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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 17:50

 

http://www.cadtm.org/Le-Reseau-espagnol-des

 

Le réseau espagnol des municipalités contre la dette illégitime accuse le ministre espagnol des finances Cristobal Montoro à Bruxelles

 

Mardi 22 Mars 2017

 

À l’invitation de Podemos, une délégation espagnole de représentants du réseau des municipalités contre la dette Illégitime et les coupes budgétaires, à laquelle ont adhéré plus de cent quarante municipalités où vivent près de dix millions de personnes, a visité le parlement européen et s’est réunie avec des parlementaires européens de différents pays afin de dénoncer les politiques d’austérité et restrictions budgétaires imposées aux municipalités par le gouvernement castillan.

 

L’adjointe au maire d’Oviedo Ana Taboada, le conseiller des finances de Cadix David Navarro et l’adjoint au maire de Badalona José Tellez ont participé à l’événement. Avec les députés européens de Podemos Miguel Urbán et Tania González, ils ont dénoncé la grave situation à laquelle se trouvent confrontées un grand nombre de municipalités, les régulations néfastes des finances locales imposées par l’actuel ministre espagnol des finances et de la fonction publique Cristobal Montoro, de même que la pression et les extorsions imposées aux municipalités alors qu’elles respectent la loi et que leur dette ne représente que cinq pour cent du total de la dette des administrations publiques.

 

Pendant la réunion, à laquelle ont participé des représentants de partis politiques de différents pays tels que l’Italie, la Grèce et le Portugal, et des municipalités qui vivent des situations similaires comme Naples, les lois du ministre Cristobal Montoro, qui sont encore plus restrictives que les régulations européennes, ont été dénoncées. « Les politiques d’austérité de la troïka sont similaires à celles du ministre Cristobal Montoro, leur élève le plus zélé, qui non seulement les applique, mais va encore plus loin » a déclaré Ana Taboada.

 

Les parlementaires européens présents se sont engagés à faire connaître le réseau aux municipalités où sont représentés leurs partis afin d’étendre et renforcer cette initiative qui vise à affronter les politiques d’austérité, les coupes budgétaires et le poids de la dette au niveau européen, pour en finir avec la situation difficile que vivent des millions de personnes.

 

Le chef de la délégation de Podemos en Europe, Miguel Urbán, sa collègue Tania Sánchez et le député européen d’Equo Florent Marcellesi se sont engagés à chercher des soutiens au sein des députés européens de la délégation espagnole pour envoyer une lettre à Cristobal Montoro, lui demandant d’écouter les exigences des municipalités et d’abroger les lois injustes qu’il a imposées et qui rendent impossible aux mairies de satisfaire les besoins des citoyens et de créer des emplois. « De la part de la délégation de Podemos en Europe, nous nous engageons à appuyer ce réseau pour qu’il s’étende à d’autres pays européens et pour que Cristobal Montoro tout autant que la troïka soient obligés de nous écouter et de faire marche arrière dans leur politique d’austérité », a déclaré Miguel Urbán dans la conférence de presse. Ils se sont par ailleurs engagés à préparer une question parlementaire pour mener le débat au parlement européen et pour solliciter une réunion avec la commission européenne.

 

Le réseau a invité les autres représentants européens à assister à la deuxième rencontre municipaliste contre la dette illégitime et les coupes budgétaires à Cadix du 2 juin au 4 juin 2017. De plus, a été annoncée l’intention d’organiser une rencontre des municipalités européennes contre la dette et l’austérité.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 18:01

 

La cour suprême du Venezuela recule pour tenter de calmer le jeu (Reuters)

 

La cour suprême du Venezuela est revenue Samedi Premier Avril 2017 sur sa décision controversée d'assumer les pouvoirs de l’assemblée nationale, une initiative qui avait été critiquée à l'étranger et que l'opposition avait qualifiée de coup d’état.

Prise Mercredi 29 Mars 2017, la décision de la cour suprême de se substituer à l’assemblée nationale, où l'opposition est majoritaire, a suscité un regain de tension dans un pays où les opposants au président Nicolas Maduro tentent depuis des mois d'obtenir la tenue d'un référendum révocatoire visant à écourter son mandat.

La cour suprême a annulé ses deux décisions controversées dans la matinée du Samedi Premier Avril 2017, a indiqué le gouvernement.

Son président Maikel Moreno qui a rencontré des émissaires étrangers et la presse a expliqué la décision et il a affirmé qu'il n'avait jamais été question de priver l’assemblée nationale de ses pouvoirs.

« La controverse est close », avait déclaré le président Nicolas Maduro devant le conseil de défense du gouvernement qui avait été réuni pour inviter la cour suprême à réexaminer sa décision.

La décision du président pourrait ne pas être suffisante pour apaiser la colère de la population.

« On ne peut prétendre simplement normaliser la nation après avoir réalisé un coup d’état », a déclaré Julio Borges, président de l’assemblée nationale. Il a déchiré en public cette semaine les décisions controversées de la cour suprême et il a refusé d'assister au conseil de défense où siègent les présidents des principales institutions du pays.

Ayant déjà annulé la plupart des mesures prises par le congrès depuis sa prise de contrôle par l'opposition en 2015, la cour suprême a fait un pas de plus Mercredi 29 Mars 2017 en décidant de reprendre les fonctions de l’assemblée nationale parce que la loi n'avait pas été respectée.

Elle soutenait ne pas avoir eu d'autre choix au motif que le parlement ne s'était pas séparé de trois députés de l'opposition accusés d'avoir acheté des voix lors des élections législatives de 2015.

Cela a remobilisé une opposition divisée. Dénonçant un coup d’état, les militants contre Nicolas Maduro sont descendus dans la rue Vendredi 31 Mars 2017 et ils ont reçu dans la journée le soutien du procureur en chef du Venezuela, Luisa Ortega, pourtant considérée comme une proche alliée du pouvoir.

En poste depuis dix ans, la magistrate est sortie de son devoir de réserve pour dénoncer la décision de la cour suprême. « Cela constitue une rupture de l'ordre constitutionnel et j'ai l'obligation d'exprimer ma grave inquiétude pour notre pays », a-t-elle dit dans un discours prononcé à la télévision publique.

Les pressions internationales se sont également accrues. A la suite de l'Organisation des Etats Américains (OEA) qui avait réagi Jeudi 30 Mars 2017, l'Argentine a annoncé que les ministres des affaires étrangères des pays du MERCOSUR se réuniraient Samedi Premier Avril 2017 pour discuter de la situation au Venezuela.

De Genève, le haut commissaire aux droits de l'homme de l’Organisation des Nations Unies (ONU), le Jordanien Zeid Raad al Hussein, a demandé à la cour suprême de reconsidérer sa décision.

D'autres condamnations sont aussi venues des Etats-Unis et de l'Union Européenne.

La décision de la cour suprême devrait apaiser les tensions dans l'immédiat, mais les opposants au président Nicolas Maduro, au Venezuela et à l'étranger, n'ont toujours pas digéré que les autorités aient empêché la tenue d'un référendum révocatoire l'an dernier et reporté les élections locales prévues pour 2016.

L'opposition demande désormais que l'élection présidentielle de 2018 soit avancée et que les élections locales se tiennent effectivement.

Samedi Premier Avril 2017, l’assemblée nationale tenait un réunion en plein air à Caracas, à laquelle participaient plusieurs centaines de sympathisants de l'opposition.

Dès avant les événements de cette semaine, le secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro, s'est dit favorable à une suspension du Venezuela, mais il est peu probable qu'il réunisse les deux tiers des voix nécessaires.

Une réunion spéciale de l'OEA est prévue Lundi 3 Avril 2017 à Washington.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:40

 

Arrestation d'une trentaine de manifestants à Moscou (Reuters)

 

Entre vingt et trente personnes qui participaient à une manifestation pour dénoncer la corruption du pouvoir en Russie ont été arrêtées par la police Dimanche 2 Avril 2017 à Moscou, rapporte un journaliste de Reuters.

 

Des officiers en civil et des policiers en uniforme ont appréhendé entre vingt et trente manifestants dans le centre de la capitale russe alors qu'ils tentaient d'organiser une marche en direction du Kremlin.

 

Citant la police, l'agence de presse Interfax a rapporté que vingt neuf personnes avaient été interpellées pour infraction à l'ordre public.

 

« Il est désormais évident que le problème a pris de l'ampleur en raison d'un important nombre de détenus dans différentes villes de Vladivostok à Kaliningrad », a déclaré Ilya Kourzinkov, un étudiant faisant partie d'un groupe venu de Novossibirsk en Sibérie pour assister à la manifestation moscovite.

 

Une centaine de personnes se sont rassemblées dans le centre de Moscou Dimanche 2 Avril 2017, soit une mobilisation très faible par rapport à celle de la semaine passée qui était la plus importante depuis les grandes manifestations de 2011 et de 2012.

 

Cette contestation intervient à un an de l'élection présidentielle à laquelle Vladimir Poutine devrait briguer un quatrième mandat.

 

Les autorités russes ont bloqué cette semaine l'accès à plusieurs sites internet afin d'empêcher ce que le gouvernement a qualifié de manifestations anti gouvernementales illégales.

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 17:31

 

https://reporterre.net/Frederic-Lordon-Nuit-debout-a-ete-un-retour-a-l-essence-de-la-politique

 

Nuit debout a été un retour à l’essence de la politique

 

Interview de Frédéric Lordon par Hervé Kempf

 

Samedi Premier Avril 2017

 

Il y a un an, des gens prenaient les places pour se réapproprier les affaires publiques. Frédéric Lordon revient pour Reporterre sur le mouvement des Nuits Debout, ses succès, sa dynamique et ce qu’il dit du rapport de la société à sa représentation politique.

 

Hervé Kempf. Que s’est-il passé l’an dernier à Nuit Debout ?

 

Frédéric Lordon. C'était une irruption. L’autre nom de cette irruption, c’est la déconfiscation. Des gens ont pris l’espace public, qui est le lieu même de la politique, n’en déplaise à Anne Hidalgo, qui avait qualifié Nuit Debout de privatisation de la place de la République. Faut-il s’être définitivement perdue pour proférer des énormités pareilles. Des gens, donc, ont pris l’espace public pour dire qu’il était leur, comme est leur la politique dont cet espace est le lieu. Les affaires publiques sont nos affaires, voilà ce qui a été dit à Nuit Debout, énoncé en fait élémentaire, trivial même, mais dont l’évidence est systématiquement recouverte par les fonctionnements institutionnels réels, qui œuvrent tous à la dépossession. Nuit Debout en quelque sorte, cela a été un retour à l’essence de la politique, retour qui n’a pu sembler inouï que du fait que cette essence est obscurcie par les captures de la représentation étatique et parlementaire

 

Hervé Kempf. Le mouvement a-t-il échoué ?

 

Frédéric Lordon. Il faudrait pour répondre, commencer par mettre en question la question. Les critères de la réussite et de l’échec sont-ils pertinents pour interroger Nuit Debout ? Sous un certain angle, Nuit Debout aura été une sorte de pur mouvement, j’entends un mouvement sans but, un mouvement qui se satisfait de sa propre effectuation. À un tel mouvement, on ne demande pas s’il réussit ou s’il échoue. La question n’a même plus de sens. On ne peut pas se contenter d’écarter cette part-là de Nuit Debout d’un revers de main. À maints égards, les assemblées générales intransitives de Nuit Debout exprimaient la seule joie, quasi cathartique, de la réappropriation et de la reprise de la parole. Que Nuit Debout ait été ainsi un flot de paroles, dont la prolifération des commissions, presque quatre vingt dix, donne à soi seule une idée assez frappante, c’est évidemment le corrélat nécessaire des décennies de privation qui avaient précédé. On ne peut pas s’attendre à un goutte-à-goutte bien ordonné quand un barrage rompt.

Maintenant, s’il m’est permis de m’exprimer à titre personnel, je suis de ceux qui ne pouvaient pas s’en satisfaire entièrement. Nous savons depuis Edouard Bernstein où mène l’exaltation du mouvement pour le mouvement et du chemin dissous dans le cheminement. Il se trouve que le groupe qui a initié Nuit Debout avait une intention bien plus arrêtée que de célébrer la simple réappropriation de la parole, si désirable soit-elle par ailleurs. Il s’agissait de produire, en dehors du cadre institutionnel, un effet de cristallisation autour de la loi travail. Pour nous le chemin avait un but et ce but était très bien défini. Contribuer aussi vigoureusement que possible à faire tomber la loi travail et puis, plus encore, remettre au centre du débat public la question salariale, en toute généralité, le salariat comme un rapport social essentiellement odieux que la loi travail, précisément, se proposait de porter à un plus haut point d’ignominie, puisque dans cette affaire, comme en réalité depuis trois décennies, il ne s’agit que d’organiser la liquéfaction du travail, c’est-à-dire la remise des salariés à la merci sans restriction des employeurs.

À l’évidence, il y a eu là une ligne de partage des eaux au sein de Nuit Debout, entre ceux qui avaient une idée très précise du but et ceux qui n’en voulaient pas, c’est-à-dire entre ceux qui reconnaissent que l’idée même d’un but déterminé crée ipso facto du conflit, et ceux pour qui l’agora démocratique a nécessairement vocation à inclure tout le monde dans une sorte d’irénisme de la délibération. Aux premiers, on peut alors certainement poser la question de la réussite et de l’échec.

Cependant, la réponse ne s’apprécie que dans des temporalités différenciées. À court terme, on peut bien reconnaître que Nuit Debout a échoué, ni la loi travail n’a été défaite ni le soulèvement ne s’est amplifié. Mais s’en tenir là serait méconnaître la profondeur de ce qui s’est passé. Tous ceux qui ont pris la rue au printemps 2016 sont rentrés chez eux avec une disposition d’esprit tout autre que celle, par exemple, qui avait marqué l’échec du mouvement pour les retraites en 2010. Autant le sentiment d’abattement, alors, nous avait coupé les pattes, autant la combativité d’après Nuit Debout est intacte, prête à se ré-enflammer à tout instant.

Le principal succès de Nuit Debout en fait demeure invisible. Il s’est silencieusement inscrit au fond des esprits, car Nuit Debout a précipité au travers de tout le pays cette idée simple, mais puissante que quelque chose ne va pas et que cela ne peut plus durer comme cela. Nuit Debout a clarifié le sentiment confus d’une séquence politique de longue période, nous pourrions dire pour faire simple celle de la cinquième république mais, en fait, c’est tellement plus profond, arrivée en phase terminale. La combinaison du désastre néolibéral et de la confiscation institutionnelle n’est plus tolérable. Si les hommes de la politique instituée pensent que, la place de la République désertée, ils ont la paix et peuvent revenir tranquillement à leurs petites affaires, ils se trompent, et de beaucoup. Ce qui s’est inscrit dans les esprits ne s’effacera pas de sitôt. Les places peuvent être réoccupées et les rues peuvent être reprises à tout instant.

 

Hervé Kempf. La convergence des luttes espérée par beaucoup ne s’est pas concrétisée. Pourquoi ?

 

Frédéric Lordon. Pour des raisons sociologiques évidentes, dont bon nombre de participants à Nuit Debout avaient d’ailleurs une claire conscience. Comme ils avaient conscience que, s’il était nécessaire, le volontarisme déclamatoire, celui qui a appelé opiniâtrement à la convergence des luttes, ne pouvait être suffisant. Au demeurant une partie de cette convergence a fait plus que s’esquisser. Non seulement des militants syndicaux ont été très présents sur la place à titre personnel, c’est-à-dire, conformément à l’esprit général de Nuit Debout, en ayant laissé au vestiaire leur étiquette d’organisation, mais, et cela n’est nullement contradictoire, la présence ès qualité de certaines directions confédérales lors d’un meeting a été l’un des moments marquants de la lutte contre la loi travail.

Bien sûr, l’autre volet de la convergence, celui avec les quartiers, est resté presque entièrement à l’état de vœu pieux. Je dis presque, car il y a eu tout de même plein d’efforts admirables pour organiser des Nuits Debout dans les villes de banlieue. Mais ne nous racontons pas d’histoire. De ce côté-là, cela n’a pas pris.

Cependant, la crise politique est si générale que tous ses développements, si différents soient-ils, nourrissent le réveil de la contestation, ou plutôt de toutes les contestations. Par exemple, il n’est pas douteux que l’intensification des violences policières, avec comme toujours son supplément particulier à l’encontre des racisés, est l’un des symptômes les plus caractéristiques d’un néolibéralisme qui ne peut plus se maintenir que par la matraque. De ce côté-là, cela n’a pas pris, disais-je à l’instant, mais il faut alors ajouter que cela pourrait bien prendre. Les violences policières pourraient bien être un puissant facteur de réorganisation politique des quartiers et par là créer les conditions de possibilité de cette indispensable convergence. Il faut bien reconnaître que la rencontre de la jeunesse éduquée et précarisée du centre des villes, des salariés syndiqués et des quartiers populaires en voie d’organisation politique créerait une concentration de force à laquelle le régime, quels que soient ses occupants, sait parfaitement qu’il ne pourrait résister. J’y pense, d’ailleurs, en écrivant cela, au nombre des succès invisibles de Nuit Debout, il faut compter la grande peur et la sainte trouille qui s’est emparée du gouvernement de François Hollande et de Manuel Valls, dont la répression policière et judiciaire déchaînée donne une assez juste mesure. Or, leur faire peur, n’était-ce pas l’un de nos mots d’ordre de départ ?

 

Hervé Kempf. Que nous dit ce qui s’est passé à Nuit Debout du rapport entre la société et la représentation politique ?

 

Frédéric Lordon. Que ce rapport est détérioré à un point irréversible, en tout cas sous la forme contemporaine que prend la représentation politique. L’aspiration horizontaliste de Nuit Debout a été en proportion directe de la verticalité dépossédante des institutions de la cinquième république. Elle a été le rappel de ce sujet de la politique, qu’on l’appelle peuple ou multitude, ici cela n’est pas le problème, de ce sujet, donc, que la représentation est supposée représenter. Nuit Debout a rappelé cette évidence qu’une représentation qui a fini par s’éloigner des représentés jusqu’au point de coupure, une telle représentation ne représente plus rien, à part elle-même. Nous ne pouvons pas nous étonner alors que ce soit l’idée même de représentation qui s’en trouve mise en question.

Pour ma part, je ne pense pas qu’il y ait de politique possible dans les grands nombres hors d’une forme ou une autre de représentation et de délégation. Mais précisément, toutes les formes ne se valent pas. Aspirer à l’affranchissement d’avec toute représentation me semble une impasse, mais poser avec vigueur la question de la forme me semble une impérieuse nécessité. La subsidiarité poussée aussi loin que possible, le mandat impératif, la révocabilité et la rotation, voilà par exemple des formes qui réalisent des différences significatives dans la représentation.

C’est ce débat que Nuit Debout a rouvert. Un an plus tard, nous ne pouvons pas dire que la suite des événements lui donne tort. Qui n’est frappé du chaos électoral dont le spectacle ne laisse pas de nous sidérer. Et qui ne voit dans ce désordre et dans cette profonde déstabilisation de toutes les régularités antérieures, le symptôme le plus incontestable d’une crise historique. Ce dont Nuit Debout avait donné l’expression anticipée et que le spectacle actuel de la décomposition ne cesse de confirmer, c’est que le moment est venu de refaire de la politique, j’entends de poser à nouveau les questions les plus essentielles de la politique, celles de la forme et des contenus de notre vie collective.

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 16:55

 

http://www.huffingtonpost.fr/2017/03/31/un-an-apres-les-inspirateurs-de-nuit-debout-face-a-la-tentation_a_22019014

 

Un an après, les inspirateurs du mouvement des Nuits Debout face à la tentation de la candidature de Jean Luc Mélenchon

 

De François Ruffin à Frédéric Lordon, les têtes pensantes du mouvement apolitique n'ont pas rejoint le Mouvement de la France Insoumise (MFI).

 

Par Geoffroy Clavel, chef du service politique du Huffington Post

 

Vendredi 31 Mars 2017

 

Sont-ils restés éveillés pour rien ? Si le mouvement des Nuits Debout n'a débouché sur aucun bouleversement immédiat sur la scène politique française, les idées débattues sur l'agora improvisée de la place de la République à Paris ont bel et bien infusé dans le débat présidentiel.

La sixième république, défendue il y a douze mois par nombre de veilleurs en quête d'un nouveau départ démocratique, a réuni près de cent mille personnes sur la même place parisienne à l'initiative de Jean-Luc Mélenchon. Quant au revenu universel, lui aussi longuement débattu pendant le mouvement, celui-ci a activement contribué à la victoire de Benoît Hamon lors de l’élection primaire du Parti Socialiste.

Si ces idées se sont propagées, les inspirateurs du mouvement des Nuits Debout n'ont en revanche pas franchi le cap des indignés espagnols en se réunissant au sein d'un Podemos à la française. Mais à bien des égards, le MFI initié par Jean-Luc Mélenchon en a repris les codes comme la visée ultime, renverser le système partisan et les institutions jugées obsolètes de la cinquième république.

Reste que la démarche du chef de file du MFI suscite encore de la méfiance chez les acteurs et les têtes pensantes du mouvement des Nuits Debout, adeptes de l'action collective et rétifs vis à vis de toute personnalisation du débat politique.

« Moi, je sais que je voterai pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles parce qu'il représente une gauche qui se tient debout ». Rédacteur en chef du journal alternatif Fakir à l'initiative de la première réunion à la bourse du travail de Paris qui débouchera sur le mouvement des Nuits Debout, François Ruffin semble avoir digéré l'expérience de gouvernance horizontale de la place de la République.

« Il y avait des trucs formidables dans Nuit Debout, mais aussi plein de choses qui relevaient de la branlette », explique-t-il à Regards. « Pas question d'avoir des assemblées générales qui durent des heures et qui ne débouchent sur aucune décision ». Signe qu'il a tiré les leçons de son expérience, François Ruffin s'est lancé en politique en présentant sa candidature au premier tour des élections législatives dans la Somme.

Depuis, cette figure de la gauche antilibérale ne cache pas son soutien pour le candidat du MFI tout en affichant sa compatibilité avec d'autres responsables politiques. « Moi je veux qu'on gouverne. Je considère que Benoît Hamon est quelqu'un de gauche et que la fracture entre la droite et la gauche passe à l'intérieur du Parti Socialiste », plaide le journaliste et réalisateur de Merci Patron, chronique sociale assassine contre le milliardaire Bernard Arnault qui a lui valu le César du meilleur documentaire.

Si François Ruffin soutient la campagne de Jean-Luc Mélenchon, il n'a pas pour autant rejoint les rangs du MFI. Candidat au premier tour des élections législatives, le défenseur des salariés de Whirlpool et pourfendeur des délocalisations a refusé de s'encarter tout en recueillant le soutien des appareils du MFI, du Parti Communiste Français (PCF) et d’Europe Ecologie Les Verts (EELV). Une exception qui confirme la règle puisqu'il a refusé de signer la charte du MFI.

« Moi, dans ma circonscription, j'ai tout fait pour rassembler la gauche en dehors du Parti Socialiste », expliquait-il récemment sur BFM Télévision.

Tête pensante du Mouvement des Nuits Debout, le philosophe et économiste antilibéral Frédéric Lordon n'est pas un homme de ralliement. Il confesse d'ailleurs avoir cessé de voter depuis longtemps pour ne pas apporter sa caution aux institutions de la cinquième république dont il n'a de cesse de pourfendre les dérives.

« D'un certain point de vue, ce qui s'est passé sur Nuit Debout était l'expression de cette disposition d'esprit. Jouer le jeu dans ces institutions est une affaire soit perdue d'avance, soit entièrement privée de sens », expliquait-il récemment au micro de Daniel Mermet.

Défenseur de la grève générale comme seul moyen d'abattre un régime inique, l'intellectuel reconnait toutefois, et c'est rare, que la candidature de Jean-Luc Mélenchon pourrait changer la donne.

« Je pense que cette élection soulève des enjeux politiques d'une intensité qu'on a pas vue depuis 1981, et peut-être même supérieure, et que, par là d'ailleurs, elle s'annonce d'une redoutable violence. Il y a un enjeu autour de la candidature de Jean Luc Mélenchon », plaide le philosophe.

S'il n'apporte techniquement aucun soutien au candidat du MFI, Frédéric Lordon plaide en faveur du basculement institutionnel prôné par Jean-Luc Mélenchon tout en mettant en garde contre la tentation.

« J'ai toujours une méfiance vis à vis des stratégies qui se proposent de passer par les institutions pour changer les institutions. Les institutions de la cinquième république correspondent bien à la personnalité de Jean Luc Mélenchon. Je pense qu'il s'y trouverait pas mal », prévient-il en citant l'exemple de François Mitterrand. Son idée est de contribuer à l'élection de Jean Luc Mélenchon tout en le contraignant à appliquer son programme. « Aussi bien pour le protéger que pour le surveiller, il faudra que l'élection ne soit que le début d'un processus politique d'une toute autre ampleur qui passera nécessairement par des mobilisations populaires », prévient-il en référence des grèves de la joie qui avaient accompagné la victoire du Front Populaire en 1936.

Si certains hésitent encore, d'autres assument le passage de flambeau. Cofondatrice de Jeudi Noir et de Génération Précaire, candidate sous les couleurs du Front De Gauche (FDG) en 2012 et en 2014, secrétaire nationale du Parti de Gauche, Leila Chaibi avait un temps laissé tomber la bannière de Jean Luc Mélenchon pour se lancer à corps perdu dans l'aventure du mouvement des Nuits Debout. Aujourd'hui porte-parole du MFI, celle-ci voit bien la passerelle entre les deux mouvements.

« Quand nous avons lancé le mouvement des Nuits Debout il y a un an, nous étions une dizaine. C'était dingue. Pendant des semaines des milliers de personnes venaient tous les jours pour discuter d'une société meilleure. La leçon de tout cela, c'est que rien n'est écrit à l'avance. Et aujourd'hui, avec la campagne du MFI et de Jean-Luc Mélenchon, j'ai l'envie de revivre cela », explique-t-elle auprès de Regards.

Sera-t-elle suivie par les autres compagnons de route du mouvement des Nuits Debout ? Son ami et conseiller régional écologiste Julien Bayou, lui aussi venu du militantisme associatif, s'est engagé dans l'alliance entre le Parti Socialiste et EELV autour de la candidature de Benoît Hamon.

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:13

 

http://jourdebout.wesign.it/fr

 

Jour Debout sur toutes les places

 

Dimanche 23 Avril 2017 à 18 heures

 

Casserolades pour une démocratie réelle

 

Dimanche 23 Avril 2017 à 19 heures

 

Repas conviviaux sous forme d'auberges espagnoles

 

Dimanche 23 Avril 2017 à 20 heures

 

Assemblées pour la réécriture des règles du jeu démocratiques

 

Non-inscrits, abstentionnistes, électrices et électeurs du vote blanc, votantes et votants qui ne se satisfont pas de l'élection comme seul moyen de participation, nous sommes la majorité.

 

Il n’y a pas de liberté ni d’égalité ni de fraternité réelles sans démocratie réelle. Au-delà de nos divergences, ce qui unit l’immense majorité d’entre nous est la conviction que le régime représentatif actuel est en crise.

 

Donnons-nous rendez-vous sur toutes les places publiques Dimanche 23 Avril 2017 à 18 heures

 

Rendons visible la majorité que nous sommes à vouloir changer les règles du jeu électoral et la constitution.

 

Au-delà des élections présidentielles 2017, l'objectif de Jour Debout est de devenir une nouvelle forme d'action collective citoyenne visant à étendre notre pouvoir sur les décisions qui nous concernent.

 

Signez et faites signez cet appel le plus largement possible pour construire ensemble un grand mouvement pour une démocratie réelle.

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 17:00

 

https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/petitions/pour-lannulation-du-decret-anti-refugies-de-donald

 

Pétition pour l'annulation du décret de Donald Trump contre les réfugiés

 

Le président Donald Trump a signé un nouveau décret présidentiel qui instaure une discrimination à l’égard des ressortissants de six pays à majorité musulmane, y compris des réfugiés.

 

Il interdit également de manière temporaire la réinstallation de réfugiés aux États-Unis, quel que soit leur pays d’origine.

 

Ce décret risque d’affecter des familles qui ont échappé aux ruines d’Alep ou qui ont fui la guerre et la famine au Yémen. Ces personnes fuient pour échapper aux conflits et à d’autres graves dangers. Elles sont en droit d'être protégées. Écrivez dès maintenant au président Donald Trump et dites-lui que le gouvernement américain doit révoquer ce décret discriminatoire.

 

Il est temps de demander au président des Etats Unis d’arrêter d’abuser de son pouvoir, de faire respecter les engagements des États-Unis envers les réfugiés les plus vulnérables dans le monde et de mettre fin à l’interdiction de voyager discriminatoire.

 

Montrez au président qu’il existe une mobilisation massive au niveau mondial pour soutenir les réfugiés et dénoncer la discrimination.

 

Après chaque millier de signatures atteint, nous remettrons vos signatures au président Donald Trump afin qu'il retire ce décret contre les réfugiés et contre les musulmans.

 

 

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 16:46

 

http://www.reuters.com/article/us-usa-immigration-hawaii-idUSKBN17109L

 

 

Un juge fédéral d’Hawaï a prolongé indéfiniment Mercredi 29 Mars 2017 une ordonnance bloquant l’application du décret du président Donald Trump interdisant de voyage aux États-Unis les ressortissants de six pays majoritairement musulmans.

 

Le juge de district américain Derrick Watson a confirmé une ordonnance de restriction provisoire antérieure dans un procès intenté par l’état d'Hawaï contestant la directive sur les voyages de Donald Trump en tant que discrimination religieuse inconstitutionnelle.

 

Donald Trump a signé le nouveau décret le 6 mars 2017 dans le but de surmonter les problèmes juridiques avec une ordonnance du mois de janvier 2017 qui a provoqué un chaos dans les aéroports et qui a suscité des manifestations de masse avant qu'un juge de Washington n'ait arrêté son application au mois de février 2017. Donald Trump a déclaré que l'interdiction de voyager est nécessaire pour la sécurité nationale.

 

Dans sa contestation de l'interdiction de voyager, l’état d’Hawaï affirme que ses universités seraient endommagées par le décret parce qu'elles auraient du mal à recruter des étudiants et des professeurs.

 

Il dit aussi que l'économie de l’état insulaire serait touchée par une baisse du tourisme. Les documents de la cour citent des rapports selon lesquels les voyages aux États-Unis ont baissé après les actions de Donald Trump.

 

L’état d’Hawaï a été rejoint par un nouveau demandeur nommé Ismail Elshikh, un citoyen américain d'Egypte qui est un imam de l’association musulmane d'Hawaï et dont la belle-mère vit en Syrie, selon le procès.

 

L’état d’Hawaï et d'autres opposants de l'interdiction affirment que la motivation derrière elle est basée sur la religion et que la campagne électorale de Donald Trump promettait l'arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux États-Unis.

 

« La cour ne fera pas semblant de ne pas avoir vu ce qu’elle a vu », a écrit Derrick Watson, Mercredi 29 Mars 2017.

 

Derrick Watson a écrit que sa décision d'accorder l'injonction préliminaire était fondée sur la probabilité que l’état réussisse à prouver que l'interdiction de voyager violait la protection de la liberté religieuse de la constitution des États-Unis.

 

Donald Trump a promis de porter l'affaire devant la cour suprême des États-Unis, qui est actuellement divisée entre quatre libéraux et quatre conservateurs alors que la nomination du juge Neil Gorsuch est toujours en attente de confirmation.

 

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1 avril 2017 6 01 /04 /avril /2017 15:52

 

http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/03/30/toujours-debout_5103350_3232.html

 

Un an après, Nuit toujours Debout

 

Par Catherine Vincent

 

Que va-t-il se passer, en France, le Samedi 32 Mars 2017 ? La seule certitude est que les ­acteurs de Nuit Debout seront là. En ce Samedi Premier Avril 2017, soit le Samedi 32 Mars 2017, selon le calendrier instauré par le collectif, ils diffuseront dans plusieurs villes un recueil de propositions de réformes démocratiques ayant pour objectif la fin de la professionnalisation de la vie publique. Et une pétition adressée aux citoyens les appelle « à construire ensemble, depuis la base, un débat public, populaire et indépendant sur la démocratie et les institutions ». Dernière étincelle d’un mouvement qui ne fut qu’un feu de paille ? Ou signe que les cendres couvent sous la braise ?

Il y a un an, en pleine mobilisation contre la loi travail portée par Myriam el Khomri, le mot d’ordre jaillit soudain d’un petit groupe de militants. « Ce soir après la manifestation, nous ne rentrons pas chez nous et nous occupons une place ».

C’est ainsi, le 31 mars 2016 à Paris, que débuta Nuit Debout. « Quand nous avons lancé le mouvement, nous étions à quelques mois des attentats du 13 novembre 2015. On ne nous parlait que de sécurité et d’état d’urgence. Personne parmi nous ne pouvait imaginer que cela durerait si longtemps », se souvient Leila Chaibi, l’une de ses initiatrices.

Dans les semaines qui suivent, la place de la ­République à Paris et d’autres places dans d’autres villes de France deviennent le théâtre d’une occupation citoyenne. Permanents ou de passage, ses participants s’assemblent pour ­témoigner, échanger et inventer la ­société de demain.

C’était une réponse joyeuse et délibérative au désenchantement de la démocratie, l’envie d’une pensée politique et le plaisir d’une action citoyenne et du faire ensemble.

Que reste-t-il aujourd’hui de cette vague protestataire, apparue spontanément dans le sillage des mouvements des places qui se sont succédés, depuis le début des années 2010, dans le parc Zuccotti à New York, le parc Gezi à Istanbul et sur les places ­Tahrir au Caire, Puerta del Sol à Madrid, Maïdan à Kiev ou Syngtama à Athènes ?

Pour le philosophe Patrice Maniglier, qui a participé activement à l’occupation de la place de la République avant de s’en dégager, le constat est sans appel. « Pour moi, ce fut un échec », écrit-il dans « Nuit Debout et notre monde », le numéro que la revue des Temps Modernes a consacré, à la fin de l’année 2016, au mouvement. Car « ceux qui n’ont aucun pouvoir ne peuvent avoir de force qu’à condition de se retrouver nombreux, or cette dynamique s’est retournée, le grand nombre est parti ou il n’est pas venu ».

L’économiste et philosophe Frédéric Lordon, qui fut l’un des visages de cet événement inédit, est sensiblement sur la même ligne. « Tous les mouvements insurrectionnels commencent à très petite échelle. Le problème pour le pouvoir c’est quand cela gagne et quand la plaine entière vient à s’embraser. Nous n’allons pas nous raconter des histoires, le feu n’a pas, ou pas encore, pris », ­estimait-il, le 8 septembre 2016, dans le Bondy Blog.

L’un des échecs de Nuit Debout, s’interroge le sociologue Michel Kokoreff, de l’université de Saint Denis, a-t-il été « de ne pas avoir réussi à ­mobiliser les quartiers populaires et de ne pas être sorti de l’entre-soi de la classe moyenne déclassée » ? Force en tout cas est de le reconnaître, la convergence des luttes ne s’est pas produite. Nuit Debout n’a donné naissance à aucun parti Podemos à la française, comme l’ont fait les indignés espagnols. Ni essaimé comme l’avait fait Occupy Wall Street qui était parvenu, grâce à son large usage d’internet, à toucher près d’une centaine de villes dans le monde entier.

Et pourtant, à suivre le colloque sur « les expérimentations démocratiques aujourd’hui » qu’organisait à la fin du mois de janvier 2017, à Saint-Denis, le Groupement d’Intérêt Scientifique pour la Démocratie et la Participation (GISDP), il est clair que le mouvement ne se résume pas à l’échec. Et pas seulement parce que le film de François Ruffin, Merci Patron, qui fut l’un de ses catalyseurs, a reçu le César 2017 du meilleur documentaire.

D’abord parce que, pour beaucoup de citoyens, jeunes ou moins jeunes, l’occupation des places fut un baptême. « Il y a tout un tas de gens qui n’auraient jamais mis les pieds dans une réunion militante traditionnelle, qui ne seraient peut-être même pas allés en manifestation et pour qui le fait de venir place de la République a été la première marche vers la participation », souligne Leila Chaibi.

D’autres ont vécu ce moment comme la reprise d’un espoir. Céline par exemple, une militante de Rennes de vingt neuf ans sans emploi, qui se définissait jusque-là comme militante non pratiquante, « le mouvement n’a pas seulement changé mon rapport au politique, il a changé ma vie. Le milieu militant est souvent un peu fermé, nous pensons parfois que nous n’avons pas la capacité d’y entrer. Nuit Debout nous a montré que si. Je me suis dit que nous pouvions changer les choses, qu’il fallait se mobiliser et que je pouvais le faire ». Céline fait désormais partie du noyau dur de Nuit Debout Rennes resté particulièrement actif depuis un an.

Car certains ne s’en sont pas tenus à l’occupation des places du printemps dernier. Venant de quatorze villes de France, de petits groupes se sont d’abord retrouvés au mois de juillet 2016 à la fête annuelle des opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un mois plus tard c’était à Paimpont, puis à Challain. Au total, quatre ou cinq rencontres inter-Nuit Debout eurent lieu.

Ce sont elles qui ont donné naissance aux propositions du 32 mars, issues de collectes de paroles recueillies à Rennes, Paris et Marseille. Pour Christine Guionnet, politologue à la première université de Rennes, il n’y a eu « ni échec ni disparition du mouvement, mais une transformation du sens que ces citoyens ont voulu donner à leur action ». Action qu’elle connaît bien pour avoir entamé, dès le mois de septembre 2016, une enquête de terrain sur Nuit Debout Rennes.

Le site internet www.rennesdebout.bzh, la ­radio pirate Radio Croco, le journal ­papier à prix libre Ouest Torch et le site collaboratif www.expansive.info, dès 2016, les membres du collectif de Rennes ont transformé l’expérience initiale en un certain nombre d’actions concrètes, aide aux réfugiés, rassemblement contre les violences policières et marche contre la corruption des élus. « Ils ont réussi à constituer une plate-forme collaborative de mobilisations », estime Christine Guionnet. « Ils sont devenus les catalyseurs d’une action sociale prête à surgir à n’importe quel moment ». Un processus plus citoyen que militant, qu’elle qualifie d’engagement rhizome. Telle cette tige souterraine qui émet chaque ­année des ­racines et des tiges aériennes, le mouvement est peu ­visible, mais ressurgit ponctuellement selon l’actualité politique.

« Nous entendons dire que Nuit Debout est un échec parce qu’il n’a pas donné naissance à une organisation pérenne. Mais ce raisonnement, très développé en sciences politiques, s’appuie sur un mode binaire », poursuit cette chercheuse. Il se fonde sur l’idée que soit on fait de la politique institutionnelle partisane ou professionnelle, soit on reste aux marges du jeu politique de ­façon protestataire et l’on est alors voué à rester parcellaire et fragmentaire. « Or avec Nuit ­Debout comme avec d’autres expériences démocratiques actuelles, on assiste », pense Christine Guionnet, « à l’apparition d’un objet politique mal identifié, dont la nature est précisément de rester fragmentaire ».

Le signe, peut-être, qu’est en train de s’établir « un nouveau lien politique en dehors de la politique institutionnelle ». Mais avec quel objectif ? La sociologue française Cécile Van de Velde, qui poursuit à l’université de Montréal une recherche sur la montée de la colère sociale et citoyenne, a analysé les mots employés sur les slogans ou pancartes d’un certain nombre de mouvements de contestation, le printemps érable à Montréal, la révolution des parapluies à Hong Kong et Nuit Debout. Chez tous, elle a remarqué une scission fondamentale entre nous et les autres. Mais précise-t-elle, « les autres recouvrent énormément de figures de domination, les hommes politiques, bien sûr, mais aussi la finance et l’Europe. Alors se révolter, oui, mais contre qui » ?

Autre constante de ces mouvements, particulièrement revendiquée par Nuit Debout, la volonté de demeurer des citoyens et rien d’autre. Dans une démocratie représentative, cela peut constituer une faiblesse. Tout comme l’horizontalité absolue imposée par le collectif, qui refuse tout leader et toute hiérarchie. « C’est la rançon de leur identité », observe Christine Guionnet.

A ses yeux, cette exigence ouvre une perspective. « Jusqu’à présent, nous avions l’impression que, face au constat de la crise du lien représentatif, la seule solution était la démocratie participative, avec toutes les limites que nous lui connaissons également », explique-t-elle. « Et voilà qu’apparaît peut-être une nouvelle génération de citoyens, ayant la volonté d’être actifs en politique sans forcément se substituer aux partis ou aux associations. Une sorte de démocratie itérative dans laquelle il s’agit seulement de proposer d’être présent, régulièrement, pour donner à entendre la voix citoyenne sur tel et tel sujet ».

Même écho chez Romain Slitine, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques (IEP) et coauteur du Coup d’Etat Citoyen, aux éditions de la Découverte en 2016, pour qui ce mouvement comme ses cousins internationaux « ont fait émerger des laboratoires où tous les possibles sont permis ».

Le philosophe Patrice Maniglier, pourtant déçu par la retombée de la mobilisation, limite lui-même la portée de l’échec. Car Nuit Debout « fut aussi un lieu d’éducation populaire tout à fait singulier », où beaucoup ont appris à se familiariser avec l’évocation de nouvelles pratiques démocratiques et avec l’idée d’un renouvellement de l’action par le bas. Et qui peut prévoir les conséquences d’une telle prise de conscience ? Il affirme que « Nuit Debout ne renaîtra pas de ses cendres sous la même forme. Mais quelque chose couve sous ces cendres ».

 

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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 18:00

 

https://www.essonneinfo.fr/91-essonne-info/105761/malek-boutih-choisit-emmanuel-macron

 

Malek Boutih choisit lui aussi Emmanuel Macron

 

Au lendemain de la déclaration de Manuel Valls, Malek Boutih a annoncé Jeudi 30 Mars 2017 qu’il voterait lui aussi pour Emmanuel Macron au premier tour des élections présidentielles.

Les soutiens n’en finissent plus d’affluer vers le Mouvement En Marche. Alors qu’on s’interrogeait sur le choix qu’allaient devoir faire les soutiens de Manuel Valls après le choix de ce dernier de voter pour Emmanuel Macron et de ne pas voter pour Benoît Hamon au premier tour des élections présidentielles, les proches de l’ancien premier ministre n’ont pas tardé à se manifester.

Jeudi 30 Mars 2017, Malek Boutih a officiellement pris position en faveur d’Emmanuel Macron pour qui il votera dès le premier tour, « je ne suis pas un Tartuffe », a déclaré le député de la dixième circonscription de l’Essonne. « Je ne vais pas défendre la position de Manuel Valls et dire, quant à moi, que je vais faire comme les trois-quarts des personnes et que je vais me mettre dans le bunker en disant le contraire ».

A l’image de Manuel Valls, il considère que son vote « n’est pas un débat intellectuel » car seul Emmanuel Macron est capable de battre le Front National, « je ne veux pas de Marine le Pen comme présidente en France. C’est clair », a-t-il martelé. « Je suis très déterminé, c’est ma priorité politique depuis des années. J’ai toujours été engagé autour des valeurs de la république, de la laïcité et de l’unité de ce pays ».

A la fin du mois de janvier 2017, Malek Boutih avait pourtant sous-entendu qu’il voterait pour Benoît Hamon, vainqueur des élections primaires de la Belle Alliance Populaire, par respect des règles des élections primaires mais pas par conviction. « Il y a une limite au règlement, c’est l’intérêt du pays », s’est-il justifié.

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