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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 21:12

 

http://www.fr.news.yahoo.com/4/20110124/tts-tunisie-gouvernement-tp-ca02f96.html

Un "comité de sages" à la place du gouvernement tunisien ? (Reuters)

Des négociations sont en cours en Tunisie pour créer un "comité des sages" appelé à remplacer ou à superviser le gouvernement de transition contesté par la rue et "protéger la révolution", a-t-on appris lundi dans les milieux politiques

Cette annonce intervient alors que des manifestants continuent d'exiger le départ du gouvernement d'union de Mohamed Ghannouchi pour sa trop forte proximité avec le régime déchu de Zine ben Ali et que le chef de l'armée a lancé une mise en garde à ses compatriotes contre le risque de vide politique tout en jurant de "protéger la révolution".

Selon Sihem Bensédrine, figure de l'opposition sous l'ancien régime de retour à Tunis, cette instance pourrait comprendre des responsables politiques, des représentants de la société civile, des avocats et des responsables syndicaux.

Ce conseil pourrait notamment inclure Ahmed Mestiri, un opposant qui avait jadis rompu avec Habib Bourguiba et jouit aujourd'hui du respect des mouvements d'opposition tant laïques qu'islamistes.

"Nous négocions avec le gouvernement de transition. Nous avions des contacts avec certains ministres du nouveau gouvernement ainsi qu'avec le chef de la commission pour la réforme politique", a déclaré Sihem Bensedrine, faisant allusion à une instance mise en place par le gouvernement pour réviser les lois.

"L'idée est de créer une sorte de conseil pour la protection de la révolution", a-t-elle ajouté. Il lui reviendrait la tâche de rédiger un nouveau code électoral et d'organiser l'élection d'une assemblée constituante.

Selon elle, le Parlement aux ordres du président déchu sera dissous et le conseil aura pour mission de superviser le gouvernement de transition dont Mohamed Ghannouchi, dernier Premier ministre de Zine ben Ali, pourrait garder la direction.

"L'ARMÉE PROTÈGERA LA RÉVOLUTION"

Un remaniement gouvernemental est par ailleurs attendu dans les prochains jours pour pourvoir les postes laissés vacants par les cinq ministres démissionnaires (quatre de l'UGTT, la grande centrale syndicale, et un responsable de l'opposition), à en croire le ministre de l'Education, Taïeb Baccouche, qui précise que d'autres ministères pourraient être concernés.

Le général Rachid Ammar, le chef d'état-major qui avait refusé de soutenir la répression de la "révolution du jasmin", a déclaré à une foule rassemblée devant les bureaux du Premier ministre: "Notre révolution est votre révolution. La révolution de la jeunesse pourrait être perdue et exploitée par ceux qui appellent à un vide. L'armée protégera la révolution."

La police avait auparavant fait usage de gaz lacrymogènes contre ces manifestants venus à bord d'une "caravane de la liberté" et issus pour la plupart de zones rurales déshéritées.

Policiers et militaires ont bloqué un demi-millier de manifestants présents à l'intérieur de la Kasbah, qui abrite le siège du gouvernement. Un millier d'autres protestataires se sont répandus dans les rues et sur une grande place adjacentes, dans l'incapacité d'approcher du secteur.

Fermées pendant deux semaines, les écoles ont commencé à rouvrir lundi, même si certaines se sont mises en grève pour réclamer le départ des nouvelles autorités.

Dans un entretien au Figaro, le chef de la diplomatie, Kamel Morjane, exclut de démissionner. Il dit ne pas vouloir s'accrocher à ses attributions mais mettre ses compétences au bénéfice du pays "dans une période délicate".

La France, critiquée pour son manque de soutien public à la "révolution du jasmin", a promis de venir en aide aux nouvelles autorités et de rechercher systématiquement les "richesses pillées" par Ben Ali.

ÉMISSAIRE AMÉRICAIN DE HAUT RANG

Le président Nicolas Sarkozy a amorcé un début de mea culpa en reconnaissant que la France n'avait pas pris la juste mesure de la révolte des Tunisiens. "Derrière l'émancipation des femmes, l'effort d'éducation et de formation, le dynamisme économique, l'émergence d'une classe moyenne, il y avait une désespérance, une souffrance, un sentiment d'étouffer dont, il nous faut le reconnaître, nous n'avions pas pris la juste mesure", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

La France, a dit Nicolas Sarkozy, va proposer aux nouvelles autorités des mesures pour leur venir en aide au plus vite et appuie l'octroi d'un "statut avancé" de la Tunisie dans ses relations avec l'Union européenne.

A la suite d'une plainte déposée par trois ONG, une enquête préliminaire de police a été ouverte par le parquet de Paris sur les biens que détiendrait la famille Ben Ali en France.

A Tunis, les nouvelles autorités ont annoncé le placement en résidence surveillée de trois proches collaborateurs de Ben Ali. Il s'agit de l'ancien conseiller chargé du contrôle de la presse, Abdelwahhab Adballa, de son ancien porte-parole et plus proche conseiller, Abdelaziz bin Dhia, et de l'ancien ministre de l'Intérieur et président de la chambre haute du Parlement, Abdallah Qallal.

Par ailleurs, Rachid Ghannouchi, dirigeant de l'opposition islamiste en exil à Londres, a annoncé son retour dans les prochains jours et assuré qu'il ne voulait pas instaurer la charia. "J'invite à respecter le choix du peuple tunisien et le mouvement Ennahda appelle depuis sa création à une véritable démocratie moderne", a-t-il déclaré à France 24.

Le département américain d'Etat a annoncé l'arrivée en Tunisie de son plus haut diplomate chargé du Proche et Moyen-Orient, Jeff Feltman, chargé d'évoquer avec les nouvelles autorités leurs projets en matière de réformes démocratiques et d'élections.


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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 18:54

 

Rapport de la mission d’observation à Casablanca les 5 et 6 novembre 2010

Par Elise TAULET, avocat au barreau de PARIS mandatée par l'AIJD (Association Internationale des Juristes Démocrates), l’Association Droit-Solidarité, le CORELSO et l'AARASD

et Michèle DECASTER, secrétaire générale de l'AFASPA mandatée par l’AFASPA (Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique) et le BIRDHSO (Bureau International pour les Droits de l’Homme au Sahara Occidental)

Pour assister en qualité d’observatrices au procès de première instance au Tribunal de Casablanca à Aïn Sbaa de :

Brahim Dahane, Président de l’Association Sahraouie des Victimes des violations graves des Droits de l’Homme, (trois ans et sept mois de disparition forcée sous Hassan II et 1 an et huit mois de prison sous Mohamed VI)

Ahmed Naciri, Secrétaire général du Comité Sahraoui des Droits de l’Homme, membre du conseil de coordination de l’ASVDH, Président de la section de l’AMDH à Smara (dix huit mois de disparition forcée sous Hassan II et deux ans et quatre mois de prison sous Mohamed VI)

Ali Salem Tamek, Vice Président du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme, (un an et cinq mois de prison sous Hassan II et deux ans et onze mois sous Mohamed VI)

Rachid Sghaiyar, membre de l’ASVDH, quatre enlèvements, une arrestation et tortures depuis 1988, huit mois de prison)

Ettarrouzi Yahdih, membre de l’ASVDH, un an et cinq mois de prison

Dagja Lashagar, membre du bureau exécutif de l’ASVDH (onze ans et deux mois de disparition forcée sous Hassan II, sept mois de prison sous Mohamed VI)

Saleh El Baihi membre d’une association de protection de l’enfance (sept mois de prison)

Brahim Dahan, Ahmed Naciri et Ali Salem Tamek sont détenus depuis leur arrestation à la prison de Salé à Rabat. Les quatre autres prévenus comparaissent libres, ayant été progressivement remis en liberté.

Le procès qui devait initialement se tenir le 15 octobre 2010 a été renvoyé en raison de l'absence des trois prévenus détenus, le Procureur ayant demandé leur extraction de la prison de Casablanca et non de celle de Rabat.

Les conditions dans lesquelles s'était déroulée cette première audience avaient par ailleurs empêché le débat sur la détention provisoire des trois prévenus alors que ce dernier aurait pu se tenir en l'absence des prévenus.

La veille de l'audience du 5 novembre, nous avons été assurées de la présence des détenus à l'audience et rien ne semblait donc s'opposer à la tenue du procès.

Il faut également signaler que nous étions la veille des célébrations du 35ème anniversaire de la Marche Verte.

Le matin, nous sortons de l’hôtel Ibis-Voyageurs avec l’avocate italienne Francesca Doria pour nous rendre au Tribunal de Ain Sbaa quand un chauffeur de petit taxi rouge se propose de nous conduire. Il s’adresse à Francesca dans un Italien parfait « Vous êtes Italienne ! Vous habitez Naples ! ». Nous apprendrons plus tard qu’une voiture avec deux policiers à bord nous a suivies jusqu’au Tribunal. Aux abords du bâtiment une centaine de personnes arborant des banderoles manifestent. Il s’agit d’habitants d'un bidonville qui protestent contre l'arrestation de deux jeunes qui s'étaient opposés à la destruction de leur habitat précaire.

Nous retrouvons les défenseurs des droits de l’homme sahraouis2 trois observateurs suédois qui sont déjà sur place. Ils ont pu entrer dans l'enceinte du Tribunal et ont demandé à être reçus par le Juge qu'ils pensent voir vers midi. Dès que les observateurs venus d’Espagne et de Grande Bretagne nous ont rejointes, nous nous approchons de la guérite d’accès au tribunal. En tout, nous serons vingt trois observateurs (deux Françaises, une Italienne, un Britannique, cinq Suédoises et quatorze espagnols). L’ambassade de Suède a également envoyé deux observatrices et celle de Finlande une.

Les policiers de faction nous renvoient à une porte d'entrée située plus loin, par laquelle nous ne pouvons pénétrer car il s'agit de l'accès des fourgons acheminant les prisonniers. De retour à la première porte, nous voyons que tous ceux qui se présentent entrent sans difficulté. Mais les policiers nous refusent de nouveau l'accès en nous expliquant qu’il n’y a pas de séance ce matin. Nous leur répondons que nous ne voulons pas aller en salle d’audience, mais solliciter une rencontre avec le Président du Tribunal et le Procureur du Roi. Après quatre allers-retours d’un accès à l’autre, nous décidons de nous rendre au café pour attendre 13 heures.

Nous ne pourrons rencontrer ni le Président, ni le Procureur à qui nous ne pourrons pas remettre les mandats de nos organisations. Ce refus persistant des autorités judiciaires de Casablanca de rencontrer les observateurs internationaux tranche avec les précédentes expériences d'observateurs.

Alors que nous étions installés au café depuis un moment, un groupe de Marocains se met à provoquer les étudiants sahraouis installés à notre table en scandant des slogans pro-marocains. On retrouvera ces personnes plus tard en salle d’audience.

Vers 13 heures, nous accédons au Tribunal sans difficulté. Dans le hall, des barrières ont été installées pour filtrer l’accès à la salle d’audience. Arrivées bien avant l'heure, nous trouvons les 16 bancs réservés au public quasiment tous occupés par 90 personnes. Contrairement à la fois précédente, les bancs sont situés de part et d’autre de l’allée et bloqués contre les murs latéraux, supprimant l'espace latéral où le public se tenait debout.

Les seules places disponibles se trouvent à l'avant dernier rang où nous nous installons avec deux interprètes. Rapidement, nous nous rendrons compte qu'un des trois hommes assis derrière enregistre notre conversation avec son téléphone portable.

Nous nous interrogeons sur la présence d'un public aussi nombreux. Les gens assis sont très calmes, discutent entre eux, ne bougent jamais de leur place. On est loin de l'atmosphère précédent une audience correctionnelle où les prévenus qui vont être jugés s'impatientent, où leurs familles s'inquiètent en refaisant « l'histoire », où les avocats font des va et vient... Ici, les gens attendent tout simplement.

A l'arrivée des représentants des ambassades de Suède et Finlande, des policiers demandent aux personnes assises au dernier rang de partir en leur disant que « leur affaire ne sera pas jugée tout de suite » (cela nous est traduit). Les personnes se lèvent sans faire de difficulté.

La salle se remplit petit à petit, notamment d'avocats dont la plupart étaient déjà présents lors de la précédente audience. Nous en dénombrons une quarantaine. L’allée centrale est bien vite pleine d’une foule serrée qui offre peu d’espace pour accéder à la barre. Nous y distinguons les observateurs étrangers qui n’ont pas de place et resteront debout au milieu du public. D’où nous sommes, nous apercevons les familles des prévenus et leurs amis qui sont maintenus à l'extérieur de la salle d'audience entre les barrières et une foule importante. Nous n’avons dénombré au total que 7 Sahraouis ayant eu accès à la salle d’audience. Un homme en robe d’avocat nous ordonne de nous asseoir ou de quitter la salle.

Vers 13 heures 50, tandis que le brouhaha qui règne à l'extérieur de la salle se calme pendant un court instant, des avocats (qui étaient sortis de la salle) font une déclaration à la presse ponctuée d'applaudissements, aussitôt suivis de l'hymne marocain. Immédiatement le public assis dans la salle se lève, brandit le poing, entonne l'hymne marocain et reprend en coeur les slogans et chants nationalistes. Il apparaît clairement que le public n'est constitué que de figurants qui entament leur partition.

Nous apercevons des portraits du roi et des drapeaux marocains qui s'agitent dans le hall jusqu’au-dessus des têtes des Sahraouis, encerclés par la foule. Ces derniers, hommes et femmes restent impassibles à ce jeu, aux cris et insultes. Parmi eux, les familles des prisonniers qui ne pourront accéder à la salle.

Dans la salle, des hommes montent sur les bancs, certains escaladent les dossiers des bancs du public. Un vieil homme se ceint du drapeau marocain. Un avocat, lequel avait brandi un portrait du roi lors de l'audience du 15 octobre, entre dans la salle, le drapeau marocain accroché au dos de sa robe et le portrait du roi dans les mains. Ce tumulte dure plus d'un quart d'heure.

La sonnette retentit à 14 heures 05. Les quatre prévenus en liberté ont du mal à atteindre la barre. Quand les trois prisonniers entrent tout le monde est debout. On n'aperçoit que leurs bras levés, les doigts en forme de V. Ils scandent un bref slogan indépendantiste auquel le public répond par un chant nationaliste.

Sur le geste d'un avocat, le silence se fait. Ce dernier prend la parole mais du fond de la salle, c'est inaudible. D'autant plus que les personnes situées dans le hall n'ont jamais cessé de chanter. On apprendra plus tard que cet avocat marocain a demandé le report de l’audience du fait du manque de place pour la défense. Les slogans des prévenus reprennent, ils sont submergés par ceux des avocats et du public.

À 14 heures 20, la Cour se retire. Les détenus sont évacués de la salle. À aucun moment le Président n'a fait la police de l'audience et aucun débat n'a pu se tenir. Le problème juridique posé par la durée de la
détention provisoire n'a toujours pas été évoqué. Bien plus tard nous apprendrons que l'audience est reportée au 17 décembre 2010.

Après le départ des magistrats, la tension monte d’un cran. Les invectives et les insultes s'adressent aussi bien aux sahraouis qu'aux observateurs.

Un journaliste espagnol se fait sortir manu militari pour avoir pris une photo tandis que les nombreuses autres personnes (photographes marocains, membres du public, avocats) utilisant leurs portables ne sont pas inquiétés. Nous apprendrons par la suite que deux journalistes espagnols ont été agressés physiquement par le public, et l'un d’eux, retenu par la police pendant plus d'une heure, devra effacer les photos qu'il avait prises.

La salle ne se vide pas. Les scènes qui s’enchaînent dans la plus grande confusion et une violence tant verbale que physique, sont difficiles à décrire. Des hommes revêtant la robe hurlent de manière quasi hystérique contre les observateurs. Les quelques policiers en uniforme laissent faire, tout comme les nombreux policiers en civil présents dans la salle.

Le défenseur des droits de l’homme Larbi Messaoud est projeté hors de la salle par des hommes en furie. Un photographe, agrippé à son appareil, est violemment plaqué sur un banc et roué de coups par deux hommes dont un avocat sous les yeux d’Elise Taulet.

Nous refusons de quitter la salle comme nous le demandent plusieurs personnes en civil car des observateurs espagnols et six Sahraouis, dont les quatre prévenus libres, sont au milieu de la salle entourés par une trentaine de personnes. Les Sahraouis se font insulter et nous voyons des avocats agresser physiquement les prévenus libres, y compris la femme. La chemise d'Ettarouzi Yahdih est complètement déchirée. Quand nous le rencontrerons le soir, il nous montrera des traces de coups et d'une morsure à l’avant bras droit. La police les évacue tous les quatre dans la salle réservée aux prisonniers.

Nous sommes regroupés au fond de la salle avec des observateurs espagnols, une femme et un militant sahraouis. Alors que Michèle Decaster continue de prendre des notes, quatre hommes lui demandent de partir lui disant qu'elle n'a rien à faire au Maroc. Brusquement, un des hommes lui arrache son bloc des mains et s'enfuit dans le hall. Michèle Decaster parvient à l'arrêter et à récupérer son bloc. Un journaliste marocain, indigné par la scène, s’interpose pour la protéger à son retour dans la travée. Il est insulté par des Marocains furieux qui le menacent. Il est livide, sort sa carte de journaliste, ruisselle de sueur, dénoue sa cravate… Dans le même temps, une Marocaine tente d’arracher le même bloc des mains d’Elise Taulet. Des policiers en civil voyant que les choses tournent mal se positionnent devant les travées où nous nous trouvons et la situation se calme à cet endroit de la salle.

Peu après, les quatre prévenus en liberté sont introduits dans la salle d'audience, six policiers en uniforme se postent devant eux. Arrivent alors dans la salle qui s'était un peu vidée une douzaine de policiers en civil qui forment un cordon autour des prévenus pour les escorter. Nous ne seront pas autorisés à les suivre.

L'avocat qui avait revêtu le drapeau marocain sur sa robe revient dans la salle, sans sa tenue professionnelle, et ordonne à la quarantaine de personnes encore présentes de partir. Ces derniers obtempèrent et se lèvent. Mais l'avocat se ravise et tout le monde se rassoit. Puis il leur demande de se relever. Rang par rang, le public commis d'office quitte la salle.

Nous nous apprêtons à les suivre quand les portes se ferment. Au dehors, la manifestation contre les Sahraouis qui n'a jamais cessé depuis deux heures reprend de plus belle. Pour « notre » sécurité, les policiers nous retiennent. Onze observateurs internationaux se retrouvent ainsi enfermés dans la salle d'audience avec quatre Sahraouis.

Des hommes qui semblent être des policiers de la sûreté, mais qui ne nous ont jamais décliné leur qualité, nous affirment que « les citoyens sont très en colère car ils [nous] ont vu prendre des photos ». Pour notre sécurité, celui qui semble être le chef nous demande de leur remettre nos appareils photo et, face à l'absence de réaction, nous menace d'une fouille corporelle intégrale, « les femmes par des femmes, les hommes par des hommes ». Devant nos protestations, il nous précise que c’est à la demande du Procureur du roi. Nous nous exécutons, 6 appareils photos leur sont remis, dont ils notent les marques et les noms des propriétaires avant de quitter la salle.

Environ trois quarts d’heure plus tard, des policiers en uniforme nous escortent hors de la salle et nous conduisent sans explication aucune dans les sous sols du Tribunal. On se retrouve dehors à la sortie du parking. Nous refusons de quitter les lieux sans nos appareils photos mais ces policiers semblent ignorer qu'ils nous ont été pris. Finalement, trois premiers appareils nous sont rendus puis trois autres. Aucune explication ne nous est donnée. Il est environ 17 heures.

Alors que nous nous apprêtons à partir, nous apprenons que les Sahraouis qui n’avaient pu accéder à la salle d’audience sont enfermés dans une salle dont ils ne peuvent sortir du fait des menaces des manifestants marocains. Nous décidons donc de les attendre. Le consul d'Espagne qui s'est rendu sur place pour rencontrer les journalistes espagnols blessés fait une déclaration à la presse. Des personnes qui attendent à l'extérieur l'interpellent sans cesse sous le nom de « Franco ». Il entame également des discussions avec les autorités et nous explique qu'il s'assurera de la sécurité de tous les observateurs internationaux mais qu'il n'a pas les moyens de protéger les sahraouis. Il restera jusqu'à la fin.

De notre côté, nous proposons aux policiers d’aller chercher les sahraouis restés dans la salle et d’apporter ainsi notre soutien aux forces de police qui nous disent vouloir les protéger. Proposition refusée. Environ une demi-heure plus tard le groupe de 57 Sahraouis, dont 15 femmes, arrive au sous sol. Dès que les manifestants marocains, massés à gauche de la sortie-véhicule les aperçoivent, les cris et insultes reprennent. Les Sahraouis se regroupent hors de leur vue, dans un recoin du parking. Une discussion s’engage entre les policiers et Saïd Baillal pour trouver le moyen de faire sortir tout le monde en sécurité. Alors que les Sahraouis approchent de la sortie où nous nous trouvons, des Marocains font une incursion, et le groupe sahraoui refoule à l’intérieur. Cet aller-retour se reproduira plusieurs fois.

Petit à petit des voitures privées arrivent à la grille d’enceinte ; cinq par cinq les femmes d’abord et l’homme handicapé sont évacués. Nous recevons la visite deux avocats sahraouis venus s’inquiéter de ce qui se passait.

Toutefois, le temps passe et nous nous impatientons. Aucune solution ne semble se dessiner pur les sahraouis restant. Pendant cette attente, le dialogue s’installe entre des observateurs et des policiers en civil. L’un d’eux demande : « Pourquoi vous occupez-vous de ces gens là, il n’y a pas d’autres causes qui vous intéressent dans le monde ? ». Nous ne pouvons plus téléphoner, les réseaux téléphoniques marocains ayant été coupés.

Vers 18 heures 15, alors qu’il reste une vingtaine d’hommes à attendre des véhicules, nous voyons arriver par le couloir d’accès au Tribunal, un groupe de Marocains hurlant qui se précipitent sur les Sahraouis acculés au mur. Des policiers en civil se positionnent devant les Sahraouis.


Soudain la lumière s’éteint. Les hurlements nous font craindre le pire. La lumière revient, s’éteint de nouveau et on entend des piétinements de gens, des cris et des cous. La confusion est totale.

Quand la lumière revient, nous voyons les Marocains pourchasser les Sahraouis qui s’enfuient par le parking. Les policiers ne tentent nullement d'arrêter cette chasse à l'homme. Ils nous demandent au contraire de quitter l'enceinte de Tribunal et referment les grilles derrière nous.

La nuit et les policiers nous empêchent de voir ce qu’il est arrivé aux Sahraouis. Francesca Doria aperçoit le jeune Mohamed Ali emmené par des policiers. Elle part à sa recherche avec Cecilia Asklof. Nous apprendrons par la suite qu’il a été relâché après tabassage.

Nous restons encore un moment devant les grilles du Tribunal. Les policiers en civil nous demandent une nouvelle fois de quitter les lieux car selon eux « si les jeunes reviennent, ils s'en prendront à vous et nous ne pourrons rien faire. C'est très dangereux, il faut partir ». Le Consul d’Espagne organise le départ des observateurs. La police appelle alors des taxis qui nous ramènent à nos hôtels respectifs.

Nous quittons donc les alentours du Tribunal vers 19 heures sans avoir pu nous entretenir dans la sérénité avec les avocats des prévenus ni avec les quatre prévenus libres.

Paris le 7 novembre 2010

Elise TAULET Michèle DECASTER



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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 18:44

 

http://www.europalestine.com/spip.php?article5816

Boycott Israël à Perpignan : énorme mobilisation, le procès renvoyé !

Les maîtres-chanteurs du CRIF et leur marraine Michèle Alliot-Marie ont pris une claque, lundi à Perpignan, où le tribunal a fait droit aux objections de la défense des militants BDS poursuivis, et a renvoyé le procès à la fin de l’année. En l’occurrence, tandis que des centaines de manifestants étaient rassemblés devant le Palais de Justice sous les bannières « Boycott Israël », « Des sanctions contre Israël, pas contre nous », et « Solidarité avec Yamina, Jeanne et Bernard », le tribunal s’est rangé à l’argumentation développée par Antoine Comte, l’un des avocats des prévenus.

Antoine Comte a fait valoir, d’emblée, que la loi utilisée pour poursuivre les militants de la campagne BDS, suivie d’une condamnation (à mille euros d’amende) par la Cour d’Appel de Bordeaux dans un cas (celui de Sakina Arnaud), a été en réalité instrumentalisée par le lobby sioniste en France, et par l’ex-ministre de la Justice Alliot-Marie qui avait accédé aux désirs de ces derniers.

Cette loi de 1972, a-t-il poursuivi, a été conçue pour lutter contre le racisme et la discrimination de nature raciale (ou ethnique, religieuse, etc.) à l’encontre de personnes ou de groupes de personnes, mais en aucun cas pour protéger un Etat et sa politique, l’Etat d’Israël dans les procès en question. C’est la raison pour laquelle les avocats de Sakina Arnaud contestent la condamnation prononcée par la Cour d’Appel de Bordeaux, et ont formé un pourvoi auprès de la Cour de Cassation, la juridiction suprême en France pour ce genre d’affaires.

Ils le font au nom de la « Question Prioritaire de Constitutionnalité » (QPC), une disposition qui permet aux justiciables de contester la constitutionnalité d’un texte de loi, adopté parfois il y a longtemps.

Le tribunal de Perpignan a constaté qu’effectivement, Yamina, Bernard et Jeanne sont poursuivis sur les mêmes fondements que ceux qui ont été utilisés à l’encontre de Sakina à Bordeaux, et qu’en conséquence, il ne pouvait lui-même statuer sur le fond sans avoir en main la réponse que fera la Cour de Cassation au pourvoi que nous avons formé.

Techniquement, les avocats de Sakina ont jusqu’au premier mars prochain pour « rendre leur copie » à la Cour de Cassation, et celle-ci doit théoriquement y répondre dans les trois mois, c’est-à-dire avant le premier juin.

Par prudence, le tribunal de Perpignan a choisi de différer le procès au 26 septembre 2011. Voire au-delà. Car la Cour de Cassation peut parfaitement, comme le lui demande la défense, estimer que l’arsenal juridique déployé contre la campagne de Boycott Israël en France pose bien un problème d’atteinte aux libertés publiques, et alors renvoyer les articles de loi contestés devant le Conseil Constitutionnel, qui est la juridiction juge de la légalité des lois en France.

En attendant, tandis que les avocats des officines sionistes (BNVCA et cie) restaient cois à l’écoute de ce « renvoi administratif » prononcé par le tribunal, nous étions des centaines, dans la rue, à crier non seulement notre satisfaction pour la décision du jour, mais surtout notre détermination à poursuivre le combat.

Non seulement en défense, car d’autres rendez-vous judiciaires nous attendent prochainement (à Mulhouse le 10 février, puis à Bobigny en région parisienne le 17 mars), mais plus que jamais en développant, partout, la campagne BDS (Boycott – Désinvestissements – Sanctions).

Fait à Perpignan le lundi 24 janvier 2011

CAPJPO-EuroPalestine




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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 20:42

 

Face à l’acharnement patronal Résistance syndicale!

Les notifications de sanctions pour Bertrand Lucas (Secrétaire départemental adjoint SUD Poste 92) et Yann Le Merrer (représentant départemental CHSCT SUD Poste 92) sont tombées : douze mois d’exclusion de fonction dont trois mois avec sursis pour Bertrand Lucas et vingt quatre mois d’exclusion de fonction dont six avec sursis pour Yann Le Merrer.

Pour Gaël Quirante (Secrétaire départemental adjoint de SUD Poste 92 ) la Poste s’acharne, puisque suite au refus de l’Inspection du Travail d’autoriser son licenciement elle fait un recours hiérarchique directement auprès de Xavier Bertrand, ministre du Travail.

Une entreprise qui commence à parler de ferme et de sursis pour des syndicalistes… ce n’est jamais bon signe !

Ce qui est reproché à ces représentants syndicaux ce n’est pas autre chose que de se battre opiniâtrement contre les réorganisations (Assemblées Générales, intervention dans les centres...), refuser les suppressions d’emplois qui génèrent autant de détérioration des conditions de travail.

La Poste aujourd’hui veut écraser tous ceux qui résistent. Elle se refuse à toute négociation et compte sur nos faibles salaires pour laisser pourrir les situations. Nous devons d’ailleurs saluer tous ceux qui comme les collègues de Marseille luttent contre cette situation. Les collègues sont en grève depuis plus de cent jours pour défendre l’emploi.

D’autres bureaux sont aujourd’hui également en lutte contre les réorganisations. Il est grand temps de prendre cette question en main au niveau national. Assez de ces bagarres qui se mènent de manière isolée par régions, départements ou métiers.

Nous avons tous à y gagner quel que soit notre syndicat et métier à défendre l’emploi, nos salaires et par voie de conséquence nos conditions de travail.

Il répriment dans les Hauts de Seine car ils veulent briser un département qui résiste à leurs mauvais coups. Mais ils ont également porter des coups à tous ceux qui se battent et cela quelque soit leur syndicat : la représentante CGT de Paris 11 passe en CAP. Olivier Rosay, secrétaire départemental adjoint des Postaux Paris, prend dix huit mois d’exclusion de fonctions.

Les camarades de Bordeaux sont passés en procès et seize syndicalistes (CGT-SUD) des Hauts de Seine passent devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour une pseudo séquestration en juin prochain.

Ils pensent que cela nous fera reculer… bien au contraire cela renforce notre détermination. Nous appelons l’ensemble des Postiers, syndicats et usagers à protester contre cette attaque à la liberté d’expression.



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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 20:29

 

Algérie Tunisie, même combat

Même peuple, mêmes tyrans

Par Chérif BOUDELAL - samedi 22 janvier 2011

(Contact : immigrationstorys@yahoo.fr)

Monsieur Bouteflika, levez le siège sur le peuple algérien !

Le RCD (Le rassemblement pour la culture et la démocratie) maintient la manifestation - ou « marche pacifique » - prévue pour ce samedi 22 janvier 2011 à Alger, et ce malgré son interdiction. Le prétexte donné par le ministère de l’Intérieur est celui de l’état d’urgence imposé au peuple algérien par le gouvernement depuis 1992, et ce au nom de la lutte contre le terrorisme. Faut-il rappeler que c’est l’Etat lui-même qui est l’inventeur de ce terrorisme. C’est en annulant les élections législatives en 1991, et en emprisonnant des cadres et militants du FIS (qui avait remporté les élections dès le premier tour, rappelons-le) que ce terrorisme est né en Algérie. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux USA, le régime algérien est renforcé dans son état de siège par le mutisme des Etats occidentaux, et il en profite à outrance.

Si l’Etat militaire n’avait pas volé la victoire au FIS, il n’y aurait pas eu de guerre civile et de terrorisme qui ont provoqué la mort des centaines de milliers et autant de blessés de citoyens innocents. Il n’y aurait pas eu tant d’exilés algériens, notamment parmi les jeunes qui n’ont connu que la violence, la corruption, le chômage et l’humiliation de ceux qui abusent de leurs pouvoirs, au point de traverser la Méditerranée dans des barques de fortune à leur risque et péril. Il n’y aurait pas eu non plus l’exil de milliers d’universitaires vers les pays occidentaux, lesquels pays profitent de leurs compétences au détriment de l’Algérie et de son peuple.

Que demande le RCD, qui est un parti politique légal, rappelons-le ? Il réclame « la libération des détenus arrêtés lors des dernières manifestations, la levée de l’état d’urgence, la restauration des libertés individuelles et collectives garanties par la Constitution ». Oui, sa demande est légitime. Quel que soit la position qu’on peut avoir vis-à-vis du RCD, on ne peut que cautionner sa demande concernant la liberté de manifester et la démocratie. Il est navrant de voir des partis se cacher derrière leurs divergences politiques avec le RCD, ou prétextant l’état de siège pour faire la planque en se dérobant de leurs responsabilités. Il est inadmissible que les citoyens algériens, dont le peuple a sacrifié un million et demi de ses enfants, soient traités comme des sous-hommes en leur interdisant tout. Cela nous rappelle le code de l’indigénat du temps de la colonisation française ! Espérons qu’il n’y aura pas un bain de sang comme en mai 1945.

Considéré par les USA et l’UE comme l’un des collaborateurs le plus fidèles du tiers monde envers l’Occident en matière de lutte contre le terrorisme, le régime algérien musèle l’opposition et lui interdit purement et simplement de manifester contre sa politique décadente sur tous les points de vue. Que les partis de la dite opposition et le peuple se mobilisent pour exiger la levée de l’état d’urgence et l’abolition de toute interdiction en Algérie, en réclamant la liberté d’expression et de manifester. Les hors la loi ne sont pas les manifestants, mais bien ceux qui leurs interdisent de manifester.

Que les partis de la dite opposition, mais aussi les citoyens tout court, se mobilisent pour exiger la levée de l’état d’urgence et d’avoir tous les droits légitimes de citoyens libres. Les hors la loi ne sont pas les manifestants, mais ceux qui leurs interdisent de manifester. Il est inadmissible que l’Etat interdise au peuple de s’exprimer pour dénoncer les injustices auxquelles il est exposé au quotidien, au moment où la situation économique est plus que catastrophique, et la corruption bat son plein. Il est révoltant que, au moment où le peuple tunisien est en train de transformer le visage de son pays après plus de cinquante ans de dictature, des partis politiques algériens cautionnent un régime militaire qui humilie son peuple.

Que le peuple se lève contre l’injustice et la corruption qui fait fuir notre jeunesse et nos universitaires pour enfoncer davantage le pays dans le chaos. Les tunisiens ont prouvé que leur mobilisation et leur détermination ont fait fuir le tyran qui s’est approprié la Tunisie, pourquoi le peuple algérien ne pourrait pas le faire ? Qu’il descende dans les rues pour réclamer la démission des généraux qui pillent les richesses du pays et les biens de l’Etat. Que Bouteflika prenne une position claire s’il n’est pas complice des généraux qui seraient « les vrais décideurs de la politique de l’Etat », comme certains le prétendent. Ou bien il se rallie à son peuple, et dans ce cas il doit le prouver en levant l’état d’urgence, en libérant les prisonniers politiques et en permettant au peuple de manifester contres les injustices et la corruption des clans des généraux ; ou bien il exprime sa solidarité avec les généraux, et dans ce cas il doit plier bagage avec eux.

Nous avons appris que les Algériens ont manifesté dans dix-sept wilayas, malgré l’interdiction de manifester, malgré la menace du ministère de l’Intérieur et la mobilisation de ses médias pour dissuader les citoyens de sortir de chez eux. D’après les informations données par Aljazeera, il y aurait quarante neuf blessés.

Que le peuple du pays qui a sacrifié un million et demi de ses enfants pour se libérer, se montre digne de ses martyrs. Le peuple tunisien s’est libéré de ses tyrans, c’est au tour des Algériens de le faire à leur tour ; il doit prouver au monde que la révolution de 1954 n’a pas été vaine, et que ses martyrs ne sont pas morts pour rien ; car l’indépendance de l’Algérie a été volée au peuple par une bande de corrompus qui n’ont pas cessé de piller les richesses du pays depuis les années 1980 jusqu’à ce jour.




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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 11:55

 

http://www.lafederation.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1316:nous-faisons-appel-de-la-decision-du-tribunal-correctionnel-de-tours-du-6-janvier-2011&catid=69:autres-communiques&Itemid=47


Abd-El-Kader Aït Mohamed et Chantal Beauchamp communiquent :

Nous faisons appel de la décision du tribunal correctionnel de Tours du 6 janvier 2011

Tout d'abord nous tenons à remercier celles et ceux qui nous ont soutenu-e-s soit individuellement, notamment les onze mille trois cent soixante douze signataires de la pétition, soit collectivement au sein des cent trente deux organisations participant au Comité de Soutien. Merci de vous être insurgés en exigeant notre relaxe au nom du refus de la censure d'Etat et de la criminalisation de la solidarité.

Pour la liberté d'expression ! Pour la liberté d'opinion !

Le 6 janvier 2011, le tribunal correctionnel de Tours a décidé de rejeter toutes les nullités de procédure concernant les poursuites en diffamation dont les 4 prévenu-e-s de Tours sont l'objet, nullités soulevées par notre Conseil Maître Nawel Gafsia à l'audience du 3 décembre 2010.

Pourquoi avoir demandé au tribunal de se pencher sur la régularité des poursuites ? Comme pour tout justiciable, le respect des procédures est la première garantie de ses droits. Et plus encore dans un procès qui met en jeu cette liberté constitutionnelle qu'est la liberté d'expression. La loi qui en garantit l'exercice exige le respect strict de certaines conditions, pour que des écrits reprochés à une personne puissent être constitués en délit de diffamation. Pour nous, il est clair que ces conditions n'étaient pas remplies. Ainsi, nous avons contesté la légitimité du ministre de l'Intérieur à porter plainte. Nous avons contesté les termes de la citation à comparaître établie par le Procureur, reposant sur des erreurs et des approximations ne nous permettant pas d'identifier clairement les faits qui nous sont reprochés. Nous avons également souligné le grand écart entre les termes de la plainte de Brice Hortefeux et les charges retenues par le Procureur, dans une procédure où c'est la plainte, et uniquement elle, qui peut déclencher l'intervention du Parquet.

Et que dit le tribunal de ces questions soulevées et strictement argumentées par Maître Gafsia ? A peu près rien, sinon qu'il ne les retient pas et juge la procédure entièrement régulière. Reconnaître comme valide le jugement du tribunal du 6 janvier, ce serait accepter que, aujourd'hui et demain, n'importe quelle autorité publique soit en mesure de poursuivre de façon arbitraire toute personne qui pourrait la critiquer. Notamment, ce serait abdiquer toute velléité de mettre en cause tel ou tel aspect de la politique gouvernementale.

La liberté d'expression doit être garantie à toutes et à tous Elle doit être garantie par les tribunaux qui ont la charge d'examiner si tel texte peut être librement diffusé, ou s'il ne doit pas l'être, car constituant une diffamation. C'est ce qu'on appelle l'examen du litige « au fond ». Mais la liberté d'expression doit être garantie aussi en amont, et pour elle-même, par l'examen de la régularité des poursuites et de leur conformité avec la loi sur la liberté de la presse.

C'est pourquoi nous avons décidé de faire appel du jugement du tribunal correctionnel de Tours du 6 janvier 2011.



Tours le 9 janvier 2011

Abd-El-Kader Aït-Mohamed et Chantal Beauchamp



 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 11:39

 

http://www.liberation.fr/monde/01012314984-ce-que-nous-voulions-dire-a-normale-sup

Ce que nous voulions dire à Normale Sup

Par BENOIST HUREL et PATRICK HENRIOT, secrétaires nationaux du Syndicat de la magistrature

L’annulation, à la demande du Crif, d’une conférence-débat qui devait se tenir à l’Ecole normale supérieure sur la question du boycott crée une indignation légitime. Les motifs de «sécurité», timidement avancés par la direction de l’école pour tenter de la justifier, dissimulent mal la logique du musellement de l’expression publique qui est clairement à l’œuvre sur un sujet - les modes de résistance à la politique d’un Etat - dont il ne pourrait pas être débattu, d’après le Crif, parce que cet Etat s’appelle Israël.

Comment ne pas voir que cette logique de bâillonnement est exactement la même que celle qui sous-tend, précisément, l’exercice de poursuites pénales contre ceux qui, s’inscrivant dans une longue tradition de résistance citoyenne, ont choisi de faire du boycott un instrument de contestation des Etats par les sociétés civiles. Ce que cette annulation révèle, finalement, c’est que, dans une sorte de continuum de la censure, la pénalisation du boycott se doublerait d’une interdiction de la contester.

Comme d’autres, nous avions accepté de participer à la conférence, dont la vocation n’était autre que de soutenir Stéphane Hessel et l’ensemble des personnes aux prises avec la justice pour des faits de boycott. Qu’allions-nous dire à l’Ecole normale supérieure ? Il ne pouvait s’agir de prendre position sur l’«opportunité» de boycotter les produits israéliens, sujet sur lequel nous n’avions bien entendu ni compétences ni qualité pour intervenir. Il était en revanche évident, pour nous comme pour les organisateurs, que notre propos devait se donner pour objet de contester la «pénalisation» du boycott.

Un mot sur la genèse de cette pénalisation. Un texte de loi, réprimant la «provocation publique à la discrimination envers une nation», a été voté en 1977, sur le fondement duquel peut être réprimé tout appel au boycott d’un Etat. Le nombre de poursuites pour ce type de faits était toutefois extrêmement faible jusqu’à ce que le ministère de la Justice n’invite, dans une circulaire du 12 février 2010, les procureurs à assurer une répression «ferme et cohérente» de ces agissements. Résultat : plus de quatre-vingts personnes sont actuellement sous le coup d’une procédure judiciaire pour avoir, à des degrés divers, participé à des actions de boycott.

Il fallait donc rappeler une fois de plus que la nécessité de mobiliser la loi pénale ne s’évalue pas à l’aune des intérêts communautaires ou partisans des uns et des autres et que les libertés publiques, au nombre desquelles figure la libre contestation de l’action des Etats comme de celle des hommes, ne sont pas solubles dans ces intérêts. L’enjeu, qui n’est rien moins que la liberté d’expression, dépasse de très loin le problème israélo-palestinien : des actions de boycott contre des Etats ont déjà été conduites dans le passé à l’égard de l’Afrique du Sud, de la Chine ou de l’Inde. Prisonniers de leur logique, ceux qui, aujourd’hui, traînent les militants propalestiniens devant les tribunaux sont-ils bien certains de vouloir contribuer à l’interdiction, en tous temps et en tous lieux, d’actions qui, un jour, pourraient éclore au service de l’émancipation des peuples et des idéaux démocratiques qu’ils défendent ?

Le boycott ne vise rien d’autre qu’à donner forme, dans une action pacifique individuelle, à une opposition politique élaborée collectivement. Sa pénalisation s’inscrit dans un contexte d’intimidations envers toutes les formes d’action militante individuelles et collectives : les poursuites contre l’auteur du fameux «Sarkozy je te vois», l’explosion des procédures pour outrage et pour refus de prélèvement ADN, les arrestations aléatoires de manifestants, l’invention de la «mouvance anarcho-autonome» présumée «terroriste», les procédures contre des ouvriers victimes de plans sociaux, contre des bénévoles qui viennent en aide aux sans-papiers, contre les sans-logis.

Tel pouvait donc être le sens d’une intervention d’un représentant du Syndicat de la magistrature à un débat dont le principe même serait pourtant insupportable à certains. En dénonçant la mobilisation d’un arsenal répressif antiboycott, il s’agissait de revendiquer une libre voix pour une contestation politique qu’il n’y a, en l’occurrence, aucune raison de pénaliser, quoi que l’on pense par ailleurs de ce boycott en particulier. Bref, pas de quoi se faire traiter d’«ennemi d’Israël».


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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 20:41

 

Interview de Elisabeth Guigou, député socialiste de Seine Saint Denis, ancienne ministre de la justice du gouvernement Jospin de 1997 à 2000, sur la question du boycott, par Médiapart.

Le boycott est une prise de position politique

« Le boycott des produits des territoires occupés est quelque chose en effet à quoi je peux m’associer. Il y a différentes expressions dans ce collectif, c’est vrai, mais je trouve que cela a un sens politique. Il ne s’agit pas du tout d’une discrimination religieuse ou raciale d’aucune sorte. C’est une prise de position politique par rapport à une situation politique qui doit absolument changer. Une des conditions que la communauté internationale reconnaît comme étant une condition préalable et indispensable à la paix, c’est le retrait des territoires occupés »

Vous avez rencontré le nouveau ministre de la justice, Michel Mercier, sur cette question, quelle est sa position ?

« Nous sommes allés voir Michel Mercier avec Stéphane Hessel et Catherine Tasca. Stéphane Hessel a expliqué sa position. Michel Mercier a dit qu’il allait naturellement faire le point avec ses services. Je lui ai reposé la question il y a quelques jours à l’Assemblée nationale, il m’a assuré qu’il n’y aurait pas de poursuites contre Stéphane Hessel. Je lui ai demandé ce qui se passerait pour les autres, il a été plus évasif, mais tout en étant assez encourageant, m’a-t-il semblé. C’est pour cela qu’il est important de poursuivre la mobilisation, il faut que ces poursuites cessent, elles n’ont pas de fondement, à mes yeux ».

« Je trouve que l’Europe devrait s’exprimer davantage. Les termes du processus de paix sont connus. Ils sont agréés par toute la communauté internationale. L’Europe a été à l’avant-garde pour définir ces conditions de la paix. Aujourd’hui nous savons ce qui bloque, c’est la poursuite des colonies, non seulement le non retrait des territoires occupés mais la poursuite de la colonisation. Je pense que l’Europe devrait être beaucoup plus active. L’union européenne est le premier donateur d’aide au développement dans cette région du monde. Elle est très active sur le plan de l’aide humanitaire à Gaza, je pense qu’elle devrait avoir une expression politique plus forte ».

Que répondez vous à ceux qui voient dans le boycott un terreau pour l’antisémitisme ?

« Il faut être très attentif, c’est vrai. Car il y a les prises de position politiques, la politique du gouvernement israélien ou des gouvernements israéliens ; mais évidemment il ne faut pas que ce blocage politique et la poursuite de ces guerres induisent de l’antisémitisme. Nulle part il ne faut pas faire d’amalgames. Il faut bien distinguer : il faut dire qu’il y a une situation de guerre, qui doit cesser. Il y a eu à Gaza, dit le rapport Goldstone, des crimes de guerre. Il y a une vraie différence entre les actes de guerre et les crimes de guerre : le droit international fait la différence. Dans quantité de régions du monde malheureusement nous avons ce type de situation, il faut les dénoncer. Mais ce n’est pas l’ensemble d’un peuple qui est visé, désigné. D’ailleurs, en Israël même, je le sais pour y être allée et avoir des contacts, il y a un très fort débat, et des milieux intellectuels, politiques, des médias, sont eux-mêmes très critiques souvent, vis-à-vis de la politique qui est menée par le ou les gouvernements israéliens. Je crois qu’il ne faut surtout pas faire d’amalgames. En tout cas moi je réprouve absolument tout comportement antisémite ».




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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 20:30

 

http://www.fr.news.yahoo.com/3/20110122/twl-algerie-manifestation-d407853.html

Algérie : blessés et interpellations lors d'une manifestation interdite de l'opposition (Associated Press)

Des heurts ont opposé samedi les forces de l'ordre à des manifestants regroupés à Alger devant le siège du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition), qui avait appelé à défiler pour réclamer la levée de l'état de siège en vigueur depuis 2002 en Algérie. Le RCD a dénombré une quarantaine de blessés hospitalisés, tandis que la police faisait état de huit blessés dans ses rangs, dont deux dans un état grave.

Les autorités n'avaient pas autorisé le défilé prévu par le RCD, l'état de siège interdisant toute manifestation à Alger. Très tôt samedi matin, un important dispositif policier a été déployé sur les quelque trois kilomètres du parcours qui devait relier la place du 1er-Mai au siège de l'Assemblée nationale. Les rues adjacentes ont été fermées.

Environ un millier de manifestants se sont toutefois regroupés devant le siège du RCD, très vite encerclés par des brigades d'intervention spéciales. Plusieurs personnes ont été blessées dans les heurts avec la police qui ont suivi.

Le responsable de la communication du RCD, Mohssin Bélabés, a affirmé à l'Associated Press qu'une centaine de personnes avaient été blessées, dont une quarantaine avaient été hospitalisées. Parmi les blessés figure le chef du groupe parlementaire Othmane Mazouz. Ce dernier a reçu un coup de matraque au visage, a rapporté le Dr Saïd Sadi, président du RCD.

Plusieurs dizaines de personnes ont également été arrêtées, selon Mohssin Bélabés, qui a ajouté que le site Internet du RCD était bloqué.

Selon un communiqué du ministère de l'Intérieur, 19 personnes ont été blessées: 11 manifestants et passants, ainsi que huit policiers - parmi lesquels deux blessés graves. Les forces de l'ordre font également état de neuf interpellations.

"On nous a certes empêchés de marcher, mais politiquement, on a réussi à casser le mur de la peur", s'est félicité Mohamed Khendek, sénateur du RCD. "Maintenant, il s'agira de gérer la dynamique politique créée par notre manifestation et lui donner un prolongement dans les jours qui viennent".

Environ un millier de personnes ont réussi à éviter les forces de l'ordre déployées en masse dans Alger pour se rassembler devant le siège du RCD. Face aux policiers, ils scandaient des slogans tels "Algérie, libre et démocratique", "Bouteflika, dégage" ou encore "Pouvoir assassin". Saïd Sadi était, lui, contraint de suivre la manifestation du balcon du siège de son parti, en compagnie de ses collaborateurs.

"Je suis prisonnier dans le siège du parti, je ne peux pas sortir pour prendre part à la manifestation", a déclaré Saïd Sadi dans un mégaphone depuis un balcon du RCD. "On ne peut pas mener de combats quand on est assiégé, enfermé, comme vous le constatez".

Sur la rambarde d'un balcon, le drapeau algérien flottait à côté du drapeau tunisien.

Les manifestants qui devaient venir des banlieues Est et Ouest d'Alger pour participer la manifestation ont été bloqués pendant deux heures sur l'autoroute par des barrages de police successifs.

A travers cette manifestation, le RCD entendait capitaliser sur les derniers mouvements de protestation en Algérie, dans la foulée du mouvement de contestation en Tunisie, pour exiger la levée de l'état d'urgence, qui empêche l'opposition de s'exprimer dans la rue, et demander l'ouverture des médias publics monopolisés par le pouvoir.


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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 18:58

 

http://www.bakchich.info/Le-PS-aphone-sur-la-Tunisie,12828.html

Le PS aphone sur la Tunisie

Les députés PS font le point, chaque mardi matin, sur l’actualité et l’ordre du jour à l’Assemblée. La révolte tunisienne n’a pas retenu l’attention des élus présents. Pas une première…

Du haut de ces murs, un siècle de socialisme les contemple en peinture : Jaurès, Mendès-France et Mitterrand. Un sanctuaire réservé aux députés PS pour faire le point, chaque mardi matin, sur l’actualité et l’ordre du jour à l’Assemblée. En ce 17 janvier, Martine Aubry préside au côté de Jean-Marc Ayrault, patron des députés de l’opposition. Sur leur table, et celles de leurs camarades élus, la revue de presse du groupe consacre dix-huit pages aux événements tunisiens. L’encre de la révolte juste là, sous leur nez. A eux, socialistes !

L’occasion de débattre, défricher, fixer une ligne et un cap politique ? Que nenni ! Martine Aubry n’a pas eu un traître mot pour le peuple tunisien. Le nom de Ben Ali n’a jamais été prononcé. Et super Ayrault a tranché. Sur les six questions d’actualité réservées au PS dans l’hémicycle, une seule sur la Tunisie. Angle d’attaque, charger la barque d’Alliot-Marie car « il faut marquer le coup ». Et « si vous n’y voyez pas d’inconvénient, c’est moi qui vais la poser car il faut que notre position soit clairement identifiée » ajoute-il. Malaise palpable. Silence coupable. Personne pour lever le petit doigt.

Nombre des ténors n’ont pas même daigné se déplacer. François Hollande, Jean-Christophe Cambadélis, Julien Dray, Manuel Valls, Laurent Fabius, Arnaud Montebourg, Jack Lang, Henri Emmanuelli ou Pierre Moscovici étaient absents. Le temps pour Jean Glavany de pianoter sur son iPhone au premier rang. Et d’entendre, dans un écho lointain, un député, Dominique Raimbourg, oser susurrer au micro : « à la suite des événements en Tunisie, on a été mis en cause pour notre peu d’empressement… Je suis preneur d’une question sur la République arabe Sahraouie démocratique. » Bien tenté. Mais voilà que deux parlementaires, Bruno Le Roux et Jean-Yves Le Déaut, noient le poisson avec les chiffres sur l’éducation. Suivie d’une demi-heure sur la réforme de la garde à vue dont le point culminant a été de savoir « si une chèvre qui vous lèche les pieds est de la torture douce ». Dame Aubry rit.

Il faut bien avouer que le PS n’a jamais voulu sonner l’hallali de Ben Ali. En 1988, à son accession au pouvoir, il était reçu en grande pompe dans un dîner de gala par Mitterrand rapporte Le Monde. Trois ans plus tard, il déclarait : «  la Tunisie est un pays accueillant et les français qui aiment venir en Tunisie pour leurs vacances auraient bien tort de s’écarter de ce chemin. » Tout comme le PS qui intègre dès lors le parti du dictateur, le RCD (Rassemblement constitutionnel démocratique) dans l’Internationale Socialiste. Et dont au dernier conseil de Paris en novembre 2010, on honorait encore la présence de ses dignes représentants à sa table de travail. A savoir Hager Cherif et Jelal Trabelsi, du clan de la femme du président, Leïla Trabelsi, qui a pillé les richesses du pays. Ouf, ils sont depuis hier exclus. Merci au glorieux Cambadélis, secrétaire national PS à l’international, qui trouve ici une occasion de faire
oublier l’absence de communiqué sur la dictature du pays du jasmin depuis sa prise de poste en 2008.

Alors quoi tous complices ? Point du tout ! A fouiller le ventre des archives de l’Assemblée, on peut s’amuser à compter le nombre d’interventions (questions écrites, au gouvernement, orales, avec ou sans réponses) de députés PS qui s’indignent du régime Ben Ali depuis 20 ans. Entre 1988 et aujourd’hui, ils sont intervenus huit fois. La dernière remonte à 2008. Pierre Moscovici s’était offusqué des propos de Nicolas Sarkozy suite à sa visite en Tunisie et qui avait déclaré : " Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse en Tunisie ". La même année, Ben Ali décorait le patron du FMI des insignes de Grand officier de l’Ordre de la République. Un certain Dominique Strauss-Kahn dont Moscovici soutenait la candidature aux primaires de 2007.

A noter l’interrogation de Royal, dix ans plus tôt, en 1997, un mois avant la cohabitation Chirac-Jospin : « Alors que les atteintes aux droits de l’homme ne cessent pas, la France s’apprête à accueillir le président Ben Ali ». Tout autre son de cloche quand c’est au tour d’Hubert Védrine, ministre socialiste aux affaires étrangères, de répondre, en 2000, à une question similaire d’un camarade, et de noter que « la France soutient la Tunisie dans ses réformes économiques et sociales, convaincue que l’ouverture économique et le progrès social s’accompagneront nécessairement d’un progrès dans le domaine des droits de l’homme. Nous relevons à ce titre le caractère encourageant des récentes déclarations du président Ben Ali en faveur d’une réforme du code de la presse et du droit reconnu à tout citoyen tunisien de disposer et d’user d’un passeport.  »

Un passeport allègrement utilisé par Bertrand Delanoë, Tunisien d’origine, qui a multiplié les allers-retours entre sa terre natale de Bizerte et Paris… Et d’un Jacques Séguéla, jadis mitterrandien, un jour Royaliste et aujourd’hui sarkozyste qui, comme l’a révélé Bakchich, a bien tenté de gérer la communication de crise des derniers jours avant la fuite de Ben Ali.

De quoi peut-être mettre le PS dans la rue. Mais les 6 et 15 janvier, pas un drapeau ni un dirigeant socialiste n’était venu soutenir les manifestations pour la libération du peuple tunisien. Sauf David Assouline incognito. L’odeur de jasmin n’a pas atteint Solférino.





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