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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 20:09

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/03/13/en-arabie-saoudite-la-mort-pour-un-tweet_1666893_3218.html 

 

 

En Arabie Saoudite, la mort pour un tweet

 

Editorial du Monde

 

Il y a un mois, un saoudien de 23 ans était embastillé dans son pays pour crime de tweet. Il aurait publié sur le réseau social quelques pensées jugées inconvenantes sur l’islam. Il risque la peine de mort, par pendaison ou décapitation, au choix. On n’a, depuis, aucune nouvelle de lui. Pourtant, il ne faut pas oublier Hamza Kashgari.

 

Son cas est emblématique. Au-delà du drame individuel – qui a lui seul vaut qu’on se préoccupe de ce jeune homme -, le sort qui lui sera réservé en dira long sur le chemin qu’entend suivre l’un de nos alliés dans la région : l’Arabie Saoudite.

 

 Rappelons les faits. Hamza Kashgari est éditorialiste au quotidien Al-Bilad. Il dispose comme beaucoup de ses collègues d'un comte Twitter. Le 4 février, il a la malencontreuse idée de s'en servir à l'occasion de l'anniversaire supposé du Prophète. Kasghgari est un croyant sincère, tendance réfléchie - on n'en n'attend pas moins d'un éditorialiste.

 

Il entretient un dialogue raisonné avec le Prophète Mohamed : "Je dirai qu'il y a des choses que j'aime chez toi, mais des choses que je déteste aussi, et d'autres que je ne peux plus comprendre." Au passage, il note que "les Saoudiennes ne sauraient aller en enfer, au motif qu'on ne peut aller deux fois en enfer, et qu'elles y sont déjà, en Arabie saoudite".

 

Ces impertinentes réflexions, celles d'un croyant face à sa foi, déclenchèrent l'ire des chefs religieux. Ils déclarèrent Hamza Kashgari coupable "d'hérésie". Dans l'Arabie saoudite, pays fondamentaliste où la charia est appliquée à la lettre, cela vaut la mort.

 

Le jeune homme affronta sur Twitter une campagne de haine, le dénonçant comme "mécréant" et lui promettant la décapitation. Hamza Kashgari s'envola pour la Nouvelle-Zélande, avec escale en Malaisie. Mal lui en prit. Les Malaisiens, à la demande de Riyad, l'arrêtent à l'aéroport de Kuala Lumpur pour le remettre, le 12 février, à son pays. Que lui est-il arrivé depuis ? Mystère.

 

L'affaire témoigne de toutes les ambiguïtés saoudiennes. Le pays est l'allié traditionnel des Etats-Unis dans la région. Il est un membre actif de la coalition qui, au nom des droits de l'homme, défend l'insurrection syrienne. Il a aidé au renversement du dictateur libyen Mouammar Kadhafi. Premier producteur de pétrole du monde, il est l'un des partenaires commerciaux privilégiés de l'Europe et des Etats-Unis.

 

Il est aussi l'un des pays les plus rétrogrades de la région, l'un de ceux qui piétinent les libertés, l'un de ceux qui répriment leur minorité chiite, au nom d'une version moyenâgeuse de l'islam sunnite.

 

Riyad a été le fer de lance de l'intervention armée des pays du Golfe pour écraser, l'an passé, la rébellion chiite dans l'Etat voisin de Bahreïn.

 

Si l'on veut tenir partout le même langage, alors il faut dénoncer aussi fermement le mépris des libertés en Arabie saoudite qu'en Iran ou partout ailleurs dans la région. Cela passe par le devoir de ne pas oublier un jeune homme du nom d'Hamza Kashgari. 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 19:38

  

http://www.tempsreel.nouvelobs.com/election-presidentielle-2012/20120313.OBS3655/le-wall-street-journal-appelle-sarkozy-nicolas-le-pen.html

  

Le « Wall Street Journal » appelle Sarkozy « Nicolas Le Pen »

 

Le quotidien économique américain critique vivement la politique « cynique » et « xénophobe » du président de la République .

 

Si même les Américains s'y mettent... Sarkozy en ouvrant les pages du Wall Street Journal ce matin (pour l'histoire on veut croire qu'il le fait) a pu découvrir un titre assez agressif contre lui : « Nicolas Le Pen ». Ce mélange entre les noms de la candidate du Front National et du président sortant est expliqué dans le sous titre de l'édito explique le choix : "Même d'après les critères locaux, la récente poussée de xénophobie du président français est assez cynique."

 

Même s’il est peu probable que Marine Le Pen soit très connue aux Etats Unis, l’attaque est assez dure envers la droitisation de la campagne de Sarkozy. Fini donc Sarkozy l’Américain ? Pourtant le « Wall Street Journal » est un quotidien national économique outre atlantique qui appartient au groupe News Corporation de Rupert Murdoch, pas vraiment soupçonné de gauchisme.

 

"Les attaques sur l'immigration sont une tentative pour courtiser les électeurs du Front national xénophobes de Marine Le Pen, pour le premier tour le 22 avril", explique le journaliste. "la discussion sur l'immigration est généralement un prétexte pour l'anxiété française à propos de leur système d'Etat-providence incroyablement délabré."

 

Le "Wall Street Journal" estime que c'est "une pensée assez laide, pas seulement pour les sentiments laids sur lesquels cela joue, mais aussi parce que c'est un exemple parfait d'analphabétisme économique." Pour eux, l'immigration est une chance, notamment pour la situation démographique de la France, et pour garder une population active assez large.

 

"L'assimilation" devrait être la priorité, ce que Nicolas Sarkozy sait pertinemment, expliquent-ils. "Mais nous nous demandons si M. Sarkozy comprend aussi que l'étalage évident de son cynisme comme dans ce cas, l'a conduit a la situation difficile dans laquelle il se trouve."   

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:36

 

AU PAYS DU SANG ET DU MIEL

 

Vous trouverez ci-dessous la deuxième et dernière partie d’une longue interview d’Angelina Jolie par Rémy Ourdan à l’occasion de la sortie de son premier film comme réalisatrice, « Au pays du sang et du miel ».

 

L’interview est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous.

 

Bernard Fischer

 

http://www.lemonde.fr/m/article/2012/02/24/angelina-jolie-portrait-d-une-guerriere_1647546_1575563.html

 

(...) Ainsi, davantage que sa vie d'actrice, c'est ce parcours politique de dix années qui l'a menée à réaliser Au pays du sang et du miel. L'Angelina Jolie dont la vraie vie a commencé à 25 ans a fini par réconcilier l'engagement et le cinéma. " Je sentais que je devais en savoir davantage sur cette guerre de Bosnie. Même après dix années de voyages, à discuter avec des gens, je ne comprenais pas cette guerre. J'ai passé un Noël au Kosovo, mais cela restait confus. Alors j'ai beaucoup lu, regardé des documentaires, puis je suis allée en Bosnie, rendre visite à des familles qui m'ont parlé de la guerre. "

 

Elle écoute pendant des heures des survivants des camps de prisonniers, des femmes violées. Deux scènes du film, l'une où les prisonnières sont utilisées comme boucliers humains pendant un combat et l'autre où de vieilles femmes sont forcées de se dénuder et de danser devant les soldats, sont inspirées de témoignages directs. Elle a également accès à un témoin protégé du tribunal de La Haye, une Bosniaque musulmane ayant vécu, comme dans le film, une histoire d'amour avec un soldat serbe et ayant ensuite témoigné contre lui.

 

Elle revient de Bosnie très marquée par l'absence d'intervention internationale pendant la guerre, et par les crimes commis à l'encontre des femmes. Le bilan de la guerre s'élève à environ cent mille morts, dont plus de dix mille dans Sarajevo assiégée, sous les yeux du monde entier. Le bilan des viols est incertain, toutes les femmes n'ayant pas déclaré l'agression. L'ONU affirme que cinquante mille à soixante mille femmes ont été violées, le gouvernement bosnien confirme vingt mille viols répertoriés.

 

" J'ai écrit ce scénario en un mois, sans savoir que j'allais en faire un film. Puis je me suis dit que j'allais le montrer à des gens des différentes communautés, des Bosniaques, des Serbes, des Croates, et que si par miracle tout le monde acceptait de faire ce film, alors je le ferai. "

 

" Je l'ai d'abord envoyé à Rade Serbedzija ", seul acteur d'ex-Yougoslavie célèbre à Hollywood, où il a joué dans des volets de Mission Impossible, Harry Potter et X-Men, ainsi que dans Le Saint ou Eyes Wide Shut. " Je savais qu'il restait à l'écart de tout film évoquant l'ex-Yougoslavie, alors je me suis dit qu'il serait une personne idéale avec laquelle travailler. Si lui acceptait, alors ça irait. "Rade Serbedzija, un acteur et chanteur très populaire dans son pays dans les années 1970 et 1980, un Yougoslave qui n'est jamais parvenu à se sentir "Serbe de Croatie", selon les nouvelles expressions en vigueur, a, dès les premières tensions, pris des positions farouchement antinationalistes qui lui ont valu d'être détesté à la fois à Belgrade et à Zagreb, et de recevoir des menaces de mort qui l'ont convaincu de partir en exil.

 

Les deux acteurs parlent du scénario, et notamment du personnage que doit jouer Serbedzija, le général serbe Nebojsa Vukojevic, qui n'est pas sans rappeler le chef militaire serbe Ratko Mladic, lequel attend d'être jugé pour " crimes contre l'humanité " à La Haye. Le personnage est extraordinairement fidèle à ce que furent Mladic et ses généraux, avec ce mélange de délire historique anti-ottoman et anticroate et de bonhomie apparente arrosée à la slibovica, l'alcool de prunes. Ces hommes qui commirent la pire vague de crimes de guerre qu'ait connue l'Europe depuis la Seconde guerre mondiale.

 

Angelina Jolie fait ensuite réaliser des castings partout en ex-Yougoslavie, en gommant son nom du scénario, afin de ne pas biaiser les réactions par sa célébrité. " Je pensais que c'était un Bosnien ou un étranger ayant vécu cette guerre qui l'avait écrit. C'était tellement authentique ! ", se souvient Zana Marjanovic, l'actrice principale, rencontrée, avec les autres comédiens, à Sarajevo, puis à Paris. " Moi, j'ai tout de suite senti que le scénario avait été écrit par un étranger. Je l'ai trouvé objectif et brutal. Pour une fois, et contrairement aux cinéastes bosniens, quelqu'un ne prenait pas de gants pour parler de cette guerre ! J'étais sous le choc ", raconte Vanesa Glodjo, le second rôle féminin. " J'étais submergé d'émotions. Le scénario était si fort ", dit pour sa part Goran Kostic, l'acteur principal, qui joue un officier devenu criminel de guerre contre son gré, par fidélité familiale, parce qu'il est le fils du général Vukojevic et qu'il estime ne pas avoir d'autre choix.

 

Ces trois comédiens sont tous des enfants de Sarajevo, aux parcours très différents. Zana Marjanovic a vécu pendant la guerre en exil, avant de revenir en Bosnie il y a dix ans. Vanesa Glodjo a vécu le siège de Sarajevo, durant lequel elle se frayait un chemin entre les bombes et les tirs de snipers pour se rendre à ses cours de théâtre.

 

Goran Kostic a quitté Sarajevo peu avant la guerre pour Londres. Son père, officier serbe, a servi dans l'armée de Mladic. " Il n'a pas commis de crimes de guerre, mais il ne peut pas dire à ses petits-enfants qu'il a mené une guerre juste. Quant à moi, si j'étais revenu, ma première réaction aurait été de rejoindre l'armée bosnienne, qui était au départ multiethnique et qui défendait Sarajevo. " Contre l'armée serbe, où servait son père. " Ne pas revenir fut la bonne décision ", estime Goran Kostic.

 

Sa troupe réunie, Angelina Jolie tourne son film en Bosnie et en Hongrie. C'est là, dans la direction d'acteurs autant que dans les recherches menées avant l'écriture du scénario, qu'Au pays du sang et du miel prend sa couleur bosnienne. " J'ai dirigé le film avec les acteurs. Ils m'ont guidée en me racontant leur culture, leur vie. "Il y a une scène où Vanesa Glodjo décide de braver les tirs pour aller chercher des médicaments. " Comment imaginer que je puisse diriger Vanesa, qui a connu cette situation pendant la guerre ? C'est elle qui me dirige. " Angelina Jolie admire à l'évidence ces acteurs de Sarajevo. " Il y a une forte différence entre moi et Vanesa. Moi, je suis allée à mes cours de comédie ici, à Los Angeles, en conduisant tranquillement ma voiture. Elle, elle y est allée en courant le long de Sniper Alley. Cela crée une autre sorte de comédien, de passion. "

 

Le tournage achevé, Angelina Jolie poursuit ses recherches. Elle appelle le journaliste Tom Gjelten, de la National Public Radio américaine, qui a couvert la guerre de Bosnie. " J'ai trouvé les scènes très vraies, le film très authentique, raconte Gjelten. Angie m'a demandé d'écrire les trois reportages radio qu'on entend dans le film en fond sonore. Elle m'a demandé d'insister sur le fait que la communauté internationale n'était pas intervenue. "Au pays du sang et du miel sort en décembre 2011 aux Etats-Unis, en deux versions, bosnienne et anglaise, chaque scène ayant été tournée dans les deux langues. Angelina Jolie prend soin de le montrer aussi à Sarajevo à des associations de victimes de guerre. Une projection également destinée à éteindre une polémique, l'association Femmes victimes de la guerre ayant obtenu un moment une interdiction de tournage sous prétexte que le film évoquerait une histoire d'amour entre une femme violée et son violeur, ce qui n'est pas le cas. L'autorisation de filmer avait été de nouveau accordée trois jours plus tard, après envoi du scénario.

 

Avant la première de Sarajevo, une autre polémique prend de l'ampleur. Sans que nul ne l'ait vu, le film est qualifié d'" antiserbe " par la presse de Serbie et par les autorités de Banja Luka, siège de la République serbe de Bosnie. Le journal belgradois Kurir dénonce " les préjugés antiserbes " de la réalisatrice. Le cinéaste Emir Kusturica, un enfant de Sarajevo devenu un farouche nationaliste serbe depuis son départ en Serbie, où il a changé son prénom d'Emir en un Nemanja d'origine serbe et s'est converti à la religion orthodoxe, décrète -qu'Angelina Jolie est " une propagandiste " pro-bosniaque.

 

Le ton est donné. A Banja Luka, le ministre du travail Petar Djokic affirme qu'" Angelina Jolie est utilisée pour attaquer la République serbe, pour rejeter la honte de la guerre sur les Serbes. Comment les Serbes pourraient-ils être des criminels ? Il est évident que Jolie a été payée cher pour affirmer cela. " Le distributeur en République serbe, Vladimir Ljevar, d'Oscar Films, évite au gouvernement de prononcer l'interdiction réclamée par certains en décidant de ne pas diffuser le film. " Ce film ne sera pas montré à Banja Luka. Qui voudrait voir cette saloperie ici ? "

 

Arrivée à Sarajevo, Angelina Jolie donne une conférence de presse au Café Viennois de l'Hôtel Europa, un lieu où des centaines de réfugiés furent pilonnés aux bombes incendiaires pendant la guerre. Des journalistes bosno-serbes la harcèlent de questions. Elle se défend. " Je ne suis pas antiserbe, et mon film n'est pas antiserbe. Il est triste que cette question soit encore posée aujourd'hui. " Le cinéaste sarajévien Danis Tanovic, oscarisé pour No Man's Land, qui anime la réunion, intervient. " Le seul anti que je vois dans ce film, c'est peut-être qu'il est antiguerre. "

 

Une journaliste demande à la réalisatrice pourquoi le film déclenche la colère des Serbes s'il est " équilibré ", comme elle l'affirme souvent. " Mais la guerre ne fut pas équilibrée !, réplique Angelina Jolie. Quand j'emploie ce mot, je veux dire qu'il est juste, fidèle aux faits, et qu'il n'est pas noir et blanc, qu'il retranscrit une complexité. " Elle annonce que, devant les appels à la déclarer persona non grata, elle annule la première prévue à Belgrade. Elle confie plus tard que sa décision a été guidée à la fois par sa volonté de " ne pas être instrumentalisée en année électorale en Serbie ", et parce que " certains acteurs vivant en Serbie ont reçu des menaces ".

 

Le soir de la première, l'élite sarajévienne se mêle aux milliers de personnes pour lesquelles Angelina Jolie a réservé des tickets : membres d'associations de prisonniers, de femmes violées, de veuves. La cause est presque entendue d'avance. Les attaques serbes ont exacerbé l'envie du public d'aimer le film. Ce dont se désole le cinéaste Srdjan Vuletic. " Certains détestent le film sans l'avoir vu, et d'autres l'adorent sans l'avoir vu. Cela montre dans quel marasme nous sommes encore plongés... Ce film aurait pu être une excellente plate-forme pour un dialogue sur notre passé. Au lieu de ça, je crains qu'il devienne un outil pour tous les nationalistes. "

 

Beaucoup ont toutefois sincèrement adoré le film, comme en témoignent les voix nouées et les yeux rougis, et la longue standing ovation. Le chef du Parti social-démocrate, Zlatko Lagumdzija, est si bouleversé qu'il ne parvient d'abord pas à parler, de crainte d'éclater en sanglots. Plus tard, il dira que " sur une échelle de cent, ce film se situe à cent un. C'est à la fois si personnel et si universel. Comme l'a fort justement dit Angelina Jolie, voilà ce que nous avons enduré, et voilà ce à quoi nous avons survécu. "Le cinéaste Ademir Kenovic lève les bras au ciel. " Ce film est si fort ! Toutes les analyses seraient absurdes. C'est un symbole des horreurs de la guerre, réalisé par quelqu'un qui a une immense sensibilité. Elle nous jette ces monstruosités à la figure, et lance aussi cela à la face du monde. C'est si fort ! "Même un cinéaste comme Pjer Zalica, qui n'a pas aimé le film d'un point de vue cinématographique, se pose la même question que tous : pourquoi Angelina Jolie a-t-elle fait ce film ? " Je m'interroge, et je ne vois qu'une seule réponse possible : elle doit être une femme extraordinaire ! "Le lendemain, lors d'une rencontre à l'Holiday Inn, l'hôtel des reporters durant la guerre, qu'elle souhaite découvrir, Angelina Jolie donne l'impression d'être déjà dans l'avenir. " Que pourrais-je faire pour aider la Bosnie ? ", se demande-t-elle. La militante reprend le dessus sur la réalisatrice, et rien ne lui semble insurmontable. Elle est consciente que le pays est paralysé par l'accord de paix de Dayton, qui mit fin à la guerre en 1995 mais sanctuarisa la division ethnique. La Bosnie n'évoluera pas tant qu'il n'y aura pas de changement constitutionnel. " Si l'accord de Dayton ne fonctionne pas, alors il faut l'améliorer. On ne peut pas s'en laver les mains et oublier ce pays. " Elle a récemment rencontré le président américain, Barak Obama, " pour parler de la région, de ce que ces gens ont vécu, pour qu'il garde un oeil dessus ".Angelina Jolie est profondément, viscéralement interventionniste. Elle croit qu'il faut parcourir le monde pour aider les gens à dialoguer. Elle croit en la diplomatie.

 

Et quand la diplomatie échoue à prévenir un carnage, elle est convaincue qu'il faut parfois se résoudre à l'intervention armée. " Si j'avais été reporter pendant le siège de Sarajevo, je n'imagine même pas combien j'aurais été frustrée, fâchée que personne n'intervienne pour sauver les habitants. Je crois que j'aurais perdu l'esprit et aurais été en colère pour toujours. " Juste avant la présentation d'Au pays du sang et du miel à Sarajevo, elle a lié son film à la situation en Syrie : " Si ce film montre quelqu'un du doigt, c'est la communauté internationale, et avec ce qui se passe en Syrie, j'espère qu'il représentera un cri d'alarme. " A Zagreb, elle a appelé plus explicitement à une intervention, lors d'un entretien avec al Jazira. " Nous en sommes malheureusement arrivés à un point, en Syrie, où une certaine forme d'intervention est absolument nécessaire. Ce qui s'y passe est si triste, si bouleversant, si horrible. Il faut tout faire pour éviter que les civils soient massacrés. Quand on assiste à cette violence de masse et à ces assassinats, on doit agir. "

 

L'opposition de la Chine et de la Russie à une résolution à l'ONU ne doit pas, selon elle, interdire de réagir. " Je crois fortement que l'usage du veto à l'ONU en cas d'intérêt financier dans un pays ou contre une intervention humanitaire doit être remis en cause. "

 

Ainsi va Angelina Jolie, engagée, passionnée. Elle n'a pas de projet immédiat d'autre réalisation, mais elle avait confié, à Los Angeles, avoir " écrit quelque chose ". La guerre, toujours. " Cela parle de l'Afghanistan, du fossé entre les soldats américains et les civils afghans, de leurs vies si différentes. Mais je ne l'ai encore montré à personne. Je ne sais pas si c'est le bon moment... "Angelina Jolie donne l'impression de tracer un sillon, sans savoir exactement où cela la mènera. " Au bout du compte, je suis juste une citoyenne du monde, estime-t-elle. J'ai une famille métissée, j'ai plusieurs passeports, je vais où je peux aller, je parle avec qui veut bien me parler, j'essaye de bâtir des ponts, d'écouter, d'apprendre... Je suis encore jeune, mais je deviens certainement moins patiente avec l'idée d'apporter un peu d'aide ici ou là. Il y a de la bonne volonté, mais peu de solutions globales. Il faut de grandes décisions pour réellement changer les choses... Je voudrais ne pas être présente seulement quand il y a une crise, je voudrais prévenir les crises. "Et si Angelina Jolie, humble et pragmatique pour tous ceux qui la rencontrent, poursuivait en réalité le rêve insensé de sauver le monde ? Et si c'était cela, sa part de mystère, et la vie qu'elle s'est choisie ? " Je ne sais pas encore où je suis la meilleure. Suis-je meilleure en diplomatie, ou dois-je m'impliquer davantage en politique ? Ou dois-je rester une artiste ? Je suis encore en train d'apprendre, de voir où est ma place, et où je suis la plus efficace. "

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:14

 

http://www.fr.news.yahoo.com/nouveau-suicide-dun-cadre-la-poste-104233242.html

 

Nouveau suicide d’un cadre de la Poste

 

RENNES (Reuters) - Dix jours après le suicide d'un cadre de la Poste à Rennes, un postier a été retrouvé pendu sur son lieu de travail à Tregunc, dans le Finistère, a t-on appris lundi auprès de la CGC.

 

Ce postier, adjoint au directeur d'établissement de Concarneau, était en arrêt longue maladie depuis le mois de décembre mais est revenu dimanche sur la plate-forme courrier de Trégunc pour se suicider, précise le syndicat dans un communiqué.

 

En novembre dernier, ce cadre âgé de 42 ans, marié et père de deux enfants, avait adressé un courrier au PDG de la Poste Jean-Paul Bailly où "il faisait part de ses difficultés et de sa souffrance au travail", a dit à Reuters un porte-parole de la CGC.

 

"La CGC Groupe La Poste ne peut que s'alarmer une nouvelle fois de la situation de 'mal être' qui existe dans l'entreprise et appelle la direction de La Poste à prendre en toute urgence toutes les mesures nécessaires pour empêcher que de nouveaux drames se produisent", poursuit le communiqué de la CGC.

 

Le 29 février, Jérémy Buan, 28 ans, s'est suicidé en se jetant par la fenêtre d'une salle de travail située au dernier étage du bâtiment de la poste centrale à Rennes.

 

Dans une lettre de désespoir adressé à sa famille il faisait part de son "anxiété permanente", disant préférer "ne pas vivre dans un tel contexte opprimant".

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 18:41

 

Voici le résumé de ce qui m'est arrivé lors de ce week-end du 10 au 11 mars 2012.

 

Alors que j'ai en effet fais parti de la manifestation anti ACTA qui a eu lieu ce samedi 10 mars 2012 à partir de 14 heures devant la mairie de Bayonne, nous avons ensuite décidé d'aller manifester dans la rue en déambulant jusqu'à l'arrivée devant la sous- préfecture.

 

Cependant, ayant rendez vous dans le centre ville de Bayonne, j'ai donc quitté la manifestation vers 17 heures pour rejoindre des copains pour préparer une autre action pour le week-end suivant. Tard dans la soirée, je me suis en effet retrouvé tout seul, je suis donc allé boire plusieurs verres avant de rentrer chez moi. Etant soi-disant bourré, j'aurais soi-disant cassé une voiture qui était garée en face d'un bar. La police est donc arrivée, pour me demander d'arrêter et surtout je me suis fais embarqué au commissariat de police de Bayonne.

 

Au moment où la police m'arrête, étant toujours soi-disant sous l'emprise de l'alcool, d'après les policiers qui sont venus m'interpeller, j'aurais été soi-disant tellement violent envers eux que ceux ci m'ont mis par terre et stabilisé à deux. Je me rappelle surtout qu'un des policiers a mis son genou mais aussi tout son poids du côté de mon coeur, ce qui fait donc que depuis hier j'ai du mal à respirer. Mais ce n'est pas le pire, la suite est que comme j'étais toujours aussi violent envers les fonctionnaires de police, ceux ci n'ont donc pas hésité à me frapper et donc à me cogner sur mon nez (voir la photo de mon visage). Je suis passé à l'hôpital pour me soigner, puis j'ai été emmené au commissariat pour le dégrisement puis la mise en garde à vue. 

 

Lors de la garde à vue, quand je vois l'officier de police judiciaire, celui ci précise que je suis mis en garde à vue pour avoir cassé une voiture mais aussi un outrage et rébellion envers les fonctionnaires de police, voici ce qui est marqué sur le papier me concernant venant de l'O.P.J.

 

Puis je vois le médecin qui met donc ce qu'il voit et lors de ma fin de garde à vue, il est stipulé que je n'ai plus ni outrage et rébellion sur les fonctionnaires de police ni les faits qui me sont reprochés d'avoir cassé une voiture, mais le propriétaire ne dis rien pour le moment.

 

Enfin sur le papier de la mise en fin de garde à vue, c'est cela qui est précisé mais surtout je ne récupère pas au moins un double de ce papier, ce qui n'est pas normal.

 

Je compte donc aller ce lundi 12 mars 2012 à l'hôpital pour une demande d'ITT d’au moins huit jours pour ensuite pouvoir porter plainte pour violences policières aggravées.

 

Grégory Pasqueille

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 18:24

 

http://www.fr.news.yahoo.com/grandes-manifestations-en-espagne-contre-une-réforme-du-192750511.html

 

Grandes manifestations en Espagne contre une réforme du travail

 

MADRID (Reuters) - Des dizaines de milliers d'Espagnols ont manifesté dimanche à travers le pays contre une réforme du droit de travail facilitant les licenciements et donnant aux employeurs la possibilité de limiter les augmentations salariales.

 

Les syndicats, qui ont appelé à une grève générale le 29 mars, ont revendiqué un demi-million de participants dans une soixantaine de villes. La police n'a pas fourni d'estimations.

 

Large vainqueur des élections législatives anticipées en novembre, le Parti populaire (conservateur) s'est lancé dans une politique d'austérité destinée à remettre à flot les finances publiques.

 

L'Espagne a le taux de chômage le plus élevé de l'Union européenne. Il est de 23% et le gouvernement s'attend à le voir atteindre le niveau record de 24,3% en 2012. Près d'un chômeur sur trois dans la zone euro se trouve en Espagne.

 

Le gouvernement conservateur compte rendre le marché du travail plus flexible en réduisant l'indemnité de licenciement de quarante cinq à trente trois jours de salaire par année de travail et en limitant les hausses de salaire indexées sur l'inflation.

 

Des manifestants interrogés à Madrid ont dénoncé des mesures néfastes pour les travailleurs.

 

"Il est absurde de penser qu'on va baisser le chômage en facilitant les licenciements", a dit José Javier Rodriguez, fonctionnaire de 53 ans.

 

Selon un récent sondage, environ trois quarts des Espagnols ne croient pas que cette réforme du marché du travail permettra de créer des emplois. Cependant, 67% d'entre eux jugent aussi qu'une grève générale ne contribuera pas à améliorer la situation.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 19:09

 

http://www.denis-collin.viabloga.com/news/histoire-critique-du-marxisme

 

Histoire critique du marxisme

 

Préface au livre de Costanzo Preve

 

Par Denis Collin

 

Mercredi 11 Mai 2011

 

Malgré une œuvre déjà fort consistante qui fait de lui un des penseurs italiens importants parmi ceux qui se sont mis « à l’école de Marx », Costanzo Preve reste presque inconnu en France, si on excepte quelques articles et entretiens dans la revue Krisis, ce que les bonnes âmes du marxisme orthodoxe ne lui pardonneront pas. La publication en français de la Storia Critica del marxismo, parue en 2007 à la Citta del sole, vient donc commencer à combler ce manque et l’on peut espérer que d’autres ouvrages suivront, notamment son Marx inattuale, dont l’Histoire critique du marxisme est en partie une suite, ainsi que l’auteur s’en explique dans l’avant propos.

 

Il s’agit d’une histoire du marxisme (et non d’une relecture ou d’une réinterprétation de la pensée de Marx) et on peut espérer qu’elle contribuera à ouvrir un débat nécessaire parmi les amis de Karl Marx et les penseurs qui se réclament du marxisme – deux catégories qui sont loin de se recouvrir. Commençons par cette distinction : Marx et le marxisme n’ont pas grand-chose à voir. En France, il s’agit d’une problématique qui, pour rester très minoritaire n’est pas totalement inconnue. C’est Maximilien Rubel, l’éditeur de Marx dans la collection de la Pléiade, qui publie un Marx, critique du marxisme en 1974, démolissant la légende d’un Marx fondateur du marxisme. C’est, à la même époque, la publication du volumineux Marx de Michel Henry qui affirme que le marxisme est l’ensemble des contresens faits sur Marx, tout en soutenant que Marx est l’un des plus grands philosophes de l’histoire de l’humanité. C’est aussi Jean-Marie Vincent, philosophe, longtemps engagé dans l’action politique au sein de courants et de mouvements « marxistes », qui invite à découvrir « un autre Marx » en délaissant les lunettes du marxisme. L’auteur de ces lignes, qui revendique sa dette à l’égard de Michel Henry, s’inscrit également dans ce courant des amis de Marx qui refusent la confusion intéressée entre Marx et le marxisme, et en particulier les versions courantes les plus grossières du « matérialisme historique ». On pourrait aussi citer, hors de France, les courants comme la « Wertkritik » avec Robert Kurz, Anselm Jappe ou Moishe Postone. Parmi tous ces auteurs, plusieurs enracinent leur critique du marxisme et leur relecture de Marx dans la tradition de la « théorie critique » de l’école de Francfort – même s’il s’agit de procéder, là aussi, à un examen critique de ce que nous ont laissé Marcuse, Adorno ou Horkheimer. Sans oublier Lukacs dont L’ontologie de l’être social figure au panthéon de Preve.

 

Voilà pour Marx. Qu’en est-il du marxisme ? Parler du marxisme au singulier est sûrement abusif. Il y a des marxismes, souvent très différents et parfois radicalement opposés. Preve en fait le constat. Mais alors que les études marxologiques habituellement classifient les courants du marxisme en fonction des présuppositions théoriques ou des interprétations et réinterprétations de Marx, Preve tente d’appliquer au marxisme la méthode de Marx lui-même, c’est-à-dire la compréhension de la genèse sociale des catégories de la pensée, suivant en cela les pistes tracées par Lukacs et Sohn-Rethel. On a souvent reproché au marxisme, et à juste titre, d’être dans l’incapacité de s’appliquer à lui-même sa propre méthode – c’est, par exemple, la critique que conduit Habermas concernant la nécessaire autoréflexion des sciences sociales. Mais ce qui est vrai du marxisme ne l’est pas de Marx. Que les catégories de la pensée se forment historiquement et ne trouvent leur plein développement qu’à une certaine étape de l’évolution socio-historique, c’est le cœur même du Capital, lu, à tort, par la plupart des marxistes comme un « traité d’économie marxiste ». On pourrait croire qu’une telle position qui relie les catégories scientifiques à l’époque et au mode de production conduit au relativisme et à une sorte de scepticisme concernant la connaissance scientifique en général et la connaissance de l’histoire et des sociétés humaines en particulier. Mais il n’en est rien. Cette autoréflexion permet de comprendre l’unité dialectique entre les rapports sociaux (rapports de production) et les formes de la conscience qui ne sont pas de simples « reflets » de la « base » mais sont cette base elle-même saisie sous un autre angle. Les relations entre les individus, tant dans le travail que dans les autres formes de l’interaction, pour parler avec le langage de Habermas, sont des actes « matériels », c’est-à-dire perceptibles dans la sensibilité, mais en même temps ce sont des opérations mentales auxquelles correspondent des formes déterminées de la conscience. Et il est évidemment impossible de séparer le premier aspect du deuxième, pas plus qu’on ne peut séparer les deux faces d’une médaille. Marx définit les « choses sociales », comme des « choses qui tombent et ne tombent pas sous le sens ».

 

Évidemment, si l’on pousse jusqu’au bout ces analyses, on sera amené, comme le propose Preve, à remettre en cause la définition de la philosophie de Marx comme un « matérialisme » : le matérialisme de Marx est « introuvable » et la pensée de Marx est bien plutôt un « idéalisme de l’émancipation ». Voilà qui devrait faire pousser de hauts cris dans la galaxie du marxisme français où, trop souvent, on n’a retenu de Marx que la volonté de « faire science » et où la défense du matérialisme et de droits des sciences positives est la dernière ligne de repli des intellectuels marxistes. Ce n’est pas un hasard si, chez nombre de ces intellectuels, c’est Darwin qui a pris la place de Marx. Il devrait pourtant être évident que Preve a raison. Le « matérialisme » de Marx n’a rien à voir avec le matérialisme du dix huitième siècle et personne ne devrait oublier, qu’après ces brouillons passionnants que sont les manuscrits de 1844, la pensée propre de Marx prend son essor quand il renvoie pratiquement dos-à-dos l’idéalisme et le matérialisme du passé, « y compris celui de Feuerbach », ce matérialisme du passé incapable de saisir la réalité « comme activité humaine sensible, comme pratique ; non pas subjectivement ». On peut même penser que Marx donne un tout petit avantage à l’idéalisme, celui d’avoir développé « le côté actif », certes « de façon abstraite ». Il est impossible, dans le cadre d’une préface de développer ces questions, mais beaucoup de choses se jouent à partir de là : soit une interprétation philosophique dont on peut trouver des expressions dans l’école de Francfort, chez Lukacs ou d’autres penseurs plus contemporains que Preve ne fait qu’évoquer ; soit le marxisme, « science de l’histoire », nouvelle science positive de la société – en gros un marxisme qui accomplit le projet formulé par Auguste Comte – soit dit en passant un des rares philosophes français à trouver grâce aux yeux d’Althusser et ce n’est pas un hasard. Mais cette science positive, comme chez Comte, est vouée à se transformer en une nouvelle religion. La lecture que Preve fait de Marx le conduit ainsi à réfuter les prétentions du marxisme à être une philosophie ou une science. Le marxisme, tel qu’il a historiquement existé dans les grands partis socialistes et communistes n’a pas été autre chose qu’une religion à destination des classes subalternes

 

Donc une « histoire critique du marxisme » devra se donner pour objectif d’expliquer la genèse des différentes formes idéologiques qui caractérisent le marxisme. Un peu à la manière des archéologues, Preve dégage les grandes couches : les plus anciennes qui appartiennent à l’ère du « proto-marxisme » (1875-1914), ensuite le « marxisme intermédiaire », une sorte « méso-marxisme » (1914-1956) et enfin un « marxisme tardif » (1956-1991). Les trois âges, comme dans toute bonne philosophie de l’histoire : la fondation, la construction et, enfin, la dissolution. Et le père fondateur, le saint Paul du marxisme, c’est Engels, qui se présentait modestement comme le second violon mais, en réalité, est l’auteur du livret de l’opéra ! Dans le marxisme classique, Marx et Engels apparaissaient comme un « dieu jumeau », non pas la sainte Trinité mais la « sainte Dualité ». Une certaine critique du marxisme standard, refusant cette figure mythologique a préféré dévaloriser Engels. De co Dieu, le voilà devenu Satan, ou, et c’est peut-être pire, un médiocre épigone qui a déformé la parole du maître en la vulgarisant. Engels n’a mérité ni l’idolâtrie, ni la diabolisation, ni le mépris. Il est l’inventeur de génie d’une doctrine qui put devenir l’idéologie d’une force sociale en pleine ascension, celle des ouvriers cultivés, dans l’Allemagne de la fin du dix neuvième siècle, mais aussi ailleurs en Europe. Cependant le jugement de Preve est sévère : « le canon proto marxiste peut être défini comme la sécularisation la plus récente de la pensée traditionnelle et de la forme peut-être la plus archaïque de la pensée humaine. » C’est encore « la sublimation philosophique de l’impuissance historique » du prolétariat censé renverser l’ordre ancien mais en fait incapable de sortir de son état de classe subalterne.

 

Preve déroule ensuite systématiquement les conséquences de ces thèses. Le communisme du vingtième siècle, celui de l’URSS et des pays entrés dans l’orbite à la suite de la Seconde Guerre mondiale n’avait aucun rapport avec le communisme que Marx avait pensé – même s’il s’était contenté d’en donner seulement des définitions négatives. Ce « communisme du vingtième siècle » n’aura été finalement qu’une transition vers le capitalisme. Dans les courants marxistes adversaires du stalinisme, les trotskistes notamment, il y eut d’interminables discussions sur la « nature de l’URSS ». Preve apporte une contribution originale à ce genre pourtant largement rebattu. D’une part, il accorde une importance décisive à l’embaumement du cadavre de Lénine et à son exposition dans le fameux mausolée.

 

Cet évènement signe la nature du régime politique de l’Union soviétique et la nature de son marxisme : « la momification de Lénine, absente des théories ordinaires du marxisme, est pourtant le premier vrai problème philosophique du marxisme intermédiaire et doit être prise très au sérieux. » D’autre part, il souligne, de manière presque provocante, la fonction sociale des purges et de la terreur stalinienne comme moyen d’une formidable promotion sociale qui, un temps, a assuré la force du régime en renouvelant régulièrement l’appareil du bas en haut.

 

Dans la marxologie française, Preve sera sans doute reçu comme un chien dans un jeu de quilles. Sans haine, sans polémique inutile, il philosophe à coups de marteaux et brise les idoles théoriques sans aucune considération pour les gloires consacrées. Alors que les études marxiennes ou marxistes se contentent d’objets restreints ou se perdent dans les dernières modes intellectuelles, pour parler d’autre chose que ce qui devrait être leur occupation première, Preve nous invite à tirer un bilan sérieux, complet et sans concession du marxisme et à en considérer l’histoire globalement. Rien n’est plus urgent. Cela permettra de redonner à Marx sa véritable place, non plus un prophète ou un penseur qui aurait réponse à tout, mais la place plus modeste d’un philosophe dans la tradition philosophique. Peut-être pouvons-nous espérer aussi que, le terrain nettoyé, une pensée critique – intégrant Marx mais le dépassant – pourra à voir le jour et ouvrir de nouvelles perspectives émancipatrices.

 

Denis Collin

 

Costanzo Preve, Histoire critique du marxisme, traduit de l’italien par Baptiste Eychart, préface de Denis Collin, postface d’André Tosel, éditions Armand Colin, collection U.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 16:06

 

http://www.iphonespip.sudptt.org/spip.php?article25

 

Suicide de Jérémy Buan à Rennes

 

Mercredi 29 Février 2012

 

Par Philippe Crottet

 

La Poste doit reconnaître ses responsabilités

 

La fédération SUD PTT tient à exprimer sa profonde tristesse devant l’acte de Jérémy Buan, cadre supérieur à la direction du courrier de Rennes. Que Jérémy ait choisi son lieu de travail pour mettre fin à ses jours ne peut pas relever du hasard. La responsabilité de la direction de La Poste est engagée.

 

Aussi dramatique que puisse être cet acte, il n’est, hélas, pas surprenant. Le mal-être à La Poste est patent depuis plusieurs années.

 

Il y a deux ans déjà, le syndicat des médecins de prévention de l’entreprise avait tiré la sirène d’alarme en adressant un courrier très documenté au président de La Poste. Ce courrier pointait les risques psycho sociaux liés notamment au management et aux réorganisations permanentes.

 

Le nombre d’arrêts maladie, en augmentation constante pour toutes les catégories de personnels (fonctionnaires, salariés, cadres et non cadres) pour atteindre vingt deux jours par an et par agent en 2010 (dernier chiffre connu), aurait du aussi interpeller les dirigeants de La Poste. Il n’en a rien été comme le démontrent les conclusions de l’inspection du travail concernant le suicide de Brigitte au centre financier de Paris le 15 septembre dernier.

 

Il est à souligner que le mal-être concerne toutes les catégories de personnel, du facteur au cadre supérieur, conséquence de multiples réorganisations et restructurations qui n’épargnent personne. Pour exemple, le dernier projet annoncé concernant des cadre courriers (organisateurs courriers) dont le nombre doit être réduit de cinq cent soixante trois à trois cent soixante quatre d’ici 2015, avec l’intensification du rythme de travail pour les uns et les difficultés de reclassement inhérents à ce type de réorganisation pour les autres.

 

La fédération SUD PTT, en lien avec son syndicat d’Ille et Vilaine, mettra tout en œuvre pour que les raisons de cet acte soient déterminées. Cela est important pour la mémoire de Jérémy Buan et pour éviter de vivre ce qu’ont vécu nos collègues de France Télécom.

 

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 15:44

 

http://www.fr.news.yahoo.com/troisi%C3%A8me-jour-bombardement-isra%C3%A9lien-sur-la-bande-gaza-081724093.html

 

Troisième jour de bombardement israélien sur la bande de Gaza

 

GAZA (Reuters) - Trois Palestiniens, dont un garçon de 12 ans, ont été tués dimanche dans des raids aériens menés par l'armée israélienne dans la bande de Gaza, d'où des activistes ont continué à tirer des roquettes vers Israël pour une troisième journée consécutive.

 

Dans un communiqué, le ministre de la Défense Ehud Barak a annoncé que les frappes israéliennes, qui ont fait au moins seize morts depuis vendredi, se poursuivraient encore pendant plusieurs jours.

 

"Nous sommes au paroxysme de ce cycle (de violences)", a pour sa part déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu à son gouvernement. "Nous leur avons fait payer un lourd tribut et nous continuerons à agir autant que nécessaire."

 

Selon des responsables médicaux palestiniens, les frappes israéliennes de dimanche ont tué un civil dans une ferme et un activiste en plus de l'adolescent de 12 ans.

 

L'armée israélienne a dit enquêter sur la mort de ce garçon.

 

"Les forces israéliennes de défense n'ont pas l'intention de prendre pour cible autre chose que les infrastructures terroristes, comme nous l'avons constaté ces derniers jours", a dit un porte-parole militaire.

 

Dans un autre communiqué, l'armée israélienne dit avoir visé dimanche "une équipe terroriste qui était dans les ultimes phases de la préparation de tirs de roquettes contre Israël depuis le nord de la bande de Gaza."

 

MÉDIATION ÉGYPTIENNE

 

Après plusieurs semaines de calme relatif, les violences à la frontière entre Israël et la bande de Gaza ont brusquement repris vendredi avec la mort de deux chefs activistes tués dans l'explosion d'une voiture prise pour cible par l'armée israélienne dans la ville de Gaza.

 

Selon Israël, plus de cent roquettes ont été tirées depuis contre son territoire, faisant six blessés, dont un est dans un état grave. Une trentaine de ces roquettes ont été interceptées par le bouclier antimissiles "Dôme de fer", selon l'Etat hébreu.

 

Le Djihad islamique et les Comités de résistance populaire (CRP) ont revendiqué l'essentiel de ces tirs, présentés comme des actes de représailles à l'intervention israélienne de vendredi.

 

Selon un responsable palestinien s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, l'Egypte aurait entrepris dimanche une médiation pour tenter d'obtenir un cessez-le-feu.

 

"Israël a dit qu'il était prêt à mettre fin à ce cycle de violences si les tirs de roquettes en provenance de Gaza cessaient", a dit ce responsable palestinien. "Les factions palestiniennes ont aussi déclaré à l'Egypte qu'elles ne souhaitaient pas une escalade et que ce n'étaient pas elles qui avaient déclenché ce cycle, mais Israël ne peut pas l'arrêter quand elle veut."

 

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès du ministère égyptien des Affaires étrangères.

 

"Lors des précédents cycles de violences, les égyptiens ont naturellement servi de médiateurs. Nous négocions avec le Hamas, mais avec un message clair : si vous ne tirez pas, nous ne tirons pas, si vous tirez, vous en paierez le prix", a dit le vice-Premier ministre israélien, Moshe Yaalon.

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 20:57

 

http://www.fr.news.yahoo.com/taux-participation-85-8-%C3%A0-l%C3%A9change-dette-grecque-063952661.html

 

Succès de l’échange de dette grecque, le défaut évité

 

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce a écarté vendredi le risque d'un défaut imminent, grâce à la forte participation de ses créanciers privés à l'échange d'obligations qui permettra au pays de réduire son endettement et de bénéficier d'un second plan d'aide internationale.

 

Les ministres des Finances de la zone euro devraient, en réponse, donner leur feu vert à l'octroi du deuxième plan de sauvetage grec, d'un montant de cent trente milliards d'euros, d'après un projet de communiqué obtenu par Reuters.

 

Le problème grec est "réglé" et "la page de la crise financière et en train de se tourner", a estimé Nicolas Sarkozy, en marge d'un déplacement électoral à Nice, tandis que Berlin a mis en garde contre tout enthousiasme prématuré.

 

"La Grèce a obtenu aujourd'hui une opportunité claire de redressement. Mais il faut au préalable que la Grèce saisisse cette opportunité", a déclaré le ministre des Finances Wolfgang Schäuble.

 

"Ce serait une grosse erreur de donner l'impression que la crise a été résolue", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. "Ils ont l'opportunité de la résoudre et ils doivent en profiter."

 

A travers cette restructuration de dette souveraine, la plus importante de l'histoire, les créanciers privés d'Athènes doivent échanger leurs obligations grecques contre de nouveaux titres d'une échéance plus longue, affichant une valeur nominale nettement réduite et un taux d'intérêt plus faible. Au total, ils perdront autour de 74% de la valeur de leurs titres.

 

D'après le ministère grec des Finances, les détenteurs de 85,8% des cent soixante dix sept milliards d'euros d'obligations relevant du droit grec ont donné leur accord à l'échange de titres.

 

En prenant en compte l'activation des "clauses d'action collective" (CAC), une mesure annoncée par Athènes qui contraindra les récalcitrants à accepter l'échange, cette proportion atteindrait 95,7%.

 

Ce résultat ouvre la voie au déblocage du deuxième plan de sauvetage international de la Grèce, qui doit notamment permettre au pays d'honorer de lourdes dettes arrivant à maturité le 20 mars et d'éviter ainsi un défaut de paiement.

 

Le président de l'Euro groupe, Jean-Claude Juncker, devrait déclarer que la Grèce a pris toutes les mesures requises pour bénéficier de ce second renflouement, d'après un projet de communiqué obtenu par Reuters, qui doit être publié à l'issue d'une téléconférence des ministres en cours depuis 11 heures 30 GMT.

 

Les premiers fonds du nouveau plan d'aide à Athènes devraient être débloqués dès la semaine prochaine, à l'issue d'une nouvelle réunion de l'Euro groupe.

 

APAISEMENT RELATIF

 

Le ministre grec des Finances a salué "un très beau jour" pour la Grèce, rappelant que l'échange consenti par le secteur privé réduisait la dette du pays de 105 milliards d'euros.

 

"J'espère que tout le monde prendra conscience, tôt ou tard, que c'est la seule façon de maintenir le pays debout et de lui donner la seconde chance historique dont il a besoin", a déclaré Evangélos Vénizélos devant le parlement.

 

L'Institut de la finance internationale (IFI), qui représentait les créanciers privés dans les négociations sur l'échange de dette, s'est également félicité du résultat de l'opération.

 

Athènes a informé les ministres des Finances de la zone euro qu'elle contraindrait les investisseurs détenant des obligations de droit grec ayant refusé l'échange de dette à participer à l'opération, en activant des clauses d'action collective (CAC).

 

Parallèlement, des responsables de l'Isda (International Swaps and Derivatives Association) sont réunis depuis 13 heures GMT pour juger si cette procédure justifie le déclenchement des "credit default swaps" (CDS), ces instruments d'assurance contre un défaut de remboursement.

 

"Le montant net en jeu mondialement, si les CDS sont déclenchés, est inférieur à cinq milliards d'euros", a tempéré Evangélos Vénizélos devant les députés grecs. "C'est une somme totalement négligeable pour les économies grecque et européenne."

 

Fitch Ratings a, comme attendu, abaissé la note grecque à "défaut restreint" (RD) dans la foulée de la conclusion de l'échange de dette. C'est la première agence de notation à classer la Grèce en catégorie de défaut.

 

Les nouvelles obligations grecques, qui seront émises lundi, se traitaient quant à elles sur le marché gris à vingt pour cent environ de leur valeur nominale, selon des traders et des données Reuters.

 

"Cela montre que le marché n'est pas du tout sûr que la Grèce puisse rembourser ses dettes, même en les reportant de vingt à trente ans", décrypte un trader.

 

Le succès de l'offre ne suffit pas à faire oublier que l'économie grecque reste au bord du précipice, dans une récession profonde et soumise à des mesures d'austérité qui risquent de freiner son redressement.

 

Les Grecs sont appelés aux urnes pour élire en avril un nouveau Parlement, et la majorité qui en émergera aura une marge de manoeuvre réduite pour ramener le pays vers la croissance.

 

Le taux de chômage grec a atteint vingt et un pour cent en décembre, le double de la moyenne européenne, avec plus d'un jeune sur deux privés d'emploi, d'après des données officielles publiées jeudi.

 

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