Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 14:54

 

http://www.liberation.fr/politiques/01012397456-des-dirigeants-du-npa-appellent-a-voter-melenchon-le-22-avril

 

http://www.tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=1750

 

 

Des dirigeants du NPA appellent à voter Mélenchon le 22 avril

 

 

Par Myriam Martin, Hélène Adam et Pierre François Grond, membres du conseil politique du NPA

 

 

La campagne présidentielle entre dans sa dernière ligne droite et doit affronter une situation lourde de dangers. Danger d’une droite autoritaire, incarnée par le président sortant, dont le projet est dans la continuité de son action : nocif pour une majorité de la population tant se sont creusées les inégalités, tant se sont développés un discours et une politique de plus en plus poreux aux thèses de l’extrême droite. Danger d’un Front national dont l’emprise sur une partie de la population frappée par la crise distille le poison mortel du racisme et de la xénophobie.

 

Danger d’une crise écologique qui pose des enjeux de civilisation. Danger, enfin, d’un capitalisme financier mondialisé, qui se moque du calendrier électoral, qui peut imposer en Grèce ou en Italie son propre personnel politique et dicter son choix, celui d’une politique d’austérité sans fin et sans fond. 

 

Alors, oui, il faut sortir le sortant, combattre le Front national, s’insurger contre la dictature des banques et du capital, et faire de cette élection présidentielle un premier moment de résistance sociale et démocratique. Il nous suffit de regarder la Grèce pour saisir la gravité de la situation actuelle. Nous avons là une paupérisation sans précédent des populations.

 

Baisses des salaires et des pensions, coupes sombres dans les budgets sociaux, privatisations imposées des services publics avec profits juteux pour les requins de la finance, se succèdent à un rythme d’enfer. Et qui est aux manettes ? Un gouvernement soi-disant «technique», aux ordres des banques et des grandes institutions qui ont plongé le pays dans le chaos et qui font désormais payer à la population une dette et une crise qui ne sont pas les leurs ! Si la situation de la Grèce est particulièrement dramatique, elle n’est pas isolée en Europe. Les responsables politiques et économiques du libéralisme et de la crise économique ont mis en place ce monstre financier qui se croit tout-puissant. Ils ont construit l’Europe des traités de Maastricht et de Lisbonne, au mépris de la souveraineté populaire. Ils veulent aller toujours plus loin. A présent, c’est le modèle social européen, produit d’un siècle et demi de luttes et de conquêtes ouvrières, qui est en ligne de mire.

 

Battre Sarkozy est un enjeu essentiel et primordial. Mais il n’est pas le seul. Le programme de François Hollande, à l’instar des politiques sociales démocrates européennes, s’inscrit dans le cadre de la gestion du capitalisme, ce qui signifie austérité à tous les étages et respect des critères imposés par les marchés financiers, ces critères que les dirigeants veulent à nouveau graver dans le marbre d’un nouveau traité. Il tourne le dos aux exigences de justice sociale. Il ne prend pas davantage en charge les questions écologiques.

 

Il importe alors qu’existe au premier tour, un vote, le plus massif et dynamique possible, pour donner force à un programme d’urgence basé sur une autre répartition des richesses, la transition énergétique, des transformations démocratiques radicales.

 

Une nouvelle chance sera ainsi offerte pour faire exister durablement un courant politique qui conteste à gauche l’hégémonie du social-libéralisme. C’est essentiel pour faire contrepoids à l’extrême droite. C’est décisif pour donner force et courage à celles et ceux qui résistent aux politiques d’austérité.

 

Et dès après la présidentielle, sur la base de cet élan, les forces politiques et sociales qui refuseront de collaborer, sous quelque forme que ce soit, avec un gouvernement d’austérité dit de gauche devront former ensemble un bloc contre la crise pour défendre une alternative sociale et démocratique en toute indépendance vis-à-vis du Parti socialiste.

 

Telle est notre analyse des urgences de l’heure.

 

Nous sommes militants de la «Gauche anticapitaliste», courant unitaire du NPA, nous avons été membres de la LCR auparavant. C’est avec beaucoup d’amertume, mais aussi de colère, que nous voyons notre parti renoncer à l’engagement pris lors de sa fondation : rassembler tous les anticapitalistes dans un parti de masse. Le NPA avec son candidat prend le chemin de la marginalité, qui lui interdira de peser réellement dans une situation politique aux enjeux majeurs.

 

La Gauche anticapitaliste, sans donner de position en tant que courant sur le vote, prend acte de cette impasse et estime que la dynamique créée autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon constitue un fait positif de la situation actuelle. Nous voulons en souligner les conséquences à nos yeux.

 

Réquisitionner les entreprises qui licencient en délocalisant, prendre des mesures pour museler la finance, refuser de faire payer la crise à la population, organiser la planification écologique, rompre avec une cinquième république antidémocratique, refuser les traités européens pour réorganiser une Europe qui réponde aux impératifs sociaux, écologiques, démocratiques, sont autant de propositions qui vertèbrent la campagne de Jean-Luc Mélenchon et qui vont dans le bon sens. Nous apprécions les déclarations affirmant qu’aucune participation à un gouvernement qui pratiquerait la politique préconisée par Hollande n’est envisageable. Nous conservons des points de vue différents sur certains aspects concernant notamment la République et la nation, mais nous estimons l’orientation générale positive.

 

La dynamique politique militante qui ne cesse de s’amplifier permet que vive et se développe une force militante et électorale qui refuse de se soumettre à la gestion sociale-libérale des crises et aux politiques d’austérité.

 

C’est un facteur important du rapport de forces et un puissant encouragement pour les luttes sociales. En témoigne d’ailleurs le nombre de syndicalistes, de militants du mouvement social, écologiste, féministe, antiraciste qui rejoignent la campagne.

 

Dès lors, nous pensons qu’il ne faut pas hésiter à affirmer que si nous sommes nombreux à exprimer notre force par notre vote le 22 avril pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon, la situation en sera nécessairement positivement bouleversée. 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 20:48

 

http://www.fr.news.yahoo.com/les-mutins-disent-avoir-renvers%C3%A9-amadou-toumani-tour%C3%A9-062143771.html

 

Coup d’Etat militaire au Mali, frontières fermées

  

BAMAKO (Reuters) - Un coup d'Etat militaire s'est produit au Mali où les mutins ont annoncé jeudi à la télévision nationale qu'ils s'étaient emparés du pouvoir devant l'incapacité du gouvernement d'Amadou Toumani Touré à mater la rébellion touarègue dans le nord du pays.

 

Les institutions ont été dissoutes, la Constitution a été suspendue, un couvre-feu décrété et les frontières sont fermées.

 

Les putschistes, des officiers dont les grades ne dépassent pas celui de capitaine, ont promis de remettre le pouvoir à un nouveau gouvernement démocratiquement élu dès que le pays serait réunifié et que son intégrité ne serait plus menacée.

 

Les mutins, regroupés au sein d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR), présidé par le capitaine Amadou Sanogo, ont annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays.

 

Flanqué d'une vingtaine de soldats, leur porte-parole, le lieutenant Amadou Konaré, est apparu à la télévision pour expliquer qu'ils avaient "décidé de prendre leurs responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de M. Amadou Toumani Touré", accusé d'impuissance face à la rébellion touarègue.

 

Ces derniers temps, la colère n'avait cessé d'enfler dans l'armée contre le manque de moyens mis à sa disposition pour lutter contre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

 

Les rebelles touaregs du MNLA, qui revendiquent trois régions pour créer une enclave dans le nord du pays, ont engrangé des succès sur le terrain ces dernières semaines, en partie grâce au renfort de combattants de retour de la guerre civile en Libye. Ces combats ont fait des dizaines de morts et deux cent mille déplacés.

 

LA FRANCE CONDAMNE "AVEC LA PLUS GRANDE FERMETÉ"

 

Les rebelles, qui se sont notamment emparés, ce mois-ci, de la ville de garnison de Tessalit, près de la frontière algérienne, ont annoncé qu'ils tenteraient d'exploiter la situation à Bamako pour pousser leur avantage.

 

Par la voix d'Alain Juppé, la France, ex-puissance coloniale, a exprimé sa "très vive préoccupation à la suite du coup d'État qui vient de se produire au Mali" et condamné "avec la plus grande fermeté ce renversement par la force de l'ordre constitutionnel".

 

Le ministre français des Affaires étrangères a appelé "au rétablissement de la Constitution et des institutions, au respect des libertés et des droits fondamentaux et tout particulièrement de la personne du président M. Amadou Toumani Touré".

 

Dans l'intervalle, Paris suspend "toutes ses coopérations régaliennes avec le Mali" mais maintient ses programmes d'aide en faveur de la population et de "lutte contre le terrorisme" - le Mali est situé en pleine "zone grise", cette bande de l'Afrique subsaharienne où opèrent des groupes affiliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait part de profonde préoccupation, appelant au calme et renouvelant "le soutien des Nations unies à l'ordre constitutionnel en place au Mali". Aux Etats-Unis, la Maison blanche s'est prononcée pour le "rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel".

 

AUCUN DÉCÈS SIGNALÉ

 

En dépit du couvre-feu décrété jusqu'à nouvel ordre, automobilistes et motocyclistes continuaient à circuler jeudi dans les rues de la capitale, où des soldats tiraient en l'air par moments, a constaté un journaliste de Reuters.

 

L'aéroport de Bamako a été bouclé par des policiers, et non par des militaires. Il est impossible de savoir si les mutins disposent de suffisamment de moyens pour boucler les frontières d'un pays grand comme deux fois la France et qui compte sept Etats voisins.

 

Dans la nuit, des tirs sporadiques à l'arme lourde et des balles traçantes ont retenti à Bamako, et les mutins ont temporairement contraint la radio-télévision nationale à cesser d'émettre.

 

Aucun décès n'a été signalé, mais un responsable de l'hôpital Gabriel-Touré de Bamako a indiqué qu'une vingtaine de personnes blessées par balles avaient été admises.

 

C'est mercredi soir que les soldats mutinés ont attaqué le palais présidentiel, où ils sont entrés dans la nuit.

 

Parlant alors de "tentative de coup d'Etat", une source au ministère de la Défense a confié que le président Touré se trouvait en lieu sûr. Selon deux diplomates et une source militaire loyaliste, "ATT" aurait trouvé refuge dans un camp militaire tenu par des éléments qui lui sont restés fidèles.

 

En février, Bamako avait été brièvement paralysé par des barricades érigées par des centaines de Maliens en colère, qui avaient brûlé des pneus dans les rues en signe de protestation contre l'incapacité des autorités à mater la rébellion.

 

Selon une source militaire, l'un des déclics des événements a été la visite mouvementée du ministre de la Défense dans une caserne située à Kati, à une vingtaine de kilomètres au nord de Bamako, où il a été pris à partie par des soldats.

 

Une élection présidentielle était programmée pour le 29 avril. Amadou Toumani Touré, au pouvoir depuis 2002, avait annoncé qu'il ne serait pas candidat.

 

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 20:22

 

http://www.leprogres.fr/france-monde/2012/03/22/le-salafisme-est-une-ideologie-de-rupture-avec-les-valeurs-francaises

 

 

Interview de Gilles Kepel

 

Professeur à Sciences Po Paris

 

Le salafisme est une idéologie de rupture avec les valeurs françaises

 

Question de Francis Brochet

 

Quel est ce salafisme dont se réclamerait Mohammed Merah ?

 

Réponse de Gilles Kepel

 

C’est une doctrine inspirée par un puritanisme rigoriste, particulièrement en cour chez les ulémas d’Arabie saoudite, qui touche une partie minoritaire de la jeunesse musulmane française depuis une quinzaine d’années. C’est un mouvement de rupture complète avec les valeurs de la société française. Certains salafistes prônent d’ailleurs de quitter la France pour s’établir dans un pays islamique, où leurs femmes pourront porter le voile facial dans la rue. Ils sont fascinés par l’Arabie saoudite, par son rigorisme et son immense richesse pétrolière.

 

En France, on trouve les salafistes plutôt dans les milieux algériens que marocains, dans des milieux désocialisés, parmi les enfants de harkis… Et chez les convertis qui trouvent là un moyen d’être plus royaliste que le roi.

 

Le salafisme est aussi un produit bizarre de la modernité, puisque ses adeptes correspondent avec leurs imams saoudiens sur le web.

 

Question de Francis Brochet

 

Les salafistes versent-ils tous dans l’action violente ?

 

Réponse de Gilles Kepel

 

Non, seule une minorité d’entre eux veut aller plus loin et passer au jihad. Ils sont recrutés et emmenés dans les camps en Afghanistan, au Pakistan ou ailleurs.

 

Dans la première moitié de la décennie existait une organisation centralisée, al Qaïda, qui ordonnait d’attaquer Londres, New York ou Djerba. Tout s’est délité jusqu’à l’élimination de Ben Laden l’année dernière.

 

Question de Francis Brochet

 

Et aujourd’hui ?

 

Réponse de Gilles Kepel

 

Le jihad est déstructuré. Il se réfère à un Syrien, Abou Moussab al Souri, récemment libéré de prison par Bachar al Assad afin de semer un peu plus la confusion dans l’opposition syrienne. Il prône des actions par des cellules dispersées dans les pays occidentaux contre les « mauvais » musulmans, comme ces musulmans sous uniforme français. Mais ils cherchent aussi à gagner des sympathies dans la communauté musulmane, en tuant des enfants juifs pour venger, disent-ils, les enfants palestiniens.

 

Question de Francis Brochet

 

Quelle est la place de ces salafistes dans la communauté musulmane française ?

 

Réponse de Gilles Kepel

 

Ils sont extrêmement minoritaires. Mais ils sont en train, grâce à la fascination pour l’Arabie saoudite comme producteur de la norme, d’essayer d’imposer leur norme aux autres.

 

Le souci est que cette idéologie de rupture est basée sur les problèmes d’intégration sociale et économique que rencontrent un certain nombre de jeunes laissés à eux-mêmes, et qui vont retrouver grâce à ces mouvements un sentiment de dignité. Ce qu’exprime bien « La désintégration », un film de Philippe Faucon.

 

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 20:07

 

JEM Productions

 

Diffusion Dimanche 25 Mars 2012 France 5 à 22 heures

 

Victor Serge l’insurgé

 

Par Carmen Castillo

 

Né à Bruxelles en 1890 de parents russes anarchistes, engagé très jeune en Europe et en Russie dans les luttes révolutionnaires, puis opposant à Staline et même à Trotsky, Victor Serge, ce dissident de toutes les dissidences, exilé, traqué, écrit en français une œuvre littéraire importante, jusqu’à sa mort au Mexique en 1947.

 

Entre témoignage personnel et esquisse d’une vie, entre présent et passé, par un dialogue imaginaire entre la réalisatrice et les propres mots de l’écrivain racontant ses luttes, incarnés par la voix de Jacques Bonnaffé, le film nous présente Victor Serge et sa pensée comme un « contemporain capital », une voix pour le temps présent.

 

Rééditions récentes

 

Les Hommes dans la prison, Rieder 1930, rééd. Climats 2011

 

Naissance de notre force, Rieder 1931, rééd. Climats 2011

 

Ville conquise, Rieder 1932, rééd. Climats 2011

 

S’il est minuit dans le siècle, Grasset 1939, rééd. Grasset 2009

 

Mémoires d’un révolutionnaire et autres écrits politiques, (1908-1947) rééd. Lux 2011

 

Les Années sans pardon, François Maspero 1971, rééd. Agone 2011

 

L’AffaireToulaev, Le Seuil 1948, rééd. Zones / La Découverte et Lux 2010

 

 

 

http://www.jemproductions.fr/documentaire/victor-serge-linsurge

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 19:29

 

http://www.fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE82L0BA20120322

 

Mélenchon devient le troisième homme avec 14 % selon BVA

 

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon devient le "troisième homme" de la campagne présidentielle en France avec 14% d'intentions de vote au premier tour, devant Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (12%), selon un sondage BVA pour Orange, la presse régionale et RTL diffusé jeudi.

 

Pour l'institut de sondage, la poussée de cinq points du candidat du Front de gauche, corrélée à la baisse de deux points de la présidente du FN et de un point du candidat du MODEM, montre que la tragédie de Toulouse qui n'avait guère de raison de lui "profiter", n'a en rien altéré la dynamique de sa campagne.

 

Cette enquête a été réalisée après la grande marche parisienne à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, dimanche à Paris.

 

Au premier tour, François Hollande demeure le favori et reste symboliquement en tête avec 29,5% contre 28% pour Nicolas Sarkozy. Mais le candidat socialiste accuse une baisse de deux points.

 

Au second tour, François Hollande, en baisse de deux points, l'emporterait avec 54% contre 46% au chef de l'Etat.

 

Le président sortant "est le candidat bénéficiant probablement le plus de l'affaire" de Mohamed Merah, le meurtrier de sept personnes à Toulouse et Montauban, dit BVA.

 

En effet, Nicolas Sarkozy gagne deux points au premier comme au second tour, ce qui constitue sa progression la plus nette depuis son entrée en campagne.

 

Ce sondage a été effectué les 21 et 22 mars auprès d'un échantillon de neuf cent soixante dix huit personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

 

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 20:39

 

http://www.contrelaxenophobie.wordpress.com/2012/02/24/chasse-aux-rroms-proces-du-collectif-contre-la-xenophobie

 

Chasse aux roms

 

Procès du Collectif contre la xénophobie

 

Vendredi 24 Février 2012

 

La justice est elle aux ordres ?

 

Vendredi 17 Février, Michel Sitbon, porte parole du Collectif contre la xénophobie, passait en jugement devant la dix septième chambre correctionnelle de Paris, répondant à une plainte diligentée par le ministère de l’intérieur, pour avoir « insulté » le préfet de Seine Saint Denis en dénonçant la politique raciste mise en œuvre vis-à-vis des roms.

 

Les ministres de l’Intérieur, Brice Hortefeux et Claude Guéant ont demandé au Tribunal de Paris, de poursuivre le Collectif contre la xénophobie, pour un texte publié sur son blog, dénonçant la chasse aux roms organisée par le Préfet Lambert en Seine Saint Denis.

 

Pratique du bâillon ou théorie des baïonnettes intelligentes : s’agit-il là de faire taire la critique ou de justifier l’obéissance à des ordres criminels ?

 

La chasse aux roms répondant aux instructions présidentielles était pénalement condamnable. Le blog du collectif contre la xénophobie se voulait un observatoire de la politique raciste.

 

On a pu témoigner de comment les policiers disaient qu’ils n’agissaient que sur les ordres directs du Préfet.

 

La guerre contre les roms était alors déclarée comme telle.

 

A l’audience, la procureure a reconnu la légitimité d’une critique politique, mais se sera livrée à des découpages de phrases, admettant que certaines parties de phrases auraient été acceptables, mais pas d’autres. Elle aura salué la rigueur intellectuelle du prévenu, mais n’en aura pas moins demandé une peine d’amende.

 

Aurait été critiquable, selon l’accusation, le fait que le nom du Préfet Papon ait été évoqué pour décrire l’action criminelle du Préfet de Seine Saint Denis aujourd’hui. “Papon” serait une insulte du fait que celui-ci a été condamné pour crime contre l’humanité du fait de sa participation à la déportation de juifs pendant la guerre mondiale. La défense aura invoqué le fait que c’était aussi pour son action en temps que Préfet de la Seine, de 1958 à 1962, et sa politique meurtrière contre les algériens alors. Aura été défendu le droit aux rapprochements historiques : on peut comparer Alexandre à Napoléon, même si le premier ne disposait pas de canons.

 

La défense conclura que non seulement l’injure n’était pas constituée, mais que la procédure elle-même était une injure faite à l’accusé.

 

L’accusé a souligné le fait que le Préfet Lambert ait été nommé exprès le 30 juillet 2010, à la suite du discours de Grenoble du Président de la République, pour appliquer une politique de persécution déclarée.

 

Aura été rappelé qu’une circulaire produite alors par le ministère de l’Intérieur ordonnait de viser spécifiquement les populations roms. La France a échappé de peu alors à des poursuites diligentées par la Commission européenne, en retirant la dite circulaire, remplacée par une deuxième qui évitait de mentionner les roms, mais n’en visait pas moins l’application de la même politique de persécution de ceux-ci.

 

Finalement l’accusé aura souligné la nécessité de sanctionner… le ministère de l’intérieur, pour dissuader celui-ci de recourir à ce typique abus de pouvoir lorsqu’il mobilise ainsi indûment la justice contre des citoyens qui ne font qu’exercer leur droit de critique.

 

Aura été insuffisamment souligné peut-être le fait que cette plainte a été émise contre un citoyen qui s’était distingué pour ouvrir les portes d’un local privé pour que les roms puissent échapper à la chasse sans fin que le ministre et ses Préfets avaient ordonné. Le fait est que cette plainte procédait manifestement du désir de sanctionner un acte de solidarité humaine.

 

Rappelons ici le fait que ministère de l’Intérieur bénéficie d’un privilège régalien qui lui permet de déposer les plaintes qu’il veut devant le parquet de Paris qui les reçoit automatiquement sans que la validité de celles-ci soient examinées.

 

A été demandé au tribunal de rétablir les conditions d’un débat démocratique en sanctionnant un ministère qui abuse manifestement de ses pouvoirs. Sera-t-on entendu, ou bien faudra-t-il constater encore une fois que la justice est aux ordres du pouvoir politique ?

 

La délibération sera rendue le 6 avril 2012.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 20:22

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-conseil-s%C3%A9curit%C3%A9-soutient-la-mission-dannan-en-135428616.html

 

Le conseil de sécurité soutient la mission d’Annan en Syrie

 

NATIONS UNIES (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé mercredi à l'unanimité de ses membres, dont la Russie et la Chine, une "déclaration présidentielle", soumise par les Occidentaux, qui proclame son soutien à la mission de paix de Kofi Annan en Syrie.

 

"Le Conseil se déclare extrêmement préoccupé par la détérioration de la situation en Syrie, qui a entraîné une grave crise des droits de l'homme et une situation humanitaire désastreuse. Il est profondément attristé par le décès de milliers de personnes dans le pays", peut-on lire dans la déclaration de la présidence du Conseil.

 

"Le Conseil souscrit sans réserve à la proposition préliminaire en six points soumise aux autorités syriennes."

 

Cette proposition appelle les autorités syriennes à s'engager à collaborer avec Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, dans le cadre d'un processus politique ouvert dirigé par les Syriens, pour répondre aux aspirations du peuple syrien.

 

Elle leur demande de s'engager à cesser les combats, d'assurer l'acheminement de l'aide humanitaire dans toutes les zones touchées par les combats, ainsi que de respecter la liberté d'association et le droit de manifester pacifiquement.

 

L'adoption de cette déclaration, si elle n'a pas de caractère contraignant, n'en reste pas moins un revers diplomatique pour la Syrie, alliée de la Russie.

 

Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, avait demandé vendredi dernier l'appui explicite des quinze membres du Conseil.

 

"Par cette déclaration, le Conseil de Sécurité des Nations Unies commence à prendre ses responsabilités après des mois de blocage", s'est félicité le ministère français des Affaires étrangères. "La France, fermement engagée auprès de la Ligue arabe et de l'envoyé spécial, est déterminée à continuer à tout faire pour que cesse la tragédie syrienne", a-t-il ajouté.

 

"UN MESSAGE CLAIR ET UNANIME DU CONSEIL"

 

Le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi, a déclaré que l'ancien secrétaire général de l'Onu était "encouragé par le soutien unanime du Conseil de sécurité et exhorte les autorités syriennes à y répondre favorablement".

 

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a salué l'adoption de cette déclaration. "Le secrétaire général est encouragé par le message clair et unanime du Conseil, soutenant les efforts de M. Annan", a déclaré son porte-parole.

 

"Alors que la situation continue de se détériorer sur le terrain, il est plus urgent que jamais de trouver une solution pour mettre fin aux souffrances tragiques du peuple syrien", a-t-il ajouté.

 

Le porte-parole de la Maison blanche Jay Carney a estimé dans un communiqué qu'il s'agissait "d'un pas modeste mais important". La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a également salué la déclaration et appelé les soldats de l'armée syrienne à "refuser d'obéir aux ordres d'ouvrir le feu sur leurs compatriotes". "Nous appelons également les membres de la communauté des affaires qui soutiennent toujours le régime à travailler à la mise en oeuvre de la déclaration du Conseil de sécurité et la mission de Kofi Annan", a-t-elle dit.

 

La représentante permanente des Etats-Unis à l'Onu, Susan Rice, a fait écho aux propos de Fawzi, déclarant: "Nous exhortons les autorités syriennes à répondre rapidement et positivement." Quant à la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, elle a parlé d'une "étape positive. Le Conseil a désormais parlé d'une seule voix".

 

Pour l'ambassadeur de Grande-Bretagne à l'ONU, Mark Lyall Grant, la déclaration envoie "un signal fort et unanime au gouvernement et à l'ensemble des autres protagonistes des événements en Syrie, en leur disant qu'ils doivent répondre tout de suite" aux propositions de paix d'Annan.

 

Le texte menace le gouvernement syrien d'"initiatives supplémentaires" en cas de non-respect de l'offre de paix en six points de Kofi Annan.

 

VERSION ÉDULCORÉE

 

Il exprime le "soutien total aux efforts d'Annan pour faire cesser sans délai toutes les violences et toutes les violations des droits de l'homme, pour permettre un accès humanitaire et faciliter une transition politique, conduite par les Syriens, vers un système démocratique et pluraliste".

 

La déclaration demande également au gouvernement syrien de cesser le feu en premier, ce que, précisément, Kofi Annan et l'Occident réclamaient.

 

"Le gouvernement syrien doit cesser immédiatement tout mouvement de troupes vers des zones habitées, cesser d'utiliser des armes lourdes dans les zones habitées, et entamer le retrait des troupes massées dans et près des centres de population", lit-on dans la déclaration.

 

Une fois que les forces gouvernementales auront cessé le feu, les autorités syriennes "devront coopérer avec Annan pour favoriser un arrêt durable des violences armées, sous toutes leurs formes, par toutes les parties en présence".

 

La Russie et la Chine ont à deux reprises opposé leur veto, ces derniers mois, à des projets de résolution sur la Syrie qui appuyaient le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart de Bachar al Assad.

 

Avant que la déclaration soit adoptée mercredi, les puissances occidentales l'avaient quelque peu édulcorée afin d'obtenir le soutien de Moscou, qui n'appréciait pas la formulation de la version antérieure.

 

"Le texte du Conseil reflète la réalité de la situation en Syrie et soutient les objectifs poursuivis par Annan. Nous le soutenons totalement", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse commune avec ses homologues allemand et polonais, à Berlin.

 

A New York, le représentant permanent de la Russie à l'ONU, Vitali Tchourkine, a déclaré que le Conseil de sécurité avait "en définitive adopté un point de vue pragmatique envers la Syrie".

 

La dernière déclaration présidentielle du Conseil de sécurité sur la Syrie remontait à août 2011.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 20:09

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-tueur-au-scooter-pist%C3%A9-depuis-son-premier-172155348.html

 

Le tueur au scooter pisté depuis son premier meurtre

 

PARIS (Reuters) - C'est une annonce postée sur le site internet "Le bon coin" par le premier militaire tué par un homme en scooter qui a permis aux enquêteurs de remonter la piste de l'auteur présumé des tueries qui ont causé la mort de sept personnes en France.

 

Mohamed Merah, âgé de 24 ans, a revendiqué mercredi l'assassinat de trois militaires, un le 11 mars à Toulouse et deux le 15 mars à Montauban, ainsi que le meurtre d'un rabbin et de trois enfants dans une école juive de Toulouse lundi dernier.

 

Retranché depuis mercredi matin dans son appartement toulousain cerné par la police, il dit avoir agi seul et n'exprime aucun regret, si ce n'est de n'avoir pas eu le temps de faire plus de victimes, selon le procureur de Paris François Molins, qui chapeaute l'enquête.

 

Le 11 mars, le maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten, qui a mis en vente sa moto sur le site internet "Le bon coin" en précisant son statut de militaire, est abattu d'une balle dans la tête à Toulouse par un homme qui s'enfuit aussitôt.

 

Son assassinat donne lieu à des vérifications au cours desquelles cinq cent soixante seize adresses IP de connexion à son annonce sont passées au crible.

 

Les résultats de l'enquête sont remis à la police judiciaire le samedi 17 mars. Parmi ces noms, l'un attire plus particulièrement l'attention des services de police, celui de la mère de deux garçons connus des services de police.

 

Le premier, Abdelkader, 29 ans, est apparu en 2007 comme "impliqué mais non mis examen ni poursuivi" dans une filière d'acheminement de djihadistes en Irak, a dit le procureur.

 

Son frère, Mohamed Merah, 24 ans, présente un profil différent. Au cours de sa minorité, il a été condamné à quinze reprises par le tribunal pour enfants de Toulouse.

 

"AUTO RADICALISATION"

 

"Il est ensuite apparu comme présentant ce qu'on pourrait qualifier de profil d'auto radicalisation salafiste atypique", a indiqué François Molins lors d'une conférence de presse.

 

A deux reprises, Mohamed Merah se rend en effet par ses propres moyens en Afghanistan et dans la zone afgho pakistanaise sans passer par les filières connues ni par les pays habituellement surveillés.

 

Lors de son premier séjour, il subit un contrôle routier par la police afghane qui le remet à l'armée américaine. Son deuxième séjour à l'été 2011 est écourté, le suspect ayant contracté une hépatite A sur place.

 

"Aucun élément permettant de le rattacher à une organisation quelconque sur le territoire national n'était en possession d'aucun service", assure le procureur de Paris, faisant écho aux propos tenus par Claude Guéant dans la matinée.

 

Selon le ministre de l'Intérieur, Mohamed Merah était sous surveillance de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) depuis longtemps pour appartenance à un mouvement salafiste sans qu'il y ait toutefois d'élément permettant de penser qu'il était sur le point de passer à un acte criminel.

 

A ce stade de l'enquête, il manque encore aux enquêteurs une preuve d'un contact entre l'un des frères et le parachutiste abattu et la localisation des deux frères.

 

Il faut attendre la confirmation la semaine dernière que la même arme a été utilisée lors des deux attaques visant les militaires à Toulouse et à Montauban pour mettre en place une vaste opération de recherche.

 

"L'élément déclenchant a été le jeudi soir de l'assassinat de Montauban, la découverte par les services de police judiciaire de l'identité de l'arme entre celle qui avait frappé à Toulouse et celle qui avait frappé à Montauban", a dit le ministre de la Défense Gérard Longuet au micro de RTL.

 

SCOOTER REPEINT

 

Lundi soir, après la tuerie dans un collège-lycée juif de Toulouse qui a fait quatre morts, huit lignes téléphoniques appartenant à la mère de Mohamed Merah et à certains membres de sa famille sont mises sur écoute.

 

Selon le parquet, la piste des frères Merah va connaître un véritable tournant dans la journée de mardi. L'analyse des images de vidéosurveillance permet en effet de dessiner un profil psychologique du suspect présentant des similitudes avec celui de Mohamed Merah déjà condamné pour des faits violents.

 

Les images permettent également de montrer que le scooter utilisé a, selon toute vraisemblance, été repeint. Mardi, un concessionnaire de la région indique à la police avoir reçu la visite d'un des frères Merah qui lui a demandé comment désactiver le dispositif de traçage GPS du scooter.

 

Il ne reste alors aux enquêteurs qu'à localiser les deux frères mardi après-midi. Le feu vert d'une perquisition est donné. A 23 heures 30, mardi, la décision est prise d'interpeller la mère et ses deux fils dans la nuit de mardi à mercredi.

 

Lors des négociations entamées depuis avec le Raid, Mohamed Merah a indiqué où se trouvait sa Renault Mégane contenant un revolver, un fusil à pompe et des minutions.

 

Un véhicule Clio, qui pourrait contenir des armes, est toujours activement recherché.

 

Selon François Molins, le scooter a été retrouvé mercredi après-midi avec les deux casques utilisés lors des tueries. Enfin, une caméra utilisée par le tueur présumé a également été retrouvée dans un sac confié par Mohamed à un proche.

 

Au total, selon le parquet, sept millions de données téléphoniques ont été vérifiées, sept cent connections internet étudiées et plus de deux cent auditions réalisées au cours de cette enquête.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 21:06

 

http://www.oumma.com/11868/de-la-responsabilite-dun-positionnement-pro-assad-quan

 

De la responsabilité d’un positionnement pro Assad

 

Quand l’idéologie tue l’éthique

 

Par Nasr Eddine Hadjime, militant du Collectif des Musulmans de France

 

Lundi 19 Mars 2012

 

D’un aveuglement l’autre, tel un bégaiement de l’Histoire, les temps se suivent et se ressemblent. Actuellement, les massacres en Syrie sont l’objet de toutes les attentions.

 

D’aucuns imputent ces troubles à des bandes armées, terroristes, qui viseraient à déstabiliser la Syrie et renverser le régime en place. Cependant un indicateur déterminant fragilise, au fur et à mesure des jours, ce positionnement ; jusqu’à aujourd’hui, plus de huit mille syriens et syriennes sont tombés sous les coups de boutoir de la répression du régime d’Assad, près de six fois le massacre de Gaza en 2009. Effrayant.

 

Aussi nombreux furent les français de confession musulmane dans les rues de Paris lors des manifestations en faveur de Gaza en décembre/janvier 2009, force est de constater, avec beaucoup de regret, l’absence de soutien de ces derniers concernant la Syrie. Le sang syrien vaut-il celui des palestiniens ? Acceptons-nous plus facilement la répression lorsqu’elle vient d’un des « nôtres » ? Silence complaisant ou non, il semblerait que le problème soit bien plus complexe. Tentative d’explication.

 

Quand la fin justifie les moyens

 

A lire les réactions outrées à des textes écrits en soutien au peuple syrien, un fil conducteur semble se dessiner avec insistance : le soutien à la répression au nom de l’anti-impérialisme américain et de l'antisionisme. Des articles écrits par des tiers-mondistes en mal de notoriété, à ceux publiés sur le Réseau Voltaire, il est stupéfiant  de remarquer à quel point certains peuvent soutenir au nom d’un « esprit révolutionnaire », hérité des révolutions marxistes, un massacre qui dure depuis trop longtemps. Toute contestation devient de la naïveté politique et un soutien à l’Occident : les Frères musulmans deviennent des agents américains et le régime iranien, avec Assad, avec Chavez, avec Castro, seraient les seuls remparts à l’hégémonie américaine. Simpliste.

 

L’URSS a vu  en France parmi nos plus prestigieux intellectuels, les meilleurs défenseurs du socialisme soviétique. Jean Paul Sartre, au nom même de la révolution marxiste-léniniste, s’est gardé de condamner, jusqu’en automne 1956,  la répression de « l’insurrection de Budapest », le régime totalitaire instauré par Staline. Ceci fut d’ailleurs le motif de l’éloignement d’Albert Camus ; ce dernier ne supportait pas qu’on puisse soutenir les crimes staliniens au nom d’une idéologie.

 

Aussi prestigieux fût-il, Sartre, celui qui refusa le prix Nobel de littérature, l’un des fondateurs du courant existentialiste, s’est fourvoyé au nom même d’une croyance idéologique : la révolution marxiste. De Gide à Sartre, en passant par la majorité des intellectuels de gauche de l'époque, tous ont soutenu aveuglément un régime, l’URSS, et une idéologie, le stalinisme. Le socialisme soviétique devait être défendu comme une vérité absolue, bec et ongles, peu importe les moyens, pourvu que l’URSS, paradis des socialistes, existe, perdure. Des voix s’élevèrent pourtant à l’époque contre ce totalitarisme, mais trop peu audibles.  

 

Obnubilés par la finalité, tous les moyens devenaient justes, à tel point que ces intellectuels de gauche ignoraient à dessein la situation réelle des populations sous le joug du régime soviétique. La fin, l’égalité, justifiaient tous les moyens. Même les crimes staliniens.

 

Dans une moindre mesure, du point de vue de ce qui se passe en Syrie, l’Histoire se répète avec un nouveau casting : des intellectuels prétendus de gauche, panarabistes, socialistes, un poil complotistes, soutiennent au nom de l’anti-impérialisme et de l'antisionisme, au nom de l’esprit révolutionnaire, le régime baathiste aux abois. Fort heureusement, selon le politologue François Burgat, Assad signe actuellement, indéniablement, son arrêt de mort. Des crimes sont commis par pelletées tous les jours à Homs, et pourtant des hommes osent encore prendre leur plume pour défendre ce régime.

 

Ce qui est en cause ici est cette vision passéiste du monde, que l’on retrouve dans les fossiles exhumés de ce grand cadavre que fut l’URSS : l’idéologie.

 

De l’idéologie

 

Le vingtième siècle a vu les significations de l’idéologie se succéder, aussi différentes les unes que les autres. Tantôt déformant en donnant forme, tantôt objet pensant à notre place, l’une des moins mauvaises définitions de l’idéologie, c’est « l’idée de mon adversaire ». En somme, l’idéologie, c’est la réflexion sans la pensée.

 

Ce que l’on reproche aux idéologues, c’est cette capacité à donner naissance à un concept mobilisateur certes, mais avec la fâcheuse tendance à manquer de justesse, si bien qu’elle déforme le réel et par conséquent le regard que nous portons sur le monde.

 

Il est toujours affligeant de s’apercevoir de la limite d‘un tel raisonnement. Soutenir le peuple syrien, c’est jouer le jeu de l’Occident donc par extension, si l’Occident dit blanc, il faudrait dire noir... Seulement, la réflexion est beaucoup plus complexe que cela ; en définitive, nous pouvons être contre les deux, c’est-à-dire Assad et l‘impérialisme occidental ! En dépit d’un raisonnement politique proche du néant, le positionnement adopté par les anti-impérialistes est binaire et se construit sur une logique du pour/contre… Les perspectives politiques innovantes se réduisent finalement comme peau de chagrin. Quoi que fassent les Etats-Unis et Israël, sauver son âme c’est choisir la position opposée.

 

Quand finalement le Qatar (au demeurant très critiquable dans ses choix stratégiques et géopolitiques), la Turquie, les Frères musulmans et la Tunisie prennent position contre la répression du potentat Bachar Al Assad, en soutien au peuple syrien, ils sont taxés de soutien complaisant à l'empire. Pire, d’agents infiltrés aux ordres des Etats-Unis.

 

Est-ce de leur faute si les États-Unis partagent le même point de vue ? Sommes-nous condamner à adopter la position contraire, même lorsqu’elle va à l’encontre de notre morale, de notre conscience ?

 

Pour tout adversaire qui se respecte, avoir affaire à un idéologue est une bénédiction, tant il est prévisible... Il ne peut penser ses actes sans ennemi.

 

La fin ne justifie pas les moyens

 

Rien du point de vue de l’éthique musulmane ne permet de soutenir un massacre d‘innocents. Nous, Français de confession musulmane, dont l’éthique détermine nos actes, nous ne nous permettons pas d’affirmer que la fin justifie tous les moyens.

 

D’autant plus lorsque des vies humaines sont en jeu, nous nous devons de nous assurer que les moyens comme les fins sont licites. Doit-on massacrer femmes et enfants pour la stabilité d’un pays ? Le prophète avait interdit pour la bataille de Badr de couper les arbres, de polluer les rivières, de s’attaquer aux femmes, enfants, vieillards et aux temples… Pourtant combien de mosquées ont été détruites depuis le début de la révolte par les sbires du régime ?

 

L’obsession du résultat, l’idée fixe d’une fin réalisée de notre vivant, ne font pas partie de notre vision de l’action. L’Islam nous impose d’agir, de produire, de planter les graines et de ne pas nous soucier des résultats, parce qu’ils appartiennent à Dieu. Les seules préoccupations sont d’une part, purifier notre intention, et d’autre part, contrôler la licéité de nos actes devant Dieu. Le massacre de huit mille syriens et syriennes par le fils, comme un écho déformé au massacre des trente mille syriens et syriennes du père, sont la seule réponse déterminante qui nous oblige à condamner et ne pas soutenir un régime qui, depuis plusieurs décennies, s’accroche au pouvoir. Il y va de notre responsabilité devant Dieu, il y va de notre responsabilité devant les Hommes. La seule « révolution », dans une perspective de renouveau, qui incombe aux musulmans, est celle de l’âme ici-bas pour préparer favorablement l’au-delà.

 

Les musulmans conçoivent l’Islam comme un « cadre éthico-normatif » qui permet de « différencier, juridiquement, le bien du mal ». En dépit d’une réalité pas toujours à la hauteur de ses espérances, le musulman pense son action en fonction d’une éthique du quotidien. Chacune de ses actions passe par le prisme du cœur et de la raison, pour en juger l’éthique et établir le bien dans sa société. Il s’agit d’édifier et de renforcer une discipline de soi, de réduire les « zones d’incertitudes » pour conscientiser l’acte le plus inconscient; en définitive, être musulman, c’est réduire les zones d’inconscience pour accroître les zones de conscience.

 

En fin de compte, quand un musulman pense ses actes, il devrait le faire non en fonction d’une idéologie, mais de son éthique. Du point de vue du croyant musulman, l’Islam n’est pas et n’a jamais été une idéologie. Réduire cette religion à cela, c’est faire de l’Islam une idée, réduite au politique.

 

Pendant quelques décennies, il a fallu se positionner face aux idéologies et en dernier lieu des islamistes ont dû, par la force du contexte, penser leur religion comme un objet politique ; seulement aujourd’hui, comme le professa le sociologue américain Daniel Bell, il y a plus de cinquante ans, nous vivons, dans les faits, la fin des idéologies. Ce « vide idéologique » est d’ailleurs une formidable opportunité pour les spiritualités du monde entier.

 

Conclusion

 

Au nom même d’une opposition verbale (et seulement verbale) à Israël, le régime syrien se voit excuser tous les massacres. Rien aujourd’hui ne justifie la surveillance des moukhabarats, la torture et la mise à mort de toute opposition politique, au nom de l’antisionisme et, il faut le dire, de la protection de l‘Iran menacé. Exit la liberté, exit la dignité, exit la justice, pourvu que l’on puisse continuer de dire (et seulement dire!) « nous sommes antisionistes ». Les peuples arabes deviennent sujets de leur histoire et quitte le statut d’objet des dictatures, qui furent hélas longtemps au pouvoir ; pourquoi refuser aux Syriens cette dignité et cette liberté que les autres peuples arabes ont arraché par la force de leurs convictions ?

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:15

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-pr%C3%A9sident-du-cicr-cherche-lappui-moscou-sur-140912661.html

 

Moscou favorable à des « pauses » humanitaires en Syrie

 

MOSCOU/GENEVE (Reuters) - La Russie soutient l'idée de mettre en place des cessez-le-feu quotidiens en Syrie afin de fournir une aide humanitaire aux populations civiles, a déclaré lundi le ministère russe des Affaires étrangères.

 

Moscou, allié traditionnel de Damas, a promis de promouvoir cette proposition auprès des autorités syriennes, a déclaré le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) Jakob Kellenberger après un entretien avec le ministre Sergueï Lavrov.

 

Le chef de la diplomatie russe a "clairement approuvé et soutenu" le projet d'un arrêt quotidien des hostilités pendant deux heures afin de permettre des opérations de secours d'urgence, a assuré le chef du CICR dans la capitale russe.

 

Ce qu'a confirmé un communiqué du ministère diffusé par la suite: "Les parties appellent le gouvernement syrien et tous les groupes armés à accepter sans délai des pauses humanitaires quotidiennes."

 

"Nous espérons des résultats concrets sur le terrain dans les prochains jours ou les prochaines semaines", a ensuite précisé Jakob Kellenberger avant de reprendre l'avion.

 

La situation humanitaire risque de s'aggraver en Syrie, avait prévenu le président de la Croix-Rouge avant de rencontrer Sergueï Lavrov.

 

"La situation humanitaire à Homs, Idlib, Hama, Deraa et d'autres lieux touchés par les troubles reste extrêmement difficile et pourrait continuer de se dégrader", a souligné Jakob Kellenberger dimanche avant son départ pour Moscou.

 

"Une cessation quotidienne des combats pendant au moins deux heures reste essentielle pour que les évacuations médicales d'urgence puissent avoir lieu en toute sécurité et pour que l'aide parvienne rapidement aux personnes vulnérables."

 

Jakob Kellenberger souhaite obtenir des parties en conflit "un engagement sans ambiguïté" concernant ces trêves quotidiennes.

 

Il a précisé qu'il avait obtenu un "accord de principe" de Damas qu'il ne considérait pas comme un engagement ferme. Du côté de l'opposition, le président du CICR a dit avoir reçu une réponse positive de l'Armée syrienne libre (ASL) mais pas de la part du Conseil national syrien, qui chapeaute une grande partie des forces d'opposition.

 

MISSION D'ÉVALUATION

 

Si la plupart des organisations humanitaires affirment ne pas être autorisées par Damas à opérer sur le territoire syrien, le CICR et le Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS) ont réussi à atteindre certaines régions touchées par le conflit.

 

Avec la Chine, la Russie, principal allié de la Syrie sur la scène internationale, a opposé deux fois ces six derniers mois son veto à des résolutions condamnant la répression des manifestations antigouvernementales qui ont fait, d'après les Nations unies, plus de huit mille morts depuis un an.

 

Moscou, qui s'est mis à dos la Ligue arabe en rejetant son plan de transition politique à Damas, marque cependant depuis plusieurs jours sa volonté d'agir davantage pour sortir de la crise, en fixant ses propres termes.

 

Les Russes soutiennent la mission effectuée il y a une semaine par l'émissaire de la Ligue et de l'Onu Kofi Annan à Damas pour plaider, sans succès jusqu'ici, auprès de Bachar al Assad en faveur d'un cessez-le-feu, de l'envoi d'observateurs et de l'ouverture d'un dialogue politique entre le gouvernement et l'opposition.

 

Pour les Russes, les forces gouvernementales ainsi que l'opposition armée doivent simultanément cesser le feu alors que les Etats-Unis, les Etats arabes du Golfe et les Européens exigent qu'Assad et ses partisans fassent le premier geste.

 

Une équipe d'évaluation des besoins humanitaires composée d'experts des Nations unies et de l'Organisation de coopération islamique (OCI) et pilotée par le gouvernement syrien a entamé sa mission, a indiqué lundi une source proche de l'équipe.

 

Les membres de cette délégation doivent notamment se rendre à Homs, assiégée en février par l'armée syrienne, et Deraa, où les premières manifestations contre Bachar al Assad ont éclaté à la mi-mars 2011.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens