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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 17:46

Bernard Cazeneuve promet à Calais la fermeture de la jungle (Reuters)

Bernard Cazeneuve s'est engagé Vendredi 2 Septembre 2016 à démanteler la partie restante du camp de migrants de Calais, ville où il s'est efforcé de rassurer les élus et la population qui s'inquiètent du quasi-doublement des réfugiés depuis le début de l'été.

Le ministre de l’intérieur n'a toutefois pas fixé de calendrier, disant vouloir continuer à avancer avec méthode, même s'il souhaite la fermeture du campement la plus rapide possible.

« Le campement de la Lande a vocation à être entièrement démantelé. Mais pour atteindre cet objectif il faut de la méthode de la détermination, du dialogue et de la responsabilité. Nous avançons donc avec méthode en gardant notre cap, le démantèlement maîtrisé du campement de la Lande », a-t-il dit.

Le nombre des migrants présents dans la jungle a atteint six mille neuf cent personnes, selon le ministre, contre quatre mille cinq cent personnes au mois de juin 2016, et plus de neuf mille personnes selon les associations.

Le gouvernement espérait au printemps le réduire à deux mille personnes.

Ce nouvel afflux de réfugiés a provoqué un regain de tensions et ravivé l'inquiétude de la population, pour qui le camp sauvage fragilise l'économie de la région et pose des problèmes lancinants de sécurité.

Une association de commerçants de Calais et des routiers ont ainsi prévu le blocage de l'autoroute Lundi 5 Septembre 2016 pour réclamer le démantèlement total du camp, dont la partie sud a été vidée au mois d’avril 2016 et qui est donc réduit de moitié.

Dans un entretien accordé au quotidien Nord Littoral, Bernard Cazeneuve ne fixé pas non plus de calendrier, disant attendre la décision du conseil d’état, saisi à la suite d'une décision de justice qui refuse à l’état de supprimer les petits commerces et lieux de restauration situés à l'intérieur du plus grand bidonville de France.

Le ministre de l’intérieur veut accompagner le démantèlement du camp par la création de places d'accueil et d'hébergement supplémentaires pour offrir une solution aux migrants, une politique mise en place depuis plusieurs mois.

Rappelant que « cinq mille cinq cent vingt huit migrants en provenance de Calais ont déjà été accueillis dans les cent soixante et un Centres d’Accueil et d’Orientation (CAO) créés en France », il assure que l'effort va être amplifié « avec la création d'ici la fin de l'année de deux mille nouvelles places d'hébergement en CAO et de six mille places en Centres d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA) ».

Il a également évoqué la création de cinq mille nouvelles places d'hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile en 2017.

François Hollande attendu à la fin du mois de septembre 2016

Bernard Cazeneuve, qui effectuait son huitième déplacement à Calais en tant que ministre de l’intérieur, poste qu'il occupe depuis le mois d’avril 2014, a rencontré la maire des Républicains de la ville, Natacha Bouchart, ainsi que Xavier Bertrand, le président des Républicains de la région Nord Pas De Calais Picardie, et des représentants du secteur socio-économique et des forces de l'ordre. Ces interlocuteurs réclament la sécurisation de Calais et la fermeture totale du bidonville.

A l'issue de l'entretien, Natacha Bouchard a assuré aux journalistes que Bernard Cazeneuve s'était « engagé au démantèlement total du périmètre de la zone nord en une étape. La date ne sera pas communiquée, évidemment. Cela aurait été moins compliqué si le démantèlement de la zone nord s'était fait dans la foulée de la zone sud au mois d’avril 2016 », a-t-elle ajouté.

Mais selon l'entourage du ministre, les cabanes seront démantelées en une fois, mais seulement lorsque le camp aura été vidé de ses occupants par étapes.

Dans la matinée, les associations qui viennent en aide aux migrants s'étaient félicitées du refus du ministre de fermer la jungle du jour au lendemain tout en jugeant les réponses insuffisantes sur le plan humanitaire.

« Nous sommes rassurés qu’il ne plie pas à l’exigence de la maire de Calais qui veut une date exacte de démantèlement. Nous sommes d’accord pour qu’à terme le camp n’existe plus mais on ne met pas des milliers de personnes dehors comme cela, en un clin d’œil », a déclaré Maya Konforti, secrétaire de l’Auberge des Migrants.

Bernard Cazeneuve a également annoncé dans Nord Littoral la venue à la fin du mois de septembre 2016 de François Hollande qui, dit-il, « s'adressera à tous les calaisiens ».

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 17:22

http://www.ataturquie.fr/le-parti-islamo-conservateur-turc-purge-meme-dans-ses-rangs

http://www.lemonde.fr/international/article/2016/09/03/le-parti-islamo-conservateur-turc-purge-meme-dans-ses-rangs_4992050_3210.html

Le parti islamo-conservateur turc purge même dans ses rangs

Par Marie Jégo, correspondante permanente du Monde à Istanbul

Annoncée Mercredi 31 Août 2016, la démission d’Efkan Ala, le ministre de l’intérieur de Turquie, n’a pas provoqué beaucoup de commentaires. Le premier ministre Binali Yildirim y a consacré une minute et demie lors d’une apparition à la télévision le soir-même.

Remerciant Efkan Ala pour ses services, Binali Yildirim ne s’est pas étendu sur les raisons du départ de ce poids lourd du gouvernement. Réputé proche du président Recep Tayyip Erdogan, Efkan Ala, cinquante et un ans, a été remplacé par Süleyman Soylu, ministre du travail et de la sécurité sociale. En partance pour le sommet du G20 à Hangzhou, Vendredi 2 Septembre 2016, Recep Tayyip Erdogan a été plus disert, « cet homme est notre compagnon de route, mais il a manqué de performance ».

En fonction depuis le mois de décembre 2013, avec une interruption de neuf mois en 2015, Efkan Ala n’avait plus les faveurs du chef. Bien avant les événements, des mauvaises langues le disaient usé jusqu’à la corde.

Le fait d’avoir été injoignable la nuit du putsch raté du Vendredi 15 Juillet 2016, dans un avion entre Erzurum et Ankara, n’a pas redoré son blason.

Avant tout, l’homme a fait partie de l’équipe gouvernementale chargée des pourparlers avec les rebelles kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Il était présent lors de l’annonce de l’accord esquissé avec les représentants kurdes, le 28 février 2015 au palais de Dolmabahçe, à Istanbul, et dénoncé depuis. Efkan Ala était alors entouré du vice-premier ministre, Yalçin Akdogan, et du ministre de la culture et du tourisme, Mahir Unal, lesquels ont perdu leur poste quelques mois plus tard, juste avant que la guerre ne reprenne de plus belle entre les rebelles kurdes et les forces turques dans le sud-est du pays.

Même si Recep Tayyip Erdogan a regretté la piètre performance de son ministre de l’intérieur, la purge menée actuellement en Turquie contre les adeptes de la communauté religieuse de l’imam Fethullah Gülen, que les autorités désignent comme l’instigateur du putsch raté, ne manque pourtant pas de rythme.

Depuis le soulèvement manqué, trente cinq mille personnes ont été interpellées, parmi lesquelles dix sept mille ont été mises en examen. Au total, quatre vingt mille personnes, soupçonnées de liens avec les adeptes de Fethullah Gülen, ont perdu leur emploi. Pour moitié, il s’agit de fonctionnaires de l’état, dont vingt huit mille cent soixante trois travaillaient au ministère de l’éducation, selon un décret publié Jeudi Premier Septembre 2016 au journal officiel turc. Le ministère de l’intérieur a limogé trois cent soixante neuf employés, le ministère des affaires étrangères a limogé deux cent quinze personnes et le ministère des finances a limogé mille six cent quarante deux personnes. Les services du premier ministre se sont débarrassés de trois cent deux fonctionnaires, la direction des affaires religieuses a démis mille cinq cent dix neuf employés et vingt quatre gouverneurs ont été limogés.

Aucun secteur épargné

Rien ne semble pouvoir arrêter le rouleau compresseur. Après le putsch raté, le président Recep Tayyip Erdogan a promis d’éradiquer les entreprises, les associations caritatives et les écoles liées au réseau, des « nids de terroristes », a-t-il dit, et d’assécher leurs sources de financement, une initiative qui fait consensus au sein de la société turque, où le mouvement de Fethullah Gülen est désormais honni.

Comme les prisons sont pleines, le ministre de la justice, Bekir Bozdag, a déclaré récemment que trente huit mille détenus de droit commun allaient être libérés à la faveur d’une réforme de la liberté conditionnelle. A terme, quatre vingt treize mille détenus pourraient en bénéficier.

Aucun secteur d’activité n’est épargné. L’épuration a frappé de plein fouet certaines des Petites et Moyennes Entreprises (PME) familiales qui sont la colonne vertébrale de l’économie turque, tels les groupes Boydak dans le secteur de l’ameublement, Aydinli dans le secteur de la confection, Eroglu Holding et Akfa Holding dans le secteur de la construction, et Gulluoglu Baklava dans le secteur de la pâtisserie.

Pépinière du business musulman, la ville de Kayseri vit au rythme des arrestations. Le Samedi 27 Août 2016, trente six personnes, dont des hommes d’affaires et des employés municipaux, ont été mises en examen pour leur appartenance à la communauté de Fethullah Gülen. Omer Dengiz, ancien cadre régional du parti de la justice et du développement (AKP), est au nombre des inculpés.

Après avoir longtemps fonctionné main dans la main avec l’AKP, la confrérie est aujourd’hui traquée jusqu’au sein du parti. Le Vendredi 5 Août 2016, le président Recep Tayyip Erdogan a demandé aux membres de sa formation politique de « purger immédiatement ceux qui sont liés à la structure et ceux qui ont soutenu le coup d’état ignoble » au cours duquel deux cent soixante dix personnes au total ont trouvé la mort, deux cent quarante si l’on ne compte pas les insurgés.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 16:51

Recep Tayyip Erdogan justifie l'incursion militaire dans le nord de la Syrie (Reuters)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré Jeudi Premier Septembre 2016 que l'incursion militaire menée dans le nord de la Syrie avait déjà permis de libérer quatre cent kilomètres carrés de toute présence de combattants de l'Etat Islamique ou de la milice kurde syrienne des unités de protection populaire (YPG).

« Nul ne peut attendre de nous que nous autorisions un corridor du terrorisme sur notre frontière sud », a-t-il dit en réplique aux critiques des Etats-Unis, qui ont déploré que les forces turques aient attaqué des combattants des YPG, milice qui a le soutien de Washington.

Recep Tayyip Erdogan, qui s'exprimait devant la presse, a déclaré que l'opération était pour l'instant un succès.

Vendredi 2 Septembre 2016, des frappes aériennes turques ont détruit trois immeubles de l'Etat Islamique à Arab Ezza et à al Ghundura, dans le nord de la Syrie, à l'ouest de la ville de Djarablous, reprise la semaine dernière, a annoncé l'armée turque.

Ankara a déclenché le 24 août 2016 l'opération Bouclier de l'Euphrate, une offensive militaire dans le nord de la Syrie qui vise un double objectif, chasser le groupe Etat Islamique des régions frontalières et empêcher les miliciens kurdes syriens de progresser à l'ouest de l'Euphrate.

En quelques heures, des groupes de combattants arabes et turkmènes, regroupés sous la bannière de l'Armée Syrienne Libre (ASL) et appuyés par des blindés, des avions et des éléments des forces spéciales de l'armée turque, ont repoussé l'Etat Islamique de Djarablous, que les djihadistes tenaient depuis trois ans.

Mais prendre cette ville du nord syrien située à la frontière avec la Turquie était peut-être l'aspect le plus facile de l'opération et, une semaine après son déclenchement, leur capacité à tenir ces territoires dépendra sans doute de la volonté d'Ankara de maintenir ses forces en territoire syrien.

De même, il pourrait être plus compliqué pour ces rebelles soutenus par la Turquie, et dont le nombre n'est estimé qu'à mille cinq cent combattants, de pousser leur avantage vers l'ouest et de sécuriser les quatre vingt dix kilomètres de frontière encore contrôlés par l'Etat Islamique.

Car ils sont non seulement opposés aux djihadistes fidèles à l'organisation d'Abou Bakr al Baghdadi mais aussi aux miliciens kurdes des YPG qui ambitionnent de relier les cantons déjà sous leur contrôle, dans le nord-est de la Syrie, et le secteur d'Afrin, que les kurdes syriens contrôlent également, plus à l'ouest, près d'Alep.

Les autorités turques n'ont pas dévoilé beaucoup de chose de la stratégie qui sous-tend leur première incursion majeure en Syrie sinon, ainsi que l'a redit Recep Tayyip Erdogan, Jeudi Premier Septembre 2016, d'empêcher que des groupes hostiles à Ankara s'implantent à leur frontière.

Le ministre allemand des affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, a appelé, Vendredi 2 Septembre 2016, la Turquie à ne pas s'attarder top longtemps en Syrie lors d'une réunion avec ses homologues des vingt sept autres états de l'Union Européenne à Bratislava, qui doivent rencontrer Samedi 3 Septembre 2016 le ministre turc aux affaires européennes, Omer Celik.

« Nous avons tous intérêt à éviter des confrontations militaires à long terme sur le sol syrien », a-t-il déclaré.

Ancien commandant au sein de l'armée turque aujourd'hui analyste pour le journal al Monitor, Metin Gurcan juge que l'objectif turc est de transformer l'Armée Syrienne Libre (ASL) en une force organisée et cohérente et d'en faire un contre poids aux YPG, que Washington considère de son côté comme une des forces les plus efficaces contre l'Etat Islamique.

A cette aune, le contrôle d’al Bab pourrait être crucial.

C'est dans cette ville située à mi-chemin entre Manbij, reprise aux djihadistes par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), une coalition incluant les YPG, et Alep qu'Abou Mohammed al Adnani, porte-parole de l'Etat Islamique et membre parmi les plus influents de sa direction, a sans doute été tué cette semaine.

Al Bab est pour l'instant tenue par les djihadistes de l'Etat Islamique.

Elle occupe le flanc sud de la zone tampon que la Turquie souhaite créer dans le nord de la Syrie pour protéger sa frontière. Elle se trouve aussi sur l'axe d'une unification des secteurs sous contrôle kurde.

« Nous sommes en présence de deux forces fortement motivées et pressées de capturer al Bab. Au final, cela sert les intérêts stratégiques des Etats-Unis, qui font du combat contre l'Etat Islamique la priorité », ajoute Metin Gurcan.

Ankara, mais aussi Washington, ont demandé aux kurdes syriens de rester à l'est de l'Euphrate. Manbij, comme Djarablous et al Bab sont à l'ouest du fleuve. Pour la Turquie, une présence kurde à l'ouest du fleuve est inacceptable.

« La ligne rouge fondamentale des turcs, ce n'est pas Bachar al Assad mais la perspective de formation d'un état kurde », souligne James Stavridis, ancien commandant suprême des forces de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) en Europe, aujourd'hui doyen de la Fletcher School à l'université Tufts.

Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois réfuté Vendredi 2 Septembre 2016 les affirmations selon lesquelles les YPG ont regagné l'est de l'Euphrate comme le disent les combattants kurdes.

« A l'heure actuelle, ils disent que les YPG ont franchi le fleuve », a dit le président turc. « Nous disons qu’ils ne l'ont pas franchi. La preuve résulte de nos propres observations », a-t-il poursuivi.

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4 septembre 2016 7 04 /09 /septembre /2016 16:23

Les rebelles syriens ouvrent un nouveau front contre l'Etat Islamique (Reuters)

Les rebelles syriens soutenus par la Turquie ont ouvert Samedi 3 Septembre 2016 un nouveau front contre les djihadistes de l'Etat Islamique en pénétrant à al Raï, dans le nord de la Syrie, a déclaré un commandant rebelle.

L'objectif des rebelles, qui sont appuyés par l'armée turque, est de progresser vers l'est et d'opérer la jonction avec les forces qui se sont emparées de Djarablous, située à une cinquantaine de kilomètres, a précisé le colonel Ahmed Osman, un officier du groupe Sultan Mourad, composé de combattants turkmènes.

« Ils ont pris quelque chose comme huit villages. Ils en ont d'abord pris deux, puis se sont repliés, mais des renforts sont arrivés et il y a eu une percée », a par ailleurs expliqué à Reuters Zakaria Malahifdji, du mouvement Fastaqim basé à Alep.

De leur côté, les rebelles de l'Armée Syrienne Libre (ASL), qui se sont emparés de Djarablous avec le soutien de la Turquie, ont également annoncé Samedi 3 Septembre 2016 avoir repris plusieurs villages situés à l'ouest de la ville, le long de la frontière.

Brett Mac Gurk, l'émissaire américain chargé de la coalition internationale formée pour combattre l'Etat Islamique, a déclaré pour sa part que l'armée américaine avait bombardé dans la nuit du Vendredi 2 Septembre au Samedi 3 Septembre 2016 des positions de l'Etat Islamique près de la frontière turque en utilisant pour la première fois des lances roquettes multiples High Mobility Artillery Rocket System.

Il n'a pas précisé où ces frappes avaient eu lieu ni depuis combien de temps cet armement sophistiqué, déjà utilisé contre l'Etat Islamique depuis la Jordanie et en Irak, avait été déployé sur le sol turc. L'agence de presse turque Dogan rapporte toutefois que les positions de l'Etat Islamique à al Raï ont été pilonnées par des lances roquettes multiples depuis la province de Kilis, située de l'autre côté de la frontière, qui est elle-même régulièrement prise pour cible par les djihadistes.

La Turquie a dit cette semaine vouloir chasser l'Etat Islamique de l'ensemble de la zone frontalière et arrêter par la même occasion la progression des milices kurdes soutenues par les Etats-Unis dans cette région.

Des chars turcs à al Raï

Sur le front occidental, le premier objectif des rebelles est al Raï, village situé à deux kilomètres de la frontière turque qui a changé de mains à plusieurs reprises ces derniers mois.

La petite ville est stratégiquement située sur la route qui va de la frontière à al Bab, dernier bastion de l'Etat Islamique dans le nord-ouest de la Syrie, où le porte-parole de l'organisation djihadiste Abou Mohamed al Adnani a probablement été tué la semaine dernière.

Plusieurs chars de l'armée turque sont entrés Samedi 3 Septembre 2016 à al Raï, selon Mohammed Rachid, porte-parole du groupe Djaïch al Nasr, affilié à l'ASL, qui participe à l'offensive aux côtés des combattants turkmènes.

Un journaliste de Reuters présent dans ce secteur a entendu des explosions et vu des colonnes de fumée s'élever du côté syrien de la frontière.

Sur le front oriental, les rebelles qui tiennent Djarablous et qui s'étaient dans un premier temps enfoncés vers le sud en direction de Manbij, reprise le mois dernier à l'Etat Islamique par les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), majoritairement kurdes, font désormais mouvement vers l’ouest le long de la frontière.

La brigade Hamza, une unité de l'ASL, a annoncé Samedi 3 Septembre 2016 avoir repris à l'Etat Islamique le village d'Arab Ezza, situé à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Djarablous et qui avait été bombardé Vendredi 2 Septembre 2016 par l'aviation turque.

D'autres groupes qui combattent sous la bannière de l'ASL se sont emparés de quatre autres villages au sud d'Arab Ezza, a dit un combattant du groupe Faïlak al Cham.

L'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) a confirmé la prise d'Arab Ezza et de plusieurs villages.

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 15:46

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/09/02/en-grece-le-ressentiment-des-migrants-grandit_4991475_3214.html

En Grèce, le dénuement et l’isolement des migrants du camp de Frakaport

Par Adéa Guillot, envoyée spéciale du Monde à Sindos

Vendredi 2 Septembre 2016

L’odeur est insoutenable, partout, tout le temps. Les moustiques, gros comme des mouches, envahissent le hangar et les tentes du camp de Frakaport dès la tombée du jour. « Ils nous dévorent, littéralement. Je ne sais pas comment vous décrire cela autrement », se désole Leïla, mère de trois jeunes enfants fiévreux aux jambes et aux avant-bras marqués de piqûres. Leïla est inquiète, car elle sait que le paludisme rôde.

Le centre grec de contrôle et de prévention des maladies vient d’interdire les dons du sang dans douze communes de Grèce pour cause de paludisme, une infection qui avait pourtant disparu du pays il y a plus de quarante ans. Sans surprise, il s’agit des communes hébergeant les camps de réfugiés les plus sommaires. « Ici à Frakaport, ce n’est pas encore officiel, mais nous avons de très fortes suspicions autour de plusieurs cas de fièvre maligne », reconnaît une volontaire de la société médicale syro-américaine, l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) chargée du suivi médical.

Le camp de Frakaport, un ancien entrepôt abandonné il y a plus de cinq ans par l’entreprise de logistique du même nom, est situé juste en face d’une usine d’épuration d’eau. A Sindos, à quinze kilomètres de Thessalonique, la principale métropole du nord de la Grèce, cinq cent soixante quatre réfugiés vivent dans cette atmosphère putride, cernés par des montagnes de déchets, des friches industrielles et des champs vaseux.

« J’en viens à regretter Idomeni »

« Nous avons tous vécu plus de quatre mois à Idomeni, à la frontière gréco-macédonienne et lorsque le camp a été évacué il y a trois mois, le 24 mai 2016, on nous a amenés ici », raconte Leïla. « C’est tellement dur ici, nous sommes tellement isolés, loin de tout contact humain, que nous devenons fou. J’en viens à regretter Idomeni ». Et pourtant Idomeni, une petite ville de douze mille personnes improvisée au milieu de nulle part dans les champs macédoniens, était devenu une honte nationale.

Chaque jour, des camions-citernes apportent de quoi permettre à cinq cent cinquante personnes de se laver. « En six heures, l’eau est épuisée. Tout le monde se bouscule pour aller à la douche ou aux toilettes, ensuite il faut attendre jusqu’au lendemain », se plaint Mohammad.

Dans les centaines de tentes installées sous le hangar surchauffé, des câbles électriques à nu, tirés à la sauvage, permettent de faire tourner un ventilateur ou d’allumer des ampoules. « Les conditions de sécurité sont préoccupantes. Le risque d’incendie est évidemment très présent », regrette Sonja Muller de l’ONG www.swisscross.help. « Le pire, c’est quand l’hiver arrivera, rien n’est prévu ».

Trois fois par jour, les mêmes rations de nourriture, fade, répétitive et parfois périmée, sont distribuées aux familles par les soldats qui gèrent le site. Cette nourriture pauvre en vitamines et protéines fait des ravages chez les enfants.

Sonja Muller et son organisation ont obtenu de l’armée l’autorisation d’installer une sorte de magasin. « Nous distribuons chaque jour deux points par réfugié et avec cela ils peuvent venir ici acheter ce dont ils ont besoin », explique cette jeune allemande qui a quitté son travail d’assistante dentaire pour venir aider en Grèce. Un kilogramme de sucre coûte deux points, un litre d’huile coûte huit points et une tomate coûte un point. « En venant au magasin, j’ai l’impression de reprendre un peu mon rôle de mère en cuisinant quelque chose pour mes enfants », raconte Leïla. « Et puis cela occupe un peu la journée ».

Car comme pour les cinquante quatre mille réfugiés bloqués en Grèce depuis la fermeture des frontières européennes au mois de février 2016, le temps est devenu une notion abstraite. Il s’étire, lentement, au rythme des distributions de repas ou des consultations médicales. Les hommes dorment, se disputent, se battent et jouent au football. Les femmes nettoient. Les enfants errent, laissés à eux-mêmes dans un vide éducatif sidérant.

Frakaport est certainement l’un des pires camps installés dans le nord de la Grèce au moment de l’évacuation d’Idomeni. Mais il est loin d’être le seul.

Le même isolement, les mêmes conditions sanitaires désastreuses et le même vide existentiel caractérisent la vie des cinq cent soixante dix syriens du camp de Karamanlis, une autre friche industrielle située à quelques kilomètres de Frakaport.

« Il n’y a plus d’excuses »

Diab, ingénieur kurde originaire d’Alep, y vit depuis trois mois. Il hésite d’abord à prendre la parole mais les dessins de sa fille, emplis de colère et de frustration, l’inquiètent. « Je lui avais parlé d’une Europe respectueuse des hommes, où l’on nous accueillerait et nous donnerait les moyens d’une nouvelle vie, en sécurité. J’y croyais vraiment. Je veux y croire encore. Ma fille, elle, n’est que ressentiment ».

Le maire de Thessalonique, Yannis Boutaris, est l’un des rares responsables politiques grecs à voir le danger de ce ressentiment contre l’Europe qui grandit à l’ombre des camps indignes de Grèce. « Ils sont venus vers nous avec un idéal de liberté à l’européenne et nous les obligeons à vivre comme des animaux », gronde-t-il. « Il n’y a plus d’excuses. Le temps de l’urgence est passé. Il y a une responsabilité grecque et européenne à améliorer les conditions d’accueil des réfugiés présents sur notre sol, sinon nous en paierons tous le prix fort ».

Opposé à la notion même de camp, « des ghettos », affirme-t-il, Yannis Boutaris tente de mettre sur pied REACT, un plan élaboré en concertation avec le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) qui vise à créer six cent soixante places d’accueil dans des appartements ou des familles d’accueil. « La réponse de nos citoyens n’est pas encore à la mesure du défi. Notre responsabilité de politiques est de leur expliquer que les réfugiés sont des gens comme nous. A une différence près, ils sont tout nus. Ils ont tout perdu ».

Frakaport et Karamanlis sont le symbole de cette Grèce dépassée qui n’arrive pas à gérer dignement les cinquante quatre mille personnes présentes sur son territoire, alors même que les camps sur les îles débordent et que le flux en provenance de Turquie recommence, doucement mais chaque jour un peu plus, à grossir. Les arrivées sont remontées de cent migrants par jour au début du mois de juillet 2016 à quatre cent migrants par jour à la fin du mois d’août 2016.

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 15:12

http://www.francetvinfo.fr/societe/nuit-debout/nuit-debout-fait-sa-rentree-c-est-la-seule-voie-democratique-qu-il-nous-reste-pour-exprimer-notre-opposition_1805077.html

Nuit debout fait sa rentrée

« C'est la seule voie démocratique qu'il nous reste pour exprimer notre opposition »

Le collectif a ressorti ses bâches, Mercredi 31 Août 2016, pour sa rentrée.

Au programme des cinq jours, assemblées populaires, commissions et concerts, avec une interrogation, comment faire évoluer le mouvement ?

« Il n'y a jamais eu de fin officielle à Nuit Debout, mais il y a un retour officiel de vacances », s'amuse Nathanaël, vingt ans, membre de l'organisation de Nuit Debout. Derrière le stand de la commission accueil, place de la République à Paris, le jeune homme informe les passants sur la rentrée du mouvement, Mercredi 31 Août 2016. « Nous avons cinq jours pour montrer que nous existons toujours, que Nuit debout est toujours là », précise l'étudiant en informatique. « Nous espérons attirer de nouvelles personnes et repartir de plus belle ».

Il y a six mois, le Jeudi 31 Mars 2016, à la suite d'une manifestation contre la loi travail et sous l'impulsion du journaliste François Ruffin, des centaines de manifestants n'étaient pas « rentrés chez eux », mais étaient restés debout place de la République à Paris jusqu'à 5 heures du matin.

Quatre mois de rassemblements et d'assemblées populaires ont suivi, avant que le mouvement ne s'essouffle au début de l'été. « C'est normal qu'un mouvement spontané décline », indique un membre de l'organisation. « Il y a eu l'été et la fin du mouvement contre la loi travail. Mais les revendications sont toujours là ».

Mercredi 31 Août 2016, place de la République, la commission antispéciste, plaidant pour l'absence de hiérarchie entre espèces, la commission écologique et la commission anti-publicité, Bibliothèque Debout et Jeux Debout marquent leur retour, sous leurs panneaux et bâches colorés. Face à elles, une petite cour de participants assis par terre débat sur le partage des richesses. « Il faudrait consommer différemment et essayer de ne pas aller dans des enseignes du type Starbucks », développe un participant au micro.

Mercredi 31 Août 2016 à 19 heures, alors que la foule se disperse lors du concert, Marie, de la commission accueil, confie que « nous étions lucides sur ce qui ne pouvait pas marcher avant, mais nous avons changé. Nous nous sommes vus cet été. Nous avons fait converger les commissions pour qu'elles communiquent mieux entre elles. Nous allons lancer des journées thématiques pour que cela soit plus clair et nous avons rendu la cantine vegan », détaille Juliette, lycéenne en terminale, membre de la commission antispéciste.

S'il n'y a toujours pas d'objectifs propres au mouvement, un maître-mot domine, la convergence des luttes. D'ailleurs, nombre d'entre eux ont milité tout l'été aux différentes Zones A Défendre (ZAD), à Bure, à Notre Dame Des Landes ou au forum social à Montréal au mois d’août 2016. « Dire que nous n’avons rien fait cet été est faux, nous n’étions juste pas ici ».

Une chose perdure en cette rentrée, l'absence de hiérarchie et le refus de représentativité.

« Nous ne voulons pas de porte-parole, le mouvement est pluridisciplinaire et nous estimons que tous les individus ont le même poids, ce sont eux la démocratie », atteste Jérôme, trente sept ans, de la commission sérénité. L'informaticien confie même qu'il n'a « pas du tout envie d'être là », mais qu'il n'a « pas le choix ».

Pour Eglantine, vingt cinq ans, étudiante en développement culturel à Lyon, le mouvement des Nuits Debout représente surtout un lieu de rencontre, en dehors de ses fréquentations habituelles. « J'adore l'ambiance ici, les gens se parlent sans a priori », détaille la jeune femme, « chrétienne, élevée dans une famille plutôt de droite ». C'est d'ailleurs sur la place de la République qu'Eglantine a entendu parler du TAFTA et de l'antispécisme. « Cela n'arriverait jamais dans mon entourage. Ici, je me sens à ma place ».

Même sentiment pour Eloi, dix neuf ans, étudiant en khâgne, « c’est vrai, la plupart du temps, on se fait chier en assemblée générale, les gens ne disent que des poncifs. Mais parfois, tu rencontres des gens passionnants, et cela vaut vraiment le coup ». A ceux qui les accusent d'entre-soi et d'être des bobos, Eloi les renvoie à l'étude des sociologues sur la composition du public de Nuit Debout, effectuée au mois de mai 2016.

Selon cette enquête, détaillée sur le site Reporterre, un participant sur cinq a plus de cinquante ans, trente sept pour cent des participants viennent des banlieues, vingt pour cent sont au chômage et, parmi les actifs, seize pour cent sont des ouvriers, soit trois fois plus qu'à Paris.

« C'est beaucoup plus mixte qu'on ne le pense », atteste Eloi.

Quant à l'avenir du mouvement, au-delà de cette rentrée, tous préfèrent temporiser sur le présent. « Nous allons déjà relancer nos commissions, participer aux actions contre la loi travail et faire revivre la place », confie une organisatrice. « Nous, nous existerons avec ou sans Nuit Debout », assure un membre de la commission anti publicité.

Si l'heure est aux élections primaires à droite et à gauche, personne ne voit le mouvement comme une alternative aux partis pour 2017. « Nous voulons juste montrer qu'il existe une autre vision de la démocratie. Que nous pouvons faire de la politique autrement, en étant là, pour commencer ».

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 14:36

Nouvel échec pour Mariano Rajoy au parlement (Reuters)

Mariano Rajoy, président du gouvernement espagnol sortant, n'est pas parvenu Vendredi 2 Septembre 2016 à obtenir la confiance du parlement et ce nouvel échec accroît un peu plus la probabilité de nouvelles élections, qui seraient les troisièmes en un an.

Celles du mois de juin 2016 et du mois de décembre 2015 n'ont pas permis la formation d'une majorité parlementaire et le chef de file du Parti Populaire expédie les affaires courantes depuis huit mois.

Mariano Rajoy avait subi un premier échec Mercredi 31 Août 2016 à l’assemblée, où six voix lui ont fait défaut pour atteindre la majorité absolue, nécessaire à sa reconduction.

Lors de ce deuxième scrutin, qui se déroulait à la majorité simple, onze abstentions auraient suffi, mais les cent quatre vingt élus qui ont voté contre lui lors du premier scrutin ont fait de même Vendredi 2 Septembre 2016.

Avant le vote, Antonio Hernando, porte-parole du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) au congrès des députés, avait jugé inconcevable que des membres de son groupe optent pour l'abstention.

Mariano Rajoy dispose désormais d'un nouveau délai théorique de deux mois, jusqu'au 31 octobre 2016, pour tenter de former un gouvernement de coalition, mais un retour aux urnes semble plus probable. En vertu du code électoral, le scrutin pourrait avoir lieu le jour de Noël, mais tout devrait être fait pour l'avancer d'une semaine.

Contraintes budgétaires

La crise, qui provoque la colère des espagnols et nourrit leur rejet de la classe politique, a également un effet sur l'économie.

Luis de Guindos, ministre de l’économie dans le gouvernement intérimaire, a prévenu Jeudi Premier Septembre 2016 que les objectifs budgétaires de 2017 ne pourraient être tenus en l'absence de gouvernement stable.

Madrid a jusqu'à la mi-octobre 2016 pour présenter à la commission européenne ses orientations budgétaires pour l'année prochaine.

Il s'agira probablement d'une prolongation du budget 2016, sans mesures nouvelles à même de résorber le déficit, a dit Luis de Guindos. « Il est évident que cela ne suffira pas pour remplir nos objectifs pour 2017. Il est donc essentiel que nous disposions d'un gouvernement pleinement opération pour pouvoir concevoir un budget pour l'année prochaine », a-t-il ajouté à la radio.

L'Espagne doit normalement ramener son déficit public à 4,6% de son Produit Intérieur Brut (PIB) cette année puis à 3,1% à la fin de l’année 2017.

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 14:01

https://www.openagenda.com/nuitdebout/events/assemblee-generale-avec-debat-sur-la-participation-de-nuit-debout-a-la-fete-de-l-humanite

Réunion débat sur la participation de Nuit Debout à la Fête de l'Humanité

Lundi 5 Septembre 2016 à 19 heures Place de la République à Paris

Au cours du mois d'août 2016, sont apparues des propositions pour une participation de Nuit Debout à la Fête de l'Humanité, matérialisée par un stand prêté par une organisation politique.

Nous tenons à exprimer notre opposition radicale à une telle décision qui nous paraît en contradiction avec les principes fondamentaux de Nuit Debout.

Nuit Debout est un mouvement apartidaire, qui ne peut être récupéré par aucun parti ou mouvement politique quel qu’il soit, sans portes paroles ni leaders. Jusqu'à présent ce principe a été respecté et personne ne s'est arrogé le droit de représenter le mouvement. Ceux qui sont apparus médiatiquement l'ont fait en leur nom propre, en précisant qu'ils ne représentaient pas le mouvement et cela doit continuer.

Il n’est donc pas envisageable d’engager le mouvement des Nuits Debout dans une manifestation politique, concrètement la Fête de l'Humanité. Cette position est relative à une participation officielle et collective. Elle ne concerne pas les militants individuels car chacun est libre d'agir à titre personnel mais sans engager Nuit Debout à quelque niveau que ce soit, commissions et débats, tout en participant et confrontant ses idées d’égal à égal dans les débats organisés sur les places.

En conséquence, nous demandons l'organisation d'un débat au plus vite et avant la Fête de l'Humanité autour de cette question sur la place de la République à Paris, avec pour objectif l'adoption et l'inscription de ce principe dans toutes les chartes de Nuit Debout.

Ce texte collectif est une synthèse de plusieurs communications.

Pour tout contact, envoyez un message à odile.helier@orange.fr

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 15:44

La justice suspend l'arrêté de la mairie de Fréjus contre le burkini (Reuters)

Le tribunal administratif de Toulon a suspendu Mardi 30 Août 2016 un arrêté contre le burkini interdisant aux baigneurs portant des vêtements ostensiblement religieux l'accès aux plages de Fréjus, dans le Var, a-t-on appris Mercredi 31 Août 2016 auprès du tribunal administratif de Toulon.

L'arrêté, pris le 19 août 2016 par le maire du Front National de Fréjus, David Rachline, visait les personnes « n'ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et de la laïcité ».

Dans son ordonnance datée du Mardi 30 Août 2016, dont Reuters a obtenu une copie, le juge des référés du tribunal administratif de Toulon justifie sa décision par une absence de trouble à l'ordre public.

« L'arrêté litigieux a porté une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales », ajoute-t-il, suivant ainsi la position du conseil d’état, qui a suspendu Vendredi 26 Août 2016 un arrêté similaire de la commune de Villeneuve-Loubet, dans le département des Alpes-Maritimes.

« Les tensions invoquées par la commune au sujet de la construction de la mosquée de Fréjus ne sauraient suffire à justifier légalement la mesure d'interdiction contestée ».

Mardi 30 Août 2016, le tribunal administratif de Nice a lui aussi suivi la plus haute juridiction française, en suspendant l'arrêté de la mairie de Cannes.

Le maire des Républicains de Roquebrune-Cap-Martin, dans le département des Alpes-Maritimes, a quant à lui retiré son texte, la décision du conseil d’état étant amenée à faire jurisprudence.

Cet été, une trentaine de maires, pour la plupart de droite, ont pris des arrêtés contre le burkini, au nom de troubles potentiels à l'ordre public. Malgré la décision du conseil d’état, plusieurs maires ont décidé de maintenir leurs textes, arguant chacun de risques particuliers dans leur commune.

Des associations ont donc déposé des recours devant les tribunaux administratifs de Nice et de Toulon pour faire suspendre des arrêtés toujours en vigueur à Nice et à Menton, dans le département des Alpes-Maritimes, ainsi qu'à Roquebrune-Cap-Martin et à Fréjus, dans le département du Var.

Les recours contre les arrêtés de Menton et de Nice devaient être examinés Mercredi 31 Août 2016.

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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 15:23

http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2016/09/02/la-bataille-des-oligarques-pour-la-television-grecque_4991445_3236.html

La bataille des oligarques pour la télévision grecque

Par Adéa Guillot, correspondante permanente du Monde à Athènes

Vendredi 2 Septembre 2016

Il aura fallu plus de soixante-trois heures de suspense pour que prenne fin la procédure d’octroi des quatre licences de chaînes nationales généralistes privées en Grèce. Soixante-trois heures durant lesquelles les huit candidats en lice et leurs équipes, parmi les hommes d’affaires les plus influents du pays, sont restés enfermés dans un huis clos inédit au sein d’un bâtiment, surprotégé pour l’occasion, du secrétariat général de l’information et de la communication. Cette bataille à coups de millions a donné l’avantage à quatre des oligarques grecs les plus puissants, et pas les moins polémiques.

Chacune des quatre licences était mise aux enchères à trois millions d’euros. Le gouvernement a annoncé avoir finalement récolté près de deux cent quarante six millions d’euros. Un record, qui montre la férocité avec laquelle se sont déroulées les opérations.

L’armateur multi millionnaire Vangélis Marinakis, par ailleurs président du grand club de football du Pirée, l’Olympiakos, a obtenu une licence en déboursant soixante quatorze millions d’euros. Vangélis Marinakis, très actif politiquement dans la municipalité du Pirée, on l’appelle aussi le « maire de l’ombre » de ce port stratégique grec, fait toujours l’objet d’une action en justice dans une affaire de crime organisé, matchs truqués, dans le milieu du football.

« L’impression d’être en prison »

Second millionnaire, très controversé, et auquel personne ne s’attendait vraiment, Christos Kalogritsas, à la tête d’une entreprise de Bâtiment et de Travaux Publics (BTP). Un proche des cercles politiques de gauche, il a été souvent accusé ces derniers jours d’accointances avec certains membres du gouvernement. Il a déboursé cinquante trois millions d’euros pour entrer sur le marché de l’audio visuel grec.

Ivan Savvidis, un homme d’affaires gréco-russe à la tête d’un groupe florissant en Russie, particulièrement offensif économiquement à Thessalonique, la grande ville du nord, a, quant à lui, finalement renoncé à obtenir une licence, « je souhaite entrer dans le marché des médias, mais pas en payant plus de cinquante millions d’euros des licences évaluées à trois millions d’euros », a-t-il expliqué, visiblement fatigué à l’issue de la procédure. « Je suis heureux que l’état ait réussi à mener à bout ces ventes aux enchères inédites, mais on avait l’impression d’être en prison là-dedans et à devoir aller aux toilettes accompagné par la police ».

Les deux nouveaux venus dans l’univers des médias auront comme adversaires Théodore Kiriakou et Yiannis Alafouzos, tous deux armateurs et propriétaires respectivement des chaînes ANT et SKAI, déjà existantes et qui peuvent donc continuer leurs activités. Les antennes STAR et ALPHA sont les grandes perdantes.

Selon la porte-parole du gouvernement, Olga Gerovassilis, toute antenne opérant sans licence est censée cesser d’émettre sous quatre-vingt-dix jours. Peut-être que, d’ici là, de nouvelles enchères, cette fois-ci pour des chaînes thématiques ou périphériques, auront lieu, permettant à ces antennes qui existent depuis une vingtaine d’années de survivre.

Promesse du gouvernement

Cette grande refonte du paysage audio visuel grec était une promesse du gouvernement de gauche de SYRIZA. Depuis des mois, Nikos Pappas, le bras droit du premier ministre, Alexis Tsipras, mène ce dossier très polémique qui vise, selon lui, d’une part à rationaliser un marché disproportionné à l’échelle des onze millions d’habitants du pays et, d’autre part, à s’attaquer au fameux triangle de relations incestueuses entre politiques, médias et banques, appelé diaploki en grec. Car les grands patrons d’industrie, les oligarques, ont pratiquement tous investi dans la presse et la télévision privée dans les années 1990.

Au regard des résultats, nous observons plutôt un renouvellement des générations qu’une véritable opération mains propres.

« Pour la première fois, ces capitaines d’industrie sont obligés de payer pour exploiter ces licences, la loi est désormais respectée », se félicite t-on au gouvernement.

Depuis 1989 et la loi permettant la libéralisation du marché audio visuel grec, près d’une dizaine d’antennes privées ont vu le jour. Mais jusqu’ici, malgré plusieurs tentatives de régulation, aucun gouvernement n’avait réussi à contraindre les propriétaires de ces chaînes privées à payer leurs licences d’exploitation, comme la loi les y obligeait pourtant. Il y avait un intérêt entre gouvernements successifs et patrons de presse, pour que rien ne bouge vraiment.

Bataille juridique

Alexis Tsipras avait promis de mettre fin à cette situation. Il en avait fait un symbole de son action gouvernementale et jouait donc gros politiquement.

« Alexis Tsipras nous dit qu’il veut en finir avec la diaploki, mais il instaure la sienne et tente de mettre au pas les médias qui ne sont pas d’accord avec lui », accuse de son côté un membre du parti d’opposition de la Nouvelle Démocratie, qui s’empresse de citer le cas de Mega, une chaîne située plutôt sur la droite de l’échiquier politique et qui a farouchement combattu l’ascension de SYRIZA en 2014 et en 2015.

Longtemps la plus importante chaîne privée du pays, Mega n’a pas obtenu de fréquence, elle a même été exclue en phase de pré sélection en raison de ses finances trop fragiles. « Cela ne veut pas dire que Mega cessera d’émettre, des solutions alternatives existent sûrement. Aux propriétaires d’y réfléchir », souligne Yannis Prétendéris, commentateur politique phare de la chaîne.

Le dossier de cette vente aux enchères est toutefois loin d’être clos, car la bataille juridique ne fait que commencer. La légalité de la procédure est contestée et le conseil d’état grec doit rendre son avis. « Les chaînes perdantes vont aussi certainement intenter une action à Bruxelles pour entrave à la concurrence, car cette limitation à quatre chaînes semble difficile à justifier. Cet épisode ubuesque des mises aux enchères que nous venons de vivre n’est que le premier chapitre d’une longue bataille », affirme Yannis Prétendéris.

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