Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 17:05

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/08/des-migrants-tunisiens-occupent-un-gymnase-a-paris_1518759_3224.html#xtor=AL-32280184

 

Des migrants tunisiens occupent un gymnase à Paris

 

LEMONDE.FR | 08.05.11 | 11h21  •  Mis à jour le 08.05.11 | 11h37

 

Environ cent cinquante migrants tunisiens, des hommes âgés de 18 à 30 ans, occupent depuis samedi 7 mai un gymnase dans le onzième arrondissement de Paris pour protester contre leur situation précaire et exiger de bonnes conditions d'accueil. La mairie de Paris a autorisé l'occupation du bâtiment, un gymnase situé au 100 Rue de la Fontaine au Roi, durant au moins deux jours, le temps de trouver des solutions de relogement.

 

L'occupation a commencé samedi peu après 16 heures, selon un porte-parole du "Collectif des Tunisiens de Lampedusa". Derrière une grande banderole proclamant: "Ni police, ni charité, un lieu pour s'organiser et des papiers pour tous", une vingtaine d'entre eux étaient restés un moment à l'extérieur du bâtiment, avant de pénétrer à l'intérieur.

 

Quelques dizaines de sympathisants, essentiellement des Franco-Tunisiens "venus par solidarité", distribuaient un tract dénonçant l'expulsion de l'immeuble du 51 avenue Bolivar, occupé pendant trois jours par des migrants tunisiens. Les cent trente huit occupants avaient été interpellés, mercredi 4 mai, par les forces de l’ordre, à la demande de la Mairie de Paris, propriétaire des lieux. Après leur évacuation de cet immeuble insalubre du nord-est de Paris, une centaine de personnes avaient été placées en garde à vue pour infraction à la législation sur le séjour.


FILLON : "LA GÉNÉROSITÉ" DE LA FRANCE N'EST "PAS INÉPUISABLE".

 

Dans un premier temps, la mairie de Paris a, là aussi, tenté de trouver une solution sans intervention des forces de l'ordre. Mais la situation a été "rendue très difficile par la présence de collectifs militants anarchistes ou radicaux", a expliqué la mairie. L'affaire était pour le moins embarrassante pour l'exécutif municipal puisque Bertrand Delanoë jugeait "minables" les arrestations de migrants d'Afrique du nord par les forces de l'ordre il y a encore quelques jours. Il redemande aujourd'hui à l'Etat que "les situations individuelles soient étudiées avec pragmatisme" et promet que Paris poursuivra son "action" d'accompagnement des migrants.

 

Un embarras conjugué à de l'exaspération : "Le ministère de l'intérieur préfère laisser pourrir la situation, laisser monter la tension autour des thématiques liées à l'immigration. Ensuite, le gouvernement est trop heureux de laisser une collectivité locale de gauche gérer la situation seule. Nicolas Sarkozy se sert de la situation dramatique de ces hommes épuisés, sans ressources, pour faire de la sécurité spectacle", a confié au Monde.fr Pascale Boistard, adjointe au maire de Paris chargée de l'immigration.

 

Après l'expulsion du bâtiment avenue Bolivar, le premier ministre François Fillon avait souligné que son gouvernement devait "faire respecter les lois" et que "la générosité" de la France n'était "pas inépuisable".

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 16:51

 

http://www.demosphere.eu/node/24290

http://www.protection-palestine.org/spip.php?article10535

http://www.ism-france.org/communiques/15-mai-1948-15-mai-2011-La-Palestine-au-coeur-des-revolutions-du-monde-arabe-article-15540

Manifestation au départ de la place de la Republique à Paris

 

Dimanche 15 mai 2011 a 15 heures

 

Inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe

 

Premiers signataires : GUPS, CCIPPP, AFPS, Forum Citoyenneté Palestine, AMF, ATMF, ARAC, Comité Egypte, FTCR, Front du 14 Janvier, PCOT, PSM, CDDF-Syrie, Mouvement marocain du 20 février, Manifeste des Libertés, UJFP, Collectif judeo-arabe, AWW France, Respaix, IJAN-France, ANECR, LIFPL, AFD, NPA, Parti de Gauche, PCF, Europe écologie/les Verts, PCOF, les Alternatifs, Sortir du colonialisme, Forum Citoyenneté Monde arabe...

 

La Palestine au cœur des révolutions du monde arabe

 

Suite à son meeting tenu le 2 Mai 2011 à la bourse du travail de Paris, l'Inter-collectif de solidarité avec les luttes des peuples du monde arabe appelle à faire du 15 Mai 2011 une journée de lutte pour « la Palestine au cœur des révolutions du monde arabe ».

 

Le 15 Mai est la journée de commémoration de la Nakba de 1948, la « Catastrophe » qui a vu près d'un million de personnes dépossédées de leur terre, de leurs foyers, et expulsées hors de Palestine. Soixante trois ans après, une nouvelle loi israélienne prévoit d'interdire aux Palestiniens cette commémoration.

 

Simultanément, le gouvernement israélien s'oppose par tous les moyens à la réunification politique palestinienne et au rapprochement des peuples du monde arabe qui se profile dans la foulée des révolutions démocratiques en cours. Alors-même que l'espoir renaît avec l'engagement de rouvrir en permanence le point de passage de Rafah à la frontière égyptienne pour permettre la libre circulation des Palestiniens, Israël a décidé en toute illégalité d'interrompre les transferts des taxes dues aux Palestiniens, aggravant ainsi son blocus de Gaza.

 

Et non content de continuer sa politique de colonisation et d'expulsion des Palestiniens en Cisjordanie, à Jérusalem, et dans l'ensemble de la Palestine historique, l'État d'Israël commence à expulser des travailleurs migrants non-juifs qui, selon son ministre de l'intérieur, constituent une « menace démographique... susceptible de nuire à l'identité juive de l'État ».

 

Pour dénoncer cette politique colonialiste et raciste,

 

Pour exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien dans sa longue lutte pour l'auto-détermination et le droit au retour des réfugiés et leur famille, l'Inter-collectif appelle en coordination avec les Palestiniens en France et les organisations de solidarité franco-palestinienne, à une grande manifestation le dimanche 15 Mai 2011, à partir de 15 heures. Départ place de la République à Paris. Un campement de tentes sera installé au point d'arrivée.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 18:06

 

http://www.fr.news.yahoo.com/ben-laden-jouait-r%C3%B4le-important-direction-filiales-dal-094530676.html

 

Ben Laden jouait un rôle important dans la direction des filiales d'Al-Qaïda, selon les documents d'Abbottabad  (Associated Press)

 
La masse de documents découverte dans le repaire d'Oussama ben Laden conforte l'idée que le chef d'Al-Qaïda jouait réellement un rôle important dans la planification et l'organisation d'attentats perpétrés par le réseau terroriste et ses groupes affiliés au Yémen et en Somalie, si l'on en croit des sources officielles américaines.
 
Les données récupérées lors de l'attaque sur le complexe d'Abbottabad, à cent kilomètres à peine de la capitale Islamabad, suggèrent aussi que les plus hauts commandants d'Al-Qaïda, notamment, se cachent bien sur tout le territoire pakistanais et pas seulement dans les zones tribales à la frontière, et sont soutenus et protégés par des Pakistanais, d'après un haut responsable de la Défense.
 
La question du rôle de Ben Laden et des grands chefs d'Al-Qaïda dans les attaques lancées par des organisations de la nébuleuse terroriste comme Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), basée au Yémen, ou les milices al-Shabab en Somalie fait débat au sein de l'antiterrorisme américain.
 
Or les informations recueillies lors de l'attaque du commando américain laissent penser qu'il était beaucoup plus impliqué dans la direction des personnels et des opérations qu'on a pu le croire au cours de la dernière décennie, d'après plusieurs sources officielles. Elles suggèrent notamment que Ben Laden donnait des "directions stratégiques" à ses filiales au Yémen ou en Somalie, selon ce haut responsable de la Défense.
 
Pour Oussama ben Laden, la priorité des priorités restait d'assurer sa propre sécurité, note cette source. Mais les documents montrent tout de même qu'il était beaucoup plus actif pour fournir des orientations aux filiales yéménites et somaliennes et leur dire ce qu'elles devaient faire ou ne pas faire.
 
Les responsables américains ont déjà assuré avoir beaucoup appris des documents informatiques et des notes découvertes dans le repaire où vivait Ben Laden avant d'être abattu le 1er mai lors de l'opération des forces spéciales de l'US Navy. En revanche, Washington n'a pas voulu confirmer qu'ils avaient trouvé des indices sur la localisation d'Ayman al-Zawahri, le bras droit de Ben Laden, considéré comme le plus à même de lui succéder à la tête d'Al-Qaïda.
 
Les commentaires des responsables américains attestent de la détermination des Etats-Unis à poursuivre la traque des responsables d'Al-Qaïda au Pakistan, en particulier dans cette période critique dans la guerre en Afghanistan, le président Barack Obama ayant promis d'entamer le retrait des troupes américaines en juillet.
 
Depuis la mort d'Oussama ben Laden, les Etats-Unis ont déjà lancé au moins une frappe aérienne au Pakistan et ne donnent pas signe de vouloir réduire ces raids menés par des drones de la CIA. Ils vont sans doute continuer dans les prochains jours, les services de renseignement et l'armée américains tentant d'exploiter au maximum les données recueillies avant que leurs cibles n'aient eu le temps de modifier leurs projets et de changer de cachette.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 17:53

 

http://www.palestine-info.cc/fr/default.aspx?xyz=U6Qq7k%2bcOd87MDI46m9rUxJEpMO%2bi1s7tqT3dcPEvIuHWjB7QMdqU%2ftQetjVWHEYkCtf9muPPYtUCoy6EnivWAruiP52MIIs85lfuhN8NkG6Qhih%2fmz8qYbtGnhfV3JlKDA7IdDj17E%3d

La Cisjordanie répond présente à l’appel du Hamas et sort "le vendredi de la réconciliation"

 

Des milliers d’habitants de la Cisjordanie sont sortis, partout dans la Cisjordanie, manifester sous le titre "Le vendredi de la réconciliation".

 

Pour la première fois depuis des années, les drapeaux se sont hissés, en quittant la grande mosquée de Ramallah, après la prière du vendredi.

 

En plus de ces manifestations, nous voulons du concret, a confirmé le député du Conseil Législatif Palestinien Abdou Al-Jabar Faqha, dont la libération des détenus politiques et le retour des fonctionnaires remerciés de leurs postes.

 

Dans la ville d’Al-Khalil, des milliers de sympathisants du Hamas, devancés par quelques députés et par des drapeaux verts du Hamas, sont sortis appeler à concrétiser la réconciliation, rapidement.

 

Dans le même contexte, des centaines de femmes du Hamas se sont rassemblées. Elles portaient des slogans saluant la réconciliation et appelant à continuer la concrétisation de la réconciliation.

 

La député Samira Al-Halayqa a confirmé que la réconciliation a besoin de plus de travail pour qu’elle voie la fin du tunnel.

 

Pour sa part, Ibrahim Dajbour, député du département de Jénine, a considéré les marches d’aujourd’hui comme une expression de la défaite de la peur ; les jours à venir seront meilleurs.

 

Beaucoup de villes de la Cisjordanie ont connu de grandes manifestations, dont la ville d’Al-Bira, Bethléem et Al-Quds.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 14:07

 

Brève info  Samedi  7 Mai

Hier soir à 23 heures je suis allé au parc de la Villette pour apporter aux jeunes tunisiens sept duvets qu’un camarade du NPA du dix neuvième arrondissement avait gardés après l’épisode de l’occupation du foyer de la rue  David d’Angers. Il fallait que je les trouve et avec mes duvets dans de  grands sacs IKEA, depuis la cité de la musique j’ai prospecté de groupe en groupe. Tous étaient au courant de leur présence et je les ai rejoints, hors du parc, porte de la Villette, derrière l’arrêt des bus PC entre le boulevard extérieur et le périphérique. Il y a là un espace avec quelques massifs de verdure arrosés par le vacarme permanent des bagnoles.

Ils étaient nombreux, entre cinquante et cent personnes, et formaient plusieurs groupes de discussion en cercle. Il y avait plusieurs femmes plus âgées, portant foulard, qui m’ont accueilli et remercié chaleureusement.

Elément nouveau,  contrairement à ce que nous avons connu au 51 rue Simon Bolivar, il n’y avait que des tunisiens. Déjà à Bolivar, ils faisaient leurs Assemblées Générales en arabe, pas seulement parce que tous ne parlent pas français, mais pour décider en toute indépendance. Etant donné les dissensions face à la soldatesque au 51 (les autonomes et libertaires favorables à la résistance dans le 51, alors que les autres pensaient qu’il fallait fuir la souricière) il y a peut être une volonté affichée de ne recevoir qu’un soutien extérieur, sans que cela influence leurs décisions. Au rassemblement de la Madeleine, une Militante de la FTCR avait d’ailleurs fustigé l’excès de zèle de certains soutiens.

Toujours est-il que ce que j’ai vu tord les boyaux. Ces jeunes gars, libres pour quelques jours au mieux, qui ne cherchent même plus à se cacher, pris dans cette ronde infernale de bagnoles, dans le dénuement le plus total, prêts à lutter jusqu’au bout parce qu’on les traite comme des animaux, prêts à tout pour défendre leur dignité d’hommes libres. Face à ça, la saloperie et le mensonge de Delanoé et de Madec qui porte plainte pour dégradation de biens publics (quelques graffitis au feutre au 51 rue Bolivar) et qui, pour se dédouaner, mettent maintenant en cause dans un gratuit les autonomes et libertaires qui, finalement, les auraient obligés à agir… en quelque sorte.

Qu’attendons-nous tous pour appeler à une manif monstre qui parte de l’Hôtel de ville, sous les fenêtres de Delanoé, pour rejoindre le ministère de l’intérieur. Certes, il y a la manifestation du 28 mai, mais pour tous ces jeunes, il y a urgence absolue.

La saloperie de Delanoé  Madec vient justifier et renforcer l’opération Sarkozy Berlusconi et presque tout le monde fait ventre mou ; pour ne pas se fâcher avec le PS ?

La jeunesse tunisienne nous a rappelé hier, lors de nouvelles manifestations très violentes contre le gouvernement provisoire contre révolutionnaire, que la révolution tunisienne n’est pas une révolte. Elle continue à œuvrer, avec ses hauts et ses bas, pour en finir avec le système. La meilleure façon de l’aider et de s’en montrer dignes c’est de frapper vite et fort pour mettre à mal la « forteresse Europe » comme ils se plaisent à dire.

 Georges Sarda

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
7 mai 2011 6 07 /05 /mai /2011 13:52

 

http://www.npa2009.org/content/olivier-besancenot-d%C3%A9cide-de-ne-pas-se-pr%C3%A9senter-%C3%A0-l%C3%A9lection-pr%C3%A9sidentielle-de-2012

 

Olivier Besancenot décide de ne pas se présenter à l'élection présidentielle de 2012

 

Dans un courrier adressé à l'ensemble des militantes et militants du NPA, notre camarade Olivier Besancenot indique qu'il ne souhaite pas se présenter une nouvelle fois à l'élection Présidentielle et en explique les raisons.

 

Le NPA sera présent à l'élection Présidentielle mais n'a pas encore décidé de la forme de sa présence. Il a entamé une démarche de rassemblement anticapitaliste.

 

Cette démarche se poursuit et sa direction nationale (CPN - Conseil politique national), qui se réunira les 14 et 15 mai prochain, fera le point.

 

Lors de sa précédente session, le CPN avait enregistré le retrait du porte parolat d'Olivier Besancenot et désigné deux nouvelles porte paroles, Myriam Martin et Christine Poupin.

 

Voici le contenu du courrier d'Olivier Besancenot :

 

« Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre propre vie, souffrant des mêmes maux.

 

Défiez vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables…

 

Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste et c’est aux électeurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. »

 

Appel du comité central de la Garde nationale de la Commune de Paris, le 25 mars 1871.

 

 

Je ne serai pas le candidat du Nouveau parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2012. Il s’agit d’une décision politique que j’assume. Et si je souhaite aujourd’hui passer le relais à un(e) de nos camarades, je ne renonce pas à m’impliquer, bien au contraire, dans tous nos combats. Je revendique plutôt la possibilité, pour le NPA, de se lancer sur de nouvelles bases, conformes au projet d’émancipation qui, plus que jamais, m’anime.

 

Tout d’abord, je voudrais profiter de cette lettre pour remercier toutes celles et tous ceux qui, au NPA – à la LCR auparavant –, ont participé activement au travail collectif qu’a nécessité le porte-parolat que j’ai assuré ces dix dernières années. À tous les camarades des sections locales qui ont collé des affiches, distribué des tracts, organisé les meetings (et qui, toujours, nous ont accueillis chez eux à bras ouverts), aux chasseurs de signatures en 2002, puis en 2007, ainsi qu’aux camarades de la direction qui ont planché sur les argumentaires, l’orientation, la communication, la protection, à tous j’aimerais vous dire merci. Ce travail d’équipe m’a appris et apporté énormément tout au long de cette drôle d’expérience militante qu’est le porte-parolat.

 

J’ai essayé, pour ma part, de mouiller la chemise sans compter pour faire connaître à un public large nos idées et nos convictions. Et cette chemise, je compte bien la mouiller encore demain pour porter notre programme, notre action et notre voix. Les militants du NPA et, plus généralement, toutes celles et tous ceux qui se battent pour changer le monde pourront compter sur mon engagement.

 

Il s’agit d’une décision politique assumée, donc, et sans grande surprise. Il y a quelques années déjà, j’avais clairement prévenu que je ne comptais pas prendre un abonnement à l’élection présidentielle, parce que je n’aspirais pas à en être l’éternel candidat d’extrême gauche. Depuis de nombreux mois, je fais aussi partie de ceux qui mettent en garde notre parti contre les risques politiques de la personnalisation à outrance. Que les idées s’incarnent ponctuellement dans un contexte social et politique déterminé, ou qu’il faille déléguer la tâche militante de la représentation publique, par un mandat précis et limité dans le temps, est une chose. Jouer des ambiguïtés du système politique et médiatique pour se substituer à l’action militante réelle au sein de la lutte de classe, en est une autre.

 

Nous militons quotidiennement, dans nos entreprises, dans les luttes, au moment des élections, pour défendre la perspective d’une société enfin débarrassée de l’aliénation, de l’exploitation et de l’oppression.

 

L’affranchissement vis-à-vis des servitudes contemporaines implique obligatoirement une rupture avec le système actuel. Cette rupture présuppose une implication populaire croissante dans la vie politique. Autant que faire se peut, cette rupture doit intervenir ici et maintenant, sans la remettre à demain et à ses bouillonnements révolutionnaires prometteurs.

 

Cela signifie qu’ici et maintenant, nous appelons, sans relâche et en conscience, tous les anonymes à s’approprier leur destinée. Voilà pourquoi nous exaltons systématiquement les classes populaires à faire irruption sur la scène politique en brisant les enceintes dressées par les politiciens dans le but de nous tenir à distance de l’arène, là où se jouent nos vies. Partout où nous intervenons, nous portons ce message original et subversif : dans les quartiers populaires, les entreprises, les lycées, les facs, sur les marchés, dans les manifs, pendant les élections. Ce message tout terrain qui est la marque de fabrique de notre parti, nous ne devons pas le ternir au nom d’un quelconque « réflexe » électoral.

 

Nous avons su créer la surprise lorsque la LCR a eu l’audace de présenter un jeune travailleur, un postier, à l’élection présidentielle de 2002. Continuons de surprendre en présentant aujourd’hui d’autres anonymes lors de ces échéances ; cela soulignera d’autant ce que nous sommes réellement : un outil collectif et hétéroclite. S’efforcer de perpétuer la démonstration selon laquelle nous n’avons pas besoin des politiciens pour nous exprimer, comprendre et proposer, est un acte progressiste. Se rassurer en pensant « jouer la sécurité » serait céder, au contraire, à des instincts « conservateurs » pernicieux qu’il faut laisser aux autres. Or, nous n’envisageons pas l’activité politique comme les autres partis.

 

Ce serait aussi, à mes yeux, une contradiction intenable : nous dénonçons un système où la politique est devenue une valeur marchande d’un côté, et de l’autre, nous commencerions involontairement à nous intégrer dans le décor politique traditionnel en incrustant notre mouvement et nos idées dans la case « candidat rituel à l’élection présidentielle » de notre téléviseur. C’est risquer, à terme, de nous transformer en caricature de nous-mêmes, voire en alibi du système.

 

Comme à chacun d’entre vous, cette vision m’est personnellement insupportable. Je ne veux pas avoir le sentiment de faire partie du personnel politique traditionnel aux yeux du large public, qu’à notre mesure nous influençons depuis quelques années. Le fait de mener une activité professionnelle à la Poste – activité que je n’ai jamais lâchée – n’est pas, sur le long terme, un sérum assez puissant pour contrecarrer la dynamique consensuelle qu’impose la joute électorale et médiatique à répétition. Le jeune travailleur parti à l’assaut de la politique en 2002 est inéluctablement devenu, en 2007, celui qui « fait de la politique tout en continuant à travailler » et probablement quelqu’un qui « fait de la politique tout court » en 2012. Militant je suis, militant je veux rester. Me libérer de cette contradiction est la meilleure garantie, pour moi, de continuer à porter le combat du NPA sur la scène publique, mais différemment.

 

Aussi je vous demande d’être solidaires de ce choix, en le comprenant comme la volonté que le NPA puisse enfin se retrouver. Se retrouver non pas sur un nom familier mais sur une identité collectivement réappropriée. Qu’il puisse se déployer sur des bases plus conscientes et plus constantes. Plus conscientes de la nécessité de porter un projet révolutionnaire, internationaliste, vivant et ouvert, qui le maintienne à distance du système actuel. Plus constantes dans son action globale au quotidien, en intervenant sans relâche dans les entreprises, les quartiers, la jeunesse et en animant activement les réseaux de résistance du mouvement social – syndical, antiraciste, écologiste, féministe…

 

L’élection présidentielle aura lieu dans un an. Cela nous laisse le temps de la préparer et faire de 2012 une étape majeure dans cette refondation.

 

Je suis prêt, dès à présent, à m’investir à cent pour cent pour que notre parti, le NPA, puisse effectivement se présenter à la prochaine présidentielle et à épauler de mon mieux notre candidat(e) durant la campagne.

 

Car il faut continuer à nous adresser à des millions de personnes et ne pas se refermer en vase clos. Les moments de reflux que le mouvement ouvrier traverse en France ne doivent pas masquer le caractère instable de la situation politique liée à la crise globale que traverse le capitalisme depuis trois années.

 

Les révolutions arabes le prouvent : les vents de l’histoire sont changeants et peuvent tourner rapidement.

 

Olivier Besancenot

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
6 mai 2011 5 06 /05 /mai /2011 15:47

 

http://www.lariposte.com/l-assassinat-de-ben-laden,1605.html

 

L'assassinat de Ben Laden

 

Terrorisme et terrorisme d'Etat

 

Le 18 septembre 2001, George W. Bush – qui, de toute évidence, a regardé trop de films de John Wayne – déclarait que les Etats-Unis captureraient Oussama Ben Laden « mort ou vif ». Cette affirmation s’est révélée correcte à cinquante pour cent. Il est clair que les Forces spéciales américaines envoyées à Abbottabad n’avaient absolument aucune intention de « prendre » Ben Laden vivant.

 

Lorsque les Américains ont capturé Saddam Hussein, en 2003, ils n’ont pas hésité à l’exposer comme une bête de foire. Ils l’ont soumis à toutes sortes d’humiliations, dont un examen dentaire retransmis à la télévision. Ils ont monté un procès, bien que le verdict en fût connu d’avance. Ils voyaient ça comme un immense coup de propagande. Pourquoi n’ont-ils pas fait de même avec Ben Laden ?

 

John Brennan, responsable du contre-terrorisme auprès d’Obama, a déclaré à des journalistes que le commando américain avait été « préparé » à capturer Ben Laden vivant « s’il ne représentait pas de menace ». Or, en réalité, ses assaillants ne lui ont donné aucune chance de se rendre. Il a reçu une balle dans le crâne et une autre en pleine poitrine. Puis son corps a été transporté en Afghanistan et jeté à la mer « suivant les rites de la tradition islamique ». Des officiels américains ont déclaré qu’une tombe risquait d’en faire un lieu de pèlerinage.

 

En fait, Ben Laden savait trop de choses. Si un procès avait été organisé, il aurait sans doute rappelé le rôle de la CIA dans la promotion d’Al-Qaïda et des Talibans. La CIA a joué un rôle important dans l’armement et l’entraînement des fondamentalistes, y compris de Ben Laden lui-même. Il ne fallait pas qu’il parle – et ils l’ont empêché de parler.

 

L’implication de l’ISI

 

L’assaut a été mené à l’insu du gouvernement pakistanais, quitte à briser le mythe de la « souveraineté nationale » de ce pays. Si les Américains n’ont pas prévenu les Pakistanais, c’est parce qu’ils craignaient que l’information soit immédiatement communiquée à Ben Laden, via les services secrets pakistanais (l’ISI).

 

Comment se fait-il que l’homme le plus recherché au monde vivait dans une résidence fortifiée, à la périphérie d’une ville habitée par des hommes d’affaires et des officiers à la retraite ? La résidence se situe à quelques centaines de mètres de l’Académie Militaire du Pakistan, un centre d’entraînement d’élite. Le chef de l’armée pakistanaise s’y rend fréquemment lors de cérémonies diverses.

 

Mieux encore : la résidence se situe dans une zone militaire d’Abbottabad qui est soumise à des contrôles stricts de la part de l’armée et des services secrets. Quiconque souhaite vivre dans cette zone doit passer par toute une série de contrôles. Il est impensable que Ben Laden et ses hommes aient occupé cette résidence sans que cela soit connu de l’armée pakistanaise et des services secrets, au plus haut niveau.

 

Depuis des décennies, l’armée et l’Etat pakistanais manoeuvrent en Afghanistan, qu’ils veulent placer sous leur contrôle, conformément à leur théorie de la « défense en profondeur ». Ils voient l’Inde comme leur principal ennemi et se préparent à la guerre contre ce puissant voisin, qui a une population plus nombreuse, une base industrielle plus large et un territoire plus vaste. Leur idée est d’attacher l’Afghanistan au Pakistan, de sorte que dans l’éventualité d’une guerre avec l’Inde, l’Afghanistan jouerait le rôle d’immense base arrière. Cette idée est une obsession au plus haut niveau de l’armée pakistanaise – et en particulier de l’ISI.

 

Mais il y a d’autres intérêts en jeu, encore plus substantiels que la stratégie militaire ou le Coran. L’ISI est étroitement liée à la mafia de la drogue pakistanaise et afghane, qui brasse d’énormes quantités d’argent sale. Ces éléments criminels sont liés, à leur tour, aux Talibans et à leurs terroristes associés. A travers un vaste système de corruption et de distribution d’argent de la drogue, les tentacules de l’ISI plongent dans toutes les sphères de l’Etat et du gouvernement.

 

Le lieu de résidence de Ben Laden a confirmé les soupçons des Américains à l’égard de l’ISI. Le silence assourdissant des services secrets pakistanais est la preuve la plus éloquente de leur culpabilité. Ils ont protégé Ben Laden. Cela aura de sérieuses implications dans les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan. Cependant, ils restent liés comme deux frères siamois. Ce n’est pas très confortable, mais ils doivent faire avec.

Les Américains ont besoin du Pakistan pour mener leur guerre en Afghanistan. Et Zardari, le président pakistanais, a besoin de Washington pour maintenir l’économie (et le gouvernement) à flot.

 

Les effets aux Etats-Unis

 

Lorsque la nouvelle a été annoncée, dimanche soir, il y avait des scènes de liesse à Washington, à New York et ailleurs. Des gens sont allés à « Ground Zero » pour exprimer leur joie. Un homme a dit : « Peut-être qu’on peut désormais se retirer d’Irak ». Sous la mince couche de ferveur patriotique, ces mots indiquent un mécontentement sous-jacent à l’égard des aventures militaires américaines – et une soif de paix.

 

Obama a félicité les « héros » qui ont mené l’opération et appelé les membres du Congrès à faire preuve du « même sens d’unité qui a prévalu après le 11 septembre ». Mais c’est un vœu pieux. La société américaine n’a jamais été aussi divisée depuis la Guerre Civile. A court terme, Obama va récolter les fruits de cet assassinat. Cela pourrait contribuer à sa réélection. Mais ce n’est même pas certain. L’euphorie suscitée par la mort de Ben Laden retombera, pas les effets de la crise économique.

 

L’euphorie de ces derniers jours n’a pas de base solide. La situation explosive, à l’échelle mondiale, n’a pas été créee par Ben Laden et Al-Qaïda. Au contraire, ils en étaient une expression. La mort d’un homme ne changera rien de fondamental. Au contraire, cela fera naître un désir de vengeance qui débouchera sur de nouveaux attentats terroristes.

 

Obama a déclaré que la mort de Ben Landen faisait du monde un lieu plus sûr. Mais dans le même discours, il a affirmé que les risques d’attentats terroristes n’étaient pas éliminés. La sécurité a été renforcée dans les ambassades et les aéroports, par crainte de représailles. Les Etats-Unis ont fermé leur ambassade et leurs consulats au Pakistan. En réalité, le monde est un lieu plus dangereux qu’il y a trois jours.

 

La vraie signification d’Al-Qaida

 

Dans la poursuite de ses objectifs, l’impérialisme a toujours besoin de créer un monstre, un sinistre ennemi qu’il diabolise et dont il exagère les crimes, pour justifier ses propres crimes plus monstrueux. Par le passé, il y a eu le « Péril Jaune », puis le « Péril Rouge », et plus récemment Al-Qaïda et les Talibans. Les noms changent mais la fonction reste la même.

 

Depuis dix ans, les médias ont systématiquement construit l’image d’un Monstre nommé Al-Qaïda, censé être une organisation internationale ultra-centralisée, disciplinée et dévouée à la destruction de la civilisation occidentale. En réalité, Al-Qaïda a toujours été une petite organisation dotée d’une audience marginale dans le monde islamique. Dans les faits, il s’agit d’une myriade de petits groupes, dans différents pays, dont chacun poursuit ses propres objectifs. Quant à Ben Laden, son activité se réduisait depuis longtemps à l’enregistrement occasionnel de mauvaises vidéos.

 

Tout ce dont les impérialistes avaient besoin, dans leur lutte contre Al-Qaïda, c’est de la méthode des « frappes chirurgicales » – autrement dit, de bonnes informations et une intervention armée sélective et limitée. Il n’était pas nécessaire d’envoyer de grandes quantités de soldats et de tanks pour envahir des pays, comme les Américains l’ont fait. Dans la lutte contre le terrorisme, cette tactique est complètement contre-productive. En se comportant comme un éléphant dans un magasin de porcelaine, l’impérialisme américain a énormément aidé les terroristes.

 

L’impérialisme américain fut le meilleur allié de Ben Laden et d’Al-Qaïda. L’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan a donné une grande impulsion au recrutement de jeunes Musulmans par les forces du terrorisme. Mais la vague révolutionnaire qui balaye le monde arabe a ruiné le mythe d’Al-Qaïda. En Tunisie, en Egypte et ailleurs, des millions de travailleurs, de jeunes et de paysans ont montré comment mener une lutte sérieuse contre l’impérialisme et ses agents locaux. Et malgré la propagande mensongère des impérialistes, les fondamentalistes n’ont joué aucun rôle significatif dans ces magnifiques mouvements de masse.

 

Le terrorisme d’Etat est beaucoup plus meurtrier que n’importe quel groupe terroriste. Ce sont les Etats qui déclarent la guerre, qui larguent des bombes sur Hiroshima et Nagasaki, qui construisent des camps de concentration tels que Guantanamo, qui manipulent l’opinion publique à travers leurs médias. Ce sont les Etats qui saignent les budgets de la santé, de l’éducation et des retraites – tout en donnant des milliards aux banquiers. Nous ne verserons pas une larme sur le sort du terroriste réactionnaire dont les mains étaient entachées du sang de milliers de personnes. Mais nous condamnons encore plus fermement les crimes de l’impérialisme, qui est responsable de beaucoup plus d’atrocités que Ben Laden et ses fidèles.

 

Le terrorisme individuel repose sur l’idée que de petits groupes d’hommes armés et déterminés peuvent renverser l’ordre établi. C’est une illusion. L’Etat a suffisamment de ressources pour détruire n’importe quel petit groupe armé. Les dégâts provoqués par des attentats terroristes sont superficiels. En fait, les attentats ne font que renforcer les régimes en place, en leur donnant l’excuse dont ils ont besoin pour contre-attaquer à une vaste échelle. C’est ce qu’ont clairement montré les événements qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001. En réalité, l’action révolutionnaire des masses est la seule force qui puisse changer la situation en profondeur. Les révolutions en Egypte, en Tunisie et dans l’ensemble du monde arabe en sont la preuve la plus éclatante.

 

Alan Woods

 

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:52

 

http://www.liberation.fr/monde/01012334857-un-ferry-pour-fuir-misrata

02/05/2011 à 00h00

Un ferry pour fuir Misrata

 

 

De la ville assiégée à Benghazi, le «Red Star One» fait transiter vivres, matériel médical, réfugiés et familles libyennes.

 

Par JEAN-LOUIS LE TOUZET, envoyé spécial en Libye

 

Les ambulances montent en marche arrière dans le ventre du Red Star One, un ferry sorti des chantiers de Lubeck (Allemagne). Le bateau est immatriculé au Panama, pavillon albanais, équipage ukrainien et capitaine italien. Le ferry a accosté cinq heures plus tôt, déchargeant deux cent tonnes de vivres, du matériel médical et des fauteuils roulants. La nuit précédente, le Red Star One a dû mouiller au large car la zone portuaire était sous le feu des mortiers des troupes loyalistes. Hier, le port était en flammes, après de violents bombardements.

 

Un vieux semi-remorque Fiat, conduite à gauche, fait siffler ses freins hydrauliques et stoppe près d’un conteneur où se consument couches et lingettes pour bébés. Le conteneur a été soufflé par un obus et dégage, à dix mètres de l’eau turquoise du quai numéro sept, une fumée rabattue par une légère brise de nord-ouest. Le chauffeur fait tomber les ridelles dans un claquement d’acier et des grappes de Nigériens, jusqu’au toit de la cabine du chauffeur, descendent en silence. Tombe alors une nouvelle salve d’obus de mortier derrière les immenses flèches des grues pour vraquiers. Un type du croissant rouge, mégaphone en main, crie «Allah Akbar» une dernière fois. Pendant deux heures le type s’est époumoné, sous les obus, à crier «Allah Akbar» devant les mille quatre vingt onze Nigériens répartis sur cinq longues files et qui doivent embarquer ce jour-là dans le Red Star affrété par l’Organisation internationale pour les migrations.

 

Moutons.

 

Abdoulaye Ahmed Lamine, 34 ans, est assis sur un coffre à gilets de sauvetage. Il est monté parmi les premiers. C’est un type complètement abattu : «J’ai perdu mes papiers dans le bombardement de l’entrepôt près du port où je travaillais. Je suis sans papiers, sans travail et sans argent.» Abdoulaye est d’abord venu à pied, sous les bombes, «par la porte est» de Misrata. Là, il a rejoint d’autre Nigériens assis à l’ombre d’une baraque et ils ont dormi deux nuits dans la poussière. Abdoulaye appelle cet endroit «la plaine». C’est un no man’s land de déchets industriels dans lequel des moutons broutent du plastique. «On est cent un dans notre groupe. On a mis notre nom sur un papier. Mois je suis le numéro trente trois. Puis on est montés dans le camion qui a roulé. C’était long. Il faisait chaud.»Abdoulaye était «monteur de climatiseurs» et gagnait 450 dinars (255 euros) par mois «nourri-logé». Il voit comme «un signe de Dieu» d’avoir eu la vie sauve : «Dieu fait des choses grandes et épargne les innocents.» Mais Dieu a aussi des oublis. Un obus est tombé la veille sur le groupe d’Abdoulaye qui attendait d’embarquer. Deux pauvres types comme lui ont été tués et trois ont été brûlés vifs.

 

Vibrations.

 

Sur le bateau, un officier ukrainien ordonne au talkie-walkie de remonter les dernières aussières. Sur le pont arrière se pressent d’un coup, comme une vague,  collés au bastingage, trois cent Nigériens qui regardent au loin les véhicules de Kadhafi brûler, frappés par les bombes de l’Otan. A sept kilomètres à l’ouest, le centre-ville de Misrata : un néant urbain. Du pont numéro cinq une longue colonne de fumée noire monte de la ville. Au loin, le bruit sourd des frappes. Les vibrations du bateau se font plus fortes. Les propulseurs d’étrave se mettent en route. Le Red Star One quitte le quai.

 

Une voiture arrive alors à vive à allure. Une famille libyenne. Le père est fou de rage. Il gesticule. Un homme le repousse avec son arme. La mère se prend la tête dans la main. Les obus tombent toujours au loin. Misrata s’éloigne. Dix-huit heures de traversée vers Benghazi. Cent vingt Libyens à bord. Surtout des familles. Elles dormiront dans «l’espace bar». Et mille quatre vingt onze Nigériens allongés, debout, assis, ou dormant roulés en boule entre les ponts trois et cinq. Ils serpentent par dizaines le long des coursives extérieures. Ils font la queue pour pisser. Des heures. Un chiotte pour mille quatre vingt onze personnes. Un Libyen les fait passer un à un en leur parlant mal : «Aux étrangers on leur parle toujours mal», dit Abdoulaye. Pour bouffer ils font aussi la queue. On leur dit de se pousser car les Libyens sont prioritaires en tout. Surtout pour la nourriture. Alors les gars se poussent sans un mot. La nuit est étoilée. De gros projecteurs éclairent la mer. Une petite houle de rien du tout fait rouler gentiment le bateau qui marche à quinze nœuds. Il fait bon. C’est un vieux ferry mais c’est d’un coup le plus beau ferry du monde.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:34

 

http://www.petitions24.net/letat_palestinien_cest_maintenant

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/28/l-etat-palestinien-c-est-maintenant_1514047_3232.html

 

L Etat palestinien, c’est maintenant !

 

Une version abrégée de cet appel a été publiée par Le Monde dans son édition datée du 29 avril 2011.

 

Version complète de l'appel:

 

Le Proche-Orient est à la croisée des chemins. La poursuite de la colonisation israélienne de la Palestine a conduit les négociations de paix dans l’impasse. Le désespoir risque de provoquer l’éclatement d’une troisième Intifada. A l’heure où les peuples arabes reprennent en mains leur destin, seule une reconnaissance généralisée de l’Etat de Palestine dans les frontières d’avant la guerre de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, peut ouvrir une perspective nouvelle.

 

Or, le 24 septembre 2010, le président Barack Obama a proposé à l’Assemblée générale des Nations unies de « revenir l'année prochaine avec un accord qui amènera un nouvel Etat membre aux Nations unies, un Etat palestinien indépendant et souverain, qui vive en paix avec Israël ». Depuis, la plupart des Etats latino-américains ont reconnu cet Etat de Palestine. Le 21 avril, le président de la République Nicolas Sarkozy a fait part au président palestinien Mahmoud Abbas de son « soutien très clair aux efforts visant la création d’un Etat palestinien ». Et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé estime que la reconnaissance de l’Etat palestinien est « une hypothèse qu’il faut avoir en tête », mais qu’ « il faut le faire avec l’Union européenne ». Laquelle s’est engagée, le 13 décembre dernier, à en faire autant « le moment venu ».

 

Ce moment est venu. Le président Mahmoud Abbas a entamé une tournée afin d’obtenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine. En Israël même, des personnalités pour la plupart issues du Mossad, du Shin Bet, de l’armée et du monde des affaires ont rendu publique une « Initiative de paix israélienne » en faveur de  la création d’un Etat palestinien à côté de celui d’Israël. Cette initiative a été suivie d’une pétition dans le même sens signée par une soixantaine de personnalités dont dix-sept lauréats du Prix d’Israël, une des plus hautes distinctions en matière d’art, de sciences, de lettres, des universitaires comme Zeev Sternhell et Yirmiyahu Yovel, la fondatrice du parti Meretz Shulamit Aloni. Les signataires rappellent la résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU du 29 novembre 1947, qui stipulait « la création d’un Etat juif et d’un Etat arabe indépendants », et reprennent plusieurs phrases de la Déclaration d’indépendance d’Israël du 14 mai 1948. Et ils ajoutent : « Nous avons regardé autour de nous, constaté ce qui se passe dans les pays voisins et nous nous sommes dit qu’il est temps pour les Israéliens de faire entendre leur voix. »

 

Nous saluons ces démarches et exhortons la communauté internationale à prendre enfin ses responsabilités : soixante-quatre ans après l’avortement du plan de partage de la Palestine qu’elle ne s’est pas donné les moyens d’appliquer, il lui revient d’assurer un règlement définitif, juste et durable fondé sur le droit international. La France et l’Union européenne doivent prendre l’initiative en reconnaissant sans attendre l’Etat palestinien dans les frontières d’avant la guerre de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale et en appelant l’ONU à en faire de même sans délai.

 

Mais nous ne pouvons nous en remettre aux seules autorités nationales et internationales. Notre responsabilité de citoyens est aussi de mobiliser l’opinion pour qu’elle pèse dans ce sens. C’est pourquoi nous invitons les personnalités et les intellectuels de toutes origines, tendances et sensibilités  à se joindre à cet appel. Pour que la paix l’emporte sur la guerre. Pour empêcher de nouvelles tragédies. Pour assurer l’avenir des deux peuples vivant sur cette même terre.

 

Premiers signataires :

 

Jean Christophe Attias (directeur d'études à l'EPHE), Bertrand Badie (professeur à Sciences Po), Jean Baubérot (professeur émérite à l’EPHE), Esther Benbassa (directrice d'études à l'EPHE), Monique Chemillier Gendreau (professeure émérite à l’Université Paris VII-Diderot), Jean Daniel (éditorialiste, écrivain), François Gèze (éditeur),Gisèle Halimi (avocate, ancienne députée, ambassadrice de l'Unesco), Stéphane Hessel (ambassadeur de France), Daniel Lindenberg (professeur émérite à l’Université Paris VIII-Saint-Denis), Roger Martelli ( historien), Edgar Morin (sociologue), Pierre Nora (historien), Ernest Pignon-Ernest (artiste plasticien), Joël Roman (philosophe), François Salvaing (écrivain),Dominique Vidal (historien et journaliste)

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article
5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:18

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110501/twl-egypte-gaza-bd5ae06.html


L’Egypte vers une ouverture permanente de la frontière avec Gaza (Reuters)

 

L'Egypte a l'intention d'ouvrir de manière permanente sa frontière avec la bande de Gaza afin d'alléger les souffrances des Palestiniens soumis à un blocus israélien, mais elle doit encore finaliser les modalités de cette mesure, a annoncé dimanche le ministère des Affaires étrangères.

 

Cette initiative traduit une nouvelle évolution par rapport à la politique de l'ancien président Hosni Moubarak, dont le gouvernement coopérait avec Israël pour imposer un blocus au territoire contrôlé par le mouvement islamiste Hamas.

 

L'Egypte n'ouvrait sa frontière que sporadiquement pour laisser passer des vivres, des médicaments ou des personnes, principalement des malades nécessitant des soins médicaux ou des étudiants inscrits dans des universités étrangères.

 

Ce système était dans l'ensemble resté en place depuis la démission de Moubarak, le 11 février.

 

Menha Bakhoum, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré à Reuters que la question était étudiée "à tous les niveaux", sans préciser quand l'ouverture permanente pourrait intervenir.

 

MAINTIEN DU TRAITÉ DE PAIX AVEC ISRAËL

 

Israël, qui avait formulé l'espoir que les strictes dispositions en vigueur à la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza resteraient en place, s'est montrée très réservée à l'annonce des intentions du Caire.

 

"Les Egyptiens sont bien sûr libres de faire ce qu'ils veulent à leur frontière, mais nous voulons croire que, pour leur propre sécurité nationale, ils feront en sorte que des armes et des terroristes ne passent pas du Sinaï à Gaza", a déclaré un responsable israélien.

 

L'Egypte a servi d'intermédiaire dans la négociation d'un accord de réconciliation entre factions palestiniennes qui doit être signé cette semaine et le Caire a laissé entendre qu'il était prêt à un rapprochement avec l'Iran alors que les relations diplomatiques avec Téhéran sont rompues depuis une trentaine d'années.

 

Les observateurs estiment que les nouvelles autorités égyptiennes cherchent en partie, grâce à cette évolution de leur politique étrangère, à gagner en crédibilité auprès d'une population majoritairement pro-palestinienne.

 

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Elaraby, a qualifié la semaine dernière de "honteux" le blocus de Gaza et il a déclaré à la chaîne de télévision Al Djazira que l'Egypte étudierait les moyens d'ouvrir la frontière en 10 jours.

 

Bakhoum, citée par le journal gouvernemental Al Ahram, a dit que les dix jours dont parlait al Araby faisaient référence au laps de temps dont l'Egypte aurait besoin pour étudier les mécanismes d'ouverture de la frontière.

 

Elle a ajouté que le réexamen de la politique après le renversement de Moubarak ne signifiait pas que le Caire cesserait d'honorer ses engagements internationaux - allusion au traité de paix signé en 1973 avec Israël.

 

Repost 0
Published by FISCHER
commenter cet article

Présentation

  • : fischer02003
  • fischer02003
  • : actualité politique nationale et internationale
  • Contact

Recherche

Pages

Liens