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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:42

 

Appel du 20 février pour le Comité National de Liaison

Conformément aux décisions de calendrier prises lors de la réunion du 24 avril, la réunion du Comité National de Liaison se tiendra :

le Samedi 12 juin 2010 de 14 heures à 18 heures
Librairie, 8 Impasse Crozatier 75012 Paris (Local d’Emancipation)
Derrière l'Hôpital Saint Antoine à l'angle de la rue Crozatier et de la rue des Citeaux
Métro Faidherbe Chaligny ou Gare de Lyon.

Tout d'abord il nous semble nécessaire de maintenir la discussion politique aux postes de commande.

Nous devons poursuivre la discussion sur le Front Populaire de 1936 et celui de demain, (voir contribution de Serge sur cette question publiée sur le site de l’Appel du 20 février), la tactique de Front Unique à travers les mobilisations sociales contre les politiques européennes d'austérité, pour la défense des services publics, contre la réforme des retraites engagée par Sarkozy-Fillon-Woerth et la nécessité d'interpeller les directions syndicales (cf. la motion du SNUIPP du 94 envoyée par Jean que nous avons publié sur le site)

http://appel-20-fevrier.org

Nous devons poursuivre la discussion sur la situation économique, sociale et politique, la politique de la droite, du PS, du PCF, de l'extrême-gauche, l'évolution du PG, du NPA, des militants et courants qui veulent, comme nous, construire un Front de Gauche élargi, ouvert, démocratique et anticapitaliste (le MPEP, GU, les "unitaires" du NPA, GU, la FASE...) et la préparation des prochains congrès du PG et du NPA : comment rassembler, au sein de ces organisations, les camarades qui partagent nos conceptions de la démocratie, de l'unité et de la lutte anticapitaliste ?

Nous avons, à notre disposition, quelques points d'appui : l'appel du 20 février, les rencontres du 20/2 et du 24/4,  les textes de Serge sur le Front Populaire et et du 94 sur les retraites...

Nous devons poursuivre et enrichir la discussion collective à la lumière de nos pratiques politiques.

Nous devons débattre avec toutes les autres forces de la gauche anticapitaliste qui le souhaitent (l'arrivée de MILITANT dans le comité de liaison peut constituer une avancée dans ce cadre).

C'est en fonction de l'avancement de cette discussion et du débat avec nos partenaires que nous pourrons ensemble ouvrir la perspective de la construction d'un outil politique.

Dès maintenant nous pouvons, comme le souhaitent certains camarades, établir quelques règles de fonctionnement du comité de liaison (nom du comité de liaison, périodicité des réunions, répartition des rôles entre les camarades Ile de France du comité de liaison et le comité national de liaison...) .

Nous pouvons nous répartir les tâches : élaboration de communiqués, rapports introductifs, contacts avec la province et les autres organisations...).

Pour ce qui concerne l’Ile de France, nous pouvons également décider de nous réunir dorénavant dans des salles de réunion en abandonnant les cafés, restaurants qui, à mon avis, ne nous permettent pas de débattre et décider sereinement et efficacement.

Pour finir je crois qu'il est inutile de prolonger les échanges de mails sur tous ces sujets : nous devons privilégier les discussions collectives dans des réunions.







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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 18:12

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/pg.htm#burqua

Projet de loi contre le port de la burqa, « une opération redoutable et nauséabonde... » (Marc Dolez au nom des députés du Front de Gauche à l’assemblée), lettre de Bruno Slama aux députés du PG et une lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon 

Vous trouverez ci-jointes deux interventions de Bruno Slama aux députés du Parti de Gauche et une lettre ouverte à Jean Luc Mélenchon relative à la réclamation « personnelle » de ce dernier en faveur de la loi contre la burqua. Je joins la déclaration de Marc Dolez au nom des députés du Front de Gauche à l’Assemblée Nationale.

AUX DEPUTES DU PARTI DE GAUCHE

Je connais bien Marc pour avoir été à ses côté à la direction de Forces Militantes pendant des années, et un peu Martine pour l’avoir reçu à une réunion « Appel de Politis » que j’ai organisé à Clermont, mais je m’adresse à vous trois qui êtes nos députés du Parti de Gauche à l’Assemblée Nationale.

J’ai apprécié ce que Marc Dolez a dit, probablement au nom de vous trois, à l’Assemblée Nationale :

« L’instrumentalisation de cette question du voile intégral est une opération redoutable et nauséabonde dont nous pouvons d’ores et déjà observer les effets  sur la division de notre société, et dont il ne faut pas non plus minimiser les conséquences sur le plan international. »

Il n’y a rien a redire. La loi sur le voile intégral est nauséabonde. Elle vise à stigmatiser une partie de la population, à créer les conditions d’un pogrom. Comme le dit Serge Halimi elle vise bien sûr à masquer le débat sur la crise, les retraites, le chômage. Et elle le fait selon un processus mille fois répété : trouver un responsable. Ce n’est pas le juif comme dans les années 30 : le racisme a changé sa cible.

Tout cela est clair. Alors quand j’ai entendu le président Mélenchon expliqué à France Inter qu’il fallait voter la loi Sarkozy j’ai halluciné.

Sur le fond bien sûr. Cette loi est « nauséabonde ».  La voter c’est se rallier à Sarkozy sur les positions du Front National.

Sur la forme. Même si le président Mélenchon précise que c’est une position personnelle, elle est reçue comme la position de tout le PG. Qui d’autre que lui d’ailleurs est invité à France Inter ?

Martine vient demain à Clermont ce qui nous donnera l’occasion d’en discuter. Mais je serais rassuré que chacun de vous me dise qu’il est hors de question pour lui de voter cette loi.

Bruno Slama.

INTERVENTION DE MARC DOLEZ A L ASSEMBLEE NATIONALE 


Voile intégral: Pas de consensus possible sur une manipulation

Les députés communistes, républicains, du parti de gauche ont, lors de leur réunion de groupe du 27 avril 2010, condamné avec la plus extrême fermeté l’opération malsaine qui a débuté avec le débat sur le voile intégral et s’est amplifiée  avec  celui sur l’identité nationale. Le 11 mai prochain, en séance publique, une proposition de « résolution » du groupe UMP portera sur le même sujet.  Elle vise à obtenir un consensus  qui vaudrait pour le projet de loi gouvernemental qui suivra.

L’instrumentalisation de cette question du voile intégral est une opération redoutable et nauséabonde dont nous pouvons d’ores et déjà observer les effets  sur la division de notre société, et dont il ne faut pas non plus minimiser les conséquences sur le plan international.

L’opération politique en cours ne saurait leurrer nos concitoyens sur la volonté de la majorité : celle de masquer ses échecs et d’avoir plongé le pays dans les plus grandes difficultés.

Cette manipulation  de grande ampleur ne nous détournera pas des vrais enjeux de notre société ni de notre volonté de répondre aux difficultés auxquelles elle est confrontée au quotidien. Le chômage, l’exclusion sociale, la pauvreté, les inégalités, les retraites paupérisées, le « mieux vivre ensemble », voilà les questions qui sont au cœur des  préoccupations de nos concitoyens et qui figurent au premier rang de nos combats.

Prêt à tout pour maintenir sa domination, Nicolas Sarkozy n’hésite pas, en confortant les extrémistes les plus radicaux, à tendre les relations  sociales dans notre pays,  et à créer toutes les conditions pouvant conduire aux pires dérapages.

Les députés communistes, républicains,  du parti de gauche combattent,  avec la plus grande détermination, tous les extrémismes et dérives sectaires, toutes les dominations, et notamment celles qui conduisent à l’exclusion et au non respect de la dignité des femmes.

En conséquence, les députés communistes, républicains,  du parti de gauche refusent d’être mêlés à la manipulation dangereuse qu’est la proposition de « résolution » de l’UMP présentée le 11 mai prochain.

LETTRE OUVERTE A JEAN LUC MELENCHON ET AUX MILITANTS DU PARTI DE GAUCHE

Lorsque j’ai entendu, sur France Inter, Jean Luc Mélenchon réclamer “à titre personnel” le vote de la loi contre la burqa, les bras m’en sont tombés. Ce n’était pas un militant de l’UMP, ni un responsable du front national mais le président du Parti de Gauche qui prenait cette position ! Je n’en revenais pas. J’ai réécouté l’intervention

http://www.dailymotion.com/video/xdd7kt_question-du-mercredi-jean-luc-melen_news

J’avais bien entendu. Le président du Parti de Gauche a pris position pour une loi de stigmatisation des populations arabes et musulmanes les plus pauvres, pour une loi raciste et xénophobe.

Revenons un peu en arrière dans l’histoire du mouvement ouvrier socialiste et sur Léon Blum qui passe, à juste titre, pour un homme modéré. En 1930, lors du congrès de Paris de la SFIO, n’en croyant pas ses oreilles, après avoir entendu des dizaines d’orateurs dont de très nombreux parlementaires, stigmatiser les étrangers, faire référence à l’identité nationale, à la république tricolorisée, il monte à la tribune pour prononcer la célèbre formule :

“Chers camarades, je suis horrifié (...) nous avons deux conceptions antinomiques du socialisme.”

Léon Blum propose alors l’expulsion de Déat et de Marquet. En 1930-31-32, les “néo” ne sont ni fascistes, ni nazis, mais comme Léon Blum l’avait perçu, ils sont sur le chemin qui conduira au pire.

Le vote de la loi sur la burqa est de même nature. Avec cette loi, demain on pourra provoquer tous les incidents qu’on veut contre ceux qui n’ont pas la peau blanche ! Cette loi n’organise pas des pogromes contre les émigrés, pas plus que les lois contre les étrangers dans les années 30 n’annonçaient le port de l’étoile jaune.  Mais cela en prépare les conditions politiques !

L’un de nos députés Marc Dolez a déclaré au parlement que cette loi était nauséabonde. Il a totalement raison.

A droite comme à gauche, des hommes politiques « bien pensant » montent en ligne pour défendre contre la burqa les « valeurs de la république ».  Mais de quelle république parle-t-on ? De la république de Versailles ou de celle de la Commune ? De la république des colonies ou de celle des indépendances nationales ? La république de Sarkozy ne peut d’aucune manière être celle pour laquelle nous combattons.

Ajoutons un mot, quand Jean-Luc Mélenchon s’exprime sur une radio publique et dans le Monde, c’est tout notre parti qu’il engage. Il n’est pas possible, il n’est plus possible que ceux qui nous représentent s’expriment sur les grandes questions, sans que nous en ayons auparavant discuté. Cela s’appelle la démocratie.

Il faudrait naturellement que Jean-Luc Mélenchon fasse son autocritique et revienne à un comportement plus modeste. Mais d’autre côté, il faut que nous les militants, nous nous engagions dans le débat. Dans le cas contraire nous allons à la catastrophe.

Bruno Slama.





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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 18:01

 

Bousculade sur les marches de l’Opéra Bastille

Le Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry communique

Le CTSPV et son Comité de soutien ont mobilisé une vingtaine de camarades pour la manifestation sur les retraites. Arrivant place de la Bastille nous avons vu un grand rassemblement sur les marches de l’Opéra.

Voulant venir en renfort de ce qui apparaissait comme une action de sans-papiers, nous nous sommes d’abord heurtés à un militants CGT qui nous a dit que nous n’étions pas désirés au sein du périmètre. «Du périmètre ?» Nous avons alors remarqué, qu’effectivement, des bandelettes, disposées à environ un mètre du sol, ceinturaient le rassemblement.

L’interdit semblait compliqué car ceux qui, parmi nous, faisaient partie d’une des onze associations pouvaient passer. Les sans-papiers aussi semblait-il.

Un groupe de sans-papiers du collectif a alors choisi de se positionner sur les marches avec la banderole qui nous avait servi pour la manifestation. Était inscrit d’un coté «Régularisation de tous les sans-papiers» et de l’autre «On paye des impôts On n’a pas accès aux soins». C’est ce dernier coté qui était exposé.

Au bout de quelques minutes, les camarades ont été tirés très violemment en dehors du «périmètre», d’abord par des militants CGT, puis avec l’appui d’une vingtaine de sans-papiers.

Nous avons ensuite discuté avec des grévistes de cette mise à l’écart musclée et scandaleuse. Puis nous sommes partis, notre présence n’étant pas désirée par les organisateurs.

Ce qui s’est passé renvoie évidemment à des désaccords.

La CGT et les Onze réclament des «critères clairs de régularisation». Nous dénonçons l’arbitraire des préfectures mais nous ne réclamons pas de critères. Les critères, même «améliorés» ou «objectifs», seront toujours faits pour refuser la régularisation à une grande partie d’entre nous.  — La CGT et les Onze ne parlent plus que de la régularisation par le travail et poussent les grévistes sans-papiers à chasser les CERFA. Nous nous refusons à entamer cette chasse car elle divise les sans-papiers entre ceux, minoritaires, qui peuvent en obtenir, et ceux qui ne peuvent pas. De plus, le gouvernement favorise cette tactique car cela s’inscrit dans sa politique d’immigration choisie.  — La CGT, en central, malgré cette récolte des CERFA (qui se périment au fur et à mesure), ne dépose pas de dossiers. Nous oui (d’ailleurs des unions locales CGT le font aussi et Solidaires en constitue). À défaut de pouvoir obtenir des reculs du gouvernement sur les principes, il nous faut aujourd’hui obtenir les régularisations de ceux qui se sont battus.  — La CGT et les Onze tissent des alliances avec des employeurs. Nous trouvons incohérent de dénoncer le dumping social et de faire alliance avec ceux qui le pratiquent. Les liens, il faut les tisser avec les autres travailleurs, car c’est de là que viendra la force qui fera reculer le gouvernement.

Malgré ces désaccords d’organisations, nous pensions que quand un combat est engagé par d’autres sans-papiers, il est juste de le renforcer. Les combats gagnés par les uns facilitent les batailles des autres. Et tous, sans-papiers de tel ou tel collectif, de telle ou telle grève, nous avons intérêt à la régularisation. Pour cela, nous avons voulu appuyer l’initiative à l’Opéra Bastille quand nous l’avons découverte en fin de manif. Mal nous en a pris.

Nous restons néanmoins convaincus que l’une des clés de la victoire est dans l’unité de tous les sans-papiers. Mais elle ne pourra se construire qu’en condamnant ce type de pratique.

Collectif des Travailleurs Sans-Papiers de Vitry, 28 mai




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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:58

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5076

"Levez le siège maintenant" demandent les députés européens

Alors qu’Israël vient de faire arraisonner deux bateaux de la flotte de la Liberté dans le port de Larnaca, le gouvernement chypriote s’étant déculotté (on espère que les dirigeants turcs seront moins timorés), une délégation du parlement européen qui s’est rendue à Gaza par l’Egypte s’inscrit en faux par rapport aux énormes mensonges du gouvernement israélien qui a osé écrire ces jours-ci que la Bande de Gaza ne manquait de rien et qu’elle n’avait donc pas besoin d’aide humanitaire !

Une délégation conjointe composée de neuf députés des commissions des affaires économiques, des budgets et du développement a quitté la bande de Gaza ce vendredi, après avoir participé à une mission d’enquête organisée par l’UNRWA. La délégation a procédé à l’évaluation de la situation humanitaire à Gaza et des résultats de l’assistance financière de l’UE.

"La situation humanitaire alarmante, et de plus en plus catastrophique, requiert une levée immédiate, totale et durable du blocus imposé par Israël" indique la délégation, précisant qu’environ 80 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide alimentaire.

"L’UE doit lancer, sans délai, une action politique afin que le siège de Gaza soit levé et que la reconstruction des infrastructures de base puisse commencer. Lorsqu’on se rend sur place, on comprend la situation de Gaza. À ce jour, seuls deux ministres des affaires étrangères ont visité Gaza. Nous invitons les 25 autres à s’y rendre pour se rendre compte de la situation sur le terrain. L’UE doit s’employer activement à devenir un véritable acteur de paix".

Députés faisant partie de la délégation à Gaza : Eva JOLY (présidente de la commission du développement, Verts/ALE, FR), Michèle STRIFFLER (vice-présidente de la commission du développement, PPE, FR), Ivailo KALFIN (vice-président de la commission des budgets, S&D, BG), Lajos BOKROS (commission des budgets, ECR, HU), Véronique DE KEYSER (commission des affaires économiques, S&D, BE), Marielle DE SARNEZ (commission des affaires économiques, ADLE, FR), Göran FÄRM (commission des budgets, S&D, SE), Nicole KIIL-NIELSEN (commission des affaires étrangères, Verts/ALE, FR), Ivo VAJGL (commission du développement, ADLE, SL)





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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 19:20

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/editoriaux.htm#lanson1305

Pourquoi un club politique, lieu indispensable à la réflexion politique ?

par Michel Lanson

Avertissement: notre camarade Michel a produit ce texte de réflexion sur notre club politique, après deux ans d’existence. Il a été largement soumis à la discussion lors de notre réunion du samedi 8 mai ; nous avons estimé qu’il pourrait servir de point de départ à un travail de réflexion collective qui pourrait se mener au sein d’une commission de militants de notre club aux fins d’élaborer un document d’identification politique. Ce texte est une invitation à nous autoriser à discuter sur des éléments d'analyse qui viennent d' horizons divers dont certains ne sont évoqués concrètement que pour montrer que des possibles sont ouverts à la réflexion. Il ne s'agit pas de défendre, voire d'épouser inocemment la position de l'un ou de l' autre . Il s'agit d'une invitation à nous autoriser à penser par nous mêmes et de repérer la "ritournelle" répétée parfois par inertie ou pour masquer un désarroi face à des situations
complexes ou nouvelles.

Pourquoi se poser cette question après deux ans d’existence ? Sans doute qu’avec le recul, le mélange des genres ( rencontres de militants et club de réflexion) est plus apparent. Une clarification s’impose.

Tout d’abord, contrairement à l’idée souvent répandue, un regroupement libre, indépendant et sans enjeu de pouvoir est rare. Le plus souvent, les clubs ou les regroupements autour de revue sont liés à des organisations ou des fractions politiques, think-tank à visée électorale ou groupes servant des stratégies universitaires (plans de carrière liés à des UFR ou enjeu de pouvoir symbolique), des prises de position dans des mouvances ou mouvements autocentrés. Un club où la parole est libre entre militants, analystes, actifs ou retraités d’univers et d’histoire divers, où les enjeux ne sont qu’intellectuels (chacun en faisant ensuite son miel dans la ruche de son choix) est rarissime. La tentation est toujours forte de faire d’un club un clone d’une organisation politique idéale parce que sans frottements à la réalité pratique de la lutte des classes. Il faut absolument y résister.

L’expérience de plusieurs années de responsabilité de direction militante et de fréquentation d’une forme antérieure de club m’a appris que la formulation politique en termes de mot d’ordre et d’action ne servait à rien (il est toujours facile de dérouler à vide un raisonnement qui n’est le plus souvent que la répétition par analogie d’un raisonnement antérieur). En revanche, un regard décentré,   l’approfondissement d’une analyse, une recherche théorique, un apport intellectuel sont des éléments indispensables pour la construction d’une pratique militante qui se définit dans le lieu, l’organisation ad hoc.

Un club, encore aujourd’hui, doit se définir plus en référence à ceux du XVIII° siècle, faiseur de lumières, qu’à une cellule, une section ou une loge. C’est aussi un lieu où peuvent être mises en analyse les pratiques militantes et les recherches théoriques d’aujourd’hui.
Concernant le discours politique « militant », à différencier bien sûr de la lutte de résistance dans le champ pratique de la lutte des classes, il renvoie inexorablement au concept de la « ritournelle » forgé par Deleuze et Guattari dans « Mille plateaux ». Ce discours s’enroule sur lui-même, la variation d’un de ses éléments lui permet de fonctionner et d’éviter d’être une simple répétition circulaire.

Cela fonctionne pour toutes les parties du discours. L’actualité politique et sociale, la périodicité des textes ou des réunions permettent des variations presque infinies. Pris indépendamment les uns des autres, les paradigmes ou notes sont généralement justes, encore faut-il qu’ils soient correctement contextualisés. Simplement, avec les mêmes notes, on peut créer Imagine ou refaire La danse des canards.

Cela permet de comprendre comment des cercles peuvent perdurer en se répétant depuis de longues années et comment des avatars d’organisations trotskystes peuvent répéter à l’envi : rupture avec le capital, non au dialogue social, grève générale, manif centrale… sans jamais se poser les questions : qui sommes-nous, à quel titre parlons-nous, à qui parlons-nous vraiment, quel est le levier politique ?

Sur d’autres airs, perdurent de même d’autres types d’organisations, même si en fonction de mon expérience, la ritournelle de cette famille me tinte immédiatement aux oreilles.

On peut aussi sérieusement, comme des papes, déclarer : «  l’auto-activité des travailleurs reste centrale » (AK/OS) sans voir que cette phrase n’a aucun contenu sémantique. Peu importe. Le discours politique est un discours purement narcissique, ce qui induit la répétition dans la pathologie, elle-même renforcée par l’isolement créé par la vertu révolutionnaire assimilée à l’idée pure du Bien de l’Humanité.

Mais ce système répétitif peut aussi se concevoir sur un temps long. Ainsi peut-on passer de l’enthousiasme de la création de syndicats, de partis…à la déception et aux comités pour le redressement de ces partis puis on recommence constatant à regret que l’écho dans les masses s’estompe vite ou ne résonne jamais. Ainsi, une période s’ouvre avec la rupture dans le PCI entre la Commission ouvrière et la direction pabliste. La musique persiste encore de nos jours : on peut constater que des organisations pétries de « lambertisme » se retrouvent dans le NPA pour tenter de le sauvegarder des dérives « pablistes » de la direction.  L’époque n’a-t-elle pas changée dans ses superstructures ?

La « ritournelle » est interrompue lorsque se produit une contraction du temps correspondant à un bouleversement politique majeur. Mais, ces moments sont rares.  Ensuite, une comptine avec une nouvelle tonalité se recompose. La dernière en date correspond en France à 95 avec ses variations autour du « Tous ensemble ».

Le discours sur la progression des luttes et sur les perspectives politiques semble épouser un temps linéaire et axé, ce qui lui donne un aspect dialectique. Pourtant, Derrida parlait, déjà en 1993 dans Spectres de Marx, du temps  qui semble être « sorti de ses gonds ». En réalité, le discours dominant est aujourd’hui calé sur une conception circulaire du temps (Deleuze, Bergson, le temps recherché et retrouvé Proust). Plus le discours se veut à gauche plus la vitesse de rotation s’accélère. La conséquence principale de ce mouvement tourbillonnant est le fait de  masquer et d’évacuer les recherches sur une nouvelle perception du réel et sur une pensée en phase avec le monde actuel. C’est cet aspect des choses qui est le plus important. On peut vivre en sifflotant une ritournelle mais cela n’agit jamais car cela n’a pas de prise au-delà des membres de la chorale.

Il s’agit d’aborder la nouvelle période avec sérieux. Depuis longtemps, nous écrivons que 1989 marque un changement de période. Mais, nous avons bien du mal à saisir les conséquences de ce changement. Aussi, le plus souvent, nous le mettons en préambule puis nous reformulons nos raisonnements comme d’habitude.

Razmig Keucheyan, dans Hémisphère gauche, une nouvelle cartographie des pensées critiques, écrit :

« Trois commencements 1789, 1914-1917, 1956 pour une seule fin, à savoir 1989. D’autres découpages sont possibles et peuvent se surimposer à ces premiers. »

Souvent, on a interprété les surimpositions (95,    élections diverses, crises financières, Grèce…) sans tenir compte du renversement capital opéré à ce moment politique. Or, si le temps long des Lumières, le temps séculaire de la Révolution socialiste, le temps actif de l’anti-stalinisme se ferment, toute notre pensée doit se retourner.

Dardot et Laval nous ont montré que le Néo-libéralisme n’est pas un simple développement du capitalisme mais bien une forme nouvelle de domination du Capital (réunion de février et « La Nouvelle Raison du Monde »).

C’est à partir du constat de la défaite que peuvent se construire de nouvelles pensées critiques et que peut être abordée « l’Hypothèse communiste ». Zizek parle de redescendre et de recommencer l’ascension en repartant du camp de base citant Lénine dans un texte sur la NEP (présentée souvent à tort par ses successeurs staliniens comme une pause). Cette métaphore montagnarde s’applique parfaitement à notre époque.

Alors, pourquoi faire comme si l’histoire avançait inexorablement toujours du même au même en suivant le bon vieux matérialisme historique (pour ne pas dire scientifique) ? La pression militante, l’absence de lieu pour une réflexion globale, les enjeux symboliques, personnels et psychiques… tout cela sûrement. Mais l’absence de club de réflexion, libre et protégé contribue à l’impossibilité de se remettre en question.

Nous avons déjà abordé ces problèmes, mais l’illusion de la vie a reformulé sa « ritournelle ». Nous n’avons pas eu le temps, le courage de reformuler la théorie à l’épreuve des faits.  Plus personne n’est soumis à la dictature de « Objectif /Résultat ». Pourtant cette « méthode » continue à structurer l’inconscient militant. Ainsi on tue le marxisme en ne voulant pas le mettre, se mettre en danger.

Pourtant, nous aurions bien besoin de frotter la crise européenne, la séquence grecque aux thèses de Naomi Klein, à l’Etat d’exception permanent d’Agamben, par exemple.  Pourquoi Sarkozy reste-t-il en place malgré tout ? Les réponses politiques produites sont d’une telle évidence qu’elles n’expliquent rien de neuf. Pourtant du côté de la critique, une part importante de la littérature se penche sur la question en commençant par Badiou : « De quoi Sarkozy est-il le nom ? ». 

Nous pourrions chercher pourquoi nous sommes passés le plus souvent de la classe ouvrière au salariat et dans le même temps pourquoi nous nous interrogeons vainement sur la disparition de la conscience de classe. Et bien, d’autres problèmes survolés (mondialisation financière et les pays émergeants en sortant des clichés…) ou refoulés (la liste ici est longue et délicate) …

Il faut du temps, des lectures, des rencontres. Il faut résister à l’anti-intellectualisme, à la pression de l’actualité et du mot d’ordre juste. Et prendre du plaisir déjà... 

   




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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 17:33

 

Le Conseil constitutionnel "décristallise" les pensions des anciens ressortissants des colonies

http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/05/28/le-conseil-constitutionnel-decristallise-les-pensions-des-anciens-ressortissants-des-colonies_1364189_823448.html

Il s'agit de la première décision rendue par le Conseil constitutionnel, saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Instaurée lors de la révision constitutionnelle de juillet 2008, la QPC, entrée en vigueur depuis le 1er mars 2010, permet à tout justiciable de soulever devant un juge la constitutionnalité de la loi applicable dans l'affaire dont il est partie. Le Conseil constitutionnel avait été saisi, le 14 avril, des trois premiers dossiers transmis par le Conseil d'Etat.

Sa décision sur la question soulevée par les deux requérants, Mme Kheddidja Labanne et son fils,Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions inscrites dans les lois de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions applicables aux ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française et, notamment, aux ressortissants algériens. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.

Cette décision met fin à une injustice manifeste, perpétuant une différence de traitement entre ressortissants français et étrangers titulaires de pensions civiles ou militaires de retraite et résidant dans le même pays. Lors de l'audition publique qui s'est tenue mardi 25 mai devant les onze membres du Conseil constitutionnel réunis, Me Arnaud Lyon-Caen, avocat de Mme Khedidja L. et de M. Moktar L., avait cité l'exemple d'un ancien sergent marocain touchant 612 euros de retraite annuelle alors que, pour un sergent français ayant servi dans les mêmes conditions et versé les mêmes cotisations, elle s'élève à 7512 euros.Sa décision sur la question soulevée par les deux requérants, Mme Kheddidja Labanne et son fils,Moktar Labanne, rendue publique vendredi 28 mai, fera date. Le Conseil constitutionnel a censuré les dispositions inscrites dans les lois de finances rectificative d'août 1981 et les lois de finances de décembre 2002 et décembre 2006 relatives à la "cristallisation" des pensions applicables aux ressortissants des pays et territoires autrefois sous souveraineté française et, notamment, aux ressortissants algériens. Le Conseil a jugé que ces dispositions constituaient une rupture du principe d'égalité.

Le Conseil ne conteste pas que les pensions puissent être affectées de coefficients différents en fonction des disparités de pouvoir d'achat et de coût de la vie dans les pays concernés. En revanche, il estime que, dans un même pays de résidence, il ne doit pas y avoir de différence de traitement entre un ressortissant français et un ressortissant étranger présentant les mêmes droits.

L'abrogation des trois articles visés par la censure prendra effet à compter du 1er janvier 2011. Il revient donc au législateur de prendre, d'ici là, de nouvelles dispositions, fixant le niveau des pensions par pays tout en respectant le principe d'égalité. Le bénéfice de ces nouvelles dispositions sera étendu, outre les requérants, à tous ceux dont les affaires sont en instance. Les pensions "décristallisées" seront recalculées et un rattrapage sur les quatre dernières années – durée de la prescription – sera effectué.

En 2006, après la sortie du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, primé au Festival de Cannes, sous la présidence de Jacques Chirac, les " prestations de sang ", c'est-à-dire les retraites des combattants et les pensions d'invalidité, avaient déjà été décristallisées. Le nombre de bénéficiaires de la remise à niveau que va entraîner la décision du Conseil constitutionnel est évalué à une dizaine de millier de personnes.

Le coût annuel pour les finances publiques sera de plusieurs dizaines de millions d'euros, en fonction du niveau des pensions qui sera fixé par la loi.







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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 16:45

 

http://www.fr.news.yahoo.com/3/20100528/tfr-immigration-sans-papiers-greve-56633fe.html

Des travailleurs sans-papiers en grève occupent les marches de l'Opéra Bastille à Paris (Associated Press)

Un millier de travailleurs sans-papiers en grève occupent depuis jeudi les marches de l'Opéra Bastille, sur la place de la Bastille à Paris, pour "obtenir enfin des critères de régularisation garantissant l'égalité de traitement entre tous les salariés", a annoncé vendredi la CGT, la préfecture de police avançant le chiffre de 350 participants.

"Le ministère de l'Immigration doit cesser de tergiverser. Le gouvernement doit publier un texte permettant à ces salariés d'être régularisés et de faire vivre leurs droits de salariés", a insisté la CGT dans un communiqué.

Les travailleurs sans-papiers "continueront d'occuper les marches de l'Opéra Bastille tant qu'ils n'auront pas obtenu des critères de régularisation clairs", a déclaré Francine Blanche, responsable confédérale de la CGT, en charge du mouvement des sans-papiers, à l'Associated Press. "Ils en ont assez et sont extrêmement déterminés", a-t-elle ajouté.

Des propositions de critères, définies en commun par les organisations syndicales et les employeurs, ont été soumises aux ministères de l'Immigration et du Travail lors de deux réunions, les 14 et 20 mai, mais ces derniers n'ont pas encore donné suite, a déploré la syndicaliste.

Dans un courrier adressé jeudi au Premier ministre François Fillon, la secrétaire nationale du Parti communiste français (PCF), Marie-George Buffet, lui demande "de tout mettre en oeuvre pour que les dossiers de ces salariés" soient examinés "avec la plus grande bienveillance". "Leur désarroi (...) incite à la plus grande humanité dans le traitement de ces situations particulières", ajoute-t-elle.

Onze organisations syndicales et associations soutiennent les quelque 6.250 travailleurs sans-papiers grévistes depuis le lancement de leur mouvement, le 12 octobre 2009. AP




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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 20:05

 

http://www.geopolintel.fr/article270.html

Geopolintel interroge Pierre Charasse au sujet de la crise européenne

Entretien conduit par Jean-Michel Vernochet pour Geopolintel

JMV Que dire aujourd’hui de la crise ? La fin de semaine dernière, les 8 et 9 mai, alors que les Européens négociaient un plan de sauvetage des pays en difficulté – Grèce, Italie, Espagne, Portugal, Irlande - les consultations téléphoniques se sont multipliées entre le président américain Barak Obama et ses homologues allemand et français, Mme Angela Merkel et M. Nicolas Sarkozy. De votre point de vue, cette concertation est-elle purement formelle ou va-t-elle plus loin que de simples échanges de vues ? Dans ce dernier cas peut-on parler d’ingérence de la part des Etats-Unis dans les Affaires européennes ?

Pierre Charasse : Il faut resituer cette crise dans le cours des événements de ces 20 dernières années et dans une perspective géopolitique à moyen et long terme. La crise grecque et ses derniers développements ont confirmé, si c’était nécessaire, que l’Europe politique n’existe plus. L’Europe a projeté l’image de sa désunion et a révélé sa faiblesse au reste du monde. La monnaie européenne aurait dû être l’expression la plus forte d’une union politique achevée. Phénomène incroyable, on a instauré l’Euro sans créer un gouvernement économique. Entre les présidents de la BCE, de l’Eurogroupe, de la Commission, du Conseil, la présidence semestrielle (Espagne) et les “poids lourds Européens” Sarkozy, Merkel, c’est une belle cacophonie !

Il est ahurissant que les gouvernements de la zone euro se soient interdits de contrôler leur monnaie ! Aucun pays au monde, même le plus libéral, n’applique avec autant de zèle le dogme ultra-libéral du “laisser-faire”. La BCE ne répond à personne, les gouvernements sont impuissants, mais apparemment satisfaits de l’être, car aucun ne propose de remettre la BCE et l’euro sous contrôle ! La nature ayant horreur du vide, à partir du moment où l’on demande au FMI de participer au plan d’aide à la Grèce, on place l’Europe sous la coupe des Etats-Unis, puisque aucune décision du FMI ne peut se prendre sans l’accord des américains. La réforme des droits de vote au FMI annoncée au G20 va réduire le poids des européens, mais les Etats-Unis conservent intacte leur minorité de blocage (16% des votes).

Donc, la concertation entre les présidents Obama, Sarkozy, et la chancelière Angela Merkel s’inscrit tout à fait dans le cadre d’un transfert du pouvoir de décision aux Etats-Unis puisque les Européens ne peuvent plus rien faire sans l’accord de Washington. C’est pourquoi le Président Obama se sent tout à fait autorisé à prescrire aux pays en crise les conditionnalités de l’aide : réduire les dépenses publiques, diminuer les retraites, les salaires des fonctionnaires etc. Lui, au moins exerce sans états d’âme le pouvoir que lui donne l’architecture financière mondiale. Et nos gouvernements se disent soulagés que les Etats-Unis, enfin, les « prennent en charge » ! C’est sans doute ce qu’ils entendent par « gouvernance mondiale ».

JMV N’est-il pas d’une certaine façon “humiliant” que le FMI vienne au secours de l’UE ? Son intervention ne procède-t-elle pas de ce qu’il convient aujourd’hui d’appeler “un embryon” de gouvernance mondiale, le FMI supervisant en quelque sorte les politiques des Etats, mais également, en bloc, celle d’ “Organisations régionales” émergentes ? Autrement dit le FMI semble avoir désormais élargi sa sphère de compétences laquelle ne couvre plus seulement le monde en développement mais englobe à présent les pays postindustriels du Nord ? Organisation régionale désignant ici l’UE en ce qu’elle n’est encore qu’un conglomérat d’États nationaux sans expression identifiable d’une quelconque souveraineté collective !

PC : La situation serait humiliante pour l’Europe si ses gouvernants avaient encore deux doigts d’amour propre. Mais ce n’est pas le cas. Depuis quelques années et particulièrement avec le Traité de Lisbonne, le pouvoir politique européen, dans les différents pays, a choisi de se placer dans le sillage ou sous la coupe des Etats-Unis. Les gouvernants pensent qu’ils sont « mandatés » pour suivre cette ligne, qu’ils ont été élus sur ce programme, le seul possible, et c’est pourquoi ils n’ont pas le sentiment de trahir les intérêts européens. D’une part ils sont convaincus qu’ils incarnent le désir conscient ou inconscient des européens de se sentir de plus en plus américains.

D’autre part, ils pensent que « soudés » aux Etats-Unis ils seront plus forts pour faire face à la montée en puissance des pays émergents non-européens ou aux éventuelles « menaces » réelles ou supposées contre l’ordre occidental du monde. Dans ces conditions, on ne peut même pas définir l’UE comme une organisation régionale. C’est un espace politique, économique, financier et militaire européen subsidiaire du territoire nord-américain. Paradoxalement, avec la crise de l’euro cet ensemble transatlantique achève de se structurer au moment où les Etats-Unis s’enfoncent dans une crise profonde et où leur leadership mondial est contesté. Avec le traité de Lisbonne on a confié à l’OTAN la défense de l’Europe, maintenant c’est la monnaie qui passe sous contrôle américain : défense et monnaie sont les deux attributs fondamentaux de l’indépendance auxquels l’Europe a renoncé. La politique
américano-britannique a finalement atteint son objectif de torpiller le projet d’une Europe politiquement et économiquement forte et indépendante.

JMV Quelles conséquences voyez-vous à la crise ? D’abord pour l’Euro, puis pour l’avenir proche de l’Europe elle-même ?

PC : Avec une Europe contrôlée par les Etats-Unis il me paraît logique que l’Euro tende progressivement vers la parité avec le dollar, c’est à dire que l’on s’achemine vers une dollarisation de la zone euro. Dans la logique économique et financière dominante, ceci conviendrait à la fois à l’Europe car elle retrouverait la compétitivité qu’elle a perdue avec un euro fort et aux Etats-Unis qui parachèveraient ainsi leur main mise sur l’Europe. Le poids de l’Europe dans le commerce mondial diminue rapidement, et face à l’irruption de nouveaux acteurs commerciaux comme la Chine, l’euro ne pourra pas conserver sa place de grande monnaie d’échange à côté du dollar. Il faut aussi se souvenir qu’avec l’élargissement à l’Est de l’UE dans les années 90, les nouveaux venus se sont ouvertement prononcés pour la dollarisation de l’Europe. Leur aspiration profonde est d’appartenir à la zone dollar, ce qui «
verrouillerait » le dispositif de sécurité au sens large que leur donne leur appartenance à l’OTAN : ils souhaitent un double parapluie américain, la défense et la monnaie. Pour eux l’euro c’est bien, mais le dollar c’est mieux ! Et peu importe si l’économie américaine est en ruine. Ce sont des restes des traumatismes de la guerre froide et de leur perception de la « menace » que constitue toujours pour eux la Russie.

Le plan de « sauvetage » euro-américain fera d’une pierre deux coups : d’une part il permettra de consolider le leadership américain face aux BRIC et en particulier à la Chine, qui est la véritable obsession des américains. L’Europe comme centre de pouvoir mondial pouvant faire contrepoids aux Etats-Unis dans la « famille » occidentale » est rayée de la carte. La consigne est donc de faire bloc derrière le leader naturel du monde occidental, c’est ce qu’Obama a demandé à ses alliés européens dès son élection, pour tenter d’enrayer une perte inexorable d’influence dans le monde. Mais de la part des européens c’est une politique à courte vue, une fuite en avant, qui nie la réalité des nouveaux rapports de force qui se mettent en place dans le monde.


D’autre part, il donnera le coup de grâce à ce qui reste du modèle social européen en généralisant le tatcherisme à tout le continent. Pourtant il n’y avait aucune fatalité dans cette évolution de l’Europe, elle a été délibérément décidée. Au risque de paraître nostalgique et ringard, je pense que l’Europe aurait dû et pouvait suivre un autre chemin que celui de sa dissolution/désintégration dans le bloc occidental. Mais y-a-t-il aujourd’hui une majorité d’européens pour partager cette aspiration ? Les élections qui ont lieu dans les différents pays n’indiquent pas que les européens demandent un changement de cap. Malgré les mouvements sociaux qui commencent à se manifester, les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de se plier aux injonctions du FMI et du marché. Les « socialistes » au pouvoir ou dans l’opposition acceptent comme inévitable le traitement de choc imposé par leur ami Dominique
Strauss-Khan…

JMV Pouvez-vous formuler un commentaire sur la gestion de la crise, les solutions retenues et surtout sur la place attribuable à chacune des têtes de file de l’Union, Allemagne, France et Royaume-Uni, ce dernier pays s’étant distingué par sa capacité à se défausser de toute responsabilité ?

PC : Je suis frappé par l’influence qu’exerce, pas toujours discrètement, et souvent avec cynisme, la Grande-Bretagne. Elle ne fait pas partie de la zone euro, mais son poids dans toutes les discussions financières est énorme. En général toutes ses décisions s’inscrivent dans la continuité de sa politique atlantiste. Elle a su habilement tirer profit de son appartenance à l’UE tout en gardant les mains libres. Son déficit public est colossal, mais elle invente l’expression péjorative des « PIGS » pour désigner les parias de l’Europe (en majorité méditerranéens). Elle ne participe pas au sauvetage de la Grèce, et bloque toute tentative de réguler les fonds spéculatifs situés dans leur grande majorité à la City de Londres. Très fort ! L’Allemagne est aussi très proche des Etats-Unis mais défend des intérêts qui lui sont propres. Quand au Président Sarkozy, sa crédibilité est très faible. Tout en prétendant peser sur les grands débats mondiaux et « refonder le capitalisme », il accepte en réalité que tout continue comme avant. La réforme du système financier international est en panne, ses grandes déclarations contre les spéculateurs ou les excès du marché ne sont suivis d’aucun effet. Au-delà de nos frontières, son discours n’est pas pris au sérieux et ses gesticulations paraissent bien dérisoires.

Note : Ancien ambassadeur de France, Pierre Charasse a passé l’ensemble de sa carrière au Ministère des Affaires Etrangères de 1972 à 2009. Il a occupé différents postes dans les ambassades de France à Moscou, au Guatemala, à La Havane et à Mexico. Il a été conseiller technique au cabinet de Claude Cheysson, Ministre des relations extérieures, et de Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur de 1984 à 86. Il a été également Consul Général à Naples et Barcelone, ambassadeur en Uruguay, au Pakistan et au Pérou et ambassadeur itinérant chargé de la coopération internationale contre la criminalité organisée et la corruption de 2000 à 2003 ; et, chef de la délégation française à la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères et de petit calibre (New-York, 2000-2001) ; Secrétaire général de la Conférence ministérielle « les routes de la drogue de l’Asie Centrale à l’Europe »(avril 2003) et Ministre Plénipotentiaire à partir de 1998. Il est en retraite depuis août 2009.

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 19:26

 

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-en-reponse-a-son-adresse-a-bernard-thibault-jean-levy-a-re-u-une-lettre-de-sa-federation-celle-de-la-banque-et-de-l-assurance-50978350.html

En réponse à son adresse à Bernard Thibault, Jean Lévy a reçu une lettre de sa Fédération, celle de la Banque et de l'Assurance
 
« canempechepasnicolas » a publié le 1er avril, un texte intitulé :

Jean Lévy, syndiqué CGT depuis septembre 1944, s'adresse à Bernard Thibault

Cette adresse critiquait la stratégie confédérale de la CGT et l’attitude de son secrétaire général, dont le lien est :

http://www.canempechepasnicolas.over-blog.com/article-jean-levy-syndique-cgt-depuis-septembre-1944-s-adresse-a-bernard-thibault-47815674.html

Cette lettre n’a pas été appréciée par certains lecteurs responsables de la Fédération à laquelle appartient l’auteur de la lettre, FD dans laquelle il a occupé durant de nombreuses années, des responsabilités, tant au Bureau qu’à la CE fédérale.

Et le secrétariat actuel de cette Fédération d’adresser la lettre suivante à Jean Lévy. :

Fédération CGT des Syndicats du Personnel de la Banque et de l’Assurance

Il se trouve que nous nous sommes bien connus, dans cette fédération à laquelle tu revendiques encore d’appartenir, bien que tu n’ais plus rien de commun avec nous autre que ton intérêt à venir vendre te écrits personnels dans nos congrès.

Nous étions d’une génération, celle de 68, qui avait hésité entre la tentation d’extrême gauche, et l’engagement politique au côté de la classe ouvrière, comme on disait alors, nous avons opté pour cette dernière.

Et c’est ainsi qu’à peine sorti des barricades, nous sommes entrés dans la banque, l’assurance qui recrutaient massivement alors et que nous avons retrouvé ce mouvement syndical et tout naturellement la CGT, où toi et quelques autres dirigeaient d’une main de fer les syndicats et la fédération. Tous empreints de leurs certitudes nées dans une grève de années 50, et de leur appartenance politique au « camp socialiste ».

Et aujourd’hui, tu n’as pas changé, tu n’as rien appris, toujours bardé des mêmes certitudes tu joues le procureur. Tu t’adresses à notre secrétaire général selon tes bonnes vieilles habitudes. Tu serais excellent pou juger les crimes titistes, si c’était encore possible, et je crois que le rôle t’aurait plu, mais la France n’a jamais rejoint le « camp socialiste »…

Tu n’as rien appris non plus du mouvement ouvrier dont tu te réclames, reprenant la vieille antienne de « la grande grève qui n’a pas eu lieu du fait de la trahison de la confédération » ou celle de « dirigeants achetés par le patronat, le gouvernement… ».

Et puis tu te répètes, car ce sont les mêmes arguments que tu employais en ce début de l’année 2000 à notre encontre, en accusant Michel d’être à lui tout seul coupable de la dénonciation de la convention collective par le patronat bancaire, de l’étouffement du mouvement de grève, et de la signature d’une convention collective de « merde » en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Jean, toi qui oses appeler Benoît Frachon, Georges Séguy et henri Krasucki à la rescousse de tes vieilles rancoeurs, nous te le disons, ils n’ont rien à voir avec toi, car tu n’est qu’un vieux stalinien, et même passé au Ripolin rouge vif du gauchisme que tu vomissais dans tes années de splendeur, tu le resteras jusqu ‘au bout, preuve en est ton adresse à Bernard Thibault !

Finalement, c’est un honneur d’être l’objet de ton ressentiment, celui du vice à la vertu.

Alain*, Michel*, et le secrétariat fédéral

Nous n’ajouterons aucun commentaire, le lettre, se suffisant à elle-même, est reproduite en respectant style et orthographe.

* Précisons qu’il s’agit d’Alain Broumann et de Michel Marchais.

Cependant, en guise d’information, nous rappelons l’ouvrage de Jean LEVY :

« La CGT au Crédit du Nord, un syndicalisme de classe et de masse », qui retrace vingt-cinq ans d’activité syndicale au Crédit du Nord (de 1949 à 1975), à laquelle il prit part comme militant, puis comme délégué syndical national.

Le livre écrit à partir des archives conservées totalement par le syndicat pour cette période, est édité chez L’Harmattan. 

 


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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 18:59

 

Congrès SNUIPP FSU VAL DE MARNE

Motion « Retraites », adoptée par le congrès

Sur la base des mandats adoptés par la FSU lors du congrès de Lille et du SNUipp : abrogation des lois Balladur-Fillon, maintien du droit à la retraite à 60 ans pour tous et à 75%, retour 37.5 annuités, retour aux dix meilleures années dans le privé, maintien de la référence aux six derniers mois pour la Fonction publique, défense du code des pensions civiles et militaires avec assimilation et péréquation, contre les inégalités notamment celles subies par les femmes, refus de tout allongement de la durée de cotisation

Le Congrès demande à la fédération et au secrétariat national d'en appeler publiquement à l'unité sur ces mots d'ordre.

Depuis l'écriture de ce texte, le ministre E. Woerth a dévoilé plus précisément ses plans. Concernant la Fonction Publique, il y est indiqué que : « Le gouvernement a ouvert une concertation spécifique avec les organisations syndicales de la fonction publique sur ce sujet et leur a assuré que ces règles ne seront en aucun cas caricaturées. Elles ne sauraient cependant être considérés comme intangibles. »

C'est clair : le document de Woerth a pour but d'enfermer la négociation sur les seules bases du gouvernement. Tout cela dans le but d'avancer vers le démantèlement du code des pensions, préalable à celui des statuts. C'est pourquoi le SNUIPP 94 se prononce pour le Retrait du document d'orientation.

Le gouvernement a choisi de casser tous les régimes de retraites pour financer les milliards données aux banques et aux spéculateurs en échange de plans d'austérité contre tous les droits des salariés.

Au vu de ces nouveaux éléments, le Snuipp 94 rappelle sa prise de position lors de son conseil syndical du 16 mars : « le Snuipp 94 demande que cessent les concertations avec le gouvernement sur les retraites dont le seul but est d'associer les organisations syndicales à la mise en pièce du système de retraite par répartition et du Code des pensions civiles et militaires pour ouvrir la voie aux fonds de pensions. »

La FSU ne doit participer aux discussions que pour y porter ses revendications impliquant d’autres choix de société et de partage des richesses.

Adopter une telle orientation permettrait de clarifier les enjeux et favoriserait l'action unie des salariés pour la défense des retraites. Les plans gouvernementaux actuels posent la question de l'organisation rapide d'une grève générale interprofessionnelle avec manifestation nationale associant l’ensemble de la population.


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