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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 18:00

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100829/tts-france-woerth-justice-ca02f96.html


Nouveau front judiciaire dans l'affaire Woerth (Reuters)

La Cour de justice de la République (CJR), chargée de juger les crimes et délits commis par des ministres en exercice, pourrait être saisie de l'affaire Eric Woerth, écrit le Journal du Dimanche.

Le ministre du Travail est soupçonné de prise illégale d'intérêt et de favoritisme depuis la révélation d'enregistrements clandestins de conversations de Liliane Bettencourt.

Le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, a demandé au procureur général de Versailles, chargé du procès qui déchire la famille Bettencourt, des éléments du dossier susceptible d'accréditer ces soupçons, écrit le JDD.

Dans un autre courrier, il aurait demandé au ministre du Budget, François Baroin, de lui remettre une copie du rapport de l'Inspection générale des finances, selon lequel Eric Woerth n'est pas intervenu dans le dossier fiscal de Liliane Bettencourt.

Eric Woerth a, lorsqu'il était ministre du Budget, décoré de la Légion d'honneur Patrice de Maistre, le gestionnaire de la fortune de l'héritière de L'Oréal, qui avait également embauché la femme du ministre, Florence Woerth.

La gauche estime qu'il y a là un conflit d'intérêts car le ministre du Budget dirige l'administration fiscale et Liliane Bettencourt possède la troisième fortune de France.

COMMISSION DES REQUÊTES

Corinne Lepage, députée européenne et avocate, est à l'origine de ces requêtes faites par Jean-Louis Nadal.

"Depuis l'origine de l'affaire Bettencourt, la stratégie suivie est de contourner les organes normalement compétents", dit-elle dans le JDD. "Dans ce dossier, il aurait fallu saisir un juge d'instruction depuis longtemps !"

"J'ai donc écrit au procureur général près la Cour de cassation pour lui demander de saisir la Cour de justice du cas Woerth", ajoute l'ancienne ministre de l'Environnement, dirigeante du parti écologiste Cap 21.

La CJR, juridiction d'exception, a tenu quatre procès depuis sa création en 1993. Au printemps, elle a relaxé l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua dans deux des trois dossiers pour lesquels il était jugé, le condamnant à un an de sursis dans la troisième affaire.

Corinne Lepage estime que deux infractions présumées peuvent mener à la saisine de la Cour de justice: "son intervention éventuelle en matière fiscale pour un contribuable employeur de son épouse, et aussi la vente des terrains de l'Oise".

Eric Woerth est en effet accusé d'avoir bradé à des connaissances une parcelle de la forêt de Compiègne, dans l'Oise, lors d'une vente qu'il a supervisée en tant que ministre du Budget.

Le procureur général près la Cour de cassation est le magistrat qui peut saisir la Cour de justice en France, après avis conforme de la commission des requêtes. Le parquet doit auparavant accepter de transmettre le dossier à cette commission.

"Nous allons évaluer la pertinence des documents que nous avons demandés, et ensuite nous verrons s'il y a lieu de saisir la commission des requêtes", a dit au JDD l'entourage de Jean-Louis Nadal.

Selon cette source, aucun des documents demandés par des courriers du 17 août n'étaient parvenus au procureur général en fin de semaine.



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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 18:07

 

Iran : Mahmoud Ahmadinejad en butte aux vives critiques du clan conservateur

Article publié le 18 Août 2010 par Marie-Claude Decamps

Source : LE MONDE Taille de l'article : 730 mots

Guérilla parlementaire, disputes avec le pouvoir judiciaire, le président iranien est sur tous les fronts.

Réélu avec de forts soupçons de fraude, en juin 2009, le président Mahmoud Ahmadinejad semble devoir gouverner dans la contestation. Pas celle de l'opposition réformatrice dont tous les dirigeants sont en prison, mais celle de son propre clan conservateur. Depuis des semaines, les passes d'armes se succèdent à Téhéran.

Premier lieu d'affrontement, le Parlement, présidé par Ali Larijani, ex-négociateur nucléaire, ex-candidat malheureux à la présidentielle de 2005 et, surtout, un des « poulains » fondamentalistes du guide suprême, Ali Khamenei. Or, Monsieur Larijani a refusé de laisser toute liberté à Monsieur Ahmadinejad pour distribuer, selon son habitude, des subventions à divers projets qui vident les caisses de l’Etat et coûtent cent milliards de dollars par an (soixante dix huit milliards d’euros). Le tout assorti de vives critiques sur la gestion économique « populiste » de l’équipe gouvernementale. Monsieur Larijani allant jusqu’à dire : « Nous devons améliorer notre situation économique (…) La prospérité, ce n’est pas de distribuer de l’argent à la population ».

De son côté, Monsieur Ahmadinejad a joué l’obstruction, refusant de signer plusieurs lois dûment approuvées pendant six mois. Et ce en fonction, parfois, disent les critiques, de ses inimitiés personnelles. Ainsi a-t-il gardé sous le coude le texte allouant deux milliards de dollars au métro et à la municipalité de Téhéran. La société en charge du métro est présidée par Mohsen Rafsandjani, fils de l’ancien président et poids lourd de la politique iranienne, Hachemi Rafsandjani, très critique vis-à-vis de Monsieur Ahmadinejad. Quant à Téhéran, son maire, Mohammad Qalibaf, candidat malheureux, lui aussi, aux élections de 2005 et ex héros de la guerre Iran Irak, il ne cache pas ses ambitions présidentielles.

Ensuite, c’est avec le pouvoir judiciaire, présidé par Sadegh Larijani, frère du président du Parlement, que le président iranien a croisé le fer. Furieux de ce qu’un de ses proches, Mohammad Javad Behdad, ex directeur de l’agence de presse Irna, ait été condamné à sept mois de prison avec sursis pour « publication de fausses informations », Monsieur Ahmadinejad a accusé la justice de « partialité ».

Réplique cinglante de Sadegh Larijani : « Quelle est cette façon d’accuser la justice de zèle lorsqu’un verdict ne vous convient pas ? (…) Nous attendons du président qu’il utilise un langage posé et digne à la place de son langage populaire habituel ».

Mais ce qui a vraiment suscité une levée de boucliers au sein du clan conservateur, c’est le soutien indéfectible de Monsieur Ahmadinejad à son chef de cabinet, Rahim Machaie, un spécialiste en opérations de propagande des gardiens de la révolution, dont la fille a épousé le fils du président. Déjà, à l’été 2009, Monsieur Ahmadinejad avait voulu, contre la volonté du guide suprême, nommer Monsieur Machaie vice président, et n’avait reculé que devant l’ire de Monsieur Khamenei.

Mais il y a quelques semaines, Monsieur Machaie, tentant une opération de charme auprès de quelques centaines d’iraniens de l’étranger, avait fait une déclaration étonnante. En gros, avait il expliqué, l’Iran et l’Islam sont deux entités différentes et c’est l’Iran la plus importante, ajoutant : « Si l’Islam n’était pas installé et mélangé à la culture iranienne, il serait enterré dans les sables de l’Arabie ».

Le clan fondamentaliste, qui a « parrainé » la réélection de Monsieur Ahmadinejad, est entré en furie. Le général Firouz Abadi, commandant des forces armées, des pasdarans et des volontaires bassidjis, déclarait : « Monsieur Machaie relève des tribunaux militaires. Ses déclarations sont dignes d’un agent infiltré ».

Puis, devant le refus du président de désavouer son conseiller, la presse ultra conservatrice s’est déchaînée. Le journal République islamique, qui appartient en propre au guide Khamenei, tire à boulets rouges sur le président iranien.

Quant à Kayan, il réclamait dans un éditorial la tête de Monsieur Machaie. Enfin, une lettre ouverte, signée par cinquante députés conservateurs, devait être lue, mardi 17 août, au Parlement pour inciter Monsieur Ahmadinejad à se séparer de son chef de cabinet.

Cependant, nombre d’analystes s’interrogent sur la stratégie actuelle du président : pourquoi cette « dérive ultra nationaliste » qui lui aliène une partie des conservateurs ? L’un deux, ex diplomate proche des réformateurs, nous a confié que, à son avis, Monsieur Ahmadinejad essayait de se « démarquer » précisément du clan fondamentaliste, en vue des législatives, dans un an et demi.

« Il s’est rendu compte que le discours islamiste dur a été déligitimé par la répression et que les opposants du « mouvement vert » proposent une version moderne du nationalisme. De plus, son image contestée rivalise de moins en moins avec celle d’Ali Larijani, par exemple, qui incarne le conservatisme traditionnel, mais intellectuel et responsable. Alors il cherche à créer une sorte de national populisme propre à séduire les classes moyennes ».       




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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 16:51

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-revue-de-presse-article-de-robert-fisk-23-8-10-56035691.html

Le fléau que les Américains laissent derrière eux en Irak

par Robert Fisk*

The Sunday Independent (Afrique du Sud - 23/8/10)

Quand vous envahissez un pays, il y a toujours un premier et un dernier soldat.

Le premier homme à la tête de la première unité de l’armée d’invasion américaine qui a atteint la place Fardous, au centre de Bagdad, en 2003 était le Caporal David Breeze du 3ème bataillon, du 4ème régiment de Marines. Et pour cette raison, il m’a fait remarquer qu’il n’était pas un soldat car les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Comme il n’avait pas parlé à sa mère depuis deux mois, je lui ai offert mon téléphone satellite pour qu’il l’appelle dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu’ils auront droit à une bonne histoire s’ils prêtent leur téléphone à un soldat en guerre. « Allo » a hurlé Breeze, « Je suis à Bagdad. Je vous appelle pour vous dire que je vous aime. Je vais bien. La guerre sera terminée dans quelques jours. A bientôt ».

Et oui, ils disaient tous que la guerre serait finie rapidement mais ils n’avaient pas demandé leur avis aux Irakiens sur cette agréable opinion. Les premiers attentats suicides – un policier en voiture et deux femmes -  avaient déjà touché les Américains sur l’autoroute conduisant à Bagdad. Il y en aurait des centaines de plus. Il y en aurait des centaines d’autres en Irak à l’avenir.

Disons-le tout haut : nous ne partons pas

Aussi nous ne devrions pas être dupes de la farce recréée sur la frontière koweitienne dans les heures suivantes, le départ d’Irak des « dernières unités de combat » deux semaines avant la date prévue, ni des cris infantiles de « Nous avons gagné » de très jeunes soldats, dont certains ne devaient pas avoir plus de douze ans lorsque G. W. Bush a lancé son armée dans cette aventure irakienne catastrophique. Ils laissent derrière eux 50 000 soldats, hommes et femmes, soit un tiers des forces d’occupation US, qui seront attaqués et qui auront de toute manière, encore, à combattre la résistance.

Officiellement, cependant, ils sont là pour entraîner les milices et les tireurs et les plus pauvres des pauvres qui rejoignent la nouvelle armée irakienne dont les commandants savent parfaitement qu’ils ne pourront assurer la défense de leur pays avant 2020. Mais ils seront toujours sous occupation car, il est certain que l’un des « intérêts américains » à défendre est leur présence, concomitamment  à celle de milliers de mercenaires armés et indisciplinés, de l’Ouest et de l’Est, qui tirent à tout venant pour garantir  la sécurité des diplomates et hommes d’affaires occidentaux.

Aussi disons-le tout haut : nous ne partons pas.

Au contraire, les millions de soldats américains qui ont traversé l’Irak laissent aux Irakiens un fléau qu’ils ont apporté d’Afghanistan : al-Qaïda. Ils y ont importé le virus de la guerre civile. Ils ont contaminé l’Irak avec  une corruption sans commune mesure. Ils ont imprimé le sceau de la torture à Abou Ghraib et les honteuses prisons d’Afghanistan. Ils ont confessionnalisé un pays qui, malgré la brutalité du régime de Saddam, avait, jusqu’à présent, rassemblé les sunnites et les chiites.

Le Dawa était « des terroristes », maintenant ce sont des « démocrates »

Et parce que les chiites vont immanquablement gouverner cette « démocratie », les soldats américains ont offert à l’Iran la victoire qu’il avait cherchée à obtenir si vainement dans sa guerre contre Saddam en 1980-1988. Les hommes qui avaient attaqué l’ambassade américaine au Koweït dans les mauvais jours, alliés de ceux qui avaient soufflé la base des Marines à Beyrouth en 1983, aident maintenant à gouverner l’Irak. Le Dawa, à l’époque, était « des terroristes » maintenant, ce sont des « démocrates ». C’est drôle comme nous avons oublié les 241 conscrits américains qui ont péri dans l’aventure libanaise. Le caporal Breeze devait avoir, alors, deux ou trois ans.

Ils sont venus, ils ont vu et ils ont perdu

Le désastre américain d’al-Qaïda en Irak a infecté la Jordanie avec les attentats à Amman, et le Liban de nouveau. L’arrivée des hommes armés du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared au nord du Liban, les 34 jours de guerre contre l’armée libanaise et les douzaines de civils morts ont été la conséquence directe du soulèvement sunnite en Irak. Al- Qaïda est arrivé au Liban et l’Irak, sous domination américaine, a réinfecté l’Afghanistan avec les attentats suicide, l’immolateur auto-consacré qui a fait des soldats américains des hommes qui se cachent au lieu d’hommes qui se battent.

Ils réécrivent l’histoire maintenant. Un million d’Irakiens sont morts. Tony Blair s’en moque, ils ne figurent pas, remarquez, parmi les bénéficiaires de sa générosité. Ni d’ailleurs la plupart des soldats américains tués. Ils sont venus, ils ont vu et ils ont perdu. Mais, maintenant, ils disent qu’ils ont gagné. Comme les Arabes, survivant avec six heures d’électricité par jour dans un pays désolé doivent espérer d’autres victoires comme celle-là !

Traduction : Xavière Jardez – Sous-titres « France-Irak Actualité »

* Robert Fisk est le correspondant à Beyrouth du journal britannique The Independent. Il est considéré, à juste titre, par le Financial Times, comme  « l’un des plus remarquables reporters de sa génération ». Ouvrages récents : La Grande Guerre pour la civilisation : l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), La Découverte, 2005 et Liban, nation martyre, Editions A&R et du Panama, 2007. 

  

  

 



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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 16:42

 

L'association "Immigration Repère et Citoyenneté" vous invite à une conférence de presse sur le thème de :

« Faut-il donner la nationalité française au faciès ou sur le choix de l’engagement politique du demandeur ? » - Réponse officielle à l’appui.

Celle-ci sera suivie par une conférence publique/débat sur le même sujet associé aux thèmes suivants :

Faut-il retirer la nationalité française aux exclus de la République ?

Quelles sont les vraies causes de la délinquance en France ? Et qui sont ces « délinquants » ?

Rendez-vous le vendredi 10 septembre 2010 à 19 heures
Médiathèque de la Rocade Jean-Louis Barrault à Avignon

Entrée libre

Contact téléphonique : 06 11 36 48 86

Contact électronique : immigrationstorys@yahoo.fr






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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 14:57

 

Vous trouverez ci-dessous la septième et avant dernière partie de la longue brochure de Francis Arzalier relative à la crise du communisme. Elle est disponible en totalité si vous consultez le site du collectif communiste polex.

Bernard Fischer

http://www.collectif-communiste-polex.org/mouvement%20communiste/Communistes%20de%20France%202.html

http://www.pcf.venissieux.org/spip.php?page=article&id_article=868

ETAT DES LIEUX 2009

Les communistes en France sont aujourd'hui éparpillés en de multiples organisations, groupes, chapelles, plus occupées parfois à réciproquement s'excommunier, voire à s'encombrer d'adhérents relevant d'une autre mouvance, pour se donner l'illusion du nombre, qu'à convaincre une opinion désinformée. A ce niveau d'effritement, d'inefficacité autre qu'occasionnelle, la nébuleuse n'est plus une image adéquate. On penserait plutôt à un champ d'immeubles explosés, où s'agitent de ci, delà, quelques survivants préoccupés surtout d'eux-mêmes. Et pourtant, les communistes en France sont nombreux, dizaines de milliers de toutes conditions, qui portent en eux ce rêve singulier, que tous ses contempteurs ne cessent de vouloir tuer, après l'avoir décrété mort.

Le PCF en « risque » d'implosion

Grand corps malade depuis fort longtemps, riche de son histoire et son ancrage populaire, de ses lambeaux de communes plus très ouvrières, envahi de métastases opportunistes, le PCF, avec ses cent trente mille adhérents ( ?) , est encore celui où s'accrochent des milliers de communistes envers et contre tout. Aux dernières élections internes à l'organisation, préparant en 2008 son congrès, le texte redondant et mou proposé par la direction pour concilier les courants contraires, n'a recueilli que soixante pour cent des votes militants ; quatre sur dix se sont au contraire retrouvés autour des « critiques de gauche », opposés aux dérives opportunistes et à l'alignement sur le PS (« La Riposte » et ceux réunis avec André Gérin, député-maire de Vénissieux). Les plus droitiers au sein du PCF, cornaqués par l'ancien secrétaire général Robert Hue et Marie- Pierre Vieu, « idéologues » de l'allégeance à « la gauche »
libérale, avaient si peu confiance en leur audience interne qu'ils ne proposaient pas leur texte propre au vote, et tinrent un congrès concurrent face à celui du PCF officiel. Le mode de fonctionnement étant au parti, ce qu'il est, que croyez-vous qu'il arriva ? A l'issue du congrès, une nouvelle direction, « conseil national » resserré ( ?) fut « choisie ». Les partisans de quarante pour cent de militants n'en sont pas, sauf deux ou trois, peu connus. Les droitiers, partisans d'une «large ouverture » au social-libéralisme qui firent mine d'en partir, peuplent massivement le conseil national, bien au-delà de ce qu'ils représentent en militants. Triste confirmation pour certains d'entre nous que la stratégie de reconquête interne du PCF est, par sa nature fonctionnelle, condamnée à l'échec.

D'autant que le PCF persiste et signe en 2009, à l'occasion des élections européennes. Alors que les partis de gauche, pourtant opposants aujourd'hui, s'obstinent à ne bêler qu'un message inaudible ; que le PS, définitivement droitier, a pour seul programme électoral les erreurs qu'il attribue à la droite sarkozienne, et son désir d'accéder à nouveau au pouvoir par défaut ; le PCF eut pu, si le bon sens l'avait saisi, constater que la majorité des français avaient voté contre « l'Europe » des banquiers, trafiquants de main d'œuvre et pourvoyeurs de bas salaires.

Il lui suffisait donc, pour surfer sur la vague, de se présenter en seul adversaire, opiniâtre, de l'Europe supranationale : elle fut au service du capitalisme dès sa naissance, et ne peut que le devenir un peu plus chaque jour, au gré du rapport de force actuel. Au lieu de ce discours très clair, le PCF s'est dépensé à prôner « l'autre Europe » ( ?), et a désarçonné encore un peu les électeurs qui restent. En s'alliant à un transfuge du PS, il se décolorait encore un peu en « Front de Gauche », risquant d'atteindre un score minuscule, bien en deçà de ce qu'il est encore, l'espoir toujours vivant d'un univers nouveau pour des milliers de communistes authentiques.

Bien qu'affichant depuis sa création un monolithisme sans failles, baptisé « centralisme démocratique », le PCF, organisme vivant, a toujours réuni des sensibilités diverses : durant la guerre d'Algérie, par exemple, ou quelques adhérents allaient jusqu'à porter les valises du FLN, quand d' autres, réticents, rechignaient à la fin de l'empire français. Le grand public, les électeurs, la majorité des militants même, s'en tenaient à la version majoritaire et réaliste, un parti uni dans sa « lutte de masse », pour imposer la paix en Algérie, par la négociation avec les nationalistes algériens.

Cet objectif, susceptible de convaincre une opinion française encore favorable aux thèses coloniales, était largement partagé par les adhérents : les minorités internes réticentes, colonialistes ou impatients, étaient faibles, isolées, et quittaient sans un mot le navire.

Toute autre est la situation depuis l'affaiblissement du parti, tiraillé aujourd'hui en groupes multiples, idéologiquement inconciliables. Si le mot « tendances » est proscrit, la réalité est bien présente, et fluctuante.

Ne nous attardons pas sur la réalité droitière, matricielle, de la dérive opportuniste de l'ensemble, qui conduisit le PCF « en mutation » sous la direction, quelques années, de Robert Hue. En font partie, autour de lui, d'anciens ministres PCF de la gauche, alors que d'autres, comme Fiterman, ont poussé la « logique unitaire » jusqu'au ralliement au PS ; et surtout de multiples permanents professionnels influents dans les régions, Ile de France ou Languedoc en alternance, comme Blotin ou Gayssot. Leur vulgate tactique tient en quelques principes : s'assurer l'appui électoral du PS en ne s'éloignant pas trop de ses croyances, en refusant par exemple l'idée de manifester contre la guerre israélienne à Gaza, ou celle des USA contre l'Irak.

Cette tendance rêve d'élargir le parti à d'autres sensibilités, écologistes, féministes, humanistes, pour en transformer la substance, à l'image revendiquée des « ex-communistes » d'Europe centrale et du sud. Cela bien sûr tout en gardant les clés de la « vieille maison », ses locaux, l'audience qui lui reste, quitte à l'engluer dans un financement extérieur, d'Etat ou d'entreprise. L'objectif n'est pas qu'ébauché, il est assuré de soutiens peu nombreux mais influents à tous niveaux de l'organisation, comité national, fédérations. D'ores et déjà, une fondation dite « Péri », aux ressources abondantes et occultes, contrôlée par Robert Hue et ses fidèles, a repris la gestion de revues survivantes du PCF, et d'échanges internationaux (Afrique, Chine) que le parti n'assume plus. Ce phagocytage du parti par sa frange « gauche plurielle » va bon train depuis le congrès ; handicapé par sa faiblesse numérique en militants, il
est redoutablement efficace par le contrôle des leviers de pouvoir dans l'appareil. 

L'ultime décennie du vingtième siècle a vu se déployer une palinodie presque surréaliste : à Moscou, Gorbatchev dissolvait sans autre forme de procès le PC d'Union soviétique dont il était le secrétaire général ; à Paris, son admirateur avoué Robert Hue jouait les fossoyeurs bonasses d'un PCF en déshérence, avant de devenir, quelques années plus tard, « la nouvelle coqueluche d'un PS en détresse » (Le Monde des 12 et 13 juillet 2009).

Dans le Landerneau 2009 du petit monde de la gauche française le résultat calamiteux des élections européennes devrait servir d'électrochoc : un PS définitivement ancré dans ses certitudes libérales, et réduit au choc des ambitions internes, ne peut plus prétendre phagocyter ses partenaires opposants de Sarkozy quand il ne réunit que 16 % des votants ; le PCF ne peut empêcher en son sein de voir surgir enfin quelques envies de rompre avec l'ascendant du PS, de faire naître une force nouvelle, une coalition de gauche anticapitaliste, liée aux luttes sociales et à l'anti-impérialisme, sans plus de concessions d'opportunisme électoral.

C'est à cette occasion que Robert Hue qui fut Président du PCF dont il n'est plus l'adhérent, se pose en défenseur de l' « Union de la Gauche », au sein d'une assemblée de dirigeants socialistes ; sénateur du Val d'Oise, grâce déjà aux suffrages du PS, il tient à le rester et se fait le porte - paroles des élus du PC tributaires du même parcours, des mêmes compromis politiciens ; ce faisant, il est très lucide : son « appel pour un pacte unitaire de progrès au-delà des appareils politiques  », réunissant des notables élus « communistes de gouvernement », PS, Verts, ou syndicalistes réformistes, est le seul moyen d'assurer la réélection des « cent quatre vingt cinq conseillers régionaux sortants » (du PCF).

Le choix est en effet pour les années qui viennent en France de la constitution d'un pôle anticapitaliste capable d'attirer à lui tous ceux qui rêvent d'une France socialiste, égalitaire, démocratique et pacifique refusant fermement tout accord organique avec les partisans du capital, qu'il ait pour maître - queue Strauss-Khan, Cohn-Bendit, Bayrou ou Sarkozy ; choix de rupture donc avec la stratégie de l' « Union de la Gauche », qui en 30 ans a démontré qu'elle était le masque idéal de la régression sociale, de la destruction des services publics, de l'aliénation monarchique et médiatique des esprits. Pour cela, le PCF devra effectivement perdre quelques centaines d'élus nationaux, régionaux ou locaux : sa renaissance révolutionnaire est à ce prix, qui n'a rien d'excessif.

Quels que soient par ailleurs le dévouement et les qualités de certains de ses membres, cette cohorte élue a-t-elle réussi à stopper les méfaits des pouvoirs successifs en place, privatisations, régressions sociales ? En fait, ces notables élus que Robert Hue défend sont devenus les cadres régionaux, locaux et nationaux du PCF, ses véritables dirigeants, par-delà les congrès et la volonté des adhérents : ils sont donc l'obstacle essentiel à la rénovation de ce parti sur une base anticapitaliste.

La direction du PCF a indéniablement le soutien de la majorité des adhérents, « légitimistes », quel que soit par ailleurs son manque total de charisme, y compris nombre de communistes authentiques, peu informés de l'histoire du parti dont ils sont adhérents sincères. Ce qui les paralyse et les confine à une prudence excessive, à un modérantisme parfois timoré, est l'attachement quasi religieux, irrationnel, à ce que fut en d'autres temps un bonus militant, et n'est plus qu'une duperie politique : « sauvegarder, par tous les moyens, l'unité du parti ». Au lieu donc de favoriser sa reconquête par les communistes, ils se résignent à admettre les compromis constants avec le réformisme le plus plat, y compris dans leurs rangs. Mieux, ils en redemandent, confondant élargissement de l'influence et compromis idéologique, navigation à la godille et plus grande ouverture d'esprit.

Les marges « rouges » du PCF

Le renouveau ne pourrait venir évidemment que de ces communistes à la gauche du PCF, qui sont d'accord pour refuser la « mutation » opportuniste du parti. Ils sont finalement nombreux, mais disparates, eux que la presse malintentionnée à leur égard (Monde, Figaro, Libération) a baptisé, curieusement, les « orthodoxes » : orthodoxes de qui, de quoi ?...

Une partie de ces mouvances a choisi délibérément de rester dans le PCF, et d'y lutter pour un objectif qu'elle croit, malgré l'expérience, plausible : la reconquête interne du parti, conçue comme un retour à la lutte de classes, l'anti-impérialisme et la fin des concessions opportunistes. Ils ont parfois, à l'aide d'un leader local bien implanté en tissu militant, réussi à devenir majoritaires : ce fut le cas des années durant, en Pas-de-Calais, avant que la direction fédérale réintègre le giron protecteur de Marie-George Buffet. C'est encore aujourd'hui, le fait d'une « section » du 15ème arrondissement parisien, de celle plus modeste de Béziers en Hérault, dont le représentant au conseil national proclamait son désir d'employer le scrutin à « faire péter (exploser) l'Europe ». C'est surtout le choix de Vénissieux, en Lyonnais, qui confère au député, André Gérin, un rôle reconnu de porte-voix des opposants à la gauche du PCF. Evincé des instances nationales de direction au dernier congrès, il a clamé un vigoureux refus de l'Europe institutionnelle : l'Humanité, journal qui s'affirme toujours communiste « sans dépendre du PCF », l'a passéen tribune libre ! Un autre groupe aussi est né d'un ancrage local, autour d'Aubervilliers en Seine Saint Denis, département en pleine mutation socio-politique. Il fut autrefois « ceinture rouge » de Paris, parsemé de « forteresses ouvrières » en voie de démantèlement : Saint Denis, Montreuil, Aubervilliers, où bureaux et logis de standing remplacent aujourd'hui ateliers et taudis lépreux, ont vu leurs mairies passer aux hérauts de « l'union de la gauche », ou aux « Verts », et le conseil général basculer au PS. André Karman, élu d'Aubervilliers, et ses amis, ont à contre courant, créé « la gauche communiste », qui ambitionnait d'essaimer dans les régions de France, et y parvint parfois, localement.

Ajoutons pour être plus complet, sinon exhaustif, dans ce tableau mouvant des sensibilités organisées à la gauche du PCF, qu'elle peut se prévaloir du soutien de militants prestigieux, et âgés, proches des « vétérans », comme les héros de l'anti-colonialisme communiste, Henri Martin, Henri Alleg, les anciens députés Pranchère et Georges Hage Ces noms évoquent au PCF un passé glorieux : la direction les ménage quand ils contestent, comme on hésite à matraquer femmes et enfants, placés au premier rang des manifestants.

Ils sont en quelque sorte le lien ténu entre générations de militants, entre les groupes précédents, et ceux, très structurés, présents un peu partout en France, issus tous deux de ce qu'on nommait en 2000 « Coordination communiste ». Brisée par les divergences tactiques vis-à-vis de la direction du parti, et par des conflits personnels, elle a donné naissance au PRCF, animé notamment par le théoricien marxiste Gastaud, et à son émule concurrent l'URCF, dont Jean-Luc Sallé est l'un des dirigeants. Très actifs dans certains conflits socio-politiques locaux, ces militants le sont aussi beaucoup pour dénoncer la criminalisation du communisme européen. Ces actions assurent leur impact, notamment auprès de militants âgés nourris de leur rôle historique. Elles font aussi leur faiblesse, quand elles révèlent en style et analyses, une indéniable nostalgie a-critique du « socialisme réel », continent englouti pour les générations nouvelles.

Autre groupe influent à l'intérieur du PCF, « La Riposte », avec Greg Oxley, dont le texte programme fut approuvé par près d'un militant sur cinq, lors du vote préparatoire au congrès. L'analyse des résultats révèle l'aspect récurrent de certains clivages prétendument indépassables, pour des marxistes historiques. « La Riposte » a fait un succès attendu dans son fief toulousain, parmi les étudiants, mais aussi, à la surprise de beaucoup, parmi les salariés syndicalistes de Bastia, en Corse, ou d'Alès en Cévennes, qui se sont reconnus dans un discours axé sur la lutte des classes, qu'ils espéraient. Le paradoxe étant que « La Riposte » est le seul mouvement trotskiste organisé, affilié à un vaste panel de partis de la même obédience, d'Amérique en Asie et Europe de l'Est : en 2009, la querelle Trotski-Staline relève fort des vieilles lunes, et entre pour peu dans les choix des prolétaires de Bastia

Ces groupes sont en tout cas à la jonction entre ceux restés adhérents du PCF avec l'espoir de le changer, et la foule des communistes, aussi nombreux peut-être, qui croient cette lutte interne illusoire, comme le groupe Combat, animé par Guy Poussy en Val de Marne, ancien suppléant de Georges Marchais ; ou les « Rouges vifs », organisés à Paris et en banlieue, notamment par des militants de grandes entreprises (aéroport d'Orly, banques et journaux du 2ème arrondissement, cheminots des gares d'Austerlitz et d'ailleurs). D'autres « Rouges vifs » fort dynamiques, ont vu aussi le jour à Marseille, entraînés par le leader bouillonnant de la CGT des chômeurs, Charles Hoareau. D'autres collectifs communistes locaux existent en Loir et Cher, en Seine Maritime, etc, et drainent une audience locale, ou par le biais du net

Au sein de ce kaléidoscope, la donne eut pu être changée vers l'an 2000 par un journal mensuel, « Le Manifeste », dont l'ambition était de dépasser ces différences. Il vit le jour et atteignit quelques milliers de lecteurs, puis il mourut, de l'incapacité d'être autre chose que la voix des quelques uns qui notamment le finançaient.

Dans cet esprit « d'œcuménisme communiste », on peut citer « le collectif communiste Polex », groupe de réflexion sur les questions internationales, dont le nom se réfère à la « section de politique extérieure » active près de la direction du PCF jusqu'à son démantèlement par Robert Hue, aux temps de « mutation ». Ambitionnant ouvertement de réunir des communistes en dehors de tout groupe, pour confronter leurs analyses et lutter mieux contre l'impérialisme, il y est modestement parvenu, lors de débats animés, réfléchis, auxquels participaient des militants européens ou africains, des tenants officiels du PCF et leurs critiques, adhérents ou non de ce parti, défenseurs de Cuba, de la Chine, sans la moindre réserve, ou mesurés : le kaléidoscope actuel des communistes, en quelque sorte, pour raviver l'action militante. Une voie vers l'issue, peut être, mais elle reste bien lointaine Fils de Marx, de Trotski et Bakounine ?

Le conflit Staline-Trotski, transposé en luttes sans pitié entre troisième et quatrième Internationales à l'échelle du globe, a été quatre-vingts ans durant, une des guerres internes à la famille communiste, d'une rare intensité de haine et de furie. Fusillades et liquidations à Barcelone en 39, délations et exécutions réciproques, entre résistants anti-nazis en France, victoire « stalinienne » d'après guerre et marginalisation « trotskiste » : ne serait-il pas temps d'enterrer la hache de guerre, entre protagonistes qui n'ont jamais eu totalement raison ? Il est sain pour les historiens de Russie et des révolutions du monde, de questionner, encore aujourd'hui, les vieux débats vitaux de l'URSS, révolution mondiale permanente ou en un seul pays, état bureaucratique issu du peuple ouvrier ou technocratie politique. Le débat a été tranché dans les faits, et il ne répond guère aux questions d'aujourd'hui, sauf à forcer un peu
le trait : Staline, le vainqueur, ne fit certes pas dans la dentelle en gouvernant.

Mais qu'eut fait à sa place Trotski, le créateur de l'Armée Rouge, qui eut tout de même avant sa chute, le temps de militariser les syndicats soviétiques, d'en faire les courroies de transmission des oukazes d'état ?

La discussion, donc, est forclose. Redouter les déviations d'état bureaucratiques ou policières n'est pas une spécialité trotskiste, mais un principe communiste à mettre en œuvre. Une majorité des militants actuels du NPA, de LO, du PT, n'ont d'ailleurs lu ni Trotski, ni Staline, et fort peu Lénine au demeurant ; pas plus d'ailleurs, pas moins, que ceux du PCF, qu'on le regrette ou pas.

Le NPA d'aujourd'hui est un nouvel habit : il fut durant quarante ans la Ligue Communiste, dont il faut rappeler la genèse. Surgeon du PCF à partir des années 60, elle est née dans ce chaudron existentiel qu'était alors le Quartier Latin étudiant, ponctué de hauts lieux le long du Saint Michel, rue d'Ulm et la Sorbonne, librairie Maspero et local de « Clarté », place Paul Painlevé. Les « étudiants communistes » parisiens (UEC) avaient alors tué le père, en rejetant la tutelle du parti, et de son délégué auprès d'eux, l'apparatchik dandy Roland Leroy. Bardés de citations de grands auteurs marxistes, ils se disputaient sous l'égide d'icônes imaginées, Trotski, Mao Ze Dong, Che Guevara. Les uns, dits « italiens » lorgnaient vers Rome et un PCI plus « ouvert » que celui de France ; d'autres voyaient déjà la Grande Muraille ou la Sierra Maestra en bords de Seine.

Cette cacophonie recouvrait toutefois la conviction commune « anti-parti », anti-soviétique, des turpitudes de Staline et de ses successeurs moscovites, embourgeoisés, trop conciliants avec l'impérialisme occidental. Le PCF fit le ménage à l'UEC, avec l'aide des étudiants plus mesurés de province, de Montpellier, Lille, etc qui expulsèrent les trublions. Telle fut l'origine des groupes trotskistes ou maoïstes qui, rejetés, se constituèrent en petits partis d'activistes intellectuels, de façon plus ou moins pérenne. Ils eurent leur heure de gloire en mai 68, quand les murs de Sorbonne occupée s'ornaient des portraits de tous les grands ancêtres, Marx et Engels, Bakounine et Blanqui, Mao, Staline, Gramsci et Trotski. Ces images, imberbes ou barbues, présidaient aux diatribes enflammées dont n'étaient exclus que les « stals » et les « fafs » de la droite extrême, les gros bras de la rue d'Assas. Cela pendant que les usines étaient
en grève, ou dans la rue. Une fois la fête finie, chacun rentré « chez son automobile » comme le disait Nougaro, ces groupes qu'on disait gauchistes ont mal vécu les atteintes du temps. Quelques uns des tenants de Mao et Lin Piaio se sont perdus en combats clandestins sans issue. La plupart ont, c'est bien connu, rejoint le camp qu'ils combattaient, peuplant aujourd'hui le Medef, les grands médias conservateurs. Certains trotskistes aussi se sont déshonorés au fil des ans, ceux par exemple assidus à former de nombreux dirigeants du PS, comme Jospin. Les seuls méritant le respect, pour leur fidélité durant des décennies aux convictions premières, furent ceux de la Ligue Communiste, avec Krivine et Bensaïd. Elle ne fut, durant ce laps de temps, qu'un groupe structuré, militant et actif, mais inapte à jouer dans la cour des grandes organisations françaises : un effectif limité d'adhérents, aucun impact électoral notable, peu
d'influence, à l'exception de quelques enseignants syndicalistes La « divine surprise » arriva pour la Ligue après l'année 2000, grâce au déclin opportuniste du PC français, son géniteur. Besancenot, intellectuel cultivé au bagout remarquable, fort d'une image télévisée de « facteur PTT à Neuilly » quand tant d'autres leaders étaient professionnels de la promesse électorale, fit bondir les scores de la Ligue aux élections, alors que Robert Hue dégringolait. De nombreux communistes, électeurs habituels du PCF, écoeurés par les palinodies réformistes de l'ex « parti des travailleurs » prirent dès lors l'habitude de voter pour « le facteur », l'un d'entre eux, qui disait enfin aux médias ce que le PCF devrait dire : que le PS était accroché à l'idéologie de droite, que la tactique « union de la gauche » relevait de l'escroquerie politique, que seules les luttes populaires étaient l'issue

Prenant parfois ces ralliements de circonstance pour une adhésion à leurs thèses, voire à l'héritage trotskiste ( ?), les leaders de la Ligue en firent hara-kiri, la baptisant en 2008 « Nouveau Parti Anticapitaliste », en profitant des bons sondages du « facteur » auprès de la jeunesse, des salariés déçus par « la gauche réelle ». L'avenir dira si l'opération réussit, si le NPA deviendra demain le grand mouvement de transformation socio-politique souhaité, ce n'est pas encore le cas. Mais surtout l'opération n'est pas sans risques politiques et idéologiques : supprimer le sigle communiste, le remplacer par une définition négative, tout droit sortie des grandes messes alter mondialistes, prônant un autre monde sans savoir lequel, n'est-ce pas risquer l'affadissement du projet, pour le seul objectif d'être les plus nombreux ? La Ligue a été protégée de la dérive opportuniste parce qu'elle n'avait pas d'élus à préserver : ce
mal guette le NPA quand il a pour seul but aux élections européennes de 2009 de dépasser définitivement le PCF. Quand, pour « élargir » son audience, il s'en tient lui aussi à prêcher pour une « autre Europe », isolat de bonheur progressiste dans un continent capitaliste. A l'issue des élections européennes, le NPA doit constater l'inanité de son espoir : il ne saurait remplacer le PCF, héritier d'une longue histoire, saura-t-il en tirer les conséquences, arrêter de rêver à la mort du père ?

On trouve aussi des communistes indéniables à Lutte Ouvrière, qui fut longtemps le pendant concurrent de la Ligue, elle aussi d'origine trotskiste. Militante et active malgré son nombre limité d'adhérents, elle eut, plus que la précédente, des liens réels avec les luttes sociales en entreprise, notamment par le biais syndical. Mais ce n'est pas faire injure à certains de ses militants, dévoués comme on savait l'être au PCF il y a vingt ans, de noter comme un handicap un langage trop souvent connoté des années d'après guerre, voire une propension de quelques uns à la clandestinité sectaire.

Mêmes limites et mêmes qualités, dans le Parti des Travailleurs, relevant lui aussi des chapelles trotskistes antagonistes. Cela n'interdit pas toujours d'animer des luttes efficaces, localement, quand ses militants parviennent à se dépouiller de leur haine sectaire, originelle, obsessionnelle, du PCF et des autres fils putatifs de l'inventeur de l'Armée Rouge.

Reste à réintégrer à la famille communiste, malgré tous les fossés qu'a pu creuser l'histoire entre eux, ceux des anarchistes qui n'ont pas effacé l'héritage de Marx et de la 1ère Internationale. Il est vrai que l'individualisme libéral régnant aujourd'hui s'accommode très bien d'un libertarisme de salon, dénonce l'Etat quand il protège les plus faibles, et confond liberté et loi de la jungle marchande. Vrai aussi que depuis Ravachol, la violence irraisonnée a toujours été le meilleur argument du conservatisme social. Le procédé n'est pas usé : provocateurs stipendiés ou naïfs, les « Black Blocks »en ravageant récemment un quartier pauvre de Strasbourg, sous le regard complaisant de la police, ont réussi à déconsidérer la manifestation franco-allemande contre l'Otan.

Si ceux-là sont toujours le terreau des provocations politiques, il n'en reste pas moins que le temps est peut-être venu de réintégrer dans la galaxie communiste, une planète longtemps excentrée, souvent rétive à tout alignement, faite de militants syndicaux et parfois associatifs, qu'inspire l'anarchisme politique. On ne peut oublier une réalité bien longtemps occultée : qui sait encore qu'en banlieue nord de Paris, à Argenteuil en 1919, des anarchistes formèrent un soviet, inspiré de la révolution russe, embryon du futur PCF ? Pourquoi cacherait-on le grand nombre d'anarcho-syndicalistes, qui firent en 1920 au Congrès de Tours, sortir un PCF aligné sur les bolcheviks, d'un PS englué dans « l'Union Sacrée » opportuniste et « patriote » ? En 1921 encore, Moscou en révolution fit de grandioses funérailles à Kropotkine, le prince rouge et noir. Puis commencèrent les ruptures : elles durent encore. Il existe pourtant nombre de
militants qui se disent eux-mêmes des « communistes libertaires », lutteurs sans compromis contre l'impérialisme guerrier, pour les immigrés sans papiers soumis aux caprices de la police et des patrons. Tout ostracisme communiste à leur égard est une perte de substance, pour un ensemble de courants pas encore en ordre de bataille.

On ne saurait exclure de la nébuleuse communiste, la petite cohorte de philosophes ou sociologues médiatisés, bien que nourris de convictions marxiennes ; ils sont capables d'analyses stimulantes et souvent pertinentes, quand ils savent se dégager de la bulle universitaire ou académique, qui leur laisse ignorer la réalité sociale en mouvement ; à condition aussi de ne pas prendre le petit monde d'internet sur lequel on cultive son ego pour le sel de la terre ; le petit peuple des trains de banlieue, si aliéné soit-il aujourd'hui, est le seul à pouvoir accoucher tôt ou tard de révolution sociale et politique, quand il conviendra de sa nécessité ; elle ne peut venir de seuls cénacles réservés à « l'élite intellectuelle », si critiques soient-ils.






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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 17:51

 

Le sommet Chavez-Santos en Colombie: l’éruption d’une paix négociée grâce à UNASUR

Par Francisco Dominguez, secrétaire de Venezuela Solidarity Campaign

Les relations déjà mauvaises entre le Venezuela et la Colombie ont empiré à la suite des accusations de Luis Hoyso, représentant du gouvernement Uribe à l’OEA (Organisation des Etats Américains), selon lesquelles le gouvernement vénézuelien abriterait des guérilleros colombiens (1500) et autoriserait sur son territoire des camps d’entraînement à la guérilla (85). Les preuves – déjà réfutées– de ce tissu de mensonges une fois encore venaient des « ordinateurs magiques » saisis par les forces militaires colombiennes lors de leur attaque militaire illégale du 1er mars, 2009.

Chavez a réagi par la rupture des relations avec la Colombie, entraînant une nouvelle dégradation  entre les deux nations, mais il a néanmoins envoyé son ministre des Affaires Etrangères pour assister à l’investiture de Santos. La réponse d’Uribe fut d’annoncer, la veille de cette investiture, que son gouvernement déposait une plainte formelle contre le Venezuela auprès du Comité Américain des Droits de l’Homme, et une autre contre le président Chavez lui-même auprès de la Cour Pénale Internationale. Par ailleurs, Uribe s’est déclaré prêt à témoigner devant la CPI contre Hugo Chavez.

Cependant, après d’intenses activités diplomatiques à l’initiative de UNASUR, Nicolas Maduro, ministre vénézuélien des Affaires Etrangères, Nestor Kirchner, président de UNASUR et Lula, président du Brésil (ce dernier ayant rencontré publiquement à la fois Hugo Chavez et Juan Manuel Santos au cours de diverses réunions séparées), ont réussi, en quelques jours, à transformer ce qui apparaissait comme une escalade inexorable vers une catastrophe, en un des retournements politiques in extremis des plus extraordinaires de l’histoire latino américaine récente.

Pendant son investiture, Juan Manuel Santos a stupéfié le monde en annonçant que son gouvernement aurait comme priorité de chercher à réparer et normaliser les relations de la Colombie avec le Venezuela et l’Equateur. Et dans un contraste saisissant avec la position dominante sous Uribe, Santos a déclaré : «  Le mot ‘guerre’ n’est pas dans mon dictionnaire quand je pense aux relations de la Colombie avec ses voisins » (à l’opposé du bellicisme d’Uribe). Par ailleurs, Santos avait antérieurement exprimé sa volonté, sous certaines conditions, de discuter même avec les guérilleros colombiens. Une nouvelle surprise allait suivre : Santos ordonna que les « ordinateurs magiques”  de Paul Reyes soient remis au gouvernement équatorien.

Les medias britanniques comme le Guardian, The Economist, la BBC, et bien sûr l’omniprésent Human Right Watch avaient, à l’époque, accueilli avec enthousiasme les « preuves » publiées par les autorités colombiennes. Quant aux media privés nord américain, leur attitude était encore pire. Comme on l’a appris, bien que ce ne soit pas l’objet d’une large diffusion par les medias, Ronald Coy, le chef de la police technique colombienne, avait révélé au cours d’une enquête officielle d’une part, que les données des ordinateurs avaient été manipulées avant d’être soumis à l’inspection judiciaire, et d’autre part qu’aucun e-mail n’y avait été découvert (ce qui n’avait pas empêché Rory Carroll, correspondant du Guardian en Amérique latine, d’avoir « lu » plusieurs e-mails sur les ordinateurs magiques, comme il l’avait écrit à l’époque). 

Bientôt nous saurons combien, parmi les “preuves” de Monsieur Hoyos, résisteront à l’analyse des “ordinateurs magiques” par l’Equateur. Le gouvernement vénézuelien a systématiquement réfuté ces accusations et jusqu’à ce jour, à part les apparitions régulières de “faux positifs” uribistes dans les medias, aucune preuve sérieuse d’aucune sorte n’a été fournie afin de corroborer les allégations selon lesquelles le Venezuela abriterait des guérilleros et des camps de guérilla sur son territoire, ou qu’il leur fournirait ressources et armes.

Le Venezuela et la Colombie partagent deux mille deux cent treize kilomètres de frontières très poreuses. Le conflit interne à la Colombie a la malencontreuse dynamique de déborder au-delà de ses frontières dans les pays voisins sous des formes diverses : guérilleros, paramilitaires, trafiquants de drogue, réfugiés et immigrés fuyant le conflit (environ 5 millions de colombiens résident de façon permanente au Venezuela). On estime que dans l’ensemble, la force militaire colombienne comporte trois cent mille soldats – proportionnellement la force la plus importante de la région, 7 fois supérieure aux forces armées vénézueliennes - et  qu’elle bénéficie de 7 milliards d’aide militaire par les USA (leur 2ème bénéficiaire au niveau mondial). Elle est cependant incapable de contrôler ce qui se passe sur son propre territoire où sévissent huit mille guérilléros armés, plusieurs milliers de paramilitaires actifs illégaux et beaucoup de trafic de drogue.  La plus grande partie de la cocaïne du monde (50%) est produite en Colombie. Le Venezuela se trouve donc géographiquement pris en sandwich entre le plus grand producteur et le plus grand consommateur de cocaïne d’un point de vue mondial, à savoir respectivement la Colombie et les USA.

Après l’investiture de Santos, les évènements se sont précipités. Grâce à la médiation de Nestor Kirchner, les ministres des Affaires Etrangères de Colombie et du Venezuela se sont rencontrés dimanche dernier à Bogota et ont annoncé que les présidents Santos et Chavez se rencontreraient dans une réunion extraordinaire au sommet, mardi 10 août en Colombie. Chavez a saisi immédiatement l’occasion offerte par son homologue colombien et a fait un appel aux guérilleros pour qu’ils trouvent une solution politique : «  les guérillas colombiennes n’ont pas d’avenir par les armes… en outre, elles sont devenues un prétexte pour que l’empire (US) intervienne en Colombie ce qui menace le Venezuela» a-t-il dit dimanche. Il leur a aussi demandé de montrer leur engagement à un accord de paix par « de façon convaincante, par exemple, en libérant tous ceux qu’ils ont kidnappés ». 

Il est clair que Santos voulait raccommoder les relations avec le Venezuela et l’Equateur et qu’il était prêt à accepter pour cela l’aide de UNASUR afin de faciliter sa rencontre avec Chavez. Si Santos est si déterminé à améliorer les relations entre la Colombie et le Venezuela et l’Equateur, c’est d’une part qu’il souhaite en finir avec l’isolement régional de la Colombie, et d’autre part que l’arrêt quasi complet du commerce avec le Venezuela pose un vrai problème à l’économie colombienne (leurs échanges commerciaux ont décliné de 73,7%). Il est aussi clair qu’Uribe savait cela et son attaque enragée de dernière minute contre le Venezuela visait sans doute plus Santos que Chavez. Uribe a désespérément essayé de torpiller le rapprochement colombo-vénézuelien avant de partir.

Ces efforts désespérés d’Uribe reflètent les actions de puissantes forces à Washington qui travaillent intensément pour que le Venezuela soit qualifié d’“Etat soutenant le terrorisme”, “Etat narcotrafiquant” ( en particulier au sein de Southcom et du Congrès). Ces forces souhaiteraient une solution « militaire » du soit disant « problème vénézuelien ». SOUTHCOM est très actif dans l’installation de bases militaires nord américaines partout dans la région, et a remis en place la quatrième flotte (mise hors service en 1950). Les USA ont déployé vingt mille soldats en Haïti après le tremblement de terre et posté d’importantes forces militaires au Costa Rica (sept mille soldats, deux cent hélicoptères et quarante six bateaux de guerre pour la fin décembre). Ainsi, qualifier le Venezuela de « soutien du terrorisme » n’est pas juste de la rhétorique droitière, cela peut avoir des conséquences militaires graves. Les dirigeants de la région sont très alarmés par ces évolutions  et ont fait part de leurs inquiétudes.

Une des dimensions généralement omise des rapports entre la Colombie et le Venezuela est l’attitude de la droite vénézuelienne. Pendant les deux mandats présidentiels d’Uribe, à chaque querelle, elle prenait position de façon enthousiaste en faveur d’Uribe. Elle a fait de même cette fois encore, mais a été prise au dépourvu par l’annonce de Santos. Quand il s’agit de s’opposer au Président Chavez, la droite vénézuelienne perd le sens des proportions. Ainsi, par exemple, Cesar Perez Vivas, gouverneur de l’Etat de Táchira, et membre de COPEI, a été jusqu’à demander à Chavez de ne pas faire de la présence de bases militaires nord américaines dans ce pays une pré condition pour la normalisation de ses relations avec la Colombie. Alberto Nolla, un animateur de télévision, a suggéré qu’au cours de la crise déclenchée par les actions d’Uribe, les medias de droite au Venezuela étaient plus bruyants dans leur
soutien à Uribe que les medias colombiens eux-mêmes. Un examen sommaire des principaux journaux de droite tels que El Universal et El National et des chaînes de télévision comme Globovision le confirment de façon concluante.

Ce qui est sans précédent c’est que l’administration nord américaine fut de facto réduite au rôle de spectatrice. Les USA ont soutenu les accusations contre Chavez à l’OEA (leur ambassadeur à l’OEA a déclaré « … notre préoccupation sur les liens entre le Venezuela et les FARC qui nous a empêché de reconnaître le Venezuela comme coopèrant entièrement avec les USA et d’autres dans ces efforts anti-terroristes ») mais ils ont été clairement mis sur la touche par la stratégie de la corde de raide de UNASUR qui a mené au rapprochement entre la Colombie et le Venezuela.

C’est Santos, Chavez et UNASUR (en particulier le Brésil) qui ont pris les choses en main (le gouvernement du Brésil a fait clairement comprendre qu’il voulait que la question soit réglée au sein de UNASUR, sans l’influence des USA. Il a proclamé que l’Amérique du Sud était une « région pacifique » et affirmé que les problèmes entre les pays devaient, en premier lieu, être traités bilatéralement). Cette réalité montre d’abord une confiance en soi croissante et une indépendance de la région vis-à-vis des centres économiques traditionnels, et d’autre part une prise de distance de plus en plus ferme envers les USA. Les plaques tectoniques ont bougé de façon spectaculaire et la plupart des dirigeants latino-américains ont l’impression d’avoir évité une guerre quasi certaine menée conjointement par Uribe et les USA.

Reste à savoir jusqu’où ce sommet mènera les deux pays. Ils ont décidé de rétablir complètement leurs relations dans tous les domaines et les deux présidents ont mis en place cinq commissions dans le cadre d’une déclaration de principes commune. Elles comprennent une commission sur la dette ; une autre sur la collaboration économique entre les deux pays ; une pour le développement d’un plan d’investissement sur leur frontière commune ; une autre pour une entreprise commune de travaux d’infrastructure ; et enfin une commission de sécurité. Les deux chefs d’Etat se sont engagés à collaborer dans la lutte contre le trafic de drogue, et les activités armées illégales paramilitaires. La Colombie a envoyé le président du parlement colombien, Armando Benedetti pour aider au processus de rétablissement complet des relations entre les deux pays. L’OEA a félicité Santos et Chavez pour leur diplomatie. Les peuples des deux nations se sont réjouis. Cependant toutes les questions en litige entre les deux nations n’ont pas toutes été traitées, ainsi les bases militaires nord américaines en Colombie, le besoin urgent d’un processus de paix en Colombie, et les accusations levées par Uribe contre le Venezuela devant la Cour Américaine des Droits de l’Homme et contre la personne de Chavez à la CPI.

Les chiens de la guerre sont, au moins temporairement, tenus en laisse. La paix a soudain fait éruption. Le rétablissement complet des relations entre le Venezuela et la Colombie est bien entendu très positif. Cependant, la pléiade de forces qui s’opposent à un programme de paix aussi étendu est aussi assez impressionnante. Pour commencer à sa tête se trouvent les USA, et elle inclut de puissants groupes économiques dans la plupart des pays de la région, tels que les séparatistes de l’Est de la Bolivie qui ont failli renverser le gouvernement de Morales en 2009 ; la droite vénézuelienne qui a réussi à évincer Chavez en 2002 (mais le peuple l’a remis au pouvoir) ; l’oligarchie colombienne elle-même ; la bourgeoisie pinochettiste chilienne extrêmement riche et puissante ; la droite en Argentine ; les très riches entrepreneurs de Guayaquil etc.. Tous ceux-là d’une manière ou d’une autre sont pour la militarisation nord américaine de la région comme solution de dernier recours face aux mouvements sociaux radicaux et aux gouvernements progressifs du continent. En attendant la militarisation étatsunienne de la région se poursuit à un rythme accéléré.

Il est dans l’intérêt de l’Amérique latine, très bien représentée à cette occasion historique par UNASUR, d’aider l’oligarchie colombienne à desserrer l’étreinte nord américaine très inconfortable dans laquelle l’a mise Uribe. D’un autre côté il y a les intérêts nord américains hégémoniques dans la région et leur dépendance croissante à cause du pétrole envers des gouvernements farouchement nationalistes qui affirment collectivement leur indépendance. Les stratèges politiques et militaires de Washington sont sans doute stupéfaits de ce rapprochement extraordinaire entre Santos et Chavez.

Les efforts insensés d’Uribe pour provoquer une guerre avec le Venezuela soulignent la situation impossible dans laquelle se trouvent les USA: confrontés à la révolte de leurs voisins du Sud, incapables de l’emporter politiquement, et dans l’impossibilité d’offrir le développement, le progrès, l’investissement, voire le mode de vie américain (the American Way of Life) qui est en train de s’effondrer aux USA mêmes, ils ont décidé d’avoir recours à la guerre pour maintenir leur arrière cour dans la soumission. L’Amérique latine a choisi la démocratie, le progrès social, la souveraineté nationale et la paix. Dans cet épisode, même l’oligarchie colombienne la plus fidèle aux USA a pris le parti du Sud et non du Nord. Nous verrons qui gagnera cette bataille historique en cours.





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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 17:39

 

http://www.paris.lesverts.fr/article.php3?id_article=1988


Jacques Boutault opposé à un « apéro anti-islam » Place de la Bourse à Paris.

A la suite de l’annonce d’une demande d’autorisation d’ une manifestation dénommée « apéritif républicain » Place de la Bourse, Jacques Boutault a adressé le courrier suivant au Préfet de Police de Paris, Michel Gaudin.

J’apprends que vous êtes en possession d’une demande d’autorisation d’une manifestation dénommée « grand apéritif républicain », programmée par l’association « Riposte laïque », le samedi 4 septembre sur la place de la Bourse à Paris.

En tant que maire du deuxième arrondissement, je tiens à vous faire savoir que je suis fermement opposé à ce que se déroule dans l’arrondissement dont j’ai la charge une manifestation qui, contrairement à son intitulé, bafoue les fondements de notre République en opposant des citoyens français sur des thèmes religieux, et qui se présente comme un nouvel « apéro anti-islam ».

Il m’apparaît de surcroît que l’objet de cette manifestation présente un risque sérieux de trouble à l’ordre public : les exemples récents d’apéros « saucisson et pinard » organisés à Paris, à Lyon et dans d’autres villes de France, sont là pour le prouver.

Bien que confiant dans la décision que vous prendrez, qui relève de votre seule responsabilité, j’estime important de vous faire connaître ma position.

Jacques BOUTAULT, Maire du deuxième arrondissement de Paris




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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 14:27

 

http://www.mediapart.fr/club/blog/richard-moyon/170810/pour-ceux-qui-ont-la-tete-auvergnate-de-zidane-et-noah

Pour ceux qui ont la tête auvergnate de Zidane et Noah

17 Août 2010

 

Par Richard Moyon

Chacun le sait, la volonté du président de la République de déchoir de la nationalité française les délinquants d'“origine étrangère”, de détruire les camps de gens du voyage, d'expulser les Roms et de priver les sans papiers du droit d'être soignés suivies des subtiles variations de ses seconds couteaux sur ces thèmes sont des gesticulations visant à faire oublier les retraites et à éclipser les petits arrangements entre amis –enveloppes, décorations, embauches et dégrèvements– chez les Woerth, Bettencourt et compagnie.

Trouvailles lumineusement simplistes de matamore du café du Commerce, ces idées sont dangereuses et pour la plupart inutiles, inapplicables, anticonstitutionnelles, démagogiques, vulgaires, d'inspiration pétainiste, voire “nazie” selon Michel Rocard. Elles donnent du pays une image lamentable. Mais elles sont aussi et surtout dévastatrices.

Enseignant en lycée professionnel en banlieue parisienne (et l'un des fondateurs du Réseau Education sans frontières), je travaille avec les jeunes que stigmatise M. Sarkozy. Je croise parfois quelques uns de mes anciens élèves «issus de l'immigration» devenus adultes, Monsieur et Madame Toulemonde, électriciens, employés de bureau, vendeurs, patron d'une petite entreprise de transport, profs de l'enseignement technique, commerçant, taxi, livreur, cadre technico-commercial, chef d'équipe, aide-soignante en maison de retraite (ces trois derniers ayant été des élèves sans papiers régularisés par l'action de leurs enseignants et de leurs camarades). Le discours du président de la République leur est une insulte comme pour les millions d'habitants de ce pays « d'origine étrangère » ou étrangers résidents en France, particulièrement quand ils ont la tête auvergnate de Zidane ou celle de Noah et qui, pourtant et heureusement, se sentent légitimement appartenir à la société française qui les reconnaît comme tels.

M. Sarkozy soutiendra que ce n'est pas eux qu'il visait. Formellement, certes. Mais c'est un vieux singe. Il sait parfaitement que la cible atteinte est bien plus large que ceux explicitement désignés par son discours. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a employé ces mots-là, dans cet ordre-là, à ce moment-là, conformément à un plan longuement mûri. Parmi les victimes collatérales de son discours de haine, mes élèves et des centaines de milliers de jeunes et d'adultes des quartiers populaires. Une partie des jeunes, des garçons mais aussi depuis quelques années, de plus en plus de filles, est effectivement en danger de marginalisation.

Issus de milieux pauvres, en échec scolaire, habitant des cités déglinguées, ne s'imaginant pas d'avenir, certains sont menacés de perdre tout repère. Mais loin d'être une solution, tout dans l'attitude et la politique de Sarkozy conforte les jeunes dans l'idée qu'il n'y a rien à attendre de la société, celle-là ou une autre. L'admiration éperdue du président pour le monde de l'argent, sa propension à caser ses amis, son népotisme, les «coïncidences» de l'affaire Woerth-Bettencourt et les dénégations officielles auxquelles personne ne croit, sont aux yeux des jeunes la preuve venue d'en haut que la raison du plus fort est la meilleure et le «pas vu pas pris» le fondement de la morale à la tête de l'Etat. Ses attitudes bravaches, ses défis puérils, y compris physiques, la vulgarité de son langage et de sa pensée légitiment le pire chez certains jeunes. La guerre qu'il ne cesse depuis presque 10 ans de déclarer aux jeunes
d'origine étrangère puisqu'il a lâché le mot, son refus maintenant de les reconnaître comme des citoyens de plein droit, les confortent dans l'idée qu'ils sont rejetés de la société.

Au bout du compte, M. Sarkozy donne raison à ceux de mes élèves qui, même avec leur carte nationale d'identité en poche, commencent leurs phrases par: "Vous, les Français". A leur grand étonnement, j'explose. Leur rappelant qu'ils sont tous de ce pays, qu'ils en aient la nationalité ou pas, qu'ils aient des papiers ou pas. Ils sont scolarisés en France, en langue française, ils sont de civilisation française. Je leur signale que les arrières-grands-pères de certains d'entre eux étaient tirailleurs dans l'armée française quand mes grands-parents maternels étaient encore en Espagne et ceux de Sarkozy du côté de chez Dracula. Bref, le message est qu'ils sont ici chez eux, autant que Nicolas Sarkozy, Carla Bruni ou moi-même. Et que s'ils n'y trouvent pas ce qu'ils sont en droit d'attendre, l'égalité, la considération due à chacun, une vie digne, ils ont le droit –le devoir!– de faire ce qu'il faut pour rendre ce pays plus juste et
plus humain. Mais pas celui de s'enfermer ou de se laisser enfermer dans des particularismes dépassés. « On ne nous avait jamais dit ça » s'étonnent certains.

C'est ce discours éducatif et porteur d'espoir et ses innombrables déclinaisons dans la bouche de centaines de milliers d'enseignants, d'éducateurs, de responsables associatifs que le président de la République anéantit en quelques phrases venimeuses. Il exclut, bannit, incrimine «l'origine» là où elle n'a que faire. C'est irresponsable. Pathétiquement. On aura rarement vu dirigeant politique sacrifier l'intérêt général à ses intérêts partisans avec tant d'inconscience, l'avenir de tous à ses préoccupations particulières immédiates avec tant de grossièreté.

Déplorer l'irresponsabilité de Nicolas Sarkozy n'épuise pour autant pas la question. La riposte aurait du être immédiate, unanime. Pourtant, si les associations se sont fortement émues, à ce jour, les partis politiques sont restés beaucoup plus discrets.  Des dirigeants ont prétendu ne pas vouloir tomber dans le piège tendu par Sarkozy, préférant se cantonner au débat sur l'insécurité. D'autres ont justifié leur prudence en estimant «plausible» le sondage du Figaro selon lequel 80% des personnes interrogées approuveraient le discours de l'UMP. Ces considérations sont irrecevables.

L'offensive de l'UMP ne porte pas sur l'insécurité -cela fait bientôt dix ans que M. Sarkozy est en charge de la question, pérore en continu, fait des moulinets à chaque fait divers et finalement échoue. Rien de nouveau en ce domaine, donc. La nouveauté et la  provocation résident dans sa prétention à exclure de la nationalité française une partie de la population française au titre qu'elle n'en serait pas digne. C'est sur ce terrain que se place M. Sarkozy, c'est sur celui-là qu'il doit perdre. Inutile de se bercer d'illusions. Qui imagine les hommes du président abandonner le sujet parce que personne ne leur répond?

Quant à la thèse selon laquelle ce sujet serait un piège tendu à la gauche pour allumer une polémique sur un terrain qui lui est réputé défavorable, c'est une musique qui a trop longtemps été jouée à propos des sans papiers et qu'on préférerait ne plus entendre. Certains à gauche étaient très timorés, «pour ne pas donner d'arguments à la droite», et parce que «l'opinion ne comprendrait pas», etc. 

Si les choses ont évolué et si de nombreux élus et les partis de gauche s'investissent maintenant activement dans le soutien aux familles sans papiers, aux travailleurs, aux amoureux, etc, c'est parce que l'action d'associations (dont le Réseau Education sans frontières) et maintenant des organisations syndicales a mis au jour une évolution en profondeur des consciences. Il y a trente ans, Le Pen entamait sa seconde carrière politique sur le thème «La France aux Français, les étrangers dehors». Ce langage et ces thèmes sont devenus impossibles aujourd'hui. «L'immigré» est Français, ouvrier, employé de bureau mais aussi chirurgien, prof, avocat, restaurateur, ministre et même sportif. L'immigration a diffusé dans presque toutes les couches de la société. On ne compte plus les familles dont l'un des membres, cousin, belle-soeur, petit-enfant, conjoint, est «visiblement» d'ascendance étrangère.

Oui, la société française est métissée, elle le sera de plus en plus, comme celle de tous les pays du monde selon toute vraisemblance. Et le plus important et finalement le plus encourageant est que de nombreux signes montrent qu'elle l'assume et même le revendique. D'une certaine façon, faut-il espérer, la population française est dans ses profondeurs plus en avance que ceux qui prétendent la représenter. Il faut parier qu'est en train de se produire ici ce qui s'est passé aux Etats-Unis il y a quelques années. Il y a quatre ans, personne n'aurait misé un dollar sur l'élection d'un Noir à la Maison Blanche. Et pourtant! Certes tout n'est pour autant pas réglé. Ni là-bas, ni ici.

Mais puisqu'un président de la République en perdition a cru habile de flirter avec le racisme pour se refaire une popularité, il faut qu'il soit défait sur ce terrain. Massivement, définitivement. Qu'il soit publiquement désavoué par les millions de femmes et d'hommes qu'il voudrait reléguer au rang de français de seconde zone et par toutes celles et ceux qui travaillent avec eux, vivent avec eux, les aiment et en sont aimés et font des enfants avec eux. Un refus et en même temps un geste d'espoir qui doivent être ceux des militants antiracistes mais aussi ceux des dirigeants politiques dignes de ce nom. Ils doivent être enfin et surtout, la réaction de dignité venue des cités, des quartiers, des lycées, des chantiers et des usines ou vivent et travaillent ceux que voudrait exclure M. Sarkozy: les futurs déchus de la nationalité française et ceux qui les aiment giflent Pétain 2010.







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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:55

 

http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/respublica_lettre-639.htm#titre-5

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République

par Léon Landini, Résistant

Bagneux le 12 août 2010

C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.

Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique».

Stupéfait et indigné parce que votre déclaration va totalement à l’encontre de l’article premier de la Constitution française qui stipule : « Tous les français sont égaux, quelles que soient leurs origines ».

Oui Monsieur le Président, égaux en droits et en devoirs, cela signifie que ce n’est pas parce que qu’un français est d’origine étrangère, (comme vous l’êtes vous-même) qu’il a moins de droits, ou bien qu’il est un français de moindre qualité.

Or dans votre discours, vous envisagez d’appliquer des droits différents selon l’origine de la personne. Il ne peut s’agir là que d’un déni de justice commis envers les français d’origine étrangère et tout particulièrement contre ceux qui dans les années 1940 ont combattu l’occupant, les armes à la main et acquis leur nationalité française « non par le sang reçu mais par le sang versé ».

Par ailleurs, je souhaiterais savoir comment vous allez déterminer « l’origine étrangère » d’un citoyen français ? Se pourrait-il que vous fassiez, comme l’ont fait dans les années 1940, les gouvernements fascistes de Pétain et Laval à l’encontre des juifs, c’est-à-dire, remonter jusqu’à la troisième génération ?

Après votre déclaration, Il me semble indispensable de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières guerres par ceux que l’on appelait alors « Les coloniaux » et dont les enfants ou les petits-enfants, aujourd’hui français, sont les premiers visés par cette loi, que vous souhaiteriez nous imposer.

Pourtant, les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est, aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte-Cassino, prouvent que des dizaines et des dizaines de milliers de « coloniaux » morts pour la France, reposent loin de leur terre natale.

Le souvenir de leurs sacrifices devrait vous amener à un peu plus de retenue envers les jeunes français descendants de ces soldats, «très souvent malgré eux », qui ont donné leurs vies, afin que notre pays puisse reconquérir son indépendance et sa liberté.

Si pour un même délit ou crime vous décidez d’appliquer des peines différentes en fonction de l’origine d’un individu, pourquoi la même chose ne se passerait-elle pas en fonction de l’opinion des personnes ?

Quelle garantie avons-nous que par la suite, ce même principe ne s’appliquerait-il pas à toute personne ayant commis un autre délit : par exemple, avoir fait grève, ou tout simplement ayant participé à une manifestation que vous n’auriez pas appréciée ?

Le sieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, (qui a été condamné le 4 juin dernier à sept cent cinquante euros d’amende par un tribunal pour injure raciale) avec ses nouvelles propositions, nous indique le chemin que votre gouvernement désire prendre.

Il a déjà annoncé vouloir étendre la déchéance de la nationalité française aux auteurs d’homicide, d’excision, de polygamie, d’actes de délinquances graves.

En ce qui concerne ces actes de délinquances graves, ne s’agirait-il pas, tout simplement, de ce que j’évoque au paragraphe précédent ?

Je vous avoue sans ambigüité, que le langage et les méthodes utilisées par votre gouvernement me rappellent ce que j’ai connu avant et pendant l’occupation, période que je croyais désormais révolue.

De toutes façons, quelles que soient les raisons que vous puissiez invoquer, je trouve qu’il est déshonorant pour notre pays que vous menaciez de retirer la nationalité française aux enfants ou aux petits-enfants de personnes qui, dans un passé récent, ont été l’honneur de notre France.

Car c’est un fait reconnu : soixante six ans plus tard les étrangers de « L’affiche Rouge », demeurent pour tous l’image emblématique de la Résistance armée française.

Par ailleurs, bien que vous vous présentiez comme les défenseurs de « L’identité nationale » je constate avec amertume que vous détruisez chaque jour d’avantage la « spécificité » et tout ce qui a fait la grandeur de notre Nation. Jusqu’à notre langue que vous malmenez sans vergogne et que vous vous attachez à faire disparaître en la remplaçant par un immonde « globisch ».

En tant qu’ancien Combattant Volontaire de la Résistance, comment ne serais-je point révolté en apprenant que Denis Kessler, un de vos proches amis, ait osé écrire : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance…  Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie », sans que vous, ni personne dans votre entourage ne se soit insurgé contre ce qui est une véritable provocation à l’égard du monde de la Résistance, auquel vous faîte si souvent référence.

Comme tous les autres membres de ma famille, j’ai connu les agressions et les insultes racistes « Sale macaroni ! La France aux Français ! ».

Pourtant ma famille s’est engagée dès 1940 dans la Résistance (en décembre 1940 mon frère Roger et ses camarades ont fait dérailler, en pleine gare de triage de Fréjus-Plage, 8 wagons de marchandises qui partaient pour l’Allemagne).

En octobre 1942, j’avais seize ans et demi quand j’ai participé pour la première fois à un déraillement. Mes états de services dans la Résistance, (enregistrés au ministère de la Défense) mentionnent une quarantaine d’ennemis abattus.

En mai 1943, mon père et mon frère furent tous deux arrêtés et effroyablement torturés par les carabiniers italiens (évadés lors de leur déportation en Allemagne). Je fus arrêté à mon tour à Lyon en mai 1944, et « interrogé » par Barbie lui-même.

À la libération, mon père, mon frère, mes deux sœurs et moi-même avons tous obtenu la carte de Combattant Volontaire de la Résistance.

Mon frère, arrivé en France à l’âge de dix ans, marié à une française et père de deux enfants français, ne fut naturalisé qu’en 1947, il avait trente trois ans.

Toutefois, bien qu’étranger, il fut pendant la Résistance commandant de maquis et homologué Lieutenant de l’armée française avec parution au ” Journal Officiel “.

Il était invalide de Guerre et Médaillé de la Résistance – depuis son décès en 1962, une rue de Saint-Raphaël porte son nom.

Ma jeune sœur Mimi est Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite. En ce qui me concerne, fils d’immigrés italiens, je suis né en France en 1926 au Muy (Var) et suis devenu français par option à l’âge de dix ans.

Je suis Grand Mutilé de Guerre – Ancien officier FTP-MOI – officier de la Légion d’Honneur – médaillé de la Résistance – décoré par l’Union Soviétique pour ma participation aux combats contre le nazisme – président de l’Amicale des Anciens (FTP-MOI) des Bataillons Carmagnole-Liberté et président de diverses associations d’Anciens Combattants.

Je tiens à préciser que les FTP-MOI, composés quasi exclusivement de combattants étrangers ou d’origine étrangère, sont aujourd’hui reconnus par de nombreux spécialistes de l’histoire contemporaine comme « le fer de lance de la Résistance armée française »

En revanche, un grand nombre « de ces bons français, défenseurs de l’identité nationale» qui avant guerre insultaient les étrangers, je les ai, après la libération, retrouvé en prison pour collaboration avec l’ennemi.

Qui étaient les plus français, Monsieur le Président ?

Il est vraiment intolérable et inadmissible, qu’une telle mesure mettant en cause les gens d’origine étrangère puisse devenir une loi.

En espérant que vous vous ressaisirez et que désormais en France, pays de la liberté et des droits de l’homme, chaque Français, quelle que soit son origine, soit toujours traité avec le respect et la dignité qui est due à tout être humain.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, les salutations Républicaines d’un Résistant d’origine étrangère profondément attaché à la Nation française, à la justice et à la liberté.




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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 13:26

 

http://www.ville-saint-denis.fr/agenda/actualite/291-installation-de-familles-roms-passage-dupont.html

Installation de familles Roms passage Dupont

Les élus continuent d’exiger de l’Etat la prise de toutes les mesures qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire

Le lundi 2 août 2010, plusieurs familles Roms originaires de Roumanie se sont installées passage Dupont sur quatre parcelles de terrain inoccupées qui appartiennent à la ville.

Depuis le 6 juillet, ces hommes, femmes et enfants dont la plupart sont scolarises à Saint-Denis, étaient en errance dans les rues de la ville, à la suite de leur expulsion par la Préfecture du terrain du Hanul, où ils étaient installés depuis plusieurs années, après voir fui les discriminations subies dans leur pays d’origine.

Les amalgames et les stigmatisations à l’encontre des gens du voyage et des Roms véhiculées par la réunion interministérielle du 28 juillet organisée par Nicolas Sarkozy ne sont pas acceptables.

Convaincue qu’il est possible de mettre fin à l'impasse des successions d'expulsions, la municipalité lance un appel à tous : habitants, associations, ONG, syndicats, acteurs publics et privés, architectes, spécialistes des habitats adaptés, de la gestion logistique d’un campement, juristes, ou enseignants, afin de démontrer ensemble qu'il est possible de faire autrement et de résorber dignement les bidonvilles.

Face à l’installation de ces familles et a l'approche de la rentrée scolaire, la municipalité a décidé de ne pas demander leur expulsion, qui les amènerait de nouveau à l’errance, puis à l’occupation d’un autre terrain, ce qui ne résout rien et aggrave leur misère, leur précarité et engendre des désordres publics.

La volonté de la municipalité est que cette installation soit réalisée dans des règles juridiques et administratives claires et transparentes. Elle a établi un cadre d’installation au travers de la signature d’une convention d’occupation temporaire limitée à un an au plus et d’un protocole de gestion du site. Ce protocole, accepté par les familles, rappelle la nécessité d’un respect strict des règles d’hygiène, de salubrité et de tranquillité pour le voisinage.

Par ailleurs, sur leur proposition, les familles présentes prendront en charge le paiement de l’eau et de l'électricité. De même, elles effectueront les démarches nécessaires pour l’inscription scolaire des enfants.

L’installation des ces familles sur ce secteur en plein réaménagement n’est que provisoire. Elle ne remet pas en cause les projets d’aménagement et des chantiers de logements programmés pour septembre 2011.

Les élus continuent d’exiger de l’Etat la prise de toutes les mesures qui s’imposent afin de résorber les campements en assurant à la population Rom un accueil digne dans des terrains aménagés à cet effet sur l’ensemble du territoire. Elle renouvelle sa demande répétée d’affecter le fort de l’Est à l’accueil des populations en errance.

Le maire, Didier Paillard, et le député, Patrick Braouezec, mobilisent de longue date de nombreux maires du département qui sont confrontés à cette même problématique. Tous ensemble ils demandent depuis plusieurs années la tenue d’une table ronde régionale, afin que l’accueil de ces citoyens européens soit organisé dans l’ensemble de l’Ile-de-France et d'obtenir la levée des mesures transitoires qui empêchent les citoyens roumains et bulgares de s'insérer par l'accès au marche du travail. Pour sa part, la ville de Saint-Denis contribue à une résorption digne des bidonvilles, elle accueille et a cofinancé sur son territoire depuis plus de trois ans un village d’insertion destiné à 25 familles Roms. Une vingtaine de villages d’insertion en Ile-de-France, avec des règles de vie établies dans le dialogue avec les familles, suffirait à résorber dignement la totalité des bidonvilles actuellement existants dans la région.

Saint-Denis le 9 août 2010






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