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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 20:36

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110114/tts-tunisie-ben-ali-ghannouchi-ca02f96.html

Le Premier ministre tunisien assure l'intérim de Ben Ali (Reuters)

Le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi a annoncé vendredi que le président Zine el Abidine Ben Ali était temporairement dans l'incapacité d'exercer ses fonctions.

Selon la chaîne pan-arabe Al Djazira, Ben Ali a quitté la Tunisie en direction de Paris mais la présidence française a dit n'avoir aucune information sur la venue éventuelle du président tunisien. L'Elysée se montre extrêmement prudent en faisant valoir que la situation en Tunisie est d'une "extrême complexité" et que "plus on est discret, plus on est efficace".

Mohamed Ghannouchi a précisé à la télévision qu'il assumait la charge de président par intérim et a promis de respecter la constitution ainsi que de rétablir la stabilité dans le pays, en proie depuis un mois à une violente agitation sociale.

"Comme le président est temporairement dans l'incapacité d'assumer ses devoirs, il a été décidé que le Premier ministre exercerait provisoirement ses fonctions", a dit Ghannouchi.

"Je jure de respecter la constitution et de mettre en oeuvre les réformes politiques, économiques et sociales qui ont été annoncées (...) en consultation avec toutes les composantes politiques, y compris les partis politiques et la société civile", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont invité les autorités tunisiennes à tenir les promesses faites par Ben Ali, et notamment à respecter les droits de l'homme et à procéder à des réformes politiques. La Maison blanche a condamné d'autre part les violences et indiqué qu'elle suivait de près la situation.

ÉTAT D'URGENCE

Dans la journée, Ben Ali avait décrété l'état d'urgence, limogé le gouvernement et annoncé des élections législatives anticipées dans un délai de six mois.

"Cet état d'urgence signifie que les rassemblements de plus de trois personnes sont interdits, que les armes seront utilisées par les forces de l'ordre lorsqu'un suspect refusera d'obtempérer et, troisièmement, qu'un couvre-feu sera en vigueur de 17 heures à 7 heures pour une durée indéterminée", avaient annoncé les autorités.

Des coups de feu avaient retenti un peu plus tôt à Tunis devant le ministère de l'Intérieur où la police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser plusieurs milliers de manifestants qui réclamaient la démission immédiate du chef de l'Etat.

Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, avait promis jeudi soir de ne pas briguer de nouveau mandat en 2014.

Le président, qui intervenait pour la troisième fois à la télévision depuis le début des troubles le 16 décembre, avait ordonné jeudi soir aux forces de l'ordre de ne plus faire usage de leurs armes contre les manifestants et annoncé une baisse du prix du sucre, du lait et du pain. Il a également promis la liberté de la presse et la fin de la censure sur internet.

Ses promesses ont été suivies de scènes de liesse dans les rues de Tunis, malgré le couvre-feu décrété pour ramener le calme.

Selon des sources médicales, dix personnes ont été tuées à Tunis dans la nuit de jeudi à vendredi et deux autres dans la ville côtière de Rass Jebel (nord-est).

Le dernier bilan officiel fait état de vingt trois civils tués depuis le début des troubles, mais la Fédération internationale des droits de l'homme, dont le siège est à Paris, parle de soixante six morts.



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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:14

 

La notification des sanctions sont tombées ces jours-ci. Suite à la CAP du 31 août 2010 contre Bertrand Lucas (représentant départemental SUD) et Yann le Merrer (représentant départemental CHSCT), les sanctions sont donc tombées, douze mois de mise à pied dont trois mois avec sursis contre Bertrand Lucas et vingt quatre mois de mise à pied dont six mois avec sursis contre Yann le Merrer

En ce qui me concerne (également représentant départemental SUD) La Poste a fait un recours auprès du ministre du travail pour demander mon licenciement. Je suis convoqué par l'Inspection du Travail le 18 janvier 2011.

Les T-Shirts contre la répression sont toujours disponibles pour être commandés.

Il nous semble que nous pourrions tenir une réunion du collectif de soutien dans les jours qui viennent. On fera une proposition dans les jours qui viennent.

Gaël Quirante

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 21:04

 

http://www.venancekonan.com/aspx/mes-ecrit/3250-Chre-Franafrique.html

Jusqu’à ce jour en Afrique, tous les maux de la société sont toujours attribués à un sorcier ou une sorcière. Un homme meurt-il, dans un accident de voiture par exemple, on trouvera un sorcier à qui attribuer le décès. En 2007, après la cérémonie de la « flamme de la paix » à Bouaké, un leader de la FESCI, ce syndicat estudiantin qui soutient aveuglément Laurent Gbagbo trouva la mort dans un accident de la route en faisant un dépassement dangereux. Le jour de son enterrement, ses camarades étudiants incendièrent les cases de quelques vieilles personnes de son village qu’ils accusaient d’être les sorciers responsables de sa mort.

Cette mentalité anime encore bon nombre d’intellectuels africains et panafricanistes installés bien au chaud (façon de parler en ce moment) en France. Pour toute chose, il faut chercher le coupable ailleurs. Et pour eux, tout ce qui arrive de négatif en Afrique est le fait de la France ou de son excroissance, la Françafrique. C’est elle, notre sorcier. Ainsi, la crise post électorale qui secoue en ce moment la Côte d’Ivoire serait la faute à la France ou à la Françafrique. Chère Françafrique !

Que serions-nous devenus, nous intellectuels africains et panafricanistes, si tu n’avais pas existé pour nous dédouaner de toute responsabilité dans nos malheurs. Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont ainsi présentés par nos chers intellectuels africains et panafricanistes de Paris comme de preux chevaliers qui se battent pour délivrer leur pays, voire tout le continent, des griffes de la vilaine Françafrique. 

Des rives enneigées de la Seine, personne parmi eux n’a remarqué que Laurent Gbagbo a cédé toute l’économie de son pays aux multinationales, surtout françaises, et qu’en dix ans de règne, il n’a formé aucun cadre susceptible de créer ou de diriger la moindre entreprise, puisqu’il a laissé la FESCI tuer tout le système éducatif en y pratiquant le racket, le viol, le meurtre. Personne n’a remarqué la formidable prédation à laquelle s’est livré son régime sur l’économie ivoirienne et la corruption que ce régime a secrété, gangrénant toute la société ivoirienne.

Personne là-bas n’a remarqué que Blé Goudé a triché pour obtenir sa licence, qu’il est le chef des « Jeunes patriotes » qui se sont surtout signalés par leur aptitude à racketter, à violer, et à tuer, et que ce Blé Goudé, aujourd’hui nommé ministre par Gbagbo, est sous sanctions de l’ONU pour tous ces motifs. Loin de moi l’idée d’excuser les mêmes crimes commis par la rébellion et que je n’ai jamais cessé de dénoncer, mais un crime n’excuse pas l’autre. Et personne là-bas n’a remarqué la liberté de la presse bâillonnée, les messages de haine délivrés par la radio télévision nationale et la presse proche de Laurent Gbagbo, les ressortissants étrangers quotidiennement menacés. Non ! Laurent Gbagbo est un grand combattant de la liberté !

Trêve de balivernes. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire en ce moment est tout simplement une tentative de braquage de la démocratie. Les Ivoiriens ont voté et ont dans leur grande majorité donné leurs voix à Alassane Ouattara. Et Laurent Gbagbo qui proclame urbi et orbi que son pouvoir lui vient de Dieu ne veut pas le lâcher.

Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris nous parlent d’ingérence de la communauté internationale dans les affaires d’un pays africain, du droit qui a été dit par le Conseil constitutionnel, de trucages des scrutins dans le nord de la Côte d’Ivoire, de pressions des rebelles des Forces nouvelles.

Sans doute que dans le confort dans lequel ils vivent à Paris, ils n’ont pas remarqué qu’en 2005, ce sont les leaders politiques ivoiriens, avec à leur tête le président de la république d’alors, Laurent Gbagbo, qui ont demandé à l’ONU de venir certifier tout le processus électoral ivoirien. Et chaque étape du processus a dû être validée par l’Onu avant que l’on ne passe à la suivante. On se souvient tous, pour ceux qui veulent s’en souvenir, qu’en février dernier, Laurent Gbagbo avait dissout la Commission Electorale Indépendante et obtenu des modifications dans sa composition, ainsi qu’un nouveau président. On se souvient que l’enrôlement sur les listes électorales avait été l’objet de plusieurs blocages et reports, pour satisfaire les désirs de Laurent Gbagbo. Je vous épargne toutes les péripéties des audiences foraines où le sang avait même coulé. 

Nous avons mis cinq ans pour arriver à ce que Laurent Gbagbo convoque le collège électoral au scrutin. Entre temps, il avait signé l’accord politique de Ouagadougou et ses différents ajouts, avec Guillaume Soro qu’il a présenté avant l’élection comme le meilleur des ses différents Premiers ministres. C’est cette communauté internationale, aujourd’hui vouée aux gémonies, qui avait financé tout ce processus. Et c’est lorsqu’elle a validé la liste électorale qu’on est allée à l’élection. Personne à cette époque n’avait parlé d’ingérence étrangère et de souveraineté nationale bafouée. Nous sommes allés au premier tour du scrutin, avec toujours les rebelles armés au nord. Personne, ni ici, ni ailleurs n’y avait trouvé à redire.

Les résultats qui plaçaient M. Gbagbo en tête ont été acceptés par tous, après la certification du représentant de l’ONU. Et dans les attendus du décret signé par M. Gbagbo pour convoquer les Ivoiriens au second tour, il est bien mentionné « vue la certification des résultats du premier tour par le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU… » Je vous rappelle que M. Gbagbo avait instauré un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire, sans avoir prévenu qui que ce soit, à la veille de ce second tour.

Et il avait dépêché mille cinq cent soldats dans les zones occupées par la rébellion. A l’issue du scrutin, personne, parmi les personnes présentes sur place et habilitées à rendre compte de la manière dont les opérations se sont déroulées, à savoir les préfets et sous-préfets nommés par Laurent Gbagbo, les observateurs de l’ONUCI, de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la CEDEAO, du Centre Carter, les journaliste présents, et Dieu seul sait combien ils étaient nombreux, personne n’a signalé d’incidents majeurs ayant entaché la sincérité du scrutin. On ne nous a signalé aucun incident entre les soldats envoyés pas Gbagbo et les Forces nouvelles. On est d’accord ? Et voici qu’à peine le président de la CEI a-t-il donné les résultats provisoires que le président du conseil constitutionnel se précipite sur le plateau de la télévision pour annoncer que ce que le président de la CEI a dit est nul et non avenu, parce que des résultats seront annulés. Et quelques heures plus tard, sans que l’on sache ni comment, ni quand il a enquêté, il annule d’un trait les résultats de tous les départements du nord en y ajoutant Bouaké qui est au centre, qui ont massivement voté pour M. Ouattara.

Vous ne trouvez pas cela un peu gros, amis intellectuels africains et panafricanistes de Paris ? Mais ce qui est absolument inacceptable dans l’attitude du Conseil constitutionnel est qu’il a pris sa décision totalement en dehors du droit. La loi ivoirienne dit très précisément ceci : « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard quarante cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Qu’est ce qui est ambigu dans ce texte ? Qu’est-ce qui est sujet à interprétation ? 

On pourrait peut-être pinailler sur la question de savoir qui du Conseil constitutionnel ou du Représentant du Secrétaire général de l’ONU a le dernier mot. Mais rien, absolument rien, dans le droit ivoirien n’autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats du scrutin d’une région, de manière à inverser les résultats provisoires. Je voudrais que nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris m’indiquent ce qui en droit pourrait autoriser le Conseil constitutionnel à violer ainsi la loi dont il est le gardien. Le Conseil constitutionnel ivoirien a tout simplement inventé ici le droit. Or il n’est pas le législateur. Son rôle est de dire tout simplement le droit, et rien que le droit.

Aussi, lorsque j’entends ou lis nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris s’arc bouter sur le fait que le Conseil constitutionnel a le dernier mot, sans dire que ce Conseil a tout dit sauf le droit, je dis qu’il sont tout simplement malhonnêtes. Se rendent-ils compte de ce qu’ils défendent ? La Côte d’Ivoire est entrée dans cette période de turbulence qui a débouché sur une rébellion armée parce qu’à un moment donné, les ressortissants du nord de ce pays avaient été suspectés de n’être pas totalement ivoiriens. Après une dizaine d’années de tumulte, après plusieurs reports dus à la suspicion et dans le souci d’éviter toutes contestations ultérieures, des élections libres et transparentes se sont déroulées, sous le regard du monde entier. Elles ont été les plus coûteuses au monde.

 

Les Ivoiriens tenaient tellement à sortir de cette crise qu’ils ont accepté sans broncher qu’Adama Dolo, dit Dahico, humoriste de son état, qui avait été naturalisé depuis moins de cinq ans, soit candidat, par la seule volonté de Laurent Gbagbo, en violation de la constitution. Et le monde entier a constaté le très fort taux de participation qui était un record mondial. Et voici que le Conseil constitutionnel, sans aucune base juridique, raye d’un trait les votes de toutes les régions du nord. Il leur dénie ainsi tout simplement leur citoyenneté ivoirienne, ce que l’ivoirité tant décriée n’avait pas osé faire. Se rendent-ils compte, ces intellectuels africains et panafricaniste parisiens qu’en défendant cela, et si par hasard une telle forfaiture devrait prospérer, ils cautionneraient ainsi la future guerre civile qui dévasterait la Côte d’Ivoire ?

C’est cela leur panafricanisme ? S’en rendent-ils compte ? La question ici n’est pas de soutenir tel candidat contre tel autre. Il s’agit de défendre la démocratie. Les Ivoiriens ont voté, ils ont clairement exprimé leur vote, et Laurent Gbagbo veut confisquer leur volonté. Il n’y a pas de France ou de Françafrique dans cette affaire. Chercher des poux dans les cheveux de la France, c’est chercher à accuser un sorcier lorsqu’un homme ivre se tue au volant de sa voiture. Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris ont presque tous fui leurs pays respectifs pour cause de déficit démocratique et d’absence de liberté. 

C’est en tout cas ce que la plupart d’entre eux disent. Nous autres qui avons fait le choix de continuer de vivre sur le continent malgré tout, nous avons toujours rêvé de voir nos pays devenir aussi démocratiques qu’ailleurs. Nous nous sommes toujours battus pour cela, avec la conviction que notre état actuel n’est pas une fatalité. Ce que l’on a toujours reproché à la France et à son excroissance la françafrique, c’est d’avoir maintes fois piétiné les désirs démocratiques des peuples africains et de leur avoir imposé des dirigeants corrompus. Et voici qu’un peuple africain, celui de Côte d’Ivoire, a pu choisir librement, pour la première fois de son histoire, celui qu’il veut comme dirigeant. Et un dictateur aux petits pieds veut tuer cette démocratie naissante en massacrant tous ceux qui dans son pays s’opposent à lui. 

Toute la communauté internationale dit « non » à ce hold-up. Et ce sont nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris qui, aujourd’hui, prennent la défense de cet assassin, aux côtés des Vergès, Dumas, et autres barons de l’extrême droite française ? Pincez-moi, je rêve ! Et ils ne disent pas un seul mot sur les centaines de personnes que Gbagbo et ses mercenaires tuent tous les jours ! C’est vrai que Paris est loin et ils n’entendent pas les crépitements de mitraillettes, les cris des personnes que l’on enlève, que l’on torture, les bruits des casseroles sur lesquelles les femmes tapent dans tous les quartiers où l’on ne dort plus, pour signaler l’arrivée des tueurs, dérisoires défenses contre le silence des intellectuels africains et panafricanistes de Paris. Non, vous n’entendez pas, et vous direz comme Blé Goudé, que ce sont des rumeurs, ou comme Laurent Gbagbo, que c’est encore un complot de la communauté internationale. 

Mais moi je vis à Abidjan et chaque nuit, je me couche avec la peur au ventre, et, pendant les nuits de couvre-feu, j’ai entendu durant des heures les tirs des miliciens et mercenaires de Gbagbo. J’ai moi aussi, fait le compte de mes connaissances tuées, torturées ou disparues. Je ne sais pas quand mon tour arrivera, parce que je suis dans leur collimateur. De grâce, que ceux qui ne peuvent rien pour nous aient au moins la décence de se taire.

Venance Konan






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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 21:12
http://www.rue89.com/2011/01/12/lindecence-au-pouvoir-mam-offre-une-aide-securitaire-a-tunis-185251

L'indécence au pouvoir : MAM offre l'aide sécuritaire à la Tunisie

By Pierre Haski

A ce niveau, on ne sait plus quel mot employer : connerie ? incompétence ? ignorance ? Comment Michèle Alliot-Marie [1], ministre des Affaires étrangères de la République, intervenant dans le cadre solennel de l'Assemblée nationale en lisant un texte écrit d'avance, a-t-elle pu proposer une coopération sécuritaire à la Tunisie [2] au moment où les morts se comptent par dizaines ?

Invraisemblable ? Ecoutez-la donc, c'était dans le cadre de la séance des questions au gouvernement, mardi, en réponse à la question d'un député qui relevait l'« incohérence » entre la position française en faveur de la démocratie en Côte d'Ivoire [3], et son soutien « indéfectible à la dictature de M. Ben Ali [4] ». La réponse de la ministre, après avoir « déploré » les violences :

« Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type.

C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie [5]et Tunisie, ndlr], dans le cadre de nos coopérations, d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité. » (Voir la vidéo de BFM-TV)

Ainsi donc, tout ce que la France trouve à dire à propos de la tuerie qui se déroule depuis plusieurs jours en Tunisie face au mouvement de la jeunesse, c'est que techniquement, c'est pas parfait et que notre « savoir-faire » est à sa disposition.

Après coup, le Quai a dû juger ce texte -officiel- indécent

La déclaration est à ce point hallucinante qu'elle a été ratiboisée par le porte-parole du ministère des Affaires étrangères [6], Bernard Valéro, qui, mercredi, l'a pudiquement résumée de la sorte :

« Aujourd'hui, face à cette situation, la priorité doit aller à l'apaisement après des affrontements qui ont fait des morts. »

« Le ministre d'Etat a également rappelé que nous demandons “que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité.” »

Exit donc l'offre de partager cette « expertise » que le monde entier nous envie. L'indécence a dû sembler, a posteriori, trop grande, y compris au sein même du Quai d'Orsay, où, pourtant, la déclaration solennelle avait vu le jour.

Car la ministre ne s'est pas fait piéger au micro d'une radio ou par « l'Internet » : elle a lu un texte officiel, en réponse à une question posée à l'avance.

Une dictature ? « Tout à fait exagéré » pour Frédéric Mitterrand

Michèle Alliot-Marie va donc devoir incarner, pour longtemps, le cynisme de la France officielle face à la dictature de Ben Ali. Elle coiffe sur le poteau son collègue de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui s'était bien placé, pourtant, en déclarant dimanche sur Canal + :

« Il y a une opposition politique mais qui ne s'exprime pas comme elle pourrait le faire en Europe. Mais dire que la Tunisie est une dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré. »

Entre les « anathèmes » que Michèle Alliot-Marie ne veut pas prononcer, et la poursuite de cette complaisance vis-à-vis d'un régime qui fait tirer à balles réelles sur sa jeunesse, il y avait sans doute une attitude plus noble, plus respectueuse des Tunisiens, et une manière de dire le refus de ce qui se perpétue dans les villes tunisiennes que même la novlangue diplomatique permet.

De quoi regretter le silence de la France

Depuis plus de deux décennies, Jacques Chirac, puis Nicolas Sarkozy, mais aussi, disons-le, une partie de la gauche française, ont délibérément fermé les yeux devant un régime dont on vantait les succès économiques et la laïcité, en refusant d'en voir la face à peine cachée, la main-mise d'un clan familial sur l'économie du pays, les pratiques mafieuses au plus haut niveau, les impasses sociales aujourd'hui criantes, et la répression de toute contestation, notamment sur le Web.

Le roi est nu aujourd'hui, aussi bien à Tunis qu'à Paris. Il aura fallu le suicide d'un jeune de Sidi Bouzid pour que craque, non seulement la façade de la dictature tunisienne, mais aussi l'ampleur de ses complicités de ce côté-ci de la Méditerranée.

Le silence de la France officielle devenait pesant après plusieurs semaines de révolte, et surtout après le massacre de Kasserine [7]. La manière dont ce silence a été rompu par la ministre d'Etat fait regretter le temps où Paris se taisait. Au moins, pouvait-on espérer qu'à défaut d'avoir le courage de l'exprimer, Paris avait au moins la compassion et la solidarité qu'est en droit d'attendre le peuple tunisien.





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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 21:05

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110112/tts-liban-gouvernement-tp-ca02f96.html

Le Hezbollah fait chuter le gouvernement d'union libanais (Reuters)

Onze ministres libanais, dont dix appartiennent au Hezbollah et à des formations alliées, ont démissionné mercredi, précipitant de fait la chute du gouvernement d'union du Premier ministre Saad Hariri.

Outre les dix membres du mouvement islamiste et de ses alliés, le ministre Adnan Sayyed Hussein a lui aussi quitté ses fonctions. Le Hezbollah a invité le président Michel Souleïmane à constituer une nouvelle équipe dirigeante.

Apprenant la nouvelle, Saad Hariri a écourté sa visite aux Etats-Unis pour rentrer d'urgence à Beyrouth. Il fera escale jeudi à Paris pour s'entretenir avec le président français Nicolas Sarkozy, ont annoncé ses services à Beyrouth.

Lors de leur entrevue à Washington, le président américain Barack Obama a fait part de son soutien à Saad Hariri. Les deux hommes ont convenu que toutes les parties devraient "éviter toute menace ou acte" susceptible d'aggraver l'instabilité politique au Liban.

La Maison blanche a également estimé que le départ du Hezbollah du gouvernement d'union reflétait sa "propre peur" et sa volonté de saper sa capacité de fonctionnement.

A Ankara, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Saud al Fayçal, a exhorté le Hezbollah à revenir sur sa décision en mettant en garde contre le danger de voir le Liban plonger dans la violence. "Nous espérons que les démissions n'auront pas lieu. Elles ont le potentiel de faire s'écrouler tout ce qui a été construit jusqu'ici", a dit le ministre lors d'une conférence de presse.

La crise politique annoncée plonge ses racines dans l'enquête judiciaire conduite pour déterminer l'identité des responsables de l'attentat à la bombe qui coûta la vie au Premier ministre Rafic Hariri et à 22 autres personnes en 2005.

Le Hezbollah, sur lequel pèsent des soupçons, nie toute responsabilité dans cette attaque et dénonce les investigations menées par le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) comme un "projet israélien".

ÉCHEC DE LA MÉDIATION

Les désaccords sur cette procédure effectuée sous l'égide des Nations unies ont entraîné une paralysie du gouvernement d'unité dirigé par une majorité pro-occidentale et ont ranimé le spectre d'un conflit national.

Le TSL devrait publier ce mois-ci un projet des chefs d'inculpation. Sayyed Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah, dit s'attendre à ce que des membres de son organisation soient accusés d'avoir participé à l'attentat.

Il voit dans l'enquête une manoeuvre politique et a invité Saad Hariri à récuser le tribunal spécial, ce que le fils du Premier ministre assassiné s'est refusé à faire.

Face à cette situation, l'Arabie saoudite et la Syrie, qui soutiennent des camps rivaux, ont tenté en vain de trouver un compromis pour apaiser les tensions politiques.

Gabran Bassil, ministre chrétien allié du Hezbollah, a précisé que Saad Hariri avait rejeté les demandes en faveur d'une réunion d'urgence du gouvernement pour examiner la requête du mouvement chiite de cesser toute coopération avec le TSL.

De son côté, Mohammad Fneish, ministre du Hezbollah, a accusé les Etats-Unis d'entraver les efforts saoudiens et syriens visant à dégager une solution.

"Des efforts arabes nous offraient la chance de travailler d'une manière positive. Ces efforts n'ont pas abouti en raison de l'intervention américaine", a-t-il dit.

Selon Hilal Khashan, professeur de sciences politiques à l'université de Beyrouth, Washington a opposé son veto à l'initiative de Ryad et de Damas.

Il y a peu de chances de voir un nouveau gouvernement constitué dans un avenir proche, ajoute-t-il.

Khashan juge que des manifestations sont probables même s'il n'envisage pas de voir le Hezbollah descendre dans les rues de Beyrouth avec des armes, comme cela avait été le cas en mai 2008 lorsque le mouvement avait protesté contre les mesures du gouvernement à son encontre.

Un responsable américain a indiqué que la secrétaire d'Etat Hillary Clinton s'était entretenue avec des officiels en Egypte, en Arabie saoudite et en France afin de dégager un consensus pour soutenir le Liban et le TSL.


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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:24

 

Ma position relative à la crise ivoirienne est très claire depuis le début de la crise, il faut un dialogue national ivoirien, une solution nationale ivoirienne, une réconciliation nationale ivoirienne. Je ne suis pas ni africain ni ivoirien, il faut des acteurs de la société civile ivoirienne, ils sont certainement minoritaires, leurs propositions sont certainement utopiques, mais ils existent, ils vivent, ils luttent et la déclaration finale de la convention de la société civile ivoirienne en est la meilleure preuve.

 

La meilleure comparaison historique et internationale, c’est la comparaison par rapport à l’Algérie, ce n’est pas la comparaison par rapport à l’Algérie de la guerre d’indépendance, ce n’est pas la comparaison par rapport à l’Algérie de Bouteflika, c’est la comparaison par rapport à l’Algérie des années 1990.

 

En décembre 1991, le FIS est majoritaire au premier tour des élections législatives algériennes et le gouvernement décide l’annulation du deuxième tour des élections. C’est le début de dix ans de guerre civile en Algérie. La communauté San Egidio organisait en janvier 1995 à Rome une réunion de négociation entre les trois principaux partis algériens, le FLN, le FIS et le FFS, et cette réunion aboutissait à la signature de la plate forme de Rome pour une solution politique et pacifique de la crise algérienne. Cette réunion sera une des principales causes de l’organisation des élections présidentielles de 1995 en Algérie. Il faudra encore du temps avant la fin de la guerre civile et l’élection de Bouteflika en 1999 mais c’était un acte important dans le sens de cette solution politique et pacifique.

 

Il faudrait des réunions communes et un appel commun de militants du FPI et de militants du RHDP dans l’émigration en France, en Belgique ou dans le monde entier ou à Abidjan, c’est plus simple dans l’émigration, et un appel d’intellectuels africains pour une solution politique et pacifique en Côte d’Ivoire. Cette solution politique et pacifique passe bien évidemment par une nouvelle vérification et une nouvelle comptabilisation des voix du deuxième tour des élections présidentielles du 28 novembre 2010 et par l’organisation de nouvelles élections sous supervision internationale.

 

Bernard Fischer

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:13

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110112/tts-tunisie-ca02f96.html

Ben Ali change de ministre de l'Intérieur après des émeutes (Reuters)

Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali a limogé mercredi son ministre de l'Intérieur au lendemain des premières émeutes à Tunis, où l'armée a fait son apparition

Il s'agit du premier changement dans le gouvernement tunisien depuis le début des manifestations, il y a près d'un mois. Ben Ali s'était jusqu'ici contenté d'allocutions télévisées et de promesses de créations d'emplois, et avait qualifié les émeutiers de commettre des "actes de terrorisme".

Le Premier ministre a annoncé lors d'une conférence de presse le remplacement de Rafik Belhaj Kacem par Ahmed Friaa, un ingénieur et ancien ministre.

Le président Ben Ali, confronté à un mouvement de contestation sans précédent dans ses vingt trois années au pouvoir, a également ordonné la création d'une commission d'enquête "sur des faits de corruption présumée et pour évaluer les erreurs de certains responsables publics", a ajouté Mohamed Ghannouchi.

Il a enfin demandé la libération de toutes les personnes détenues depuis le début des troubles, le 16 décembre dans la ville de Sidi Bouzid, a conclu le Premier ministre.

Les participants aux émeutes disent vouloir protester contre la cherté de la vie et la pénurie d'emplois en Tunisie. Les autorités dénoncent l'instrumentalisation de ces manifestations par une minorité d'extrémistes violents.

Les émeutes ont fait officiellement vingt trois victimes civiles. Le gouvernement a rejeté les estimations plus élevées émanant d'organisations de défense des droits de l'homme.

D'après le pouvoir, les victimes ont été tuées par des policiers exerçant leur droit de légitime défense.

Des soldats et des véhicules de l'armée ont fait leur apparition dans le centre-ville de Tunis. Des véhicules militaires et des soldats armés patrouillaient sur la principale avenue et devant les locaux de la télévision officielle.

Mardi soir, les forces de l'ordre ont tiré en l'air en guise de semonce pour disperser une foule qui mettait à sac des bâtiments dans le faubourg ouvrier d'Ettadamen.

Mercredi matin, une importante manifestation s'est déroulée dans la matinée à Kasserine, ville du centre-ouest théâtre de violences ce week-end, et aucun policier n'était là pour entendre des appels à la démission de Ben Ali, ont rapporté deux témoins.

Les gens chantaient "Va-t'en Ben Ali", a dit à Reuters Mohsen Nasri, un témoin. "Il y a environ trois mille personnes dans la manifestation", a dit un autre.

"Il n'y a pas de policiers, ils ont tous fui dans leurs casernes", a-t-il ajouté. "Les militaires gardent les bâtiments mais n'ont touché personne."

Le déploiement de l'armée dans des villes de province plus turbulentes a semblé jusqu'ici calmer les émeutes.

Dans une autre tentative de limiter les troubles, le gouvernement a fermé jusqu'à nouvel ordre les universités et les établissements scolaires et, dans une ville au moins, la police a ordonné à la population de ne pas se rassembler dans les rues.





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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 21:01

 

CÔTE D’IVOIRE

A BAS LE PLAN D’INTERVENTION MILITAIRE DES IMPÉRIALISTES ET DE LEURS SUPPÔTS (ONU, CEDEAO...) !

SOUTIEN À LA RÉSISTANCE DES TRAVAILLEURS ET DE TOUTES CELLES ET CEUX QUI REFUSENT L’INGÉRENCE ÉTRANGÈRE : POUR LA DÉFAITE DES IMPÉRIALISTES, À COMMENCER PAR LA FRANCE !

Près de deux cent morts : tel est le terrible bilan, malheureusement provisoire, des affrontements qui ont suivi le second tour des élections présidentielles le 28 novembre. Ce jour-là, Alassane Ouattara a été proclamé vainqueur par une commission électorale prétendument indépendante, mais en fait acquise à sa cause et soutenue par la soi-disant « communauté internationale », tandis que le Conseil constitutionnel, affidé à Gbagbo, proclamait le triomphe de celui-ci. Tous deux s’affichent depuis lors en présidents officiels. Mais Ouattara, bien que soutenu par l’ONU et les principales puissances impérialistes dont la France et les États-Unis, est cantonné dans un hôtel de luxe à Abidjan. Pour reprendre la main et tenter de s’installer au pouvoir, il a lancé un mot d’ordre de grève générale et une journée de désobéissance civile qui se sont soldés par des échecs cuisants, le peuple ivoirien n’y ayant pas répondu.

Ouattara tente par tous les moyens d’asseoir la légitimité qu’il affirme sortie des urnes, ce qu’ont cautionné les observateurs internationaux alors même que des fraudes massives en sa faveur sont attestées par de nombreux témoins. Tandis que les deux prétendants au pouvoir appellent à combattre l’autre par la force, une partie de la population, poussée par la peur et la misère, fuit le pays. Une intervention militaire pilotée par les impérialismes occidentaux sous couvert de la CEDEAO (Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest) est imminente, visant à renverser Gbagbo, le remplacer par Ouattara et au final accroître encore leur tutelle sur ce pays semi-colonial déjà ravagé par huit ans de guerre civile ouverte ou larvée.

Ouattara est un agent stipendié de l’impérialisme américain, Gbagbo un dictateur raciste qui a longtemps servi les intérêts de la France avant d’être lâché par elle

Cette situation de violentes tensions est en effet le paroxysme d’une crise ouverte par le coup d’État manqué qui tenta de renverser Gbagbo en septembre 2002. Depuis cet épisode, le pays est coupé en deux, le Nord étant contrôlé par les « Forces nouvelles » acquises à Ouattara et le Sud par les forces officielles aux ordres de Gbagbo. Les impérialistes ont bien essayé de soutenir une politique de « réconciliation nationale », en imposant la présence de ministres de l’opposition et de la rébellion au sein du gouvernement Gbagbo, dans le sillage des accords de Marcoussis signés en janvier 2003 sous l’égide de la France. Mais ces tentatives ont lamentablement échoué, car Gbagbo n’a que partiellement obtempéré aux exigences toujours plus grandes de l’impérialisme en Côte d’Ivoire. L’emploi de la force a dès lors prévalu, avec l’opération « Licorne » — l’envoi de quatre mille soldats français —, qui n’hésitèrent pas à tirer sur les manifestants protestant contre leur présence. C’est pour mettre fin à cette situation qui entrave la sécurité des « ressortissants » occidentaux et le butin qu’ils se partagent, que les impérialistes se sont entendus pour mettre fin au règne de Gbagbo.

Il n’est pas étonnant que la « communauté internationale » soutienne Alassane Ouattara. C’est un pur produit des États-Unis où il a fait ses études d’économie. Ouattara a ensuite fait les preuves de sa parfaite soumission aux exigences du capitalisme le plus effréné. Après avoir été gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, il a exercé la fonction de premier ministre de la Côte d’Ivoire entre 1990 et 1993 ; il a alors parfaitement tenu le rôle de représentant d’un capitalisme utltra libéral, privatisant à tour de bras et plongeant la population ivoirienne dans une pauvreté exacerbée. Il a également rempli les offices de l’institution qui accule les peuples à la misère depuis plusieurs décennies, le Fonds monétaire international et ses plans d’ajustement structurel, puisqu’il en a été haut fonctionnaire pendant des années, jusqu’au poste de directeur général adjoint.

Laurent Gbagbo, issu d’un milieu plus modeste que celui de son rival, a fait quant à lui une partie de ses études en France, puis a été enseignant d’histoire, syndicaliste actif, opposant au régime dictatorial d’Houphouët Boigny qui a régné sur le pays de 1960 à sa mort en 1990. Gbagbo a d’ailleurs été plusieurs fois condamné et emprisonné dans les années 1970 puis dans les années 1990 quand Ouattara était premier ministre. Il a fondé au cours des années 1980 le Front populaire ivoirien, affilié à la mal nommée « Internationale socialiste » dont est membre notamment le PS français, a tissé des réseaux dans la mitterrandie, ce dont témoigne le soutien que lui ont apporté Jack Lang ou Henri Emmanuelli jusqu’au scrutin et encore aujourd’hui un Roland Dumas. Toutefois les liens avec le PS se sont distendus depuis quelques années, en fait depuis que Gbagbo a remis en cause la primauté de l’impérialisme français et ses ingérences permanentes, notamment en prenant l’initiative de coups de force militaires contre les troupes françaises ou en fomentant des manifestations anti-françaises. Cela n’en fait pas pour autant un nationaliste anti-impérialiste. Gbagbo n’a jamais remis en cause les intérêts des gros capitalistes français présents dans son pays, les Bouygues, Bolloré et consorts. Il a en revanche cherché à diversifier ses soutiens, en accueillant les investissements américains et en favorisant l’implantation de firmes américaines, mais aussi la venue des capitaux chinois.

La crise majeure que traverse actuellement la Côte d’Ivoire (qui oppose un Etat semi-colonial et les principales puissances impérialistes) vient donc historiquement après toute une série d’affrontements entre des fractions de la bourgeoisie compradore, soutenues chacune par des puissances impérialistes. Car la Côte d’Ivoire, malgré la pauvreté de l’écrasante majorité de sa population, est riche de ses matières premières : café, cacao, bois, pétrole off shore… Elle subit directement le joug du néocolonialisme et de l’oppression typique de la « Françafrique ». C’est ainsi que les capitalistes français ont pu rafler, tout au long des années 1990 et 2000, les juteux marchés qu’a engendrés la privatisation massive de tous les secteurs clés : eau, électricité, transports… Outre les quelque cinq cent PME françaises présentes en Côte d’Ivoire, ce sont les fleurons du capitalisme français le plus rapace qui détiennent les principales ressources économiques du pays : Bolloré contrôle entre autres les transports ferroviaires et les activités portuaires, Bouygues les secteurs de l’eau et de l’électricité, Vinci de nombreux chantiers de construction dont celui du palais présidentiel. Pour protéger son pré carré néo colonial depuis l’indépendance officielle de la Côte d’Ivoire en 1960, la France a envoyé, outre ses barbouzes et réseaux de mercenaires, des troupes qui y stationnent depuis des années — aujourd’hui, près de mille soldats français occupent le pays, auxquels se sont ajoutés des centaines de casques bleus.

Mais l’impérialisme français n’est plus seul à s’accaparer les richesses ivoiriennes. Le capitalisme états-unien s’est installé en Côte d’Ivoire, via certaines firmes comme Umic dans le secteur du pétrole off shore ou Philip Brothers dans celui du cacao ; les sociétés américaines Ocean Energy et Ranger Oil entendent bien quant à elles monopoliser les investissements pétroliers et gaziers. La Chine est elle aussi de plus en plus présente, en particulier dans les secteurs de la construction automobile, de l’industrie portuaire, des constructions autoroutières et de barrages hydroélectriques, du raffinage ou encore de la téléphonie. Ce sont, symboliquement, des entreprises chinoises qui ont construit l’Hôtel des Députés à Yamoussoukro. La Chine a multiplié les gestes de coopération intensive, par exemple en annulant 40% de la dette bilatérale ivoirienne.

Cette situation de concurrence directe de la Chine peut expliquer que la France ait depuis quelques années lâché Gbagbo et se soit ralliée au candidat soutenu quant à lui de longue date par les États-Unis, Alassane Ouattara. Les télégrammes de la diplomatie américaine révélés par Wikileaks l’illustrent d’abondance : « Le réflexe de suspicion (des Français) à l’égard de la concurrence américaine en Afrique a diminué particulièrement à mesure que la présence et l’influence de la Chine ont augmenté », exposent les diplomates américains, qui poursuivent : « Cette nouvelle politique peut donner aux États-Unis l’occasion d’étendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance (de la part des Français). » On le sait, Sarkozy se veut le président français le plus pro américain ayant jamais existé. Il a proclamé vouloir rompre avec la politique exclusive de la « Françafrique », pour mieux lier les intérêts français à ceux des États-Unis, par une coopération nouvelle, et ainsi contrebalancer l’influence grandissante de la Chine en Afrique. En revanche, tous les communiqués officiels chinois depuis fin novembre se distinguent par leur volonté de ne favoriser explicitement aucun des deux prétendants, en proposant de « traiter, de manière appropriée, les différends par le dialogue et les négociations afin de réaliser la réconciliation politique et de sauvegarder la paix et la stabilité de la Côte d’Ivoire », comme l’a indiqué le 30 décembre la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu. La position chinoise revient en fait à ne pas récuser Gbagbo, contrairement au reste de la « communauté internationale ».

On le voit, il n’y a aucune illusion à entretenir à l’égard de Laurent Gbagbo, qui se contente de mettre dans son jeu plusieurs cartes impérialistes plutôt qu’une seule comme cela prévalait avant lui. Ce faisant, il n’a satisfait ni la France, ni les Etats-Unis, remettant partiellement en cause les intérêts français, mais sans vendre vraiment le pays aux Etats-Unis. Comme Saddam Hussein dans les années 1980, il a cru pouvoir jouer sur les intérêts divergents des impérialismes, mais n’a réussi en fait qu’à les liguer contre lui. Dictateur parmi tous ceux que soutiennent les impérialistes, il a perpétué l’appauvrissement de son peuple, en bloquant les salaires depuis dix ans tandis que flambent les prix des produits alimentaires notamment. Il a poursuivi le démantèlement de l’école, de la santé, des services sociaux et de tous les secteurs vitaux. Il a aussi cherché à diviser les travailleurs de Côte d’Ivoire pour mieux régner, en continuant de promouvoir la politique ethniciste et xénophobe de l’« ivoirité » qu’avait imaginée son prédécesseur Henri Konan Bédié. Cette politique lui avait permis d’éliminer de la compétition électorale, en 2000, son concurrent Alassane Ouattara et d’être élu président. C’est elle surtout qui entretient les discriminations à l’égard des travailleurs immigrés venus principalement du Mali et du Burkina-Faso. Gbagbo, à l’image de ses complices au pouvoir ailleurs en Afrique, a tout aussi impitoyablement pourchassé et réprimé ses opposants, comme en témoigne entre autres exemples l’assassinat d’Habib Dodo, militant du Parti communiste révolutionnaire de Côte d’Ivoire, en 2004.

C’est au peuple ivoirien et à lui seul de décider son destin ! Cela passe par la mobilisation révolutionnaire des travailleurs, imposant l’expropriation des multinationales impérialistes, la destruction de l’Etat bourgeois semi-colonial, un gouvernement des travailleurs eux-mêmes

Les travailleurs de Côte d’Ivoire n’ont donc aucun intérêt à soutenir l’un plutôt que l’autre des deux prétendants au pouvoir ; tous deux n’ont eu de cesse de les opprimer et de les exploiter. Ils représentent seulement deux clans corrompus reflétant eux-mêmes les intérêts des capitalistes étrangers. Les travailleurs ivoiriens ont refusé de suivre le mot d’ordre de grève générale lancé par Ouattara, conscients qu’elle ne servirait que ses intérêts de compradore. Par ailleurs, les observateurs estiment que les « Jeunes patriotes » de Gbagbo ont bien moins de soutien populaire qu’en 2004, quand ils avaient mis en cause quelques intérêts français en s’en prenant à des entreprises ou ressortissants, dans le cadre d’une opération formellement anti-impérialiste, en fait démagogique, de Gbagbo.

Les travailleurs et le peuple ivoiriens ne pourront lutter réellement contre l’impérialisme et s’auto-déterminer que par l’expropriation des multinationales capitalistes qui les exploitent et pillent leur pays, par l’expulsion des troupes françaises et de l’ONU, la liquidation des institutions pourries de l’Etat semi-colonial, en un mot par une mobilisation révolutionnaire indépendante débouchant sur le gouvernement des travailleurs eux-mêmes. Dans la situation politique dramatique où ils se trouvent, c’est la seule issue conforme à leurs intérêts.

Tout en œuvrant à préparer cette mobilisation par la lutte de classe, il faut empêcher immédiatement l’offensive impérialiste qui se prépare et qui vise à soumettre et exploiter encore plus le peuple ivoirien. D’ores et déjà, les forces impérialistes patrouillent et tirent sur les Ivoiriens qui exigent leur départ. Il s’agit à l’évidence d’une agression des principales puissances impérialistes contre un pays semi-colonial, certes sous prétexte de « démocratie », mais alors que les élections ont été truquées des deux côtés. Les travailleurs et les opprimés auront à combattre et vaincre cette offensive par un front de toutes les forces qui participeront à la résistance pour tirer ensemble sur les troupes impérialistes et leurs suppôts. D’ores et déjà, nous sommes du côté des Ivoiriens qui s’opposent aujourd’hui, ponctuellement, aux troupes impérialistes. L’unité d’action contre l’impérialisme suppose le refus absolu de toute division entre travailleurs ivoiriens et immigrés ou sur des bases ethniques : nourrie depuis des années par Gbagbo, ces divisions internes constituent l’un des plus graves dangers pour la résistance légitime et nécessaire de ce peuple opprimé. Mais la classe ouvrière aura à garder en même temps toute son indépendance et à développer inconditionnellement la lutte de classe contre les patrons, impérialistes comme ivoiriens, sur la base d’un programme anticapitaliste révolutionnaire et du front unique ouvrier.

Quant à nous, travailleurs et militants du mouvement ouvrier français, c’est en combattant avec la plus grande détermination notre propre impérialisme et les gouvernements successifs qui le servent, à commencer par le « nôtre » et son représentant Sarkozy, que nous pouvons manifester notre solidarité active avec les travailleurs et la population de Côte d’Ivoire. Dans le cas d’un conflit entre l’impérialisme soi-disant « démocratique » et un Etat semi-colonial, nous ne sommes pas neutres : nous sommes inconditionnellement pour la défaite de l’impérialisme. D’une part, l’auto-détermination du peuple ivoirien n’est pas possible le revolver sur la tempe, comme le montre parfaitement l’exemple de l’Irak où les impérialistes n’ont nullement apporté la démocratie, mais le chaos ; d’autre part, toute défaite de l’impérialisme est une victoire pour la classe ouvrière mondiale et les peuples opprimés, facilitant leurs mobilisations.

A bas le projet d’intervention militaire des impérialistes et de leurs suppôts (ONU, CEDEAO...) ! Soutien à la résistance des travailleurs et du peuple ivoiriens ! Pour la défaite des impérialistes à commencer par la France  !

Troupes françaises et onusiennes hors de Côte d’Ivoire ! Aucune illusion dans l’ONU, couverture des intérêts impérialistes dans les pays semi-coloniaux !

A bas la Françafrique et le néocolonialisme ! Annulation de la dette qui met les peuples d’Afrique sous tutelle impérialiste !  Halte au pillage des richesses par les impérialistes !

Régularisation des sans-papiers ivoiriens et de tous les autres !

Paris, le 8 janvier 2011

Collectif pour une Tendance Révolutionnaire du NPA

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 20:35

 

http://www.connectionivoirienne.net/?p=48088

La Convention de la Société Civile Ivoirienne épingle le Conseil Constitutionnel et recommande de nouvelles élections en cas de blocage

CONVENTION GENERALE EXTRAORDINAIRE SUR LA SORTIE DE CRISE, LES 5 ET 6 JANVIER 2011 COMMUNIQUE FINAL

La Convention de la Société Civile Ivoirienne a tenu sa deuxième Convention Générale Extraordinaire les 5 et 6 janvier 2011 à la Bibliothèque Nationale en présence de soixante quatre organisations membres sur la centaine que compte la CSCI. L’objectif principal est de proposer des solutions pouvant aider à sortir la Côte d’Ivoire de l’impasse post électorale actuelle. Les propositions portent sur quatre préoccupations majeures : l’apaisement du climat social, une meilleure sécurisation des prochaines élections (législatives, municipales et régionales), une meilleure appréhension du rôle de la communauté internationale en Côte d’Ivoire dans la sortie de crise et la contribution au dénouement de l’impasse du bicéphalisme au sommet de l’Etat.

Au titre de l’apaisement du climat social post électoral

La Convention Générale Extraordinaire a noté que les principales sources des tensions politiques et sociales sont les médias, les partis politiques, les forces armées et les populations. A cet effet, la CGE fait les recommandations suivantes :

Concernant les médias

Le pays n’étant pas en guerre, la raison d’Etat invoquée pour confisquer les médias publics à des fins de propagande au profit d’un seul camp est inopportune. Les dispositions suivantes devront être prises avec urgence :

Amener les organes de régulation, notamment le Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA), à faire leur travail avec beaucoup plus de rigueur, de vigilance et de professionnalisme ;

Arrêter la propagande politique et la diffusion de messages de haine et de violence dans les médias publics ;

Assurer un traitement équilibré et impartial de l’information dans les médias publics, notamment la RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne).

Assurer l’accessibilité des médias publics à toutes les personnes physiques et morales ;

Assurer la couverture de toute l’étendue du territoire national par la RTI;

Prévoir des tranches horaires dans les programmes de la RTI pour l’éducation civique et citoyenne ;

Faire des émissions dans les langues nationales pour promouvoir la paix et la cohésion sociale ;

Autoriser la réouverture de tous les médias internationaux fermés, dans le strict respect des lois nationales ;

Fermer les médias (écrits et audio-visuels) qui échappent au contrôle du CNCA et du CNP, sur toute l’étendue du territoire national. Ces médias devront, avant d’émettre, se conformer aux lois et règlements en vigueur en Côte d’Ivoire

Accorder une plus grande représentation de la société civile dans les organes de régulation (CNCA et CNP).

Concernant les partis politiques

La CGE a déploré une radicalisation dans les discours et les comportements des partis politiques. Par conséquent, la CGE demande aux partis politiques de :

Eviter le recours aux considérations ethniques, régionales ou religieuses ;

Eviter l’usage d’armes et de la violence comme moyens d’expression et d’action ;

Eviter l’usage des moyens de l’Etat (finance, personnel, matériel, force publique) dans les actions ;

Faire preuve de modération dans leurs prises de position politique ;

Respecter le code de bonne conduite des partis politiques ;

Eduquer les militants à la tolérance et aux valeurs démocratiques.

Enfin, la CGE demande aux deux protagonistes (Messieurs Gbagbo et Ouattara) d’adresser des messages d’apaisement à leurs militants qui devront être diffusés dans les médias publics.

Concernant les Forces Armées

La Convention Générale Extraordinaire déplore les attitudes partisanes et bellicistes des FDS et FAFN. Elle demande donc :

La cessation immédiate, par les FDS et FAFN, de toute hostilité, de défiance ou d’annonce d’intention d’hostilité;

La réactivation du Centre de Commandement Intégré (CCI) et sa dotation en moyens conséquents pour accroître son efficacité;

L’encadrement pacifique des marches et des manifestations conformément à la législation en vigueur ;

La libération immédiate et sans condition du quartier général du RHDP ;

La levée immédiate du blocus de l’hôtel du Golf imposée par les FDS ;

La cessation des rackets sur les routes, entrainant parfois les mouvements de grèves dans le secteur des transports ;

L’arrêt immédiat dans les zones CNO des blocages récurrents des convois de ravitaillement du marché national en vivres et en bétail ;

Le non recours à toute intervention armée pour le règlement de la crise.

Enfin, la CGE demande que les négociations pour la sortie de crise ne s’enlisent pas et qu’elles permettent un dénouement rapide.

Concernant les populations

La CGE déplore la manipulation des masses populaires par les partis politiques. Trois partis ayant réunie à eux seule 95,5% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle exercent une réelle hégémonie sur les populations.

La CGE contacte qu’une telle hégémonie est de nature à entrainer par moments, à entrainer les populations dans des logiques de méfiance, d’hostilité voire de violence.

Par voie de conséquence, la CGE demande :

A la jeunesse de ne pas céder à la manipulation et de refuser de servir de chaire à canon,

Aux chefs traditionnels et aux leaders religieux d’éviter les positions partisanes prise en publique,

A la population d’utiliser les moyens d’expression démocratique (meetings et marches pacifiques) dans leurs revendications.

A la population de respecter le droit à la différence.

La tenue de conseils locaux dans les familles, les quartiers, les communautés etc.

L’utilisation et la promotion des alliances inter-ethniques pour détendre l’atmosphère post électoral actuel.

Au titre des propositions pour améliorer la gestion et la sécurisation des prochaines élections

La Convention Générale Extraordinaire note que des problèmes et des défaillances ont été constatés dans la gestion et la sécurisation du deuxième tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Ces problèmes et ces défaillances sont en partie responsables de l’impasse post électoral actuel que vit le pays. En conséquence, la CGE suggère :

La reconstitution entière de la CEI et l’administration de cette institution par la société civile.

Le remaniement partiel du Conseil Constitutionnel en vue du renforcement de sa crédibilité et de son impartialité.

Le désarmement total de tous ceux qui détiennent illégalement des armes en Côte d’Ivoire,

La réunification effective de l’armée ivoirienne

Au titre du rôle de la communauté internationale et de ses rapports avec les autres acteurs.

La CGE reconnait l’importance du rôle joué par la communauté internationale dans la sortie de crise.

Elle note cependant que les activités et les prérogatives de la communauté internationale sont souvent méconnues et mal comprise par les ivoiriens.

La CGE Suggère donc :

Que l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) poursuivre ses missions en Côte d’Ivoire, mais que celles-ci soient davantage expliquées aux populations ;

Que les forces impartiales complémentaires ne comprennent pas de ressortissants de la CEDEAO et que leur désignation soit faite en accord avec les autorités nationales ;

Que les structures internationales appuient les organisations nationales sans se substituer à elles et sans les concurrencer.

Au titre du dénouement du bicéphalisme au sommet de l’Etat.

La CGE propose :

La poursuite des négociations jusqu’à la fin du mois de Janvier 2011.

En cas d’échec des négociations, propose la reprise de l’élection présidentielle conformément à l’article 64 du code électoral en ayant réuni les conditions d’une meilleure sécurisation et d’une totale transparence des élections.

Enfin la CGE propose parallèlement aux efforts de négociation et de médiation internationale actuellement en cours, la constitution d’un groupe de médiateurs nationaux comprenant la société civile ivoirienne, les organisations professionnelles et syndicales, la chefferie traditionnelle et les confessions religieuses.

Fait à Abidjan le 06/01/2011

La Convention Générale Extraordinaire




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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 20:25

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article1066

A propos de la Résistance et du CNR : l’« Affaire » de Signes

Claude Roddier et Bernard Oustrières

samedi 8 janvier 2011, par Comité Valmy

L’ANACR rend chaque année hommage aux dix maquisards assassinés par les nazis à la ferme de La Limatte, près de Signes dans le Var, le 2 janvier 1944. La cérémonie se déroule selon un protocole quasi-immuable : rassemblement et dépôts de gerbes au pied de la stèle où sont gravés les noms des martyrs et celui du berger venu les prévenir de l’arrivée des Allemands ; défilé dans les rues du village ; nouveaux dépôts de gerbes au monument aux morts ; recueillement dans le cimetière devant la tombe des Résistants ; enfin, discours et vin d’honneur dans une salle municipale.

Cette manifestation annuelle, qui revêt un caractère sacré pour les Résistants, leurs familles et les amis de la Résistance du Var, attire toujours de nombreux élus auquel se joint le représentant du préfet.

Rien ne laissait présager que la dernière commémoration, le 2 janvier donc, donnerait lieu à un vif incident. Qui l’a provoqué ? Est-ce le discours iconoclaste de la présidente départementale de l’ANACR, Claude Roddier, résolue à dénoncer l’hypocrisie de ceux qui laissent « se dissoudre la France » ou bien, très en amont, ceux-là même qu’elle a dénoncés parce qu’ils ont déclaré une guerre totale au programme du Conseil national de la Résistance ? La présidente, rappelant que les martyrs de la La Limatte avaient aussi combattu pour l’instauration d’un monde plus heureux, expliqua que les Résistants et leurs amis ne pouvaient plus longtemps accepter ces atteintes réitérées aux acquis du CNR, en particulier les mesures contre les retraites et le démantèlement en cours de la Sécurité sociale.

 

Présents à la tribune aux côtés de Claude Roddier, le représentant du préfet et la députée de la circonscription, Josette Pons, donnèrent très vite les signes les plus évidents d’une grande nervosité. La présidente continuant d’appeler un chat un chat, tous deux se levèrent bientôt pour quitter la tribune et la salle, marquant leur désapprobation. Situation inouïe que le maire de Signes, Jean Michel, écartelé entre ses devoirs protocolaires et ses propres engagements de fils de Résistant, eut bien du mal à arbitrer.

Question : le consensus républicain, s’est-il brisé le 2 janvier à Signes ? Réponse : non. Jusqu’à ces deux dernières années, les élus, tous les élus, pouvaient en toute légitimité s’incliner sur la tombe des martyrs sans se déjuger car les gouvernements successifs de la IV° et de la cinquième République, quels que fussent leurs choix idéologiques, respectaient globalement les options de CNR auxquelles les Français doivent aujourd’hui les lois sociales les plus protectrices et les plus émancipatrices. Mais les temps ont brutalement changé. Depuis 2009, la majorité législative et l’exécutif multiplient les attaques contre les droits sociaux et démocratiques hérités de la Résistance. C’est à partir de là, donc (et non pas à Signes !) que l’unité du pays autour de ses valeurs, a commencé de se déliter. Faut-il se taire plus longtemps, interroge en substance Claude Roddier. N’est-il pas temps, avec Stéphane Hessel qu’elle cita, de se rebeller et de placer les élus qui cautionnent pareille politique devant leurs responsabilités ? Elle a répondu par l’affirmative.

Voici le discours, source de discorde

Monsieur le préfet, maires, conseillers généraux, régionaux, Mesdames et Messieurs les présidents d’associations, Chers camarades et chers amis de la Résistance ;

Merci de votre présence fidèle, année après année pour commémorer le souvenir des dix maquisards et du courageux berger Ambroise Honnorat abattus à la Limatte le dimanche 2 janvier 1944 au matin.

Il y a maintenant 67 ans. C’est l’âge qu’avait le pauvre berger Honnorat. Tous les autres étaient très jeunes bien que vétérans de la Résistance armée, fondateurs pour la plupart du camp FAITA en février 1943. Leur groupe était le camp MARAT. Nous voulons rappeler leur noms : Alphonso, officier aviateur de l’armée italienne; Paul Battaglia, 23 ans, ouvrier tailleur à Sainte Maxime; Joseph Gianna; Amédée Huon, 22 ans, pompier dans la région parisienne; Yvan Joanni, maitre skieur savoyard; Georges Lafont, 21 ans, matelot, originaire de Gironde; Jean Perrucca, 24 ans, originaire de Savoie; Pierre Valcelli, 22 ans,ouvrier céramiste à Salernes; Serge Venturrucci, 22 ans, ouvrier boulanger au Luc ainsi qu’Ambroise Honnorat, 67 ans, berger à Limattes.

A l’appel de leurs noms nous joignons toujours ceux de Lucien Henon, leur camarade, et de Sansonetti et Basset, disparus tous trois dans l’abjection des camps de la mort parce qu’ils avaient commis le crime de donner une sépulture décente aux maquisards massacrés avec férocité.

Au souvenir des quatorze de la Limatte associons celui des huit jeunes gens de Siou Blanc arrêtés sans armes, fusillés le 17 juin à la Rouvière, deux autres à Méounes le 20 juin, le souvenir des vingt neuf patriotes assassinés au premier charnier le 18 juillet et enfin - nous disons enfin parce que le chiffre total est énorme, des neuf du deuxième charnier, le 12 août, après d’horribles tortures.

Une élite française et internationale depuis les Italiens tombés à Limatte le 2 janvier, jusqu’à l’Américain Muthular d’Errecalde, le 12 août. Et souvenons nous de la population de Signes qui a fait preuve de courage et de dignité. Les enquêteurs n’ont jamais pu obtenir d’elle aucun renseignement. Nous la remercions au nom des suppliciés de Signes.

Ceci se passait voici plus d’un demi siècle.

Une question se pose toujours devant l’injuste sort réservé à ces jeunes martyrs. Pourquoi avaient-ils pris ce risque ? Quelles étaient leurs principales raisons ? Nous connaissons la réponse en ce qui les concernait au présent, en 1944. Tous les résistants l’ont dit et répété : leur première motivation a été la défense de la France. La deuxième, surtout pour quelques uns, dont ces jeunes FTP faisaient assurément partie, a été le projet de rendre les hommes heureux. Le programme du CNR s’appelait “les jours heureux”. Ils ont réussi leurs deux paris. La France libérée, libérée par nos alliés mais aussi par elle même, a pu mettre en place le programme pour lequel ces hommes avaient donné leur vie.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Que penseraient-ils de nous s’ils pouvaient connaître notre monde et nos actions ? Diraient-ils toujours “oui, je referais ce chemin” ? ou ne se demanderaient-ils pas s’ils n’ont pas donné leur seule vie pour des hommes et femmes indifférents aux deux causes qui leur tenaient tant à coeur ?

Leur regard ne peut être que sévère.

Nous avons laissé se dissoudre la France dans un magma informe et nous sommes en train de laisser se dilapider toutes les conquêtes sociales acquises à la Libération.

Faisons un état des lieux.

Des boutades en forme de provocations nous ont pourtant avertis. Warren Buffet, milliardaire américain, 1ère fortune mondiale en 2008, nous a dit : ”Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner”.

En 2007 c’est Denis Kessler qui nous a fièrement annoncé “Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. (…) Il est grand temps de le réformer”.

Comment imaginaient-ils réussir un pareil projet ? La réponse tient en partie dans cette autre boutade de Patrick Le Lay en 2004 “à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit”

Comment concilier ce “métier” avec la quatrième des mesures à appliquer dès la libération du territoire “assurer la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères”

Ces Résistants de 1944 nous regardent, se demandant jusqu’où nous allons accepter l’inacceptable. Ils peuvent être rassurés. La Résistance en 2011 a déjà bien commencé et elle se développe.

L’ANACR n’a cessé et ne cesse de rappeler les valeurs de la Résistance et l’importance du programme du CNR. Les résistants, malgré leur âge et leur fatigue continuent de témoigner sans relâche dans les lycées et collèges, décrivant la Résistance, ses valeurs, ses combats. Au cours des manifestations de cet automne contre la loi sur les Roms et celle de la réforme des retraites, ses membres à Draguignan comme à Toulon ont distribué des tracts expliquant notre refus de ces lois. Armand Conan, tenant un écriteau sur lequel était écrit “Moi, résistant, 90 ans, 34 ans de retraite=CNR ; Je vous soutiens” a été déclaré grand vainqueur à l’applaudimètre par Var Matin.

Stéphane Hessel vient de publier un petit opuscule, que vous trouverez sur la table, qui s’appelle “Indignez vous” et dont le succès montre que l’indignation est dans le coeur de beaucoup de Français. Ce petit livre est un discours qu’il a fait en 2008 lors du rassemblement maintenant bien connu des Glières. Nous avons décidé d’organiser un semblable rassemblement dans le Var et le 22 mai un collectif d’associations mené par l’ANACR et la Ligue des Droits de l’Homme organise un pique-nique républicain à La Seyne. Nous y présenterons le pacte pour les droits et la citoyenneté de la LDH et des résistants prendront la parole. Vous êtes tous conviés au pique-nique et si vous le désirez à faire partie du collectif.

Moins connu mais tout aussi indigné est le sénateur du Vermont Bernie Sanders. Fin novembre 2010 il a prononcé un long discours devant ses collègues du Sénat américain. Vous pouvez l’écouter et le lire sur le blog de la lettre du lundi ou en cherchant Bernie Sanders sur google.

Le discours commence ainsi :

“Il y a une guerre en cours dans ce pays, je ne fais pas référence à la guerre en Irak ou en Afganistan, je parle d’une guerre menée par certains des gens les plus riches et les plus puissants de ce pays contre les familles des travailleurs, contre la classe moyenne qui rétrécit et disparaît. En 2007 le 1% des gros revenus a fait 23.5% de tous les revenus, plus que les 50% du bas de l’échelle... Il y a une guerre en cours, la classe moyenne lutte pour sa survie, elle s’attaque aux forces les plus riches et les plus puissantes dans le monde dont la cupidité n’a aucune limite et si nous ne commençons pas à nous battre avec elle et à représenter ces familles, il n’y aura plus de classe moyenne dans ce pays”.

Bernie Sanders vient de retrouver la solution que les Résistants avaient appliquée avec la création du CNR. Nous devons tous nous unir contre ce un pour cent. Dans cette salle où nous ne sommes pas cent, statistiquement il ne devrait pas y avoir de représentant de ce groupe. Nous sommes donc d’accord entre nous. Pourquoi croyons nous que nos positions politiques sont si éloignées les unes des autres que le mot “politique” doive être tabou ? Le CNR n’était-il pas un concentré de politique ? Et l’union de toutes les familles politiques en son sein n’a-t-il pas été plus efficace que leur négation ?

Oui, nous devons arriver à nous unir, ne serait ce que pour pouvoir nous dire que les dix maquisards morts le 2 janvier à Signes nous donnent raison.

Je vous remercie.

Texte et discours de nos amis Claude Roddier et Bernard Oustrières publié en premier par Médiapart le 6 Janvier 2010



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