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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 20:05

 

http://www.slateafrique.com/591/gbagbo-kadhafi-idoles-chute

 

Que sont mes idoles devenues ?

 

Journaliste et écrivain ivoirien, Venance Konan avait deux idoles au début des années quatre vingt : Mouammar Kadhafi et Laurent Gbagbo. Chronique d’un désenchantement inéluctable.

En 1982, j’étais étudiant à l’université d’Abidjan. Au mois de février, nous organisâmes une grève qui toucha tous les lycées et collèges du pays, car le pouvoir avait empêché un certain Laurent Gbagbo de prononcer une conférence sur le thème «démocratie en parti unique».

Ggagbo, féroce défenseur de la démocratie

 

Laurent Gbagbo était à cette époque notre idole. Il était celui qui s’opposait au parti unique d’Houphouët Boigny [le premier président de la Côte d'Ivoire, au pouvoir de 1960 à 1993, ndlr] qui régentait notre pays depuis plus de vingt ans, et la «démocratie» que l’on y pratiquait était loin de ce que l’université nous enseignait.

 

Laurent Gbagbo était un jeune chercheur en histoire et il nous expliquait à travers ses conférences que notre pays était dirigé par une dictature prédatrice et qu’il pourrait mieux se porter s’il s’ouvrait à la vraie démocratie et au socialisme. La France venait d’élire François Mitterrand et nous rêvions d’une autre politique africaine de la part de ce pays, une politique qui nous aiderait à nous débarrasser de nos dictateurs.

 

La police d’Houphouët-Boigny arrêta certains d’entre nous qu’elle déversa au camp militaire d’Akouédo tout proche. Combien étions-nous? Une centaine, si mes souvenirs sont encore exacts. On nous avait encerclés devant le rectorat et on nous avait embarqués dans des camions.

 

Nous restâmes deux jours à Akouédo, sans manger, dormant à la belle étoile. Nous entendions le commandant de ce camp qui pestait contre ces politiciens qui lui avaient envoyé ces étudiants sans prévoir de quoi les nourrir et les héberger. Au bout du second jour, nous fûmes à nouveau embarqués dans des camions qui nous déposèrent en ville. Nous étions libres de rentrer chez nous.

Khadafi, modèle révolutionnaire

 

Les jours qui suivirent, nous rédigeâmes des tracts, pour appeler la population à mettre fin au régime dictatorial d’Houphouët-Boigny, à faire la révolution. Notre modèle révolutionnaire était Mouammar Kadhafi, chef de l’Etat libyen. Il défiait l’impérialisme international des Occidentaux, qui était dans notre esprit la cause de tous nos malheurs et surtout de notre sous-développement.

 

Nous citions Kadhafi dans nos tracts. «Ah, si l’Afrique avait trois, quatre, cinq Kadhafi, nous serions libérés», disions-nous. Houphouët-Boigny nous accusa d’être manipulés par le bouillant colonel libyen, qui était alors la bête noire de tous les régimes que nous qualifiions de «corrompus» et de «suppôts du néocolonialisme». Laurent Gbagbo, qu’Houphouët-Boigny accusait d’être l’agent de Kadhafi, fuit le pays pour se réfugier en France.

 

A cette époque, Kadhafi et Gbagbo nous faisaient rêver. L’un était au pouvoir depuis 1969, l’autre cherchait à s'y hisser. Kadhafi se battait contre l’impérialisme, et surtout aidait tous les révolutionnaires du continent à renverser l’ordre des choses dans leurs pays.

 

Il combattit le pouvoir tchadien soutenu par la France, et devint l’allié de Thomas Sankara lorsque ce dernier prit le pouvoir dans ce qui s’appelait la Haute Volta (qu’il rebaptisa Burkina Faso). Sankara devint un autre de nos héros. Les plus courageux des jeunes Africains de cette époque filèrent en Libye pour s’engager dans la Légion islamique de Kadhafi.

 

Pour ma part, je pris la bourse que m’offrit le gouvernement d’Houphouët-Boigny et allai terminer mes études de droit à Nice, en France, tout en maudissant Ronald Reagan qui avait bombardé des villes libyennes, tuant la fille adoptive de Kadhafi.

Avec le temps, les doutes

 

Les années ont passé et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Kadhafi a été accusé d’avoir fomenté les attentats contre les avions de la Pan Am et d’UTA, tuant des centaines de personnes au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie et dans le désert du Ténéré.

 

Mais il était resté celui qui soutenait toutes les révolutions du monde, de l’IRA irlandaise à l’ANC sud-africaine, en passant par le NPFL (Front national patriotique du Liberia) de Charles Taylor et le RUF (Revolutionary United Front) de Foday Sankoh de la Sierra Leone.

 

Devenu journaliste, j’eus l’occasion d’aller au Liberia et en Sierra Leone. Je n’oublierai jamais «Two For Five», cette jeune fille qui avait combattu pour Taylor et Prince Johnson, célèbre dans tout le Liberia pour sa cruauté et dont l’une des spécialités était de couper les testicules de ses ennemis et de les leur faire bouffer, ni Ziza Mazda, qui mangeait carrément la chair de ses victimes, ni cet enfant que je vis à l’aéroport de Freetown, le jour de mon départ. Il avait les deux mains coupées et me tendait son écuelle du bout de ses moignons.

 

Les révolutions libériennes et sierra-léonaises ressemblaient à de la pure barbarie. Kadhafi n’avait rien à y voir, mais je me mis à douter de ses choix en matière de révolutionnaires. Le monde occidental le mit en quarantaine et l’Afrique était l’un des rares endroits où il pouvait se rendre.

L'ivoirité pour diviser

 

Beaucoup d’eau coula encore sous les ponts. Kadhafi était au pouvoir en Libye depuis 31 ans lorsque Laurent Gbagbo accéda à la tête de la Côte d’Ivoire en 2000. Kadhafi était arrivé au pouvoir par un coup d’Etat et liquidait impitoyablement tous ses opposants. Laurent Gbagbo devint président au terme d’une élection qu’il qualifia de calamiteuse, et qui fut effectivement loin d’être démocratique.

 

Beaucoup de sang coula à cette occasion. Les deux principaux rivaux de Gbagbo qu’étaient Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara avaient été arbitrairement écartés de la compétition. Un coup d’Etat avait balayé un an plus tôt Henri Konan Bédié, le successeur d’Houphouët-Boigny, dont le grand tort aura été d’avoir inventé l’«ivoirité», une notion qui avait divisé les Ivoiriens entre «ivoiriens d’origine» et «ivoiriens de circonstance», selon qu’ils étaient de souche autochtone ou issus de l’immigration.

 

Et les populations du nord du pays, qui partageaient les mêmes cultures que les immigrés venus des pays voisins du nord, étaient assimilés à ces derniers. Alassane Ouattara, l’unique Premier ministre d’Houphouët-Boigny dont le père était issu de cette immigration et qui prétendait lui aussi au pouvoir présidentiel, cristallisait la haine des «Ivoiriens d’origine» à l’égard de leurs compatriotes «de circonstance». Tous les artifices possibles furent inventés pour l’empêcher d’être candidat à l’élection présidentielle.

Kadhafi, loufoque, sanguinaire, clientéliste

 

Après septembre 2001, Kadhafi renonça au terrorisme et se réconcilia avec les occidentaux. Il avait suffisamment de pétrole pour cela. En Afrique, il était devenu le chantre du panafricanisme et militait pour une Afrique unie, avec un seul gouvernement, une seule armée. Il se battit pour que l’Organisation de l’unité africaine (OUA) devienne l’Union africaine (UA). Il s’habillait en boubous africains, avec une carte de l’Afrique à la boutonnière.

 

Mais l’on remarqua qu’au moment où il plaidait pour une Afrique unie, les noirs africains émigrés dans son pays furent les victimes d’un horrible pogrom. Il y eut des morts, et des centaines de rapatriés. Peu de chefs d’Etat africains protestèrent. Kadhafi distribuait de l’argent sans compter à tous ceux qui avaient des fins de mois difficiles. Et ils étaient nombreux dans cette situation.

 

Kadhafi était aussi devenu un homme d’affaires qui achetait ou construisait en Afrique subsaharienne des hôtels de luxe, des salles de conférence, investissait dans des compagnies de téléphonie cellulaire.

 

Ses frasques et lubies faisaient toujours les délices de toutes les presses. Il vivait sous une tente, même lorsqu’il allait à l’étranger et ses gardes du corps étaient d’accortes jeunes femmes. Mes amis maliens me racontèrent que le jour où il débarqua à Bamako, tous les téléphones cellulaires furent coupés.

 

Il entreprit par la suite de traverser tout le Mali en voiture, semant à plusieurs reprises son hôte Amadou Toumani Touré, le président du Mali. On me raconta qu’au Mali et au Niger, il soutenait en sous-main les rébellions touarègues, tout en jouant au négociateur de paix entre ces rébellions et les gouvernements légaux de ces pays.

 

Lorsqu’il fut élu à la présidence de l’UA en février 2009, il se proclama « roi des rois traditionnels d’Afrique », entouré de chefs traditionnels plus ou moins bidons.

 

La cérémonie avait été organisée par un Ivoirien du nom de Kiffy Zié premier, toujours habillé d’une cape et tenant une canne en main, qui se faisait donner du «votre majesté» et qui se déplaçait dans des voitures de grand luxe.

 

Kadhafi n’avait plus rien du révolutionnaire qui faisait rêver le jeune étudiant que j’étais. Il ressemblait plutôt à un sanglant bouffon. Chez lui, toute contestation de son pouvoir était violemment réprimée. Il s’était autoproclamé «frère guide» et non président, ce qui lui évitait de se présenter à des élections. On n’élit pas un frère. Il ne cachait d’ailleurs pas sa détestation de la démocratie.

Gbagbo divise et réprime dans le sang

 

Les Ivoiriens avaient espéré de Laurent Gbagbo qu’il les réconcilie après l’épisode de l’ivoirité. Il les divisa davantage en imposant que l’obtention de la carte d’identité soit soumise à la désignation du village ivoirien des parents et au témoignage de deux personnes pouvant attester de son origine dans ledit village. Les populations du nord de la Côte d’Ivoire qui avaient été visées par l’ivoirité de Bédié se sentirent encore plus stigmatisées.

 

Laurent Gbagbo empêcha Alassane Ouattara d’être candidat aux élections législatives à Kong, le fief de sa famille dans le nord du pays, après s’être vu barrer la route de la présidence par une Constitution dont Gbagbo fut l’un des rédacteurs. Les partisans de Ouattara qui manifestèrent leur colère furent violemment réprimés et des femmes furent violées.

 

Le seul commentaire de Simone Gbagbo fut «qu’est-ce qu’elles avaient à aller manifester dans les rues?»

 

En 2002, une rébellion se leva au nord du pays. Robert Guéï, le tombeur de Bédié fut tué, et Alassane Ouattara, le leader du nord —et l’adversaire le plus sérieux de Gbagbo— échappa de justesse à la mort.

 

Plusieurs de ses proches furent assassinés et son domicile incendié.

 

Le pays fut coupé en deux, avec les rebelles d’un côté et Laurent Gbagbo de l’autre. On assista à de terribles exactions et à des actes de pillage à grande échelle des deux côtés.

 

Au nom de ce qu’il appelait la guerre, Laurent Gbagbo réprima dans le sang toute contestation de son pouvoir, toute manifestation, même les plus pacifiques comme celle des femmes qui se plaignaient de la vie chère. Il laissa ses milices composées d’étudiants commettre toutes sortes d’abus des droits de l’Homme et laissa se développer une corruption jamais égalée dans le pays.

 

Il envoyait ses hôtes de marque tels que les socialistes français Jack Lang et Jean-Marie le Guen danser dans les bars d’Abidjan et entreprit de construire à Yamoussoukro (capitale administrative de la Côte d'Ivoire) de nouveaux palais aux côtés de ceux qu’Houphouët-Boigny avait laissés.

 

Il réussit à éviter les élections au terme de son mandat de cinq ans, en proclamant que son pouvoir lui venait directement de Dieu, encouragé en cela par une cohorte de pasteurs évangéliques, mais il dut s’y résoudre en novembre 2010 sous la pression internationale.

 

Il n’avait pas la chance d’être «frère guide» comme Kadhafi, et avait eu le tort de se réclamer démocrate. Il n’avait pas non plus beaucoup de pétrole.

Deux hommes qui s'accrochent désespérément au pouvoir

 

Fin février 2011,  Laurent Gbagbo a perdu l’élection présidentielle dans son pays, mais il refuse de l’admettre. Toute la communauté internationale reconnaît que le vrai vainqueur de l’élection est son challenger Alassane Ouattara. Gbagbo, son entourage et tout son gouvernement sont l’objet de sanctions de la part de l’Union européenne et des Etats-Unis, mais rien n’y fait.

 

Il s’accroche au pouvoir et fait ouvrir le feu sur toux ceux qui réclament son départ. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont compté plus de trois cent morts —son opposition parle de milliers de victimes— et plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui le pays.

 

Toutes les banques ont fermé en Côte d’Ivoire, l’argent et le carburant manquent, les affrontements meurtriers se généralisent dans la ville d’Abidjan et dans tout le pays, faisant craindre une guerre civile. Mais Laurent Gbagbo refuse obstinément de quitter le pouvoir.

 

Il se présente désormais comme un résistant au colonialisme, à l’impérialisme, le défenseur de la souveraineté de son pays. Une rhétorique qui séduit une petite partie de sa population, quelques intellectuels d’Afrique et d’ailleurs et même certains chefs d’Etat.

 

Kadhafi de son côté est confronté à la plus grande fronde jamais organisée dans son pays. Lui aussi a fait ouvrir le feu sur les manifestants, et on compte des victimes par centaines, voire par milliers.

 

Plusieurs villes de son pays ont échappé à son contrôle, mais il refuse lui aussi de quitter le pouvoir. Il affirme que les manifestants sont des drogués qui agissent pour le compte d’al-Qaida, mais plus personne ne le prend au sérieux.

 

Mes idoles d’antan sont devenues de grotesques bouchers qui s’accrochent désespérément à un pouvoir que leurs peuples leur refusent. Combien de litres de sang couleront encore avant que Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi ne disparaissent dans la trappe de l’histoire?

 

Venance Konan

 

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 19:30

 

http://www.liberation.fr/monde/01012330280-israel-frappe-le-hamas-jusqu-au-soudan

 

Israël frappe le Hamas jusqu’au Soudan

 

Raid . Le Mossad aurait visé une filière d’armement. 

 

C’est une attaque que l’Etat hébreu ne risque guère de reconnaître, mais que la presse de Tel-Aviv a de suite attribuée à l’aviation israélienne. Le raid a visé mardi Port-Soudan et, plus spécifiquement, une voiture transportant deux personnes dans la banlieue de cette ville sur la mer Rouge. Le véhicule a été pulvérisé par un missile.

 

Selon les chroniqueurs militaires, ces deux inconnus étaient des «maillons de la chaîne d’approvisionnement en armes du Hamas», une version en contradiction avec celle de Khartoum, qui les présente comme de «paisibles Soudanais revenant de l’aéroport». Le quotidien progouvernemental Israël Hayom a d’ailleurs évoqué hier une «liquidation». 

 

Depuis la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas, en 2007, le Mossad (les renseignements extérieurs israéliens) et les unités spéciales de l’armée ont multiplié les opérations visant à casser les filières de l’organisation. En janvier 2009, alors que l’opération «Plomb durci» battait son plein, une caravane de véhicules bourrés d’armes iraniennes a ainsi été anéantie alors qu’elle traversait le Soudan en direction du Sinaï. Bilan : cent dix neuf morts. A la même époque, l’attaque d’une dizaine de bateaux de pêche soudanais «suspects» a été moins médiatisée. Quant au sabotage par les commandos israéliens, en avril 2009, d’un navire iranien qui faisait escale à Port-Soudan, il a carrément été ignoré. 

 

A l’évidence, la guerre secrète entre Israël, le Hamas et son fournisseur iranien a gagné en intensité depuis deux ans. Peu après l’assassinat, le 19 janvier 2010 à Dubaï, du responsable de la logistique du Hamas Mahmoud al-Mabhouh, plusieurs membres des tribus bédouines du Sinaï impliquées dans le transfert des armes du Soudan jusqu’à l’entrée des tunnels de Gaza avaient ainsi disparu. Deux caches de roquettes avaient aussi été ravagées par des explosions. Des opérations alors menées en coopération avec les services égyptiens. 

 

Le 19 février, c’est Dirar Abou-Sissi, ingénieur en chef de la centrale électrique de Gaza, qui a été enlevé en Ukraine. Secrètement exfiltré vers Israël et enfermé dans le quartier de haute sécurité de la prison d’Ashkelon, il est accusé par l’Etat hébreu d’avoir voulu monter de nouvelles filières d’approvisionnement pour le Hamas.

 

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 16:10

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/04/08/rama-yade-quitte-l-ump-pour-rejoindre-borloo_1504650_823448.html#ens_id=1498041

 

Rama Yade quitte l’UMP pour rejoindre Borloo

LEMONDE.FR avec Reuters | 08.04.11 | 09h30  •  Mis à jour le 08.04.11 | 12h35

Rama Yade a annoncé, vendredi 8 avril, son départ de l'UMP par solidarité avec Jean-Louis Borloo, qui envisage une candidature présidentielle en 2012.

L'ancien ministre de l'écologie a officialisé sa défection du parti présidentiel jeudi soir. "C'est une page de l'histoire politique qui se tourne", a déclaré sur RMC et BFM TV l'ancienne secrétaire d'Etat Rama Yade. L'actuelle ambassadrice de France auprès de l'Unesco, qui avait rejoint le Parti radical de Jean-Louis Borloo en décembre 2010, a expliqué qu'il était "fondamental de tracer un chemin d'espérance". "L'aile gauche de la majorité (...) a besoin d'être entendue, respectée, considérée", a-t-elle fait valoir pour expliquer sa décision.

Selon elle, les élections cantonales ont prouvé "que l'UMP rétrécie sur ses bases ne permet pas de battre la gauche". A ses yeux, Jean-Louis Borloo, qui s'est présenté jeudi soir sur France 2 en "homme atypique mais en homme d'Etat", est "prêt et déterminé" pour la présidentielle. "Je pense qu'il ne sera pas là pour faire de la figuration ni servir de supplétif", a prévenu Rama Yade, pour qui "Jean-Louis Borloo n'est pas un candidat autorisé, mais il est un candidat libre".

« PRINCIPE DE REALITE »

Les réactions se sont multipliées dans la classe politique depuis l'annonce du départ de M. Borloo. L'ex-porte-parole de l'UMP Dominique Paillé a affirmé, vendredi, que le départ de Jean-Louis Borloo de l'UMP devait logiquement "déboucher sur une candidature" à la présidentielle de 2012, et a imputé cette rupture au "comportement présidentiel". Le président du groupe parlementaire UMP, Christian Jacob, a exprimé son "plus grand respect pour Jean-Louis Borloo", mais l'a invité "au principe de réalité", estimant que s'il y avait eu des candidats "RPR et UDF" aux cantonales, le résultat aurait été "catastrophique" pour la majorité.

Pour le président de la fédération de Paris du Parti radical, Patrice Gassenbach, le patron des radicaux "a mis la charrue avant les bœufs". Si "l'idée d'avoir un candidat à la présidentielle, avec M. Borloo qui est notoirement aimé des Français", est "certainement un élément moteur", dit M. Gassenbach, "il y a aussi la réalité politique". De plus, ajoute-t-il, M. Borloo "n'est pas le seul", selon lui, à vouloir incarner le pôle centriste à la présidentielle.

 

 

 

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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 15:57

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110410/tts-libye-ajdabiah-ca02f96_2.html

 

Poursuite des combats à Ajdabiah, médiation africaine en Libye (Reuters)

 

Les combats entre forces rebelles et forces régulières se sont poursuivis dimanche pour la deuxième journée consécutive aux abords de la ville stratégique d'Ajdabiah, dans l'est de la Libye, à quelques heures d'une rencontre prévue entre des médiateurs de l'Union africaine et Mouammar Kadhafi à Tripoli.

L'Otan a annoncé avoir détruit onze chars des troupes du colonel Kadhafi qui s'approchaient de cette ville considérée comme "un verrou" stratégique contrôlant l'accès à l'Est libyen et à Benghazi, fief des insurgés.
 
L'Alliance atlantique a également mené plusieurs raids à Misrata, dans l'ouest du pays, pour venir en aide aux rebelles assiégés par les soldats de Kadhafi, détruisant quatorze de leurs chars.
 
"La situation à Ajdabiah et, particulièrement à Misrata, est désespérée pour le Libyens qui sont bombardés par le régime (de Kadhafi)", a souligné le général canadien Charles Bouchard, qui dirige les opérations de l'Otan en Libye, dans un communiqué.
 
Les forces régulières ont progressé vers le centre d'Ajdabiah dimanche contraignant les insurgés à se réfugier dans des ruelles pour échapper aux tirs d'artillerie lourde et de roquettes. Au moins quatre rebelles ont été tués, ont indiqué les insurgés.
 
MÉDIATION AFRICAINE
 
"J'en ai vu quatre ce matin. Leurs gorges étaient tranchées et ils ont tous été touchés à la poitrine et abandonnés sur la route. Leur voiture était criblée de balles", a indiqué un rebelle, Mohammed Saah, à un point de contrôle de la porte Est d'Ajdabiah.
 
Un autre insurgé, Hassan Bosayna, a indiqué que huit combattants de Kadhafi et quatre rebelles avaient été tués samedi, dont un insurgé tué d'une balle dans la tête par un tireur embusqué.
 
Pour tenter de trouver une issue diplomatique au conflit qui fait rage depuis mi-février, une délégation de chefs d'Etat de l'Union africaine devait rencontrer Mouammar Kadhafi dimanche avant de se rendre à Benghazi dans le cadre de la médiation de l'Union africaine.
 
Selon un communiqué de la présidence sud-africaine, il s'agit du président Jacob Zuma et de ses pairs de Mauritanie, du Congo, du Mali et de l'Ouganda.
 
"Le comité a reçu l'autorisation de l'Otan de se rendre en Libye et de rencontrer Kadhafi à Tripoli. La délégation de l'UA rencontrera également le Conseil national de transition (CNT) à Benghazi les 10 et 11 avril", indique le communiqué.
 
Le CNT, basé dans l'est de la Libye contrôlé par les insurgés, a été reconnu par la France, l'Italie et le Qatar.
 
"Nous espérons que la médiation débouchera sur un dialogue constructif sur un solution politique de la crise basée sur les aspirations du peuple libyen", a indiqué le chef de l'Etat mauritanien, le président Mohamed Ould Abdel Aziz, dans un communiqué publié avant le départ du comité pour Tripoli.
 
NOUVELLE CONSTITUTION
 
Dans la nuit de samedi à dimanche, le gouvernement libyen a tenté de montrer un visage réformiste en annonçant une nouvelle Constitution présentée comme la "version libyenne" de la démocratie.
 
Lors d'une présentation du projet la presse étrangère, les dirigeants libyens n'ont pas précisé le rôle que Mouammar Kadhafi allait être appelé à jouer à l'avenir, ni la nature du système politique qu'ils envisagent de mettre en place.
 
Le Livre vert, recueil des pensées de Kadhafi publié dans les années 1970, fait actuellement office de Constitution en Libye, dont le nom officiel est "Grande Jamahariah arabe libyenne socialiste et populaire".
 
Son système politique opaque - Jamahariah signifie "Etat des masses" - est dénoncé par les insurgés qui tentent de renverser le régime du Guide de la révolution au pouvoir depuis 1969.
 
"Nous espérons que la Constitution sera adoptée très prochainement", a déclaré Khaled Kaim, vice-ministre des Affaires étrangères lors d'une conférence de presse destinée à la presse étrangère.
 
"Il y a des gens que les réformes politiques n'intéressent pas. Ils veulent le pouvoir et la richesse et pas la Constitution."
 
Le président du Congrès général du peuple (Parlement), Mohamed Zwai, a fait savoir que le projet était prêt et serait examiné prochainement.
 
Interrogé sur la nature du nouveau régime, Ibrahim Moukzham, membre du panel, a répondu qu'il s'agirait d'une "version libyenne".
 
"Les Constitutions ne sont pas faites pour se focaliser autour d'individus. Elles doivent servir la nation et chaque citoyen doit trouver sa place dans la Constitution", a-t-il dit.
 
"Mouammar Kadhafi, en tant que citoyen libyen, peut trouver sa place dans la Constitution. La grande majorité du peuple souhaite le voir rester. Il est un symbole."
 
Kadhafi, qui ne détient officiellement aucun poste exécutif au sein de la Jamahiriah, affirme que la Libye est victime d'une agression militaire occidentale. Il souligne que son gouvernement travaille depuis des années en faveur du changement. Les rebelles ont exclu toute idée de réformes sous son régime et ont répété que Kadhafi devait démissionner.

 

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 19:52

 

http://www.migreurop.org/article1879.html


Urgence d’un moratoire sur les renvois vers la Tunisie, et d’un accueil digne des tunisiens dans l’Union Européenne

 

Depuis deux mois, la Tunisie subit des pressions considérables, notamment de la part de l’Italie, pour renforcer les contrôles à ses frontières et réadmettre ses ressortissants arrivés à Lampedusa. La visite de Silvio Berlusconi ce 4 avril a pour objet d’obtenir des engagements des autorités tunisiennes en ce sens, malgré les appels répétés des organisations de défense des droits des migrants (Migreurop, 22 Février, Mare Nostrum, 2 Mars et REMDH, 23 Mars) et en dépit de la situation exceptionnelle à laquelle le pays doit faire face.

 

La Tunisie vit des moments historiques et doit relever les défis considérables en termes de construction démocratique. La situation est porteuse d’immenses espoirs mais elle est complexe et rendue particulièrement difficile par la guerre en Libye. La Tunisie a accueilli depuis le début de la crise libyenne plus de deux cent mille personnes, soit dix fois plus que l’Italie. Si la majorité des personnes arrivées en Tunisie ont pu être rapatriées vers leur pays d’origine, des milliers d’entre elles sont toujours bloquées dans les campements à la frontière, ne pouvant rejoindre leur pays en guerre, comme c’est le cas pour la Côte d’Ivoire, l’Erythrée et la Somalie.

 

Il est hypocrite et immoral de la part de l’UE de se réjouir de la révolution en Tunisie tout en exigeant que celle-ci continue, au nom de la supposée nécessité de protéger l’Europe d’un « déferlement migratoire », à jouer le rôle de garde frontière, comme du temps de la dictature de Ben Ali. Il est urgent au contraire de prendre acte des changements démocratiques et de reconstruire les relations entre l’UE et la Tunisie sur des bases équitables et transparentes. Les Etats européens ne peuvent pas répondre au processus démocratique en cours par une politique répressive à l’égard des migrant.es, en faisant peser la menace d’un renvoi collectif.

 

Non seulement cette menace doit être levée, mais les Etats de l’UE ont la responsabilité d’accueillir dignement celles et ceux qui sont arrivés en Europe ces dernières semaines.

 

Depuis plus d’un mois, l’arbitraire et l’incohérence caractérisent la gestion de la situation par le gouvernement italien. Le traitement qui est réservé aux Tunisien.n.es dans certains centres de rétention en Italie, la chasse aux migrants dans le sud de la France et le jeu de « ping-pong » dont d’autres sont l’objet à la frontière franco-italienne sont inacceptables.

Il est enfin inadmissible que l’Union Européenne laisse à la Tunisie la seule responsabilité de l’accueil des personnes fuyant la Libye et qui n’ont pas la possibilité de rentrer dans leur pays. L’Union Européenne a le devoir de se montrer à la hauteur de la situation, en prenant exemple sur l’accueil offert par la Tunisie à toutes les personnes fuyant la Libye.

 

Une situation exceptionnelle appelle des mesures exceptionnelles, et l’UE dispose de tous les outils juridiques et politiques pour y faire face. Les Etats membres doivent sans plus attendre prendre leurs responsabilités

 

Déclarer un moratoire immédiat sur les renvois de Tunisiens en Tunisie ;

 

Accorder l’admission exceptionnelle au séjour des Tunisiens déjà arrivés en France et en Italie

 

Garantir l’accès au territoire européen aux personnes en quête de protection et s’abstenir de toute mesure ou accord qui pourraient l’entraver ;

 

Mettre en œuvre le dispositif permettant d’accorder la protection temporaire prévue par la directive du 20 juillet 2001 à toutes celles et ceux qui peuvent s’en prévaloir ;

 

Accueillir, dans le cadre de la réinstallation, les réfugiés présents à la frontière tuniso-libyenne qui le souhaitent ;

 

Offrir l’asile ou une protection à toutes les personnes qui ne peuvent être rapatriées du fait de la situation dans leur pays d’origine.

 

A court terme, il importe de mettre en place un programme européen d’aide et de coopération avec la Tunisie qui permette à ses ressortissant.es d’entrer régulièrement dans les Etats membres pour y travailler ou y faire des études.


Signataires :

 

ABCDS (Ma), ACORT (F), AMDH (Ma), AMF (F), APDHA (ES), ARCI (I), ASGI (I), CIRE (B), CNCD (B), Emmaüs International (F), FASTI (F), FTCR (F), GADEM (Ma), GISTI (F), La Cimade (F), LDH (B), Migreurop, RATAM, REMCC (F), Réseau "Primo Marzo -Una giornata senza di noi" (I), SOS Racismo (Es), MeltingPot Europa (IT)

 

 

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 19:44

 

http://www.liberation.fr/societe/01012330056-les-quatre-militants-brice-hortefeux-et-la-police-de-vichy

 

Les quatre militants, Brice Hortefeux et la police de Vichy

 

Après trois reports pour des raisons de procédure, le procès pour «diffamation publique contre une administration publique» intenté à quatre militants tourangeaux par l’ex-ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux s’est enfin tenu hier au tribunal correctionnel de Tours. Poursuivis pour avoir comparé, dans un communiqué de presse du 18 février 2010, les pratiques du gouvernement au régime de Vichy, Jean-Christophe Berrier et Muriel El Kolli, du collectif Soif d’utopies, Abd-El-Kader Aït Mohamed et Chantal Beauchamp, de RESF 37, rêvent de croiser le fer avec Me Antoine Brillatz, l’avocat d’Hortefeux. Ils sont appuyés par un imposant comité de soutien qui a recueilli les signatures de onze mille six cent quatre vingt dix personnes dans une pétition.

«Ils veulent un procès politique, ils vont l’avoir», trépignait, en septembre, Jean-Christophe Berrier. Dans le communiqué incriminé et intitulé «Les baleiniers», les associations suspectaient le préfet d’Indre-et-Loire et, au-delà, l’Etat d’utiliser des fichiers de recensement des élèves pour faire la chasse aux clandestins. Des méthodes qui, selon eux, ressemblent à celles employées par la police de Vichy. Les quatre militants ne comprennent toujours pas pourquoi ils se retrouvent sur le banc des accusés, tandis que «des éditorialistes célèbres, des intellectuels ou des grands noms de la politique ayant effectué des comparaisons analogues ne seront jamais traduits devant les tribunaux !» grommellent-ils. «L’histoire n’est pas réservée aux historiens. Tout citoyen a le droit d’en faire l’usage qu’il veut. L’esprit de ce communiqué est un appel à la vigilance», soutient Chantal Beauchamp.

De nombreuses interrogations sont soulevées par les prévenus et les onze témoins invités à la barre par la défense, qui bénéficie d’une tribune providentielle pour exprimer son rejet de la politique d’immigration du gouvernement. L’universitaire Emmanuel Terray a rappelé que, dans un article publié par Libération le 15 octobre 2007, il avait justifié l’emploi du mot rafle pour désigner les interpellations en masse de sans-papiers, «sans jamais être inquiété par la justice».«Bien entendu, aujourd’hui, il n’y a pas extermination, et il n’y a pas d’Allemands. Mais si l’on regarde l’attitude de la police française, les similitudes apparaissent», écrivait-il. Dénonçant «l’outrance et la malveillance» des propos des quatre militants, Philippe Varin, le procureur de la République de Tours, a demandé mille euros de dommages et intérêts pour chaque prévenu. L’avocat d’Hortefeux réclame, pour sa part, cinq mille euros. Mis en délibéré, le jugement sera rendu le 26 mai.

 

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 18:33

 

Suite au saccage de ses locaux parisiens survenu le 10 mars dernier, le CBSP reçoit de nombreux messages de soutien et de sympathie.

 

Le CBSP tient à remercier très chaleureusement tous ceux et celles qui nous font part de leur solidarité.

 

A ce titre, nous souhaitons rendre un hommage appuyé aux hommes et femmes qui déploient des efforts louables et inlassables en faveur du peuple palestinien.

 

L'immense tragédie vécue par ce peuple digne et courageux nous interpelle tous en tant qu'êtres humains au-delà des frontières, au-delà des convictions...

 

Nous sommes complètement indignés à l'idée que l'action strictement humanitaire que nous menons fasse l'objet de toutes sortes d'attaques. Leur récurrence nous amène à évoquer clairement les points essentiels sur lesquels se fonde notre activité qui semble tant déranger. Dès lors, quelques précisions s'imposent...

  

Notre incompréhension est d'autant plus vive que nous œuvrons au nom des valeurs, au nom des principes face à des violations massives et des crimes graves : blocus, mur, colonisation, bombardements, massacres, spoliation, expulsion... 

 

Pour la énième fois, le CBSP rejette avec la plus grande fermeté les accusations et autres soupçons visant à discréditer son action y compris lorsqu’il participe à de grandes initiatives internationales, pacifiques et humaines comme la Flottille de la Liberté sauvagement attaquée en mai 2010 dans les eaux internationales par les commandos israéliens.

 

Près d’un an après cette agression sanglante et meurtrière, a-t-on découvert de dangereuses cargaisons à bord de nos bateaux lesquels furent inspectés, un par un, de fond en comble ? En fournissant des centaines de maisons préfabriquées, le CBSP s’est pleinement investi dans cette campagne d’envergure mondiale menée au profit de la population assiégée et traumatisée de la bande de Gaza.

 

Un blocus tellement intenable que l’acheminement de l’aide humanitaire par voie maritime avait été encouragé par un haut fonctionnaire de l’ONU. Rappelons également que neufs pacifistes turcs ont été froidement assassinés à bout portant. La notion de « terrorisme » utilisée à tout va, ici et là, s’applique avant tout à ceux qui tuent et non pas à ceux qui aident !

 

Les seules choses et non des moindres que le CBSP finance en toute transparence, hier comme aujourd’hui, sont la vie et l’espoir lorsque d'autres sèment la mort et le chaos. Au quotidien, tout au long de l'année, nous apportons chaleur et réconfort à des milliers de Palestiniens : hommes, femmes, enfants et personnes âgées qui subissent sans cesse les pires atteintes. Atteintes qu'il n'est pas besoin de détailler ici. 

 

Nous n'appartenons à aucun mouvement palestinien et n'entretenons aucune relation avec quelque parti que ce soit. Nous cesserons de le répéter (à qui veut bien nous entendre) : le CBSP est un facteur de paix et non un vecteur de haine.

 

Depuis 1990, nous ne faisons qu'accomplir notre devoir en répondant, du mieux que nous pouvons, à une profonde détresse connue de tous et qui apparaît au grand jour.

 

Aujourd'hui plus que jamais, le CBSP réitère avec force son engagement auprès des Palestiniens vivant dans des situations des plus dramatiques sur fond de misère et de chômage.

 

Fidèle à sa vocation humanitaire, le CBSP se tient à leurs côtés en leur apportant un soutien entier dans des domaines aussi importants que la santé, l'éducation ou bien encore le développement économique. 

 

C'est ainsi qu'en 2010, le CBSP a engagé plus de sept millions d'euros pour financer la réalisation de nombreux projets et programmes au profit des populations de la bande de Gaza, de la Cisjordanie, et de celles vivant dans les camps du Liban et de Jordanie.

 

Aussi remercions-nous de tout cœur l'ensemble de nos donateurs qui nous donnent les moyens d'agir pour atténuer les souffrances. Leur confiance et leur fidélité nous encouragent à poursuivre notre mission pour la dignité et l'espoir avec encore plus de détermination. 

 

Au nom du peuple palestinien, nous leur exprimons toute notre gratitude pour le dévouement et la générosité dont ils font preuve envers les plus vulnérables. 

 

En dernier lieu, le CBSP demande expressément aux autorités de notre pays de punir sévèrement les auteurs de tels faits afin de mettre fin aux attaques dont sont victimes bon nombre d'associations solidaires du peuple palestinien. 

 

Il est tout à fait inadmissible qu'en France, la solidarité qui s'exprime avec le peuple palestinien soit menacée d'une façon ou d'une autre. Elle doit être au contraire protégée et respectée au même titre que le soutien apporté lors de toute tragédie humaine. Il est grand temps de cesser de criminaliser la solidarité avec le peuple palestinien à la lumière des révolutions populaires arabes actuelles !

 

Ensemble, continuons de bâtir un monde plus juste et plus fraternel ! 

 

Avec nos plus chaleureuses salutations,

 

Youcef Benderbal, responsable communication

 

PS : Vous trouverez ci-dessous le détail des précédentes attaques dirigées contre notre ONG ainsi que les photos qui s’y rapportent (voir pièces jointes).

 

En 1997, la première agression s'est produite dans les anciens locaux du CBSP qui se trouvaient dans le neuvième arrondissement de Paris. En pleine journée, cinq à six individus non cagoulés agressent sauvagement le directeur qui est seul ce jour-là. Ils s'acharnent sur lui et lui portent des coups violents. Des étoiles de David  et les lettres GSC (pour Groupe Sioniste de Combat) sont taguées sur les murs. Les agresseurs se réclament de ce groupe et affirment se venger de l'attentat qui a eu lieu à Jérusalem la même année. Aucun d'entre eux ne sera retrouvé. Le directeur sera hospitalisé et subira une opération. Sa plainte sera classée sans suite...

 

En 2002, quelque temps après avoir déménagé, plusieurs tags ont été inscrits sur la devanture de notre nouveau local et sur les murs extérieurs. A cette époque, il y avait une forte mobilisation suite à l'horrible massacre de Jénine. A quoi il faut ajouter les appels et courriers pleins de haine et d'insultes que nous ne comptons plus ainsi que les campagnes virulentes de diffamation à notre égard qui se règlent au Tribunal.


 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 18:19

Michel Peyret écrivait récemment une longue analyse du communisme de Daniel Bensaïd. Son analyse est disponible en totalité à l’adresse ci-dessous si vous consultez le site www.legrandsoir.info

 

http://www.legrandsoir.info/LE-COMMUNISME-DE-DANIEL-BENSAID.html

 

Vous en trouverez ci dessous la première partie, pour des raisons de lecture et de nombre de signes. Je vous en souhaite une bonne lecture.

 

Bernard Fischer

 

LE COMMUNISME DE DANIEL BENSAÏD

 

Michel Peyret, avril 2011

 

« Comment définirais-tu ton communisme ? »

 

C'est Franck Gaudichaud, Docteur en Sciences Politiques, qui interrogeait ainsi Daniel Bensaïd le 11 avril 2007, c'est-à-dire quelques jours avant les précédentes élections présidentielles

 

« Nous sommes face au défi d'une reconstruction sociale et politique », cette citation était le titre donné à l'entretien entre le philosophe et Franck Gaudichaud, elle donnait l'ampleur de l'enjeu.

 

LE DEFI D'UNE RECONSTRUCTION SOCIALE ET POLITIQUE

 

En regard de la situation actuelle, déjà proche de la prochaine consultation, cet entretien ne manque pas d'intérêt, et sur plusieurs plans.

 

Le chemin parcouru depuis, face au défi qu'analysait alors Daniel Bensaïd, est révélateur et instructif.

 

Chacun, bien évidemment, pourra en tirer des enseignements personnels, mais certainement serait-il également profitable qu'un débat plus collectif puisse s'instaurer, certainement sous différentes formes.

 

Pour ma part, dans un premier temps, je poserais cette question : quelle peut être la place de l'élection présidentielle dans les cheminements qui conduisent au nécessaire changement de société quand 72% des salariés français considèrent le capitalisme comme négatif, même à entendre que ces 72% ne soient pas tous convaincus de la nécessité d'en finir avec le système capitaliste ?

 

UN RAPPORT DU FMI

 

Pour donner le ton, mettre en évidence des enjeux nouveaux, l'entretien était précédé d'une introduction de Charles-André Udry de « A l'Encontre » qui reproduit l'entretien.

 

Ce dernier présentait notamment quelques données du rapport du FMI daté lui aussi d'avril 2007.

 

« Lors des deux dernières décennies, les marchés du travail dans le monde se sont intégrés de façon croissante...Les changements politiques et les réformes économiques ont transformé la Chine, l'Inde et l'ancien bloc des pays dits de l'Est, intégrant leurs forces de travail dans les économies ouverte de marché... »

 

UN MARCHE DU TRAVAIL BOULEVERSE

 

Le rapport poursuivait : « En même temps, le développement de la technologie, combinée avec la levée progressive des restrictions sur le commerce frontalier, comme sur les flux de capitaux, a rendu possible aux procès de production d'être déligotés et d'être localisés de manière plus éloignée de leurs marchés cibles, cela en vue d'une croissance universelle des biens et des services. La localisation de la production est devenue bien plus réactive aux coûts relatifs du travail d'un pays à l'autre. Il y a aussi eu des courants croissants de migrants passant les frontières, empruntant aussi bien des voies légales qu'informelles... »

 

« Or, dit Charles-André Udry, le prolétariat, au sens réel du terme, est modelé par une histoire nationale, plus exactement par l'histoire de la formation sociale qui lui a servi de creuset. Cette configuration du salariat, prenant en compte les migrants, s'effectue dans un cadre nouveau, dont les traits se transforment d'année en année. »

 

QUEL CHAMP POLITIQUE NATIONAL ?

 

« Le « champ politique national », poursuit-il, tout en gardant une certaine importance (physiologiquement difficile à délimiter), ne jouera plus le même rôle que par le passé, y compris sur le plan stratégique.

 

« C'est, entre autres, dans ce vide référentiel spatio-politique – accentué par le néo-corporatisme syndical et la bourgeoisification des organismes sociaux-démocrates -, que les droites nationales peuvent prendre leur essor et capter une base populaire, en menant une véritable offensive politique et culturelle sur tous les terrains. On va en voir les résultats, en France, au lendemain du 22 avril.(2007)

 

Pour Charles-André Udry, on ne peut en rester à la surface des choses... On ne peut que partager le point de vue de Daniel Bensaîd disant que « quel que soit le problème majeur...on tombe inévitablement sur les questions de propriété... »

 

CHANGER LE MONDE EST PLEINEMENT ACTUEL

 

Pour Daniel Bensaïd, justement, l'idée de la révolution finalement, avec ou sans le mot, n'est pas très difficile à défendre aujourd'hui. Ce qui fait peur, en général, c'est l'association de l'idée de Révolution à celle de violence. En revanche, si on entend par « révolution », la nécessité de changer le monde et, plus précisément, de changer les rapports sociaux, la logique de production et de distribution, cette notion demeure pleinement actuelle...

 

Le doute porte beaucoup plus sur les voies et les moyens. Autrement dit : est-ce qu'il existe des stratégies pour atteindre ce but qui soient valides dans le cadre de la mondialisation ? Une interrogation est donc celle des effets de la mondialisation sur la réorganisation des espaces politiques : car changer le monde, ce n'est pas une idée planante, cela s'inscrit dans des territoires et des rapports de force.

 

QUEL CHAMP STRATEGIQUE ?

 

« Le champ stratégique dominant du vingtième siècle, dit-il, a été celui de l'Etat-Nation et il n'est pas obsolète...

 

« En même temps, ces espaces nationaux qui ont gardé une pertinence stratégique, sont maintenant étroitement imbriqués dans ce que j'appelle « une échelle mobile des espaces »: régionaux, nationaux, continentaux, voire mondiaux, suivant les thèmes et les questions abordées.

 

« L'Etat reste un des noeuds des rapports de force, mais les rapports de pouvoir économique et politique se sont redéployés sur le plan spatial. »

 

Polémiquant avec Badiou quant à l'idée de communisme, Daniel Bensaïd affirme qu'il a une sympathie pour cette pensée à contre-courant de l'ordre libéral, mais il convient que l'interprétation qui est celle de Badiou est proche d'une sorte de « métaphysique du communisme », plus proche d'une conception miraculeuse de l'évènement.

 

QUEL COMMUNISME ?

 

« Mais, dit-il, cette matrice théorique rend difficile ce que, pour ma part, je considère comme une démarche politique, d'accumulation des forces et d'inscription dans la durée. »

 

C'est alors que Daniel Bensaïd est invité à définir son communisme, y compris en le résumant quelque peu. « 

 

« Tout d'abord, une conception dynamique : le communisme n'est pas une utopie et un état des lieux dont on pourrait faire l'inventaire.

 

« Il est plutôt « le mouvement réel qui abolit l'ordre existant », comme disait Marx. Cette définition est certainement insuffisante, car trop « élastique », mais elle a le mérite d'être cohérente et elle répondait à la polémique avec les théories utopistes des années 1830/1840...

 

LES FAUSSES PISTES

 

« Notre époque, dit-il, possède certaines similitudes avec ce contexte de réaction du début du dix neuvième siècle...

 

« Et la critique des socialismes utopiques de la dernière partie du Manifeste communiste est, en ce sens, d'une certaine actualité.

 

« Le « socialisme féodal » décrit par Marx, courant qui cherche à retrouver un temps pastoral imaginaire de la société médiévale, se retrouve dans certains courants contemporains de l'écologie, notamment de « l'écologie profonde ».

« De même, le « socialisme vrai » ou « philanthropique » se retrouve au vingt et unième siècle, accompagné par un sentiment d'impuissance politique, par exemple au travers de la vogue du micro-crédit.

 

« Non qu'il faille diaboliser le micro-crédit, mais de là à le présenter comme la réponse enfin trouvée au développement du tiers-monde ou à en faire l'apologie comm le fait Paul Wolfowitz....*

 

« On pourrait multiplier les exemples.

 

« Et il y a aussi les utopies libertaires contemporaines, comme il y avait les utopies proudhoniennes à l'époque. Malgré leur intérêt indéniable, ces idéologies ont comme caractéristique commune qu'elles font l'impasse sur la question politique et celle du pouvoir. »

 

REGARDEZ LA COMMUNE DE PARIS

 

« Et à l'autre pôle, on pourrait parler d'une utopie néo-keynésienne qui , elle, essaie – et là aussi on peut y trouver un intérêt réel – de développer des propositions sur le secteur public et le rôle de l'Etat.

 

« Mais, là encore, le maillon politique et la question essentielle des leviers pour y arriver sont absents....

 

« Pour ce qui est de donner une esquisse du communisme et sans chercher à « faire bouillir les marmites de l'avenir », on peut regarder la Commune de Paris. Engels dit : si vous voulez savoir ce qu'est la dictature du prolétariat, regardez la Commune de Paris. Et qu'est-ce que la Commune ? Le suffrage universel, le pluralisme, la révocabilité des élus, l'appropriation sociale, la suppression de l'armée de métier, et...l'absence de Président de la République !

« Finalement, quel que soit le problème majeur que l'on désire prendre à bras-le-corps (l'écologie par exemple), on tombe sur les questions de la propriété. »

 

MARX RESTE UN GROS MORCEAU

 

Franck Gaudichaud fait alors remarquer que, dans ses écrits, Daniel Bensaîd se revendique d'un courant « chaud » du marxisme, un marxisme vivant et dialectique, alors que nombreux sont les intellectuels, y compris parmi les critiques du capitalisme, qui parlent désormais d'une « ère post-marxiste », ou réduisent l'apport de Marx à celui d'une « boîte à outils » théorique parmi tant d'autres...

 

Daniel Bensaïd rétorque qu'il s'agit de choses sérieuses et qu'il y a parfois un peu de légèreté dans la façon de les traiter de la part des intellectuels : Marx reste « un gros morceau ».

 

« Certes, dit-il, on peut le dépasser, il n'est pas éternel...

 

« Mais, selon moi, le noyau dur de sa théorie critique est d'une terrible actualité, qu'on la prenne sous l'angle de la mondialisation, de la théorie de la valeur, de la crise de la mesure.

 

« Et ceci pour une raison de bon sens : ce que Marx a analysé à l'état naissant, à partir du capitalisme européen au dix neuvième siècle, est devenu la loi de la planète...Et je ne vois encore aucun théoricien qui se soit confronté à cette théorie critique pour la dépasser effectivement, que cela soit Castoriadis, certains libéraux ou d'autres...

 

 

 

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8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 17:57

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110408/twl-egypte-corruption-manifestation-bd5ae06.html

Une foule immense place Tahrir, au Caire, contre la corruption (Reuters)

Jusqu'à deux cent mille égyptiens sont retournés vendredi place Tahrir, au Caire, pour réclamer des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak et reprocher aux autorités militaires leur lenteur dans leur lutte contre la corruption.

"Oh maréchal, nous avons été très patients", ont-ils scandé à l'adresse du maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui a pris les commandes du pays après le départ de Moubarak, le 11 février.

 

"Si Moubarak n'est pas poursuivi, nous irons à Charm el Cheikh", pouvait-on lire sur une banderole brandie au milieu de drapeaux égyptiens. L'ex-président s'est réfugié dans cette station balnéaire sur la mer Rouge.

 

En fin d'après-midi, la foule place Tahrir était estimée à deux cent mille manifestants, soit l'une des principales mobilisations depuis la chute du raïs, au terme de dix-huit jours de contestation.

 

Avocats et juges ont organisé une parodie de procès de Moubarak et d'anciens proches collaborateurs, poursuivis pour "avoir corrompu l'Egypte, politiquement et économique, commis la torture et privé le peuple de ses droits".

 

Les manifestants ont réclamé en outre la destitution de responsables encore en poste nommés sous Moubarak. Ils ont aussi pris pour cible la justice égyptienne et ses "procureurs endormis".

 

"C'est un message fort, le signal que la révolution n'est pas encore terminée, qu'elle se poursuit et qu'elle ne calmera pas tant que ses objectifs n'auront pas été atteints", a estimé Hassan Nafaa, professeur de science politique et figure de proue du mouvement réformateur.

 

Les collectifs formés de jeunes cyberactivistes, à la pointe de la révolution égyptienne, avaient appelé à cette nouvelle manifestation contre la corruption dans le cadre d'un "Vendredi de la purification et des responsabilités".

 

Les militaires égyptiens ont programmé des élections législatives en septembre. Un scrutin présidentiel suivra, en octobre ou novembre, et l'armée a annoncé qu'elle remettrait le pouvoir à un gouvernement civil.

 

 

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 18:02

 

http://www.indigenes-republique.fr/article.php3?id_article=1304

 

Il existe déjà un code de la laïcité : la loi de 1905 contre la persécution religieuse

 

Entre autres questions. Car cette « idée » de M. Guéant, comme l’idée de M. Chatel d’interdire aux mères dites « voilées », en fait portant un foulard, d’accompagner leurs enfants dans les sorties scolaires, comme l’idée de M. Copé d’imposer que les prêches dans les mosquées soient prononcés en français, toutes ces idées reposent sur une interprétation tendancieuse et fausse du mot « public », qui a plusieurs sens en France. Et derrière la confusion entretenue par certains entre ses différents sens, se profile une attitude qui réclame pour l’Etat le droit de vider subrepticement la loi de 1905 de son contenu, et aussi d’exercer un pouvoir absolu sur les pratiques et les consciences. Or cette attitude est contraire tant à nos lois - et d’abord à celle de 1905 — qu’aux conventions internationales qui protègent les libertés individuelles, et d’abord la liberté de conscience.

Ou, pour le dire autrement, aucune de ces propositions n’est légale, et elles ne peuvent avoir l’apparence de la raison que parce que ceux qui les émettent, et probablement une partie de ceux qui les écoutent, jouent sur le mot « public », d’une part, et d’autre part voient sans déplaisir le contrôle de la société civile par l’Etat s’agrandir de jour en jour. D’abord en poussant toute une partie de la population française, les Musulman.es, hors de la loi commune, hors de la vie commune ; en les déclarant fautifs, voire criminels, en leur retirant les protections et les droits usuels.

Depuis 2004, on n’entend plus parler que de laïcité. Les groupes féministes qui ont l’oreille des médias la mettent au centre de leurs revendications. Les manifestations du 8 mars défilent, depuis 2004, derrière des banderoles proclamant « laïcité ». Or, ceci qui est devenu banal, est pourtant nouveau, remonte à quelques sept ans tout au plus. Avant 2004, la laïcité était inconnue du vocabulaire féministe, et à vrai dire, du vocabulaire politique en général. Aujourd’hui elle est centrale, elle fait partie des « éléments de langage » obligés de tous les partis, UMP, PS, Front National. Pourquoi ?

Pourquoi sinon parce qu’elle a été l’arme, l’excuse invoquée pour mettre les Musulmanes au ban de la nation ? C’est que c’est en son nom qu’a été menée la bataille pour voter la loi de 2004 contre le foulard « islamique ». Puis celle de 2010 contre la « burqa ». Au nom de laïcité et du « droit des femmes ». Car les deux sont aujourd’hui tenus pour synonymes. Les mêmes féministes qui scandaient en 1970 « Pas de libération des femmes sans révolution » scandent aujourd’hui : « Pas de droit des femmes sans laïcité ». Dans la Constitution la laïcité est un des adjectifs définissant la république française ; mais son contenu n’apparaît que dans une loi, celle de 1905 instaurant la séparation des Eglises et de l’Etat. M. Guéant la trouve insuffisante et veut écrire un « code de la laïcité. » Pourquoi ? Parce que ce code inclurait les dernières lois votées au nom de la laïcité, celle de 2004 et celle de 2010, et d’autres mesures dans le même esprit. Ce code aboutirait à abroger la loi de 1905, car ces dernières lois sont contraires tant à sa lettre qu’à son esprit. Ceci peut paraître surprenant. Pourtant nos législateurs ne se sont appuyés sur la loi de 1905 que pour mieux la faire plier. Cette loi est tout entière résumée dans son article premier : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public ». Ce libre exercice est régulé dans les articles 3 et 4, mais on voit dès l’article 1 qu’il est présumé public. Il suffit de lire le premier article pour s’apercevoir que les clichés —tout nouveaux-qui circulent partout sur le caractère prétendument « privé », voire « intime » que devraient avoir les religions sont une série de contresens et de non-sens. Ces contresens ne sont possibles qu’en raison de la polysémie de « public ». La religion pour n’être évidemment pas d’Etat, n’est pas pour autant « privée » au sens de « privée d’expression publique » : car la liberté de conscience garantie par la loi implique la liberté d’expression, et parce que l’espace public n’appartient pas à l’Etat.

La confusion entre deux sens du mot « public ».

L’Etat doit être neutre ; séparé, par cette loi, des religions, il ne doit manifester aucune préférence pour une croyance ou une autre ; et par conséquent les individus qui représentent ou incarnent l’Etat ne doivent manifester aucune préférence. Mais une autre question se pose alors : qui représente l’Etat ? Les hauts fonctionnaires, ceux qui sont tenus au devoir de réserve ? Tous les fonctionnaires ? Les fonctionnaires ET les contractuels de l’Etat ? Tous les personnels travaillant dans des administrations publiques, quel que soit leur statut, y compris ceux qui ne sont pas payés par l’Etat mais par une entreprise privée ? Ensuite, quelles institutions sont d’Etat ? Quel est le statut de La Poste, ou de France Télécom, aujourd’hui qu’ils sont à moitié privatisés ? Pourquoi le Monde interprète-t-il la saillie de Guéant comme signifiant que les signes religieux seront interdits dans le métro, quand celui de Paris par exemple n’est nullement une administration d’Etat ?

C’est qu’il existe une confusion extraordinaire entre « public : du ressort de l’Etat », et « public : ouvert au public ». Certains lieux qui accueillent le public, comme les hôpitaux, sont dirigés par des administrations d’Etat. Mais beaucoup de lieux qui accueillent le public, la plupart en fait, ne sont pas régis par l’Etat, ne sont pas des administrations.

Le deuxième sens de « public », c’est ce qui appartient au public : à tout le monde. C’est le sens d’ « espace public » et de « service public » ; le public dans ces expressions est le public : les gens, et non l’Etat. Et c’est bien dans cet espace public, qu’il s’agisse de la rue, des gares, des cafés, des postes, des hôpitaux, que tout le monde doit pouvoir exprimer ses opinions et défendre ses convictions. Car s’exprimer en « privé », nous le pouvons toujours ; c’est s’exprimer en public qui est un droit que l’Etat doit protéger, et d’abord respecter lui-même. Présenter les croyances religieuses comme relevant ou devant relever du « privé » et de l’ « intime », et interdites d’espace public, cela revient à attaquer la liberté d’expression qui est la traduction concrète de la liberté de conscience. La confusion entre « agents » (d’un lieu régi par l’Etat) et « usagers ».

Si la confusion volontairement entretenue entre les administrations de l’Etat et les services au public est grave, celle entre les personnes qui représentent l’Etat et les usagers l’est encore plus. Car les « usagers » des administrations, ce sont les citoyennes et les citoyens. La première confusion permet de mettre dans le même sac l’ambassadeur, la maire : les fonctionnaires qui en effet représentent l’Etat, et les personnes qui, travaillant dans les administrations, ne sont pas fonctionnaires, ou, fonctionnaires, ne sont pas en contact avec le public, et ne sont donc pas tenus à la neutralité ; cette confusion permet encore de considérer que toute entreprise rendant un service au public -aux gens— relève ipso facto de l’autorité de l’Etat ; c’est cette confusion qu’on a vue dans l’affaire de la crèche BabyLou, où parce que cette crèche accueille le public, ses employées ont été considérées comme étant au service de l’Etat . Eh bien non ! Ni les employées de crèches ni les conductrices de rames de métro ne représentent l’Etat.

La deuxième confusion, elle, assimile les usagers des administrations, les clients du métro, de la poste, de l’hôpital, les élèves de l’école — et maintenant leurs parents— à des fonctionnaires ; en somme elle mène à étendre à tout le monde des obligations de neutralité qui n’incombent qu’aux représentants de l’Etat. C’est cette confusion qui a permis d’interdire l’accès de l’école aux jeunes filles portant le foulard en 2004, en contravention de la loi de 1905.

L’Etat en France a beaucoup traité les personnes comme des sujets : ce qui était logique sous la monarchie. Aujourd’hui que nous sommes citoyennes et citoyens, on dirait qu’une espèce d’atavisme le pousse à continuer de nous contrôler. En jouant sur les mots et en présentant les « transports publics », les « services publics » et « l’espace public » comme des lieux de l’Etat, il entreprend d’y interdire l’expression des convictions religieuses : par exemple la loi contre le port du voile intégral, qui assimilant la rue à une administration de l’Etat, est elle aussi contraire à la loi de 1905. Renouant avec la tradition de l’Eglise « gallicane », aujourd’hui l’Etat veut intervenir dans la religion musulmane, tentant de créer « son » islam, et prétend lui dicter même sa langue de culte. Ceci aussi est contraire à la loi de 1905, qui protège l’Etat de l’ingérence ecclésiastique, mais réciproquement protège les religions de l’ingérence étatique.

La loi de 1905 est bafouée sans cesse depuis plusieurs années ; la liberté de conscience, la liberté d’expression, la liberté de culte n’existent plus. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis : le gouvernement procède, en quelques jours et par des voix différentes (Chatel, Copé, Guéant) à un tir groupé ; si leurs recommandations deviennent lois, il deviendra illégal de manifester sa religion de façon publique.

Mais peut-on interdire une religion ? Peut-on interdire les religions ? Non, toutes les croyances — et l’athéisme est aussi une croyance, contrairement à l’opinion qui est devenue dominante en quelques années, selon laquelle la laïcité est synonyme d’athéisme — doivent être traitées à égalité. Peut-on interdire que les religions soient visibles ? Non, leur visibilité est protégée par la loi de 1905. Peut-on assimiler les usagers à des représentants de l’Etat ? Non. Peut-on assimiler les lieux publics à des lieux étatiques ? Non encore.

Toutes ces nouvelles lois, et toutes ces lois en projet ne bafouent pas seulement la loi de 1905 ; elles sont contraires à notre constitution, et elles sont contraires aux conventions internationales ratifiées par la France. Et ces manœuvres ne tendent pas seulement à mettre hors la loi les religions : ce faisant elles instaurent une mainmise de l’Etat sur les consciences, et dessinent les contours d’une religion d’Etat : d’une seule croyance qui sera imposée, tandis que les autres seront interdites.

Une seule religion, une seule population en ligne de mire Si le but de ces lois était vraiment la mise hors la loi des religions, si seul l’athéisme était permis, l’athéisme deviendrait la religion d’Etat de la France. Et la France serait alors un état totalitaire.

Mais leur but est-il celui-là ? L’islam est visé, sous prétexte que sa visibilité, à l’école, dans la rue, serait contraire à la laïcité, ce qui, on l’a vu, est faux. Et les autres religions ? On argue beaucoup, pour se défier de l’islam, qu’il ne connaîtrait pas et serait incapable de respecter la séparation entre l’église et la politique. Cette séparation est-elle exigée des autres religions ? Notre pays compte un parti officiellement appelé chrétien-démocrate. Quand Christine Boutin l’a fondé en 2009, pas un sourcil ne s’est levé - pensons aux réaction s’il s’était agi d’un parti « musulman-démocrate ». D’autres hommes politiques font état de leur foi catholique devant les caméras de télévision, comme Bayrou, sans que nul ne s’en offusque. L’UMP est affiliée au Parti populaire européen, le regroupement des partis démocrates chrétiens, et le plus grand parti européen. Le président de la république, Nicolas Sarkozy, visite régulièrement, de façon officielle et privée, le Pape. Il est Chanoine de Latran. De nombreuses obsèques officielles d’hommes d’Etat se tiennent à Notre-Dame de Paris. Mitterrand a eu deux obsèques officielles (avec déploiement de militaires), l’une à N.D. de Paris, l’autre dans l’église de Latché. On pourrait multiplier les exemples.

Ces rapprochements entre religion et politique sont-ils des confusions, voire des empiétements blâmables ou sont-ils conformes à la loi de 1905 ? Nul ne le sait car nul ne pose jamais la question.

La question des départements où la loi de 1905 n’existe pas est rarement posée : pourtant dans le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Moselle et la Guyane, la loi de 1905 ne s’applique pas. Elle ne s’y applique pas parce qu’elle n’y existe pas. Dans ces départements les rapports entre les religions et l’Etat sont encore réglés par le Concordat passé entre Napoléon 1er et le pape de l’époque. Les prêtres catholiques, les pasteurs de deux églises protestantes, et les rabbins y sont rémunérés par l’Etat.

Entend-on de perpétuelles dénonciations, des vitupérations quotidiennes contre cette atteinte à l’indivisibilité de la république ? Non : c’est la contradiction cachée, le secret honteux des politiques qui ne supportent pas la vue de 360 « niqab », mais que le sort de trois millions de personnes vivant comme en 1801, dans des terres où la séparation des églises et l’Etat n’est pas arrivée -pourquoi ? — laisse indifférents. Aucun député, aucun sénateur ne soulève jamais cette question.

Non : la question ne se pose qu’à propos de l’islam, et des Musulman.es. Les lois de 2004 sur le foulard, ou de 2010 sur le niqab s’adressent-elles à d’autres vêtements dénotant une appartenance religieuse ? La loi de 2004 sur le foulard le prétend. Mais elle n’a pas été appelée « loi sur le foulard » pour rien : elle prétend interdire les croix chrétiennes, mais seulement celles de dimensions « démesurées ». Ce qui signifie : qui ne sont pas ordinairement portées. Les élèves chrétiens n’ont donc rien eu à changer dans leurs façons de s’habiller. Seuls le foulard, la kippa, et les turbans des jeunes Sikhs ont été interdits. Encore ces derniers ont-ils été reconnus comme des « victimes collatérales » : autrement dit, ils n’étaient pas visés ; le législateur, dans sa bienheureuse ignorance, ne savait pas qu’il y avait des Sikhs en France.

Les coiffes et les voiles des religieuse catholiques, les robes des moines, les soutanes de prêtres traditionnalistes n’ont jamais été inquiétés, ni même mentionnés ; apparemment ils ne dérangent personne, ni dans la rue, ni dans le métro, ni dans les administrations publiques. Ce déferlement de lois sur la « laïcité » ne vise que les Musulman. es. En 2004 on pouvait croire que la loi sur le foulard serait une occurrence unique. Mais dès le passage de la loi, on pouvait constater que cette loi d’interdiction donnait des idées à d’autres personnes. Des particuliers ont interdit l’entrée de banques, de cabinets médicaux à leurs clientes « voilées » (portant foulard), ce qui a occasionné des procès. Mais il ne faut pas s’étonner que les gens prennent la loi dans leurs mains : si le foulard est décrété « mauvais » à l’école, pourquoi serait-il « bon » dans la rue ? D’ailleurs dès le passage de la loi des groupes extrémistes ont demandé que celle-ci s’applique à tout espace « public ».

Ce qu’encore en 2004 on pensait impossible est en train d’arriver. On assiste à une restriction constante des droits des Musulman.es dans l’espace public. Depuis 2004 des écoles et des lycées interdisent aux mères portant un foulard d’accompagner leurs enfants dans les sorties scolaires. Il y a eu des recours : la Halde a confirmé que la loi ne s’appliquait qu’aux élèves. Mais l’offensive continue, et le nouveau Ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, annonce un décret qui affirmerait, au contraire de cette jurisprudence, une interdiction à l’encontre des mères.

Entre 2009 et 2010 une commission parlementaire a siégé pendant 6 mois pour discuter de l’interdiction de la « burqa » (en fait le niqab, ou voile intégral). Tous les avis juridiques qu’elle a recueillis ont été unanimes : professeurs de droit, Conseil d’Etat, Cour européenne des droits humains de Strasbourg ont dit qu’une telle loi était contraire aux principes régissant les libertés individuelles. La France a cependant persisté, et le Conseil constitutionnel s’est fait complice de la volonté politique de la majorité gouvernementale. Même si cette loi est abrogée dans quelques années, à la suite d’un recours devant la Cour de Strasbourg, elle aura eu le temps de faire son travail d’intimidation. Car il s’agit d’instiller la peur dans les esprits des Musulman.es, et l’audace dans les autres. En effet, enhardis par cette pression législative, certains n’hésitent pas à appliquer leur propre loi : ainsi récemment un professeur a refusé d’entendre un étudiant vêtu d’une tunique lors d’un examen. On pourrait citer de nombreux autres exemples d’initiatives individuelles que leurs auteurs n’auraient jamais rêvé de prendre avant 2004. Les Musulman.es se sont tu, ont obtempéré, pensant désamorcer l’hostilité à leur encontre par la docilité, même en face de l’arbitraire et de l’inhumain. Mais cette attitude n’a fait en réalité qu’encourager l’audace et stimuler l’imagination des nombreuses forces qui se sont déclarées leurs ennemis.

La dernière initiative en date est la proposition du chef de l’UMP, Jean-François Copé, d’exiger que les prêches, dans les mosquées, soient faits en français. Cette exigence ne s’appliquerait pas aux autres religions qui utilisent le latin, le grec, l’hébreu ou le russe dans leurs services. Une catégorie légale de sous-citoyens.

Ce dont il s’agit donc, c’est d’abord d’interdire toute visibilité aux Musulman.es : de les rendre invisibles. D’exiger qu’elles et ils se cachent, se dissimulent. Comment ne pas penser à la colonisation ? Et à l’islam des caves ? Ensuite, il s’agit de les poursuivre d’injonctions non seulement à ne pas faire ceci, mais aussi à faire cela (par exemple les prêches en français). En leur demandant de se cacher, on induit l’idée qu’ils sont illicites. En leur imposant une langue de culte, on induit l’idée qu’il est normal, souhaitable, nécessaire de les surveiller de près. Eux, seulement eux ; pas les Chrétiens, les Juifs, les Bouddhistes : non, les Musulman.es.

Ainsi, l’islam et les fidèles de cette religion, mais aussi toutes les personnes qui sont attachées sentimentalement et culturellement à cette religion, sont-ils peu à peu privés des bénéfices de la loi commune : la liberté religieuse n’est plus pour eux. Et poussés hors la loi : l’islam, ses fidèles et toute la communauté de tradition musulmane sont soupçonnés d’être « quelque part » contraires aux lois, et contraires en tous les cas à la loi sur la laïcité. Car cette persécution prétend s’appuyer sur la loi de 1905. Or, c’est le contraire : c’est cette persécution qui est contraire à la loi de 1905.

Il faut maintenant qu’elle CESSE. Que le gouvernement en dise les vraies raisons n’est pas nécessaire. On les connaît : il s’agit de faire comprendre à une partie stigmatisée et discriminée de la population française que la religion à laquelle elle est attachée est quasi criminelle, et que ceci justifie la stigmatisation et la discrimination dont elle est victime.

Ce qui est urgent maintenant c’est de mettre un coup d’arrêt à ces atteintes aux libertés : ce sont elles qui sont hors la loi et criminelles.

Or le gouvernement non seulement n’a pas l’intention de s’arrêter mais il veut parfaire son œuvre avec un code de la laïcité qui interdira aux mères d’accompagner leurs enfants dans les sorties scolaires, aux femmes de choisir leur médecin, qui assimilera tous les services au public à des administrations, qui appliquera la même interdiction de s’exprimer aux représentants de l’Etat et aux citoyens ordinaires : bref qui en finira avec la loi de séparation des Eglises et de l’Etat et avec la liberté de conscience. Les libertés de toutes et de tous seront en théorie diminuées ; mais les rigueurs de cette nouvelle loi, code ou décret, seront appliquées de façon sélective, et réservées de facto à une partie de la population (pour laquelle l’UMP vient de ressusciter le joli nom colonial de « Français Musulmans ») ; c’est elle qui sera astreinte au silence et à l’invisibilité, condamnée à un régime dérogatoire au droit commun : un statut d’exception.

Contre ce qui est clairement une persécution religieuse, il existe un rempart : nos lois en général, et particulièrement la loi de 1905. Il est urgent d’exiger son rétablissement et son application pleine et entière, avant d’alerter les instances supranationales comme l’Europe et l’ONU.

Christine Delphy,

Le mercredi 6 avril 2011

 

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