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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 19:10

 

http://www.rougemidi.fr/spip.php?article5735

 

La bataille de Madison (Wisconsin)

 

mercredi 16 mars 2011

 

Un combat syndical historique et exemplaire aux USA. Depuis le 15 février tous les regards sont tournés vers le Madison, la capitale de l’état américain Wisconsin, où se joue l’avenir du syndicalisme aux États-Unis. Scott Walker, le nouveau gouverneur républicain cherche non seulement à faire des économies sur le dos des travailleurs, mais aussi à vider de leur substance les négociations de conventions collectives.

 

Un exemple peu connu de l’influence du mouvement des travailleurs arabes ou quand la Tunisie et l’Égypte font école jusqu’aux USA...

 

Les syndicats bien conscients que ces mesures ont pour objectifs d’écraser complètement les organisations des travailleurs jettent toutes leurs forces dans la bataille, car le Wisconsin n’est que le banc d’essai, le premier pas dans une offensives généralisé que les Républicains veulent lancer contre les organisations syndicales.

 

Le Wisconsin, état du nord des USA, ne reçoit pas souvent l’attention des média, si ce n’est pour leur équipe de football américain, les Packers, fondée jadis par les ouvriers d’une conserverie, qui a remporté le Super Bowl 2010. L’économie repose sur l’agriculture, en particulier les produits laitiers, l’industrie et les services. Parmi les dix plus gros employeurs de l’état, huit sont dans les secteurs de l’enseignement, la santé et les services publics. Wisconsin est aussi un état relativement progressiste et le berceau du syndicat des employés de la fonction publique AFSCME, un des plus grands syndicats des USA avec plus de un million quatre cent mille membres.

 

Scott Walker s’en prend aux syndicats

 

Scott Walker, gouverneur Républicain fraîchement élu entend frapper un grand coup : sous prétexte de réduire le déficit et relancer l’économie sans augmenter les impôts , il veut offrir des réductions des taxes pour les entreprises et faire payer la note aux travailleurs du secteur public. Sa ‘recette miracle’ : retirer aux syndicats quasiment toute possibilité de négocier collectivement. Une telle loi auraient des conséquences dramatiques pour les travailleurs, mais aussi pour les syndicats qui seraient amputés de leur moyens d’actions et condamnés au déclin. Un déclin qui se répercuterait sur le Parti Démocrate qui bénéficie du soutien financier et de l’influence des syndicats. Walker veut aussi réduire la contribution de l’État au Medicaid, le programme d’assistance médicale aux plus démunis et aux personnes souffrants d’handicaps.

 

Des enjeux nationaux et une détermination à la hauteur

 

Le Parti Républicains à le vent en poupe après les élections de Novembre 2010, poussé par le mouvement de droite populiste Tea Party, et entend frapper un grand coup : imposer une législation anti-sociale exemplaire dans un des bastion du syndicalisme, pour ensuite l’appliquer partout ailleurs où les Républicains disposent d’une majorité. Une proposition de loi similaire a déjà déclenché des manifestations dans les états de l’Ohio. Conscient de ces enjeux, les travailleurs du Wisconsin sont fermement décidés à défendre leurs acquis sociaux becs et ongles, soutenus en cela par les syndicats à travers tout les USA et au delà. Les images de soulèvements et la détermination des peuples du monde arabe agissent aussi comme un encouragement. Quand les travailleurs du Wisconsin et leurs alliés investissent la rotonde du Capitole (le parlement), un espace généralement ouvert aux manifestations publiques, c’est pour organiser une occupation durable, improvisant dortoirs, atelier de fabrication de panneaux, centre d’information. Lorsque la capacité maximum des lieux est atteinte ils forment une file à l’extérieur, encerclant le bâtiment.

 

Solidarité au delà des frontières

 

Très vite le mouvement prend de la vitesse et de la force. Les enseignants et les employés sont rejoints par les étudiants. Dès le début du mouvement le gouverneur roule les mécaniques et annonce qu’il fera appel aux militaires de la Garde Nationale si besoin en est, pour garder les prisons, par exemple, une déclaration qui aura un impact négatif. Des athlètes des Packers, véritable héros du Wisconsin et syndiqués eux aussi, se déclarent solidaires du mouvement. Alors qu’ils sont épargnés pas les mesures d’austérité, les policiers et pompiers joignent le mouvement. Alors que les législateurs veulent interdire l’accès au Capitole, un syndicat de la police a appelé publiquement ses membres à passer leurs nuits avec les manifestants qui occupent les lieux. Les message de soutiens arrivent de partout, de groupes religieux ou d’artistes reconnus. Des liens informels se créent avec le soulèvement égyptien : à Madison les manifestants multiplient les références aux évènement du Caire, alors que sur la place Tahrir des manifestant affichent leur soutien à ceux du Wisconsin. Le grand absent est Obama, qui en 2007 affirmait que si jamais le droit des travailleurs à s’organiser ou à négocier était remis en cause, on le verrait aux piquets de grève. Encore une promesse qu’il ne tiendra pas.

 

Guerilla parlementaire et canular téléphonique

 

L’opposition au Sénat essaye de gagner du temps en empêchant le vote : les 14 sénateurs Démocrates ont quitté le Wisconsin, empêchant les 19 Républicains de voter des mesures budgétaires qui requièrent la présence d’au moins 20 sénateurs. Le 23 février un journaliste a appelé le gouverneur Walker, se faisant passer pour David Koch, un milliardaire finançant la droite antisociale. Dès lors le gouverneur abandonne la langue de bois, parle d’aller négocier avec les Démocrates « avec une batte de baseball », de comment il a considéré infiltrer des provocateurs parmi les manifestants ou introduire des propositions de lois pour forcer les Démocrates à revenir.

 

Le mouvement s’étend

 

Début mars, l’agitation a gagné les États voisins du Michigan, de l’Indiana, de l’Ohio et du Minnesota. Chaque fois, des dizaines de milliers de personnes y ont manifesté devant le parlement local. Richard Berg, un manifestant de l’Illinois, déclare : « Si la loi passe au Wisconsin, ils feront ensuite pareil ailleurs. »


Partout en Amérique, les syndicats se rendent compte de l’enjeu de la lutte dans le Midwest. Le centre de la résistance est toujours le Wisconsin et, plus spécialement, l’occupation du Capitole. Le 25 février, les autorités avaient bien décidé de le faire évacuer, mais l’Association professionnelle des policiers annonçait qu’elle se rallierait à l’occupation. Le bras de fer continue. Dans ce mouvement des prises de conscience se font comme en témoigne l’ovation qui a suivi l’intervention de Ramirez, un jeune latino-américain dénonçant le fait que "Wall Street vit luxueusement et témérairement pendant que nous nous retrouvons à payer la facture" et insistant sur la nécessité pour les Afro-Américains et Latinos de rester unis dans la lutte et que tous doivent s’opposer aux attaques venant en sens inverse sur les immigrants avec ou sans-papiers.

 

Le 10 mars le gouverneur a réussi à faire adopter sa loi mais cela n’a pas arrêté le mouvement puisque le 12 avait lieu la plus grosse manifestation depuis le début du conflit. Malgré le vote l’issue de ce combat est donc incertaine.

 

Curieusement la CSI, dont pourtant les syndicats américains sont à l’origine de sa création, reste pour l’instant silencieuse sur ce conflit d’une ampleur que l’on n’avait pas connue depuis des décennies et dans lequel se joue pour partie l’avenir du syndicalisme américain.

 

Quelques dates

25 janvier : La majorité Républicaine vote soixante sept millions de dollars en exemption de taxes pour les entreprises

 

15 février : Début des manifestations de masse, plusieurs dizaines de milliers de manifestants


16 février : Les enseignants se font porter malade en masse pour manifester, de nombreuses école doivent fermer pour un ou plusieurs jours. Les étudiants joignent le mouvement. Début de l’occupation du Capitole. Trente mille manifestants.


19 février : À l’issue d’une semaine d’action et de manifestation, le samedi rassemble soixante dix mille personnes.


20 février : L’occupation du Capitole s’organise pour durer. ADAPT, une association d’handicapés occupe le siège du Parti Républicain à Madison.


21 février : La fédération des syndicats locaux décide d’enclencher la procédure en vue d’une grève nationale


26 février : Deuxième manifestation du samedi, environ cent mille participants. Des manifestations en face du Capitole dans d’autres états réunissent des milliers de supporters


27 février : Les occupants refusent de donner suite à l’ordre de quitter les bâtiments à seize heures et se disent prêts à être arrêtés. Les autorités font marche arrière et annonce qu’il n’y aura pas d’expulsion.


10 mars : Vote de la loi sans discussion et à la hâte. Dehors des milliers de manifestants protestent.


12 mars : Ils sont cent cinquante mille à Madison à participer à la plus grosse manifestation depuis le début du conflit.

 

D’après des articles de Tom Burke, Brad Sigal, Jacob Flomsur et Héléna Jansen parus sur Solidaire et sur fightbacknews

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 20:07

 

http://www.lariposte.com/spip.php?page=newsletter&id_article=1585

 

Jean Luc Mélenchon et la guerre en Libye

 

Jean-Luc Mélenchon a pris position en faveur de l’intervention militaire en Libye. Dans une interview publiée par Libération, le 21 mars, il affirme que si le Front de Gauche était au pouvoir, il aurait adopté la même démarche que Sarkozy : « Si le Front de gauche gouvernait le pays […] serions-nous intervenus directement ? Non. Nous serions allés demander à l’ONU un mandat. Exactement ce qui vient de se faire. Je peux appuyer une démarche quand l’intérêt de mon pays coïncide avec celui de la révolution. »


Jean-Luc Mélenchon répète les mensonges de l’ONU et des gouvernements impliqués dans les bombardements : « Kadhafi tire sur sa population. Au nom du devoir de protéger, l’ONU demande d’intervenir », affirme-t-il. Or la « protection des civils » n’est en réalité que le prétexte de cette guerre. Il permet de masquer ses véritables objectifs, à savoir la protection des intérêts des puissances impérialistes en Libye. Il faut expliquer cette vérité à la population et déchirer le voile d’hypocrisie et de mensonges qui la dissimule. Cette guerre ne vise pas à appuyer la révolution des exploités, mais à la contrecarrer et l’étouffer. C’est une guerre réactionnaire et impérialiste, de tous les points de vue. D’ailleurs, Mélenchon devrait nous expliquer comment il se fait que des réactionnaires notoires comme Sarkozy et Cameron veulent soutenir une révolution, de l’autre côté de la Méditerranée.

 

Dans une note publiée sur son blog, le 24 mars, Mélenchon rejette l’idée que cette intervention puisse être liée aux intérêts économiques et stratégiques des puissances impérialistes. Il cite un article de l’association « Mémoires de luttes » : « L’action armée en cours contre les cibles militaires libyennes ne vise pas à s’approprier le pétrole du pays, pour une raison bien simple : c’est déjà le cas ! Total (France), ENI (Italie), Repsol (Espagne), OMV (Autriche), Petro Canada (Canada), Wintershall (Allemagne) etc., exploitent déjà des gisements. » Ce serait risible si le sujet n’était pas aussi sérieux. Il ne vient pas à l’esprit de Mélenchon que les impérialistes puissent vouloir protéger leurs intérêts. Il n’a pas compris – ou fait semblant de ne pas comprendre – que les révolutions arabes, y compris la révolution libyenne, menacent les énormes intérêts des impérialistes dans cette région hautement stratégique. Pour eux, toutes ces révolutions sont autant de cauchemars. Ils feront ce qu’ils peuvent pour y mettre un terme et stabiliser des régimes dociles garantissant l’exploitation des travailleurs et des ressources naturelles de la région au profit des grandes multinationales américaines, françaises, britanniques, etc. Tel est leur objectif fondamental en Libye.

 

Selon Mélenchon, l’intervention militaire serait « conforme à l’intérêt de la France ». L’intérêt de quelle France ? Celle des capitalistes, des banquiers et des spéculateurs ? Ou celle des travailleurs ? Il n’y a pas vraiment d’intérêt national, puisque la « nation » est divisée en classes aux intérêts diamétralement opposés. L’approche de Mélenchon fait totalement abstraction de la lutte des classes et de leurs intérêts contradictoires.

 

Un peu plus loin, Mélenchon précise son idée : « la politique menée [par Sarkozy] est conforme à l’intérêt de la France : être lié avec le monde maghrébin. Il n’y a pas de futur possible pour la France si elle est opposée au sentiment majoritaire des populations au Maghreb. » On croit rêver. Sarkozy et sa clique ne cessent d’alimenter le racisme à l’égard des travailleurs d’origine maghrébine, en France. Sous couvert de « débat sur l’Islam », ils vont encore stigmatiser les jeunes et travailleurs arabes. Au Maghreb, l’impérialisme français a toujours soutenu, financé et armé les dictatures. Aujourd’hui même, Sarkozy soutient les régimes réactionnaires au Maroc et en Algérie. Il couvre d’un silence complice la répression, les arrestations et la torture qui frappent les militants de gauche, dans ces pays. Voilà comment Sarkozy et le capitalisme français sont « liés au monde maghrébin » !

 

Le rôle de l’ONU

 

Mélenchon soutient l’idée, véhiculée par les impérialistes, selon laquelle l’ONU est une institution progressiste oeuvrant au bien de l’humanité. Il ne jure que par l’ONU. « Je suis partisan d’un ordre international garanti par l’ONU », dit-il. « Depuis vingt ans, mes positions ont toujours été fermes et constantes : je me suis toujours opposé à ce qui n’était pas l’ONU. » Mais là encore, Mélenchon fait abstraction des intérêts de classe que représente l’ONU. Cette institution n’est pas neutre. Elle est l’instrument des grandes puissances impérialistes qui la contrôlent et qui s’en servent comme une couverture légale et « humanitaire » à leurs interventions. Par exemple, l’ONU a justifié la première guerre du Golfe (« protéger les Koweitiens »), la guerre en Serbie (« protéger les Kosovars ») et la guerre en Afghanistan (« lutter contre le terrorisme »). L’ONU a également justifié et organisé l’embargo de l’Irak qui, en douze ans, a fait plus d’un million de victimes irakiennes. Est-ce là « l’ordre international » que Mélenchon appelle de ces vœux ?

Mélenchon pousse jusqu’au ridicule son soutien à l’ONU : « Si la Russie et la Chine avaient mis leur veto à la résolution et que l’OTAN avait décidé d’intervenir, j’aurais été contre l’intervention » en Libye, explique-t-il dans Libération. Face à une guerre impérialiste, Jean-Luc Mélenchon détermine sa position en fonction de ce qu’en pensent… les régimes réactionnaires de Pékin et Moscou. Soit dit en passant, le Front de Gauche est censé élaborer une « programme partagé » avec la population, mais nous n’avions pas compris qu’il était question de le « partager » aussi avec Poutine et Hu Jintao !

 

La référence à l’OTAN ne vaut pas mieux. L’ONU est aussi réactionnaire que l’OTAN – et aussi dominée par l’impérialisme américain. Il est complètement absurde de prétendre que l’intervention en Libye changerait de nature si elle était dirigée par l’OTAN. Les impérialistes s’efforcent – non sans mal, du fait de leurs rivalités – de s’entendre pour passer à l’OTAN tout ou partie de la direction des opérations militaires. Mélenchon y voit la main des Américains et s’en offusque. Mais pour l’information du dirigeant du Parti de Gauche, la résolution de l’ONU était déjà conforme aux intérêts des impérialistes américains, qui ont dès le premier jour dirigé les opérations militaires. Que les bombes larguées sur la Libye portent le sigle de l’ONU ou de l’OTAN ne change strictement rien au caractère réactionnaire de cette guerre.

 

Le 23 mars, Mélenchon écrivait sur son blog : « La résolution 1973 de l’ONU concernant la Libye doit être fidèlement appliquée. Son objet est clairement délimité. Il s’agit de mettre en place une zone d’exclusion aérienne, actuellement effective, pour protéger les civils libyens. La résolution 1973 n’a pas d’autre objectif et exclut clairement toute autre intervention militaire. » Or, premièrement, il n’est pas vrai que la résolution 1973 exclut « toute autre intervention militaire » que la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne. Au contraire, l’ONU autorise « toutes les mesures nécessaires » pour prétendument « protéger les civils » – à l’exclusion d’une intervention terrestre (pour le moment). Mélenchon devrait savoir que le bombardement de blindés et de soldats loyalistes ne relève pas d’une zone d’exclusion aérienne. Les chars ne volent pas, à notre connaissance. Mais abstraction faite de ce petit détail, ce qu’il y a de plus scandaleux, dans le propos de Mélenchon, c’est le soutien qu’il apporte une fois de plus au prétexte mensonger de cette intervention impérialiste : « protéger les civils ».


Risques d’enlisement

 

L’intervention impérialiste en Libye présente les mêmes risques que les guerres en Irak et en Afghanistan. C’est ce risque d’enlisement, conjugué à la rivalité entre puissances impérialistes, qui explique les réticences de l’Allemagne, de la Russie et de la Chine. Le gouvernement des Etats-Unis était réticent à s’embarquer dans une nouvelle guerre. Sarkozy, par contre, voulait que la guerre commence dans les plus brefs délais. Il y a quelques semaines, les diplomates français du « groupe Marly » condamnaient publiquement « l’impulsivité et l’amateurisme » qui caractérisent la politique internationale de Nicolas Sarkozy. Ces diplomates ne sont certainement pas du même bord politique que nous, mais il faut reconnaître qu’ils ont raison, sur ce point. Après la chute de Ben Ali et Moubarak, les insurrections qui ont eu lieu à Benghazi et ailleurs, en Libye, ont convaincu Sarkozy que Kadhafi tomberait très rapidement, lui aussi. Critiqué pour sa « lenteur » à abandonner ses amis dictateurs en Tunisie et en Egypte, il a voulu prendre les devants en Libye. Il a hâtivement exigé le départ de Kadhafi et reconnu le Conseil National de Transition comme le seul « gouvernement » légitime du pays. Selon les calculs de Sarkozy, une chute rapide de Kadhafi lui permettrait de redorer son image aux yeux de l’électorat français – tout en protégeant les intérêts du capitalisme français en Libye.

 

Les événements, cependant, ont pris Sarkozy à contre-pied. Kadhafi a résisté. Ayant conservé le contrôle d’une partie importante des forces armées, le dictateur a lancé une contre-offensive. Or, si Kadhafi se maintient au pouvoir, Sarkozy risque gros. D’où son activité frénétique pour une intervention militaire visant à renverser Kadhafi. Malgré des réticences, Sarkozy a fini par obtenir le soutien de l’ONU. La résolution 1973 était une déclaration de guerre contre le régime libyen. Elle prévoit non seulement une zone d’exclusion aérienne, mais aussi des opérations contre des forces terrestres.

 

Rien n’est plus imprévisible que le déroulement des guerres. Mais le risque d’un enlisement de la coalition est évident. Moins d’une semaine après le début des opérations, des voix se levaient déjà, dans les milieux gouvernementaux, pour évoquer cette perspective. Les frappes aériennes peuvent détruire un certain nombre de blindés et d’avions au sol. Elles peuvent détruire des bunkers et des dépôts d’armes. Elles peuvent également gêner des convois de troupes et d’autres manœuvres militaires en dehors des villes. Mais il est très difficile de renverser un régime au moyen de bombardements aériens. Les impérialistes espèrent que sous la double pression des frappes aériennes et des offensives menées par les insurgés, ce qui reste du régime de Kadhafi finira par se disloquer. Mais ce n’est pas garanti.

 

L’objectif des impérialistes engagés dans cette guerre est de renverser Kadhafi pour lui substituer un gouvernement stable qui sauvegarde leurs intérêts. Dans ce domaine, ils comptent sur le Conseil National de Transition, qui n’a rien à voir avec la révolution. L’insurrection à Benghazi et d’autres villes du pays était le fait des travailleurs et de jeunes. Inspirés et encouragés par les révolutions en Tunisie et en Egypte, ils se sont révoltés dans l’espoir d’en finir avec Kadhafi. Mais l’insurrection n’a été que faiblement suivie dans la capitale – et, à la différence de Ben Ali ou de Moubarak, Kadhafi a pu compter sur une grande quantité de soldats fidèles – sans parler d’un nombre impressionnant de mercenaires. Le Conseil National de Transition a pris forme par-dessus la tête de l’insurrection, à laquelle la plupart de ses membres n’ont pas participé. Ce Conseil est dirigé par Mustapha Mohamad Abdeljalil, l’ancien Ministre de la « Justice » de Kadhafi – autrement dit, l’ancien bourreau-en-chef du régime. Devant la multiplication des soulèvements, des transfuges de ce genre – diplomates, ministres, hommes d’affaires – ont quitté le navire qu’ils croyaient en perdition. Ils ne valent pas mieux que Kadhafi. Leur objectif est de prendre sa place, d’être « Calife à la place du Calife », avec l’aide des grandes puissances impérialistes. Ils ont été rejoints par des « intellectuels » et des hommes d’affaires qui vivaient aux Etats-Unis ou en Europe. Depuis des décennies, des « opposants » libyens en exil ont été démarchés par les services secrets. Un certain nombre d’entre eux ont accepté leurs propositions. Ceux qui se trouvent « spontanément » au CNT en font partie. Le CNT est une coalition d’anciens kadhafistes et d’agents impérialistes. De toute évidence, les impérialistes ne soutiendraient pas le CNT s’ils n’avaient pas de bonnes raisons de penser qu’il défendra leurs intérêts.

 

La position du PCF

 

Dans l’interview du 21 mars à Libération, Mélenchon affirme avoir « voté la résolution du Parlement européen [favorable à une intervention] en accord avec la direction du PCF et de la Gauche unitaire, en accord avec mon collègue eurodéputé communiste Patrick Le Hyaric. » Il est exact que la position de Patrick Le Hyaric, telle qu’il la défend dans l’Humanité Dimanche du 24 mars, est proche de celle de Mélenchon. Mais quelle est la position de la direction du PCF ? Ce n’est pas très clair. Dans son communiqué du 8 mars, le PCF exprimait son « opposition totale à une intervention militaire en Libye ». Mais le 18 mars, un nouveau communiqué du parti appelait seulement à la « vigilance » et rangeait, à tort, le Conseil National de Transition parmi les « forces qui agissent pour la démocratie en Libye ». Par contre, Jacques Fath, membre de l’exécutif national du parti et responsable aux relations internationales, condamnait l’intervention et la résolution de l’ONU, dans l’Humanité du 25 mars (ici).

 

La direction du PCF doit prendre clairement et formellement position contre cette guerre impérialiste. Les militants communistes ne soutiennent pas Kadhafi. Ils sont solidaires des révolutionnaires en Libye et dans les autres pays arabes. Mais il ne fait pas de doute que dans leur immense majorité, les militants communistes s’opposent à cette intervention impérialiste, tout comme ils s’opposaient à la guerre en Irak. Les déclarations de Mélenchon n’engagent que lui. Ce n’est pas à lui de déterminer la politique internationale du Front de Gauche. Le PCF est, de loin, la composante la plus importante du Front de Gauche. En outre, de nombreux militants du Parti de Gauche ne sont pas d’accord avec Mélenchon, sur cette question. Le PCF doit adopter une position indépendante. Il doit s’opposer à l’intervention, expliquer ses véritables objectifs, se dissocier du Conseil National de Transition et autres « faux amis » de la révolution, comme Bernard Henri-Lévy – et soutenir la cause révolutionnaire en Libye et à travers le monde arabe.

 

Greg Oxley et Jérôme Métellus (PCF Paris)

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:54

 

http://www.liberation.fr/monde/01012328104-un-monde-de-bandits-dialogue-philosophique

 

Un monde de bandits, dialogue philosophique

 

Par Alain Badiou, philosophe

 

Vous admettez, me dit un jour mon ami le philosophe des rues, qu’aujourd’hui le principe de toutes choses, qui n’est plus discuté par aucun des puissants de ce monde, est le profit ?

 

J’admets, répliquais-je. Mais où voulez-vous en venir ?

 

Quelqu’un qui dit ouvertement «je n’existe que pour mon profit personnel, et je liquiderai mon ami de la veille s’il s’agit de garder ou augmenter mon train de vie.» C’est… ? C’est… ? Allons, un effort…

 

Un bandit. C’est une subjectivité de bandit.

 

Excellent ! s’exclame le philosophe des rues. Oui, notre monde est ouvertement un monde de bandits. Il y a les bandits clandestins et les bandits officiels, mais ce n’est qu’une nuance.

 

Convenons-en. Mais que tirez-vous de cette remarque ?

 

Que nous avons le droit de parler de tout ce qui se passe en nous servant d’images tirées du banditisme, dit le philosophe des rues d’un air rusé. Les parrains, les lieutenants, les petits caïds, les tueurs…

 

Je voudrais bien voir ça ! dis-je, très sceptique.

 

Voyez ce qui se passe en ce moment : dans de nombreux territoires, les gens se rassemblent en masse, pacifiquement, pour dire jour et nuit la vérité, à savoir que ceux qui depuis des décennies les commandent ne sont que des bandits. Le problème, c’est que ces caïds locaux dont les gens rassemblés exigent le départ ont été installés, payés, armés, par les plus puissants des parrains, par les bandits supérieurs, les bandits raffinés : l’Etasunien et ses lieutenants, les Européens. Les territoires où les gens se soulèvent ont pour ces suprêmes parrains un intérêt stratégique et les caïds locaux étaient les gardiens brutaux de cet intérêt supérieur. Que faire ? Contre les gens rassemblés et massés par millions, désarmés, mais qui parlent, qui savent ce qu’ils veulent et qui disent la vérité, les tueurs ne suffisent pas. L’Etasunien et les Européens sont même obligés de faire profil bas. Du bout des lèvres, ils approuvent la lessive populaire.

 

Mais dites-moi, dites-moi : serait-ce le début de la fin du banditisme planétaire qui nous tient lieu de monde ? dis-je, plein d’espoir, au philosophe des rues.

 

Si les gens savent organiser au long cours l’illumination qui est la leur dans l’événement, l’Histoire peut changer de direction. Mais les parrains civilisés ont trouvé un truc. Vous savez que dans un coin de désert à pétrole, il y a un petit caïd qui est là depuis quarante-deux ans.

 

Ah ! Le colonel ! Mais il est mal parti lui aussi. Une partie du peuple réclame sa tête.

 

Les choses ont commencé là-bas comme ailleurs, mais elles ont pris peu à peu un tour très différent. Des gens armés ont pris la direction des événements. Ce ne sont plus de vastes rassemblements qui disent la vérité, mais des petits groupes qui se promènent en quatre quatre en brandissant des mitraillettes, qui sont dirigés par un ex-lieutenant du petit parrain local, et qui traversent le désert à toute allure pour aller s’emparer de bourgades défendues par personne.


Et bien entendu, dis-je, le chef local mafieux, le colonel hystérique, envoie ses tueurs contre eux. Mais en quoi cette situation est-elle une aubaine pour les grands parrains raffinés ?

 

C’est là le coup de génie, s’exclame le philosophe des rues. Les Etasuniens et les Européens vont se charger de liquider eux-mêmes le colonel du désert.

 

Mais, dis-je, c’est très dangereux pour eux ! Il leur a rendu de grands services ! Il a fait sans broncher les plus sales besognes exigées par les Européens. Il est intervenu de façon effrayante contre les ouvriers africains qui veulent venir en Europe en traversant son territoire. Il est devenu le concierge féroce de la douce maison européenne.

 

On n’a rien sans rien, chez les bandits. Quand leurs intérêts sont en cause, les grands parrains savent être sans pitié à l’égard de ceux qui les servaient hier. Civilisation oblige !

 

Et quels sont leurs intérêts, alors, quand ils envoient leurs tueurs civilisés contre leur grossier protégé d’hier ?

 

Considérables. Premièrement, ils s’introduisent enfin dans le jeu politique des territoires où les gens, depuis des semaines, se rassemblent et disent le Vrai. Ils étaient presque décomposés, les parrains, d’être hors jeu, spectateurs de leur propre désastre. Deuxièmement, ils rappellent à tout le monde que la force, c’est eux, et personne d’autre. Les authentiques tueurs, que tout le monde doit redouter, c’est eux. Troisièmement, ils font comme s’ils agissaient au nom du Droit, de la Justice, et même, n’hésitons pas, de la Fraternité et de la Liberté. Puisqu’ils viennent tuer le petit bandit local n’est-ce pas ? Alors qu’il était leur client chéri. N’est-ce pas de la grandeur d’âme, ça ? Quatrièmement, ils espèrent qu’à grands coups de bombes, ils vont revenir au bon vieux temps où la seule distinction qui vaille est : ou bien vous êtes avec le monde tel qu’il est, ses lois inégalitaires, ses élections insignifiantes, ses codes commerciaux, ses tueurs internationaux et le profit comme unique principe. C’est parfait ! Ou bien vous êtes contre tous les parrains, tous les codes vermoulus, pour la fin du banditisme universel, et c’est très mauvais.

 

Terrible. Comment alors expliquer que presque tout le monde approuve l’expédition de l’Etasunien et de ses affidés européens contre leur ex-associé le caïd du désert ?

 

La peur des masses, dit sombrement le philosophe des rues. Dans nos pays nantis, où l’oligarchie dominante a les moyens d’acheter d’innombrables clients directs ou indirects, on désire vivement que les puissants Etats parrains, sous les noms coquets de «communauté internationale» ou d’«Organisation des Nations unies», règlent les affaires. Voyez-vous, «nous» - je parle de notre «nous» public, électoral, médiatique - sommes trop corrompus. Notre principe demeure «mon train de vie d’abord». Nous ne nous résignons pas sérieusement à voir ce principe battu en brèche par les pouilleux du monde enfin rassemblés pour dire le Vrai.

 

C’est comme ça, cher ami, que vous expliquez que chez nous tant de gens, soudain, trouvent des mérites à nos dirigeants, hier encore partout conspués ?

 

Exactement. On a même ressorti, pour la circonstance, le Bavard de Haute Lignée. Il a déjà servi pour le dépeçage de la Yougoslavie à coups de bombardiers, autrefois. Il est un peu usé, mais il sert encore. A l’occasion.

 

Qui toujours fait le larron.

 

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 19:31

 

http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Tariq_Ramadan.280311.htm

 

http://www.tariqramadan.com/De-l-Indigence-des-Debats.html

 

De l’Indigence des Débats Politiques Français

lundi 28 mars 2011, par Tariq Ramadan 

Un frisson nous traverse et la peur nous gagne. Que se passe-t-il donc en France qui puisse expliquer l’indigence caractérisée et continue des débats politiques. Que l’on considère la politique intérieure ou étrangère, le constat est alarmant. Au gré des coups médiatiques des uns, et de la réaction jouée ou/et instrumentalisée des autres, les débats s’enlisent et se perdent dans une atmosphère lourde, malsaine et particulièrement inquiétante. La France - qui se targue encore de donner des leçons d’intelligence et de rationalité au monde - perd son âme, et clairement son honneur. La France va mal, aussi mal que son Président, sa majorité, et son opposition.

 

Incapable de regarder sa diversité culturelle et religieuse en face, la classe politique - toutes tendances confondues - a accepté d’en faire le cœur d’un débat du futur, pourtant déjà bien dépassé. Du débat sur l’identité nationale aux affaires de "voile intégral", en passant par les "fidèles en prière colonisant les rues", ou "l’islam", ou encore la question réchauffée de la "laïcité"… comme thème de campagne présidentielle. Le disque tourne en boucle jusqu’à l’overdose.

 

Six ans après les émeutes sociales de novembre 2005, le débat est enlisé et les acteurs politiques toujours aussi aveugles et sourds.... Ou sont, disons-le, obnubilés par le pouvoir, voire simplement incompétents. La France n’a aucun problème avec la religion, l’islam ou "les cultures d’origine" : elle n’a pas de problème d’intégration, d’identité ou de diversité. Elle a un problème de distribution de pouvoir, un problème d’égalité et de justice sociale, un problème de racisme, marié à un déficit de mémoire. Le mal est effectivement profond et nécessite un engagement politique courageux et une vision claire des enjeux d’avenir.

 

Au lieu de cela, le pays s’enlise depuis près de vingt cinq ans dans le même débat avec une terminologie rafistolée mais des conclusions toujours plus dangereuses et finalement normalisées. Les populistes et les tendances d’extrême droites ont gagné un terrain politique conséquent que les sondages révèlent sans pouvoir évaluer à leur juste mesure leur nette progression. Leurs thèses sont partout présentes et elles s’imposent dans les débats politiques français, au gré des angoisses sociales et sécuritaires des citoyens. Que l’on accepte ou que l’on refuse l’idée de déchoir un citoyen français de sa nationalité - parce que pas assez bon Français - ; l’idée qu’il existe des "bons" et des "mauvais" Français est la norme informelle qui a colonisé les débats français. On y mettra telle ou telle formulation, la substance reste la même. Le populisme l’emporte dans la symbolique, autant que dans la réalité. La politique intérieure menée au gré des coups médiatiques répond à la même logique : il s’agit non d’imposer une vision de politique sociale mais de créer l’événement à instrumentaliser, à "capitaliser" médiatiquement et politiquement.

 

C’est au fond la même attitude à gauche comme à droite. Le Président Nicolas Sarkozy s’est montré mieux équipé que la gauche jusqu’à ce jour mais voilà que Marine Le Pen parait tirer un meilleur profit de l’environnement politico-médiatique que la droite classique et la gauche réunies. Qui peut s’en étonner ? Face aux circonlocutions et aux contorsions verbales des femmes et des hommes politiques de droite comme de gauche, comment ne pas comprendre que les Français se sentent rassurés et en phase avec le franc parler, la détermination, le leadership incontesté dans son camp et l’habilité de la Présidente du Front National de rebondir à chaque péripétie médiatique.

 

L’air du temps frileux et populiste convient à merveille aux....populistes. Le Président Nicolas Sarkozy a joué l’ouverture à gauche au début de son mandat et l’opération a échoué. En tant qu’agent de la normalisation des thèses populistes depuis tant d’années, il aurait dû savoir que son réel concurrent viendrait de sa droite. La seule "ouverture" logique aurait été d’intégrer Marine le Pen dans son gouvernement : le choix aurait eu le mérite d’être clair et cohérent.

 

Élu ou non, au-delà des questions de personnes et de visibilité, force est de constater que le Front National a déjà gagné aux points et que ses thèses ont été lentement légitimées. Le Front National s’est inscrit - par ses slogans comme par sa politique émotionnelle victimaire - dans la conscience collective et politique de la France de même qu’il habite désormais son avenir. Y résister exigera de l’engagement, du courage, du temps et, surtout, d’élaborer et de construire une vision. Or, force est de constater que ni la droite dite classique, ni les socialistes, désormais ignorants des questions sociales, n’ont fait preuve d’une intelligence et d’un courage politiques propres à provoquer un sursaut populaire et à offrir une nouvelle politique d’avenir. Les Français sont aussi las que les partis sont lassants avec leurs politiciens férus de gesticulations politiciennes : point de politique, point de vision… une obsession des coups, et des coups vicieux, « tordus » et, au demeurant, très bas.

 

Le tableau est le même quand il s’agit de politique étrangère. Si l’Europe est absente, la France n’est nulle part. Au-delà (encore !) des coups médiatiques, on ne peut que constater la déroute de la France au cours des événements en Tunisie, en Egypte et au Moyen-Orient. Après avoir soutenu les dictatures pendant des décennies, le gouvernement français fut incapable d’accompagner les mouvements populaires de libération. Timorés, frileux, attentistes, le chef de l’Etat et toute la classe politique semblaient perdus tant tous ces responsables avaient, indifféremment, été compromis avec les dictatures. Que faire ? Que dire ? Alors que les Américains avaient l’intelligence d’être non seulement présents, mais également audibles (jusque dans leurs maladresses et leurs hésitations, parfois réelles, parfois clairement jouées, comme ce fut le cas en Egypte), la France se cherchait.

 

Il a fallu attendre la Libye pour que la France donne le change, et une impression de leadership. Sans vision politique clairement française - mais au fond très inspiré par les analyses de Washington, autant que de Tel-Aviv qui voue une haine féroce à Kadhafi - voilà que le gouvernement français s’affirme avec courage face à un colonel Kadhafi honni de tous. Quelle aubaine ! Comme si le seul souci humanitaire l’emportait, le gouvernement qui n’avait pas réagi aux massacres d’Irak ou de Gaza - voire les avait soutenu lorsque le Président Sarkozy demandait au ministre israélien de la culture de "combien de temps avait-il besoin [le gouvernement israélien] pour finir le travail" - devenait soudain l’ami, à bon compte, des Arabes. Quelle ironie !

 

Un autre coup médiatique qui révèle l’absence de politique nord-africaine et moyen-orientale de la France. C’est enfin Bernard-Henri Levy, en mission, qui va révéler au monde la prise de position "courageuse" de la France reconnaissant le conseil libyen de l’opposition au grand dam du ministre des affaires étrangères Alain Juppé dont le retour annonçait pourtant une réconciliation avec un grand projet de réalignement politique de la France. Ce dernier apprend à Bruxelles que son gouvernement s’engage auprès des « insurgés » libyens et les médias français d’applaudir le retour de la France au-devant d’une scène diplomatique laissée libre, à dessein, par une administration américaine prudente qui suit les événements et laisse la France – à la tête du G20 – prendre les commandes d’une opération à risque.

 

L’administration américaine, sous le président Barack Obama, a beaucoup appris des errances de l’ère George Bush… la France beaucoup moins. Cet apparent succès ponctuel passera très vite aux oubliettes avec la prise de contrôle de l’OTAN et surtout la redéploiement des forces politiques et armées en Afrique du Nord et au Moyen –Orient.

 

Quelle vision politique offre donc la France aujourd’hui ? Hormis le suivisme atlantiste et le soutien sans faille à Israël, que reste-t-il de l’apport français ? Le Président Sarkozy fait sa place sur la scène internationale à coups de « coups médiatiques » et il inquiète ce faisant les autres responsables de gouvernements qui ne savent plus s’ils doivent sourire de ses gesticulations ou s’alarmer de ses incohérences. La France fait peur par sa prétention et son arrogance affichées alors que l’on assiste en direct au délitement progressif de son statut, désormais dépassé. Avec un tel Président, le pays est davantage craint, et doucement moqué, qu’aimé et respecté. Bernard-Henri Levy ou Marine le Pen peuvent bien se rendre en Libye ou sur l’ile italienne de Lampedusa au cours de périples médiatiques : ils sont, en cela, bien à l’image de la France contemporaine et de son gouvernement ... experts en politique de la caméra, obsédés par les images et les couvertures médiatiques. Qu’importe si l’on parle du vide, puisque l’essentiel est de parler et de faire parler.

 

Parlons. De l’identité nationale, de l’islam, de la laïcité, des foulards, de la longueur des robes, des poils de barbe ou de l’unité de la République. Parlons. De la France qui aime les Arabes libyens et leur pétrole et moins les Arabes palestiniens et leur résistance ; de la France qui a peur des immigrés autant que des démocraties du Sud ; qui aime une « Union de la Méditerranée » des gouvernements sécurisés et blindés plutôt que des peuples libres et responsables. Parlons. Parlons donc. Parler et faire parler… quatorze mois encore pour se préparer aux élections en faisant perdre au peuple sa conscience pour gagner un nouvel ancien Président. Et s’il est nouveau… ce sera encore un ancien. Un frisson nous traverse et la peur nous gagne, vraiment.

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 17:53

 

http://www.rue89.com/2011/03/28/dieudonne-est-en-libye-pour-soutenir-kadhafi-197257-0

 

Dieudonné est en Libye pour soutenir Kadhafi

 

L'humoriste Dieudonné [1] est arrivé en Libye, selon le site antisioniste à tendance antisémite Médialibre [2]. Le Franco-Camerounais avait annoncé qu'il entendait se rendre à Tripoli « pour rencontrer le colonel Kadhafi, afin de protester contre l'agression occidentale. »

 

Toujours selon le rédacteur en chef de Médialibre,  Marc Georges [3], l'humoriste entendait même se rendre sur des objectifs militaires, afin de mettre la coalition devant ses responsabilités :

 

« Curieusement, cette information avait été consciencieusement censurée par les médias de la “démocratie des droits de l'homme”. »

 

Dieudonné a décollé dimanche matin accompagné d'une petite délégation parmi laquelle on comptait notamment l'universitaire Maria Poumier [4] et la militante écologiste et pro-palestinienne Ginette Skandrani [5], deux représentantes du courant « rouge-brun », révisionnistes, négationnistes [6] et pro-Chavez. Leur présence ne nous pas été confirmée.

Ahmed Moualek [7], proche de Dieudonné, nous a confirmé ce voyage. Sur le blog de l’humouriste [8], on voit Dieudonné poser devant un portrait du dictateur libyen.

 

BHL, obsession de Dieudonné

 

Le fait que Bernard Henri-Levy ait activement contribué à l'intervention de la France en Libye n'est pas étranger à la mobilisation du courant Dieudonné, BHL étant l’une des obsessions [9] de Dieudonné. Il s'intègre aussi naturellement dans la mouvance mondiale incarnée par Hugo Chavez [10].

 

Mais plus largement, en Afrique, et singulièrement au Cameroun, l’hostilité à la « guerre » [11] que les Français mènent au président libyen mobilise intellectuels et jeunes. Et désormais, Dieudonné se revendique « Africain ».  

 

L'écrivaine camerounaise Calixthe Beyala [12] qui, en 2007 soutenait ardemment la visite [13] du dictateur libyen en France, est elle aussi intervenue pour critiquer la position française dans une lettre ouverte [14] au président de la commission de l'Union africaine, Jean Ping.

 

Elle ne demande pas moins que la rupture des relations diplomatiques avec la France, ce qui lui attire de nombreuses sympathies [15] dans les milieux anti-français :

 

« Nous venons par ces mots vous demander qu'il soit mis immédiatement fin aux relations diplomatiques qu'entretiennent les pays membres de l'Union africaine que vous présidez avec la France.

 

En effet, depuis deux jours les Africains sont victimes des massacres des populations civiles perpétrés en Libye par la France, pour des raisons fallacieuses et ce, malgré la désapprobation de l'organisation que vous présidez. »

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 21:15

 

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/laicite-micmac-autour-d-une-petition-contre-le-debat-sur-l-islam-25-03-2011-1247124.php


Micmac autour d’une pétition contre le débat sur l’islam.


Une pétition visant à faire renoncer l'UMP à son débat sur la laïcité et l’islam a été signée notamment par Martine Aubry. Qui s'est finalement rétractée lorsqu'elle a appris que l'intellectuel Tariq Ramadan était également signataire.

 

Une pétition intitulée "Non au débat-procès de l'islam", publiée par Le Nouvel Observateur et Respect Mag a provoqué des remous. Le texte, appelant Nicolas Sarkozy et le gouvernement à renoncer au débat sur la laïcité et la place de l’islam en France, qui doit être lancé le 5 avril par l'UMP, aurait rassemblé en une journée "plusieurs milliers de signatures". Dont celles de Martine Aubry et Laurent Fabius.


La présence de Tariq ramadan "indigne" selon l'UMP

 

L'UMP, piquée au vif par cette attaque, a passé en revue les différents signataires. Et trouvé ce qui lui semble être une "insulte". En effet, l'intellectuel musulman controversé Tariq Ramadan a signé le texte. "Il n'y a décidément pas de front républicain possible quand les socialistes unissent leur voix aux alliés des Frères musulmans pour attaquer l'UMP", écrivent alors des dirigeante de la majorité dans un communiqué.


Aubry et Fabius se retirent, Cohn-Bendit persiste

 

"Je suis étonnée d'être signataire des soutiens à l'appel auprès de Tariq Ramadan, avec lequel je n'ai rien à partager", réagit alors Martine Aubry. Et, ni une ni deux, de retirer sa signature de la pétition. Tout comme Laurent Fabius. Une position qui n'est pas partagée par Daniel Cohn-Bendit, lui aussi signataire, qui s’est maintenu. "Si je signe un texte, je ne demande pas qui sont les autres !", a-t-il déclaré.

 

Ramadan : "Une voie royale à Marine Le Pen"

 

"Cela aura des conséquences d'une façon certaine quant à la perception que les Français de confession musulmane auront de ce parti [socialiste, ndlr]", a de son côté mis en garde Tariq Ramadan, tout en se disant conscient "qu'à l'intérieur du Parti Socialiste, il y a des personnes qui entretiennent cette diabolisation de façon permanente et récurrente". Et d'ajouter : "En voyant le PS agir de la sorte, et en voyant l'UMP instrumentaliser ces thèmes, on se dit que si les deux voulaient se mettre d'accord pour donner une voie royale à Marine Le Pen, ils ne s'y prendraient pas autrement."

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 21:03

 

http://www.liberation.fr/monde/01012325572-a-zaouia-une-guerre-pour-exterminer-la-rebellion

 

15/03/2011 à 00h00

 

A Zaouia, « une guerre pour exterminer la rébellion »

 

Réfugié en Tunisie, Adel, 33 ans, raconte la bataille de la ville libyenne : l’insurrection, les crimes du régime de Kadhafi et la déroute des insurgés.

 

Par JEAN-LOUIS LE TOUZET, envoyé spécial à Zarzis (Tunisie)) 

 

Crâne rasé, dans les cent dix kilos et les mains comme des battoirs, Adel , 33 ans, s’assoit dans le fauteuil d’un hôtel de Zarzis et demande de «ne pas livrer trop d’informations sur sa situation au sein de la rébellion» car, selon lui, «les services secrets de Kadhafi se mélangent aux humanitaires au poste frontière et notent les plaques des Libyens qui s’arrêtent pour parler avec les journalistes». Adel a passé la frontière vendredi matin avec femme et enfants au volant d’une berline en provenance de Zaouia, grosse ville de la côte encerclée par les troupes de Kadhafi. Il est propriétaire de deux supermarchés, dont l’un a été incendié il y a une semaine près de la place principale de Zaouia, Chouhada, par les milices de Khamis, l’un des fils Kadhafi.

 

«Depuis le 28 février un blocus a été mis en place aux entrées de la ville par les miliciens et l’armée. Rien ne rentre : ni eau, ni viande, ni légumes, ni lait. Depuis le premier mars dans la matinée, l’électricité a été partiellement coupée en ville», assure-t-il. Tout a commencé le 18 février. «Nous étions une centaine aux alentours de la place Chouhada, dans un sit-in pacifique. Il y avait là des médecins, un juge, quelques commerçants, des professeurs, plein d’employés de la raffinerie, des ouvriers du secteur pétrolier. Les hommes en bleu [des commandos de Kadhafi selon lui, ndlr] sont arrivés dans des pick-up japonais, en sont descendus et ont tiré dans la foule en plein après-midi. Un commerçant que je connaissais a reçu une rafale puis est tombé en roulant à côté de moi. Il y a eu 18 morts ce jour-là de notre côté. J’ai suivi la foule apeurée qui s’est engouffrée dans la petite mosquée qui fait face aux deux banques, sur la place. Les hommes de Kadhafi ont arrosé les murs. On s’est dit qu’ils ne pouvaient pas entrer dans un endroit sacré. Mais les tirs ont continué à crépiter sur la mosquée. La majorité s’est mise à prier. Quelques-uns sont restés debout contre les murs, à écouter les bruits du dehors. Une demi-heure plus tard, nous avons entendu les pneus crisser, signe que les hommes en bleus quittaient la place. En partant, ils ont continué à tirer sur les immeubles.»

 

Trois jours plus tard, un groupe d’une trentaine de jeunes s’est emparé d’un entrepôt d’armes à la sortie de la ville grâce aux indications de deux militaires acquis à la résistance, raconte Adel. «Des kalachnikovs en vrac dans des caisses en bois. Un tas de ferraille. Que du vieux matériel en mauvais état. Certaines armes n’avaient jamais été nettoyées, à d’autres il manquait une culasse, un percuteur. Avec les militaires déserteurs, on a tout ramassé : munitions légères et deux caisses de RPG avec leurs caisses de roquettes. Et on a passé la nuit à remonter toutes ces armes.»

 

«Pilonnage».

 

Et la résistance commença. «Il n’y a pas d’état-major. Les gens occupent des maisons, font feu quand les milices approchent, et se retirent, poursuit le jeune homme. Devant les miliciens de Kadhafi appuyés par des blindés, on a reculé un peu chaque jour.» L’aviation ? «Non, le pire, c’est le pilonnage à l’artillerie lourde qui s’abat sur les quartiers.» Pour lui, le tournant, «ce sont sept chars qui sont entrés dans le centre de Zaouia le 4 mars, pulvérisant les derniers étages des immeubles du centre-ville.» Adel affirme que deux chars ont été détruits.

 

«Le lendemain, huit blindés avec une mitrailleuse lourde ont stoppé aux abords de la place Chouhada et détruit tous les commerces. Des ambulances sont arrivées. Certains sont sortis dans les petites rues derrière la place pour aider les blessés à monter. De l’immeuble où j’étais, j’ai vu des hommes sans uniforme stopper l’ambulance d’une rafale. Les miliciens ont alors ouvert les deux battants arrières, sont montés et ont achevé les blessés à coups d’automatique. Puis un type à eux est monté à la place de l’ambulancier et a démarré.»Il coupe à nouveau son récit et redresse sa grande carcasse : «La France peut faire beaucoup.» Adel tient à glisser dans son témoignage «un hommage respectueux au président Sarkozy, qui a reconnu le gouvernement libre [sic] de Libye».

 

Un fait qu’il qualifie de «terrible» l’a marqué et il insiste pour que ce soit raconté comme tel : «Comme il restait pas de mal de nos hommes derrière les façades des immeubles du centre-ville, après cet épisode de l’ambulance, les tireurs d’élite de Kadhafi ont voulu prendre position à leur tour dans les appartements qui n’avaient pas été détruits, pour les tuer. Mais des hommes, sans armes, acquis à notre cause, ont refusé qu’ils montent. Ils les ont abattus d’une balle dans la tête. Impossible de sortir de la ville pour les enterrer. On a décidé alors de les inhumer, eux et ceux aussi qui avaient été déchiquetés par les éclats d’obus, dans le jardin de la Chouhada le soir même. Jeudi dernier, en fin de journée, une dizaine de miliciens de Kadhafi sont venus armés de pelles pour déterrer dix huit corps, assure-t-il en prenant Dieu à témoin. Puis ils les ont posés dans leurs linceuls sur un camion et sont partis. La rumeur dit qu’ils les auraient brûlés.» Adel poursuit : «Un autre groupe de miliciens est venu ensuite reboucher les tombes et replanter des fleurs. Je détiens la preuve car j’ai filmé la scène avec mon portable, mais, par prudence, j’ai tout mis en lieu sûr à Zaouia. C’est une pièce pour l’histoire. Surtout quand ce chien [Kadhafi] sera tombé, on saura tout de ses exactions contre son propre peuple.»


«Tombes».


Le témoignage d’Adel a été recoupé hier par une autre source, hospitalisée à Djerba depuis vendredi et venant elle aussi de Zaouia. Il s’agit d’un autre commerçant libyen qui souhaite que l’on appelle Walid. Dans les 45 ans, l’homme ne dit rien sur sa situation familiale. Pour lui, ce qui se passe à Zaouia «est une guerre d’extermination. Et une opération de nettoyage des traces. Ils [les miliciens] utilisent les ambulances pour faire semblant de secourir les blessés. Mais, en vérité, ils les achèvent et les enterrent dans des endroits inconnus. Ils sont même allés jusqu’à ouvrir des tombes pour récupérer des corps et effacer leurs crimes.»

 

Adel raconte aussi que mercredi, alors que la résistance se repliait en déroute vers les quartiers sud de Zaouia, ses camarades sont tombés nez à nez avec deux mercenaires qui sortaient d’une maison. Pillage ? «Non, je crois qu’ils cherchaient nos frères pour les tuer.» Les deux mercenaires n’auraient opposé aucune résistance :«On était huit… Ils ont balancé leurs armes et levé les bras. Ils étaient bien armés : automatique à la ceinture et kalach toute neuve avec cinq chargeurs. Un Tchadien et un Algérien. Deux de nos hommes ont voulu les descendre sur le champ mais, en bons musulmans, on a décidé de les conduire vers la sortie de la ville.» Pourquoi les remettre à l’ennemi ? Adel pense que les mercenaires imaginaient être exécutés et assure qu’ils ont préféré déserter. Ils se seraient, selon lui, «glissés dans le flot des réfugiés vers le poste frontalier de Ras Jedir». Le Tchadien aurait avoué «immédiatement» à Adel avoir «été recruté, comme une centaine d’autres, sur ordre d’Idriss Déby». 

 

«Poches de résistance».

 

Adel promet qu’il a «dit toute la vérité» et conjure l’Europe et les Etats-Unis de faire vite «en pilonnant les troupes de Kadahfi».«On peut tenir encore une semaine car il y a encore quelques poches de résistance un peu partout. Mais après…»

 

Une mère de famille libyenne a adressé à Libération son témoignage par mail hier, en prenant soin de détruire toute trace d’envoi. Elle habite à l’ouest de Zaouia. Elle raconte son quotidien : «Nous entendons des bruits assourdissants de tirs à l’artillerie lourde. Des voisins racontent que des chars sont passés par la grande avenue, à trois cent mètres de chez nous. Ils se dirigent vers le centre-ville qui est situé à cinq kilomètres d’ici.» Elle écrit : «On dispose à peine de quoi tenir une semaine en vivres.» La ville a été reprise depuis jeudi dernier.

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:12

 

http://www.tendanceclaire.npa.free.fr/article.php?id=222

Premiers enseignements des résultats des élections cantonales

Par Tendance CLAIRE (22 mars 2011)

Depuis l’élection présidentielle de 2007, l’abstention bat de nouveaux records à chaque nouvelle élection

59,5% aux élections européennes de 2009, 53,7% aux élections régionales de 2010 et 55,7% aujourd’hui aux élections cantonales de 2011. A chaque fois, le record d'abstention a été battu pour ce type d'élections : l’abstention au 1er tour n’avait atteint « que » 35% en 2008 et 36% en 2004 (lors des deux dernières élections cantonales). Cette abstention est particulièrement marquée chez les prolétaires (par exemple 67,3% d’abstentions dans le 93 ; 73% à Roubaix), qui manifestent ainsi leur désillusion à l’égard de partis desquels ils n’attendent plus rien. Il est instructif de noter que les abstentionnistes, s’ils devaient voter, le feraient davantage que les autres pour le FN ou l’extrême gauche (1). Cela montre qu’on ne peut réduire l’abstention à un simple « désintérêt » pour la politique, mais qu’elle traduit pour une grande part un rejet des partis du système, perçus comme des frères jumeaux (2), sans pour autant une adhésion à une quelconque alternative. A ce titre, l'abstention massive prend des allures de boycott.

 

L’UMP réalise un score historiquement bas

 

Alors que la plupart de ses candidats ont caché aux électeurs leur appartenance à l’UMP (comme quoi les notables locaux sont conscients du rejet croissant, voire de la haine, que suscitent Sarkozy et sa clique), la droite présentée comme « républicaine », dans toutes ses composantes (y compris le « Nouveau Centre »), plafonne à 31,8% (contre 37,1% en 2004) — dont seulement 17% pour les candidats étiquetés UMP. Le va-t-en-guerre Sarkozy, gesticulant avec la complicité indécente des médias aux ordres pour apparaître comme le grand leader de la coalition impérialiste soi-disant humanitaire en Libye, n’a donc pas réussi à infléchir le profond rejet que sa politique suscite. Ceci malgré le ralliement honteux du PS et du Front de gauche, avec l’aboyeur Mélenchon poussant le ridicule jusqu’à s’opposer début mars à toute intervention impérialiste (3) … pour ensuite rallier avec enthousiasme le maréchal Sarkozy (4) !

 

Au soir du premier tour, les divisions au sein de l'UMP se sont accentuées, et l'autorité de Sarkozy est désormais contesté au plus haut niveau du parti présidentiel. En effet, Fillon et avec lui plusieurs ministres (comme Pécresse ou Lagarde) ont ouvertement contesté la ligne du « Ni Front national, Ni Parti socialiste » imposée par Sarkozy et Copé, en appelant à voter contre le Front national quand l'UMP est éliminé du second tour.

 

La gauche bourgeoise (PS et Europe écologie) ne profite pas de la déconfiture de l’UMP

 

Elle n’a pas réussi à convaincre les travailleurs de ne pas s’abstenir et de venir voter en masse pour sanctionner Sarkozy. Le PS et les divers gauche baissent par rapport à 2004 (31,8% contre 33,5%) alors qu’Europe Ecologie profite de la catastrophe nucléaire au Japon, de son image « sympa » et anodine pour atteindre 8,2% (5) (contre 4,1% en 2004). Globalement, la gauche bourgeoise plafonne à 40%, avec un PS en légère régression.

 

Le FN réalise son meilleur score à des élections cantonales

 

Avec un score national de 15,1% et une présence dans seulement 75% des cantons renouvelables, le FN réalise environ 19% dans les cantons où il s’est présenté, malgré un type d’élections qui le défavorise puisque le FN n’a quasiment pas de notables locaux connus de la population. Il sera présent au second tour dans 402 cantons, dont 39 où il est arrivé en tête. L’inflexion du discours du FN se positionnant plus que jamais comme « anti-système » et comme défenseur des intérêts des travailleurs français (contre le libéralisme et la mondialisation) expliquent, outre ses thématiques traditionnelles (sécuritaires et anti-immigrés), son succès croissant dans l’électorat ouvrier et dans les « classes moyennes » déclassées. Avec l’ascension de Marine Le Pen et la mise à l’écart de Gollnish (qui incarnait la vieille extrême droite catholique et traditionaliste), le profil proto-fasciste du FN se renforce et se nourrit de l’absence d’alternative crédible au système capitaliste.

 

Le Front de gauche fait un score honorable, avec 8,9% (et plus de 10% dans les cantons où ils étaient présents) contre 7,8% pour le seul PCF en 2004

 

Profitant sans doute de la forte abstention (son électorat, composé de nombreux enseignants et membres des couches supérieures du salariat, avec un profil plus « engagé », s’abstient moins que la moyenne), le Front de gauche se positionne comme la 2e force à « gauche : il marque son hégémonie à la gauche du PS, mais sans parvenir à enclencher autour de lui une véritable dynamique. Le PCF devrait continuer à diriger le Val-de-Marne et l’Allier, et il regagne des positions dans ses anciens fiefs de Seine-Saint-Denis (par exemple Aubervilliers).

 

L’extrême gauche est inexistante sur le plan national, les scores du NPA sont très faibles

 

Notre parti fait le plus souvent autour de 2 ou 3% dans les cantons où il se présentait seul, a priori les cantons où nous sommes les plus implantés). Cela reflète l’incapacité depuis des mois de la direction sortante à faire apparaître notre parti comme une alternative claire au capitalisme et à la fausse alternance droite/gauche auprès des millions de travailleurs et de jeunes frappés par la crise. Alliances à géométrie variable, absence de campagne nationale cohérente se démarquant du Front de gauche : ces résultats ne sont pas une surprise. Dans ces conditions, les camarades ayant choisi dans un certain nombre de cantons de mener une campagne sur une orientation clairement révolutionnaire, rejetant tout forme d’électoralisme, ne pouvaient pas « faire un score », mais ont pu contribuer à implanter le parti dans les quartiers populaires. À l’inverse, les candidatures réalisées dans le cadre du Front de Gauche ont certes parfois obtenu de meilleurs « scores », mais pour quelle politique ? S’aligner sur le réformisme pour « faire des scores » électoraux (au demeurant modestes) — en l’occurrence faire campagne avec ceux qui soutiennent l’intervention impérialiste en Libye contre le processus révolutionnaire —, cela mène simplement à la liquidation de tout parti réellement anticapitaliste ; cela ne fait pas avancer d’un pouce le combat pour la révolution qui seule peut changer la vie des exploités et des opprimés, comme le montre le processus révolutionnaire en cours au Maghreb et au Moyen-Orient.

 

Face à la crise capitaliste, il n’y a aucune fatalité à ce que l'écœurement et la colère des prolétaires s’expriment par l’abstention et le vote FN. Notre parti doit apparaître aux yeux des travailleurs comme le seul parti de rupture avec ce système pourri. Il faut pour cela oser aller à contre-courant, oser défendre un programme révolutionnaire, oser nous opposer à notre propre impérialisme, oser maintenir le cap de l’indépendance classe et refuser de choisir le moindre mal dans le camp adverse.

 

La direction de notre parti se trompe en appelant à voter PS pour faire barrage au Front National

 

S’en remettre à un parti bourgeois pour lutter contre la menace fasciste est un contresens tragique, qui ne peut que permettre au FN de parfaire son image frauduleuse de seul ennemi du système contre lequel l’ensemble des partis font bloc. En outre, ce sont précisément les politiques pro-capitalistes de l’UMP et du PS qui alimentent le vote protestataire pour le FN. On ne combat pas le mal en encourageant les travailleurs à voter pour la bête qui le nourrit. À ceux qui chercheraient à nous culpabiliser (comme ils cherchent à nous culpabiliser pour notre opposition à leur expédition prétendument humanitaire en Libye), nous répondrons que l’orientation du « front républicain » pratiquée depuis des années n’a jamais fait reculer le FN. En revanche, le FN n’a commencé à devenir fort que lorsque le PS et le PCF au pouvoir ont ouvertement sacrifié les intérêts des travailleurs sur l’autel de leur ralliement ouvert au capitalisme, entraînant des centaines de milliers de licenciements, une politique d’austérité, etc. Pour vaincre le FN, il n’y a aucune recette magique : on ne peut y parvenir qu’avec une politique révolutionnaire, c’est-à-dire en formulant la colère des travailleurs en mots d’ordre contre la politique du patronat, en s’appuyant sur les luttes les plus avancées du prolétariat, en combattant tous les défenseurs du capitalisme (du FN au PS, en passant par l’UMP, sans oublier les réformistes du PCF et du PG), en osant afficher l’objectif du gouvernement des travailleurs et en faisant un effort inlassable pour s’implanter dans les grandes entreprises et les quartiers populaires.

 

Notes

 

1) Selon un sondage IFOP (http://www.ifop.com/media/poll/1436-1-study_file.pdf), ceux qui déclarent avoir l’intention de s’abstenir en 2012 voteraient (s’ils y étaient obligés !) à 9% pour Nathalie Arthaud, 13% pour Olivier Besancenot, et 27% pour le FN (et seulement 3% pour Mélenchon)

 

2) Selon le même sondage, 68% des français (et 78% de ceux qui se sont abstenus aux élections régionales de 2010) considèrent que « Au pouvoir, la gauche et la droite mènent plus ou moins la même politique ».

 

3) Cf. http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/3540-non-intervention-imperialiste-militaire-libye

 

4) Cf. http://www.lepartidegauche.fr/editos/actualites-internationales/3588-libye-pour-une-application-de-la-resolution-1973-qui-en-respecte-le-strict-perimetre

 

5) Europe Écologie est le vote le plus « consensuel », celui qui permet de montrer ses bons sentiments sans assumer de position forte ou clivante. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si EE a une énorme côte de popularité, surtout auprès des « bobos » qui veulent continuer à profiter du système tout en affichant un profil humaniste et soucieux de l’avenir des générations futures. Selon un sondage IPSOS (http://www.ipsos.fr/sites/default/files/attachments/cantonales1ertour_sondageipsoslogicabusinessconsulting_francetelevisions.pdf), Europe Écologie est le parti politique que les Français voudraient voir le plus renforcé à l’issue des cantonales.

 

 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 11:00

 

http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article115432

Traduction de l’article du quotidien de Berlusconi "Libero" du 23 mars 2011

COMME SARKOZY A ORCHESTRÉE LA RÉVOLTE LIBYENNE

de Franco Bechis, Directeur adjoint du quotidien italien Libero

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C’est là qu’est descendu avec toute sa famille d’un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi. C’est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d’entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l’estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l’alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

C’est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle,  Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n’en bougera plus. En Libye il n’a pas caché son voyage en France, puisqu’il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu’à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l’ombre d’un médecin. Ceux qu’il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

La réunion.

On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l’Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d’étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l’hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d’obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d’affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l’aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l’ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu’il était prêt à déserter et qu’il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L’opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu’aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d’arrêt international à l’encontre de Mesmari. L’ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s’alarment et décident de suivre l’arrêt de façon formelle.

Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s’agiter.

La colère du raïs.

Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l’asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d’envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c’est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l’arrêtent à l’entrée de l’hôtel. Le 23 décembre d’autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons d’avantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l’Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l’an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu’il révèle un après l’autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d’aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d’avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c’est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.

Traduction Marie-Ange Patrizio

 

 

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 19:00

 

Pétition de soutien aux élèves  à la robe longue de Saint-Ouen - droit à l'éducation pour toutes et tous, un droit fondamental

Nous, enseignant-e-s, avons eu connaissance de la décision prise par la direction du lycée Blanqui à Saint-Ouen d'isoler et de menacer d'exclusion de jeunes élèves au motif qu'elles portent des robes longues de couleur sombre. La raison avancée est que ce vêtement  constituerait un « signe ostentatoire » marquant leur appartenance à une religion déterminée, l'Islam.

A ce jour, à notre connaissance, aucun représentant du monde enseignant n'a pris la peine d'interpeller l'opinion publique. Nous estimons donc de notre devoir d'exprimer notre consternation et notre indignation.

 

En effet, les élèves portaient ce type de vêtement depuis longtemps déjà, nous ne nous expliquons donc pas qu' à trois mois de la fin de l'année et du baccalauréat pour certaines d'entre elles, un tel ostracisme soit pratiqué par la direction. Quelles que soient nos positions par ailleurs, c'est d'abord la stricte dimension déontologique qui nous fait ici réagir : de même que le médecin veut le bien de ses malades, les membres de la communauté éducative ne sont-ils pas supposés vouloir le bien des élèves, et n'y a-t-il pas claire volonté de nuire quand on exerce un chantage du genre de celui proposé par la direction du lycée Blanqui ?

De plus, la jupe longue de couleur sombre n'a jamais fait partie des accessoires interdits par une loi qui ne vise que le port de signes ou tenues à caractère ostensiblement religieux.  A quand l'interdiction des couleurs blanche et bleue du fait qu'elles évoquent la Vierge Marie, le bannissement du rouge et du noir, car emblématiques d'une divinité vaudoue, et la prohibition du vert pour cause d'islamisme ?

Plus sérieusement, nous refusons de nourrir un rapport haineux à l'Islam, religion adoptée par certains de nos élèves. Nous considérons de plus que la décision de contraindre sans aucune base légale ces jeunes filles à renoncer à porter un vêtement qu'elles affectionnent participe de cette même idéologie islamophobe dont l'expression désinhibée est désormais constamment encouragée par les différentes prises de positions et campagnes lancées par le gouvernement.

Pour toutes ces raisons nous demandons à la direction du lycée Blanqui d'arrêter tout harcèlement à l'égard de ces jeunes filles et de lever toutes les sanctions qui auraient été prises contre elles et celles-ceux qui les ont soutenues. Il s'agit de réaffirmer le droit fondamental à l'éducation pour toutes et tous qui a été bafoué par la décision de la direction du lycée Blanqui.

25 mars 2011

Premiers signataires

 

Alix Héricord (professeur de philosophie), Jean-Marie Granetier (documentaliste, lycée Gérard de Nerval, Noisiel), Pierre Stambul (professeur de mathématiques, retraité, Marseille, syndiqué SNES tendance Emancipation),  Jànos Borovi (professeur de mathématiques, retraité du Collège Guy Môquet, Gennevilliers, syndiqué SUD Education Hauts de Seine), Siryne Zoughlami (professeur de philosophie, lycée Mozart, Blanc Mesnil), Noëlle Guilbon (retraitée du collège Travail, Bagnolet, syndiquée SNES tendance Emancipation), Valérie Duguet (professeur de lettres, lycée Georges Clemenceau, Villemomble, syndiquée Sud Education), Max Sébastien (professeur d'anglais, lycée Delacroix, Drancy)

contact, signatures à envoyer à :

robelongue2011@yahoo.fr

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