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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 19:06

https://nuitdebout.fr/blog/2016/08/11/aide-aux-exiles-comment-faire

Aide aux exilés, comment faire

Un bref retour sur la situation à Paris

Jeudi 11 Août 2016

Des assauts quotidiens à Jaurès, rue de Flandre et à Stalingrad

Depuis plusieurs semaines, la répression policière, et plus particulièrement en quelques points clairement identifiés à Paris, a pris des proportions et un rythme sans précédents. Les autorités, à défaut de s’accorder sur des solutions de relogement, toujours reportées, semblent ne plus vouloir voir la misère sur les trottoirs parisiens. Ce sont tous les jours des dizaines, sinon des centaines de personnes en extrême détresse qui sont raflées, pour employer le terme que tous s’accordent à utiliser, conduites sans ménagement dans les commissariats, leurs affaires le plus souvent jetées dans le canal, les camps détruits et les familles parfois dispersées, rendant leur angoisse plus grande encore.

Associations, militants, avocats et le tribunal administratif, voire les pouvoirs publics eux-mêmes, sont dépassés par une politique qui ne mène à rien, ajoute de la misère et de l’incompréhension au désordre.

Une absence notable d’information dans les médias

Pas vu à la télévision, manifestations interdites, migrants et leurs soutiens nassés, violence quotidienne et expulsions abjectes, il est des aspects du maintien de l’ordre qui ne semblent pas avoir trouvé grâce aux yeux des médias. Il est de notre responsabilité à tous de ne pas fermer les yeux, de remonter ces informations et d’être les relais vigilants quand nul canal médiatique institutionnel n’a fait de ces traitements inhumains une raison suffisante de mobiliser ses moyens d’informer le plus grand nombre. Qui peut imaginer que des images quotidiennes et des débats répétés n’auraient aucune influence sur de telles politiques ?

Une répression constante, y compris des associatifs et militants

Toujours plus loin, cette semaine, ce sont les militants et les associatifs eux-mêmes qui ont été arrêtés et conduits en garde à vue. Et quand ceci ne finit pas en arrestation, ils subissent un harcèlement quotidien permanent des forces de l’ordre, police, gendarmerie et Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS). Peut-on admettre que tout soit mis en oeuvre pour que nul ne vienne en aide aux migrants sans logis ? Nous ne l’admettons pas et mettons la défense des droits humains au cœur de nos engagements.

Comment aider dans l’immédiat ?

Il est urgent d’écouter, d’apprendre et d’agir sans candeur, les personnes présentes auprès des migrants vous le diront toutes, les bonnes volontés ne suffisent pas et peuvent conduire à faire prendre davantage de risques aux familles, et pas seulement, déjà exposées au pire.

Rapprochez-vous des militants présents. Appuyez-vous sur ceux qui ont l’expérience de cette aide au plus démunis, plus qu’une addition d’initiatives nouvelles, c’est une concertation plus efficace qu’il est impératif de mettre en oeuvre. Relevons-nous les manches. Ceux qui luttent depuis des semaines, des mois et des années, sont parfois épuisés et ont besoin de forces vives, bienveillantes et attentives.

Identifiez et relayez les bonnes pratiques. Lors d’une interpellation, les migrants doivent absolument dire tout de suite, dès l’arrivée au commissariat que « je suis un réfugié politique, je demande l’asile ». Ils doivent demander à voir un médecin et à être accompagné d’un avocat ainsi que d’un interprète.

Pour ce dernier, plus la langue est rare et plus il est difficile à trouver, ce qui, en cas de placement en Centre de Rétention Administrative, et si cette demande à bien été notifiée dans le procès verbal, peut conduire le Juge des Libertés et de la Détention à ordonner la sortie immédiate pour vice de forme.

Des juristes et des avocats spécialisés en droit des étrangers ont conçu le pass, un formulaire destiné à aider les exilés en cas d’arrestation.

Pour retrouver le formulaire à imprimer et à remplir, et la notice à consulter pour bien utiliser l’utiliser, et pour en savoir davantage sur le pass, consultez l’article qui y est consacré sur le blog de Droit des Étrangers

N’hésitez pas à imprimer le pass pour le distribuer sur place

Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à le traduire, en particulier dans les langues les plus fréquentes chez les exilés.

Et après, à l’échelle locale, il est fortement recommandé de se fédérer en comités locaux au besoin, en vous rapprochant des associations ou des Nuits Debout locales. Le soutien aux migrants doit se faire tout au long de leur parcours. Beaucoup de problèmes surviennent dans les centres d’hébergements, dans les suivis juridiques et des parcours de santé, quand ils n’ont pas des problèmes de nourriture ou d’insécurité, en particulier les femmes et familles isolées dans des hôtels. Ce soutien ne peut pas se faire que sur les campements, les dysfonctionnements sont partout.

Il est fortement d’interpeller vos élus. Il y a ici de la part des pouvoirs publics une dramatique logique d’invisibilisation. Eviter les campements, pour les autorités, c’est éviter que l’échec de leurs dispositifs ne soient trop visibles. Une fois placés dans des centres dédiés, une forme encore plus sournoise d’isolement peut subvenir, qui renforce cette logique d’invisibilisation. Certains centres ne permettent aucun accès à des tiers.

Ceci sans même parler de l’éparpillement, conscient ou non, des femmes isolées et des familles. Combattre cette invisibilisation, c’est aussi construire un rapport de force afin de rendre visible la situation indigne d’accueil des exilés en France et particulièrement à Paris.

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 18:11

https://www.theguardian.com/commentisfree/2016/aug/11/trotskyists-on-the-march-chaos-ahead?CMP=share_btn_fb

Les trotskystes sont là, le chaos arrive

Par John Harris

Jeudi 11 Août 2016

Tom Watson met en garde contre la nouvelle infiltration de l’extrême gauche à l’intérieur du parti travailliste. Je sais par expérience personnelle la perturbation qu'ils vont causer.

Il y a un peu plus de vingt ans, je me suis rendu sur le lieu de l'assassinat de Léon Trotsky.

J'étais en vacances à Mexico, un voyage à son ancienne maison dans la banlieue de Coyoacán semblait à peu près obligatoire. Pratiquement rien n’avait changé, le bureau, laissé pratiquement dans l’état dans lequel il était quand l'agent stalinien Ramon Mercader a plongé le piolet infâme dans sa tête, les hauts murs, le tour de guet et la tombe, avec un énorme marteau et une faucille.

J'ai été intrigué d'apprendre que, pendant un certain temps, Trotsky avait pris l'habitude de fréquenter la maison voisine de l'artiste Frida Kahlo, heureux aussi d'apprendre que, après que le pic à glace ait fait son travail, il avait réussi à combattre son agresseur et permettre son arrestation. J'ai même acheté un T-shirt. Mais ce qui m'a frappé le plus était l'air du lieu de déclin poussiéreux et le sentiment que l'héritage de Trotsky était maintenant presque terminé.

Mais maintenant, regardez, soixante seize ans après sa mort, le pseudonyme de Lev Bronstein est à la première page du Guardian. Le leader des députés d’un parti qui a été récemment dans le gouvernement met en garde contre les entristes trotskystes. Tom Watson, en effet, a écrit à Jeremy Corbyn pour dénoncer les déclarations des soutiens du leader relatives aux théories du complot et citant des preuves que, parmi la grande vague de nouveaux supporters de Jeremy Corbyn, il y a des trotskystes du Socialist Party et de l’Alliance for Worker’s Liberty qui, dit-il, utilisent des tactiques essayées dans les années 1980 et s’organisent à l’intérieur du parti pour accroître leur influence.

Reconnaissons que, même si les personnes dont parle Tom Watson sont peu nombreuses, leur présence est bien réelle. J’en ai rencontré quelques unes, participant avec enthousiasme aux meetings de Jeremy Corbyn et parlant avec de vieux militants du parti travailliste complètement séduits par leur slogans. Et pour dire une chose absolument claire, la consternation au sujet de leur présence est limitée aux adversaires de l'actuel leader. Tom Watson dit qu'entre les vieux et les jeunes trotskystes, les membres de Momentum, le groupe des jeunes supporters de Jérémy Corbyn bien intentionnés, « il y a quelques vieilles mains tordant de jeunes bras ». Cela peut être ou ne pas être vrai, mais il y a beaucoup de personnes de Momentum qui n’ont rien à voir avec ces agitateurs aguerris, encore une fois, je leur ai parlé, et avec de bonnes raisons.

Les jeunes lecteurs peuvent se demander ce que tout cela veut dire. La réponse implique quatre vingt ans d’une histoire déconcertante de groupes dissidents et de cliques, de l’International Marxist Group, du Workers Revolutionary Party, du Socialist Workers Party et de la Revolutionary Socialist League. Nous n’avons pas d'espace pour les énumérer tous ici et cela n’interesse pas beaucoup de personnes.

Disons que beaucoup de l'agitation actuelle remonte à Militant, la tendance Militant, qui existait d’abord dans le Merseyside et dont les militants ont commencé à rejoindre le parti travailliste au début des années 1960. Une vingtaine d'années plus tard, encouragés par le fait que de nombreuses sections locales du parti travailliste étaient moribondes, qu’elles étaient repliées sur elles mêmes et que certaines personnes voulaient une politique beaucoup plus énergique, ils avaient beaucoup de choses pour eux, leur propre journal, une organisation clandestine à l'intérieur du parti travailliste et deux députés, ainsi que le contrôle du conseil de la ville de Liverpool, dont le plus important porte parole était le légendaire Derek Hatton, un homme qui a fini par être impliqué dans la grande activité prolétarienne du développement de la propriété. On appelait tout cela l’entrisme, qui remonte à l'une des tactiques de Trotsky dans les années 1930, par laquelle il a exhorté ses partisans en France à cesser leurs activités comme une unité politique distincte et à entrer dans le parti socialiste traditionnel.

La pratique de la politique trotskyste a longtemps été construite autour de l'idée des revendications transitoires, une manœuvre plutôt cynique dans laquelle on encourage les gens à s’agiter pour ceci ou cela, une augmentation énorme du salaire minimum, peut-être, ou la fin de tous les contrôles de l'immigration, sachant très bien que c’est impossible dans l'ordre actuel des choses mais que, lorsque l'impossibilité devient apparente, les travailleurs se réveillent. En d'autres termes, les masses vont se mobiliser à propos de quelque chose que vous savez qu’elles n’auront pas, alors que vous êtes assis tranquillement en espérant que, si tout se passe bien, une autre fissure apparaîtra dans le grand édifice bourgeois. Pour les non trotskystes, ce que ce genre de jeu implique est évident, comme conséquence de l'entrisme ci-dessus, cela signifie que vous ne savez jamais à qui vous avez affaire.

Je connais bien cette situation. En 1986, j’avais des passions socialistes qui venaient de musiciens tels que Billy Bragg et Paul Weller et j’ai participé à la fondation d’une section de jeunesse du parti travailliste dans le foyer socialiste bien connu de Tatton, alors représenté par le député Neil Hamilton, et qui est devenue la maison adoptive de George Osborne. Mais les Labour Party Young Socialists, comme ils s’appelaient alors, ont ensuite été contrôlés par Militant et bientôt quelques-uns de leurs militants ont surgi dans la circonscription, gagnant rapidement le contrôle de la section et les deux sièges du comité de direction générale de la section. Dieu sait ce qu'ils pensaient, aujourd'hui Wilmslow, Knutsford et Northwich, demain le monde ?

Ce qui m’est arrivé à ce moment là était sinistre, à plusieurs reprises, j’ai été accusé de « ne pas connaître mon histoire », c’est vrai, j'avais seize ans, cela provoquait un mélange de comportement désagréable et d’arrière-pensées et un soir je suis rentré d'une réunion en fondant en larmes. Après une dernière tentative de militantisme dans une circonscription voisine où Militant n’était apparemment pas actif, je passais dans le parti travailliste la meilleure partie de mes quinze ans.

Telle était une très petite manifestation d'une phase brève mais sombre de l'histoire du parti travailliste. Mais ce qui est encore pertinent, c’est le fait que, bien que la direction du parti ait exclu Militant, qui réapparaîtra sous le nom de Socialist Party, parmi les gens qui se sont opposés à son exclusion, il y avait Jeremy Corbyn.

Les détails sont dans une édition récente d’un livre de Michael Crick. Quand les expulsions ont commencé, Jeremy Corbyn a écrit un message de solidarité de sa tendance de la gauche travailliste, « si les expulsions sont à l’ordre du jour pour Militant, elles devraient s’appliquer à nous aussi », et il a même été le « coordonnateur provisoire » de quelque chose qui s’est appelé la défaite de la campagne de chasse aux sorcières. Sa position reflétait la position de son gourou Tony Benn, qui défendait la vieille maxime, « nous n’avons pas d'ennemis à gauche ».

Au-delà de la position officielle selon laquelle le Socialist Party reste une « organisation interdite », le fait que le leader du parti travailliste croit encore à ces choses est plutôt clair, nous pourrions bientôt le voir, je suppose.

Il y a quelque chose de noble dans le fait que les trotskystes sont toujours là. Ils peuvent même avoir eu leur propre processus de New Labour, c'est-à-dire de révision et de réforme, les militants que je connaissais m’ont toujours assuré que leur plan révolutionnaire était basé sur rien de moins que la nationalisation des deux cent plus grandes entreprises mais, quand je consulte le site internet du Socialist Party, je vois que cela a maintenant été réduit à cent cinquante entreprises.

Mis à part tout cela, le fondateur de Militant Peter Taaffe estime que, non seulement il a une bonne chance d’être bientôt réadmis dans le parti qui l’a exclut il y a de nombreuses années mais, quand il parle de l’insurrection de Jeremy Corbyn, il écrit que « la lave de la révolution est encore chaude » et que les adversaires du nouveau leader « n’arrêteront pas les vents de l’histoire qui soufflent en ce moment ». Il est maintenant devenu un partisan de Jeremy Corbyn, ou peut être simplement un partisan « transitoire ». C’est le problème à propos des trotskystes, on ne sait jamais.

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 16:45

http://www.lemonde.fr/europe/article/2016/08/12/la-lutte-pour-le-controle-du-labour-sombre-dans-les-reglements-de-compte_4981645_3214.html

La lutte pour le contrôle du Labour sombre dans les règlements de compte

Par Eric Albert, envoyé spécial du Monde à Newcastle

Jude Grant regarde par-dessus son épaule et baisse la voix. Dans l’élection primaire pour la direction du parti travailliste, elle, simple membre du parti travailliste depuis vingt ans, soutient Owen Smith, l’un des deux candidats. Mais, Jeudi 11 Août 2016, assise au milieu d’une salle à Newcastle acquise à la cause de Jeremy Corbyn, le leader sortant, elle préfère ne pas le dire trop fort.

Dans quelques minutes, les deux hommes vont s’affronter dans un débat qui sera tendu, acrimonieux. « Le parti travailliste est dans un état catastrophique », explique Jude Grant.

« L’équipe dirigée par Jeremy Corbyn n’a aucune chance d’arriver au pouvoir. Ses supporters sont des gens qui se parlent entre eux. Ils ne touchent absolument pas le reste de la population. Le fait que je ne me sente pas à l’aise au milieu de cette foule, qui m’intimide, en dit long sur les tensions qui règnent », ajoute-t-elle.

De fait, la bataille pour la direction du parti travailliste est en train de dégénérer en luttes intestines, dans une ambiance délétère. Jeremy Corbyn, élu à la surprise générale au mois de septembre 2015, fait face aux instances dirigeantes de son propre parti.

Motion de défiance des députés contre Jeremy Corbyn

Accusé d’avoir soutenu trop mollement le maintien du Royaume-Uni de Grande Bretagne dans l’Union Européenne lors de la campagne pour le référendum du Jeudi 23 Juin 2016, il est considéré comme partiellement responsable du Brexit. Les trois quarts des députés du parti ont voté une motion de défiance contre lui, ce qui a finalement forcé la remise en cause de son mandat.

Il fait aujourd’hui face à Owen Smith, un député gallois de quarante six ans, qui était presque inconnu il y a deux mois.

Depuis, incapables de s’entendre, le leader sortant et le National Executive Committee (NEC) du parti travailliste se disputent sur tout. Et pour régler leurs différends sur les règles de l’élection primaire, ils sont obligés d’avoir recours aux tribunaux. Le NEC voulait limiter le corps électoral à ceux qui sont adhérents depuis au moins six mois, excluant ainsi cent trente mille nouveaux membres considérés comme favorables à Jeremy Corbyn. Ce dernier a porté l’affaire devant la justice, qui lui a donné raison en première instance. Mais le NEC a fait appel, et le verdict devait être rendu Vendredi 12 Août 2016.

Entre Jeremy Corbyn et Owen Smith, les couteaux sont tirés. « Tu n’es pas capable de nous faire revenir au pouvoir », a martelé, Jeudi 11 Août 2016, le challenger. « Tu n’es pas capable de tenir ensemble la coalition que représente le parti travailliste ».

Nouvelles recrues

L’argument ne concerne pas tant la substance, Owen Smith se décrit comme socialiste, tout comme son opposant, que la question de l’éligibilité de Jeremy Corbyn. « Il faut être honnête. Nous sommes très loin derrière dans les sondages, autour de vingt huit pour cent, contre quarante pour cent aux conservateurs, notre popularité est catastrophique. Je n’ai pas moins de principes que Jeremy Corbyn, mais nous devons reprendre le pouvoir, sinon, nous ne pourrons pas mettre en pratique nos idées ».

Jeremy Corbyn réplique que les problèmes de popularité actuels viennent des coups portés contre lui par la machine du parti. Il en veut à Owen Smith d’avoir quitté le cabinet fantôme. « Si tu veux te battre contre les conservateurs, pourquoi as-tu démissionné », a-t-il lancé, sous les applaudissements nourris de la foule. « Nous sommes une force formidable si nous sommes ensemble ».

Surtout, Jeremy Corbyn possède un atout maître, une foule qui l’acclame partout où il passe.

Les nouvelles recrues affluent par milliers. Le parti travailliste compte aujourd’hui cinq cent quinze mille membres, trois cent mille de plus qu’après la défaite aux élections législatives du mois de mai 2015. Un tel engouement est historique. Au pic de la popularité de Tony Blair, en 1997, le parti travailliste ne comptait que quatre cent cinq mille adhérents.

A Newcastle, plusieurs dizaines de supporters attendaient leur héros à l’extérieur de l’hôtel où se déroulait le débat, tandis qu’Owen Smith est entré en catimini par une porte dérobée, dans l’indifférence générale.

« J’admire la décence, l’intégrité de Jeremy Corbyn », explique Tony Pierre, un infirmier psychiatrique pour enfants, qui a adhéré au parti travailliste il y a dix mois. « C’est un vrai socialiste. Pour la première fois, j’ai l’impression que quelqu’un exprime vraiment mon opinion ».

Infiltration trotskiste

Cet engouement fait de Jeremy Corbyn le grand favori de l’élection primaire, dont le résultat sera connu le 24 septembre 2016. Le problème est que cette foule, composée en particulier de vieux militants radicaux et de jeunes étudiants, ne touche pas nécessairement l’électorat populaire traditionnel du parti travailliste. « Le problème n’est pas le T-shirt qu’on porte ou le badge qu’on arbore, mais le pouvoir », a tancé Owen Smith, sous les huées.

Tom Watson, le numéro deux du parti, met en doute la réalité du mouvement populaire. Il estime que la base travailliste est progressivement infiltrée par des trotskistes, avec l’approbation tacite de Jeremy Corbyn. Il soupçonne particulièrement les activistes de Militant, un groupe exclu du parti travailliste dans les années 1980, de chercher à revenir dans la course.

Devant l’hôtel de Newcastle où se tenait le débat, plusieurs membres du groupe, désormais rebaptisé Socialist Party, étaient effectivement présents, tenant des panneaux de soutien. Mais ils réfutent toute tentative de noyautage.

« Pour l’instant, je ne peux pas devenir adhérent du parti travailliste parce que je n’ai pas le droit d’être dans les deux partis à la fois, mais je soutiens Jeremy Corbyn et j’espère que, à terme, nous pourrons devenir affiliés », explique Norman Hall, qui avait été exclu du parti travailliste en 1982. A la sortie du débat, Michael Mordey, un élu local qui hésite encore entre les deux candidats, se tenait la tête dans les mains. « Il y a un vrai risque que le parti se scinde en deux », assure-t-il.

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 14:22

http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/08/11/fethullah-gulen-si-les-accusations-dirigees-contre-moi-sont-etablies-je-m-engage-a-retourner-en-turquie_4981128_3232.html

Je demande une enquête internationale sur le putsch raté en Turquie

Accusé par le président turc Recep Tayyip Erdogan d'être l'instigateur de la tentative de coup d'état du Vendredi 15 Juillet 2016, le fondateur du mouvement Hizmet annonce qu'il se pliera aux conclusions d'une commission internationale indépendante et il dénonce une dérive autoritaire du pouvoir turc.

Par Fethullah Gülen, prédicateur et fondateur du mouvement turc Hizmet.

Vendredi 12 Août 2016

Le soir du Vendredi 15 Juillet 2016, la Turquie a connu la plus grande catastrophe de son histoire récente, le pire acte terroriste perpétré sur son sol. Le peuple, qui pensait que l’ère des interventions militaires était définitivement close, a pris son courage à deux mains et s’est dressé contre la rébellion pour sauvegarder la démocratie. J’ai moi-même condamné dans les termes les plus fermes la tentative de coup d'état.

Malheureusement, vingt minutes à peine après le soulèvement, et alors que les têtes du coup de force n’étaient pas encore identifiées, le président turc Recep Tayyip Erdogan m’a désigné comme le responsable.

La célérité avec laquelle le coupable a été annoncé, alors même qu’aucun détail ni aucune motivation n’avaient pu être encore trouvés, suscite des interrogations. L’accusation ne pouvait pas tomber plus mal pour quelqu’un comme moi, qui ai été victime de tous les coups d'état depuis cinquante ans. Je rejette catégoriquement toutes les accusations qui sont portées contre moi.

Depuis dix-sept ans, je vis reclus dans un petit village aux Etats-Unis. Prétendre que j’ai pu, à dix mille kilomètres de distance, pousser l’armée à mener un putsch contre son gouvernement est une diffamation.

D’ailleurs, l’accusation n’a pas été prise au sérieux par l’opinion mondiale. En revanche, si des militaires qui se disent sympathisants du Hizmet ont trempé dans cette conjuration, je le dis sans aucun état d’âme, ce sont des félons qui ont ébranlé l’unité et l’intégrité du pays, des individus qui ont trahi mon idéal et qui ont fait des centaines de milliers de victimes.

Un procès équitable

Si d’aucuns ont été sous l’influence du penchant interventionniste de l’armée et ont préféré piétiner les valeurs du Hizmet au nom de ce réflexe, ce que je ne pense pas, leurs fautes ne peuvent être imputées à tous les sympathisants du mouvement. Que dieu les punisse.

Personne, ni moi ni un autre, n’est au-dessus du droit. Je souhaite que tous les coupables, quelle que soit leur affiliation, soient condamnés aux peines qu’ils méritent dans le cadre d’un procès équitable.

Mais, depuis le mois d'octobre 2014, le système judiciaire est sous la tutelle du pouvoir. La probabilité d’obtenir un procès équitable est donc quasi nulle. C’est la raison pour laquelle j’ai appelé à la création d’une commission internationale et annoncé que j’accepterais ses conclusions.

Malheureusement, le pouvoir a préféré incriminer et punir collectivement les centaines de milliers de sympathisants du Hizmet. Des sympathisants qui, depuis cinquante ans, n’ont pas été associés une seule fois à des actes de violence.

Malgré la chasse aux sorcières, pour reprendre l’expression que Recep Tayyip Erdogan a lui-même employée, il ne leur est pas venu à l’idée de manifester pacifiquement dans la rue et d’affronter les forces de l’ordre. Face aux discours de haine et à la répression féroce, ils n’ont fait que recourir au droit et tenter, de manière légitime, de s’opposer aux dérives du régime.

Discours de haine

Depuis trois ans, tout l’appareil d'état est mobilisé pour dénicher ce que Recep Tayyip Erdogan appelle la structure parallèle à la tête de laquelle je me trouverais. Au mois de décembre 2013, lorsque des affaires de corruption avaient éclaté au grand jour, le pouvoir avait déjà parlé d’un coup d'état. Depuis, quatre mille personnes ont été arrêtées, des dizaines de milliers d’autres ont perdu leur emploi et des centaines d’entreprises et d’associations ont été confisquées.

Résultat, aucune preuve n’a été trouvée. Celui qui, au mois de mai 2013, voyait la perspective de me rencontrer comme une bénédiction du ciel en est arrivé à employer un discours de haine et à traiter les sympathisants du mouvement de « vampires, sangsues et membres de la secte des assassins ».

L’offensive a pris une ampleur insupportable depuis la tentative de coup d'état. Le pouvoir turc s’est lancé dans une surenchère verbale, usant et abusant d’un vocabulaire biologique pour me dénigrer et stigmatiser les personnes qui se sentent proches de mon idéal.

Nous serions des virus et des cellules cancéreuses qu’il faudrait éradiquer.

Toute une rhétorique de déshumanisation a été mise sur pied contre des centaines de milliers de personnes qui ont soutenu les structures et associations créées avec l’encouragement du Hizmet.

Un régime civil autocratique

Les biens sont confisqués, les comptes sont bloqués et les passeports sont annulés. Victimes d’une chasse aux sorcières, des centaines de milliers d’individus vivent un véritable drame humanitaire. Près de quatre vingt dix mille personnes ont perdu leur emploi, vingt et un mille professeurs se sont vu retirer leur autorisation d’enseigner.

Que souhaite le gouvernement ? Affamer ces gens qui ne peuvent plus exercer leur métier et qui sont frappés d’une interdiction de sortie du territoire ? Quelle est alors la différence avec les mesures pré génocidaires de l’histoire européenne ?

J’ai vécu tous les putschs que la Turquie a connus. J’ai été emprisonné après l’intervention du 12 mars 1971. J’ai fait l’objet d’un mandat d’arrêt et j’ai vécu dans la clandestinité pendant six ans après le putsch du 12 septembre 1980. J’ai été accusé « d'entreprise terroriste individuelle » après le coup d’Etat du 28 février 1997 et la peine de mort a été requise contre moi. Mais j’ai été blanchi par la justice dans tous ces procès. Bref, harcelé hier par des régimes militaires autoritaires, je le suis aujourd’hui par un régime civil autocratique.

Par le passé, j’ai entretenu une amitié aussi bien avec le libéral Turgut Özal, premier ministre de 1983 à 1989 et président de la république de 1989 à 1993, qu’avec le conservateur Süleyman Demirel, président de la république de 1993 à 2000, et même le social-démocrate Bülent Ecevit, premier ministre de 1999 à 2002.

J’ai apporté mon soutien à toutes leurs politiques. Ils m’ont toujours porté une estime du fait de l’importance qu’accordait le Hizmet à l’éducation et à la paix sociale. Bien que j’aie toujours été réservé vis-à-vis de l’islam politique, j’ai également soutenu Recep Tayyip Erdogan et le parti de la justice et du développement (AKP) dans les débuts, lorsque de grandes réformes démocratiques ont été lancées.

Propagande sans pareil

Je me suis opposé toute ma vie aux interventions militaires. Lorsque j’ai déclaré, il y a vingt-deux ans, que la démocratie et la laïcité n’étaient pas négociables, j’ai été abondamment critiqué par les partisans de l’islam politique proches du pouvoir.

Je reste fidèle à cette position. Plus de soixante dix livres qui regroupent mes prêches et mes écrits depuis quarante ans peuvent être consultés. On n’y trouvera aucune référence aux coups d'état. Au contraire, on verra que je me suis employé à défendre les valeurs humaines universelles qui constituent le fondement de la démocratie.

Malheureusement, dans un contexte où la presse d’opposition a été soit interdite soit domestiquée, une grande partie du peuple turc, soumis à une propagande sans pareil, a été convaincue que j’étais derrière la tentative de coup d'état. Or, ceux qui, à l’étranger, ont l’occasion d’avoir une approche plus objective, ne voient qu’une chose, une chasse aux sorcières destinée à renforcer le régime.

Ce qui importe, ce n’est pas ce que pense la majorité, c’est la vérité qui sortira d’un procès équitable. Cette tentative de coup d'état est l’occasion pour le pouvoir turc de prouver toutes les allégations qui sont dirigées contre moi. Mais, depuis le mois d'octobre 2014, avec la mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire, nous n’avons plus les moyens de nous défendre pour clamer notre innocence. Or, confrontés à de telles accusations, les sympathisants du Hizmet et moi-même devrions avoir le droit de nous défendre.

Je lance un appel au pouvoir turc et je lui promets une collaboration totale. Je demande qu’une commission internationale indépendante mène les investigations sur cette tentative de coup d'état. Si le dixième des accusations dirigées contre moi sont établies, je m’engage à retourner en Turquie et à subir la peine la plus lourde.

Bien que des centaines de gouvernements, d’agences de renseignement, d’universitaires et d’associations de la société civile du monde entier suivent le mouvement depuis plus de vingt-cinq ans, aucune illégalité n’a été jusqu’alors établie.

Aucune preuve

La principale particularité du Hizmet est de ne pas prétendre au pouvoir. Il se focalise sur les problèmes sociaux qui menacent l’avenir des peuples.

Dans un contexte où l’islam est devenu synonyme de terreur, il veut faire émerger des générations bien éduquées et ouvertes au dialogue, qui contribuent activement au bien de la communauté. Ceux qui partagent mon idéal ont enjambé les continents et ouvert des écoles, des hôpitaux et des associations humanitaires dans cent soixante pays.

En France et dans les pays francophones, j’ai encouragé les membres du Hizmet à lutter contre les groupes radicaux et à épauler les autorités politiques dans ce combat. Je n’ai voulu qu’une seule chose, que les musulmans deviennent des individus dotés d’une libre volonté, qu’ils soient synonymes de paix et qu’ils ne soient pas vus comme des gens qui causent des problèmes. Au prix de nombreuses menaces, j’ai condamné les groupes comme al Qaida et l’organisation Etat Islamique, qui salissent l’islam par leurs actes terroristes.

Et c’est à ces ambassadeurs de la paix que le gouvernement turc a imputé la tentative de putsch. Il est allé jusqu’à les dénoncer et demander l’interdiction de leurs écoles dans le monde entier. J’appelle ces gouvernements à ignorer ces accusations sans fondement et à rejeter ces requêtes irrationnelles.

Car les structures que le pouvoir a fermées en Turquie sont des écoles, des hôpitaux et des associations humanitaires. Les dizaines de milliers de personnes qui ont été placées en garde à vue sont des enseignants, des entrepreneurs, des médecins, des universitaires et des journalistes.

Aucune preuve n’a été trouvée pour accuser ces dizaines de milliers d’individus d’apologie de coup d'état ou d’un quelconque acte de violence.

Intimider la société civile

Je ne comprends pas le lien qu’il peut y avoir entre un coup d'état et le fait d’incendier un centre culturel en France, de prendre en otage les membres de la famille quand on ne trouve pas la personne recherchée, de placer en garde à vue des journalistes âgés et malades, de fermer trente-cinq hôpitaux et une Organisation Non Gouvernementale (ONG) et d’évincer tous les doyens de facultés. Il faut ajouter à cela, le rapport d’Amnesty International qui évoque des cas de torture.

Le pouvoir turc, sous des dehors de lutte contre le Hizmet, essaie d’évincer tous ceux qui refusent de lui prêter allégeance et d’intimider la société civile qui oserait protester.

La date du Vendredi 15 Juillet 2016 correspond, sans conteste, à un événement historique, car elle symbolise la résistance du peuple contre une intervention antidémocratique dirigée contre un gouvernement sorti des urnes.

Mais l’échec du coup d'état n’est pas suffisant pour parler d’une victoire de la démocratie. Ni la domination de la minorité, ni celle de la majorité, ni l’autoritarisme élu, ne représentent la vraie démocratie. Celle-ci n’existe pas sans l'état de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté d’expression et les droits fondamentaux.

Si la Turquie veut prospérer, elle n’a qu’une seule solution, l’approfondissement de la culture démocratique et de la conception étatique fondée sur le mérite. Ni un coup d'état ni un régime civil autocratique ne représentent un remède. La réelle victoire pour la Turquie passera par la restauration de ces valeurs fondamentales.

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 20:07

http://tendanceclaire.org/breve.php?id=19630

Scission du Parti Socialiste des Travailleurs Unifié (PSTU) du Brésil

Samedi 9 Juillet 2016

Une scission à l'amiable a eu lieu au sein du PSTU du Brésil

Cette rupture est voulue sans drame, pour préserver toutes les capacités militantes ce qui est exceptionnel dans ce type de situation généralement explosive et destructrice.

Une nouvelle organisation, le Front de Gauche Socialiste, a été proclamée et la déclaration a été signée par plus de sept cent militants. La nouvelle organisation, qui représenterait autour de quarante pour cent du PSTU, reste pour l'instant également membre de la Ligue Internationale des Travailleurs (LIT).

Les militants qui ont quitté le PSTU reprochent notamment à la direction sa ligne « dégagez les tous » contre Dilma Rousseff, qui n'aurait pas permis selon eux de se démarquer assez de l'opposition de droite, qui est la bénéficiaire de la destitution de Dilma Rousseff. Ils auraient voulu que le mot d'ordre du PSTU soit « non à la destitution », mais la majorité du PSTU estime que cela aurait revenu à faire un front avec le Parti des Travailleurs du Brésil de Dilma Rousseff.

Citations de la déclaration de la minorité

Les différents n’ont pas été minces. Il y a un an nous disions qu’il fallait affronter avec centralité la politique de l’ajustement fiscal du gouvernement de Dilma Rousseff, mais affronter également l’opposition bourgeoise qui voulait l’abattre en s’appuyant sur des mobilisations réactionnaires.

Pour entreprendre cette lutte, nous pensions qu’il était nécessaire de construire la plus large unité d’action avec tous les secteurs que se plaçaient dans l’opposition de gauche au gouvernement et, si possible, donner à cette unité une forme organisationnelle, un front de lutte ou troisième camp alternatif au gouvernement et à l’opposition de droite.

Dès lors que la majeure partie de la bourgeoisie s’est unifiée au mois de février 2016 autour de la proposition d'impeachment, nous avons soutenu sur le plan interne qu’il était essentiel de lutter contre cette manoeuvre parlementaire, sans que cela représente, bien évidemment, le moindre soutien politique à Dilma Rousseff.

Nous considérions que la chute du gouvernement du Parti des Travailleurs n’aurait un sens progressiste que si elle résultait de l’action de la classe ouvrière elle même, à travers ses propres organisations. Par contre, si elle était dirigée par l’opposition de droite, la chute de Dilma Rousseff serait une sortie réactionnaire pour la crise politique et affaiblirait les travailleurs dans leur tâche d’auto-émancipation. C’est cette seconde hypothèse qui a prévalu.

Nous avons loyalement débattu de cette différence d'approche et de bien d'autres pendant presque une année. Nous sommes finalement arrivés à un point de saturation. Quand les différents deviennent insolubles, quand la possibilité de synthèse s’épuise, quand les discussions deviennent interminables et quand les polémiques deviennent improductives, le danger de désagrégation apparaît avec force.

Nous sommes arrivés à la conclusion que la poursuite de ce combat conduisait à une rupture abrupte et désordonnée.

Pour préserver le patrimoine essentiel d’une organisation, c'est à dire ses militants, nous avons préféré clore les débats et offrir une issue organisée à la crise. Nous avons donc quitté le PSTU.

Nous reconnaissons le PSTU comme une organisation révolutionnaire.

Nous ne pensons pas que ce parti est moins révolutionnaire aujourd’hui qu’hier. Mais parfois il est impossible que des révolutionnaires puissent appartenir à une même organisation. Nous avons parié sur la possibilité d’une séparation à l'amiable, donc exemplaire, très différente des ruptures explosives et destructrices du passé. C'est pourquoi, nous nous maintenons dans le cadre de la LIT, en tant que sympathisants.

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 19:40

http://www.jeluttedoncjesuis.net/spip.php?rubrique16

Urgence Solidarité Thessalonique

Mercredi 27 Juillet 2016, un coup violent a été porté contre le mouvement social et les réfugiés à Thessalonique. En effet, trois des principaux squats de la deuxième ville de Grèce, hébergeant à la fois de nombreux réfugiés et des dizaines de militants, ont été attaqués simultanément. Les conséquences sont lourdes et très coûteuses, beaucoup de personnes et de familles à reloger, de nombreux besoins en raison de la vitesse et de la brutalité des expulsions et de la destruction d’équipements, de stocks alimentaires, de matériel médical, de vêtements, d'effets personnels, de jouets d’enfants et de matériel pédagogique, et frais judiciaires.

Un appel à la solidarité internationale vient d’être lancé depuis Thessalonique.

Notre collectif de films solidaires Anepos a été chargé de cette tâche en France, en Suisse et en Belgique, par nos camarades, comme par le passé, lors de nos actions d’urgence communes, notamment pour les réfugiés du camp d’Idomeni durant l’hiver 2015.

Précisons que nous connaissons parfaitement bien les camarades de Thessalonique, nous avons tourné avec eux « Ne vivons plus comme des esclaves » en 2012 et en 2013 et « Je lutte, donc je suis » en 2014 et en 2015. Grigoris Tsilimantos, expulsé du squat Nikis et cofondateur de Mikropolis, est l’un des personnages des deux films. Nous avons participé à des actions avec eux pour l’usine autogérée Viome, la Zone à Défendre (ZAD) de Chalcidique, la défense de l’eau en tant que bien commun contre la firme française Suez et l’aide aux réfugiés contre l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie. Nous avons participé à leurs assemblées, colloques et festivals. Nous avons également été logés à plusieurs reprises dans ces squats, notamment au squat Nikis qui était notre base quand nous séjournions à Thessalonique.

Cet appel est urgent, tant pour les réfugiés que pour les membres du mouvement social qui vivaient avec eux et qui, les uns comme les autres, ont presque tout perdu.

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:32

Les procureurs turcs voudraient faire condamner le leader du HDP (Reuters)

Les procureurs turcs veulent faire condamner le chef du parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas, pour « diffusion de propagande d'un groupe terroriste », une peine passible d'une peine de cinq ans de prison, rapporte Vendredi 12 Août 2016 l'agence de presse Dogan.

D'après l'agence Dogan, l'inculpation visant Selahattin Demirtas et un autre responsable du HDP, Sirri Sureyya Onder, leur reproche d'avoir fait l'éloge des séparatistes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et de leur chef emprisonné, Abdullah Ocalan, dans des discours remontant à 2013.

De nombreux élus du HDP font l'objet de poursuites judiciaires depuis que les parlementaires ont approuvé au mois de mai 2016 la levée de leur immunité parlementaire.

Dans une interview publiée cette semaine par le Monde, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé le HDP de soutenir « les terroristes et d’être soutenu par une organisation terroriste, le PKK. Lorsque l'organisation terroriste disparaîtra, ce parti disparaîtra aussi », a-t-il ajouté.

Aux dernières élections législatives, au mois de novembre 2015, le HDP, qui réfute tout lien avec les séparatistes du PKK, a remporté cinquante neuf sièges de députés.

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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:14

La justice refuse de fermer des échoppes de la jungle de Calais (Reuters)

Le tribunal administratif de Lille a débouté Vendredi 12 Août 2016 la préfecture du Pas-de-Calais, qui demandait l’autorisation de fermer soixante douze lieux de commerce et de restauration pour migrants dans la jungle de Calais.

Le juge a estimé que « les préoccupations exprimées par le préfet du Pas-de-Calais sont tout à fait compréhensibles », mais que « les conditions d'urgence et d'utilité requise ne sont pas remplies pour faire droit à sa demande ».

Les commerces et lieux de restauration « constituent des lieux de rencontre apaisés et ils ont une autre utilité que purement alimentaire », ajoute-t-il dans un communiqué.

« Nous avons été entendus, mais la préfecture a déjà prononcé la fermeture de plusieurs commerces qui sont fermés, nous allons maintenant demander que les coiffeurs et épiceries puissent fonctionner à nouveau rapidement », s'est réjoui François Guennoc, vice-président de l’association de l’Auberge des Migrants.

« Nous demandons un dialogue avec la préfecture pour obtenir de meilleures conditions sanitaires et de sécurité », a-t-il ajouté.

Depuis le début du mois de juillet 2016, la préfecture du Pas-de-Calais a mené des opérations de contrôles sur les commerces dans la jungle dans le but de les limiter puis a ensuite demandé à la justice l’autorisation de les détruire.

Elle avait estimé à l'audience que ces lieux de commerce étaient des « troubles à l'ordre public ».

Le collectif d’associations humanitaires présentes sur le site avait expliqué que, à l'inverse, l'existence de ces lieux de restauration diminuait les interminables files d'attente au moment des distributions de repas, qui créaient des moments de tensions entre les différentes communautés de migrants.

L’Auberge des Migrants a affirmé Vendredi 12 Août 2016 avoir recensé neuf mille cent six personnes dans le camp, dont mille cinq cent personnes au Centre d’Accueil Provisoire (CAP) et deux cent cinquante personnes au centre Jules Ferry.

D’après l’association, il y aurait huit cent soixante cinq mineurs dans la jungle, en grande majorité non accompagnés d’adultes. « Nous nous doutions que le nombre avait nettement augmenté, mais là c’est plus de deux mille personnes en un mois », a dit François Guennoc.

Les autorités, qui affirmaient jusqu'à présent que les migrants étaient quatre mille cinq cent, vont procéder à un nouveau comptage, a indiqué la préfecture.

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 20:14

http://www.marianne.net/paris-acharnement-policier-face-aux-migrants-100244939.html

A Paris, l'acharnement policier face aux migrants

Par Mathias Destal

Lundi 8 Août 2016

Depuis la fin du mois de juillet 2016, quasiment plus un jour ne passe sans qu'une intervention de police ait lieu aux abords du métro Jaurès, où les migrants ont pris l'habitude de se regrouper. Ces interventions, parfois très musclées, embarrassent la mairie de Paris et suscitent la colère des associations de soutien. Samedi 6 Août 2016, alors qu'un rassemblement de protestation contre les méthodes de la police se tenait place de la République, les deux organisateurs de l'événement ont été empêchés de s'y rendre avant d'être placés en garde à vue.

Depuis le Vendredi 22 Juillet 2016, pas un jour ne passe sans que l’image de petits groupes installés aux abords du métro Jaurès ne frappe d’étonnement les passants, mobilise les soutiens et agite les services de police. Ce jour-là, un camp de fortune monté sous le métro aérien est démantelé. Selon les autorités, environ deux mille cinq cent personnes sont alors évacuées pour être placées dans des hébergements d’urgence, gymnases et hôtels, ou dans des Locaux de Rétention Administrative (LRA). Mais dès le lendemain, de nouveaux groupes de gens arrivent dans ce coin du nord de Paris. érythréens, tchadiens, soudanais, éthiopiens ou afghans, primo arrivants ou non, « environ une soixantaine de migrants arrivent à Paris chaque jour », déplore Dominique Versini, adjointe d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris, chargée notamment de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, qui qualifie la situation de délicate à gérer.

Les chiffres avancés par l’élue n’ont rien de nouveaux. Ce qui l’est davantage, ce sont les interventions quasi quotidiennes de la police ces dernières semaines et la mise à l'écart des collectifs de personnes solidaires. « La pression policière de ce niveau est inédite », estime Houssam al Assimi, l’un des membres du collectif d’aide aux migrants, la Chapelle Debout, présent à leurs côtés depuis de nombreux mois.

Des vidéos publiées récemment sur internet attestent d’interventions musclées des forces de l’ordre. Des images tournées dans la nuit du Dimanche 31 Juillet au Lundi Premier Août 2016 sur l’avenue de Flandre, entre les stations de métro Jaurès et Stalingrad, montrent par exemple une opération de dispersion organisée par la préfecture de police, avec usage intense de gaz lacrymogène et de coups de matraque. Résultat, des personnes peinant à se lever et des migrants reçus aux urgences, l’un pour une crise d’épilepsie et un autre pour une crise d’asthme liée au gaz. « Nous avons des consignes et nous y répondons par un usage strictement proportionné de la force », déclare-t-on au service de communication de la préfecture qui se défend en évoquant, ce soir là, « des jets de projectiles ».

La mairie marque ses distances

Mais deux jours plus tard, le lendemain puis encore Lundi 8 Août 2016 en début d'après-midi, rebelote. Des fourgons de police débarquent. Il s’agit, selon la police, d’effectuer des « opérations de contrôle de situations individuelles », les migrants installés là dans l'attente de pouvoir demander l'asile en France sont invités à monter dans les camions en direction des commissariats voisins. « Le mot est passé que la police distribuait des Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) et qu’on pouvait être envoyé loin de Paris », raconte Jo, un jeune congolais de dix sept ans arrivé en France il y a un mois. « Du coup, les gens ne veulent plus être embarqués et alors la police tape, insulte et utilise les gaz », dit l'adolescent en mimant l’usage d’une bombe lacrymogène, comme celles qu'il a vu à l'œuvre, Mercredi 3 Août 2016. Pendant que les afghans avec qui il avait été arrêté passaient au relevé d’empreintes, lui a été remis en liberté. « Le policier m’a dit que je n’avais rien à faire ici ». Depuis, Jo est de retour à la case départ, avenue de Flandre.

Du côté de la mairie, on marque ses distances avec les récents événements et les pratiques des hommes en bleu, qui dépendent de la préfecture de police. « Nous n’avons rien à voir avec ces opérations », argue ainsi Dominique Versini. L'élue condamne « des interventions contraires aux méthodes de la ville », qui ne serait pas tenue informée. « Je comprends que les soutiens s’affolent », ajoute-t-elle.

Criminalisation de la solidarité

Pour protester contre ce qu’ils qualifient de chasse, de rafles ou de harcèlement à répétition, lesdits soutiens ont souhaité organiser une manifestation, Samedi 6 Août 2016. Le mot d’ordre était de dénoncer « le harcèlement et les violences policières contre les migrants ». Déposée par Houssam al Assimi, du collectif de la Chapelle Debout, et Aubépine Dahan, du Collectif Parisien de Soutien aux Exilés (CPSE), la demande a été acceptée par la préfecture à condition que l’action prenne la forme d’un rassemblement Samedi 6 Août 2016 à 16 heures place de la République.

Un rendez-vous est alors fixé une heure avant à proximité du métro Jaurès pour que les migrants et leurs soutiens se rendent en groupe place de la République. « Nous avions averti notre agent de liaison », assure Houssam al Assimi. « Elle nous avait donné son accord pour que nous allions jusqu’à la place de la République en marchant sans mégaphone ni banderoles. Mais au moment d’y aller, ils ont changé d’avis, nous nous sommes soudainement retrouvé nassés par les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ».

Contraint de rester bloqué par un cordon de fonctionnaires, le groupe n’est libéré qu’aux environs de 19 heures. Houssam al Assimi et Aubépine Dahan, eux, repartent avec une convocation au commissariat du vingtième arrondissement, Dimanche 7 Août 2016 à 10 heures, afin d’être « entendus sur les faits de délits de manifestation illicite », ainsi que l’indique le document qui leur est remis. Surprise, quelques minutes après l’heure de leur convocation, les deux militants se voient notifier leur placement en garde à vue. Ils passent près de huit heures en cellule. A leur sortie, à la terrasse d’un café du quartier de Ménilmontant, Houssam al Assimi rembobine le fil de la journée avec des proches et des amis du collectif.

« En plus de faire la chasse aux migrants, on franchit un cap dans la criminalisation de la solidarité, c’est très grave », s'emporte-t-il. Le représentant de la Chapelle Debout n'est pas au bout de ses peines, Aubépine Dahan et lui-même ont quitté l’antenne de police avec une invitation à se présenter au palais de justice de Paris le 9 novembre 2016.

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11 août 2016 4 11 /08 /août /2016 19:25

Nous sommes le peuple, nous sommes la rue, nous sommes Nuit Debout

Occupons nos places pour réfléchir et agir ensemble. Unissons nos forces et organisons nous pour faire respecter la volonté citoyenne.

Dans nos quartiers et communes, dans nos lieux de travail, développons une libre pensée démocratique, solidaire et désintéressée où l'humain, le vivant et la nature priment sur la marchandisation. Luttons pour des causes communes. Finissons-en avec l'individualisme.

Face aux capitalistes, à l’état et à la dictature financière, oeuvrons à la convergence des luttes, dans les Nuits Debout et dans des assemblées de coordination avec d'autres forces, syndicats, associations, réseaux et collectifs.

Face à la trahison des élites, à la corruption du système et au désengagement successif des dirigeants, nous appelons à un processus constituant, permettant à tous de participer.

Le mouvement des Nuits Debout condamne le racisme, la xénophobie, le repli identitaire et le tout sécuritaire qui participe à la dédiabolisation du Front National.

Le mouvement des Nuits Debout s'oppose à la globalisation des conflits mondiaux, favorisant le trafic, le déplacement des êtres humains et le commerce des armes.

Nous combattons la loi travail jusqu'à son abrogation. Aux côtés des deux mille interpellés de ces cinq derniers mois et des blessés, nous disons non à la violence policière et la répression judiciaire. Dénonçons ensemble les contrôles au faciès, les incivilités policières, les insultes racistes, le tutoiement et l'impunité des coupables de bavures à répétition. Réitérons des marches et des actions entre le centre des villes et les banlieues.

Les chômeurs, les retraités, les sans-logis, les travailleurs pauvres et les handicapés subissent de plein fouet les violences économiques. Le mouvement des Nuits Debout est pour une meilleure répartition des richesses, un travail, une retraite et un logement décent pour toutes et tous.

Pour la parité des salaires, pour l’égalité entre les femmes et les hommes et aussi contre l'intolérance et l'exclusion des Lesbiennes, des Gays, des Bissexuels et des Transgenres (LGBT), nous ne baisserons pas les bras.

Pour une agriculture raisonnée, pour les circuits courts, pour le respect de l'environnement contre l'élévage industriel, contre l'agriculture intensive et pour la suppression des grands projets inutiles, comme Notre Dame Des Landes et Bure, et pour une sortie définitive du nucléaire.

Sur le fonctionnement

Parler de notre faculté à nous doter d'une communication collective.

Le mouvement des Nuits Debout organise de larges assemblées, regroupant ceux qui se retrouvent dans cette charte. Un mouvement regroupe tous ceux qui s'impliquent activement dans la vie du mouvement des Nuits Debout, au travers de ses commissions. Celles-ci doivent mandater des représentants en assemblée de coordination et y soumettre des propositions à adopter. Nous avons besoin de transparence dans le fonctionnement, la communication et le financement.

Le mouvement des Nuits Debout doit savoir se coordonner au niveau national et au niveau local.

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