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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 18:56

Lafarge accusé par le Monde d'arrangements avec l'Etat Islamique en Syrie (Reuters)

Une cimenterie du groupe français Lafarge située à Jalabiya, dans le nord de la Syrie, a payé des taxes à l'organisation Etat Islamique en 2013 et en 2014 pour continuer à fonctionner pendant la guerre, affirme Mardi 21 Juin 2016 le quotidien le Monde.

« Des courriels envoyés par la direction de Lafarge en Syrie, publiés en partie par le site syrien proche de l’opposition Zaman al Wasl et que le Monde a pu consulter, révèlent les arrangements de Lafarge avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle l’Etat Islamique s’empare du site et Lafarge annonce l’arrêt de toute activité », écrit le journal.

Selon le Monde, la société s'est efforcée d'assurer l'accès à l'usine des employés et des matières premières en recourant à des intermédiaires locaux et la direction de Lafarge à Paris était au courant de la situation.

« Lafarge passait par des intermédiaires et des négociants qui commercialisaient le pétrole raffiné par l’Etat Islamique, contre le paiement d’une licence et le versement de taxes », écrit le Monde.

Le journal fait notamment état d'un laissez-passer estampillé du tampon de l’Etat Islamique, daté du 11 septembre 2014, pour permettre la libre circulation des matériaux et d'un courriel du 9 septembre 2014 concernant les approvisionnements.

Lafarge a fusionné en 2015 avec son concurrent suisse Holcim pour donner naissance au premier groupe cimentier mondial Lafarge Holcim.

Interrogée sur l'article du Monde, une porte-parole du groupe Lafarge Holcim a répondu par email à Reuters, « lorsque le conflit s’est rapproché de la zone de l’usine, la priorité absolue de Lafarge a toujours été d’assurer la sécurité et la sûreté de son personnel, tandis que la fermeture de l’usine était étudiée ».

Elle a fait valoir que, entre 2010 et 2014, cette cimenterie de Lafarge « approvisionnait environ un tiers du marché local, répondant à un besoin de première nécessité de la population et aux besoins de développement économique de la Syrie ».

Une source proche du dossier a déclaré à Reuters que « tous les expatriés avaient quitté la Syrie en 2012. Après le mois de septembre 2012, l'usine était dirigée par mail et par téléphone. La seule demande qui était adressée, c'était d'assurer la sécurité des gens », a ajouté cette source.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 19:45

http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2016/08/08/a-paris-la-police-disperse-quotidiennement-les-groupes-de-migrants_4979711_1654200.html

A Paris, la police disperse quotidiennement les groupes de migrants

Par Isabelle Rey-Lefebvre

Lundi 8 Août 2016

Orhan Majidi et Hamid Ahmadzai, deux jeunes Afghans, campent tant bien que mal, depuis deux mois, avec une dizaine de leurs compatriotes, sur la même rampe du parking de l’immeuble de France Terre d'Asile (FTA), boulevard de la Villette, dans le dix neuvième arrondissement de Paris. A chaque voiture qui veut entrer ou sortir, il faut déménager un matelas et des affaires.

Etudiant, arrivé par la Turquie, Orhan Majidi ne veut pas s’éloigner, fût-ce de quelques mètres, du local de l’association qui lui a donné rendez-vous, Mercredi 17 Août 2016, pour lui fournir le précieux récépissé de dépôt d’une demande d’asile qui lui ouvrira probablement les portes d’un centre d’accueil. Hamid Ahmadzai, lui, attendra dix jours de plus.

A deux pas, près du bassin de la Villette, et de l’autre côté, rue Pajol, ce sont plutôt de petits groupes de soudanais, d'érythréens et d'éthiopiens qui viennent compléter cette cartographie de l’exil du monde vers Paris.

Les conditions sont précaires, sans toilettes, autour d’un point d’eau unique et les migrants sont condamnés à l’errance. Presque chaque jour, vers midi, la police les déloge, les emmène au commissariat pour identification et, parfois, délivre des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF), avant même qu’ils aient pu formuler la moindre demande d’asile.

Ce qui a changé, depuis le mois de juillet 2016, c’est que les évacuations ne s’accompagnent plus, comme auparavant, du travail d’encadrement d’associations spécialisées et encore moins de propositions d’hébergement, « face à eux, les migrants n’ont plus que des policiers », constate Loïc Horellou, riverain et bénévole dans un collectif de soutien protéiforme qui prodigue repas, couvertures et tentes, et aide dans les démarches administratives. Les forces de l’ordre ont, en effet, pour mission de prévenir toute formation de nouveau regroupement.

Chasse à l’homme

Les pouvoirs publics n’ignorent pas que la route venant de Libye via l’Italie jusqu’à Paris est très empruntée, comme en témoigne la tension à la frontière entre Vintimille et Menton que, Vendredi 5 Août 2016, à l’issue d’une manifestation, cent quarante migrants ont tenté de franchir, « c’était la chasse à l’homme dans les rues de Menton », témoigne Martine Landry, militante locale d’Amnesty International. Treize militants de No Border ont été placés en garde à vue.

« Entre cinquante et soixante personnes arrivent chaque jour à Paris, les rassemblements se forment très vite et il n’est pas question, pour la ville, de revivre le scénario de l’été 2015, avec ses campements indignes », plaide Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris chargée, notamment, de la solidarité.

« Voilà un an que notre quartier, entre la gare de l’Est où débarquent les afghans, la gare du Nord, chemin vers Calais, et l’unique point d’enregistrement de FTA, boulevard de la Villette, accueille de multiples campements et c’est difficile à vivre pour tout le monde, habitants, commerçants et, surtout, migrants », explique Loïc Horellou. Chaque évacuation de campement se traduit, pour en empêcher la reformation, par l’édification de grilles toujours plus hautes et robustes, entravant la circulation dans le quartier. Entre les stations de métro Jaurès et de la Chapelle, l’espace sous la ligne aérienne, refuge commode, est désormais totalement condamné.

Cinq mille places d’accueil temporaires créées

Depuis le mois d'août 2015, la préfecture de la région Ile-de-France, l’accueil des migrants est une compétence d'état, a démantelé vingt six campements et mis à l’abri près de quinze mille personnes, un véritable tour de force, apprécié des migrants puisque seulement quatre vingt d’entre eux en sont partis.

La rumeur d’une évacuation, qui signifiait jusqu’à récemment la promesse d’un toit, attire les candidats, « lors de la dernière mise à l’abri, Vendredi 22 Juillet 2016, nous avions, la veille, recensé mille cinq cent personnes et trouvé, avec beaucoup de difficultés, autant de places, mais ce sont deux mille six cent personnes que nous avons découvertes le matin », raconte Sophie Brocas, préfète de Paris, qui s’avoue à court de lits et a dû, en toute hâte, réquisitionner cinq gymnases. La préfecture cherche des solutions pérennes, entre quatre vingt et cent migrants migrants partent, chaque semaine, vers des hébergements en province.

En 2016, cinq mille nouvelles places d’accueil temporaire ont été créées, dont deux mille en Ile-de-France, et deux cent seize millions d’euros ont été débloqués. « L'état fait des efforts, mais notre système est engorgé et absurde tant qu’il n’y a pas de solidarité entre les villes. Bien accueillir quinze mille réfugiés par an est pourtant à notre portée », estime Pierre Henry, directeur général de FTA, « mais il faut des centres d’accueil dans une trentaine de grandes villes, après un recensement et une identification indispensables ».

« Notre projet d’ouvrir, à la fin du mois de septembre 2016, un lieu humanitaire de premier accueil, à Paris, est en marche, avec l’accord de l’état, mais il en faut d’autres, partout en France », suggère Dominique Versini.

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 19:25

http://www.liberation.fr/planete/2016/08/07/syrie-comment-les-rebelles-ont-brise-le-siege-d-alep_1470789

Comment les rebelles ont brisé le siège d'Alep

Par Hala Kodmani

Le régime de Bachar al-Assad tentait, Dimanche 7 Août 2016, d'éviter l'encerclement total des quartiers qu'il contrôle dans la deuxième ville du pays où il a subi un grave revers la veille.

Les quelque trois cent mille habitants pris au piège dans la partie est d’Alep, contrôlée par les opposants au régime, peuvent souffler. Un premier convoi de nourriture est entré Dimanche 7 Août 2016 dans les quartiers assiégés depuis près d’un mois par les troupes de Bachar al-Assad. Il a emprunté la route ouverte la veille par les forces rebelles dans le sud-ouest de la ville, venant de la province voisine d’Idlib.

En prenant le contrôle de trois positions militaires, dont deux académies, dans le secteur de Ramoussa, Samedi 6 Août 2016, des groupes armés ont opéré la jonction avec d’autres enfermés à l’intérieur d’Alep, brisant ainsi le siège. Il a fallu une semaine et une offensive de grande envergure, lancée par plusieurs formations qui combattent le régime, pour atteindre l’objectif. Une force évaluée entre six mille et neuf mille hommes au total, dominée par Jaish al Fatah, regroupant notamment des salafistes d’Ahrar al-Sham et le Front Fatah al-Cham, l'ancien Front al-Nusra, ayant renoncé à son rattachement à al Qaeda, qui a ouvert un front étendu sur une dizaine de kilomètres.

Armes abandonnées

Les premières avancées avaient été contrées en début de semaine dernière par les bombardements des aviations syriennes et russes. Mais celles-ci ne pouvant couvrir toute la largeur du front, les incursions des rebelles ont fini par aboutir. Pour mener à bien leur opération, les assaillants ont lancé plusieurs voitures piégées et des kamikazes contre le mur d’enceinte des écoles militaires de Ramoussa et ont ainsi pu pénétrer dans le lieu, selon le site gouvernemental al Masdar News. Les troupes de Bachar al Assad ont laissé derrière eux des armes, des munitions et du matériel dont se sont emparés les rebelles.

Cette ouverture par le sud-ouest de la partie d’Alep contrôlée par l’opposition a l’avantage de créer une continuité territoriale avec la vaste région d’Idlib tenue par les rebelles. Ceux-là n’ont pas cherché à reprendre la route dite du Castello au nord qui, pendant plus d’un an, était la seule artère reliant Alep à la Turquie. C’est en prenant cette voie étroite, Jeudi 7 Juillet 2016, que les forces gouvernementales avaient réussi à encercler l'est d’Alep, privant la ville de tout approvisionnement. L’autre avantage de la connexion sud, c’est qu’il n’y a pas d’interférence de forces tierces sur le terrain comme les kurdes ou surtout celles de l’Etat Islamique, présentes au nord d’Alep.

Russie et Hezbollah

L’ironie, c’est que la route du Castello devient désormais vitale pour relier les forces gouvernementales aux quartiers ouest d’Alep sous contrôle gouvernemental. Si les rebelles parviennent à menacer cette voie, ils pourraient encercler à leur tour l’autre moitié de la ville où vivent plus d’un million d’habitants. Les assiégeurs assiégés, nous n'en sommes pas encore là, le plus difficile pour les rebelles est de pouvoir garder le contrôle du terrain conquis. Car même si ses troupes ont essuyé un dur revers sur le terrain, le régime peut encore compter sur l’aviation russe et ses alliés du Hezbollah, ainsi que sur des milices iraniennes au sol pour mener une contre-offensive.

Au-delà de la bataille militaire, c’est aussi l’avenir des négociations politiques entre le régime et l’opposition syrienne qui se joue à Alep.

Cette victoire de la rébellion, brisant le siège des quartiers qu’elle contrôle, a des conséquences sur le rapport de forces en prévision des pourparlers qui doivent reprendre à Genève.

Diplomates et politiques attendaient le résultat de la bataille pour fixer la date, selon la convenance de la partie victorieuse. Le régime avait justement annoncé son accord pour retourner en Suisse, pour les négociations, un jour après avoir encerclé Alep.

Aujourd’hui, c’est désormais l’opposition qui se trouve en position avantageuse pour avancer son agenda.

Vivre au jour le jour

Quant aux civils, principales victimes de ces batailles militaires ou politiques, ils ont appris à vivre au jour le jour et se contentent d’un répit.

« La semaine dernière, je me demandais comment j’allais survivre et comment je pourrais quitter la ville, mais maintenant, le moral est bien meilleur », raconte à l’Agence France Presse (AFP) Ahmad Adna, quarante six ans, d'al Kallassé dans le sud d’Alep. Hier, c’était au tour des habitants des quartiers pro gouvernementaux de commencer à stocker de la nourriture.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 16:59

https://lundi.am/Sur-la-police-une-opinion-minoritaire-par-Eric-Hazan

http://tendanceclaire.org/breve.php?id=18627

Sur la police, une opinion minoritaire

Enfonçons des coins dans les contradictions, évitons les mots d’ordre qui soudent l’adversaire en une masse indifférenciée. Crier « tombez les casques, la police avec nous », c’est préparer notre victoire.

Par Eric Hazan, écrivain et éditeur français, fondateur des éditions de la Fabrique

Lundi 18 avril 2016

Ce n’est pas un hasard si de nombreux articles parus sur notre site ces dernières semaines traitent du problème que constitue la police.

Aujourd’hui, Éric Hazan prend le contre-pied de ce chant de ralliement que nous entendons lors de chaque manifestation, « tout le monde déteste la police ».

Lors des manifestations de ces jours derniers, le mot d’ordre le plus souvent repris parmi la jeunesse était « tout le monde déteste la police ».

C’est émotionnel, c’est compréhensible mais ce n’est pas intelligent. Quelle que soit la forme que va prendre le soulèvement qui s’annonce, il y aura de la police pour garder la télévision, les data centers, les gares et les dépôts de carburant. Or, dans toutes les insurrections victorieuses, depuis la prise de la Bastille jusqu’à la mise à bas de Zine Ben Ali et d’Hosni Moubarak, le moment décisif a été celui où les forces de l’ordre ont fait défection. Et inversement, chaque fois que ces forces ont fait bloc pour défendre le régime, les insurgés ont été vaincus et massacrés. C’est comme une loi, il n’y a pas d’exceptions.

Ici et maintenant, si nous signifions à la police que nous la détestons en bloc, nous ne faisons que souder ses rangs et nous rendons sa défection plus difficile et plus improbable. Or, ses rangs sont moins homogènes, moins serrés que peuvent le laisser penser les lignes de boucliers. Il y a quelques années, nous avons publié à la Fabrique le journal d’un gardien de la paix d’Eric Blondin. Ce livre montrait que dans le commissariat de police de l’avenue du Maine régnait une atmosphère conflictuelle assez semblable à celle qu’on peut trouver dans le personnel d’un centre Leclerc, haine de la hiérarchie, sentiment de subir une exploitation sans fin et efforts des gradés pour monter les uns contre les autres. Croit-on qu’aujourd’hui la paix et la concorde règnent dans les rangs d’une police suremployée et démoraiisée ?

Bien sûr, il n’est pas question de discuter avec les policiers de la Brigade Anti Criminalité (BAC), ni devant les rangs de robocops dans la fumée des grenades lacrymogènes. Mais Jeudi 14 Avril 2016, au métro Ménilmontant, un groupe de très jeunes avait monté une micro manifestation que la police, plus nombreuse qu’eux, contrôlait de très près. Les hommes en bleu, non casqués, étaient dispersés au contact direct de ceux qui distribuaient des tracts à la sortie du métro. Ils se parlaient, ils discutaient et ils se disputaient comme des êtres humains.

Pourquoi ne pas être intelligents ? Pourquoi ne pas nous tenir au courant des mouvements de ras-le-bol qui couvent en ce moment dans la police et ne pas leur signifier que nous les soutenons ? Ces mouvements, ces sections syndicales oppositionnelles et ces cas isolés sont minoritaires dans une police qui vote à cinquante pour cent pour le Front National. Oui, et alors, ne sommes nous pas nous aussi minoritaires ? Et depuis quand attendons-nous qu’un mouvement soit majoritaire pour le soutenir ?

Enfonçons des coins dans les contradictions et évitons les mots d’ordre qui soudent l’adversaire en une masse indifférenciée. Crier « tombez les casques, la police avec nous », c’est préparer notre victoire.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 16:29

http://www.france-palestine.org/Ne-cedons-pas-maintenant-a-l-intimidation-d-Israel-sur-l-antisemitisme

http://www.france-irak-actualite.com/2016/05/ne-cedons-pas-maintenant-a-l-intimidation-d-israel-sur-l-antisemitisme.html

Ne cédons pas maintenant à l’intimidation d’Israël sur l'antisémitisme

Nous qui nous trouvons dans la zone de confort occidentale ne devons pas battre en retraite ou céder aux fausses accusations d’antisémitisme.

Par Ilan Pappe

Mercredi 11 Mai 2016

Il arrive un moment dans le combat d’un mouvement où le succès est à la fois gratifiant et très dangereux. En Afrique du Sud, le régime d’apartheid poursuivait ses politiques les plus cruelles et meurtrières peu de temps avant sa chute. Si vous ne menacez pas spécifiquement un régime ou un état injuste et ses partisans, ceux-ci vous ignorent et ne ressentent pas le besoin de vous affronter, si vous mettez le doigt sur le problème, cela entraîne une réaction.

C’est ce qu’il s’est passé avec le mouvement pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions (BDS). Ce mouvement est le prolongement logique de l’excellent travail préalablement réalisé par l’ensemble des groupes et comités de solidarité avec la Palestine. Il fait preuve d’un soutien ferme et indéfectible envers le peuple palestinien grâce à des relations directes avec d’authentiques représentants des communautés palestiniennes en Palestine et à l’étranger.

Jusqu’à récemment, Israël considérait qu’il s’agissait d’un développement marginal et inefficace, certains partisans de la Palestine eux-mêmes s’opposaient au mouvement pour le BDS pour la même raison, son inefficacité.

Mais il semble toutefois que le mouvement ait dépassé les attentes de ses propres fondateurs en ce qui concerne son efficacité. Cela n’a rien de surprenant, il reflète un renouveau général de la politique, comme en témoignent les jeunes électeurs qui ont voté pour Jeremy Corbyn au Royaume-Uni et pour Bernie Sanders aux États-Unis. Cette recherche d’une politique plus saine et plus éthique qui ose remettre en cause la configuration néo libérale de l’économie et de la politique occidentale a paradoxalement poussé ces jeunes gens à soutenir deux vieux militants qui représentent une forme pure de la politique.

Cette politique plus pure entraîne dans son sillage un solide soutien au peuple palestinien.

Aujourd’hui, la seule façon d’exprimer son soutien aux palestiniens en dehors de la Palestine est le mouvement pour le BDS. Au Royaume-Uni, cette logique est comprise par ceux qui ont voté pour Jeremy Corbyn et par ceux qui s’engagent par ailleurs pour des causes telles que la justice sociale, les stratégies écologiques et les droits de l’homme et des autochtones.

Certains membres des élites politiques et de la classe dirigeante occupant des fonctions très élevées expriment un soutien clair et décomplexé envers la Palestine. À quel moment le chef de l’opposition britannique et le candidat présidentiel américain ont-ils manifesté un tel soutien ?

Même si le soutien du second est plutôt chétif et timide, dans la sphère politique américaine, un candidat qui se permet de ne pas assister à la conférence de l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) sans provoquer de cataclysme constitue une révolution.

Voici la toile de fond de l’attaque violente que subissent actuellement le parti travailliste britannique et Jeremy Corbyn. Tout ce que les sionistes britanniques désignent comme une expression d’antisémitisme, c’est-à-dire, la plupart du temps, des critiques légitimes à l’encontre d’Israël, a déjà été dit au cours des cinquante dernières années. Le lobby sioniste britannique, supervisé directement par Israël, y a recours car la position clairement antisioniste du mouvement pour le BDS a atteint les échelons supérieurs. Les sionistes sont véritablement terrifiés par ce développement, félicitations au mouvement pour le BDS.

Il faut admettre que la réaction est forte et brutale. Toutefois, le fait de capituler en suspendant des membres de partis, en congédiant des représentants étudiants et en s’excusant inutilement pour des crimes qui n’ont pas été commis n’est pas la bonne méthode pour y faire face. Nous menons un combat pour que la Palestine et Israël soient libres et démocratiques, la peur de l’intimidation sioniste n’est pas la marche à suivre. Les jours à venir seront très éprouvants et nous devrons non seulement être patients mais aussi retourner à la tribune, sur les sites internet, à la radio et à la télévision pour expliquer de nouveau ce qui est évident pour bon nombre d’entre nous, le sionisme n’est pas le judaïsme et l’antisionisme n’est pas synonyme d’antisémitisme.

Le sionisme n’a pas été le remède au pire épisode antisémite qu’a vécu l’Europe, l'holocauste.

Le sionisme n’a pas été la bonne réponse à cette atrocité. En réalité, lorsque les dirigeants européens ont apporté leur soutien au sionisme sans l’ombre d’une hésitation, leurs motivations étaient bien souvent antisémites. Comment expliquer autrement que l’Europe n’ait rien fait alors que le régime nazi exterminait les juifs et qu’elle ait demandé pardon en soutenant un nouveau plan visant à se débarrasser des juifs en les envoyant coloniser la Palestine ? Rien de surprenant à ce que cette logique absurde n’ait pas mis un terme à cet élan antisémite. Elle l’a plutôt entretenu.

Mais cette histoire appartient au passé. Les colons juifs et les palestiniens indigènes partagent un territoire et continueront de le faire à l’avenir. La meilleure façon de lutter contre l’antisémitisme aujourd’hui consiste à faire de ce territoire un état libre et démocratique reposant autant que possible sur des principes économiques, sociaux et politiques justes et équitables. Il s’agira d’une transformation complexe et douloureuse de la réalité sur le terrain dont la mise en œuvre prendra peut-être des décennies. Mais il est urgent de commencer à l’évoquer clairement, sans peur, sans apologétique inutile ni fausse référence à la realpolitik.

Jeremy Corbin trouvera peut-être difficile de sensibiliser son parti à la nécessité d’adopter un discours honnête et éthique sur la Palestine. Il a déjà tant fait pour cette cause que nous devons être patients, même si certaines de ses réactions et celles de son parti sont décevantes, malgré le fait qu’il soit de toute façon évident que les récentes disputes au sein du parti travailliste pour des questions d’antisémitisme résultent principalement d’une tentative des blairistes du parti, qui ont toujours été à la botte des sionistes, pour discréditer Jeremy Corbyn au même titre qu’Israël les utilise dans un effort désespéré pour mettre un terme au basculement massif de l’opinion publique britannique en sa défaveur.

Mais là n’est pas le problème. Ce que l’avenir nous réserve est bien plus important que la scène politique nationale britannique. Ce qui importe vraiment, c’est de reconnaître qu’une nouvelle étape a été franchie en Grande-Bretagne comme aux États-Unis dans la lutte pour la paix, la justice et la réconciliation en Palestine. Ce combat ne remplace pas celui qui a lieu sur le terrain, mais il le valorise et lui donne plus de poids.

En réalité, nous nous trouvons face à un ensemble de combats inévitables, contre les législateurs qui sont intimidés ou soudoyés par Israël, contre les juges et les policiers qui sont contraints de respecter de nouvelles lois injustes et ridicules qui condamneront le mouvement pour le BDS pour antisémitisme, et nous savons déjà que bon nombre d’entre eux trouvent ces directives ridicules, contre les directions des universités qui s’inclineront face à l’intimidation et à la pression et contre les journaux et les sociétés audio visuelles qui enfreindront leur code d’éthique et trahiront leurs engagements professionnels face à la nouvelle contre-attaque.

La lutte sur le terrain en Palestine est bien plus difficile, bien plus dangereuse et requiert de lourds sacrifices que l’on ne nous demande pas d’endurer en occident. La moindre des choses est de ne pas être nous-mêmes intimidés par des accusations absurdes et d’être assurés que de nos jours, la lutte contre l’islamophobie, contre les dangers du néo libéralisme, pour les droits des peuples autochtones du monde entier et pour la Palestine constituent un seul et même combat.

Cette campagne ne concerne pas uniquement les musulmans britanniques, les exilés palestiniens en Europe, les vieux gauchistes américains et les antisionistes en Israël. Elle fait partie d’un mouvement bien plus vaste qui a amené de nouveaux partis au pouvoir en Grèce, en Espagne et au Portugal, de nouvelles valeurs au sein du parti travailliste et des opinions différentes au sein du parti démocrate aux États-Unis.

Nous ne devons pas nous inquiéter des nouveaux projets de loi, des nouvelles directives de la police ou de l’hystérie médiatique. Même l’attitude lâche du parti travailliste avec son épuration de conseillers ne doit pas nous détourner des accomplissements dans la lutte pour conquérir l’opinion et le cœur du public en faveur de la Palestine.

La perspective revêt aujourd’hui une importance capitale. Si Israël pense qu’il peut impunément désigner Mark Regev, le visage public de sa politique criminelle à Gaza, comme ambassadeur à Londres et que l’ambassadeur israélien à Washington peut décider de combattre le mouvement pour le BDS en envoyant des produits provenant de Cisjordanie occupée à tous les délégués et les sénateurs du congrès, enfreignant ainsi purement et simplement la législation américaine, cela ne signifie pas qu’Israël est invincible, mais plutôt qu’il constitue un système politique idiot incapable d’appréhender le cours de l’histoire.

Comme toutes les phobies, la palestinophobie peut intimider et paralyser, mais elle peut aussi être mise en échec, particulièrement au cours de la période exceptionnelle dans laquelle nous vivons. Nous qui nous trouvons dans la zone de confort occidentale ne devons pas battre en retraite ou céder aux fausses accusations d’antisémitisme des anglo-sionistes, des hommes politiques lâches et des journalistes cyniques. Il est temps de riposter au tribunal, sur les places, au parlement et dans les médias.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 16:07

https://www.change.org/p/lettre-ouverte-à-françois-hollande

http://appelsolidaritesyrie.free.fr/ALEP/160729_Lettre-ouverte-F.Hollande_ALEP.pdf

http://www.souriahouria.com/lettre-ouverte-a-francois-hollande-la-france-doit-agir-pour-sauver-alep

Lettre ouverte à François Hollande

La France doit agir pour sauver Alep

Vendredi 29 Juillet 2016

Depuis le début de votre mandat, vous affirmez votre soutien à un avenir libre et démocratique pour le peuple syrien.

Depuis plusieurs semaines, le régime de Bachar al Assad, fort de l’appui des mercenaires iraniens et des miliciens du Hezbollah soutenu par l’aviation russe, bombarde hôpitaux et civils et assiège les quelque trois cent mille habitants de la zone libérée d'Alep qui s’est dotée des instances librement élues d’une société civile affranchie de la dictature. La catastrophe humanitaire résultant de ces agressions reste largement occultée en France, y compris de la part des canaux officiels.

Comment les pays se disant amis de la Syrie pourraient-ils laisser celui qui a gazé plus de mille quatre cent personnes en août 2013 dans la Ghouta Est, torturé jusqu’à la mort des milliers de prisonniers dans les prisons de Damas, terrorisé et tué la population civile par des largages de barils de poudre, reprendre Alep et réprimer sa population avec la férocité dont il est coutumier ?

Dans une ultime manœuvre, Vladimir Poutine est en train d’aménager le coup de grâce à Alep en présentant un dispositif soi-disant humanitaire qui a tous les traits d’un piège tendu pour la reddition et la fuite des habitants et qui les exposerait de surcroît à un carnage et à des arrestations ciblées par les forces du régime de Bachar al Assad.

À l’inverse, il faut tout faire pour mettre fin au drame que vit la population d’Alep en mettant fin au siège et aux crimes dont elle est victime, en imposant sous contrôle international une libre circulation des secours humanitaires et des garanties assurant sa protection conformément au droit international.

Si au-delà des déclarations d’intention aucune pression significative n’etait exercée contre Vladimir Poutine dans les heures qui viennent, les pays se disant amis de la Syrie seraient de fait complices à Alep de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Les crimes de masse que constituent les bombardements contre les populations civiles de Syrie et d’Irak, ainsi que l’inhumain siège qui affame délibérément, désespère et tue femmes, hommes et enfants en Syrie, sans notable parade à l’initiative de la France et des pays se disant amis de la Syrie, consacrent le naufrage de la communauté internationale auquel nous assistons depuis plus de cinq ans.

Ces crimes sont aussi les germes d’une barbarie qui rebondira aujourd’hui et demain et qui n’épargnera aucun pays.

L’actualité récente en France en est tragiquement l’illustration.

En s’appuyant sur votre proposition d’un cessez-le-feu humanitaire, la France doit intervenir d’urgence, avec les pays qui s’y reconnaissent, pour que soit épargné aux habitants d’Alep le dessein du régime de Bachar al Assad, un exil ou une mort lente pour les uns, un massacre pour les autres, et pour qu’ils bénéficient de la protection internationale qu’ils sont en droit d’attendre.

Premiers signataires

Édith Bouvier, Bernard Dréano, Jacques Gaillot, Michel Kilo, Bassma Kodmani, Ziad Majed, Farouk Mardam Bey, Michel Morzière

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 15:34

Fédérer les Nuits Debout

Nous sommes quelques-uns, sur Paris, mais en nombre grandissant, à vouloir consolider Nuit Debout afin de nous redynamiser. Cela nous amène à plusieurs propositions qui visent à rassembler des ressources existantes et mettre en place un processus participatif d'adoption de textes qui nous rassemblent sur des points clé.

Pendant l'été, la coordination de Nuit Debout République a demandé aux commissions parisiennes de répondre à un questionnaire pour savoir sur quelles forces compter à la rentrée.

Nous proposons aux commissions et aux individus à commencer d'élaborer des propositions à adopter en assemblées au cours du mois de septembre 2016.

Les documents nous semblant nécessaires sont la compilation et présentation des bilans qui ont été demandés aux commissions par la coordination de Nuit Debout Paris, ou les interviews de la Gazette Debout, l’appel à contributions individuelles et l’étude de la synthèse de la commission cahiers de doléance, publiées au sein du wiki, sur www.nuitdebout.fr et à faire circuler par internet.

Au questionnaire existant, nous voudrions que chaque commission ajoute deux ou trois propositions de mesures concrètes afin de produire un programme de base qui restera évolutif.

Il faudrait une charte qui s'adresse à toutes et tous, et présente le mouvement à l'échelle nationale.

Si vous voulez contribuer, écrivez à leonpictu@yahoo.fr

Nous pensons utile de nous rassembler sur des mesures car nous n'arriverons pas à trouver une position unique pour les élections. Si nous ne pouvons imaginer adopter une stratégie commune entre la défense de la reconnaissance du vote blanc, le boycott, le hacking de la campagne, ceux qui voteront et ceux qui pensent que nous avons besoin de candidats, faire campagne sur quelques priorités peut être un moyen de nous regrouper dans les actions et l'élaboration pratique d'une alternative.

La vraie démocratie, loin de se résumer au niveau institutionnel, vit dans les places et dans notre capacité à construire des rapports de force, à combattre les injustices et à défendre nos droits, particulièrement ceux des plus démunis.

Nous mettre d'accord sur un processus d'adoption légitime passe par une bilan méthodologique, porté su Paris par la commission démocratie sur la place, de nos expériences de processus de vote, notamment celle sur une semaine au mois de mai 2016.

Sur quoi pouvons-nous nous rassembler d'une manière qui motive notre unité et donne envie de nous rejoindre ? Ouvrons le débat.

Nous faisons cette proposition publiquement de manière à ce que toutes les Nuits Debout et collectifs de lutte intéressés puissent se joindre à ce processus afin d'arriver à adopter un texte national.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 18:19

http://www.alencontre.org/europe/grece/grece-premiere-conference-de-lunite-populaire.html

https://www.ensemble-fdg.org/content/grece-premiere-conference-de-lunite-populaire

Première conférence d'Unité Populaire

Par Antonis Ntavanellos

Mercredi 6 Juillet 2016

La première conférence d'Unité Populaire, qui s’est tenue du Vendredi 24 Juin au Dimanche 26 Juin 2016 à Athènes, fut le lieu et le moment d’un rassemblement d’un effectif militant, précieux et combatif, de la gauche radicale et anti-mémorandaire. Unité Populaire compte quelque cinq mille membres. Les instances dirigeantes, entre autres le conseil politique composé de cent onze membres, ont été élues par mille neuf délégués présents. Etant donné les problèmes de transport, un certain nombre de délégués ont été contraints de partir avant la fin des travaux.

Les trois principales composantes de ce front politique qu’est Unité Populaire sont les suivantes, la tendance de gauche, dont le porte-parole le plus connu est Panagiotis Lafazanis, avec cinquante cinq pour cent des élus, la coalition rénovation radicale avec vingt pour cent des élus et le Red Network avec treize pour cent des élus.

La première conférence d'Unité Populaire marque une différence par rapport à d’autres courants de la gauche dite radicale qui, soit s’orientent essentiellement dans la perspective de participation aux élections, soit considèrent que, dans la conjoncture actuelle, il faudrait d’abord se regrouper, en mettant l’accent surtout sur une évaluation politico-théorique de la période de Syriza, ce qui implique que l’action politique est objectivement reportée à un moment ultérieur.

Pendant les deux jours de dense discussion politique, avec toutes les difficultés propres aux procédures liées à la fondation d’une telle organisation dans une telle phase socio-politique, Unité Populaire a approuvé un cadre programmatique et une résolution politique qui constituent la feuille de route pour l’action politique de ses cent quatre vingt organisations locales et de secteur. Ces textes ont nécessairement le caractère d’un compromis entre des positions politiques parfois distantes. Toutefois, comme a pu le constater la grande majorité des délégués, ce compromis marque un progrès dans l’élaboration et la convergence politique. Il ne pouvait en être autrement, Unité Populaire est un front politique, donc les accords fondamentaux doivent être larges. En même temps, Unité Populaire est un nouveau front, personne ne doit oublier que cela fait moins d’un an qu’il a été créé, et en son sein existent des tendances qui ont des trajectoires et des expériences politiques assez différentes. Une grande partie vient de la plateforme de gauche de Syriza, donc du courant de gauche et du Red Network, tandis qu’une autre partie est issue des bilans effectués par des groupes d’Antarsya, entre autres en relation avec des postures passées sectaires.

La discussion politique pendant les deux jours de la conférence a abordé des questions d’importance cruciale. Quelques courants ont tenté de définir le caractère d'Unité Populaire comme avant tout un courant contre l’Union Européenne, en sous-estimant qu’il est nécessaire de lier notre but de rupture et de sortie de la zone euro aux batailles décisives et immédiates contre l’austérité, les mémorandums et le néo libéralisme. Cette sous-estimation du contenu clairement classiste de notre opposition à l’euro et à l’Union Européenne est liée à la sous-estimation de la stratégie anticapitaliste, qui est adoptée explicitement par les décisions de la conférence, à la sous-estimation de la référence plus générale à la libération et à l'émancipation socialiste, une référence qui colore de façon décisive notre politique et place des limites claires, par exemple en ce qui concerne les alliances politiques admissibles, et aux stratégies qui s’articulent autour de la dite perspective de l’indépendance nationale.

Pourtant, le monde aujourd’hui n’est pas le même qu’il était pendant les décennies 1950 et 1960. La politique de l’impérialisme n’impose pas une colonisation par la dette au moyen de canonnières, mais principalement par le bras de levier les banques. La différence n’est pas seulement tactique, dans les pays comme la Grèce, la classe dominante locale est liée aux centres européens impérialistes par mille fils. Cette classe dirigeante a soutenu avec toutes ses forces les accords avec les créanciers. Elle a donné son accord aux mémorandums. Elle n’a montré aucune volonté de faire des expérimentations de type nassérien, c’est-à-dire de rechercher une quelconque autonomie par rapport aux options des institutions internationales, même selon une version conservatrice. Ce constat central enlève tout fondement à ces stratégies d'indépendance nationale, le renversement anti-mémorandaire de l’austérité, la sortie de l’euro avec un programme populaire et ouvrier, cela soit fera partie d’un programme de transition internationaliste vers le socialisme, soit n’existera pas. C’est cela le fondement des différentes estimations sur le Brexit.

C’est une prise de position de considérer le Brexit en tant que preuve de la crise de l’Union Européenne et des contradictions de l’adversaire et d’être ravi par cela. C'est autre chose que d’insister sur une approche autonome, classiste et politique. C’est une chose d’être ravi par le Brexit, mais c’est autre chose que de sous-estimer les problèmes spécifiques de direction politique qu’on peut constater en Grande-Bretagne, sans même parler de rechercher en Grèce les Nigel Farage locaux, en leur accordant, qui plus est, quelque rôle libérateur.

Notre insistance sur la définition de la ligne d'Unité Populaire en tant qu'antimémorandaire et anticapitaliste se précise sans problème dans les décisions que nous avons prises concernant la planification de l’activité des organisations et des sections d'Unité Populaire. Nous avons décidé d’agir contre la réforme de la loi travail, de résister à la contre-réforme du système de la sécurité sociale, de lutter contre les privatisations et la mise aux enchères des logements populaires et d’organiser la solidarité avec les réfugiés.

Que signifierait au niveau crucial de l’action, ce qui nous rappelle le modèle français de la mobilisation, sur la durée, contre la loi travail, ce qui a été quelque peu sous-estimé dans la discussion, la stratégie de l’indépendance nationale ? Quel serait, par exemple, le contenu spécifique des comités de défense de la souveraineté nationale ? Quel serait le contenu des propositions, heureusement très minoritaires, de contrôler les frontières ?

Ceux qui veulent vraiment comprendre l’esprit de la base d'Unité Populaire devraient aussi avoir à l’esprit qu'Unité Populaire est désormais, officiellement, le premier parti politique en Grèce à affirmer le refus de l’homophobie, après avoir sanctionné par une large majorité l’amendement sur le droit de couples du même sexe d’adopter des enfants.

Nous ne nous faisons pas d’illusions que cette discussion soit terminée, nous savons qu’elle continuera et, par la suite, en liaison étroite avec l’activité des cent quatre vingt organisations locales et sectorielles d'Unité Populaire. C’est la raison pour laquelle nous sommes optimistes quant au résultat final de ce débat, puisque nous sommes convaincus qu’il y a une grande majorité orientée vers la politique radicale de gauche.

La discussion sur les statuts d'Unité Populaire n’a pas pu être menée à bout, pour des raisons de temps. La recherche de la constitution la plus démocratique possible, discussion liée étroitement à des questions telles que l’élargissement d'Unité Populaire, le fonctionnement collectif de sa direction et la relation entre les décisions du parti et le discours public de ses cadres dans les médias, a suscité le dépôt de dizaines d’amendements. Pour des questions de temps, donc, ce débat n’a pas été conclu.

A notre avis, tout ce matériel devra être étudié par les nouveaux organes élus, les questions devraient être groupées de façon claire. Et il faudrait convoquer un congrès pour y discuter avec du temps et décider, sans heurts, les statuts et les règles de fonctionnement d'Unité Populaire.

Entre-temps, Unité Populaire devrait fonctionner en suivant la proposition qui a été sanctionnée en principe et avec la sensibilité qui s’impose après avoir entendu les exigences déposées.

Unité Populaire est le lieu crucial du regroupement de la gauche radicale anti-mémorandaire, après la capitulation de Syriza et ses effets de désintégration sur la gauche. La conférence était un pas positif dans cette direction, une direction dans laquelle nous allons nous engager avec détermination.

Pendant la conférence, le Red Network a démontré qu’il a fait des pas dans sa consolidation et sa maturation politique, nous avons élu quatorze camarades dans le nouveau conseil politique d'Unité Populaire, sur une base ouverte à des collaborations, mais en faisant aussi des choix idéologiques et politiques clairs. Nous avons refusé de suivre le modèle des blocs et des regroupements qui constituent des cercles de collaboration dans le but d’obtenir plus d’élus dans les instances du front, ces blocs peuvent être utiles sur ce plan, mais ils sont remplis de contradictions non explicitées.

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 17:45

http://www.lesinrocks.com/2016/08/06/actualite/marchent-de-marseille-a-paris-exiger-democratie-11857307

Ils ont marché de Marseille à Paris pour exiger une réelle démocratie

Par Cyril Castelliti

Samedi 6 Août 2016

Partis à pied du Vieux-Port de Marseille le Samedi 18 Juin 2016, une quinzaine de marcheurs sont arrivés Jeudi 4 Août 2016 à Paris où plusieurs manifestants les ont accueillis. Au cœur de leurs revendications, une réelle démocratie et la création d’une nouvelle constitution écrite par le peuple.

« Nous ne réalisons pas encore que nous sommes presque arrivés. Tous ces moments, j’ai l’impression d’être parti il y a un an ». Après plus de neuf cent kilomètres parcourus en quarante huit jours, les participants de la marche citoyenne pour la démocratie sont à quelques heures de l’arrivée.

Partis du Vieux-Port de Marseille le Samedi 18 Juin 2016, ces marcheurs entament Jeudi 4 Août 2016 la dernière étape d’un périple lourd de sens jusqu’à la tour Eiffel. Tente sur le dos et bâton de marche dans la main, les militants s’apprêtent à rejoindre la centaine de manifestants parisiens mobilisés pour les accueillir.

Des moments magiques, mais aussi des galères

Si l’événement porte en lui des revendications politiques, rejet des traités de libre-échange, désir d’une réelle démocratie et création d’une constitution citoyenne, beaucoup retiennent avant tout l’aventure humaine de ces dernières semaines. « Nous sommes partis avec des inconnus dans un but commun. Il y a eu des moments magiques mais aussi des galères qui nous ont appris à nous écouter et à partager. Au final j’ai beaucoup changé après ce périple », se remémore Camille, étudiant en musicologie à Aix-en-Provence. Question logistique, les marcheurs ont soit dormi à la belle étoile, soit chez des activistes du mouvement des Nuits Debout de toute la France. Certains individus se sont parfois joints au groupe le temps de quelques kilomètres, « je ne les aurais pas suivi depuis Marseille. Mais c’est une belle initiative citoyenne qui fait plaisir à voir. Alors je me suis motivé à les rejoindre pour cette dernière étape », explique Mathias venu au rendez-vous de 10 heures à Créteil.

A 12 heures 30, les militants arrivent place de la Nation où un premier groupe de manifestants les attend. On y retrouve Sophie Tissier, l’une des fondatrice de Nuit Debout Paris. Sourire aux lèvres, la jeune femme se réjouit de l’événement à l’heure où Nuit Debout prépare sa rentrée.

« C’est la première fois qu’une solidarité pareille se met en place à l’échelle de toutes les villes debout. Selon moi, c’est dans ce sens que le mouvement doit évoluer, une mobilisation totalement pacifique qui ne se réduit pas aux rassemblements nocturnes sur des places publiques ». Exalté par leurs camarades, le cortège se dirige vers la place de la République en chantant « de Marseille à Paris pour la démocratie ».

Sur des pots de peintures donnés par des ouvriers, les marcheurs rythment le pas à coup de percussions. L’ambiance est bon enfant pour ces militants pressés d’arriver à destination.

Nuit Debout n’est pas fini

Place de la République, une assemblée générale est improvisée pour accueillir les marcheurs.

Au centre du débat, il y a la rédaction d’une nouvelle constitution écrite par le peuple. Censée être rédigée par l’intermédiaire des villes debout, les militants se réjouissent du succès de leur solidarité à l’égard des marcheurs. L’événement ayant permis de structurer des Nuit Debout dans toute la France, beaucoup y voient un présage positif pour l’avenir du mouvement.

Intriguée par le rassemblement sur la place de la République, une femme se joint au cortège, « je pensais que Nuit Debout était fini et puis j’ai vu ces gens se réunir. Je me suis dis que ce n’est pas encore terminé. Et j’ai décidé de les suivre ».

Dans un dernier effort, le cortège, qui rassemble maintenant une centaine d’individus, se dirige vers son objectif final, la Tour Eiffel.

La voix cassée, les jambes tremblantes et des sourires jusqu’aux oreilles, les marcheurs se prennent dans les bras à leur arrivée sur le Champs-de-Mars. « Nous l’avons fait. Nous avons réussi », s’écrient-ils. Submergés par l’excitation, ils s’élancent dans une course folle pour déterminer qui arrivera le premier sous la Tour Eiffel. Le calme revenu, ils s’installent à quelques mètres du monument pour un apéritif bien mérité. Si la majorité assure ne pas se rendre encore compte de l’exploit, la fierté se lit sur tous les visages.

En dépit du manque de médiatisation, les marcheurs n’ont aucun doute sur la nécessité de leur initiative et comptent même ne pas s’arrêter là.

Lorsqu’on demande à l’un d’entre eux s’il a déjà songé à abandonner le parcours, il répond avec fermeté, « non, jamais ».

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 17:26

Les forces rebelles syriennes en contrôle quasi total de Manbij (Reuters)

Les Forces Démocratiques Syriennes (FDS), soutenues par les Etats-Unis, ont pris le contrôle quasi total de Manbij, ville du nord de la Syrie que tenaient les djihadistes de l'Etat Islamique, rapporte, Samedi 6 Août 2016, l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme (OSDH).

L'OSDH, qui s'appuie sur un réseau d'informateurs sur le terrain, précise qu'il reste des poches de résistance.

Le porte-parole du conseil militaire de Manbij, allié aux FDS, a confirmé à Reuters que près de quatre vingt dix pour cent de la ville était désormais débarrassée de la présence de djihadistes.

Des combats se poursuivent, a ajouté Charfan Darouich.

Formée l'an dernier, l'alliance des FDS regroupe la milice kurde des unités de protection populaire (YPG) et des combattants arabes.

Elle a déclenché à la fin du mois de mai 2016 son offensive contre Manbij, verrou menant vers la frontière turque, et bénéficie notamment de l'appui d'éléments des forces spéciales de l'armée américaine.

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