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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 21:12

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-vont-ils-extrader-mourad-dhina-le-21-mars-101732104.html

 

Vont-ils extrader Mourad Dhina le 21 mars?

 

Par Gilles Munier

 

Au moment où on célèbre en France le cessez-le-feu du 19 mars 1962, Mourad Dhina, un opposant algérien non-violent, risque d’être extradé vers l’Algérie où l’attend la salle de torture du DRS (police politique).

 

Mourad Dhina a expliqué à plusieurs reprises que pour panser les blessures causées par le coup de force militaire de janvier 1992 contre le président Chadli Bendjedid et la « sale guerre » contre le Front islamique du salut (FIS) – au moins deux cent mille morts – il convenait d’organiser une « Commission Vérité et Justice » qui ferait la lumière sur les crimes et violences qui se sont produites, de part et d’autre.

 

J’assisterai à l’audience qui se tiendra le 21 mars, à 14 heures au Palais de Justice de Paris, car au-delà de la décision qui sera prise, il y va de l’avenir de l’Algérie et de la paix et la sécurité et Méditerranée. Rien moins.

 

Extrait d’une lettre adressée par Mourad Dhina à son entourage (6 mars 2012)

 

« Je me présenterai à l'audience du 21 mars 2012 suite à laquelle les magistrats français rendront leur avis sur la demande d'extradition formulée par le régime algérien. J'ai toujours agi dans la légalité et ceci me procure une conscience tranquille devant la justice d'un Etat de droit. Cela fait presque deux décennies que le pouvoir algérien - à travers son aile la plus radicale - s'emploie à me diaboliser en vue de me neutraliser. Ce pouvoir s'est fait aider dans son entreprise par ses relais à l'étranger et je ne dois à ce jour mon salut qu'à la seule providence divine.

 

Pérennisation d’un pouvoir politique dévoyé

 

Ce pouvoir a fait usage de moult manipulations et amalgames abusant des étiquettes « islamiste » et « terroriste » pour faire passer au rouge tous les voyants chez ceux qui étaient - et sont encore - censés garder un œil sur moi, notamment les divers services de sécurité de pays occidentaux. Mais, paradoxalement, c'est cette même surveillance qui montre que je n'ai rien commis d'illégal dans ces pays ! Je sais cependant que je reste « mal vu » par certains de ces services, notamment ceux ayant un agenda interventionniste et qui n'apprécient guère mes vues politiques et mon intransigeance quant à l'indépendance de mon pays.

 

Ce procès sera l'occasion pour moi de rappeler les raisons de mon opposition au pouvoir algérien. Il s'agit principalement de ce qui suit.

 

Mon refus du coup d'Etat de janvier 1992 et le fait qu'aujourd'hui encore la conception et la pratique du pouvoir en Algérie restent ancrées dans la matrice qui a généré ce coup d'Etat. On ne pourra s'en défaire qu'une fois que deviendra effective la souveraineté populaire librement exprimée par le suffrage universel et que sera assuré le contrôle démocratique des moyens de coercition de l'Etat, notamment l'armée et les services secrets.

 

Mon opposition à la politique dite de « réconciliation » qui ne fait qu'imposer amnésie, impunité et pérennisation d'un ordre politique dévoyé. Je considère en effet, loin de tout esprit de vengeance, que seuls les devoirs de vérité, de mémoire et d'un minimum de justice permettront aux Algériennes et Algériens de faire leur deuil, de prendre pleinement conscience de ce qu'il leur est arrivé, pour enfin dire « plus jamais ça » et repartir tous ensemble pour un véritable Etat de droit garant de la dignité de tous ses citoyens.

 

Mon refus de voir mon pays courir vers l'abîme à cause de la mégalomanie, la corruption, l'incompétence et le clientélisme. La raison de cet état de fait est si clairement résumée par Abu Hamed Al Ghazali (onzième siècle) pour qui la corruption de la société vient de celle du prince, qui elle-même provient de la corruption de l'élite causée par sa cupidité. »

 

Torture systématiquement pratiquée

 

Extrait de la lettre adressée par Human Rights Watch à François Fillon (12 mars 2012)

 

(…) La Cour suprême du Royaume-Uni, dans un jugement émis le 7 mars 2012 sur une affaire impliquant des Algériens faisant appel d’une décision de les déporter vers l’Algérie, a énoncé qu’il existait « un consensus [devant la Commission spéciale d’appels relatifs à l’immigration], dans un certain nombre d’affaires, sur le fait que l’Algérie est un pays où la torture est systématiquement pratiquée par le DRS (Département du renseignement et de la sécurité) et qu’aucun agent du DRS n’a jamais été poursuivi pour cela » (W (Algeria) (FC) and others versus Secretary of State for the Home Department, [2012] UKSC 8, paragraphe 4).

 

Selon Human Rights Watch, il existe suffisamment de preuves qui appuient notre affirmation que si la France extradait M. Dhina vers l’Algérie, elle violerait la Convention contre la torture, qui énonce dans son article trois :

 

« Aucun État partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre État où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture.

 

Pour déterminer s'il y a de tels motifs, les autorités compétentes tiendront compte de toutes les considérations pertinentes, y compris, le cas échéant, de l'existence, dans l'État intéressé, d'un ensemble de violations systématiques des droits de l'homme, graves, flagrantes ou massives. »

 

 

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:58

 

http://www.bakchich.info/international/2008/06/02/syrieisrael-les-dessous-des-negociations-secretes-52806

 

Syrie/Israël : les dessous des négociations secrètes

 

Par Kader Atoum

 

Lundi 2 Juin 2008

 

L’annonce, courant mai, de négociations indirectes de paix entre la Syrie et Israël sous l’égide de la Turquie n’est que la partie visible de l’iceberg. Celles-ci ont en réalité débuté il y a un peu moins de quatre ans. Tout a commencé lors de la visite officielle du jeune président syrien, Bachar al Assad, à Ankara le 6 janvier 2004. Etaient présents à ses côtés l’ambassadeur syrien à Washington (qui dirige depuis la diplomatie syrienne), Walid al-Mouallem, et le conseiller du président Bahjat Soleïman. Bachar al Assad avait alors grandement surpris ses interlocuteurs turcs, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Et pour cause ! Il leur a demandé d’user de leurs bonnes relations avec les responsables israéliens, notamment militaires, pour relancer discrètement des négociations de paix. Celles-ci étaient interrompues depuis l’échec des pourparlers entre le président américain Bill Clinton et Hafez al Assad au printemps 2000, à Genève.

 

Bachar al Assad n’a ensuite pas perdu de temps. Il n’a même pas attendu les résultats des premiers contacts noués par l’intermédiaire de l’ambassadeur de Turquie à Tel-Aviv, Samir Lioulou. Dix jours à peine après avoir quitté Ankara, le chef de l’Etat syrien a dépêché son gendre, le général Assef Chawkat, pour aller dire aux Israéliens qu’il n’y avait pas de conditions préalables à la reprise des contacts avec l’État hébreu. Une fois ce message transmis, Ariel Sharon, alors Premier ministre d’Israël, a aussitôt envoyé le directeur général du ministère des Affaires étrangères à Ankara pour en savoir plus.

 

En dépit de rumeurs faisant état d’un « niet » israélien dû à des surenchères de politique intérieure comme à la crainte des États-Unis de voir Ankara monter en puissance, les Turcs ont néanmoins poursuivi, sur demande d’al Assad en personne, leur médiation. Ils ont proposé aux Syriens de désigner une personne de confiance qui ferait office de médiateur secret et serait acceptée par les Israéliens. Ce choix délicat s’est porté sur l’homme d’affaires américain d’origine syrienne, Ibrahim Soleïman.

 

Membre de la communauté alaouite, ce dernier est originaire du village d’al Kordaha, le fief de la famille Assad. Soleïman a également été à l’origine des visites répétées à Damas (sous Assad père) de délégations de Juifs américains d’origine syrienne. Celles-ci ont par la suite joué un rôle important auprès du lobby juif américain pour faire pression sur Washington et Tel-Aviv afin d’accepter la reprise de négociations de paix avec la Syrie.

 

Rencontres secrètes

 

Depuis le début de l’année 2005, Ibrahim Soleïman n’a eu de cesse de faire la navette entre le palais présidentiel des Mouhajirines, à Damas, la primature turque, à Ankara, et les bureaux des politiques et généraux israéliens, à Jérusalem comme Tel-Aviv. Il aura toutefois fallu attendre une rencontre secrète organisée dans un hôtel situé dans la banlieue d’Istanbul entre le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak (qui a toujours été favorable à une solution avec les Syriens) et le colonel-major Maher Assad, le frère du président syrien. Ce militaire devenu incontournable au sein de l’armée syrienne était accompagné du général à la retraite Mohamed Nassif, ancien patron des services de renseignements militaires et homme clé du dossier israélo-syrien, côté Damas.

 

Aujourd’hui, alors que ces négociations indirectes débutées il y a bientôt quatre ans entrent dans leur phase finale, Damas fait entrer dans la danse l’expert en droit international Riad Daoudi. Le président Assad l’a chargé de poursuivre auprès des instances internationales et de certains pays occidentaux, le développement de l’enquête portant sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais, Rafic Hariri, dans lequel de hauts responsables militaires syriens seraient impliqués. A Beyrouth, il se murmure avec insistance que la question du tribunal international fait partie du deal israélo-syrien. Ce qui signifie qu’au cas où les négociations continuent d’évoluer positivement, les Israéliens useront de leurs influences sur les pays occidentaux pour atténuer les pressions sur le régime syrien.

 

Du côté d’Israël, que se soit avec ou sans l’actuel Premier ministre, Ehud Olmert, impliqué dans un scandale financier qui risque de le faire chuter, la poursuite des négociations se prépare en coulisses. Déjà, Benyamine Netanyahou, ancien Premier ministre et patron du parti du Likoud, prépare son homme de confiance, le milliardaire américain, Ronald Lawder, à entrer en piste. Même topo pour la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui pousse son chef de cabinet, Aharon Abramovitch, à reprendre du service : l’homme a, dans le passé entretenu des relations avec l’entourage d’Assad. Voilà qui semble de bonne augure.

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:40

 

http://www.fr.news.yahoo.com/double-explosion-%C3%A0-damas-plusieurs-d%C3%A9c%C3%A8s-signal%C3%A9s-104335526.html

 

Vingt sept morts après une double explosion à Damas

 

BEYROUTH (Reuters) - Deux explosions survenues samedi matin dans le centre de Damas ont fait vingt sept morts et cent quarante blessés, rapportent les autorités syriennes qui parlent d'actes terroristes commis par des opposants au président Bachar al Assad.

 

Deux voitures piégées ont selon elle été mises à feu vers 7 heures 30 (5 heures 30 GMT) devant des locaux des services de renseignement et un bâtiment de la police.

 

Les images diffusées par la chaîne montrent ce qui semble être deux corps calcinés dans des véhicules distincts ainsi que la carcasse d'un minibus taché de sang et des membres sectionnés rassemblés dans des sacs.

 

"On a entendu une énorme explosion. Les portes de notre maison ont volé en éclats (...) bien que nous soyons à bonne distance de l'explosion", a déclaré un homme âgé portant un bandage à la tête, interrogé par la télévision publique.

 

Aucune revendication n'a été formulée après cette double explosion qui survient au surlendemain du premier anniversaire du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad, dont la répression a fait plus de huit mille morts et deux cent trente mille déplacés, selon les chiffres des Nations unies.

 

Les deux actes sembles assez similaires aux trois attentats suicides commis à Damas en janvier et en février dans la capitale et qui ont fait soixante dix morts. Les autorités les ont imputés au moins en partie à al Qaïda.

 

Un autre attentat à la voiture piégée a fait vingt huit morts à Alep, deuxième ville de Syrie, en février.

 

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a "condamné avec fermeté les deux attentats". "La France condamne tous les actes de terrorisme qui ne peuvent se justifier en aucune circonstance", a-t-il dit dans un communiqué.

 

Une équipe conjointe du gouvernement syrien, des Nations unies et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) devait entamer samedi une évaluation sur le terrain des besoins humanitaires de la population syrienne.

 

Elle n'était toutefois pas au complet et on ignore quand elle pourra entamer ses travaux, a-t-on appris de source de la mission.

 

D'autres violences ont été signalées samedi dans le pays.

 

L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne, a déclaré que le corps d'un vieil homme avait été retrouvé au lendemain de son arrestation dans la région de Djabal al Zaouiyah, dans le nord de la Syrie.

 

Il a ajouté que cinq personnes avaient péri dans la ville de Raqqa (est).

 

L'organisation militante Avaaz a quant à elle déclaré disposer des preuves d'actes de torture à l'encontre de trente deux enfants la semaine dernière à Homs, dans le centre.

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:44

 

http://www.liberation.fr/monde/01012391841-maudit-guant-namo

 

Vendredi 24 Février 2012

 

Maudit Guantanamo

 

Innocenté au terme de huit ans passés dans le camp américain, cet algérien est désormais coincé en Gironde

 

Par Luc Mathieu

 

D’une prison à l’autre. D’une cellule de trois mètres carrés à Guantánamo à un F4 dans un HLM de Mérignac (Gironde). Saber Lahmar y vit seul, reclus, sans recevoir aucune visite. Il a beau avoir été reconnu innocent et libéré en 2009 de Guantánamo, au terme de huit années de détention, il reste comme emprisonné. Aux séquelles physiques - des douleurs musculaires et articulaires - s’ajoutent ces cauchemars quasi quotidiens qui lui font ressasser les tortures subies. «Il fait régulièrement des crises de panique. Il ne répond même plus au téléphone», dit Mohammed Habri, son ami commerçant.

 

Prisonnier de ses souvenirs, Saber Lahmar l’est aussi d’une situation administrative absurde. Algérien sans passeport, accueilli par la France sans l’avoir demandé, il n’a aujourd’hui qu’une carte de séjour d’un an. «Je ne veux pas vivre sur le dos des associations humanitaires mais je ne peux pas trouver un travail avec une carte de séjour d’un an. Je ne peux pas non plus sortir du pays pour aller voir ma famille. La France est comme un grand Guantánamo», explique-t-il dans le bureau de son avocat. Il se reprend, inquiet de se montrer injuste. «Je suis bien sûr reconnaissant à la France. Mais je voudrais juste pouvoir vivre normalement», dit-il dans un français hésitant.

 

Son avocat Pierre Blazy, ténor du barreau bordelais, est plus virulent. Il accuse la France, et plus particulièrement l’Elysée, de ne pas avoir tenu ses promesses. «Quel est l’intérêt de notre pays à accueillir quelqu’un comme Saber Lahmar ? Aucun. Si les autorités lui ont proposé de s’installer ici, c’est qu’il y a eu un arrangement, y compris financier, avec les Etats-Unis. Les anciens de Guantánamo qui ont été accueillis au Royaume-Uni ont été indemnisés. Pourquoi pas lui ?» Contacté par Libération, le Quai d’Orsay «assure ne pas avoir connaissance d’un accord financier entre les Etats-Unis et la France». Pointant «le côté kafkaïen» de la situation, Amnesty s’est saisi du cas de Saber Lahmar. «Voilà quelqu’un qui a été innocenté par les autorités américaines après qu’on lui a volé neuf ans de sa vie. Il arrive en France et l’Etat ne lui permet pas de se reconstruire. C’est inhumain, il ne peut que s’isoler et dépérir», estime Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France. Saber Lahmar vit avec les deux cent euros mensuels accordés par une association d’aide aux réfugiés. Son loyer est pris en charge. «Comme ma femme et mes deux enfants ne peuvent pas me rejoindre, ils m’ont dit que j’allais déménager dans un studio.»

 

L’ex-détenu de Guantánamo n’a pas revu sa famille depuis le 19 octobre 2001. Il vit alors à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) où il dirige la bibliothèque d’un centre culturel saoudien. «Le centre n’avait rien d’extrémiste. On y proposait aussi bien des formations d’arabe que d’informatique. Tout le monde pouvait venir.» Lui y est arrivé en 1996, après une licence en sciences islamiques obtenue à Médine, en Arabie Saoudite. De son enfance pauvre à Constantine (Algérie), il garde un souvenir «heureux». «Mon père n’était qu’un employé mais il a tout fait pour que ses enfants puissent suivre des études.» A Sarajevo, Saber Lahmar vit une existence qu’il qualifie de tranquille. Il est marié et a deux enfants, un garçon et une fille. Musulman pratiquant mais sans lien avec l’extrémisme, il voit sa vie basculer dans l’absurde et l’arbitraire en début de soirée, ce 19 octobre 2001.

 

Des policiers débarquent chez lui, fouillent appartement et voiture. Ils ne trouvent rien mais placent le bibliothécaire en garde à vue. Il demande ce qui lui est reproché, les policiers répondent : «On n’en sait rien. Ce sont les Américains qui ont voulu qu’on t’arrête.» Le juge lui pose une seule question : «Tu connais Ben Laden ?»«Oui, je l’ai vu à la télé», répond-il. Après trois mois de détention, il est libéré, l’accusation d’avoir fomenté des attentats contre les ambassades américaine et britannique à Sarajevo ayant été abandonnée. Mais alors qu’il s’apprête à franchir les portes de la prison un gardien lui lance : «Toi, tu vas aller à Guantánamo !»«C’est quoi, Guantánamo ?» rétorque Saber Lahmar. Il ne parcourt que quelques mètres sur le trottoir. Des soldats américains l’encerclent, le menottent, lui passent une cagoule. Ils le laisseront les trois jours suivants allongé sur un sol en béton, pieds et chevilles enchaînés.

 

Lorsqu’il arrive à Guantánamo, après dix-sept heures d’avion, il est enfermé dans le camp X-Ray, dans une cage de deux mètres sur un mètre et cinquante centimètres. Hormis deux pauses de vingt minutes par jour, les prisonniers doivent rester assis, tête baissée, les bras passés autour des jambes. S’ils bougent, ils sont passés à tabac. Les interrogatoires commencent. «C’était toujours les mêmes questions. Où et quand j’étais né, combien j’avais de frères et sœurs, etc. Je ne savais toujours pas pourquoi j’étais là. Quand je demandais, on me répondait : "Tu es dans l’enfer américain. On fera ce que l’on veut de toi."»

 

Il change de cellule au bout de trois mois. «Une cage aux parois métalliques avec un cabinet de toilette, un tapis de sol, comme ceux vendus à Décathlon, et un lavabo, mais seuls les gardiens pouvaient faire couler de l’eau.» Les interrogatoires sont incessants. Il se rebelle, refuse de répondre sans arrêt aux mêmes questions. Les tortures commencent. «Parfois, c’était à l’électricité. A d’autres, au gaz lacrymogène. Ils en envoyaient dans la cellule toutes les vingt minutes. Comme il n’y avait aucune aération, à part un interstice sous la porte, c’était vite irrespirable. Il y avait aussi la torture de l’eau : ils me mettaient une éponge dans la bouche et versaient de l’eau. J’avais l’impression que mon ventre allait exploser. Mais, le pire, c’était les médicaments qu’ils mettaient dans la nourriture. Certains m’ont empêché de dormir pendant plusieurs semaines.» Avec d’autres détenus, il entame une grève de la faim. Les gardiens le nourrissent de force. «J’ai recommencé plusieurs fois. Ils attendaient dix-sept jours pour voir si je tenais et après ils me passaient un tuyau dans le nez et versaient une sorte de bouillie. La douleur était terrible.»

 

En septembre 2008, un juge américain estime qu’il n’y a aucune preuve permettant de classer l’Algérien comme «ennemi combattant» et qu’il doit être libéré. Un émissaire de l’ambassade française à Washington se rend à Guantánamo. «Il m’a proposé de venir en France. Il m’a dit que l’on s’occuperait de moi, que j’aurais un logement, un emploi et une voiture. J’ai demandé à aller à Paris ou à Marseille.» Le premier décembre 2009, il atterrit à Bordeaux. «Tout me paraissait extraordinaire, les escalators, les nouvelles voitures. Je n’avais eu aucune information ou aucune image du monde extérieur pendant mes huit années de détention.» Il a, depuis, parlé au téléphone avec ses enfants, aujourd’hui âgés de treize et onze ans. Il a aussi joint ses trois frères et sept sœurs restés en Algérie. Ils lui ont appris que leur mère était décédée en 2006. «Elle n’a su que plusieurs années après mon arrestation que j’étais à Guantánamo. Elle devait penser que j’étais mort.»

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:14

 

http://www.tariqramadan.com/Syrie-Qui-a-raison-qui-a-tort,11890.html

 

Syrie : Qui a raison, qui a tort ?

Jeudi Premier Mars 2012

Par Tariq Ramadan

Cela fait maintenant des mois que la Syrie est tourmentée par une tragédie. Des civils ont été torturés et tués par les forces armées ; la répression du gouvernement a atteint des niveaux insupportables et semble ne plus pouvoir être jugulée. Le monde regarde et les puissances étrangères - Russie et Chine d’un côté ; Etats-Unis, pays arabes et européens de l’autre - sont incapables de trouver une solution ou de se mettre d’accord sur un moyen de mettre fin aux meurtres. Les Nations Unies sont impuissantes et le monde regarde passivement : des centaines de Syriens ont été tués et la répression continue.

Quiconque ose lever la voix ou écrire sur la question est certain d’essuyer des attaques émanant des deux côtés. Pour certains, appeler à la fin du régime de Bachar al-Assad équivaut à soutenir les Américains et Israël contre les musulmans (en particulier les chiites), les Iraniens et même les Palestiniens. Sur Internet, ainsi que sur les réseaux sociaux, les attaques sont extrêmement véhémentes et sévères : soutenir l’opposition divisée est au mieux considéré comme étant le signe d’une dangereuse naïveté politique, au pire comme étant un acte de haute trahison. “Nos ennemis soutiennent les manifestants”, affirment-ils, “nous devrions donc soutenir les ennemis de nos ennemis”. Il n’y a donc d’autre choix que de prendre le parti du régime. Mais en politique tout comme en matière de droits de l’homme, les ennemis de nos ennemis ne sont pas nécessairement nos amis.

Il est tout à fait flagrant que les Américains, les Européens et les Israéliens ont changé de position (au départ, ils voulaient une réforme au sein du régime) : à présent, ils réclament la démission de Bachar al-Assad. Il est tout aussi évident qu’ils sont en contact avec des groupes d’opposants et leurs dirigeants afin de tenter d’assurer leurs intérêts dans la région. Les pouvoirs occidentaux et Israël ne sont point des spectateurs passifs ; ils essaient de maintenir leur contrôle, tandis que les Russes et les Chinois travaillent à assurer une présence plus effective au Moyen Orient et ce sur de multiples fronts.

Tout cela est de notoriété publique ; la forme du nouveau Moyen Orient qui émerge est un sujet de grande inquiétude à la lumière des récents événements survenus en Libye, en Irak, au Yémen, au Liban, ainsi que des constantes pressions exercées sur l’Iran, où la probabilité d’une attaque est désormais assez élevée. Il serait dangereux et irréfléchi de prendre pour argent comptant les aimables intentions humanistes que professent les Etats-Unis ou la Chine, les pays européens, Israël et la Russie vis-à-vis des peuples arabes en général et des Syriens en particulier. Les vies de ceux-ci n’ont de valeur qu’en fonction des intérêts économiques et géostratégiques qu’ils représentent : rien de plus, rien de moins.

Cela étant dit, l’ultime solution est-elle de demeurer silencieux et de soutenir le régime de Bachar ? Lui et son père furent et sont des dictateurs qui ont donné l’ordre de tuer des milliers de civils tout en torturant impitoyablement leurs opposants. Il s’agit là de faits ; aucun cœur sensible, aucun esprit sensé n’est capable de soutenir de tels tyrans et d’aussi cruels despotes. La tyrannie devrait cesser ; Bachar al-Assad devrait être arrêté et jugé. Son bilan est terrible, l’œuvre d’un homme ayant perdu tout sens de la mesure.

Il n’est pas question d’appeler ici à une intervention étrangère ; peu de personnes ont été bernées par l’opération libyenne de protection du pétrole qui a primé sur celle des hommes. La soi-disant “communauté internationale” devrait adopter une position claire et exercer une pression sur le régime afin de faire cesser la répression - une prise de position qui a peu de chance d’être formulée, il est vrai. Il revient aux forces d’opposition de parvenir à un accord minimal et d’organiser un front solide et uni pouvant conduire le pays vers le pluralisme, la démocratie et la liberté : il s’agit assurément du défi le plus urgent et le plus difficile auquel les Syriens font face aujourd’hui. Cela demeure le seul moyen de convaincre le monde qu’il existe une véritable alternative démocratique au régime tyrannique actuel. Cela signifie travailler avec un large éventail de soutiens et de partenaires en Amérique, en Europe, dans le monde arabe, ainsi qu’en Asie. A long terme, il s’agira de leur capacité à tracer la voie dans notre ordre du monde multipolaire actuel leur assurant un solide soutien multilatéral en faveur de leur légitime résistance.

Aujourd’hui, une telle perspective semble lointaine. Les conseils d’opposition sont en concurrence, de même que la Ligue Arabe, l’Organisation de la |Conférence Islamique (OCI), a laquelle il faut ajouter la très volontariste politique étrangère turque : tous semblent agir selon les paramètres révolus contre lesquels on semble bien ne rien pouvoir faire. L’avenir est sombre.

A Homs, Hama, ainsi qu’à travers toute la Syrie, on tue quotidiennement des civils, on humilie et on torture des personnes. La culpabilité du régime est criante, ainsi que l’est notre silence. Nos larmes ne peuvent suffire si notre seul soutien consiste à regarder la télévision et à pleurer. Nos cœurs peuvent bien verser des larmes, mais le courage nous a bel et bien abandonné.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 15:23

 

http://www.fr.news.yahoo.com/une-palestinienne-en-détention-préventive-en-grève-la-210750161.html

 

Une palestinienne, en détention préventive, en grève de la faim

 

RAMALLAH, Cisjordanie (Reuters) - Des Palestiniens ont manifesté jeudi pour protester contre l'utilisation par Israël de la détention préventive à l'encontre d'une militante du Djihad islamique en grève de la faim depuis le mois dernier, dont l'état de santé se dégrade.

 

Hana Shalabi, militante palestinienne de 30 ans détenue sous le régime de la "détention administrative" à la prison militaire israélienne d'Ofer, en Cisjordanie, a entamé le mois dernier une grève de la faim après avoir été arrêtée dans le village de Bourkine, en Cisjordanie.

 

D'après ses avocats et ses médecins, la jeune femme souffre aujourd'hui de vertiges et de pertes de connaissance, ainsi que d'une diminution inquiétante de sa masse musculaire.

 

Les autorités israéliennes l'avaient déjà emprisonnée pendant vingt cinq mois sans procès, mais elles l'avaient relâchée en octobre dans le cadre de l'accord d'échange de prisonniers conclu avec la direction du Hamas.

 

Les négociations entre ses avocats et la justice israélienne n'ont pas permis de trouver un accord et un juge militaire devrait rendre son avis dans les jours à venir.

 

La grève de la faim d'Hana Shalabi participe d'un mouvement de prisonniers palestiniens déclenché en décembre dernier par Khader Adnan, responsable local du Djihad islamique palestinien, qui avait suivi une grève de la faim presque fatale pour dénoncer son maintien en détention.

 

Contesté par les organisations de défense des droits de l'homme, le régime de détention administrative permet aux autorités israéliennes de garder indéfiniment un détenu sous les verrous en l'absence de procédures judiciaires.

 

Alors que le mouvement des prisonniers prend de l'ampleur, les appels de la communauté internationale à abroger ce régime de détention se font de plus en plus entendre.

 

Les autorités militaires israéliennes justifient ces détentions par un souci de sécurité, s'appuyant la plupart du temps sur des preuves fournies par des informateurs locaux ou par leurs propres services de sécurité.

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 15:09

 

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/15/l-ump-drague-activement-l-electorat-musulman_1669085_1471069.html

 

L’UMP courtise activement l’électorat musulman

 

L’UMP a-t-elle organisé des convoyages de supporters musulmans pour le meeting de Nicolas Sarkozy le 11 mars ? Le Canard enchaîné du 14 mars affirme dans un article que des "bus halal", transportant de manière séparée des hommes et des femmes auraient été affrétés à Montreuil (Seine-Saint-Denis) en direction de Villepinte. La nouvelle faisait immédiatement réagir le Mouvement des Jeunes Socialistes qui dénonçait sur son site "les bus de la honte" et "le jeu malsain et dangereux" de l'UMP.

 

Contacté par www.lemonde.fr, Patrick Karam, responsable diversité de la campagne Sarkozy, infirmait l'information. "A aucun moment, nous n'avons pratiqué ce type de séparation. Nous avons simplement mis à disposition des bus spécifiques pour certaines associations musulmanes", explique-t-il. M'hammed Henniche confirme: "Il n'y a pas eu de bus séparé".

 

Le secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93) explique que le bus parti de Montreuil ne comprenant que des femmes avait été réservé par un centre de formation pour femmes. Ses adhérentes étant arrivées en groupe, elles ont occupé un des bus disponibles.

 

« Faire venir des musulmans »

 

Les deux hommes confirment en revanche l'existence d'une campagne spécifique de l'UMP en direction des musulmans. Un activisme ciblant particulièrement les mosquées et leurs reponsables. Patrick Karam aurait pris contact en octobre 2011, via l'UAM 93, avec un grand nombre d'associations cultuelles, afin de chercher leur appui. En janvier, il a proposé à ce premier cercle de contacts de mobiliser pour le meeting de Villepinte.

 

M’hammed Henniche en faisait partie mais "sans impliquer l'UAM 93". "Faire venir des musulmans à une réunion de l'UMP pour changer son regard, c'est un objectif louable. On les a aidés en leur donnant des numéros de télélphone, en organisant des réunions... Au final, ceux qui y sont allés ont trouvé l'ambiance formidable. S’il n'y avait pas eu les déclarations de Guéant sur le halal, ça aurait vraiment marché", avoue ce responsable musulman qui dit avoir de bonnes relations à droite comme à gauche.

 

Une vingtaine de bus auraient ainsi été affrétés par l'UMP pour des associations musulmanes, laïques et cultuelles, d'Ile-de-France dont une quinzaine pour la seule Seine Saint Denis. Patrick Karam confirme ce travail spécifique en direction des "Français musulmans" et le revendique. "Nous avons quarante trois comités de soutien de Français musulmans en France. Deux cent vingt responsables gérant des mosquées soutiennent Nicolas Sarkozy et au Bourget nous avions huit cent musulmans venus de la part des mosquées", assure cet inspecteur général de la jeunesse et des sports.

 

« Hollande veut étouffer les religions »

 

A ses yeux, mobiliser "pour la diversité" justifie ces opérations de séduction. "Dans notre campagne, il faut que tous les Français y soient, les musulmans comme les juifs de France. Nous avons trois réseaux musulmans et un comité juif ", certifie Patrick Karam.

 

Ainsi, il y a bien eu des argumentaires adressés aux musulmans vantant les "dix bonnes raisons de ne pas voter François Hollande" comme l'évoque Le Canard enchaîné.

 

M’hammed Henniche ajoute que les réseaux ont envoyé des SMS dénonçant François Hollande comme celui qui "veut étouffer les religions", qui "s'oppose à la finance islamique" ou celui qui "me préfère immigré mais pas musulman".

 

"Le comité juif a fait la même chose. Chaque comité de soutien fait campagne à sa façon via les médias communautaires", justifie Patrick Karam.

 

A l'UMP, on dément pourtant fermement toute "démarche spécifique" envers la communauté musulmane. "Je n'ai pas eu connaissance de mise en place de transports particuliers ; l'UMP a mis à disposition des bus pour les fédérations. Le reste n'est pas de notre fait", assure Jérome Lavrilleux, directeur de cabinet de Jean-François Copé. Ajoutant cependant: "Si des gens décident de se regrouper par affinité, c'est leur décision".

 

Sylvia Zappi

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 20:08

                                                   

 

 

Grève générale historique au Nigéria

 

Le Nigeria est le cinquième plus gros producteur de pétrole de l’OPEP. Son PIB est le deuxième plus important d’Afrique. Il exportait trente quatre milliards d’euros de pétrole en 2006. En avril de la même année, il devenait le premier pays africain à rembourser intégralement sa dette, estimée à trente millions de dollars. Quel beau modèle de développement économique pour le FMI et la Banque Mondiale ! Il faut aussi préciser que soixante dix pour cent de sa population vit sous le seuil de pauvreté, que cinq mille enfants de un à cinq ans meurent chaque année, que l’espérance de vie est de quarante cinq ans ou encore qu’il produit moins de trois mille cinq cent mégawatts d’électricité sur les soixante quinze mille mégawatts nécessaires. En 2012, le pays le plus peuplé d’Afrique possède à nouveau une dette de trente sept millions de dollars. Cet endettement n’a en rien servi à développer les infrastructures routières, de santé, d’éducation... Moins de six pour cent des clients des banques possèdent quatre vingt huit pour cent des dépôts et le revenu par habitant est plus bas que dans les années 1960 ! Cet endettement n’a servi qu’à enrichir l’élite nigériane corrompue.

 

Mais ce n’était pas suffisant : début janvier, trois semaines après une visite de Christine Lagarde, le gouvernement de Goodluck Jonathan –arrivé au pouvoir avec l’aide des puissances occidentales en 2010– a supprimé la subvention au secteur pétrolier, faisant passer du jour au lendemain le prix à la pompe de 0,31à 0,68 euro.

 

Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. La réaction ne s’est pas fait attendre. Dès le 3 janvier, des manifestations massives eurent lieu dans plusieurs villes du pays. Le 9 janvier, à l’appel des deux grandes confédérations syndicales, une grève générale illimitée débuta. Deux cent mille personnes manifestèrent à Lagos, la capitale économique. La grève générale fut suivie dans les trente six états du pays. Jour après jour, les manifestations étaient de plus en plus importantes. Après une semaine de grève, les dirigeants syndicaux ont signé avec le gouvernement un soi-disant compromis fixant le prix du pétrole à 0,47 cent d’euro le litre – ce qui représente encore une augmentation de plus de cinquante pour cent – et ont appelé à cesser la grève.

 

Nos camarades nigérians, réunis autour du journal The workers’alternative, nous font part d’un changement profond dans la mentalité des jeunes. Inspirés par les révolutions tunisiennes et égyptiennes, ils sont décidés à occuper les places et à ne plus se laisser diviser. En effet, depuis des années, les élites corrompues du Nigeria jouent sur l’opposition entre le nord musulman et le sud chrétien pour diviser le peuple. Mais lors de ces manifestations, dans de nombreuses villes du Nigeria, des chrétiens ont protégé des musulmans lors de leurs prières. Inversement, des musulmans ont monté la garde devant les églises pendant la messe (en particulier à Minna où la secte Boko Haram avait fait exploser une bombe à Noël, tuant de nombreux chrétiens).

 

Même si la victoire est très relative, plus rien ne sera comme avant. La conscience des Nigérians a fait un bond. Le peuple est entré dans l’arène politique. Il est déterminé à se faire entendre. Cette grande grève n’est que le début d’une intensification de la lutte des classes.

 

Le député travailliste britannique John Robertson, président d’une mission parlementaire sur la région, y a mené une visite en août 2005. Il expliquait : « Le peuple du delta sait que le pétrole génère une énorme richesse dont il ne profite pas. [...] [Cette situation] crée aussi des ressentiments, tant à l’égard des entreprises qui produisent cette richesse (principalement étrangères : quarante pour cent du pétrole nigérian est raffiné par la compagnie Shell) qu’à l’encontre des chefs de communauté, accusés de collusion avec celles-ci ». Et John Robertson s’interrogeait : « Si une révolution survient au Nigeria, quelles en seront les conséquences pour l’Afrique ? » Une chose est sûre : tôt ou tard, une révolution éclatera au Nigeria. Si le peuple en sort victorieux et parvient à exproprier son élite corrompue et les vampires du FMI et de la Banque Mondiale, d’autres pays africains se soulèveront.

 

Romain Kosellek 

 

http://www.lariposte.com/greve-generale-historique-au,1754.html

 

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15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 19:51

 

Manifestation devant l’ambassade du Portugal

3 Rue Noisiel 75016 Paris Métro Porte Dauphine

Jeudi 22 Mars 2012 à 18 heures

Nous sommes tous des portugais en grève

Solidarité avec le peuple portugais en grève contre l’austérité

Les mesures imposées par la Troïka (UE, BCE, FMI) en Grèce, en Irlande et au Portugal plongent ces pays dans le chaos et la misère. D’un bout à l’autre de l’Europe, nous naufrageons tous dans le même bateau. Du Portugal à la Grèce, la démocratie n’a plus de sens si les États et les gouvernements de ces pays sont au service des banquiers.  

Au Portugal, dernier des pays à être mis sous tutelle de la Troïka (un an après la Grèce,  six mois après l’Irlande) le salaire minimum est de quatre cent quatre vingt cinq euros brut et il est le plus bas d’Europe ; le chômage touche 15% de la population et 35 % des jeunes.  23,2% des travailleurs salariés sont liés à l’entité patronale par un CDD ou un contrat précaire (54,6% des 15-24 ans). A l’inverse, tous les prix augmentent de façon exponentielle. L’essence est, par exemple, plus chère qu’en France. A l’heure actuelle,  25 % de la population vit aujourd’hui au Portugal en dessous du seuil de pauvreté. 

Les mesures d’austérité imposées par la Troika et le gouvernement sont aussi dures qu’en Grèce et en Irlande. Les allocations et les retraites déjà misérables ont diminué de façon drastique. Des coupes budgétaires sont imposées dans la santé comme dans l’éducation. Des malades du cancer ne peuvent plus suivre des traitements, des dizaines d’hôpitaux dans le pays sont en rupture de médicaments, et on arrive à ne pas pouvoir procéder à des opérations par manque de compresses. Le Ministère de la Culture a été supprimé, les transports et les media publics ont été privatisés. De nombreux fonctionnaires ont été limogés du jour au lendemain. 

Notre solidarité est un soutien actif aux peuples d’Europe en lutte contre l’austérité. De la même façon que les media taisent la réalité des luttes du peuple grec, ils cachent également la réalité sociale et politique du Portugal. Depuis des mois, toute la société manifeste son indignation. Le mouvement de travailleurs précaires est un des plus forts d’Europe. Même les militaires ont pris position à plusieurs reprises contre les coupes budgétaires. 

Le peuple portugais est acculé par son propre gouvernement à une émigration forcée. L’actuel premier ministre portugais Passos Coelho a ouvertement incité les chômeurs à émigrer et plusieurs membres du gouvernement exhortent depuis des mois les jeunes à faire de même. En 2011, plus de cent vingt mille portugais ont émigré, des chiffres semblables à ceux des années 1960 où les portugais fuyaient la guerre coloniale et la misère imposée par la dictature de Salazar.

La politique de la Troïka (UE, BCE, FMI) et du couple Sarkozy Merkel soumet tous les peuples européens à des conditions de vie déplorables, Ils ne nous représentent pas.  

Jeudi 22 mars manifestons notre solidarité avec le peuple portugais, qui sera ce même jour en Grève Générale contre l’austérité.

Nous sommes tous portugais !

Construisons une grève générale européenne !

 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 21:58

 

Caravane de la liberté vers la Syrie

 

Nous sommes un groupe de jeunes syriens n’appartenant à aucune dénomination politique et entreprenons de lancer un convoi pacifiste vers la Syrie, avec le but de mettre fin au siège/blocus médiatique qui règne en Syrie. Nous souhaitons également attirer l’attention internationale sur la situation humanitaire critique dans le pays et permettre a des organisations internationales de faire entrer des aides humanitaires dans le pays, ne serait-ce que symboliques… Dans ce contexte, nous appelons toutes les associations charitables ainsi que les organisations humanitaires à se joindre à nous, de même que nous appelons toutes les organisations internationales de défense des droits de l’homme à participer à ce projet afin de prendre note des exactions qui seraient commises a l’encontre des participants au convoi ou à l’encontre du peuple syrien dans le cadre d’une entrée sur le territoire syrien, si celle-ci peut avoir lieu. Ces organisations auront également comme rôle de constater la légalité des articles transportés par le convoi, avant que ceux-ci n’entrent en Syrie, et cela afin de pallier à la propagande du régime syrien et de ses médias qui tenteront probablement d’accuser le convoi de faire entrer des articles prohibés en Syrie. Nous prions enfin ces organisations d’appeler des pacifistes internationaux de tous les coins du monde à participer a ce convoi.

 

Le départ de ce convoi aura lieu le 15 Mars 2012, une date symbolique représentant le début de la révolution syrienne il y a un an. Le départ se fera à partir de deux points géographiques : le premier en Turquie, dans la ville de Ghazi Aintab ; le deuxième en Jordanie, dans la région de Ramtha. Nous organiserons un sit-in aux frontières des deux côtés pendant une durée de trois jours minimum. Quiconque des participants ne pouvant pas entrer dans le territoire pour quelque raison que ce soit pourra demeurer symboliquement à la frontière dans le cadre du sit-in, ceci au cas où le convoi serait autorisé à entrer dans le pays.

 

Le 12 Janvier dernier le premier convoi de la liberté pour la Syrie a eu lieu, avec pour départ la ville de Ghazi Aintab en Turquie. Ce convoi transportait des vivres ainsi que de l’aide humanitaire, et était sous la protection de medias arabes et internationaux qui s’étaient déplacés.

 

Cependant, le régime syrien a interdit au convoi d’entrer dans le pays, ce qui conduit l’ensemble du convoi et de ses participants a organiser un sit-in de deux jours ainsi qu’une grève de la faim pour contester cette décision du régime syrien. Nous avons des lors noté le faible nombre d’organisations des droits de l’homme participant au convoi, en dépit de nos nombreux appels à beaucoup d’entre elles. Notre condition première à l’entrée du convoi en Syrie est la présence et l’accompagnement de médias qui suivraient tous les mouvements du convoi dans les différentes régions de Syrie.

 

Nous appelons à votre aide et votre présence a nos côtés, de même que votre soutien. Nous sommes en effet de jeunes Syriens indépendants de tous partis politiques et n’agissant sous le couvert d’aucune organisation.

 

Nous représentons un mouvement populaire et civil constitué de diverses composantes de la société syrienne et d’activités internationales. Dans cette perspective, nous confions la représentation du convoi au professeur et avocat Muhannad al Husny, qui se chargera de représenter le convoi auprès des comités de droits de l’homme. 

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