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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 20:01

 

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=5614

 

Communiqué de la coordination des intermittents et précaires 

 

Hospitalité pour les sans-papiers !

 

Depuis quelques jours des centaines d’exilés tunisiens survivant dans les rues à Paris et comme ils peuvent sont persécutés par la police qui a opéré plusieurs rafles non loin de la coordination des intermittents et précaires (porte de la Villette, Corentin Cariou, Stalingrad) et ailleurs.

Jeudi 28, alors qu’avait lieu une projection de film à la coordination, plusieurs dizaines de ces tunisiens, dispersés et traqués par les forces de l’ordre sont venus chercher refuge au 14 quai de Charente et nous les avons accueillis.

 

Si leur prêter main forte alors qu’ils sont en butte à la xénophobie d’état est pour nous une évidence, cette hospitalité ne va pas sans difficultés.

 

D’une part nous n’avons pas les moyens de subvenir aux besoins (alimentation, hygiène, santé) de ces exilés.

 

D’autre part, cet hébergement par la coordination ne peut être qu’extrêmement provisoire.

 

Bien que la Ville de Paris ne nous ait toujours pas proposé un relogement correspondant à nos activités comme elle s’y est engagée, la coordination est en effet sur le point de quitter le bâtiment du quai de Charente. Notre éviction étant imminente, nous venons de conclure un accord avec elle afin d’éviter l’expulsion et le paiement d’une astreinte d’occupation qui se monte à ce jour à près de cent mille euros. Cet accord prévoit que nous déménagions nos affaires ce mercredi 4 mai pour en installer transitoirement une partie dans un local de deux pièces de soixante huit mètres carrés, Boulevard de Strasbourg, dans l’attente d’un relogement correspondant au cahier des charges, que nous rendions le local du quai de Charente au plus tard ce vendredi 6 mai, ainsi que l’engagement de la mairie à renoncer à recouvrer l’astreinte d’occupation.

 

Nous avons donc expliqué aux exilés tunisiens que nous comptions respecter l’accord qui nous lie à la Mairie de Paris et que leur séjour quai de Charente ne pourrait excéder les quelques jours qui viennent.

 

La première de leur revendication, telle qu’ils nous l’ont transmise, est de disposer d’un lieu qui leur soit propre afin de dormir à l’abri, de s’organiser pour vivre et pour obtenir leur régularisation. Or la Mairie de Paris dispose de lieux vacants qui pourraient leur convenir. C’est pourquoi nous appuyons les démarches en cours auprès de la Mairie de Paris afin que cette dernière aille au delà des légitimes déclarations de soutien et leur fournisse un lieu d’hébergement.

 

Nous faisons appel à la solidarité de tous afin que ces tunisiens en exil ne restent pas isolés et pourchassés alors même qu’une large partie de la population de ce pays et de tant d’autres regarde avec enthousiasme les soulèvements populaires que la révolte tunisienne de décembre 2010 a initié.

 

Paris, le 30 avril 2011

 

Coordination des Intermittents et Précaires

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 19:50

 

Contre la répression du mouvement social en France et dans ses dernières colonies

 

Soirée-débat contre la criminalisation du syndicalisme : ADN, mandat d’arrêt européen...

 

Mercredi 4 mai 2011 à partir de 18 heures à la Bourse du Travail, salle Grande Croisat
3 Rue du Château d'eau 75010 Paris Métro République

 

Evènement de solidarité avec Xavier Matthieu, qui passe en procès le 3 mai au tribunal de Compiègne, pour un refus de prélèvement ADN dans l’affaire des Continental de Clairoix

 

en présence de : Xavier Matthieu (ex-CGT-Continental), Christian Mahieux (Union syndicale SOLIDAIRES), Cyril Gervasoni (Secrétariat international CNT), Jean Brignole (secrétaire général du Syndicat des travailleurs corses STC), Alain Mosconi (Syndicat des travailleurs corses STC), Jean-Luc Morucci (Plateforme des syndicats des nations sans Etat), Charly Lendo (Union générale des travailleurs de Guadeloupe UGTG), Rock Hahocas (USTKE Kanaky), des membres de LAB (Euskal Herria), SLB (Breizh) et des syndicalistes et militants du mouvement social en France

 

Organisé par la Plateforme des syndicats des nations sans Etat, avec le soutien de l'Union syndicale SOLIDAIRES et du Secrétariat international de la CNT

 

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 19:22

 

Je publiais le 20 avril un message relatif aux problèmes internes du Parti de Gauche du Calvados.

Je recevais ce jour un message du camarade Gualbert par lequel il me demandait la suppression du message de mon blog personnel relatif aux problèmes internes du Parti de Gauche du Calvados sous le prétexte selon lequel ce message contiendrait des « propos diffamatoires ».

Le camarade Gualbert a raison. Je lui faisais beaucoup trop de publicité à lui et à son parti, mon message était trop long, il y avait trop de détails, les lecteurs ne lisent pas les détails. Je décide immédiatement la suppression du message de mon blog personnel relatif aux problèmes internes du Parti de Gauche du Calvados.

Il me permettra deux mises au point particulièrement claires et courtes.

Premièrement, de mon point de vue, le Parti de Gauche du Calvados et d’ailleurs est un parti totalement anti démocratique. J’en veux pour preuve depuis deux ans la multiplication des exclusions, des dissolutions de sections, des réunions et des résolutions de la commission des conflits interne du Parti de Gauche. Si le camarade Gualbert consulte le moteur de recherche www.google.fr , il trouvera des dizaines de messages relatifs aux problèmes internes du Parti de Gauche. Je lui conseille l’envoi d’un message immédiatement aux gestionnaires du moteur de recherche www.google.fr par lequel il accuserait leurs messages de « propos diffamatoires » et par lequel il leur demanderait la suppression de leurs messages.

Deuxièmement, le camarade Mélenchon, député européen, votait récemment au Parlement européen une résolution de soutien à la guerre de l’OTAN contre la Libye. De mon point de vue, c’est très clair, le vote du camarade Mélenchon au Parlement européen est un vote de soutien à Sarkozy.

Je présente au camarade Gualbert mes meilleures salutations militantes.

Bernard Fischer  

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 20:10

 

Communiqué du Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51 avenue Simon Bolivar

 

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris occupe depuis ce premier mai à minuit l’immeuble appartenant à la mairie de Paris se situant au 51 avenue Simon Bolivar dans le dix neuvième arrondissement de Paris.

La mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux tunisiens récemment arrivés à Paris.

Nous vivons dehors, passons de vingt quatre à trente six heures sans fermer l’œil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tout les besoins fondamentaux de la vie quotidienne. Malgré ces conditions difficiles nous restons dignes.

Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser.

Nous resterons ici même tant qu’une solution satisfaisante ne nous sera pas proposée.

Des papiers pour circuler et vivre librement ! 

Nous appelons tous ceux qui veulent nous soutenir à se rassembler devant le 51 avenue Simon Bolivar toute la journée et appelons à un rassemblement à 18h. ( Métro : Belleville ou Buttes Chaumont)

Nos revendications :

Que chacun puisse entrer et sortir librement de l’immeuble et laisser rentrer le ravitaillement.

Que la police ne procède à aucune arrestation ni ici, ni sur Paris.

Un engagement de la Mairie a faire pression auprès de la Prefecture et du Gouvernement pour les papiers et contre les arrestations.

 Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris et des occupants du 51 avenue Simon Bolivar  

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 19:57

 

Ce dimanche premier mai le premier ministre turc Recep Erdogan s'est exprimé à la télé turque à propos de la Syrie.

 

Il a rappelé qu'après les évènements dans les pays arabe en Afrique du Nord, il s'était entretenu avec le président syrien Bashar al-Assad sur la manière d'éviter que cela se produise en Syrie et de la nécessité de lever l'état d'urgence en vigueur dans le pays depuis 48 ans. Il a dit que Bashar n'avait pas montré d'opposition mais qu’il a échoué à prendre les mesures nécessaires ce qui a fait que nous en soyons arrivés là.

 

Il a affirmé qu'il ne voulait pas de séparation en Syrie et que l'Etat syrien devait éviter tout ce qui pourrait y conduire, qu'il s'agissait de la liberté du peuple syrien et que Bashar al-Assad devrait se montrer plus déterminé dans sa lutte pour la liberté de son peuple. Il a ajouté que l'état d'urgence a été levé mais la décision n'a pas été mis en application et que la tuerie devrait s'arrêter.

 

Il a mis en garde que le conseil de sécurité pourrait être saisi et que la Syrie ne devrait pas connaître de massacre comme celui de Hama. Il a exhorté le président syrien de faire attention, car si de tel massacre venait à se produire, la réaction internationale serait dure et la Turquie ne manquerait pas à ses responsabilités dans une telle situation.

 

Il a aussi rappelé que la Turquie a ouvert ses frontières devant les gens fuyant la Syrie, et il s'est déclaré disposé à aider la Syrie dans son combat contre la corruption.

 

Par ailleurs on parle en Turquie d’un plan « B » en cas de flux massif de réfugiés syriens, similaire au flux des réfugiés irakiens lors de la première guerre du Golfe, un plan qui consisterait à établir une zone de refuge pour ces populations sur le côté syrien des frontières, une zone dont les besoins sécuritaires et humanitaires seraient assurées par la Turquie.

 

De son côté le ministre des affaire étrangères turc, Ahmet Davutoğlu, a lui aussi affirmé son opposition à une intervention étrangère, tout en confirmant le droit de chacun à vivre en paix dans on pays, et en appelant le président syrien à ne pas manquer cette occasion pour établir un dialogue avec son peuple. 

 

http://www.cumhuriyet.com/?hn=239288

 

http://www.hurriyetdailynews.com/n.php?n=turkey8217s-plan-b-is-to-form-safe-havens-in-syrian-side-of-the-border-2011-05-01

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 21:01

 

http://www.gisti.org/spip.php?article2282

 

Urgence pour la solidarité

 

Nous dénonçons le traitement indigne infligé aux centaines de tunisiens arrivés en France via l’Italie et laissés en errance dans les rues de Paris, de Marseille et d’autres villes. La plupart ont des permis de séjour temporaire délivrés par l’Italie, leur assurant des droits.

Nous demandons l’arrêt immédiat des rafles policières, la libération des personnes arrêtées et l’ouverture de négociations pour trouver des solutions adaptées.

Il y a urgence à trouver des solutions d’accueil (centres d’hébergement, structures d’accueil,…) et à nourrir les personnes concernées.

Nous demandons également au Gouvernement français pour ceux qui souhaitent bénéficier d’une formation pour contribuer à leur retour au développement de la Tunisie, de leur en donner les moyens et une carte de séjour temporaire

Nous demandons pour ceux qui souhaitent travailler et vivre en France, temporairement au moins, de leur donner une carte de séjour vie privée et familiale à titre exceptionnel en égard à la révolution démocratique tunisienne comme cela a pu être fait à d’autres époques.

Nous demandons pour ceux qui souhaitent retourner en Tunisie, que l’OFI leur fournisse un billet d’avion et une aide au retour significative.

Nos associations appellent les associations, syndicats, collectifs, organisations politiques et collectivités locales à la mobilisation générale pour permettre accueil et solidarité respectant la dignité des migrants tunisiens.

Nous soutenons les processus démocratiques en cours. Ils ne peuvent être séparés de la fondation de rapports internationaux plus justes et plus équilibrés, basés sur une égalité des droits des individus et des peuples à la liberté, à une vie digne et indépendante ainsi qu’à des droits égaux à la liberté de circulation.

Le 29 avril 2011

Premiers signataires :

ARDHIS, ATDF (ex ATF-Paris), ATMF, ATTAC, Cedetim-IPAM, Citoyennes des Deux Rives, FASTI, FTCR, GISTI, LDH, MRAP, RESF, Union syndicale Solidaires, Collectif de soutien aux migrants du Bassin Creillois, Traversée, UNEF, Uni’T

 

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 20:36

 

La révolte des blogueurs

 

LE MONDE | 15 avril 2011 | Xavier Ternisien | 1585 mots

 

Ce ne sont encore que quelques coups de gueule individuels. Une petite bronca. Pas de quoi créer un syndicat ou un parti. Mais le débat est sur la place publique, sur l'agora du Web. Les blogueurs en ont marre de travailler pour rien. Et ils l'écrivent haut et fort.

 

En mars, c'est le blogueur « libéral de gauche » Hughes Serraf qui claque la porte de Rue89. Il est « fatigué d'être considéré comme une poire ». Bloguant à titre gracieux pour le site d'information depuis trois ans, il a demandé au rédacteur en chef, Pascal Riché, d'être payé en piges. En retour, il s'est vu proposer « une gratification nette de 200 euros par mois ». Une misère. « Je produis au minimum autant qu'un journaliste de la rédaction et mes papiers sont autant lus », argumente-t-il. Dépité, il a pris ses cliques et ses claques pour rejoindre Atlantico, un autre site d'information où il produit cinq éditos par semaine et reçoit « des piges convenables ».

Hughes Serraf n'hésite pas à qualifier les responsables de Rue89 de « pharisiens dont les discours tiennent du prêche et n'ont rien à voir avec les comportements. On laisse croire que le site est animé par une joyeuse bande de copains, alors qu'il s'agit d'une start-up dont l'objectif est de gagner de l'argent... » De son côté, Pascal Riché justifie la politique du site : « Tout ce qui est journalistique, on le paye. Tout ce qui est commentaires, on ne le paye pas, pas plus que les journaux ne payent pour les tribunes qu'ils publient. Si l'on pouvait rémunérer les blogueurs, ce serait mieux, mais nous sommes une jeune société qui ne peut se le permettre. On leur offre de la visibilité... »

L'idée est bien là : si les blogueurs sont rétribués, c'est d'abord et surtout symbolique. De la visibilité, de la notoriété. Ce que le blogueur Vogelsong dénonce, dans un billet, sous le terme d'« économie de la gratitude » : « Aux dires mêmes des responsables de sites, le blogueur est «payé» en espace, exposition. En considération.Pendant que certains font commerce, d'autres, pour des contenus équivalents, sont rémunérés en accolades, visites et sourires... »

Cette « économie de la gratitude », la blogueuse La Peste avoue que « ça [la] fait gerber » : « Ce n'est pas tellement une question d'argent, mais de principe. Celui qui produit du contenu pour un support apporte de la valeur ajoutée et doit recevoir quelque chose en contrepartie. Et l'excuse d'une presse en ligne qui n'a pas encore trouvé son modèle économique ne me convient pas. »

Aux Etats-Unis, la grogne des blogueurs s'est muée en appel à la grève lorsqu'au mois de février, Arianna Huffington a vendu son site d'agrégation de contenus, le Huffington Post, au géant des médias AOL pour 315 millions de dollars (217,2 millions d'euros). Quelques contributeurs parmi les 6 000 blogueurs réguliers ont réclamé leur part du gâteau. Bill Lasarow, rédacteur en chef du site artistique Visualartsource, a même appelé les plumes du Web à ne plus transmettre gratuitement leurs articles au « Huff Po », qui se classe au deuxième rang des sites d'information aux Etats-Unis, avec 25 millions de visiteurs uniques, derrière le site du New York Times (32 millions). Une grève qui n'a guère ébranlé la fondatrice : « Continuez la grève, personne ne la remarque ! » Le site d'information Politico a caricaturé la dame en Scarlett O'Hara, régnant sur une plantation de coton et une armée d'esclaves...

Un blogueur a décidé d'aller plus loin en déposant, mardi 12 avril, une plainte contre AOL et le Huffington Post, réclamant 105 millions de dollars de dommages pour les milliers de contributeurs du site. Il souhaite que ses poursuites soient considérées comme une plainte en nom collectif. « Nous espérons créer un précédent, afin que les producteurs de contenus soient rémunérés pour la valeur qu'ils créent », précise l'un de ses avocats, Jesse Strauss. Les responsables du « Huff Po » lui opposent toujours le même argument de la notoriété : « Les blogueurs utilisent notre plate-forme afin que leur travail soit lu par le plus de gens possible, déclare Mario Ruiz, porte-parole du site. De la même façon que des centaines de personnes vont dans les shows télévisés pour faire la promotion de leurs opinions et de leurs idées. »

En France, quelques rares sites d'information versent des droits d'auteur à certains blogueurs triés sur le volet. Lemonde.fr a sélectionné une trentaine de « blogueurs invités », avec lesquels il partage les ressources publicitaires générées par ces blogs. Les sommes versées sont calculées en fonction de l'audience et vont de cinq cent euros par trimestre, qui est un minimum garanti, à plus de trois mille euros par mois pour quelques blogueurs vedettes... Mais, dans la plupart des cas, la règle est d'offrir seulement aux blogueurs la notoriété de la marque. « Nous les mettons en avant et, grâce à nous, ils bénéficient d'une audience considérable, argumente Philippe Cohen, rédacteur en chef de Marianne2, le site de l'hebdomadaire Marianne. Ce sont souvent des retraités, ou des gens qui ont une autre activité et interviennent comme experts. Nous ne les jugeons pas sur des critères journalistiques. Si nous devions les payer, je pense que nous aurions une plus grande exigence éditoriale. »

Pour le blogueur traitant de la politique et de l'actualité, il est très difficile de vivre de sa plume. Intox 2007 (un blogueur qui souhaite garder l'anonymat) représente un cas extrême. Chômeur en fin de droits, il vit avec 620 euros de revenu par mois. En désespoir de cause, il a lancé à ses lecteurs un appel aux dons en ligne. Cet ancien consultant Internet a bien tenté de mettre de la publicité sur son site grâce aux outils fournis par Google. « Les revenus étaient dérisoires, de l'ordre de 80 euros par mois, déplore-t-il. Et je me retrouvais avec des publicités inadaptées, comme par exemple «Réduisez vos impôts» à côté d'un billet sur la politique fiscale ! »

Pour Intox 2007, la solution serait que les blogueurs s'unissent pour monter une plate-forme commune et trouvent un investisseur prêt à les soutenir pendant deux ans, le temps de parvenir à la rentabilité. Benoît Raphaël, ancien rédacteur en chef du Post, filiale du groupe Le Monde, qui prépare le lancement d'un site participatif pour Le Nouvel Observateur, réfléchit à un modèle qui sortirait de l'économie de la « gratitude » : « On ne peut plus faire travailler les gens en leur disant : «Vous allez être connus», insiste-t-il. Il faut trouver un système de rémunération qui soit juste et transparent. »

« Il n'y a pas de martingale, tranche Guy Birenbaum. On ne peut pas vivre de son blog. » Ce blogueur connu a d'abord été hébergé par 20 minutes, puis par Le Post, avant de prendre son indépendance en mars 2010. Il écrit maintenant sur un site à son nom, sa « petite épicerie », comme il dit. Il y a perdu beaucoup d'audience, passant de cinquante mille visiteurs par jour au Post à deux mille visiteurs. « Les blogueurs sont contents d'être hébergés par des marques de presse connues, mais le flux de visiteurs qu'ils reçoivent n'est pas synonyme de qualité. Aujourd'hui, j'ai moins de lecteurs, mais ils viennent vraiment parce que ce que j'écris les intéresse. » Guy Birenbaum ne vit pas de son blog, mais de ses activités annexes d'éditeur et de chroniqueur dans plusieurs médias, dont Europe 1. « Les blogueurs forment un «lumpen prolétariat» qui n'est défendu par aucun syndicat », note-t-il, amer.

Il existe certains domaines où tenir un blog peut rapporter de l'argent. « Ce sont les sujets liés à la consommation et aux produits high-tech », note Frédéric Montagnon, fondateur de la plate-forme Overblog, qui rémunère ses blogueurs sous forme de droits d'auteur ou de recettes publicitaires. « Un blogueur moyen, qui produit à peu près un billet par jour et anime sa communauté, peut gagner entre cent cinquante et cinq cent euros par jour », précise-t-il.

« Le blog est un CV en ligne, qui permet de se faire connaître », témoigne William Réjault. Cet ex-infirmier a commencé à bloguer en septembre 2004. Son histoire fait partie des success stories de la blogosphère. Il a d'abord raconté son quotidien à l'hôpital sous le pseudonyme de « Ron l'infirmier ». Ses meilleures chroniques ont été publiées en 2006 sous le titre La Chambre d'Albert Camus (éd. Privé). Parallèlement, il s'intéresse à l'actualité people et rédige des articles pour Le Post. En 2009, il quitte son métier d'infirmier pour se consacrer à l'écriture et publie quatre autres livres. Il vient d'être nommé rédacteur en chef d'OFF, la chaîne musicale d'Universal Music. « Mon parcours professionnel est lié à mon activité de blogueur et à ma notoriété en ligne », assure-t-il.

L'effet de visibilité sur le Net n'est donc pas un concept vain. Même s'il joue surtout dans certains domaines comme la mode, la beauté, la cuisine ou encore les nouvelles technologies. « Le blog est une vitrine », résume Anne Lataillade. Cette ancienne professionnelle de la finance a lancé un blog de cuisine en 2005. Elle pige maintenant pour plusieurs magazines et a publié un livre de recettes.

Mais attention ! Tenir un blog est une ascèse. « Il faut l'alimenter tous les jours, insiste William Réjault. C'est comme se brosser les dents avant de se coucher. » Et puis, un jour ou l'autre, arrive un phénomène bien connu sous le nom de « fatigue du blogueur ». « On se sent vide. On se dit : «Je n'ai plus rien à dire, je n'ai plus d'idées», raconte Caroline Franc, qui tient depuis 2006 la chronique de sa vie sur « Pensées de ronde ». On écrit un billet «J'arrête». Et puis, on recommence, motivé par la communauté de ses lecteurs. En fin de compte, le blog c'est une drogue. »

Xavier Ternisien

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 19:01

 

http://www.liberation.fr/monde/01012333779-pris-en-otage-insultes-et-battus-a-misrata

 

Pris en otage, insultés et battus à Misrata

 

Des sbires kadhafistes ont fait vivre l’horreur au cuisinier marocain d’un restaurant de Tripoli Street, détenu plus d’un mois avec sa famille. 

Ils sont arrivés à vingt, le 18 mars, en treillis bleutés, juste après le coucher du soleil, dans le restaurant Al-Elmtiaze dont la spécialité était le poulet grillé. Ils ont mitraillé pendant de longues minutes ce qui était l’établissement le plus prisé de Tripoli Street. Le patron, Fouad Chakkaf, la petite cinquantaine, s’était barré quelques heures auparavant, dans son gros quatre fois quatre bleu nuit, vers sa propriété aux hauts murs ocres du quartier d’Al-Jazira, près de la mer, loin des bombes et des tireurs embusqués. Ce patron avait laissé à son cuisinier marocain, Aziz, 48 ans, le soin d’emporter «les derniers sacs de farine et de riz» car les chars de Kadhafi remontaient de l’aéroport vers Tripoli Street. Aziz n’en a pas eu le temps : «Les hommes de Kadhafi nous ont pris tout de suite en otage, ont ouvert les frigos qui étaient vides, ont pris le peu de riz qui restait et se sont vengés en fracassant la salle de restaurant de 200 couverts», se souvient-il. Puis les soldats ont fait monter la famille Yahya au premier. Ils ont occupé les deux étages du dessus pendant trente-cinq jours, «nous traitant comme des animaux, moi, ma femme Haouria, et mon jeune garçon Amine qui a 12 ans.» Il y avait aussi Alam, une Marocaine d’une trentaine d’années, employée à la cuisine et enceinte depuis sept bons mois. 

«Tortue».

 Aziz, la peau grise et tendue comme elle le serait avec un châssis, raconte avoir vécu telle «une tortue» pendant trente-cinq jours : «Ils nous ont poussés au premier étage et là, on a vécu un cauchemar nuit et jour. Un obus de char a défoncé la maison d’à côté dès le premier soir, car les soldats croyaient que nos voisins étaient des rebelles. C’était simplement la famille qui tenait l’épicerie, ajoute-t-il. Ensuite, des roquettes sont tombées sur le toit de notre immeuble. Comme les soldats se servaient des deux étages au-dessus de nous pour tirer sur les rebelles, on a vécu comme des bêtes allongées, moi, ma femme et mon fils.» Le petit sourit. Sa femme dit: «Mon Dieu, nous sommes vivants, mais morts dedans.» 

Hier, dans la cour de la clinique Al-Ekma, Aziz erre au milieu du ballet des ambulances sirènes hurlantes, qui rentrent du secteur de Tripoli Street: «Ramenez-moi où vous voulez monsieur ! Mais ramenez-moi !» Il flotte dans son survêtement. Derrière lui, une tente des urgences. Dessous, un jeune soldat pro-Kadhafi blessé à la jambe, vêtu d’un tee-shirt Iron Maiden et en guise de slip, un short marqué FC Chelsea. Sur le ventre du soldat, sa solde, mille dinars (579 euros), tenus par un élastique. Le Marocain regarde le type et dit : «Les soldats de Kadhafi n’avaient pas plus de 20 ans, comme lui.» 

Aziz reprend alors le récit de son calvaire. Le premier soir, «les soldats ont commencé à nous battre en nous traitant de tous les noms… Surtout ma femme», explique-t-il en se mettant la tête dans les mains. Le deuxième jour, vers 20 heures, la dame de cuisine a été giflée et poussée violemment par trois mercenaires qui faisaient partie du groupe des vingt, dans une pièce «qui servait de salon pour prendre le thé. Il y avait aussi, parmi les soldats, un Nigérien, un Malien et un Tchadien»,raconte Aziz qui se rappelle seulement du nom du Tchadien : «C’était le plus cruel. Leur chef. Ils l’appelaient Koula. Il nous a tout fait…»

«Enterrez-la».

La cuisinière, juste avant de se faire brutaliser, a demandé au nom d’«Allah le miséricordieux» de ne pas la maltraiter étant donné son état : elle pouvait accoucher d’un moment à l’autre. De longues minutes plus tard, les trois mercenaires sont ressortis de la pièce. La femme se tenait le ventre à deux mains, en pleurs, et c’est alors que le Tchadien s’est dirigé vers elle et lui a «shooté» dans l’entre-jambe «comme si c’était un ballon».

Alam est tombée sur le dos, décrit Aziz, puis le Tchadien du nom de Koula l’a, à nouveau, frappée au ventre. «Elle s’est mise à vomir du sang puis n’a plus bougé. Tout cela s’est passé devant mon petit et ma femme. On ne pouvait rien faire. Si on bougeait, ils nous tuaient»,témoigne Aziz qui s’est alors adressé au Nigérien, le seul qui parlait français : «Mais pourquoi vous faites ça ? On n’est que des cuisiniers ! On est marocains ! Pourquoi ?» Le Nigérien de rétorquer : «Vous êtes des rebelles !» Le Tchadien l’a engueulé en arabe, «car il m’avait répondu en français. Et j’ai pris un coup de crosse dans la figure puis ils m’ont battu comme un chien pendant cinq minutes.» La cuisinière est morte devant les yeux du gosse. Le Tchadien dit alors en arabe aux deux gars : «Trouvez une pelle sur un char et enterrez-la.» Les deux mercenaires traînent la femme par les pieds dans l’escalier en béton. Aziz se souvient du bruit de la tête contre les marches. Ils la balancent ensuite dans un pick-up, comme un sac.

«On faisait nos besoins dans une petite pièce. C’était dur, vous ne pouvez pas savoir comme c’était dur», dit la femme d’Aziz, Haouria, son joli visage enserré dans un foulard. Après quatorze jours, «on n’avait plus rien à manger», raconte Aziz : «Je suis sorti, au seizième jour, alors qu’il faisait encore nuit. J’ai rampé parmi les décombres, alors que les hommes de Kadhafi ripostaient à l’étage. J’ai été jusqu’à l’épicerie du voisin. C’est horrible de ramper et d’entendre le vent de la balle qui te frôle…» Glissés dans son dos : un sac de riz d’un kilo et un paquet de spaghettis. Mais pas moyen de cuire ni les pâtes ni le riz. «Les mercenaires avaient pris le réchaud et le gaz.» Alors, il ne reste plus qu’à faire baigner le riz pour le ramollir «et pareil pour les spaghettis que je coupais en petits morceaux. On a pu tenir dix jours, jusqu’au vingt-cinquième jour…» Puis il y a eu la relève, «une autre équipe de vingt soldats.» Aziz se plie en deux de douleur sur sa chaise : «Ils ont aussi violé…» Il n’en dira pas plus.

Abri.

Jeudi, à l’aube, des tirs de mitrailleuses lourdes découpent le balcon du dernier étage. Le jour va pointer en ce 21 avril. Aziz et sa femme entendent distinctement entre les tirs en rafales des «Allah akbar».«J’ai su alors que c’étaient les rebelles qui entraient dans l’immeuble», raconteAziz qui crie : «Je suis marocain, cuisinier et j’ai une femme et un enfant avec moi.» Les rebelles, dans l’escalier, leur font signe de descendre et les couvrent en arrosant la rue : «On a dû courir 200 mètres pour se mettre à l’abri. J’ai cru qu’on allait mourir…» Les rebelles montent aux étages : personne. «Les soldats étaient partis la veille, mais comme on avait pris l’habitude de vivre allongés on n’osait même plus bouger les derniers jours…»

Hier, Aziz a enfin retrouvé son patron dans sa belle maison. Il soupire :«Ça fait cinq ans qu’il a mon passeport. Depuis que je travaille ici…» Le type, en voyant son cuisinier, reste bouche bée puis bégaye : «Je suis passé au restaurant, mais je ne t’ai pas trouvé…» Aziz le regarde droit dans les yeux et l’autre lui répète son mensonge. Puis plonge la main dans un sac caché dans sa grosse bagnole et lui rend son passeport et quatre cent dinars, son salaire de la peur. «C’est un bon patron, mais il ment», lance Aziz. Sa femme sourit : «Vous connaissez Strasbourg ? C’est beau Strasbourg, n’est-ce pas ?» Aziz la regarde et pleure. Puis se reprend : «On a tenu le coup en pensant chaque jour à notre vie d’avant, quand j’étais cuisinier à Strasbourg. Ça s’appelait au Nord Marocain, au 12 rue de Sélestat.»

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 17:39

 

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110428/tts-france-tunisie-migrants-ca02f96.html

 

 

Protestations en France contre les arrestations de migrants (Reuters)

 

 

Des associations et syndicats s'élèvent contre les arrestations de migrants, en majorité tunisiens, qui se multiplient en France.

 

Des dizaines d'immigrés, pour la plupart arrivés récemment d'Italie, ont été interpellés au cours des dernières quarante huit heures heures à Paris, Pantin (Seine-Saint-Denis) et à Marseille.

 

Ces opérations ont eu lieu alors que les associations caritatives tentaient de trouver dans la capitale des solutions d'hébergement pour les clandestins, en majorité tunisiens mais également égyptiens ou libyens.

 

Les préfectures concernées soulignent que l'objectif est de contrôler les personnes "arrivées en masse" et d'établir un "diagnostic" de la situation de chacun avant d'envisager un traitement au cas par cas.

 

Pour les associations, il ne fait guère de doute qu'une partie des migrants interpellés seront expulsés.

 

Pour pouvoir rester en France, les migrants tunisiens doivent être détenteurs d'un permis de séjour en zone Schengen octroyé par Rome et posséder 31 euros par jour pour justifier leur présence sur le territoire français.

 

A Paris, où plusieurs centaines de migrants dorment en plein air dans des squares, le maire socialiste, Bertrand Delanoë, s'est élevé mercredi contre l'interpellation d'une soixantaine de migrants. Mais les opérations ont repris le soir même.

 

Pour France Terre d'Asile, la réponse policière apportée à la situation des jeunes Tunisiens arrivés en France "est inacceptable parce que disproportionnée".

 

"REPLI FRILEUX"

 

Les interpellations ont eu lieu à proximité des lieux de distribution alimentaire par la Croix Rouge, "sur des personnes en grande précarité", souligne-t-elle dans un communiqué.

 

"Les droits de l'homme et le droit d'asile sont bafoués par ce gouvernement. Ce dernier n'a de cesse de mener une politique anti-immigrés", estime de son côté l'Union syndicale solidaire.

 

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap) souligne que des mineurs figurent parmi les migrants et qu'ils devraient être spécialement protégés au titre des lois sur la protection de l'enfance.

 

Les vingt cinq mille Tunisiens débarqués dans l'île italienne de Lampedusa depuis le début de l'année constituent un "bien modeste mouvement migratoire" au regard de "l'exode biblique" prophétisé par le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, écrit-il dans un communiqué.

 

"A l'heure où la Tunisie accueille elle-même plus de deux cent mille personnes ayant fui la Libye voisine, la France, comme l'Union européenne, devrait arrêter de se couvrir de honte en pratiquant le repli frileux", ajoute le Mrap.

 

A Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône a annoncé la mise en place d'un dispositif de retour volontaire et un renforcement des forces de l'ordre pour éviter que la ville ne devienne une "destination privilégiée" des immigrés clandestins.

 

Une centaine de migrants tunisiens arrivés d'Italie ont trouvé refuge sur un square proche du quartier de la gare Saint-Charles avant de disparaître dans les rues de la ville avec l'apparition des forces de police.

 

Une quinzaine d'entre eux ont été interpellés mercredi.

 

"Nous avons constaté ces derniers jours l'arrivée de ressortissants tunisiens. Nous avons pris les mesures pour tarir ce flux et faire en sorte que les personnes soient reconduites soit en Italie, soit fassent l'objet d'un retour volontaire vers la Tunisie", a dit jeudi à la presse le préfet délégué pour l'égalité des chances, Raphaël Le Méhauté.

 

"On ne s'attend pas à un afflux massif", a-t-il ajouté, annonçant toutefois l'installation d'un dispositif renforcé aux endroits stratégiques de Marseille.

 

En collaboration avec le consulat de Tunisie et l'Office français de l'immigration et de l'intégration, la préfecture a mis en place une aide au retour pour les migrants qui se sont déclarés "spontanément volontaires" pour rentrer dans leur pays.

 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 20:07

 

http://www.liberation.fr/economie/01012334436-renault-la-bravade-des-anti-ghosn

29 avril 2011

Renault : la bravade des anti Ghosn

Le PDG de Renault-Nissan affronte aujourd’hui en AG des actionnaires remontés contre sa gestion de la fausse affaire d’espionnage.

 

Par YANN PHILIPPIN

 

Il va y avoir du sport, cet après-midi, au Palais des congrès de Paris. En montant sur la scène pour animer l’assemblée générale (AG) de Renault, le PDG, Carlos Ghosn, va devoir affronter une ambiance houleuse, suite à la désastreuse vraie-fausse affaire d’espionnage. Renault comptait sur le sacrifice de son numéro deux, Patrick Pélata, pour tourner la page. Cela n’a pas suffi à calmer la grogne contre l’emblématique Ghosn, désormais pris pour cible par des petits actionnaires. Le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest a lancé cette semaine une campagne contre «le pouvoir incontesté d’un PDG incontrôlé» et les administrateurs «complaisants». Le cabinet appelle à rejeter les comptes et à voter contre le renouvellement de Philippe Lagayette. Ce banquier préside le comité d’audit du conseil d’administration, qui a entièrement blanchi Carlos Ghosn, pourtant pas exempt de tout reproche - le PDG avait assuré sur TF1 avoir des preuves «multiples» de l’espionnage.

 

«Infaillibilité papale».

 

«Ghosn a fait des erreurs parce qu’il n’a pas de contre-pouvoir. Il est entouré d’adulateurs, c’est le dogme de l’infaillibilité papale !» dénonce le président de Proxinvest, Pierre-Henri Leroy. Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires, a la dent tout aussi dure : «Ghosn a fait la démonstration de son incapacité à gouverner la société de manière à inspirer confiance à ses équipes, aux salariés, aux actionnaires. On l’a laissé en place car tout le monde a l’air de considérer qu’il est irremplaçable.» C’est le nœud du problème.

 

L’Etat comme les syndicats considèrent en effet Ghosn comme intouchable, car il est aussi PDG de Nissan, le japonais contrôlé à 43% par Renault. Avec le risque que son départ de Renault n’affaiblisse le français, déjà le plus faible des deux constructeurs de l’alliance. «On ne sait pas faire sans lui. Du coup, ça énerve des gens qu’il soit passé entre les gouttes» grâce à sa double casquette, décrypte une source interne. Le leader de la CFDT, François Chérèque, a résumé le sentiment général, hier matin sur France Inter : «Je trouve étonnant que le PDG de Renault soit intouchable !» Avant d’ajouter, un peu penaud, qu’il ne réclamait pas son départ. Il est d’ailleurs peu probable que les résolutions soumises à l’AG soient rejetées. D’autant plus que l’Etat (premier actionnaire avec 15%) ne s’y opposera pas. «Les votes sont verrouillés. Ghosn sera un peu chahuté, c’est tout», glisse un syndicaliste.

 

Stock-options.

 

Proxinvest avait pourtant levé des lièvres. A commencer par la rémunération du patron. Le rapport annuel de Renault mentionne qu’il gagne 1,2 million d’euros. Mais le groupe refuse toujours d’ajouter, malgré les recommandations de l’Autorité des marchés financiers, que Ghosn touche aussi 8 millions supplémentaires comme patron de Nissan. Un oubli d’autant plus symbolique que Ghosn est soupçonné chez Renault de privilégier le constructeur japonais. Proxinvest appelle aussi à refuser de voter le plan de stock-options 2011-2013, car Renault n’a pas, «contrairement à plusieurs sociétés du CAC 40», plafonné le nombre d’actions réservées au patron. Ghosn, qui a renoncé à ses options cette année suite à l’affaire, pourrait se rattraper les années suivantes.

 

Les syndicats vont aussi faire pression. Les administrateurs salariés ont remis hier au PDG une lettre signée par les cinq syndicats du groupe. Ils demandent à Ghosn de s’engager, lors de l’AG, à poursuivre les négociations sur les réformes «en profondeur» de l’entreprise. Et soulignent la «défiance de l’ensemble du personnel à l’encontre de la direction générale».De sources concordantes, c’est pour rassurer les troupes que Renault privilégie un recrutement interne pour remplacer Patrick Pélata, qui sera aujourd’hui présent à l’AG, assis au premier rang mais pas à la tribune. Signe du malaise, un «groupe de cadres» anonymes a lancé une pétition de soutien à Pélata sur Internet, comme l’a révélé hier le Monde.

 

Si l’Etat va confirmer pendant l’AG qu’il veut calmer le jeu, l’affaire marque une inflexion du rapport de forces entre Ghosn et son actionnaire. «Pendant l’affaire, ils ne bougeaient plus le petit doigt sans nous informer», sourit une source gouvernementale. Les ministres de l’Economie et de l’Industrie vont bientôt convoquer Ghosn pour évoquer l’équilibre entre Renault et Nissan ainsi que la stratégie industrielle. S’il a sauvé sa tête, le PDG starisé par le sauvetage de Nissan est bien tombé de son piédestal.

 

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