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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 20:35

 

http://akinorev31.mabulle.com/index.php/2012/02/10/204578-soutien-a-serge-letchimy-apres-sa-reaction-aux-propos-de-claude-gueant-le-07-02-2012

Communiqué de presse des premiers signataires de la pétition de soutien qui a reçu dix huit mille neuf cent signatures

Aucune excuse demandée, aucune sanction prise à l’égard de Serge Letchimy, député de Martinique.

 C’est un événement qui fera date dans le contexte actuel : l’Assemblée ne sanctionnera pas Serge Letchimy, décision prise Mardi 14 Février à 12 heures 30 par le bureau de l’assemblée nationale française après une réunion exceptionnellement longue. Voilà qui réhabilite un choix juste de société : Il revient à un pays qui revendique ses choix démocratiques de laisser le dialogue s'installer, de donner le droit à l'expression des opinions. La question au premier ministre est dans la continuité des apports multiples et composites qui irriguent notre société et en font sa richesse. Même si elle s’était appuyée sur des arguments qui prétendaient aux « injures, provocations ou menaces envers un membre du gouvernement », une sanction, quelle qu'elle soit, aurait de fait privilégié le droit de Monsieur Guéant et du premier ministre de refuser d'être interpellés sur leurs propos. Sanctionner aurait été perçu comme « un terrible camouflet et une insondable humiliation » à nous toutes et tous qui réclamons le droit de réfuter sans crainte les assertions d'un ministre, ou d'un président. La démocratie ne se divise pas, ne hiérarchise pas les points de vue, mais s’enrichit dans le dialogue : citoyennes et citoyens demeurent libres et égaux en droit.

Premiers signataires : Veronika Daae (Association des Communistes Unitaires), Jean-François Lafontaine ( Directeur de cabinet du Président du Conseil Régional de Martinique) , Martine Rainaud ( Militante FASE 33310 Lormont), Raoul Marc Jennar ( Essayiste, Mosset (66)), Myriam Martin (NPA), Olivier Le Cour Grandmaison ( Universitaire), Elodie Vieille-Blanchard ( Les Alternatifs), Patrick Braouezec ( Député), Francine Bavay (conseillère régionale IDF), Roland Mérieux ( Les Alternatifs), Janie Arneguy (Les Alternatifs Nîmes), François Simon ( vice-président région Midi-Pyrénées, EELV), Jacqueline Fraysse (Députée), Etienne Adam ( FASE Basse Normandie), Françoise Diehlmann (Conseillère régionale EELV, Ile de France), Jean-Marie Harribey (Professeur, économiste atterré), Geneviève Azam (ATTAC), Patrick Le Hyaric ( directeur de L'Humanité, Député européen, Vice président du groupe Gauche unitaire européenne au parlement européen), Pénélope Komites (PS, maire-Adjointe en charge des solidarités, Paris), Mathieu Colloghan (Artiste peintre, Montreuil), Yannis Youlountas (écrivain, journaliste Siné-Mensuel), Pierre Zarka (Association des Communistes unitaires), Xavier Marchand ( FASE Languedoc-Roussillon)

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 19:58

 

http://www.liberation.fr/monde/01012389813-face-a-bruxelles-le-grec-manolis-glezos-repart-en-resistance

 

Face à Bruxelles, le grec Manolis Glezos repart en résistance

 

A quatre vingt neuf ans, le héros du combat contre les nazis appelle son peuple à s’opposer aux plans d’austérité à répétition imposés par l’Europe

 

Par Maria Malagardis

 

Le vieux lion rugit encore. Et tant pis pour les cyniques qui se moquent parfois de cet utopiste de 89 ans reparti pour une ultime bataille. Idéaliste, Manolis Glezos peut bien l’être. Il est entré dans l’histoire le 30 mai 1941, à 19 ans, lorsque sur un coup de tête et avec un jeune camarade, Apostolos Santas, il décide de grimper de nuit au sommet de l’Acropole. Les deux garçons décrochent alors le drapeau nazi qui flotte depuis trois jours sur la célèbre colline. Par ce geste, ils signent le premier acte de résistance de la Grèce occupée et invitent à l’insoumission face à l’occupant allemand. L’opération sera alors saluée à travers toute l’Europe, du moins celle qui résiste.

 

Icône nationale. Près de trois quarts de siècle plus tard, le héros de la résistance, plusieurs fois emprisonné, torturé et même condamné à mort, est à nouveau en guerre. Associé au compositeur Mikis Theodorakis, avec lequel il a partagé un autre combat, celui contre la dictature des colonels entre 1969 et 1974, Glezos vient de créer un mouvement : Résistance des peuples démocratiques unis, dont l’acronyme, Elada, signifie «Grèce». En appelant les Grecs à manifester massivement devant le Parlement, dimanche, pour s’opposer «à la trahison» que représente le nouveau plan d’austérité imposé par Bruxelles, les deux vieux combattants ont contribué au succès de ce rassemblement de la colère qui, comme souvent en Grèce, a dégénéré.

 

Les tirs de gaz lacrymogène n’ont d’ailleurs pas épargné le compositeur et le héros de la résistance. Il y a deux ans déjà, lors de la manifestation du 5 mars, Glezos avait été blessé par un jeune policier qui s’était par la suite répandu en excuses sur toutes les chaînes de télé pour avoir touché l’icône nationale. Rencontré quelques jours plus tard dans sa modeste maison de la banlieue d’Athènes, le vieil homme avait raconté qu’il avait lui-même appelé le jeune flic pour lui dire qu’il ne le jugeait pas responsable.

 

Le «Stéphane Hessel grec» peut parfois faire sourire avec son lyrisme et son amour inconditionnel de la Grèce éternelle, il cultive une modestie qui force le respect. Proche de la gauche radicale, il n’a cessé depuis le début de la crise de fustiger les diktats de Bruxelles et l’arrogance de ceux qui humilient les Grecs, «en oubliant que ce peuple indocile a été le premier à dire non à l’armée mussolinienne et donc aux puissances de l’Axe». Aujourd’hui, c’est avec les mêmes accents patriotiques qu’il dénonce, dans la profession de foi de son nouveau mouvement, «une poignée de banques internationales, d’agences d’évaluation, de fonds d’investissement […] qui revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir [les] Etats et [la] démocratie en utilisant l’arme de la dette».

 

Sursaut. Cette fois-ci encore, les Grecs seront-ils les premiers à dire non ? Le vieux lion aux yeux bleus l’espère et tente de susciter un sursaut national pour «arrêter cette politique irresponsable et criminelle d’austérité et de privatisation, qui conduit à une crise pire que celle de 1929». Le résistant est aussi l’un des premiers à avoir mis l’accent sur la dette que l’Allemagne doit à la Grèce depuis l’occupation nazie. Hitler avait en effet forcé le Trésor grec à prêter de l’argent au Reich.

 

Une somme évaluée aujourd’hui entre cinquante deux et cent milliards d’euros (selon qu’on y ajoute intérêts et réparations), que l’Allemagne, même réunifiée, a toujours refusé de rembourser, malgré les engagements pris lors de l’accord de Londres en 1953. Début février, vingt huit députés de droite comme de gauche ont repris le combat de Manolis Glezos pour exiger le remboursement d’une dette historique. Quelques jours plus tard, c’est un économiste allemand, Albert Ritschl, qui, sur le site de l’hebdomadaire Der Spiegel, légitimait à son tour ces revendications.

 

En Grèce, où le souvenir de l’Occupation est encore très sensible, la lutte pour le remboursement de l’emprunt nazi et contre la soumission à «l’Europe allemande» incarnée par le couple Merkel-Sarkozy frappe dans le mille. «Il y a encore un an, le combat de Glezos n’aurait pas reçu un tel écho, tempère le politologue Georges Seferzis. Mais l’attitude intransigeante et souvent humiliante de l’Allemagne a fait resurgir les blessures du passé.» Comme le héros de la résistance qui redescend dans l’arène, beaucoup de Grecs sont excédés par «les leçons de morale infligées par un pays qui, lui, n’a jamais soldé les dettes du passé et a même largement contribué à la corruption à travers les pots-de-vin versés par Siemens, l’un des plus grands scandales financiers de ces dernières années en Grèce», ajoute le politologue, qui prévoit l’émergence d’un mouvement de résistance économique aux accents nationalistes. Dimanche, le vieux lion indigné clamait encore : «Il faut faire descendre le drapeau de la soumission.»

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 21:02

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/13/ce-que-nous-avons-vu-dans-homs-ville-martyre_1642589_3218.html

 

Ce que nous avons vu dans Homs, ville martyre

 

Le Monde | 13.02.12 | 14h40  •  Mis à jour le 13.02.12 | 14h40

 

Le jour même où des avions de combat français empêchaient que des "rivières de sang" ne coulent dans les rues de Benghazi, bastion de l'insurrection libyenne, il y aura bientôt un an, la Syrie basculait à son tour dans la contestation.

Contre toute attente, le soulèvement syrien a résisté jusqu'à présent à la puissance de feu d'un régime connu pour sa brutalité et qui ne semble s'être donné comme seule perspective, de virtuelles promesses de réformes mises à part, que de bombarder ceux qui le défient.

Onze mois plus tard, des "rivières de sang" se répandent-elles dans la capitale du "printemps arabe" syrien, à Homs ? Pour le savoir, dans un pays où la presse est empêchée de travailler, Le Monde, privé de visa par les autorités en dépit de demandes répétées, s'est décidé à dépêcher clandestinement sur place et dans des conditions difficiles deux témoins : le photojournaliste Mani, arabophone, bon connaisseur de la Syrie et d'Homs, où il s'était déjà rendu à l'automne 2011, et l'écrivain Jonathan Littell, familier des zones de guerre et des situations d'urgence humanitaire, du fait de son travail pour des organisations non gouvernementales dans le Caucase et en Afrique.

Ils ont séjourné à Homs, troisième ville du pays, dans les quartiers tenus par les insurgés, du 17 janvier au 2 février. Resté sur place après cette date, Mani a quitté la Syrie le 11 février. L'emballement de la situation sur le terrain, notamment le massacre d'une famille, le 26 janvier, et un bombardement meurtrier, le 3 février, nous a contraints, les jours précédents, à précipiter la publication de photos et d'informations, alors que nous avions décidé initialement d'attendre leur sortie d'Homs par souci de sécurité.

Nous commençons, dans ce numéro, la publication d'un récit en cinq épisodes qui dit la réalité d'une ville livrée à la guerre, une ville partagée par une ligne de front mouvante sur laquelle regnent les snipers loyalistes et dans laquelle la médecine a été transformée par les autorités en arme de guerre.

Par sa composition confessionnelle, Homs porte en elle toutes les peurs d'un basculement d'une révolte contre un pouvoir dictatorial en une guerre confessionnelle sur le mode irakien. C'est un argument que brandit le régime, fort de la protection que lui assure son parrain russe dont les vetos à l'ONU tiennent à distance toute forme d'intervention internationale.

La complexité syrienne est entretenue par le grand jeu régional dans lequel Damas s'insère, notamment l'axe avec l'Iran, dont le programme nucléaire focalise l'attention occidentale.

Ce que les calculs diplomatiques finissent par masquer, c'est le sort des femmes et des hommes qui sont en première ligne à Homs comme ailleurs en Syrie, en quête d'une dignité qui, avant même les aspirations à la démocratie, constitue le tronc commun des révoltes arabes. C'est cette quête de dignité que le récit de Mani et de Jonathan Littell entend restituer.

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 20:32

 

http://www.fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE81D04X20120214

 

Pas de sanction contre le député Serge Letchimy

 

PARIS (Reuters) - Aucune sanction ne sera prise à l'encontre du député apparenté socialiste Serge Letchimy, qui avait fait mardi dernier un lien entre les idéologies totalitaires du vingtième siècle et les propos du ministre de l'Intérieur Claude Guéant sur les civilisations.

 

Le président de l'Assemblée, l'UMP Bernard Accoyer, a annoncé à l'issue de la réunion du bureau de l'institution qu'aucune sanction n'avait été prise faute d'unanimité.

 

Il a en revanche précisé que l'unanimité s'était faite pour que les débats à l'Assemblée, et notamment lors des séances de questions au gouvernement, se déroulent "dans le calme et la sérénité".

 

Serge Letchimy s'est déclaré "heureux" de cette décision.

 

"Nous restons dans un pays de liberté et de respect de la démocratie", a-t-il dit après avoir répété qu'il n'y avait eu "aucune attaque personnelle" dans ses propos.

 

Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, a fait part d'une certaine déception.

 

"Le bureau a pris une décision. Je souhaitais une sanction forte, le président de l'Assemblée souhaitait une position de consensus. La décision du bureau est la décision du bureau", a-t-il déclaré.

 

Le député de Martinique avait provoqué la colère du Premier ministre François Fillon mardi dernier en posant une question sur les propos du ministre de l'Intérieur, qui avait estimé que toutes les civilisations "ne se valent pas".

 

"Vous, Claude Guéant, vous privilégiez l'ombre, vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration", avait-il déclaré sous les huées des députés de la majorité, qui avaient quitté l'hémicycle.

 

"Claude Guéant, le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ?", avait demandé l'élu.

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 21:09

 

http://www.fr.news.yahoo.com/m%C3%A9lenchon-et-besancenot-devant-lambassade-gr%C3%A8ce-205006890.html

 

Mélenchon et Besancenot devant l’ambassade de Grèce

 

PARIS (Reuters) - Plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi soir devant l'ambassade de Grèce à Paris pour exprimer leur solidarité avec la population après le vote d'un nouveau plan d'austérité par le Parlement grec sous la pression de la zone euro.

 

Parmi elles se trouvaient Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle, et l'ancien porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot.

 

Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, venu lui aussi faire part de sa solidarité, a été expulsé d'une façon musclée par des manifestants de la "gauche de la gauche", mais a pu parler devant les caméras non loin de là, dans le seizième arrondissement.

 

Jean-Luc Mélenchon a assuré lors d'une prise de parole que le plan d'austérité appliqué à la Grèce pourrait l'être "exactement de la même manière en France".

 

"Ceci sera décidé à l'Assemblée nationale le 21 février prochain quand passera à l'Assemblée nationale le Mécanisme européen de stabilité financière qui, s'il est approuvé, conduira à ce que nous soyons nous aussi soumis à la vindicte de la troïka de la Banque centrale européenne, du FMI et de la Commission" européenne, a-t-il dit.

 

Olivier Besancenot a assuré qu'il aurait été "clairement sur les barricades" s'il s'était trouvé dimanche en Grèce, où une nuit de violence a opposé forces de l'ordre et adversaires des nouvelles mesures.

 

"Le parlement grec, hier, n'a été finalement que la succursale du Fonds monétaire international, de la Banque centrale européenne et du système bancaire européen", a-t-il dit aux journalistes.

 

"On est venus pour réclamer, comme mesure immédiate, l'annulation de la dette grecque et, au-delà de la Grèce, car c'est une question qui touche tout le monde, une grande enquête citoyenne, un audit, sur les dettes européennes pour savoir qui spécule sur quoi", a-t-il ajouté.

 

Nicolas Dupont-Aignan a protesté contre son expulsion du rassemblement, affirmant que les organisations de gauche "n'ont pas le monopole du soutien au peuple grec."

 

"Je suis le seul à demander la sortie de l'euro pour la Grèce, qui est le seul moyen de les sortir de la difficulté", a-t-il dit.

 

La candidate écologiste à la présidentielle Eva Joly se rendra pour sa part en Grèce vendredi, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

 

Elle estime sur son compte Twitter que "la résolution de la crise ne peut pas passer par l'appauvrissement du peuple" et préconise notamment de lutter contre la fraude et de réduire le budget militaire.

 

"Eva Joly s'apprête à partir en Grèce à la rencontre de la population pour dire notre volonté d'une Europe lucide mais solidaire", dit la secrétaire nationale d'Europe écologie-Les Verts, Cécile Duflot, sur son compte Twitter.

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 18:49

 

http://www.fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E8DD00B20120213?sp=true

 

Le parlement grec vote l’austérité dans un climat de violences

 

ATHENES, 13 février (Reuters) - Le parlement grec a approuvé dans la nuit de dimanche à lundi de nouvelles mesures d'austérité dans un climat de vives tensions à Athènes, où des bâtiments ont été incendiés lors d'affrontements entre émeutiers et forces de l'ordre, tandis que des violences étaient signalées dans plusieurs autres villes du pays.

Cette loi, qui prévoit trois milliards trois cent millions d'économies budgétaires par le biais de nouvelles baisses drastiques des salaires et des pensions de retraite et une nouvelle vague de suppression d'emplois dans la fonction publique, est exigée par les bailleurs de fonds de la Grèce - Union européenne (UE), Banque centrale européenne (BCE) et Fonds monétaire international (FMI) - en échange d'une nouvelle aide de cent trente milliards d'euros jugée indispensable pour éviter la faillite au pays.

Tandis que les députés débattaient dimanche dans l'enceinte du parlement, des dizaines de milliers de Grecs s'étaient rassemblés à l'extérieur, sur la place de la Constitution (Syntagma), pour dénoncer cette nouvelle cure de rigueur, deux ans après le début de cette politique d'austérité draconienne.

En fin d'après-midi, des violences ont éclaté, les pires en Grèce depuis les semaines d'émeutes ayant succédé en 2008 à la mort d'un adolescent de quinze ans tué par la police.

Des cinémas, des cafés, des boutiques et des agences bancaires ont été incendiés dans le centre de la capitale tandis que des manifestants au visage masqué affrontaient la police anti-émeutes aux abords du parlement. Selon les forces de l'ordre, trente quatre bâtiments au total ont pris feu et cent cinquante boutiques ont en outre été pillées.

La télévision publique a fait état de violences dans l'île touristique de Corfou, en Crète, à Thessalonique, dans le nord de la Grèce, et dans des villes du centre du pays, Volos et Agrinio.

MOINDRE MAL

Technocrate nommé en novembre à la tête d'un gouvernement soutenu par les deux principales formations du pays, Lucas Papadémos a dénoncé ces violences. "Le vandalisme, la violence et la destruction n'ont pas leur place dans un pays démocratique et ne seront pas tolérés", a-t-il déclaré devant le parlement.

Peu avant le vote, il a prévenu les députés qu'ils commettraient une grave erreur s'ils n'approuvaient pas ce nouveau train de mesures d'économies, qui représente à ses yeux un moindre mal par rapport aux conséquences éventuelles d'une faillite.

"Nous avons devant nous un programme économique complet et crédible pour sortir de la crise économique et fiscale. C'est un programme qui préserve, plus que toute autre chose, la place du pays au sein de la zone euro", a dit Lucas Papadémos, tout en reconnaissant l'ampleur des efforts réclamés à ses concitoyens, confrontés notamment à une baisse de vingt deux pour cent du salaire minimum.

"La mise en oeuvre pleine, effective et en temps voulu de ce programme ne sera pas aisée. Nous avons pleinement conscience que ce programme économique implique des sacrifices à court terme pour la population grecque."

Finalement, cent quatre vingt dix neuf députés sur trois cent ont approuvé le texte mais quarante trois élus du Pasok (socialiste) et de Nouvelle Démocratie (conservateur) n'ont pas respecté le mot d'ordre de leurs partis et ont été exclus sur le champ de leurs formations.

A l'extérieur du parlement, l'air sur la place Syntagma était enveloppé de gaz lacrymogène et la police chargeait de jeunes gens insaisissables lançant des pierres et des cocktails Molotov. Dans le ciel s'élevaient de larges colonnes de fumée provenant des bâtiments en proie aux flammes.

"Nous sommes face à la destruction. Notre pays, notre maison, est sur le point de brûler. Le centre d'Athènes est en flammes. Nous ne pouvons laisser le populisme réduire notre pays en cendres", s'est exclamé l'élu conservateur Costis Hatzidakis.

A l'intérieur du parlement, on pouvait entendre les détonations des grenades assourdissantes utilisées par les forces de l'ordre.

Effrayés, des habitants et des touristes se sont abrités dans des halls d'hôtel pour échapper aux violences et aux gaz irritants.

"ASSEZ, C'EST ASSEZ"

Parmi les bâtiments incendiés figurent le cinéma Attikon, un immeuble de style néo-classique bâti en 1870, ainsi qu'un édifice abritant le cinéma Asty, une salle en sous-sol transformée en chambre de torture par la Gestapo durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour beaucoup de Grecs, les nouvelles mesures d'austérité ne font que les plonger un peu plus dans la pauvreté.

"Assez, c'est assez!", s'est exclamé Manolis Glezos, 89 ans, figure historique de la gauche grecque, lors du rassemblement sur la place Syntagma.

"Ils n'ont aucune idée de ce que veut dire un soulèvement du peuple grec. Et le peuple grec, toutes idées politiques confondues, est en train de se soulever", a affirmé ce héros de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, qui avait réussi à enlever un drapeau nazi de l'Acropole en 1941.

Les dirigeants politiques grecs sont soumis à une intense pression de la part de l'UE et du FMI, qui leur reprochent de ne pas mettre en oeuvre les réformes promises depuis 2010 et de menacer ainsi toute la zone euro.

L'Allemagne, première économie d'Europe, a lancé un nouveau rappel à l'ordre dimanche, alors que la Grèce a besoin des fonds internationaux avant le 20 mars pour rembourser à cette date quatorze milliards cinq cent millions d'euros de dette arrivant à échéance.

Interrogé au sujet de la Grèce par le Welt am Sonntag, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré: "Il est important de dire qu'elle ne peut être un puits sans fond. C'est pourquoi les Grecs vont finalement devoir obstruer ce puits. Alors, nous pourrons y mettre quelque chose. (...)

"La Grèce doit faire ses devoirs pour devenir compétitive, que cela passe par un nouveau plan de sauvetage ou par une autre voie que nous ne souhaitons pas prendre (...)", a-t-il ajouté en allusion à une sortie de la zone euro.

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 20:07

 

http://www.fr.news.yahoo.com/grande-manifestation-en-gr%C3%A8ce-avant-le-vote-du-172310173.html

 

Violences en Grèce avant le vote du plan d’austérité

 

 

ATHENES (Reuters) - Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés dimanche autour du Parlement grec et certains ont affronté la police à quelques heures du vote par les députés sur un projet de loi regroupant des mesures d'austérité aussi draconiennes qu'impopulaires exigées par l'Union européenne et le FMI en échange d'un nouveau plan de sauvetage.

 

Le Premier ministre grec Lucas Papadémos grec a mis en garde contre le "chaos économique" en cas de rejet, tandis que l'Allemagne a prévenu que la Grèce devait cesser d'être un "puits sans fond"`.

 

Après trois jours de tensions et de menaces politiques, le Parlement a commencé peu après 14 heures (12 heures GMT) à examiner le projet de loi visant à économiser trois milliards trois cent millions d'euros grâce notamment à une baisse des salaires, des retraites et des suppressions d'emplois publics.

 

Le vote doit intervenir avant minuit (22 heures GMT), a annoncé le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, "parce que lundi matin, les marchés bancaires et financiers doivent avoir reçu le message que la Grèce peut et va survivre".

 

"Si la loi n'est pas adoptée, le pays ira à la banqueroute", a prévenu le ministre lorsqu'un député communiste a jeté les pages du projet de loi sur le sol de l'Assemblée.

 

Une vingtaine de députés de la coalition de Lucas Papadémos ont menacé ces derniers jours de voter contre le texte et six membres du gouvernement ont présenté leur démission, mais le Premier ministre conserve théoriquement le soutien d'une large majorité.

 

Mais la population grecque n'entend pas accepter ces nouvelles mesures d'austérité sans rien dire.

 

"LE PEUPLE GREC SE SOULÈVE"

 

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dans l'après-midi autour du Parlement pour faire pression sur les députés, la mobilisation la plus forte depuis des mois.

 

"Assez, c'est assez!", s'est exclamé Manolis Glezos, 89 ans, un vétéran de l'extrême-gauche.

 

"Ils n'ont aucune idée de ce que veut dire un soulèvement du peuple grec. Et le peuple grec, toutes idées politiques confondues, est en train de se soulever", a affirmé ce héros de la résistance aux Nazis pendant la Seconde guerre mondiale.

 

"Ces mesures d'annihilation ne passeront pas", a-t-il encore promis, la bouche couverte par un masque pour se protéger des gaz lacrymogènes tirés par la police pour dégager la place Syntagma, devant le Parlement.

 

Certains manifestants ont répliqué en jetant des pierres et des cocktails Molotov sur les policiers.

 

Au moins quatorze protestataires blessés ont été conduits à l'hôpital, selon la police, et une cinquantaine d'autres soignés sur place, la plupart pour suffocation. Au moins huit policiers ont également été blessés.

 

"Il y a du gaz lacrymogène jusqu'à l'intérieur de l'Assemblée", a déclaré un député, Panagiotis Lafazanis.

 

Le nouveau plan d'austérité est le prix à payer pour obtenir le déblocage d'un programme d'aide de cent trente milliards d'euros de l'UE et du FMI - le deuxième depuis 2010.

 

La Grèce doit toucher cette somme avant le 20 mars pour pouvoir rembourser un emprunt d'Etat de quatorze milliards cinq cent millions d'euros.

 

"PUITS SANS FOND"

 

L'Allemagne a fait monter la pression d'un cran dimanche en prévenant que l'Europe attendait des actes et non des mots.

 

"Les promesses de la Grèce ne sont plus suffisantes à nos yeux", a prévenu le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.

 

Evoquant le nouveau plan d'austérité sur lequel les députés grecs doivent se prononcer ce dimanche, le ministre souligne dans un entretien publié par le Welt am Sonntag que les précédents n'ont pas été mis en oeuvre dans leur intégralité.

 

Wolfgang Schäuble rappelle que les Allemands sont majoritairement favorables à une aide internationale en faveur de la Grèce. "Mais il est important de dire qu'elle ne peut être un puits sans fond. C'est pourquoi les Grecs vont finalement devoir obstruer ce puits. Alors, nous pourrons y mettre quelque chose. Au moins, les gens commencent maintenant à réaliser que cela ne marchera pas avec un puits sans fond.

 

"La Grèce doit faire ses devoirs pour devenir compétitive, que cela passe par un nouveau plan de sauvetage ou par une autre voie que nous ne souhaitons pas prendre (...)", poursuit-il évoquant une sortie de la zone euro.

 

Prié de dire si une telle issue est envisageable, Wolfgang Schäuble répond : "Tout se trouve entre les mains des Grecs eux-mêmes. Mais, même dans cette éventualité, sur laquelle personne ne table, ils resteraient partie intégrante de l'Europe".

 

"Nous sommes heureux d'apporter notre aide, mais nous ne devons pas donner à d'autres l'impression qu'ils n'ont pas fait suffisamment d'efforts. Chaque Etat est responsable de lui-même", explique-t-il.

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 18:34

 

http://www.liberation.fr/politiques/01012388940-incident-a-l-assemblee-le-tabou-leve-par-serge-letchimy 

http://www.entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2012/02/10/incident-a-lassemblee-le-tabou-leve-par-serge-letchimy  

 

Jeudi 9 Février 2012

 

Incident à l’assemblée : le tabou levé par Serge Letchimy



Par Véronique Dubarry et Stéphane Lavignotte

 

D'une polémique politicienne peut-il sortir un saut pour la pensée politique collective? On a réduit l’intervention de Serge Letchimy à la maladresse d'un député se laissant piéger par une provocation. Il faut au contraire entendre, déplier, réfléchir à la phrase qui a provoqué la sortie du gouvernement de l'Assemblée nationale.  

«Vous nous ramenez jour après jour à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et coloniale.»  

Cette phrase est le concentré puissant d'une problématique quasi-ignorée du débat politique général dont elle est pourtant le nœud caché: la place de l'idéologie coloniale dans l'apparition du nazisme et ses conséquences aujourd'hui. Serge Letchimy connaît très bien cette problématique parce qu'elle est au cœur du Discours sur le colonialisme d'Aimé Césaire en 1950, son prédecesseur à la mairie de Fort-de-France et celui dont il revendique l'héritage politique.  

Qu'apporte cette vision anticoloniale de la Shoah inaugurée par Césaire ? A raison, on a décrit le nazisme comme un summum de barbarie. Summum, on l'a aussi imaginé exception, qui arriverait de nulle part dans la civiliation européenne. Au mieux, comme la victoire d'un courant minoritaire – l'extrême droite – en raison du contexte (la crise économique) ou l'effraction (le coup d'Etat).  

Ce que pointe Aimé Césaire dans le discours sur le colonialisme et récemment l'historien spécialiste de la Shoah, Enzo Traverso, dans La violence nazie, ce sont au contraire les éléments de continuïté entre l'histoire de l'Europe comme civilisation et le nazisme. Son enfantement, non pas seulement des entrailles d'une minorité illégitime et marginale (l'extrême droite), mais du centre légitime des idéologies du monde occidental. Enzo Traverso, dans son dernier livre, montre comment le nazisme n'est pas une incongruïté venue de la seule Allemagne, mais a des racines profonde dans le dix neuvième siècle européen, dans la mécanisation de la mort inaugurée par la guillotine, le darwinisme social, les massacres des conquêtes coloniales, le fordisme et les champs de bataille de la guerre de 1914. C'est tout un contexte de civilisation qui voit apparaître le régime national-socialiste et ses crimes.

 

Le colonialisme allemand avant le nazisme

 

Serge Letchimy, en héritier de Césaire, insiste sur le colonialisme. Enzo Traverso montre de manière frappante comment la plupart des outils, des méthodes et du vocabulaire mis en œuvre par les nazis l'ont été d'abord par le colonialisme allemand dans ses colonies. Et quand l'Allemagne perd ses colonies en 1918, tout cela va se «reconvertir» mais contre l'Europe, le monde slave d'abord – race et civilisation inférieure à coloniser – puis contre le reste du continent.  

C'est ce qu'exprime avec force Césaire dans le discours sur le colonialisme: «Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches de Hitler et de l'hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du vingtième siècle qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'un Hitler l'habite, que Hitler est son démon, que s'il le vitupère c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation de l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les coolies de l'Inde et les nègres d'Afrique.»  

Si la phrase de Serge Letchimy a choqué, c'est peut-être aussi parce qu'elle lève ce premier tabou: sommes-nous capable de l'entendre ?  

Avons-nous le courage, blancs, Occidentaux, de répondre à l'invitation de Césaire de traquer ce démon?  

Cette question sur le passé est aussi valable pour le présent : le démon n'a pas été expulsé. Comment ne pas voir que c'est faute de l'avoir pris au sérieux que des Sarkozy et Guéant peuvent continuer leur politique contre les roms, les musulmans, les noirs, les Arabes, les habitants des quartiers populaires? Qu'en ne pensant pas le nazisme dans le temps long de l'histoire européenne, on ne voit pas que la société laisse se réinstaller un racisme systémique qui transforme – comment dans le système colonial – une partie de la population en indigènes, citoyens à part?  

Et cette question est aussi pour la gauche: faute d'avoir osé rouvrir ce compromis de la troisième république qui a monnayé l'intégration ouvrière contre la création de l' «étranger» comme ennemi (y compris l'étranger de l'intérieur qui s'exprime dans une autre langue que le français), la gauche n'a pas soldé la part coloniale de sa pensée et échoue à penser la place des musulmans, des noirs, des Arabes mais aussi des cultures régionales, voire des personnes en situation de handicap, dans sa conception de la France. A force d'avoir reculé devant l'obstacle politique, théorique, spirituel et pratique de l'héritage colonial, nous avons laissé se substituer un clivage racial au clivage social: il est urgent d'entendre ce que disaient hier Fanon et Césaire, ce que disent aujourd'hui Letchimy, Traverso ou les Indigènes de la République.

 

Véronique Dubarry est adjointe écologiste au maire de Paris, en charge des personnes en situation de handicap. Stéphane Lavignotte est militant écologiste, pasteur, directeur d’une maison de quartier.

 

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 21:15

 

http://www.politis.fr/Riposte-Laique-deverse-sa-bile,17015.html

 

Riposte laïque déverse sa bile islamophobe devant la justice

 

Lundi 6 Février 2012

 

Par Erwan Manach

 

Le directeur du journal en ligne Riposte Laïque et un rédacteur étaient jugés vendredi pour « incitation à la haine ». La LDH, la LICRA, le MRAP, SOS Racisme et le Collectif contre l’islamophobie en France étaient parties civiles, dans un procès éprouvant.

 

Un torrent de haine se déverse dans la dix-septième chambre du palais de justice de Paris

 

Vendredi 3 janvier, Pierre Cassen et Pascal Hilout, respectivement directeur de la publication et rédacteur du journal en ligne islamophobe « Riposte Laïque », comparaissaient pour deux textes publiés en octobre et décembre 2010 sur la toile.

 

Devant un auditoire acquis à leur cause, ils ont maintenu leurs propos avec une virulence obsessionnelle.

 

Dans le premier article incriminé - « Pourra-t-on vaincre l’offensive islamiste par les seuls moyens démocratiques ? »- Pierre Cassen, qui se définit à la barre comme « laïc de gauche », s’interrogeait sur la nécessité de « lutter contre l’islam par tous les moyens » en invoquant la « légitime défiance ». Le second texte, signé par Pascal Hilout sous le pseudo de « Cyrano », prolongeait les déclarations de Marine le Pen qui comparaît, en décembre 2010, les prières dans la rue à un signe d’« occupation illégale ». Pour l’auteur du texte, les « opérations » de « conquête » et d’ « islamisation » de la France fomentées par les islamistes menacent de « nous faire disparaitre », n’en déplaisent aux « islamo gauchistes » et aux « collabos de gôche » (sic).

 

Paranoïa

 

Devant une foule compacte et enjouée, venue savourer l’instant, sept témoins de la défense se succèdent à la barre pour déverser une violente paranoïa ciblée contre l’islam, un « projet politico-religieux totalitaire et conquérant », père de tous les maux. Une jeune mère de famille livre le récit larmoyant d’une agression, subie chez elle il y a quelques années, pour servir la thèse du musulman-délinquant-raciste. Un quadragénaire tente de dessiner, au nom de sa judéité, le portrait du musulman-antisémite. Le parlementaire suisse Oskar Freysinger (UDC, droite nationaliste) - qui revendique la paternité du référendum sur les minarets - défend le « principe de précaution » contre les musulmans. Etc, etc.

 

Le procès est bouillant, émaillé de nombreux incidents. Le public applaudit l’intervention de Pierre Cassen, réagit au débat et s’en prend, au cours d’une courte interruption de séance, à une représentante du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), voilée, qui a prit place au premier rang.

 

Haineux amalgame

 

« Ce sera eux ou nous », lance Pierre Cassen devant le tribunal, faisant sienne une phrase antifasciste de Jean-Luc Mélenchon, en la détournant contre « l’islam ».  

 

« Qu’entendez-vous par "eux" ? » insiste à plusieurs reprises le tribunal, soucieux de faire la lumière sur un amalgame qui constitue le cœur des débats judiciaires. « Nous ne sommes pas contre les musulmans, insiste le prévenu, mais contre l’islam ». Mais la nuance ne tient pas, au cours d’un procès fleuve où les propos d’une violence inouïe s’enchaînent. « On peut toujours avoir une opinion sur une religion déterminée et l’exprimer, explique Nawel Gafsia, avocate du CCIF, mais il y a provocation à la haine lorsqu’on vise une population religieuse de façon globale, sans distinguer les personnes qui la composent  ».

 

Les textes incriminés cultivent en effet une ambiguïté sans appel. « En vingt ans, le nombre de musulmans a augmenté [...] de manière impressionnante », écrit ainsi le fondateur de Riposte Laïque pour avancer, toujours caché derrière la forme interrogative : « Ne doit-on pas prendre des mesures de sauvegarde contre l’islam, ce que les écologistes appellent “le principe de précaution“ ? ».

 

Cinq mille euros d’amende

 

Riposte Laïque « monte en neige des incidents de la vie sociale pour produire des croyances fausses qui suscitent de la haine entre citoyens », explique Jean Baubérot, historien et sociologue des religions et de la laïcité à l’EHESS, que le CCIF a appelé à témoigner aux côtés des sociologues Christine Delphy et Raphaël Liogier, dans l’un des rares moments de respiration de l’audience. Le MRAP, la LICRA, SOS Racisme et la LDH s’étaient aussi portés parties civiles contre le site qui revendique vingt mille connexions par jour. « Il y a une responsabilité de la parole, quand on suscite de telles croyances, cela entraîne des actes de violence […] et les frictions sociales que l’on prétend combattre », observe Jean Baubérot qui évoque une « analogie très nette » entre l’antisémitisme de la fin du dix neuvième siècle et l’islamophobie actuelle.

 

Entre 2010 et 2011, les plaintes déposées après des actes et menaces anti musulmans sont passées de cent seize à cent cinquante cinq, selon l’Observatoire national contre l’islamophobie, rattaché au Conseil français du culte musulman. Soit une augmentation de trente trois pour cent.

 

Vendredi, à l’issue des débats, le procureur s’est montré sévère en requérant trois mois de prison avec sursis et cinq mille euros d’amende contre Pierre Cassen et deux mois et trois mille euros contre Pascal Hilout. Le jugement sera rendu le 23 mars.

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 19:05

 

http://www.gauche-anticapitaliste.org/content/debat-public-lappel-de-responsables-de-la-gauche-radicale-st-denis-11-fevrier

 

Débat public à l’appel de responsables de la gauche radicale à l’université de Saint Denis Samedi 11 Février

 

A l'appel de responsables nationaux de mouvements politiques (PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire, FASE, Convergences et Alternatives, Les Alternatifs, Gauche anticapitaliste, NPA) et avec la participation d'animateurs et animatrices du mouvement social, une réunion publique unitaire aura lieu à l'Université de Saint-Denis, le samedi 11 février 2012.

Cette après-midi de débat, intitulée "Face à la crise globale du capitalisme, quelle mesures alternatives ? Comment les imposer ?", sera déclinée par une série de forums et une table ronde.

La gauche anticapitaliste appelle à s'y rendre nombreuses et nombreux.

Voici le texte de l'appel  

 

Face à la crise globale du capitalisme, quelles mesures alternatives ? Comment les imposer ?

L’inquiétude, le pessimisme et la souffrance, conjugués au présent comme au futur, gagnent du terrain. Rien de moins étonnant hélas quand s’aggravent chaque jour les crises économique, financière, écologique, sociale, politique, démocratique.

Dans cette situation, deux camps se dessinent, partout en Europe et dans notre propre pays, d’autant plus à l’approche des élections du printemps :

Celui des puissants et des gouvernants à leur service, doublement cyniques. Cyniques dans le recours systématique à l’austérité pour purger une économie en crise, ce qui revient à présenter la facture à la majorité de la population pour protéger des privilèges égoïstes. Cyniques encore, quand de Copenhague à Durban, ils enregistrent les scénarii toujours plus alarmistes des experts du climat sans prendre aucune mesure digne de ce nom, susceptible de juguler les catastrophes qui s’annoncent et qui mettent en péril l’humanité.

L’autre camp, le nôtre, celui de l’indignation, celui des résistances, celui des aspirations à prendre son destin en mains et du refus de cette société capitaliste, propose des mesures radicales pour bâtir une autre Europe, un autre monde, une société plus égalitaire, respectueuse de la planète, refusant les logiques de guerre, développant d’autres rapports Nord -Sud et une démocratie active

Militant-e-s du mouvement social ou de courants politiques, là où nous sommes, avec nos spécificités, nous nous battons dans ce but. Et nous constatons de larges convergences. Afin d’approfondir et de croiser nos réflexions, nous vous invitons à débattre des réponses aux crises, de la politique nécessaire pour battre la droite et l’austérité, de l’alternative au social libéralisme permettant d’ouvrir une réelle transformation sociale et écologique. 

Réunion à l'appel de :

Christian Audoin (Président du groupe « Terre de gauche » au Conseil régional du Limousin), Clémentine Autain (FASE), Yann Cochin (Convergences et Alternative), Eric Coquerel (Secrétaire national du Parti de Gauche), Sandra Demarcq (NPA), Michelle Ernis (Gauche unitaire), Pierre-François Grond (Gauche anticapitaliste, NPA), Marianne Journiac (République et socialisme), Stéphane Lajaumont (Conseiller régional Limousin terre de gauche), Pierre Laporte (Conseiller général 93, FASE), Stéphane Lavignotte (Ecologiste, Front de gauche), Jacques Lerichomme (Gauche Unitaire), Lucien Jallamion (République et socialisme), Nathalie Marcu (Les Alternatifs), Myriam Martin (Gauche Anticapitaliste, porte parole du NPA), Roland Merieux (Les Alternatifs), Monique Migneau (Gauche anticapitaliste, NPA), Corinne Morel Darleux (Secrétaire nationale Parti de Gauche), Laurence Pache (Conseillère régionale Limousin terre de gauche), Christine Poupin (porte parole du NPA), René Revol (Maire de Grabels -34, PG), Stéphanie Treillet (Convergences et Alternatives), Marie-Pierre Vieu (Executif national du PCF, Présidente du groupe Front de gauche au Conseil Régional de Midi-Pyrénées), Igor Zamichiei (Membre du conseil national du PCF et secrétaire du PCF-Paris).

 

 

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