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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:00

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article115432

Traduction de l’article du quotidien de Berlusconi "Libero" du 23 mars 2011

COMME SARKOZY A ORCHESTRÉE LA RÉVOLTE LIBYENNE

de Franco Bechis, Directeur adjoint du quotidien italien Libero

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi. C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

C’est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle,  Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

La réunion.

On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari. L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre l’arrêt de façon formelle.

Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s’agiter.

La colère du raïs.

Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

Traduction Marie-Ange Patrizio

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 19:00

 

Pétition de soutien aux élèves  à la robe longue de Saint-Ouen - droit à l'éducation pour toutes et tous, un droit fondamental

Nous, enseignant-e-s, avons eu connaissance de la décision prise par la direction du lycée Blanqui à Saint-Ouen d'isoler et de menacer d'exclusion de jeunes élèves au motif qu'elles portent des robes longues de couleur sombre. La raison avancée est que ce vêtement  constituerait un « signe ostentatoire » marquant leur appartenance à une religion déterminée, l'Islam.

A ce jour, à notre connaissance, aucun représentant du monde enseignant n'a pris la peine d'interpeller l'opinion publique. Nous estimons donc de notre devoir d'exprimer notre consternation et notre indignation.

 

En effet, les élèves portaient ce type de vêtement depuis longtemps déjà, nous ne nous expliquons donc pas qu' à trois mois de la fin de l'année et du baccalauréat pour certaines d'entre elles, un tel ostracisme soit pratiqué par la direction. Quelles que soient nos positions par ailleurs, c'est d'abord la stricte dimension déontologique qui nous fait ici réagir : de même que le médecin veut le bien de ses malades, les membres de la communauté éducative ne sont-ils pas supposés vouloir le bien des élèves, et n'y a-t-il pas claire volonté de nuire quand on exerce un chantage du genre de celui proposé par la direction du lycée Blanqui ?

De plus, la jupe longue de couleur sombre n'a jamais fait partie des accessoires interdits par une loi qui ne vise que le port de signes ou tenues à caractère ostensiblement religieux.  A quand l'interdiction des couleurs blanche et bleue du fait qu'elles évoquent la Vierge Marie, le bannissement du rouge et du noir, car emblématiques d'une divinité vaudoue, et la prohibition du vert pour cause d'islamisme ?

Plus sérieusement, nous refusons de nourrir un rapport haineux à l'Islam, religion adoptée par certains de nos élèves. Nous considérons de plus que la décision de contraindre sans aucune base légale ces jeunes filles à renoncer à porter un vêtement qu'elles affectionnent participe de cette même idéologie islamophobe dont l'expression désinhibée est désormais constamment encouragée par les différentes prises de positions et campagnes lancées par le gouvernement.

Pour toutes ces raisons nous demandons à la direction du lycée Blanqui d'arrêter tout harcèlement à l'égard de ces jeunes filles et de lever toutes les sanctions qui auraient été prises contre elles et celles-ceux qui les ont soutenues. Il s'agit de réaffirmer le droit fondamental à l'éducation pour toutes et tous qui a été bafoué par la décision de la direction du lycée Blanqui.

25 mars 2011

Premiers signataires

 

Alix Héricord (professeur de philosophie), Jean-Marie Granetier (documentaliste, lycée Gérard de Nerval, Noisiel), Pierre Stambul (professeur de mathématiques, retraité, Marseille, syndiqué SNES tendance Emancipation),  Jànos Borovi (professeur de mathématiques, retraité du Collège Guy Môquet, Gennevilliers, syndiqué SUD Education Hauts de Seine), Siryne Zoughlami (professeur de philosophie, lycée Mozart, Blanc Mesnil), Noëlle Guilbon (retraitée du collège Travail, Bagnolet, syndiquée SNES tendance Emancipation), Valérie Duguet (professeur de lettres, lycée Georges Clemenceau, Villemomble, syndiquée Sud Education), Max Sébastien (professeur d'anglais, lycée Delacroix, Drancy)

contact, signatures à envoyer à :

robelongue2011@yahoo.fr

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 17:22

 

http://www.lemonde.fr/elections-cantonales-2011/article/2011/03/23/cantonales-western-a-gauche-en-seine-saint-denis_1497467_1470538.html

 

Cantonales : western à gauche en Seine Saint Denis


Le Monde.fr | 23.03.11 | 16h39  •  Mis à jour le 23.03.11 | 18h04

 

La gauche en Seine-Saint-Denis est en train de se faire un remake de mauvais western spaghetti pour le second tour des cantonales. Un peu comme dans ces films de Sergio Leone, où tout semble calme dans le saloon avant que tout le monde ne sorte les colts. Alors qu'un semblant d'armistice avait été acté lundi, à la veille du dépôt des listes pour le second tour, la guerre a été de nouveau ouverte mardi 22 mars.

 

Pas moins de quatre duels vont se dérouler à gauche dans ce département tenu par le socialiste Claude Bartolone. Le premier tour avait déjà vu la compétition féroce entre socialistes alliés aux écologistes contre les communistes. C'était le cas à Saint-Ouen, Saint-Denis, Sevran, Aubervilliers, La Courneuve, Romainville…

 

A Montreuil, le candidat socialiste sortant était confronté à une double concurrence à gauche avec, en face de lui, une candidate écologiste et un communiste. Au soir du premier tour, pourtant, malgré les envies des troupes locales, un accord semblait se dessiner pour un désistement réciproque afin de laisser le candidat arrivé en tête concourir seul.

 

Ainsi, à Montreuil, le PCF devait se retirer au profit de l'écologiste Catherine Pilon qui a devancé tout le monde à gauche.

 

A Romainville, où la divers gauche Corinne Valls avait distancé le communiste, le PCF devait la laisser seule au second tour. A Aubervilliers, le PS devait convaincre sa sortante Evelyne Yonnet de renoncer à se maintenir face à Pascal Beaudet (PCF).

 

Quant à Fatima Laronde (EELV), concurrente malheureuse de la sortante Florence Haye dans la canton de Saint Denis Nord Ouest, dès avant le premier tour, elle s'était engagée au "désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé" dans un entretien au Journal de Saint-Denis. Deux heures avant l'heure limite pour le dépôt des listes, ce fragile équilibre a basculé.

 

RANCŒURS LOCALES

 

A Aubervilliers, les socialistes ne supportant pas de perdre le canton ont déposé la candidature de Evelyne Yonnet, épouse du maire Jacques Salvatore. Les menaces fusent alors de partout, les communistes – par la voix de Pierre Laurent – menaçant de se maintenir à Montreuil, les écologistes poussés par le PS local font de même à Saint-Denis.

 

Les communistes passent à l'acte les premiers, en déposant la candidature de Belaïd Bedreddine à Montreuil et de Sofia Dauvergne à Romainville. Riposte à Saint-Denis, Fatima Laronde dépose la sienne. Les états-majors tentent d'éteindre le feu. "Il faut que la raison l'emporte. On n'a pas besoin de ce climat en ce moment", lance Lydie Benoit, responsable national aux élections du PCF.

 

"On est prêt à se retirer", tente Jean Vincent Placé, responsable aux relations extérieures à Europe Ecologie. Le PCF convoque alors deux Assemblées Générales à Montreuil et Romainville pour faire entendre raison à la base. En vain. Les rancœurs locales ont été trop fortes. L'histoire des relations à gauche est émaillée depuis dix ans de trahisons, passages dans le camp adverse et de coups fourrés entre le PS, le PCF et les Verts.

 

"C'est affligeant mais on n'y est pas arrivé", reconnaît LydieBenoit. "Cela prend une dimension qu'on a pas voulu", regrette Jean Vincent Placé. Moins d'états d'âme au PS : "Les bulletins sont partis à l'imprimerie. On ira jusqu'au bout", rétorque Mathieu Hanotin, premier soutien de Fatima Laronde à Saint-Denis et bras droit de Claude Bartolone au conseil général de Seine-Saint-Denis.

 

UNE GESTION DE LA MAJORITÉ DIFFICILE

 

Le député de Seine Saint Denis n'a rien fait pour éviter la désunion. Car derrière les querelles locales, c'est aussi l'équilibre de sa majorité qui est en jeu. Le scrutin du 20 mars a mis trois de "ses" sortants de son groupe en danger : Epinay au profit de la droite, Aubervilliers en faveur du Front de gauche et Montreuil qui pourrait revenir à Europe Ecologie. Le groupe socialiste pourrait ne compter que 14 élus au soir du second tour face aux communistes qui peuvent espérer montrer à 13 (contre 12 auparavant).

 

Les écologistes peuvent, grâce au règlement du département, créer un groupe autonome avec deux élus (ils en ont déjà un à Sevran et peuvent s'attendre de gagner à Montreuil). Il lui faut donc regagner des cantons. A défaut, la gestion de la majorité pourrait se révéler plus compliquée à réaliser.

 

Sylvia Zappi

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:41

 

http://www.medelu.org/spip.php?article771

 

La flamme du « printemps arabe » ne s’est pas éteinte en Libye

 

Trois constats 

 

L’insurrection libyenne est de la même nature que les soulèvements tunisien et égyptien. Ce n’est pas un hasard si Kadhafi a défendu Ben Ali jusqu’au bout. Il s’agit d’une insurrection de la majorité des Libyens contre un régime répressif, tortionnaire et terroriste, incarné par une mafia familiale qui a accaparé une bonne partie de l’argent du pétrole et l’a placé sur d’innombrables comptes personnels dans les banques occidentales. 

 

L’action armée en cours contre les cibles militaires libyennes ne vise pas à s’approprier le pétrole du pays, pour une raison bien simple : c’est déjà le cas ! Total (France), ENI (Italie), Repsol (Espagne), OMV (Autriche), PetroCanada (Canada), Wintershall (Allemagne) etc., exploitent déjà des gisements. Par ailleurs, de nombreux permis de forage et d’exploration ont déjà été concédés par Kadhafi à des compagnies étrangères, principalement américaines.

 

Kadhafi a été un temps, mais n’est plus du tout, un dirigeant anti-impérialiste. Jusqu’à il y a deux mois, il entretenait les meilleures relations avec Sarkozy, Berlusconi, Cameron, l’administration américaine, et il servait de barrage protecteur et rémunéré contre l’émigration africaine vers l’Europe. C’était plus qu’un ami : un allié !

 

La situation convenait donc parfaitement aux deux parties et on ne voit pas quelle aurait été la motivation occidentale pour la changer. C’est la poussée de l’insurrection civile et sa répression sanglante par le Guide (y compris par des mercenaires) qui a créé une situation nouvelle dont le dictateur est le seul responsable. Pour une fois, ce n’était pas une manœuvre de l’Empire... Kadhafi, réhabilité en 2004, redevenait à nouveau imprésentable et exposait ses partenaires à la pression de leurs opinions publiques et de leurs forces d’opposition internes. C’est à regret qu’ils se sont trouvés contraints de « lâcher » ce lecteur de Montesquieu, selon le ministre Patrick Olier. 

 

Cela nous conduit à trois premières conclusions  

 

Par principe, Mémoire des luttes est aux côtés des peuples contre les dictatures. Donc, en Libye, pour les insurgés - même si nous ne savons pas grand chose d’eux - et contre le régime Kadhafi.

 

Une reprise en main de la Libye par le dictateur aurait signifié la fin du "printemps arabe" et aurait envoyé aux populations des autres pays de la région en lutte contre leurs propres tyrannies un message clair : " La récréation tunisienne et égyptienne est terminée. Les pouvoirs en place ne lâcheront rien sauf quelques réformes cosmétiques".

 

Même s’il faut faire la part des rodomontades et des gesticulations médiatiques du personnage, il est fort probable que, sans intervention extérieure, Kadhafi allait perpétrer un massacre à Benghazi. Il en avait donné un avant-goût par des bombardements aveugles de cette ville, qui ont fait de nombreuses victimes civiles. Il avait d’ailleurs publiquement annoncé la couleur à de multiples reprises en parlant de "rats" à détruire, de gens que l’on allait poursuivre "jusque dans les placards", etc. Les Libyens, en tout cas, prenaient ces menaces au sérieux : les images de la joie des habitants de Benghazi à la vue des avions de la coalition parlent d’elles-mêmes.

 

C’est un spectacle surréaliste pour nous que de voir de simples citoyens libyens (mais aussi palestiniens, tunisiens, etc.) remercier Sarkozy et Obama ! 

 

Les repères sont brouillés et les contradictions abondent 

 

Nous ne nous faisons pas d’illusions sur la résolution 1973, même si elle été votée par le Liban et par les deux plus grandes puissances africaines : l’Afrique du Sud et le Nigeria. Nous savons que ce vote est le résultat de considérations qui ont très peu à voir avec les intérêts du peuple libyen et pas davantage avec une vision géopolitique commune.

 

L’élément moteur a été Nicolas Sarkozy, pour des raisons de politique intérieure et pour faire oublier le fiasco de sa diplomatie en Egypte et en Tunisie. Pour se composer une stature internationale, le président français a en quelque sorte mis publiquement les autres gouvernements au pied du mur, alors que la plupart d’entre eux (dont celui d’Obama) n’étaient pas favorables à une intervention. Les autres gouvernements occidentaux représentés au Conseil de sécurité de l’ONU ont également pris leur décision en fonction de considérations conjoncturelles de politique intérieure : abstention pour l’Allemagne à la veille d’élections régionales, participation des Etats-Unis face à la surenchère républicaine au Congrès, etc. On est loin d’un plan élaboré de longue date et mis en œuvre de manière cohérente et coordonnée.

 

La résolution 1973 est un cas d’école du "deux poids, deux mesures" : il n’a rien été décidé d’équivalent pour les assassinats de civils en Irak, en Afghanistan, à Gaza, à Bahreïn, au Yémen, sans parler du Honduras, etc.

 

Comble d’hypocrisie, cette résolution a reçu, du moins au départ, le feu vert de la Ligue arabe, c’est-à-dire de gouvernements arabes du même acabit que celui de Tripoli. On peut analyser cette étonnante attitude comme un "deal" implicite avec l’Europe et les Etats-Unis : " Nous sacrifions l’un des nôtres, Kadhafi, mais, en échange, vous fermez les yeux sur la répression et la présence de troupes saoudiennes à Bahreïn, les tirs à balles réelles sur les manifestants au Yémen et, d’une manière générale, sur les exactions de nos propres dictatures ".

 

Une fois que nous avons dit tout cela et que nous avons dénoncé ces hypocrisies et la pression belliciste des médias, la question posée ici et maintenant n’était pas seulement théorique : fallait-il laisser Kadhafi tuer dans l’œuf la révolte des Libyens, au risque de fragiliser les acquis démocratiques en Tunisie et en Egypte, et de décourager les opposants aux régimes bahreïni, yéménite, jordanien, syrien, etc. ? Nous sommes nombreux à penser que non, même si la voie pour y parvenir - l’intervention militaire conduite essentiellement par des membres de l’OTAN- n’est pas de notre goût. Il aurait été préférable qu’elle soit conduite par l’Egypte de l’après-Moubarak. La participation, en guise d’alibi arabe, du Qatar et des Emirats Arabes Unis fait en effet plutôt sourire…


Nous avons déploré que l’offre de médiation par des gouvernements africains et latino-américains faite par Hugo Chavez et soutenue par les autres gouvernements de l’Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique (ALBA) n’ait pas été acceptée par les insurgés ni par les Occidentaux ni même , semble-t-il, par le fils Kadhafi alors que le Guide s’était montré favorable.

 

Elle n’avait toutefois que des chances infinitésimales de succès car elle intervenait à un moment où les positions étaient déjà trop radicalisées, et où trop de sang avait été versé pour qu’un compromis soit possible entre les parties en présence. D’une part, Kadhafi, dont la parole n’a strictement aucune crédibilité, n’y voyait qu’un moyen de gagner du temps pour reconquérir le terrain perdu, et il n’avait pas la moindre intention de lâcher un centimètre de pouvoir. De l’autre côté, le slogan était "Dégage", comme contre Ben Ali et Moubarak. 

 

Cela nous coûte beaucoup de ne pas partager, du moins à ce stade, la totalité des analyses de nos amis et camarades des mouvements sociaux et des gouvernements progressistes, notamment d’Amérique latine, auxquels nous réaffirmons par ailleurs notre entière solidarité.

 

Nous dénonçons comme eux l’imposture du « droit d’ingérence » qui n’est qu’un prétexte pour mettre en accusation et déstabiliser les gouvernements qui n’ont pas l’heur de plaire aux puissances du Nord. Mais la résolution 1973 ne nous paraît pas relever de cette logique car, répétons-le, Kadhafi était un allié devenu encombrant, pas un adversaire stratégique.

 

Nous comprenons par ailleurs parfaitement que beaucoup, dans les pays du Sud, et tout particulièrement en Amérique latine, voient dans l’intervention en Libye une répétition des interventions coloniales et impériales dont ils ont été les victimes au cours des deux derniers siècles. Mais, en l’occurrence, les camps en présence ne reproduisent pas ceux du passé : la posture anti-impérialiste de Kadhafi est de pure façade, et vise uniquement à sauvegarder son régime et sa dynastie. Il s’était déjà parfaitement intégré dans le camp occidental.

 

Le slogan "ni l’OTAN ni Kadhafi", parfaitement juste en lui-même, est purement abstrait et ne répondait pas à la réalité de la situation sur le terrain. L’alternative réelle était et reste : ou bien Kadhafi ou bien l’insurrection populaire.  

 

L’histoire n’est pas finie 

 

L’affaire libyenne et l’activisme sarkozyste à la source de l’intervention militaire ont pris tout le monde de court. Les Occidentaux n’ont pas de véritable projet stratégique commun (comme en témoignent la position de l’Allemagne et, plus récemment, celle de l’Italie), sauf celui de garantir leurs approvisionnements pétroliers. Et, on l’a vu plus haut, Kadhafi ne remettait absolument pas en cause ces approvisionnements.

 

Les Occidentaux risquent d’être placés sur la défensive par la nouvelle (mais toujours aussi peu sérieuse) proposition de cessez-le-feu de Kadhafi et l’offre de médiation de l’Union africaine, même si chacun sait que cette dernière n’a guère plus de chances d’aboutir que celle de Hugo Chavez.

 

De plus, les risques de dérapage de la coalition - tant par son interprétation extensive du texte de la résolution de l’ONU que par la mort de civils sous les frappes aériennes - peuvent rapidement retourner une partie de l’opinion arabe (et même africaine) contre elle et lui donner une couleur ouvertement néocoloniale..

 

La Ligue arabe commence à se diviser et à critiquer les actions de la coalition. Les autocrates qui en font partie - particulièrement ceux d’Algérie et de Syrie - craignent en fait la « contagion » libyenne chez eux. Malgré les apparences, ils ne souhaitent pas vraiment le départ du Guide, même s’ils ont des comptes à régler avec lui. C’est évidemment aussi le cas des potentats de Bahreïn et du Yémen qui seraient eux aussi justiciables d’une résolution de l’ONU identique à la 1973.

 

Conclusion (très provisoire) : la situation est très incertaine et tous les scénarios sont possibles, de l’écroulement rapide du régime à un enlisement du conflit ou à la partition de fait de la Libye.

 

Cette dernière éventualité n’est pas à écarter. La Libye « utile », celle du pétrole, est dans la zone d’influence des insurgés, et l’Iran œuvre quasi ouvertement à y prendre des positions. On peut imaginer que, lors de sa rencontre à l’Elysée avec des membres du Conseil national de transition, regroupant le forces d’opposition de Benghazi au régime de Tripoli, Nicolas Sarkozy a obtenu d’eux, en échange de son soutien, des engagements sur la continuité des flux pétroliers. Une façon de récupérer auprès d’eux ce qui a été perdu par la mise au ban de Kadhafi.

 

Comme la dictature libyenne a éliminé tout ce qui "faisait société" dans un pays qui n’est même pas doté d’une Constitution, on ne voit cependant pas pour l’instant ce que pourrait être l’après-Kadhafi.

 

Le seul point positif que nous retenons de la situation actuelle, c’est que la flamme de la "révolution arabe" ne s’est pas éteinte en Libye, comme cela aurait été le cas si Kadhafi l’avait emporté.

 

Il va de soi que si l’intervention militaire devait se prolonger au-delà du strict nécessaire pour garantir une zone d’exclusion aérienne et donc neutraliser la capacité du régime à s’en prendre à sa propre population, nous la dénoncerions avec force.

 

Quant à une éventuelle médiation de l’Union africaine permettant de mettre un terme à la perte de vies humaines, elle devrait avoir pour objectif explicite de donner la parole au peuple libyen. Ce que Kadhafi lui a refusé depuis plus de quarante ans.

 

L’histoire abonde en paradoxes et le pire n’est pas nécessairement le plus sûr. Rien ne dit, pourquoi pas, que l’intervention ne débouchera pas sur une conséquence non désirée par ses auteurs : l’émancipation des peuples arabes du joug de leurs dictatures, en même temps que de leur soumission aux puissances du Nord.

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 15:08

 

 
Soldats hostiles et fidèles de Saleh s'affrontent au Yémen (Reuters)
 
Des heurts entre militaires hostiles et fidèles au président Ali Abdallah Saleh se sont produits jeudi dans le sud-est du pays, à la veille d'une grande manifestation contre le chef de l'Etat yéménite au pouvoir à Sanaa depuis trente deux ans.
 

Un colonel, dont on ignore de quel côté il se trouvait, a été blessé lors de cet affrontement, qui a eu lieu à Moukalla, une ville de la province l'Hadramaout, sur la mer d'Oman, a déclaré un responsable local.

 
Des unités de l'armée et des éléments de la garde présidentielle, commandée par le propre fils de Saleh, Ahmed, s'étaient déjà affrontées cette semaine à Moukalla, faisant un mort dans chaque camp.
 
Plusieurs généraux, dont certains appartiennent à la tribu du président, ont joint leur voix aux manifestants réclamant le départ immédiat de Saleh depuis la tuerie qui a fait plus de cinquante morts vendredi, lorsque des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur la foule des protestataires à Sanaa.
 
Parmi les transfuges de poids figurent, outre des ministres, chefs tribaux et diplomates importants, le général Ali Mohsen, considéré comme le second personnage du pays, auxquels les puissants services secrets seraient acquis.
 
En butte à des manifestants qui campent devant l'université de Sanaa depuis six semaines pour réclamer son départ immédiat, Saleh a fait tout une série de concessions.
Il a notamment proposé mardi de quitter le pouvoir dès la fin de cette année.
 
Cette ultime concession a été rejetée aussitôt par les opposants, qui s'inspirent ouvertement des révolutionnaires de Tunisie et d'Egypte, qui ont eu raison au bout de quelques semaines de Zine ben Ali et d'Hosni Moubarak, au pouvoir respectivement depuis vingt trois et trente ans.
 
SALEH PROMET UN TRANSFERT PACIFIQUE DU POUVOIR
 
Dans un communiqué diffusé jeudi par Al Djazira, Ali Abdallah Saleh s'est engagé à transférer le pouvoir "pacifiquement via les institutions constitutionnelles" et il a annoncé une amnistie générale pour les militaires ayant rejoint les rangs de l'opposition.
 
Les pays occidentaux, dont le Yémen est un allié clé dans la lutte contre Al Qaïda, et l'Arabie saoudite s'inquiètent du vide de pouvoir à Sanaa en cas de départ de Saleh, jugé désormais inéluctable par beaucoup.
 
"Nous avons eu une bonne relation de travail avec le président Saleh. Il a été un allié important dans le domaine du contre-terrorisme", a déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, avouant dans la foulée: "Nous n'avons aucun plan pour l'après-Saleh."
 
Le général Mohsen, qui a déclaré ne pas être intéressé par le pouvoir, a toutefois souligné que le rôle de l'armée restait de travailler avec la communauté internationale pour tenir le Yémen à l'écart du terrorisme.
 
La chaîne de télévision panarabe Al Djazira a fait état jeudi de nouveaux signes de délitement du régime. Ainsi dans le Nord du pays, où sévit une rébellion chiite, les gouverneurs des provinces Djouf et Saada, nommés par Saleh, auraient à leur tour tourné casaque.
 
"RETARDER L'ACTE DE DÉCÈS DU RÉGIME"
 
Des tractations seraient encore en cours entre des groupes de la 'société civile' et le pouvoir. Regroupés sous le nom de "Bloc civil", ceux-ci proposeraient la formation d'un conseil transitoire de neuf personnalités "non impliquées dans la corruption de l'ancien régime", le temps de préparer des élections dans les six mois.
 
Mais cette proposition a le défaut, aux yeux des révolutionnaires de Sanaa, de ne pas toucher aux prérogatives de Saleh, arrivé au pouvoir en 1978 au Nord-Yémen avant de devenir en 1990 le président du pays réunifié.
 
Les principaux mouvements d'opposition se disent désormais las des concessions au compte-gouttes de Saleh, qui avaient débuté en février avec son engagement de ne pas se représenter en 2013, au terme de son mandat actuel.
 
"Ces tractations ne visent qu'à retarder l'acte de décès du régime", a estimé Mohamed al Sabri, porte-parole de la coordination de l'opposition.
 
Pour l'International Crisis Group, "le courant politique s'est retourné décisivement contre le président Ali Abdallah Saleh". "Ses choix sont limités: il peut s'opposer à sa propre armée, ou négocier un transfert rapide et digne de pouvoir."
 
Ses opposants ont appelé à une "journée du départ" vendredi, qui pourrait attirer des centaines de milliers de protestataires dans les rues. Dès jeudi, il étaient une dizaine de milliers à Sanaa à scander "Fiche le camp, fiche le camp, agent américain!"
 
Pour Moshen, qui exclut une prise de pouvoir par l'armée, le président Saleh a un choix très limité.
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 14:30

 

 
Manifestations à Deraa en Syrie, Assad fait un geste (Reuters)
 
Des milliers de manifestants ont une nouvelle fois défilé jeudi à Deraa, foyer de contestation dans le sud de la Syrie, où la répression des forces de sécurité ont fait trente sept morts rien que mercredi, selon des sources médicales.
 

Dans cette ville proche de la frontière jordanienne, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des centaines de jeunes gens qui marchaient au cri de "Liberté". Les troubles y auraient fait au moins quarante quatre morts depuis qu'ils ont éclaté vendredi après la grande prière hebdomadaire.

 
Le bilan des affrontements de mercredi pourrait être plus élevé encore. On parle de dizaines de corps transférés vers l'hôpital Tafas, à la sortie de la ville, mais l'information est invérifiable.
 
Confronté à cette révolte populaire sans précédent depuis plus de 20 ans, le président Bachar al Assad a fait savoir qu'il n'avait pas donné l'ordre de tirer sur la foule à Deraa.
 
Sa conseillère, Bouthaïna Chaabane, a annoncé que le chef de l'Etat allait mettre sur pied une commission pour étudier la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963.
 
Enfin, Assad a promis une législation sur la liberté de la presse ainsi que sur les partis politiques. Quelques instants plus tard, on apprenait toutefois que le militant des droits de l'homme et défenseur de la liberté d'expression Mazen Darouiche avant été arrêté par la sécurité.
 
Il avait participé la semaine dernière à une manifestation en faveur de la libération des prisonniers politiques, une des principales revendications des opposants syriens.
 
Ceux-ci ont d'ailleurs rejeté comme trop timides les mesures annoncées par Chaabane, insistant sur la libération rapide des milliers de détenus politiques, la levée immédiate de l'état d'urgence et le rétablissement des libertés d'expression et de réunion.
 
"LE SANG DES MARTYRS"
 
Jeudi, vingt mille personnes au moins se sont rassemblées dans le cimetière sud de Deraa pour les funérailles de plusieurs manifestants tués la veille, selon des témoins. Le cortège s'est mué en manifestation politique. "Le sang des martyrs ne sera pas versé en vain", ont scandé les participants.
 
Si la présence de la police secrète et de la police spéciale, en uniforme noir, était plus visible que depuis le début des troubles, vendredi dernier, l'armée était en retrait.
 
Mais d'après des témoins, plusieurs centaines de soldats armés de fusils automatiques AK-47 ont fait leur apparition, patrouillant sous la pluie dans les rues de la ville, et des dizaines étaient en faction aux principaux carrefours pour empêcher les rassemblements publics.
 
Des voyageurs croisés à proximité de la ville disent avoir vu mercredi soir des convois militaires qui auraient transporté jusqu'à deux mille soldats vers Deraa.
 
La ville, située à une centaine de kilomètres au sud de Damas, a longtemps été un fief du parti Baas au pouvoir depuis le coup d'Etat de 1963. Nombre de ses cadres viennent de cette région.
 
Mais elle est devenue ces derniers jours le foyer le plus actif du mouvement de contestation du régime du président Bachar el Assad, qui a imputé les troubles à des "éléments extérieurs" et à des "bandes armées".
 
À Damas comme en province, le mur de la peur qui empêchait toute contestation semble également se fissurer. Des affiches autres que celles, omniprésentes, à la gloire du président Assad et des "réalisations historiques" du parti Baas, ont fait leur apparition. Elle réclament toutes la "Liberté".
 
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a réclamé une "enquête transparente" sur les violences de mercredi.
 
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a de nouveau exhorté la Syrie à engager des réformes politiques. "Nous l'appelons à cesser la répression, écouter la voix du dialogue et des changements démocratiques", a-t-il dit à la presse.
 
Son homologue britannique, William Hague, a quant à lui invité Damas à respecter le droit de son peuple à manifester pacifiquement. Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande, a exigé la fin immédiate des violences.
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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 21:05

 

 

Communiqué NPA Seine Saint Denis

Des pressions inadmissibles sur des éléèves au lycée Blanqui. 

 Les pressions et les menaces de l’administration du Lycée Blanqui contre des élèves sous prétexte qu’elles porteraient des robes trop longues et trop sombres, sont inacceptables et irresponsables.

Au moment où la casse de l’Education Nationale par le gouvernement Sarkozy se traduit au Lycée Blanqui de Saint-Ouen par une diminution du nombre d’heures pour le fonctionnement,  qui entrainera une augmentation inadmissible du nombre d’élèves par classe (particulièrement en Première Economiques et Sociales et en Première Littéraire), et une diminution de l’offre de formation en Bac Professionnel laissant plus de jeunes sans école et sans formation, entrainant une dégradation des conditions d’étude pour les élèves et de travail pour les enseignants ;

Au moment où Sarkozy et ses ministres multiplient les attaques contre l’immigration (en général comme Claude Guéant ou Luc Chatel qui refuse que des mères d’élèves accompagnent des sorties scolaires si elles portent le voile) ;

C'est inacceptable car la taille et la couleur des vêtements des élèves n’a rien à voir avec la défense de la laïcité vitale dans l’école publique.

C'est irresponsable, car dans le contexte politique national, ces initiatives ne peuvent être perçues que comme discriminatoires et racistes par les élèves et leurs familles.

C'est irresponsable, car au moment où il faudrait unir les forces, enseignants, élèves, parents, tous ensemble pour défendre l’école publique, c’est le poison de la division qui affaiblit et désarme.

Le NPA est attaché à la défense du droit des femmes et de la laïcité. Mais pour nous, la laïcité passe par la défense d'un enseignement public de qualité pour tous et toutes et pas par la longueur des jupes ou la visiblité des mollets.

Le 23 mars 2011.

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 20:55

 

DEFAITISME REVOLUTIONNAIRE

 

Ma position personnelle par rapport aux guerres de Libye est donc la suivante, elle est très claire, je suis contre Kadhafi et contre l’intervention impérialiste.

 

Dans la situation de crise morale, intellectuelle et idéologique dans laquelle nous sommes, l’immense majorité des militants et des organisations de gauche et d’extrême gauche ont la mémoire courte.

 

Il faut, il y a et il y aura une mobilisation de plus en plus importante du peuple des Etats Unis (Wisconsin par exemple), des peuples européens, de Grèce, d’Irlande, de France, d’Allemagne, d’Italie, de Grande Bretagne et d’ailleurs, et du peuple et de la nation arabes contre les deux guerres de Libye, la guerre civile de Kadhafi contre le peuple libyen et la guerre impérialiste contre la nation libyenne. Sarkozy casse toi la Libye n’est pas à toi. Kadhafi casse toi la Libye n’est pas a toi. La Libye n’appartient pas ni à Sarkozy ni à Kadhafi, elle appartient au peuple libyen.

 

Les intellectuels parisiens, les « bo bo » selon leur célèbre auto qualification, n’aiment pas cette position. Cette position est tout simplement la position traditionnelle de tous les véritables révolutionnaires contre toutes les guerres impérialistes. Le mouvement ouvrier, populaire et révolutionnaire international connaît cette position depuis des dizaines d’années sous le nom de défaitisme révolutionnaire. C’était la position de Lénine et de la minorité internationaliste de la deuxième internationale pendant la première guerre mondiale.

 

Dans toutes les guerres impérialistes, la majorité des vieux militants soutiennent les positions simples de leur propre impérialisme français ou bien de leur propre gouvernement libyen. Les vrais révolutionnaires ne soutiennent jamais les gouvernements, ils soutiennent toujours les peuples. Ils soutiennent les gouvernements si et seulement si les gouvernements défendent les intérêts des peuples. Nous connaissons tous la célèbre citation de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793. « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

 

C’est particulièrement vrai en ce moment à Paris. Des militants soutiennent Sarkozy, l’union nationale du PS et de l’UMP pour la guerre impérialiste. Je n’en parle même pas, ils ne sauveront rien ni personne, ni Sarkozy, ni le PS, ni l’UMP. D’autres militants et organisations de gauche et d’extrême gauche soutiennent Kadhafi. Il y a des militants honnêtes et sincères. Mais il y a surtout des militants sous faux drapeau. Les militants sous faux drapeau sont les nostalgiques de l’union soviétique de Brejnev, de la coexistence pacifique et du partage du monde entre l’impérialisme américain et l’union soviétique. Ce sont les nostalgiques du monde d’avant la chute du mur de Berlin et d’avant la dissolution de l’union soviétique. Ce sont les nostalgiques de la Tunisie de Ben Ali et de l’Egypte de Moubarak.

 

Le noyau rationnel du naufrage idéologique de la gauche et de l’extrême gauche européennes est certainement le suivant. De leur point de vue, la question la plus importante serait la distinction entre d’une part la Tunisie et l’Egypte et d’autre part la Libye. Cette position est une position hypocrite, c’est une position centriste, c’est la position du marais, ce n’est pas une position de classe.

 

Il y a une seule alternative. Les véritables réactionnaires nient la révolution arabe dans tous les pays, en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Algérie, au Maroc, à Bahrein, au Yémen et partout. De leur point de vue, il n’y a pas de révolution arabe, il n’y avait pas de révolution ni en Tunisie ni en Egypte, le renversement de Ben Ali et de Moubarak serait le résultat de coups d’état militares et de complots impérialistes et sionistes. Les véritables révolutionnaires soutiennent la révolution arabe en Tunisie, en Egypte, en Libye et dans tous les pays.

 

Bernard Fischer

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 21:10

 

Contre Kadhafi et contre l'intervention étrangère
 
 Nous sommes, peuples arabes qui avons soutenu les révolutions en Tunisie, en Egypte, qui soutenons la révolution au Bahrayn et au Yémen, contre le régime de Kadhafi et soutenons les révolutionnaires libyens qui veulent en finir avec ce régime qui dure depuis plus de quarante ans et qui a été, jusqu'à la dernière minute, en collusion avec les impérialismes, européens et américains, et avec les sionistes.
 
 Mais nous sommes entièrement opposés à toute intervention étrangère et faisons porter la responsabilité à la Ligue arabe, présidée par Amr Moussa, pour cette intervention étrangère, notamment française. La Ligue arabe a servi de paravent et a accordé aux Etats étrangers la "légitimité" d'une telle intervention. De même, le durcissement de la position du régime libyen a servi de paravent à cette intervention.

 

 Une fois encore, certains "anti-impérialistes" nous mettent devant le choix : soit soutenir le régime de Khadafi et protester contre l'intervention étrangère, soit soutenir les révolutionnaires et donc, soutenir l'intervention. Jamais, et surtout pas aujourd'hui, le choix n'a été aussi machiavélique.

 

Nous savons très bien que le souci des Etats étrangers, français notamment, n'est pas le bien-être de la population, mais le pétrole libyen. Nous n'avons jamais considéré que les Etats étrangers avaient une quelconque sympathie avec les revendications des peuples arabes, qui sont des revendications de dignité nationale, qui va de pair avec la liberté , la justice sociale et la souveraineté nationale. Dans aucun des pays arabes, ces revendications ne peuvent être morcelées.

 

Les Etats étrangers qui interviennent en Lybie ne sont intéressés ni par les droits du peuple au Bahreyn, ni par les droits du peuple au Yémen. Donc, leur intervention en Lybie est mercantile et vise à empêcher le peuple libyen d'accéder à son indépendance et à sa liberté.

 

 Pourquoi les peuples européens ne manifestent pas contre leurs régimes qui interviennent militairement en Lybie ? Pourquoi n'empêchent-ils pas leurs armées de bombarder en Lybie ?

 

Les pseudo "anti-impérialistes" européens préfèrent accuser les révolutionnaires libyens de faire le jeu de l'impérialisme, pendant qu'ils laissent faire leurs propres armées. Depuis que l'armée française a commencé ses frappes, aucune manifestation n'a eu lieu en Europe, surtout en France.

 

 N'est-ce pas aux forces qui se disent anti-impérialistes de bouger ? Il n'est pas nécessaire de soutenir Kadhafi, mais au moins d'affirmer que les anti-impérialistes refusent l'intervention de leur propre armée en Lybie, comme en Afghanistan, comme ailleurs en Afrique.  Cela est beaucoup plus courageux et plus valable que d'être les porte-paroles du régime libyen.

 

 Nous ne réclamons pas aux anti-impérialistes de soutenir ni les révolutionnaires libyens, ni le régime libyen, mais nous réclamons qu'ils protestent et même empêchent l'intervention de leurs propres armées contre un pays arabe, pour le dépecer et lui voler ses ressources.

 Rim al-Khatib

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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 21:07

 
Contribution de la Tendance CLAIRE du NPA

Non à l’intervention des impérialistes en Libye !


Elle ne vise pas à protéger la population, mais à stopper les processus révolutionnaires arabes et à recoloniser le pays !

Le soutien à l’insurrection libyenne contre Kadhafi, hier encore ami de Sarkozy, ne peut venir que des peuples arabes en lutte et de la mobilisation des prolétaires dans les pays impérialistes !

Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé l’intervention impérialiste en Libye. Officiellement, il s’agit de protéger les civils et les insurgés. Mais l’attitude des impérialistes vis-à-vis des autres soulèvements des peuples arabes montre que ce n’est pas le vrai motif : ils ont soutenu Ben Ali et Moubarak jusqu’au bout, cautionnent la répression sanglante des travailleurs du Bahreïn et n’ont pas soutenu l’insurrection libyenne pendant des semaines, au moment où elle était la plus forte, menaçant de faire tomber Kadhafi et de développer ses potentialités révolutionnaires.

Leur vrai but est de contenir les révolutions arabes et de les mener dans l’impasse de la prétendue « transition démocratique ». Ils veulent contrôler la Libye car sa position géo-stratégique est centrale dans la région. Après s’être réclamé de l’anti-impérialisme dans les années qui avaient suvi sa prise de pouvoir 1969, en profitant de la manne pétrolière, Kadhafi avait accepté depuis des années d’ouvrir en partie le pays et de collaborer avec les impérialistes, signant des contrats et les aidant à contrer l’immigration africaine. Les impérialistes n’avaient dès lors nullement l’intention de s’en débarrasser, mais l’ont réintégré dans la « communauté internationale ». Ils misaient sur l’évolution de Kadhafi dans le sens de leurs intérêts, mais ils préfèrent quelqu’un de plus malléable et veulent briser les acquis de l’indépendance. Sarkozy et les autres impérialistes ont fini par soutenir l’insurrection après avoir trouvé de prétendus « dirigeants » auto-proclamés qui leur prêtent allégeance (souvent ex-dignitaires du régime, officiers rebelles et chefs de tribus voulant une plus grande part du pétrole). Or Kadhafi était en train de reconquérir le pays, ce qui aurait comme conséquence l’arrêt de l’ouverture aux principaux impérialistes, notamment à la France : il avait menacé de les remplacer par la Russie et la Chine. C’est aussi une question de crédibilité si les impérialistes veulent que les peuples arabes croient à leurs promesses démocratiques. À moins que ce soit leur ultime pression pour que Kadhafi accepte de négocier (il a accepté un cessez-le-feu dès le 18 mars).

Les révolutionnaires doivent donc se battre contre l’intervention impérialiste. Loin d’aider au développement du combat pour la démocratie et de la conscience de classe des insurgés, elle ne peut que renforcer les prétendus dirigeants pro-impérialistes de l’insurrection. Si la victoire contre Kadhafi était due aux impérialistes, les insurgés en seraient dépossédés et devraient subir le néo-colonialisme direct comme en Irak et en Afghanistan. Pour gagner, il leur faut s’organiser politiquement et développer un programme révolutionnaire le plus avancé possible, seul capable de soulever tout le peuple contre la dictature. Seuls les peuples arabes en révolution et les travailleurs des pays impérialistes peuvent soutenir les insurgés, y compris en leur fournissant de l’argent et des armes.

Il faut dénoncer les députés du Parti de Gauche, dont Mélenchon, qui ont voté la résolution du Parlement européen pour l’intervention militaire de l’ONU — tout comme les députés du Bloc de gauche portugais soi-disant « anticapitaliste », alors que le PC portugais a voté contre. Voilà où mènent le réformisme et le soutien aux institutions du capitalisme ! Raison de plus pour que le NPA refuse de s’acoquiner avec le PG. Notre parti doit affirmer fièrement l’identité révolutionnaire et anti-impérialiste, appeler à la mobilisation des travailleurs et des jeunes et briser l’union nationale autour du va-t-en guerre Sarkozy, du PS et des réformistes :

 Non à l’intervention des impérialistes en Libye !

 Vive l’insurrection du peuple libyen contre le dictateur Kadhafi !

 À bas les pro-impérialistes qui se prétendent dirigeants de l’insurrection !


Pour gagner contre Kadhafi tout en restant indépendant, le peuple libyen doit combattre contre l’impérialisme, pour sa défaite, et il ne peut compter que sur le soutien des peuples arabes et des travailleurs du monde, sur son auto-organisation,  sur l’approfondissement de sa lutte révolutionnaire.

Paris, le 20 mars 2011

Site de la Tendance CLAIRE du NPA : http://tendanceclaire.npa.free.fr

 

Courriel : tendanceclaire.npa@free.fr — Téléphone : 06 64 91 49 63

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