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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 20:42

 

http://www.fr.news.yahoo.com/un-attentat-suicide-aurait-fait-25-morts-%C3%A0-160101324.html

 

Vingt six morts dans un attentat suicide à Damas

 

BEYROUTH (Reuters) - Un attentat suicide a fait vingt six morts et soixante trois blessés vendredi à Damas, selon le ministère syrien de l'Intérieur, qui a promis de riposter "d'une main de fer" à cet acte deux semaines après une première série d'agissements similaires.

 

L'attentat a été commis à l'avant-veille de l'examen au siège de la Ligue arabe des premières conclusions des observateurs de l'organisation déployés en Syrie.

 

"Nous répliquerons d'une main de fer à quiconque serait tenté de jouer avec la sécurité de notre pays et de ses ressortissants", a promis Ibrahim al Chaar, ministre de l'Intérieur, dénonçant une "escalade terroriste".

 

L'Armée syrienne libre (ASL, mouvement armé composée de déserteurs de l'armée), accuse le gouvernement d'avoir lui-même commandité l'attentat pour démontrer qu'il combat les auteurs de violences aveugles plutôt qu'un soulèvement démocrate.

 

"Il s'agit de terrorisme d'Etat planifié et systématique de la part des forces du président Bachar al Assad", a affirmé le commandant Maher al Naïmi, porte-parole de l'ASL.

 

L'attentat a eu lieu dans le quartier de Maïdane, où les manifestations contre le régime de Bachar al Assad se sont intensifiées récemment.

 

Des images montrant des lambeaux de chairs, des taches de sang et de bris de verre ainsi que des gens hurlant que l'explosion était l'oeuvre de terroristes ont été diffusée à la télévision publique. A l'intérieur de l'épave d'un autobus, on pouvait apercevoir des boucliers de la police anti-émeutes.

 

Le 23 décembre, à la veille de l'arrivée du chef des observateurs de la Ligue, quarante quatre personnes avaient trouvé la mort à Damas dans ce que les autorités syriennes ont présenté comme un double attentat suicide contre des locaux des services de sécurité .

 

PISTE DJIHADISTE

 

Plusieurs observateurs de la Ligue arabe, portant des gilets orange et des casquettes blanches, ont inspecté les lieux de l'attentat de vendredi. "Nous ne sommes ici que pour observer et documenter", a déclaré l'un d'eux, interrogé par Reuters au téléphone.

 

La situation à Damas était particulièrement tendue avant l'explosion. "Certains de mes amis qui travaillent dans les forces de sécurité conseillaient depuis hier à ma famille de rester chez elle. Les rues étaient vides, seules quelques personnes sont allées prier", a rapporté un habitant.

 

Un militant de l'opposition a assuré que le mouvement démocrate n'avait rien à voir avec l'explosion et a évoqué la piste islamiste.

 

"Il est clair que la présence d'islamistes extrémistes est de plus en plus marquée en Syrie, ces jours-ci, et je pense qu'il y a des centaines d'extrémistes de ce type qui veulent combattre le régime, en allant jusqu'à se faire exploser au nom du djihad", a-t-il expliqué sous le sceau de l'anonymat.

 

Le Hezbollah libanais, soutenu par Damas, a quant à lui imputé l'attentat aux Etats-Unis.

 

"Il s'agit de la deuxième étape du plan des forces américaines malveillantes et de ceux qui en dépendent dans la région pour punir la Syrie de son franc soutien à la résistance contre l'ennemi sioniste et l'Occident", dit-il sur son site internet.

 

Comme lors des précédents attentats, note pour sa part le département d'Etat américain, le régime syrien désigne "pratiquement tout le monde" - l'opposition, al Qaïda et les Etats-Unis.

 

"Pour le moment, il est impossible de dire ce qui s'est passé, mais ce qu'on peut évidemment dire, c'est que nous condamnons cet attentat", a déclaré la porte-parole Victoria Nuland.

 

La plupart des journalistes ont été expulsés de Syrie, mais un reporter du service arabophone de la BBC a pu accompagner des observateurs lors d'une visite de cinq heures à Irbine, dans les faubourgs de la capitale. La presse étrangère n'avait jusqu'ici pas pu couvrir directement la mission des observateurs, alors que sa présence était l'une des conditions fixées par la Ligue.

 

La BBC dit avoir pu filmer sans entrave une manifestation contre le régime de Bachar al Assad à Irbine.

 

LES "ERREURS" DES OBSERVATEURS

 

Des manifestants et des habitants ont parlé aux observateurs, qui sont tous des diplomates algériens, des mauvais traitements infligés par les forces de l'ordre. Les diplomates ont ensuite assisté à la manifestation, au cours de la laquelle des opposants ont demandé l'exécution de Bachar al Assad, ajoute la BBC.

 

A Damas, les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur des manifestants rassemblés à la sortie d'une mosquée du quartier de Kfar Sousseh, où se trouve l'un des complexes des services de sécurité. Trois personnes ont été blessées, selon un témoin.

 

A Hama, quatre autres manifestants ont été à la sortie de la mosquée Amer ben Yasser, ont rapporté des opposants, selon lesquels des tireurs embusqués étaient postés sur les toits.

 

Nabil al Arabi, secrétaire général de la Ligue arabe, s'est entretenu vendredi au Caire avec Khaled Méchaal, chef du bureau politique du Hamas palestinien, qui vit en exil à Damas.

 

"Je lui ai confié aujourd'hui un message à transmettre aux autorités syriennes, sur la nécessité d'oeuvrer avec intégrité, transparence et crédibilité, pour que cessent les violences en cours en Syrie", a-t-il dit.

 

Selon les Nations unies, plus de cinq mille personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation, à la mi-mars.

 

La Ligue arabe, dont le groupe de travail sur la Syrie se réunit dimanche au Caire, a fait savoir jeudi qu'elle n'écourterait pas leur mission en Syrie, malgré les critiques formulées dans ses propres rangs.

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 21:10

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article123985

 

Refus de prélèvement ADN

Compte rendu du procès de Xavier Mathieu

Aujourd’hui se tenait une nouvelle audience, (une de plus), pour Xavier Mathieu, le porte-parole des "Conti", syndicaliste CGT, qui était poursuivi pour avoir refusé de laisser prélever son ADN suite à la
condamnation pour dégradation de biens dont lui et certains de ses camarades avaient fait l’objet suite a leur coup de colère dans un local préfectoral, en 2010.

Lors de la première instance qui se tenait devant le Tribunal correctionnel de Compiègne, Xavier avait été relaxé par un jugement rendu en juin 2011, au motif que ces données étaient "inadéquates, inutiles, non-pertinentes et excessives" au regard des finalités pour lesquelles leur collecte était demandée, s’appuyant ainsi sur l’article 6 de la loi "informatique et libertés" de 1978.

Le Parquet avait fait immédiatement appel de cette décision, ce qui explique que ce jour, 4 janvier 2012, Xavier Mathieu, son avocate Marie-Laure Dufresne-Castets ( très connue du monde syndical pour ses prestations en droit du travail auprès de syndicats de Continental, Toyota, Renault, Moulinex, PSA, Servair, STEF-TFE..., cette avocate met également ses compétences et son éloquence à la disposition de plusieurs militants poursuivis au pénal) ainsi que les nombreux soutiens et témoins présents se retrouvaient devant le Palais de Justice d’Amiens, pour un rassemblement de soutien et de solidarité avant l’audience.

Se trouvaient notamment à ce rassemblement de soutien nombreuses personnalités politiques ou syndicales, Marie-George Buffet (PCF), Eva Joly (EELV), Nathalie Arthaud (LO), Philippe Poutou (NPA), Jean-Luc Mélenchon (PG), Maxime Gremetz (Communiste), Christian Maheux (Sud Rail), Xavier Renou ( Désobéissants), Mickaël Wamen (CGT Goodyear Amiens), François Ruffin (Fakir, Là bas si j’y suis), Confédération Paysanne... et d’autres encore que nous ne pouvons pas tous citer.

Des groupes de musique (HK et les Saltimbaques, la Rabia, Compagnie Jolie Môme) égayaient ce rassemblement de leurs prestations.

A l’occasion de ce procès en appel, trois témoins sont venus apporter, qui leur expertise, qui leur avis éclairé, ou encore, relater leur expérience personnelle sur ce sujet du prélèvement et du fichage ADN.

Catherine Bourgain, chargée de recherches en génétique humaine à l’INSERM a apporté un premier témoignage scientifique et technique, très pédagogique, pour expliquer pourquoi et comment ce type de prélèvement n’avait pas ce caractère "anodin" que certains s’évertuent à lui donner.

Elle précisait qu’il n’était plus exact de parler de "segments d’ADN non-codants" (vocable qui date des débuts de la recherche sur l’ADN) depuis les progrès de la science sur ce sujet, insistant sur deux études publiées récemment qui démontrent que les segments d’ADN prélevés et analysés peuvent désormais donner des informations sur l’origine ethnique, les maladies etc... de la personne concernée. Elle insistait sur le fait que, contrairement à l’empreinte digitale (à laquelle il est fait référence par analogie dans le cas de l’ADN), du fait des progrès techniques et scientifiques, le supposé matériel "non-codant" n’était plus un "verrou" sûr quant à certaines caractéristiques de la personne.

Charles Hoareau, militant syndical CGT de Marseille, directement arrivé des Bouches-du-Rhône pour témoigner au procès de Xavier, intervenait ensuite, en sa qualité de premier syndicaliste auquel il avait été demandé en 2004, par la police, de prélever son ADN.

Il témoignait ainsi sur un des points centraux de la défense de Marie Laure Dufresne-Castets, celui de l’opportunité (et donc, du pouvoir discrétionnaire) pour le Parquet de demander, et le prélèvement d’ADN, et le fichage de l’analyse en résultant, puisqu’il expliqua à la Cour que dans son cas, il avait reçu un courrier du Procureur lui signifiant que finalement, on ne lui demanderait pas son ADN et que l’affaire s’arrêterait là.

Enfin, Matthieu Bonduelle, magistrat, secrétaire général du Syndicat de la Magistrature, également présent ès qualité de témoin, apportait son point de vue de magistrat sur ce sujet.

Après avoir rappelé que le Syndicat de la Magistrature avait notamment pour objet la défense des libertés et des principes démocratiques, mais également que, en vertu de l’article 66 de la Constitution de 1958, les magistrats étaient les gardiens de la liberté individuelle, il exposait les questions que tout magistrat appelé à juger d’un tel cas était en droit de se poser au regard de la loi, compte tenu des nombreuses dérives et du dévoiement de ce fichage. Il interrogeait l’intérêt social de l’élargissement de ce fichage en dehors des crimes sexuels, relevait l’incroyable durée de la conservation des données fichées (entre 25 et 40 ans), rappelant que cette infraction était une infraction autonome et qu’en outre, le délit de refus de prélèvement ADN entraînait une "double peine" en privant les condamnés à une peine de prison de réduction de peine.

Le Procureur Général entamait ensuite ses réquisitions.

Il insistait notamment dans sa réponse sur la légalité du décret, sur l’absence, selon lui de pouvoir discrétionnaire, d’opportunité, du Parquet dans de tels dossiers, se réfugiant derrière une soi-disant "obligation" de sa part de demander et le prélèvement et le fichage (ce qui était vivement critiqué par la défense). Il tentait ensuite d’assimiler l’expertise génétique au fichage génétique, (alors que la nécessité de l’expertise génétique, au cas par cas, le cas échéant, n’était nullement contestée par la défense).

Il rappelait enfin que, selon lui, il existait des "verrous juridiques" aux éventuelles manipulations ou fraudes des fichiers génétiques, "verrous juridiques" supposés écarter tout risque de "dérapage" (ce qui ne semblait pas convaincre les auditeurs présents dans la salle). Il disait également que la circonstance que le délit se soit tenu dans un cadre syndical était, selon lui, inopérant et que Xavier Mathieu était un "délinquant de droit commun".

Il réfutait un quelconque acharnement contre Xavier Mathieu, et concluait en incitant la Cour à rejeter les arguments de la défense, à infirmer le jugement du Tribunal correctionnel et à entrer en voie de condamnation contre Xavier Mathieu, réclamant une peine allant de mille à mille cinq cent euros
d’amende.

Marie Laure Dufresne-Castets prenait alors la parole pour répondre point par point aux réquisitions du Procureur et pour développer son argumentation sur l’illégalité et sur le fond.

Plaidant longuement mais sans longueurs, sans emphase inutile mais avec clarté et méthode, alternant gravité et ironie, maniant l’humour à l’occasion, avec la concentration d’un artisan expérimenté exécutant une pièce difficile sur son métier lorsqu’elle estimait devoir insister sur un
point précis, elle développait alors plusieurs arguments, dont nous vous rapportons quelques bribes.

S’adressant à la Cour en rappelant aux juges que, contrairement aux membres du Parquet (qui ne sont pas des magistrats, ainsi que vient de le rappeler la Cour Européenne des Droits de l’Homme), ils étaient eux, en effet, gardiens des libertés individuelles, et qu’ils n’étaient pas "l’automate" que M. le Procureur avait revendiqué être, elle développait d’abord plusieurs arguments techniques sur la légalité du décret.

Elle insistait par exemple sur le fait que le Parquet, "véritable bras armé de l’exécutif", était à même de créer lui-même les conditions préalables du délit de refus de prélèvement qu’il poursuivrait ensuite.

Prenant appui sur les témoignages, sur les textes, la jurisprudence et les nombreuses pièces qu’elle avait versées à son dossier, elle en venait ensuite au fond du dossier, interrogeant d’abord sur "l’incroyable retour en arrière" que ce type de politique pénale ("qui a bu boira") impliquait.

Rappelant que toute personne condamnée avait le droit à se réinsérer et à ne pas être vu ad vitam comme un délinquant ou un criminel "potentiel".

Rappelant que la récidive n’était d’ailleurs, selon les dernières statistiques du Ministère de la Justice, que de 2,5 %, et que le FNAEG échouait à prévenir la récidive et la réitération.

Excipant d’un courrier du gouvernement français adressé à l’un des faucheurs OGM qui a formé un recours (actuellement pendant) devant la CEDH qui proposait au requérant une "indemnisation" pour mettre un terme à son recours, elle en concluait que le gouvernement lui-même devait bien sentir que par rapport aux normes internationales, la France n’était pas "à l’aise", ajoutant : "Et ce gouvernement a bien raison de ne pas avoir confiance dans la légalité de ses textes au regard des normes internationales !"

Elle rappelait également le contexte ("et non les mobiles", précisait-elle à l’adresse du Procureur) de cette affaire, la lutte syndicale, la lutte collective, expliquant que Xavier Mathieu n’était pas un individu isolé, seul, mais le porte-parole d’une collectivité d’intérêts, celle de travailleurs en lutte pour leurs emplois, pour interpeller la Cour sur le principe de proportionnalité, fondamental en droit pénal.

Elle concluait que ces poursuites étaient discriminatoires (arguant que, d’ailleurs, les délits "en col blanc", les délits financiers, étaient explicitement exclus de ceux pouvant donner lieu à prélèvement d’ADN), et que ce n’était pas Xavier Mathieu en tant qu’individu qui était poursuivi aujourd’hui mais bien "ce qu’il représentait, ce qu’il symbolisait, qui justifiait l’acharnement du gouvernement", évoquant le caractère politique de cette affaire. Elle demandait donc de confirmer la relaxe prononcée en première instance.

C’est Xavier Mathieu qui prenait la parole en dernier.

Visiblement amaigri, ému et plutôt affecté par tout ceci, (qu ’il nous a dit vivre comme un acharnement à son encontre), engagé et touchant, Xavier évoquait les thèmes suivants : Honneur. Dignité de l’homme. Parole donnée. Mémoire.

Il rappelait les luttes des Conti. La lutte pour la sauvegarde de leurs emplois, pour leur dignité, pour leurs familles. Leurs difficultés. Leur solidarité. Il évoquait comment ce licenciement massif avait brisé de nombreuses vies dans des familles entières. L’alcool, la drogue, les antidépresseurs, les divorces, le suicide même, pour de nombreux ouvriers de "Conti" désormais... Rappelait que sur mille cent travailleurs seulement deux cent avaient à ce jour retrouvé un CDI. Il évoquait par exemple, comment, au moment de la conclusion du protocole de fin de conflit, toutes les poursuites de part et d’autres avaient été abandonnées sauf , de mauvaise foi, celle à leur encontre pour leur dérapage de colère à la sous-préfecture. Ou comment le gouvernement et la direction de Conti avaient manœuvré pour prononcer son autorisation de licenciement, la seule prononcée sur tous les représentants du personnel et syndicaux de l’usine.

"J’aurais aimé voir les dirigeants de Continental devant cette Cour. Le gouvernement l’avait pourtant promis, de poursuivre et punir ces patrons voyous...."

Il rappelait ensuite 1939-1945. Les fichages de Vichy. Fichages des juifs, des homosexuels, des tziganes, des communistes..."On sait comment ça s’est terminé, tout ça. Comment peut-on oublier ça quand on parle de fichage génétique aujourd’hui ?".

Il insistait sur le fait que l’utilité sociale et pénale de tels fichages était elle-même très critiquable puisque lui-même n’avait pas été condamné pour l’affaire de la sous-préfecture sur la base d’analyses d’ADN mais sur la seule foi d’un reportage TV, et qu’un fichage ADN, s’il aurait permis de démontrer qu’il était bien sur les lieux alors, (ce qu’il n’a jamais caché ni nié), ne pouvait en aucun cas prouver la détérioration des biens donc, l’infraction !

Il rappelait enfin que son ADN, il le tenait de ses parents, qui s’étaient aimés. Parlant de sa petite-fille, née récemment, de ses grands-parents, de tous ces gens qui sont ses ancêtres, qui, à moment ou à un autre, avaient fabriqué et transmis cet ADN sur des générations, concluant "Monsieur le Président, jamais je ne donnerai mon ADN autrement que par amour".

Le délibéré de cette affaire a été fixé au 3 février prochain.

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 20:50

 

http://www.fr.news.yahoo.com/le-chef-du-cnt-craint-une-guerre-civile-191623454.html

 

Le chef du CNT craint une guerre civile en Libye

 

TRIPOLI (Reuters) - La Libye risque de sombrer dans la guerre civile si les milices révolutionnaires qui ont contribué à la chute de Mouammar Kadhafi ne rentrent pas dans le rang, a déclaré le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, qui vient de nommer le général Youssef al Mankouch à la tête de l'armée.

 

Mardi, des affrontements entre une milice locale et des combattants originaires de la ville de Misrata ont fait quatre morts à Tripoli, la capitale.

 

"Nous nous trouvons aujourd'hui confrontés à deux choix", a dit Abdeljalil lors d'une réunion mardi soir à Benghazi, dans l'est de la Libye.

 

"Soit nous répondons sans faiblesse à ces événements (les combats entre milices) qui entraînent les Libyens dans une confrontation militaire que nous ne pouvons accepter, soit c'est la sécession et la guerre civile", a-t-il ajouté.

 

"Sans sécurité, il ne peut y avoir de justice, de progrès, d'élections, chacun veut faire sa propre loi. Il n'y a pas de sécurité tant que les combattants refusent de rendre leurs armes."

 

MOSAIQUE

 

Plus de deux mois après la capture et la mort de Mouammar Kadhafi, Tripoli ressemble à une mosaïque de fiefs se trouvant chacun entre les mains de milices différentes. La police est quasiment invisible, hormis pour réguler la circulation, et on ne distingue non plus aucune trace de la nouvelle armée nationale.

 

Même si leur présence dans la capitale est moins visible depuis fin décembre, des miliciens continuent d'occuper des bâtiments autrefois utilisés par les forces de Mouammar Kadhafi et ils sortent dans les rues une fois la nuit tombée.

 

Deux grandes milices sont issues de Tripoli même. L'une est dirigée par Abdel Hakim Belhadj, islamiste passé par des camps talibans en Afghanistan et désormais installé dans une suite d'un hôtel de luxe à Tripoli. L'autre est contrôlée par Abdoullah Naker, ancien ingénieur en électronique ne cachant pas son mépris à l'égard de Belhadj.

 

Des milices étrangères à la capitale sont aussi actives dans Tripoli, telles que celle de Zentane, qui contrôle l'aéroport international.

 

Les milices de Misrata se sont en grande parties retirées du centre de Tripoli mais maintiennent une présence dans les faubourgs de l'est de la capitale tandis que des combattants de la minorité berbère délimitent leurs territoires à l'aide de drapeaux bleus, verts et jaunes.

 

Un autre groupe de combattants originaires de l'est de la Libye, berceau de la révolution, ajoute à la confusion. Proches des chefs du CNT, ils souhaitent former le noyau dur de la nouvelle armée, ce qui irrite leurs rivaux.

 

CONDITIONS

 

Moustapha Abdeljalil vient de nommer commandant en chef des forces armées libyennes Youssef al Mankouch, un général qui était à la retraite et originaire de Misrata, l'un des bastions de la révolte l'an dernier contre le régime de Mouammar Kadhafi.

 

Mankouch a participé très tôt au soulèvement qui a conduit à la chute et à la mort de Kadhafi le 20 octobre et occupe actuellement le poste de vice-ministre de la Défense.

 

Cette nomination est la première mesure d'importance que prend le CNT pour mettre sur pied une nouvelle armée nationale. Elle place les miliciens face à une alternative : céder le contrôle de leurs territoires à l'armée ou défier ouvertement le nouveau pouvoir.

 

Dans une interview diffusée par la télévision libyenne, Youssef al Mankouch a déclaré que le mécanisme d'incorporation des miliciens au sein de l'armée serait bientôt prêt.

 

"Le message que j'adresse aux révolutionnaires est (...) qu'ils doivent prouver une nouvelle fois au monde entier qu'ils sont des patriotes, prouver au monde qu'ils vont s'intégrer au sein des institutions de l'Etat et oeuvrer à l'édification d'une armée nationale puissante", a-t-il dit à la chaîne al Hourra.

 

Les miliciens ne semblent pas encore convaincus. Un membre du conseil militaire de Misrata a ainsi jugé que le moment n'était pas forcément venu pour les milices de renoncer à leurs activités.

 

"Une fois que l'Etat aura prouvé sa capacité à assumer sa responsabilité de protéger les frontières et garantir la sécurité du pays, alors nous remettrons nos armes", a dit Fessi Bachaga.

 

Abdoullah Naker, chef de l'une des deux principales milices de Tripoli, a lui aussi posé ses conditions à l'intégration de ses hommes au sein de la nouvelle armée.

 

"Nous agirons ainsi une fois que seront garantis les droits et la solde des révolutionnaires", a-t-il dit dimanche.

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 18:44

 

http://www.fr.news.yahoo.com/la-peine-mort-requise-contre-moubarak-et-ses-133354514.html

 

Peine de mort requise contre Hosni Moubarak

 

LE CAIRE (Reuters) - Le ministère public a requis jeudi la peine de mort contre l'ancien président égyptien Hosni Moubarak et une partie de ses coaccusés, jugés notamment pour leur implication dans la répression des journées révolutionnaires de l'hiver dernier.

 

"L'accusation réclame la peine maximale contre Moubarak et les autres accusés, à savoir la peine de mort par pendaison", a déclaré le procureur Moustafa Khater.

 

"Pour la mort d'une personne, on encourt la peine de mort, alors que devrait dire le tribunal lorsqu'il est question de la mort de centaines de personnes?", a-t-il ajouté.

 

Le réquisitoire de Khater a déclenché applaudissements et acclamations chez certains hommes de loi présents, qui ont scandé: "La mort, la mort! Dieu est le plus grand!"

 

L'ancien raïs, évincé du pouvoir le 11 février dernier, est jugé depuis le mois d'août aux côtés de son ancien ministre de l'Intérieur Habib al Adli ainsi que de plusieurs hauts responsables de la police.

 

Ils doivent répondre d'une série de chefs d'accusation allant de faits allégués de corruption et d'abus de pouvoir à leur implication présumée dans la répression de la contestation et la mort d'au moins huit cent cinquante manifestants.

 

Leur procès, dont beaucoup en Egypte espère qu'il aidera le pays à panser ses plaies et à retrouver la stabilité après une année particulièrement troublée, a été ajourné au 9 janvier.

 

Alaa et Gamal Moubarak, les deux fils de l'ex-raïs également jugés, sont poursuivis quant à eux pour des faits qui ne sont pas passibles de la peine de mort.

 

ORDRE D'EN HAUT

 

La multitude des témoins, la complexité des charges pesant sur les accusés et la difficulté des plaignants à réunir des preuves auprès des services de sécurité devraient aider les avocats de la défense à obtenir au bout du compte des peines plus légères pour leurs clients.

 

Ainsi, Mohamed El Gendi, avocat de Habib al Adli, a-t-il estimé jeudi que l'accusation n'avait pas été en mesure de produire des preuves irréfutables.

 

Lors de la dernière des trois audiences de la semaine, Hosni Moubarak a comparu dans un box des accusés grillagé, aux côtés de ses deux fils, de Habib al Adli et de six anciens hauts responsables de la police.

 

L'ancien président, qui, à 83 ans, apparaît en très mauvaise santé, nie toute responsabilité dans la mort de manifestants, tout comme ses coaccusés.

 

Le procureur en chef Moustafa Souleiman a déclaré devant le tribunal que, même s'il n'avait pas directement ordonné que l'on ouvre le feu et tue des manifestants, Hosni Moubarak avait failli à son devoir constitutionnel de protéger la population.

 

L'accusation a estimé en outre que les témoignages, dont celui d'Omar Souleïman, qui avait été vice-président au moment des manifestations l'hiver dernier, avaient tous laissé entendre que "les policiers doivent rendre compte au chef de l'Etat concernant leur attitude face à des manifestants".

 

"Et nombre de ces témoins ont assuré à l'accusation qu'aucun policier ne peut ouvrir le feu s'il n'en a pas reçu l'ordre de son patron", a ajouté Moustafa Souleïman.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 21:16

 

http://www.paris.reelledemocratie.com/node/918

 

Quelques personnes ayant participé aux différentes marches jusqu'à Bruxelles se sont réunis pour réfléchir sur la thématique d'une nouvelle marche.

 

Dans quelques semaines commence une période électorale cruciale où nous avons tous notre mot à dire et où nous devons continuer ensemble le travail amorcé depuis le mois de mai.

 

La mascarade électorale recommence et, comme à chaque fois, c'est un néant démocratique qui se présente devant nous.

 

Les équipes de communication de chaque candidat s'agitent à la recherche de la dernière trouvaille qui permettra de masquer leurs lacunes et les réels besoins de changements.

 

A nous de les ridiculiser et d'apporter la preuve qu'ils ne nous représentent pas. Et avec toutes les absurdités qu'ils vont nous inventer, il va y avoir de la matière à travailler.

 

La proposition est d’organiser des marches partant de différentes villes de France pour rejoindre Paris juste avant les élections, sur le modèle des marches indignées à Madrid.

 

Cela permettra d'organiser des événements dans chaque ville de France et d’unifier le mouvement.

 

On pourrait également sélectionner une date pour reprendre les places que nous avons occupées auparavant, ou bien nous rassembler encore plus nombreux sur celles qui sont déjà occupées (et bravo à tous les courageux qui se pèlent le cul cet hiver!!!). Cela permettrait de recréer des noyaux forts dans chaque ville afin de pouvoir se mettre au travail, de récupérer une nouvelle fois l'espace public, de nous rendre visible afin de permettre d’intégrer facilement de nouvelles personnes.

 

Ainsi les campements de chaque ville pourront aider à préparer l’arrivée des marches et recruter de vaillants volontaires pour les rejoindre.

 

Rappelons-nous qu'il y a urgence à fédérer,  informer, rassembler et que nous sommes peu pour le moment.

 

Une réelle convergence est nécessaire afin de partager les savoirs et les compétences.

 

Nous devons chercher des contacts et appuis en dehors du mouvement afin d’unifier tous ceux qui mènent des luttes et lancer une forte dynamique lors de ces élections.

 

L'idée d'une convergence vers Paris, d’un campement et d’actions menées dans la capitale pendant l’entre deux tour me semble pertinente.

 

On nous reproche de n'avoir aucune revendication claire, de dénoncer sans proposer.

 

Et bien profitons-en pour définir notre projet et continuer de montrer de façon exemplaire que des alternatives sont possibles et qu'elles fonctionnent. En rassemblant les propositions de chacun et en les ramenant vers Paris, nous enverrons un message fort et clair à ceux qui doutent encore de notre sérieux.

 

Une arrivée sur Paris à la veille des élections (22 avril = premier tour) et l'établissement d'un camp au cœur de la ville pendant la période électorale peut envoyer un signal fort.

 

Nous avons tous pu observer la dynamique engendrée par l'occupation de la Défense et nous pouvons placer la barre encore plus haut avec une meilleure préparation et l'appui de chacun dès aujourd'hui.

 

Cette période de préparation commence dès maintenant et un tel projet nécessite beaucoup de sacrifices. Comme toujours, chacun doit apporter sa pierre à l'édifice selon son temps, ses compétences et son entrain en se sentant impliqué dans le projet.

 

Nous lançons un appel à tous ceux qui veulent participer a créer ce projet à nous contacter.

 

C'est dans la rue et sur les places que l'on a besoin de chacun.

 

marcheparis2012@gmail.com

 

Prochainement, les moyens de communication seront opérationnels (site internet, page réseau social, etc).

 

LE GROUPE DE TRAVAIL MARCHE PARIS 2012

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:17

 

 http://www.fr.news.yahoo.com/le-roi-du-maroc-nomme-un-nouveau-gouvernement-172725195.html

 

Le roi du Maroc nomme un nouveau gouvernement

 

RABAT (Reuters) - Le roi Mohammed VI a accordé mardi pour la première fois des postes ministériels à des islamistes modérés après leur victoire aux élections législatives de novembre censées répondre aux aspirations en faveur de réformes au Maroc.

 

Vainqueur du scrutin avec 27% des sièges à la Chambre des représentants, le Parti de la Justice et du Développement (PJD) hérite notamment des portefeuilles des Affaires étrangères, de la Justice et des Affaires sociales.

 

Son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, avait été nommé au poste de Premier ministre dès le 29 novembre, quatre jours après les élections.

 

Le gouvernement de coalition nommé par Mohammed VI comporte de nouveaux visages, ce qui donne déjà une apparence au changement avant que les Marocains puissent le voir dans les faits.

 

Le PJD a conclu un accord de partage du pouvoir avec deux partis conservateurs proches du palais - l'Istiqlal, arrivé deuxième aux élections, et le Mouvement populaire - et avec le Parti du progrès et du socialisme.

 

UNE SEULE FEMME

 

Nizar Baraka, de l'Istiqlal, va succéder au poste de ministre de l'Economie et des Finances à Salaheddine Mezouar, dont le parti, le Rassemblement national des indépendants, arrivé troisième, a choisi de se ranger dans l'opposition.

 

Fortement pressenti pour ce poste, Mohamed Najib Boulif, du PJD, a finalement été nommé ministre chargé des Affaires générales et de la gouvernance, ce qui signifie qu'il aura notamment la lourde tâche de réformer le système complexe des subventions publiques.

 

Avocat de renom réputé pour ses critiques contre les services de sécurité et lui aussi membre du PJD, Mustafa Ramid devient ministre de la Justice et des Libertés.

 

La seule femme parmi les trente et un membres du gouvernement est également issue des rangs des islamistes modérés. Il s'agit de Bassima Hakkaoui, ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social.

 

Le ministère des Affaires étrangères a été confié à Saad-Eddine El Othmani tandis que Mohand Laenser, chef de file du Mouvement populaire, a été nommé ministre de l'Intérieur.

 

Des personnalités proches du palais et sans affiliation politique ont été portées à la tête des ministères de la Défense, des Affaires religieuses et de l'Agriculture et au secrétariat général du gouvernement.

 

Les élections législatives du 25 novembre ont été avancées de près d'un an par le roi en réaction aux manifestations appelant à des réformes au Maroc dans le sillage du "printemps arabe".

 

Elles ont été organisées après l'approbation par référendum d'amendements constitutionnels transférant une partie des prérogatives du souverain à un gouvernement élu. L'une des principales nouveautés induites par ces réformes est que le Premier ministre doit être choisi au sein de la formation arrivée en tête du scrutin.

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 17:56

 

http://www.jemproductions.fr/cinema/les-nouveaux-chiens-de-garde

 

LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE

 

Les médias se proclament "contre-pouvoir". Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.  

En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.

Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique.

Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d'une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise.

 

 

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 16:22

 

http://wsws.org/francais/News/2011/dec2011/serv-d14.shtml

Des historiens européens s’opposent à la publication par Suhrkamp de la biographie de Trotsky par Robert Service
 
Par Wolfgang Weber
 
14 décembre 2011
 
Dans une lettre datée du 30 juillet 2011, adressée à Ulla Unseld-Berkéwicz, qui est à la tête d'une des plus importantes maisons d'édition allemandes, Suhrkamp Verlag, quatrorze historiens éminents, spécialistes des sciences politiques et journalistes de presse d'Allemagne et d'Autriche se sont opposés à la publication, prévue par cette société, de la biographie de Léon Trotsky par Robert Service. Le World Socialist Web Site publie aujourd'hui cette lettre.

 

Les auteurs et premiers signataires de la lettre sont le professeur de science politique et d'histoire contemporaine,  Hermann Weber (de l'Université de Mannheim) et  Helmut Dahmer,  professeur de sociologie (de l'Université de technologie de Darmstadt).

 

Ils soutiennent la critique de la biographie de Trotsky par Service présentée par David North dans le livre In Defense of Leon Trotsky (publié par Mehring Books, 2010). En juin de cette année, l'historien américain Bertrand Patenaude s'est associé à la critique de North dans un compte rendu du livre de Service effectué pour la prestigieuse American Historical Review (AHR). Il a convenu  que le livre de Service est une diatribe concoctée à la hâte, qui viole les normes élémentaires du travail scientifique et que les éditeurs du livre ont manqué aux normes professionnelles de qualité et d'intégrité en usage dans le domaine de l'édition scientifique. (Lire "L’American Historical Review discrédite la biographie de Trotsky écrite par Robert Service".) Ni Service, ni son éditeur, n'ont jusqu'à présent répondu à cette critique ou ne l'ont réfutée.

 

La lettre au Suhrkamp Verlag déclare : « North et Patenaude ont mis en évidence une multitude d'erreurs factuelles de la part de Service . les sources de Service ne sont pas fiables. Des sources qui sont très difficiles d'accès et difficilement vérifiables par la plupart des lecteurs sont souvent sans rapport avec les affirmations de l'auteur, ou démontrent l'opposé. Contrairement aux annonces faites par Suhrkamp, Service n'a pas cherché à présenter Trotsky ou Staline d'une manière « impartiale et vraie ». Au lieu de cela, le but de son travail est de discréditer Trotsky et malheureusement il recourt souvent pour cela aux formules associées à la propagande stalinienne. »

 

Les auteurs et les signataires de la lettre souhaitent attirer particulièrement l'attention sur les nombreux passages dans lesquels Service fait appel aux préjugés antisémites et citent différents passages de l'ouvrage pour le justifier. Leur verdict à la fin de la lettre à l'éditeur est que : « nous sommes de l'avis que le livre de Service n'est pas à sa place dans une maison d'édition tenue en haute estime. »

 

Acclamé dès sa sortie dans de nombreux organes de presse, tant par des universitaires de droite que par des intellectuels ex-radicaux, la biographie du professeur d'Oxford Robert Service a été publiée en 2009 par Harvard University aux États-Unis et Macmillan au Royaume-Uni. En 2010, elle a été publiée par Ediciones B en Espagne et en Amérique latine et il y a plusieurs semaines par Perrin en France. Une prochaine édition allemande par Suhrkamp a été annoncée il y a quelque temps.

 

Le professeur Hermann Weber (83 ans) est considéré partout en Europe comme un chercheur d'importance majeure sur le mouvement communiste et le stalinisme au vingtième siècle. De 1975 à 1993, il a tenu la chaire de Science Politique et d'Histoire Contemporaine à l'Université de Mannheim. Il a publié de nombreux travaux classiques sur l'histoire du Parti communiste allemand (KPD), le Parti socialiste unifié (SED) de l'ancienne Allemagne de l'Est, le Komintern et la terreur stalinienne. Son livre, Geschichte der DDR (Histoire de la RDA) est toujours un best-seller. Dans son rôle à la tête du projet de recherche "Komintern" par la Commission allemande-russe d'historiens du Centre pour la Recherche Sociale européenne de Mannheim et comme éditeur associé du Jahrbuch für historische Kommunismusforschung (Annuaire pour la recherche historique sur le communisme), il continue à prendre une part active dans les discussions sur la science et la recherche.

 

Le professeur Helmut Dahmer est un remarquable expert des ouvres de Léon Trotsky et depuis plus de 20 ans a été responsable de leur publication dans une édition critique en dix volumes.

 

Un des premiers à avoir signé la lettre était Hartmut Mehringer. Malheureusement, cet expert reconnu de l'opposition socialiste à l'intérieur du Troisième Reich est mort subitement le 17 octobre de cette année des suites d'une maladie. Mehringer a soutenu sa thèse de doctorat sur le développement de la théorie de la révolution permanente au cours des années 1848-1907. Dans les années 1970, il a publié des ouvrages de Léon Trotsky et a tenu plus tard des postes de direction à l'Institut pour l'Histoire Contemporaine à Munich et à Berlin.

 

Les autres signataires sont :

 

Bernhard Bayerlein, maître de conférence à l'Université de Cologne et chercheur au Centre pour l'Histoire Contemporaine de Potsdam, auteur de nombreuses publications sur l'histoire du mouvement communiste en Allemagne et sur le stalinisme.

 

Heiko Haumann, professeur émérite pour l'Histoire de l'Europe de l'Est et l'Histoire Moderne à l'Université de Bâle.

 

Wladislaw Hedeler, historien et auteur vivant à Berlin, un expert de l'histoire de l'Union soviétique.

 

Andrea Hurton, historienne et auteur vivant à Vienne.

 

Le professeur Mario Kessler, maître de conférence et chercheur au Centre pour l'Histoire Contemporaine de Potsdam. Le professeur Kessler a commencé sa carrière universitaire en Allemagne de l'Est et après la réunification a été nommé une seconde fois à ce poste. Un thème central de ses recherches et publications a longtemps été celui du mouvement ouvrier et de la question juive.

 

Oskar Negt, professeur honoraire de sociologie à l'Université de Hanovre. En tant que membre de l'Association des étudiants socialistes allemands (SDS) à partir de 1956, il était un des porte-paroles de l'opposition extra-parlementaire au cours des années 1960.

 

Le professeur Oliver Rathkolb, professeur d'histoire contemporaine et directeur de l'Institut pour l'Histoire Contemporaine à l'Université de Vienne. Il a une réputation internationale établie pour ses recherches sur la période nazie et l'histoire politique de l'Autriche et de l'Europe.

 

Hans Schafranek, historien à Vienne. Ses principaux domaines d'intérêt se retrouvent dans ses nombreuses publications sur les questions du stalinisme, du trotskisme et de la Guerre civile espagnole.

 

Peter Steinbach enseigne l'histoire contemporaine en tant que professeur à l'Université de Mannheim et est le directeur scientifique du Mémorial de la Résistance allemande à Berlin.

 

Reiner Tossdorf, maître de conférences en Histoire est-européenne à l'Université de Mayence.

 

Rolf Wörsdörfer, maître de conférences à l'Université Technique de Darmstadt et spécialiste de l'histoire de l'Europe de l'Est et de la Yougoslavie.

 

Comme la liste le montre, les auteurs et les signataires représentent des points de vue politiques et des écoles de pensée très variés, mais ils ont une chose en commun : ils considèrent qu'ils ont une responsabilité personnelle vis-à-vis de la vérité historique et de la défense de normes scientifiques dans le domaine de l'historiographie.

 

La lettre a eu un effet sur l'éditeur Suhrkamp. Après l'avoir reçue, l'impression du livre a été repoussée. Dans une lettre au Professeur Helmut Dahmer, le Dr. Sparr, le représentant de Ulla Unseld-Berkéwicz pour l'administration de la maison d'édition, a écrit que les allégations étaient prises au très sérieux et que des avis d'expert complémentaires avaient été recherchés.

 

Mais au moment où nous écrivons, Suhrkamp n'a, à l'évidence, pas pris la décision d'abandonner la publication. Le fait que la société n'ait pas fait de déclaration détaillée en réponse à la lettre objective des historiens, et que par ailleurs les librairies et les chaînes de livraison ont déjà annoncé la livraison du livre pour le mois de janvier 2012, suggère qu'ils ont l'intention de publier.

 

Même si Suhrkamp publie le livre, cette lettre porte un coup sévère à la réputation de Robert Service et à sa tentative d'« en terminer » avec Trotsky en tant que figure historique mondiale au moyen de falsifications historiques et de diffamations, commettant ainsi, comme cela a été salué dans la presse britannique, « un deuxième assassinat de Trotsky. »

 

Il n'y a aucune autre figure historique du vingtième siècle qui ait été autant traquée et diffamée que Léon Trotsky. L'appareil stalinien l'a attaqué au moyen de falsifications historiques et de campagnes de haine, a assassiné des dizaines de milliers de ses partisans et finalement l'a tué. Les anticommunistes de l'Ouest ont de la même façon calomnié Trotsky parce qu'ils ont correctement reconnu en lui un marxiste et un socialiste incorruptible et de principe.

 

Le fait que Trotsky soit aussi devenu l'objet d'attaques féroces et de calomnies au vingt-et-unième siècle témoigne de son actualité pour le monde contemporain. Dans les conditions de la crise la plus profonde du capitalisme mondial depuis les années 1930, les cercles dirigeants craignent un renouveau des idées socialistes. Il est à saluer que de nombreux historiens et journalistes s'opposent maintenant à ces calomnies et défendent la vérité historique. Le World Socialist Web Site se consacre à intensifier et à enrichir l'intérêt renouvelé pour la personne et les idées de Léon Trotsky. Nous ferons connaître la lettre des historiens à un public aussi étendu que possible et encouragerons à son propos la discussion la plus large possible.

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:11

 

http://www.alencontre.org/moyenorient/egypte/le-mouvement-ouvrier-egyptien-face-a-une-culbute.html

 

Le mouvement ouvrier égyptien face à une culbute

 

Par Yassin Gaber

 

Des syndicalistes indépendants exigent le renvoi des responsables de la répression

 

Des données statistiques, datant de 2010, indiquent que six Egyptiens sur dix gagnent moins de 3135 francs (CHF) – ou 3333 dollars – par année. Ces données corroborent les résultats d’une enquête faite par l’Egypt’s Information and Decision Support Center(IDSC) qui démontrait que quarante trois pour cent des familles disposent d’un revenu insuffisant pour faire face à leurs besoins sociaux les plus élémentaires. Autrement dit, ils vivent – pour reprendre un indice inadéquat mais «normalisé» par la Banque mondiale – dans une situation de «pauvreté» ou «d’extrême pauvreté».  Pour ce qui est de cette dernière classification, elle renvoie à un revenu de moins de deux dollars par jour. De 1996 à 2005 – derniers chiffres disponibles – deux Egyptiens sur dix «disposaient» d’un revenu inférieur à cette limite de la survie. Pauvreté et relégation sociale fournissent un terreau mis à profit par diverses forces islamistes qui déploient un réseau de structures et d’initiatives caritatives.

 

En même temps, au sein de secteurs de salarié·e·s, des mobilisations, des grèves importantes et un nouveau type d’organisation syndicale s’étaient affirmés antérieurement au 25 janvier 2011, date symbolique marquant le début du «processus révolutionnaire» en Egypte. Ces luttes avaient pris leur essor dans des secteurs tels que: la sidérurgie, les transports, les hôpitaux, le textile, les travailleurs de la zone du Canal de Suez, l’enseignement, l’administration fiscale, etc. Elles portaient souvent sur l’exigence d’augmentation du salaire, tout en mettant en relief des revendications démocratiques.

 

La création de la Fédération égyptienne des syndicats indépendants (EFITU) a marqué une rupture fondamentale avec les structures syndicales mises en place par le régime en 1957, c’est-à-dire la centrale unique ayant pour nom Fédération syndicale égyptienne (ETUF). L’appel à la grève générale lancé par l’EFITU, le 30 janvier 2011 – une grève très suivie – a joué un rôle déterminant dans la chute de Moubarak. L’EFITU, lors de sa conférence officielle de fondation, a demandé la dissolution de l’ETUF et la saisie de ses fonds. Cette conférence se tenait dans les locaux du syndicat des journalistes (voir à propos de la répression contre ces derniers l’article publié le 15 décembre sur ce site: « Egypte : des journalistes dans le viseur des snipers »).

 

Dans le contexte socio-politique présent, le contrôle de certaines associations professionnelles – entre autres dans des secteurs comme celui des médecins ou des pharmaciens – est l’enjeu de batailles politiques dans lesquelles les Frères musulmans mettent à profit une force organisationnelle qu’ils utilisaient déjà, entre autres dans ces milieux, sous le régime de Moubarak. Lorsque s’organisent des forces opposées – comme les «Médecins sans droits» – la prise de contrôle de ces «syndicats» par les Frères musulmans est mise en échec, comme l’illustrent les élections du «syndicat» des médecins d’Alexandrie.

 

Toutefois, pour ce qui a trait aux syndicats plus liés directement à des secteurs de salarié·e·s ayant engagé des luttes d’ampleur, la contre-offensive organisationnelle peut aussi venir des cercles issus de l’ancien régime et ayant des liens avec l’institution qui centralise encore le pouvoir en Egypte: le Conseil suprême des forces armées (CSFA). C’est ce que décrit, ici, Yassin Gaber, en date du 8 décembre 2011 dans Ahramonline. Un point de vue qui mérite d’être porté à la connaissance de nos lecteurs et lectrices, afin qu’ils puissent saisir une facette peu éclairée d’un affrontement social et politique en cours, aux multiples dimensions, qui ne peut être totalement séparé des résultats électoraux. (Rédaction A l’Encontre)

 

Une vague de grèves et d’actions menées par les travailleurs a alimenté et permis le soulèvement de 18 jours en Egypte. Le mouvement ouvrier naissant, prenant peu à peu de l’assurance, a déclaré unilatéralement la création d’une Fédération syndicale indépendante (EFITU) afin de s’opposer à son homologue dirigée par l’Etat. Il a donc engagé des actions visant à démanteler le pouvoir et la structure du syndicat d’Etat (ETUF). Mais, récemment, les travailleurs d’Egypte et les syndicalistes se sont retrouvés à devoir se battre pour préserver ce qu’ils viennent de gagner.

 

En mars 2011, le ministre de la Main-d’œuvre et des Migrations d’Egypte, Ahmed Hassan El-Borai, avait annoncé le droit pour les travailleurs égyptiens d’établir leurs propres syndicats et leurs fédérations, une action saluée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Mais une nouvelle législation syndicale est sur le point d’être introduite par les dirigeants militaires d’Egypte: le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

 

Au mois d’août 2011, en vertu de l’application d’un jugement datant de 2006, la direction de la Fédération syndicale égyptienne (ETUF), dirigée par l’Etat, était dissoute. Cependant, ces avancées ont été freinées par la confiance que le gouvernement continue à accorder à des membres de la vieille garde pour ce qui concerne la mise en place de nouvelles structures. On a ainsi, selon les propos de Hisham Fouad, un membre fondateur du Parti démocratique des travailleurs, une perspective gouvernementale qui est «contre-révolutionnaire et opposée aux avancées des travailleurs». On doit ajouter à cela le refus de consulter directement les syndicalistes indépendants, ce qui constitue, pour lui, la preuve d’une intransigeance plus profonde et démontre le désir du CSFA au pouvoir d’étouffer le mouvement syndical indépendant.

 

La décision prise par l’ancien premier ministre Essam Charaf [ancien ministre des Transports en 2004-2005, puis premier ministre du 3 mars au 7 décembre 2011] de dissoudre la direction de l’ETUF et de geler les avoirs de ce syndicat étatique a constitué un moment fort important pour les syndicalistes indépendants. Mais une réalité donnant à réfléchir a suivi immédiatement. Un Comité de pilotage – composé de syndicalistes indépendants, de syndicalistes liés à l’Etat et de représentants des Frères musulmans – a été chargé d’examiner les affaires financières du syndicat ETUF. Cette direction de facto a commencé par mettre son nez dans des rapports établis par l’Organisation centrale d’audit: des rapports qui font état de centaines d’infractions et d’irrégularités financières liées autant à l’ETUF qu’à d’autres organisations chapeautées par cette centrale officielle.

 

Des syndicalistes dont on s’est aperçu qu’ils étaient impliqués dans des opérations financières illicites étaient censés être déférés devant le procureur général; mais des intérêts bien précis se sont élevés pour bloquer cette voie… Le Comité de pilotage a ainsi été paralysé à cause de sa composition incluant des factions multiples…

 

Une coalition de quatre Fédérations – le syndicat des travailleurs du pétrole, le syndicat des travailleurs des minoteries, le syndicat des travailleurs du transport maritime et celui des transports – a fait grève à la mi-novembre 2011, appelant à la dissolution du Comité de pilotage désigné par le gouvernement. Des membres de cette direction autoproclamée ont essayé, sans succès, d’écarter la tête de ce Comité, à savoir Ahmed Abdel Zahir. C’est un transfuge de la direction dissoute de l’ETUF et un associé de la personne qui était à sa tête auparavant, Hussein Mégaouir. Il y a quelques mois, ce célèbre homme d’affaires avait été accusé d’avoir joué un rôle dans la «Bataille du Chameau», du 2 février 2011 [en attaquant les personnes occupant la Place Tahrir]. [L’ex-trésorier de l’ETUF, Samir Sayad, était devenu le patron d’une des plus grandes entreprises de peinture d’Egypte, jouissant des appuis du clan Moubarak.]

 

Lorsque le ministre El-Borai s’est vu incapable de mettre fin à la grève, il a prononcé la dissolution du Comité de pilotage et l’a remplacé par un autre composé de personnalités de l’ancienne direction, des associés de Mégaouir. «Nous avons régressé. La situation est maintenant exactement la même que lorsqu’il y avait Hussein Mégaouir», affirme Wael Habib, membre de ce Comité de pilotage.

Hisham Fouad pense que pour le CSFA ce changement constitue une réponse à la vague de grèves qui a secoué l’Egypte en septembre 2011. «Le CSFA s’est senti avoir un certain contrôle et pouvoir réprimer le mouvement ouvrier grandissant», affirme Fouad.

 

Après l’imposition d’un nouveau comité de direction de l’ETUF, El-Borai a annoncé, le 28 novembre 2011, que la nouvelle Fédération égyptienne des syndicats indépendants (EFITU) était d’accord de rejoindre l’ETUF, dirigée par l’Etat. Cette déclaration a provoqué beaucoup de bruit et envoyé des signaux selon lesquels le gouvernement ne voulait plus du pluralisme syndical et des libertés syndicales. Bien que confusion et spéculation aient été bon train, il s’avère qu’un tel consensus entre les syndicats indépendants et leurs homologues affiliés à l’Etat n’a jamais existé.

 

«Nous ne nous engagerons par à leurs côtés sur quoi que ce soit. Nous rejetons la notion même d’un syndicat dirigé par l’Etat», a déclaré Fatma Ramadan, membre de la direction de l’EFITU et militante syndicale.

 

Fatma Ramadan a été contrainte de retirer sa candidature pour les élections de l’Assemblée du Peuple (la chambre basse du Parlement), après que les tribunaux administratifs des gouvernorats de Gizeh et de Menoufiya ont refusé d’accepter des candidats ayant reçu leur statut de travailleurs de la part du syndicat indépendant [à côté des listes de partis, existent des listes permettant l’élection – par quota – d’un représentant des «professionnels» et d’un représentant du «bloc ouvrier-paysan»].

 

Selon Fatma Ramadan, l’EFITU a autorisé la candidature de trois cent à quatre cent «ouvriers» pour les élections en trois phases [de décembre 2011 à janvier 2012] de l’Assemblée du Peuple d’Egypte. Parmi eux, on a retiré à environ dix syndicalistes, dont Fatma Ramadan, le droit de participer aux élections en tant que représentant du «bloc ouvrier-paysan».

 

Par un décret du 20 juillet 2011, le CSFA au pouvoir a maintenu en vigueur un système de quotas vieux de 47 ans concernant la représentation des ouvriers et des paysans aux deux chambres du Parlement égyptien. Les syndicalistes sont divisés sur le fait de savoir si ce système de quotas doit être considéré comme relevant d’un reste de l’ancien régime ou s’il doit être revu, corrigé: «Le quota de 50% pour les ouvriers et paysans est fait pour protéger les secteurs dominants: c’est bien de  donner une voix aux démunis, mais lorsque le quota est utilisé pour remplir le parlement d’hommes d’affaires et de techniciens… Qui pensez-vous que ceux-ci vont défendre: eux-mêmes ou les travailleurs?» demande Fatma Ramadan.

 

Saud Omar, un membre du Syndicat des travailleurs de l’Autorité du Canal de Suez et candidat pour les travailleurs à Suez, pense que le quota de 50% doit être maintenu. Mais pour éviter une mauvaise utilisation de ce système, une nouvelle loi devrait être établie afin d’assurer que les représentants élus provenant des rangs des ouvriers défendent ces derniers, véritablement. «Le Parlement ne parle pas vraiment pour le peuple. Les millions de gens qui descendent dans les rues sont la preuve de cela et ils nient le rôle supposé du parlement, mais nous devons encore travailler sur ces schémas politiques», dit-il.

 

Alors que les premières élections post-Moubarak mettront en place ce parlement dont certains observateurs disent qu’il sera le premier parlement légitime depuis les années 1930, sa composition déterminera à un certain degré le cours du mouvement ouvrier.

Les résultats de la première phase révèlent de forts gains électoraux pour le bras armé des Frères musulmans, le Parti de la Justice et de la Liberté (FJP), et pour le parti des salafistes: Al-Nour. Même si deux phases des élections restent à faire [l’article a été écrit avant que commence la deuxième phase, le 14 décembre 2011], beaucoup d’observateurs pensent qu’une prise de pouvoir parlementaire islamiste est maintenant inévitable.

 

Si les islamistes arrivent au pouvoir, le mouvement des travailleurs peut s’attendre à rencontrer certains obstacles. Le FJP a accepté l’opposition du CSFA aux grèves, faisant même un pas de plus lorsqu’il a essayé de forcer la grève des enseignants à prendre fin dans certains gouvernorats, en septembre passé. Le parti Al-Nour a clairement adopté une ligne antigrève, en qualifiant de telles actions d’«indésirables», pour le moment. Le seule liste partisane «libérale» à avoir obtenu des résultats substantiels au premier tour était le Bloc Egyptien [coalition qui inclut le Parti des Egyptien libres, le Parti social-démocrate égyptien et le Parti Al-Tagammou, issu en partie du Parti communiste]. Les Egyptiens Libres – la force dirigeante du Bloc – ont également une position défavorable aux travailleurs. Ils l’ont démontré clairement lorsqu’ils ont, de suite, déclaré leur soutien à la loi antigrève adoptée en juillet 2011 par le CSFA.

 

Quoi qu’il en soit, certains militants syndicaux sont résolus: «Nous ne sommes pas découragés par les élections parlementaires; la bataille pour le parlement est seulement une partie de la bataille. C’est dans la rue que se trouve notre principale bataille. Nous exigeons: le droit de nous syndiquer librement; la suppression de la loi qui criminalise les grèves; l’établissement d’un salaire minimum et maximum; le redémarrage des usines mises à l’arrêt et la réembauche des ouvriers; une augmentation des retraites et une couverture médicale adéquate», déclare Fatma Ramadan.

 

Selon l’avocat du travail et membre des Socialistes Révolutionnaires, Haitham Mohamedein: «Le véritable enjeu se trouve dans la loi.» Spécifiquement, la Loi numéro trente cinq (1976) qui constitue la base des règles ayant trait à la structure et au système des élections de l’ETUF, dirigé par l’Etat, parmi d’autres organisations centrales. La décision de la junte militaire au pouvoir de suspendre le projet de loi –  approuvé par le ministre de la Main-d’œuvre et des Migrations (Al-Borai) et ensuite par le gouvernement de Charaf – est le cœur de l’affaire, pense Mohamedein. Cette législation permettrait, pour la première fois depuis les années 1950, le pluralisme syndical et donnerait la liberté aux ouvriers et aux professionnels de former chacun leurs propres associations et syndicats. Des associations et des syndicats forts constitueraient un défi pour un système qui cultive la corruption, l’oligarchie et l’inégalité sociale.

 

Les Frères musulmans se sont toujours battus pour le contrôle des syndicats et des associations professionnelles, déclare l’avocat du travail. Et ils approcheront la question de l’ETUF de la même manière. «Le FJP veut que la centrale syndicale soit sous leur commandement et ils contrôleront les fédérations par le biais des élections: des élections encadrées par la Loi numéro cinquante trois. Ce n’est pas dans leur intérêt de changer radicalement cette loi. Le mouvement des travailleurs est une source d’anxiété pour les hommes d’affaires comme pour les Frères musulmans. Ils pourraient peut-être chercher à amender la loi, mais ne permettraient pas les mêmes libertés que la loi qui a été suspendue.»

 

(Traduction A l’Encontre)

 

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 20:57

 

 http://www.atlasinfo.fr/Turquie-Erdogan-recoit-le-leader-du-mouvement-palestinien-Hamas_a24336.html

Turquie: Erdogan reçoit le leader du mouvement palestinien "Hamas"

 

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a reçu, mardi à Ankara, le dirigeant du mouvement palestinien "Hamas", Ismail Haniyeh, en visite en Turquie depuis dimanche dernier.

Selon l'Agence de presse turque "Anatolie", Haniyeh a pris part à une réunion des députés du Parti de la Justice et de Développement (AKP, au pouvoir), avant d'avoir un tête-à-tête avec Erdogan, président de l'AKP.

C'est la deuxième rencontre entre Erdogan et Haniyeh depuis l'arrivée de ce dernier en Turquie dans le cadre d'une première tournée dans la région depuis 2007 (Egypte, Soudan, Qatar, Tunisie et Bahreïn), visant à trouver un "soutien financier" pour la reconstruction de la bande de Gaza.

Le leader du mouvement Hamas s'est entretenu auparavant avec le président de la principale formation d'opposition en Turquie, le Parti républicain du peuple (CHP), Kemal Kaliçdaroglu.

Haniyeh s'est rendu lundi dans le bateau "Mavi Marmara", qui faisait partie de la flottille humanitaire destinée à Gaza et qui avait été attaquée en mai 2010 par l'armée israélienne.

Neuf ressortissants turcs ont perdu la vie sur le "Mavi Marmara" lors du raid israélien, qui a provoqué une dégradation des relations entre la Turquie et Israël, autrefois des alliés forts dans la région.

Le leader de Hamas a rendu hommage aux victimes de cette attaque meurtrière de l'armée israélienne et remercié la Turquie pour la constance de son engagement en faveur de la cause palestinienne.


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