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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 19:53

 

http://www.letempsdz.com//content/view/52235/79

Coordination nationale pour le changement

Marche à Alger le 12 février

Initialement prévue pour le 9 février, la marche à laquelle a appelé la Coordination nationale pour le changement et la démocratie, constituée de partis politiques, syndicats autonomes et organisations des droits de l'homme entre autres, aura lieu finalement le 12 février comme proposé par Ali Yahia Abdenour de la LADDH, et qui coïncidera avec le week-end «afin de permettre une large adhésion de la population».

Ainsi a décidé la majorité des représentants des organisations qui se sont réunies hier à la maison des syndicats à Dar El Beida (Alger), le consensus ayant été long à se dessiner eu égard aux divergences de vues.

L'objectif premier est de réussir la marche «avec ou sans autorisation». Les nombreuses personnes qui ont pris la parole au cours de la réunion d'hier (une vingtaine d'organisations représentées), ont d'ailleurs évoqué la nécessité de profiter de la conjoncture actuelle à l'échelle de la région et préconisé de «suivre» l'exemple de nos voisins.

La coordination nationale dont les membres se réuniront aujourd'hui pour installer une commission technique chargée du suivi du mouvement va incessamment faire un appel à toutes les organisations aussi bien syndicales, qu’estudiantines et de la société civile en général «pour adhérer à cette dynamique désormais enclenchée», alors que l'itinéraire de la marche n'a pas encore été décidé.

Il interviendra ultérieurement, «quelques jours avant la marche», selon Maître Bouchachi, président de la LADDH.

Même si les membres de la coordination se sont accordés à dire que l'action du 12 qui ne doit pas être conjoncturelle doit être placée hors de toute chapelle politique, il n'en demeure pas moins que chacun des intervenants a, au cours des débats qui ont duré plus de quatre heures, essayé de tirer son épingle du jeu.

D'autres revendications d'ordre social notamment (augmentation du SNMG, logements…) ont fait leur apparition alors que la réunion avait pour objectif de dégager une date pour la marche et trancher à propos des slogans qui devaient la caractériser.

«On ne peut demander quoi que ce soit à un pouvoir dont on exige le départ», a tranché Maître Bouchachi à la fin des débats, chose qui n'a pas plu par exemple au représentant du PST, qui estimera qu'«on ne peut pas occulter la dimension sociale du mouvement».

Le consensus a néanmoins été laborieusement trouvé, même si les divergences demeurent toujours à propos de la demande d'autorisation de la marche ainsi que la tenue d'autres marches synchronisées au niveau national. Pour Ali Yahia Abdenour, il faut faire la demande pour la marche ne serait-ce que pour le côté «légal» et «aux yeux de l'opinion internationale, et marcher quelle que soit la réponse». Réponse le 12 février… sur le terrain.


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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 21:15

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110128/tts-egypte-manifestations-ca02f96.html

Au Caire, des manifestants acclament l'armée (Reuters)

Des milliers d'Egyptiens ont bravé vendredi soir le couvre-feu imposé par le président Hosni Moubarak et, au terme d'une journée de contestation sans précédent, ont acclamé les soldats se déployant dans les rues de la capitale égyptienne.

Au Caire, à Alexandrie et à Suez, épicentre des manifestations ces quatre derniers jours, l'ordre donné par le raïs n'a eu aucun effet sur les manifestants qui se pressaient bien après la tombée de la nuit autour de véhicules blindés de l'armée, les acclamant, chantant l'hymne national et tentant de gagner les soldats à leur cause.

De sources médicales, on indique qu'au moins cinq manifestants ont été tués et huit cent soixante dix autres blessés dans les affrontements qui se sont succédé vendredi au Caire entre des groupes de protestataires et les forces de l'ordre, équipées de balles en caoutchouc, de grenades lacrymogènes et de canons à eau.

"Comment peuvent-ils nous faire cela ? Au lieu d'aider le peuple qui se bat pour nos droits, ces gens dansent avec le diable", dénonce Zeinab Abdel Fattah, 17 ans. "Je me moque de la politique et je suis lâche, mais je vais bientôt les rejoindre parce que je ne peux pas les voir tuer nos gars."

A l'issue d'un "jour de colère" proclamé par les opposants, le président Moubarak a chargé l'armée de prêter assistance aux forces de police et décrété un couvre-feu nocturne qui a été étendu dans la soirée à toutes les villes du pays.

Mais les incidents se sont poursuivis après son entrée en vigueur. Des scènes de fraternisation ont également eu lieu. Ici, policiers et manifestants s'embrassent; là, un policier fait le V de la victoire.

"Vous devez vous rallier à nous. Nous avons besoin de vous et nous sommes ensemble dans cette situation, mon frère", lance un manifestant à un policier, qui opine de la tête et répond: "Oui, bien sûr."

"L'ARMÉE ET LE PEUPLE SONT UNIS"

Malgré le déploiement de l'armée dans les rues, des coups de feu ont été entendus près du parlement, dans le centre du Caire, et des flammes se sont élevées du siège du Parti national démocratique (PND), le parti de Moubarak, selon des images diffusées par la chaîne qatarie Al Djariza.

Un photographe de Reuters a vu des groupes de gens entrer dans un des immeubles du parti au pouvoir et en ressortir les bras chargés de fauteuils, de tapis et d'autres objets. La chaîne Al Arabia affirme que des manifestants ont tenté de prendre le contrôle du siège de la télévision publique avant d'être délogés par l'armée.

"Les forces armées ont commencé à déployer des forces dans les gouvernorats du Caire, d'Alexandrie et de Suez, c'est la première phase de la mise en oeuvre du décret imposant un couvre-feu à partir de 18 heures", rapporte l'agence officielle de presse.

Mais l'attitude des soldats face aux manifestants semble indécise. Et leur arrivée est acclamée, l'armée ayant une réputation de neutralité.

Près de la place Tahrir, la grande place du Caire, un correspondant de l'agence Reuters a vu deux mille à trois mille manifestants entourer un véhicule militaire. Certains d'entre eux se sont hissés dessus et ont serré les mains des soldats.

"L'armée et le peuple sont unis", criaient-ils. Autre slogan entendu à cette occasion: "La révolution est là."

Dans la ville de Suez, où des blindés de l'armée ont également fait leur apparition, des dizaines de manifestants ont aussi tenté de sympathiser avec les soldats, les acclamant, leur parlant.

Toute la journée, des affrontements ont opposé les forces de sécurité aux manifestants dans les rues du Caire, où plusieurs dizaines de milliers de personnes sont descendues. "Nous pouvons mourir mais l'Egypte doit vivre", criait l'une d'elles.


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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 21:14

 

http://www.rue89.com/2011/01/27/diner-du-siecle-les-manifestants-et-les-inrocks-au-commissariat-187696

Dîner du Siècle : les manifestants et Les Inrocks au commissariat

By Geoffrey Le Guilcher et Camille Polloni

Venus mercredi perturber le dîner du Siècle [2] pour la troisième fois, les manifestants -et les journalistes présents- se sont fait embarquer par la police avant même l'arrivée des célèbres invités. Récit en images de cette manifestation avortée et de l'ambiance au commissariat.

Mercredi soir, sur un trottoir face à l'hôtel Crillon, environ soixante dix personnes sont venues manifester leur opposition à la tenue mensuelle du dîner du Siècle. Il réunit chaque mois « l'élite » des politiques, des journalistes et des industriels conviés à l'hôtel Crillon, place de la Concorde, chaque dernier mercredi du mois. L'association « Le Siècle », organisatrice du dîner, est présidée depuis peu par Nicole Notat [3], ex-patronne de la CFDT.

Grâce à la police, la soirée fut tranquille. Pas de perturbation bruyante possible comme en octobre [4] et novembre [5]dernier. Les manifestants et les journalistes venus couvrir l'événement ont été interpellés par la police dès 19h45, puis conduits dans le parking du commissariat central du XIe arrondissement avant d'être relâchés au compte-gouttes à partir de 21h30. Les Inrocks étaient justement passés y faire un tour…

« Symbole d'une collusion »

Face au prestigieux Automobile club de France (ACF), vers 19 heures 20, un militant l'assure : « Il n'y a qu'une entrée, les invités devront tous passer devant nous. » Le « nous » est principalement représenté par le collectif Fini les concessions [6] (animé entre autres par le réalisateur Pierre Carles), venu ce mercredi soir fustiger pour la troisième fois ce rassemblement « symbole d'une collusion entre grands entrepreneurs, médias et politiques de droite ou de gauche et que les gens ne connaissent pas ou ne voient pas », dixit un militant.

Après des contrôles d'identité et une première dispersion imposée par des policiers en civil, un groupe revient. De timides pancartes commencent à sortir : « Pouvoir au peuple », « Non au nouvel ordre mondial »

Mais ce soir, Emmanuel Chain, Nathalie Kosciusko-Morizet, Rachida Dati, Arlette Chabot, Louis Gallois, Serge July et tous les autres membres ou invités [7] du Siècle ne verront pas ce chahut. La préfecture de police de Paris a vu les choses en grand pour cette manifestation non déclarée.

Des camions et bus de la police arrivent, un cordon bleu se forme autour des manifestants. Les soixante dix personnes présentes sont palpées, puis emmenées dans deux bus de la police. Direction inconnue, mais trajet en chanson

Arrivée vers 20 heures 30 au commissariat du onzième arrondissement. Enfin, dans le parking. « Qui êtes vous ? », demande un policier après une nouvelle palpation. « De la presse ». Le policier s'arrête. « Vous êtes de la maison ? » Hésitation. « Euh non… de la presse… » « Ah, j'avais compris de la “préf” [préfecture, ndlr]… Videz vos poches de blouson s'il-vous-plaît. »

A côté de deux véhicules de police spécialisés dans le contrôle de la pollution, deux enclos ont été improvisés avec des barrières de chantier, histoire de séparer les manifestants disposant de papiers d'identité (la majorité) et les autres.

Il est 21 heures 30, deux policières arrivent pour nous appeler un à un et nous rentrer dans nos pénates. « M. Untel ? … M. Untel ! Ne m'obligez pas à répéter ! » Dans l'enclos des manifestants « avec papiers », une personne lui répond à mi-voix : « Pourquoi ? T'es payée au mot ? »

Contrepoint : en liberté au commissariat

Les téléphones portables des interpellés fonctionnant à plein régime dans les cars de police, Les Inrocks ont pu envoyer des renforts pour récupérer leur journaliste stagiaire au commissariat du onzième arrondissement. Sur le trajet, un photographe indépendant rencontré lors d'une précédente interpellation [8] téléphone également pour signaler sa présence dans le deuxième car.

Arrivée sur place, la seconde journaliste des Inrocks fait la connaissance de charmants policiers, employés du commissariat et membres des compagnies d'intervention. « Bonjour, je suis journaliste et vous avez embarqué mon collègue. » Tous recommandent de ne pas s'inquiéter : « Ce ne sera pas long, il s'agit juste de vérifications d'identité. […] De toute façon ils n'ont rien fait, ça ne devrait pas mettre plus de deux heures ».

Certains policiers demandent à connaître le motif de la manifestation, dont ils ne sont pas au courant. Un policier présent devant le Crillon explique que les manifestants ont été emmenés parce que le rassemblement n'était pas déposé en préfecture. Il confirme qu'il n'y a eu « ni violence, ni outrage » et que l'opération « s'est bien passée ».

Ce genre d'arrestations préventives n'est pas une première : nous en avons déjà parlé ici [9], ici [8], ici [10] et ici [11]. Il s'agit d'empêcher les rassemblements non déclarés en emmenant leurs membres loin des lieux, en les gardant parfois plusieurs heures. Ils ne sont cependant pas placés en garde à vue, donc réputés « libres ».

Après la sortie des manifestants (qui racontent leur soirée ici), vers 22 heures, le commissariat laisse partir la journaliste des Inrocks en lui demandant son nom, sa date et son lieu de naissance, ainsi que ceux des journalistes embarqués. Certains militants ont annoncé leur projet de repartir devant le Crillon.

Ce jeudi matin, la préfecture de police de Paris, jointe par téléphone, s'étonne de l'absence de carte de presse de notre journaliste stagiaire, encore en formation. « Comment voulez-vous qu'on l'identifie comme journaliste ? », nous demande-t-on. Parce qu'il s'est déclaré comme tel et a montré aux policiers plusieurs badges d'accréditation « presse » à son nom qu'il transportait sur lui. Mais pour la préfecture, « dans ce cas, la vérification d'identité semble logique ».



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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 21:05

 

Le Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Egyptien appelle à deux initiatives à Paris dans l'urgence :   

Vendredi 28 janvier 2011 à 18 heures 30  Rassemblement à Châtelet, Place de la Fontaine des Innocents, métro/RER Les Halles

Samedi 29 janvier 2011 à 14 heures Place de l'Uruguay 75 016 Paris Métro Kléber à proximité de l'ambassade d' Egypte 

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE EGYPTIEN 
 
Les manifestations des Egyptiens contre la dictature de Moubarak sont violemment réprimées.

Cette répression contre les manifestants au Caire et dans de nombreuses villes de toute l'Egypte a déjà fait au moins six morts, des centaines de blessés et d'arrestations.

Comme en Tunisie où la dictature de Ben Ali a été ébranlée et le dictateur chassé par la formidable mobilisation du peuple tunisien et en particulier de sa jeunesse, le peuple égyptien et sa jeunesse sont partis à l’assaut du régime de Moubarak et crient leur refus de la dictature, du népotisme, de la corruption et de la mal-vie.

Ce mercredi 26 janvier 2011, a été lancé un comité de solidarité avec la lutte du peuple égyptien, avec comme objectif de rassembler dans l'urgence toutes les voix solidaires pour dire :

A BAS LA DICTATURE DE MOUBARAK

HALTE A LA REPRESSION, A LA TORTURE, AUX EMPRISONNEMENTS 

HALTE A L’ETAT D’URGENCE ET A LA CENSURE

VIVE LA LUTTE DU PEUPLE EGYPTIEN CONTRE LA DICTATURE
 
Comité de Solidarité avec la Lutte du Peuple Egyptien

Premiers signataires : Citoyens Egyptiens de France ; Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives FTCR, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l' Homme en Tunisie CRLDHT, Association des Travailleurs Maghrébins en France ATMF; CCIPPP (Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien) ;  Parti Communiste Français PCF ; Europe-Ecologie les Verts EELV; Nouveau Parti Anticapitaliste NPA ; Parti de Gauche ; Confédération Nationale du Travail CNT; ATTAC ; Mouvement contre le racisme et pour l’Amitié entre les peuples MRAP ; Ligue des Droits de l’Homme LDH, CEDETIM ; L’Etoile Nord Africaine Anticapitaliste ; Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie PCOT ; Association des Tunisiens en France ATF Paris ; Solidarité Tunisienne ; Voix Libre Tunisienne ; Parti Démocratique Progressiste Tunisie PDP ; Manifeste des Libertés ; Le Mouvement pour une Citoyenneté Active MCA ; l'Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie; Les Amis de l'AMDH Paris ; Commission  arabe des droits de l’Homme ; Coalition  Internationale contre les  Criminels de Guerre (ICAWC) ; Centre de Damas d’Études Théoriques et des Droits Civiques ; Bahreïn Society for Human Rights ; Observatoire français des Droits de l’Homme ; Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme dans le Monde Arabe (PADDH) ; Organisation Nationale des Droits de l’Homme en Syrie ; Voix libre pour la défense des Droits de l’homme ; Rencontre Culturel Euro-arabe ; Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc ; Observatoire Syrien des Droits de l’Homme ; Association de l’Amitié Euro-arabe ; Arab Network for Human Rights Information ; Addameer pour les Droits de l’Homme – Gaza ;  Comités de Défense des Libertés Démocratiques & des Droits de l’Homme  en Syrie ; Collectif des Familles de Disparus en Algérie; Regard Citoyen, Manifeste des libertés, Rencontre des citoyens - Solidaires (Syndicat)…
 
Cette liste est ouverte à vos signatures : associations, organisations, signez aussi en envoyant votre nom et qualité à cette adresse mail :

POUR TOUT CONTACT : Email : solidaritepeuplegyptien@yahoo.fr


 




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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 21:11

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110125/twl-liban-crise-bd5ae06.html

Le Hezbollah enfonce le coin entre Liban et Occident (Reuters)

L'équilibre du pouvoir au Liban s'est sensiblement déplacé mardi vers la Syrie et l'Iran avec la nomination comme Premier ministre d'un homme poussé par le Hezbollah, le puissant mouvement chiite qui a fait chuter le 12 janvier la coalition pro-occidentale à la tête du pays depuis six ans.

Si l'ancien Premier ministre Nadjib Mikati, 55 ans, chargé par le président Michel Souleïmane de former le nouveau cabinet, a tendu la main à tous les groupes politiques, son prédécesseur Saad Hariri, un proche de Ryad, a exclu de participer à une équipe soumise via le Hezbollah à l'influence iranienne.

La crise a éclaté lorsque les ministres du Hezbollah et de formations alliées ont démissionné, à cinq jours du dépôt devant le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) d'un acte d'accusation qui mettrait en cause le mouvement chiite dans l'assassinat en février 2005 de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri, père de Saad.

Depuis, le ralliement du leader druze Walid Djoumblatt et de plusieurs de ses députés au sunnite Mikati a privé Hariri de sa majorité. Les partisans de ce dernier ont organisé mardi une "journée de colère" à Tripoli, la ville d'origine de ce milliardaire lié à la Syrie.

Par son biais, celle-ci revient donc un peu plus dans le jeu libanais après en avoir été chassée militairement et presque politiquement sous les pressions des Etats-Unis, de l'Arabie et de la France à la faveur de la vague d'indignation provoquée par le meurtre de Rafic Hariri, dont Damas était alors soupçonné.

"MIKATI RISQUE UN SUICIDE POLITIQUE"

Près de six ans plus tard, la Syrie et l'Iran, via leurs alliés locaux libanais, semblent avoir repris l'avantage à Beyrouth sur leurs adversaires pro-occidentaux, et ce, le plus légalement qu'il soit puisque Mikati disposera d'une majorité au parlement de 68 sièges sur 128.

Mais, au Liban, l'arithmétique parlementaire compte parfois moins que le consensus au sein de la mosaïque religieuse du pays, dont le Pacte national prévoit que le chef de l'Etat soit chrétien maronite, le Premier ministre sunnite et le président de la Chambre des députés chiite.

"Si la communauté sunnite n'accepte pas Mikati, on aura un problème", juge Hilal Khachane, professeur de science politique à l'université américaine de Beyrouth (AUB), car l'esprit du Pacte serait violé. Pour lui, Mikati risque un "suicide politique" s'il défie Hariri, chef de la communauté sunnite.

Hassan Nasrallah, le leader du Hezbollah, a donc invité mardi Mikati à former un "gouvernement de partenariat national", mais Hariri a exclu d'y participer et ses partisans évoquent une tentative de coup d'Etat pour placer le gouvernement sous tutelle de l'Iran.

Le Premier ministre sortant a toutefois lancé un appel au calme à ses partisans. "L'appel que je vous lance est un appel national. Vous êtes en colère, mais responsables. Je comprends vos sentiments. Cette colère ne doit pas nous conduire à ce qui contredit nos valeurs", a-t-il dit.

"MAUVAISES CARTES AUX MAUVAIS MOMENTS"

Appelant "toutes les parties à la retenue" et à éviter "tout recours à la violence", la France a estimé "indispensable" que le processus de formation du gouvernement "reflète le choix indépendant et souverain des Libanais, à l'abri de toute ingérence et par le dialogue".

Alors que la priorité du Hezbollah est visiblement de miner le Tribunal spécial, le Quai d'Orsay a appelé "le futur gouvernement à respecter les engagements internationaux pris par le Liban, notamment s'agissant du Tribunal spécial pour le Liban".

Les Etats-Unis, qui soutiennent aussi le TSL, ont fait savoir qu'un accroissement du rôle du Hezbollah, qu'ils classent en tant que groupe terroriste, affecterait les relations bilatérales.

Karim Makdisi, professeur de relations internationales à l'AUB, voit mal, néanmoins, comme Washington pourra influer décisivement sur le cours des événements à Beyrouth.

"Ce n'est pas tant que le Hezbollah, l'opposition ou la Syrie aient accompli quelque chose d'ingénieux au niveau stratégique pour prendre la main", souligne-t-il. A ses yeux c'est plus le camp de Hariri et ses alliés occidentaux, "notamment les Etats-Unis, et l'Arabie saoudite dans une moindre mesure", qui ont "marqué contre leur camp".

"Ils ont toujours semblé jouer les mauvaises cartes aux mauvais moments."




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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 21:05

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/algerie.htm

Algerie : Communiqué : Pour une Coordination Nationale pour le Changement et la Démocratie.

Suite aux émeutes qui ont secoué l’ensemble de l’Algérie et qui continuent à se manifester à travers d’innombrables foyers de tension,

Face aux attitudes répressives et méprisantes du régime en place contre la société algérienne,

Conscients de la gravité de la crise et des dangers qui guettent le pays,

Nous, organisations des Droits de l’Homme, syndicats autonomes, associations estudiantines et de jeunes, comités de quartiers et collectifs citoyens, association de disparus, associations défense de la femme, figures intellectuelles et partis politiques :

Nous inclinons devant la mémoire des victimes et blessés des révoltes populaires et exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des personnes arrêtées pour des raisons de manifestations ou de délits d’opinion,

Annonçons la création d’une Coordination Nationale de Concertation pour le Changement Démocratique,

Décidons de l’organisation d’une Marche Nationale pour exiger la levée de l’état d’urgence sévissant depuis dix neuf ans et qui immobilise le pays et brime toutes les libertés et

Exprimons notre totale solidarité avec le peuple Tunisien dans sa lutte contre le totalitarisme et l’instauration d’un Etat démocratique.

Convaincus de l’urgence d’actions collectives engagées, notre démarche est ouverte à toutes les forces et à tous les acteurs de la société afin d’éviter à l’Algérie le chaos et la basculer sérieusement et définitivement dans une perspective de changement démocratique.

Premiers signataires :

 

Ali Yahia Yahia Abdenour, Fodil Boumala, Ligue Algérienne de Défense des Droits de l'Homme (LADDH), SNAPAP, Coordination des sections CNES, CLA, SATEF, SOS Disparus, RAJ, Syndicat des Etudiants de l’Université de Tizi Ouzou (UMMTO), Comité de chômeurs du Sud, Collectif Algérie Pacifique, Comité de quartier de Bab El Oued, Association Tharwa-Fatma N’Soumer, Comité de l’Institut des Sciences économiques (UMMTO), Association AFAK, Association estudiantine Nedjma (Université de Bouzaréah), FFS, MDS, RCD, PLJ


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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 20:57

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/editoriaux.htm#jere2601

La victoire, par Charles Jérémie

L’événement est considérable, de portée mondiale.

Certes, Tunis n’est pas devenue la nouvelle Jérusalem du mouvement révolutionnaire. Les processus qui s’y sont développés ont leur absolue spécificité ; ici plus qu’ailleurs les traits nationaux, l’histoire politique des vingt-trois dernières années, le niveau culturel associé à la paupérisation et à la dictature policière, composaient un cocktail explosif presque exceptionnel. Il n’empêche, c’est la première fois depuis 1974 (la révolution Portugaise) que la Révolution explose dans toute sa grandeur, son courage, sa puissance, presque sa beauté. Révolution ! Le mot et la chose. Qu’importent les événements du quotidien ; ce sont des péripéties.  La lutte a été trop puissante, trop sanglante pour être à court terme battue en brèche. Ni aujourd’hui, ni demain. Une révolution ce n’est pas l’addition de victoires revendicatives. C’est un bloc. Un bloc en mouvement. Un colosse qui chaque jour découvre, un peu plus, la puissance de sa force. Je me permets de dire avec fraternité aux camarades : ne vous inquiétez pas, laissez pour l’heure toutes les thèses, les notes, les extraits de presse. Essayons de distinguer les lignes forces. Réfléchissons à la place que cette révolution aura -ou non- dans le Maghreb peut-être en Egypte sans oublier un fait politique majeur. Des centaines de milliers de jeunes d’origine tunisienne, marocaine, algérienne ont suivi dans nos banlieues ces événements grandioses. Ils ont vu d’autres jeunes en Tunisie, tomber sous les balles et finalement l’emporter ! Cela va nourrir évidemment, non pas la lutte des classes en général mais la mobilisation de la jeunesse, en particulier dans les banlieues et pas seulement.

La révolution a vaincu contre Ben Ali, Sarkozy, la commission européenne, le PS, etc. et même contre Louisa Hanoun et Daniel Gluckstein… misérables supplétifs !

Et la révolution ne fait que commencer. Le gouvernement implose, les salariés chassent les PDG des entreprises, nommés par Ben Ali. La paysannerie pauvre, laissée pour compte, commence à se mobiliser. La révolution est un diamant. Bien sûr que des problèmes plus compliqués interviendront, des obstacles se dresseront, mais pardon, la victoire de cette révolution me remplit de joie, d’énergie. C’est possible ! Ils l’ont fait. Depuis des décennies nous nous échinons à expliquer ce qui, dans tel pays, tel combat a « manqué » pour vaincre. A Tunis rien de tel. Ils ont payé le prix fort, mais ils ont gagné.

Contagion ou pas contagion ? Nul ne le sait. Nous avons une certitude : la victoire des combattants tunisiens conforte dans le monde entier les exploités. Mais pas seulement. Et dans nos banlieues, et dans la jeunesse.

L’absence d’organisations, l’utilisation massive des nouvelles technologies (Internet, Twitter, SMS, etc.) a fourni un outil à l’auto-organisation des combattants tunisiens. On ne peut pas exclure que ces leçons soient tirées en France en même temps qu’elles doivent probablement faire leur chemin à Alger et au Caire. Tous les groupes de Paris et d’ailleurs vont faire des thèses sur la révolution tunisienne. C’est classique. Pour l’heure, je préfère profiter du plaisir né d’une victoire magnifique.



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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:33

 

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4925

Devant le nouveau gouvernement du monde : s’indigner et résister

20 janvier 2011 par Prof. Chems Eddine Chitour   1

« On a toujours raison de se révolter. » Jean-Paul Sartre

Un ouvrage remarquable de l’économiste Georges Corm, ancien ministre libanais de économie, nous donne l’opportunité de le présenter et ce faisant, revenir sur cette mondialisation que l’on nous présente comme inéluctable et sur la financiarisation de l’économie. Nous allons examiner comment l’Occident veut, à travers le libéralisme sauvage, imposer une vision du monde qui fragilise les sociétés et les laisse en proie à l’errance.(1)

Fethi Gherbi explique les fondements du néolibéralisme, écoutons-le : « Après le démantèlement de l’empire soviétique, le dernier des empires européens, il s’attelle fiévreusement à mettre la main sur le reste du globe, à imposer sa globalisation. (...) L’État Providence est mort de sa belle mort. Tous les acquis que les travailleurs ont arrachés aux démocraties libérales grâce à leur lutte et à la pression qu’exerçait le camp socialiste sur le « monde libre », se réduisent comme une peau de chagrin. (...) Empires disloqués, nations éclatées, voilà l’orientation que le néolibéralisme veut imposer au sens de l’histoire. Le capital a horreur des frontières comme il a horreur des solidarités. »(2)


Néolibéralisme

« Le mouvement, rendu possible explique Pierre Bourdieu par la politique de déréglementation financière, vise à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manoeuvre ne cesse de décroître. (...) Ainsi s’instaurent le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition. Pour lui, le libéralisme est à voir comme un programme de « destruction des structures collectives ». Le néolibéralisme vise à la ruine des instances collectives construites de longue date par exemple, les syndicats, les formes politiques, mais aussi et surtout la culture en ce qu’elle a de plus structurant et de ce que nous pensions être pérennes. »(3)

Pour sa part, Dany-Robert Dufour tente de montrer que, bien loin d’être sortis de la religion, nous sommes tombés sous l’emprise d’une nouvelle religion conquérante, le Marché ou le money-théïsme. Il tente de rendre explicites les dix commandements implicites de cette nouvelle religion, beaucoup moins interdictrice qu’incitatrice - ce qui produit de puissants effets de désymbolisation, comme l’atteste le troisième commandement : « Ne pensez pas, dépensez ! ». « Destructeur de l’être-ensemble et de l’être-soi, écrit Dany Robert Dufour, il nous conduit à vivre dans une Cité perverse. Egotisme, contestation de toute loi, acceptation du darwinisme social, instrumentalisation de l’autre : notre monde est devenu sadien. »(4)

Une autre conséquence de cette mondialisation débridée est la financiarisation de l’économie, en clair, la spéculation est à l’honneur, elle est de loin préférée à l’économie réelle, celle issue du travail. Une fine observatrice des mutations et de la mondialisation, Susan Georges, interviewée par Rue 89 à propos de cette débâcle, déclare : « (...) En 2009, Le monde était alors à un cheveu de la catastrophe. Le G20 a parlé des paradis fiscaux, de l’emprise des marchés financiers, de l’emploi, de l’environnement, etc. Et puis une fois que les banques ont été sauvées, tout cela a complètement disparu. Le G20 et le G8 bricolent des solutions pour sauver les banques une deuxième fois. Et puis rien. Pourquoi cette résignation ? Les gens pensent peut-être que leurs dirigeants sont en train de sauver la Grèce ou l’Espagne. C’est complètement faux, ils sont en train de sauver les banques qui ont acheté de la dette grecque ou de la dette espagnole... Il ne s’agit pas de faire quoi que ce soit pour les peuples. Non seulement on sauve les banques une seconde fois, mais qui le fait ? Ce sont les peuples, par l’amputation de leur retraite, la baisse de leur salaire, la mise à pied de fonctionnaires. »(5)

Interrogée sur le changement elle déclare : « Apprendre. Il faut commencer par apprendre. Aujourd’hui, la politique est devenue bien plus compliquée. (..) Quand on disait « Arrêtez l’apartheid », on n’avait pas besoin d’un long discours. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Si on ne sait pas comment ça se passe, ce qui est voté, à quel moment, on ne peut agir. Donc il faut apprendre, aider d’autres à apprendre, organiser, faire des alliances. Et communiquer. Nous travaillons sur une autre approche : « Pour changer la banque, changez de banque. » (...)Pour un pouvoir politique, la première décision à prendre est de prendre le contrôle des marchés financiers, des banques. Ça crève les yeux. Ils font la pluie et le beau temps : il faut les mettre sous tutelle. Le G20 est illégitime. Il ne représente que les grands joueurs du système. Où est le G172 ? »(5)

Cette financiarisation fait des heureux : Les traders. On apprend que le montant moyen des cent premiers bonus atteint 1,65 million d’euros. Les bonus versés par les banques françaises se sont élevés à près de trois milliards d’euros en 2010, huit mille deux cent « professionnels des marchés » se sont vu attribuer 2 milliards d’euros. Des montants qui étonnent. Lesquels font le parallèle avec les rémunérations moyennes et médianes des dirigeants du Cac 40, proches de 2,5 millions d’euros.
L’industrie publicitaire

Nous retrouvons la même « indignation » que celle de Susan Georges chez Stéphane Hessel, auteur du minilivre et best-seller titré « Indignez-vous ! », qui évoque la gauche, un vingt et unième siècle qui a mal débuté, et l’indispensable indignation. « Il y a toujours eu des raisons de s’indigner, mais ce besoin est plus fort aujourd’hui. La première décennie du vingt et unième siècle a mal tourné. La dernière décennie du vingtième siècle, elle, avait été une période faste, entre la chute du mur de Berlin et la mise en place par les Nations unies des Objectifs du millénaire pour le développement. Il y a eu des grandes conférences : Rio sur l’environnement, Pékin sur les femmes, Vienne sur les droits de l’homme et le droit au développement, Copenhague sur l’intégration sociale...Ces conférences disaient : il y a des choses à faire ! Et puis, en 2001, après la chute des tours, on a vécu le rejet de ces initiatives. Ce fut la guerre en Afghanistan, la guerre en Irak. Aux Etats-Unis, c’est la décennie de George Bush. Tout cela justifie que quand l’on reçoit en pleine figure un petit livre de vingt cinq pages qui dit : « Faut s’indigner, faut résister, y en a marre ! », cela a cet étonnant effet. Il y a une nuance importante. Le « révoltez-vous » de Sartre rappelle la Révolution d’Octobre, peut-être aussi Mai 68, des moments forts, importants, mais qui n’ont pas donné lieu à un vrai changement en termes de justice et de démocratie. La dignité est un terme intéressant. Il figure dans l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme [dont Hessel était l’un des rédacteurs, Ndlr] : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » La dignité, plus que la révolte, est quelque chose qui marque l’individu humain. Le citoyen est fier de sa dignité d’homme et quand elle lui semble attaquée, il est normal qu’il s’indigne. (...) Il y a énormément de choses à faire, et elles sont à portée de main de chacun. Il faut, par exemple, lutter contre une économie entièrement dominée par le profit, et on peut le faire en s’engageant par exemple dans l’économie sociale et solidaire. (...) Il faut écouter les gens, savoir ce qui les indigne, comprendre sur quoi on peut travailler avec eux, et non pas leur dire, comme le font les idéologues : voilà ce que tu dois faire. »(6)

Justement, l’ouvrage de Georges Corm fait le procès de la mondialisation comme étant le fossoyeur des solidarités qui rentraient dans les prérogatives de l’Etat-Nation. Pour Bernard Gensane, l’ouvrage de Georges Corm est très utile de par sa remarquable dénonciation d’un néolibéralisme qui a réussi à faire dépérir l’État et ses fonctions de protection de la société. Bien au contraire. « La crise a été presque exclusivement traitée comme un problème de techniques et de pratiques bancaires et financières à réformer ou mieux contrôler. » « Éclipsant totalement le personnel politique qui leur a donné les clés d’un pouvoir non démocratique, les gouverneurs de banque centrale sont devenus des personnages « hors du commun ». (...) Le capitalisme financier est un monde sans foi ni loi, sans perspectives (hormis le profit à court terme), sans démarche programmatique. L’absence de contre-pouvoir politique à sa folle marche en avant, produit régulièrement des catastrophes (..) Dans le monde du capitalisme financier, « les questions essentielles ne sont plus débattues ». La gestion de la réduction des émissions de gaz à effet de serre a été confiée à ceux qui polluent. Plus aucun responsable n’est inquiété. Madoff est condamné pour la galerie, mais pas Goldman-Sachs ni Alan Greenspan, responsable institutionnel de la spéculation boursière. Dans cette jungle, disparaissent le sens du bien public, le respect de l’État (« L’État n’est pas la solution, c’est le problème », disait Reagan). Son rôle même de producteur de richesses (éducation, formation professionnelle, santé, infrastructures, salaires des fonctionnaires dépensés en achat de biens produits par le secteur privé) n’est plus reconnu. Ce recul de l’État a favorisé, jusque dans les pays de tradition jacobine, une fragmentation de la société sous l’effet du multi culturalisme à l’anglo-saxonne. Celui-ci tend, rappelle l’auteur, « à transformer les villes en ghettos urbains ethniques ou religieux et à réorganiser les quartiers suivant les niveaux de fortune ». Par ailleurs, le recul de l’État a permis un véritable inceste entre le monde des affaires et celui de la politique (Berlusconi, Hariri, Dick Cheney, les oligarches russes). »(7)

Dans une interview réalisée par Pascal Boniface, Gorges Corm explicite le fil conducteur de son ouvrage. Écoutons-le : « Le nouveau mode de fonctionnement du monde est constitué d’un pouvoir qui est mondialisé au sens où si l’on ne se plie pas à ses règles on est ostracisé ou combattu avec virulence et d’une économie qui est globalisée, c’est-à-dire ouverte à tous vents. Dans ce contexte, peut s’exercer ce que l’on appelle la dictature des marchés, c’est-à-dire celle des grands spéculateurs financiers, celle des agences de notation et des principaux médias économiques. (...) Il y a une formidable concentration de pouvoir politique, financier et économique, mais aussi médiatique, aux mains de quelques dirigeants politiques ou économiques et directeurs d’agences de financement et de fonds de placements et de banques. (...) L’ « industrie publicitaire » est le bras armé de ce système qui nous emprisonne. Il coûte quatre cent milliards de dollars par an qui sont payés par les victimes du système, c’est-à-dire les consommateurs. Vous imaginez ce qui pourrait être accompli avec cette somme dans le domaine des protections sociales qui se réduisent partout comme une peau de chagrin sous l’effet de l’idéologie néolibérale. (...) »(8)

L’un des arguments répété ad nauseam est la sécurité. Georges Corm écrit :

« Rien n’a été plus propice au démantèlement de l’Etat de droit et de « providence » sociale que la grande peur suscitée par les questions sécuritaires dans un contexte idéologique largement préparé par l’idéologie du choc des civilisations, popularisée par le livre de Samuel Huntington qui ne fait que reprendre des thèmes éculés sur les risques de « déclin de l’Occident » face à l’Orient. Au thème de la subversion communiste a succédé celui du danger de « l’islamo-fascisme » dont George Bush fils avait fait son leitmotiv quasi quotidien. (...) Du côté de l’Orient musulman, la montée du fondamentalisme résulte de plusieurs facteurs, dont l’instrumentalisation des trois monothéismes au cours de la Guerre froide pour lutter contre l’extension du communisme, mais aussi la perpétuation de l’hégémonie américaine et les occupations militaires qu’elle a entreprises en Irak et en Afghanistan, sans parler
du comportement israélien dans les territoires palestiniens occupés et l’appui que reçoit Israël des États-Unis et des gouvernements européens. »(8)

Totalitarisme

« Il en a assez, Georges Corm ! écrit Robert Solé. Assez d’entendre parler des exigences de la mondialisation. (...) Dans ce système, il ne voit que des sociétés déstructurées, des familles éclatées par des mouvements migratoires, des crispations identitaires mortifères, des Etats progressivement dépossédés de leurs compétences...On a jeté aux orties, selon lui, toutes les bases de l’éthique héritées de la Renaissance et des Lumières. Un totalitarisme de la pensée a été remplacé par un autre, écrit Georges Corm. Le système ne peut être critiqué qu’à la marge. Faire la révolution ? L’économiste libanais a passé l’âge des barricades. Il prône une « dé-mondialisation progressive » qui permettrait de « défaire les mécanismes les plus nocifs », mettre un terme aux absurdités économiques et sociales du système actuel et y « ramener de la raison et de l’éthique ». Ses espoirs se tournent pourtant du côté des Etats-Unis : parmi les facteurs possibles de changement, il parie sur « un déclin continu de la puissance économique américaine ». On ne sait si c’est d’abord une prédiction ou un souhait. »(9)

D’où viendrait le salut ? Corm analyse « les forces du changement ». Au premier rang desquelles il situe le Forum social mondial, héritier des utopies planétaires de société universelle, juste et équitable. (...) En conclusion, Corm estime que l’on ne saurait faire l’impasse, malgré ses limites, sur l’État-Nation qui « exprime le désir d’une collectivité humaine d’être maîtresse de son destin par des mécanismes de représentation de ses membres et le contrôle des actes de ses dirigeants élus afin d’assurer la conformité et l’intérêt de la collectivité et de tous ses membres ».(7)

Il rejoint ce faisant, les écrits prophétiques de Bourdieu que nous avons cités plus haut. Il nous faut nous indigner car la mondialisation n’est, en définitive, pas autre chose que la dissolution des souverainetés-notamment les plus fragiles-par la marchéisation de tout, alors démondialiser selon le mot de Corm c’est repolitiser. L’Etat retrouvera alors sa légitimité.

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique d'Alger

 

 

 

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:13

 

Tunisie : Front du 14 janvier

Ce 20 Janvier 2011, plusieurs organisations de la gauche radicale en Tunisie, notamment le PCOT(Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie) et le PTPD (Parti du Travail Patriotique et Démocratique), se sont constitués en Front. Ce front porte le nom de « Front du 14 Janvier » en référence à la date de la fuite de Ben Ali, le président déchu.

Front du 14 janvier

Il se donne pour but notamment d'organiser la résistance au gouvernement de transition actuel auquel participe toujours les caciques du RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique), le parti de Ben Ali, et de construire une alternative populaire issue des comités de vigilance créés dans plusieurs quartiers de Tunisie pour se défendre de la terreur semée par les appareils du RCD et de la police présidentielle. L'appel s'adresse à toutes les forces de progrès politiques, syndicales et associatives pour accomplir les objectifs voulus par la révolution populaire tunisienne.

Voici la traduction du texte fondateur :

Affirmant notre engagement dans la révolution de notre peuple qui a combattu pour son droit à la liberté et à la dignité nationale et a fait de grands sacrifices dont des dizaines de martyrs et des milliers de blessés et de détenus, et afin d'achever la victoire contre les ennemis intérieurs et extérieurs et de s'opposer aux tentatives avortées pour écraser ces sacrifices, s'est constitué « le Front du 14 Janvier » comme un cadre politique qui s'emploiera à faire avancer la révolution de notre peuple vers la réalisation de ses objectifs et de s'opposer aux forces de la contre-révolution. Ce cadre comprend les partis, les forces et organisations nationales progressistes et démocratiques.

Les tâches urgentes de ce Front sont:

Faire tomber le gouvernement actuel de Ghannouchi ou tout gouvernement qui comprendrait des symboles de l'ancien régime, qui a appliqué une politique antinationale et antipopulaire et a servi les intérêts du président déchu.

La dissolution du RCD et la confiscation de son siège, de ses biens, avoirs et fonds financiers étant donné qu'ils appartiennent au peuple.

La formation d'un gouvernement intérimaire qui jouisse de la confiance du peuple et des forces progressistes militantes politiques, associatives, syndicales et de la jeunesse.

La dissolution de la Chambre des Représentants et du Sénat, de tous les organes fictifs actuels et du Conseil supérieur de la magistrature et le démantèlement de la structure politique de l'ancien régime et la préparation des élections à une assemblée constituante dans un délai maximum d'un an afin de formuler une nouvelle constitution démocratique et fonder un nouveau système juridique pour encadrer la vie publique qui garantit les droits politiques, économiques et culturels du peuple.

Dissolution de la police politique et l'adoption d'une nouvelle politique de sécurité fondée sur le respect des droits de l'homme et la supériorité de la loi.

Le jugement de tous ceux qui sont coupables de vol des deniers du peuple, de ceux qui ont commis des crimes à son encontre comme la répression, l'emprisonnement, la torture et l'humiliation – de la prise de décision à l'exécution – et enfin de tous ceux qui sont convaincus de corruption et de détournement de biens publics.

L'expropriation de l'ancienne famille régnante et de leurs proches et associés et de tous les fonctionnaires qui ont utilisé leur position pour s'enrichir aux dépens du peuple.

La création d'emplois pour les chômeurs et des mesures urgentes pour accorder une indemnisation de chômage, une plus grande couverture sociale et l'amélioration du pouvoir d'achat pour les salariés.

La construction d'une économie nationale au service du peuple où les secteurs vitaux et stratégiques sont sous la supervision de l'État et la re-nationalisation des institutions qui ont été privatisées et la formulation d'une politique économique et sociale qui rompt avec l'approche libérale capitaliste.

La garantie des libertés publiques et individuelles, en particulier la liberté de manifester et de s'organiser, la liberté d'expression, de la presse, de l'information et de pensée ; la libération des détenus et la promulgation d'une loi d'amnistie.

Le Front salue le soutien des masses populaires et des forces progressistes dans le monde arabe et dans le monde entier à la révolution en Tunisie, et les invite à poursuivre leur appui par tous les moyens possibles.

La résistance à la normalisation avec l'entité sioniste et sa pénalisation et le soutien aux mouvements de libération nationale dans le monde arabe et dans le monde entier.

Le Front appelle toutes les masses populaires et les forces nationalistes et progressistes à poursuivre la mobilisation et la lutte sous toutes les formes de protestation légitime, en particulier dans la rue jusqu'à l'obtention des objectifs proposés.

Le Front salue tous les comités, les associations et les formes d'auto-organisation populaire et les invite à élargir leur cercle d'intervention à tout ce qui concerne la conduite des affaires publiques et les divers aspects de la vie quotidienne.

Gloire aux martyrs de l'Intifada et Victoire aux masses révolutionnaires de notre peuple.   

Tunisie, le 20 Janvier 2011

Ligue de la gauche travailliste, Mouvement des Unionistes Nassériens, Mouvement des Nationalistes Démocrates (Al-Watad), Courant Baasiste, Gauche Indépendante, PCOT (Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie), PTPD (Parti du Travail Patriotique et Démocratique)




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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 20:06

 

http://www.fr.news.yahoo.com/3/20110125/twl-egypte-manifestations-1be00ca.html

Importantes manifestations en Egypte contre le régime Moubarak (Associated Press)

La révolte populaire en Tunisie a inspiré les manifestants égyptiens, qui sont descendus dans la rue par milliers mardi, notamment au Caire, pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak au pouvoir depuis près de trente ans. Des échauffourées se sont produites dans la capitale entre protestataires et policiers, déployés en grand nombre.

Les manifestations, les plus importantes depuis des années en Egypte, se déroulaient dans le cadre d'une "journée de la révolution contre la torture, la pauvreté, la corruption et le chômage".

"Moubarak dégage", pouvait-on notamment lire -en français, comme en hommage à la Tunisie- sur des pancartes, tandis que les manifestants scandaient des slogans hostiles au président égyptien, au pouvoir depuis 1981. "Dehors!", hurlaient-ils notamment, en référence à la révolte qui a provoqué le départ le 14 janvier du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali.

La manifestation au Caire a débuté dans le calme, les forces de l'ordre faisant preuve dans un premier temps d'une réserve inhabituelle. Mais la situation s'est tendue au fur et à mesure que la foule affluait sur la place Tahrir, dans le centre de la capitale, agitant des drapeaux égyptiens et tunisiens.

Des manifestants ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont répliqué par des jets de grenades lacrymogènes, au canon à eau et en chargeant à coups de bâtons pour tenter de disperser la foule. Les policiers ont frappé plusieurs personnes, dont une journaliste, brisant ses lunettes et confisquant sa caméra.

Comme en Tunisie, de nombreux jeunes ont manifesté pour la première fois. "C'est une première pour moi, mais nous avons été une nation de lâches. Cette fois, il faut qu'on dise non", a lancé Ismail Syed, 24 ans, qui travaille dans un hôtel pour un salaire mensuel ne dépassant pas l'équivalent de 36 euros.

Eid Attalah, un chauffeur de 50 ans, veut lui que son enfant de trois ans "grandisse dans la dignité et puisse trouver un travail, tout comme le président". Il s'est dit surpris par l'ampleur de la mobilisation.

"Nous en avons assez. Trop c'est trop", a de son côté souligné Saïd Abdelfatah, un fonctionnaire de 38 ans. "La révolution tunisienne m'a inspiré, mais je n'avais jamais pensé qu'on trouverait autant de monde prêt à faire la même chose ici", a-t-il ajouté. Des milliers de manifestants ont également défilé à Alexandrie, dans le nord du pays.

Des mères accompagnées de leur bébés figuraient parmi les manifestants, scandant "Révolution jusqu'à la victoire!. "On veut du changement, comme en Tunisie", expliquait Lamia Rayan, 24 ans.

L'appel à manifester a largement été relayé par les réseaux sociaux, avec au moins quatre vingt dix mille personnes annonçant sur Facebook leur intention d'y participer. Outre les Frères musulmans et les partis d'opposition Wafd et Al-Ghad, des organisations syndicales, étudiantes, de fonctionnaires et de jeunesse avaient annoncé leur participation.

Près de la moitié des quatre vingt millions d'Egyptiens vivent sous le seul de pauvreté de l'ONU, avec moins de deux dollars par jour (1,46 euro). La semaine dernière, plusieurs personnes se sont immolées par le feu en Egypte, comme le fit le jeune Tunisien Mohamed Bouazizi, dont le geste de désespoir déclencha la révolte.

Le rapport annuel du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) soulignait en juin dernier que les jeunes, représentant un quart de la population égyptienne, pourraient être une "formidable force de développement" si la société les "mettait en valeur" et leur offrait de vraies chances.

Mais, déplore le PNUD, la corruption des autorités, le népotisme, la fraude électorale, l'état d'urgence qui se prolonge depuis des décennies et la répression dissuade les jeunes, victimes d'une "culture de la peur", de s'engager en politique et dans la société.


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