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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 20:23

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/15/le-tribunal-ordonne-a-eutelsat-de-rediffuser-deux-chaines-kurdes_5031669_3234.html

 

Le tribunal de commerce de Paris ordonne à Eutelsat de rediffuser une chaîne kurde

A la demande de l’autorité turque réglementant la radio et la télévision, l’opérateur français de satellites avait fait suspendre la diffusion de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision.

Vers une reprise de la diffusion de Newroz Télévision

Dans son ordonnance du Lundi 14 Novembre 2016, le tribunal de commerce de Paris ordonne à Eutelsat de rétablir la transmission des programmes de cette chaîne kurde interrompue le 11 octobre 2016 « sous astreinte de dix mille euros par jour de retard ».

A la demande du RTÜK, l’autorité turque réglementant la radio et la télévision, l’opérateur français de satellites avait fait suspendre la diffusion de Med Nuçe Télévision et de Newroz Télévision. Le motif avancé était que ces chaînes seraient soutenues par le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’Union Européenne.

Par précaution et pour ne pas être accusé de complicité avec une organisation terroriste, Eutelsat avait demandé à Belgium Satellite Services (BSS), la société diffusant ces chaînes, de les suspendre, le temps qu’une autorité de régulation compétente se prononce sur les programmes. Dans un contexte d’offensive sans précédent d’Ankara contre les médias, cette décision était d’autant plus critiquée par les kurdes que l'état français est actionnaire de l’opérateur privé.

Le juge a rejeté les arguments français estimant que « l’interruption de la transmission opérée par Eutelsat à partir d’un satellite Hotbird Treize est constitutive d’un trouble pour Stiftelsen Kurdish Media (SKM), la société qui diffuse la chaîne, qu’elle a été effectuée en infraction manifeste des dispositions de la Convention Européenne sur la Télévision Transfrontalière (CETT) et que, donc, le trouble est manifestement illicite ».

Si pour Eric Moutet, avocat de SKM, « cette décision rappelle des principes de base un peu oubliés jusqu’alors », Eutelsat ne faisait aucun commentaire, prenant acte du jugement.

Reste à savoir comment se fera la reprise de la diffusion, car BSS est en grande difficulté. Il faudra également trouver l’autorité réglementaire compétente pour juger des programmes. La société SKM étant de droit suédois, Il appartient donc, selon le juge, au régulateur de ce pays de se prononcer. Si l’ordonnance de Newroz Télévision a été publiée, celle concernant Med Nuçe Télévision était toujours en attente.

 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 20:30

 

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article176

 

La discussion qui se mène sur le mouvement des policiers est sérieuse.

Par Charles Jérémie

Lundi 14 Novembre 2016

La discussion qui se mène sur le mouvement des policiers est sérieuse. J’ai dit mon opinion, d’autres camarades également. Le mouvement dure. Malgré les reculs verbaux et financiers du gouvernement, les policiers continuent à manifester, en même temps, l’inspection des services convoque un « meneur ». Cela n’arrangera rien.

Les sommets de l'état sont divisés. Bernard Cazeneuve toujours prompt à monter des provocations contre les salariés ne sait où donner de la tête, ses relais, les syndicats, n’ont visiblement pas prise sur le mouvement, la hiérarchie se divise et la gendarmerie grogne.

L’opposition ne dit mot. Jamais depuis la chute de la quatrième république semblable situation n’avait eu lieu.

La discussion sur ce qu’il faut penser, le cas échéant dire, est donc d’importance.

Les camarades qui voient des luttes partout, tout le temps, et qui quand elles ont lieu rechignent à combattre pour le tous ensemble, refusent de condamner l’utilisation de cocktails Molotov dans les manifestations contre la loi travail. Ils s’offusquent aujourd’hui qu’on puisse poser le problème de la liaison entre les policiers et les salariés. Ils dénoncent l’état policier et la répression tout azimut et ils centrent sur la responsabilité des policiers.

C’est du gauchisme infantile.

Depuis que je milite, sauf durant la guerre d’Algérie, par exemple devant le métro Charonne au mois d'octobre 1963, je n’ai jamais connu de répression policière digne de ce nom, encore moins d'état policier en France.

J’ai connu des tensions graves mais, même quand les affrontements avec la police se terminaient mal pour ceux qui étaient au premier rang, j’en étais, jamais je n’ai sérieusement pensé que nous vivions la « répression policière ». Certes souvent, nous avons utilisé cette formule contre Raymond Marcellin, Charles Pasqua et aujourd’hui Bernard Cazeneuve.

C’était de l’agitation politique mais, de grâce, gardons raison. Depuis la Libération, les grandes luttes de classes ont provoqué des affrontements extrêmement durs avec des morts et des blessés. C’est inévitable. Les salariés combattent, le patronat et l'état se défendent.

Aujourd’hui c’est un « pouvoir socialiste » qui frappe. C'est scandaleux, mais ce n'est pas étonnant. Rien cependant qui me conduise à parler « d'état policier ». Si les mots ont un sens, un état policier, c’est tout autre chose. D’autant, chers camarades, qu’il est difficile d’avoir un tel état quand la police est dans la rue contre le gouvernement. Les policiers protestent car ils reçoivent des cocktails Molotov sur la tête, ils sont menacés dans les quartiers de la relégation et ils tentent de combattre l’irrésistible déliquescence de la société sans pouvoir l’enrayer. C’est humain. Ceux qui luttent contre la police sur ce terrain, avec ces méthodes, sont des barbares et des délinquants. C’est évidemment le produit de la décomposition de la société mais les tireurs fous le sont également. Nul ne les défend. Et la population est naturellement contre ces comportements. Constater cette situation n’implique pas la passivité. Au contraire, il faut se mobiliser contre les violences policières scandaleuses. Ainsi j’avais espéré que, après le jeune tué dans les manifestations des zadistes comme celui qui a été grièvement blessé dans la lutte contre la loi travail, il y aurait une mobilisation de masse à l’initiative de l’extrême gauche. Rien, il n'y a rien eu.

Alors plutôt que de se draper dans des postures verbales, il faut dire que la mobilisation policière antigouvernementale est un enjeu politique. Nous ne pouvons rester neutre. Soit les militants et les salariés iront à leur rencontre pour les dissuader de réclamer plus de mesures sécuritaires et désigner le gouvernement et le système qui cherche à les manipuler, contre les salariés et les jeunes, soit le Front National fera le contraire et les gagnera.

J’ai d’ailleurs entendu Olivier Besancenot à la télévision, impeccable, loin de la bouillie pour les chats de la direction du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

La répression et l'état policier, les égyptiens, les marocains, les turcs et les russes, connaissent. Nous, nous vivons pour l’heure dans une bienveillante démocratie bourgeoise en déliquescence. Par contre, pour l’avenir, je suis plutôt pessimiste. Les camarades qui dénoncent l’état policier découvriront probablement ce que cette formule signifie.

Donc au-delà même de la liaison politique avec les policiers en révolte et demain les soldats, la question politique qui doit être posée est bien sûre celle-ci, quelle police démocratique dans une république sociale et politique ? Le mouvement révolutionnaire contemporain n’a jamais vraiment réfléchi à ce problème. Or, qui combat l'état doit être capable de proposer une alternative. Décidément, les formules toutes faites doivent être bannies.

Souvent les postures d’indignations masquent une débilité politique.

Une dernière remarque, je conseille d’aller voir « Snowden », excellent opus d’Oliver Stone. Parfois, il est caricatural. Il ne l'est pas dans ce film. Il révèle une partie de ce qui se prépare, une société libérale dictatoriale à l’intérieur et guerrière à l’extérieur. La lutte contre les peuples va basculer dans la modernité. À l’horizon d’une génération, la police que nous connaissons disparaîtra. Les tâches de police seront essentiellement réservées à la protection des sommets du patronat et de l’état et le maintien de l’ordre capitaliste quotidien sera essentiellement pris en charge par le mixage du numérique, de la robotique et des nouvelles armes, nouvelle technologie robotisée appliquée au fichage et la répression. Ce n’est pas une blague ni de la science fiction. Un grand nombre de hauts fonctionnaires s’inquiètent de cette situation. Les drones et les armes non létales sont à l’étude, filins, automoteurs identifiant les militants et fichiers dans les drones.

Dans l’armée, la mise en œuvre de cette mutation est déjà en route, drones de bombardements, d’assassinats, chars sans conducteurs, machines à tuer capables de frapper à cent quatre vingt degrés, frégates totalement furtives armées par quelques dizaines de marins et drones sous marins. La panoplie est déjà considérable. Là aussi, les effectifs maigriront avec l’avantage de disposer de machines à tuer, ce qui règle en grande partie les dangers de voir les soldats lever les crosses en l’air. Oui, il va falloir réfléchir à cet arsenal qui peut aisément mettre en œuvre une société policière permanente. Il faut étudier ces préparatifs, les dénoncer et engager une véritable campagne de défense des libertés et de la démocratie pour une république sociale.

Nous ne vivons pas dans l’état policier. Notre faiblesse politique peut contribuer à son instauration.

Dans un tout autre domaine, nous sommes nombreux, notamment les anciens militants de l’Organisation Communiste Internationaliste (OCI) à avoir reçu le travail de Pierre Salvaing. Il a analysé, documentant avec rigueur, son étude, l’histoire des cinquante dernières années de l’OCI, des années 1960 à l’explosion du Parti Ouvrier Indépendant (POI).

Cela fait près de quatre cent pages mais c’est passionnant. Pour le recevoir, joindre Pierre Salvaing à spole@sfr.fr .

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 20:04

 

http://www.sanders.senate.gov/newsroom/press-releases/sanders-statement-on-steve-bannon

 

Déclaration de Bernie Sanders sur Steve Bannon

Le sénateur Bernie Sanders a publié Mercredi 16 Novembre 2016 la déclaration suivante sur la nomination de Steve Bannon à titre de stratège en chef et de conseiller principal à la Maison-Blanche de Donald Trump.

Ce pays, depuis sa création, a lutté pour surmonter la discrimination sous toutes ses formes, racisme, sexisme, xénophobie et homophobie. Au fil des ans, nous avons fait des progrès pour devenir une société moins discriminatoire et plus tolérante et nous ne retournons pas en arrière. La nomination par le président élu Donald Trump d'un individu raciste comme Steve Bannon à un poste d'autorité est totalement inacceptable. Dans une société démocratique, nous pouvons être en désaccord sur toutes les questions, mais le racisme et la bigoterie ne peuvent faire partie d'aucune politique publique. La nomination de Steve Bannon par Donald Trump doit être annulée. 

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 19:53

 

http://www.liberation.fr/debats/2016/11/15/solidaires-des-elus-kurdes-poursuivis-arretes-detenus-en-turquie-nous-les-parrainons_1528611

 

Solidaires des élus kurdes poursuivis, arrêtés, détenus en Turquie, nous les parrainons

Mardi 15 Novembre 2016

Lorsque la Turquie a fait face à un coup d'état militaire, nous avons tous dénoncé avec force et condamné avec clarté cette tentative contre l’expression de la souveraineté populaire.

Mais aujourd’hui, nous sommes extrêmement préoccupés et alarmés par les récentes arrestations à la faveur de l’état d’urgence décrété le 20 juillet 2016 dans le pays.

Le 30 octobre 2016, les deux maires de Diyarbakir, ville d'un million huit cent mille habitants, Gultan Kisanak et Firat Anli, ont été arrêtés et placés en détention. Plus de trente maires démocratiquement élus sont aujourd’hui détenus.

Le 4 novembre 2016, Selahattin Demirtas et Figen Yuksekdag, les coprésidents du parti démocratique des peuples (HDP), parti de gauche issu du mouvement politique kurde, de même que neuf autres députés ont été arrêtés. Dix parlementaires sont aujourd’hui placés en détention en Turquie.

Ils sont tous membres du HDP, parti qui a réussi par deux fois à franchir le seuil national de dix pour cent des voix permettant d’envoyer, le premier novembre 2015, cinquante neuf députés au parlement.

Troisième force politique du parlement turc avec six millions de voix aux dernières élections législatives, le HDP, dont le parti vert est un des constituants, est membre de l’Internationale socialiste et également membre associé du parti socialiste européen. Il milite pour une Turquie ouverte et pro-européenne et il représente la société turque dans sa diversité.

Avec l’instauration de l’état d’urgence qui a permis l’interdiction de cent deux médias, la suspension jusqu’à une chaîne de télévision pour enfants et un régime qui porte la durée maximum de garde à vue à trente jours, dont l’organisation Human Rights Watch expose dans un rapport récent les tortures et les sévices en détention, nous devons réagir.

Ce n’est pas la première fois que des députés sont jetés en prison en Turquie pour leurs idées. En 1994, Leyla Zana et trois autres députés kurdes avaient été arrêtés après la levée de leur immunité. Ils ont passé dix ans en prison, et Leyla Zana s’est vue attribuer le prix Andreï Sakharov du parlement européen en 1995.

Si notre pays considère la Turquie comme un partenaire, ce lien créé également des devoirs. Le devoir de lui dire qu’en jetant en prison des journalistes, des magistrats, des avocats, des intellectuels, des syndicalistes et des élus, la Turquie s’éloigne des valeurs européennes de l’Union Européenne, à savoir le respect de la dignité humaine, la liberté, la démocratie, l’égalité, l’état de droit et le respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. C’est pour ses valeurs et pour ses principes que nous demandons leur libération et que nous exprimons notre solidarité en parrainant avec beaucoup de fierté les députés et les maires membres du HDP menacés, arrêtés et détenus injustement en Turquie.

Premiers signataires

Esther Benbassa, Sergio Coronado, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, José Bové, Cécile Duflot, Yannick Jadot, Eva Joly, Noël Mamère

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17 novembre 2016 4 17 /11 /novembre /2016 19:30

 

iTélé vote la reprise du travail après trente et un jours de grève (Reuters)

 

Les salariés d'iTélé se sont prononcés Mercredi 16 Novembre 2016 en faveur de la reprise du travail, mettant fin à une grève d'une durée sans précédent dans l'audiovisuel depuis mai 1968, en dépit de concessions limitées de leur direction.

La fin du conflit laisse toutefois entière la question de l'avenir de la chaîne, déficitaire, sur le créneau encombré de l'information où s'affrontent quatre chaînes gratuites.

La reprise du travail a été votée à l'unanimité moins deux abstentions, au terme de trente et un jours de grève.

Une trentaine de salariés, soit un tiers des effectifs, ont annoncé leur départ de la chaîne, numéro deux de l'information en continu en France.

« Nous sortons de ce conflit éreintés et meurtris mais la tête haute, avec au cœur le sentiment d'avoir tenté de défendre notre honneur », écrivent les salariés dans un texte publié sur le site d'information www.lesjours.fr.

Le conflit avait débuté le 17 octobre 2016 avec l'arrivée controversée de l'animateur Jean-Marc Morandini, mis en examen pour corruption de mineurs et corruption de mineurs aggravée.

Cette arrivée a cristallisé les inquiétudes de la rédaction face à la reprise en main de la chaîne après l'arrivée de l'entrepreneur milliardaire Vincent Bolloré à la tête de Vivendi, maison mère du groupe Canal et de sa filiale iTélé.

« Je me réjouis évidement de la sortie de la grève. Cela aurait sans doute pu être plus court », a déclaré Maxime Saada, directeur général de Canal Plus, lors d'un déjeuner de l'association des journalistes médias.

Pas de calendrier pour le retour à la rentabilité

La rédaction a notamment obtenu la nomination d'un directeur de l'information délégué dont le choix reviendra à la direction. Le numéro un d'iTélé Serge Nedjar continuera toutefois de cumuler les fonctions de directeur général de la chaîne et de directeur de la rédaction.

Une charte éthique devrait par ailleurs être mise en place au cours des prochains mois par la chaîne, qui en aura quoi qu'il arrive l'obligation dans le cadre de la loi de Patrick Bloche sur l'indépendance des médias.

Les journalistes n'ont pas obtenu le départ de l'animateur Jean-Marc Morandini mais ils ne seront pas obligés de travailler pour son émission.

Un accord a par ailleurs été trouvé sur une enveloppe d'indemnités pour les journalistes souhaitant quitter la chaîne.

Evoquant un épuisement des équipes, Maxime Saada a déclaré ne pas être en mesure de donner une date de retour du direct sur iTélé dont l'audience, déjà à la traîne du leader BFM Télévision, propriété de la Société Française du Radiotéléphone (SFR), a chuté à 0,6% au mois d’octobre 2016.

L'objectif prioritaire est le retour à la rentabilité de la chaîne dont les revenus atteignent actuellement trente cinq millions d’euros pour des coûts représentant soixante millions d’euros, a expliqué le dirigeant sans fournir de calendrier.

Pour redresser iTélé, le groupe veut faire jouer les synergies avec Canal Plus dans le sport, la culture et à l'international, tout en assurant toutefois que la mission première d'iTélé restera l'information en continu.

Parallèlement à la sortie du conflit, le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nanterre a ordonné Mercredi 16 Novembre 2016 la suspension du déménagement d'une partie des bureaux d'iTélé.

Le groupe Canal Plus a annoncé dans un communiqué qu'il allait faire appel et il a souligné que ces « mouvements », qui ne concernaient qu'une vingtaine de salariés, étaient « très limités » puisqu'ils consistaient à passer du deuxième au troisième étage du même immeuble.

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 21:14

 

La candidature d’Emmanuel Macron au premier tour des élections présidentielles accélère la décomposition de la gauche (Reuters)

 

La candidature atypique d'Emmanuel Macron au premier tour des élections présidentielles françaises de 2017 accentue la décomposition d'une gauche française à l'agonie et trouble le jeu d'une droite partagée entre tentation du repli identitaire et ouverture au centre.

Mais s'il renouvelle une offre politique sclérosée, le pari d'une « révolution démocratique » susceptible d'amener ce candidat hors parti de trente huit ans au seuil de l'Elysée est loin d'être gagné, jugent les analystes interrogés par Reuters.

L'ancien conseiller et ancien ministre de l’économie de François Hollande n'a laissé planer aucun doute Mercredi 16 Novembre 2016 sur sa volonté d'aller au bout de sa démarche, que le chef de l’état décide au mois de décembre 2016 de briguer un deuxième mandat ou qu’il ne le fasse pas.

« Rien n'est jamais écrit et c'est pourquoi je veux porter l'optimisme de la volonté », a expliqué Mercredi 16 Novembre 2016 l’ancien banquier, qui en dira plus sur ses projets dans un livre à paraître la semaine prochaine, selon un de ses proches.

Il est crédité aujourd'hui par les sondages d'environ quatorze pour cent des intentions de vote au premier tour des élections présidentielles.

Ce score le place devant les autres candidats de gauche, potentiels ou déclarés, mais reste encore loin du « ticket » d'entrée pour le second tour, bien qu'il morde sur tous les électorats, de gauche à droite, jusqu'au Front National.

Ses partisans veulent y croire, malgré les sondages qui donnent la présidente du Front National Marine Le Pen qualifiée pour le second tour, ce qui ne laisse qu'une place libre.

« Il se présente pour gagner, pas pour faire un bon score », assure ainsi le député radical de gauche Alain Touret, soutien de la première heure de l’ancien ministre de l’économie.

Ses proches assurent qu'il recueillera sans problème les cinq cent parrainages requis, notamment grâce au ralliement de nombreux élus locaux, et ils mettent en avant la montée en puissance de son mouvement, En Marche, qui revendique près de cent mille adhérents après seulement huit mois d'existence.

Alain Touret est persuadé que Nicolas Sarkozy sera le candidat de la droite, ce qui serait la configuration la plus favorable, la candidature d'Emmanuel Macro à quatre jours du premier tour des élections primaires de la droite est un coup dur pour le principal rival de Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, jusqu'ici favori des sondages, estime l'élu du Parti Radical de Gauche (PRG).

« Alain Juppé espérait rassembler des voix du centre et du centre gauche mais une partie de cet électorat va passer chez Emmanuel Macron », prédit-il. « Et si Nicolas Sarkozy est le candidat de la droite, Emmanuel Macron le battra parce que Nicolas Sarkozy sera abandonné par un tas d'électeurs qui auraient voté pour Alain Juppé ou pour François Fillon ».

Quant à François Hollande ou au premier ministre Manuel Valls, « ils termineront à cinq pour cent », prédit le député du PRG.

Les analystes se montrent beaucoup plus sceptiques.

« Le défi sera pour Emmanuel Macron de trouver un véritable espace », estime ainsi Stéphane Zumsteeg, de l'institut IPSOS. « Il lui sera très compliqué d'exister si Alain Juppé est le candidat de la droite et si François Hollande ou Manuel Valls est celui du centre gauche, car ils se partageront plus ou moins le même électorat ».

Sa seule chance d'accéder au second tour serait effectivement d'être face à des candidats plus radicalement identifiés à droite, comme Nicolas Sarkozy ou François Fillon, et à gauche, comme Arnaud Montebourg, juge cet analyste, pour qui ce n'est cependant pas la configuration la plus probable.

Le président de la société de conseil Cap Stéphane Rozès crédite cependant Emmanuel Macron d'un coup d'avance, grâce à l'annonce de sa candidature avant le premier tour des élections primaires de la droite et dans l'attente de la décision de François Hollande.

« Il occupe le vide créé à gauche par l'affaiblissement du candidat naturel qu'est le président sortant et il n'est pas certain que le vainqueur de la primaire de droite soit le candidat préféré du peuple de droite », résume cet analyste.

Pour Matthias Fekl, le secrétaire d’état chargé du commerce extérieur, Emmanuel Macron était une « bombe à retardement placée au coeur d'une famille politique. La bombe a explosé », a-t-il dit sur Radio Monte Carlo (RMC).

Pour le politologue Thomas Guénolé, Emmanuel Macron n'innove pas tant sur le plan des idées qu'en assumant explicitement la possibilité de proposer un panachage de politiques économiques de centre droit et de centre gauche.

Mais de là à voir Emmanuel Macron franchir le cap du premier tour, il y a un pas qu'il refuse de sauter, « il n'a aucune chance d'être au second tour », juge Thomas Guénolé, selon qui l’ancien ministre de l’économie ne peut guère espérer aller au-delà de quinze à dix sept pour cent des suffrages au premier tour des élections présidentielles.

Ce qui restera de sa démarche, c'est néanmoins un renouvellement de l'offre politique qu'il lui faudra faire prospérer après les élections présidentielles, estime ce politologue.

« Dans tous les cas de figure, sa candidature est un facteur d'éclatement du Parti Socialiste », ajoute-t-il.

 

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 21:06

 

http://www.liberation.fr/planete/2016/11/15/en-irak-des-drones-veillent-sur-le-site-antique-de-nimrod-repris-a-l-ei_1528322

 

En Irak, des drones veillent sur le site antique de Nimrod repris à l'Etat Islamique

Par Hala Kodmani

Mardi 15 Novembre 2016

En partie détruite, la ville est sous contrôle de l'armée irakienne. Par crainte de combattants cachés ou de mines, les soldats ont ordre de rester à distance des vestiges.

Nimrod est bien libéré de l’Etat Islamique. La reprise de la cité antique assyrienne par les forces irakiennes est cette fois confirmée par un correspondant de l’Agence France Presse (AFP) sur place. Annoncée depuis Dimanche 13 Novembre 2016, cette reconquête symbolique de la ville située à une trentaine de kilomètres de Mossoul a été mise en doute suite à un cafouillage dans la communication de l’armée irakienne.

« Des unités de la neuvième division blindée ont totalement libéré Nimrod et ont levé le drapeau irakien sur les bâtiments », avait indiqué il y a trois jours un communiqué du commandement des opérations, citant un haut responsable militaire. Quelques heures plus tard la même source s’était excusée pour l’expression « libération totale », précisant toutefois que « le village et la colline où se situe le site archéologique ont bien été repris, mais pas encore l’ensemble de la zone de Nimrod ».

Saccage

Au printemps 2015, la conquête de Nimrod, à une trentaine de kilomètres au sud-est de Mossoul, et surtout sa destruction par les hommes de l’Etat Islamique avaient alarmé la communauté internationale. Dans une vidéo diffusée par leurs services, on voyait les jihadistes s’attaquer à la pioche et au marteau à des statues et des bas-reliefs trois fois millénaires. La ville aurait été « complètement rasée » au bulldozer, disait-on sur la foi d’images satellites. L’UNESCO avait dénoncé un « crime de guerre », contre le site inscrit au patrimoine mondial de l’humanité. L’émotion pour le « joyau de l’empire assyrien » fondé au treizième siècle avant Jésus Christ n’était certes pas aussi grande que celle pour la « perle du désert », Palmyre, prise quelques semaines après par les forces de l’Etat Islamique. Mais la propagande de l’organisation jihadiste avait atteint son objectif de choquer le monde.

« Dès que nous pouvons détruire les signes de l’idolâtrie et étendre le monothéisme, nous le ferons », promettait un de ses hommes à la fin de la vidéo sur le saccage de Nimrod. L’Etat Islamique s’était emparé du site et d’autres pans de territoire comme Mossoul lors d’une offensive éclair en Irak au mois de juin 2014.

Considérablement endommagée, la cité antique ne semble pas totalement perdue. « Des statues gisent à terre et détruites, un palais reconstruit est dévasté et un ziggurat, un édifice à degrés d’environ cinquante mètres de haut, a été réduit à une fraction de sa hauteur », décrit le journaliste de l’AFP. En attendant que les conditions de sécurité permettent aux archéologues et experts de venir évaluer ce qui reste de l’antique Nimrod, des drones surveillent et filment désormais le site repris et sécurisé par les forces irakiennes. Celles-ci prennent garde dans leurs mouvements, par crainte que des mines ou même des combattants soient cachés parmi les ruines ou dans des tunnels. Ils ont ordre de rester et de surveiller la ville à distance pour ne pas risquer d’abîmer davantage les trésors à restaurer, si possible.

 

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 20:53

 

http://www.liberation.fr/debats/2016/11/13/etats-unis-la-democratie-minee-par-la-discrimination_1528105

 

Etats-Unis, la démocratie minée par la discrimination

Par Didier Fassin, professeur à l'Institute for Advanced Study de Princeton, et Anne-Claire Defossez, chercheure à l’Institute for Advanced Study de Princeton

Dimanche 13 Novembre 2016

De nombreux citoyens noirs ou pauvres, ou souvent les deux, n’ont pas accès aux urnes. Donald Trump ne croyait pas si bien dire en prétendant que le système électoral américain était faussé. Il l’est, mais pas dans le sens où l’entendait le nouveau président américain.

Quelques jours après des élections décrites et vécues comme un coup de tonnerre, la normalisation est en cours aux Etats-Unis. Alors que le pays vient d’élire pour président un homme d’affaires agressif et versatile qui a tenu des propos sexistes, racistes et xénophobes, veut déporter les onze millions d’étrangers en situation irrégulière et les trois millions de musulmans vivant sur le territoire, entend réhabiliter la torture et criminaliser l’avortement, bénéficie du soutien du Ku Klux Klan et de Vladimir Poutine et a déclaré vouloir faire incarcérer sa rivale Hillary Clinton s’il est élu, journalistes, experts et politiques des deux camps appellent désormais à l’unité derrière le futur chef de l'état.

Chacun se réjouit du langage de réconciliation utilisé par le vainqueur lors de son premier discours et assure qu’une passation de pouvoir apaisée représente la marque distinctive ultime de la tradition démocratique qui fait la grandeur des Etats-Unis. «Tout le monde est triste quand son camp perd les élections, mais le jour suivant, nous devons nous rappeler que nous sommes tous dans la même équipe », a affirmé Barack Obama juste après l’annonce du résultat du scrutin. Invitant Donald Trump, qu’il avait qualifié quelques jours auparavant d’homme dangereux pour la sécurité du pays, à lui rendre visite à la Maison Blanche, l’actuel président a ajouté que « la présomption de bonne foi est essentielle pour une démocratie dynamique fonctionnant bien ». Mais la démocratie fonctionne-t-elle bien aux Etats-Unis ? Et d’abord, les élections y sont-elles justes, comme on l’entend souvent ? De nombreux éléments permettent d’en douter.

Nous savons qu’un président peut être élu sans obtenir la majorité des voix des votants en raison du système complexe de collège électoral qui, sauf dans deux cas, donne tous les grands électeurs d’un état au candidat qui en obtient la majorité des suffrages. C’est ce qui vient de se passer pour la cinquième fois dans l’histoire du pays. Comme Al Gore, battu il y a seize ans par George Bush malgré cinq cent mille voix d’avance, Hillary Clinton a cette fois perdu l’élection en recueillant six cent mille suffrages de plus que son concurrent. L’essentiel n’est pourtant pas là.

Bien que le quinzième amendement de la constitution des Etats-Unis garantisse que « le droit de vote des citoyens ne peut être refusé ou limité en raison de la race, de la couleur ou d’une condition antérieure de servitude », les états ont le pouvoir de légiférer pour restreindre, voire supprimer le droit de vote « en raison d’une inculpation criminelle ou d’une incapacité mentale ». Ce type de handicap concerne six pour cent de la population en âge de voter, mais nous ignorons le nombre de personnes affectées par cette mesure qui fait l’objet d’une législation spécifique dans trente neuf états. Nous savons, en revanche, que le disenfranchisement touche six millions cent mille personnes condamnées, soit un adulte sur quarante. Les Etats-Unis ont les pratiques punitives les plus sévères au monde, plus de deux millions d’individus y sont en prison, le taux d’incarcération étant sept fois plus élevé pour les noirs. Mais, comme le rappelle le Sentencing Project, les procédures de déchéance du droit de vote diffèrent selon les états. Seuls deux états n’en ont pas. Dans quatorze autres états, la restriction ne s’applique qu’aux prisonniers. Dans vingt deux états, elle inclut aussi les personnes poursuivies. Enfin douze états, presque tous dans le sud, étendent la déchéance au-delà de la peine, pour une durée allant de deux ans à la vie entière.

Cette « mort civique » affecte de manière disproportionnée les noirs, qui représentent le tiers des personnes déchues de ce droit. Un adulte noir sur treize est privé du droit de vote. Dans cinq états, c’est même un adulte noir sur cinq. Tel est le cas de la Floride qui, souvent, décide du résultat final de la présidentielle et où un million cinq cent mille personnes sont interdites de vote, le candidat républicain l’ayant cette fois emporté de cent vingt mille voix. La plupart de ces législations datent de la période qui a suivi la guerre civile. Elles étaient conçues pour écarter les noirs pauvres de l’électorat, la liste des délits et crimes justifiant la déchéance étant établie en ciblant cette catégorie. Avec le durcissement des politiques pénales, le nombre de citoyens ayant perdu le droit de vote a été multiplié par cinq en quarante ans. Le disenfranchisement est devenu un instrument de régulation du périmètre de l’électorat et, si l’on considère que neuf noirs sur dix votent pour le parti démocrate, c’est un élément déterminant du résultat des élections tant présidentielles que législatives.

La déchéance du droit de vote ne représente toutefois qu’une partie des restrictions apportées au suffrage des minorités et des pauvres.

Une logique complémentaire, appelée voter suppression, consiste à mettre en place des mesures réglementaires ou administratives pour décourager ou empêcher le vote en ciblant de manière indirecte ces populations. Il s’agit d’une stratégie développée par la droite radicale dans le prolongement des lois Jim Crow promulguées dans les états du sud pendant la période de ségrégation raciale. Dans les suites du mouvement pour les droits civiques, porté par Martin Luther King, le Voting Rights Act de 1965 avait rendu ces législations illégales et avait donné à l'état fédéral un droit de regard sur ces pratiques. Cependant, en 2013, une décision de la cour suprême, dont la majorité des juges est conservatrice, a annulé ce droit, autorisant ainsi la multiplication d’initiatives visant à limiter l’expression du suffrage des minorités et des pauvres.

Depuis 2010, selon le Brennan Center for Justice, vingt états ont introduit de telles lois, c’est le cas de sept des onze états qui avaient le plus haut taux de participation des afro américains lors de la première élection de Barack Obama en 2008. C'est aussi le cas de huit des douze états qui ont connu la plus forte progression de leur population hispanique considérée comme décisive lors de l’élection de 2012. La mesure la plus employée consiste à prétendre lutter contre la fraude en obligeant les électeurs à présenter une pièce d’identité avec photographie. Ce document étant payant et facultatif aux Etats-Unis, on estime que onze pour cent des citoyens n’en ont pas, principalement des jeunes, des personnes âgées, des noirs de milieu modeste et des hispaniques en peine d’obtenir un extrait d’acte de naissance de leur pays. Au Texas, où un permis de port d’armes périmé est considéré valable mais non une carte d’étudiant d’une université publique, six cent mille personnes n’ont pas pu voter. Parmi les autres procédés utilisés, la réduction de la période de vote avant la date officielle du scrutin, car nous savons que les électeurs démocrates sont plus nombreux à utiliser cette option, et la diminution du nombre de bureaux de vote dans les quartiers populaires, conduisant à des files d’attente qui ont été mesurées deux fois plus longues pour les votants noirs que pour les votants blancs. C’est lors de l’élection de 2016 que l’ensemble de ces dispositions racialement discriminatoires a pour la première fois été appliqué.

La seule parole vraie qu’aura prononcée, lors de la campagne, Donald Trump, « président démocratiquement élu » comme chacun s’emploie à le répéter, est que le système électoral états-unien est faussé. Son affirmation était dirigée contre ses adversaires démocrates. En réalité, tout le dispositif est conçu pour restreindre légalement les suffrages des minorités et des pauvres. Héritée du long passé d’esclavage et de ségrégation, cette politique, qu’on avait crue disparue avec le mouvement pour les droits civiques et que la plupart continuent d’ignorer, n’a cessé de se renforcer au cours de la période récente, comme contrecoup de la première élection d’un président noir.

 

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 20:33

 

Ziad Takieddine dit avoir remis de l'argent libyen à Nicolas Sarkozy (Reuters)

 

L'homme d'affaires Ziad Takieddine affirme avoir remis trois mallettes d'argent libyen à Claude Guéant et à Nicolas Sarkozy avant le premier tour des élections présidentielles de 2007, ce que l'ancien chef de l’état et son ancien directeur de campagne démentent formellement.

Dénonçant une manipulation, les avocats des deux hommes ont annoncé des poursuites contre l'intermédiaire franco-libanais.

Dans un entretien filmé accordé au site d'information Mediapart, diffusé Mardi 15 Novembre 2016, Ziad Takieddine, mis en examen dans d'autres dossiers, précise que le montant total de ces remises d'argent s'élevait à cinq millions d'euros.

Il s'en prend violemment à l'ancien chef de l’état aujourd'hui candidat aux élections primaires de la droite pour les élections présidentielles de 2017, dont le premier tour aura lieu Dimanche 20 Novembre 2016, auquel il reproche de vouloir briguer un nouveau mandat.

« Pourquoi et comment se fait-il qu'un type comme celui-là puisse prétendre encore une fois à la présidence de la république ? Le peuple français doit réagir, cela va exploser », dit-il dans cet entretien réalisé le Samedi 12 Novembre 2016.

Ziad Takieddine déclare avoir remis de l'argent à deux reprises en 2006 à Claude Guéant, lorsque ce dernier était directeur de cabinet du ministre de l’intérieur qu'était Nicolas Sarkozy, dans son bureau de la place Beauvau, puis une troisième fois, au mois de janvier 2007, au candidat à la présidence en personne, dans l'appartement privé du ministre.

« Nicolas Sarkozy oppose un démenti formel à ces nouvelles allégations », déclare son avocat, Thierry Herzog, dans un communiqué. « Des poursuites judiciaires seront donc engagées en réponse à cette manipulation grossière », ajoute-t-il.

Plainte en diffamation

Le défenseur joint à son communiqué deux extraits d'un procès-verbal d'audition de Ziad Takieddine après une précédente plainte en diffamation de Nicolas Sarkozy dans laquelle l'intermédiaire déclarait n'avoir rencontré l'ancien chef de l’état qu'à deux reprises, en 2002 et en 2003.

Interrogé par Reuters, Philippe Bouchez el Ghozi, avocat de Claude Guéant, a lui aussi démenti les propos de l'homme d'affaires et annoncé le dépôt d'une plainte en diffamation.

« Claude Guéant a toujours été très clair. Il n'a jamais de près ou de loin perçu ou entendu parler du moindre centime d'argent libyen en soutien de la campagne de Nicolas Sarkozy », a-t-il dit. « Il l'a maintes fois répété devant la justice ».

Une information judiciaire contre X a été ouverte le 19 avril 2013 par le parquet de Paris sur un possible financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Elle porte sur les chefs de « corruption active et passive, trafic d'influence, faux et usage de faux, abus de biens sociaux, blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

Ziad Takieddine avait déjà accusé Nicolas Sarkozy devant la justice ou la presse d'avoir bénéficié de largesses de Tripoli mais il n'avait jamais indiqué avoir lui-même livré de l'argent.

L'un de ses avocats, Jean-Claude Guidecelli, juge ses déclarations à Mediapart crédibles.

« Cela ne s'invente pas. Il se met lui-même dans de sales draps en avouant avoir transporté l'argent et on peut considérer qu'il a pesé le pour et le contre », a-t-il dit à Reuters.

Ziad Takieddine été mis à plusieurs reprises en examen en France, notamment dans le volet financier de l'affaire Karachi pour laquelle le parquet général de Lyon a requis le 5 novembre 2016 son renvoi en correctionnelle avec cinq autres personnes.

Dans son entretien à Mediapart, où il livre un luxe de détails, l'intermédiaire dit avoir « découvert des choses qui ne méritent plus d'être cachées » et avoir remis un mémoire à la justice, raison pour laquelle il se sent « libre de parole ».

Prié de dire si Nicolas Sarkozy savait ce que contenait la mallette d'argent qu'il avait déposée dans son bureau, il répond « bien sûr » et il ajoute qu'ils avaient parlé de l'affaire des infirmières bulgares détenues en Libye et libérées au tout début du mandat de l'ancien président.

Les faits allégués par Ziad Takieddine ont déjà été évoqués en 2012 par l'ancien chef des services de renseignement et beau-frère de feu le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Abdallah Senoussi, lors de son audition par le procureur général libyen à la demande de la Cour Pénale Internationale (CPI), dit Mediapart.

L'ancien dignitaire libyen y aurait affirmé avoir « personnellement supervisé le transfert » d'une somme de cinq millions d'euros « pour la campagne du président français Nicolas Sarkozy en 2006 et en 2007 », écrit le site d'information.

Il précisait que ce transfert avait été réalisé « via un intermédiaire français, en la personne du directeur de cabinet du ministre de l’intérieur », donc Claude Guéant, et « un second intermédiaire, le nommé Ziad Takieddine, un français d'origine libanaise installé en France ».

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 20:17

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/11/15/l-ong-sherpa-porte-plainte-contre-lafarge-pour-financement-du-terrorisme_5031474_1618247.html

 

L’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Sherpa porte plainte contre Lafarge pour financement du terrorisme

Le cimentier est accusé d’avoir indirectement payé des taxes et des droits de passage à l’organisation Etat Islamique.

Par Christophe Ayad, rédacteur en chef international du Monde

L’ONG française Sherpa de défense des victimes de crimes économiques a déposé plainte, Mardi 15 Novembre 2016, auprès du doyen des juges d’instruction de Paris contre le cimentier franco-suisse Lafarge Holcim pour « financement du terrorisme, complicité de crimes contre l’humanité, complicité de crimes de guerre, mise en danger d’autrui » et d’autres infractions connexes. La plainte, nourrie par un volumineux dossier basé sur des documents de sources diverses et des témoignages d’anciens salariés de la filiale syrienne du groupe, Lafarge Cement Syria, vise des faits qui se sont produits en Syrie en 2013 et en 2014. A cette époque, Lafarge, qui n’avait pas encore fusionné avec le suisse Holcim, avait une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, située près de Manbij, Rakka et Kobané, en plein dans une zone où opérait notamment l’organisation Etat Islamique.

Comme l’ont montré plusieurs enquêtes publiées par le Monde, Lafarge a indirectement financé pendant cette période les djihadistes de l’Etat Islamique, mais aussi avant eux ceux du Front al Nosra, la branche syrienne d'al Qaida, qui avaient instauré un système de droit de passage pour les ouvriers travaillant à la cimenterie, ainsi que pour les marchands de ciment venant s’y approvisionner. Par ailleurs, la cimenterie de Lafarge, pour pouvoir continuer à opérer, s’est fournie en pétrole lourd et en pouzzolane, une roche utile dans la confection du ciment, auprès d’intermédiaires locaux qui achetaient directement à l’Etat Islamique ou payaient des taxes au groupe djihadiste.

Pour l’avocat William Bourdon, fondateur de Sherpa, la question de la compétence des juridictions françaises ne se pose pas, bien que les faits se soient produits hors de France, de par la nature, terrorisme et crimes contre l’humanité, des faits visés ainsi que « dès lors que les personnes visées sont françaises ».

Faits « sans précédent »

La plainte, déposée conjointement avec le centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme de Berlin, et les faits reprochés sont « sans précédent », selon William Bourdon, qui souligne « la très grande gravité, mais aussi la complexité des faits, outre qu’ils se sont déroulés dans une zone de guerre ». Elle vise également « les conditions de travail exécrables » dans lesquels ont été amenés à évoluer les employés de Lafarge Syrie, dont certains ont fait l’objet de kidnappings.

Selon l’avocat, « il ne s’agit pas d’imputer à qui que ce soit la responsabilité de la guerre en Syrie et de l’irruption de l'Etat Islamique mais de demander que soient tirées les conséquences d’une politique cynique faite d’aveuglement et de surdité. Il nous apparaît impensable que les dirigeants de Lafarge puissent nous opposer leur ignorance des crimes commis par l'Etat Islamique pendant cette période », ajoute-t-il, insistant sur « l’obsession d’une entreprise de pérenniser une activité profitable au risque de devoir rendre compte de liaisons pour le moins dangereuses avec ceux qui sont perçus comme les pires ennemis de l’humanité ».

Interrogée par Le Monde, une porte-parole du groupe franco-suisse a mis en avant les engagements éthiques de Lafarge contenus dans son code de conduite des affaires, bien qu’il ne mentionne pas explicitement les questions de terrorisme.

Une proposition de loi renforçant la responsabilité des maisons mères vis-à-vis de leurs filiales et fournisseurs est en discussion au parlement français depuis deux ans. « L’issue reste incertaine car les résistances du lobby patronal sont fortes », souligne William Bourdon. « Il s’agissait pourtant d’une promesse de François Hollande ».

 

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