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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 18:17

 

http://www.legrandsoir.info/droit-de-reponse-d-acrimed-une-mise-en-cause-injustifiee.html

19 juillet 2011

Droit de réponse d’ACRIMED au GRAND SOIR

Une mise en cause injustifiée

Cher Grand Soir,

 

De façon indirecte puis frontale, vous avez mis en cause Acrimed sur la base des écrits de l’une de ses adhérentes, Ornella Guyet – articles publiés sur d’autres sites que le nôtre, sous sa propre responsabilité et sans qu’elle ait à nous demander notre accord préalable. Vous l’avez fait en dénonçant notre prétendue « complicité passive » et en publiant un courrier interne, commenté de façon malveillante, notamment à la une de votre site - sans avoir jamais cherché à nous contacter directement (si ce n’est pour nous demander la liste des membres de notre CA). Sans préjuger de ses suites, une discussion de vive voix aurait été préférable. Une rencontre – que vous dites souhaiter – reste nécessaire, comme nous vous l’écrivions dans un courriel du 26 juin. Or, il s’avère que cette rencontre est désormais improbable, du moins avant le mois de septembre.

 

C’est pourquoi, mis en cause publiquement sur votre site, nous vous adressons sans attendre ce droit de réponse dans l’espoir de lever notre condamnation par contumace.

 

Acrimed n’est pas seulement un site : c’est une association. Si nous sommes une association, ce n’est pas seulement pour des raisons juridiques, mais parce que nous nous efforçons de faire vivre une action collective. Or l’action collective impose des obligations démocratiques auxquelles on ne saurait se soustraire : Acrimed fait donc prévaloir les positions collectives, librement discutées entre ses adhérents, sur les imprécations individuelles (qui se répandent anonymement sur les forums).

 

C’est pourquoi nous nous sommes efforcés, avant d’intervenir publiquement, de discuter de vive voix avec Ornella Guyet dans le cadre du CA ouvert (Conseil d’Administration pour la Préfecture, Collectif d’Animation entre nous) auquel elle participait régulièrement.

 

Que serait une association qui, publiquement, discuterait, critiquerait ou condamnerait les prises de position individuelles de l’un-e de ses adhérent-e-s, même quand elles n’engagent pas directement la responsabilité de l’association, sans avoir débattu de vive voix avec lui ou avec elle ? La patience démocratique a un coût que nous avons assumé et que nous assumerons, en dépit de toutes les mises en demeure. La patience démocratique, mais aussi les obligations de la camaraderie et même de l’amitié, qui ne sont pas tout à fait étrangères à la notion d’« association ».

 

C’est pourquoi nous nous sommes bornés, dans un premier temps, à alerter les adhérents d’Acrimed par une mise au point destinée à récuser toute responsabilité d’Acrimed sur le contenu et la publication des articles incriminés, à répliquer aux accusations de l’UPR qui visaient Ornella Guyet et indirectement Acrimed comme agents réels ou potentiels de la CIA, et à rappeler la définition politique minimale de notre association.

 

La mise au point adoptée par notre CA, et reproduite sur votre site, nous semblait pourtant claire : nous ne sous sommes à aucun moment solidarisés des articles et prises de position d’Ornella Guyet vous concernant, parus sur d’autres sites que le nôtre, notre responsabilité n’étant engagée que par les articles que nous publions nous-mêmes (ceux d’Ornella étant dans ce cadre des articles d’Acrimed) ; nous lui avons en revanche apporté notre soutien face aux accusations grotesques et scandaleuses portées par l’UPR, accusations qui, de surcroît, atteignent, par ricochet, Acrimed.

 

La patience démocratique à un coût, que nous sommes prêts à payer. Mais elle a aussi des limites.

 

Faute d’avoir obtenu d’Ornella Guyet, malgré notre insistance et plusieurs relances, qu’elle participe à une discussion, nous nous considérons comme déliés de notre réserve, même si notre solidarité associative lui reste acquise face aux accusations et aux menaces de procès émanant de l’UPR, que nous nous gardons de confondre avec la controverse qui vous oppose à elle.

 

Dès que nous avons estimé que nous étions déliés de notre réserve, nous avons écrit à l’équipe du Grand Soir pour répondre à son souhait de nous rencontrer et le reprendre à notre compte : tout simplement parce que nous sommes convaincus qu’une discussion de vive voix (et amicale, pourquoi pas ?) aurait permis de lever les malentendus et de circonscrire les désaccords quand ils existent, avant toute prise de position publique de notre part. Cette rencontre n’a pas été possible jusqu’à présent.

 

Association de critique des médias, Acrimed sortirait de son rôle en s’engageant dans une polémique politique sur les orientations des sites alternatifs quels qu’ils soient. En revanche, nous ne sortons pas de notre rôle, bien que notre cible prioritaire soit le journalisme dominant, en évaluant leurs pratiques journalistiques et les pratiques journalistiques qui les concernent.

 

C’est pourquoi nous récusons les accusations de complaisances négationnistes ou antisémites portées contre Le Grand Soir dans l’article signé Marie-Anne Boutoleau (ainsi que dans ses réponses sur le forum d’Article 11), notamment et précisément parce qu’elles sont fondées sur des pratiques journalistiques que nous critiquons régulièrement (et que vous avez relevées à votre façon) : erreurs factuelles et amalgames confusionnistes, extrapolations et généralisations abusives, etc.

 

Partisans inconditionnels de la liberté d’expression, nous réprouvons les « enquêtes » bâclées quelles que soient leurs cibles, médias dominants ou médias alternatifs de toute obédience, et bien sûr, qu’il s’agisse du Grand Soir ou… d’Acrimed.

 

Enfin, si nous sommes hostiles aux recours aux procès en diffamation quand ils visent à interdire toute critique, nous sommes attachés au respect du droit de réponse chaque fois qu’il se propose de rectifier des critiques factuellement erronées ou des jugements considérés comme infâmants.

 

Mais ce n’est pas tout, et nous le regrettons. Vous êtes affligés de ne pas avoir lu sous notre plume une condamnation publique et immédiate de l’article paru sous le pseudonyme de Marie-Anne Boutoleau et Rashkounine ? Soit. Mais nous le sommes aussi de constater que vous avez repris, s’agissant d’Acrimed, des procès d’intention et des accusations gratuites que vous condamnez lorsque d’autres y recourent contre vous. Nous le sommes surtout de voir que vous reproduisez sans la moindre prise de distance - au contraire - « l’enquête » de Monsieur Asselineau de l’UPR qui utilise de façon caricaturale ces mêmes méthodes qu’il prétend, comme vous, réprouver.

 

Un pseudonyme peut protéger pour des motifs légitimes celui ou celle qui y recourt. La divulgation par Monsieur Asselineau de l’identité véritable de Marie-Anne Boutoleau (rendue possible par le détournement d’une correspondance privée) est un acte indéfendable : il n’est en rien justifié par le droit de réponse que Monsieur Asselineau était en droit d’exiger.

 

L’accusation à peine masquée portée contre Ornella Guyet par l’UPR d’être un agent, réel ou potentiel, de la CIA (ou de l’impérialisme américain) sous le prétexte notamment d’une intervention devant quelques étudiants de l’Université américaine de Paris, réalisée au nom d’Acrimed et sur mandat du CA relève de la calomnie, contre Ornella… et contre nous. Si Ornella Guyet (qui n’a pas choisi d’être présentée comme « Professor ») est bien intervenue, en compagnie d’un autre adhérent, auprès des étudiants américains, cela aurait pu être le cas de n’importe quel porte-parole choisi par notre association. Fouiller les poubelles de Google, sans vérification ni recoupement, n’est en rien une enquête. Cela vaut également pour les imputations sans preuve contre Rébellyon et Indymédia… Et, bien sûr, contre Le Grand soir.

 

Nous condamnons ces méthodes quelles que soient les personnes qu’elles visent et les buts qu’elles prétendent servir.

 

Vous l’avez compris : nous estimons que la polémique que vous avez engagée publiquement avec Acrimed, et à laquelle nous avions jusqu’à présent refusé de répondre, est sans fondement, et à tous égards regrettable. Peut-être ce droit de réponse et une rencontre permettront-ils d’y mettre un terme, pour peu qu’ils ne soient pas de simples prétextes à poursuivre un procès injustifié. Nous le souhaitons.

 

Bien à vous

 

Pour le CA d’Acrimed.

 

Henri Maler, Olivier Poche, Mathias Reymond et Julien Salingue

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 20:01

 

http://www.paris.reelledemocratie.fr/node/496

 

Commission Communication

 

Communiqué de presse

 

 Dimanche 18 Septembre 2011

 

Nous vous remercions d’avoir répondu présent à notre invitation à la rencontre avec des indigné-e-s des marches internationales et des indigné-e-s de la Bastille (mouvement Démocratie Réelle, Maintenant !).

 

Il nous a semblé utile de partager avec vous cette journée sous la forme d’un communiqué de presse.

 

Deux cents marcheurs espagnols sont arrivés à la Porte de Gentilly pour rejoindre les autres Indigné-e-s à la Cité Universitaire où un pique nique convivial s’est déroulé dans la joie. Par la suite, un cortège d’environ six cent personnes s'est mis en marche vers la Bastille. Entre les personnes qui n’ont pas fait toute la marche, les passants qui sont venus nous rejoindre, et celles qui nous attendaient au pied de l'Opéra, nous estimons que mille personnes se sont mobilisées pour prendre part à cet événement.

 

Au cours de nos cinq heures de marche nous avons exprimé notre joie d'être avec des Indigné-e-s de plusieurs pays et d''être soutenus par de nombreux citoyens croisés dans la rue avec qui nous sommes en train de construire une véritable démocratie. D'autres indigné-e-s nous attendaient activement et nous ont accueillis chaleureusement Place de la Bastille. Par contre, nous avons dû faire face à l'"accueil" sur dimensionné des forces de l'ordre qui, depuis mai, sont en nombre considérable et de manière répétitive, utilisent des méthodes de pression et d'intimidation. Alors que nos mouvements et nos marches sont non violents, que nous respectons la loi et nos engagements, nous nous retrouvons régulièrement encerclés, encagés, isolés, repoussés et malmenés par les forces de l'ordre (police et gendarmerie). Tous ces actes de répression et d’autoritarisme causent des blessures physique, émotionnelle et psychologique aux Indigné-e-s. Cependant malgré la pression policière permanente, quatre mois de lutte, des milliers de kilomètres parcourus et l'approbation du peuple ont renforcé nos motivations et notre détermination.

 

Des actes d’abus de pouvoir récurrents visent à discréditer et isoler notre révolte et nous souhaitons les dénoncer publiquement, notamment par le biais des médias.

 

Ce week-end, nous avons été confrontés à des arrestations abusives, violences sur manifestants dont au moins deux blessés légers, des attitudes agressives et provocatrices de la part de policiers, en tenue et en civil, et à l'obligation ou à l'interdiction de circuler.

 

Comme sur la plupart de nos actions nous nous heurtons à des injonctions contradictoires et des manipulations qui n'ont d'autre but que de semer la confusion et de provoquer la violence.

 

Quel accueil de la part des pouvoirs publics pour des marcheurs parcourant une grande partie de l'Europe pour faire vivre la démocratie !

 

Mais nous avons résisté et nous résisterons avec la force de la non-violence.

 

 

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 19:40

 

http://www.liberation.fr/monde/01012359212-patriote-en-actes

 

Lundi 12 Septembre 2011

 

Patriote en actes

 

Talat Hamdani. D’origine pakistanaise, cette américaine a perdu son fils, sauveteur, dans les tours le 11 septembre 2001. Elle se bat depuis contre les injustices faites aux musulmans.

 

Par Fabrice Rousselot, correspondant à New York

 

De son malheur, elle a fait un combat. Pour son fils d’abord, et puis pour tous les musulmans d’Amérique. Il y a de la mère Courage dans cette femme-là, cette façon de se rebeller face à l’adversité. Il y a dix ans, quand les tours du Word Trade Center se sont effondrées, Talat Hamdani a perdu son aîné, Salman, le bébé qu’elle portait dans ses bras quand elle a quitté le Pakistan pour les Etats-Unis, à la fin des années 70.

 

A 23 ans, Salman était le fils idéal. Il avait décroché son diplôme de chimiste à Queens College, voulait être docteur, avait une formation de sauveteur urgentiste, s’était enrôlé comme cadet auprès du NYPD afin d’aider ses parents à financer ses études de médecine. Et ce matin-là, le 11 septembre 2001, il s’est précipité vers les tours en feu pour aider. Mais la vérité mettra des mois à émerger. «Parce qu’il était d’origine pakistanaise, les autorités ont commencé à suspecter mon fils d’être un terroriste, dit Talat Hamdani, une photo de Salman accrochée à sa veste. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que la vie des musulmans en Amérique allait devenir un enfer. C’est là peut-être que, sans le savoir, j’ai commencé à me dire qu’il fallait faire quelque chose.» Elle s’interrompt et a cette phrase terrible : «En fait, je n’ai jamais eu le temps de faire mon deuil, il a tout de suite fallu que je défende l’honneur de mon fils.»

 

Dix ans plus tard, Talat Hamdani est l’une des voix de la communauté musulmane les plus respectées des Etats-Unis. Sa cause personnelle est devenue une cause communautaire, celle de millions de musulmans américains, qui vivent entre recueillement et appréhension ce dixième anniversaire des attentats. Membre éminent de l’organisation September 11th Families for Peaceful Tomorrows, qui rassemble des familles de victimes en prônant la tolérance, Talat Hamdani arpente sans relâche les plateaux de télévision et participe à tous les débats sur le 11 Septembre. «Il y a encore beaucoup de choses à faire, glisse-t-elle comme une excuse, une décennie a passé mais la situation des musulmans aux Etats-Unis est encore pire qu’avant. Nous sommes toujours confrontés à la discrimination et aux arrestations abusives de la police. Il y a des gens pour qui un musulman est un terroriste en puissance.»

 

Ces dix ans, Talat Hamdani les raconte sans reprendre son souffle. Le récit d’une vie qui a changé à jamais un matin ensoleillé. De Salman, elle n’aura pas de nouvelles durant toute la journée du 11 Septembre. Alors, avec son mari, elle se mêlera aux autres fantômes de Ground Zero, tous ces hommes et femmes que l’on pouvait croiser au sud de Manhattan durant les jours suivant la catastrophe, à la recherche d’un proche disparu. Puis ce sera les premières suspicions, un article du New York Post qui laisse suggérer «qu’un urgentiste new-yorkais musulman» s’est volatilisé et fait peut-être partie des pirates qui ont écrasé les avions sur les tours. «J’étais indignée. Je me suis battue contre tout le monde, j’ai protesté dans la presse. Et puis je ne savais toujours pas ce qui était arrivé à Salman. Nous n’avions aucune information.» Il a fallu plus de six mois, pour qu’un soir de mars 2002, deux officiers viennent frapper à la porte de la petite maison des Hamdani, à Bayside, dans le Queens. Les restes de Salman avaient été identifiés près des deux tours et le NYPD reconnaissait soudain que le jeune homme était mort en «héros».  

 

«C’est cela que certains n’ont pas compris. Mon fils était un Américain comme un autre. Il aimait Star Wars et le football. Il s’est sacrifié pour d’autres Américains. C’est le message que je voulais faire passer. Et j’ai réalisé qu’il y avait une cause plus grande à défendre, que les injustices contre les musulmans se multipliaient.»

 

La mère activiste voit officiellement le jour en 2004, quand le San Francisco Chronicle la présente comme une fervente opposante au Patriot Act, la loi antiterroriste passée par le Congrès américain. Elle prend position contre les guerres en Irak et en Afghanistan aussi. «Pour moi, cela a surtout renforcé tous ceux qui voulaient considérer les Arabes et les musulmans comme des ennemis.» En 2010, elle se fait l’une des plus ardentes supportrices du projet de centre islamique près de Ground Zero, alors que la polémique fait rage dans le pays. «Cela a été comme un nouveau révélateur, explique-t-elle dans un sourire triste, comme la confirmation du peu de chemin que nous avions parcouru en dix ans. S’il y a une synagogue près de Ground Zero, pourquoi ne pourrait-il pas y avoir une mosquée ? Parce que nous sommes tous des Ben Laden ?»

 

De la mort du leader d’Al-Qaeda, elle dit que c’est «une bonne chose parce qu’il a fait beaucoup de mal aux musulmans à travers le monde». «Mais je ne comprends pas pourquoi les gens sont descendus dans la rue pour chanter», ajoute-t-elle. Le plus incroyable peut-être, c’est que quand on demande à Talat Hamdani si elle croit toujours en l’Amérique, elle n’hésite pas une seconde. Elle n’a pas oublié le rêve qui était le sien quand elle est arrivée de Karachi en 1979. Elle vient rejoindre son mari Saleem, qui a signé un contrat de deux ans à New York comme journaliste pour un quotidien pakistanais. Fille d’enseignants, elle s’improvise professeure d’anglais, décide de ne plus repartir et prend très vite la citoyenneté américaine.

 

Saleem ouvre une boutique de bonbons à Brooklyn et le couple a deux nouveaux fils. «Nous avons vécu le rêve américain, même s’il a explosé en mille morceaux. Saleem est décédé en 2004 après un cancer au poumon. Il n’était plus le même depuis la mort de Salman. Je pourrais repartir au Pakistan mais je ne le ferai pas. Je veux reconstruire ma vie avec mes deux autres fils. Je suis Américaine et musulmane. Personne ne peut me retirer ça. C’est la diversité qui fait la richesse de ce pays.»

 

Pour l’anniversaire des attentats, Talat Hamdani est allée prononcer le nom de son fils lors des cérémonies à Ground Zero. Il y a quelques mois, elle avait pensé que cette date serait l’occasion de «se poser un peu, d’essayer de tout mettre en perspective». Mais non. Elle doit entamer une série de discours à travers l’Amérique afin de dénoncer les récentes audiences du Congrès sur «la radicalisation des musulmans» et demander une enquête sur les pratiques policières discriminatoires. «C’est comme une nouvelle bataille pour les droits civiques», assure-t-elle. Elle a obtenu du Queens College qu’une bourse au nom de Salman soit accordée chaque année aux futurs étudiants en médecine. «Pour la première fois peut-être, je me sens quand même un peu apaisée, souffle-t-elle, parce que tout le monde sait désormais ce que mon fils a fait pour l’Amérique. Le chemin est long pour les musulmans et nous portons toujours la croix du 11 Septembre. Mais il ne faut jamais désespérer du pays de la liberté.»

 

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 19:19

 

http://www.rue89.com/2011/09/17/les-indignes-se-font-entendre-de-new-york-a-paris-222433

 

Les indignés se font entendre de New York à Paris

 

Par Pierre Haski

 

Samedi 17 Septembre 2011

 

Les Indignés font parler d'eux ce samedi. A New York d'abord, où des milliers de personnes se sont rassemblées à proximité de Wall Street, le temple du capitalisme américain protégé par d'importantes forces de l'ordre. Et à Paris où la « marche des indignés » venus d'Espagne est arrivée dans la capitale française, avant de poursuivre son chemin vers Bruxelles, le coeur de l'Europe.

 

L'événement le plus spectaculaire, et le mieux organisé, est assurément celui qui se déroule ce samedi à New York. Relayé par live streaming, sur plusieurs sites. A l'appel d'une coalition d'organisations, ce rassemblement, popularisé sur le réseau Twitter par le hashtag (mot-clé) #occupywallstreet, est le premier écho outre-Atlantique aux mouvements qui traversent le monde arabe, l'Europe du sud et Israël.

 

Un mouvement original ainsi résumé sur Twitter par un participant dont le message a été massivement rediffusé :

 

« OccupyWallStreet n'est pas un mouvement anarchiste mais c'est la classe moyenne américaine qui crie son rejet d'un système qui la marginalise ».

 

A Paris, plus modestement, quelques centaines de personnes ont manifesté jusqu'à l'Opéra de la Bastille en compagnie des marcheurs venus d'Espagne et qui sont en route pour Bruxelles afin de porter leur message auprès des institutions européennes.

 

Mais pas plus qu'avant l'été, lorsque des « indignés » français ont tenté de reproduire Place de la Bastille l'occupation de rue de Madrid, il n'y avait, samedi à Paris, les prémices d'un mouvement de masse. Session de rattrapage le 15 octobre à Bruxelles, avec un rassemblement pan-européen : « Indignés de tous les pays, unissez-vous ! « 

 

L'ambiance était néanmoins assurée par la fanfare Les Invisibles, qui a tenté un mix de la Marseillaise et de l'Internationale.



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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 16:17

 

Le message ci-dessous n’est pas publiable sans présentation. Les gestionnaires anonymes du site www.paris.indymedia.org organisent depuis plusieurs mois une violente campagne de diffamation contre le mouvement des indignés parisiens. De temps en temps, ils caractérisent ce mouvement comme un mouvement d’extrême droite. De temps en temps, ils dénoncent l’infiltration de ce mouvement par l’extrême droite, ils n’ont pas peur de leur propre incohérence ou bien de leurs propres contradictions. Je leur répondais précédemment dans au moins une autre mise au point. De mon point de vue, c’est un cas typique d’effet de miroir ou bien de phénomène d’inversion psychologique. Quand ils parlent d’extrême droite, ils parlent manifestement d’eux-mêmes. De mon point de vue, c’est très clair. Le message ci-dessous, sous une phraséologie pseudo anarchiste, gauchiste et révolutionnaire, est un message de soutien au capitalisme et au gouvernement de Sarkozy.

 

Bernard Fischer

 

http://www.paris.indymedia.org/spip.php?article8415

 

« L’indignation qui vient »

 

Depuis déjà plusieurs mois, on a vu pointer dans plusieurs pays d’Europe le mouvement dit des « indignés » ou « démocratie réelle ». 

 

Ici comme ailleurs, celui-ci à donné lieu à plusieurs réflexes conditionnés, pièges et écueils qui touchent en général les « mouvements sociaux » : le fétichisme des pratiques d’abord (comme l’occupation de places, le sitting, les happening ou la manifestation plan-plan et maintenant la marche...) et la limitation stricte du mouvement à ces pratiques, le démocratisme ensuite (le respect religieux et le privilège donné aux décisions collectives prises en assemblées « représentatives du mouvement »), le « nihilisme citoyen » (respect borné de la loi, du vote, des « droits » donnés et des devoirs exigés par l’Etat) et la « non-violence » dogmatique (qui va jusqu’à prôner la violence policière contre ceux ou celles qui refusent ce dogme) et donc l’hégémonisme (la prise de contrôle du mouvement par une de ses franges), et surtout : l’absence de perspective révolutionnaire et l’enfermement dans des revendications abstraites et réformistes. Loin de représenter un sursaut révolutionnaire, ou une authentique révolte spontanée, ce mouvement des indignés s’inscrit bien plutôt dans la pacification de toute contestation réelle (de par le rejet de l’action directe), la militarisation de l’Etat (les guerres menées à l’étranger et le renforcement de la répression intérieure sur lesquels le silence des « indignés » est plus que suspect) et la montée du fascisme dans la société, au travers de ce mouvement notamment. 

 

La crise comme pacification 

 

Depuis plusieurs années déjà, les gouvernements européens, toutes tendances confondues, de gauche social-démocrate à la droite la plus réactionnaire, utilisent l’argument de la crise pour endormir tout velléité de contestation. D’un coté, il y a l’explication des gouvernements, qui est celle du FMI et de la banque mondiale : La crise serait une sorte de phénomène métaphysique que même les économistes n’arriveraient pas à s’expliquer, une sorte de catastrophe naturelle qu’il faudrait juguler et gérer à grands coups de politiques de réformes et de plans d’austérité. Comme si cette crise n’avait rien à voir avec ces mêmes politiques, comme si elle était le fait de la divine providence. Cet argumentaire vise en fait à tenter de se servir de la crise engendrée par le système capitaliste et ses Etats pour dédouaner les politiques de rigueur que cette même crise implique dans le seul but de replâtrer encore une fois le capitalisme. Les « indignés » quant à eux, dépourvus dans leur immense majorité de toute analyse de classe, et de toute critique du capitalisme, voient en général dans la crise et l’austérité le fait d’une caste de « banquiers parasites » et d’un « empire financier tentaculaire », ou « nouvel ordre mondial » qui auraient vidé les caisses quand personne ne regardait. En gros : pas besoin de se prendre la tête avec des « concepts politiques » trop compliqués : « à bas NWO » c’est tellement plus branché, tellement plus smart et ça résume tout sans avoir besoin de réfléchir... 

 

Dans les deux cas, et du mouvement des indignés à la nouvelle extrême droite en passant par Sarkozy, tous dénoncent au final « la faillite des banques » dont le petit peuple devrait être sauvé, un « capitalisme financier » devenu fou qu’il faudrait réguler ou « purger » et une classe moyenne comme « victime de la crise ». La raison de cette analyse bancale est bien simple : la composition sociale de ce mouvement est justement celle de la sacro-sainte classe moyenne (que flatte autant Sarkozy, les socio-démocrates que les nouveaux fascistes à la Soral). Celle d’une classe qui commence à peine à percevoir les effets de « la crise », quand la majorité des exploités subissent la logique et les conditions de vie du capitalisme depuis toujours, et que la crise n’a fait qu’aggraver. D’où aussi, le décalage entre le discours « pro-révolution » des indignés concernant le monde arabe – où comme en Tunisie la pratique effective qui a dominé a été l’attaque des symboles du pouvoir, les affrontements avec la police, les pillages de supermarchés, les mutineries et incendies de prisons, et tout un ensemble de faits qui attestent une véritable logique de guerre de classes et de guérilla révolutionnaire, et toute une agitation qui, même si elle ne suffit pas à l’expliquer, a joué un rôle absolument indéniable dans la chute de plusieurs régimes et les volte-faces de l’armée ou de la police qui ont sentis le sol trembler sous leurs pieds – et le comportement de ces même « indignés » ici qui considèrent un tag ou une petite vitrine de commerce ou de banque pétée comme une « violence ». 

 

Derrière la critique du capitalisme financier : le populisme gauchiste et l’antisémtisme. 

 

Cette critique partielle des banques justement, non comme un rouage du système capitaliste, mais comme un « foyer de parasites » qui auraient détruit une fantasmatique « économie réelle », et qui voit les banques comme un problème central laisse la place au vieux fantasme antisémite d’un complot qui tenterait de contrôler le monde. Car en cherchant à critiquer le système des banques et le pouvoir des grandes entreprises multinationales, mais de manière partielle, le mouvement des indignés s’engouffre dans un discours typiquement réactionnaire et populiste et passe ainsi complètement à coté de la critique du capitalisme, le confortant même en jouant le rôle qu’on lui demande de jouer : celui d’une contestation strictement non-violente, vidé de toute substance critique, empêchant de par sa forme même un véritable mouvement (de type grève générale ou insurrection), et déplaçant le débat vers la droite dans le grand piège du « débat citoyen ». Rendu donc parfaitement in-offensif de par son caractère « a-politique » et « a-partisan » auto-proclamé, le mouvement des indignés participe en réalité au maintiens de l’ordre à travers un spectacle de contestation dans un front « anti-système » flou qui laisse le champs libre à des récupérations libérales, populistes et même fascistes. La dénonciation obsessionnelle du « nouvel ordre mondial » faisant finalement écho au nouveau discours d’extrême-droite sur le complot « apatride » contre « les peuples et les nations ». Et ce discours là, en plus de puer la défaite, est simplement fasciste parce que nationaliste et antisémite. Ne soyons pas dupes : là où la contestation réelle s’efface, les réactionnaires progressent. 

 

S’INDIGNER NE SUFFIT PAS ! 

 

Ce n’est donc pas un hasard si en France, on retrouve dans les organisateurs du « mouvement des indignés » nombre d’individus conspirationnistes, reliés à des mouvements d’extrême-droite qui théorisent l’antisémitisme à travers leur pseudo-critique de la finance. Le concept même de « capitalisme financier » fut un des thèmes centraux dans la propagande du parti nazi en Allemagne et des fascismes en Europe pour construire l’ennemi intérieur et flatter le sentiment national. Le thème de la « citoyenneté » mis en avant par les indignés, renouvelle lui aussi ce constant rappel à l’ordre que constitue l’injonction à ne pas se révolter en faisant poliment démonstration de son indignation. Il repose sur ce présupposé généreux que les oppresseurs finiront par abdiquer devant la raison exprimée publiquement et pacifiquement par « le peuple ». Mais cette fable saint-simonienne exclue de fait ceux ou celles qui ne sont pas considérés, précisément, comme des citoyens : les sans-papiers, les « criminels », et quiconque agit en dehors de la légalité ou de la légitimité citoyenne. Tout les indésirables, exploités par définition. En prétendant vouloir créer une « démocratie réelle », le mouvement n’a fait que centraliser le pouvoir de décision à travers les assemblées des occupations de places et leurs émanations (comme en Espagne, les commissions dans les « accampadas »), dans l’espoir de singer les révolutions du Machrek et du Maghreb (en réutilisant, sans nécessité réelle, et de manière fétichiste les réseaux sociaux type facebook), les indignés n’ont fait que créer un état dans l’Etat, ersatz de démocratie représentative et de parlementarisme bourgeois où toute volonté de s’organiser à la base et d’agir localement ont été rendus simplement impossibles, notamment lorsqu’à Barcelone la volonté de scission dans l’occupation, pourtant majoritairement votée a été censurée par la tribune de l’assemblée, ou que tout débat sortant du cadre a été simplement saboté. Encore comme à Athènes où les indignés ont appeler à dénoncer les auteurs « d’actes violents » et à les jeter à la police : soutenant ainsi la répression d’Etat au nom de la non-violence ! En restant prisonniers d’une rhétorique a-politique creuse, de mode de prise de décisions autoritaires et bureaucratiques, d’un pacifisme abstrait et dogmatiquement non-violent, les indignés ne font que participer au maintient du statu quo, brimant toute participation de révoltés ou de révolutionnaires et ouvrant au contraire la voie à des forces réactionnaires qui n’avaient pas eu jusqu’ici voie au chapitre sur la place publique. Abandonner la perspective révolutionnaire au profit de « l’indignation en mouvement », c’est tresser la corde avec laquelle on voudrait nous pendre . 

 

Se cantonner à cette indignation pacifiée, et focaliser sur « les banquiers » (même si ces derniers ont, comme d’autre leur responsabilité dans l’exploitation et les conditions de vie misérable de la majorité de l’humanité) c’est ne pas voir que partout dans le monde depuis le début de la « crise économique », des révoltes, des insurrections et des situations révolutionnaires éclatent partout non seulement contre les banques, mais surtout contre le capitalisme, l’Etat, les gouvernements, leurs classes dominantes et leurs flics, leurs lois, leurs tribunaux, leurs prisons, et leurs armées. C’est ne pas voir que les plans d’austérité et les « réformes de la fiscalité et du système bancaire » ne sont que les politiques des mêmes gouvernements et de la même bourgeoisie qui se prétend victime de la « crise » et en est la principale bénéficiaire, pour sauver leur économie et protéger leurs privilèges. 

 

Il faut traduire la colère en actes ! Contre le capitalisme, contre l’Etat : VIVE LA REVOLUTION SOCIALE ! L’économie est malade ? QU’ELLE CREVE !

 

Quelques anarchistes

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 15:56

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/15/a-damas-une-psy-au-cachot_1572660_3218.html

La révolution freudienne ferait-elle peur au régime de Bachar Al-Assad ? Depuis le samedi 10 septembre, la psychanalyste syrienne Rafah Nached croupit dans l'une de ses geôles. Arrêtée à l'aéroport de Damas par les moukhabarrat, la police politique, alors qu'elle s'apprêtait à s'envoler pour Paris afin d'assister à la naissance de son premier petit-enfant, cette femme de renom, qui fut la première psy de Syrie dans les années 1980 et dont le seul engagement connu est celui qu'elle voue à ses patients, a été inculpée, mercredi 14 septembre, "d'activités susceptibles d'entraîner une déstabilisation de l'Etat".

LA PARANOÏA DU RÉGIME

 

D'après son mari, qui a pu lui rendre visite à la prison pour femmes de la banlieue de Damas, son état de santé est satisfaisant, en dépit de l'insuffisance cardiaque dont elle souffre. Mais le flou qui entoure le chef d'inculpation et la paranoïa qui s'est emparée du régime, en butte depuis six mois à une contestation qui ne faiblit pas, font craindre une détention à rallonge, dans le seul but d'intimider la communauté intellectuelle syrienne.

 

Dans le milieu psy de Paris où Rafah Nached a étudié dans les années 1970 et où elle compte de nombreux amis, son arrestation a soulevé une vague d'indignation. Une pétition demandant sa "libération immédiate", mise en ligne sur le site d'information Mediapart, a recueilli en quelques heures le soutien du gratin de la psychanalyse française, freudiens et lacaniens confondus.

 

Le Quai d'Orsay a également réagi, en stigmatisant "le mépris des droits de l'homme les plus élémentaires" dont font preuve les autorités syriennes. "Incarcérer une femme de 66 ans, qui ne s'inscrivait pas dans le combat politique et dont l'ambition est simplement humanitaire et scientifique, cela dénote de la part du régime Assad un degré d'angoisse sur sa propre survie qui est sans précédent", fait remarquer un proche de la famille.

 

C'est par un coup de téléphone anxieux, passé de l'aéroport, où elle patientait au contrôle des bagages, que le mari de Nafah Rached a deviné l'arrestation. "Ils procèdent à des contrôles avec nervosité. Ils ont des listes… On m'a pris mon passeport et on est parti avec…" Un blanc s'ensuit, puis des bruits, de l'agitation et ces mots: "Madame… enlevez cela." La communication s'est aussitôt interrompue.

 

Le mari, un éminent historien, invité régulier du Collège de France à Paris, le temple du savoir universitaire, mais qui insiste pour que son nom ne soit pas mentionné, s'est alors précipité à l'aéroport. Après avoir vérifié auprès d'Air France que Rafah n'avait pas pris son vol, il a erré d'un bureau à l'autre, comme dans un mauvais film égyptien, à la recherche de bribes d'information sur sa femme.

 

Au guichet de la police d'abord, puis à la Sécurité, puis à la Sécurité générale, puis au poste de contrôle des douanes, avant d'échouer, au bout de la nuit, dans le bureau du commandant en chef de la police de l'aéroport. Mais, là encore, aucun renseignement. "Nos services n'ont pas enregistré le passage de votre épouse", lui dit-on. La conclusion s'impose : Rafah Nached a été enlevée par les moukhabarrat, le service de sécurité qui ne laisse jamais de trace.

 

UNE PATRIOTE ÉMÉRITE

 

Depuis ce jour, la famille tente de comprendre. Pourquoi elle ? Que peut bien reprocher le régime Assad à cette petite femme rondelette, aux yeux pétillants, patriote et cuisinière émérite ?

 

Le parcours de Rafah Nached, assure son entourage, n'est pas celui d'une opposante. En 1985, quand elle se réinstalle à Damas, après ses années parisiennes, c'est en psychanalyse qu'elle s'engage, pas en politique.

 

Le climat de l'époque est pesant, la guerre civile libanaise fait rage. Le président Hafez Al-Assad, le père de l'actuel chef de l'Etat, tient la société au doigt et à l'œil. Les prisons sont – déjà – remplies de gauchistes et de Frères musulmans. La réponse de Rafah sera clinique. Elle veut implanter dans son pays les théories freudiennes, aussi suspectes soient-elles pour un régime obsédé par le contrôle des consciences. Aider les gens à vivre: ce sera son combat.

 

Le cabinet qu'elle ouvre, dans son petit appartement d'Al-Adawi, un quartier commerçant de Damas, attire vite les patients. Des enfants, des adultes, des hommes et des femmes. Un panel représentatif de la population syrienne et de ses divisions, confessionnelles comme politiques. "Elle se tenait à bonne distance de l'opposition comme du pouvoir", explique l'une de ses amies françaises.

 

Année après année, elle repousse les murs du soupçon. Elle devine que ses séminaires ne sont pas seulement remplis d'étudiants. Elle sait que son divan attire aussi les grandes oreilles du régime. Mais elle s'accroche, navigue entre les écueils et sa pratique, fait des émules. Une petite dizaine de psychanalystes, avec lesquels elle a fondé l'Ecole de psychanalyse de Damas, exercent aujourd'hui en Syrie.

 

Quand la révolution éclate au mois de mars, à Deraa, dans le sud du pays, elle réagit à nouveau en accoucheuse des souffrances. Avec les jésuites de Damas, elle organise des groupes de parole ouverts aux citoyens de toute obédience. Un espace apolitique pour verbaliser ses angoisses face à la violence qui ravage le pays, pour maintenir le fil ténu du dialogue intercommunautaire.

 

Mais pour les autorités syriennes, la ligne rouge a été franchie. Libérer la parole dans un Etat adepte des chaînes et du bâillon: le paradoxe n'est plus acceptable.

 

Benjamin Barthe

Article paru dans l'édition du 16.09.11

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 19:49

 

http://www.leparisien.fr/essonne-91/juge-pour-avoir-nettoye-le-bidonville-09-09-2011-1598797.php

 

Jugé pour avoir nettoyé le bidonville

 

En mars dernier, Serge Guichard, président d’une association de soutien aux roms, avait aidé à nettoyer le bidonville de Villabé. Un coup de balai qui lui vaut d’être poursuivi pour « dépôt d’ordures sur la voie publique » 

Julien Heyligen

Vendredi 9 Septembre 2011

 

«La solidarité n’est pas un délit. » Serge Guichard, président de l’Association de solidarité en Essonne avec les familles roumaines et roms (ASEFRR), le clame haut et fort depuis toujours. Aujourd’hui, sa phrase prend une résonance toute particulière. Le bénévole devra comparaître devant le tribunal d’Evry le 22 septembre, à 14 heures. Son délit? « Dépôt ou abandon sur la voie publique d’ordures, de déchets, de matériaux ou d’objets. »

« C’est totalement absurde. J’ai nettoyé le camp rom entre Ormoy, Corbeil et Villabé en lien avec les autorités et en prévenant les mairies concernées. Je me retrouve aujourd’hui poursuivi… », soupire-t-il. Les faits reprochés au bénévole datent de mars. Ce mois-là, avec l’aide d’autres bénévoles et des habitants du bidonville, il nettoie le camp rom de Moulin-Galant. Il y a urgence. Des rats envahissent les abris de fortune. La rivière Essonne, s’écoulant à deux pas, commence à être polluée par les immondices. Le conseil général, propriétaire du terrain, fournit les sacs. En quelques heures, près de 2000 sont remplis! Avant leur enlèvement, les poubelles sont stockées le long de la route. Le conseil général finance le ramassage réalisé par les services de la communauté d’agglomération Evry Centre Essonne (CAECE), dont dépend Villabé, où se trouve la plus grande partie du camp. Une benne est installée. Depuis, elle est utilisée par les Roms et régulièrement vidée par la CAECE. « Cela fonctionne plutôt bien », atteste Serge Guichard.

Une pétition avec huit cent signatures

En juillet, le président de l’ASEFRR reçoit l’appel d’un huissier. Il doit venir chercher une convocation pour le tribunal. Serge Guichard, intrigué, pense à l’« excès de vitesse un peu élevé ». Découvrant la vérité, il tombe des nues. Les soutiens du bénévole s’organisent. Une pétition a recueilli pour l’instant huit cent signatures.

Des associations, comme la Ligue des droits de l’homme, et des organisations politiques, comme le Parti communiste, soutiennent le prévenu. Certains riverains, même s’ils ne se disent pas prêts à signer la pétition, sont plutôt satisfaits de l’opération de nettoyage. « C’est quand même plus propre qu’avant. Maintenant, ce qu’il faudrait, ce sont des toilettes… », indique une voisine.

En attendant, l’origine de la plainte reste mystérieuse. Malgré ses demandes, Julie Bonnier-Hamon n’a toujours pas eu accès au dossier. « Que cela vienne si vite à l’audience après une plainte d’un riverain m’étonne. Il se peut aussi que le procureur se soit saisi lui-même. Mais l’opération était soutenue par des institutions importantes. Franchement, ce dossier n’a pas de sens. Nettoyer un camp rom, je ne vois pas où est le mal. »

 

 

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 19:29

 

L’ÉCONOMIE MONDIALE À BOUT DE SOUFFLE

 

Un livre de Jean Baumgarten aux éditions L’Harmattan

 

Introduction

 

Les lecteurs de ce petit livre doivent comprendre ce que signifie son titre : s’il s’agit vraiment de la crise la plus grave que le système capitaliste ait jamais connue, cela veut dire qu’il faudra peut-être attendre son écroulement au profit soit de régimes totalitaires où l’homme ne comptera plus et sera rabaissé au rang de bête sauvage, soit de régimes vraiment à gauche ! Voilà pourquoi la sentence que l’on entend aujourd’hui et depuis quelques années demandant (au ciel ?) de nous renvoyer vers un « capitalisme normal » est à la fois absurde, infantile … et dérisoire. On se rend compte ici de l’impasse dans laquelle est tombée l’humanité : et quand on entend parler les hommes qui nous gouvernent qui demandent de « moraliser le capitalisme » les bras nous tombent, nous sommes éberlués !

 

Moraliser le capitalisme... Mais avez vous déjà entendu parler d’un capitalisme « moral » ? Pensez-vous que la morale ait quelque chose à voir avec le capitalisme, système organisé et conçu pour la recherche du profit maximum, pour laminer le prolétariat, lui extorquer la plus-value maximum et traiter l’être humain comme une marchandise. Lorsque le capitalisme s’est constitué à la fin du quinzième siècle, on peut dire qu’il n’avait absolument rien de « moral »...

 

Pensons à ce que fut l’Europe de 1510, à la guerre de trente ans un siècle plus tard, aux tortures terribles pratiquées par la coalition bourgeoise – féodale – contre les ancêtres du prolétariat, et au déclin de la population que cela entraîna.(1)

 

Pensons aux Vénitiens qui à l’aide de leur flotte parcouraient le monde et soudoyaient beaucoup de peuples pour leur extorquer les biens qui les intéressaient. Pensons aux espagnols de Charles Quint qui en Amérique pratiquaient un esclavage abominable, enrichissaient ainsi leur terre ancestrale, et s’enrichissaient eux-mêmes.(2) Pensons aussi à l’ignominie des pirates, des corsaires au dix septième et au dix huitième siècles. Pensons à la technique adoptée par Law pour extorquer l’argent des petits bourgeois et nobles londoniens et français, aux guerres de rapine des dix huitième et dix neuvième siècles. On pourrait aussi tout simplement penser au rôle des banquiers de l’Europe du Nord et de Venise au quinzième et seizième siècles (et, pourquoi pas, on pourrait songer à cette pièce extraordinaire de Shakespeare Le marchand de Venise)(3)

 

Plus près de nous, notons le rôle que représentèrent les guerres du vingtième siècle, en commençant par la guerre de 1914 qui survint juste après le déclenchement de la crise de 1913 et qui fit dix millions de morts et soixante millions de blessés. La deuxième guerre mondiale fut encore plus prédatrice : le bilan global fait état de plus de soixante millions de morts et de dizaines de millions de victimes civiles. (4) « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » avait écrit Jaurès.

 

Cette phrase mémorable, toujours valable aujourd’hui avec les guerres menées par les Etats-Unis en Irak, en Afghanistan avec l’aide et le soutien des impérialismes encore dominants, la guerre menée sous la direction de la France en Lybie, et la récente guerre menée par la France en Côte d’Ivoire, les menaces de guerre contre l’Iran, montrent à quel point l’entrelacement entre le capitalisme et la guerre est viscéral. Sans oublier le partage du monde entre colonialistes prédateurs aux dix neuvième et vingtième siècles. Vous voulez encore des faits plus précis ?

 

Nous pourrions alors parler des méfaits du colonialisme qui dura pendant des centaines d’années, et de son grand intérêt pour le capitalisme, entre le début du seizième siècle et la deuxième moitié des années cinquante !(5) Poursuivons encore plus près de nous : comment s’est effectuée la conversion du régime bureaucratique impérialiste de l’Etat russe de 1990, en régime capitaliste?

 

Les deux cent cinquante mille entreprises publiques d’Union Soviétique ont été rachetées pour des bouchées de pain à la population famélique russe par les Nomenclaturistes (c’est-à-dire par les 0,5% de dirigeants des entreprises qui touchaient des salaires et des biens matériels cent fois plus élevés que le commun des mortels, et qui ainsi sont devenus du jour au lendemain les capitalistes rapaces que l’on sait). Pour appréhender ce néo-capitalisme il suffit de se reporter à un article du Monde de l’époque (1990) d’un inconnu « professeur en économie politique » qui affirmait qu’il ne pouvait pas y avoir de capitalisme en Russie... Parce que les capitalistes n’y existaient pas !

 

Combien ont coûté toutes les guerres entreprises depuis cinq siècles pour coloniser et conquérir le monde, et mettre sous tutelle les populations des « pays sous développés » ? Quel historien ou économiste sérieux pourra nous donner des chiffres (même approximatifs) ?

 

Évidemment à côté de ces faits, les petits scandales du capitalisme (l’affaire Law au dix huitième siècle, l’affaire du canal de Panama et du canal de Suez à la fin du dix neuvième siècle, l’affaire Stavisky dans les années trente, ou bien encore l’affaire des frégates de Taïwan qui survint à la fin du vingtième siècle) ne sont que de tout petits épiphénomènes. On pourrait y rajouter l’affaire Madoff aujourd’hui, qui, tout compte fait, ne porte que (!) sur cinquante ou soixante cinq milliards de dollars, c’est à dire le produit national de Madagascar multiplié par douze. (6)

 

Je vais dans les pages qui suivent essayer de démontrer avec les chiffres dont on dispose, comment la crise est survenue et comment elle a été vécue et racontée aux enfants que nous sommes par les « grands » experts économiques qui, à côté des gouvernants, sont censés nous apporter la bonne parole. J’essaierai de montrer ce que cette crise a de commun avec celle de 1929 et en quoi elle est beaucoup plus importante, plus massive, plus grave. (Nous verrons notamment à quel point la « globalisation » ou la « mondialisation » ont fait de tous les pays du monde des sources de profit - prédateur, y compris des pays lointains, pour nous mêmes occidentaux !)

 

Pour analyser sérieusement la et les crises du capitalisme, nous reviendrons à Marx et à des économistes marxistes ou proches d’aujourd’hui : nous verrons à cette occasion que cette crise est exactement du même type que toutes les grandes crises qui ont traversé le capitalisme et que n’ayant de singulier que son ampleur, la démarche des gouvernements du G20 (qui se réunissent tous les six mois) (7) visant à « réguler » ce capitalisme est vouée à l’échec, mais qu’elle pèsera d’un poids considérable sur les petites gens et le peuple de tous les pays : sauf si, en raison de son importance, on apercevait en France, en Europe, en Amérique latine et pourquoi pas ailleurs (8) des gouvernements nouvellement élus qui auraient une contre-politique économique active et s’attaqueraient véritablement à la crise, au régime capitaliste qui l’a engendrée, et à l’inégalité sociale qui l’accompagne.

 

Ce sera donc le sens de mon dernier chapitre : quelles réponses faut-il apporter à la lutte contre cette crise en France? (Il est évident qu’un seul pays même de la taille de la France ne pourra à lui seul trouver toutes les solutions répondant à une telle crise systémique, mais cela peut servir d’exemple aux autres pays et apporter les réponses en termes de justice, d’égalité et de fraternité !) J’envisagerai le cas spécifique de la France et je montrerai que si on ne possède pas les réponses politiques d’abord, il sera impossible de répondre à cette crise.

 

Un dernier mot pour conclure cette introduction : Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie a écrit un livre publié en français en janvier 2010 : Le triomphe de la cupidité qui dénonce avec un certain brio le délabrement occidental qui a conduit le capitalisme. Mais sa dénonciation est d’inspiration keynésienne, et, même si elle est fondée, elle manque de points concrets pour asseoir une autre politique qui soit efficace dans le temps et qui soit aussi porteuse de tout ce qui, à travers la critique écologique d’aujourd’hui nous conduit vers l’abîme. Le livre publié par Edgar Morin fin 2010 La voie (9) est lui beaucoup plus enrichissant même si, l’ampleur des problèmes à régler sur les plans économique, social et environnemental… Nous laisse sans voix (voie !)…

 

Notes de l’introduction :

 

(1) Dans le livre que j’ai écrit et publié à la fin de l’année 2008 : (La servitude volontaire hier et aujourd’hui - Librairie Résistances – 4 villa compoint Paris 17e. Tel : 01 42 28 89 52) je commence par analyser à l’aide du livre de Frédéric Engels La guerre des paysans qui se déroula entre 1523 à 1525 et qui vit survenir en Europe continentale la première tentative révolutionnaire menée par les ancêtres du prolétariat, les paysans pauvres d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse occidentale d’Alsace, de Lorraine et de Moselle : ce fut la 1re manifestation d’ampleur qui prépara en réalité la révolution française de 1789 – 1793 ! On pourrait aussi lire le livre de Gautier Heumann sur la guerre des paysans (éditions Sociales 1976) qui montre comment cette guerre eût des prolongements durant tout le dix septième siècle en Allemagne (notamment la guerre de Trente ans) et se traduisit par une baisse importante de la population. (Un tiers en moins.)

 

Au cours de cette guerre qui mobilisa plus de cent mille paysans armés, dirigés par des petits - bourgeois révoltés, fut chantée la première chanson révolutionnaire : Spiess voran drauf und dran, hängt aufs kloster dach den roten hahn… (La pique en avant, la pique de côté, mettez sur le toit des églises le coq rouge… - incendiez les églises) Cette chanson célèbre en Allemagne a été reprise dans les années 1920 par le mouvement révolutionnaire et a donné en Français Prolétaires luttons tous, chacun à son poste au combat, la victoire est à nous si nous unissons nos bras

 

(2) Pour avoir une idée sur cette période de fondation de l’ordre capitaliste mondial on lira Immanuel Wallerstein : capitalisme et économie-monde 1450-1640. Flammarion. 1er tome. 1980.

 

(3) Avec Volpone de Ben Johnson et Le juif de Malte de Marlowe, c’est une pièce qui traite notamment de « l’échange », du « goût immodéré pour l’argent » (caractéristiques du capitalisme), et qui surtout met en scène la « marchandisation » de la chair humaine ! On regrettera que cet aspect du Marchand de Venise ait été oublié lors de l’émission qui se déroule tous les matins sous la direction de Raphaël Enthoven sur France culture.

 

(4) Sur les suites de la crise de 1929 : signalons que le parti nazi aux élections du printemps 1929 en Allemagne ne fit que 2,5 % des voix et que quatre ans plus tard, en pleine crise économique, il fit 35 % des voix, devint le premier parti, et vit Hitler appelé au pouvoir par le Président Hindenburg...

 

(5) Le colonialisme occidental, sous d’autres formes se poursuit toujours : si on prend l’Afrique c’est d’une part la politique des différents gouvernements français qui se traduit par le soutien à des gouvernements sans aucune démocratie (avec notamment en France les régimes guinéens, congolais, tchadien, gabonais etc.) qui voient leurs comptes gonfler d’années en années : tout cela en réalité pour l’exploitation du minerais dont est riche l’Afrique ; mais gare : la Chine n’est pas loin … On pourrait dire la même chose des comptes du gouvernement américain en Colombie et du gouvernement britannique au Nigéria.

 

(6) Dernière victime de Madoff : l’un de ses fils qui s’est suicidé en décembre 2010… Parce qu’il s’appelait Madoff et ne trouvait pas de travail.

 

(7) La dernière réunion du G20 fin juin 2010 a montré à tous son inefficacité fondamentale, idem pour celle de février 2011 : il a fait la part belle à Dominique Strauss-Kahn encore patron, à l’époque, du FMI. Les G20 se succèdent ainsi tous les six mois avec jets sets, grands hôtels et voyages en avions privés : quel bonheur … Pour les grands de ce monde !

 

(8) Ainsi les évènements qui touchent la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie, le Maroc, la Jordanie, le Yemen, Bahrein, la Lybie et la Syrie fin 2010 début 2011 pourront-ils annoncer de nouveaux développements dans la lutte contre le capitalisme et ses Etats-voyous.

 

(9) Edgar Morin : La voie - Fayard – janvier 2011.

 

 

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 17:36

 

http://www.ep-mir.com/spip.php?article6446

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article120375

Le boycott d’Israël est légal

Le tribunal de la dix septième Chambre correctionnelle du Palais de Justice de Paris, spécialisée dans les affaires de droit de la presse, diffamation publique, liberté d’expression, a rendu un jugement de la plus haute importance et de la plus grande clarté, à propos du droit qu’ont les citoyens et consommateurs d’appeler au boycott d’Israël et de ses produits. Il nous concerne tous. Voici les attendus du jugement. Merci de les diffuser largement.

 

Ce jugement, dont les attendus sont précis et très étayés, fait d’ailleurs l’objet d’un commentaire très intéressant dans la dernière édition de la Gazette du Palais (Septembre 2011 numéro 244, page 15), sous l’intitulé : « LIBERTÉS PUBLIQUES : L’appel au boycott des produits d’un État par un citoyen n’est pas interdit par le droit français », et sous la plume du magistrat Ghislain Poissonnier.

 

Ces attendus doivent être connus et lus avec d’autant plus d’attention que la campagne BDS s’amplifie dans le monde entier, mais que d’autres procès BDS doivent se dérouler prochainement en France, à commencer par celui du 20 octobre 2011 à Bobigny, ceci en raison de l’obéissance remarquable du gouvernement Sarkozy à tous les desiderata israéliens.

 

POURQUOI LES CITOYENS ONT LE DROIT D’APPELER AU BOYCOTT D’ISRAEL

 

Les juges qui nous ont entendus le 17 juin dernier, ont relaxé le 8 juillet 2011 Oliva Zémor, accusée de discrimination contre la nation israélienne, et d’incitation à la haine raciale par le gouvernement et par quatre associations du lobby israélien en France, en soulignant que :

 

« Dès lors que l’appel au boycott des produits israéliens est formulé par un citoyen pour des motifs politiques et qu’il s’inscrit dans le cadre d’un débat politique relatif au conflit israélo-palestinien, débat qui porte sur un sujet d’intérêt général de portée internationale, l’infraction de provocation à la discrimination fondée sur l’appartenance à une Nation n’est pas constituée. »

 

Le juge a expliqué le 8 juillet, lors du rendu de ce jugement que l’article de loi invoqué par les parties civiles (article 24, alinéa 8, de la loi de 1881) est destiné à « lutter contre toutes les formes de racisme » et ne « saurait être invoqué pour interdire un appel au boycott « invitant à une certaine forme d’objection de conscience, que chacun est libre de manifester ou pas » et « lancé par des organisations non gouvernementales ne disposant d’aucune prérogative de puissance publique »

 

S’appuyant sur des décisions de la Cour de Cassation et de la Cour européenne des Droits de l’Homme, le tribunal fait remarquer que :

 

« La critique d’un Etat ou de sa politique ne saurait être regardée, de principe, comme portant atteinte aux droits ou à la dignité de ses ressortissants sans affecter gravement le liberté d’expression dans un monde désormais globalisé dont la société civile est devenue un acteur majeur, et alors qu’aucun ’délit d’offense à Etat étranger’ n’a jamais été consacré par le droit positif ni par le droit coutumier international, tant il serait contraire aux standards communément admis de la liberté d’exprimer des opinions ».

 

Le tribunal a ajouté, en s ‘appuyant sur les exemples développés par les avocats de la défense, Maître Antoine Comte, Maître Dominique Cochain, et Maître Henri Choukroun, que « les autres appels, émanant de certains secteurs de la société civile, au boycott de tels produits en provenance d’un pays ou d’une entreprise sont nombreux, sans qu’ils aient jamais été incriminés dans l’ordre des abus de la liberté d’expression » .

 

Le juge passe ainsi en revue de très nombreux appels anciens et récents au boycott de produits, du tourisme dans certains pays, de jeux olympiques dans d’autres, dont le boycott de l’année du Mexique en France en 2011 et le boycott des produits birmans par l’enseigne Carrefour.

 

Il met également l’accent sur le fait que l’on ne peut en aucun cas nous accuser de « provocation à la discrimination, la violence ou la haine à l’égard d’un groupe de personnes à raison de son appartenance à la nation israélienne, puisque certains secteurs de l’opinion israélienne soutiennent l’appel BDS ». (Il se réfère explicitement aux déclarations de la Coalition israélienne des Femmes pour la Paix, des Israéliens qui demandent aux artistes internationaux de ne pas venir se produire en Israël, et au soutien apporté par de nombreuses personnalités allant de Desmond Tutu à des ministres, parlementaires ou intellectuels français, que l’on ne peut soupçonner d’un quelconque racisme.)

 

Examinant les avis contraires présentés par les parties civiles, le tribunal fait observer que : « La confrontation des points de vue est précisément de nature à convaincre que l’appel pacifique et sans contrainte au boycott des produits israéliens est indissociable du débat d’opinion que suscitent partout dans le monde les préoccupations liées au règlement d’un conflit endémique depuis plus de 60 ans. ».

 

Le tribunal a donc conclu, en ce qui concerne la publication de cette vidéo BDS par Olivia Zémor sur le site www.europalestine.com , et en ce qui concerne le contenu de la vidéo, que :

 

  « La mise en ligne d’une vidéo de quelques minutes durant laquelle des militants ont appelé les consommateurs d’une enseigne de la grande distribution à ne pas acheter des produits en provenance d’Israël et à soutenir un tel boycott pour des motifs politiques sur un sujet d’intérêt général de portée internationale qui mobilise depuis des années la communauté internationale, pour l’heure en vain, en vue d’un règlement pacifique du conflit ne caractérise en aucun de ses éléments le délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence contre un groupe de personnes à raison de son appartenance à une nation, en l’espèce Israël ».

 

De même, « Les propos de présentation de cette vidéo, incontestablement militants, sont indissociables de l’appel au boycott que la prévenue est libre de soutenir pour exprimer ses vues sur le conflit israélo-palestinien. »

 

A noter au demeurant que le tribunal de la dix septième Chambre correctionnelle de Paris a jugé « irrecevable » l’une des parties civiles, la Chambre de Commerce France-Israel .

 

Les parties civiles ont bien entendu fait appel de ce jugement, et continuent à poursuivre des militants pour les mêmes faits, en espérant avoir affaire, ailleurs, à des juges et à des procureurs, plus influençables et moins soucieux de faire respecter la liberté d’expression.

 

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 12:35

 

http://www.local.attac.org/attac87/spip.php?article538

Les marches des indignés traversent actuellement la France

Communiqué d’ ATTAC FRANCE

 

Les Coprésidents d’ ATTAC FRANCE, Aurélie TROUVE, Thomas COUTROT

 

Lundi 29 Août 2011.

 

"Le mouvement international des Indignés porte des revendications qui font écho à celles d’ATTAC et du mouvement altermondialiste, notamment la démocratie et le refus de la dictature de la finance.

 

Ce mouvement d’un nouveau genre est porteur d’espoir dans un contexte de crise européenne aiguë. Il appartient à chacun d’entre nous que cet espoir puisse se concrétiser.

 

Actuellement trois marches populaires du mouvement des Indignés (parties de Madrid, Barcelone, Toulouse) traversent le territoire français.

 

ATTAC France appelle ses adhérents et comités locaux à s’informer sur ces marches, à les soutenir, à les accueillir et à les rejoindre"

 

 

 

 

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