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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 19:19

 

Voile intégral dans l’espace public : le juste milieu

Le débat sur l’identité nationale voulu par le président de la République – et organisé par son gouvernement – et plus particulièrement celui qui porte sur l’exercice des libertés religieuses ont pris ces derniers mois une tournure inquiétante. Avec une fixation toute particulière sur le port du voile intégral dans l’espace public.

Nous souhaitons mettre d’emblée l’accent sur une évidence : nous ne sommes pas dans un débat sur le goût, mais bien dans un débat sur le droit.

Dans ce débat, il est indispensable que chacun garde à l’esprit le cadre juridique qui organise l’exercice des libertés religieuses sur le territoire de la République. Il s’agit des articles 9, 14 et 17 de la Convention européenne des droits de l’Homme, de l’article 1er de la Constitution, de l’article 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat et de la législation anti-discrimination directement inspirée du droit communautaire européen.

Ce cadre établi, il est possible d’envisager certaines restrictions légales, pour autant que le but poursuivi par le législateur soit légitime et que la mesure soit proportionnée, que le principe de non-discrimination soit respecté et que cela n’aboutisse pas à une destruction des droits protégés.

De notre point de vue, seuls deux éléments sont à retenir : la sécurité publique au regard du critère de l’identifiabilité – et non de la reconnaissabilité – de chaque citoyen (devoir décliner son identité si nécessaire et dans des circonstances déterminées) et l’importance – pas l’obligation – du maintien du lien social.

L’interdiction de toute tenue vestimentaire couvrant intégralement le corps dans l’espace public a ceci de disproportionnée qu’il n’a jamais été démontré adéquatement que le port du voile intégral représente en soi un danger pour la sécurité publique, la protection de l’ordre, de la santé ou de la moralité publics, ou encore la protection des droits et libertés d’autrui.

Le critère de la dignité ne peut servir de fondement à pareille interdiction : la puissance publique ne peut nullement se substituer aux personnes afin de se faire juge de leur dignité. Le contraire reviendrait à créer une querelle théorique entre les principes de liberté et de dignité, alors que la liberté doit permettre de développer sa propre conception de la dignité, dans le respect des balises prévues à l’article 9.2 de la Convention. Cela reviendrait à supprimer le principe de liberté.

Loin d’être une affirmation du principe d’égalité entre les hommes et les femmes, une loi d’interdiction générale du port du voile intégral dans l’espace public en constitue une rupture, dans la mesure où elle prive une femme qui le souhaite du droit d’exercer cette liberté.

Si la laïcité est un principe constitutionnel, il ne nous semble nullement être de nature à justifier une interdiction générale. Au contraire, ce principe doit conduire à la préservation des principes de liberté et d’égalité et non à leur négation. Il emporte l’obligation pour l’Etat de protéger le pluralisme et non de le limiter. De plus, une telle interdiction générale violerait le principe de proportionnalité et le prescrit des articles 14, 17 et 18 de la Convention.

En vertu du principe de séparation du religieux et du politique et conformément à la jurisprudence établie de la Cour européenne des droits de l’Homme, il ne revient pas à l’Etat de définir le contenu d’une pratique religieuse ou de se prononcer sur la validité ou la légitimité des croyances religieuses ou des modalités d’expression de celles-ci. De façon générale, constitue une pratique religieuse la pratique qui est qualifiée comme telle par la personne concernée.

Ces différents principes ont été rappelés par la Cour dans un arrêt Ahmet Arslan c. Turquie du 23 février 2010 donnant raison à des requérants qui avaient été sanctionnés pour la tenue vestimentaire qu’ils portaient dans des lieux publics ouverts à tous.

La Cour a relevé qu’« il ne ressort pas du dossier que la façon dont les requérants ont manifesté leurs croyances par une tenue spécifique constituait ou risquait de constituer une menace pour l’ordre public ou une pression sur autrui ». Quant à la thèse d’un éventuel prosélytisme dans le chef des requérants, la Cour a observé qu’« aucun élément du dossier ne montre que les requérants avaient tenté de faire subir des pressions abusives aux passants dans les voies et places publiques dans un désir de promouvoir leurs convictions religieuses ».

Dès lors, la Cour a estimé qu’en l’espèce la nécessité de la restriction litigieuse ne se trouve pas établie de manière convaincante. L’interdiction des signes religieux dans l’espace public n’est possible que dans un contexte de prosélytisme abusif.

Devant la mobilisation déraisonnable et disproportionnée de l’appareil législatif, la nécessité du rappel des principes fondamentaux de la démocratie et du cadre juridique existant s’impose à nous.

C’est le double objectif poursuivi par une proposition de circulaire (disponible sur www.neutralite.fr) que nous transmettons aux membres de l’Assemblée nationale et du Sénat. Elle rencontre selon nous les réserves exprimées par le Conseil d’Etat dans son rapport rendu public le 30 mars dernier. Elle constitue à nos yeux le moyen le plus approprié pour assurer le nécessaire équilibre entre garantie de la sécurité publique et respect des libertés individuelles.

Dans le cadre du groupe de travail www.neutralite.fr :

Abdelghani BEN MOUSSA, militant anti-discriminations; Christine DELPHY, auteure et chercheuse; Hajer MISSAOUI, juriste spécialiste des droits de l’Homme; Inès WOUTERS, avocate spécialiste des droits de l’Homme; Ismahane CHOUDER, auteure et militante; Jean BAUBEROT, historien et sociologue; Laurent LEVY, essayiste; Lila CHAREF, avocate; Mehmet SAYGIN, juriste; Nora MISSAOUI, chargée de communication; Pierre TEVANIAN, enseignant; Samy DEBAH, historien



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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:45

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100707/tts-france-justice-bettencourt-ca02f96.html

Ouverture d'une enquête sur les allégations contre Eric Woerth (Reuters)

Les procédures judiciaires visant l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt se rapprochent d'Eric Woerth et de l'Elysée avec l'ouverture d'une enquête visant des allégations de financement politique illégal.

L'enquête préliminaire ouverte mercredi après la déposition à la police de Claire Thibout, ex-comptable de la milliardaire, a été confiée à la Brigade financière et la Brigade de répression de la délinquance sur la personne (BRDP), a précisé un porte-parole du parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Le ministre du Travail Eric Woerth, qui nie les accusations de Claire Thibout, qui affirme qu'il a perçu de l'argent pour le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a répliqué en annonçant une plainte pour dénonciation calomnieuse.

"Eric Woerth dénonce les accusations mensongères dont il a fait l'objet, en particulier concernant la réception de fonds en espèces aux fins de financement illégal d'activité politique", dit le communiqué du ministre.

Jusqu'ici, la seule enquête ouverte visait les conditions dans lesquelles ont été réalisés des enregistrements clandestins de l'héritière de L'Oréal à l'origine de l'affaire.

Entendue lundi par la police, l'ex-comptable entre 1995 et 2008 de Liliane Bettencourt, 17e fortune mondiale, a dit avoir retiré 50.000 euros en espèces fin mars 2007 à la demande du gestionnaire de fortune de l'héritière, Patrice de Maistre.

Selon ses dires, ce dernier avait évoqué devant elle un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et il est allé chercher 100.000 euros sur un compte suisse.

La comptable dit que Patrice de Maistre lui a ensuite révélé avoir remis lors d'un dîner la somme totale, soit 150.000 euros, à Eric Woerth, alors trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et qui garde cette fonction à l'UMP.

La police a d'ores et déjà retrouvé trace d'un retrait de 50.000 euros sur un compte de Liliane Bettencourt à la BNP, à la date indiquée par la comptable, le 26 mars 2007, dit-on de source policière, confirmant une information du Monde.

ENQUÊTE À LA BNP, WOERTH CONVOQUÉ ?

L'Elysée parle de "calomnies". Patrice de Maistre, interrogé par la police mardi, a nié les accusations.

Le gestionnaire de fortune pourrait être prochainement confronté à l'ex-comptable dans les locaux des services de police. La police, qui cherche à réentendre Claire Thibout, n'a pu dans l'immédiat la localiser, dit-on de source policière.

Selon le site internet du Monde, la police a par ailleurs retrouvé mercredi ses carnets "de caisse" où elle consignait les retraits d'espèces et peut-être leur usage.

L'audition d'Eric Woerth lui-même est une possibilité ouverte par cette nouvelle enquête mais nécessiterait une autorisation préalable du conseil des ministres.

La comptable a aussi expliqué à la police qu'elle avait mandat pour retirer jusqu'à 50.000 euros en espèces par semaine sur deux comptes de la BNP à Paris et Neuilly, une procédure qui était selon elle très fréquente.

Selon une source proche du dossier, la police mène un examen complet des comptes de Liliane Bettencourt par des réquisitions à la BNP afin d'obtenir les traces des retraits.

La conduite de l'enquête par le procureur de Nanterre Philippe Courroye, qui ne cache pas son amitié avec Nicolas Sarkozy, a suscité une protestation de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), qui pense qu'il faut saisir un juge d'instruction.

Ce syndicat remarque que le nom de Philippe Courroye apparaît sur les enregistrements, Patrice de Maistre y déclarant avoir été informé par l'Elysée à l'avance des décisions du magistrat concernant François-Marie Banier, photographe ayant reçu un milliard d'euros de dons de la milliardaire.

"Compte tenu de la proximité connue de M. Courroye avec le président de la République, et du fait que son nom apparaisse dans les enregistrements, son image d'impartialité est atteinte et il paraît indispensable qu'il passe la main à un juge d'instruction", a dit à Reuters Christophe Régnard, président de l'USM.

Le pouvoir du procureur est plus limité que celui d'un juge d'instruction, notamment en matière d'enquête à l'étranger.


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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 19:26

 

Vous trouverez ci-dessous un message du responsable juridique de la plate forme                 www.over-blog.com

« Suite à une notification conforme à l'article 6 de la loi du 21 Juin 2004 (LCEN), certains articles de votre blog "fischer02003.over-blog.com" reprenant des dépêches de l'Agence France Presse (AFP) sans l'accord de cette dernière en ont été retirés.

L'AFP n'autorise aucun média, site internet, blog à utiliser ses dépêches ou photos sans autorisation.

Vous pouvez récupérer les articles retirés de votre blog dans le dossier Brouillons, mais il vous est strictement interdit de procéder à nouveau à leur publication en l'état.

Avant toute nouvelle publication, vous devez en supprimer les dépêches reprises sans autorisation, que ces reprises soient totales ou partielles.

Toute nouvelle reprise d'une dépêche AFP future ou passée pourra entrainer des poursuites judiciaires »

En application de ce message, je vous annonce la suppression de neuf messages de mon blog personnel dont vous trouverez pour la dernière fois les liens ci-dessous

AFP - GALLOWAY A GAZA     16/07/2009 à 22h35    

AFP - DISSOLUTION EN CONSEIL DES MINISTRES CE N EST PAS LA LDJ     13/07/2009 à 21h20      

AFP - VICTOIRE DE CHAVEZ, DECEPTION DES MEDIAS IMPERIALISTES     16/02/2009 à 22h01      

AFP - CHAVEZ CONTRE HERRERO     14/02/2009 à 21h15    

AFP - MANIFESTATION POUR LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT     31/01/2009 à 20h56      

AFP - LE LIBAN FETE LA LIBERATION DE SAMIR KANTAR     16/07/2008 à 23h51      


AFP - LA CGT DE RAYMOND CHAUVEAU ET LES SANS PAPIERS     05/05/2008 à 22h45      


AFP - GAUTIER SAUVAGNAC ET VIRVILLE     01/03/2008 à 22h58    

AFP - VICTOIRE DE OBAMA DANS LE WISCONSIN     20/02/2008 à 22h20      

Vous comprendrez d’abord bien évidemment le ridicule de cette situation et de cet inventaire à la Prévert. En l’espace de deux ans, une importante équipe de professionnels de l’AFP lisait environ mille deux cent messages de mon blog personnel et, par cette lecture,  ils me faisaient une extraordinaire publicité. Ils lisaient donc en particulier neuf de mes messages et ils me demandent aujourd’hui leur suppression.

Neuf problèmes importants de la situation politique française et internationale depuis deux ans posent donc des problèmes importants à la première agence de presse française. Je cite, dans l’ordre, l’élection de Obama à la présidence des Etats Unis, la question des relations en particulier financières entre le MEDEF et les confédérations syndicales françaises, la question des sans papiers, la question de la libération des prisonniers politiques palestiniens et libanais, la répression contre les militants de Tarnac, la question de la politique anti impérialiste du gouvernement Chavez, la dissolution d’un groupuscule en conseil des ministres et l’agression d’un convoi maritime humanitaire dans les eaux internationales de la Méditerranée par des commandos de l’armée israélienne.

Si vous voulez des informations par rapport à tous ces problèmes, il y avait bien évidemment un moyen d’information unique, c’était la consultation de mon blog personnel et, même si vous consultiez mon blog personnel, les neuf messages ci-dessus étaient les seuls messages de mon blog personnel où vous trouviez des informations relatives à ces problèmes.

Vous le comprendrez facilement, le présent message est aussi un extraordinaire message de publicité pour l’AFP. D’un point de vue linguistique et étymologique, c’est par définition de la censure censitaire.

Comme vous le savez, les principales agences de presse internationales couvrent quotidiennement les principaux évènements de la vie politique française et internationale. Vous trouvez à peu près les mêmes informations si vous consultez par exemple les dépêches de l’AFP et les dépêches des deux grandes agences de presse anglo saxonnes, Reuters et Associated Press. En application des directives de l’AFP elle-même, je vous demande donc la suppression de toute citation de toute dépêche de l’AFP et la diffusion systématique des dépêches de Reuters et Associated Press en lieu et place des dépêches de l’ AFP.

Bernard Fischer         





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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 19:36

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100704/tts-france-gouvernement-demissions-urgen-ca02f96.html

Christian Blanc et Alain Joyandet démissionnent du gouvernement (Reuters)

Deux membres du gouvernement français épinglés pour leur utilisation des deniers publics, Alain Joyandet et Christian Blanc, ont présenté dimanche leur démission dans un climat empoisonné par les "affaires".

La présidence de la République a annoncé le départ du secrétaire d'Etat à la Coopération et de son homologue chargé du développement de la région capitale dans un bref communiqué.

"Les secrétaires d'Etat Alain Joyandet et Christian Blanc ont présenté leur démission du gouvernement", peut-on y lire. "Le président de la République et le Premier ministre ont accepté ces démissions."

Leurs fonctions seront respectivement exercées par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le ministre chargé de l'Aménagement rural Michel Mercier.

Nicolas Sarkozy avait annoncé mercredi devant les députés de l'UMP qu'il tirerait les leçons des comportements de certains ministres lors d'un remaniement à l'automne et, selon des parlementaires, les jours des deux sortants étaient comptés.

Les cigares de Christian Blanc payés sur les deniers publics et la location d'un jet privé par Alain Joyandet étaient clairement dans le collimateur du président français.

Le Premier ministre François Fillon avait enfoncé le clou en critiquant, sans les nommer, les ministres fautifs lorsqu'il a annoncé le 25 juin toute une série de mesure de réduction du train de vie de l'Etat en période de crise.

"Un certain nombre d'erreurs, de défaillances, de manquements qui ont été révélés, souvent d'ailleurs par la presse dont c'est le rôle, montrent que nous devons progresser en termes d'exemplarité et de transparence", avait-il déclaré.

WOERTH DANS LA TOURMENTE

Plusieurs ministres sont actuellement au centre d'une tourmente politico-médiatique due à une cascade d'affaires.

L'actuel ministre du Travail, Eric Woerth, est notamment soupçonné de conflit d'intérêts dans son traitement du dossier fiscal de l'héritière de L'Oréal lorsqu'il était responsable du Budget jusqu'en mars dernier. Liliane Bettencourt est suspectée de fraude fiscale par le biais de comptes en Suisse.

Selon des députés de la majorité, Eric Woerth, artisan de la réforme des retraites auquel Nicolas Sarkozy a réitéré sa confiance à plusieurs reprises, pâtissait du maintien au gouvernement de certains de ses collègues.

La démission de Christian Blanc et d'Alain Joyandet peut donc être vue comme un moyen d'alléger la pression sur le ministre du Travail, ce que dénonce l'opposition.

"Soit la démission des deux ministres est une tentative de l'Elysée de jeter du lest, c'est tardif et pose plus fortement la question d'Eric Woerth, soit ces démissions sont "spontanées" et c'est l'image d'un délitement qui appelle à un changement de gouvernement", a déclaré dans un communiqué le député socialiste de Paris, Jean-Christophe Cambadélis.

Pour le député Vert Noël Mamère, qui s'exprimait sur LCI, "tout cela arrive un peu trop tard. Il s'agit de rafistolage pour essayer de calmer cette atmosphère délétère".

Mais pour Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, ces démissions ne sont qu'un épisode mineur.

"Ce type d'épreuve, c'est toujours difficile à supporter mais ça n'empêchera pas le gouvernement de continuer à oeuvrer (...) pour appliquer le programme pour lequel le président Sarkozy a été élu", a-t-il dit sur i>Télé.

COÛTEUX CIGARES

Alain Joyandet avait précédé l'annonce de l'Elysée en annonçant lui-même sa démission sur son blog.

"Après mûre réflexion, j'ai décidé de quitter le gouvernement", peut-on lire dans ce texte où il affirme que "pas un euro n'a été détourné pour (son) enrichissement personnel".

Il était soupçonné d'avoir bénéficié d'un permis de construire illégal pour agrandir la maison qu'il possède à Grimaud (Var), près de Saint-Tropez. Il avait ensuite annoncé dans un communiqué qu'il renonçait à ce permis.

En mars dernier, Alain Joyandet avait été au centre d'une polémique pour avoir loué un jet privé pour un voyage en Martinique pour la somme de 116.500 euros.

Alain Joyandet s'était défendu en expliquant qu'il devait se rendre à une conférence internationale pour la reconstruction d'Haïti, invoquant des impératifs d'agenda.

Le Canard enchaîné, qui était à l'origine des révélations sur Alain Joyandet, avait aussi dévoilé que des factures d'un total de 12.000 euros avaient été réglées par le Trésor public pour des cigares au nom du cabinet de Christian Blanc.

"Moi, je ne suis pas le genre à faire ça", a déclaré jeudi dernier Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement dans l'Aveyron.

Le secrétaire d'Etat n'avait reconnu qu'une consommation équivalant à 4.500 euros, accusant son chef de cabinet, depuis limogé, d'avoir détourné le reste. Une enquête a été ouverte à la demande de Christian Blanc mais le Premier ministre François Fillon lui avait ordonné de rembourser l'intégralité de la somme sans préjuger des résultats de cette enquête.


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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 18:46

 

http://www.conscience-musulmane.over-blog.com/article-appel-de-la-coordination-universitaire-pour-la-palestine-cup-52714226.html

APPEL DE LA COORDINATION UNIVERSITAIRE POUR LA PALESTINE (CUP)

« Nous souffrons d’une maladie incurable qui s’appelle l’espoir. » Mahmoud Darwish

Formée au début de l'année 2010, la coordination des collectifs de soutien aux Palestiniens existants sur les facs de la région parisienne avait pour objectif d’organiser le Festival Printemps Palestine*, deuxième édition. Le FPP s'est ainsi déroulé sur cinq universités (Paris 6, 7, 8 et 13, et Le Mans) du 22 mars au 3 avril, proposant des conférences, des projections, des ateliers et des concerts. Suite à la réussite de ce Festival et de nombreuses autres initiatives (Quinzaine « Ya Falestine » à Paris 13, festival « Foutez leur la paix » à la fac de Toulouse,...), nous sommes convaincus qu'il faut y consolider le mouvement universitaire de solidarité avec la Palestine.

Depuis plus de soixante ans, l'Etat d'Israël opprime, massacre les Palestiniens et bafoue leurs droits les plus élémentaires en toute impunité. Le blocus de Gaza, l'opération Plomb durci, la poursuite de la colonisation violent de fait le Droit international et bloquent toute possibilité d’autodétermination du peuple palestinien. En réponse à cette impunité, la Société Civile Palestinienne a lancé en 2005 un appel à une campagne non-violente de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), tant qu’Israël ne respecterait pas le Droit international, reprise aujourd’hui dans le monde entier (voir en France, www.bdsfrance.org).

Nous appelons toutes les étudiantEs, enseignantEs, chercheurEs et IATOS à développer l’élan de solidarité actuel, à constituer des collectifs pour la Palestine, et à rejoindre la CUP, afin de multiplier les initiatives de soutien et de dépasser la censure de l'institution universitaire, voire du monde militant, à propos de la situation au Proche-Orient. Nous appelons également la communauté universitaire à rejoindre le mouvement international BDS et à multiplier et massifier les actions. Au sein même des facs, nous lançons un appel à boycotter, dénoncer et perturber systématiquement les partenariats et les initiatives de rapprochement avec les universités et institutions académiques israéliennes. Celles-ci soutiennent en effet la politique, l’idéologie et les pratiques discriminatoires de leur gouvernement. Outre que les campus soient construits en partie sur les territoires palestiniens, les universités israéliennes mènent des politiques d’admission racistes et participent à de nombreux programmes scientifiques aux fins militaires.

Loin d'être une institution coupée de la société, l'université se doit de prendre des positions critiques sur les enjeux qui traversent notre monde. Le débat à propos du Proche-Orient et la solidarité avec les Palestiniens ont toute leur place dans le milieu universitaire !

Nous lançons un appel à coordonner nos actions et à les rendre visible de tous !

A tous les motivés, que fleurissent sur toutes les facs des collectifs de soutien à la Palestine!

Coordination universitaire pour la Palestine


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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 18:18
http://www.la-sociale.viabloga.com/news/quelle-laicite-pour-quelle-republique

Quelle laïcité pour quelle république ? à propos d'un livre de Cécile Laborde

Par Denis Collin, le Dimanche 23 Mai 2010, 23:31

Cécile Laborde : Français, encore un effort pour être républicains, Seuil, mars 2010. Avec un titre parodiant le marquis de Sade, le livre de Cécile Laborde promet plus qu’il ne tient. L’introduction annonce une intervention « dont l’intérêt majeur est qu’elle s’inscrit dans un dialogue entre la pensée politique française et la philosophie politique anglo-saxonne » (p.8) mais c’est plus à une confrontation entre deux versions françaises de la laïcité que l’auteure nous convie et nous sommes bien loin d’une dialogue serré avec la philosophie politique anglo-saxonne, d’autant que l’existence d’une chose comme « la » philosophie politique anglo-saxonne est très problématique. Un peu plus loin, elle annonce: « c’est donc une refondation de l’idéal de citoyenneté républicaine que cet ouvrage propose » (p.9). Là encore, c’est très exagéré: il s’agit en réalité d’une tentative d’appliquer le concept de « non-domination » forgé par Philip Pettit à un aspect exagérément grossi du débat en France, celui qui s’est noué autour du port du voile à l’école et de la loi de 2004, débat censé réfracter les clivages fondamentaux du républicanisme français. Oublions donc les promesses non tenues et les exagérations de l’introduction. Ne demandons pas à ce livre d’être une « refondation » de l’idée républicaine. Contentons-nous de l’intervention sur la laïcité et la question du voile – question qui vient de ressurgir bien que dans des termes différents avec la proposition d’interdire le port de la burqa ou du niqab sur la voie publique. 

Si on s’en tient à la manière dont l’auteure aborde la question laïque, nous ne pouvons que partager globalement son approche. Elle tente de définir une position « républicaniste critique » entre les laïcistes stricts et les partisans d’une « laïcité ouverte » très proches du libéralisme et de la tolérance. Elle réfute à la fois le paternalisme coercitif des laïcistes stricts qui veulent contraindre les musulmanes à s’émanciper en restant aveugle à la réalité et aux risques d’une domination s’exerçant sur les citoyens ayant des convictions religieuses fortes différentes de la majorité, principalement les musulmans. Mais elle refuse tout autant la position libérale tolérante qui est aveugle à la domination qui s’exerce dans la sphère privée. L’école a bien pour mission, selon Cécile Laborde, d’éduquer à l’autonomie mais elle ne peut le faire par une coercition non justifiée (le devoir de réserve religieuse s’applique aux professeurs mais pas aux élèves), mais par l’effort éducatif. Elle relève également, et à juste titre, que bien souvent le laïcisme est intransigeant avec les musulmans en oubliant combien il a passé de compromis de fait avec les religions instituées ayant une longue tradition en France, principalement la religion catholique – on pourrait ajouter le statut très privilégié dont jouit depuis quelques années le judaïsme.

Bien que souvent très critique vis-à-vis de la tradition « catho-laïque » française, elle reste cependant finalement beaucoup plus proche de celle-ci, de ce qui a inspiré les défenseurs de la loi de 1905, Aristide Briand et Jean Jaurès, que des partisans de la « laïcité ouverte ». On s’en tiendra ici à évoquer les conclusions les plus importantes de ce bref ouvrage. Ainsi à l’encontre des tendances qui veulent faire entrer de plain-pied les religions dans la sphère publique, Cécile Laborde réaffirme : « Dans les sociétés pluralistes contemporaines, il est important de préserver une sphère publique qui soit autant que possible détachée des appartenances religieuses. Telle est la clause principale de la laïcité critique (qui suit sur ce point la laïcité classique). » (p.95)

L’État peut parfaitement consulter les représentants officiels des religions quand il doit prendre des décisions les concernant, sans que cela signifie une reconnaissance officielle des religions dans « la sphère commune de la citoyenneté ». Elle poursuit sur cette voie en affirmant que le financement public des écoles confessionnelles lui « paraît contraire au principe de laïcité. » (p.96) C’est pourquoi elle s’étonne que les commissions Stasi et Debré, qui devaient remettre à plat la doctrine de la laïcité ne se sont pas interrogées sur la légitimité de ce financement...

Au-delà de questions strictement religieuses, sont en question les discriminations sociales bien réelles – celles qui frappent en particulier les jeunes issus de l’immigration – et les modes de « l’intégration » des minorités. Là encore le républicanisme critique soutenu par l’auteure, cherche une voie qui écarte le « nationalisme civique aveugle » (p.122) sans tomber dans le postnationalisme multiculturel. « L’enjeu est bien de repenser l’identité nationale elle-même, comme une identité historiquement fluctuante, et considérablement enrichies par les apports des vagues d’immigration successives. » (p. 123) Mais c’est bien d’identité nationale qu’il s’agit, d’un patriotisme civique qui n’oblige pas la minorité à se plier à la majorité et oblige la nation tout entière à une ré-évaluation critique de sa propre histoire.

Si l’on peut donc suivre l’auteure sur le plan principiel, on lui reprochera toutefois d’avoir laissé de côté la dimension proprement politique et la conjoncture de ce débat qui n’avait rien d’un conflit philosophique entre deux versions du républicanisme. Car la loi sur le port du foulard en 2004 et l’affaire de la burqa aujourd’hui mettent face à face des camps très hétéroclites. Les partisans de la laïcité pure et dure, la « catho-laïque », se recrutent massivement dans le camp d’une droite qui n’a cessé de grignoter les principes laïques au profit de l’école privée, essentiellement catholique. Et le grand défenseur de la laïcité va donc être un président qui exaltait il n’y a pas bien longtemps le sens du sacrifice du curé supposé supérieur à celui de l’instituteur.

C’est tout de même très étrange. Inversement, on trouve des « laïcistes » classiques, comme la Libre Pensée et certains courants de la gauche socialiste ou syndicale (FO) qui s’opposent à la loi de 2004 sur le foulard et à toute loi sur l’interdiction de la burqa, estimant qu’il s’agit en fait de discrimination visant uniquement les musulmans (voir l’audition de Marc Blondel devant la commission « ad hoc » de l’Assemblée Nationale). C’est Blondel qui a rappelé les principes libéraux selon lesquels l’État n’a pas à s’occuper de la façon dont les gens s’habillent et c’est encore lui qui rappelait aux censeurs emmenés par le communiste Gérin que la France n’est pas une république athée – toutes déclarations qui vont beaucoup plus dans le sens de la « laïcité critique » de Cécile Laborde que dans celui du laïcisme « classique ».

Car à une discussion sérieuse sur l’application aujourd’hui des principes de la laïcité se sont substituées diverses opérations politiciennes à visées électorales qui expliquent qu’une question aussi mineure que le port de la burqa soit transformée en « urgence nationale ». En rediscutant la question du républicanisme à la française uniquement sous cet angle, on pourrait reprocher à Cécile Laborde de tomber elle aussi dans le piège de cette opération au fond assez nauséeuse où la chasse à l’électeur FN passe avant toute considération de principe. C’est là que le caractère restreint de l’ouvrage devient gênant. Si l’on veut réellement engager la refondation d’un républicanisme critique, il vaut mieux ne pas braquer le projecteur trop exclusivement sur la question laïque, mais s’intéresser aux questions sociales, celles du chômage de masse dans les classes populaires en particulier, et aux nouvelles formes d’aliénations qui sont souvent à l’origine directe des tensions religieuses et des menaces contre le « patriotisme constitutionnel ».

par Denis Collin dans la rubrique Débat, le Dimanche 23 Mai 2010, 23:31 - 3 commentaires - Lu 243 fois






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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 17:45

 

http://www.frontsyndical-classe.org/article-pour-une-greve-generale-jusqu-au-retrait-de-la-reforme-des-retraites-53274033.html

 

http://www.7septembre2010.fr/post/2010/06/30/Lettre-ouverte-%C3%A0-l%E2%80%99intersyndicale-du-29-juin

 

Pour une grève générale jusqu'au retrait de la réforme des retraites

 

Un appel pour la grève générale

 

Lettre ouverte à l’intersyndicale du 29 juin

 

Comme il l'avait annoncé dés 2007,le gouvernement Sarkozy s'est attaqué sans faillir à tous les acquis sociaux populaires, notamment ceux hérités du Conseil National de la Résistance.

 

La réforme des retraites est le dernier grand chantier du quinquennat.

 

Nous voulons infliger une défaite à ce gouvernement à l'occasion de la bataille qui est engagée.

 

Il faut un coup d'arrêt, maintenant, aux politiques libérales qui détruisent notre modèle social.

 

Dans cette perspective, nous sommes prêts à un affrontement majeur, aux côtés de nos organisations politiques et syndicales, mais pour gagner, nous pensons que notre revendication doit être le retrait pur et simple du projet de réforme.

 

Sarkozy doit plier devant plus déterminé que lui!

 

Les signataires de cette lettre s’engagent à s’organiser pour une grève générale à partir du 7 septembre et à tout faire pour qu’autour d’eux le mouvement soit suivi puis reconduit le lendemain, et les jours d’après, jusqu’au retrait et à la remise à plat complète du projet de réforme des retraites..

 

Il n'est plus temps de discuter. Engageons ensemble une lutte que nous prolongerons jusqu'à la victoire pour ouvrir de nouvelles perspectives politiques et remettre en marche la machine à conquêtes sociales.

 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 12:34

 

Manifestations pour Guillon et Porte à Paris et dans plusieurs villes (AFP)

A Paris, deux mille manifestants, selon les syndicats de Radio France, se sont rassemblés devant la Maison de la Radio à l'appel d'associations d'auditeurs et de l'intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, SNJ, Sud). Des rassemblements ont également eu lieu en province, à Lille, Strasbourg et Toulouse.

Des manifestations à Paris et dans plusieurs villes ont réuni jeudi des auditeurs et des salariés de Radio France pour dénoncer le licenciement des humoristes Didier Porte et Stéphane Guillon de France Inter : pris pour cible, le patron de la station, Philippe Val, a déclaré à l'AFP qu'il n'a "jamais censuré personne".

A Paris, deux mille manifestants, selon les syndicats de Radio France, se sont rassemblés devant la Maison de la Radio à l'appel d'associations d'auditeurs et de l'intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, SNJ, Sud). Des rassemblements ont également eu lieu en province, à Lille, Strasbourg et Toulouse.

A Toulouse, Valérie, 44 ans, était venue avec les fables de La Fontaine. "Si on était du temps du Roi Soleil, on n'aurait jamais connu La Fontaine. On a besoin des humoristes".

A Lille, Michelle Demessine, sénatrice PCF du Nord, a déclaré: "ça commence à bien faire! Après la presse aux mains des puissances financières, on assiste à la mise au pas du service public d'information".

Stéphane Guillon (congédié par le patron de Radio France Jean-Luc Hees) et Didier Porte (renvoyé par Philippe Val à la tête de France Inter) étaient présents dans la manif parisienne.

"Nous disons stop. Guillon et Porte sont virés sans ménagement pour des raisons politiques", a estimé Marie-Hélène Elbaz (CGT), au nom de l'intersyndicale.

Plusieurs pancartes étaient brandies, dont: "Val, c'était mieux avant" avec une affiche de Charlie Hebdo, ou "Radio Elysée". De nombreux manifestants criaient :"Val Démission!" et "Hees démission".

De son côté, Philippe Val a refuté toute accusation de censure. "Je trouve insultant et un peu déplacé pour les 400 salariés de France Inter, journalistes et producteurs, et pour les millions d'auditeurs que (Porte et Guillon, ndlr) s'érigent en étendard exclusif de la liberté d'expression sur le service public", a-t-il dit à l'AFP.

"Je n'ai jamais censuré personne, je n'ai jamais dit +tu ne parles pas de ceci, tu ne parles pas de cela", a ajouté M. Val.

"Tous les journalistes et producteurs de cette antenne ont, auront, ont eu une liberté absolue pour faire leur travail, mais il y a des comportements indignes, diffamants, qui n'ont pas leur place sur une antenne de service public", a-t-il insisté.

Outre l'éviction de MM. Guillon et Porte, la suppression des émissions "Pourtant elle tourne" et "Esprit critique" était également vivement contestée par les manifestants.

"Hees et Val doivent faire marche arrière, donner les raisons des suppressions d'émissions et réintégrer Porte et Guillon", a souhaité Mme Elbaz.

Stéphane Guillon s'est quant à lui livré à une imitation de Nicolas Sarkozy: "Hees est un ami. Val aide Carlita à écrire son nouvel album, il n'y a pas de collusion".

Plus sérieusement, il a fait état de cent mille courriels de soutien reçus en quelques jours.

"En 2012, rendez-vous ici. Val et Hees repartiront avec des plumes et du goudron et nous, nous pourrons à nouveau écouter la différence", a-t-il ajouté. Didier Porte s'est attaqué au "mépris, au cynisme et à la brutalité de Hees".

Jean-François Téaldi, secrétaire général de la CGT France Télévisions, était venu apporter le soutien des salariés du groupe public audiovisuel.

Une pétition (www.pouruneradiopubliqueindependante.net) a été lancée sur internet contre l'éviction de Guillon et Porte et a recueilli 36.000 signatures, selon ses initiateurs. Elle doit être remise le 23 juillet lors du conseil d'administration à Jean-Luc Hees.





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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 18:48

 

Texte présenté par Jean Baumgarten, comité Apt, Vaucluse:

Se préparer à  l’élection de 2012  : pour l’élection d’un président qui avec l’aide  d’une majorité de la population sera apte à lutter efficacement contre la crise  .

Pour aborder la question de la crise que nous traversons depuis au moins trois ans  il me semble intéressant de citer ici Atilio Boron, docteur en sciences politiques qui a interviewé Fidel Castro il y a un an  sur la crise actuelle :

« ...Nous nous trouvons devant une crise générale du capitalisme, la première à atteindre une ampleur comparable à celle qui a éclaté en 1929 et à ce qu'on a appelé la "Longue Dépression" de 1873-1896. Une crise intégrale, de civilisation, multidimensionnelle, dont la durée, la profondeur et la portée géographique seront sûrement supérieures à celles des précédentes... Nous sommes en présence d'une crise qui est bien plus qu'une crise économique ou financière.  Il s'agit d'une crise intégrale d'un modèle de civilisation insoutenable des points de vue économique et politique sans recourir une fois de plus à la violence contre les peuples ; tout aussi insoutenable du point de vue écologique, parce qu'il détruit, parfois d'une manière irréversible, l'environnement ; et  tout  aussi  insoutenable  sur  le  terrain social parce qu'il dégrade la condition humaine jusqu'à des limites inimaginables et détruit la trame
même de la vie sociale... Les classes dominantes feront exactement ça: utiliser un vaste arsenal de ressources publiques pour socialiser les pertes et renflouer les gros oligopoles. Accrochées à la défense de leurs intérêts les plus immédiats, elles ne sont même pas capables d'envisager une stratégie plus intégrale... Il s'agit d'une crise qui dépasse de loin les domaines financier et bancaire et qui touche l'économie réelle dans tous ses volets. »

Que faut-il faire contre la crise? Quelle action politique, quels mots d’ordre, en un mot quelle stratégie et quelle tactique faut-il engager? 

Nous verrons bien sûr que la crise proprement dite ne peut être vaincue qu'à une échelle plus grande que la France : c'est la raison pour laquelle nous proposerons également des mesures à prendre à l'échelon international et européen..

La première condition c'est  d'élire un chef de l'État qui soit un véritable homme de gauche : ni Royal, ni Aubry, ni Fabius, ni Benoit Hamon, ni Hollande, ni valls ni bien sûr  Strauss- Kahn. Nous vivons en France sous le régime  de la Cinquième République (hélas peu républicaine !) et nous savons depuis longtemps qu'il faudra, pour aboutir  à un changement radical, obtenir coûte que coûte un changement  de Président de la République, qui lui-même, grâce à un referendum et  à un changement de majorité parlementaire, sera à même de réaliser tous les changements adéquats, y compris les changements constitutionnels, pour aboutir à une véritable sixième République. ( Par l’élection d’une Assemblée constituante .)

Mais si la crise est conforme à mon analyse, si elle est difficile, voire impossible à être surmontée dans des délais courts (2 à 3 ans) on voit bien que cela ouvre un boulevard à l'extrême gauche en France…et cela par conséquent ouvre une voie royale à l’ensemble des forces «  à gauche de la gauche » : NPA, Front de gauche, Alternatifs ,  ATTAC  Verts ( en majorité situés à gauche du PS)  FASE,  etc. Nous avons un an pour localement régionalement nationale ment développer notre projet de programme auprès de tous ces courants avec lesquels nous devons discuter fraternellement.

Sur quel programme?

Pour la nationalisation de toutes les banques françaises, le   contrôle  rigoureux  des  banques  étrangères  établies  sur  le  territoire national (contrôle des opérations  d’import - export des différentes monnaies  avec examen détaillé des comptes. Expulsion des Banques ne respectant pas ces conditions.) La nationalisation sous contrôle des travailleurs de toutes les grandes entreprises industrielles et commerciales ( sidérurgie, automobile, eau, électricité, énergie nucléaire énergies diverses, bâtiment, grandes surfaces, groupes de presse et de publicité , etc.)

Droit à l'autogestion de toutes les entreprises étrangères ayant reçu des subventions versées  par l'Etat ou  les collectivités locales et décidant de partir,   soutien de l'Etat ou des collectivités locales aux travailleurs...

Nationalisations sous contrôle des travailleurs  de toutes les sociétés françaises menaçant de délocaliser leurs activités.

Le  gouvernement  français  approuvera la création de taxes aux frontières françaises destinées à être acquittées sur tous les produits en provenance de pays  n'appliquant  pas  les  mêmes principes que la France (Nationalisations complètes des systèmes bancaires et des grandes industries, interdiction des délocalisations, droit à l’avortement à la contraception , institution d’un SMIC tendant en quelques années à s’aligner sur le SMIC français,  etc.).

Vu l'étendue des dégâts, seront prises directement par le chef de l'État les mesures suivantes :

Révision de toutes les mesures prises par les chefs d' État précédents sur  la réduction des emplois administratifs . ( Hôpitaux, écoles, collèges, lycées, universités, recherches, aide aux handicapés, administration publique, intermittents  etc.)

Transports : désormais la SNCF ne s’alignera plus sur les recommandations de Bruxelles. Le frêt fera partie intégrante de la SNCF et toutes les mesures précédentes seront annulées. De nouveaux cheminots et employés seront recrutés.

La France ne partira pas de l’Europe : elle se battra, tant qu’elle le pourra contre l’Europe capitaliste , bureaucratique et antidémocratique …

Sur les conditions de travail :

Retour aux 35 heures de travail partout.

L'indemnité chômage est fixée au salaire de base + une prime tenant compte de la situation du salarié, et de la durée pendant laquelle il a travaillé. Objectif: chômage inférieur à 3 % dans les cinq ans.

Ouverture du carcan administratif délimitant le nombre des médecins.

Ouverture du même carcan pour les infirmiers et infirmières et les employés de l'hôpital public..   

Délimitations impératives des salaires versés à tous les personnels du privé et du public : détermination de l’échelle  maximum versée à tous les personnels publics, privés, de la Chambre des députés, du Sénat, des grandes administrations, des instances européennes (si des salaires européens étaient trop élevés l'Etat soit par l'impôt soit par d'autres moyens, rétablirait la norme, à tous les cadres supérieurs quelle que soit leur fonction ). L’échelle variera de 1 à 5 ( avec une augmentation des plus bas salaires de 250 à 350 euros.)

Vers les 32 heures : un groupe d’études sera nommé par le nouveau gouvernement. Il sera chargé d’élaborer dans le trimestre qui suit un rapport sur la mise en route des 32 heures.

Chômage : assemblées locales de chômeurs, avec échanges d'informations et possibilité d'étudier la formation d'entreprises autogérées dans tous les domaines.

Formation : le gouvernement abolit toutes les mesures prises par ses prédécesseurs et décide que la formation désormais, dans toutes les entreprises supérieures à 50 personnes, sera assurée par du personnel spécialisé membre de l’administration ou agréé par elle. Un droit de contrôle sera assuré aux syndicats. Les entreprises verront tous leurs services de formation supprimés : ( le 1% destiné à la formation a été accaparé en grande partie par les grandes  entreprises pour leur compte personnel.)

Éducation nationale : développement des emplois et suppression de toutes les lois et décrets précédents .

Développement des coopératives auto-gérées : le gouvernement développera les coopératives autogérées dans le domaine agricole en s'inspirant notamment de l'exemple de Longo Maï dans les Alpes de Haute Provence. ( Aide gouvernementale ou régionale pour l'achat de terres.) 

Impôts :

Le gouvernement fera la traque à tous ceux qui  cachent leur fortune à l'étranger : il s'aidera par tous les moyens et il réclamera à l'Union Européenne tous les moyens d'y arriver. Toutes les primes, les lois et règlements de défiscalisation seront supprimés (Bouclier fiscal notamment.) ( Il faut savoir que les trucages fiscaux représentent un manque à gagner de 40 milliards par an.)

L'impôt sur la fortune sera considérablement élargi : l'objectif sera d'imposer les plus gros revenus ( 250.000 personnes ) soit 6 à 7 milliards d’euros par an .

La  dernière tranche de l'impôt correspondant aux salaires versés  sera taxée à 70 %.

Les possesseurs de comptes à l'étranger (paradis fiscaux)  seront poursuivis et leurs biens  en France seront   saisis à concurrence de leur dette vis à vis de l'Etat ( multipliée par un pourcentage à déterminer .)

Il existe deux paradis fiscaux qui touchent la France : Monaco et Andorre .

Le gouvernement français enverra ses agents ( au besoin accompagnés de gendarmes) sur ces deux territoires et pratiquera un contrôle rigoureux des banques qui y sont installées et saisira les ordinateurs.

Toutes les mesures prises en matière d’impôts et de chasse de la fraude fiscale sont chiffrables : elles aboutiront en trois années à l’abolition de toutes  nos dettes et au rétablissement de l’égalité des revenus antre les citoyens !

Défense nationale :

Le chef de l'État supprimera l'arme atomique .

Armée: en attendant un changement de statut Les syndicats y seront autorisés. 

OTAN  : la France se retirera de l'OTAN et suspendra toute activité dans les guerres organisées par l'alliance atlantique. (Irak, Afghanistan, Afrique, Georgie, etc. )

Palestine:

Le gouvernement  se déclarera solidaire de la lutte des Palestiniens pour l’ensemble de leurs droits : pour la création d’un Etat unifié laïque et démocratique en Palestine avec le droit de retour des réfugiés des guerres de 1948 et 1967 , négociation  de la restitution de leurs droits et versement des indemnités dues par les Israéliens .

En attendant une escouade de bateaux de guerre  français ( à laquelle pourront se joindre d’autres bateaux ) avec des porte avions et hélicoptères veillera au bon déroulement des opérations d’échanges dans la bande de Gaza….

Programme écologique .

Un grand programme écologique sera  mis en oeuvre :

Formation de tous les jeunes à l’écologie : de l’école maternelle  au lycée et à l’université.

Manger plus sainement : arrêt de tous les programmes de restauration scolaire dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités, par commandes réalisées à l’extérieur : tous ces établissements s'engagent à faire une cuisine saine par leurs propres moyens ou par associations entre eux.

Développement dans toutes les entreprises nationalisées d'automobiles,  de voitures propres, d’autocars propres et  de tramways  mus à l’énergie renouvelable. Tous les efforts seront consacrés aux recherches pour aboutir à des moteurs propres, économiques, et non pollueurs en CO2..

Un programme d’arrêt de développement et de suppression de l’énergie nucléaire sera mis en place : remplacement sur 30 ans de l'énergie d'origine nucléaire :

Par la construction de grandes et de petites éoliennes.

Par la construction de plaques de captation de l'énergie solaire .

Par la construction de centrales électriques au bord de la mer dans des  zones possibles.

Par les  économies réalisées dans la production d'énergie électrique. (20 % à l'échelle de 5 ans.)

Par des économies réalisées dans l'habitat individuel et collectif.

Toutes les sociétés de pétrole nationalisées (Total, Elf) seront invitées à poursuivre des recherches importantes dans le domaine des économies d'énergie  ( recherche d'électricité d'origine naturelle.) Ainsi que les usines de l’automobile .

Transports publics : les prix seront allégés et seront gratuits pour les jeunes scolarisés, ceux encore en chômage, et pour les retraités .

Interdiction de tous les OGM sur le territoire national.

Interdiction d'importer tous produits contenant des OGM.

Grandes surfaces : les assemblées de salariés des grandes surfaces nationalisées (Carrefour, Leclerc, Auchan etc.) prendront la décision de promouvoir les produits nationaux et de proximité ( notamment dans le domaine alimentaire.) : les transports longue distance seront prohibés.
Le contrôle des prix sera effectué par une commission départementale élue par les représentants des citoyens.

Toutes ces réformes sont indiquées ici à titre d’exemple : il en manque certainement beaucoup …

La discussion avec tous les partis, organisations , groupes politiques  à la gauche de la gauche sur la base de ce programme ( non exhaustif) s’arrêtera 6 mois avant la date des élections. A partir de cette date sera organisée une élection locale adressée à tous les membres énumérés sur la base des candidatures proposées .

Le vainqueur de cette élection sera nommé candidat : il sera entouré des membres du prochain gouvernement  et pourra ( peut-être) triompher au deuxième tour ….

 

Jean Baumgarten

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 18:45

 

Contribution de la Tendance CLAIRE du NPA

Le Comité d’animation provisoire de l’ex-position B, qui dit vouloir relancer le projet du NPA comme parti révolutionnaire, décide d’exclure les partisans d’une Tendance révolutionnaire !

Pour quelle politique veulent-ils empêcher ainsi les discussions de fond ?

La première réunion du « Comité d’animation provisoire » désigné lors de la réunion nationale du 23 mai, à l’initiative des partisans de l’ex-position B au CPN, s’est tenue le dimanche 6 juin à Paris avec une trentaine de camarades. Elle a adopté un texte qui a été envoyé le 10 juin aux comités du NPA et dont nous allons discuter certains points ci-après.

Malheureusement, cette réunion a aussi été marquée par l’exclusion des deux militants représentants de la Contribution des 62 pour une Tendance révolutionnaire (et membres de la Tendance CLAIRE) qui avaient pourtant été intégrés au Comité d’animation provisoire à l’issue de la réunion du 23 mai. Rappelons d’ailleurs que, si la réunion du 23 mai a rassemblé 300 militants en tout, comme le rappelle le texte du 6 juin, seuls 154 camarades sur 245 présents à la fin avaient voté pour la déclaration qui en est issue, à laquelle il avait été interdit de faire des amendements autres que ceux décidés par les membres du CPN... Il y avait eu 81 abstentions, 10 contre et 2 refus de vote, prouvant l’insatisfaction de 38% des votants eu égard aux limites du texte proposé et aux méthodes employées pour l’imposer.

Le prétexte à l’exclusion des deux camarades a été qu’ils se sont abstenus sur le texte du 6 juin, après rejet de tous leurs amendements. Pourtant, ils avaient été intégrés dans le Comité d’animation le 23 mai, tout comme les camarades de la Fraction L’Étincelle et le représentant de la Meuse, malgré leur abstention sur le texte issu de cette réunion. La première réunion du Comité d’animation n’avait donc évidemment aucun mandat pour exclure les camarades qui ne voteraient pas pour son texte — encore moins pour une contribution à la discussion qui n’est pas encore un texte pour le congrès et qu’une bonne partie des camarades présents ont d’ailleurs découverte le matin même... De plus, il y a des camarades, membres du CPN, qui ne s’étaient pas seulement abstenus, mais avaient voté contre le texte du 23 mai... mais dont nul n’a évidemment demandé l’exclusion du Comité d’animation ! Plus généralement, il est évident d’un point de vue démocratique qu’aucune instance mandatée ne peut s’autoriser à exclure certains de ses membres sous prétexte qu’ils ne votent pas les textes proposés : une telle méthode ne peut qu’empêcher le débat, en interdisant par avance à quiconque de s’opposer aux propositions des dirigeants ou de s’abstenir. Les dirigeants de l’ex-position B ont beau dire dans leur texte qu’ils « s’adressent aujourd’hui à tous les militants du NPA », leur pratique montre qu’en réalité ils procèdent par des ultimatums et des mesures administratives pour empêcher les discussions politiques à la gauche du parti. Ce n’est certainement pas ainsi qu’ils pourront convaincre les militants de la base du NPA, dégoûtés par les orientations et les méthodes de la direction, de leur faire confiance.

Les dirigeants de l’ex-position B ont également pris comme prétexte le fait que la Tendance CLAIRE, d’une part, le comité de Chartres (où il n’y a aucun militant de la Tendance CLAIRE, mais avant tout des militants de l’ex-LCR), d’autre part, ont appelé, après le 23 mai, à amplifier les discussions pour aller vers une Tendance Révolutionnaire du NPA. Pourtant, à partir du moment où la réunion du 23 mai a refusé la constitution d’une Tendance révolution-naire, il est du droit de celles et ceux qui en sont partisans d’avancer dans cette direction, tout en voulant continuer en même temps la discussion avec les camarades de l’ex-position B qui n’en sont pas encore convaincus. Où est le problème ?

 

Le Comité d’animation issu de la réunion du 23 mai est mandaté pour mettre en œuvre une orientation qui pourrait déboucher sur une plate-forme politique pour le congrès, mais tout le monde sait qu’il est composé de plusieurs courants officiels ou officieux qui ne poursuivent pas nécessairement les mêmes buts, mais ont en réalité bien des divergences entre eux, même s’ils décident de ne pas en parler (courant ex-LCR du 92 Nord et des JCR organisé autour de la revue officieuse Actualité de la révolution, militants issus de l’ex-courant Démocratie révolutionnaire de l’ex-LCR, courant Gauche Révolutionnaire, groupe de Mulhouse/Montbéliard dirigé par des camarades ex-LO, Fraction L’Étincelle issue de LO, militants issus de cette Fraction, groupe La Commune, groupe Prométhée, militants issus du groupe ex-OCI de Stéphane Just...).

Dans ces conditions, pourquoi ne faire de procès d’intention que contre la Tendance CLAIRE et les autres signataires de la Contribution des 62... alors qu’ils ont justement le mérite, quant à eux, de jouer cartes sur table, de diffuser leurs textes dans tout le parti, de ne pas cacher leurs points de divergences avec les autres courants de l’ex-position B, de dire ce qu’ils font et de faire ce qu’ils disent ? Il est affligeant de constater que les dirigeants de l’ex-position B aient recours à la « méthode » du procès d’intention qu’ils ont pourtant combattue à juste titre quand elle avait été employée par la direction du parti contre la Tendance CLAIRE. Ils confirment ce faisant que les procédés qu’ils ont employés le 23 mai (en refusant tout amendement qui ne soit pas d’eux-mêmes, en voulant exclure certains candidats du comité d’animation au lieu de le faire élire et en refusant de donner la parole à un représentant de la Tendance CLAIRE sur ces questions) n’étaient pas accidentels, mais relèvent malheureusement d’une véritable méthode politique de lutte administrative contre les militants avec lesquels ils peuvent avoir des désaccords. Croient-ils pouvoir empêcher ainsi que se poursuive la discussion pour une Tendance révolutionnaire entamée le 23 mai, où tout le monde a pourtant pu constater qu’il s’agissait d’une question importante et largement débattue ? Ou faut-il envisager la pire hypothèse explicative, c’est-à-dire que l’exclusion du comité d’animation des vilains petits canards serve en quelque sorte de garantie de modération pour permettre l’ouverture de négociations avec la « gauche » de l’ex-position A, appelées de leurs vœux par les dirigeants de l’ex-position B, comme nous allons le voir ? L’avenir le dira peut-être...

En tout cas, les dirigeants de l’ex-position B n’ont aucune légitimité pour exclure quicon-que du Comité d’animation, qui n’appartient à personne, mais a été « mis en place » (comme le rappelle expressément le texte du 6 juin !) par l’ensemble des militants réunis le 23 mai, avec la participation de tous les courants de l’ex-position B. À la fin de cette réunion, en effet, la tribune a expressément affirmé devant toute la salle que le Comité d’animation serait ouvert et n’a nullement posé comme condition que les participants votent nécessairement pour ses textes ! Dès lors, seule une réunion nationale de même nature aurait la légitimité nécessaire pour exclure des militants — et encore, il faudrait que ce soit sur la base de fautes politiques irréfutables. Les deux camarades de la Fraction L’Étincelle et celui de la Meuse ont d’ailleurs protesté avec fermeté contre cette exclusion des représentants de la Contribution des 62 et de la Tendance CLAIRE. Nous exigeons leur réintégration et appelons l’ensemble des camarades qui étaient présents le 23 mai ou qui se retrouvent dans la gauche du parti à se prononcer en ce sens. Au moment où s’ouvrent les discussions pour le congrès, il en va de la crédibilité démocratique et politique de toute l’ex-position B aux yeux de tous les militants de notre parti.

Pourquoi les dirigeants de l’ex-position B s’opposent-ils de toutes leurs forces à la clarification de certaines questions politiques majeures ?

La plupart des membres du Comité d’animation provisoire issu du 23 mai considère que les dérives de la direction du NPA ont commencé le jour où celle-ci a publié des déclarations communes avec le PC et le PG en juin 2009. Ils estiment que la solution est donc de revenir au « NPA des origines », c’est-à-dire aux textes flous et ambigus adoptés par le congrès fondateur. Nous avons déjà montré dans notre contribution sur la réunion du 23 mai que cette orientation est non seulement fausse (on ne peut résoudre les problèmes en s’arc boutant sur des ambiguïtés !), mais illusoire : la droite (ex-position C) et la direction du parti (majorité de l’ex-position A) sont bien décidées, quant à elles, à surmonter les ambiguïtés des textes fondateurs... mais en les tranchant dans le sens de la réforme et non de la révolution. C’est pour cela qu’il est nécessaire que la gauche du parti ne fuie pas le débat, mais réponde au
même niveau d’ambition, en se hissant jusqu’aux enjeux centraux du combat politique anticapitaliste, qui se concentrent sur la question du pouvoir, de la centralité prolétarienne et de la grève générale.

Or, si le texte du 6 juin contient tout un ensemble de choses parfaitement justes, qui constituent le fonds commun de l’ex-position B (critique de la campagne des régionales, projet de construire le parti par en bas et non par des recompositions au sommet de la gauche anti libérale, critique des thèses politiques droitières soumises par la majorité de la direction au dernier CPN, effort pour proposer de premiers éléments en vue d’un programme de revendications qui se veut transitoire, insistance sur la nécessité de rompre avec les institutions, proposition de campagnes concrètes sur la question de la crise, des retraites et pour la construction du parti, etc.), il reste faible dans la délimitation programmatique et stratégique, en reprenant des formules confuses de la direction du NPA et en n’étant pas axé sur les questions essentielles, qui se retrouvent noyées au milieu de considérations plus générales. Il était donc parfaitement légitime de chercher à l’amender pour le rendre meilleur : comme d’autres camarades, les représentants de la Contribution des 62 et de la Tendance CLAIRE ont proposé quelques amendements concis que l’on pouvait certes rejeter, mais qui avaient à l’évidence toute leur place dans la discussion démocratique visant à dégager l’orientation la plus juste possible pour la gauche du parti.

Pour que tous les camarades puissent se faire leur propre opinion, nous présentons ici ces amendements, en les justifiant sur la base des insuffisances du texte (et en sachant que, le projet ayant été découvert le matin, il a fallu rédiger ces amendements de façon quelque peu précipitée) :

Conquête du pouvoir et programme de transition

Amendement 1 : Remplacer « un programme pour les luttes aujourd’hui, pour le pouvoir des travailleurs demain » par : « un programme qui articule les luttes avec l’objectif de la prise du pouvoir politique par les travailleurs eux-mêmes. Celle-ci ne passera pas par les élections, mais par une révolution sociale, par l’insurrection de la masse des travailleurs auto-organisés. » (2 pour, 2 abstentions, tous les autres contre.)

Explication : Les principes fondateurs du NPA disent certes qu’il ne faut pas cogérer le système, comme le font les réformistes, mais ne propose pas une orientation alternative concrète. Or il n’y a pas de troisième voie possible entre la gestion réformiste des institutions et la révolution prolétarienne ! Il est d’autant plus important de le dire aujourd’hui qu’une majorité de l’ex-position A, s’appuyant sur l’impasse où conduit ce flou, lance une offensive pour trancher les ambiguïtés dans un sens réformiste : elle balaie l’idée d’une prise du pouvoir par une insurrection des ouvriers auto-organisés comme en 1917 ou par une grève générale, comme Mai 68, qui irait jusqu’au bout. Elle lui oppose un « gouvernement en faveur de la population », supposé mettre en œuvre un programme minimum, issu d’une combinaison de luttes et d’élections.

En réalité, les travailleurs ne peuvent affronter victorieusement l’offensive de la bourgeoisie pour leur faire payer la crise qu’à condition de conquérir eux-mêmes le pouvoir politique. Certes, ils n’y sont pas encore près aujourd’hui, mais c’est précisément la tâche d’un parti révolutionnaire de les y préparer systématique-ment. Cela suppose de rejeter toute séparation du programme en deux, avec un programme minimum pour les luttes et un programme maximum pour un futur indéterminé.

Or le texte du 6 juin évoque certes la question du pouvoir, mais il n’en fait pas un axe de son orientation : il considère que cette question est de toute façon pour « demain » et son articulation avec la lutte pour les revendications immédiates reste donc assez abstraite. Face au programme catastrophique pour les révolutionnaires que veut faire passer la majorité de la direction actuelle, les dirigeants de l’ex-position B nous proposent de nous en tenir aux principes fondateurs au lieu d’avancer dans le sens d’une clarification révolutionnaire. D’ailleurs, même la phrase que nous proposions de remplacer par une formulation plus claire ne figurait pas dans la toute première version du texte et il a fallu un amendement, intégré quant à lui, pour que soit réaffirmé l’objectif fixé par les principes fondateurs de « renverser l’appareil d’État ».

Exproprier seulement les banques ou tous les grands groupes capitalistes ?

Amendement 2 : Après « expropriation des banques », ajouter : « et des grands groupes capitalistes et leur nationalisation sous contrôle des travailleurs ». (4 pour, 1 abstention, tous les autres contre.)

Explication : Nous ne voyons aucune raison de limiter le combat pour l’expropriation du capital aux seules représentants de la finance. On ne peut pas séparer un méchant capitalisme financier d’un bon capitalisme industriel, car le capital bancaire a précisément fusionné depuis longtemps avec le capital industriel pour donner naissance au capital financier. Ce ne sont pas les méchantes banques qui sont responsables de la crise, comme veut nous le faire croie le Front de gauche, mais c’est le capitalisme lui-même (crise de suraccumulation). On ne peut pas la résoudre avec la simple expropriation des banques : une telle mesure n’a rien de révolutionnaire en soi, puisque c’est ce qu’a fait Mitterrand en 1981, moyennant de juteuses indemnités.

Or la majorité de la direction veut nous entraîner dans le sens d’une politique de type réformiste, notamment avec son projet de texte « Nos réponses à la crise ». Après avoir formulé, entre autres énormités, la demande d’un simple « moratoire » sur la dette publique, plutôt que son annulation pure et simple, ce texte se prononce contre la nationalisation du système de crédit, contre sa centralisation dans un monopole d’État, et propose un simple « service public bancaire » déléguant des « concessions bancaires (...) à des entités contrôlées par les parties intéressés : salariés, entreprises, associations, collectivités locales, représentants locaux de l’État ». Bref, la direction du NPA nous propose comme solution pour sortir de la crise un nouveau système bancaire manifestement fumeux, mais qui laisse en place l’essentiel : les entreprises privées et l’État bourgeois !

Certes, les dirigeants de l’ex-position B critiquent ce texte, mais pourquoi limiter eux aussi leur volonté d’expropriation aux seules banques et refuser de se battre pour la nationalisation de tous les grands groupes capitalistes sous contrôle des travailleurs ? Face à une entreprise qui veut licencier massivement, comme Continental, Arcelor-Mittal, Philips, Freescale, Goodyear, etc, il n’y a pas d’autre alternative que la grève avec occupation d’usine et la lutte pour l’expropriation sous contrôle ouvrier. Face à une entreprise qui détruit l’environnement dans la course au profit, comme Total hier avec la marée noire de l’Erika ou l’explosion de l’usine AZF, ou BP aujourd’hui et beaucoup d’autres, il n’y a qu’une seule solution, l’expropriation sous contrôle des travailleurs. Bref, on ne peut se borner à parler d’un vague « contrôle des salariés sur l’économie », comme le proposent le texte du 6 juin et la direction. La seule façon pour les salariés de contrôler réellement, c’est d’exproprier le capital sans indemnités ni rachat et de gérer eux-mêmes la production, ce qui renvoie à la tâche de la conquête du pouvoir politique.

Défendre l’objectif de la grève générale pour vaincre Sarkozy et ses réformes

Amendement 3 : Sur la question du combat contre la réforme des retraites, après « un mouvement d’ensemble », ajouter : « une grève générale dont nous défendons l’objectif de façon systématique, comme seule solution pour vaincre Sarkozy et ses réformes ». (2 pour, tous les autres contre.)

Explication : La direction du parti nous parle elle aussi de la nécessité d’un « mouvement d’ensemble », au lieu de fixer clairement l’objectif de la grève générale comme seule solution pour gagner sur les retraites et de se battre en ce sens dans sa presse, ses tracts, les syndicat et les collectifs. Nous ne devons pas nous borner à souhaiter à chaque journée d’action qu’elle soit réussie, ni à militer pour une nouvelle date de journée d’action. Nous devons patiemment proposer aux travailleurs une alternative aux journées d’action dispersées et sans lendemain des bureaucraties syndicales, qui sont inefficaces pour gagner et finissent par démobiliser les travailleurs : cela ne peut être que le combat pour la grève générale.

Or, en refusant de faire de ce combat une question centrale et même d’en parler, les dirigeants de l’ex-position B ont beau dire que la direction propose une orientation confuse, ils ne font pas de propositions alternatives concrètes. D’ailleurs, ils sont sur ce point en deçà du texte du 23 mai, qui disait clairement qu’il s’agit de se battre pour la grève générale... et qui est censé constituer leur mandat ! Mais surtout, ils sont en deçà du niveau de conscience des masses qui n’ont pas peur, quant à elles, de se prononcer pour la grève générale : selon un sondage BVA du 10 juin, « les deux tiers des Français jugeraient plus efficace la méthode dure, avec une grève générale (promue par FO) plutôt que des manifestations à répétition comme le prônent la plupart des syndicats aujourd’hui ». Les dirigeants de l’ex-position B peuvent bien nous dire qu’ils veulent « construire à la base et nous adresser à la base», mais il faudrait déjà qu’ils ne rejettent pas des amendements qui sont non seulement justes sur le fond, mais en outre en adéquation avec la conscience la plus actuelle des travailleurs !

Lutter ouvertement contre les directions syndicales et pour l’auto-organisation des travailleurs

Amendement 4 : Au sujet de la politique des directions syndicales, ajouter : « Les directions syndicales refusent de mobiliser les travailleurs et passent leur temps à collaborer avec le patronat et le gouvernement en acceptant de négocier les contre-réformes [proposition d’amende-ment supprimée après intégration de l’amendement d’un autre camarade allant dans le même sens : « les directions syndicales (...) qui jouent le jeu du "dialogue social" avec le pouvoir »] ; il est crucial de les dénoncer de façon systématique et de les combattre politiquement, notamment en aidant les militants à se regrouper dans les syndicats sur une orientation lutte de classe et en aidant les travailleurs syndiqués et non syndiqués à s’auto-organiser ». (2 pour, 3 abstentions, tous les autres contre.)

Explication : Sur cette question cruciale de la politique des directions syndicales, le texte du 6 juin reste particulièrement faible — et le projet initial des dirigeants l’était encore plus, en ne parlant même pas du « dialogue social », qui est pourtant clé dans la politique du gouvernement pour faire passer les réformes. Or la critique générale de la mollesse des directions syndicales est faite par la direction du NPA : c’est la moindre des choses ! Mais, dans la pratique, la direction du NPA tend à s’adapter à l’orientation des directions syndicales : elle va jusqu’à signer des textes « unitaires », comme celui d’avril 2009, qui revendiquait la plate-forme intersyndicale scandaleuse du 5 janvier 2009... ou comme la tribune purement réformiste parue dans Le Monde du 15 juin, avec la signature d’Olivier Besancenot, qui se revendique du rapport du COR (lequel a pourtant servi à préparer la contre-réforme du gouvernement !), ne définit aucune revendication, ne demande même pas clairement le retrait du projet de gouvernement, demande que la Sécurité sociale soit financée par l’impôt et va jusqu’à se défendre de vouloir mettre en cause la compétitivité des entreprises !

Dans le même temps, malgré les demandes anciennes de nombreux militants syndicaux du NPA, rien n’est fait pour organiser un courant lutte de classe dans les syndicats et les initiatives en ce sens ne sont pas réellement soutenues par la direction du parti. Celle-ci a même gardé un silence presque complet sur la candidature Delannoy au dernier congrès de la CGT, dont la dynamique aurait pu contribuer à la cristallisation d’un large courant lutte de classe dans la confédération.

Enfin, la question de l’auto-organisation des travailleurs est centrale. Au moment où les collectifs de défense des retraites se réduisent le plus souvent aux représentants des organisations, il est crucial de se battre en ce sens.

Là encore, en refusant tous ces amendements, les dirigeants de l’ex-position B prouvent qu’ils ne proposent pas de véritable alternative concrète à l’orientation de la direction sur les questions les plus décisives. De fait, le texte du 6 juin ne montre pas en quoi la campagne retraites qu’il propose se distingue fondamentalement de la politique actuelle du NPA, tant ses propositions restent vagues.

Pour l’intervention systématique dans les luttes ouvrières

Amendement 5 : « Nous pensons que le NPA ne pourra se construire comme parti des luttes des travailleurs qu’en y intervenant de façon systématique en les aidant à s’auto-organiser, à définir les revendications les plus avancées possible et à coordonner les luttes. » (6 pour, tous les autres contre.)

Explication : Cet amende-ment était entièrement justifié par le bilan du NPA qui, depuis sa fondation, n’a pas été à la hauteur des tâches élémentaires d’un « parti des luttes », notamment en se montrant incapable de prendre des initiatives pour les aider concrètement et pour leur coordination — au-delà bien sûr des initiatives courageuses, mais isolées, d’un certain nombre de militants à la base. Or les dirigeants de l’ex-positon B focalisent leur bilan critique du NPA sur la question des élections régionales : ils considèrent que la dérive a commencé seulement en juin 2009. S’ils critiquent à juste titre les compromissions programmatiques faites sous la pression du Front de gauche, ainsi que le renoncement à la campagne emploi qui avait été décidée pour l’automne, ils n’ont presque rien à dire sur la façon dont le NPA, comme parti national, s’est comporté dans les luttes.

Pourtant, la politique de la direction du parti n’avait nullement été à la hauteur des enjeux pendant le premier semestre 2009 (donc bien avant le prétendu tournant, situé par les dirigeants de l’ex-position B en juin 2009 lors des déclarations communes avec le PG et le PCG). Alors qu’il y avait un puissant mouvement social contre la crise et Sarkozy, sur fond de grève générale aux Antilles, la direction n’avait pas combattu centralement pour la grève générale, pour l’auto-organisation des travailleurs et contre la politique des réformistes. Elle ne s’était même pas appuyée sur les initiatives les plus audacieuses de la base, qui dessinaient une politique pour tout le parti : soutien actif aux grèves les plus avancées, Collectif de Résistance Ouvrière de la Meuse et de la Haute-Marne mis en place par des camarades du NPA pour coordonner la lutte contre les licenciements face à la démission de la CGT, combat volontariste pour la convergence des luttes et la structuration d’un pôle alternatif aux directions syndicales, début d’un contrôle ouvrier à l’usine Philips EGP Dreux à l’initiative du syndicat CGT dirigé par un militant du NPA (Manuel Georget), etc.

Le bilan critique des dirigeants de l’ex-position B reste donc très partiel et ne peut pas aller au fond des problèmes qui font que les travailleurs ne viennent plus au NPA faute d’y trouver la radicalité dont ils ont besoin, mais s’en détournent.

La centralité du prolétariat (travailleurs salariés du capital), seule classe capable de renverser le capitalisme, en rassemblant tous les opprimés

Amendement 6 : Ajouter l’idée de centralité de la classe des travailleurs salariés : remplacer partout « classes populaires », « pauvres » et « désespérés » par « les travailleurs et les opprimés ». (2 pour, 1 abstention, les autres contre.)

Explication : Le texte du 6 juin ne dit pas qu’il faut donner la priorité à la construction dans la classe ouvrière, alors que cela n’est pas du tout évident pour de nombreux militants du NPA. Il est indispensable d’expliquer centralement que le prolétariat, par son rôle dans la production, peut seul bloquer l’économie (par la grève) et la reconstruire demain sur de nouvelles bases (collectivisation des moyens de production et réorganisation socialiste du travail). Bien évidemment, le parti révolutionnaire doit aussi prendre la défense de tous les opprimés et se prononcer sur toutes les questions de société, mais ce n’est pas une raison pour mettre sur le même plan les travailleurs, « les pauvres » en général (tous les prolétaires ne sont pas « pauvres » et les pauvres ne constituent pas une classe sociale !) et les « désespérés » (nous misons plutôt sur les travailleurs et les jeunes qui se battent !). En d’autres termes, le combat révolutionnaire doit se nourrir du marxisme et ne pas prendre le risque de formulations populistes.

Soutien à d’autres amendements proposés par des camarades

Enfin, il était juste de soutenir les amendements d’autres camarades, notamment ceux de la Fraction L’Étincelle :

Désignation du NPA que nous voulons comme « anticapitaliste et révolutionnaire » (et non seulement anticapitaliste, comme le disait le projet initial). — Cet amendement a été intégré à la quasi unanimité, mais il est très préoccupant que deux des trois représentants de l’ex-position B au Comité exécutif du NPA aient voté contre. On peut accuser ensuite les partisans d’une Tendance révolutionnaire de ne pas avoir le même projet que l’ex-position B... mais force est de constater que principaux dirigeants de l’ex-position B ne sont même pas d’accord entre eux sur le parti qu’ils veulent !

Proposition de supprimer l’objectif de « revenir à la logique qui avait prévalu à la fondation du NPA » : amendement rejeté à une écrasante majorité (phrase finale légèrement reformulée : « qui nous avait semblé prévaloir »). — Cet amendement, allant dans le même sens que ceux que nous avions proposés le 23 mai, était légitime pour ne pas fermer le débat sur les textes fondateurs, mais permettre au contraire d’ouvrir la discussions sur leurs ambiguïtés, afin de les dépasser dans un sens clairement révolutionnaire. En refusant cet amendement, les dirigeants de l’ex-position B s’arc-boutent de manière conservatrice sur des textes dont la réalité même a montré l’insuffisance depuis un an et demi et confirment leur volonté d’empêcher la discussions sur des questions de fond.

Proposition de supprimer : « Notre objectif n’est pas d’entrer dans des logiques minoritaires (...). Notre projet est de construire une majorité pour le NPA » (Amendement rejeté à une écrasante majorité.) — Ces phrases pourraient sembler anodines, car il est évident que nul ne choisit délibérément une « logique minoritaire » et que tout le monde veut convaincre la majorité de son organisation ! Mais en réalité, elles signifient, comme cela a été confirmé expressément à l’oral par les dirigeants de l’ex-position B, que ceux-ci ont une logique parlementaire.

Bien évidemment, si le congrès avait eu lieu et que les positions de l’ex-position B soient minoritaires, il ne faudrait pas faire la politique du pire, mais réaliser un bloc politique dans la future direction avec la gauche de la direction sortante (gauche de l’ex-position A), pour empêcher l’ex-position C et les droitiers de l’ex-position A d’être majoritaires.

Mais nous n’en sommes pas là et toute anticipation de ce type de calculs tactiques ne peut que biaiser la discussion politique de fond qu’est censée ouvrir la préparation du congrès. Ce qui est juste politiquement, c’est de définir le projet politique de l’ex-position B (en partant des acquis du combat mené depuis un an contre toute l’ex-position A) et d’appeler tous les militants à le porter jusqu’au congrès.

Or les dirigeants de l’ex-position B n’ont à peine commencé à définir leur projet qu’ils commencent déjà à vaciller par peur de ne pas être majoritaires ! Ils proposent donc à la « gauche » de l’ex-position A de discuter tout de suite pour constituer une « nouvelle majorité » sur une base bien moindre que celle du 23 mai ! En effet, dans leur « Déclaration à l’issue du CPN » des 28-29 mai, ils ont lancé un appel aux dirigeants de la gauche de l’ex-position A en disant déceler des rapprochements sur les points suivants : « Ils font désormais un bilan critique des élections régionales, ils insistent sur le rôle décisif des luttes, refusent à juste titre de polariser à nouveau l’attention du parti autour des prochaines élections présidentielles, tout en assumant davantage le choix d’un parti en rupture avec les institutions. » C’est pourtant bien maigre, pour tout dire la moindre des choses ! Les dirigeants de l’ex-position B seraient-ils prêts à brader leurs idées pour un accord aussi minimal ?

D’ailleurs, que veut dire « assumer davantage le choix d’un parti en rupture avec les institutions » ? La gauche de l’ex-position A assumerait ce choix « davantage » que la droite... mais pas complètement ? On voit à quels risques nous exposent les dirigeants de l’ex-position B avec leur logique parlementaire : le risque de dépolitiser les discussions fondamentales du congrès sur l’autel des « négociations » au sommet !

De manière significative, le projet de texte initial allait jusqu’à dire : « Notre projet est de construire une majorité pour le NPA, et donc bien sûr avec tous ceux qui partagent des points essentiels de nos préoccupations. » (Une toute première version du texte était d’ailleurs encore pire...) La barre n’était donc pas mise très haut par les rédacteurs du projet : pour trouver un accord avec la « gauche » de l’ex-position A, il suffisait qu’elle partage certains « des points essentiels » non de nos positions, mais de nos simples « préoccupations »... Grâce à l’intégration partielle de l’amendement d’un camarade issu de la Fraction L’Étincelle, la formulation finale est plus satisfaisante : « avec tous ceux qui partagent les points essentiels de nos orientations ». Pour autant, la logique générale des dirigeants de l’ex-position B n’en est pas moins claire : au lieu de tout faire pour que les militants du NPA, à commencer par ceux de leur propre base, se rassemblent sur la base de propositions clairement révolutionnaires, ils prévoient de mettre de l’eau dans leur vin avant même de l’avoir tiré.

Conclusion

Le texte adopté le 6 juin par la première réunion du Comité d’animation provisoire reste donc, comme celui du 23 mai, un point d’appui trop partiel pour combattre en vue d’un NPA révolutionnaire :

C’est un point d’appui pour résister à l’offensive de la droite du parti et de la majorité de la direction, pour défendre les acquis des principes fondateurs contre leur révision dans un sens purement réformiste, pour travailleurs et les jeunes, pour ouvrir la discussion sur ce que doit être une orientation révolutionnaire...

Mais il est trop partiel, nettement insuffisant sur le fond et d’autant plus fragile qu’une bonne partie des dirigeants de l’ex-position B, par leurs calculs d’appareil, pourraient être tentés de revoir à la baisse les orientations qu’ils défendent aujourd’hui — ce qui serait d’ailleurs catastrophique pour la qualité des débats au congrès, qui exigent des positions bien délimitées les unes des autres, contrairement à la bouillie indigeste que constituent les bulletins du CPN pour la plupart des militants.

Les dirigeants de l’ex-position B ne vont donc pas jusqu’au bout, pour le moment, du combat pour un NPA révolutionnaire — certains s’oppo-sant même au mot. C’est pourquoi les représentants de la Contribution des 62 et de la Tendance CLAIRE se sont abstenus sur le texte. Nous nous étonnons d’ailleurs que les représentants de la Fraction L’Étincelle aient voté pour le texte alors que leurs amendements les plus importants n’ont pas été intégrés et que le texte ne dépasse nullement les ambiguïtés de celui du 23 mai, sur lequel ils s’étaient abstenus comme nous et bien d’autres camarades. En effet, face à l’offensive réformiste de la droite et de la majorité de la direction, il n’y a pas d’autre solution pour gagner que de défendre le projet d’un NPA clairement révolutionnaire et d’en convaincre les militants de la base du parti. Tout autre voie, sous prétexte de réalisme, ne peut conduire qu’à la confusion généralisée au lieu d’avancer dans la clarté.




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