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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 19:40

 

http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4487

 

Lampedusa : les barbelés de notre médiocrité

 

Annamaria Rivera

 

Traduit par Fausto Giudice

 

 Face à l’exode, tout à fait prévisible, de quelques milliers de migrants et de réfugiés, on ne pourrait imaginer de farce plus indigne que celle qui se joue dans le malheureux pays dans lequel il nous est échu de vivre, désormais padanisé* du Nord au Sud, à quelques exceptions près.

 

Et le contraste est strident entre la noblesse du printemps arabe et la misère des réponses italouillardes** à l’issue escomptée et secondaire de cet extraordinaire tournant historique : rien que chaos, déshumanisation, alarmisme social, compétition entre égoïsmes institutionnels, camps de concentration, barbelés, menaces de rapatriements collectifs, patrouilles “spontanées” et chasse aux fugitifs jusque dans les hospitalières Pouilles.

 

La jeune taupe a bien creusé : le mélange monstrueux de liguisme nazi, de cynisme individualiste de propriétaires, de provincialisme pingre et inconscient dessine aujourd’hui le portrait le plus fidèle de la nation italienne.
 

Nous sommes le pays qui est incapable – ou refuse – de contraindre à la démission son médiocre despote, camarade de goûter et de bunga-bunga***des tyrans renversés par les révoltes : un homme qui, après l’apocalypse japonaise, a eu le culot de qualifier l’arrivée de réfugiés de “tsunami humain”. Et il est donc cohérent que nous en exprimions au niveau institutionnel et social les attitudes, les tics, les sautes d’humeur indécentes.

 

À l’opposé - et ce n’est pas un hasard – l’héroïsme et la générosité collectifs qui ont guidé le soulèvement tunisien se sont reflétés dans la solidarité, l’altruisme, le naturel serein avec lesquels les populations très pauvres des villages frontaliers – et les autorités tunsiennes elles-mêmes – ont accueilli presque cent cinquante mille réfugiés arrivés de Libye : cela, dans un pays d’à peine dix millions et demi d’habitants, se trouvant dans une phase très difficile de transition politique, sociale et économique.

 

Chez nous – un pays de plus de soixante millions d’habitants – il a suffi de vingt mille arrivées pour entraîner le cycle pervers et crapuleux dont nous avons parlé, qui va de l’impéritie et du chaos à leur instrumentalisation alarmiste, du malaise et du rejet populaires aux renvois de balles entre institutions. Il faut ajouter que c’est seulement en apparence que la France est à peine moins dégoûtante, qui, à Vintimille, renvoie les Tunisiens vers l’Italie : pour retrouver leur honneur perdu - si l’on ose dire – Sarkozy et compagnie., eux aussi anciens camarades de goûter de Kadhafi et grands protecteurs de Ben Ali, préfèrent les bombardements “humanitaires” à l’accueil et à la solidarité.

 

Et pourtant il n’y a dans toute cette situation aucun lien objectif, mais plutôt des volontés perverses et des inaptitudes subjectives. Pour ne parler que du niveau institutionnel, il suffirait, pour garantir aux migrants un traitement digne d’un pays civilisé, de réaliser un plan d’accueil diffus, organisé en petits groupes, et surtout édicter un décret sur la protection temporaire, parfaitement possible selon les lois et règlements actuels. Cela permettrait entre autres aux migrants de transiter dans les pays européens et de rejoindre la France et l’Allemagne, c’est-à-dire leurs objectifs réels, contournant ainsi le “bouchon” de Vintimille. C’est ce que demande la myriade d’associations de défense des droits des migrants, à commencer par l’ARCI.

 

Le Parti démocratique évoque lui aussi la protection temporaire, mais de manière passablement plus ambiguë, car il ne résiste pas à la tentation de demander dans le même souffle un “accord avec la Tunisie pour gérer l’arrêt des arrivées et la programmation des rapatriements”. Peut-être les « démocrates » ignorent-ils qu’ainsi ils trahissent la volonté et l’esprit du printemps arabe, dont la déclaration récente du Forum économique et social tunisien est un exemple. Le Forum demande à son propre gouvernement l’exact contraire : de refuser “la demande des autorités italiennes concernant un rapatriement de masse obligatoire des émigrés” et ”l’interruption de l’application des accords sur les questions migratoires, passés avec l’ex-dictature”.

 

Mais les nôtres sont durs de la feuille. Ils n’ont pas encore compris que la liberté pour laquelle les jeunes Tunisiens et Égyptiens, peut-être aussi Libyens, ont lutté et luttent, c’est aussi la liberté de mouvement. Les jeunes révoltés qui ont expérimenté virtuellement le droit à la mobilité – avec les blogs, Facebook et autres réseaux sociaux – et qui donc se sentent déjà partie prenante d’une communauté globale sans frontières, n’acceptent plus (en admettant qu’ils l’aient jamais accepté) d’être confinés à l’intérieur des enceintes nationales. Par leurs révolutions ils ont déclarés faire partie d’au moins une région euro-méditerranéenne.

 

Certes les raisons qui les poussent à risquer leur vie en embarquant sur les habituelles charrettes de la mer sont aussi multiples que leurs biographies individuelles. Pour beaucoup de jeunes prolétaires tunisiens, la transition, avec l’effondrement du secteur touristique et de tout le secteur informel induit, signifie perte de travail et de revenu, impossibilité de continuer à faire vivre leur famille. Pour d’autres, cette transition, avec le relâchement de la surveillance policière, représente l’occasion de réaliser enfin un projet de migration qu’ils avaient dans le tiroir. Pour beaucoup d’entre eux, partir, aller voir ce qu’il y a sur l’autre rive, est simplement le corollaire de la liberté conquise par le soulèvement.

 

Penser qu’on peut contraindre de telles aspirations entre les barbelés de notre médiocrité fainéante et devenue méchante, de notre égoïsme incapable et provincial, est pure sottise car cela va dans la direction opposée à celle des désirs collectifs des autres et du mouvement historique.

 

Dès maintenant, des brèches et des voies de fuite s’ouvrent dans les clôtures de barbelés. Et à propos : pourquoi est-ce que nous, les vrais “hommes et femmes de bonne volonté”, ne nous armons pas de cisailles - des vraies, pas des symboliques - pour encourager le cours de l’histoire ?

 

 

 Notes du traducteur


*Padanisé : néologisme formé à partir du mot Padania, la chimérique république virtuelle de la région du Pô inventée par la Ligue du Nord. Une version post-moderne de l'esprit de clocher et du “maître chez soi”.

 

**Italouillardes : néologisme du traducteur, formé à partir de franchouillard et de trouillard, pour rendre l’italien italiche.

 

*** Bunga-bunga : Terme inspiré à Berlusconi par Kadhafi pour désigner ses orgies.

 

Message original en italien

 

http://www.liberazione.it/rubrica-file/I-fili-spinati-della-nostra-mediocrit----LIBERAZIONE-IT.htm

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 19:57

 

LE GRAND SOIR CONTRE ARTICLE ONZE

 

Il y avait récemment un message de violente polémique du site www.article11.info contre le site www.legrandsoir.info .


Dans un premier temps, le site www.legrandsoir.info décidait la publication du message du site www.article11.info et d’un message de mise au point. Dans un premier temps, je faisais comme les gestionnaires du site www.legrandsoir.info , je décidais la publication du message du site www.article11.info et d’un message personnel de mise au point.


Dans un deuxième temps, j’aboutis à la conclusion selon laquelle le message du site www.article11.info n’est pas diffusable. Il pose trop de problèmes médiatiques, politiques et juridiques. Il y a dans ce message trop de polémiques contre trop de militants et d’organisations de gauche et d’extrême gauche.


Vous trouverez donc ci-dessous premièrement le lien vers le message du site www.article11.info


 http://www.article11.info/spip/Le-Grand-soir-analyse-des-derives


 Vous trouverez deuxièmement le lien vers la première réponse du site www.legrandsoir.info aux gestionnaires du site www.article11.info


http://www.legrandsoir.info/Le-Grand-soir-analyse-des-derives-droitieres-d-un-site-alter.html


Vous trouverez enfin ci-dessous mon message de commentaires personnels.


Le message du site www.article11.info est un message de violente polémique contre le site www.legrandsoir.info . Ces deux sites sont à priori des sites de gauche et d’extrême gauche.


Je ne ferais pas de grand discours quant à la véritable identité des gestionnaires du site www.article11.info ni quant à l’identité des véritables rédacteurs du message. Le véritable nom des deux signataires officiels du message n’a d’ailleurs pas beaucoup d’importance. Ils faisaient comme beaucoup d’autres du copiage et du collage et leur message n’apporte vraiment pas beaucoup sinon pas du tout d’informations originales.


Le site www.article11.info pose et dénonce un véritable problème, c’est la publication d’un certain nombre de messages d’extrême droite par un certain nombre de sites d’extrême gauche.


Je ne pose généralement pas ce problème sous la forme d’un problème subjectif et intentionnel. Plus exactement, la véritable subjectivité et intentionnalité est exactement inverse.


La véritable extrême droite fait en permanence et par définition de la démagogie et du populisme. La dernière forme d’expression de cette démagogie et de ce populisme est la publication systématique d’un certain nombre de messages d’extrême gauche par  un certain nombre de sites d’extrême droite. Ce sont autant de tentatives d’amalgame entre l’extrême droite et l’extrême gauche et c’est une importante stratégie contre toute véritable discussion et action révolutionnaire anti impérialiste. Nous tombons tous forcément de temps en temps dans ce piège.


Le site www.article11.info dénonce donc ces tentatives d’amalgame mais son message, si on le considère comme un véritable message du site www.article11.info et si on ne le considère pas comme un faux, est en lui-même un message d’amalgame entre d’une part un certain nombre de véritables militants et organisations d’extrême gauche (PTB, PRCF) et d’autre part un certain nombre de véritable militants  d’extrême droite (Soral) et ce message d’amalgame est très nettement supérieur par rapport à toutes ses dénonciations.


Ce message est un problème supplémentaire, il ne va pas du tout dans le sens de la solution du problème.


Bernard Fischer 

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4 avril 2011 1 04 /04 /avril /2011 17:51

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110403/twl-libye-grece-bd5ae06_2.html

 

L’émissaire de Kadhafi en Grèce prône l’arrêt des combats (Reuters)

 

L'émissaire dépêché dimanche en Grèce par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a informé le Premier ministre George Papandréou que son pays souhaitait une solution et un arrêt des combats, indique une source gouvernementale grecque.

 

"Il semble que les autorités libyennes cherchent une solution", a dit le ministre grec des Affaires étrangères Dimitris Droutsas, après une rencontre avec le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Obeïdi.

 

Obeïdi s'était rendu en Grèce dimanche en étant porteur d'un message du dirigeant libyen dont la teneur n'avait pas été dévoilée.

 

Un responsable gouvernemental a précisé à Reuters qu'Obeïdi a exprimé le souhait de la Libye de voir les combats s'arrêter. Obeïdi a informé Papandréou qu'il va ensuite se rendre à Malte et en Turquie, a ajouté Droutsas.

 

La Grèce entretient depuis de nombreuses années de bonnes relations avec le régime libyen et le chef du gouvernement grec a eu une série d'entretiens téléphoniques avec des responsables à Tripoli mais également avec ses homologues britannique et turc et avec des dirigeants qataris au cours de deux derniers jours.

 

Le message délivré par le vice-ministre libyen des Affaires étrangères intervient alors que la situation humanitaire devient préoccupante à Misrata, où un navire-hôpital turc a réussi à évacuer deux cent cinquante blessés dimanche.

 

Le bâtiment a été dépêché dans la cité portuaire sur ordre du ministère turc des Affaires étrangères et a passé quatre jours au large à attendre d'avoir l'autorisation de mouiller dans le port pour procéder aux évacuations.

 

Le ferry Ankara, transformé en navire-hôpital, a pu accoster en bénéficiant de la protection aérienne de dix chasseurs F-16 de l'armée de l'Air turque et de l'appui de deux frégates de la Marine, a expliqué un diplomate turc.

 

Il a embarqué des blessés et cent membres de leurs familles avant d'appareiller en toute hâte alors qu'une foule importante se pressait sur les quais espérant quitter la Libye.

 

"C'est une situation très difficile... Nous avons dû appareiller très tôt", a dit Ali Akin, chef des affaires consulaires au ministère turc des Affaires étrangères.

 

"Il n'y a pas assez de places dans l'hôpital (de Misrata) donc ils soignent certains blessés et les renvoient ensuite chez eux. Cela fait que nous avons eu du mal à les récupérer", a-t-il ajouté.

 

Un comité hospitalier a informé les autorités turques que cent vingt blessés nécessitaient d'être évacués. La navire a également fait une escale à Benghazi pour évacuer d'autres victimes.

 

Il va maintenant faire route vers la Turquie où un hôpital de campagne a été installé.

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 20:38

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Dazibaoueb.020411.htm

 

http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=22026

 

En réponse à Article 11

 

Samedi 2 avril 2011

 

Nous avons eu la surprise de découvrir un article ignoble, signé par Marie-Anne Boutoleau et Joe Rashkounine, paru sur le site Article XI et intitulé : « Le Grand Soir : analyse des dérives droitières d’un site alter ».

Dans cet article, Dazibaoueb, notre site, est trainé dans la boue. On nous traite de site "faussement altermondialiste", "complotiste" et "d'extrême-droite". Nous n'avons pas pour habitude de critiquer des confrères, ni d'entrer dans des guéguerres entre sites, mais alertés par nos internautes sur les réactions extrêmement nauséabondes publiées sur Article XI à la suite de leur billet, il nous a semblé qu'une petite mise au point s'imposait.

Dazibaoueb ne revendique rien d'autre que ce qui est écrit dans sa rubrique « qui sommes nous ». Nous sommes un site d'information, de débats et de confrontation d'idées. Nous considérons que de la discussion jaillit la lumière. Rien d'autre. Nous ne sommes membres d'aucun parti politique, d'aucun syndicat. Nous n'avons aucune autre prétention que d'essayer d'informer les internautes. Nous n'avons donc pas à justifier nos publications dans une ligne politique qui serait définie par Article XI. Et puis quoi encore ?

Ceci posé nous pouvons démonter une par une les attaques qu'Article XI a cru bon de publier contre nous.

"Faussement altermondialiste" ?

 

Mais où est il écrit que nous sommes un site altermondialiste ? C'est idiot de dire "faussement altermondialiste" alors que nous n'avons jamais revendiqué être altermondialiste. C'est un peu comme si nous disions "le site faussement bouddhiste Article XI". C'est débile et ça relève du fantasme malveillant.

 

"Complotiste" ?

 

Nous avons en effet publié des articles sur le 11 septembre. Et alors ? En tant que site de débat ouvert à tous, nous débattons de ce que nous voulons, sans en demander la permission à Article XI, il est vrai, mais nous ne savions pas qu'il fallait leur demander, et nous n'y manquerons pas la prochaine fois. Et quand un de nos intervenants publiera un billet, nous demanderons à Article XI si des fois ça ne relèverait pas de la théorie du complot, on ne sait jamais, des fois que ce soit mal...

 

"D'extrême-droite" ?

 

Ca c'est une grave accusation. Comme nous sommes un site ouvert qui fait dans l'information et la confrontation d'idées, un de nos intervenants réguliers publie des communiqués du Parti Anti Sioniste. Cela permet souvent d'ouvrir des débats. Car comment débattre des choses si on n'a pas le droit d'en parler ? Encore une fois, nous sommes un site d'information et nous accuser d'être "d'extrême-droite" parce qu'un de nos internautes publie des opinions du parti anti sioniste est aussi idiot que d'accuser France 2 d'être membre du FN, sous prêtexte qu'ils auraient un jour invité Le Pen au journal télévisé. C'est une grave accusation diffamatoire qui relève de l'amalgame malveillant.

 

Il s'avère donc que l'article de Marie-Anne Boutoleau et Joe Rashkounine n'est qu'un ramassis de ragots malveillants qui ne reposent que sur des fantasmes et des procès d'intention. C'est de l'hystérie, Marie-Anne Boutoleau et Joe Rashkounine se permettent d'accoler des étiquettes aux gens conformément aux fantasmes de leurs petits esprits tordus, et de les juger ensuite conformément aux étiquettes sans fondements qu'il leur à plu d'attribuer. Peut-être que Marie-Anne Boutoleau et Joe Rashkounine croient être les grands inquisiteurs du web et cela suffit pour qu'ils se permettent tout et n'importe quoi ? En tout cas nous constatons que c'est une méthode qui relève du terrorisme intellectuel, ces gens croient comme ça décider à distance de ce que les autres doivent publier ou pas, en fonction de leurs idées préconçues. Drôle de méthode ! Ils ont une prétention sans commune mesure et s'imaginent qu'ils sont les seuls à décider qui est de gauche et qui ne l'est pas.

 

Qu'il soit bien entendu une bonne fois pour toutes que nous n'avons aucun compte à rendre à personne, et que les opinions de Marie-Anne Boutoleau, Joe Rashkounine et de l'ensemble du site Article XI ne nous intéresse pas. Ceci est la dernière fois que nous y faisons allusion, ayant bien d'autres choses à faire que de nous occuper de ce que ces gens insignifiants pensent de nous. Nous espérons avoir été clairs.

 

Nous avons bien une petite idée de l'intention qu'a eu Article XI en publiant ce torchon nauséabond, mais comme nous, nous ne prétendons pas être les grands inquisiteurs du web de gauche, nous nous garderons bien de faire ici un procès d'intention.

 

Toutefois, en parlant de procès, nous nous réservons le droit de parler de cette affaire à nos avocats, et de leur faire étudier toutes les suites judiciaires possibles. Parce que bon, il y a des limites, et puisqu'Article XI s'est arrogé la mission d'être le justicier du web, il va peut-être leur falloir un jour ou l'autre assumer cette mission divine devant un tribunal. On ne peut pas se permettre de médire à ce point sur les gens sans en assumer un jour ou l'autre les conséquences.

 

Toutefois s'il s'avère que tout cela provient d'un malentendu, l'erreur étant humaine, nous sommes tout à fait disposés à passer l'éponge; il suffira qu'Article XI nous le fasse savoir directement.

 

Pour finir nous nous permettons un petit conseil à Article XI :

 

Puisque vous vous prétendez de gauche, au lieu de décerner des mauvais points à vos petits camarades, vous feriez peut-être mieux de combattre la droite, non ?

 

Enfin, nous on dit ça et on ne dit rien...

 

Le comité de rédaction de Dazibaoueb

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 20:11

 

http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=21&eid=9013&frid=21

 

L’Egypte veut ouvrir une nouvelle page avec le Hamas le Hezbollah et l’Iran


L’équipe du site Al Manar


Le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil al Arabie a déclaré lors d’une conférence de presse tenue au Caire, que " l’Egypte compte améliorer ses relations avec le Hamas  surtout en ce qui concerne  les besoins humanitaires de la bande de Gaza et le maintien de l’ouverture du passage de Rafah,  soulignant que l'Egypte ne souhaite pas  imposer un blocus contre la bande de Gaza".


En réponse à une question sur la politique de l'Egypte envers le Hezbollah, le ministre égyptien a souligné : "Il y a une grande différence entre le statut du Hamas et le statut du  Hezbollah, le Hamas est dans un territoire occupé, mais le Hezbollah fait partie de la formule libanaise, et donc il s’agit là d’une question  interne, cela dit  tout Libanais qui souhaite établir des relations avec nous, sera le bienvenue".


Il a également déclaré que "l'Egypte va ouvrir une nouvelle page avec tous les pays arabes et musulmans y compris l’Iran" !

Et de poursuivre :" Nous sommes prêts à ouvrir une nouvelle page avec l'Iran.  C’est un pays voisin avec lequel nous avons des liens historiques qui se prolongent à travers les âges,  le gouvernement égyptien ne considère pas l’Iran un pays hostile ou ennemi, il souhaite ouvrir une nouvelle page avec tous les pays, y compris l'Iran ".

Interrogé sur l’avenir des relations diplomatiques entre les deux pays sachant qu’il n’ y a pas d’ambassade de l’Egypte en Iran mais un bureau de services d’intérêts, alArabie a répondu : " tout dépend des deux parties, de notre côté nous sommes prêts à ouvrir une nouvelle page et nous allons voir leur réaction".


Justement, la réaction  ne s'est pas fait attendre côté iranien :   le ministre des affaires étrangères Ali Salehi a applaudi les propos de son homologue égyptien.


Salehi, a déclaré dans un communiqué publié par l'agence iranienne MeherNews : "le peuple égyptien  a ouvert  une nouvelle page dans l'histoire de son pays rien qu'en invoquant ses droits légitimes et en réalisant ses demandes, je vous félicite encore une fois pour cette victoire".


Il a ajouté:" les relations historiques entre les deux pays n’ont jamais été interrompues en dépit des fluctuations, et nous espérons voir dans le nouveau climat un renforcement des  relations entre les deux pays et entre les peuples d'Iran et l'Égypte".


Et de conclure :  "Certainement, les bonnes relations entre les deux pays contribueront  à établir la sécurité, la stabilité et le développement dans la région."

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 19:57

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/30/il-faut-renoncer-au-debat-sur-la-laicite_1500631_3232.html

 

IL FAUT RENONCER AU DEBAT SUR LA LAICITE

 

Editorial du Monde| 30.03.11 | 13h45  •  Mis à jour le 30.03.11 | 15h11

 

Ni la défaite de son camp aux cantonales, ni la progression du Front national, ni les déchirements de sa majorité n'ont fait changer d'avis le président de la République. Annoncé depuis des semaines et organisé par l'UMP, le débat sur la laïcité et la place de l'islam aura lieu, comme prévu, le 5 avril. Nicolas Sarkozy semble considérer qu'il n'y a rien de plus urgent.

 

Plus que jamais, pourtant, ce débat est inopportun et déplacé. Inopportun parce qu'il ne répond pas aux préoccupations principales des Français, qui portent sur le pouvoir d'achat, le chômage, la précarité, les inégalités ou la recherche de ce que Jean-Paul Delevoye, le Médiateur de la République, appelle "la solidarité de proximité". "Notre société, écrit-il dans son dernier rapport, doit retrouver le chemin des valeurs, sinon ses tensions internes seront suicidaires."

 

Déplacé, car ce n'est pas à la République, et encore moins à un parti politique, de codifier les religions, dès lors que leurs pratiques ne portent pas atteinte à la laïcité et à la loi de 1905, ou de faire en sorte, pour reprendre la formule du ministre de l'intérieur, Claude Guéant, que les musulmans se sentent "apaisés dans leur foi".

 

Dans cette affaire, comme en 2009 sur l'identité nationale, Nicolas Sarkozy court derrière le Front national, avec pour seul effet de nourrir ses thématiques de rejet de l'étranger. Le 10 décembre 2010, Marine Le Pen avait fait un parallèle nauséabond entre les prières des musulmans dans la rue et l'Occupation. "C'est une occupation de pans de territoire", avait-elle déclaré. Le 15 janvier, le chef de l'Etat, adepte de la "laïcité positive", avait évoqué "des pratiques religieuses qui interpellent la laïcité", en pointant essentiellement les musulmans et "les appels à la prière dans l'espace public". Le 14 février, après une intervention sur TF1, il donnait son feu vert à un débat sur "l'intégration de la religion musulmane dans une République laïque".

 

Nicolas Sarkozy a fait fi des inquiétudes et des réticences de son propre camp, à commencer par celles de François Fillon, qui craignait qu'un tel débat "stigmatise les musulmans". Mardi 29 mars, c'est la Conférence des responsables de culte en France, qui regroupe des responsables du bouddhisme, des Eglises chrétiennes, de l'islam et du judaïsme, qui met en garde, dans un texte publié par La Croix, contre un débat qui peut "susciter des confusions qui ne peuvent qu'être préjudiciables" et comporte des "risques de stigmatisation". "Le devoir de ceux qui sont "en responsabilité'', écrivent les signataires, consiste à éclairer le chemin et à élaborer des solutions conformes au bien de tous. N'ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence." Il s'agit d'un appel pour une laïcité qui ne saurait être séparée "de la dignité et du respect de la personne humaine et de sa liberté inaliénable". Il mérite d'être entendu.

 

Il est encore temps pour Nicolas Sarkozy de sortir du déni de réalité et d'emprunter un chemin de sagesse en renonçant à un tel débat.

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 16:43

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article6022

 

Christophe Oberlin : notre mission chirurgicale a dû passer par les tunnels

 

De retour de Gaza avec Christophe Denantes, Christophe Oberlin témoigne.

 

CAPJPO : Vous revenez d’une mission médicale à Gaza après avoir été bloqués pendant trois jours à Rafah par les autorités égyptiennes. On aurait pu penser qu’après la révolution égyptienne qui a chassé Moubarak et d’autres dirigeants de la dictature, la situation à l’entrée de la bande de Gaza par l’Egypte aurait été radicalement modifiée. Qu’en est-il ?


Christophe Oberlin : En réalité la situation s’est aggravée. Les personnes titulaires d’un passeport non palestinien ne peuvent plus entrer depuis la révolution en Egypte, alors qu’ils le pouvaient auparavant dans une certaine mesure. En particulier certaines missions médicales ont pu passer au cours des derniers mois. Nous avions choisi de passer cette fois-ci par l’Egypte pour nous rendre à Gaza, car un membre de notre équipe, chirurgien anglais d’origine irakienne, est régulièrement bloqué par les autorités israélienne (12h à 5 jours) quand nous passons par Erez (comme tous les membres de nos équipe au patronyme arabe). Nous avons attendu deux jours entiers à Rafah côté égyptien. Au cours de cette attente, nous n’avons vu entrer aucun camion de marchandise, et simplement vu entrer et sortir quelques dizaines de Palestiniens. Il faut rappeler que le passeport palestinien est délivré avec l’autorisation d’Israël, raison pour laquelle les Palestiniens l’appellent plus justement « document israélien ». Nous avons été le témoin du refus d’entrer d’une mère de famille : née au Qatar de parents Gazaouis, ayant vécu elle même six ans à Gaza où elle s’est mariée à un Gazaoui, elle vit avec sa famille en Allemagne (titulaire d’un passeport allemand). Depuis 1995 elle demande un passeport palestinien, sans succès. Venue en famille en visite à Gaza, le père et les enfants ont été autorisés à entrer, et elle refoulée. Pour notre part un signalement avait été fait depuis plusieurs mois à l’ambassade d’Egypte à Paris, à l’autorité palestinienne au Caire, au consulat de France au Caire, etc.. On nous a dit que le ministre des affaires étrangères égyptien nous voyait d’un bon œil, mais que le pouvoir étant pour l’instant aux militaires, il ne pouvait rien faire !


CAPJPO : Que disent les autorités égyptiennes à propos du blocus de Gaza ?

 

Christophe Oberlin : Nous n’avons pas été en contact directement avec les autorités égyptiennes. Mais ce que nous avons constaté est que les passages par les tunnels ne sont nullement entravés, au point que le cours du ciment et du fer à béton dans la bande de Gaza a chuté jusqu’à atteindre pratiquement le prix israélien (du temps où le ciment était disponible par Israël) : Gaza est devenue un immense chantier : rues en voie d’élargissement, traçage de nouvelles routes, maisons en construction. La bande de Gaza est méconnaissable. Mais le blocus côté israélien persiste. Par exemple Israël ne laisse entrer que 40 voitures neuves par semaine, alors que, selon les importateurs, 2500 ont été achetées par des Gazaouis, payées, et sont en attente (rémunérée !) au port d’Ashdod en Israël !

 

CAPJPO : Comment s’est passée votre mission ? Et quelle est la situation dans la bande de Gaza ?

 

Christophe Oberlin : Le troisième jour d’attente, nous avons sollicité le ministère de la santé de Gaza qui a fait organiser par les services de sécurité du ministère de l’intérieur un passage dans la journée par les tunnels. Nous avons été ainsi accueillis très officiellement à Gaza. La mission s’est bien passée : une soixantaine de consultants et vingt interventions chirurgicales à l’hôpital Nasser de Khan Younis. Le Dr Mohamed Rantissi a été aidé sur des interventions difficiles ou nouvelles pour lui, de sorte qu’il continue à progresser. Il opère actuellement deux cent patients par an, dans un domaine de la chirurgie réparatrice qui n’était pas pratiqué à Gaza avant sa formation. Il a mis en route, à la demande du ministère de la santé, une formation au laboratoire de microchirurgie de neuf chirurgiens palestiniens. De plus 4 de nos anciens élèves, plus jeunes, suivent maintenant la filière de formation spécialisée en chirurgie orthopédique qui a vu le jour à Gaza depuis peu. Ce sont donc quatre chirurgiens qui, à terme auront à la fois une diplôme en chirurgie orthopédique et un diplôme en microchirurgie et chirurgie de la main. La seule originalité est qu’ils auront acquis l’hyper spécialité avant la spécialité ! Il était en tous cas indispensable, compte tenu du siège, que certaines formations spécialisées démarrent à Gaza, et il faut reconnaitre que les Gazaouis l’ont fait !

 

CAPJPO : Comment les Gazaouis vivent-ils les bouleversements en Egypte et dans les autres pays arabes ?

 

Christophe Oberlin : Curieusement Ils le vivent de manière diamétralement opposée en fonction de leur coloration « Fatah » ou « Hamas ». Les Hamas ont le sourire jusqu’aux oreilles. Ils disent que le siège continue, mais que dès que le pouvoir militaire se sera retiré, après des élections libres et l’élaboration d’une nouvelle constitution, le siège sera levé et surtout l’isolement diplomatique d’Israël sera accentué. D’après mes interlocuteurs les nouveaux ministres égyptiens ont contacté leurs homologues Gazaouis pour les assurer d’une telle évolution Pour les Fatah, l’ambiance est morose. Ils pensent que la situation ne va pas s’améliorer de si tôt, qu’Israël reste et restera maitre de la frontière de Rafah.

 

CAPJPO : Il y a eu des manifestations populaires pendant votre séjour dans la bande de Gaza, en faveur de l’unité

nationale palestinienne. Ont-elles rassemblé beaucoup de Gazaouis ? Par qui étaient-elles organisées ? Comment le Hamas réagit-il face à ces manifestations ?

 

Christophe Oberlin : Là encore deux discours opposés. Pour le Hamas il s’agissait de manifestations de masse pour la réconciliation qu’ils appellent de leurs vœux. Malheureusement certains Fatah auraient voulu manifester séparément et transformer la manifestation de réconciliation en manifestation d’opposition au Hamas, d’où les heurts. Pour les Fatah, il s’agit d’une répression pure et simple. A noter aussi un discours très différent concernant l’éventuelle « venue de Mahmoud Abbas à Gaza », largement médiatisée. Pour le Hamas il est le bienvenu, le ménage a été fait dans sa maison qui l’attend, tous les sujets de discussion pourront être abordés. Mais pas question de répondre positivement à la moindre condition préalable, par exemple à la demande que le premier ministre Ismaël Haniyeh vienne l’accueillir à Erez ! Ceci est impensable notamment pour des raisons de sécurité. Il ne faut pas oublier qu’Israël a essayé maintes fois de l’assassiner comme la plupart des autres ministres actuels. Pour le Fatah, et notamment Ashraf Jouma, député Fatah de Rafah, Mahmoud Abbas serait d’accord pour la formation d’un gouvernement intérimaire comportant un premier ministre Hamas et des ministres dits « de la société civile ». Quand on pose la question de la reconnaissance de ce ministère par le parlement, Ashraf Jouma acquiesce. Cela supposerait la réouverture du parlement (qui peut toujours siéger dans sa composition actuelle aujourd’hui selon la loi fondamentale palestinienne), ce qui semble en fait très improbable : cela supposerait la libération de la dizaine de députés encore en prison en Israël et la levée de la résidence surveillée d’Aziz Duek l’actuel président du parlement. Cela reviendrait pour la Fatah à reconnaitre le résultat des élections parlement aires de 2006, ce qui semble inimaginable… Et Ashraf Jouma se retranche sans rire derrière l’argument suivant : « Mahmoud Abbas n’a pas reçu d’invitation officielle à se rendre à Gaza, nous attendons".

 

CAPJPO : Est-ce que les bombardements avaient commencé alors que vous étiez sur place ? il y a eu une dizaine de morts dont plusieurs enfants ces derniers jours. Est-ce que vous pensez qu’Israël va intensifier ces tueries ? Qu’en disent les Gazaouis ? Est-ce qu’ils ne vont pas être nombreux à quitter Gaza en passant par l’Egypte ?

 

Christophe Oberlin : Pendant notre séjour, il y a eu un ou deux missiles israéliens qui sont tombés sur Gaza sans faire de victimes. Depuis notre départ, il semble que l’on assiste à l’escalade de violence classique qui précède une offensive israélienne. L’autorité du Hamas a demandé au Jihad islamique de cesser toute action de représailles. Mais les Gazaouis s’attendent à d’autres opérations aériennes, au minimum à des tentatives d’assassinats de responsables politiques susceptibles de passer inaperçus de fait de la focalisation de l’actualité sur la Libye. La bande de Philadelphie a été bombardée, de même que le centre ville de Gaza. Une certain nombre de bâtiments officiels ont été évacués en prévision de la suite. Il n’y a en tous cas aucune volonté de la population de fuir la bande de Gaza.

 

Christophe Oberlin, qui présentera son nouveau livre "Chroniques de Gaza", à la Librairie Résistances à Paris, le jeudi soir 7 avril, répondra à toutes les questions sur ces sujets.

 

CAPJPO-EuroPalestine

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 15:44

 

http://blogs.mediapart.fr/blog/olivier-le-cour-grandmaison/290311/immigration-sarkozysme-et-republique-breves-remarques

 

Immigration, «sarkozysme» et République : brèves remarques

 

Olivier Le Cour Grandmaison.

 

Pendant que sur la scène internationale, Nicolas Sarkozy cherche à redorer son petit blason terni par une impopularité record, et à revêtir enfin l'insaisissable costume présidentiel supposé lui permettre de regagner la confiance des Français –encore une histoire de batracien qui aurait fait la joie du regretté Jean de La Fontaine–, son très à droite bras droit, Claude Guéant, s'active sur le front intérieur pour montrer que la traque des «clandestins» ne faiblit pas. A la suite de l'arrivée de nombreux Tunisiens sur l'île de Lampedusa, il s'est précipité à la frontière franco-italienne pour s'assurer de l'efficacité du dispositif policier.

 

Quarante-huit heures avant le premier tour des cantonales, le même hantait la gare de Lyon à Paris pour vanter les mérites de la politique d'immigration impulsée par son mentor depuis 2007, et annoncer fièrement l'augmentation des effectifs des forces de l'ordre affectés à la surveillance de certains lieux jugés sensibles. Quelques jours plus tard, poursuivant la mise en œuvre du plan quinquennal d'expulsions établi par le gouvernement, il fixait ces dernières à vingt huit mille pour l'année en cours.

 

Conséquences pratiques : le préfet des Alpes-Maritimes, qui se distingue par un activisme exemplaire, entend multiplier par cinq les interpellations d'étrangers en les portant à six mille deux cent pour parvenir à mille quatre cent vingt «éloignements». Ce Stakhanov des «obligations de quitter le territoire français» devrait être décoré; il a bien mérité de la Sarkozye reconnaissante. Dans la capitale, des fonctionnaires de police contrôlent au faciès les voyageurs venus en train de Nice et de Marseille, comme l'a révélé Le Canard enchaîné sur la base de témoignages précis et concordants (1).

 

Stigmatisation des immigrés en situation irrégulière et abjecte «politique du chiffre» au sommet de l'Etat; «ciblage ethnique» à la base, comme certains policiers s'en sont émus ce qui, en des termes moins euphémisés, se nomme pratiques de type raciste. Celles-ci ne relèvent plus de «l'excès de zèle» imputable à quelques «éléments» isolés qui auraient mal interprété les consignes; ces pratiques anciennes, connues depuis longtemps, doivent être analysées comme les conséquences nécessaires des injonctions ministérielles et préfectorales, car la détermination des fins précitées appelle immanquablement le recours à ce genre de moyens. Tous le savent mais ils n'en ont cure, ce qui témoigne d'une dégradation remarquable mais sinistre des mœurs politiques puisque des hommes et des femmes, hauts fonctionnaires de la République qu'ils pensent servir lors même qu'ils en sapent les principes, acceptent que l'exception devienne la règle. Ce faisant, avec la bonne conscience de ceux qui affirment agir pour «protéger la France», selon la formule rituellement employée en ces circonstances, ils banalisent le racisme qu'ils disent combattre. Où l'on découvre, une fois encore, que cette formule grandiloquente est susceptible de justifier toutes les causes, même les pires.

 

Après avoir longtemps pactisé avec le dictateur Kadhafi, Nicolas Sarkozy se pose en héraut de la lutte du peuple libyen pour la liberté et il cherche à l'extérieur des succès diplomatiques destinés à faire oublier la faillite de ses ambitions économiques et sociales: le geste est classique mais son efficacité douteuse. Quant à Claude Guéant, il ne cesse de répéter que les immigrés venus d'outre Méditerranée sont un danger majeur que favorisent les bouleversements politiques au Maghreb. Après le long fiasco tunisien, très instructif au regard des pratiques de nombreux ministres, le premier pense écrire une page nouvelle de l'histoire du monde qui doit permettre au pays de retrouver une voix forte dans le concert des nations, comme on dit. Usant d'une rhétorique pesante et répétitive, accumulant poncifs éculés et mots creux empruntés au vocabulaire limité de la novlangue sarkozyste et lepeniste –respect du «pacte républicain», assimilation, intégration, communautarisme, islamisme et menaces diverses réputées peser sur «nos traditions»–, le second affirme veiller sur «la France» afin qu'elle «reste la France» conformément aux vœux des «Français». Si le style, c'est l'homme, l'un et l'autre sont de plomb.

 

Et de ce vaste programme, le chef de l'Etat et son ministre espèrent recueillir les dividendes électoraux nécessaires pour affronter les échéances de 2012 dans de bonnes conditions. Il y a quatre ans, Nicolas Sarkozy se vantait «d'aller chercher les électeurs du Front national un par un». Aujourd'hui, à défaut de pouvoir réitérer cette prouesse, qui a conduit le parti majoritaire à puiser dans le programme lepéniste de nombreux éléments en matière de politique sécuritaire et d'immigration, il faut au moins s'assurer que la majorité de ceux qui soutiendront l'extrême droite au premier tour des élections présidentielles accepteront de reporter leurs voix sur le candidat de l'UMP au second. La nomination de Claude Guéant doit permettre de réaliser cette opération essentielle et ses récentes déclarations prouvent qu'il s'acquitte de cette tâche avec un zèle qui relègue presque son prédécesseur place Beauvau au rang d'amateur velléitaire.

 

Une remarque: Claude Guéant semble souffrir de troubles auditifs sévères car seule son oreille droite entend les «inquiétudes» de ses «concitoyens» et, prenant la partie pour le tout, il s'érige en porte-parole des «sentiments des Français». Ce procédé discursif convenu lui permet de s'effacer au profit d'une France souffrante, silencieuse et profonde qui parle à travers lui et qu'il a pour seule ambition de servir. Admirable dévouement salué par un homme qui est l'incarnation même de la moralité publique: Charles Pasqua qui, de Claude Guéant, son directeur adjoint de cabinet au ministère de l'Intérieur de 1991 à 1994, affirme qu'il a «un sens de l'Etat et du devoir sans pareil». A l'insu de ceux qui les prononcent, il est des compliments qui sont assassins et inquiétants parfois; celui-ci en fait partie.

 

Aux commentateurs pressés, naïfs ou superficiels, qui pensaient que la disparition du ministère de l'Identité nationale, suivie quelques mois plus tard de l'éviction de Brice Hortefeux, auteur de deux exploits: être le premier ministre condamné pour avoir tenu des propos racistes et avoir continué à exercer tranquillement ses responsabilités gouvernementales, à ceux qui estimaient donc que ces changements institutionnels et personnels avaient sonné le glas de la politique xénophobe ayant présidé à la création de cette administration sans précédent dans les annales de la République, les déclarations de Claude Guéant sur l'immigration et l'islam apportent un démenti cinglant. En ces matières, ce Charles Martel en costume gris persévère dans la voie tracée par ses prédécesseurs qu'il a sans doute inspirés mais, pressé par la dégradation spectaculaire du rapport de force entre l'UMP et le Front national, il redouble d'efforts. De là, ces interventions nombreuses qui lui permettent de répéter, sous des formes diverses, un même discours sommaire qui se résume à une équation factuellement fausse, intellectuellement grossière mais jugée politiquement indispensable pour ne pas s'aliéner plus encore les nombreux électeurs qui ont voté pour l'extrême droite: «l'immigration incontrôlée» menace la «cohésion nationale» et «le mode de vie de nos concitoyens» qui ont «parfois le sentiment de ne plus être chez eux».

 

Ici, l'affirmation péremptoire et le coup de force rhétorique tiennent lieu de démonstration cependant que la réitération de ces mensonges, débités avec la morgue sentencieuse propre aux «grands commis de l'Etat», passe pour une observation de bon sens, comme le répètent en chœur de nombreux députés de l'UMP très heureux de pouvoir justifier leurs compromissions anciennes et à venir avec le Front national. A ceux qui s'interrogent sur la situation véritable du pays, rappelons que les enquêtes conduites par l'Insee et l'Institut national d'études démographiques (Ined) démontrent que la proportion d'étrangers en France a baissé entre 1982 et 2006 puisqu'elle est passée de 6,8% à 5,8%.

 

De deux choses l'une, soit ceux qui pérorent sur les «flux migratoires incontrôlés» ignorent ces chiffres, auquel cas ils font la démonstration éclatante de leur incompétence, soit ils les connaissent, et ils doivent être traités pour ce qu'ils sont: des idéologues sans scrupule qui manipulent ou congédient la réalité dès qu'elle est susceptible d'infirmer leurs discours et de porter atteinte à la légitimité des pratiques policières et des dispositions juridiques qu'ils défendent.

 

Dans tous les cas, les ministres et les parlementaires qui se comportent de la sorte mentent, par omission ou à dessein, pour mieux construire l'immigration comme problème sécuritaire, identitaire et politique majeur, et le transformer ainsi en une priorité de l'action publique puis de l'agenda électoral. Cela réalisé, ils peuvent alors adopter la posture avantageuse de ceux qui, proches de leurs «concitoyens», connaissent les «vraies préoccupations des Français» en faisant croire qu'eux seuls y sont attentifs, et qu'eux seuls disposent des solutions adéquates pour y répondre. Au terme de ce processus, ils nomment «vérité» ce qui n'est que bricolage idéologique motivé, hier par le désir de conquérir le pouvoir, aujourd'hui par la hantise de le perdre, et «courage» le fait de distiller d'un air grave des lieux communs xénophobes, islamophobes et racistes parfois. Et c'est ainsi que cette perversion du langage, et des comportements, favorise l'expression toujours plus décomplexée de préjugés présentés comme autant de constats de bon sens par un nombre croissant de responsables politiques auxquels s'ajoutent désormais des journalistes et des plumitifs qui se croient écrivains. Spectaculaire conversion de la «France d'en haut» qui, pour mieux laisser libre cours à ses désirs réactionnaires, autoritaires et mixophobes sublimés en défense de l'Occident, prétend parler au nom de «la France d'en bas».

 

Agitation verbeuse et législative enfin, destinée à compenser l'impéritie économique et sociale du gouvernement par la multiplication de dispositions, décrets et circulaires élaborés dans le domaine particulier de la politique migratoire. Plusieurs centaines depuis 2002 auxquels s'ajoutent, après 2005, pas moins de onze modifications du Code des étrangers désormais complétées par la loi Besson-Hortefeux récemment votées, et saluées comme il se doit par le nouveau ministre de l'Intérieur. Incessante frénésie juridique et sécuritaire qui prospère sur un procédé démagogique constamment employé par le chef de l'Etat et la majorité qui le soutient: chaque fait divers dramatique ou événement jugé inquiétant donne lieu à un projet de loi hâtivement rédigé puis proposé aux parlementaires dociles du parti présidentiel. De là, «la prolifération de textes législatifs relevant davantage de l'opportunité politique que du travail législatif réfléchi» et des «réformes» constantes dictées «par les événements et soumis aux pressions de l'opinion».

 

Qui sont les auteurs de cette condamnation sans appel? Des belles âmes angéliques et pour cela irresponsables? Non, il s'agit des membres de la très officielle Commission nationale consultative des droits de l'homme dans un rapport voté en assemblée plénière le 6 janvier 2011. Relativement aux dispositions de la loi Besson-Hortefeux, les mêmes estiment «qu'en l'état» elles «ne permettent pas un respect effectif des droits de l'homme». Le constat est sinistre et plus sinistre encore l'attitude du gouvernement et des députés qui passent outre en affichant un mépris souverain pour ces droits fondamentaux dès lors qu'ils sont perçus comme des obstacles à l'adoption de leurs projets. Au respect des Lois et de leur esprit, ils préfèrent la prolifération de textes liberticides et de circonstance même s'ils violent des principes majeurs de la République. Sombre époque.

 

Plus encore, Claude Guéant représente fort bien ce que certains appellent le «sarkozysme» en précisant que ce néologisme ne désigne pas ici un corps de doctrine stable et cohérent mais au contraire une absence totale de principe car l'une des caractéristiques du chef de l'Etat, de ceux qui le servent et l'inspirent, est de n'avoir aucun principe justement. Seule subsiste l'expression pure d'une ambition: conquérir le pouvoir et s'y maintenir. Là est le but, tout le reste n'est que moyen mobilisé pour répondre à une conjoncture donnée, satisfaire telle ou telle fraction de l'électorat ou déstabiliser l'adversaire en lui empruntant certains thèmes et grandes figures de son panthéon partisan. De là cette capacité à utiliser des références historiques et politiques d'une extraordinaire hétérogénéité car l'objectif n'est pas de produire, si peu que ce soit, un programme, moins encore un projet de société tenu pour une vieillerie d'un autre âge mais d'agir au gré des circonstances et des urgences du moment. Ceux qui se comportent ainsi pensent sans doute incarner le triomphe d'une modernité politique enfin émancipée de toute idéologie; ils réhabilitent en fait un très ancien personnage bien connu des philosophes classiques: le démagogue. Ce démagogue qui prétend défendre le peuple pour mieux parvenir à ses fins: satisfaire ses désirs de puissance, ses intérêts particuliers et ceux de ses proches en s'emparant de la Cité.

 

Les agissements et les déclarations du nouveau ministre de l'Intérieur témoignent exemplairement de cette situation puisqu'il peut tout à la fois affirmer qu'il n'a aucune valeur commune avec le «FN», que celui-ci n'est pas «la boussole» de la majorité et, comme Marine Le Pen, dénoncer les dangers de l'immigration, de l'islam et du «communautarisme».

 

De même, interrogé sur le déplacement de celle-ci à Lampedusa, il a estimé qu'il s'agissait d'instrumentaliser des problèmes migratoires ce à quoi il ne saurait évidemment s'abaisser, et cela vaut bien sûr pour le président et son «collaborateur» à Matignon. Quant aux «musulmans», Claude Guéant feint de se préoccuper de leur sort en récusant par avance toute stigmatisation ce qui ne l'empêche pas de les accuser de vouloir imposer des pratiques contraires à la République et à la laïcité. Se confirme ceci: les références incantatoires et rituelles à ces dernières n'engagent plus à rien. Ceux-là mêmes qui procèdent de la sorte peuvent, dans l'instant, se dédire, violer leurs paroles par des paroles contraires et, plus grave encore, par des actes en faisant de leur opportunisme sans frein une vertu majeure.

 

Concluons. Le chef de l'Etat, le gouvernement et l'UMP ont donc intégré une partie de la rhétorique frontiste laquelle est, depuis 2007, au fondement de la politique menée en matière d'immigration et de sécurité cependant que Marine Le Pen banalise avec succès l'organisation qu'elle dirige. A preuve, les résultats des cantonales et un sondage BVA-Les Echos du 28 mars 2011 où l'on découvre que 52% des personnes interrogées estiment que le FN est un parti comme les autres. Chacun ayant fait quelques pas l'un vers l'autre, tout en affirmant bruyamment le contraire pour ménager une partie de ses troupes, il n'est pas étonnant que convergences et compromissions prospèrent de la base au sommet. Dans ce contexte, l'appel à la constitution d'un «Front républicain», présenté comme une solution efficace pour faire barrage aux thèses xénophobes et islamophobes de l'extrême droite, témoigne d'une paresse intellectuelle et d'un aveuglement politique remarquables. De plus, une telle posture entretient sans fin le mythe rassurant mais trompeur selon lequel les forces qui se réclament de la République seraient, par essence, des obstacles à la stigmatisation des étrangers et des musulmans ce que démentent chaque jour les fidèles du chef de l'Etat, et une certaine histoire de France.

 

«L'islam» rend «la fusion des populations difficile et sans doute peu souhaitable» puisque «les résultats obtenus sont déplorables, tant pour la santé publique que pour la moralité générale» écrivaient en 1946 deux personnalités célèbres. Soucieuses de «garder au caractère et au type français ses meilleures qualités», elles militaient aussi pour la création d'un «ministère unique» chargé «de diriger et contrôler l'immigration» nord-africaine, notamment. Les auteurs de ses lignes sinistrement anticipatrices? Alfred Sauvy, directeur de l'Ined, plus tard professeur au Collège de France, et Robert Debré, fondateur de la pédiatrie moderne, dans un ouvrage intitulé Des Français pour la France, Le problème de la population publié par la très prestigieuse maison d'édition Gallimard.

 

Olivier Le Cour Grandmaison

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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 20:26

 

http://www.respectmag.com/2011/03/30/rassemblement-samedi-2-avril-non-au-debat-de-la-honte-5081

 

http://www.saphirnews.com/Non-au-debat-de-la-honte-_a12376.html

 

Rassemblement samedi 2 avril à 14 heures 30 Place de la République à Paris, pour dénoncer le "débat" sur la laïcité et l'islam, organisé par l'UMP le 5 avril.


Communiqué

 

 Les Hybrides de la République, Saphirnews.com, Les Indivisibles et Respect Mag 

 

Nous, Les hybrides de la République, mouvement de citoyens, entrepreneurs et progressistes,   Saphirnews.com, premier média d’actualité des cultures musulmanes, Respect Mag, magazine urbain, social et métissé, et Les Indivisibles, association de lutte contre les préjugés, appelons le samedi 2 avril à 14 heures 30 Place de la République à Paris, à un rassemblement pour dénoncer et refuser le pseudo-débat sur la laïcité et l’islam orchestré par l’UMP (majorité présidentielle) du 5 avril prochain.

 

Nous réaffirmons ainsi le refus de l’instrumentalisation politique de la deuxième religion de France et la stigmatisation des citoyens français de confession ou de culture musulmane.Ce procès conforte le discours islamophobe et renforce la libération de la parole raciste et xénophobe.


Nous disons « Non au débat de la honte » et invitons tous les citoyens qui le refusent à se mobiliser et à nous rejoindre samedi 2 avril à 14 heures 30 Place de la République à Paris.


Venez nombreux ce samedi, entre amis ou en famille, pour dire "NON au débat de la honte" ! Faites suivre l'information autour de vous, la force est dans le nombre!

 

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 20:02

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110331/twl-libye-koussa-bd5ae06_1.html

 

Défection du chef de la diplomatie libyenne, arrivé à Londres (Reuters)

 

Moussa Koussa, ministre libyen des Affaires étrangères, longtemps chef des services d'espionnage libyens, a fait défection et est arrivé mercredi en Grande-Bretagne, en provenance de Tunisie.

 

Il s'agit là d'un "coup dur" pour le régime du colonel Mouammar Kadhafi, a-t-on déclaré à Reuters de source gouvernementale britannique. Moussa Koussa n'appartenait toutefois pas au cercle le plus rapproché du colonel Kadhafi.

 

Un ami de Koussa a déclaré à Reuters que le chef de la diplomatie libyenne avait démissionné en raison des attaques commises par les forces de Kadhafi contre des civils.

 

"Il a rompu avec le régime", a déclaré Noman Benotman, ami du ministre et analyste au sein du centre de réflexion britannique Quilliam. "Il n'était pas du tout content. Il ne soutient pas les attaques du gouvernement contre les civils", a-t-il poursuivi. "Il vient chercher refuge en Grande-Bretagne et il espère qu'il sera bien traité."

 

"Nous pouvons confirmer que Moussa Koussa est arrivé le 30 mars à l'aéroport de Farnborough en provenance de Tunisie. Il s'est rendu ici de son plein gré. Il nous a dit qu'il démissionnait de ses fonctions", a déclaré le Foreign Office.

 

Peu après son arrivée, il a été interrogé par des responsables du Foreign Office et des agents des services de renseignement britanniques.

 

Né en 1950, Koussa, qui est diplômé de l'Université du Michigan et parle couramment anglais, avait été nommé en mars 2009 à la tête de la diplomatie libyenne, en remplacement d'Abdourrahman Mohamed Chalgham, lui-même nommé ambassadeur aux Nations unies. Koussa était devenu en 1994 chef du renseignement extérieur libyen et, de l'avis de nombreux diplomates, il avait conservé ses fonctions au sein des services d'espionnage après son arrivée au ministère des Affaires étrangères.

 

Koussa est à l'origine du revirement spectaculaire de la diplomatie libyenne au début des années 2000, lorsque Kadhafi a négocié sa renonciation aux armes de destruction massive contre sa réintégration au sein de la communauté internationale.

 

DÉJÀ EN DISGRÂCE?

 

De concert avec l'un des fils de Kadhafi, Saïf al Islam, Koussa joua ainsi un rôle de premier plan dans les tractations permettant, en 2004, la levée des sanctions internationales contre la Libye. Depuis lors, il a fourni à Washington des renseignements sur les activités du réseau Al Qaïda en Libye et plus généralement en Afrique du Nord.

 

Voici une douzaine de jours, Koussa était apparu lors d'une conférence de presse à Tripoli pour annoncer l'arrêt immédiat de toutes les opérations militaires contre les insurgés libyens. Cette annonce n'avait pas été suivie d'effets.

Avant le déclenchement de l'insurrection libyenne, certains signes montraient que Koussa n'était plus en odeur de sainteté dans l'entourage de Kadhafi. Des informations, non confirmées, ont même fait état d'une altercation physique, devant plusieurs personnes entre le ministre et l'un des fils de Kadhafi.

 

Et lors d'un sommet international en décembre, à Tripoli, il avait passé beaucoup de temps à fumer à l'écart, seul et le visage triste, pendant que les proches collaborateurs de Kadhafi étaient cloîtrés dans une salle.

 

Le ministre libyen des Affaires étrangères était arrivé lundi en Tunisie et il a pris un avion mercredi après-midi à l'aéroport de Djerba pour se rendre à Londres, selon l'agence de presse tunisienne Tap. Il était entré en Tunisie à bord d'un convoi de limousines blindées, comme l'avait constaté un photographe de Reuters présent à la frontière.

 

"Koussa est l'une des plus hautes personnalités du gouvernement de Kadhafi et son rôle était de représenter le régime sur le plan international, ce qu'il ne souhaite plus faire", a indiqué le Foreign Office en ajoutant que Londres encourageait les membres de l'entourage de Kadhafi à le quitter.

 

Le régime libyen a assuré que le ministre des Affaires étrangères n'avait pas fait défection et qu'il était en mission diplomatique.

 

Si l'arrivée de Koussa en Grande-Bretagne ne manquera pas d'être présenté comme un triomphe par la diplomatie occidentale, elle risque de poser des questions embarrassantes au gouvernement britannique. Car nombreux sont ceux qui pensent que Koussa a joué un rôle dans l'attentat contre un Boeing de la Panam au-dessus de la localité écossaise de Lockerbie, en 1988. Tout comme dans la mort d'une policière britannique, Yvonne Fletcher, tuée à Londres en 1984.

 

Mercredi, quelques heures avant l'arrivée de Koussa, la Grande-Bretagne avait annoncé l'expulsion de cinq diplomates libyens, en signe de protestation contre les actes du régime de Tripoli et en estimant qu'ils constituaient une menace pour la sécurité du Royaume-Uni.

 

 

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