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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 17:28

 

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=22505&Cr=Gaza&Cr1=

Flottille pour Gaza : le Conseil des droits de l'homme nomme trois experts

Le Président du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, Sihasak Phuangketkeow, a nommé trois experts pour prendre part à la mission internationale indépendante d'établissement des faits chargée d'enquêter sur les violations du droit international résultant de l'attaque israélienne contre la flottille de bateaux transportant de l'aide humanitaire le 31 mai dernier.

Les trois experts sont le Juge Karl T. Hudson-Phillips, de Trinité-et-Tobago, ancien juge à la Cour pénale internationale ; Sir Desmond de Silva, du Royaume-Uni, ancien Procureur en chef du Tribunal Spécial pour la Sierra Leone; et Mary Shanthi Dairiam, de Malaisie, ancienne membre du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes.

« L'expertise, l'indépendance et l'impartialité des membres de la mission seront dévolus à clarifier les événements survenus ce jour-là et leur légalité. Nous appelons toutes les parties à coopérer pleinement avec la mission et nous espérons que cette dernière contribuera à la paix dans la région et à la justice pour les victimes », a déclaré Sihasak Phuangketkeow.

La mise sur pied d'une mission internationale indépendante d'établissement des faits destinée à examiner « les graves attaques menées par les forces israéliennes contre le convoi humanitaire de bateaux » a été décidée par le Conseil des droits de l'homme le 2 juin 2010. Le Conseil avait précédemment tenu un débat urgent sur le raid des Forces de défense israéliennes contre la flottille pour Gaza. A cette occasion, cet organe des Nations Unies avait déploré « la mort de civils innocents ».

Les experts vont maintenant définir leur plan d'action et prendre contact avec toutes les parties concernées avant de partir pour la région. Ils doivent présenter le résultat de leurs investigations au Conseil des droits de l'homme lors de sa 15e session, au mois de septembre 2010.

Le Juge Karl T. Hudson-Phillips a été juge à la Cour pénale internationale de 2003 à 2007. Il a été Procureur général et ministre des affaires juridiques de la Trinité-et-Tobago de 1969 à 1973. Il a désormais repris une clientèle privée.

Sir Desmond de Silva est un juriste bénéficiant d'une vaste expérience dans le domaine des droits de l'homme, des crimes de guerre, du terrorisme. Il a été Procureur en chef du Tribunal Spécial pour la Sierra Leone en 2005.

Mary Shanthi Dairiam a été membre du Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes de 2005 à 2008. Depuis 2007, elle œuvre au sein du groupe de travail sur l'égalité des sexes du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Elle est membre fondateur du Conseil d'administration de l'International Women's Rights Action Watch Asia Pacific.





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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 17:40

 

Accusations de faux témoignages et de complot au Tribunal spécial pour le Liban

Article publié le 15 Juillet 2010

par Stéphanie Maupas

Source : LE MONDE

Taille de l'article : 761 mots

Un général libanais emprisonné lors de l'enquête sur l'assassinat de M. Hariri demande des comptes.

Le général Jamil Al-Sayed est-il la victime d'une vaste conspiration ? « Quand il y a dix faux témoins dans une enquête internationale, cela ressemble à un complot », a-t-il déclaré, le 13 juillet, devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL). Ancien directeur de la sûreté générale du Liban lorsque le pays était placé sous la tutelle syrienne, M. Al-Sayed a été incarcéré du 30 août 2005 au 29 avril 2009 au Liban, à la demande de la commission d'enquête internationale. Instaurée par les Nations Unies, celle-ci doit faire la lumière sur l’attentat perpétré au centre de Beyrouth le 14 février 2005, au cours duquel le premier ministre libanais, Rafic Hariri, et vingt deux autres personnes avaient trouvé la mort.

Le tribunal, qui a commencé ses travaux aux Pays Bas le 1° mars 2009, avait ordonné la libération du général, faute de preuves « suffisamment crédibles ». Libre, Monsieur Al Sayed réclame au procureur du TSL les pièces de son dossier, auquel il n’a jamais eu accès durant ses années de détention.

Mais le procureur, Daniel Bellemare, s’y oppose. Il n’a engagé aucune poursuite contre les faux témoins présumés. De son côté, le tribunal s’est déclaré incompétent pour juger toute entrave à la justice, survenue avant le 1° mars 2009. « J’aurais voulu que le TSL juge ces faux témoins », a dit le général libanais au cours de l’audience. « Pourquoi les cacher ? Pourquoi a-t-on perdu quatre ans dans cette enquête internationale alors qu’il y a des faux témoignages ? », a-t-il interrogé.

Faute de pouvoir se tourner vers le TSL – et débouté par la justice de son pays -, l’officier a engagé des procédures en France et en Syrie pour « détention arbitraire » et « faux témoignage ». A Paris, la procédure vise « un officiel des Nations unies » et « les déclarations publiques de quelques faux témoins syriens », a expliqué son avocat, Maître Akram Azouri, au cours de l’audience.

L’un de ces « faux témoins », Mohammed Zouheir Al Siddiq, s’était présenté aux enquêteurs  dès le début des investigations, en 2005, comme un ancien agent des renseignements syriens. Il avait été ensuite incarcéré en France à la demande du Liban. Mais Paris avait refusé de l’extrader au motif que Beyrouth applique la peine de mort. Libéré, il « disparaissait » en 2008 avant d’être de nouveau arrêté puis libéré un an plus tard aux Emirats arabes unis.

Une enquête manipulée ?

Derrière les propos du général se pose une question plus large : à ses débuts, l’enquête a-t-elle été manipulée et, si oui, par qui et pourquoi ? Les premiers responsables de la commission d’enquête, le juge allemand Detlev Mehlis et son second, Gerhard Lehmann, avaient ordonné la détention de plusieurs personnes, dont le général Al Sayed, et visaient publiquement la Syrie.

Si Damas semble rester dans la ligne de mire du procureur, les méthodes des premiers enquêteurs ont depuis été mises en doute tant au sein du tribunal qu’à l’extérieur. L’enquête a aussi souffert pendant longtemps de multiples pressions qui ont considérablement ralenti ses travaux.

Une autre difficulté rencontrée par le procureur réside dans la coopération des Etats, notamment celle de leurs services de renseignements. Elle n’est possible que si elle est confidentielle. Dès lors, remettre au général Al Sayed certaines pièces du dossier Hariri pourrait s’avérer embarrassant. L’audition de l’ancien responsable devant le tribunal a d’ailleurs suscité la curiosité  de diplomates français, américains, allemands et libanais, présents dans le public.

Après plus de cinq ans d’enquête, le procureur n’a toujours pas émis d’acte d’accusation. Les investigations en cours viseraient des membres du parti chiite libanais Hezbollah, soutenu par la Syrie et l’Iran. Dans un entretien accordé le 31 mars 2010 à la télévision du Hezbollah, Al Manar, son secrétaire général, Hassan Nasrallah, avait confirmé l’audition de plusieurs membres du parti chiite : « il y a eu une réunion entre les délégués du Hezbollah et les représentants au bureau du procureur général, et ils ont confirmé que ces personnes ont été convoquées comme témoins, non comme suspects ».

Plusieurs sources proches du TSL estiment que le procureur pourrait émettre des actes d’accusation d’ici à la fin de l’année. Au début du mois de juillet, le procureur et le greffier se sont rendus à New York pour y rencontrer les responsables du comité chargé du financement du tribunal. Il dispose actuellement d’un budget de plus de 55 millions de dollars (43,3 millions d’euros) pour 2010, financé à 49 % par le Liban et à 51 % par les Etats volontaires, parmi lesquels la France, les Etats Unis – à l’origine de la création du TSL -, ainsi que plusieurs Etats du Golfe.

Mais depuis le début de l’enquête, en 2005, le contexte régional et international a changé. Certains contributeurs pourraient être moins bien disposés à l’égard du tribunal.





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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 15:33

 

Réuni à Montreuil (93) les 5 et 6 juin 2010, le Conseil national du Mouvement Politique d’Education Populaire (MPEP) a adopté une déclaration intitulée « Cinq propositions pour un Front de gauche populaire ».

Cette déclaration est disponible en intégralité si vous consultez le site du MPEP.

Vous trouverez ci-dessous la quatrième proposition relative aux questions d’organisation.

TIRER LE BILAN DU FONCTIONNEMENT DU FRONT DE GAUCHE : PASSER AU FRONT DE GAUCHE POPULAIRE

Pendant la campagne des régionales le Front de gauche a connu des modes de fonctionnement variés. À l’échelle locale, dans la majorité des cas, les militants des différentes organisations et parfois des non-encartés ont mené une campagne dynamique et efficace. Des liens se sont créés. Des murs d’incompréhensions et de préjugés sont tombés. En revanche, le fonctionnement du collectif national aurait pu être beaucoup plus efficace.

Le M’PEP fait les deux propositions suivantes :

Tirer le bilan du fonctionnement national du Front de gauche pour améliorer son efficacité et sa popularité

Le développement du Front de gauche populaire ne sera pas possible sans un mode de relations entre ses différentes composantes fondé sur le respect, la clarté, l’égalité, l’efficacité. Ces qualités n’ont pas été réunies à l’échelle nationale. Le M’PEP se veut un partenaire loyal et désintéressé.

Mais il sera toujours intransigeant sur les questions de démocratie, de clarté, de respect. Il n’acceptera jamais de fermer les yeux et de se taire devant des pratiques dont certaines sont à l’origine de l’écroulement d’une partie des forces de gauche.

Le M’PEP fait le constat suivant :

Des réunions organisées en dehors des règles habituelles d’efficacité : listes des personnes invitées souvent incomplètes ; pas d’ordres du jour ou changements de l’ordre du jour avant la réunion ; absence systématique de comptes rendus de réunions et de relevés de décisions. Ces dysfonctionnements peuvent apparaitre mineurs, mais ils ont été une source de quiproquos et de gaspillages de temps considérables. Il ne semble pourtant pas que la résolution de ces dysfonctionnements soit insurmontable.

Le « Protocole de fonctionnement » proposé par les Alternatifs et soutenu par les quatre autres organisations partenaires du Front de gauche n’a pas pu être adopté, la direction du PCF l’ayant refusé. Ce « protocole » proposait pourtant un fonctionnement démocratique, efficace, en dehors de tout rôle dirigeant de tel ou tel. Il y a dans cette affaire une question de principe et une question d’efficacité. Faut-il, ou non, un accord écrit entre les membres du Front de gauche, et/ou entre ceux-ci et leurs partenaires à propos du fonctionnement ? Pour le M’PEP, la réponse est positive. Ce « contrat » écrit serait la preuve de l’égalité des différentes composantes du Front de gauche et l’absence de tout rôle dirigeant ou prépondérant que tel ou tel pourrait s’adjuger, qu’il s’agisse d’organisations ou de personnes. La preuve serait faite aux yeux des citoyens que le Front de gauche populaire est capable de s’organiser efficacement et de respecter ses engagements. Ce serait une source de crédibilité très importante.

Il n’y a pas eu d’analyse du bilan de la gestion des régions pour la période 2004-2010. La direction du PCF n’a pas souhaité que les argumentaires de la campagne électorale portent sur cet aspect, afin probablement de ne pas froisser le Parti socialiste dans la perspective du second tour. C’est la raison pour laquelle rien sur le bilan de la gestion des régions n’a figuré sur les tracts, affiches, professions de foi, sites Internet… Ce choix parait contestable, car il était parfaitement possible – et indispensable – de critiquer la gestion socialise des régions, tout en expliquant que le Front de gauche, au second tour, appellerait à battre la droite. Mais cette attitude défensive n’a pas permis non plus de mettre en valeur l’action et les acquis des conseillers régionaux communistes, laissant ainsi supposer, par ce silence, que leur bilan n’était pas avouable.

Le « collectif national » qui était composé des membres du Front de gauche (PCF, PG, GU) et de ses alliés (Alternatifs, FASE, MPEP, PCOF, RS) n’a jamais pu débattre de la composition des listes. Tout s’est fait dans la coulisse, dans des tractations entre individus et en bilatéral, selon la seule volonté de la direction du PCF, dans un dialogue quasi unique avec le PG en écartant les autres organisations. Une telle démarche, dès le départ, a entravé la dynamique qui aurait du se créer autour du Front de gauche. D’autant que cette façon de procéder a conduit à limiter gravement la diversité : des sensibilités du PCF, le MPEP, le PCOF, le FSQP, RS n’ont pas eu de candidats en position éligible, tous les postes étant captés par le PCF, le PG et GU.

Il n’a pas été possible, au niveau national, d’élaborer un programme « indicatif » qui aurait pu servir aux listes régionales et occuper l’espace médiatique national. Un important travail avait pourtant été fait, des convergences nombreuses observées. Brutalement, le PG n’a pas remis le texte programmatique qu’il s’était engagé à rédiger, alors que le PCF a suspendu toute réunion sur le sujet.

La définition de la position à adopter entre les deux tours concernant la forme des listes et leur composition, ainsi que la participation éventuelle aux exécutifs n’a pas fait l’objet de discussions franches et claires. Aucun débat n’a pu se tenir sur les programmes à négocier avec le PS, tout s’est focalisé sur les places. Selon Des personnalités du PCF ne faisant pas partie de sa direction, évoquent « la constitution des listes et combinaisons notamment entre les deux tours, pour faire élire prioritairement les membres de l’appareil conduisant à des parachutages incompréhensibles pour les électeurs et méprisants pour les camarades des départements concernés. » Ils n’ont pas apprécié par exemple que le secrétaire de la fédération de Paris du PCF figure au deuxième tour sur la liste de Seine-Saint-Denis « pour permettre à ce dernier d’envisager une carrière politique à Montreuil ». Dans le Val d’Oise, plusieurs candidats de la liste du Front de gauche ont publié une lettre ouverte dénonçant le choix des instances nationales du PCF de préférer le vice-président sortant de la région Ile-de-France, au détriment de la tête de liste du Val d’Oise. Ils ont évoqué « un véritable déni de démocratie » et des « méthodes d’un autre temps ». Le MPEP propose une règle simple pour le 2e tour : que les premiers des listes départementales au 1er tour soient en tête de liste au deuxième tour, proportionnellement aux résultats obtenus dans les départements.

Il n’y a pas eu d’analyse collective des résultats. Aucune réunion n’a eu lieu, à l’échelle nationale, pour partager la réflexion sur les élections et envisager les suites. Cette absence est regrettable car elle ne permet pas de construire un groupe partageant les épreuves et mettant sur la table, en toute franchise et camaraderie, ce qui mérite de l’être. Ce refus, par les membres du Front de gauche, de procéder à un bilan, n’est pas efficace. Au moment où ce texte est publié (7 juin 2010), les partis membres du Front de gauche ne s’étaient toujours pas réunis depuis les élections régionales (ils prévoient de le faire le 9 juin). Quant à leurs partenaires, il y a longtemps qu’ils ont été oubliés !

Le « collectif national » a cessé de fonctionner en pleine campagne. Pourtant, lors du Conseil national du PCF du 15 janvier 2010, dans son rapport, Pierre Dharéville promettait : « Un comité de soutien national permettra de marquer l’ampleur de cet engagement »…

Construire le Front de gauche populaire à partir de la base et mettre en place une coordination nationale de ses comités locaux

Sans aucun doute, une initiative de « sommet » était nécessaire pour dynamiser la gauche de gauche. Mais une fois le Front de gauche créé au sommet, non seulement il fallait le renforcer à l’échelle nationale, mais il fallait aussi l’implanter à la base. C’est ce qu’évoque la déclaration du secrétariat national du PG du 25 mars 2010 : «  Le Front doit s’enraciner par la base dans tous les secteurs de la société ». Le MPEP est d’accord avec cette analyse.

Telle n’est pas aujourd’hui l’orientation suivie par le Front de gauche. Cette conception revient pourtant à se substituer de façon illusoire au mouvement autonome du peuple, à réduire la politique aux seuls espaces institutionnels. Malgré les proclamations sans cesse répétées sur les vertus de la souveraineté populaire, on voudrait transformer les citoyens en supporteurs du Front de gauche ou de tel ou tel de ses leaders que l’on ne s’y prendrait pas autrement. Le rassemblement, pour gagner, ne peut qu’être large, diversifié et même composite.

Le MPEP fait trois propositions :

Créer des comités locaux du Front de gauche populaire

Il faut organiser le Front de gauche populaire à la base, à partir des militants du PCF, du PG, des groupes unitaires de gauche, de sans-partis… Les situations seront différentes d’un territoire à l’autre. Aucun mode d’emploi général ne semble possible. En revanche, quelques lignes directrices pour l’action sont possibles :

Réunir régulièrement les militants qui se déclarent membres du Front de gauche populaire, à l’échelle territoriale (une ville, une circonscription, un canton…). Ces militants peuvent être ou non membres des partis composant le Front de gauche. Ce sont ces assemblées qui formeront les comités locaux du Front de gauche populaire. Pour que les choses soient claires, il faudrait que tous ceux qui se reconnaissent dans le Front de gauche populaire versent une cotisation à une structure ad hoc, qu’ils soient ou non membres des partis composant le Front de gauche populaire.

Ces assemblées désigneraient un bureau qui agirait comme exécutif.

Les comités locaux du Front de gauche populaire pourraient se réunir à l’échelle départementale et régionale.

Dans les départements où les membres du PCF ont voté majoritairement pour l’alliance au premier tour avec le PS, les militants communistes favorables au Front de gauche populaire pourraient s’y investir et être plus à l’aise.

Chaque comité local pourrait disposer d’une sorte de charte de fonctionnement, s’il le juge nécessaire.

Créer une coordination nationale des comités locaux du Front de gauche populaire

Elle existerait par-delà les appareils nationaux composant le Front de gauche populaire, parallèle au système des partis. Elle permettrait une sorte d’équilibre des pouvoirs neutralisant les effets négatifs et paralysants des jeux d’appareil et des ego. Le Front de gauche populaire ne peut se réduire à un tête à tête entre deux formations politiques. Aucune dynamique ne naîtra de cette situation. Tout doit être fait pour l’auto-émancipation et l’auto-organisation.

Cette conférence nationale des comités locaux du Front de gauche populaire serait composée des délégués des comités locaux du Front de gauche populaire. Elle aurait sa vie propre et ne serait pas sous la tutelle des partis membres du Front de gauche populaire.

Organiser des assises ouvertes du Front de gauche

Des assises du Front de gauche ouvertes à tous ceux qui le souhaitent, permettraient de préciser toutes ces questions. À condition d’être organisées de manière efficace et pluraliste.





 

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 15:23

 

QUI PAYE LA CRISE ?

La crise économique mondiale continue ainsi que la volonté de faire payer cette crise aux travailleurs.

En Europe : de la Roumanie à l’Espagne, de la Grèce au Portugal les directives du Fonds Monétaire International (FMI) dirigé par DSK et celles de l’Union européenne sont toujours les mêmes : baisse des salaires et des effectifs de la Fonction Publique, hausse de la TVA sur la consommation, report de l’âge de départ à la retraite, coupes sombres dans les dépenses sociales (santé, éducation…) et les victimes sont toujours les mêmes : les salariés, les retraités, les jeunes, les chômeurs, les fonctionnaires.

En France, Sarkozy prend toute sa place dans cette politique anti sociale : démantèlement des services publics, bouclier fiscal, attaques contre les retraites et l’ensemble de nos acquis sociaux dans un contexte de main mise des puissances d’argent sur les medias, de poursuite de la politique d’expulsion des sans papiers, de liaisons indécentes entre le monde des affaires et les dirigeants politiques…

LA COMBATIVITE EXISTE

Face à ces attaques du gouvernement et du patronat les protestations se sont multipliées en Europe : en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie, en France mais en ordre dispersé, sans revendications unitaires sans objectifs partagés et sans méthodes d’action concertées.

La combativité existe mais les directions syndicales et politiques du mouvement ouvrier n’offrent pas de perspectives à la hauteur des enjeux : la répétition des journées d’action même unitaires ne permettra pas de faire reculer la droite. Aujourd’hui la question de la grève générale reconductible doit être à l’ordre du jour des Assemblées Générales de toutes les entreprises

En France la combativité s’est manifestée à travers les conflits sociaux locaux, à travers les mobilisations nationales (exemple : le 24 juin), à travers la participation de milliers de citoyens à des réunions publiques sur les Retraites, la Poste, la défense de l’hôpital public…

Le rejet de la droite est massif dans le pays : aux élections régionales de mars 2010 l’UMP n’obtient que 27 % des suffrages exprimés et le Modem 4 %.

QUELS OBJECTIFS ?

Nous avons besoin d’un outil politique au sein d’un front de gauche : un parti pour le socialisme, un parti laïque, internationaliste, féministe, un parti pour une écologie anticapitaliste, un parti démocratique et anticapitaliste

Nous devons affirmer la défense intransigeante des revendications qui expriment les besoins sociaux et démocratiques des travailleurs (la protection sociale, le pouvoir d’achat, les retraites, le secteur public, l’école, la santé, l’accès à l’énergie, à l’eau…)

Nous devons rechercher l’unité avec tous ceux qui partagent notre combat anticapitaliste.

APRES LE PARTI DE GAUCHE

En décembre 2009 nous avons été « mis sous tutelle » par la direction du Parti de Gauche. Nous avons aussitôt constitué GAUCHE EN MOUVEMENT pour continuer notre activité politique en dehors du PG, parti verrouillé autour d’un chef.

Nous avons multiplié les contacts et cherché à regrouper les camarades du PG, confrontés aux méthodes anti-démocratiques de la direction de ce parti, et tous ceux (qu’ils soient au PG, au NPA ou ailleurs) qui veulent agir pour le socialisme.

Nous avons mis en place un comité de liaison avec « Socialisme maintenant », « Rassembler à Gauche » et « Etre de Gauche 95 ». Ce qui nous a permis la tenue des rencontres nationales des 20 février et 24 avril 2010, rencontres très riches politiquement et toujours avec une bonne tenue de la réflexion collective.

QUE FAIRE ?

Poursuivre la discussion avec « Socialisme maintenant » et « Rassembler à Gauche », associations avec lesquelles nous avons des convergences politiques essentielles.

Poursuivre ou engager des discussions avec Gauche Unitaire, les courants unitaires du NPA, le MPEP, la Fédération, la Gauche Citoyenne et bien sûr avec tous les camarades du PC, du PG et du NPA.

Il s’agit bien de faire jouer à Gauche en Mouvement un rôle fédérateur tout en continuant notre insertion dans les luttes (pour le rejet de la réforme Sarkozy des retraites, pour la défense de l’hôpital public, de l’école publique, pour la défense de La Poste et contre la répression antisyndicale, pour le soutien aux sans papiers…).

Parallèlement, nous agirons pour un front de gauche qui ne doit pas être un cartel d’organisations mais un rassemblement anti capitaliste de tous les citoyens qui souhaitent y adhérer individuellement

MAIS NOTRE ROLE NE S’ARRETE PAS LA

Comme l’écrivent les camarades de « Convergences et Alternative » (courant du NPA) : « la voie à suivre : un front politique et social permanent, capable de fournir une alternative politique à gauche et d’aborder ensemble les prochaines échéances sociales et électorales »

Aujourd’hui de nombreux militants et organisations dénoncent, à juste titre, le caractère cartellisé du Front de Gauche. C’est le cas de Jacqueline Fraysse (députée de Nanterre qui vient de quitter le PCF), de Convergences et Alternative (courant « unitaire » du NPA), de Gauche Unitaire, du MPEP, de différentes composantes de la FASE et, plus récemment, du PG (lors de son Conseil National d’avril 2010).

Le Front de Gauche, en dépit de ses défauts (et ils sont nombreux) reste aujourd’hui le seul rassemblement politique susceptible de créer un nouveau rapport de forces à gauche en opposition au social-libéralisme des directions du PS et d’Europe Ecologie.

Mais pour créer « une véritable dynamique militante et populaire » (Gauche Unitaire), il nous faut construire un Front de Gauche pluraliste c’est-à-dire ouvert à toutes les organisations, associations, militants et à tous les citoyens qui souhaitent en faire partie et ceci sans aucune exclusive,

Il nous faut construire un Front de Gauche démocratique c’est-à-dire enraciné dans les communes et dans les entreprises avec des comités locaux du Front de Gauche élargi, c’est-à-dire élisant ses responsables à tous les niveaux (local, départemental, national), respectant l’identité de chacune de ses composantes.

Il nous faut construire un Front de Gauche anticapitaliste c’est-à-dire s’appuyant sur un projet politique qui pourrait être défini au cours d’assises du Front, assises ouvertes à toute la gauche de transformation sociale

C’est en construisant ce FRONT DE GAUCHE que nous construirons l’outil politique démocratique et anticapitaliste dont nous avons besoin pour combattre la droite et nous engager sur la voie du socialisme.

Gauche En Mouvement




 

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 14:59

 

COMMUNIQUE DE GENERATION PALESTINE : Israël condamne des manifestants non-violents

Ramallah, le 26 juillet 2010

Dimanche 25 juillet 2010 à 15 heures, les trois militants français de Génération Palestine arrêtés la veille lors d'une manifestation non violente à Hébron ont été jugés en comparution immédiate au tribunal de Jérusalem Ouest.

Deux d’entre eux, détenus chaînes aux pieds et menottés jusqu’au procès et à nouveau jusqu’à leur libération, n’ont pas pu recevoir la visite du consulat de France, refusée par les soldats israéliens : une violation supplémentaire du droit international et un déni flagrant des prérogatives diplomatiques françaises.

Alors que le procureur demandait qu’ils soient condamnés à être interdit de retourner dans l’ensemble de la Cisjordanie, ils ont tous trois reçu interdiction de se rendre dans les zones d’Hébron, Nil’in et Bil’in, trois lieux emblématiques de la colonisation en Cisjordanie et de la résistance non violente des Palestiniens face aux vols de terre. Le rendu du jugement est donc très politique : il s’agit pour Israël de réprimer l’expression du droit à lutter contre l’injustice coloniale.

Nassim, Don et Jean François ont été accusés de violences sur les militaires. La disproportion des forces et le comportement agressif des forces d’occupation, visibles sur les vidéos en ligne sur internet, rendent ridicule cette accusation. Cette répression est visible lors de manifestations non violentes hebdomadaires. Plusieurs internationaux y ont été mutilés, des manifestants palestiniens tués.  Cette logique de guerre au mouvement non violent s’est manifestée dans le sang lors de l’attaque de la flotille pour Gaza le 1er juin 2010.

Loin de l'image qu'il veut donner, l'Etat israélien se comporte comme un Etat voyou, qui nie le droit des manifestants. Cette logique de la force contre le droit ne trouvera une fin que lorsque cessera l’impunité d’Israël. Cela implique que cesse l’hypocrisie de la communauté internationale et notamment l’Union Européenne. Face à l’inaction actuelle des gouvernements, la société civile a pris ses responsabilités en s’emparant de la campagne de Boycott Désinvestissement et de Sanctions contre Israël. Génération Palestine s’engage à renforcer cette campagne populaire afin d’imposer l’application du droit.

Contacts :


Julien : 00 972 54 53 14 802 / 00 972 59 83 46 974


Marion : 00 972 54 90 83 240


Linda : 00 972 59 83 46 978


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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 18:42

 

http://www.planetenonviolence.org/Assassinat-D-Hariri-Les-Empreintes-D-Israel-Apparaissent_a2241.html

Assassinat D’Hariri : Les Empreintes D’Israël Apparaissent

« …L’arrestation de Qazzi et d’ al-Raba’a dans le démantèlement des réseaux d’espionnage israéliens devrait pousser le STL à orienter son attention sur le seul acteur régional qui a bénéficié de l’assassinat d’Hariri celui qui continuera dans cette voie si et quand ses désirs d’impliquer le Hezbollah sont réalisés. Il est temps de regarder en direction de Tel Aviv. »

Au Moyen Orient, le lien entre les machinations politiques l’espionnage et les assassinats est soit aussi clair que le jour soit aussi clair que la boue.

En ce qui concerne l’assassinat en Février 2005 du premier ministre libanais, Rafiq Hariri, une affaire toujours pas éclaircie, la boue semblerait l’emporter sur la lumière du jour.

Le démantèlement des réseaux d’espionnage israéliens opérant au Liban a donné lieu à plus de 70 arrestations ces 18 derniers mois. Parmi elles on trouve 4 officiers de haut rang de l’armée libanaise et de la Sécurité Générale- l’un d’entre eux ayant espionné pour le Mossad depuis 1984.

Il y a eu fin juin une avancée significative dans l’enquête en cours culminant sur l’arrestation du chef des transmissions et émissions d’Alfa, l’un des deux opérateurs de téléphonie mobile du Liban appartenant à l’état.

Selon le quotidien libanais, As-Safir, Qazzi a confessé avoir installé des programmes informatiques et planté des puces électroniques dans les transmetteurs d’Alfa. Ceux-ci pouvaient alors être utilisés par les services de renseignements israéliens pour surveiller les communications, localiser et cibler des individus pour les assassiner, et déployer éventuellement des virus capables de détruire l’information enregistrée dans les lignes de contact. On rapporte que la collaboration de Qazzi avec Israël a démarré il y a 14 ans.

Le 12 Juillet, une deuxième arrestation à Alfa a été faite. Tarek-al-Raba’a, un ingénieur et partenaire de Qazzi, a été arrêté accusé d’espionner pour le compte d’Israël et d’avoir compromis la sécurité nationale. Quelques jours plus tard un troisième employé d’Alfa a de la même manière été détenu.

Israël s’est refusé à tout commentaire sur les arrestations. Néanmoins, leur apparente capacité à avoir pénétrer les secteurs militaires et des communications au Liban a secoué le pays et mis d’urgence en avant les problèmes de sécurité.

Qu’est ce que tout ceci a à voir avec l’assassinat d’Hariri ?

Mis à part les ramifications nuisibles évidentes d’officiers supérieurs militaires libanais travaillant pour Israël, la légitimité même du Tribunal Spécial pour le Liban (STL) est maintenant remise en question. Le STL est l’organisme choisi par l’ONU pour enquêter sur les responsables de l’assassinat de feu le premier ministre. Le 14 Février 2005, une charge de 1000 Kg d’explosifs a explosé à proximité du cortège d’Hariri circulant en voiture le tuant lui et 21 autres personnes.

On croit que le STL va émettre des inculpations dés Septembre dans cette affaire - s’appuyant principalement sur des conversations téléphoniques enregistrées et des transmissions de téléphonie mobile.

Selon l’AFP : « une enquête préliminaire par l’équipe de l’ONU a dit qu’elle avait collecté comme preuves des données d’appels téléphoniques de mobiles passées le jour de l’assassinat d’Hariri ».

Le National a de même rapporté que « l’enquête internationale qui pourrait émettre des inculpations ou des conclusions dés Septembre, selon des informations non vérifiées parues dans les médias, a largement utilisé des enregistrements téléphoniques pour tirer ses conclusions concernant le complot qui a tué Hariri, accusant principalement la Syrie et ses alliés libanais… »

Dans un discours télévisé le 16 Juillet, le secrétaire général du Hezbollah, Sayyid Hassan Nasrallah, a avancé que le STL utiliserait les informations collectées dans les communications manipulées par les Israéliens pour impliquer le groupe à tort dans l’assassinat du premier ministre.

« Certains comptent dans leur analyse des inculpations du STL sur les témoins dont certains se sont révélés être des faux témoins et sur les réseaux de télécommunications qui ont été infiltrés par des espions qui peuvent changer et manipuler les données.

« Avant la guerre de 2006, ces espions ont fourni d’importantes informations à l’ennemi israélien et sur la base de ces informations Israël a bombardé des immeubles, des maisons, des usines, et des institutions. De nombreux Martyrs sont morts et beaucoup d’autres ont été blessés. Ces espions sont partenaires dans les massacres, les crimes, les menaces et les déplacements. »

Nasrallah a appelé la manipulation du STL un « projet israélien » visant à « créer du tumulte au Liban »

En Mai 2008 le Liban avait effectivement fait l’expérience d’un avant goût de ceci. Au summum de l’impasse de 18 mois sur la formation d’un gouvernement d’union nationale dirigé par le premier ministre de l’époque Fouad Siniora, la décision de son cabinet de déclarer unilatéralement le système de communication téléphonique fixe du Hezbollah illégal a poussé le pays au bord de la guerre civile.

Reconnaissant l’importance que leurs lignes de communication sécurisées ont eu dans leur combat en Juillet 2006 contre l’invasion israélienne et suspectant que les télécoms appartenant à l’état étaient compromises le Hezbollah a résisté aux plans de Siniora de démanteler son réseau. Leurs hommes ont ratissé l’Ouest de Beyrouth et mis rapidement fin au plan du gouvernement. Deux ans plus tard, leurs soupçons semblent avoir été fondés.

Le député de l’opposition et chef du Free Patriotic Movement, Michel Aoun, a déjà mis en garde Nasrallah que le STL inculpera probablement des membres « incontrôlés » du Hezbollah et ce sera suivi de « tension entre Libanais et Libanais, entre Libanais et Palestiniens, et par une guerre israélienne contre le Liban. »

Accréditant les affirmations de Nasrallah et Aoun, le chef d’état major de l’armée israélienne, Gabi Ashkenazi a prédit « le souhaitant très fortement» que la situation au Liban se détériorerait en Septembre après l’ inculpation du Hezbollah par le STL pour l’assassinat d’Hariri.

Le témoignage jubilant et prémonitoire d’Ashkenazi devant le comité des affaires étrangères de la Knesset trahit ce qu’Israël espère des retombées du rapport du STL : fomenter une guerre civile et semer la discorde entre les groupes sectaires du Liban, généralement divisé entre factions pro et anti - syriennes. Ashkenazi anticipe ces évènements bien sûr car il sait que l’accès complètement libre d’Israël à des enregistrements téléphoniques cruciaux leur aura permis de mettre en cause le Hezbollah pour l’assassinat.

Les agents d’Israël et ses opérateurs au Liban et son infiltration du réseau de télécoms ont été mis à nu. Le STL doit au minimum reconnaître que la preuve de l’implication supposée du Hezbollah dans la mort d’Hariri (un groupe qui historiquement a entretenu de bons liens avec ce dernier) est complètement entachée et probablement fabriquée.

L’arrestation de Qazzi et d’ al-Raba’a dans le démantèlement des réseaux d’espionnage israéliens devrait pousser le STL à orienter son attention sur le seul acteur régional qui a bénéficié de l’assassinat d’Hariri celui qui continuera dans cette voie si et quand ses désirs d’impliquer le Hezbollah sont réalisés.

Il est temps de regarder en direction de Tel Aviv.

Rannie Amiri 23-25/07/2010 - counterpunch.org

Article en anglais

Rannie Amiri est un commentateur indépendant sur le Moyen Orient.

 

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 18:26

 

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CHI20100715&articleId=20140

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Chems-Eddine_Chitour.150710.htm

France : Le défilé du 14 juillet, Le post-colonialisme en action

Par Chems Eddine Chitour

Le 15 juillet 2010

«Ces peuples (vous voyez de qui il s’agit...) n’ont rien donné à l’humanité; et il faut bien que quelque chose en eux les en ait empêchés. Ils n’ont rien produit, ni Euclide, ni Aristote, ni Galilée, ni Lavoisier, ni Pasteur. Leurs épopées n’ont été chantées par aucun Homère.(...)» P.Gaxotte (Revue de Paris 1957)

Mardi 13 juillet 2010, Nicolas Sarkozy recevait à déjeuner les dirigeants de ces anciennes colonies africaines de la France. Le scoop est le défilé de troupes africaines lors du 14 juillet. Devançant les attaques l’accusant de «nostalgie coloniale», il souligne «l’injustice et les erreurs» de la période coloniale et la «force des liens» qui unissent la France et ses anciennes colonies africaines. «Je sais bien tout ce que la notion de «relations privilégiées», de «relations spéciales» charrie de soupçons et fantasmes (...), mais le moment est venu de l’assumer ensemble, sans complexe et sans arrière-pensées.» Dans ce «passé tumultueux», il a évoqué la dette de la France envers les pays africains, «où commença de briller voici soixante-dix ans, la flamme de la France libre et dont les fils ont versé leur sang pour libérer la France». Nicolas Sarkozy a annoncé l’alignement des pensions de tous les anciens combattants résidant à l’étranger, quelle que soit leur nationalité. 

Au moment où la France s’apprête à commémorer, le 14 juillet à Paris, le cinquantenaire de l’accession à l’indépendance de quatorze de ses anciennes possessions africaines, un ancien ambassadeur de France à Dakar dénonce une régression en la matière. Jean-Christophe Rufin a stigmatisé, dans Le Monde du 7 juillet, le pilotage par l’Elysée de la politique africaine et l’influence des réseaux de lobbying stipendiés par les régimes du continent. De fait, la date, tout autant que la forme, retenue par Paris pour célébrer les indépendances traduit une conception archaïque et inadaptée de la relation avec l’ancien Empire français. Ce 14 juillet africain reflète l’ambivalence, voire les impasses de la politique française à l’égard de l’Afrique. (1)

cinquante ans d’indépendance «  contrôlée »

«Tout se passe, poursuit, Le Monde, en effet comme si Paris considérait le jubilé comme un événement français. C’est en tout cas ce que suggère l’attitude de M.Sarkozy qui n’a assisté à aucune des cérémonies organisées par les Etats africains. Or, que fête-t-on? A l’évidence, le bilan de ce demi-siècle d’indépendance pour les peuples concernés n’est glorieux ni pour la France ni pour les Etats africains. Rend-on hommage aux sacrifices des tirailleurs coloniaux des deux guerres mondiales? Pas de quoi pavoiser non plus, puisqu’il a fallu la récente décision du Conseil constitutionnel pour que le principe de l’égalité des pensions des anciens soldats africains et français soit enfin reconnue. A l’heure où tous les pays développés et émergents font les doux yeux à l’Afrique, la France aurait gagné, au contraire, à saisir l’occasion du cinquantenaire pour affirmer sa rupture définitive avec le post-colonialisme et considérer ses anciennes possessions comme des partenaires et non comme des obligés.» (1)

L’écrivain-diplomate Jean-Christophe Rufin rêvait d’une diplomatie new-look dans une Afrique plus démocratique. Ecoutons-le: «Sarkozy avait promis d’en finir avec la Françafrique, ce réseau d’intermédiaires qui vendent leur influence auprès des dirigeants du continent noir, aux hommes d’affaires qui y travaillent.(...) J’ai cru à la rupture. Je m’aperçois que rien n’a changé. Les réseaux se sont reconstitués, plus puissants que jamais. J’ai toujours pensé que l’absence de respect pour les mécanismes démocratiques était un immense gâchis. Les politiques ne m’ont jamais pardonné de penser et de fonctionner différemment.» (2)

Le cinquantenaire de l’indépendance des pays africains ne laisse pas indifférent le président des Etats-Unis, Barack Obama, qui a invité 18 d’entre eux à célébrer le 50e anniversaire de l’indépendance de leur pays à Washington comme rapporté par The Guardian du 28 juin. Le sommet, qui devrait avoir lieu début août, portera sur les cinquante ans écoulés, sur l’avenir de l’Afrique, le développement, la sécurité, la santé et les conflits en cours. Obama compte également faire venir des jeunes de chacun des pays invités. Dans le même temps, le président Obama a affirmé en juin que le fils de l’ancien président guinéen, Lansana Conté, est un «baron de la drogue». Exactement comme les chefs des cartels mexicains ou colombiens. Analysant le pourquoi de cette situation en Afrique de l’Ouest et comment elle a basculé entre les mains des narcotrafiquants, Christophe Champin, journaliste à RFI, explique cela par la
faiblesse des Etats: «L’Afrique de l’Ouest est apparue comme une plate-forme idéale: elle est proche de l’Europe, les Etats y sont fragiles avec des structures faibles et une corruption forte. C’était donc facile de s’implanter pour en faire une plate-forme de stockage et de redistribution.» «(...) la principale difficulté est de contourner la corruption des élites, policière, judiciaire ou politique. En clair, il est compliqué de mettre en place des structures de lutte antidrogue centralisée, lorsque l’entourage d’un chef d’Etat est mêlé à ce trafic.» (3)

Le défilé du 14 juillet «africain» a provoqué la colère d’anciens colonisés, responsables de l’opposition camerounaise. «C’est une insulte intolérable à la mémoire des héros et martyrs des luttes pour l’indépendance (...). Les peuples d’Afrique n’oublieront jamais les crimes commis par les colonialistes, affirment-ils. Et de proposer qu’un défilé ait lieu à Addis Abeba, la capitale de l’Ethiopie et siège actuel de l’Union africaine.»(4) C’est aussi l’avis du Collectif de la Diaspora Panafricaine, pour qui «la célébration du cinquantenaire de la proclamation des indépendances des pays africains par la France le 14 juillet 2010 est une imposture. C’est en effet un secret de Polichinelle que l’Etat français a détourné ces indépendances et maintenu la colonisation depuis 50 ans via des hommes de main africains, dictateurs complices, installés et soutenus dans la violence armée contre la volonté des peuples. Tout un système transnational du néocolonialisme qui a bien mérité un surnom, la françafrique.

Pis encore, les forces armées africaines, transformées en gardiennes locales du néocolonialisme par cette françafrique, sont convoquées à défiler le 14 juillet sur les Champs Elysées en renouvellement de leur allégeance à l’Etat français pour la reconduite de cette politique prédatrice les 50 prochaines années». «Au lieu d’une commémoration festive de 50 ans d’une indépendance tronquée et détournée, c’est en priorité un bilan sans complaisance qu’il y a lieu de faire. Seul un tel bilan peut permettre de dégager des perspectives pour les relations nouvelles et viables entre ces pays africains et la France. Il nous revient de ne pas laisser tout le champ libre à cette dangereuse fuite en avant de la françafrique. Nous ne devons pas nous laisser distraire de notre propre agenda, celui vers une nouvelle ère pour l’Afrique. C’est pourquoi nous appelons la diaspora africaine et tous les citoyens épris de liberté et démocratie à une manifestation à l’issue de laquelle nous présenterons les grandes lignes du bilan ainsi que des perspectives nouvelles. (...) Aucune pensée réfléchie ne peut prétendre une quelconque forme d’indépendance des pays africains essentiellement francophones, encore soumis au Franc des Colonies Françaises d’Afrique (Franc CFA) détenu et géré par la France et ses réseaux bancaires implantés sur le continent. Tout un symbole de dépendance économique intégrale voulue, imposée et maintenue par tous les gouvernements français successifs.(5)

L’Afrique de 2010 vient de franchir le seuil du milliard d’habitants: elle abrite désormais 1 humain sur 7. Après le scandale de la colonisation, les pays occidentaux ayant inventé une nouvelle forme de post-colonialisme qui s’avère être de fait, un colonialisme à distance, un néocolonialisme mâtiné de droits de l’Homme. Cette néo-colonisation pour cause de spoliation forcée de matières premières est encore plus dure que la précédente car le colonisateur n’est plus là. Sous les habits de la mondialisation, il revient en force et colonise à distance. Jacques Chirac, dans ses confidences à Pierre Pean, dit en substance à propos des Africains, «qu’on les a colonisés, on s’en est servi comme chair à canon, puis comme main-d’oeuvre pour les tâches les plus dures, on leur a pillé leurs matières premières et maintenant on leur prend leur matière grise». On lui prête aussi la fameuse boutade : « Il faut soutenir les dictateurs africains, sinon ils ne feraient pas d’élections !.. Toyt un programme !

Vendue au plus offrant

Pis encore, l’Afrique est à vendre au plus offrant! Actuellement des Etats et les multinationales achètent, pour peu d’argent, dans les pays pauvres, d’immenses surfaces de terres pour produire des produits alimentaires pour la nourriture des pays riches ou pour produire des biocarburants. Ainsi, les objectifs que l’Union européenne s’est fixés en matière d’agrocarburants entraînent une ruée incontrôlable sur les terres des populations pauvres d’Afrique et poussent toujours plus de personnes dans la famine, préviennent des associations écologistes et de solidarité internationale. Les familles paysannes indigènes sont chassées de leurs lopins de terre qui leur permettent juste de survivre afin qu’on puisse produire dans de grands plantations des fruits destinés à nos conserves ou des biocarburants pour nos voitures. (...) Les acteurs principaux parmi les acheteurs sont la Chine, au deuxième rang la Grande-Bretagne, puis l’Arabie Saoudite. Il faut avoir sous les yeux ce qui se passe, par exemple lorsqu’on attribue à un investisseur 1,5 million d’hectares de terres du Soudan, pour un délai de 99 ans. On y cultive du blé, pas pour la population soudanaise, mais pour l’Arabie Saoudite, ou des légumes pour la Jordanie, ou du sorgho, d’ailleurs l’aliment principal au Soudan, pour nourrir les chameaux aux Emirats arabes unis. C’est réellement une folie! «Des camions transportant les produits alimentaires vers l’étranger croisent des habitants affamés.» Addax Bioenergy, une entreprise suisse, produit en Sierra Leone des biocarburants pour l’Europe. il faut se rendre compte qu’on produit dans un pays où les gens souffrent de la faim, des produits agricoles pour faire marcher nos voitures.»(6)

Pour revenir à ce 14 juillet africain, la France n’a rien à offrir de nouveau et d’original à un continent pratiquement en péril dans tous les domaines, et dont les richesses ont, jusqu’ici, été dilapidées à la fois par les multinationales et ses propres nomenklaturas. La France a également sa grande part dans le pillage de l’Afrique. La Françafrique depuis l’ère Rocard n’est pas une invention sémantique. C’est bel et bien l’ordre colonial reconduit sous des formes actuelles. À Nice, comme rappelé à l’ordre par les réseaux de la Françafrique, le président Sarkozy avait renoncé à faire «la rupture» annoncée au début de son mandat. D’où le retour à ces rituels qui ont pour objectif de régler les problèmes des dictateurs en poste, et de drainer les matières premières des pays rendus exsangues en servant de débouchés pour les entreprises françaises sans que les Africains en profitent réellement.

Pour Pouria Amirshahi du Parti socialiste, la célébration a pourtant un goût très amer: l’Afrique reste le continent blessé par les maux les plus mortels: guerres, maladies, malnutrition sont encore le quotidien de beaucoup d’êtres humains. La corruption et la captation des richesses par des clans au pouvoir, changeants au gré des putschs, demeurent des pratiques majoritaires. L’exploitation de ses ressources et de ses terres arables (de moins en moins...) par les grandes puissances ainsi que par des grandes compagnies sans scrupules accentuent les rapports de domination. Les Etats de droit sont encore rares et les mouvements démocratiques le plus souvent décapités. (...) Il faut souhaiter que les peuples africains eux-mêmes se mettent en mouvement pour une souveraineté réelle et une démocratie effective.»(7)

«En matière d’aide au développement, poursuit Pouria Amirshahi, la France reste à la traîne: avec seulement 0,47% de son PIB consacré à l’aide au développement (dont une part croissante sous forme de prêts... eux mêmes destinés à rembourser des dettes!), elle est loin de l’engagement pourtant officiel, de la porter à 0,7%. Aux yeux de beaucoup de citoyens africains, la France est plus perçue pour être entremetteuse dans les ventes d’armes ou soutien, à peine honteuse, de dictateurs ou d’aspirants dictateurs que pour sa contribution au progrès. (...) Dépasser le stigmate colonial est possible en changeant totalement d’optique: privilégier les échanges (universitaires, culturels) et les projets structurants (éducation nationale, pérennité des productions locales, infrastructures métropolitaines, etc.) favorisera un nouveau rayonnement autours de toutes les cultures francophones, dont toutes ne sont pas issues de la colonisation.» (7)

On peut se demander à quoi tout ceci va servir? Est-ce sincère et que la France du président Sarkozy tente réellement de tourner la page coloniale? Pourquoi avoir cristallisé les retraites pendant 65 ans et attendre qu’un film, « Indigènes » de Rachid Bouchareb, en parle pour prendre en considération la dette de sang de la France envers ces pays compagnons d’armes sur les champs de bataille, mais bougnoules après, la meilleure preuve est que lors du défilé de la victoire, le général de Gaulle aurait donné instruction pour «blanchir les bataillons», il ne saurait être question de montrer aux Parisiens que les bougnoules et les bamboulas ont payé le prix fort à Monte Cassino et pour la libération de la Provence.

En lieu et place on fait défiler  ce 14 juillet 2010, des militaires  au pouvoir qui pour certains, qui ont brimé leurs peuples. A bien des égards, ce défilé exotique nous rappelle étrangement les zoos humains dont parlent si bien Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire. Ce «divertissement» devait permettre aux Français d’oublier leur quotidien, comme le faisait il y a près d’un siècle et demi un certain Geoffroy de Saint Hilaire, directeur du jardin d’acclimatation à Paris, qui, pour combattre l’ennui des Parisiens, leur proposait des spectacles exotiques en parquant des hommes, des femmes et des enfants arrachés à leur terre natale et exposés au voyeurisme des Parisiens. Le grand-père de Karembeu - ancien joueur de l’équipe de France- a, lui-même été «exposé». Aimé Césaire dans un texte prophétique écrivait: «La lutte pour l’indépendance, c’est l’épopée! L’indépendance acquise, c’est la tragédie.» Nous y sommes. La vraie richesse de l’Afrique, c’est cette jeunesse en panne d’espérances. Lors des rendez-vous traditionnels, des «sommets africains» , les dirigeants donnent l’impression de vivre sur une autre planète, déconnectés des aspirations démocratiques de liberté, de seulement de vivre dans la dignité de leur peuple.



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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 17:53

 

http://www.la-voix-des-rroms.agence-presse.net/2010/07/24/declaration-de-paix-du-cat-collectif-des-associations-tziganes

Déclaration de paix du CAT (Collectif des Associations Tziganes)

Le Président de la République a déclaré la guerre aux gens du voyage et aux roms. Les Tziganes entendent répondre par une déclaration de paix pour éviter une explosion sociale.

L’organisation le 28 juillet d’une réunion à l’Elysée sur les « problèmes » posés par les Tziganes est une première depuis la Libération.

Comme trop souvent dans leur histoire, les Tziganes sont une fois de plus les boucs-émissaires privilégiés d’une classe dirigeante empêtrée dans les scandales politico-financiers.

Si Nicolas Sarkozy devait réitérer sa déclaration de guerre, le Collectif des Associations Tziganes serait amené à diligenter des actions judiciaires pour provocation à la haine raciale et à demander aux parlementaires de s’interroger sur la nécessité de réunir la Haute Cour.

La prégnance du racisme anti-tzigane dans la société française est telle que la confirmation le 1er juillet 2010 par la Cour d’appel de Paris de la condamnation de France Télévisions pour provocation à la haine raciale en raison du contenu d’une émission C dans l’air intitulée : « Délinquance : la route des Roms » est passée totalement inaperçue.

Alors que la France a fait l’objet de maintes condamnations par les instances européennes et risque de se retrouver au ban de l’Europe, aucun effort n’est fait par les pouvoirs publics pour lutter contre la multiplication des actes et des propos racistes dirigés contre les Tziganes.

Le 18 juillet 2010, la France a enfin reconnu officiellement le drame de l’internement et de la déportation des Tziganes de 1940 à 1946 par le biais d’un discours prononcé par le secrétaire d’Etat aux anciens combattants.

Dix jours plus tard, Nicolas Sarkozy prend l’initiative d’une politique de nature raciale qui, si elle venait à être mise en œuvre, risquerait fort de constituer une nouvelle page noire de l’histoire de France tant il est vrai que Les Tziganes, au delà des profondes différences qui existent entre Rroms et gens du voyage, sont soumis en France à un véritable régime d’apartheid en raison d’une législation d’exception indigne d’un pays démocratique.

Le Collectif des Associations Tziganes demande à être reçu par le chef de l’Etat pour évoquer les problèmes que posent les propos racistes de certains parmi les ministres et les parlementaires de l’UMP.

Le Collectif des Associations Tziganes demande l’abrogation de toutes les lois discriminatoires et une action résolue au plus haut niveau de l’Etat pour lutter contre le racisme anti-tzigane.

Pour la sauvegarde des valeurs universelles qui ont fait la grandeur de la France, le Collectif des Associations Tziganes lance un appel en reprenant les mots exacts utilisés il y a vingt-cinq ans par Georges Guingouin, premier maquisard de France, libérateur de Limoges, dans son appel lancé à l’occasion du 41ème anniversaire de la bataille du Mont Gargan :

« En 1985, j’en appelle aux hommes et aux femmes à l’âme généreuse pour que dans un sursaut moral, une nouvelle Résistance commence afin que la France reste le pays des Droits de l’Homme. La flamme de la Liberté ne doit pas s’éteindre ! ».

Le Collectif des Associations Tziganes organise une conférence de presse le mercredi 28 juillet 2010 à 11 heures à la Chope des Puces 122 rue des Rosiers à Saint-Ouen.

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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 18:35

 

http://www.france-irak-actualite.com/article-kurdes-et-mossad-tribalisme-separatisme-et-business-53319056.html

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_Munier.020710.htm

Kurdes et Mossad: Tribalisme, séparatisme et business

Gilles Munier

Vendredi 2 juillet 2010

(Afrique Asie – juillet 2010)

Conseillé par Israël, Massoud Barzani, président de la Région autonome du Kurdistan irakien, se donne progressivement les attributs d’un chef d’Etat. En mai, il est parvenu à un accord, provisoire, avec Bagdad sur les revenus des champs pétroliers kurdes. Plusieurs pays occidentaux ont ouvert un consulat à Erbil où le drapeau irakien et les troupes arabes sont interdits de séjour. La création d’une marine commerciale mouillant dans un port turc est à l’étude. Disposant depuis longtemps d’un service secret, Barzani s’est engagé dans une étape cruciale : la création une armée « régionale » kurde. Il s’est entretenu de la question, en janvier, avec Barack Obama, non sans avoir consulté au préalable, à Genève, le général Dany Yatom, ancien directeur du Mossad. Selon la lettre confidentielle Intelligence on line, la société israélienne Camerone Military Services, serait chargée de la fusion des milices peshmergas.

Théorie des alliés périphériques

Les relations kurdo- israéliennes ne datent pas du renversement de la monarchie pro-britannique, en 1958, quand le Mossad prit le relais du KGB qui avait ordonné à Mustapha Barzani de déposer les armes et de geler les activités de la brigade kurde formée à Tachkent, en Ouzbékistan. A la fin des années 30, Ruben Shilia, agent secret de l’Agence juive, s’était rendu au Kurdistan irakien pour établir des relations avec la tribu Barzani, dont des clans, de religion juive, ont émigré en Palestine. Shilia était, avec David Ben Gourion, fondateur de l’Etat d’Israël, un des idéologues de la « théorie des alliés périphériques ». Leur dessein préfigurait celui décrit, en 1982, par Oded Yinon, proche du ministère israélien des Affaires étrangères, dans la revue de l’Organisation sioniste mondiale, à savoir la partition des pays arabes en entités ethniques ou religieuses.

En Irak, le Mossad entra physiquement en scène sous les présidences des frères Aref (1963-68). Eliezer Tsafrir, chef d’antenne au Kurdistan, de père kurde et de mère marocaine, dirigeait les conseillers israéliens encadrant les peshmergas. Leurs officiers étaient formés en Israël. Parallèlement, Tsafrir aidait Massoud Barzani à créer le Parastin, service secret du PDK (Parti Démocratique du Kurdistan). Aujourd’hui à la retraite, il  rêve d’être le premier consul d’Israël à Erbil.

Mustapha Barzani s’est rendu à Tel-Aviv en 1968 et 1973. Outre son vieil ami Xawaja Xino, notable juif d’Aqra dans les années 50, il rencontra Golda Meir et Moshe Dayan. En 1980, Menahem Begin reconnut qu’Israël fournissait des armes aux rebelles kurdes, et décida de soutenir la création d’un Etat kurde. Il n’est pas besoin d’être expert pour discerner la marque d’Israël dans les campagnes anti-Saddam Hussein qui ont suivi, ou dans l’appellation : « Kirkouk, Jérusalem des Kurdes ».

Opération de grande ampleur

Après l’occupation de l’Irak en 2003, des dizaines d’agents du Mossad camouflés en ingénieurs des travaux publics ou en experts agricoles, entrèrent au Kurdistan. L’opération, de grande ampleur, révélée en 2004 par le quotidien israélien Yediot Aharonot, était organisée par Dany Yatom et l’homme d’affaires Shlomi Michaels. La société Kudo, créée par ce dernier avec des membres de la tribu Barzani, décrocha le juteux contrat de la construction de l’aéroport international d’Erbil et la formation d’unités de commandos. On se demande pourquoi Iyad Allaoui, alors Premier ministre, a démenti ces informations, confirmées en 2006 par la chaîne BBC 2 qui filma les Israéliens à l’œuvre.

Les relations de Jalal Talabani avec Israël sont moins connues. Lui qui, jadis, disait pis que pendre des accointances de Mustapha Barzani avec le Mossad, faisait de même, mais à bien moins grande échelle, par l’intermédiaire de son beau-père Ibrahim Ahmed basé à Londres, protégé du MI6, le service d’espionnage britannique. On sait que Talabani s’est entretenu en 1978 avec Shimon Peres à l’ambassade d’Israël à Paris, et… en 2008 avec Ehud Barak en Grèce lors d’un congrès de l’Internationale socialiste dont il est membre. Pour se justifier devant l’opinion publique irakienne indignée, il déclara l’avoir rencontré uniquement en tant que Président de l’Union Patriotique Kurde (UPK).

Aujourd’hui, les relations du PDK avec Israël sont du domaine de Binjirfan Barzani, un des cinq fils de Massoud. A l’UPK, elles sont l’affaire de Qutab Talabani qui représentait le Gouvernement régional kurde aux Etats-Unis, où il a épousé l’américaine Sherri Kraham, fille d’un membre de l’AIPEC, le lobby pro-israélien. Avec eux aux commandes, le Mossad n’a pas de souci à se faire : la relève est assurée.





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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 17:45

 

http://www.french.moqawama.org/essaydetails.php?eid=1674&cid=284

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=14151&type=analyse&lesujet=Résistances

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Fadwa_Nassar.150710.htm


Al-Quds : la mobilisation populaire empêche la déportation des personnalités palestiniennes

Par Fadwa Nassar

En une dizaine de jours, les députés et l’ancien ministre palestiniens qui se sont réfugiés dans les locaux de la Croix-Rouge Internationale dans la ville d’al-Quds sont parvenus à rassembler autour d’eux, de larges secteurs du peuple palestinien, en Palestine occupée ou dans l’exil. La solidarité avec les députés Ahmad Attoun, Muhammad Tawtah, Muhammad Abou Tayr et l’ancien ministre Khaled Abou Arfeh s’est élargie au-delà de la Palestine, avec les délégations étrangères qui visitent quotidiennement la tente montée dans les locaux de la Croix-Rouge (parlementaires européens, personnalités politiques) ou qui se mobilisent dans les capitales arabes (Damas), ou dénoncent dans leurs pays les mesures israéliennes à l’encontre de la population maqdisie et plus précisément ses dirigeants politiques.

Les députés de la ville d’al-Quds, Ahmad Attoun, Muhammad Tawtah, Muhammad Abu Tayr et l’ancien ministre, l’ingénieur Khaled Abou Arfeh avaient été kidnappés par l’occupant lors de la rafle ayant visé les députés et ministres du Hamas, en 2007, en vue de décapiter la classe politique palestinienne élue sur un programme de lutte et de résistance à l’occupation. Sitôt libérés de prison, les quatre personnalités reçoivent l’avis de déportation, l’occupant leur fixant un mois pour se préparer à abandonner leur ville, avec leurs familles.

Ayant été libéré le premier, le député Abu Tayr refuse sa déportation et se réfugie dans sa propre maison, mais les forces de l’occupation l’envahissent et le kidnappent une fois encore pour le mettre en prison. Il est enfermé actuellement dans la prison de Moskobiyyé et à chaque comparution devant le tribunal, les sionistes exercent leur chantage habituel, le dernier étant de le libérer s’il accepte le principe de sa déportation : pour revenir dans sa ville natale, il devrait obtenir un permis délivré par les autorités de l’occupation. C’est l’une des conditions effrontées que le tribunal sioniste a proposées à Sheikh Abou Tayr, les autres étant de lui retirer sa carte de résidence et le paiement d’une importante somme d’argent, qui serait une garantie contre son retour à al-Quds, sans autorisation. Le député maqdisi a bien évidemment refusé car le permis délivré est en lui-même une reconnaissance du droit d’"Israël" à la déportation. L’attitude ferme du député Abu Tayr, qui ne reconnaît aucun droit d’"Israël" sur la ville sainte d’al-Quds, dans sa partie orientale ou occidentale, ni sur sa population millénaire, n’est qu’un pas de plus dans la voie de la résistance adoptée par le peuple palestinien depuis l’occupation britannique de la Palestine, en 1920.

Quant aux deux autres députés, Ahmad Attoun et Muhammad Tawtah, et l’ancien ministre Khaled Abou Arfeh, pour éviter leur arrestation à l’instar du député Abu Tayr, lorsque l’échéance de leur déportation s’est approchée, ils ont décidé de se réfugier dans les locaux de la Croix-Rouge, à al-Quds, après que les locaux de l’ONU leur aient été refusés, dévoilant une fois de plus l’inefficacité sinon la collaboration de l’ONU avec l’occupant.

Ce n’est pas la première fois que l’arme de la déportation est utilisée par l’occupation sioniste, comme elle l’a été par l’occupant britannique au temps du mandat, entre 1920 et 1948. Les dirigeants palestiniens à l’époque avaient été déportés vers les pays arabes et même la colonie britannique Malte, comme l’honorable et regretté hajj Amine al-Hussaynî, le mufti d’al-Quds et l’honorable martyr Abdel Qader al-Hussaynî, tombé en défendant le village d’al-Qastal, aux portes d’al-Quds, en 1948. Des centaines de dirigeants, personnalités et militants palestiniens ont été déportés par les autorités sionistes, depuis l’occupation de la Palestine en 1948, pour ne pas parler de l’expulsion massive, brutale et criminelle de plusieurs centaines de milliers de Palestiniens, en 1947-48, constituant la Nakba.

La déportation des militants et combattants de la liberté est une vieille arme utilisée par tous les colonialistes et impérialistes dans le monde. La France l’a utilisée contre les militants, même français, qui se battaient pour la liberté à l’intérieur de ses propres frontières, comme elle l’a utilisée contre les militants et dirigeants des pays qu’elle avait colonisés. Mais pour "Israël", entité coloniale usurpatrice d’un pays en entier, la déportation fait partie d’un ensemble de mesures visant à poursuivre l’épuration ethnico-religieuse du pays qu’il a occupé.

Lorsque les sionistes ont envahi la Palestine avant 1948, par vagues successives, avec l’approbation directe de la Grande-Bretagne, puis instauré leur Etat sur les ¾ du pays, ils ont procédé méthodiquement à déporter toute la direction palestinienne politique, religieuse, intellectuelle et économique des villes côtières, Haïfa, Yafa et Akka, ainsi que Beer Saba’, aux portes du Naqab, en vue de décapiter la société palestinienne. En occupant la Cisjordanie et Gaza, y compris la partie orientale d’al-Quds, en 1967, ils ont procédé de la même manière. Il ne s’agissait pas seulement d’étouffer toute revendication politique, mais d’empêcher toute possibilité de survie pour les masses palestiniennes décapitées. Il a fallu plusieurs années, malgré le pouvoir militaire instauré dans les régions demeurées arabes, pour que la société palestinienne trouve à nouveau ses repères dans l’entité sioniste, sa volonté étant plus puissante et ses racines plus profondes et plus coriaces que celles des envahisseurs.

La politique de déportation des Palestiniens n’est pas, pour les sionistes, une simple mesure pour étouffer les revendications politiques, mais une politique systématique pour faciliter l’expulsion des Palestiniens de leur pays et procéder au nettoyage ethnico-religieux qu’ils ont envisagé dès le début de leur projet colonial.

Outre les quatre députés et l’ancien ministre, que les autorités de l’occupation menacent aujourd’hui, il existe une liste de trois cent personnalités maqdisies faisant partie de l’encadrement politique, culturel, associatif, économique de la société palestinienne d’al-Quds, toutes menacées de déportation, sans compter toutes les personnalités qui ont été interdites de retourner dans leur ville, qui vivent un exil forcé, victimes de lois qu’"Israël" a promulguées pour les éloigner de leur pays, voulant se donner des airs de légalité aux yeux d’une communauté internationale complice, aveugle ou borgne.

Comme pour Yafa et Beer Saba’, en 1948, "Israël" entreprend aujourd’hui le même nettoyage ethnico-religieux dans la ville d’al-Quds. Il pourchasse sa population palestinienne, en arrêtant et déportant, il détruit les maisons, il rase des quartiers entiers, il souhaite effacer l’histoire, le présent et l’avenir de la capitale palestinienne. Il planifie la construction des colonies et l’extension de celles qui étouffent déjà la ville et souhaite importer plus d’un million de juifs pour remplacer les Palestiniens, ayant proclamé unilatéralement que la ville palestinienne, arabo-musulmane d’al-Quds, serait une ville juive, et de surplus, capitale de l’entité coloniale. Mais c’est sans compter sur la volonté et la résistance du peuple palestinien.

Même si Obama se plie devant Netanyahu, même si des responsables palestiniens, genre Mahmoud Abbas, Ahmad Qray’ et Salam Fayyad, devenus ou ayant toujours été des marionnettes entre les mains des impérialistes, rencontrent les dirigeants sionistes ou poursuivent des négociations, directes ou indirectes avec eux, même si les services sécuritaires palestiniens de l’Autorité de Ramallah sont loués par les dirigeants sionistes pour leur rôle collaborateur contre la résistance et les résistants, l’état sioniste semble être dans l’impasse face au formidable élan de solidarité envers les personnalités menacées de déportation qui se sont réfugiées dans les locaux de la Croix-Rouge. La police sioniste et les garde-frontières menacent : ils encerclent le siège de la Croix-Rouge, ils provoquent les familles des personnalités, comme ils l’ont fait en pénétrant de force dans la maison du député Attoun pour intimider et effrayer
sa famille, ils prolongent la détention de Muhammad Abu Tayr, de jour en jour, ils arrêtent le frère du député Tawtah et des députés du Fateh venus apporter leur soutien, avant de les relâcher, sans pouvoir cependant mettre un frein à la solidarité.

Ce nouvel épisode de la résistance populaire menée dans la ville d’al-Quds se situe à l’intersection de deux batailles, au moins, l’une contre la déportation des Palestiniens après le vote de la loi 1650 par l’organe législatif sioniste, la Knesset, il y a quelques mois, et notamment la déportation des prisonniers, dont trois cent sont actuellement menacés et l'autre concerne le maintien du caractère arabe et palestinien d’al-Quds.

Bien que toutes les mesures et lois prises par les sionistes sont illégales, contraires au droit international et à toutes les législations internationales et résolutions de l’ONU, il semble peu probable que ce qui est désigné par « communauté internationale » réagisse, comme elle nous a habitués, à commencer par l’ONU elle-même, devenue une officine soumise aux Etats-Unis et au sionisme. Les quelques protestations verbales ne changeront pas la situation, "Israël" étant habitué à les jeter à la poubelle, sans être inquiété pour autant. C’est, comme le disait récemment un responsable de la Coalition pour la défense d’al-Quds, Muhammad Jadallah, sur la population maqdisie d’abord qu’il faut compter pour faire reculer l’occupant, avec la participation des Palestiniens de 48.

Bien qu’extrêmement critique, la nouvelle bataille autour d’al-Quds se présente avec des atouts entre les mains des Palestiniens, le premier étant le visage hideux de l’occupation et ensuite, la faible emprise de l’Autorité de Ramallah sur la population maqdisie.

Aujourd’hui, le visage hideux de l’occupation se présente sous la forme des colons qui s’abattent tels des vautours sur la ville sainte, des policiers et garde-frontières sur-armés qui n’hésitent pas à tuer des civils désarmés, des politiciens qui font la surenchère à qui supprimera le mieux et le plus de Palestiniens, dont la dernière trouvaille consiste à exiger l’adhésion des Palestiniens à leur propre suppression. N’est-ce pas ainsi qu’il faut comprendre la dernière déclaration de Lieberman, proposant l’équation « la terre et la population en contrepartie de la paix », ou alors l’exigence de prêter allégeance à l’occupation pour demeurer dans al-Quds, comme cela a été formulé contre les personnalités menacées de déportation ?

Comme les Palestiniens de 48, les Palestiniens d’al-Quds sont en train de forger leur propre cohésion face aux menaces qui les guette, loin des calculs de l’Autorité, la collaboration de ses services de sécurité avec l’occupant et de ses appareils viciés et corrompus. L’attitude exemplaire et unitaire de Hatem Abdel-Qader, responsable du Fateh dans la ville d’al-Quds, est une invitation à tous ceux qui, parmi les Palestiniens, ont été trompés par le passé du Fateh, à se retrouver aux côtés de ceux qui résistent à l’occupation et aux projets liquidateurs américains, européens, arabes ou onusiens, de la question palestinienne.
 

     






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