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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 12:33

 

http://www.amnesty.fr/sites/default/files/lettreouverte_EUR210042011_0.pdf

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1524

 

LETTRE OUVERTE CONCERNANT DES PERSONNES MORTES AUX MAINS DE LA POLICE

 

Amnesty International a enquêté sur des allégations de mauvais traitements et d'usage excessif de la force mettant en cause des agents de la force publique, et sur l’impunité de fait dont certains peuvent bénéficier. Le nouveau rapport intitulé « France, notre vie est en suspens, les familles des personnes mortes aux mains de la police attendent que justice soit faite » (index : EUR 21/003/2011, 30 novembre 2011) illustre, à travers cinq cas, les préoccupations d’Amnesty International concernant l’absence d’enquêtes indépendantes et exhaustives dans certaines affaires impliquant des agents de la force publique.

Ce rapport repose principalement sur les témoignages des familles, des comités de soutien et des avocats recueillis en France par des représentants d’Amnesty International lors d’une mission menée en septembre et octobre 2011, et souligne les répercussions pour les familles des victimes du fait de la lenteur et l'inadéquation des enquêtes. Tous les parents des victimes interrogés ont évoqué l'effet terrible que le décès, puis le sentiment de ne pas avoir accès à la vérité et à la justice, ont eu sur eux et sur leur capacité à faire leur deuil. Les cinq personnes décédées appartenaient à des minorités dites « visibles »: un Français d'origine sénégalaise et quatre ressortissants étrangers originaires du Mali, de la Tunisie, d'Algérie et du Maroc. Les parents des  victimes ont déclaré à Amnesty International que leurs gouvernements respectifs ne leur ont apporté  que peu ou pas de soutien dans leur quête de justice. 

Cinq cas sont présentés dans le rapport. Abou Bakari Tandia, un Malien de 38 ans, décédé suite à sa garde à vue  en décembre 2004, à Courbevoie. Lamine Dieng, un Français d'origine sénégalaise âgé de 25 ans, décédé au cours de son interpellation en juin 2007, à Paris. Abdelhakim Ajimi, un Tunisien de 22 ans, décédé pendant son interpellation en mai 2008, à Grasse. Ali Ziri, un Algérien de 69 ans, décédé suite à son interpellation en juin 2009, à Argenteuil.  Mohamed Boukrourou, un Marocain de 41 ans, décédé pendant son interpellation en novembre 2009, à Valentigney.

Amnesty International est profondément préoccupée car, à ce jour, les allégations dont fait état ce rapport ne semblent pas faire l’objet d’enquêtes adéquates et approfondies dans les meilleurs délais.

La majorité des agents de la force publique impliqués n’ont pas été mis en examen et, à notre connaissance, sont toujours en fonction. 

La France est tenue de respecter le droit à la vie, de le protéger et de veiller à ce que le recours à la torture et aux autres mauvais traitements soit absolument prohibé. Cette obligation comporte un élément essentiel : la nécessité de diligenter dans les meilleurs délais des enquêtes exhaustives, impartiales et indépendantes respectant le droit international relatif aux droits humains.

En outre, Amnesty International est consternée de constater que, même si l'âge, l'origine sociale et la nationalité des victimes de violations des droits humains commises par les agents de la force publique varient, les cas portés à sa connaissance concernent, dans leur grande majorité, des personnes appartenant à des minorités « visibles ». Amnesty International avait déjà relevé ce phénomène dans deux précédents rapports, l'un publié en 2005 et intitulé « France, pour une véritable justice » (index AI : EUR 21/001/2005), l'autre publié en 2009 et intitulé  « France, des policiers au-dessus des lois » (index AI : EUR 21/003/2009). 

Compte tenu de ce qui précède, Amnesty International vous demande instamment de prendre des mesures pour vous assurer que les enquêtes diligentées  sur les cas de décès impliquant des agents de la force publique soient réellement menées dans les meilleurs délais et soient exhaustives, indépendantes et impartiales, en particulier pour Abou Bakari Tandia, Lamine Dieng, Abdelhakim Ajimi, Ali Ziri et Mohamed Boukrourou. 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération

Nicola Duckworth, Directrice du Programme Europe et Asie centrale, Secrétariat international d’Amnesty International. Geneviève Garrigos, Présidente d'Amnesty International France. Ali Yemloul, Président d'Amnesty International Algérie. Mohamed Sogoba, Coordinateur Actions Urgentes d'Amnesty International Mali. Salah Abdellaoui, Directeur Executif d'Amnesty International Maroc. El hadj Abdoulaye Seck, Chargé de la mobilisation d'Amnesty International Sénégal. Sondés Garboug, Présidente d'Amnesty International Tunisie

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 18:26

 

http://www.liberation.fr/societe/06014456-squatteurs-de-montreuil-le-ps-veut-nous-faire-degager 

Jeudi 1 Décembre 2011 

Squatters à Montreuil 

« Le conseil général veut nous faire dégager »  

 

Ils ont longtemps squatté une usine dont ils ont été expulsé en juillet à la demande du préfet de Seine-Saint-Denis. Ces deux cent cinquante personnes (essentiellement des Maliens) se sont repliées sur un terrain de foot de Montreuil, où elles campent maintenant depuis plus de quatre mois, avec l'autorisation de la mairie.  

Quelques tentes sont plantées sur le terrain boueux. Et les sanitaires du stade sont le point d'eau à tout faire.  

Cette fois, ce n'est pas le préfet, mais le conseil général socialiste de Seine-Saint-Denis qui les a assignés et qui demande leur expulsion. Le jugement devrait tomber le 6 décembre.  

L'association Droit au Logement réclame pour eux un foyer. «Il y a des locaux vacants dans le département en grand nombre. Il y a des casernes, des ateliers, des collèges qu'on pourrait utiliser pour eux.»

 

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 21:09

 

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1522

 

Mercredi 30 Novembre 2011

 

Déclaration commune des participant-e-s lors de la troisième rencontre des luttes de l’immigration le dimanche 27 novembre 2011 à Créteil

 

Des résistances existent, mais sont éparpillées, les mobilisations sont multiples mais invisibles, les combats ne sont pas nouveaux mais insuffisants à changer réellement le rapport de force.

 

Cette situation catastrophique de nos quartiers populaires est nous le savons liée à notre absence d’auto-organisation coordonnées pour nos quartiers populaire visible au niveau national, capable de produire les rapports de force sans lequel rien ne peux changer.

 

Elle est liée à la confiscation de notre parole par les organisations et partis politiques qui ne connaissent rien de notre situation, qui la travestissent, l’instrumentalisent, l’euphémisent.

 

Pour toutes ces raisons les présent-e-s à l’assemblée s’entendent sur la nécessité du passage au politique pour peser sur le rapport de force par des mobilisations militantes communes sur l’ensemble du territoire. Ils s’entendent pour dénoncer et démasquer de manière commune toutes les attaques et tentative de récupération de notre situation et de notre combat. Ils s’entendent pour être présent pendant les prochaines campagnes électorales. Ils s’entendent pour préparer les prochaines étapes de notre construction politique.

 

Pour assurer cette nécessité du passage au politique les débats ont débouché sur deux options.

 

La première option est la création immédiate d’un mouvement politique susceptible de représenter les intérêts des quartiers populaires et des immigrations. Pour les partisan-ne-s de cette option la situation d’urgence justifie ce passage. La première réunion aura lieu le 17 décembre 2011 à Créteil.

 

La deuxième option est la fondation d’un Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires qui n’a pas vocation à remplacer les organisations existantes mais d’être l’expression politique de notre expression commune. La première réunion aura lieu le 18 décembre 2011 à  Bagnolet.

 

Ces deux options ne sont pas contradictoires, mais reflètent l’état de notre situation et de nos débats.

 

Ces deux options continueront à être débattues entre nous, elles seront toutes les deux mises en œuvre par leurs partisan-ne-s respectifs.

 

Ensemble nous tirerons le bilan de ces deux expériences. C’est dans l’action que naîtra la forme d’organisation adéquate.

 

Présent-e-s : Bouamama Saïd, Benameur Nora, Badaoui Kamel, Kawtari Tarek, Ech-Chetouani Zouhair, Kokoreff Michel, Lounis Mohamed et Lounis Malika, Hadji Fatma-Zohra, Hessas Khadra, Kriens Samia, Mechta Besma, Sadaoui Nadia, Benatia Abdellah, Bouhalli Rajette, Bouhalli Henda, Slaouti Omar, Sofi Abdelkader, Malika-Sandrine Charlemagne, Khélifi Amara, Kutlu Evrim, Khélifi Fatiha, Goma Banthoud, Tahiri Moulay , Bouadma Hassen, Deneux G, Mangeot Odile, Zerkaoui Atman, Chik Michaël, Darceaux Christian, Coppin Noémie, Bensaada Mohamed, Klabi Tarek, Chaambi Abdelazziz, Youssef Girard, Achour Nadjib, Devigne Vincent, Chetty Janina Rani, Marie-Cécile Pla, Catherine Krcmar, Driss Nabi, Liedri Ahmed, Mouhajer Ahmed, Bousshour Issam-Eddine, Johsua Nico, Samira Belfaquih, Amara Khelifi, Berrahoui Safia, Milizi Fatiha, Ildefonse Niguèle, Fajry Adil, Djaafri Saïd, Atia Abdelkader, Mohammadi Mustapha, Yadel Zohra, Karim Messaoudi, Alima Boumediene, Hasna Abid, Karim Taharount, Samir Hadj Belgacem, Amghar Rachid, Meddour Zouina, Koskossi Nabil, Djoli Mokoka, Mostefaoui Fatima, Hadj-Chikh, Mostefaoui Nadjma, Ghares Mounir, Cherfi Cherif, Mechmache Mohamed, Dehli Abdel, Bennaï Farid , Ahcen Meharza, Hedi Akkari, Zarguit Ali, Dehbi Fadila, Traore Bila, Bouteldja Houria, Mezzine Hassan, Boussoumah Youssef, Aït Mohamed Abd-El-Kader.

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 20:37

 

Un ami et moi sommes à Londres du 29 novembre au 1 decembre.

Des centaines de tentes sont toujours installées devant la cathédrale Saint Paul avec une organisation inouie, permise par l'absence de répression policière (les flics ici discutent gentiment avec les occupants) : librairie, centre de soins, bouffe, banque d'idées (j'y vais demain), etc...

Beaucoup de soutien et d'intérêt de la population.

Ce mercredi 30 novembre, jour de manifestation historique contre la reforme des retraites d'Osborne mais aussi contre la suppression de trois cent mille emplois du secteur public, une purge sociale annoncée pour des années, il y a eu deux choses :

Il y a une manifestation syndicale monstre appelée par vingt trois syndicats et au total trente organisations, mais centrée sur les retraites, et non reconductible, manifestation "ballon" sans suite ni efficacité.

Ce matin, dès 7 heures, il y a une traversée de la ville par la City par une cinquantaine de jeunes du mouvement "Occupy London", géniaux, pêchus, déterminés, avec une immense banderole "TOUT LE POUVOIR AUX QUATRE VINGT DIX NEUF POUR CENT".

Les flics sont protecteurs et aimables, très dispersés, empêchant seulement de bloquer les rues.

Le cortège est allé de piquet de grève syndical sur les retraites en piquet de grève, très bien accueilli par les syndicats.

Ils ont pris part sans problème à la manifestation syndicale avec leur banderole.

Ici les syndiques sympathisants de "Occupy London" sont tellement nombreux que les syndicats sont obligés de soutenir le mouvement : Ni la coupure de la France, ni le refus (que je trouve débile) des "Indignés" d'accepter un soutien syndical...On devrait méditer cela...

Ici ils sortent un journal de six pages génial "The Occupied Times"

On devrait essayer de sortir une feuille de chou a Paris et je veux bien y contribuer.

Il y a beaucoup de sensibilités anarchistes dans ces actions d'"occupy London", mais n'apparaissant pas en tant que telles ( et si elles se font remarquer, contrôles policiers plus hard, avec fouille, etc)

Voilà, on continue demain, on reste a la disposition de qui a envie de faire le point sur les mouvements dans divers pays, nous avons pris ici beaucoup de contacts très utiles, permettant de mieux se coordonner au niveau international...

Evelyne Perrin

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 19:48

 

NOUS SOMMES LES QUATRE VINGT DIX NEUF POUR CENT

 

Le mouvement des indignés commençait par l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid le 15 mai 2011. Il y avait le 15 octobre une première journée mondiale des indignés dans plusieurs dizaines de villes en Espagne, en Italie, en Grèce, en France, en Belgique, en Grande Bretagne et aux Etats Unis. Une marche européenne des indignés espagnols quittait Madrid et Barcelone à la fin du mois d’août 2011 et arrivait à Bruxelles le 7 octobre 2011.

 

Le mouvement des indignés ne tombe pas du ciel. Il est la dernière expression de la crise générale historique, mondiale, économique, sociale, politique, morale et civilisationnelle du capitalisme néo libéral. L’onde de choc de la chute de l’union soviétique il y a vingt ans, de la révolution démocratique arabe et de la pire crise économique capitaliste depuis 1929 arrive enfin au centre des métropoles impérialistes.

 

La crise des subprimes aux Etats Unis en 2008 et la crise de la dette souveraine en Europe libérale ne provoquaient pratiquement aucune réaction des organisations politiques et syndicales historiques de la gauche et de l’extrême gauche occidentale. L’alternance entre la vraie droite et la fausse gauche social démocrate gère et gouverne l’union européenne capitaliste libérale exactement comme l’alternance entre le parti républicain et le parti démocrate gère et gouverne l’impérialisme des Etats Unis d’Amérique.

 

Les partis traditionnels de gauche et d’extrême gauche n’ont plus aucun programme de sortie de crise, de mobilisation populaire et de gouvernance mondiale depuis au moins vingt ans, ils sont orphelins, ils sont toujours dans leur travail de deuil, ils fleurissent toujours la tombe de l’union soviétique dans le cimetière du vingtième siècle.

 

Il y avait d’abord pendant la dernière décennie du vingtième siècle et la première décennie du vingt et unième siècle le mouvement altermondialiste. Il commençait par ATTAC et la taxe Tobin, il commençait à Seattle en 1999, il passait par Gènes en 2001 et les forums sociaux mondiaux de Porto Alegre, la capitale de l’Etat du Rio Grande do Sul au Brésil. Les indignés d’aujourd’hui sont les enfants des altermondialistes d’il y a quinze ans, de la révolution arabe et des nouveaux moyens de communication électroniques.

 

La question centrale du mouvement des indignés est la question des relations entre d’une part le mouvement des indignés et d’autre part les militants et les organisations traditionnelles de la gauche et de l’extrême gauche occidentales.

 

En Espagne, il y a de très bonnes relations entre le mouvement des indignés espagnols et la coalition d’extrême gauche Izquierda Unida. Les communistes, les trotskystes et les écologistes espagnols sont dans Izquierda Unida et cette situation est bien évidemment la cause des très bons résultats électoraux d’Izquierda Unida aux élections législatives de novembre 2011 en Espagne. Ils avaient sept cent mille voix, ils augmentaient leurs résultats de quarante pour cent en pourcentage et ils passaient de deux à onze députés au parlement espagnol.

 

Aux Etats Unis, il y a aussi de très bonnes relations entre le mouvement des indignés et les syndicats des Etats Unis.

 

En France, les organisations politiques et syndicales de gauche et d’extrême gauche boycotte le mouvement des indignés et, dans le mouvement des indignés, des gauchistes minoritaires font en permanence des grands discours contre les organisations traditionnelles.

 

En septembre 2011, quand la marche européenne des indignés espagnols passe en Ile de France, les mairies communistes d’Ivry sur Seine, de Champigny sur Marne et de Saint Denis proposent aux marcheurs des hébergements dans des gymnases municipaux. Les indignés espagnols acceptent ces propositions mais les indignés parisiens censurent toute information relative à ces propositions.

 

De la même manière, une centaine d’indignés parisiens occupe le parvis de la Défense pendant le mois de novembre 2011. Dès le premier jour, la mairie communiste de Nanterre propose l’installation d’un campement dans le parc départemental André Malraux de Nanterre à une centaine de mètres du parvis de la Défense. Cette proposition est toujours d’actualité. Il y a et il y aura d’autres propositions.

 

Le mouvement des indignés a besoin et aura des portes paroles. Il faut et il y aura une institutionnalisation du mouvement des indignés. Il a besoin et il aura une expression électorale. Il construira une alternative politique démocratique et socialiste dans le mouvement social et dans les élections.

 

Bernard Fischer

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 18:37

 

http://www.fr.news.yahoo.com/la-police-%C3%A9vacue-un-campement-anti-wall-street-134633281.html

 

La police évacue un campement anti Wall Street à Los Angeles

 

LOS ANGELES (Reuters) - La police antiémeute a évacué mercredi un campement occupé depuis près de deux mois par des militants anti-Wall Street devant l'Hôtel de ville de Los Angeles et près de deux cent manifestants qui refusaient de quitter les lieux ont été arrêtés.

 

Peu après minuit, les forces de l'ordre ont encerclé le campement et ont ordonné aux centaines de personnes massées autour de la mairie de se disperser.

 

Au moins vingt manifestants ont quitté le secteur à l'arrivée de la police et d'autres manifestants ont accepté de partir sans opposer de résistance sous escorte policière.

 

Selon le commandant de police Andrew Smith, quelque deux cent personnes ont été arrêtées, en majorité des manifestants qui refusaient de quitter le campement.

 

Le camp du mouvement Occupy Los Angeles, créé dans le sillage du mouvement "Occupy Wall Street" lancé à New York le 17 septembre, était en place depuis deux mois sur la côte Ouest.

 

Les manifestants, qui dénoncent un système financier censé profiter essentiellement aux entreprises et aux individus les plus riches, se présentent comme les "quatre vingt dix neuf pour cent qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption du un pour cent restant".

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 18:10

 

http://www.paris.reelledemocratie.com/node/792

 

Assemblée interne du campement

Mardi 29 Novembre 2011 à 11 heures 20 au Parvis de la Défense

 

Une vingtaine de personnes étaient présentent à la réunion.

 

Secrétaire : Sato

 

Modérateur autogéré par tour de parole avec bâton.

 

Constat : Nous sommes de moins en moins nombreux, la pluie guette, le vent souffle, l'hiver approche à grand pas.

 

Résumé du tour de parole sur l'occupation. L’action Occupy la Défense est une symbolique forte qu'il faut garder. C'est un point de rendez-vous pour travailler.

 

La journée : positif : lieu de rencontre, d'échanges d'informations, de sensibilisation. Suppression des cartons (problèmes de la pluie et du vent, image négatif car non propre) remplacés par des feuilles plastifiées.

 

La nuit : pure symbolique ! Pas de passage, voir vision négative (passage de gens alcoolisés, violents, non-respectueux). Avec le froid, tout va devenir plus dur, vraiment très dur, nécessité de se reposer, de travailler au chaud,  de préparer les actions et de tourner sur l'action. Réduire le camp et la cuisine (voir disparition de la cuisine), tout bâché. Certains sont pour une occupation permanente, nécessitant une quinzaine de personnes, sous forme de roulement afin de garder les énergies. Si dormir la nuit, il faut des caméras, des lampes. Sinon, faire une occupation de jour et quitter l'occupation la nuit. Nécessiter d'occuper d'autres places dans Paris. Occuper la police !!

 

Résumé du tour de parole sur un lieu de vie légale en dur. Lieu de repos, de préparation et d'approvisionnement. Fournir un lieu permettant de créer un media center, des zones de travail, de cuisine, bibliothèque. Faire une sorte de centre social des indigné-e-s permettant l'accueil de familles. Lieu permettant de préparer les actions dans de meilleures conditions que sur le campement.

Il a été décidé par consensus de trouver un lieu de vie légale en dur. Ce lieu comportera un coin cuisine, des salles de repos, ainsi que des salles de travail pour les différentes commissions et groupe de travail. Ce lieu doit être trouvé sous soixante douze heures vu l'urgence de la météo. Pendant ce temps là, il sera testé un campement minimum, propre (sans carton), avec une cuisine minimale, le tout gardé la nuit.

 

Idées ressorties : sensibiliser dans Paris, faire d'autres occupations.

 

Merci à tou-te-s pour ce consensus.

 

Beatnykk

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 13:51

 

http://www.democratie-socialisme.org/spip.php?article2503

L’indignation gagne Londres

Vendredi 18 Novembre 2011

Par Philippe Marlière, maître de conférences en sciences politiques à University College London

 

 

Le mouvement Occupy the London Stock Exchange (OccupyLSX - Occuper la Bourse de Londres) s’est installé sur le parvis de la cathédrale Saint Paul, le 15 octobre. Quelques 200 tentes, plus de 2000 personnes remplissent Paternoster Square. L’espace a été vite saturé et un autre site a été ouvert à Finsbury Square. Reconstruite après le Grand incendie de 1666, la nouvelle cathédrale de Saint Paul n’est pas une église du peuple : c’est le symbole de la Grande-Bretagne impériale et de la famille royale. (le prince Charles et Lady Diana s’y marièrent).

S’organiser pour durer

Les mouvements d’occupation de lieux publics sont confrontés aux mêmes problèmes et aléas : comment s’organiser pour durer ? Il faut passer l’hiver, tenir jusqu’au printemps, me dit-on. Selon les procédures éprouvées sur la Puerta del Sol ou dans le parc Zuccotti, OccupyLSX a créé un espace communal, un lieu de vie pour ses habitants et de rencontre avec les visiteurs. Pendant les vacances scolaires d’automne, OccupyLSX a invité les enfants et leurs parents à venir partager leur expérience pendant un après-midi (Occupy Half Term). Au-delà des tentes individuelles, on y trouve un espace média, une université populaire, une cantine, un poste de secours et une bibliothèque.

A l’ère d’internet et des tweets, cet attachement aux textes imprimés peut paraître singulier. La bibliothèque est d’ailleurs peu fournie, pâle imitation des 1200 ouvrages recensés à New York. On n’y trouve aucun écrit révolutionnaire : je recense, en vrac, Michael Moore, Stéphane Hessel, Isabel Allende, mais aucune littérature anarchiste, marxiste ou anticapitaliste.

Une assemblée générale a lieu tous les jours à 13 heures et à 19 heures. Les propositions et textes sont débattus et agréés par consensus, avec une exception pour les motions « urgentes » : celles-ci sont acquises si elles reçoivent 75% d’approbation. Les occupants insistent sur ce point : ce sont des votes réellement démocratiques et qui ont un sens ; à l’inverse de la parodie de votation au parlement ou lors d’élections. Certains confient que le mouvement est davantage mû par des considérations d’ordre démocratique (comment créer les conditions d’une réelle participation des citoyens aux processus décisionnels), qu’économique (critique de la relation entre les banques et le gouvernement). Michael Hardt résume la question en ces termes : « L’indignation contre la cupidité des banques et les inégalités économiques est réelle et profonde. Mais la protestation contre l’absence, ou l’inadéquation, de la représentation politique est aussi importante ».

Comme à Madrid ou New York aucun leader ne fend les rangs. Plusieurs personnes prennent la parole devant les marches de la cathédrale : un vieil anarchiste, une artiste, un jeune altermondialiste, un danseur irlandais. Je croise un musulman en conversation animée avec un militant du Socialist Workers Party (trotskyste) ; une chorale de chrétiens, des jeunes Espagnols, un vendeur de journaux de la Communist League, des jeunes salariés, des retraités, quelques universitaires. J’y retrouve des étudiants qui ont participé à l’occupation de mon université l’hiver dernier pour protester contre la hausse des frais d’inscription.

TINA dans les esprits

Comment briser le mur du silence des médias dominants ? Pendant les premiers jours de l’occupation, l’événement n’a guère été mentionné. La BBC consacre de nombreux reportages au « sauvetage » de la Grèce par l’Union européenne, mais ne montre quasiment aucune image de la rébellion qui couve au cœur de la City.

Les acteurs new-yorkais ont reçu le soutien d’intellectuels et de journalistes : Slavoj Zizek et Frances Fox Piven sont venus à Zuccotti Park. Joseph Stiglitz a également fait une apparition remarquée. David Graeber, un anthropologue étatsunien qui enseigne à Londres, a été l’inspirateur du mouvement. Ses travaux sur les habitants de Madagascar ont servi de référence à Occupy Wall Street. A Betafo, il a découvert une population qui pratiquait la démocratie directe, sans intervention de l’Etat. Universitaire et anarchiste, Graeber a aidé à mettre sur pied le mouvement. Dès que l’occupation a démarré, il s’en est allé pour ne pas tomber dans le rôle d’« intellectuel d’avant-garde », un modèle qu’il rejette. Des syndicats new-yorkais ont également exprimé leur solidarité.

A Londres, une telle mobilisation est encore à assurer. Pas un député travailliste, pas un représentant des syndicats du TUC n’a à ce jour fait le déplacement à Paternoster Square. Seuls Julian Assange, Peter Thatchell et Polly Toynbee (journaliste pour The Guardian) ont été aperçus sur les lieux.

On peut en conclure que TINA – There IS No Alternative (au capitalisme), un jour énoncé par Margaret Thatcher - pèse encore sur les esprits de ceux soumis quotidiennement aux assauts du capitalisme : vie chère, chômage, études hors de prix, services publics défaillants, politiques d’austérité. Les Britanniques souffrent, mais peu encore osent se rebeller. Plus de trois décennies de thatchérisme et de blairisme expliquent dans une large mesure l’apathie ambiante.

Les participants à OccupyLSX sont ces citoyens moyens (salariés, chômeurs ou retraités) qui ont décroché de la politique traditionnelle. Ils forment des bataillons qui ont durablement tourné le dos à la social-démocratie dans toutes ses déclinaisons nationales : Labour, PS, SPD, PSOE, PASOK, etc. Ces partis sont vigoureusement rejetés par les Indignés. Ils ne sont selon eux que l’autre face du consensus néolibéral ; les exécutants de politiques d’austérité dictées par les marchés.

Quel programme ?

S’enquérir de leur « programme » ou de leurs « revendications » auprès des participants à OccupyLSX, c’est susciter la surprise, voire l’incompréhension. Les occupants sont indépendants de toute structure partisane ou syndicale. Ce sont des militants – nouveaux ou aguerris – qui partagent les codes de communication et de socialisation liés aux nouvelles technologies. Que ce soit à Madrid ou à New York, leurs objectifs vont au-delà du combat en faveur d’une cause ou d’un thème précis (single-issue campaign). Les Indignés veulent limiter le pouvoir de la finance sur nos vies (à défaut peut-être de l’abolir) ; construire une société plus juste et démocratique, qui rejette les organisations pyramidales et les relations hiérarchiques des partis de gauche traditionnels. Pour commencer, le mouvement pose les questions les plus importantes du moment : qui paye la crise provoquée par le monde de la finance ? Quel rôle le pouvoir politique joue-t-il dans la résolution de la crise ? Pourquoi rien n’a changé depuis 2008 ?

Contrairement à New-York, OccupyLSX n’a pas rédigé de manifeste. Seules quelques mesures de portée générale sont préconisées : refus de payer la crise provoquée par les banques, ou de considérer que les politiques d’austérité sont inévitables. La tonalité d’ensemble de ces mesures n’est pas proprement anticapitaliste, loin s’en faut. Les occupants londoniens expriment le souhait, par exemple, que les régulateurs des marchés soient « véritablement indépendants » des banques et des gouvernements. Une large majorité de personnes associées au système capitaliste pourrait souscrire à un tel vœu.

Je demande à des participants si leurs objectifs sont de nature « anticapitaliste ». Les réponses sont très variables, mais avant tout incertaines. Une grande bannière est pourtant installée au cœur de la place. Sur fond vert et en lettres roses, elle ne laisse aucun doute sur l’origine du mal : « Capitalism is crisis ». Le mot « revendication » (demand) est banni du vocabulaire usuel. On parle plutôt d’« objectifs » (goals). Ces derniers peuvent être achevés de manière plurielle et autonome, tandis que les revendications impliquent une relation d’attente et de dépendance vis-à-vis des pouvoirs constitués.

Le mouvement des Indignés est l’expression publique d’une colère sourde qui croît : chez les 99% qui pâtissent du système contre les 1% qui en tirent le plus grand profit. Le récit d’une mondialisation néolibérale triomphante – le lumineux TINA - est aujourd’hui discrédité. Les marchés livrés à eux-mêmes ne sont que des forces aveugles qui détruisent les économies nationales, avant de s’autodétruire ; les banques ne sont pas la solution, mais la clé du problème puisqu’elles privatisent les profits et socialisent les pertes ; les sommes argents soi-disant introuvables pour revaloriser les salaires ou sauver des services publics, ont pu être trouvées rapidement pour remettre à flot les banques. Les Indignés nous interpellent : pourquoi accepter de tels mensonges et laisser notre monde courir à sa perte ?

Une politisation de gauche

Les Indignés poursuivent l’action du mouvement altermondialiste des années 90 et du début des années 2000. Le Forum social mondial n’a-t-il pas contribué à discréditer les politiques infligées par le FMI ou la Banque mondiale en Asie ou en Amérique latine ? Les Indignés continuent aujourd’hui le travail de désenchantement du néolibéralisme au cœur du vieux monde industrialisé.

La politisation en cours est clairement de gauche, mais cette manière de faire et de voir les choses ne peut être rattachée à une idéologie particulière. Aucun parti de gauche traditionnel ne pourrait se trouver spontanément à l’aise dans un tel mouvement. Toute tentative de « récupération » apparaît par conséquent vouée à l’échec. On peut trouver cela réducteur et insuffisant. Dans une logique politique court-termiste et électoraliste, ce mouvement ne peut en effet que décevoir. Mais les effets sur le long terme sont indiscutablement positifs. Pour la première fois depuis trente ans, des citoyens aux parcours différents se rassemblent pour exiger plus d’égalité économique, plus de justice sociale, plus de solidarité. Il faut le reconnaître : ces actions sont plus efficaces pour démystifier le néolibéralisme que les centaines d’ouvrages militants et savants parus sur le sujet.

Sur la Paternoster Square, je croise les « Anonymous ». Ces personnes portent le masque de Guy Fawkes. Cette référence renvoie à « V » (V comme Vendetta), héros d’une bande dessinée à la fin des années 80. « V » est un anarchiste qui évolue dans une Angleterre épargnée par une guerre atomique qui a détruit le monde. Le pays est sous la coupe d’un régime fasciste qui a procédé à une épuration ethnique, politique et sociale. « V », qui porte le masque du plus célèbre membre de la Conspiration des poudres, est un justicier qui entreprend de résister à ce régime totalitaire.

Certains ricaneront de ces manifestations carnavalesques. D’autres ne verront dans ces occupations que des mises en scène théâtrales de gens nantis et désœuvrés. On leur accordera que les Indignés de Londres ne sont pas ceux de la place Tahrir ou de la place Syntagma. Les enjeux et les situations nationales sont en effet très différents. Il y a incontestablement un fond dadaïste dans ce mouvement ; une dimension intellectuelle qui s’adresse avant tout aux « esprits » et non aux « ventres ». Soit. Mais, avec les Indignés, la question des inégalités économiques – si longtemps négligée par la « gauche gouvernementale » - est revenue sur le devant de la scène. La gauche ne peut plus être réduite à la promotion des questions post-matérielles, aussi importantes soient-elles.

La démocratie horizontale et ses limites

Des observateurs l’ont déjà souligné : la démocratie en jeu à Occupy LSX et ailleurs est de type horizontal, par opposition à une démocratie de type vertical. La démocratie horizontale encourage l’action directe et la participation de tous les membres. Les participants doivent être respectueux des opinions diverses, et cette pluralité est perçue comme un enrichissement pour le groupe, et non comme une menace ou une déviance. La démocratie verticale renvoie à la forme partisane et syndicale classique, c’est-à-dire une structuration pyramidale : au sommet, une oligarchie qui décide et à la base des militants chargés de répandre la parole autorisée.

Les désavantages de la démocratie directe sont connus : lourdeur décisionnelle et, in fine, inertie sur le plan de l’action. Le débat et le dilemme ne sont pas nouveaux. Lénine avait critiqué le travail « artisanal » de révolutionnaires qui s’écartaient du militantisme politique de longue durée et misaient sur le soulèvement spontané des masses. Le père de la Révolution d’Octobre qualifiait cette stratégie d’« opportuniste », car ces révolutionnaires renonçaient à développer au sein du peuple une conscience de classe.

Dans quelle mesure les peuples occidentaux ont-ils conscience que le système capitaliste dessert leurs intérêts particuliers ? Deux sondages réalisés aux États-Unis par Rasmussen nous apportent un début de réponse. En décembre 2008, 15% des sondés déclaraient que les États-Unis seraient un meilleur pays s’ils adoptaient un système « socialiste ». En 2011, la même question a enregistré 20% de réponses favorables au socialisme. Plus intéressants encore sont les résultats par classe d’âge : chez les 15-25 ans, une courte majorité déclarent préférer le capitalisme au socialisme (37% contre 33%). Comme 30% des jeunes ne se prononcent pas, on peut en déduire qu’une majorité par défaut serait prête à envisager un système autre que le capitalisme. Ce résultat est d’autant plus étonnant dans un pays où le terme « socialisme » n’est employé dans la bouche des politiciens et des journalistes dominants que de manière péjorative ou condescendante.

Cette tendance, qui devra se consolider, est encourageante et permet d’entretenir un certain optimisme. Loin d’aller à contre-courant de ce que pensent les peuples, les opinions des Indignés sont maintenant majoritaires dans la population. Il ne faut pas en déduire que le capitalisme est à l’agonie. Mais c’est assurément un coup dur porté au cœur du système.

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 13:20

 

http://www.lariposte.com/le-mouvement-des-indignes-aux,1711.html

 

Le mouvement des indignés aux Etats-Unis

 

« Nous sommes les quatre vingt dix neuf pour cent »

 

Le développement fiévreux du mouvement des « indignés » américains (« Occupy Wall-Street ») a plongé la classe dirigeante de ce pays dans un profond désarroi. Tant qu’ils n’étaient qu’une poignée de militants occupant le parc Zuccotti de Manhattan, mi-septembre, les médias capitalistes et la société officielle les traitaient avec une curiosité teintée de mépris. Mais à présent que le mouvement a grandi et gagné de nombreuses villes, la condescendance a laissé place à la peur et la haine. Les manifestants sont dépeints comme une bande de marginaux dénués de toute conscience politique : des « clowns », des « fainéants » et des « parasites » à la recherche de sensations fortes. Ces insultes ne peuvent qu’alimenter la légitime colère des centaines de milliers de jeunes et des travailleurs qui se sont mobilisés contre un système injuste et pourrissant.

 

D’autres commentateurs bourgeois font preuve d’un peu plus de subtilité. Ils disent « comprendre » le mouvement, mais ne se lassent pas d’en souligner l’hétérogénéité politique. Quel est son programme ? Quelles sont ses idées ? Et d’en conclure que tout ceci est bien sympathique, mais soyons sérieux : il faut laisser aux professionnels de la politique le soin de régler les problèmes. C’est notamment le discours de nombreux dirigeants démocrates, qui pensent aux élections de 2012.

 

Il est vrai que toutes sortes d’idées circulent sur les places occupées des grandes villes américaines. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Il n’y a pas d’organisation de masse, aux Etats-Unis, qui propose un programme et des idées claires pour combattre le capitalisme. Les Démocrates mènent la politique de rigueur que les indignés contestent. Les dirigeants syndicaux soutiennent les démocrates. D’où les manifestants pourraient-ils tirer un programme révolutionnaire cohérent ? Soit dit en passant, cette remarque s’applique également aux indignés grecs et espagnols, qui se méfient à juste titre des dirigeants réformistes.

 

A ce stade, le mouvement est nécessairement hétérogène. Mais il n’en est pas moins potentiellement explosif. Au fond, le slogan « nous sommes les 99 % » exprime la conscience du fait que la richesse et le pouvoir sont concentrés en un tout petit nombre de mains, c’est-à-dire celles des un pour cent restant. Et la conclusion logique de ce slogan, c’est que les quatre vingt dix neuf pour cent doivent prendre le contrôle de ce pouvoir et de ces richesses.

 

La fin du rêve américain

 

Pendant des décennies, les Etats-Unis ont semblé immunisés contre une intensification de la lutte des classes. Cette situation avait une solide base économique. La Deuxième Guerre mondiale n’avait pratiquement pas entamé les ressources économiques de ce gigantesque pays. Au contraire, elle avait ouvert au capitalisme américain d’immenses marchés, dont la « reconstruction » de l’Europe et du Japon. Il a émergé de la guerre dans la position de premier créditeur au monde. Ses coffres abritaient 60% des réserves d’or de la planète. L’impérialisme américain ne cessait d’accroître sa « sphère d’influence ». Il tirait d’énormes profits de l’exploitation brutale des ressources et des peuples des quatre coins du globe. Par la suite, l’effondrement de l’URSS, la restauration du capitalisme en Chine et l’ouverture de l’économie indienne lui ont ouverts de vastes marchés.

 

Tels étaient les fondements matériels du « rêve américain ». Et ce n’était pas qu’un rêve. Le niveau de vie de la grande majorité des travailleurs s’améliorait d’une génération sur l’autre. Malgré la croissance des inégalités (les plus riches s’enrichissant plus vite), il y avait une progression absolue du niveau de vie des masses. Bien sûr, tout n’était pas rose. Le racisme, l’exploitation et la grande misère sévissaient, fléaux naturels du capitalisme. Mais il y avait un sentiment général que la société avançait, ce qui générait un certain optimisme et une confiance relative dans le système.

 

Tout ceci est terminé. La société américaine est en déclin. Prenons par exemple le problème du chômage. Le nombre d’Américains ayant un travail a chuté de 5,2 millions entre 2007 et 2010. A cela s’ajoutent les 4,5 millions d’emplois qui auraient dû être créés pour absorber la croissance démographique du pays, pendant ces quatre années. Au total, cela fait près de dix millions de chômeurs supplémentaires, sur cette période. Le taux de chômage des jeunes de 16 à 19 ans est de 25 %. Il est de 45 % chez les afro-américains de la même tranche d’âge. Et pendant ce temps, les dirigeants républicains et démocrates affirment qu’il faut encore tailler dans les effectifs du secteur public, pour faire des dizaines de milliards d’économies !

 

Le malaise remonte bien avant la crise de 2008. Les manifestations de Seattle contre l’OMC, en 1999, furent les premiers symptômes d’une fermentation sociale croissante. Les attentats du 11 septembre ont temporairement noyé ce mécontentement dans une vague patriotique. Mais il a refait surface à l’occasion de grandes luttes, par exemple lors de l’occupation de l’usine de Republic Windows and Doors, à Chicago. L’écrasante victoire de Barack Obama, en 2008, était elle aussi une manifestation d’une immense colère sous-jacente, malgré les profondes désillusions qu’elle réservait. Enfin, quelques semaines après le renversement d’Hosni Moubarak en Egypte, début 2011, les travailleurs du Wisconsin se sont mobilisés à une échelle inédite contre les attaques du gouverneur fédéral, rebaptisé « Hosni » Walker.

 

Soutien massif

 

Le magnifique mouvement des indignés américains n’est donc pas tombé du ciel. Et il ne fait aucun doute qu’il annonce des mobilisations encore plus puissantes. La jeunesse est un baromètre très sensible des tensions de classe qui s’accumulent dans les profondeurs du pays. Le 5 octobre, les travailleurs américains ont déjà manifesté leur soutien au mouvement par dizaines de milliers, à l’appel d’une quarantaine de syndicats. Et ce n’est qu’un début. Des luttes massives sont à l’ordre du jour dans la première puissance mondiale : telle est la signification la plus évidente de ces événements. Des millions d’Américains sympathisent avec le mouvement. Un sondage rapporte que 70 % des New-Yorkais « déclarent comprendre et partager le point de vue des manifestants anti-Wall Street ». Un autre sondage, commandé par le Times, établit que 54 % de la population américaine sympathise avec eux. 79% des Américains jugent que l’écart entre les riches et les pauvres est trop important et 75 % que les millionnaires devraient être beaucoup plus lourdement taxés. Lors d’une récente interview télévisée, le réalisateur Michael Moore –un autre baromètre sensible de la société américaine– a récemment affirmé que « le capitalisme doit être éradiqué ». On ne saurait mieux dire !

 

Pour un Parti des Travailleurs !

 

Le 5 octobre, à New York, des dizaines de syndicats – d’enseignants, de fonctionnaires, de l’industrie automobile, etc. – ont appelé leurs membres à rallier la manifestation des indignés. Cela représente une force potentielle colossale. Ce qui est nécessaire, à présent, c’est un parti qui organise, unisse et galvanise les aspirations des masses et leur donne un outil pour en finir avec l’ordre établi et reconstruire la société sur de nouvelles bases. Il est temps que le mouvement syndical américain brise ses liens avec le Parti Démocrate, qui n’est que le pied gauche de la classe dirigeante. Il est temps de construire un parti des travailleurs – un parti « de gauche », en somme – sur la base des syndicats. Il attirerait sous son drapeau les meilleurs éléments de la jeunesse et de la classe ouvrière, par centaines de milliers.

 

L’universitaire Hector R. Cordero-Guzman a récemment publié une étude sur les indignés américains. On y trouve notamment la statistique suivante : 23% des manifestants se considèrent Démocrates, 2,4% Républicains et 70,3% « Indépendants » – c’est-à-dire ni l’un ni l’autre. Le professeur souligne qu’il y a dans la société américaine « un puissant courant de mécontentement sous-terrain à l’égard des partis traditionnels, ainsi qu’un soutien massif à l’égard d’une perspective de changement radical dans le pays. » Précisément ! Et les dirigeants démocrates ont beau s’efforcer d’exploiter le mouvement, il est clair qu’il vise à la fois les Républicains et les Démocrates. Trois ans après l’élection de Barack Obama, il ne reste plus grand-chose des espoirs qu’il avait suscités.

 

Nos camarades américains de Socialist Appeal, qui animent la «Campagne pour un Parti de Masse des Travailleurs », soulignent que cette idée progresse sans cesse parmi les travailleurs et les syndicalistes. Il faut qu’elle se concrétise à court terme, par exemple à l’occasion de l’élection présidentielle de 2012. Les conditions sont plus que jamais réunies pour donner une expression politique massive et organisée aux revendications des jeunes et des travailleurs américains.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 19:51

 

http://www.washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/11/occupy-wall-street-cette-fois-je-crois-quils-nous-ont-entendus.html

 

Vendredi 18 Novembre 2011

 

 « Cette fois, je crois qu’ils nous ont entendus »

 

Il est 14 heures 45 à New York, et les manifestants ont pris Broadway d'assaut. Des deux cotés de l'avenue, deux colonnes se sont formées pour remonter de Zuccotti Park  jusqu'au métro Union Square, à hauteur de la quatorzième rue. Dans la matinée, ils étaient plusieurs centaines à avoir tenté d'empêcher l'ouverture de la Bourse, sans succès. Mais peu à peu, la foule a grandi. "Ceux qui pensaient que nous allions disparaitre après l'évacuation du parc n'ont rien compris" assure Vladimir, "nos idées ne vont pas disparaitre parce que nous représentons la majorité des Américains".

 

"Nous somme les quatre vingt dix neuf pour cent" crie la foule en choeur en traversant Soho. Des ballerines regardent la caravane passer depuis les fenêtres de leur studio de danse. Un  jeune invite tout le monde à rejoindre Occupy Wall Street, le "mouvement qui va enclencher une nouvelle révolution contre les inégalités en Amérique". A la sortie de Bloomingdale's, une femme en manteau de cuir a un mouvement de recul. "Pas question que je vous rejoigne" lance-t-elle sans plaisanter, "moi je préfère rester du côté des un pour cent". 

 

15 heures 30. Occupy Wall Street a rejoint le metro Union Square. Pour cette journée d'action considérée comme une journée test, après le démantèlement de la majorité des campements de protestataires aux Etats-Unis, le mouvement avait annoncé qu'il descendrait dans le métro, pour interpeller les usagers. Finalement, les quelque deux mille personnes qui sont là préfèrent rester sur la place. De nombreux étudiants sont venus rejoindre le cortège. "Moi je les soutiens à cent cinquante pour cent", dit Elena, qui étudie à Columbia University, "nous sommes dans un pays où seuls les riches peuvent s'en sortir. Regardez, les banques ont provoqué la crise mais personne ne les a tenues responsables, c'est un scandale. C'est la même chose pour les universités. Elles sont réservées pour l'élite, pour ceux qui peuvent dépenser des dizaines de milliers de dollars pour leurs enfants. Il faut tout changer". 

 

16 heures 10. Le cortège s'est remis en marche. Il prend la police de vitesse et s'invite sur la 6ème avenue, dans un chaos monstre. Les voitures klaxonnent, la circulation est bloquée, les forces de l'ordre sont débordées. Les manifestants sont repéré une banque, la TD Bank, et décident de s'y introduire par dizaines pour décréter une occupation. Après quelques échauffourées, des banderoles sont plantées au premier étage. La police organise un cordon devant la banque, mais il est déjà trop tard. "Que ceux qui le veulent restent ici pour poursuivre l'occupation", hurle un jeune monté sur une poubelle, "que les autres poursuivent la marche". 

 

17 heures. C'est l'heure de vérité pour Occupy Wall Street. Les syndicats avaient promis qu'ils se mobiliseraient pour une marche organisée depuis Foley Square, dans le sud de Manhattan, vers le pont de Brooklyn. Et ils sont bien là. Entre dix mille et douze mille personnes sont rassemblées dans le froid. Mike Phelan, un grand costaud, tient une banderole du SEIU, le syndicat des employés de service. "Je suis là car je fais partie des quatre vingt dix neuf pour cent qui veulent protester contre les inégalités", s'insurge-t-il, "au lieu de donner de l'argent aux riches on ferait mieux de le consacrer à l'éducation ou aux emplois". La place est noire de monde mais l'ambiance est festive. "Je représente les générations à venir qui vont se retrouver à la rue", dit une grand mère, "c'est pour elles que je me bats". 

 

18 heures. Les barrières de la police ont cédé. La foule compacte a envahi la chaussée et commence sa marche vers le Brooklyn Bridge. Il y a quelques incidents mais sans plus. Une femme passe avec une pancarte "save the middle class". Au pied du Brooklyn Bridge, le dissident chinois Shen Tong, qui a décidé de consacrer tout son temps à Occupy Wall Street, parle d'un "énorme succès". "J'ai eu peur pendant deux jours, mais maintenant je suis soulagé" confie-t-il, "l'Amérique a su se mobiliser".  

 

20 heures. Les manifestants sont toujours en train de traverser le pont, les uns derrière les autres, encadrés par les policiers. Sur le mur d'un building, un projecteur géant a inscrit un chiffre en  très grand : quatre vingt dix neuf pour cent. "Cette fois, je crois qu'ils nous ont entendus. Vous ne croyez pas", dit un homme qui avance emmitouflé dans un drapeau.   

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