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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 21:00

 

http://www.tendanceclaire.npa.free.fr/breve.php?id=1740

 

Soixante-quatrième jour de grève à la Poste dans les Hauts de Seine

 

Signature du protocole de fin de conflit

 

Ultimes négociations

 

La direction avait envoyé ce week-end une proposition de protocole de fin de conflit.

 

Elle était globalement satisfaisante. Cependant, la Poste voulait imposer une reprise ce matin même, dans la foulée de la signature. Les grévistes ont exigé de pouvoir reprendre d’ici demain matin, ce qui a finalement été concédé par la direction en bout de course.

 

Ce qui a été gagné

 

La Poste admet donc dans ce protocole l’intervention d’un cabinet d’expertise à Nanterre et s’engage à en respecter les préconisations, y compris en termes de créations d’emplois. L’intervention d’un tel cabinet et l’obligation de respecter ses conclusions après la mise en place d’une réorganisation crée un précédent qui va, espérons-le, peser au niveau national.

 

Les réorganisations des autres bureaux (Malakoff, Vanves, Montrouge et Fontenay) ne seront pas mises en place avant le 15 octobre.

 

Un collègue CDD de Malakoff et de Vanves est titularisé sur site et un collègue qui a enchaîné huit ans (!) de CDD est quant à lui CDIsé à Fontenay, sans aucune condition et avec reprise d’ancienneté.

 

Les rouleurs de Nanterre, Malakoff, Vanves et Montrouge sont sectorisés. En cumulant la neutralisation des jours de grèves obtenue dans le protocole et la caisse de grève, c’est entre cinquante pour cent et soixante pour cent des jours de grève, en fonction des bureaux, qui sont payés pour les grévistes ayant fait le conflit de bout en bout.

 

L’ensemble des revendications des grévistes n’ont pas été satisfaites, mais il s’agit clairement d’un défaite pour la direction qui a cherché quasiment jusqu’au dernier moment à rejeter en bloc les revendications des grévistes.

 

« C’est promis, nous reviendrons »

 

Les grévistes savent que pour gagner des créations de tournées à Nanterre et pour empêcher les réorganisations dans les autres établissements, il faudra rester mobilisé dans chaque bureau.

 

Mais les grévistes ont aussi acquis une solide expérience de lutte commune entre bureaux, et ont rédigé une lettre à l’ensemble de leur collègues postiers : cette lettre appelle à une réunion nationale les 2 et 3 juin pour regrouper les équipes ayant mené ou comptant mener des bagarres contre les réorganisations et pour les salaires. Elle circulera dans les jours et les semaines qui viennent.

 

Les grévistes des Hauts de Seine reviendront une nouvelle fois, c’est certain, mais la prochaine fois ils comptent bien être accompagnés !

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 20:44

 

http://www.fr.news.yahoo.com/marche-silencieuse-%C3%A0-paris-%C3%A0-la-m%C3%A9moire-des-202642596.html

 

Marche silencieuse à Paris à la mémoire des victimes de Toulouse

 

PARIS (Reuters) - Quelques milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, se sont rassemblées lundi soir place de la République à Paris pour une marche silencieuse en hommage aux victimes des tueries de Toulouse et Montauban, dans le Sud-Ouest.

 

Au même moment, une cérémonie avait lieu dans une synagogue du troisième arrondissement de la capitale à la mémoire des quatre victimes de lundi, dont trois enfants, abattues devant une école juive par un homme ayant réussi a prendre la fuite.

 

Trois militaires d'origine maghrébine et antillaise ont été également tués la semaine dernière dans la région avec la même arme.

 

Beaucoup de manifestants portaient des drapeaux français et les élus avaient revêtu leur écharpe tricolore, à l'image des socialistes qui ont défilé en ligne en se tenant par le bras.

 

On pouvait notamment reconnaître l'adjointe au maire de Paris Anne Hidalgo et le député PS Jean-Marie Le Guen. Le candidat du Front de gauche Jean Luc Melenchon et celle d'Europe Ecologie-Les Verts Eva Joly étaient aussi annoncés.

 

"En France on tue des juifs, des noirs, et des arabes" pouvait-on lire sur une banderole tandis que la tragédie de Toulouse était dans toutes les conversations.

 

"Je suis venu après cette horreur, comme tous les Français, tous les républicains. Il faut une tragédie comme ça pour que tout le monde s'unisse et ça c'est terrible", a dit à Reuters le chanteur Enrico Macias.

 

Une manifestante anonyme a dit se sentir "concernée, car il s'agit d'enfants. Et les enfants, c'est la grande douleur".

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 21:00

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article6988

 

Procès BDS à Bobigny

 

Le procureur requiert de la prison pour l’exemple

 

Les nombreux militants qui avaient pris une journée de congé pour venir soutenir les quatre militants BDS Maha, Olivia, Mohamed et Ulrich, au tribunal de Bobigny jeudi 15 mars 2012, accusés de discrimination raciste, d’incitation à la haine et à la violence pour avoir participé ou mis en ligne des actions de boycott contre l’occupant israélien, n’ont pas été déçus !

 

Durant ce procès fleuve qui a duré de 10 heures du matin à minuit, soit 14 heures, à la requête du gouvernement et sur commande du lobby israélien, on a assisté à des heures et des heures de mensonges débités par les cinq avocats de la partie civile, se considérant en terrain conquis.

 

Incapables de produire les documents censés confirmer leurs assertions, déformant aussi bien les dires que les textes, inventant des articles de journaux qui n’ont jamais existé : un vrai festival ! Et toujours pas d’arguments pour démontrer que la loi française interdit le boycott citoyen d’un Etat, comme l’ont fait valoir nos avocats, Dominique COCHAIN, Antoine COMTE et Gilles DEVERS.

 

Qu’à cela ne tienne ! Le procureur qui nous a expliqué que Michèle Alliot Marie avait pondu sa circulaire lui demandant de nous condamner de manière "sereine et indépendante", omettant juste de dire qu’elle l’a annoncé lors d’un dîner du CRIF (après avoir estimé au Parlement que nos actions de boycott dans les supermarchés ne constituaient pas des infractions)

 

Et après nous avoir dit combien il respectait notre cause, notre liberté de conscience et nos idées, il a requis des condamnations "exemplaires" pour nous empêcher de continuer à défendre celles-ci : entre mille et deux mille euros d’amende pour Mohamed, Maha et Ulrich... et de trois à quatre mois de prison avec sursis contre Olivia Zémor, en expliquant qu’en se débarrassant de cette meneuse, on aurait enfin la paix.

 

Le gouvernement français, le seul au monde à exiger la condamnation des personnes qui mènent des actions non-violentes pour faire cesser la politique criminelle d’Israël, croit-il vraiment que la campagne internationale de boycott de l’Etat d’Israël va s’arrêter grâce à ces méthodes dictatoriales, alors que l’occupant israélien poursuit la colonisation et son cortège d’atrocités ?

 

Alors que les bombardements sur Gaza se poursuivent et que Hana Shalabi en est à son vingt septième jour de grève de la faim pour protester contre les emprisonnements arbitraires, la torture et les humiliations infligés aux Palestiniens qui résistent à l’occupation ?

 

A notre humble avis, il se trompe !

 

En attendant rendez vous vendredi prochain 23 mars au tribunal de Pontoise (3 Rue Victor Hugo 95 300 Pontoise) à partir de midi pour soutenir les sept militants BDS inculpés pour avoir appelé au boycott des produits israéliens à l’occasion d’une parodie de procès à l’intérieur du magasin Carrefour de Montigny

 

CAPJPO-EuroPalestine

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 18:39

 

http://fr.news.yahoo.com/la-russie-exhorte-damas-à-soutenir-les-efforts-101058889.html

 

La Russie exhorte Damas à soutenir les efforts de Kofi Annan

 

MOSCOU (Reuters) - Le chef de la diplomatie russe invite le gouvernement syrien du président Bachar al Assad à soutenir "sans tarder" les efforts de paix déployés par l'émissaire Kofi Annan.

 

"Nous pensons que le gouvernement syrien devrait rapidement et sans délai appuyer l'approche (de l'émissaire des Nations unies et de Ligue arabe). Nous escomptons la même chose de la part de l'opposition armée et politique", déclare le ministre des Affaires étrangères dans un entretien télévisé dont le ministère a mis en ligne le contenu sur son site internet.

 

"Ce n'est qu'en donnant un accord de principe sur la ligne adoptée par (Annan) dans ses contacts avec les Syriens que le processus de trêve pourra commencer, et après cela le début d'un dialogue entre Syriens", ajoute Sergueï Lavrov.

 

Ses propos ne marquent pas un changement de la position russe dans le conflit syrien mais donnent à penser que Moscou souhaite que la communauté internationale sache que la Russie est plus animée par une volonté de faire cesser les violences que de défendre un allié de longue date.

 

Avec la Chine, la Russie a usé à deux reprises de son droit de veto pour bloquer une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant le régime syrien pour le recours à la violence dans un conflit qui, en un an, a fait plus de huit mille morts parmi la population civile, selon les Nations unies.

 

Moscou soutient la mission effectuée le week-end dernier par Annan à Damas pour plaider, sans succès jusqu'ici, auprès de Bachar al Assad en faveur d'un cessez-le-feu, de l'envoi d'observateurs et d'un dialogue politique entre le gouvernement et l'opposition.

 

Pour les Russes, les forces gouvernementales ainsi que l'opposition armée doivent simultanément cesser le feu alors que les Etats-Unis, les Etats arabes du Golfe et les Européens exigent qu'Assad et ses partisans fassent le premier geste.

 

Lavrov, dans son interview télévisée, prend soin de souligner que son gouvernement est en désaccord avec de nombreuses décisions prises par son allié syrien.

 

"Je le répète, nous ne soutenons pas le gouvernement syrien. Nous soutenons la nécessité de lancer un processus politique. Pour cela, il est d'abord nécessaire de cesser le feu".

 

Le ministre ajoute: "La partie russe fera tout ce qui est en son pouvoir pour cela, quelles que soient les décisions que prend le gouvernement syrien et avec lesquelles nous sommes, pour beaucoup, en désaccord".

 

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 18:18

 

http://www.fr.news.yahoo.com/d%C3%A9monstration-force-jean-luc-m%C3%A9lenchon-%C3%A0-la-bastille-163958602.html

 

Démonstration de force de Jean Luc Mélenchon à la Bastille

 

PARIS (Reuters) - Jean-Luc Mélenchon a appelé dimanche les Français à une "insurrection civique" à l'issue d'une marche citoyenne à Paris destinée à témoigner de la montée en puissance du Front de gauche dans la campagne présidentielle.

 

Ce défilé pour "la sixième république", de la place de la Nation à La Bastille, a rassemblé plus de cent vingt mille personnes, ont annoncé les organisateurs. La police a indiqué n'avoir effectué aucun comptage pour ne pas interférer dans la campagne.

 

Lors d'un discours place de la Bastille, Jean-Luc Mélenchon a annoncé le "retour" sur la scène politique "du peuple des révolutions et des rébellions en France" de façon à "ouvrir la brèche qu'attend toute l'Europe".

 

"Nous somme le drapeau rouge et le rouge du drapeau, nous sommes la main ouverte, offerte pour la solidarité et qui donne de la force en serrant les doigts pour communiquer son énergie", a-t-il scandé.

 

"Nous allons faire de cette élection une insurrection civique qui va, en se donnant d'abord rendez-vous dans les urnes, commencer ce jour-là la révolution citoyenne qu'il est nécessaire d'accomplir pour changer en profondeur la vie du peuple qui pâtit et ouvrir la brèche qu'attend toute l'Europe de son volcan français", a-t-il ajouté.

 

Les sympathisants du député européen, qui a créé la surprise de la campagne en atteignant des scores de dix pour cent à onze pour cent dans les sondages, entendaient faire une démonstration de force en ce jour anniversaire du soulèvement de la Commune.

 

Le Front de gauche est une coalition rassemblant, autour de son candidat, le Parti de gauche, les communistes et plusieurs petites formations.

 

Au fil de sa progression dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon a gagné en appétit et rêve aujourd'hui de talonner le candidat socialiste François Hollande.

 

"Dix pour cent, ça a été un seuil. Si on passe devant François Bayrou (candidat du MoDem) ce sera un autre seuil. On n’a pas l'intention d'en rester là", a dit son directeur de campagne, François Delapierre.

 

"LE PEUPLE EN MARCHE"

 

"Et dix, et quinze, et vingt !", scandaient des manifestants pour appuyer les ambitions du candidat du Front de gauche.

 

Deux cents cars et huit trains ont acheminé de toute la France des sympathisants portant le badge "Vite, la Sixième République".

 

En tête du cortège, avaient pris place des ouvriers en lutte, comme ceux de Fralib, ArcelorMittal ou des Trois Suisses, marchant aux cris de "résistance, résistance". De-ci, de-là fusaient des "Sarkozy dégage" visant le président sortant.

 

Des salariés suivaient un grand éléphant de carton-pâte donné par un cirque aux salariés de Fralib, qui fabriquent le thé Lipton et les infusions Eléphant à Géménos, près de Marseille.

 

Rejetant les accusations de passéisme lancées notamment par l'UMP, les animateurs du Front de gauche estiment faire une campagne totalement inédite. D'autres meetings à "ciel ouvert" sont prévus à Toulouse et Marseille.

 

"C'est le peuple qui se remet en marche. Nous, on leur dit 'prenez le pouvoir'", a dit Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste.

 

François Delapierre espère qu'un peu partout en France des sympathisants du Front de gauche sortiront des salles de meeting pour "prendre pacifiquement la rue".

 

Bien que la progression de Jean-Luc Mélenchon, qui "mord" sur le PS et chez les écologistes, commence à poser des problèmes au candidat socialiste François Hollande, ses partisans défendent l'idée d'un vote utile.

 

Le principal succès de Jean-Luc Mélenchon est d'avoir, sur la lancée des régionales et cantonales de 2010 et 2011, réussi à fédérer la gauche antilibérale, qui était très émiettée lors des scrutins de 2002 et 2007.

 

L'ancien socialiste a également bénéficié du retrait d'Olivier Besancenot, l'ancien leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui a laissé la place à Philippe Poutou, un candidat moins charismatique.

 

La bouillante personnalité et les qualités de tribun du candidat à l'écharpe rouge lui ont ensuite permis d'entamer une montée continue qui, espère-t-il, lui permettra de peser sur un futur gouvernement de gauche si François Hollande devait l'emporter.

 

Il estime que ses thèmes s'installent dans la campagne depuis que François Hollande a proposé d'imposer à soixante quinze pour cent les revenus supérieurs à un million d'euros et Nicolas Sarkozy de taxer les exilés fiscaux.

 

"Ca donne une centralité à ma campagne. Le pire pour moi aurait été d'être coincé dans un coin et de ne pas pouvoir en sortir", a-t-il dit au journal Le Monde.

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 21:12

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-vont-ils-extrader-mourad-dhina-le-21-mars-101732104.html

 

Vont-ils extrader Mourad Dhina le 21 mars?

 

Par Gilles Munier

 

Au moment où on célèbre en France le cessez-le-feu du 19 mars 1962, Mourad Dhina, un opposant algérien non-violent, risque d’être extradé vers l’Algérie où l’attend la salle de torture du DRS (police politique).

 

Mourad Dhina a expliqué à plusieurs reprises que pour panser les blessures causées par le coup de force militaire de janvier 1992 contre le président Chadli Bendjedid et la « sale guerre » contre le Front islamique du salut (FIS) – au moins deux cent mille morts – il convenait d’organiser une « Commission Vérité et Justice » qui ferait la lumière sur les crimes et violences qui se sont produites, de part et d’autre.

 

J’assisterai à l’audience qui se tiendra le 21 mars, à 14 heures au Palais de Justice de Paris, car au-delà de la décision qui sera prise, il y va de l’avenir de l’Algérie et de la paix et la sécurité et Méditerranée. Rien moins.

 

Extrait d’une lettre adressée par Mourad Dhina à son entourage (6 mars 2012)

 

« Je me présenterai à l'audience du 21 mars 2012 suite à laquelle les magistrats français rendront leur avis sur la demande d'extradition formulée par le régime algérien. J'ai toujours agi dans la légalité et ceci me procure une conscience tranquille devant la justice d'un Etat de droit. Cela fait presque deux décennies que le pouvoir algérien - à travers son aile la plus radicale - s'emploie à me diaboliser en vue de me neutraliser. Ce pouvoir s'est fait aider dans son entreprise par ses relais à l'étranger et je ne dois à ce jour mon salut qu'à la seule providence divine.

 

Pérennisation d’un pouvoir politique dévoyé

 

Ce pouvoir a fait usage de moult manipulations et amalgames abusant des étiquettes « islamiste » et « terroriste » pour faire passer au rouge tous les voyants chez ceux qui étaient - et sont encore - censés garder un œil sur moi, notamment les divers services de sécurité de pays occidentaux. Mais, paradoxalement, c'est cette même surveillance qui montre que je n'ai rien commis d'illégal dans ces pays ! Je sais cependant que je reste « mal vu » par certains de ces services, notamment ceux ayant un agenda interventionniste et qui n'apprécient guère mes vues politiques et mon intransigeance quant à l'indépendance de mon pays.

 

Ce procès sera l'occasion pour moi de rappeler les raisons de mon opposition au pouvoir algérien. Il s'agit principalement de ce qui suit.

 

Mon refus du coup d'Etat de janvier 1992 et le fait qu'aujourd'hui encore la conception et la pratique du pouvoir en Algérie restent ancrées dans la matrice qui a généré ce coup d'Etat. On ne pourra s'en défaire qu'une fois que deviendra effective la souveraineté populaire librement exprimée par le suffrage universel et que sera assuré le contrôle démocratique des moyens de coercition de l'Etat, notamment l'armée et les services secrets.

 

Mon opposition à la politique dite de « réconciliation » qui ne fait qu'imposer amnésie, impunité et pérennisation d'un ordre politique dévoyé. Je considère en effet, loin de tout esprit de vengeance, que seuls les devoirs de vérité, de mémoire et d'un minimum de justice permettront aux Algériennes et Algériens de faire leur deuil, de prendre pleinement conscience de ce qu'il leur est arrivé, pour enfin dire « plus jamais ça » et repartir tous ensemble pour un véritable Etat de droit garant de la dignité de tous ses citoyens.

 

Mon refus de voir mon pays courir vers l'abîme à cause de la mégalomanie, la corruption, l'incompétence et le clientélisme. La raison de cet état de fait est si clairement résumée par Abu Hamed Al Ghazali (onzième siècle) pour qui la corruption de la société vient de celle du prince, qui elle-même provient de la corruption de l'élite causée par sa cupidité. »

 

Torture systématiquement pratiquée

 

Extrait de la lettre adressée par Human Rights Watch à François Fillon (12 mars 2012)

 

(…) La Cour suprême du Royaume-Uni, dans un jugement émis le 7 mars 2012 sur une affaire impliquant des Algériens faisant appel d’une décision de les déporter vers l’Algérie, a énoncé qu’il existait « un consensus [devant la Commission spéciale d’appels relatifs à l’immigration], dans un certain nombre d’affaires, sur le fait que l’Algérie est un pays où la torture est systématiquement pratiquée par le DRS (Département du renseignement et de la sécurité) et qu’aucun agent du DRS n’a jamais été poursuivi pour cela » (W (Algeria) (FC) and others versus Secretary of State for the Home Department, [2012] UKSC 8, paragraphe 4).

 

Selon Human Rights Watch, il existe suffisamment de preuves qui appuient notre affirmation que si la France extradait M. Dhina vers l’Algérie, elle violerait la Convention contre la torture, qui énonce dans son article trois :

 

« Aucun État partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre État où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture.

 

Pour déterminer s'il y a de tels motifs, les autorités compétentes tiendront compte de toutes les considérations pertinentes, y compris, le cas échéant, de l'existence, dans l'État intéressé, d'un ensemble de violations systématiques des droits de l'homme, graves, flagrantes ou massives. »

 

 

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:58

 

http://www.bakchich.info/international/2008/06/02/syrieisrael-les-dessous-des-negociations-secretes-52806

 

Syrie/Israël : les dessous des négociations secrètes

 

Par Kader Atoum

 

Lundi 2 Juin 2008

 

L’annonce, courant mai, de négociations indirectes de paix entre la Syrie et Israël sous l’égide de la Turquie n’est que la partie visible de l’iceberg. Celles-ci ont en réalité débuté il y a un peu moins de quatre ans. Tout a commencé lors de la visite officielle du jeune président syrien, Bachar al Assad, à Ankara le 6 janvier 2004. Etaient présents à ses côtés l’ambassadeur syrien à Washington (qui dirige depuis la diplomatie syrienne), Walid al-Mouallem, et le conseiller du président Bahjat Soleïman. Bachar al Assad avait alors grandement surpris ses interlocuteurs turcs, dont le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. Et pour cause ! Il leur a demandé d’user de leurs bonnes relations avec les responsables israéliens, notamment militaires, pour relancer discrètement des négociations de paix. Celles-ci étaient interrompues depuis l’échec des pourparlers entre le président américain Bill Clinton et Hafez al Assad au printemps 2000, à Genève.

 

Bachar al Assad n’a ensuite pas perdu de temps. Il n’a même pas attendu les résultats des premiers contacts noués par l’intermédiaire de l’ambassadeur de Turquie à Tel-Aviv, Samir Lioulou. Dix jours à peine après avoir quitté Ankara, le chef de l’Etat syrien a dépêché son gendre, le général Assef Chawkat, pour aller dire aux Israéliens qu’il n’y avait pas de conditions préalables à la reprise des contacts avec l’État hébreu. Une fois ce message transmis, Ariel Sharon, alors Premier ministre d’Israël, a aussitôt envoyé le directeur général du ministère des Affaires étrangères à Ankara pour en savoir plus.

 

En dépit de rumeurs faisant état d’un « niet » israélien dû à des surenchères de politique intérieure comme à la crainte des États-Unis de voir Ankara monter en puissance, les Turcs ont néanmoins poursuivi, sur demande d’al Assad en personne, leur médiation. Ils ont proposé aux Syriens de désigner une personne de confiance qui ferait office de médiateur secret et serait acceptée par les Israéliens. Ce choix délicat s’est porté sur l’homme d’affaires américain d’origine syrienne, Ibrahim Soleïman.

 

Membre de la communauté alaouite, ce dernier est originaire du village d’al Kordaha, le fief de la famille Assad. Soleïman a également été à l’origine des visites répétées à Damas (sous Assad père) de délégations de Juifs américains d’origine syrienne. Celles-ci ont par la suite joué un rôle important auprès du lobby juif américain pour faire pression sur Washington et Tel-Aviv afin d’accepter la reprise de négociations de paix avec la Syrie.

 

Rencontres secrètes

 

Depuis le début de l’année 2005, Ibrahim Soleïman n’a eu de cesse de faire la navette entre le palais présidentiel des Mouhajirines, à Damas, la primature turque, à Ankara, et les bureaux des politiques et généraux israéliens, à Jérusalem comme Tel-Aviv. Il aura toutefois fallu attendre une rencontre secrète organisée dans un hôtel situé dans la banlieue d’Istanbul entre le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak (qui a toujours été favorable à une solution avec les Syriens) et le colonel-major Maher Assad, le frère du président syrien. Ce militaire devenu incontournable au sein de l’armée syrienne était accompagné du général à la retraite Mohamed Nassif, ancien patron des services de renseignements militaires et homme clé du dossier israélo-syrien, côté Damas.

 

Aujourd’hui, alors que ces négociations indirectes débutées il y a bientôt quatre ans entrent dans leur phase finale, Damas fait entrer dans la danse l’expert en droit international Riad Daoudi. Le président Assad l’a chargé de poursuivre auprès des instances internationales et de certains pays occidentaux, le développement de l’enquête portant sur l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais, Rafic Hariri, dans lequel de hauts responsables militaires syriens seraient impliqués. A Beyrouth, il se murmure avec insistance que la question du tribunal international fait partie du deal israélo-syrien. Ce qui signifie qu’au cas où les négociations continuent d’évoluer positivement, les Israéliens useront de leurs influences sur les pays occidentaux pour atténuer les pressions sur le régime syrien.

 

Du côté d’Israël, que se soit avec ou sans l’actuel Premier ministre, Ehud Olmert, impliqué dans un scandale financier qui risque de le faire chuter, la poursuite des négociations se prépare en coulisses. Déjà, Benyamine Netanyahou, ancien Premier ministre et patron du parti du Likoud, prépare son homme de confiance, le milliardaire américain, Ronald Lawder, à entrer en piste. Même topo pour la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, qui pousse son chef de cabinet, Aharon Abramovitch, à reprendre du service : l’homme a, dans le passé entretenu des relations avec l’entourage d’Assad. Voilà qui semble de bonne augure.

 

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 20:40

 

http://www.fr.news.yahoo.com/double-explosion-%C3%A0-damas-plusieurs-d%C3%A9c%C3%A8s-signal%C3%A9s-104335526.html

 

Vingt sept morts après une double explosion à Damas

 

BEYROUTH (Reuters) - Deux explosions survenues samedi matin dans le centre de Damas ont fait vingt sept morts et cent quarante blessés, rapportent les autorités syriennes qui parlent d'actes terroristes commis par des opposants au président Bachar al Assad.

 

Deux voitures piégées ont selon elle été mises à feu vers 7 heures 30 (5 heures 30 GMT) devant des locaux des services de renseignement et un bâtiment de la police.

 

Les images diffusées par la chaîne montrent ce qui semble être deux corps calcinés dans des véhicules distincts ainsi que la carcasse d'un minibus taché de sang et des membres sectionnés rassemblés dans des sacs.

 

"On a entendu une énorme explosion. Les portes de notre maison ont volé en éclats (...) bien que nous soyons à bonne distance de l'explosion", a déclaré un homme âgé portant un bandage à la tête, interrogé par la télévision publique.

 

Aucune revendication n'a été formulée après cette double explosion qui survient au surlendemain du premier anniversaire du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad, dont la répression a fait plus de huit mille morts et deux cent trente mille déplacés, selon les chiffres des Nations unies.

 

Les deux actes sembles assez similaires aux trois attentats suicides commis à Damas en janvier et en février dans la capitale et qui ont fait soixante dix morts. Les autorités les ont imputés au moins en partie à al Qaïda.

 

Un autre attentat à la voiture piégée a fait vingt huit morts à Alep, deuxième ville de Syrie, en février.

 

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a "condamné avec fermeté les deux attentats". "La France condamne tous les actes de terrorisme qui ne peuvent se justifier en aucune circonstance", a-t-il dit dans un communiqué.

 

Une équipe conjointe du gouvernement syrien, des Nations unies et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) devait entamer samedi une évaluation sur le terrain des besoins humanitaires de la population syrienne.

 

Elle n'était toutefois pas au complet et on ignore quand elle pourra entamer ses travaux, a-t-on appris de source de la mission.

 

D'autres violences ont été signalées samedi dans le pays.

 

L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, basé en Grande-Bretagne, a déclaré que le corps d'un vieil homme avait été retrouvé au lendemain de son arrestation dans la région de Djabal al Zaouiyah, dans le nord de la Syrie.

 

Il a ajouté que cinq personnes avaient péri dans la ville de Raqqa (est).

 

L'organisation militante Avaaz a quant à elle déclaré disposer des preuves d'actes de torture à l'encontre de trente deux enfants la semaine dernière à Homs, dans le centre.

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:44

 

http://www.liberation.fr/monde/01012391841-maudit-guant-namo

 

Vendredi 24 Février 2012

 

Maudit Guantanamo

 

Innocenté au terme de huit ans passés dans le camp américain, cet algérien est désormais coincé en Gironde

 

Par Luc Mathieu

 

D’une prison à l’autre. D’une cellule de trois mètres carrés à Guantánamo à un F4 dans un HLM de Mérignac (Gironde). Saber Lahmar y vit seul, reclus, sans recevoir aucune visite. Il a beau avoir été reconnu innocent et libéré en 2009 de Guantánamo, au terme de huit années de détention, il reste comme emprisonné. Aux séquelles physiques - des douleurs musculaires et articulaires - s’ajoutent ces cauchemars quasi quotidiens qui lui font ressasser les tortures subies. «Il fait régulièrement des crises de panique. Il ne répond même plus au téléphone», dit Mohammed Habri, son ami commerçant.

 

Prisonnier de ses souvenirs, Saber Lahmar l’est aussi d’une situation administrative absurde. Algérien sans passeport, accueilli par la France sans l’avoir demandé, il n’a aujourd’hui qu’une carte de séjour d’un an. «Je ne veux pas vivre sur le dos des associations humanitaires mais je ne peux pas trouver un travail avec une carte de séjour d’un an. Je ne peux pas non plus sortir du pays pour aller voir ma famille. La France est comme un grand Guantánamo», explique-t-il dans le bureau de son avocat. Il se reprend, inquiet de se montrer injuste. «Je suis bien sûr reconnaissant à la France. Mais je voudrais juste pouvoir vivre normalement», dit-il dans un français hésitant.

 

Son avocat Pierre Blazy, ténor du barreau bordelais, est plus virulent. Il accuse la France, et plus particulièrement l’Elysée, de ne pas avoir tenu ses promesses. «Quel est l’intérêt de notre pays à accueillir quelqu’un comme Saber Lahmar ? Aucun. Si les autorités lui ont proposé de s’installer ici, c’est qu’il y a eu un arrangement, y compris financier, avec les Etats-Unis. Les anciens de Guantánamo qui ont été accueillis au Royaume-Uni ont été indemnisés. Pourquoi pas lui ?» Contacté par Libération, le Quai d’Orsay «assure ne pas avoir connaissance d’un accord financier entre les Etats-Unis et la France». Pointant «le côté kafkaïen» de la situation, Amnesty s’est saisi du cas de Saber Lahmar. «Voilà quelqu’un qui a été innocenté par les autorités américaines après qu’on lui a volé neuf ans de sa vie. Il arrive en France et l’Etat ne lui permet pas de se reconstruire. C’est inhumain, il ne peut que s’isoler et dépérir», estime Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France. Saber Lahmar vit avec les deux cent euros mensuels accordés par une association d’aide aux réfugiés. Son loyer est pris en charge. «Comme ma femme et mes deux enfants ne peuvent pas me rejoindre, ils m’ont dit que j’allais déménager dans un studio.»

 

L’ex-détenu de Guantánamo n’a pas revu sa famille depuis le 19 octobre 2001. Il vit alors à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) où il dirige la bibliothèque d’un centre culturel saoudien. «Le centre n’avait rien d’extrémiste. On y proposait aussi bien des formations d’arabe que d’informatique. Tout le monde pouvait venir.» Lui y est arrivé en 1996, après une licence en sciences islamiques obtenue à Médine, en Arabie Saoudite. De son enfance pauvre à Constantine (Algérie), il garde un souvenir «heureux». «Mon père n’était qu’un employé mais il a tout fait pour que ses enfants puissent suivre des études.» A Sarajevo, Saber Lahmar vit une existence qu’il qualifie de tranquille. Il est marié et a deux enfants, un garçon et une fille. Musulman pratiquant mais sans lien avec l’extrémisme, il voit sa vie basculer dans l’absurde et l’arbitraire en début de soirée, ce 19 octobre 2001.

 

Des policiers débarquent chez lui, fouillent appartement et voiture. Ils ne trouvent rien mais placent le bibliothécaire en garde à vue. Il demande ce qui lui est reproché, les policiers répondent : «On n’en sait rien. Ce sont les Américains qui ont voulu qu’on t’arrête.» Le juge lui pose une seule question : «Tu connais Ben Laden ?»«Oui, je l’ai vu à la télé», répond-il. Après trois mois de détention, il est libéré, l’accusation d’avoir fomenté des attentats contre les ambassades américaine et britannique à Sarajevo ayant été abandonnée. Mais alors qu’il s’apprête à franchir les portes de la prison un gardien lui lance : «Toi, tu vas aller à Guantánamo !»«C’est quoi, Guantánamo ?» rétorque Saber Lahmar. Il ne parcourt que quelques mètres sur le trottoir. Des soldats américains l’encerclent, le menottent, lui passent une cagoule. Ils le laisseront les trois jours suivants allongé sur un sol en béton, pieds et chevilles enchaînés.

 

Lorsqu’il arrive à Guantánamo, après dix-sept heures d’avion, il est enfermé dans le camp X-Ray, dans une cage de deux mètres sur un mètre et cinquante centimètres. Hormis deux pauses de vingt minutes par jour, les prisonniers doivent rester assis, tête baissée, les bras passés autour des jambes. S’ils bougent, ils sont passés à tabac. Les interrogatoires commencent. «C’était toujours les mêmes questions. Où et quand j’étais né, combien j’avais de frères et sœurs, etc. Je ne savais toujours pas pourquoi j’étais là. Quand je demandais, on me répondait : "Tu es dans l’enfer américain. On fera ce que l’on veut de toi."»

 

Il change de cellule au bout de trois mois. «Une cage aux parois métalliques avec un cabinet de toilette, un tapis de sol, comme ceux vendus à Décathlon, et un lavabo, mais seuls les gardiens pouvaient faire couler de l’eau.» Les interrogatoires sont incessants. Il se rebelle, refuse de répondre sans arrêt aux mêmes questions. Les tortures commencent. «Parfois, c’était à l’électricité. A d’autres, au gaz lacrymogène. Ils en envoyaient dans la cellule toutes les vingt minutes. Comme il n’y avait aucune aération, à part un interstice sous la porte, c’était vite irrespirable. Il y avait aussi la torture de l’eau : ils me mettaient une éponge dans la bouche et versaient de l’eau. J’avais l’impression que mon ventre allait exploser. Mais, le pire, c’était les médicaments qu’ils mettaient dans la nourriture. Certains m’ont empêché de dormir pendant plusieurs semaines.» Avec d’autres détenus, il entame une grève de la faim. Les gardiens le nourrissent de force. «J’ai recommencé plusieurs fois. Ils attendaient dix-sept jours pour voir si je tenais et après ils me passaient un tuyau dans le nez et versaient une sorte de bouillie. La douleur était terrible.»

 

En septembre 2008, un juge américain estime qu’il n’y a aucune preuve permettant de classer l’Algérien comme «ennemi combattant» et qu’il doit être libéré. Un émissaire de l’ambassade française à Washington se rend à Guantánamo. «Il m’a proposé de venir en France. Il m’a dit que l’on s’occuperait de moi, que j’aurais un logement, un emploi et une voiture. J’ai demandé à aller à Paris ou à Marseille.» Le premier décembre 2009, il atterrit à Bordeaux. «Tout me paraissait extraordinaire, les escalators, les nouvelles voitures. Je n’avais eu aucune information ou aucune image du monde extérieur pendant mes huit années de détention.» Il a, depuis, parlé au téléphone avec ses enfants, aujourd’hui âgés de treize et onze ans. Il a aussi joint ses trois frères et sept sœurs restés en Algérie. Ils lui ont appris que leur mère était décédée en 2006. «Elle n’a su que plusieurs années après mon arrestation que j’étais à Guantánamo. Elle devait penser que j’étais mort.»

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 20:14

 

http://www.tariqramadan.com/Syrie-Qui-a-raison-qui-a-tort,11890.html

 

Syrie : Qui a raison, qui a tort ?

Jeudi Premier Mars 2012

Par Tariq Ramadan

Cela fait maintenant des mois que la Syrie est tourmentée par une tragédie. Des civils ont été torturés et tués par les forces armées ; la répression du gouvernement a atteint des niveaux insupportables et semble ne plus pouvoir être jugulée. Le monde regarde et les puissances étrangères - Russie et Chine d’un côté ; Etats-Unis, pays arabes et européens de l’autre - sont incapables de trouver une solution ou de se mettre d’accord sur un moyen de mettre fin aux meurtres. Les Nations Unies sont impuissantes et le monde regarde passivement : des centaines de Syriens ont été tués et la répression continue.

Quiconque ose lever la voix ou écrire sur la question est certain d’essuyer des attaques émanant des deux côtés. Pour certains, appeler à la fin du régime de Bachar al-Assad équivaut à soutenir les Américains et Israël contre les musulmans (en particulier les chiites), les Iraniens et même les Palestiniens. Sur Internet, ainsi que sur les réseaux sociaux, les attaques sont extrêmement véhémentes et sévères : soutenir l’opposition divisée est au mieux considéré comme étant le signe d’une dangereuse naïveté politique, au pire comme étant un acte de haute trahison. “Nos ennemis soutiennent les manifestants”, affirment-ils, “nous devrions donc soutenir les ennemis de nos ennemis”. Il n’y a donc d’autre choix que de prendre le parti du régime. Mais en politique tout comme en matière de droits de l’homme, les ennemis de nos ennemis ne sont pas nécessairement nos amis.

Il est tout à fait flagrant que les Américains, les Européens et les Israéliens ont changé de position (au départ, ils voulaient une réforme au sein du régime) : à présent, ils réclament la démission de Bachar al-Assad. Il est tout aussi évident qu’ils sont en contact avec des groupes d’opposants et leurs dirigeants afin de tenter d’assurer leurs intérêts dans la région. Les pouvoirs occidentaux et Israël ne sont point des spectateurs passifs ; ils essaient de maintenir leur contrôle, tandis que les Russes et les Chinois travaillent à assurer une présence plus effective au Moyen Orient et ce sur de multiples fronts.

Tout cela est de notoriété publique ; la forme du nouveau Moyen Orient qui émerge est un sujet de grande inquiétude à la lumière des récents événements survenus en Libye, en Irak, au Yémen, au Liban, ainsi que des constantes pressions exercées sur l’Iran, où la probabilité d’une attaque est désormais assez élevée. Il serait dangereux et irréfléchi de prendre pour argent comptant les aimables intentions humanistes que professent les Etats-Unis ou la Chine, les pays européens, Israël et la Russie vis-à-vis des peuples arabes en général et des Syriens en particulier. Les vies de ceux-ci n’ont de valeur qu’en fonction des intérêts économiques et géostratégiques qu’ils représentent : rien de plus, rien de moins.

Cela étant dit, l’ultime solution est-elle de demeurer silencieux et de soutenir le régime de Bachar ? Lui et son père furent et sont des dictateurs qui ont donné l’ordre de tuer des milliers de civils tout en torturant impitoyablement leurs opposants. Il s’agit là de faits ; aucun cœur sensible, aucun esprit sensé n’est capable de soutenir de tels tyrans et d’aussi cruels despotes. La tyrannie devrait cesser ; Bachar al-Assad devrait être arrêté et jugé. Son bilan est terrible, l’œuvre d’un homme ayant perdu tout sens de la mesure.

Il n’est pas question d’appeler ici à une intervention étrangère ; peu de personnes ont été bernées par l’opération libyenne de protection du pétrole qui a primé sur celle des hommes. La soi-disant “communauté internationale” devrait adopter une position claire et exercer une pression sur le régime afin de faire cesser la répression - une prise de position qui a peu de chance d’être formulée, il est vrai. Il revient aux forces d’opposition de parvenir à un accord minimal et d’organiser un front solide et uni pouvant conduire le pays vers le pluralisme, la démocratie et la liberté : il s’agit assurément du défi le plus urgent et le plus difficile auquel les Syriens font face aujourd’hui. Cela demeure le seul moyen de convaincre le monde qu’il existe une véritable alternative démocratique au régime tyrannique actuel. Cela signifie travailler avec un large éventail de soutiens et de partenaires en Amérique, en Europe, dans le monde arabe, ainsi qu’en Asie. A long terme, il s’agira de leur capacité à tracer la voie dans notre ordre du monde multipolaire actuel leur assurant un solide soutien multilatéral en faveur de leur légitime résistance.

Aujourd’hui, une telle perspective semble lointaine. Les conseils d’opposition sont en concurrence, de même que la Ligue Arabe, l’Organisation de la |Conférence Islamique (OCI), a laquelle il faut ajouter la très volontariste politique étrangère turque : tous semblent agir selon les paramètres révolus contre lesquels on semble bien ne rien pouvoir faire. L’avenir est sombre.

A Homs, Hama, ainsi qu’à travers toute la Syrie, on tue quotidiennement des civils, on humilie et on torture des personnes. La culpabilité du régime est criante, ainsi que l’est notre silence. Nos larmes ne peuvent suffire si notre seul soutien consiste à regarder la télévision et à pleurer. Nos cœurs peuvent bien verser des larmes, mais le courage nous a bel et bien abandonné.

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