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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 14:02

 

http://www.tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=483

http://www.npa2009.org/content/communiqu%C3%A9-du-npa-expulsion-du-squat-94-rue-des-sorins-%C3%A0-montreuil-93

 

Expulsion du squat du 94 Rue des Sorins à Montreuil

 

Communiqué du NPA

Samedi 30 juillet, la police, sur ordre du préfet, a expulsé dans un déchaînement de violences inouïes les trois cent occupants du squat situé au 94 rue des Sorins. Parmi eux, se trouvaient de nombreux travailleurs sans papiers Les forces de police, les CRS, avaient été mobilisés en grand nombre, à tel point que la zone située entre la mairie et la Porte de Montreuil avaient des allures d’état de siège. Soixante quinze personnes ont été arrêtées parmi les occupants, plusieurs ont été gazés, dont une élue municipale de l’opposition.

Plusieurs dizaines de personnes qui s’étaient rassemblés en solidarité Place de la Fraternité ont également été arrêtées, transférées à Paris Aucun élu de la majorité n’étaient présents sur les lieux pour apporter son soutien aux occupants. Et pour cause, la police nationale n’est pas la seule en cause puisque des riverains ont aperçu la veille, à 22 h, des agents de la police municipale verbaliser les voitures stationnées à l’arrière du bâtiment pour préparer l’expulsion. Pourtant les occupants avaient réalisé, à leur charge, certains travaux de salubrité demandées par la mairie pour viabiliser les locaux. Mais la mairie a choisit de ne pas en tenir compte.

Il y a donc un double discours de Dominique Voynet, maire de Montreuil, et de sa majorité. Plusieurs dizaines de travailleurs sans-papiers risquent l’expulsion du territoire alors qu’ils sont déjà surexploitées par des patrons profitant de leur situation voulue par le gouvernement. La plupart des personnes gardées à vue ont immédiatement fait l’objet d'un classement sans suite et ont été libérés.

Alors que de nombreux logements vides existent à Montreuil, et que des milliers de personnes sont en attente d’un logement depuis des années et, alors, que la spéculation immobilière se déchaîne à Montreuil, les squats sont tout à fait légitimes et ne font que répondre au droit fondamental à disposer d'un logement. Il semble que ce droit ne soit pas la priorité de la mairie.

Nous exigeons : La réquisition des logements vides qui peut être demandée par le maire au préfet. Le gel des loyers pour stopper la spéculation immobilière. La construction massive de logements sociaux accessibles aux bas revenus. La viabilisation et la pérennisation des squats qui participent à la vie des quartiers. Concernant les circonstances de l’expulsion la semaine dernière du squat rue des Caillots par des nervis, au-delà de la saisine du procureur pour obtenir l’inculpation des auteurs, nous demandons qu’une enquête soit déclenchée sur l’attitude scandaleuse de la police qui a protégée les nervis.

Au-delà et devant la multiplication probable des expulsions, des projets d’habitats dans le contexte de frénésie immobilière dans la ville, nous appelons à constituer un cadre unitaire large pour défendre le droit au logement pour tous dans une ville populaire et multiculturelle.

Le premier août 2011.

 

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 19:20

http://www.mediapart.fr/article/offert/0760389d42265b1a2611bac66871d7c9

Quand « le laïcard Mélenchon » s’intéresse aux quartiers populaires

29 juillet 2011

Par Stéphane Alliès

Un 14 juillet à Vaulx-en-Velin. Loin des avions de la patrouille de France qui le font pourtant fantasmer, Jean-Luc Mélenchon, pour une fois, ne chante pas La Marseillaise. Lui qui, du temps où il était ministre socialiste du gouvernement Jospin, aimait à entonner son amour de la patrie en tribune d'honneur des Champs-Elysées, a cette année choisi de célébrer la fête nationale dans un quartier populaire de la grande banlieue lyonnaise. Pour qui aime les symboles, ce qui est le cas de l'ancien sénateur, le message est clair. Et dévoile une ambition nouvelle: s'adresser à un électorat auquel il a peu parlé jusqu'à ce qu'il endosse aujourd'hui le costume du candidat de l'autre gauche à la présidentielle. Ainsi, il s'exclame: «Il est temps d'arrêter la folklorisation de la banlieue, présentée comme une énigme violente.»

 

Jusqu'ici, dans ces zones très souvent désertées par le politique, seuls Ségolène Royal en 2007, Christiane Taubira en 2002, ou Olivier Besancenot les deux fois, avaient capté un peu de ce public. En cas d'absence de ces trois candidats (seule Royal est encore en course, après le retrait du leader du NPA, et le soutien de la députée guyanaise à Montebourg), Mélenchon sait qu'il a une carte à jouer et un espace à occuper. Même si le terrain des quartiers populaires et de l'immigration est toujours difficile à appréhender pour la gauche classique, souvent accusée par les représentants associatifs d'instrumentaliser les banlieues. Autre obstacle pour Mélenchon: sa vision laïcarde de la République a jusqu'ici échaudé plusieurs leaders associatifs, pour qui la lutte contre l'islamophobie fait partie des préoccupations à relayer dans le débat public.

 

En charge de l'organisation des fronts thématiques (intellectuels, jeunes, syndicalistes) dans l'équipe de campagne de Mélenchon, la militante féministe Clémentine Autain se dit «persuadée que la réussite du Front de gauche passera par sa capacité à fédérer et inclure différents mouvements. Jean-Luc ne sera jamais le porte-voix de la gauche radicale s'il ne laisse pas tout le spectre de cette gauche radicale s'exprimer, et il est d'accord pour lui reconnaître une liberté de parole». Pour Danielle Obono, transfuge du NPA vers le Front de gauche où elle animait le courant unitaire et minoritaire, et qui était membre de la commission des quartiers populaires, «il y a une vraie nécessité à reconvaincre cet électorat, et pour cela faire confiance aux initiatives locales, comme celle de Mohamed Bouklit».

 

Le 3 juillet, en déplacement dans le Midi, Mélenchon a proposé à ce leader du Front de gauche des quartiers populaires, une association créée dans les quartiers de La Paillade à Montpellier (lire sa tribune dans Médiapart), de rejoindre le comité national de sa campagne. Et deux jours plus tard, Gabriel Amard, président de l'agglo de Viry-Châtillon (Essonne) et très proche de Mélenchon, publiait sur son blog un texte relayant l’initiative. Clémentine Autain assure que, dès la rentrée, ils seront plusieurs à «s'atteler à l'organisation d'une structuration nationale», et notamment le député Patrick Braouezec, en vue d'Assises déjà annoncées par Bouklit «pour l'automne» à Montpellier.

 

Pourtant, quand on connaît l'intransigeance absolue de Mélenchon envers toutes concessions de l'Etat faites aux religions, comme le rappelle la dernière proposition de loi de son Parti de Gauche, l'ouverture à un militant comme Bouklit pourrait avoir de quoi surprendre. Actif à La Paillade depuis plus de dix ans, ce jeune docteur en informatique de 34 ans, qui a soutenu une thèse sur la démocratie participative sur internet, traîne derrière lui une réputation de communautariste musulman, sévèrement entretenue par les socialistes locaux proches de feu Georges Frêche.  

 

Coup de force électoral

 

Quand on rencontre Mohamed Bouklit, dans un café à La Paillade, il est entouré de deux copains, Smaïl et Lhoussaine, l'un et l'autre jeunes diplômés (en droit et en informatique). Ensemble, et avec une trentaine d'autres militants, ils animent un groupe politico-associatif qui n'a jamais cessé de s'activer depuis une demi-douzaine d'années dans le quartier de résidence du stade de football de la Mosson. «On apporte nos compétences au mouvement citoyen, explique Smaïl, un mouvement qui a peu à peu progressé au fur et à mesure que le ras-le-bol contre le clientélisme augmentait. Jusqu'ici, il fallait être adoubé politiquement pour pouvoir bénéficier de droits normaux.» Université populaire, Plateforme citoyenne, Etats-généraux des quartiers populaires de Montpellier, cafés citoyens une fois par mois, aide à la création de commerces solidaires (comme une «épicerie sociale»), constitution d'une régie de quartier... Depuis 2007, Bouklit et sa «bande» occupent l'espace local, dans une relative indifférence médiatique. 

 

Mais l'histoire a connu en peu de temps une accélération politique assez remarquable. Jusqu'ici considéré comme un «leader musulman» peu fréquentable dans la gauche locale, Bouklit réussit un coup de force électoral aux dernières élections cantonales. En mars dernier, il décide de se présenter comme candidat face au président du conseil général sortant, André Vézinhet, dans le canton de La Paillade. «En janvier, on avait décidé d'intervenir au cœur de la gauche, de porter nos propres revendications sociales, que le PS ne parvient jamais à relayer», explique Bouklit. Il rencontre René Revol, leader local du Parti de gauche et vieux complice de Mélenchon (ils se connaissent depuis le début des années 1970, quand ils militaient tous les deux à l'OCI lambertiste, lui à Grenoble, Mélenchon dans le Doubs), qui suit avec attention l'évolution de la «bande à Mohamed» sur La Paillade. 

 

Alors que le PCF est plutôt d'accord pour soutenir Vézinhet, il parvient à labelliser la candidature de Bouklit comme Front de gauche, avec une membre de Gauche unitaire en suppléante. «On commençait à bien se connaître, ses enfants sont aux Garrigues, un collège du quartier», explique le trentenaire. Malgré les protestations de certains communistes locaux (comme à Béziers), le courant passe avec Revol, professeur de classes préparatoires devenu maire de Grabels, et vieux routier de l'anti-fréchisme.

 

Stupeur: il parvient à se qualifier au second tour avec 20% des voix, passant de justesse devant le Front national et contraignant Vézinhet (un ancien fidèle de Frêche peu à peu en rupture de ban) à un ballottage inattendu. Refusant le désistement républicain, Bouklit se maintient. «On ne veut ni s'effacer ni négocier, mais changer la donne, sans céder au clientélisme», explique son ami Smaïl. Obtenant le soutien du PCF local, malgré le désaccord de la fédération du PCF de l'Hérault, le résultat sonne comme un deuxième coup de tonnerre: Bouklit recueille 35% au second tour. «On devient la principale force d'opposition dans le quartier», raconte avec fierté Smaïl. Pourtant, très rapidement, les procès en communautarisme ont resurgi.

 

« Contrechoc des civilisations »

 

Peu après l'élection, la presse locale se fait l'écho de textos envoyés avant le second tour: «Si tu es un bon musulman, tu dois soutenir ton frère musulman. Dimanche 27, vote Bouklit.» L'intéressé dit «désapprouver ce genre d'appel», qu'il jure ne pas avoir téléguidé. Mais il note aussi que «Vézinhet a lui activé les réseaux gitans, comme le fait le PS depuis tant d'années, sans que cela ne choque jamais». Bouklit l'assure, son passé «sulfureux» est derrière lui. Sa liste de «l'union des étudiants musulmans» aux élections du Crous en 2002, et ses demandes vaines d'ouverture de salles de prière en cité-U. Comme sa participation, aux côtés du CRI (un petit groupe harcelant Frêche et mettant en avant des femmes voilées, après que celui-ci avait refusé la présence de deux d'entre elles dans son cours à la fac), à la campagne de l'UMP Jacques Domergue, qui deviendra député en battant le tout-puissant maire d'alors. S'il réfute s'être engagé à ce point, Bouklit assure aussi avoir changé.

 

«Un cheminement militant est inscrit dans une histoire, dit-il calmement. Le début des années 2000 était marqué par les discriminations islamophobes, et aussi les dérapages locaux de Frêche. A l'époque, on avait 20 ans, et pas forcément la bonne conscience politique et médiatique pour répondre à ce genre d'accusation. Depuis, on a grandi, et on a connu le mouvement altermondialiste dans lequel on s'est investi.» Le trentenaire manie des formules rodées, qui reviennent à plusieurs reprises dans la discussion, mais qui font également mouche. Après avoir avoir quitté Montpellier le temps de finir ses études, il se réinvestit dans l'action de quartier.

 

En 2009, il lance une «plateforme citoyenne et participative des quartiers populaires», qu'il décrit comme un «mouvement horizontal, aux valeurs républicaines ouvertes», mais pas non plus ancré à gauche. «On récuse le terme apolitique, même s'il traduit bien la crise actuelle du politique.» Son objectif, tel qu'il le définit, est alors de «trouver un chemin entre les "béni oui-oui" qui versent dans le clientélisme et les "béni non-non" qui versent dans le communautarisme», sans se départir de son opposition à Georges Frêche: «Il était un seigneur, à la tête d'un système féodal dont nous étions les gueux. Il parlait beaucoup, mais il n'a réalisé aucune transformation sociale dans les quartiers. Au contraire, il les a laissé se délabrer.»

 

Aujourd'hui, Bouklit se dit lassé des «procès en double discours» et des accusations en «proximité de Tariq Ramadan». Et de rappeler que Frêche est allé jusqu'à le traiter de «cousin de Ben Laden». «C'est quand même extraordinaire que la gauche nous dise ça, alors que c'est elle qui devrait défendre la diversité, s'insurge-t-il. Mais pas une diversité cosmétique, car c'est cela qui est un communautarisme déguisé!» Pour lui, «il y a différentes revendications religieuses, mais ce n'est pas aux élites de nous dire lesquelles sont acceptables! Et permettre la construction de lieux de culte dignes me semble juste normal...». Désormais, il dit «combattre le communautarisme, car il implique un refus de toute stratégie d'alliances. La radicalisation religieuse n'est que le reflet du rejet total ou de l'instrumentalisation des quartiers par la classe politique. Il ne s'agit pas de nier la lutte contre l'islamophobie, mais d'y apporter une réponse républicaine».

 

Bouklit commence à regarder ce qui se passe à gauche, alors que Frêche est désormais contesté par son propre camp. Il s'intéresse alors à Europe-Ecologie, qui localement tient le flambeau de l'opposition interne à «Papa d'Oc». «J'avais des copains qui s'y éclataient dans d'autres villes, mais à Montpellier c'est une écologie trop bobo», lâche-t-il. «Il cherchait à être candidat en priorité, sans vraiment passer par le filtre démocratique interne», rétorque-t-on chez les écolos locaux. Le Front de gauche semble alors à même de lui fournir l'étiquette et l'espace politique qu'il recherche à La Paillade. Et cela même si les sorties de Jean-Luc Mélenchon peuvent apparaître contradictoires avec ses engagements passés sur les questions de laïcité. «Il s'emballe quand il dénonce les dérives et la radicalisation religieuse..., reconnaît-il. Mais l'essentiel est de pouvoir intégrer un mouvement pluriel et respectueux, où chacun entend nourrir le Front de gauche de toutes ses influences.»

 

Mohamed Bouklit a décidé de prendre le mouvement rassembleur à la gauche du PS au mot. «Le Front de gauche c'est quoi?, explique-t-il. Un cartel de trois partis ayant vocation à s'élargir et appelant à la constitution d'assemblées citoyennes. Eh bien nous, elle est déjà constituée. Donc on veut participer à cette recomposition de la gauche. Nous, on veut plus de gauche dans les quartiers.» Conscient de devoir montrer patte blanche, ou du moins «patte laïque», il estime aussi que «la volonté d'ethnicisation entretient la ghettoïsation et le clientélisme» et pense que «le communautarisme nuit aux revendications, car elles se heurtent d'emblée à une rhétorique accusatoire. Même si on n'a aucune leçon à recevoir, et que personne n'a à nous dire qui on est, ni ce qu'on doit penser». Désireux de dépasser «les débats caricaturaux et simplistes», il dit aussi croire «aux vertus de l'éducation populaire, et au fait que le printemps arabe est en train de jouer sur les consciences. Comme un contrechoc des civilisations».

 

« D’accord pour ne pas parler la même langue »

 

Si Mélenchon se dit séduit par l'action de Mohamed Bouklit, il n'entend pas franchement changer de cap sur la laïcité. A l'automne, son parti publiera d'ailleurs, dans la collection qu'il anime aux éditions Bruno Leprince, un petit livre rappelant l'opposition farouche à toute ouverture du principe de laïcité. Une position de fermeté qu'il veut égale vis-à-vis de tous les cultes, et qu'il avait d'ailleurs développée en riposte au discours de Latran de Nicolas Sarkozy, lors d'une «tenue collective» au Grand-Orient de France. Une intervention qui a rencontré un fort succès d'estime chez les «frères» franc-maçons.

 

Une conception radicale que ne partage pourtant pas le PCF, qui a souvent par le passé promu des candidates voilées sur ses listes municipales (par exemple aujourd'hui encore une adjointe au maire d’Echirolles dans l’Isère. Venue du NPA, où le débat sur la compatibilité du féminisme et le respect de la religion fit rage toute l'année dernière, Danielle Obono confie, en gros, que tant que le problème n'est pas posé, rien ne sert de le soulever. «C'est un sujet qui fait partie des 10% de désaccords qu'on peut avoir au Front de gauche, mais il reste 90% sur lesquels on est d'accord!» Selon elle, «c'est évident que tout le monde a en tête l'expérience du NPA, et que personne, quels que soient les points de vue, n'a envie de faire les mêmes bêtises, ni de brandir la question de la laïcité comme un cheval de bataille». 

 

Récemment interrogé par Mediapart sur la seule question de l'autorisation pour les femmes voilées de pouvoir accompagner les sorties scolaires, contre laquelle s'est prononcée le PG, il bottait en touche en assumant son nouveau rôle de porte-voix collectif: 

 

«Je vais porter la parole commune, le point de vue qui permet à nos différences de ne pas conduire à l'éparpillement. On ne va pas avoir de débat abstrait sur la laïcité. On fera comme depuis le début, en déconstruisant les mots de chacun pour examiner leur contenu précis, puis on construira une synthèse avec de nouveaux mots (...) Il y aura parfois plusieurs discours dans la campagne. Le PG ou le PCF ne vont pas cesser d'exister! Mais ce ne sera pas à moi de trancher. Je m'efforcerai de tenir la parole commune d'une séparation de l'Eglise et de l'Etat et d'une école qui ne soit pas un lieu d'embrigadement idéologique. Mais la présidentielle va-t-elle vraiment se jouer là-dessus?»

 

De son côté, Clémentine Autain temporise et se dit «très confiante», estimant que Mélenchon «chemine». «Désormais, il est pour la régularisation de tous les sans-papiers, ce qui n'était pas forcément le cas avant. L'idée du Front de gauche, c'est qu'on n'est pas tous pareil, mais qu'on est d'accord pour ne pas parler la même langue, tout en étant content de se retrouver sur un socle de valeurs communes.» Celle qui a déjà passé une journée entière à La Paillade auprès de Mohammed Bouklit, il y a deux ans, pense que, pour cette campagne présidentielle, «le Front de gauche doit être capable d'être aussi divers que peut l'être le PS allant de Valls à Montebourg, et doit prendre concrètement la mesure des révoltes des banlieues de 2005, un événement politique qu'aucun parti n'a réellement analysé».

 

Les dessous du voile

 

Contraint à la souplesse idéologique, mais apparemment consentant, Mélenchon pourra se rappeler de ses années 1990. Quand le sénateur socialiste de l'Essonne, allié à Julien Dray au sein de la «Nouvelle école socialiste» devait composer avec la jeunesse issue de SOS-Racisme. A l'époque, il ne tenait pas un discours aussi ferme en matière de laïcité. Ainsi, lors de «la première affaire du voile» (dans un lycée de Creil à la rentrée de 1989), il prenait la plume dans le bulletin interne de son courant pour se lancer dans un plaidoyer vibrant en faveur de la «laïcité ouverte». Dans le n°327 de A gauche, en octobre 1989, le sénateur PS d'alors titrait son édito: «Les dessous du voile».

Et il s'y exclamait: «Etrange: l'exclusion scolaire comme remède à l'obscurantisme! (...) Faisons confiance à la vie elle-même et non aux interdits. Convaincre et ne pas contraindre (...) Si l'école n'est pas celle qui accueille tous les enfants, les enfants qui ont une religion n'ont pas d'autre place que dans leurs écoles confessionnelles...» Des propos qui étonnent, quand on voit aujourd'hui le candidat à la présidentielle Mélenchon se tordre le nez à la vue de la moindre tête recouverte d'un tissu à connotation religieuse. «J'ai fait plus qu'écrire ça, confie aujourd'hui Mélenchon. J'ai même mouillé ma chemise à la commission exécutive du bureau fédéral de l'Essonne. Parce que Dray, sans me prévenir, avait déjà fait prendre position à SOS-Racisme sur le sujet. Du coup, on était dans le grand écart. Mais honnêtement, au bout de 8 jours, il m'avait convaincu que ma position était fermée.» Depuis, son «ouverture» s'est refermée sur son fondamentalisme laïque. Mais il a alors montré sa capacité à pouvoir tactiquement adapter sa doxa, quand les conditions politiques le nécessitent.

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 13:49

 

http://www.rebellyon.info/Place-Syntagma-evacuee-solidarite.html

Place Syntagma évacuée : solidarité avec les camarades arrêtés !

Ce samedi 30 juillet, le cam­pe­ment des « Indignés » à été évacué en Grèce par la police. Au cours de cette opé­ra­tion, la police grec­que a arrêté huit per­son­nes, quatre grecs, deux fran­çais, un rou­main, un alle­mand, les accu­sant d’avoir « violé les lois sur la pro­tec­tion de l’envi­ron­ne­ment » (sic) ! Le pré­texte répres­sif est gros­sier ! Parmi eux Salim Messad, un cama­rade d’AC Rhône ! qui était de pas­sage sur la place avant de pren­dre son avion. Lui et les autres inculpés pas­sent en juge­ment ce lundi, après une garde à vue ou même les droits de la défense n’ont pas été res­pecté : ni inter­prè­tes, ni infor­ma­tion du consu­lat suite à l’arres­ta­tion. (Suite à audience ce jour, le procès est reporté à jeudi) Le consu­lat fran­çais, pré­venu par des pro­ches, n’apporte quant à lui aucune assis­tance aux inter­pel­lés fran­çais. Face à cette situa­tion, notre soli­da­rité est une arme.

 

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 12:59

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Fadwa_Nassar.030811.htm

Reconnaître l’Etat palestinien : pour quoi faire ?

Fadwa Nassar

Mercredi 3 août 2011

Nombreux sont les Palestiniens à se poser des questions, à propos de la signification de la bataille diplomatique engagée par l’Autorité Palestinienne pour la reconnaissance par l’ONU de l’Etat palestinien indépendant, sur les territoires occupés en 1967, c’est-à-dire, la Cisjordanie, y compris la partie orientale d’al-Quds, et la bande de Gaza. Une vaste opération médiatique a été lancée, avec des appels à voter sur internet même, pour cette reconnaissance. L’Etat sioniste, soutenu par les Etats-Unis, et dans une moindre mesure, par l’Union européenne et quelques Etats, se sent pris de panique à l’idée de cette reconnaissance. Il a organisé depuis quelques mois une vaste campagne médiatique, politique et diplomatique, contre cette même reconnaissance.

Panique sioniste et impérialiste

Les responsables sionistes de tous bords se sont lancés à l’assaut de la reconnaissance diplomatique de l’Etat indépendant de la Palestine. Il semble même que les congés des fonctionnaires de plusieurs ministères aient été annulés, notamment du ministère des affaires étrangères, en vue de mener cette vaste contre-offensive mystificatrice. Les diplomates sont sur le qui-vive, à croire que la fin de l’Etat sioniste s’annonce très prochainement, comme le disent d’ailleurs clairement journalistes, analystes et politiciens. Pour les dirigeants de l’Etat sioniste, une telle reconnaissance signifierait la mort de leur Etat. Est-ce uniquement de l’exagération en vue d’empêcher une telle reconnaissance, ou bien se cachent d’autres craintes, irraisonnées ou raisonnées, pour l’avenir de l’Etat sioniste ?

D’abord, toute reconnaissance diplomatique de frontières d’un Etat palestinien est un coup porté à l’entité sioniste, qui a vécu jusqu’à l’an 2000 sur un expansionnisme fondé sur une idée mythique, celle d’un royaume juif s’étendant du Nil à l’Euphrate. Après 2000, l’année de la libération du sud-Liban par la force de la résistance, le rêve expansionniste de l’entité coloniale a pris fin. Elle peut mener des guerres, lancer des attaques, détruire d’autres pays, commettre des génocides, mais ne peut s’étendre et occuper d’autres territoires. L’heure de la restitution des territoires occupés a sonné. Mais lorsqu’il s’agit de la Palestine, l’entité sioniste se sent menacé dans son existence même, puisqu’elle a toujours refusé de reconnaître la présence d’un peuple palestinien et même de la Palestine, même dans les frontières de 1967, car la Palestine est tout simplement antinomique de l’Etat raciste d’Israël. Or, délimiter un Etat palestinien, par la voie de l’ONU, ne peut être ressenti que comme un « holocauste » (certains journalistes « israéliens » l’ont affirmé), puisqu’il met fin, sur le papier du moins, à l’occupation de vingt deux pour cent de la Palestine.

Ensuite, l’idée même de proclamer « unilatéralement » un Etat palestinien indépendant est considéré par l’Etat sioniste et ses alliés comme un affront. Affront à la soi-disant supériorité de l’Etat sioniste, au soi-disant droit de regard sioniste et impérialiste sur le processus du règlement du conflit, affront à l’arrogance des grandes puissances et de l’Etat sioniste, qui considèrent que l’ONU, donc ce qui appelé « légalité internationale » n’a pas le droit de décider si les puissances occidentales et l’Etat sioniste ne l’ont pas d’abord décidé, affront à l’arrogance occidentale et à Ban Ki Moon, à Kathleen Ashton et tous les serviles envers les sionistes, qui réclament aux Palestiniens de revenir à la table des négociations, de régler la question de la reconnaissance de l’Etat palestinien par les négociations et non par la proclamation « unilatérale » de l’indépendance d’un Etat, car une telle proclamation, si elle se faisait, remettrait en cause le droit que se sont arrogées les puissances impérialistes et coloniales de décider du sort du monde et des Etats.

L’Etat palestinien indépendant : quelle perspective stratégique ?

Il va de soi que le recours de l’Autorité palestinienne à la proclamation « unilatérale » de l’indépendance de la Palestine, dans les instances de l’ONU, fait suite à l’échec de dix-huit années de négociations. Cet échec reconnu par les dirigeants palestiniens qui avaient adopté cette voie, ne l’est apparemment pas par les puissances impérialistes qui ont supervisé ces négociations, puisqu’elles réclament et font pression pour qu’elles reprennent. Sur quelle base ? Nul ne le sait, mais pour ces puissances impérialistes, il ne faut surtout pas que les Palestiniens fassent leur chemin, « nous devons leur tenir la main » semblent-elles dire, « et leur montrer le chemin, par crainte qu’ils ne s’égarent et n’adoptent la voie de la résistance », qui est par ailleurs la seule voie qui assure une solution basée sur la justice et le droit.

Ayant finalement constaté l’échec des négociations, alors que la colonisation se poursuit en Cisjordanie, et notamment dans la ville d’al-Qods, et constaté que l’équipe sioniste au pouvoir ne cherche qu’à mettre en pratique son plan de nettoyage ethnico-religieux, la direction de l’Autorité palestinienne a décidé de passer à l’offensive. Elle ne fait cependant que reprendre la proposition américaine d’une solution au conflit, puisque le président américain précédent et même l’actuel avaient promis que l’Etat palestinien serait proclamé, qui aurait dû l’être bien avant cette année, mais pour eux, il ne s’agissait que de vaines promesses, en vue d’arracher d’autres concessions à l’Autorité palestinienne. Donc, l’idée d’une proclamation de l’Etat palestinien indépendant était déjà en perspective, mais pour les puissances impérialistes, pas de cette manière, ni dans ces frontières. L’Etat palestinien « offert » par les puissances impérialistes, et perçu par les sionistes n’est certainement pas le même que celui revendiqué par l’Autorité palestinienne, ni à plus forte raison, par le peuple palestinien.

Si le bien-fondé de la bataille diplomatique est contesté par de nombreuses voix palestiniennes, ce n’est sûrement pas à partir des considérations sionistes, ni impérialistes. Mais il s’agit d’une question de stratégie, de priorité, de programme politique en vue de libérer la Palestine. En effet, sur le plan interne, l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas a profité de « l’échéance de septembre » pour stopper un autre processus, d’autres négociations, internes cette fois-ci, et autrement plus importantes, celles qui touchent à l’unité du peuple palestinien. Suite au changement de pouvoir en Egypte qui a balayé un des pions sionistes dans la région, le président palestinien avait finalement été obligé d’engager des pourparlers avec le gouvernement du Hamas à Gaza, en vue d’unifier la vie politique, sociale et géographique palestinienne. Bien que les pourparlers se poursuivent toujours entre le Fateh et le Hamas, Mahmoud Abbas semble avoir repris de l’assurance en décidant qu’il n’y aurait que Salam Fayyad à la tête du gouvernement unifié palestinien, ce que rejettent de nombreuses personnalités et forces politiques palestiniennes, y compris au sein du Fateh. Avec « l’échéance de septembre », c’est ce processus d’unification qui a été stoppé, au moment où les forces sécuritaires de l’Autorité de Ramallah continuent à faire le « sale boulot » de l’occupant, en arrêtant les résistants en Cisjordanie.

Pour beaucoup de forces palestiniennes, il est nécessaire d’unifier les rangs palestiniens avant de se diriger à l’ONU, mais Mahmoud Abbas en a décidé autrement. Il ira à l’ONU avec le gouvernement de Salam Fayyad, pour reprendre ensuite les pourparlers, armé ou non d’une « victoire » à l’ONU. Ce calcul politique laisse cependant envisager le pire, puisqu’il fait l’impasse d’une réflexion sur le long terme : un Etat palestinien, pour faire quoi ? Non seulement il a tout misé sur ce vote à l’ONU, au point de lancer une campagne médiatique interne pour une « intifada pacifique en Cisjordanie » pour soutenir le vote à l’ONU, qui se déclencherait en septembre, mais il n’a porté aucune réflexion ni dressé aucun plan de bataille pour libérer la Cisjordanie et al-Qods, briser le blocus contre Gaza, organiser l’OLP qui devrait être représentative de l’ensemble du peuple palestinien, et à plus forte raison, pour libérer toute la Palestine et assurer le retour des réfugiés (ce qui n’est pas d’ailleurs dans son programme, mais dans celui du peuple palestinien).

Pour mener sa bataille diplomatique, le président de l’Autorité palestinienne s’appuie sur un crédit de popularité internationale acquis par le sang des martyrs tombés à Gaza, et non pas par les agissements de ses services sécuritaires. Il s’appuie sur l’isolement de l’Etat sioniste et sa délégitimation accrue que la résistance palestinienne, ses martyrs, ses blessés et ses prisonniers, ont assurés depuis l’intifada al-Aqsa, alors que ses défections répétées (affaire Goldstone, par exemple) n’ont cherché qu’à « sauver » l’Etat sioniste. Si bataille diplomatique il y a, elle est le couronnement de la lutte et résistance du peuple palestinien, et non pas une suite logique aux négociations ratées avec les sionistes, sous l’égide des puissances impérialistes.

Tant que Mahmoud Abbas ne prend pas en compte les véritables facteurs qui lui permettent de mener cette bataille à l’ONU, la reconnaissance de l’Etat indépendant de Palestine, sur les vingt deux pour cent de la Palestine occupée, restera une reconnaissance sur le papier et ne pourra aucunement constituer un levier vers la libération de la Palestine et le retour des réfugiés. Il s’agit d’une question de stratégie. Reconnaissance, oui, mais pour quoi faire ?

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 19:54

 

http://www.paris.reelledemocratie.fr/node/345

 

Mail d’un collègue de Démocratie Réelle Paris qui est allé à l’arrivée de la Marcha Popular Indignada à Madrid et aux rencontres du 23 au 26 juillet, le premier forum social des indignés

 

Je fais un très rapide résumé de ces derniers jours (on est encore à Madrid avec Ricardo et nous rentrons demain vers Paris) :

 

Arrivée le samedi 23 juillet à 20 heures à la place de la Puerta del Sol (le stop a un peu merdé), on assiste à l'arrivée des marches (j'ai des vidéos), on retrouve Eva et Clément et on passe la soirée là. Je n'ai pu assister qu'à quelques minutes de l'assemblée populaire pour cause d'affaires à garder. Après on va passer notre première nuit au Paseo del Prado où se trouve le plus gros campement et où on dort depuis.

 

Dimanche 24 juillet au matin première réunion de la commission internationale au parc de el Retiro : un peu chaotique avec les présentations à faire, les soucis de traduction et les allées et venues mais une liste de propositions, un calendrier prévisionnel et un récapitulatif des contenus et des outils sont établis.

 

On se donne aussi rendez-vous pour une réunion de coordination le lendemain. L'après-midi on participe à la marche de Atocha à Sol : plein de monde, plein de slogans, plein d'énergie (j'ai rarement vu des défilés comme en Espagne) ; on fait fermer les devantures des grands magasins sur notre passage, les banques sont couvertes d'empreintes de main avec de la peinture rouge et d'inscriptions "culpables". On passe la soirée à Sol où se tient une assemblée.

 

Lundi 25 juillet, réunions de coordination internationale  au Retiro [Forum Social du 15M] (de 11 heures á 19 heures), on parle aussi beaucoup du 15 octobre.

 

Infos importantes :

 

La marche qui est partie de Madrid pour Bruxelles le 26 juillet va passer à Paris le 17 septembre, avec d'autres marches venant de Grèce, d'Italie et d'Angleterre. Il va falloir s'organiser vite et voir très grand, parce que les marches vont grossir en route.

 

On a aussi le 15 octobre à préparer en coordination avec l'internationale et on a jusqu'au 25 août (adopté par consensus en assemblée) pour rédiger tous ensemble un appel commun pour cette journée : pour ça il faut aller sur "http://n-1.cc" où un piratepad a du être créé, on pourra aussi y trouver (ou y créer) des groupes de travail internationaux pour travailler sur les différents sujets qui ont été abordés aux réunions.

 

On passe la soirée à sol et le soir, au retour, on tombe sur un campement qui vient d'être établi devant le parlement, avec une assemblée pour organiser le campement.

 

Le 26 juillet, on a glandé au campement et on est allé assister au départ de la Marche pour Bruxelles (qui a été préparée en quelques jours, ils sont trop forts).

 

Un super moment, avec une motivation dingue : tous le monde est excité, chante, s'enlace. Ils font la quête pour les voitures accompagnatrices (essence, bouffe) et ramassent quatre cent cinquante euros en une demi-heure. On reste à Sol et le soir on va assister à une assemblée devant la place Neptuno où doivent se décider une action vis-à-vis des députés et la suite du (ou des) campement à Madrid (ou ailleurs). On rentre un peu après une heure du mat' et la réunion est loin d'être finie.

 

Le 27 juillet, réveil-surprise par la police qui a encerclé le campement de Neptuno et se positionne sur un des cotés de notre campement au Paseo.

 

C'est un peu la pagaille : les flics finissent par laisser ceux qui le désirent nous rejoindre au Paseo. Un petit groupe décide de bloquer la rue à l'ouest du paseo et se fait violemment évacuer par la police. Une assemblée s'organise et la décision est prise, entre autres, de se réunir pour une action en réponse à la violence policière. Des réunions de groupes de travail sur différents sujets se mettent en place après l'assemblée.

 

A 20 heures, une concentration part du Paseo vers Sol. Arrivés à Sol, un texte est lu et on repart vers le Parlement en ayant bien grossi en nombre sur le chemin. Après le parlement on se dirige vers le rond-point de Cibeles, dont on fait le tour pour se diriger vers le rond-point du Neptuno. Pendant toute la marche on crie plein de slogans, on court à certains moment, on marche à reculons (« vamos del culo con este sistema »). À Neptuno une assemblée s'organise pour que tout le monde puisse s'engueuler tranquillement (bon, des décisions ont aussi été prises).

 

Aujourd'hui 28 juillet, on s'est surtout occupés de trucs pratiques (comme le mail que je suis en train d'envoyer). Un groupe de campeurs va partir du paseo pour la Puerta de hierro où ils sont accueillis dans un bidonville pour essayer ensemble de trouver des solutions. Une action surprise est aussi prévue contre un établissement de la finance internationale (lieu et heure secrets, je n'ai pas réussi à savoir).

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 19:32

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article2306

 

J’ai rêvé d’une nouvelle nuit du quatre août

 

Nuit du 4 Août 1789 : « abolition des privilèges » nous disent tous les livres d’Histoire.

 

Dans la France d’Ancien Régime, que signifie cette expression ? Le régime féodal que connaît alors la France est basé sur la terre qui est encore la principale richesse et toute la société s’organise autour d’elle : l’aristocratie qui la possède constitue « l’ordre » privilégié de la noblesse et les paysans qui la cultivent appartiennent au dernier ordre du « tiers état ». L’ordre du clergé occupe le 1er rang, avant même la noblesse, grâce au pouvoir spirituel que lui confère la monarchie de droit divin. Clergé et noblesse bénéficient de nombreux privilèges honorifiques, juridiques et financiers, alors que les paysans doivent s’acquitter de multiples « droits féodaux » ainsi que de services personnels envers leurs seigneurs. Cette société pyramidale est coiffée par la royauté, héréditaire et de droit divin et qui a partie liée avec les ordres privilégiés, bien sûr.

 

Mais une bourgeoisie s’est constituée dans les villes et, alors qu’elle est juridiquement reléguée dans le dernier ordre, le tiers état, avec le peuple des villes et des campagnes, elle cherche à se faire reconnaître socialement. La place qu’elle occupe déjà dans le pays grâce à son instruction et sa richesse lui semble le justifier. Les privilèges lui sont particulièrement odieux dans la mesure où ils appartiennent aux catégories les moins productives du pays mais, dans l’administration confuse de l’époque, les privilèges des provinces et des villes lui sont aussi insupportables car ils constituent autant de contraintes au libre développement de ses activités commerçantes et industrielles.

 

Ou en est la révolution en août 1789 ?

 

À cette date, la Révolution est en marche.

 

En effet, la réunion des « États Généraux » à Versailles le 5 mai doit être considérée comme le 1er acte révolutionnaire, non pas l’élection en elle-même car la réunion d’États Généraux n’est pas une nouveauté même si les précédents remontent assez loin (les derniers s’étaient réunis en 1614), mais c’est la nouvelle composition de cette Assemblée et son nouveau fonctionnement qui sont sans conteste révolutionnaires.

 

Traditionnellement, les « États Généraux » étaient composés d’environ neuf cent membres, chaque ordre de la Nation (clergé, noblesse et tiers état) y déléguant trois cent des siens. Lors des votes, chaque ordre ayant une voix, le résultat ne posait aucun problème à la royauté, les députés du clergé étant en large majorité des membres du haut clergé issus de la noblesse et non des curés de campagne, seuls près du peuple mais absents du nombre des élus à quelques exceptions près. Mais, grâce à des actions soutenues, le tiers état a réussi, en 1789, à arracher au pouvoir royal deux réformes capitales : le « doublement du tiers » et « le vote par tête ». Les États Généraux de 1789 comportent donc environ mille deux cent députés dont six cent représentants du tiers état, et désormais lors des votes, chaque député comptera pour une voix. Compte tenu des quelques députés issus du bas clergé et des quelques nobles « libéraux » favorables aux réformes, le tiers état, par ses pressions incessantes et résolues, s’est donné les moyens de mener à bien son projet à savoir « ne pas se séparer avant d’avoir donné une Constitution à la France » (serment du Jeu de Paume).

 

Une révolution juridique vient de s’accomplir : la souveraineté nationale s’est substituée à l’absolutisme royal grâce à l’union de tous les députés conscients de la nécessité de réformes.

 

Depuis le 5 mai, les États Généraux, bientôt autoproclamés Assemblée Nationale puis Assemblée Nationale Constituante se sont organisés en commissions et travaillent (mise en chantier de la « déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen » qui sera publiée le 26 août, Constitution qui ne sera achevée qu’en 1791…).

Mais le pays est troublé car, outre la crise financière et économique qui s’éternise, à Versailles, le roi et l’aristocratie complotent et menacent, cherchant par tous les moyens y compris militaires à se débarrasser de cette Assemblée inquiétante, afin de récupérer les concessions qu’ils ont dû accorder au tiers état.

 

Le peuple répond à ces menaces en cherchant à s’armer, ce qui conduit à des pillages de boutiques d’armuriers en particulier et, pour le même motif, à la prise de la Bastille le 14 juillet. La récolte d’armes est maigre ce jour-là, mais la Bastille est le symbole de l’arbitraire de la monarchie absolue puisque c’est là que le roi emprisonnait ses ennemis sur simple lettre de cachet. De plus, cette journée a vu tomber la première tête d’aristocrate en la personne du gouverneur du lieu, et qui plus est, toute la nuit, cette tête est promenée au bout d’une pique à travers Paris !

 

La révolution devient populaire et, grâce au peuple parisien et aux hésitations de la monarchie, la bourgeoisie réussit à se donner un embryon d’administration en créant la municipalité de Paris et en se dotant d’une garde nationale qu’elle réussit de plus à faire reconnaître par le roi. La plupart des grandes villes suivront l’exemple parisien. À cette même date, l’aristocratie commence à émigrer.

 

Que s’est il passé la nuit du quatre août ?

 

C’est dans ce contexte qu’une réunion exceptionnelle de l’Assemblée est convoquée pour la nuit du 4 août. Et cette réunion donne lieu à un spectacle inattendu, inouï. Un véritable vent de folie semble souffler sur cette Assemblée car on voit cette nuit-là, jusqu’aux plus hauts dignitaires de l’Ancien Régime, défiler à la tribune pour y abandonner leurs divers privilèges et ceci dans un enthousiasme, une euphorie relatés dans tous les documents d’époque.

 

Mais pourquoi ce vent de folie sur les États Généraux ? C’est le 14 juillet et ses suites qui en sont l’explication. En effet, l’information circule mal à cette date et ces évènements parisiens qui se répandent en province la seconde quinzaine de juillet, y arrivent déformés, grossis, ce qui embrase à leur tour les campagnes. C’est la « Grande Peur ». Une véritable psychose collective gagne le monde paysan qui craint « le complot aristocratique » qui se trame à Versailles, qui craint aussi la destruction de ses récoltes par les bandits qui écument les campagnes en cette période de crise et de chômage.

 

Les paysans entrent à leur tour dans la révolution : ils pillent et brûlent les châteaux, s’attaquant aux biens des aristocrates qui complotent contre l’Assemblée à Versailles. Ils s’en prennent tout particulièrement aux « terriers », archives seigneuriales sur lesquelles sont inscrits les droits féodaux que les paysans doivent à leurs seigneurs, espérant ainsi s’en débarrasser faute de preuves.

 

C’est cette révolte de leurs paysans, cette atteinte à leurs biens qui a affolé les aristocrates et les a conduit à se dépouiller volontairement d’une partie de leurs privilèges dans la nuit du 4 août. Mais leur enthousiasme était largement calculé comme nous le montra la suite.

 

Quels sont les résultats de cette nuit mémorable entre toutes ?

 

C’est l’Ancien Régime féodal qui s’écroule cette nuit-là mais… d’abord verbalement car l’euphorie du moment a fait oublier de noter par écrit toutes ces réformes sur lesquelles les députés de la noblesse et du clergé ne manqueront pas de revenir lors de leur rédaction. Surtout, les paysans n’obtiennent pas la suppression des multiples droits féodaux qui pèsent sur la terre des seigneurs, qu’ils cultivent. Ceux -ci, considérés comme faisant partie de leurs biens, sont en effet déclarés « rachetables », mais la majorité des paysans n’ayant aucune réserve financière pour payer la somme forfaitaire exigée ne pourront pas les racheter et continueront donc à les payer. Pour la masse des petits paysans c’est une amère déception, mais la bourgeoise, que l’atteinte au droit de propriété commence à inquiéter également, n’est pas prête à les suivre.

 

Les résultats de cette nuit du 4 août n’en furent pas moins d’une extrême importance : ce sont tous les liens de servitude personnels (corvées…), tous les privilèges des individus (droit d’aînesse, hérédité des « charges ») et des ordres (dîme payée au clergé, titres de noblesse et blasons, droits de colombier, de chasse… dus aux seigneurs) mais aussi les privilèges des provinces et des villes (péages, droits d’octroi) qui ont été mis à bas dans la nuit du 4 août et il n’est donc pas exagéré de parler d’ébranlement de l’Ancien Régime féodal.

 

Bien sûr ces mesures profitent surtout aux bourgeois qui accapareront les places grâce à leur culture et verront leurs affaires fructifier du fait de la libéralisation de la circulation, alors que les paysans, s’ils sont affranchis, devront attendre 1793, lors de la tentative de révolution populaire, pour être débarrassés définitivement des droits féodaux.

 

À cette date - août 1789 -, la bourgeoisie a fait table rase de l’Ancien Régime . Il lui reste à reconstruire la France. Elle le fera à son profit bien que l’aide apportée par le peuple dans cette Révolution ait été déterminante.

 

Cessons de rêver

 

Quand verra-t-on les Arnaud, Pinault, Bolloré, Bouygues… renoncer au bouclier fiscal, aux stock-options et parachutes dorés, aux multiples exonérations d’impôts, à l’usage des paradis fiscaux… ?

 

Quand aurons-nous la force (actions, nombre, union) de les y contraindre ? En septembre 2011, quarante cinq milliardaires américains ont lancé une pétition réclamant du gouvernement Obama qu’il les taxe davantage afin de sauver l’économie américaine. Que ce soit de la provocation ou une manifestation de conscience politique, exigeons qu’il soit donné suite à leurs propos !

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 14:07

 

http://www.liberation.fr/monde/01012352183-est-il-interdit-de-denoncer-le-fiasco

Est il interdit de dénoncer le fiasco ?

Par Jean François Kahn, journaliste, écrivain, fondateur de « Marianne »

La traque inquisitoriale et compulsive de tout propos «non conforme», comme dans l’extravagante affaire Eva Joly (à propos du défilé du 14 juillet), a-t-elle atteint en France une telle intensité qu’on en arrive à ce constat inquiétant ? Depuis près de six mois, à l’instigation de la présidence française qui s’est lancée dans cette aventure improvisée sans préparation sérieuse, l’Otan poursuit en Libye une intervention militaire qui tourne au fiasco, détruit les infrastructures du pays et accentue l’exode des populations civiles. Elle apporte de l’eau au moulin des délires propagandistes du dictateur, sème la zizanie au sein d’une rébellion qui fut originellement exemplaire mais risque de plus en plus d’apparaître comme supplétive d’une intervention «impérialiste» occidentale en partie financée par les monarchies les plus tyranniques du golfe Persique, brouille l’image de ce sublime printemps révolutionnaire arabe dont on voit bien que cette initiative mal pensée lui a donné un coup d’arrêt au profit des seules forces islamistes, paralyse le Conseil de sécurité de l’ONU au seul profit de Bachar al-Assad qui peut ainsi mener impunément son effroyable politique répressive.

En Italie, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, médias et élus, consternés par l’amateurisme de l’opération, tirent le signal d’alarme ; les révolutionnaires tunisiens et égyptiens la condamnent, de même que les démocrates algériens et les opposants syriens.

Mais en France, rien. L’opinion, lucide, est, certes, de plus en plus majoritairement hostile, mais les politiques se taisent, la direction du PS, qui n’en est pas à une démission près, apporte son soutien, les journaux font généralement profil bas ou, au mieux, s’interrogent, Marianne y compris, l’AFP ne couvre que la version officielle - qui ignore que les obus de Kadhafi ciblent les petits enfants alors que nos bombes leur distribuent des bonbons ? -, tandis que radios et télévisions font preuve d’autant d’esprit critique que les médias audiovisuels américains au début de la guerre d’Irak.

Pourquoi cette prudence, cette autocensure, parfois même cette soumission à une rhétorique officielle de plus en plus déconnectée de la réalité ? Conviction ? Ce serait respectable. Qui ne souhaite en effet l’effondrement du système kadhafiste et son remplacement par une démocratie, fût-elle libérale-islamique à la turque ? Mais non. En privé, la majorité des politiques, experts, intellectuels, journalistes admettent la bévue, intègrent l’échec, s’alarment des conséquences. Mais on se tait. On n’ose clamer que «le roi est nu !».

Pourquoi ? La peur de provoquer une hystérie criminalisante semblable à celle dont Eva Joly vient de faire les frais ? Craindre d’être traité de complice de Kadhafi comme d’autres qui réprouvèrent le déclenchement de la guerre d’Irak furent qualifiés de complices de Saddam Hussein ?

J’ai approuvé les frappes destinées à clouer au sol les troupes kadhafistes qui fonçaient sur Benghazi. Il eût été alors légitime, outre l’instauration d’un no man’s land aérien, de fournir des armes et des instructeurs aux rebelles et de permettre à des volontaires arabes de les rejoindre. Mais quelle folie que de s’être engagé dans ce conflit, de s’être substitué au peuple concerné en indiquant, en violation de la résolution du Conseil de sécurité, qu’on cherchait à renverser un pouvoir pour en substituer un autre qu’on avait choisi parce qu’il nous complaisait.

Si encore on avait fixé comme objectif l’engagement d’organiser dans les trois mois des élections libres sous contrôle international, il y aurait moindre mal. Mais non : on a préalablement désigné les légitimes représentants du peuple libyen, comme les alliés de 1815 avaient choisi, à la place des Français, le souverain qui devait remplacer leur tyran. Au risque de disqualifier d’avance le gouvernement qui sera parvenu au pouvoir dans les «fourgons de l’étranger». Et à qui a-t-on confié cette mission attentatoire au droit international ? A l’Otan, comme en Afghanistan, avec le succès que l’on sait. A quand l’intervention de la Ligue arabe pour régler la question belge ?

Kadhafi tombera. Nous l’espérons. Mais toutes les conditions ont été réunies pour que lui succèdent, après quelques jours d’euphorie, le chaos, puis les islamistes qui se servent largement en armements de toutes sortes. Au lendemain de l’assassinat du général Younès, chef militaire du CNT, on nous a expliqué que cet ancien ministre de l’Intérieur de Kadhafi, complice de toutes ses turpitudes, était un individu finalement peu recommandable. Cela, Bernard-Henri Lévy avait omis de nous le préciser. Au demeurant, le chef du CNT fut, lui, ministre de la Justice de Kadhafi. De la justice !

Désarmés, des insurgés ont pris le pouvoir en Cyrénaïque. Lourdement armés, soutenus par les frappes de la coalition des plus performantes puissances, face à un adversaire ostracisé et qui ne peut plus utiliser avions ni blindés, ils ne progressent plus. La raison ? Apparemment la question n’a pas lieu d’être posée. Et si, comme l’expédition du Mexique pour le Second Empire, cette intervention, ou plus exactement la façon dont elle a été conduite, constituait l’une des plus lourdes erreurs du quinquennat ?

 

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 13:44

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-conseil-s%C3%A9curit%C3%A9-condamne-lusage-la-force-en-192154313.html

 

Première condamnation de la répression syrienne à l’ONU

 

NATIONS UNIES (Reuters) - Le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné mercredi dans une déclaration l'usage de la force contre les civils par les autorités syriennes, son initiative la plus importante depuis le début du soulèvement contre le président Bachar al Assad.

 

Le Liban, membre non permanent du Conseil et voisin de la Syrie, s'est dissocié de la déclaration pour ne pas bloquer son adoption par les quatorze autres membres.

 

Depuis cinq mois, la répression a déjà fait mille six cent morts parmi la population civile, selon l'opposition et les organisations des droits de l'homme.

 

La déclaration lue par le président indien du Conseil condamne "les violations généralisées des droits de l'homme et l'usage de la force contre les civils par les autorités syriennes".

 

Elle appelle aussi à "la fin immédiate de toutes les violences" et presse "toutes les parties de faire preuve de la plus grande retenue et d'éviter les représailles, y compris les attaques contre les institutions de l'Etat".

 

Cette dernière phrase a permis de surmonter les réticences de la Russie et d'autres pays qui souhaitaient l'adoption d'une déclaration "équilibrée", qui fait porter sur les deux camps la responsabilité des violences.

 

Les déclarations du Conseil de sécurité ne sont pas soumises au vote mais elles doivent théoriquement être adoptées à l'unanimité des quinze membres. Un pays peut toutefois "s'abstenir", comme l'a fait le Liban -un cas rare mais qui s'est déjà présenté par le passé.

 

Elles ont moins de poids qu'une résolution, que les capitales européennes tentent de faire adopter depuis deux mois. Paris, Londres et Berlin se heurtent aux menaces de veto de Moscou et Pékin, également hostiles à toute sanction ou forme de pression contre Damas.

 

La diplomatie russe a fait savoir mardi qu'elle n'était pas "catégoriquement opposée" à une résolution sur la Syrie mais a été échaudée par la résolution contre la Libye, estimant que les frappes aériennes de l'Otan contre le régime de Mouammar Kadhafi avaient dépassé ses termes.

 

HAMA BOMBARDÉE

 

Le bain de sang à Hama, qui aurait fait quatre vingt dix morts depuis dimanche, semble avoir débloqué la situation à l'Onu, selon des diplomates.

 

Deux heures avant le vote au Conseil, la Maison blanche a jugé que Bachar al Assad était "la cause de l'instabilité en Syrie" et répété qu'elle cherchait à accroître la pression sur son régime.

 

Hama, foyer de la contestation du régime de Bachar al Assad a été une nouvelle fois bombardée mercredi par des chars de l'armée qui occupent désormais une place où se rassemblent les opposants.

 

Les bombardements se sont concentrés sur le quartier Al Hader, théâtre d'un massacre en 1982 lors de la répression d'un soulèvement islamiste sur ordre de Hafez al Assad, père de l'actuel président.

 

"Toutes les communications ont été coupées. Le régime profite de l'intérêt des médias pour le procès (du président égyptien) Hosni Moubarak pour terminer leur travail à Hama", a dit à Reuters un habitant, joint par téléphone satellite.

 

Selon lui, des chars et des bataillons de l'armée syrienne ainsi que des forces spéciales ont pris le contrôle de la place Orontes avec l'aide des milices "chabbiha".

 

Les chabbiha tirent à vue sur les habitants et des tireurs d'élite dominent la place Orontes, a dit une pharmacienne syrienne sur la base des témoignages de sa famille, encore sur place.

 

Les opposants syriens des Comités de coordination locale affirment que les autorités tentent d'empêcher les habitants de faire connaître à l'extérieur l'ampleur de la répression. Le groupe ne peut plus contacter ses membres à Hama car tous les moyens de communication ont été complètement coupés, dit l'organisation dans un communiqué.

 

"Il y a un grand mouvement de réfugiés qui tentent de fuir la ville", dit-elle.

 

Les autorités syriennes affirment que l'armée est entrée dans Hama pour arrêter des hommes armés qui intimidaient les habitants. La télévision officielle a montré des images d'hommes armés portant des vêtements de civils, disant qu'ils avaient attaqué les forces de sécurité et des bâtiments gouvernementaux.

 

Les assertions des deux camps sont difficiles à vérifier car Damas a expulsé la plupart des médias indépendants de son territoire.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 19:44

 

http://www.fr.news.yahoo.com/hosni-moubarak-compara%C3%AEt-%C3%A0-son-proc%C3%A8s-sur-une-124548819.html

Hosni Moubarak comparaît à son procès sur une civière

LE CAIRE (Reuters) - L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé le 11 février par la rue après vingt neuf ans de pouvoir sans partage, est apparu mercredi allongé sur une civière au premier jour de son procès au Caire.

 

L'ex-"raïs", qui encourt la peine capitale, a rejeté les accusations portées contre lui lors de cette première audience, qui a été levée dans l'après-midi.

 

Les débats reprendront le 15 août.

 

Agé de 83 ans, l'ancien chef de l'Etat est notamment poursuivi pour corruption, détournement de fonds publics et homicides avec préméditation dans le cadre de la répression du mouvement de contestation de janvier et février qui a provoqué sa démission et a fait, selon un bilan officiel, huit cent quarante morts.

 

C'est le premier chef d'Etat renversé à comparaître en personne devant ses juges depuis les révoltes qui ont éclaté l'hiver dernier dans le monde arabe et ont également entraîné la chute en janvier du président tunisien Zine ben Ali.

 

Le juge Ahmed Refaat, qui préside la cour, avait demandé le calme absolu pendant toute la durée de cette audience qui se tenait dans l'enceinte de l'école de police, dans la banlieue de la capitale.

 

Le début du procès de l'ex-chef d'Etat, qui était hospitalisé à Charm el Cheikh depuis avril, était retransmis sur un écran installé à l'extérieur du bâtiment et diffusé en direct sur les chaînes internationales d'informations.

 

"JE REJETTE TOUTES CES ACCUSATIONS"

 

Pour l'accusation, il ne fait aucun doute que l'ancien raïs "avait l'intention de tuer" des manifestants pacifiques pendant les dix-huit jours de la révolte populaire, quand il a autorisé le ministre de l'Intérieur Habib al Adli à faire ouvrir le feu sur les rassemblements de l'opposition.

 

Habib al Adli figure parmi les accusés, avec les deux fils de l'ancien président, Alaa et Gamal, jugés pour corruption, et six anciens responsables du ministère de l'Intérieur.

 

Un avocat des familles des victimes de la répression a réclamé la peine capitale pour l'ancien ministre de l'Intérieur. Pour ce qui le concerne, une nouvelle audience du tribunal aura lieu dès ce jeudi.

 

"Je rejette entièrement toutes ces accusations", a déclaré Hosni Moubarak allongé sur une civière dans la cage réservée aux accusés tous habillés de blanc, comme c'est la coutume dans les tribunaux égyptiens. Ses deux fils, qui tenaient dans leurs mains des copies du Coran, ont fait de même.

 

Les avocats de l'ex-président et de son ancien ministre de l'Intérieur ont demandé à entendre comme témoin le président du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, qui a été pendant vingt ans ministre de la Défense .

 

L'avocat de l'ancien chef de l'Etat a également réclamé la désignation d'un docteur spécialisé pour s'occuper de son client.

 

MOUBARAK HOSPITALISÉ DANS LA BANLIEUE DU CAIRE

 

L'un des défenseurs de l'ex-ministre de l'Intérieur a aussi souhaité l'audition du général Omar Souleïmane, ancien chef des services de renseignement, qui avait été nommé vice-président par Hosni Moubarak fin janvier.

 

En levant la séance, le président du tribunal a annoncé qu'Hosni Moubarak serait désormais hospitalisé dans un centre médical de la banlieue du Caire, et non plus à Charm el Cheikh. Il a requis la présence de tous les accusés lorsque les débats reprendront.

 

L'ex-président avait quitté tôt dans la matinée l'hôpital de la station balnéaire du Sinaï, où il était soigné depuis avril, à bord d'un convoi motorisé avant de prendre l'avion en direction de la capitale. Arrivé sur une base militaire du Caire, Hosni Moubarak a été ensuite été transféré jusqu'au tribunal en hélicoptère.

 

Partisans et adversaires de l'ancien dirigeants s'étaient rassemblés devant le complexe de l'école de police. Il y a eu quelques incidents et des jets de pierres entre groupes rivaux, qui ont fait une cinquantaine de blessés. "Moubarak, garde la tête haute", "Nous démolirons et incendierons la prison si Hosni Moubarak est condamné", ont lancé des manifestants favorables à l'ancien raïs.

 

Sur la place Tahrir, emblème de la "révolution du Nil" dans le centre du Caire, la sécurité avait été renforcée. Des policiers anti émeutes et des soldats avaient été déployés et des dizaines de camions de police étaient garés à proximité.

 

Le procès de Moubarak pourrait permettre d'apaiser la colère des manifestants qui ont occupé trois semaines durant en juillet la place Tahrir. Ils demandaient au CSFA d'accélérer les réformes politiques et économiques ainsi que les procédures judiciaires à l'encontre des responsables de l'ancien régime.

 

Début juillet, l'ancien président tunisien Zine ben Ali avait été condamné par contumace à quinze ans de prison pour possession de drogue et d'armes. Il vit en exil en Arabie saoudite depuis son renversement le 14 janvier.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 19:11

 

http://www.printempsdespeuples44.over-blog.com/article-syrie-la-repression-se-durcit-a-hama-deir-ez-zor-et-bou-kamal-01-08-11-80683710.html

Syrie : l’armée tue près de cent civils à Hama, ville rebelle

Premier août 2011

Vingt-quatre civils ont été tués lundi en Syrie dont dix après la prière du soir au premier jour du Ramadan, par les tirs des forces de sécurité, a affirmé Rami Abdel Rahmane, chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme.

 

"Dix martyrs sont tombés et plusieurs ont été blessés par les tirs des forces de sécurité lors des manifestations dans divers villes syriennes après la prière des Tarawih", qui a lieu tous les soirs durant le mois de Ramadan après la rupture du jeûne, a précisé M. Abdel Rahmane faisant état d'un bilan global pour la journée de vingt-quatre morts.

 

Après la prière, six personnes ont été tuées à Irbine, au nord est de Damas où des milliers de manifestants ont défilé, une personne a été tuée à Maadamiyé, près de Damas, deux à Lattaquié (nord ouest) et une à Homs (centre), a-t-il dit.

 

Plus de cent cinquante personnes ont été interpellées lundi soir, a-t-il ajouté.  

 

Hier, au moins cent personnes ont été tuées  et des dizaines d’autres blessées lors d’une vaste offensive de l’armée et des forces de sécurité à Hama, pour « l’une des journées les plus sanglantes » depuis le début de la révolte à la mi-mars, selon Abdel Karim Rihaoui, président de la Ligue syrienne de défense des droits de l’homme (LSDDH). « L’armée est entrée vers six heures à proximité de la mosquée al-Serjaoui et aux environs de la caserne », a raconté un habitant de Hama, joint par téléphone, tandis que plusieurs témoins ont signalé la présence de chars et de véhicules blindés. L’agence officielle SANA, qui impute depuis des mois les troubles à des bandes armées, a annoncé que deux militaires avaient été tués « par des groupes armés à Hama », qui ont « incendié des postes de police » et « dressé des barrages dans les rues ».

 

Plus encore, à Deir ez-Zor, dix neuf personnes ont été tuées par balles par des snipers « postés sur les toits », la plupart touchées « à la tête et à la poitrine », selon la LSDDH. Au moins cinquante mille personnes avaient manifesté vendredi à Deir ez-Zor contre le régime, puis trois cent mille avaient participé aux funérailles de civils tués au cours de rassemblements précédents, selon l’OSDH. Les habitants auraient constitué de leur côté des comités locaux de défense et érigé des barricades pour tenter de ralentir la progression des blindés à l’intérieur de la ville.

 

L’agence officielle de presse syrienne indique pour sa part que des « groupes armés » opèrent dans Deir ez-Zor, bloquant des routes, terrorisant des habitants et attaquant les forces de sécurité. « Un échange de coups de feu s’est produit. Les forces de police ont fait face à ces groupes armés et les traquent toujours », ajoute l’agence, précisant qu’un colonel et deux soldats ont été tués. Samedi soir, des chars des forces syriennes avaient bombardé Deir ez-Zor, tuant cinq civils, selon un groupe d’activistes syriens. « De nouvelles colonnes de chars se dirigent vers Deir ez-Zor. En utilisant des armes lourdes, les forces de sécurité partent en guerre contre leur propre peuple », a déclaré l’Union de la coordination de la révolution syrienne dans un communiqué envoyé à Reuters.

 

Défections

 

De plus, selon l’Union de la coordination de la révolution syrienne, une soixantaine de soldats déployés dans la région auraient fait défection et rejoint les rangs de la contestation, notamment près de la ville de Nawa. La ville voisine de Bou Kamal serait, elle, soumise à un véritable « siège militaire » et, toujours selon ce groupe d’activistes, l’eau, l’électricité et les communications seraient coupées depuis vendredi. Hier, une personne aurait été tuée, selon un militant.

 

Selon Abdel Rahmane, quatre mille personnes sont descendues dans les rues de Harasta, près de Damas, en signe de solidarité avec Hama. Les forces de sécurité ont ouvert le feu, faisant dix blessés, dont au moins un très grave. Dans la région de Damas, l’armée a lancé hier une attaque sur la ville de Mouadhamiya, selon l’OSDH. Des chars bouclent les entrées sud, est et ouest de la ville, a indiqué M. Abdel Rahmane, tandis que la Ligue syrienne des droits de l’homme évoquait plus de trois cent personnes arrêtées dans cette ville, privée d’électricité et de moyens de communication. En signe de protestation, des habitants ont bloqué en plusieurs endroits l’autoroute reliant Alep à la capitale.

 

Toujours selon des militants, cinq personnes sont mortes à Homs quand des habitants sont descendus dans la rue en soutien à Hama, et trois autres dans la province d’Idleb. Ammar Qourabi, président de l’Organisation nationale des droits de l’homme (ONDH), a également annoncé la mort de six personnes à Harak. Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), a aussi fait état de deux morts à Sourane, près de Hama.

 

« La Syrie est en sang », ont dénoncé les militants du site Internet Syrian Revolution 2011, moteur de la contestation, et ont appelé hier soir à des « manifestations de représailles » à la sortie des mosquées après les « Tarawih », les prières nocturnes pendant le ramadan qui commençait dans la soirée. Des manifestations en soutien à Hama, Deir ez-Zor, Bou Kamal et al-Harak (près de Deraa) ont eu lieu à Jableh el-Kassam, Deraa, Maaret el-Neeman, Jabal el-Zawiyah, Daraya, Hama, Kherbet Ghazleh, Damas, Alep, Qamishli, Harasta, Amouda, Hasaka, Lattaquieh, Douma et Kaswa. Dans la plupart de ces villes, des tirs nourris étaient entendus durant la soirée.

 

De leur côté, des opposants syriens se sont prononcés samedi contre toute intervention étrangère en Syrie tout en accusant le régime de Bachar el-Assad d’avoir tué cent dix enfants depuis le début de la contestation, lors d’une réunion dans les locaux d’Amnesty International à Alger organisée par la section algérienne du Comité de soutien aux revendications du peuple syrien. Selon Maître Adnane el-Bouch, un avocat syrien installé en Algérie, « c’est une révolution pacifique, non ethnique. Nos armes sont les caméras et les téléphones portables. Ce n’est pas la révolution d’une ethnie ou d’un parti mais celle d’un peuple », a-t-il ajouté. Dans la soirée, environ deux cent personnes se sont retrouvées sans incident devant l’ambassade de Syrie sur les hauteurs d’Alger et ont allumé des bougies pour former le mot Liberté en arabe (Hourryat), tandis qu’ils chantaient à la gloire des villes syriennes de Homs, Hama, Deraa et autres villes. Dans la matinée, plus de cinquante personnes avaient participé à Alger à la deuxième journée de soutien au peuple syrien organisée dans vingt sept villes du monde, sur le thème : « Sauvez les enfants de Syrie ».


Maître Mustapha Bouchachi, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) et membre de l’opposition Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), a sévèrement critiqué les autorités de son pays face à cette crise. « La position du peuple algérien est une position solidaire du peuple syrien qui milite pour la dignité et la démocratie. C’est une position qui est en contradiction avec celle du régime algérien », a-t-il affirmé.

 

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