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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 16:17

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/06/burkini-la-charge-bancale-de-manuel-valls-contre-le-new-york-times_4993407_4355770.html

La charge bancale de Manuel Valls contre le New York Times

Par Adrien Sénécat

« Les voix des femmes musulmanes ont été quasiment noyées » dans la polémique estivale sur le burkini. C’est le constat dressé par le New York Times, qui leur a donné la parole dans une série de témoignages sur le voile, publiée le Vendredi 2 Septembre 2016. L’occasion pour certaines, comme Halima Djalab Bouguerra, une étudiante de vingt et un ans de Bourg-en-Bresse, dans le département de l'Ain, d’exprimer leurs inquiétudes,« les langues se sont déliées et plus personne n’a peur de dire à un musulman de rentrer chez lui ». L’article a fortement déplu à Manuel Valls, qui y a répondu par une tribune au Huffington Post, Lundi 5 Septembre 2016. Mais sa charge contre le sérieux du journal américain est peu probante.

Ce qu'a dit Manuel Valls

Cet article « donne une image insupportable, car fausse, de la France, pays des lumières et des libertés », écrit le premier ministre. Il met ensuite en cause le sérieux de l’article du journal américain, « la réalité, c’est qu’il ne s’agit pas d’une enquête de terrain, qui permet les différents éclairages ou la nuance dans l’analyse », assène-t-il. Et de mettre en doute le cœur même de l’enquête, à savoir les témoignages des femmes musulmanes.

« Ces témoignages ont été pour la plupart obtenus à la suite d’un événement scandaleux organisé en France, un camp d’été décolonial. Un camp qui, et cette information a son importance, était interdit, je cite, aux personnes à la peau blanche. Son but était de rassembler tous les partisans des communautarismes, tous les opposants à la mixité entre les personnes blanches et non blanches et tous ceux qui veulent, je cite encore, dénoncer le philosémitisme d'état dont la France serait victime ».

Une accusation répétée sur Radio Télévision Luxembourg (RTL), Mardi 6 Septembre 2016, où il a dénoncé « la complaisance vis-à-vis de femmes qui fréquentent un campement interdit aux blancs et ensuite la vision que ce papier donnait de la France ».

Pourquoi c'est faux

La version de Manuel Valls a pourtant de quoi surprendre quand on retrace le parcours de l’enquête du New York Times. Le journal a d’abord lancé un appel à témoignages le 22 août 2016, sous le thème suivant, « êtes-vous une femme musulmane en Europe ? Partagez votre opinion sur les restrictions au port du voile ». Cet appel a rapidement été relayé sur les réseaux sociaux.

Le camp décolonial a, quant à lui, eu lieu entre le 25 août et le 28 août 2016 à Reims. Il a, selon l’organisation, réuni environ cent quatre vingt personnes, loin des quelque mille deux cent témoignages revendiqués par le quotidien américain. Contrairement à ce qu’affirme Manuel Valls, les organisateurs ont souhaité réserver l’événement « aux personnes subissant le racisme ». Un choix qui fait débat, mais ne se résume pas, pour les organisations à l’origine du camp, à interdire la présence des blancs.

La journaliste de Mediapart Faïza Zerouala, qui a couvert le camp d’été, assure au Monde qu’elle est la seule à y avoir assisté, avec une consœur du Bondy Blog. C’est également ce que nous dit Lillie Dremeaux, l’auteure de l’enquête du New York Times, qui nous renvoie vers la réponse de la direction du quotidien à Manuel Valls, « notre article s’appuie sur les réponses de plus de mille deux cent lectrices à un appel à témoignages en ligne en anglais, en français et en arabe », y indique Danielle Rhoades Ha, porte-parole du journal.

Loin du sensationnalisme des « no-go zones »

Sur ces centaines de témoignages, le New York Times a publié ceux de vingt et une femmes de vingt deux ans à quarante et un ans. Treize d'entre elles vivent en France. On en compte trois à Paris, deux à Toulouse et une à Grenoble, à Roubaix, à Lyon, à Orléans, à Drancy, à Lille, à Perpignan et aux Lilas. Les huit autres vivent à l’étranger, dont cinq en Belgique. Le fameux camp décolonial n’est jamais évoqué dans l’article et il est difficile d’imaginer que toutes ces femmes aient pu y participer.

Quant au contenu de l’article, on y trouve des points de vue divers. Plusieurs femmes ont des mots très durs envers l'état, dénonçant un régime d’apartheid ou expliquant ne plus se sentir en sécurité et c’est ce que Manuel Valls n’a pas apprécié. Pour lui, comme il l’écrit dans le Huffington Post, « l’immense majorité des femmes musulmanes qui ne se reconnaissent pas dans une vision ultra-rigoriste de l’Islam » n’ont pas été interrogées.

D’autres témoignages insistent aussi sur la pression sociale et les incompréhensions d’amis ou de collègues, notamment vis-à-vis de la consommation d’alcool. Certaines relativisent également la situation, pointant un contraste entre la présentation médiatique et la réalité, comme Saadia Akessour.

« Je me suis baignée cet été du côté d’Hendaye, dans le sud-ouest de la France. J’ai été un peu la curiosité du coin, mais j’ai trouvé les gens bienveillants. Il me semble que les médias et politiciens sont en contradiction avec ce que pense le peuple ».

Nous sommes donc loin du sensationnalisme des commentaires de Fox News sur les « no-go zones » parisiennes, pour lesquels la chaîne avait dû s’excuser après les attentats de Paris au mois de novembre 2015.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 15:52

Trois femmes arrêtées projetaient un attentat à la gare de Lyon à Paris (Reuters)

Les trois jeunes femmes interpellées Jeudi 8 Septembre 2016 soir à Boussy-Saint-Antoine, dans le département de l’Essonne, et soupçonnées de préparer des actions « violentes et imminentes », voulaient commettre un attentat à la gare de Lyon à Paris, a-t-on appris Vendredi 9 Septembre 2016 de source proche de l'enquête.

« Elles voulaient commettre un attentat à la gare de Lyon à Paris, Jeudi 8 Septembre 2016 », a dit cette source, précisant que l'ensemble des gares parisiennes et celle de Boussy-Saint-Antoine, à trente kilomètres au sud de Paris, avaient été placées sous alerte.

En marge d'une réunion des pays du sud de l'Union Européenne à Athènes, François Hollande a confirmé qu'un « attentat avait été déjoué », sans donner plus de précisions.

« Nous avions des informations qui ont pu nous mettre en alerte et conduire à des arrestations, celles qui ont eu lieu Jeudi 8 Septembre 2016 », a dit le chef de l’état à la presse. « Il y a là un groupe qui a été annihilé mais il y en a d'autres ».

Les trois femmes, âgées de trente neuf ans, de vingt trois ans et de dix neuf ans, interpellées dans le cadre de l'enquête sur la voiture contenant des bonbonnes de gaz près de Notre-Dame-de-Paris ce week-end, sont, selon le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve, « radicalisées et fanatisées ».

Une quatrième personne a été interpellée lors de l'opération. « Il s'agit du futur époux religieux de la jeune femme de vingt trois ans », dit-on de source policière.

« C'est aussi le frère d'un proche de Larossi Abballa », assassin de deux policiers à Magnanville, dans le département des Yvelines, au mois de juin 2016, a-t-on précisé.

Course contre la montre

La jeune femme de dix neuf ans, fille du propriétaire de la voiture et l'une des principales suspectes dans l'enquête, avait rédigé une lettre dans laquelle elle prête allégeance à l'Etat Islamique, selon la source proche de l'enquête.

Les trois femmes ont été placées en garde à vue dans les locaux de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) aussitôt après leur interpellation.

Ce commando de femmes est désormais soupçonné d'avoir voulu faire exploser le week-end dernier au coeur de Paris la Peugeot 607 remplie de bonbonnes de gaz avec laquelle la principale suspecte avait quitté le domicile de son père.

Les enquêteurs cherchent à comprendre pourquoi la berline a été abandonnée dans la nuit du Samedi 3 Septembre au Dimanche 4 Septembre 2016 près de Notre-Dame avec les feux de détresse allumés et sans plaque d'immatriculation.

La berline contenait six bouteilles bonbonnes de gaz pleines sans dispositif de mise à feu. Mais trois bidons de gazole ont été également retrouvés, ce qui aurait peut-être pu permettre une explosion sans dispositif sophistiqué.

Depuis Dimanche 4 Septembre 2016, les enquêteurs ont mené une course contre la montre, selon l'expression du ministre de l’intérieur, pour localiser la jeune femme de dix neuf ans connue pour son extrême radicalisation et dont le père avait signalé la disparition.

Ils l'ont finalement localisée à Boussy-Saint-Antoine en compagnie de deux autres femmes et la surveillance du trio a poussé Jeudi 8 Septembre 2016 les autorités à lancer une alerte générale dans les gares parisiennes, plus spécifiquement gare de Lyon.

Un policier blessé

Jeudi 8 Septembre 2016 vers 19 heures 30, les enquêteurs ont vu les jeunes femmes sortir d’un appartement, non loin de la gare. Celle de dix neuf ans semble avoir repéré les policiers de la DGSI en planque et a bondi sur l'un d'eux avec un couteau, le blessant à l'épaule.

Les policiers « on dû ouvrir le feu face à des individus armés de couteaux qui ont blessé un des leurs », a déclaré Jeudi 8 Septembre 2016 le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve.

« L'assaillante a été blessée de plusieurs balles, dont une à la jambe », a précisé une source policière. Ses deux complices ont tenté de prendre la fuite à pied avant d'être maîtrisées sous les yeux de dizaines de riverains.

L'enquête, confiée à la DGSI et à la section antiterroriste de la brigade criminelle, avait démarré avec la découverte de la Peugeot abandonnée près de Notre-Dame de Paris.

Depuis Dimanche 4 Septembre 2016, plusieurs personnes ont été arrêtées, dont quatre étaient toujours en garde à vue, Jeudi 8 Septembre 2016.

Un second couple a été interpellé Mercredi 7 Septembre 2016 après l'arrestation d'un autre couple, Mardi 6 Septembre 2016, sur une aire d'autoroute, près d'Orange, dans le département du Vaucluse.

Les quatre personnes, originaires de Montargis, dans le département du Loiret, sont connues des services de renseignement pour leur radicalisation. Les enquêteurs n'ont pas révélé quel était leur rôle éventuel dans l'affaire.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 20:23

https://www.facebook.com/groups/366173483519457/permalink/853113481492119/

National populisme

Par Laurent Lévy

Jeudi 8 Septembre 2016

Un certain nombre de camarades d'Ensemble vient de signer un texte dont le résumé pourrait être le suivant, « même à contre cœur et malgré des divergences de détail, nous nous rallions à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, et nous entrons en campagne pour lui, même si ce n'est pas dans le cadre de la France Insoumise ». D'autres ne se sont pas bornés à le signer, mais le diffusent pour en appuyer la démarche. Je trouve quant à moi cela tout à fait consternant.

Je comprends bien les préoccupations des camarades du Parti Communiste Français (PCF) qui sont à l'origine de ce texte, de vouloir éviter que la crise de la gauche ne débouche sur un repli identitaire de leur parti et une candidature communiste. Et si j'avais été à leur place, je m'y serais peut-être associé.

Quoique nous sommes dans une conjoncture politique et idéologique qui évolue à une grande vitesse. La position politique de ce texte était à peu de choses près la mienne au printemps 2016. J'ai changé depuis, à mesure que Jean Luc Mélenchon révélait et explicitait la cohérence de son positionnement.

Le compte rendu de la rencontre qu'une délégation d'Ensemble a eue avec lui est à cet égard très éloquent.

Il s'enfonce en effet avec une cohérence délétère dans le national-populisme, alors même que ces questions, celles de l'identité, du souverainisme et aussi de la démocratie de masse, sont de plus en plus déterminantes dans le débat public.

Le centre de sa campagne, sur laquelle personne ne peut prétendre exercer quelque influence que ce soit, est « l'indépendantisme français ». Après avoir expliqué, en plein drame des migrants et réfugiés, qu'il était par principe hostile à tout droit d'installation, et qu’Angela Merkel avait eu tort d'accueillir tant de réfugiés, qu'autrement dit, on aurait mieux fait pour lui de les laisser crever dans leur bled, après avoir dit que les salariés détachés « volaient le pain » de ceux qui sont déjà là et confirmé ce propos en y ajoutant qu'ils avaient le choix de ne pas se comporter en « bourreaux », après avoir expliqué que les femmes voilées qui prétendaient aller à la plage se livraient ainsi à une « provocation salafiste », nous y voici donc, l'ensemble de son discours fait système. Même quand il dit des choses « de gauche », par exemple contre les politiques néo libérales, il le fait en affirmant que c'est le « levier de la nation » qui peut seul permettre d'en sortir.

Il aurait pu être, il l'a été en 2012, un bon candidat dans le cadre d'une alliance à plusieurs voix, d'un front qui soit de gauche. C'est une perspective qu'il a, de son propre aveu, abandonnée.

Je suis donc consterné que des camarades veuillent apporter leur contribution à ce que demain soit configuré dans des termes qui présenteraient ce discours national républicain, ou social-chauvin, comme le cœur de l'alternative qu'il faudra construire, car en réalité, le discours de Jean Luc Mélenchon, tel qu'il se déploie aujourd'hui, est quelque chose avec quoi nous ne pouvons pas nous borner à acter des désaccords, c'est quelque chose qu'il faut combattre.

Lorsque l'on voit la vitesse à laquelle la gauche républicaine dérive, penser au "printemps républicain", aux gens qui ont dit de la décision du conseil d’état sur la police vestimentaire des plages, « c’est Munich », aux derniers propos de Jacques Julliard, qui nous qualifie de « collaborateurs » comme le fait Riposte Laïque, dont les militants sont passés de la gauche à l'extrême-droite identitaire sans avoir besoin de changer un mot de leur discours sur la république, on doit s'inquiéter de tout ce qui peut, non seulement s'accommoder, mais aussi ne pas combattre cela avec la dernière énergie.

Soutenir une démarche et la combattre sont deux postures incompatibles.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 19:22

http://www.communisteslibertairescgt.org/Calais-Tenir-une-ligne-de-classe.html

Tenir une ligne de classe

Lundi 5 Septembre 2016

Il est bien évident que, de par sa taille, le bidonville de Calais pose des problèmes compliqués et quotidiens pour les habitants et les salariés de Calais et des alentours.

Mais il n’est pas possible pour autant de perdre notre boussole de la Confédération Générale du Travail (CGT) et de manifester avec les petits patrons du coin sur des mots d’ordres qui prônent le « démantèlement » du bidonville en lieu et place du « relogement » des personnes ou pire « l’expulsion immédiate des immigrés économiques ».

Secrétaire général de la CGT du Port de Calais, Hervé Caux, dans un communiqué daté du Jeudi Premier Septembre 2016, justifie la position de certains secteurs locaux de la CGT par la nécessité de couper l’herbe sous les pieds de l’extrême-droite. Si l’intention du camarade, connu également pour avoir été plusieurs fois candidat sur des listes du Parti Communiste Français (PCF), est louable, il est bien évident que la méthode est funeste. Ce n’est pas en reprenant une partie de la thématique des fascistes que l’on pourra les combattre.

Dans une formule volontairement ambigüe, Hervé Caux demande « l’éradication » des personnes qui gravitent autour du bidonville. Or s’il existe des salopards qui profitent de la misère des réfugiés, nombre de militants travaillent de manière solidaire sur le terrain et venir les renforcer devrait être un axe militant pour des syndicalistes.

Des syndicalistes du secteur maritime et d’Euro Tunnel pourraient y compris jouer un rôle utile en organisant un passage massif de la Manche puisque c’est l’objectif de celles et ceux qui s’entassent à Calais. Voilà qui ferait une belle manifestation de classe et la chose est possible avec le soutien de toute la CGT.

Enfin comment entendre qu’un syndicat de la CGT puisse demander que Calais soit déclarer zone franche ? Comment des syndicalistes peuvent-ils demander que les patrons soient exonérés de taxe alors qu’on sait que ces zones franches ne produisent aucun emploi mais seulement des effets d’aubaines pour des patrons qui emménagent volontiers mais sans créer même un chouia d’emploi ?

Il est sans doute temps que la direction confédérale se déplace et vienne apporter son soutien et une orientation claire aux militants du calaisis. Sinon le risque est grand que la CGT ne s’ensable.

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8 septembre 2016 4 08 /09 /septembre /2016 19:07

http://www.lesinrocks.com/2016/09/08/actualite/frederic-lordon-bilan-de-nuit-debout-on-ne-va-se-raconter-dhistoire-feu-na-pris-11862763

Frédéric Lordon fait le bilan du mouvement des Nuits Debout, « on ne va pas se raconter d’histoires, le feu n’a pas pris »

Par Mathieu Dejean

Jeudi 8 Septembre 2016

Le mouvement des Nuits Debout a plié bagages, l’heure est au bilan. Le philosophe et économiste Frédéric Lordon se prête à cet exercice et se montre sans concessions pour ce mouvement dont il a été un des acteurs. Le philosophe Manuel Cervera-Marzal, également actif dans le mouvement, estime cependant qu’une de ses victoires réside « dans sa propre existence ».

Il était sur la place de la République le Jeudi 31 Mars 2016 après la manifestation contre la loi travail, premier jour d’occupation du mouvement qui hésitait encore entre deux noms, Nuit Rouge ou Nuit Debout. Ce jour-là, on l’a même « poussé au cul » pour qu’il prenne la parole sur scène, devant la foule qui avait décidé de ne pas rentrer chez elle. Frédéric Lordon, économiste et philosophe, directeur de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), devenait alors l’un des visages de cet événement inédit en France qui allait s’étendre jusqu’aux prémisses de l’été et qui a finalement pris le sobriquet de Nuit Debout.

L’intellectuel, récalcitrant par rapport à la médiatisation dont il a pu faire l’objet à l’époque, a fait partie des soutiens à la fois fervents et intransigeants de ce mouvement. Sans concessions, déjà à l’époque, avec sa tendance citoyenniste qui parle beaucoup, au détriment de l’action, il l’avait encouragé, avec François Ruffin et le collectif pour la convergence des luttes, à s’organiser pour réellement faire peur et obtenir le retrait de la loi travail.

« Le feu n’a pas, ou pas encore, pris »

L’été s’est écoulé, la loi travail est passée en force par le quarante-neuvième article de la constitution, et le mouvement des Nuits Debout a périclité. La tête froide, Frédéric Lordon, qui s’apprête à publier un nouveau livre, « les affects et la politique », aux éditions du Seuil, au début du mois d’octobre 2016, en dresse le bilan dans une interview accordée au Bondy Blog.

D’après lui, la portée du mouvement des Nuits Debout a en définitive été relativement modeste, malgré l’impression de ses participants de vivre un bouleversement politique majeur.

« Tous les mouvements insurrectionnels commencent à très petite échelle. Le problème pour le pouvoir c’est quand cela gagne et quand la plaine entière vient à s’embraser. On ne va pas se raconter d’histoire, le feu n’a pas, ou pas encore, pris. Je crois cependant que beaucoup de gens qui étaient loin de l’événement l’ont regardé avec intérêt et qu’il s’est peut être passé quelque chose dans les têtes dont nous ne pouvons pas encore mesurer tous les effets ».

Frédéric Lordon analyse ensuite la mécanique par laquelle le mouvement s’est transformé. Selon lui, sa persistance dans le temps et ses actions ont suscité en retour la violence des gardiens de l’ordre, qui a eu pour effet de radicaliser à son tour les manifestants.

« Lorsqu’il se sent réellement mis en danger, un ordre institutionnel et un système de pouvoir peuvent devenir capables de tout, je veux dire de toutes les violences. À un degré certes encore modéré, c’est cela que le mouvement social et la composante de Nuit Debout qui s’y reconnaissait ont expérimenté. Violences policières, violences judiciaires et violences symboliques d’éditorialistes littéralement écumants, c’est tout un, le système en train de se défendre. On ne pouvait pas nous donner plus parlante attestation de ce que nous étions dans le vrai », estime-t-il.

« La réalité du cortège de tête, c’est la diversité de sa composition »

Enfin, le philosophe spinoziste décrit le fameux cortège de tête qui s’est constitué dans les manifestations contre la loi travail à partir du premier mai 2016 au moins. Il étaye à cet égard l’hypothèse d’une porosité entre les manifestants habituellement pacifistes et ceux que l’on désigne couramment comme des casseurs.

« Il faut être un éditorialiste de BFM Télévision le cul vissé dans son fauteuil pour faire du cortège de tête un pur ramassis de casseurs. La réalité du cortège de tête, c’est la diversité de sa composition, autonomes et Mouvement Indépendant Inter Lycées (MILI) bien sûr, mais également manifestants tout à fait ordinaires rendus furieux par la violence policière au fil des manifestations et militants syndicaux décidés à ne plus se laisser matraquer et gazer sans réagir ».

« La grande victoire de Nuit Debout, c’est sa propre existence »

Frédéric Lordon n’est pas le seul intellectuel à avoir participé au mouvement des Nuits Debout et à saluer aujourd’hui, sans fétichisme ni complaisance excessive, son irruption dans le débat public. Le philosophe Manuel Cervera Marzal en a également été un soutien actif. Il en tire son propre anti bilan dans la revue Contretemps, citant Karl Marx à propos de la Commune de Paris.

« On ne demande pas des comptes innocemment. Et ceux qui y étaient n’ont pas besoin de ce bilan. Ils savent que la grande victoire de Nuit Debout c’est, comme le dit un esprit aiguisé dans des circonstances analogues, sa propre existence.

Il en énumère d’autres victoires, dont il précise ironiquement qu’elles devraient satisfaire « ceux qui se plaignent quotidiennement que l’abstention grimpe et que le charbon de la colère alimente les chaudières du Front National. Dans un régime oligarchique où les gens ordinaires sont depuis longtemps exclus des lieux dans lesquels se décide leur avenir, voire des milliers de citoyens reprendre en mains leurs affaires est en soi un immense soulagement ».

Tout mouvement porte en lui sa propre fin, philosophaient certains activistes lucides du mouvement des Nuits Debout. Peut-être cette rentrée du mois de septembre 2016 porte-t-elle les prémisses d’une nouvelle phase de contestation ? Si c’est le cas, la journée du Jeudi 15 Septembre 2016, où une manifestation contre la loi travail est prévue, devrait en indiquer la nature.

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 20:37

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2016/09/06/plusieurs-manifestations-contre-le-putschiste-michel-temer_4993154_3222.html

Plusieurs manifestations contre le putschiste Michel Temer

Par Claire Gatinois, correspondante du Monde à Sao Paulo

Une nouvelle fois, depuis la destitution de la présidente Dilma Rousseff, Mercredi 31 Août 2016, la rue brésilienne a crié « fora Temer ». A Sao Paulo, Dimanche 4 Septembre 2016, les manifestants étaient cent mille, selon les organisateurs, à appeler au départ du nouveau président brésilien, Michel Temer. Un dirigeant qu’ils jugent illégitime, réclamant l’organisation de nouvelles élections. Des protestations, moins étoffées, ont aussi eu lieu à Rio de Janeiro, Curitiba et Salvador à l’appel des mouvements de gauche tels « Brasil popular » et « povo sem medo ».

Faisant fi des mises en garde du nouveau chef de l'état, agacé d’être traité de putschiste par ses adversaires et le Parti des Travailleurs de la présidente déchue, la foule a fait sien le slogan de « diretas ja », « des élections directes tout de suite », un mot d’ordre déjà employé à la fin de la dictature militaire.

Contestation insignifiante

La manifestation à Sao Paulo s’est déroulée dans le calme jusqu’à sa dispersion, entre 20 heures et 21 heures A ce moment-là, des témoignages recueillis par les médias brésiliens évoquent des actes de vandalisme de la part de casseurs, surnommés les « blacks blocs », et des ripostes démesurées de la part de la police militaire usant généreusement de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Un journaliste de la British Broadcasting Corporation (BBC) du Brésil a, notamment, reçu des coups de matraque. « Une escalade de violence qui vise à dissuader les manifestants », dénonce le député du Parti des Travailleurs Paulo Teixeira, évoquant des débordements policiers. Mercredi 31 Août 2016, une jeune manifestante de dix neuf ans, Deborah Fabri, avait eu l’œil gauche perforé par un projectile.

Depuis Hanghzou, où il participait au sommet du G20, Michel Temer a minimisé l’ampleur de la contestation de ces derniers jours, qualifiée d'insignifiante et composée tout au plus de « quarante, cinquante ou cent personnes ». De petites actions a appuyé le ministre des relations extérieures, José Serra, à ses côtés. Les manifestants se sont à nouveau donné rendez-vous Jeudi 8 Septembre 2016.

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7 septembre 2016 3 07 /09 /septembre /2016 20:18

L'opposition syrienne fixe un calendrier pour le départ de Bachar al Assad (Reuters)

Le Haut Comité des Négociations (HCN) représentatif de l'opposition syrienne a averti Mercredi 7 Septembre 2016 qu'il s'opposerait à l'accord que russes et américains s'efforcent de conclure s'il est différent de son propre plan, qui passe par la mise à l'écart du président Bachar al Assad.

Mis sur pied avec l'appui de l'Arabie Saoudite et des puissances occidentales dans l'optique de négociations de paix aujourd'hui dans l'impasse, le HCN a présenté ce plan à Londres.

Il propose six mois de négociations en vue de la formation d'un organe de transition constitué de représentants de l'opposition, de membres du gouvernement et de personnalités de la société civile, qui serait chargé d'administrer le pays pendant dix huit mois, après quoi des élections seraient organisées.

« Cette période de transition s'ouvrira avec le départ de Bachar al Assad et de sa clique et, bien sûr, de ceux qui ont commis des crimes aux dépens du peuple syrien », a expliqué Riad Hidjab, principal coordinateur du HCN.

« Si les russes et les américains s'accordent sur quelque chose de très différent de ce à quoi les syriens aspirent, nous ne l'accepterons pas », a-t-il poursuivi.

« Il n'est pas question de garder Bachar al Assad pendant six mois, ni même un mois ou un jour durant cette période de transition. Les russes et les américains le savent. Ils connaissent la position du peuple syrien. Il a fait de grands sacrifices et ne renoncera pas à cette exigence », a-t-il rappelé.

Moscou et Washington, qui ont pris des partis diamétralement opposés dans le conflit, seraient sur le point de s'entendre.

Le secrétaire d’état américain John Kerry et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov doivent se revoir Jeudi 8 Septembre et Vendredi 9 Septembre 2016 à Genève, selon Moscou, ce que n'a pas confirmé le département d’état américain.

A Washington, le porte-parole du département d’état, Mark Toner, a précisé que John Kerry ne serait pas à Genève, Jeudi 8 Septembre 2016. « Nous n'accepterons pas un accord qui ne répond pas à nos objectifs fondamentaux », a ajouté le porte-parole.

Renforts gouvernementaux à Alep

La cessation des hostilités obtenue au mois de février 2016 par John Kerry et Sergueï Lavrov a tourné court au bout de quelques semaines, notamment en raison de l'offensive des forces gouvernementales à Alep.

Première ville de Syrie avant la guerre, elle est aujourd'hui le principal enjeu du conflit, mais aussi des négociations entre la Russie et les Etats Unis, et une trêve dans ce secteur pourrait ouvrir la voie à une cessation globale des hostilités.

Or sur le terrain, les combats semblent au contraire s'intensifier. Les forces gouvernementales soutenues par l'aviation russe assiègent à nouveau depuis Dimanche 4 Septembre 2016 les quartiers sud et est aux mains des insurgés. La milice chiite irakienne Harakat al Noudjaba, engagée aux côtés de l'armée, a dépêché ces deux derniers jours un millier d'hommes supplémentaires.

Un peu plus au sud, les rebelles ont lancé la semaine dernière une offensive dans un secteur stratégique de la province d’Hama où se trouvent des villes acquises au régime, peuplées de chrétiens et d'alaouites, minorité à laquelle appartient Bachar al Assad.

Les combats y ont fait cent mille déplacés entre le Dimanche 28 Août 2016 et le Lundi 5 Septembre 2016, selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), qui citent le Croissant-Rouge Arabe Syrien et le gouverneur de la province.

A la frontière turque, qu'Ankara dit avoir débarrassée de la présence de l'Etat Islamique avec l'appui de l'Armée Syrienne Libre (ASL), deux cent quatre vingt douze habitants de Djarablous ont en revanche pu regagner leurs foyers. Les djihadistes en ont été chassés dans le cadre de l'opération Bouclier de l'Euphrate, lancée le Mercredi 24 Août 2016 par l'armée turque et ses alliés locaux.

Objectif Rakka

Le ministère russe des affaires étrangères s'est dit Mercredi 7 Septembre 2016 vivement préoccupé par leurs mouvements. « Cela remet en question la souveraineté et l'intégrité territoriales de la république arabe syrienne », juge-t-il dans un communiqué.

« Nous appelons Ankara à s'abstenir de toute nouvelle mesure, qui ne ferait que déstabiliser un peu plus la situation en Syrie », ajoute-t-il.

Outre la lutte contre l'Etat Islamique, l'opération Bouclier de l'Euphrate avait pour but d'enrayer la progression des miliciens kurdes des unités de protection du peuple (YPG), soutenus par les Etats-Unis, qui multiplient les victoires dans le nord de la Syrie.

L'administration turque les assimile aux séparatistes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), auxquels elle a déclaré la guerre.

Ankara les a sommés de se replier à l'est de l'Euphrate, ce qu'ils n'ont pas fait totalement, a déploré Mercredi 7 Septembre 2016 le vice-premier ministre turc Nurettin Canikli. Il a par ailleurs fait état de cent dix morts dans les rangs de l'Etat Islamique et des YPG depuis le début de l’opération Bouclier de l'Euphrate.

Cité Mercredi 7 Septembre 2016 par le quotidien Hurriyet, le président turc Recep Tayyip Erdogan indique que Barack Obama a évoqué l'idée d'une action militaire commune à Rakka, capitale du califat proclamé par l'Etat Islamique.

« Nous avons dit que, de notre point de vue, ce ne serait pas un problème. Unissons nos soldats, tout ce qui est nécessaire sera fait. Mais, à ce stade, nous devons montrer notre présence dans la région. Nous n'avons pas la possibilité de faire un pas en arrière. Si nous reculons, des groupes terroristes comme l’Etat Islamique, le PKK, le parti de l’union démocratique (PYD) et les YPG s'y installeront », a-t-il ajouté.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 19:58

https://www.unitepopulaire-fr.org/2016/08/25/communique-dunite-populaire-laiki-enotita-nous-denoncons-linvasion-turque-en-syrie

Nous dénonçons l’invasion turque en Syrie

Communiqué d’Unité Populaire

La Grèce doit demander le retrait immédiat des troupes turques du territoire syrien

Jeudi 25 Août 2016

Nous dénonçons et nous condamnons l’invasion militaire turque en Syrie ainsi que la création d’une zone neutre sous contrôle turc sur le territoire syrien, qui ont pour cible les kurdes de Syrie et qui visent dans un deuxième temps le contrôle par la Turquie de l’évolution de la situation en Syrie.

L’invasion turque en Syrie, qui s’est déroulée sous la couverture des Etats Unis et avec la bénédiction de l’Union Européenne, est inacceptable, illégale et éminemment dangereuse pour la situation et le cours des événements dans la région.

La crise syrienne ne peut et ne doit être résolue que sur la base de la légalité internationale, par un véritable dialogue à l’intérieur de la Syrie, auquel participeront, sur la base des principes et des résolutions de l’Organisation des Nations Unies (ONU), toutes les nationalités et les groupes religieux de la Syrie, dont naturellement les kurdes, qui doivent voir leurs droits strictement protégés et respectés.

C’est le moment pour la Grèce de demander, avec l’ensemble des forces pacifiques de la région, d’exiger l’arrêt immédiat de l’invasion turque en Syrie et le retrait immédiat de toutes les forces turques du territoire syrien.

C’est une tragédie pour notre pays, face à des événements qui changent la donne pour toute la région, que la Grèce soumise aux mémorandums s’en tienne au rôle pitoyable de spectateur et se comporte comme un satellite des Etats Unis et de l'Union Européenne.

Aujourd’hui plus que jamais, le réalisme et l’urgence pour notre pays, c’est d’adopter une démarche de rupture avec les mémorandums, de secouer la tutelle néo coloniale et de reconquérir l’indépendance nationale, en appliquant une politique étrangère indépendante et multilatérale qui aura pour seul critère la défense de nos intérêts nationaux légaux et de la paix dans toute la région.

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 19:15

NUIT DEBOUT PARIS A LA FETE DE L HUMANITE

Par Bernard Fischer

Mardi 6 Septembre 2016

Je participais et j’intervenais hier soir Lundi 5 Septembre 2016 dans l’assemblée générale de Nuit Debout Paris relative à la participation de Nuit Debout à la fête de l’Humanité.

Je tire un bilan positif de cette assemblée générale.

Il y avait au moins une cinquantaine de personnes, dont plusieurs des principaux animateurs de Nuit Debout Paris.

L’assemblée générale commençait par la lecture de deux textes. Le modérateur présentait ces deux textes comme deux textes contradictoires. Le premier texte était le texte d’Odile Hélier.

D’autre part, le modérateur nous annonçait la rédaction ce week end d'un autre texte par deux ou trois personnes anonymes de Jury Citoyen.

Le modérateur nous présentait ce deuxième texte comme un texte de défense de la participation de Nuit Debout à la fête de l’Humanité.

Personne ne diffusait par internet ce texte avant l’assemblée générale.

Les rédacteurs anonymes de ce texte ne participaient pas à l’assemblée générale. Le modérateur nous lisait ce texte. Je le diffuserais bien évidemment s’il est un jour disponible par internet. Si le lecteur de ce texte ne trahissait pas les mots de ses rédacteurs, ceux-ci présentaient Nuit Debout comme un mouvement sans leaders et sans portes paroles.

Ils faisaient très clairement la distinction entre une participation individuelle, une participation collective de l’assemblée générale de Nuit Debout ou bien une participation collective d’une commission de Nuit Debout. Leur participation à la fête de l’Humanité serait une participation individuelle ou bien elle serait la participation collective d’une commission de Nuit Debout, mais elle ne serait pas la participation collective de l’assemblée générale de Nuit Debout.

Ils interviendraient dans la fête de l’Humanité à titre personnel ou bien ils interviendraient au nom d’une commission de Nuit Debout, ils n’interviendraient pas au nom de l’assemblée générale de Nuit Debout.

Ils tiendraient un stand à titre individuel ou bien ils tiendraient un stand d’une commission de Nuit Debout, ils ne tiendraient pas un stand de l’assemblée générale de Nuit Debout.

J’écris tout cela au conditionnel sous réserve et dans l’attente de la diffusion de ce texte par internet, si ses rédacteurs anonymes le diffusent un jour. Leur texte ne serait donc pas contradictoire par rapport au texte d’Odile Hélier et c’était le sens de mon intervention dans l’assemblée générale. Les mots sont importants.

Après quatre heures de discussion politique contradictoire entre 19 heures et 23 heures, il y avait un vote contradictoire symbolique dont les résultats, de mon point de vue, importent peu.

En effet, le mouvement des Nuits Debout à ce jour connaît et pratique une et une seule procédure de vote, le vote par consensus. Il n’y a aucune procédure relative à l’organisation de votes contradictoires. Ce sont les avantages et les inconvénients d'un mouvement sans leaders et sans portes paroles.

Il y aurait bien le principe de la souveraineté de l’assemblée générale. Mais ce principe ne suffit pas. En effet, si une tendance organise une opération de bourrage des places un jour, comme par exemple d'autres organisent le bourrage des amphithéâtres dans les assemblées générales étudiantes ou bien le bourrage des urnes dans les élections parlementaires, et si l’autre tendance organise le lendemain la même opération, on aboutirait au résultat inverse.

Au-delà de l’apparent consensus autour du mouvement sans leaders et sans portes paroles, il y avait bien deux tendances et deux types d’interventions. Il y avait d’une part les interventions des nostalgiques du grand parti de la classe ouvrière. Il y avait d’autre part des interventions très claires et très dures contre le Parti Communiste Français (PCF), l’organisateur de la fête de l’Humanité, l’une d’entre elles faisait par exemple la comparaison entre le PCF et un astre mort.

Personne ne convainquait bien évidemment personne.

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 20:26

Alternative Für Deutschland (AFD) inflige un camouflet à Angela Merkel dans son fief (Reuters)

Le parti anti-immigration AFD a réussi son pari Dimanche 4 Septembre 2016 dans la région de Mecklembourg Poméranie Occidentale en devançant l’union chrétienne démocrate (CDU) d'Angela Merkel aux élections régionales, remportées par le parti social démocrate d’Allemagne (SPD).

Ces élections, organisées un an jour pour jour après la décision de la chancelière fédérale d'ouvrir les frontières de l'Allemagne aux dizaines de milliers de réfugiés bloqués en Hongrie, avaient une valeur symbolique très forte, c'est dans cette région du nord-est de l'Allemagne, à la frontière polonaise, qu’Angela Merkel a entamé sa carrière politique après la chute du mur de Berlin.

Avec vingt et un pour cent des suffrages, selon les premiers résultats préliminaires, la formation de droite radicale repousse le parti de la chancelière à près de deux points.

Frauke Petry, sa coprésidente, s'est félicité de la claque infligée à la chancelière fédérale. « Les électeurs ont clairement rejeté la politique désastreuse d’Angela Merkel en matière d'immigration », a-t-elle dit. « Nous avons renvoyé la CDU dans les cordes ».

Pour la CDU, un résultat amer mais attendu

Créé en 2013 initialement contre les plans de renflouement financier dans la zone euro, l’AFD s'est mué en un parti anti-immigration, incarnant une ligne opposée à celle d’Angela Merkel.

Au mois de mars 2016, il en avait engrangé les premiers fruits aux régionales dans les régions du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et surtout de Saxe-Anhalt où, avec plus de vingt quatre pour cent des voix, il était devenu la deuxième force politique régionale, talonnant la CDU. Mais jamais encore il n'avait devancé la droite allemande dans une élection régionale.

Le SPD, qui gouverne depuis 2006 cette région rurale du bord de la Baltique dans le cadre d'une grande coalition avec la CDU, conserve sa première place avec trente et un pour cent des voix, mais est en net recul par rapport au précédent scrutin, en 2011, qui l'avait vu réunir trente six pour cent des voix. Le score de la CDU passe de vingt trois pour cent à dix neuf pour cent.

Les autres partis reculent aussi. Quatrième, la formation de la gauche radicale die Linke perd un tiers de ses électeurs, obtenant treize pour cent des voix contre dix huit pour cent des voix en 2011. Les verts, crédités de neuf pour cent des voix en 2011, sont donnés à moins de cinq pour cent des voix et disparaîtraient du parlement régional, le seuil de représentation étant fixé à cinq pour cent des voix. Avec quatre pour cent des voix contre six pour cent des voix en 2011, le parti d'extrême droite NPD disparaît de l'assemblée régionale où il siégeait depuis 2006.

La participation, en nette hausse par rapport aux précédentes élections, soixante deux pour cent contre cinquante deux pour cent, a surtout favorisé l'AFD.

« Ce résultat, de même que la forte présence de l’AFD, est amer pour beaucoup et pour nous tous au sein du parti », a constaté Peter Tauber, secrétaire général de la CDU. « Mais il était également évident que le bon bilan du gouvernement régional ne jouerait aucun rôle aux yeux de nombreux électeurs », a-t-il poursuivi.

Référendum sur la politique d’accueil

Car toute la campagne électorale a tourné autour de la politique d'accueil des réfugiés décidée par Angela Merkel, à laquelle l’AFD s'oppose frontalement. D'après un sondage ZDF sur la motivation des électeurs, la question des réfugiés a été essentielle alors même que la région n'héberge, selon le ministère de l’intérieur, que vingt trois mille réfugiés enregistrés sur une population totale d’un million sept cent mille habitants.

Lorenz Caffier, qui conduisait la liste locale de la CDU, a déploré que les élections se soient jouées « autour de la seule thématique des réfugiés ».

Malgré leur recul, la coalition sortante que forment le SPD et la CDU pourrait être reconduite.

Elle disposera de quarante deux des soixante et onze élus dans le prochain parlement.

Mathématiquement, une coalition du SPD et de die Linke serait également possible, avec un total de trente sept élus. L’AFD enverra pour sa part dix huit élus à Schwerin, où siège le parlement régional.

Angela Merkel, qui a effectué Samedi 3 Septembre 2016 un ultime déplacement de campagne à Bad Doberan, une petite localité de sa région d'origine, avait mis en garde contre la « politique de la peur » qu'incarne à ses yeux l’AFD.

« Chaque voix va compter », avait-elle dit. « Cette élection porte sur l'avenir de cette région », avait poursuivi la chancelière, appelant les électeurs à passer outre les slogans de campagne et de mesurer les effets de la politique menée par la coalition sortante, à laquelle participe la CDU, qui a divisé le chômage par deux et encouragé le développement du tourisme.

Elle n'a visiblement pas été entendue.

Dans les sondages nationaux, à un an des prochaines élections législatives, l’AFD est créditée de douze pour cent des intentions de vote, ce qui en fait la troisième force politique et lui permettrait, surtout, d'accéder pour la première fois au parlement fédéral.

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