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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 21:15

 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/laicite-micmac-autour-d-une-petition-contre-le-debat-sur-l-islam-25-03-2011-1247124.php


Micmac autour d’une pétition contre le débat sur l’islam.


Une pétition visant à faire renoncer l'UMP à son débat sur la laïcité et l’islam a été signée notamment par Martine Aubry. Qui s'est finalement rétractée lorsqu'elle a appris que l'intellectuel Tariq Ramadan était également signataire.

 

Une pétition intitulée "Non au débat-procès de l'islam", publiée par Le Nouvel Observateur et Respect Mag a provoqué des remous. Le texte, appelant Nicolas Sarkozy et le gouvernement à renoncer au débat sur la laïcité et la place de l’islam en France, qui doit être lancé le 5 avril par l'UMP, aurait rassemblé en une journée "plusieurs milliers de signatures". Dont celles de Martine Aubry et Laurent Fabius.


La présence de Tariq ramadan "indigne" selon l'UMP

 

L'UMP, piquée au vif par cette attaque, a passé en revue les différents signataires. Et trouvé ce qui lui semble être une "insulte". En effet, l'intellectuel musulman controversé Tariq Ramadan a signé le texte. "Il n'y a décidément pas de front républicain possible quand les socialistes unissent leur voix aux alliés des Frères musulmans pour attaquer l'UMP", écrivent alors des dirigeante de la majorité dans un communiqué.


Aubry et Fabius se retirent, Cohn-Bendit persiste

 

"Je suis étonnée d'être signataire des soutiens à l'appel auprès de Tariq Ramadan, avec lequel je n'ai rien à partager", réagit alors Martine Aubry. Et, ni une ni deux, de retirer sa signature de la pétition. Tout comme Laurent Fabius. Une position qui n'est pas partagée par Daniel Cohn-Bendit, lui aussi signataire, qui s’est maintenu. "Si je signe un texte, je ne demande pas qui sont les autres !", a-t-il déclaré.

 

Ramadan : "Une voie royale à Marine Le Pen"

 

"Cela aura des conséquences d'une façon certaine quant à la perception que les Français de confession musulmane auront de ce parti [socialiste, ndlr]", a de son côté mis en garde Tariq Ramadan, tout en se disant conscient "qu'à l'intérieur du Parti Socialiste, il y a des personnes qui entretiennent cette diabolisation de façon permanente et récurrente". Et d'ajouter : "En voyant le PS agir de la sorte, et en voyant l'UMP instrumentaliser ces thèmes, on se dit que si les deux voulaient se mettre d'accord pour donner une voie royale à Marine Le Pen, ils ne s'y prendraient pas autrement."

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 21:03

 

http://www.liberation.fr/monde/01012325572-a-zaouia-une-guerre-pour-exterminer-la-rebellion

 

15/03/2011 à 00h00

 

A Zaouia, « une guerre pour exterminer la rébellion »

 

Réfugié en Tunisie, Adel, 33 ans, raconte la bataille de la ville libyenne : l’insurrection, les crimes du régime de Kadhafi et la déroute des insurgés.

 

Par JEAN-LOUIS LE TOUZET, envoyé spécial à Zarzis (Tunisie)) 

 

Crâne rasé, dans les cent dix kilos et les mains comme des battoirs, Adel , 33 ans, s’assoit dans le fauteuil d’un hôtel de Zarzis et demande de «ne pas livrer trop d’informations sur sa situation au sein de la rébellion» car, selon lui, «les services secrets de Kadhafi se mélangent aux humanitaires au poste frontière et notent les plaques des Libyens qui s’arrêtent pour parler avec les journalistes». Adel a passé la frontière vendredi matin avec femme et enfants au volant d’une berline en provenance de Zaouia, grosse ville de la côte encerclée par les troupes de Kadhafi. Il est propriétaire de deux supermarchés, dont l’un a été incendié il y a une semaine près de la place principale de Zaouia, Chouhada, par les milices de Khamis, l’un des fils Kadhafi.

 

«Depuis le 28 février un blocus a été mis en place aux entrées de la ville par les miliciens et l’armée. Rien ne rentre : ni eau, ni viande, ni légumes, ni lait. Depuis le premier mars dans la matinée, l’électricité a été partiellement coupée en ville», assure-t-il. Tout a commencé le 18 février. «Nous étions une centaine aux alentours de la place Chouhada, dans un sit-in pacifique. Il y avait là des médecins, un juge, quelques commerçants, des professeurs, plein d’employés de la raffinerie, des ouvriers du secteur pétrolier. Les hommes en bleu [des commandos de Kadhafi selon lui, ndlr] sont arrivés dans des pick-up japonais, en sont descendus et ont tiré dans la foule en plein après-midi. Un commerçant que je connaissais a reçu une rafale puis est tombé en roulant à côté de moi. Il y a eu 18 morts ce jour-là de notre côté. J’ai suivi la foule apeurée qui s’est engouffrée dans la petite mosquée qui fait face aux deux banques, sur la place. Les hommes de Kadhafi ont arrosé les murs. On s’est dit qu’ils ne pouvaient pas entrer dans un endroit sacré. Mais les tirs ont continué à crépiter sur la mosquée. La majorité s’est mise à prier. Quelques-uns sont restés debout contre les murs, à écouter les bruits du dehors. Une demi-heure plus tard, nous avons entendu les pneus crisser, signe que les hommes en bleus quittaient la place. En partant, ils ont continué à tirer sur les immeubles.»

 

Trois jours plus tard, un groupe d’une trentaine de jeunes s’est emparé d’un entrepôt d’armes à la sortie de la ville grâce aux indications de deux militaires acquis à la résistance, raconte Adel. «Des kalachnikovs en vrac dans des caisses en bois. Un tas de ferraille. Que du vieux matériel en mauvais état. Certaines armes n’avaient jamais été nettoyées, à d’autres il manquait une culasse, un percuteur. Avec les militaires déserteurs, on a tout ramassé : munitions légères et deux caisses de RPG avec leurs caisses de roquettes. Et on a passé la nuit à remonter toutes ces armes.»

 

«Pilonnage».

 

Et la résistance commença. «Il n’y a pas d’état-major. Les gens occupent des maisons, font feu quand les milices approchent, et se retirent, poursuit le jeune homme. Devant les miliciens de Kadhafi appuyés par des blindés, on a reculé un peu chaque jour.» L’aviation ? «Non, le pire, c’est le pilonnage à l’artillerie lourde qui s’abat sur les quartiers.» Pour lui, le tournant, «ce sont sept chars qui sont entrés dans le centre de Zaouia le 4 mars, pulvérisant les derniers étages des immeubles du centre-ville.» Adel affirme que deux chars ont été détruits.

 

«Le lendemain, huit blindés avec une mitrailleuse lourde ont stoppé aux abords de la place Chouhada et détruit tous les commerces. Des ambulances sont arrivées. Certains sont sortis dans les petites rues derrière la place pour aider les blessés à monter. De l’immeuble où j’étais, j’ai vu des hommes sans uniforme stopper l’ambulance d’une rafale. Les miliciens ont alors ouvert les deux battants arrières, sont montés et ont achevé les blessés à coups d’automatique. Puis un type à eux est monté à la place de l’ambulancier et a démarré.»Il coupe à nouveau son récit et redresse sa grande carcasse : «La France peut faire beaucoup.» Adel tient à glisser dans son témoignage «un hommage respectueux au président Sarkozy, qui a reconnu le gouvernement libre [sic] de Libye».

 

Un fait qu’il qualifie de «terrible» l’a marqué et il insiste pour que ce soit raconté comme tel : «Comme il restait pas de mal de nos hommes derrière les façades des immeubles du centre-ville, après cet épisode de l’ambulance, les tireurs d’élite de Kadhafi ont voulu prendre position à leur tour dans les appartements qui n’avaient pas été détruits, pour les tuer. Mais des hommes, sans armes, acquis à notre cause, ont refusé qu’ils montent. Ils les ont abattus d’une balle dans la tête. Impossible de sortir de la ville pour les enterrer. On a décidé alors de les inhumer, eux et ceux aussi qui avaient été déchiquetés par les éclats d’obus, dans le jardin de la Chouhada le soir même. Jeudi dernier, en fin de journée, une dizaine de miliciens de Kadhafi sont venus armés de pelles pour déterrer dix huit corps, assure-t-il en prenant Dieu à témoin. Puis ils les ont posés dans leurs linceuls sur un camion et sont partis. La rumeur dit qu’ils les auraient brûlés.» Adel poursuit : «Un autre groupe de miliciens est venu ensuite reboucher les tombes et replanter des fleurs. Je détiens la preuve car j’ai filmé la scène avec mon portable, mais, par prudence, j’ai tout mis en lieu sûr à Zaouia. C’est une pièce pour l’histoire. Surtout quand ce chien [Kadhafi] sera tombé, on saura tout de ses exactions contre son propre peuple.»


«Tombes».


Le témoignage d’Adel a été recoupé hier par une autre source, hospitalisée à Djerba depuis vendredi et venant elle aussi de Zaouia. Il s’agit d’un autre commerçant libyen qui souhaite que l’on appelle Walid. Dans les 45 ans, l’homme ne dit rien sur sa situation familiale. Pour lui, ce qui se passe à Zaouia «est une guerre d’extermination. Et une opération de nettoyage des traces. Ils [les miliciens] utilisent les ambulances pour faire semblant de secourir les blessés. Mais, en vérité, ils les achèvent et les enterrent dans des endroits inconnus. Ils sont même allés jusqu’à ouvrir des tombes pour récupérer des corps et effacer leurs crimes.»

 

Adel raconte aussi que mercredi, alors que la résistance se repliait en déroute vers les quartiers sud de Zaouia, ses camarades sont tombés nez à nez avec deux mercenaires qui sortaient d’une maison. Pillage ? «Non, je crois qu’ils cherchaient nos frères pour les tuer.» Les deux mercenaires n’auraient opposé aucune résistance :«On était huit… Ils ont balancé leurs armes et levé les bras. Ils étaient bien armés : automatique à la ceinture et kalach toute neuve avec cinq chargeurs. Un Tchadien et un Algérien. Deux de nos hommes ont voulu les descendre sur le champ mais, en bons musulmans, on a décidé de les conduire vers la sortie de la ville.» Pourquoi les remettre à l’ennemi ? Adel pense que les mercenaires imaginaient être exécutés et assure qu’ils ont préféré déserter. Ils se seraient, selon lui, «glissés dans le flot des réfugiés vers le poste frontalier de Ras Jedir». Le Tchadien aurait avoué «immédiatement» à Adel avoir «été recruté, comme une centaine d’autres, sur ordre d’Idriss Déby». 

 

«Poches de résistance».

 

Adel promet qu’il a «dit toute la vérité» et conjure l’Europe et les Etats-Unis de faire vite «en pilonnant les troupes de Kadahfi».«On peut tenir encore une semaine car il y a encore quelques poches de résistance un peu partout. Mais après…»

 

Une mère de famille libyenne a adressé à Libération son témoignage par mail hier, en prenant soin de détruire toute trace d’envoi. Elle habite à l’ouest de Zaouia. Elle raconte son quotidien : «Nous entendons des bruits assourdissants de tirs à l’artillerie lourde. Des voisins racontent que des chars sont passés par la grande avenue, à trois cent mètres de chez nous. Ils se dirigent vers le centre-ville qui est situé à cinq kilomètres d’ici.» Elle écrit : «On dispose à peine de quoi tenir une semaine en vivres.» La ville a été reprise depuis jeudi dernier.

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:12

 

http://www.tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=222

Premiers enseignements des résultats des élections cantonales

Par Tendance CLAIRE (22 mars 2011)

Depuis l’élection présidentielle de 2007, l’abstention bat de nouveaux records à chaque nouvelle élection

59,5% aux élections européennes de 2009, 53,7% aux élections régionales de 2010 et 55,7% aujourd’hui aux élections cantonales de 2011. A chaque fois, le record d'abstention a été battu pour ce type d'élections : l’abstention au 1er tour n’avait atteint « que » 35% en 2008 et 36% en 2004 (lors des deux dernières élections cantonales). Cette abstention est particulièrement marquée chez les prolétaires (par exemple 67,3% d’abstentions dans le 93 ; 73% à Roubaix), qui manifestent ainsi leur désillusion à l’égard de partis desquels ils n’attendent plus rien. Il est instructif de noter que les abstentionnistes, s’ils devaient voter, le feraient davantage que les autres pour le FN ou l’extrême gauche (1). Cela montre qu’on ne peut réduire l’abstention à un simple « désintérêt » pour la politique, mais qu’elle traduit pour une grande part un rejet des partis du système, perçus comme des frères jumeaux (2), sans pour autant une adhésion à une quelconque alternative. A ce titre, l'abstention massive prend des allures de boycott.

 

L’UMP réalise un score historiquement bas

 

Alors que la plupart de ses candidats ont caché aux électeurs leur appartenance à l’UMP (comme quoi les notables locaux sont conscients du rejet croissant, voire de la haine, que suscitent Sarkozy et sa clique), la droite présentée comme « républicaine », dans toutes ses composantes (y compris le « Nouveau Centre »), plafonne à 31,8% (contre 37,1% en 2004) — dont seulement 17% pour les candidats étiquetés UMP. Le va-t-en-guerre Sarkozy, gesticulant avec la complicité indécente des médias aux ordres pour apparaître comme le grand leader de la coalition impérialiste soi-disant humanitaire en Libye, n’a donc pas réussi à infléchir le profond rejet que sa politique suscite. Ceci malgré le ralliement honteux du PS et du Front de gauche, avec l’aboyeur Mélenchon poussant le ridicule jusqu’à s’opposer début mars à toute intervention impérialiste (3) … pour ensuite rallier avec enthousiasme le maréchal Sarkozy (4) !

 

Au soir du premier tour, les divisions au sein de l'UMP se sont accentuées, et l'autorité de Sarkozy est désormais contesté au plus haut niveau du parti présidentiel. En effet, Fillon et avec lui plusieurs ministres (comme Pécresse ou Lagarde) ont ouvertement contesté la ligne du « Ni Front national, Ni Parti socialiste » imposée par Sarkozy et Copé, en appelant à voter contre le Front national quand l'UMP est éliminé du second tour.

 

La gauche bourgeoise (PS et Europe écologie) ne profite pas de la déconfiture de l’UMP

 

Elle n’a pas réussi à convaincre les travailleurs de ne pas s’abstenir et de venir voter en masse pour sanctionner Sarkozy. Le PS et les divers gauche baissent par rapport à 2004 (31,8% contre 33,5%) alors qu’Europe Ecologie profite de la catastrophe nucléaire au Japon, de son image « sympa » et anodine pour atteindre 8,2% (5) (contre 4,1% en 2004). Globalement, la gauche bourgeoise plafonne à 40%, avec un PS en légère régression.

 

Le FN réalise son meilleur score à des élections cantonales

 

Avec un score national de 15,1% et une présence dans seulement 75% des cantons renouvelables, le FN réalise environ 19% dans les cantons où il s’est présenté, malgré un type d’élections qui le défavorise puisque le FN n’a quasiment pas de notables locaux connus de la population. Il sera présent au second tour dans 402 cantons, dont 39 où il est arrivé en tête. L’inflexion du discours du FN se positionnant plus que jamais comme « anti-système » et comme défenseur des intérêts des travailleurs français (contre le libéralisme et la mondialisation) expliquent, outre ses thématiques traditionnelles (sécuritaires et anti-immigrés), son succès croissant dans l’électorat ouvrier et dans les « classes moyennes » déclassées. Avec l’ascension de Marine Le Pen et la mise à l’écart de Gollnish (qui incarnait la vieille extrême droite catholique et traditionaliste), le profil proto-fasciste du FN se renforce et se nourrit de l’absence d’alternative crédible au système capitaliste.

 

Le Front de gauche fait un score honorable, avec 8,9% (et plus de 10% dans les cantons où ils étaient présents) contre 7,8% pour le seul PCF en 2004

 

Profitant sans doute de la forte abstention (son électorat, composé de nombreux enseignants et membres des couches supérieures du salariat, avec un profil plus « engagé », s’abstient moins que la moyenne), le Front de gauche se positionne comme la 2e force à « gauche : il marque son hégémonie à la gauche du PS, mais sans parvenir à enclencher autour de lui une véritable dynamique. Le PCF devrait continuer à diriger le Val-de-Marne et l’Allier, et il regagne des positions dans ses anciens fiefs de Seine-Saint-Denis (par exemple Aubervilliers).

 

L’extrême gauche est inexistante sur le plan national, les scores du NPA sont très faibles

 

Notre parti fait le plus souvent autour de 2 ou 3% dans les cantons où il se présentait seul, a priori les cantons où nous sommes les plus implantés). Cela reflète l’incapacité depuis des mois de la direction sortante à faire apparaître notre parti comme une alternative claire au capitalisme et à la fausse alternance droite/gauche auprès des millions de travailleurs et de jeunes frappés par la crise. Alliances à géométrie variable, absence de campagne nationale cohérente se démarquant du Front de gauche : ces résultats ne sont pas une surprise. Dans ces conditions, les camarades ayant choisi dans un certain nombre de cantons de mener une campagne sur une orientation clairement révolutionnaire, rejetant tout forme d’électoralisme, ne pouvaient pas « faire un score », mais ont pu contribuer à implanter le parti dans les quartiers populaires. À l’inverse, les candidatures réalisées dans le cadre du Front de Gauche ont certes parfois obtenu de meilleurs « scores », mais pour quelle politique ? S’aligner sur le réformisme pour « faire des scores » électoraux (au demeurant modestes) — en l’occurrence faire campagne avec ceux qui soutiennent l’intervention impérialiste en Libye contre le processus révolutionnaire —, cela mène simplement à la liquidation de tout parti réellement anticapitaliste ; cela ne fait pas avancer d’un pouce le combat pour la révolution qui seule peut changer la vie des exploités et des opprimés, comme le montre le processus révolutionnaire en cours au Maghreb et au Moyen-Orient.

 

Face à la crise capitaliste, il n’y a aucune fatalité à ce que l'écœurement et la colère des prolétaires s’expriment par l’abstention et le vote FN. Notre parti doit apparaître aux yeux des travailleurs comme le seul parti de rupture avec ce système pourri. Il faut pour cela oser aller à contre-courant, oser défendre un programme révolutionnaire, oser nous opposer à notre propre impérialisme, oser maintenir le cap de l’indépendance classe et refuser de choisir le moindre mal dans le camp adverse.

 

La direction de notre parti se trompe en appelant à voter PS pour faire barrage au Front National

 

S’en remettre à un parti bourgeois pour lutter contre la menace fasciste est un contresens tragique, qui ne peut que permettre au FN de parfaire son image frauduleuse de seul ennemi du système contre lequel l’ensemble des partis font bloc. En outre, ce sont précisément les politiques pro-capitalistes de l’UMP et du PS qui alimentent le vote protestataire pour le FN. On ne combat pas le mal en encourageant les travailleurs à voter pour la bête qui le nourrit. À ceux qui chercheraient à nous culpabiliser (comme ils cherchent à nous culpabiliser pour notre opposition à leur expédition prétendument humanitaire en Libye), nous répondrons que l’orientation du « front républicain » pratiquée depuis des années n’a jamais fait reculer le FN. En revanche, le FN n’a commencé à devenir fort que lorsque le PS et le PCF au pouvoir ont ouvertement sacrifié les intérêts des travailleurs sur l’autel de leur ralliement ouvert au capitalisme, entraînant des centaines de milliers de licenciements, une politique d’austérité, etc. Pour vaincre le FN, il n’y a aucune recette magique : on ne peut y parvenir qu’avec une politique révolutionnaire, c’est-à-dire en formulant la colère des travailleurs en mots d’ordre contre la politique du patronat, en s’appuyant sur les luttes les plus avancées du prolétariat, en combattant tous les défenseurs du capitalisme (du FN au PS, en passant par l’UMP, sans oublier les réformistes du PCF et du PG), en osant afficher l’objectif du gouvernement des travailleurs et en faisant un effort inlassable pour s’implanter dans les grandes entreprises et les quartiers populaires.

 

Notes

 

1) Selon un sondage IFOP (http://www.ifop.com/media/poll/1436-1-study_file.pdf), ceux qui déclarent avoir l’intention de s’abstenir en 2012 voteraient (s’ils y étaient obligés !) à 9% pour Nathalie Arthaud, 13% pour Olivier Besancenot, et 27% pour le FN (et seulement 3% pour Mélenchon)

 

2) Selon le même sondage, 68% des français (et 78% de ceux qui se sont abstenus aux élections régionales de 2010) considèrent que « Au pouvoir, la gauche et la droite mènent plus ou moins la même politique ».

 

3) Cf. http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/3540-non-intervention-imperialiste-militaire-libye

 

4) Cf. http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/3588-libye-pour-une-application-de-la-resolution-1973-qui-en-respecte-le-strict-perimetre

 

5) Europe Écologie est le vote le plus « consensuel », celui qui permet de montrer ses bons sentiments sans assumer de position forte ou clivante. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si EE a une énorme côte de popularité, surtout auprès des « bobos » qui veulent continuer à profiter du système tout en affichant un profil humaniste et soucieux de l’avenir des générations futures. Selon un sondage IPSOS (http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/cantonales1ertour_sondageipsoslogicabusinessconsulting_francetelevisions.pdf), Europe Écologie est le parti politique que les Français voudraient voir le plus renforcé à l’issue des cantonales.

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:00

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article115432

Traduction de l’article du quotidien de Berlusconi "Libero" du 23 mars 2011

COMME SARKOZY A ORCHESTRÉE LA RÉVOLTE LIBYENNE

de Franco Bechis, Directeur adjoint du quotidien italien Libero

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi. C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

C’est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle,  Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

La réunion.

On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari. L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre l’arrêt de façon formelle.

Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s’agiter.

La colère du raïs.

Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

Traduction Marie-Ange Patrizio

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 19:00

 

Pétition de soutien aux élèves  à la robe longue de Saint-Ouen - droit à l'éducation pour toutes et tous, un droit fondamental

Nous, enseignant-e-s, avons eu connaissance de la décision prise par la direction du lycée Blanqui à Saint-Ouen d'isoler et de menacer d'exclusion de jeunes élèves au motif qu'elles portent des robes longues de couleur sombre. La raison avancée est que ce vêtement  constituerait un « signe ostentatoire » marquant leur appartenance à une religion déterminée, l'Islam.

A ce jour, à notre connaissance, aucun représentant du monde enseignant n'a pris la peine d'interpeller l'opinion publique. Nous estimons donc de notre devoir d'exprimer notre consternation et notre indignation.

 

En effet, les élèves portaient ce type de vêtement depuis longtemps déjà, nous ne nous expliquons donc pas qu' à trois mois de la fin de l'année et du baccalauréat pour certaines d'entre elles, un tel ostracisme soit pratiqué par la direction. Quelles que soient nos positions par ailleurs, c'est d'abord la stricte dimension déontologique qui nous fait ici réagir : de même que le médecin veut le bien de ses malades, les membres de la communauté éducative ne sont-ils pas supposés vouloir le bien des élèves, et n'y a-t-il pas claire volonté de nuire quand on exerce un chantage du genre de celui proposé par la direction du lycée Blanqui ?

De plus, la jupe longue de couleur sombre n'a jamais fait partie des accessoires interdits par une loi qui ne vise que le port de signes ou tenues à caractère ostensiblement religieux.  A quand l'interdiction des couleurs blanche et bleue du fait qu'elles évoquent la Vierge Marie, le bannissement du rouge et du noir, car emblématiques d'une divinité vaudoue, et la prohibition du vert pour cause d'islamisme ?

Plus sérieusement, nous refusons de nourrir un rapport haineux à l'Islam, religion adoptée par certains de nos élèves. Nous considérons de plus que la décision de contraindre sans aucune base légale ces jeunes filles à renoncer à porter un vêtement qu'elles affectionnent participe de cette même idéologie islamophobe dont l'expression désinhibée est désormais constamment encouragée par les différentes prises de positions et campagnes lancées par le gouvernement.

Pour toutes ces raisons nous demandons à la direction du lycée Blanqui d'arrêter tout harcèlement à l'égard de ces jeunes filles et de lever toutes les sanctions qui auraient été prises contre elles et celles-ceux qui les ont soutenues. Il s'agit de réaffirmer le droit fondamental à l'éducation pour toutes et tous qui a été bafoué par la décision de la direction du lycée Blanqui.

25 mars 2011

Premiers signataires

 

Alix Héricord (professeur de philosophie), Jean-Marie Granetier (documentaliste, lycée Gérard de Nerval, Noisiel), Pierre Stambul (professeur de mathématiques, retraité, Marseille, syndiqué SNES tendance Emancipation),  Jànos Borovi (professeur de mathématiques, retraité du Collège Guy Môquet, Gennevilliers, syndiqué SUD Education Hauts de Seine), Siryne Zoughlami (professeur de philosophie, lycée Mozart, Blanc Mesnil), Noëlle Guilbon (retraitée du collège Travail, Bagnolet, syndiquée SNES tendance Emancipation), Valérie Duguet (professeur de lettres, lycée Georges Clemenceau, Villemomble, syndiquée Sud Education), Max Sébastien (professeur d'anglais, lycée Delacroix, Drancy)

contact, signatures à envoyer à :

robelongue2011@yahoo.fr

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 17:22

 

http://www.lemonde.fr/elections-cantonales-2011/article/2011/03/23/cantonales-western-a-gauche-en-seine-saint-denis_1497467_1470538.html

 

Cantonales : western à gauche en Seine Saint Denis


Le Monde.fr | 23.03.11 | 16h39  •  Mis à jour le 23.03.11 | 18h04

 

La gauche en Seine-Saint-Denis est en train de se faire un remake de mauvais western spaghetti pour le second tour des cantonales. Un peu comme dans ces films de Sergio Leone, où tout semble calme dans le saloon avant que tout le monde ne sorte les colts. Alors qu'un semblant d'armistice avait été acté lundi, à la veille du dépôt des listes pour le second tour, la guerre a été de nouveau ouverte mardi 22 mars.

 

Pas moins de quatre duels vont se dérouler à gauche dans ce département tenu par le socialiste Claude Bartolone. Le premier tour avait déjà vu la compétition féroce entre socialistes alliés aux écologistes contre les communistes. C'était le cas à Saint-Ouen, Saint-Denis, Sevran, Aubervilliers, La Courneuve, Romainville…

 

A Montreuil, le candidat socialiste sortant était confronté à une double concurrence à gauche avec, en face de lui, une candidate écologiste et un communiste. Au soir du premier tour, pourtant, malgré les envies des troupes locales, un accord semblait se dessiner pour un désistement réciproque afin de laisser le candidat arrivé en tête concourir seul.

 

Ainsi, à Montreuil, le PCF devait se retirer au profit de l'écologiste Catherine Pilon qui a devancé tout le monde à gauche.

 

A Romainville, où la divers gauche Corinne Valls avait distancé le communiste, le PCF devait la laisser seule au second tour. A Aubervilliers, le PS devait convaincre sa sortante Evelyne Yonnet de renoncer à se maintenir face à Pascal Beaudet (PCF).

 

Quant à Fatima Laronde (EELV), concurrente malheureuse de la sortante Florence Haye dans la canton de Saint Denis Nord Ouest, dès avant le premier tour, elle s'était engagée au "désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé" dans un entretien au Journal de Saint-Denis. Deux heures avant l'heure limite pour le dépôt des listes, ce fragile équilibre a basculé.

 

RANCŒURS LOCALES

 

A Aubervilliers, les socialistes ne supportant pas de perdre le canton ont déposé la candidature de Evelyne Yonnet, épouse du maire Jacques Salvatore. Les menaces fusent alors de partout, les communistes – par la voix de Pierre Laurent – menaçant de se maintenir à Montreuil, les écologistes poussés par le PS local font de même à Saint-Denis.

 

Les communistes passent à l'acte les premiers, en déposant la candidature de Belaïd Bedreddine à Montreuil et de Sofia Dauvergne à Romainville. Riposte à Saint-Denis, Fatima Laronde dépose la sienne. Les états-majors tentent d'éteindre le feu. "Il faut que la raison l'emporte. On n'a pas besoin de ce climat en ce moment", lance Lydie Benoit, responsable national aux élections du PCF.

 

"On est prêt à se retirer", tente Jean Vincent Placé, responsable aux relations extérieures à Europe Ecologie. Le PCF convoque alors deux Assemblées Générales à Montreuil et Romainville pour faire entendre raison à la base. En vain. Les rancœurs locales ont été trop fortes. L'histoire des relations à gauche est émaillée depuis dix ans de trahisons, passages dans le camp adverse et de coups fourrés entre le PS, le PCF et les Verts.

 

"C'est affligeant mais on n'y est pas arrivé", reconnaît LydieBenoit. "Cela prend une dimension qu'on a pas voulu", regrette Jean Vincent Placé. Moins d'états d'âme au PS : "Les bulletins sont partis à l'imprimerie. On ira jusqu'au bout", rétorque Mathieu Hanotin, premier soutien de Fatima Laronde à Saint-Denis et bras droit de Claude Bartolone au conseil général de Seine-Saint-Denis.

 

UNE GESTION DE LA MAJORITÉ DIFFICILE

 

Le député de Seine Saint Denis n'a rien fait pour éviter la désunion. Car derrière les querelles locales, c'est aussi l'équilibre de sa majorité qui est en jeu. Le scrutin du 20 mars a mis trois de "ses" sortants de son groupe en danger : Epinay au profit de la droite, Aubervilliers en faveur du Front de gauche et Montreuil qui pourrait revenir à Europe Ecologie. Le groupe socialiste pourrait ne compter que 14 élus au soir du second tour face aux communistes qui peuvent espérer montrer à 13 (contre 12 auparavant).

 

Les écologistes peuvent, grâce au règlement du département, créer un groupe autonome avec deux élus (ils en ont déjà un à Sevran et peuvent s'attendre de gagner à Montreuil). Il lui faut donc regagner des cantons. A défaut, la gestion de la majorité pourrait se révéler plus compliquée à réaliser.

 

Sylvia Zappi

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 16:41

 

http://www.medelu.org/spip.php?article771

 

La flamme du « printemps arabe » ne s’est pas éteinte en Libye

 

Trois constats 

 

L’insurrection libyenne est de la même nature que les soulèvements tunisien et égyptien. Ce n’est pas un hasard si Kadhafi a défendu Ben Ali jusqu’au bout. Il s’agit d’une insurrection de la majorité des Libyens contre un régime répressif, tortionnaire et terroriste, incarné par une mafia familiale qui a accaparé une bonne partie de l’argent du pétrole et l’a placé sur d’innombrables comptes personnels dans les banques occidentales. 

 

L’action armée en cours contre les cibles militaires libyennes ne vise pas à s’approprier le pétrole du pays, pour une raison bien simple : c’est déjà le cas ! Total (France), ENI (Italie), Repsol (Espagne), OMV (Autriche), PetroCanada (Canada), Wintershall (Allemagne) etc., exploitent déjà des gisements. Par ailleurs, de nombreux permis de forage et d’exploration ont déjà été concédés par Kadhafi à des compagnies étrangères, principalement américaines.

 

Kadhafi a été un temps, mais n’est plus du tout, un dirigeant anti-impérialiste. Jusqu’à il y a deux mois, il entretenait les meilleures relations avec Sarkozy, Berlusconi, Cameron, l’administration américaine, et il servait de barrage protecteur et rémunéré contre l’émigration africaine vers l’Europe. C’était plus qu’un ami : un allié !

 

La situation convenait donc parfaitement aux deux parties et on ne voit pas quelle aurait été la motivation occidentale pour la changer. C’est la poussée de l’insurrection civile et sa répression sanglante par le Guide (y compris par des mercenaires) qui a créé une situation nouvelle dont le dictateur est le seul responsable. Pour une fois, ce n’était pas une manœuvre de l’Empire... Kadhafi, réhabilité en 2004, redevenait à nouveau imprésentable et exposait ses partenaires à la pression de leurs opinions publiques et de leurs forces d’opposition internes. C’est à regret qu’ils se sont trouvés contraints de « lâcher » ce lecteur de Montesquieu, selon le ministre Patrick Olier. 

 

Cela nous conduit à trois premières conclusions  

 

Par principe, Mémoire des luttes est aux côtés des peuples contre les dictatures. Donc, en Libye, pour les insurgés - même si nous ne savons pas grand chose d’eux - et contre le régime Kadhafi.

 

Une reprise en main de la Libye par le dictateur aurait signifié la fin du "printemps arabe" et aurait envoyé aux populations des autres pays de la région en lutte contre leurs propres tyrannies un message clair : " La récréation tunisienne et égyptienne est terminée. Les pouvoirs en place ne lâcheront rien sauf quelques réformes cosmétiques".

 

Même s’il faut faire la part des rodomontades et des gesticulations médiatiques du personnage, il est fort probable que, sans intervention extérieure, Kadhafi allait perpétrer un massacre à Benghazi. Il en avait donné un avant-goût par des bombardements aveugles de cette ville, qui ont fait de nombreuses victimes civiles. Il avait d’ailleurs publiquement annoncé la couleur à de multiples reprises en parlant de "rats" à détruire, de gens que l’on allait poursuivre "jusque dans les placards", etc. Les Libyens, en tout cas, prenaient ces menaces au sérieux : les images de la joie des habitants de Benghazi à la vue des avions de la coalition parlent d’elles-mêmes.

 

C’est un spectacle surréaliste pour nous que de voir de simples citoyens libyens (mais aussi palestiniens, tunisiens, etc.) remercier Sarkozy et Obama ! 

 

Les repères sont brouillés et les contradictions abondent 

 

Nous ne nous faisons pas d’illusions sur la résolution 1973, même si elle été votée par le Liban et par les deux plus grandes puissances africaines : l’Afrique du Sud et le Nigeria. Nous savons que ce vote est le résultat de considérations qui ont très peu à voir avec les intérêts du peuple libyen et pas davantage avec une vision géopolitique commune.

 

L’élément moteur a été Nicolas Sarkozy, pour des raisons de politique intérieure et pour faire oublier le fiasco de sa diplomatie en Egypte et en Tunisie. Pour se composer une stature internationale, le président français a en quelque sorte mis publiquement les autres gouvernements au pied du mur, alors que la plupart d’entre eux (dont celui d’Obama) n’étaient pas favorables à une intervention. Les autres gouvernements occidentaux représentés au Conseil de sécurité de l’ONU ont également pris leur décision en fonction de considérations conjoncturelles de politique intérieure : abstention pour l’Allemagne à la veille d’élections régionales, participation des Etats-Unis face à la surenchère républicaine au Congrès, etc. On est loin d’un plan élaboré de longue date et mis en œuvre de manière cohérente et coordonnée.

 

La résolution 1973 est un cas d’école du "deux poids, deux mesures" : il n’a rien été décidé d’équivalent pour les assassinats de civils en Irak, en Afghanistan, à Gaza, à Bahreïn, au Yémen, sans parler du Honduras, etc.

 

Comble d’hypocrisie, cette résolution a reçu, du moins au départ, le feu vert de la Ligue arabe, c’est-à-dire de gouvernements arabes du même acabit que celui de Tripoli. On peut analyser cette étonnante attitude comme un "deal" implicite avec l’Europe et les Etats-Unis : " Nous sacrifions l’un des nôtres, Kadhafi, mais, en échange, vous fermez les yeux sur la répression et la présence de troupes saoudiennes à Bahreïn, les tirs à balles réelles sur les manifestants au Yémen et, d’une manière générale, sur les exactions de nos propres dictatures ".

 

Une fois que nous avons dit tout cela et que nous avons dénoncé ces hypocrisies et la pression belliciste des médias, la question posée ici et maintenant n’était pas seulement théorique : fallait-il laisser Kadhafi tuer dans l’œuf la révolte des Libyens, au risque de fragiliser les acquis démocratiques en Tunisie et en Egypte, et de décourager les opposants aux régimes bahreïni, yéménite, jordanien, syrien, etc. ? Nous sommes nombreux à penser que non, même si la voie pour y parvenir - l’intervention militaire conduite essentiellement par des membres de l’OTAN- n’est pas de notre goût. Il aurait été préférable qu’elle soit conduite par l’Egypte de l’après-Moubarak. La participation, en guise d’alibi arabe, du Qatar et des Emirats Arabes Unis fait en effet plutôt sourire…


Nous avons déploré que l’offre de médiation par des gouvernements africains et latino-américains faite par Hugo Chavez et soutenue par les autres gouvernements de l’Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique (ALBA) n’ait pas été acceptée par les insurgés ni par les Occidentaux ni même , semble-t-il, par le fils Kadhafi alors que le Guide s’était montré favorable.

 

Elle n’avait toutefois que des chances infinitésimales de succès car elle intervenait à un moment où les positions étaient déjà trop radicalisées, et où trop de sang avait été versé pour qu’un compromis soit possible entre les parties en présence. D’une part, Kadhafi, dont la parole n’a strictement aucune crédibilité, n’y voyait qu’un moyen de gagner du temps pour reconquérir le terrain perdu, et il n’avait pas la moindre intention de lâcher un centimètre de pouvoir. De l’autre côté, le slogan était "Dégage", comme contre Ben Ali et Moubarak. 

 

Cela nous coûte beaucoup de ne pas partager, du moins à ce stade, la totalité des analyses de nos amis et camarades des mouvements sociaux et des gouvernements progressistes, notamment d’Amérique latine, auxquels nous réaffirmons par ailleurs notre entière solidarité.

 

Nous dénonçons comme eux l’imposture du « droit d’ingérence » qui n’est qu’un prétexte pour mettre en accusation et déstabiliser les gouvernements qui n’ont pas l’heur de plaire aux puissances du Nord. Mais la résolution 1973 ne nous paraît pas relever de cette logique car, répétons-le, Kadhafi était un allié devenu encombrant, pas un adversaire stratégique.

 

Nous comprenons par ailleurs parfaitement que beaucoup, dans les pays du Sud, et tout particulièrement en Amérique latine, voient dans l’intervention en Libye une répétition des interventions coloniales et impériales dont ils ont été les victimes au cours des deux derniers siècles. Mais, en l’occurrence, les camps en présence ne reproduisent pas ceux du passé : la posture anti-impérialiste de Kadhafi est de pure façade, et vise uniquement à sauvegarder son régime et sa dynastie. Il s’était déjà parfaitement intégré dans le camp occidental.

 

Le slogan "ni l’OTAN ni Kadhafi", parfaitement juste en lui-même, est purement abstrait et ne répondait pas à la réalité de la situation sur le terrain. L’alternative réelle était et reste : ou bien Kadhafi ou bien l’insurrection populaire.  

 

L’histoire n’est pas finie 

 

L’affaire libyenne et l’activisme sarkozyste à la source de l’intervention militaire ont pris tout le monde de court. Les Occidentaux n’ont pas de véritable projet stratégique commun (comme en témoignent la position de l’Allemagne et, plus récemment, celle de l’Italie), sauf celui de garantir leurs approvisionnements pétroliers. Et, on l’a vu plus haut, Kadhafi ne remettait absolument pas en cause ces approvisionnements.

 

Les Occidentaux risquent d’être placés sur la défensive par la nouvelle (mais toujours aussi peu sérieuse) proposition de cessez-le-feu de Kadhafi et l’offre de médiation de l’Union africaine, même si chacun sait que cette dernière n’a guère plus de chances d’aboutir que celle de Hugo Chavez.

 

De plus, les risques de dérapage de la coalition - tant par son interprétation extensive du texte de la résolution de l’ONU que par la mort de civils sous les frappes aériennes - peuvent rapidement retourner une partie de l’opinion arabe (et même africaine) contre elle et lui donner une couleur ouvertement néocoloniale..

 

La Ligue arabe commence à se diviser et à critiquer les actions de la coalition. Les autocrates qui en font partie - particulièrement ceux d’Algérie et de Syrie - craignent en fait la « contagion » libyenne chez eux. Malgré les apparences, ils ne souhaitent pas vraiment le départ du Guide, même s’ils ont des comptes à régler avec lui. C’est évidemment aussi le cas des potentats de Bahreïn et du Yémen qui seraient eux aussi justiciables d’une résolution de l’ONU identique à la 1973.

 

Conclusion (très provisoire) : la situation est très incertaine et tous les scénarios sont possibles, de l’écroulement rapide du régime à un enlisement du conflit ou à la partition de fait de la Libye.

 

Cette dernière éventualité n’est pas à écarter. La Libye « utile », celle du pétrole, est dans la zone d’influence des insurgés, et l’Iran œuvre quasi ouvertement à y prendre des positions. On peut imaginer que, lors de sa rencontre à l’Elysée avec des membres du Conseil national de transition, regroupant le forces d’opposition de Benghazi au régime de Tripoli, Nicolas Sarkozy a obtenu d’eux, en échange de son soutien, des engagements sur la continuité des flux pétroliers. Une façon de récupérer auprès d’eux ce qui a été perdu par la mise au ban de Kadhafi.

 

Comme la dictature libyenne a éliminé tout ce qui "faisait société" dans un pays qui n’est même pas doté d’une Constitution, on ne voit cependant pas pour l’instant ce que pourrait être l’après-Kadhafi.

 

Le seul point positif que nous retenons de la situation actuelle, c’est que la flamme de la "révolution arabe" ne s’est pas éteinte en Libye, comme cela aurait été le cas si Kadhafi l’avait emporté.

 

Il va de soi que si l’intervention militaire devait se prolonger au-delà du strict nécessaire pour garantir une zone d’exclusion aérienne et donc neutraliser la capacité du régime à s’en prendre à sa propre population, nous la dénoncerions avec force.

 

Quant à une éventuelle médiation de l’Union africaine permettant de mettre un terme à la perte de vies humaines, elle devrait avoir pour objectif explicite de donner la parole au peuple libyen. Ce que Kadhafi lui a refusé depuis plus de quarante ans.

 

L’histoire abonde en paradoxes et le pire n’est pas nécessairement le plus sûr. Rien ne dit, pourquoi pas, que l’intervention ne débouchera pas sur une conséquence non désirée par ses auteurs : l’émancipation des peuples arabes du joug de leurs dictatures, en même temps que de leur soumission aux puissances du Nord.

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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 15:08

 

 
Soldats hostiles et fidèles de Saleh s'affrontent au Yémen (Reuters)
 
Des heurts entre militaires hostiles et fidèles au président Ali Abdallah Saleh se sont produits jeudi dans le sud-est du pays, à la veille d'une grande manifestation contre le chef de l'Etat yéménite au pouvoir à Sanaa depuis trente deux ans.
 

Un colonel, dont on ignore de quel côté il se trouvait, a été blessé lors de cet affrontement, qui a eu lieu à Moukalla, une ville de la province l'Hadramaout, sur la mer d'Oman, a déclaré un responsable local.

 
Des unités de l'armée et des éléments de la garde présidentielle, commandée par le propre fils de Saleh, Ahmed, s'étaient déjà affrontées cette semaine à Moukalla, faisant un mort dans chaque camp.
 
Plusieurs généraux, dont certains appartiennent à la tribu du président, ont joint leur voix aux manifestants réclamant le départ immédiat de Saleh depuis la tuerie qui a fait plus de cinquante morts vendredi, lorsque des tireurs embusqués ont ouvert le feu sur la foule des protestataires à Sanaa.
 
Parmi les transfuges de poids figurent, outre des ministres, chefs tribaux et diplomates importants, le général Ali Mohsen, considéré comme le second personnage du pays, auxquels les puissants services secrets seraient acquis.
 
En butte à des manifestants qui campent devant l'université de Sanaa depuis six semaines pour réclamer son départ immédiat, Saleh a fait tout une série de concessions.
Il a notamment proposé mardi de quitter le pouvoir dès la fin de cette année.
 
Cette ultime concession a été rejetée aussitôt par les opposants, qui s'inspirent ouvertement des révolutionnaires de Tunisie et d'Egypte, qui ont eu raison au bout de quelques semaines de Zine ben Ali et d'Hosni Moubarak, au pouvoir respectivement depuis vingt trois et trente ans.
 
SALEH PROMET UN TRANSFERT PACIFIQUE DU POUVOIR
 
Dans un communiqué diffusé jeudi par Al Djazira, Ali Abdallah Saleh s'est engagé à transférer le pouvoir "pacifiquement via les institutions constitutionnelles" et il a annoncé une amnistie générale pour les militaires ayant rejoint les rangs de l'opposition.
 
Les pays occidentaux, dont le Yémen est un allié clé dans la lutte contre Al Qaïda, et l'Arabie saoudite s'inquiètent du vide de pouvoir à Sanaa en cas de départ de Saleh, jugé désormais inéluctable par beaucoup.
 
"Nous avons eu une bonne relation de travail avec le président Saleh. Il a été un allié important dans le domaine du contre-terrorisme", a déclaré mercredi le secrétaire américain à la Défense Robert Gates, avouant dans la foulée: "Nous n'avons aucun plan pour l'après-Saleh."
 
Le général Mohsen, qui a déclaré ne pas être intéressé par le pouvoir, a toutefois souligné que le rôle de l'armée restait de travailler avec la communauté internationale pour tenir le Yémen à l'écart du terrorisme.
 
La chaîne de télévision panarabe Al Djazira a fait état jeudi de nouveaux signes de délitement du régime. Ainsi dans le Nord du pays, où sévit une rébellion chiite, les gouverneurs des provinces Djouf et Saada, nommés par Saleh, auraient à leur tour tourné casaque.
 
"RETARDER L'ACTE DE DÉCÈS DU RÉGIME"
 
Des tractations seraient encore en cours entre des groupes de la 'société civile' et le pouvoir. Regroupés sous le nom de "Bloc civil", ceux-ci proposeraient la formation d'un conseil transitoire de neuf personnalités "non impliquées dans la corruption de l'ancien régime", le temps de préparer des élections dans les six mois.
 
Mais cette proposition a le défaut, aux yeux des révolutionnaires de Sanaa, de ne pas toucher aux prérogatives de Saleh, arrivé au pouvoir en 1978 au Nord-Yémen avant de devenir en 1990 le président du pays réunifié.
 
Les principaux mouvements d'opposition se disent désormais las des concessions au compte-gouttes de Saleh, qui avaient débuté en février avec son engagement de ne pas se représenter en 2013, au terme de son mandat actuel.
 
"Ces tractations ne visent qu'à retarder l'acte de décès du régime", a estimé Mohamed al Sabri, porte-parole de la coordination de l'opposition.
 
Pour l'International Crisis Group, "le courant politique s'est retourné décisivement contre le président Ali Abdallah Saleh". "Ses choix sont limités: il peut s'opposer à sa propre armée, ou négocier un transfert rapide et digne de pouvoir."
 
Ses opposants ont appelé à une "journée du départ" vendredi, qui pourrait attirer des centaines de milliers de protestataires dans les rues. Dès jeudi, il étaient une dizaine de milliers à Sanaa à scander "Fiche le camp, fiche le camp, agent américain!"
 
Pour Moshen, qui exclut une prise de pouvoir par l'armée, le président Saleh a un choix très limité.
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25 mars 2011 5 25 /03 /mars /2011 14:30

 

 
Manifestations à Deraa en Syrie, Assad fait un geste (Reuters)
 
Des milliers de manifestants ont une nouvelle fois défilé jeudi à Deraa, foyer de contestation dans le sud de la Syrie, où la répression des forces de sécurité ont fait trente sept morts rien que mercredi, selon des sources médicales.
 

Dans cette ville proche de la frontière jordanienne, les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des centaines de jeunes gens qui marchaient au cri de "Liberté". Les troubles y auraient fait au moins quarante quatre morts depuis qu'ils ont éclaté vendredi après la grande prière hebdomadaire.

 
Le bilan des affrontements de mercredi pourrait être plus élevé encore. On parle de dizaines de corps transférés vers l'hôpital Tafas, à la sortie de la ville, mais l'information est invérifiable.
 
Confronté à cette révolte populaire sans précédent depuis plus de 20 ans, le président Bachar al Assad a fait savoir qu'il n'avait pas donné l'ordre de tirer sur la foule à Deraa.
 
Sa conseillère, Bouthaïna Chaabane, a annoncé que le chef de l'Etat allait mettre sur pied une commission pour étudier la levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1963.
 
Enfin, Assad a promis une législation sur la liberté de la presse ainsi que sur les partis politiques. Quelques instants plus tard, on apprenait toutefois que le militant des droits de l'homme et défenseur de la liberté d'expression Mazen Darouiche avant été arrêté par la sécurité.
 
Il avait participé la semaine dernière à une manifestation en faveur de la libération des prisonniers politiques, une des principales revendications des opposants syriens.
 
Ceux-ci ont d'ailleurs rejeté comme trop timides les mesures annoncées par Chaabane, insistant sur la libération rapide des milliers de détenus politiques, la levée immédiate de l'état d'urgence et le rétablissement des libertés d'expression et de réunion.
 
"LE SANG DES MARTYRS"
 
Jeudi, vingt mille personnes au moins se sont rassemblées dans le cimetière sud de Deraa pour les funérailles de plusieurs manifestants tués la veille, selon des témoins. Le cortège s'est mué en manifestation politique. "Le sang des martyrs ne sera pas versé en vain", ont scandé les participants.
 
Si la présence de la police secrète et de la police spéciale, en uniforme noir, était plus visible que depuis le début des troubles, vendredi dernier, l'armée était en retrait.
 
Mais d'après des témoins, plusieurs centaines de soldats armés de fusils automatiques AK-47 ont fait leur apparition, patrouillant sous la pluie dans les rues de la ville, et des dizaines étaient en faction aux principaux carrefours pour empêcher les rassemblements publics.
 
Des voyageurs croisés à proximité de la ville disent avoir vu mercredi soir des convois militaires qui auraient transporté jusqu'à deux mille soldats vers Deraa.
 
La ville, située à une centaine de kilomètres au sud de Damas, a longtemps été un fief du parti Baas au pouvoir depuis le coup d'Etat de 1963. Nombre de ses cadres viennent de cette région.
 
Mais elle est devenue ces derniers jours le foyer le plus actif du mouvement de contestation du régime du président Bachar el Assad, qui a imputé les troubles à des "éléments extérieurs" et à des "bandes armées".
 
À Damas comme en province, le mur de la peur qui empêchait toute contestation semble également se fissurer. Des affiches autres que celles, omniprésentes, à la gloire du président Assad et des "réalisations historiques" du parti Baas, ont fait leur apparition. Elle réclament toutes la "Liberté".
 
Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a réclamé une "enquête transparente" sur les violences de mercredi.
 
A Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a de nouveau exhorté la Syrie à engager des réformes politiques. "Nous l'appelons à cesser la répression, écouter la voix du dialogue et des changements démocratiques", a-t-il dit à la presse.
 
Son homologue britannique, William Hague, a quant à lui invité Damas à respecter le droit de son peuple à manifester pacifiquement. Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande, a exigé la fin immédiate des violences.
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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 21:05

 

 

Communiqué NPA Seine Saint Denis

Des pressions inadmissibles sur des éléèves au lycée Blanqui. 

 Les pressions et les menaces de l’administration du Lycée Blanqui contre des élèves sous prétexte qu’elles porteraient des robes trop longues et trop sombres, sont inacceptables et irresponsables.

Au moment où la casse de l’Education Nationale par le gouvernement Sarkozy se traduit au Lycée Blanqui de Saint-Ouen par une diminution du nombre d’heures pour le fonctionnement,  qui entrainera une augmentation inadmissible du nombre d’élèves par classe (particulièrement en Première Economiques et Sociales et en Première Littéraire), et une diminution de l’offre de formation en Bac Professionnel laissant plus de jeunes sans école et sans formation, entrainant une dégradation des conditions d’étude pour les élèves et de travail pour les enseignants ;

Au moment où Sarkozy et ses ministres multiplient les attaques contre l’immigration (en général comme Claude Guéant ou Luc Chatel qui refuse que des mères d’élèves accompagnent des sorties scolaires si elles portent le voile) ;

C'est inacceptable car la taille et la couleur des vêtements des élèves n’a rien à voir avec la défense de la laïcité vitale dans l’école publique.

C'est irresponsable, car dans le contexte politique national, ces initiatives ne peuvent être perçues que comme discriminatoires et racistes par les élèves et leurs familles.

C'est irresponsable, car au moment où il faudrait unir les forces, enseignants, élèves, parents, tous ensemble pour défendre l’école publique, c’est le poison de la division qui affaiblit et désarme.

Le NPA est attaché à la défense du droit des femmes et de la laïcité. Mais pour nous, la laïcité passe par la défense d'un enseignement public de qualité pour tous et toutes et pas par la longueur des jupes ou la visiblité des mollets.

Le 23 mars 2011.

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