes pour assurer la sécurité du cortège. Des débordements auraient également été constatés lors de précédentes manifestations.

La CISPM avait déposé un recours au tribunal administratif de Lille pour contester la décision du préfet Fabienne Buccio, « nous pensons que nous sommes injustement discriminés et, vu l'ambiance qui prévaut à Calais, la CISPM a de gros doutes sur l'impartialité et la neutralité du préfet du Pas-de-Calais ».

Le tribunal administratif a pris la décision de rejeter la requête de la CISPM, qui a malgré tout décidé de faire front et de maintenir la manifestation du Samedi Premier Octobre 2016.

Vu d’Angleterre, Les associations inquiètes pour les mineurs

The Guardian a publié aujourd’hui un reportage sur la menace supplémentaire que fait peser sur les migrants mineurs la fermeture annoncée de la jungle de Calais. « Les volontaires des associations de charité et de prévention du VIH ont constaté des dégâts psychologiques chez la plupart des enfants réfugiés, après que François Hollande ait confirmé la fermeture de l’immense camp de réfugiés du nord de la France », écrit le journaliste Mark Townsend. Il rapporte des témoignages de mineurs que cette annonce décourageante pousse à envisager le suicide ou la mutilation. Au moins mille mineurs non-accompagnés vivent actuellement dans le camp, particulièrement vulnérables à la violence et à la pression créée par la situation des migrants de Calais.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:47

https://gazettedebout.fr/2016/09/19/nuit-debout-sest-reveillee

Comment le mouvement des Nuits Debout s’est réveillé place de la République à Paris

Par Raphaël Georgy

Lundi 19 Septembre 2016

Cet été, Nuit Debout Paris semblait avoir pris quelques vacances. Mais les membres les plus engagés ont travaillé d’arrache-pied pour relancer le mouvement, sans attendre la manifestation du Jeudi 15 Septembre 2016.

Dans une cave sombre où l’on peut difficilement tenir à plus d’une personne, sous un immeuble de la rue du Temple, à quelques pas de la place de la République à Paris, Paul, trente ans, engagé dans le mouvement des Nuits Debout depuis les premières semaines, se charge de faire passer le matériel sans rien oublier aux quatre autres, qui les remontent par un escalier d’un mètre de large. En ce début d’après-midi, Samedi 3 Septembre 2016, c’est la quatrième fois qu’ils répètent l’opération depuis Mercredi 31 Août 2016, date de la rentrée officielle de Nuit Debout Paris avec un programme de cinq jours de débats, de conférences et d’animations. C’est lourd et les corps transpirent. Le barnum de l’accueil, des tables, des bâches, des câbles électriques, des tubes PVC, des tableaux blancs et une foule d’objets en tous genres, ils ne sont pas trop de cinq pour tout charger sur les chariots. Depuis quelques mois, le mouvement des Nuits Debout dispose de plusieurs caves autour de la place, prêtées par des particuliers, pour entreposer son matériel.

« C’était exactement la chose à ne pas faire », lance Paul en découvrant le tout au beau milieu de la cour intérieure, sans qu’on sache si le ton est froid ou empathique. « Il faut absolument éviter que la voisine croie que sa cave est un moulin ». La solution n’est pas encore pérenne et les propriétaires qui acceptent de prêter une cave sont précieux.

Il est 14 heures 45, les cinq arrivent sur la place chargés comme des mulets, entre la bouche principale du métro et la rampe de skate. Quelques autres les rejoignent petit à petit. Nous commençons à monter les installations quand Nicolas, un des signataires de la déclaration en préfecture, prévient les nouveaux, « pas question, cette année, s’il y a une chose sur laquelle la police nous embête, c’est bien les horaires ». Même si la surveillance policière n’a pas diminué l’été arrivant. Nous attendrons donc 15 heures précises. Pendant que nous nous attelons à la tâche, les passants regardent d’un air interloqué la quinzaine de personnes qui s’affairent sur la place.

La tente de l’accueil est montée en quelques minutes, des bâches sont tirées entre des arbres pour faire de l’ombre. Les drapeaux « Nuit Debout » et la grande banderole « occupons les places » sont accrochés en hauteur et le programme de l’après-midi est écrit sur un tableau blanc bien en vue, devant lequel les passants s’arrêtent avant même qu’il soit rempli. Puis, on s’attaque au grand dôme, conçu par Archi Debout spécialement pour Nuit Debout et qui a déjà voyagé à Berlin et à la Biennale de Venise.

L’installation, entièrement composée d’arceaux en PVC, mesure tout de même huit mètres de diamètre. Ceux qui s’occupent de la logistique sont parmi les plus impliqués, mais les raisons qui les font revenir sur la place sont diverses.

Je pose la question à un membre de la commission logistique. Ce trentenaire travaille aux impôts, il ne souhaite pas que son nom soit connu.

« C’est dur d’abandonner », reconnaît-il. « Tu es chez toi, tu fais ta vaisselle, ton ménage et tu te fais chier, alors tu retournes sur la place. Ici, je fais quelque chose que je ne fais pas ailleurs, penser avec mes mains. Tout ce que nous faisons, c’est offrir le minimum de conditions d’accueil pour donner les moyens de débattre ». Même si Nuit Debout rassemble une certaine communauté d’idées, il estime trouver ici « une vraie diversité de la France », bien plus grande qu’au sein des militants des partis politiques.

Il fait horriblement chaud, alors avec Lison, de la commission coordination, nous nous assurons que nous pouvons nous éclipser quelques minutes pour prendre une boisson fraîche dans un café voisin. Lison fait partie du noyau de trente participants qui se sont réunis tout l’été pour préparer cette rentrée.

Elle me raconte qu’après avoir pris quelques jours de vacances pendant les mois de juillet et d’août 2016, parfois entre membres de Nuit Debout devenus amis, des réunions initiées par les plus motivés se sont tenues tous les mercredis à 18 heures sur la place pour relancer le mouvement. La commission accueil et coordination a fait sa rentrée le 20 août 2016 lors d’une réunion qui a duré six heures, de 15 heures à 21 heures, avec une pause pour dîner. La coordination s’est assurée par la suite que le programme de la rentrée pouvait bien se tenir, avec des effectifs suffisants en logistique et en sérénité, en diffusant un message par Internet intitulé « Nuit Debout a besoin de nous » le 26 août 2016.

Avec les treize commissions qui ont répondu à l’appel, comme économie politique, Jury Citoyen ou Écologie Debout, un programme a été mis sur pied avec des intervenants d’associations et de mouvements citoyens divers. Mais le manque se fait surtout sentir du côté de la sérénité, l’équipe de médiation de Nuit Debout. Son existence est une condition posée par la préfecture de police pour permettre au mouvement de monter ses installations sur la place, mais les membres de Nuit Debout ont eu dès le départ l’ambition de mettre sur pied une large équipe, rapidement confrontée aux vagabonds qui venaient interférer au dernier moment avec les ordres du jour, mais aussi aux militants d’extrême-droite décidés à leur mettre des bâtons dans les roues, sans compter les vendeurs d’alcool qui pullulaient dès que la place se remplissait. Lors de cette rentrée, des membres qui n’avaient jamais fait partie de la sérénité ont été invités à s’inscrire pour des créneaux de deux heures. Mais cela n’explique pas tout dans la diminution de l’effectif à la sérénité.

Nombre de ses membres étaient des militants dotés d’une forte conscience politique et avaient rejoint cette commission avec une idée très précise de la direction que devait prendre le mouvement. Ils se sont heurtés à une réalité. « Le mouvement a été récupéré par tout le monde », résume Lison qui regrette que certains se plaignent des orientations prises alors qu’ils pourraient s’impliquer et peser sur celles-ci. Au lieu de cela, la question de savoir si Nuit Debout devait être citoyenniste et débattre démocratiquement sans position politique définie, ou bien de déranger quelques personnes, comme l’expliquait par euphémisme Frédéric Lordon, n’a pas été tranchée.

Le débat sur la violence comme forme d’action est également resté stérile.

À défaut d’avoir une position commune, l’horizontalité de Nuit Debout implique que toutes les initiatives, même contradictoires, puissent se cumuler. Autrement dit, qui propose fait et nul n’est a priori empêché de participer ou de lancer des projets sans demander rien à personne. Cette ouverture permet au mouvement de rester en phase avec toutes les aspirations de la société.

Cela s’est vu à l’assemblée populaire quelques heures plus tard.

Un français d’origine asiatique, la vingtaine, lève la main pour s’inscrire sur le tour de parole à l’assemblée qui vient de commencer, vers 19 heures.

Son tour venu, il fait part des discriminations répétées contre les asiatiques, des préjugés tenaces ancrés parmi les autres minorités. Il faut dire que le 7 août 2016, Chaolin Zhang, un couturier de quarante neuf ans, a été agressé à Aubervilliers par trois jeunes qui voulaient voler le sac d’un de ses amis. Il a succombé à ses blessures. Beaucoup y ont vu une agression raciste. Pas plus tard que le lendemain, douze mille personnes ont manifesté au départ de la place de la République pour exiger la « sécurité » et dénoncer une « justice laxiste ».

Pour tout dire, il n’y a qu’à donner la parole pour que les gens la prennent.

Mais le programme de cinq jours a demandé des dizaines d’heures de préparation, sans compter la mobilisation de chacun pour sa réalisation.

Pendant que plusieurs centaines de personnes regardent le film « alors c’est qui les casseurs », la commission coordination tient sa réunion à quelques mètres de là. La nuit vient de tomber, il commence à pleuvoir doucement et la quinzaine de participants s’abrite sous la cantine. Assis en rond à même le béton, on aborde le bilan de la rentrée du point de vue de la coordination. Si beaucoup de monde vient prendre part aux commissions et aux débats, très peu restent pour les corvées de matériel, qui est pourtant entièrement monté et démonté tous les jours.

« Les trente mêmes personnes ne vont pas tenir éternellement », prévient Marie au mégaphone.

« Je propose que ceux qui comblent les trous arrêtent de le faire », ajoute Olivier.

Vient le tour d’Emmanuelle, « vous savez que je suis très investie, mais par rapport à ce que je voulais faire, j’en ai fait trop », renchérit Emmanuelle qui formule ainsi ce que beaucoup pourraient reprendre à leur compte. « Nous avons relancé le mouvement, c’est cool, mais cinq jours de suite, c’est mortel, une fois, pas deux ».

Gérard propose que chaque commission se charge de sa logistique ou délègue une ou deux personnes pour le matériel.

« Nous ne nous rendons pas compte que, à l’échelle d’une vie humaine, il y a une part de nécessaire énorme que nous sous estimons. Il faudrait en discuter pour que les gens prennent conscience que la part d’activités contraintes est beaucoup plus importante. Il n’y aurait même plus besoin de faire des appels pour mobiliser », poursuit Emmanuelle.

« Cela fait un mois que les gens disent qu’ils sont à bout, mais la place est montée tous les soirs », fait remarquer Gérard.

L’occupation de la place semble avoir encore de beaux jours devant elle, au moins jusqu’à ce qu’un événement politique majeur jette les citoyens dans la rue, telle une crise économique ou l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 16:18

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39044

Jean-Luc Mélenchon et l’héritage du mitterrandisme

Par Hugo Melchior

Vendredi 23 Septembre 2016

Les réserves qui s’expriment au sein des composantes de l'ancien Front De Gauche (FDG) sur la pertinence d’un soutien à la candidature de Jean Luc Mélenchon aux élections présidentielles de 2017 visent principalement les positionnements de ce dernier concernant la Syrie, les travailleurs détachés ou les migrants ainsi que sur le caractère jugé par certains plébiscitaire de sa démarche.

Une question, qui nous semble pourtant essentielle si l’on se place dans la perspective de la refondation d’une alternative émancipatrice, est rarement évoquée, celle du rapport que Jean Luc Mélenchon entretient avec le passé de la gauche française et plus particulièrement avec la figure de François Mitterrand.

Or, le rapprochement, comme souhaitait d’ailleurs le favoriser Jean Luc Mélenchon lors de la création du Parti de Gauche puis de sa campagne de 2012, entre des militants venus de traditions différentes, nécessite non seulement une approche conjointe du contexte politique, la définition d’un projet stratégique commun et le partage de pratiques sociales mais également un retour critique sur le capital d’expérience accumulé par la gauche et le mouvement ouvrier durant le court vingtième siècle.

S’il n’est pas question d’écrire une nouvelle version officielle de cette histoire, il est néanmoins, pour le devenir de la gauche critique, essentiel de construire pas à pas, par un débat raisonné fondé sur les travaux des historiens, une vision convergente des grandes tendances de cette histoire. Il n’est pas, en effet, indifférent pour militer ensemble au quotidien d’avoir des proximités d’analyse sur ce que furent le stalinisme, la sociale démocratie, le fascisme ou la contre-révolution libérale.

Nous ne pouvons donc qu’être interpellés par la manière dont Jean Luc Mélenchon traite, dans son récent livre d’entretien publié sous le titre « le choix de l’insoumission », l'histoire de la gauche et singulièrement le rôle éminent qu’y a tenu François Mitterrand. Histoire qu’il décrypte en retraçant son propre parcours militant.

Même si l’évocation complaisante de son insoumission juvénile est parfois irritante, on peut concéder à Jean Luc Mélenchon la constance de ses choix politiques. Pas de rupture, peu de déchirements intérieurs ou de regrets, si ce n’est à l’évocation des batailles picrocholines des courants de la gauche socialiste, mais l’affirmation d’une évolution réaliste qui le conduisit du trotskysme lambertiste aux ors de la république sous le gouvernement de Lionel Jospin et d’une fidélité absolue à celui qui reste sa référence première à savoir François Mitterrand.

Et c’est là que le bât blesse.

L’analyse que l’on peut faire de l’action politique de François Mitterrand depuis les années 1940 constitue, en effet, au sein des divers courants de la gauche critique, un point d’achoppement majeur.

Que ce soit chez les anciens ou actuels membres du Parti Communiste Français (PCF) pour lesquels François Mitterrand reste celui qui, dès le lendemain du congrès d’Epinay en 1971, annonça à ses nouveaux amis de l'internationale socialiste que l'union de la gauche avait, outre l’occupation du pouvoir d'état, vocation à réduire à la portion congrue leur parti.

Ou pour celles et ceux issus de la tradition trotskyste pabliste dont le refus d’appeler à voter pour François Mitterrand au premier tour des élections présidentielles de 1965 fut l’un des événements fondateurs de leur courant politique.

Enfin, pour celles et ceux ayant milité au sein du Parti Socialiste Unifié (PSU) ou s’inscrivant dans la tradition alternative et autogestionnaire de ce parti, François Mitterrand reste celui dont l’adhésion au PSU fut refusée pour cause de soutien à l’Algérie française et qui instrumentalisa la revendication autogestionnaire.

Vieilles histoires, peut on objecter, qui n’intéressent plus guère les jeunes générations.

Voire, car François Mitterrand fut aussi celui qui contribua tout au long des années 1980 à diffuser en France, au nom du réalisme, la logique néo libérale, dérégulation du secteur bancaire, orthodoxie budgétaire, austérité et promotion de l’entreprise, dont les effets délétères continuent de fracturer la société française. Et puis la part d’ombre de l’homme du 10 mai 1981, de l’assassinat d’Eloi Machoro, de l’incarcération des irlandais de Vincennes, de la mise en place d’un système d’écoute téléphonique pour des raisons privées à l’entrée de Bernard Tapie au gouvernement ou aux scandales de la fin du deuxième septennat, a favorisé le rejet de l’action politique dans une large partie de l’opinion et l’essor du Front National.

Cette part d’ombre a grandement participé à construire les dramatiques équations sociales et politiques auxquelles la jeunesse est confrontée.

Les femmes et les hommes, de François Hollande à Manuel Valls, qui accentuent aujourd’hui la politique sociale libérale, ont d’ailleurs pour la plupart débuté leur cursus honorum dans les pas du prince de l’ambiguïté et c’est en se mettant dans ses pas qu’ils ont appris à maîtriser le cynisme et l’art du reniement.

François Mitterrand,ce n’est donc pas seulement une affaire du passé ou bien un objet d’historien.

Le mitterrandisme nous semble tout au contraire un point central de clivage à gauche et l’absence dans le livre de Jean Luc Mélenchon de tout regard critique voire de prise de distance avec François Mitterrand et son bilan politique ne peuvent qu’inquiéter.

Les positionnements pour le moins ambigües de François Mitterrand pendant la période vichyste, son rôle dans la politique répressive du colonialisme français contre le peuple algérien et son endossement, jusqu’à la caricature, des attributs de la fonction présidentielle dont il se servît pour mener dès 1983 une politique qui ouvrait la porte au néo libéralisme, tout cela, pour Jean Luc Mélenchon, est justifié par la contingence et magnifié par le courage personnel et le charisme du grand homme.

Par sa constance, la référence de Jean Luc Mélenchon au mitterrandisme n’apparaît donc pas comme l’expression d’une simple nostalgie pour les temps révolus de sa jeunesse de cadre du Parti Socialiste ou comme la reconnaissance d’une dette vis-à-vis de son mentor, mais plutôt comme la traduction de l’adhésion de Jean Luc Mélenchon à la vision de l’action politique et à la conception de l’articulation entre les logiques institutionnelles et le mouvement autonome des masses populaires portées par François Mitterrand.

Plus encore, n’y aurait-il pas dans la défense obstinée du mitterrandisme par Jean Luc Mélenchon, le reflet d’une proximité de point de vue sur le leadership et sur le rapport entre le leader et les structures partisanes ? Comme François Mitterrand pouvait dire que le Parti Socialiste n’était que le prolongement de lui-même, on peut redouter que Jean Luc Mélenchon n’ait perçu les appareils qu’il a créés dans puis hors du Parti Socialiste, République Sociale, Parti de Gauche et Mouvement pour la Sixième République, que comme les ombres portées de sa personne. La mise en orbite de la France Insoumise sans plus de concertation avec les partenaires de l'ancien FDG ni même de réelle consultation des adhérents du Parti de Gauche n’est-elle pas une illustration de ce rapport instrumental que Jean Luc Mélenchon, comme hier François Mitterrand, entretient avec le peuple militant ?

En affirmant sa préemption sur l’héritage entier du mitterrandisme, Jean Luc Mélenchon est trop fin connaisseur de l’histoire de la gauche pour ne pas envisager que celle-ci suscitera chez ses partenaires de l'ancien FDG interrogation, incompréhension voire colère.

Alors pourquoi cette démonstration appuyée d’une telle filiation ?

Il nous semble que la réponse se trouve dans l’analyse que Jean Luc Mélenchon fait de la période actuelle et de sa perception des élections présidentielles de 2017 comme une fenêtre d’opportunité. « Cette fois-ci, c’est la bonne », confiait-il récemment au magazine les Inrocks. La paralysie du PCF, l’impuissance d’Ensemble, l’isolement du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et l’éclatement des écologistes, composent un contexte politique lui permettant de s’exonérer de toute concession mémorielle et historique. Désormais Jean Luc Mélenchon entend imposer, à celles et ceux dont il estime qu’ils n’auront d’autre choix que de se soumettre, sa vision de l'histoire de la gauche des cinquante dernières années comme substrat essentiel de son projet politique. Projet politique dans lequel le peuple se substitue à la classe, la nation à l’internationalisme et la révolution par les urnes à la mobilisation des masses populaires, c’est-à-dire, et cela en rupture avec l’essentiel de l’imaginaire de la gauche critique, en parfaite concordance avec les fondamentaux du mitterrandisme.

Aussi, à l’heure où une partie importante du peuple de gauche prend la pleine mesure des effets de la politique du Parti Socialiste, les diverses composantes de la gauche critique devraient donc s’interroger sur le sens de leur appui à un responsable politique puisant ses racines dans ce qui fut depuis 1983 l’une des matrices du social libéralisme.

Certes, une séquence électorale ne ferme jamais totalement un horizon politique mais l’expérience du mitterrandisme nous a néanmoins apporté la démonstration que la logique des institutions de la cinquième république étaient implacables y compris pour ses plus farouches opposants et que la légitimité du suffrage installait pour longtemps dans le paysage politique celles ou ceux qui en bénéficiaient.

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 15:48

http://www.regards.fr/web/article/espagne-le-psoe-creuse-sa-tombe-podemos-maintient-son-cap

Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) creuse sa tombe, Podemos maintient son cap

Par Loïc le Clerc

Lundi 26 Septembre 2016

Dimanche 25 Septembre 2016, la Galice et le Pays Basque espagnol renouvelaient leurs parlements. Si les droites nationales et régionalistes demeurent en tête, Podemos confirme sa position de premier parti d’opposition. Le PSOE n’en finit plus de rejoindre le cimetière de la sociale démocratie européenne.

Au royaume d’Espagne, Podemos espérait faire le sorpasso, comprenez passer devant le PSOE, aux dernières élections législatives du Dimanche 26 Juin 2016. En attendant les prochaines élections législatives, au mois de décembre 2016, Pablo Iglesias peut se rassurer, après deux bons résultats lors des élections régionales en Galice et au Pays Basque espagnol, qui ont eu lieu Dimanche 25 Septembre 2016.

En Marea, la plate-forme soutenue par Podemos, arrive en deuxième position avec dix neuf pour cent des voix en Galice, bastion du Parti Populaire, lequel conserve sa majorité absolue avec quarante sept pour cent des voix, et devance ainsi les socialistes de seize mille voix, ce qui leur vaut malgré tout quatorze sièges chacun. Au Pays Basque espagnol, Podemos se place en troisième position avec quinze pour cent des voix, derrière le parti national basque (PNV), indépendantiste de droite, avec trente sept pour cent des voix, et Euskal Herria Bildu, indépendantiste de gauche, avec vingt et un pour cent des voix. Le PSOE sombre à douze pour cent des voix. Il y a quatre ans, le PSOE gouvernait l’Euskadi, soutenu par le Parti Populaire.

Il y a quelques leçons à retenir de ces scrutins. Premièrement, les sondages espagnols ne savent jamais anticiper le résultat de Podemos. Qu’ils le minimisent, comme ce fut souvent le cas auparavant, ou qu’ils le survalorisent comme ce fut le cas cette fois-ci, voilà bien un paramètre à mettre de côté. Les sondages n’alimentent qu’une seule chose, la machine à discrédit des éditorialistes.

Le PSOE, nouveau malade de la sociale démocratie

Il y a eu le PASOK en Grèce, il y aura bientôt le PSOE. Comme les premières victimes de la fin de la sociale démocratie européenne, ces partis socialistes meurent d’avoir joué le jeu de la droite, de l’austérité, du There Is No Alternative (TINA). En Galice, le PSOE se retrouve au même plan qu'En Marea, quatorze élus, avec moins de voix, une humiliation pour certains membres du PSOE. Au Pays Basque espagnol, les choses sont presque pires.

Le PNV cherche un allié pour obtenir une majorité et il choisira certainement le PSOE. Mettre les indépendantistes basques au pouvoir et lutter contre l’indépendantisme catalan, un des premiers freins à une coalition entre le PSOE et Podemos au parlement national, la position sera des moins aisées à tenir sur la durée.

Conclusion, le PSOE est au bord de l’implosion. Pedro Sanchez, qui depuis des mois tente un plan à trois avec Ciudadanos et Podemos en vain, est toujours plus attaqué par l’aile droite de son parti. Susana Diaz, leader socialiste en Andalousie, est le leader de cette opposition interne.

Son rêve, secret de polichinelle, est de faire du PSOE un parti travailliste à la sauce de Tony Blair. À l’instar de ce qu’a pu faire Matteo Renzi, elle ne voit qu’une issue à la crise qui secoue le parlement espagnol, gouverner avec le soutien, actif ou passif, du Parti Populaire. Une position bien à droite, parfaitement assumée, qui ne ferait qu’appuyer le rôle de Podemos en tant que leader de l’opposition à la caste du Parti Populaire et du PSOE.

Podemos continue de s’installer, Ciudadanos disparaît

Voilà bien une nouvelle qui a dû faire couler quelques larmes à Arnaud Leparmentier du Monde et à Jean Quatremer de Libération. Dans ces deux parlements régionaux, Ciudadanos reste à la porte. Ils pourront dire que les identités de ces régions sont particulières. Mais que dire alors du fait que, dans une Galice nationaliste, comprenez très favorable à l'unité de l'état espagnol, et un Pays Basque espagnol régionaliste et indépendantiste, Podemos s’en tire bien dans les deux cas ?

Il y a deux choses. Premièrement, Podemos est très malléable et soluble dans les plates formes politiques locales préexistantes. Deuxièmement, Podemos porte en lui une certaine cohérence dans sa volonté de jeter le Parti Populaire hors du pouvoir et de ne pas y laisser le PSOE sans qu’il ait procédé à une épuration politique. À l’inverse de Ciudadanos qui, en moins d’un an, a promis de mettre fin au règne de Mariano Rajoy, s’est allié avec le PSOE, avant de pactiser avec Mariano Rajoy. D’aucuns qualifieront cela de réalisme. Le seul conseil que nous pourrions leur donner, continuez.

En attendant le mois de décembre 2016 et de nouvelles élections législatives, dont l’issue s’annonce irrémédiablement la même, le PSOE va organiser une élection primaire à laquelle Pedro Sanchez participera. Du gagnant découlera l’avenir de l’Espagne. Podemos doit continuer à débattre et à s’ouvrir vers le bas, car nous espérons mieux d’un parti dont l’ambition est de renverser la table. Le Parti Populaire va pouvoir souffler un peu et se concentrer sur ses affaires judiciaires. Quant à Ciudadanos, c’est quoi déjà, Ciudadanos ?

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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 15:16

Susana Diaz favorite à la succession du PSOE (Reuters)

Après la démission Samedi Premier Octobre 2016 du secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), Pedro Sanchez, la présidente de l'exécutif régional d'Andalousie, Susana Diaz, émerge comme favorite pour lui succéder et mettre fin à neuf mois de blocage politique.

Si elle accédait à la tête du PSOE, Susana Diaz serait la première femme à diriger le PSOE depuis sa fondation il y a cent trente sept ans et la première femme à la tête d'un grand parti politique espagnol.

Selon plusieurs sources socialistes, Susana Diaz est l'instigatrice du mouvement des frondeurs qui a déposé Samedi Premier Octobre 2016 la motion gagnante proposant de remplacer sans délai le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez.

Après dix heures de débats houleux, Pedro Sanchez a été mis en minorité et cette motion a été adoptée à la majorité, déclenchant sa démission.

L'Espagne est depuis neuf mois dans l'impasse politique, les élections législatives du mois de décembre 2015, puis celles du mois de juin 2016, n'ayant pas permis de dégager de majorité.

Si elle accède à la direction du PSOE, Susana Diaz devra, comme son prédécesseur, trancher le dilemme sur l'attitude à adopter au parlement, où le président du gouvernement sortant, Mariano Rajoy, tente de former un gouvernement minoritaire du Parti Populaire, arrivé premier aux élections législatives.

Si les députés du PSOE s'abstiennent, Mariano Rajoy pourra le faire.

Pedro Sanchez excluait de permettre au chef de la droite conservatrice de se maintenir au pouvoir.

Nouveau style pragmatique

La présidente de l'exécutif régional d'Andalousie a dit être opposée à un gouvernement de droite, mais ses partisans la jugent plus pragmatique que Pedro Sanchez, qu'ils estiment responsable par son intransigeance du recul du PSOE dans les urnes.

Selon eux, elle est la seule capable d'unir le PSOE et de l'engager à accepter ce gouvernement minoritaire.

« Bien que je peine à voir une grande différence entre elle et Pedro Sanchez d'un point de vue idéologique, elle pourrait amener un nouveau style et une nouvelle manière d'exercer le pouvoir », juge l'analyste Antonio Barroso, de la société américaine Teneo Intelligence.

« Elle prévoit probablement d'autoriser un gouvernement minoritaire en échange du départ de Mariano Rajoy », ajoute-t-il.

En tant que présidente de la communauté autonome la plus peuplée d'Espagne, Susana Diaz a fait preuve d'un esprit de consensus.

L'année dernière, après l'échec d'un vote local, elle a passé un accord de coalition avec le parti de centre-droit Ciudadanos en vue de former un gouvernement régional.

Ce type d'approche, susceptible de résoudre le blocage politique du pays, n'est toutefois pas du goût de nombre de militants du PSOE, qui jugent qu'offrir le pouvoir au Parti Populaire constituerait une trahison et un suicide politique pour le PSOE et restent favorable à Pedro Sanchez.

« J'irai là où me met la base, au sommet ou en bas de l'échelle », a dit Susana Diaz Jeudi 29 Septembre 2016 devant ses partisans, avant la démission du secrétaire général.

Soutiens de poids

Susana Diaz endosse depuis trois ans un rôle politique de premier rang dans le paysage politique espagnol, après avoir remplacé son mentor, José Antonio Griñán, à la tête du gouvernement régional andalou.

Elle peut aujourd'hui compter sur des soutiens influents pour appuyer sa candidature, Felipe Gonzalez, ancien président du conseil et figure tutélaire du PSOE, la soutient, tout comme son successeur José Luis Rodríguez Zapatero, selon des sources socialistes.

Outre la première fédération socialiste du pays, l'Andalousie, Susana Diaz a aussi l'appui des régions de Valence, d'Estrémadure et de Castille la Manche.

El Pais, quotidien qui dispose d'un certain crédit auprès des partisans socialistes, a publié Jeudi 29 Septembre 2016 un éditorial appelant Pedro Sanchez à démissionner et soutenant les propositions de Susana Diaz quant au choix d'un nouveau dirigeant.

Conformément à ses voeux, le PSOE va désormais être confié à une direction provisoire avant la tenue d'un congrès extraordinaire pour désigner le successeur de Pedro Sanchez.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 19:15

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/27/detournements-de-fonds-en-espagne-le-proces-d-une-epoque_1512614

Détournements de fonds en Espagne, le procès d’une époque

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Embonpoint tirant la chemise hors du pantalon, le pas mal assuré d’un retraité à la santé difficile et le visage triste et sérieux de celui qui se sait sur un chemin de croix, « l’architecte du miracle économique espagnol », comme les médias l’appelaient dans les années 2000, faisait peine à voir Mardi 27 Septembre 2016 sous les moulures de l’Audience Nationale, à Madrid, la principale instance judiciaire pour les actes de terrorisme ou de corruption.

En compagnie de soixante quatre autres accusés pour détournement de fonds, Rodrigo Rato, soixante sept ans, devra prendre son mal en patience.

Lui et ses compagnons judiciaires ont l’obligation d’assister intégralement à leur procès. Le parquet accuse ces suspects d’avoir détourné douze millions d’euros de la caisse d'épargne Bankia, via un système de cartes de crédit. Au total, quatre vingt mille opérations ont été dénombrées. Ces cartes ont reçu le nom de « tarjetas blacks », car les dépenses luxueuses des accusés n’étaient jamais justifiées. Ancien directeur du Fonds Monétaire International (FMI), entre 2004 et 2007, « gourou économique » des gouvernements conservateurs de José María Aznar, entre 1996 et 2004, Rodrigo Rato n’est certes pas seul dans cette tourmente judiciaire.

Sur le banc, aussi, des hommes d’affaires, des syndicalistes et des politiques, autant de dirigeants de Bankia, la plus grande caisse d’épargne espagnole sauvée de la banqueroute en 2012 par l’injection de vingt deux milliards quatre cent millions d’euros d’argent public que les espagnols n’ont toujours pas fini de rembourser.

A travers eux, c’est toute une époque qui est jugée, celle des agissements sans contrôle des caisses d’épargne dont la chute obligea Bruxelles à se porter garant, à hauteur de cent milliards d’euros, du sauvetage financier du système bancaire espagnol. « En soi », souligne Isaac Rosa du site www.eldiario.es, « ces cartes de crédit peuvent paraître peu de chose. Mais elles furent l’huile qui permit de graisser le système ».

« Avec ces cartes », a estimé Jesus Maraña, ancien directeur du quotidien de gauche Publico, « un groupe de dirigeants sans scrupule a pu se blinder et se protéger lui-même ». Cette opacité se brisa il y a deux ans grâce à la fuite d’un mail datant du mois de septembre 2009, dans lequel apparaissait une liste de hauts dirigeants et de leurs dépenses faites avec des « cartes de crédit professionnelles », non-déclarées au fisc et clandestines.

Restaurants et hôtels de luxe, massages coquins, boutiques de luxe, safaris et clubs privés avec prostituées, tels étaient les « frais et dépenses » non justifiés des cadres de Bankia. Et ce, au moment où la crise économique jetait des centaines de milliers d’espagnols au chômage.

Le cas de Rodrigo Rato est forcément à part. Dans les années 1990, ce fils de riche famille madrilène qui prisait les « clubs privés d’affaires » incarnait le pragmatisme libéral. Après avoir privatisé à tout va et jeté les bases législatives d’une spéculation immobilière sans frein, il apparaissait comme le champion d’une droite décomplexée, mais « bonne gestionnaire ». Ce qui lui avait valu la présidence du FMI. En 2012, patatras, il avait dû démissionner de Bankia. Il avait annoncé trois cent cinq millions d’euros de bénéfices alors que le trou dépassait en réalité les trois milliards d’euros.

Parmi les détails croustillants dont disposent les juges, nous apprenons que, le 27 mars 2011, il a dépensé trois mille cinq cent quarante sept euros en frais professionnels justifiés comme « chaussures et boissons alcoolisées ».

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