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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 20:13

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-procureur-philippe-courroye-mis-en-examen-pour-152207054.html

 

Le procureur Philippe Courroye mis en examen pour les « fadettes »

 

PARIS (Reuters) - Un des plus célèbres magistrats français, le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine) Philippe Courroye, a été mis en examen mardi pour avoir fait examiner en 2010 des factures détaillées de téléphones de journalistes, des "fadettes".

 

Le parquet de Nanterre a annoncé lui-même cette mise en examen pour "collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite et violation du secret des correspondances".

 

"Suite au dépôt d'une plainte avec constitution de partie civile de la société éditrice du Monde et de deux de ses journalistes, le procureur de la République de Nanterre, Philippe Courroye a été mis en examen ce jour", annonce-t-il dans un communiqué publié mardi.

 

Cette mesure ordonnée par la juge d'instruction parisienne Sylvie Zimmermann, très rare concernant un haut magistrat, frappe une figure symbolique de la magistrature en vue depuis plus de vingt ans, qui revendique son amitié avec Nicolas Sarkozy.

 

Le procureur n'évoque aucune démission. Le ministère de la Justice, son autorité de tutelle, n'a pas fait de commentaires mais il est très peu probable qu'il le pousse à partir.

 

C'est la seconde personnalité proche du chef de l'Etat mise en cause dans les affaires de "fadettes" de journalistes, après le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini, poursuivi depuis octobre dans une affaire voisine.

 

Il est reproché au procureur Courroye des réquisitions délivrées en septembre 2010 à la police afin qu'elle examine les communications de deux reporters du journal Le Monde, Gérard Davet et Jacques Follorou.

 

Il s'agissait alors de savoir qui avait inspiré un article relatant une perquisition chez l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, au centre d'une enquête qui menace le pouvoir exécutif. Philippe Courroye soupçonnait sa rivale, la présidente de chambre correctionnelle Isabelle Prévost-Desprez.

 

UN DOSSIER DE SEPT CENT PAGES

 

Sur demande du procureur, la police a constitué un dossier de sept cent pages sur les sources des deux journalistes et leurs contacts privés.

 

Gérard Davet estime que ce dossier met au jour une affaire plus vaste. "Ça montre très simplement et très clairement qu'il y a un système en place destiné soit à mettre le couvercle sur les affaires sensibles gênant le camp Sarkozy, soit à nuire à ses opposants", a-t-il dit à Reuters.

 

Le procureur Courroye a engagé une bataille de procédure pour tenter d'échapper à un procès.

 

Il a saisi la chambre de l'instruction en soulevant l'argument selon lequel la juge Zimmermann n'avait à ses yeux pas le droit d'engager ces poursuites. Il considère par ailleurs que le fait de demander des "fadettes" n'est pas juridiquement une violation du secret des correspondances.

 

La cour d'appel de Paris devrait prendre plusieurs mois pour examiner ces demandes.

 

"Cette mise en examen est, au regard du fonctionnement de la justice, d'une extrême gravité puisqu'elle touche au pouvoir d'enquête du procureur de la République, mission qu'il exerce, aux termes de la loi, au service de l'intérêt général", écrit le magistrat dans son communiqué.

 

Le débat juridique tourne jusqu'ici en défaveur de Philippe Courroye. Le 6 décembre dernier, la plus haute juridiction française, la Cour de cassation, a ouvert la voie à sa mise en examen en déclarant son enquête illégale.

 

La Cour de cassation s'appuyait sur des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme présentant la protection des sources journalistiques comme un élément fondamental de la liberté de la presse. Le gouvernement actuel a fait voter une loi à ce sujet en 2010.

 

Philippe Courroye, ancien juge d'instruction anti-corruption passé au parquet, fut jusqu'à cette affaire une véritable icône dans la magistrature, faisant chuter des personnalités de droite comme de gauche ou encore des malfaiteurs, comme le chef des clandestins corses Charles Pieri.

 

L'équipe du candidat socialiste François Hollande estime que sa déchéance est le symbole de ce qu'elle voit comme le dévoiement des institutions sous le quinquennat Sarkozy.

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 18:44

 

http://www.fr.news.yahoo.com/deux-reporters-soupçonnent-damas-les-avoir-piégés-172511376.html

 

Deux reporters soupçonnent Damas de les avoir piégés

 

PARIS (Reuters) - Deux reporters présents à Homs, en Syrie, lors de la mort du journaliste de France Télévisions Gilles Jacquier soupçonnent les autorités syriennes et vont porter plainte pour tentative d'assassinat, annoncent leurs avocats.

 

Ces journalistes ont acquis la conviction "qu'ils ont été délibérément conduits par les services de sécurité gouvernementaux dans un lieu dont le bombardement était programmé", écrivent lundi Alexandre Varaut et Vincent de la Morandière dans un communiqué.

 

Pour Jacques Duplessy, journaliste, et Steven Wassenaar, reporter-photographe, "la nature des moyens militaires employés et les conditions dans lesquelles ils ont été dirigés vers la zone de tir, puis isolés, démontrent sans ambiguïté l'intention homicide", ajoute le texte.

 

Une plainte contre X avec constitution de partie civile sera donc déposée devant le doyen des juges d'instruction de Paris pour tentative d'assassinat.

 

Steven Wassenaar, qui a été blessé par l'obus qui a tué Gilles Jacquier, a confié à ses avocats le fragment de métal qui lui a été retiré et qui sera remis à la justice pour déterminer les armes employées.

 

Le parquet de Paris avait annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de la mort de Gilles Jacquier.

 

L'enquête préliminaire pour homicide volontaire a été confiée à l'Office central de répression des violences aux personnes.

 

Le gouvernement et France Télévisions avaient demandé à la justice de faire toute la lumière sur la mort du journaliste, tué à Homs alors qu'il effectuait un reportage avec l'accord du gouvernement syrien.

 

Thierry Thuillier, directeur des rédactions de France Télévisions, qui a également porté plainte, s'est interrogé sur les circonstances du drame.

 

"Les journalistes faisaient partie d'un convoi sous escorte, très sévèrement encadré. Quand les tirs ont commencé, les militaires syriens ont reculé, laissant seuls et exposés les journalistes. Pourquoi ? Je n'ai pas de réponse. La rédaction, France Télévisions, les familles veulent cette réponse", a-t-il dit dans un entretien publié sur le site de France Télévisions.

 

La France a réclamé la semaine dernière qu'une enquête indépendante ait lieu en Syrie.

 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 18:22

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-mouvement-occupy-monte-ses-igloos-au-forum-172038460.html

 

Le mouvement « Occupy » monte ses igloos au forum de Davos

 

DAVOS, Suisse (Reuters) - Un groupe de manifestants désireux de porter le mouvement "Occupy" au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, a présenté lundi le campement qui doit leur permettre de montrer leur opposition à ce rassemblement des élites politiques, économiques et financières de la planète.

 

Une fois l'installation achevée dans la luxueuse station de sports d'hiver, le "Camp Igloo" devrait comprendre deux grandes tentes chauffées, une cuisine de campagne et une série d'igloos permettant de loger une cinquantaine de personnes, ont indiqué les organisateurs.

 

Le forum annuel de Davos, qui aura lieu cette année du 25 au 29 janvier, a fini par devenir le symbole du capitalisme et de la mondialisation.

 

De son côté, le mouvement "Occupy", né à Wall Street durant l'été 2011, entend notamment dénoncer l'inégale répartition des richesses.

 

"Ce sont les décisions d'une poignée de personnes qui nous ont menés dans la crise de ces dernières années. Aujourd'hui, ces mêmes personnes se présentent comme porteurs de la solution au problème", a commenté le président des Jeunesses socialistes suisses, David Roth, devant les journalistes présents au campement, près de la gare de Davos.

 

"C'est la mauvais solution car elle est antidémocratique et cynique. La démocratie n'est pas seulement le chemin à suivre pour les pays arabes, elle est aussi nécessaire dans les pays occidentaux", a-t-il ajouté.

 

Les organisateurs ont lancé un appel mondial pour venir participer au rassemblement.

 

Une autorisation leur a été accordée pour demeurer sur un parking situé à l'extérieur de l'important dispositif de sécurité prévu pour le forum.

 

David Roth a également indiqué être en contact avec les organisateurs du Forum économique mondial afin de promouvoir le dialogue entre manifestants et délégués de la réunion.

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 20:35

 

Vous trouverez ci-dessous des citations d’un très long message de Paul Le Blanc relatif à l’histoire du mouvement social aux Etats Unis. Le message est disponible en totalité si vous consultez le site www.alencontre.org à l’adresse ci-dessous.

Bernard Fischer

http://www.alencontre.org/ameriques/americnord/usa/les-ancetres-du-mouvement-occupy.html

Les ancêtres du mouvement Occupy

 

Par Paul Le Blanc

 

Dans les années 1880, lors de la fondation de l’American Federation of Labor (AFL), les militants syndicaux expliquaient dans le préambule de leur constitution: «Une lutte se déroule dans toutes les nations du monde civilisé entre les oppresseurs et les opprimés de tous les pays; une lutte entre le Capital et le Travail qui doit croître en intensité d’année en année et avoir des conséquences désastreuses pour les millions des travailleurs de toutes les nations si [ils] ne s’unissent pas en vue de leur défense commune et de leurs intérêts.»

 

Cela est encore plus vrai aujourd’hui que cela l’était il y a cent vingt cinq ans. Nous devons nous unir – l’immense majorité – pour résister et vaincre notre oppression et notre exploitation collectives.

 

Le mouvement d’occupation qui a balayé notre pays – ces millions d’entre nous qui en font partie et/ou qui s’y identifient – se compose, bien sûr, de quelque chose de plus large que ceux d’entre nous qui ont pu dormir, manger et vivre sur les différents sites d’occupation. Nous sommes nombreux. Nos idées et nos aspirations sont partagées par beaucoup, beaucoup plus encore dans notre pays. Selon les sondages récemment publiés dans le New York Times, environ vingt cinq pour cent des gens aux Etats-Unis s’opposent à ce que nous représentons; environ quarante cinq pour cent sont favorables à nos idées et trente autres pour cent n’en connaissent pas suffisamment pour se prononcer. Il me semble que ce serait un but louable pour notre mouvement de consolider le soutien de ce quarante cinq pour cent, d’y joindre autant que possible ceux qui font partie des trente pour cent d’indécis et même gagner certains du vingt cinq pour cent critique.

 

Je suis convaincu que nous pouvons apprendre quelque chose ayant de la valeur de l’histoire des mouvements sociaux antérieurs. Je vais maintenant offrir quelques phrases de certains des dirigeants passés du mouvement des travailleurs et travailleuses ainsi que du mouvement pour les droits civiques.

 

Avant toute chose, toutefois, nous devons être prudents au sujet de ce que nous entendons par «dirigeants». Ainsi que le déclarait le grand socialiste et organisateur syndical Eugene Victor Debs : «Je ne suis pas un dirigeant syndical. Je ne veux pas que vous me suiviez ou qui que ce soit d’autre. Si vous êtes à la recherche d’un Moïse qui vous conduira hors de ce désert capitaliste, vous resterez exactement là où vous vous trouvez. Je ne vous mènerai pas vers la terre promise si je le pouvais, parce que si je le faisais, quelqu’un d’autre vous en sortira. Vous devez utiliser vos têtes aussi bien que vos mains et vous sortirez vous-même de votre condition actuelle, ainsi que les capitalistes utilisent aujourd’hui vos têtes et vos mains.»

 

Plusieurs années plus tard, Ella Baker – qui travailla avec le NAACP, le Southern Christian Leadership Conference et le Student Nonviolent Coordinating Committee – a expliqué son propre rôle dirigeant d’une façon que Debs aurait apprécié: «Vous ne m’avez pas vu à la télévision, vous n’avez pas vu de nouvelles histoires sur moi. Le genre de rôle que j’ai essayé de jouer a été de ramasser des pièces ou d’assembler des pièces de telle sorte que j’espérais ainsi qu’une organisation pourrait exister. Ma théorie: un peuple fort n’a pas besoin de dirigeants forts.»

 

Les dirigeants authentiques sont ceux et celles qui aident encore et toujours plus les personnes faisant partie du quatre vingt dix neuf pour cent à penser d’une façon critique et à s’organiser eux-mêmes efficacement. Il s’agit là d’une notion très radicale, révolutionnaire. Ella Baker était une révolutionnaire. Elle a souligné que l’intégration raciale en elle-même n’était pas un but suffisant. «Afin qu’en tant que personnes pauvres et opprimées nous devenions une partie de la société qui soit significative », expliquait-elle, « le système dans lequel nous vivons aujourd’hui doit être changé radicalement. […] Cela signifie faire face à un système qui, de lui-même, n’est pas conforme à vos besoins et concevoir des moyens par lesquels vous changerez ce système » Ce que Baker décrit est une lutte de pouvoir par laquelle les quatre vingt dix neuf pour cent se libèrent, de plus en plus et finalement complètement, du pouvoir oppressif des un pour cent.

 

En relation avec ces idées, on peut mentionner les remarques d’A. Philip Randolph, qui a joué un rôle central autant dans le mouvement ouvrier que dans celui des droits civiques. «Le pouvoir et la pression sont à l’origine de la marche pour une justice sociale et pour les réformes. […] Le pouvoir et la pression ne résident pas dans les mains de quelques-uns, d’une intelligentzia, [mais plutôt] ils résident dans et découlent des masses», Randolph insista, en ajoutant: «Le pouvoir est le principe actif des […] masses organisées, des masses unies pour un but précis.»

 

Ces idées ont été développées avec une éloquence particulière par Martin Luther King. Il est utile de s’intéresser à la façon dont il le fait. Voici ses paroles: « Les plantations et le ghetto ont été créés par ceux qui ont le pouvoir autant afin d’y confiner ceux qui n’avaient pas de pouvoir que pour que leur impuissance se perpétue. Le problème de la transformation du ghetto est donc un problème d’affrontement entre les forces qui exigent le changement et celles qui se consacrent à la préservation du statu quo. Une fois ceci posé, le pouvoir bien compris n’est rien d’autre que la capacité d’atteindre un but. Il s’agit de la force nécessaire à entrainer un changement social, politique et économique.»

 

S’inspirant explicitement de l’expérience du mouvement ouvrier, King souligne: «Le pouvoir est la capacité qui rend la majorité puissante […] dire “oui” lorsqu’ils veulent dire “non”. Ceci est le pouvoir […]. Le pouvoir dans ce qu’il a de meilleur c’est l’amour mis en œuvre dans l’exigence de la justice; la justice dans ce qu’elle a de meilleur est le pouvoir corrigeant tout ce qui se dresse contre l’amour […]. Laissez-nous être insatisfaits jusqu’à ce que soit détruit le tragique mur qui sépare la cité extérieure de la richesse et du confort de la cité intérieure de la pauvreté et du désespoir sous les coups de bélier des forces de justice.»

 

Un aspect de ces commentaires de Martin Luther King tient dans la croyance au besoin d’un changement radical, même révolutionnaire, du système – ainsi que le demande, comme nous l’avons vu, Ella Baker. Comme Baker, comme A. Philip Randolph, comme Eugène Debs et d’autres encore, Martin Luther King était convaincu que le système capitaliste, contrôlé par les un pour cent figurant au sommet de celle-ci, devait être remplacé par un système politique et économique dirigé par les quatre vingt dix neuf pour cent.

 

Coretta Scott King, son épouse, a rappelé plus tard que «vers le premier mois de notre rencontre», en 1952, Martin Luther King lui parlait «de travailler dans le cadre de la démocratie pour nous diriger vers un certain type de socialisme», argumentant qu’«un certain type de socialisme doit être adopté par notre société parce que la façon dont elle fonctionne est simplement injuste». Et elle précisa: «La démocratie signifie une justice égale, l’égalité dans tous les aspects de notre société», et elle a indiqué que son mari «savait que le problème fondamental de notre société avait un rapport avec la justice économique, ou […] avec le contraste entre les possédants et ceux qui ne possèdent rien».

 

Une différence significative entre le radicalisme des mouvements ouvrier et pour les droits civiques et le radicalisme de notre propre mouvement d’occupation est que le nôtre – contrairement aux leurs – ne dispose pas actuellement d’une revendication ou d’un ensemble de revendications concrètes, que l’on peut obtenir immédiatement. Le mouvement pour les droits civiques a revendiqué (et finalement obtenu) la fin des lois Jim Crow de ségrégation ainsi que le droit de vote pour les afro-américains dans les Etats du Sud. Le mouvement syndical a revendiqué une reconnaissance des syndicats par les employeurs, des salaires plus élevés, une journée de travail plus brève ainsi qu’une amélioration de leurs conditions de travail.

 

J’aimerais revenir sur cette question du fait que notre mouvement d’occupation n’a pas de revendications concrètes mais, avant, je tiens à souligner un problème quant à restreindre la lutte aux seules prétendues «revendications concrètes».

 

En fait, la direction de l’ancienne American Federation of Labor a tendu à réduire l’ensemble des luttes à un tel caractère de revendications «purement et simplement» concrètes. Le président de la Pennsylvania Federation of Labor, James Maurer (qui se considérait lui-même comme socialiste) a laissé cet enregistrement de l’un des discours de président de l’AFL, Samuel Gompers (1850-1924): «Si un travailleur gagne un dollar et demi pour une journée de travail de dix heures, il vivra à la hauteur de ce un dollar et demi. Il sait qu’un dollar soixante quinze cents améliorera sa condition de vie. Il s’efforce naturellement d’obtenir ce dollar et soixante quinze cents. Une fois qu’il y sera parvenu, il veut deux dollars et plus de temps libre. Il se bat pour l’obtenir. Insatisfait par ces deux dollars, il veut plus encore ; pas seulement deux dollars vingt cinq cents, mais une journée de travail de neuf heures par jour. Il va continuer ainsi à obtenir encore et encore plus jusqu’à ce qu’il obtienne tout ou la valeur totale de ce qu’il a produit.»

 

Malgré une rhétorique qui retient quelque chose de l’ardeur et des conséquences liées à l’ancienne orientation révolutionnaire inscrite dans le préambule de l’AFL, un nombre croissant de dirigeants de l’AFL – au nombre desquels se trouvent Gompers lui-même – commença toutefois à s’embarquer dans une direction différente qui leur a permis de s’adapter aux préjugés de certains travailleurs qualifiés (contre les non-qualifiés, contre les nouveaux immigrés, contre les Blancs et les Asiatiques et les autres gens de couleur, contre les femmes salariées) et, par conséquent, à réaliser des compromis profonds avec certains des plus astucieux représentants du système capitaliste. Une grande partie du mouvement ouvrier est devenue modérée, conservatrice, non démocratique et corrompue.

 

De telles choses – qui prennent racines dans le décalage qui existe entre, d’un côté, les larges idéaux originaux, les engagements radicalement démocratiques et, de l’autre, les luttes étroitement concrètes au jour le jour – ont contribué au déclin de l’esprit et de la puissance des syndicats dans ce pays.

 

En contraste frappant avec cela, existait le radicalisme sans compromis des Industrial Workers of the World (IWW), qui déclaraient en 1905 [année de leur fondation]: «La classe ouvrière et la classe patronale n’ont rien de commun. Il ne peut y avoir de paix aussi longtemps que la faim et le besoin existera parmi les millions de travailleurs, pendant que la minorité, qui compose la classe des patrons, possède tous les biens de la vie. Entre ces deux classes il doit y avoir une lutte qui doit se poursuivre jusqu’à ce que tous les travailleurs du monde s’organisent comme classe, prennent possessions des moyens de productions, abolissent le salariat et vivent en harmonie avec la Terre.»

 

L’organisatrice des IWW Elizabeth Gurley Flynn a expliqué ce qu’elle et d’autres syndicalistes radicaux voyaient comme étant le lien nécessaire entre les luttes concrètes et l’esprit révolutionnaire: «Qu’est-ce qu’une victoire du travail ? Je maintiens qu’il s’agit d’une chose double. Les travailleurs doivent obtenir des avantages économiques, mais ils doivent aussi acquérir un esprit révolutionnaire afin de parvenir à une victoire définitive. Si les travailleurs obtiennent quelques cents de salaire supplémentaire par jour, quelques minutes de travail en moins chaque jour et qu’ils retournent au travail avec la même psychologie, la même attitude envers la société; cela ne serait qu’arriver à un succès temporaire et non à une victoire finale. Des travailleurs qui retournent au travail avec un esprit de conscience de classe, avec une attitude organisée et déterminée envers la société cela signifie, même s’ils n’ont pas obtenus des avantages économiques, qu’ils ont la possibilité de les obtenir dans le futur. En d’autres termes, une victoire du travail doit être économique et elle doit être à caractère révolutionariste.»

 

Cette vision anima nombre d’organisateurs et d’activistes dans les trois grandes grèves générales de 1934 – qui se sont déroulées à Toledo, Minneapolis et San Francisco – qui, durant la Grande Dépression, aida à paver la voie pour le Congress of Industrial Organizations (le CIO). Ces trois victoires ébranlèrent le mouvement ouvrier, particulièrement en raison à l’orientation révolutionnaire de la direction des grèves.

«Notre politique a été d’organiser et de construire des syndicats puissants pour que les travailleurs puissent dire quelque chose au sujet de leurs propres vies et aider au changement de l’ordre actuel des choses en une société socialiste», commenta d’une façon détachée le dirigeant de la grève de Minneapolis, Vincent Raymond Dunne [1889-1070, joua un rôle clé à Minneapolis]. Sur la Côte ouest, Harry Bridges, qui était à la tête de la grande grève des dockers, proposa la vue selon laquelle «la forme capitaliste de la société […] signifie l’exploitation de beaucoup de gens pour le profit et un dédain complet pour leurs intérêts subordonnés à ce profit [et] je ne voyais aucun intérêt pour ce système.»

 

Sortant de la lutte de Toledo, A. J. Muste [1885-1967] commenta: «Dans chaque situation de grève, la politique d’impliquer les forces les plus larges – tous les syndicats, les organisations de chômeurs, les partis politiques et les groupes – doit être appliquée afin de rompre avec le provincialisme syndical; de politiser la lutte; de développer la conscience de classe; de confronter les travailleurs avec les problèmes d’un affrontement avec les agences gouvernementales capitalistes, etc.»

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 16:00

 

http://www.m-pep.org/spip.php?article2477  

 

Chronique de Jacques Nikonoff du 9 janvier 2012

 

La marche hongroise vers un fascisme contemporain

 

Les évènements qui se déroulent en Hongrie témoignent de la formation d’un fascisme contemporain. Les institutions de l’Union européenne, qui ont leur part de responsabilité dans cette situation, ne veulent ni ne peuvent intervenir. L’enjeu porte sur la capacité d’un pays de sortir de la crise en dehors des cadres fixés par le FMI et l’Union européenne, à partir de politiques d’extrême droite ou de gauche.

 

C’est un nouveau fascisme contemporain qui se donne à voir en Hongrie

 

Depuis mai 2010, dans ce pays de dix millions d’habitants membre de l’Union européenne depuis 2004, une droite particulièrement réactionnaire est au pouvoir avec le parti Fidesz (Union civique hongroise) dont le leader est Viktor Orban, Premier ministre, après l’avoir déjà été de 1998 à 2002. Une nouvelle Constitution a été votée par le Parlement, sans référendum, dont le contenu traduit la nature fascisante du nouveau régime.  

Ainsi la République a été abolie, puisque la Constitution n’est plus désormais celle de la « République de Hongrie », mais celle de la « Hongrie » tout court. C’est-à-dire un pays qui ne se définit plus par son régime politique mais par une prétendue essence éternelle. La nation hongroise, du coup, incluant les minorités hongroises d’autres pays voisins, même si elles n’ont pas la double nationalité. Le potentiel de déstabilisation nationaliste de toute la région est énorme. Le passé de ce pays est mythifié par les autorités. La Hongrie aurait ainsi une nature transcendante et non politique, faisant disparaître la notion de citoyenneté. Pour Janos Martonyi, ministre hongrois des Affaires étrangères, « Pour moi, comme pour la plupart des Hongrois, la Hongrie, c’est tout simplement la Hongrie » (Le Figaro, 7 et 8 janvier 2012).  

Les premiers mots de cette nouvelle Constitution sont « Dieu bénis le Hongrois ». Ainsi, logiquement, la place de la République à Budapest a-t-elle été débaptisée, et s’appelle désormais place Jean-Paul-II… Logiquement, encore, la nouvelle Constitution appelle à défendre « la vie dès sa conception », menaçant directement le droit à l’interruption volontaire de grossesse ; quant au mariage, il ne peut unir qu’un homme et une femme.  

Il n’y a plus de liberté de l’information en Hongrie depuis la loi du 21 décembre 2010, votée par 256 voix contre 87, entrée en application le premier janvier 2011. Les médias ont été placés sous le contrôle d’un « Conseil national des médias » dont les cinq membres, nommés pour neuf ans, appartiennent au parti au pouvoir ! Ce Conseil pourra, de façon discrétionnaire, exiger des médias qu’ils corrigent des informations qu’il estimera ne pas être « équilibrées politiquement » ou « entravant la dignité humaine ». Il pourra infliger des amendes allant jusqu’à deux cent millions de forints (720 000 euros) pour les télévisions et vingt cinq millions de forints (90 000 euros) pour les journaux ou les sites Internet. Certes, les médias concernés pourront se pourvoir en justice, mais ils devront préalablement avoir publié les rectifications et acquitté les amendes exigées. Ce Conseil pourra aussi participer à la vie interne des rédactions, en exigeant qu’on lui soumette articles ou émissions avant leur diffusion, et ordonner aux journalistes qu’ils dévoilent leurs sources.  

Une réforme électorale taillée sur mesure favorise outrageusement le parti au pouvoir puisqu’elle fait la part belle au parti qui arrive en tête. Le scrutin législatif sera à un seul tour, la droit de vote est accordé aux minorités hongroises des pays voisins, le découpage des circonscriptions est particulièrement favorable au parti Fidesz. Il suffira d’un tiers des voix pour se maintenir au pouvoir. L’opposition, même majoritaire, pourrait ne pas pouvoir accéder au gouvernement. Ainsi, aux prochaines élections, il est peu probable que le nouveau vainqueur dispose à son tour des deux tiers. Il aura les mains liées. C’est comme avec les traités européens : la gauche a les mains liées.  

Un impôt sur le revenu de seize pour cent pour tous a été inclus dans la Constitution. Il revient à supprimer l’impôt sur la fortune et est particulièrement injuste car frappant principalement les catégories modestes. Désormais une majorité des deux tiers au Parlement sera nécessaire pour changer la fiscalité.  

Autres innovations de cette nouvelle Constitution : les sans-abris peuvent être punis de peines de prison, et la majorité parlementaire pourra faire passer ses lois sans débat ! 

Ajoutons que dans de nombreuses villes, les directeurs de théâtre ont été remplacés par des gens proches du pouvoir ou des militants d’extrême droite.  

Ce nouveau fascisme contemporain n’a plus le visage de celui des années 1930 et de la seconde guerre mondiale  

Ce qui se passe aujourd’hui en Hongrie montre le nouveau visage du fascisme contemporain.  

Ce dernier n’a plus besoin d’avoir des chemises de couleur, comme les « chemises noires » du fascisme italien de Mussolini. L’image du fascisme originel de la Seconde Guerre mondiale a changé, le nouveau fascisme n’a pas besoin de ressembler point par point à l’ancien. Le risque est cependant encore plus grand que dans les années 1930, car aujourd’hui toutes les expériences de gauche ont échoué, du « socialisme réel » en passant par le « modèle » social-démocrate et la « gauche plurielle » en France. Le terreau est donc beaucoup plus favorable à l’extrême droite. 

On voit clairement en Hongrie les signes avant-coureurs du fascisme contemporain.  

Cependant, le socle commun à tous les fascismes reste le même : c’est toujours et avant tout le refus de l’égalité des individus, des « races » ou ethnies, et donc des peuples et nations, une identité nationale fantasmée et exacerbée. C’est le refus du droit d’avoir des droits. C’est alimenter l’idée que la crise est d’une telle ampleur que rien ne peut en venir à bout, sauf à revenir à une régénération et une purification nationales. 

C’est la version hongroise du lepénisme. Ainsi, selon Louis Aliot, le numéro deux du FN, « je ne suis pas Hongrois, mais j’ai l’impression que le peuple hongrois a voulu cela. Il a voté pour ses dirigeants et ses dirigeants ont mis en place le programme pour lequel ils ont été élus » (Le Monde, 6 janvier 2012). 

Les institutions de l’union européenne, qui ont leur part de responsabilité dans cette situation, ne veulent ni ne peuvent intervenir  

La presse française, de Libération au Monde en passant par Le Figaro, se demande – ou fait semblant de se demander – pourquoi les institutions de l’Union européennes sont silencieuses face au cas hongrois. Bruxelles semblerait désarmée et son silence serait de plus en plus lourd. Libération du 4 janvier 2012 titre «  Le lâche silence de l’Union européenne ». On peut lire le commentaire pathétique d’un Hongrois : « l’Europe ne nous laissera pas tomber ». Ainsi l’opposition hongroise se tourne vers Bruxelles pour tenter de trouver des soutiens. Quelle illusion ! 

L’Union européenne ne fera rien, comme elle n’a rien fait en 2000 en Autriche. Il s’agissait alors de protester contre l’entrée du parti d’extrême droite de Jörg Haider dans la coalition gouvernementale. La seule sanction prise a été que les fonctionnaires européens n’ont plus serré la main de leurs collègues autrichiens… Jusqu’à présent, le seul dirigeant européen à s’être exprimé est Alain Juppé qui a eu ces fortes paroles : « Il y a un problème en Hongrie ».

 Pourquoi ? Parce que le PPE, parti de Viktor Orban, est majoritaire au sein de l’Union européenne ; parce que l’Union européenne est une alliance basée sur l’économie et non sur un projet politique partagé et qu’elle ne dispose d’aucun instrument juridique pour faire plier la Hongrie ; parce que la seule chose qui intéresse les institutions européennes dans le cas hongrois, c’est le risque de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale de Hongrie. 

Le Parti populaire européen (PPE), parti de Viktor Orban, est majoritaire parmi les pays de l’Union européenne, il est aussi la première force du Parlement européen. Dans le PPE, il y a notamment l’UMP de Sarkozy et la CDU de Merkel… Qui est le vice-président du PPE ? C’est Viktor Orban ! 

L’Union européenne est une alliance basée sur l’économie et non sur un projet politique et démocratique partagé, elle ne dispose d’aucun instrument juridique pour faire plier la Hongrie. La Commission européenne s’occupe des choses sérieuses comme maintenir la concurrence libre et parfaite, et pas du reste comme les atteintes aux libertés fondamentales. D’autant que l’Union européenne ne dispose d’aucune capacité juridique d’intervention. D’ailleurs, sauf preuve contraire, les décisions prises pour le pouvoir hongrois ne contreviennent pas aux traités, sauf pour la Banque centrale de Hongrie. Le système de l’UE n’aime pas la démocratie, il n’y a qu’à se rappeler le cas du vrai-faux référendum grec où les dignitaires européens ont hurlé à la mort ! 

Certes, il existe des sanctions possibles définies par l’article 7 du traité de Lisbonne. En cas de non-respect des « valeurs fondamentales » de l’UE, le droit de vote du pays concernés est suspendu au Conseil. La procédure peut s’enclencher sur l’impulsion du Parlement européen ou de la Commission, ou d’un tiers des États membres. Mais en bout de course il faudra rassembler les vingt six autres pays en dehors de la Hongrie. Impossible puisque la majorité des pays de l’UE est dans le même parti que Viktor Orban. Les Verts, témoignant d’un sens aigu de la politique politicienne, y ont fait appel officiellement. Plus prudents, les socialistes ont déclaré : « il faut sérieusement l’envisager ». Cela ne mange pas de pain. 

Une autre solution serait de poser des conditions à l’aide financière. Autrement dit, exiger l’annulation de certaines lois pour que la Hongrie obtienne des aides. Mais des sanctions trop lourdes auraient des conséquences désastreuses pour les banques allemandes et autrichiennes. Un effet domino se produirait alors dans la zone euro, car en Hongrie, quatre vingt pour cent des actifs bancaires sont détenus par des banques étrangères. Ainsi, les craintes sur l’économie hongroise ont fait monter les taux en Autriche. La meilleure carte d’Orban, c’est de menacer d’un défaut (total ou partiel). N’oublions pas que pour réduire la dette, Orban a imposé des taxes de soixante pour cent sur les bénéfices des banques, des télécommunications et de l’énergie, toutes entreprises étrangères.  

Il ne reste en réalité à l’UE qu’une batterie de sanctions en dehors des traités, purement symboliques, comme la condamnation verbale du Fidesz.  

La seule chose qui intéresse les institutions européennes dans le cas hongrois, c’est le risque de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale de Hongrie. L’unique décision prise par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a été d’envoyer une lettre le 20 décembre 2011 pour s’inquiéter d’un projet de loi sur la Banque centrale hongroise. Trois jours plus tard il suspendait les négociations visant à accorder une ligne de crédit de vingt milliards d’euros à la Hongrie. 

Quel est le contenu de cette loi adoptée le 30 décembre 2011, à propos de laquelle la BCE a émis un avis négatif ? Le président de la Banque centrale de Hongrie ne pourra plus choisir ses adjoints, qui passent de deux à trois, et seront nommés par le chef du gouvernement. Le conseil monétaire, qui décide de la politique des taux d’intérêt, passera de sept à neuf personnes, les deux membres supplémentaires étant, comme quatre autres, nommés par le Parlement. Ces mesures sont tout à fait normales pour un pays qui voudrait recouvrer sa souveraineté monétaire. Pour les oligarques européens, le but de Viktor Orban serait d’utiliser les trente cinq milliards de réserves de change que détient la Banque centrale de Hongrie pour rembourser certaines dettes publiques. Et alors ? 

Ajoutons qu’une autre modification de la Constitution, dont on parle moins, qui a mis en fureur les élites européennes, est que le forint est devenu constitutionnellement la monnaie hongroise, bloquant ainsi pratiquement le passage de ce pays à l’euro.  

Montesquieu doit se retourner dans sa tombe ! Car pour les europiomanes, l’équilibre des pouvoirs inclut désormais l’indépendance de la Banque centrale dans chaque pays ! Pour ainsi, pour Le Monde (4 janvier 2012), la nouvelle Constitution hongroise affaiblit « les instruments de contrôle démocratique – alternance électorale, justice, Cour constitutionnelle ou Banque centrale ». On connaissait le principe de l’équilibre des pouvoirs définit par Montesquieu, entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, base de toute République, mais on ne savait pas que ce principe d’équilibre s’était étendu aux banques centrales qui devaient être, comme la Justice, indépendantes. On croit rêver ? La politique monétaire est toujours un choix politique et ne saurait être plus longtemps retirée des mains des pouvoirs publics. C’est pourquoi, au passage, la proposition faite par certains milieux de gauche d’autoriser la BCE à financer directement les États n’est qu’une fable pour faire dormir les enfants. Ce qu’il faut, c’est sortir de l’ordre monétaire libéral et se réapproprier, à l’échelle nationale, cet instrument décisif de politique économique. 

Quels enjeux autour du cas hongrois  

L’enjeu porte sur la capacité d’un pays de sortir de la crise en dehors des cadres fixés par le FMI et l’Union européenne, à partir de politiques d’extrême droite ou de gauche. Que peut faire un pays seul ? Rien, pour les oligarques européens et leurs relais médiatiques. Le paradoxe, c’est que l’extrême droite, comme devrait le faire la gauche et qu’elle ne fait pas, veut démontrer le contraire.  

L’édito du Monde du 4 janvier 2012 est à cet égard emblématique. Il affirme que l’ « L’Europe ne doit pas laisser dériver la Hongrie ». « Viktor Orban semble avoir décidé que son pays, pourtant gravement atteint par la crise, pouvait s’en sortir seul. Il refuse de se plier aux conditions posées par le l’UE et le FMI pour accorder leur aide. Ces deux institutions ont donc suspendu les pourparlers avec Budapest. Elles ont raison. L’Europe ne doit pas subventionner un pays qui se moque de ses règles. » Tout est dit dans ces quelques lignes : il faut absolument éviter de montrer qu’il est possible pour un pays, seul, de sortir de la crise alors que l’Union européenne n’y parvient pas. Mais c’est la gauche, qui devrait tenir ce discours ! 

Hélas, les Hongrois gardent un très mauvais souvenir de la gauche, et notamment des socialistes héritiers des communistes. Ferenc Gyurcsany, l’ancien Premier ministre socialiste, avait reconnu avoir « menti nuit et jour pour gagner les élections » (Le Figaro, 2 janvier 2012). Ce personnage est un véritable cas d’école des régimes de l’Europe de l’Est. Après avoir été un des dirigeants des jeunesses communistes, il se reconverti dans les affaires après la chute du Mur et devient la cinquantième personne la plus riche de Hongrie. Le Parti communiste Hongrois (PSOH) devient alors social-démocrate et adhère à l’Internationale socialiste. Cela ne pose aucun problème à la grande majorité des dirigeants de ce parti qui étaient adhérents non par conviction mais pour faire carrière. Comme au PS ou au PCF aux heures de sa gloire. 

Tout est prêt pour favoriser l’émergence de ce fascisme contemporain. Sauf si la gauche redevient la gauche !

 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 15:42

 

http://www.syrie.blog.lemonde.fr/2012/01/09/un-general-deserteur-en-faveur-dune-zone-sure-en-syrie

 

Un général déserteur en faveur d’une zone sûre en Syrie

 

En ce début d’année 2012, alors que le régime syrien recourt désormais aux attentats contre le peuple pour resserrer autour de lui les rangs de ses partisans et effrayer les opinions publiques internationales, le mouvement de défection de hauts responsables syriens, civils et militaires, semble connaître une soudaine accélération. Après Mohammed Bassam Imadi, ancien ambassadeur de Syrie en Suède, et Mahmoud Sleiman Hajj Hamad, premier inspecteur des finances à la présidence du conseil des ministres et inspecteur financier du ministère de la Défense, c’est un général, Moustapha Ahmed al Cheykh, qui vient de prendre la fuite et de rejoindre les rangs de l’opposition.

Né en 1957 dans le village d 'Atmeh, dans le gouvernorat d’Idlib, étudiant à l’Ecole de Guerre entre 1976 et 1979, spécialiste de la guerre chimique, il a servi dans les forces terrestres syriennes entre 1979 et 1983. En 1980, il a passé une année au Liban, au sein des forces arabes d’interposition. En 1984, il a été nommé officier de sécurité du Centre d’Etudes et de Recherches Scientifiques du ministère de la Défense, avant d’être promu, en 2005, chef de la guerre chimique et officier de sécurité au sein du commandement de la région nord. Il a déserté le 16 décembre 2011 et il a annoncé son ralliement à l’opposition le 6 janvier 2012.  

Cette défection, qui concerne le plus haut gradé de l'armée syrienne à avoir abandonné le régime à ce jour, constitue un coup dur pour le pouvoir syrien. Rien dans ses antécédents personnels et familiaux ne pouvait laisser présager une telle décision. La sensibilité des postes qu'il avait occupés démontre au contraire que l'état-major, mais aussi les plus hautes autorités de l'Etat, avaient en lui comme dans la famille Al Cheykh la plus grande confiance. Le 24 avril 2011, Bachar al Assad avait nommé l'un de ses oncles, le général à la retraite Abdel-Qader al Cheykh, gouverneur de Lattakié. Les rumeurs concernant sa défection, à la fin du mois de novembre, n'ont pas été confirmées. L'un de ses frères, aujourd'hui réfugié comme lui en Turquie, était l'un des responsables de la branche du parti Baath dans le gouvernorat d'Idlib, berceau de la famille.  

Dans une interview donnée le 8 janvier, le général Al Cheykh affirme que de nombreux officiers et sous-officiers de l’armée syrienne souffrent d’une profonde crise morale face aux évènements en cours dans leur pays et au rôle répressif que le régime leur fait jouer. Il estime la proportion de mécontents à quatre vingt dix pour cent de la hiérarchie. Il explique que si les désertions restent rares malgré tout, c’est parce qu’elles sont extrêmement risquées dans un pays où les autorités n’hésitent pas à se venger en s'en prenant à des membres de la famille éloignée. Comme dans son cas, elles sont motivées par le spectacle des exactions commises contre les populations et par l’incapacité ou l’impuissance des cadres de l’armée à exprimer en interne la moindre divergence, et à plus forte raison la moindre critique. Les ordres viennent en effet de la famille présidentielle directement : de Maher Al Assad d’abord, de Asef Chawkat ensuite. Il confirme que le renvoi du ministre de la Défense, Ali Habib Mahmoud, le 8 août 2011, a été provoqué par les plaintes que celui-ci avait formulées concernant sa marginalisation : commandant en chef adjoint de l’armée et des forces armées syriennes, c’était de lui que les ordres devaient émaner, et non du frère ou du beau-frère du chef de l’Etat.  

Selon le général Al Cheykh, il n’y a en Syrie "aucune organisation terroriste". C’est le même mensonge que le régime sert depuis 40 ans à ceux qui veulent bien l’entendre. C’est le régime également qui est l’auteur des attentats terroristes commis à Damas le 23 décembre 2011 et le 6 janvier 2012. Cela aussi, tout le monde le sait. Le chef de l’Etat est d’ailleurs informé de tout, en détail, les ordres étant aujourd’hui donnés par son propre frère, dans le secteur militaire comme dans celui de la sécurité. Les officiers sont réduits au rôle de simples exécutants. Ils n’ont rien à dire dans la décision. Ils doivent obtempérer sans jamais discuter. Nominalement placée sous l’autorité du général Hasan Tourkmani, ancien chef d’état-major puis ancien ministre de la Défense, qui a été sorti de sa retraite, la chambre des opérations de l'armée ne dispose pas d’une plus grande autorité. Même lui reçoit ses ordres de Maher al Assad.  

Le général al Cheykh est favorable à l’instauration en Syrie d’une zone protégée, dans laquelle les familles des soldats et officiers déserteurs pourraient trouver refuge. Il considère que le Conseil de Sécurité de l’ONU devrait se pencher et se prononcer au plus vite sur cette question. Le régime tente de prévenir une telle issue en évoquant une atteinte à la souveraineté de la Syrie. Mais cela n’a pas de sens de la part d'un pouvoir qui se comporte comme le fait le régime syrien vis-à-vis de sa population, et quand lui-même reçoit, pour tuer des Syriens, un soutien militaire et financier de l’Iran et du Hizbollah.  

Selon le général al Cheykh, qui n’a pas encore rejoint l’Armée Syrienne Libre mais qui envisage de le faire, la Syrie ne pourra se débarrasser du pouvoir actuel par un coup d’état. Le régime ne sera renversé que par une opération militaire spécifique visant directement la tête du pouvoir.

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 19:40

 

http://www.fr.news.yahoo.com/la-tunisie-marque-le-premier-anniversaire-sa-r%C3%A9volution-182310517.html

 

La Tunisie marque le premier anniversaire de sa révolution

 

TUNIS (Reuters) - Les Tunisiens ont célébré samedi le premier anniversaire de la chute du président Zine ben Ali et du triomphe de la "révolution du jasmin" qui a lancé le vaste mouvement du "printemps arabe" en Afrique du Nord et au Proche-Orient.

 

Les célébrations ont été fidèles à l'esprit de cette révolution tunisienne - bruyantes, spontanées, hautes en couleur, puisées dans l'énergie du peuple de la rue.

 

Des milliers de personnes ont afflué sur l'avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis, là même où une foule immense était rassemblée il y a tout juste un an pour apprendre la fuite de Ben Ali après 23 années de pouvoir sans partage.

 

Depuis, la Tunisie est devenue un modèle pour les réformes démocratiques dans le monde arabe et sa révolte a remodelé le paysage politique de la région, inspirant les révolutions en Egypte et en Libye, les soulèvements en Syrie et au Yémen.

 

Les nouvelles autorités tunisiennes n'ont pas cherché à encadrer les célébrations publiques, invitant simplement la population à descendre dans les rues du centre de la capitale pour marquer le premier anniversaire de cette journée historique.

 

Moncef Marzouki, détenu politique sous Ben Ali qui est aujourd'hui le président de la République, avait déclaré la journée fériée. Il a marqué l'événement en graciant neuf mille prisonniers et en commuant cent vingt deux peines de mort.

 

La partie officielle des commémorations comprenait une cérémonie à laquelle ont assisté les chefs d'Etat du Qatar, de la Libye et de l'Algérie.

 

Hamadi Jebali, le nouveau Premier ministre islamiste, a salué un "jour de fierté" pour la Tunisie, qui par son exemple "a ouvert la voie au 'printemps arabe' et envoyé un message d'espoir à tous les peuples avides de liberté".

 

"FIERTÉ"

 

Des manifestants ont descendu l'avenue Bourguiba en criant "La Tunisie est libre" et "Adieu la dictature, bienvenue à la liberté". D'autres agitaient des drapeaux tunisiens ou brandissaient une cage à oiseau la porte grande ouverte, symbole de libération.

 

"C'est un événement que tous les Tunisiens doivent célébrer avec fierté. Je suis heureux que mes enfants puissent vivre dans un pays libre et qui a servi d'exemple au monde", a déclaré Samir Ben Omrane, venu avec sa femme et ses deux filles. Son épouse avait à la main un gâteau d'anniversaire surmonté d'une bougie.

 

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a salué le "courage" du peuple tunisien dont l'écho a retenti dans toute la région, où "d'autres peuples, encouragés par l'action de leurs frères et soeurs tunisiens, ont trouvé le courage de faire eux aussi entendre leurs justes aspirations".

 

Mais le pays, où les islamistes d'Ennahda ont remporté les élections législatives d'octobre dernier, est toujours confronté à une difficile situation économique, avec notamment un fort chômage.

 

Un groupe de jeunes gens s'est rassemblé devant le ministère de l'Intérieur pour réclamer des réformes plus ambitieuses.

 

"C'est vrai que Ben Ali n'est plus là, mais nous devons rester prudents et défendre la révolution. Ce qu'il nous faut, c'est bien séparer la politique et la religion", a dit l'un de ces jeunes manifestants, Walid Ben Salam, 25 ans.

 

"Nous devons rendre hommage aux martyrs de la révolution et ne pas non plus oublier les milliers de gens sans emploi."

 

Des proches de manifestants tués pendant la révolution se sont rassemblés devant l'ambassade d'Arabie saoudite pour demander l'extradition de Ben Ali et de sa femme Leïla Trabelsi, qui se sont réfugiés dans le royaume wahhabite.

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 19:26

 

http://www.fr.rian.ru/world/20120114/193028443.html


L’émir du Qatar préconise l’envoi de soldats arabes en Syrie 

 

MOSCOU (RIA Novosti). L'émir du Qatar, Hamad ben Khalifa al-Thani, a proposé samedi d'envoyer des troupes arabes en Syrie "pour arrêter l'effusion de sang", dans une interview dont un fragment a été diffusé samedi par la chaîne américaine CBS News.

 

"Il faut envoyer plusieurs unités militaires pour mettre fin aux meurtres et à l'effusion de sang", a indiqué al-Thani commentant une éventuelle intervention des pays arabes en Syrie.

 

Ancien ami du président syrien Bachar al Assad, l'émir du Qatar est devenu l'un de ses détracteurs après avoir échoué à persuader Bachar al Assad d'arrêter les violences en Syrie, a indiqué la chaîne qui diffusera l'interview dimanche prochain.

 

Selon l'agence Reuters, al-Thani est le premier chef d'Etat arabe à préconiser l'ingérence militaire étrangère en Syrie.

 

Un mouvement de contestation du régime de Bachar el-Assad se poursuit en Syrie depuis mars 2011. Selon l'ONU, les violences ont déjà fait au moins cinq mille morts.

 

Damas indique pour sa part que plus de deux mille militaires et policiers ont été tués dans les affrontements contre des bandes armées financées depuis l'étranger.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 15:56

 

http://www.syrie.blog.lemonde.fr/2011/11/20/mere-agnes-marie-de-la-croix-reconnait-que-ses-informations-proviennent-des-moukhabarat-syriens


Mère Agnès Marie de la Croix reconnaît que ses informations proviennent des moukhabarat syriens

 

Samedi 19 novembre, l'agence de presse officielle syrienne SANA a consacré pas moins de deux dépêches en français à une religieuse désormais bien connue des médias, Mère Agnès-Marie de la Croix, supérieure du couvent de Qara, une petite ville située à proximité immédiate de la frontière de la Syrie avec le Liban. Musulmans et chrétiens, ses habitants sont connus pour les trafics et la contrebande en tous genres auxquels, faute d'autres ressources, ils se livrent avec le pays voisin. L'existence d'une route récemment asphaltée, qui facilite l'accès au Liban en évitant les postes frontière, indique que cette activité se déroule avec l'assentiment et sans doute sous la protection des responsables syriens, comme toujours intéressés aux revenus de ce commerce.

 

Ces deux dépêches offrent aux lecteurs ou aux auditeurs non arabisants, la synthèse des propos tenus par Mère Agnès lors d'une conférence de presse organisée la veille au Centre Catholique d'Information, à Beyrouth. Dans la première de ces dépêches, la religieuse affirme que les médias étrangers déforment la réalité de ce qui se passe en Syrie. Elle peut, elle, en témoigner, puisqu'elle a eu la possibilité de se rendre partout dans le pays, y compris dans les endroits les plus dangereux, et de s'entretenir dans des hôpitaux avec des blessés... qui appartenaient tous, étrangement, aux forces de l'ordre ou à l'armée. Dans la seconde, SANA lui fait dire dans son titre ce que la religieuse ne mentionne nullement dans le texte, à savoir qu'il "existe en Syrie un milieu accueillant des personnes non identifiées, disposant d'armes sophistiquées, semant le chaos, terrifiant les gens et harcelant l'armée"...

 

Selon le site syrien d'information en ligne www.all4syria.info  , dont le créateur et le rédacteur en chef est l'ingénieur Ayman Abdel-Nour, on peut "constater en visionnant la prestation médiatique de la religieuse, que l'intéressée est victime d'une immense opération de désinformation organisée par les services syriens de renseignements, dans les filets desquels, peu habituée au cynisme et à la perversité des moukhabarat, elle est tombée la tête la première". L'intéressé sait de quoi il parle : membre du parti Baath, il a eu jadis l'occasion de les voir à l’œuvre avant que, irrités par son esprit critique, son franc-parler et sa volonté d'informer, ils le contraignent à chercher refuge avec sa famille hors de son pays.

 

Pour lever les doutes que le récit de Mère Agnès suscite chez lui, et pour s'assurer que les informations qu'elle colporte ne sont pas des mensonges, il lui pose dans son article les questions suivantes :

 

Peut-elle indiquer qui sont précisément les officiers des moukhabarat syriens qu’elle a rencontrés, comme elle le déclare elle-même cinq minutes et trente secondes après le début de la vidéo ?

 

Peut-elle expliquer pourquoi, elle qui est religieuse, elle a besoin d’être en relation avec des moukhabarat ?

 

Peut-elle avouer les raisons de la bienveillance que le régime syrien manifeste à son endroit, en l’autorisant à entrer en Syrie et à s’y déplacer à sa guise, alors qu’il interdit les mêmes choses à la délégation de la Ligue arabe ?

 

Comment peut-elle ignorer, comme elle le prétend, les noms des trois mille victimes et plus, reconnus comme tels par les Nations Unies, alors qu'elle a connaissance des noms et prénoms de toutes les victimes au sein des forces de l'ordre ?

 

Voudrait-elle substituer aux commissions d’établissement des faits de l’ONU, du Conseil des Droits de l’Homme et de la Ligue arabe, des délégations de religieuses ?

 

Et puisqu'elle éprouve une telle soif de justice et une telle envie de défendre les incompris, pourquoi n’a-t-elle jamais constitué une commission d’établissement des faits au profit des Palestiniens de Gaza, par exemple ?

 

Il conclut en s'étonnant que, "dans son aveuglement, Mère Agnès ignore qu'elle rend légitime, par ses propos et son apparition dans de telles circonstances, les représailles d'extrémistes religieux de tous bords contre les chrétiens de Syrie. Elle donne en effet l’impression que tous les chrétiens se tiennent du côté du régime, alors que celui-ci tue son peuple". Et il ajoute : "Nous accorderions un peu plus de confiance à ce qu’elle déclare si la délégation dont elle parle n’avait pas été envoyée en Syrie par un religieux maronite appartenant au courant de Michel Aoun, dont l’allégeance au régime syrien n’a plus besoin d’être rappelée".

 

Un visiteur du même site, originaire de Qara, dénonce à son tour l'hypocrisie de la religieuse en rappelant que, quelques heures avant ses déclarations à Beyrouth, elle avait participé, de nuit, dans le village, à une manifestation contre le régime dont elle ne peut nier le caractère pacifique.

 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 15:43

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-ismael-haniyeh-le-hamas-et-les-freres-musulmans-97074302.html

 

Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 08:28

 

Ismaël Haniyeh, le Hamas et les Frères Musulmans

 

Par Ramsy Baroud (revue de presse : Palestine Chronicle - extrait – 5/1/12)

 

Il est intéressant de savoir que la première visite officielle, hors de Gaza, du Premier ministre Haniyeh a été pour les Frères Musulmans, dans leur quartier général de Moqattam au Caire, avec lesquels il a partagé son message de résistance à l’occupation israélienne, d’unité nationale avec le Fatah et de solidarité avec les pays musulmans avant de poursuivre sa tournée.

 

Il va sans dire que la percée politique du Hamas en 2006 et les nombreuses tentatives pour l’isoler, le détruire vont marquer les nouveaux partis islamiques dans certains pays arabes. Sa capacité à survivre a inévitablement été enregistrée par les nouveaux politiciens musulmans en Egypte et ailleurs d’autant que les premiers fruits de la révolution égyptienne ont été récoltés par les partis musulmans. Hamas fait prudemment son chemin. Hamas est, a commenté Haniyeh, au Caire, « un mouvement djihadiste des Frères musulmans avec un visage palestinien ». (…)

 

Hassan al Banna et la libération de la Palestine

 

Un regard rapide sur les racines du mouvement des Frères Musulmans en Palestine montre que le commentaire d’Haniyeh est à peine exagéré. Dès la création du mouvement à Ismailiyya en Egypte en 1928 par, entre autres, Hassan al Banna, il a vite trouvé en Palestine un écho pour rallier autour de l’unité tous les musulmans de la région. Le premier lien a été tissé en Palestine par Abd al-Rahman al-Banna, le frère du fondateur, en visite en Palestine, avec sa rencontre avec le mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini.

 

Le mouvement devint visible au cours de la révolte de 1936 lorsqu’il fit connaître au reste du monde arabe le message de la Palestine sur un mode islamique : la cause palestinienne devint immédiatement sa mission centrale et sa vocation, avec à la tête du Comité général central pour l’Aide à la Palestine, Hassan al-Banna lui-même.


Plus tard, en avril 1948, quand la plupart des gouvernements arabes tarda à prendre la défense de la Palestine, le mouvement déploya trois bataillons de volontaires. Le nombre de ces volontaires, au cours de la guerre et ensuite sous la Nakba, varie, mais Hassan al-Banna, lui-même, notait, en mars 1948, qu’il y en avait mille cinq cent.


Les relations entre les Frères Musulmans et la Palestine eurent des hauts et des bas mais elles ne furent jamais totalement rompues, même avant la création officielle du Hamas en 1987. Le mouvement fonctionnait sous des étiquettes différentes, mais toujours en liaison avec le mouvement en Egypte.


La rencontre entre Haniyeh et Badie au Caire doit être lue dans ce contexte historique car elle représente une réunion triomphale et une possible coordination ouverte qui redonnera vigueur à la branche palestinienne du mouvement et fournira au Hamas des moyens de pression accrus après des années d’isolement et en dépit des troubles politiques dans la région. (…)


Traduction: Xavière Jardez – Titre et sous-titre: AFI-Flash


Ramzy Baroud, journaliste international, est le directeur du site PalestineChronicle.com

 

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