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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 18:48

 

Appel pour la seconde rencontre nationale des assemblées générales interprofessionnelles à Nantes

Les dernières semaines ont vu, sur le front social, alors que la loi sur les retraites était promulguée en pleine nuit, la suspension de la grève reconductible dans la plupart des secteurs, et notamment les secteurs clés de cette grève (Raffineries, dépôts et Port).

Elles ont vu de grosses manifestations samedi 6 novembre, démentant un renoncement pourtant annoncé de toutes parts,

Elles ont vu la poursuite d'actions et d'assemblées, à la base, dans de nombreuses villes,

Elles ont vu un début de coordination de ces assemblées locales avec la réussite notamment du 11 novembre, grâce à la première rencontre nationale de Tours le 6 novembre.

Nationalement, devant nous, l'intersyndicale, dont la stratégie de journées espacées a, au final, conduit à l'échec ce mouvement, ne propose plus qu'une journée "multiforme", organisée localement, le mardi 23 novembre.

La grève générale, seule à même d'inverser le rapport de forces, n'a pas eu lieu.

Mais la période, mondialement, est à la contestation sociale, car le système nous envoie dans le mur. La solidarité internationale s'est exprimée un peu partout.

Les assemblées interprofessionnelles, les intersyndicales élargies aux non-syndiqués, les collectifs de lutte, etc., ont, dans des dizaines de villes, permis de s'organiser, tous ensemble, à la base. Voilà un des meilleurs acquis de cette lutte, voilà la voie à suivre,. Ces outils, créés par et pour la lutte, doivent permettre la poursuite de la mobilisation, et la préparation des prochains moments.

Nous, assemblée générale interprofessionnelle de Nantes, comme décidé à Tours le 6 novembre, invitons l'ensemble des villes à envoyer leurs délégués ou observateurs à la seconde rencontre nationale qui se tiendra à Nantes samedi 27 novembre.

Les modalités d'organisation (mandatement) et l'ordre du jour font l'objet de deux propositions séparées.

On ne lâche rien !




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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:57

 

http://www.demosphere.eu/node/21560

http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article3834

http://www.solidaires.org/article34044.html

 

SOUTIEN AU PEUPLE IRLANDAIS

RASSEMBLEMENT LE SAMEDI 27 NOVEMBRE

Après le peuple grec, c'est au peuple irlandais de subir les exigences antisociales de l'Union européenne et de Fonds monétaire international.


Allocations familiales, salaire minimum, protection sociale, emplois et services publics sont attaqués une nouvelle fois par un plan d'austérité drastique.

C'est le prix à payer pour sauver les banques et laisser les spéculateurs faire leur travail de sape !

Les peuples ne doivent pas payer la crise. L'Europe n'a de sens que si elle est sociale et solidaire.

Samedi 27 novembre, les Irlandais seront dans la rue.

Nous appelons toutes les organisations qui le souhaitent à marquer leur solidarité et à refuser les plans d'austérité pour aujourd'hui et pour demain.

Rendez vous ce samedi 27 novembre à 15 heures, devant la Représentation permanente de l'Union européenne à Paris
288 Boulevard Saint Germain (75007 Paris, Métro Assemblée nationale).

A l'appel des organisations suivantes : AC!, Attac, Fondation Copernic, FSU, Marches européennes, No Vox, Union syndicale Solidaires, Utopia.

En soutien : Les Alternatifs, la FASE, la Gauche unitaire, le NPA, le Parti de gauche.



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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 11:49

 

http://www.liberation.fr/politiques/01012304558-ilham-moussaid-et-onze-militants-quittent-le-npa

Ilham Moussaïd et onze militants quittent le NPA

En mars, pendant les régionales, l’histoire avait provoqué une tempête : Ilham Moussaïd, militante portant le voile, était candidate dans le Vaucluse sur la liste du NPA. Sept mois après, elle quitte le parti anticapitaliste avec onze de ses camarades des quartiers d’Avignon.

Dans une lettre révélée hier par Mediapart, l’un de leur chef de file, Abdel Zahiri, explique un choix «qui n’est motivé ni par la haine ni par la colère. […] La manière dont certain(e)s ont agi à notre égard jusqu’à lancer une véritable chasse aux sorcières, où nous sommes montrés du doigt comme des pestiférés, et l’attente d’un congrès (qui paraît ne jamais arriver) pour trancher si nous avons notre place au sein de ce parti n’est ni à la hauteur ni digne d’un parti de masse révolutionnaire».

Le jeune militant donne tout de même rendez-vous à ses ex-camarades : «Nous avons encore beaucoup de lutte à mener ensemble donc je vous dis à bientôt.»


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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:34

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gabrielle_Lefevre.231110.htm

Tribunal Russell sur la Palestine

Gabrielle Lefèvre

Mardi 23 novembre 2010

Des entreprises complices de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, coupables de pillage, de recel et de blanchiment

Lors des deux jours de session à Londres, les 20 et 21 novembre, le Tribunal Russell sur la Palestine a entendu des témoignages implacables sur les activités d’entreprises israéliennes et étrangères opérant en territoires palestiniens occupés.

Ont été décrites les fournitures d’armes, de technologies de contrôle et de surveillance par des sociétés comme Elbit, Edo ITT, G4S, apportant indéniablement une aide aux crimes de guerre commis par l’occupant israélien, notamment lors de l’opération « plomb durci » lancée contre Gaza, et une assistance technologique au contrôle et à l’enfermement des populations civiles palestiniennes en équipant les check points, les prisons.

De nombreux experts ont analysé aussi le système bancaire et financier qui soutient le processus de colonisation illégale : prêts et investissements immobiliers, financements de commerces et de moyens de transport à la destination exclusive des Israéliens et interdits aux palestiniens. Les cas de la banque belgo-française Dexia et les activités du groupe français Veolia ont ainsi été condamnées par le tribunal. La complicité des institutions européennes, déjà condamnées lors de la session de Barcelone, a été rappelée par le financement de programmes européens de recherche technologique sur les armements profitant à Israël. Ce pays est ainsi financé, non seulement par de larges aides militaires américaines mais aussi par des financements européens, et des entreprises d’armement se vantent de produits testés sur les populations palestiniennes et libanaises lors des conflits de Gaza et du Liban.

La destruction et l’exploitation des ressources naturelles et agricoles ont été analysées par des experts dont certains, des Palestiniens, n’ont pas été autorisés par l’occupant à se rendre à Londres mais qui ont fourni leur témoignage par vidéos. Ainsi, Caterpillar dont les bulldozers détruisent non seulement des maisons de Palestiniens mais des terres et exploitations agricoles, Ahava qui exploite illégalement les ressources de la Mer Morte et produit des cosmétiques dans une colonie, Carmel Agrexco qui vend des produits agricoles dans le monde entier sous label israélien alors qu’il s’agit de ressources naturelles palestiniennes, sur des terres volées aux Palestiniens, avec de l’eau ressource précieuse interdite aux Palestiniens… Furent évoquées les conditions de travail proches de l’esclavage réservées aux Palestiniens privés de droits syndicaux et de rémunération minimale, soumis à des drastiques restrictions de déplacement à cause du Mur de séparation et spoliés de leurs terres qu’ils ne peuvent plus cultiver.

Le verdict

Dans ses conclusions, le Tribunal affirme la complicité d’entreprises avec des violations israéliennes des lois internationales avec les colonies illégales, l’érection du mur de séparation, le blocus illégal de Gaza et les opérations militaires israéliennes contre les Palestiniens et notamment l’opération contre Gaza constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Malgré les nombreuses condamnations, Israël continue à violer ce droit avec la complicité d’entreprises.

Le tribunal a noté l’échec des Etats à faire cesser ces violations continues ce qui amène les mouvements citoyens à se tourner vers des actions de boycott, désinvestissement et sanction (BDS). Il s’agit donc de protéger ces citoyens dans leurs actions.

Quant aux entreprises mises en cause, seules trois ont présenté une défense. Les autres n’ont rien argumenté. Parmi celles-ci, le tribunal épingle G4S, Elbit Systems, Caterpillar, Cement Roadstone Holding, Dexia, Veolia Transport, Carmel Agrexco, entre autres, comme coupables de complicité avec les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, de pillage, et ces agissements sont susceptibles de poursuites judiciaires .

Le tribunal entend donner ainsi une aide aux citoyens qui veulent faire respecter le droit international et le droit humanitaire par des actions militantes et en justice. Ses conclusions entendent offrir la garantie d’impartialité en se basant sur un cadre légal international bien précis qui est marginalisé par les Etats et les entreprises. Et fournir un cadre légal dans lequel des gouvernements, des entreprises peuvent être amenés à changer leurs politiques et agissements voire de lancer des poursuites au civil et au pénal contre eux. Cela pourrait aider les entreprises à y réfléchir à deux fois avant de poursuivre certaines activités.

Le tribunal souligne enfin que la sécurité d’Israël sera assurée lorsque les Palestiniens auront la reconnaissance de leurs droits. Stéphane Hessel insista sur le fait que la création d’Israël est la réponse à l’événement le plus horrible du siècle passé et que ce pays puisse vivre en paix et déployer ses potentialités est son souhait le plus sincère, mais il regrette de constater que cet Etat ne suit pas la bonne direction.  Le souhait du Tribunal est de l’aider. Afin que cet Etat comme membre de la communauté internationale respecte ses lois, ajoute Mairead Mac Guire. Et  pour que les entreprises comprennent qu’elles aussi doivent respecter ces règles afin de rétablir le droit.

La prochaine session de ce tribunal aura lieu en 2011 en Afrique du Sud afin d’examiner si le crime d’apartheid est applicable à Israël.





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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:23

 

http://www.lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=277

Réunion nationale des communistes le samedi 4 décembre 2010 de 9 h 30 à 16 h 45, rue Henri Barbusse à Aubervilliers réfectoire de l’école Condorcet - Jean Macé à cinq minutes du métro Aubervilliers-Pantin - Quatre-Chemins

La mobilisation contre la réforme des retraites a connu une ampleur que nous n’avions pas vue depuis des années, dans le public comme dans le privé. Elle a touché tous les secteurs de la société, y compris les lycéens et les étudiants. Elle s’est traduite par des actions multiformes qui ont montré que les classes populaires veulent se battre contre la société que l’on est en train de nous construire. L’injustice de la réforme, le fait qu’une fois de plus ce soit le monde du travail qui soit taxé et pas le patronat, sont clairement compris. Au-delà de l’électorat du PCF, le capitalisme est perçu comme un système profondément néfaste qu’il faut abolir : c’est une avancée dans la lutte des classes.

Certes, le mouvement n’a pas été assez fort pour faire reculer le gouvernement Sarkozy-Fillon. Manquant d’une force politique capable d’apporter une analyse claire de la situation et des perspectives politiques crédibles, le mouvement social n’arrive pas au niveau de mobilisation nécessaire.

Cependant, même si le gouvernement paraît sortir gagnant, le peuple a marqué des points. Le mouvement va se poursuivre sous d’autres formes : luttes spécifiques d’entreprises ou de secteurs sur l’emploi et les salaires, défense de la sécurité sociale et de l’ensemble de la protection sociale, défense des services publics... Les prochains mouvements sociaux seront idéologiquement mieux armés et les revendications certainement bien plus radicales. 

Sarkozy, épaulé par le Medef, poussé par l’Union européenne, ne s’arrêtera pas en chemin, sauf s’il est bloqué par l’action populaire. La réforme des collectivités territoriales est au calendrier. L’austérité va avoir un impact catastrophique sur nos concitoyens. Les mesures antisociales se multiplient : dé-remboursement des médicaments, non rétroactivité du versement des APL, etc. 

L’heure n’est pas au désarroi, mais bien à la mobilisation ! Les communistes doivent occuper toute leur place dans la période à venir.   Pour nous qui avons pu constater l’inexistence politique du Pcf au plan national dans le mouvement, la même question reste posée : comment faire pour que notre parti reprenne toute sa place dans les luttes, comment faire pour éviter son effacement derrière le fumeux « Front de gauche » notamment lors des prochaines échéances électorales, comment redonner espoir aux communistes à l’intérieur et à l’extérieur du Parti qui sont convaincus de la justesse de nos combats ?

Caroline ANDREANI (93), Paul BARBAZANGE (34), Floriane BENOIT (38), Marie-Christine BURRICAND (69), André GERIN (69), Jean-Jacques KARMAN (93), Jean-Claude KORDE (67), Jean-Pierre MEYER (83), Alain de POILLY (94), Hervé POLY (62), Laurent SANTOIRE (93)

Ordre du jour :

Analyse de la situation politique et sociale

Vie du réseau : outils d’échange et de mise en commun, formation

Élaboration collective d’un texte pour le prochain congrès dont la trame circulerait début janvier à l’assemblée des animateurs de section

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:16

 

http://www.npa.78.yvelines.over-blog.org/article-ba-61396521.html

Abraham Serfaty : les obsèques d'un militant

Serfaty est toujours là
     
Le vendredi 19 novembre 2010 restera certainement un jour inoubliable pour les centaines (sinon les milliers) de militant-es progressistes et de personnes qui ont assisté à l’enterrement du grand communiste marocain Abraham Serfaty.

Les drapeaux palestiniens en général et les drapeaux du FPLP de George Habache (ami d’Abraham) étaient là, les photos d’Abraham étaient là, les militant-es et responsables des organisations progressistes étaient là : ANNAHJ ADDIMOCRATI, PADS, PSU, CNI, CDT, UMT, AMDH….

Les slogans étaient là : relatifs à ILAL AMAM, ANNAHJ, LES MARTYR-ES, l’ENGAGEMENT, LA CONTINUITE DE LA LUTTE, LE MARXISME LENINISME….

Deux allocutions ont clôturé l’enterrement du grand combattant Abraham Serfaty :

L’allocution officielle de l’événement prononcée par le camarade Abdellah Elharif, le secrétaire national d’ANNAHJ ADDIMOCRATI.

L’allocution d’Abdellatif Laâbi, l’un des fondateurs de l’organisation marxiste léniniste ILAL AMAM, et ami d’Abraham

Certaines « personnalités » officielles étaient là et sont passées inaperçues : Azoulay, Elyazghi, Herzenni, Elyazami, Elhiba…

Les retrouvailles entre camarades, militant-es, anciens détenus (toutes tendances confondues) étaient très, très émouvantes.

Plus de soixante ans de combat contre le colonialisme, contre le despotisme, contre le capitalisme, contre le sionisme, soixante ans de combat pour une indépendance réelle, une démocratie effective, un Maroc des travailleurs, un Etat palestinien laïc et démocratique, des mois de torture ,des années de prison, des années sans « nationalité »…C’est Abraham Serfaty, le pionnier du marxisme léninisme marocain, l’ami des travailleurs, c’est l’intellectuel organique. Les progressistes marocain-es étaient là pour rendre hommage à cet homme exemplaire.

Nous ne pouvons en aucun cas oublier  les hommes et les femmes qui ont tout sacrifié pour les causes du peuple marocain tels : Mehdi Benbarka,    Cheikh Al Arabe, DahKoune, Zeroual , Saîda Mnebhi, Tahani, Jbiha, Mohammed Bougrine….Nous ne sommes ni ingrat-es, ni rénégat-es.

Ali Fkir (19 novembre 2010)   



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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 20:07

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20101125/twl-union-irak-aziz-bd5ae06.html

Le Parlement européen demande à l'Irak d'épargner Tarek Aziz (Reuters)

Le Parlement européen a demandé jeudi à Badgad de ne pas exécuter les peines de mort prononcées contre l'ancien vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz et deux autres anciens proches de Saddam Hussein

Il leur demande également, dans une résolution adoptée à Strasbourg, d'abolir la peine capitale.

La Cour suprême irakienne a condamné l'ancien bras droit de Saddam Hussein à la peine de mort le 26 octobre pour avoir participé à la "persécution de partis islamiques».

"Ce n'est pas le cas de Tarek Aziz qui est important. Nous ne pouvons pas avoir demain sur nos écrans de télé l'image de la pendaison de Tarek Aziz comme symbole de la libération de l'Irak", a affirmé dans l'hémicycle l'eurodéputée socialiste belge Véronique De Keyser.

Le Parlement européen souligne "l'importance qu'il y a à traduire en justice les auteurs de violations des droits de l'homme, y compris les hommes politiques", mais demande à Bagdad d'abolir la peine de mort "en toutes circonstances".

Le président irakien Jalal Talabani a dit qu'il ne signerait pas l'acte de condamnation à mort de Tarek Aziz, soixante quatorze ans, mais l'exécution peut être mise en oeuvre par la voie parlementaire.

Celui qui fut considéré comme la personnalité la plus "fréquentable" de l'ancien régime irakien purge déjà une peine de quinze années de prison pour son implication dans le meurtre de commerçants en 1992 et une autre de sept ans pour la déportation forcée de Kurdes dans le nord de l'Irak.



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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 20:04

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20101124/tts-france-magistrature-ca02f96.html

Après un arrêt européen, les juges français veulent une réforme (Reuters)

Un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme mettant en cause le statut des procureurs français contraint le gouvernement à une réforme qui rendrait ces magistrats indépendants du pouvoir exécutif, ont dit les syndicats de magistrats mercredi

Le ministère de la Justice français a exclu une telle réforme, en disant qu'il ferait appel de l'arrêt de la Cour de Strasbourg et poursuivrait des réformes allant dans l'autre sens, concernant la garde à vue et la procédure pénale.

La Cour des droits de l'homme, dont la jurisprudence s'impose à Paris, a estimé mardi que le procureur français ne pouvait être considéré comme une autorité judiciaire car il n'était pas indépendant du pouvoir exécutif.

En France, le procureur est le magistrat qui déclenche les poursuites, représente l'accusation, conduit plus de 90% des enquêtes pénales, contrôle les gardes à vue et fait exécuter les peines. Le président Nicolas Sarkozy, en supprimant les juges d'instruction, voulait lui confier la totalité des enquêtes.

Les membres du parquet en France sont cependant placés sous la direction et le contrôle du ministre de la Justice. Ils ne sont pas inamovibles et le pouvoir disciplinaire les concernant est confié au ministre, souligne la Cour.

"Ces nouveaux coups de semonce sonnent le glas du modèle français et rendent impérieuse une réforme du statut du parquet", écrit le Syndicat de la magistrature (gauche) dans une lettre au ministre de la Justice, rendue publique mercredi.

"Sauf à ce que la France s'accommode d'une procédure pénale qui violerait en permanence de la Convention européenne des droits de l'Homme, il vous appartient désormais de mettre en oeuvre une vraie réforme du ministère public de nature à en assurer l'indépendance", ajoute-t-il.

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) avait déjà demandé mercredi une réforme qui placerait les procureurs hors de la tutelle du pouvoir.

La gauche a également salué l'arrêt de Strasbourg et estimé qu'elle devait conduire le gouvernement à abandonner ses projets actuels pour d'autres.

"Si réforme il doit y avoir, elle doit se faire avec l'objectif d'une justice égale pour tous et indépendante à l'égard des pouvoirs politiques d'où qu'ils viennent", dit le Parti communiste dans un communiqué.



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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 19:55

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/retraites.htm#marchetti22nov

Pour poursuivre la réflexion, par Jean-Louis Marchetti *

«Aujourd’hui nous ne savons pas ce que nous devons faire, mais nous devons agir tout de suite, car notre inertie aurait des conséquences désastreuses.» Slavoj Zizek

Que la gauche social-démocrate soit déstabilisée par le mouvement social il n’y a rien de surprenant à cela. Elle partage depuis longtemps la même vision du monde que la droite libérale et peu ou prou les mêmes recettes politiques. Son engagement dans la construction de l’UE en fait foi. C’est donc du côté de l’extrême gauche ou de la gauche radicale, quelle que soit la façon dont on l’appelle, qu’il faut se tourner pour tenter de trouver un prolongement politique au refus du système qui s’exprime de plus en plus massivement dans les rues du vieux continent.

Le conservatisme d’extrême gauche

Pourtant, chez ceux qui font profession de contester radicalement le capitalisme, on peine à voir émerger une stratégie politique qui soit à la mesure de la crise du système et des possibilités qu’elle offre pour l’action.

Longtemps marginalisés au sein du mouvement ouvrier, mieux préparés à critiquer qu’à assumer des responsabilités, ces cercles militants dévorés par l’activisme ont trop longtemps laissé l’économie aux mains des spécialistes; celle-ci devenant au fil du temps de mois en moins politique.

De là est né un véritable conservatisme politique et organisationnel, qui empêche d’analyser la crise du capitalisme dans toute son ampleur et d’apparaître comme une alternative.

Ce conservatisme dans la pensée radicale s’ancre sur deux postulats

La foi en la pérennité du capitalisme

Bien évidemment, ce n’est pas ainsi qu’on le formule parmi ceux qui se réclament du marxisme, mais sous sa version volontariste: «Le capitalisme ne s’écroulera pas tout seul !» sous-entendu il faudra y mettre la main.

Avec le temps cette affirmation est devenue une tranquille certitude que le système peut toujours rebondir et comme le phénix renaître de ses cendres. A l’opposé des leçons de Marx, l’histoire aurait accouché d’une formation sociale qui se survivrait à travers l’histoire.

Certes le capitalisme a survécu - à quel prix ! - à la crise de 29, mais la crise actuelle est beaucoup plus profonde. Généralisée dès le départ, elle met en cause les postulats fondamentaux du système.

Or le système crève d’abord de ses propres contradictions et pas de l’hostilité de ses ennemis. Là aussi une grande leçon de Marx un peu négligée.

Les contradictions du système prennent naissance dans son fonctionnement économique, cette structure qui a fait son extraordinaire succès.

Partie de cette base économique, la crise actuelle atteint toutes les dimensions de la société, fragilise l’ensemble des rapports sociaux et d‘abord les rapports noués dans le cadre de l’organisation du travail et donc les rapports avec la nature qui prend sa revanche d’une longue histoire de pillages irresponsables.

La crise actuelle n’est pas une crise cyclique, mais une crise de dégénérescence du mode de production. Nous en sommes précisément au moment où le développement des forces productives fait éclater les rapports de production non pas dans un ou plusieurs pays avancés, mais pour la première fois dans l’histoire à l’échelle du capitalisme mondialisé.

Cette crise globale provoque des révoltes dans toutes les instances de la société: usines, bureaux, écoles, hôpitaux, tribunaux… Ces révoltes portent en germe une rupture radicale avec le système et donc la possibilité pratique d’une autre société.

C’est seulement en articulant les multiples crises qu’engendre la décomposition du capitalisme avec les révoltes qu’elles provoquent que l’on peut penser la rupture et la transition vers un autre type de société.
Mais pour cela il faut commencer par prendre la crise actuelle au sérieux.

Une vision syndicaliste de la lutte des classes

Il faut aussi prendre au sérieux les mouvements sociaux et leur dynamique. Malheureusement c’est souvent une vision syndicaliste qui domine dans la gauche radicale avec la grève générale comme horizon indépassable et qui s’éloigne sans cesse.

Et surtout ce constat faussement réaliste: «L’accumulation des défaites»
Un constat qui bouche la perspective, aboutit à intérioriser une dégradation durable du rapport de force et interdit de penser la contre-offensive. La classe ouvrière pourrait au mieux espérer limiter les dégâts en attendant des lendemains encore imprévisibles.

Une vision qui bizarrement entre en phase avec celle des réformistes honnis.

Dans ces conditions que peut faire la gauche radicale ? Témoigner, sauver son âme en conservant intact le drapeau pour les jours meilleurs. L’ennui c’est que les drapeaux, conservés dans ces conditions, sont bouffés par les mites !

La somme algébrique des gains et des pertes n’a de sens que dans une période de stabilité. Elle n’en a plus lorsque toute une société fout le camp.

Ce qui importe maintenant, c’est de mesurer la déstabilisation de la formation sociale, la multiplication des groupes sociaux qui entrent en résistance et la dynamique de leur lutte.

L’articulation des crises et des expériences de lutte

La Commune de Paris, la Révolution russe, les révolutions coloniales, la plupart des révolutions depuis deux siècles prennent leur élan du fond d’une accumulation de défaites catastrophiques. Elles marquent alors un retournement dialectique, pas le sommet d’une longue accumulation de victoires comme le croyaient les sociaux-démocrates allemands du début du vingtieme siècle.

Certes les bourgeoisies européennes accumulent les mauvais coups contre leur propre classe ouvrière, mais ce faisant elles réduisent considérablement leur base sociale et ce qui est peut-être encore plus grave pour elles, elles détruisent leurs propres bases d’accumulation capitaliste dans une situation de concurrence internationale exacerbée où elles ont perdu l’initiative.

Dans chacune de ces batailles, les travailleurs et travailleuses accumulent des expériences de lutte et s’éloignent d’un système qui manifestement ne leur réserve aucun avenir enviable.

C’est de l’articulation entre la crise et l’accumulation d’expériences, y compris de défaites partielles, que naîtra la volonté collective d’en découdre jusqu’au bout.

A quelle aune juger la mobilisation sur les retraites ?

Certes la loi est passée et va commencer à s’appliquer. Mais qui peut croire que la bourgeoisie a ainsi réglé la question des retraites jusqu’en 2040 ?

Les dirigeants des banques centrales sont incapables de réguler le système monétaire international à trois mois. L’approvisionnement en céréales de l’humanité n’est pas assuré au-delà de trois mois. Le peak oil est sans doute déjà atteint et tous les scientifiques sérieux de la planète nous annoncent que nous sommes engagés dans un bouleversement climatique catastrophique.

La vérité c’est que le capitalisme met en danger l’avenir des retraités et de tous les autres à très court terme. Et ce n’est pas un problème de financement.

Ce sont les vraies richesses qui manqueront de plus en plus, comme elles manquent déjà cruellement pour des millions d’habitants du globe: alimentation, eau potable, vêtements, logements, santé, éducation…

Il faut avoir le courage de le dire. On ne peut pas sauver les retraites dans le cadre du système capitaliste, pas plus qu’on ne peut sauver le droit à la santé, l’éducation, le logement, le droit à l’eau potable et à une alimentation saine. Le droit à se chauffer en hiver et à se vêtir correctement.

La situation que connaît la partie la plus pauvre des populations d’Europe, cette situation est entrain de s’étendre très vite à l’ensemble des travailleurs et à ce qu’on appelle les classes moyennes et qui commencent à en prendre conscience.

Au point de dégradation atteint par le système, la mise en place de la loi sur les retraites n’y change rien.

Par contre, ce qui donne toute sa signification à la séquence que nous venons de vivre, c’est qu’au moment le plus fort de la mobilisation il est devenu soudain clair pour les manifestants et les grévistes, pour le pouvoir et pour les observateurs étrangers, que ce qui était en jeu, c’était un choix de société.

Comme pour le CPE (Contrat première embauche), comme pour la constitution européenne. L’entrée de la jeunesse dans la danse ne trompe pas. Les lycéens l’ont compris et leurs parents aussi. Au-delà des retraites, c’est l’organisation du travail, des études, la justice et la démocratie qui sont en cause.

Qu’on prenne la question par le bout des retraites, des services publics, de l’école, de la sécurité sociale, du réchauffement climatique ou de l’énergie nucléaire, le bilan est le même: de cette société-là on n’en veut pas ! L’enjeu est à ce niveau et pas en deçà.

Dans un article intitulé «Retraites: la débâcle en chantant victoire» le journaliste Pierre Marcelle (Libération, 12 novembre 2010) clame sa frustration et sa rage de ne pas avoir gagné. Pertinent sur l’analyse, il se trompe sur le bilan. Mais qu’importe le bilan, ce qui est précieux c’est cette rage.

Elle est maintenant un bien commun à des millions.

Voilà l’expérience qu’ont faite des millions de travailleurs et de jeunes pendant l’automne 2010. Ils ont aussi fait l’expérience qu’ils n’étaient pas encore équipés pour franchir l’obstacle. C’est à cette question qu’il faut s’atteler.

En particulier pour ceux qui ont fait de l’anticapitalisme leur identité.

Un parti, un programme, une stratégie.

Mouvement social cherche parti. Un parti capable de définir et de commencer à mettre en pratique une politique de rupture avec le capitalisme. C’est la principale limite des mouvements sociaux et il faut reconnaître que depuis que la question est ouvertement posée nous progressons lentement.

L’anticapitalisme aujourd’hui: remonter des conséquences aux causes
Il est aujourd’hui de bon ton d’être anticapitaliste. Cet anticapitalisme s’appuie sur les conséquences les plus visibles du système. Mais cet anticapitalisme des conséquences remonte rarement jusqu’aux racines du système. S’il se propose souvent de le réguler, il se garde bien de remettre en cause sa base: la propriété privée des moyens de production. Et ce qui en est la conséquence inéluctable: l’exploitation des travailleurs et le pillage des ressources naturelles.

Un programme de rupture dans tous les domaines

Un programme de rupture, c’est un programme qui commence à tracer des pistes pour un fonctionnement alternatif de l’appareil de production, comme de toute la société.

Ce n’est pas une plate-forme revendicative, mais les mesures les plus urgentes à prendre, dans tous les domaines pour changer de cap. Il faut sans cesse répéter qu’un tel programme ne peut réussir sans sa mise en œuvre directement par les travailleurs et la jeunesse mobilisée.
Un tel programme ne peut être l’œuvre d’un seul parti, il naît des besoins collectifs, il est confirmé dans les luttes, mais un parti ou une coalition peut se l’approprier.

A condition que ce ou ces partis disent clairement qu’ils font le choix de la rupture et que la voie de la régulation du capitalisme est désormais une impasse.

Une stratégie qui pose la question du pouvoir

La question du pouvoir est posée par toutes les dimensions de la crise du système. Elle se pose dans toutes les luttes qui contestent son fonctionnement, face à toutes ces décisions inévitables prises par nos gouvernants. Décisions inéluctables pour ceux qui veulent pérenniser le système.

Un parti utile dans cette situation, c’est un parti qui indique sans cesse la direction du pouvoir, qui rappelle la nécessité pour les travailleurs et les couches populaires de s’emparer directement du pouvoir et propose des étapes pour atteindre cet objectif.

La question du débouché politique aujourd’hui

Nous devons commencer à apporter des réponses sans attendre une hypothétique recomposition/reconstruction du mouvement ouvrier. Ce qui implique de partir de ce qui existe pour créer les conditions de son dépassement.

On pourrait définir le point de départ ainsi:

«VIRER SARKOZY, SANS FAIRE CONFIANCE AU PS POUR CHANGER DE POLITIQUE»

Ce qui pose nécessairement la question de l’unité de la gauche radicale et entre autre des partis qui se situent à gauche du PS. Ils n’y seront peut-être pas tous à l’arrivée, mais au départ ils sont tous concernés.

Nous nous retrouvons peu ou prou dans la configuration qui a suivi la victoire du non [54,7%] au référendum [sur le Traité constitutionnel européen] de mai 2005, mais avec quelques millions de grévistes et quelques années d’expériences en plus. Transformer une partie de ces grévistes en militants d’un grand mouvement politico-social voilà l’enjeu, pour donner cette fois un débouché positif à la construction d’une force politique radicale à la gauche du PS qui postule au pouvoir pour y appliquer un programme de rupture avec le capitalisme.

Pour que cette perspective ne soit pas une fois de plus un théâtre d’ombres, il faut que le débat commence par le bon bout: quel anticapitalisme voulons-nous pratiquer ensemble ? Celui des bons sentiments et des beaux discours ou celui de la rupture et donc de la confrontation ? De la réponse à ces questions dépend la question des alliances et de l’attitude par rapport au PS et à sa gestion. Pas l’inverse.

La catégorie politique «gauche» est devenue une coquille vide qu’il faut maintenant confronter à la réalité de la crise et de la lutte des classes.

Le temps de l’Europe

Les échos de la mobilisation française sur les retraites n’étaient pas retombés que l’on apprenait qu’en Allemagne 50’000 manifestants bloquaient pendant plusieurs jours un convoi ferroviaire chargé de déchets nucléaires. Dans la même semaine les étudiants anglais excédés par l’augmentation des frais d’inscription décidée par le gouvernement conservateur saccageaient les locaux du parti au pouvoir à Londres.

Dans tous les pays, sur tous les terrains la révolte gronde en Europe.

C’est une caractéristique majeure de la situation actuelle et il faut en comprendre la nouveauté.

L’extrême gauche se doit de faire une mise à jour.

Les militants de ce courant ont longtemps répété avec raison, que les décisions de Bruxelles engageaient aussi la responsabilité des gouvernements nationaux. C’est toujours le cas. Mais trois choses ont changé:

La coordination des politiques à l’échelle du continent est devenue un enjeu vital pour les bourgeoisies européennes et cette coordination ne va pas de soi, c’est le moins qu’on puisse dire. La construction européenne est soumise à d’exceptionnelles tensions par la crise économique. Une potion amère pour les peuples pourrait sortir de ce chaudron de sorcière si nous ne le renversons pas à temps.

Il existe maintenant un appareil d’état européen qui n’a aucune légitimité, mais qui gouverne peu ou prou sous les ordres directs des multinationales. Cette situation antidémocratique est sans précédente et scandaleuse en soi. Elle ne laisse que peu de marges de manœuvres aux politiciens nationaux pour gérer les conflits, autrement que par de méthodes de clique et de basse police.

Tout le monde sent bien que l’échelle du Vieux Continent est la plus pertinente pour jeter les bases d’une nouvelle société respectueuse des droits démocratiques, de la justice sociale et des contraintes écologiques.


Autant l’Union Européenne est le lieu de tous les dangers, autant une Europe construite par et pour les travailleurs offrirait des possibilités réelles pour sortir du capitalisme.

En conséquence tout projet de transformation sociale se doit de répondre à quelques questions brûlantes concernant la constitution européenne, la monnaie, le système financier, les services publics, les droits sociaux et la législation environnementale à l’échelle du continent.

Un tel programme sera d’autant plus crédible qu’il s’appuiera sur la coordination des luttes sociales et écologiques qui foisonnent actuellement.

Les travaux pratiques ne manquent pas.

Mais il faut dépasser les réflexes de boutique et surtout les frontières idéologiques et les incompréhensions fruits d’une longue période d’histoires politiques nationales qui se sont tourné le dos. (Ecrit le 12 novembre 2010)

*Jean-Louis Marchetti, militant syndical dans la FSU (enseignement), membre du NPA des Bouches-du-Rhône et membre de sa commission écologie.
(18 novembre 2010)


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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 20:59

 

Sur le mouvement ouvert cet automne 2010, Introduction à la discussion


Après les événements que nous venons de vivre, pour l’heure il n’y a pas assez d’informations centralisées, collectées, en dehors de ce que la presse durant le conflit lui-même a relaté. Une presse, cela est assez étonnant cette fois, extrêmement superficielle, portant très peu d’informations précises ; au niveau des télévisions, souvenons-nous de la période qui s’est ouverte après 1968, où le pouvoir avait viré deux cent à trois cent journalistes et où l’information avait été reprise en main. Là ce n’est pas du tout le cas, l’information n’a même pas eu besoin d’être reprise en main, ce sont les rédacteurs en chef qui faisaient les journaux.

 

Les journalistes de Radio ou France télévision expliquent que la moitié d’entre eux étaient en grève et que ceux qui n’étaient pas en grève, ce sont les cadres, qui faisaient les journaux en discussion avec Matignon. D’emblée on est revenu à une forme d’information-propagande. Remarquons bien que tout ce qu’ils ont essayé de faire a échoué. A la deuxième manifestation le mouvement était soi disant en train de s’épuiser, puis ils renouvelaient l’opération pour la troisième manifestation, pour la quatrième et ainsi de suite, c’était soi-disant l’épuisement, puis ils ont monté en épingle l’affaire des casseurs dont une bonne partie étaient des éléments de la police comme cela a été démontré, et essayé comme toujours de faire l’ amalgame avec les manifestations des jeunes … tout cela n’a pas marché.

 

On ne sait donc pour l’ instant que des choses parcellaires, le bilan ne pouvant être que collectif  à travers les débats qui doivent s’ouvrir. Je dirai ce que j’ai pu voir en province puisque j’y étais durant quelques jours au plus fort du mouvement. 

 

Mercredi, entre les camarades qui animent le club, nous avons commencé entre nous une discussion et tout naturellement on ne peut pas dire que chacun tire les mêmes conclusions face à un mouvement d’une telle richesse, d’une telle diversité, d’une telle importance. Je donnerai donc mon sentiment politique. Les salariés n’ont pas imposé l’abrogation de la réforme des retraites, les salariés n’ont pas gagné, mais le gouvernement a perdu. C’est évidemment une équation dialectique qu’il faut essayer d’éclairer, mais c’est une équation qui permet d’avancer dans la nuance. On pourrait préciser : les salariés ne sont pas encore victorieux, mais les gouvernants sont politiquement défaits.

 

Premièrement, c’est un mouvement de lutte des classes qui s’est reconnu comme tel. Il était frappant de voir que l’un des autocollants qui était le plus apprécié par les gens, c’était : « Je lutte des classes ». Cela, nous a vraiment épaté, comme une sorte de revendication de sortir du pathos, du « mouvement social », du langage d’ATTAC, du langage des avant-gardes. « Je lutte des classes », cela voulait dire quelque chose à la fois de retour en arrière et d’accès à la modernité du mouvement. Si c’est le mouvement le plus important depuis 1968 – prenons les chiffres de la police, cela évite toute discussion sur le chiffre réel des manifestants – si vous additionnez 8 fois les chiffres de la police, ils arrivent à dix ou onze millions de manifestants. C'est-à-dire une fois moins que le chiffre de la CGT, bien sûr. Jamais depuis 1968 et sur un laps de temps aussi bref, il n’y eut autant de manifestants en France. En France et dans un nombre incroyable de villes de France. En Bretagne, à Auray qui est une sous-préfecture de moins de sept mille habitants, il y a eu huit cent manifestants. Auray, il n’y a pas de discussion entre la CGT et la police sur le nombre. C’est considérable, il n’y avait jamais eu de manifestation de cette importance depuis la Libération.

 

Deuxièmement, on peut dire que c’est un échec des organisations syndicales, plus précisément, des appareils syndicaux. Tout a été mis en œuvre, tout a été organisé pour qu’en deux ou trois semaines cela rentre avec le numéro habituel de la division entre les appareils qui disent : « salariés, vous voyez, pas moyen, on rentre à la maison ». Cela n’a pas marché et on peut ajouter que d’emblée il s’est installé un rapport de force entre le mouvement, les manifestants, les grévistes et les appareils. Les appareils n’ont pas osé aller plus loin, c'est-à-dire affronter le mouvement. Ils ont par contre essayé de l’épuiser ; certains d’entre nous  pensaient, dont moi, qu’ils y arriveraient. La dernière manifestation j’avais dit à Jacky, « il n’y aura personne ». Pour une manifestation où « il ne devait y avoir personne », il y avait beaucoup de monde, et de surcroît personne n’était démoralisé, personne n’était battu ou dans la défaite. C’était un moment et rien d’autre. C’est le point le plus important : entre le CPE et ce mouvement, il s’est passé quelque chose. Au moment du CPE c’était la jeunesse qui était en avant, les appareils suivaient, encadraient. Au moment de la bataille contre les retraites, il se passe quelque chose de plus important, je veux dire une autonomie des structures syndicales par rapport aux appareils centraux. C’est le sentiment que j’ai éprouvé à Lorient, à Nantes et à Auray. Il n’y a plus de « ligne » ! Il y a des militants qui animent des structures syndicales et qui, ici ou là suivent ou ne suivent pas l’appareil de la CGT. Quand l’Elysée dit : « on s’est parlé avec Thibault les quatre premières semaines et plus après », c’est probablement vrai. Ils n’arrivaient pas à trouver le terrain d’un compromis possible. Pour nous c’est très important, mais il ne faut pas avoir le nez sur le guidon, ces processus on les a déjà vécus ! Souvenez-vous du référendum européen : les militants et les cadres moyens ont battu l’appareil, Thibault voulait le oui, les militants ont imposé le non. Depuis ce moment là, dans la CGT qui est tout de même le cœur du mouvement ouvrier français sous sa forme syndicale, il y a des éléments qui vont à la rupture, à l’affrontement. On sent ces choses-là.

 

Troisièmement, on doit constater : la grève dans le  mouvement n’a pas été très massive, cela a été important, mais pas total. Ne nous racontons pas d’histoires. Des secteurs entiers de la classe ouvrière sont restés sur le bord de la route. Soit qu’ils aient été blessés, je pense aux enseignants qui ne sont entrés que de manière marginale dans le mouvement et sur lesquels pèse la défaite de 2003. La fonction publique territoriale n’est pas entré, la santé qui pourtant a des revendications vitales, les métallos, la RATP aussi. Contrairement à ce qu’on dit sur les raffineries, le secteur majeur c’est les cheminots : ce sont eux qui ont animé tous les piquets, qui avec peu de grévistes, alors qu’ils ne sont pas concernés à court terme par cette réforme, ce sont les cheminots qui ont été à l’avant-garde. Dans une discussion à la Gare Montparnasse ils disaient : « ce n’est même pas pour nous que nous nous battons, ce n’est pas notre problème à court terme, c’est pour la société toute entière ». Les gens écoutaient avec beaucoup de gravité.

 

Aujourd’hui, il y a beaucoup de textes qui sortent en disant : « nouvelles formes de lutte des classes, manifestation pas de grève, blocage des routes, « grève par procuration » etc… il faut dire la vérité, tout cela ce n’ est pas sérieux. Les confédérations ont tout fait pour qu’il n’y ait pas de grève préparée, organisée, appelée, à plus forte raison de grève générale. Le plus pervers du lot, c’était Mailly qui tous les trois jours disait : « nous sommes pour une grève public-privé de 24 heures ! » Ce qui m’a frappé dans cette répartition des rôles c’est que la classe ouvrière, le salariat, est parvenu à un niveau et pas à un autre. Elle est parvenue à faire ce mouvement formidable mais elle n’est pas arrivée à imposer la grève générale : il fallait qu’elle devienne légitime contre l’intersyndicale pour l’imposer. Jamais le mouvement n’a été à ce degré de conscience et de mobilisation. J’ajouterais même, est ce vraiment le problème ?

 

Est-ce qu’il faut que nous fassions de la grève générale un absolu ? On connaît les dangers que cette affaire recèle. Je rappelle toujours que la France qui est mère de la grève générale (comme elle est fille aînée de l’Eglise !) n’a connu que deux grèves générales, 1936 et 1968, jamais à l’appel des organisations syndicales, toujours dans le mouvement spontané. La classe ouvrière, le salariat plus précisément ne s’est pas senti dans une suffisante santé sociale, économique, politique pour imposer la grève générale dans un seul coup d’épaule. Il faut tenir compte de ce que signifie la moyenne des salaires dans le pays, l’endettement des ménages, l’extraordinaire difficulté dans laquelle les salariés commencent à être engagés.

 

Elevons notre réflexion à l’échelle de l’histoire, rappelons nous les années 1930, avant les décrets Laval : mille deux cent cheminots ont été licenciés au bout de deux jours de grève. Trois mille instituteurs révoqués. Nous, nous n’  avons jamais connu ces choses là. Ce n’est que depuis peu qu’ on retire aux  les salariés du public leurs journées de grève.

 

Nous avons sous des climats politiques extrêmement agréables. Les salariés sont aujourd’hui dans une autre situation, il suffit de voir le degré de pauvreté pour comprendre de quoi il s’agit. Nous n’avons pas suffisamment apprécié ces choses-là.
     
Un des traits de ce mouvement, c’est la solidarité politique. J’étais à Lorient pendant la grève, autour des raffineries. C’était la cinquième semaine : il y avait trois cent à quatre cent militants qui étaient là de 8 heures du matin à 20 heures le soir. Beaucoup de cheminots, une cinquantaine de militants des raffineries, des gens de la navale qui arrivaient (vingt cinq à trente), les instituteurs et les fonctionnaires qui étaient là très nombreux, bref toutes les corporations, des jeunes lycéens et les paysans qui amenaient à manger avec les tracteurs-élévateurs. Qu’est ce qu’on faisait ? On discutait politique. Devant les raffineries, il y a eu des sortes de Comités d’Action qui se sont constitués, c'est-à-dire d’authentiques regroupements politiques dans la grève. On discutait de tout, sans passion excessive, avec un grand sens de la démocratie et de la responsabilité, avec un intérêt pour les jeunes lycéens et étudiants qui était magnifique. Ce que j’en retire c’est le sentiment d’une solidarité active, politique et celui aussi que Sarkozy c’est fini. Pour ces combattants, ces syndicalistes, il n’y avait pas le moindre problème, « on ne gagne pas mais lui a perdu, on règlera cela ». Et ils ne le disaient pas seulement à travers 2012.


Enfin abordons la question essentielle de ce mouvement. Globalement, je suis d’accord avec l’éditorial de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique. Je trouve son éditorial plus intelligent que la discussion qu’on avait eue, quand il titre : « le Réveil ». C’est une bonne perception de la réalité. Les salariés français se réveillent, ils ne sont pas encore en train de frapper, mais dans ce processus, dans ce mouvement ils se sont réveillés avec l’apport exceptionnel de dizaines de milliers de jeunes. L’arrivée de la jeunesse a tout modifié. Sinon le mouvement aurait été battu. Le mouvement de la jeunesse a apporté une force, une vigueur, un dynamisme exceptionnel. Ce qui est curieux, c’est que les jeunes en entrant dans le mouvement se sont calés sur les salariés, ils n’ont pas cherchés à les dépasser. En d’autres circonstances ils auraient été à l’affrontement tout seul, là ils sont restés avec les salariés. C’était pour eux le point essentiel, rester solidaires dans le même combat pour les mêmes objectifs.

 

Il y a un camarade de Marseille du NPA qui a fait un texte intéressant. A la fin il pose un vrai problème : « le mouvement n’a pas eu de répondant politique… » Je crois que ce n’est pas tout à fait exact. Si on dit, « le mouvement n’a pas eu de répondant politique », on se tourne naturellement vers une hypothèse institutionnelle autour du PC et du PS. C’est inévitable. Or le mouvement est l’alternative politique, en tant que tel. C’est sur lui qu’elle s’établit, sur ce que les dix millions de salariés qui durant huit semaines ont manifesté, ont inscrit dans leur lutte politique. Eux sont l’alternative politique, pas seulement l’alternance possible, ils sont l’alternative politique, ils peuvent en bas commencer à construire, exprimer leur volonté, commencer à se regrouper comme ceux qui étaient sur les piquets de grève des raffineries et affirmer le début d’une solidarité politique. Je ne prétends pas que cela soit simple, mais un tel mouvement en a les capacités. Si on ne centre pas notre réflexion là-dessus, une fois encore on dira que les salariés, la jeunesse n’ont pas les moyens de se hisser à la hauteur de la question du pouvoir et ils doivent le confier aux organisations politiques, PS, PC et Mélenchon. Si on dessaisit le mouvement de cette capacité politique, c’est qu’on ne croit pas à la possibilité de cette prise en main par lui même. Or c’est tout le contraire. Les gens qui sont dans les arcanes du pouvoir sont très inquiets. Tant que cela reste entre les mains de la CGT, tout va bien. Avec Thibault qui est « un homme responsables », tout se passe bien. Si par malheur cela devait, comme ils disent « dégorger », Trotski disait « repousser les palissades », là les choses seraient très compliquées.

 

Dans le début de cette introduction nous disons : les salariés n’ont pas gagné mais Sarkozy a perdu.


Avoir le  mal qu’il a à constituer un gouvernement, alors qu’il est majoritaire !... « donnez moi la réforme des retraites et après vous allez voir ce que vous allez voir… ». A Séoul il a déclaré à ses partenaires que Christine Lagarde remplaçait Kouchner, que Juppé remplaçait Morin, et que comme maître du monde il présentait ses deux collaborateurs à la diplomatie et à la défense… mais interrogé par Merkel, Obama, il a dit « je rentre un peu plus tôt parce que c’est un peu le bazar à Paris, mais je n’ai pas encore décidé qui serait premier ministre ». Au-delà de ce qui appartient au personnage – le côté paranoïaque, cinglé – c’est aussi le résultat de la bataille des retraites. C’est la première illustration de la puissance du mouvement et la seconde, c’est la division à nouveau du PS. Le mouvement est à peine rentré, (ce qui aurait dû renforcer le PS) au contraire, on le voit immédiatement imploser autour du texte «Pour  l’ égalité réelle ». Ajoutons une remarque sur quelque d’ incroyable : ils sont à une cordée de reprendre le pouvoir, et ils ont envoyé Jack Lang et Jean Christophe Cambadélis pour soutenir Gbagbo en Côte d’Ivoire avec le soutien officiel de Sarkozy. Ils ont donc voyagé gratuitement dans les avions de la République, certes pas dans les meilleurs, mais quand même ! C’est insensé. C’est un parti qui ne peut même plus faire semblant d’être à gauche. A peine le mouvement paraît-il fini qu’ils disent : « la retraite à soixante ans ce n’est pas exactement ce qu’on a voulu dire, on nous a mal compris ».

 

Là aussi c’est une situation à prendre en compte. Emmanuelli a déclaré au Conseil National où ils ont adopté un projet sur l’égalité : «  là on n’ est plus dans la discussion, il y a eu des millions d’hommes et de femmes dans la rue, si vous croyez qu’on pourra leur vendre des cacahuètes comme on l’a fait dans le passé, vous vous trompez. Ils peuvent voter contre Sarkozy et nous mettre en résidence surveillée ». C’est très juste. Sur ce plan, il nous faut une grande capacité de réflexion, en évitant de faire ce qu’on a toujours fait, chercher à avancer une série de mots d’ordre, de gadgets.

On peut ajouter à ce propos que les militants révolutionnaires ont joué un rôle très actif dans cette bataille. Ils y étaient, avec une particularité : les militants étaient là, mais les organisations étaient incapables de nourrir le mouvement, sauf sur le thème « avançons, avançons, avançons… » ou « reculons, reculons, reculons » avec Mailly, mais c’est la même chose : l’incapacité à engager la discussion avec ces millions de femmes et d’hommes.


La conséquence première de ce mouvement au niveau International c’est à Londres que cela se passe : quarante mille étudiants prennent d’assaut le siège du Parti Conservateur, avec les mots d’ordre scandés en français « tous ensemble ! tous ensemble, grève générale! » . L’internationalisme prolétarien c’est cela. On pouvait penser que le salariat français était isolé, là, peut être, il va se passer quelque chose. Le salariat allemand va peut être bouger… Parce que ce serait le réveil de la classe ouvrière européenne et de la jeunesse contre le libéralisme et les traités européens.

 

Deuxièmement il faut être très sensible au dernier communiqué du FMI qui invite les états et les gouvernements à prendre les mesures pour de nouvelles faillites  du style de celles qui ont déstabilisé la structure bancaire internationale. Il semble bien, que dans les classes dominantes, les gens sérieux disent : « la première fois on a sauvé le système bancaire et on a évité la récession, cette fois on ne s’épargnera ni l’un ni l’autre », tant la masse des capitaux est énorme et que la crise de la dette souveraine est présente dans tous les pays industriellement avancés.

 

Enfin nous avons affaire à un nouveau gouvernement qui ressemble à l’autre comme deux gouttes d’eau. C’est une évidence absolue, c’est une forme de désarroi politique. Rappelons nous que depuis six mois, Sarkozy dit : « tout va changer, vous allez voir ce que vous allez voir … »  Mais Raffarin de son côté avance dans le Monde du samedi 13 novembre où il prend position pour Borloo contre Sarkozy et Fillon : « il faut rompre avec toute la politique sociale du gouvernement, il faut une rupture sociale ». Evidemment la bagarre va recommencer chez eux, parce que dans toute une série de secteurs de la bourgeoisie, cette affaire a révélé que Sarkozy n’était pas l’homme de la situation. La présidente du MEDEF, Parisot, ne disait trop rien jusqu’ici, alors qu’habituellement elle parle sans arrêt. Pendant les 8 semaines, elle a pris la parole une seule fois. Et puis voilà une note du MEDEF intitulée « cessez le feu ! » alors que jusque là elle était sur la ligne « avançons ! avançons ! » Le MEDEF veut signifier que le gouvernement n’a plus la possibilité d’une telle politique, et que le contraire c’est mettre, les patrons, dans une situation difficile. Il y a là un début de dislocation interne, Sarkozy n’est plus reconnu. Un journaliste disait : le président annonce une augmentation des tarifs d’EDF de 7%, après les 6% de l’an dernier et il annonce en mêm temps aux français qu’il a un nouvel avion qui a coûté 170 millions d’euros !... La classe dirigeante est inquiète, il y a un côté totalement irresponsable.

 

Qu’est ce qui peut se passer maintenant ? Ce qui est sûr c’est que l’opposition institutionnelle est obligée de monter au créneau. Les Verts et le PS sont obligés de se rencontrer et de faire un programme. Aubry ne peut plus rester dans le silence. Tout le monde admet, (c’est ce que dit en particulier Raffarin qui n’est pas un gauchiste), qu’il peut arriver des choses désagréables avant 2012. Le rôle de « l’opposition » c’est cela colmater les brèches pour une alternance paisible.

 

Pour notre part nous devrions dans les semaines qui viennent chercher à  nous rassembler avec les militants pour s’adresser aux salariés, aux acteurs et combattants qui ont fait le mouvement en disant : commençons à bâtir l’alternative sinon nous subirons l’union du PS, du PC et des Verts pour nous écraser. Sinon nous allons reprendre un coup de Jospin, de Martine Aubry, de « la gauche plurielle », de « la gauche solidaire » comme ils disent maintenant.

 

Dire la vérité aux salariés, montrer que ce que fait Zapatero en Espagne est une honte, montrer que ce que fait Papandréou est la destruction d’une société progressiste, la Grèce. La France n’échappera pas à cela si nous n’imposons pas une autre politique. Il paraît possible que dans le salariat français une telle manière d’aborder les problèmes existe. Aller vers les combattants, non pas pour les convaincre que nous avons raison, mais pour les convaincre qu’ils peuvent être le sujet de l’histoire.
    
Introduction  à la discussion : « Club Socialisme Maintenant » Paris le 13 novembre 2010

 

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