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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 18:22

ENSEMBLE CONTRE MELENCHON

Vous trouverez ci-dessous un message collectif de plusieurs responsables nationaux d’Ensemble relatif à la participation d’Ensemble à la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017.

Vous me permettrez deux informations et deux mises au point préalables relatives à ce message.

Premièrement, ce message n’est pas à ce jour un message public. C’est une contribution dans le cadre d’un débat interne au mouvement Ensemble.

La publication de ce message est donc une décision personnelle.

Deuxièmement, le titre de ce message, « Ensemble contre Mélenchon », n’est pas non plus le résultat d’une décision collective des signataires de ce message.

C’est aussi un titre personnel.

Bernard Fischer

SI LA CANDIDATURE DE JEAN LUC MELENCHON EST LA SEULE CANDIDATURE POSSIBLE, C'EST QUE NOUS N'AVONS PAS DE CANDIDAT

Au moment de notre assemblée générale de Montreuil, certains d’entre nous étaient prêts à accepter, in fine et après avoir poussé au plus loin les démarches vaines jusqu'à présent de rassemblement et de travail collectif, l’idée d’un soutien critique à la candidature de Jean Luc Mélenchon au premier tour des élections présidentielles de 2017 ou d'un simple appel au vote pour Jean Luc Mélenchon sans participation aucune à sa campagne. Non de gaieté de cœur ou par conviction qu’une dynamique de campagne allait permettre d’ouvrir des perspectives pour l’après 2017, mais plutôt par résignation et par volonté de permettre à Ensemble de ne pas trop s’abîmer dans les débats électoraux. D’autres avaient décidé de ne pas s’investir sur cette question. Toutes et tous, nous souhaitions qu’Ensemble ne se focalise pas sur la question du candidat au premier tour des élections présidentielles de 207 et s'occupe de ce qui nous semble le plus important et le plus urgent, réfléchir aux questions stratégiques, aux élaborations programmatiques et aux interventions d’Ensemble dans les mobilisations citoyennes et dans les mouvements sociaux.

Mais l’été est passé par là et nos positions ont évolué. Aujourd’hui nous considérons qu’Ensemble ne peut plus envisager de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, même de manière distanciée, même en menant notre propre campagne, pour des questions de principe élémentaire et pour des raisons stratégiques.

L'évocation par Jean-Luc Mélenchon du « travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place » était passée relativement inaperçue à cause du choc du Jeudi 14 Juillet 2016. Mais cette phrase reprend les thématiques de l’extrême droite et Jean-Luc Mélenchon l’a ensuite confirmée au Monde puis justifié dans un post de facebook. Il affirme que « l’expression était appropriée » tout en expliquant que le principe de « responsabilité personnelle » justifie pleinement cette phrase.

Ensemble a envoyé une lettre non-publique à Jean Luc Mélenchon et à la France Insoumise qui n’a, à ce jour, reçu aucune réponse. Nous pouvons donc considérer que Jean Luc Mélenchon ne voit aucun problème à utiliser publiquement dans le cadre de sa campagne une phrase à connotation raciste.

Dès le mois de mai 2016, il avait affirmé qu'Angela Merkel avait eu tort d'accueillir quelques centaines de milliers de réfugiés et il avait précisé que, à sa place, il ne l'aurait pas fait. Mais une ligne rouge a été franchie cet été par Jean Luc Mélenchon. Et ce n’est pas un simple dérapage ou même un dérapage de plus. Ce franchissement, décisif par rapport à nos principes politiques élémentaires, le refus de toute concession au racisme, s’inscrit dans une stratégie politique qu'il élabore depuis maintenant plusieurs années dans la perspective des élections présidentielles de 2017 et que l’on pourrait expliciter par ces quelques thèmes, France Insoumise, indépendantisme français, refus de l’Europe allemande, lien direct avec le peuple et défense des droits sociaux. Un profil politique qu'on peut qualifier, faute de mieux, de national populiste dans lequel des désaccords, qui existaient déjà en 2012 et depuis, prennent une place inédite et grandissante, pour devenir des thèmes majeurs de la campagne.

Un profil politique qui voit aussi certains désaccords anciens s’approfondir sous l’effet de sa dynamique propre.

Ainsi du positionnement de Jean Luc Mélenchon sur la question des politiques migratoires qui devient de plus en plus problématique. Insister sur son opposition de toujours au droit d'installation des migrants revêt une gravité particulière à l'heure où des milliers de ces migrants meurent en Méditerranée parce que ce droit leur est contesté.

Ainsi de la réaction de Jean Luc Mélenchon sur les arrêtés discriminatoires islamophobes pris dans certaines communes littorales de France durant cet été où, dans la continuité de sa position catastrophique sur la loi sur la burqa en 2010, il commence d’abord par soutenir que le fait pour des femmes voilées d'aller à la plage constitue une provocation politique avant de critiquer les arrêtés dont le seul tort serait finalement de tomber dans le panneau en cédant à la provocation.

Tout ceci fait donc système et nous oblige à appréhender la campagne de Jean Luc Mélenchon et du mouvement de la France Insoumise de manière différente aujourd'hui.

Pour une simple question de principe, nous refusons de soutenir de quelque manière que ce soit un candidat qui utilise des expressions à connotation raciste et qui persiste et signe dans cette utilisation.

Pour des raisons stratégiques, Ensemble ne doit en rien se lier ni sous forme de ralliement ni même en simple soutien critique dans la campagne de Jean Luc Mélenchon pour le premier tour des élections présidentielles de 2017. La participation à une échéance électorale n’a de sens que si elle prend place dans la construction patiente d’un rassemblement autour d’un projet de transformation de la société dans une perspective émancipatrice de mobilisation populaire et citoyenne et donc dans le combat pour l’hégémonie. Cette campagne ne remplit en aucun cas ces critères.

Si le Front De Gauche (FDG) a montré bien des limites et des insuffisances, notre optique a toujours été de le reconstruire et le dépasser en l'élargissant et en lui donnant une vraie dynamique citoyenne. Or pour Jean Luc Mélenchon et ses proches, les choses sont claires.

C'est bien d'un enterrement du FDG qu'il s'agit et en aucun cas d'une reconstruction. Ce qui se construit dans le cadre du mouvement de la France Insoumise est porteur de régressions et de dérives politiques et de négation des dimensions de nouvelle culture politique apparues dans le nouveau cycle de mobilisations et de révolutions depuis 2011, refus des hiérarchies et de la personnalisation, primat du collectif et de l'horizontalité, démocratie directe, refus de la délégation de pouvoir et aspirations à prendre ses affaires en mains et à faire de la politique autrement. Des caractéristiques que nous avons retrouvé dans le mouvement social contre la loi travail et dans le mouvement citoyen des Nuits Debout.

La critique justifiée de partis politiques très largement fossilisés ne doit pas se transformer en justification du lien direct entre le chef et le peuple.

La nécessité de rompre avec les traités de l’Union Européenne doit absolument être accompagnée par celle de refonder une Europe démocratique, solidaire et écologique. Ce qui invalide immédiatement et totalement le thème de « l’indépendantisme français », lequel est par ailleurs un obstacle majeur à toute dénonciation du caractère impérialiste et belliciste de la France à l'échelle mondiale.

Il ne s'agit pas pour nous de renoncer à nous adresser à l'électorat populaire du Front National qu'il faut effectivement arracher à l'extrême-droite et gagner à une véritable alternative à gauche. Mais ce n'est possible qu'à une seule condition, sur des bases extrêmement claires et sans concession aucune au racisme. Ainsi, le combat contre les thématiques d’extrême droite ne peut pas se faire en reprenant des thématiques ou des expressions de l’extrême droite elle-même, accepter la simple possibilité de « quotas » migratoires, parler de « travailleurs qui volent le pain », ne pas tout simplement prendre la défense de femmes discriminées parce que musulmanes, tout ceci ne peut qu’accentuer la confusion généralisée, la construction et le renforcement des préjugés racistes et la crise de la gauche de transformation et son échec actuel dans le combat pour l’hégémonie.

Rappelons ici que sur la question de la nation, la vision nationaliste de Jean Luc Mélenchon est à la racine de ses prises de position réitérées depuis plusieurs années, que ce soit autrefois sur le Tibet ou la Françafrique, et plus récemment sur la Corse ou sur l'Ukraine, sans oublier, plus grave encore peut-être, sa complaisance avec la Russie de Vladimir Poutine ou avec la Syrie de Bachar al Assad. Ce ne sont pas, pour nous, des questions secondaires, particulièrement dans une campagne pour des élections présidentielles.

On pourrait objecter à cela que ce n'est pas nouveau. Certes, mais dans la campagne présidentielle de 2012, ce tropisme nationaliste était resté contenu, précisément parce que Jean Luc Mélenchon était le candidat du FDG.

Et c'est bien pour laisser libre cours à ce nationalisme allant depuis le début du mois de juillet 2016 jusqu'aux propos à connotation raciste qu'il a sciemment décidé de s'affranchir du FDG.

C'est ce qui rend la situation très différente de celle de 2012, alors surtout que l'on assiste à une offensive identitaire et nationaliste dans l'ensemble du spectre politique et médiatique et que ces questions seront centrales dans la campagne à venir.

Non seulement la candidature de Jean Luc Mélenchon ne convainc pas et ne convient pas mais, plus grave, elle va à l’encontre de nos principes élémentaires et des tâches les plus essentielles qui sont les nôtres dans la période. Ce serait donc un choix guidé par un électoralisme de court terme, contre productif et problématique sur les principes.

Si « Jean-Luc Mélenchon est la seule candidature possible », alors, pour nous, il n’y a tout simplement pas de candidature possible. Nous ne construirons rien sur du sable et, depuis cet été, il s'agit non seulement de sable mais, plus grave encore, de sable mouvant.

Cela veut dire que nous considérons, même si la situation est très difficile et le manque de perspectives très préoccupant, qu’il faut poursuivre au maximum les démarches de rassemblement en cours, nos réflexions stratégiques et programmatiques, développer nos interventions et nos campagnes dans la perspective de 2017 mais surtout de l’après 2017.

L'appel pour un front commun récemment lancé pour que la candidature de Jean Luc Mélenchon devienne une candidature collective aurait sans doute été vain mais aurait pu, malgré toutes les divergences avec lui, constituer une tentative de compromis très risqué mais que nous pouvions comprendre, méritoire, principiel et bienvenu, avant l'été 2016.

Maintenant, nous considérons que l'irréparable a été commis par Jean Luc Mélenchon et qu'il est trop tard. Des camarades d'Ensemble peuvent si bon leur semble mener cette campagne. Cela ne saurait en aucun cas être en notre nom.

Premiers signataires

Benoît Borrits, Bruno Della Sudda, Laurent Lévy, Richard Neuville, Pierre Zarka

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22 septembre 2016 4 22 /09 /septembre /2016 17:48

Neuf blessés après une nouvelle nuit de violences à Charlotte (Reuters)

Neuf personnes ont été blessées et quarante quatre personnes ont été interpellées lors d'une deuxième nuit de violences à Charlotte après la mort d'un noir abattu Mardi 20 Septembre 2016 par un policier, a annoncé Jeudi 22 Septembre 2016 le chef de la police de la ville de Caroline du Nord, Kerr Putney.

Un homme blessé par balle Mercredi 21 Septembre 2016 reste dans un état critique, a précisé Kerr Putney, ajoutant que l'individu a peut-être été atteint par un tir d'un policier et non par un civil comme cela avait été dit dans un premier temps.

« Nous sommes là pour connaître la vérité, donc nous enquêtons pour établir la vérité, toute la vérité », a assuré le chef de la police de Charlotte-Mecklenburg.

La police a tiré des grenades lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades assourdissantes pour disperser les émeutiers qui ont pillé des magasins et jeté des pierres, des bouteilles et des engins pyrotechniques en direction des forces de l'ordre.

Le gouverneur de l’état de Caroline du Nord, Pat Mac Crory, a déclaré l'état d'urgence et annoncé que la garde nationale ainsi que les policiers des patrouilles routières seraient dépêchés en renfort à Charlotte.

La soirée de Mercredi 21 Septembre 2016 avait débuté par un rassemblement pacifique pendant lequel les protestataires ont une nouvelle fois contesté la version des autorités sur la mort de Keith Scott, l'homme de quarante trois ans abattu Mardi 20 Septembre 2016 par un policier, noir lui aussi, sur le parking d'une résidence où une perquisition était en cours.

Deux cent quatorzième noir abattu par la police en 2016

La police affirme que Keith Scott était armé, ce qu'ont contesté sa famille et des témoins.

« Il est important qu'une enquête complète et transparente ait lieu sur cet incident », a souligné la maire de Charlotte, Jennifer Roberts, pendant une conférence de presse.

Une première manifestation avait dégénéré dans la nuit du Mardi 20 Septembre au Mercredi 21 Septembre 2016, quelques heures après l'incident, le deux cent quatorzième du genre depuis le début de l'année, selon un décompte de l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) Mapping Police Violence, qui suit les violences policières.

Mercredi 21 Septembre 2016, les manifestants ont défilé dans les rues de la ville en brandissant des pancartes Black Lives Matter, le slogan du mouvement contre les violences policières.

Ils se sont arrêtés dans une église de la communauté noire et devant le commissariat de police. Des affrontements ont éclaté lorsqu'ils se sont heurtés à un barrage de voitures de police, rassemblées devant un hôtel du centre de la ville.

Le président américain, Barack Obama, a appelé Mercredi 21 Septembre 2016 les maires de Charlotte et de Tulsa, dans l'Oklahoma, pour discuter des récentes fusillades qui ont déclenché des protestations.

« Le président et les deux maires ont répété que toute manifestation devrait être conduite de manière pacifique et que les autorités locales devraient trouver des moyens pour nouer le dialogue dans le calme », avait dit la Maison Blanche avant la nouvelle nuit de violences.

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 21:31

Violences à Charlotte après qu'un noir ait été abattu par la police (Reuters)

Une violente manifestation a éclaté Mardi 20 Septembre 2016 à Charlotte après qu'un policier ait abattu un noir qui était selon lui armé d'un pistolet sur le parking d'une résidence de la ville de Caroline du Nord où la police recherchait un suspect.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées près du lieu de la fusillade et ont lancé des bouteilles et des pierres en direction des forces de l'ordre. Une dizaine de policiers ont été blessés et plusieurs véhicules endommagés, selon la police de Charlotte-Mecklenburg.

Dans un communiqué, la police précise que le policier qui a abattu Keith Lamont Scott, quarante trois ans, est lui aussi noir et qu'il a ouvert le feu parce que la victime posait « une menace mortelle immédiate » aux officiers. Elle ajoute avoir retrouvé son arme et interroger les témoins.

Les manifestants et la famille de Keith Lamont Scott contestent le fait qu'il était armé, certains affirmant qu'il avait un livre à la main, ce qui a relancé le débat sur les violences policières envers la communauté afro-américaine.

Une manifestation pacifique avait eu lieu plus tôt dans la journée à Tulsa, dans l'Oklahoma, où un policier blanc a abattu la semaine dernière un noir non armé.

« J'en ai marre de voir qu'un noir a été abattu à chaque fois que j'allume la télévision », a dit à Reuters Shakeala Baker, une habitante de la résidence de Charlotte où la fusillade a éclaté.

En fin de soirée, la police a dispersé les manifestants en tirant des grenades lacrymogènes et le maire de Charlotte a appelé au calme, promettant qu'une enquête complète serait menée.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 20:04

http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/09/20/surenchere-a-droite-sur-le-demantelement-de-calais_5000493_823448.html

Surenchère à droite sur le démantèlement de Calais

Par Jean-Baptiste de Montvalon, Nathan Loheac et Patrick Roger

L’annonce par le gouvernement de sa volonté de trouver en France, un pays de soixante sept millions d’habitants, quelque neuf mille places d’accueil pour des réfugiés et migrants, en vue d’un relogement provisoire des occupants du camp de la Lande de Calais, a mis le feu aux poudres.

En pleine campagne pour les élections primaires de la droite et à quelques mois des élections présidentielles, les chiffres importent peu. Seuls comptent les mots accueil, réfugiés et migrants, dont l’extrême droite et une partie de la droite se sont saisies pour clamer leur indignation. La polémique n’est pas près de s’éteindre. Nicolas Sarkozy est attendu Mercredi 21 Septembre 2016 à Calais et François Hollande devrait s’y rendre au début de la semaine suivante.

Avant ce nouveau duel à distance, l’opinion publique aura été chauffée à blanc. Laurent Wauquiez, président par intérim du parti des Républicains, a donné le ton en lançant, Vendredi 16 Septembre 2016, une pétition pour dire « non à la création de jungles sur l’ensemble du territoire national ».

Deux jours plus tôt, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes avait appelé les maires de sa région à s’opposer à l’accueil des migrants de Calais, qualifiant de folie le plan gouvernemental révélé dans les colonnes du Figaro, Mardi 13 Septembre 2016. « Rien n’autorise ce gouvernement à jouer aux apprentis sorciers », avait alors jugé Christian Estrosi, président du parti des Républicains de la région Provence Alpes Côte d'Azur (PACA), accusant lui aussi le gouvernement de vouloir « créer des micro-jungles de Calais ».

« Les équipements publics de la région Ile-de-France n’ont pas vocation à accueillir des migrants », a prévenu à son tour la présidente du parti des Républicains de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse. « Je ne compte pas participer à la création de mini-Calais sur les côtes normandes », indique au Monde le président du conseil régional de Normandie, Hervé Morin. Dans ce contexte, l’extrême droite est montée d’un cran. Steeve Briois, vice-président du Front National et député européen, a lancé, Dimanche 18 Septembre 2016, un collectif de maires « ma commune sans migrants », affichant clairement l’objectif du Front National, mettre la pression sur les élus du parti des Républicains.

« Campagne hystérique »

Face à cette bronca, le gouvernement cherche à calmer le jeu. Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, et la ministre du logement, Emmanuelle Cosse, ont adressé, Vendredi 16 Septembre 2016, un courrier à l'association des petites villes de France pour assurer que l’ouverture des centres se ferait en « concertation préalable » avec les élus. Lundi 19 Septembre 2016, en marge d’un déplacement à l’Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) à Bobigny, dans le département de la Seine-Saint-Denis, Bernard Cazeneuve a cependant haussé le ton.

Dénonçant « l'irresponsabilité » de certains responsables politiques, le ministre de l’intérieur a visé le Front National, ainsi que la « droite extrême ».

« La république, ce n’est pas la haine. Ce n’est pas le refus de l’autre et la république, ce n’est pas non plus le mensonge, parce que le Front National est, comme une partie de la droite extrême, dans le mensonge », a déclaré Bernard Cazeneuve.

La place Beauvau a décidé de communiquer sur le dispositif mis en œuvre afin de contrecarrer la « campagne hystérique » de la droite. « Certains acteurs se livrent à une instrumentalisation qui nous paraît inquiétante s’agissant des conséquences politiques qui peuvent en résulter », déplore l’entourage du ministre de l’intérieur, rappelant que cent soixante et un Centres d'Accueil et d'Orientation (CAO) ont déjà été ouverts depuis un an.

« Cinq mille six cent personnes venant de Calais ont déjà été accueillies dans soixante dix huit départements, y compris en Haute-Loire, sans que Laurent Wauquiez s’en aperçoive », note le ministère.

Pour permettre le démantèlement du camp de la Lande, les préfets sont chargés de répertorier des bâtiments appartenant à l'état ou à de grandes entreprises, pouvant mettre à disposition des locaux inutilisés. A ce jour, sur les neuf mille places nécessaires, environ quatre mille places ont été identifiées. « Tant que nous travaillions dans la discrétion, cela se passait bien. Il est possible que le climat créé par la droite complique les choses », déplore le ministère.

Parallèlement, le gouvernement veut montrer sa « fermeté à l’égard de l’immigration irrégulière ». Lundi 19 Septembre 2016, les services de l’intérieur ont procédé à un nouvel éloignement groupé de trente personnes en situation irrégulière depuis Calais, ce qui porte le total à mille trois cent quatre vingt quatre expulsions depuis le début de l’année 2016.

« Des solutions, pas des pétitions »

La charge lancée par quelques ténors de la droite est toutefois loin de faire l’unanimité dans ses rangs. Le président du parti des Républicains des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a clairement pris ses distances avec l’initiative de Laurent Wauquiez. « Démantèlement de la jungle de Calais, j’attends de ma famille politique des solutions, pas des pétitions », a indiqué Xavier Bertrand sur son compte Twitter. « Des militants sont venus me voir ce week-end en me disant qu'ils ne comprenaient pas bien, c’est quoi la différence entre la pétition de Laurent Wauquiez et l’association lancée par Steve Briois ? J'étais mal à l’aise, parce que je n’ai pas su bien leur répondre », a expliqué le président de région lors de sa conférence de presse de rentrée, Lundi 19 Septembre 2016, tout en déplorant le « silence assourdissant » des candidats aux élections primaires de la droite sur « le démantèlement et l’après-démantèlement » du campement de Calais.

« Cette question relève de l’autorité et de la responsabilité de l'état, nullement des compétences de la région », souligne Philippe Richert, président du parti des Républicains de la région Grand Est. Dans un communiqué commun intitulé « migrants, face à la mauvaise foi, nous choisissons la république bienveillante », publié Vendredi 16 Septembre 2016, les cinq présidents du Parti Socialiste de conseils régionaux se sont déclarés, quant à eux, « prêts à prendre nos responsabilités face à ce devoir de solidarité qui nous concerne tous ».

Dans ce contexte de vive polémique, les réunions d’information locales sont parfois tendues. Le parquet de Roanne, dans le département de la Loire, a ainsi ouvert une enquête pour « incitation à la haine raciale et menace de représentants de l'état » après des incidents lors d’une réunion, organisée Mercredi 14 Septembre 2016 à Saint-Denis-de-Cabanne, sur l’accueil de quatre vingt migrants.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 19:36

Des réfugiés fuient en Grèce un camp détruit par un incendie (Reuters)

Des milliers de personnes ont fui un camp de migrants installé en Grèce sur l'île de Lesbos et ravagé par un incendie dans la nuit du Lundi 19 Septembre au Mardi 20 Septembre 2016 alors que des heurts avaient éclaté entre les occupants.

Le Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a estimé que l'incendie était le résultat de la précarité des conditions de vie dans le camp et de l'incertitude qui pèse sur l'avenir des réfugiés.

« L'incendie du Lundi 19 Septembre 2016 est le symbole de l'insuffisance de la réponse européenne à la crise des réfugiés », a renchéri Panos Navrozidis, directeur du comité international de secours (IRC) en Grèce.

A Athènes, un responsable de la police a indiqué que deux brigades de policiers anti-émeutes avaient été envoyées sur l'île pour ramener le calme.

La cause exacte de l'incendie reste inconnue. Selon la presse grecque, les affrontements se sont produits après une rumeur selon laquelle plusieurs centaines de personnes allaient être expulsées du camp de Moria.

Le camp est détruit à près de soixante pour cent et presque tout le monde a évacué le site, notamment les enfants non accompagnés qui ont été relogés dans d'autres camps, a déclaré un policier ayant requis l'anonymat.

Selon le ministre grec chargé de la police, Nikos Toskas, environ cent cinquante tentes ont été brûlées et les autorités ont commencé Mardi 20 Septembre 2016 à en installer de nouvelles.

Au moins neuf personnes ont été arrêtées pour dégradation de biens et troubles à l'ordre public et certaines d'entre elles devraient être présentées à un juge, a déclaré un responsable de la police à Athènes.

Plus de cinq mille sept cent réfugiés et migrants se trouvent sur l'île de Lesbos, bloqués par l'accord conclu en mars dernier entre l'Union Européenne et la Turquie qui les empêche d'aller plus loin tant que leur demande d'asile n'est pas traitée. Ceux dont le dossier est rejeté sont refoulés vers la Turquie.

« Ils ne savent pas quand leur demande d'asile sera traitée. Certains estiment ne pas avoir suffisamment d'information », a déclaré Roland Schönbauer, un porte-parole du HCR de l’ONU en Grèce. « L'attente les rend malades ».

Selon Panos Navrozidis, de l'IRC, le traitement préférentiel dont bénéficient certaines nationalités pendant l'examen « opaque et incohérent » de leurs demandes a aussi accru les tensions entre groupes de réfugiés.

Malgré le ralentissement des arrivés de Turquie par rapport à l'an dernier, plus de treize mille cinq cent migrants et réfugiés vivent dans les îles de la mer Egée, pour une capacité de sept mille quatre cent cinquante places. Au total, en comptant les îles, soixante mille migrants et réfugiés sont bloqués en Grèce, pour la plupart de nationalité syrienne, irakienne ou afghane.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 19:25

Deux autres mineurs interpellés pour la fausse alerte de Paris (Reuters)

Trois mineurs ont été interpellés depuis Lundi 19 Septembre 2016 dans le cadre de l'enquête sur la fausse alerte à l'attentat qui a entraîné Samedi 17 Septembre 2016 une vaste opération de police dans le centre de Paris, a-t-on appris Mardi 20 Septembre 2016 de source policière.

Un premier adolescent de seize ans qui se présente sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de Tylers Swatting a été interpellé Lundi 19 Septembre 2016 dans la Marne. Il a reconnu lors de sa garde à vue être l'un des auteurs du canular, a précisé la source.

Deux autres mineurs âgés de dix sept et de quatorze ans ont été interpellés à leur tour, Mardi 20 Septembre 2016, respectivement en Vendée et en Lozère. Les enquêteurs cherchent à déterminer si le plus âgé est le second pirate informatique, qui se fait appeler Zakhaev Yamaha.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour dénonciation de crime imaginaire et divulgation de fausses informations afin de faire croire à une destruction dangereuse.

« Ceux qui se livrent à ces mauvaises plaisanteries, à détourner l'attention des forces de l'ordre et à provoquer de la panique, méritent évidemment d'être lourdement sanctionnés », avait déclaré le premier ministre Manuel Valls en réaction à l'interpellation du Lundi 19 Septembre 2016.

L’état se constituera partie civile pour obtenir réparation du préjudice subi, a annoncé pour sa part le ministre de l’intérieur dans un communiqué.

L'Observateur a indiqué Dimanche 18 Septembre 2016 être parvenu à entrer en contact avec les deux responsables présumés de la fausse alerte, qui ont fait écouter à un journaliste l'enregistrement de leur appel téléphonique à la police.

Ils se présentaient sous les pseudonymes de Tylers Swatting et de Zakhaev Yamaha.

La pratique du swatting consiste à faire déplacer les forces de sécurité sous un faux prétexte, comme une alerte à la bombe, une prise d'otages ou un meurtre.

La diffusion d'une fausse information « dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise » est punie de deux ans de prison et de trente mille euros d'amende par le code pénal français.

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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 19:09

L'Organisation des Nations Unies (ONU) suspend ses convois en Syrie après la frappe d'Alep (Reuters)

L’ONU a suspendu la circulation de tous leurs convois humanitaires en Syrie après la frappe aérienne qui a touché un convoi de trente et un camions Lundi 19 Septembre 2016 près d'Alep, a annoncé Mardi 20 Septembre 2016 un porte-parole de l’ONU.

A Moscou, le ministère de la défense a nié toute implication des avions russes ou syriens dans cette attaque qui a fait au moins vingt morts, dont le chef du bureau local du Croissant-Rouge Arabe Syrien (CRAS), et soulevé l'indignation de la communauté internationale.

« Seuls les insurgés qui contrôlent cette région savaient où se trouvait le convoi », a affirmé le porte-parole du ministère de la défense russe, Igor Konachenkov dans un communiqué lu à la télévision publique Rossiya Vingt Quatre. L’ONU assure en revanche que toutes les parties en avaient été informées.

Le porte-parole, cité par Interfax, a par la suite dit n'avoir « aucune preuve que le convoi ait été attaqué ». Le ministère de la défense pense que les camions ont « pris feu », a-t-il poursuivi.

Il a ajouté que seuls les « casques blancs » de la défense civile syrienne, des bénévoles qui assurent les secours en zone rebelle, pourraient dire ce qui s'est vraiment passé, tout en rejetant par avance leurs conclusions car ils sont, selon lui, proches des islamistes de l’ancien Front al Nosra.

Le ministère a par la suite annoncé sur la foi d'images tournées par des drones que le convoi était escorté par des rebelles armés de mortiers lourds.

L'armée de Bachar al Assad a de son côté affirmé que les informations de presse la mettant en cause étaient fausses.

Ryad Hidjab, coordonnateur du Haut Comité des Négociations (HCN) représentatif de l'opposition, a quant à lui assuré détenir des informations démontrant la responsabilité des forces russes et syriennes, une thèse également étayée par des témoignages.

S'ils ne sont pas rapidement étayés par des faits, les démentis de Moscou et de Damas ne rassureront pas les agences humanitaires. Damas venait d'autoriser l’ONU à acheminer de l'aide dans toutes les zones assiégées après avoir longtemps tergiversé.

« Par mesure de sécurité immédiate, les autres mouvements de convois en Syrie sont suspendus pour le moment dans l'attente d'une nouvelle évaluation des conditions de sécurité », a déclaré le porte-parole de l’ONU lors d'un point de presse.

Réunion à New York pour tenter de sauver la trêve

Les convois humanitaires à destination de quatre villes syriennes seront suspendus, a pour sa part annoncé un haut responsable du Comité International de la Croix-Rouge (CICR).

Selon l'ONU, dix huit des trente et un camions du convoi qui se rendait Lundi 19 Septembre 2016 à Ourm al Koubra ont été touchés par les bombardements que l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) impute à l'aviation russe ou syrienne.

L'OSDH a dans un premier temps parlé de douze morts, mais ce bilan a été revu à la hausse par le CRAS, qui parle « d’environ vingt civils » tués.

Peter Maurer, président du CICR, a dénoncé une « violation flagrante et inacceptable » du droit humanitaire.

Devant l’assemblée générale de l'ONU, Ban Ki Moon a de son côté haussé le ton contre le régime de Bachar al Assad, qu'il a accusé d'avoir tué le plus grand nombre de civils depuis le début du conflit. Evoquant la Russie et l'Iran, il s'en est pris également à ses « puissants parrains qui continuent à alimenter la machine de guerre et ont aussi du sang sur les mains ».

« Je dis à ses soutiens étrangers, que chacun connaît ici, qu'ils doivent forcer la paix, sinon ils porteront avec le régime la responsabilité de la partition et du chaos », a quant à lui lancé François Hollande à l’ONU.

« Je n'ai qu’un seul mot à dire, cela suffit », a poursuivi le président français, selon lequel le régime de Bachar al Assad « est responsable de l'échec du cessez-le-feu et ne peut pas s'exonérer sur des erreurs qui auraient pu être commises par d'autres ».

A New York, le secrétaire d’état américain, John Kerry, et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ont eu Mardi 20 Septembre 2016 un entretien consacré à la Syrie et à l'attaque du convoi d'aide humanitaire, ont rapporté les agences de presse russes.

Un responsable russe a déclaré aux journalistes que Moscou était toujours disposé à appliquer l'accord de cessez-le-feu conclu avec les Etats-Unis.

« Le fait d'être ici à New York et de participer à la réunion du Groupe International de Soutien à la Syrie (GISS) est la confirmation de notre volonté de continuer à travailler », a dit ce responsable sous le sceau de l'anonymat.

Si John Kerry a assuré à l'issue de la réunion que la trêve n'était « pas morte », les autres participants se sont montrés perplexes. Pour le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault, les négociations russo-américaines « ont atteint leurs limites » et la supervision d'une nouvelle trêve ne pourra pas être assurée seulement par les Etats-Unis et la Russie.

L'émissaire de l’ONU, Staffan de Mistura, a par ailleurs annoncé que le GISS se réunirait à nouveau Vendredi 23 Septembre 2016 pour tenter de sauver un cessez-le-feu « en grand danger ».

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 21:50

https://www.npa2009.org/idees/strategie/francois-ruffin-si-pouvait-deja-commencer-quelque-chose

Si nous pouvions déjà commencer quelque chose

Dimanche 18 Septembre 2016

Journaliste, réalisateur et tout simplement militant, François Ruffin était l’invité de la huitième université d’été du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Question. Cela fait dix sept ans que tu as fondé et que tu animes le journal Fakir, outre ton travail dans l’émission « là-bas si j’y suis » avec Daniel Mermet. Pourrais-tu nous dire quelques mots sur le type de journalisme que tu pratiques ?

Réponse. Je me suis mis à faire quelque chose dont je suis devenu conscient plus tard, pas seulement du journalisme engagé mais aussi du journalisme d’action. Je voyais bien que, quand on sortait un dossier et des informations dans Fakir, cela n’avait pas d’impact parce que notre poids est tout à fait limité. À la différence de quand je travaillais chez Daniel Mermet, on n’entraînait pas de réaction de média, de responsable, de syndicaliste et de politique. Je me suis donc mis à faire un service après-information. S'il y a quelque chose que je trouve pas juste, sur lequel on a écrit, il faut se retrousser les manches et voir quels sont les chemins pour résoudre le problème. C’est visible dans Merci Patron, mais cela fait des années et des années que, au niveau du journal, nous pratiquons cela. Ainsi dans l’avant-dernier numéro, cette salariée d'Onet virée de son poste en gare d’Agen, ou bien l’affaire sur laquelle je suis actuellement, Ecopla, une boîte de l’Isère qui a un projet de société coopérative de production et pour laquelle Emmanuel Macron n’a jamais répondu. Hier, nous avons donc passé notre journée à interpeller Bercy et Emmanuel Macron, nous nous sommes fixés un plan de bataille. De même pour la défense des auxiliaires de vie sociale qui, dans la Somme et ailleurs, vont perdre à peu près vingt cinq pour cent de leur salaire, cela dans une complète indifférence.

Question. Au cours des derniers mois, le film Merci patron, que tu as réalisé, et le mouvement des Nuits Debout, dont tu as fait partie des initiateurs, ont été au cœur du mouvement contre la loi travail. Quel bilan tires-tu de cette séquence ?

Réponse. Le mouvement des Nuits Debout, c’est finalement dans la même logique. Qu’est-ce que l’on peut faire au niveau de l’action ? Pour tirer un tel bilan, il faut voir d’où l’on partait. L'hiver dernier dans ma région, Marine Le Pen faisait quarante deux pour cent des voix au premier tour des élections, envisageant la prise de la région. Face à cela, il y avait une gauche de gouvernement qui ne fait rien de gauche, une gauche critique inaudible et un vrai désert de morosité. Avec toutes les réserves, nous pouvons donc dire que, à gauche, ce printemps, il s’est passé quelque chose. Cela nous a donné un peu d’oxygène, avec un mouvement qui a su trouver plusieurs formes d’expression, le collectif « nous valons mieux que cela », la pétition « loi travail, non merci », les manifestations plus traditionnelles, des blocages et le mouvement des Nuits Debout. Et ce n’est pas des nouveaux moyens contre les anciens moyens. Nous avons choisi de lancer le mouvement des Nuits Debout à Paris le soir d’une manifestation de l’intersyndicale et de s’appuyer sur celle-ci. Nous voulons être dans l’alliance entre les cadres traditionnels et les formes d’expression nouvelles. Cela dit, il y a toutes les limites rencontrées. La masse critique n’a pas été atteinte dans les manifestations, à l'exception de la manifestation nationale du Mardi 14 Juin 2016, ainsi que dans les secteurs en grève, hormis quelques points de blocages comme le Havre, avec des secteurs avancés mais trop isolés.

Question. Tu cites une phrase de Vladimir Lénine sur la nature d’une situation révolutionnaire pour insister sur la nécessité que « ceux du milieu » basculent du côté de « ceux d’en bas ». Comment vois-tu cela dans le contexte actuel ?

Réponse. Cette citation était déjà à la une de Fakir il y a à peu près deux ans. Cela part d’une sorte d’intuition d’Emmanuel Todd dans l'illusion économique. A la différence des « éduqués », les classes populaires se prennent la mondialisation droit dans la gueule. Si tu regardes les statistiques, depuis les années 1980, les professions intermédiaires ont en gros un taux de chômage de cinq pour cent, alors que les ouvriers non qualifiés ont un chômage au-dessus de vingt pour cent. Cela se voit aussi évidemment au niveau des revenus. C’est un divorce économique qui produit aussi un divorce politique. Des ouvriers qui ont voté pour François Mitterrand en 1981 peuvent voter aujourd’hui pour le Front National. En 2005, quatre vingt pour cent des ouvriers ont voté non au traité constitutionnel européen alors que cinquante six pour cent des cadres et cinquante quatre pour cent des enseignants ont voté pour le oui. L’une de mes réponses est que, quand on interroge les classes populaires, pour eux le protectionnisme est une évidence. Il faut recourir à des outils de régulation pour ne pas être en concurrence avec le salarié roumain ou chinois. C’est à mon avis l’un des points de blocage dans la gauche critique. Il faut intégrer cette préoccupation et en faire quelque chose de positif, ne pas laisser cette arme aux mains du Front National.

Question. Justement cette gauche critique, la gauche de gauche, la gauche radicale, peine à se faire véritablement entendre alors que les idées antilibérales, voire anticapitalistes, peuvent avoir une audience large dans la société française. À quoi est-ce que cela tient ?

Réponse. Dans la société, il y a un potentiel. Nos idées ont des racines. Cela dit, moi j’appartiens à cette gauche critique, mais j’en ai honte. C’est de l’infantilisme, la division, les egos et les querelles. Qui peut avoir envie de cela ? À part ceux qui pensent politique toute la journée, personne ne comprend ce qui se passe à la gauche du Parti Socialiste. Tant que la masse critique n’est pas atteinte, quitte à ce qu’il y ait des divergences en son sein, nous restons invisibles. Qui fait vraiment la différence entre le NPA, Lutte Ouvrière, Ensemble et le Parti de Gauche ? Il y a là un gros souci. Pour moi, Jean Luc Mélenchon fait partie de la même famille, mais en tant qu’individu, on peut dire qu’il est « visualisé », mais son parti ne l'est pas. Et il faudrait qu’il n’y ait pas qu’un seul individu.

Question. Tu as souvent plaidé pour l’unité à la gauche du Parti Socialiste. Sur quels axes programmatiques pourrait-on converger et à quels dangers doit-on faire face ?

Réponse. Moi je suis d’abord pour mettre la charrue avant les bœufs. Je suis pour rassembler les gens avant le programme. Il faut se frotter ensemble. Dans le dernier numéro de Fakir, nous faisons un entretien avec Chantal Mouffe qui pense ce que je pense. Je crois que nous avons tous un adversaire commun, mais que le problème de cette gauche, c’est qu’elle ne se sent pas en bataille contre cet adversaire. Alors que, quand tu es dans la bataille, cela serre les rangs et tu vois ce qui nous rassemble contre cet ennemi commun. Lui, c'est le un pour cent qui, d’après Oxfam, détient plus que les quatre vingt dix neuf pour cent des richesses. Ce sont les soixante quatre familles qui, dans le monde, détiennent plus que les cinquante pour cent des plus pauvres. Ce sont les financiers qui décident tant du destin des entreprises que du destin de la planète. C’est bien la finance, cet ennemi que François Hollande pointait en 2012. Sauf que nous, nous n'avons pas lâché et nous ne lâcherons pas. Au lieu de cela, nous nous regardons le nombril et quand une organisation ou un groupe d’organisation se regardent le nombril, il trouve toujours des différences. Pourtant, nous avons un bout de chemin à faire ensemble avant de nous trouver au pouvoir. Il y a bien sûr des expériences négatives, mais si nous regardons l’histoire, quel est le truc dont nous ne pouvons pas dire « regarde comment cela s’est terminé ». Si nous pouvions déjà commencer quelque chose.

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 20:01

http://www.liberation.fr/planete/2016/09/18/ada-colau-occuper-la-place_1501778

Occuper la place

Par François Musseau, correspondant permanent de Libération à Madrid

Dimanche 18 Septembre 2016

Activiste sociale, la nouvelle maire de Barcelone incarne le renouveau de la politique espagnole dans le sillage de Podemos.

Elle a quelque chose d’une intruse. Certes, elle s’est mise ce jour-là sur son trente et un, un ensemble noir couronné d’une écharpe crème et rehaussé de chaussures à talons. Certes aussi, elle a soigné sa chevelure frisée châtain clair. En somme, elle s’est efforcée de paraître ce qu’elle est, maire de Barcelone. Et ce n’est pas rien de gérer un budget de deux milliards sept cent millions d’euros par an et de diriger neuf mille fonctionnaires.

Pour le reste, n’allez pas lui demander de porter bijoux, colliers, bagues ou un quelconque accessoire décoratif. Ada Colau est brute de décoffrage, sans fards ni artifices. Et dans la casa de ciudad de Barcelone, cette altière mairie à la façade néo classique, entre les escaliers et les balustrades d’une majesté d’un autre âge, oui, elle dépare. Son regard franc, un tantinet espiègle, semble même s’excuser d’occuper un tel lieu de prestige, comme une plébéienne échouée on ne sait trop comment dans un sanctum sanctorum aristocratique.

Un peu plus d’un an, déjà, que l’intruse Ada Colau est la locataire en chef du municipal édifice de cette ville à vocation marchande et bourgeoise, elle qui n’avait pu finir ses études de philosophie et qui n’a jamais vraiment supporté « l'esprit phénicien », comprendre le sens des affaires et le goût immodéré pour le négoce qui colle à l’image de Barcelone. A quarante deux ans, cette mère d’un petit Luca, cinq ans, et dont le compagnon, Adria Alemany, est un économiste de gauche, reconnaît elle-même que, parfois, « cela lui donne un peu le vertige ». Il faut dire qu’à la seule évocation de ses illustres prédécesseurs, tous issus de la bonne société, le contraste est marqué.

Pour comprendre l’irruption de cette trublionne de classe moyenne, il faut avoir présent à l’esprit l’irrésistible ascension des indignés depuis 2011.

Notamment sous la bannière de Podemos, troisième force parlementaire nationale, ceux-ci ont bousculé la donne politique. Ada Colau, sympathisante sans être membre de Podemos, constitue un des fruits de ce singulier phénomène où, notable exception en Europe, l’irrévérence et la critique du statu quo passent par la gauche radicale, non par la droite extrême. Un pied dehors, un pied dedans, cette ancienne militante alter mondialisation, qui a battu le pavé de Gênes ou de Seattle au cours de sa vingtaine, donne donc cette sensation. « Bien sûr, j’ai sur le dos cette énorme responsabilité de maire. Mais, dans le même temps, je ne veux pas perdre le pouls de la rue, c’est ce qui me donne force et énergie ».

La rue, avec son pas volontaire de cheftaine scout et son naturel de passante citoyenne, Ada Colau s’y meut comme un poisson dans l’eau. Il faut la voir rayonner lorsqu’on l’arrête pour un selfie, un autographe ou un compliment, c’est-à-dire à tout moment dès lors qu’elle met les pieds dehors. Au moment de nous recevoir, dans le couloir cossu menant à son bureau, on l’informe qu’un groupe scolaire venu du marginal quartier de Nou Barris se trouve à l’étage. Ni une ni deux, Ada Colau monte les escaliers en trombe, se plante devant les pré adolescents, s’assoit sans manières sur une table et leur lance tout de go, ponctué par son sourire qui brille, « voilà, je suis la maire. Je m’appelle Ada Colau. Vous pouvez me demander tout ce que vous voulez ».

Ils ne s’en privent pas. Elle n’esquive rien. La rue, son oxygène et sa référence, avant d’atterrir dans les salons municipaux, de présider un salon technologique ou d’inaugurer un colloque sur le tourisme, c’était son écosystème.

Issue du populaire quartier barcelonais du Guinardo, de parents aujourd’hui séparés, père publicitaire et mère agent commercial, et d’une large fratrie de six enfants, Ada Colau a tracé son chemin sans facilité ni passe-droit, assumant les rudesses du parcours. Elle a tout d’abord fait mille boulots, hôtesse d’accueil, enquêteuse par téléphone, enseignante dans le primaire ou animatrice de centre aéré n’hésitant pas à se déguiser en papa Noël ou en oncle Donald pour amuser la galerie, du très courant dans cette Espagne de la précarité et des salaires payés au lance-pierre. Et, bien sûr, comme toute sa génération, elle vit et vivote en colocation, consciente que le logement est le grand drame d’une population ultra-endettée.

C’est dans les années 1990 et 2000, d’ailleurs, que la rue devient comme chez elle. A force d’arpenter les trottoirs et les places de l’alter mondialisation et de participer à la révolte contre « le diktat du sauvage capitalisme financier ». A force de s’indigner contre la guerre du golfe, puis celle d’Irak. A force, surtout, de manifester en faveur, précisément, d'un logement digne. « J’ai tout de suite senti », se souvient-elle, « qu’on touchait là le cœur du malaise. Sur ce chemin, j’ai été jusqu’au bout et c’est sûrement pour cela que je suis ici aujourd’hui ». Des milliers d’espagnols sont alors jetés à la rue, incapables de rembourser leurs traites. En 2006, à Barcelone, Ada Colau et une poignée de militants créent une plateforme pour les défendre, la Plataforma de Afectados por la Hipoteca (PAH). De l’aube claire aux soirées interminables, elle fait barrage de son corps face aux huissiers, chien fou entêté pour les uns, héroïquement opiniâtre pour la plupart. Cela donne des résultats. D’où une incroyable popularité pour cette « activiste sociale », elle se définissait ainsi et gagnait sa croûte comme salariée de l’observatoire du logement, qui lui permettra, au mois de juin 2015, d’emporter de justesse la forteresse municipale de Barcelone, capitale économique du pays.

Elle émarge officiellement à huit mille cent soixante six euros net mensuels mais, comme tous les maires de la mouvance Podemos, elle a plafonné ses émoluments à deux mille quatre cent euros, le différentiel étant reversé à des Organisations Non Gouvernementales (ONG). Elle a retiré le buste de l’ancien roi Juan Carlos dans la salle des délibérations. Par contre, elle a accroché dix portraits de femmes, dont celui de Federica Montseny, une anarchiste espagnole exilée à Toulouse. Elle défend son bilan bec et ongles, cent cinquante millions d’euros versés dans quinze quartiers « difficiles », cantines scolaires pour familles nécessiteuses, « réduction drastique des expulsions immobilières », moratoire de deux ans sur les nouveaux hôtels afin d’éviter que Barcelone « se noie sous le tsunami touristique », quitte à provoquer la fureur des milieux d’affaires, et baisse des frais de fonctionnement d’une mairie historiquement dispendieuse. La tâche est loin d’être aisée pour cette maire qui, il y a peu, qualifiait les banquiers de « criminels » et évoquait une« police municipale tristement célèbre pour ses cas de torture ».Surprise, ce matin-là, l’élue indignée se redresse dans son fauteuil, suspend son perpétuel sourire et lâche que « vous savez, je suis une activiste sociale de vocation, mais j’ai été élue à ce poste. Et je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme d’une militante, mais comme d’une bonne maire ».

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 19:29

L'armée d'Assad confirme la fin de la trêve en Syrie (Reuters)

L'armée syrienne a annoncé Lundi 19 Septembre 2016 la fin de la « période de cessez-le-feu » de sept jours parrainée par les Etats-Unis et la Russie et n'a pas donné d'indication sur son éventuel renouvellement.

Elle accuse les « groupes terroristes », terme utilisé pour décrire tous les opposants qui la combattent, de n'avoir respecté aucun des engagements contenus dans l'accord russo-américain et d'avoir profité de la cessation des hostilités pour se réarmer. Selon le communiqué de l'armée, les rebelles auraient violé le cessez-le-feu à trois cent reprises.

A Washington, le département d’état a déclaré que les Etats-Unis cherchaient à obtenir la prolongation du cessez-le-feu et il a demandé à Moscou de clarifier avant toute chose l'annonce faite par l'armée syrienne sur la fin de la période de trêve.

« Nous avions passé un accord avec la Russie, qui est comptable de sa mise en oeuvre par le régime syrien, aussi attendons-nous de la Russie qu'elle clarifie la situation », a dit le porte-parole du département d’état, John Kirby.

Le secrétaire d’état, John Kerry, a jugé quant à lui prématuré de dire que la trêve était terminée. L'Organisation des Nations Unies (ONU) a estimé que seuls Washington et Moscou étaient à même de dire qu'elle avait bel et bien pris fin.

Le chef de la diplomatie américaine a précisé que des conseillers russes et américains étaient réunis à Genève pour faire le point sur la situation.

La trêve de sept jours décrétée par l'armée syrienne était entrée en vigueur Lundi 12 Septembre 2016 et a expiré Dimanche 18 Septembre 2016 une minute avant minuit, à 20 heures 59 GMT.

Elle avait été annoncée le Lundi 12 Septembre 2016, deux jours après l'accord sur les modalités d'un cessez-le-feu conclu par les Etats-Unis et la Russie.

Dans son communiqué, l'armée syrienne promet de « continuer à remplir son devoir national en luttant conte le terrorisme dans le but de rétablir la sécurité et la stabilité ».

Nouvelles actions militaires

Sur le terrain, les rebelles ont également constaté l'échec de la cessation des hostilités.

Des avions, syriens ou russes, ont bombardé Lundi 19 Septembre 2016 des quartiers du centre d'Alep tenus par les insurgés ainsi que des villages à l'ouest de la ville, a rapporté l'Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH), qui fait état de victimes.

« En pratique, la trêve a échoué et elle est terminée », a commenté un responsable rebelle, le chef du bureau politique du groupe Fastakim basé à Alep, Zakaria Malahifji. Il a ajouté qu'il fallait voir si quelque chose pouvait être fait pour la sauver « en théorie ».

S'exprimant de la ville turque de Gaziantep, Zakaria Malahifji a également laissé entendre que des groupes rebelles se préparaient à de nouvelles actions militaires. « J'imagine que, dans un proche avenir, les groupes vont passer à l'action », a-t-il dit.

A Moscou, le ministère russe de la défense a déclaré, avant l'annonce de l'armée syrienne, qu'il lui semblait « absurde » que les forces du régime de Bachar al Assad respectent seules le cessez-le-feu alors qu'elles sont attaquées par des insurgés que Washington ne parvient pas à mettre au pas.

« Des soldats syriens et des citoyens pacifiques meurent encore. La cause en est que les Etats-Unis n'ont aucun moyen de pression efficace pour influencer l'opposition en Syrie et n'ont pas conscience de la situation véritable sur le terrain », a déclaré le lieutenant-général Sergueï Roudskoï, un haut responsable du ministère.

« En tenant compte du fait que les termes du cessez-le-feu ne sont pas respectés par les insurgés, nous considérons qu'il est absurde qu'il soit observé unilatéralement par les forces du gouvernement syrien », a-t-il ajouté.

Lundi 19 Septembre 2016, Moscou faisait état de cinquante trois violations de la trêve au cours des vingt-quatre heures écoulées.

Seule « lueur d’espoir »

Les perspectives d'une prolongation de la trêve s'étaient déjà considérablement amenuisées ce week-end à la suite des raids aériens de la coalition sous commandement américain qui ont visé Samedi 17 Septembre 2016 des positions de l'armée syrienne dans la région de Daïr al Zour, tuant plusieurs dizaines de soldats syriens.

L'armée américaine a plaidé l'erreur de tir, pensant frapper des positions des djihadistes de l'Etat Islamique. Mais Moscou a estimé que ces frappes mettaient en péril la trêve.

De New York, où il doit aussi assister à l'assemblée annuelle de l’ONU, le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a convenu que l'accord russo-américain à l'origine de ce cessez-le-feu était « particulièrement fragile ».

Mais il a ajouté qu'il demeurait la seule « lueur d'espoir » de solution au conflit qui a fait plus de deux cent cinquante mille morts depuis le mois de mars 2011, profondément déstabilisé la région tout entière, favorisé l'essor de l'Etat Islamique et provoqué la plus grave crise de réfugiés en Europe depuis la deuxième guerre mondiale.

« C'est la seule base sur laquelle la communauté internationale peut se reposer », a-t-il dit.

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