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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 18:13

 

 

Seizième anniversaire du coup de hache au racisme d’état affiché :

NON A LA HONTEUSE POLITIQUE ELECTORALISTE DU BOUC EMISSAIRE!

MANIFESTONS TOUS LE SAMEDI 28 AOÛT A PARTIR DE 13 HEURES PLACE DE LA REPUBLIQUE A PARIS

Trois cent quatorze sans papiers, nourrissons, enfants, mères et pères réfugiés à l’église Saint Bernard avaient été brutalement délogés par des coups de haches et des gaz lacrymogènes le 23 août 1996. Il s’agissait de montrer à un certain électorat raciste la « fermeté » d’une droite politique qui venait à peine de sortir d’un bras de fer social avec un mouvement gréviste qui avait mobilisé plus de trois millions de travailleurs en novembre/décembre 1995.

Dans le cadre de la cohabitation le retour de la « gauche plurielle » au pouvoir qui n’a pas tenu sa promesse d’abroger les lois racistes Pasqua/Debré et de régulariser les sans papiers s’est terminé par le désastre de Le Pen au second tour et son rejet massif à plus de 80% au second tour de la présidentielle.

Profitant de ce double traumatisme – Le Pen au second tour et vote massif contre le candidat fasciste – le vote Sarkozy a fusionné électeurs de droite et d’extrême droite plus même une partie dite « issue de l’immigration » charmée par « la discrimination positive » et des « ministrables des minorités visibles».

Avec les voitures qui flambaient brusquement à nouveau et « les émeutes des banlieues » en 2005 les médias déversaient aux électeurs les explications « raciales » et « ethniques » de « l’insécurité » des Finkielkraut, BHL, Glucksman, Frêche, de Villiers, de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse, de Pascal Sevran et autres « experts » médiatiques avant l’entrée en scène des Hortefeux, Besson, Estrosi, Mariani, etc, pour banaliser l’entretien officiel en tant que représentant de l’Etat de la parole publique raciste pour accompagner la politique scandaleuse de chasse à l’humain étranger parce que sans papiers.

Le résultat est là : Plus de mille actes racistes ont fait l’objet d’une plainte en 2009 alors qu’ils étaient 467 en 2008 et 321 en 2007. Yves Repiquet président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) précise :

«  On peut parler d’explosion : deux cent vingt plaintes concernaient des actes de violence l’an dernier contre quatre vingt dix sept l’année précédente. Parmi les victimes, les membres de la communauté maghrébine sont les plus touchés, que ce soit par des actes de violence raciste (33,64% du total) ou par des menaces d’intimidation (29,77%) ».

La surenchère raciste de l’Etat Français est aussi illustrée par la condamnation récente en première instance de M. Hortefeux Ministre de l’intérieur pour propos raciste et qui, chose incroyable, est toujours à son poste.

Au scandale du racisme sans voile d’une droite obsédée par l’électorat lepéniste vient maintenant s’ajouter les scandales de l’argent et de la gabegie par l’étalage d’une « république des copains et des coquins » expression célèbre des années 1930 pour dénoncer la corruption des politiques.

La faillite totale amène la droite décomplexée à ne plus hésiter à voiler par une burqa sur les questions sociales – crise, retraite, chômage, destructions des acquis sociaux, etc., sa stratégie électorale est de jeter en pâture à la vindicte d’un certain électorat les sans papiers, les immigré(e)s, les « minorités visibles Françaises » et les Gens du voyage/Roms/Gitans/Tziganes, etc.

Gageons que ces boucs-émissaires de la décadence morale, politique, économique et sociale de l’élite politique et économique qui gouverne le pays ne suffiront pas à la surenchère anti-républicaine et anti-sociale de la droite lèche botte de l’extrême droite. D’autres boucs-émissaires seront les sdf, les chômeurs, les vieux, les jeunes et les femmes, etc.

Dans une période recul qui se transforme en déchéance immorale, la CNSP rappelle qu’avec le Ministère de la Régularisation de tous les sans papiers (MRTSP), nous avons déposé depuis mars 2010 dernier des critères sur la table du cabinet du Ministre Besson les critères suivants pour lesquels nous attendons toujours une réponse :

La défense du Droit d’Asile, notamment la situation dans les pays d’origine des déboutés du droit d’asile.

L’insertion, la solidarité, la citoyenneté et la durée de présence

La vie privée et familiale

Le travail, la promesse d’embauche et le projet professionnel

Les sans papiers victimes de licenciements

La maladie, les études et les raisons humanitaires

La remise d’un document permettant aux personnes dont les dossiers sont en cours d’instruction de circuler.





 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 17:21

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20100823/tts-france-securit-villepin-ca02f96.html

 

Villepin appelle au rassemblement pour effacer la "honte" (Reuters)

Dominique de Villepin appelle lundi les Français à se rassembler pour effacer la "tache de honte" laissée sur le drapeau tricolore par la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy, notamment à l'encontre des Roms.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, membre de l'UMP, accuse la droite de "faute morale collective commise en notre nom à tous, contre la République et contre la France".

"Il y a aujourd'hui sur notre drapeau une tache de honte", estime Dominique de Villepin, qui a créé en juin son mouvement politique "République solidaire" et se pose en "alternative républicaine" au chef de l'Etat.

"Il y a aujourd'hui un devoir à remplir pour tous les républicains de France, face à l'hydre qu'un président et ses courtisans voudraient réveiller au fond de chacun de nous, face à la tache qui menace de flétrir l'idée même que nous nous faisons de la France. Un devoir de refus. Un devoir de rassemblement (...) pour préparer l'alternative républicaine qui s'impose", insiste-t-il.

Il dénonce vivement le projet visant à déchoir de leur nationalité certains délinquants qui "ne changerait rien aux difficultés quotidiennes de nos compatriotes", les expulsions de Roms et la stigmatisation des gens du voyage.

"Il aura suffi d'un discours à Grenoble et d'un été, d'un seul été, pour que tout bascule, de la lutte contre l'insécurité à l'indignité nationale", souligne Dominique de Villepin.

"Des solutions existent pourtant. Cela exige de rassembler tous les acteurs, notamment les maires et les associations, de mobiliser avec raison et détermination tous les instruments de la prévention et de la répression en reconnaissant l'ampleur de la question sociale, économique, éducative", ajoute-t-il.

Mi-août, l'un de ses proches, Jean-Pierre Grand, a été rappelé à l'ordre par l'UMP pour avoir comparé la politique du gouvernement de démantèlement des camps de Roms à des "rafles".

Le député de l'Hérault a refusé de revenir sur son expression et souligné que si l'UMP devait "devenir un FN bis, cela se fera sans nous!".





 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 17:59

 

http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view=article&id=1401:italie--4-jeunes-migrants-tunisiens-condamnes-a-quatre-ans-de-prison-ferme&catid=102:tous-nos-communiques

Italie : Quatre jeunes migrants tunisiens condamnés à quatre ans de prison ferme

Communiqué de la FTCR

Le vendredi 13 août 2010, le tribunal de Bari en Italie a condamné quatre jeunes migrants tunisiens à quatre ans de prison ferme, suite à un mouvement de protestation dans les centres de rétention.

Les quatre jeunes font partie d'un groupe composé de dix huit personnes, dont le bateau est arrivé à Lampedusa, en Italie en juin 2010. Ils ont été placés en centre de rétention en attendant leur procès.

Les familles des condamnés, se basant sur des témoignages d'autres détenus, réfutent la version officielle et nient toute implication de leurs proches dans les événements qu'a connu le centre de rétention.

La révolte du Centre d'Identification et d'Expulsion (CIE) de Bari n'est qu'un épisode de la série de protestations qui reprennent de plus belle depuis le début de l'été dans toute l'Italie. Les dernières en date ont éclaté entre le 15 et le 16 août dans les centres de Milan (Via Corelli), de Gorizia (Gradisca d'Isonzo) et de Brindisi (Restinco). Cette recrudescence est due aux conditions de détention extrêmement dégradée, prolongées par les dernières lois européennes sur les délais de rétention et aggravées par la chaleur de ces derniers mois. Ces conditions de détention dégradantes --qui plus est pour des hommes, des femmes et des enfants qui n'ont pas commis de délit-- et l'issue expéditive réservée aux migrants favorisée par les accords répressifs entre l'Italie et les pays d'origine et de transit des migrants, fait de la révolte une réaction de défense normale et légitime. Les conséquences qui en découlent, subies principalement par les migrants, ainsi que les dégâts qui en résultent sont de la responsabilité exclusive des autorités italiennes et des autorités des pays qui collaborent à la répression du droit à la mobilité, garanti à tout un chacun par l'article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.

La Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) estime que la recrudescence de la répression contre les migrants tunisiens a été rendu possible par les récents accords entre les gouvernements tunisien et italien en matière d'immigration. Ces accords italo-tunisiens, à l'instar des accords franco-tunisiens, bafouent les droits des migrants, comme tous les accords conclus par les gouvernements européens avec les pays africains et méditerranéens qui n'obéissent qu'à des objectifs sécuritaires anti-immigrés.

La FTCR déplore le recours abusif à la justice pour réprimer les nouveaux migrants et dénonce les politiques européennes de gestion sécuritaire de l'immigration et la législation italienne en vigueur qui sont en cause.


La FTCR demande la libération des jeunes tunisiens et la constitution d'une commission d'enquête sur la situation dans les centres de rétentions en Italie.

La FTCR lance un appel au mouvement démocratique, aux défenseurs des droits humains et des droits des migrants en Italie et en Europe pour l'organisation d'une campagne urgente de soutien aux droits des migrants en Italie et à Lampedusa.

La FTCR s'engage à suivre l'affaire sur le terrain afin de rendre justice aux jeunes tunisiens et mobiliser la société civile en faveur de leur cause.

Paris, le 18 aout 2010

Pour la FTCR - Le Président

Tarek Ben Hiba


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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 14:26

 

Faut il retirer la nationalité au faciès ? 

 

« Nous allons réévaluer les motifs pour donner lieu à la déchéance de la nationalité française. La nationalité française doit être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un fonctionnaire de police ou d’un militaire de la gendarmerie, ou de toute personne dépositaire de l’autorité publique. La nationalité française se mérite, et il faut pouvoir se montrer digne. » Et il ajoute : « Quand on tire sur un agent des forces de l’ordre, on n’est plus digne d’être français. »

Ceci dit si le souhait présidentiel exprimé par l’avant dernière phrase était réalisé, un criminel français d’origine étrangère ne devra plus être traité comme les autres citoyens pour la simple raison qu’il soit d’origine étrangère ! NMonsieur Sarkozy aurait-il fait cette déclaration si les émeutiers n’étaient pas des Arabo-musulmans ? Déchoir ces jeunes de leur nationalité et les renvoyer dans les pays d’origine de leurs parents parce qu’ils sont délinquants ou parce qu’ils sont précisément Arabes ?

Que fera monsieur Sarkozy alors de ceux qui sont de « souche française » et commettront les mêmes actes que ceux qui sont d’origine étrangère ? Et puis, y a-t-il vraiment en France de citoyens « pure souche gauloise » qui n’ont pas des origines étrangères ? S’il en existe réellement, il ne doit pas y en avoir beaucoup, notamment si on tient compte des différentes régions annexées par la France il y a juste quelques siècles en arrière. Enfin, monsieur Sarkozy aurait-il oublié que lui-même est d’origine étrangère ?

Un autre petit rappel à ceux qui s’estime plu Français que les autres et à ceux qui ignorent l’histoire. 1) Ils sont des descendants des travailleurs immigrés qui ont développé l’économie française pendant plus d’un siècle d’endurance. 2) Leurs ascendants sont morts par centaines de milliers sur les champs de bataille pour la France. 3) Sans le sacrifice des ancêtres de ces jeunes Monsieur Sarkozy n’aurait jamais pu devenir président de la République française. Donc ces jeunes à qui on veut retirer la nationalité française ont mérité à plusieurs titres leur nationalité française Et puis, comment monsieur Sarkozy a-t-il oublié que le peuple français appartienne à toutes les races et cultures par son brassage kaléidoscopique séculaire ? Les Français de souche existent-ils réellement ? Devrions-nous rappeler par ailleurs que ces jeunes « délinquants » d’origine arabo-musulmane, ont des racines profondes dans ce pays qui remontent au septième siècle de notre ère ?

Oui, ces jeunes que l’on menace de leur retirer la nationalité française sont les descendants des « Sarrasins », les Arabes qui ont gouverné le Sud de la France actuelle pendant plus de deux siècles et demi. Cette réalité historique n’est pas connue des Français, car on leur cache la vérité. Les gens étroit d’esprit ne retiennent de l’histoire que la « victoire de Charles Martel, ou encore la guerre d’Algérie qui a fait perdre le « paradis » aux colons dont les nostalgiques de « l’Algérie française » ont gardé le même mépris qu’ils avaient autrefois envers les « indigènes » de là-bas, vis-à-vis de leurs descendants vivant en France.

Ceux qui nous rappellent à toutes les circonstances la victoire de Charles Martel sur les Arabes dans la bataille de Poitiers en l’an 732, ne disent pas au peuple français que les Arabes sont restés 241 ans dans cette région du Sud de la France après leur défaite à Poitiers. Ce qui signifie que le sang arabe coule dans les veines de millions de français car les « Sarrasins », contrairement aux colons français, se marièrent avec les autochtones là où ils s’installèrent. Il n’y avait pas de ghettos à leur époque comme celui de Villeneuve de Grenoble dont les « délinquants » qui y habitent ont déclenché la colère de monsieur Sarkozy et lui donné le prétexte de relancer ce projet de loi cher au Front national. Ils n’avaient pas non plus le ghetto dans leurs têtes comme ceux que nous constatons aujourd’hui en France, qui se croient supérieurs aux autres et les méprisent parce qu’ils sont différents d’eux.

Les Français ont-ils approuvé le projet de leur président ?

Les « médias-mensonges » enfoncent déjà le clou et accusent soixante dix pour cent de Français d’être racistes (ceux qui ont été sondés et auraient approuvé la déchéance de la nationalité à cette catégorie de Français). Mais les Français ne sont pas dupes, ils savent que ce sont des sondages orientés qui servent une idéologie bien définie. Décidément, les enjeux politiques de l’immigration s’avèrent rentables non seulement sur le plan électoral, mais aussi à faire la promotion des médias qui honorent et propagent la xénophobie en chassant sur le terrain de l’extrême droite.

Que les politiques considèrent l’immigration et sa descendance comme faisant partie du tissu social de la société française; l’immigration est âgée de deux siècles dans ce pays, et elle a fait aussi l’histoire de la France. « On ne peut plus considérer l’immigration comme un problème extérieur, mais on doit la voir comme un problème interne à l’histoire de la société française contemporaine », écrit Gérard Noiriel dans son livre « Le creuset français ». Ce dernier rappelle que la France est le pays qui contient le plus fort taux d’étrangers au monde, et que le tiers de sa population a des origines étrangères.

Enfin, nous suggérons aux dirigeants de ce pays qui ont des responsabilités de mettre en pratique un projet salutaire en matière de logements sociaux et de lutte contre la discrimination pour remédier aux problèmes de la délinquance. Mais aussi en matière d’enseignement de l’histoire et de la promotion des cultures des différentes communautés qui composent la société française pour les valoriser et permettre aux jeunes qui en sont issus d’assumer à la fois leurs différences et leur citoyenneté française.

En ce qui concerne le logement social, nous leurs proposons de se pencher sérieusement sur le projet intitulé : « Propositions d’un nouveau type de logements HLM » que notre association (L’Immigration Repère et Citoyenneté –IRC ») leur avait adressé en 2005. L’idée consiste à obliger les promoteurs immobiliers de réserver aux HLM 10% de logements dans toutes les nouvelles constructions qui seront effectuées dans chaque commune de France au lieur de construire des quartiers purement HLM et créer des ghettos sociaux qui sont de vrais laboratoires de la délinquance.

Chérif Boudelal



 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 14:06

 

http://www.chroniquedelhumaniteordinaire.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/08/07/le-sarkozysme-la-droite-extreme-et-l-extreme-droite.html

Le sarkozysme, la droite-extrême et l’extrême-droite

Par Serge Portelli

Qu’il est réconfortant ce premier tollé contre les derniers projets du pouvoir! Premier, puisqu’il faudra nécessairement que nos voix se fassent entendre plus fortement encore pour défendre les valeurs de la République, le 4 septembre prochain. Mais quelle naïveté chez ceux qui y voient un “dérapage”, une “outrance”, une pure opération électoraliste, une manoeuvre de diversion destinée à conquérir des voix du Front National. À croire qu’ils n’ont jamais vraiment lu ni écouté les discours nous sommes pourtant abreuvés depuis quelques années. Aucune des mesures qui nous font frémir ou nous soulèvent le coeur n’est le fait des circonstances. Il n’y a ni exagération ni infléchissement, ni même durcissement d’une ligne politique. Nous sommes dans le droit fil de l’idéologie sarkozyste dont beaucoup s’obstinent encore à nier l’existence et dont l’actuel président de la République n’est jamais que le principal, mais provisoire porte-parole.

Nous assistons à l’une de ses dernières et inévitables évolutions : la confusion, dans une France qui glisse lentement vers la droite, entre cette droite-extrême qu’est le sarkozysme et l’extrême droite classique. Dans le dernier programme en vente à ce jour (car le catalogue varie de jour en jour) nous trouvons donc - la déchéance de leur nationalité française de certains Français “d’origine étrangère” qui auraient volontairement porté atteinte à la vie d’un membre des forces de l’ordre (première version présidentielle) ou (seconde version ministérielle) contre les coupables de polygamie, d’excision, d’appel au travail illégal , voire d’actes de délinquance grave (sic) - la fin de l’acquisition automatique de la nationalité française au moment de la majorité pour des mineurs étrangers s’ils ont commis des actes de délinquance - la dénonciation explicite de l’immigration comme facteur de délinquance - des mesures censées mettre fin au “comportement” de “certains parmi les gens du voyage et les Roms”, dont “la reconduite quasi immédiate des Roms qui auraient commis des atteintes à l’ordre public ou à des fraudes en direction de la Roumanie et de la Bulgarie” et des expulsions des campements illégaux. - des peines de prison pour les parents de mineurs délinquants en cas de défaillance caractérisée (deux ans d’après l’honorable parlementaire, Eric Ciotti, qui dit mieux?) - l’extension du système des peines planchers en cas de violence - une peine de 30 ans de réclusion pour les auteurs de crime contre un représentant des forces de l’ordre...

Ce déluge de réformes n’a que l’apparence d’une énumération à la Prévert. Il faut être aveugle pour ne pas voir, derrière chacune de ces mesures ou de ces déclarations, une conception très précise et singulière de l’homme, de la société et des libertés, un dessein parfaitement réfléchi, extrêmement cohérent et inlassablement répété. Bref, une “idéologie”, terme que le sarkozysme réfute toujours pour en affubler ses adversaires puisque, pour lui, l’idéologie c’est toujours l’autre.

Au fond de cette idéologie, il y a le fantasme archaïque d’une humanité simplifiée, sans le moindre degré de complexité. Avec d’un côté les bons, de l’autre les mauvais. D’un côté, ceux qui respectent des valeurs fondamentales que le candidat à l’élection présidentielle énumérait dans un de ses discours de campagne, à Marseille, le 19 avril 2007: “la famille, la patrie, la religion, la société, le travail, la politesse, l’ordre, la morale”. De l’autre, tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre ne les respectent pas et qui, selon l’une des expressions favorites du régime, ramassée sur le zinc d’un comptoir et à nouveau ressassée ces derniers jours, “empoisonnent la vie des honnêtes gens”. À partir de cette vision manichéenne du monde, se bâtit l’autre fantasme, plus récent, d’une société sans risque, aseptisée, obsédée par une sécurité absolue, dans laquelle les principes de précaution puis d’exclusion s’appliquent à tout ce qui peut représenter un danger. Le ressort idéologique secondaire est donc la peur. Peur, minutieusement entretenue, de tous les fauteurs de trouble de ce nouvel ordre moral et sécuritaire. Dans cette société violente, on préférera stigmatiser, déchoir, humilier, expulser, enfermer que d’affronter les vrais problèmes. Contrairement au credo affiché, il ne s’agit pas d’être efficace, mais de frapper fort, devant les médias, et d’impressionner l’opinion publique.

Rejoignant les thèmes fondamentaux de l’extrême droite, le sarkozysme met au premier rang de ces peurs l’étranger ou l’immigré qu’il assimile constamment au délinquant, fustigeant les “cinquante ans d'immigration insuffisamment régulée” (y compris donc de 2002 à 2004 et de 2005 à 2007...), martelant que “la question des étrangers est un problème majeur dans notre pays” (Frédéric Lefebvre, le 5 août dernier). Si le mot xénophobie a un sens, il faut donc admettre, après tant d’années de démonstration acharnée, que le sarkozysme est xénophobe. Qui a oublié les propos de Nicolas Sarkozy, le 22 avril 2006,: “si certains n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter”, calqués sur le slogan de Philippe de Villiers, rallié depuis lors: “la France, aime-là ou quitte-là”, et directement inspirés de la vulgate lepéniste. Qui ne voit pas la politique inhumaine et féroce de reconduite à la frontière qui brise chaque jour des familles et des vies? Tout ceci sous la houlette d’un calamiteux ministère de “l’identité nationale”. Qui a oublié voici à peine deux mois, la condamnation en première instance à 750 euros de notre jovial ministre de l’intérieur pour injures raciales pour avoir dit, à propos des personnes d’origine arabe: “Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes”? Nous sommes face à une xénophobie populiste qui s’inscrit dans le nationalisme le plus obscur, le plus rétrograde qui soit.

Le projet actuel concernant la déchéance de nationalité s’inscrit dans le droit fil de cette idéologie. Il s’appuie sur des notions héritées de notre histoire la plus sombre. L’expression de “Français d’origine étrangère” estampille définitivement le projet. La stigmatisation des Roms et de leur “comportement” est très exactement de la même veine.

 

D’autant qu’il confond intentionnellement dans la même opprobre ces citoyens de l’Union Européenne (Bulgares et Roumains) avec les “gens du voyage”, dont l’immense majorité est française. Tout ceci devient insupportable. Nous sommes aux antipodes d’une société républicaine où l’égalité, la liberté, le respect de l’autre, la tolérance, la solidarité, le partage sont à la base de la paix civile et du progrès social. Les Français sont tous égaux devant la loi. Pourquoi ce principe fondamental est-il inscrit à l’article premier de la Constitution?


Parce que la France ne veut plus revivre les abominations d’une politique raciste et xénophobe. Parce que les fondateurs de notre République ont voulu interdire à tous les gouvernants de distinguer selon l’origine. Parce qu’ils ont voulu faire de notre pays une terre d’accueil, de solidarité et d’asile. Oui, ces projets sont anticonstitutionnels. Pire, ils sont indignes.

Les autres mesures sur la délinquance et les mineurs tentent, eux, de nous persuader que nous sommes dans un monde en guerre. Cette énième déclaration des hostilités attire heureusement autant de sourires que les hardiesses d’un général boum-boum dans une opérette d’Offenbach. Selon la recette usée jusqu’à la corde du sarkozysme triomphant, il s’agit de faire voter une nouvelle loi qui, cette fois-ci, on vous le jure, anéantira l’ennemi. Dans cette conception affligeante de la loi, il suffit d’aggraver une peine pour stopper la criminalité. On imagine les délinquants, attentifs, eux, aux éditions de septembre du journal officiel, tourner fébrilement les pages de la rubrique “textes législatifs” et déposer subitement les armes en voyant l’imparable sévérité de ce gouvernement. Arrêtons de plaisanter et de se moquer du peuple. Les peines plancher sont un effroyable échec malgré les statistiques joyeuses du ministère de la justice. On croyait que la récidive avait épuisé jusqu’aux ultimes ressources de la démagogie. Le président de la République a relevé le défi. Lui qui avait promis de régler définitivement le problème de la récidive avant la fin de l’été. 2007. La dernière loi sur le sujet date du mois de mars dernier. Les parents des mineurs récidivistes seraient donc sanctionnés pénalement. Si jamais ce projet lumineux était adopté peut-être se trouvera-t-il un juge - constitutionnel par exemple - pour rappeler que, dans une démocratie, toute responsabilité pénale est individuelle.

 

Personne ne peut être puni pour une infraction commise par un autre, même son frère, même ses parents, même ses enfants. Il fut un temps, fort lointain, bien bien avant la Révolution française, où la responsabilité était familiale. C’était le temps des huttes, des peaux de bêtes, des clans et des vendettas. Le progrès, la civilisation sont passés par là. Le droit aussi. Mais la “performance de la sécurité intérieure”, on peut le comprendre, a ses exigences. Supérieures aux avancées de l’humanité. Il nous fallait, jusque présent, pour tenter de raisonner ce gouvernement, nous arc-bouter sur les principes de la convention européenne des droits de l’homme. Il a fallu se replier sur le programme du conseil national de la résistance. Puis s’arrimer aux acquis de la Révolution. Nous voici rejetés, avec ce projet fou, aux premiers temps de l’humanité.

Certains parlent de Vichy, d’autres même de nazisme. Il faut garder raison. Nous quittons la démocratie - le constat est déjà assez rude - pour nous engager dans un Etat-limite où le mot d’ordre est à la répression, aux expulsions, aux enfermements, à la surveillance. Ce qu’il reste de la police est jeté, en pure perte, aux avant-postes d’une bataille purement idéologique. On assiste parallèlement à une mainmise de la police (d’une certaine police en tout cas) sur les institutions de la République. Pas simplement par la nomination de super-policiers comme préfets. Le Figaro nous apprend ainsi que “ce plan de bataille [a été ]soigneusement mis au point par l’Elysée, à coup de réunions secrètes avec la haute hiérarchie policière, sous la houlette sur secrétaire général de l’l’Elysée, Claude Guéant”. On ose à peine rappeler que ce dernier fut nommé directeur général de la police nationale par Charles Pasqua en 1994.

Quel bonheur de voir ainsi la police, aux plus hautes marches de l’Etat, veiller au bon fonctionnement de nos institutions! Quelle chance pour nos libertés, surveillées avec autant de sollicitude par la maréchaussée!

 

Toute cette agitation, à moins de deux ans des élections présidentielles, précipite une évolution ancienne et lourde de dangers pour la société française: le renforcement et la banalisation des idées du Front National.

Elle traduit la confusion tragique de deux discours: celui du sarkozysme et celui de l’extrême-droite. Il est encore trop tôt pour savoir qui, dans les urnes, profitera de cette gémellisation des extrêmes si ce n’est que le Front National a l’avantage de l’ancienneté et que l’électorat, sur toute l’étendue de l’échiquier politique, a toujours préféré l’original à la copie. Le sarkozysme s’était jusqu’à présent préservé de ce danger en usant et abusant du discours paradoxal, en citant parfois Jaures ou Blum, en grappillant quelques idées de l’opposition ou en séduisant quelques figures usées de la gauche. Ce temps est passé. Il n’y a plus aucun lien possible entre la gauche et le sarkozysme. Comment ne pas éprouver une sincère compassion pour Jean-Marie Bockel, toujours secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Justice - et des Libertés! - qui vient de se voir confier une mission de réflexion et de proposition sur la prévention de la délinquance des jeunes? Un autre rapport aurait été bienvenu sur la future triple peine qu’instaure le projet de déchéance de la nationalité.


Il va donc falloir s’habituer à ce discours commun, à ces propositions croisées, à cette surenchère permanente du sarkozysme et de l’extrême droite. Nous n’en sommes qu’aux prémisses. Le pire est à venir car cet électorat va vouloir des actes: c’est précisément là que nos compères seront départagés. Attendons-nous à la démagogie la plus épaisse. À d’autres mesures vengeresses. Tous les préjugés, toutes les peurs vont être exploités jusqu’à la lie. Il n’est pas étonnant que, dans un premier temps, ces mesures, habilement présentées, recueillent l’assentiment d’une majorité de la population. Elles sont minutieusement étudiées pour, dans un premier temps, flatter ce qu’il y a de plus bas, de plus vil, de plus vulgaire en nous tous. Mais il suffit d’un peu de réflexion, d’un peu de temps pour que la raison reprenne ses droits.


Il appartient à tous les démocrates, où qu’ils soient, qui refusent ces extrêmes, de se mobiliser. De choisir, comme d’habitude, la voie difficile, longue, risquée de la réflexion, de la mesure, de la responsabilité pour rappeler quelles sont les vraies valeurs de la République.






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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 13:36

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4684

Il est plus que temps de museler la bête immonde !

Depuis la mort d’un jeune gitan, abattu en juillet dernier par les forces de l’ordre public et les évènements de Grenoble, le président de la République, Nicolas Sarközy, et son gouvernement éructent des déclarations, donnent du menton et attisent la haine de l’autre et de la différence. A tel points que même le comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU s’en inquiète ! Après avoir pointé du doigt les gens du voyage (qui sont français), les ROM (qui sont européens) et les étrangers, c’est au tour des maires et des élus locaux d’être accusés d’être responsables de l’insécurité qui règnerait dans certaines villes de France.

Brice HORTEFEUX, conseiller régional UMP d’Auvergne et ministre de l’Intérieur, déclare, fin juillet, vouloir « faire la différence entre les élus qui parlent et ceux qui agissent ». A sa suite, Christian ESTROSI, maire UMP de Nice et ministre de l’Industrie, propose « que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l’absentéisme scolaire et de réforme des règles d’urbanisme, soient condamnées à une très forte amende ». Il appelle « tous les élus, de gauche comme de droite, à participer à une lutte acharnée, coordonnée et non partisane contre la délinquance ».

Ces aboiements et la bêtise du propos ont du mal à masquer le désengagement de l’État lui-même envers ses obligations, dont certaines restent de sa stricte compétence (fonctions régaliennes) : le maintien de l’ordre, la lutte contre un danger extérieur et la justice. Pour résumer : la sécurité des biens et des personnes est de la responsabilité exclusive de l’État. Il convient donc de re-situer la responsabilité de chacun et de désigner les vrais coupables. De plus, les maires ne sont pas aux ordres de l’État partisan ; ils sont élus du peuple sur la base d’un programme municipal validé par les habitants et l’autonomie des communes ne saurait être remise en cause par quiconque, et a fortiori par un ministre, lui-même élu local. Pour ce qui concerne Grigny, notre programme ne prévoit pas de mener une offensive de division de haine et de peur. Bien au contraire, nous sommes des ardents défenseurs du vivre ensemble, de la convivialité, de l’écoute, du dialogue et les résultats de cet été sont éloquents en terme de statistiques. La ville n’a jamais été aussi calme et sereine. Dans le même temps, faut-il rappeler que le Président Sarközy et son gouvernement démantèlent la police, la gendarmerie la justice et l’éducation nationale en supprimant des milliers d’emplois de fonctionnaires et des structures indispensables ? C’est cela qui est inadmissible. C’est cet état de fait qui participe à aggraver les problèmes de sécurité publique dans tout le pays.

Il est hors de question que j’accepte, en qualité de maire, d’endosser les responsabilités régaliennes de l’État (et qui doivent le rester). Comme dans de nombreuses villes, des moyens communaux sont affectés à la sécurité publique à Grigny et surtout à la prévention et à l’éducation qui en sont l’axe central. Il est hors de question que cela autorise le gouvernement à réduire les siens. Comme dans de nombreuses villes, des moyens communaux sont affectés à l’action sociale à Grigny, ils sont en constante progression. Il est hors de question que cela autorise le gouvernement à poursuivre sa course de séduction en direction des nantis et des fortunés de ce monde et, pour cela, démanteler l’emploi et la protection sociale en France. Les vrais délinquants – en col blanc, ceux-là – sont à la tête des multinationales, des entreprises qui délocalisent et pour partie au sommet de l’État. L’affaire Woerth en est
l’illustration du moment.

Contrairement à ce que prétend le maire de Nice – qui participe à sa manière à l’appauvrissent de la population, de par ses fonctions - le maintien de l’ordre public est hautement politique. Les choix de gestion du gouvernement et les moyens qu’il affecte aux collectivités locales, pour les missions qui les concernent, sont déterminants. La confrontation entre les choix qui se font sur le terrain, par les élus locaux proches de leurs concitoyens, et ceux prônés par le président de la République est de plus en plus violente, comme si nous ne vivions pas dans le même monde ! Les valeurs de terre d’accueil et de solidarité nationale sont malmenées et dévoyées par un système qui prône la division et la concurrence à tous les niveaux, y compris au niveau familial et qui se place résolument au service absolu de l’argent roi. Toute l’entreprise de sabotage des services publics attaque les valeurs généreuses et libératrices qui lui sont attachées. Ajoutons à cela que la réforme des collectivités territoriales - qui est un des éléments clé de cette rentrée - ne va pas dans le sens d’une meilleure coordination des actions en matière de prévention, de dissuasion et de répression.

Aujourd’hui, les aspects fascisants de la politique gouvernementale sont davantage que des relents. Un cap dangereux a été franchi cet été. Monsieur Sarközy est prêt à tout pour sa réélection, ses valets aussi. Les bruits de bottes n’ont jamais été aussi proches et le silence de nos intellectuels – où de ce qu’il en reste - devient assourdissant. Il est temps de museler la bête immonde... et de se souvenir du passé.

René BALME, maire de Grigny (Rhône), le 19 août 2010





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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 18:37

 

http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=9103

Rapport sur la réunion à Istanbul de Flotilla Free Press

samedi 17 juillet 2010 - Journalistes - FFP

Nous sommes ici aujourd’hui en tant que survivants de cette attaque et en tant que journalistes que les balles israéliennes n’ont pas réduits au silence. Sur ces bateaux qui avaient entrepris d’apporter une aide humanitaire aux civils de Gaza emprisonnés par le blocus illégalement imposé par Israël, il y avait environ 60 membres de la presse en provenance de Turquie et du monde entier.

L’assaut lancé à l’aube visait aussi bien les journalistes que des civils ordinaires. Les membres de la presse ont été confrontés à la mort comme tous les autres passagers.

Les soldats qui sont montés à bord illégalement et qui ont ouvert le feu sur ordre du ministre israélien de la défense, nous ont également empêchés de faire notre travail. En fait, ils nous ont finalement punis parce que nous faisions notre travail ; ceci, en violation flagrante du droit international. L’instrument international pour la citoyenneté et les droits civiques accepté par les Nations unies depuis 1966 et la Déclaration de premiers principes concernant la circulation de masse des médias établie par l’Unesco protègent la liberté pour les journalistes de donner de l’information et interdit qu’on les empêche de l’obtenir, droits qu’ Israël a de toute évidence violés.

Chers amis,

Nous sommes confrontés à une intervention inhumaine qui est allée à l’encontre du droit international et qui a violé les droits humains les plus fondamentaux. Un de nos collègues, Cevdet Kılıçlar, a été brutalement exécuté d’une balle dans le front alors qu’il faisait son devoir de journaliste.

A la fin de cette attaque sanglante, notre dignité humaine a été piétinée quand on nous a forcés à rester à genoux sous un soleil ardent, les mains menottées derrière le dos, ceci en violation grossière de nos droits humains. Notre liberté de rassembler et de garder de l’information a été totalement ignorée. Les émissions en direct et toutes les autres formes de communication avec le monde extérieur ont été interrompues et empêchées par le brouillage de notre connexion satellitaire. Nos ordinateurs, nos caméras, nos cartes mémoire - bref tout l’équipement nécessaire à notre travail - ont été illégalement confisqués et volés. La majorité de ces articles ne nous ont pas été rendus. Le peu que l’on nous a restitué avait été détruit et mis hors service.

Le comble c’est que tous nos effets personnels - livres, vêtements, chaussures et même brosses à dents -ont tous été volés. Une partie de notre argent et de nos passeports ont été confisqués et ne nous ont jamais été restitués.

On nous a arrêtés sous la menace des armes. Les soldats nous ont menottés. Nous avons été illégalement interrogés à plusieurs reprises comme si nous étions des criminels. Nous avons dû subir des fouilles humiliantes au corps, des fouilles complètes au corps, pour empêcher que des images atteignent le monde extérieur. Ils n’ont pas reconnu ni respecté ni notre carte de presse, ni le fait que nous appartenions à des associations de presse nationales et internationales. On nous a dit plusieurs fois et de façon brutale et grossière qu’être membres de la presse ne voulait rien dire. Nous avons été kidnappés et illégalement détenus en prison pendant deux jours. Pendant ce temps, on ne nous a pas permis de nous mettre en communication avec nos associations de presse, nos employeurs, voire nos familles. On ne nous a pas attribué d’avocat et en fait beaucoup d’entre nous n’ont même pas obtenu l’aide des conseils de nos gouvernements. Nous ne pouvions ni recevoir de l’information du monde extérieur ni en envoyer.

Chers amis,

Les droits et les libertés de la presse qui sont garantis par les accords internationaux ont été bafoués, ignorés et traités avec le plus grand mépris par Israël. La règle de droit - une des valeurs communes à toute l’humanité - a été ignorée. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas garder le silence, que ce soit en tant qu’êtres humains, ou en tant que membres de la presse. Nous devons protéger les droits pour lesquels beaucoup se sont battus et beaucoup se sont tellement sacrifiés pour que nous puissions en jouir aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle nous avons établi une plate-forme intitulée Flotilla Free Press (FFP). Nous vous communiquerons les faits nouveaux et les nouvelles concernant ce qui nous est arrivé en tant que journalistes pendant cette nuit sanglante et les mesures que nous prenons pour faire valoir nos droits sur notre site Internet qui porte le même nom.

Nous avons fait des recherches sur nos droits dans le cadre du droit international. Nous avons lancé une action en justice avec nos amis journalistes du monde entier et nous engageons des poursuites aussi bien dans nos pays qu’en Israël

Nous, en tant que journalistes, poursuivrons ce processus jusqu’à son terme en engageant des poursuites pour dommages psychologiques et matériels en vertu du droit national et international afin que les parties coupables de ces crimes haineux contre l’humanité, cette tache sur l’histoire de l’humanité, soient punies et traduites en justice.

Conformément aux informations communiquées par nos avocats au sujet du statut juridique de cette action en justice, nous estimons qu’il est utile de vous faire connaître les demandes que nous adressons aussi bien aux Nations unies qu’au gouvernement israélien.

Les accords internationaux interdisent l’interception des bateaux en haute mer. Or, l’attaque s’est produite dans les eaux internationales qui sont en haute mer. Conformément à la Convention de Genève de 1958 et au contrat de loi maritime des Nations unies, la haute mer désigne les eaux qui ne relèvent de la domination d’aucun État. C’est le principe de la liberté en haute mer. Le gouvernement israélien a commis un crime en interceptant et en abordant notre bateau en violation complète des contrats, des coutumes et des traités internationaux. Ceux qui ont donné l’ordre d’attaquer et ceux qui l’ont exécuté doivent être tenus responsables par des tribunaux internationaux indépendants. Les décisions résultant de cette enquête et les poursuites qui seront menées seraient conformes à la conscience humaine et tout d’abord aux principes du droit.

Israël a violé le droit international en s’emparant de notre matériel technique. L’État israélien doit rendre immédiatement cet équipement, intact, aux journalistes.

L’attaque contre la Flottille de la liberté a été une attaque contre la liberté de la presse. Cet événement doit faire l’objet d’une enquête menée par une commission internationale impartiale sous la supervision des Nations unies. Le gouvernement israélien doit verser un dédommagement à ceux qui ont souffert de cet événement y compris à leurs familles.

L’État israélien a fait un usage disproportionné de la force et a également ignoré les lois des Nations unies qui empêchent l’usage délibéré de la force contre des journalistes et des civils.

Il n’y avait aucune arme à bord. Il y avait au contraire des médicaments, de la nourriture, de l’équipement pour des jeux d’enfants et d’autres types d’aide humanitaire. Chose plus importante, Israël le savait. Les Nations unies doivent prendre plusieurs mesures, y compris des sanctions économiques contre Israël. Tant les Nations unies que le Conseil de sécurité doivent traiter cette affaire de manière sérieuse. Cet incident doit être condamné dans les termes les plus fermes par le Conseil de sécurité.

De même, les associations internationales de presse doivent rédiger des résolutions condamnant le gouvernement israélien qui a empêché les journalistes de faire leur travail.

Nous persisterons dans nos demandes adressées à la communauté internationale.

Nous poursuivrons notre bataille pour protéger la liberté des médias.

Nous continuerons à communiquer la vérité.

On ne nous réduira pas au silence.

* Journalistes membres de Flotilla Free Press (FFP) 



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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 18:17

 

RELEVE DES CONCLUSIONS DE LA REUNION DES CSP ET DE LA CNSP DU 14 AOÛT 2010

Présents : CNSP, CSP 75, CSP92, CSP93, CSP11 RB, CSP11, CSP18, CSP17,  CSP19, CSP Turks et Kurdes, CSP Vitry, ALIFSI, CSP59.

Réunis à l’initiative de la CNSP, les CSP présents après analyse de la situation dans les localités et au plan national ont adopté les conclusions suivantes :

L’envoi d’une lettre au cabinet du Ministre BESSON pour lui rappeler ses engagements de nous répondre sur les critères que nous lui avons remis à sa demande et que toute les Préfectures de France reçoivent les CSP dans le cadre des réexamens des dossiers des sans papiers.

L’envoi d’une lettre au cabinet du Ministre BESSON pour demander que la liste des marcheurs de Paris à Nice puisse être examinée et régularisée par les préfectures concernées.

L’organisation d’une manifestation nationale décentralisée en cette période de ramadan le samedi 28 août prochain à l’occasion du  quatorzième anniversaire du coup de hache de Saint Bernard. A Paris une manifestation regroupant tous les CSP d’Île de France plus les partenaires associatifs, syndicaux et politiques et chaque CSP et partenaires associatifs, syndicaux et politiques dans chaque province.

Participation de tous les CSP aux manifestations prévues et annoncées par les partenaires du mouvement de lutte des sans papiers contre les récentes déclarations racistes et anti républicaines du pouvoir de la droite extrême le samedi 4 septembre.

Participation de tous les CSP aux grèves et manifestations de défense de la retraite à l’appel des partenaires syndicaux le 7 septembre partout autour du mot d’ordre : pour la régularisation et le droit à une retraite à soixante ans permettant de vivre correctement.

Le 17 septembre commence l’examen de la loi BESSON, recherchons une grande salle en région parisienne pour tenir le samedi 18 septembre les états généraux des CSP de France avec invitation des CSP d’Europe et des USA (recherche de salle).

L’Union Romani Espagne à travers l’appel lancé par son président Juan de Dios Ramirez HEREDIA appelle à une plainte contre l’Etat Français et à une manifestation à Paris à laquelle n’est pas du tout le bienvenu Le Pen et le Front National, les CSP s’engagent à participer massivement à celle ci dès que la date et le lieu dans Paris seront fixés.

La réunion a adopté une résolution sur l’unité des sans papiers en lutte à travers les CSP et l’unité entre CSP/CNSP d’une part et associations, syndicats et forces progressistes et républicaines partenaires d’autre part.

Les CSP doivent envoyer à l’adresse électronique coordnatsanspap@wanadoo.fr leur adhésion ou la confirmation de celle ci à la CNSP. Une nouvelle réunion rassemblant les CSP qui l’auront fait sera fixée pour réorganiser sur la base de la charte et de la plateforme de la CNSP en la dotant d’un bureau fonctionnel, notamment à Paris.

Pour cela chaque CSP recevra la charte et la plateforme afin de s’imprégner des documents fondamentaux de la CNSP fondement de l’unité des CSP et qui définissent les objectifs et règles du mouvement national de lutte des sans papiers auto-organisés.



RESOLUTION ADOPTE PAR LES CSP LE 14 AOÛT 2010 POUR L’UNITE DES SANS PAPIERS, DES CSP ET DE L’ENSEMBLE DU MOUVEMENT DEMOCRATIQUE DE LUTTE POUR LA REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS

Depuis 2004 la division mine le mouvement de lutte des sans papiers et soutiens pour la régularisation globale (CSP, partenaires associatifs, syndicaux, progressistes). Par la présente les CSP s’engagent à lutter pour la solidarité et l’unité de notre lutte commune pour la Régularisation de tous les sans papiers.

Le poison de la division est suscitée et propagée par la politique du gouvernement qui fait tout pour empêcher l’unité de tous les acteurs du combat social pour la régularisation : les CSP, les syndicats, les associations et autres forces progressistes anti racistes.

La désunion s’est traduite par des manifestations, des actions non coordonnées, par la non concertation sur des propositions communes lors des rencontres avant l’actuelle circulaire Besson et avant l’ex-circulaire Hortefeux sur le « critère travail » et par des discussions séparées avec le gouvernement. Au final à chaque fois on s’est fait avoir, les sans papiers et le vivre ensemble dans l’égalité sont perdants.

La résistance courageuse à l’offensive répressive de Sarkozy Hortefeux Besson existe certes, mais elle est isolée, éparpillée, et donc insuffisante pour imposer un rapport de forces au gouvernement. Les CSP d’un côté et les syndicats, les associations de l’autre agissent isolément les uns des autres consacrant un sectarisme dominant au sein de notre mouvement.

Cette expérience désastreuse de désunion a une conséquence très grave : Il n’existe plus de fait une capacité de résistance coordonnée de la lutte des sans papiers et soutiens au plan national, le rapport des forces est largement en faveur du gouvernement de la droite extrême qui en profitent pour s’engager dans une offensive électoraliste « sécuritaire » raciste indigne du pays berceau des droits de l’homme.

Rebâtir le partenariat de lutte CSP/CNSP, Associations, Syndicats et forces progressistes républicaines et L’UNITE SONT DEVENUS LA CONDITION NECESSAIRE POUR VAINCRE SARKOZY HORTEFEUX BESSON. Pour refaire l’unité de notre mouvement de lutte pour les papiers pour tous, nous devons TOUS remettre au centre les principes suivants :

Le respect de l’auto-organisation démocratique des CSP et de leur autonomie de décision et des règles d’organisation dont se sont dotés les sans papiers au plan local et national.

Le respect de l’autonomie de décision démocratique des syndicats et associations partenaires.

La mise en place d’un cadre de concertation, d’échanges et de décisions communs au plan national, cadre qui existe d’ailleurs souvent au plan local. Cadres qui doivent aussi servir à unir notre intervention commune auprès de l’Etat et des préfectures.

Le rejet de toutes rumeurs sans preuve qui peuvent être distillées par ailleurs par l’adversaire, le gouvernement, pour semer les graines de la discorde et de la désunion. L’exigence de la preuve doit être la chose la mieux partagée par tous.

Le respect réciproque et l’égalité doivent être les règles en vigueur.

La CNSP a reçu mandat des CSP et du Ministère de la régularisation de Tous les sans papiers (MRTSP) de prendre toutes les initiatives pour réaliser l’objectif de refaire l’unité de l’ensemble du mouvement de lutte pour la régularisation globale.

Dans ce cadre nous leur demandons d’examiner les critères suivants que nous avons soumis au Ministère BESSON comme base pour l’élaboration de lois et d’une politique progressistes et humanistes dignes du vivre ensemble dans l’égalité :

La défense du Droit d’Asile, notamment la situation dans les pays d’origine des déboutés du droit d’asile.

L’insertion, la solidarité, la citoyenneté et la durée de présence

La vie privée et familiale

Le travail, la promesse d’embauche et le projet professionnel

Les sans papiers victimes de licenciements

La maladie, les études et les raisons humanitaires

La remise d’un document permettant aux personnes dont les dossiers sont en cours d’instruction de circuler.

CHARTE ET PLATEFORME DE LA CNSP

Les Collectifs de Sans Papiers de France réunis le 20 juillet 1996 à Paris ont fondé la Coordination Nationale des Sans Papiers (CNSP). Il s’agit de la structure nationale qui unifie les luttes des collectifs et matérialise ainsi la revendication des papiers pour tous.

PRINCIPES CONSTITUTIFS

L’autonomie du mouvement de lutte des Sans Papiers et l’unité avec le mouvement démocratique, anti raciste, anti fasciste et pour l’égalité des Droits dans le but de créer le rapport de force nécessaire à la régularisation globale des Sans Papiers.

L’instance fondamentale de décision de la CNSP est l’Assemblée Générale des délégués des Collectifs de Sans Papiers. Chaque Collectif a une voix et doit verser une cotisation de cent francs (quinze euros) par mois.

Le Secrétariat National ou Bureau est la structure exécutive des décisions prises en Assemblée Générale. Mise en place de commissions de travail et des tâches spécifiques peuvent être confiées à des Collectifs ou à des compétences sollicitées par l’Assemblée Générale ou le Secrétariat. En cas de crise au sein du mouvement, recours est fait au Collège des délégués élus de l’Assemblée Générale de la CNSP.

Composition du Secrétariat ou Bureau : - chargé des actions, manifestations – chargé des relations avec le mouvement démocratique – chargé de la communication et de l’information (communiqué, déclaration, tracts, journal, compte rendu et résolution) – chargé des finances et archives de la lutte – chargé des relations avec les Collectifs – chargé de l’animation et de la sécurité des manifestations et actions - chargé des questions juridiques –

Les principes de fonctionnement : - Collégialité – transparence – démocratie (majorité simple) – respect des charges et responsabilités – intégrité – solidarité et unité - exécution des décisions de l’Assemblée Générale et du Secrétariat National–

Sanctions qui relèvent d’une décision de l’Assemblée Générale (AG) : - Avertissement – Blâme – exclusion.

Plateforme

Régularisation de tous les Sans papiers avec la carte de dix ans

Respect du droit d’asile ratifié par la France

Libération et régularisation des Sans Papiers en prison pour défaut de papiers

Moratoire sur les expulsions dans le cadre de l’examen et du réexamen des dossiers

Fermeture des centres de rétention et non à la construction de nouveaux

Abrogation de la double peine

Abrogation des lois racistes

Définition d’une politique et d’une loi progressiste de l’immigration

Adoptée le 20 juillet 1996 et Refait à PARIS le 24/11/02





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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 18:08

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/08/19/la-politique-sur-les-roms-nouvelle-man-uvre-populiste-de-sarkozy_1400688_3224.html#ens_id=1389596

La politique envers les Roms, nouvelle "manœuvre populiste" de Sarkozy

19.08.10 | 18h06  •  Mis à jour le 19.08.10 | 18h37

Nicolas Sarkozy renie-t-il la devise française et la Constitution avec sa nouvelle politique envers les Roms ? Pour la presse étrangère, la réponse est clairement oui. A l'instar du quotidien québécois Le Devoir, qui livre un verdict sans détour : "Cette escalade contre les immigrants, les Roms et autres 'déviants' est une contradiction de la trilogie républicaine – liberté, égalité, fraternité –, ainsi que de l'article 1 de la Constitution, qui 'assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d'origine, de race ou de religion'."

Même analyse pour le New York Times, pour qui, si la France est "fière" du principe selon lequel "tous les citoyens français – de naissance ou naturalisés – sont égaux devant la loi", cela "doit s'appliquer à tout le monde", comme cela a été fait pour "le père hongrois et la femme italienne de Nicolas Sarkozy".

Le quotidien américain n'hésite pas à employer des termes choc pour dénoncer la politique de Nicolas Sarkozy, titrant son éditorial "Xénophobie : chasser le non-Français". Le Times évoque, lui, le "souvenir de la Gestapo" (article en accès payant).

FAIRE OUBLIER L'AFFAIRE BETTENCOURT

A travers le monde, les quotidiens et autres hebdomadaires tentent d'expliquer le tour de vis sécuritaire décrété par le gouvernement Sarkozy. Le Devoir regrette que "depuis le début de l'offensive [de Sarkozy] contre ces autres qui ne sont pas comme nous, les suites de l'affaire [Bettencourt-Woerth] passent trop inaperçues", prenant pour exemple l'article de Mediapart sur la déclaration des revenus d'Eric Woerth dans le cadre d'une demande de prêt bancaire pour financer sa campagne électorale.

Le Wall Street Journal estime que cette "manœuvre populiste" a pour but de "faire oublier de récents échecs politiques", citant les élections régionales, l'affaire Bettencourt ou encore la mauvaise santé économique du pays. Le New York Times, qui partage ce point de vue, évoque également la peur d'un "renouveau du Front national" sous l'impulsion de Marine Le Pen. Le quotidien américain estime cependant que le président français est allé trop loin, "inquiétant les hommes de la droite traditionnelle qui croient toujours aux droits de l'homme et à l'égalité de tous les citoyens français". Selon l'éditorial, le président français est "imprudent de ne pas les écouter".

Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, cité par Courrier international, est encore plus sévère dans son jugement. "Le gouvernement devrait soit travailler à l'intégration des Roms, soit aider à ce que la situation s'améliore assez en Roumanie pour qu'ils restent là-bas. Mais, d'une façon ou d'une autre, cela demande patience, argent et résolution. C'est-à-dire tout ce qui fait défaut à Nicolas Sarkozy. Il multiplie donc les gesticulations, croyant faire montre de force alors qu'il révèle ainsi sa faiblesse."

En Italie, La Stampa parle "d'une France qui découvre son côté sombre", évoquant l'histoire de ce propriétaire d'un supermarché de La Rochelle qui refuse l'accès de son magasin aux Roms, rapportée par Sud Ouest. "Simple bêtise humaine ? Ou conséquence inévitable quand vous accolez l'étiquette 'tendance à la délinquance' sur une population ?" Le quotidien évoque également une conséquence inattendue : l'afflux de Roms basés en France vers l'Italie. "La municipalité de Turin a déjà demandé de l'aide à la région : elle craint une invasion, sans aucun moyen de gérer une situation déjà explosive avec près de trois mille personnes nomades."

La presse bulgare est extrêmement hostile à la politique du gouvernement français. Le quotidien d'opposition Sepa, cité par l'AFP, évoque "la déportation officielle la plus massive d'Europe depuis la seconde guerre mondiale", se demandant s'il faut "rétablir le communisme pour les Roms" dans le pays. En effet, durant la période soviétique, chaque citoyen devait avoir une autorisation de sortie officielle pour pouvoir quitter le territoire.

Un hebdomadaire bulgare, également cité par Courrier international, préfère fustiger "l'hypocrisie" de son pays. "La nouvelle de l'expulsion de Roms de France a été accueillie avec une étonnante bienveillance de la part des autorités de Sofia. Et leur hypocrisie n'était rien en comparaison de celle des organisations de défense des droits de l'homme. Ces mêmes ONG qui font des déclarations fracassantes à l'occasion d'une gifle policière ou d'un mot de travers sont restées muettes."




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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 18:34

 

Vous trouverez ci-dessous la huitième et dernière partie d’une très longue brochure de Francis Arzalier relative à l’histoire et à l’actualité du communisme. La brochure est disponible en totalité si vous consultez le site internet du collectif communiste polex.

 

Bernard Fischer

 

 

 http://www.collectif-communiste-polex.org/mouvement%20communiste/Communistes%20de%20France%202.html

 

http://www.pcf.venissieux.org/spip.php?page=article&id_article=868

 

 

I have a dream : le parti des communistes de France au vingt et unième siècle

Il a fallu vingt ans entre le rêve éveillé du martyr Luther King, et l’élection de Barak Obama aux USA. Vingt ans de luttes et d’assassinats de militants, quelques guerres perdues en Asie, en Afrique, et une crise économique ravageuse. De plus, n’en déplaise aux gogos qui prennent leurs vessies pour des lanternes, cela ne change pas encore l’essentiel : l’impérialisme US est toujours là, même s’il est repeint de couleurs fraîches et pimpantes. Il sévit en Afghanistan, en Palestine, et menace au Caucase, en Amérique. Les rues de Detroit ou New Orleans sont plus que jamais parsemées de chômeurs sans abris, et Mumia Abu Jamal condamné sans preuves parce que militant, risque toujours l’exécution dans sa cellule.

Mais en même temps, quelle gifle ce fut pour le conservatisme yankee ! Et quelle mutation des mentalités aux USA implique l’élection triomphale d’un noir ! Le temps des lynchages est clos outre Atlantique, et, sur ce point, qui n’est pas rien, le rêve de Martin Luther King est devenu réalité. Il n’est donc pas trop tôt pour faire un autre rêve, au cœur d’une réalité bien différente.

Champ de ruines, ai-je dit, que le champ communiste de France en 2009. Ou plutôt semis de pousses isolées, inefficaces, dans un paysage de cendres d’après incendie. C’est avec ces hommes et femmes séparés, antagonistes même jusqu’à présent, que devra bien un jour se reconstituer le parti des communistes de France, capable de convaincre la majorité des citoyens, des prolétaires, qu’il faut au pays et au monde une organisation socialiste des richesses et des moyens de production : la question de l’accès au pouvoir viendra après, en temps et lieux.

Parti des communistes de France, et non français, car tous ceux y vivant de leur travail y ont leur place. La nation est un choix de citoyens, non une couleur de peau, une culture, une théologie. Il faut affirmer notre volonté d’en finir avec cette coupure aujourd’hui entre l’organisation communiste et la masse des prolétaires de notre pays, issus des immigrations successives.

Parti des communistes de France aussi pour affirmer que ce pays a vocation à construire un nouveau socialisme, dès que son peuple en aura massivement exprimé le désir, et cela sans attendre l’accord des Polonais, des USA, ou d’autres continents. Comme à Cuba, en Chine ou à Moscou en 1917, ce changement sera national ou ne sera pas.

Communistes de France enfin, car il faut redonner la possibilité aux militants, localement, de décider des tactiques de lutte. A l’inverse de ce qui, depuis longtemps, se passe au PCF : il lui est arrivé de réagir aux oukases gouvernementaux pour la Corse, par un communiqué rédigé par un avocat parisien proche des cercles dirigeants, autoproclamé spécialiste on ne sait trop pourquoi, et cela sans aucunement consulter les militants de l’île. Faut-il rappeler que si la majorité des Franciliens a le droit d’être opposée à la mise à mort de taureaux dans l’arène, les communistes gardois sont les seuls habilités a déterminer la position de leur parti, sur la validité des corridas à Nîmes , qui font partie de leur culture.

Communistes de France, enfin, parce que si la nation française, face à la mondialisation du capital, est redevenue un concept progressiste, à défendre et valoriser, c’est dans l’égalité totale avec toutes les autres : on ne peut se prétendre communiste si l’on ne combat pas résolument l’oppression coloniale, en Palestine par exemple, contre sa version israélo-sioniste ; pas davantage si l’on hésite à s’affirmer solidaire des peuples humiliés par l’impérialisme, qu’il soit étasunien ou français, comme en Irak, Afghanistan ou Tchad ; il n’est pas besoin d’approuver Kim Jong Il et sa version curieuse du marxisme pour dénoncer les menaces nippo-étasuniennes contre la Corée, et les mensonges déversés à ce sujet par la « grande presse » française. La France progressiste fut capable de réunir dans la rue des millions de manifestants contre les guerres coloniales en Algérie et au Vietnam, contre l’armement nucléaire. Elle n’a pas su le faire à propos de l’Irak ou de l’Afghanistan, contre l’OTAN. Les communistes doivent lui faire retrouver ces chemins-là.

L’organisation structurée des communistes, seul gage d’efficacité à convaincre, car porteur d’un message clair, doit réunir tous les hommes et les femmes attachés aux principes de base, les quatre piliers qui fondent notre identité devant l’histoire : le refus que des hommes exploitent d’autres hommes, et de toute oppression ; l’objectif d’égalité entre les hommes et les peuples, et d’en créer les conditions ; la nécessité d’un parti apte à convaincre des nécessaires mutations, qui ne seront possibles qu’appuyées par la masse des citoyens.

Tout le reste, entre communistes, est sujet à débats, nécessaires à l’issue d’un 20ème siècle qui vécut la première grande expérience mondiale de « socialisme réel », et ses échecs, qu’il faudra bien ne pas renouveler. Le monolithisme de façade n’est plus possible, et pas souhaitable. Quand les principes de base sont entre eux clairement affirmés, les communistes ont intérêt à laisser s’exprimer librement les diverses approches tactiques plutôt que de rester sourds et aveugles à la réalité qui bouge, et fait naître de nouveaux problèmes à résoudre. Cette diversité acceptée fut une des richesses des révolutions russe en 1917, cubaine en 1956 : elles ne s’en portaient alors que mieux.

Ce parti des communistes, évidemment, devra pour animer les luttes quotidiennes, préalable aux révolutions nécessaires, nouer des alliances avec d’autres mouvances, partis ou organisations diverses, convergeant avec lui sur quelques points précis, contre l’exploitation capitaliste, l’oppression des individus, l’impérialisme. Il serait absurde et nihiliste de refuser le soutien de salariés en lutte avec des réformistes, de ne pas dénoncer la spéculation sur les rivages avec des Verts qui s’en inquiètent, et même de ne pas nouer des accords électoraux, locaux ou nationaux, s’ils sont profitables aux prolétaires, aux salariés, contre la droite réactionnaire au pouvoir.

Mais à la condition expresse de ne pas passer de l’alliance à la confusion politique, de ne pas transformer en compromission sacrificielle ce qui doit rester alliance tactique, et fermeté de nos principes.

Deux exemples concrets, parmi des milliers d’autres en ces temps de dérive, suffiront à l’expliciter : le PCF, à juste titre, sut s’allier dans le Front Populaire et après la Libération, avec des forces réformistes dont certains chefs rêvaient de le voir supplanté : Léon Blum, Jouhaux, Guy Mollet, pensaient autant que Mitterrand en 1981 qu’il fallait détruire l’influence révolutionnaire : le seul qui y parvint fut le dernier, en profitant d’une alliance transformée en allégeance.

Autre exemple majeur qui ne toucha pas que la France, mais tous les continents après 1945, quand fleurirent partout les nationalismes contre les empires coloniaux. Anti-impérialistes, conséquents, il était logique aux communistes de s’allier avec eux jusqu’aux indépendances en Afrique, en Asie, du Vietnam à Alger. Et le PCF le fit, sans trop d’atermoiements, tout en sachant que tout nationalisme, qu’il soit algérien ou français, est irréductiblement différent de l’idéal marxiste, parce qu’il sacralise la nation, refuse les luttes de classes qui la traversent, opposant exploiteurs et exploités. Aujourd’hui, comme un lointain écho du dilemme, certains militants conscients à juste titre de devoir défendre la nation française niée par l’Europe supranationale, franchissent un pas de trop quand ils n’hésitent pas pour cela à chercher des appuis auprès de politiciens « souverainistes », nationalistes français ou autres, conservateurs flirtant avec la droite extrême.

Gageons enfin qu’il faudra bien, pour remettre sur pied une force communiste active, en finir avec cette mythologie de l’unité sans contenu, concrétisée dans les défilés de salariés depuis longtemps par ce slogan inoffensif qui remplaça peu à peu les drapeaux rouges : « tous ensemble, tous ensemble, ouais !!! ». Vaste programme qui ne fait guère frissonner les actionnaires et Sarkozy, quand l’unité de tous les syndicats consiste à s’accorder sur celui aux demandes les plus anodines.

Rêve utopique dira t’on, de ce neuf projet communiste. Quel progrès de l’humanité ne fut pas d’abord rêve fou ? La réalisation en sera certes difficile, et ne pourra venir que des intéressés, individus divers, plus familiers parfois d’anathèmes que d’analyses. Il ne pourra en aucun cas naître du ralliement de tous à l’un des groupes existants, mais il est simplement une nécessité pour l’avenir, un avenir possible, comme tout le prouve : en 1990, l’URSS et son glacis socialiste ont disparu, et privé de son lien matriciel, Cuba socialiste a connu des années de disette, en aliments, en transports, matériaux quotidiens. Nous étions alors nombreux à penser que la Révolution castriste allait mourir aussi, asphyxiée par la mort de l’URSS et le blocus odieux des USA. Nous nous trompions, le peuple cubain a tenu bon. Vingt ans après, malgré tous ses défauts, ses insuffisances, le socialisme est toujours là, et sert de phare à une bonne partie de l’Amérique en gestation, du Venezuela à la Bolivie. L’histoire des hommes est imprévisible ; elle peut enfanter le pire, mais le meilleur est aussi possible. Y compris dans de vieux pays fatigués par les siècles, la phrase de Saint Just peut résonner encore : « Le bonheur est une idée neuve en Europe », si nous y prenons peine

Le chemin est encore rude, on n’en distingue pas l’issue. Il est le seul possible, et si ce nouveau manifeste, cent soixante ans après celui de Marx, peut aider à s’approcher des échéances, contribuer au débat nécessaire, il aura fait ce qu’il se promettait, rien de plus, rien de moins, modestement.

Certains amis trouveront la critique trop rude : il le fallait pourtant pour entamer une réflexion collective, qu’aucun de nous, surtout pas moi, ne saurait dire close. Seule la vérité est révolutionnaire, même si elle est une douleur, quand il s’agit de reconstruire un idéal blessé.

Cette incitation au débat d’avenir ne s’adresse pas d’abord aux politiciens professionnels, englués peu ou prou dans « l’establishment » politico-médiatique aux mains du capital ; tout « prolétaire » de bon sens peut parvenir à l’idéal communiste, tel que le définit ce texte écrit en 1949 pour la revue étasunienne, « Monthly Review » :

« Le moteur du profit, lié à la compétition entre capitalistes, est responsable de l’instabilité dans l’accumulation et l’utilisation du capital, et aboutit à des dépressions de plus en plus sévères. La concurrence débridée entraîne un énorme gâchis de travail. Il n’y a qu’un seul moyen d’éliminer ces fléaux, c’est d’établir une économie socialiste accompagnée d’une éducation basée sur les priorités sociales. Dans une telle économie les moyens de production seraient la propriété de la société elle-même et seraient employés de manière planifiée ; cette économie ajusterait la production aux besoins de la communauté, répartirait le travail entre tous ceux qui sont en état de travailler et garantirait les moyens de vivre à tout homme, femme ou enfant ».

A ce texte méconnu du grand physicien Albert Einstein, citoyen engagé, qui, à d’autres occasions, fit preuve de moins de pertinence politique, les communistes du vingt et unième siècle n’ont rien à ajouter.

Ces préceptes fondamentaux suffiront à redonner vie au parti communiste de France, qu’exige le siècle nouveau : la tâche nous incombe, il n’est que temps que se lève le jour.

Mais la France n’est pas seule au monde ; l’internationalisme des communistes d’autrefois, aujourd’hui oublié, ne sera pas seulement demain un devoir impérieux, il sera aussi un besoin. Chaque nation aura à cœur de découvrir en elle-même les chemins singuliers d’une renaissance communiste nécessaire : elle manque aux peuples d’aujourd’hui. Tant mieux si nos démarches leur sont parfois utiles, l’essentiel du travail ne relève que d’eux, armés par leur histoire d’une identité spécifique.

Ce siècle est fort désespéré, mais il n’a pourtant que dix ans. Il lui reste le temps de « changer de base », et d’accoucher enfin du rêve des Communards parisiens de 1871, « la République Universelle de la Justice et du Travail », la fraternité des nations libérées de l’exploitation.

Francis Arzalier





 

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