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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 18:44

 

http://www.fr.groups.yahoo.com/group/haratine/message/4809

CONTRIBUTION AU CONGRES DU Pcf

Ici la relation de quelques évènements déterminants  dans l’histoire du Pcf que de nombreux militants de ce Parti ne connaissent pas.

Par Suzannah Horowitz*  et Djamal Benmerad**         

Dans un souci de rectification historique et par esprit internationaliste, nous avons décidé d’apporter, à notre manière, notre contribution au succès du prochain congrès du Pcf qui se tiendra dans quelques jours malgré les appels de nombreux militants à en différer la tenue.  Loin de nous l’intention, ici, de donner un coup de pioche supplémentaire au processus  de démolition du Pcf entamée de l’intérieur depuis plusieurs décennies.

Comme toute histoire a un début, nous allons commencer,  par hasard et/ou par perfidie, par la création du Pcf, parti, rappelons-le,  co-fondé par Ho Chi Minh - en vietnamien « Celui qui éclaire » - en éludant,  au passage l’histoire de la colonisation française de régions telles que les  Antilles  ou la Provence puisque leurs populations se sont accommodées du colonialisme.  

                                                        
Il semblerait, à la lecture de ce qui suit, que Hô Chi Minh ait emporté dans son baluchon l’idéal communiste.

En 1920 au congrès à Tours, une majorité des militants socialistes de la SFIO décident de s'affilier à la Troisième Internationale, fondée à la suite de la Révolution d'octobre. Le Parti communiste français, qu'on appelle alors Section française de l'Internationale communiste (SFIC) est ainsi créé : il se proclame bolchevique et révolutionnaire,mais il ne vote pas les conditions formulées par la troisième internationale, dirigée par Lénine. Nous constatons, par là, l’attitude national-chauvine de ce Parti qui ne s'est jamais résolu  à l'internationalisme . La SFIC s'engageait vaguement à construire un parti "révolutionnaire" ,. Le parti constitué devait être discipliné, suivant les règles étroites du centralisme démocratique : les minoritaires doivent suivre la ligne décidée majoritairement, et n'ont pas le droit de s'organiser pour défendre leur tendance. Internationaliste, enfin, un parti national, comme le Parti communiste français (PCF) est d'abord une section de la Troisième Internationale, d'où le nom de SFIC. On estime à 120 000 le nombre d'adhérents qui avaient rejoint le nouveau parti, alors que la vieille SFIO n'en comptait plus que 40 000, tout en conservant néanmoins la majorité de ses députés et de ses élus locaux. La scission au sein de la SFIO devait entraîner un an plus tard une scission du syndicat CGT, mais cette fois, les partisans de l'Internationale communiste qui fondèrent la CGTU étaient minoritaires.

A partir de là, prenons un raccourci pour démontrer le caractère national-chauvin du Pcf qui, estimant l’Algérie trop éloignée de Paris, créa son avatar, le Parti Communiste Algérien (PCA), structuré de noyaux (cellules) composés surtout d'ouvriers expatriés, européens dont de nombreux français "indésirables" en métropole et autres repris de justice. Ce clone du Pcf s’alignait, bien entendu, sur les positions de son concepteur.

Le 8 mai 1945, alors que l’Europe célébrait dans la liesse la victoire sur le fascisme, acquise majoritairement grâce à la  glorieuse Armée rouge et aux soldats Nord-Africains et sénégalais, les patriotes algériens sortaient dans les rues de Sétif, Guelma et Kherrata en des  manifestations pacifiques, brandissant pour la première fois le drapeau algérien, pour réclamer l’indépendance de leur pays. Les généraux français, outrés par la vue du drapeau algérien et par cette revendication d’indépendance impensable dans leur esprit, donnèrent à leurs soldats l’ordre de tirer sur les foules. Nous nous permettons la longue citation de ce texte du Courant Communiste International : « (…) Mais surtout, la bourgeoisie se garde bien aujourd'hui encore de rappeler le fait que cette sanglante répression a été assumée par l'ensemble des forces politiques françaises au sein d'un gouvernement d'union nationale et en particulier par les partis de gauche ; comme le "libérateur" de Gaulle, le parti socialiste (à l'époque SFIO) devait pleinement assumer, plus tard, la guerre d'Algérie.

D'ailleurs, le gouverneur général de l'Algérie en 1947, Chataigneau qui commandait sur place l'armée de tueurs était présenté comme un socialiste. Mais c'est  le PCF qui a joué un rôle de premier plan dans les massacres. Dès le début, dans les colonnes de L'Humanité, le PCF déclarait, au même titre que Chataigneau, que "les auteurs des troubles étaient d'inspiration et de méthodes hitlériennes. " Il parlera aussi "de provocation fomentée par les grands trusts et par les fonctionnaires vichystes encore en place". Le porte-parole du PCF, Etienne Fajon, déclarait encore à la tribune de l'assemblée nationale le 11 juillet : "les tueries de Guelma et de Sétif sont la manifestation d'un complot fasciste qui a trouvé des agents dans les milieux nationalistes." Alors que de Gaulle avait demandé "de prendre toutes les mesures nécessaires pour réprimer les agissements d'une minorité d'agitateurs" , le bureau politique du PCF publiait un communiqué le 12 mai déclarant : "Il faut tout de suite châtier impitoyablement et rapidement les organisateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l'émeute" au nom de la défense "de la république française, métropole et territoires d'outre-mer, une et indivisible. " Dans un tract signé par cinq membres du comité central et distribué sur le sol algérien, il appelle à une chasse aux sorcières et lance de véritables appels au meurtre et aux pogroms en exigeant de "passer par les armes les instigateurs de la révolte et les hommes de main qui ont dirigé l'émeute. Il ne s'agit pas de vengeance ni de représailles. Il s'agit de mesures de justice. Il s'agit de mesures de sécurité pour le pays". Ainsi une milice mise sur pied par le PCF et la CGT servit d'auxiliaire à la police et à l'armée. Ces appels au meurtre furent, bien entendu, relayés par le PCA, succursale du PCF. Et pour couronner le tout, c'est le ministre
communiste de l'aviation Charles Tillon qui a directement ordonné le bombardement des régions "émeutières".

Mais cette répression à laquelle appelait le Pcf avait commencé plus tôt. La conquête de l’Algérie, à partir de 1830, est menée au moyen de pillages et de viols, de razzia et autres destructions systématiques pour contraindre les tribus à la soumission. Une cruauté à peine imaginable. Un officier, le colonel de Montagnac, décrit ces méthodes en 1843 :« Il faut anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. » En 1845, le général Pélissier enfume un millier d’Algériens dans une grotte de Dahra (1). Quant aux « gens qui n’étaient pas massacrés », ils « mouraient de faim, de malnutrition et de maladies » (2).       

Le Pcf avait donné le La quelques années auparavant : « Si quelques fous songeaient à dépouiller la France de son domaine colonial, toutes les énergies françaises et toutes les consciences droites dans le monde se révolteraient contre pareille tentative » (3), épousant ainsi ce credo de Léon Blum qui affirme, dans une déclaration à la Chambre des députés en 1925 : « Nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture ».

Le PCF devait d'ailleurs continuer à jouer ce rôle au début de la guerre d'Algérie, notamment lorsqu'il vota le 12 mars 1956 les "pouvoirs spéciaux" au gouvernement socialiste Guy Mollet qui allait donner les moyens financiers et humains (à travers l’envoi de contingents de jeunes appelés) à l'Etat français d'intensifier la guerre sur le sol algérien.     
                                           
Sur le plan idéologique, le Pcf eut « La Révélation » : il prônait, après les massacres que l’on vient de décrire, « l’union des classes ouvrières française et algérienne ». L’union dans la domination ! Par ailleurs, hormis quelques paysans expropriés par le colonialisme, et qui se prolétarisa à travers l’exode interne vers les villes, la classe ouvrière algérienne n’existait pas. Si les Pcf était un parti réellement communiste, il l’aurait tout de suite analysé grâce la grille marxiste.

Nous rappellerons,  au passage, aux imbéciles  qui encensent Mitterrand, l’homme qui a le plus dénationalisé d’entreprises dans toute l’histoire de France, qui n’a presque pas cessé d’être ministre sous la IVème République, en particulier pendant la guerre d’Algérie. En 1954, il interdit la manifestation du 14 juillet : chaque année, le 1er mai et le 14 juillet, des ouvriers algériens membres du MTLD (le Mouvement des travailleurs pour les libertés démocratiques) manifestaient aux côtés des ouvriers français ; le 14 juillet 1953, la police avait tué six manifestants, ouvriers algériens. Lorsque commence la guerre d’indépendance algérienne, en novembre 1954, Mitterrand utilise, le 5 puis le 7 novembre, des formules devenues célèbres :« La seule négociation, c’est la guerre » ;« l’Algérie c’est la France et la France ne reconnaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne ». Garde des Sceaux, il signe en mars 1956 un décret qui dessaisit considérablement la justice civile au profit des tribunaux militaires, pour faciliter la répression sommaire.

Malgré les premières révélations sur la torture pratiquée par l’armée française, Mitterrand reste jusqu’au bout dans le gouvernement Mollet. Les ignares sortent un argument pour idolâtrer Mitterrand : il a « aboli la peine de mort ». Ils feignent d’oublier qu’en tant que Garde des Sceaux pendant la guerre d’Algérie, il avait fait guillotiner nombre de patriotes algériens ainsi qu'un jeune communiste français, Fernand Yveton, qui avait à oeine 20 ans. Il a aboli la peine de mort en France parce que c’était une exigence de l’Histoire et il l’a fait sur proposition insistante de Robert Badinter. Mitterrand ne pouvait se permettre le luxe d’ignorer Badinter : il avait trop besoin de la réputation et du prestige de ce dernier. Il a fait mieux en matière d’infamie: dès 1966, il propose au Parlement une loi pour la « réintégration de plein droit dans les fonctions, emplois publics ou ministériels ainsi que les divers droits à pension » des membres de l’Organisation de l’armée secrète (OAS, groupe d’extrême droite dont les membres luttaient pour la préservation de « l’Algérie française »). En 1981, avant l’élection présidentielle, Mitterrand promet l’amnistie et la réhabilitation pour les membres de l’OAS et pour les généraux putschistes. Il s’agit de gagner des voix de rapatriés aux dépens de la droite.  Les associations de pieds-noirs, et en particulier Jacques Roseau, négocient avec le candidat socialiste à la présidentielle de 1981 : en échange d’une promesse d’amnistie totale, elles ont appelé les rapatriés de voter pour lui. Le projet de loi accordant une amnistie générale est adopté le 23 novembre 1982, après que le gouvernement Mauroy eut engagé sa responsabilité sur cette question.                     

Mais revenons au Pcf qui n’en resta pas là dans son alliance, à priori contre-nature, avec ses compatriotes colonialistes. Nous allons emmener nos lecteurs à l’autre bout de l’Afrique : Madagascar.
 
Lors de la révolte anticoloniale des Malgaches en mars 1947, le Pcf qui participait au pouvoir en France participa également à la répression de ce peuple. Selon http://www.matierevolution.fr  , « En juin 1947, au onzième congrès du Pcf à Strasbourg, Maurice Thorez conclue : « A Madagascar, comme dans d’autres parties de l’Union Française, certaines puissances étrangères ne se privent pas d’intriguer contre notre pays. » L’empire colonial français, hypocritement appelé « Union française », est défendu par le Pcf. Dans les « Cahiers du communisme » d’avril 1945, on peut lire : « A l’heure présente, la séparation des peuples coloniaux avec la France irait à l’encontre des intérêts de ces populations. » (!) Quant à François Mitterrand, il déclarait le 6 avril 1951, alors que des milliers de Malgaches pourrissaient dans les geôles de la France : « Les statistiques manquent de précision mais il semble que le nombre de victimes n’ait pas dépassé 15.000 (!). Mais à qui la faute si ce n’est aux instigateurs et aux chefs de la rébellion ». Il faut signaler que celui qui ordonna la répression fut le communiste et non moins ministre de la Défense François Billoux.

Mais Pcf et le Pca eurent leurs "dissidents" , c'est-à-dire d'authentiques communistes, qui sauvèrent l'honneur du communisme français tels que notre camarade et ami Henri Alleg, Malika Amrane (de son vrai nom Daniel Minne), Maurice Audin, Henri Maillot, et d'autres héros qui furent plus tard connus sur le plan international comme "Les porteurs de valise".

A présent, revenons à l’actualité. La dernière avanie du Pcf fut de se fondre dans cette fumisterie appelée Front de Gauche à l’occasion des élections régionales. Non seulement ce FdG ne veut pas détruire le système capitaliste, mais remplacer la droite classique aux commandes du capitalisme.  Mais le résultats des courses après le dépouillement des urnes fut pour le Pcf la perte de plusieurs territoires au profit du PS …et du Front national !   

Par ailleurs, et au jour d’aujourd’hui, on ne connait pas  la position du Pcf en ce qui concerne les FARColombiennes  ou, plus près de nous, les cas des prisonniers politiques détenus en France Georges Ibrahim Abdellah, Georges Cipriani et de Jean-Marc Rouillan.

Tout comme on ne sait pas si le Pcf présentera un candidat aux présidentielle de 2012 ou si, dans sa perpétuelle quête de parrain, il ne va pas se trouver un autre mentor devant qui se coucher.

Récemment, la direction fantômatique de ce parti fit "courageusement" expulser de leur local et par la police les militants de la section Halles Bourse (Paris Ier IIe). Nous en concluons que la direction du Pcf fait le travail de la droite : combattre les communistes.

Depuis plusieurs mois, alors que plusieurs communistes authentiques ont quitté le Pcf à cause de son abjecte  collaboration de classe, d’autres militants, non moins communistes, appellent à la rectification de ligne de leur Parti, mais surtout au report de la date de la tenue de leur congrès - pour une meilleure préparation sur le plan théorique - arbitrairement et anti-statutairement fixée par la direction au début juin.             
             
Jusqu’à aujourd’hui, seul un silence méprisant leur est parvenu.

La direction de ce parti compte, pour préparer "son" congrès, sur ses penseurs et autres idéologues de sous-préfecture.

A quand une révolution communiste au Pcf ?

Suzannah Horowitz et Djamal Benmerad



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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 19:51

 

Avec le départ des refondateurs, c'est une page de l'histoire du Parti communiste qui se tourne

LE MONDE | 8 juin 2010 | Sylvia Zappi | 724 mots

Derrière MM. Braouezec, Zarka, Martelli... 200 unitaires quittent le PCF avant son congrès de juin.

Le départ sera rendu officiel, jeudi 10 juin, lors d'une conférence de presse à Paris. Quelque deux cent "communistes unitaires" annonceront qu'ils quittent le Parti communiste français. Parmi eux, des élus reconnus - les députés de Seine Saint Denis, Patrick Braouezec et François Assensi; la députée des Hauts de Seine, Jacqueline Fraysse; l'ancien député et maire de Montluçon, Pierre Goldberg; le maire de Nanterre, Patrick Jarry - mais aussi des figures intellectuelles comme l'historien Roger Martelli, l'ancien directeur de l'Humanité Pierre Zarka ou le philosophe Lucien Sève. L'ensemble de leurs représentants à la direction nationale démissionne également. C'est la fin de l'histoire des "refondateurs" et la marque d'un affaiblissement intellectuel supplémentaire du PCF à une semaine de son congrès (du 18 au 20 juin).

Toute leur vie, ils ont été communistes et n'ont souvent pas imaginé d'autre horizon politique. Ces militants critiques s'étaient lancés en 1989, après la chute du mur de Berlin. Une petite dizaine de dirigeants emmenés par trois anciens ministres du gouvernement Mauroy, Charles Fiterman, Anicet Le Pors et Jack Ralite, prônent un sursaut du mouvement communiste et une rénovation de leur parti dirigé alors par Georges Marchais. Identifiés comme "gorbatchéviens", ils sont vite dénoncés comme "les nouveaux liquidateurs".

Avant eux, deux autres vagues de communistes critiques s'étaient heurtées aux mêmes difficultés : celle des "rénovateurs" de Pierre Juquin en 1988 puis les "reconstructeurs" de Claude Poperen, Félix Damette et Marcel Rigout. Mais à la différence de ces derniers, les refondateurs tenteront pendant plus de vingt ans de transformer leur parti.

Durant toutes ces années, ils auront joué le rôle des "Gimini criquet" du parti. C'est à eux que le PCF doit ses premières critiques du soviétisme, du communisme officiel et un nouveau regard sur les mouvements sociaux qui traversent la société française. Ils ont assuré aussi plus d'une fois le lien avec les milieux intellectuels et le reste de la gauche, quand le PCF s'était replié sur lui même. Sous l'impulsion de Guy Hermier, ils théorisèrent ensuite la ligne du "pôle de radicalité", prémices de tentative d'unité de la gauche radicale quand leurs camarades privilégiaient l'alliance avec le PS. Futurs, leur bulletin créé en 1992, se transforme ainsi en hebdomadaire ouvert au mouvement des sans papiers comme à la gauche syndicale et radicale. Leur départ, annoncé au lendemain des régionales, signe la fin de leur parcours au sein d'un parti qui a tout fait pour les marginaliser.

Voiici cinq ans, pourtant , après la campagne du "non" au référendum constitutionnel de mai 2005, les refondateurs avaient espéré que leur ligne de l'unité de la gauche radicale allait enfin être reprise par leur parti. Ils avaient vu Marie Georges Buffet battre les estrades avec Jean Luc Mélenchon et Olivier Besancenot, des minoritaires des Verts et des figures altermondialistes. Ils s'étaient même ralliés à la majorité, pensant ainsi mieux pousser le PCF vers l'ouverture avec les premières discussions sur la candidature unitaire en 2006.

Mais la direction du PCF n'a pas voulu poursuivre l'aventure et a préféré lancer en solo la candidature de Madame Buffet. Les refondateurs refusèrent de faire sa campagne. Dès lors, ils furent systématiquement écartés. D'abord des directions puis des candidatures lors des européennes et des régionales.

Place du Colonel Fabien, on a tardé à réagir à l'annonce de ce départ collectif (Le Monde du 26 mars). Pierre Laurent, futur numéro un, s'est fendu d'une lettre leur demandant de revoir leur décision, mais elle visait surtout à se défaire d'une image sectaire après sa bataille contre Monsieur Braouezec pour la tête de liste en Ile de France.

La démission des refondateurs, partisans de toujours de l'ouverture du parti, ne laisse pas indifférents les militants qui cherchent les moyens de sortir de leur isolement. "C'est une grosse perte parce que c'étaient des camarades qui avaient une capacité à produire de la pensée et des personnalités qui pesaient", soutient Dominique Grador, de l'exécutif. Pour Marie Pierre Vieu, membre de la direction, "ce départ n'était pas inéluctable. Il aurait fallu que la direction donne des signes pour les retenir".

Les sortants ont annoncé leur volonté de faire "émerger un mouvement politique pluraliste" et, pour partie d'entre eux, ils rejoindront la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE). Tout en jurant rester communiste : "c'est notre horizon et notre moteur, explique Monsieur Martelli. En quittant le PCF, nous quittons juste un appareil refermé sur lui même". A la veille des régionales, lors de négociations internes sur l'agencement des communistes sur les listes, Pierre Laurent leur avait lancé : "ce serait tellement plus facile de vous faire de la place si vous étiez dehors". C'est chose faite.

Sylvia Zappi
       

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 15:26

 

Toutes et tous, amplifions la mobilisation pour la Palestine.

En France comme dans le reste du monde, la condamnation par la rue, le 5 juin 2010, de la politique d'Israël en Palestine et de l'attaque meurtrière de la flottille de la liberté pour Gaza par son armée est unanime.

Membre du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens, La Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique (FASE) se félicite que ses exigences de la levée du blocus illégal de Gaza, la fin de l’impunité d’Israël, le jugement de tous les crimes de guerre, des sanctions internationales dont la suspension de l’Accord d’association avec l’Union Européenne, la libération immédiate de tous les militants-es de la solidarité internationale, de toutes les nationalités, détenus-es en Israël, l'acheminement de toute la cargaison humanitaire à Gaza sous contrôle international et le retour de tous les bateaux soit le message que des milliers de personnes ont porté dans la rue.

En France le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens qui comprend entre autres des organisations à caractère humanitaire, politique, syndical, ou religieux a veillé à ce que sa charte soit respectée par les citoyen-ne-s et organisations voulant manifester avec lui.

Des organisations musulmanes ont souhaité, dès mercredi, rejoindre la manifestation sur la base des revendications du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens. Nous avons été favorables à leur présence "et nous continuerons à favoriser les cadres unitaires les plus larges,  seuls aptes à susciter l'amplification de la mobilisation que cherchent tous les partisans sincères de la cause palestinienne".

Aujourd'hui tout autant qu'hier, la Palestine a besoin d'une solidarité accrue et de mobilisations toujours plus amples. Nous nous prononçons clairement pour l'arrêt des exactions commises par l'État d'Israël qui depuis plus de 60 ans refuse à un peuple ses droits légitimes.

Dès à présent, la FASE décide de participer à l'initiative menée dans le cadre du collectif national consistant à affréter en septembre 2010 un bateau sous pavillon Français pour se rendre à Gaza et exiger l'arrêt du blocus.

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 19:57

 

http://www.liberation.fr/monde/0101639686-henning-mankell-recit-de-l-ecrivain-embarque

 

http://www.aloufok.net/spip.php?article1999

« Ship to Gaza »

Henning Mankell raconte.

Henning Mankell, le grand écrivain suédois, était à bord de la flottille qui voulait dénoncer et briser le blocus de Gaza. Nous publions son journal de bord en exclusivité en France. Il raconte l’assaut de l’armée israélienne sur les navires, qui s’est terminé par neuf morts civils. Il parle aussi de son transfert à terre et son emprisonnement en termes sobres et précis.

Mardi 25 mai - Nice

« A 5 heures du matin, je suis dans la rue à attendre le taxi qui m’emmènera à l’aéroport. Pour la première fois depuis longtemps, E. et moi avons pu prendre quelques jours de vacances ensemble. Au début, nous pensions que ça irait jusqu’à deux semaines. Mais ça s’est réduit à cinq jours : « Ship to Gaza » semble enfin prêt à appareiller et, comme prévu, je me rends à Chypre pour me joindre au convoi.

« Le but de chaque voyage est inscrit dans son point de départ. Voilà ce que je pense en attendant le taxi. Comme convenu, j’ai réduit mon bagage à un seul sac à dos qui pèse à peine plus de 10 kg. Le but de l’opération « Ship to Gaza » est clair et net : forcer le blocus illégal qu’Israël impose à Gaza. Depuis la guerre, il y a un peu plus d’un an, l’existence est de plus en plus intolérable pour les Palestiniens qui vivent là. Les besoins sont gigantesques rien que pour réunir les conditions d’une vie digne de ce nom.

« Mais le but du voyage est plus clair et net encore. Je pense : "L’action confirme la parole." Il est facile de dire qu’on soutient, défend ou combat telle ou telle chose. Mais ce n’est que dans l’action qu’on en apporte la preuve. Les Palestiniens, contraints par les Israéliens à vivre dans cette misère, ont besoin de savoir qu’ils ne sont pas seuls, et qu’on ne les oublie pas. Leur existence doit être rappelée au reste du monde. Et nous profitons de ce rappel pour apporter aussi quelques produits de base : médicaments, unités de dessalement pour produire de l’eau potable, ciment.

Le taxi arrive, nous convenons d’un prix - cher ! - et partons à travers les rues désertes du petit matin, direction l’aéroport. C’est là, dans le taxi, je m’en souviens à présent, que je prends mes premières notes. Je ne me rappelle pas les mots exacts, mais la teneur, c’est que je m’étonne de n’avoir peut-être pas vraiment jusque-là mesuré l’enjeu : ce projet inspire une telle haine aux Israéliens qu’il est possible qu’ils aient recours à la force pour empêcher le convoi de passer.

« Mais cette pensée me quitte avant même l’arrivée à l’aéroport. Sur ce point aussi, le projet a été défini de façon extrêmement claire et nette. Nous agissons dans la non-violence, sans armes, sans volonté d’affrontement. Si nous sommes empêchés d’avancer, la question devrait pouvoir se régler sans que soit mise en danger la vie des participants.

Mercredi 26 mai - Nicosie

« Il fait plus chaud qu’à Nice. Ceux qui doivent embarquer sur les bateaux - qui vont nous attendre quelque part au large de Chypre - se rassemblent à l’hôtel Centrum de Nicosie. C’est comme dans un vieux roman de Graham Greene : des personnages hétéroclites réunis dans un coin perdu afin d’entreprendre un voyage ensemble… Nous allons forcer un blocus illégal. Ces mots sont répétés en différentes langues. Mais soudain, les incertitudes se multiplient. Les bateaux ont été retardés, il y a eu des problèmes, on ne sait pas encore à quel endroit doit avoir lieu la jonction avec les six navires. La seule certitude, c’est que ça va se passer en mer. Chypre refuse de laisser accoster nos bateaux.
Israël a dû exercer des pressions. Je note aussi des moments de tension entre les différentes organisations qui ont la charge de ce projet délicat. La salle du petit-déjeuner a été transformée en lieu de réunion top secret. A un moment, on nous fait venir pour remplir un papier - nom et coordonnées des proches à prévenir en cas de malheur. Tout le monde remplit consciencieusement sa feuille. Puis on nous dit d’attendre. C’est le mot qui revient le plus, au cours de ces journées. C’est comme un mantra. « Attendre. » Alors on attend.

Jeudi 27 mai - Nicosie

« On attend. La chaleur est suffocante.

Vendredi 28 mai - Nicosie

« Soudain, je me demande si ça va se terminer comme ça, si je vais devoir quitter cette île sans avoir pu embarquer sur le moindre bateau. Il paraît que les places manquent à bord. Qu’il y aurait des listes d’attente pour participer à cette expédition solidaire. Mais l’aimable député K. et la femme médecin S., qui sont mes compagnons suédois pour ce voyage, contribuent à préserver la bonne humeur. Les voyages en bateau, c’est toujours une galère. C’est ce que je me dis. Nous continuons à remplir notre mission. Nous attendons.

Samedi 29 mai - Nicosie

« Soudain tout va très vite. Nous allons - même si c’est encore évidemment assorti d’un peut-être - embarquer à bord d’un bateau rapide afin de rejoindre en mer les cinq autres navires du convoi pour ensuite faire route ensemble vers Gaza. Nous attendons. Peu avant 17 heures, les autorités portuaires nous autorisent enfin à embarquer sur un navire qui s’appelle Challenger et qui va nous conduire à une vitesse de 15 nœuds jusqu’au point de ralliement, où nous allons embarquer sur le cargo Sophia, qui attend déjà sur place. Il y a déjà beaucoup de monde à bord du Challenger. Occupés à attendre, eux aussi. Ils sont un peu déçus en nous voyant arriver tous les trois. Ils espéraient plutôt quelques Irlandais, mais ceux-ci ont en définitive choisi de lâcher l’affaire et de rentrer chez eux. Nous grimpons à bord, saluons les uns et les autres et apprenons rapidement à nous conformer aux règles en vigueur. On est à
l’étroit, partout des sacs plastique contenant des chaussures, mais l’ambiance est bonne et calme. Tous les points d’interrogation paraissent soudain levés. A 17 heures pile, les deux puissants moteurs diesel démarrent dans un bruit assourdissant. Nous sommes partis.

23 heures

« Je me suis installé sur une chaise, sur le pont arrière. Le vent ne souffle pas très fort, mais assez pour que de nombreux passagers aient déjà le mal de mer. Emmitouflé dans une couverture, je regarde le clair de lune dessiner un chemin sur la mer, tout en parant le choc des vagues et en pensant que la solidarité peut vraiment ressembler à tout et n’importe quoi. On ne se parle pas beaucoup, à cause du bruit. La plupart des gens essaient de dormir, ou de s’allonger au moins. Je me dis que pour l’instant, la traversée est remarquablement paisible. Mais c’est un calme traître.

Dimanche 30 mai - la mer au sud-est de Chypre Nuit - 1 heure

« Lumières papillotantes. Le capitaine, dont je n’arrive pas à retenir le nom, a réduit la vitesse. Ces lumières qu’on voit scintiller à une certaine distance de nous sont les fanaux de deux autres bateaux du convoi. Nous allons maintenant rester à l’arrêt en attendant le lever du jour, quand les gens pourront être transférés sur d’autres bateaux. Mais pour l’heure, je ne trouve toujours aucun endroit où m’allonger pour dormir. Je somnole, assis sur ma chaise mouillée. La solidarité naît dans l’humidité et dans l’attente ; ainsi on contribue à ce que d’autres aient un toit.

8 heures

« La mer s’est calmée. Nous nous dirigeons vers le plus important bâtiment du convoi : un grand ferry avec des centaines de personnes à bord. On a beaucoup discuté du fait que les Israéliens allaient probablement concentrer leur action sur ce navire.

« Mais quelle action ? C’est évidemment la question qu’on rumine depuis le lancement du projet. Il n’y a aucune certitude. La marine israélienne va-t-elle couler les bateaux ? Ou les refouler de force ? Ou alors, la solution raisonnable, que les bateaux soient autorisés à passer et qu’Israël regagne un peu de sa réputation de plus en plus ternie aux yeux du monde ?

On ne sait pas. Mais le plus probable, c’est qu’on nous somme de faire machine arrière à l’approche des eaux territoriales. Par l’intermédiaire de voix menaçantes, relayées par des haut-parleurs, sur les bâtiments de la marine israélienne. Si nous refusons d’obéir, on va vraisemblablement démolir nos hélices ou nos gouvernails avant de nous remorquer jusqu’à un port où ils pourront être réparés.

13 heures

« Grâce à une échelle de corde, nous passons tous les trois sur Sophia, un vieux cargo mangé par la rouille et manœuvré par un équipage plein d’amour. Je compte environ 25 personnes à bord. Le chargement comprend entre autres du ciment, de l’acier d’armature et des maisons préfabriquées en bois. On m’indique une cabine que je vais partager avec le député suédois. Après les longs jours passés à Nicosie, celui-ci m’est de plus en plus comme un très vieil ami. Nous découvrons qu’il n’y a pas de lumière électrique. Pour la lecture, ce sera une autre fois.

16 heures

« Le convoi est rassemblé. Les proues se tournent vers Gaza.

18 heures

« Nous nous réunissons dans le coin repas improvisé entre les conteneurs et la superstructure du cargo. Le Grec grisonnant qui répond de la sécurité et de l’organisation à bord, en plus de la navigation, parle d’une voix basse qui inspire une confiance spontanée. Le mot "attendre" ne fait plus partie du vocabulaire. Nous approchons à présent. Mais de quoi ?

Nul ne sait ce que vont faire les Israéliens. Nous connaissons seulement leurs déclarations menaçantes disant que le convoi sera refoulé par tous les moyens. Mais qu’est-ce cela signifie ? Torpilles ? Remorquage forcé ? Soldats largués par hélicoptère ? On ne sait pas. Mais la violence, si violence il y a, ne sera pas de notre fait. Au-delà de la légitime défense élémentaire, nous ne riposterons pas. En revanche, nous pouvons compliquer la tâche à d’éventuels attaquants. Alors on décide de dérouler du barbelé sur toute la longueur du bastingage. On s’habitue au port du gilet de sauvetage. On organise des tours de garde. On décide à quel endroit on se rassemblera si des soldats devaient monter à bord. L’ultime bastion sera la passerelle de commandement.

« Puis c’est l’heure du dîner. Le cuistot est un Egyptien, grand, costaud, qui a mal à une jambe. Sa cuisine est bonne.

Lundi 31 mai - 0 heure

« Je participe au quart de bâbord entre minuit et 3 heures. La Lune est encore grosse, même si des nuages la masquent par moments. La mer est calme. Les fanaux scintillent. Les trois heures passent vite. Je m’aperçois de ma fatigue au moment où l’on vient me relayer. Nous sommes encore loin des eaux territoriales que les Israéliens pourraient s’estimer en droit de défendre. Je devrais pouvoir dormir quelques heures.

« Je bois du thé, bavarde un moment avec un homme d’équipage grec dont l’anglais est vraiment terrible, mais qui tient absolument à savoir de quoi parlent mes livres. Il est presque 4 heures quand je me couche enfin.

4 h 30

« J’ai à peine le temps de m’endormir que je suis réveillé à nouveau. En allant sur le pont, je vois que le grand ferry est illuminé par des projecteurs. Soudain j’entends des coups de feu. Je comprends qu’Israël a choisi l’affrontement violent. Dans les eaux internationales.

« Une heure exactement s’écoule avant qu’on ne voie approcher les puissants canots pneumatiques noirs avec à leur bord des soldats masqués. Ils prennent possession du cargo. Nous nous rassemblons là-haut sur la passerelle de navigation. Les soldats veulent nous faire redescendre sur le pont. Ils s’impatientent. Un homme met un peu trop de temps à obéir et se prend illico une décharge de Taser dans le bras. Il tombe. Un autre, trop lent lui aussi, est atteint par un tir de balle en caoutchouc. Je pense que cela est en train de se produire à côté de moi. C’est d’une réalité absolue. Des gens qui n’ont rien fait sont harcelés comme du bétail et punis pour leur lenteur.

« On nous regroupe et nous fait asseoir sur le pont. Nous y resterons pendant onze heures, jusqu’à ce que notre bateau accoste en Israël. De temps à autre, les soldats nous filment alors qu’ils n’en ont aucun droit.

Je veux noter quelques phrases, mais un soldat s’avance immédiatement et me demande ce que j’écris. C’est la seule fois où je m’énerve. Je lui rétorque que ça ne le regarde pas. Je ne vois que ses yeux. Je ne sais pas ce qu’il pense. Mais il se détourne et s’en va. Onze heures d’immobilité, entassés dans la chaleur, ça ressemble à de la torture. Pour aller uriner, il faut demander la permission. Pour toute nourriture, on nous donne des biscuits, des biscottes, des pommes.

Nous n’avons pas le droit de faire du café, alors que nous aurions la possibilité d’en préparer sans bouger de notre place. Nous décidons collectivement de ne pas demander aux soldats l’autorisation de cuisiner.

Sinon, ils nous filmeraient et ça servirait ensuite à montrer qu’ils ont été généreux avec nous. Nous nous en tenons donc aux biscuits. La situation tout entière est une humiliation totale. (Entre-temps les soldats au repos ont traîné des matelas hors des cabines et dorment sur le pont arrière.)

« Pendant ces onze heures, j’ai tout le temps de me livrer à une synthèse. Nous avons été attaqués en pleine mer, dans les eaux internationales. Cela signifie que les Israéliens se sont comportés en pirates, pas mieux que ceux qui sévissent au large de la Somalie. A partir du moment où ils ont pris les commandes du navire et commencé à faire route vers Israël, on peut dire que nous avons également été kidnappés. Cette intervention est hors la loi, du début à la fin.

« Nous essayons de discuter entre nous pour comprendre ce qui va arriver maintenant. Sidérés que les Israéliens aient pu choisir cette "solution" qui les place, de fait, le dos au mur. Qui les accule. Les soldats nous regardent. Certains font semblant de ne pas comprendre l’anglais. En réalité, tous le comprennent bien sûr. Il y a aussi quelques filles parmi eux. Elles ont l’air embarrassé. Peut-être vont-elles être de celles et de ceux qui fuient à Goa se droguer à mort après leur service militaire ? Ça arrive tout le temps.

18 heures

« A quai, quelque part en Israël. Je ne sais pas où. On nous fait descendre à terre. On nous oblige à courir dans les rues, entre les soldats, pendant que la télé militaire nous filme. Je pense que ça, précisément ça, je ne le leur pardonnerai jamais. En cet instant, il n’y a rien d’autre dans mes pensées que des salauds et des ordures.

« On nous sépare. Nous n’avons pas le droit de communiquer. Soudain, voilà qu’un type du ministère israélien des Affaires étrangères se matérialise à mes côtés. Je comprends qu’il est là pour s’assurer qu’on ne me brutalise pas trop. Je suis malgré tout assez connu en Israël, en tant qu’écrivain. Je suis traduit en hébreu. Il me demande si j’ai besoin de quelque chose.

"Oui. D’être libéré, et tous les autres aussi."

« Il ne répond pas. Je lui demande de partir. Il recule de quelques pas, mais ne s’en va pas pour autant.

« Je n’avoue rien, bien évidemment. J’apprends que je vais être expulsé. L’homme qui m’annonce cela ajoute qu’il apprécie mes livres. J’envisage de m’arranger pour ne plus jamais être traduit en hébreu. C’est une pensée qui n’a pas encore atteint son fond.

« Il règne une atmosphère complètement chaotique dans cet "asile d’accueil". De temps à autre, quelqu’un est frappé, jeté à terre, attaché, menotté. Je pense plusieurs fois que personne ne me croira quand je raconterai tout ça. Mais beaucoup d’yeux voient la même chose que les miens. Nombreux sont ceux qui pourront témoigner. Nombreux, ceux qui vont devoir admettre que ce que je dis est vrai.

« Un seul exemple suffira. A côté de moi, un homme refuse brusquement de laisser prendre ses empreintes digitales. Il accepte d’être photographié.

Mais ses empreintes ? Il considère qu’il n’a rien fait de mal. Il s’oppose, résiste. On le frappe. Une fois à terre, il est traîné hors de la salle. Vers où ? Je n’en sais rien. Quel mot dois-je employer ? Abominable ? Inhumain ? Il n’y a qu’à choisir.

23 heures

« Nous, les trois Suédois - le député, la femme médecin et moi-même -, sommes conduits dans un centre de rétention. On nous sépare. On nous jette quelques sandwiches qui ont un goût de vieille éponge à vaisselle. La nuit est longue. Mes tennis me tiennent lieu d’oreiller.

Mardi 1er juin - après-midi.

« Soudain, on nous réunit, le député et moi, et on nous annonce qu’on va nous conduire à un appareil de la Lufthansa en vue de notre expulsion. Nous refusons de partir tant qu’on ne nous aura pas dit ce qui va arriver à S. En apprenant qu’elle est en route elle aussi, nous quittons notre cellule.

« Dans l’avion, l’hôtesse me donne une paire de chaussettes. Les miennes ont été volées par un des membres du commando de soldats, à bord du bateau où j’étais.

« Un mythe s’écroule : celui du soldat israélien courageux et sans reproche. Maintenant, on pourra aussi dire d’eux que ce sont de minables voleurs. Je ne suis pas le seul à avoir été dépouillé : argent, carte de crédit, vêtements, baladeur, ordinateur, tout y est passé. Nous avons été nombreux dans ce cas, à bord de ce bateau attaqué au petit matin par des soldats masqués qui n’étaient rien d’autre que de faux pirates.

« Tard le soir, nous arrivons en Suède. Je parle à des journalistes. Puis je reste un moment assis dans le noir devant la maison où j’habite. E. ne dit pas grand-chose. « Le lendemain, 2 juin, j’écoute le merle. Un chant pour ceux qui sont morts.

« Maintenant, il y a tout ce qui reste à faire. Pour ne pas perdre de vue l’objectif, qui est de lever le blocus de Gaza. Ça va se faire. Derrière ce but, d’autres attendent. En finir avec un régime d’apartheid, cela prend du temps. Mais pas une éternité. »

Ce texte est également publié aujourd’hui dans divers journaux, dont The Guardian, El País, Dagbladet, La Repubblica ou The Toronto Star.

Traduit par Anna Gibson



 

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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 19:53

 

http://www.la-sociale.viabloga.com/news/ni-burqa-ni-loi-anti-burqa

Ni burqa ni loi anti-burqa

Par Denis Collin, le Mercredi 26 Mai 2010

Une loi d’interdiction générale du port de la burqa, du niqab, de la cagoule type FLNC, et tous vêtements qui masquent complètement le visage est en cours de préparation en dépit des avertissements du conseil d’État qui considère qu’une telle loi pourrait bien être anti-constitutionnelle.

Lancée par le député PCF André Gérin et la commission parlementaire qu’il a constituée sur ce sujet, reprise par le président de la République qui veut tirer les leçons de sa déroute aux régionales en allant chasser sur les terres du FN, cette opération politicienne assez grossière, lancée comme une manœuvre de diversion au moment où l’on discute d’un nouvelle réforme restreignant encore le droit à la retraite, la loi d’interdiction de la burqa transcende les clivages politiques. Le groupe parlementaire PS, par la voie de son président, Jean-Marc Ayrault, a d’ores et déjà indiqué que son groupe ne saisirait pas le conseil constitutionnel. Si la loi est adoptée, il y a de bonnes chances que soit soulevée, à l’occasion de la première contravention, l’exception d’inconstitutionnalité prévue par la dernière réforme de la constitution. Mais, compte tenu de tous les délais de vote, de mise en œuvre et d’application de la loi, ça nous reporte au-delà de 2012, c’est-à-dire au-delà de l’élection présidentielle et peu importe si à ce moment le Conseil Constitutionnel la déclare contraire à la constitution, car cette loi n’est pas faite pour être appliquée: elle n’est qu’une opération propagandiste à laquelle tous les hypocrites font semblant de croire et mobilisent les grands mots : république, laïcité, égalité de l’homme et de la femme, dignité, etc. 

Commençons par le plus simple. Le port de la burqa n’est pas une prescription de l’Islam – tous les spécialistes semblent d’accord sur ce point et la pratique des pays musulmans le confirme. Par conséquent, les musulmans ne peuvent ressentir l’interdiction comme un atteinte à leur liberté constitutionnelle de pratiquer la religion de leur choix. Du reste, l’État républicain est fondé à s’opposer à certaines prescriptions religieuses dès lors que celles-ci sont contraires aux droits fondamentaux des individus. Nombre de groupes radicaux musulmans estiment que la mort est le châtiment de l’apostat et en font un point de doctrine religieuse et c’est au nom de leurs croyances religieuses que l’on a vu des groupes musulmans défiler dans des rues de Londres pour demander que l’on tue Salman Rushdie (des manifestations à l’évidence illégales puisque fondées sur l’appel au meurtre). Autrement dit, si la loi « anti-burqa » était adoptée personne ne serait fondé à en contester la légalité sur la base d’une atteinte aux croyances religieuses (ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'autres raisons, non religieuses, de contester cette loi, comme on le verre plus loin).

En second lieu, la burqa est bien ce qu’en disent ses adversaires : un symbole, et même plus qu’un symbole, de l’asservissement des femmes et de leur effacement de la sphère publique. On peut alléguer que la majorité des porteuses de burqa sont des converties qui portent la burqa sans contrainte et que, ce faisant, elles manifestent tout simplement un choix libre que l’on doit accepter au nom du principe de liberté individuelle qui fonde l’État de droit. Mais ce point strictement légal ne nous dit rien du plan moral ou éthique. Sur le plan éthique, il existe une profonde différence entre le port du foulard et le port de la burqa. Le foulard laisse voir le visage et donc reste dans les limites de la sociabilité commune. Si on lit les belles pages d’Emmanuel Levinas sur la dimension éthique du visage de l’autre, on comprend que la burqa (ou le niqab) pose un problème tout à fait spécifique. Il faut comprendre la gêne, voire la
honte, qu’on peut éprouver à voir ces personnes enveloppées dans d’immenses sacs noirs et les visages sont soustraits à cette relation essentielle entre individus, la relation entre des visages. « Je ne peux pas le voir » : c’est ainsi qu’on exprime couramment sa haine. « Tu ne peux pas me voir » dit la burqa qui sonne ainsi comme un appel à la haine, un « tu dois me haïr » qui explique le malaise profond de tous ceux qui n’appartiennent pas à la secte malfaisante des « salafistes » ou au troupeau des indifférents qui tolèrent la burqa comme ils toléraient hier l’étoile jaune.

Pour autant, la condamnation morale de la burqa ne peut se transformer en condamnation légale – identifier moral et légal, c'est le commencement du totalitarisme. D’abord parce qu’il n’y a aucun fondement légal à cette interdiction. Soit on interdit la burqa comme signe religieux et alors c’est en tant que manifestation publique d’une croyance religieuse qu’elle est interdite, ce qui est une atteinte manifeste au principe de la liberté de conscience et à la loi de 1905 qui sépare les Églises (au sens large) et l’État. Soit on la condamne parce que le visage est soustrait au regard mais dans ce cas il faudra aussi interdire les passe-montagne, les gros cache-nez, etc.. On mettrait le doigt dans une politique de normalisation des accoutrements que les individus pour une raison ou pour une autre choisissent de mettre. Pour l’instant les seuls interdits dans ce sens concernent la pudeur, c’est-à-dire l’obligation de voiler en public les parties sexuelles. Aller plus loin, ce serait mettre en péril une partie importante des libertés personnelles. On admet que les entreprises et certaines services publics imposent une tenue de rigueur à leur personnel, mais cela ne vaut que dans le temps du service. On renoncé au port de l’uniforme dans les établissements scolaires et on ne voit guère que l’on fasse demi-tour sur ce terrain dans un avenir proche. Par quelque bout que l’on prenne le problème, une loi d’interdiction de la burqa apparaîtra comme une loi stigmatisant une certaine catégorie de la population en raison de ses convictions religieuses.

La loi anti-burqa est en vérité une des manifestations les plus aiguës de la mauvaise manie qui ravage nos démocraties, la manie de légiférer sur tout et d’encadrer toujours plus strictement les comportements individuels. On peut trouver scandaleux le comportement d’un individu sans pour autant qu’on puisse conférer à la force publique le droit d’intervenir, dès lors que ce comportement ne compromet pas les intérêts légitimes des autres citoyens. Et à l’évidence, c’est le cas de la burqa, tenue scandaleuse et moralement obscène qui cependant ne lèse les intérêts de personne. Les lois ne sont légitimes que si elles sont évidemment nécessaires. La promulgation pour un oui ou un non d’une nouvelle loi témoigne à l’inverse du mépris croissant dans lequel est tenue la liberté au pays « des droits de l’homme », comme on aime à s’en vanter.

La manie des lois est l’indicateur de la décadence de l’esprit républicain. Giambattista Vico faisait remarquer que la Rome républicaine se gouvernait avec peu de lois et que l’inflation du droit romain accompagna la décadence de l’empire. Et l’explication du philosophe napolitain est simple et convaincante à la fois : c’est parce que les individus perdaient le sens de la communauté et qu’ils se repliaient sur la défense de leurs intérêts égoïstes qu’ils appelaient cette production législative sans borne. « De te fabula narratur »: c’est de ton histoire dont il s’agit. Quand les liens de la civilité se défont, on les remplace par le tribunal et la police. Et de ce point de vue les porteuses de burqa et les législateurs anti-burqa appartiennent bien au même monde, celui qui est « noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste ». Les porteuses de burqa ne sont pas les sujets passifs d’une sombre régression dans le passé tribal. Elles sont ultra-modernes: « c’est mon choix, disent-elles, ce que vous pouvez en penser, je m’en moque, je suis un individu absolument souverain et pour bien le montrer je m’enferme dans une tenue qui interdit toute relation sociale. Comme sur internet, je vois sans être vue ... »

Elles appartiennent au même monde que Sarkozy, mélange de bigoterie ostentatoire (voir le discours de Riad du président) et d’individualisme acharné. Et c’est pourquoi se positionner pour le droit à la burqa comme le font les libéraux ou pour son interdiction, c’est entrer dans un piège où seuls pâtiront l’esprit républicain et la liberté.

par Denis Collin dans la rubrique Actualités, le Mercredi 26 Mai 2010, 21:54 - 2 commentaires - Lu 162 fois



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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 19:45

 

"Faire pression sur Israël pour faire la paix"

Mardi 8 Juin 2010 à 19 heures au Centre des Cordeliers 15 rue de l'école de Médecine 75005 Paris

Stephen Walt Professeur de relations internationales à la Kennedy School of Governement de l'Université de Harvard, co-auteur du livre-événement "Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine"

Raji Sourani Vice-président de la FIDH (Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme) et président du Centre Palestinien des Droits de l’Homme

Yael Lerer fondatrice et directrice de la maison d’édition Andalus à Tel Aviv, membre fondateur du parti arabe israélien Balad

Alain Gresh directeur adjoint du Monde Diplomatique

Nahla Chahal sociologue, coordinatrice de la Campagne Civile International pour la Protection du Peuple Palestinien





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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 17:44

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article103237

http://www.lemonde.fr/depeches/2010/06/06/l-onu-propose-une-enquete-internationale-sur-la-flottille_3208_38_42643011.html

L'Onu propose une enquête internationale sur la flottille

JERUSALEM (Reuters) - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a proposé la création d'une commission d'enquête multinationale sur l'arraisonnement meurtrier par l'armée israélienne d'une flottille pro-palestinienne en route pour Gaza, révèle un responsable israélien.

Cette commission serait présidée par l'ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer et comprendrait des représentants d'Israël, des Etats-Unis et de la Turquie, sous le pavillon duquel naviguait le navire dont l'abordage par les commandos israéliens a fait neuf morts lundi dernier.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a discuté de ce projet samedi avec Ban Ki-moon et devait en débattre dimanche avec les principaux ministres de son cabinet, a précisé ce responsable, qui a requis l'anonymat.

Certains dirigeants israéliens ont avancé ces derniers jours l'idée d'une enquête israélienne, à laquelle participeraient des observateurs étrangers.

Selon le responsable israélien, Israël exigerait de la commission d'enquête qu'elle détermine si la Turquie a effectivement parrainé l'opération flottille.

IMPARTIALITÉ

Pour Israël, la présence des Etats-Unis au sein de cette équipe d'enquêteurs en garantirait l'impartialité. Le gouvernement israélien avait boycotté l'an dernier une commission d'enquête de l'Onu sur l'offensive de Tsahal à Gaza en l'accusant de manquer d'objectivité.

Le secrétaire général de l'Onu a également consulté samedi le Premier ministre turc sur les "options pour avancer dans l'enquête voulue par les Nations unies", indique l'Onu sur son site internet.

Neuf Turcs ont été tués à bord du Mavi Marmara, le principal bateau de cette "flottille de la liberté" composée de six navires, dont l'arraisonnement a provoqué un tollé international.

Samedi, un autre navire, le Rachel-Corrie, a tenté lui aussi de forcer le blocus de Gaza. L'armée israélienne est intervenue à bord sans incident, et le bateau a été dérouté vers le port israélien d'Ashdod.

Les dix neuf passagers et membres d'équipage ont accepté d'être expulsés d'Israël et partiront ce dimanche, a annoncé le gouvernement israélien.

"La procédure s'est déroulée sans aucun heurt et ils seront expulsés au départ de l'aéroport Ben-Gourion dans la journée de demain (dimanche)", a dit samedi Sabine Haddad, porte-parole du ministère israélien de l'Intérieur.

Le Rachel-Corrie tient son nom d'une militante pacifiste américaine tuée dans la bande de Gaza en 2003.




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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 17:25

 

http://www.gauche2gauche.blog.lemonde.fr/2010/06/06/a-paris-un-defile-pro-palestinien-chaud

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article103252

Tensions autour de la manifestation pro-palestinienne à Paris

Lors de la manifestation organisée au pied levé lundi soir , les organisateurs avaient prévenu ; de nouveaux rendez-vous seraient annoncés les jours suivants. Alors mardi et mercredi, de petits rassemblements devant le quai d’Orsay ont tenté de maintenir la pression. Jeudi, l’organisation Europalestine mobilisait quelques centaines de personnes pour descendre le boulevard St Michel à Paris. Mais les grosses manifestations étaient attendues ce samedi en France, en Europe et au proche-Orient .

À Istanbul, le rassemblement réunissait près de 10.000 personnes, jusqu’à 5.000 à Edimbourg, 2.000 à Barcelone. À Londres, la Coalition “Stop la Guerre” à l’origine du rassemblement annonçait 20.000 manifestants. Ils étaient aussi 5.000 à Tel Aviv , la capitale d’Israël, pour protester contre le blocus qui étouffe la bande de Gaza. En France, ce sont 70.000 personnes qui sont descendues dans les rues pour manifester contre la politique de l’État d’Israël. Pour exiger aussi, de la part du gouvernement, une attitude plus ferme vis à vis du premier ministre israélien Netanyahou.

“Nous sommes tous des Palestiniens”

À Paris où trente mille personnes se sont mobilisées (selon les organisateurs, cinq mille selon la police) sous un soleil de plomb, les slogans et les pancartes sont clairs : “Israël assassin, Sarkozy Complice”. Les manifestants appellent au boycott de l’État d’Israël et promeuvent pour cela la campagne B.D.S. - pour Boycott, Désinvestissement et Sanctions¹. Une campagne soutenue à gauche par le NPA, la FASE ou encore le syndicat Solidaires (SUD).

Les partis de gauche étaient là encore présents dans la manifestation. En tête de cortège, Jean Luc Mélenchon (PG), Pierre Laurent (PCF), Olivier Besancenot (NPA) et Nathalie Arthaud (LO) apportaient leur soutien aux palestiniens et aux O.N.G. Mais malgré un cortège NPA honorable, la gauche radicale a peiné à investir la manifestation, si bien qu’elle apparaissait, pour certains observateurs², comme marginalisée.

PG et NPA en délicatesse

C’est peut-être une des raisons qui a amené le Parti de Gauche à quitter la manifestation. Dans un communiqué , il met en cause, la présence “d’organisations religieuses” qui se seraient insérées entre les cortèges des organisations “progressistes” en dépit des décisions prises en amont. Le très laïque Parti de Gauche pour qui “religion et politique ne doivent pas être mélangées”, aura finalement préféré prendre ses distances avec le défilé.

Le PG n’est d’ailleurs pas le seul à s’être raidi face à la présence des religieux. Dès le milieu de parcours, un début de rixe opposait justement le NPA et l’Union des Organisations Islamiques de France, qui s’était insérée derrière le parti anticapitaliste.

Une situation tendue donc, peut-être insignifiante pour beaucoup, mais qui illustre la difficulté pour ces partis de s’organiser aux côtés d’associations religieuses. Un intérêt commun, mais des points de vue véritablement divergents, voire contradictoires. Un débat qui n’est pas sans rappeler celui qui anime encore le NPA autour de la question du voile islamique.

Or, les organisations de gauche, pourtant largement engagées en France dans les campagnes pro-palestiniennes, n’étaient pas présentes à bord de la flottille, contrairement au cas allemand où deux députés de Die Linke avaient pris part à l’expédition. De plus, les manifestations ont semblé montrer, à Paris du moins, que les associations religieuses parvenaient davantage à emmener les manifestants, voire à les faire descendre dans la rue.

Alors que le cargo Rachel Corrie a été à son tour intercepté par Tsahal , un nouveau navire, le Naji el Ali, prévoit de rallier Gaza dès la semaine prochaine . En France partis de gauche, organisations pacifistes et associations religieuses pourraient bien continuer à se disputer la légitimité à organiser la campagne de solidarité nécessaire pour maintenir sous pression le gouvernement français. Pour conserver la main, la gauche radicale va donc devoir parvenir à politiser le conflit, si elle souhaite que sa perception anti-impérialiste du conflit prennent le pas sur une vision d’affrontement religieux, vision portée actuellement par l’ensemble des belligérants.






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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 19:57

 

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/06/03/chomsky-a-paris-chronique-d-un-malentendu_1367002_3260.html

Chomsky à Paris : chronique d'un malentendu

LE MONDE DES LIVRES | 03.06.10 | 10h38  •  Mis à jour le 03.06.10 | 10h38

En 1984, un jeune chercheur nommé Pierre Pica s'en va étudier aux Etats-Unis avec Noam Chomsky. L'inventeur de la linguistique "générative" est alors au faîte de sa renommée : aux quatre coins du monde, on cite le maître du Massachusetts Institute of Technology (MIT), on connaît aussi ses engagements anti-impérialistes et libertaires. Pierre Pica noue bientôt un lien solide avec son professeur. Si bien qu'en 1994, c'est lui qu'un responsable du CNRS sollicite pour réimplanter la tradition chomskienne en France. "Viens, on va faire la révolution chomskienne à Paris !", lui promet-il. "J'ai trouvé cela intéressant, se souvient Pica aujourd'hui. Mais quand j'en ai parlé à Noam, il m'a tout de suite dit : "Ça ne marchera pas !" Il avait raison."

De fait, quinze ans plus tard, Chomsky est marginal dans les universités françaises. Et récemment, lorsque Pierre Pica a entrepris d'organiser une conférence de Chomsky à Paris, les dirigeants du CNRS ne lui ont guère facilité la tâche. Omerta intellectuelle ? Répression académique ? Pire : simple désintérêt, mépris à peine dissimulé. "Les gens de mon laboratoire m'ont dit : "La venue de Chomsky à Paris, c'est une manifestation bling-bling" !", soupire Pica.

Samedi 29 mai au matin, pourtant, la conférence a bien eu lieu. En métro, à Vélib' ou en rollers, beaucoup de jeunes s'étaient pressés vers le campus des Cordeliers, au Quartier latin. Un auditoire où se mêlaient étudiants et enseignants, Français mais aussi Italiens, Brésiliens ou Américains. Une heure durant, en anglais et sans notes, le professeur de 81 ans a improvisé une leçon de linguistique générative. Chemise bleu clair et simple jean, il se levait régulièrement pour tracer au tableau, à la craie, une phrase à décortiquer : "Can eagles that fly swim ?" (les aigles qui volent peuvent-ils nager ?), par exemple. Sa voix était douce et son propos tranchant. Ponctuant son discours d'une plaisanterie, il avait des airs de Woody Allen. Et, lorsqu'il affirmait que les théories concurrentes ne valaient pas une heure de peine, il faisait mine de les repousser des deux mains avec un geste de chasse-neige.

A la fin de la séance, toutefois, il apparut qu'aucune question posée, ou presque, ne le fut par un Français. Et nous y revoilà : étudié un peu partout en Europe, Chomsky le savant n'a quasiment plus d'influence ici. A l'origine, pourtant, les Français ont joué un grand rôle dans le rayonnement de sa linguistique générative. "Dans les années 1960 et 1970, nous avons formé tout le monde en Europe, les Italiens, les Néerlandais, les Norvégiens, précise Pica. Ensuite, chez nous, ça n'a pas suivi. Avec Noam, on s'est souvent demandé pourquoi. Mais quelle que soit la raison, le fait est là : en France, la linguistique générative est devenue un petit ghetto. La plupart des livres de Noam ne sont même plus disponibles. Les seuls ouvrages qu'on publie de lui sont politiques, et ils sont beaucoup plus faibles."

Mais, si certains fidèles du Chomsky linguiste regrettent que son oeuvre savante soit éclipsée par ses textes et films militants, d'autres se félicitent de constater que les idées politiques de l'intellectuel américain soient maintenant diffusées en français - qu'elles portent sur la trahison des intellectuels, la "fabrique du consentement" ou l'hégémonie américaine. Certes, l'oeuvre souffre d'un certain émiettement, car Chomsky n'a pas écrit le livre qui donne une vision cohérente de sa pensée politique.

En revanche, on dispose de nombreux recueils d'articles et d'entretiens. Editeur new-yorkais et ami de Chomsky, André Schiffrin est de ceux qui regrettent cette dispersion : "La multiplication des pamphlets à bas prix donne l'impression d'une pensée éparpillée, superficielle", note le patron de The New Press, qui raconte que, à Philadelphie, un libraire a créé un présentoir baptisé "Chomsky of the month".

Au rythme où vont les choses, l'idée pourrait bientôt être reprise par les libraires français. Depuis la fin des années 1990, en effet, les textes politiques de Chomsky commencent à envahir leurs rayons. Ils ont d'abord été publiés par de petites maisons indépendantes : Agone, Le Serpent à plumes, Acratie... Par la suite, une entreprise du groupe Hachette comme Fayard est venue s'ajouter à la liste de ses éditeurs. Ainsi, tous titres confondus, Chomsky a vendu environ 20 000 exemplaires de ses livres en 2009 (source Ipsos). C'est bien, mais beaucoup moins que dans d'autres pays comme l'Allemagne et l'Italie, où son aura est bien plus forte. En politique aussi, donc, la France constitue pour Chomsky une terre de mission. Comment expliquer cette exception ?

Samedi après-midi, peu après la conférence au CNRS, le journaliste Serge Halimi proposa sa réponse, lors du meeting organisé par Le Monde diplomatique dans un Théâtre de la Mutualité bien rempli. Si Chomsky n'est pas venu en France depuis près de trente ans, affirma-t-il, c'est parce qu'un "petit groupe de gardes-barrières", une véritable "police de la pensée", a tout fait pour empêcher l'accès à ses textes. "Peu d'intellectuels ont été, dans la période récente, diffamés, intellectuellement et moralement, au degré où il continue à l'être", confirme le philosophe Jacques Bouveresse dans une préface au recueil Raison et liberté intitulée "Chomsky face à ses calomniateurs".

A l'origine du grand malentendu entre Chomsky et la France, pourtant, il y a aussi quelques faits. A commencer par la sordide "affaire Faurisson", qui n'en finit plus de peser sur la réception de Chomsky en France. En 1980, en effet, un texte signé de lui fut publié sous forme de préface à un livre du négationniste Robert Faurisson. L'intellectuel américain commença par protester du fait que son texte ne visait qu'à défendre la liberté d'expression. Mais il alla ensuite plus loin, et la polémique qui s'ensuivit fut d'autant plus dévastatrice qu'elle l'opposa à l'une des grandes consciences de la gauche française, l'historien et militant anticolonialiste Pierre Vidal-Naquet (1930- 2006). "Vous avez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre (...). Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité", lançait-il à Chomsky dans Les Assassins de la mémoire (La Découverte, 1987). "Pierre était ulcéré par les explications de Chomsky, qui ne tenaient pas debout, se souvient François Gèze, PDG des éditions La Découverte, ami et éditeur de Vidal-Naquet. Si Chomsky n'avait pas commis cette gravissime erreur politique, il aurait sans doute été mieux entendu en France. "

Héritage empoisonné

Depuis lors, les amis de Chomsky doivent faire avec cet héritage empoisonné. Certains d'entre eux confient leur désarroi. "A l'époque, je lui avais fortement déconseillé de s'embarquer là-dedans. Noam s'est mal renseigné, il s'est trompé. Et il est sûr que cette erreur a eu de lourdes conséquences en France", déplore André Schiffrin. D'autres sont plus offensifs, et traitent de "calomniateur" quiconque ose évoquer l'épisode Faurisson. Or celui-ci demeure riche d'enseignements pour qui veut comprendre les relations entre Chomsky et la France. Car ce qui se trouvait en jeu, par-delà le face-à-face avec Vidal-Naquet, c'est le peu d'estime que Chomsky porte aux intellectuels français en général. Derrida ou Deleuze, Foucault ou Lacan : à ses yeux, tout ce que les Américains nomment la "French theory" n'a jamais représenté qu'un bavardage sans intérêt. Et s'il traita par le dédain un grand historien de l'Antiquité comme
Vidal-Naquet, il qualifia aussi le psychanalyste Jacques Lacan de "malade mental"...

Donc, la France résiste à Chomsky. Le pays de Descartes ignore largement ce rationaliste, la patrie des Lumières se dérobe à ce militant de l'émancipation. Il le sait, et c'est pourquoi il n'y avait pas mis les pieds depuis un quart de siècle. Mais, pour tenter d'éclairer cette exception, il ne suffit pas d'invoquer une prétendue omerta. Il convient de comprendre pourquoi le discours politique de Chomsky est beaucoup moins influent à Paris qu'à Rome ou à Berlin, sans parler de Porto Alegre, où le linguiste est, avec Lula et Chavez, l'une des vedettes du Forum social. De ce point de vue, un élément de réponse paraissait évident, l'autre jour, à la Mutualité. Chomsky a lu une longue conférence, debout, ne s'interrompant qu'une seule fois pour boire un peu d'eau. Balayant les continents, il a dessiné un panorama de l'oppression à travers la planète, dénonçant le "principe mafieux" qui mène l'humanité à sa ruine.

Or, à l'entendre évoquer le soutien des Etats-Unis aux dictatures sud-américaines ou aux talibans, à l'écouter dénoncer la guerre en Irak et l'embargo sur Cuba, émergeait un sentiment de déjà-entendu. Pour les femmes et les hommes de gauche qui ont été nourris à Pierre Bourdieu et à Daniel Bensaïd, pour ceux qui aiment aujourd'hui Alain Badiou, Slavoj Zizek, Antonio Negri ou Jacques Rancière, pour tous ceux qui lisent Le Monde diplomatique, surtout, le discours de Chomsky n'apporte pas grand-chose - sauf sans doute dans le domaine de la critique des médias, où il demeure une référence pour les militants altermondialistes. "En France, il y a une longue tradition d'intervention des intellectuels dans le débat public, précise Christophe Aguiton, membre du conseil scientifique d'Attac. Nous n'avons pas besoin d'une icône comme Chomsky, on en a déjà pas mal à la maison."

Platon et Orwell

Si Chomsky le savant est isolé en France, donc, c'est que sa théorie linguistique s'y trouve négligée ; et si son discours politique porte moins qu'ailleurs, c'est qu'il se tient sur une scène déjà bien animée. Reste un ultime objet de malentendu : le lien supposé entre la linguistique et la politique chomskiennes. Comprenant, entre autres, une journée de colloque au Collège de France (voir Le Monde du 4 juin), un meeting à la Mutualité, une visite dans un lycée de Clichy-sous-Bois et un dialogue avec des syndicalistes, la tournée de Chomsky a été placée sous le signe de l'intervention politique. Hélas, il a refusé d'intégrer à ce programme un entretien avec Le Monde...

Du début à la fin, l'aura du linguiste a été mise au service du travail de conviction idéologique. Or Chomsky a lui-même souvent dit qu'il n'y a aucun rapport entre les deux. Après le colloque au Collège de France, Pierre Pica a emmené le maître dîner dans un petit restaurant. "J'ai posé la question à Noam : y a-t-il un rapport entre ta linguistique et ta politique, entre ce que tu nommes "problème de Platon" et "problème d'Orwell" ? Il m'a répondu "non". Je lui ai dit qu'il y avait en France une confusion, qu'il fallait mettre ça au clair. Il m'a dit qu'il le ferait lundi, pour sa dernière conférence au Collège de France", raconte Pica.

Dans cette ultime intervention publique, Chomsky est effectivement revenu sur l'articulation entre "problème de Platon" et "problème d'Orwell". Tout sourire, il a multiplié les plaisanteries et manifesté une belle capacité d'écoute à l'égard de son public. Mais il n'a pas levé l'ambiguïté entre science et politique, passant sans transition de la linguistique aux événements du Moyen-Orient.

A son départ de Paris, Chomsky n'avait donc rien fait pour dissiper la confusion. "Quand je l'ai raccompagné à l'aéroport, confie Pierre Pica, je lui ai une fois de plus posé la question. Il m'a répondu : "oui, il y a peut-être là un problème spécifique à la France. Mais je n'en sais rien"." Sans avoir percé l'énigme, Chomsky repartait en citoyen du monde, qui aime à répéter qu'il lutte pour un avenir où ses petits-enfants pourront continuer à faire vivre la linguistique.

Jean Birnbaum


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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 18:34

 

http://www.liberation.fr/monde/0101639537-en-turquie-10-000-manifestants-contre-israel

«A bas Israël!» «Va-t-en de la Palestine!» ou encore «Vive l'Intifada globale!» a scandé une foule d'environ 10.000 personnes réunies sur l'esplanade de la grande mosquée de Beyazit, à Istanbul, à la sortie de la prière musulmane du vendredi.

Les fidèles criant «Allah Akbar», et qui arboraient des drapeaux verts de l'islam ainsi que turcs et palestiniens, ont prié pour l'une des victimes de l'abordage de lundi contre la flottille internationale.«Fermez l'ambassade sioniste», pouvait-on lire sur une banderole géante, tendue sur l'esplanade.

Le cercueil du journaliste Cevdet Kiliçlar, 38 ans, éditeur du journal internet de l'ONG islamiste IHH, était recouvert des drapeaux palestinien et turc, tandis qu'un imam conduisait la prière. «Il prenait seulement des photos. Il a été tué par un tir à pas plus d'un mètre et son cerveau a explosé», avait déclaré jeudi Bülent Yildirim, le responsable de IHH, un des principaux organisateurs de la flottille sur Gaza.

L'ex-député britannique George Galloway, personnalité politique très active pour la cause palestinienne, s'est adressé à la foule et a lancé: «Nous irons de nouveau à Gaza, par terre et par mer.»

Protestations dans tout le pays

De quinze mille à vingt mille personnes s'étaient rassemblées jeudi 4 juin devant une autre mosquée de la ville, pour rendre hommage aux victimes, criant des slogans contre Israël et en faveur du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza.

D'autres rassemblements hostiles à Israël ont accompagné les enterrements des autres victimes à travers le pays, ce vendredi. A Talas, dans le centre de la Turquie, l'imam a qualifié Furkan Dogan, 19 ans, étudiant, de «martyr», devant son cercueil recouvert des drapeaux turc et palestinien, selon l'agence Anatolie. «A bas Israël», ont crié des centaines de fidèles avant l'enterrement du jeune homme, la plus jeune des neuf victimes, qui avait également la nationalité américaine.

A Adiyaman, au sud-est du pays, un convoi d'une centaine de véhicules s'est rendu à l'aéroport pour aller chercher le corps de Fahri Yildiz, 43 ans, un sapeur-pompier, selon Anatolie. A Adana, la femme de Cetin Topcuoglu, 54 ans, une autre victime, a déclaré: «Si Dieu le veut, mon fils et moi, nous serons dans la prochaine flottille pour Gaza.»

Amorce d'une crise politique

Le président turc Abdullah Gül a déclaré jeudi que «les relations entre la Turquie et Israël ne seront plus jamais les mêmes», à la suite de cette intervention de l'armée israélienne en haute mer. La Turquie qui entretenait jusqu'à ces dernières années des relations étroites avec Israël, a rappelé son ambassadeur à Tel Aviv et suspendu trois exercices militaires conjoints. Une réaction qui fait écho aux déclarations du vice-premier ministre, Bulent Arinc. La Turquie va réduire ses liens économiques et industriel avec Israël, sans toutefois geler la coopération bilatérale, a assuré le responsable politique. Les deux pays traversent une grave crise depuis le raid lundi dernier d'un commando israélien sur une flottille pro-palestinienne d'aide à Gaza, au cours duquel neuf Turcs ont été tués.






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