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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:55

 

http://www.fr.news.yahoo.com/la-victoire-électorale-des-islamistes-confirmée-en-tunisie-051030537.html

 

Le nouveau gouvernement tunisien serait formé dans les dix jours

 

TUNIS (Reuters) - Le nouveau gouvernement provisoire de Tunisie sera formé dans les dix jours, a annoncé vendredi le parti islamiste Ennahda, vainqueur des élections constituantes.

 

"Nous allons accélérer la formation du nouveau gouvernement. Cela prendra entre une semaine et dix jours", a déclaré Hamadi Jbeli.

 

Le secrétaire général d'Ennahda, pressenti pour devenir Premier ministre du futur gouvernement, a ajouté que des discussions étaient déjà en cours avec de possibles partenaires de gouvernement.

 

La proclamation des résultats, tard jeudi soir, par l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), a confirmé les tendances qui se dessinaient largement depuis le vote historique de dimanche, premier scrutin démocratique suivant les bouleversements du "printemps arabe".

 

Ennahda (Renaissance), qui se réclame d'un islam modéré, est arrivée en tête des élections constituantes avec quatre vingt dix des deux cent dix sept sièges en jeu. Insuffisant pour gouverner seul.

 

Face à l'inquiétude que suscite leur arrivée au pouvoir, les islamistes tunisiens ont multiplié les propos rassurants, disant notamment vouloir associer la quasi-totalité des partis politiques mais aussi les organisations de la société civile ou les syndicats aux consultations à venir sur les futures institutions du pays.

 

"Nous sommes prêts à une coalition avec tous les partis qui ont été dans l'opposition à Ben Ali, peu importe leur idéologie", redit Rachid Ghannouchi, chef de file du parti islamiste, dans une interview que publie en France Le Monde daté de samedi.

 

La seule exception concerne la Pétition populaire, dont les listes financées par l'homme d'affaires Hachemi Hamdi, qui vit à Londres, ont créé la surprise et dont l'annulation des résultats obtenus dans six districts électoraux a provoqué de violents incidents à Sidi Bouzid, d'où est partie en décembre la "révolution du jasmin".

 

"Nous excluons Hachemi Hamdi parce qu'il a été un allié de la dictature", explique Ghannouchi dans les colonnes du Monde.

 

A l'Assemblée constituante, le Congrès pour la république, de Moncef Marzouki, ex-opposant au régime de Zine ben Ali qui a longtemps vécu en France, arrive en deuxième place avec trente sièges.

 

L'Ettakatol, autre formation laïque de centre-gauche, a remporté elle vingt et un élus.

 

Lors d'une conférence de presse à Tunis, Rachid Ghannouchi, qui ne brigue pour lui-même pas de poste officielle dans la Tunisie post-Ben Ali, a indiqué vendredi que le futur gouvernement intégrerait des femmes, "qu'elles portent ou non le voile".

 

Il a également annoncé qu'Ennahda n'avait pas l'intention de modifier le mode de vie des Tunisiens.

 

"Toutes les tentatives dans des pays arabes visant à forcer les femmes à porter le hidjab ont échoué et produit le résultat inverse", a-t-il dit. "Ennahda ne changera pas le mode de vie (...) Il reviendra aux femmes tunisiennes de décider."

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 19:59

 

http://www.fr.contrainfo.espiv.net/2011/10/23/rafles-dans-toute-l%E2%80%99italie-apres-les-affrontements-du-15-octobre-a-rome

http://www.tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=772

 

Rafles dans toute l’Italie après les affrontements du 15 octobre à Rome

 

Lundi 17 Octobre 2011

 

Selon des informations provenant de Rome, l’audience ce matin a confirmé l’arrestation de douze manifestants. Il n’ont pas été jugés directement, mais mis en détention provisoire.

 

Les douze sont en ce moment détenus dans les prisons Rebibbia et Regina Coeli et nous essayons de trouver leurs adresses pour la correspondance.

 

Apparemment, toutes les perquisitions ont été effectuées en s’appuyant sur la section 41 du Code unifié des Lois de Sécurité publique « TULPS » (utilisation d’armes et d’explosifs). Dans toutes les maisons, des vêtements et du matériel imprimé ont été regardés, pris en photo ou confisqués.

 

Rien qu’à Rome, de l’équipement informatique (ordinateurs, disques dures, clefs USB) a été confisqué – une opération théoriquement non-autorisée par la section 41 du TULPS.

 

Lecce : Dans la matinée, des flics ont fait une rafle dans les appartements de deux camarades sans avoir un mandat, mais en s’appuyant sur la section 41 du TULPS. Les carabiniers ont cherché des « armes » en faisant référence à la marche de protestation à Rome.

 

Cosenza : Des rafles contre huit camarades, apparemment toutes sans résultats par rapport aux attentes du commissariat de police.

 

Des perquisitions ont également été confirmées à Teramo, Naples (contre dix camarades, pas confirmées) et Florence (contre quatorze camarades). Aussi à Florence, les squatters de « La riottosa » ont passé la matinée sur le toit de la maison pour résister à une opération répressive, subissant des menaces et des intimidations.

 

Des rafles confirmées à Rovereto (deux maisons), Milan (six, pas encore confirmées), Senigallia (deux), Livorno (deux maisons), Palermo (quatre), Rome (six) et Bologne (six ou huit, pas encore confirmées) avec des prises de photo et de la confiscation de vêtements. Aucun camarade arrêté.

 

 

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 19:26

 

http://www.fr.news.yahoo.com/ennahda-attend-la-confirmation-sa-victoire-en-tunisie-153423271.html

 

Ennahda attend la confirmation de sa victoire en Tunisie

 

TUNIS (Reuters) - Les islamistes tunisiens d'Ennahda attendaient jeudi la confirmation de leur victoire aux élections constituantes de dimanche, premier scrutin libre dans l'histoire du pays.

 

L'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), chargée de l'organisation du scrutin, continue de compiler et de vérifier les résultats remontés des circonscriptions.

 

Une annonce pourrait intervenir dans la journée, dit-on de sources proches de la commission électorale.

 

Selon ses propres chiffres, Ennahda revendique plus de quarante pour cent des deux cent dix sept sièges de l'Assemblée constituante, qui sera chargée de former un nouveau gouvernement provisoire et de rédiger la nouvelle Constitution du pays avant des élections législatives et présidentielle qui devraient intervenir dans un délai d'un an environ.

 

Ses principaux adversaires ont reconnu la victoire de la formation islamiste, et les résultats partiels déjà disponibles semblent confirmer l'avance prise par les listes du parti de Rachid Ghannouchi.

 

A ce stade, Ennahda serait assuré d'obtenir soixante huit sièges. Le Congrès pour la république de Moncef Marzouki, qui arrive en deuxième position, en aurait vingt trois. Ces résultats ne prennent pas en compte les circonscriptions électorales de la capitale, Tunis.

 

"PAS NÉCESSAIREMENT UNE FORCE OBSCURE"

 

Ennahda a tendu la main aux partis laïques de centre-gauche arrivés derrière lui mais pas à l'homme surprise du premier tour, Hachmi Hamdi.

 

La "Pétition populaire" de cet homme de médias vivant à Londres et propriétaire d'une chaîne privée - Al Mostakilla - a obtenu d'excellents scores.

 

Il a notamment battu Ennahda dans la région de Sidi Bouzid, berceau de la révolution tunisienne, dont il est originaire.

 

"La liste a gagné dans les urnes et nous demandons que le choix du peuple soit respecté. Sinon, les choses vont empirer ici", a dit à Reuters un manifestant de Sidi Bouzid, Mehdi Horchani, évoquant un rassemblement de plusieurs centaines de personnes.

 

Les islamistes d'Ennahda refusent de former une coalition avec Hamdi, lui reprochant d'être soutenu par des nostalgiques du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti de l'ancien dirigeant Zine ben Ali. Al Mostakilla a adopté ces dernières années une ligne éditoriale favorable à l'ancien autocrate.

 

Face aux inquiétudes que suscite sa probable arrivée au pouvoir parmi la société laïque et les milieux d'affaires, Ennahda, qui se revendique d'un islam modéré, s'efforce depuis dimanche de rassurer sur son programme politique, affirmant notamment qu'il n'envisage pas de revenir sur les droits des femmes, un des acquis de l'indépendance tunisienne.

 

Mercredi, un de ses principaux dirigeants, Hamadi Jbeli, secrétaire général candidat au poste de Premier ministre, a annoncé qu'il n'était pas question d'imposer un code vestimentaire sur les plages, prises d'assaut par les touristes étrangers.

 

L'actuel Premier ministre, Beji Caïd Essebsi, affirme jeudi qu'il n'a aucune raison de douter des engagements d'Ennahda en faveur d'un Etat civil et démocratique.

 

"Il ne m'appartient pas de juger des intentions, c'est à Allah de le faire. Je peux simplement juger ce qui a été rendu public et à ce stade, c'est positif. Au final, nul ne peut arriver et changer totalement les choses", dit-il dans les colonnes du quotidien égyptien Al Ahram.

 

"Je pense, ajoute-t-il, qu'(Ennahda) gouvernera avec intelligence et fera face à la réalité. Ce n'est pas nécessairement une force obscure. La Tunisie continuera d'aller de l'avant, et non pas à rebours de son histoire."

 

Les élections tunisiennes, les premières organisées depuis le début du "printemps arabe", et leurs répercussions sont suivies de près à l'étranger, où l'on cherche des indications sur les bouleversements en cours dans cette partie du monde.

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 17:38

 

http://www.fr.news.yahoo.com/la-zone-euro-%C3%A9teint-lincendie-pour-le-moment-143926023.html

 

La zone euro éteint l’incendie, pour le moment

 

BRUXELLES (Reuters) - L'accord arraché dans la nuit de mercredi à jeudi par les dirigeants de la zone euro a éteint temporairement l'incendie qui menaçait la monnaie unique mais de nombreux risques pèsent encore sur la restructuration de la dette grecque et le renforcement du fonds de soutien à l'euro.

Après plus de dix heures de sommet, les chefs d'Etat et de gouvernement de la monnaie unique se sont entendus avec les banques pour réduire de cent milliards d'euros la dette grecque et ont endossé un complexe mécanisme permettant de porter la puissance de tir du Fonds européen de stabilité financière (FESF) à mille milliards d’euros.

Les marchés européens ont bondi et atteint leur plus haut niveau depuis trois mois alors que l'euro s'appréciait à plus de 1,40 dollar, une valeur qu'il n'avait plus franchi depuis début septembre.

Mais si cet accord complexe compte parmi les plus ambitieux conclus depuis l'éclatement de la crise de la dette en Grèce, fin 2009, il n'en est pas moins bancal, truffé de points d'interrogations et porteur d'importants risques quant à sa réalisation.

Les banquiers devront d'abord confirmer leur engagement volontaire à prendre part au nouveau plan de sauvetage de la Grèce - un processus qui avait été long et poussif dans le programme précédent.

Les pays de la zone euro devront ensuite s'entendre sur une série de détails loin d'être anodins dans la mise en place du nouveau FESF, comme la participation des investisseurs internationaux à ce dernier.

"J'estime que le principal risque serait d'attendre trop longtemps la mise en oeuvre de ces accords", a prévenu jeudi Ewald Nowotny, membre de la Banque centrale européenne.

"La vitesse est essentielle dans ce cas", a-t-il dit à la radio autrichienne ORF.

RESTRUCTURATION GRECQUE

Il y a trois mois, les leaders européens étaient déjà parvenus à un accord d'envergure sur une réduction de la dette grecque impliquant les créanciers privés, mais les retards pris dans l'exécution du plan et son manque d'ambition l'ont très vite rendu inopérant, du moins aux yeux des marchés.

Les décisions prises jeudi au petit matin, qui s'attaquent enfin à bras le corps aux questions de la dette grecque et de la contagion de la crise aux pays plus grands comme l'Italie, l'Espagne, voire la France, sont censées éviter à la zone euro de répéter les mêmes erreurs.

Pour la Grèce, il est prévu que sa dette soit ramenée de plus de cent soixante pour cent du PIB actuellement à cent vingt pour cent en 2020, un niveau jugé soutenable par les autorités européennes.

Pour ce faire, les gouvernements de la zone euro mettront sur la table cent trente milliards d'euros sous forme de prêts et garanties, alors que les créanciers privés devront effacer quelque cent milliards des deux cent dix milliards d'euros de titres grecs qu'ils détiennent.

Cette contribution volontaire, censée être reçue d'ici la fin de l'année, équivaudra à un abandon de créance de cinquante pour cent, ont dit Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui ont dû se réunir en personne avec les représentants des banques et peser de tout leur poids pour forcer la décision.

Le directeur général de l'Institut de la finance internationale (IFI), Charles Dallara, qui représentait les banques dans la négociation, s'est félicité de cet accord qui révise le plan du 21 juillet, dans lequel le secteur privé n'était engagé qu'à hauteur de cinquante milliards d'euros.

Comme attendu, les dirigeants des Vingt-Sept ont aussi endossé le plan de recapitalisation des banques à hauteur de cent six milliards d'euros d'ici le 30 juin 2012, dont huit milliards huit cent millions pour les banques françaises.

Ce plan prévoit également des garanties publiques destinées à permettre aux banques de s'assurer des financements à moyen et long terme, sur le modèle de celles qui avaient été mises en oeuvre à l'automne 2008, au plus fort de la crise financière.

MILLE MILLIARDS D'EUROS POUR LE FESF

Troisième et dernier volet de la réponse européenne à la crise, les Européens se sont également entendus sur une démultiplication des capacités du Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui pourraient ainsi être portées jusqu'à mille milliards d'euros. Une initiative susceptible de rassurer les marchés sur sa capacité à voler, le cas échéant, au secours de pays comme l'Italie ou l'Espagne.

Ce Fonds disposait à sa création de quatre cent quarante milliards d'euros mais le soutien apporté au Portugal et à l'Irlande et le montage financier complexe nécessaire pour lui assurer une note AAA ont réduit à environ deux cent cinquante milliards aujourd'hui sa capacité effective résiduelle.

L'effet de levier sera obtenu via un double mécanisme: il s'agira d'une part d'assurer partiellement les dettes émises par des pays en difficulté et, d'autre part, de créer un nouveau "véhicule spécial" adossé au FESF et au Fonds monétaire international (FMI) auquel participeront des investisseurs internationaux, comme la Chine ou d'autres pays émergents.

Nicolas Sarkozy, qui a dit à Bruxelles que la participation chinoise était envisagée, s'est entretenu jeudi au téléphone avec son homologue chinois Hu Jintao.

Le directeur général du FESF, Klaus Regling, se rendra en Chine dès vendredi afin de rencontrer des investisseurs.

S'il avait été exclu depuis le week-end dernier de démultiplier le FESF en lui donnant accès aux liquidités illimitées de la Banque centrale européenne, l'institut d'émission a joué un rôle actif dans l'avant-sommet.

Offrant un peu de répit aux marchés, le futur président de BCE, Mario Draghi, avait indiqué mercredi matin que la banque resterait présente sur les marchés obligataires tant que ceux-ci seraient instables, un signe attendu depuis plusieurs jours dont s'est félicité Nicolas Sarkozy.

"Je suis pas le porte-parole de la BCE. La BCE est une institution indépendante. Mario Draghi ne nous a pas interrogés avant de prendre cette décision, nous ne lui avons rien demandé, mais il est permis de se réjouir de ce qu'il a dit, qui est assez clair", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, insistant ensuite sur ces rachats de dette.

 

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 20:16

 

http://www.liberation.fr/monde/01012364686-paul-biya-roi-faineant-a-perpetuite

 

Lundi 10 Octobre 2011

Paul Biya, roi fainéant à perpétuité

Au pouvoir depuis 1982, le président du Cameroun briguait hier un sixième mandat lors d’un scrutin sans enjeu dans un pays miné par la corruption et verrouillé par la répression.

Par Fanny Pigeaud, correspondante à Libreville

Il fait très peu parler de lui. Pourtant, il est dans le pool des présidents qui s’enlisent au pouvoir : Paul Biya, 78 ans, règne sans partage sur le Cameroun depuis 1982. Sans qu’on ne voie de fin : après avoir changé, en 2008, la Constitution pour pouvoir se représenter, il a brigué hier un nouveau mandat de sept ans lors d’un scrutin à un tour. Et nul ne doute vraiment du résultat.

 

Ce n’est pas en travaillant d’arrache-pied pour son pays que cet homme à la voix éraillée et à la démarche aujourd’hui mal assurée a réussi à rester au pouvoir aussi longtemps. Au contraire. Depuis trente ans, le Cameroun recule, plongé dans une profonde léthargie, en total décalage avec son énorme potentiel économique. «Il n’y a pas eu de croissance ces cinq dernières années si on la rapporte au nombre d’habitants», a déploré le Fonds monétaire international début septembre, invoquant notamment un «sous-investissement dans les infrastructures essentielles» et «une mauvaise gestion des finances publiques». Pendant que ses concitoyens tirent le diable par la queue (40% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour), Biya, surnommé le «roi fainéant», séjourne la majeure partie de son temps dans un hôtel huppé de Genève ou dans son village natal, dans le sud du Cameroun. Il préside, en moyenne, un Conseil des ministres par an. Le dernier s’est tenu en juillet 2009.

 

Manipulateur. C’est à son talent de manipulateur que Paul Biya doit sa longévité. Suivant la recette «diviser pour mieux régner», il entretient en permanence rivalités et peur au sein de la classe dirigeante, vieillissante comme lui. Sur le même principe, son régime a instrumentalisé les identités ethniques pour casser l’opposition dans les années 1990. Il utilise aussi la justice et la force : en février 2008, la police et l’armée ont tiré à balles réelles sur des jeunes qui manifestaient contre son projet de révision constitutionnelle et la vie chère. Bilan : officiellement quarante morts, au moins cent trente neuf selon des ONG.

 

Le Président a aussi usé d’une technique originale : celle consistant à maintenir un équilibre institutionnel précaire qui effraie et paralyse tout le monde. Depuis quinze ans, par exemple, le Sénat, qui est censé jouer un rôle important en cas de vacance du pouvoir au sommet de l’Etat, n’existe que sur le papier. Autre particularité : afin de les éloigner du champ politique et s’assurer leur soutien, Paul Biya laisse, voire encourage, ministres et autres hauts responsables à se servir dans les caisses de l’Etat et à tremper dans divers trafics maffieux. Ceux qui ont trop accumulé et commencent à avoir des vues sur le fauteuil présidentiel sont écartés, invariablement inculpés pour «détournements de fonds publics» et incarcérés. Actuellement, neuf anciens ministres sont en prison. Surtout, la corruption et la triche, au cœur du fonctionnement de l’Etat, ont gagné toutes les sphères de la société. Elles ont permis, avec la répression, de tuer le système éducatif ainsi que l’opposition, désormais en lambeaux, et de pourrir la scène politique, comme le montre la foison de candidats qui se présentaient hier : ils étaient vingt deux face au président sortant, et aucun n’a la capacité de mobiliser les foules et d’inquiéter l’autocrate.

 

Cette mainmise totale de Paul Biya n’aurait pas été possible sans la France, qui avait déjà, en 1960, installé au pouvoir son prédécesseur, Ahmadou Ahidjo, à l’issue d’une guerre particulièrement atroce. Les autorités françaises ont en particulier apporté une aide déterminante en 1992, lors d’une élection présidentielle très disputée : elles ont ouvertement soutenu Biya alors qu’au même moment les autres bailleurs de fonds du pays, dont les Etats-Unis, dénonçaient la crédibilité du scrutin. Paris a ensuite donné des financements qui ont permis au régime de reprendre la main face à une opposition largement majoritaire. Auparavant, c’est Elf qui avait avancé de l’argent à Biya pour sa campagne électorale.

 

Depuis, les liens entre Paris et Yaoundé sont restés étroits : ils passent par les nombreuses entreprises françaises installées au Cameroun, qui contrôlent une bonne partie de son économie, en travaillant main dans la main avec des caciques du régime. Orange, Bolloré, Total, Castel, la Compagnie fruitière et Hachette sont de celles qui font de très bonnes affaires dans le pays, où la corruption permet de transgresser les lois et d’engranger des bénéfices énormes.

 

Cynisme. Washington ayant également depuis quelques années des intérêts commerciaux importants dans la région, les pays partenaires du Cameroun ont désormais la même ligne de conduite : ne pas fâcher le prince pour conserver son business. La communauté internationale est ainsi restée muette lors de la violente répression de 2008. Mieux, elle donne de l’argent à Yaoundé. L’Union européenne finance, par exemple l’organisme électoral chargé de la mise en œuvre de l’élection présidentielle, bien qu’il soit totalement inféodé au parti de Biya

 

Les Camerounais restés lucides sont, eux, fatigués. Ils ne prennent plus la peine de voter ou de relever le cynisme de Biya : lors de la campagne électorale de 2004, il avait promis la construction d’infrastructures, parlant d’un «Cameroun des grandes ambitions». Cette fois-ci, et alors que rien ne s’est passé depuis 2004, il annonce sur Twitter (service que son régime a fait interdire en février à cause de timides appels au soulèvement qui circulaient par mail et SMS) : «Croyez-moi, à nos grandes ambitions vont succéder de grandes réalisations.»

 

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 19:58

 

http://www.fr.news.yahoo.com/assad-rencontre-en-syrie-une-d%C3%A9l%C3%A9gation-la-ligue-144308144.html

 

Assad rencontre en Syrie une délégation de la Ligue arabe

 

AMMAN (Reuters) - Le président syrien Bachar al Assad a rencontré mercredi des ministres de la Ligue arabe l'appelant à ouvrir des négociations avec l'opposition en vue de mettre fin à sept mois de violences.

 

La télévision officielle rapporte que le chef de l'Etat a rencontré une délégation de la Ligue arabe lui demandant d'ouvrir des négociations mais ne donne aucun détail.

 

La mission, emmenée par le Qatar, comprend aussi des représentants égyptiens, algériens, omanais, soudanais et yéménites. "Ce qu'on espère, c'est que la violence cesse, qu'un dialogue soit amorcé et que des réformes soient menées à bien", a dit le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elaraby.

 

La Syrie fait l'objet de sanctions économiques américaines et européennes mais continue de manier la répression pour faire taire les opposants demandant le départ du président.

 

"C'est inacceptable et ça se terminera par la chute du régime, de manière quasi inéluctable", a dit mercredi Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, sur France info.

 

"Malheureusement ça risque de prendre du temps parce que la situation est compliquée, parce qu'il y a un risque de guerre civile entre les communautés syriennes, parce que les pays arabes autour ne souhaitent pas que nous intervenions", a-t-il ajouté.

 

GRÈVE

 

A Homs, haut lieu de la contestation dans le centre du pays, les habitants ont observé une journée de grève générale pour protester contre la répression, qui a fait trois mille morts selon les Etats-Unis.

 

Dans cette ville d'un million d'habitants, les magasins sont restés fermés et la plupart des employés sont cloîtrés chez eux, ont dit des habitants et des militants d'opposition.

 

Un habitant affirme que des hommes armés opposés au pouvoir faisaient appliquer la grève de force.

 

Les tirs de l'armée, qui ont fait quatre morts mercredi, ont aussi incité la population à rester chez elle.

 

La ville de Deraa, dans le Sud, berceau de la révolte des chiites, était elle aussi éteinte selon des témoignages.

 

"Tout est fermé. Les rues de Deraa sont vides, même les quelques boucheries et pharmacies qui étaient ouvertes sont fermées maintenant", a dit un habitant, Jassem Masalmeh.

 

Des déserteurs ont déclenché un début d'insurrection armée contre l'Etat syrien.

 

Neuf soldats syriens ont trouvé la mort dans une attaque lancée contre leur véhicule par des déserteurs présumés non loin d'Hama, dans le centre du pays, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

 

"Des hommes armés, que l'on croit être des transfuges de l'armée, ont tiré au lance-roquettes sur leur car dans le village d'Hamrat, près d'Hama", dit un communiqué du groupe.

 

Comme chaque semaine, des dizaines de milliers de partisans de Bachar al Assad se sont rassemblés sur la place Omeyyades de Damas lors d'une manifestation organisée par les autorités.

 

La télévision publique montrait les manifestants agitant des drapeaux syriens et des portraits du président, défilant derrière une bannière portant l'inscription: "Longue vie à la mère patrie et à son chef".

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 20:04

 

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-bagdad-un-des-organisateurs-des-journees-de-la-colere-assassine-par-le-regime-maliki-86137829.html

 

 

Samedi 8 octobre 2011

 

Bagdad : un des organisateurs des « Journées de la colère » assassiné par le régime Maliki

 

Par Gilles Munier

 

Les manifestations de 9 septembre 2011 en Irak, baptisées « Aube de la libération », ont été entachées par l’assassinat du journaliste Hadi al-Mahdi, 44 ans. Il était connu pour être l’un des principaux organisateurs des « Journées de la colère » qui se déroulent tous les vendredis depuis février dernier dans tout le pays. La veille, un tueur l’a abattu de deux balles dans la tête à son domicile, avec un revolver silencieux. C’est le septième journaliste assassiné depuis janvier 2011.

 

Les menaces de Nouri al-Maliki

 

Le 27 février dernier, Hadi al-Mahdi, ancien membre du parti al-Dawa du Premier ministre Nouri al-Maliki, avait été enlevé par des militaires après la manifestation du vendredi et conduit, les yeux bandés, dans une prison secrète du régime. Accusé d’être un baasiste, il avait été interrogé, torturé à l’électricité, menacé de viol. En mars, un civil avait abordé le journaliste pour lui conseiller de mettre en veilleuse ses activités. L’individu lui avait récité les noms des personnes à qui il avait téléphoné dans la journée pour bien lui montrer qu’il était sous étroite surveillance. Il y a deux mois, craignant pour sa sécurité, Hadi al-Mahdi avait mis un terme aux débats qu’il animait, depuis 2008, trois fois par semaine sur Radio Demozy, où il s’en prenait, non sans humour, à la corruption et à l'incompétence des hommes politiques irakiens, quelles que soient leurs tendances. Des représentants de Nouri al-Maliki avaient alors fait savoir à la direction de la radio que son émission, très écoutée, déplaisait à Nouri al-Maliki. En Irak, ce genre de remarque vaut avertissement. Elle est à prendre très au sérieux.

 

Hadi al-Mahdi n’en poursuivait pas moins ses activités politiques et voulait faire du 9 septembre un grand moment de la contestation. Amnesty International rapporte que quelques heures avant son assassinat, il a publié sur Facebook le message suivant : « J'ai passé les trois derniers jours dans un état de terreur. Certaines personnes m'appellent et me mettent en garde contre les descentes de la police et les arrestations de manifestants. Quelqu'un me dit que le gouvernement va faire ceci et cela. Une personne sous un faux nom vient sur Facebook pour me menacer ».

 

Le 9 septembre, un cortège d’une centaine de personnes, précédé par un cercueil symbolique recouvert du drapeau irakien sur lequel était placée la photo de Hadi al-Mahdi, a tenté de se joindre aux manifestants occupant la place Tahrir. Il en a été empêché par les véhicules blindés et des cordons de police barrant les rues attenantes.

 

Germe d’une nouvelle guerre avec le Koweït

 

Les forces de répression du régime Maliki sont parvenues, cette fois, à circonscrire en partie l’expression publique du mécontentement populaire à Bagdad. Mais, le feu couve toujours sous la braise. D’autres revendications s’ajoutent à l’éradication de la corruption, à la remise en état des services publics et au départ des troupes d’occupation. A Faloujah, Ramadi, Hilla, Bassora, quelques milliers de manifestants demandaient à l’ONU de stopper les ingérences iraniennes et turques au Kurdistan et d’interdire la construction d’un terminal pétrolier sur l’île koweitienne de Boudiyane. Ce projet démentiel porte en lui les germes d’une nouvelle guerre, sa finalisation aurait pour effet d’obstruer l’accès de l’Irak au Golfe arabe, et permettrait aux Koweïtiens de prélever un droit de passage sur les navires livrant des marchandises au port irakien de Fao. A Bagdad, place Tahrir, le cheikh Farouk Mohammadawi, président du Rassemblement des tribus du Sud et du Moyen-Euphrate, a résumé le sentiment profond de la population en déclarant être venu « pour renverser le gouvernement et réformer le système politique ».

 

Article paru dans Afrique Asie sous le titre : Bagdad redouble de colère le vendredi

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 19:48

 

http://www.courcelles.skynetblogs.be/archive/2011/10/14/belgique-communique-de-presse-ptb-l-impact-de-la-debacle-dex.html

 

Communiqué de presse PTB

 

Mardi 11 octobre 2011

 

L'impact de la débâcle Dexia sur les communes est largement sous-estimé

 

Le service d'études du Parti du Travail de Belgique révèle ce mardi des chiffres sur l'impact de la chute du groupe Dexia sur les finances communales. «  Les chiffres sont consternants, déclare Raoul Hedebouw, porte-parole du PTB. Les communes de toute la Belgique risquent de perdre près de deux milliards, en plus du milliard perdu par les dividendes non versés ces dernières années et l'injection du capital en 2009. Qu'on le veuille ou non, le citoyen risque d'être le dindon de la farce.  »

 

Vous trouvez ici, les chiffres pour quelques communes importantes du pays, ainsi que la perte totale estimée. Le Holding communal a été créé en 1996 suite à la privatisation du Crédit communal et détient 14,1  % des actions Dexia. Toutes les communes et provinces détiennent des actions là-bas et avaient des revenus importants via des dividendes. Cinq cent millions ont été investi dans la recapitalisation en 2009, les communes ont perdu plus de six cent millions d'euros par la perte de dividendes entre 2008 et 2011, mais surtout comme actionnaires, elles voient aujourd'hui pointer une perte potentielle de deux milliards par la baisse du cours en Bourse de Dexia.

 

Les chiffres livrés par l'Union des Villes et Communes wallonnes (cinq cent soixante quinze millions de pertes potentielles) se limitent à la Wallonie et ne tiennent surtout pas compte de la moins-value des actions Dexia.

 

La perte totale de patrimoine est ainsi estimée, par le service d'études du PTB, à deux cent vingt et un millions d'euros pour la ville d'Anvers, cent trente six millions d'euros pour Charleroi, cent neuf millions d'euros pour Schaerbeek et quatre vingt trois millions d'euros pour la ville de Liège  !

 

Le comble est que les communes vont devoir faire des restrictions pour sauver une banque souvent au prix d'emprunts coûteux  : «  On a vu souvent des communes emprunter de l'argent pour... sortir Dexia des problèmes  », réagit Raoul Hedebouw qui note que le Crédit communal comme la CGER n'ont jamais connu les problèmes que connaissent aujourd'hui les banques privées.

 

«  Il ne s'agit pas de nationaliser temporairement Dexia Banque Belgique pour qu'elle continue à se comporter comme une banque privée, puis à être revendue à une banque privée étrangère. Dans ce cas, les communes ne pourront récupérer qu'une toute petite partie de leurs pertes. Il s'agit de transformer Dexia Banque Belgique en un nouveau Crédit communal, une banque des communes, basée sur les dépôts et l'épargne des ménages, des prêts aux communes (belges), sans exiger un profit maximal et sans spéculation en Bourse, précise Raoul Hedebouw, porte-parole du parti de gauche. Les structures, les activités, le fonctionnement de Dexia Banque Belgique doivent être assainis  : par la suppression des activités de spéculation, par la transformation des prêts actuels souvent à taux variables aux communes en produits de long terme avec taux de change fixes, par le départ des postes à responsabilité de ceux qui ont participé aux activités du passé... Et pour financer cette opération, l'État doit s'en prendre aux responsables du système financier en Belgique qui ont profité du système pendant des années et sont à l'origine de la débâcle actuelle. Par une contribution réparatrice du secteur financier pour financer le rachat de Dexia Banque Belgique  immédiatement, par la transformation du secteur bancaire belge actuel en un secteur public, ensuite.  »

 

 

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 19:53

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article5314

http://www.pcof.net/fr/communiques/pcof_membre_fdg.pdf

 

Le Parti Communiste des Ouvriers de France est membre du Front de Gauche

 
Le Parti Communiste des Ouvriers de France a décidé de demander à entrer dans le Front de Gauche.

 

Cette demande a été acceptée par ses composantes actuelles.

 

Nous nous en réjouissons sincèrement.

 

Notre parti milite depuis plusieurs années pour l’unité politique de la gauche de transformation sociale autour d’axes de rupture avec la politique néolibérale. De la mobilisation pour la victoire du « non » de gauche au référendum sur le traité européen, qui s’est prolongée par la constitution des « collectifs du 29 mai » et la rédaction de la charte pour une alternative au libéralisme, cette exigence n’a cessé de s’imposer.

 

L’ampleur de la crise du système capitaliste, le caractère de plus en plus réactionnaire de la politique de la droite sarkozyste qui veut faire retomber tout le poids de la crise sur le dos du peuple et la politique belliciste qui tient lieu de politique étrangère, placent le mouvement ouvrier et populaire et ses différentes organisations politiques, syndicales, sociales, associatives… devant la nécessité de riposter avec une détermination accrue et dans l’unité.

 

Elle pose avec acuité la nécessité de construire une alternative de rupture sur tous les fronts avec cette politique et avec le système qui la sous-tend.

 

Une telle rupture ne peut être portée par les tenants du social-libéralisme ou de l’écololibéralisme. La politique menée par des gouvernements et des majorités parlementaires se réclamant de ces options est contraire aux intérêts des peuples qui la combattent.

 

Parmi les forces qui mettent en avant la nécessité d’une politique de rupture, le Front de Gauche propose une démarche ouverte et insiste sur la nécessité de gagner les masses à ses propositions politiques. Nous partageons cette préoccupation et cette orientation.

 

Avec la plupart des composantes du Front de Gauche, notre parti a déjà mené des campagnes politiques, notamment celle des régionales. Nous nous retrouvons ensemble sur de multiples fronts de la lutte politique et sociale, dans le cadre de collectifs.

 

Mais nous sommes conscients que le fait d’entrer dans le Front de Gauche engage notre parti dans un processus plus ambitieux. Nous y sommes prêts.

 

Notre parti, dont la proposition politique pour la période est synthétisée dans le mot d’ordre « pour un front populaire révolutionnaire maintenant », se battra pour enraciner le Front de Gauche dans le mouvement ouvrier et populaire. Pour qu’il gagne la confiance et le soutien actif de tous ceux et celles qui aspirent à un changement de fond de politique, qui met les intérêts ouvriers et populaires, les intérêts des peuples, au centre de ses choix.

 

Notre souhait est que le Front de Gauche s’élargisse encore à d’autres forces politiques, sociales, aux associations, aux militants du mouvement syndical, aux organisations qui luttent pour le droit des femmes, aux organisations de la jeunesse… Les formes de cet élargissement sont à trouver, mais c’est aussi une condition pour que notre peuple s’empare du Front de Gauche et en fasse un instrument de lutte.

 

Nous le disons souvent – et nous ne sommes pas les seuls à le dire – l’unité est un combat.

 

Mais c’est un combat nécessaire et salutaire, dès lors qu’il n’a d’autre but que de renforcer notre camp, celui des ouvriers et des travailleurs des villes et des campagnes, celui des créateurs de richesse, celui des hommes et des femmes de progrès et de tous ceux et celles qui veulent en finir avec le diktat de la finance et du grand capital.

 

Il faut maintenant faire vivre le Front de Gauche, partout !

 

Paris, 30 septembre 2011

 

Le Comité Central du Parti Communiste des Ouvriers de France

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 18:29

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/04/la-guerre-coloniale-du-cameroun-a-bien-eu-lieu_1581974_3232.html

 

La guerre coloniale du Cameroun a bien eu lieu

 

LEMONDE | 04.10.11 | 13h09   Mis à jour le 05.10.11 | 16h07

 

A moins d'un improbable coup de théâtre, Paul Biya, 78 ans, président du Cameroun depuis 1982, sera "réélu" pour un nouveau septennat le 9 octobre prochain. Malgré les fraudes électorales, les journalistes emprisonnés, les opposants menacés et une corruption omniprésente, il aura droit aux félicitations de Paris, comme cela a toujours été le cas depuis trente ans.

 

Paul Biya est arrivé au pouvoir sans jamais avoir été élu, ni s'être jamais présenté à la moindre élection. Il a simplement été désigné par son prédécesseur Ahmadou Ahidjo, qui gouverna lui aussi son pays d'une main de fer. A l'origine de ce demi-siècle de dictature, on trouve une guerre. Une terrible guerre coloniale menée par l'armée française, une guerre cachée et encore taboue aujourd'hui, qu'il nous appartient à nous, Camerounais comme Français, de regarder en face.

 

Avant et après la proclamation officielle de l'indépendance de ce pays, le premier janvier 1960, Paris a tout essayé pour briser les mouvements qui, portés principalement par l'Union des populations du Cameroun (UPC), réclamaient une indépendance réelle respectant la souveraineté populaire. Dans ce territoire placé sous la tutelle de l'ONU en 1946 - mais administré par la France et le Royaume-Uni -, la quatrième République, sous les ordres de François Mitterrand, Gaston Defferre ou Pierre Messmer, a déclenché une véritable guerre au milieu des années 1950. Bâillonnement de l'opposition, création de milices sanguinaires, torture à grande échelle, déplacement des populations, guerre psychologique, assassinats : les méthodes de la "guerre révolutionnaire" - et parfois les hommes chargés de les appliquer - sont les mêmes que celles mises en oeuvre au même moment en Algérie.

 

La cinquième République du général de Gaulle a poursuivi la même politique de répression après l'"indépendance" confiée au candidat choisi par Paris, le président Ahmadou Ahidjo. En accentuant encore la guerre à l'ouest du pays à l'aide de bombardements intensifs, qui mirent à feu et à sang toute la région "bamiléké". Combien de morts ce terrible conflit a-t-il provoquées ? De soixante et un mille à soixante seize mille, comme l'estimait l'ambassade du Royaume-Uni en 1964 ? Cent vingt mille, comme le rapportait deux ans plus tôt André Blanchet, alors journaliste au Monde ? Davantage, comme l'affirment certains commentateurs ?

 

Dénoncée depuis des décennies et aujourd'hui largement documentée, cette guerre reste un tabou français. Le mot lui-même, pourtant utilisé à l'époque par les militaires pour décrire leur action, est banni du vocabulaire officiel, qui ne retient que les mots de "troubles", d'"émeutes", de "guerre civile" et, parfois, d'affrontements "ethniques". En 1972, la France de Pompidou interdisait "Main basse sur le Cameroun" (éditions Maspero), l'essai de l'écrivain camerounais Mongo Beti, qui dénonçait déjà ces atrocités et la responsabilité de Paris.

 

On retrouve cette négation, officiellement exprimée, dans la bouche de François Fillon en mai 2009. Interrogé sur ces "événements" et, notamment, sur l'"assassinat par l'armée française de certains nationalistes camerounais", le premier ministre osa dire que "tout cela" relevait "de la pure invention". L'armée française a pourtant, d'après ses propres archives, assassiné Ruben Um Nyobé, secrétaire général et leader charismatique de l'UPC, en septembre 1958. Ses services secrets ont, comme l'ont avoué plusieurs de leurs responsables, fait empoisonner à Genève Félix-Roland Moumié, président de l'UPC, en octobre 1960. L'aviation française a, toujours d'après les archives françaises, tiré à l'ouest du Cameroun des centaines de milliers de cartouches entre décembre 1959 et septembre 1960... Que M. Fillon aille vérifier par lui-même : les archives françaises regorgent de "pures inventions" de ce type.

 

Si, encore aujourd'hui, le gouvernement français ment aussi effrontément, c'est parce que ce passé reste d'une actualité brûlante. Paul Biya, formé à l'Ecole nationale de la France d'outre-mer au moment où la répression battait son plein au Cameroun, avant d'entrer au cabinet d'Ahidjo, de devenir son secrétaire général puis son premier ministre, est toujours au pouvoir aujourd'hui.

 

Soutenu à bout de bras par la France malgré une répression aussi sournoise que permanente des mouvements populaires, il a autoritairement modifié la Constitution camerounaise en 2008 pour briguer un nouveau septennat. Au même moment, alors que la jeunesse camerounaise se soulevait contre ce coup d'Etat constitutionnel et contre la misère entretenue par le régime, son armée et sa police noyaient la révolte dans le sang, faisant plus d'une centaine de morts. Sans aucune réaction ou presque de la communauté internationale.

 

Nicolas Sarkozy martèle depuis des années que la France ne doit plus se "repentir". "Nul, affirmait-il dans son fameux discours de Dakar en 2007, ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères." Mais personne ne demande cela. Ce dont il s'agit, c'est d'en finir avec la falsification de l'Histoire : la France de 2011 doit admettre qu'elle a mené une guerre au Cameroun. Elle doit ouvrir entièrement ses archives, soutenir les travaux des chercheurs français et camerounais qui veulent connaître leur histoire, et participer, avec les autorités camerounaises, à la sauvegarde des archives de ce conflit, qui pourrissent à grande vitesse au Cameroun.

 

En février 2005, l'ambassadeur de France en Algérie a reconnu la "tragédie inexcusable" des massacres de Sétif et Guelma en 1945. La même année, Jacques Chirac est allé à Madagascar reconnaître la responsabilité de la France dans la terrible répression de 1947. Qui ira au Cameroun pour dire - simplement dire - une réalité historique : la France y a mené une guerre ? Cette démarche impliquera sans doute de reconnaître que cette guerre a enfanté une dictature implacable, c'est-à-dire une autre forme de guerre, permanente, contre un peuple entier. Mais à l'heure où les dirigeants français prétendent promouvoir la démocratie dans le monde arabe, ne serait-il pas cohérent de reconnaître la responsabilité majeure de la "patrie des droits de l'homme" dans la guerre qui a embrasé le Cameroun et y a installé depuis cinq décennies une dictature sanglante typique de la Françafrique ?

 

Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, auteurs de "Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)" (La Découverte, 2011) ;

 

François Gèze, PDG des Editions La Découverte ;

 

Ambroise Kom, professeur des universités ;

 

Achille Mbembe, professeur de science politique à l'université du Witwatersrand (Johannesburg) ;

 

Odile Tobner, écrivain.

 

 

 

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