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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 17:00

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5756

France-Télécom collabore à l’occupation de la Palestine

La Fédération télécoms du syndicat SUD proteste, dans un communiqué, contre la honteuse collaboration entretenue par le groupe France-Télécom/Orange avec l’occupation des territoires palestiniens par Israël.

Lire ci-dessous le communiqué du syndicat.

Les entreprises de communication cellulaire israéliennes sont commercialement impliquées dans l’occupation de la Cisjordanie et du Golan. Elles construisent des infrastructures, entretiennent des biens et équipements dans les colonies israéliennes illégales, la plupart étant érigés sur des propriétés privées palestiniennes. Ces entreprises fournissent des services à l’armée israélienne et à tous les colons israéliens.

Elles utilisent le contrôle israélien sur les territoires palestiniens afin d’exploiter les fréquences palestiniennes et imposer leurs services sur le marché captif palestinien.

Aujourd’hui de nombreuses filiales de France-Télécom travaillent aussi avec des sociétés informatiques israéliennes.

Selon l’ONG israélienne “Qui profite de l’occupation”, les quatre opérateurs ont des dizaines d’antennes, des stations de transport et des infrastructures érigées sur les terres palestiniennes en Cisjordanie : Orange Partner en compte cent soixante cinq !

Une étude réalisée par une autre ONG, Yesh Din “Il y a une justice”, révèle que bon nombre de ces antennes et équipements de communication ont été installés sur des terres confisquées à des propriétaires palestiniens.

Le Droit International Humanitaire stipule, à travers l’article 46 du règlement de La Haye de 1907, que lors d’une occupation, la propriété privée doit être « respectée » et « ne peut pas être confisquée  ».

La Cour Pénale Internationale, définit comme « crimes de guerre », les infractions graves aux Conventions de Genève de 1949, à savoir des actes ci-après lorsqu’ils visent des personnes ou des biens protégés par les dispositions des Conventions de Genève (...) "Article 8-2-a-IV : La destruction et l’appropriation de biens, non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire."

Alors, que dire du groupe France Télécom, qui autorise l’opérateur Partner à opérer sous la marque Orange, « marque n°1 des Télécoms en Israël » ? En acceptant que 165 antennes, relais ou autres équipements soient implantés sur des terres confisquées aux Palestiniens, le groupe pourrait se voir accuser de complicité de crime de guerre, avec un impact catastrophique sur l’image de marque, déjà fortement écornée, de l’entreprise.

SUD PTT exige du groupe France Télécom le retrait des équipements des territoires occcupés et le gel de la coopération technologique et commerciale du groupe France Télécom Orange avec Israël.



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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 16:43

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/editoriaux.htm#charles0601

Ils gouvernent déjà ! par Charles Jérémie

Un camarade inspiré a proposé, lors d’une réunion du club, une formule particulièrement pertinente qui prête à la réflexion : ils gouvernent déjà ! A tout seigneur tout honneur, DSK ancien ministre du gouvernement Jospin est donc Directeur Général du FMI. Ce n’est pas simplement une annexe internationale du Trésor américain, son bras armé. C’est le lieu où s’élaborent effectivement les réponses à la crise, en général sur la planète, mais aussi pays par pays. Lorsque le directeur général réforme l’institution, la fait évoluer, c’est pour mieux agir en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Afrique et en Amérique Latine. Les pouvoirs politiques de DSK sont vraiment considérables. Le rôle qu’il joue dans la sauvegarde de la mondialisation néolibérale est majeur. Naturellement il agit main dans la main avec les dirigeants américains. Ils ont confiance en lui.

Mais pas seulement. Alors que François Lamy, émissaire socialiste négocie l’organisation du commerce mondial, c’est-à-dire les grandes lignes du plan économique de la mondialisation, fait accélérer la dérégulation internationale, la mise en concurrence brutale des classes ouvrières entre elles, DSK tente d’ordonner les désordres monétaires, de définir les priorités : assurer l’ordre social en faisant payer par des salariés licenciés, surexploités, sous-payés, le remboursement partiel de la dette souveraine. Ainsi, sans exagération on dira que DSK est un chef d’Etat sans territoire. Il réunit, rassemble, convainc, morigène, réprime les chefs d’Etats locaux. Lui, il a un magistère international. En cela, la formule : « Ils gouvernent déjà ! » est très pertinente. En Grèce, au Portugal, en Espagne, hier en Allemagne, en Angleterre, demain probablement en France, les dirigeants socialistes gouvernent, gouvernaient, gouverneront.


Essayons d’être précis. De nombreux camarades disent, révoltés, à l’avance, si DSK est le candidat de la « gauche » ce sera sans nous ! Bien. Sous entendu, si c’est Martine Aubry, réformiste classique (!), les choses sont différentes. Evidemment DSK est un homme, Martine Aubry est une femme. La différence est manifeste.

Sur le plan politique ? La politique du maire de Lille est-elle plus à « gauche » que celle de l’ex-maire de Sarcelles… Rien de probant. Mais aujourd’hui concrètement, y a-t-il une différence entre les positions de DSK et de Martine Aubry. Ils ont tous voté, approuvé, le récent texte de référence sur l’égalité, en fait l’inégalité sociale au Parti Socialiste. Lors du conseil national qui a approuvé ce document, Martine Aubry a tenu à « saluer » la politique du « camarade Papandreou ». Accord total entre le PS et le FMI.

Dans les rues à Athènes, les manifestants peignent sur leurs banderoles les noms de Papandreou (gauche), Karamanlis (droite) et DSK (FMI). Au plan mondial avec DSK, François Lamy, le parti socialiste français investit ses meilleurs dirigeants dans la mise en œuvre de la politique la plus réactionnaire contre les millions de salariés, de jeunes, de chômeurs. Certes lorsque J.C. Cambadélis, J.M. Leguen, Jack Lang vont soutenir en Côte d’Ivoire le dictateur Gbagbo, ils se trompent, mais au-delà de la corruption, cette démarche s’inscrit dans la défense des intérêts de la France en Afrique.

Ils gouvernent déjà. Demain de braves gens nous mettront en demeure de « choisir notre camp ». D’aller voter, au second tour pour cette politique. Nous ne sommes ni des idéologues, ni des partisans du tout ou rien, ni des gauchistes. Nous admettons qu’en certaines circonstances, le bulletin de vote puisse faire progresser, à la marge, l’action des salariés. Là, rien de tel. Ou l’action politique des salariés et de la jeunesse inventera d’autres lieux de démocratie représentative, ou le rejet populaire justifié de Sarkozy aboutira à l’élection de DSK ou Martine Aubry !

Sur ce terrain aujourd’hui, le salariat est perdu d’avance. Ils gouvernent déjà !

Ségolène Royal, Martine Aubry, Laurent Fabius, Dominique Strauss Kahn, Jean Luc Mélenchon, Marie-Georges Buffet, ont été membres d’un des gouvernements les plus réactionnaires de la cinquième République, celui de Lionel Jospin. Il faut mémoire garder. En 1999, pour la première fois depuis la Libération, ce gouvernement « socialiste » privatisait le Crédit Lyonnais…




 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:45

 

http://www.collectif-communiste-polex.org/bulletin/bulletin_75_art4.htm

Côte d'Ivoire : des centaines de morts ; pour qui, pour quoi ?

Les dramatiques évènements de la Côte d'Ivoire ont eu un curieux traitement médiatique en France; télévisions et journaux « bien pensants » ont claironné dès le départ le discours va t'en guerre de Sarkozy et ses ministres, sur la nécessité d'installer au pouvoir les paladins du monde occidental, Ouattara, ex-directeur adjoint du FMI, Soro, ex-chef des insurgés du Nord toujours en armes, élus, on vous le jure, avec une majorité certaine, puisque les intéressés le disent. Depuis un mois, le matraquage médiatique en faveur d'Ouattara a été indécent en France. Plus curieux a été, durant tout le mois de décembre, le mutisme presque total des analystes « progressistes », anti-impérialistes », appelons les comme on veut, qui, d'ordinaire, réagissent aux désastres africains avec célérité: pas d'analyses claires, ou peu, au PCF, dans l'Humanité, ou dans les multiples canaux internet qui foisonnent aujourd'hui. L'embarras était
perceptible, on ne pouvait affirmer à Abidjan qui était le gentil agressé, qui le méchant agresseur, dans un conflit chaque jour plus hargneux: seul le perdant est évident, il se nomme le peuple ivoirien. Il a fallu attendre les communiqués de la plupart des partis progressistes de la région pour avoir enfin une dénonciation nette du jeu de l'occident et de ses alliés en Côte d'Ivoire.

Il faut donc rappeler quelques évidences occultées par les médias. Dans la compétition électorale enfin réalisée en Côte d'Ivoire, après cinq ans d'attente, le candidat de l'occident, d'autant plus fidèle aux prescriptions de l'impérialisme, du FMI, qu'il en fut un des dirigeants, était Ouattara, soutenu au surplus par Bedié, héritier de l'anticommuniste Houphouet Boigny, et par les sécessionnistes en armes du nord du pays, les « Forces Nouvelles », groupes armés toujours présent dans la région. Au second tour de l'élection, tout électeur anti impérialiste ivoirien ne pouvait que voter pour le concurrent d'Ouattara, même sans illusions.

Laurent Gbagbo, président sortant, a un passé de militant progressiste, des liens avec certains socialistes « de gauche » comme Emmanuelli. Il a indéniablement tenté au début de son mandat quelques réformes socialistes progressistes (couverture médicale), mesures avortées du fait de l'effondrement économique du pays. Ses mauvaises relations avec la France officielle (dès Chirac et Villepin), et même le déclenchement de l'insurrection des « Forces Nouvelles » au Nord ont débuté quand il a ouvert par appel d'offres les grands travaux du port d'Abidjan aux concurrents extérieurs (Chinois), alors qu'ils étaient jusque là un marché réservé aux entreprises françaises (Bouygues, etc). Ceci étant, le nationalisme borné de Gbagbo et son entourage matiné d'évangélisme à l'américaine, a très largement dérivé vers le verbiage démagogique, voire xénophobe, et la volonté de se maintenir à tout prix au pouvoir, quelles que soient
les conséquences pour la population.

L'élection ivoirienne de fin 2010 montre les mensonges du discours occidental qui confond le pluripartisme et la démocratie, en Afrique et ailleurs. Qu'a de démocratique un scrutin où l'on n'a le choix qu'entre deux candidats néfastes politiquement? Quelle démocratie existe-t-il quand la majorité des électeurs sont si misérables qu'il suffit d'un tee-shirt ou d'un bol de riz pour acheter un vote?Est-ce un choix démocratique quand l'absence d'enjeux clairs sur les programmes aboutit à des votes suivant l'ethnie ou la religion (Nord musulman contre Baoulés animistes ou chrétiens)? Les pressions, y compris physiques, n'ont pas manqué à Abidjan où les partisans de Gbagbo sont majoritaires; mais, contrairement à ce que dit la télé française, les résultats proclamés sont-ils si purs dans le Nord contrôlé par les militants en armes des Forces Nouvelles ?

On peut accorder un crédit limité aux affirmations contraires des protagonistes. Mais il est en tout cas certain que le peuple ivoirien a tout à perdre à une guerre civile, ou à une partition du pays, que certains en Occident souhaitent, comme ils le souhaitent au Soudan (indépendance programmée du Sud), voire au Congo, pour faciliter leurs affaires. Le problème ne peut être résolu que par les Ivoiriens, par la négociation entre protagonistes, éventuellement par l'arbitrage de l'Union Africaine, et pas de quelques chefs d'état pro-occidentaux de la sous-région (Wade, Boni et le CEDEAO). Mais toute intervention étrangère armée au profit d'un protagoniste ne peut que déboucher sur un sursaut nationaliste et un bain de sang. C'est à cela que risque d'aboutir les proclamations irresponsables de Sarkozy, alors que la France et ses soldats -ex-puissance coloniale qui fit déjà tirer sur les manifestants ivoiriens à Abidjan sous Chirac-, est totalement disqualifiée pour intervenir dans un conflit interne. Un des soutiens de Gbagbo, parfois moins bien inspiré, n'avait pas tort de rappeler que le Président ivoirien n'était pas un sous-préfet français aux ordres de l'Elysée.

Francis Arzalier





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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 20:40
http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110104/twl-cote-divoire-monde-bd5ae06.html

Le président sortant Laurent Gbagbo a accepté de poursuivre les discussions pour tenter de sortir du blocage politique en Côte d'Ivoire, a fait savoir mardi la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), au lendemain de la seconde visite de ses émissaires à Abidjan.

Gbagbo "a accepté de négocier une issue pacifique à la crise sans conditions préalables", assure dans un communiqué la Cédéao qui entend poursuivre sa médiation régionale dans la crise qui oppose Gbagbo à son rival, le président proclamé élu Alassane Ouattara.

Reconnu comme légitime par la quasi-totalité de la communauté internationale, dont, outre la Cédéao, l'Union africaine, l'Union européenne et les Etats-Unis, ce dernier est retranché depuis plus d'un mois avec son gouvernement à l'hôtel du Golf d'Abidjan sous la protection de 600 casques bleus.

La Cédéao précise qu'Alassane Ouattara serait prêt à garantir une "sortie honorable" pour Gbagbo, pour peu qu'il admette sa défaite au second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre, ce à quoi il se refuse.

Mais Gbagbo a promis à la Cédéao de lever le blocus autour de l'hôtel du Golf. Son ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, qui avait menacé de lancer ses Jeunes Patriotes "mains nues" à l'assaut de l'hôtel a renoncé, au moins provisoirement, à ce projet, contre lequel le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait sérieusement mis en garde Gbagbo.

BLÉ GOUDÉ CONCILIANT

Réitérant que ce serait ce dernier le véritable vainqueur de l'élection présidentielle, Blé Goudé a déclaré qu'"on ne peut pas déloger quelqu'un qui a remporté des élections". Mais, a-t-il fait valoir, "autant discuter dès maintenant plutôt que de mettre des vies en danger. Il faut tourner la page militaire."

Les dirigeants de la Cédéao, présidée actuellement par le Nigeria, avaient initialement brandi la menace d'un recours à la "force légitime" pour chasser Gbagbo du pouvoir, mais ils semblent actuellement se résigner à des négociations marathon pour arriver à leurs buts.

Aucune solution pacifique ou rapide ne se profile en effet à l'horizon, la Cédéao, épaulée par le Premier ministre kényan, Raila Odinga, au nom de l'Union africaine, n'ayant pas réussi à ébranler l'intransigeance de Gbagbo et de son rival ni à les faire se rencontrer.

Patrick Achi, porte-parole d'Ouattara, a déclaré que tant que celui-ci, proclamé vainqueur avec plus de 54% des voix par la commission électorale indépendante, "n'aura pas été reconnu comme le président élu de Côte d'Ivoire, il ne rencontrera pas le président Gbagbo." La veille, Ouattara avait déclaré close la phase des tractations.

"Laissez-moi vous dire sans équivoque que l'option militaire reste une option", a déclaré pour sa part l'ancien ministre ghanéen des Affaires étrangères James Victor Gbeho, président de la commission de la Cédéao. Mais, a-t-il ajouté, "même s'il n'y a qu'une chance minime de résoudre le problème pacifiquement", la Cédéao "l'exploitera", a-t-il ajouté.

L'ARMÉE FRANÇAISE NE S'IMMISCERA PAS

"La prochaine initiative diplomatique pourrait n'intervenir qu'une fois que la Cédéao aura prépositionné d'importants moyens militaires près (de la Côte d'Ivoire) et Gbagbo le sait", a noté un diplomate étranger qui suit de près le processus.

L'Ecomog, la force permanente de la Cédéao, est déjà intervenue au Liberia et en Sierra Leone, mais dans des circonstances différentes. Les pays membres pourraient cette fois hésiter à envoyer des troupes affronter les forces fidèles à Laurent Gbagbo, au risque d'un enlisement.

Certains auraient à craindre des représailles contre leurs nombreux ressortissants en Côte d'Ivoire.

Au nom de la France, le président Nicolas Sarkozy a exclu mardi une intervention des neuf cent soldats français déployés dans le pays pour contraindre Gbagbo à céder le pouvoir. Mais il a rappelé que la mission prioritaire de ces militaires était de protéger les milliers de ressortissants français.

La tension reste vive dans le pays, où des accrochages entre partisans de Gbagbo et d'Ouattara ont fait au moins trois morts lundi dans l'ouest de la Côte d'Ivoire. Selon le camp Ouattara, un local de son parti a été attaqué par des policiers qui ont tué deux personnes, une information non confirmée par la police.

Plus de cent soixante dix personnes, essentiellement des partisans du président élu, ont été tuées depuis l'élection, et, selon des diplomates, des centaines d'autres enlevées par des activistes partisans de Gbagbo.

L'Onu a formellement prévenu celui-ci, auxquelles les médiateurs offrent l'immunité s'il part maintenant, qu'il pourrait être, ainsi que son entourage, pénalement responsable d'atteintes aux droits de l'homme, notamment de meurtres et d'enlèvements.



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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 20:33

 

http://www.liberation.fr/monde/01012311491-verges-et-dumas-vieux-grigous-de-gbagbo

Vergès et Dumas, vieux grigous de Gbagbo

Les deux personnalités françaises, dont le déplacement est financé par l’entourage du président autoproclamé, se comportent en défenseurs des méthodes de la Françafrique.

Par THOMAS HOFNUNG, RENAUD LECADRE

On a les soutiens qu’on peut. Totalement isolé sur la scène internationale, sous la menace de l’intervention d’une force militaire ouest-africaine (lire ci-contre), Laurent Gbagbo a obtenu le renfort de deux fringants avocats français : Roland Dumas et Jacques Vergès, respectivement 88 et 85 ans au compteur. Les deux hommes ont séjourné trois jours à Abidjan, invités par le président autoproclamé. Logés royalement à l’hôtel Pullman, sur les bords de la lagune Ebrié, leurs billets d’avion ont été pris en charge par le palais d’Abidjan, affirment des sources concordantes dans la capitale ivoirienne.

En trois jours, nos duettistes n’ont pas chômé. Ils ont rencontré à trois reprises le président sortant, qui - pourtant battu dans les urnes par Alassane Ouattara, selon la Commission électorale indépendante et les Nations unies - refuse de céder le pouvoir. Ils se sont aussi portés au chevet d’«Ivoiriens aux mains nues» blessés dans des heurts avec des Casques bleus de l’ONU. Bref, ils ont mouillé le maillot pour leur champion.

A peine arrivé à Abidjan, le tandem Vergès-Dumas avait annoncé la couleur après un premier entretien avec Gbagbo. «Nous avons voulu le voir en premier car il est le président de la République», a dit Roland Dumas. «Gbagbo représente une Afrique nouvelle, qui ne s’incline pas, une Afrique qui n’est pas une Afrique de boy[…]Il ne s’agit pas de traiter la Côte-d’Ivoire comme une colonie, de demander au patron de la Côte-d’Ivoire de donner un peu d’argent pour les élections en France», a enchaîné Jacques Vergès. Pour les avocats de la cause Gbagbo, en revanche, l’argent est disponible.

Anticolonialiste. Leur venue ne doit rien au hasard. Ancien ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, Roland Dumas a aussi dirigé le Conseil constitutionnel entre 1995 et 2000. Or c’est au Conseil constitutionnel ivoirien que Gbagbo doit son «élection» : la plus haute instance judiciaire du pays a invalidé le vote dans le nord du pays, offrant ainsi la victoire sur un plateau au président sortant. Quant à Me Vergès, il est toujours prêt à entonner son refrain anticolonialiste. A Abidjan, il a manié la comparaison avec le Vietnam et l’Algérie, avertissant Paris que la Côte-d’Ivoire serait son «tombeau». Aux yeux des deux thuriféraires de Gbagbo, il semble surtout que ce dernier représente l’ultime rempart à l’installation d’Alassane Ouattara, forcément manipulé par les Anglo-Saxons en tant qu’ancien directeur adjoint du Fonds monétaire international…

Dominique Pin, ancien de la cellule africaine de l’Elysée sous Mitterrand, voit dans cette équipée abidjanaise «l’envie pour deux vieillards pathétiques de rester dans l’actualité, de se donner l’illusion qu’ils pèsent sur les affaires du monde». Pour lui, l’attitude de Vergès et Dumas n’est pas seulement «une insulte à la majorité des Ivoiriens qui ont voté Ouattara, mais aussi aux électeurs de Gbagbo qui n’approuvent pas forcément sa dérive fascisante». Dimanche, avant de regagner Paris, le duo a proposé un recomptage des voix «sous le contrôle international». De quoi permettre à Gbagbo de gagner un temps précieux.

«Pour un fringant nationaliste, qui fut l’opposant historique au président Houphouët-Boigny, il est pour le moins paradoxal de faire appel à deux vieux routiers de la Françafrique», observe Antoine Glaser, ancien directeur de la Lettre du Continent. Au cours de leurs longues carrières, Vergès et Dumas ont en effet beaucoup fréquenté les palais africains. Via sa clientèle, «l’avocat du diable» affiche volontiers son tropisme pour les terroristes propalestiniens (Carlos, Anis Naccache, Georges Ibrahim Abdallah), les dictateurs hors norme (Khieu Samphan, Slobodan Milosevic). Mais depuis une vingtaine d’années, Maître Vergès défend surtout des potentats africains. Comme Moussa Traoré, président du Mali de 1968 à 1991, parvenu au pouvoir via un coup d’Etat, évincé de la même manière. L’avocat obtiendra que sa condamnation à mort soit commuée en détention à perpétuité. Vergès s’était surtout fait plaisir en racontant à qui veut l’entendre que «Moussa Traoré a été renversé à la suite d’une émeute organisée par le gouvernement français». En 1999, il est chargé par le président togolais, Gnassingbé Eyadéma, de porter plainte contre Amnesty international, auteur d’un rapport accablant sur les droits de l’homme. Devenu défenseur de la Françafrique - quoi qu’il en dise -, Maître Vergès se met ensuite au service d’Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Idriss Déby (Tchad) pour porter plainte en diffamation contre le livre Noir Silence, rédigé par François-Xavier Verschave, de l’association Survie. La justice française le déboutera en 2002. Encore perdu !

Disparus. Plus pointue est sa défense de Mohamed Diawara, ex-ministre ivoirien du Plan, accusé d’avoir détourné 6,5 milliards de francs CFA des caisses de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Il sera condamné à quinze ans de prison avec sursis pour escroquerie. En Côte-d’Ivoire, il navigue à merveille entre les factions. Défenseur un jour de Ouattara, à qui le président d’alors déniait la nationalité ivoirienne, puis de Laurent Gbagbo contre le même Ouattara. Bâton de maréchal africain de Maître Vergès, la défense de Norbert Dabira, inspecteur général de l’armée congolaise, dans l’affaire des «disparus du Beach» (des partisans du président déchu Lissouba massacrés par des hommes de Sassou). Ayant une résidence en banlieue parisienne, c’est Dabira qui permet à la justice française d’enquêter. Placé en garde à vue en France, il est libéré le soir même et refusera toute nouvelle convocation sous prétexte d’une «mauvaise météo» qui l’empêcherait de quitter Brazzaville. Vergès plaidera efficacement la compétence de la justice congolaise, qui blanchira Dabira…

Roland Dumas, l’autre octogénaire au chevet de Gbagbo, n’est jamais intervenu officiellement sous la robe en Afrique mais il la connaît bien, via l’affaire Elf. Il saura conseiller la fermeté au président sortant, comme il l’a montré lors de l’affaire de la succession de Giacometti (qui a vu sa condamnation), où il avait refusé de s’expliquer sur la présence d’une forte somme en liquide à son cabinet. «Plus nous avançons, plus nous savons qu’il y a eu des fraudes au deuxième tour des élections», a-t-il affirmé à Abidjan. On aurait apprécié pareille vigilance de l’ancien président du Conseil constitutionnel, validant les comptes de campagne d’Edouard Balladur en 1995, en dépit de dix millions de francs déposés en liquide.



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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:49

 

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Monde.Atlas_alter.040111.htm

http://www.atlasalternatif.over-blog.com/article-le-centre-ouest-de-la-tunisie-en-ebullition-64264843.html

Le centre-ouest de la Tunisie en ébullition

Le 19 décembre (le 17 selon d'autres sources) à Sidi Bouzid en Tunisie, un jeune homme s’était immolé par le feu avec de l’essence devant la préfecture, après s’être fait confisqué la marchandise qu’il vendait illégalement. Cinq jours plus tard, un autre jeune s’est mortellement électrocuté en public, en grimpant au sommet d’un poteau électrique.

De nombreux jeunes chômeurs et des travailleurs sont descendus dans la rue. Des villes des alentours de Sidi Bouzid ont rejoint le mouvement dans un premier temps, puis des villes du nord au sud du pays jusque la capitale, Tunis. Tout en faisant part de sa compréhension, le président Ben Ali a lancé un processus répressif. Le 24 décembre un jeune manifestant tué par balle lors des violents affrontements qui ont secoué la ville de Menzel Bouzayane (ces tirs auraient répliqué à une tentative de groupes de jeune d'incendier un véhicule de police). Des journaux ont été saisis. A l'issue d'un sit-in des avocats à Tunis, maîtres Raouf El Ayadi et Choukri Belaïd ont été arrêtés, dans la soirée du mardi 28 décembre avant d'être libérés le lendemain.Ammar Amroussia, porte parole du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT) et correspondant du site albadil.org, a été arrêté à Gafsa pour ses publications et ses déclarations dès le début de ce mouvement de colère des déshérités ; ainsi qu'Attia Athmouni, porte parole du comité de soutien de Sidi Bouzid et membre du Parti démocrate progressiste (PDP) et le journaliste Mouldi Zouabi.Selon sa radio ce dernier était au palais de justice de Jendouba en compagnie des avocats le 29 décembre pour couvrir leur action de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid. Dans sa communication téléphonique avant que la police ne confisque son portable, le journaliste a déclaré depuis le commissariat qu’il a été agressé violement par des agents de police qui ont également cassé ses lunettes.

La répression n'a toutefois pas découragé le mouvement social. A Sidi Bouzid la commission administrative de l’union régionale du travail de Sidi Bouzid sous la présidence de Mohamed Saad a tenu, le jeudi 30 décembre, une réunion à l’issue de laquelle une décision de grève générale pour le 12 janvier a été prise à l’unanimité. Selon radio Kalima à Jelma samedi "des syndicalistes et un nombre important d’activistes rejoints par une impressionnante foule de citoyens se sont rassemblés devant le siège de l’Union régionale du travail puis ont marché dans les rues de la ville. Les manifestants ont scandé des slogans pour dénoncer la corruption, demander leur droit aux travail et la levée de l’état de siège qui frappe Sidi Bouzid depuis le début des événements. La police a dispersé les manifestants à coups de matraques.

A Jerba la police a empêché les avocats de sortir du palais de la justice. Ces derniers étaient contraints d’improviser leur réunion dans le hall du palais.  Les avocats ont brandi des slogans pour demander la levée de l’état de siège imposé sur la ville de sidi Bouzid et dénoncer la corruption et la tyrannie. Le même scenario s’est produit au siège de l’Union régionale du travail où des citoyens venu se joindre au syndicalistes ont été empêché d’y accéder. La police a utilisé les matraques pour venir à bout de cette action. Kalima a appris que la syndicaliste Nejah Hamdani, membre du syndicat de l’enseignement secondaire a été grièvement blessé après avoir été agressé à coup de matraques par des policiers ; son fils a été lui aussi roué de coups. D’autres actions similaires ont eu lieu dans les ville de Makther , Siliana, Jebniana et Sousse." A Jbeniana plus précisément "des affrontements ont éclaté, vendredi le 31 décembre à 22h, entre les habitants de la ville et les forces de l’ordre. Ces dernières ont lancé des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Deux jeunes ont été arrêtés puis relâchés dans la matinée du samedi après avoir été soumis à la torture selon leurs déclarations."

Des sit-ins ont eu lieu devant des consulats tunisiens en Europe. Les partis égyptiens Karama, et Alraad, le parti communiste libanais, la Confédération syndicale internationale  ont exprimé leur soutien aux manifestants.

Ont appelé à une manifestation de solidarité Place de la fontaine des innocents à Paris le 6 janvier à 18 h les organisations ci-dessous : C ! - ACHR - ACORT - AFASPA - AMF - ASDHOM -ATF-ATF Paris - ATMF - ATTAC - CAPJPO-EuroPalestine - CEDETIM - CISA - CNT -Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier - CourantNationaliste Progressiste - CORELSO - CPR -- CRLDHT - DAL - Etoile NordAfricaine - Europe Écologie Les Verts - La pelle et la pioche - FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Écologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Les Alternatifs - Le Mouvement pour une alternative socale, écologique et démocratique, Lutte ouvrière,-Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - MRAP - NO-VOX - NPA - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG -Réseau Stop la Précarité - Respaix Conscience Musulmane - Reveil des Consciences - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne -- Sortir du colonialisme - UTIT - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre

Le Parti Socialiste français a publié un communiqué le 30 décembre dans lequel il a critiqué les autorités tunisiennes qui ont recouru à la violence contre des manifestants pacifiques. Le PS a demandé dans le même communiqué aux autorités tunisiennes le respect des libertés et la libération de tous les manifestants arrêtés.

Selon un câble diplomatique du 17 juillet 2009 publié par Wikileaks  l'ambassadeur des Etats-Unis à Tunis avait estimé : "La Tunisie a de gros problèmes. Le Président Ben Ali est vieillissant, son régime est sclérosé et il n’y a pas de successeur évident. De nombreux Tunisiens sont frustrés par le manque de libertés politiques et éprouvent de la colère envers la famille présidentielle, la corruption, le chômage élevé et les inégalités régionales. L’extrémisme fait peser une menace permanente. [...] La Tunisie est un État policier, avec peu de liberté d’expression et d’association, et de graves problèmes de droits humains. [...] Pour chaque pas en avant, il y en a un autre en arrière, par exemple le récent rachat d’importants médias privés par des personnes proches du président Ben Ali.

  [Ben Ali] et son régime ont perdu le contact avec le peuple tunisien. Ils ne tolèrent pas de conseils ou de critiques, ni nationales ni internationales. Ils s’appuient de plus en plus sur le contrôle par la police et se concentrent sur la préservation du pouvoir. La corruption dans les premiers cercles s’accentue. Même les Tunisiens moyens sont à présent très conscients de cela, et le choeur de leurs plaintes s’amplifie [...]. Les Tunisiens n’aiment vraiment pas, voire détestent la première dame Leila Trabelsi et sa famille. En privé, les opposants au régime se moquent d’elle. Même dans les cercles proches du pouvoir on exprime de la consternation face à ses frasques. Entretemps, la colère monte face au taux de chômage qui grimpe et aux inégalités régionales. En conséquence, les risques pour la stabilité à long terme du régime sont en augmentation."

La porte-parole du Ministère des affaires étrangères français a appelé à "l'apaisement". Le soutien de M. Sarkozy et de l'UMP au régime tunisien, semble toujours de rigueur.





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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:26

 

http://www.liberation.fr/politiques/01012311198-non-le-peuple-n-est-pas-une-masse-brutale-et-ignorante

Non, le peuple n’est pas une masse brutale et ignorante

Par JACQUES RANCIERE Philosophe

Le mot «populisme» a beaucoup servi ces derniers mois. Il a été prononcé à propos des attaques contre l’islam de Marine Le Pen, de la dénonciation des élites de Jean-Luc Mélenchon, de la transformation des Roms en boucs émissaires par Nicolas Sarkozy… De quoi est donc fait ce populisme qui frappe les démocraties occidentales ? Libération a sollicité trois philosophes: Jacques Rancière (lire ci-dessous) qui critique la notion même de populisme. Enzo Traverso qui  s’inquiète de la montée de l’islamophobie et Bernard Stiegler qui analyse le «populisme industriel» né du passage de la démocratie de l’écrit à la société de l’image analogique.

«Il ne se passe pas de jour où l’on n’entende dénoncer les risques du populisme. Il n’est pas pour autant facile de saisir ce que le mot désigne. Qu’est-ce qu’un populiste ? A travers tous les flottements du mot, le discours dominant semble le caractériser par trois traits essentiels : un style d’interlocution qui s’adresse directement au peuple par-delà ses représentants et ses notables ; l’affirmation que gouvernements et élites dirigeantes se soucient de leurs propres intérêts plus que de la chose publique ; une rhétorique identitaire qui exprime la crainte et le rejet des étrangers.

Il est clair pourtant qu’aucune nécessité ne lie ces trois traits. Qu’il existe une entité appelée peuple qui est la source du pouvoir et l’interlocuteur prioritaire du discours politique, c’est la conviction qui animait les orateurs républicains et socialistes d’antan. Il ne s’y lie aucune forme de sentiment raciste ou xénophobe. Que nos politiciens pensent à leur carrière plus qu’à l’avenir de leurs concitoyens et que nos gouvernants vivent en symbiose avec les représentants des grands intérêts financiers, il n’est besoin d’aucun démagogue pour le proclamer. La même presse qui dénonce les dérives «populistes» nous en fournit jour après jour les témoignages les plus détaillés. De leur côté, les chefs d’Etat et de gouvernement dits «populistes», comme Silvio Berlusconi ou Nicolas Sarkozy, se gardent bien de propager l’idée «populiste» que les élites sont corrompues. Le terme «populisme» ne sert pas à caractériser une force politique définie. Il ne désigne pas une idéologie ni même un style politique cohérent. Il sert simplement à dessiner l’image d’un certain peuple.

Car «le peuple» n’existe pas. Ce qui existe ce sont des figures diverses, voire antagoniques du peuple, des figures construites en privilégiant certains modes de rassemblement, certains traits distinctifs, certaines capacités ou incapacités. La notion de populisme construit un peuple caractérisé par l’alliage redoutable d’une capacité - la puissance brute du grand nombre - et d’une incapacité - l’ignorance attribuée à ce même grand nombre. Pour cela, le troisième trait, le racisme, est essentiel. Il s’agit de montrer à des démocrates toujours suspects d’«angélisme», ce qu’est en vérité le peuple profond : une meute habitée par une pulsion primaire de rejet qui vise en même temps les gouvernants qu’elle déclare traîtres, faute de comprendre la complexité des mécanismes politiques, et les étrangers qu’elle redoute par attachement atavique à un cadre de vie menacé par l’évolution démographique, économique et sociale. La notion de populisme remet en scène une image du peuple élaborée à la fin du XIXe siècle par des penseurs comme Hippolyte Taine et Gustave Le Bon, effrayés par la Commune de Paris et la montée du mouvement ouvrier : celle des foules ignorantes impressionnées par les mots sonores des «meneurs» et menées aux violences extrêmes par la circulation de rumeurs incontrôlées et de frayeurs contagieuses.

Ces déchaînements épidémiques de foules aveugles entraînées par des leaders charismatiques sont-ils vraiment à l’ordre du jour chez nous ? Quels que soient les griefs exprimés tous les jours à l’égard des immigrés et notamment des «jeunes des banlieues», ils ne se traduisent pas en manifestations populaires de masse. Ce qu’on appelle racisme aujourd’hui dans notre pays est essentiellement la conjonction de deux choses. Ce sont d’abord des formes de discrimination à l’embauche ou au logement qui s’exercent parfaitement dans des bureaux aseptisés. Ce sont ensuite des mesures d’Etat dont aucune n’a été la conséquence de mouvements de masse : restrictions à l’entrée du territoire, refus de donner des papiers à des gens qui travaillent, cotisent et paient des impôts en France depuis des années, restriction du droit du sol, double peine, lois contre le foulard et la burqa, taux imposés de reconduites à la frontière ou de démantèlements de campements de nomades. Ces mesures ont pour but essentiel de précariser une partie de la population quant à ses droits de travailleurs ou de citoyens, de constituer une population de travailleurs qui peuvent toujours être renvoyés chez eux et de Français qui ne sont pas assurés de le rester.

Ces mesures sont appuyées par une campagne idéologique, justifiant cette diminution de droits par l’évidence d’une non-appartenance aux traits caractérisant l’identité nationale. Mais ce ne sont pas les «populistes» du Front national qui ont déclenché cette campagne. Ce sont des intellectuels, de gauche dit-on, qui ont trouvé l’argument imparable : ces gens-là ne sont pas vraiment français puisqu’ils ne sont pas laïques.

Le récent «dérapage» de Marine Le Pen est à cet égard instructif. Il ne fait en effet que condenser en une image concrète une séquence discursive (musulman = islamiste = nazi) qui traîne un peu partout dans la prose dite républicaine. L’extrême droite «populiste» n’exprime pas une passion xénophobe spécifique émanant des profondeurs du corps populaire ; elle est un satellite qui monnaye à son profit les stratégies d’Etat et les campagnes intellectuelles distinguées. L’Etat entretient le sentiment permanent d’une insécurité qui mêle les risques de la crise et du chômage à ceux du verglas ou du formamide pour faire culminer le tout dans la menace suprême de l’islamiste terroriste. L’extrême droite met les couleurs de la chair et du sang sur le portrait standard dessiné par les mesures ministérielles et la prose des idéologues.

Ainsi ni les «populistes» ni le peuple mis en scène par les dénonciations rituelles du populisme ne répondent-ils vraiment à leur définition. Mais peu importe à ceux qui en agitent le fantôme. L’essentiel, pour eux, est d’amalgamer l’idée même du peuple démocratique à l’image de la foule dangereuse. Et d’en tirer la conclusion que nous devons nous en remettre à ceux qui nous gouvernent et que toute contestation de leur légitimité et de leur intégrité est la porte ouverte aux totalitarismes. «Mieux vaut une république bananière qu’une France fasciste», disait un des plus sinistres slogans antilepénistes d’avril 2002. Le battage actuel sur les dangers mortels du populisme vise à fonder en théorie l’idée que nous n’avons pas d’autre choix.»




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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:16

 

http://www.france-info.com/chroniques-les-invites-de-france-info-2011-01-05-cote-d-ivoire-roland-dumas-et-me-verges-racontent-en-exclusivite-sur-506826-81-188.html

Côte d’Ivoire : Roland Dumas et Jacques Vergès racontent en exclusivité sur France Info

L’ancien président du Conseil Constitutionnel Roland Dumas et l’avocat Jacques Vergès sont de retour de Côte d’Ivoire, où ils sont allés soutenir Laurent Gbagbo, contesté par la quasi-totalité de la communauté internationale. Les deux hommes défendent leur choix sur France info, pour la première fois depuis leur retour.

"Il faut recompter les voix". Sur France Info, Roland Dumas présente sa solution pour sortir de la Côte d’Ivoire de la crise où l’élection présidentielle l’a plongée. "C’est un conflit électoral, il faut régler ça selon les règles : recompter les voix. Or, c’est Ouattara qui le refuse" affirme l’ancien ministre.

Toutefois, Roland Dumas estime que Laurent Gbagbo est le président légitime de la Côte d’Ivoire : "il est dit dans la loi ivoirienne que c’est le conseil constitutionnel qui proclame l’élection", or le conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur au détriment d’Alassane Ouattara.

A Michèle Alliot-Marie qui juge "pitoyable" le choix Roland Dumas de plaider la cause de Laurent Gbagbo, l’ancien ministre répond : "l’Histoire jugera".

De son côté, Jacques Vergès raconte être allé à la rencontre des Français qui vivent en Côte d’Ivoire. "Ils font un travail utile, ils sont traités correctement, et Michèle Alliot-Marie leur a demandé de quitter le pays. C’est une provocation ! Nous, on leur a dit : restez".

Quant aux violences commises dans le pays depuis l’élection, "c’est exagéré". "Nous, on a vu une ville paisible, où les gens travaillent, où les commerces sont ouverts. Il ne faut pas exagérer".

Les deux hommes assurent par ailleurs n’avoir reçu aucun honoraire pour cette mission ivoirienne.




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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 19:34

 

JEUDI 6 JANVIER 2011 JOURNÉE INTERNATIONALE DE SOUTIEN AUX LUTTES POPULAIRES TUNISIENNES RASSEMBLEMENT A PARIS A 18 HEURES PLACE de la FONTAINE DES INNOCENTS (Près du métro Châtelet / les Halles, ligne 4 ou RER A et B)

Nous affirmons notre solidarité sans faille avec le formidable mouvement de contestation que connait la Tunisie ainsi qu'avec les mots d'ordre de la révolte initiée à Sidi Bouzid;

Nous dénonçons l'attitude du pouvoir qui répond aux Tunisiennes et aux Tunisiens par les balles, les arrestations, l'intimidation et la répression.

Nous appelons à la libération immédiate et à l'arrêt des poursuites à l'encontre de tous les emprisonnés de ce mouvement comme de ceux qui l'ont précédé, notamment celui des révoltés du bassin minier de Gafsa, ainsi que les étudiants emprisonnés en raison de leur activité syndicale.

Nous réclamons que les responsables de la répression, des violences à l'encontre de la population qui ont causé la mort et des blessures graves parmi les manifestants soient traduits en justice.

Nous appelons à une mobilisation nationale et internationale d'ampleur en soutien à la révolte du peuple tunisien initiée par les habitants de Sidi Bouzid.

Nous faisons nôtres les mots d'ordre scandés dans les manifestations à travers toute la Tunisie : Pour le droit au travail et le droit de gagner sa vie dignement ; Pour une juste répartition des richesses ; contre la corruption et le népotisme.

Nous maintiendrons une mobilisation vigilante pour soutenir toutes les victimes de la répression, pour faire échec à l'entreprise de criminalisation de la contestation, pour répondre aux agressions qui visent les syndicalistes, les avocats, les média indépendants du pouvoir, les associations et partis solidaires de la révolte tunisienne.

Solidarité totale avec les luttes du peuple tunisien.

Premiers signataires : AC ! - ACHR - ACORT - AFASPA - AMF - ASDHOM -ATF- ATF Paris - ATMF - ATTAC - CAPJPO-EuroPalestine - CEDETIM - CISA - CNT - Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier – Courant Nationaliste Progressiste - CORELSO - CPR -- CRLDHT - DAL - Etoile Nord Africaine - Europe Écologie Les Verts - La pelle et la pioche – FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Écologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Les Alternatifs - Le MOUVEMENT POUR UNE ALTERNATIVE SOCIALE ÉCOLOGIQUE ET DÉMOCRATIQUE - LUTTE OUVRIÈRE -Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha – Mouvement Tajdid France - MRAP - NO-VOX - NPA - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG - Réseau Stop la Précarité - Respaix Conscience Musulmane - Reveil des Consciences - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne -- SORTIR DU COLONIALISME - UTIT - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre






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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 17:00

 

http://www.parismatch.com/Actu-Match/Monde/Actu/Ex-combattants-de-Tsahal-ils-refusent-maintenant-de-se-taire-et-parlent-232874

Ex combattants de Tsahal, ils refusent maintenant de se taire et parlent

Micha, Dana, Noam, et Mikhael ont combattu pour Tsahal. C'est la première fois que des officiers israéliens manifestent à visage découvert leur contestation à propos des exactions infligées dans la bande de Gaza, entre 2000 et 2009.

Des grenades pour faire peur

« On déboule dans un village palestinien à trois heures du matin et on se met à lancer des grenades étourdissantes dans les rues. Pour rien, pour faire peur. On voyait les gens se réveiller affolés... On nous raconte que cela fait fuir les éventuels terroristes. N’importe quoi... Par rotation, on faisait ça toutes les nuits. La routine. On nous disait “Bon­ne opération”. On ne comprenait pas pourquoi. »

Voler un hôpital

« Une nuit, nous avons l’ordre d’entrer de force dans une clinique d’Hébron qui appartient au Hamas. On confisque l’équipement : ordinateurs, télépho­nes, imprimantes, d’autres choses, il y en a pour des milliers de shekels. La raison ? Toucher le Hamas au portefeuille, juste avant les élections du Parlement palestinien, pour qu’il perde. Le gouvernement israélien avait officiellement annoncé qu’il n’allait pas tenter d’influencer cette élection... »

« On a tué un type par pure ignorance »

« On ne savait pas que, pendant le ramadan, les fidèles sortent dans la rue à 4 heures du matin avec des tambours pour réveiller les gens, qu’ils mangent avant le lever du soleil. On identifie un type dans une allée qui tient quelque chose, on lui crie “stop”. Là, si le “suspect” ne s’arrête pas immédiatement, la procédure exige des sommations. “Arrêtez ou je tire”, puis on tire en l’air, puis dans les jambes, etc. En réalité, cette règle n’est jamais appliquée. On l’a tué, point. Et par pure ignorance des rites locaux. »


Les paysans en larmes

« Nos excavateurs dressent une barrière de séparation en plein milieu d’un champ de figuiers palestinien. Le paysan arrive en larmes : “J’ai planté ce verger pendant dix ans, j’ai attendu dix ans qu’il donne des fruits, j’en ai profité pendant un an, et là, ils me le déracinent !” Il n’y a pas de solution de replantage. Il y a des compensations seulement à partir de 41 % de terre confisquée. Si c’est 40 %, tu n’as rien. Le pire c’est que peut-être demain ils vont décider d’arrêter la construction de la barrière. »

Rendre ses galons, redevenir soldat

« On installe des check points surprises. N’importe où, ça n’est jamais clair. Et soudain on arrête tout le monde, on contrôle leur permis. Il y a, là, des fem­mes, des enfants, des vieux, pendant des heures, parfois en plein soleil. On arrête des innocents, des gens qui veulent aller travailler, trouver de la nour­riture, pas des terroristes... J’ai dû le faire pendant cinq mois, huit heures par jour, ça m’a cassé. Alors j’ai décidé de rendre mes galons de commandant. »

« Notre mission : déranger, harceler »

« On est à Hébron. Comme les terroristes sont des résidents locaux et que notre mission est d’entraver l’activité terroriste, la voie opérationnelle c’est de quadriller la ville, entrer dans des maisons abandonnées, ou des maisons habitées choisies au hasard – il n’y a pas de service de renseignement qui nous pilote –, les fouiller, les mettre à sac... et ne rien trouver. Ni armes ni terroristes. Les habitants ont fini par prendre l’habitude. Ils sont irrités, dépressifs, mais habitués car ça dure depuis des années. Faire souffrir la population civile, lui pourrir la vie, et savoir que cela ne sert à rien. Cela engendre un tel sentiment d’inutilité. »

« Les punitions collectives »

« Mes actes les plus immoraux ? Faire exploser des maisons de suspects terroristes, arrêter des centaines de gens en masse, yeux bandés, pieds et mains liés, les emmener par camions ; pénétrer dans des maisons, en sortir brutalement les familles ; parfois on revenait faire exploser la maison ; on ne savait jamais pourquoi telle maison, ni quels suspects arrêter. Parfois, ordre nous était donné de détruire au bulldozer ou aux explosifs l’entrée du village en guise de punition collective pour avoir hébergé des terroristes. »

« Protéger des colons agressifs »

« On débarque dans le district de Naplouse pour assurer la sécurité des colons. On découvre qu’ils ont décidé d’attaquer Huwara, le village voisin, palestinien. Ils sont armés, jettent des pierres, soutenus en cela par un groupe de juifs orthodoxes français qui filment, prennent des photos. Résultat : on se retrouve pris entre des Arabes surpris, terrorisés, et notre obligation de protection des colons. Un officier tente de repousser les colons dans leurs terres, il reçoit des coups, il y a des tirs, il abandonne. On ne sait plus quoi faire : les retenir, protéger les Palestiniens, nous protéger, une scène absurde et folle. On a fini par faire retourner les agresseurs chez eux. Une dizaine d’Arabes ont été blessés. »

Assassiner un homme sans armes

« On est en poste dans une maison qu’on a vidée de ses occupants, on soupçonne la présence de terroristes, on surveille, il est deux heures du matin. Un de nos tireurs d’élite identifie un mec sur un toit en train de marcher. Je le regarde aux jumelles, il a dans les 25-26 ans, n’est pas armé. On en informe par radio le commandant qui nous intime : “C’est un guetteur. Descendez-le.” Le tireur obéit. J’appelle cela un assassinat. On avait les moyens de l’arrêter. Et ça n’est pas un cas unique, il y en a des dizaines. »






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