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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 17:49

 

http://www.blog.mondediplo.net/2012-01-18-Islam-une-police-de-la-pensee-socialiste

 

Islam, une police de la pensée socialiste

 

Par Alain Gresh

 

On le savait depuis longtemps, le Parti socialiste a rompu avec le marxisme sur le terrain économique et ne réclame plus, au mieux, qu’une gestion un peu moins brutale du capitalisme. En pleine crise économique, la plus grave que l’on ait connue depuis 1929, les recettes du candidat François Hollande sont bien timorées et, sur le fond, proches de celles de la droite (n’est-il pas partisan de la « règle d’or » qui interdirait tout déficit budgétaire ?).

 

En revanche, il y a un domaine dans lequel le Parti socialiste se glorifie de son ancrage à gauche : celui de la laïcité. Et, le Sénat étant passé à gauche, il a décidé de s’en servir pour prouver ses convictions et pour s’attaquer une fois de plus au cléricalisme et à la calotte. Pas celle de l’Eglise catholique évidemment – jamais le PS n’a mis en cause, quand il était au gouvernement, le statut particulier de l’Alsace-Moselle et la place qu’y occupent les religions ; le PS ne parle plus non plus de s’attaquer à l’enseignement religieux financé par l’Etat –, mais celle de cette nouvelle Eglise, si puissante dans notre société, dont les membres ont infiltré tous les rouages de l’Etat, du Parlement, du Sénat (on ne compte plus le nombre de ses élus dans cette assemblée), des médias, etc. : celle de ces musulmans qui s’attaquent aux fondements mêmes de notre société.

 

Délaissant donc la crise, le chômage, le mal-logement et autres détails de la vie publique, la nouvelle majorité de gauche au Sénat, dans une de ses premières manifestations d’indépendance, a décidé d’examiner une « Proposition de loi visant à étendre l’obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité ». Après avoir, en décembre, décrété la neutralité des crèches et des centres de loisirs et de vacances, elle s’attaquait, le 17 janvier, à celle des assistants maternels.

 

L’article adopté est ainsi rédigé : « Art. L. 423-23 A. — À défaut de stipulation contraire inscrite dans le contrat qui le lie au particulier employeur, l’assistant maternel est soumis à une obligation de neutralité en matière religieuse dans le cours de son activité d’accueil d’enfants. »

 

Il est ironique de noter que Françoise Laborde, à l’initiative de ce texte, expliquait le 17 janvier qu’elle aurait « pu préciser qu’il s’agissait, dans cet article, de neutralité religieuse et politique ; cela m’aurait peut-être épargné les mauvais procès en islamophobie ». Mais pourquoi ne l’a-t-elle pas fait ? Pourquoi la mention de la neutralité politique n’est-elle pas précisée ? Faut-il rappeler que la commission Stasi avait proposé l’interdiction du port par les élèves de signes religieux ET politiques ? Si l’Assemblée nationale a réduit l’interdiction aux signes religieux, c’est bien par... islamophobie, quoi qu’en dise Françoise Laborde.

 

Intervenant dans le débat, Esther Benbassa, sénatrice des Verts, demandait ce qu’était la neutralité au domicile d’un assistant maternel : « Une représentation de La Mecque ? Une reproduction d’une annonciation de Fra Angelico ou d’un “Judith et Holopherne” ? Une manière de préparer le repas ? » On pourrait ajouter : faudra-t-il qu’un policier reste en permanence au domicile de l’assistant maternel pour vérifier qu’il ne prie pas cinq fois par jour ? qu’il ne cuisine pas hallal ? qu’il ne lit pas le Coran ?

 

Et si le texte s’était étendu à la neutralité politique, comme prétend le souhaiter Françoise Laborde, aurait-il fallu un policier pour vérifier les lectures subversives ? ou l’absence de portraits de Guevara ou de Gaulle (il est peu probable que quelqu’un affiche un portrait de Hollande) ?

 

Le groupe socialiste s’indigne sans aucun doute quand la police religieuse iranienne vérifie que les femmes sont correctement voilées à Téhéran, mais exige que l’on aille vérifier, au domicile personnel, les convictions de chacun.

 

Il n’y a pas que dans le domaine économique que le Parti socialiste a oublié ses racines marxistes. En 1874, Friedrich Engels épinglait ceux qui avaient « la prétention de transformer les gens en athées par ordre du mufti ». Et, l’année suivante, Karl Marx écrivait : « Chacun doit pouvoir satisfaire ses besoins religieux et corporels sans que la police y fourre son nez. »

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 15:57

 

Tunisie 2012 : inquiètudes et espoir

 

Il y a un an l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, vendeur de légumes dans la petite ville particulièrement déshéritée de Sidi-Bouzid, en Tunisie centrale, marquait le début de la « Révolution pour la dignité » et, plus largement, d'un processus révolutionnaire qui allait s'étendre à plusieurs autres pays de la région. Un an après ce suicide et la fuite de Ben Ali, la Tunisie est toujours en pleine effervescence. Certes, elle s'est donnée une assemblée constituante (élue pour un an) et un gouvernement dominés par le parti islamiste Ennahda. La victoire de ce dernier (cf Rouge et Vert numéro 336) a été nette, mais sans être écrasante, comme en Égypte : 37% des voix et 41% des sièges. Depuis longtemps, grâce à une tradition culturelle et grâce aussi à Bourguiba qui a su favoriser l'émergence d'une société civile, et malgré la dictature de Ben Ali, la société tunisienne est une société réellement plurielle et l'unanimisme dont a bénéficié Ben Ali dans le passé n'était qu'une façade qui a volé en éclats lors des premières élections libres.

 

Cette pluralité de la société tunisienne (dix neuf partis représentés à l'assemblée constituante) est un atout considérable pour le pays. Le parti majoritaire (37% des votants, mais seulement 18% des inscrits) ne pourra pas imposer ses vues, non seulement parce qu'il a besoin de partenaires pour obtenir la majorité à l'assemblée et pour gouverner, mais aussi à cause de la pluralité même de la société qui n'acceptera pas des réformes imposées contre sa volonté. Le parti dominant, Ennahda, doit tenir compte de cette situation particulière de la Tunisie et se donne pour modèle le parti islamiste turc de l'AKP qui a bien été obligé de composer avec l'héritage historique du kémalisme des débuts de la République turque, notamment sur les questions du statut de la femme et de la laïcité. Mais est-ce bien certain ? Une déclaration, dès avant la formation du gouvernement, du futur Premier ministre, Hamadi Jebali (Ennahda), faisant référence au califat et surtout l'omniprésence des cadres de Ennahda à tous les ministères clés (sauf celui de la défense à cause d'un veto étasunien) montrent que la tentation hégémonique de ce parti existe toujours.

 

Un autre phénomène inquiétant est le développement des actions des groupes salafistes (1). Non reconnu comme parti politique et opposé à la tenue des élections, le mouvement salafiste se fait connaître depuis la « Révolution de la dignité » par des actions spectaculaires ou violentes. Parmi les plus connues, on peut citer le 26 juin la manifestation et la vandalisation du cinéma tunisois qui projetait le film de la cinéaste Nadia El-Fani « Laïcité inch'Allah ! ». On peut citer plusieurs déclarations sur la criminalisation de l'athéisme et de la laïcité. On peut citer des agressions au cours de l'été contre des prostituées, des militants politiques, des estivants (notamment pendant le mois de Ramadan). On peut citer la manifestation le 14 octobre à Tunis et dans plusieurs autres villes contre la chaîne « Nessma TV » qui souhaitait projeter le film de Marjane Satrapi « Persépolis ».

 

On peut citer l'occupation, à partir du 6 décembre, de la faculté des lettres de la Manouba à Tunis par une trentaine de militants salafistes (dont seuls cinq ou six étaient étudiants dans cette faculté), suite à un processus de dégradation des relations à l'intérieur de cette faculté : volonté d'étudiantes portant un niqab (2) de le garder en cours, ce qui n'est pas autorisé, insultes (« putes ») contre des enseignantes non voilées par des étudiantes portant un niqab et donc non identifiables, agression physique contre le doyen et des enseignants... Cette occupation a entraîné la fermeture de la faculté par le doyen. Les revendications salafistes portaient officiellement sur deux points, l'autorisation du port du niqab par les étudiantes en cours et pendant les examens et la création d'un lieu de prière à l'intérieur de la faculté.

 

Mais selon le doyen, l'historien Habib Kazdaghli, « Derrière tout cela (…), l'objectif, [c'est] changer l'enseignement, c'est pour cela que la bataille de la Manouba apparaît décisive. » (« Le Monde », 20 décembre 2011). Malgré plusieurs demandes en décembre, c'est seulement après la rentrée de janvier qu'a été mis fin à l'occupation. Suite à une manifestation pacifique le 4 janvier de plusieurs centaines d'étudiants et d'universitaires au ministère réclamant la fin de l'occupation de la faculté de la Manouba, manifestation violemment réprimée (plusieurs blessés), la police est intervenue avec beaucoup de ménagement le 5 janvier et la trentaine de salafistes n'a mis qu'une heure et demi pour quitter les lieux. La rentrée devrait ainsi pouvoir se tenir le lundi 9 janvier.

 

Ce développement des actions salafistes n'est sans doute pas au coeur des problématiques de la majorité des femmes et des hommes de Tunisie, beaucoup plus préoccupés par le chômage qui n'a fait que croître au cours de l'année 2011, ou par les difficultés à remplir quotidiennement le couffin (thèmes que je laisse à notre camarade Jean François Le Dizès, de retour de Tunisie, développer dans le prochain numéro de Rouge et Vert). Néanmoins, elles posent des questions fondamentales pour une démocratie : la liberté de la presse (3), de la création et de la diffusion culturelle, la liberté religieuse, la liberté de l'enseignement et le contrôle de l'Université (la faculté de la Manouba a toujours été une faculté progressiste), le respect des décisions des instances des institutions démocratiques (le Conseil scientifique de la faculté de la Manouba -formé de représentants élus des enseignants, personnels et étudiants- s'était prononcé contre le port du niqab dans les salles de cours et lors des examens et l'avait autorisé dans les autres lieux de la faculté, mais deux étudiantes avaient refusé d'enlever leur niqab), l'instrumentalisation de la notion de liberté par les groupes salafistes (« Grâce à la révolution, nous avons la liberté de nous habiller comme nous voulons ! », en oubliant que toute liberté ne peut s'exercer que dans un cadre donné), ce qui remet au goût du jour le paradoxe de Saint-Just (« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »), le contrôle du corps des femmes... En fait, ce qui se joue, c'est une lutte frontale entre une conception de la société ouverte, tolérante, démocratique et une autre fermée et réactionnaire. A cela il faut ajouter l'ambiguïté de la position de Ennahda qui n'a jamais condamné la moindre exaction des groupes salafistes, se contentant, parfois, de les « déplorer » et dont le gouvernement a mis plusieurs semaines avant d'accéder à la demande d'évacuation des salafistes de la Manouba. Le chemin vers la démocratie est long et semé d'embuches, espérons que les démocrates et progressistes tunisiens réussissent à contrer ces offensives réactionnaires pour instaurer une véritable démocratie. L'enjeu est évidemment capital pour les Tunisiennes et les Tunisiens, mais aussi pour tous les autres peuples de la région.

 

Jacques Fontaine, dimanche 8 janvier 2012

 

1 Salafisme : le salafisme est un courant proche du wahhabisme et des autres tendances fondées sur une lecture littérale du Coran. Les salafistes appellent à purifier l'islam de toute trace culturelle ou sociale étrangère, ils voient le monde à travers le prisme de la chari'a et récusent les « compromissions » au sein de l'oumma musulmane. Il s'impose (...) parfois comme une passerelle intellectuelle vers l'extrémisme et le djihad planétaire. Source : Sfeir et alii, 2002

 

2 Le niqab est un voile intégral qui couvre l'ensemble du corps et du visage d'une femme. Comme le hidjab, il n'est ni dans la culture ni dans la tradition des pays du Maghreb. Prétendre que ces types de voiles font parie de «l'identité tunisienne » n'est donc qu'une supercherie. Les femmes citadines maghrébines portaient différents voiles, tels le safsari en Tunisie, la m'laya ou le haïk en Algérie, le kaftan au Maroc... Les paysannes ne portaient pas de voile. Le hidjab -voile d'origine proche orientale- est apparu au Maghreb après la révolution iranienne de 1979. Au départ, il était porté par les « soeurs musulmanes » pour qui il était un véritable uniforme militant. Le niqab est apparu beaucoup plus tard avec le même caractère militant.

 

3 Récemment (après la nomination du gouvernement H. Jebali), plusieurs publications ont été censurées en Tunisie, notamment des numéros spéciaux du Nouvel Observateur (Hors série « les Arabes »), du Point (Hors série « Question sur l'existence de Dieu ») et de l'Express (« la grande histoire des peuples arabes »).

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 21:04

 

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/190112/le-senat-decide-dappliquer-une-laicite-de-fer-la-petite-enfance

 

Le Sénat décide d’appliquer une laïcité de fer à la petite enfance

 

Vendredi 20 janvier 2012

 

Par Lénaïg Bredoux

 

Le clivage est profond. La nouvelle majorité sénatoriale a adopté une proposition de loi étendant le principe de laïcité à la prise en charge de la petite enfance. Mais sans parvenir à faire consensus dans ses rangs, y compris au sein du groupe socialiste, sur un terrain pollué par Marine Le Pen et les débats récurrents sur l’interprétation de la loi de 1905.  

Le texte adopté par une poignée de sénateurs, tard dans la soirée de mardi, prévoit que les crèches qui bénéficient d’un financement publique soient soumises à une «obligation de neutralité en matière religieuse».  

Soit la transcription dans la loi de la jurisprudence Baby Loup, du nom de cet établissement dont la directrice avait licencié une salariée qui portait le voile. A l’époque, la directrice avait reçu le soutien de nombreuses personnalités de droite et de gauche, ainsi que de la justice, mais sa décision avait été décriée par une partie de l’opposition et des associations anti-islamophobie.  

Le texte voté mardi par le Sénat stipule également que les crèches confessionnelles peuvent continuer à afficher des signes religieux. Mais si elles bénéficient d’une aide publique, elles doivent accepter d’accueillir tous les enfants.  

Enfin, et c’est la partie la plus polémique du texte, l’article trois prévoit d’étendre l’obligation de «neutralité» aux assistants maternels. Concrètement, soit les nounous n’affichent aucun signe religieux -sur elles, ou bien à leur domicile, par exemple sur les murs-, soit elles doivent stipuler sur leur contrat de travail leurs convictions. Une mesure qui a provoqué une bronca d’une partie des élus de gauche, mais aussi de plusieurs sénateurs UMP. Les débats, entamés le 7 décembre dernier, furent si vifs dans l’hémicycle que le vote avait dû être reporté. Jusqu’à mardi.  

Au final, la proposition a été adoptée par la totalité des radicaux de gauche, à l’origine du texte, la majorité des socialistes et une partie des élus UMP et centristes. Mais les communistes se sont abstenus et les écologistes ont voté contre. Tout comme une partie des sénateurs PS comme le maire de Roubaix, René Vandierendonck, et l’ancien maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain.

La nouvelle majorité sénatoriale a donc étalé sa profonde division entre, d’un côté, ceux qui estimaient que l’affaire Baby Loup avait illustré un vide juridique et une montée inquiétante des communautarismes, et, de l’autre, ceux qui craignent une montée de l’islamophobie et une restriction de la liberté de conscience. Entre les deux extrêmes, une palette, parfois complexe, de positionnements déjà affichés lors des débats sur les prières de rue, le port du voile à l’école ou les restaurants hallal.

 

Protéger les enfants ?

 

Parmi les tenants d’une laïcité très restrictive, on trouve d’abord les Radicaux de gauche, dont c’est l’ADN politique. Ce sont eux qui sont à l’origine du texte, et plus précisément la sénatrice de Haute-Garonne, Françoise Laborde, auteure d’une première mouture, bien plus radicale encore que le texte adopté. Pour l’élue, il s’agissait de protéger les «jeunes enfants, des êtres particulièrement vulnérables» de tout affichage religieux. Devant ses collègues sénateurs, elle en avait appelé début décembre à la «philosophie des Lumières» et aux «aînés» de 1905, Aristide Briand, Gambetta et Emile Combes.  

Un discours que revendique aussi le parti de Jean-Luc Mélenchon, qui avait présenté début avril, en plein débat UMP sur la laïcité, un projet de loi durcissant celle de 1905 et qui prévoyait, déjà, d’étendre son principe à la petite enfance. «On se réjouit du texte voté par le Sénat, explique Pascale Le Neouannic, secrétaire nationale à la laïcité du Parti de gauche, dépourvu de sénateurs depuis le dernier scrutin. Le fait que la petite enfance soit assumée par le secteur privé ne veut pas dire qu’on fait ce qu’on veut.»  

Selon cette proche de Mélenchon, il ne s’agit pas de «tout cacher» au domicile des assistants maternels, mais de «faire attention dans la salle où on accueille les enfants». «On a le droit de croire, bien sûr, mais sans l’afficher», dit Le Neouannic, avant de comparer un assistant maternel qui ferait du prosélytisme à un «conducteur de train qui ne saurait pas conduire». A la question de savoir si elle juge qu’une assistante maternelle pourrait porter le voile, elle répond: «Cela dépend du voile. Si c’est un fichu traditionnel ou bien si c’est un voile qui revendique une expression religieuse. Dans ce cas, on vous demande de le retirer pour l’enfant.»  

Le PS, lui, est plus nuancé. L’ancien ministre Alain Richard a produit un important travail d’amendements sur le texte des Radicaux de gauche pour l’affiner et, finalement, adoucir les restrictions imposées aux crèches confessionnelles et aux assistants maternels. La loi votée prévoit finalement que les parents doivent être avertis des convictions de leurs employés. «Les assistants maternels devront simplement avoir prévenu les parents. Finalement, ce sont les femmes voilées qui seront les moins touchées car, au premier contact, on sait à quoi s’en tenir... », promet-il.  

L’ancien ministre de Lionel Jospin est en revanche furieux de la polémique suscitée par le vote du Sénat. «Il y a un petit noyau islamiste qui a développé une petite campagne par mail pour dénoncer une loi islamophobe», explique-t-il d’emblée. Il dit avoir subi des pressions et des «menaces électorales».

Dans sa ligne de mire: plusieurs associations, comme le collectif Mamans toutes égales ou la Coordination contre le racisme et l’islamophobie (CRI) qui avait appelé à manifester mardi devant le Sénat. Celle-ci dénonce un «ping-pong islamophobe entre la droite et la gauche»: «Nous refusons que la campagne du Parti Socialiste soit une occasion de chasser sur les terres de l’extrême droite en jetant les musulmanes en pâture à une opinion publique en attente de réponses économiques et sociales.» «Toute la communauté musulmane est en émoi. On prépare une pétition», précise le responsable du CRI, Abdelaziz Chaambi.  

Selon Alain Richard, seule une quinzaine de socialistes étaient en désaccord avec le texte (sur cent quarante). D’eux et de ses partenaires écologistes et communistes, le sénateur dit qu’ils «sont des gens vulnérables à ce type de pressions et qu’ils ont peur de déranger le monde musulman... Le PCF a les chocottes parce qu’ils ne peuvent plus se permettre de perdre des voix. Alors dans les élections, ils prennent ce qu’ils trouvent». Puis il conclut: «Tout cela, c’est un joli progrès du communautarisme!»

 

Une loi islamophobe ?

 

L’argument est balayé par la sénatrice communiste des Bouches-du-Rhône Isabelle Pasquet. Selon elle, son groupe était avant tout soucieux des éventuelles complications induites par le texte, et notamment par l’article trois sur les assistants maternels. «Imaginez un assistant maternel qui signe son contrat mais n’est pas pratiquant à ce moment-là... Son "engagement religieux" peut évoluer au fil du temps. Comment fait-on alors? Si une assistante se met à porter le voile, est-ce un motif de licenciement? Et puis comment mesurer cet "engagement" prévu par le texte? La laïcité doit garder un esprit d’ouverture. Là on enferme trop», détaille l’élue marseillaise.

Ce sont les mêmes arguments qui ont convaincu les socialistes dissidents à ne pas voter le texte. «Non, il ne faut pas laisser Marine Le Pen instrumentaliser la laïcité et Alain Richard a beaucoup travaillé pour échafauder un système séduisant», explique le sénateur et maire de Roubaix René Vandierendonck. Mais il ne se résout pas à l’article sur les assistants maternels: «Le raisonnement juridique est beau mais il se heurte à la réalité. Cela va être une intrusion excessive dans la sphère privée d’une laïcité qui n’a pas lieu d’être.»  

Sans compter, témoigne l’élu du Nord, que «dans ma ville, les gens se sentent agressés par cette disposition». 

Plus radicale encore, la sénatrice Europe Ecologie-Les Verts, Esther Benbassa, rapporteuse sur le vote des étrangers aux scrutins locaux, a bataillé dans l’hémicycle contre l’ensemble du texte. «Il ne faut pas faire de la laïcité une religion, tempête-t-elle. Les gens ne se rendent pas compte qu’ils vont finir islamophobes... A gauche et à droite, c’est à qui fera le plus de zèle! Car qu’on ne me dise pas qu’on a fait cette loi pour les nounous juives avec une perruque ou catholiques avec une croix! C’est une énième loi sur le foulard...» 

Une position partagée par l’ensemble du groupe EELV et par plusieurs experts de la laïcité, comme le chercheur Jean Baubérot. «Après les déclarations de Marine Le Pen, c’est comme si la gauche devait reprendre en main la laïcité mais en hypertrophiant la neutralité de l’espace public prévu dans la loi de 1905. C’est une atteinte aux libertés, explique-t-il. La gauche est un train de se fourvoyer et elle sera forcément perdante car Marine Le Pen sera forcément plus laïco-islamophobe qu’elle!»  

Paradoxalement, pour des raisons en partie tactiques, les sénateurs de droite n’ont pas tous approuvé le texte. 

Une bonne partie d’entre eux s’est abstenue et le représentant du gouvernement, le ministre Philippe Richert, avait appelé à voter contre. Il avait estimé, début décembre, que «les auteurs de la proposition de loi bousculent les grands équilibres établis depuis plus de cent ans autour du principe de laïcité». Tout en défendant l’interdiction du niqab dans l’espace public ainsi que les déclarations de Claude Guéant sur les prières de rue!  

Au final, le texte pourrait rester lettre morte: il n’a quasiment aucune chance d’être examiné par l’Assemblée nationale avant les élections. Et rien ne dit que la prochaine majorité en fasse une priorité. A moins qu’une énième polémique médiatique ne remette le sujet au devant de l’actualité.  

Le texte a été adopté mardi tard dans la soirée. Même avec du retard, nous avons choisi de revenir longuement sur les débats qui ont agité le Sénat parce qu’ils révèlent les difficultés de la gauche à s’accorder face à la stratégie offensive de la droite et de l’extrême-droite sur la laïcité, dans un contexte de stigmatisation des musulmans.  

Toutes les personnes citées ont été jointes jeudi par téléphone. Seul le groupe UMP n’a pas retourné notre appel, ainsi que la sénatrice PRG Françoise Laborde.  

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 19:22

 

 

Après avoir lu le message adressé par Habib Kazdaghli aux universitaires français, je me suis trouvée dans l'obligation d'apporter des éclairements sur certains points essentiels dans cette affaire.

 

Le problème d'étudiantes portants le Nikab (la burqua) est un problème général qui concerne la quasi-totalité des instituts universitaires en Tunisie. Il s'agit d'un nouveau problème qui a surgit après la révolution dans le contexte du soulagement des libertés personnelles.


Cette liberté personnelle n'a pas été, à ce jour, réglementée par une loi et ce, à cause de l'instabilité politique du pays dans cette étape transitoire. Vue la sensibilité de l'affaire, le gouvernement transitionnel n'a pas voulu prendre une décision ferme dessus. Ce qui est raisonnable en quelque sorte. Les responsables universitaires ont dû alors prendre les choses en main et trouver une solution provisoire à cette question. La plupart ont su traiter le problème avec sagesse et précaution sauf à l'université de Manouba où l'affaire a pris une envergure assez grave. La question qui se pose c'est pourquoi spécialement à cette fac que les choses ont-elles progressé de la sorte? En examinant certaines données, on peut trouver quelques pistes qui nous aideront à trouver une explication. En effet, il est important de signaler que le doyen est un membre actif d'un parti politique (le pôle moderniste) et que ce parti se voit sans pouvoir sur la scène politique, à cause de sa représentation minoritaire à la constituante et à sa non participation au gouvernement.

 

D'autant plus que ses responsables ont exprimé leur mécontentement et leur frustration à l'égard du parti majoritaire : La Nahdha. Ils se sont même placés en tant que 'force de l'opposition' en refusant de travailler d'une façon coopérative pour l'intérêt général du pays. D'autre part, l'affaire du Nikab s'inscrit dans le cadre des libertés religieuses qui a fait l'objet du fameux dilemme islamisme/laïcité qui ne cesse de tourmenter notre pays depuis la révolution. A mon avis, je pense que le doyen ainsi que ses collègues ont traité l'affaire avec parti pris en adoptant une attitude de confrontation, chose qui a encouragé les manifestants à réagir avec violence.


Il est à noter que le parti Nahdha a exprimé, depuis le début des évènements, sa condamnation de la violence (agression du doyen) et a appelé le doyen à appliquer la loi d'une façon ferme pour rétablir l'ordre à l'université. Par ailleurs, il a expliqué qu'il respecte la liberté de porter le Nikab mais à condition que ça ne s'oppose pas à l'application des règlements administratifs nécessaires.
 
Dernière remarque : je ne suis ni Nahdha ni Pôle.

 

S.M., universitaire tunisienne, jeudi 12 janvier 2012

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 19:09

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-decision-absurde-d-arreter-l-opposant-algerien-mourad-dhina-97444430.html

 

La décision absurde d’arrêter l’opposant algérien Mourad Dhina

 

 

Mourad Dhina, opposant algérien, un des membres fondateurs du Mouvement Rachad (Droiture), a été interpellé à Orly lundi dernier suite, semble-t-il, à une ancienne demande des autorités algériennes. Il s’apprêtait à rejoindre son domicile en Suisse - où il s’est réfugié en 1995 -  après avoir participé, à Paris, à une réunion du conseil exécutif de l’organisation.

 

Mourad Dhina est physicien, ancien chercheur au CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules) et professeur à l’École Polytechnique Fédérale de Zurich.  Il a dirigé le bureau exécutif du Front islamique du Salut (FIS) à l’étranger, organisation à laquelle il a adhéré après l’interruption, en 1992, du processus électoral en Algérie, et qu’il a quitté en 2004 en raison de divergence de stratégie politique. Il est directeur exécutif de la Fondation Alkarama, domiciliée à Genève, qui documente les cas de violations des droits de l’homme dans le monde arabe.

 

Le Mouvement Rachad, fondé en 2007, prône un changement de régime en Algérie par des moyens pacifiques. Il «bannit toute forme d’extrémisme, d’exclusion ou de discrimination et prône la non-violence». L’organisation dispose sur Internet et Eutelsat d’une chaîne de télévision : Rachad TV, dont une des particularités est d’interviewer sans acrimonie des acteurs de la scène politique algérienne, y compris n’appartenant pas à la mouvance islamique.

 

Libérez Mourad Dhina

 

Mourad Dhina risque d’être extradé vers l’Algérie. Dans un communiqué, le Mouvement Rachad demande aux "autorités françaises de libérer immédiatement un militant algérien qui œuvre pacifiquement pour la liberté, la démocratie et l’Etat de droit dans son pays". Il appelle les « partisans de la liberté et des droits de l'homme » à « faire pression sur les autorités françaises pour obtenir sa libération » en précisant bien : « par des moyens pacifiques ».

 

La décision d’arrêter Mourad Dhina est absurde, préhistorique, à l’heure il n’est question, dans les pays arabes, que d’en finir avec l’autoritarisme stérile, la pensée unique, et la corruption. Son incarcération sert les intérêts des forces qui veulent neutraliser les militants hostiles à l’embrigadement, par les services secrets occidentaux, de courants dits «islamistes », comme c’est le cas en Libye, en Syrie et au Liban.

 

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 20:50

 

http://www.pressenza.com/npermalink/les-indignes-demandent-la-protection-de-la-justice

 

Les indignés demandent la protection de la justice

 

Les indignés saisissent la justice contre les forces de l'ordre : pour défendre nos droits en justice comme sur les places publiques et faire en sorte que la loi soit respectée par ceux qui sont censés la faire appliquer.

 

Le 4 novembre 2011, sept cent indignés, pacifiques et porteurs d'un message d'avenir démocratique, se sont réunis sur le parvis du quartier d'affaire de La Défense et y ont créé un éphémère village populaire de tentes.

 

A 21 heures 30, une demi-heure après la fin de la manifestation, les forces de l'ordre sont intervenues. De nombreuses personnes ont été frappées sur les membres ; certaines, blessées, se sont vus refuser une assistance médicale ; deux ont été hospitalisées. Par ailleurs, les forces de l'ordre, dans leurs interventions à la Défense, ont systématiquement détruit nos tentes et enlevé notre matériel.

 

L’occupation du parvis de La Défense par les Indignés aura eu lieu du 4 novembre 2011 au 16 décembre 2011, durant lesquels la création d’un lieu d’échange populaire et l’installation d’un campement citoyen a été systématiquement empêché par les charges des forces de l’ordre. (Une liste exhaustive et un résume de vidéos, images et liens, jour par jour, vous serait proposée à la conférence de presse).

 

Le 16 décembre, nous avons été expulsés puis quotidiennement dispersés et empêchés de nous rassembler sur le parvis de la Défense. Certains d'entre nous ont subi des traitements violents et dégradants. Une vingtaine d'indignés ont été arrêtés, mis en garde à vue, et sont convoqués devant le délégué du procureur pour rappel à la loi ou avertissement à partir du 16 janvier. Nous serons présents et solidaires à leurs côtés. L’avocate Brigitte Plaza les défend.

 

Face à ces violations manifestes de nos droits et face à ces intimidations, nous ripostons sur le plan juridique.

 

Nos valeurs et nos attitudes relèvent des droits fondamentaux, consacrées par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ainsi que par la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

 

Nous avons déposé une plainte pour "entrave à la liberté de rassemblement et d'expression, atteinte aux personnes, à leur dignité, à leurs biens, intimidations, coups et blessures, chantage, gazage à bout portant dans les yeux..." auprès du Procureur de la République de Nanterre afin de faire condamner nommément les responsables et permettre à l’avenir une liberté effective de rassemblement.

 

Plus exactement nous portons plainte pour entrave à la liberté d’expression, atteintes volontaires à l’intégrité physique de la personne, vols, destructions de biens, discrimination du fait du refus de recevoir les plaintes et propos injurieux.

 

Une conférence de presse aura lieu le 17 janvier 2012 pour exposer notre démarche, avec des plaignants et Christophe AYELA, avocat au barreau de Paris, qui défend gratuitement l'ensemble des plaignants.

 

Nous avons aussi engagé un référé liberté pour demander au juge administratif d'enjoindre à l'autorité préfectorale de cesser de porter atteinte aux libertés fondamentales. Le juge a confirmé qu'à défaut d'arrêté préfectoral d'interdiction, notre rassemblement déclaré était autorisé. Toutefois il n'a pas jugé recevable la requête car nos nombreux témoignages émanaient des indignés et non de personnes en dehors du mouvement. Considérant que le tribunal aurait dû demander des explications à l'administration, nous avons décidé de nous pourvoir en Cassation auprès du Conseil d'Etat.

 

Qui sommes nous ?

 

Nous sommes des personnes simples et ordinaires. Parmi nous, certains se considèrent progressistes, d’autres plutôt conservateurs. Nous sommes athées, agnostiques ou croyants. Certains ont des idéologies affirmées, d’autres sont apolitiques. Mais nous sommes tous préoccupés et indignés par la situation politique, économique et sociale actuelle.

 

Nous dénonçons les manipulations et les injustices de tout type et nous voulons construire une voie pour sortir de la crise internationale sans violence.

 

Nous valorisons le respect de chacun, la coopération, les relations humaines, la créativité et l’intelligence collective en tant que piliers pour instaurer une véritable souveraineté du peuple. Notre mouvement est un processus pour construire l'autodétermination.

 

Pourquoi faire respecter nos droits ?

 

Parce que le mouvement fait grandir la vague d’espoir qui s'exprime partout dans le monde. Ce mouvement est international et pleinement politique mais a-partisan, horizontal et non violent.

 

Les forces de l'ordre font un usage abusif de la violence à l'encontre de notre mouvement pacifique. Les vidéos sur internet en témoignent largement.

 

Faire respecter nos droits, c'est empêcher qu'on nous fasse taire. Nous sommes les quatre vingt dix neuf pour cent, quand nous ne sommes pas respectés, ce sont tous les citoyens qui sont attaqués.

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 16:24

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/01/18/l-occupation-du-pole-emploi-et-la-solitude-du-chomeur_1630898_3224.html#xtor=AL-32280515

L'occupation du Pôle Emploi et la solitude du chômeur

LEMONDE.FR | 18.01.12 | 15h22  •  Mis à jour le 18.01.12 | 16h29

D'un pas sûr, Leïla Chaibi se dirige vers le Pôle Emploi de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) ; à quelques mètres de l'entrée, elle dissimule hâtivement l'autocollant flanqué sur son manteau. Leïla Chaibi ne se rend pas à cette agence de la région parisienne pour chercher un travail, mais pour l'occuper. Sur l'autocollant qui pointe sous son écharpe : "Spécule ta mère" et le nom de son collectif, "L'Appel et la pioche". Par téléphone, on vient de lui donner la consigne de rester discrète avant que le reste du groupe n'arrive.

 

Comme elle, ils étaient une trentaine à envahir l'agence du Pôle Emploi, après un appel lancé sur internet. Parmi eux, militants et membres de différentes associations de précaires et de chômeurs qui souhaitaient rendre leur voix plus audible, mardi 17 janvier, à la veille du sommet pour l’emploi organisé par l’Elysée, et alors que le taux de chômage s'établit à 9,3 %.

 

Xavier Renou, porte-parole des Désobéissants et coordinateur de cette action, souhaitait rencontrer les salariés du Pôle Emploi et dénoncer la politique de l'Agence : "On leur demande de radier du chômeur (...), on souhaite mettre la pression sur la direction pour changer la polititique de l'emploi." En Bretagne, trois agences ont été occupées, d'autres tentatives ont été observées à Lyon, à Nice, à Bordeaux, à Toulouse ou à Dunkerque..

 

« Casser la solitude du chômeur »

 

Leïla Chaibi, cofondatrice de "L'Appel et la pioche" – un collectif qui organise des événements pour dénoncer la précarité "sur un mode festif", comme des pique-niques dans les supermarchés – vient de connaître une période de chômage avant de trouver un CDD de cinq mois, en faisant jouer ses réseaux.

 

Le collectif rassemble une trentaine de personnes qui ont un profil similaire au sien, essentiellement des jeunes, raconte cette diplômée de l'IEP de Toulouse. "Ce qui est blessant, c'est que j'ai joué le jeu, je n'aurais jamais imaginé me retrouver dans la précarité (...). J'ai bientôt 30 ans, et il est pourtant hors de question que je pense à avoir des enfants", déplore la jeune femme.

 

Lorsqu'elle était au chômage, elle affirme n'avoir eu qu'un seul rendez-vous, en-deçà de la rencontre mensuelle avec un conseiller promise par le Pôle Emploi et n'avoir reçu ses premières indemnités que deux mois et demi après son inscription.

 

Avec un autre membre du collectif, Xavier Duchaussoy, 37 ans, au chômage depuis un an et demi, ils évoquent une paperasserie lourde et le sentiment de se sentir seuls "derrière le combiné". Pour le collectif, ce genre d'actions vise à "casser le sentiment de solitude du chômeur qui est dans un rapport individuel à Pôle Emploi, alors que les salariés peuvent s'appuyer sur les syndicats, les collègues".

 

Les militants arrivent au Pôle Emploi en ordre dispersé. Ils sont moins nombreux que prévu : d'autres associations de chômeurs – l'Association pour l'emploi, Agir contre le chômage et la précarité, le Mouvement national des chômeurs et précaires – ne sont pas de la partie. Ces associations demandaient à participer au sommet social de mercredi 18 janvier et ont été reçues mardi 17 dans l'après-midi par le ministère de travail. Avec, selon les organisateurs, une cinquantaine de militants en moins, l'occupation est moins spectaculaire qu'escomptée.

 

Mais lorsque les militants s'introduisent dans l'agence du Pôle Emploi, les objectifs tout dehors des journalistes sont probablement plus nombreux que les militants, pour ce qui ressemble avant tout à une opération médiatique.

 

« Les conditions de travail ne font que se dégrader »

 

Une grande bâche est jetée sur les ordinateurs destinés aux usagers, pour symboliquement épargner la contagion de la précarité. Les salariés n'ont pas été prévenus, l'occupation de ce Pôle Emploi était une solution de repli et a été décidée dans la matinée.

 

Des conseillères observent l'agitation, avant de regagner leur bureau, au premier étage de l'agence. "Il est où le bureau de la directrice ?", apostrophe un militant. "Là-bas", indique une employée. "Très bien, on va l'occuper !", rétorque le militant. Cette conseillère a tenu à rester anonyme, devant, dit-elle "la censure de la direction". Tendue et visiblement émue, elle estime l'action "bien fondée", mais évoque surtout "des conditions de travail qui ne font que se dégrader".

 

Le Parisien révélait mardi « l’asphyxie » des agences : alors que la direction du Pôle Emploi fait état de cent quinze demandeurs suivis par conseiller, la moyenne tournerait autour de deux cent, avec un record de six cent cinquante cinq pour un conseiller de l'Essonne.

 

Un regard furtif sur les militants, cette conseillère affirme devoir traiter deux cent dossiers : "On a toujours de plus en plus de demandeurs d'emploi à suivre et très peu de temps pour les gérer." "Dans cette agence, des personnes peu qualifiées se présentent à nous, elles parlent mal français et les seuls postes qu'on peut leur proposer sont beaucoup trop exigeants," ajoute-t-elle agacée. "Et [au Pôle Emploi], ils n'embauchent plus que des CDD de six mois", poursuit la conseillère en désignant deux collègues, retranchées dans un bureau sur la coursive.

 

Ces deux agents, qui ont aussi souhaité s'exprimer anonymement, terminent un CDD de sept mois, payé mille deux cent euros net par mois. Sur leur contrat, figurait "embauche pour accroissement d'action", précise une des deux femmes. "On n'a reçu que cinq jours de formation, ce n'est pas assez", explique l'employée, qui affirme s'être formée "sur le tas". Les deux conseillères disent se sentir démunies face au public qu'elles rencontrent, "des gens désespérés".

 

« Je me sens perdue »

 

En bas, l'ambiance s'agite : des policiers viennent de pénétrer dans le bâtiment. Après négociation avec les militants, ils acceptent de partir. D'autres, qui ne portent pas l'uniforme, restent, rapidement dénoncés par les "occupants" qui tentent d'organiser une assemblée générale. "Je ne suis pas des RG !", s'insurge un policier. "Vous avez quelque chose à cacher ?", questionne un autre, resté discrètement à l'arrière de l'assemblée générale après le départ de son collègue.

 

Dans la confusion, les militants demandent tour à tour aux policiers de quitter les lieux, aux médias de ne pas filmer. Ils lancent alors leur discussion sur le fond : partage du temps de travail, répartition des richesses, obligation de l'embauche, et approuvent les messages en remuant la main vers le haut. "On n'est pas obligé de faire cette gesticulation à chaque fois !", conteste une militante.

 

Des demandeurs d'emploi, surpris par l'occupation, observent la réunion, espérant la reprise de l'activité du Pôle Emploi. Certains sont venus pour soutenir l'occupation, après avoir repéré l'appel sur Internet. D'autres, comme Sonia Maazouz, 22 ans, ne s'attendait pas à rencontrer ces militants dans son agence, mais trouve cette occupation "normale". Au chômage depuis un an et demi et titulaire d'un BEP, elle cherche un emploi dans le domaine sanitaire et social. Elle est venue se réinscrire après un déménagement. "Je ne connais même pas le nom de mon conseiller (...), je me sens perdue", lâche la jeune femme.

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:06

 

http://www.lariposte.com/italie-succes-des-marxistes-au,1728.html

 

Succès des marxistes au congrès de Refondation communiste

 

Le Parti de la Refondation Communiste (PRC), en Italie, a tenu son huitième congrès national du 2 au 4 décembre dernier, soit quelques semaines après la chute ignominieuse de Silvio Berlusconi et la constitution d’un gouvernement de « technocrates » dirigé par Mario Monti. Les discussions du congrès ont naturellement porté sur la faillite qui menace l’Etat italien et sur les conséquences politiques et sociales de cette situation. Le mandat que les « marchés » ont confié à Mario Monti est clair : imposer au peuple italien une politique d’austérité brutale.

 

Dans la phase préparatoire du congrès du PRC, trois documents ont été soumis à la discussion et au vote des sections : celui de la majorité, autour du secrétaire national du parti, Paolo Ferrero ; celui de nos camarades du journal Falce Martello, membres comme nous de la Tendance Marxiste Internationale ; et enfin celui, déposé à la toute dernière minute, d’une opposition hétéroclite qui, pour différentes raisons, ne voulait pas soutenir le document de Falce Martello. Dans les faits, ce sont surtout les deux premiers documents qui étaient au cœur des débats.

 

Tous deux avaient été rédigés avant la chute de Berlusconi. Le document de la direction nationale proposait alors la constitution d’un « front démocratique » avec le Parti Démocratique, qui est issu d’une fusion de l’ancien Parti Communiste Italien et de plusieurs formations de droite. La caractérisation du Parti Démocratique n’est pas simple. Il est toujours perçu par beaucoup de travailleurs italiens comme « de gauche ». Mais en même temps, les milieux capitalistes liés au PD s’efforcent de le transformer en un parti bourgeois stable. Et le fait est que la direction de ce parti se présente comme la plus à même de mettre en œuvre les coupes sociales et les contre-réformes qu’exige le monde des affaires. Aussi nos camarades de Falce Martello se sont-ils fermement opposés à cette idée d’un « front » entre le PRC et le PD. Leur document, intitulé Pour un parti de la classe ouvrière, critique l’idée de se compromettre dans des alliances contre-nature avec le Parti Démocratique – et appelle à tourner résolument le parti vers la classe ouvrière italienne.

 

Une autre différence importante entre le texte de la majorité et celui de Falce Martello concerne le programme du parti. Le premier avance toute une série de réformes fiscales et de mesures visant à « réguler » les marchés, sans toucher à la propriété capitaliste des banques et de l’industrie. A l’inverse, le document de Falce Martelo relie étroitement la lutte pour des réformes à la nécessité d’en finir avec le capitalisme en arrachant les grands leviers de l’économie des mains de la classe dirigeante.

 

Les camarades de Falce Martello ont eu la possibilité de défendre leur document dans plus d’un millier de congrès locaux. Lors du vote des militants, le texte de la majorité a recueilli 13 648 voix (81,3 %), celui de Falce Martello 2248 voix (13,4 %) et le troisième texte 894 voix (5,3 %). Pour la première fois de l’histoire du PRC, les marxistes y constituent donc la principale opposition de gauche. C’est le fruit de plusieurs années d’un travail patient et systématique pour défendre le programme et les idées du marxisme. Mais c’est aussi la reconnaissance du fait que ces dernières années les camarades de Falce Martello ont joué un rôle décisif dans des luttes des travailleurs italiens, notamment parmi les ouvriers de FIAT. Ils ne se sont pas contentés de proposer que le PRC se tourne vers la classe ouvrière en lutte ; ils ont mis cette idée en pratique partout où ils en avaient les forces, avec succès. D’où l’excellent résultat de leur document dans les vingt sept sections d’entreprise du PRC : quarante deux pour cent des voix, en moyenne.

 

Du fait de la baisse des effectifs du PRC, ces dernières années, le Conseil National a été ramené de deux cent quatre vingt à cent cinquante membres. Seize camarades de Falce Martello y ont été élus. Paolo Ferrero a été reconduit à la direction du PRC.

 

Depuis le congrès de 2008, où il avait pris la tête du PRC en s’appuyant sur sa gauche, il a nettement viré vers la droite. La question des rapports avec le Parti Démocratique se reposera dès que des élections législatives seront organisées en Italie. La Riposte soutient pleinement l’orientation stratégique et programmatique des camarades italiens de la Tendance Marxiste Internationale : pas d’alliances avec le Parti Démocratique, vers la classe ouvrière et pour le socialisme !

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 14:52

 

http://www.fr.news.yahoo.com/gr%C3%A8ve-g%C3%A9n%C3%A9rale-contre-laust%C3%A9rit%C3%A9-en-gr%C3%A8ce-la-tro%C3%AFka-095419953.html


Grève générale contre l’austérité en Grèce, la troïka à Athènes

 

ATHENES (Reuters) - Plusieurs milliers de Grecs ont manifesté mardi en direction du parlement à Athènes pour protester contre la politique d'austérité mise en oeuvre sous la surveillance inquiète des créanciers internationaux de la Grèce, menacée de faillite.

 

Cette journée de grève coïncide avec le retour de représentants de la "troïka" des créanciers (Fonds monétaire international, Union européenne et Banque centrale européenne), venus examiner les comptes du pays avant le déblocage éventuel d'une aide de cent trente milliards d'euros.

 

Pour de nombreux Grecs, frappés depuis 2010 par des hausses d'impôts, des baisses de salaire et des coupes claires dans les dépenses publiques, une nouvelle cure d'austérité liée à ce second plan de sauvetage paraît insupportable.

 

"Qu'ils aillent se faire voir. Ils poussent le pays vers l'abîme avec ces mesures. Ils sont en train de liquider la Grèce", s'emporte Yannis Tsalimoglou, docker de 51 ans, dont les revenus ont chuté de trente pour cent en raison de la crise.

 

La Grèce vient d'entrer dans sa cinquième année consécutive de récession, avec un taux de chômage au niveau record de 17,7% au troisième trimestre 2011.

 

"Nous devons résister", affirme Evgenia Panagiou. Cette mère de deux enfants âgée de 52 ans est employée dans le secteur privé. Elle n'a plus été payée depuis octobre. "Pourquoi nous font-ils cela? Ce n'est pas de notre faute. (Les politiciens) ont englouti l'argent et ils continuent à percevoir les mêmes salaires élevés", dit-elle.

 

Aucun métro ne circulait et les ferries étaient à quai mardi en Grèce dans le cadre de cette grève générale. Les journalistes ont cessé le travail et les bus ne circuleront qu'une partie de la journée.

 

"UE, FMI DEHORS"

 

Depuis 2010 et le premier plan de sauvetage mis au point par l'UE et le FMI, des mouvements sociaux identiques ne sont pas parvenus à détourner les dirigeants grecs de la voie de l'austérité tracée par ces créanciers en échange de leur aide.

 

Nommé en novembre à la tête d'un gouvernement de techniciens en raison de la crise politique provoquée par la situation économique, Lucas Papadémos s'est engagé à appliquer tous les remèdes nécessaires pour éviter une faillite.

 

Or, la menace d'un défaut de paiement se rapproche, la Grèce devant rembourser quatorze milliards cinq cent millions d'euros d'emprunts obligataires fin mars.

 

Le gouvernement ne parvient pas à se mettre d'accord avec les investisseurs privés au sujet de l'abandon par ces derniers de cinquante pour cent de la valeur de leurs créances sur la Grèce. Cette "implication du secteur privé" (PSI) est nécessaire pour réduire de cent soixante pour cent à cent vingt pour cent du PIB le poids de la dette grecque.

 

Le FMI et l'UE ont en outre prévenu que, sans cette participation du secteur privé, ils pourraient considérer que la Grèce n'est pas sur la voie d'un rétablissement durable de ses finances publiques et qu'il n'est donc pas opportun de lui verser une nouvelle aide.

 

Les négociations entre le gouvernement grec et le secteur privé sont suspendues depuis vendredi et ne reprendront que mercredi.

 

Dans la manifestation athénienne, on pouvait lire sur une banderole: "UE, FMI, dehors!".

 

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 20:41

 

FASE Languedoc Roussillon

10 Bis Rue Dom Vayssette 34 000 Montpellier

Contact : Xavier Marchand : 06 60 65 99 36

xavier.marchand@cualdemeze.fr

 

Communiqué

 

La réunion régionale de consultation provoquée par la Fédération pour une Alternative Écologique-Languedoc Roussillon a réuni des représentants du Parti Communiste Français, du Parti de Gauche, de la Gauche Unitaire, du Nouveau Parti Anticapitaliste et de la FASE.

 

Un riche débat a eu lieu qui démontre l'aspiration profonde à l'unité. Que ce soit dans la population ou dans les forces  à  gauche de la gauche.

 

Il existe une grande Inquiétude devant l'état de l'unité en Languedoc Roussillon. Cette inquiétude concerne l'absence d'accord départemental finalisé du Front de Gauche dans l'Hérault. Elle concerne le manque de contact et de débat entre le Front de Gauche et le NPA. Elle concerne les difficultés existantes dans certaines circonscriptions ou l'esprit unitaire ne prévaut pas totalement.

 

Le NPA a explicité sa position: " le NPA sera présent en tant que tel ou de manière unitaire dans toutes les circonscriptions », ce qui pour la FASE ouvre le champ de l’unité notamment dans l’Hérault.

 

La FASE Languedoc Roussillon considère que le Front de Gauche est un réel début de rassemblement unitaire anti capitaliste. Qu’il doit être soutenu et encouragé, mais que les freins existants dans quelques circonscriptions doivent être fermement combattus.

 

Elle considère que des accords locaux unitaires larges sont préférables dans les circonscriptions ou il serait impossible d'obtenir un accord d'esprit réellement unitaire.

 

Elle considère qu'il faut un accord unitaire sur les législatives dans l’Hérault, et que celui ci doit être finalisé avec l'ensemble des membres et partenaires du Front de Gauche dont la FASE avant d'être rendu public et que l'avis de l’ensemble des forces doit être pris en compte.

 

Elle propose, à l’image de l’accord « Terre de Gauche » du Limousin, de travailler à des accords plus larges encore que le Front de Gauche en incluant partout ou c'est possible le NPA.

 

La FASE Languedoc Roussillon  souhaite que les  consultations se développent rapidement dans  cet objectif. Elle prendra des initiatives en ce sens.

 

L'esprit unitaire doit prévaloir partout.

 

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