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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 20:17

http://www.contretemps.eu/interventions/gauche-entre-soi-burkini

La gauche de l’entre-soi et le burkini

Dans cet article, Philippe Marlière, professeur de sciences politiques à University College London, revient sur les récentes controverses sur le port du burkini en France, montre la ligne de fracture qu'elles ont créé au sein de la gauche française et réfute les arguments qui sont déployés pour justifier des attaques racistes et sexistes contre les femmes musulmanes.

Ce sont les photographies de la honte et de l’ignominie. Elles sont apparues dans un premier temps dans la presse anglo-saxonne et ont ensuite fait le tour du monde. Quatre policiers municipaux armés s’approchent d’une femme allongée sur une plage de galets à Nice. Ils lui ordonnent de retirer un débardeur qui recouvre le haut de son corps. Sous les regards en apparence acquiesceurs de vacanciers dénudés, la femme s’exécute. Ces policiers appliquent un arrêté municipal interdisant le port du burkini sur les plages, ce vêtement qui recouvre l’intégralité du corps.

La controverse déclenchée par ces interdictions dans diverses stations balnéaires n’est pas insignifiante, car elle a connu des développements juridiques avec la prise d’arrêtés municipaux confirmés par les tribunaux. Elle a également aggravé les tensions communautaires déjà vives. Il est d’autant moins aisé d’ignorer ce tumulte qu’il crée une ligne de fracture importante au sein de la gauche française.

Un point de vue dominant incohérent

À gauche, l’opinion dominante veut que le burkini doit être combattu au nom du féminisme car ce vêtement serait, dans tous les cas de figure, un signe d’asservissement de la femme. Cet argument me semble incohérent.

Je voudrais montrer qu’un point de vue progressiste ne peut contester le libre choix du port du burkini, comme de tout vêtement ou signe religieux, quelle que soit l’opinion personnelle que l’on puisse avoir de ce vêtement par ailleurs.

À l’exception de Manuel Valls, aucun dirigeant se réclamant de la gauche n’a catégoriquement pris position en faveur de l’interdiction du burkini. La lettre, l’esprit et la jurisprudence relatifs à la loi de 1905 sont en effet clairs, celle-ci n’impose pas la neutralité religieuse aux individus dans les lieux publics. Par conséquent, interdire le port du burkini constitue un acte contraire à la laïcité.

Il faut noter que les positions prohibitionnistes sont moins tranchées qu’antérieurement, en 2004, lors du vote de la loi interdisant les signes religieux à l’école, cette loi ciblait avant tout le hijab, pratiquement toutes les composantes de la gauche avaient approuvé une autre mesure discriminatoire et anti laïque. Cette loi contrevenait à la laïcité puisque les élèves ne sont pas non plus tenus à la neutralité religieuse.

Les émancipateurs de gauche ont soutenu une loi qui, de fait, prive d’enseignement des jeunes filles. Il s’agit d’une incohérence majeure entre les objectifs libéraux affichés par les prohibitionnistes et les conséquences pratiques néfastes de cette loi pour les personnes concernées.

Le burkini serait, d’une part, la manifestation d’une emprise salafiste ou wahhabite sur la communauté musulmane française. Cette affirmation péremptoire est réfutée par les spécialistes de la question. Ni le soi-disant État Islamique, ni les talibans ne toléreraient le port du burkini car celui-ci permet l’accès à un espace public où la semi-nudité et la mixité sont la règle. En réalité, le burkini est une adaptation moderne de la tradition islamique, dans le sens où il concilie des préceptes religieux et l’autonomie individuelle. Ce vêtement permet aux musulmanes de s’exposer sur une plage et de se baigner. On constate d’ailleurs que les femmes qui portent le burkini sont plutôt jeunes et intégrées dans la société française. Le burkini, comme le hijab, juxtapose une double affirmation identitaire dans l’espace public, musulmane et française.

Les contempteurs du burkini ou du hijab n’ont de cesse de renvoyer aux pratiques dans les théocraties islamiques, dans ces pays, nous disent-ils, les femmes se battent pour avoir le droit de se dévêtir en public. Les progressistes doivent bien entendu soutenir les femmes qui souhaitent se dévoiler quand le hijab ou le burkini leur sont imposés. Mais, nous ne traitons pas ici du cas de l’Iran ou de l’Arabie Saoudite. Nous débattons de pratiques françaises, dans un contexte où une large majorité de femmes fait ce choix de manière autonome et libre.

La menace d’un état autoritaire

Dans une démocratie pluraliste, est-ce le rôle des pouvoirs publics d’imposer aux individus la manière selon laquelle ils doivent se vêtir ou se dévêtir ? Le législateur avait senti le danger lors du vote de la loi interdisant le port de la burka en 2010, celle-ci est bannie, non sur la base d’une atteinte à la laïcité, mais en vertu de considérations relatives à la sécurité publique et à la nécessité de décliner son identité.

Des individus de gauche ambitionnent d’émanciper des femmes voilées, contre la volonté de ces dernières. Ce comportement paternaliste me met très mal à l’aise. Comment, dans une société française multiculturelle, multiconfessionnelle et multiethnique, peut-on s’arroger un tel droit sur d’autres personnes ? Il est évident que l’ensemble de nos choix de vie est loin d’être éclairé ou progressiste et qu’il répond souvent au déterminisme de la structure sociale et autres préjugés. Mais s’il fallait que la gauche se donne pour objectif de remettre dans le droit chemin toutes les personnes qui s’habillent mal, pensent mal ou font de mauvais choix de vie, il faudrait rééduquer la majorité de la population.

Partant, pourquoi cette obsession, dans une certaine gauche, à vouloir réguler les choix aberrants de femmes musulmanes ? J’y vois une raison historique et une autre conjoncturelle, d’une part, la gauche française porte en héritage un profond anticléricalisme, voire un sentiment antireligieux, hérité de la période de la querelle entre la jeune république laïque et une église catholique socialement influente. Une vulgate marxiste permet de justifier ce combat contre l’opium du peuple, le croyant est celui qui a une fausse conscience et qui pense mal. Il faut donc lui faire voir la lumière, y compris aux femmes voilées qui pourtant ne demandent aucunement qu’on les rééduque.

Que l’athéisme militant puisse de nos jours continuer de passer pour le nec plus ultra de la pensée progressiste en France est étonnant. C’est assurément un cas unique dans le monde occidental. En Europe nordique et méditerranéenne, les accommodements entre la religion et les valeurs de gauche sont courants et ne soulèvent aucun débat. Lorsque je séjournais dans la Toscane rouge, ma logeuse, une vieille communiste adoratrice de Palmiro Togliatti, avait pour habitude de dire des personnes honnêtes et généreuses, « e un buon cristiano », c’est un bon chrétien.

Un facteur conjoncturel doit aussi être pris en compte, la gauche dans son ensemble n’en finit pas de regretter que les deuxième et troisième générations originaires du Maghreb, qui sont prolétarisées dans l’ensemble, ne se soient pas laïcisés comme les polonais ou les italiens.

Notons en passant que le modèle français d’intégration a toujours fonctionné de manière autoritaire et coercitive. Gérard Noiriel a souligné cet aspect dans une étude pionnière sur l’immigration en France. Au début du vingtième siècle, le catholicisme baroque des polonais déplaisait aux autochtones, des Italiens réputés voleurs étaient victimes de rixes et l’antisémitisme s’est manifesté de manière virulente aux dix neuvième et au vingtième siècle. Ces immigrés européens se sont intégrés au prix d’une adaptation aux normes dominantes de la communauté nationale, ce qui a nécessité l’abandon de leur propre identité d’origine, langue et culture.

La gauche anticléricale et l’islam

En réalité, cette gauche anticléricale ne pardonne toujours pas aux jeunes musulmanes de sortir voilées. C’est, à ses yeux, une trahison insupportable. Entre cette gauche-là et les jeunes musulmanes, l’incompréhension est totale. On le sait, les partis de gauche, quels qu’ils soient, n’aiment afficher en public que des musulmanes parfaitement laïcisées, c’est-à-dire non voilées ou encore conformes aux canons de la femme occidentale.

Dans la plupart des autres pays européens, des élues de gauche portent le hijab et cela ne pose aucun problème. Et s’il y en a un, le parti fait corps pour défendre l’élue auprès du public au nom de l’égalité et du pluralisme.

En France, de Lutte Ouvrière au Parti Socialiste, on fait en sorte que les femmes voilées n’aient aucune fonction partisane ou élective. Discriminées, ces musulmanes se tiennent évidemment à l’écart des partis de gauche.

Il existe une autre aporie idéologique qui explique le raidissement pathologique d’une partie de la gauche vis-à-vis des femmes musulmanes, celle-ci interprète le monde à partir d’une grille de lecture républicaine. Il faut préciser que nous parlons ici du républicanisme français, car l’idée républicaine a précédé la révolution française et connait dans le monde diverses interprétations.

Je qualifie l’interprétation française de communautarisme national ou communautarisme majoritaire. En effet, depuis 1789, la conception de la citoyenneté française repose sur l’idée d’une appartenance à une communauté nationale, dont chaque individu doit épouser les normes dominantes sous peine d’être accusé de menacer l’ensemble de l’édifice.

Le républicanisme français, un communautarisme national

Cet ethos est consigné dans le mot d’ordre de la nation une et indivisible ou encore la suspicion à l’égard de tout corps intermédiaire entre le citoyen et l’état. La culture jacobine méprise et réprime les langues régionales, les corps intermédiaires et ce qui sort d’un cadre culturel français bourgeois.

En conséquence, l’étranger ne peut s’intégrer au cadre républicain communautariste que s’il adopte les us et coutumes indigènes. N’est-ce pas le sens de l’appel à la discrétion réclamé par Jean-Pierre Chevènement à l’égard des musulmans ? N’est-ce pas l’idée véhiculée par Jean-Luc Mélenchon qui, interrogé sur la mode islamique, compare le port du hijab à des mœurs bizarres comme celle de se mettre une plume sur la tête ?

N’est-ce pas la sentence rendue par Manuel Valls qui décrète que le port du burkini est incompatible avec « nos valeurs », c’est-à-dire les valeurs dominantes de la communauté nationale ?

Ce républicanisme communautariste, un faux universalisme dans la pratique, n’est donc pas l’apanage d’une droite nationaliste ou xénophobe.

Interrogé sur l’interdiction du burkini, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front De Gauche (FDG) aux élections présidentielles de 2012, pense qu’il s’agit « d’une provocation politique et d’une instrumentalisation communautariste du corps des femmes ». Il n’a rien à redire des propos de Manuel Valls si ce n’est qu’il a eu tort d’en rajouter. Bref, dans l’esprit du leader de la France insoumise, les femmes musulmanes n’ont aucune autonomie ni aucune liberté ou, quand elles exercent cette liberté, elles font des mauvais choix. Critiquer les femmes pour leur apparence physique, les vêtements qu’elles portent et leur poids, a de tout temps été l’une des expressions les plus brutales du machisme patriarcal. Un arc républicain communautariste s’est donc formé, il englobe une partie de la gauche radicale et de la gauche modérée, la droite et l’extrême droite. Le ressort de ce communautarisme est le dédain affiché pour les libertés individuelles et le rejet de la différence culturelle.

À l’étranger, ce mode de raisonnement holiste est jugé liberticide et inadapté à des sociétés culturellement plurielles. Les élites franco-françaises se bercent d’illusions quand elles affirment que ce modèle républicain suscite l’admiration de nos voisins. Il n’en est rien, l’intégration française fait l’objet d’un rejet croissant à l’étranger. Que des militants de gauche, pétris de culture internationaliste et se réclamant du libéralisme culturel, ne perçoivent pas la nature réactionnaire de ce républicanisme autoritaire, ne laisse pas de me surprendre. L’intégration selon le procédé communautariste républicain ne résout donc aucun problème de cohabitation entre les différentes cultures et confessions. Au contraire, il ne fait qu’aviver les tensions car il est source continuelle de décisions arbitraires qui sont créatrices d’inégalités entre individus.

Pourquoi ces femmes musulmanes soustrairaient-elles leur corps à la vue de tous alors que les femmes laïcisées se dévêtissent, semblent nous dire ceux qui défendent le communautarisme national ? Je suis favorable à la nudité sur les plages, mais pourquoi faudrait-il que cette préférence personnelle soit imposée à tout le monde ? Selon Aheda Zanetti, la créatrice du burkini, entre trente cinq pour cent et quarante cinq pour cent des femmes qui achètent ses burkinis ne sont pas musulmanes. Pourquoi des femmes ne se protégeraient elles pas des effets cancérigènes, du soleil ou des regards pesants de certains hommes ?

Le républicanisme communautariste intègre mal ses populations étrangères, non parce qu’il prêche un vivre-ensemble abstrait, mais parce qu’il est exclusif et inégalitaire dans la pratique. Ce républicanisme-là tourne le dos à l’ambition universaliste de la révolution de 1789, il essentialise la population musulmane, toujours suspectée de ne pas adhérer aux règles de bienséance et de vie française. Ce faisant, cette idéologie n’est qu’un discours creux qui se mord la queue, une promesse d’égalité jamais tenue et de plus en plus discréditée aux yeux des populations issues de l’immigration.

Une attaque raciste et sexiste

Comment ne pas comprendre que l’interdiction du burkini dans l’espace public, demain du hijab, est une attaque délibérée à caractère raciste, islamophobe et sexiste ? Les arrêtés municipaux ne sont d’ailleurs qu’une infime partie du problème. Éric Fassin observe à juste titre qu’il existe en France une politique d’état qui discrimine certaines catégories de citoyens qui sont ethnicisées par des pratiques administratives, profil ethno-racial des noirs et des arabes, et à travers des déclarations publiques du personnel politique de droite, mais aussi de gauche. Aujourd’hui, avec les interdits municipaux contre le burkini, nous sommes passés au stade de la discrimination directe et explicite d’une population.

Cette dérive, grave et inquiétante, devrait faire réagir fortement toutes les composantes de la gauche. Las, à quelques exceptions près, celle-ci se tait. Les dirigeants ont peur de s’embourber dans un sujet sociétal, ou encore sont effrayés à l’idée d’être associés à la cause des musulmanes voilées. À cela s’ajoute un dédain pour les libertés individuelles, considérées comme un combat secondaire par rapport aux questions sociales et économiques. Comme s’il était possible de dissocier les rapports de domination économique des politiques racistes et sexistes.

Edwy Plenel énonçait récemment une opinion qui devrait être une évidence à gauche, la liberté est indivisible. Quel dirigeant de gauche fait sienne cette maxime dans le débat sur le burkini ?

Où est l’égalité entre les citoyens si celle-ci consiste à octroyer à certains plus de liberté qu’à d’autres ?

Une partie de la gauche devrait donc repenser le républicanisme et le laïcisme, afin d’orienter ces valeurs dans un sens inclusif, celui qui conçoit l’égalité entre citoyens, non dans un cadre holiste, mais comme un espace pluriel et ouvert. Il conviendrait de sortir du communautarisme républicain pour poser le principe d’une république dans laquelle règne la liberté comme non-domination, un état républicain juste et égalitaire est celui qui limite son imperium sur les individus dans ce qu’il a d’arbitraire et d’intrusif.

Des jalons ont été posés par des chercheurs français. Il existe également des réflexions et des expériences fructueuses dans ce domaine à l’étranger dont on ferait bien de s’inspirer en France.

L’argument féministe pour justifier ou à tout le moins comprendre la pertinence de mesures racistes ne convainc pas non plus. Il est vain, voire dangereux, de concevoir la question de l’émancipation des femmes par le biais de la coercition ou en leur donnant des leçons vestimentaires. La gauche devrait plutôt s’attacher à combattre les inégalités réelles entre les hommes et les femmes, dans les rapports de travail, mais aussi dans la sphère privée. Les partis et gouvernements de gauche, qui sont dirigés en général par des hommes blancs d’âge mûr en général, sont peu combatifs contre les aspects les plus brutaux de la domination patriarcale.

Qu’ont-ils à dire, par exemple, sur les inégalités sur le plan de la répartition des tâches domestiques ou l’éducation des enfants au sein d’un couple ? Il y aurait pourtant urgence à émanciper les femmes qui sont archi-exploitées dans ce domaine.

La gauche qui combat le burkini et le hijab doit s’ouvrir au monde tel qu’il est. Elle doit cesser de cultiver un entre soi idéologique qui l’isole. Cette gauche de l’entre soi ferait bien de remettre en cause quelques totems idéologiques. C’est bien parce qu’elle ne se donne pas les moyens d’interpréter les pratiques sociales et populaires avec pertinence, que cette gauche n’a pratiquement aucune crédibilité auprès des victimes d’actes racistes et sexistes.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 19:40

https://www.zamanfrance.fr/article/laventure-zaman-france-se-termine-23301.html

L'aventure Zaman France se termine

C'est avec regret et tristesse que nous annonçons à nos lecteurs la fin de la parution papier et internet de Zaman France. Zaman France ne souhaite plus non plus alimenter le prétexte d'une importation en France de la politique turque et de ses règlements de compte. Nous avons donc décidé de mettre un terme à notre travail, le journal ne sera plus édité, tout comme les sites internet www.zamanfrance.fr et www.zamanfransa.com

Lundi 29 Août 2016

C'est avec regret et tristesse que nous annonçons à nos lecteurs la fin de la parution papier et internet de Zaman France. La violence du climat politique actuel en Turquie et la tournure inquiétante qu'ont prise les événements ne permettent plus, en effet, à notre rédaction d'accomplir correctement son travail journalistique au vu des risques sécuritaires grandissants qui pèsent actuellement sur nos abonnés et nos lecteurs, ainsi que ceux qui frappent plus spécifiquement les membres de la rédaction de Zaman France.

Dans un contexte marqué en Turquie par la fermeture de cent trente journaux et organes de presse, un mois après le putsch manqué et la tentative de déstabilisation du régime turc, les accusations dangereuses, irresponsables et totalement infondées de terrorisme colportées par le gouvernement turc contre plusieurs mouvements de la société civile, écoles, hôpitaux, banques et journaux, ont malheureusement trouvé des relais en France qui s'emploient activement à agiter le chiffon rouge de la haine, alors même que la position éditoriale de condamnation sans ambiguïté du coup d’état par Zaman France a toujours été extrêmement claire.

Des menaces qui ont désormais dépassé le stade verbal pour devenir des réalités physiques.

Des centres culturels turcs en France, des écoles et des commerces ont été la cible d'incendies, de descentes punitives, de caillassages, d'appels au boycott et, plus grave, d'appels au meurtre.

Des membres de notre rédaction ont reçu pas moins de deux cents menaces de mort. Le simple fait d'imprimer notre journal et de l'envoyer à nos abonnés constituerait pour eux un risque sécuritaire réel sans même évoquer les représailles juridiques qu'ils subiraient par les services d’état turcs qui pourraient les accuser d'association ou de complicité avec une organisation terroriste.

Le niveau de paranoïa et d'aveuglement politique actuel est sans équivalent et la situation que nous vivons et que vivent des milliers de turcs est purement kafkaïenne. Au-delà de l'aspect sécuritaire réel et primordial, Zaman France ne souhaite plus non plus alimenter le prétexte d'une importation en France de la politique turque et de ses règlements de compte.

Nous avons donc décidé de mettre un terme à notre travail, le journal ne sera plus édité, tout comme les sites internet www.zamanfrance.fr et www.zamanfransa.com. Ce ne fut pas une décision facile à prendre.

Lancée au mois de février 2008, l'édition française de Zaman France avait su progressivement conquérir un large public bien au-delà de la communauté turque de France. Avec quatre cent vingt cinq numéros parus, trente quatre mille abonnés, plus de vingt cinq mille articles publiés, des enquêtes, des dossiers approfondis, des interviews et des tribunes libres, Zaman France s'était hissé au rang des publications qui comptent dans l’hexagone sur les sujets de la Turquie mais aussi sur d'autres sujets en France, comme la question de l'islam, de la laïcité, de la diversité sociale et du multiculturalisme.

En 2015, nous recueillions une audience de cinq millions de visiteurs uniques. Une audience qui venait couronner un travail intense et des efforts continus pour informer nos lecteurs et leur offrir un regard plus transversal sur l'information. C'est l'ensemble de ce travail et la qualité des analyses que nous avions proposées qui prend fin aujourd'hui.

Nous remercions nos abonnés qui ont rendu possible financièrement l'existence et l'indépendance de Zaman France, un hebdomadaire qui n'a jamais perçu un seul centime de Turquie, ni même des Etats-Unis comme une certaine propagande s'est plu à le diffuser.

Nous remercions également l'ensemble de nos lecteurs qui ont permis le succès de Zaman France et ont contribué à son aura. Des efforts qui n'auront malheureusement pas été suffisants face au déferlement actuel de haine et de violence qui n'aura pas épargné la Turquie, ni même la France, et dont ce journal aura été l'une des nombreuses victimes.

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29 août 2016 1 29 /08 /août /2016 19:13

HUMANITE DEBOUT

Au cours du mois d'août 2016 sont apparues des propositions pour une participation du mouvement des Nuits Debout à la fête de l’Humanité matérialisée sous la forme d'un stand prêté par une organisation politique.

Nous tenons à exprimer notre opposition radicale à une telle décision qui nous paraît en contradiction avec les principes fondamentaux du mouvement des Nuits Debout.

Le mouvement des Nuits Debout est un mouvement apartidaire, qui ne peut être récupéré par aucun parti ou mouvement politique quel qu'il soit, sans porte-paroles ni leaders. Jusqu'à présent ce principe a été respecté et personne ne s'est arrogé le droit de représenter le mouvement. Ceux qui sont apparus médiatiquement l'ont fait en leur nom propre en précisant qu'ils ne représentaient pas le mouvement et cela doit continuer.

Il n'est donc pas envisageable d'engager le mouvement des Nuits Debout dans une manifestation politique, concrètement la fête de l’Humanité.

Cette position est relative à une participation officielle et collective. Elle ne concerne pas les militants individuels car chacun est libre d'agir à titre personnel mais sans engager le mouvement des Nuits Debout à quelque niveau que ce soit, que ce soit des commissions ou des débats, tout en participant et en confrontant ses idées d'égal à égal dans les débats organisés sur les places.

En conséquence, nous demandons l'organisation d'un débat au plus vite, et avant la fête de l’Humanité, autour de cette question sur la place de la République à Paris, avec pour objectif l'adoption et l'inscription de ce principe dans toutes les chartes du mouvement des Nuits Debout.

Ce texte collectif est une synthèse de plusieurs communications

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 18:05

CSCM ET ABP

Par Bernard Fischer

Dimanche 28 Août 2016

Je publiais récemment un message relatif à la mort de Martin de Mijolla.

Je faisais connaissance de Sultana et de Martin de Mijolla il y a plus de vingt ans, au début des années 1990.

Sultana et Martin de Mijolla étaient à l’époque des militants du Parti Socialiste.

Ils fondaient d’abord en 1989 le Cercle des Socialistes de Culture Musulmane (CSCM). C’était une première hérésie, une première transgression. Il n’y avait pas à l’époque de socialistes musulmans. Pour l’immense majorité des militants de la gauche et de l’extrême gauche française, il y avait deux et seulement deux catégories totalement distinctes et incompatibles. La totalité des musulmans et de leurs organisations étaient forcément des affreux méchants réactionnaires communautaristes et la totalité des socialistes étaient forcément des laïcards agnostiques radicaux. Ils ne connaissaient pas ni la théologie de la libération en Amérique Latine, ni l’union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie, ni le congrès des peuples d’Orient en 1920. La fondation du CSCM était pourtant prémonitoire et annonciatrice de grands évènements.

Sultana et Martin de Mijolla, moi et deux ou trois autres militants, nous lancions ensuite en 1993 l’appel pour que la Bosnie ne devienne pas une nouvelle Palestine, l’Appel Bosnie Palestine (ABP).

Martin de Mijolla était en fait l’unique rédacteur de cet appel. Une seule phrase résumait et concentrait le sens de cet appel, il dénonçait le faux débat entre les atlantistes et les pro-serbes.

Il y avait aussi à l’époque deux et seulement deux catégories de militants. La majorité des militants de la gauche et de l’extrême gauche française étaient des nostalgiques de la Yougoslavie de Tito et de l’amitié franco serbe du corps expéditionnaire français de l’amiral Louis Franchet d’Esperey, le libérateur de la Serbie en 1918. Ils soutenaient Slobodan Milosevic et ils dénonçaient les musulmans bosniaques. Le mur de Berlin tombait en 1989, l’union soviétique disparaissait en 1991 et l’Allemagne était en cours de réunification, mais leur logiciel était toujours le logiciel du court vingtième siècle, de la guerre froide et du partage du monde entre l’union soviétique et les Etats Unis.

D’autre part, deux célèbres intellectuels occupaient comme d’habitude la totalité de l’espace médiatique. Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut faisaient de la démagogie pour les musulmans bosniaques et pour les catholiques croates.

Entre les deux, il n’y avait aucune place pour les collectifs citoyens contre la purification ethnique dans l’ancienne Yougoslavie et pour l’Appel Bosnie Palestine.

Nous connaissons la suite de l’histoire. La Bosnie n’était finalement pas une nouvelle Palestine. Les accords de Dayton en 1995 mettaient fin à la guerre de Bosnie. La guerre du Kosovo en 1999, les bombardements de l’aviation américaine contre Belgrade et le renversement de Slobodan Milosevic mettaient définitivement fin aux guerres de dévolution de l’ancienne Yougoslavie et consacraient la balkanisation des Balkans.

Dix ans après la première guerre du golfe, il y avait en 2003 la deuxième guerre d’occupation de l’Irak par les Etats Unis.

Vingt ans après la première guerre du golfe et dix ans après la guerre d’occupation de l’Irak par les Etats Unis, c’est maintenant l’interminable guerre de Syrie. Par une extraordinaire ironie de l'histoire, un million de migrants syriens prenaient la route des Balkans et arrivaient en Allemagne.

Encore une fois, l’histoire dépassait nos pires cauchemars.

Au début des années 1990, nous étions des prophètes, des visionnaires et des précurseurs, nous avions raison trop tôt. Martin de Mijolla était l’un d’entre nous, certainement le meilleur d’entre nous.

Qu’il repose effectivement en paix.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 17:24

http://www.rtbf.be/info/dossier/tentative-de-coup-d-etat-en-turquie/detail_la-turquie-arrete-trois-anciens-hauts-diplomates-lies-au-putsch-avorte?id=9389619

La Turquie arrête trois anciens hauts diplomates liés au putsch avorté

Un tribunal d'Ankara a placé Samedi 27 Août 2016 en détention provisoire trois anciens diplomates turcs de haut rang accusés d'être liés à la tentative de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016, dont un ancien conseiller de l'ancien président Abdullah Gül, ont rapporté des médias.

Gurcan Balik, Ali Findik et Tuncay Babali ont été incarcérés à la prison de Sincan, dans la banlieue de la capitale, en attendant leur procès, a indiqué l'agence de presse pro gouvernementale Anadolu. Ils sont soupçonnés de liens avec le prédicateur Fethullah Gülen, exilé aux Etats-Unis et accusé d'avoir orchestré le coup d'état avorté.

Figure de premier plan, Gurcan Balik a notamment été le conseiller de politique étrangère d'Abdullah Gül, président de la Turquie de 2007 à 2014 avant d'être remplacé par Recep Tayyip Erdogan. Il a également servi en tant que conseiller de l'ancien premier ministre Ahmet Davutoglu lorsque ce dernier était ministre des affaires étrangères.

A ce titre, Gurcan Balik avait servi de médiateur en 2013 lors d'une réunion controversée entre Ahmet Davutoglu et Fethullah Gülen alors que le ministre des affaires étrangères de l'époque participait à l'assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies (ONU) à New York, selon Anadolu.

Au mois de mai 2015, Ahmet Davutoglu a confirmé qu'il avait secrètement rencontré Fethullah Gülen à son domicile en Pennsylvanie afin de le persuader de retourner en Turquie pour apaiser les tensions au sein de l'administration. Selon lui, Abdullah Gül et Recep Tayyip Erdogan, alors premier ministre, étaient tous deux au courant de la visite. Ahmet Davutoglu avait assuré que cette réunion n'avait rien d'illégal. « Je n'ai jamais rien dissimulé dans ma vie ou tenu une rencontre à l'insu de l’état », avait-il déclaré en 2015.

Anciens ambassadeurs

Gurcan Balik a brièvement occupé la fonction d'ambassadeur de la Turquie auprès de l'United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO).

Pour sa part, Tuncay Babali avait servi comme ambassadeur au Canada, tandis qu’Ali Findik avait été ambassadeur au Costa Rica.

L'arrestation de Gurcan Balik a eu lieu Vendredi 19 Août 2016, au lendemain de celle des deux autres ambassadeurs.

La Turquie a procédé à une traque implacable après la tentative manquée de coup d’état du Vendredi 15 Juillet 2016, notamment dirigée contre les partisans de Fethullah Gülen.

L'arrestation de Gurcan Balik est notable car elle met en lumière l'une des premières implications d'une figure politique liée au parti au pouvoir, le parti de la justice et du développement (AKP), dans la tentative de coup d’état.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 16:56

L'armée turque pilonne à nouveau le nord de la Syrie (Reuters)

Les forces turques et leurs alliés ont poursuivi Dimanche 28 Août 2016 leur intervention dans le nord de la Syrie où l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH) fait état de trente cinq civils tués dans les combats.

L'armée turque a annoncé pour sa part que son aviation avait tué vingt cinq combattants kurdes dans le secteur de Djarablous, à l'ouest de l'Euphrate, près de la frontière. Elle ajoute que des mesures sont prises pour éviter de faire des victimes civiles.

Les chasseurs de l'aviation turque et l'artillerie sont de nouveau entrés en action Dimanche 28 Août 2016 à l'aube. Selon des sources proches de la sécurité turque, les bombardements visaient des positions tenues par les miliciens kurdes des unités de protection populaire (YPG).

Dans la nuit précédente, de violents combats ont eu lieu autour de deux villages du secteur, Djoub al Koussa et al Amarna, rapporte l'OSDH qui précise que les forces pro-turques en ont pris le contrôle. Vingt civils ont péri dans le premier, quinze dans le second, ajoute l'OSDH qui s'appuie sur un réseau d'informateurs sur le terrain.

La milice kurde n'a fait aucun commentaire, mais des forces alliées à la branche militaire du parti de l'union démocratique (PYD) affirment que les combattants kurdes s'étaient retirés du secteur visé par l'armée turque avant le déclenchement de l'offensive.

Lancée Mercredi 24 Août 2016, cette opération Bouclier de l'Euphrate poursuit deux objectifs, chasser le groupe Etat Islamique des régions frontalières et empêcher les miliciens kurdes syriens de remporter de nouvelles victoires et de progresser à l'ouest de l'Euphrate.

Soutenues par des blindés et des troupes turcs, les forces alliées à Ankara ont pris dans un premier temps la ville de Djarablous, que tenaient les djihadistes de l'Etat Islamique. Elles poursuivent depuis leur progression vers le sud, dans des zones contrôlées par des groupes armés affiliés aux kurdes de Syrie, dont les Forces Démocratiques de Syrie (FDS).

La ville de Manbij, conquise au mois d'août 2016 par les FDS avec le soutien des Etats-Unis après dix semaines de combat contre l'Etat Islamique, serait dans le viseur des forces pro-turques, a déclaré à Reuters le colonel Ahmed Osman, chef du groupe rebelle Sultan Mourad.

Manbij, également sur la rive ouest de l'Euphrate, n'est qu'à une quarantaine de kilomètres au sud de Djarablous.

Avec l'incursion militaire turque en appui à des forces rebelles hostiles aux FDS soutenues elles par les Etats-Unis, c'est un degré supplémentaire de complexité que la guerre civile syrienne a franchi.

La Turquie a annoncé qu'un de ses soldats avait été tué Samedi 27 Août 2016 dans l'explosion d'une roquette qui visait un char. Il s'agit de la première perte turque depuis le lancement de l'opération.

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 16:40

http://mediabask.naiz.eus/fr/info_mbsk/20160810/cgt-contre-lab-un-recours-qui-continue-a-faire-des-vagues

Confédération Générale du Travail (CGT) contre Lanile Abertzaleen Batzordeak (LAB), un recours qui continue à faire des vagues

Le tribunal d'instance de Bordeaux a fait connaître les motivations de son jugement dans le recours opposant la CGT au syndicat LAB. Ce dernier en dresse une première lecture, tandis que les répercussions de cette action en justice continuent de secouer la CGT locale.

Dans un communiqué paru Mardi 9 Août 2016, le syndicat LAB a fait connaître sa première réaction à la lecture du jugement prononcé par le tribunal d'instance de Bordeaux suite au recours déposé par la CGT.

Selon LAB, il ne peut y avoir qu'une « erreur ou une mauvaise interprétation des textes dans ce verdict ». Avec, en toile de fond, le caractère prétendument régionaliste de LAB.

Selon LAB, l'argument principal utilisé par le juge chargé de ce dossier pour invalider sa candidature est de dire que l'action syndicale de LAB se situerait en dehors du périmètre géographique. Périmètre qui est désormais celui de la Nouvelle Aquitaine. Sans s'attarder sur un cours de géographie, LAB rappelle sobrement que le Pays Basque « se situe bien dans le département des Pyrénées-Atlantiques qui, lui, est bien dans la Nouvelle Aquitaine ».

Dans l'exposé du litige opposant la CGT à LAB, et avant de motiver sa décision, le tribunal bordelais mentionne l’article du code du travail qui stipule que « pour répondre aux critères de représentativité, l'organisation syndicale n'a pas besoin d'être présente sur l'intégralité du champ géographique concerné ». Difficile de dire que la cohérence du jugement saute aux yeux concernant cet aspect géographique. Pour LAB, il n’y a pas de doute, l’invalidation de sa candidature dans la Nouvelle Aquitaine est complètement infondée.

Le syndicat revient également sur l'aspect bascophone, le verdict expose que LAB « ne chercherait pas particulièrement une audience auprès des salariés non bascophones ». Et le syndicat de rappeler que ses statuts ne peuvent « laisser de place au doute » à ce sujet quant à la volonté de s'adresser à tous sans la moindre discrimination. Au vu des arguments avancés, LAB annonce se pourvoir en cassation.

Remous et départs à la CGT

A l'annonce de la décision de la CGT d'entraver la candidature de LAB aux élections dans les Très Petites Entreprises (TPE), le débat avait éclaté au sein des branches locales de la CGT.

Des syndicats, des militants ou l’union locale de Bayonne exprimant, à des degrés divers, leur désaccord.

L’union locale de Bayonne de la CGT avait exprimé son désaccord sur le fond et mis en doute l'intérêt du recours. Les débats ont dû être vifs, son secrétaire général Karl André assure quant à lui remettre en cause la forme et le fait d'avoir été mis devant le fait accompli par l'échelon national. Mais pas le fond, sur la représentativité de LAB dans ces élections ni sur la question du bilinguisme. « C'est le bilinguisme imposé qui nous dérange. C'est à LAB de s'arranger pour changer ses statuts ». Statuts dont tous n'ont pas la même lecture.

Sur la forme du recours, le regard d'autres responsables locaux diffère.

Peio Dufau, délégué de la CGT à la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), admet que la décision a bien été prise à Paris mais ajoute que « certains responsables départementaux » ont été consultés. Des responsables départementaux jusqu'à présent muets.

Le malaise est bien palpable au niveau local. Des départs ont d'ores et déjà eu lieu à la CGT locale, « difficile à quantifier pour l'instant » selon Karl André. Une pétition a été lancée sur internet et une réunion doit se tenir Mercredi 10 Août 2016 à Bayonne, où certains mettraient sur la table une éventuelle démission massive.

Mais rien ne devrait être décidé avant le Vendredi 2 Septembre 2016, date à laquelle des cadres confédéraux se réuniront à Bayonne avec des responsables locaux. Une nouvelle fois le point de vue local risque alors de se heurter à la vision centralisatrice de la CGT.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 19:24

L'aviation turque vise l'Etat Islamique mais aussi les unités de protection du peuple (YPG) en Syrie (Reuters)

Deux avions F-16 turcs ont mené des frappes contre six objectifs du groupe Etat Islamique mais aussi contre une position des YPG, soutenue par les américains, Samedi 27 Août 2016 en Syrie, a-t-on déclaré de sources proches des services de sécurité turcs.

Un peu plus tôt, Samedi 27 Août 2016, un groupe allié aux Forces Démocratiques Syriennes (FDS), alliance arabo-kurde qui englobe les YPG, avait fait état du bombardement de certaines de ses positions par l'aviation turque près de Djarablous, ville-frontière du nord de la Syrie.

Les forces turques sont engagées depuis Mercredi 24 Août 2016 dans l'opération Bouclier de l'Euphrate, et sont intervenues en territoire syrien en soutien à certains rebelles syriens, qui ont pu reprendre la ville de Djarablous, jusqu'alors occupée par les djihadistes de l'Etat Islamique.

Les kurdes des YPG ont accusé Samedi 27 Août 2016 l'armée turque de se livrer à une escalade dans le nord de la Syrie, en évoquant la présence de véhicules militaires turcs dans le secteur de la ville syrienne de Kobani, ce qu'un responsable turc a démenti.

Dans un communiqué, les YPG affirment que l'armée turque a procédé à des tirs d'artillerie Vendredi 26 Août 2016 contre une localité des environs de Kobani et qu'elle a fait également usage d'armes lourdes contre des positions des YPG dans la région d'Afrin située, elle, dans le nord-ouest de la Syrie.

Accrochages à al Amarna

L'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH) a lui aussi rapporté que des véhicules militaires turcs étaient entrés en Syrie non loin de Kobani et que des engins de terrassement avaient érigé des murs de terre. Mais pour un responsable turc, les engins de terrassement, protégés par des véhicules militaires, sont entrés en action sur la frontière, non loin de Kobani, mais sans entrer en Syrie.

Des rebelles syriens appuyés par Ankara ont livré par ailleurs des combats à des insurgés opposés à la Turquie, Samedi 27 Août 2016 dans le nord de la Syrie, a-t-on appris auprès de sources proches des deux camps.

Ces accrochages ont eu lieu au niveau de la localité d'al Amarna, à dix kilomètres au sud de la ville de Djarablous.

Les deux camps ont donné des informations contradictoires sur les parties impliquées dans ces affrontements.

A en croire l'administration à majorité kurde du nord-est de la Syrie, des blindés turcs ont progressé en direction d'al Amarna, où ils se sont heurtés aux combattants du conseil militaire de Djarablous, allié des FDS qui englobe les YPG.

Selon l'administration à dominante kurde, certains rebelles syriens combattaient aux côtés des blindés turcs et aucun milicien kurde n'a pris part à cet engagement.

En revanche, selon le chef d'un groupe rebelle soutenu par la Turquie, les insurgés syriens ont affronté les kurdes des YPG en lisière d'al Amarna.

Ce chef rebelle, Ahmed Osman, qui dirige le groupe Sultan Mourad, a démenti que des chars turcs soient engagés dans ce secteur.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 15:46

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/08/26/en-irak-le-ministre-de-la-defense-chute-avant-la-bataille-de-mossoul_4988368_3218.html

En Irak, le ministre de la défense chute avant la bataille de Mossoul

Le ministre de la défense, Khaled al Obeidi, paye à son tour les divisions et luttes d’influence au sein de la classe politique irakienne. Arrivé à la tête du ministère au mois d'octobre 2014, ce sunnite originaire de Mossoul a été destitué par le parlement, Jeudi 25 Août 2016. Lors d’un vote secret, les députés ont approuvé une motion de censure à son sujet, par cent quarante deux voix contre cent deux voix et dix huit abstentions.

Sa destitution pourrait ouvrir une période de vacance à la tête de ce ministère-clé, alors que se prépare l’offensive pour reconquérir Mossoul, la deuxième ville d’Irak, aux mains de l’organisation Etat Islamique. Elle est un nouveau signal inquiétant de la fragilité de l’assise du premier ministre Haïdar al Abadi au pouvoir.

Fidèle d'Haïdar al Abadi, ouvertement pro-américain et réfractaire à la participation des milices chiites de la mobilisation populaire dans la lutte contre l’Etat Islamique, Khaled al Obeidi était dans le collimateur de l’ancien premier ministre Nouri al Maliki et de ses partisans au sein de la coalition chiite au pouvoir.

Il était devenu l’un des points de cristallisation de la rivalité déclarée dans le camp chiite, au sein même du parti al Daawa, entre Nouri al Maliki et son successeur, Haïdar al Abadi. Les partisans de Nouri al Maliki ont su jouer des divisions dans le camp sunnite pour réussir à l’écarter.

La rivalité politique entre le parti Mouttahidoun, dont est issu Khaled al Obeidi, et le parti islamique irakien, auquel appartient le président du parlement, le sunnite Salim al Joubouri, proche de Nouri al Maliki, a tourné à la confrontation personnelle. La défiance affichée par le ministre de la défense lors de son audition par le parlement, au début du mois d'août 2016, a ouvert les hostilités dans le camp sunnite.

En réponse aux allégations de corruption concernant des contrats d’armement portées contre lui, Khaled al Obeidi a répondu par des accusations de malversations contre le président du parlement et cinq autres députés. Après une enquête rapide, la justice a classé l’affaire.

« J’ai essayé par tous les moyens de lutter contre la corruption, mais il semble que ses tenants soient les plus forts, que leurs voix soient plus fortes et que leurs menées soient plus tenaces », a commenté le ministre sur Facebook, après le vote. Sa destitution est vue comme un « dangereux précédent » par Patrick Martin, du think tank américain Institute for the Study of War (ISW). « Cela fait peser une menace sur le maintien au pouvoir d'Haïdar al Abadi lui-même », poursuit-il.

Ses détracteurs, encore plus nombreux depuis qu’il a annoncé au mois de février 2016 vouloir instaurer un gouvernement de technocrates pour mener à bien des réformes contre la corruption, se sont jusqu’à présent retenus de l’acculer à la démission, sous la pression de Washington et Téhéran, qui redoutent une vacance au pouvoir.

La désignation d’un nouveau ministre de la défense pourrait se révéler être une gageure. Son homologue à l’intérieur n’est, à titre d’exemple, toujours pas désigné, près de deux mois après la démission de l’ancien ministre, Mohammed al Ghabban. « Il va être difficile de remplacer une personne aussi compétente que Khaled al Obeidi. Il faut un candidat qui convienne et soit consensuel », ajoute Patrick Martin.

Le consensus sera difficile à réaliser dans le camp sunnite, plus que jamais divisé.

Traditionnellement réservé à un sunnite, ce portefeuille pourrait en cas de blocage finir par leur échapper au profit d’un chiite.

Cette destitution ne pouvait intervenir à pire moment pour le pays, alors que se prépare la bataille pour libérer Mossoul. « A court terme, sa destitution n’aura pas beaucoup de conséquences. La coordination de la bataille est faite par le commandement central des Etats-Unis », nuance Patrick Martin.

Au moment où le parlement votait la destitution de Khaled al Obeidi, le bureau du premier ministre annonçait la libération complète d'al Qayyarah, à soixante kilomètres au sud de Mossoul. Cette victoire va permettre à l’armée irakienne et à la coalition internationale de parachever l’aménagement de la base aérienne d'al Qayyarah en poste avancé pour les opérations de Mossoul.

« Pour les américains, ce qui pourrait être problématique serait d’être face à quelqu’un de moins coopératif », ajoute Patrick Martin. Des divergences demeurent autour du plan de reconquête de Mossoul et du sort de cette ville à majorité arabe, où vit une minorité kurde, après la bataille. Les autorités de Bagdad et du Kurdistan irakien ne sont pas encore tombées d’accord sur une répartition des rôles entre les combattants kurdes peshmergas et les forces armées irakiennes.

Les représentants sunnites de Mossoul et de la province de Ninive refusent, pour leur part, la participation des milices chiites qui composent les forces paragouvernementales de la mobilisation populaire. Bagdad et Washington sont, eux, disposés à intégrer ces forces, qui se sont rendues incontournables dans la lutte contre l’Etat Islamique, à la bataille. L’annonce, faite au début du mois d'août 2016 par un porte-parole de la mobilisation populaire qu’un rôle de premier plan serait confié au général iranien Qassem Soleimani dans les opérations de Mossoul a renforcé les craintes des chefs sunnites.

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 15:22

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/08/27/le-regime-d-assad-celebre-l-evacuation-du-fief-rebelle-de-daraya-dans-la-banlieue-de-damas_4988782_3218.html

Le régime de Bachar al Assad célèbre l’évacuation du fief rebelle de Daraya, dans la banlieue de Damas

Par Laure Stephan, correspondante du Monde à Beyrouth

Les traits tirés et le visage fermé, parfois en larmes, des centaines d’adultes et d’enfants de Daraya ont quitté, Vendredi 26 Août 2016, cette ville de la banlieue de Damas, l’un des berceaux de la révolte contre le régime de Bachar al Assad, dont l’évacuation a commencé.

Après avoir, pendant quatre ans, imposé un siège implacable à Daraya, où seul un convoi de nourriture de l’Organisation des Nations Unies (ONU)est entré durant cette période, les autorités ont obtenu ce qu’elles attendaient, la reddition des rebelles, à la suite d’un accord avec une équipe de la ville chargée de négocier. Celui-ci prévoit que le fief rebelle soit entièrement vidé des combattants et des habitants. La perte de Daraya, lieu symbolique et l’une des places fortes de l’insurrection dans les environs de la capitale, est une défaite pour la rébellion.

« Dans la guerre, on gagne et on perd des batailles. Nous avons perdu cette bataille », constate Hussam Ayash, un activiste du conseil local de Daraya joint au téléphone. « Mais nous continuerons notre engagement. Daraya, ce n’est pas seulement un lieu, c’est un esprit », dit-il en référence à la résistance civile qui s’était organisée dans la ville, dont plusieurs figures emblématiques de la révolte de 2011 étaient originaires. « Les gens sont tristes et épuisés. Ils quittent leur terre. Nous avons vécu avec la mort pendant quatre ans », ajoute le militant. Selon le conseil local, l’évacuation devait prendre fin Samedi 27 Août 2016.

« Idlib sera leur tombeau »

C’est à l’entrée d’une ville en ruines, détruite à près de quatre vingt dix pour cent et déjà vidée de l’essentiel des civils à cause des bombardements de l’armée et des combats entre militaires et rebelles, que se sont rassemblés Vendredi 26 Août 2016 les premiers habitants à partir, avec leurs maigres effets. Près des bus, des volontaires du Croissant-Rouge syrien, seule organisation humanitaire impliquée dans l’évacuation, étaient présents, ainsi que des soldats.

Des images retransmises par des télévisions prorégime présentes sur place ont montré les militaires brandir leur kalachnikov en signe de défi, alors que l’un des bus quittait Daraya.

Selon les termes de l’accord, les centaines de rebelles et leurs proches vont rejoindre la région d’Idlib. Ce fief de l’opposition est tenu par la coalition Jaïch al Fatah, dominée par des groupes radicaux et djihadistes.

Les insurgés de Daraya sont pour leur part principalement issus des brigades des Martyrs de l'Islam et d’Ajnad al Cham, alliance de groupes islamistes. « Idlib sera leur tombeau », a affirmé à l’agence Associated Press un soldat présent à Daraya. C’est également vers cette province du nord-ouest de la Syrie qu’avaient été acheminés les combattants de Zabadani, une localité proche du Liban, évacuée cet hiver.

Les autres familles de la ville, où restaient entre quatre mille et huit mille civils, ont commencé à être transférées vers des abris collectifs, dans une zone agricole au sud de Damas sous contrôle gouvernemental. Selon une source humanitaire, les modalités de leur réinstallation sont encore floues.

La détérioration des conditions de vie, dans la ville assiégée depuis le mois de novembre 2012, semble avoir été l’un des facteurs décisifs poussant rebelles et activistes à chercher un accord avec les autorités.

Selon une opposante syrienne exilée en Turquie, Noura al Jizaoui, un ultimatum a également été donné par le régime aux rebelles de Daraya, « se rendre ou être tués ». Cette militante a souligné que l’évacuation forcée intervenait quatre ans presque jour pour jour après un effroyable massacre dans la ville commis, selon des témoins et des Organisations Non Gouvernementales (ONG), par des miliciens du régime de Bachar al Assad.

« Le monde regarde »

Pour le pouvoir, la chute de Daraya, à la position stratégique, proche de Damas et de l’aéroport militaire de Mazzé, où se trouve le siège des services de renseignement de l’armée de l’air, s’ajoute aux gains enregistrés par l’armée dans les environs de la capitale au cours des derniers mois. La reconquête des zones insurgées dans cette région apparaît comme une priorité des autorités. Le carré insurgé doit, dans l’immédiat, être transformé en zone militaire.

Vendredi 26 Août 2016, l’envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan De Mistura, a affirmé que son bureau n’avait pas été consulté au sujet de l’accord sur l’évacuation des habitants de Daraya. Il a jugé la situation à Daraya extrêmement grave. « C’est tragique que les appels répétés à lever le siège de Daraya, en place depuis le mois de novembre 2012, et à l’arrêt des combats n’aient jamais été entendus ». Le monde regarde, a-t-il ajouté.

Des propos qui risquent peu de conforter la population de Daraya. Pour ses militants, le départ auquel les habitants sont forcés marque un nouvel échec de la communauté internationale dans le conflit syrien.

« C’est une honte pour elle », dit Hussam Ayash. Comme les autres activistes civils craignant d’être arrêtés s’ils rejoignent une zone sous contrôle gouvernemental, il devait, Samedi 27 Août 2016, partir pour Idlib.

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