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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 21:42

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110213/twl-tunisie-ministre-demission-bd5ae06_1.html

 

Démission du ministre tunisien des affaires étrangères (Reuters)

 

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaies, au centre d'une polémique pour ses louanges adressées à son homologue française Michèle Alliot-Marie, a présenté sa démission du gouvernement provisoire, rapporte dimanche l'agence officielle de presse TAP.

 

Le ministre avait ulcéré nombre de ses compatriotes en déclarant que sa rencontre à Paris avec la ministre française des Affaires étrangères était "un rêve devenu réalité". Plusieurs centaines de fonctionnaires de son ministère s'étaient mis en grève.

 

Michèle Alliot-Marie, qui séjournait en Tunisie lors des fêtes de fin d'année, est elle-même au centre d'une polémique sur sa gestion du soulèvement tunisien et sur ses liens avec un homme d'affaires tunisien.

 

Nombre de Tunisiens reprochent à Michèle Alliot-Marie une trop grande proximité avec le régime déchu ainsi que sa suggestion, trois jours avant la fuite de Zine ben Ali, de mettre à la disposition de Tunis le "savoir-faire" de la France en matière de maintien de l'ordre.

 

Ahmed Ounaies était en poste depuis moins de trois semaines. Le communiqué du ministère annonçant sa démission et repris par l'agence TAP ne précise pas les raisons de sa décision. On ignore également qui lui succédera.

 

Son départ est un nouveau revers pour le gouvernement de coalition qui tente de sortir la Tunisie du vide créé par l'effondrement de l'ancien régime au moment où il travaille à l'organisation d'une conférence internationale sur les réformes politiques et économiques.

 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 20:45

 

http://www.lariposte.com/moubarak-renverse-revolution-jusqu,1561.html



Moubarak renversé ! Révolution jusqu'à la victoire


Le tyran est parti ! Après dix huit jours de mobilisations révolutionnaires, après plus de trois cent morts et des milliers de blessés, Hosni Moubarak a démissionné. C’est une grande victoire, non seulement pour le peuple d’Egypte, mais pour les travailleurs du monde entier. C’est le résultat d’un magnifique mouvement des masses, qui ont tenu tête aux balles et aux matraques de la police, et qui ont courageusement résisté à chacun des assauts de la réaction.

 

Après le discours de Moubarak, jeudi soir, l’atmosphère était saturée de colère. Hier, à Port Saïd, cinq bâtiments gouvernementaux ont été incendiés. Des manifestants ont bloqué des routes. A Suez et Asyut, le peuple a occupé des bâtiments officiels. A El Arish, il y avait des dizaines de milliers de manifestants, dont environ un millier de jeunes ont attaqué des commissariats avec des cocktails Molotov. A Alexandrie, de deux cent mille personnes se sont rassemblées devant le palais Ras-el-Tin et ont fraternisé avec les marins, qui leur ont donné de la nourriture. A Damiette (un million d’habitants), cent cinquante mille personnes étaient dans la rue et faisaient le siège des commissariats et de bâtiments gouvernementaux. Et ainsi de suite. Toutes les villes du pays étaient en ébullition.

 

Au Caire, les manifestants ont encerclé les bâtiments de la télévision d’Etat, qui étaient protégés par l’armée. Mais l’attitude des soldats était fraternelle. Plusieurs milliers de manifestants ont également marché de la place Tahrir vers le palais présidentiel, soit quinze kilomètres. Loin de tirer sur les manifestants, les soldats qui en gardaient l’entrée leur ont servi des petits-déjeuners. Le peuple et l’armée fraternisaient. Dans un geste hautement significatif, les soldats ont orienté les canons des tanks loin des manifestants, qui ont répondu par de vives acclamations. Un soldat est monté sur un tank et a glissé un drapeau égyptien dans le canon de son fusil.


La petite surprise de Moubarak 

 

La déclaration télévisée de Moubarak, jeudi soir, fut un choc pour les chefs de l’armée égyptienne et pour Washington, qui croyaient sa démission assurée – et l’avaient eux-mêmes annoncée, quelques heures plus tôt. Mais le vieux dictateur leur avait préparé une petite surprise. Il jouait sa propre partition. Certes, d’énormes pressions s’exerçaient sur lui, de partout, pour qu’il démissionne. Les Américains craignaient qu’en s’accrochant au pouvoir, le Raïs ne crée une situation encore plus incontrôlable. Son acharnement fragilisait la possibilité de « ramener le calme » en changeant simplement quelques visages, au sommet du régime. L’intervention des masses risquait de tout balayer – y compris les derniers vestiges d’influence américaine dans le pays.


Le problème, c’est que Moubarak entendait également d’autres voix. La perspective de sa chute terrifiait la monarchie saoudienne – qui est encore plus corrompue et réactionnaire que le régime de Moubarak, et qui craint d’être renversée, à son tour. Les Saoudiens ont proposé de grandes sommes d’argent à l’Egypte, à condition que Moubarak reste en place. Les dirigeants israéliens étaient encore plus terrifiés par l’idée de perdre leur fidèle allié égyptien, l’homme qui leur a permis de vendre au monde entier le soi-disant « plan de paix », qui est une cruelle tromperie.

 

Mais la voix qui a le plus influencé Moubarak est celle qui résonnait dans sa propre tête. Pendant des années, on lui a dit qu’il était grand, qu’il était bon, qu’il savait mieux que tout le monde ce qui était bien pour l’Egypte. A la façon des anciens monarques absolus, il se considérait comme au-dessus des lois, du parlement, des partis et des généraux. Il se prenait pour l’incarnation de la Nation et le juge suprême de la Volonté du Peuple. Bref, il avait perdu tout contact avec la réalité.

 

Le rôle décisif des grèves  

 

L’intervention de la classe ouvrière fut l’élément décisif de l’équation révolutionnaire. C’est ce qui a fini par pousser Moubarak vers la sortie. Ces derniers jours, dans tout le pays, les travailleurs et les syndicats sont entrés dans le mouvement sous leur propre drapeau, au moyen de grèves, d’occupations et de sit-in. Cela a donné une impulsion irrésistible aux manifestations de masse.

 

Pratiquement tous les secteurs de l’économie et de l’administration étaient touchés par cette vague de grèves : les cheminots, les travailleurs du textile, les travailleurs du pétrole, les infirmières, les médecins, les enseignants, les avocats, les employés du canal de Suez, des banques, des Télécoms, de l’industrie pharmaceutique, de l’industrie militaire, des transports, de la culture, etc. Le mouvement avait un caractère national et se répandait comme une traînée de poudre, d’heure en heure.

 

Nombre de ces grèves avaient un caractère économique. Forcément ! Les travailleurs avancent leurs revendications immédiates. Autrement dit, ils voient dans la révolution un moyen d’arracher, non seulement la démocratie formelle, mais aussi de meilleurs salaires, de meilleures conditions de travail, une meilleure vie. Ils luttent pour leurs propres revendications de classe. Et cette lutte ne s’arrêtera pas sous prétexte que Moubarak ne siège plus au palais présidentiel.

 

Mais ces grèves étaient également politiques. Moubarak est parti, mais les travailleurs demandaient la fin du système injuste sur lequel reposait son pouvoir. Ils posent la question de la démocratie dans les entreprises et dans les syndicats. La fédération syndicale officielle, la seule qui soit légale, soutenait Moubarak. Les grévistes exigeaient le départ de sa direction. Et le 30 janvier, une nouvelle fédération syndicale a été fondée, indépendante du pouvoir.

 

C’est l’armée qui gouverne l’Egypte, désormais. Mais l’armée ne contrôle pas la rue et les usines. Le départ de Moubarak a enlevé un énorme poids des épaules de la société égyptienne. Les vannes de la contestation sont ouvertes. Toutes les sections de la société vont lutter pour leurs revendications. Comment un régime militaire pourrait bien y répondre ?

 

« Révolution jusqu’à la victoire » 

 

Le renversement de Moubarak n’est qu’un premier pas. La révolution entre dans une nouvelle phase. La lutte pour la démocratie n’est qu’une moitié du problème. La deuxième moitié, c’est la lutte contre la dictature des riches – la lutte pour l’expropriation des richesses de Moubarak, de la clique dirigeante et des impérialistes qui les ont soutenus pendant des décennies.

 

Les Américains veulent une « transition ordonnée » – c’est-à-dire sous le contrôle de la CIA. Mais il n’en sera rien. Les choses sont allées trop loin. Les masses sont debout. Le départ de Moubarak les encouragera à revendiquer davantage. En s’accrochant au pouvoir, Moubarak a radicalisé toute la situation. Les Américains manoeuvraient frénétiquement pour que Souleiman remplace Moubarak. Mais Souleiman a dû s’écarter. Le peuple ne lui fait pas plus confiance qu’à Moubarak.

 

Faute d’alternative, le haut commandement de l’armée a dû prendre les rênes du gouvernement. Mais malgré les apparences, les généraux sont impuissants. Le Conseil militaire a pris le pouvoir sur le dos d’une vague révolutionnaire. Les tanks et les fusils ne permettront pas de donner du travail aux chômeurs, de la nourriture à ceux qui ont faim et un logement aux sans-abri. Dans ces circonstances, l’armée voudra rendre le pouvoir à un gouvernement civil, le plus vite possible. Des élections seront sans doute organisées en septembre, ou même avant. Les candidats aux postes de Président et de Premier ministre ne manquent pas. El Baradei piaffe d’impatience, dans les coulisses.

 

Mais aucun des problèmes brûlants de la société égyptienne ne pourra être réglé sur la base d’une « économie de marché ». L’inflation et le chômage accablent les masses. Il y a sept millions de chômeurs, soit dix pour cent des actifs. Soixante seize pour cent des plus jeunes sont privés d’emploi. Les salaires sont bas. La plupart des fonctionnaires gagnent aux alentours de soixante dix dollars par mois. Dans le secteur privé, la moyenne s’établit à cent dix dollars par mois. Il y a un grave problème de logements. Des gens vivent dans les cimetières. quatre millions de personnes n’ont aucune assurance maladie. La corruption ronge le régime. Quarante pour cent de la population vit sous le seuil de pauvreté. A présent, les travailleurs vont dire : « Nous voulons nos droits ». Or, aucun gouvernement capitaliste ne pourra satisfaire les aspirations fondamentales du peuple égyptien.

 

La classe ouvrière est désormais la principale force motrice de la révolution. Jusqu’alors, les revendications se concentraient sur les droits démocratiques. Mais les travailleurs donnent un contenu social au programme de la révolution. Ils voudront la mener à son terme. Hier, les travailleurs d’une usine militaire sont arrivés place Tahrir avec une bannière sur laquelle était écrit : « thawra hatta’l nasr » – « Révolution jusqu’à la victoire ». Ce ne sont pas des paroles en l’air.

 

La révolution égyptienne a commencé, mais elle n’est pas terminée. Pour résoudre les problèmes fondamentaux de la société égyptienne, il faudra rompre avec le capitalisme, exproprier les capitalistes et les impérialistes – et accomplir la transformation socialiste de la société. C’est à la fois possible et nécessaire. Ces derniers jours ont montré qu’aucune force au monde ne peut arrêter les travailleurs, dès lors qu’ils sont massivement mobilisés pour changer la société. C’est une leçon que la jeunesse et les travailleurs de tous les pays apprendront, tôt ou tard.

 

Le peuple égyptien célèbre le départ de Moubarak. Nous le célébrons, nous aussi. Désormais, tout est possible. Notre mot d’ordre : révolution jusqu’à la victoire !

 

Vive la révolution égyptienne ! Vive le socialisme ! Travailleurs de tous les pays, unissez-vous !

 

Alan Woods 

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 20:33

 

http://www.lalsace.fr/actualite/2011/02/10/boycott-de-produits-israeliens-manifestation-et-proces-renvoye

 

Boycott de produits israéliens : manifestation et procès renvoyé

 

«Nous ne sommes pas douze à être jugés, mais des milliers», a affirmé un militant de Boycott 68 devant le tribunal de grande instance, en présence de nombreuses personnalités politiques locales, auxquelles s´était joint Monseigneur Jacques Gaillot.


Dans la salle d´audience, les militants ont applaudi lorsque le président du tribunal Francis Gatty a annoncé le renvoi du procès au 16 juin. «Comme nous, indignez-vous, vous avez raison», a lancé à Francis Gatty une responsable du collectif, Farida Trichine.


Le collectif a appelé à une nouvelle action de boycott ce jeudi dans divers supermarchés de l´agglomération mulhousienne.


Les douze militants devaient être jugés pour provocation «à la discrimination, à la haine ou à la violence», à la suite d´une plainte du Bureau national de vigilance contre l´antisémitisme (BNCVA).

 

L´association Avocats sans frontières, la Ligue contre le racisme et l´antisémitisme (Licra) et la Chambre de commerce franco-israélienne ont aussi déposé plainte.

 

Les prévenus avaient manifesté le 26 septembre 2009 et le 22 mai 2010 à l´hypermarché d´Illzach, demandant aux clients de boycotter les produits importés d´Israël.

 

Membres de la campagne internationale «BDS» (boycott, désinvestissement, sanctions), ils entendaient dénoncer le fait qu´Israël exporte des produits issus des colonies juives de Cisjordanie en les faisant passer pour des produits de son territoire internationalement reconnu - ce qui leur confère les mêmes avantages douaniers que les produits israéliens.

 

Plusieurs députés européens et des personnalités politiques locales ont apporté leur soutien aux militants poursuivis

 

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 16:24

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Merzak.Tigrine.100211.htm

La fonction publique était en grève hier et appelle à « un changement urgent »

Vive tension sociale au Maroc

Merzak Tigrine

Jeudi 10 février 2011

Outre l’appel, sur Facebook, à une grande marche pour le 20 février prochain, suivi par celui de l’association Justice et Bienfaisance, pour un “changement urgent”, le Maroc a été secoué, hier, par une grève des personnels des différents départements ministériels, des collectivités locales et autres établissements publics. Des avertissements à accélérer les réformes promises.

Pour protester contre la dégradation du pouvoir d'achat, l'échec du dialogue social depuis 2008 et les tergiversations du gouvernement dans l'application de ses engagements relatifs à la suppression des échelles de un à quatre, les personnels de différents départements ministériels, les collectivités locales et les établissements publics marocains soumis au statut de la Fonction publique, ont observé, hier, une grève qui a été suivie d’un sit-in devant le siège du ministère de la Modernisation des secteurs publics. C’est à l’appel de l’Union syndicale des fonctionnaires, affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT) que cette action a été décidée. Elle revendique notamment une augmentation générale des salaires, la suppression des échelles de un à quatre dans les collectivités locales et les établissements publics et une promotion exceptionnelle des fonctionnaires depuis 2003. Elle réclame aussi le respect des libertés syndicales.


Pour rappel, les fonctionnaires des collectivités locales marocaines avaient observé, fin janvier, une grève de vingt quatre heures en signe de rejet d’une décision unilatérale prise par le ministère de tutelle de promulguer des décrets relatifs aux statuts spéciaux  pour certaines catégories de fonctionnaires. Dans cette ambiance de protestation sociale, le mouvement islamiste Justice et bienfaisance, considéré comme l'un des plus importants du Maroc, avait appelé lundi à un “changement démocratique urgent” et à “l'établissement de mécanismes mettant fin à l'autocratie”. Cet appel intervient après celui du “mouvement du 20 février, le peuple veut le changement” et du “Mouvement de liberté et démocratie maintenant”, ainsi que d’autres groupes qui opèrent de façon similaire à ceux des internautes tunisiens et égyptiens avec les conséquences que tout un chacun connaît. “Nous appelons tous les Marocains à manifester le 20 février pour la dignité du peuple et pour des réformes démocratiques”, indique la “plate-forme” de ce groupe créé sur Facebook.

 

Quant au texte publié par l’association Justice et Bienfaisance, sur son site internet, il “salue les manifestations en Tunisie et en Égypte” et appelle “à un changement fondamental démocratique urgent (...) afin d'instaurer une véritable séparation des pouvoirs”. “Des millions de Marocains souffrent de la pauvreté et du manque. Il est injuste que la richesse du pays soit accaparée par une minorité”, souligne le mouvement. “Nous demandons aux autorités de mettre un terme à la “benalisation” que connaît le Maroc et à crédibiliser les institutions constitutionnelles”, précise encore Justice et Bienfaisance.

 

Dans le même ordre d’idées, le commissaire européen chargé de l'Élargissement, Stefan Füle, a estimé que le Maroc doit veiller à ce que les bénéfices du développement économique “soient partagés par tout le peuple marocain”, en évoquant les “leçons” des événements de Tunisie et d'Égypte. Soulignant que sa visite au Maroc intervenait quelques semaines après la révolte tunisienne qui a chassé l'ex-président Ben Ali et tourné l'attention sur la région du Maghreb, Füle a souhaité que les autorités marocaines “avancent davantage” sur la voie des réformes qu'elles ont engagées. Il a notamment cité les domaines de “l'éradication de la pauvreté, du développement social (...) des réformes démocratiques, de la liberté d'expression et de la réforme de la justice”, lors d'un point de presse commun avec le chef de la diplomatie marocaine Taieb Fassi Fihri.

 

Évoquant les “leçons à tirer” de ce qui vient de se passer en Tunisie, Stefan Füle a souligné que le “développement ne devrait jamais sous-estimer les aspirations légitimes des jeunes à accéder au travail et à la liberté d'expression”. Il a aussi insisté sur l'importance d'éviter un écart trop important entre développement économique et développement humain et social. Le commissaire européen a indiqué avoir souligné, lors de ses entretiens à Rabat, “l'importance de veiller à ce que les bénéfices du processus de réforme soient partagés par tout le peuple marocain”.

 

 
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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 16:13

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110212/tts-algerie-manifestation-top-ca02f96.html

 

La manifestation de l’opposition réprimée à Alger (Reuters)

 

En déployant un large dispositif de sécurité dans Alger, les autorités algériennes ont en partie empêché samedi des mouvements d'opposition de s'inspirer du soulèvement égyptien.

 

"Une tentative d'organisation d'une manifestation a été signalée Place du premier Mai rassemblant une foule estimée à deux cent cinquante personnes. Quatorze personnes ont été interpellées et ont été immédiatement relâchées", a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

 

Un porte-parole du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), parti d'opposition, a affirmé lui que la manifestation avait réuni entre sept mille et dix mille participants et que la police avait procédé à un millier d'arrestations.

 

L'un des organisateurs du rassemblement, Fodil Boumala, a indiqué à Reuters qu'il était détenu dans un commissariat.

 

Selon des journalistes de l'agence Reuters, le nombre de manifestants réclamant notamment la chute du gouvernement d'Abdelaziz Bouteflika a été largement sous-évalué par la police.

 

Après près de trois heures de manifestation, les protestataires ont quitté calmement la place tandis que la police les laissait passer. Mais certains jeunes venus des quartiers pauvres d'Alger sont restés sur les lieux et ont lancé des projectiles sur les policiers.

 

"On est en état de siège", a déclaré Abdeslam Ali Rachedi, étudiant et opposant au gouvernement de Bouteflika.

 

Non loin de là, une petite contre-manifestation s'est déroulées aux cris de "Nous voulons la paix, pas le chaos !" et "l'Algérie n'est pas l'Egypte!".

 

Dès le début de la matinée, les autorités avaient déployé une dizaine de véhicules des forces de l'ordre et des petits véhicules blindés étaient stationnés sur plusieurs carrefours de la capitale tandis que des policiers déjà équipés de tenues antiémeutes se trouvaient non loin de la place.

 

Des petits groupes de manifestants ont réussi à s'y rassembler, scandant "Bouteflika dehors!". Certains protestataires, s'inspirant des révolutions qui ont eu raison des régimes tunisien et égyptien, brandissaient des journaux titrant "Moubarak est tombé."

 

Mais ils ont été rapidement encerclés par les forces de l'ordre. D'autres ont bien tenté eux aussi de regagner la place mais la police les en a empêchés.

 

ORDRE PUBLIC

 

"J'ai le regret de dire que le gouvernement a déployé une force importante pour empêcher une marche pacifique. Ce n'est pas bon pour l'image de l'Algérie", a déclaré Mustafa Bouchachi, de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH).

 

La LADDH était au nombre des organisations ayant appelé à ce rassemblement en faveur des libertés publiques et de l'emploi et pour un changement de gouvernement.

 

Au lendemain de la démission contrainte du président égyptien Hosni Moubarak, un mois après le renversement du dirigeant tunisien Zine ben Ali, de nombreux observateurs se demandent si un autre pays du monde arabe ne va pas à son tour s'enflammer contre le pouvoir en place.

 

Des troubles en Algérie pourraient avoir des conséquences sur l'économie mondiale en raison de son statut de puissance exportatrice de gaz et de pétrole. Beaucoup d'experts doutent toutefois d'un scénario à l'égyptienne ou à la tunisienne car le gouvernement semble disposer des ressources nécessaires, via la manne énergétique, pour répondre à la plupart des revendications.

 

Les autorités disent avoir interdit cette manifestation pour des raisons d'ordre public et non par volonté d'étouffer des voix discordantes. Elles affirment oeuvrer en faveur de la création d'emplois, de la construction de nouveaux logements et de l'amélioration des services publics.

 

Bouteflika a annoncé le 3 février la levée "dans un très proche avenir" de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992. Le gouvernement est récemment intervenu pour faire baisser le prix de certaines denrées de base et il a accru les importations de blé.

 

La manifestation de samedi ne bénéficiait pas de l'appui des principaux syndicats ni des principales formations d'opposition ni encore des organisations islamistes radicales interdites.

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 18:19

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110211/tts-egypte-moubarak-demission-tp-ca02f96_3.html

 

Hosni Moubarak cède le pouvoir en Egypte, l’armée aux commandes (Reuters)

 

Après trois décennies de régime autocratique, le président égyptien Hosni Moubarak a démissionné vendredi en remettant le pouvoir à l'armée, sous les pressions conjuguées de l'appareil militaire et des manifestants qui réclamaient son départ depuis dix-huit jours.

 

Le vice-président Omar Souleimane a annoncé qu'un conseil militaire administrerait le pays le plus peuplé du monde arabe. Un scrutin présidentiel libre et équitable est promis pour septembre prochain.

 

Sur la place Tahrir du Caire, épicentre du mouvement de protestation, des centaines de milliers de manifestants ont accueilli la nouvelle du départ du raïs par des larmes de joie et en s'embrassant. Les uns scandaient "le peuple a renversé le régime", d'autres "Allahu Akbar" (Dieu est grand).

 

"C'est le plus grand jour de ma vie", a déclaré le dirigeant d'opposition Mohamed ElBaradeï, lauréat du prix Nobel de la paix, en saluant une période de partage du pouvoir entre le peuple et l'armée. Il a dit à Reuters ne pas songer à briguer la présidence égyptienne.

 

Des témoins ont fait état de scènes de liesse analogues à celles du Caire dans les rues d'Alexandrie et d'autres villes où l'on déployait des drapeaux au son des klaxons.

 

TROP PEU, TROP TARD

 

Moubarak "a décidé de renoncer à ses fonctions de président" et a confié au Conseil suprême des forces armées la direction des affaires publiques "dans les circonstances difficiles que traverse le pays", a déclaré Souleimane à la télévision.

 

Le ministre de la Défense, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, dirige lui-même ce Conseil, qui s'était réuni la veille en promettant de répondre aux revendications du peuple.

 

L'armée a annoncé le limogeage du gouvernement nommé par Moubarak au début de la crise et la suspension des deux chambres du parlement. Les militaires se sont engagés à respecter le droit à manifester.

 

Un peu plus tôt, le président avait atterri en hélicoptère avec sa famille dans la station balnéaire de Charm el Cheikh, qu'il affectionne particulièrement et qui est située à la pointe sud du Sinaï, à quelques encablures de l'Arabie saoudite.

Le retrait du raïs, âgé de 82 ans, après un soulèvement sans précédent représente une victoire populaire propre à ébranler les autocrates au pouvoir dans le monde arabe et au-delà.

 

Jeudi soir, dans un discours à la nation, le président avait déçu l'attente des contestataires en annonçant qu'il déléguait ses pouvoirs à Souleimane sans renoncer à son poste. C'était, de l'avis de beaucoup, trop peu et trop tard.

 

Le président américain Barack Obama a été immédiatement informé vendredi de la décision finale de Moubarak et il a regardé des reportages télévisés en provenance du Caire.

 

Vendredi matin, l'armée avait donné l'assurance que des réformes démocratiques auraient lieu, en se disant prête à lever l'état d'urgence en vigueur depuis 1981 "dès que la situation le permettrait". Le Conseil suprême des forces armées s'est également porté garant de la réforme de la constitution et de l'organisation d'élections libres.

 

LA FOULE DEVANT LE PALAIS

 

Devant le palais présidentiel d'Ittihadia, quelque deux mille manifestants scandaient encore "A bas Moubarak !" vendredi en début d'après-midi sans que l'armée intervienne. Place Tahrir, un organisateur des manifestations avait assuré que les manifestants allaient "prendre le palais".

 

Les Frères musulmans, mouvement d'opposition islamiste, avaient aussi exhorté les Egyptiens à poursuivre le mouvement jusqu'au départ du raïs, qualifiant ses concessions de stratagème visant à se maintenir au pouvoir.

 

Au fil des jours, les grandes puissances insistaient de plus en plus fortement pour que Moubarak organise une transition ordonnée. En 1981, il avait été porté au pouvoir après l'assassinat de son prédécesseur Anouar Sadate par des islamistes.

 

Israël a réagi à sa démission en exprimant l'espoir qu'elle ne change rien à ses relations pacifiques avec l'Egypte, l'un des deux seuls pays arabes liés à l'Etat hébreu par un traité de paix.

 

Le vice-président américain Joe Biden a parlé d'un moment "crucial" pour l'Egypte et le Moyen Orient.

 

Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue Arabe, a évoqué quant à lui une "grande opportunité" pour les Egyptiens.

 

La Haute Représentante de l'Union Européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a estimé que Moubarak avait "écouté la voix du peuple égyptien et ouvert la voie à de profondes et rapides réformes." Elle a jugé important "que le dialogue s'accélère en vue d'un gouvernement d'union nationale qui respectera les aspirations du peuple égyptien et lui offrira la stabilité."

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 21:06

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-la-lutte-des-arabes-du-golan-temoignage-66460409.html

Vendredi 4 février 2011 5 04 /02 /Fév /2011 18:13


La lutte des Arabes du Golan (témoignage)


Les nouvelles en provenance du Golan sont rares. Le témoignage de Taiseer Maray, directeur de l’ONG « Golan for development », n’en est que plus précieux. Résumé de l’interview qu’il a accordée au site Electronic Intifada* :


Au début de l’année 1967, cent trente mille Syriens vivaient sur le plateau du Golan, répartis dans 139 villages et une soixantaine d’exploitations agricoles. Après la guerre de juin 67, le Golan ne comptait plus que soixante mille à quatre vingt dix mille habitants. Les forces israéliennes ont chassé la plupart de leurs maisons. Après cela, il ne restait que six mille trois cent Syriens dans cinq villages, principalement des agriculteurs.


Résistance culturelle 

 

A l’époque, nous avions peur. Personne ne s’intéressait à nous. Mais, quand Israël a annexé le Golan et voulu nous forcer à prendre la nationalité israélienne, nous avons refusé. Nous avons résisté. Des affrontements violents ont eu lieu avec les forces d’occupation. Les résistants étaient incarcérés avec les Palestiniens. La première Intifada palestinienne s’est inspirée de la résistance des Syriens du Golan.


Dans les années 1990, les Israéliens se sont aperçu que la répression était sans effet, sinon celui d’augmenter notre capacité de résistance, alors ils ont changé de tactique. Maintenant, ils veulent nous assimiler.


Les Israéliens cherchent à détruire notre patrimoine culturel. Ils tentent de contrôler le cerveau de la nouvelle génération à travers l'éducation. Ils nous obligent à apprendre l'hébreu, l'histoire sioniste, l'histoire juive. La culture arabe est déformée. Heureusement qu’en Syrie, depuis l’empire Ottoman et le Mandat français, nous savons comment résister aux cultures étrangères.

 

Pommiers déracinés 

 

Les colons volent nos ressources, exploitent nos terres. L’eau minérale Eden Springs est mise en bouteille dans le Golan et est exportée dans le monde entier. Les vins israéliens proviennent de nos vignobles. Les fleurs du Golan sont vendues dans le monde, y compris aux Pays-Bas.


Israël présente comme un exemple de normalisation l’autorisation donnée aux paysans du Golan de vendre dix pour cent de leur récolte de pommes sur le marché syrien. Mais ce sont des pommes syriennes, cultivées par des Syriens. Elles sont vendues au gouvernement syrien qui est notre gouvernement… Qui sait que les cinq dernières années, Israël a déraciné plus de dix mille pommiers, prétendant qu'ils poussaient sur des terres appartenant à l'État ? Nous les avons replanté.


Les agriculteurs dans les villages arabes du Golan produisent quarante  pour cent des pommes et cinquante pour cent des cerises vendues sur le marché israélien. Nous voulons exporter nos produits vers le territoire occupé de Cisjordanie et de Gaza, ou en Europe, mais Israël nous l’interdit.


A quoi peut donc rêver Taiseer Maray ? A la liberté, dit-il, à la restitution du Golan à la Syrie, à la libération de la Palestine, mais aussi au jour où le peuple juif se débarrassera de l’idéologie sioniste…

 

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:55

 

 

Jasmin et dignité 


Par Nabil El-Haggar, universitaire 


L’écrivain français Gabriel Charmes, en visite au pays du Cham en 1882, décrivant un nouvel esprit qui s’installait écrivait: «…l’inspiration à l’indépendance domine les esprits. J’ai pu observer, pendant ma présence à Beyrouth, les jeunes musulmans s’occuper à construire des hôpitaux et des écoles et à travailler pour le développement de la nation. Le plus important est que le communautarisme et le racisme étaient bannis. On pouvait trouver des Arabes chrétiens travailler dans les associations musulmanes…».


Quelques années plus tard, la révolution arabe est déclarée contre l’empire Ottoman.  Les Arabes s’allient aux Britanniques et aux Français en échange de la promesse  de l’édification de l’Etat arabe.  Un Etat que le mouvement national arabe a voulu, lors de son premier congrès réuni à Paris en 1913, moderne, démocratique et laïque… à l’image de la République française disait-il! Ironie de l’histoire, la nation arabe est politiquement née à Paris, capitale de l’une des deux puissances coloniales qui trahiront les promesses données au monde arabe qui sera divisé et colonisé, avec  la Palestine sacrifiée au profit de la construction d’un Etat juif. Ce faisant, l’Occident ferme la porte de la modernité au monde arabe.  


Plus d’un siècle plus tard, la révolution tunisienne du jasmin et l’égyptienne de Midan Al Tahrir inaugurent sans doute une nouvelle ère arabe. Elles viennent d’acter la volonté populaire de se mettre debout et penser le monde par soi-même. Cela faisait trop longtemps que le doute de soi, la peur, la haine, les interdits et la méfiance envers l’autre remplissaient le cœur des arabes privés de démocratie. 


En quelques jours, l’Arabe se découvre capable de volonté, de résistance ; il se sent utile, il refait société, il se pense capable de décider du monde dans lequel il aimerait vivre. Il se veut capable de juger ses dirigeants et leur intégrité, de contester leurs choix et leurs alliances, de contester des décisions politiques imposées par un Occident qui n’a pas encore compris qu’il a tout intérêt à ce que les Arabes puissent accéder à la liberté de penser, forger leur propre opinion et défendre leur droit. Un Occident qui devrait se presser de mettre fin à la politique des « deux poids, deux mesures » concernant la question palestinienne et son traitement injuste et humiliant pour tous les Arabes, à l’exception de leurs dirigeants.


Par ailleurs, le silence de certains intellectuels qui d’ordinaire se font passer pour les infatigables défenseurs des droits de l’homme est assourdissant. Ils pensent sans doute que les intérêts d’Israël, ami fidèle de la dictature de Moubarak, sont plus importants que les quatre vingt millions d’Egyptiens qui aspirent à la démocratie. 


Quelque soit l’avenir de cette révolution, il est sûr que désormais l’Arabe, où qu’il soit, vient de récupérer sa dignité et l’estime de soi. C’est déjà beaucoup.

 

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 20:43

 

Voici des nouvelles un peu plus détaillées sur les évènements au sein du Forum Social Mondial à Dakar concernant les sahraouis.

Premier jour du FSM : durant la marche d'ouverture, on déplore les premiers heurts entre la délégation Sahraouie venue de Tindouf et des territoires occupés ; et des délégations de centaines de Marocains apparemment issus d'aucun mouvement social mais tout simplement venus pour semer le trouble et empêcher la libre expression des Sahraouis.

Deuxième jour du Forum : l'atelier intitulé "Le Sahara Occidental, dernière colonie d'Afrique" est tellement perturbé qu'il sera annulé sans avoir commencé : voir les images sur la vidéo
français http://www.youtube.com/watch?v=18wibCL2W4Y
espagnol http://www.youtube.com/watch?v=aHl3OutlDos

Des centaines de Marocains y sèment le trouble et agressent les Sahraouis, les organisateurs de l'atelier, les bénévoles du forum, les caméramans...

 

Ils tentent de casser la caméra d'Anthony, mon sac avec tous mes papiers se fait voler, et nous sommes impuissants malgré notre statut de membre du comité d'organisation du forum.

Une conférence de presse est organisée à la suite de cet évènement, elle se tient difficilement, mais les organisateurs de l'atelier diffusent tout de même l'information (voir communiqué).

Troisième jour du Forum : l'information circule sur les évènements de la veille et une mobilisation de la part de divers mouvements sociaux dont les ATTAC Afrique (dont un membre d'ATTAC Maroc, et de Tunisie) et le réseau No-Vox se met en place. Des flyers sont diffusés dans tout le forum (voir en PJ) pour annoncer une mobilisation demandant la liberté d'expression des sahraouis et l'expulsion des marocains qui empêchent la tenue des ateliers. Une petite manifestation s'improvise à midi juste avant l'atelier, tandis que les participants tentent difficilement de rentrer dans leur salle d'atelier. Des heurts et bagarre ont lieu devant la porte de l'atelier et continueront à l'intérieur. Mais nous avons été plus prévoyants, et une vingtaine d'agents de la sécurité sont présents pour contenir tant bien que mal les semeurs de troubles. De nombreux participants parmi les personnes mobilisées pour la manifestation ne connaissent pas le sujet du Sahara et sont nombreux dans la salle.

Il faudra plus d'une heure pour débuter l'atelier après l'intervention de nombreux volontaires de la sécurité dont le responsable de la commission sécurité du forum, puis le coordinateur du comité d'organisation du forum qui viendra en personne constater les troubles et appeler au calme pour la tenue de l'atelier.

Dans un climat tendu, une salle bondée, des participants difficilement maitrisables, les femmes sahraouis arrivent tout de même à s'exprimer, avec traduction française et espagnole. L'atelier durera environ deux heures  avec plusieurs témoignages et un essai de débat avec la salle qui se résumera à quelques questions posés par des participants.

Pour le lendemain il est prévu de reprogrammer le premier atelier, puis de diffuser des vidéos sur Gdeym-Izik dans la tente des sahraouis au village des associations.

Lise Trégloze et Tony Jan

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 21:06

 

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_Munier.070211.htm

http://www.france-irak-actualite.com/article-egypte-en-ebullition-releve-la-tete-mon-frere-66634520.html


Egypte en ébullition: « Relève la tête mon frère... »

Gilles Munier

« Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine », écrivait Mao Tsé- Toung, dans une lettre adressée le 5 janvier 1930, aux membres du Parti communiste chinois qui doutaient de la victoire rapide de l’Armée Rouge (1). On connaît la suite.


Premiers visés : les régimes pro-occidentaux


En Tunisie, l’étincelle annonçant le grand chambardement - le suicide par le feu du malheureux Mohamed Bouazizi - a embrasé la « rue arabe » de Tunis à Amman, et ce n’est pas fini. Le temps où le Président Gamal Abdel Nasser criait à la foule: « Relève la tête mon frère, le temps de l’humiliation est passé », est de retour, porté par les mêmes exigences: l’indépendance nationale et la dignité. Tous les régimes pro-occidentaux sont visés, de l’Atlantique au Golfe. S’ils tombent : bon débarras ! Hillary Clinton, qui se demande comment canaliser tant de colère refoulée ou contenue, a raison de parler de « Tempête » s’abattant sur le monde arabe. En Egypte, pas certain que le général Omar Souleiman, 75 ans, y parvienne. Son nom est synonyme de répression des Frères Musulmans et de compromissions avec Israël. L’homme, formé en URSS, puis à Fort Bragg (Caroline du Nord) dans les années 1980, est mouillé jusqu’au cou dans le scandale des prisons secrètes de la CIA. C’est lui qui a fait interroger Ibn al-Sheikh Al-Libi, chef des moudjahidine d’Oussama Ben Laden à la bataille Tora-Bora en Afghanistan, pour lui arracher, sous la torture, de faux aveux sur les liens entre Al-Qaïda et Saddam Hussein et justifier l’invasion de l’Irak. Lui encore qui fait la chasse, en Egypte, aux Palestiniens du Hamas et qui contribue à affamer les habitants de la bande de Gaza.


L’heure des comptes a sonné


En Jordanie, le roi Abdallah II a pris les devants en nommant Premier ministre Marouf Souleiman al-Bakhit, son conseiller chargé du renseignement, ancien ambassadeur en Israël. Il lui a demandé de mener « des réformes politiques et économiques authentiques », mais cela ne satisfait pas le Front de l’action islamique à la pointe de la contestation. Au Yémen, Ali Abdallah Saleh est revenu sur sa décision de se faire élire président à vie. En Algérie, Abdelaziz Bouteflika a baissé le prix de l’huile et du sucre pour calmer des émeutiers. Il envisage de lever l’état d’urgence en vigueur depuis 19 ans. Au Maroc, on parle de mouvements de troupes et d’une rencontre secrète, en France, au cours de laquelle Mohamed VI aurait demandé à Nicolas Sarkozy de l’aider à museler son opposition. Le prince Moulay Hicham, surnommé le « prince rouge », cousin du roi, pense que « tous les systèmes autoritaires seront affectés par la vague de protestation », y compris dans son pays. En Irak, Nouri al-Maliki, confronté à un raz le bol grandissant, s’est engagé à ne pas briguer un troisième mandat et à restituer cinquante pour cent de son salaire – trente mille dollars par mois - au Trésor public. On attend que les parlementaires irakiens en fassent autant (2), ainsi qu’Iyad Allaoui qui a monnayé sa présidence du fantomatique Conseil national pour la politique stratégique contre un salaire identique à celui du Premier ministre.


En Egypte, où l’heure des comptes a sonné, le premier acte de la révolte - la disparition de Hosni Moubarak de la scène proche-orientale - donne déjà des sueurs froides à Israël (4). Que se passera-t-il si les Frères Musulmans - demain majoritaires au Parlement - dénoncent le traité de paix avec Israël, signé par Anouar al-Sadate en 1979 ? Les Occidentaux fomenteront-ils un coup de force militaire annulant le scrutin, comme cela a été le cas, en 1991, en Algérie – avec complicité française - après la victoire électorale du Front Islamique du Salut (FIS) ? Au nom de la paix et de la démocratie, bien sûr…  

 

 

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