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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 20:54

 

https://www.unitepopulaire-fr.org/2016/10/29/face-a-lausterite-et-a-lue-lalternative-existereunion-publique-dunite-populaire-paris

 

Face à l'austérité et à l'Union Européenne, l'alternative existe

Réunion publique d'Unité Populaire à Paris

Mardi 15 Novembre 2016 à partir de 19 heures

Venez nous rejoindre au meeting débat avec Nikolaos Chountis, député européen d'Unité Populaire, et Miguel Urban, député européen de Podemos

Ciné 13 Théâtre 1 avenue Junot 75018 Paris Métro Lamarck Caulaincourt

Ces dernières années nous avons été témoins en Europe de la mise en application de politiques réduisant à néant des conquêtes sociales acquises depuis des décennies et de haute lutte et visant à livrer le contrôle total de l’économie et de la société à la spéculation lucrative.

Ces politiques entraînent dans leur sillage la paupérisation et la mise à l’écart de larges tranches des sociétés.

En Grèce, des mesures sont imposées. Elles frappent encore plus les salariés et les classes moyennes. Le pays est livré au dépeçage par les vautours capitalistes et à l’humiliation du troisième mémorandum. Le choix du peuple a été bafoué.

En France, la loi travail, imposée de manière antidémocratique, sape le code du travail et pousse un peu plus le salariat vers la précarisation.

En Espagne des plans successifs d’austérité ont rendu structurels la récession, la précarité et le chômage de grande ampleur. La jeunesse est livrée au désespoir et à l’émigration forcée.

Ces mesures prennent appui sur un cadre de règles qu’aucun peuple n’a validé par son vote. Elles se justifient d’une politique monétaire antisociale et de dettes illégitimes.

On prétend qu’à cette spirale destructrice « il n’y a pas d’alternative ».

Mais, contrairement à ce qui est seriné à longueur du temps par les dirigeants des états et les technocrates, une alternative existe, annulation de la dette publique illégitime, sortie de gauche de la zone euro, socialisation des banques et démocratisation des institutions. Elle implique l’organisation de luttes l’organisation de luttes déterminées dans chaque pays et la solidarité internationaliste pour arracher des victoires au fur et à mesure, jusqu’au grand renversement souhaité.

Le processus des luttes ne s’arrête jamais, nous œuvrerons pour qu’il aboutisse.

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 20:15

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2016/11/09/can-dundar-citoyen-de-paris-denonce-les-derives-du-regime-erdogan_5028082_3218.html

 

Can Dündar, citoyen de Paris, dénonce les dérives du régime de Recep Tayyip Erdogan

L'ancien rédacteur en chef du quotidien Cumhuriyet, poursuivi dans son pays et aujourd’hui en exil, a été fait citoyen honoraire de Paris, Mardi 8 Novembre 2016.

Par Marc Semo

Quand on l’interroge sur ce que devraient dire ou faire les européens face à la dérive autoritaire croissante du pouvoir turc, Can Dündar, l'ancien rédacteur en chef du grand quotidien turc de centre gauche Cumhuriyet, constate avec amertume « qu’il est déjà bien tard et même peut-être trop tard ».

« Je n’ai pas entendu un mot du président français ou du premier ministre, même après l’arrestation des onze députés du parti démocratique des peuples (HDP), la troisième force du parlement. Et si la chancelière allemande a exprimé ouvertement son inquiétude, sa réaction est bien tardive et bien mesurée », relève le journaliste, condamné au mois de mai 2016 à cinq ans et dix mois de prison en première instance pour « violation de secret d'état ». Can Dündar a reçu Mardi 8 Novembre 2016 à l'hôtel de ville la citoyenneté honoraire de la ville de Paris, une initiative de la maire socialiste, Anne Hidalgo, approuvée par l’ensemble des élus et soutenue par Reporters Sans Frontières (RSF).

La Turquie, « prison de journalistes »

Son crime est d'avoir publié en 2014 des articles et une vidéo montrant une livraison d’armes par les services secrets turcs à destination de groupes djihadistes syriens. Il risque, toujours dans cette même affaire, une condamnation à perpétuité pour « intelligence avec une puissance étrangère ». Lors du procès, un homme tenta de l’abattre au pistolet, sans l’atteindre. D’où son choix de quitter la Turquie pendant l’été, alors qu’il était en liberté provisoire. Sa femme est bloquée à Istanbul après qu’on lui a retiré son passeport.

Son successeur à la tête de la rédaction du Cumhuriyet, Murat Sabuncu, et huit autres piliers du journal, dont Kadri Gursel, un des plus brillants éditorialistes turcs, ont été emprisonnés au début du mois de novembre 2016 et inculpés de complicité avec la guérilla kurde du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et avec l’organisation de Fethullah Gülen accusée par Ankara d’avoir organisé le putsch raté du Vendredi 15 Juillet 2016.

« Malgré toutes les pressions et les procès, ils n’ont pas réussi à nous faire taire. Mais ils peuvent fermer à tout instant notre journal et chacun d’entre nous écrit chaque article comme si ce devait être le dernier », témoigne Can Dündar. Le journaliste a voulu partager l’hommage rendu Mardi 8 Novembre 2016 par la ville de Paris avec ses collègues de Cumhuriyet ainsi qu’avec ses quelque cent cinquante confrères aujourd’hui incarcérés dans une Turquie devenue « la plus grande prison de journalistes au monde ».

Chroniqueur, écrivain et documentariste, Can Dündar, cinquante cinq ans, avait pris, en 2013, la direction de la rédaction de ce quotidien historique, fondé en 1922 par Mustapha Kemal lui-même, le père de la république laïque et d’inspiration jacobine créée sur les décombres de l'empire ottoman. Au fil du temps, le journal s’était un peu endormi. Can Dündar avait réussi à lui donner un nouveau souffle, malgré quelques grincements en interne sur des sujets sensibles comme la question kurde.

Il avait ouvert le quotidien à « l’esprit de Gezi », le grand mouvement de protestation qui, au printemps 2013, défia le pouvoir islamo-conservateur de Recep Tayyip Erdogan pour la défense d’un petit parc au cœur d’Istanbul. Il n’hésita pas aussi à prendre des risques, comme la publication, en janvier 2015, de la quasi-totalité des caricatures du numéro de Charlie Hebdo qui avait suivi le massacre à la rédaction commis par les frères Kouachi. Les ventes avaient augmenté, atteignant cinquante mille exemplaires. Depuis les dernières arrestations, elles ont doublé et plus d’un million de visiteurs se connectent sur le site. Cumhuriyet reste, plus que jamais, un symbole.

« Nous n’avons que nos stylos »

Chaque soir, des « veillées de l’espoir » s’organisent spontanément devant le siège du journal où artistes, musiciens et intellectuels viennent afficher leur solidarité. « C’est un petit Gezi, même si je crains que ce mouvement ne soit, lui aussi, durement réprimé. Car, face à nous, il y a toute la puissance de l'état et nous n’avons que nos stylos », explique Can Dündar.

« Depuis des années, nous dénoncions les infiltrations des gulénistes au sein de l'état qui étaient encouragées par Recep Tayyip Erdogan. La tentative de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016 était un règlement de comptes entre islamistes. Si les putschistes avaient gagné, nous aurions un régime militaire islamiste, là nous avons un régime policier islamiste », ajoute Can Dündar, toujours plus inquiet de la fuite en avant de Recep Tayyip Erdogan qui, pour récupérer les voix ultra nationalistes et pouvoir imposer la république présidentielle qu’il appelle de ses vœux, évoque le rétablissement de la peine de mort et accentue la répression contre le mouvement kurde.

« Les autorités ont arrêté les députés du HDP et veulent interdire leur parti », analyse le journaliste. Elles ont fermé les médias kurdes et arrêté nombre de maires des villes kurdes dont Diyarbakir. Cela ne peut que pousser plus de jeunes kurdes à prendre les armes. Les despotes ont besoin de se créer des ennemis pour justifier les abus de leur pouvoir ».

Can Dündar compte sur les pressions des opinions publiques occidentales. Des moyens bien dérisoires mais pour lui rien ne serait pire qu’un gel du processus de négociations avec l’Union Européenne, voire son arrêt. « L’isolement sert les intérêts du pouvoir et ne ferait que renforcer sa dérive autoritaire », estime-t-il. « Ce qui reste de la Turquie laïque et démocratique a plus que jamais besoin de l’Europe ».

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 19:56

 

https://m6info.yahoo.com/donald-trump-un-procès-avant-1555908478156854.html

 

Un procès avant la Maison Blanche

Le président des Etats Unis nouvellement élu, Donald Trump, devra probablement passer par la case judiciaire avant de s'installer à la Maison Blanche. Le magnat de l'immobilier est poursuivi pour escroquerie par des anciens étudiants de son université fondée dans les années 2000. Les plaignants pointent du doigt des séminaires ayant trait au secteur immobilier.

Un procès prévu à la fin du mois de novembre 2016

Une audition est prévue Jeudi 10 Novembre 2016 dans ce dossier devant le tribunal fédéral de San Diego en Californie et le procès est prévu le 28 novembre 2016, à moins de nouveaux reports ou d’un règlement à l’amiable.

Le président américain ne bénéficie pas de son immunité pour des actes commis avant sa prise de fonction.

Pendant la campagne pour les élections présidentielles, Donald Trump a toujours assuré qu’il gagnerait ce procès. Il a également critiqué un dossier monté à charge selon lui et dénoncé la partialité présumée du président du tribunal, d'origine mexicaine, en raison de sa promesse de faire bâtir un mur entre les Etats-Unis et le Mexique.

Des formations fumeuses ?

En parallèle, un autre dossier est instruit à New York où d’autres étudiants estiment avoir été abusés par des formations censées leur apprendre des secrets d'investissement dans le secteur immobilier, moyennant trente cinq mille dollars.

Donald Trump s'est toujours défendu dans ce dossier en affirmant au contraire que les anciens étudiants de son université, aujourd'hui fermée, avaient beaucoup appris grâce à lui et qu'il avait de nombreux témoignages positifs à montrer au tribunal.

 

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 16:46

 

http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/11/10/not-my-president-ont-scande-des-milliers-de-manifestants-devant-la-trump-tower_5028660_829254.html

 

« Not my president », ont scandé des milliers de manifestants devant la Trump Tower

Des milliers de manifestants contre Donald Trump ont protesté Mercredi 9 Novembre 2016 contre le résultat de l’élection présidentielle, à New York et dans une demi-douzaine de grandes villes américaines.

Par Corine Lesnes, envoyée spéciale du Monde à NewYork

Ceux-là n’ont pas écouté les appels de Barack Obama à respecter le résultat des élections. Ils n’ont pas non plus été convaincus par le ton de « président de tous les américains » adopté par Donald Trump après sa victoire. Accrochés à un échafaudage en face de la Trump Tower, sur la cinquième avenue à New York, ils s’époumonent, « not my president ».

Donald Trump n’est pas leur président et ils entendent le faire savoir, au mépris de l’atmosphère conciliatrice recommandée par les officiels et par Hillary Clinton au nom de la « transition pacifique » exigée par la démocratie américaine.

Mercredi 9 Novembre 2016, vingt-quatre heures après le coup de tonnerre de la victoire de Donald Trump, ils sont plusieurs milliers qui bloquent la circulation sur la prestigieuse avenue, vitrine du luxe new-yorkais. La police a monté des barrières pour canaliser la manifestation mais elle laisse faire. La Trump Tower est sombre, mis à part quelques fenêtres éclairées. C’est là que travaille l’équipe républicaine qui prépare la passation des pouvoirs au mois de janvier 2017.

Depuis plusieurs heures, les protestataires, jeunes dans leur immense majorité, font le siège de la résidence du milliardaire. Les slogans n’ont rien à envier à ses écarts de langage de campagne électorale. « Fuck Donald Trump », crie l’un.

« Fuck Mike Pence », ajoute un autre, pour ne pas faire de jaloux. Les filles scandent le désormais classique « pussy grabs back », une référence à la vidéo où Donald Trump se vante de mettre la main aux fesses de qui bon lui semble.

La manifestation a commencé par un appel de l’association progressiste www.moveon.org à tenir un rassemblement à Columbus Circle, pour partager « la colère et le deuil » après l’élection de Donald Trump et pour se préparer à entrer en résistance « pour combattre la haine ». Elle s’est métamorphosée en occupation spontanée du parvis de la Trump Tower et les étudiants ne cessent d’affluer, pancartes à la main, « protégeons-nous les uns les autres », « engageons-nous à résister » et « nous rejetons le président élu ».

Des manifestations comparables ont lieu au même moment dans une demi-douzaine de grandes villes américaines, Oakland, Los Angeles, Chicago, Portland, Philadelphie, Boston et Austin. Dans tout le pays, latinos, noirs, syndicalistes et militants associatifs défilent pour faire part de leurs craintes.

Du jamais vu, selon la presse, au lendemain d’une élection présidentielle. « Ce que nous voyons dans la rue, c’est la rébellion de Bernie Sanders et la rébellion de Black Lives Matter », explique Van Jones, fondateur de l’organisation antiraciste Color of Change, devenu le héros du mouvement « not my president » pour avoir été l’un des rares à insister sur la dimension raciale de la victoire de Donald Trump, acquise grâce à l’exceptionnelle mobilisation des blancs.

Sur Cable News Network (CNN), Van Jones a parlé de « whitelash », une compilation de « backlash » et de « white », un néologisme qui a fait le tour des réseaux sociaux. Selon les sondages de sortie des urnes, les moins de trente ans ont très majoritairement voté contre Donald Trump, cinquante cinq pour cent ont choisi Hillary Clinton. Pour eux, la situation est grave et la menace est sans précédent. A côté de l’abattement de l’establishment démocrate, leur énergie éclate. « Nous sommes en colère et nous ne nous tairons pas », s’exclame Yuting, vingt huit ans. « Ils ont tous les pouvoirs. Ils vont faire tout ce qu’ils veulent ».

April, dix neuf ans, dit « qu’il faut qu’on fasse quelque chose. Il n’y a plus personne pour nous défendre. Plus personne pour défendre qui que ce soit. Il n’y a plus que des hommes blancs et riches ». Avec son amie Sara, étudiante à la New York University, elles ont « pleuré toute la journée » et séché les cours avant de se fabriquer des affiches. « Non au fascisme », a écrit Sara, une fidèle de Bernie Sanders qui croit, comme beaucoup, que le sexisme n’a pas été pour rien dans la défaite d’Hillary Clinton. « Les mails, d’accord. Mais si elle avait été un homme, elle aurait gagné ».

Bénéfice du doute

Peter Baker, un photographe de trente neuf ans, intervient, « mais elle a gagné le vote populaire. Il est temps d’avoir un débat dans ce pays sur le collège électoral. Pourquoi continuer à accepter que l’élection soit décidée par un petit nombre de comtés dans un petit nombre d’états ».

Lui aussi était un partisan du sénateur du Vermont. « Bernie Sanders aurait battu Donald Trump », pense-t-il. Après s’être tu, parce qu’il n’avait, selon un de ses conseillers, « rien de poli » à dire sur le résultat de l’élection, Bernie Sanders a publié Mercredi 9 Novembre 2016 un communiqué dans lequel il affirme être prêt à travailler avec le président élu s’il essaie « sérieusement » d’améliorer la vie des gens.

Mais s’il entend poursuivre « une politique raciste, sexiste, xénophobe et hostile à l’environnement, nous nous opposerons à lui vigoureusement ».

Molly, vingt quatre ans, est « désespérée pour les minorités », mais elle est d’accord avec Bernie Sanders pour donner à l’occupant de la Trump Tower le bénéfice du doute, selon la ligne de conduite adoptée par les progressistes. Elle n’a toutefois pas été rassurée par les informations qui circulent sur la composition du cabinet de Donald Trump, « Rudolf Giuliani et Newt Gingrich, il va ramener tout l’establishment d’extrême droite. Il faut montrer que nous ne sommes pas d’accord ».

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9 novembre 2016 3 09 /11 /novembre /2016 21:19

 

Donald Trump en route pour la Maison Blanche après une victoire éclatante (Reuters)

 

Donald Trump a remporté Mardi 8 Novembre 2016 l'élection présidentielle américaine, déjouant tous les pronostics et les sondages qui prédisaient la victoire d'Hillary Clinton.

Le succès inattendu de l'homme d'affaires new-yorkais âgé de soixante dix ans, qui deviendra le 20 janvier 2017 le quarante cinquième président des Etats-Unis et succédera à Barack Obama à la Maison Blanche, met fin à huit années d'administration démocrate et place la première puissance mondiale sur une voie nouvelle et incertaine.

Au bout d'une longue nuit électorale, la victoire du milliardaire a été annoncée Mercredi 9 Novembre 2016 vers 7 heures 30 GMT lorsqu'il est apparu qu'il avait réuni plus de deux cent soixante dix grands électeurs sur cinq cent trente huit, la majorité absolue requise pour accéder à la présidence.

Les républicains conservent parallèlement le contrôle de la chambre des représentants et du sénat.

S'exprimant à son quartier général new-yorkais, le futur président des Etats-Unis a lancé un appel à l'unité au terme d'une campagne qui a mis en lumière de manière souvent crue les divisions profondes de la société américaine.

« Il est temps pour nous de nous rassembler », a-t-il déclaré. « Je serai le président de tous les américains ».

Hillary Clinton a reconnu sa défaite Mercredi 9 Novembre 2016 et a proposée de coopérer avec le nouveau président républicain, espérant qu'il serait un bon dirigeant pour tous les américains.

« Ce n'est pas le résultat que nous voulions et pour lequel nous avons travaillé si dur et je suis désolée que nous n'ayons pas gagné cette élection pour les valeurs que nous partagions et la vision que nous avons pour notre pays », a-t-elle déclaré.

« C'est douloureux et cela le sera encore longtemps », a reconnu la candidate démocrate, qui essuie à soixante neuf ans son second échec lors d'une course présidentielle.

Barack Obama a quant à lui souhaité une transition aussi réussie que possible et a invité Donald Trump Jeudi 10 Novembre 2016 à la Maison Blanche pour une réunion de travail. « Nous voulons tous désormais qu'il rencontre le succès pour conduire le pays dans l'unité », a-t-il dit.

« Je veux m'assurer que tout se passe bien car au final nous faisons tous partie de la même équipe », a ajouté le président, qui s'était engagé personnellement dans la campagne auprès d’Hillary Clinton et qui n'a pas ménagé ses critiques contre le candidat républicain.

Changeant lui aussi de ton après avoir dénoncé sans relâche pendant des mois « Hillary la véreuse » et réclamé qu'elle soit jetée en prison, Donald Trump a déclaré devant ses partisans en liesse avoir remercié sa rivale pour son action et une campagne durement menée.

Sa directrice de campagne, Kellyanne Conway, a cependant dit Mercredi 9 Novembre 2016 que le camp républicain n'excluait pas de nommer un procureur spécial pour enquêter sur les éventuels agissements d'Hillary Clinton, comme Donald Trump en avait brandi la menace le mois dernier pendant un débat télévisé.

Maigre consolation pour la candidate démocrate, elle a remporté plus de voix au niveau national que Donald Trump, selon les décomptes des médias américains.

C'est la deuxième fois en seize ans qu'un tel cas de figure se produit, en 2000, le démocrate Al Gore avait devancé le républicain George Bush sans pour autant entrer à la Maison Blanche.

Le candidat républicain a bâti son succès en remportant la quasi-totalité des « swing states » tels que la Floride, l'Ohio ou la Caroline du Nord et en faisant basculer des bastions démocrates comme le Wisconsin, qui n'avait pas voté républicain depuis 1984.

Le magnat de l'immobilier a obtenu le soutien massif de l'électorat ouvrier blanc peu diplômé en promettant d'être le « plus grand président de l'emploi que dieu ait jamais créé ».

Mercredi 9 Novembre 2016 en début de matinée, c'est à cet électorat qu'il s'est adressé en célébrant sur Twitter une « soirée tellement belle et importante. L'homme et la femme oubliés ne le seront plus jamais », a-t-il assuré.

Dans son discours de victoire, il a déclaré avoir en tête un grand projet économique pour reconstruire les infrastructures américaines et doubler la croissance du pays.

Une enquête de Reuters Ipsos sur l'Election Day montre qu'Hillary Clinton n'a pas fait le plein des voix féminines, malgré les propos misogynes tenus tout au long de la campagne par son adversaire. Elle ne gagne le vote féminin qu'avec une avance d'environ sept points, autant que Barack Obama en 2012.

Et même si elle a remporté le vote hispanique, noir et jeune, elle a été loin d'obtenir les mêmes écarts que Barack Obama lors de sa réélection.

A titre d'exemple, la candidate démocrate a été soutenue par quatre vingt pour cent des électeurs noirs entre trente cinq et cinquante quatre ans, alors que Barck Obama était proche de cent pour cent en 2012.

La victoire de Donald Trump soulève un grand nombre de questions.

Fidèle à son slogan America First, l'homme d'affaires a fait campagne en promettant d'appliquer une politique isolationniste et protectionniste.

Donald Trump n'a jamais exercé de mandat électif et on ne sait pas quelles seront ses relations avec le parti républicain, qu'il a profondément divisé.

Durant la campagne, le milliardaire a peint un sombre tableau de l'Amérique, malmenée par la Chine, le Mexique, la Russie ou le groupe Etat Islamique, et il a affirmé vouloir « rendre sa grandeur » au pays.

Donald Trump veut renégocier les accords commerciaux et promet de renouer des relations cordiales avec le président russe Vladimir Poutine, qui a souhaité coopérer avec la nouvelle administration « pour restaurer des relations russo-américaines en crise ».

L'annonce de la victoire de Donald Trump a été accueillie par une salve d'applaudissements au parlement russe. Moscou espère notamment obtenir la levée des sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Union Européenne après l'annexion de la Crimée en 2014.

Les dirigeants de l'Union Européenne ont de leur côté invité le président élu américain à un sommet dès qu'il le pourra, jugeant primordial de préserver de bonnes relations transatlantiques alors que Donald Trump a notamment critiqué, pendant la campagne, le fonctionnement de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).

Certaines capitales n'ont pas caché leur désarroi face à l'élection d'un dirigeant au caractère réputé imprévisible.

La ministre allemande de la défense, Ursula von der Leyen, a parlé de « choc énorme ». Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a exprimé « bien des inquiétudes ».

Tous les partis d'extrême droite en Europe se sont félicités de la victoire du milliardaire, qualifié de « pionnier d'un courant international autoritaire et chauvin » par le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel.

La réaction des marchés financiers, clairement négative initialement, s'est retournée au fil des heures, les investisseurs semblant soulagés de la désignation d'un lauréat et se prenant à espérer qu'il saura faire preuve de pragmatisme.

Le peso mexicain a en revanche atteint son cours le plus bas et un resserrement monétaire n'est pas exclu. Donald Trump a menacé notamment de mettre un terme à l'accord de libre-échange avec le Mexique et affirmé que Mexico devrait financer le mur qu'il se propose d'ériger entre les deux pays pour endiguer l'immigration.

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 20:49

 

Les forces kurdes attaquent une ville au nord-est de Mossoul (Reuters)

 

Les forces kurdes ont attaqué Lundi 7 Novembre 2016 la localité de Bachika au nord-est de Mossoul, tandis que les unités spéciales de l'armée irakienne étaient engagées dans une guérilla urbaine dans les quartiers est de la grande ville du nord de l'Irak.

Les premiers éléments d'une force de deux mille peshmergas ont pénétré dans Bachika, certains à bord de véhicules blindés, d'autres à pied, après le pilonnage de cette ville située au pied d'une montagne, à environ quinze kilomètres de Mossoul.

« Notre objectif est de prendre le contrôle de la ville et de chasser tous les combattants de l’Etat Islamique », a déclaré le lieutenant-colonel Safeen Rasoul. « Nous estimons qu'il reste environ une centaine de djihadistes et une dizaine de voitures suicides ».

L'Etat Islamique cherche à ralentir la progression des forces à l'assaut de Mossoul depuis le 17 octobre 2016 en envoyant des kamikazes au volant de véhicules bourrés d'explosifs.

Selon des commandants de l'armée fédérale, une centaine de ces voitures piégées ont explosé sur le front est et cent quarante autres sur le front sud.

Les djihadistes, qui ont également déployés des tireurs embusqués, utilisent des drones lestés d'explosifs et des obus d'artillerie contenant du gaz au chlore et du gaz moutarde, a déclaré un commandant kurde.

Une forte explosion a ébranlé Lundi 7 Novembre 2016 le convoi des forces kurdes progressant vers Bachika. Un officier des peshmergas a déclaré que des kamikazes avaient précipité deux voitures sur ses troupes.

« Ils sont encerclés. S'ils veulent se rendre, c’est très bien. S'ils ne le veulent pas, ils seront tués », a affirmé le lieutenant-colonel Qandeel Mahmoud, commandant d'un bataillon de peshmergas.

Des soldats américains, appartenant au contingent de cinq mille hommes déployés par Washington pour conseiller et soutenir l'offensive contre Bachika, ont pénétré dans la ville avec les combattants kurdes.

La bataille de Mossoul, une ville qui comptait deux millions d'habitants avant sa prise de contrôle par l'Etat Islamique au mois de juin 2014, est la plus importante opération militaire menée en Irak depuis l'invasion américaine de 2003 et mobilise quelque cent mille soldats de l'armée régulière, membres des forces spéciales, policiers, peshmergas et miliciens chiites.

Sur le front sud, les forces irakiennes disent avoir repris et sécurisé la ville d'Hammam al Ali et se rapprochent de l'aéroport de Mossoul.

Au nord, la seizième division d'infanterie a repris le village de Baouiza et a pénétré dans un autre secteur, Sada, situé en bordure de Mossoul.

Les milices chiites combattent pour leur part à l'ouest de Mossoul pour couper la route vers Tal Afar, encore tenue par les djihadistes.

De l'autre côté de la frontière, des rebelles arabo-kurdes syriens soutenus par la coalition contre l’Etat Islamique sous commandement américain ont annoncé Dimanche 6 Novembre 2016 le déclenchement d'une offensive pour reprendre l'autre grand fief de l'Etat Islamique dans la région, Rakka dans le nord-est de la Syrie.

Cette bataille devrait être aussi complexe à mener que celle de Mossoul menée par une coalition hétéroclite principalement unie par la volonté d'éradiquer le mouvement djihadiste.

Le fondateur de l'Etat Islamique, Abou Bakr al Baghdadi, qui pourrait se trouver dans le nord de l'Irak à proximité de la frontière syrienne, a appelé ses partisans à mener une « guerre totale ».

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 20:31

 

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=19240

 

De Syriza à Nuit Debout, le printemps des peuples européens est-il déjà terminé ?

Vidéo d'un débat

Samedi 5 Novembre 2016

Au mois de mars 2015, Alain Badiou et Aude Lancelin avaient reçu une première fois Stathis Kouvelakis, à l’époque membre du comité central de Syriza, dans l’émission « contre courant », pour débattre de la situation en Grèce.

Syriza avait gagné les élections deux mois auparavant, soulevant un immense espoir en Grèce et en Europe, mais déjà les nuages s’amoncelaient. Les reculs successifs du gouvernement face aux pressions de l’Union Européenne laissaient craindre le pire. Celui-ci s’est effectivement réalisé, au mois de juillet 2015, lorsqu’Alexis Tsipras capitulait devant les créanciers et signait un troisième Mémorandum.

Le 31 octobre 2016, Alain Badiou et Aude Lancelin recevaient Stathis Kouvélakis pour une nouvelle émission de « contre-courant », enregistrée en public au théâtre de la Commune à Aubervilliers. Les leçons de l’expérience grecque ont été au centre de leur discussion.

Quelles sont les raisons de l’échec de Syriza ? Faut-il y a voir la confirmation de l’impasse de la politique parlementaire ? Comment affronter l’Union Européenne et la question de l’euro ? Quel est le rôle des mobilisations populaires dans une stratégie de rupture avec l’ordre existant ?

L’échange vivant et souvent sans concessions ouvre des pistes de réflexion sur les questions essentielles pour la reconstruction d’une politique d’émancipation à la hauteur de la situation actuelle.

 

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 20:15

 

http://www.humanite.fr/stop-la-repression-syndicale-619978

http://www.cgt.fr/Stop-a-la-repression-syndicale.html

 

Stop à la répression syndicale

 

Mardi 8 Novembre 2016, six camarades ont été convoqués au commissariat Riquet, à Paris. Trois d’entre eux sont actuellement retenus en garde à vue.

Leur convocation fait suite à l’occupation pacifique du siège national du mouvement des entreprises de France (MEDEF), le 7 juin 2016, pendant le mouvement contre la loi travail et pour la huitième et la dixième annexe de l'accord de l'Union Nationale interprofessionnelle pour l'Emploi Dans l'Industrie et le Commerce (UNEDIC) pour l'assurance chômage.

Notre camarade Loïc Canitrot a, quant à lui, déjà été inculpé et son procès aura lieu le 8 décembre 2016.

Aujourd’hui, une nouvelle fois, des militants de la Confédération Générale du Travail (CGT) pourraient se voir accusés de « dégradation et vols », sans aucun élément et sans preuve.

Ces camarades viennent allonger une liste déjà trop longue de militants qui n’ont commis comme seul crime que la défense des droits et des intérêts des salariés.

Pour la CGT, il ne fait aucun doute que c’est un nouvel acte pour museler toute remise en cause des politiques néfastes en s’en prenant à nos militants et, à travers eux, à l’ensemble du monde du travail.

De tels agissements et procédures sont inacceptables. Être militant, ce n’est pas être délinquant.

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 21:05

 

http://www.lemonde.fr/syrie/article/2016/10/20/djarabulus-vitrine-de-l-intervention-turque-dans-le-nord-de-la-syrie_5016832_1618247.html

 

Djarabulus, vitrine des opérations turques en Syrie

La ville, reprise à l'organisation Etat Islamique à la fin du mois d'août 2016, connaît un difficile retour à la normale

Par Olivier Riou, envoyé spécial du Monde à Djarabulus

Jeudi 20 Octobre 2016

Ils sont alignés dans la cour de récréation, niveau par niveau, et, à l’appel de leur maître, rejoignent les bancs de leur salle de classe.

Deux mois après la fuite des djihadistes de l’organisation Etat Islamique de Djarabulus, une partie des enfants de cette bourgade agricole du nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie, ont retrouvé le chemin de l’école.

Sur les neuf établissements de la ville, que les djihadistes avaient saccagés, souvent minés et parfois reconvertis en centres de torture, un premier a pu rouvrir ses portes à la fin du mois de septembre 2016.

Un autre a été transformé en hôpital et un troisième en caserne, pour les troupes de l’Armée Syrienne Libre (ASL), la branche modérée de la rébellion contre Bachar al Assad, actrice de la reprise de Djarabulus, avec l’appui de l’armée turque, à la fin du mois d'août 2016.

Les six écoles restantes seront réhabilitées au plus vite, promettent les autorités locales, chaperonnées par le gouvernorat de Gaziantep, la grande ville turque voisine, à une soixantaine de kilomètres au nord.

« Nous n'avons pas encore de manuels scolaires, mais nous nous débrouillons », explique Abou Hassan, un instituteur. « Vous n’imaginez pas ma joie de revenir ici après deux années à ne rien faire. L’espoir renaît enfin ».

La venue du Monde à Djarabulus, Mercredi 19 Octobre 2016, s’est faite dans le cadre d’un voyage organisé par le bureau du premier ministre turc, Binali Yildirim. Une trentaine de journalistes internationaux ont participé à ce déplacement qui offrait une rare occasion de pénétrer en territoire syrien. En temps normal, les risques d’enlèvement et la menace des bombardements russes et syriens barrent l’accès aux zones rebelles. Mais le récent rapprochement entre Ankara et Moscou, principal allié du régime de Bachar al Assad, sanctuarise de facto Djarabulus.

« Rôle vital des turcs »

L’assaut de l’ASL bénéficiait de la caution tacite de Moscou. Il s’est poursuivi par l’expulsion des hommes de l’Etat Islamique d’un territoire de quatre vingt kilomètres de long, accolé à la frontière turque. Ce faisant, non seulement la Turquie purge cette bande stratégique de toute présence djihadiste, mais elle bloque aussi l’expansion des kurdes syriens des unités de protection du peuple (YPG), jumeaux des séparatistes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en guerre contre Ankara depuis 1984.

Un coup double périlleux, baptisé Bouclier de l’Euphrate, dont Ankara a besoin d’assurer la promotion sur la scène internationale, d’où son empressement à faire venir des journalistes étrangers à Djarabulus.

Transportés dans un bus à impériale décapoté, ces derniers ont pu visiter deux écoles, un hôpital de campagne ainsi que la municipalité.

Un circuit sécurisé par l’ASL, orné de portraits de Recep Tayyip Erdogan, le président turc, et jalonné de banderoles vantant les mérites de l’intervention d’Ankara.

« Le rôle turc est vital », insiste Mohamed Habash, le chef du conseil local, composé de représentants des différentes tribus et ethnies de la ville, arabe en majorité, mais aussi kurde et turkmène. L’aide du grand voisin, pilotée depuis Gaziantep, a permis de réparer les réseaux d’électricité et d’eau courante, endommagés par les djihadistes dans leur déroute. Deux Organisations Non Gouvernementales (ONG) turques assurent l’alimentation en pain, interrompue après que les combattants du « califat » ont fui en emportant les machines du fournil local.

Les habitants de Djarabulus auxquels les journalistes ont pu s’adresser, durant les deux heures qu’a duré leur tournée, semblaient apprécier ce début de retour à la stabilité. « La vie reprend ses droits », confie Abou Hassan, un infirmier. Sous l’Etat Islamique, nous ne pouvions pas dire un mot, sans prendre le risque d’être décapité. Il est arrivé qu’ils laissent des corps sans tête pendant plusieurs jours sur la place centrale. Maintenant, nous nous sentons en sécurité. Tant que la Turquie est là, on sait que le régime ne nous bombardera pas ».

Coran piégé

Djarabulus redoute d’être désormais victime de son succès. En l’espace de deux mois, le nombre d’habitants, qui était de mille quand l’Etat Islamique est parti, a bondi à trente mille. Parmi eux, beaucoup de déplacés, venus de régions aux mains des djihadistes ou du YPG, et d’anciens réfugiés syriens en Turquie. Un afflux qui pèse sur les infrastructures à peine renaissantes de la commune.

Le partage du pouvoir local ne se fait pas non plus sans difficultés. Des voix se sont émues de la montée en puissance, à l’intérieur d’une ville aussi multiethnique, de la brigade Sultan Mourad, une unité de l’ASL à dominante turkmène, inféodée à Ankara.

Les responsables locaux craignent enfin qu’en faisant de leur localité une vitrine, la Turquie ne l’expose à un retour de boomerang. Le travail de déminage a saigné les rangs rebelles. « Nous avons perdu des dizaines d’hommes », assure le lieutenant Karim Mohamed. « C’est arrivé que nous trouvions une chaussure posée sur un Coran. Quand nous l’avons enlevée, le recueil a explosé ».

Le risque est grand que la prochaine attaque d’al Bab, l’ultime bastion de l’Etat Islamique dans la zone frontalière, ne disperse dans la nature de nombreux djihadistes. Quand nous demandons à Mohamed Habash, le maire de Djarabulus, ce dont il a le plus peur, il répond sans hésiter, « les voitures piégées ».

 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 20:55

 

http://www.cdkf.fr/2016/09/28/lettre-de-parrainage-au-depute-selahattin-demirtas

 

Lettre de parrainage au député Selahattin Demirtas

Par Pierre Laurent, secrétaire national du Parti Communiste Français (PCF) et président du Parti de la Gauche Européenne (PGE)

Mercredi 28 Septembre 2016

Avec fierté et gravité, je m’engage à parrainer le député Selahattin Demirtas et j'affirme mon soutien à tous les députés du parti démocratique des peuples (HDP) qui risquent à tout moment la prison.

Depuis plusieurs années, la Turquie est engagée dans un effrayant et tragique engrenage de violence. Le président Recep Tayyip Erdogan installe une véritable dictature dans son pays.

Cette politique polarise à outrance la société et suscite de nombreuses oppositions qui se sont exprimées lors des événements de Gezi ou des élections législatives du mois de juin 2015. A l’occasion de ce scrutin, le parti de la justice et du développement (AKP), parti islamo-conservateur, a perdu la majorité, l’empêchant de réformer la constitution dans un sens présidentialiste et sans contre-pouvoir.

Pris dans sa mégalomanie, Recep Tayyip Erdogan se présente comme l’homme providentiel et entend s’identifier à la nation. Ce tyran n’a pas hésité à faire référence au nazisme pour clarifier ses ambitions institutionnelles.

Pour broyer les obstacles, Recep Tayyip Erdogan a déclenché une vague de terreur analogue à celles des dictatures militaires. Il jette en prison des journalistes, des intellectuels, des syndicalistes et des élus alors que résonnent à nouveau les cris des suppliciés sous la torture. Les médias et les réseaux sociaux sont sous tutelle tandis que les assassinats et les attentats se multiplient.

Recep Tayyip Erdogan a surtout décidé de faire payer sa défaite aux kurdes et aux forces démocratiques unies au sein du HDP. Il a brisé le processus de paix et a déclenché une guerre meurtrière et destructrice dans tout le Kurdistan. Il a même poussé l’infamie en finançant et en armant la main criminelle des forces djihadistes contre les combattants de la liberté du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et du parti de l'union démocratique (PYD).

Avec le soutien du parti d'action nationaliste (MHP) et du parti républicain du peuple (CHP), le parlement turc a levé l’immunité des députés du HDP.

Après la tentative de coup d'état militaire, heureusement avortée, Recep Tayyip Erdogan accentue les purges. Nous assistons à une fragmentation sanglante de l'état et à un transfert de toutes les légitimités vers ce tyran qui détient désormais tous les pouvoirs. La proclamation de l’état d’urgence vise à éliminer l’opposition alors que toute expression du dissensus politique est désormais bannie. Les citoyens exprimant la moindre velléité de discordance sont qualifiés de « traîtres » ou de « terroristes ».

Un homme, au côté du groupe parlementaire HDP, a fait le choix de rester debout avec un courage et une dignité qui force l’admiration. Il s’agit du coprésident du HDP, Selahattin Demirtas.

Avocat de profession, il a porté lors des élections présidentielles et des élections législatives la voix des exclus et de toutes les minorités dans une société de plus en plus inégalitaire. Il incarne le vrai visage pluriel et multiculturel de son pays.

Selahattin Demirtas est l’homme de la main tendue. Il a proclamé sa volonté de reconnaître le génocide arménien. Il considère qu’il ne peut y avoir de solution militaire à la question kurde et que des négociations en vue de frayer le chemin d’une paix durable est la seule solution.

Selahattin Demirtas estime enfin que la démocratisation de la Turquie constitue le seul moyen pour retrouver la stabilité et la paix à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il porte et expérimente, là où cela est possible, un programme démocratique, social, écologiste et féministe.

Selahattin Demirtas est devenu l’obsession de Recep Tayyip Erdogan et de toutes les forces ultranationalistes et mafieuses. Il a déjà été victime d’une tentative d’assassinat. Il fait régulièrement l’objet d’appel au meurtre par les plus hautes autorités de l'état. Il est l’objet de près d’une centaine de procédures judiciaires. Avec la levée de son immunité, plus rien n’empêche son arrestation. Le pire peut advenir.

J’ai décidé de répondre favorablement à la demande formulée par le HDP, celle de parrainer les députés qui risquent d’être arrêtés à tout moment par la levée de leur immunité parlementaire.

C’est avec beaucoup de fierté et de gravité que j’assumerai le parrainage de Selahattin Demirtas. Je m’engage à faire connaître aux autorités de notre pays mais aussi au sein de la représentation nationale la situation du député Selahattin Demirtas et de tous les parlementaires HDP menacés pour empêcher leur arrestation et assurer leur protection avec l’opinion publique française.

La France et l’Union Européenne doivent faire clairement entendre à la Turquie, membre du conseil de l’Europe, qu’elle ne pourra impunément violer les droits humains.

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