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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 16:29

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110423/tts-libye-misrata-tp-ca02f96_2.html

 

Des soldats pro Kadhafi annoncent se retirer de Misrata (Reuters)

 

Les forces libyennes pro-Kadhafi qui assiègent la cité portuaire de Misrata ont reçu l'ordre de se retirer, a indiqué samedi un soldat libyen blessé, capturé par les rebelles qui tiennent toujours la ville.

"On nous a dit de nous retirer. On nous a dit de nous retirer, hier", a déclaré Khaled Dorman à Reuters. Installé à l'arrière d'un pickup, il faisait partie d'un groupe de douze soldats loyalistes blessés qui ont été conduits à l'hôpital de Misrata pour y être soignés.

 

Interrogé pour savoir si le gouvernement de Tripoli a perdu le contrôle de la ville de Misrata, un autre soldat a répondu: "oui".

 

Misrata, principale ville de l'ouest du pays aux mains des insurgés, est assiégée par l'armée régulière depuis près de deux mois.

 

Plusieurs centaines de personnes ont été tuées dans les bombardements d'artillerie de l'armée et dans les combats. Des milliers de travailleurs migrants se trouvent pris au piège des affrontements et la pénurie de carburant se fait sentir.

 

Ayad Mouhammad, un jeune soldat, a indiqué que l'armée est la cible d'attaques de la part des rebelles depuis le début de la journée de samedi.

 

"Les rebelles nous ont attaqués près d'un pont ce matin tandis que nous étions en train d'évacuer Misrata", a-t-il dit.

 

Vendredi, les insurgés avaient annoncé avoir repris le contrôle d'un important immeuble situé rue de Tripoli, principale artère qui relie le centre aux quartiers situés au sud.

 

Ce bâtiment qui abritait auparavant les services d'une compagnie d'assurance avait été investi par des snipers kadhafistes dont les tirs limitaient grandement les possibilités de déplacement des insurgés au sol.

 

"La situation à Misrata va s'apaiser. Elle va être gérée par les tribus autour de la ville et par le reste de la population, mais plus par l'armée libyenne", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Khaled Kaim, devant la presse à Tripoli.

 

Kaim a expliqué que les troupes loyalistes allaient se sortir de cette situation car les habitants ne peuvent pas continuer à vivre de la sorte.

 

Il semble que les raids aériens menés par l'Otan aient enrayé la stratégie mise au point par l'état-major du colonel Mouammar Kadhafi dans cette cité.

 

"La stratégie de l'armée libyenne était de mener une opération chirurgicale, mais cela ne marche pas en raison des raids aériens", a précisé Kaim.

 

Les forces de l'Alliance atlantique ont procédé au cours de la nuit de vendredi à samedi à des frappes à proximité de Bab al Azizia, le quartier général de Kadhafi à Tripoli.

 

Le gouvernement libyen a indiqué que ces attaques ont fait trois morts et que l'Otan a touché un parking. Des journalistes de Reuters sur place ont déclaré que l'endroit ressemblait davantage à un bunker.

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 20:10

 

http://www.ism-france.org/communiques/Nabil-al-Arabi-pret-a-autoriser-l-entree-de-l-aide-a-Gaza-article-15459

 

Egypte - 20 avril 2011

 

Nabil al Arabi prêt à autoriser l’entrée de l’aide à Gaza

 

Par Palestine Info

 

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil al-Arabi a confirmé, au cours d'une visite de la coalition égypto-internationale pour mettre fin au siège de Gaza que l'Egypte est prête à aider au transport de l'aide humanitaire et des matériaux de construction dans la Bande de Gaza, a dit Manha Bakhoum, porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

 

Il semble que le ministère des Affaires étrangères ait conclu un accord politique pour faire entrer les marchandises par le passage frontalier de Rafah après que la question ait été présenté au président du gouvernement égyptien de manière à prendre les mesures nécessaires et adéquates.

D'un autre côté, des diplomates égyptiens ont réfuté l'information que des arrangements seraient en cours pour une visite du ministre des Affaires étrangères Arabi dans la Bande de Gaza prochainement. Ils ont déclaré qu'il n'y avait aucun arrangement pour cette visite actuellement.

Des rumeurs s'étaient répandues dans les médias palestiniens et égyptiens qu'Arabi devait se rendre à Gaza pour soutenir les efforts de réconciliation palestinienne entrepris par Le Caire, et pour offrir un appui contre une éventuelle agression israélienne à Gaza.

Traduction : MR pour ISM

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 19:56

 

http://www.liberation.fr/monde/01012332979-le-regime-compaore-conteste-au-burkina-faso

Le régime Compaoré contesté au Burkina Faso

Afrique . La fronde sociale, menée par les militaires, s’amplifie.

Par CHRISTOPHE AYAD

Des militaires qui se mutinent et pillent, des étudiants et des commerçants qui manifestent et brûlent le siège du parti au pouvoir… Quelque chose ne tourne pas rond au Burkina Faso de Blaise Compaoré, au point que les éditorialistes comparent son régime, en place depuis 1987, avec ceux des potentats arabes, actuellement contestés dans la rue.

Grogne.

La fronde sociale, qui couvait depuis plusieurs mois, a pris un tournant très menaçant jeudi dernier, avec la mutinerie de la garde présidentielle, qui a été suivie par trois autres camps militaires de la capitale, Ouagadougou. Cela fait deux mois que l’armée est agitée par une grogne, qu’une source à la présidence attribue à des problèmes de primes de logement non payées et qui serait essentiellement le fait de la promotion 2008-2010, qui compte beaucoup de «diaspos», des jeunes Burkinabè nés en Côte-d’Ivoire, qu’ils ont dû quitter à cause des campagnes anti-étrangers menées par les partisans de Laurent Gbagbo ces dernières années.

Il semble en fait que le malaise de l’armée soit plus profond. Les fameuses primes de logement sont dues au fait que les soldats les plus âgés ne veulent pas quitter les casernes, obligeant l’Etat à loger les plus jeunes en ville. Outre cet engorgement de la hiérarchie, l’enrichissement des plus hauts gradés provoque jalousie et ressentiment dans la troupe. Or l’armée est le véritable pilier du régime Compaoré, arrivé au pouvoir via un coup d’Etat contre son ami Thomas Sankara. Depuis, il dirige le Burkina Faso d’une main de fer, éliminant ou réduisant au silence ceux qui menacent son pouvoir, comme le journaliste Norbert Zongo, qui avait publié une enquête gênante et a été assassiné mystérieusement en 1998.

Signe de l’inquiétude du pouvoir suite aux mutineries en chaîne de ces derniers jours, le chef d’état-major, Dominique Djindjéré, a été remplacé par le général Nabéré Honoré Traoré et les primes réclamées ont été versées. Cette célérité a ulcéré une partie de la population, qui proteste en vain depuis des mois contre la vie chère. C’est le cas des étudiants, dont un d’entre eux aurait été tué le 20 février à Koudougou par la police. Les autorités soutiennent que le jeune homme est mort de méningite, à la grande colère des magistrats. Quant aux commerçants de Ouagadougou, ils n’ont pas apprécié que les mutins les pillent impunément. Ils s’en sont donc pris aux locaux du Congrès pour la démocratie et le développement, le parti au pouvoir, qui contrôle soixante quatorze des cent onze sièges du Parlement.

Mandat.

Pour éteindre la contestation, Compaoré a nommé Luc-Adolphe Tiao Premier ministre. Cet ex-journaliste et diplomate de 56 ans, novice en politique, sera chargé de susciter le dialogue avec une population lassée de ce régime autoritaire, qui a pris l’habitude de gouverner sans consulter. Pourtant, le Burkina connaît régulièrement des scrutins, mais Compaoré, réélu pour un quatrième - et officiellement dernier - mandat en décembre dernier, a tellement fait le vide que ses scores dépassent les quatre vingt pour cent.

S’il veut sauver son régime, le président Compaoré, 60 ans, «devra s’investir à nouveau dans son propre pays», convient un proche. Considéré comme le faiseur de paix - et de guerre - de l’Afrique de l’Ouest, il a passé plus de temps, ces dernières années, à gérer les crises de ses voisins (Côte-d’Ivoire, Guinée…) que les problèmes de ses concitoyens.

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 17:57

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110422/tts-france-union-schengen-ca02f96.html

 

La France veut renforcer la clause de suspension de Schengen (Reuters)

 

La France est favorable à un renforcement de la clause de suspension provisoire des accords de libre circulation de Schengen en cas d'afflux d'immigrants clandestins à une frontière extérieure de l'Union européenne, a déclaré vendredi la présidence française.

Il s'agit notamment de tirer les leçons de l'afflux actuel d'immigrants tunisiens et libyens via l'Italie, qui a provoqué de vives tensions entre Paris et Rome ces dernières semaines, mais aussi de la porosité de la frontière gréco-turque.

 

"Il faut tirer les conséquences de la situation bancale dans laquelle nous sommes à l'heure actuelle en renforçant l'intégration dans la gestion des frontières extérieures", explique-t-on à l'Elysée.

 

Ce sera un des sujets au menu du sommet franco-italien de mardi prochain à Rome.

 

Le président Nicolas Sarkozy souhaite ainsi que la France et l'Italie prennent ensemble, comme elles l'ont déjà fait en 2009, une initiative commune à Bruxelles, dit-on à l'Elysée.

 

L'objectif de cette initiative sera notamment d'obtenir une coopération effective des pays du Sud contre l'immigration illégale mais également un renforcement des mécanismes européens de Schengen, aujourd'hui jugés "déficients" par Paris.

 

Ce renforcement passe notamment par une modernisation du cadre européen de l'asile, un renforcement de l'agence Frontex qui organise des patrouilles communes aux frontières extérieures de l'UE et l'instauration d'une sorte de clause de sauvegarde, précise la présidence française.

 

"Schengen est soumis à des difficultés", explique-t-on à l'Elysée. "Nous pensons qu'il faut aller jusqu'à, en dernière extrémité, une clause de suspension en cas de nécessité."

 

"Ce qu'il nous semble, c'est qu'il faut réfléchir à un mécanisme qui permette, lorsqu'il y a une défaillance systémique à une frontière extérieure de l'UE, d'intervenir en prévoyant une suspension provisoire, le temps que la défaillance soit réglée", précise-t-on de même source.

 

Il existe déjà une clause de suspension mais elle est d'application très limitée dans le temps et géographiquement et n'est prévue que pour des événements de nature exceptionnelle.

 

La France y a fait appel en 2004 pour les cérémonies du soixantième anniversaire du débarquement allié en Normandie et en 2007 après les attentats de Londres.

 

Les bouleversements en Afrique du Nord, principalement en Tunisie et en Libye, ont entraîné l'arrivée en Italie de nombreux immigrés clandestins de ces pays qui, une fois dans l'espace Schengen, peuvent se rendre dans les vingt quatre autres pays européens qui en sont membres.

 

On souligne cependant à l'Elysée que les discussions sur le renforcement de l'efficacité des mécanismes de Schengen, qui devront être conduites à vingt sept, prendront du temps.

 

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 20:03

 

 

http://www.fr.news.yahoo.com/3/20110421/twl-libye-situation-1be00ca.html

 

Libye : les rebelles prennent le contrôle d’un poste frontière dans l’Ouest (Associated Press)

 

Les rebelles anti-Kadhafi affirment avoir pris le contrôle jeudi d'un poste-frontière libyen entre la Libye et la Tunisie après trois jours de combats près de la ville de Nalout (nord-ouest de la Libye).

La prise du poste de Douheiba a provoqué la fuite vers la Tunisie de membres des forces gouvernementales libyennes. Citant "une source militaire (tunisienne) de haut niveau", l'agence officielle tunisienne TAP a précisé que treize officiers libyens dont un colonel major et deux commandants étaient arrivés en Tunisie, où ils ont été placés en détention. Le point de passage frontalier, désormais sous le contrôle des rebelles libyens, a été fermé, selon la même source.

 

Shaban Abu Sitta, un chef rebelle, a affirmé que le poste-frontière avait été capturé jeudi après trois jours d'intenses combats contre les troupes gouvernementales. Il a précisé que ses hommes avaient détruit trente camionnettes de l'armée et saisi dix voitures et des armes.

 

Le docteur Mongi Slim, un médecin du Croissant-Rouge tunisien, a confirmé que le poste-frontière était aux mains des insurgés. "La principale inquiétude maintenant est la possibilité d'un afflux de familles fuyant les combats" en Libye, a-t-il déclaré à l'Associated Press. "Lorsque le poste était sous le contrôle des forces pro-Kadhafi, les gens passaient la frontière par de petits chemins. Maintenant, ce sera beaucoup plus facile."

 

Par ailleurs, le ferry "Ionian Spirit" évacuait mercredi de la ville assiégée de Misrata, principal bastion rebelle dans l'ouest libyen, un millier de personnes -essentiellement des civils libyens et des travailleurs africains et asiatiques. Le navire devait rallier Benghazi, fief de l'insurrection situé dans l'est du pays.

 

Jeremy Haslam, coordinateur de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a précisé que plus de mille évacués, dont deux cent trente neuf civils libyens et cinq cent quatre vingt six travailleurs migrants, étaient à bord.

 

Le nombre de personnes cherchant à fuir Misrata a augmenté alors que les forces de Moammar Kadhafi ont élargi leurs attaques à des secteurs de la ville auparavant considérés comme relativement à l'abri.

 

Le ferry transportait les corps de Chris Hondros et Tim Hetherington, photographes de presse respectivement américain et britannique tués mercredi à Misrata dans une attaque qui a également blessé deux autres photographes. Le bateau transportait aussi le corps d'un médecin ukrainien tué mercredi par un tir d'artillerie, selon Jeremy Haslam.

 

L'OIM précise avoir évacué plus de trois mille cent personnes de Misrata jusqu'ici, et compte envoyer un autre bateau vers la ville assiégée pour acheminer cinq cent tonnes de vivres et fournitures médicales.

 

Les Etats-Unis ont estimé jeudi que les forces de Kadhafi utilisaient peut-être des bombes à sous-munitions contre les civils libyens. "Les troupes du colonel Kadhafi continuent leurs attaques brutales", notamment à Misrata, a déclaré la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton. "Il y a des informations selon lesquelles les forces de Kadhafi pourraient avoir utilisé des bombes à sous-munitions contre leur propre peuple."

 

Les rebelles libyens et l'organisation américaine de défense des droits de l'homme Human Rights Watch ont affirmé que les forces de Kadhafi utilisaient ces armes à Misrata.

 

 

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 19:57

 

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/04/21/de-vintimille-a-nice-l-epopee-des-tunisiens-echoue-sur-la-police-francaise_1510686_3224.html#ens_id=1488309

 

De Vintimille à Nice, l’épopée des tunisiens échoue sur la police française

 

LEMONDE.FR | 21.04.11 | 16h33  •  Mis à jour le 21.04.11 | 17h34

 

 

Une vague ? Plutôt un flot continu. Toutes les trente minutes, ils sont une petite dizaine de Tunisiens à s'asseoir dans le TER qui part de Vintimille pour rejoindre Nice en à peine une heure. La dernière ville italienne avant la frontière n'est plus qu'un espace de passage, surveillé avec un air débonnaire par quelques carabiniers italiens qui poussent autant que possible les Tunisiens à partir.

Ceux qui ont la carte de séjour et le "titre de voyage pour étrangers" ne resteront d'ailleurs que quelques minutes, le temps d'acheter un billet. Mais ils sont encore des dizaines à rester sur le carreau à Vintimille, dans l'attente de ces papiers, ou qu'on leur envoie de l'argent par mandat.

Tous les soirs, la plupart d'entre eux regagnent le centre d'accueil de la Croix-Rouge à plus de cinq kilomètres de la gare. Dans une zone excentrée entre deux voies de chemin de fer, une logistique impressionnante a été mise en place pour les nourrir et les loger gratuitement dans une ancienne caserne de pompiers.

Pour y accéder, à partir de 17 heures, les migrants doivent subir des contrôles de police tatillons. Leurs affaires sont entièrement fouillées, leurs corps palpés par des agents gantés. Les journalistes ne peuvent pas entrer. La plupart des migrants font toutefois état de conditions d'hébergement correctes. Les cent cinquante places du centre, ouvert depuis trois semaines, sont totalement occupées tous les soirs, assure d'ailleurs Palmero Vincenzo, le président du comité régional de la Croix-Rouge.

ALLERS-RETOURS FRANCE-ITALIE

Certains préfèrent pourtant passer la nuit à même le sol dans la gare. "C'est plus calme, il y a moins de bagarres", assure Mohamed, 24 ans, serveur "licencié depuis la fuite de Ben Ali et des touristes". Lui faisait partie des premiers migrants à être entrés en France, il y a plus d'un mois, "en train, sans aucun contrôle".

Après un périple jusqu'à Lyon chez sa soeur, puis au Luxembourg chez un cousin, il est revenu à Vintimille. Pour les papiers. "Lorsque j'ai entendu que l'Italie donnait ces permis de six mois je me suis dépêché de revenir. Je dois retirer le mien le 28 avril. Je dors ici en attendant". Il montre un couloir exigu qui, toutes les nuits, fait office de dortoir pour des dizaines de migrants.

Le soir, ils sont les seuls à errer dans la gare, vide de tous voyageurs. Ces hommes âgés de 20 à 30 ans, sans bagages et trop chaudement habillés pour la saison, ont le regard brillant de fatigue. Pour tuer l'ennui, certains boivent. Quelques empoignades éparses. Les policiers veillent du coin de l'œil.

A chaque train qui entre en gare, une dizaine de Tunisiens débarquent, en provenance de tous les centres de rétention italiens. "La police française laisse-t-elle passer ?" "A quelle heure est le train pour Nice ?" "Combien faut-il d'argent ?" Les mêmes questions reviennent. Un ancien, Hichem, géant de plus d'un mètre quatre-vingt-dix, s'occupe d'y répondre. Arrivé depuis un mois à Vintimille, il prend son rôle tellement à cœur qu'il n'a pas bougé. Il faut dire qu'il n'a nulle part où aller. "Je n'ai ni famille, ni amis en France. Vous savez où je pourrai trouver du travail ?", demande-t-il, faisant preuve d'une impréparation que l'on retrouve chez beaucoup d'autres, partis du jour au lendemain parce que subitement les contrôles des gardes-côtes tunisiens ont cessé.

VINTIMILLE FATIGUÉE PAR LA PRÉSENCE DES MIGRANTS

Raidhouan, 28 ans, n'aura ainsi même pas pris la peine de prévenir sa mère de son arrivée. Ce mercredi matin, il patiente avec elle depuis six heures du matin devant le commissariat de Vintimille. Arrivée à Nice en 1981, elle est désormais française, mais refuse de donner son nom : "Mes voisins ne savent pas que mon fils est sans papiers". Impossible en effet de plaider le regroupement familial pour un fils majeur.

Raidhouan a profité de la chute de Ben Ali pour filer et quitter sa quatrième année de master marketing. Mille cinq cent euros pour le bateau pour Lampedusa, quelques jours de rétention, et puis le train. Il lui aura fallu moins d'un mois pour rejoindre Nice, en toute illégalité. Il est revenu à Vintimille uniquement pour déposer son dossier et obtenir les permis de séjour de six mois délivrés par l'Italie. Il doit retourner à Nice le soir même avant de revenir chercher son permis dans plusieurs jours.

Mais fatiguées par la présence de dizaines de migrants dans la petite ville balnéaire, les autorités italiennes demandent désormais aux Tunisiens de déposer leur dossier à Savone, à une heure trente de train plus à l'est. "Nous n'avons rien contre ces Tunisiens qui ne font que passer, mais ces images de migrants errant dans la ville diffusées sur les chaînes d'information nous font perdre des touristes", assure ainsi un restaurateur. Plus rien à voir, toutefois, avec la situation des dernières semaines, lorsque les Tunisiens erraient par dizaines toute la journée sur la petite place devant la gare, poussant certains à comparer Vintimille à Sangatte.

Pour ceux dotés du permis de séjour italien, le trajet Vintimille-Nice se fait dans une relative insouciance. Ridha, 30 ans a embarqué dans le train de 16 h 17, avec son camarade Ali. Il guette à peine les entrées, ne cherche pas à se cacher et se montre à peine content lorsqu'on lui annonce qu'il a passé la frontière sans encombre. Eux visent Nice, d'où ils sauteront dans le premier TGV pour Paris, où, assurent-t-ils, les attend un membre de leur famille.

Pour y faire quoi ? "N'importe quel travail !" Même des emplois fatigants payés au noir, dit Ridha, pourtant titulaire d'un bac plus quatre. "En Tunisie, j'étais au chômage depuis deux ans, je n'ai rien à perdre." Pensent-ils que la France peut accueillir vingt mille migrants avec près de dix pour cent de chômage ? "Les vingt mille Tunisiens ne veulent pas tous aller en France. Et il y a cinq cent mille emplois non pourvus dans votre pays", ont-ils remarqués dans un article du journal gratuit Metro. Quittés mardi 19 avril à Monaco sans encombre, eux ont eu de la chance.

VAGUE D'ARRESTATIONS EN FRANCE

Car le lendemain, mercredi, les autorités françaises ont subitement décidé de mettre le holà. A la gare de Menton, une dizaine de CRS monte dans le train de 11 heures 17. Contrôle des papiers manifestement ciblé : on ne demande rien ni aux Blancs ni aux Noirs. Onze Tunisiens – tous titulaires de permis de séjour et de titres de voyage italiens – sont interpellés et conduits dans un petit local. Deux heures plus tard, ils seront emmenés par la police des airs et des frontières. Juste à temps pour que les CRS montent dans le 13 heures 17 et arrêtent de nouveau quelques Tunisiens.

Combien passent entre les mailles du filet ? Tous les trains entre-temps n'ont subi aucun contrôle. Et même dans ceux qui sont contrôlés, des migrants continuent vers Nice faute de CRS en nombre suffisant. Ayant échappé de peu à l'arrestation, ceux-là prennent à peine le temps de contempler le paysage, pourtant à couper le souffle sur cette portion de chemin de fer. "Pourquoi ont-ils été arrêtés ?". La rumeur veut que la police exige la présentation de soixante deux euros en liquide pour justifier de ressources suffisantes. "J'ai cent euros, ça suffira ? Combien coûte le billet Nice-Paris ?" Les trois s'y croient déjà.

Pourtant, la nasse va se refermer sur eux. "Trop de reportages ont montré des Tunisiens insouciants aux terrasses des cafés", lâche un policier dans la gare de Nice. Avec lui, une grosse dizaine d'agents de la police des airs et des frontières et de CRS. Ils écument tous les trains pour Paris et Marseille. Les Tunisiens sont arrêtés par groupe de deux ou trois. Un Français d'origine tunisienne, parti chercher son frère à Rome, est même emmené au commissariat pour aide à l'entrée illégale sur le territoire.

PROCÉDURES BÂCLÉES

Tous ont pourtant le permis de séjour délivré par l'Italie. "Jusqu'au lundi 18 avril, on avait pour consigne de les laisser passer. Tout a changé depuis mardi matin", témoigne un policier. Un responsable de la préfecture : "Comme l'autorise la convention de Schengen, nous leur demandons de présenter, en plus du permis de séjour, un billet de retour, et de prouver qu'ils ont des ressources suffisantes – 62 euros par jour – pour les laisser continuer." Sans compte en banque, avec quelques dizaines d'euros dans les poches, la logique est implacable : 100 % d'entre eux sont placés en rétention. Comme le centre de rétention de Nice déborde, ils sont envoyés par cars entiers jusqu'à Marseille et Nîmes, les mains menottées, officiellement "pour des raisons de sécurité".

Là les autorités dressent à la hâte des arrêtés de réadmission vers l'Italie. "On est dans une procédure massive au mépris de la loi. Les arrêtés de reconduction sont tous des copies conformes, dressées à la même heure, avec les mêmes cases cochées : manque de ressources et absence de billet retour. Seuls les noms sont modifiés, explique José Lagorce, intervenant de la Cimade au centre de rétention de Nîmes. Comme ces procédures seraient sûrement cassées par le juge des libertés et de la détention, la police fait tout pour les reconduire à la frontière en moins de quarante-huit heures. A Marseille, deux migrants ont ainsi été immédiatement libérés par le juge en raison d'erreurs dans la procédure, assure Hassane Ndaw, intervenant de Forum réfugiés dans le centre de rétention de la ville.

A Nîmes, en revanche, sept migrants ont été raccompagnés jeudi matin", rapporte José Lagorce. Pour l'instant, l'Italie semble en effet accepter de réadmettre ces Tunisiens auxquels elle a distribué des titres de séjour et dont elle semble si pressée de se débarasser à Vintimille.

Cette vague d'arrestation a des conséquences immédiatement visibles : les dizaines de Tunisiens sans le sou et sans famille qui, la veille encore, erraient en gare de de Nice sans savoir où aller ont tous disparu loin des regards et des caméras. Parmi les plus pauvres et les plus isolés, ils sont les rebuts de cette folle épopée tunisienne vers la France. "quatre vigt pour cent d'entre eux seront repartis d'ici cet hiver", avait prédit Mohamed en les regardant errer devant la gare de Vintimille.

Jean-Baptiste Chastand

 

 

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 20:05

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article6081

 

Message de Egidia Beretta Arrigoni, mère de Vittorio Arrigoni

 

Faut-il mourir pour devenir un héros, pour faire la une des journaux, pour avoir la télévision devant chez soi, faut-il mourir pour rester humains ?

Je repense à Vittorio à Noël, en 2005, détenu dans la prison de l’aéroport Ben Gourion, aux cicatrices des menottes qui lui ont scié les poignets, aux contacts refusés avec le consulat, au procès-farce. Et à Pâques, la même année, quand à la frontière jordanienne, peu après le pont Allenby, la police israélienne l’a bloqué pour l’empêcher d’entrer en Israël. Ils l’ont fait monter dans un bus et à sept, il y avait une femme parmi eux, ils l’ont frappé “avec art”, sans laisser de signes extérieurs, en vrais professionnels qu’ils sont. Ils l’ont flanqué par terre, en lui lançant au visage, comme une dernière balafre, ses cheveux arrachés par leurs puissants rangers.

Vittorio était devenu indésirable en Israël. Trop subversif, coupable d’avoir manifesté une année auparavant contre le mur de la honte, aux côtés de son ami Gabriel, avec les femmes et les hommes du village de Budrus, en leur apprenant et en chantant en choeur notre plus beau chant partisan “Bella ciao”.

A l’époque, je n’ai vu aucune télévision, pas même lorsqu’en automne 2008, un commando attaqua le bateau de pêche dans les eaux palestiniennes au large de Rafah et Vittorio fut enfermé à Ramle, puis renvoyé chez lui en survêtement et pantoufles. Bien sûr, aujourd’hui, je ne peux que remercier la presse et la télévision qui se sont approchées de nous avec délicatesse, qui ont “occupé” notre maison avec respect, sans excès, et m’ont donné l’occasion de parler de Vittorio et de ses choix idéaux.

Ce fils perdu, mais tellement en vie, comme il ne l’a peut-être jamais été, que tout comme la graine qui dans la terre pourrit et meurt, il regorgera de fruits. Je le vois et le sens déjà à travers les mots de ses amis, surtout des jeunes, certains proches, d’autres venant de très loin, qui par Vittorio ont appris, davantage encore aujourd’hui, comment on peut donner un sens à l’“Utopie”, et compris que la soif de justice et de paix, la fraternité et la solidarité ont encore droit de cité, que, comme disait Vittorio, “la Palestine peut être aussi juste au-delà du seuil de nos portes”.

Nous étions loin, Vittorio et moi, mais à la fois plus proches que jamais. Comme en ce moment, avec sa présence vive qui grandit d’heure en heure, comme un vent qui depuis Gaza, depuis la Méditerranée qui lui était si chère, de son souffle impétueux, nous confie ses espoirs et son amour pour les personnes sans voix, pour les faibles, les opprimés, en nous passant le témoin. Restons humains.

 

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 20:02

 

Le régime syrien est un régime répressif, c'est certain. Le régime français également, et la plupart des régimes européens, qui se dirigent vers le fascisme. Mais en Syrie, est-ce que la révolte est uniquement interne ? Parler de "complot sioniste" paraît ridicule pour beaucoup, mais pour la Syrie, c'est une réalité.

Le régime ne prétend pas que toute la contestation est un "complot" mais que des éléments infiltrés profitent du mouvement de contestation pour faire basculer le régime au profit de Khaddam, et non pour autre chose, et Khaddam est allié avec certains courants des Frères musulmans (pas tous). (il est étonnant que dans l'analyse de Mohamed Bensaada, ce dernier n'a nulle place. Où a-t-il puisé ses renseignements ? )

Est-ce que Mohamed Bensaada sait combien d'armes sont entrés en Syrie depuis un mois ? Aujourd'hui encore, un camion venant d'Irak a été attrapé à la frontière. Pourquoi l'opposition "pacifique" a-t-elle besoin d'armes ? Qui veut s'armer et déstabiliser le régime ?

Il y a une part de vrai dans l'analyse de Mohamed Bensaada, mais il y a aussi beaucoup de légèreté, dans la croyance que les forces américaines, sionistes par l'intermédiaire de leurs alliés libanais et irakiens ne profitent pas et ne fomentent pas des troubles.
 
Il y a une chose de certaine, c'est que les communautés chrétiennes ne trouvent, dans cette région arabe, que la Syrie pour vivre. En Irak, les US participent à leur expulsion du pays, en Palestine, les sionistes font de même, en Egypte, l'ancien régime a suscité crise après crise (explosion de l'église d'Alexandrie formentée par l'ancien ministre de l'intérieur) pour diviser le pays et au Liban, sans les alliés chrétiens de la Syrie, il n'y aurait plus de communauté chrétienne au Liban.

Dire que c'est un régime alaouite, c'est faux. Et en réalité, les druzes, les chrétiens, les sunnites, les alaouites participent tous, d'une manière ou d'une autre, à la richesse du pays. Parler de régime alaouite, c'est diviser le peuple syrien comme le font les impérialistes et les colonialistes. C'est uniquement en Syrie (et en Palestine) que l'on peut voir des chrétiens qui n'ont pas le complexe de la minorité. Dira-t-on, comme certains islamistes, que c'est un régime alaouite-chrétien ?
 
Dire que c'est le régime qui instrumentalise les communautés relève d'une grande légèreté sinon d'une vision orientaliste, car au contraire, il n'y a plus qu'en Syrie où les "minorités" religieuses et ethniques existent encore. Ailleurs, la politique occidentale et impériale les a supprimés, pour devenir du folklore.

Ce n'est vraiment pas à l'Occident européen de donner des leçons sur ce plan, lui qui a physiquement supprimé toutes les expressions ethniques et religieuses sur son territoire et qui cherche, depuis le dix neuvième siècle déjà , dans l'empire ottoman, de façonner le monde à son image terne et uniforme.
 
Encore un mot sur la Syrie et le Liban. L'histoire est compliquée, mais personne, dans tous ceux qui "racontent" cette histoire, en rappelant des faits parfois contradictoires (le soutien du régime à différentes parties libanaises ou palestinienne, une fois l'une et une fois l'autre) ne mentionnent que beaucoup de soldats syriens sont tombés dans leur lutte contre les sionistes, au Liban. Ils ne mentionnent pas que la Syrie a mis en cause sa sécurité nationale pour soutenir les résistances libanaise et palestinienne. Ils ne parlent pas des tentatives sionistes de déstabiliser le pays depuis les accords d'Oslo.
 
C'est trop facile d'accuser la Syrie de ne pas faire la guerre, surtout après la défection de l'Egypte, après 1973, et l'accord signé par la Jordanie. Mais pourquoi lui demander de faire la guerre ? Il suffit qu'elle laisse le champ libre aux résistants. Et c'est ce qu'elle fait. Que savez-vous concrètement du soutien logistique apporté par la Syrie aux résistances ?
 
Puis, il faut dire aussi que c'est toujours à la demande des Libanais que les Syriens sont intervenus au Liban, et jamais il n'y a eu d'unanimité libanaise quant à la présence syrienne. Alors lorsque les uns ou les autres analystes mettent en avant un fait, c'est qu'ils prennent position pour la partie libanaise ou palestinienne qui a tourné sa chemise envers la Syrie. C'est-à-dire parler aujourd'hui de la présence syrienne au Liban après 1982 n'a pas la même signification politique que d'en parler après 1990, car il y a plusieurs phases, plusieurs politiques.

Mohamed Bensaada sait-il qu'à un certain moment, les forces syriennes ont tué et combattu les forces du Hezbollah ? Sait-il qu'à d'autres moments, le Hezbollah et Amal se sont combattus ?  Sait-il que juste après la sale des guerre des camps, le Fateh palestinien et Amal étaient alliés contre le Hezbollah dans une sale guerre ? Et là, je ne mentionne que les conflits qui ont existé dans ce qui s'appelait "le camp national". Alors, à son avis, que faut-il faire ? Garder toutes ces rancunes et se combattre toujours, se rappeler les uns les autres les morts atroces et injustes qui sont tombés, avec Syriens interposés, ou bien en finir ??? Rabâcher une partie des faits n'aide pas à comprendre, au contraire, c'est distordre les faits pour les faire entrer dans un schéma sécurisant.
 
Mohamed Bensaada parle de Kamal Joumblatt, mais est-ce qu'il sait qu'un des principaux soutiens au régime syrien, ce sont les confrères de Joumblatt, les druzes syriens ? Sait-il pourquoi ? Lorsque le fils Joumblatt lançait ses flammes contre le régime syrien et demandait aux Américains de le faire tomber (il y a juste deux ans, mais à présent, il défend le régime), le fils Joumblatt avait perdu le soutien de toute la population druze en Syrie et en Palestine. Ce qui montre, une fois encore, que la population qui vit dans la région est, malgré sa diversité, liée par le même sort.
 
Donc, la question est très complexe lorsque nous parlons de la relations Syrie - Liban, surtout lorsqu'on ne veut pas rabâcher les clichés occidentaux à propos du Liban occupé par les Syriens, etc...

Le Liban, la Syrie, la Palestine et la Jordanie forment une seule entité, et tous sont malades parce que la Palestine est occupée. Ce ne sont pas les frontières de Sykes-Picot qui vont définissent l'appartenance des peuples qui y vivent.
 
En tout cas, n'en déplaise à beaucoup de "démocrates" arabes vivant en Occident, nous, nous défendons l'intégrité territoriale de la Syrie et refusons l'intervention étrangère, qu'elle soit sous la forme de Bandar Ben Sultan, de Hariri, ou de Khaddam et de leurs alliés, syriens ou arabes.

Personne n'est contre les réformes, ni contre la population qui réclame des réformes, au contraire, mais il faut faire la différence entre la destruction d'un pays et son dépeçage, à la manière lybienne, la volonté de faire plier le peuple syrien aux ambitions sionistes et les réformes internes.

Le régime syrien a une grande responsabilité à ce niveau, dans son approche, c'est certain. Mais les choses ne dépendent pas seulement de lui, il y a aussi le discours de l'opposition, qui n'est pas fiable, jusqu'à présent.
 
Les résistances palestinienne et libanaise l'ont récemment affirmé, aux côtés d'autres mouvements islamistes et nationalistes, au congrès des forces nationales et islamistes réunies à Beirut, les samedi et dimanche 16 et 17 avril.

 

Ces forces nationales et islamistes viennent de Tunisie, d'Egypte, du Maroc, du Yémen, de Bahrayn, d'Irak, de Jordanie, du Liban, de Palestine, du Soudan (et peut-être d'autres encore).
 
Discours nationaliste ? Peut-être, donc honni dans la mentalité occidentale ou occidentalisée. Mais en tout cas, notre ennemi est toujours l'Etat sioniste et les Etats-Unis. Et toute "démocratisation" qui ne mène pas vers le combat contre l'alliance impérialo-sioniste est une machination américaine, car telle est la volonté des peuples arabes.

Rim al Khatib
 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 19:53

 

http://www.oumma.com/Le-regime-syrien-peut-il-se

 

Le régime syrien peut-il se réformer ?

par Mohamed Tahar Bensaada - publié le jeudi 14 avril 2011

 

Le vent du changement qui souffle sur le monde arabe ne saurait épargner aucun pays de la région même si les formes et les rythmes de la contestation populaire varieront suivant les contextes nationaux forcément différents. Comment un régime autoritaire comme le régime baathiste syrien pourrait-il échapper à l’onde de choc surmédiatisée qui a balayé les régimes de Ben Ali et Moubarak en attendant le tour de Ali Salah au Yémen et de Kadhafi en Libye ?


En apparence, le scénario est identique. Le mouvement de protestation populaire est parti de la petite localité située au sud du pays, Deraa, pour s’étendre au reste du pays. Les manifestants qui réclament pacifiquement des réformes politiques et sociales sont confrontés à la répression féroce des forces de l’ordre. Le régime qui sait qu’il joue sa survie cherche à amortir la contestation populaire en promettant des réformes.

 

Avec recul, ces réformes n’apparaissent pas seulement comme tardives et superficielles. Elles ont tout l’air d’être une tentative de gagner du temps sinon comment expliquer l’intensification de la répression au même moment où le régime reconnaît explicitement la nécessité des réformes politiques et sociales et de la lutte contre la corruption ? Certes, le président Bachar Al Assad a démis son gouvernement – pour confier le nouveau cabinet à son ancien ministre de l’agriculture- et a limogé le gouverneur de Deraa, mais est-ce suffisant pour contenir la colère populaire ?


Un régime autoritaire et clanique 


Les exactions des forces de l’ordre contre les manifestants pacifiques ne constituent pas un « dérapage » sécuritaire qu’on pourrait attribuer au zèle de tel ou tel responsable des services de sécurité. Elles font partie intégrante d’un mode de gouvernement fondé sur l’exclusion, la répression et la torture qui dure depuis plus de quarante ans. Les protestataires qui défient les forces de l’ordre le savent et s’ils sont prêts à en payer le prix c’est que la révolte qui couvait depuis longtemps a trouvé l’occasion de se manifester au grand jour, encouragée par la chute des régimes autoritaires en Tunisie et en Egypte.


Face à l’intensification d’un mouvement de protestation populaire qui ne réclame pourtant pas (pas encore) la chute du régime mais seulement des réformes politiques et sociales, le régime n’a pas trouvé mieux que de crier au « complot impérialo-sioniste » en vue de le discréditer et de justifier sa répression. Comment expliquer cette fuite en avant du régime baathiste et son recours systématique à une répression disproportionnée contre un mouvement pacifique ?


Ce qui pourrait passer pour un comportement incompréhensible, anachronique et suicidaire relève en fait d’une logique propre à un régime autoritaire dont le discours « nationaliste » et « progressiste » ne saurait cacher son enracinement sociohistorique dans une logique clanique qui n’hésite pas à instrumentaliser les divisions ethniques et confessionnelles que connaît la société syrienne. La rhétorique « nationaliste panarabe » n’empêche pas le régime de s’appuyer sur la minorité alaouite, dont sont issus la plupart des dignitaires militaires et policiers du régime, une minorité qui n’hésite pas à jouer intelligemment sur la peur des autres minorités, comme la minorité chrétienne, de l’envahissement d’une majorité musulmane sunnite supposée « conservatrice ».


Par définition, un régime clanique qui se nourrit de logiques segmentaires ne peut s’ouvrir sans se condamner à entrer dans une crise interne grave qui pourrait signer sa disparition. Les éléments les plus durs du régime clanique trouvent leur cohésion et leur force dans leur fermeture hermétique aux « autres » qui représentent de ce point de vue autant de menaces pour la survie du système et qui doivent à cet égard être en permanence divisés et/ou neutralisés. La rivalité idéologique sanglante avec l’ancien frère-ennemi baathiste irakien qui a constitué une des pages les plus sombres de l’histoire politique de la région durant plus de trois décennies n’a pas échappé à cette logique segmentaire et destructrice.


C’est ce qui explique les difficultés rencontrées par Bachar Al Assad dans sa tentative de réformer le système au lendemain de sa prise de fonction après la disparition de son père. Tout en se mobilisant autour de la solution consensuelle du fils qui devait naturellement succéder au père, la vieille garde du régime a tout fait pour empêcher l’ouverture promise par le jeune héritier.


La suite est connue. Les contradictions accumulées durant des décennies et les frustrations des promesses de réforme non tenues pouvaient déboucher à tout moment sur une rupture plus ou moins violente. Il manquait le déclencheur. Etant donné le nouveau contexte régional et international amplifié par le phénomène des télévisions satellitaires et des réseaux sociaux, les évènements de Deraa ont pu constituer un déclencheur plus que suffisant. Si les 20 000 victimes de la féroce répression de Hama en 1982 n’ont pas réussi à secouer le régime, cette-fois, les centaines de victimes de la répression, loin d’intimider le mouvement de protestation populaire, semblent lui donner une vigueur et une détermination redoublées.


La fuite en avant du régime baathiste syrien qui s’appuie sur une répression féroce et une propagande primaire assimilant la protestation populaire à un « complot étranger » risque malheureusement d’aggraver la situation sur le terrain surtout que certains dignitaires du régime n’hésitent pas manifestement à jouer la carte de la provocation confessionnelle en actionnant de mystérieux escadrons de la mort et en attribuant leurs actes de violence à des groupes armés subversifs à la solde de l’étranger comme cela s’est produit à Lattaquié, une localité portuaire où la majorité sunnite a toujours vécu harmonieusement avec des compatriotes alaouites et chrétiens.


Interférences géopolitiques 


Plus grave. Si le bras de fer entre le régime baathiste et le mouvement de protestation populaire continue et s’aggrave comme le montrent certains indices, il n’est pas exclu que la crise syrienne prenne des proportions alarmantes auquel cas la crise politique que le régime tente vainement de réduire à une crise « sécuritaire » risque de se transformer en une crise diplomatique certaine.


En effet, le statut particulier de la Syrie dans l’architecture géopolitique du Moyen Orient et sa proximité avec l’Etat d’Israël ne sauraient laisser indifférentes les puissances qui régentent la « communauté internationale ». Ce qui s’apparente aujourd’hui à une propagande d’un régime aux abois risque malheureusement de devenir une triste réalité à la faveur d’interventions étrangères intéressées qui ne sauraient tarder si l’occasion leur était offerte. Et pour cause. Malgré son caractère autoritaire et clanique, le régime syrien ne saurait être assimilé au régime de Moubarak. Ce dernier était un garant attitré des Accords de Camp David et ne cachait pas sa collaboration ouverte avec les Etats-Unis et Israël dans la préservation du statu quo dans la région lequel passe par la répression de toute forme de résistance palestinienne.


Face à cette trahison ouverte des régimes de Moubarak et du roi Abdallah de Jordanie, appuyés par les pétromonarchies réactionnaires du Golfe, le régime syrien a le beau rôle et n’hésite pas à se présenter comme le champion de la résistance arabe aux plans expansionnistes et hégémoniques israéliens dans la région comme pourraient en témoigner son soutien au Hamas et aux autres fractions palestiniennes installées à Damas, son alliance avec le Hezbollah au Liban et avec l’Iran.


Considérée de ce point de vue, la crise syrienne a de quoi réjouir Américains et Israéliens. L’affaiblissement du régime baathiste pourrait leur économiser du temps et de l’énergie. Un acteur régional dérangeant en moins pourrait constituer un bénéfice géopolitique non négligeable. Mais jusqu’où Américains et Israéliens sont-ils prêts à aller en vue de neutraliser un régime qui semble contrarier leurs plans hégémoniques dans la région ?


Pour répondre à cette question, il faut d’abord nuancer le tableau. En effet, entre la propagande à usage interne et arabe du régime baathiste et la réalité géopolitique régionale, il y a un décalage qu’il faut prendre en considération. Le discours « nationaliste », « anti-impérialiste » et « anti-sioniste » du régime baathiste n’a jamais empêché ce dernier de jouer un jeu diplomatique subtile fondé sur un réalisme politique des plus machiavéliques. L’instrumentalisation des cartes du Hamas et du Hezbollah et son alliance avec l’Iran lui ont permis de maintenir un statut d’acteur stratégique régional sans avoir à payer le prix d’une confrontation directe avec Israël qui aurait été fatale pour la survie de son régime.


Malgré ses discours nationalistes enflammés, le régime baathiste s’est toujours bien gardé de franchir la ligne rouge qui consiste à menacer réellement l’hégémonie israélienne. De 1970, date de l’arrivée au pouvoir du général Hafez Al Assad, jusqu’à nos jours, on ne compte pas les services politiques et militaires rendus par le régime baathiste syrien à l’ordre régional. Spectateur passif face au massacre des Palestiniens en Jordanie en septembre 1970, le régime syrien a interdit aux Palestiniens de venir se réfugier en Syrie et a bloqué les armes envoyées par l’Algérie à la résistance palestinienne au port de Lattaquié. En 1976, l’armée syrienne entre au Liban pour sauver in extremis le camp phalangiste d’une déroute certaine en assassinant au passage le leader de Mouvement national libanais, Kamel Joumblatt. Passif lors de l’invasion israélienne du Liban de juin à septembre 1982, le régime syrien se fera remarquer, en 1983, par son soutien aux miliciens chiites du mouvement Amal dans leurs assauts contre les camps palestiniens de Beyrouth et par ses bombardements des camps palestiniens de Tripoli.


Lors de la guerre du Golfe de 1991, le régime syrien a cru acheter la paix américaine en envoyant une brigade aux côtés des forces de la coalition internationale contre son voisin irakien. Après l’invasion de l’Irak en 2003, le régime syrien a paru moins conciliant avec les Américains qui n’hésitent pas à l’accuser de complaisance avec la résistance irakienne.


Dans les faits, le régime syrien, à l’instar du régime iranien, joue sa propre partition : en laissant passer les combattants sunnites libanais, syriens, maghrébins, égyptiens en Irak, il fait d’une pierre deux coups : D’une part, il bloque les Américains en Irak et de l’autre, il se débarrasse intelligemment de ses « djihadistes » qui sont moins nocifs morts en Irak que vivants en Syrie ! Plus récemment, le régime syrien vient de soutenir l’opération « bouclier de la péninsule » par laquelle le Conseil de coopération du Golfe a envoyé des troupes saoudiennes et émiraties au Bahreïn en vue de sauver le régime réactionnaire chancelant de Al Khalifa. Ce faisant, le régime syrien a cherché à gagner les faveurs de Ryad et de son protecteur américain.


Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que le quotidien israélien Haaretz avoue cyniquement le véritable sentiment de l’état-major israélien qui s’inquiète de la possible disparition d’un régime qui fait la guerre en paroles à Israël mais sans jamais passer à l’acte. Cet aveu israélien explique sans doute la modération –bizarre- des réactions de la « communauté internationale », et des Etats-Unis en particulier, à l’égard de la répression qui s’abat sur les manifestants en Syrie.


Le double jeu du régime baathiste syrien, s’il a pu tromper une partie de l’opinion publique arabe, s’inscrit dans une logique politique. Un régime clanique ne peut espérer survivre qu’en investissant en permanence dans une atmosphère de guerre contre un redoutable « ennemi extérieur ». Dans ces conditions, toute opposition serait facilement assimilée à une « trahison ». Tour à tour, les régimes baathistes syrien et irakien ont excellé dans ce jeu. Ils ont cherché à instrumentaliser dans leurs stratégies de pouvoir les rivalités et les luttes inter-palestiniennes et inter-libanaises en même temps que leurs oppositions respectives, contribuant ainsi à empoisonner l’atmosphère politique arabe en dénaturant certaines causes politiques et en compliquant la recherche de solutions pacifiques à des différends internes devenus des obstacles à la mobilisation unitaire des forces sociales contre l’occupation israélienne et la domination impérialiste dans la région. De ce fait, ils ont longtemps été utiles à l’ordre régional établi et c’est ce qui explique que l’impérialisme américain les a longtemps tolérés avant de se retourner contre eux.


L’ombre des Frères musulmans 


Mais pour passer la barrière et décider à un moment donné de se retourner politiquement et peut-être militairement contre un régime, l’impérialisme américain a besoin d’être rassuré sur le remplaçant éventuel. Il ne va pas actionner la « communauté internationale » et ses relais politiques et médiatiques pour risquer de se retrouver avec un régime pire que celui du Baath !


C’est ici que les choses deviennent compliquées. Le régime baathiste au pouvoir à Damas n’est pas seulement coupable, aux yeux des Occidentaux, de n’avoir pas emprunté le chemin d’une paix séparée comme l’ont fait avant lui les régimes égyptien et jordanien ni de continuer ses mauvaises fréquentations régionales (Iran, Hamas, Hezbollah), il est aussi et surtout coupable d’avoir fait le vide politique autour de lui par une politique de répression systématique qui rend difficile toute solution de rechange.


L’extermination de la branche armée des Frères musulmans représentée durant la décennie 80 par l’ « Avant-garde combattante » de Adnan Okla et l’emprisonnement et l’exil des cadres et militants des composantes politiques de Adnan Saadeddine et de Ali Bayanouni ont plongé le pays dans le noir. Tout ce qu’on sait c’est que les Frères musulmans constituent la principale force organisée de l’opposition syrienne aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Si à l’étranger, les Américains et leurs alliés européens et arabes sont relativement bien informés sur les tendances et les intentions des Frères musulmans, le climat répressif et la surveillance étroite des réseaux sociaux par le régime à l’intérieur du pays ne facilitent guère le travail des officines chargées de mâcher le travail pour les chancelleries.


Le Département d’Etat et la CIA ont sans doute quelques entrées parmi les dirigeants des Frères musulmans syriens installés en Europe, en Jordanie et dans les pays du Golfe et pourraient envisager avec eux des compromis politiques et diplomatiques susceptibles de les rassurer. Mais comment peuvent-ils être sûrs que ces dirigeants continuent d’influencer réellement les militants et les sympathisants du mouvement à l’intérieur du pays qui appartiennent dans leur majorité à une jeune génération plus politisée, moins aventuriste et surtout moins perméable aux pressions occidentales ?


L’histoire des trois dernières décennies en Syrie témoigne du fait que malgré l’existence d’une tendance « djihadiste » minoritaire qui a fait le jeu de la politique répressive du régime, les Frères musulmans n’ont jamais refusé le dialogue et la négociation avec le régime. Mais dans les moments de faiblesse, ce dernier a toujours louvoyé et cherché à gagner du temps avant de reprendre le contrôle de la situation comme lors des négociations de février 1985 en Allemagne entre le général Ali Douba et les dirigeants des Frères musulmans Hassan Houeidi, Munir Radban et Adnan Saadeddine, même si ce dernier a toujours été méfiant. Après le décès de Hafez Al Assad et l’arrivée de son fils au pouvoir en 2000, les Frères musulmans ont fait preuve d’une grande ouverture en donnant une chance au nouvel homme fort du pays dans l’espoir de le voir initier un processus de réformes politiques.


Non seulement, les promesses n’ont pas été tenues mais en l’absence de démocratisation, les mesures de libéralisation économique initiées par le nouveau régime se sont avérées catastrophiques : baisse du pouvoir d’achat, précarisation de la classe moyenne, généralisation de la corruption. Autant d’ingrédients pour une explosion sociale annoncée. Plus récemment, et face à l’intensification de la répression qui s’abat sur les manifestants, les Frères musulmans viennent de réaffirmer publiquement leur rejet de la violence et du confessionnalisme en appelant à une transition démocratique et pacifique en vue de l’instauration d’un régime civil. Changement doctrinal et stratégique sincère ou simple option tactique fondée sur leur certitude qu’une élection démocratique finirait par les hisser au pouvoir, auquel cas ils pourraient revenir à leur vieux programme de restauration du Califat ?


Si l’opacité politique ne permet pas pour le moment de répondre honnêtement à cette question, il n’en demeure pas moins que l’enfermement du régime baathiste syrien dans une logique répressive ne pourra que radicaliser la protestation populaire et alimenter les tendances politiques les plus dures qui pourraient aisément être instrumentalisées par des acteurs régionaux et internationaux à l’affût. L’escalade sécuritaire ne pourra qu’élargir le fossé existant entre le régime et la population et retarder une démocratisation qui apparaît pourtant comme une condition indispensable à la sauvegarde d’une unité nationale menacée non pas tant par un hypothétique « complot étranger » que par la fuite en avant d’un régime devenu anachronique dans une région en ébullition. Le triste exemple de l’Irak dépecé et l’engrenage de la guerre civile libyenne sauront-ils inspirer aux protagonistes de la crise syrienne la sagesse que requiert la gravité de la conjoncture et éviter au pays l’irréparable ?

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:05

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110418/tts-libye-misrata-ca02f96_3.html

 

Les pro Kadhafi pilonnent Misrata, civils évacués par bateau (Reuters)

 

Un navire spécialement affrété a évacué près de mille travailleurs libyens et étrangers de Misrata lundi, tandis que l'artillerie gouvernementale bombardait pour le cinquième jour consécutif la ville portuaire assiégée qui symbolise la résistance à Mouammar Kadhafi.

 

"Nous voulions emmener plus de monde, mais ce n'était pas possible", a dit Jeremy Haslam, chef de la mission de sauvetage de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

 

"Bien que les tirs aient cessé durant l'embarquement (...) nous avions très peu de temps pour faire monter les migrants et les Libyens à bord du bateau et pour partir."

 

Un porte-parole des insurgés, Guemal Salem, a dit que Misrata avait subi une nouvelle journée de pilonnages durant laquelle quatre civils au moins avaient été tués et cinq autres blessés. Il a ajouté que le bilan des bombardements de dimanche s'élevait désormais à vingt cinq morts et une centaine de blessés.

 

Misrata, troisième ville de Libye et principal bastion des rebelles dans l'Ouest, est assiégée depuis sept semaines. Selon des personnes évacuées, la situation y est de plus en plus désespérée et des centaines de civils y auraient péri.

 

"Les forces de Kadhafi (...) tirent des roquettes et des obus sur le côté est - la rue Nakl el Thekil et les zones résidentielles qui l'entourent", déclarait lundi matin un autre porte-parole des rebelles, Abdoubasset Abou Mzeirek.

 

L'OTAN FRAPPE AU SUD-OUEST DE TRIPOLI

 

Le Ionian Spirit a quitté le port de Misrata avec neuf cent soixante et onze personnes, pour la plupart des migrants affaiblis et déshydratés originaires du Ghana, des Philippines et d'Ukraine. Le navire avait pour destination Benghazi, fief des rebelles dans l'Est.

 

Il s'agit du deuxième bateau affrété par l'OIM, qui avait évacué près de mille deux cent migrants de Misrata vendredi dernier. Parmi les personnes secourues figuraient cent Libyens dont un enfant touché par balle au visage, précise un communiqué de l'OIM.

 

"Nous avons un tout petit créneau pour faire sortir tout le monde. Nous ne disposons pas de jours, mais d'heures", a dit Pasquale Lupoli, représentant de l'OIM pour le Proche-Orient. "Chaque heure compte, les migrants qui sont encore à Misrata ne pourront pas survivre longtemps dans ces conditions."

 

Les kadhafistes sont aussi engagés dans une offensive contre Ajdabiah, sur le front de l'Est, dont les rebelles cherchent à faire un point de ravitaillement sur la route du port pétrolier de Brega, situé à quatre vingt kilomètres à l'ouest.

 

Le Conseil de sécurité de l'Onu a adopté il y a un mois une résolution autorisant le recours à la force pour protéger les civils en Libye, d'où l'offensive aérienne en cours contre les forces de Tripoli. Mais en dépit des raids de l'Otan contre les blindés de Kadhafi, les rebelles n'ont pas réussi à conserver leurs avantages dans les combats livrés sur le littoral libyen.

 

Selon la télévision d'Etat libyenne, des bombardiers de l'Otan ont attaqué lundi la ville d'Al Aziziah, à cent vingt kilomètres au sud-ouest de Tripoli. On ne dispose d'aucune précision sur les dégâts et les victimes éventuels de ce raid qui, d'après un porte-parole militaire, visait les environs de la ville d'Al Hira, à cinquante kilomètres au sud-ouest de la capitale.

 

DES "TERRORISTES"

 

L'Alliance atlantique étant embourbée en Afghanistan, les pays occidentaux ont exclu d'envoyer des forces terrestres en Libye, position qu'a réaffirmée le Premier ministre britannique, David Cameron, dans une interview à Sky News: "Il n'est pas question d'une invasion, ni d'une occupation - il ne s'agit pas que la Grande-Bretagne déploie des bottes sur le terrain."

 

Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont affirmé la semaine dernière qu'ils ne cesseraient de pilonner les troupes de Kadhafi que lorsque ce dernier abandonnerait le pouvoir qu'il détient depuis 41 ans. Mais le flou entoure les circonstances dans lesquelles ce dénouement peut intervenir.

 

Dans une interview accordée de Tripoli au Washington Post, l'un des fils de Kadhafi, Saïf al Islam, a affirmé que le monde était entré en guerre avec la Libye sans autres fondements que la rumeur et la propagande. "La question principale, ce sont les terroristes et les milices armées, a-t-il dit. Une fois que nous nous en serons débarrassés, tout sera résolu."

 

Il a ajouté que les forces de Tripoli traquaient des "terroristes" à Misrata comme l'armée américaine l'avait fait à Falloudjah, en Irak. Il a nié que l'armée libyenne ait tué des civils: "Ce n'est jamais arrivé. Cela n'arrivera jamais."

 

S'exprimant à Benghazi après une visite à Tripoli, Valerie Amos, coordonnatrice des secours humanitaires de l'Onu, a dit n'avoir reçu aucune garantie du gouvernement quant à un arrêt des hostilités visant à faciliter les opérations de secours.

 

 

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