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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 20:02

http://www.elmundo.es/cataluna/2016/09/11/57d52cf7e5fdea3d2a8b4635.html

Carles Puigdemont espère organiser des élections avant la journée nationale de Catalogne de 2017

Le président de la Generalitat assure qu’il imposera un référendum à l’état

Miquel Iceta et Xavier Garcia Albiol disent que Carles Puigdemont est « déconnecté de la réalité ».

Le président de la Generalitat, Carles Puigdemont, a expliqué Dimanche 11 Septembre 2016 que son souhait est que, pour la prochaine fête nationale, il appelle à de nouvelles élections et que la Catalogne soit dans une transition entre la post-autonomie et la pré-indépendance.

Il a déclaré, dans une conférence de presse avec des correspondants étrangers dans le Palais de la Generalitat, qu’il a calculé que, au plus tard à la fin du mois de juillet 2017, les travaux de la majorité indépendantiste de la coalition Ensemble pour le Oui et de la Candidature d’Unité Populaire (CUP) au parlement devraient être terminés.

Prévoyant la fin de la phase actuelle du processus souverainiste avant la fête nationale de l'année prochaine, Carles Puigdemont a souligné qu’il espérait, parce que c’est son engagement, d’être en mesure de le faire tant qu’il sera en fonction.

Carles Puigdemont a également déclaré qu'il envisage de proposer un référendum sur le pacte avec l’état en Catalogne en profitant de son intervention dans la question de confiance qui sera soumise Mercredi 28 Septembre 2016 au parlement.

Prenant la parole après les traditionnels bouquets de fleurs des personnalités politiques et de la société civile de Catalogne, le premier secrétaire du Parti Socialiste Catalan, Miquel Iceta, a accusé aujourd'hui le gouvernement de Carles Puigdemont d’être « déconnecté de la réalité » et de vouloir déployer une feuille de route « vouée à l'échec », car en Catalogne il n'y a pas de « majorité pour l'indépendance ».

A son tour, la présidente du parlement, Carme Forcadell, a appelé cet après-midi à descendre dans la rue, à l'occasion de la fête nationale, pour défendre les institutions catalanes et la liberté d'expression. Sur la même ligne, le président d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et vice-président du gouvernement, Oriol Junqueras, a prédit aujourd'hui que la fête nationale de cette année sera la dernière fête nationale avant l'indépendance de la Catalogne et a fustigé le ministre des affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, pour ses déclarations d’hier. A propos des déclarations de José Manuel Garcia Margallo, la maire de Barcelone et leader de Barcelona en Comú, Ada Colau, a appelé aujourd'hui à la démission immédiate du ministre des affaires étrangères.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 19:39

Les catalans dans la rue pour demander l'indépendance (Reuters)

Plus de cinq cent mille personnes ont manifesté Dimanche 11 Septembre 2016 en Catalogne pour demander l'indépendance de leur région d'avec l'Espagne que les dirigeants locaux veulent organiser pour l'année prochaine malgré l'opposition du gouvernement central.

Les catalans se sont rassemblés dans cinq villes et notamment à Barcelone, la capitale régionale, où ils étaient cinq cent quarante mille selon la police. En cette journée de fête nationale catalane, ils brandissaient le drapeau rouge et jaune étoilé des indépendantistes ainsi que des banderoles jaunes en musique, pour symboliser le battement d'un coeur unissant une république indépendante.

Le parlement régional de Catalogne, favorable à l'indépendance, souhaite que l'état indépendant de l'Espagne qu'il appelle de ses voeux soit créé en 2017.

La Catalogne, où vivent sept millions cinq cent mille personnes, représente environ vingt pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) de l'Espagne.

A Madrid, l'Espagne est sans gouvernement depuis la fin de l’année 2015, les deux élections législatives du mois de décembre 2015 et du mois de juin 2016 n'ayant pas permis de dégager une majorité parlementaire. Les principales raisons de cette situation sont les divergences entre les partis politiques sur la manière de s'opposer à la volonté séparatiste de la Catalogne.

Le gouvernement conservateur sortant de Mariano Rajoy, qui expédie les affaires courantes, est fermement opposé à toute initiative allant dans le sens d'une sécession de la Catalogne et il a porté l'affaire devant la juridiction constitutionnelle.

« Cela ne nous importe plus vraiment de savoir qui va gouverner à Madrid », commente Montse Pedra, trente neuf ans, une thérapeute rencontrée dans la manifestation à Barcelone.

Elle estime que la Catalogne n'aura pas droit à un référendum sur l'indépendance, à la différence de l'Ecosse en 2014, même si les électeurs ont finalement opté pour le maintien au sein du Royaume-Uni. De ce fait, dit-elle, « nous allons tout simplement déclarer l'indépendance ».

Un autre manifestant, Rafael Subirats, professeur de mathématiques, soixante quatre ans, estime en revanche que l'indépendance ne sera sans doute pas pour 2017.

Les partis favorables à la sécession ont remporté la majorité des sièges à l'assemblée régionale en 2015, mais ils n’ont pas la majorité des voix. Ils ont commencé à prendre des mesures législatives pour préparer l'indépendance, mais ces actions ont été déclarées illégales en justice.

Le tribunal constitutionnel espagnol a annulé au début du mois d’août 2016 une résolution du parlement catalan favorable à l'indépendance.

Selon un sondage paru au mois de juillet 2016, quarante huit pour cent des catalans sont favorables à l'indépendance, contre quarante deux pour cent qui sont contre.

Les défenseurs de l’indépendance sont aussi minés par des luttes internes.

Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, demandera la confiance du parlement régional le Mercredi 28 Septembre 2016, après des dissensions entre son parti, Ensemble pour le Oui, et ses alliés de la formation anti-austérité Candidature d’Unité Populaire (CUP) qui ont rejeté le projet de budget pour 2017.

Selon les analystes, Carles Puigdemont devrait être maintenu.

Il a déclaré Dimanche 11 Septembre 2016 lors d'une conférence de presse que son gouvernement convoquerait l'année prochaine des élections plébiscitaires pour ratifier la sécession, sauf s'il parvient à persuader les autorités centrales à Madrid d'autoriser les catalans à se prononcer par référendum sur leur avenir.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 17:47

http://www.lesechos.fr/economie-france/social/0211270906373-fo-va-mettre-fin-au-mano-a-mano-avec-la-cgt-2026108.php

La Confédération Générale du Travail (CGT) Force Ouvrière va mettre fin au mano a mano avec la CGT

Par Leïla de Comarmond, envoyée spéciale des Echos à Marseille

« Si Jean Jaurès lisait la loi travail, il se retournerait dans sa tombe », a ironisé Jean-Claude Mailly en réponse à Jean-Christophe Cambadélis.

Pour Jean-Claude Mailly, la journée d'action du Jeudi 15 Septembre 2016 est la dernière contre la loi travail.

Ce n'était pas le but recherché, mais Jean-Christophe Cambadélis a rendu un fier service à Jean-Claude Mailly. Le premier secrétaire du Parti Socialiste a raillé il y a quelques jours la venue, Samedi 10 Septembre 2016, du numéro un de la CGT Force Ouvrière à la fête de l'Humanité pour un débat avec les autres leaders syndicaux opposés à la loi travail, une première pour la CGT Force Ouvrière, qui s'est construit sur l'anticommunisme. « Ses prédécesseurs doivent se retourner dans leur tombe », a déclaré le dirigeant socialiste. Lors de son meeting de rentrée, Jeudi 8 Septembre 2016 à Marseille, le leader de la CGT Force Ouvrière lui a répondu vertement. « Si Jean Jaurès lisait la loi travail, il se retournerait dans sa tombe et que Jean-Christophe Cambadélis s'occupe de ses oignons, il a assez à faire avec le Parti Socialiste ». Il a été applaudi. Le symbole que constitue le rendez-vous du Samedi 10 Septembre 2016 à la fête de l'Humanité indispose un certain nombre de syndicalistes de la CGT Force Ouvrière qui ont connu l'époque du mur de Berlin. Mais personne n'ose le dire haut et fort, signe qu'une page générationnelle se tourne dans l'organisation.

« La CGT, c'est notre ennemie, comme les autres »

Autre chose est le mano a mano entre la CGT Force Ouvrière et la CGT déclenché par la loi travail. Têtes de cortège, meetings et interviews, depuis le début du conflit, Jean-Claude Mailly et Philippe Martinez s'affichent ensemble. Le soufflet de la mobilisation étant retombé, cela commence à devenir un problème à l'intérieur de la CGT Force Ouvrière. Franck Bergamini, le jeune secrétaire général de l'union départementale des Bouches-du-Rhône de la CGT Force Ouvrière, où les relations avec la CGT sont tendues, s'en est fait l'écho. « En aucun cas, il n'est question de fusion ou de rapprochement. Très rapidement, nous allons arrêter tout cela. La CGT, c'est notre ennemie, comme les autres. Notre indépendance en dépend ».

« Ce n'est pas la première fois que nous sommes dans l'unité d'action sur un problème particulier », a justifié Jean-Claude Mailly, qui a échoué au printemps à obtenir des gestes du gouvernement. Mais il a aussi annoncé la fin du « bout de chemin » de la CGT Force Ouvrière avec la CGT, mais aussi avec la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) et avec l'Union Syndicale Solidaire (USS). S'il a continué à taper dur contre la réforme du code du travail et contre le gouvernement, il a prévenu que la journée d'action du Jeudi 15 Septembre 2016 serait la dernière journée d'action à laquelle la CGT Force Ouvrière appellerait. Il a expliqué que « le combat va se mener autrement », avec des actions juridiques. La priorité de la CGT Force Ouvrière, désormais, c'est l'élection dans les Très Petites Entreprises (TPE) à la fin du mois de novembre 2016. Jean-Claude Mailly se refuse à tout pronostic. La confédération joue en tout cas moins gros que la CGT et la Confédération Française et Démocratique du Travail (CFDT).

Elle est assurée de rester en troisième position. Avec un score de seize pour cent des voix dans le privé, l'enjeu, pour elle, est de réduire l'écart avec les deux autres, qui vont se disputer la première place.

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 17:20

http://www.contretemps.eu/front-commun-resignation

« Faisons front commun », un cas de résignation politique

Par Laurent Lévy

Samedi 10 Septembre 2016

Dans cette tribune, Laurent Lévy, militant d’Ensemble, discute l’appel récemment paru, « faisons front commun ». Signé par des militants et des intellectuels, cet appel plaide en faveur de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Un appel a été récemment publié sous la signature de divers militants et personnalités de gauche, issus principalement du courant « une ambition communiste » du Parti Communiste Français (PCF) et du mouvement Ensemble. Cet appel, intitulé « faisons front commun » pourrait se résumer ainsi, « même à contrecœur et malgré des divergences de détail, nous nous rallions à la candidature de Jean-Luc Mélenchon et nous entrons en campagne pour lui, sans toutefois accepter le cadre de la France Insoumise ».

Ce texte est aujourd’hui largement relayé et recueille des centaines de signatures, parmi lesquelles celles de certains des intellectuels parmi les plus stimulants dans le débat à gauche de la gauche ou encore des cadres d’organisations parties prenantes du Front De Gauche (FDG).

Nous comprenons bien les préoccupations des camarades du PCF qui sont à l’origine de cet appel. il s’agit pour eux d’éviter que la crise de la gauche ne débouche soit sur un repli identitaire de leur parti et la tentation d’une « candidature communiste », soit sur le soutien donné à telle ou telle candidature issue du Parti Socialiste. De telles préoccupations sont parfaitement honorables.

Pourtant, cette initiative a quelque chose de consternant dans la conjoncture politique et idéologique actuelle qui évolue à grande vitesse. Une telle position politique était sans doute la plus raisonnable au printemps dernier, même si l’on pouvait encore à l’époque espérer une candidature de rassemblement, dont Jean-Luc Mélenchon aurait le cas échéant pu être le porteur. Elle a cessé de l’être à mesure que Jean Luc Mélenchon explicitait la cohérence de son positionnement. C'est en effet avec une cohérence délétère dans le national-populisme qu’il s’avance chaque jour un peu plus, alors même que les questions qu’il agite, celles de l’identité et du souverainisme, sont, comme celles des conditions démocratiques d’une politique d’émancipation, de plus en plus déterminantes dans le débat public.

Le centre de sa campagne est désormais ce qu’il appelle « l’indépendantisme français ». Après avoir expliqué, en plein drame des migrants et réfugiés, qu’il était par principe hostile à tout droit d’installation et qu'Angela Merkel avait eu tort d’accueillir tant de réfugiés, autrement dit, qu’on aurait mieux fait, à ses yeux, de les laisser crever dans leur bled, après avoir dit que les salariés détachés « volaient le pain » de ceux qui sont déjà là et confirmé ce propos en y ajoutant qu’ils avaient le choix de ne pas se comporter en « bourreaux », après avoir expliqué que les femmes voilées qui prétendaient aller à la plage se livraient ainsi à une « provocation salafiste », nous y voici donc, l’ensemble de son discours fait système. Même lorsqu’il dit des choses « de gauche », par exemple contre les politiques néo libérales, il le fait en affirmant que c’est le « levier de la nation » qui peut seul permettre d’en sortir. À cette aune, son intéressant discours écologiste perd l’essentiel de sa portée. Et cela s’ajoute à d’autres positionnements, comme le soutien affiché à Bachar al Assad et à Vladimir Poutine, son obsession coloniale pour la puissance maritime de la France ou ses lubies sur la « conquête de l’espace ».

Jean-Luc Mélenchon ne manque certes pas de qualités et il aurait pu être, comme il l’a été en 2012, un bon candidat dans le cadre d’une alliance à plusieurs voix, d’un front qui soit de gauche. Mais c’est là une perspective qu’il a, de son propre aveu, abandonnée.

D’où cette consternation à voir des camarades se proposer d’apporter leur contribution à ce que demain soit configuré dans des termes qui présenteraient ce discours national-républicain, en d’autres termes, social-chauvin, comme le cœur de l’alternative qu’il faudra construire demain.

Car en réalité, le discours de Jean Luc Mélenchon, tel qu’il se déploie aujourd’hui, est quelque chose avec quoi on ne peut se borner à acter des désaccords. C'est quelque chose qu’il faut combattre.

Pourquoi donc ce choix, exprimé pour un bon nombre des signataires de ce texte malgré des divergences réelles et totales avec la démarche bonapartiste de Jean Luc Mélenchon comme avec son national-populisme ?

On peut envisager trois raisons et identifier ainsi trois débats à mener avec les signataires de cet appel.

La première est une sous-estimation dramatique de l’état du débat public et de son évolution la plus récente. Après les attentats de Nice et de Saint-Étienne du Rouvray, le champ politico-médiatique s’est polarisé de manière radicale sur les questions identitaires, nationales et raciales, entrant en résonance avec le tournant autoritaire et antidémocratique opéré depuis de longs mois.

Cela est bien illustré par l’inflexion toujours plus accentuée des discours de la droite. Mais ce qui était traditionnellement la gauche n’est pas en reste et l’on voit la vitesse à laquelle la « gauche républicaine » dérive en ce sens, penser au « printemps républicain », aux gens qui ont dit de la décision du conseil d'état sur la police vestimentaire des plages, « c'est Munich », aux derniers propos de Jacques Julliard, qui qualifie les antiracistes de « collaborateurs » comme le fait Riposte Laïque, dont les militants sont eux-mêmes passés de cette même gauche républicaine à l’extrême-droite identitaire sans avoir eu besoin de changer un mot de leur discours sur la république.

Il y a lieu de s’inquiéter de tout ce qui peut, non seulement s’accommoder, mais aussi ne pas combattre cela avec la dernière énergie. Or, le moins que l’on puisse dire est que le discours de Jean Luc Mélenchon caresse dans le sens du poil cette évolution, si bien que le soutenir, c’est s’interdire de la combattre pied à pied.

La deuxième raison est l’idée fantasmatique qu’il serait possible de « peser » sur la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour le voir tempérer son discours et renoncer à l’orientation parfaitement cohérente qui est aujourd’hui la sienne. Pourtant, l’ensemble même de son dispositif, centré sur les « groupes d’appui » de la France Insoumise à sa candidature, et dans lequel il refuse a priori que des forces constituées puissent s’investir est une réponse faite à l’avance à cette illusion, même son propre parti, le Parti de Gauche, est tenu à l’écart de sa campagne après avoir été tenu à l’écart de sa déclaration de candidature.

Imaginer Jean Luc Mélenchon, qui multiplie les déclarations dont il sait à l’avance qu’aucun de ses partenaires potentiels ne pourrait les assumer, changer de cap pour leur complaire est une totale illusion, qui méconnaît précisément la logique même de son choix bonapartiste solitaire, dont un autre aspect est un refus de principe de toute alliance à l’occasion des élections législatives.

La troisième raison est l’incapacité de trop nombreux camarades à penser que l’on peut faire de la politique sans soutenir un candidat à l’élection présidentielle. C’est sans doute le point clé de toute cette affaire. Comme si toute expression politique et tout combat politique ne passant pas par le mot d’ordre « votez untel » était inenvisageable. Comme si, en somme, la politique était irrémédiablement piégée par les institutions.

Or, s’il est clair que la question du pouvoir peut difficilement être posée de façon purement extra-institutionnelle, il est tout aussi clair que cette question n’est pas posée du tout dans la conjoncture actuelle, où il s’agit d’intervenir politiquement sur fond d’échec historique de la gauche à proposer une alternative. Ce sont là les combats de demain et c’est en fonction de ce « demain » que les choix d’aujourd’hui doivent être faits.

En l’état de l’hégémonie d’une position autoritaire-identitaire, c’est elle qui doit être combattue au premier chef.

L’appel « faisons front commun » n’est ainsi rien d’autre que l’expression angoissante de la résignation politique.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 15:55

https://www.mediapart.fr/journal/france/090916/la-cgt-en-situation-delicate-sur-la-jungle-de-calais?onglet=full

La Confédération Générale du Travail (CGT) en situation délicate sur la jungle de Calais

Par Mathilde Goanec

Vendredi 9 Septembre 2016

Le syndicalisme n'est pas épargné par la montée des discours contre les migrants et tente d'y faire face, sans pouvoir balayer totalement les angoisses des salariés. Cas d'école à Calais, à l'occasion de la manifestation appelant au démantèlement de la jungle et à la fin de la pression migratoire, appelée notamment par des militants de la CGT.

L’autoroute A16 coupée en deux par des camions et des tracteurs, et des manifestants qui réclament le démantèlement de la jungle de Calais.

Après plusieurs manifestations dans le nord et à Paris, le « grand rassemblement du Calaisis, mouvement citoyen et apolitique », selon sa page Facebook, est passé à la vitesse supérieure Lundi 5 Septembre 2016, à la fois dans le mode d’action et dans ses revendications. Il ne s’agit plus seulement de « dire stop à l’insécurité à Calais », mais aussi d’en finir avec la « pression migratoire », comme le rapporte un article de la Voix du Nord.

À la manœuvre, les participants habituels et réguliers, le collectif d’entreprises et commerces de Calais, la Fédération Nationale des Transporteurs Routiers (FNTR), les agriculteurs par l'intermédiaire de la Fédération Départementale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FDSEA) notamment, ainsi que les représentants du syndicat des policiers de la CGT Force Ouvrière, qui ont déjà fait plusieurs déclarations sur ce registre dans le passé, et, surprise, la CGT. Drôle d’attelage, surtout pour un syndicat qui assure avoir comme valeur cardinale l’internationalisme, connu pour sa lutte historique contre la xénophobie et l’extrême droite. Interrogé sur le sujet Mercredi 7 Septembre 2016 à Nantes, Philippe Martinez a d’ailleurs répondu à la présence potentielle de certains militants CGT dans cette manifestation, « oui, il y a une mobilisation qui interroge à Calais, mais les motivations des uns et des autres ne sont pas les mêmes. Or certains s'en servent pour attiser la haine. Cela fait quatorze ans que cela dure, cette histoire. Je veux dénoncer l'attitude du patronat, qui fait du chantage et répète que si on ne démantèle pas la jungle, ce sont les boîtes qui vont fermer ».

Dans un communiqué de presse diffusé deux jours après la manifestation controversée, sommée de réagir, l’organisation enfonce le clou, « aujourd’hui, dans le Calaisis, plus de dix mille réfugiés vivent dans des conditions inhumaines, indignes du pays des droits de l’homme. Chaque jour, ils mettent leur vie en péril en tentant de rallier l’Angleterre. À travers cette situation, la rocade portuaire, le port de Calais et le tunnel sous la Manche se retrouvent pris en otages de hautes clôtures et de barbelés, ce qui n’empêche pas les réfugiés, déterminés à tenter, au risque de leur vie ainsi que de celle des travailleurs calaisiens, de monter dans les camions en provoquant des barrages sous l’impulsion des passeurs ». Et de mettre en garde, « ces derniers temps, et cela va s’amplifiant, sous l’influence d’un contexte d’élections politiques, cette situation est récupérée de façon malsaine par l’extrême droite, certains travailleurs et la population calaisienne ne doivent pas se tromper de cible ».

Officiellement, la position s'est donc éclaircie, d’autant plus que ce communiqué est cosigné par l’union départementale du Pas-de-Calais de la CGT et par la fédération des ports et docks de la CGT, en première ligne. Localement, c'est loin d'être aussi évident. Un premier tract siglé CGT a circulé, avant la manifestation, du côté des dockers et des portuaires. Il appelle à la « mobilisation générale » et à dire « stop au massacre » pour sauver un port en « grand danger ».

La « fédération nationale des ports et docks du port de Calais » propose de former une chaîne humaine le long du port, de mener blocage et opération escargot avec les agriculteurs, commerçants et transporteurs, soit exactement le programme du grand rassemblement du Calaisis.

Interrogé sur ce premier tract, Hervé Caux, secrétaire de la CGT des ports et docks à Calais, répond dans un premier temps que c’était « apolitique, ce n’était pas la CGT », malgré la présence du logo de l’organisation sur le tract. De nouveau questionné sur la différence de ton entre les deux documents et sur la présence effective d’adhérents CGT à la manifestation du Lundi 5 Septembre 2016, Hervé Caux met brutalement un terme à la conversation, arguant « qu’il ne répond pas à Mediapart ».

Sandy Penne, membre du bureau de la fédération des transports de la CGT, salarié d’une entreprise de transport du Pas-de-Calais, confirme que les ports et docks « y sont allés, sur l’aspect sécuritaire ». Quant aux routiers, « même si certains voulaient y aller », il n’est pas question de s’associer, en pleine bataille contre la loi travail, à un mouvement tenu notamment par la FNTR, une organisation patronale. Sandy Penne souligne par ailleurs l’incongruité qu’il y aurait à manifester avec la FNTR, « l’un des premiers acteurs du dumping social du coin », les transporteurs étant connus pour utiliser régulièrement une main-d’œuvre étrangère, moins chère que les routiers français.

Sur le plan des principes politiques, le choix s’est également précisé au fil de discussions en assemblée générale et lors de la réunion du bureau de la fédération des transports, « les réfugiés, cela se passe à Calais mais c’est une problématique nationale, nous allons bombarder à tour de bras à l’étranger et nous sommes ensuite incapable de gérer cette misère qui arrive chez nous. Bernard Cazeneuve dit qu’il veut démanteler le camp mais nous avons fermé Sangatte en son temps et cela n’a rien réglé ». L'annonce de la construction d’un mur de quatre mètres et d’un kilomètre de long sur le bord de la rocade proche du port est une « honte absolue », poursuit Sandy Penne. D’autant plus que, pour le responsable syndical, qui avoue être confronté à des adhérents proches du Front National dans ses rangs, l’infiltration de l’extrême droite dans le grand rassemblement du Calaisis ne fait aucun doute, « quand nous voyons des drapeaux français accrochés au camion, ou le slogan libérons Calais, nous savons de quoi il retourne ». Marine Le Pen, Lundi 5 Septembre 2016, twittait le message suivant, « tout mon soutien aux commerçants et aux acteurs économiques de Calais qui expriment ce jour leur exaspération au scandale de la jungle ».

Il n’empêche, la question de la sécurité des routiers reste entière et empoisonne le débat. Sandy Penne, au-delà de ses responsabilités syndicales, est salarié d’une entreprise de transport du Pas-de-Calais qui effectue soixante dix pour cent de son chiffre d’affaires en Angleterre.

« Il n’y a pas une semaine où il n’y a pas un incident. La semaine dernière, un collègue s’est encore retrouvé avec treize personnes dans sa remorque. Au quotidien, ce n’est plus possible de supporter cela, il va y avoir des dérives ». Les conducteurs se plaignent d’agressions, mais également des dégâts matériels coûteux, répercutés par les directions par une baisse des embauches. Dans un autre registre, la CGT pénitentiaire a aussi tiré la sonnette d’alarme, « plus de cinquante pour cent de la population de la maison d'arrêt de Dunkerque est constituée de migrants », expliquait Pascal Marié à la Voix du Littoral au mois d’août 2016. « Les tensions qui existent dans la jungle, nous les retrouvons dans les prisons. Ces tensions multiplient les risques pour les surveillants, comme pour les détenus ». Rappelons aussi que, pendant l’année 2015, vingt quatre exilés au moins sont décédés en tentant le passage et, au cours du seul mois de juillet 2016, quatre migrants supplémentaires ont perdu la vie.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 15:18

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/10/en-turquie-la-purge-s-etend-au-milieu-des-affaires_4995473_3214.html

En Turquie, la purge s’étend au milieu des affaires

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

Samedi 10 Septembre 2016

La banque centrale de Turquie est-elle dans le collimateur des autorités ? Bien qu’épargnée jusqu’ici par les purges engagées après le coup d'état manqué du Vendredi 15 Juillet 2016, l’institution est mentionnée dans l’acte d’accusation rédigé contre soixante treize adeptes de la communauté religieuse de Fethullah Gülen, un imam exilé aux Etats-Unis, désigné comme l’instigateur du soulèvement par Ankara.

Depuis la tentative de coup d'état, les autorités ont lancé une purge drastique contre les militaires, les enseignants, les journalistes et les hommes d’affaires, soupçonnés d’appartenir à la communauté, frappée du label « terroriste ». Trente-cinq mille personnes ont été interpellées et quatre vingt mille personnes ont perdu leur emploi, surtout des fonctionnaires. Cent cinquante amiraux et généraux, soit la moitié du haut commandement, ont été arrêtés.

Selon l’agence Bloomberg, l’acte d’accusation des soixante treize accusés, dont aucun n’émarge à la banque centrale, décrit l’institution comme dominée par la communauté religieuse.

Le procureur justifie cette accusation par le fait qu’une représentation stylisée de la comète de Halley, interprétée comme un signe d’allégeance de la banque à la communauté güleniste, figure sur des billets imprimés en 2009, au moment où le mouvement de Fethullah Gülen, alors à son zénith, avait réussi à infiltrer la plupart des institutions étatiques, y compris la banque centrale. Le verdict sera annoncé au mois de novembre 2016.

Lors d’un premier coup de semonce aux institutions régulatrices, le 19 août 2016, vingt-neuf inspecteurs de l’agence de régulation du secteur bancaire (BDDK) ont été interpellés. Ils sont soupçonnés d’avoir mené des enquêtes illégales sur les comptabilités de fondations liées à l'état pour le compte de la communauté religieuse.

Mais la banque centrale elle-même n’a jamais été inquiétée. Certes, les relations ont un temps été houleuses avec le président turc. En 2015, Erdem Basci, alors gouverneur, avait subi l’ire présidentielle parce qu’il refusait d’abaisser les taux d’intérêt. Mais depuis son remplacement, au mois d'avril 2016, par Murat Cetinkaya, réputé plus souple, l’entente est cordiale, la politique monétaire ayant été assouplie, conformément aux vœux du Recep Tayyip Erdogan.

Pour l’heure, la priorité du gouvernement est d’assécher les financements du réseau de Fethullah Gülen. « Pas de pitié », avait déclaré Recep Tayyip Erdogan le 4 août 2016, promettant d’éradiquer les entreprises, les écoles et les associations liées à la communauté, « des nids de terroristes » selon lui. Interpellations, perquisitions et confiscations de biens, l’épuration des milieux d’affaires se poursuit.

TUSKON, la confédération des industriels et hommes d’affaires, forte de cinquante cinq mille membres, est ainsi accusée d’avoir financé le réseau. Objet d’un mandat d’arrêt, son président, Rizanur Meral, est en fuite et ses biens ont été confisqués.

Jeudi 8 Septembre 2016, seize hommes d’affaires ont été inculpés.

Parmi eux figure Faruk Güllü, le « roi du baklava », qui dirige une chaîne de pâtisseries réputée dans tout le pays. Dans le même temps, Omer Faruk Kavurmaci, le Président Directeur Général (PDG) de l’entreprise Aydinli, dans les secteurs de la confection, des services et de la construction, a été mis en examen en tant que « membre d’une organisation terroriste ».

L’homme est le gendre de Kadir Topbas, le maire d’Istanbul, figure du parti de la justice et du développement (AKP).

Dans le cadre de l’état d’urgence, déclaré le 18 juillet 2016 pour trois mois, les biens et les avoirs des suspects sont susceptibles d’être confisqués.

Mardi 6 Septembre 2016, l’entreprise Boydak, qui emploie près de vingt mille personnes, est passée sous le contrôle du fonds d’assurance et de garantie des dépôts (TMSF), un organisme public chargé des faillites des banques et des entreprises.

Vendredi 9 Septembre 2016, dix-huit sociétés de la holding Koza Ipek, dans les secteurs des médias, des minerais, du tourisme et de l'énergie, d’une valeur estimée à dix milliards de dollars, soit neuf milliards d’euros, ont suivi le même chemin sur injonction de la quatrième chambre criminelle d’Ankara.

« Selon les derniers décrets, ces entreprises seront mieux gérées par le TMSF que par leurs propres dirigeants. Les banques pourront s’adresser directement au TMSF pour recouvrer leurs crédits. Le système retrouvera sa normalité. De cette façon, les risques ont été minimisés », a rassuré, Mardi 6 Septembre 2016, le vice-premier ministre Nurettin Canikli, lors d’une rencontre avec les représentants de l'association des banques turques.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 14:48

Moscou et Washington concluent un accord de trêve en Syrie (Reuters)

Les Etats-Unis et la Russie ont salué un accord majeur Samedi 10 Septembre 2016 à Genève pour remettre en marche le processus de paix en Syrie, comprenant notamment l'instauration d'une trêve nationale à compter du Lundi 12 Septembre 2016, au coucher du soleil.

Les deux pays entendent également mettre en place des corridors sûrs pour les opérations humanitaires et organiser des actions coordonnées contre des groupes islamistes.

« Aujourd'hui, Sergueï Lavrov et moi, au nom de notre président et notre pays, appelons tous les acteurs syriens à soutenir le plan auxquels sont parvenus les Etats-Unis et la Russie, pour mettre un terme le plus vite possible à ce conflit catastrophique par un processus politique », a dit le secrétaire d’état américain, John Kerry.

Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a déclaré qu'en dépit d'une méfiance persistante, les deux camps ont mis au point cinq documents permettant un combat coordonné contre le terrorisme et une reprise de la trêve du mois de février 2016 sous une forme améliorée. D'un commun accord, ces documents resteront confidentiels.

« Cela crée les conditions nécessaires pour la reprise du processus politique qui est à l'arrêt depuis longtemps », a dit Sergueï Lavrov lors d'une conférence de presse.

Cet accord est le fruit de plus de dix heures de discussions à Genève entre les deux pays. Ces deux dernières semaines, les pourparlers ont achoppé à plusieurs reprises, Washington accusant le régime de Bachar al Assad, soutenu par Moscou, d'attaquer des civils.

Vendredi 9 Septembre 2016, l'annonce de l'accord a été repoussée dans la soirée, John Kerry et ses négociateurs ont consulté Washington avant de donner leur feu vert.

« Le gouvernement de Barack Obama et les Etats-Unis font un pas en avant car nous pensons que la Russie et mon collègue Sergueï Lavrov ont la capacité de faire pression sur le régime de Bachar al Assad pour mettre fin au conflit et venir à la table des négociation pour faire la paix », a-t-il dit.

John Kerry a précisé que le fondement de l'accord résidait dans la promesse du régime de s'abstenir de frappes aériennes contre les zones rebelles, même sous le prétexte de viser les djihadistes de l'ancien Front al Nosra.

« Cela devrait mettre fin aux bombes barils et aux bombardements sans discernement et cela peut potentiellement changer la nature du conflit », a-t-il déclaré.

Pendant la trêve, les combattants de l'opposition modérée sont invités à se séparer des groupes djihadistes, faute de quoi ils pourront être la cible de frappes ultérieures, a dit John Kerry. Dans de nombreuses endroits du pays, et notamment à Alep, ces derniers sont devenus indissociables.

Si la trêve instaurée à compter du Lundi 12 Septembre 2016 tient pendant sept jours, la Russie et les Etats-Unis prépareront une coopération avec des frappes contre le Front al Nosra et le groupe Etat Islamique, a-t-il ajouté.

Un centre commun d'opérations sera mis en place, consacré notamment au partage d'informations permettant de délimiter les territoires de l’ancien Front al Nosra et ceux de l'opposition.

Le Front al Nosra s'est rebaptisé Fatah al Cham au mois de juillet 2016 et a annoncé rompre ses liens avec al Qaïda.

« Nous devons combattre ces terroristes. Pas de manière aveugle mais d'une manière stratégique, précise et judicieuse pour qu'ils ne soient plus en mesure d'utiliser les bombardements aveugles du régime pour fédérer le peuple autour de leurs crimes odieux », a poursuivi le secrétaire d’état américain.

Le plan « nécessite de cesser toutes les attaques, notamment les bombardements aériens, et toutes les tentatives de gagner du terrain aux dépens d'autres parties de l'accord de cessation. Il requiert un accès humanitaire sans obstacle et durable à toutes les zones assiégées et difficiles d'accès, dont Alep ».

L'accord prévoit que les deux camps se retirent de la route dite de Castello, corridor stratégique de ravitaillement pour les rebelles au nord-ouest d'Alep, et du quartier de Ramoussah, dans le sud de la ville, repris ces derniers jours par l'armée syrienne.

L'Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé Vendredi 9 Septembre 2016 que les convois humanitaires étaient dans l'impossibilité de circuler depuis le début du mois de septembre 2016 à Alep.

A Washington, le ministère de la défense, qui s'est montré récemment réticent à coopérer avec la Russie en Syrie, a salué l'accord de manière prudente.

« Ces engagements doivent être complètement respectés avant qu'une coopération militaire ne soit possible », a dit le porte-parole du ministère de la défense des Etats Unis, Peter Cook.

« Nous allons suivre de près la mise en oeuvre de cet accord dans les jours qui viennent », a-t-il ajouté.

L'émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a salué l'accord, jugeant qu'il fournissait des règles claires pour un cessez-le-feu et permettrait aux belligérants de reprendre des pourparlers politiques en vue d'une transition.

En cinq ans, le conflit syrien a causé plus de quatre cent mille morts et déplacé des dizaines de milliers de personnes.

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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 14:26

http://www.clubpolitiquebastille.org/spip.php?article170

Réunion du Club Politique Bastille

Samedi 17 Septembre 2016 à 14 heures 30

Librairie de l'EDMP

8 impasse Crozatier 75 012 Paris RER Gare de Lyon

La multiplication des faux débats jetés en pâture par les médias pour détourner l’attention de l’horreur économique et sociale et la destruction systématique de l’esprit critique dans les salles de classe comme dans les bureaux ou les ateliers rendent nécessaires l’existence de lieux de résistance à l’ordre établi comme à l’annihilation de la pensée.

A côté de nos engagements dans des actions concrètes pour promouvoir une autre vision de la société et défendre des droits acquis ou simplement des droits élémentaires de l’humanité, le Club Politique Bastille (CPB), ses réunions, son site internet et sa plateforme de débat, est un des lieux offrant la possibilité de faire un pas de côté pour prendre le temps de la réflexion, savoir raison et esprit critique garder, passer de l’idéologie assénée par le un pour cent à la praxis nécessaire des quatre vingt dix neuf pour cent et permettre le passage et le partage des savoirs comme vecteurs d’émancipation. Une manière de revisiter les champs de l’éducation populaire, reléguée dans les brocantes pittoresques par les tenants du néo libéralisme.

Au travers des débats politiques et des échanges, la mission est d’exporter dans le quotidien ce que nous partageons au CPB, comme sur les places des Nuits Debout ou encore à Notre Dame Des Landes, et l’objectif est de jeter les germes de l’insurrection en nous posant les questions et les interrogations sur la manière de vivre dans le monde.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 17:14

http://www.alternativelibertaire.org/?Kurdistan-Un-renouveau-politique

Kurdistan, un renouveau politique

Par Raphaël Lebrujah

Mercredi 7 Septembre 2016

Les kurdes sont sous les feux des projecteurs pour leur résistance face à l'Etat Islamique et à l’oppression de l'état turc, mais aussi pour les changements sociaux et sociétaux mis en œuvre au Rojava, dans le Kurdistan syrien, retour sur une révolution idéologique.

Depuis mon voyage au Rojava, ma vision du monde à changé. Le processus révolutionnaire en cours ne bouscule pas simplement l’équilibre des forces au Moyen-Orient, mais aussi nos idéaux révolutionnaires. En effet, les clivages qui traversent les mouvements anarchistes et communistes révolutionnaires ou encore de la gauche révolutionnaire s’en retrouvent partiellement obsolètes. Ces clivages se retrouvent dans deux concepts clés, l'état et le pouvoir.

Instances de double pouvoir au niveau local

Cela a été le centre de la réflexion du mouvement de libération nationale kurde, notamment incarné par le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Pour cela, le PKK a entrepris une réflexion et une réorganisation de son corps qui a duré dix ans entre 1995 et 2005. Les éléments déclencheurs ont été la chute de l'union soviétique et les années noires, lorsque l'état turc a rasé des milliers de villages kurdes et où la violence de l'état turc a atteint un paroxysme. Repliés au mont Qandil en Irak, les guérilleros et guérilleras ont élargi leurs champs de recherche en relisant par exemple des auteurs comme Karl Marx, Mikhaïl Bakounine, Pierre Kropotkine, Rosa Luxembourg, Michel Foucault et d’autres auteurs post modernes, Noam Chomsky et Murray Bookchin. Ce dernier auteur a joué probablement le rôle le plus influent dans le renouveau de la pensée kurde. Murray Bookchin est connu pour ses thèses sur l’écologie et son mouvement municipaliste libertaire.

La majorité des révolutionnaires occidentaux sont attentistes, ils attendant la grève générale, or pour Murray Bookchin les grandes mobilisations sont des « offensives de printemps » dépassant rarement les « vacances d’été ». Les luttes par des manifestations et des grèves contre les états et le système capitaliste sont une tâche parfois cruciale mais, par leur forme, elles ne permettent pas d’inscrire un phénomène de transformation sociale durable. Murray Boochkin prône une lutte contre l'état par la construction des instances de double pouvoir au niveau local dès à présent. Il s’agit de fonder des assemblées et des conseils de quartiers qui, a terme, prendrons le contrôle de la municipalité, dissolvant l’ancien ordre. Les municipalités ainsi partiellement libérées du pouvoir de l'état pourront se confédérer contre lui.

Pour cela, Murray Bookchin s’appuie sur les très nombreux exemples historiques de cités assemblées confédérées contre le pouvoir des états.

Pour ne citer que trois exemples, les communes du Moyen Âge en Europe occidentale, les meetings towns de Nouvelle-Angleterre, ou encore les sections parisiennes de la révolution française. Ces expériences avaient toutes les caractéristiques de confédération en capacité de résister aux états par des milices contrôlées par les assemblées municipales, de s’appuyer sur un pouvoir de démocratie locale et d’avoir le contrôle sur leurs finances. On peut aussi trouver des expériences de cités assemblées aujourd’hui en Europe comme à Marinaleda en Espagne ou encore à Saillans en France.

Murray Bookchin montre également que ces instances de double pouvoir jouent un rôle essentiel dans les progrès sociaux que peut obtenir la majorité opprimée. Pour Murray Bookchin, la lutte contre les états modernes, pour être exact les états nations, passe par la prise de conscience de l’oppression du citoyen et de son éviction du champ politique plutôt que par la construction d’une identité ouvrière. Pour lui, l’incompatibilité du capitalisme avec l’écologie produira sa chute car il a pour finalité de produire un environnement non viable pour l’humanité. Il est donc incompatible avec cette dernière.

Le PKK a également approfondi son élaboration de l'état nation. En effet, cet état au vice identitaire cherche à diviser pour mieux régner par l’opposition des identités. En Turquie, c’est sur cette base que les turcs sont opposés aux kurdes. Ces derniers ayant l’injonction de se laisser assimiler et d’oublier leur langue et culture. En union soviétique, l'état nation a pris la forme d’une identité ouvrière opposée aux bourgeois et aux petits bourgeois. C’est sur ce prétexte que la collectivisation forcée fit des millions de victimes. C’est aussi ainsi que l'union soviétique opposa la science ouvrière à la science bourgeoise, niant pendant un temps la véracité scientifique de la relativité générale d'Albert Einstein.

Armée autonome des femmes kurdes depuis 1992

C’est par une critique approfondie du patriarcat que les femmes kurdes du PKK ont également développé un mouvement de libération des femmes.

Les femmes kurdes sont organisées dans une armée autonome depuis 1992, devenue presque indépendante aujourd’hui, les YJA Star. Les organes d’auto-organisation féminine ont joué un rôle essentiel dans la nouvelle doctrine.

Pour le PKK, la première des oppressions est le patriarcat, qui a mis fin aux « sociétés naturelles », le « communisme primitif » chez Karl Marx.

Les sociétés naturelles ont développé leurs premières hiérarchies sociales sur la « rupture des genres » c’est-à-dire par la création des genres féminins et masculins dans l’objectif d’exploiter les femmes. Pour la gauche kurde, il ne peut y avoir de société libre et émancipée sans émancipation totale des femmes. Elles se réapproprient également le savoir, longtemps le monopole des hommes, à travers leur nouvel idéologie, la ginéologie ou science des femmes.

L’un des mots d’ordre du mouvement est « tuer l’homme » en vous car, selon elles, c’est la mentalité masculine qui est à l’origine de la recherche du pouvoir. Sur ces bases, elles éduquent les femmes puis les hommes à l’anti patriarcat et elles fondent leur propre organisation non mixte, leurs propres forces armées ou encore leurs propres coopératives agricoles comme au Rojava.

Au Rojava, l’idéologie du PKK est globalement respectée. L’économie est au mains des municipalités, comme le pétrole. Les femmes luttent tous les jours pour éduquer la société. Les municipalités sont unies par un contrat social fortement inspiré des élaborations de la fédérations des femmes kurdes. Pour finir, la majorité des décisions politiques ne dépassent pas le palier des cités assemblées.

Tous ces positionnements politiques remettent en cause la vision qu’ont les mouvements révolutionnaires occidentaux sur le monde. Peut-être qu’une partie de la solution à nos difficultés se trouve dans ce mouvement non blanc, féministe, écologiste et démocratique de Mésopotamie.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:48

Berlin redoute une coalition Club Méditerranée au sein de l'Union Européenne (Reuters)

Certains responsables allemands craignent que ne se constitue au sein de l'Union Européenne un bloc méditerranéen qui tenterait d'imposer un assouplissement des règles budgétaires communes, alors que pour eux l'orthodoxie s'impose plus que jamais au vu du départ prochain de la Grande-Bretagne.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras rencontre Vendredi 9 Septembre 2016 à Athènes les chefs d’état et de gouvernement de France, d'Italie, d'Espagne, du Portugal, de Malte et de Chypre pour débattre de l'avenir de l'Union Européenne après que les britanniques aient choisi, le 23 juin 2016, d'en sortir.

Alexis Tsipras se veut la figure de proue d'une initiative anti-austérité et se cherche des alliés, alors que l'Allemagne prône toujours une stricte discipline budgétaire avant le sommet européen de Bratislava au mois de septembre 2016.

Le député européen Markus Ferber, membre de l’union chrétienne sociale (CSU), l'aile bavaroise de l’union chrétienne démocrate (CDU), le parti de la chancelière Angela Merkel, a déclaré au journal die Welt qu'il redoutait de la part des pays du sud une « coalition de la redistribution » qui mettrait en péril la stabilité financière de l'Europe.

« Après le départ de la Grande-Bretagne, le Club Méditerranée aura une minorité de blocage qui pourra faire obstacle à Bruxelles à toute loi qui ne lui convient pas », dit-il.

Le commissaire européen Günther Öttinger exprime lui aussi un certain malaise.

« Ce serait une mauvaise chose que le fossé se creuse entre les pays membres de l'Union Européenne ayant de gros problèmes budgétaires et ceux pour lesquels ils sont minimes », dit-il, dans les colonnes du Passauer Neue Presse.

S'exprimant dans le même journal, Markus Ferber, vice-président de la commission économique et de change du parlement européen, souligne que l'Europe doit faire bloc.

« Il faut un signal pour plus de stabilité, ce qui implique qu'il faut appliquer les textes existants », affirme-t-il.

De ce point de vue, il reproche au ministre des finances Wolfgang Schäuble de soutenir la décision de l'Union Européenne de ne pas infliger d'amende à l'Espagne et au Portugal en raison de leur déficit budgétaire excessif.

Cette décision prise au mois de juillet 2016 montre que la commission européenne veut éviter de mettre des pays membres à l'amende alors que la croissance économique reste faible, que le ressentiment contre l’Union Européenne augmente et que des élections auront lieu en Allemagne, en France et aux Pays-Bas, ainsi qu'un référendum en Italie, dans les douze mois qui viennent.

« Dans un moment où nous avons une croissance faible, il ne faut pas l'étouffer par le biais de sanctions économiques », a réagi le ministre des finances autrichien Jörg Schelling.

L’été est fini

Pour autant, le conseil des ministres des finances de l'Union Européenne (ECOFIN) réuni Vendredi 9 Septembre 2016 à Bratislava attendent toujours de ces deux pays qu'ils remettent de l'ordre dans leurs finances publiques.

« Je m'attends à une discussion très brève et surtout à une action probante de nos collègues espagnol et portugais », a dit le ministre des finances slovaque Peter Kazimir, dont le pays occupe la présidence tournante de l'Union Européenne.

Conformément aux règles communautaires, Madrid et Lisbonne doivent prendre d'ici au 15 octobre 2016 des décisions conséquentes en vue de réduire leur déficit budgétaire. C'est aussi la date limite de présentation des projets de budget de 2017 pour l'ensemble des pays de la zone euro.

Mais dans la mesure où l'Espagne reste régie par un gouvernement qui se limite à liquider les affaires courantes et qui n'est donc pas en mesure de prendre des engagements budgétaires contraignants, les ministres étudieront le moyen d'aménager les règles en fonction de cette situation, comme l'a dit le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem.

« Tout nouveau gouvernement espagnol devra tout de même ramener le budget dans les clous, quelles qu'aient été les décisions de cet été », a-t-il toutefois rappelé. « Les problèmes budgétaires de l'Espagne ne se sont pas dissipés et il appartiendra au nouveau gouvernement d'y faire face ».

Pour ce qui concerne la Grèce, ECOFIN a réclamé une accélération des réformes convenues dans le cadre d'un nouvel accord de renflouement conclu en 2015, prévoyant une aide financière de quatre vingt six milliards d'euros jusqu'en 2018 en échange desdites réformes.

L'Eurogroupe a déjà accepté en mai le versement d'une tranche de dix milliards trois cent millions d'euros, dont sept milliards cinq cent millions d’euros ont déjà été transférés, le solde devant l'être d'ici la fin du mois d’octobre 2016 sous certaines conditions.

Jeroen Dijsselbloem a jugé qu'on avait déjà perdu beaucoup de temps.

« L'été est fini. Il est temps de retourner au travail », a-t-il résumé.

Son homologue allemand Wolfgang Schäuble s'est montré plus optimiste.

« Nous savons très bien que, avec la Grèce, la mise en oeuvre des mesures convenues intervient toujours dans les derniers moments du calendrier prévu », a-t-il dit.

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