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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 20:15

 

FEDERATION SYNDICALE MONDIALE

Athènes, le 23 Octobre2010

Solidarité avec la lutte des travailleurs français

Coordination de tous les travailleurs en Europe

Le capitalisme a pourri ! Il a vieilli!

La Fédération Syndicale Mondiale, fondée à Paris en Octobre 1945, a mené un parcours historique de soixante cinq ans caractérisé par des luttes de classe significatives. Elle a toujours été aux côtés du mouvement ouvrier et des droits ouvriers partout dans le monde contre l'exploitation et l'impérialisme. Aujourd'hui, en représentant quatre vingt millions de travailleurs de plus de cent vingt pays, elle salue la lutte grandiose des travailleurs, des jeunes travailleurs, des lycéens en France, qui se renforce jour après jour, et elle exprime sa solidarité internationaliste et profonde avec cette lutte. La FSM soutient les revendications des  manifestants dans les rues de la France.

Le mouvement ouvrier en France, les travailleurs, les jeunes, les licenciés récents, les milliers de chômeurs qui manifestent en masse dans les rues à l'encontre du projet de loi anti-retraites du gouvernement, ont à leur côté des centaines de millions de travailleurs du monde entier qui, avec l'internationalisme prolétarien, sont solidaires et espèrent le renforcement de la lutte et l'approfondissement de son caractère de classe.

La classe ouvrière de la France a une histoire de luttes profondes et glorieuses et ces luttes doivent être les guides pour l'avenir. Le passé récent a démontré que les luttes classistes, massives et coordonnées peuvent avoir des résultats notables, elles peuvent ajourner les mesures anti-populaires, elles peuvent bloquer la politique anti-populaire 

En 1995, Jacques Chirac a été forcé de retirer une  série de réformes qui font partie du cadre européen de Maastricht (notamment sur la Sécurité Sociale).

En 2006, Dominique de Villepin a été obligé de retirer le projet de loi de «Contrat Première Embauche» qui prévoyait la précarité de l’emploi et des relations de travail pour les jeunes travailleurs.

En 2005, lors du référendum pour la Constitution européenne, les simples citoyens et la base du mouvement syndical ont dépassés les obstacles que mettaient les directions syndicales.

Les travailleurs du monde tournent leurs yeux vers les grèves et les manifestations actuelles en France, massives et grandioses. Les travailleurs ne doivent en aucune manière craindre les actions des médias et du gouvernement qui veulent intimider et effrayer les luttes. L'image d'un pays dont le peuple ne baisse pas la tête, gêne seulement ceux qui veulent que les travailleurs soient opprimés. Cette image est pour les autres peuples un message d'optimisme et d'espoir qui signale que cette politique peut être renversée et qu’elle va être renversée.

Cette lutte porte des enseignements pour la classe ouvrière mondiale puisque la politique appliquée par le gouvernement de Sarkozy et les mesures contre les systèmes de retraite et de Sécurité sociale se retrouvent dans de nombreux pays :

Les partis, néo-libéraux et sociaux-démocrates, avec le capital international, forment au travers des institutions impérialistes, comme l'Union Européenne et les Etat-unis, des mesures de gouvernement avec une stratégie commune. Ces mesures servent exclusivement la rentabilité des multinationales et des capitalistes et se tournent contre les intérêts des travailleurs et notamment des jeunes et des femmes. Toutes les fois que les travailleurs sont confrontés au dilemme “néolibéralisme ou sociale-démocratie”, ils ne se sont pas trouvés dans une situation caractérisée par le «moindre mal» mais ils se sont trouvés avoir une défense affaiblie qui est suivie d’une plus grande agression anti-populaire.

Les réformes - les politiques anti-populaires approuvées et appliquées en commun par les gouvernements en Europe, en France, en Grande Bretagne, en Grèce, en Roumanie, en Allemagne, en Italie etc. ont toujours comme objectif central la réduction du prix de travail. C’est une obligation posée par la compétition internationale entre les centres de l’impérialisme : ils réduisent les salaires, ils augmentent l'âge de la retraite, ils diminuent les pensions, ils réduisent des droits de la santé, ils privatisent le système de l'éducation et la santé, ils essaient de supprimer la sécurité sociale. Le patronat se dispense de la plupart de ses engagements et les travailleurs travaillent plus dur, ils reçoivent moins, ils paient plus pour la reproduction de leur force de travail, pour leur survie, pour l'éducation de leurs enfants.

Pour l'application de ces politiques, les gouvernements cherchent des alliés. Leurs alliés les plus utiles sont ceux qui peuvent convaincre les travailleurs, la force motrice de la société. Ainsi, les meilleurs assistants des gouvernements sont les directions du mouvement syndical qui servent les intérêts des gouvernements et des patrons et qui constituent ainsi un grand danger pour les travailleurs. Bien des fois, ils s’adressent aux travailleurs en utilisant un discours militant et sympathique mais ils conduisent la lutte de travailleurs de manière à ne pas empêcher de fait l'objectif final de la politique anti populaire. Ils exigent des compromis, des réformes, de telles directions syndicales cosignent souvent via le «dialogue» les mesures anti populaires, ils collaborent avec le FMI et la Banque Mondiale.

Ces syndicats patronaux, bureaucratiques et compromis, ont aussi établi leur organisme international, la Confédération Internationale des Syndicats. La CSI prétend parler au nom des travailleurs mais elle a de l'animosité contre les travailleurs et leurs intérêts véritables. Elle discute et s'entend avec le FMI et la Banque Mondiale, elle corrompt les consciences et elle tient le mouvement ouvrier enchaîné aux chimères, aux actions menées dans l’impasse, à la collaboration de classe. Elle fait la lutte pour la survie du système capitaliste, un système pourri et vieilli.

Le mouvement ouvrier n'a jamais rien gagné sans la lutte. Les droits ne sont pas offerts. Les travailleurs les ont payés de leur sang et ils les ont acquis par des grèves dures contre le patronat et ses gouvernements. Cependant, les conquêtes du mouvement ouvrier sont toujours sous la menace. Les capitalistes veulent sans cesse supprimer des droits. Ainsi, le mouvement ouvrier doit former les demandes qui tiennent compte de cette situation. La meilleure défense est l'attaque.

Les revendications de chaque lutte indiquent la dynamique de la lutte, son orientation de classe, sa perspective. Les travailleurs dans les conditions actuelles du progrès technologique et de la fabuleuse richesse accumulée, ne peuvent qu’exiger la couverture absolue de leurs besoins modernes. Rien de moins. Ils doivent exiger : le travail stable, les salaires conformes aux besoins, la gratuité et la qualité de la santé, de l'éducation, de la sécurité sociale, des pratiques sportives et culturelles, des loisirs qui soient gratuits et publics. Le mouvement ouvrier conscient doit être constamment contre les projets de l’impérialisme, contre les organismes et les mécanismes impérialistes.

Les travailleurs ont des intérêts communs sans distinction de nationalité, de couleur, de race, de genre. Ils sont des frères, ils doivent lutter ensemble, être camarades et solidaires.

L'agression récente du gouvernement Sarkozy contre les Roms témoigne qu'une attaque contre une partie des pauvres et des couches populaires signale une attaque globale plus dure contre toute la classe populaire. Ce sont les immigrants qui constituent partie la plus vulnérable et la plus exploitée de la classe ouvrière de tous les pays. Mais ils restent toujours une partie de la classe ouvrière. Les travailleurs ont un intérêt unique contre les divisions : l'unité de leur classe et la lutte commune contre l'origine commune des problèmes, contre l'exploitation et l'impérialisme.

Nous apportons nos salutations militantes à vos luttes et nous vous confirmons que le mouvement syndical mondial qui appartient à la famille de la FSM va analyser et discuter au 16ème Congrès Mondial Syndical, qui se tiendra du 6 au 10 Avril 2011 à Athènes, les conclusions des luttes militantes partout dans le monde.

Vive l'internationalisme prolétarien !

Vive la classe ouvrière de la France !


  

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 16:44

 

http://www.blog.mondediplo.net/2010-10-29-Yann-Moix-et-Le-Figaro-condamnes
 
http://www.europalestine.com/spip.php?article5556


Yann Moix et « Le Figaro » condamnés

vendredi 29 octobre 2010, par Alain Gresh

On connaît le réseau de cinémas Utopia qui, depuis des années, tente, d’Avignon à Toulouse, de donner à voir un autre cinéma, de faire entendre une autre voix face aux mastodontes de la distribution. Le réseau a été au cœur d’une polémique pour avoir déprogrammé un film israélien après l’attaque meurtrière contre la flottille de Gaza. Si cette décision a suscité une levée de boucliers dans les milieux du cinéma français au nom de la sainteté de l’œuvre de création, elle a aussi donné lieu à une campagne de solidarité d’intellectuels et de cinéastes israéliens (« Merci Utopia ! ») qui savent que la culture n’est pas au-dessus de la politique.

Anne-Marie Faucon, coresponsable des cinémas Utopia, s’en est expliquée, comme le rapporte Rue89 (Zineb Dryef, « Utopia revient sur sa décision de déprogrammer un film israélien »). Et le dernier numéro de la revue de l’Union juive française pour la paix, De l’autre côté (n° 6), revient sur la question du boycott, et notamment du boycott culturel, le seul qui puisse faire polémique (« Irrécupérable », par Frank Eskenazi). Je n’ai pas trouvé le texte sur Internet (procurez-vous la revue), mais citons-en un extrait :

« Si depuis 2000, les autorités israéliennes ont accru l’aide apportée au cinéma, ce n’est certes pas pour le plaisir de se voir régulièrement couvrir de boue. Mais parce qu’après les kibboutz, les oranges de Jaffa, El Al, Israël a besoin de renouveler son image sérieusement écornée. Or si le cinéma israélien était un genre, que raconterait-il ? (...) Pour qui ignore tout du pays, Israël apparaît comme une société ouverte, vivant passionnément ses contradictions, puisant même en celles-ci la force de se renouveler. Israël, vous avez détesté la guerre, vous allez adorer le film. »

Mais c’est d’une autre histoire qu’il s’agit aujourd’hui : la condamnation de Yann Moix, qui avait diffamé les cinémas Utopia. Le chroniqueur du Figaro était, bien évidemment, soutenu par Bernard-Henri Lévy et ses amis de La Règle du Jeu (« Affaire Moix / Utopia : le dossier intégral ») : « L’affaire est grave. Le dossier est explosif. Parce qu’il a eu le courage de dénoncer l’antisémitisme flagrant d’un article anonyme publié sous l’égide des cinémas Utopia, Yann Moix est aujourd’hui l’objet d’une procédure pénale pour “délit d’injure publique”. »

Utopia avait programmé le film d’Elia Suleiman, Le Temps qui reste . Le texte de présentation notait : « Les tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen. Alors que musulmans et chrétiens coexistaient pacifiquement en Palestine depuis quelques millénaires avec la minorité juive, les puissances occidentales, en totale méconnaissance de la région, et sous la pression d’une nouvelle idéologie, le sionisme, née en Europe au dix neuvième siècle, décidèrent implicitement, et ce bien avant la deuxième guerre mondiale comme l’ont montré les nouveaux historiens israéliens, qu’ils seraient expulsés de leur terre pour satisfaire au rêve d’un Etat juif. Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives, c’est chose faite en 1948 avec plus de sept cent mille Palestiniens jetés comme des malpropres aux frontières, et ce malgré une résolution de l’ONU exigeant le droit au retour : résolution qui, bien que revalidée près de cent fois, ne sera jamais respectée par Israël. »

Moix riposte :

« Le mot “milice” collé au mot “juif”, ce n’est pas un oxymore, c’est une honte. C’est définir, évacuant Auschwitz d’un coup d’adjectif non seulement mal placé mais déplacé, un concept qui donnerait aussitôt vie, dans la foulée, à de jolis avatars comme des nazis juifs, des fascistes juifs, des hitlériens juifs. » Ce qui frappe ici, c’est l’ignorance de Moix qui oublie que ces milices elles-mêmes se qualifiaient de juives, comme l’Etat qu’elles voulaient construire.

Et le chroniqueur du Figaro de poursuivre :

« Ce n’est pas Alain Soral qui a écrit cela, ni Robert Faurisson, ni Dieudonné. Ce n’est pas Robert Brasillach, ou plutôt si : ce sont les Brasillach d’aujourd’hui. Ils ne se déguisent plus en officiers allemands, avec des bottes et des insignes ; ils portent des sandalettes et se parfument au patchouli, aiment la poterie et les bougies bio. Ils sont très à gauche mais de la manière dont, dans les années quarante, on était très à droite. Ils ont la haine des juifs parce que les juifs représentent à leurs yeux la force impériale dark-vadorienne universelle. »

C’est cette formulation de « Brasillach d’aujourd’hui » que la dix septième chambre correctionnelle a condamnée le 19 octobre 2010 : « Eu égard à son sens et à sa portée, celle-ci ne saurait trouver de justification ni dans la qualité d’écrivain de l’auteur, ni dans le registre polémique où il entend se situer et pas plus dans le style “entre deux guerres” susceptible de caractériser son billet, sauf à dégrader gravement le niveau du débat public par des incitations à la haine et à la proscription intellectuelle de ses contradicteurs. » Le tribunal a donc déclaré Francis Morel (représentant Le Figaro) et Yann Moix « coupables du délit d’injure envers particuliers ». Moix a été condamné à payer trois cent euros à chacun des cinémas Utopia ainsi qu’à leurs administrateurs.

Au moment où les attaques se multiplient contre les militants et les intellectuels solidaires des Palestiniens, ce jugement portera-t-il un coup d’arrêt à ces campagnes ? On peut en douter, si on lit les attaques de Pierre-André Taguieff contre Stéphane Hessel, et la défense du premier par le site néoconservateur d’extrême droite dont Taguieff est devenu un éminent collaborateur, Drzz.

PS Ajout du 30 octobre. Une référence à un envoi sur ce blog du 2 octobre 2006 (« Peut-on encore critiquer l’islam ? (II) - La lepénisation des esprits ») où je signalais un livre coordonné par Taguieff et qui développait des thèses contraires à celles qu’il défend aujourd’hui.
 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 16:29

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5558

 

Menaces au sein du Palais de Justice : les voyous de la LDJ récidivent

 

Deux voyous de la "Ligue de Défense Juive" ont été interpellés par la police vendredi pour avoir proféré, une nouvelle fois, des menaces de mort à l’encontre des militants de CAPJPO-EuroPalestine, et ce, une fois encore, dans l’enceinte même d’un Palais de Justice.


Convaincus d’une impunité éternelle, puisqu’ils peuvent accumuler les condamnations à des peines de prison avec sursis sans jamais voir ces derniers tomber, une dizaine de membres de la LDJ étaient venus en « soutien » à Steve Bismuth.

Ce dernier comparaissait devant la neuvième Chambre de la Cour d’Appel de Paris, après avoir été condamné, au début de l’année, à une peine de trois mois de prison avec sursis, pour avoir proféré des menaces de mort, via internet, à l’encontre des membres de notre association, en signant "BetarLiguedeDéfenseJuive".

Dès l’ouverture de l’audience, on pouvait observer le manège menaçant de ces individus, la plupart porteurs de casques, venus pour nous provoquer. La palme dans ce domaine revient sans doute au nommé Jason Tibi, membre de la LDJ, grand copain de Bismuth, qui s’est assis sur les mêmes bancs que nous, dans la salle d’audience, arborant ostensiblement un keffieh palestinien, et espérant peut-être provoquer un incident dans la salle (il s’était fait expulser pour vociférations, lors du procès en première instance). Sans succès.

A l’extérieur de la salle, pendant ce temps, les autres membres de la bande allaient et venaient. Certains passèrent devant un militant de CAPJPO-EuroPalestine, lui glissant à voix basse mais audible : « On va les manger ».

Puis, lors d’une interruption de séance, Olivia Zémor, présidente de CAPJPO-EuroPalestine, Nicolas Shahshahani (vice-président de l’association) et une amie venue assister au procès, se rendirent aux toilettes, accompagnés par un gendarme du palais. Dans un long couloir, arrivent en sens inverse deux des trublions. Une fois à notre hauteur, l’un des deux se lâche, et nous nous menace : « CAPJPO, on aura ta peau ! ». Manque de chance, le gendarme derrière nous, qu’ils n’avaient pas vu, leur ordonne de le suivre.

Si le nombre d’agressions commises par les bandes d’auxiliaires du gouvernement israélien en France commence à être connu, on ignore souvent que ces nervis vont jusqu’à les commettre au sein de tribunaux. Ainsi, le nommé Anthony Attal, chef d’une bande qui avait blessé 4 étudiants de l’AGEN (Association Générale des Etudiants de Nanterre), dont l’un grièvement, dans les locaux mêmes du tribunal administratif de Paris, n’a jamais passé une nuit en prison.

Ce qui n’empêcha pas l’avocat du voyou Steve Bismuth, 21 ans, déjà condamné à deux reprises à des peines de prison avec sursis —pour menaces, mais aussi pour passage à l’acte (incendie d’une moto)— de vanter les mérites de la LDJ, et même ceux du Bétar, en revendiquant le fait d’en avoir lui-même fait partie !

Ceci face à des juges, qui affirmèrent vouloir "écarter toute considération politique, et s’en tenir à la seule infraction du prévenu".

Ce nouvel avocat choisi par Bismuth (défendu par le cabinet de Goldnadel en première instance) fit, outre l’arrogance, le choix de l’absurdité, en plaidant que son client ne nous avait pas menacé de mort, mais seulement de violences physiques. Les balles qu’il nous avait dédicacées dans son mail ne constituent pas une menace de mort, expliqua-t-il, car les balles ne tuent pas dans tous les cas !

Maître Dominique Cochain, notre avocate, fut amenée à relever une autre énormité dans ses conclusions. L’avocat de la LDJ ne craignait pas en effet d’affirmer, qu’en promettant à CAPJPO-EuroPalestine « Pour un œil les deux yeux, pour une dent toute la mâchoire », son brave client n’avait opéré « qu’un simple rappel de la loi du Talion ».

Maître Cochain, fit aimablement remarquer que, sans être personnellement une spécialiste du Code d’Hammourabi ni de la Torah, elle avait quand même le souvenir d’un énoncé légèrement différent concernant cette fameuse loi du Talion, plus communément connue pour dire : « Œil pour œil, dent pour dent ».

C’est dans ce contexte que l’avocat général a requis la confirmation du jugement de première instance, soit trois mois de prison avec sursis, en soulignant que le recours à l’intimidation et à la violence pour contrer des personnes qui défendent des opinions, constituait un grave danger pour la démocratie. L’arrêt de la Cour d’Appel, mis en délibéré, sera rendu le 3 décembre 2010.

CAPJPO-EuroPalestine

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 17:39

 

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Salah_Hamouri.jcl.191010.htm

Comité national de soutien à Salah Hamouri

"Je ne suis pas un héros"

Le 5 octobre 2010, Jean-Claude Lefort a rendu visite à Salah Hamouri dans la prison de Gilboa. Son récit de cette rencontre.

 

Gilboa. 5 octobre. 11heures. C’est la quatrième fois que je rends visite à Salah Hamouri, dont trois ans dans sa lugubre prison de Gilboa, située au nord d’Israël. On longe un long mur gris. Une première prison où se trouvent 600 prisonniers puis la « sienne », attenante, avec 800 autres détenus, des Palestiniens mais aussi 8 Syriens du plateau du Golan annexé. Au bout de ce long mur, l’entrée. Toujours le même rituel.

 

Après avoir passé une lourde porte métallique verte on décline son identité. Dépose de ses papiers d’identité auprès du gardien qui se tient à droite, derrière une grille. Des échanges entre le personnel pénitencier par talkies-walkies. On ne déchiffre qu’un seul mot « sarfati », c'est-à-dire « Français » en hébreu. Conciliabules. Le feu vert est donné. On passe alors sous le détecteur électronique. Mon paquet de cigarettes intrigue. On le regarde avec minutie. Dehors, dedans.

 

C’est bon. Rien à signaler d’anormal.

 

Une seconde porte verte, tout aussi lourde, s’ouvre. Un autre gardien attend. On est dans le patio réservé au personnel, des hommes et des femmes. M’accompagne pour cette visite un des premiers Conseillers de l’Ambassadeur de France à Tel-Aviv. On nous conduit à gauche vers un haut grillage. Il y a une porte au milieu. Il l’ouvre. Cliquetis de la serrure. On passe un couloir d’un mètre de large sur une bonne trentaine de mètres de long. La porte se referme sur nous. On nous installe dans une pièce étroite dans laquelle il y a quelques chaises avec de rabats en bois pour écrire. On s’assied et on attend Salah. Un gardien assis face à nous.

 

Salah arrive du fond de ce couloir dans lequel nous sommes entrés. Il est 11h15.

 

Nous nous embrassons chaleureusement. Plusieurs fois. Je pense à ses parents qui ne peuvent pas le faire. Tapes vigoureuses dans le dos. Sourires. Je le trouve amaigri. Il s’assied et sort un petit calepin du fond d’une poche de sa tenue marron foncé.

 

Il me dit qu’il a écrit ce qu’il va me dire mais après avoir écouté les autres prisonniers qui connaissent l’existence de cette rencontre.

 

Ces prisonniers, nous dit Salah, sont de toutes les tendances politiques. Ils se retrouvent ensemble chaque jour. Deux fois. Une fois le matin avant midi. L’autre fois avant 17 heures. Environ quatre heures par jour.

 

Et on verra, à lire ce qui suit, à quel point, d’une part, les prisonniers sont très informés, et combien, d’autre part, leurs analyses convergent indépendamment de leur appartenance politique.

 

Salah, qui parle donc au nom de ses camarades d’infortune, tient à évoquer devant nous plusieurs points dûment notés sur son petit calepin.

 

Tout d’abord il veut évoquer l’attitude américaine. Il considère, je veux dire « ils considèrent », que les Américains ne bougent sur le sujet du Proche-Orient que dans deux cas. Ou bien quand une guerre se prépare comme au moment de l’Iraq. Ou bien quand ils estiment que leurs intérêts sont menacés au point de créer des problèmes sérieux pour eux en interne. Dans le cas présent c’est la seconde hypothèse qui est retenue.

 

L’aventure en Afghanistan, en particulier, pose de sérieux problèmes politiques intérieurs. D’où leur volonté de voir les factions afghanes discuter entre elles en incluant les Talibans. Ou encore leurs initiatives concernant le Proche-Orient dès lors que celui-ci constitue à leurs yeux un nœud ou un enjeu majeur d’où découlent des difficultés qu’ils rencontrent par ailleurs. Si les Américains font certaines pressions s’agissant du conflit israélo-palestinien, c’est en raison de cela.

 

Il en vient ensuite à la situation palestinienne. Et à l’attitude de l’Autorité. D’une phrase il caractérise la situation : Abou Mazen gère la crise mais pas la solution…

 

Les Israéliens ont déjà dessiné les frontières de leur Etat : la colonisation de Jérusalem-Est, l’occupation de la Vallée du Jourdain, aucun retrait, au contraire, n’est en vue, les colonies avancent sans cesse. Israël est ainsi devenu ainsi la seule fenêtre pour notre économie. Tout ce qui se produit légitimise finalement les colonies et l’occupation. Aucun signe contraire ne vient contrarier ce mouvement, pas même évidemment la lettre « éventée » d’Obama où est acceptée la colonisation de la vallée du Jourdain. Dans ces conditions Abou Mazen « est trop faible » pour négocier de manière utile. Il « gère » la donne actuelle, il ne dégage pas l’avenir…

 

Un autre exemple qui le confirme constitue son attitude (à Abou Mazen), son comportement vis-à-vis de la question des prisonniers.

 

« Il y a 8.000 prisonniers palestiniens qui sont suspendus en l’air sans connaître leur destin. On ne parle pas d’eux. Jamais. Or on n’a jamais vu une négociation menée en vue de la libération nationale qui n’évoque pas la question des prisonniers de manière récurrente. Or, ici, c’est le cas : on n’existe pas. Ah certes, on dit, à Ramallah, qu’on va doubler notre « solde ». On essaie d’acheter notre destin, réduits au silence. De nous calmer. Cela n’a aucun sens pour nous. On ne veut pas d’argent mais notre libération qui n’est visiblement pas une priorité du tout. On est ignoré… Alors quoi : quelles négociations ? »

 

Salah aborde un quatrième point. Il a tout écrit minutieusement. De temps en temps le gardien va se dégourdir les jambes, d’autant plus qu’il ne comprend pas un mot de « sarfati ». Salah parle de l’insensée exigence des Israéliens de vouloir imposer aux Palestiniens l’acceptation d’un « Etat juif ». Avec ses amis, il pense que de la sorte les Israéliens veulent purement et simplement se débarrasser des 1.500.000 Palestiniens qui vivent en Israël en les transférant et qu’ils veulent, par là même, tuer le principe du « droit au retour ».

 

Il parle de l’eau, confisquée par Israël et que les Palestiniens doivent acheter alors qu’elle leur appartient. Il parle de Jérusalem et de la colonisation accélérée de la ville pourtant considérée comme la « capitale des deux Etats », ceci dans l’indifférence - autre que verbale - de la communauté internationale.

 

Après ce « tableau » de la situation, il convient, dit-il, de trouver une solution.

 

Il dit que le pire serait de vivre dans l’illusion que quelqu’un apportera la paix en Palestine. On parle de construire un Etat viable mais c’est quoi aujourd’hui ? « C’est comme si nous étions dans une salle d’urgence avec pleins de tuyaux dans les bras et tout le corps avec comme seule possibilité : celle de respirer ».

 

Les gens en ont marre, dit-il avec force. Cela peut exploser on ne sait comment. Il nous faut donc remplir un certain nombre de conditions. Nous devons réaliser impérativement l’unité inter palestinienne, insiste-t-il avec force.

 

C’est possible, assure-t-il. Les « Accords du Caire » de 2005 en offrent la possibilité acceptable pour tous les partis politiques.

 

Il nous faut aussi un programme et une stratégie populaire et établir des étapes. Trancher une bonne fois la question de la lutte armée ou de la lutte pacifique. Bref, nous doter d’une stratégie à nous.

 

Il me parle après des conditions de vie en prison. « On en a déjà parlé l’autre fois » se souvient-il parfaitement.

Il en a parlé aussi avec Monique Cerisier Ben-Guigua quand notre amie sénatrice est venue le voir en prison.

 

Il ne reçoit toujours pas de livres. Aucun prisonnier n’en reçoit. Je lui ai amené trois livres de la part de sa famille. Un gardien les a pris pour les consulter. Je ne sais s’ils passeront. Quant au courrier il lui arrive bien. Je lui dis que j’ai remarqué que quand des amis lui écrivent et qu’ils mettent leurs adresses au dos, ces lettres reviennent systématiquement en France.

 

Il me redit avec insistance à la fois ses remerciements à tous pour ces lettres envoyées auxquelles il ne peut pas répondre malheureusement et combien ce sont pour lui des « rayons de soleil »qui percent les murs de sa prison. Je lui dis que le soir même de ce 5 octobre il sera fait « Citoyen d’honneur de la commune de Beaumont ».

 

Il sourit et remercie encore et encore tous les solidaires, autant de signes qu’il transmet à ses camarades de prison.

Etant allé dans le plateau du Golan, je lui dis de transmettre les salutations d’un ami syrien rencontré sur place. Il y a 8 Syriens, du plateau, dans la prison.

 

Nous parlons de l’avenir. De sa sortie pour laquelle nous luttons sans cesse. Il le sait et nous remercie. Avec un sourire il dit que « déjà je n’étais pas dans l’agenda de Nicolas Sarkozy, alors, avec tout ce qui se passe en France, je dois l’être encore moins. Il a beaucoup à faire aujourd’hui, non ?»

 

« Si je sors en novembre 2011, sans aucune remise de peine, je passerai un mois à Jérusalem pour revoir mes amis et rester avec ma famille. Je viendrai vite en France après ». Et les études ? « Je ne peux plus les poursuivre. 7 ans de prison et ensuite 4 ou 5 ans en plus à faire supporter à mes parents, non… J’ai un frère et une sœur dont mes parents doivent s’occuper. Je ne veux pas leur faire supporter plus. Alors je chercherai un travail, sans aucun doute ».

 

On parle de sa vie, à lui, en prison. Il ne parle jamais de lui. Jamais.

 

Il est en confiance et me dit : « A Ramallah on nous présente comme des héros mais je ne suis pas un héros. J’ai mes peines, des moments difficiles, oui, je ne le cache pas. J’ai des joies également. Je suis un être humain. Tout simplement. Un être humain. »

 

On doit se quitter. Il est 12h30. Nous avons pu discuter une heure et quart. On sort dans ce couloir où nos chemins se sépareront une nouvelle fois. Je lui offre une cigarette. Nous fumons ensemble. Un gardien s’approche. Il faut qu’il retourne dans sa prison. On s’embrasse encore et encore. Il part. Nous passons la petite porte. Un regard encore vers lui. Il se retourne justement. Nos yeux se croisent. On se sourit. Je lève la main en sa direction… Je lui lance : « A bientôt. Mais dehors, Salah ! »

 

Jean Claude Lefort

 

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 17:13

 

1870, 1936, 1945, 1968, 2010, le peuple de France écrit une nouvelle page de son histoire, il part encore une fois à l'assaut du ciel.

Nous ne connaissons pas de mouvement social objectivement aussi fort dans le cadre d'une organisation politique subjectivement aussi faible. Le mouvement social n'est pas tout et le but politique n'est pas rien mais le mouvement social n'était jamais aussi près de la totalité et le but politique aussi près du néant.

Les confédérations syndicales françaises mettaient en place un système de digues pour la canalisation du mouvement social, un calendrier de journées d'action pour des négociations entre le gouvernement et elles mêmes pour une bonne réforme des retraites.

Il n'y avait pas de bonne réforme des retraites, il n'y avait pas le début de commencement de négociations pour une bonne réforme des retraites, le mouvement social demandait tranquillement le retrait du projet de loi dans le cadre de ces journées d'action. Le mouvement social ignorait la revendication de l'intersyndicale et réciproquement. Aucune force politique et syndicale ne contestait le calendrier des journées d'action. Plusieurs fédérations de la CGT appelaient à la grève reconductible. La confédération CGT n'appelait pas à la grève reconductible mais en même temps elle ne faisait rien contre les appels de ses fédérations.

Toute grève de masse et toute participation de plusieurs millions de personnes à des manifestations sont objectivement des grèves et des manifestations politiques et posent objectivement la question du gouvernement et pourtant aucune organisation ne posait cette question. De temps en temps, on trouvait un appel pour un référendum ou bien pour la dissolution du parlement mais ces appels n'avaient aucune sorte de réalité.

Le mor d'ordre "De Gaulle, dix ans ça suffit" sortait de la grève générale de mai 1968 et aboutissait treize ans plus tard à l'élection d'un président de gauche et d'une majorité de gauche au parlement. Depuis 1995, des présidents et des gouvernements de droite extrême appliquent un programme réactionnaire d'extrême droite. Il y avait deux candidats de droite aux élections présidentielles de 1995, Chirac et Balladur. Aux élections présidentielles de 2002, la participation de Le Pen au deuxième tour est la principale cause de la deuxième élection de Chirac. L'élection de Sarkozy aux élections présidentielles de 2007 est le résultat du vote Sarkozy d'un million d'électeurs d'extrême droite. De ce point de vue, Sarkozy est effectivement la version française de Thatcher, Reagan, Bush, Merkel et Berlusconi. Le gouvernement Sarkozy est le gouvernement des Versaillais, le gouvernement le plus réactionnaire depuis Vichy.

Le mouvement social tirait objectivement les leçons des grèves de masse de 1995, 2003 et 2006, il posait la question de la grève par procuration, de la grève reconductible et du blocage de l'économie.

Le gouvernement cassait la grève des raffineries par l'utilisation de l'arme de la réquisition pour la première fois depuis la grève des mineurs de 1963. Le parti socialiste marseillais demandait la réquisition des éboueurs de Marseille. Le gouvernement cassait la mobilisation des lycéens et des étudiants par de violentes provocations policières à Paris, à Nanterre, à Lyon et ailleurs. Il y avait des milliers d'arrestations, des dizaines de condamnations en comparution immédiate.

Quand le mouvement social de septembre octobre 2010 éclate au début du mois de septembre 2010, le mouvement ouvrier et populaire sort et traverse une longue période de trente ans de réaction, de résistance et de luttes défensives. La totalité des organisations politiques et syndicales de gauche et d'extrême gauche sort et traverse une longue période de trente ans de crise existentielle. Les organisations syndicales décident du calendrier des journées d'action. Les organisations politiques sombrent littéralement dans les immenses raz de marée de millions de personnes, elles occupent le trottoir des manifestations parisiennes. Il y avait au moins deux appels électroniques de syndicalistes pour la grève générale mais personne ne les diffusait jamais dans aucune manifestation parisienne.

Comités de grève, piquets de grève, caisses de grève, comités d'action, assemblées générales interprofessionnelles, coordination nationale lycéenne, coordination nationale étudiante, le mouvement social inventait à nouveau les formes les plus classiques de l'auto organisation des masses, de l'autonomie ouvrière et populaire, comme si nous étions à l'aube du mouvement ouvrier. L'histoire du mouvement ouvrier international est vraiment une histoire de ruptures de générations successives.

Bernard Fischer     


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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 17:27

 

Environ deux cent personnes, représentant différentes organisations syndicales et populaires brésiliennes, ont fait une manifestation de solidarité et de soutien à la lutte des travailleurs et de la jeunesse de France pour le retrait du projet du gouvernement de Sarkozy qui attaque le droit à la retraite dans ce pays.

Dans la matinée, environ deux mille personnes issues d'organisations de tout le pays ont fait une manifestation devant le Ministère du travail en de l'emploi, pour défendre la liberté et l'autonomie syndicales et contre les attaques subies par ANDES-SN (Syndicat national des enseignants de l'enseignement supérieur au Brésil).

Dans l'après-midi, des étudiants et des représentants de différentes organisations se sont dirigés vers l'ambassade française, où a été remis un document en solidarité avec la lutte des travailleurs et des jeunes, et où nous exigeons l'arrêt immédiat de la répression, ainsi que le retrait du projet d'attaque contre les retraites.

Nous sommes convaincus que la victoire des travailleurs et des jeunes français à l'heure actuelle renforce la lutte de tous les travailleurs dans le monde entier contre les tentatives de faire payer la crise impérialiste internationale par les travailleurs et les secteurs exploités et opprimés.

Nous ne paierons pas pour l'orgie de spéculation internationale.

Toute action d'unité et de solidarité que nous pouvons développer en ce moment, alors que le gouvernement français maintient l'intransigeance et augmente la répression pour tenter de vaincre la mobilisation, est décisive.

Nous appelons toutes les organisations ouvrières et mouvements sociaux à multiplier les actions de soutien et de solidarité, conformément à leur réalité spécifique, et cela particulièrement en Europe, où des batailles avec le même contenu se déroulent dans pratiquement tous les pays.

CSP Conlutas

Centrale syndicale et populaire du Brésil

vendredi 22 octobre 2010

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 17:07

 

Groupons nous et demain ! - La crise internationale et les alternatives de gauche, Paris, coll. Correspondances Internationales, Le Temps des cerises, 2010, 291 pages.

Ouvrage édité dans la foulée du Séminaire international : « La gauche et la crise internationale », Sao Paulo, 20-21 juin 2010. Lancé à l'initiative de Correspondances internationales, et organisé par le Parti communiste du Brésil, le Parti des travailleurs du Brésil, la Fondation Mauricio Grabois, la Fondation Perseu Abramo.

Publication rassemblant les interventions des participants à ce séminaire et d'articles envoyés par intervenants extérieurs. Mise en page, traduction, adaptation par l'équipe des militants de Correspondances internationales : Patrick Theuret, Jean-Pierre Pineau, Henri Blot, Danielle Follett, Jimmy Jancovich, Frédéric Delorca, Bruno Drweski. Avec le soutien des éditions Le Temps des cerises et de la Fondation Gabriel Péri.

Préface, Patrick Theuret, Coordinateur de Correspondances Internationales

La gauche dans la lutte anti-impérialiste, José Reinaldo Carvalho, Secrétaire international du Parti communiste du Brésil (PcdoB). (Sur la crise du capitalisme qui remet à l'ordre du jour la question de l'internationalisme et du socialisme).

Quelle crise ?

La crise capitaliste globale : un point de vue marxiste, Sitaram Yechury, Responsable du département international du Parti communiste de l'Inde (marxiste). (Travailler à la convergence des mouvements anti-globalisation afin de déboucher sur un puissant mouvement anti-impérialiste).

Analyse de la crise financière actuelle du point de vue de l'économie marxiste, Ma Jingpeng, littéraire, politologue, Bureau du Centre de compilation et de traduction auprès du Comité central du Parti communiste chinois. (La contradiction fondamentale du capitalisme entre la socialisation de la production et la propriété privée des moyens de production, et la crise actuelle qui pousse au rééquilibrage en Chine des rapports intérieurs en faveur de la propriété publique, du contrôle étatique de l'économie et de la promotion des classes populaires).

Le glas sonne pour le dollar, Fidel Castro, dirigeant de la Révolution cubaine. (l'illusion de la puissance du dollar depuis 1971 et la tendance actuelle visant à rééquilibrer les rapports monétaires internationaux).

Transformations et crise du capitalisme mondialisé, Paul Boccara, économiste, membre de la commission économique du Parti communiste français et de la rédaction de la revue Economie et politique. (La crise systémique radicale du capitalisme et les possibilités de maîtriser et de commencer à dépasser les marchés par de nouvelles initiatives d'appropriation sociale).

Pourquoi planétaire, « globalisé » ?, Sergio Ribeiro, économiste, membre du Comité central du Parti communiste portugais. (Développement, nations, financiarisation, écarts entre pays fortement inégalitaires et pays moins inégalitaires et le développement de forces productives toujours plus socialisées).

La crise aujourd'hui et demain !, François Morin, économiste, ancien membre du Conseil général de la Banque de France. (La crise avait été prévue et analysée par lui avant qu'elle n'advienne, et elle ne s'arrêtera pas avec les mesures prises actuellement par les Etats).

Quel monde  ?

La crise internationale vue des Etats-Unis, William K. Tabb, économiste. (La désindustrialisation, la dérégulation et les déséquilibres mondiaux comme facteur de crise provoquant une crise de légitimité du capitalisme, ce qui permet d'ouvrir une longue lutte pour redéfinir les rapports de classe).

La crise financière en Grande-Bretagne, John Foster, professeur en sciences sociales, secrétaire international du Parti communiste de Grande-Bretagne. (La financiarisation du capitalisme prévue par Marx aboutit à la dislocation du marché capitaliste et elle est aujourd'hui particulièrement profonde en Grande-Bretagne à cause de la financiarisation de son économie, ce qui met ce pays désindustrialisé dans une situation de « transition » telle qu'annoncée par Marx).

La Russie face à la crise, Gyula Thurmer, politologue, Fondation pour une Hongrie neutre, Président du Parti communiste ouvrier hongrois. (La crise du capitalisme financiarisé pousse la Russie vers trois directions possibles : ou la soumission aux puissances impérialistes, ou l'évolution vers un capitalisme national ou la révolution socialiste).

Pologne : « Plus le revenu national augmente, plus l'exploitation et la souffrance s'acroissent », Piotr Ikonowicz, juriste, Chancellerie de la justice sociale, dirigeant de la Nouvelle gauche. (En Pologne, le chômage augmente en même temps que la croissance, ce qui force les travailleurs à travailler plus longtemps et à être moins payés tout en produisant plus tandis que les espaces de pauvreté augmentent).

L'Inde d'aujourd'hui, Paulo Fagundes Visentini, professeur de relations internationales, Brésil. (Les progrès économiques réalisés en Inde, sa coopération avec d'autres pays limitrophes ou du tiers monde mais aussi avec les USA constituent des facteurs de contradictions pour l'avenir qui empêchent pour le moment de classer la politique de ce pays dans les rapports de force internationaux).

Chine : Emergence dans un monde contemporain, Wladimir Pomar, Ecrivain, dirigeant du Parti des travailleurs, Brésil. (Le rôle combiné du marché et de l'Etat en Chine dans l'affirmation de la puissance technologique et scientifique et de la diminution de la grande pauvreté).

L'Afrique face à la Chine : Ouverture « néo-coloniale » ou nouveau partenariat stratégique ? (les leçons de l'histoire et ...de la crise actuelle), Gourmo Abdoul Lô, juriste, secrétaire international de l'Union des forces de progrès de Mauritanie. (Les différences entre la politique des puissances occidentales en Afrique par rapport à la Chine qui contribue à déserrer l'étau de l'impérialisme, participe au développement d'entreprises locales et prend en compte les critiques faites par les Africains contre le mercantilisme des entreprises chinoises).

Quelle résistance ?

La majorité des travailleurs contre les mesures du gouvernement, de l'Union européenne et du FMI, Georges Pontikos, responsable des relations internationales du Front militant de tous les travailleurs – PAME, (Grèce). (Les luttes sociales en Grèce et leurs perspectives).

L'Amérique latine et la période historique actuelle, Emir Sader, sociologue, Conseil Latino-américain de sciences sociales. (Les effets des politiques des gouvernements post-néolibéraux d'Amérique latine dans l'émergence d'un monde nouveau en rupture avec le monde dépassé du capitalisme néolibéral).

L'Afrique du sud et le continent africain face à la crise : l'analyse du Parti communiste sud-africain, Chris Mathlako, Secrétaire international du SACP. (Les luttes du SACP et des syndicats sud-africains pour infléchir la politique gouvernementale en faveur de travaux publics, soutenir la production nationale et introduire la couverture sociale complète dans le cadre d'une mobilisation permanente de la classe ouvrière).

Réflexions sur la crise globale et les défis pour Cuba, Osvaldo Silva, département international du Parti communiste cubain. (es causes profondes de la crise mondiale du capitalisme et la résistance de Cuba pour le maintien de la protection sociale des plus faibles dans un contexte de renforcement des solidarités internationales avec les pays de l'ALBA).

L'économie de marché d'orientation socialiste du Vietnam et les mesures contre la récession, Duong Minh, Directeur général de la Commission des relations internationales du Parti communiste du Vietnam. (La capacité de résistance de l'économie vietnamienne face à la crise grâce à la planification qui évite les défauts du marché libre et a le soucis du développement de l'économie nationale et de la prise en compte des besoins des classes laborieuses).

Guérir de la crise financière, Wang Dong, politologue, Centre chinois pour les études du monde contemporain. (La réaction de la Chine face à la crise internationale par l'aide à la demande intérieure, la planification à long terme, la coordination des efforts Etat-marché et la prise en compte des besoins sociaux et sanitaires de la population comme contribution de la Chine à la prospérité de toute l'humanité).

Quelle alternative ?

Au commencement d'un long voyage. Crépuscule du capitalisme, nostalgies, héritage, barbaries et espérances à l'aube du vingt et unième siècle, Jorge Beinstein, universitaire, Parti communiste d'Argentine. (L'épuisement de la civilisation bourgeoise, les dangers de nouvelles aventures fascistes ou impérialistes, la marche vers la barbarie et la résistance des opprimés).

Sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise ?, Samir Amin, économiste (Egypte), Directeur du Forum du Tiers-monde, Président du Forum mondial des alternatives. (La parenthèse du capitalisme se referme et mène vers le socialisme grâce à la renaissance d'une conscience internationaliste).

La crise pour sortir du capitalisme ?, Tony Andreani, politologue. (La crise du capitalisme et les alternatives qui existent avec le retour possible vers une économie planifiée, non plus administrativement mais programmatiquement).

Sur la transition vers le socialisme, Ali Rodriguez, Direction nationale du Parti socialiste uni du Venezuela, ministre du pouvoir populaire pour l'énergie électrique. (La révolution culturelle et la prise de contrôle de l'énergie comme facteur fondamental d'une économie populaire).

Le Parti communiste du Brésil face à la crise du capitalisme et les perspectives du Brésil, Renato Rabelo, Président du PCdoB. (L'anti-impérialisme et l'anti-latifundisme comme éléments centraux du nouveau projet national de développement assurant la défense de la nation, la démocratisation de la société, le progrès social et la solidarité sud-américaine).

Perspectives et craintes sur l'avenir du système, Roberto Amaral, politologue, vice-président du Parti socialiste brésilien. (L'action révolutionnaire indispensable pour vaincre la crise du capitalisme en accordant un rôle actif aux masses).

Quelques idées sur la lutte pour le socialisme au vingt et unième siècle, Valter Pomar, Secrétaire exécutif du Forum de Sao Paulo, secrétaire international du Parti des travailleurs (Brésil). (Le raffermissement de la lutte à l'échelle internationale par l'internationalisme, la planification démocratique, le souci de l'environnement et la propriété publique des moyens de production).

Annexes :

Compte-rendu du séminaire international de Sao Paulo, qui a vu la participation de plusieurs centaines de personnes venues des pays et partis cités plus haut, des militants de Correspondances internationales et des partis communistes et de gauche de toute l'Amérique latine, d'Espagne, d'Allemagne et d'Italie.

Correspondances internationales organisera avec le Parti communiste sud-africain le prochain séminaire annuel international en 2011 en Afrique du Sud.

Le présent ouvrage, publié en France, est en cours de traduction en anglais (édition en Grande-Bretagne et en Inde), en espagnol (édition en Espagne et au Venezuela), en portugais (édition au Brésil).





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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 17:18

 

http://www.palestine-solidarite.org/dossier.Irak.Gilles_Munier.241010.htm

http://www.france-irak-actualite.com/article-le-regime-de-bagdad-sous-le-feu-de-wikileaks-59537045.html

Le régime de Bagdad sous le feu de WikiLeaks

Gilles Munier

Les quatre cent mille documents classifiés diffusés par WikiLeaks n’apprennent rien aux Irakiens. Pour eux, la mort rode toujours au coin de la rue ; des hommes, des femmes et des enfants sont assassinés, torturés, mutilés, violés dans des prisons, secrètes ou non. Mais, les Irakiens sont tout de même heureux que leurs malheurs soient enfin sur le devant de l’actualité mondiale. Les rapports internes des autorités militaires américaines ont, en effet, le mérite d’attester, partiellement, ce que de nombreux observateurs dénoncent inlassablement depuis 2003.

Pour le pouvoir : un complot fomenté à l’étranger

Visiblement sur la défensive, Nouri al-Maliki n’a rien trouvé de mieux que d’accuser WikiLeaks de saboter sa campagne électorale, affirmant que la date choisie pour publier les documents n’était pas neutre. Un de ses proches, Haïdar Al-Jourani, est allé plus loin en parlant de complot fomenté à l’étranger (sans dire de quels pays il s’agit). Il a annoncé que le Premier ministre sortant allait porter plainte contre le site Internet pour diffusion de documents mensongers concernant sa participation à des massacres et à des arrestations. Ce n’est pas l’avis du sadriste Hakim Al-Zamili, ancien ministre de la Santé, pour qui WikiLeaks confirme les violations dénoncées par son mouvement sur les violations des droits de l’homme par les forces irakiennes.

Jawad al-Bolani, ministre de l’Intérieur sortant, particulièrement visé par certains rapports, veut contre-attaquer en créant une commission sur les abus commis par les troupes américaines entre 2003 et 2009. On ne peut que l’approuver. Il est trop facile d’accuser le régime de Bagdad de tous les crimes. Mais ce ne sera qu’une enquête morte-née de plus, les Irakiens ne comptant plus les annonces de ce genre, jamais suivies d’effets.

Les dirigeants irakiens pourraient être condamnés pour crime de guerre

Dans l’opposition parlementaire, Oussama Nujaifi, membre important d’Al- Iraqiya, a fort justement constaté que les crimes et les abus documentés par WikiLeaks n’étaient qu’« une petite partie de la réalité de ce qui s'est passé en Irak ». En revanche, il s’est bien gardé d’ajouter qu’Iyad Allaoui, chef de son bloc électoral, est impliqué dans des meurtres qualifiés de crimes de guerre, à commencer par le plus effroyable d’entre eux : le massacre de Fallujah en 2004.

A la différence de George W. Bush et des troupes étatsuniennes, pour l’instant hors d’atteinte de la justice, car exemptés scandaleusement des domaines relevant de la compétence du Tribunal pénal international, les dirigeants irakiens sont passibles d’une condamnation devant cette juridiction. Pour l’administration américaine actuelle, cette menace pourrait être une façon de les tenir en laisse.

Source : WikiLeaks documents, the first reactions in Iraq (Road to Iraq – 23/10/10)



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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 16:43

 

http://www.socialisme-2010.fr/socialisme-maintenant/editoriaux.htm#charles2410

 

 

Débattre, animer, décider, permettre aux salariés et aux jeunes de prendre leur sort entre leurs mains, par Charles Jérémie

 

Le mouvement de grève et de manifestation commencé début septembre est de loin plus puissant que celui de 1995. En durée comme en nombre, quelle richesse, quelle ampleur ! Jamais l’adage selon lequel seules les batailles non menées sont perdues d’avance  n’a été mieux illustré. Remettre en cause l’âge de la retraite n’est pas vraiment une décision propre de Sarkozy. Tous les gouvernements européens l’ont mis en œuvre. L’accord de Lisbonne cosigné par Chirac et Jospin le prévoyait. La bourgeoisie française comme souvent est en retard. Elle devait y « aller ». Les conditions politiques mêmes qu’elle a utilisées, ses erreurs tactiques illustrent la difficulté historique – depuis au moins mai 1968 - d’agir contre le salariat malgré l’aide, active, directe des appareils, des dirigeants politiques et syndicaux. Politiques pour gouverner, syndicaux pour gérer le « social ».

 

Ce dispositif n’a pas fonctionné. Le particularisme de la manière de gouverner -ou non gouverner - de Sarkozy a provoqué un pataquès. Les appareils syndicaux voulaient un peu de grain à moudre pour traiter. Sarkozy a pensé qu’il pouvait se « refaire », passer en force, l’emporter sans véritable combat. Les dirigeants syndicaux ont mis en œuvre la méthode habituelle : organiser des journées d’action pour éviter le problème de la grève générale et démoraliser. Ca n’a pas marché.

 

Malgré ce cadre pourri, les salariés se sont mobilisés. Moins dans les grèves que dans les manifestations. Des centaines de milliers, peut-être des millions se sont dressés. Bien sûr contre les retraites. Contre la « réforme » de l’école, contre les conséquences de la crise. Contre. Plus qu’en 1995 c’est un véritable coup d’arrêt à la politique social -libérale que les salariés ont tenté de porter. Mais les forces rassemblées étaient insuffisantes. La jonction appareils - Sarkozy paraissait pouvoir l’emporter.

 

Les jeunes sont arrivés. Tout a changé. Tout. Victor Serge écrit que tous les vingt ans, une nouvelle génération révolutionnaire voit le jour. Peut-être. Dans tous les cas, même pendant et après le CPE, la jeunesse n’avait pas cette puissance, cette maturité, cette générosité. En 1968, ce sont les étudiants, leurs combats qui ont provoqué l’entrée en lice des ouvriers. Au CPE les jeunes se sont mobilisés avec le soutien, la sympathie des parents. Là ce sont les salariés qui d’une certaine manière ont été chercher les jeunes à la rescousse. Magnifique créativité des salariés et des jeunes. C’est la génération en lutte contre la crise du capital. Une génération évidemment politique. Dans cette mobilisation venue du bas, des sources diverses et profondes de leur indignation et refus, une remarque : la seule organisation de jeunesse qui a eu un certain poids politique, grâce en particulier aux positions qu’elle occupe dans les organisations syndicales jeunes, pourtant ultra minoritaires, c’est le… MJS ! Terrible paradoxe. L’ex-OCI n’a plus d’organisation de jeunesse, le NPA non plus, pas plus le PG. Total ces organisations comme organisations et même si les jeunes du NPA  sont particulièrement actifs, sont restées extérieures à la mobilisation de la jeunesse.

 

A l’heure où j’écris, le plus probable, c’est que nous nous dirigeons vers la fin de la lutte contre Sarkozy. Pas seulement à cause des vacances. Un mouvement peut faiblir sans rougir. J’écris ces lignes et en même temps je pense : « tout peut arriver ».

La mobilisation est forte, très forte, mais pour vaincre, il faut plus. Le gouvernement est faible, très faible, mais protégé par les appareils et les institutions il peut faire mine d’avoir gagné. En fait, c’est un match nul avec avantage au salariat. Sarkozy est mort politiquement. Tout le monde le sait. Peu importe qui lui succédera, mais lui est mort. La bourgeoisie, les appareils ont besoin d’un homme sérieux.

 

L’incapacité à libérer les raffineries en un ou deux jours montre les limites d’un système de la « parole répressive ».  Tirer sur les jeunes des banlieues est une chose, affronter le salariat en est une autre. L’homme du Fouquet’s n’est plus vraiment celui dont le MEDEF a besoin. Mais, attention : à la faiblesse de la bourgeoisie répond en partie celle du salariat.

 

Une remarque : les temps ont changé. Nous ne sommes plus au moment des Trente glorieuses. Faire reculer le patronat, l’Etat, implique des luttes de classes sérieuses, brutales, sans concession. Avec peu de victoires à la clef. Qu’on se souvienne des années 30, les grèves duraient des mois, les licenciements pour faits de grève dans l’industrie, la fonction publique se comptaient par milliers, les morts étaient nombreux. La mondialisation, le néo-libéralisme nous rapproche de ces conditions. Il faut vraiment que la bourgeoisie ait peur pour lâcher. Peur de perdre l’essentiel. Ce qui est remarquable dans la bataille des retraites, c’est que Sarkozy, Parisot, le gouvernement ont eu peur. Peur que les appareils perdent le contrôle de la situation. Il faudra s’en souvenir, y réfléchir. La grève générale, idéale n’existe pas. La grève générale (1936 – 1968) c’est l’expression du mouvement spontané de la classe mettant en cause -plus ou moins- l’ordre social et politique. C’est Rosa Luxembourg. Là il aurait suffit que les dirigeants syndicaux appellent les salariés de l’automobile, des équipementiers, d’Airbus et d’EDF à faire grève pour que le pays soit vraiment, politiquement bloqué. Ce mouvement spontané n’a pas eu la force de se hisser jusque-là. La classe ouvrière d’hier n’existe plus. Désindustrialisation, précarité ont fait disparaître des pans entiers de la classe, de sa masse, de sa conscience de classe. Voilà pourquoi je préfère parler de salariat.

 

La bourgeoisie n’a pas pu enfoncer les salariés et la jeunesse. Et réciproquement. Mais Sarkozy a perdu. Il ne tient plus debout, à la merci du moindre événement, d’un nouveau mouvement. D’une lutte, d’un Villepin. Chaque jour le rapproche maintenant de sa défaite politique. Les salariés sont dans une autre situation. Sur le papier, ils auraient perdu. La réforme a été votée, même s’il est probable que le changement de majorité contraindra le PS à revenir sur cette loi. Mais le mouvement a été puissant, long, profond, intense. Des groupes de salariés, de militants, de jeunes se sont créés dans l’action, dans tout le pays. La grève s’arrêtera. Pas le débat. Pas la réflexion, pas le mouvement de solidarité politique qui s’est créé entre grévistes, ouvriers raffineurs, cheminots, enseignants, lycéens, etc… Curieusement ces regroupements sont notables, nombreux dans les petites et moyennes villes. Ce sont presque des Comités d’action qui ont vu le jour. Leur coordination aurait fait progresser le mouvement dans son ensemble. Il me semble que depuis 1968 on n’avait pas vu l’émergence d’une nouvelle génération de combattants, de nouveaux militants à cette échelle.

 

Si nous appliquions pirouettes et répétitions, nous dirions, voilà ce qu’il faut dire, voilà ce qu’il faut penser. Je sais le contraire. Il n’y a pas de mot d’ordre miracle sinon nous orienter vers ces nouveaux militants avec modestie et fraternité pour leur dire : il faut débattre pour décider des prochains combats et permettre aux salariés, aux jeunes de diriger. La démocratie est le moteur de tout.

 

Encore un mot : les salariés et les jeunes de notre pays sont magnifiques. Depuis 1995 ils n’arrêtent pas de combattre, de résister. Mais pour l’heure, les salariés français sont isolés. C’est ainsi. Ni en Allemagne, ni en Belgique, ni en Suisse, ni en Angleterre, ni…. Partout en Europe, c’est le calme plat. Voilà qui donne à la bourgeoisie de notre pays une aide précieuse. C’est par l’action politique que cette faiblesse peut être surmontée. La question d’un gouvernement issu de la lutte - plus que la grève générale - est me semble-t-il au centre de notre réflexion. Ce qui est frappant, c’est que les militants de l’extrême- gauche étaient dans le mouvement, à l’aise, combattant en première ligne. Les organisations, elles, comme facteur pesant sur le cours des choses, étaient absentes. Ou plutôt exactement alignées sur leur syndicat préféré… Il va bien falloir combler ce formidable déficit de réflexion et d’action révolutionnaires. Débattre démocratiquement. Décider collectivement. Permettre aux salariés, aux jeunes de prendre leur sort entre leurs mains.
       
Paris 24/10/2010 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 17:04

 

Le secrétaire général de la Fédération Syndicale Mondiale, Georges MAVRIKOS sera à Paris mercredi 27 et jeudi 28 octobre 2010 afin de rencontrer les représentants de la FSM FRANCE pour faire le point sur l'état des luttes dans notre pays et leur évolution, témoigner la solidarité de centaines de millions de travailleurs dans le monde envers notre peuple. Il sera présent à la manifestation de Paris jeudi 28 octobre et passera donc devant la banderolle du Front Syndical de Classe ou nous pourrons lui témoigner notre amitié et notre fraternité.Je vous invite à vous joindre à nous à cette occasion.


Le rendez vous du Front Syndical de Classe à la manifestation parisienne est prévu Boulevard Bonne Nouvelle, entre les stations de métro Bonne Nouvelle et Strasbourg Saint-Denis jeudi 28 octobre à partir de 12 h 30.

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