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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 17:14

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/04/21/l-insaisissable-frederic-lordon-maitre-a-penser-de-la-nuit-debout_4906449_3232.html

L’insaisissable Frédéric Lordon, maître à penser du mouvement des Nuits Debout

Par Violaine Morin

Mardi 26 Avril 2016

« A demain dans la rue et à la Nuit Debout ». Mercredi 30 Mars 2016, veille du premier rassemblement sur la place de la ­République, à Paris, l’appel de Frédéric Lordon est accueilli par un tonnerre d’applaudissements dans un amphithéâtre de l’université de Tolbiac à Paris.

L’universitaire a fait, depuis, de rares apparitions sur la place, toujours très applaudies. ­Notes griffonnées entre les mains, il se montre peu mais parle haut et enchaîne les répliques cinglantes.

Mercredi 20 Avril 2016, à la bourse du travail de Paris, il encourage les activistes du mouvement des Nuits Debout à « faire dérailler le cours normal des choses » et prévient les médias choqués par l’altercation avec Alain Finkielkraut, « nous n’apportons pas la paix ». Chercheur en philosophie au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et économiste de formation, Frédéric ­Lordon est devenu l’une des figures intellectuelles de ce mouvement, après en avoir été l’un des initiateurs. Car c’est lui, avec François Ruffin, le réalisateur du film Merci Patron, qui a lancé l’idée de transformer le mouvement social contre la loi travail en occupation. Déjà connu pour sa critique de l’économie néolibérale, notamment via le Monde Diplomatique où il tient un blog, le chercheur refuse pourtant d’être considéré comme un leader. Il n’a pas souhaité répondre aux questions du Monde.

Le parcours de Frédéric Lordon, cinquante quatre ans, est fait de constants va-et-vient entre la recherche universitaire et le grand public, entre l’étude et l’engagement. Diplômé des Ponts et Chaussées et de l’Institut Supérieur des Affaires, devenu MBA HEC, il est cosignataire du manifeste des économistes atterrés, texte contre les fausses évidences de la pensée économique orthodoxe après la crise des subprimes.

Celui qui a dénoncé les vices de la finance dérégulée et mondialisée dans « jusqu’à quand, pour en finir avec les crises financières » est rangé parmi les hétérodoxes en raison de ses mises en cause des principes fondamentaux du néo libéralisme. Ses premiers ouvrages sont souvent des petits manuels critiques et faciles d’accès pour les non-initiés, publiés chez « Raison d’Agir », un éditeur militant dont Pierre Bourdieu fut l’un des créateurs.

Pour un souverainisme de gauche

Les pensées politique et économique de ­Frédéric Lordon se rejoignent dans « la malfaçon, monnaie européenne et souveraineté démocratique ».

L’économiste y affirme que les traités européens ont ôté aux états de la zone euro toute souveraineté économique en les privant de la maîtrise de la politique monétaire et en plaçant leurs politiques budgétaires sous la surveillance des institutions européennes et des marchés financiers.

Parce qu’elle met en concurrence les économies nationales, « l’Europe de la paix est en fait une machine de destruction sociale qui engendre de la guerre ». Cette Europe de la concurrence libre est donc constitutionnellement de droite. C’est là le point de rupture fondamental avec le Parti Socialiste qui, selon le chercheur, a trahi les idéaux de la gauche en y substituant, à partir des années 1980, la construction de l’Europe libérale.

Pour Frédéric Lordon, l’Union Européenne ne peut être transformée en profondeur car la souveraineté populaire ne peut s’y exercer. Il n’existe pas, en effet, de peuple européen, constitué par un affect commun, capable d’une volonté commune et d’une solidarité dépassant les frontières nationales.

Pour retrouver la souveraineté populaire, il faut donc revenir aux états, « le souverainisme de gauche est l’autre nom de la démocratie », écrit-il. Sur le papier, le changement d’époque qu’il appelle de ses vœux est simple et radical, c’est le défaut de l’état sur sa dette, la sortie de la monnaie unique, la prise de contrôle des banques en faillite par la puissance publique et la régulation des échanges avec l’étranger.

Ce souverainisme n’est pas partagé par tous à la gauche du Parti Socialiste, certains courants demeurant attachés à l’idéal européen et à l’internationalisme. « Il y a un débat sur le point stratégique de la sortie de l’euro sur lequel nous ne sommes pas d’accord », commente ainsi Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble. Frédéric Lordon a, sur cette question, durci sa position. Dans « jusqu’à quand », il envisageait encore la réforme de l’Europe, qui lui semblait pouvoir « parfaitement adopter unilatéralement un degré supérieur de réglementation financière sans risquer la désertion des capitaux ».

Mais le souverainisme de gauche désormais prôné par Frédéric Lordon est bien de gauche.

Pour les sans-papiers, armée de réserve du patronat, il propose une régularisation générale.

Mais « le sang bleu évadé fiscal, dehors ».

Déterminisme des passions

Hétérodoxe, Frédéric Lordon l’est aussi par l’introduction de la philosophie dans ses travaux. Au tournant des années 2010, il change d’identité administrative au CNRS et il passe de l’économie à la philosophie. Son ambition évolue de la critique de la marche du monde à l’élaboration d’un système de pensée qui embrasse la totalité du réel.

Aujourd’hui, il définit son travail comme une espèce d’hybridation entre philosophie et sciences sociales . Dans « capitalisme, désir et servitude », aux éditions de la Fabrique, en 2010, puis dans « la société des affects, pour un structuralisme des passions », aux éditions du Seuil, en 2013, il creuse l’idée spinoziste selon laquelle les affects individuels et collectifs structurent les rapports sociaux. « Frédéric Lordon emprunte à Baruch Spinoza l’idée que le conflit des affects est difficile à dépasser », explique Pascal Sévérac, maître de conférences en philosophie à l’université de Paris-Est-Créteil. « Mais chez Baruch Spinoza, c’est un horizon possible avec le développement d’une éthique, alors que, pour Frédéric Lordon, on peut améliorer la situation, mais la rationalité politique est quasiment inatteignable ».

Ce déterminisme des passions appliqué aux sciences sociales ne fait pas l’unanimité à l’université. Philippe Corcuff, sociologue au CNRS, militant et figure de la gauche critique, estime que la lecture de Baruch Spinoza par Frédéric Lordon constitue une régression, « c’est une philosophie qui vit dans l’illusion que, parce qu’on a posé des concepts, on maîtrise l’ensemble. Or, dans la culture contemporaine des sciences sociales, on travaille avec des exemples ancrés dans le réel et non des axiomes ».

Dans « imperium », aux éditions de la Fabrique, en 2015, il affirme que toute multitude qui forme un corps cohérent tend à exprimer sa puissance, son imperium, créant ainsi un ordre que ses membres respectent dans un état de servitude passionnelle. Cet ouvrage, qui fixe la théorie politique du philosophe-économiste, a été rédigé avec en filigrane l’idée de sortir du débat hystérisé sur l’Europe, pour « penser la formation des nations sans tomber dans le substantialisme identitaire », déclare l’auteur lors d’une présentation en librairie au mois de septembre 2015.

L’idéal sans illusions

Mais aujourd’hui, les réflexions de philosophie politique de Frédéric Lordon peuvent aussi éclairer certains aspects du mouvement des Nuits Debout.

Pour lui, l’horizontalité démocratique totale et durable est une illusion, car les corps sociaux tendent inexorablement à reconstituer des structures verticales. Mais la poursuite de l’idéal d’émancipation et d’horizontalité est une tension qu’il faut maintenir avec constance, notamment par des processus de délibération locale.

Cette tension est « une ligne d’asymptote dont ­Samuel Beckett nous donne la maxime ». Dans un débat organisé par l’organisation alter mondialiste ATTAC le 12 avril 2016 à la bourse du travail, à Paris, il estime que le mouvement des Nuits Debout s’illusionne sur la possibilité de rester un mouvement horizontal, « faire des assemblées générales et créer des commissions, c’est déjà reconstituer des institutions ». Frédéric Lordon ne croit pas, tout comme son maître Baruch Spinoza, qu’il existerait une force intrinsèque des idées vraies. « Nous pourrons analyser la crise financière sous toutes ses coutures, tout cela ne vaudra jamais une image bien choisie qui fait bouillir les sangs », écrit-il en post scriptum de sa pièce « d’un retournement l’autre », aux éditions du Seuil, en 2013, un texte en alexandrins sur la crise des subprimes.

Si ce sont les affects qui mènent le monde, il faut toucher les hommes pour les convaincre et notamment par l’art qui stimule le corps, y compris dans l’éclat de rire. Ainsi s’exprime le personnage du conseiller présidentiel , « vos actes sont parlants, surtout leur hiérarchie qui disent quel est l’ordre où les gens sont servis, d’abord les créanciers, le peuple s’il en reste, voilà en résumé la trahison funeste où vous êtes tombés, terrible forfaiture qui des marchés aura permis la dictature ».

Frédéric Lordon ne croit pas au pouvoir des idées à elles seules mais il perçoit le caractère anachronique de la posture de l’intellectuel engagé.

« L’intellectuel perché sur ses quatre palettes qui appelle à la grève générale, c’est le bouffon dans toute sa splendeur », s’amuse-t-il le 12 avril 2016 à la bourse du travail de Paris.

Le mouvement des Nuits Debout incarne-t-il cet horizon de l’émancipation utopiste mais réjouissante ?

L’homme qui déclare à l’assemblée générale du mouvement des Nuits Debout, le 9 avril 2016, que la « plaine européenne est en train de s’embraser » est plus réaliste que ce type de harangue ne le laisse penser.

Moins frappante, mais plus représentative de ce que disent ses écrits serait sans doute cette phrase, prononcée le même soir, « nous sommes en train de faire quelque chose ». De faire quoi, d’essayer, au moins. Essayer encore, rater encore, rater mieux.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 16:17

https://www.kairosresponse.org/pr_umc_divests_israeli_banks_jan2016.html

L’United Methodist Kairos Response (UMKR) se félicite de l’exclusion des fonds de pension et du désinvestissement des banques israéliennes

Jeudi 7 Janvier 2016

L’UMKR est heureuse d'annoncer que le fonds de pensions de retraites et de prestations de santé de vingt milliards de dollars de l’United Methodist Church (UMC) a déclaré les cinq plus grandes banques israéliennes hors des limites d'investissement et a cédé les parts qu'il détenait dans leurs portefeuilles. C’est la première fois qu’un important fonds de pension religieux agit pour empêcher les investissements dans les banques israéliennes qui soutiennent l'occupation illégale israélienne de la terre palestinienne.

L'information a été publiée sur le site internet du fonds de pension qui évalue les placements des fonds d'investissement dans les sociétés qui présentent des risques excessifs en matière de défense des droits de l'homme. Les banques sont Bank Hapoalim, Bank Leumi, First International Bank of Israel, Israel Discount Bank et Mizrahi Tefahot Bank. Ces banques sont profondément impliquées dans le financement des colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés.

Bank Hapoalim et Leumi Bank ont ​​été exclues des portefeuilles. Le gestionnaire de fonds, connu sous le nom de Wespath, a également exclu Shikun et Binui, une société israélienne impliquée dans la construction dans les colonies illégales au-delà des frontières reconnues d'Israël. En outre, Wespath a placé Israël et la Palestine sur la liste des régions de violations des droits de l'homme.

L’UMKR est heureuse d'apprendre ces actions, tout en notant que Wespath détient toujours des actions dans une dizaine d’entreprises situées à l'intérieur des colonies illégales et dans plusieurs autres qui prêtent un soutien important à l'occupation israélienne. Une liste de ces entreprises est disponible sur le site internet de l’UMKR.

Selon le co-président de l’UMKR, le révérend Michael Yoshii, « nous saluons le fonds de pension pour avoir franchi ce pas important sur la voie de la désapprobation de l'occupation illégale de la terre palestinienne. Mais, conformément à la position de l’UMC contre l'occupation, ceci est seulement une première étape vers la fin de notre complicité financière dans l'oppression continue du peuple palestinien ».

Le révérend John Wagner, membre du comité de désinvestissement de l’UMKR, a ajouté que « l’organisme de l'élaboration de la politique de l'église, la conférence générale, a appelé tous les pays à boycotter les produits fabriqués dans les colonies illégales et nous exhortons nos gestionnaires de fonds à défendre la cohérence de notre position et à se désinvestir de toutes les sociétés qui tirent profit de ces mêmes colonies ».

L’UMKR a présenté quatre propositions à la prochaine conférence générale, qui se réunira du 10 au 20 mai 2016 à Portland, dans l’Oregon. Trois d’entre elles exigent le désinvestissement des entreprises impliquées dans l'occupation et la quatrième demande d’empêcher les investissements dans les entreprises qui font des affaires dans les colonies illégales partout dans le monde.

L’UMKR est un groupe de pression mondial au sein de l’UMC qui cherche à répondre à l'appel urgent des chrétiens palestiniens pour des actions qui peuvent mettre fin à l'occupation israélienne de leurs terres. Pour plus d'informations, visitez le site www.kairosresponse.org

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 15:26

http://www.liberation.fr/planete/2016/08/18/franco-un-avant-coup-de-guerre-civile_1473254

Un avant coup de guerre civile

Par Laurent Joffrin

Jeudi 18 Août 2016

Francisco Franco a bien failli ne pas être Francisco Franco. Le 17 juillet 1936, dans sa caserne de Tenerife engluée par la chaleur moite des Canaries, il hésite encore. C’est un homme court et replet au profil aquilin, aux joues pleines et au regard triste, volubile, bon soldat et officier, nanti de solides convictions réactionnaires mais aussi d’un réalisme qui fait de lui un militaire très politique. Il lit et relit le télégramme envoyé par le commandant de la place de Melilla au Maroc, « l'armée levée en armes contre le gouvernement s’est emparée de tous les postes de commande ». Bien sûr, quelques jours plus tôt, il a donné son accord aux conjurés par trois lettres chiffrées.

Bien sûr, il a accepté que le directeur du journal ABC loue pour lui un avion anglais, le Dragon Rapide, qui le transportera des Canaries jusqu’au Maroc le jour dit. Mais le coup d'état est-il sérieux et bien organisé ? Qui sont ses leaders réels ? José Sanjurjo, auteur d’un coup d'état raté en 1932 et exilé au Portugal ? Jose Maria Gil Roblès, le leader de la droite conservatrice, battu aux élections par le Frente Popular ? Un autre général parmi ceux qui complotent depuis des mois contre la république, Emilio Mola, Manuel Goded ou bien Gonzalo Queipo de Llano ?

Francisco Franco est d’accord avec eux. Lui aussi a été révolté par l’assassinat de José Calvo Sotelo, leader monarchiste et opposant charismatique au gouvernement de Frente Popular, par des militants de la gauche républicaine, en représailles du meurtre de José Castillo, membre du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), par un groupe de phalangistes. Lui aussi veut se débarrasser de la gauche, révolutionnaire ou républicaine. A ses yeux, elle foule aux pieds la grande Espagne, persécute l'église et se prépare à accepter le démembrement du pays, avec une Catalogne et un Pays Basque indépendant. Mais il ne veut pas d’une aventure mal conduite qui ne servira qu’à conforter le régime et envoyer ses auteurs devant un peloton d’exécution. Il hésite. Puis il voit les noms des principaux commandants qui se sont rebellés, un peu partout en Espagne, des hommes qu’il connaît et qu’il a commandés. Et il se décide. Il confie sa femme et sa fille à ses proches puis il monte dans le remorqueur qui va le transporter jusqu’à la grande île où se trouve l’aéroport.

Dans le Dragon Rapide, il quitte son uniforme et rase sa moustache pour tromper les autorités françaises. A l’escale, il passe une nuit dans un petit hôtel de Casablanca avec son ami Luis Bolin à agiter des projets pour l’Espagne. Le lendemain, après avoir abusé les agents qui contrôlent les passeports, il atterrit à Tétouan, au Maroc espagnol.

Un homme d’ordre et de réaction

Dans l’enclave coloniale, il y a les meilleures troupes d’Espagne, aguerries par la guerre du Rif, les regulares, ces volontaires marocains en turban, et le Tercio, le corps d’élite de la Légion Etrangère. Francisco Franco est populaire dans l’armée, il a mené la guerre au Maroc et il a été chef d’état-major avant d’être éloigné aux Canaries. Il a gagné sa réputation d’homme d’ordre et de réaction en réprimant férocement le soulèvement ouvrier des Asturies en 1934. Les officiers l’attendent à l’aéroport. A peine a-t-il posé le pied sur le tarmac qu’ils le saluent comme un seul homme en claquant des talons. L’armée coloniale a trouvé son chef.

A Barcelone, capitale de la Catalogne et de l’anarchie, un homme n’hésite pas. Il s’appelle Buenaventura Durruti. C’est un ancien ouvrier mécanicien qui a déserté pendant la guerre pour rejoindre la Confédération Nationale du Travail (CNT), le syndicat lié à la fédération anarchiste d’Espagne.

Décidé, activiste, bon orateur, Buenaventura Durruti est doté d’un physique de matador, élancé, élégant, le regard noir et les traits coupants. Avec Francisco Ascaso, Juan García Oliver et Ricardo Sanz, il a créé les groupes d’action directe, los Solidarios, qui viennent de changer de nom et s’appellent désormais Nosotros. On les baptise les trois mousquetaires, qui, eux aussi, étaient quatre, de l’anarchie. Dès l’annonce de la rébellion militaire, Buenaventura Durruti a réuni ses camarades, formé ses groupes de combat et exigé des armes auprès des autorités républicaines. Alliés au PSOE et au Parti Ouvrier d'Unification Marxiste (POUM), les militants anarchistes étouffent dans l’œuf la révolte de la garnison. A Barcelone, la république a trouvé ses défenseurs. Mais ils ont en tête bien autre chose que la défense de la légalité madrilène, une contre-insurrection qui va transférer le pouvoir du gouvernement vers les conseils populaires, une lutte militaire et sociale à la fois qui va enclencher la révolution ouvrière dont rêvent ces militants libertaires.

A Tétouan, le même jour, Francisco Franco commence à organiser son armée pour franchir le détroit et voler au secours des casernes en rébellion.

Mais il n’est pas encore Francisco Franco. Le leader naturel du soulèvement, c’est José Sanjurjo, une ganache au menton carré et aux yeux globuleux, auteur du putsch raté de 1932 qui s’est enfui au Portugal. A la nouvelle de l’insurrection militaire, le 20 juillet 1936, il fait ses bagages et monte dans l’avion que lui a envoyé l’un des putschistes. Dans ses valises, il a déjà rangé les uniformes d’apparat qu’il prévoit de porter comme nouveau chef de l'état. Mais l’avion est trop chargé. Il heurte la cime des arbres et s’écrase contre un mur. Le feu qui consume l’appareil fait partir en fumée les uniformes de gala et les rêves de grandeur de José Sanjurjo, qui est tué sur le coup. Chef de la principale force militaire de la rébellion, Francisco Franco voit le pouvoir suprême monter jusqu’à lui.

Encore faut-il gagner la partie. A Madrid, le gouvernement républicain tente de réagir. Le président, Manuel Azaña, consulte, le premier ministre, Santiago Casares Quiroga, d’un optimisme aveugle, déclare que le gouvernement contrôle la situation. Il cherche en coulisse des solutions de compromis avec les généraux putschistes, qui tiennent déjà plusieurs villes dont les garnisons sont tombées du côté des rebelles. Devant cette inaction, les organisations de gauche se mobilisent. Dès le 18 juillet 1936, les journaux socialistes de Madrid demandent des armes pour le peuple.

Francisco Largo Caballero, l’un des chefs du PSOE, relaye l’appel de l’Union Générale des Travailleurs (UGT), principal syndicat ouvrier avec la CNT, anarchiste, pour exiger l’armement des milices ouvrières qui commencent à se constituer. Le gouvernement décline l’offre de la gauche et s’en remet à l’armée régulière pour rétablir l’ordre. A Barcelone, on se passe de son autorisation. Un comité révolutionnaire se met en place en Catalogne, qui dépouille le gouvernement légal de ses pouvoirs et se lancera bientôt dans une politique radicale de contrôle ouvrier et de collectivisation des terres.

Révolution ou guerre civile ?

Depuis plusieurs décennies, l’Espagne se déchire. Les régimes se sont succédé, monarchie autoritaire puis constitutionnelle, dictature fascisante de Miguel Primo de Rivera, république centriste puis, avec la défaite de José María Gil-Roblès, gouvernement du Frente Popular qui a le soutien des libéraux, du PSOE et du Parti Communiste Espagnol (PCE). Au sein de la coalition, les forces modérées veulent une large union organisée par l'état républicain, dans le respect des institutions. Les révolutionnaires, socialistes, communistes dissidents et anarchistes prônent la formation de milices ouvrières et une répression brutale de la bourgeoisie et de l'église, avec une politique de collectivisation de l’économie et de la société. Les uns veulent gagner la guerre civile avant de songer à la révolution, les autres estiment que la révolution est le meilleur moyen de gagner. Minoritaire, le PCE, fort du soutien de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), seule puissance à aider les républicains, imposera par la force la première option, faisant valoir qu’il s’agit de vaincre le fascisme et qu’il faut l’appui de toutes les couches sociales. Mais cette division va affaiblir dangereusement la république espagnole.

Dans le camp d’en face, malgré les divisions entre monarchistes et républicains, conservateurs et phalangistes, l’union se fait autour des militaires.

L'église, la classe dirigeante, la droite parlementaire, une bonne partie de la paysannerie et le corps des officiers se prononcent massivement pour les rebelles. La guerre d’Espagne est aussi une guerre de classe. La peur des rouges et les attaques contre l'église ont diffusé la panique dans la classe dirigeante et parmi le personnel politique conservateur, qui impose l’union sacrée des droites contre la république.

Tandis que les républicains se divisent entre légalistes et révolutionnaires, les militaires remportent leurs premiers succès. Au nord, les troupes insurgées commandées par le général Emilio Mola ont pris le contrôle de l’Aragón, de Pampelune, de Burgos et de Valladolid au Pays Basque, de la Navarre et de la Galice. Au sud, grâce au bluff du général Gonzalo Queipo de Llano, qui a fait croire que les quatre officiers qui exigeaient la reddition des autorités étaient suivis par une troupe nombreuse, les militaires s’emparent de Séville et d’une partie du littoral andalou. Francisco Franco est encore au Maroc avec les meilleures troupes. Il doit passer le détroit de Gibraltar pour lancer son offensive. Le 22 juillet 1936, le capitaine Arranz Monasterio, mandaté par Francisco Franco, s’envole pour Berlin. Adolf Hitler est à Bayreuth pour le festival de Richard Wagner. Le 26 juillet 1936 au soir, sortant de la Walkyrie, il reçoit les envoyés de Francisco Franco, réservé, méfiant et ignorant si celui-là a bien le soutien de toute l’armée.

Hermann Göring, tout heureux de montrer les qualités de la Luftwaffe, et Wilhelm Canaris, le chef des services secrets, plaident pour l’aide immédiate. Une lettre indiquant que Francisco Franco dirige désormais une junte de trois généraux balaie les hésitations d'Adolf Hitler.

L’Allemagne et l’Italie s’engagent sans réserves aux côtés de Francisco Franco, pendant que les démocraties attachées à la paix choisissent la non-intervention.

Dès les premiers jours, le rapport de forces bascule à l’avantage des fascistes. Une escadrille de Junker et de Heinkel part pour le Maroc espagnol.

Les troupes de Francisco Franco passent sans encombre le détroit. Arrivée à Algésiras, une petite armée de trois mille soldats d’élite est dirigée sur Séville et jetée dans la bataille. Le général Emilio Mola veut prendre aussitôt Madrid. Il forme quatre colonnes de soldats pour prendre la capitale en étau et compte pour l’emporter sur une cinquième colonne, ses partisans au sein de la ville. L’expression sera maintes fois reprise dans les années qui suivront. S’il prend Madrid, le coup d'état sera bouclé en quelques jours. Mais les républicains se sont ressaisis.

Dès le 18 juillet 1936, Dolorès Ibarruri, porte-parole du PCE, a lancé le premier de ses appels à la radio, « travailleurs, antifascistes et peuple laborieux, debout ».

La main crispée sur le micro, la voix rauque et la chevelure noire parsemée de fils blancs, elle galvanise le peuple républicain et conclut sur ces deux mots restés célèbres, « no pasarán ». On l’appellera bientôt la Pasionaria.

Les milices ouvrières se sont organisées et les armes ont enfin été distribuées. L’assaut des putschistes est repoussé et Madrid reste aux mains du gouvernement. Une semaine plus tard, l’Espagne est coupée en deux, le nord et le sud dominés par les fascistes et le centre et l’est par les républicains. Le putsch a échoué. La guerre civile commence.

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 14:41

Le parlement turc ratifie l'accord de normalisation avec Israël (Reuters)

Le parlement turc a approuvé Samedi 20 Août 2016 l'accord de normalisation des relations avec Israël conclu à la fin du mois de juin 2016 au terme d'une crise diplomatique de six ans, due à l'incident de la flottille de la paix à destination de la bande de Gaza, au mois de mai 2010.

Dix militants turcs pro-palestiniens avaient été tués par les forces spéciales israéliennes dans l'assaut du Mavi Marmara, navire amiral de cette flottille qui tentait de briser le blocus imposé par Israël.

Le gouvernement israélien, qui a présenté ses excuses à Ankara, doit verser vingt millions de dollars d'indemnités aux proches des victimes.

L'accord du 28 juin 2016, conclu deux semaines avant le putsch manqué de Turquie, ne prévoit pas la levée du blocus de la bande de Gaza, réclamée par Ankara, mais autorise l'acheminement d'aide humanitaire à destination de l'enclave via les ports israéliens.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 20:03

http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_76_iprod_669-revolution-dans-la-guerre-d-espagne-1930-1939-.html

Révolution dans la guerre d'Espagne

Par Wilebaldo Solano

« Des hommes et des femmes ont lutté pour une espérance, une société où la terre et les moyens de production seraient un bien commun et un monde où les classes sociales seraient abolies. Au cours de rares moments et en quelques lieux, cet espoir est devenu réalité », déclarait le cinéaste Ken Loach en 1995 pour présenter Land and Freedom.

Prélude à la deuxième guerre mondiale, la guerre civile espagnole a contribué à révéler la face sanglante et contre-révolutionnaire du stalinisme. L’auteur, un des acteurs de l’immense épopée qui s’est jouée sur la terre d’Espagne entre 1930 et 1939, nous raconte comment les peuples d’Espagne se sont soulevés pour affronter le soulèvement militaire franquiste.

Militant du Parti Ouvrier d’Unification Marxiste (POUM), un parti révolutionnaire anti stalinien, il nous invite à le suivre dans cette guerre où la république affronte le fascisme international alors même que, dans le camp républicain, les agents de Joseph Staline traquent et assassinent, c’est l’époque des procès de Moscou, les trotskistes, les anarchistes, les poumistes et tous ceux qui se mettent en travers du chemin de la diplomatie de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS). Alors que ses milices ouvrières combattent sur les fronts d’Aragon et de Madrid et que des communes paysannes collectivisent les terres des féodaux, les militants du POUM sont arrêtés et assassinés à Madrid à Barcelone et sur le front, fusillés par Francisco Franco et par Joseph Staline.

Andreu Nin, l’un des principaux dirigeants du POUM, et dont l’auteur nous trace un portait vivant, est enlevé, enfermé dans une prison secrète, torturé, il doit avouer être un agent de Francisco Franco, ce qu’il ne fera pas, et assassiné. L’aide de l’URSS à la république espagnole a un prix, l’or espagnol qui part à Moscou, la domestication du processus révolutionnaire pour ne pas déplaire aux intérêts britanniques et français, l’élimination des opposants et la destruction des conquêtes révolutionnaires.

Wilebaldo Solano nous livre ici son analyse d’un moment historique qui aurait pu changer le cours de l’histoire. Nourri par ses souvenirs, par son travail de recherche et par l’apport des archives soviétiques ouvertes après la chute du mur de Berlin, son témoignage rappelle que la lumière doit encore être faite sur la politique du maître du Kremlin et de ses alliés. Portraits, documents, notices et une riche iconographie complètent l’ouvrage.

Wilebaldo Solano a vingt ans en 1936, il sera l’un des dirigeants du POUM pendant la nuit franquiste. Arrêté à Montauban en 1941, il est condamné à vingt ans de réclusion. Libéré en 1944 par un commando du POUM, il rejoint le maquis. Il travaillera à l’Agence France Presse (AFP) de 1953 à 1981 et il sera un des conseiller de Ken Loach pour Land and Freedom.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 19:38

https://www.pajumontreal.wordpress.com/2016/08/09/paju-felicite-le-parti-vert-du-canada-pour-ladoption-des-resolutions-en-faveur-des-droits-humains-des-palestiniens

PAlestiniens et Juifs Unis (PAJU) félicite le Parti Vert du Canada pour l’adoption des résolutions en faveur des droits humains des palestiniens

Mardi 9 Août 2016

PAJU félicite le Parti Vert du Canada pour son appui historique et courageux aux deux résolutions relatives au conflit israélo-palestinien.

Dimanche 7 Août 2016, le Parti Vert du Canada a approuvé une résolution soutenant le principe de la campagne pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS), mouvement visant l’occupation illégale d’Israël des territoires palestiniens. Lors de la convention, le Parti Vert du Canada a également adopté une résolution historique pour appuyer la révocation du statut d’organisme de bienfaisance de toute organisation qui est complice de la violation du droit canadien ou international des droits de l’homme.

« BDS est la seule mesure non-violente qui peut mettre un terme à l’occupation brutale d’Israël et de son système institutionnalisé de ségrégation pratiquée contre les palestiniens sur une base quotidienne », a déclaré Bruce Katz, co-président de PAJU. « La résolution de révoquer le statut d’organisme de bienfaisance des organisations qui ne respectent pas le droit international a une application directe sur le statut d’organisme de bienfaisance du Fonds National Juif (FNJ) », a ajouté Bruce Katz. Le FNJ est l’agence foncière israélienne impliquée dans l’administration des terres palestiniennes expropriées illégalement par Israël et elle a des chapitres dans divers pays, dont le Canada, où le FNJ jouit d’un statut d’organisme de bienfaisance.

En 2005, cent soixante et onze organisations palestiniennes représentatives de la société civile palestinienne ont appelé au boycott international contre Israël comme étant la seule stratégie non-violente pour obliger Israël à respecter le droit international et les droits humains des palestiniens et pour mettre fin à sa colonisation des terres palestiniennes. Les résolutions du Parti Vert du Canada adoptées lors de sa convention défendent la primauté du droit et le principe des droits de l’homme pour tous.

« La fausse déclaration de BDS comme étant antisémite tel que mis en avant par le Bnai Brith n’est rien de plus qu’une mise à jour odieuse du maccarthysme », a dit Bruce Katz. « Il est le moyen par lequel les partisans de colonialisme israélien essaient d’étouffer l’opposition légitime contre la propre forme d’apartheid d’Israël. Si BDS a réussi contre l’apartheid en Afrique du Sud, il peut faire autant contre l’apartheid israélien. Ce que nous pouvons dire, c’est que le Parti Vert du Canada est sur le bon côté de l’histoire. Nous ne pouvons pas dire pareil pour les autres partis qui siègent à la chambre des communes du Canada ».

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 19:10

http://www.jelloul.net/spip.php?article324

Il y a quatre vingt ans, les brigades internationales

Par José Fort

Jeudi 28 Avril 2016

Ils étaient trente mille volontaires venus du monde entier pour défendre la république espagnole contre le fascisme. Il y avait neuf mille français.

Le 22 octobre 2016, ce sera l’inauguration d’une œuvre monumentale à la gare d’Austerlitz à Paris.

Les brigades internationales ont surgi comme la réplique des démocrates du monde entier face au putsch fasciste de Francisco Franco soutenu par Adolf Hitler, Benito Mussolini et Antonio de Oliveira Salazar. Le voyage en Espagne de la presque totalité des volontaires de toute l’Europe était organisé dans les locaux de la fédération de la métallurgie de la Confédération Générale du Travail (CGT), des baraquements installés avenue Mathurin Moreau dans le dix neuvième arrondissement de Paris. Après une visite médicale et un entretien d’incorporation, venait le temps de prendre les différents chemins de la lutte notamment par le train à bord du célèbre train de Paris à Perpignan de 22 heures 17 au départ de la gare d’Austerlitz à Paris.

La brigade internationale des français sera la quatorzième brigade internationale dite brigade de la Marseillaise avec à sa tête Jules Dumont, fusillé par les nazis en 1943, Boris Guimpel, Jean Hemmen, fusillé par les nazis en 1942, Joseph Putz, tué en Alsace à la fin de l’année 1944, et le métallurgiste Henri Tanguy qui deviendra ensuite Henri Rol Tanguy, du nom d’un de ses copains tué en Espagne, et dirigera plus tard la libération de Paris.

Le départ des brigades internationales a donné lieu à des adieux émouvants, Dolorès Ibarruri déclarant « mères et épouses, quand passeront les années et que seront cicatrisées les blessures de la guerre, quand le souvenir des jours douloureux et sanglants sera estompé dans un présent de liberté, de paix et de bien-être et quand les rancœurs iront s’atténuant et que l’orgueil de la patrie libre sera également ressenti par tous les espagnols, parlez à vos enfants, parlez-leur de ces hommes des brigades internationales ».

L’année 2016 a été et sera ponctuée par de nombreuses initiatives en l’honneur des brigades internationales. Le 22 octobre 2016, un événement de portée internationale aura lieu à la gare d’Austerlitz à Paris. Une œuvre monumentale dédiée aux volontaires internationaux réalisée par le sculpteur Denis Monfleur sera inaugurée. Ce monument a été rendu possible grâce au soutien de la Société Nationale des Chemins de Fer (SNCF), de la fédération des cheminots de la CGT, du comité d’établissement de la gare d’Austerlitz de la SNCF et de la ville de Paris.

L’association des Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER) a lancé une souscription pour tenir ses propres engagements financiers.

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19 août 2016 5 19 /08 /août /2016 18:35

http://www.humanite.fr/decheance-de-posterite-613990

Déchéance de postérité

Editorial du quotidien l'Humanité

Par Maud Vergnol

Vendredi 19 Août 2016

« Le drame, c’est quand vous laissez la place et que vos traces sur le sable s’effacent elles-mêmes ». Figurez-vous que François Hollande a du vague à l’âme. « C’est dur, beaucoup plus dur que ce que j’avais imaginé ». Comme tous les monarques républicains en fin de règne, le président de la république s’est prêté au jeu du livre testament, estampillé « pour la postérité », histoire de conjurer le sort d’un quinquennat dont lui-même doute de ce que l’histoire en retiendra.

Aidons-le un peu.

D’abord avec cette carte postale estivale, sombre photographie d’une république délabrée, dans laquelle en moins d’une semaine les plages de Corse sont devenues le théâtre inquiétant d’affrontements communautaires, un commerçant chinois est mort sous les coups du racisme et un camp de roms attaqué au cocktail Molotov à Marseille.

Autant de stigmates du plus grand gâchis politique de la cinquième république. En 2012, François Hollande a été élu pour panser les blessures du sarkozysme pour que Marianne embrasse de nouveau sur le front tous les citoyens. Mais, non content de ne pas avoir fait progresser l’égalité, d’avoir laissé au bord de la route les français les plus fragiles, déroulant le tapis rouge au populisme, François Hollande porte la responsabilité d’avoir creusé un peu plus les plaies béantes du vivre ensemble. Il l’a fait en toute conscience, laissant le soin à la droite et son extrême droite d’empoisonner le débat public avec des polémiques montées de toutes pièces pour diviser le pays, le burkini est un cas d’école, jusqu’à l’hystérie collective qui aura conduit des députés de la nation à envisager la création d’apatrides.

Ce funeste testament est celui d’un monarque engoncé dans le fauteuil d’une cinquième république agonisante qui voudrait condamner les progressistes à rester les spectateurs malheureux d’une démocratie en apnée dont il faudrait redouter à chaque élection la dernière convulsion. C’est le piège tendu par ce quinquennat. Et il reste peu de temps pour le déjouer.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 19:19

http://www.liberation.fr/debats/2016/08/09/refugies-la-violence-de-l-etat-doit-cesser_1471297

La violence d’état doit cesser

Mardi 9 Août 2016

Plusieurs associations dénoncent la toute puissance policière contre les migrants et demandent à ce que les citoyens se fédèrent et témoignent de cette violence, toujours plus présente, contre les plus précaires.

Depuis un an, les pouvoirs publics nous ont habitués à ornementer la moindre action liée à la crise migratoire d’opérations de communication bien ficelées. A Paris, point de chute de la majorité des exilés, les responsables politiques se gargarisent, lorsqu’un campement de fortune de plus est évacué, du nombre de personnes temporairement relogées.

Et comme pour sonner le glas de nombreuses critiques, la mairie de Paris a récemment annoncé l’ouverture prochaine de deux centres d’accueil, censée résoudre tous les maux et mettre définitivement fin au renouvellement inexorable des campements parisiens. L’envers du décor est beaucoup moins reluisant selon nous, associations, collectifs et citoyens solidaires œuvrant au quotidien auprès des personnes migrantes pour pallier la défaillance des autorités.

Des violences physiques et verbales

Nous constatons depuis quelques jours un usage croissant et quotidien de la violence verbale et physique de la police à leur égard. Ainsi, Vendredi 22 Juillet 2016, le dernier démantèlement du camp qui s’était formé aux abords du métro Jaurès, dans le dix neuvième arrondissement de Paris, a donné lieu à des charges policières aveugles et de jets de gaz lacrymogènes.

Un cap a depuis été franchi lors de la première semaine du mois d'août 2016. Dans la nuit du Dimanche 31 Juillet 2016, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à charger brutalement et à matraquer indistinctement les migrants, dont une vingtaine de femmes et des mineurs, pour les empêcher d’installer un nouveau campement à même le sol.

En parallèle, la police harcèle quotidiennement ces personnes en organisant des opérations massives de « vérification des situations administratives » comme elle le fait régulièrement pour traquer les personnes sans-papiers. Ces rafles ont conduit environ quatre cent personnes migrantes au commissariat et quatre vingt d’entre elles, qui n’avaient pas eu le temps d’effectuer les démarches de demande d’asile, se sont vues notifier une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF).

Nous ne sommes pas dupes, nous savons que cette mécanique sécuritaire gouvernementale est bien rodée et que la brutalité policière est de plus en plus commune à différentes franges sociales. Elle existe depuis de trop nombreuses années dans les quartiers populaires où la police contrôle, harcèle, frappe et tue sans ne jamais être inquiétée. On ne compte plus les personnes arrêtées mortes par « asphyxie », comme Ali Ziri, Lamine Dieng, Wissam al Yamni et, très récemment, Adama Traoré, les bavures, comme la mort de Zyed et Bouna ou comme à Pantin sur une mère de famille et ses deux enfants mineurs au mois de décembre 2015 ou encore les tués par balle, comme Amine Bentounsi.

L’intimidation policière décomplexée

Les manifestants en font également largement les frais lorsqu’ils et elles se heurtent à des policiers qui frappent, gazent, matraquent, blessent et tuent. Les exemples ne manquent pas, opposants à la loi travail, zadistes de Notre Dame Des Landes, éborgnés du flash-ball, manifestants contre la conférence climatique à Paris au mois de novembre 2015 ou encore la mort de Rémi Fraisse. Les migrants ont donc rejoint la liste des personnes ciblées par une gestion étatique des problèmes sociaux qui ne prend presque plus que la forme de l’intimidation policière décomplexée.

À travers cela, le gouvernement nous fait savoir qu’il n’y a pas de discussion possible. La réponse sécuritaire est devenue la règle et les migrants se voient traités en ennemis politiques et condamnés avant même d’avoir pu entamer leurs démarches de demande d’asile. Nous nous interrogeons sérieusement si c'est une réelle incapacité à gérer la crise migratoire ou bien si c'est une manœuvre visant à décourager les migrants de la part du pays des droits de l’homme.

Nous, associations, collectifs et citoyens accompagnant les migrants et luttant contre les violences policières, dénonçons le fait que des personnes précaires, des racisés, des révoltés sociaux et des exilés ayant fui la mort puissent faire l’objet d’une violence étatique à travers son bras armé légitime, la police. Nous fustigeons les démonstrations de force policière qui visent à effrayer pour mieux faire régner l’ordre de la terreur chez les citoyens.

Riposte solidaire

Nous condamnons l’impunité des forces de l’ordre qui est l’un des pires ennemis d’un état de droit et qui renforce chaque jour le règne de la toute-puissance policière en France. Nous appelons les citoyens à prendre conscience de cette violence, à se fédérer et à s’organiser. Le temps de la réflexion collective est venu pour construire une riposte solidaire, manifester, filmer les bavures et déposer des plaintes.

L’impunité ne peut continuer à gagner du terrain et elle doit cesser partout, pour tout le monde et maintenant.

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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 18:55

http://www.humanite.fr/blogs/les-brigades-internationales-un-grand-recit-fondateur-une-epopee-necessaire-aujourdhui-613745

Les brigades internationales, un grand récit fondateur, une épopée nécessaire aujourd’hui

Par Jean Ortiz

Vendredi 12 Août 2016

Les brigades internationales, cinquante trois pays, de trente deux mille à trente cinq mille volontaires, la plupart jeunes et ouvriers, sont un patrimoine héroïque de l’histoire des communistes et de celle de tous les révolutionnaires, de tous les antifascistes et de tous les progressistes.

Les classes dominantes voudraient nous dépouiller de notre histoire, celle des combats émancipateurs de classe et des luttes populaires. Raison de plus pour la brandir, l’assumer, l’étudier et la faire vivre concrètement dans le monde actuel. En être fiers, fiers de valeurs à réactiver et du travail des Amis des Combattants de l'Espagne Républicaine (ACER) présidée par notre chère Claire Rol Tanguy, fille d'Henri et de Cécile Rol Tanguy, entourée d’autres internationalistes d’aujourd’hui, passionnés, généreux et qui font honneur à la cause qu’ils portent et perpétuent.

Les brigades internationales ne sont pas l'armée de l'internationale communiste mais une armée et un univers communiste, aime à répéter l’historien spécialiste Rémy Skoutelsky. Le contingent français était le plus nombreux, un tiers, et comptait entre cinquante pour cent et soixante pour cent de communistes encartés. Pourquoi tant de bave aujourd’hui pour décommuniser les brigades internationales ? Pourquoi tant d’acharnement à les dénigrer, les brigadistes seraient tous des staliniens, donc des mercenaires sanguinaires. Les autres brigadistes non membres du Parti Communiste Français (PCF) étaient des ouvriers antifascistes, des syndicalistes, des militants de gauche, des idéalistes, des républicains et une minorité d’anarchistes et de socialistes.

Les mois de septembre, octobre et novembre 2016 marqueront le quatre vingtième anniversaire de leur création par l'internationale communiste et leur arrivée au mois de novembre 1936 sur un front de Madrid sur le point de tomber. « No pasarán » et les fascistes n’ont pas pris Madrid. Ne nous loupons pas. Ne nous laissons pas déposséder.

Un ouvrage collectif évènement politico-littéraire de rentrée et un documentaire de trente minutes prêt à la fin du mois de septembre 2016 sur ce qu’il reste aujourd’hui de cette épopée et tourné à Albacete, la base des brigades internationales, seront en plein dans le mille d’une célébration qui doit être vivante, historique, politique, festive et liée aux enjeux de 2016. Nous avons ô combien besoin des valeurs que portaient ces hommes, justice sociale, solidarité internationaliste, socialisme et engagement total et désintéressé.

Il ne s’agit pas ici de rentrer dans l’analyse, les contradictions, les conflits, les motivations et la composition des brigades internationales.

Cela sera fait ultérieurement. Précisons seulement que, avant la création des brigades internationales, dès que le coup d'état de Francisco Franco éclate, des centaines de militants anarchistes, des communistes français, des socialistes, des trotskystes et des immigrés antifascistes réfugiés en France, traversent les Pyrénées et partent individuellement combattre aux côtés des milices antifranquistes.

Que se lèvent les internationalistes d’aujourd’hui. « Vous êtes le mythe, vous êtes la légende, douleur et fierté, se siente, las brigadas están presentes ».

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