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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 21:51

 

A propos de l’occupation des pôles emploi le 17 janvier

 

Une réunion ouverte d’échange d’information a eu lieu à l’initiative du réseau Stop Précarité le mardi 10 janvier pour rassembler les éléments dont on dispose sur l’appel à l’occupation illimitée des pôles emploi le mardi 17 janvier.

 

Elle a réuni :

 

Pour le réseau Stop Précarité, Monika (et aussi d’IWW), Odile (et aussi du Collectif National Droits des Femmes) et Evelyne (et aussi d’AC !), (les autres membres du bureau étant indisponibles). Pour la CIP-IDF (Coordination des Intermittents et Précaires Ile de France), Laurent et Jeff. Pour les Cafards de Montreuil, une copine. Pour le collectif du vingtième arrondissement, Sonia. Pour les Indignés de Démocratie réelle Paris, Marc, Armel. Enfin, Nicolas, et Bernard qui a un blog très lu.

 

Avaient été invités mais n’ont pu venir : l’Appel et la Pioche, le SNU-Pôle emploi, la CNT Pôles emploi,…

 

Cet appel à l’occupation des pôles emploi a été lancé sur Facebook dès début décembre par le POI (Parti Ouvrier International) et le syndicat Force Ouvrière (ou une partie de ses membres), et repris sur Facebook par des inorganisés. Il a été relayé début janvier par Uncut France. Il est repris par certains collectifs d’AC ! (Agir ensemble contre le chômage) notamment AC ! Gironde, et sans doute par AC ! au niveau national, peut-être également par deux autres associations de défense des chômeurs, APEIS et MNCP. Les Indignés de Démocratie réelle Paris ont annoncé reprendre l’appel, mais ne se sont pas encore réunis pour en discuter les modalités concrètes. Les syndicalistes de Pôle emploi au niveau national ne semblent avoir été ni consultés, ni informés.

 

Une réunion des responsables d’organisations concernées par les revendications des chômeurs pendant la campagne présidentielle est convoquée depuis longtemps le mercredi 11 janvier au MNCP ; mais elle est réservée à AC !, APEIS, MNCP, Solidaires et FSU, ainsi que l’Appel et la Pioche (dont la leader Leïla est maintenant au PG) et Génération Précaire. Ni Stop Précarité, ni le Collectif pour les Droits des Femmes, ni la CIP-IDF, ni les autres organisations qui s’étaient regroupées depuis 2005 dans le Collectif Droits Nouveaux (MQJS, Copernic, DAL, ATTAC) et avaient signé en 2006 la « Plate-forme unitaire pour une garantie de revenu décent pour tous, avec ou sans emploi, et la continuité des droits » , et qui avaient organisé en mai 2009 les Etats Généraux du Chômage et de la Précarité (avec deux cent personnes et trente organisations), n’ont été jugés utiles à cette réunion qui porte sur les revendications des chômeurs pendant la campagne. ..

 

Marc a exprimé le souhait que l’on fasse « quelque chose ensemble », qui dépasse les simples revendications concernant la précarité de l’emploi, et il se fie au sens de l’improvisation.

 

Armel a souhaité que l’on coordonne au mieux les actes et les dates.

 

Laurent a souligné que l’occupation – de plus annoncée comme illimitée – des pôles emploi ne s’improvise pas, et que les mouvements de chômeurs et précaires ont une certaine expérience à cet égard (Cf. la « Grève des chômeurs » organisée tout au long de 2010 par divers collectifs en province et Ile de France, ayant consisté à occuper des pôles emploi en y apportant des dossiers individuels à régler, indus et autres). Si plusieurs collectifs locaux en France lancent une occupation en même temps et si le mouvement atteint une certaine masse critique, cela peut être intéressant. Mais il lui semble que le mouvement ne sera important que si au moins certaines organisations syndicales le relaient. Pour le moment la CIP n’appelle pas (besoin de clarification, car trop de flou, certains des appelants paraissant proches de l’extrême-droite) ; elle fera un texte et il propose que l’on se répartisse les contacts pour en savoir plus.

 

Les membres de Stop Précarité présents adhèrent à cette analyse mais doivent en référer au bureau et au Conseil d’Administration.

 

Pour plusieurs participants (Bernard, Evelyne, Laurent, entre autres) il est hors de question de faire quoi que ce soit avec des personnalités aussi troubles qu’Etienne Chouard ou Soral.

 

Aussi, s’il y a quelque chose le 17 janvier, il faudra veiller à éviter à la fois les provocations et dérives et agressions des agents de Pôle emploi pouvant faire le jeu du pouvoir actuel. De même les récupérations de partis politiques en pleine campagne présidentielle sont à éviter.

 

(Compte Rendu fait par Evelyne)

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 21:21

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-reporter-fran%C3%A7ais-gilles-jacquier-tu%C3%A9-%C3%A0-homs-154106341.html

 

Mort d’un journaliste français en Syrie, Paris veut une enquête

 

PARIS (Reuters) - La France a demandé mercredi que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l'attaque qui a coûté la vie à un journaliste de France Télévisions à Homs, en Syrie.

 

Le groupe de télévision publique a annoncé ce même jour la mort de son grand reporter Gilles Jacquier, le deuxième membre de l'équipe de journalistes de France 2 étant indemne.

 

"Ils étaient en mission autorisée par le gouvernement syrien, pour un reportage destiné au magazine de la rédaction Envoyé spécial", peut-on lire dans un communiqué. "Nous sommes en contact avec les autorités syriennes et françaises pour rapatrier le corps et l'équipe de France 2."

 

Selon la télévision syrienne Addounia, le journaliste a trouvé la mort dans une attaque qui a fait au total huit morts et vingt cinq blessés.

 

Les deux journalistes, qui se trouvaient près du quartier d'Akrama, ont été atteints par des tirs de grenade ou de roquette, a dit Rami Abdoulrahman, de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), dont le siège se trouve en Grande-Bretagne.

 

Selon l'organisation Reporters sans frontières (RSF), qui cite un témoin, un obus est tombé sur un groupe de journalistes qui se trouvaient en reportage, sous contrôle des autorités.

 

Gilles Jacquier a selon RSF été tué sur le coup et l'obus a touché de nombreuses personnes présentes.

 

Le grand reporter de France Télévisions, qui a obtenu en 2003 le prix Albert Londres et a couvert les guerres en Irak, au Kosovo, en Israël et en Afghanistan, est le premier journaliste étranger tué en Syrie depuis le début de l'insurrection, le 15 mars 2011.

 

LIBERTÉ D'INFORMATION, DIT LA FRANCE

 

Le président Nicolas Sarkozy a demandé dans un communiqué que "toute la lumière" soit faite sur les circonstances de la mort du reporter.

 

Ce décès "rappelle à chacun d'entre nous la difficulté du métier de journaliste, les dangers qu'ils encourent, et en même temps l'importance dans des régimes qui sont ce qu'ils sont, dans des situations qui sont ce qu'elles sont, d'avoir des femmes et des hommes courageux qui vont dire la vérité de ce qui se passe", a aussi déclaré le chef de l'Etat.

 

"Je suis sûr que toutes les formations politique, ici, s'associeront à l'expression de ces sentiments émus", a-t-il ajouté lors de ses voeux aux parlementaires.

 

Dans un communiqué, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, affirme qu'"il appartient aux autorités syriennes d'assurer la sécurité des journalistes internationaux sur leur territoire et de protéger cette liberté fondamentale qu'est la liberté d'information".

 

L'ambassadeur de France en Syrie, qui doit se rendre à Homs, a demandé au gouvernement syrien que toute l'aide nécessaire soit apportée aux personnes qui accompagnaient le journaliste.

 

"Face à ce drame, j'adresse toutes mes condoléances à la famille et aux proches de notre compatriote, ainsi qu'à la rédaction de France Télévisions. Je présente également mes condoléances aux familles et aux proches de toutes les victimes de cette attaque", ajoute Alain Juppé dans un communiqué.

 

Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a lui aussi fait part de son "immense émotion".

 

"Les autorités syriennes, responsables des massacres commis entre les populations civiles, viennent de faillir à une autre de leurs obligations fondamentales : garantir la sécurité des journalistes et la liberté de l'information", écrit-il dans un communiqué.

 

Le président syrien Bachar al Assad, confronté depuis dix mois à des manifestations antigouvernementales, a assuré mercredi à Damas que la Syrie triompherait des "comploteurs étrangers".

 

Selon l'Onu, la répression des manifestations antigouvernementales a fait plus de cinq mille morts. Damas fait état pour sa part de deux mille soldats et policiers tués dans les violences.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 18:56

 

http://www.rue89.com/2012/01/08/entre-damas-et-homs-un-monastere-syrien-pris-dans-la-revolution-228175

 

Mar Moussa, un monastère syrien pris dans la révolution

Par Nadia Braendle, journaliste à la retraite

L'avion pour Damas est plein. Etonnamment. Des familles, des travailleurs qui rentrent pour les fêtes, des soldats de l'ONU, du personnel d'ambassades, et une poignée de visiteurs – dont je suis – partis soutenir un monastère syrien pris dans le tourbillon des événements qui ébranlent la Syrie depuis mars 2011.

 

Un passage de douane sans encombre. Un peu sur nos gardes, nous nous attendons à être contrôlés sur la route stratégique qui mène de l'aéroport à Damas, mais nous ne rencontrerons aucun check point, ni de présence militaire visible.

 

Dans le quartier populaire de Damas où nous dormons, pas d'autres sons que les klaxons, les appels à la prière et les cloches de l'église voisine.

 

Dans le grand Damas, la vie se déroule, un peu ralentie, les yeux sont fatigués et les visages graves. Un marchand :

 

« L'an dernier, les rues étaient noires de touristes occidentaux, asiatiques, arabes. Depuis avril, il n'y a plus personne. Les hôtels restent vides. J'espère que tout va reprendre dans deux-trois mois. La plupart des commerçants arrivent au bout de leurs économies. »

 

Le mazout en bouteilles d’un litre

 

Dans les rues, des clochettes annoncent la livraison habituelle du mazout : deux chevaux tirent une citerne. Ce qui est nouveau, c'est qu'à l'arrière sont rangées des bouteilles remplies du précieux liquide. Le gouvernement n'a pas prévu de faire des réserves, et le mazout encore plus rare que les hivers précédents a vu son prix augmenter de trente pour cent.

 

Les habitants les moins fortunés achètent donc leur mazout… au litre. Et ne chauffent que deux heures par jour, de 19 heures à 21 heures. De quoi manger au chaud, et faire prendre leur bain aux enfants.

 

Une famille, de la petite bourgeoisie sunnite – le mari est vendeur de voitures occidentales, donc actuellement au chômage technique –, nous dit sa lassitude :

« Ce que nous voulons c'est la paix, avec ou sans Bachar el-Assad . Il faut que “ ça ” s'arrête. »

 

Que veulent-ils dire par « ça » ? :

 

« L'incertitude, la chaîne Al Jazeera ment, et la télévision syrienne ment. On ne sait pas ce qui se passe dans le pays. »

 

Au monastère de Mar Moussa, la vie au ralenti

 

Au monastère de Mar Moussa, monastère du désert syrien dédié depuis 1984 à la méditation, à l'accueil, à l'image d'Abraham, et au dialogue avec l'islam, c'est la vie au ralenti.

 

Nous y sommes accueillis avec impatience, car nous apportons des instruments d'analyse du lait qu'il est impossible actuellement de commander à l'étranger, vu les sanctions économiques qui interdisent toute relation économique avec la Syrie.

 

C'est un monastère que nous suivons de près et que nous visitons chaque année depuis huit ans. Dans ce lieu célèbre en Syrie et dans le monde, situé dans les montagnes entre Damas et Homs, d'habitude, chaque jour cent cinquante personnes montent à cet ancien ermitage ; ce vendredi, seules deux familles musulmanes de la région de Homs sont venues pour la journée et des étudiants de l'université voisine.

 

Une poignée d'étrangers resteront quelques nuits : une touriste chinoise de 22 ans qui fait le tour de l'Asie et du Moyen-Orient, des Hollandais, deux Allemands, un Français et cinq Suisses.

 

Le père jésuite, une icône de la contestation

 

Le responsable de Mar Moussa, le père Paolo, un jésuite italien parfaitement arabophone, a condamné fermement la violence de certains opposants et celle du régime el-Assad. Il a aussi déploré l'aveuglement du gouvernement qui n'a pas pris la mesure de la contestation et n'a pas mis en œuvre des réformes crédibles.

 

Le résultat ne s'est pas fait attendre. Une mesure d'expulsion a été décrétée contre le père Paolo, envoyée à l'évêque de Homs, dont dépend Mar Moussa. Heureusement l'évêque était en visite au Brésil, ce qui a donné au père Paolo le temps de tirer toutes les sonnettes, de remuer ciel, terre, et membres du gouvernement, pour obtenir une suspension de la décision.

 

Il s'est engagé à ne plus tenir de discours politique.

 

Il est actuellement au monastère, libre de ses mouvements, bien que le bruit court en Syrie (une rumeur de plus) qu'il se cache ailleurs. Cette mesure a eu un effet inattendu : le père jésuite est devenu une icône de la contestation. A Hama, des femmes voilées tenaient le portrait du religieux en scandant « Non à l'expulsion de Abouna (de notre père) ».

 

Six mille jeunes Syriens ont signé une lettre de soutien.

 

« Cent mille syriens prêts à tuer, cent mille qui se vengeront »

 

Les tensions et les difficultés influencent la vie de la communauté monastique :

 

« Nous sommes un monastère malade dans un pays malade. Les tensions du quotidien et de l'incertitude face à l'avenir rejaillissent sur les relations dans les familles, entre voisins, et entre nous aussi. »

 

Les dix moniales, moines et novices du monastère, connaissent les mêmes divergences que les habitants du pays. Mais ils sont unis sur trois points : pas d'ingérence étrangère, autodétermination du peuple syrien, préservation de l'unité du pays.

 

Ceci dit, le père Paolo explique :

 

« Il faudra peut-être une force d'interposition pacifique arabe et occidentale, car aujourd'hui il y a cent mille syriens prêts à tuer, et cent mille qui se vengeront. Les deux camps sont bloqués. »

 

Le monastère Mar Moussa se refuse à prendre à prendre position pour les uns contre les autres. Il veut jouer un rôle de médiateur. Voit-il venir l'ère d'une démocratie islamique ?

 

« L'islam n'est pas un, mais contradictoire, il faut une démocratie, oui, mais pas une démocratie d'une majorité qui écrasera les minorités. »

 

« Bachar, c’est fini, le temps joue pour nous »

 

Un jeune militant rencontré chez des connaissances participe chaque jour à l'organisation de « manifestation volante ».

 

« Nous la convoquons par Internet, nous nous rassemblons, sortons les pancartes, crions nos slogans. On nous filme et photographie, et on se disperse. »

 

Pourquoi milite-t-il ?

 

« Nous ne voulons plus de pauvreté, nous voulons des emplois pour les jeunes, nous n'avons plus confiance dans le président. Bachar c'est fini. Le temps joue pour nous. Nous voulons un changement. »

 

Et après ? Il hausse les épaules :

 

« Après on verra. »

 

Il a été blessé et n'a plus peur, mais refuse d'être photographié.

 

Avant de partir avec sa compagne, il me lance encore :

 

« Nous ne voulons pas remplacer un dictateur par un autre, ni par ce Conseil national syrien qui ne nous représente pas, qui n'a jamais pris contact avec nous, bien au chaud qu'ils sont à Paris, Istanbul ou Munich. »

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 22:17

 

 

Le Collectif Bellaciao poursuivi en diffamation par Mario Sandoval

 

Le 12 janvier 2012, Roberto FERRARIO, un des porte-paroles du Collectif BELLACIAO, comparaîtra devant le Tribunal Correctionnel d’Auxerre, assisté de son avocate, Maître France WEYL, suite à la plainte en diffamation que Mario SANDOVAL a déposée contre plusieurs médias, notamment Marianne2, Mediapart, Le Grand Soir, Courrier International, France Info, El Correo, Calpa...

 

Mario SANDOVAL, ancien fonctionnaire de police argentin, poursuit BELLACIAO pour la publication sur notre forum d’un article d’El Correo (sur la base d’un article de Pagina 12) mentionnant ses liens avec l’ancienne junte militaire au pouvoir en Argentine dans les années 1970, et le rôle qu’il y aurait joué à cette époque.

 

Après avoir initialement mis en cause une quarantaine de médias, Mario SANDOVAL décidait de restreindre sa plainte à une douzaine seulement parmi les médias concernés.

 

Mario SANDOVAL avait déjà fait l’objet d’un article du Monde Diplomatique de 2007 sur les soutiens internationaux dont auraient disposé les paramilitaires en Colombie.

 

C’est donc à la justice française qu’il va revenir de trancher une question qui, dans le contexte argentin actuel de fin de l’amnistie des proches de la junte et de ré-ouverture des dossiers au pénal, peut se révéler d’une grande importance, pour les victimes, pour la justice et pour l’histoire.

 

Bien-sûr, la question est d’abord juridique : le Collectif, à travers son porte-parole, sera-t-il condamné ou non pour diffamation ?

 

Nous escomptons bien que non, vous l’imaginez, car nous revendiquons notre bonne foi et n’avoir rien à nous reprocher dans cette affaire.

 

Par ailleurs, de façon générale, notre position politique sur la diffamation a toujours été claire : cette loi ne devrait pas exister en l’état.

 

S’il nous semble juste qu’à une diffamation éventuelle soit accordé automatiquement un droit de réponse plein et entier de la personne mise en cause (dont le refus lui, serait l’objet d’une sanction) dans les colonnes du média concerné directement, ou indirectement (comme c’est notre cas en l’espèce), cette loi ne devrait pas pouvoir permettre à certains de masquer leurs forfaits, comme c’est malheureusement trop souvent le cas.

 

Cette loi ne devrait pas pouvoir servir aux règlements de comptes politiques, elle ne devrait pas pouvoir servir à museler la liberté d’expression ni le travail des journalistes ou l’activité de syndicalistes ou de sites militants indépendants.

 

Au-delà de la question de notre responsabilité juridique, c’est aussi une question politique que pose cette affaire, au-delà même du contexte argentin spécifique. C’est une question susceptible d’avoir un rayonnement international qui sera décidée sur le fond : les faits imputés à Mario SANDOVAL dans l’article incriminé sont-ils vrais ou faux ? Sont-ils vraisemblables ? Existe-t-il ou non des éléments matériels, historiques... qui pouvaient amener à penser que l’article d’El Correo n’était pas diffamatoire ? Qui est Mario SANDOVAL ?...

 

Le Collectif BELLACIAO soutient évidemment entièrement son porte-parole, Roberto FERRARIO, dans cette nouvelle poursuite et vous tiendra au courant des développements de cette affaire.

 

Chers amis et camarades, nous vous remercions par avance de tous les soutiens, politiques, moraux et financiers, que vous nous apporterez dans ce nouveau procès, comme vous nous soutenez depuis bientôt dix ans.

 

HASTA LA VICTORIA SIEMPRE !

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article124108

 

 

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:48

 

http://www.fr.news.yahoo.com/joly-m%C3%A9lenchon-et-poutou-r%C3%A9unis-contre-le-mal-200818351.html

 

Joly, Mélenchon et Poutou réunis contre le mal logement

 

PARIS (Reuters) - Trois candidats de gauche à l'élection présidentielle de 2012 en France ont plaidé lundi soir pour un plus grand encadrement des loyers et pour la construction de logements sociaux supplémentaires.

 

La candidate d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) Eva Joly, celui du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon et le représentant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) Philippe Poutou participaient à un rassemblement contre le mal-logement organisé par un collectif d'associations à l'appel du Droit au logement (DAL) et de la fondation Copernic au théâtre du Rond-Point à Paris.

 

"Il n'y a pas d'inégalité plus insupportable, d'injustice plus révoltante que le fait que les pouvoirs publics aient renoncé à réguler le marché des loyers, traitant le logement comme n'importe quel autre bien", a déclaré la candidate écologiste, se disant fière de compter dans son équipe des membres du collectif Jeudi noir, qui milite contre la flambée des loyers.

 

Dénonçant l'augmentation du nombre de sans-abris, la "hausse vertigineuse" des loyers, et la "précarité énergétique", Eva Joly a défendu, entre autres mesures, un moratoire de trois ans sur les prix des loyers.

 

Elle a dit vouloir créer cent cinquante mille logements sociaux par an et faire passer à vingt cinq pour cent sur l'ensemble du territoire et jusqu'à trente pour cent en région parisienne le quota de logements sociaux imposé dans les communes de plus de trois mille cinq cent habitants. Il est aujourd'hui de vingt pour cent.

 

L'ancienne magistrate a ajouté qu'elle entendait réhabiliter trois cent mille logements par an pour les mettre aux normes environnementales. Une mesure qui d'après elle devrait permettre de faire diminuer les factures énergétiques des familles.

 

Se différenciant de la candidate écologiste, Jean-Luc Mélenchon a pour sa part prôné une baisse des prix des loyers, suggérant de fixer le prix maximum au prix moyen dans chaque bassin.

 

"Il faut trancher le noeud gordien", a-t-il déclaré à la presse. "Maintenant, tout le monde est malheureux, ceux qui ne sont pas propriétaires parce que les loyers sont durs à payer et ceux qui sont propriétaires parce qu'ils croient qu'ils sont propriétaires, mais en réalité ils sont juste locataires de leur banque".

 

Le candidat du Front de gauche a également plaidé pour la réquisition des logements vides, la construction de deux cent mille logements sociaux par an pour atteindre le million d'ici cinq ans, et l'arrêt des expulsions locatives. Des propositions soutenues par le candidat anticapitaliste Philippe Poutou.

 

"Plus on est nombreux à défendre ce genre de cause, mieux c'est", a-t-il dit à la presse avant d'entrer dans le théâtre. "Ce qui est bien, c'est que quand il y a des stars qui viennent, ça aide à populariser un combat", a-t-il ajouté en référence à la présence d'Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon.

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 18:27

 

http://www.fr.news.yahoo.com/lopposition-syrienne-sceptique-sur-le-maintien-des-observateurs-154621511.html

 

L’opposition syrienne sceptique sur le maintien des observateurs

 

BEYROUTH (Reuters) - L'opposition syrienne a jugé lundi que le maintien par la Ligue arabe de sa mission d'observation sur place en dépit de la répression des manifestations antigouvernementales allait permettre au président Bachar al Assad de gagner du temps.

 

Les observateurs de l'organisation panarabe, qui sont arrivés en Syrie le 26 décembre pour vérifier l'application d'un plan de solution de la crise approuvé début novembre par Bachar al Assad, n'ont pas permis de mettre un terme à la répression qui a fait plus de cinq mille morts depuis mars selon l'ONU.

 

Réunis au Caire dimanche, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont estimé que le régime de Damas n'appliquait que partiellement le plan qui prévoit la fin de la répression, la libération des prisonniers politiques, le retrait des troupes déployées dans des villes et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition.

 

Dans une déclaration, la Ligue arabe, dont l'efficacité de sa mission en Syrie a été mise en doute depuis son arrivée dans le pays, a annoncé l'augmentation du nombre de ses observateurs, actuellement de cent soixante cinq, et un renforcement de leurs ressources.

 

GAGNER DU TEMPS

 

Le rapport complet des observateurs est attendu le 19 janvier. Les ministres des Affaires étrangères des pays arabes se réuniront les 19 et 20 pour étudier leurs conclusions.

 

"Le rapport préliminaire est trop vague et, pour l'essentiel, ne fait qu'accorder davantage de temps au régime", a déclaré Rima Fleihan, membre du Conseil national syrien (CNS), qui regroupe des membres de l'opposition.

 

"Il faut savoir ce que la Ligue va faire si le régime continue sa répression en présence des observateurs. A un moment, il va falloir en référer au Conseil de sécurité de l'ONU."

 

Cette option, qui dans le dossier libyen avait ouvert la voie à une intervention aérienne permettant aux rebelles de renverser le régime de Mouammar Kadhafi, ne fait pas l'unanimité au sein de la Ligue arabe.

 

La Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, continuent de s'opposer à l'adoption d'une résolution sur la Syrie et les pays occidentaux émettent des réserves sur la répétition d'un scénario à la libyenne au vu de la position géographique de la Syrie.

 

"La poursuite de la mission des observateurs en Syrie va donner plus de temps au régime pour gérer la révolution syrienne", estime Rami Abdulrahman, de l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, basé à Londres.

 

Les autorités syriennes ont dissimulé des chars de l'armée et ont repeint des véhicules blindés de l'armée aux couleurs de la police, ajoute-t-il. Seul un petit nombre de prisonniers, sur les milliers détenus dans le pays, ont été libérés et la Ligue arabe n'a pas pu entrer en contact avec des militants disposés à leur dresser un tableau de la situation, déplore-t-il.

 

RENFORCER LES OBSERVATEURS ?

 

L'avenir de la mission dépend de l'engagement de Damas à respecter le plan de sortie de crise et à mettre un terme au bain de sang, ont prévenu les responsables de la Ligue arabe.

 

"S'il ressort de ce rapport que les violences n'ont pas cessé, la Ligue arabe aura la responsabilité d'agir", a déclaré le Premier ministre du Qatar, le cheikh Hamad ben Djassim al Thani, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion.

 

Le Qatar, qui préside le groupe de contact de la Ligue sur la Syrie et a critiqué le travail des observateurs, avait proposé que des experts de l'Onu renforcent la mission de la Ligue arabe. Il n'a pas été suivi par ses partenaires.

 

Damas impute les violences à des groupes "terroristes armés" et fait état de deux mille policiers et soldats tués depuis mars.

 

Le gouvernement syrien n'a pas officiellement réagi à la réunion de dimanche mais le mufti Ahmed Hassoun, la plus haute autorité musulmane du pays, a adressé une mise en garde.

 

"La Syrie ne sera pas humiliée", a-t-il dit lors d'une prière à Damas. "A ceux qui veulent faire de la Syrie leur arène pour leurs menées contre la volonté du peuple, je dis à la Ligue arabe et aux Nations unies que la Syrie a des anges (...) qui voleront jusqu'au jour de la résurrection", a-t-il dit.

 

Pour Nadim Houry, militant d'Human Rights Watch (HRW) à Beyrouth, "nul doute que les autorités syriennes font tout leur possible pour éviter toute forme de surveillance".

 

"Le problème avec ces missions, c'est que les erreurs coûtent cher parce que chaque jour des gens meurent".

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 20:52

 

http://www.alencontre.org/ecologie/sommet-de-durban-%C2%ABplus-de-capitalisme-vert%C2%BB.html

 

 « Toujours plus de capitalisme vert »

 

Par Josep Maria Antentas et Esther Vivas

 

On va sauver les marchés et non le climat. C’est ainsi que nous pourrions résumer les constats sur la dix septième Conférence des Parties (COP17) de la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (UNFCCC) qui s’est déroulée à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 10 décembre. Il y a un contraste saisissant entre la réponse rapide que les gouvernements et les institutions internationales ont donné lors de l’éclatement de la crise économique et financière de 2007 2008 en renflouant des banques privées avec de l’argent public et l’immobilisme dont ils font preuve face au changement climatique. Cela ne devrait pourtant pas nous surprendre, car dans un cas comme dans l’autre ce sont les mêmes marchés et leurs gouvernements complices qui sortent gagnants.

 

Au sommet de Durban, il y avait deux thèmes centraux: d’une part, l’avenir du Protocole de Kyoto qui prend fin en 2012 ainsi que la capacité de mettre en place des mécanismes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et, d’autre part, le lancement du Fonds vert pour le climat approuvé lors du précédent sommet de Cancun (Mexique) avec l’objectif théorique de soutenir les pays les plus pauvres face aux conséquences du changement climatique, cela au moyen de projets dits d’atténuation et d’adaptation.

 

Après Durban nous pouvons affirmer qu’une deuxième phase du Protocole de Kyoto est restée vide de contenu: on a reporté toute action réelle jusqu’en 2020 et on a refusé tout instrument contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre. C’est ainsi que l’ont voulu les représentants des pays les plus polluants, à la tête desquels se trouvent les Etats-Unis, qui plaidaient en faveur d’un accord de réductions volontaires et qui se sont opposés à tout mécanisme contraignant. Le Protocole de Kyoto était déjà insuffisant et son application stricte n’aurait conduit qu’à un ralentissement infime du réchauffement global. Mais maintenant, nous sommes engagés sur une voie qui ne peut que péjorer la situation.

 

En ce qui concerne le Fonds vert pour le climat, dans un premier temps, les pays riches se sont engagés à contribuer à hauteur de trente milliards de dollars en 2012 et cent milliards par année jusqu’en 2020. De toute manière, ces sommes sont considérées comme insuffisantes. Mais la provenance de ces fonds publics n’a pas été déterminée. Dès lors, les portes sont grandes ouvertes aux investissements privés et à une gestion par la Banque mondiale. Comme l’ont déjà fait remarquer les organisations sociales, il s’agit là d’une stratégie pour «transformer le Fonds vert pour le climat en un Fonds patronal vorace». Une fois de plus on prétend faire des profits avec le climat et avec la pollution environnementale [les banques d’investissement ont déjà mis au point toute une série d’instruments financiers pour intervenir sur ce qui est nommé le marché du carbone, des émissions, etc.].

 

Un autre exemple de cette marchandisation du climat a été l’aval donné par l’ONU au captage-stockage du CO2 en tant que mécanisme pour un développement dit propre, alors que cette procédure ne vise pas à réduire les émissions et contribuera à approfondir la crise environnementale, surtout dans des pays du Sud qui sont les candidats à devenir des futurs cimetières de CO2.

 

Les résultats du Sommet entraînent par conséquent un accroissement du capitalisme vert. Comme le dénonçait le militant et intellectuel sud-africain Patrick Bond: «La tendance à la marchandisation de la nature est devenue le point de vue philosophique dominant dans la gouvernance mondiale environnementale.» A Durban, on a répété le scénario des sommets précédents, comme ceux de Cancun en 2010 et de Copenhague en 2009, où les intérêts des grandes transnationales, des institutions financières internationales et des élites du monde financier, aussi bien du Nord que du Sud, ont la priorité sur les nécessités collectives des peuples et sur l’avenir de la planète.

 

A Durban, notre avenir était en jeu, mais aussi notre présent. Les ravages du changement climatique font déjà sentir leurs effets, dont la libération de millions de tonnes de méthane de l’Arctique, un gaz vingt fois plus puissant que le CO2 du point de vue du réchauffement atmosphérique, et la fonte des glaciers ainsi que des calottes glaciaires qui élève le niveau de la mer. Ces effets augmentent déjà l’ampleur des migrations forcées. Si en 1995 il y avait environ vingt cinq millions de migrants climatiques, ce chiffre a doublé aujourd’hui, avec cinquante millions. En 2050, ce nombre pourrait se situer entre deux cent millions et un milliard de personnes déplacées.

 

Tous les indicateurs montrent que nous allons vers un réchauffement global incontrôlé supérieur à deux degrés, et qui pourrait atteindre environ quatre degrés à la fin du siècle, ce qui déclenchera très probablement, selon les scientifiques, des impacts ingérables, comme une montée très importante du niveau de la mer. Nous ne pouvons pas attendre l’année 2020 pour commencer à prendre des mesures concrètes.

 

Mais face au manque de volonté politique pour juguler le changement climatique, les résistances ne tarissent pourtant pas. Parallèlement au mouvement Occupy Wall Street et à la vague d’indignation qui parcourt l’Europe et le monde, nombre d’activistes et de mouvements sociaux se sont rencontrés quotidiennement dans un forum à quelques mètres du centre où se tenait la conférence officielle. Ils ont placé leur initiative sous le titre «Occupy COP17». Ce point de rencontre a rassemblé nombre de participants allant des paysannes qui luttent pour leurs droits jusqu’aux représentants de petits Etats insulaires comme les Seychelles, Grenade ou la République de Nauru (Océanie-Micronésie) qui sont menacés par une montée imminente du niveau de la mer, en passant par des militant·e·s contre la dette extérieure qui réclament la reconnaissance ainsi que la restitution par le Nord d’une dette écologique au Sud.

 

Le mouvement pour la Justice climatique montre la nécessité de privilégier nos vies et la planète par rapport à la marchandisation de la nature et des biens communs. Le capitalisme et ses élites se montrent incapables de fournir une réponse d’ensemble à la crise socio-climatique à laquelle nous a conduit la logique productiviste et prédatrice du système. Si nous ne voulons pas l’exacerbation de cette crise climatique, avec toutes ses conséquences, il faut changer ce système à la racine. Le militant écologiste reconnu Nnimmo Bassey l’a dit très clairement: «Le sommet a amplifié l’apartheid climatique, où le un pour cent le plus riche du monde a décidé qu’il était acceptable de sacrifier le quatre vingt dix neuf pour cent restant. »

 

(Traduction A l’Encontre)

 

Cet article a été publié sur le site de Viento Sur et écrit par Josep Maria Antentas, professeur de sociologie de l’Université Autonome de Barcelona, et Esther Vivas est membre du Centre d’Etudes sur les Mouvements sociaux de l’Université Pompeu Fabra.

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:31

 

Quelques commentaires sur le vingt deuxième congrès de l'UGTT.

 

Union Syndicale Solidaire

 

Mardi 3 Janvier 2012

 

Une partie de l’avenir du processus ouvert il y a un an en Tunisie repose sur le rôle que joueront les luttes sociales, et donc le mouvement syndical. Une des particularités de ce pays est, en effet, la place centrale de l’UGTT, la centrale syndicale historique. Après avoir été la matrice du mouvement national pour l’indépendance, elle a ensuite oscillé périodiquement entre domestication par le pouvoir et rébellion contre celui-ci. D’où l’importance du congrès qui vient de se tenir entre le 25 décembre et le 28 décembre 2011.

 

Celui-ci s’étant tenu à huis clos, il est difficile de donner une appréciation très précise sur l’orientation future de la centrale avant d’avoir eu connaissance des textes adoptés.

 

Une chose est sûre, une grande partie de ce congrès a été consacrée à l’élection des treize membres du nouveau Bureau exécutif (BE), parmi plus de quatre vingt candidats.

 

La nécessité d’un grand coup de balai

 

Il est de notoriété publique qu’une partie de l’appareil de l’UGTT entretenait des rapports pour le moins courtois avec l’ancien régime, et en tirait un certain nombre d’avantages sonnants et trébuchants.

 

Si, en 2008, les syndicalistes de Redeyef qui avaient accompagné la révolte du bassin minier ont connu la prison et la torture, c’est parce que leurs mandats syndicaux leur avaient été retirés par la bureaucratie régionale et nationale. En désavouant dans la presse le rassemblement du 27 décembre 2010 devant le siège de la centrale, le secrétaire général Jrad exposait au même sort ses participants, à commencer par le secrétaire général du syndicat de l’enseignement secondaire qu’il avait dénoncé nominalement. Aucun syndicaliste tunisien n’a oublié que, le 13 janvier, des conciliabules avaient lieu entre Jrad et Ben Ali.

 

Plutôt que de faire le ménage dans la foulée du 14 janvier, le choix avait été fait d’attendre la fin de l’année 2011. La bataille de la gauche de l’UGTT était de contraindre le Bureau exécutif à respecter l’article 10 des statuts limitant à deux le nombre de mandats. Agir ainsi suffisait à faire « dégager » la quasi-totalité des corrompus. La gauche de l’UGTT expliquait qu’en attendant le congrès, ceux-ci seraient « sous camisole ».

Une réélection limitée de membres de l’ancien Bureau exécutif
 

 

Suite au strict respect de l’article 10, seuls quatre des anciens membres du BE pouvaient se présenter. L’un d’entre eux, considéré par beaucoup comme ayant un comportement bureaucratique ne l’a pas fait. Le Bureau est donc renouvelé à soixante dix pour cent.

 

Les trois membres de l’ancien BE qui se représentaient ont été réélus, respectivement à la première, la sixième et la neuvième place. Ils sont considérés comme des anciens minoritaires du BE sortant, plus ou moins proches de la gauche de l’UGTT.

 

La représentation des secteurs

 

En ce qui concerne les neuf nouveaux membres du BE, il était couru d’avance que les syndicats de l’enseignement secondaire et de l’enseignement primaire seraient tous deux représentés. Ils avaient, en effet, joué un rôle clé dans la solidarité avec la lutte de la population de Redeyef-Gafsa. Faisant partie des structures simultanément les plus importantes et les plus à gauche de la centrale, ces deux syndicats avaient joué un rôle clé dans les grèves ayant amené à la chute de Ben Ali, puis des gouvernements Ghanoucchi qui lui ont succédé.

 

La représentation des régions

 

Parmi les Unions régionales représentées au Bureau figurent celles dont les appels à la grève générale ont fait basculer la situation en janvier 2011 : Tunis, Benarous (banlieue industrielle de Tunis et fief de la gauche de l’UGTT), et Sfax (capitale industrielle de la Tunisie). La présence d’un deuxième représentant pour Sfax s’explique en partie par des raisons historiques : cette région, qui comprend l’ile de Kerkennah, est le berceau historique de l’UGTT.

 

L’invisibilité des femmes

 

Aucune des femmes qui étaient candidates n’a été élue, alors que quarante sept pour cent des membres de l’UGTT sont des femmes.

 

Pour remédier à cela, il aurait été décidé d’instituer ultérieurement un quota visant à permettre enfin à des femmes d’être présentes au sein de la direction nationale de la centrale.

Un pas décisif a été franchi
 

 

Les militants ayant participé aux luttes ayant fait tomber la dictature de Ben Ali sont désormais hégémoniques au sein de la nouvelle direction nationale. Il s’agit là d’un point d’appui pour transformer l’UGTT en l’outil dont les travailleurs et la population ont besoin pour la poursuite du processus ouvert il y a un an.

 

 

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:07

 

http://www.alencontre.org/ameriques/americnord/usa/occupy-prets-a-occuper-nos-maisons.html

« Prêts à occuper nos maisons »

Par Blair Ellis et Laura Durkay

Les trois coups ont sonné pour l’ouverture de la pièce «élections présidentielles» aux Etats-Unis. Le mouvement Occupy, qui se développe de façon logiquement inégale, va devoir faire face à des initiatives venant de la «gauche» du Parti démocrate, d’autant plus que le candidat républicain va affirmer un profil virulent anti-Obama. Il ne s’agit pas de «gonfler» la dynamique du mouvement Occupy. L’important est de capter les divers types d’initiatives et d’objectifs sociaux et, de fait, politiques que ce mouvement a mis à l’ordre du jour. Les divers articles traduits et publiés sur ce site le sont dans cet esprit. Après voir insisté sur les actions d’une relative envergure qui se sont déroulées sur la côte Ouest, il nous semble important d’éclairer une action, certes limitée, contrecarrant la politique de saisie des logements. (Rédaction A l’Encontre)

Le 6 décembre 2011, le mouvement Occupy s’est engagé dans une nouvelle étape lorsque des manifestant·e·s ont occupé des maisons saisies lors d’actions et de résistance aux expulsions qui se sont déroulées dans plus de vingt cinq villes à l’occasion d’une campagne nationale en cours.

Beaucoup d’activistes du mouvement Occupy voient cette campagne comme ne se limitant pas seulement à une journée d’action, mais comme un nouveau front du mouvement. Un manifestant l’expliquait ainsi à New York au travers du «people’s microphone» sur le quai de la ligne 2/3 du métro aérien de Brooklyn: «Aujourd’hui, le mouvement Occupy va venir dans les quartiers et les régions qui ont le plus besoin de ce mouvement. Occupy Wall Street va rentrer à la maison.»

Les activistes d’Occupy Wall Street se sont associés avec des groupes de quartiers actifs dans l’est new-yorkais, une région à dominante noire et latino de Brooklyn, dont le taux de saisie des logements est cinq fois plus élevé que la moyenne de l’Etat. La journée a commencé avec une manifestation présentée comme une sorte d’alternative à une véritable «tournée immobilière», soulignant que les «maisons disponibles» ou inoccupées étaient possédées par des banques et qu’elles pouvaient donc être récupérées.

La marche s’est arrêtée devant quatre maisons dans le quartier, mais des cartes qui ont été distribuées montraient qu’il y avait quarante cinq maisons inoccupées dans le rayon de dix blocs où la marche est passée. A chaque arrêt, les habitant·e·s du quartier expliquaient la signification de cette journée pour eux et pourquoi ils/elles étaient là.

Un ancien sans-abri, maintenant animateur du groupe de défense des sans-abri Picture the Homeless, a déclaré: «Il a fallu des années avant que je puisse me loger. Il y a plus de maisons vides à New York que de personnes sans abri. Aujourd’hui, nous sommes en train de récupérer nos maisons. Nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’occuperons pas chaque quartier de New York.»

Il y a eu des manifestations dans plus de deux dizaines d’autres villes. A Los Angeles, les manifestant·e·s se sont dirigés vers une maison où Wells Fargo [groupe financier américain, quatrième banque américaine en termes d’actifs] essaie d’expulser une personne souffrant d’une paralysie cérébrale, Ana Casas Wilson, son mari, son fils et sa mère âgée de 72 ans. «Ma fille m’a dit: ne te décourage pas, maman», a déclaré à un journaliste la mère, Becky Casas.

Dans la région de la baie [de San Francisco], environ mille manifestant·e·s ont marché vers une maison située dans l’ouest de la ville d’Oakland. Ils y ont réinstallé Gayla Newsome, une mère célibataire ayant trois filles. La maison de Newsome est restée inoccupée pendant six mois. «J’espère donner une visibilité à cette question et obtenir que la banque discute avec moi», a-t-elle déclaré.

A Atlanta, les manifestant·e·s Occupy se sont rassemblés devant un palais de justice et ont essayé de perturber une vente aux enchères de maisons.

Les manifestations, qu’elles aient été importantes ou petites, ont montré comment le mouvement Occupy pouvait continuer à défier les banques qui font des ravages dans la vie des quatre vingt dix neuf pour cent. L’une des manières les plus évidentes est de contester la frénésie de saisies en cours: plus de six millions de maisons ont été saisies par les banques depuis 2007, selon un rapport de la banque Merrill Lynch. Huit autres millions sont susceptibles de l’être dans les quatre prochaines années.

La manifestation de New York a eu un important impact sur les habitant·e·s. Lors d’un autre arrêt de la marche, un habitant du quartier, Quincy, a annoncé qu’il devait être expulsé durant l’après-midi. Environ cent manifestant·e·s ont quitté la manifestation pour occuper cette maison, résistant avec succès à au moins une tentative de la police de les faire partir.

Malgré la pluie intermittente, le nombre de participant·e·s à la manifestation est rapidement passé de deux cent à plus de mille. Elle était vivante, multi raciale. Elle a envahi la rue dans des blocs entiers alors que les habitant·e·s du quartier se penchaient au-dessus des fenêtres, agitaient leurs mains et souvent criaient leur soutien.

Akhenaton Burgess n’avait pas entendu parler de cette journée d’actions avant que la manifestation s’arrête devant une maison saisie en face de la sienne. Après avoir entendu plusieurs intervenant·e·s, il a déclaré: «Je pense que c’est génial, que c’est excellent! J’espère que vous poursuivrez des actions comme celle-ci. Quelqu’un doit essayer de trouver un logement pour les gens plutôt que de les jeter dehors!»

Lors du dernier arrêt de cette tournée, une femme s’est adressée à Jamie Dimon, chef exécutif de la banque JPMorgan Chase, qui a saisi sa maison et celle de sa famille: «Eh! Jamie Dimon ! Sors et vient marcher avec nous ! Tu pourras voir les maisons saisies. Les maisons d’où tu as foutu dehors les gosses. Les maisons d’où tu as foutu dehors les enfants et les personnes âgées… Nous t’invitons donc, Jamie Dimon, à venir au Queens. A venir à Brooklyn. A venir au Bronx. A venir à Harlem. A venir à Staten Island.»

Les manifestant·e·s portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: « Des maisons à un prix abordable maintenant! » et « Saisissons les banques, pas les gens! » Le membre du Conseil municipal de New York Charles Barron, ancien militant des Black Panthers, animateur de quartier qui représente l’est new-yorkais, était présent ainsi qu’un autre conseiller municipal de la ville, Ydanis Rodriguez, qui a été frappé et arrêté par la police la nuit  de l’évacuation du Parc Zuccotti.

Lorsque la manifestation s’est arrêtée en face du lycée Jefferson, les manifestant·e·s ont acclamé les lycéen·nes qui leur faisaient des signes depuis la fenêtre du dernier étage et qui se sont joints au slogan «Nous sommes les quatre vingt dix neuf pour cent».

Bien que le lieu exact de la destination finale de la marche soit demeuré secret pour toutes et tous, connu seulement de la petite équipe des organisateurs, tout le monde devinait que le dernier arrêt serait une fête de quartier où l’on fêterait l’occupation d’une maison vacante, saisie, par une famille de sans-abri qui y ont emménagé avec l’aide de militant·e·s.

Lorsque nous avons tourné au coin de l’avenue Vermont et que nous avons vu que le numéro 702 était décoré de ballons et d’une immense banderole fixée sur le toit sur laquelle on pouvait lire «Saisissons les banques, pas les gens!», les applaudissements ont éclaté.

Il a été annoncé que la maison occupée du 702 de l’avenue Vermont était la nouvelle maison d’une mère célibataire, Tasha Glasgow, ainsi que de ses deux enfants. Le père des enfants, Alfredo Carrasquillo, était également présent et s’est engagé à risquer d’être arrêté en restant dans la maison. Il a été ému aux larmes alors qu’il s’adressait, au moyen du «people’s microphone», depuis une échelle à la foule des centaines de personnes présentes.

Alors qu’une fête de quartier vivante débutait, une équipe de nettoyage s’est rapidement mise au travail pour rendre la maison – qui est restée inoccupée pendant trois ans – adaptée à une habitation humaine. Un générateur électrique a rapidement été mis en marche. Des lumières de Noël ont été fixées à la porte d’entrée. La cuisine d’Occupy Wall Street a distribué de la nourriture et des bénévoles de la bibliothèque populaire d’OWS sont arrivés avec des caisses de livres pour les enfants.

Une équipe d’intervention rapide s’est mise en place, prête à défendre la maison d’une intervention policière, utilisant de grands boucliers sur lesquels étaient collées des photos de la famille. Au moins pour le temps que la foule et les médias étaient présents, la police a gardé ses distances. Environ une douzaine de militant·e·s avaient toutefois décidé de dormir à l’intérieur de la maison avec Alfredo cette même nuit pour défendre cette propriété «dé-saisie». Les militant·e·s se sont engagés à développer un soutien permanent pour la famille, des juristes les aidant pour les démarches légales en vue de faire en sorte que cette maison soit la leur.

La journée du 6 décembre à New York a été une grande réussite. Elle est parvenue à unir l’esprit et l’énergie du mouvement Occupy avec des groupes de quartier qui travaillent sur les questions de logement et la résistance aux expulsions à Brooklyn depuis de nombreuses années, souvent de manière non rendue publique.

Des militant·e·s de New York Communities for Change, Organizing for Occupation, VOCAL New York, Make the Road New York, FUREE (familles unies pour une égalité raciale et économique) ont uni leurs forces à un sous-comité du groupe de travail d’actions directes d’Occupy Wall Street pour planifier et réaliser cette action, ainsi que la construction du soutien à celle-ci lors de deux jours de tractage durant lesquels plus de cinq cent personnes du quartier se sont engagées à aider, d’une manière ou d’une autre, à l’occupation.

Tout le monde espère que cette action sera la première de nombreuses autres occupations, «dé-saisies» de maisons ainsi que de campagnes de défense contre les expulsions à venir dans les quartiers. Ainsi qu’un habitant de l’est new-yorkais le disait: «Nous sommes les quatre vingt dix neuf pour cent. Faisons reculer les un pour cent. Allez-vous-en, nous sommes ici et nous sommes là pour rester.»

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 15:30

 

http://www.mediapart.fr/journal/economie/221111/quand-le-proces-dun-chomeur-vire-au-proces-de-pole-emploi

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5905

 

Quand le procès d’un chômeur vire au procès de Pôle emploi

 

Mardi 22 Novembre 2011

 

Par Mathieu Magnaudeix

 

Etrange audience ce mardi au tribunal correctionnel de Paris. Un chômeur comparaissait pour "outrage à Pôle emploi". Une première. Le procureur n’a pas masqué son embarras et l’audience a viré au procès de... Pôle emploi !

 

Au moment de plaider, le procureur est un peu embêté. De toute évidence, il semble considérer que cette affaire n’aurait jamais dû atterrir devant la dixième chambre correctionnel du Tribunal de grande instance de Paris.

 

C’est pourtant bien ce qui est arrivé. Ce mardi 22 novembre, Laurent G., demandeur d’emploi parisien de 50 ans, était convoqué devant la justice. Le prévenu, militant de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) d’Ile-de-France, comparaissait pour « outrage à Pôle emploi ». En octobre 2009, lors d’une action de ce collectif de chômeurs, Laurent G. aurait traité les agents de l’agence Pôle emploi de Vicq d’Azir dans le dixième arrondissement de Paris d’« incompétents, de fainéants » et de « bons à rien ». La directrice de l’agence avait porté plainte contre le militant. Plainte alors jugée recevable par le Parquet, qui a donc envoyé Laurent G. en correctionnelle pour « outrage à Pôle emploi, représenté par sa directrice ». En droit pénal, l’outrage envers un agent public peut être puni de sept mille cinq cent euros d’amende et de six mois de prison ferme.

 

On connaissait l’outrage à agent de police, l’outrage à magistrat, l’outrage au président de la République. Mais selon les associations de défense de chômeurs, « l’outrage à Pôle emploi » est une grande première. Mardi matin, deux ans après les faits, les amis, une vingtaine de militants et sympathisants de la CIP, étaient donc venus soutenir Laurent G. Mais bien vite, l’audience a viré en procès du service public de l’emploi, dont plusieurs témoins se sont appliqués à démontrer la cruelle incapacité de répondre à sa mission d’accompagnement des chômeurs. Après une affaire de conduite en état d’ivresse sur les Champs-Elysées vite expédiée, Laurent G. est appelé à la barre. Dans sa déposition devant les policiers, la directrice de Pôle emploi affirme qu’il « vient régulièrement avec un groupe d’intermittents pour se plaindre » du travail de Pôle emploi, et qu’il a créé le 19 octobre 2009 un « sentiment d’insécurité » en traitant les agents de noms d’oiseaux. D’une voix calme, Laurent G. se dit « surpris de comparaître aujourd’hui ». La CIP, dit-il, s’invite régulièrement dans les agences de Pôle emploi pour faire réviser des dossiers en carafe, accompagner des chomeurs radiés de façon abusive, faire débloquer des allocations non versées. « Oui, j’ai régulièrement critiqué le travail de Pôle emploi, reconnaît Laurent. Mais je n’ai pas outragé Pôle emploi, ni sa directrice. » Un peu plus tard, Laurent G. admettra bien avoir prononcé les mots qu’on lui reproche, mais sans viser un agent en particulier.

 

 « Violence institutionnelle »

 

Premier témoin cité par la défense, Philippe Sabater, le secrétaire général adjoint du SNU, le principal syndicat de Pôle emploi, décrit une« situation intenable », alors que plus de quatre millions trois cent mille français sont inscrits au chômage. « Ce qui produit la violence des deux côtés du guichet, c’est la violence institutionnelle créée par la fusion » de l’ANPE et des Assedic, une « funeste erreur » selon lui. Il dénonce les suppressions de poste (deux mille équivalents temps plein entre 2010 et 2011), la dégradation des conditions de travail, ou encore la décision récente de communiquer uniquement par Internet avec les demandeurs d’emploi.

 

« Du coup, les radiations administratives ont augmenté », soutient Philippe Sabater. Chaque mois, soixante pour cent des quatre cent quatre vingt mille sorties de Pôle emploi s’expliquent par des « cessations d’inscription pour défaut d’actualisation », des radiations administratives ou des sorties non expliquées. Le climat est de plus en plus tendu. Il y a quelques semaines, un demandeur d’emploi a pris quelques heures en otages deux responsables d’une agence parisienne. Mais selon la CIP, d’autres actes désespérés et pas médiatisés ont été recensés récemment – un demandeur d’emploi aurait ainsi tenté de se taillader les veines dans une agence de Seine-Saint-Denis pour obtenir une ouverture de droits, et un jeune intermittent menacé de se trancher la gorge dans l’agence Vicq d’Azir (une « action coup de poing » qu’il a même filmée).

 

Christine, responsable de l’accueil à la permanence de la CIP, se présente à la barre. La militante parle des refus de droits jamais motivés, des demandeurs d’emploi livrés à eux-mêmes quant à leurs droits, des queues qui se forment dans les agences pour parler au serveur vocal, le 3949 – car l’accueil des chômeurs est désormais minuté, et les entretiens en face-à-face sont devenus rarissimes, comme nous l’avons raconté dans une précédente enquête. Le juge l’interrompt d’un sourire las et lui lance une phrase qui montre qu’il n’apprend rien : « On suit la situation en lisant la presse... »

 

Après un troisième témoignage – une autre militante de la CIP –, Laurent G. revient à la barre. « Je ne sache pas que le droit d’exercer un droit à l’accompagnement des demandeurs d’emploi et de critiquer l’accueil qui leur est fait constitue un outrage ! »

 

Le jeune procureur se lève. Il ne masque pas sa gêne. « La poursuite du ministère public – qu’il représente pourtant en tant que magistrat du parquet – me semble d’un fondement juridique fragile », dit-il sans ambages. Et pour cause : le délit d’outrage ne s’applique en effet qu’aux personnes physiques (les agents publics), pas aux personnes morales comme Pôle emploi. En quelques mots, le représentant du Parquet vient de remettre en cause toute la procédure. Fait rare, il ne recommande aucune peine, et s’en prend même à Pôle emploi, dont aucun représentant n’a daigné pointer son nez au tribunal.

 

« Ce n’est pas si fréquent que le Parquet relève que des poursuites ne sont pas bien fondées légalement », se réjouit à la sortie du tribunal Elise Vallois, l’avocate de Laurent G. Pendant sa plaidoirie, l’avocate avait plaidé le « droit de critiquer l’action politique et administrative sans encourir de poursuite pénale ». Visiblement, la justice est du même avis qu’elle. A moins d’une grosse surprise, la relaxe semble la plus probable. Jugement le 13 décembre.

 

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